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GUERRE : LES AMÉRICAINS SONT À L’OUEST !

GUERRE : LES AMÉRICAINS SONT À L’OUEST !

« Les États-Unis d’Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence sans avoir jamais connu la civilisation » (Oscar Wilde). Quel décalage abyssal entre l’image de puissance et de clairvoyance intellectuelle que projettent les États-Unis à l’extérieur de leur pays (« row » pour « the rest of the world » ainsi désigné de manière méprisante) et la réalité moins reluisante d’une certaine forme d’impuissance et d’aveuglement (avec une constance qui mérite louange) sur la compréhension des questions internationales ! Et, pourtant, l’Amérique exerce une fascination sans limite sur nos centres des recherche (« think tanks », cela fait plus chic et plus sérieux ») – sans parler de l’école néoconservatrice (« la secte » ou « la meute ») qui fait la pluie et le beau temps dans la diplomatie française – qui ont les yeux de Chimène pour tous les concepts provenant d’Outre-Atlantique. À tel point que l’on peut se demander si le pays des Lumières ne manquerait pas de bons esprits capables de réfléchir de manière indépendante sur les évolutions du monde d’aujourd’hui, voire de les anticiper. Et cela est d’autant plus préoccupant que les dernières décennies sont truffées d’exemples de la faillite intellectuelle américaine sur le plan géostratégique : Vietnam, Afghanistan, Irak, Libye, Yémen, Irak-Syrie … Un véritable inventaire à la Prévert. Notre Oncle Sam (démocrate ou républicain), qui ose encore se présenter comme l’inspirateur d’essence divine du ou des progrès de la planète, apparait de plus en plus comme un marchand d’illusions de haut vol auquel il est hasardeux de faire confiance.

VIETNAM : LA GROSSE CLAQUE ASIATIQUE

Il est indispensable de revenir au siècle dernier pour apprécier la constance dans l’erreur des États-Unis dans les crises où ils ont décidé de s’impliquer. Après s’être félicités de la débâcle de Dien Bien Phu en 1954, les Américains entendent reprendre la place laissée libre par la France – la nature ayant horreur du vide – en déroute de la Quatrième République en Indochine. Petit à petit, ils constatent que l’affaire est moins simple que prévu. Ils y dépêchent d’abord quelques conseillers militaires pour épauler les Vietnamiens du Sud (sorte de rempart de l’Occident) en proie à un harcèlement constant des Vietnamiens du Nord (sorte de cheval de Troie du communisme). Cela n’étant pas suffisant, ils y envoient un véritable corps expéditionnaire pléthorique censé infliger une véritable correction à ces pouilleux du général Giap. L’affaire tourne mal. En dépit d’une guerre sans merci, de l’utilisation à outrance de l’aviation, de défoliants et autres armes intelligentes, l’aventure tourne à la débandade pour l’invincible Amérique. Les accords de Paris signent la fin de la récréation et l’une des plus grandes défaites militaire et idéologique des États-Unis de l’après Seconde Guerre mondiale. On se souvient du départ en catastrophe de l’ambassadeur des États-Unis de Saïgon à l’arrivée des troupes du Viêt-Cong. Pas très glorieux de se faire rosser par plus petit que soi. Ce serait du genre humiliant à y regarder de plus près.

Après le séisme produit dans le pays profond par la guerre du Vietnam, l’on pensait l’Amérique vaccinée contre le mal des expéditions coloniales aventureuses pensées et conduites par le très célèbre lobby militaro-industriel dictant sa loi au Pentagone mais aussi et surtout à la Maison Blanche. Mais, c’était mal le connaître. Après une accalmie d’une vingtaine d’année, l’Amérique est rattrapée par ses vieux démons qui vont la conduire en Afghanistan d’où elle avait largement contribué à chasser l’occupant soviétique en armant le bras des Talibans (Cf. les livraisons des missiles Stingersaux Talibans). La fable de l’arroseur arrosé, du retour du boomerang, toutes choses qu’Américains mal dégrossis ne veulent ou ne peuvent pas comprendre tant l’Amérique ne veut entendre les critiques de ses alliés sur leurs aventures hasardeuses. Elle préfère faire la sourde oreille, au mieux, clouer au pilori l’intrépide qui se permet de la critiquer, au pire. C’est la diplomatie du silence dans les rangs serrés des idiots utiles, des courtisans serviles qui sont légions à Evere, le siège de l’église atlantiste qui a pour nom Alliance atlantique ou NATO dans la langue de Shakespeare.

AFGHANISTAN : LE CIMETIÈRE DES EMPIRES

L’histoire ne serait-elle qu’un éternel recommencement en Afghanistan où les puissances étrangères (Britanniques, Soviétiques et Américains, épaulés par leurs idiots utiles) subissent échec après échec comme si régnait une sorte de malédiction sur ce pays ? Après avoir été éliminés par la coalition des suppos de Washington, les Talibans sont aujourd’hui de retour à Kaboul et ailleurs dans le pays.

L’élimination des Talibans

Plus près de nous, après les évènements tragiques du 11 septembre 2001, l’administration républicaine se lance dans une « guerre contre le terrorisme » en Afghanistan, enrôlant au passage ses idiots utiles d’alliés – plutôt alignés – de l’OTAN pour bouter le barbare (ami de la veille) hors de Kaboul et des principaux centres stratégiques du pays. Une fois encore, elle met le paquet, pour employer cette expression triviale. L’ennemi abandonne ses positions mais pas son idéologie. Peu après, elle décrète que l’ennemi islamiste est terrassé et que l’Afghanistan va entrer dans une nouvelle ère de paix, de prospérité et de démocratie heureuse (la mise en place des équipes de reconstruction provinciales ou PRT). Tout va très bien madame la marquise mais à part çà un petit rien… Les choses ne tournent pas dans le sens souhaité.

Le retour des Talibans

Presque vingt après le début de l’intervention militaire, le bilan est catastrophique. Les Talibans chassés de leurs fiefs reprennent le terrain perdu en infligeant de lourdes pertes aux troupes de la coalition et en faisant à nouveau régner la terreur dans le pays. Les femmes sont les victimes expiatoires de ces fous furieux. Donald Trump, qui comprend que la force ne paie pas, négocie avec eux, se promettant de quitter ce « cimetière des empires » avant 2020, élections obligent1. Fait intéressant à noter, les États-Unis se montrent d’une grande magnanimité avec l’Arabie saoudite (son grand allié depuis le Pacte du Quincy) alors même que les terroristes impliqués dans les attentats du 11 septembre 2001 sont en majorité originaires de ce pays comme du reste leur cerveau Oussama Ben Laden et qu’elle diffuse dans le monde un islam rigoriste (le wahhabisme) mortifère qui inspire les apprentis terroristes de tout poil, y compris ceux qui vivent en Occident. En termes d’indignation à géométrie variable, les Américains sont hors compétition. Bien évidemment, les alliés de l’oncle Donald (y compris le gouvernement fantoche de Kaboul) ne sont pas conviés aux négociations secrètes entre Américains et Talibans. Ils seront informés le moment venu du résultat des discussions et n’auront pas leur mot à dire. Merci pour tous les morts inutiles qu’ils laisseront derrière eux et qui se seront battus pour le roi de Prusse. Mais, ne nous arrêtons pas à de pareils détails mesquins. Les fameux alliés ont l’habitude d’avaler des couleuvres, des boas sans coup férir. Ils seraient même du genre masochistes et auraient même tendance à en redemander à l’occasion. Tournons notre regard vers l’Irak, objet de toutes les attentions de l’administration républicaine.

IRAK : GUERRES SANS FIN

L’élimination de Saddam Hussein

Dans sa grande sagesse, l’Amérique décrète, au début des années 2000, qu’elle va faire du « Grand Moyen-Orient » une sorte de laboratoire de la démocratie et de la loi du marché qui va étendre ses effets bénéfiques, de proche en proche, à la région au sens large par effet de domino à l’envers. Mais, il existe dans la zone un fauteur de troubles (« trouble maker ») désigné à la vindicte publique qui aurait la fâcheuse tendance à occuper l’un de ses voisins (le Koweït) en violation du droit international (il en sera puni), à aider en sous-mains les terroristes Al-Qaeda (pour se venger de la défaite qui lui a été infligée après l’invasion du Koweït) et, pire encore, à se doter illégalement d’armes de destruction massives, les fameuses ADM ou WMD en anglais (que l’on a du reste jamais trouvées même en cherchant bien). Occasion rêvée de lui rendre gorge, une bonne fois pour toutes et au passage de mettre la main sur ses ressources pétrolières. Chose dite, chose faite. En un tournemain, en dépit de l’opposition française (Cf. le discours de Dominique de Villepin de 2003 devant le Conseil de sécurité de l’ONU) et de l’absence d’autorisation du machin (dont l’Amérique n’a que faire), on règle son compte au tyran Saddam Hussein, on élimine tout ce qui, de près ou de loin, a collaboré avec le parti Bath et la bataille est, une fois de plus gagnée. Au passage, toute l’infrastructure administrativo-politique est mise à terre. Le pays est un bateau ivre sans capitaine, si ce n’est quelques marionnettes désignées à et par Washington mais qui ne représentent pas le pays réel. Sunnites et Chiites, sans parler des Kurdes, s’en donnent à cœur joie en commettant attentats sur attentats, plus horribles les uns sur les autres. Une sorte de surenchère permanente dans l’atrocité.

Les bégaiements de l’histoire

Mais, l’histoire semble inexorablement bégayer : bataille gagnée signifie immanquablement guerre perdue. Force est de constater que l’Irak entre dans une période de chaos indescriptible dont elle ne s’est toujours pas remise. Où l’Amérique passe, la paix trépasse. Un vieux classique des relations internationales que notre clergé médiatique a trop tendance à perdre de vue… sans parler de notre élite dirigeante, La Caste qui ignore tout des fondamentaux de la diplomatie. Nos braves inspecteurs des Finances qui confondent les règles de Bercy et celles du Quai d’Orsay. Il est toujours plus facile d’instaurer la pagaille que de rétablir l’ordre dans un pays morcelé et fragmenté entre différentes obédiences de l’Islam qui traine comme un boulet, depuis la fin de la Première Guerre mondiale, le problème kurde. Tous les ingrédients sont ainsi réunis pour rendre toute réconciliation impossible et l’insurrection possible, voire automatique. Nous n’apprenons décidément rien des leçons de l’expérience.

Non content de cette nouvelle déculottée, les masochistes américains en redemandent et tournent leur regard vers la Libye et le Yémen. Attention, les pyromanes sont de retour. Danger imminent en perspective. Et, c’est bien le cas à la lumière de ce qui se passe et non de ce qui se dit dans nos gazettes et dans nos chancelleries diffuseuses de « bobards » à jet continu. Et cela dans la plus grande indifférence.

LIBYE, YÉMEN : DEUX AFFREUX BOURBIERS

Prenons deux exemples tirés d’une actualité récente pour éclairer notre lanterne et mieux comprendre la politique extérieure américaine ! Les crises en Libye et au Yémen2 en disent long sur l’indigence de la pensée stratégique occidentale en ce début de XXIe siècle, sur l’incapacité de nos bons apôtres à ne pas tomber à pieds joints dans les pièges qu’ils ont eux-mêmes armés volontairement en pensant y piéger l’ennemi.

Libye, un État failli

Il n’est nul besoin de s’appesantir sur la pagaille monstre qui prévaut actuellement en Libye (dans le pays, au sud et au nord pour faire bonne figure) à la suite de l’intervention d’une coalition à laquelle les États-Unis ont prêté main forte même si la France du Petit Nicolas et du grand BHL a joué le rôle de mauvais génie. Une fois encore, bataille gagnée sur le très court terme, guerre perdue sur le long terme. Souvenons-nous des propos lyriques de Nicolas Sarkozy après la mise à mort du guide suprême (celui qui aurait financé sa campagne électorale). Nous en mesurons les multiples conséquences négatives aujourd’hui encore sur le continent africain mais aussi en Europe à travers la crise migratoire. Qu’est-ce que l’Occident a gagné dans cette guerre stupide que nous n’avions pas réfléchie autant qu’elle le méritait ?

Yémen, la « pire catastrophe humanitaire »

Il n’est pas plus besoin de s’arrêter sur l’aide logistique énorme fournie par l’Amérique à son grand allié saoudien3 pour écraser les rebelles houthis avec le succès que l’on sait4. Aujourd’hui, les Emirats arabes unis (EAU) prennent la poudre d’escampette, pour tenter d’échapper, un jour prochain qui sait, aux foudres de la Cour pénale internationale (CPI) en raison des crimes de guerre et autres crimes contre l’humanité (quelques peccadilles) commis dans cette « Arabie heureuse » par l’Arabie saoudite de MBS5. Pour sa part, la France éternelle n’est pas exempte de tout reproche dans cette sale guerre. Une fois n’est pas coutume, les Européens, Allemands en tête refusent de se laisser entraîner dans une improbable nouvelle coalition destinée à jouer les gendarmes du monde dans le détroit d’Ormuz comme le souhaitent les Américains pour punir les Iraniens6. Un sursaut de bon sens et d’orgueil de l’Europe est si rare pour être relevé. Il devrait se prolonger par une construction de sa puissance, condition de son autonomie stratégique. Mais, nous en sommes encore loin.

IRAK-SYRIE : LA FIN DE L’ÉTAT ISLAMIQUE

Après le temps de la guerre la fleur au fusil, vient le temps de la divine surprise, à savoir que la guerre n’aurait servi à rien en dépit des morts ayant donné leur vie pour la bonne cause. Mais, cela ne fait pas la une des grands quotidiens ou des actualités télévisées, ni même des réseaux prétendument sociaux.

La guerre la fleur au fusil

Dans la foulée des « révolutions arabes » au début de la deuxième décennie du XXIe siècle, l’EIIL s’empare d’une portion importante des territoires irakien et syrien pour y installer un califat, pour y faire régner une terreur sans précédent, pour s’accaparer des ressources pétrolières et financières, pour diffuser une propagande mortifère, pour semer la terreur dans la zone (en particulier contre les Kurdes et les Chrétiens) mais aussi en Europe (multiplication des attentats en particulier en France)… C’en est trop pour l’Amérique et ses fidèles affidés dont la France hollandaise et macronienne ! Il faut aller guerroyer pour bouter hors des villes et des campagnes la soldatesque de l’État islamique et ses nébuleuses bien aimées de Laurent Fabius obnubilé par le départ de Bachar Al Assad. Une fois encore, la bataille est rapidement remportée grâce à la supériorité technologique indiscutable occidentale. Les combattants, qui n’ont pas été éliminés, s’évaporent dans la nature. On les dit épuisés et peu désireux de reprendre le combat. Mais, c’est mal connaître les fanatiques de la région. Au début de l’année 2019, Américains, mais aussi nos Pieds Nickelés français (Macron-Parly-Le Drian), clament que la « bête immonde » a été vaincue. Alléluia ! Nous allons enfin pouvoir dormir sur nos deux oreilles. L’ordre occidental règne sur l’Orient compliqué en dépit d’une réinstallation de la Russie en Syrie. Comment en aurait-il pu être autrement tant nos élites sont certaines de leur fait ? La force l’a emporté contre le mal incarné par l’état islamique et sa folie destructrice. Tout va très bien dans le meilleur des mondes des bisounours que nous servent régulièrement nos perroquets à carte de presse qui sévissent quotidiennement sur les chaînes d’abrutissement en continu. Mais, patatras…

La divine-mauvaise surprise

Oh, surprise en ce début du mois d’août 2019, quelques informations aussi baroques qu’inquiétantes nous parviennent du Pentagone, une sorte d’usine à bobards. Tel Lazare, l’EIIL renaitrait de ses cendres, envisagerait de reprendre ses opérations militaires en Irak et en Syrie, de commettre quelques attentats en Europe pour bien démontrer qu’il n’a rien perdu de sa vigueur et de son audience en dépit de sa mise à l’écart des grands centres urbains. Dans la foulée, et comme un seul homme, la communauté du renseignement occidentale reprend les saintes écritures américaines en les psalmodiant à longueur de journée sur les chaînes d’abrutissement en continu. La peste islamiste pourrait de nouveau sévir dans nos villes et dans nos campagnes dès la rentrée de septembre. Qu’on se le dise ! Il est plus facile de gagner une bataille sur le terrain qu’une guerre idéologique.

Si nous comprenons bien, vérité de janvier ne serait plus vérité d’août ! Curieux. De deux choses l’une, soit la propagande officielle occidentale éhontée (pour une fois, les « fake news » ne viendraient pas ou plus du Kremlin) nous avait trompés en nous disant que la bataille contre l’EIIL avait été gagnée pour nous enfumer avec de bonnes paroles rassurantes, soit nos éminents stratèges avaient mal analysé la situation sur le terrain en dépit de leurs immenses capacités de renseignement, ce qui ne serait pas très glorieux pour la puissante Amérique. Dans tous les cas, tout ceci ne serait pas très rassurant en termes de garantie de notre sécurité. Le moins que l’on puisse dire est que la Syrie a été une défaite pour l’Occident dont les conséquences sont graves sur le plan mondial. Mais, en France, on préfère sanctionner le colonel Legrier qui a eu l’immense tort de dire ce qu’il pensait de l’alignement de la stratégie française sur celle des États-Unis en Irak et en Syrie que ceux qui encensaient Jupiter. Le militaire a dit la vérité, il doit être exécuté. Au passage, nous subissons les foudres de l’ONU pour renvoyer en Irak quelques illuminés7. La fessée est magistrale8. Décidément, le machin ne manquera pas de nous surprendre… en mal au moment même où il est incapable de s’acquitter de sa mission de maintien de la paix et de la sécurité internationales sur terre. Rôle qui serait d’autant plus opportun alors que les relations internationales sont basées sur la puissance. La force prime désormais le droit.

La suite au prochain numéro. C’est bien connu la puissante Amérique ne s’épanouit qu’en se trouvant de nouveaux ennemis que l’on va abattre définitivement sous le poids de bombes de plus en plus sophistiquées et intelligentes (« smart » pour les experts). C’est surtout bon pour les vendeurs d’armes qui n’ont rien à faire de la paix dans le monde9. Il lui a fallu de nombreuses années pour se remettre de la perte de l’ennemi héréditaire que fut l’Union soviétique après la chute du Mur de Berlin. Les terroristes ont fait et continuent de faire encore l’affaire. Mais, la liste s’est allongée depuis : Russie de nouveau, Chine qui découvre la fée sanction10 comme la Corée du nord et l’Iran punie d’avoir respecté ses engagements nucléaires souscrits dans l’accord de Vienne du 14 juillet 2015, déchiré par Donald Trump. Tout va très bien, le lobby des armes a des arguments pour vendre des armes manu larga et se remplir les poches. Drôle de conception de la paix dans le monde que celle qui nous vient d’Outre-Atlantique ! Au passage, la montée des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine ainsi que les tensions artificielles dans le détroit d’Ormuz font monter les cours du baril de pétrole. Encore, une excellente occasion d’en tirer profit pour certains attirés par le lucre11.

« L’histoire se répète toujours deux fois, la première en tragédie, la seconde en farce »12. Et, c’est bien ce que nous constatons aujourd’hui à propos de nos amis et alliés d’Outre-Atlantique. L’Amérique est décidément indécrottable. Elle galope d’échec militaire en échec militaire sans qu’elle n’en tire les conclusions qui s’imposent. En dehors de ses questions intérieures (et l’on peut en douter à l’aune d’affaires récentes de toutes natures13, en particulier les récentes tueries14), l’Amérique ne comprend rien au monde extérieur. Il lui est tout à fait étranger, pour ne pas dire totalement étranger. Les Américains ne comprennent rien au passé, au présent et encore moins à l’avenir. Rappelons que l’éternité est faite de trois dimensions, celle du passé, celle du présent, celle de l’avenir !

Les Américains estiment, à tort, que le monde va se plier à leurs désirs, à leurs exigences de cowboys, de shérifs du monde. Mais, cela ne fonctionne pas ainsi. Ce serait plutôt le contraire. Ils sont contraints de tirer les conséquences de leurs défaites en laissant des États au bord du chaos généralisé. Mais, ils ne sont pas spécialement adeptes du retour d’expérience (« retex » chez les militaires) pour éviter de reproduire les mêmes erreurs. Cela leur éviterait de graves déconvenues.
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Quand les Européens voudront-ils bien reconnaître que l’OTAN, c’est-à-dire les États-Unis, est une menace pour l’Europe parce qu’elle est un instrument de déresponsabilisation et un outil de maintien et de renaissance des tensions en Europe ?15 Ils e peuvent attendre la fin des divisions entre l’est et l’ouest pour agir. Mais, trêve de plaisanterie. L’honneur est sauf. L’Amérique est à l’Ouest géographiquement mais elle l’est aussi sur le plan géostratégique.

Guillaume Berlat
19 août 2019

1 Jacques Follorou, Afghanistan : les Américains pourraient partir fin 2020. Washington et les talibans sont engagés depuis onze mois à Doha dans des négociations de paix, Le Monde, 10 août 2019, p. 4.
2 Hélène Sallon, Yémen : des fissures dans le front antihoutistes, Le Monde, 13 août 2019, p. 3.
3 Renaud Girard, L’incroyable fiasco saoudien au Yémen, Le Figaro, 13 août 2019, p. 19.
4 Delphine Minoui, Yémen : le front anti-houthiste vole en éclats, Le Figaro, 12 août 2019, p. 8.
5 Trump parrain de la bombe saoudienne ?, Le Canard enchaîné, 7 août 2019, p. 3.
6 Norbert Röttgen, Dans la crise du détroit d’Ormuz, l’Europe doit se détacher des États-Unis, Le Monde, 11-12 août 2019, p. 27.
7 Inès Daif, L’ONU critique le traitement des djihadistes français, Le Figaro, 12 août 2019, p. 8.
8 Allan Kaval/Hélène Sallon, Transfert des djihadistes : l’ONU interpelle Paris, Le Monde, 13 août 2019, p. 2.
9 Alain Joxe, Les guerres de l’empire global, éditions La Découverte, 2012.
10 Claude Angeli, Course à la guerre froide entre Pékin et Washington, Le Canard enchaîné, 7 août 2019, p. 3.
11 Nabil Wakim, Le marché mondial de l’or noir au bord de la crise, Le Monde, 13 août 2019, p. 9
12 Régis Debray, L’Europe fantôme, Gallimard, 2019, p. 41.
13 Mathieu Bock-Côté, Les racines de la violence aux États-Unis, Le Figaro, 10-11 août 2019, p. 19.
14 États-Unis : plus de 250 tueries depuis janvier… Et Trump défend toujours les armés ricains !, Le Canard enchaîné, 7 août 2019, p. 1.
15 Général Desportes : « L’OTAN est une menace pour l’Europe », Le Figaro, 25-26 mai 2019, p. 20.

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Rédacteur en chef : Richard Labévière
Rédaction: Michel Annequin, Jean-Claude Bainville, Bouchra Belguellil, Guillaume Berlat, Jacques-Marie Bourget,
Alain Chouet, Bernard Cornut, François Nicoullaud, Etienne Pellot, Bertrand Renouvin.


https://prochetmoyen-orient.ch/guerre-les-americains-sont-alouest/
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Macron accuse Bolsonaro d’avoir «menti» sur le climat, la France s’oppose à l’accord UE-Mercosur

Macron accuse Bolsonaro d’avoir «menti» sur le climat, la France s’oppose à l’accord UE-Mercosur

  • Par  François-Xavier Bourmaud 
  • Mis à jour le 23/08/2019 à 20:30 
  • Publié le 23/08/2019 à 14:04
Emmanuel Macron et Jair Bolsonaro lors du G20 d'Osaka, le 28 juin 2019.

L’Elysée estime que le président brésilien Jair Bolsonaro n’a pas «respecté ses engagements climatiques, y compris les incendies». «Dans ces conditions, la France s’oppose à l’accord Mercosur en l’état», a poursuivi la présidence française.

Envoyé spécial à Biarritz

Le « champion de la Terre » est de retour. À la veille de l’ouverture officielle du G7 à Biarritz, Emmanuel Macron a déclenché une crise diplomatique avec le Brésil, sur fond d’incendies spectaculaires dans la forêt amazonienne. « Notre maison brûle. Littéralement », avait tweeté jeudi soir Emmanuel Macron, reprenant les mots de Jacques Chirac lors d’un discours sur le climat prononcé en 2002 à Johannesburg. « L’Amazonie, le poumon de notre pla­nète, qui produit 20 % de notre oxygène, est en feu. C’est une crise internationale. Membres du G7, rendez-vous dans deux jours pour en parler. »Sponsorisé par KiaLe nouveau Kia e-Niro, le crossover 100% éléctrique dès 397 €/mois !

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» LIRE AUSSI – Incendies en Amazonie : Emmanuel Macron tweete une photo vieille d’au moins seize ans

Emmanuel Macron@EmmanuelMacron

Notre maison brûle. Littéralement. L’Amazonie, le poumon de notre planète qui produit 20% de notre oxygène, est en feu. C’est une crise internationale. Membres du G7, rendez-vous dans deux jours pour parler de cette urgence. #ActForTheAmazon

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50,7 k21:14 – 22 août 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité29,1 k personnes parlent à ce sujet

Fureur du président brésilien d’extrême droite, qui a immédiatement accusé Emmanuel Macron d’« instrumentaliser une question intérieure au Brésil et aux autres pays amazoniens pour des gains politiques personnels ». Au passage, Jair Bolsonaro a dénoncé l’attitude française qui lui évoquait « une mentalité colonialiste dépassée au XXIe siècle ». La réplique ne s’est pas fait attendre.

» VOIR AUSSI – Incendies en Amazonie : Jair Bolsonaro reproche à Emmanuel Macron son «état d’esprit colonialiste»Incendies en Amazonie : Jair Bolsonaro reproche à Emmanuel Macron son «état d’esprit colonialiste»Les incendies font rage en Amazonie depuis juillet, et Emmanuel Macron a averti le 22 août : « C’est une crise internationale. Membres du G7, rendez-vous dans deux jours pour parler de cette urgence. »SharePauseUnmuteCurrent Time 0:18/Duration 0:54Loaded: 100.00% Quality LevelsFullscreen

La France boycotte l’accord Mercosur

Accusant Jair Bolsonaro d’avoir « menti » sur ses engagements en faveur du climat, Emmanuel Macron a annoncé que la France s’opposerait à la signature de l’accord avec le Mercosur, un traité de libre-échange entre l’Europe et plusieurs pays d’Amérique du Sud, dont le Brésil. « L’Amazonie est en feu et Jair Bolsonaro reste inactif sur le climat alors qu’il s’y était engagé, déplore un proche du chef de l’État. Il est dans le déni sur le sujet du réchauffement climatique. Les décisions et propos du Brésil ces dernières semaines montrent bien que le président Bolsonaro a décidé de ne pas respecter ses engagements climatiques ni de s’engager en matière de biodiversité. »

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Dans sa passe d’arme contre le Brésil et dans sa volonté d’inscrire le sujet des feux en Amazonie à l’agenda du G7, le président de la République a déjà reçu le soutien de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne. « La chancelière soutient complètement le président français », a assuré le porte-parole d’Angela Merkel. Le gouvernement allemand a cependant précisé dans la soirée que la décision du président français «n’est pas la réponse appropriée» aux incendies dans la forêt amazonienne. «L’échec de la conclusion de l’accord Mercosur ne contribuerait pas à réduire le défrichement de la forêt tropicale au Brésil», a-t-il ajouté, soulignant que l’accord «contient un chapitre ambitieux sur le développement durable, avec des réglementations contraignantes sur la protection du climat».

Le nouveau premier ministre britannique, Boris Johnson, a de son côté tweeté : « Les feux de forêt qui ravagent la forêt amazo­nienne ne sont pas seulement bouleversants, il s’agit également d’une crise internationale. » Il a ajouté que son pays est « prêt à fournir toute l’aide nécessaire pour les maîtriser et contribuer à protéger l’une des grandes merveilles de la planète ».

Boris Johnson@BorisJohnson

The fires ravaging the Amazon rainforest are not only heartbreaking, they are an international crisis. We stand ready to provide whatever help we can to bring them under control and help protect one of Earth’s greatest wonders.21 k17:25 – 23 août 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité6 698 personnes parlent à ce sujet

Dans un entretien à Konbini vendredi soir, Emmanuel Macron a également appelé à «trouver la bonne gouvernance de l’Amazonie», en associant davantage les ONG et les peuples autochtones. «On doit trouver ce que j’appellerais la bonne gouvernance de l’Amazonie. C’est-à-dire qu’il faut associer les ONG, il faut associer les peuples autochtones beaucoup plus qu’on ne le fait et il faut stopper un processus de déforestation industrialisé (…) où on a véritablement un écocide qui est en train de se développer à travers l’Amazonie et pas simplement au Brésil», a déclaré le président français.

L’approbation de Nicolas Hulot

Pour Emmanuel Macron, l’occasion est inespérée de repeindre en vert un sommet de G7 qui s’annonçait une nouvelle fois décevant sur le volet environnemental, à part peut-être la signature d’une charte de la biodiversité – « premier engagement pris à ce niveau en la matière », selon le président. Pour le reste, « je souhaite pouvoir finir de convaincre tous les partenaires qui seront là, y compris ceux qui ne sont pas formellement membres du G7 (Afrique du Sud, Chili, Inde, Australie), du relèvement de leur niveau d’ambition » sur la lutte contre le réchauffement climatique, avait prudemment expliqué le chef de l’État mercredi lors d’une rencontre avec la presse. Avec les feux en Amazonie et la crise diplomatique qui a suivi, voilà désormais le sujet au cœur du sommet de Biarritz.

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Vendredi, l’Élysée a fait savoir que le G7 travaillait à des « initiatives concrètes » pour lutter contre les feux en Amazonie. Le refus de signer l’accord Mercosur en est une première, mais pour l’instant franco-française. Elle a déjà provoqué un effet inattendu sur la scène politique intérieure alors que le chef de l’État s’efforce de mettre l’accent sur l’écologie. Car, avec son annonce, Emmanuel Macron a «récupéré » Nicolas Hulot.

Presque un an jour pour jour après sa démission surprise du ministère de l’Écologie, pour dénoncer le manque d’ambition du gouvernement sur l’environnement, l’ancien animateur d’« Ushuaïa » a salué la décision du chef de l’État. « Une première étape essentielle, selon Nicolas Hulot. Elle doit être suivie de sanctions commerciales interdisant importations de produits agricoles brésiliens pour tenter de stopper la déforestation. »

«Make Amazonie green again»

L’annonce prend aussi à revers l’ensemble des partis de gauche et les écologistes qui s’opposaient jusqu’alors au Mercosur. Et permet à Emmanuel Macron de revêtir son costume de « champion de la Terre » sur la scène nationale au moment où la défense de l’environnement s’impose parmi les préoccupations des Français. Lorsque le titre lui avait été décerné en septembre 2018 à New York, à l’occasion de la deuxième édition du One Planet Summit, il lui avait surtout valu quolibets et moqueries. L’ONU voulait alors récompenser son action en faveur du climat, notamment dans la foulée du « Make our planet great again » lancé à Donald Trump après son retrait de l’accord de Paris. À Biarritz, ce sera plutôt : « Make Amazonie green again ».

» LIRE AUSSI – Amazonie: «Les mégafeux montrent notre rapport complètement détraqué à la nature»

François-Xavier Bourmaud

http://www.lefigaro.fr/international/macron-accuse-bolsonaro-d-avoir-menti-sur-le-climat-la-france-s-oppose-a-l-accord-ue-mercosur-20190823?utm_source=app&utm_medium=sms&utm_campaign=fr.playsoft.lefigarov3&fbclid=IwAR3MS4oFn7YM3DEZGdd0r_n_HZxlw3Dw5nOQ9W13W8dRfSoihlOOVyz2pA8

Présidentielles Tunisie, l’arrestation de Nabil Karoui rappelle les années Ben Ali

Présidentielles Tunisie, l’arrestation de Nabil Karoui rappelle les années Ben Ali

By Nicolas Beau -24 août 2019141PARTAGES1356

Candidat à la présidentielle en Tunisie en très bonne position dans les sondages, l’homme d’affaires Nabil Karoui a été arrêté, le vendredi 30 aout, dans le nord-ouest du pays. Un grave dérapage dans un processus électoral pour l’instant parfaitement démocratique.

« Une quinzaine de voitures de police ont bloqué la route et se sont précipitées vers la voiture de Nabil Karoui avant que des policiers civils armés lui demandent de venir avec eux en disant qu’ils avaient des instructions pour l’arrêter », a déclaré Oussama Khlifi, un responsable du parti. Beaucoup à Tunis voient dans cette arrestation la main de Youssef Chahed, le Premier ministre tunisien lui aussi candidat au scrutin présidentiel du 15 septembre et qui vient officiellement de démissionner de ses fonctions pour se consacrer à la campagne électorale.

Cette arrestation préfigure-t-elle l’utilisation de l’appareil gouvernemental au profit de certains? La question se pose désormais à Tunis alors que la sélection des vingt six candidats autorisés avait été effectuée par l’instance concernée, l’ISIE, dans des conditions transparentes.

Début juillet, Nabil Karoui – ainsi que son frère Ghazi – avait été déja interdit par la justice de quitter le territoire tunisien et avait vu ses avoirs gelés. Accusé de montages financiers occultes, l’intéressé évoquait une manipulation politique.

Que Nabil Karoui paie ses impôts ou pas, le calendrier judiciaire tunisien parait taillé sur mesure pour l’écarter du scrutin du 15 Septembre, alros qu’il est apparemment très populaire.

Les partis politiques discrédités

Nabil Karoui, fondateur de la chaîne de télévision Nessma TV, dont la ligne éditoriale anti islamiste est sans états d’âme, a déclaré sa candidature, voici quelques mois, à la surprise générale. La cote du candidat non investi jusqu’à présent dans la vie partisane, n’a cessé d’augmenter pour atteindre les 32 % d’intentions de vote au début du mois mai 2019. L’opinion publique tunisienne déçue de l’action des partis politiques incapables d’obtenir de bons résultats sur le plan économique et social est en effet portée par un fort courant populiste. Le patron de Nesma a su se tourner vers cette Tunisie des oubliés, désormais majoritaire, qui a été ignorée par tous les gouvernements successifs de Bourguiba à Ben Ali et au delà.

La popularité de Nabil Karoui avait de quoi perturber ses rivaux, notamment le Premier ministre, Youssef Chahed, qui durant ces dernières années a utilisé à plusieurs reprises l’arme judiciaire pour discréditer, voire placer en détention, ses adversaires. Ces méthodes utilisées par un jeune chef de gouvernement ven récemment à la politique rappellent l’ère Ben Ali? Certes, nous ne sommes pas encore revenus aux années funestes où un dictateur choisissait lui même ses adversaires aux élections présidentielles et leur concédait des scores symboliques. Mais l’arrestation de Nabil Karoui reste un grave dérapage qui pourrait entacher le résultat des élections à venir.

Le chef de gouvernement et candidat aux Présidentielles, Youssef Chahed, serait il en train de se tromper d’époque?141PARTAGES1356Previous articleL’accord secret d’armement entre Israel et les Emirats arabes unis

Nicolas BeauAncien du Monde, de Libération et du Canard Enchainé, Nicolas Beau a été directeur de la rédaction de Bakchich. Il est professeur associé à l’Institut Maghreb (Paris 8) et l’auteur de plusieurs livres: « Les beurgeois de la République » (Le Seuil) « La maison Pasqua »(Plon), « BHL, une imposture française » (Les Arènes), « Le vilain petit Qatar » (Fayard avec Jacques Marie Bourget), « La régente de Carthage » (La Découverte, avec Catherine Graciet) et « Notre ami Ben Ali » (La Découverte, avec Jean Pierre Tuquoi

https://mondafrique.com/presidentielles-tunisie-larrestation-de-nabil-karoui-rappelle-les-annees-ben-ali/)

Gaffe nucléaire de l’OTAN

Gaffe nucléaire de l’OTAN

Par Manlio DinucciMondialisation.ca, 09 août 2019ilmanifesto.itRégion : États-UnisL’EuropeThème: Guerre USA OTANMilitarisationAnalyses: Nucléaire (guerre et énergie)

10066115

Que les États-Unis gardent des bombes nucléaires dans cinq pays de l’OTAN -Italie, Allemagne, Belgique, Pays-Bas et Turquie- est prouvé depuis longtemps (en particulier par la Fédération des scientifiques américains – FAS). Mais l’OTAN ne l’a jamais admis officiellement. Cependant quelque chose vient de déraper.

Dans le document “A new era for nuclear deterrence ? Modernisation, arms control and Alien nuclear forces”, publié par le sénateur canadien Joseph Day pour le compte du Comité Défense et Sécurité de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN, le “secret” a été révélé. À travers la fonction “copié-collé”, le sénateur a par mégardereporté dans son document le paragraphe suivant (numéro 5), extrait d’un rapport OTAN réservé :

 “Dans le contexte OTAN, les États-Unis ont déployé dans des positions avancées en Europe environ 150 armes nucléaires, spécifiquement les bombes de gravità B61. Ces bombes sont stockées dans six bases étasuniennes et européennes – Kleine Brogel en Belgique, Buchel en Allemagne, Aviano et Ghedi-Torre en Italie, Voikel en Hollande et Incirlik en Turquie.

Dans l’hypothétique scénario où elles seraient nécessaires, les bombes B61 peuvent être transportées par des avions USA ou européens à double capacité”.

Accusant la Russie de garder dans son propre arsenal de nombreuses armes nucléaires tactiques, le document affirme que les armes nucléaires déployées par les USA dans des positions avancées en Europe et Anatolie (c’est-à-dire à proximité du territoire russe) servent à “assurer l’ample implication des Alliés dans la mission nucléaire de l’OTAN et la confirmation concrète de l’engagement nucléaire USA pour la sécurité des alliés européens de l’OTAN”.

Dès que le document du sénateur Joseph Day a été publié en ligne, l’OTAN est intervenue en l’effaçant et en le re-publiant ensuite en version amendée. Trop tard cependant. Certains sites (avant tout le belge De Morgen) l’avaient déjà enregistré dans sa version originale complète. En ce point l’imprudent auteur a couru aux abris, en écrivant sur The Washington Post qu’il s’agissait simplement d’une ébauche pour la rédaction d’un rapport de l’Assemblée parlementaire OTAN qui sera publié en novembre. Mais il n’a pas pu nier ce qui avait été écrit dans le paragraphe reporté dans le rapport réservé OTAN.

Ceci confirme ce que depuis des années nous documentons dans il manifesto [16 Decembre  2015]: à Aviano (Province de Pordenone) des chasseurs USA F-16C/D sont prêts à l’attaque nucléaire avec 50 bombes B61 (nombre estimé par la Fédération des scientifiques américains) ; à Ghedi Torre (Province de Brescia) des Tornado PA-200 italiens sont prêts à l’attaque nucléaire sous commandement étasunien avec 20  bombes B61. À partir de 2020 les B61 seront remplacées par les B61-12, destinées notamment aux nouveaux chasseurs F-35.

Tout cela en violation du Traité de non-prolifération, ratifié aussi bien par les USA que par l’Italie. Pendant que le Parlement se déchire sur le TAV mais pas sur la Bombe, que tacitement il approuve à l’unanimité.

Manlio Dinucci

Article original en italien :

Gaffe nucleare della Nato

Édition de vendredi 9 août 2019 de il manifesto

Traduit de italien par Marie-Ange PatrizioLa source originale de cet article est ilmanifesto.itCopyright © Manlio Dinucciilmanifesto.it, 2019

https://www.mondialisation.ca/gaffe-nucleaire-de-lotan/5635966

Les États-Unis disent qu’Israël a bombardé l’Irak

Les États-Unis disent qu’Israël a bombardé l’Irak


2015-05-21_11h17_05

Par Moon of Alabama − Le 23 août 2019

Le 30 juillet, nous avons écrit : Non, Israël n’a pas attaqué des cibles iraniennes en Irak. Nous avons PEUT-ÊTRE eu tort :

Les journaux israéliens répètent un reportage selon lequel des avions israéliens auraient touché des cibles iraniennes en Irak.

Haaretz : Par un acte majeur, Israël frappe deux fois des cibles iraniennes en Irak 'en utilisant le F-35'
 
Ynetnews : Rapport: Les avions de guerre israéliens ont attaqué des cibles iraniennes en Irak
 
Jerusalem Post : Rapport: Israël a lancé deux attaques sur des cibles iraniennes en Irak en juillet
 
Selon ce dernier:

"L’IAF a utilisé ses chasseurs furtifs F-35i pour frapper deux bases irakiennes utilisées par les forces et les mandataires iraniens pour stocker des missiles balistiques, a rapporté mardi le quotidien saoudien londonien Asharq Al-Awsat."

 
Asharq Al-Awsat appartient à Faisal bin Salman, membre du clan au pouvoir en Arabie. Comme d’autres journaux arabes, il est souvent utilisé pour blanchir la désinformation et la propagande israéliennes, qui se répètent ensuite dans la presse israélienne.

A cette époque, il y aurait eu deux incidents présumés en Irak. Un dépôt de munitions avait explosé le 19 juillet. Une enquête officielle a imputé l’incident à du matériel défectueux. Un deuxième incident a seulement été annoncé, mais ne s’est pas produit.

Depuis lors, il y a eu plusieurs incidents liés aux munitions sur les bases des Forces de mobilisation populaires irakiennes (PMF ou Hashed) :

Maya Gebeily @GebeilyM - 19h24 UTC · 21 août 2019
 
#IRAQ: Au moins quatre incidents survenus au cours du dernier mois dans les bases de Hashed:
 
19 juillet - Amerli ; Les opérations conjointes irakiennes disent que c'était un drone, a déclaré Hashed ; le Pentagone a nié toute implication
28 juillet - Diyala
12 août - Saqr; Le Premier Ministre ordonne une enquête sur des explosions massives
20 août - près d'al-Balad
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Après le dernier incident, les dirigeants du PMF ont publié des déclarations contradictoires :

Le chef des forces paramilitaires irakiennes, soutenues par l’Iran, a démenti jeudi la déclaration de son adjoint la veille, dans laquelle il accusait les drones israéliens, et tenait les États-Unis pour responsables d’une série d’attaques contre des bases gérées par les milices.

Faleh al-Fayyadh a déclaré que la déclaration de son adjoint, Abou Mahdi al-Muhandis, ne représentait pas le point de vue des milices principalement chiites connues sous le nom de Forces de mobilisation populaire - ni celui du gouvernement irakien. Al-Fayyadh a affirmé que les attaques sur les bases au cours des dernières semaines "étaient le résultat d'actes organisés par une partie étrangère", mais s'est abstenue de nommer cette partie.

Les responsables américains ont nié que les États-Unis aient joué un rôle dans les explosions. ...

Une enquête du gouvernement, dont copie a été obtenue par Associated Press mercredi, a révélé que l'explosion près de Bagdad avait été provoquée par une frappe de drone.

Al-Muhandis, le chef adjoint du PMF qui gère la boutique, a menacé les forces américaines en Irak de représailles.

Il est probable que sa déclaration a amené des responsables américains à dire au New York Times que les frappes aériennes israéliennes présumées avaient bien eu lieu :

Israël a effectué une frappe aérienne sur un dépôt d'armes en Irak qui, selon des responsables, serait utilisé par l'Iran pour acheminer des armes en Syrie, attaque qui pourrait déstabiliser l'Irak et l'impliquer davantage dans le conflit entre les États-Unis et l'Iran. ...
 
Un haut responsable des services de renseignements du Moyen-Orient a déclaré qu’Israël avait bombardé une base au nord de Bagdad le 19 juillet.
 
Deux hauts responsables américains ont toutefois déclaré qu'Israël avait mené plusieurs frappes ces derniers jours contre des entrepôts de munitions de groupes soutenus par l'Iran en Irak. ...
 
L'attaque israélienne du 19 juillet a touché une base qui, selon un agent responsable du renseignement au Moyen-Orient, avait été utilisée par les Gardes de la révolution iraniens pour transférer des armes en Syrie. La frappe israélienne, lancée depuis l’Irak, a annoncé un responsable, a détruit une cargaison de missiles guidés d’une portée de 125 kilomètres.

L’ « agent responsable du renseignement au Moyen-Orient », dont il est question ici, est de toute évidence une source israélienne qui peut, ou non, dire la vérité. Israël ne peut lancer des frappes depuis l’Irak que s’il dispose de ressources sur une base américaine ou dans une zone contrôlée par les Kurdes. Al-Muhandis a affirmé que les frappes avaient été lancées à partir de bases américaines :

La déclaration des Forces de mobilisation populaires (FMP), regroupant des groupes paramilitaires majoritairement chiites et musulmans en Irak, soutenus pour la plupart par l'Iran, indique que les États-Unis ont autorisé quatre drones israéliens à pénétrer dans la région, accompagnant des forces US, et exécutant des missions sur le territoire irakien.

"Nous annonçons que les forces américaines sont les premiers et seuls responsables de ce qui s'est passé, et nous les tiendrons pour responsables de tout ce qui se passera à partir d'aujourd'hui", indique le communiqué, signé par le chef adjoint du PMF, Jamal Jaafar Ibrahimi, connu par son nom de guerre, Abu Mahdi al-Mohandes.

La déclaration du PMF intervient un jour après que plusieurs explosions ont frappé une position occupée par un groupe du PMF situé à proximité de la base aérienne de Balad, à environ 80 kilomètres au nord de Bagdad.

Le 16 août, le Premier ministre Abdul-Mahdi a interdit le trafic aérien américain indépendant en Irak :

Les États-Unis ont accepté de se conformer à la demande d'Abdul-Mahdi, ont déclaré des responsables vendredi, en tant qu'"invités à l'intérieur des frontières souveraines de l'Irak".

Quatre jours plus tard, une autre frappe s’est produite.

L’affirmation israélienne selon laquelle l’Iran utilise les bases irakiennes pour transporter des armes en Syrie et au Liban, est douteuse. Depuis des années, l’Iran transporte des armes et des munitions directement en Syrie, ou par bateau. Il n’a pas besoin de les stocker sur plusieurs bases en Irak.

L’ensemble de l’opération, et sa révélation maintenant, semble conçue pour améliorer les chances de réélection du Premier ministre israélien Netanyahou.

Mais il est probable que les incidents auront de graves conséquences pour l’armée américaine en Irak. Le gouvernement irakien subira d’intenses pressions pour expulser les États-Unis du pays. En Irak, on parlait déjà d’acquérir des armes de défense aérienne russe. L’Iran peut aussi vouloir proposer des systèmes appropriés. L’Iran et les Hashed tenteront probablement de se venger des attaques.

Quelque chose dans toute cette histoire paraît louche. Pourquoi la Maison Blanche laisserait-elle faire un tel imbroglio ? Je ne vois rien que les États-Unis pourraient y gagner.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-etats-unis-disent-quisrael-a-bombarde-lirak

Une terrasse pour arène

Une terrasse pour arène

Les Carnets de Badia Benjelloun

   jeudi 22 août 2019

   Forum

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Une terrasse pour arène

L’élève du professeur de théâtre, bien appliqué à tourner ses phrases, parle des massacres d’innocents à Idlib par le ‘régime’. Poutine répond qu’il faut débarrasser la région des terroristes takfiristes (*). Régler la question de l’Ukraine, maintenant dirigé par un amuseur public préféré à l’ancien fabricant de confiseries, oui dans le cadre du format Normandie c’est-à-dire en l’absence des Usa. Avec cependant la référence explicite à l’autonomie du Donbass. L’appui de Moscou aux séparatistes de l’Est du pays, russophones, dépendant entièrement de leurs échanges économiques avec la Russie ne s’est jamais matérialisé par l’envoi de chars mais davantage par l’accueil de plus d’un million d’ émigrés. D’ailleurs le Kremlin n’a réagi que peu lorsque Alexandre Zakharchenko, principal chef militaire et politique des séparatistes a été  assassiné en août dernier.

Faire cesser les conflits entre bandes armées dans une Libye, prospère et stabilisatrice de l’Afrique sub-sahélienne sous Kadhafi et transformée en État failli par l’intervention de la France et désormais pourvoyeuse de migrants et d’esclaves pour l’Europe. L’Asiate au regard bleu s’est abstenu de commenter la responsabilité du pays hôte et l’inefficacité de l’agitation française commise par l’entregent d’un  Ghassan Salamé.

Quand le verbeux Napoléon de pacotille cite dans une élocution laborieuse Dostoïevski, le fils de prolétaire, lettré selon les normes élevées de l’enseignement en Urss, oppose la guerre patriotique dont la commémoration est toujours fervente, qui a permis de délivrer l’Europe du nazisme. Le sacrifice de 23 millions de Soviétiques est une dette de sang et un titre qui peuvent fonder l’européanité de la Russie bien supérieur à un quelconque passage littéraire. Sur la question des tensions dans le Golfe arabo-persique et de l’Iran, l’invité est moins laconique. Il est vrai que la France a reçu des remontrances des Affaires étrangères étasuniennes quand elle a pris langue avec la diplomatie iranienne au plus fort de la crise du détroit d’Ormouz tout en refusant d’appuyer l’idée d’un contrôle occidental de mers et détroits dépendant d’une souveraineté nationale légalement reconnue. 

 Le contre-sommet des Usa

Mais sa préoccupation première est l’extinction du traité interdisant les missiles nucléaires de portée intermédiaire par la dénonciation unilatérale étasunienne.  Toute la structure de désescalade qui avait mis un terme relatif à la course aux armements entre les ‘ex deux Grands’ de la Guerre Froide s’effondre. Bush avait signé l’abandon du traité sur les ABM en 2001 et Trump, plus faucon qu’à son tour, n’est pas de reste en sortant de celui sur les FNI en août. Le jour même de la conférence de presse tenue dans une terrasse du fort de Brégançon, les Usa testaient un missile sol-sol d’une portée supérieure à 500 km au large de la Californie. Le choix de la date, le missile dérivé d’un Tomahawk et son système de lancement étaient prêts depuis un moment, se veut bien être une acclamation vigoureuse de la rencontre entre les deux chefs d’État. 

Les Usa ont également choisi cette date pour annoncer que  leur base d’Agades  au Niger, obtenue grâce à l’abnégation de l’armée française au Mali et au Niger, est fonctionnelle partiellement. Des vols à vue, de type cargo de transport Hercules C-130 ont été effectués. Accessoirement, ce même 19 août, l’administration de Trump  signe l’autorisation  de la vente de 66 chasseurs F16 à Taiwan pour un petit montant de 8 milliards de dollars. 

L’intervention qui se voulait impertinente de la journaliste de l’oligarque Patrick Drahi (BFMTV) à propos des manifestations à Moscou où les protestataires sont conviés à se rassembler pour quelques kopecks  apermis à l’homme aux pommettes saillantes une petite sortie sur la répression des Gilets Jaunes. Le propos presque embarrassé témoignait d’une certaine résistance à émettre des jugements sur la politique intérieure d’un pays tiers de surcroît hôte.

Le Monarque mangeur de pizza s’est égaré dans son hommage à l’Europe des Lumières, la sienne donc. Elle aurait inventé la croyance en l’homme libre et rationnel. Il se propose de faire partager cette foi en la liberté (limitée par et pour la propriété privée de la production socialisée) et la rationalité (celle attribuée à l’immanente volonté du Marché) avec cette Russie de moujiks à moitié serfs et slaves.

La rationalité de Poutine s’est limitée à citer le chiffre de 500 entreprises françaises qui opèrent en Russie ainsi que le poids des échanges entre les deux pays.

Mais l’essentiel a été tout de même dit.

Le Monarque a été sommé de justifier l’invitation faite à son hôte devant les aboyeurs de la bienpensance en forme de plumes ou d’hommes troncs des oligarques français.

L’équilibre de ce monde de plus en plus multipolaire connaît des changements de façon accélérée. Un certain degré de pragmatisme diplomatique devient nécessaire.

Lourde ardoise

 Car après tout, comment ne pas s’apercevoir que toutes les questions proposées en préambule par l’élève du professeur de théâtre ont été amorcées par les ingérences occidentales ? Et surtout que leur maître d’œuvre une fois qu’il a installé son chaos ‘créateur’ s’en est retiré.

C’est le cas en Afghanistan. Après 18 ans d’occupation et de narcotrafic, les anciens maîtres du monde négocient leur départ avec les Talibans. Les Chinois de leur côté y sont présents depuis plus de deux ans pour y (re)construire une infrastructure routière et geler l’activité favorite des opérations spéciales étasuniennes au travers des djihadistes séparatistes ouighours.

C’est le cas en Irak, réduit à un monceau de ruines, devenu grâce aux néoconservateurs bellicistes et pourvoyeurs de fonds au CMI l’arrière-pays de l’Iran.

C’est le cas en Syrie où la lutte contre les terroristes financés par les Occidentaux et les pétro-monarques prend l’allure d’un conflit avec la Turquie.  

C’est le cas en Libye. Le « maréchal » Haftar  (ancien) agent américain dialogue avec Moscou pour achever sa conquête de Tripoli.

Jamais aucun Président étasunien n’a autant été pro-israélien et jamais avec les énormes concessions faites à l’entité sioniste avec le résultat qu’il a rallié l’opinion contre ce traitement de faveur pour une colonisation atroce.

Le désinvestissement des Usa au Moyen-Orient est désormais perceptible même chez les pétro-monarques à l’entendement légendairement obtus qui  orientent différemment  leurs alliances.  

 Nuages et éclaircies

 En Asie,  l’hégémonie militaire des Usa est profondément remise en cause, au point que l’Australie doute sérieusement  du parapluie étasunien. Sur la ligne de front dans la lutte Chine-Usa dans cette région, Canberra évalue les risques à être la tête de pont d’une alliance militaire peu convaincante. La Chine est de plus un partenaire commercial éminent pour l’économie australienne. Cette rupture de confiance et d’équilibre laisse redouter une nucléarisation de l’Australie mais aussi bien celle  du Japon.

Poutine n’arborait pas son habituel sourire intérieur qui rendait malicieux son regard.

Fatigué de tant d’années au pouvoir ?

Fatigué de sa vigilance toujours en alerte et de la lutte qu’il mène face à ses ennemis qu’il croise dans les couloirs mêmes du Kremlin ?

Usé d’avoir porté jusqu’à ce point le redressement d’une grande nation qu’il a sortie des poubelles de l’histoire où l’avait plongée l’effondrement de l’URSS et les gangsters des Chicago Boys ?

Sous sa direction patiente et résolue, la Russie a reconquis un statut international. Ses enfants mangent de nouveau à leur faim, sont vaccinés même si l’école est de moins en moins gratuite.  Trop d’incertitudes liées à un capitalisme de plus en plus difficile à brider pèsent sur une démographie qui peinera à remplacer les générations antérieures.

Il faut éteindre un nouveau foyer d’incendie au Cachemire car il risque d’emporter dans ses flammes le Pakistan et l’Inde et de réduire à néant les efforts de la consentis pour la ceinture et des routes de la Soie.

Oui le monde change de plus en plus, quelle platitude ce serait si on ne la complétait pas.

1.) L’Allemagne ne sera plus bientôt la première base américaine en Europe. Les Usa se déplacent par commodité en Roumanie et en Pologne.

2.) L’Italie verra aussi les bases américaines se dégarnir en faveur de l’Afrique. Les drones tueurs prendront leur envol depuis Agades. Les mouvements sociaux actuels en Algérie peuvent être un bon mode d’entrée dans cette ancienne forteresse aux mains de l’armée et des renseignements algéro-français.

L’Europe se dénude. La volonté allemande et française de se réarmer dans un cadre européen et non plus dans l’OTAN est une tentative de réponse à cette nouvelle configuration. La Russie est la cible de l’intégration des ex pays satellites de l’Urss dans l’Union européenne et dans l’Otan. Les peuples des pays vassaux, singulièrement d’Italie, de France et d’Allemagne ont payé par l’austérité et la réduction de leurs droits la colonisation de l’Est européen par les Usa.

Lesquels Usa portent maintenant leur fer en Afrique d’où la France est en voie d’être expulsée. L’affrontement entre Chine et Usa aura lieu sur ce continent à la croissance soutenue et aux ressources minières indispensables. Par ailleurs, seule la démographie africaine est en mesure de limiter la chute libre de celle des pays occidentaux, de la Chine et du Japon. Comment se représenter une population française ou allemande  dans 30 ans  avec 70% de ses indigènes âgés de plus de 60 ans ? 

L’une des inquiétudes du Kremlin est aussi en lien  avec le déclin  de la population russe.

L’insouciance du préposé de l’oligarchie française à l’Élysées ne peut que contraster avec le front obscurci de tant de préoccupations du Tsar (**) de Moscou.

Notes

(*) Livrés clé en main par les puissances occidentales et ayant transité par la Turquie.

(**) Appellation affectueuse, respectueuse  et un tantinet ironique de Poutine par ses proches collaborateurs.

https://www.dedefensa.org/article/une-terrasse-pour-arene

Barbus déplumés

Barbus déplumés

21 Août 2019

Mauvaise nouvelle pour le barbustan d’Idlib. Il y a une dizaine de jours, nous prévenions qu’un petit quelque chose était dans l’air…

Sans que l’on puisse encore parler de grande offensive, les choses commencent à se préciser dans l’Idlibistan. L’armée loyaliste a lancé des attaques sur plusieurs fronts – du Nord-Ouestdu Sud-ouestet du Sud-est – déchirant les défenses pourtant féroces des djihadistes. Un petit kotel semble être en préparation qui, si les choses continuent à ce train, se refermerait sur l’importante ville de Khan Cheikhoun, lieu du fameux second false flag chimique.

L’aviation russe s’en donne à cœur joie pour bombarder les convois qui arrivent en soutien tandis que, de leur côté, les Kurdes d’Afrin continuent leur guérilla, y fixant les barbus pro-turcs. Le dernier raid en date, nocturne, révèle un savoir-faire certain (voir la vidéo du lien, un vrai carton). Dans la guerre d’usure de l’Idlibistan, les fondamentaux ne sont pas très bon du côté des inénarrables « rebelles modérés »…

Bingo pour Damas, tout s’est passé exactement selon le plan, quoique plus rapidement que prévu. Le kotel est en place et les amis djihadistes de l’Occident sont encerclés :

Si la carte est un peu trompeuse – les loyalistes investissent Khan Cheikhoun par tous les axes mais ne la contrôlent pas encore totalement -, le couvercle de la marmite est bel et bien fermé. Que trouve-t-on à l’intérieur ?

Une partie des barbus qui, lors de la débandade, n’ont pu s’échapper. Al Qaeda assure que ses combattants, du moins ceux qui ne sont pas morts par dizaines ces dernières semaines, se sont faufilés entre les mailles du filet avant que celui-ci ne se referme totalement. Ca vaut ce que ça vaut…

Ensuite, le poste d’observation turc de Morek.  L’Ottoman bombe le torse en déclarant qu’il n’envisage pas d’évacuer ses postes, dans ce qui ressemble fort à un sauvetage de face. Car tout le monde à Idlib a en tête les images du convoi bloqué par le bombardement syrien, impuissant, incapable de ravitailler les petits protégés d’Ankara. L’atteinte à l’image de marque du sultan est sérieuse.

Les Russes jouent leur partition avec souplesse et fermeté. D’un côté, ils interceptent un avion turc qui musardait dangereusement dans le ciel syrien, signifiant clairement sa place à Erdogan. De l’autre, ils lui offrent une porte de sortie en proposant d’accompagner l’évacuation du contingent turc.

Et peut-être même se cache derrière ce que nous envisagions dans le dernier billet sur la Syrie, un troc : je te laisse Idlib, tu me laisses intervenir contre les Kurdes. C’est en tout cas le sens d’un articlesérieux qui, s’appuyant sur les déclarations d’un responsable du principal parti d’opposition turc, confirme nos prémonitions. A suivre…Tag(s) : #Moyen-Orient

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http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/08/barbus-deplumes.html

La Chine menace des sanctions contre les entreprises américaines impliquées dans la vente à Taiwan de chasseurs à réaction F-16


La Chine menace des sanctions contre les entreprises américaines impliquées dans la vente à Taiwan de chasseurs à réaction F-16

Date de publication: 21 août 2019 12:37Heure demodification: 21 août 2019 16:00Obtenir une URL courte

La Chine menace des sanctions contre les entreprises américaines impliquées dans la vente à Taiwan de chasseurs à réaction F-16

Un officier de l’armée de l’air passe à côté d’un avion de combat F-16 avant le décollage lors d’une démonstration militaire à la base aérienne de Chia-yi à Taiwan. Fichier photo © Reuters / Nicky Loh

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Beijing a demandé à Washington d’annuler la vente d’avions de combat américains F-16 à Taïwan, promettant des sanctions contre les entreprises américaines ayant pris part à la transaction afin de « protéger les intérêts de la Chine ».

« Nous demandons aux États-Unis d’adhérer à des accords communs et d’annuler immédiatement le plan d’approvisionnement. Sinon, Washington devra en assumer toutes les conséquences » , a déclaré mercredi le général Shuang, représentant officiel du ministère chinois des Affaires étrangères. Il a souligné que la question de Taiwan concernait des problèmes purement internes à la Chine, et que Beijing défendrait fermement ses intérêts en la matière, même s’il s’agissait de sanctions.TOUJOURS SUR RT.COM, le département d’Etat américain approuve la vente de 8 millions de F-16 à Taiwan, malgré l’avertissement de Pékin sur les « conséquences »

« La Chine prendra toutes les mesures possibles pour protéger ses propres intérêts, y compris des sanctions contre les entreprises américaines qui participeront à ces transferts d’armes à Taipei  » , a- t-il résumé.

Le département d’Etat américain a approuvé mardi la vente à Taïwan de 66 avions de combat F-16 construits par Lockheed Martin. Washington a admis ouvertement que la vente de 8 milliards de dollars (7,2 milliards d’euros) servait les intérêts économiques et de sécurité nationale des États-Unis dans la région.

AUSSI SUR RT.COMEntre la vente de F-16 à Taiwan, Hong Kong et les tarifs, la Chine n’a aucune raison de faire confiance aux États-Unis.

La Chine, qui revendique Taiwan comme une partie de son territoire, s’est fermement opposée à la décision de son approbation. Les relations entre Beijing et Taipei sont tendues depuis 2016, année de l’arrivée au pouvoir du président taïwanais Tsai Ing-wen et de son parti progressiste démocrate indépendantiste. Beijing estime qu’Ing-wen envisage de garantir l’indépendance officielle de l’île avec l’aide des États-Unis.

Le dernier accord sur les armes n’est pas la première tentative américaine d’armer Taiwan. Le mois dernier, le département d’État américain a approuvé à Taipei un paquet d’armes d’une valeur de 2,2 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) comprenant des chars M1A2T Abrams ainsi que des missiles sol-air.

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La colonisation française de Madagascar

La colonisation française de Madagascar

Jean ROQUAIN 1 décembre 2015 Le monde avant 1914Tiers-Monde et émergentsUn peu d’histoire Leave a comment

Madagascar est une île de l’océan Indien de 587 000 Km² (France métropolitaine=551 500 Km²). L’île a d’abord été peuplée par des populations austronésiennes avant de connaitre une très forte immigration entre le Xe et le XVe siècle. Des populations venues d’Afrique de l’Est, d’Indonésie, d’Oman, d’Europe se sont alors mêlées aux deux grandes ethnies Vazimba (vivant à l’intérieur du pays) et Vezo (vivant sur les côtes) en s’intégrant à leur culture.

Madagascar, un territoire plus grand que la France pour une population de 3 millions d'habitants au début du XXe siècle
Madagascar, un territoire plus grand que la France pour une population de 3 millions d’habitants au début du XXe siècle

Au début du XVIe siècle les premiers explorateurs européens découvrent l’île. En 1642, les Français, par l’intermédiaire de la Compagnie de l’Orient, établissent une colonie à Fort-Dauphin dans le sud-ouest de l’île. En 1670 un nouveau gouverneur de l’île, l’amiral Jacob Blanquet de La Haye, est nommé, et par sa dureté envers les populations autochtones va entraîner des soulèvements qui mèneront au massacre des colons français. Après cette entrée en matière catastrophique, l’île sera laissée à son propre sort pendant près d’un siècle. D’un point de vue malgache, les immigrations orientales et africaines vont profondément modifier la géopolitique interne de l’île et de grands royaumes vont se créer, notamment le Royaume réunifié de l’Imerina par Andrianampoinimerina qui règnera de 1787 à 1810 et ne sera rencontré que par un seul Européen pendant cette période. Son fils Radama Ier sera surnommé Le Conquérant par la postérité.

En 1817 Sir Farqahr, gouverneur anglais de l’île Maurice reconnait la légitimité de Radama Ier comme Roi de Madagascar. Radama Ier s’engage alors dans une conquête de l’île sans précédent avec l’aide de la Grande-Bretagne. Il transcrit également le malgache en alphabet latin et apprend à lire à plusieurs milliers de ses sujets. Sous son règne presque toute l’île sera unifiée sous la tutelle des Merina qui va connaître une période faste. Son petit-fils, réputé libéral prend le pouvoir à la mort de sa mère en 1861 et prend le nom de Radama II. Il ouvre le pays et rappelle tous les exilés, proclame la liberté de culte et conforte les intérêts français sur l’île. Napoléon III reconnaitra alors Radama II comme : Roi de Madagascar sous réserve des droits de la France. Titre peu représentatif de la réalité puisque le royaume de Radama II ne s’étend pas à l’époque sur toute la surface de l’île. Mais Radama II est assassiné en 1863 et Rainilaiarivony devient premier ministre et chef d’Etat officieux épousant les trois reines qui gouverneront jusqu’à 1897. Il meurt en 1896.

Le début de la période coloniale

En 1883, Jules Ferry, grand partisan de la colonisation, réclame le nord du pays et occupe les ports. Cependant les efforts coloniaux de la France sont concentrés dans le Tonkin et une résistance efficace du Royaume de Madagascar les oblige à rebrousser chemin. En 1885, deux ans après cette intervention ratée, un traité de paix est signé qui accorde aux Français une concession de 99 ans dans le nord du pays. Le reste du pays est officiellement indépendant. En 1890, l’Angleterre reconnaitra le protectorat français malgré un intense campagne d’opposition du premier ministre malgache.

En septembre 1895, une expédition française arrive à Tananarive. Le général Duchesne fait signer un traité de protectorat à la reine mais des soulèvements dans le pays font prendre à la France la décision d’annexer le pays (Août 1896). En février 1897, la monarchie est définitivement abolie et la reine est exilée. Le général Gallieni, héros militaire français, pacifiera alors l’île faisant ainsi plusieurs dizaines de milliers de morts, étendra la domination française aux zones qui échappaient au contrôle de la monarchie et réorganisera toute l’administration de l’île. Si l’esclavage avait été aboli en 1896, Gallieni fera usage du travail forcé qui dans les faits n’était pas très différent de l’esclavage. Les corvées auxquelles sont soumis les malgaches tuent en moyenne 20% des travailleurs et même les colons iront se plaindre à Gallieni du traitement qui est fait aux malgaches dans un pays qui compte à peine 3 millions d’habitants. Il fera aussi construire des routes, ports, télégraphes, écoles laïques et tous les malgaches deviendront « sujets Français » donc sans aucun droit politique. Il mettra également fin à la domination des merina sur les autres ethnies.

Une colonisation “civilisatrice” au dépens des populations

Si l’œuvre du Général Gallieni a souvent été considérée comme exemplaire dans la mission « civilisatrice » de la France, il faut également voir les milliers de malgaches tués dans la « pacification » de l’île et les milliers d’ouvriers sacrifiés pour la construction de routes. S’il a en effet fait construire de nombreuses écoles, il a lui-même écrit dans ses mémoires que le but était de fournir une main d’œuvre technique qualifiée aux colons français. En 1947, des révoltes contre l’autorité française appelleront à la répression violente des troubles ; les estimations françaises de l’époque sont de 89 000 morts. Le pays accèdera à l’indépendance politique en 1960.Share

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