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OUTRE LES KURDES : DECHIFFRER LES MINORITES D’ORIENT…

OUTRE LES KURDES : DECHIFFRER LES MINORITES D’ORIENT…

Le dernier livre de Tigrane Yégavian1 arrive à point nommé pour nous aider à comprendre les tenants et les aboutissants de la dernière intervention turque dans le nord de la Syrie. Non seulement, l’ouvrage déconstruit méthodiquement la « kurdolâtrie » parisienne ambiante, mais il remet en perspective historique les dernières carabistouilles de notre politique étrangère. La rédaction de prochetmoyen-orient.ch l’écrit sur tous les tons depuis plusieurs années : depuis le début, le Quai d’Orsay a tout faux sur le dossier syrien. Nos décideurs politiques et diplomatiques ont pris les mauvaises décisions et n’ont pas défendu correctement les intérêts de la France éternelle. Tigrane Yégavian nous démontre – preuves à l’appui – que ces erreurs prolongent une tradition désastreuse, ancienne et profonde. Notre actuel ministre des Affaires étrangères aurait été bien inspiré de lire ce livre lumineux avant d’entreprendre son dernier voyage à Canossa…

Après la « claque Sylvie Goulard », le dernier revers essuyé par Jean-Yves Le Drian à Bagdad discrédite encore un peu plus notre diplomatie. Que s’est-il passé ? Avec tambours, trompettes et équipes de télévision, notre ministre des Affaires étrangères s’est rendu à Bagdad pour demander le transfert et le jugement en territoire irakien des jihadistes français détenus par des factions kurdes de Syrie sur le territoire syrien. Orient compliqué : malgré une excellente relation bilatérale, les autorités irakiennes ont vertement éconduit notre ministre en lui expliquant qu’elles avaient bien d’autres priorités en ce moment.

Un peu peu capon, Jean-Yves Le Drian s’est donc abstenu de tout commentaire et les envoyés spéciaux de France-3, France-2 et des autres télévisions ont dû remballer leurs outils. Le Quai d’Orsay, comme l’Elysée, sont restés muets comme des carpes de l’Euphrate. « Il est clair qu’on ne touche plus une bille dans tout ce qui concerne de près ou de loin les évolutions de la guerre civilo-globale de Syrie, et encore moins celles qui touchent à la reconstruction économique du pays », déplore un haut fonctionnaire du Quai, « alors l’Irak… ».

TROIS REMARQUES

1) Il eût été plus judicieux – comme l’avaient proposé les services de l’ambassade de France à Bagdad – de mener cette mission discrètement, sinon selon les modalités de la « diplomatie secrète ». Mais l’Elysée tenait absolument à communiquer pour bien montrer au peuple français que le pouvoir exécutif se souciait, au plus haut point, de sa sécurité.

2) Comme l’a illustré le dernier attentat de l’abruti de la Préfecture de police de Paris, la principale menace terroriste à laquelle est désormais confronté notre pays est principalement endogène et domestique. Elle est le fait de « loups » – plus ou moins solitaires ou en meute -, à la suite de différents processus d’auto-radicalisation numérique ou d’autres formes de recrutement actionnées dans certaines mosquées, madrassas (écoles coraniques) et ONGs islamiques. Une menace persistante concerne le déploiement de l’opération Barkhane (4 500 soldats français) dans la bande sahélo-saharienne. Les groupes jihadistes de cette vaste région disposent de réseaux dormants en Europe et tout particulièrement en France. Par conséquent, la menace terroriste la plus préoccupante ne concerne pas les quelques dizaines jihadistes français cantonnés entre la Syrie et l’Irak (dont une majorité de femmes et d’enfants) mais bien les « radicalisés » qui poussent sur notre propre sol.

3) Plutôt que d’aller quémander à Bagdad, nous aurions pu nous tourner vers les autorités syriennes pour qu’elles jugent elles-mêmes ces jihadistes ayant commis des crimes en Syrie. Mais depuis qu’Alain Juppé a fermé l’ambassade de France à Damas en mars 2012, depuis que Laurent Fabius a fait livrer des armes à la rébellion syrienne et depuis qu’Emmanuel Macron persiste à ne pas rouvrir notre ambassade, il est effectivement bien difficile de reprendre toute espèce de coopération anti-terroriste avec les services syriens.

TROIS MALEDICTIONS

En lisant Tigrane Yégavian, on comprend mieux aussi que l’Orient reste victimes de trois grandes malédictions historiques : imminemment redondante, la première est organiquement liée au pétrole et au gaz, notamment depuis la signature du Pacte du Quincy – premier accord pétrole contre sécurité – (14 février 1945) signé par le président des Etats-Unis Franklin Delano Roosevelt et le roi d’Arabie saoudite Ibn Séoud.

La deuxième s’inscrit dans une géographie qui place l’Orient sur la route des Indes, obsession centrale et durable de l’empire britannique. Et les effets induits par cette malédiction profonde n’en finissent pas de perdurer puisque la plupart des « merdiers actuels » sont bel et bien des séquelles de l’héritage colonial britannique : Palestine, Egypte, Soudan, Irak, Iran, Afghanistan, Inde, Pakistan, Bangladesh, Afrique du Sud, Malouines, Gibraltar, Irlande, Hong Kong et Brexit… Ca fait beaucoup quand même !

La troisième des malédictions de l’Orient est d’avoir été le creuset commun des trois religions du Livre. Celles-ci ont généré d’innombrables « minorités » confessionnelles, politique, théologico-politiques, théocratiques et terroristes ! Et c’est là que Tigrane Yégavian fait merveille en nous rappelant que les tragédies récentes des Yézidis du Sinjar ou des Chrétiens de la plaine de Ninive fuyant l’organisation « Etat islamique », constituent autant de répétitions de 1915 et de la fameuse « Question d’Orient ». En la matière, on a la mauvaise impression que nos grands penseurs du Quai et de l’Elysée sont parfaitement amnésiques et – ce qui serait plus grave – ignorants, oublieux de l’Histoire – et souvent pétris d’une arrogance tellement française !

Revenant sur une « instrumentalisation historique », Tigrane Yégavian puise aux meilleures sources : « L’exploitation des minorités, placées bon gré mal gré au centre d’enjeux géopolitiques par les puissances régionales et internationales, a sapé les fondements séculaires de ces sociétés plurielles, les rendant davantage vulnérables. Telle est la thèse soutenue par l’historien du Proche-Orient Georges Corm, pour qui la perception et la conception des minorités religieuses ou ethniques ont été façonnées par le jacobinisme français2. Suivant cette logique, toute forme de particularisme mettrait en péril l’Etat-nation naissant, une fois les empires multi-ethniques et pluri-confessionnels disparus. Il revient alors aux Etats en mesure de projeter leur puissance de se trouver une communauté dont ils s’érigeront en ‘protecteur’ ».

Plus loin : « un siècle après le génocide des Arméniens, des Assyro-Chaldéens, des Syriaques et des Grecs pontiques perpétré par le gouvernement Jeune turc et parachevé par le pouvoir kémaliste, il convient de proposer un examen critique sur la responsabilité morale accablante des puissances occidentales dont les atermoiements n’ont fait qu’accroître la souffrance de ceux qu’elles prétendaient protéger ».

UNE SERIE D’ABANDONS

L’abandon par la France de territoires comme la Cilicie, les territoires de l’Est, le Sandjak d’Alexandrette, et l’abandon massif du Hakkâri par les Britanniques, constituent autant de plaies béantes dans la mémoire des communautés chrétiennes et de leurs diasporas. Dans ses mémoires, l’officier français Paul du Véou3 – ayant servi en Cilicie dans les rangs de la Légion d’Orient – rappelle : « l’Arménie expire, dit Anatole France, mais elle renaîtra. Après la victoire de nos armées qui combattent pour la justice et la liberté, les Alliés auront de grands devoirs à remplir. Et le plus sacré de ces devoirs sera de rendre la vie aux peuples martyrs, à la Belgique, à la Serbie. Alors ils assureront la liberté et l’indépendance de l’Arménie. Penchés sur elle, ils lui diront : ‘Ma sœur lève-toi’. Deschanel, Briand, Clémenceau, Poincaré, Millerand renouvelaient la promesse solennelle… ».

Citant Aristide Briant : « pour la première fois notre pays s’est trouvé impuissant à poursuivre en Turquie sa mission civilisatrice et à s’y dresser en face de la barbarie de ses gouvernants, mais quand l’heure aura sonné des réparations légitimes, il ne mettra ps en oubli les douloureuses épreuves de la nation arménienne et d’accord avec ses alliés, il prendra les mesures nécessaires pour lui assurer une vie de paix et de progrès ».

Le second acte de la tragédie s’est joué dans l’immédiat après-guerre. Une nouvelle donne s’impose avec la montée en puissance du kémalisme, bien décidé à bouter les troupes étrangères hors d’Anatolie, considéré par les partisans de Mustafa Kémal comme l’ultime sanctuaire de la « turcité ». L’année 1922 parachève en Anatolie occidentale l’entreprise de destruction systématique et programmée de l’élément non-musulman avec la prise de Smyrne par les nationalistes turcs et le martyr de ses populations arméniennes et grecque sous le regard placide des alliés dont les 28 bateaux de guerre restent à quai sans broncher.

Grigoris Balakian4 : « qui pouvait imaginer qu’on fermerait lâchement les yeux sur l’expulsion d’Asie mineure du reste des Chrétiens et que les grands Etats alliés protecteurs des minorités chrétiennes changeraient tout à coup de langage et diraient : ‘qu’est-ce qu’on peut y faire ? Comme la cohabitation avec le Turc n’est plus possible pour vous, il n’y a pas d’autre solution pour vous que de quitter le territoire de l’Etat turc’ ».

Les descendants de l’ancien royaume médiéval arménien (saignés à blanc par les massacres proto-génocidaires de 1895 – 1896, ceux d’Adana en 1909 et le génocide de 1915), avaient placé leurs espoirs en une victoire alliée. Les dispositions de l’accord Sykes-Picot scellent le partage de l’aire syro-mésopotamienne, plaçant sous influence française directe la Cilicie au même titre que la Syrie littorale, les régions d’Alep et de Damas. La suite est malheureusement connue : « les tractations secrètes entre le très turcophile général Gouraud, en poste à Beyrouth depuis novembre 1919, comme Haut-commissaire de la France au Levant et les Kémalistes – considérés hors-la-loi – commencent. De fait, un canal de communication a été ouvert par son prédécesseur Georges Picot qui avait rencontré les dirigeants nationalistes turcs à Konya et à Sivas ».

En avril 1920, la conférence de San Remo statue sur le tracé définitif de la frontière syro-turque qui est déplacée plus au sud, actant l’abandon définitif de Marache. En 1921, la conférence de Londres révise le traité de Sèvres qui projetait la création d’un Etat arménien adossé à un Kurdistan indépendant mais enclavé.

Tigrane Yégavian : « changeant son fusil d’épaule, la France abandonne à leur sort les Arméniens – Grecs et Syriaques. Ce qui fera dire au colonel Brémond que l’histoire de l’abandon de la Cilicie par la France ‘est la digne continuation des trahisons qui ont fait perdre à la France les Indes, le Canada et l’Egypte’. Les officiers français qui ne cautionnent pas cette nouvelle politique sont remerciés ou mutés. La France brade tout sans la moindre contrepartie ou presque : en échange de ses abandons, elle décroche un lot substantiel de consolation : l’établissement d’un ‘régime administratif spécial’ pour la région d’Alexandrette, un transfert de la ligne de chemin de fer de Bozanti-Nousseibine pour un groupe de financiers désigné par Paris. Il n’est pas question de défendre l’intérêt national mais bien celui de quelques groupes capitalistes qui font le pari d’une Turquie nationaliste, pro-occidentale et partenaire économique de la France ».

Cent ans après, les leçons n’ont toujours pas été retenues. La France a fait plus que légitimer, sinon faciliter la concrétisation de la révolution kémaliste. Ce faisant, notre pays s’est retrouvé perdant sur tous les plans. L’indulgence française appréhendée comme une politique d’abdication et de faiblesse aux yeux des Turcs desservira ses véritables intérêts. Situation pour le moins inattendu, à partir de 1922, les intérêts français en Turquie sont systématiquement ciblés : fermeture d’écoles, d’hôpitaux et de missions en Anatolie, confiscations de bien appartenant à des Français, intimidations, gel des avoirs, tout est employé pour encourager le départ des ressortissants français.

GUERRES MARONITES

Le dernier acte de cette série d’abandon se joue en 1938 lorsque Paris cède le Sandjak d’Alexandrette, sans la moindre contrepartie si ce n’est une vague assurance que la Turquie restera à l’écart du conflit qui s’annonce. La suite est aussi connue et cette amputation est encore vécue par les Syriens comme une humiliation. Aux côtés de l’indiscutable et non moins accablante culpabilité morale des Occidentaux, les historiens ne s’attardent que rarement sur un sujet aussi sensible qu’ignoré : la part de responsabilité des élites minoritaires dans leur funeste destin.

La guerre du Liban (1975 – 1990) illustre de manière paroxystique l’impéritie des dirigeants chrétiens, surtout des Seigneurs maronites de la guerre. Les dégâts atteignent des sommets à la fin du conflit lorsque les affrontements inter-chrétiens opposant les partisans du général Aoun aux Forces libanaises de Samir Geagea se poursuivent pendant quatre mois en 1990, faisant plus de 740 morts et 2400 blessés.

Tigrane Yégavian : « à ces blessures viennent se greffer les plaies profondes héritées de la rivalité entre familles et clans maronites (les Frangié au nord, les Gemayel et les Chamoun au Mont-Liban et dans le Chouf). A cet égard, le souvenir de la tuerie d’Ehden5 lorsqu’en 1978 un commando de Phalangistes, conduit par Samir Geagea – futur leader des Forces libanaises – décapitait la famille Frangié ainsi que vingt-huit villageois demeure vivace, sans oublier le meurtre de membres de la famille Chamoun en 1990 »6.

L’auteur conclut cet examen de la responsabilité centrale des élites maronites à leur propre malheur, écrivant pourtant que « les Chrétiens sont pourtant les meilleurs agents du soft-power français en Orient via leur réseau éducatif porteur des valeurs de la francophonie : « nos dirigeants ont-ils saisi l’importance capitale que représente la diffusion du Français à travers les réseaux d’établissements chrétiens ouverts aux élèves musulmans et qui enseignent notre langue dans la région ? » Rien n’est moins sûr, le Quai d’Orsay ayant abandonné depuis longtemps le dossier de la francophonie à ses collaborateurs les plus mineurs…

QUAND L’HISTOIRE BEGAIE

L’autre grand mérite du livre de Tigrane Yégavian est de braquer toute la richesse des filiations historiques – qu’il a savamment reconstituées – en un puissant éclairage des guerres actuelles qui continuent à ravager les Proche et Moyen-Orient. Il y a d’abord un lâchage progressif des Palestiniens depuis la fin de la dernière présidence de Jacques Chirac et la scandaleuse résolution franco-américaine 1559 du conseil de sécurité des Nations unies (septembre 2004), annulant d’un trait de plume près de quarante années de diplomatie gaullienne en Orient7. Traditionnellement, le Quai d’Orsay renvoyait dos à dos les parties israélienne et palestinienne en cas d’attaques et d’attentats, « condamnant la violence d’où qu’elle vienne ». Aujourd’hui, la communication du ministère des Affaires étrangères ne fait même plus cet effort minimal laissant – de plus en plus – carte blanche à la soldatesque israélienne.

Mais le plus déplorable concerne la guerre civilo-globale de Syrie qui a vu notre pays s’aligner sur les Etats-Unis, les pays du Golfe et Israël voulant démanteler la Syrie comme cela fut fait de l’Irak en 2003 et de la Libye en 2011 ! Nicolas Sarkozy, David Cameron et Barack Obama décrétaient que Bachar al-Assad devait partir pour faire place à une rébellion sunnite, inspirée des idéologies wahhabite et des Frères musulmans. François Hollande et Laurent Fabius – qui félicitaient les « p’tits gars de Nosra (Al-Qaïda en Syrie) pour leur « bon boulot » ! Aujourd’hui, les mêmes reconnaissent fièrement avoir livré des « armes modernes » à la rébellion syrienne « modérée », « laïque » et « démocratique », notamment à l’Armée syrienne libre (ASL), qui constituait l’anti-chambre des groupes jihadistes animés des mêmes mots d’ordre que les assassins ayant sévit dans les rues de Paris, que les terroristes qui tirent sur nos soldats déployés dans la bande sahélo-saharienne. Quelle diplomatie !

La honte – une honte indicible – nous submerge lorsque des Chrétiens de Syrie (Grecs-orthodoxes, Maronites, Syriaques ou autres) et d’autres membres des minorités alaouites, chi’ites et autres nous interpellent pour nous demander pourquoi les autorités françaises soutiennent tellement les factions islamistes qui cherchent à leur faire quitter le pays… Répétons : pourquoi les autorités françaises ont-elles livré des armes à des factions jihadistes criminelles obsédées par le renversement du gouvernement de Syrie ? Pourquoi, après avoir cédé le Sandjak d’Alexandrette à la Turquie, les autorités françaises veulent-elle favoriser l’arrivée des Frères musulmans au pouvoir à Damas ?

Dans le même ordre d’idées – à Paris – les dernières pantalonnades en kurdolâtrie rajoutent une couche d’ignorance et de fausses solidarités clairement opposées aux intérêts vitaux de notre pays. Que Bernard-Henri Lévy soutienne le « Rojava » – pure invention idéologico-géographique -, rien d’étonnant puisque les factions kurdes du YPG sont les meilleurs amis des services spéciaux israéliens. Mais que le Quai d’Orsay et l’Elysée lui emboitent le pas est d’autant plus inquiétant, d’autant que le déploiement de 500 soldats de nos forces spéciales dans ce même « Rojava » n’a jamais fait l’objet de quelque discussion ni évaluation parlementaire… Là-encore la question se pose : pour quels intérêts français cette opération extérieure très onéreuse a-t-elle été diligentée ?

Sur ce dossier aussi le livre de Tigrane Yégavian est des plus précieux puisqu’il nous explique que les mêmes factions kurdes « divinisées » se comportent de façon radicalement liberticide dans les régions sous leur contrôle. Elles n’hésitent pas à déporter des villages chrétiens et alaouites entiers lorsque ceux-ci ne se plient pas à leurs injonctions théologico-politiques.

L’auteur de Minorités d’Orient – Les oubliés de l’Histoire conclut : « les milieux germanopratins, l’essayiste Bernard-Henri Lévy en tête, ont voulu projeter sur la cause kurde, un miroir fantasmé de « l’Islam des lumières ». A en croire toute cette littérature engagée, les Kurdes, maintes fois trahis par leurs alliés occidentaux, constitueraient l’ultime rempart de la civilisation contre la barbarie jihadiste. Ce soutien unanime transcende les clivages politiques ; si les dirigeants français ne soutiennent pas les Kurdes pour les mêmes raisons, ils ont en partage une certaine myopie doublée d’une méconnaissance du sens tragique de l’histoire… ».

Redisons-le : on recommande chaleureusement – bien-sûr – la lecture de ce livre essentiel pour la compréhension de l’Orient à tous nos amis, mais aussi à Jean-Yves Le Drian…
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Bonne lecture et à la semaine prochaine.

Richard Labévière
21 octobre 2019

1 Tigrane Yégavian : Minorités d’Orient. Les oubliés de l’Histoire. Editions du Rocher, septembre 2019.
2 Georges Corm : Géopolitique des minorités au Proche-Orient. In Hommes et Migrations, Numéros 1172 – 1173 – Minorités au Proche-Orient, janvier/février 1994.
3 Paul du Véou : La Passion de la Cilicie 1919-1922. Editions Geuthner, 1954.
4 Grigoris Balakian : Le Golgotha arménien, traduit de l’Arménien par Hratch Bédrossian – Chamigny, Le Cercle d’écrits caucasiens, 2018.
5 Richard Labévière : La Tuerie d’Ehden ou la Malédiction des Arabes chrétiens. Editions Fayard, juin 2009.
6 Régina Sneifer : Guerres maronites. Editions de l’Harmattan, 1994. Et, Une Femme dans la tourmente de la Grande Syrie – D’après les mémoires de Juliette Antoun Saadé. Préface de Georges Corm. Editions Riveneuve, août 2019.
7 Richard Labévière : Le Grand retournement – Bagdad-Beyrouth. Editions du Seuil, 2006.

https://prochetmoyen-orient.ch/outre-les-kurdes-dechiffrer-les-minorites-dorient/

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Les Kurdes sont confrontés à de sombres options après le retrait des États-Unis

Les Kurdes sont confrontés à de sombres options après le retrait des États-Unis

Oubliez un Kurdistan indépendant : Les Kurdes devront peut-être conclure un accord avec Damas pour partager leur région avec les réfugiés arabes sunnites.

Par Pepe EscobarMondialisation.ca, 18 octobre 2019Région : Moyen-Orient et Afrique du NordThème: Guerre USA OTANAnalyses: SYRIE

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Dans les annales des tweets explosifs de Trump, celui-ci est tout simplement stupéfiant : ici, nous avons un président des États-Unis qui révèle l’intervention de 8 billions de dollars au Moyen-Orient pour une guerre sans fin basée sur une « fausse prémisse ». Pas étonnant que le Pentagone ne rigole pas.

Le tweet de Trump fragmente le spectacle géopolitique surréaliste de la Turquie attaquant un territoire syrien de 120 kilomètres de long à l’est de l’Euphrate pour en expulser les Kurdes syriens. Même après que le président turc Recep Tayyip Erdogan ait approuvé avec Trump les termes de l’opération Orwellienne nommée « Opération Printemps de la Paix », Ankara peut maintenant être confrontée au risque de sanctions économiques étasuniennes.

Le récit occidental prédominant attribue aux Forces Démocratiques Syriennes (FDS), principalement kurdes, le combat et la défaite de l’État Islamique (EI), également connu sous le nom de Daesh. Les FDS sont essentiellement une collection de mercenaires travaillant pour le Pentagone contre Damas. Mais de nombreux citoyens syriens affirment que l’EI a en fait été vaincue par l’Armée Arabe Syrienne (AAS), l’expertise aérienne et technique russe et les conseillers et forces spéciales de l’Iran et du Hezbollah.

Bien qu’Ankara puisse considérer les Kurdes du YPG – les « Unités de Protection du Peuple » – et le PKK comme des « terroristes » (dans le cas du PKK aligné sur Washington), l’Opération Printemps de la Paix n’a dans le principe rien à voir avec un massacre des Kurdes.

Les faits sur le terrain permettront de savoir si l’offensive turque a été marquée par le nettoyage ethnique. Il y a un siècle, peu de Kurdes vivaient dans ces régions, peuplées principalement d’Arabes, d’Arméniens et d’Assyriens. Ce n’est donc pas un nettoyage ethnique sur des terres ancestrales. Mais si l’on en croit la ville d’Afrin, les conséquences pourraient être graves.

Dans ce mélange étourdissant, entre en jeu un possible et rude pacificateur : la Russie. Moscou avait auparavant encouragé les Kurdes syriens à parler à Damas pour empêcher une campagne turque – en vain. Mais le ministre des Affaires étrangères Sergey Lavrov n’abandonne jamais. Il a maintenant déclaré : « Moscou demandera le début des pourparlers entre Damas et Ankara« . Les liens diplomatiques entre la Syrie et la Turquie sont rompus depuis sept ans.

Alors que le Printemps de la Paix roule pratiquement sans opposition, le général kurde Mazloum Kobani Abdi a fait monter les enchères, déclarant aux Étasuniens qu’il devra conclure un accord avec Moscou pour une zone d’exclusion aérienne pour protéger les villes et villages kurdes contre les forces armées turques. Les diplomates russes, officieusement, disent que cela n’arrivera pas. Pour Moscou, le Printemps de la Paix est considéré comme « le droit de la Turquie à assurer sa sécurité« , selon les termes du porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov. Tant que cela ne se transforme pas en catastrophe humanitaire.

Pas de Kurdistan indépendant

Du point de vue de Washington, tout ce qui se passe dans le spectre instable Iran-Irak-Syrie-Turquie est soumis à deux impératifs : 1) géopolitiquement, briser ce qui est considéré régionalement comme l’axe de résistance : L’Iran, l’Irak, la Syrie, le Hezbollah ; et 2) géostratégiquement, empêcher l’intégration de l’Initiative Ceinture et Route dirigée par les Chinois en Irak et en Syrie, sans parler de la Turquie.

Quand Erdogan a fait remarquer que le sommet trilatéral d’Ankara le mois dernier a été « productif« , il déclarait essentiellement que la question kurde avait été réglée par un accord entre la Russie, la Turquie et l’Iran.

Les diplomates ont confirmé que le Comité Constitutionnel Syrien travaillera d’arrache-pied à la mise en place d’une fédération, ce qui implique que les Kurdes devront retourner à Damas. Téhéran pourrait même jouer un rôle dans l’apaisement des choses, car les Kurdes iraniens sont également devenus très actifs au sein du commandement des YPG.

En fin de compte, il n’y aura pas de Kurdistan indépendant – comme l’indique une carte publiée précédemment par l’agence de presse Anadolu.

Du point de vue d’Ankara, l’objectif de l’Opération Printemps de la Paix fait suite à ce qu’Erdogan avait déjà annoncé au Parlement turc, à savoir organiser le rapatriement de pas moins de deux millions de réfugiés syriens vers un ensemble de villages et de villes répartis sur une zone de sécurité de 30 km de large sous la direction de l’armée turque.

Pourtant, rien n’a été dit sur ce qu’il advient d’un million et demi de réfugiés supplémentaires, 1,6 million présumés également en Turquie.

Les menaces kurdes visant à libérer le contrôle de 50 prisons détenant au moins 11 000 djihadistes de l’EI/Daesh ne sont que cela, des menaces. Il en va de même pour le camp de détention d’al-Hol, qui abrite 80 000 membres de familles de l’EI, un chiffre stupéfiant. S’ils étaient relâchés, ces djihadistes s’en prendraient aussitôt aux Kurdes.

Elijah Magnier, ancien correspondant de guerre et analyste des risques, résume parfaitement les vœux pieux des Kurdes par rapport aux priorités de Damas, Téhéran et Moscou :

Les Kurdes ont demandé à Damas, en présence de négociateurs russes et iraniens, de leur permettre de garder le contrôle des très riches gisements pétroliers et gaziers qu’ils occupent sur un peu moins du quart du territoire syrien. En outre, les Kurdes ont demandé qu’on leur donne le contrôle total de l’enclave à la frontière avec la Turquie sans aucune présence ou activité de l’armée syrienne. Damas ne veut pas jouer le rôle de garde-frontière et souhaite reprendre le contrôle de tout le territoire syrien. Le gouvernement syrien veut mettre fin aux accommodements que les Kurdes offrent aux États-Unis et à Israël, comme cela a été le cas pour les Kurdes d’Irak.

Les options pour les Kurdes des YPG sont claires. Ils réalisent lentement qu’ils ont été utilisés par le Pentagone comme mercenaires. Soit ils deviennent membres de la fédération syrienne, renonçant à une certaine autonomie et à leurs rêves hyper-nationalistes, soit ils devront partager la région où ils vivent avec au moins deux millions de réfugiés sunnites arabes relocalisés sous la protection de l’armée turque.

La fin du rêve est proche. Dimanche, Moscou a négocié un accord selon lequel, les villes frontalières clés de Manbij et Kobane, dominées par les Kurdes, retournent sous le contrôle de Damas. Les forces turques devront donc reculer, faute de quoi elles seront directement confrontées à l’Armée Arabe Syrienne. L’accord qui change la donne doit être interprété comme un premier pas vers le retour de l’ensemble du nord-est de la Syrie sous le contrôle de l’État.

Le bilan géopolitique met en évidence un sérieux clivage au sein de l’accord d’Ankara. Téhéran et Moscou – sans parler de Damas – n’accepteront pas l’occupation turque de près d’un quart du territoire syrien souverain et riche en énergie, en remplacement de ce qui était de facto une occupation étasunienne. Les diplomates confirment que Poutine a souligné à plusieurs reprises à Erdogan l’impératif de l’intégrité territoriale syrienne. L’agence de presse syrienne SANAa qualifié le Printemps de la Paix « d’acte d’agression ».

Ce qui nous amène à Idlib. Idlib est une province pauvre et rurale peuplée de djihadistes salafistes ultra durs – la plupart d’entre eux sont liés à une myriade d’incarnations successives de Jabhat al-Nusra, ou Al-Qaïda en Syrie. En fin de compte, Damas, avec l’appui de la puissance aérienne russe, finira par nettoyer Idlib, générant une vague supplémentaire de réfugiés. En plus d’investir dans sa zone de sécurité au Kurdistan syrien, ce qu’Erdogan essaie d’empêcher, c’est un exode supplémentaire de 3,5 millions de sunnites, pour la plupart hardcore, en Turquie.

L’historien turc Cam Erimtan m’a ditn comme il l’explique dans cet essai, qu’il s’agit du conflit entre le « municipalisme libertaire » post-marxiste de l’axe turco-syrien PKK/PYD/YPG/YPJ et la marque de l’Islam défendu par le parti AKP de Erdogan :

« La fusion enivrante de l’islamisme et du nationalisme turc, qui est devenue la marque de fabrique et la monnaie commune de l’AKP dans la Nouvelle Turquie, fait que les Kurdes de Syrie, en tant que groupe social, sont désormais universellement identifiés comme les ennemis de l’Islam« . Ainsi, ajoute Erimtan, « les Kurdes ont maintenant pris la place d’Assad comme ennemi impie à côté qui doit être vaincu« .

Sur le plan géopolitique, le point crucial reste qu’Erdogan ne peut se permettre de s’aliéner Moscou pour une série de raisons stratégiques et économiques, allant du gazoduc Turk Stream à l’intérêt d’Ankara d’être un noeud actif de l’Initiative Ceinture et Route ainsi que de l’Union Économique Eurasienne et de devenir membre à part entière de l’Organisation de Coopération de Shanghai, tous axés sur l’intégration eurasienne.

Le gazoduc Turk Stream

Gagnant-gagnant

Et alors que la Syrie s’effondre, l’Irak se calme.

Le Kurdistan irakien vit un monde à part et n’a pas été touché par les protestations irakiennes, motivées par de véritables griefs contre le marécage de la politique corrompue au cœur de Bagdad. Les détournements ultérieurs pour un programme géopolitique spécifique étaient inévitables. Le gouvernement affirme que les forces de sécurité irakiennes n’ont pas tiré sur les manifestants. C’était le travail des tireurs d’élite.

Des hommes armés en cagoules ont attaqué les bureaux de nombreuses chaînes de télévision à Bagdad, détruisant le matériel et les installations de diffusion. En outre, des sources iraquiennes m’ont dit que des groupes armés visaient des infrastructures vitales, comme les réseaux et les centrales électriques, en particulier à Diwaniyah, dans le sud. Cela aurait plongé tout le sud de l’Irak, jusqu’à Bassorah, dans l’obscurité, déclenchant ainsi de nouvelles protestations.

L’analyste pakistanais Hassan Abbas a passé 12 jours à Bagdad, Najaf et Karbala. Il a déclaré que la police fortement militarisée s’est occupée des protestations, « optant pour l’usage de la force dès le départ – une mauvaise stratégie« . Il a ajouté : « Il y a 11 forces de l’ordre différentes à Bagdad avec différents uniformes – la coordination entre elles est extrêmement faible dans des circonstances normales« .

Mais surtout, a souligné Abbas :

« Beaucoup de gens à qui j’ai parlé à Karbala pensent que c’est la réponse étasunienne à l’inclinaison irakienne vers la Chine« .

Cela correspond tout à fait à cette analyse exhaustive.

L’Irak n’a pas suivi les sanctions – illégales – de l’administration Trump sur l’Iran. En fait, elle continue d’acheter de l’électricité à l’Iran. Bagdad a finalement ouvert le poste frontière crucial entre l’Irak et la Syrie d’Al-Qaem. Le Premier ministre Adel Abdel Mahdi veut acheter des systèmes de missiles S-400 à la Russie.

Il a également déclaré explicitement Israël responsable du bombardement de cinq entrepôts appartenant au Hashd al-Shaabi, les unités de mobilisation populaire. Et non seulement il a rejeté l’accord du siècle conclu par l’administration Trump entre Israël et la Palestine, mais il a également essayé de faire office de médiateur entre l’Iran et l’Arabie Saoudite.

Et puis il y a – quoi d’autre ? – la Chine. Lors d’une visite d’État à Pékin le 23 septembre, Mahdi a conclu un accord « gagnant-gagnant » : de nombreux approvisionnements pétroliers ont été négociés avec des investissements dans la reconstruction de l’infrastructure. Et l’Irak sera un nœud certifié de l’Initiative Ceinture et Route (BRI), avec le président Xi Jinping vantant un nouveau « partenariat stratégique Chine-Irak ». La Chine envisage également d’entreprendre des travaux post-reconstruction en Syrie pour en faire un nœud clé des Nouvelles Routes de la Soie.

Ce n’est pas fini tant que la grosse dame (chinoise) chante en faisant des affaires. Pendant ce temps, Erdogan peut toujours chanter sur l’envoi de 3,6 millions de réfugiés en Europe.

Ce qui se passe, c’est une quadruple victoire. Les États-Unis effectuent un retrait pour sauver la face, que Trump peut vendre en évitant un conflit avec la Turquie alliée de l’OTAN. La Turquie a la garantie – par les Russes – que l’armée syrienne contrôlera la frontière turco-syrienne. La Russie empêche l’escalade de la guerre et maintient en vie le processus de paix russo-irano-turc. Et la Syrie finira par reprendre le contrôle de ses gisements de pétrole et de l’ensemble du nord-est.

Pepe Escobar

Article original en anglais :

Kurds Face Stark Options after US Pullback from Northern Syriapublié le 15 octobre 2019

Cet article a été publié initialement en anglais par Asia Times

Traduction par Réseau International

Source de la photo en vedette: flickr.comLa source originale de cet article est Mondialisation.caCopyright © Pepe Escobar, Mondialisation.ca, 2019

https://www.mondialisation.ca/les-kurdes-sont-confrontes-a-de-sombres-options-apres-le-retrait-des-etats-unis/5637953

L’oeil de Moscou au sein de l’Union Africaine

L’oeil de Moscou au sein de l’Union Africaine

By Nicolas Beau -19 octobre 2019

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D’après le site « Africa Intelligence », l’Algérien Smaïl Chergui, un des hommes forts de l’Union Africaine à la tète de la puissante commission « Paix et Sécurité « , est mis en cause par Djibouti pour ses liens avec la Russie.

Ancien ambassadeur de l’Algérie en Russie, Smaïl Chergui a conservé au sein de l’Union Africaine où il anime la puissante commission « Sécurité et Paix » des liens étroits avec Moscou. Les accusations du pouvoir de Djibouti ne sont pas une surprise. C’est Chergui qui dans les coulisses a favorisé encore récemment les accords de Khartoum où on a vu, sous l’égide de la diplomatie russe, les groupes armés centrafricains signer des accords avec le pouvoir de Bangui.

L’offensive diplomatique russe

Malgré les mises en cause actuelles, ce diplomate brillant a peu de chances de voir sa position réellement menacée. Même affaiblis en raison des incertitudes politiques de leur pays, les Algériens feraient du départ éventuel du diplomate de l’Union Africaine un « casus belli ».

L’activisme récent de Vladimir Poutine en Afrique, de la Centrafrique au Mozambique, assure également à ce diplomate algérien une solide assurance vie au sein de l’Union Africaine. On peut imaginer que lors du sommet Afrique-Russie qui se réunit à Sotchi la semaine prochaine que Chergui sera encore omniprésent.

https://mondafrique.com/union-africaine-smail-chergui-critique-pour-ses-liens-avec-la-russie/

Ukraine : Zelenskii en chute libre

Ukraine : Zelenskii en chute libre


Par The Saker − Le 16 octobre 2019 − Source thesaker.is via Unz Review

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Eh bien, cela n’a pas pris trop longtemps. Permettez-moi de résumer ce qui vient de se passer en Ukraine.

Tout semblait si prometteur et puis tout à coup…

Premièrement, Trump, Macron et Merkel ont apparemment dit à Zelenskii qu’il devait signer la formule dite de Steinmeier, qui décrit en gros la séquence des mesures de renforcement de la confiance et de désescalade prévues par les accords de Minsk. Maintenant, vous seriez excusé de penser que c’est la moindre des choses. Après tout, les accords de Minsk ont ​​été ratifiés par le Conseil de sécurité – ce qui les rend obligatoires, pas de «si» ou de «mais» à ce sujet ! – et c’est Porochenko qui avait accepté la formule de Steinmeier. Zut alors ! En 2016, Porochenko n’avait certainement pas de problème avec ça, mais en 2019, il qualifie la même formule d’invention russe et prétend qu’il n’existe pas de formule de Steinmeier.

Alors, quel est le problème?

Le problème c’est les « nazis qui n’existent pas »

Le problème de Zelenskii peut être résumé en une phrase simple : les nazis n’existent pas. Eh bien, au moins dans le passé, tous les néo-nazis et les haïsseurs de Juifs essayaient constamment de nous convaincre qu’il n’y avait pas de nazis en Ukraine ; apparemment, mon utilisation du terme Ukronazi les a vraiment fait sortir du bois. Viennent ensuite les élections au cours desquelles une majorité absolue d’Ukrainiens rejette la volonté de Porochenko de prendre le sentier de la guerre et votent pour Zelenskii. Si le peuple ukrainien a voté en masse pour élire un juif opposé à la guerre, et en faveur de la paix, cela montre que les Ukronazis ne constituent qu’une petite minorité d’individus marginaux, n’est-ce pas ?

Eh bien c’est faux ! Complètement faux !

Et si ceux qui blanchissaient les nazis ukrainiens – manifestement pour dissimuler leur idéologie et leur pouvoir réels – avaient prêté une plus grande attention, ils auraient vu les signes d’un véritable pouvoir nazi tout au long de cette élection.

Tout d’abord, il y a eu un changement de ton remarquable dans la rhétorique de Zelenskii. Comme beaucoup de politiciens – y compris Trump ! – il a radicalement changé de ton et a clairement tenté de dire une chose en s’adressant au grand public ukrainien et une autre en rencontrant les nazis ou les exilés nationalistes aux États-Unis.

On pourrait dire qu’il existe en Ukraine un «État profond nazi» qui, à l’instar des autres États profonds, peut résister à tout président élu et réaffirmer rapidement son contrôle sur lui.

Vous ne me croyez pas quand je dis qu’il a effectivement accueilli la «minorité marginale» des Ukronazis ? Alors, voyez par vous-même :

Zelenskii-negotiates-with-Skinheads

Sur la photo ci-dessus, Zelenskii est assis avec un gang typique de skinheads ukronazis, y compris des membres du tristement célèbre escadron de la mort, le bataillon Azov, et il s’efforce vraiment de les charmer après qu’ils l’ont menacé publiquement d’un nouveau Maidan.

Et ce n’est pas un cas isolé ou un coup de chance.

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Le Premier ministre de Zelenskii, Oleksiy Honcharuka, a assisté à un concert du groupe de musique «Scream», ouvertement nazi, dénommé Sekira Peruna et a remercié la foule d’anciens combattants de «l’opération antiterroriste» – c’est-à-dire les voyous des escadrons de la mort ukronazis – pour leur présence et pour avoir sauvé l’Ukraine. Je n’ai trouvé aucune traduction en anglais des paroles typiques de Sekira Peruna, mais je vous assure qu’elles contiennent toutes les absurdités obligatoires sur lesquelles repose l’idéologie nazie –  voir ici un très bon article avec plus de détails sur ce concert et les nazis impliqués.

Découvrez à quoi ressemblent leurs affiches de concert – voir ci-dessus à droite – ou, mieux encore, visitez le site Web de ce groupe.

J’en ai assez dit, je pense.

Que se passe-t-il ?

En gros, exactement ce que j’avais prédit, dès que Zelenskii a été élu, dans mon article «Le dilemme de Zelenskii, ci-devant président ukrainien» dans lequel j’écrivais :

L'Ukraine, occupée, par les nazis n'est pas une démocratie, mais une ploutocratie associée à une ochlocratie. Les oligarques sont toujours là, de même que les foules et les escadrons de la mort néo-nazis. Et cela crée un immense problème pour Zelenskii : cette nouvelle Rada [Parlement] pourrait bien représenter les vues de la majorité du peuple ukrainien, mais le vrai pouvoir dans le pays ne se concentre pas du tout dans la Rada : il est dans la rue (…) Les Ukrainiens veulent désespérément la paix. Pour le moment, la Rada reflète ce fait extrêmement important. Je dis «pour le moment» car ce qui va se passer ensuite, c’est que les différentes forces et individus qui soutiennent actuellement Zelenskii l’ont fait pour obtenir le pouvoir. Ils n'ont toutefois pas de plate-forme idéologique commune, ni même de programme commun. Dès que les choses iront à vau l'eau - ce qui est inévitable - beaucoup (la plupart?) se retourneront contre Zelenskii et se rangeront avec celui qui pourra rassembler la plus grande foule et infliger le plus de violence.

Maintenant qu’il a été élu, Zelenskii a adopté quasi-instantanément le même discours que celui qui a conduit Porochenko à être si sévèrement battu. Pourquoi ? Parce que Zelenskiii craint que les foules et les escadrons de la mort néo-nazis ne se déchaînent contre lui à la toute première occasion. En fait, les néo-nazis ont déjà commencé à promettre un nouveau Maidan. La vérité est que Zelenskii doit choisir entre agir selon la volonté du peuple et faire face à la colère des néo-nazis ou faire la volonté des néo-nazis et faire face à la colère du peuple : pas de troisième voie ! Jusqu'à présent, Zelenskii a apparemment décidé que tout ce qu'il allait faire s'était parler, tout simplement parce que ses victoires électorales triomphantes l'avaient conduit au milieu d'un immense champ de mines et que toute mesure qu'il prendrait désormais pourrait lui coûter très cher. À l'heure actuelle, à court terme, les foules néonazies représentent un danger beaucoup plus grand pour Zelenskii que le peuple, désorganisé, démoralisé et généralement apathiques. Mais cela changera inévitablement avec l’aggravation de la situation économique et politique.

Nous voyons exactement ce scénario se dérouler sous nos yeux. Zelenskii a fait non pas un, mais trois pas très réels, même si ce sont des petits pas. Tout d’abord, il a ordonné le retrait de quelques forces armées ukrainiennes régulières sur  quelques segments importants de la ligne de contact, puis il a accepté un échange de prisonniers relativement mineur et a finalement ordonné à la délégation ukrainienne de signer la formule de Steinmeier. L’échange de prisonniers s’est bien déroulé des deux côtés. Les Ukronazis ont rapidement rejeté catégoriquement tout retrait de l’armée et ils ont publiquement promis de réoccuper immédiatement tout village laissé vacant par l’armée régulière et ils ont rejeté ce qu’ils appellent la formule «russe» ou «Poutine». Jusqu’à présent, il y a eu quelques tentatives pour bloquer les voyous du bataillon Azov, mais après quelques affrontements mineurs, le bataillon Azov a franchi la ligne de la police. Et maintenant, les nazis ont organisé des manifestations de masse dans 300 villes ukrainiennes. Je pourrais poster beaucoup de vidéos ici, mais cela prendrait trop de place. Si vous voulez avoir une idée de ce qui s’est passé aujourd’hui, allez sur YouTube et copiez-collez la requête de recherche suivante “протесты в украине” : vous pourrez facilement obtenir de nombreuses heures de vidéo et vous n’avez même pas besoin de savoir un mot d’ukrainien pour comprendre immédiatement.

Il y a un autre facteur très important que vous ne verrez presque jamais dans ces vidéos ou dans aucune déclaration publique, à savoir qu’un certain nombre d’affaires civiles et même pénales sont actuellement en cours de procès en Ukraine contre une foule de responsables de l’ancien régime, y compris même contre Porochenko – 11 à 14 enquêtes distinctes pour lui déjà ! Ces hommes : Porochenko, Parubii, Turchinov, etc. n’ont plus d’autre choix que d’essayer de renverser Zelenskii.

Tout comme aux États-Unis, où les Démocrates ont besoin d’un coup contre Trump – sous la forme d’une mise en accusation ou autre chose – car le gang Clinton-Biden risque désormais une peine de prison ferme. Les anciens dirigeants ukronazis ont désormais besoin d’un coup contre Zelenskii pour éviter d’aller en prison.

Au début, il semblait que Trump avait donné à Porochenko des garanties de sécurité personnelle, mais tout le monde sait combien valent les «garanties» de sécurité du président américain – demandez aux Kurdes ! Donc, Porochenko n’a pas fui le pays. Il semble maintenant que certaines des personnes derrière Zelenskii – alias Kolomoiskii – cherchent à avoir la peau du «clan Poroshenko & Associés» – Porochenko doit renverser Zelenskii ou s’enfuir à l’étranger. Il y a aussi des rumeurs selon lesquelles «l’État profond» américain, par opposition à l’administration Trump, fait maintenant pression sur Zelenskii pour qu’il mette fin à ces enquêtes. Ainsi, la bataille actuelle entre Trump et les néocons avec leur «État profond» s’est étendue à l’Ukraine et il semble que divers groupes d’intérêts américains installent maintenant des représentants ukrainiens locaux qu’ils utiliseront dans leur lutte les uns contre les autres.

En outre, de vraies opportunités se présentent maintenant, permettant aux procureurs ukrainiens d’ouvrir des enquêtes sur toutes sortes de questions précédemment enfouies, notamment :

  1. Une véritable enquête officielle pour découvrir qui a ouvert le feu sur la police et les manifestants lors de l’Euromaidan
  2. la catastrophe du vol MH-17
  3. Les atrocités des Ukronazis dans le Donbass
  4. Les violations des droits de l’homme en Ukraine, où plus de 1 000 prisonniers politiques sont toujours détenus, à commencer par d’innombrables cas de tortures horribles infligées à des détenus dans des camps secrets de la CIA, notamment à Mariupol.
  5. Le rôle de Porochenko dans la «provocation du pont de Crimée»
  6. Tous les nombreux meurtres de journalistes et d’opposants aux nazis, à commencer par le meurtre d’Oles Buzina
  7. Une liste quasi infinie de profiteurs de guerre, de corruption, de fraudes, etc. etc. etc.

En termes simples : il n’y a aucun moyen pour les Ukronazis de rester inertes et de laisser ces enquêtes se poursuivre. Et s’il est vrai que les nazis sont numériquement une petite minorité en Ukraine, ils sont assez nombreux pour terroriser Zelenskii et ses collaborateurs, d’autant plus qu’ils sont bien armés, possèdent – pour beaucoup d’entre eux – une expérience du combat en première ligne et sont disposés, non seulement à se livrer à une violence «régulière», mais également à commettre des atrocités et à se livrer à des activités terroristes – ils ont fait beaucoup des deux dans le Donbass.

Zelenskii a un certain nombre de choses pour lui : premièrement, le mandat du peuple, bien que sa popularité soit déjà passée de 73% à 66% ce qui reste toujours très important, ses prérogatives légales en tant que Président et Commandant en chef, et le soutien du puissant réseau de relations internationales de Kolomoiskii, en particulier en Israël.

Mais tout cela est plutôt théorique jusqu’à présent.

Tout ce que Zelenskii a fait, en plus d’accueillir les skinheads dans son bureau, était de faire une interview de 14 heures avec un groupe de journalistes. Oui, quatorze heures. Hélas, tout ce qu’il a réussi à faire a été de montrer qu’il est bien meilleur acteur que politicien. En fait, la plupart des experts semblent convenir que son rôle de président Zelenskii est un échec total, qu’il parle beaucoup, dit beaucoup de bêtises quand il le fait et semble être absolument incapable de prendre des mesures concrètes.

Au moment de l’écriture de ce texte, le mercredi 16, le chef des Ukronazis a donné à Zelenskii dix jours pour se plier à toutes les demandes de l’opposition. Sinon, il a promis de déclencher un nouveau Maidan et d’amener des millions de personnes dans les rues.

Oups. Les minuscules, marginaux et autres nazis, par ailleurs inexistants, ont maintenant lancé un ultimatum à Zelenskii.

Zelenskii est en chute libre : Trump, Macron et Merkel exigent qu’il se conforme aux décisions du Conseil de Sécurité de l’ONU, aux accords de Minsk et à la formule de Steinmeier. Les Russes ont clairement indiqué qu’à moins que des progrès tangibles et réels ne soient réalisés dans la mise en œuvre de cette formule, il n’y aura rien d’autre à discuter. L’Ukraine est fondamentalement en faillite et a désespérément besoin du charbon novorussiens et du gaz russe. En outre, seule la suppression des barrières et des boycotts autodestructeurs imposés par l’ancien régime contre tout commerce ou même toute communication avec la Russie pourrait commencer à relancer l’économie de ce qui est clairement un État défaillant.

Pourtant, les nazis s’opposeront à toute mesure de ce type, avec violence si nécessaire. Quant à Zelenskii, il semble qu’il soit dans une situation perdante :   peu importe ce qu’il fera par la suite, la situation ne fera qu’empirer. Ainsi, le résultat le plus probable de tous ce processus sera, à court terme, de nouvelles tentatives vaines de Zelenskii d’apaiser les nazis, s’aliénant ainsi la population en général, à moyen terme un affrontement violent suivi, à long terme, d’une scission, probablement inévitable de l’Ukraine en entités distinctes beaucoup plus viables.

The Saker

Mise à jour : Je viens d’apprendre que l’Ukraine demande maintenant

  1. Que les républiques du Donbass, LNR / DNR se dissolvent elles-mêmes
  2. Qu’elles sortent de la zone rouble et reviennent à la Hrivna [Monnaie Ukrainienne, NdSF]
  3. Qu’elles dissolvent les forces militaires locales
  4. Et enfin que Kiev récupère le contrôle total de la frontière des républiques LNR / DNR avec la Russie.

Eh bien, bonne chance avec ça, les gars ! J’espère qu’ils ne retiennent pas leur souffle. En fait ils ne cherchent pas à le retenir, ils essaient juste de trouver un prétexte pour se soustraire à leurs obligations juridiques et politiques …

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/ukraine-zelenskii-en-chute-libre

Pourquoi Trump a envoyé Zelensky à Poutine

Enfants du DonbassAUTEUR BUREAU D’ÉDITION « MONDE » 19/10/2019 12:00

Pourquoi Trump a envoyé Zelensky à Poutine

MONDE » EX-URSS » UKRAINE

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Pourquoi le processus de réconciliation en Ukraine semble-t-il avoir commencé, à partir des accords signés, mais s’est-il arrêté et s’est-il inversé? Vladimir Zelensky et le reste de la compagnie de ce théâtre de marionnettes peuvent-ils néanmoins répondre aux attentes des électeurs et mettre fin à la guerre? Quelle pression de quel Karabass-drumas sur quel pinocchio faut-il?0COMMENTAIRES3PARTAGÉ
Où la formule de Steinmeier mènera-t-elle l’Ukraine?

À propos de cette « Pravda.Ru » a déclaré le politologue et économiste ukrainien Alexander Dudchak .

Lire le début de l’interview:

Formule Steinmeier – Parler sans agir

Expert: seulement le Donbass – véritable Ukraine légale

Politologue ukrainien: pour « la formule de Steinmeier » à Kiev – « deux »

– Pourtant, apparemment, certains conservateurs occidentaux ont insisté très sérieusement sur Zelensky afin qu’il résolve d’une manière ou d’une autre les problèmes avec Vladimir Poutine, comme l’a dit Trump: « Ça marche bien. Laissons-le résoudre. » Quelle pression penses-tu que c’est? Sera-t-il suffisant pour les autorités ukrainiennes non seulement de signer des accords pour mettre fin à la guerre avec leur propre peuple, mais également de les respecter, même si elles tentent au moins d’une manière ou d’une autre de les réaliser?

– On espère néanmoins que Zelensky sera soutenu par des forces saines. Je ne pense pas qu’il soit utile de percevoir Zelensky comme un acteur indépendant. Ceci est juste une série de quelques Pinocchio, derrière lesquels se trouve Karabas Drumas.

– Est-ce Kolomoisky ou quelqu’un d’autre?

– Kolomoisky y compris. Ce sont des gens pragmatiques. Ils n’ont pas tant besoin de sang que de profit. Pour ce faire, ils pourraient faire des compromis importants et, en général, établir des relations économiques. Mais, apparemment, alors que le projet construit par Peter Alekseevich convient au nouveau gouvernement.

Ils ne font que changer les gens et la direction dans laquelle ce profit coule. Je voudrais qu’ils gagnent encore une vie paisible. Qu’ils soient mis en avant des conditions qu’ils ne peuvent pas refuser, qu’un compromis soit atteint ou non, il est très difficile de parler.

Ce qui est maintenant déclaré dans la ligne de démarcation n’en satisfait pas beaucoup, mais cela suggère qu’il s’agit d’un compromis. Parce que, si une partie l’aimait, l’un d’eux voulait dire que ce serait loin d’être un compromis. Lorsque les deux parties sont insatisfaites, il ne fait que confirmer qu’il s’agit d’un compromis très difficile, mais il mérite l’attention et mérite d’être examiné.

Après tout, les émotions qui étaient sur le visage de Zelensky lorsque Trump l’a envoyé à Poutine étaient probablement sincères. Et une telle direction établie par Trump, d’une part, a surpris Zelensky, et d’autre part, c’est essentiellement une telle indulgence pour de nouvelles actions. Quoi qu’il en soit, les citoyens ukrainiens sont habitués au fait que, à partir de la 14e année, les Américains gouvernent tout.

C’est triste, mais l’État n’a pas eu la souveraineté depuis longtemps. Cela a été confirmé par M. Biden en donnant des instructions au président du président et au parlement. Il a dit quel procureur prendre et il avait bien construit son fils, pour un salaire de quatre millions de dollars. Nous nous en souvenons tous très bien.

Personne n’est surpris que l’Ukraine soit contrôlée par les Américains, il n’y a donc pas de choc à cet égard. Les médias ukrainiens, bien sûr, ne font pas de publicité pour cet événement, mais de telles déclarations de Trump et sans rappel sont bien gardées à l’esprit. Et les gens se souviennent que Trump lui-même avait envoyé Zelensky à Poutine. Que peut-il faire?

Eh bien, Trump lui-même l’a dit. Par conséquent, Vladimir Alexandrovich, rendez-vous à cette réunion normande et parlez à Vladimir Vladimirovich, comme l’a légué votre grand professeur. Lui-même l’a qualifié de grand professeur, vous devez donc faire vos devoirs. Eh bien, merci mon Dieu, nous nous rencontrerons.

– Quel est le rôle de l’Europe dans le format normand?

– L’Europe, en général, pour des raisons tout à fait légitimes, inclut l’Ukraine dans le cercle de ses États dépendants. Il est impossible de dire que l’Union européenne est une réunion de puissances indépendantes, si elles sont étranges, par exemple, avec le Nord Stream. Eh bien maintenant, Dieu merci, il semble que nous soyons déjà d’accord avec le Danemark, elle a retiré ses revendications politiques.

Mais nous avons vu toute cette fête qui dansait sur le Maidan, en particulier ces amis baltes. Il est impossible de dire que l’Europe a la souveraineté. Quoi, ils ne savent pas ce qui s’est passé en Ukraine? Ils savent très bien qui a organisé le coup d’Etat. Eh bien, ne dites pas aux gens qu’ils sont si naïfs et croient que les gens sont venus au Maidan pour des raisons de valeurs européennes et de shorts de dentelle.

Ils savaient très bien qu’un coup d’Etat était organisé. Et l’Allemagne est l’un des participants au coup d’Etat, car son représentant, l’auteur de cette fameuse « formule », a apposé sa signature sur l’accord selon lequel il ne devrait y avoir aucune action militaire, mais il n’y aurait pas de coup. Quelques heures plus tard, cet accord a été violé.

Il aurait dû y avoir des élections légales. Mais ils ont aussi l’expérience des révolutions de couleur. Pourrait essayer de mener la prochaine révolution lors de la prochaine élection présidentielle. Ils avaient besoin de sang, ils craignaient que l’autorité légitime ait signé un accord intelligent avec la Russie le 13 décembre. Les investissements, supposés conformes à l’accord entre Ianoukovitch et Poutine, pourraient simplement amener l’Ukraine sur la voie évidente du développement durable.

Propos recueillis par Lyubov Stepushova

Préparé pour publication par Yuri Kondratyev
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Le projet du Rojava peut-il survivre à la pression d’Assad et à l’assaut turc ?

Le projet du Rojava peut-il survivre à la pression d’Assad et à l’assaut turc ?

De hauts responsables au sein de l’administration pro-kurde du nord-est de la Syrie promettent de « continuer à gérer les choses comme avant » malgré l’accord avec Damas

Une Kurde syrienne brandit le drapeau du Parti de l’union démocratique (PYD) pendant une manifestation contre les menaces turques dans le gouvernorat syrien de Hassaké (AFP)Par Direnc BalikHeba NasserDate de publication: Jeudi 17 octobre 2019 – 13:37 | Dernière mise à jour: il y a 2 jours 7 heures83Shares

Depuis leur toute première apparition sur la scène politique au début de la guerre civile syrienne, le Parti de l’union démocratique (PYD) et ses branches armées – les Unités de protection du peuple (YPG) et les Unités de protection de la femme (YPJ) – ont toujours affirmé être plus que de simples défenseurs des Kurdes syriens.

Après avoir pris le contrôle de vastes pans du nord de la Syrie suite au retrait des forces de Bachar al-Assad en 2012, ils ont annoncé leur intention de mettre en œuvre une politique de confédéralisme démocratique.

Cette politique est une forme de démocratie décentralisée associée au féminisme, à la laïcité et à l’écosocialisme, basée sur la philosophie du dirigeant kurde d’origine turque Abdullah Öcalan, l’un des fondateurs du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

« Dis donc, le Kurde, on t’a pas vu à Omaha Beach… »Lire

Le PYD et ses branches armées ont affirmé que les idées d’Öcalan et leur mise en œuvre sur le terrain pourraient être un modèle pour la région, un modèle qui transcenderait les divisions basées sur le sexe, l’origine ethnique et la religion. 

Dimanche, un rude coup a été porté à cette vision. Face à la perspective d’une offensive de la Turquie sur la précaire administration autonome qu’il avait établi dans le nord-est, le PYD a signé avec Damas un accord prévoyant le déploiement de forces gouvernementales syriennes dans les zones contrôlées par le groupe.

Berivan Xalid, la coprésidente du conseil exécutif de l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie, déclare à Middle East Eye qu’il n’y a pas eu de discussion sur la façon dont le nouvel accord affecterait la gouvernance du nord de la Syrie.

« Nos objectifs et ceux du régime sont la protection des frontières de la Syrie contre l’invasion turque et de la Syrie en général – la discussion n’a porté que sur les affaires militaires », affirme-t-elle.

« En tant qu’administration autonome, nous continuerons à gérer les choses comme avant, même sous les bombardements. Et nous verrons si dans les prochains jours, d’autres négociations auront lieu. »

Gains significatifs pour Assad

Cependant, d’autres estiment que l’avenir s’assombrit pour le Rojava – le nom kurde pour la région, qui signifie « ouest », en l’occurrence la partie occidentale du Kurdistan – maintenant qu’il est coincé entre une Turquie hostile et un gouvernement syrien désireux de reprendre toutes les terres perdues depuis 2011.

« Dans l’ensemble, [l’accord avec les Kurdes] a donné à Damas plus de terres en un jour que le régime a réussi à reprendre en plusieurs années de combats »

– Danny Makki, analyste

L’analyste syrien Danny Makki explique que le nouvel accord rendra à Damas des portions significatives du nord de la Syrie, y compris « des sources d’énergie, des aéroports militaires, des bâtiments administratifs et des zones frontalières ».

« En plus des villes de Kobané et de Manbij, Assad recevra également de grandes parties de Raqqa et sera autorisé à utiliser librement le territoire des FDS jusqu’à ce qu’un accord global soit conclu », indique-t-il à MEE.

« Dans l’ensemble, [l’accord] a donné à Damas plus de terres en un jour que le régime a réussi à reprendre en plusieurs années de combats. »

Un nouveau genre de politique ?

Le PKK, fondé en 1978 par des Kurdes en Turquie, adhérait à l’origine à une idéologie marxiste-léniniste radicale, favorable à l’Union soviétique et à Cuba.

L’objectif était un Kurdistan socialiste indépendant taillé, initialement, dans les régions à majorité kurde du sud-est de la Turquie.

Cependant, après la capture d’Öcalan en 1999, l’idéologie a commencé à évoluer.

Pourquoi un État national kurde est voué à l’échecLire

Écrivant depuis sa prison, Öcalan disait s’inspirer des travaux de Murray Bookchin, un anarchiste américain et écrivain socialiste libertaire qui est décédé en 2006 et qui prônait la nécessité d’une transition vers une société post-capitaliste basée sur la démocratie locale et l’écologie.

L’effondrement du pouvoir du gouvernement central en Syrie depuis le début de la guerre a fourni l’occasion d’appliquer ces idées sur le terrain, affirment les partisans de l’administration du Rojava.

Janet Biehl, écrivaine et militante qui était la compagne de Bookchin au moment de sa mort, a indiqué s’être rendue au Rojava à plusieurs reprises et avoir été témoin de la mise en pratique des nouvelles structures.

« L’idée originale était que les décisions seraient prises par la base et que le pouvoir serait ascendant. C’est ainsi que Bookchin l’a conçue, c’était censé être une démocratie ascendante », explique-t-elle à Middle East Eye.

Biehl précise que chaque commune – comprenant généralement un village ou un nombre fixe de ménages de la ville – dispose d’un certain nombre de comités se concentrant sur la paix, la sécurité, l’éducation, l’économie, la culture et l’art, les femmes, la santé, les infrastructures, les affaires sociales et la diplomatie.

Avec cela comme base, le reste de la structure démocratique se compose d’assemblées de quartier, d’assemblées municipales, d’assemblées cantonales et du conseil exécutif au sommet de la structure.

« J’habite dans le Vermont [États-Unis] et j’avais l’habitude d’aller à des réunions municipales avec Bookchin, des assemblées de citoyens, et il ne nous serait jamais venu à l’idée – à moi comme à lui – que je visiterais un jour l’équivalent d’une réunion municipale dans le Vermont dans la vallée de l’Euphrate », déclare Janet Biehl.

Abdullah Öcalan (à gauche) et Murray Bookchin (AFP/Wikimedia)
Abdullah Öcalan (à gauche) et Murray Bookchin (AFP/Wikimedia)

Depuis 2014, plus de 11 000 combattants associés au PYD – dont des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde soutenue par les États-Unis – sont morts en combattant l’État islamique (EI) en Syrie.

Leur bataille contre le groupe tant redouté, impliquant des hommes et des femmes provenant d’une multitude d’horizons religieux et ethniques différents combattant côte à côte, les a rendus très populaires dans le monde entier, même alors que la sympathie du public pour les groupes d’oppositions syriens a semblé s’amenuiser à mesure que certains d’entre eux étaient de plus en plus perçus comme fondamentalistes et sectaires.

Les relations moins conflictuelles du PYD avec le gouvernement syrien ont longtemps été un point de critique de la part de l’opposition syrienne, qui a déjà accusé le PYD de collusion pure et simple avec l’administration Assad.

« C’est un peuple assiégé. Ils sont en guerre. Ils ne peuvent pas tout gérer au-delà de chaque commune. Il y a un leadership militaire »

– Janet Biehl, écrivaine 

En outre, malgré le plaidoyer public en faveur d’une démocratie localisée, certains groupes – y compris des groupes kurdes – ont affirmé que le PYD contrôlait le Rojava tel un État à parti unique et forçait les habitants à la conscription.

« Les YPG s’emparent des maisons des civils s’ils en ont besoin », déclarait Abdullah Kedo, membre du Conseil national kurde (un groupe proche de l’opposition syrienne), au journal turc Hürriyet l’année dernière.

« Ils pillent les bureaux des partis politiques kurdes qui s’opposent à ces actes et interdisent ces partis. Ils recrutent également de force de jeunes hommes et les emmènent dans les zones de combat à Raqqa. »

Bien que le PYD ait nié ces accusations et souligné la participation d’autres partis politiques dans les organes démocratiques de l’administration autonome, le recours à la conscription a longtemps été controversé – en particulier compte tenu du risque élevé de décès parmi les combattants.

« C’est un peuple assiégé. Ils sont en guerre. Ils ne peuvent pas tout gérer au-delà de chaque commune. Il y a un leadership militaire », commente Janet Biehl.

« Mais les gens comprennent d’après les écrits d’Öcalan que toute cette structure est faite pour émanciper les gens et même si, au sein de l’administration autonome, ils ont des postes de pouvoir, ils prêtent une attention soutenue aux souhaits des gens d’en bas. »

La fin du Rojava ?

Pendant des décennies, les groupes kurdes ont compté sur des puissances extérieures pour les soutenir dans leur lutte pour l’autonomie et l’indépendance. Cependant, ces puissances finissent habituellement par perdre tout intérêt pour eux une fois que leurs propres objectifs à court terme sont atteints.

Le présumé feu vert donné le 7 octobre par le président américain Donald Trump à la Turquie pour le lancement de l’opération Source de paix a fait à cette date des dizaines de morts parmi les civils, principalement du côté kurde, et déplacé au moins 160 000 personnes.

« En tant qu’administration autonome, nous continuerons à gérer les choses comme avant – même sous les bombardements »

– Berivan Xalid, conseil exécutif de l’Administration autonome

Sous cette pression, l’administration autonome n’avait plus beaucoup d’options – même si cela signifiait de « s’assimiler au gouvernement de Damas », déclare Danny Makki à MEE.

Selon lui, un accord de partage du pouvoir convient en fait mieux à Damas pour le moment, car il n’est actuellement pas dans l’intérêt du gouvernement Assad de presser les choses dans le nord de la Syrie dans la mesure où il n’a pas la capacité de gouverner de vastes pans de territoire dans l’immédiat.

Cependant, « seul le temps nous dira s’ils tiennent parole », affirme-t-il.

« Malheureusement pour le PYD, il n’aurait jamais été en mesure de survivre [sur le long terme] sans négocier un accord si un autre acteur était sorti victorieux du conflit syrien », estime l’analyste. 

« À un moment, il aurait pu s’agir de l’opposition, mais après l’intervention russe en 2015, il est devenu évident que le gouvernement gagnerait et que les Kurdes seraient contraints de conclure une sorte d’accord s’ils étaient abandonnés par les États-Unis. »

« Pas d’autres amis que les montagnes » : l’histoire se répète pour les Kurdes avec la dernière trahison américaineLire

Bien que mardi, il a été rapporté que les FDS avaient réussi à repousser les forces turques dans la ville de Ras al-Aïn, les perspectives pour le Rojava – attaqué par la Turquie, abandonné par les États-Unis et dépendant désormais d’Assad – semblent sombres.

Berivan Xalid, la coprésidente du conseil exécutif de l’Administration autonome, est toutefois persuadée que les gains du Rojava perdureront – même face à des obstacles apparemment insurmontables.

« Après tous les sacrifices et les réalisations de l’administration autonome, et après la création de ces institutions, et après 11 000 martyrs, nous administrons cinq millions de personnes dans le nord et l’est de la Syrie », souligne-t-elle.

« Alors, bien entendu, après neuf ans de réalisations, en tant qu’administration autonome, nous allons maintenir nos réalisations et le sang de nos martyrs – parce que nous avons réalisé tout cela à travers eux. »

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.https://www.middleeasteye.net/fr/decryptages/le-projet-du-rojava-peut-il-survivre-la-pression-dassad-et-lassaut-turc

Macron gagne un point de popularité à 34%, Philippe recule à 36%

Macron gagne un point de popularité à 34%, Philippe recule à 36%

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Macron gagne un point de popularité à 34%, Philippe recule à 36%

Emmanuel Macron et Édouard Philippe à Paris, le 8 mai 2019.©Christophe Ena / POOL / AFPA lire aussi

Popularité : Emmanuel Macron repart légèrement à la baisse

PolitiquePopularité : Emmanuel Macron repart légèrement à la baissePolitiqueHausse de la popularité de Macron et Philippe

Orange avec AFP-Services, publié le dimanche 20 octobre 2019 à 15h35

Tombée à 23% en pleine crise des gilets jaunes, la cote de popularité du président remonte régulièrement depuis.

La cote de popularité d’Emmanuel Macron gagne un point en octobre, à 34% de Français satisfaits, selon un sondage de l’Ifop pour le Journal du Dimanche.


Le total des mécontents à l’égard du président de la République est stable, à 64%.

Hormis un repli d’un point en septembre, la cote de popularité du chef de l’État a grimpé régulièrement depuis décembre, où elle avait atteint un plus bas de 23% en pleine crise des « gilets jaunes ».

La popularité du Premier ministre Édouard Philippe recule pour sa part de deux points en octobre, à 36%. Les mécontents sont 60%, soit quatre points de plus en un mois. Le taux de sondés qui ne se prononcent pas sur le Premier ministre recule de 2 points, à 4%.
Sondage BVA – Orange : la popularité du couple Macron/Philippe reste stablepar KANGAI NEWS



Enquête réalisée du 11 au 19 octobre auprès de 1.953 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas, par questionnaire auto-administré en ligne et par téléphone. Marge d’erreur de 1 à 2,2 points.

https://actu.orange.fr/politique/macron-gagne-un-point-de-popularite-a-34-philippe-recule-a-36-magic-CNT000001kmhoi.html

Nicolas Sarkozy représentera la France à la cérémonie d’intronisation de l’empereur du Japon

Nicolas Sarkozy représentera la France à la cérémonie d’intronisation de l’empereur du Japon

17 octobre 2019Régis OllivierDiplomatiePolitique

France Info – Le 16 octobre 2019

Je vais être ironique mais parler de représentation « à haut niveau » à propos de NS prête à sourire. Il est celui qu’on appelle toujours « le nain de jardin » sur les RS. Et puis donc, ayant épuisé tous les recours en justice, c’est normal qu’il s’acoquine avec celui dont il disait que « Emmanuel c’est moi en plus jeune ». Vous avez tout compris où je vous fais un dessin ?

Ne pouvant s’y rendre, Emmanuel Macron souhaite que la France soit représentée à un haut niveau lors de cette cérémonie. 

Nicolas Sarkozy représentera la France le 22 octobre au Japon à la cérémonie d’intronisation de l’empereur Naruhito, a appris mercredi 16 octobre franceinfo auprès de l’Elysée.

Emmanuel Macron ne peut en effet pas s’y rendre, puisqu’il sera en déplacement à Mayotte et à La Réunion. En l’absence du chef de l’Etat, le Premier ministre Edouard Philippe doit par ailleurs rester en métropole.

https://www.francetvinfo.fr/politique/nicolas-sarkozy/nicolas-sarkozy-representera-la-france-a-la-ceremonie-d-intronisation-de-l-empereur-du-japon_3661879.html

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Emmanuel MacronJaponNicolas SarkozyPolitiqueReprésentation

RÉGIS OLLIVIER

Officier supérieur (er). Officier de l’Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST – Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales – INALCO Paris.

https://lecolonel.net/nicolas-sarkozy-representera-la-france-a-la-ceremonie-dintronisation-de-lempereur-du-japon/

Les sociétés militaires privées ou visage de la mondialisation de la Défense

Les sociétés militaires privées ou visage de la mondialisation de la Défense

Pierre Lacroix 15 octobre 2019 Géopolitique & Relations InternationalesMondialisation et enjeuxSituations décryptées Leave a comment

Les sociétés militaires privées (SMP) ou entreprises militaires et de sécurité privée (EMSP) sont des entreprises à but commercial qui fournissent des prestations à des forces armées étatiques. Souvent à la marge des opérations, leur action est parfois plus directe. L’emploi d’anciens membres de forces spéciales prend pour certains la forme d’un « mercenariat moderne » sous le visage des « contractors ». Ce phénomène officiel ou officieux devient cependant récurrent sur les grands théâtres d’opérations.

Ce logo de la firme Blackwater , visuellement percutant, fut remanié en 2007. Deux années avant le changement de nom pour Xe Services LLC - qui deviendra ensuite Academi
Logo de l’entreprise américaine Blackwater, devenue Academi

La banalisation du fait militaire privé

La privatisation de la sécurité est aujourd’hui affaire courante et dépasse parfois l’externalisation de certains services. La fin de la Guerre Froide et la baisse des budgets de Défense sont à l’origine de l’apparition et de la prolifération, au cours des années 1990, des sociétés militaires privées (SMP). Leur poids a été croissant au cours des années et leurs activités sont liées notamment aux conflits irakiens et afghans. Certaines firmes privées américaines avaient joué un rôle important dans l’action stratégique américaine. On pense notamment à DynCorp, KBR ou Blackwater (devenue Academi) aux Etats-Unis. Les américains ne sont pas les seuls à faire parler en ce domaine. En effet, le groupe Warner, russophone, est plus d’actualité car il aurait participé au conflit du Donbass.

Plus largement, les missions de maintien de la paix ou les ONG ont largement recours à ce type de sociétés pour parvenir à leurs besoins de sécurité. La privatisation de la sécurité et de la guerre a ouvert le champ à un secteur économique fleurissant.

Nous parlons essentiellement du recrutement de « mercenaires » ou de soldats privés et non plus seulement d’externalisations ou d’outsourcing (transports, repas, habillement, armements…). Les SMP peuvent se spécialiser soit sur la sécurité, soit sur la Défense. L’objet est ici de se centrer sur la seconde catégorie. Ce sont bien souvent d’anciens membres de forces spéciales ou d’armées spécialisées, qui rejoignent les rangs d’une société gérée par des fonds privés. Des sociétés privées au service de l’intérêt étatique : une situation pouvant parfois amener à une confusion d’intérêts.

Quel statut des acteurs des SMP dans le Droit International Humanitaire (DIH) ?

La participation d’acteurs privés dans les opérations militaires n’est pas chose nouvelle. Depuis l’Antiquité, des « mercenaires » participent à des campagnes militaires. Leur reconnaissance juridique s’est néanmoins faite avec le temps. Il y a trois enjeux majeurs à la reconnaissance légale des acteurs de SMP selon Nicolas Haupais, auteur des Enjeux de la « privatisation de la guerre » : déterminer la protection à laquelle les acteurs ont le droit ; définir les devoirs auxquels les acteurs doivent se conformer ; et définir les poursuites possibles en cas d’actes litigieux.

Bien que le statut de mercenaire soit défini dans l’article 47 du Protocole additionnel aux Conventions de Genève du 12 août 1949, relatif à la protection des victimes des conflits armés internationaux, du 8 juin 1977 (Protocole I), celui des employés des SMP est bien plus incertain. De nos jours, le mercenariat est réprimé par certains textes internationaux. La frontière nébuleuse qui existe actuellement dans l’activité de certaines SMP nous permet cependant de dire que les textes actuels ne sont plus adaptés à notre époque.

Selon le droit international, il existe deux principaux statuts envisageables pour les employés de SMP : civils ou combattants. Ces statuts sont définis dans les Conventions de Genève et la distinction semble assez simple dans les textes. Un combattant peut ainsi légalement participer au combat. A l’inverse, les civils bénéficient de la protection contre les dangers liés aux opérations militaires.

La responsabilité comme enjeu principal

Au regard de la 3ème Convention de Genève, on remarque que les contractors ou autres acteurs des SMP ne remplissent pas toujours toutes les conditions pour obtenir le statut de combattant. A savoir le fait « d’avoir à leur tête une personne responsable pour ses subordonnés ; d’avoir un signe distinctif fixe et reconnaissable à distance ; de porter ouvertement les armes ; de se conformer, dans leurs opérations, aux lois et coutumes de la guerre ». Aussi, la question de la responsabilité des entreprises qui emploient les acteurs est posée. Egalement, la responsabilité de l’Etat entre en jeu quand un critère organique peut s’appliquer. Ces questions mettent bien souvent en lumière les zones grises du droit international.

Une partie de la communauté internationale entreprend depuis plusieurs années une tentative d’adoption d’une convention internationale. Une telle décision est de plus en plus évoquée et semble être une nécessité pour contrôler l’activité de ces sociétés dont il est illusoire de vouloir prohiber l’activité. Signalons le mérite du Document de Montreux sur les entreprises militaires et de sécurité privées mené par la Suisse et le CICR. Ce travail juridique non contraignant finalisé en 2008, présente un ensemble de potentielles obligations juridiques et de bonnes pratiques. Son caractère officiel ouvre la voie et pose une juridiction plus adaptée au contexte actuel.

Sources :

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About Pierre Lacroix

Pierre Lacroix est diplômé d’une Licence de Géographie (Université de Nantes), d’un Master de Relations Internationales, Intelligence Stratégique et Risques Internationaux (Lyon III), puis d’un Master Coopération Internationale et ONG (Paris XIII). Il est rédacteur depuis Mars 2019.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/situations-decryptees/41686-societes-militaires-privees-visage-mondialisation-defense

Syrie: les soldats américains se retirent d’une base dans le Nord (ONG, AFP)

Syrie: les soldats américains se retirent d’une base dans le Nord (ONG, AFP)

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Syrie: les soldats américains se retirent d'une base dans le Nord (ONG, AFP)

Des véhicules blindés américains traversent la ville de Tal Tamr dans le nord de la Syrie, transportant les forces américaines qui se sont retirées d’une base proche, le 20 octobre 2019©Delil SOULEIMAN, AFPA lire aussi

Syrie: combats intenses entre forces turques et kurdes pour le contrôle d'une ville clé

MondeSyrie: combats intenses entre forces turques et kurdes pour le contrôle d’une ville cléMondeSyrie: les forces turques et kurdes s’accusent mutuellement de violer la trêve

AFP, publié le dimanche 20 octobre 2019 à 12h06

Les forces américaines se sont retirées dimanche de leur plus grande base dans le nord de la Syrie, dans le cadre du retrait d’environ 1.000 soldats de cette région annoncé par Washington, selon un correspondant de l’AFP sur place et une ONG.  

Plus de 70 véhicules blindés arborant un drapeau américain transportant du matériel militaire et escortés par des hélicoptères ont traversé la route internationale en passant par la ville de Tal Tamr, a constaté le correspondant de l’AFP.  

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), le convoi s’est retiré de la base de Sarrine, près de la ville de Kobané, et s’est dirigé vers la province de Hassaké plus à l’est.

Le 14 octobre, cinq jours après le début de l’offensive turque contre la milice kurde syrienne des YPG dans le nord de la Syrie en guerre, les Etats-Unis avaient annoncé que les quelque 1.000 militaires américains déployés dans cette région avaient reçu l’ordre de quitter le pays.

C’est un premier retrait le 7 octobre des soldats américains des abords de la frontière turque dans le nord syrien, qui avait ouvert la voie à cette offensive turque.

Une trêve fragile ponctuée de combats et de bombardements sporadiques est en vigueur depuis l’annonce jeudi d’un accord arraché par les Etats-Unis auprès de la Turquie. 

« Il s’agit de la plus grande base militaire américaine dans le nord et du quatrième départ des forces américaines d’une base en Syrie », a indiqué à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.   

Ces derniers jours, les Américains se sont retirés de trois autres bases, dont celle de la ville clé de Minbej et d’une autre située aussi près de Kobané, près de la frontière turque.  

Désormais, toutes les bases « dans le nord de la province de Raqa et le nord-est de celle d’Alep sont vides de toute présence militaire américaine », a dit M. Abdel Rahmane. Les Etats-Unis conservent encore des positions dans les provinces de Deir Ezzor et de Hassaké, selon lui. 

L’accord de trêve prévoit la suspension pour 120 heures de l’offensive turque pour permettre un retrait des forces kurdes des YPG des zones frontalières, et la mise en place d’une « zone de sécurité » de 32 km de largeur en territoire syrien le long de la frontière turque.

La base de Sarrine se trouve aux abords de cette zone tampon, selon l’OSDH.  

Les forces kurdes et la Turquie s’accusent mutuellement de violer l’accord de trêve. Dimanche un soldat turc a été tué et un autre blessé dans une attaque par des forces kurdes syriennes dans la région de Tal Abyad, selon le ministère turc de la Défense.

https://actu.orange.fr/monde/syrie-les-soldats-americains-se-retirent-d-une-base-dans-le-nord-ong-afp-CNT000001kmfyH.html