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L’Arabie saoudite reconnaît que Khashoggi a été démembré vivant par un médecin qui chantait dans le consulat saoudien à Istanbul

L’Arabie saoudite reconnaît que Khashoggi a été démembré vivant par un médecin qui chantait dans le consulat saoudien à Istanbul

Publié par wikistrike.com sur 20 Octobre 2018, 06:53am

Catégories : #Politique internationale, #Culture – médias – Livres – expos – rencontres

L'Arabie saoudite reconnaît que Khashoggi a été démembré vivant par un médecin qui chantait dans le consulat saoudien à Istanbul

L’Arabie saoudite a reconnu samedi que le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, dont la disparition depuis le 2 octobre avait eu un retentissement mondial, avait été tué à l’intérieur du consulat saoudien à Istanbul.

La confirmation de la mort de Khashoggi a été faite dans les premières heures de samedi par l’agence de presse officielle saoudienne, SPA.

« Les discussions entre Jamal Khashoggi et ceux qu’il a rencontrés au consulat du royaume à Istanbul (…) ont débouché sur une rixe, ce qui a conduit à sa mort », a déclaré l’agence, citant le parquet.

– « Une rixe » –

Le procureur général saoudien Cheikh al-Mojeb a publié un communiqué sur le déroulement des faits. « Les discussions qui ont eu lieu entre lui et les personnes qui l’ont reçu au consulat saoudien à Istanbul ont débouché sur une bagarre et sur une rixe à coups de poing avec le citoyen Jamal Khashoggi, ce qui a conduit à sa mort, que son âme repose en paix », a déclaré le procureur.

Des manifestants portant des masques de Donald Trump et du prince saoudien Mohammed ben Salmane rassemblés devant la Maison Blanche pour demander justice dans la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le 19 octobre 2018 à Washington / © AFP / Jim WATSON

Le directeur d’un centre de réflexion pro-saoudien, considéré comme proche de la direction du royaume, a donné une autre version de la cause du décès. « Khashoggi est mort d’un étranglement au cours d’une altercation physique, pas d’une rixe à coups de poings », a déclaré cet expert, Ali Shihabi, disant s’appuyer sur une source saoudienne haut placée.

Simultanément, le royaume a annoncé la destitution d’un haut responsable du renseignement saoudien, Ahmad al-Assiri, et celle d’un important conseiller à la cour royale, Saoud al-Qahtani.

Ces hommes sont deux proches collaborateurs du prince héritier Mohammed ben Salmane, surnommé MBS, sur lequel la pression était montée ces derniers jours à propos de l’affaire Khashoggi.

La grande proximité des deux personnages limogés avec le prince héritier a été soulignée par un analyste du Baker Institute de l’université de Rice, aux Etats-Unis. « Renvoyer Saoud al-Qahtani et Ahmad al-Assiri, c’est aller aussi près de MBS qu’il est possible d’aller », a relevé cet analyste, Kristian Ulrichsen.

Un policier turc procède à une fouille du consulat saoudien à Istanbul, le 15 octobre 2018 / © AFP/Archives / Bulent KILIC

« Intéressant de voir si ces mesures s’avèrent suffisantes. Si le goutte à goutte de détails supplémentaires (sur la mort de Khashoggi) continue, il n’y a plus de tampon pour protéger MBS », a-t-il estimé.

Ryad a par ailleurs annoncé que 18 personnes, toutes de nationalité saoudienne, avaient été arrêtées dans le cadre de l’enquête.
 

Le roi Salmane d’Arabie saoudite a également ordonné la création d’une commission ministérielle présidée par le prince héritier pour restructurer le service saoudien du renseignement, ont annoncé les médias officiels.

– Crise internationale –

Une forêt proche d’Istanbul, où les enquêteurs turcs ont poursuivi des recherches, le 19 octobre 2018 / © AFP / OZAN KOSE

La disparition mystérieuse de Khashoggi, qui était entré le 2 octobre au consulat d’Istanbul pour une démarche administrative et n’était pas reparu depuis, a suscité une crise internationale, rythmée notamment par les accusations de responsables turcs affirmant sous le couvert de l’anonymat que le journaliste avait été tué sur ordre au consulat, alors que la direction saoudienne niait toute implication.

Critique envers le prince héritier, Jamal Khashoggi vivait en exil aux Etats-Unis depuis 2017.

La confirmation de la mort du journaliste à Istanbul est intervenue peu après une nouvelle conversation téléphonique sur l’affaire Khashoggi entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et le roi Salmane.

Les deux dirigeants « ont souligné l’importance de continuer à travailler ensemble en complète coopération », selon une source à la présidence turque parlant sous le couvert de l’anonymat.

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi est mort / © AFP / Thomas SAINT-CRICQ

Les enquêteurs turcs ont poursuivi leurs investigations vendredi, fouillant notamment une vaste forêt proche d’Istanbul.

La reconnaissance de la mort de Khashoggi par Ryad est intervenue alors que l’administration du président américain Donald Trump avait adressé vendredi une nouvelle mise en garde à Ryad, évoquant de possibles sanctions.

– « Un pas très important » –

Après l’annonce saoudienne, répondant à un journaliste qui lui demandait s’il jugeait la version de Ryad « crédible », M. Trump a répondu: « Oui, oui ». « Encore une fois, il est tôt, nous n’avons pas fini notre évaluation, ou enquête, mais je pense qu’il s’agit d’un pas très important », a-t-il dit.

Le pouvoir saoudien depuis l’ascension du prince Salmane / © AFP / Kun TIAN

Donald Trump avait admis pour la première fois jeudi que le journaliste était très probablement mort, menaçant l’Arabie saoudite de « très graves » conséquences.

« Nous sommes attristés d’apprendre que la mort de M. Khashoggi a été confirmée », a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders.

Les Etats-Unis notent « que l’enquête sur le sort de Jamal Khashoggi progresse et que (le royaume saoudien) a entrepris des actions à l’encontre des suspects qui ont été pour l’instant identifiés », a ajouté la porte-parole.

Les Etats-Unis vont « appeler à ce que justice soit rendue dans les meilleurs délais et de manière transparente, et en accord avec l’état de droit », a dit Mme Sanders.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est déclaré dans un communiqué « profondément troublé » et « souligne la nécessité d’une enquête rapide, approfondie et transparente sur les circonstances du décès ».

Des élus américains se sont montrés nettement plus durs que la Maison Blanche après l’annonce saoudienne.

Le sénateur Lindsey Graham, un proche allié de Donald Trump, a mis en doute la crédibilité de Ryad. « Dire que je suis sceptique sur la nouvelle version saoudienne sur M. Khashoggi est un euphémisme », a tweeté le sénateur républicain.

 

Source

Mais pourquoi ?
L’horreur du crime commis par le régime saoudien sur l’écrivain, journaliste, conseiller politique et homme chargé des missions spéciales, Jamal Khashoggi, ne doit pas faire oublier ses causes et circonstances, ni les conséquences politiques et médiatiques au niveau international. Les condamnations, qui incluent parfois de violentes attaques contre le régime saoudien sans précédent depuis les attentats du 11 septembre 2001 de la part de personnalités politiques et de médias influents en Occident, et parlent de l’aventurisme du Prince héritier Mohammed Ben Salman et de son incapacité à diriger, n’apportent rien de nouveau en ce qui concerne les circonstances et conséquences du crime.

L’aventurisme seul suffit-il à expliquer le comportement de Ben Salman et de son équipe, et le fait qu’il ait assassiné Khashoggi dans l’enceinte de l’ambassade saoudienne à Istanbul au vu et au su de tous ? Ce dernier a-t-il été tué seulement parce qu’il était un journaliste ou un opposant ayant osé critiquer franchement les politiques intérieures et extérieures du Prince héritier ces derniers temps ? Ou bien les motifs du crime sont plus graves que cela pour le commanditaire ? L’assassinat d’un journaliste ou d’un opposant ordinaire au régime saoudien devait-il provoquer un flot de condamnations comme c’est le cas actuellement, ou juste des condamnations d’Amnesty International et autres organisations de défense des droits de l’homme ? Pour y répondre et essayer d’entrevoir une issue à la crise actuelle, il faut revenir au contexte général dans lequel s’est déroulé ce crime ainsi que sur la personnalité de la victime et son rôle, sans oublier les dangers qu’il représentait pour l’équipe qui gouverne actuellement l’Arabie saoudite après son coup d’état.
Une équipe sous haute tension après le coup d’état

Avant l’assassinat de Khashoggi, qui est à tous les points de vue un scandale à « l’ère numérique » caractérisé par des progrès spectaculaires dans les outils de surveillance et d’écoute ainsi que par la vitesse des flux d’information qui naviguent librement par différents supports, le Prince héritier d’Arabie saoudite avait réussi à se forger une image de réformateur chez de nombreuses élites et dans l’opinion publique grâce à une campagne médiatique qui lui a coûté des dizaines de millions de dollars. Cette campagne a mobilisé des personnalités politiques « respectées », des institutions médiatiques « prestigieuses » et de nombreuses entreprises de relations publiques. Seul un petit nombre de journalistes et d’analystes a prêté attention à ce qu’il se passait vraiment dans les coulisses des palais royaux, les prisons du royaume et au Yémen voisin, où le « grand réformateur » menait une guerre d’agression sanglante afin de renforcer son pouvoir.

Mohammed Ben Salman, sous le patronage de son père, a mené un véritable coup d’état qui a changé la nature du régime saoudien et a mis en place une nouvelle légitimité politique basée sur la monopolisation par un seul pôle de la famille royale des rênes du pouvoir et de ses prérogatives, au point que certains observateurs ont parlé de la fin du royaume saoudien et du début du royaume salmanien. Avant le coup d’état, le régime saoudien était en partie multipolaire, avec un groupe de princes influents à la tête des différentes institutions politiques, sécuritaires et militaires de l’Etat. Ils participaient à la prise de décision politique et cela était très important dans le réseau puissant et profond de relations tissées avec les alliés du Royaume. Parmi ceux-ci, il y a des princes qui ont joué un rôle décisif dans la politique extérieure et sécuritaire du Royaume comme Turki Al-Faysal, Mohammed Ben Nayef, Muqrin Ben Abdelaziz et Saoud Al-Faysal. Mais le Prince héritier n’a pas hésité à arrêter un grand nombre de ces princes et les hommes d’affaires qui leur étaient liés, ainsi que des personnalités politiques possédant des liens organiques avec certains anciens pôles du pouvoir. Il les a torturés et humiliés afin d’arracher leur loyauté et mettre la main sur une bonne partie de leur fortune. C’est dans ce cadre qu’est intervenue l’arrestation du Premier ministre libanais Saad Hariri et l’on ne peut comprendre la décision de Khashoggi de quitter l’Arabie saoudite pour se réfugier aux Etats-Unis et commencer à critiquer publiquement la nouvelle équipe au pouvoir que dans ces circonstances. La violence excessive utilisée par cette équipe envers ses adversaires montre qu’elle a peur de ne pas pouvoir mener à terme son coup d’état en vidant les institutions des éléments fidèles aux anciens pôles et en coupant leurs canaux de communication avec des parties occidentales et américaines influentes. Il ne fait aucun doute que Khashoggi incarnait l’un de ces canaux.
Khashoggi et ses nombreux talents

Certains parmi ceux qui avalent consciemment ou inconsciemment le récit que l’Occident tient sur lui-même considèrent que la campagne de condamnation à laquelle on assiste aujourd’hui est « une prise de conscience mondiale » face à cette violation des droits de l’homme les plus élémentaires. Quand ils auront retrouvé leur calme, il se rappelleront forcément les catastrophes que vivent les peuples de notre région à cause des politiques américaines, israéliennes et occidentales soutenues de manière inconditionnelle par une partie de ceux qui font semblant de pleurer Khashoggi, comme le sénateur américain Lindsey Graham et autres ! Jamal n’était pas un simple journaliste ou opposant. Il avait des liens étroits avec le prince Turki Al-Faysal, ancien chef des services de renseignement militaires saoudiens et parrain du djihad afghan contre les Soviets aux côtés de la CIA et des services secrets pakistanais. Ce lien fort entre les deux hommes a perduré après la guerre en Afghanistan et Khashoggi était un des principaux conseillers d’Al-Faysal quand ce dernier a été nommé ambassadeur de son pays en Grande-Bretagne entre 2001 et 2005, puis aux Etats-Unis entre 2005 et 2007. Durant cette période, il s’est distingué comme un des principaux journalistes saoudiens proches des cercles du pouvoir. Il était de ceux qui savaient s’adresser aux élites et à l’opinion publique occidentales avec un langage politique moderne mêlant les grands intérêts stratégiques du régime saoudien et de l’Occident.

Durant sa carrière aux côtés d’Al-Faysal, il a tissé des liens personnels avec des personnes influentes aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Certaines ont révélé ces liens durant la crise actuelle et c’est ce qui a poussé une partie d’entre elles à le décrire comme un homme de confiance à l’intérieur du Royaume. Khashoggi a bien pris garde dans ses prises de position publiques et ses interventions durant les vingt dernières années à soutenir l’alliance avec les Etats-Unis au nom du pragmatisme et de priorités régionales communes, comme la confrontation avec l’Iran et la guerre contre la Syrie. Khashoggi s’est enthousiasmé pour l’opposition syrienne sans aucune réserve. Il a « compris » que DAECH coupe des têtes des soldats syriens. Dans un de ses Tweets, il a considéré qu’il s’agissait d’une « guerre psychologique » et que « ce groupe sait ce qu’il fait ». Ce sont ses liens solides avec l’Occident qui ont effrayé l’équipe au pouvoir, sans oublier son rôle possible de trait d’union entre les opposants à l‘intérieur de la famille royale, qui sont actuellement désemparés. Ces liens expliquent aussi la puissance et l’ampleur de la campagne occidentale de condamnation, soutenue par les forces influentes citées précédemment, car Ben Salman a tué un de leurs « amis ». Mais le Président Donald Trump a d’autres préoccupations.
La recherche d’une porte de sortie

L’embarras dans lequel s’est trouvé Trump après ce crime ne l’a pas empêché de parler avec sa franchise habituelle. Dans sa dernière déclaration, il a annoncé qu’il ne voulait pas prendre ses distances avec l’Arabie saoudite. Dans ses précédents entretiens, il a énuméré les raisons pour lesquels il voulait conserver d’excellents liens, avec en tête les ventes d’armes considérables. Il a fait remarquer à ses opposants que l’annulation de ces ventes pourrait pousser les Saoudiens à se tourner vers la Chine et la Russie, ce qui est un aveu déguisé de la diminution de l’influence des Etats-Unis sur leurs alliés, qu’ils contrôlaient totalement quand l’équilibre mondial des forces le permettait. Cette vérité a été confirmée par la menace saoudienne de chercher d’autres alliés dans un article signé Turki Al-Dakhil, proche des cercles du pouvoir saoudiens.

Des institutions, des entreprises et peut-être des gouvernements occidentaux vont boycotter le « Davos du désert » à Riyad mais est-ce que la Chine, la Russie et les Etats d’Asie du Sud-Est en feront de même ? La compétition économique et stratégique acharnée entre les grandes puissances pour les ressources et les marchés va-t-elle diminuer suite à l’assassinat barbare d’une personnalité politique ? Trump ne croit pas du tout à ce qu’on appelle de manière hypocrite « la diplomatie des droits de l’homme ». Il est convaincu que le monde est une jungle dans laquelle luttent les grandes puissances pour défendre leurs intérêts et il ne trouvera pas de « trésor stratégique » comme Ben Salman, qui est prêt à partager les richesses du Royaume avec les Etats-Unis durant le 21ème siècle contre le maintien de la protection. Il est également prêt à faire fi de tous les principes nationaux et religieux, avec en tête Jérusalem et la Palestine, pour satisfaire les Etats-Unis. Trump ne ménagera donc pas ses efforts pour sortir le Prince héritier de son bourbier actuel et pour que les « liens de travail » perdurent entre eux deux comme si rien ne s’était passé.

Big farce – 18 suspects arrêtés

 

Les autorités d’Arabie Saoudite ont confirmé samedi la mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi à l’intérieur du consulat saoudien à Istanbul, ajoutant que 18 personnes ont été arrêtées en lien avec cette affaire, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Selon les enquêtes préliminaires menées par le parquet, M. Khashoggi, qui est entré dans le consulat saoudien le 2 octobre, a eu une altercation physique avec des suspects sur place, ce qui aurait mené à sa mort.

Le parquet a promis de poursuivre l’enquête, affirmant que tous ceux impliqués dans cette affaire seraient traduits en justice.

Riyad a rejeté à plusieurs reprises toute implication du royaume dans la disparition du journaliste.

 

 

source:http://french.xinhuanet.com/2018-10/20/c_137545783.htm

http://www.wikistrike.com/2018/10/l-arabie-saoudite-reconnait-que-khashoggi-a-ete-demembre-vivant-par-un-medecin-qui-chantait-dans-le-consulat-saoudien-a-istanbul.htm?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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Polémique avec CNBC concernant les missiles hypersoniques russes

Polémique avec CNBC concernant les missiles hypersoniques russes

Réagissant à l’article de Valentin Vasilescu révélant la possibilité théorique de la Russie de couler les portes-avions états-uniens dès le détroit de Gibraltar, le Pentagone a fait publier un reportage par CNBC. Selon la chaîne US, le missile russe Avangard ne serait pas opérationnel. Sauf que l’argument utilisé pour justifier cette assertion ne fonctionne pas.

| Bucarest (Roumanie)

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Nous avons traité le sujet des nouveaux missiles hypersoniques russes dans deux articles précédents [1]. Nous écrivions : « La probabilité de détruire un porte-avions avec les deux types de missiles hypersoniques, en perçant la défense AA est de 88 %. Ce qui signifie que, sur 100 missiles hypersoniques lancés, 88 perceront les défenses AA et détruiront leurs cibles. Dans le cas des États-Unis, si 11 missiles russes hypersoniques sont lancés contre les 11 porte-avions US existants, statistiquement seul 1,3 missile ne toucherait pas les cibles ».

Une conclusion serait que, dans le cas d’une agression états-unienne sur le sud de la Russie (la côte de la mer Noire), nous avons estimé que les missiles russes hypersoniques pourraient détruire un groupe naval US à Gibraltar. Dans le cas d’une agression états-unienne sur le nord et l’ouest de la Russie (la mer Baltique, l’océan Arctique), nous avons estimé que les missiles hypersoniques russes pourraient détruire un groupe naval US à l’est du Groenland. Bien entendu, ce sont des calculs purement théoriques qui peuvent être démentis par les conditions spécifiques d’une guerre réelle.

Par la suite, la chaîne de télévision états-unienne CNBC a publié une déclaration d’une personne anonyme qui prétend avoir vu un rapport de Renseignement US [2]. Cet individu anonyme déclare que les Russes sont parvenus à la conclusion selon laquelle le matériel de fibre de carbone utilisé pour construire le fuselage de leurs missiles hypersoniques est de mauvaise qualité. Il ne fournirait pas une protection suffisante à des températures élevées. Selon le rapport cité, la Russie devrait sélectionner un nouveau matériau pour les missiles hypersoniques au cours des 12 prochains mois.

Je ne conteste pas l’authenticité du rapport de CNBC, sauf qu’il se réfère probablement à la marine russe, et non aux missiles hypersoniques. Le matériau en fibre de carbone offre une bonne résistance aux chocs mécaniques et est invisible aux radars, c’est pourquoi il est utilisé dans les navires de guerre modernes. Mais il ne résiste pas à un choc thermique pour être utilisé par le système Avangard.

Il faut savoir que lors de la rentrée dans l’atmosphère à une vitesse proche de 7,8 km/s (soit 28 000 km/h), entre l’onde de choc inclinée précédant le véhicule cosmique et l’onde de choc stationnaire qui y est attachée, il se crée un espace d’environ 1 m. Le temps nécessaire à une molécule d’air pour parcourir cet espace est de 18 microsecondes. Ceci est la période pendant laquelle la molécule d’air dans l’onde de choc est soumise à un procédé chimique qui libère de l’énergie calorique, ce qui la ramène à son état d’équilibre initial.

Le Dr Yuri A. Dunaev de l’Université d’État de Leningrad et H. Julian Allen, A.J. Eggers, du département d’aérodynamique théorique du laboratoire d’Ames (NASA), ont découvert la forme la plus efficace de dissipation d’énergie. C’est-à-dire, la diminution de la température que le véhicule cosmique devait supporter lors de la rentrée dans l’atmosphère, en augmentant sa résistance à sa progression.

La décomposition thermochimique des matériaux organiques à des températures élevées et en l’absence d’oxygène est appelée pyrolyse. Le bouclier thermique ablatif est fait de composés qui, dans le processus de pyrolyse, sont carbonisés, fondus et sublimés, c’est à dire transformés de l’état solide directement à l’état gazeux. Le rôle de bouclier thermique ablatif est de bloquer le transfert du flux de chaleur à partir de l’onde de choc de rentrée à la structure du véhicule. Ce type de bouclier de rentrée dans l’atmosphère est utilisé pour les capsules Soyouz.

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Pour les véhicules de rentrée dans l’atmosphère, ce système est souvent utilisé.

Il existe un matériau monolithique de type ablatif qui peut être coulé dans diverses formes, il s’agit d’un composé céramique fragile appelé SIRCA (Silicone Impregnated Reusable Ceramic Ablator). Ce composé est appliqué directement à la coque des navettes spatiales Bourane, la navette spatiale X-37B, mais aussi à l’Avangard.

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Pour ce qui est des missiles hypersoniques Kh-47M2 Kinzhal et 3M22 Zircon, ceux-ci ne quittent jamais l’atmosphère de la terre, mais ils évoluent à un maximum de 40-50 km à des vitesses de Mach 8 (9 800 km/h) et Mach 10 (12 250 km/h). Aucun des deux fuselages n’est constitué de fibre de carbone, mais d’un alliage de titane (33 %) qui résiste au réchauffement cinétique. C’est le même matériau utilisé par l’avion nord-américain X-15 avec des moteurs de fusées qui, en octobre 1967, a établi le record de vitesse de 7 274 km/h, (Mach 6,72), volant à une altitude de 31 120 m.

Traduction
Avic
Réseau International

Washington annule un nouvel exercice militaire en Corée du Sud

Washington annule un nouvel exercice militaire en Corée du Sud

Washington – Le ministre américain de la Défense Jim Mattis et son homologue sud-coréen Jeong Kyeong-doo ont décidé d’annuler l’exercice militaire « Vigilant Ace » qui était prévu en décembre, a annoncé vendredi Dana White, porte-parole du Pentagone.

Les deux ministres, qui se sont rencontrés vendredi à Singapour, veulent ainsi « donner au processus diplomatique (avec la Corée du Nord) toutes les chances de se poursuivre », a ajouté Mme White dans un communiqué publié à Washington.

Le communiqué ajoute que « les deux ministres sont déterminés à modifier les manoeuvres militaires pour s’assurer de la bonne préparation des forces » des deux pays, une formulation qui laisse entendre que des exercices différents et plus réduits pourraient quand même avoir lieu.

« Ils se sont engagés à continuer à se coordonner étroitement », a poursuivi Mme White, précisant que M. Mattis avait informé son homologue japonais Takeshi Iwaya de cette décision.

Vigilant Ace est un exercice aérien qui a lieu tous les ans début décembre en Corée du Sud pour améliorer la coordination entre les deux armées. L’an dernier, 230 avions et quelque 12.000 soldats américains et sud-coréens y avaient participé.

(©AFP / 19 octobre 2018 15h16)

 

L’Iran et le nucléaire : quels enseignements sur la puissance ?

L’Iran et le nucléaire : quels enseignements sur la puissance ?

Par Pierre VERLUISE, le 31 juillet 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Docteur en géopolitique de l’Université Paris IV – Sorbonne. Fondateur associé de Diploweb. Chargé d’un cours semestriel de Géographie politique au sein du M.R.I.A.E de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, chercheur associé à la FRS. Auteur, co-auteur ou directeur d’une trentaine de livres, dont « Histoire, Géographie et Géopolitique du Proche et du Moyen-Orient », éd. Diploweb, diffusion Amazon.

Que nous apprend le revirement américain du 8 mai 2018 de la puissance de l’Iran, des Etats-Unis et de l’Union européenne ? L’Iran a été pendant un temps en capacité de « faire » et à « faire faire », jusqu’à perdre la main. Les Etats-Unis ont été en capacité de « faire et de faire faire » puis en « capacité à refuser de faire, et d’empêcher de faire ». Et l’Union européenne a été en incapacité d’ « empêcher de faire ».

LE 14 juillet 2015, un accord sur le nucléaire iranien est signé à Vienne par l’Iran [1] et les pays du « P 5+1 » (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne). Cet événement semble alors marquer le retour sur la scène régionale, voire mondiale, d’un Etat paria depuis de nombreuses années.

Le 8 mai 2018, le président des Etats-Unis – Donald Trump – annonce unilatéralement le retrait des Etats-Unis de cet accord, au grand dam des pays de l’Union européenne. Si la puissance peut se définir selon Serge Sur comme « la capacité de faire, de faire faire, d’empêcher de faire ou de refuser de faire », que nous apprend ce revirement au sujet de la puissance des uns et des autres ?

Considérons successivement l’Iran, les Etats-Unis et l’Union européenne.

L’Iran

Dans les années 1970, pour combler le vide laissé par le départ des Britanniques de la région, les Etats-Unis élaborent la stratégie des « deux piliers » intronisant Iraniens et Saoudiens comme garants de la sécurité régionale [2]

Cette position de partenaire privilégié des Occidentaux connaît un coup d’arrêt brutal avec la Révolution islamique de 1979. Les dirigeants iraniens cherchent alors à exporter la révolution dans les pays voisins ce qui participe à leur isolement sur la scène internationale. L’Iran n’a cependant jamais renoncé à ses ambitions régionales et une véritable réorientation stratégique a lieu, favorisée par la fin de la Guerre froide (1990) et par les conséquences du 11 septembre 2001 au Moyen-Orient. Le pays s’impose comme le leader de la résistance contre les Etats Unis et Israël… qui disposent chacun de l’arme nucléaire mais dans des proportions différentes.

Afin d’appuyer son retour diplomatique et stratégique, Téhéran décide de développer son programme nucléaire. L’énergie atomique n’est pas une idée neuve dans ce pays. Dès les années 1950, Washington et Téhéran développent des partenariats dans le cadre du programme « atoms for peace ». Avec la Révolution de 1979, le programme nucléaire est arrêté puis réactivé à la fin de la guerre Iran Irak (1980-1988). L’objectif est double, il s’agit de garantir les frontières du pays et d’offrir une protection au régime.

A Téhéran deux camps se font face. Le premier, plus conservateur, souhaite développer son programme quitte à être mis au ban des nations. Ses partisans estiment que la « Bombe » est la seule assurance vie du régime, en tant que source de prestige, et qu’elle permettrait de développer autour de l’Iran et de ses alliés un dôme protecteur. De l’autre, un camp dit « modéré » craint que l’isolement de l’Iran ne soit un handicap économique et stratégique. Ils souhaitent se servir du programme comme argument de négociation pour être réintégré au concert des nations. Ils estiment par ailleurs que le simple fait d’être capable d’obtenir la bombe suffit à se prémunir de toute agression.

L'Iran et le nucléaire : quels enseignements sur la puissance ?
Carte géopolitique de l’Iran dans les tensions de son environnement, fin 2015, selon Jean-Paul Budry
La légende de cette carte de l’Iran dans les tensions de son environnement comprend trois parties : L’arrière plan confessionnel ; Facteurs et forces stratégiques vus d’Iran ; L’Iran acteur des conflits et ses alliés. Réalisation Sciences Po Atelier de cartographie pour Dila Questions internationales n°77.

La signature de l’Accord de Genève en 2015 marque ainsi une victoire symbolique et diplomatique de l’Iran, lui permettant d’espérer consolider sa place d’acteur incontournable dans la stabilisation de la région. Ce qui suscite une grande inquiétude en Arabie Saoudite. L’Iran mise sur son ouverture économique en renonçant partiellement à son programme nucléaire jusqu’en 2040. Cet accord vise à ce que soit limitée l’accumulation de matière nucléaire fissile pour que l’Iran ne puisse pas développer d’arme nucléaire. L’espoir de la rapide levée des sanctions génère rapidement des flux d’entreprises étrangères dans l’intention de décrocher des contrats d’exploitation et de commercialisation des hydrocarbures ou d’accéder à un marché de 80,6 millions d’habitants en demande de consommation.

L’Iran en quelques chiffres

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L’Iran en quelques chiffres
L’Iran en quelques chiffres : superficie, population mi-2017, projection population en 2050, accroissement naturel, accroissement migratoire, indicateur de fécondité, PNB/h PPA US dollars. Source : Population et Avenir, décembre 2017, n°735, p. 21.

Ainsi, l’Iran a mis en place une stratégie axée autour de l’énergie nucléaire afin d’assurer son retour sur la scène géopolitique et stratégique internationale. Celle-ci a permis, d’une part, de contraindre les Occidentaux à accepter la réémergence du pays et de les amener à la table des négociations, illustrant ainsi la capacité de l’Iran à « faire » et à « faire faire ». Du moins jusqu’à ce que les Etats-Unis de Donald Trump se retirent de l’accord de 2015.

Les Etats-Unis

En 2002, des opposants iraniens exilés aux Etats-Unis révèlent l’existence de deux sites nucléaires cachés. Une part de la société internationale prend alors conscience que l’Iran pourrait chercher à se doter de l’arme atomique. Suivent de nombreuses années de sanctions contre l’Iran, notamment soutenues par la France.

Cependant, le président des Etats-Unis, Barack Obama, engage secrètement des approches avec l’Iran au moins un an avant que la négociation d’un accord ne parvienne sur la place publique. A l’époque, la France du président François Hollande est réticente et apparaît souvent plus dure que Washington dans ses exigences, notamment en la personne de son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Il se dit alors que « les néoconservateurs sont à Paris ».

Quoi qu’il en soit, la capacité d’entraînement des Etats-Unis de B. Obama conduit le 14 juillet 2015 à la signature d’un accord sur le nucléaire iranien par l’Iran et les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies plus l’Allemagne (« P 5+1 »). Ce qui indique, à cet instant et durant quelques années que les Etats-Unis disposent d’une « capacité de faire et de faire faire ».

Cependant, durant la campagne présidentielle de 2016 aux Etats-Unis, le candidat républicain – Donald Trump – critique vertement ce qu’il présente comme un mauvais accord. Il annonce que s’il est élu – hypothèse qui semble peu probable à beaucoup d’Européens – il dénoncera cet accord. Après avoir été élu, il entre à la Maison Blanche en janvier 2017. Et poursuit ses diatribes contre Téhéran. En octobre 2017, le président Donald Trump déclare devant le Congrès américain que l’Iran viole ses engagements, contrairement à ce que dit l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Le 8 mai 2018, le président des Etats-Unis dénonce unilatéralement l’accord de 2015. Ce qui réactive les sanctions américaines à l’encontre de l’Iran et les menaces pour les entreprises qui travailleraient avec l’Iran. Ce qui illustre à cet instant leur « capacité à refuser de faire, et d’empêcher de faire ». Au grand désarroi des pays de l’Union européenne.

L’Union européenne

Pensée pour construire la paix, l’Europe communautaire n’a pas dans son ADN la quête de puissance. Cependant, un début de stratégie se met en place à l’orée du XXIe siècle. Le mérite en revient au Haut représentant de l’UE pour la Politique étrangère et de sécurité commune, Javier Solana. Il fait adopter en 2003 par le Conseil européen la « Stratégie européenne de sécurité ». Cette stratégie vise principalement à mieux identifier les menaces, définir les objectifs stratégiques de l’Union et en dégager les implications politiques pour l’UE. La crise financière de 2008, puis les « Printemps arabes » à compter de 2011 réduisent sa concrétisation. Cependant, la mise en œuvre par étape du traité de Lisbonne (2007) à compter du 1er décembre 2009 se traduit par l’entrée en fonction d’une Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Catherine Ashton. Sans expérience de la diplomatie, celle-ci laisse une œuvre modeste : la normalisation provisoire des relations Serbie-Kosovo et sa participation à la finalisation de l’accord au sujet du nucléaire iranien.

La deuxième Haute représentante, Federica Mogherini fait adopter le 28 juin 2016 un nouveau document de doctrine, « La Stratégie globale de l’Union européenne », dans une indifférence quasi-totale des médias, encore sous le choc du référendum en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’UE (23 juin 2016). Ce texte fait plusieurs fois explicitement référence à l’accord de 2015 comme l’alpha et l’oméga de la conception européenne du « soft power » par le multilatéralisme et la concertation.

En dépit des efforts des diplomates iraniens – notamment à Paris – pour mobiliser les pays européens afin qu’ils exercent des pressions sur D. Trump pour l’empêcher de dénoncer l’accord de 2015 [3], le président des Etats-Unis s’est pourtant retiré de cet accord le 8 mai 2018.

Ce qui indique pour l’Union européenne la mise en échec de son « soft power » et une incapacité à « empêcher de faire ». Soit tout le contraire de la puissance. En dépit des annonces faites dans les jours suivants par l’UE pour déclarer que Bruxelles allait continuer de porter l’accord de 2015, les entreprises européennes – dont Total – ont vite compris qu’elles manquaient de garanties si elles restaient en Iran. Courant juillet 2018, D. Trump s’occupe une nouvelle fois à souffler le chaud et le froid, tentant de rejouer la scène nord-coréenne. Avec des résultats à évaluer aussi bien pour la Corée du Nord que pour l’Iran…

*

Que nous apprend le revirement américain du 8 mai 2018 de la puissance des uns et des autres ? L’Iran a été pendant un temps en capacité de « faire » et à « faire faire », jusqu’à perdre la main. Les Etats-Unis ont été en capacité de « faire et de faire faire » puis en « capacité à refuser de faire, et d’empêcher de faire ». Et l’Union européenne a été en incapacité d’ « empêcher de faire ».

Nul doute que le coup a porté, reste à savoir les leçons que l’UE saura en tirer et les actions qu’elle pourra mettre en œuvre.


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Vidéo. J-F Daguzan (FRS) L’UE face au retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien

QUESTIONS :
. Quelle est la nouvelle stratégie européenne en terme de défense et de politique extérieure commune ?
. Quelles sont les conséquences de la remise en cause de l’accord sur le nucléaire iranien pour l’Union européenne ?

Cette vidéo peut facilement être diffusée en classe ou en amphi pour illustrer un cours ou un débat.

France/Iran : reprise de la guerre des services ?

NOTE D’ACTUALITÉ N°525 / octobre 2018

France/Iran : reprise de la guerre des services ?

Alain RODIER

 

Selon plusieurs organes de presse, le Mossad serait à l’origine de la chasse déclenchée à travers toute l’Europe contre les services secrets iraniens. Celle-ci a officiellement débuté quand le service spécial hébreu a averti ses homologues du Vieux continent – vraisemblablement en mai/juin 2018 -de la préparation d’un attentat visant la réunion annuelle de l’Organisation des moudjahiddines du peuple iranien (OMPI[1]) se tenant à Villepinte le 30 juin 2018, en présence de nombreuses personnalités[2].

À la suite de ces renseignements, un couple belgo-iranien- Amir et Nasimeh S., âgés d’une trentaine d’années – a été appréhendé par la police belge le 30 juin dans le quartier de Stockel, à Woluwe-Saint-Pierre, dans la banlieue bruxelloise. 500 grammes d’explosif  TATP et un dispositif de mise à feu ont été trouvés dans deux paquets séparés dans leur voiture. Assadollah Assadi, un diplomate iranien en poste à l’ambassade d’Iran à Vienne (Autriche), soupçonné d’être en contact avec ce couple, a été arrêté en Allemagne. En effet, n’étant pas accrédité dans ce pays, il ne bénéficiait pas de l’immunité diplomatique[3]. Les Israéliens l’ont désigné comme le responsable opérationnel de la tentative d’attentat. Il devrait être extradé vers la Belgique pour y être présenté à la justice.

 

Actions et décisions de la France

 

Début octobre, faisant – tardivement – suite à cette affaire, la France a gelé pour six mois les avoirs sur son territoire du ministère du Renseignement et de la Sécurité iranien (VAJA, ex VEVAK) qui serait lié à la tentative d’attentat. La même sanction a été prise à l’encontre d’Assadollah Assadi – le diplomate arrêté en Allemagne – et du chef des services de renseignement iraniens, le vice-ministre Saeid Hashemi Moghadam.

Ces mesures surviennent parallèlement à l’importante opération policière qui a visé, le 2 octobre, l’association musulmane chiite dénommée Centre Zahra France. Les forces de l’ordre ont perquisitionné son siège ainsi que le domicile de ses principaux dirigeants. 11 personnes ont été interpellées et trois ont été placées en garde à vue pour détention d’armes. Les avoirs du Centre Zahra France et deux organisations qu’il abrite dans ses locaux – France Marianne Télé et la Fédération chiite de France/Parti Antisioniste – ont également été gelés.

Les activités du Centre Zahra France étaient suivies depuis de très nombreuses années par les services de renseignement français pour « soutien à plusieurs organisations terroristes et en faveur de mouvements prônant des idées contraires aux valeurs de la République ». Selon l’AFP, le Centre Zahra France et les associations qu’il héberge sont soupçonnés de prôner la guerre sainte et de faire l’apologie de mouvements comme le Hamas palestinien ou le Hezbollah libanais, soutenus par l’Iran. Les branches militaires de ces organisations sont considérées comme « terroristes » par l’Union européenne.

Il est vrai que des intervenants tiennent au Centre Zahra  des discours extrémistes, à l’exemplede ceux du cheikh Ali Talal qui a déclaré le 29 avril 2018 : « nous ne fermerons pas les yeux […] jusqu’à ce que le sionisme soit extirpé de tout le pays. » Lors d’un autre sermon, délivré le 15 mai, il proclamait : « Aujourd’hui, la boussole de l’unité doit être réglée sur notre union contre le sionisme ! Que nous nous acceptions mutuellement, qui que nous soyons, jusqu’à ce que nous en finissions avec les sionistes, et en débarrasser le monde, que le monde et les opprimés soient débarrassés d’eux. À ce moment, nous nous assiérons et nous parlerons de nos différends, s’ils existeront encore. Et je vous dis qu’il n’y en aura plus, car l’origine de tout différend vient de ces sionistes, ces arrogants, ces maudits qui ne veulent aucune forme de vie pour l’humanité ! ». À l’évidence, il s’agit là d’un appel lancé aux sunnites radicaux.

Certes, le Centre Zahra France était dans le collimateur des autorités françaises depuis des années, mais on peut se demander pourquoi elles ont décidé d’agir maintenant ? N’est-ce pas là un signe politique envoyé en direction de Washington pour faire oublier que la France était en pointe dans la défense du Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA), traité levant les sanctions contre l’Iran en échange de son engagement de cesser le développement des ses activités nucléaire militaire[4] et remis en cayse par Donald Trump ?

Par la voix de son porte-parole Bahram Ghassemi, la diplomatie iranienne a rejeté les accusations françaises : « Une fois encore, nous démentons avec véhémence ces accusations, nous condamnons l’arrestation de ce diplomate et nous appelons à sa libération immédiate». Suite à cette arrestation, le ministère des Affaires étrangères français a publié le 20 août une note interne demandant à ses personnels non accrédités en Iran d’éviter de se rendre dans ce pays. Ils pourraient être à leur tour arrêtés pour être ensuite échangés contre leur homologue iranien.

 

Une tentative d’attentat quelque peu étrange

 

Généralement, quand ils mènent des actions de type terroriste, les services spéciaux iraniens, agissent via des tiers comme le Hezbollah libanais ou des mouvements palestiniens pour ne pas apparaître en première ligne. Ces derniers se font un devoir de leur rendre ces services car ils dépendent presque totalement de Téhéran, en particulier sur le plan financier. Or, dans la tentatvie d’attentat visant Villepinte, ce ne semble pas avoir été le cas. Selon l’accusation, c’est Assadollah Assadi, le diplomate en poste à Vienne, qui aurait remis la charge explosive aux activistes lesquels, apparemment, n’appartiennent pas à une “structure extérieure“.

Ensuite, si les 500 grammes de TATP auraient pu provoquer des dégâts importants en explosant dans la foule, il s’agit d’une charge d’explosifs relativement faible, d’autant que l’on ignore si elle était entourée de projectiles métalliques qui, eux, sont extrêmement vulnérants. Pour le moment, aucune information n’a filtré sur la composition de l’engin… La clé de l’énigme réside dans cette preuve matérielle : est-ce un engin professionnel ou un bricolage ? Etait-il apte a être mis en oeuvre rapidement et comment ? Les enquêteurs détiennent les réponses à ces questions mais ne les ont pas encore dévoilées.

Rappelons également que l’OMPI vit quasi ouvertement au grand jour en France et tient sa réunion populaire annuelle tous les ans au même endroit, à Villepinte. Pour l’anecdote, les mauvaises langues prétendent que certains participants sont rémunérés pour faire la claque. Si le régime iranien avait voulu s’en prendre à l’OMPI, il aurait pu le faire depuis longtemps et de manière plus professionnelle. Quel est l’intérêt pour lui d’organiser en tel attentat en pleine crise sur la suspension de l’accord JCPOA ?

Enfin, lors de leur arrestation le jour même de la manifestation de l’OMPI, les deux « terroristes » se trouvaient à Bruxelles ce qui était un peu loin de leur objectif supposé. Même s’il n’est pas impossible d’envisager qu’ils se rendaient à Villepinte, une action de ce type se prépare soigneusement à l’avance et les opérateurs sont généralement présents sur place quelques temps auparavant.

 

Des services iraniens de sinistre réputation

 

Il est vrai que les services iraniens traînent une sinistre réputation s’étant livrés au terrorisme d’État à de nombreuses reprises par le passé ; pour mémoire, l’assassinat de l’ambassadeur français au Liban, Louis Delamare, le 4 septembre 1981 ; l’attentat contre les parachutistes français de Drakskaret les Marinesaméricains à l’aéroport de Beyrouth le 23 octobre 1983 (305 morts) ; celui de l’opposant Chapour Bakhtiar à Suresnes, le 6 août 1991 ; sans oublier les attentats terroristes contre les intérêts israéliens en Argentine et en Europe.  La liste est longue et il convient de ne rien oublier ! Le régime des mollahs sait utiliser l’arme de la terreur quand il la juge utile à sa politique.

Les renseignement iranien est organisé autour de deux entités : le ministère du Renseignement et de la Sécurité(VAJA) et le directorat du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, dont le bras armé à l’étranger est la force Al-Qods. Ces deux services sont présents dans toutes les représentations diplomatiques iraniennes. Il est donc vraisemblable que Assadollah Assadi appartenait à l’un d’eux.

La première mission des services iraniens est la surveillance des opposants ; la seconde est la lutte contre Israël et contre l’Arabie saoudite. Ils agissent généralement de manière très professionnelle, mais il leur est cependant arrivé de commettre de graves erreurs techniques à plusieurs reprises, lesquelles ont permis de les confondre et de mettre en cause leurs responsables politiques, notamment suite aux attentats ayant eu lieu en Argentine ou en Bulgarie.

Il n’est pas exclu que Téhéran – dans le climat international actuel très tendu – ait de nouveau recours à des opérations violentes à l’étranger (attentats, assassinats). La sécurité autour des opposants iraniens réfugiés en Europe aurait d’ailleurs été renforcée ces dernières semaines. Il ne faut pas se faire d’illusions, les services iraniens sont en train de se préparer à mener une guerre secrète si la situation venait à se détériorer du fait de l’agressivité affichée des Américians et des Britanniques suivis – contraints et forcés – par les Européens.

 

*

 

Il n’a échappé à personne que l’accord JCPOA est en train de se détricoter depuis que Donald Trump l’a rejetté et a rétabli les sanctions économiques à l’égard de Téhéran. De plus, Washington ne s’est pas privé de menacer directement de sanctions ses alliés ayant des relations économiques avec l’Iran. Résultat : presque tous les industriels européens et français (Total, Peugeot, etc.) se sont retirés du pays, laissant la place aux Chinois et aux Russes.

C’est dans ce cadre que cette affaire d’attentat survient fort opportunément. Elle a été servie avec délectation par les Israéliens qui considèrent l’Iran comme leur pire ennemi[5]. Comme par hasard, le président iranien Hassan Rohani entamait, début juillet  2018, un voyage officiel en Suisse et en Autriche. La révélation de cette tentative d’attentat et du « complot » iranien est donc venue fort à propos saboter son voyage et a été un signal fort à l’attention des  Etats qui espéraient encore pouvoir négocier.

La stratégie des Américains et d’Israël est clairement d’asphyxier au maximum l’économie iranienne pour provoquer des mécontentements intérieurs qui pourraient changer la donne politique.Pour Washington, l’OMPI a un rôle central à jouer à l’avenir. C’est oublier un peu vite que cette organisation – dont l’idéologie est un mélange de marxisme et d’islamisme – n’est pas populaire du tout en Iran. Une grande majorité d’Iraniens – même ceux qui ne soutiennent pas le pouvoir des mollahs – considère que l’OMPI a trahi la Patrie en combattant dans les rangs de l’armée de Saddam Hussein lors de la « guerre imposée » ou « défense sacrée » (1980-1988). Les Iraniens restent des nationalistes fiers de leur histoire et ne pardonnent pas cette trahison. Mais si Washington appuie l’OMPI, c’est aussi parce ce mouvement a été un fidèle « collaborateur » des services de renseignement américains, ayant fourni dans le passé de précieuses informations sur l’effort nucléaire iranien.

Malheureusement, il y a bien longtemps que la politique du Quai d’Orsay suit celle du département d’État américain. Il est loin le temps où Paris et Berlin avaient refusé de participer à l’invasion de l’Irak de 2003. La fureur des Américains dénonçant la « lâcheté » des Français avait été à son comble. Aujourd’hui,ce n’est pas par conviction que Paris s’aligne sur Washington, mais tout simplement parce que la France n’a plus les moyens de s’y opposer. Les responsables politiques français savent que s’ils passent outre les “recommandations“ de Washington et continuent de commercer avec Téhéran, les sanctions américaines seront sans pitié. Le marché intérieur américain sera alors fermé à nos industriels et les sanctions (condamnations, amendes) ne tarderont pas. Or, le marché américain est vital pour les économies française et européenne alors que celui de l’Iran est, comparativement, négligeable.

 

 

[1] Mojāhedin-e Khalq (MEK).

[2] Dont : Rudy Giulani, avocat de Donald Trump et maire de New York au moment des attentats du 11 septembre 2001 ; Stephen Harper, l’ancien Premier ministre canadien ; Philippe Douste-Blazy, Bernard Kouchner, Rama Yade, etc.

[3] L’accréditation dans un pays ne couvre le diplomate que dans celui-ci, lors des trajets professionnels qu’il effectue ou s’il accompagne la « valise diplomatique.

[4] Signé le 14 juillet 2015 à Vienne par les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-uni) + l’Allemagne, d’où son appellation « 5+1 ».

[5] Cela n’a pas été toujours le cas car durant la guerre Irak-Iran qui a duré de 1980 à 1988, l’État hébreu a discrètement fourni une aide militaire à Téhéran avec l’accord plus ou moins officiel de Washington. Il considérait à l’époque que Saddam Hussein était son adversaire potentiel le plus menaçant.

https://www.cf2r.org/actualite/france-iran-reprise-de-la-guerre-des-services/

La coalition US aurait frappé des immeubles résidentiels à Deir ez-Zor, des victimes

La coalition US aurait frappé des immeubles résidentiels à Deir ez-Zor, des victimes

La coalition internationale dirigée par les États-Unis aurait porté une frappe contre des maisons dans le gouvernorat syrien de Deir ez-Zor, dans la localité d’As-Soussa, a appris Sputnik d’une source militaire syrienne. La télévision locale fait état de plusieurs morts et blessés dans le raid.

La coalition antiterroriste dirigée par les États-Unis aurait effectué une frappe contre des immeubles civils dans la province syrienne de Deir ez-Zor, a affirmé à Sputnik une source militaire.

«L’aviation de la coalition internationale bombarde toujours les maisons d’habitants civils innocents, aidant ainsi les terroristes de Daech*», a signalé la source.

En même temps, la télévision locale a précisé que la coalition avait porté plusieurs frappes contre un quartier résidentiel dans la localité d’As-Soussa, dans l’est de Deir ez-Zor, et que le raid avait fait plusieurs morts et blessés, a-t-elle ajouté se référant à des sources sur place. Le nombre exact des victimes reste à préciser.

Début octobre, l’agence Sana a signalé que la coalition dirigée par les États-Unis avait évacué des membres de l’organisation terroriste Daech* du gouvernorat de Deir ez-Zor. Se référant à plusieurs médias et à des sources au sein de la population locale, l’agence a précisé que des hélicoptères de la coalition avaient transporté plusieurs terroristes de Daech* de différentes nationalités depuis la zone de concentration d’extrémistes, située près du village d’al-Chaafa, au sud-est de Deir ez-Zor.

Les États-Unis et leurs alliés mènent depuis 2014 une opération antiterroriste en Irak et en Syrie. Cependant, sur le sol de cette dernière ils agissent sans le feu vert des autorités.

source

http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/10/la-coalition-us-aurait-frappe-des-immeubles-residentiels-a-deir-ez-zor-des-victimes.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

La Russie et l’Ouzbékistan scellent leurs liens à l’occasion d’une visite de Poutine

La Russie et l’Ouzbékistan scellent leurs liens à l’occasion d’une visite de Poutine

Tachkent – La Russie et l’Ouzbékistan ont affiché vendredi leur volonté de sceller leurs liens à l’occasion d’une visite d’Etat du président Vladimir Poutine dans cette ex-république soviétique d’Asie centrale, deux ans après la mort de son dirigeant autoritaire Islam Karimov.

« L’Ouzbékistan est notre allié fidèle et notre partenaire stratégique (…). Nous allons tout faire pour renforcer notre coopération », a assuré le président Poutine, accueilli en grande pompe à Tachkent, la capitale ouzbèke, lors d’une rencontre avec son homologue ouzbek Chavkat Mirzioïev.

« Chers amis russes, bienvenue en Ouzbékistan! », pouvait-on lire sur d’immenses panneaux installés dans les rues de Tachkent, où des drapeaux russes côtoient des drapeaux ouzbeks le long des artères centrales de la ville. La dernière visite de Vladimir Poutine en Ouzbékistan remontait à septembre 2016, quelques jours après les obsèques du défunt président ouzbek Islam Karimov.

La Russie a d’ailleurs inauguré jeudi à Moscou un monument à la mémoire de Karimov, qui avait dirigé d’une main de fer ce pays frontalier de l’Afghanistan pendant 25 ans. Un geste très apprécié par M. Mirzioïev, élu à la tête de l’Ouzbékistan en décembre 2016, qui a exprimé à M. Poutine « sa sincère gratitude » à titre personnel et « de la part du peuple ouzbek ».

Un forum économique russo-ouzbek de deux jours qui se tient à Tachkent depuis jeudi a été marqué par la signature d’accords bilatéraux pour un montant total de 27,1 milliards de dollars, selon le ministère de l’Economie ouzbek.

Un moment fort de la visite doit également être le coup d’envoi par les deux présidents, via visioconférence, de la construction de la première centrale nucléaire en Ouzbékistan, confiée au groupe nucléaire russe Rosatom.

La centrale, qui doit fournir environ 20% de l’électricité consommée dans le pays, a notamment pour objectif de permettre à l’Ouzbékistan d’utiliser moins de gaz et d’en augmenter les exportations.

Le projet est estimé à 11 milliards de dollars, et le premier réacteur est censé être mis en exploitation en 2028, selon le Kremlin.

M. Mirzioïev a engagé depuis son arrivée au pouvoir d’importantes réformes économiques et politiques, en donnant des signes d’assouplissement du régime. Il cherche notamment à attirer en Ouzbékistan les investissements et les touristes étrangers, après des années d’isolement.

« Nous voyons que la situation en Ouzbékistan change de manière rapide et profonde et qu’on procède à des réformes (…) nécessaires pour l’économie ouzbèke et le peuple ouzbek », a souligné M. Poutine.

(©AFP / 19 octobre 2018 08h16)

https://www.romandie.com/news/La-Russie-et-l-Ouzb-kistan-scellent-leurs-liens-l-occasion-d-une-visite-de-Poutine/963505.rom

La « route de la soie » passera par la Jordanie, l’Égypte et Israël

La « route de la soie » passera par la Jordanie, l’Égypte et Israël

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Après l’attaque de Daesh contre Palmyre, la Chine a renoncé au tracé traditionnel de la route de la soie historique (Bagdad, Palmyre, Damas, Tyr). Un tracé alternatif avait été envisagé, non plus à travers la Syrie, mais la Turquie. Il a également été abandonné.

Au cours de l’Antiquité, il existait aussi une route secondaire par Petra (Jordanie) et Alexandrie (Égypte). En définitive, la nouvelle route devrait passer par la Jordanie, puis se scinder vers l’Égypte et Israël.

Le tracé par l’Égypte a été validé par l’administration Obama. Washington a autorisé le doublement du Canal de Suez (déjà opérationnel) et la création d’une vaste zone industrielle (en cours).

L’administration Trump aurait autorisé le tracé par Israël. Le Shanghai International Port Group vient d’acheter la concession d’exploitation des ports d’Haïfa et d’Ashdod. La Chine construira également le tunnel du Mont Carmel pour doubler l’approvisionnement du port d’Haïfa.

En 2021, 90 % du commerce international d’Israël sera alors contrôlé par la Chine, ce qui signifie que celle-ci deviendra avec les États-Unis le co-protecteur du pays ; une perspective qui suscite une indignation dans les cercles militaires israélo-US.

Cette décision bouleverse complètement la géopolitique régionale. Jusqu’ici, Beijing était un partenaire commercial d’Israël (sauf en matière d’armement) et politique du Hamas (qui dispose d’une représentation à Beijing). Identiquement, la Chine fournissait des missiles au Hezbollah libanais. Désormais, le Hamas et le Hezbollah ne pourront plus attaquer des objectifs routiers, ferroviaires et portuaires israéliens sans entrer en conflit avec la Chine. On se souvient par exemple que le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, avait expliqué qu’en cas d’attaque israélienne du Liban, il pourrait bombarder les matières nucléaires stockées à Haïfa, se félicitant ainsi de disposer de sa propre « bombe atomique ».

Cette décision bouleverse également la géopolitique mondiale. L’accord sino-israélien suppose l’autorisation de Washington. La stratégie commerciale chinoise bouscule les contraintes politiques qu’elle ignore. Elle modifie profondément le sens du Partenariat de l’Eurasie élargie, conclu entre la Chine et la Russie, qui sert aujourd’hui de fondement à l’alliance entre les deux pays.

En définitive, l’annonce de ce nouveau trajet révèle un accord secret entre Beijing et Washington, malgré l’escalade mutuelle des droits de douanes entre les deux Grands.

Si ce projet arrive à son terme, chaque État du Moyen-Orient va devoir se repositionner. Puis, ce sont tous les États du monde qui vont devoir s’adapter à cette nouvelle donne.

http://www.voltairenet.org/article203516.html

Les automobilistes pris au piège du diesel

Les automobilistes pris au piège du diesel

Paris – Face à la flambée des prix du gazole, les propriétaires de voitures diesel se sentent pris au piège, le revirement des politiques publiques ayant provoqué une chute du prix de leur véhicule.

Pour les diésélistes, « c’est la double peine », constate Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire Cetelem de l’Automobile. « Ils subissent à la fois les prix du carburant qui augmentent et une valeur résiduelle de leur voiture qui baisse fortement parce que le marché des véhicules diesel d’occasion s’effondre ».

Les prix du gazole ont quasiment rejoint à la pompe ceux de l’essence, sous l’effet d’une hausse des taxes visant à mettre fin à l’avantage fiscal dont ce carburant bénéficiait jusqu’ici. Du coup, ces véhicules perdent leur intérêt et leur attrait, d’autant plus qu’ils sont perçus comme ayant peu d’avenir.

« A Paris, on sait que les diesels seront interdits en 2024. Il y a beaucoup d’inquiétudes », estime Guillaume Paoli, co-fondateur et dirigeant d’Aramis Auto, spécialiste de la vente d’automobiles en ligne. D’après une étude commandée par l’entreprise, « 40% des possesseurs de diesel ont prévu de changer de comportement, soit en gardant leur voiture jusqu’au bout, soit en essayant de la revendre au plus vite ».

Mais en cas de revente, il risque d’y avoir de la déception. Sur les voitures urbaines diesel, « les prix sont clairement en baisse, parfois de 10 à 15% », prévient M. Paoli. La baisse est moins perceptible pour les gros véhicules, mais dans tous les cas « les délais de revente sont un peu plus longs ».

Il souligne que le marché de l’occasion est complètement déséquilibré. « Les voitures d’occasion d’aujourd’hui, ce sont les voitures neuves d’il y a quatre ans. Or, il y a 4 ans, on vendait 70% de diesel. Aujourd’hui, quand je regarde les requêtes sur le site Aramis, seules 30 à 35% portent sur du diesel ».

Sur le marché du neuf, la part du diesel est aussi tombée sous la barre des 40% en septembre, contre 73% en 2012.

« Il y a un problème d’offre et de demande. Les gens veulent plus d’essence et on n’a pas forcément autant d’essence à leur proposer », poursuit Guillaume Paoli.

– Inversion de politique –

Les baisses de prix des voitures d’occasion diesel « sont significatives depuis le début de l’année », confirme le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA), qui représente notamment les concessionnaires. Interrogé par l’AFP, il n’était pas en mesure de chiffrer le phénomène.

Outre le coût pour les particuliers, le CNPA prévoit une ardoise « en milliards d’euros » pour les concessionnaires, qui doivent gérer les retours de millions de véhicules diesel sur plusieurs années, au terme des contrats de location (LOA) de leurs clients. Les concessionnaires se retrouvent d’ores et déjà avec un parc de voitures dont la valeur est dépréciée.

« Les pouvoirs publics ne prennent jamais en compte le parc existant de véhicules », alerte le CNPA, qui l’estime à 42 millions de voitures, dont les deux tiers en diesel.

Les Français étaient incités par le gouvernement, jusqu’à il y a encore cinq ans, à privilégier le diesel au nom de la lutte contre le réchauffement climatique, rappelle Flavien Neuvy.

Ces motorisations consomment environ 10% de carburant en moins et émettent donc moins de CO2. Mais leur bilan moins favorable en matière d’émissions d’oxydes d’azote, des gaz nocifs pour la santé, a incité le gouvernement à inverser totalement sa politique depuis la loi sur la transition écologique votée en 2014.

Le dieselgate, avec ses révélations sur les tricheries de Volkswagen et la sous-estimation systématique des émissions nocives lors des tests d’homologation, a porté le coup de grâce à cette technologie.

Chez les consommateurs, « il y a du mécontentement, l’impact est fort sur le pouvoir d’achat, mais il y a aussi des conséquences industrielles », avec des milliers d’emplois menacés chez des équipementiers spécialistes des motorisations diesel, souligne cet expert. « Cela fait des chocs invraisemblables » à gérer pour une industrie automobile qui doit consentir de lourds investissements et a besoin avant tout de visibilité.

aro/ef/spi

VOLKSWAGEN

(©AFP / 18 octobre 2018 11h20)