Quelle est la situation en Libye ?


Pourquoi la Libye attise les tensions entre la France et la Turquie

Par Julien Pavy  •  Dernière MAJ: 24/06/2020

Pourquoi la Libye attise les tensions entre la France et la Turquie

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La Libye se retrouve au cœur des tensions entre la France et la Turquie, ainsi que d’autres puissances régionales.

Quelle est la situation en Libye ?

Le pays est toujours coupé en deux :

  • A l’Ouest, le gouvernement d’union nationale, dirigé par Fayez el-Sarraj, basé à Tripoli, reconnu par les Nations Unies, et soutenu par la Turquie et le Qatar.
  • A l’Est, les forces du maréchal dissident Khalifa Haftar, soutenues par l’Egypte, les Emirats arabes unis, l’Arabie saoudite.

Le rôle ambigu de la France

La Turquie accuse aussi la France de soutenir le général qui avait lancé l’an passé une offensive sur Tripoli. Mais depuis, ses troupes ont multiplié les revers militaires et ne cessent de reculer. Elles pourraient perdre aujourd’hui la ville stratégique de Syrte, ce qui inquiète particulièrement l’Egypte qui a brandi la menace d’une intervention militaire.

Interview de Didier Billion, directeur adjoint de l’Iris, l’Institut de relations internationales et stratégiques, spécialiste de la Turquie et du Moyen-Orient.

Autres temps, autres terreurs…

Autres temps, autres terreurs…

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   mardi 30 juin 2020

   Forum

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Autres temps, autres terreurs…

30 juin 2020 – Pour en rajouter une petite couche très-modeste, je vais :faire un commentaire plus personnel sur la nouvelle traitée le jour d’avant-aujourd’hui, sur  le déclin de l’AIPAC qui semble accélérer irrésistiblement, qui est documenté dans ce sens d’une façon convaincante par l’article cité dans ce texte. Donc, un bref historique personnalisé…

En 2007, lorsque John Mearsheimer, professeur de sciences politiques à l’université de Chicago, et Stephen Walt, professeur de relations internationales à la Kennedy School of Government de l’université d’ Harvard, publièrent ‘The Israel Lobby and the U.S. Foreign Policy’, décrivant toutes les capacités d’influence israéliennes avec l’AIPAC comme matrice, ce fut l’occasion d’une très forte polémique, avec des aspects hystériques déjà repérés lors de la publication d’un article sur le même sujet par le même duo en 2006. Cela faisait des années, des décennies, que l’influence israélienne à Washington était à la fois un facteur fondamental du pouvoir washingtonien, connu de tous mais respecté par le silence de tous, une force quasiment légitime et irrésistible, effrayante et même terrorisante.

J’avais connu de loin, mais suffisamment précisément, ce phénomène qui ne cessait de déclencher des rumeurs complotistes, des appréciations chuchotées, des regards terrorisés jusqu’à presque se signer. En 2007, en général, on ne donnait pas cher de la peau des Mearsheimer-Walt dans le monde universitaire, et l’on attendait leur disparition dans les oubliettes de l’infamie. La polémique dura longtemps : par exemple, en février 2009 on faisait encore des émissions sur le bouquin, et  dans celle-ci justement on a beaucoup de détails et de précisions sur les aventures des deux auteurs. 

Mearsheimer-Walt tinrent bon et survécurent. Ils ont poursuivi leurs carrières respectives sans véritable handicap du fait de cette activité, bien au contraire. Leur travail avait levé un tabou sans pour autant restreindre la puissance de l’AIPAC. Les rapports entre les USA et Israël en furent-ils affectés ? Difficile de répondre, mais il est remarquable qu’avec Obama puis Trump, les relations entre les deux pays prirent une tournure très particulière ; très difficiles et presque hostiles, et publiquement affichées, entre Obama et Netanyahou, notamment dues à la très forte antipathie réciproque des deux personnages ; bombastiques et bruyantes avec Trump, serrant avec effusion son “ami Benjamin” sur son cœur et rendant ainsi le Premier ministre israélien de moins en moins populaire aux USA. Netanyahou, qui ne manque ni de finesse ni de duplicité, accéléra sa politique d’entretien des meilleures relations possibles avec la Russie.

Pendant tout ce temps, on ne parlait plus guère de l’AIPAC, sauf pendant les fameux rassemblements d’allégeance du début du printemps (justement, celui qui n’a pas eu lieu cette année). Pendant tout ce temps également, il est vrai qu’on releva des incartades de moins en moins dissimulées de tel(le) ou tel(le) parlementaire. On doit se souvenir comme d’un fait révélateur et significatif de  l’aventure opposant (en août 2019) les députées Ilhan Omar et Rashida Tlaib, du fameux Squad de la Chambre des Représentants, au gouvernement israélien, suivie  d’un article du Washington Post signalant la détérioration des relations entre le parti démocrate et le gouvernement israélien sans sacrifier une seconde à l’ode au gouvernement israélien qui accompagnait traditionnellement toute analyse où Israël tient un des rôles principaux.

Cela aurait dû faire sonner un tocsin significatif dans nos oreilles, mais nous étions occupés à tant d’autres choses. (Moi le premier, certes.)

Et maintenant, cet article de Grant Smith, qui a toutes les garanties d’une  vérité-de-situation nouvelle, remarquable, avec une documentation et une déduction extrêmement convaincantes. Cela devrait maintenant faire sonner à toutes volées un tocsin lugubre sur tout le champ des relations internationales, où les relations vraiment très-très-spéciales entre Washington et Israël tiennent (tenaient ?) une place considérable.

J’ai beau tendre l’oreille, je n’entends rien de ce tocsin, nothingnada, mais plutôt un silence indifférent entrecoupé de tel ou tel constat sans alarme particulière. Certes, les choses changent, doivent distraitement penser certains, mais bon il y a bien plus urgent et important à s’entretenir et s’occuper, et les voilà qui retournent à leur besogne d’alimenter les vitupérations qui leur tiennent lieu de commentaires : haine de Trump et Covid19, haine de Trump-Covid19 et le soulèvement de communication de BLM, haine de Trump-Covid19 et les présidentielles, haine de Trump-Covid19 et les balbutiements informes de Joe Biden…

Voilà, nous y sommes, et c’est bien le plus stupéfiant de l’affaire : l’éventuel naufrage de l’AIPAC et du “très-très-spécial” aspect des relations USA-Israël n’intéresse pas grand’monde. L’on dit même que la sacro-sainte aide financière énorme (autour de 3 $milliards l’an) des USA à Israël pourrait bien en sortir, en 2021, notablement amaigrie, sans là aussi que ces bruits ne déclenchent le moindre concert d’indignation préventive-dissuasive.

Il n’est question ici ni de formalisme ni d’analyse rationnelle, y compris celles que l’on fait quand l’on cite les liens “secrets” entre Israéliens et américanistes, le “complot permanent” plaçant Washington aux ordres de Tel-Aviv (Jerusalem ?).

(Je dis bien “analyse rationnelle” car, contrairement à ce qu’on est en général conduit à penser dans l’émotion de la première réaction, le “complotisme” n’est nullement irrationnel mais  au contraire rationalisme pur, jusqu’à la subversion complète que la Raison peut introduire dans notre jugement sur l’évaluation des actes, des faits, des effets et des conséquences, et surtout des multiples “causes premières” de ces artefacts du brio historico-politique.)

Il est alors plutôt question d’une humeur, d’une atmosphère, d’un effet de communication, et tout cela qui apparaît aujourd’hui complètement différent de ce que cela était il y a un tiers de siècle, il y a15 ans, il y a 5 ans, et même il y a un an bien que les choses avaient déjà changé ; c’est-à-dire que je vous parle d’une humeur et d’une atmosphère bien différentes même de l’immédiat avant-Covid19.

(Pour le tiers de siècle j’en témoigne puisque je l’ai ressentie dans l’attitude américaniste, cette puissance du tabou israélien, la puissance et l’impunités de l’AIPAC, la terreur que ces forces diffusaient dans les psychologies des élitesSystème, il s’agissait d’un poids et d’une pression considérables et gigantesques, et tout cela semble se dissiper, flotter et se désintégrer…)

Au reste, et pour montrer la pureté de mes intentions et mon absence de comportement israélo-centré/obsédé, je ferais la même remarque concernant deux autres événements, de deux autres grands domaines de ce que furent les relations internationales, qui connaissent aujourd’hui des bouleversements considérables par rapport à ce qu’ils furent, sans que cela ne semble déclencher en aucune façon de grandes préoccupations, donc un peu de la même façon que je décris pour l’AIPAC.

• C’est le cas des négociations stratégiques pour un nouveau traité START entre les USA et la Russie (auxquels les USA voudraient rajouter la Chine, qui refuse catégoriquement). Ces négociations ont commencé à Vienne et personne, au fond, ne les prend au sérieux et personne, autour d’elles, ne s’en préoccupe. Même les Russes, qui y tiennent tant par goût prononcé de la stabilité, savent au fond d’eux-mêmes qu’il vaut mieux n’y pas trop compter.

• C’est le cas des relations transatlantiques, avec les tensions Allemagne USA, le retrait de 9 000 soldats US d’Allemagne (ou leur transfert dans la fidèle et subtile Pologne), les déclarations de Merkel qui nous apprennent que cette dame se permet de penser que les USA “ne sont plus une puissance mondiale”. Cela nous vaut des déclarations allemandes  très-très sophistiquées sur les “chères”  relations transatlantiques qui sont « extraordinairement importantes », qui ne peuvent pas continuer comme ça (alliance), et qui continueront tout de même (alliance), qui à la fois ne sont plus et à la fois sont toujours, et tralala, dansons Folleville, sur le pont du Titan-Hic.

« Les jours du bon vieux “partenariat transatlantique” sont passés, a admis le ministre allemand des affaires étrangères du gouvernement Merkel Heiko Maas… […]
» “Quiconque croit que le partenariat transatlantique sera à nouveau ce qu’il était avec un président démocrate sous-estime les changements structurels”, a déclaré le ministre à l’agence de presse allemande dpa, laissant entendre que les relations entre les deux alliés ne seront jamais les mêmes, même sans le président Donald Trump à la tête de l’État à Washington.
» Néanmoins, il a également admis que Berlin n’est pas encore prêt à renoncer à son alliance de longue date avec Washington. “Les relations transatlantiques sont extraordinairement importantes, elles le resteront et nous travaillons pour qu’elles aient un avenir”, a-t-il déclaré. »

L’absurdité extrêmement postmoderne du propos de ce ministre (nous ne sommes plus ensemble mais nous restons ensemble), est bien là pour faire le minimum syndical face à des liens qui ne cessent de se défaire, sans que personne ne puisse rien faire. Sur ce point, il y a beaucoup de larmes sincères, surtout du côté européen où l’on se sent d’autant plus fort et “d’autant plus européen, enfer et damnation !”, – enfin, d’autant plus libres que l’on est soumis aux USA. Mais sur le fond, tout cela importe-t-il encore ? Je crois que nous sommes dans le même cas que celui de l’éventuelle disparition de l’AIPAC… Ne parlons pas de rupture, ni de brutale décision, mais de dissolution, – paradoxalement car à la fois, – dissolution imperceptible mais dissolution ultra-rapide.

Je n’ai rien pour prouver ni substantiver ce que j’avance mais je ressens comme une évidence de plus en plus affirmée que la pandémie Covid19 est l’explication abrupte de ce phénomène… Covid19 a été une fantastique rupture, – brutale celle-là, visible, cruelle, comme quelque chose qui vient du fond des âges où l’on craignait les terribles épidémies de la “Mort Noire”, pour nous rappeler à nos destins que nous avons trahis, pour susciter chez nous des terreurs nouvelles de notre culpabilité pour cette trahison ; Covid19 qui a concrétisé tout ce qui s’est assimilé depuis au moins douze ans (depuis 2008), depuis même 19 ans (9/11), dans nos inconscients et dans nos subconscients, et qui a touché les populations également avec cette pandémie qui nous révèle la crise  « extraordinairement importante » où nous nous trouvons… Et alors tout le reste, qui comptait tant, qui constituait les références de nos pensées et de nos efforts, passe au second plan, se réduit de plus en plus, – et si vite malgré tout ! – comme une peau de chagrin, comme la tête d’un ennemi juré des Jivaros que les Jivaros lui ont coupée en lui jurant une réduction qui lui vaudrait l’enfer…

Tout le reste, stratégie, géostratégie, complots et ambitions de conquête, de domination, tous nos plans et calculs, nos rapports de force, nos hypothèses audacieuses et soupçonneuses, nos grands desseins et nos Grands Jeux, notre futur de puissance et de croissance, notre schizophrénie technologique plongée dans notre paranoïa de communication, notre folle certitude  « to create our own reality », tout le reste qui prétend répondre à des démarches maîtrisées par la puissance humaine, tout le reste qui se dissout, qui disparait, qui n’importe plus, qui ne laisse pas le moindre souvenir de nostalgie…

https://www.dedefensa.org/article/autres-temps-autres-terreurs

UNE REVENANTE

Une revenante

26 Juin 2020

Qui ne se souvient de Victoria Nuland, dont l’heure de gloire sonna lors d’un glacial hiver il y a de cela quelques années ?

En décembre 2013, Victoria Nuland distribuait des cookies aux manifestants. Deux mois plus tard, lors d’une conversation téléphonique avec l’ambassadeur américain à Kiev, enregistrée et rendue publique par les facétieux services secrets russes, la représentante de l’administration Obama ne distribue plus des petits gâteaux mais les futurs postes de ministres, faisant et défaisant le gouvernement ukrainien ! C’est à cette occasion que, en désaccord avec Berlin sur l’attribution d’un ou deux maroquins, elle prononce son fameux « Que l’UE aille se faire foutre ! ».

Émergeant de leur léthargie, les dirigeants européens froncent un sourcil, déclarent haut et fort que ces paroles sont inacceptables puis, sans doute épuisés par leur audace, retombent dans leur somnolence. Que de hauts responsables états-uniens misent sur le renversement à venir du gouvernement légal et décident du futur de l’Ukraine ne semble pas les gêner plus que cela…PUBLICITÉ

Désormais, la course au putsch est lancée. Victoria « Fuck the EU » Nuland a clairement annoncé la couleur : les États-Unis ont investi, depuis 1991, cinq milliards de dollars afin de « promouvoir le développement des institutions démocratiques et établir une bonne gouvernance », autrement dit installer un régime ami à Kiev. Le Maïdan est le moment ou jamais d’arracher l’Ukraine à la sphère russe et de l’arrimer à la communauté atlantique. En filigrane, évidemment, l’avancée de l’Otan vers la Russie, objectif depuis toujours des stratèges américains.

Il est vrai que la dame a un parcours impérial de toute beauté. Mariée au néo-cons Robert Kagan, Victoria Nuland a d’abord été adjointe de Madeleine « Kosovo » Albright, puis ambassadrice permanente de Bush Jr à l’OTAN, conseillère pour la politique étrangère de Dick Cheney, envoyée spéciale de l’hilarante Clinton et enfin secrétaire d’Etat assistante pour l’Europe et l’Eurasie sous l’administration Obama. Démocrates, Républicains, tout y passe du moment que c’est pour la cause supérieure. Elle connaît son Grand jeu sur le bout des doigts…

Le départ de Barack à frites et l’élection de Trump ont été, on l’imagine aisément, une bien mauvaise nouvelle pour cette russophobe affirmée, même si elle flâne dans divers think tanks et reste membre du directoire du N.E.D, dont la passion pour les regime change n’est plus à démontrer.

Sortie de son cryo-sommeil, la gorgone vient de publier une diatribe contre l’abominable Poutine des neiges où elle ressasse les habituels poncifs éculés. La Russie est faible mais elle a profité de l’impotence du leadership américain (sous Donaldinho, évidemment) pour perpétrer ses malfaisantes agressions : violer la loi internationale, les traités sur le contrôle des armements, la souveraineté de ses voisins et l’intégrité des élections aux Etats-Unis et même, pourquoi pas après tout, en Europe ! Mais l’ours qui fait si peur n’est en réalité qu’un colosse aux pieds d’argile qui prie pour que le camp du Bien mette fin aux sanctions.

Dans cet indigeste laïus apparaissaient quelques menaces voilées : renforcement du flanc oriental de l’OTAN, appui à l’Ukraine, maintien des forces américaines en Syrie pour que « Poutine ne devienne pas le maître du Moyen-Orient » etc. Et enfin, un véritable petit morceau d’anthologie que ne renierait pas Soros :

« Les Etats-Unis et leurs alliés devraient résister aux tentatives de Poutine de couper sa population du monde extérieur (!) et parler directement aux Russes à propos des bénéfices qu’ils pourraient retirer à travailler ensemble et du prix qu’ils ont payé à cause de la répudiation du libéralisme par Poutine ». C’est beau comme du Walt Disney, même s’il ne faut pas être grand clerc pour y voir un encouragement à l’élaboration d’une « révolution colorée »…

La perpétuelle politique de « changement de régime » est de plus en plus décriée dans certains secteurs états-unien – témoin, ce remarquable article qui montre la réussite très aléatoire de ces manigances (39% de succès, principalement à une autre époque et dans des pays relativement faibles) et les effets néfastes à long terme pour l’influence américaine (dont les organismes, innocents comme coupables, sont maintenant systématiquement surveillés/expulsés). Cela n’empêche apparemment pas l’amie Nuland de fantasmer un nouveau Maïdan plus à l’est.

Ces inepties infantiles ont au moins un mérite : montrer que la politique impériale ne changera jamais vis-à-vis de Moscou. Si l’on en doutait encore, il suffit de lire les recommandations du Republican Study Committee, groupe rassemblant plusieurs faucons du parti Républicain à la Chambre des représentants. Dans un rapport de 120 pages sobrement intitulé « Renforcer l’Amérique et contrer les menaces globales », la camarilla appelle à l’adoption par le Congrès des « plus dures sanctions de l’histoire » contre la Russie, l’Iran et la Chine.

Si ce document n’est qu’un ensemble préconisations parfois outrancières (comme celle de qualifier sans rire la Russie d’« Etat soutenant le terrorisme ») et non une proposition de loi, il montre l’état d’esprit fanatique qui règne chez les élites illuminées et déclinantes outre-Atlantique. Il n’y aura jamais de reset américano-russe, il ne peut y en avoir…

Et l’on se demande parfois si le Kremlin l’a tout a fait intégré. L’approche jugée trop conciliante de Poutine envers Washington est un vieux serpent de mer qui refait surface à intervalles réguliers, et fait s’arracher les cheveux à une flopée de sites alternatifs depuis fort longtemps. Sans aller jusque là, on peut effectivement s’interroger sur la retenue de Vladimirovitch vis-à-vis d’un empire qui tente pourtant de lui faire subir toutes les avanies et n’a aucune intention de s’accommoder de lui.

Il y a trois mois, Moscou avait une occasion en or de faire payer la monnaie de sa pièce à l’aigle, embourbé dans la dégringolade des cours du pétrole. Pourtant, sans que l’on sache trop pourquoi, Poutine a une nouvelle fois refusé de franchir le Rubicon. Si ce geste de bonne volonté visait à alléger les sanctions, notamment contre Rosneft, il s’est fourré le doigt dans l’œil. Le Heartland ne peut et ne pourra jamais rien attendre de la thalassocratie impériale.

Errare humanum est, perseverare diabolicumTag(s) : #Etats-Unis#Russie

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2020/06/une-revenante.html

Sibérie, force 3

Sibérie, force 3

27 Juin 2020

Le titanesque Sila Sibirii est une vieille connaissance de nos lecteurs. Si sa traduction en français – Force de Sibérie – est un peu cruche, ce pipeline ne manque pas de panache. Fruit du « contrat du siècle » entre Moscou et Pékin, il est entré en service en décembre 2019 après des travaux pharaoniques.

Le mois dernier, nous rapportions une nouvelle très importante :

Le monde de l’énergie commence à s’agiter alors que le nouveau gazoduc sibérien, Sila Sibirii II pour les intimes, se précise. Les articles se multiplient dans les revues spécialisées (iciici ou ici) car Gazprom vient de passer la vitesse supérieure en engageant les études de conception et de prospection. Le fidèle lecteur de nos Chroniques avait eu l’info en avant-première il y a presque deux mois :PUBLICITÉ

Le patron de Gazprom a rencontré Poutine et annoncé qu’une première étude de faisabilité avait été menée et s’était révélée concluante. La compagnie va maintenant engager des analyses plus poussées et le tube semble dans les tuyaux, même s’il faudra évidemment attendre la signature d’un contrat avec Pékin. D’une capacité finale de 50 Mds de m3 annuels, il devrait vraisemblablement passer par la Mongolie. et non la chaîne montagneuse de l’Altaï, ce qui lui fera perdre son joli nom pour celui, plus classique, de Sila Sibirii II.

La visite de Poutine, que nous avions évoquée en septembre dernier, n’est peut-être pas étrangère à l’inclusion de la Mongolie dans le projet :

Sur le chemin [de Vladivostok], Vladimirovitch s’est arrêté à Oulan Bator et en a profité pour renvoyer les petits génies de Washington à leurs chères études. En réponse aux hypothétiques et quelque peu irréelles tentatives américaines de gagner les faveurs de la Mongolie afin d’enfoncer un coin entre la Russie et la Chine, un traité d’amitié perpétuel a été signé entre l’ours et le pays de Gengis Khan. Pompeo et Bolton peuvent ranger leurs affaires…

Un think tank énergétique britannique a longuement analysé la nouvelle route et en conclut que le projet fait encore plus sens. Au lieu d’entrer à l’extrême-Ouest de la Chine, à 3 200 km de Pékin, le nouveau tracé ferait arriver le tube à 560 km, tout près de son foyer de consommation potentiel. De quoi convaincre plus facilement le rusé dragon qui, s’il est proche allié de Moscou, n’en demeure pas moins un rude négociateur.

En passant, la Mongolie, dont la capitale est asphyxiée par les mines de charbon, pourra être approvisionnée en or bleu bien moins polluant et redonner ainsi un peu d’air à ses belles steppes.

Mais surtout, joyaux stratégique, ce deuxième pipeline est de la plus haute importance. Il est le chaînon manquant connectant enfin les deux pôles énergétiques du Heartland russe, la Sibérie occidentale qui écoule ses richesses vers l’Europe et la Sibérie orientale tournée vers l’Extrême-Orient.

A terme, un gaz circulant librement d’une partie à l’autre du continent-monde, intégrant énergétiquement l’Eurasie dans des proportions jamais vues, pour le plus grand malheur de qui vous savez…

Et ce n’est peut-être pas fini si l’on en croit une info cruciale, non encore disponible en français ni en anglais. Gazprom, qui a visiblement la folie des grandeurs, envisage déjà, en sus du Sila Sibirii II, un troisième gazoduc vers la Chine ! Les poètes seront ravis, c’est l’Altaï et son doux patronyme qui sont remis au goût du jour.

Bien sûr, entre les (difficiles) négociations, la signature du contrat et la construction du tube, ce genre de projet met de longues années à se concrétiser. Mais le fait qu’Alexeï Miller, PDG de Gazprom, en parle à l’assemblée générale annuelle des actionnaires est assez significatif sur la confiance du bonhomme.

Entre les deux forçats sibériens et l’Altaï, ce sont 130 Mds de m3 qui prendraient, à terme, le chemin du dragon assoiffé. Des pipelines reliant les deux bêtes noires de l’empire thalassocratique et totalement hors de sa portée…Tag(s) : #Gaz#Russie

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http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2020/06/siberie-force-3.html

« La filiation des services spéciaux avec le BCRA gaulliste n’est pas exclusive »

« La filiation des services spéciaux avec le BCRA gaulliste n’est pas exclusive »

INTERVIEW. Le général d’armée aérienne François Mermet revient sur l’importance pour le renseignement du serment de Bon-Encontre, le 23 juin 1940.

Par Jean GuisnelPublié le 28/06/2020 à 11:00 | Le Point.fr

Des archives du Bureau central de renseignements et d'action - BCRA. (Photo d'illustration)
Des archives du Bureau central de renseignements et d’action – BCRA. (Photo d’illustration) © AFP PHOTO /SHD/VIOLA DOMINIQUE

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Dernier militaire à avoir dirigé la DGSE, qu’il a quittée en 1989, le général d’armée aérienne François Mermet, né en 1933 et d’une vivacité étonnante, n’a jamais cessé de s’intéresser au monde du renseignement, bien qu’il ne s’exprime pratiquement jamais. Aujourd’hui président de l’Association des anciens des services spéciaux de la défense nationale (AASSDN), il a accepté de contribuer à la mémoire des événements de 1940, qui mettent en avant le rôle essentiel du général de Gaulle.

Dans une interview récente au Figaro, le directeur de la DGSE Bernard Émié avait insisté sur la relation des services modernes avec le BCRA gaulliste. Son lointain prédécesseur rappelle au Point qu’elle n’est pas exclusive et que depuis la France occupée, des centaines de Français réunis dans une structure clandestine ont contribué à la victoire en collaborant efficacement avec l’Intelligence Service. Ils en avaient fait le serment à Bon-Encontre, non loin de Toulouse, le 23 juin 1940.closevolume_off

Le Point : Quatre-vingts ans après l’appel du 18 Juin, la DGSE célèbre sa filiation avec le Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) gaulliste et vante l’esprit de résistance qui doit animer ses recrues d’aujourd’hui. Que pensez-vous de ces liens avec l’Histoire de France ?

Gl François Mermet : Cette démarche du directeur général de la DGSE, Bernard Émié, est excellente et me semble très positive. Je rappelle néanmoins que la filiation des services spéciaux avec le BCRA n’est pas exclusive. Un très bref rappel historique est nécessaire : le 14 juin, la Wehrmacht entre dans Paris vidée de ses habitants. Le 16, le général de Gaulle est à Londres. Les chefs et les membres des Services de renseignement (SR) militaire français, les seuls existant à l’époque, se replient eux aussi en zone libre avec leurs précieuses archives. Conduits par le capitaine Paul Paillole, les membres du personnel du SR gagnent Bazas, au sud de Bordeaux. Le colonel Louis Rivet, leur chef, les y rejoint le 21 juin. Le lendemain, l’armistice est signé avec les Allemands. « La clause dissolvant nos services est confirmée. Un silence de mort règne dans notre cantonnement » écrira Paillole dans son ouvrage Services spéciaux 1935-1945 : « Dans un bureau voisin soudain s’élève une voix : L’honneur, le bon sens, l’intérêt de la Patrie commandent à tous les Français libres de continuer le combat, là où ils seront et comme ils pourront… C’est de Gaulle qui, de Londres sur les ondes de la BBC, exprime et endurcit notre résolution prise la veille à Bazas : continuer le combat, là où nous serons et comme nous pourrons. »

Lire aussi Services secrets français – Avec de Gaulle, la méfiance règne

Comment le SR s’organise-t-il au sein de l’armée d’armistice ?

Après avoir ordonné de mettre les archives en lieu sûr, à Brax près de Toulouse, Louis Rivet donne rendez-vous le 23 à ses troupes au séminaire de Bon-Encontre, à la sortie d’Agen. Les officiers et sous-officiers des Services spéciaux militaires, se recueillent devant le monument aux morts du village. Rivet, s’adresse à eux, témoigne Paillole : « Il trace le devoir de chacun : lutter contre l’envahisseur. Nous en faisons le serment ». Par ce serment historique, nos soldats s’engagent à poursuivre dans la clandestinité une lutte implacable contre les services allemands et italiens. On ne doit surtout pas oublier qu’en 1940, ils peuvent s’enorgueillir d’un bilan qui contribuera, plus tard, à la victoire contre le nazisme.

Lire aussi Services secrets français – Colonel Rémy, le maillon fort du Général

À quels événements faites-vous ainsi allusion ?

Parmi leurs plus grands faits d’armes, figure le recrutement en 1931 d’Hans Stilo Schmidt, frère d’un général de la Wehrmacht responsable des transmissions. Schmidt fournit, entre autres, les plans de la machine de chiffrement Enigma, au capitaine Gustave Bertrand, excellent cryptologue. Grâce à cela, les services français suivent au jour le jour les communications cryptées allemandes. Mais les machines évoluent et se modernisent. Pour conserver leur avance, le SR français demande au ministère le recrutement de quelques mathématiciens, ce qui leur sera refusé. Le SR se tourne alors vers ses homologues polonais, qui fourniront début 1940 quatre cryptologues de haut niveau. Spécialistes français et polonais s’installent à Uzès et travaillent d’arrache-pied, sans les Britanniques, pas alors convaincus par Enigma… En 1940, nos experts français et polonais embarquent pour l’Angleterre et rejoignent l’équipe de Bletchley Park avec deux machines Enigma. Une alliance tripartite, unique dans les annales des Services, est établie. Elle permet de reconstituer une machine et de procéder au déchiffrement des messages qui se révéleront si précieux lors de la bataille d’Angleterre.

Lire aussi Aurélie Jean – Enigma : quand les mathématiques nous font gagner des conflits

Comment ne pas citer également « la source Mad », pour Madeleine Richou, [1] qui, grâce à ses liens avec un adjoint de l’amiral Canaris, un Autrichien antinazi, fournira des renseignements d’ordre géopolitique et militaire inappréciables, échappant durant toute la guerre à la capture. Et « la source K », nom de code de l’équipe de l’ingénieur Robert Keller, qui installa une dérivation sur le câble téléphonique Paris-Berlin, permettant de procéder à des interceptions téléphoniques des plus hautes instances allemandes. Dénoncé, il mourut en déportation en 1945.

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Le SR établit une relation stable et permanente avec l’Intelligence Service (MI6) britannique. Comment les choses se déroulent-elles ?

À Bon-Encontre, dès le 26 juin, le colonel Rivet met au point un projet de réorganisation du SR entré en résistance. La liaison est rétablie avec Stewart Graham Menzies, patron du MI6 qui avait déjà travaillé avec Rivet et Paillole, puis avec les représentants américains en poste à Vichy et dans d’autres capitales et, plus tard, avec l’OSS, service secret américain créé en 1942. La lutte se poursuit sous une forme légale, avec la création du Bureau des menées antinationales (BMA). Parallèlement, une organisation clandestine est mise en place sous la couverture d’une société de « Travaux ruraux », dirigée par le commandant Paillole depuis Marseille. Une idée particulièrement astucieuse, au moment où le régime de Vichy prône le retour à la terre ! Elle permettra d’abriter les archives du service et de recruter des agents – ils étaient 674 en novembre 1942 – qui surveilleront l’implantation des forces ennemies, prépareront des caches d’armes, des terrains d’atterrissage et des zones de parachutages. Leurs réseaux sont implantés sur l’ensemble du territoire national. Les résultats obtenus par ce travail obstiné et obscur sont remarquables et reconnus par nos alliés, car ils vont concourir aux succès des débarquements de Normandie et de Provence, ainsi qu’aux opérations en Tunisie puis en Italie. N’oublions pas le sous-marin Casabianca qui a assuré une liaison permanente entre la France occupée et l’état-major de la France combattante à Alger.

Lire aussi Les secrets des grands espions : Passy, l’autre homme de Londres

Quels seront les effets concrets de ces actions à l’encontre des occupants ?

Beaucoup de nos compatriotes ignorent que, de 1940 à 1942, grâce à ces services secrets, 50 espions allemands ou leurs affidés seront arrêtés, jugés et fusillés et 50 autres neutralisés. Après l’occupation de la zone sud, cette action de recherche des agents et des collaborateurs se poursuivra jusqu’à la Libération. En France occupée, la guerre du renseignement s’est donc poursuivie dans la clandestinité, le secret, avec son cortège de souffrances, de trahisons et d’atrocités. Sur le mémorial national de l’Amicale des anciens des services spéciaux de la défense nationale, à Ramatuelle, sont gravés en lettres d’or 325 noms des membres de nos Services. Le 7 mai 1944, le lieutenant-colonel Paillole part en mission secrète pour Londres, où il sera le seul officier français à être associé – sous le sceau du secret – à la préparation du débarquement de Normandie au SHAEF, le QG des forces alliées en Europe commandé par le général Eisenhower. Devant tant d’abnégation, de sacrifices, de détermination et d’héroïsme dans des circonstances aussi tragiques, nous nous devons de pérenniser cette mémoire très peu connue du serment de Bon-Encontre. Il a toute sa place dans l’histoire de la genèse des services spéciaux modernes.

Vous aimez rappeler le souvenir des Merlinettes. Qui étaient-elles ?

Ces jeunes opératrices radio affectueusement appelées « Merlinettes » sont les membres du Corps féminin des transmissions d’Afrique du Nord, créé en novembre 1942 par le général Lucien Merlin. Recrutées par nos services, entraînées en Afrique du Nord et parfois en Angleterre, parachutées depuis Londres (par l’Intelligence Service) ou Alger (par l’OSS), et qui furent, pour la plupart, trahies, arrêtées, torturées, déportées et finalement exécutées à Ravensbrück. Elles avaient entre 20 et 25 ans. Un jardin du parc Citroën, inauguré en 2015, rappelle le sacrifice de la plus jeune (3). Il faut savoir regarder l’Histoire en face, y compris celles de nos si précieux services spéciaux.

[1] Marie Gatard, La source MAD. Services secrets : une Française de l’ombre et un officier de l’armée allemande unis contre le nazisme, Michalon, 2017. Mad, une héroïne de l’ombre, film de Laurent Bergers, scénario de Marie Gatard, Label Image, 2017.

[2] Hitler sur table d’écoute, film de Laurent Bergers, scénario de Marie Gatard, Label Image, 2018.

[3] Dominique Camusso et Marie-Antoinette Arrio, La Vie brisée d’Eugénie Djendi de l’Algérie à Ravensbück. L’Harmattan 2020

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Le Pentagone publie une liste de compagnies liées selon lui à l’armée chinoise

Le Pentagone publie une liste de compagnies liées selon lui à l’armée chinoise

Par La rédaction -25 juin 2020 à 14 h 40 minPartagerFacebookTwitterReddItEmailPrint

Le Pentagone. (AFP)

Temps de lecture estimé : 2 minutes

Le Pentagone a publié une liste de 20 compagnies chinoises, dont le géant des télécommunications Huawei, qu’il estime liées à l’armée chinoise, dernier épisode en date de la bataille économique entre Washington et Pékin, ont rapporté des médias américains.

Le spécialiste de la vidéosurveillance Hikvision figure également sur cette liste comprise dans une lettre aux parlementaires américains datée de mercredi, selon l’agence Bloomberg.  Aviation Industry Corporation of China

1-China Aerospace Science and Technology Corporation

2-China Aerospace Science and Industry Corporation

3-China Electronics Technology Group Corporation

4-China South Industries Group Corporation

5-China Shipbuilding Industry Corporation

6-China State Shipbuilding Corporation

7-China North Industries Group Corporation

8-Huawei Technologies Co.

9-Hangzhou Hikvision Digital Technology Co.

10-Inspur Group

11-Aero Engine Corporation of China

12-China Railway Construction Corporation

13-CRRC Corp.

14-Panda Electronics Group

15-Dawning Information Industry Co.

16-China Mobile Communications Group

17-China General Nuclear Power Corp.

18-China National Nuclear Power Corp.

19-China Telecommunications Corp.

20-Aviation Industry Corporation of China

« Au moment où la République populaire de Chine essaie de brouiller les lignes entre les secteurs civil et militaire, « connaître son fournisseur » devient crucial », selon un communiqué du porte-parole du Pentagone Jonathan Rath Hoffman.

Selon lui, la liste compte des compagnies « qui appartiennent ou sont contrôlées par le gouvernement chinois, l’armée ou l’industrie de la défense ».

« Nous voyons cette liste comme un outil utile pour que le gouvernement américain, les investisseurs, les institutions d’études et tous les partenaires similaires adoptent la vigilance pour des accords avec ces entités », ajoute-t-il.

Les tensions s’aggravent à la faveur de la pandémie de COVID-19 entre Pékin et Washington sur de multiples fronts, y compris le commerce. Le président américain Donald Trump a réitéré ce mois-ci ses menaces de suspendre toutes les relations y compris économiques avec Pékin.

Avant la pandémie, les deux premières puissances économiques du monde étaient parvenues à faire une trêve dans leur guerre commerciale à coups de droits de douane punitifs réciproques.

À la mi-juin, Washington a légèrement adouci les dernières sanctions prises le mois précédent contre Huawei pour protéger ses propres intérêts dans le déploiement des technologies liées à la 5G.

L’administration Trump perçoit Huawei comme une menace pour la sécurité nationale américaine, l’accusant de collusion avec les autorités chinoises, chose que le groupe nie catégoriquement.

Les États-Unis soupçonnent l’entreprise d’espionnage au profit de Pékin et se dépensent sans compter auprès de leurs alliés pour qu’ils empêchent Huawei d’accéder au marché de la 5G.

Huawei n’a pas réagi dans l’immédiat à la publication de cette liste, à l’instar des autres compagnies citées y compris Hikvision.

*Avec AFP

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L’ancien Premier ministre français, François Fillon, et son épouse sont jugés coupables dans une affaire d’emplois fictifs. Le couple a décidé de faire appel de sa condamnation.

  • 29/06/20 à 13:54
  • Mise à jour à 16:07

Le Vif

L’ancien Premier ministre français, François Fillon, et son épouse sont jugés coupables dans une affaire d’emplois fictifs. Le couple a décidé de faire appel de sa condamnation.

Emplois fictifs: François Fillon condamné à cinq ans de prison dont deux ferme
© AFP

L’ancien Premier ministre français François Fillon a été condamné lundi à Paris à cinq ans de prison dont deux ferme dans une retentissante affaire d’emplois fictifs qui avait fait dérailler sa campagne présidentielle en 2017.

Le tribunal correctionnel, qui n’a pas prononcé de mandat de dépôt, a assorti cette condamnation d’une amende de 375.000 euros et d’une peine d’inéligibilité de dix ans. Son épouse Penelope a été condamnée à trois ans de prison avec sursis et 375.000 euros d’amende et à deux ans d’inéligibilité.

Les époux Fillon et leur co-prévenu Marc Joulaud, l’ancien suppléant de François Fillon dans le département de la Sarthe (ouest), dont il était député, ont été en outre condamnés à rembourser plus d’un million d’euros à l’Assemblée nationale.

Le couple fait appel

Les époux Fillon ont fait savoir qu’ils faisaient appel de cette condamnation. « Cette décision, qui n’est pas juste, va être frappée d’appel, (…), il y aura un nouveau procès« , a annoncé devant la presse Antonin Lévy, l’avocat de François Fillon. Le jugement a été prononcé en dépit des demandes de la défense de rouvrir les débats, arguant de « pressions » sur l’enquête.

La semaine dernière, la défense de l’ancien champion de la droite qui dénonce depuis trois ans une enquête « à charge », menée en pleine campagne présidentielle, avait demandé la réouverture du procès après des déclarations sur des « pressions » au cours de l’enquête.

Le 10 juin dernier, l’ancienne cheffe du parquet national financier (PNF) Eliane Houlette, aujourd’hui retraitée, s’était émue devant une commission parlementaire du « contrôle très étroit » qu’aurait exercé le parquet général, son autorité de tutelle directe, dans la conduite des investigations lancées en pleine campagne présidentielle de 2017. En France, le parquet est placé sous l’autorité du pouvoir politique par le biais du ministère de la Justice, qui lui délivre des instructions de politique pénale mais a interdiction de lui en donner dans des dossiers individuels.

Ce que décrit Mme Houlette, notamment des demandes pressantes de remontées d’informations, n’a rien d’illégal mais a relancé dans le clan Fillon les accusations d’instrumentalisation de la justice.

Donné favori à la présidentielle, le chantre de la droite conservatrice avait finalement été éliminé au premier tour, après une campagne minée par cette affaire révélée par l’hebdomadaire le Canard Enchaîné. A 66 ans, François Fillon, désormais retraité de la politique, s’est reconverti dans la finance.

Le 10 mars, le PNF avait dénoncé le « profond sentiment d’impunité » de celui qui avait « fait de la probité une marque de fabrique » et requis contre lui cinq ans de prison, dont deux ferme, 375.000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité.

Le « Penelopegate »

Au coeur du procès figuraient les soupçons de détournement de fonds publics entourant les emplois de collaboratrice parlementaire de Penelope Fillon, poursuivie pour des « prestations fictives ou surévaluées ». Ses activités dans la Sarthe auprès de son mari député et de son suppléant, méritaient-elles d’être rémunérées dans le cadre de contrats d’assistante parlementaire? Entre 1998 et 2013, la discrète Galloise de 64 ans a perçu au total 613.000 euros nets au titre de contrats connus seulement de quelques proches.

Les Fillon, dont les avocats ont plaidé la relaxe, ont décrit des tâches certes majoritairement orales (être « les yeux et les oreilles » du député, « donneuse d’ordres » pour le courrier arrivé à leur manoir sarthois…) mais indispensables, selon eux, à la carrière de l’homme politique. François Fillon s’est évertué à expliquer que le travail de collaborateur est d’autant plus varié lorsque celui-ci est le conjoint, pratique désormais interdite. L’accusation estime au contraire que le tout relève « davantage du rôle social d’un conjoint d’élu » que d’un réel emploi d’assistant parlementaire, lequel est donc « fictif ».

Lire aussi : L’affaire Fillon, chronique d’une déroute inattendue

https://www.levif.be/actualite/international/emplois-fictifs-francois-fillon-condamne-a-cinq-ans-de-prison-dont-deux-ferme/article-news-1305755.html?cel_hash=350dd53fcf817024e649f382a331d30d8431d5aa&chts=1593452079&utm_source=Newsletter-29/06/2020&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter-RNBAVULV&&cookie_check=1593444879

Face à Zemmour, BHL tombe la veste !

AccueilEditoriaux  Face À Zemmour, BHL Tombe La Veste !Editoriaux – Polémiques – Télévision – 27 juin 2020

Face à Zemmour, BHL tombe la veste !

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Seize minutes. Seize minutes sur soixante que dure l’émission, c’est le temps qu’il a fallu à Bernard-Henri Lévy face à Éric Zemmour au cours du débat organisé par CNews et animé par Christine Kelly, avant de commencer à s’énerver, à gesticuler, à vociférer avant de finir… en bras de chemise !

Savez-vous où s’est précipité BHL, à peine déconfiné ? Il s’est rendu, pour leur apporter son soutien, partout où les salariés sont menacés de licenciement ? Il a visité les familles endeuillées par la mort solitaire, dans leur EHPAD, de papi ou mamie ? Il a fait le tour de tous les hôpitaux d’Île-de-France, et du Grand Est en particulier, féliciter tous les médicaux, exténués par des mois de lutte sans répit ?

Il avait tellement plus émouvant à rencontrer, là-bas, où ils n’attendaient que lui ! « La première chose que j’ai faite […] c’est d’aller à Bruxelles, de prendre un avion pour Athènes, de me mettre en quatorzaine raccourcie et d’aller voir les pauvres d’entre les pauvres, les damnés entre les damnés, c’est-à-dire les réfugiés du camp de Lesbos […] pour leur apporter mon soutien. » C’est sûr que les migrants illégaux, préjugés, eux, systématiquement doux comme des agneaux, n’ont jamais rien de « factieux », de « haineux » ni d’« antirépublicain », comme les gilets jaunes…En fait de soutien, le « dandy hédoniste » (dont l’a affublé Éric Zemmour) a donc enquêté. De bon matin, sous le soleil grec, comme son « travail d’intellectuel engagé » l’y oblige, BHL – que le sort de « ses frères humains » empêche de fermer l’œil depuis quarante ans – est parti à la recherche des « chiottes » et des « points d’eau ». Bottes de caoutchouc aux pieds, gants de ménage aux mains, masqué avec manches de chemise blanche retroussées, dommage que Paris Match n’ait pas immortalisé l’instant…Ah, le monde de BHL qui déplore les conséquences des causes qu’il persiste à chérir ! Et encore, quand il ne divague pas sur les conséquences ! Savez-vous quelle est sa crainte, si le Covid-19 revenait ? Que l’État n’y soit pas, cette fois, totalement préparé ? Que les Français subissent à nouveau un confinement généralisé avec les conséquences économiques qui se dessinent ? Eh bien, celui à qui tout ce qui est « terroir » et « franchouillard » lui est « étranger voire odieux », celui qui se glorifie donc d’avoir « culpabilisé les Français », trouve que lesdits Français, en gros, se sont complus dans le confinement ! « Il ne faudrait pas que les gens s’habituent à penser que pour être solidaires, il faut se replier chez soi », assène-t-il, sans rire.Heu… les Français ont adoré le confinement, il est sérieux, là, Bernard-Henri ? En tout cas, s’il ne l’a pas bien vécu – c’est dur de ne plus sauter dans les avions pour montrer sa bobine aux quatre coins de la planète -, ce n’était sûrement pas dans 20 mètres carrés…Ah, comme c’était dur, de garder son calme face à Éric Zemmour, qui lui mettait inlassablement sous le nez son incapacité à reconnaître les conséquences désastreuses des politiques qu’il a soutenues. Antiracisme devenu racisme inversé, guerres provoquées engendrant chaos et immigrations massives, sans-frontiérisme qui accélère la circulation des virus… Mais pas question, pour BHL, d’admettre, comme le lui fait remarquer Zemmour, que le « monde qu’ [il] dénonce, c’est celui qu’[il] a fabriqué ». « C’est toujours la même chose, avec vous. Vous prenez des positions de principe et puis après, il y a des conséquences et vous pleurez sur ces conséquences. » Mais BHL veut avoir le mot de la fin : « Je ne pleure jamais. » Content de lui. Conclusion de l’émission.Un grand sensible, ce BHL !

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https://www.bvoltaire.fr/face-a-zemmour-bhl-tombe-la-veste/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=face-a-zemmour-bhl-tombe-la-veste&utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=84b1d9e4a1-MAILCHIMP_NL&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-84b1d9e4a1-30450793&mc_cid=84b1d9e4a1&mc_eid=d973bb6006

Des P-8A Poseidon et RC-135W ravitaillés en vol par un KC-135 au-dessus de la mer Noire (vidéo prise par un chasseur russe)

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 4 heures ago Strategika51

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Conflit libyen: la Russie explore la troisième voie et prend contact avec Seif-al-Islam Gaddafi

Conflit libyen: la Russie explore la troisième voie et prend contact avec Seif-al-Islam Gaddafi

 2 heures ago Strategika51

Pour la première fois, des officiers du GRU russes ont pris attaché avec Seif-al-Islam Gaddafi et ses partisans en Libye dans une tentative visant à explorer une troisième voie excluant à la fois le Maréchal Khalifa Haftar (Cyrénaïque) et le président Fayaz Al-Serradj (Tripolitaine).

Cette initiative russe prise après des consultations avec l’Algérie a pour objectif de sonder la popularité du clan des Gaddafi et leurs capacité à fédérer les puissantes tribus libyennes, véritables détentrices du pouvoir informel en Libye. La troisième voie permettrait de se débarrasser du très encombrant Maréchal Haftar et surtout ses dangereux soutiens égyptiens, saoudiens, émiratis et français tout en neutralisant la Turquie et le gouvernement de Fayaz Al-Serradj à Tripoli.https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-8611929323778758&output=html&h=280&adk=3262933429&adf=2506243742&w=639&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1593353563&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=1718975997&tp=site_kit&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&ad_type=text_image&format=639×280&url=https%3A%2F%2Fstrategika51.org%2F2020%2F06%2F28%2Fconflit-libyen-la-russie-explore-la-troisieme-voie-et-prend-contact-avec-seif-al-islam-gaddafi%2F&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=160&rw=639&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&adsid=ChEI8P_g9wUQhq2h1tP3qZWwARJMACGDAlbLzLl7irfnhCEs3bNPIt5djdSsRpVl3Bze6d_ic7YH5YfukasIfziPTdG43IcS4ADSQ1UcsGjmuYHtzxsEx-z-dHw9YvwmWg&dt=1593353563432&bpp=10&bdt=3593&idt=-M&shv=r20200624&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0&nras=2&correlator=3166108507100&frm=20&pv=1&ga_vid=621496474.1578223226&ga_sid=1593353562&ga_hid=76241938&ga_fc=1&iag=0&icsg=3378799231107120&dssz=125&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=1&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=62&ady=1534&biw=1063&bih=456&scr_x=0&scr_y=0&eid=21065724%2C42530493%2C42530495&oid=3&pvsid=217132920439258&pem=378&ref=https%3A%2F%2Fmessageriepro3.orange.fr%2FOFX&rx=0&eae=0&fc=1408&brdim=70%2C70%2C70%2C70%2C1366%2C0%2C1096%2C576%2C1080%2C456&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=8336&bc=31&jar=2020-6-23-14&ifi=2&uci=a!2&btvi=1&fsb=1&xpc=tefHy00jkH&p=https%3A//strategika51.org&dtd=144

La situation demeure explosive autour de Sirte, l’ancien fief des Gaddafi, où des frégates de la marine de guerre turque commencent à se déployer au large. l’Égypte du Maréchal Abdelfettah al-Sisi a commencé à mobiliser et à armer avec des fonds émiratis les plus puissantes tribus libyennes de Cyrénaïque, notamment les Abidat ainsi que celles ayant des ramifications en Égypte occidentale. Le véritable enjeu du conflit libyen est la mainmise sur les hydrocarbures et les ressources hydriques.

le Maréchal Khalifa Haftar a disparu de la scène publique depuis l’approche des forces du gouvernement de Tripoli et des forces turques près de Sirte et d’Al-Jufra. Une information non confirmée évoquant la crainte de Haftar au sujet d’une opération de décapitation turque au moyen d’une frappe de drone ou une opération spéciale.

Dans tous les cas de figures, les pays soutenant Haftar feront tout pour éviter un tel scénario tandis que la Turquie ne compte pas lâcher le morceau ou plutôt une opportunité historique extraordinaire de devenir une puissance en jouant le rôle de bras armé de l’administration Trump tout en avançant ses propres priorités stratégiques néo-ottomanes.Publicitésabout:blankREPORT THIS ADabout:blankREPORT THIS AD

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