Union européenneÀ Bruxelles, l’impasse sur le plan de relance s’éternise

Union européenneÀ Bruxelles, l’impasse sur le plan de relance s’éternise

3 MINCOURRIER INTERNATIONAL (PARIS)Lundi matin, les vingt-sept membres de l’Union européenne ne s’étaient toujours pas mis d’accord sur les conditions d’un plan de relance de 750 milliards d’euros. Cette aide massive doit permettre au continent d’affronter la récession attendue en raison du Covid-19. Les pays “frugaux” ont campé sur leurs positions. 

Dimanche matin, à la reprise des négociations pour le plan de relance économique de l’Union européenne, Angela Merkel a prévenu, note la Frankfurter Allgemeine Zeitung : “Il y a beaucoup de bonne volonté mais aussi des positions différentes. […] Il est possible qu’il n’y ait pas de résultat aujourd’hui.” La chancelière allemande avait raison de se méfier. Le sommet, qui a débuté vendredi, n’a toujours pas abouti ce lundi matin.

Les médias, dont beaucoup avaient bouclé leurs éditions alors que les discussions se poursuivaient tard dans la nuit de dimanche à lundi, s’en sont donné à cœur joieLe Temps a titrésur “l’interminable suspense de la relance”. La BBC a parlé d’un “troisième jour de querelles”. Le Soir a alterné entre “marathon” et “guerre de tranchées” pendant qu’El Paíss’est essayé à la métaphore des montagnes russes en voyant ce sommet comme “une ascension lente vers un éventuel accord et des chutes vertigineuses vers l’échec des négociations”.

Parmi les points de blocage, la répartition des 750 milliards d’euros dégagés (par l’emprunt) pour faire face à la récession provoquée par le Covid-19 L’Irish Times signale que l’économie continentale pourrait se contracter de 8,3 % en 2020.

Les pays dits “frugaux” (Pays-Bas, Suède, Danemark, et Finlande) veulent des prêts plutôt que des dons accordés aux pays les plus touchés (Espagne et Italie en particulier). Au cours du sommet, l’Allemagne et la France ont accepté de baisser la part des dons de 500 à 400 milliards d’euros et d’augmenter la part des prêts de 250 à 350 milliards. Insuffisant pour les “frugaux”, menés par Mark Rutte, le Premier ministre néerlandais, et qui ne veulent pas voir les subventions dépasser les 350 milliards.

“Un résumé un peu simple mais assez précis consiste à dire que les pays frugaux ont dynamité tous les ponts l’un après l’autre”, estime El Mundo“Ils n’acceptent pas les propositions de consensus […] et ont fait monter la pression à son maximum”, poursuit le titre espagnol.

L’avenir de l’UE en question ?

Avant de se rendre à Bruxelles, Mark Rutte avait estimé les chances de succès du sommet à “moins de 50 %”, rappelle De Volksrant“Sa raideur dans les consultations […] suscite le ressentiment de l’axe franco-allemand et de vingt autres dirigeants”, observe le quotidien.

Politico Europe a relayé quasiment minute par minute l’évolution des débats. Le site revient notamment sur l’agacement visible d’Emmanuel Macron. Il a “tapé du poing sur la table”, confie un diplomate à Politico. Le président français aurait comparé l’attitude intransigeante des “frugaux” à celle de David Cameron lors des négociations budgétaires. Une référence directe au Brexit.

La séance plénière devait débuter dimanche à midi mais, en l’absence attendue de progrès, Charles Michels, le président du Conseil européen, a opté pour des discussions par petits groupes et reporté la session plénière après 19 heures.

Autre leader des Vingt-Sept frustré : Giuseppe Conte. Le président du Conseil italien, cité par La Stampa, aurait annoncé à son homologue batave : “Si nous laissons le marché unique être détruit, vous serez peut-être un héros chez vous pendant quelques jours, mais après quelques semaines, vous serez appelé à répondre publiquement devant les citoyens européens.”

Car, pour le journal polonais Rzeczpospolita“les enjeux sont énormes. Sans un accord rapide, une partie de l’Europe pourrait tomber dans une crise qui entraînerait l’érosion du marché commun, et les pays du Sud pourraient être contraints de s’interroger sur les avantages à être dans l’UE.”

L’analyse est partagée par le Guardian, selon qui l’absence d’accord pourrait “ternir le prestige de l’UE et soulever des questions sur sa capacité à agir en période de crise”. La parution britannique conclut que, même si les discussions aboutissent, “ce sommet teinté d’amertume a mis en lumière la défiance toxique qui existe entre certains leaders”.

https://reveil.courrierinternational.com/#/edition/1980566/article/1980656

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