Tous les articles par ombre43

Le bouclier anti-missile de l’OTAN, déployé en Inde, risque d’alimenter la course aux armements en Asie du sud

Le bouclier anti-missile de l’OTAN, déployé en Inde, risque d’alimenter la course aux armements en Asie du sud


L’Inde prévoit d’acquérir pour 1 milliard de dollars de technologie anti-missile américaine, déjà déployée dans plusieurs pays membres de l’OTAN.


Par Andrew Korybko – Le 4 août 2018 – Source orientalreview.org

andrew-korybkoSputnik signale que le ministère de la Défense indien a approuvé un accord d’achat de systèmes de missiles sol-air (NASAMS-II [National Advanced Surface to Air Missile System-II, NdT]), dans le but de protéger New Delhi, la capitale, de possibles attaques en provenance du Pakistan ou de Chine. C’est la dernière annonce en date d’une série de pays établissant des infrastructures de défense anti-missiles, partout dans le monde. Il reste cependant à comprendre comment l’Inde envisage d’intégrer cet important investissement militaire auprès des USA avec ses forces armées, principalement équipées par la Russie, surtout si l’on considère son souhait, officiel, d’acquérir le système anti-missiles S-400 vendu par Moscou, qui en théorie pourrait se poser en redondance de cette acquisition. Mais si l’on s’abstrait de ces considérations techniques et que l’on considère les enjeux stratégiques, il est irréfutable que l’Inde fait tout son possible pour contrarier les anciens équilibres stratégiques établis avec le Pakistan, son voisin et rival, en diminuant le potentiel de réponse nucléaire d’Islamabad, visant ainsi à s’assurer l’avantage dans une éventuelle guerre entre les deux pays voisins.

Il s’agit donc d’un développement déstabilisant, qui ne peut se voir suivi que de montées dans la course aux armements dans cette région. Le Pakistan peut, bien sûr, répondre de manière symétrique et faisant ses propres acquisitions de systèmes anti-missiles, mais le seul équivalent comparable aux systèmes américains est le S-400 russe, que la Russie pourrait voir un inconvénient à vendre à Islamabad, alors que New Delhi honore ses engagements d’achat du même système. Et même si l’Inde reculait face à ce programme d’acquisition – les pressions CAATSA [Les lois de sanctions américaines, souvent extra-territoriales – [« Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act », NdT] par les USA sont immenses dans ce sens – New Delhi pourrait à mots couverts menacer de cesser d’autres acquisitions militaires auprès de la Russie au cas où celle-ci arme son rival, ce qui pourrait faire réfléchir Moscou à deux fois. Les options les plus réalistes pour le Pakistan sont donc un investissement dans des satellites de détection, ou une amélioration du volet sous-marin de son programme de dissuasion nucléaire, ou encore des recherches sur les technologies de missiles hypersoniques.

Agni-V, un missile balistique intercontinental, développé par l’Organisation indienne de recherche et développement de la défense

La Chine vient de lancer un nouveau satellite pour le Pakistan, le mois dernier, et il se murmure qu’elle construit actuellement huit sous-marins pour son partenaire clé de la route de la soie, ce qui fait deux réponses en cours d’élaboration, et l’on peut supposer que des travaux sont en cours sur la troisième, mais que ceux-ci mettront plus de temps à produire des résultats tangibles. Tant que l’équilibre nucléaire peut être maintenu entre le Pakistan et l’Inde, la paix militaire au sens conventionnel reste assurée entre les deux grandes puissances ; mais toute perturbation de cet équilibre de la terreur est dangereuse à l’échelle mondiale, en raison de l’encouragement que cela apporte à chacun des deux pays de frapper l’autre en premier. Pour la stabilité du monde, il faut espérer que la parité restera assurée entre ces deux parties, et la Russie ferait bien de considérer toutes les cartes à sa main, pour continuer d’assurer que cet équilibre reste en place.

Cet article constitue une retranscription partielle de l’émission radio context countdown, diffusée sur Sputnik News le vendredi 3 aout 2018

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker francophone

http://lesakerfrancophone.fr/le-bouclier-anti-missile-de-lotan-deploye-en-inde-risque-dalimenter-la-course-aux-armements-en-asie-du-sud

 

Publicités

Espagne La crainte d’une contagion populiste contre les migrants

Espagne La crainte d’une contagion populiste contre les migrants

L’Espagne est devenue en 2018 la principale porte d’entrée des migrants en Europe. La droite, dans l’opposition, agite le spectre de l’arrivée de “millions d’Africains”. Un discours considéré comme inquiétant, notamment par Bruxelles.

L’embrasement soudain du débat sur l’immigration en Espagne, qui est surtout attisé par la nouvelle direction du Parti populaire a suscité la panique au siège de la Commission européenne. Tout le Berlaymont, à Bruxelles, frissonne à la perspective qu’un nouvel État membre de l’Union européenne (UE) succombe à un discours populiste qu’il est très difficile d’endiguer quand il commence à se propager. “À l’heure actuelle, on ne peut se permettre de perdre l’Espagne”, note un haut fonctionnaire européen face à la tendance populiste qui agite certains milieux conservateurs espagnols – bien qu’elle reste encore très timide.

Pour l’apaisement du débat

Cette même source rappelle l’état de fragilité dans lequel se trouve l’UE : l’axe franco-allemand est précaire, tandis que les gouvernements d’État membres tels que l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne ou la Hongrie s’interrogent sur le projet européen, voire le rejettent.

“Dans la conjoncture actuelle, l’Espagne, en raison de son poids démographique et économique, est un élément fondamental susceptible de consolider le bloc proeuropéen”, admet une source au sein des instances de l’UE, qui a bon espoir que le débat migratoire s’apaise et passe au second plan de l’ordre du jour politique en Espagne.

À Bruxelles, l’alerte a été donnée le 29 juillet, quand le nouveau président du Parti populaire (PP), Pablo Casado, a twitté : “Il est impossible que tout le monde obtienne des papiers, un État-providence ne peut prendre en charge les millions d’Africains qui veulent venir en Europe.”

Ce tweet a été interprété comme un symptôme, qui révèle l’intention du PP d’ériger l’immigration en axe central de son opposition au gouvernement socialiste de Pedro Sánchez. “Depuis l’affaire de l’Aquarius [en juin, 630 migrants recueillis dans le port de Valence], le leader du PP semble s’être mis en tête de transformer la question migratoire en crise”, affirme Sergio Carrera, chercheur au Centre for European Policy Studies, installé à Bruxelles. Selon lui, “la réponse du gouvernement espagnol a été la bonne, car il a mis les chiffres en perspective et montré que nous ne sommes pas face à une crise”.

Mais les institutions européennes préfèrent prévenir. Et Bruxelles a immédiatement lancé une contre-offensive pour tenter de montrer que l’Espagne n’est pas seule face au problème. Objectif : éviter la contagion d’un discours alarmiste entre partis politiques, risquant d’alimenter une dérive de l’opinion publique vers le radicalisme.

“Si nous suivons les populistes, si nous adoptons leur langage, les citoyens finiront par voter pour eux”, a prévenu le 3 août le commissaire européen aux Migrations et Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos. “Les partis traditionnels doivent défendre leur territoire et rester fidèles à leurs principes,” poursuit-il. Cet homme politique est membre de Nouvelle Démocratie en Grèce, une formation conservatrice qui appartient au Parti populaire européen, tout comme le PP de Pablo Casado.

Le déplacement des routes migratoires

Les discours incendiaires ont déjà entraîné un pan non négligeable de l’électorat en France, aux Pays-Bas et au Danemark, et des partis qui sont ouvertement xénophobes ou ultranationalistes siègent déjà au gouvernement de l’Italie, de l’Autriche et de la Finlande. Au sein du Parti populaire européen, on trouve déjà des formations qui se distinguent de la tendance dominante et défendent des idées qui, jusqu’à présent, étaient l’apanage de l’extrême droite.

Les premières étincelles se sont allumées en Espagne après le déplacement des routes migratoires vers le littoral méditerranéen de ce pays au cours des 18 derniers mois *.

Bruxelles tente de limiter la contagion. Dimitris Avramopoulos s’est rendu à Madrid pour prononcer un discours solidaire et remettre un nouveau chèque, soit 3 millions d’euros, qui portent à 30 millions d’euros le total des aides d’urgence versées en un mois à l’Espagne pour gérer la question migratoire.

Un vaccin qui n’est pas éternel

Certains observateurs et analystes estiment que le tweet polémique de Pablo Casado est le début d’un glissement du PP vers les positions de Matteo Salvini, ministre italien de l’Intérieur et dirigeant de la Ligue, qui a interdit à des navires transportant des réfugiés d’entrer dans des ports italiens.

Selon des sources au sein des institutions européennes et d’après des analystes à Bruxelles, aucune dérive aussi radicale n’est perçue dans le principal parti conservateur espagnol et tous ont bon espoir que le PP “adapte sa stratégie aux courants modérés qui dominent au sein du Parti populaire européen”.

Les commentateurs notent par ailleurs que l’opinion publique espagnole a toujours été proeuropéenne, car immunisée contre les tentations autoritaires depuis la dictature de Franco.

Pourtant, même les plus optimistes reconnaissent que ce vaccin n’est pas éternel et qu’il perd en efficacité avec les années, surtout si l’opinion publique a le sentiment que les problèmes européens ont pris racine et ne peuvent être résolus qu’au moyen de solutions nationales, même si celles-ci sont précaires et infructueuses. C’est ce qui s’est passé en Italie, en Hongrie et en Autriche. Bruxelles veut éviter que la même chose ait lieu en Espagne.

“Un sentiment d’invasion”

L’immigration est devenue l’une des principales préoccupations des Européens à compter de 2014, selon le Centre européen de stratégie politique (CESP). Depuis, cette question a influencé les élections en Allemagne, en France, aux Pays-Bas, en Autriche et en République tchèque, mais aussi le référendum sur le Brexit.

Le CESP rappelle que, en dépit de l’impression qui prévaut, les flux migratoires sont stables au niveau mondial depuis 1991. Ils correspondent en réalité à sept millions de personnes par an, un chiffre qui n’a pas beaucoup évolué depuis vingt ans. Mais le phénomène présente en Europe des caractéristiques qui favorisent “un sentiment d’invasion”.

L’Europe est devenue la principale destination des personnes déplacées par des conflits armés ou des drames humanitaires. Entre 2014 et 2016, les pays de l’UE ont pris en charge 48 % des 6,7 millions de demandes d’asile au niveau mondial, selon les données du CESP.

Mais l’un des éléments le plus souvent exploité par certains groupes politiques est également mis en lumière par le CESP : “On a toujours la nette impression que l’immigration est mal gérée”. Cette perception paraît effectivement justifiée à la lumière des diverses tentatives manquées de l’UE, qui ne parvient pas à élaborer une politique commune sur l’immigration et l’asile.

_________________

*L’Espagne est devenue en 2018 la première porte d’entrée des migrants en Europe. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, 23 751 personnes sont arrivées dans le pays par la Méditerranée entre le 1er janvier et le 5 août, soit plus que durant toute l’année 2017.

Cet article a été publié dans sa version originale le 06/08/2018.

Yémen : Les prisons secrètes, par Amnesty International

17.août.2018 // Les Crises

Yémen : Les prisons secrètes, par Amnesty International

Merci 1
Je commente

J’envoie

Source : Amnesty International, 12.07.2018.

De nombreux hommes ont été victimes de disparitions forcées, après avoir été arrêtés de manière arbitraire et détenus par les forces émiriennes et yéménites. Beaucoup ont été torturés, et on craint que certains ne soient morts en détention.

Les familles de ces détenus se retrouvent plongées dans un cauchemar sans fin où leurs proches disparaissent .elles se heurtent à un mur de silence et d’intimidation.

Nous avons enquêté sur les cas de 51 hommes détenus par ces forces entre mars 2016 et mai 2018 dans les gouvernorats d’Aden, Lahj, Abyan, Hadramawt et Shabwa. La plupart des cas concernaient des disparitions forcées et 19 de ces hommes sont toujours portés disparus.

LA QUÊTE DES FAMILLES DES DÉTENUS

Les mères, les épouses et les sœurs des victimes de disparitions forcées organisent des manifestations depuis près de deux ans, faisant la tournée des bureaux du gouvernement et des bureaux chargés des poursuites, des services de sécurité, des prisons, des bases de la coalition et de diverses structures traitant les plaintes relatives aux droits humains.

Nous n’avons aucune idée de l’endroit où il se trouve, Dieu seul sait s’il est encore en vie. Notre père est mort de chagrin il y a un mois. Il est mort sans savoir où se trouvait son fils.

La sœur d’un homme âgé de 44 ans arrêté à Aden fin 2016 a déclaré :

Certaines familles ont déclaré qu’elles ont été contactées par des individus qui leur ont annoncé que leurs proches étaient morts en détention ; lorsqu’elles se sont adressées aux responsables des forces yéménites soutenues par les Émirats arabes unis pour le vérifier, ils ont nié ces allégations.

DES TÉMOIGNAGES ATTESTANT DE TORTURE

Des détenus ou ex-détenus et leurs familles ont livré des récits horribles d’atteintes aux droits humains – coups, décharges électriques et violences sexuelles notamment. Selon le témoignage de l’un d’entre eux, un de ses codétenus a été évacué dans une housse mortuaire, après avoir été torturé à maintes reprises.

J’ai vu des choses que je ne souhaite plus jamais revoir. Dans cet endroit, vous ne voyez même pas le soleil,, Ils portaient toutes sortes d’accusations [contre moi]. Ils ont commencé à me frapper… Puis, une nuit, ils m’ont relâché en m’expliquant qu’ils m’avaient confondu avec quelqu’un d’autre… ” Il y a eu erreur sur la personne, désolés. ” C’était comme s’ils ne m’avaient rien fait, après toute la souffrance causée par les décharges électriques. »

Un ancien détenu qui se trouvait à Waddah Hall

Du fait de ce vide en matière d’obligation de rendre des comptes, il est encore plus difficile pour les familles de contester la légalité des détentions. Les procureurs yéménites ont bien tenté de renforcer leur contrôle sur certaines prisons, mais les forces émiriennes ont ignoré ou retardé maintes fois leurs ordres de remise en liberté.

SOUS COUVERT DE LUTTE ANTITERRORISTE

Les Émirats arabes unis sont un membre clé de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et engagée dans le conflit armé au Yémen depuis mars 2015.

Ils ont créé, formé, équipé et financé des forces de sécurité locales. Ils ont également formé des alliances avec des responsables des services de sécurité yéménites, qui se sont soustraits à l’autorité de leur gouvernement. Les Émirats arabes unis agissent dans des conditions obscures dans le sud du Yémen et semblent avoir créé un service de sécurité parallèle en dehors de tout cadre légal.

L’objectif déclaré de leur implication avec les forces de sécurité locales est de combattre le « terrorisme », notamment en arrêtant les membres d’Al Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) et du groupe armé se désignant sous le nom d’État islamique (EI).

Cependant, d’aucuns affirment que de nombreuses arrestations se basent sur des soupçons infondés et des vendettas personnelles.

Les arrestations ciblent les personnes qui critiquent la coalition et les pratiques des forces de sécurité soutenues par les Émirats arabes unis, notamment des personnalités de la communauté, des militants et des journalistes, ainsi que des sympathisants et des membres du parti al Islah, la branche yéménite des Frères musulmans.

Les proches de membres présumés de l’AQPA et de l’EI, ainsi que des hommes qui ont au départ aidé la coalition à combattre les Houthis mais sont aujourd’hui perçus comme une menace, sont également pris pour cibles.

UN SILENCE DE PLOMB

Les femmes de l’entourage des détenus et des personnes disparues qui manifestent à Aden et al Mukalla depuis deux ans sont victimes d’intimidations, voire d’agressions.

Les Émirats arabes unis nient toujours toute implication dans les pratiques de détention illégale au Yémen, malgré les nombreux éléments qui prouvent le contraire. D’autre part, le gouvernement yéménite a assuré à un groupe d’experts de l’ONU qu’il ne contrôle pas les forces de sécurité formées et soutenues par les Émirats.

Ces violations des droits humains commises dans le cadre du conflit armé au Yémen ne font toujours pas l’objet d’enquêtes pour crimes de guerre.

Les gouvernements du Yémen et des Émirats doivent agir sans délai pour y mettre un terme et fournir des réponses aux familles dont les époux, les pères, les frères et les fils ont “disparu“.

Les partenaires des Émirats dans la lutte contre le terrorisme, notamment les États-Unis, n’ont toujours pas pris position vis-à-vis de ces allégations de torture.

Source : Amnesty International, 12.07.2018.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/yemen-les-prisons-secretes-par-amnesty-international/

Censure d’Internet : après Alex Jones, TeleSur

Censure d’Internet : après Alex Jones, TeleSur

+

Facebook a annoncé retirer les comptes en anglais de la chaîne de télévision panaméricaine TeleSur.

Le 7 août 2018, Mark Zuckerberg, le directeur de Facebook, avait personnellement coordonné avec Apple, Google, Spotify et YouTube (mais pas Twitter) la suppression des comptes liés à Alex Jones et à InfoWars pour cause de « conspirationisme ». Il entend également supprimer la « propagande communiste » (sic).

Créée à l’initiative du président Hugo Chávez, TeleSur était une chaîne publique d’information continue commune à l’Argentine, à la Bolivie, à Cuba, à l’Équateur, à l’Uruguay et au Venezuela. Cependant, au cours des dernières années, l’Argentine et l’Équateur s’en sont retirés.

En 2005, suite au Congrès Axis for Peace organisé par Thierry Meyssan à Bruxelles, TeleSur, alors dirigé par Aram Aharonian, envisagea un partenariat avec Al-Jazeera. Mais c’est à ce moment là que la chaîne qatarie changea de ligne éditoriale pour devenir le porte-parole des Frères musulmans. Depuis, un accord a été conclu avec l’Angola, la Guinée Bissau et le Mozambique pour des programmes en langue portugaise, et un échange de programme est réalisé avec la chaîne libanaise Al-Mayadeen.

TeleSur produit également des informations en anglais que Mark Zuckerberg entendent éliminer de la toile. Il est en effet indispensable pour le commandement US de l’Amérique latine (US SouthCom) d’empêcher les autorités vénézuéliennes de communiquer aux citoyens états-uniens leur vision de la crise qui traverse leur pays [1].

Lors de l’attaque de l’actuelle Serbie, en 1999, l’Otan avait bombardé la télévision yougoslave. Lors de l’attaque de l’Afghanistan et de l’Iraq, le président Bush avait envisagé de bombarder Al-Jazeera au Qatar, mais le Premier ministre britannique Tony Blair lui avait annoncé qu’il allait reprendre en main la chaîne avec les Frères musulmans. Lors de l’attaque israélienne du Liban, en 2006, les États occidentaux avaient interdit la chaîne du Hezbollah Al-Manar et Tsahal l’avait bombardée. En 2011, l’Otan avait bombardé la chaîne nationale libyenne.

[1] « Le « Coup de Maître » des États-Unis contre le Venezuela », par Stella Calloni, Traduction Maria Poumier, Réseau Voltaire, 11 mai 2018.

http://www.voltairenet.org/article202472.html

La Turquie jure de sortir « plus forte », écarte toute aide du FMI

La Turquie jure de sortir « plus forte », écarte toute aide du FMI

Le ministre turc des Finances et gendre de Recep Tayyip Erdogan, Berat Albayrak, à Istanbul le 10 août 2018. / © AFP / Yasin AKGUL

Le puissant ministre turc des Finances s’est efforcé jeudi de rassurer les investisseurs étrangers, assurant que la Turquie n’avait pas besoin de l’aide du Fonds monétaire international pour sortir « encore plus forte » de la crise monétaire qu’elle traverse.

Berat Albayrak, qui est aussi le gendre du président Recep Tayyip Erdogan, s’est adressé dans l’après-midi à quelques milliers d’investisseurs originaires des Etats-Unis, d’Europe et d’Asie lors d’une téléconférence inédite qui s’annonçait comme un test de crédibilité.

« Nous sortirons encore plus forts de ces turbulences », a déclaré le ministre, selon des propos rapportés par la télévision d’Etat TRT.

Affirmant que la Turquie n’envisageait pas d’avoir recours au FMI, il a ajouté que son gouvernement s’efforcerait d’attirer des investissements directs de l’étranger.

La livre turque, qui s’est effondrée la semaine dernière sur fond de crise diplomatique avec les Etats-Unis, a réagi positivement à ces déclarations, rebondissant jeudi pour le troisième jour de suite.

Elle gagnait ainsi environ 3,9% de sa valeur face au dollar à 14H10 GMT par rapport à la séance de changes précédente, s’échangeant à 5,72 livres contre un billet vert, même si elle était loin d’effacer l’importante perte de ces derniers jours.

La livre semble s’être stabilisée depuis mardi sous l’effet de mesures prises par la banque centrale et de nouvelles barrières dressées par le régulateur turc des banques (BDDK) pour limiter la spéculation sur la devise turque.

– Risque de contraction –

Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d’un rassemblement public dans la région d’Unye. Le 11 août 2018. / © TURKISH PRESIDENTIAL PRESS SERVICE/AFP / Cem OKSUZ

Cette dernière, qui a perdu 40% de sa valeur cette année, a connu la semaine dernière une spectaculaire débâcle qui a fait souffler un vent de panique sur les places boursières mondiales redoutant un effet contagieux.

Cet effondrement a été accéléré par l’escalade des tensions entre la Turquie et les Etats-Unis qui ont pris des sanctions réciproques et augmenté leurs tarifs douaniers respectifs pour certains produits.

Malgré le rebond de la livre de ces derniers jours, les économistes restent préoccupés par la dispute entre Ankara et Washington, liée notamment à la détention d’un pasteur américain en Turquie, et par la mainmise de M. Erdogan sur l’économie.

Les marchés ont sévèrement sanctionné le refus de la banque centrale de relever ses taux d’intérêt le mois dernier, en dépit de la chute de la livre et d’une inflation galopante. M. Erdogan, partisan de la croissance à tout prix, s’y oppose fermement.

M. Albayrak a promis jeudi que son gouvernement aurait deux priorités : combattre l’inflation, qui a atteint près de 16% en glissement annuel en juillet, et la discipline budgétaire.

– Entretien avec Macron –

Dans la tourmente financière, la Turquie a reçu un soutien de poids mercredi : l’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a promis lors d’un entretien avec M. Erdogan à Ankara que son pays investirait 15 milliards de dollars dans ce pays.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan reçoit l’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani / © TURKISH PRESIDENTIAL PRESS SERVICE/AFP / Kayhan OZER

Signe que la crise avec Washington incite par ailleurs Ankara à renouer avec l’Europe, M. Erdogan s’est entretenu au téléphone mercredi avec la chancelière allemande Angela Merkel et avec son homologue français Emmanuel Macron jeudi.

Selon Ankara, MM. Erdogan et Macron ont souligné, au cours de cet échange, « l’importance de renforcer davantage (leurs) relations économiques ».

M. Albayrak s’est lui entretenu jeudi avec son homologue allemand, Olaf Scholz, et les deux ministres sont convenus de se rencontrer le 21 septembre à Berlin, selon Ankara.

Par ailleurs, la justice turque a ordonné mardi la libération de deux soldats grecs et mercredi du président d’Amnesty International en Turquie, des développements inattendus dans deux affaires qui ont contribué à tendre les rapports entre Ankara et l’Europe.

« Ces libérations ne sont évidemment pas une coïncidence », remarque une source diplomatique européenne.

« Mais les causes sous-jacentes (de la défiance) sont toujours là: on n’a toujours pas de garantie sur l’indépendance de la banque centrale ou de la justice », poursuit cette source. « Cela montre juste qu’Erdogan est très pragmatique quand il est sous pression économique ».

(©AFP / (16 août 2018 17h46)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-La-Turquie-jure-de-sortir-plus-forte–carte-toute-aide-du-FMI/945985.rom

Vu du Canada. Seul face à l’intimidation saoudienne

Vu du Canada. Seul face à l’intimidation saoudienne

Publié le

Le Parlement à Ottawa. PHOTO REUTERS

Cet article est issu du Réveil Courrier. Chaque matin à 6h, notre sélection des meilleurs articles de la presse étrangère.

Ouvrir dans le Réveil Courrier

En appelant à la libération de militantes des droits des femmes, le Canada s’est attiré une réaction brutale de Riyad. Il lui faut tenir ferme, juge cet éditorialiste québécois.

À la lumière des réactions arrogantes de Riyad aux reproches d’Ottawa, on mesure à quel point les signes de l’ouverture réformiste donnés ces derniers temps par le prince héritier Mohammed ben Salmane sont superficiels. Si tant est qu’on ne l’ait pas déjà su. Une certaine presse internationale, et pas nécessairement la moins influente, s’est entichée de cet héritier trentenaire à la tête d’une dictature pourtant considérée par l’ONG américaine Freedom House comme l’une des “pires parmi les pires” en matière de droits de la personne. Elle déchante maintenant devant l’évidence de sa complaisance.

L’arrestation [fin juillet] de Samar Badawi, sœur du blogueur Raif Badawi, enfermé depuis 2012, et de sa collègue Nassima al-Sadah s’est inscrite dans une vague de répression qui a conduit à l’emprisonnement, ces dernières semaines, d’une dizaine de militantes saoudiennes des droits de la femme sous des accusations aussi lourdes qu’absurdes d’atteinte à la sécurité nationale et de collaboration avec les ennemis de l’État.

Une réaction inédite et tout à fait démesurée

Pour s’être dit “gravement préoccupé” par cette rafle et pour avoir réclamé la “libération immédiate” de toutes les “activistes pacifiques”, Ottawa écope de la part du régime saoudien d’une punition qui revient à sortir l’artillerie lourde diplomatique : expulsion de l’ambassadeur du Canada à Riyad et suspension de “toutes nouvelles initiatives d’affaires et d’investissement”. Tel est l’accès de colère de Riyad qu’il s’est même dit prêt, lundi, à transférer aux États-Unis et au Royaume-Uni les 7 000 Saoudiens qui étudient au Canada. Une réaction inédite et tout à fait démesurée – d’autant que c’est une décision qui nuit au premier chef aux étudiants. Fait notable : criant à “l’ingérence” dans ses affaires intérieures et au “viol de la souveraineté du Royaume”, Riyad ne remet pas en cause le contrat de vente controversé de véhicules blindés canadiens conclu avec l’Arabie Saoudite sous l’ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper au montant de 15 milliards de dollars. Du moins pas pour le moment.

Il est impératif que le gouvernement de Justin Trudeau ne se laisse pas intimider, partant du principe que les droits de la personne sont universels et doivent être partout défendus, n’en déplaise à l’imbuvable dictature saoudienne. Il ne faudrait pas qu’il baisse les bras, après avoir beaucoup louvoyé dans le cas des véhicules blindés. Une semblable dispute diplomatique s’était produite en 2015 entre l’Arabie Saoudite et la Suède autour de l’enjeu des droits de la personne, un affrontement dans lequel Stockholm avait eu le courage d’annuler un lucratif contrat de défense et en avait payé les conséquences financières.

Le scandale, c’est que les dictateurs se sentiront nécessairement confortés dans leur principe de répression du fait des armes que les pays occidentaux leur vendent avec plaisir. Fort de l’appui aveugle de Donald Trump, Riyad se livre en l’occurrence à un exercice d’intimidation collective auquel ses alliés régionaux voudront sans doute se joindre.

Il faudrait un front de pays

En tout réalisme, Ottawa ou Stockholm ne peuvent pas résister seuls à ces menaces. À terme, il faudrait que se forme un front commun de pays désintéressés pour faire pression sur des dictatures comme celle de l’Arabie Saoudite. On en est loin, tant le marché des armes joue un rôle important au Proche-Orient – et comme nos “démocraties” font bien peu d’efforts pour développer des emplois de remplacement à leur industrie de l’armement. Il se trouve, pour ne donner qu’un exemple, que Riyad est l’un des deux principaux clients militaires de la France et que les ventes ont explosé en 2017 – et ce, en pleine connaissance des violations des droits de la personne au Yémen.

Le modèle à suivre est celui de ces militantes saoudiennes. Mohammed ben Salmane croyait-il vraiment faire taire leurs revendications et refaire une beauté internationale à son régime ultrareligieux en cédant enfin aux femmes le droit élémentaire de conduire une voiture ? C’est une victoire, certes, pour des femmes comme Samar Badawi, mais qui est loin de toucher au cœur de leur combat, s’agissant d’en finir avec le système inique de tutelle par lequel une Saoudienne ne peut pas, sans l’autorisation d’un homme, étudier, voyager, travailler… Ce n’est pas un prince en cabale qui va les empêcher de se battre.

Guy Taillefer
Lire l’article original

Caché à la vue de tous à Belgrade

Caché à la vue de tous à Belgrade


Par Vladimir Goldstein – Le 3 août 2018 – Source Off Guardian

Les deux églises – Photo Vladimir Goldstein

Juste en face de mon immeuble, caché derrière de hauts bâtiments de bureaux, se trouve la grande église Saint Marc. Et cachée à l’ombre de Saint Marc, il y a une petite église orthodoxe russe. L’église de la Sainte Trinité, connue simplement comme l’église russe, est célèbre pour contenir les restes du baron Piotr Nicolaïevitch Wrangel, le chef des Blancs dans la guerre civile russe. Elle est difficile à trouver, mais heureusement, un ami m’y a emmené.

Comme nous regardions autour de l’église, pas particulièrement intéressés par Wrangel, un couple de Russes m’a demandé de le photographier devant sa tombe. Alors que j’essayais de trouver un bon angle pour la photo, j’ai remarqué une petite plaque sur un mur à proximité. Elle portait la liste des noms des Russes morts en combattant pour les Serbes yougoslaves pendant le conflit avec les Albanais séparatistes du Kosovo puis le bombardement de la Yougoslavie par l’OTAN, en 1999.

En quittant l’église, nous avons pris un petit chemin vers le haut du parc. Là, nous avons observé un autre signe brutal de cette guerre : un bâtiment détruit près de la tour de la télévision. Il portait également une plaque. Elle criait : « Zachto » (Pourquoi ?). En dessous, se trouvaient les noms de tous les gens de la télévision tués lors de cette attaque. En tout, jusqu’à 2500 civils auraient été tués par l’OTAN, selon le gouvernement yougoslave de l’époque, même si on ne connaîtra peut-être jamais leur nombre.

D’une part, la question Zachto est à la fois oiseuse et provocatrice. Elle ravive les blessures et signifie un refus d’oublier et de repartir de zéro. D’autre part, il est à l’évidence nécessaire de trouver une réponse à cette question, simplement pour prévenir les destructions futures et les meurtres absurdes.

Nous ne trouverons pas de réponses à cette question dans les récits officiels qui nous racontent que la noble administration Clinton a décidé de mettre fin aux violations flagrantes des droits de l’homme dans la situation extrêmement complexe qui régnait dans la province yougoslave du Kosovo en bombardant les Serbes pour qu’ils respectent les minorités sur leurs propres territoires et sur les territoires voisins. (En fait, le grand exode des Albanais vers l’Albanie proprement dite n’a commencé qu’après que les bombes de l’OTAN ont commencé à tomber.)

Tester les limites

Une image beaucoup plus triste émerge derrière ces histoires officielles. Pourquoi ces gens sont-ils morts ? Pourquoi cette opération de l’OTAN s’est-elle déroulée sans autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies et sans preuve de légitime défense, comme l’exige la Charte de l’ONU ? Était-ce pour satisfaire la soif de pouvoir des dirigeants des États-Unis et de l’OTAN, des interventionnistes libéraux comme Madeleine Albright, Bill Clinton et Susan Rice? Pour apaiser la culpabilité de l’administration pour son échec à répondre au génocide au Rwanda de 1994 ? Était-ce pour installer la plus grande base militaire américaine en Europe depuis la guerre du Vietnam, le Camp Bondsteel, au Kosovo ? Pour que les Américains aient accès aux vastes richesses minières du Kosovo et à d’autres occasions de faire des affaires, y compris pour Mme Albright? Ou était-ce pour tuer une expérience yougoslave, finalement assez réussie, de « troisième voie » entre l’Ouest et l’Union soviétique ?

Il semble que ces gens aient dû mourir pour toutes ces raisons et pour la mise en pratique des doctrines de la « responsabilité de protéger » (R2P) et de la suprématie totale, ou full spectrum dominance, doctrines concoctées par les interventionnistes libéraux et les néocons à Washington. Ceux qui sont morts étaient essentiellement les cobayes d’une expérience du Nouvel Ordre Mondial, dans le but de voir jusqu’où le monde pourrait être poussé à pratiquer la R2P, une politique qui pourrait être utilisée pour masquer des ambitions impériales.

Et ça a marché. La Yougoslavie a été incapable de résister à la puissance de l’OTAN opérant hors du mandat de sa charte obsolète : défendre l’Europe occidentale contre une supposée menace soviétique. En effet, on pourrait soutenir qu’avec la fin de la guerre froide, un autre motif pour attaquer la Yougoslavie était de fournir à l’OTAN une justification de son existence. (Elle irait plus tard encore plus loin en dehors de son théâtre légal d’intervention, en Afghanistan puis en Libye.)

La Russie n’a pas pu faire grand-chose pour aider les Serbes. Ensuite l’ambassade de Chine a également été touchée, un test semble-t-il, bien que le The New York Times ait écrit que c’était une erreur. Les Chinois n’ont rien fait.

C’est ainsi que la R2P a été mise en œuvre — sans protection pour les Serbes yougoslaves. Ils ont dû mourir dans l’expérience visant à explorer les limites de la puissance des États-Unis et les limites de leur résistance.

Vladimir Golstein, ancien professeur associé à l’université de Yale, il dirige le  Department of Slavic Studies at Brown University et est un commentateur sur les affaires russes.

L’article original a été publié par Consortium News

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Diane pour le Saker francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/cache-a-la-vue-de-tous-a-belgrade

 

 

 

Censure d’Infowars par les GAFA

Censure d’Infowars par les GAFA


Alex Jones éliminé. Les géants américains de la technologie se mêlent des élections de mi-mandat aux US en 2018


Par Peter Korzun – Le 9 août 2018 – Source Strategic Culture

Alex Jones Purge: US Tech Giants Meddle into 2018 Midterm Elections

Une bataille titanesque est engagée contre les opinions alternatives dans le pays qui se positionne comme le champion de la liberté d’expression, bien que 90% de ses médias soient contrôlés par seulement six sociétés. À titre de comparaison, en 1983, 90% des médias américains étaient contrôlés par cinquante sociétés.

Naturellement, cette tendance affecte négativement la liberté de la presse. Selon le World Press Freedom Index de 2018, compilé par Reporters sans frontières (RSF) les États-Unis ont reculé de deux positions par rapport à 2017 et sont passés au 45e rang. Le rôle de la concurrence a diminué alors que le biais de l’information est devenu une norme. Selon le rapport de 2017 de Gallup/Knight Foundation Survey on Trust, Media and Democracy, seuls 44% des Américains déclarent pouvoir identifier une source d’information qui, selon eux, rend compte des nouvelles de manière objective.

Il y a eu beaucoup d’exemples où la liberté d’expression a été piétinée aux États-Unis. Certes, le premier amendement interdit au Congrès « de restreindre la liberté de parole ou l’expression de la presse … », mais il ne dit rien au sujet des grandes entreprises de haute technologie ou des réseaux sociaux interdisant l’intervention des commentateurs politiques non agréés par « l’establishment ». Et c’est ce qu’ils font.

Les grands géants de la technologie – Facebook, Apple, Google, YouTube, Pinterest, iTunes, LinkedIn, Podcast, MailChimp, YouPorn et Spotify – ont banni Alex Jones, journaliste renommé, et son site Internet InfoWars, de leurs services de diffusion pour avoir propagé « des fausses histoires », que les propriétaires des plateformes ont trouvées « haineuses ». Le mouvement est sans précédent, c’est une véritable bombe. Il convient de noter que le président Donald Trump a félicité M. Jones pour sa « formidable » réputation.

Les entreprises privées avec leurs propres règles et règlements se sont liguées simultanément contre M. Jones pour ne laisser aucun doute sur le fait que l’interdiction n’est rien d’autre que de la collusion. Les géants se livrent à une censure politique, utilisant leur domination du marché pour cibler les dissidents. Alex Jones est toujours le même journaliste d’investigation qu’il a été pendant de nombreuses années. Qu’est-ce qui les fait craquer maintenant ? Ils en avaient probablement marre car il les avait irrités de manière disproportionnée.

M. Jones a défendu l’intégrité des élections présidentielles en Russie, affirmant que le président Poutine ne pouvait pas être un dictateur parce qu’il avait remporté 76% des suffrages. Il a brillamment exposé l’absurdité des accusations portées contre la Russie, accusée d’ingérence dans les élections américaines et d’autres actes « nuisibles ». Selon lui, la Russie se dirige vers 1776 [création des États-Unis, NdT] alors que les États-Unis vont dans la direction opposée. Alex Jones s’est même magistralement moqué des accusations d’être à la solde des Russes. Il faisait partie de ceux qui mettaient en doute l’accusation britannique selon laquelle la Russie serait coupable dans l’affaire Skripal. C’était la limite. Ils ne pouvaient plus le tolérer. Il lui font payer chèrement le fait d’être assez crédule pour tenir comme acquise la liberté de parole aux États-Unis. Le 6 août, Alex Jones a émis un avertissement concernant la menace sur la liberté d’expression d’Internet.

On dirait qu’il y a une purge en cours, car l’animateur de radio et directeur de la rédaction de antiwar.com, Scott Horton, l’ancien employé du Département d’État et auteur Peter Van Buren, ainsi que Dan McAdams, directeur exécutif de l’Institut Ron Paul pour la paix et la prospérité, ont vu leur comptes Twitter suspendus le 6 août. Certaines personnes de haut niveau, partageant des opinions conservatrices et alignées sur le président Trump, y compris des parlementaires, ont été « bannis » par Twitter. De nombreux journalistes « pro-Trump » ont perdu leur emploi simplement pour avoir posté des articles. La suppression généralisée de toute analyse « alignée sur Trump » et des médias indépendants est déchaînée.

Les rapports de Vice News ont confirmé cette conclusion. Selon la source, les libéraux et les démocrates ne sont pas soumis au prétendu « bannissement » de la même manière. Par exemple, rien n’est arrivé au membre du Congrès Maxine Waters (D-California), qui a incité à la « violence populaire » en encourageant ses partisans à harceler les membres de l’administration Trump en public. Apple a éliminé Alex Jones, mais Louis Farrakhan, le leader de Nation of Islam qui a qualifié Adolf Hitler de « très grand homme », peut utiliser sa plate-forme à cœur joie.

Un rapport publié par le Centre de recherche sur les médias (MRC) en avril a conclu que les principaux sites de médias sociaux – Facebook, Twitter, YouTube et le moteur de recherche Google – suppriment les discours conservateurs dans un « effort clair pour censurer la vision conservatrice du monde ». Intitulé « CENSORED ! How Online Media Companies Are Suppressing Conservative Speech », le document offre de nombreux exemples convaincants d’une telle suppression. La répression des médias russes aux États-Unis – RT et Sputnik – fait partie de la tendance.

InfoWars a fortement soutenu le président Trump pendant la campagne électorale. Comme on peut le voir, ce sont les entreprises technologiques, et non la Russie, qui se mêlent des élections de mi-mandat en novembre. Il ne faudra probablement pas attendre longtemps avant que d’autres sources d’expression conservatrice, telles que BreitbartNews, DailyCaller et autres, ne soient exclues des plateformes des géants technologiques. Si cela n’est pas une ingérence pour menacer la démocratie américaine, alors qu’est-ce que c’est ?

Les voix exprimant l’opinion opposée aux médias grand public sont privées de la possibilité d’être entendues par les électeurs pendant la campagne de mi-mandat en 2018. Une campagne visant à censurer massivement les conservateurs et les libertariens est lancée aux États-Unis pour priver les gens de leurs droits fondamentaux. Et ça va empirer. Le sénateur démocrate Chris Murphy a déjà appelé les sites Web des médias sociaux à interdire les médias les plus conservateurs à la suite de l’élimination d’InfoWars. Avec tout le battage médiatique à propos du « Russiagate », la question de la véritable menace pour la démocratie, venant de l’intérieur, est largement ignorée. Les géants de la technologie imposent leurs règles du jeu, éliminant l’opposition pour transformer leurs plates-formes en outils de propagande où les points de vue alternatifs n’ont pas leur place. DrudgeReport.com, Breitbart News, Fox News et d’autres petits sites qui ne marchent pas droit devraient être les prochains.

Peter Korzun

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/censure-dinfowars-par-les-gafa

 

Face aux Gafa, l’Inde veut reprendre le contrôle de ses données

Face aux Gafa, l’Inde veut reprendre le contrôle de ses données

Par Anaïs Cherif  |   |  631  mots
Le projet de loi propose notamment de rendre obligatoire, pour les sociétés étrangères, le stockage des données personnelles des utilisateurs indiens - issues des réseaux sociaux, des moteurs de recherche ou encore des plateformes de e-commerce - sur son sol.
Le projet de loi propose notamment de rendre obligatoire, pour les sociétés étrangères, le stockage des données personnelles des utilisateurs indiens – issues des réseaux sociaux, des moteurs de recherche ou encore des plateformes de e-commerce – sur son sol. (Crédits : Pixabay / CC)
À l’instar de la Chine, le gouvernement indien plancherait sur un projet de loi pour obliger les sociétés étrangères à stocker les données personnelles des utilisateurs sur son territoire. Le but : reprendre le contrôle des données de ses citoyens et favoriser l’écosystème local pour faire émerger ses propres mastodontes du numérique.

L’Inde sort ses griffes. Le gouvernement plancherait sur un projet de loi afin de compliquer l’expansion des géants américains de la tech sur son territoire. L’objectif : reprendre le contrôle des données de ses citoyens et favoriser l’écosystème local pour faire émerger ses propres mastodontes du numérique. Le projet de loi propose notamment de rendre obligatoire, pour les sociétés étrangères, le stockage des données personnelles des utilisateurs indiens – issues des réseaux sociaux, des moteurs de recherche ou encore des plateformes de e-commerce – sur son sol. Les données devront également être rendues accessibles aux autorités locales en cas d’enquête.

Ce projet « est sans précédent et doit être pris très au sérieux », a déclaré auprès du Wall Street Journal Vinay Kesari, avocat basé à Bangalore, et spécialisé dans les questions de réglementation, ayant travaillé avec des entreprises technologiques américaines. « Cela pourrait avoir d’énormes implications. »

Un marché potentiel de 390 millions d’internautes

Dans le viseur de l’Inde : les géants américains qui opèrent sur son territoire, comme Google, Apple, Facebook ou encore Amazon. À défaut de pénétrer le marché chinois, où la plupart des acteurs étrangers sont censurés au nom de la politique de contrôle de l’Internet, connue sous le nom de « Great Firewall of China » (en français, Grande Muraille électronique de Chine), les entreprises américaines ont redoublé d’efforts ces dernières années pour séduire le marché indien. À commencer par Amazon.

Suite aux difficultés rencontrées par l’ogre du commerce en ligne pour s’imposer en Chine face au géant Alibaba, le Pdg et fondateur Jeff Bezos a revu sa stratégie d’implantation en Asie pour miser sur l’Inde. En juin 2016, en visite dans le pays, l’homme d’affaires avait annoncé un plan d’investissement de 3 milliards de dollars, qui venait s’ajouter à celui de 2 milliards déjà mis sur la table en 2014. Car le marché indien a de quoi faire saliver le leader mondial de l’e-commerce. D’après RedSeer Consulting, les ventes annuelles des sites d’e-commerce en Inde représenteront entre 80 et 100 milliards de dollars d’ici 2020, contre 13 milliards en 2016. Et ce n’est pas tout. L’Inde est désormais le deuxième marché mondial des smartphones et recense 390 millions d’internautes, se classant ainsi derrière la Chine mais devant les États-Unis. De quoi faire saliver les sociétés de la Silicon Valley…

L’Inde imite la Chine

L’Inde marche ainsi dans les pas de son voisin chinois, qui, en rendant son marché difficile d’accès, a favorisé l’émergence des géants Alibaba et Tencent. La deuxième économie mondiale a notamment adopté une législation similaire en novembre 2016, forçant les entreprises étrangères à stocker sur son territoire les données des internautes chinois. Ainsi, Apple a construit son premier data center en Chine, et a confié la gestion des données de ses utilisateurs à un partenaire local.

Ce projet de loi arrive au moment où le régulateur indien des télécoms menace d’interdire l’accès au réseau mobile national aux iPhone. Depuis deux ans, Apple refuse de rendre disponible au téléchargement une application anti-spam, développée sous l’égide du gouvernement indien. Cette application a officiellement été créée pour lutter contre le démarchage téléphonique abusif – très répandu dans le pays – en filtrant les messages et les appels indésirables. De son côté, le fabricant d’iPhone suspecte l’appli de siphonner massivement les données personnelles des utilisateurs… Apple dispose de six mois pour se conformer aux exigences du régulateur, avant de se voir couper l’accès au réseau, rendant ses téléphones inutilisables.

https://www.latribune.fr/technos-medias/face-aux-gafa-l-inde-veut-reprendre-le-controle-de-ses-donnees-787696.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180815

 

Embargo en Corée du Nord: Washington sanctionne deux sociétés russe et chinoise

Embargo en Corée du Nord: Washington sanctionne deux sociétés russe et chinoise

Washington – Le Trésor américain a annoncé des sanctions financières mercredi contre deux entreprises russe et chinoise accusées d’avoir continué à entretenir des relations commerciales avec la Corée du Nord, malgré l’embargo contre Pyongyang.

Il est reproché au groupe chinois Dalian Sun Moon Star International Logistics Trading Co et à sa filiale de Singapour SINSMS, d’avoir exporté de l’alcool et des cargaisons de cigarettes vers la Corée du Nord en falsifiant les documents de livraison.

Ce commerce « illégal » de cigarettes en Corée du Nord pèse plus d’un milliard de dollars par an, précise l’administration américaine dans un communiqué.

Une société russe, Profinet, et son directeur général Vasili Kolchanov, sont également sanctionnés pour avoir fourni des services portuaires à des bâtiments nord-coréens.

Ces vaisseaux, parmi lesquels deux pétroliers qui font déjà eux-mêmes l’objet de sanctions, ont profité de ces prestations dans les ports russes de Nakhodka, Vostochny, Vladisvostok et Slavyanka.

Ces sanctions gèlent les éventuels avoirs de ces sociétés et individus aux Etats-Unis et leur interdit tout commerce avec une entité ou un ressortissant américains.

L’inscription de ces entités sur la liste noire du Trésor « renforce l’engagement des Etats-Unis à éviter tout flux financier vers les activités et le programme d’armements de destruction massive, en accord avec les décisions du Conseil de sécurité de l’ONU », dit le communiqué.

« Le Trésor va continuer à appliquer les sanctions existantes contre la Corée du Nord et fera ce qu’il faut pour bloquer et mettre à l’index les entreprises, les ports et les vaisseaux qui facilitent des livraisons illicites et fournissent des revenus à la Corée du Nord », poursuit l’administration.

Elle dénonce aussi « les tactiques des entreprises basées en Chine, à Singapour et en Russie pour détourner les sanctions » et ajoute que celles-ci « demeureront en place jusqu’à ce nous parvenions à une vérification complète de la dénucléarisation de la Corée du Nord ».

Après une escalade des tensions sans précédent en 2017, ponctuée par des tirs de missiles et un essai nucléaire majeur de la part du régime reclus de Pyongyang, ainsi que par des sanctions internationales de plus en plus strictes en retour, l’année 2018 a été marquée par un dégel spectaculaire avec Washington.

Il a abouti au sommet historique le 12 juin à Singapour entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Mais depuis ce sommet, Washington a déploré que certains pays, Chine et Russie en tête, aient commencé à relâcher la pression sur Pyongyang.

(©AFP / 15 août 2018 16h08)

https://www.romandie.com/news/Embargo-en-Cor-e-du-Nord-Washington-sanctionne-deux-soci-t-s-russe-et-chinoise/945650.rom

Publicités

Revue de presse nationale et internationale.

Publicités