SécuritéLes États-Unis vont retirer près de 12 000 militaires d’Allemagne

SécuritéLes États-Unis vont retirer près de 12 000 militaires d’Allemagne

3 MINCOURRIER INTERNATIONAL (PARIS)Environ 6 400 soldats seront rapatriés aux États-Unis, tandis que les 5 600 autres seront repositionnés dans d’autres pays de l’Otan, a fait savoir le chef du Pentagone mercredi. “Nous ne voulons plus être les pigeons”, a expliqué Donald Trump, qui reproche à Berlin de ne pas contribuer assez au budget de l’Otan. 

“Les États-Unis vont retirer ou déplacer plus de troupes en Allemagne que ce qui était prévu”, titre sobrement Deutsche Welle : Washington va réduire de près de 12 000 le nombre de ses militaires dans le pays, a indiqué le ministre américain de la Défense, Mark Esper, lors d’une conférence de presse mercredi 29 juillet. Soit une réduction d’“environ un tiers” de la présence américaine, relève la radio allemande. Alors qu’“au début de ce mois”, rappelle l’article, “le Pentagone avait déclaré que le président Donald Trump avait approuvé un plan de retrait d’“environ 9 500 soldats américains d’Allemagne”.

Sur les quelque 34 500 militaires américains qui y sont actuellement déployés, environ 6 400 seront rapatriés aux États-Unis tandis que les 5 600 autres seront repositionnés dans d’autres pays de l’Otan, notamment la Belgique et l’Italie, a détaillé le chef du Pentagone. Washington envisage aussi de repositionner des forces en Pologne et dans les États baltes, si un accord est trouvé avec ces pays sur leur statut. Ce “réarrangement” de troupes “devrait être le plus important en Allemagne depuis la guerre froide”, décrypte la Deutsche Welle.

Pays “délinquant”

En annonçant, en juin, vouloir réduire les troupes américaines en Allemagne, Donald Trump avait “pris de court ses alliés à la fois à l’intérieur et à l’étranger”retrace de son côté l’édition Europe de Politico. Cette décision, que le président américain “avait liée à l’échec de Berlin à atteindre l’objectif non contraignant de l’Otan de dépenser 2 % de son PIB pour la défense”, avait alors été interprétée comme “une punition des dirigeants allemands” – le gouvernement allemand a déclaré qu’il s’attendait à y consacrer 1,37 % du PIB cette année, souligne la Deutsche Welle.

Mercredi, Mark Esper s’est efforcé de présenter ce projet comme nécessaire stratégiquement, expliquant que consolider les alliances américaines en Europe renforcerait la capacité de l’Otan à dissuader les agressions russes. Mais il a aussi réitéré les critiques précédemment formulées par l’occupant du Bureau ovale, déclarant que l’Allemagne, “pays riche”“peut et doit payer plus pour sa défense”.

Plus tard, face à des journalistes dans la matinée, Donald Trump a lui expliqué que les États-Unis ne veulent “plus être les pigeons” et a qualifié le pays de “délinquant” :

Ils [les soldats] sont là pour protéger l’Europe. Ils sont là pour protéger l’Allemagne, n’est-ce pas ? Et l’Allemagne est censée payer pour cela. L’Allemagne ne paye pas pour ça. Nous ne voulons plus être les pigeons. Donc nous réduisons la force parce qu’ils ne paient pas leurs factures. C’est très simple, ils sont délinquants.”

“Un cadeau au Kremlin”

Pour le général américain à la retraite Ben Hodges, interrogé par la Deutsche Welle, ce plan constitue “un cadeau au Kremlin”. Endommageant la relation des États-Unis avec l’Allemagne, il a été délivré sans réduction des agressions russes, déplore-t-il.

“L’ironie de la chose, c’est que le retrait de l’accord fera peser un fardeau plus lourd sur le budget de la défense américaine”, commente pour sa part Slate. “Des économies seraient réalisées si M. Trump dissolvait ces unités militaires.” Mais ce n’est pas l’option choisie, et “la construction ou l’extension de nouvelles structures et installations” dans les autres pays de l’Otan “coûtera” – des milliards de dollars, à en croire Mark Esper mercredi. “Une autre ironie révélatrice : l’Italie et la Belgique ne paient pas non plus pour la défense autant que Trump voudrait qu’elles le fassent”, pointe le site américain, pour qui “il s’agit simplement d’une vengeance contre Merkel”.

“Reste à voir si le Congrès approuvera les fonds nécessaires à une délocalisation aussi majeure”, écrit le Wall Street Journal. Le quotidien relate par ailleurs qu’un porte-parole de Joe Biden a fait savoir que le plan du Pentagone serait révisé si le candidat démocrate remportait la présidentielle américaine.

https://reveil.courrierinternational.com/#/edition/1981454/article/1981475

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