Coronavirus en Afrique : une carte pour suivre au jour le jour l’avancée de l’épidémie

Coronavirus en Afrique : une carte pour suivre au jour le jour l’avancée de l’épidémie

31 mars 2020 à 09h27 | Par Jeune AfriqueMis à jour le 31 mars 2020 à 09h28

Une femme masquée marche dans le couloir d'un centre commercial à Kitwe, en Zambie., en février 2020.

Un temps préservé par la pandémie de coronavirus, le continent africain est désormais touché par la propagation du Covid-19. Combien de cas confirmés par pays ? Quelles mesures de confinement ? Notre carte interactive réactualisée plusieurs fois par jour.

Des liaisons aériennes et maritimes coupées. Des touristes – occidentaux ou asiatiques – renvoyés chez eux. Des mesures de confinement strictes adoptées pour les voyageurs provenant des « pays à risque ».

Partout sur le continent, les autorités prennent des mesures, plus ou moins restrictives, pour éviter l’arrivée du virus dans leur pays ou freiner sa propagation.

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Coronavirus : l’évolution de la pandémie en Afrique

ChartAlgérieAngolaBotswanaBurkina FasoCamerounRCATchadCongoCôte d’IvoireRDCÉgypteÉrythréeÉthiopieGabonGuinéeKenyaLibyeMadagascarMaliMauritanieMauriceMarocMozambiqueNamibieNigerNigeriaSoudan du SudSénégalSeychellesSomaliaAfrique du SudSoudanTanzanieOugandaZambieZimbabweÉtat des lieux au mardi 31 mars 8h00 (GMT). Sources : OMS / AFP / Gouvernements et autorités sanitaires des pays concernésLe nom de certains pays ne peut apparaître sur la carte. Il suffit de passer votre souris dessus pour obtenir les données les concernant (Tunisie, Liberia, Sierra Leone, Togo, Bénin, Gambie, Guinée équatoriale, Rwanda, Burundi, Lesotho, Eswatini…)

Mise à jour quotidiennement, cette carte dresse le panorama en temps réel de l’état d’avancée de la maladie. En passant votre souris sur chaque pays, vous pourrez visionner le nombre de cas actifs confirmés, de victimes, mais aussi les différentes mesures de restriction mises en place.

État des lieux au mardi 31 mars 8h00 (GMT). Sources : OMS / AFP / Gouvernements et autorités sanitaires des pays concernés
Le nom de certains pays ne peut apparaître sur la carte. Il suffit de passer votre souris dessus pour obtenir les données les concernant (Tunisie, Liberia, Sierra Leone, Togo, Bénin, Gambie, Guinée équatoriale, Rwanda, Burundi, Lesotho, Eswatini…)

Le Covid-19, une chance pour l’Afrique ?

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mercredi 18 mars 2020

Le Covid-19, une chance pour l’Afrique ?

Avant la crise du Covid-19, des dizaines de millions de jeunes africains voyaient l’Europe comme une terre à prendre peuplée de vieillards repus ou épuisés, d’hommes mentalement castrés par les groupes de pression féministes, de femmes n’enfantant plus et dont les dirigeants étaient soumis au diktat de l’émotionnel… Encore plus merveilleux, au nom des « anciennes vertus chrétiennes devenues folles » (Chesterton), le pape « François » les encourageait à s’introduire par effraction dans cette Europe gavée.
Or, ce n’était  pas le jihadisme que fuyaient ces « migrants ». En Afrique, ce dernier provoque en effet trois fois moins de victimes que les morsures des serpents. En 2017, mamba, vipères des sables et autres naja, tuèrent ainsi entre 25 000 et 30 000 malheureux et fait autant d’infirmes (source Slate Afrique). Nous étions donc au terme du processus entre la lente et mortelle asphyxie « soustellienne » de l’intégration et le « radeau de la Méduse » de la laïcité…
Mais voilà que le Covid 19 va peut-être forcer Européens et Africains à revenir au réel grâce au principe de « l’imprévu dans l’histoire » si magnifiquement conceptualisé par Dominique Venner.En effet, comme le Covid 19 va demander d’immenses efforts à l’Europe pour se relever,  délaissée, l’Afrique va donc devoir se prendre enfin en main. Cela passera par trois grandes mesures :
1) Régler la question démographique
Avec un taux de croissance de 4% la population africaine double tous les 18-20 ans.Résultat, d’ici à 2030, l’Afrique va voir sa population passer de 1,2 milliard à 1,7 milliard, avec plus de 50 millions de naissances par an. Puis, en 2100, avec plus de 3 milliards d’habitants, le continent africain abritera 1/3 de la population mondiale, dont les trois quarts au sud du Sahara. Le principal blocage de toute politique familiale étant à la fois culturel et religieux, les dirigeants africains devront donc prendre des mesures très courageuses. Ou bien l’Afrique mourra.
2) Oublier le mythe du développement Bloqués par leurs présupposés idéologiques, moraux et religieux, les dirigeants européens qui s’obstinaient à ne pas tenir compte des réalités, avaient choisi de s’accrocher au mythe du « développement », refusant de voir que tout avait déjà été tenté en ce domaine depuis les indépendances. En vain car, en dépit des sommes abyssales déversées pour la faire « démarrer », l’Afrique n’avait cessé de régresser. En effet, comme il fallait une croissance de 7% par an pour simplement commencer à réduire la pauvreté, le calcul était vite fait, année après année, il manquait donc à l’Afrique entre 3 et 4% de croissance, ce qui faisait que loin de se combler, la pauvreté africaine augmentait.D’ailleurs, comment prétendre développer l’Afrique quand les investisseurs s’en détournaient ? Dans son rapport de mai 2018, la BAD (Banque africaine de développement) soulignait ainsi que pour les investissements dans le seul domaine des infrastructures, l’Afrique avait besoin annuellement de 170 milliards de dollars d’IED (Investissements étrangers directs), alors que, au total de tous ses postes, elle n’en reçut que 60 mds. Avec le Covid 19, il y a fort à parier qu’elle en recevra encore  moins.Or, ses besoins seront de plus en plus colossaux car la baisse du prix du pétrole et de presque toutes les matières premières va avoir des conséquences catastrophiques pour des pays tirant entre 75 et 98% de leurs recettes de ces productions. Phénomène aggravant, quand les cours étaient hauts, ces pays pensèrent que la manne était éternelle et ils dépensèrent alors sans compter. Résultat, aujourd’hui, comme ils se trouvent face à des échéances qui ne sont plus couvertes, les voilà donc contraints de s’endetter pour continuer à financer des projets non soldés ou tout simplement pour acheter la paix sociale et éviter la révolution. A peine sortis de la mortelle spirale de l’endettement des années 1980-1990, ils y ont donc replongé.
3) Répudier la religion démocratique et le credo des « droits de l’homme »
Dans les Afriques où la criante nécessité d’Etats forts est une évidence, l’impératif démocratique décrété à la Baule par le président François Mitterrand le 20 juin 1990 a eu des conséquences désastreuses. Le multipartisme y a en effet affaibli des Etats en gestation et réveillé les luttes de pouvoir à travers des partis qui ne sont, dans leur immense majorité, que des habillages ethniques. C’est pourquoi il importe :
– De permettre à l’Afrique de reprendre au plus vite ce « raccourci autoritaire » qui traumatise tant les démocrates européens, mais qui, seul, est susceptible de provoquer une coagulation nationale.
– De répudier le système électoral fondé sur le destructeur principe de « un homme une voix ». Donnant automatiquement le pouvoir aux peuples les plus nombreux selon la loi de l’ethno-mathématique électorale, il fait donc des membres des ethnies minoritaires des citoyens de seconde zone ; d’où d’incessantes guerres civiles.
– D’encourager les Africains à réfléchir à des modes électoraux communautaires et non plus individuels.
En un mot, les Africains doivent se décoloniser mentalement pour revenir à la culture du chef en laissant celle du consensus mou aux donneurs de leçons européens. Le salut de l’Afrique en dépend. Tout le reste n’est que balivernes européocentrées.
L’Afrique qui va être délaissée par les pays dits « riches » doit donc profiter de l’ « opportunité » du Covid 19 pour lancer  cette révolution salvatrice[1].
Bernard Lugan

[1] Voir à ce sujet mes livres Osons dire la vérité à l’Afrique et Mythes et manipulations de l’Histoire africaine.

https://bernardlugan.blogspot.com/2020/03/le-covid-19-une-chance-pour-lafrique.html?m=1

Coronavirus: nouveau front des réseaux sociaux face à la désinformation

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« Pour venir à bout de l’épidémie de coronavirus en Belgique, nous devrions généraliser les masques… et les tests »

 Flash info

Coronavirus: nouveau front des réseaux sociaux face à la désinformation

Les utilisateurs des réseaux sociaux préfèrent souvent mettre en avant les contenus susceptibles d'être largement "likés" et partagés, quel que soit leur degré d'exactitude
Les utilisateurs des réseaux sociaux préfèrent souvent mettre en avant les contenus susceptibles d’être largement « likés » et partagés, quel que soit leur degré d’exactitude – © Oli SCARFF

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Coronavirus : le FNRS consacre trois millions d’euros à la rechercheAFP Publié le dimanche 29 mars 2020 à 07h58

Facebook et les autres réseaux sociaux savaient que 2020, avec la présidentielle américaine, allait être une année à risque en matière de désinformation. Mais la pandémie de coronavirus a ouvert un autre front aux conséquences potentiellement mortelles.Newsletter info

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Venue de l’étranger ou de l’intérieur, la menace planant sur le scrutin de novembre avait été identifiée depuis longtemps déjà et les plateformes semblaient, dans une certaine mesure, prêtes à y faire face.

Rien ne pouvait en revanche leur laisser prévoir le déluge d’informations erronées, de théories du complot et de faux remèdes miracles qui s’abat en ligne à mesure que se répand le Covid-19 à travers le monde.

Mais elles sont aujourd’hui appelées à en faire davantage pour y mettre fin.

« Il existe toujours une disparité entre ce que les gens pensent être vrai et ce qu’ils sont enclins à partager« , indique à l’AFP David Rand, spécialiste du cerveau et des sciences cognitives à la prestigieuse université MIT.

Autrement dit: les utilisateurs des réseaux sociaux préfèrent souvent mettre en avant les contenus susceptibles d’être largement « likés » et partagés, quel que soit leur degré d’exactitude.

Des messages les encourageant à s’interroger au préalable sur la véracité de ces contenus sont donc nécessaires, estime David Rand, co-auteur d’une étude, publiée début mars, sur la désinformation autour du Covid-19.

Les plateformes pourraient être réticentes à mettre en place de tels messages de rappel, avance l’expert, par peur de « dégrader l’expérience des utilisateurs« .

Faux remèdes miracles

Alors que les scientifiques sont à pied d’oeuvre à travers le monde pour trouver vaccins et traitements, les fausses informations qui se propagent en ligne peuvent avoir des conséquences dramatiques.

En Iran, un des pays les plus durement touchés par la pandémie, plus de 200 personnes sont décédées d’intoxication au méthanol après des rumeurs selon lesquelles boire de l’alcool pouvait contribuer à guérir ou à se protéger du Covid-19, selon l’agence officielle Irna.

Cendres volcaniques, lampes à UV ou eau de javel… La liste est longue des faux remèdes pouvant s’avérer dangereux.

« J’ai vu des publications sur des +traitements+ ou des méthodes de prévention dont l’efficacité n’a pas été prouvée et/ou pleines d’informations trompeuses, des appels à la population à faire des provisions d’équipement et de nourriture« , note le Dr Jason McKnight, enseignant en médecine à l’université A&M du Texas.

La désinformation sur le virus pose selon lui deux dangers principaux: « provoquer la peur ou la panique » et « potentiellement pousser les gens à faire des choses nocives dans l’espoir de guérir ou de prévenir la maladie« .


►►► À lire aussi : Toutes les infos sur le coronavirus


Messages préventifs

Facebook a annoncé le 18 mars que les contenus « faisant autorité » apparaîtraient désormais en priorité sur les fils des utilisateurs: messages et vidéos de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), d’experts ou de célébrités.

Le premier réseau social au monde rappelle également son engagement à lutter contre la désinformation au moyen d’un programme de vérificateurs externes (« fact-checkers« ), dont l’AFP, qui a déjà étiqueté comme « faux » près de 200 mythes et rumeurs autour du coronavirus.

Ces contenus fallacieux sont ensuite rétrogradés dans les fils d’actualité, afin d’être moins visibles, et un article expliquant en quoi il s’agit de désinformation apparaît lorsqu’un utilisateur essaie de les partager.

Une porte-parole de Facebook n’a pas souhaité commenter la possibilité pour la plateforme de mettre en place des messages incitant les gens à y réfléchir à deux fois avant de relayer une publication.

« Nous souhaitons faire en sorte que chacun sur notre réseau ait accès à des informations crédibles et faisant autorité en matière de santé« , a répondu de son côté un porte-parole de Twitter, sans s’exprimer non plus sur la pertinence de tels messages préventifs.

Ces derniers seraient pourtant pour les plateformes relativement « faciles à mettre en place« , conclut l’étude menée par David Rand, du MIT, « et pourraient avoir un effet positif immédiat sur la vague de désinformation sur l’épidémie de Covid-19« .

https://www.rtbf.be/info/societe/detail_coronavirus-nouveau-front-des-reseaux-sociaux-face-a-la-desinformation?id=10469927

L’hôpital français, victime de la bureaucratie et des mauvaises politiques publiques, secouru par l’efficacité allemande !

par Nicolas Lecaussin, le 30 mars 2020

L’hôpital français, victime de la bureaucratie et des mauvaises politiques publiques, secouru par l’efficacité allemande !

Rappelez-vous ! Nombreux étaient ceux qui disaient que la réforme de l’Etat et la baisse des dépenses publiques en Allemagne dans les années 2000 se faisaient au détriment de la qualité des services publics et du niveau de vie. Les dramatiques événements d’aujourd’hui infirment spectaculairement leurs critiques. C’est bien le système de santé des Allemands qui vient en aide au nôtre !

Sommaire

– L’Etude de l’IREF sur les hôpitaux de Paris tirait le signal d’alarme

– Non, l’argent ne manque pas, c’est la bureaucratie qui est excessive

L’Etude de l’IREF sur les hôpitaux de Paris tirait le signal d’alarme

En septembre 2017, l’IREF publiait une Note sur les hôpitaux de Paris qui était – hélas – prémonitoire. Basée sur des chiffres et statistiques officiels, sur des comparaisons internationales ainsi que sur de nombreux témoignages de l’intérieur, notre Note tirait le signal d’alarme à propos d’un système hospitalier à bout de souffle, rongé par la bureaucratie, le manque d’efficacité et une fonctionnarisation excessive. Elle montrait que ce n’était pas l’argent qui manquait mais la bonne gestion et la recherche du travail bien fait. C’est toujours d’actualité : le monopole de la Sécurité sociale abaisse artificiellement les prix tandis que les hôpitaux tentent par tous les moyens d’augmenter leurs recettes. Les hôpitaux devraient disposer d’une vraie autonomie en ayant la possibilité de fixer les tarifs. Le mastodonte APHP (le plus important groupe hospitalier public d’Europe avec 100 000 employés pour plus de 7 mds € de CA) devrait être divisé en différents groupes indépendants et le personnel des hôpitaux devrait être recruté sous un statut de droit privé.

Lors de la privatisation de certains hôpitaux, on aurait pu aller plus loin en intégrant le personnel médical et non médical aux stratégies propres des établissements, le personnel pouvant être impliqué dans la bonne marche financière de la structure.

L’IREF avait aussi donné comme exemple étranger le système allemand : suppression du statut des fonctionnaires, vente de nombreux groupes et CHU, ce qui a donné naissance à de grands groupes privés comme Asklepios, 45 000 employés, 3 mds € de CA ou Helios, 71 000 employés pour 5,6 Mds€ de CA. Le risque est ainsi délégué à des sociétés privées.

Aujourd’hui, on ne peut que subir l’inefficacité des hôpitaux publics français comparés aux établissements allemands qui accueillent ces jours-ci des malades français du coronavirus. Et pourtant, il y a beaucoup plus de cas en Allemagne qu’en France !

ALLEMAGNEFRANCE
NOMBRE DE CAS (29/03)57 69538 105
NOMBRE DE DECES4332 317
MORTALITE POUR 1 000 000 habitants5,235,5
LITS REANIMATION (pour 100 000 habitants)29.211.6
DEPENSES PUBLIQUES (2019)44.3 % du PIB53.8 % du PIB
DEPENSES DE SANTE (2018)11.1 du PIB11.5 % du PIB

La France a donc 5.3 fois plus de morts que l’Allemagne alors que celle-ci a 20 000 cas de plus. Il faut d’emblée couper court aux arguments budgétaires. La France ne manque pas d’argent : par rapport au PIB (2018), elle est le pays où les dépenses de santé le plus élevées en Europe : 11,5% contre 11,1 % en Allemagne, 11 % en Suède, 10,4 % en Autriche, entre 10 et 10.5 % aux Pays-Bas et en Belgique. L’Espagne et l’Italie, qui sont terriblement touchées par le virus, sont à environ 9 % du PIB. La France est aussi championne des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques (53.8 du PIB contre 44.3 % en Allemagne, 9 points de plus en 2019 !)

Non, l’argent ne manque pas, c’est la bureaucratie qui est excessive

Selon les chiffres de l’OCDE, 35,22% des emplois hospitaliers en France ne sont pas médicaux ou paramédicaux, contre 24,3% en Allemagne, une différence de 9 points. La fonction publique hospitalière, c’est environ 1.2 millions de personnes en France ou 21 % du total des fonctionnaires ; en Allemagne, les emplois publics consacrés au secteur hospitalier ne dépassent pas 5 % du total des emplois publics.

Cela n’a pas empêché l’Allemagne d’avoir plus de lits en réanimation (29.2 pour 100 000 habitants contre 11.6 en France) ! Dans notre pays, même le nombre de lits « normaux » d’hôpital a connu une chute vertigineuse ces dernières années : de 468 000 en 2003 à moins de 400 000 aujourd’hui. En 2018, environ 180 000 patients en urgence ont passé une nuit dans un couloir faute de lit disponible et près de 5 % des lits en région parisienne sont considérés hors d’usage faute de personnel. Au lieu de nous gargariser à longueur de journée avec notre prétendu « meilleur système de santé au monde », il faudra en tirer les leçons après cette crise et le réformer en profondeur. En prenant comme modèle les Allemands, par exemple…

https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/L-hopital-francais-victime-de-la-bureaucratie-et-des-mauvaises-politiques-publiques-secouru-par-l?utm_source=2020-03-30A&utm_medium=lettre-fr&utm_campaign=lettre-fr&utm_content=article5638

Conflits, pollution, délinquance… les bonnes surprises du coronavirus

Conflits, pollution, délinquance… les bonnes surprises du coronavirus

Le coronavirus fait des ravages dans les populations et met l’économie des principales puissances mondiales à genoux. Sur une touche plus positive, il occasionne des bouleversements que diplomates, politiciens, syndicats, manifestants et ONG n’avaient jamais obtenus.

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Les premières cartes tirées des données satellitaires du réseau Copernicus, diffusées vendredi par l’Agence spatiale européenne, montrent une chute spectaculaire de la pollution au dioxyde d’azote au-dessus des grandes métropoles européennes, notamment à Paris, Rome et Madrid. (ESA/Cover Images/SIPA)Par Catherine ChatignouxPublié le 30 mars 2020 à 10h16Mis à jour le 30 mars 2020 à 14h34

Il est minuscule mais terriblement toxique. On le voit à l’oeuvre depuis quelques semaines, déversant son flot de malades dans les hôpitaux du monde entier débordés par l’ampleur de sa nocivité. Il a déjà assigné à résidence 3 milliards d’êtres humains, mis à l’arrêt des milliers d’usines et semble déterminé à plonger la planète dans une dépression économique sans précédent.

Mais à toute chose malheur est bon : l’irruption du Covid-19 a aussi déclenché des bouleversements aussi surprenants qu’inédits. Ce que ni la diplomatie, ni la politique, ni les syndicats, ni les manifestations populaires, ni même les guerres n’ont obtenu ces dernières décennies, Covid 19 le fait, avec une radicalité et une efficacité toute scientifiques.

Une spectaculaire chute de la pollution

On pensait la planète arrivée en ce début 2020 à un point de non-retour. Les catastrophes naturelles se multipliaient, un pays continent, l’Australie, brûlait, des centaines d’espèces animales s’éteignaient, les villes devenaient irrespirables. Greta Thunberg mobilisait la jeunesse pour qu’elle contraigne les gouvernements à l’action, les candidats à la mairie de Paris fantasmaient sur la fin de la voiture dans les grandes villes. Le coronavirus a apporté la solution : plus une voiture ou presque ne circule dans les grandes artères, et les usines à l’arrêt ont cessé d’émettre dioxyde d’azote et particules fines.

En Chine, des images satellite de la Nasa ont montré une baisse significative de la pollution liée à l’arrêt des automobiles et des centrales thermiques. Même constat du satellite du réseau Copernicus dans le nord de l’Italie, particulièrement frappée par le virus, où la concentration de dioxyde d’azote a reculé de moitié lors de la première quinzaine de mars. Les eaux de Venise sont transparentes, à nouveau. A Paris enfin, Airparif a relevé dès la première semaine de confinement « une amélioration de la qualité de l’air de l’ordre de 20 % à 30 % » dans la capitale et ses environs.NASA Earth@NASAEarth

Airborne Nitrogen Dioxide Plummets Over China https://earthobservatory.nasa.gov/images/146362/airborne-nitrogen-dioxide-plummets-over-china … #NASAAirborne Nitrogen Dioxide Plummets Over ChinaNO2 amounts have dropped with the coronavirus quarantine, Chinese New Year, and a related economic slowdown.earthobservatory.nasa.gov21,2 kInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité12,8 k personnes parlent à ce sujet

L’apaisement des conflits dans le monde

Le Covid19 sape aussi l’énergie des guerriers. Des cessez-le-feu ont été proclamés ou au moins évoqués ces derniers jours dans la guérilla qui ensanglante les Philippines depuis des décennies, au Cameroun, voire en Syrie, le conflit le plus sanglant de la planète depuis son déclenchement il y a neuf ans. Cible d’une nouvelle offensive meurtrière de Damas depuis décembre, la région d’Idleb, dernier grand bastion djihadiste et rebelle du pays, bénéficie d’un calme précaire depuis début mars grâce à une trêve parrainée par Moscou et Ankara. Le premier cas de Covid-19 y a été enregistré cette semaine. Les rebelles houthis au Yémen et le gouvernement envisagent aussi de faire taire les armes temporairement. L’ONU s’est félicité jeudi de ces différentes avancées. Le processus de paix lancé entre talibans et le gouvernement afghan avant, il est vrai, la pandémie, avance aussi, avec de premières libérations réciproques de prisonniers d’ici mardi et une rencontre prochaine, pour la première fois, entre le gouvernement du président Ashraf Ghani et les insurgés.

Enfin, la peur du virus a promptement refermé le couvercle sur la crise migratoire qui menaçait à la frontière gréco-turque. Le 18 mars, la peur de la contagion a convaincu Recep Tayyip Erdogan, le président turc, de boucler les postes frontières avec la Grèce qu’il avait ouverts quinze jours plus tôt , appelant des dizaines de milliers de migrants et demandeurs d’asile bloqués en Turquie à passer en Europe. Le coronavirus a vaincu l’un des dirigeants les plus autoritaires de la région.

L’Etat prend la main sur le marché

Face au choc économique inédit qui s’abat sur eux, les Etats ont réagi comme jamais auparavant. Les crises sont souvent l’occasion de recourir à l’Etat providence. Cette fois, c’est Noël au printemps. Les gouvernements du monde entier rivalisent à coups de centaines de milliards pour éviter la dépression qui s’annonce.

La France ouvre grand les coffres de l’Etat. Elle en a l’habitude mais cette fois les montants engagés sont sans précédent : 45 milliards d’aides budgétaires directes aux entreprises et aux salariés et 300 milliards de garanties pour des aides bancaires aux entreprises. Emmanuel Macron a annoncé un plan massif pour l’hôpital et des primes pour les soignants, réclamés à cor et à cri depuis des années. L’Allemagne, c’est totalement inédit, met de côté sa sacro-sainte rigueur budgétaire et annonce un plan de 1.000 milliards d’euros. Berlin a même accepté que le Pacte de stabilité soit suspendu, autorisant tous les Etats de la zone euro à s’endetter sans limite. Ni Bruxelles, ni Paris ni l’opposition sociale-démocrate ni les menaces sur l’euro n’avaient permis un tel sacrilège. Inouï.

Les patronats européens n’ont même pas eu à le réclamer : sous la pression du coronavirus, les pouvoirs publics ont autorisé les entreprises à reporter les échéances des impôts et des charges, à étaler leurs loyers et ont pris en charge, quasiment sans limite, le financement du chômage partiel.

Les pays les plus libéraux ne sont pas en reste, Ils siphonnent eux aussi leurs finances publiques. La Maison Blanche vient de dégainer un programme de 2.000 milliards de dollars pour soutenir entreprises et salariés, l’équivalent de la moitié du budget fédéral, dont 500 milliards versés directement aux Américains

Une facture sociale sans limite

Les gilets jaunes et les syndicats ont trouvé bien plus performant qu’eux. En quelques semaines, le Covid-19 n’a pas seulement obtenu la peau du pacte de stabilité , bête noire de biens des manifestants de l’hiver 2019, et de tous les autres totems de rigueur européens, il a aussi contraint l’Elysée à repousser sine die la réforme des retraites et celle de l’assurance chômage, et obligé les trésors publics à faire leurs fonds de poches pour aider les salariés et entrepreneurs indépendants à surmonter la période de chômage qu’ils vont affronter.Le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a promis il y a une dizaine de jours de mettre en place le système d’indemnisation chômage « le plus généreux d’Europe ». En Italie, l’Etat a même interdit les licenciements et, avec un touchant souci du détail, offre une prime de 600 euros aux baby-sitters volontaires pour garder les enfants.

Aux Etats-Unis, Bernie Sanders s’attendait à tout du président républicain mais pas qu’il renforce la protection sociale. L es indemnités chômage seront accrues et prolongées dans le temps. Un chèque de 1.200 dollars sera envoyé à chaque américain touchant moins de 75.000 dollars par an, plus 500 dollars par enfant. Au Royaume-Uni, le gouvernement de Boris Johnson s’apprête à payer, pour une durée de trois mois minimum, 80 % du salaire des personnes gagnant jusqu’à 2.500 livres (2.720 euros) sur le point de perdre leur emploi. La Russie de Vladimir Poutine a mis en place une semaine chômée à partir du 30 mars mais elle sera compensée pour tous les salariés. Du jamais vu.

Des effets collatéraux surprenants

Le virus a joué d’autres tours à notre monde survolté. Il a contribué au report d’une série d’élections, dont les primaires américaines de Louisiane et de Georgie, la présidentielle en Bolivie et les législatives en Serbie qui devaient se tenir au printemps. Les fêtes de Pâques et le ramadan qui débute le 23 avril, se dérouleront à huis clos, sans rassemblement.

Le trafic de drogue est ralenti par la fermeture des frontières et du fait des mesures de confinement et des contrôles de police. Le nombre de cambriolages se réduit et les couvre-feux coupent l’herbe sous le pied des voleurs à la tire. Plusieurs milliers de détenus en fin de peine vont être remis en liberté pour éviter leur contamination en prison. Enfin les pangolins et les chauves-souris, fortement soupçonnés d’être à la source du Covid-19, sont désormais interdits de vente sur les marchés chinois et devraient être laissés en paix. La boucle ainsi sera bouclée.

Catherine Chatignoux 

https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/conflits-pollution-deliquance-les-bonnes-surprises-du-coronavirus-1190152?fbclid=IwAR2wKBCRK4h0FNSk4Qd-MPi8SXUCgC9uzW04dwgpP8tNGfHvMyw-12QyqIo

https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/conflits-pollution-deliquance-les-bonnes-surprises-du-coronavirus-1190152?fbclid=IwAR2wKBCRK4h0FNSk4Qd-MPi8SXUCgC9uzW04dwgpP8tNGfHvMyw-12QyqIo

Quand la Corée du Nord se mobilisait contre la guerre biologique US

ardi, mars 31, 2020

Strategika 51

 ΠΆΝΤΑ ῬΕΙ͂…

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Quand la Corée du Nord se mobilisait contre la guerre biologique US

On l’oublie souvent mais la Corée du Nord fut l’un des premiers pays à subir les affres de la guerre biologique durant la guerre de Corée (25 juin 1950-27 juillet 1953).

A défaut de bombes atomiques, réclamés par le général Douglas MacArthur et dont l’usage aurait pu entraîner une guerre nucléaire entre les États-Unis et l’Union Soviétique, les forces américaines ont eu recours aux armes bactériologiques et biologiques contre les troupes nord-coréennes et l’armée de volontaires chinois venus à leur rescousse. L’une des premières attaques biologiques US contre la Corée du Nord consista à déverser par voie aérienne des containers remplis d’insectes (mouches, araignées, cafards, etc.) imprégnés ou porteurs d’anthrax derrière les lignes nord-coréennes et chinoises. Une autres méthode fut d’employer des rats porteurs de peste et la contamination des points d’eau avec des bactéries pathogènes comme le bacille du choléra (Vibrio Cholerae).

La Corée du Nord eut beaucoup de difficultés à sensibiliser ses troupes et ses populations faisant face à la stratégie du bombardement aérien permanent à cette nouvelle menace invisible et assez redoutable.

La désinfection et la lutte contre les germes pathogènes fut une priorité absolue pour un pays qui ne connaissait pas ce type de guerre. Des posters de mobilisation d’époque tentaient de démontrer aux populations et aux troupes que la guerre sanitaire et la désinfection étaient aussi importants que l’effort des combattants sur le front. Sur le poster ci-dessus, on peut voir une infirmière portant un masque et utilisant un dispositif de désinfection avec en arrière plan un soldat portant la fameuse mitraillette sovietique PPSh-41 et une grenade RGD-33.

La guerre biologique choqua au plus haut point les dirigeants nord-coréens et ce traumatisme est toujours perceptible aujourd’hui dans la doctrine militaire et la posture stratégique défiante de la Corée du Nord à l’égard de Washington.

A côté des germes et d’insectes, les forces US ont également testé des defoliants biologiques afin d’évaluer la possibilité d’anéantir l’agriculture nord-coréenne et de fait, l’usage de certains insectes porteurs de maladies affectant des plantes eut un certain succès mais pas au niveau de celui que connaîtront les défoliants chimiques, notamment l’Agent Orange au Vietnam une décennie plus tard.

Avion épandant l’agent Orange au-dessus de la jungle vietnamienne durant les années 60

La Corée du Nord fit appel à l’expertise de l’Union Soviétique après la fin de la guerre de Corée pour la désinfection des zones contaminés. Des dizaines de milliers de personnes périrent après la guerre d’épidémies en Corée du Nord où les infrastructures de santé n’existaient plus et en Chine, la famine y resta endémique jusqu’au début des années 60. La guerre biologique est toujours enseignée dans les écoles de Corée du Nord et le souvenir de ce type de guerre demeure vivace jusqu’à aujourd’hui.

Le souvenir de la guerre biologique US contre la Corée du Nord demeure extrêmement vivace chez les paysans nord-coréens. La Famine qui affecta la Corée du Nord en 1992-1994 est la conséquence d’un autre type de guerre biologique impliquant des OGM et des vecteurs biologiques modifiés résistants aux pesticides.

La Corée du Nord a été le premier pays au monde à fermer ses frontières et déclarer l’état de guerre biologique dès l’apparition des premiers cas de COVID-19 dans la province chinoise de Hebei. Les médias, la population et les officiels nord-coréens accusent aujourd’hui explicitement Washington d’être derrière le COVID-19.PublicitésPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS ADPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS AD

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Virus… blocus, Par Michel Raimbaud

Virus… blocus, Par Michel Raimbaud

Publié par Candide le 28 mars 2020 dans Chroniques      Rate This

Virus… blocus

Par Michel RaimbaudMondialisation.ca, 27 mars 2020

Nous sommes des mille et des millions à goûter aux plaisirs du confinement. C’est la faute à ce virus crochu, invisible mais omniprésent, qui guette ses victimes tapi dans leurs voies respiratoires, réveillant les peurs ancestrales. Sages ou craintifs, les citoyens acceptent les règles nouvelles, appréhendant ce que sera l’après. Revisité, le temps d’avant était un paradis : c’était il y a un mois, il y a quinze jours, c’était hier.

Ils seront innombrables, en France et dans cette vieille Europe devenue le foyer du virus, à faire des comptes et à en demander, à proposer des priorités pour réparer les dégâts. Avant d’entamer toute réflexion, il conviendra de réviser les idées reçues que les événements ont fait voler en éclats et d’en tirer des leçons. Puissent les mesures prises dans une situation d’exception ne pas être fatales à une certaine exception française.

L’Euro-Amérique n’est plus le « cœur » du monde, ayant perdu sa suprématie globale et son magistère intellectuel et moral. Difficile à gober pour un béotien comme l’oncle Donald, suprématiste hors pair, et pour les clients de l’idéologie occidentaliste. Si certains ont évoqué « la mort cérébrale » ou « le déclin de l’Occident », ce sont de simples éclairs tant est enracinée la conviction nombriliste. Il reste que l’épisode du coronavirus aura ruiné irrémédiablement l’image de l’Amérique* et de l’Europe, où la pandémie a établi ses quartiers. C’est en effet auprès de l’Organisation de Coopération de Shanghai (Chine, Russie et alliés asiatiques) que la plupart des pays, alliés y compris, auront cherché appui.

Accusée par Trump d’être le responsable de la pandémie (le « virus chinois »), la Chine, premier pays à avoir su juguler l’effrayant fléau, est sollicitée par le reste du monde. Forte du prestige que lui vaut sa gestion – un brin idéalisée – de la crise et désormais surpuissante, elle affirme son nouveau leadership. Qu’il s’agisse de l’Italie, abandonnée en première ligne sur le front coronique par ses partenaires européens, ou de la France, durement frappée, l’aide en matériel et en personnel de l’Empire du Milieu n’est pas passée inaperçue…

La Russie a lancé elle aussi des opérations de secours, envoyant vers l’Italie, par avions-cargos, du matériel de dépistage et de désinfection, tandis que son armée de l’air acheminait huit brigades mobiles de médecins et une centaine de virologues et épidémiologistes. L’Institut moscovite de dépistage du Corona annonce l’envoi d’une assistance d’urgence à seize pays : les membres de l’Union Economique Eurasienne (ex-URSS), mais aussi l’Iran, l’Egypte, le Venezuela, la Corée du Nord, la Mongolie. La Serbie a choisi elle aussi de faire appel à Moscou et Pékin.

Cet investissement des deux grands de l’Eurasie dans une action d’urgence aura eu un impact considérable. Médiatisation ? Ni plus ni moins que les « grandes démocraties » naguère. Que pourraient bien médiatiser nos médias de révérence, sinon l’absence de toute solidarité des Etats occidentaux, la vanité de leurs leçons de morale, leur acharnement à poursuivre des guerres illégales ou « invisibles », et la fin du monopole « atlantiste » dans le domaine humanitaire, cheval de bataille pour l’ingérence. Le mainstream aura été à la hauteur de sa réputation, le dépit portant d’ailleurs à ressasser les mensonges les plus éculés sur les « pays qui fâchent » (Syrie, Iran, Russie, Chine) !

Dans le même temps et autre signe des temps, l’Amérique est défiée jusque dans son ex-arrière-cour, son ignominie et son impuissance étant affichées à la face du monde. Après soixante ans de sanctions, Cuba est toujours debout et a développé une médecine de pointe : le 16 mars, à la demande de Londres, on y accueillait sous les acclamations un navire de croisière (MS Braemar) et sa cargaison de passagers occidentaux ailleurs indésirables (dont 5 « positifs » et 40 à l’isolement). La Havane a envoyé par ailleurs une mission médicale en Italie. Des sots s’en étonneront, mais les gestes ne s’oublieront pas, n’en déplaise aux esprits chagrins.

Le Venezuela, provocation permanente, est frappé par la pandémie. Une occasion minable d’exhiber un acharnement « viral ». C’est sous forme de sanctions meurtrières et dévastatrices que se manifestent les attentions de Washington : le coût des dépistages se trouve propulsé à des niveaux exorbitants. Valet fidèle, le FMI a refusé le prêt demandé par Caracas : Maduro manquerait de légitimité. Selon les experts onusiens, de telles sanctions « s’apparentent à une action génocidaire » et leurs « architectes » devraient être poursuivis et emprisonnés à vie, du moins « dans un monde décent ». Il ne l’est plus, depuis belle lurette.

Le comportement criminel de l’Amérique et des « grandes démocraties s’est inscrit dans le paysage à partir de 1991, tandis qu’émergeait le paradigme d’une « communauté internationale » réduite aux laquais. C’est à la résignation de ceux-ci, à leur aveuglement idéologique et à leur complicité qu’une « troïka » pervertie doit sa capacité de nuisance. Bien que le premier véto russo-chinois contre une ingérence militaire en Syrie, en octobre 2011, ait stoppé les élans de l’arrogant triumvirat, celui-ci a de beaux restes et de malfaisants relais.

Un demi-siècle après sa naissance « sous X », la « théorie du fou » de Nixon et Kissinger, loin d’être la touche folklorique d’une « géopolitique racontée aux grands enfants », est pour l’Occident une clé essentielle du Grand Jeu. Éructant au milieu de sa cour des miracles, le gangster à la mèche jaune a fait des adeptes au Moyen-Orient. Avec Netanyahou, bourreau des Palestiniens et complice d’une « transaction » ignominieuse, Erdogan l’hystérique Mamamouchi, et Mohammed Ben Salman, qui rêve de transformer l’Arabie en Disneyland ou en lupanar, voilà cet OVNI maléfique en mesure d’instaurer un chaos sans fin au centre de « la ceinture verte », à l’ombre de la nouvelle peste.

Ce qu’écrit Doug Bandow le 22 mars dans The American interest vaut son pesant d’encre : « Le coronavirus signifie que l’Amérique est brisée. Trump devrait sortir de l’enfer syrien », « le Moyen-Orient a perdu sa signification stratégique », les deux craintes majeures ayant disparu : (1) « Personne ne menace de conquérir le pétrole dont dépend l’Occident », (2) « Personne ne menace la survie d’Israël, superpuissance régionale ». Mon Dieu, si c’était vrai ? Aux doux rêveurs, on rappellera que l’Amérique s’acharne à mener en Syrie une guerre «invisible et sans fin» pour interdire la paix et la reconstruction, qu’elle maintient une occupation illégale à l’est de l’Euphrate, pour « contrôler le pétrole syrien » (sic dixit Donald).

Agressée par une coalition hybride où se retrouvent les membres de l’OTAN, les forces de l’islamisme dévoyé et une multitude de comparses, la Syrie est frappée depuis 2011 par une pléthore de sanctions infâmes et sadiques, dans l’indifférence quasi-générale…Rappelons que les sanctions (commerciales ou financières) ont pour but d’empêcher un Etat de fonctionner et d’étrangler son économie. Elles ont entre autres pour résultat d’interdire les importations de médicaments et matériels sanitaires, et de rendre impossibles la réparation des équipements. Ce qui est dramatique pour un pays dévasté comme la Syrie.

Comment des Etats peuvent-ils se prétendre « civilisés » alors qu’ils n’ont pas le courage de briser l’omerta, loi des mafieux. Exiger une levée immédiate des sanctions ne suffit pas. Chaque pays peut prendre la décision, seul ou dans un cadre collectif. Il y a urgence : la Syrie entre dans sa dixième année de guerre et on peut s’inquiéter de l’impact que pourrait avoir le corona, déjà présent dans la région. En effet, la pandémie ne saurait occulter les menées criminelles des alliés de Washington : Israël responsable du confinement massif des Palestiniens, notamment à Gaza ; Erdogan et son chantage au « lancer » de réfugiés vers l’Europe, nul ne se souciant des malheureux migrants piégés par les frontières fermées.

Il faut également lever le siège criminel imposé par l’Amérique à l’Iran. Résistant depuis quarante ans aux sanctions imposées à l’instigation de Washington et confronté à la ré-escalade engagée par Trump depuis son retrait illégal du traité nucléaire, il y a deux ans, l’Iran figure en outre parmi les Etats les plus menacés par la pandémie. L’interdiction de commercer en dollars revient à lui interdire tout achat de médicaments et d’équipements sanitaires, alors qu’il est économiquement étranglé (Téhéran aurait demandé un prêt d’urgence de cinq milliards de dollars au FMI). Il s’agit pour l’Amérique de le soumettre. Si dans un accès de sagesse les Européens viennent en aide à l’Iran, ils rachèteront un peu la communauté des « chefs d’Etat du monde » auxquels en appelle Ruhani : L’Amérique n’est pas seulement responsable de la mort d’un iranien toutes les dix minutes, elle menace la vie du monde. Téhéran et Qom ne sont pas si loin de Paris, Londres et New-York. « Vous êtes des insolents, des oppresseurs, des terroristes » : seuls blâmeront Ali Khamenei d’avoir ainsi stigmatisé les dirigeants américains ceux que la vérité blesse.

Michel Raimbaud

Virus… blocus

https://tunisitri.wordpress.com/2020/03/28/virus-blocus-par-michel-raimbaud/

Non, la France n’est pas en guerre !

Non, la France n’est pas en guerre !


Par Slobodan Despot − Le 22 mars 2020 − Source antipresse.net

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…Enfin, pas celle qu’on lui promet. La France risque de se réveiller demain en comprenant qu’elle était elle-même la cible de la guerre proclamée par M. Macron. Mais il sera trop tard. Avec ou sans virus, elle devra vivre pieds et poings liés.


Le monde qui est entré dans le Coronavirus n’en sortira plus. Ce qui en sortira sera quelque chose de radicalement différent. Nous ne savons pas quelle sera la portée de ce virus sur le corps physique de l’humanité, mais nous voyons déjà son action sur son corps social. L’exemple français est très parlant.

La guerre… contre qui ?

Le 16 mars dernier, M. Macron a solennellement proclamé: «Nous sommes en guerre» et la nation entière lui a emboîté le pas, lui qu’elle détestait hier encore. Depuis les balcons où ils sont confinés, les Français comptent les entorses à la loi martiale et s’empressent de les dénoncer sur les réseaux sociaux voire plus haut. Ils sont si émoustillés par les harangues dont on les bombarde à longueur de journée qu’ils ne remarquent même pas le danger de cet entraînement.
Non, la France n’est pas en guerre. Pour sa sauvegarde en tant que peuple et en tant que démocratie, elle doit s’ôter cette idée de la tête. Elle est en situation de pandémie, une situation que les structures compétentes de l’Etat sont censées savoir affronter. Ce qui l’attaque n’est pas un adversaire humain, c’est une maladie. Lorsque la France était ravagée par la peste, on ne parlait pas de guerre, mais de fléau de Dieu. Lorsque la France entre concrètement en guerre contre quelqu’un, comme lorsqu’elle participa au bombardement de la Serbie ou de la Libye, le président ne va surtout pas dire au peuple qu’il est en guerre.

La guerre dont on parle aujourd’hui n’en est pas une… à moins qu’on ait oublié d’ajouter l’adjectif: guerre civile.

La transmissibilité de cette maladie est un levier de contrôle absolu de la population. S’il ne s’agissait que de notre vie, personne ne pourrait rien nous imposer. Mais par la contagion nous sommes liés par un réseau de responsabilités — et donc de culpabilités — enchaînées. En proclamant que le virus est l’ennemi, les citoyens sont tous des vecteurs potentiels de l’ennemi. Autrement dit, des collabos, et à ce titre potentiellement justiciables comme tels: avec rigueur et de manière expéditive. Par extension de la métaphore, la régulation de leurs conditions de vie et de travail peut dorénavant elle aussi être «militarisée»1

C’est ainsi qu’avec la «déclaration de guerre» de M. Macron, le collimateur s’est subrepticement déplacé de la maladie vers ses vecteurs potentiels sans même qu’ils aient senti la pastille rouge du pointeur laser se poser sur leur front.
Pour en arriver là, il aura fallu les nouvelles dantesques de Chine, puis ce brusque saut de cavalier vers l’Iran et l’Italie à nos portes. L’Italie où la maladie se déchaîne… avant tout sur ceux qui, hélas, étaient d’emblée les plus exposés 2. Il aura fallu, dès le départ, une surenchère de dramatisation médiatique, souvent inconsciente. Par exemple, le simple fait de parler initialement du Coronavirus au lieu d’un coronavirus, membre d’une famille étudiée depuis les années 1960 et comprenant aussi bien le SARS de 2003 que des «types de coronavirus bénins», naturellement hébergés par l’homme.

En France, le jour où la guerre est officiellement déclarée (16 mars), le COVID_19 a officiellement fait 148 morts sur 6645 cas confirmés. C’est grave et préoccupant, mais on est loin, comme l’explique le Pr Didier Raoult, du pic de mortalité saisonnière associée aux infections virales de 2017 qui avait fait plus de 10 000 morts (et qui correspondrait, pour un même taux de mortalité déclaré de 2,2%, à quelque 500 000 contaminés).

Devoir de pessimisme, congé de la raison

«Certes», nous dit-on, «mais attendez de voir!» En effet, nous ne savons rien de ce qu’il arrivera demain. Les courbes de progression du virus peuvent frôler la verticale, il peut soudain muter et tuer 60% des contaminés comme le H5N1. Tout peut arriver — y compris un dégonflement de la menace comme ce fut le cas avec H1N1. Mais on a comme l’impression que personne n’a envie d’entendre les hypothèses intermédiaires. Seule l’option du pire a pignon sur rue, car l’incertitude en matière de santé publique ne profite qu’aux pessimistes. Ce devoir de pessimisme, c’est l’avantage stratégique d’une épidémie en termes de contrôle des masses. On n’en voudra à personne d’en avoir fait trop; on lynchera celui qui sera suspecté de n’en avoir pas fait assez.3

C’est une véritable crémaillère vers la dictature, un mur de confinement auquel chacun, depuis le simple pékin psychosé jusqu’au ministre qui ne peut «faire moins» que ne lui enjoignent les médias, ajoute de bon cœur sa petite brique — tout en se privant d’une part de raison et de libre arbitre.

Si l’État français se considérait réellement en guerre avec le virus, il réquisitionnerait des usines pour fabriquer des masques au lieu de bloquer celles qui peuvent en procurer rapidement 4. Il mettrait immédiatement à profit les résultats encourageants de la chloroquine 5 plutôt que de les noyer dans des débats cauteleux. Il desserrerait l’étau psychologique dévastateur que représente le confinement à domicile, mesure carcérale qui génère déjà des conflits graves et des effondrements psychologiques. La résistance morale de la population est un facteur clef de toutes les guerres, autant que les forces armées, et c’est ce facteur dont les mesures extrêmes sont en train de priver le pays.

L’état de guerre, c’est l’abolition de la vie parlementaire et des libertés, le gouvernement par décret-loi, le droit d’ingérence du pouvoir dans toutes les sphères de la vie privée et le monopole de l’État et de ses relais sur les fake news. C’est sans doute à quoi M. Macron rêvait de parvenir — et que le virus lui a offert sur un plateau. Reste à savoir combien de temps la peur, chez les Français, fera passer la pilule de l’oppression.

Slobodan Despot

Note du Saker Francophone

Cette article est issu du drone, la newsletter hebdomaire du site antipresse.net. Retrouvez y chaque semaine Slobodan Despot et son équipe.

Ce week-end Slobodan Despot vous propose en vidéo une analyse de la situation et de ses perspectives.

Notes

Relu par Kira pour le Saker Francophone

  1. Ainsi, la nuit du 20 au 21 mars, le Sénat a pris des mesures d’exception à vocation sanitaire impliquant des modifications du droit du travail qui seront non temporaires. En outre ces mesures permettront au parlement de légiférer sans contrôle pour sauver l’économie. 
  2. Voir les statistiques de l’Institut de santé publique italien du 17 mars. 
  3. On a beaucoup reproché à Roselyne Bachelot d’avoir accepté un très important stock de vaccins et de masques. Aujourd’hui les journalistes la réhabilitent en disant qu’on ne peut jamais en faire trop, justifiant ainsi les mesures les plus draconiennes! Forts de l’idée que l’épidémie progresse en France parce que M. Macron n’en n’aurait pas assez fait au début, les médias nous martèlent qu’il faut désormais accepter les mesures les plus contraignantes, même pour longtemps. 
  4. On apprend en dernière minute que LVMH va «se mobiliser» pour produire les masques dont la France a besoin. Quel Etat attend le geste de bonne volonté d’une multinationale pour se procurer un article d’importance vitale? 
  5. Essai clinique mené par le Pr Raoult sur 24 patients. «Au bout de six jours de traitement au Plaquénil (le nom commercial de la molécule, ndlr), 75% des porteurs ont une charge virale négative.» Les États-Unis et la Chine ont immédiatement compris l’intérêt de cette molécule. 

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ACTIVITÉS DES SERVICES DE RENSEIGNEMENT …

… ACTIVITÉS DES SERVICES DE RENSEIGNEMENT …
Un sénateur américain aurait profité d’informations confidentielles pour se défaire de ses titres
boursiers avant la déclaration de la pandémie…
Selon les médias américains, le républicain Richard Burr, président de la Commission du
renseignement du Sénat américain, s’est défait de nombreux titres avant la chute des valeurs
boursières, tout en assurant au public américain que l’épidémie du nouveau coronavirus (Covid-19)
était contrôlable aux États-Unis. Le sénateur républicain Richard Burr, de la Caroline du Nord, est
président de la Commission du renseignement et membre de la Commission de la Santé du Sénat
américain. La radio publique nationale (NPR) a rapporté que Richard Burr recevait régulièrement des
briefings du Sénat sur le Covid-19. NPR a commenté que Richard Burr avait participé à la rédaction du
cadre de réponse aux épidémies aux États-Unis, mais il n’avait jamais émis d’alerte à la hauteur au
public depuis février. Dans une tribune publiée le 7 février sur le site de Fox News, Burr a ainsi écrit :
« Le gouvernement est mieux préparé que jamais pour parer au Covid-19, et le Congrès a élaboré un
Renseignor N° 1121 le 29 mars 2020 4
cadre juridique, dans lequel, l’administration Trump a également activement répondu au Covid-19 ».
Néanmoins, un enregistrement secret révélé par NPR jette un pavé dans la marre. L’enregistrement
montre que Richard Burr a lancé le 27 février un avertissement très sérieux lors d’une rencontre
privée : « Le Covid-19 est bien plus agressif dans la façon de se transmettre que ce que nous avons vu
dans l’histoire récente et ça ressemble probablement à la pandémie de grippe de 1918 ».
Malheureusement, seuls quelques riches patrons ont eu la chance d’entendre ces rappels. Ce jour-là,
le président américain a encore affirmé avec conviction que l’épidémie était sous contrôle et allait
bientôt disparaître. Jusqu’au 13 mars, date à laquelle l’état d’urgence a été déclaré, les mesures antiépidémiques pertinentes ont été progressivement renforcées. Alors que Richard Burr a conservé secret
le risque du Covid-19 signalé à l’avance, le peuple américain n’a pas pu se protéger. Selon le bilan du
CDC américain, un total de 15 cas confirmés de Covid-19 ont été signalés aux États-Unis le 27 février.
Aujourd’hui, il y a plus de 14 000 cas confirmés dans le pays. Richard Burr n’est pas le seul à avoir
profité de sa position privilégiée pour éviter la chute de son portefeuille boursier. Actuellement, au
moins trois autres sénateurs assumant de hautes fonctions ont été accusés d’utiliser des informations
inaccessibles au grand public pour vendre de grandes quantités de titres avant que le marché ne soit
en difficulté. On se demande combien d’autres politiciens américains connaissent les risques de
l’épidémie mais restent silencieux. L’une des fonctions importantes des sénateurs consiste à superviser
le travail du gouvernement, mais au lieu de s’acquitter de leurs fonctions, ces sénateurs américains ont
aidé le gouvernement à dissimuler ses erreurs et à tromper le peuple. Ce n’est pas un hasard.
L’épidémie est un miroir qui reflète l’hypocrisie de certains politiciens.
(Radio Chine internationale, le 23-03-2020)
Covid-19 : Le Mossad chercherait à récupérer le maximum d’équipements, de kits et de
traitements expérimentaux pour Israël…
Le Mossad israélien ne chôme pas en cette période de pandémie de Covid-19. Une de ses équipes a
réussi à détourner une partie de l’aide chinoise destinée à l’Italie en République tchèque, tandis qu’une
autre équipe a réussi à intercepter et à récupérer des kits de dépistage chinois destinés aux Émirats
arabes unis et un autre lot de molécules fabriquées en Chine destinées à l’Arabie saoudite. Jusqu’ici,
ce genre d’activités est considéré comme une routine. Ce qui ne l’est pas par contre est la course
effrénée pour obtenir le degré d’avancement des recherches sur le SRAS-nCoV-2 en Chine et même
aux États-Unis. Le Mossad israélien est impliqué dans toutes les opérations visant à récupérer le
maximum d’équipements, de kits et de traitements expérimentaux et les diriger vers Israël.
(Press TV, le 23-03-2020)
En Israël, 500 personnes en contact avec des porteurs du Covid-19 identifiées grâce au
programme de surveillance de masse du Shin Beth…
Le service de sécurité, le Shin Beth, a affirmé jeudi soir que son programme de surveillance de masse
a jusqu’à présent aidé à identifier 500 patients atteints de coronavirus. Il indique que les 500 personnes
identifiées ont été en contact avec des porteurs de coronavirus par le biais du suivi des téléphones
portables. « Sans les trouver rapidement et les mettre en quarantaine, ils auraient sûrement infecté
sans le savoir beaucoup plus de gens » a averti le Shin Beth dans un communiqué. Au cours des deux
dernières semaines, l’agence de sécurité intérieure a travaillé avec le ministère de la Santé pour
retracer les mouvements des patients atteints de coronavirus en utilisant la masse de données de
téléphones et de cartes de crédit à sa disposition, qu’elle n’est généralement pas autorisée à utiliser
pour des raisons autres que la lutte contre le terrorisme. Le service de sécurité n’a pas précisé combien
de personnes au total ont été identifiées comme étant en contact avec un porteur de coronavirus
confirmé, mais seulement les 500 cas qui ont également été testés positifs pour la maladie. De son
côté, le service de renseignement, le Mossad, a aidé à acheminer 400 000 kits de tests de coronavirus
supplémentaires en Israël depuis un lieu étranger non divulgué, a indiqué jeudi soir le bureau du
Premier ministre.
(I24News, le 27-03-2020)
Covid-19 : Au Kenya disparition de six millions de masques destinés à l’Allemagne…
Quelque six millions de masques destinés à l’Allemagne pour faire face à la pandémie provoquée par
le nouveau coronavirus ont été perdus au Kenya, a annoncé mardi une porte-parole du ministère
allemand de la Défense. « Il y a six millions de masques de protection qui ont été perdus au Kenya » a
déclaré à l’AFP cette porte-parole, confirmant une information du Spiegel. Ces six millions de masques
Renseignor N° 1121 le 29 mars 2020 5
FFP2 ont disparu d’un aéroport du Kenya à la fin de la semaine dernière. Ils étaient censés être livrés à
l’Allemagne le 20 mars, selon le magazine. « Nous tentons d’en savoir plus » a déclaré la porte-parole,
notamment pourquoi ces masques transitaient par le Kenya. Elle a assuré que ces articles, dont la
provenance n’a pas été précisée, n’avaient pas encore été payés par l’Allemagne. Les autorités
tchèques avaient saisi le 17 mars 680 000 masques et des appareils respiratoires dans un entrepôt
d’une entreprise privée de Lovosice, au nord de Prague, présentant l’opération comme un grand
succès contre le trafic existant dans ce domaine. Une partie de ces masques étaient en fait un don
chinois destiné à l’Italie, le pays européen le plus touché par la pandémie.
(Africa Radio, le 24-03-2020)

https://cf2r.org/wp-content/uploads/2020/03/Renseignor1121.pdf

Et si le Covid-19 accélérait le basculement du monde vers l’Asie ?

Et si le Covid-19 accélérait le basculement du monde vers l’Asie ?

 Par Marc Endeweld  |  26/03/2020, 9:38  |  952  mots

(Crédits : Reuters)

LE POLITOSCOPE. En arrière-fond de la gestion sanitaire de la pandémie de la Covid-19, la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine s’accentue dans la course au leadership mondial. L’Europe, elle, aura montré son incapacité à parler d’une seule voix.

Comme un parfum de guerre froide : depuis l’émergence du SARS-CoV-2, le virus responsable de la Covid-19, la Chine et les Etats-Unis se livrent une bataille politique et médiatique de grande ampleur, n’hésitant pas à se renvoyer la responsabilité de cette crise sanitaire. Quand le président américain, Donald Trump ne cesse de vitupérer contre ce qu’il appelle « le virus chinois », plusieurs hauts diplomates chinois n’ont pas hésité en retour à accuser les États-Unis d’avoir été à l’origine de la pandémie. Le compte twitter de l’ambassade chinoise en France est même allé jusqu’à expliquer que ce nouveau coronavirus était apparu initialement sur le territoire américain !

Face à de telles théories du complot, le département d’Etat a immédiatement réagi en convoquant l’ambassadeur chinois en poste à Washington. Ces derniers soubresauts montrent à quel point la gestion de cette crise sanitaire est rendue encore plus complexe au niveau international au regard de la situation de guerre commerciale entre les deux plus grandes puissances. L’ancien ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine, juge d’ailleurs dans Le Figaro que « cette crise globale, sans précédent depuis les guerres, révèle ou confirme qu’il n’existe pas encore de réelle communauté internationale ou qu’elle n’est pas préparée à faire face à une pandémie mondiale ».

Une Europe affaiblie

Dans ce contexte international particulièrement troublé, l’Europe apparaît comme particulièrement affaiblie face à cette crise sanitaire. Ne disposant pas de compétences et de pouvoir dans le domaine de la santé, les institutions de l’Union européenne se sont retrouvées particulièrement impuissantes. De leur côté, les Etats membres ont souvent privilégié leurs intérêts nationaux, avant de chercher un minimum de coordination, malgré les appels d’Emmanuel Macron dans ce sens. Nos démocraties pâtissent également du repli sur soi des Etats-Unis, qui ne sont même pas donnés la peine d’informer ses alliés avant d’interdire les vols en provenance de l’Union européenne…

De son côté, essayant de redorer son image internationale, la Chine est actuellement le seul pays à envoyer en masse des masques et des équipes médicales aux Etats qui en font la demande… Au point qu’on parle aujourd’hui dans les médias de « la diplomatie du masque ». Drôle de retournement alors que l’Empire du milieu était l’objet, il y a encore quelques semaines, de nombreuses critiques après avoir tardé à révéler au monde entier l’ampleur de l’épidémie  à Wuhan.

Principale porte d’entrée de la France en Chine

Cela a été peu dit, mais Wuhan est devenue depuis la fin des années 1970 la principale porte d’entrée de la France en Chine. À l’époque, c’est Deng Xiaoping qui suggéra à son homologue Valéry Giscard d’Estaing de concentrer les entreprises françaises dans cette conurbation. Depuis, de nombreux groupes français y ont installé des usines, notamment Renault, PSA, mais aussi Alstom, l’Oréal ou Total. Avant le confinement, Air France assurait des liaisons régulières entre cette ville chinoise de 10 millions d’habitants et Paris. Que l’épidémie ait éclaté à Wuhan aurait dû davantage alerter les pouvoirs publics quant à sa potentielle propagation en France.

Justement, en raison de leur impréparation, les Etats-Unis et l’Europe semblent incapables de gérer la crise de façon moderne, à la sud-coréenne, en recourant massivement aux tests, aux masques et aux nouvelles technologies. Résultat, faute d’alternative, le confinement « à la chinoise » s’impose un peu partout, de l’Italie à la Californie. De fait, l’Asie dans son ensemble – on pourrait aussi évoquer le Japon – donne au reste du monde une leçon magistrale de stratégie et de moyens. Cette Asie qui avait connu le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2003, puis la grippe H1N1 en 2009.

L’enjeu des infrastructures

Et si la Covid-19 accélérait le basculement du monde vers l’Asie ? Cette crise mondiale survient à un moment charnière. Depuis une dizaine d’années, la Chine affirme de plus en plus ses prétentions géopolitiques. C’est la raison pour laquelle cette hyper-puissance en devenir a orienté la Shanghai Coopération Organisation (SCO) – qui avait été crée  initialement pour discuter des questions de sécurité régionale après la chute de l’URSS –  vers les questions d’infrastructures (avec les fameuses « routes de la Soie »), d’énergie, de recherche et de communication. À travers cette organisation, elle a su fédérer autour d’elle la Russie et plusieurs États eurasiatiques, mais également, depuis 2017, l’Inde et le Pakistan.

C’est également dans cette optique d’affirmation que depuis 2018, la Chine souhaite réduire sa dépendance au Dollar. Dans cette entreprise, la deuxième puissance mondiale réduit à bas bruit son portefeuille de bons du Trésor américain, comme la Russie d’ailleurs. Dans sa guerre contre les Etats-Unis, l’Empire du milieu parie ainsi sur ses réserves considérables en or (la Chine en est le premier producteur mondial), et comme si cela ne suffisait pas, la banque populaire de Chine (PBOC) multiplie depuis début 2019 l’acquisition d’or sur le marché international. Selon l’hebdomadaire britannique MoneyWeek, la Chine pourrait en réalité disposer de 14.000 tonnes d’or – un chiffre non officiel -… contre plus 8.000 pour les Etats-Unis.

En attendant de connaître de cette confrontation économique entre les deux plus grandes puissances, il ne faudrait pas oublier que le « modèle chinois » autoritaire n’est pas le seul et l’unique en Asie. Le Japon démocratique a prouvé lui aussi sa capacité de gestion face à l’épidémie. Les milieux financiers commencent d’ailleurs à le reconnaître. Ce 25 mars, à la Bourse de Tokyo, l’indice Nikkei a terminé sur une forte hausse de +8,04%.

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