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La BCE reconnaît que les banques européennes vont mal

La BCE reconnaît que les banques européennes vont mal

Publié par Philippe Herlin | 21 févr. 2019 | Articles 1164

Si l’on vous dit que le secteur bancaire européen se porte bien, n’en croyez rien : la Banque centrale européenne (BCE) elle-même est consciente du problème, et elle vient de l’avouer. La nouvelle n’a fait que quelques lignes dans les journaux spécialisés, mais elle mérite d’être mise en lumière. Un des membres du directoire de la BCE, le Français Benoît Cœuré, a en effet laissé entendre qu’il « pourrait y avoir de la place pour un autre TLTRO » (L’Agefi).

Les TLTRO (Targeted Long-Term Refinancing Operation) sont des facilités de financement (des prêts à taux très faibles) offerts par la BCE aux banques commerciales de la zone euro en mal de liquidités. La précédente tranche avait été lancée en juin 2016, d’une durée de quatre ans, son remboursement doit commencer à partir de juin 2020. Problème : de nombreuses banques ne disposent pas de cet argent, du fait de leur situation financière dégradée, d’où la volonté de la BCE de proposer une autre tranche. Une façon comme une autre de rouler la dette, de faire de la cavalerie financière…

Les montants souscrits par les banques des différents pays en 2016 ont été estimés par l’agence Reuters. On connaît la situation dégradée des banques italiennes et espagnoles, ainsi que celle de la Deutsche Bank, de la Commerzbank et de plusieurs banques régionales allemandes. Mais la surprise est de la voir la France arriver en troisième position, devant l’Allemagne dont, pourtant, les difficultés de sa plus grande banque constituent une vive source d’inquiétude en Europe et dans le monde. Des banques françaises nous cachent-elles quelque chose ?

 

  Montant des TLTRO souscris par les banques en 2016
Pays Milliards d’euros
Italie 250
Espagne 175
France 110
Allemagne 90
Portugal 25
Pays-Bas 20
Belgique 20
Autriche 20
710

Source : Reuters

 

Depuis le 1erjanvier, la BCE a arrêté son QE, son programme de rachat d’actifs obligataires. Les 2 600 milliards d’euros de planche à billets n’ont servi à rien, comme nous l’avons dit. Ils n’ont eu aucun effet sur la croissance économique. Leur véritable utilité aura seulement consisté à abaisser les taux d’intérêt pour permettre aux États de continuer à s’endetter, et à fournir des liquidités aux banques qui en ont besoin. Il fallait donc, pour les banques en difficulté, qu’un autre programme prenne le relais.

Cette politique monétaire laxiste ne fait que repousser les problèmes dans le futur ; il serait vraiment temps qu’elle cesse ! Le mandat du président de la BCE, Mario Draghi, prendra fin en octobre de cette année et parmi les successeurs pressentis figure Jens Weidmann, l’actuel président de la Banque centrale allemande, connu pour ses positions plus rigoureuses. Ce serait à l’évidence le meilleur choix. On parle aussi de François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France qui lui, par contre, s’inscrirait dans la continuité de Mario Draghi. Il faut vraiment souhaiter la victoire du candidat allemand. Quoi qu’il en soit, l’assainissement du secteur bancaire européen figurera en tête des priorités du nouveau président de la BCE.

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu’elle est accompagnée d’un lien vers la source originale.


Philippe Herlin  Chercheur en finance / Membre de l’équipe éditoriale de Goldbroker.com

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Madame Schiappa, vous n’aurez pas notre haine !

Madame Schiappa, vous n’aurez pas notre haine !

JACQUES DEMARTHON / AFP
La Secrétaire d’Etat Marlène Schiappa, à l’Assemblée nationale, le 12 février 2019.
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Dans un entretien accordé à Valeurs actuelles, Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, déclare : « Je ne mets pas sur le même plan La Manif pour tous et les terroristes islamisées, mais je souligne l’existence d’une convergence idéologique », à propos de l’homophobie. Alors que LMPT a annoncé vouloir porter plainte, Marlène Schiappa a présenté ses excuses dans un communiqué.

Alors que l’expression « pas d’amalgames » fait florès dans les médias depuis la vague d’attentats islamistes sur notre territoire, la fringante secrétaire d’État a commis le pire. Comment, en effet, souligner une « convergence » entre les terroristes et un mouvement citoyen qui a défilé pacifiquement, malgré quelques outrances, pour défendre une vision de la famille traditionnelle ? En creux, nous devinons que Marlène Schiappa établit cette analogie surtout pour dénoncer l’homophobie. Mais qui, dans nos banlieues, pourchasse les homosexuels ou les frappe dans la rue ? Il s’agit à première vue d’une mauvaise foi éhontée, et, plus grave encore, d’un aveuglement face aux périls traversés par notre civilisation. Nous pouvons également avoir une sincère pensée pour les survivants du Bataclan, de l’Hyper Casher ou de Nice qui ont sûrement découvert cette phrase la boule au ventre.

L’art de la mesure

Les faits sont hélas têtus : s’il existe effectivement une certaine homophobie ou, tout du moins, une gêne à l’égard de ce sujet dans les milieux catholiques traditionnels, il n’en demeure pas moins que la plupart des agressions homophobes commises en France ne sont pas le fait d’anciens participants à La Manif pour tous… Dans L’Homme révolté, Albert Camus écrit : « La logique du révolté est… de s’efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le mensonge universel », et Marlène Schiappa serait bien inspirée de retrouver l’idéal camusien de mesure et de discernement pour ne pas ajouter au malheur de notre monde. On ne peut pas mettre sur un même pied d’égalité les clichés véhiculés par certains chrétiens et les prêches salafistes qui appellent à l’éradication de l’homosexualité, prêches qui, hélas, sont suivis de graves conséquences.

La parole de Marlène Schiappa est injuste, car se dessine en creux un rapprochement entre le terrorisme islamique et la doctrine catholique. Assumer la défense d’un modèle familial n’est pas rejeter l’homosexualité dans son ensemble. D’ailleurs, le pape François œuvre pour que les fidèles homosexuels soient accueillis. En recevant Juan Carlos Cruz, victime d’actes pédophiles au Chili, le Saint-Père lui a confié : « Juan Carlos, que vous soyez gay importe peu. Dieu vous a fait ainsi et vous aime ainsi. Cela n’a pas d’importance. Le Pape vous aime ainsi. Vous devez être heureux de ce que vous êtes. » S’il a pu exister ou s’il existe encore des paroles déplacées à leur égard, un minimum d’honnêteté intellectuelle saluerait cette initiative du Pape, au lieu de constamment brocarder l’Église, à grands renforts de punchlines.

Conséquences et inconséquence de la communication

Le rapprochement entre LMPT et les terroristes islamistes est honteux. Alors que le pape François est à l’initiative du sommet de l’Église contre les abus sexuels, que le journaliste Frédéric Martel publie Sodoma, un livre à charge sur l’homosexualité dans les hautes sphères de l’Église, que François Ozon a vu son film Grâce à Dieu autorisé par la justice (ô surprise !), la fenêtre de tir était trop belle pour Marlène Schiappa. La secrétaire d’État semble avoir bien appris sa leçon chez Cyril Hanouna : lorsque l’actualité s’y prête, il faut créer le buzz à tout prix. Et tant pis pour la subtilité ou la prise de hauteur face aux événements : le but est uniquement de truster les premières pages de Google Actualités et d’alimenter un débat sur BFM TV. Mission réussie pour l’idole de la macronie : elle fait les gros titres, son nom est cité sur les plateaux de télévision. Il aura fallu la menace de plainte de La Manif pour tous pour sonner la fin de la récréation. Le ministre présente ses excuses, mais « assume ses propos ».

Car la déclaration de Marlène Schiappa participe aussi d’un climat plus complexe qu’il n’y paraît. Lorsqu’un principe coranique fait débat dans notre société (menus halal, voile à l’école, mixité dans les piscines municipales), il est de bon ton de brandir l’étendard de la laïcité face à l’influence néfaste des religions dans leur ensemble. L’Église catholique constitue ainsi le bouc émissaire idéal sur le dos duquel il est facile de faire porter tous les fardeaux. Depuis 1789, l’Église est habituée à faire le dos rond face aux outrances, aux quolibets, et aux attaques déplacées. Alors que l’islam propose un défi majeur à notre société façonnée par le christianisme, les hommes politiques préfèrent cibler l’ensemble des religions par refus de froisser une partie des citoyens de confession musulmane. Il ne s’agit pas de verser dans l’excès inverse (cibler l’ensemble des musulmans), mais bien de répondre fermement à ce défi en nommant les dérives et en assumant notre culture chrétienne comme nos principes intangibles pour garantir le bien commun.

Raser les murs ou vivre en paix ?

Dans un article inspiré paru dans Le Point, « Feu sur les catholiques », Jérôme Cordelier s’interroge en ces termes : « Alors que l’Église traverse l’une des plus graves crises de son histoire contemporaine, les catholiques, qui depuis des siècles ont en grande partie façonné notre culture collective et ont été parmi les premiers à s’engager dans les heures sombres de notre histoire, vont-ils devoir aujourd’hui en France raser les murs ? » Nous serions tentés de lui répondre par l’affirmative. Tant de scandales ternissent l’image de l’Église en ce moment que les catholiques peinent à se faire entendre. La prière, l’adoration, la lecture de la Bible, le recueillement, semblent les seules alternatives à court-terme pour sortir de ce marasme. En revanche, nous devons assumer nos valeurs : oui, nous défendons une vision de la famille traditionnelle, car nous estimons qu’un père et une mère sont un idéal de complémentarité essentiel pour l’enfant. Non, ce n’est pas assimilable à des tirs de mitrailleuse dans une salle de concerts. Non, nous ne voulons pas pourchasser les homosexuels.

Pour tout cela, Marlène Schiappa, vous n’aurez pas notre haine. Nous acceptons vos excuses. Nous pardonnons même votre quête effrénée de reconnaissance médiatique, qui est compréhensible au regard de ce que devient la politique à l’heure des réseaux sociaux. Nous vous invitons simplement à davantage de modération, et vous demandons humblement de ne plus oser ces rapprochements douteux, car ils peuvent être douloureux. Et même si les chrétiens sont censés accepter la souffrance, ils n’en préfèrent pas moins vivre dans la joie et la fraternité.

La Chine et l’Arabie saoudite s’engagent à élargir leur coopération

La Chine et l’Arabie saoudite s’engagent à élargir leur coopération

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 22/02/2019 18:53

Le vice-Premier ministre chinois Han Zheng, a rencontré vendredi Mohammed ben Salmane Al Saoud, prince héritier, vice-Premier ministre et ministre de la Défense de l’Arabie saoudite, et a co-présidé avec lui une réunion du Comité conjoint de haut niveau sino-saoudien.

Saluant le développement rapide des relations bilatérales ces dernières années, M. Han, également membre du Comité permanent du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois, a indiqué que la Chine et l’Arabie saoudite avaient maintenu une communication et une coordination étroites depuis la deuxième réunion du comité.

Le Comité conjoint de haut niveau sino-saoudien a été créé en 2016, et il s’agit de sa troisième réunion cette année.

Selon M. Han, le comité conjoint est une plate-forme globale, de haut niveau et institutionalisée entre les deux gouvernements, qui a joué un rôle de coordination important. La construction institutionnelle s’est améliorée et de nombreux progrès ont été réalisés grâce à la coopération approfondie dans divers domaines depuis la dernière réunion, a noté M. Han.

Le vice-Premier ministre chinois a également fait plusieurs suggestions sur les domaines de coopération majeurs et les projets prioritaires entre les deux pays.

Il a suggéré que la Chine et à l’Arabie saoudite renforcent leur confiance mutuelle politique, se soutiennent mutuellement dans leurs intérêts fondamentaux et renforcent la communication et la coordination dans les affaires multilatérales.

La Chine et l’Arabie saoudite doivent renforcer la synergie entre l’Initiative « la Ceinture et la Route » et « la Vision saoudienne 2030 », intensifier leur coopération pragmatique dans les domaines de l’énergie, de la construction d’infrastructures, des finances et des hautes technologies, a déclaré M. Han.

Le prince héritier de l’Arabie saoudite a confirmé que son pays attachait une grande importance au partenariat stratégique global avec la Chine, qu’elle adhérait sans réserve au principe d’une seule Chine, et soutenait fermement les efforts de la Chine pour sauvegarder sa souveraineté, sa sécurité et sa stabilité, et s’opposait à ce que des forces extérieures s’ingèrent dans les affaires intérieures chinoises.

L’Arabie saoudite est prête à travailler avec la Chine pour renforcer la synergie des stratégies de développement, approfondir la coopération dans le dévelopement conjoint de « la Ceinture et la Route », et apporter des avantages aux deux pays et aux deux peuples, a-t-il ajouté.

Après leur rencontre, MM. Han et Mohammed ont assisté à la signature d’une série d’accords de coopération couvrant la politique, les transports, la capacité, l’énergie et les finances.

https://chine.in/actualite/cn/arabie-saoudite-engagent-elargir-leur_116827.html

«Blaxit»: de nombreux Noirs américains quittent les États-Unis pour le Ghana et l’Afrique du Sud

«Blaxit»: de nombreux Noirs américains quittent les États-Unis pour le Ghana et l’Afrique du Sud

Jusqu’à 5 000 Noirs américains sont rentrés au Ghana – et des milliers d’autres dans d’autres pays africains – au cours des dernières années dans le cadre d’un mouvement grandissant visant à vivre dans une société dans laquelle ils se disent capables de vivre dans un monde quels sont les noirs sont en charge. « 

 

Le mouvement croissant de «retour en Afrique» a été mis en évidence dans un article récent du service de presse Al Jazeera intitulé «Pourquoi certains Afro-Américains s’installent en Afrique ».

L’article – qui, bien sûr, blâme les Blancs pour tous les maux affectant les Noirs – s’articule autour d’une interview avec Muhammida el-Muhajir, une spécialiste du marketing numérique de New York, qui a quitté son travail pour s’installer à Accra, la capitale du Ghana. .

«Ils viennent des grandes villes de San Francisco, Chicago et New York. Des milliers d’entre eux. Et beaucoup refusent de rentrer », écrit l’article, affirmant qu’une« nouvelle vague d’Afro-Américains échappe au racisme et aux préjugés incessants aux États-Unis. Du Sénégal et du Ghana à la Gambie, des communautés émergent en défiant la sagesse conventionnelle voulant que l’Afrique soit un continent que tout le monde essaie de quitter. ”

L’article poursuit en disant qu’il est estimé qu’entre 3 000 et 5 000 Noirs américains vivent dans la seule capitale ghanéenne. (Le Ghana, rappelons-le, a une loi sur le «droit de résidence», semblable à la «loi sur le retour» d’Israël. Cette loi sur le droit de résidence accorde la résidence et la citoyenneté du Ghana à toute personne d’ascendance raciale noire .)

«Ce sont des enseignants dans des petites villes de l’ouest ou des entrepreneurs dans la capitale et ils affirment que même si vivre au Ghana n’est pas toujours facile, ils se sentent libres et en sécurité», poursuit l’article.

El-Muhajir dit avoir déménagé, « parce que malgré son éducation et son expérience, elle a toujours été conçue pour se sentir comme une citoyenne de deuxième classe. »

Déménager, a-t-elle déclaré, était «une occasion de réaliser son potentiel» et «d’éviter d’être la cible de violences raciales».

Cette dernière raison est évidemment absurde, car toutes les preuves montrent qu’aux États – Unis, les Blancs sont beaucoup plus la cible de violences raciales que les Noirs et que les crimes contre les Noirs constituent de loin la plus grande menace pour les Noirs en Amérique .

Même si la perception de «violence blanche» par El-Muhajir est fausse – générée sans aucun doute par les médias contrôlés -, sa première raison est véridique: à savoir qu’en concurrence ouverte et sur un pied d’égalité, les Noirs sont presque toujours perdants contre le QI plus élevé les Blancs et les Asiatiques en Amérique.

«J’ai grandi à Philadelphie, puis à New York. Je suis allé à Howard, qui est une université historiquement noire », a déclaré El-Muhajir.

«Je dis aux gens que le Ghana est comme Howard dans la vraie vie. C’était comme un microcosme du monde. À l’université, ils nous disent que le monde n’est pas noir, mais il y a des endroits où c’est le monde réel. Howard vous prépare à un monde où les Noirs sont aux commandes, ce qui est une expérience complètement différente de celle des personnes qui ont fréquenté des universités à prédominance blanche. « 

Elle a ensuite expliqué qu’elle ne se sentait plus comme une « étrangère » en Afrique, une expérience qu’elle avait toujours vécue en Amérique.

«Le premier pays où je suis allé était le Kenya. J’avais 15 ans et voyagé avec un groupe d’enfants. J’étais l’un des deux enfants noirs. J’ai vu très tôt que je pouvais m’intégrer et n’était pas un outsider.

«Soudain, ça a basculé, je venais d’Amérique où j’étais un outsider, mais en Afrique, je ne me sentais plus comme ça. J’ai fait des études supérieures au Ghana en 2003 et je suis retourné à New York, puis au Ghana en 2014. »

Elle a ensuite expliqué comment ce dilemme de ne jamais être la première  s’est  résolu par  lui-même lorsqu’elle a déménagé en Afrique:

«En Amérique, vous essayez toujours de faire vos preuves. Je n’ai pas besoin de me prouver aux normes de quelqu’un d’autre ici. Je suis une championne, j’ai couru et suis allé à l’université et j’aime gagner. Je refuse donc de me retrouver dans une situation où je ne gagnerai jamais. ”

«Il y a des commodités auxquelles je me suis habituée chez moi à New York – comme les fêtes, les bars ouverts et la mode, alors quand j’ai réalisé que je pouvais faire les mêmes choses en Afrique que chez moi aux États-Unis, j’ai été vendue. Il y a aussi un grand festival d’art de rue ici, et c’était la différence par rapport à ma venue [en tant qu’étudiante]. J’ai vu ce que j’aime chez moi ici, alors j’ai décidé que le moment était venu.

El-Muhajir a même réalisé un documentaire intitulé «Blaxit» sur les Noirs qui se déplacent en Afrique.

«J’ai créé Blaxit à cause de cette vague d’afro-américains qui s’installent en Afrique. Cette tendance a commencé à se produire autour de l’indépendance des pays africains, mais la nouvelle vague [comprend] des personnes qui viennent dans des endroits comme celui-ci. Ce nouveau groupe a un accès certain en Amérique et vient ici pour avoir ce style de vie en Afrique », a-t-elle déclaré.

«À notre insu, nous vivons la vision que le politicien et révolutionnaire ghanéen Kwame Nkrumah a exposée pour nous, de ce pays constituant la porte d’entrée de la diaspora noire en Afrique.

«Je ne veux pas que les gens pensent que l’Afrique est cette utopie magique dans laquelle tous vos problèmes disparaîtront. C’est juste que certaines des choses auxquelles vous pourriez être confronté en Amérique en tant que personne noire – vous ne devrez pas souffrir avec ces choses ici. « 

Lorsqu’on lui a demandé si elle pensait que le mouvement «de retour en Afrique» gagnerait de la vitesse et augmenterait en nombre, elle a conclu en disant: «Je pense que davantage viendra quand ils commenceront à y voir une alternative viable. Mais ce n’est pas facile et ce n’est pas bon marché. Je ne peux pas dire que ce qui se passe en Amérique aujourd’hui est pire que ce qui s’est passé à un autre moment. Je pense que le moment est venu où les gens commencent à voir qu’ils peuvent vivre ailleurs. »

* Le mouvement original de «retour en Afrique» en Amérique remonte à l’époque de l’American Colonization Society (ACS), dont les membres les plus remarquables comprenaient des membres notables de l’American Colonization Society, dont Thomas Buchanan, Thomas Jefferson, James Monroe et Abraham Lincoln. James Madison, Daniel Webster, John Marshall et Francis Scott Key.

L’ACS est l’organisation qui a fondé l’État africain du Libéria en 1847, après avoir transféré plus de 15 000 Noirs des États-Unis sur leur continent. La constitution et le drapeau libériens ont été modelés directement sur ceux des États-Unis.

Marcus Garvey

De nombreux autres Noirs ont également essayé de renvoyer leurs compatriotes africains en Afrique, le plus célèbre étant Marcus Garvey, qui dans les années 1920 avait rassemblé au moins quatre millions de Noirs américains qui avaient adhéré à son organisation pour promouvoir un déménagement en Afrique. Les efforts de Garvey se sont effondrés après qu’il ait été reconnu coupable de fraude postale en raison d’un manque de contrôle sur la vente d’actions dans une compagnie de transport qu’il a commencé à transporter des noirs en Afrique.

En 1937, un groupe de rivaux de Garvey appelé le Peace Movement of Ethiopia collabora avec Theodore Bilbo, sénateur des États-Unis du Mississippi, et Earnest Sevier Cox  dans la promotion d’un programme de rapatriement présenté au Congrès américain sous le nom de Greater Liberia Act.

Bilbo a proposé le 6 juin 1938 un amendement au projet de loi fédéral sur l’allègement du travail, proposant de financer le déplacement de 12 millions de Noirs au Libéria aux frais du gouvernement, sujet traité dans son célèbre ouvrage intitulé Take Your Choice, Separation or Mongrelization .

 

 

 

La Chine s’oppose à une intervention militaire au Vénézuéla

La Chine s’oppose à une intervention militaire au Vénézuéla
© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 22/02/2019 20:43

La Chine s’oppose à une intervention militaire et à toute action qui pourrait conduire à une tension accrue ou même à des troubles au Vénézuéla, a déclaré vendredi Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Le porte-parole a fait ces remarques lors d’un point de presse en réponse à des informations selon lesquelles les Etats-Unis soutiendraient l’opposition vénézuélienne dans sa volonté d’acheminer une « aide humanitaire » au Vénézuéla le 23 février. Des analystes estiment que cela vise à créer des conflits et à servir de prétexte pour une intervention militaire.

M. Geng a indiqué que le gouvernement vénézuélien « est resté calme et a fait preuve de retenue », ce qui a permis d’éviter des affrontements à grande échelle.

« Si cette soi-disant « aide humanitaire » est acheminée au Vénézuéla par la force, une fois des conflits violents provoqués, de graves conséquences s’ensuivront », a-t-il déclaré, ajoutant que personne ne voulait voir cela.

 

https://chine.in/actualite/cn/oppose-une-intervention-militaire_116829.html

Hydrocarbures : le Nigeria réclame 20 milliards de dollars aux géants du pétrole

Pétrole & Gaz

Hydrocarbures : le Nigeria réclame 20 milliards de dollars aux géants du pétrole

22 février 2019 à 15h17 | Par Jeune Afrique

L’administration nationale souhaite récupérer plusieurs milliards de dollars d’arriérés d’impôts auprès des compagnies pétrolières étrangères installées sur son territoire. Une réclamation qui s’inscrit dans une vaste campagne de recouvrement lancée par l’État, à la veille des élections présidentielles et législatives.

Abudja, réclame entre 2,5 et 5 milliards de dollars d’arriérés d’impôts à Royal Dutch Shell, Chevron, ExxonMobil, Eni, Total et Equinor. Les entreprises ont été averties au cours de l’année écoulée, par un courrier du service de recouvrement de la compagnie pétrolière nationale, la Nigerian National Petroleum Corporation.

Au total, l’opération doit permettre aux autorités de récupérer près de 20 milliards de dollars auprès compagnies visées. Deux d’entre-elles viennent de rendre l’affaire publique, ce qui soulève des soupçons d’instrumentalisation politique de la part du pouvoir, à la veille des élections présidentielles et législatives prévu le 23 février.

« Plusieurs opérateurs ont reçu des réclamations similaires, en liens avec une affaire entre les autorités nationales et locales du pays », a affirmé un porte-parole du groupe norvégien Equinor, selon lequel cette réclamation « n’a aucun mérite ». De son côté, ExxonMobil « est actuellement en train de plancher sur la question », a commenté un porte-parole du géant américain.

« Une dispute interne » des autorités nigérianes

De leur côté, les autorités nigérianes ont refusé de s’exprimer sur cette affaire. Mais d’après certaines sources gouvernementales et  industrielles contactées par Reuters, l’argument du redressement fiscal ne serait en fait qu’un prétexte pour mobiliser des fonds qui doivent être reversés aux États locaux, pour faire preuve d’une meilleur redistribution des revenus issus de la manne pétrolière.

« Cela ressemble à une dispute interne entre l’administration fédérale et les gouvernements locaux. Le gouvernement central essaie simplement de transférer ses dettes aux compagnies pétrolières », affirme une autre source industrielle.

Un campagne nationale de recouvrement d’impôts

Au-delà des compagnies pétrolières étrangères, les autorités nigérianes sont en pleine campagne de recouvrement fiscal menée par l’organisme public de recouvrement, le Federal Inland Revenue Service (FIRS).

En 2018, selon l’agence de presse nigérienne NAN, la FIRS a identifié et obtenue le recouvrement d’impôts de près de 40 000 entreprises évadées fiscales en 2018, pour un total de 6,4 milliards de dollars (dont 46 % issus d’entreprises liés à l’industrie pétrolières). En continuité de cette campagne, le FIRS envisage pour 2019 de régulariser la situation de 45 000 fraudeurs identifiés.

Moscou: les États-Unis transfèrent des troupes et du matériel vers le Venezuela

un avion US transportant une aide humanitaire destinée au Venezuela

Moscou: les États-Unis transfèrent des troupes et du matériel vers le Venezuela

© AP Photo / Fernando Vergara
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Préparant une provocation au Venezuela, les États-Unis continuent de transférer des forces spéciales et du matériel militaire vers les frontières du pays, a indiqué la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova.

Lors d’un point de presse au ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova a confirmé que les États-Unis préparaient une provocation à grande échelle au Venezuela afin d’aider l’opposition à renverser le pouvoir légitimé dans le pays.

«Washington est en train de préparer une provocation et il le fait conformément à toutes les règles de la science militaire […]. Nous constatons le transfert de forces spéciales américaines et de matériels militaires plus près du Venezuela», a-t-elle déclaré.

Mme Zakharova a noté que cette provocation, préparée sous la couverture de livraison d’une aide humanitaire américaine au pays, avait pour but de donner un prétexte aux adversaires du pouvoir vénézuélien pour renverser le Président légitime Nicolas Maduro.

«Le déroulement des événements au Venezuela est arrivé à un point critique, tout le monde le comprend. Une dangereuse provocation à grande échelle est prévue pour le 23 février: conduit par Washington, le passage de la frontière vénézuélienne par un soi-disant convoi humanitaire risque de provoquer des affrontements entre partisans et opposants du gouvernement en exercice et donne un prétexte commode pour une action militaire visant à renverser le Président légitime», a ajouté la diplomate.

Livraison d’armes pour l’opposition vénézuélienne

Il n’est pas exclu, a poursuivi Mme Zakharova, que l’opposition vénézuélienne puisse recevoir par l’intermédiaire des États-Unis une importante quantité de matériels militaires en provenance d’un pays d’Europe orientale.

«Selon nos données, des sociétés américaines et leurs alliés de l’Otan envisagent l’achat d’un important lot d’armes et de munitions dans un pays d’Europe orientale en vue de leur transfert aux forces de l’opposition vénézuélienne. Nous parlons de mitrailleuses de gros calibre, de lance-grenades et de lance-roquettes, de systèmes de défense antiaérienne portatifs, de munitions pour armes légères et pour armes d’artillerie à diverses fins. Ceci amène à poser la question de savoir ce qui est entendu par la livraison d’une aide humanitaire», a-t-elle ajouté.

Et d’ajouter:

«Une piste ukrainienne peut être retrouvée dans cette histoire absolument laide. Selon nos informations, l’entreprise Antonov pourrait y être impliquée».

La diplomate a noté que la livraison des armes au Venezuela devrait être effectuée début mars en plusieurs lots à travers un pays voisin avec utilisation des avions de la société de transport international.

Rappelons que l’opposition vénézuélienne avait déclaré que des livraisons d’aide humanitaire en provenance des États-Unis seraient effectuées dans le pays à partir du 23 février. En réponse, Nicolas Maduro a annoncé que l’envoi de cette aide était un «show politique» et un «attrape-nigaud», et que le gouvernement l’empêcherait. Par la suite, les autorités ont fermé la frontière maritime avec les Petites Antilles.

Ce jeudi 21 février, le Président vénézuélien a également annoncé la fermeture de la frontière terrestre avec le Brésil. En outre, il n’a pas exclu la fermeture de la frontière entre le Venezuela et la Colombie.

La crise politique au Venezuela a éclaté quand l’opposant Juan Guaido, renvoyé le 22 janvier du poste de président de l’Assemblée nationale vénézuélienne sur décision de la Cour suprême, s’est autoproclamé le lendemain «Président en exercice du pays» et a prêté serment au cours d’une manifestation. Donald Trump l’a reconnu comme «Président par intérim».

Une quarantaine de pays, dont le Royaume-Uni et l’Allemagne, en ont fait de même. La France l’a également reconnu comme «Président en charge». Le Président Nicolas Maduro a qualifié Juan Guaido de pantin des États-Unis.

La Russie, la Chine, la Turquie et plusieurs autres pays ont, quant à eux, soutenu Nicolas Maduro en tant que Président légitime du Venezuela. Le Kremlin a qualifié la décision de certaines nations européennes d’«ingérence dans les affaires intérieures du Venezuela».

https://fr.sputniknews.com/international/201902221040120323-usa-mascou-troupes-venezuela/

 

MOHAMMED BEN SALMANE : ECHEC A L’OCCIDENT !

MOHAMMED BEN SALMANE :
ECHEC A L’OCCIDENT !
(L’Imprécateur)

La presse française, toujours obéissante aux instructions venues de l’Élysée, ne parle que des sujets autorisés, sur le ton adéquat, et dans le doute préfère passer des informations pourtant marquantes sous silence, ou les présenter sous un jour péjoratif, notamment celles de la vie internationale.

Donald Trump a réussi à stopper le « shutdown », cet arrêt partiel des activités administratives commencé le 22 décembre aux États-Unis, il l’a fait « contraint » dit la presse. Personne ne dira que s’il l’a fait, c’est qu’il venait de trouver la parade pour contourner le veto démocrate à la construction du mur à la frontière mexicaine. En promulguant l’état d’urgence nationale, il a pu récupérer les milliards bloqués (1). Donc, il n’est contraint en rien et il a repris l’avantage.

Personne ne dira que cela lui a valu un nouveau gain de popularité de près de 7 points, dû notamment au soutien massif des hispano-américains qui sont maintenant 50 % à approuver sa politique, car ils sont les premiers à se plaindre de l’excès d’immigration latino. Le mur sera donc construit, grosse claque pour les Démocrates.

Le Sénat exonère Trump de toute responsabilité dans l’affaire russe

La Commission spéciale du Sénat américain étudiait depuis deux ans tous les rapports du procureur Müeller sur la collusion entre Trump et la Russie et avait commandé deux enquêtes indépendantes, toutes deux présentées en décembre 2018 par la presse française comme certainement à charge pour Trump. L’une d’elle étant chargée d’analyser des millions de publications sur les réseaux sociaux, fournies par Twitter, Facebook et Google à la Commission du Renseignement du Sénat.

Washington Post, le quotidien socialiste américain, avait annoncé que Trump allait enfin pouvoir être destitué, info reprise sans contrôle par la presse française de gauche.

Finalement, la Commission spéciale du Sénat a annoncé jeudi dernier qu’elle clôt son enquête parce qu’elle n’a trouvé « aucun élément démontrant par des preuves confirmées une intervention quelconque de la Russie dans le processus électoral des élections de 2016 » et demande l’arrêt des enquêtes de Müeller.

Silence glacial de la presse mondiale de gauche

Silence glacial de la presse démocrate. Le journaliste Bill d’Agostino déclare : « Deux jours se sont écoulés depuis le reportage de NBC selon lequel la commission sénatoriale du renseignement n’a trouvé aucune preuve matérielle de collusion entre la campagne Trump et la Russie, et à ce jour, aucun des trois principaux réseaux de diffusion (ABC, CBS et NBC) ne lui a accordé une seule seconde de temps d’antenne dans ses journaux télévisés du soir. Considérant que ces réseaux ont donné à l’enquête russe un temps d’antenne massif de 2 202 minutes, leur silence sur ce développement majeur est assourdissant« .

Même silence dans la presse française dont les élucubrations mensongères sont démontées. Google lui-même a arrêté toute communication sur le sujet ! Hilary Clinton qui a financé la fabrication de fausses preuves éventées par le Sénat doit regretter son argent perdu. Le Monde, Libération et TV-France-info qui ont, depuis deux ans, soutenu les démocrates dans leurs fausses accusations et leurs fake-news s’excuseront-ils d’avoir une fois de plus trompé leurs lecteurs et auditeurs ? N’y comptez pas.

Parfois, pour apprendre la vérité, il faut lire la presse arabe

Il faut lire la presse arabe (2) pour apprendre que le prince saoudien Mohammed Ben Salmane a déclaré au Pakistan qu’il n’interviendrait pas dans les négociations en cours à Doha (Qatar) depuis le 20 janvier entre les talibans afghans et les Etats-Unis, parce que les talibans ne veulent discuter qu’avec Trump et personne d’autre !

Trump qui a déjà pacifié la Corée du Nord, dont l’armée travaille actuellement la main dans la main avec celle du Sud pour déminer la zone inter-frontalière, réussira-t-il à trouver avec les talibans un accord de pacification de l’Afghanistan ? L’avenir le dira, mais pour le moment force est de constater que Trump réussit là où la diplomatie internationale se plante depuis quarante ans, la française comme les autres.

Que fait MBS au Pakistan ?

Mohammed Ben Salmane élargit ses alliances, un pied à l’Ouest, un pied à l’Est

Le 30 novembre dernier, au G20 à Buenos Aires, MBS après s’être fait agresser par Macron (toujours aussi maladroit dans ses interventions internationales), au sujet des Droits de l’Homme en Arabie, avait dit à Trump « Je m’en moque, je le tiens dans ma main« , allusion aux 60 % de la dette française détenus par les  pays Arabes. Macron qui avait entendu ou à qui l’on avait rapporté le propos de MBS était venu se plaindre : « Vous ne m’écoutez jamais« .

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La vidéo montre que Macron a peur. « Don’t worry » lui répond MBS. Poutine lui dira la même chose un plus plus tard « n’ayez pas peur, on peut vous aider« . Macron répondra, « pas besoin, j’ai mon ami Trump, on se dispute un peu, mais on s’entend très bien » Ah bon ? a répondu Vladimir avec ce sourire en coin qu’il prend quand il ne croit pas un mot de ce qu’on tente de lui faire croire.

Rentré en Arabie le 2 décembre, MBS a compris que les Occidentaux ne le laisseraient jamais en paix avec ces droits de l’homme stupides qu’aucun fidèle du Coran ne peut admettre. Il a décidé de modifier ses alliances, autrement dit de prendre une assurance à l’Est. Il vient donc d’entreprendre une tournée Pakistan-Inde-Chine. Trump a pour diplomatie la menace et la force, MBS le carnet de chèques.
Des méthodes qui laissent pantois les diplomates occidentaux qui en sont toujours au XIXème siècle : courbettes et concessions.

Le prince héritier saoudien et sa délégation de 1 100 personnes sont loin d’arriver les mains vides !

MBS avec Imrhan Khan, 1er ministre du Pakistan (Photo L’Orient le jour)

MBS va aider la Chine à boucler l’Océan indien

Alors qu’Islamabad se trouve dans une situation économique difficile, MBS a signé des protocoles d’entente hier pour un montant de vingt milliards de dollars. « Nous pensons que le Pakistan va devenir un pays très important dans un futur proche et nous voulons nous assurer d’en faire partie », a-t-il dit.

L’Arabie devrait, entre autres, aider à financer la construction du port de Gwadar, point stratégique géré par la société d’État chinoise China Overseas Port Holding Company, qui s’inscrit dans le cadre du « corridor économique » en cours de création entre Pékin et la Méditerranée.
Il s’arrête pour le moment à Djibouti où les Chinois ont créé une énorme base militaire susceptible de bloquer l’accès à la Mer Rouge et au canal de Suez.
Les Occidentaux sont en train de perdre le contrôle de l’Océan indien, mais s’en rendent-ils compte ?

Le programme économique de la tournée de MBS devrait ensuite être un peu plus sérieux pour les trois partenaires lors de ses rencontres avec le Premier ministre indien, Narendra Modi, puis le président chinois Xi Jinping et le vice-Premier ministre Han Zheng.

Selon le porte-parole de la diplomatie chinoise, le déplacement de MBS en Chine a pour objectif d’« approfondir la coopération » entre les deux pays, notamment au sujet des projets des Routes de la soie lancés par Pékin. « L’Inde et la Chine sont des partenaires naturels, compte tenu de leur dépendance croissante vis-à-vis du Golfe pour les importations d’énergie et de la volonté de Riyad d’investir dans des activités en aval dans les deux pays, liant ainsi leurs fortunes économiques » (Neil Quilliam 3)

La Chine et l’Inde sont des marchés pétroliers importants pour l’Arabie, respectivement 14,6 % et 9,5 % des exportations saoudiennes de brut en 2017. Autant de liens qui devraient favoriser l’annonce de nouveaux accords et partenariats lors de la visite de MBS.

La ligne Maginot de défense antichinoise de l’Inde à la Polynésie imaginée par Macron avec comme épicentre la Nouvelle-Calédonie est mal partie !

L’Imprécateur
19 février 2019
1: En partant des 1,375 milliards bloqués par la chambre des représentants, par rapport aux 5,7 milliards que demandait Trump, il s’en sort avec 8 milliards sans avoir besoin des Démocrates et des Républicains, mais en décrétant l’état d’urgence, ce qu’Obama avait fait sans attirer la moindre critique des médias. Mais là, avec Trump, ils parlent évidemment tous de dictature et de trahison.

2: Le quotidien libanais L’Orient le jour a une édition en français très bien faite, lorientlejour.com

3: Neil Quilliam, chercheur au sein du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Chatham House (Royal Institute of International Affairs)

 

https://www.minurne.org/billets/20001

La défense de l’Europe

La défense de l’Europe
La défense de l’Europe, de son territoire et de ses populations, voilà le bien commun le plus évident pour les citoyens de l’Union européenne (UE). Ce devrait donc être un des thèmes porteurs de la campagne pour les élections européennes de mai 2019.
Problème : ce n’est pas l’UE en tant qu’institution qui a la responsabilité de sa propre défense mais l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) dans laquelle les Etats-Unis sont prépondérants.
Un peu d’histoire. Sortis exsangues de la Deuxième Guerre mondiale, les pays de l’Europe de l’Ouest ne pouvaient que se placer sous la protection des Etats-Unis, face à la formidable menace soviétique. Ils le firent au travers de l’OTAN créée en 1949. Nous devons être reconnaissants aux Etats-Unis pour avoir très largement contribué à gagner la Guerre froide, sans tirer un coup de canon.
Mais nous sommes en 2019. 70 ans après 1949, les risques et menaces se sont diversifiés, mondialisés. Les Etats-Unis en ont tiré les conséquences en retirant la presque totalité de leurs forces du sol européen, donnant la priorité stratégique à l’Asie, leur nouveau défi.
D’autre part, l’UE s’est relevée de ses ruines. Sa richesse globale — son PIB – est aujourd’hui équivalente à celle des Etats-Unis. Il est donc invraisemblable que 500 millions d’Européens de l’UE – j’inclus encore nos amis britanniques ! – dépendent encore à ce point, pour leur défense, de 325 millions d’Américains.
M. Trump dit la même chose, brutalement : les Etats-Unis donnent trop pour la défense des Européens. l’OTAN est une organisation obsolète et, tout autant, l’article 5 de sa charte qui stipule un engagement militaire réciproque en cas d’agression.
Ce serait une grave erreur de penser qu’après Trump, tout rentrera dans l’ordre. Trump ne fait que dire tout haut ce que beaucoup, aux Etats-Unis, pensent tout bas. Je pourrais en donner maints témoignages. J’en retiendrai un, de M.M. Shapiro et Witney, membres éminents d’un important think tank américain, rapporté dans Le Monde du 5 novembre 2009 :
Les Européens entretiennent avec les Etats-Unis une relation infantile et fétichiste, nourrie d’illusions, dont :
– Celle que les intérêts des Américains et les intérêts des Européens sont fondamentalement les mêmes,
– Celle selon laquelle la Sécurité de l’Europe dépend encore de la protection américaine.
Faut-il que nous, Européens, soyons assez sourds et aveugles pour ne pas admettre cette vérité et en tirer les conséquences ? Il est vrai que, depuis le traité de Maastricht de 1992, s’édifie lentement une Politique de Sécurité et de Défense commune (PSDC) de l’UE dont les résultats ne sont pas négligeables :
– Document de Stratégie européenne de Sécurité et de Défense (SESD),
– Agence européenne de Défense (AED) pour l’armement,
– Embryon d’état-major pour les crises civiles et la génération des forces.
– Coopérations structurées permanentes (CSP).
– Fond européen de Défense (FED)
pour me limiter à l’essentiel.
Le problème – il est capital – est que cette défense européenne en gestation n’a rien à voir avec la défense de l’Europe définie plus haut. Elle se limite en effet aux missions dites de Petersberg, sous l’égide de l’ONU :
– Maintien et imposition de la paix
– Evacuation des ressortissants de l’UE
– Aide humanitaire, désarmement, coopération.
Voici donc, en résumé, l’invraisemblable paradoxe :
– L’OTAN a l’exclusivité de la Défense de l’Europe alors que la crédibilité des Etats-Unis, qui la domine de la tête et des épaules, est toujours plus incertaine.
– L’UE est confinée aux interventions exotiques de Petersberg sans même s’être donné un état-major opérationnel permanent pour les conduire.
Ce paradoxe ne semble pas troubler les autorités politiques et militaires de l’UE, qui l’ont masqué derrière le concept commode de complémentarité, de partage des tâches entre OTAN et UE. En réalité, personne n’est dupe : l’OTAN est un bon alibi pour limiter leur effort de défense. Pourquoi payer davantage pour notre défense, même si, via l’OTAN, nous sommes dépendants des Etats-Unis ? Cette culture de la soumission aux Etats-Unis est inacceptable.
Je le dis et l’écris depuis vingt-cinq ans, un peu moins seul aujourd’hui : l’OTAN est l’obstacle majeur pour l’édification d’une défense de l’Europe indépendante. C’est pourquoi il faut faire mourir l’OTAN. Le mieux serait que M.Trump en décide lui-même.
L’OTAN morte, les pouvoirs européens seront contraints d’assumer la première de leurs responsabilités régaliennes, la défense du territoire et des populations, et d’y mettre le prix.
La Défense de l’Europe
Dépendance ou Indépendance ?
L’OTAN ou l’armée européenne ?
Ce pourrait-être ma conclusion. J’y ajouterai deux observations :
1 – J’ai lu le livre du général de Villiers « Qu’est-ce qu’un chef ? » De ses propos souverainistes, j’en retiendrai deux :
« L’armée européenne fusionnée est un rêve. Elle pourrait se transformer en cauchemar. Je crois aux souverainetés nationales, pas à la souveraineté européenne »
« Si l’armée européenne consiste à juxtaposer des forces, à les fusionner, à en faire des unités de combat aux ordres d’un hypothétique état-major à Bruxelles, je dis IMPOSSIBLE » Les majuscules sont de lui.
Mais, mon général, qu’est-ce donc que l’OTAN sinon un quartier général – le SHAPE – à Bruxelles, des états-majors de corps d’armée multinationaux dont un corps germano-polonais, un corps germano-hollandais, un corps européen à Strasbourg comptant quatre nationalités, un corps de réaction rapide (CRR) français à Lille qui peut accueillir une demi-douzaine de contingents étrangers ?
Ce qui vous convient dans l’OTAN vous serait insupportable dans un cadre européen ? L’armée européenne, ne serait rien d’autre, pour commencer, que l’OTAN sans les Américains. Non pas que nous ne les aimions plus mais tout simplement parce qu’on ne peut plus, on ne doit plus compter sur eux. Eux-mêmes le disent. Dois-je rappeler que nous aurions une armée européenne depuis 1954 si de Gaulle, dans l’opposition, n’en avait sabordé le projet, porté par la France ? J’étais alors à Saint-Cyr- Coëtquidan. J’en fus très triste, comme beaucoup de mes camarades.
2 – Je vais, pour finir, élargir le débat au-delà de la question de la défense de l’Europe. Le choix, aux prochaines élections européennes, se fera entre deux visions inconciliables de l’Europe au mitan de ce siècle. Soit la vision exclusive, souverainiste, nationaliste, arc-boutée sur l’Etat-nation sacralisé : America first – Deutschland über alles – La France d’abord. Soit une vision inclusive, ouverte, humaniste, qui ne tient pas l’Etat-nation comme le grain ultime de l’organisation politique de l’Europe.
Je crois être un bon patriote mais je suis aussi un Européen ardent, un citoyen d’Europe. Aucune contradiction en cela ! Mon Europe est celle de sa devise : « L’unité dans la diversité ». Les Etats-Unis d’Europe, ce n’est pas un gros mot ! C’est la condition nécessaire pour que l’Europe compte demain dans le tiercé des grandes puissances de la planète.
S’UNIR ou S’EFFACER – Les Etats-Unis d’Europe ou les Balkans du monde. Pas besoin de passion pour souscrire à cela. Un peu de raison devrait y suffire.

Général Jean Cot
Ancien commandant de la 1°armée
Ancien commandant de la Forpronu

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Antisionisme, antisémitisme et idéologie coloniale. Par Alain Gresh

21.février.2019 // Les Crises

Antisionisme, antisémitisme et idéologie coloniale. Par Alain Gresh

Source : Orient XXI, Alain Gresh, 19-02-2019

Dans le débat qui agite la France autour de l’antisémitisme, deux dimensions sont souvent absentes : le fait que, durant la première moitié du XXe siècle, la grande majorité des juifs était hostile au sionisme (étaient-ils aussi antisémites ?) ; que la caractéristique principale de ce mouvement était de s’inscrire dans une logique coloniale de conquête et de peuplement. Extraits du livre d’Alain Gresh, Israël-Palestine, vérités sur un conflit (Fayard, 2017).

Le sionisme n’a été que l’une des réponses possibles, longtemps très minoritaire, à la « question juive ». Durant la fin du XIXe siècle et avant la première guerre mondiale, la grande majorité des juifs d’Europe centrale et de Russie « vote avec ses pieds », en émigrant massivement à l’ouest, et notamment aux États-Unis, la Terre promise de tant de laissés-pour-compte… D’autres, nombreux, font le pari de l’intégration. À partir de 1880, et malgré l’antisémitisme, le nombre de mariages mixtes chez les juifs allemands ne cesse d’augmenter : entre 1901 et 1929, la proportion passe de 16,9 à 59 %. En France aussi, cette « assimilation » s’accélère. La participation active des juifs aux mouvements révolutionnaires transnationaux, notamment socialistes et communistes, qui prônent la fraternité universelle, peut être considérée comme une autre de leurs répliques aux discriminations dont ils sont l’objet. Quant aux religieux, ils rejettent pour la plupart le sionisme : l’État juif ne peut renaître et le Temple ne peut être relevé qu’avec la venue du Messie.

LES RÉTICENCES D’ALBERT EINSTEIN

Le sionisme n’est pas le seul mouvement organisé spécifique des juifs de l’Est. En 1897 est créé le Bund, l’Union générale des ouvriers juifs de Lituanie, Pologne et Russie. Il concurrencera le sionisme jusque dans les années 1930. Il se veut nationaliste et socialiste, se fonde sur des principes de classe, prône le yiddish comme langue nationale et une autonomie politico-culturelle conforme aux thèses de ceux que l’on appelle les « austro-marxistes ». Les bundistes appellent à l’émancipation « sur place » des masses juives, répétant : « Les palmiers et les vignobles de Palestine me sont étrangers. » Ils prêchent la solidarité des ouvriers juifs avec la classe ouvrière internationale et opposent le patriotisme de la galout (l’« exil ») au patriotisme sioniste. Tombé dans l’oubli, ce mouvement signera des pages glorieuses de l’histoire de l’Europe centrale, notamment par son rôle dans l’insurrection du ghetto de Varsovie en 1943. Il sera finalement écrasé en Pologne par les nazis et en Union soviétique par les communistes, dont les positions sur la « question juive » fluctueront au gré des événements et des retournements de doctrine. Pour concurrencer le sionisme, l’URSS va jusqu’à concevoir une république autonome juive, le Birobidjan, à l’extrémité orientale de la Sibérie.

La création de l’État d’Israël consacre la victoire du mouvement sioniste, victoire qu’ont rendue possible l’antisémitisme hitlérien et le génocide. Cet État regroupe une proportion croissante des juifs du monde – quelle que soit la définition que l’on donne à ce terme –, mais inférieure à 40 %. Des centaines de milliers d’entre eux ont préféré l’intégration, aux États-Unis ou en Europe, même si Israël réussit désormais à en mobiliser une fraction importante en faveur de ses options. Ils se sentent, à juste titre, davantage en sécurité à New York ou à Paris qu’à Tel-Aviv ou à Jérusalem. Faut-il se réjouir du triomphe de ce nationalisme étroit, autour d’un État ? Bien que sioniste, Albert Einstein exprimait ses inquiétudes : « La manière dont je conçois la nature essentielle du judaïsme résiste à l’idée d’un État juif, avec des frontières, une armée et une certaine mesure de pouvoir temporel, quelque modeste qu’il soit. J’ai peur des dégâts internes que cela entraînera sur le judaïsme — et surtout du développement d’un nationalisme étroit dans nos propres rangs […]. Un retour à une nation, au sens politique du terme, équivaudrait à se détourner de la spiritualité de notre communauté, spiritualité à laquelle nous devons le génie de nos prophètes. »

« Le sionisme n’est pas le corollaire obligatoire, fatal, de la persistance d’une identité juive, remarque Maxime Rodinson ; ce n’est qu’une option. » Et cette option est critiquable, non seulement comme toute idéologie nationaliste, mais aussi parce que son aboutissement — la création d’un État juif — n’était possible que par la dépossession des Palestiniens. Le sionisme s’est pleinement inscrit — et ce fut l’une des conditions majeures de sa victoire — dans l’aventure coloniale. Ce fut et cela reste sa principale faute.

RIEN DE COMMUN AVEC CE QUE L’ON APPELLE « L’ORIENT »

Le dévouement ou l’idéalisme de nombre de militants sionistes n’est pas en cause. Un jeune juif débarqué sur la Terre promise en 1926 pouvait écrire : « Je peux être fier car depuis un an que je suis en Palestine, je me suis débarrassé de la gangue d’impureté de la diaspora et je me suis purifié du mieux possible. Je voulais une patrie. Être un homme comme les autres, égal aux autres, fier comme eux d’être en Palestine. Dès l’instant où mes pieds ont foulé la terre de mes ancêtres, j’ai rompu tout lien avec l’Europe et l’Amérique. » Il changea de nom, se fit appeler Chaïm Shalom et déclara : « Je suis hébreu et mon nom est hébreu car je suis issu du pays des Hébreux. »

En dépit d’un credo socialiste — ou parfois à cause de lui —, les sionistes ressemblaient aux colons installés en Algérie ou en Afrique du Sud, convaincus de faire progresser la civilisation face à des populations sauvages. Le sionisme en Palestine, malgré des formes particulières, se rattache au mouvement de colonisation sur deux plans : par son attitude à l’égard des populations « autochtones » ; par sa dépendance à l’égard d’une métropole, la Grande-Bretagne, au moins jusqu’en 1939. D’ailleurs, à l’époque où le colonialisme n’avait pas la connotation négative qu’il a aujourd’hui, Theodor Herzl écrivait à Cecil Rhodes, l’un des conquérants britanniques de l’Afrique australe : « Mon programme est un programme colonial. » Zeev Jabotinsky, le dirigeant du mouvement sioniste révisionniste, pour sa part, se réjouissait : « Dieu merci, nous juifs n’avons rien en commun avec ce que l’on appelle l’“Orient”. Nous devons venir en aide à ceux parmi le peuple qui sont incultes et qui s’inscrivent dans des traditions et des lois spirituelles archaïques orientales. Nous allons en Palestine d’abord pour notre “bien-être” national, ensuite pour en expurger systématiquement toute trace de l’“âme orientale”. »

Mordechaï Ben Hillel Ha Cohen, un juif installé à Jérusalem, note : « Nous sommes en Palestine la population la plus civilisée, personne ne peut rivaliser avec nous sur le plan culturel. La plupart des indigènes sont des fellahs et des bédouins ignorant tout de la culture occidentale. Du temps sera encore nécessaire avant qu’ils apprennent à vivre sans rapines, vols et autres forfaits, jusqu’à ce qu’ils éprouvent de la honte devant leur nudité et leurs pieds nus et qu’ils adoptent un mode d’existence où prévaudra la propriété privée, et où il sera nécessaire que des routes soient tracées et les chaussées goudronnées, que les écoles, les maisons de charité et les tribunaux essaiment sans qu’il y ait de corruption. » Mais l’insondable « âme orientale » semble résister à des décennies de civilisation puisque Moshé Katsav, alors président d’Israël, déclare en mai 2001 : « Il existe une immense fracture entre nous [les juifs] et nos ennemis, pas seulement en ce qui concerne les capacités, mais aussi sur le plan de la morale, de la culture, du caractère sacré de la vie et de la conscience […]. Ils sont nos voisins ici, mais on a l’impression qu’à une distance de quelques centaines de mètres il y a des gens qui ne sont pas de notre continent, de notre monde, mais qui finalement appartiennent à une autre galaxie. » Sont-ils humains, ces Palestiniens ?

LES PALESTINIENS COMME ANIMAUX SAUVAGES

À la suite d’émeutes à Jaffa en 1921, une commission d’enquête britannique note que le mouvement ne constituait nullement un pogrom antisémite, mais que les insurgés haïssaient les sionistes, non les juifs. Le Jewish Chronicle, organe des juifs britanniques, s’insurge : « Essayez d’imaginer que les animaux sauvages du parc zoologique sortent de leur cage et tuent quelques-uns des visiteurs, et que la commission chargée d’enquêter sur les circonstances établisse que la raison du drame est que les animaux n’aimaient pas leurs victimes. Comme s’il ne relevait pas du devoir de la direction du zoo de garder les animaux dans leurs cages et de s’assurer qu’elles soient bien fermées. » Quelle franchise ! Frantz Fanon, psychiatre antillais rallié à la révolution algérienne, auteur d’un pamphlet célèbre, Les Damnés de la terre (1961), constate : « Le langage du colon, quand il parle du colonisé, est un langage zoologique. On fait allusion aux mouvements de reptation du Jaune, aux émanations de la ville indigène, aux hordes, à la puanteur, au pullulement, au grouillement, aux gesticulations. Le colon, quand il veut bien décrire et trouver le mot juste, se réfère constamment au bestiaire. »

La conquête de la terre comme le « refoulement » des autochtones confirment la dimension coloniale du mouvement sioniste. L’un de ses cadres reconnaît dès les années 1910 : « La question arabe s’est révélée dans toute son acuité dès le premier achat de terres, lorsque je dus expulser pour la première fois des habitants arabes pour y installer à la place nos frères. Longtemps après continua de résonner à mes oreilles la triste complainte des bédouins rassemblés cette nuit-là autour de la tente des pourparlers, avant qu’ils ne quittent le village de Shamsin […]. J’avais le cœur serré et je compris alors à quel point le Bédouin était attaché à sa terre. » Mètre carré après mètre carré, les colons juifs s’emparent des terres, repoussant les Arabes.

Aucun compromis n’est possible, Ben Gourion en a bien conscience : « Tout le monde considère les relations entre juifs et Arabes comme problématiques. Mais ils ne voient pas tous que cette question est insoluble. Il n’y a pas de solution ! Un gouffre sépare les deux communautés. […] Nous voulons que la Palestine soit notre nation. Les Arabes veulent exactement la même chose. »

Israël Zangwill, un proche de Theodor Herzl, explique dans la presse britannique durant la Première Guerre mondiale : « Si l’on pouvait exproprier, avec compensation, les 600 000 Arabes de Palestine, ou si l’on pouvait les amener à émigrer en Arabie, car ils se déplacent facilement [sic !],ce serait la solution de la plus grande difficulté du sionisme. » Herzl avoue dans son journal en 1895 : « Nous devons les exproprier gentiment. Le processus d’expropriation et de déplacement des pauvres doit être accompli à la fois secrètement et avec prudence. » Il sera achevé, sur une grande échelle, en 1948-1949.

L’APPUI INDISPENSABLE DE LONDRES

Il est vrai que les juifs ne débarquent pas d’une « métropole ». Ils arrivent de différents pays et ne peuvent envisager de « retourner » en Russie ou en Pologne, comme d’ailleurs les Européens blancs, protestants en majorité, installés aux Amériques et qui enferment les Indiens dans des réserves après avoir essayé – et largement réussi – de les exterminer. Mais le mouvement sioniste bénéficie tout de même du soutien de Londres, sans lequel il serait voué à l’échec : ainsi, pour la seule décennie qui suit l’instauration du mandat en 1922, on compte 250 000 immigrés, plus du double par rapport à la décennie précédente. « Pendant tout mon service en Palestine, écrit Arthur Wauchope, le haut-commissaire britannique qui sévit à Jérusalem à partir de 1931, je considérais de mon devoir d’encourager le peuplement juif et je n’avais d’autre ambition que de voir sa sécurité assurée. » Il évoque d’ailleurs la « grande aventure » de la colonisation. Ni l’émigration, ni l’achat de terres, ni la création de structures étatiques n’auraient été possibles sans le parapluie britannique. Bien sûr, il pouvait surgir des contradictions entre les intérêts du yishouv (la communauté juive de Palestine) et ceux de Londres, mais, au moins jusqu’en 1939, elles furent secondaires.

Cette alliance est servie par ce que j’appellerais les « affinités culturelles ». Je prends un exemple. À la suite des violentes émeutes qui éclatent en Palestine en 1929, de nombreux responsables britanniques, sur place ou en Grande-Bretagne, sont convaincus de la nécessité d’un changement de cap passant par la restriction de l’immigration et de l’achat de terres. Le ministère des colonies prépare en octobre 1930 un Livre blanc reprenant ces propositions. Mais Weizmann fait jouer toutes ses relations, Ben Gourion consulte le chef du gouvernement britannique et obtient une garantie de la liberté d’immigration et d’achat de terres, qualifiée de « lettre noire » par les Arabes. Le premier ministre britannique discute même avec le numéro un sioniste le moyen de privilégier les juifs dans les arrangements, au détriment du principe de la parité (traitement égalitaire des juifs et des Arabes) affirmé publiquement.

Cet éclatant succès, le mouvement le doit à son entregent, à ses contacts politiques, à sa connaissance du système politique britannique. Les sionistes ont plus de chances de se faire entendre que les représentants arabes ou palestiniens, dont la culture, les traditions, le mode même de négociation sont étrangers aux Européens. Les sionistes sont des Occidentaux qui parlent à des Occidentaux. Cet atout, ils en useront à chaque étape du conflit. Israël, pour reprendre l’expression de Maxime Rodinson, est un « fait colonial ». Comme l’Australie ou les États-Unis, le pays est né d’une conquête, de l’expropriation des autochtones. En revanche il n’est pas, contrairement à l’Afrique du Sud de l’apartheid, une « société coloniale », une société qui a besoin des « indigènes » pour survivre.

D’autre part, même s’il a été bâti sur une injustice, Israël est désormais un État reconnu par la communauté internationale, par les Nations unies. Penser, comme l’ont fait et continuent de le faire certains, que l’on peut « expulser » les Israéliens, les renvoyer « chez eux », n’est ni moralement défendable ni politiquement réaliste. Une injustice ne peut être réparée par une autre injustice. Vivent désormais en Terre sainte deux peuples, l’un israélien, l’autre palestinien. On peut rêver, comme le font quelques intellectuels palestiniens et israéliens, qu’un seul État pourrait les regrouper ; c’est une belle utopie, que notre génération ne verra pas se réaliser. Et, quoi qu’il en soit, aucune solution ne pourra être imposée de façon unilatérale aux Palestiniens ni aux Israéliens.

Source : Orient XXI, Alain Gresh, 19-02-2019

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

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