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Trump et le premier ministre pakistanais viennent-ils de ruiner les relations irano-indiennes ?

Trump et le premier ministre pakistanais viennent-ils de ruiner les relations irano-indiennes ?


Par Andrew Korybko – Le 22 avril 2019 – Source eurasiafuture.com

andrew-korybkoChacun des deux dirigeants étasunien et pakistanais ont pris une décision très importante, sans que cela soit coordonné, mais quasiment en même temps. Ces décisions pourraient avoir pour effet de ruiner les relations irano-indiennes.

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Le Président iranien Assan Rouhani serre la main du premier ministre du Pakistan, Imran Khan

Les relations irano-indiennes pourraient être sur le point d’entrer dans la période la pire de l’histoire moderne, en réaction à deux décisions, prises de manière non coordonnée mais quasiment en même temps par les dirigeants étasunien et pakistanais. Le premier ministre Khan rentre à peine de son premier voyage officiel en Iran, où lui et son hôte ont annoncé que leurs deux pays entraient dans une nouvelle ère de coopération anti-terroriste que l’analyste géopolitique Adam Garrie a analysée de manière détaillée dans son article récent à ce sujet. La balle était bel et bien dans le camp iranien pour mettre un coup d’arrêt au terrorisme balouch anti-pakistanais, j’y avais consacré un article récemment ; et au crédit de Téhéran, ses dirigeants ont fini par le comprendre et ont décidé d’étendre leur partenariat militaire avec l’État pivot mondial qu’est devenu le Pakistan. Voilà qui va grandement compliquer les possibilités de Guerre hybride indienne utilisant clandestinement le territoire iranien pour mener des attaques contre le Pakistan sous couverture, dans des tentatives effrénées de saboter le Couloir économique Chine-Pakistan (CPEC). La visite du premier ministre Khan aura des conséquences étendues et à long terme en matière de sécurité géostratégique dans la Nouvelle guerre froide.

En parallèle de cet événement, Trump a décidé que les USA ne renouvelleraient pas leurs exemptions de sanctions sur le pétrole iranien, et que l’Arabie saoudite Trump_Modiet les Émirats arabes unis, membres du Conseil de coopération des États arabes du Golfe (CCG) et partenaires de Washington allaient aider les acheteurs de pétrole de la République islamique à s’approvisionner en pétrole du Golfe comme substitut. L’Inde s’était faite entendre haut et fort l’an dernier, en exprimant sa volonté de défier les sanctions unilatérales étasuniennes contre l’Iran, mais comme je l’avais écrit dans mon article à l’époque sur l’« illusion Indienne », il ne s’agissait que de gesticulations visant à masquer le fait que New Delhi obéissait en réalité au doigt et à l’œil à son nouveau parrain. Mais Trump vient de faire converger tous les regards sur Modi, et cela pourrait sentir le roussi pour le dirigeant indien, candidat à sa propre succession au cours d’un processus électoral long d’un mois, et dont l’aura pourrait en prendre un sacré coup s’il capitule publiquement face aux exigences étasuniennes et laisse l’or noir du Golfe se substituer au pétrole iranien ; je soupçonne depuis fin 2018 – depuis son sommet en Argentine avec le prince saoudien Mohammed Bin Salman qu’il finira par s’y résoudre. De cet angle, la décision étasunienne pourrait constituer un nouvel épisode de la tactique du « mauvais flic » contre Modi, pour forcer l’Inde à lâcher quelques concessions stratégiques supplémentaires.

Il ne serait donc pas exagérer d’écrire que Trump et le Premier ministre Khan viennent peut-être de ruiner les relations irano-indiennes pour de bon, car les effets combinés de leurs décisions respectives pèseront chacun sur ces relations. Le dirigeant pakistanais a exposé les machinations terroristes de Guerre hybride de l’Inde au cours de ses discussions avec les dirigeants iraniens, ce qui explique sans doute pourquoi les deux nations voisines ont décidé d’insuffler un nouvel élan à leur coopération militaire mutuelle. Et cela pendant que le dirigeant étasunien force l’Inde a mettre fin à ses importations de pétrole iranien, sous la  menace de lui infliger des « sanctions secondaires » au potentiel dévastateur, et de remplacer ses ressources énergétiques par les adversaires acharnés de l’Iran, les États du Golfe. Même si l’Iran et l’Inde conservent des intérêts stratégiques en commun dans le couloir de Chabahar et dans le couloir de transport Nord-Sud, la confiance qui jusqu’alors constituait la toile de fond de leurs relations est à présent brisée, et leurs liens ne seront plus jamais les mêmes. Le résultat final est bénéfique aux USA et au Pakistan, pour des raisons différentes, et pourrait d’ailleurs, chose intéressante, résulter par effet de bord de la coopération diplomatique récente de ces deux pays en Afghanistan.

Andrew Korybko est un analyste politique américain, établi à Moscou, spécialisé dans les relations entre la stratégie étasunienne en Afrique et en Eurasie, les nouvelles Routes de la soie chinoises, et la Guerre hybride.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

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La Guerre Des Raffinerie Entre L’Arabie Saoudite Et L’Iran

Analysis

La Guerre Des Raffinerie Entre L’Arabie Saoudite Et L’IranLa Guerre Des Raffinerie Entre L’Arabie Saoudite Et L’Iran

Des installations pétrolières iraniennes, sises à Tabriz, ont subi hier la première cyberattaque déclenchée à distance.

Jusqu’ici, les cyberattaques ayant visé les infrastructures industrielles iraniennes ont été menées au moyen de clés USB.

L’attaque cybernétique la plus dévastatrice qu’a connue l’Iran est celle du virus Stuxnet en 2009, lequel a visé en priorité les machines-outils du constructeur Allemand Siemens, équipant la plupart des infrastructures industrielles de ce pays, dont des installations liées au programme nucléaire civil.

La clé-mémoire USB ayant servi à cette attaque a été introduite en Iran par un expert industriel invité dans un cadre officiel afin de faire une présentation PowerPoint. L’Iran ne s’est jamais remis de cette attaque cybernétique.

Cette fois-ci l’attaque cybernétique a été menée à distance en activant le système de sécurité du complexe pétrochimique de Tabriz (Nord-Ouest de l’Iran), ce qui a enclenché un mécanisme d’évacuation des réservoirs vers les torches. Cette procédure n’a causé aucun dommage significatif à l’installation mais constitue l’une des premières tentatives réussies de pénétration d’un réseau Intranet protégé à partir de l’étranger.

Cet incident survient au lendemain du bombardement par des drones kamikazes yéménites d’installations pétrochimiques du géant saoudien et mondial Aramco (station de pompage numéro 8), et pourrait constituer une riposte non symétrique à cette attaque.

Des drones de type Qasf 2 de conception iraniennes ont été utilisés par les rebelles yéménites pour cibler des infrastructures pétrolières saoudiennes. Les drones, au nombre de sept, ont pénétré en profondeur l’espace aérien saoudien avant d’atteindre un oléoduc et une station de pompage.

Le raid de drones kamikazes a révélé des carences assez graves affectant la defense aérienne saoudienne, laquelle dispose de systèmes Sol-Air Hawk (modernisés), de systèmes antimissiles Lockheed Martin THAAD et de systèmes Raytheon MIM-104 Patriot ainsi que des systemes de DCA Oerlikon Contraves Skyguard 35 mm (bitubes).

Si les deux attaques semblent différentes de par le vecteur utilisé, elles n’annoncent pas moins de nouvelles formes de guerre où le cyberespace et les techniques de contrôle à distance d’appareils armés autonomes seront des éléments plus que déterminants dans l’issue d’un conflit.

https://strategika51.org/archives/62960

Le cycle de Doha est-il définitivement un échec ?

Le cycle de Doha est-il définitivement un échec ?

Presque 18 ans après le lancement du cycle de Doha, aucun des objectifs d’origine n’a été atteint. Malgré plusieurs relances intentées par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), les négociations se heurtent en permanence aux intérêts individuels des pays membres. Cet échec peut-il être considéré comme la représentation d’un multilatéralisme dysfonctionnel ? Est-il la conséquence du retour du protectionnisme au sein des grandes puissances mondiales ?

L'échec de Doha est celui des négociations internationales pour libéraliser l'économie
Le cycle de Doha rassemble les 164 pays de l’OMC.

Les négociations au point mort

Lancé en 2001, le cycle de Doha est un programme de négociation sous l’égide de l’OMC. Le principal objectif du projet est de libéraliser l’économie mondiale. En ce sens, les négociations cherchent en premier lieu à supprimer de nombreux droits de douane. Par ailleurs, les subventions accordées par les Etats sont également remises en question, notamment sur le sujet de l’agriculture. Le cycle de Doha se présente comme un programme de développement pour permettre aux pays les moins avancés d’accéder aux marchés des pays riches. Alors qu’il ne devait durer que trois ans, la difficile recherche de consensus entre les États n’a cessé de repousser les échéances jusqu’à mener les négociations dans l’impasse.

Le cycle de Doha avait été déclaré comme un échec en 2006 avant d’être relancé à Bali en décembre 2013. Lors de cette réunion, les États ont conclu un accord de facilitation des échanges (AFE), entré en vigueur en 2017. Les membres présents ont également décidé de supprimer les droits de douane pour 200 produits de haute technologie. Les pays en voie de développement sont les plus grands défenseurs du processus de Doha. En effet, la suppression des subventions de l’Union Européenne et des États-Unis dans le domaine agricole serait, pour eux, une aubaine. Toutefois, les pays du Nord exigent une réciprocité et demandent à ceux du Sud l’ouverture de leur marché industriel. Face au refus catégorique de ces derniers, les négociations sont désormais gelées.

Des politiques de plus en plus protectionnistes

Les États membres cherchent régulièrement à relancer le cycle de Doha. Néanmoins, la dégradation des relations interétatiques et le retour du protectionnisme viennent enterrer petit à petit le projet. Yvan Decreux déclarait en 2008, « il faut éviter qu’un pays ne mette le doigt dans l’engrenage et entame un processus négatif de protection, car un cycle de représailles se mettrait en place ». L’élection de Donald Trump au poste de Président des États-Unis est venue illustrer ce propos. Depuis sa prise de poste, ce dernier poursuit une politique économique protectionniste tout en attaquant la légitimité de l’OMC et en bloquant son fonctionnement.

Depuis 2016, les États-Unis ont imposé de nombreuses taxes punitives dans le domaine commercial. En résulte une augmentation record des conflits présentés devant l’Organe de Règlement des Différends (ORD) de l’OMC en 2018. L’hostilité affichée de Donald Trump envers la gouvernance mondiale a entériné un multilatéralisme déjà dysfonctionnel. Les Etats communiquent de moins en moins et les litiges ont remplacé les négociations.

Un multilatéralisme dysfonctionnel 

L’échec du cycle de Doha s’explique donc par une coopération inter-étatique défaillante. Il est également le résultat d’une tendance à la baisse du commerce international. En effet, le programme souhaite libéraliser l’économie et faciliter l’ensemble des échanges au niveau mondial. Pourtant, les États mènent des politiques de plus en plus protectionnistes et les transactions internationales diminuent. Finalement, le cycle de Doha est la représentation de l’impact d’un multilatéralisme dysfonctionnel sur l’économie mondiale. À partir de ces constats, il semble important d’envisager une réforme de l’OMC ainsi qu’une réflexion sur la dégradation des relations inter-étatiques.

About Claire Desdouits

Diplômée d’un master 1 de relations internationales à l’IRIS Sup’, je souhaite travailler en tant qu’analyste – rédactrice dans le secteur de la défense et de la sécurité internationale avec

Pas de guerre opposant l’Iran et les USA prochainement : Trump ne sait pas comment négocier avec l’Iran

COMITE VALMY

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Pas de guerre opposant l’Iran et les USA prochainement : Trump ne sait pas comment négocier avec l’Iran – Par Elijah J. Magnier : @ejmalrai

jeudi 16 mai 2019, par Comité Valmy


Pas de guerre opposant l’Iran et les USA prochainement : Trump ne sait pas comment négocier avec l’Iran

La perspective d’une guerre entre les USA et l’Iran est peu probable dans les deux prochains mois, malgré les campagnes médiatiques, les sanctions unilatérales des USA et le renforcement des forces US au Moyen-Orient. Les sanctions des USA contre l’Iran remontent à 1979 et ont pris pendant la présidence d’Obama une ampleur beaucoup plus grande que celles imposées l’an dernier par l’actuelle administration américaine. L’Iran a accepté de négocier un accord avec Obama seulement après que celui-ci convienne du droit de l’Iran à la recherche et au développement dans le domaine nucléaire. Le président américain Donald Trump ne fait que réimposer des sanctions qu’avait déjà subies l’Iran.

Malgré le roulement des tambours de guerre, les deux parties ne veulent pas de guerre coûteuse et les menaces, qui amplifient les tensions de façon palpable, ne sont rien de plus que des menaces. Le président aux abois et son équipe de néoconservateurs formant son administration semblent étonnamment ignorer comment négocier avec l’Iran. Ils cherchent délibérément à créer une situation dangereuse au Moyen-Orient, mais finiront par décharger leurs armes en vain, dans des eaux profondes et vides. Cependant, au cours des 60 prochains jours que le président iranien Hassan Rouhani a donné aux signataires européens de l’accord sur le nucléaire, pour qu’ils respectent les engagements qu’ils avaient pris avant de se retirer partiellement de l’accord, le niveau de tension s’amplifiera. Après ces 60 jours, Trump devra désamorcer les tensions (ce qui est peu probable), imposer encore plus de sanctions ou envisager la possibilité d’une guerre.

Les sanctions américaines contre l’Iran ne sont pas internationales, mais unilatérales. L’ONU, l’Europe, la Russie, la Chine et l’Irak sont du côté de l’Iran même s’ils ne sont pas en position de persuader Trump de changer d’idée et de lever ces sanctions.

L’Europe est prise au dépourvu en raison de l’importance de ses relations politiques, commerciales et militaires avec les USA d’une part, et de sa volonté de respecter sa signature de l’accord sur le nucléaire iranien. L’Europe, tout comme l’Iran, a été prise de court par les sanctions américaines et est bien au fait des articles 26, 36 et 37, qui autorisent les responsables iraniens à se retirer partiellement ou totalement de leurs engagements.

Sur le plan intérieur en Iran, le président Rouhani a trouvé un équilibre entre les radicaux et les pragmatiques. Bien des décideurs iraniens, dirigés en coulisses par le guide suprême Sayyed Ali Khamenei, croient que l’Iran devrait se retirer de l’accord sur le nucléaire (comme le prévoit la déclaration d’intention) signé par la communauté internationale et l’Iran.

Les radicaux n’ont jamais cru en l’engagement des USA et ont été pris par surprise quand l’administration Obama a signé l’accord sur le nucléaire. Sayyed Ali Khamenei a alors dit « si les USA n’honorent pas leur engagement, nous déchirerons l’accord nous-mêmes ». Mais il a permis au président Rouhani d’essayer et, pendant quelques années, les choses semblaient bien aller.

Obama a tenté de négocier d’autres accords, mais il a échoué en raison de l’intransigeance de Sayyed Khamenei : « Seul l’accord sur le nucléaire est sur la table de négociation ». L’administration américaine voulait discuter du soutien de l’Iran à ses partenaires au Liban (Hezbollah) et en Palestine (Hamas et Djihad islamique) et à diverses factions en Irak qui partagent ses objectifs et son idéologie, ainsi que son opposition à l’hégémonie mondiale des USA et au refus d’Israël d’accorder aux Palestiniens un État. En fait, si l’Iran cessait son soutien à ces intervenants non étatiques, il irait à l’encontre de sa propre constitution et se désarmerait lui-même en se dissociant de partenaires influents dont l’appui sera fort apprécié si les affrontements potentiels qui menacent le Moyen-Orient devaient se concrétiser.

En fait, si l’Iran continue d’armer et de financer ces partenaires, c’est dû à sa méfiance absolue des intentions américaines depuis 1979. Cette méfiance n’a fait que s’accroître depuis l’occupation, par les forces US, de l’Afghanistan en 2001 puis de l’Irak en 2003, la guerre au Hezbollah (partenaire de l’Iran) au Liban en 2006 et la guerre (ratée) visant un changement de régime en Syrie. L’Iran est convaincu qu’il est le prochain sur la « liste des cibles » des USA, comme l’a affirmé le général américain Wesley Clark,dont l’objectif est de créer un « nouveau Moyen-Orient », une trame narrative présentée par le premier ministre Shimon Peres en 1996, répétée par L’ambition de Trump, c’est d’être réélu en 2020. S’il déclare la guerre à l’Iran, il souhaiterait détruire l’Iran dès la première vague d’attaques et créer une situation similaire à celle de 1988, lorsque l’imam Khomeini a accepté une résolution de paix avec l’Irak, en la qualifiant de « plus mortelle qu’avaler du poison  ».

L’Iran en 1988 ne disposait pas des mêmes capacités que l’Iran de 2019. Trump pourrait ne pas parvenir à pousser l’Iran à la table de négociations. Une guerre ne lui permettrait pas d’atteindre ses objectifs et de détruire toutes les capacités de l’Iran, pas plus que d’empêcher le soutien de l’Iran à ses partenaires au Moyen-Orient. À cela s’ajoute la possibilité d’une explosion des prix du pétrole et le fait que les bases américaines autour de l’Iran représentent des cibles potentielles pour les missiles balistiques de précision de l’Iran, si Trump ne parvient pas à les détruire tous lors de la première vague d’attaques. Mais chose certaine, en cas de guerre, Trump créera une catastrophe humanitaire en Iran. La réponse de la République islamique sera alors cinglante.

Elijah J. Magnier
14 mai 2019

Traduction : Daniel G.

Elijah J. Magnier
Middle East Politics

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11223

Bolton bientôt limogé ? 

L’ennemi commun des peuples

Bolton bientôt limogé ?
Pars Today

jeudi 16 mai 2019, par Comité Valmy


Bolton bientôt limogé ?

Les échecs consécutifs de l’équipe belliciste de John Bolton au sein de l’administration américaine dont ses tentatives ratées du «  changement de régime  » au Venezuela et en Corée du Nord, son bellicisme inné contre l’Iran et ses divergences de vues avec le secrétaire d’État Mike Pompeo pourraient contraindre Donald Trump à chasser son conseiller va-t-en-guerre.

Mais il semblerait surtout que la récente escalade dans le golfe Persique ait joué à plus d’un titre dans la disgrâce où commence à tomber Bolton.

Un article de National Interest rédigé par Curt Mills affirme détenir des informations selon lesquelles le conseiller ne survivrait pas à ses ratés dans le cadre des dossiers stratégiques que sont l’Iran, le Venezuela et la Corée du Nord. «  On entend que Trump veut le faire sortir  », a dit un ancien haut responsable de l’administration. C’est surtout le cas « iranien » qui inquiéterait le président américain.

Bolton commence à inquiéter l’armée. Incapable d’apprécier à sa juste valeur la chose militaire, Bolton aurait commandé un plan au Pentagone prévoyant un déploiement énorme dans la région en cas d’attaque iranienne. Or les récentes évolutions dans le golfe Persique inquiètent largement l’armée US. Selon The National Interest, Trump, lui, aurait douché les velléités bellicistes et anti-iraniennes de Bolton.

«  Il a des idées bien arrêtées, mais ça va. En fait, je tempère John, ce qui est assez étonnant  », a déclaré Trump aux journalistes la semaine dernière, évoquant sa réputation tumultueuse. «  Je suis celui qui le tempère. C’est bon. J’ai des côtés différents. J’ai John Bolton et d’autres personnes qui sont un peu plus dovish (pacifiste) que lui.

  »

Ceci étant, il y aurait des querelles entre Bolton et le secrétaire d’État Pompeo qui commence à inquiéter la Maison Blanche. Pour être en contact direct avec les dossiers régionaux, Pompeo comprend mieux le Pentagone que Bolton. Un responsable du département d’État et un ancien responsable de l’administration signalent tous les deux que Bolton et le secrétaire d’État Mike Pompeo «  se disputent tout le temps  ».

Pompeo serait certes enthousiaste à l’idée d’isoler le gouvernement iranien, mais de là à guerroyer avec l’Iran, c’est un pas que l’ex-agent de la CIA ne veut franchir.

Selon The National Interest, la situation s’aggrave de jour en jour. « Ces derniers jours, les États-Unis ont déployé de nouveaux navires de guerre dans le golfe Persique et «  des Houthis ont été impliquées dans une attaque contre des pétroliers saoudiens  ». L’état-major de l’armée américaine a très bien compris le message et ne veut guère voir les États-Unis et leurs alliés arabes être engagés dans une guerre « meurtrière » et « sans fin ».

Un responsable du département d’État a dit que Pompeo reste défensif et tient à être assez apprécié par des responsables de carrière. Bolton, au contraire, déteste l’État : c’est un «  incendiaire  », a déclaré ce fonctionnaire.

Douglas Macgregor, rival de Bolton, écrit dans SpectatorUSA : «  John Bolton est le problème… le conseiller à la sécurité nationale de Trump devient dangereux… particulièrement pour les idéaux du président  ».

L’ambassadeur US à Riyad et ex-chef du CentCom a d’ailleurs bien laissé échapper son inquiétude : face aux rumeurs d’une implication iranienne dans les explosions de Fujaïrah ou le rôle de l’Iran dans l’attaque au drone contre ARAMCO, le général Abi Zayd a affirmé ce mercredi :  » une guerre sera dévastatrice à la fois pour les États-Unis, l’Arabie saoudite et l’Iran. ..on va mener notre enquête sur ces incidents et si le rôle de l’Iran est avéré, alors on réagira de sorte que cela ne débouche pas sur une guerre ». À ce rythme, affirme The National Interest, il est peut-être temps que Trump mette à la porte Bolton, avant qu’une guerre n’éclate contre l’Iran ou ailleurs au Venezuela et en Corée du Nord.

15 mai 2019

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article11224

Le Tchad se rapproche de la Russie

Le Tchad se rapproche de la Russie

 

Alwihda Info | Par Info Alwihda – 15 Mai 2019 modifié le 15 Mai 2019 – 12:08


 


Les drapeaux du Tchad et de la Russie. © DR

Les drapeaux du Tchad et de la Russie. © DR
Le représentant spécial du Président de la Fédération de Russie pour le Moyen-Orient et les pays africains et le vice-ministre des Affaires étrangères de la Russie, Mikhail Bogdanov ont eu le 29 avril 2019 une rencontre avec les représentants personnels du Président de la République du Tchad, Abdelkerim Déby pour la coopération militaire et la sécurité, et le chef adjoint du cabinet civil de la Présidence du Tchad, Brahim Mahamat Djamaladine, selon une déclaration du ministère russe des Affaires étrangères à la presse.

Au cours de l’entretien approfondi auquel l’ambassadeur du Tchad à Moscou, Mbatna Bandjang, a également participé, les discussions ont porté sur « le développement des relations traditionnellement amicales entre la Russie et le Tchad », ainsi que « la coopération dans les domaines commercial, économique, des investissements, humanitaire et autres ».

En mars 2018, le Tchad et la Russie ont émis le souhait de relancer leurs relations commerciales à travers la tenue à N’Djamena du premier forum économique entre les deux pays et la signature de plusieurs conventions. A l’issue du forum, une délégation d’hommes d’affaires russes a signé des conventions d’un montant total de trois milliards d’euros.

Le président Idriss Déby ne cache pas son intérêt pour la plus grande nation du monde et a estimé l’année dernière que « le Tchad a besoin des compétences et des expertises russes pour amorcer son décollage socio-économique ».

Parmi plusieurs projets, des sociétés russes vont notamment travailler sur la production et la mise à disposition d’intrants agricoles, d’engrais, de pesticides, participer à la construction de la boucle énergétique nationale pour permettre de produire de l’énergie à Sédigui et de la transporter jusqu’aux autres villes des provinces, mettre en place des études et connaissances du sous-sol tchadien, mettre en place un système de cadastre minier et mettre en route un laboratoire national.

La Russie face à la Pologne pour attirer les migrants ukrainiens

La Russie face à la Pologne pour attirer les migrants ukrainiens


Par Andrew Korybko – Le 29 avril 2019 – Source eurasiafuture.com

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Le président Poutine propose de simplifier le processus d’obtention de la nationalité russe pour tous les ukrainiens. Il s’agit d’un effort audacieux, visant à attirer ses voisins, provenant d’une civilisation similaire à celle de la Russie, comme « migrants de remplacement », et amènera à une compétition entre la Russie et la Pologne, sa rivale historique, à qui va attirer le plus de cette précieuse « ressource humaine ».

Tendances démographiques

Ce n’est un secret pour personne que la Russie peine sérieusement à maintenir ses niveaux de population depuis l’effondrement de l’Union Soviétique, et l’année passée a constitué la première baisse de population depuis une décennie. Ce processus se produit en parallèle d’une hausse des taux de natalité au sein de la minorité musulmane du pays, et rend probable l’hypothèse selon laquelle environ un tiers des habitants de la Russie constitueront des adeptes de l’Islam dans les 15 prochaines années, à en croire le grand mufti de Russie. Moscou a bien conscience des défis socio-politiques que ce profond changement démographique pourrait engendrer, surtout si son Article 282 controversé ne parvient pas à gérer la dangereuse montée des idées ultra-nationalistes d’extrême droite, qui pourraient inspirer des attaques terroristes sur le modèle de Christchurch, en vue de provoquer un soi-disant « conflit de civilisations » au sein de ses frontières. Pour visionnaire qu’ait été le manifeste du président Poutine de 2012 sur l’ethnicité et l’immigration, il est impossible qu’il soit parfaitement appliqué en pratique, et l’on devrait donc considérer que certains problèmes de sécurité vont bel et bien se produire tôt ou tard.

Des problèmes à l’horizon ?

L’ONU a prédit en 2018 que la population russe allait diminuer de 11 millions avant 2050 : c’est l’une des raisons pour lesquelles le premier ministre Medvedev a lancé l’alerte début avril 2019, en vue d’éviter un effondrement démographique semblable à celui connu par le pays dans les années 1990. Une autre raison, implicite, à cette intervention, pourrait être en lien avec le fait que ces prévisions de perte de démographie, sans doute causée par l’augmentation de l’âge des populations russes slaves orthodoxes, débouchera sur une proportion de musulmans encore plus importante au sein de la population russe à ce stade ; cela pourrait accentuer les défis socio-politiques habituellement associés à de telles transitions démographiques dans des pays à majorité chrétienne. Malgré les généreux subsides accordés par le président Poutine aux femmes donnant naissance à deux enfants ou plus, il réalise sans doute que ces mesures ne suffiront sans doute pas à maintenir le niveau de population du pays, ni à préserver l’équilibre religieux en place, et c’est précisément pour ces raison qu’il essaye d’attirer les ukrainiens comme « migrants de remplacement ».

« Des migrants de remplacement identiques d’un point de vue civilisationnel »

Ces peuples voisins sont « similaires d’un point de vue civilisationnel » aux russes, en ce qu’ils sont pour la plupart des slaves orthodoxe, parlent une langue apparentée ; leur possible migration en masse vers la Russie pourrait, en théorie, équilibrer les hausses de natalité de la population musulmane en Russie, et compenser le déclin démographique programmé du pays. C’est sans doute là l’une des raisons pour lesquelles le président Poutine vient de faire adopter un décret facilitant l’obtention de la nationalité aux habitants du Donbass, et de déclarer peu de temps après que cette politique pourrait se voir étendue au bénéfice des 40 millions d’ukrainiens. On comptait un peu moins de 2 millions d’ukrainiens vivant en Russie il y a presque 10 ans, selon le recensement qui y fut tenu à l’époque, ce qui égale à peu près le nombre de migrants comptés vers la Pologne depuis le coup d’État de l’Euromaidan en 2014. Partis rechercher du travail, nombre d’entre eux n’ont aucune perspective pour l’instant d’y acquérir la nationalité polonaise, et nombreux sont ceux qui envisagent apparemment de déménager vers l’Allemagne ou d’autres pays d’Europe de l’ouest.

Pologne contre Russie

Quoi qu’il en soit, la population polonaise connaît les mêmes problèmes que celle de la Russie, en ce qu’elle subit le déclin naturel qui caractérise nombre d’économies développées, et les Ukrainiens pourraient supposément constituer pour Varsovie des « migrants de remplacement, similaires d’un point de vue civilisationnel » tout autant que pour Moscou : les deux pays historiquement rivaux pourraient donc également entrer en compétition sur le plan des « ressources humaines ». À la différence des événements passés, cette compétition ne verra pas des moyens militaires mis en œuvre, ne se situera pas dans les sphères géopolitiques, mais constituera plutôt une lutte de « soft power » dont l’issue sera finalement déterminée par qui réussira à proposer les perspectives économiques les plus alléchantes aux « nouveaux arrivants ». La Russie dispose de l’Union économique eurasiatique, pilotée par Moscou, face à laquelle la Pologne anime l’« Initiative des trois mers », qui vient en sus des bénéfices de l’adhésion à l’Union Européenne.

Conclusions

Il est bien difficile de prédire si les Ukrainiens vivant en Pologne pourraient déménager vers la Russie en réponse aux propositions de citoyenneté émises par le président Poutine, ou si l’on verra plutôt de nouvelles fournées d’Ukrainiens vivant jusqu’ici au pays se déplacer vers la Russie. Mais il est clair que Moscou est à présent en compétition avec Varsovie pour attirer les Ukrainiens, en tant que « migrants de remplacement, similaires d’un point de vue civilisationnel », afin de compenser le déclin de sa démographie propre et de maintenir son équilibre religieux, qui est sans cela promis à des changements importants dans les années à venir, les taux de natalité des populations musulmanes de Russie étant en croissance. Contrairement à Merkel et à sa politique implicite de « migration de remplacement » en provenance du « grand sud », le président Poutine préférerait attirer les Ukrainiens de l’ancienne Union Soviétique, mais dans les deux cas, les dirigeants semblent s’être résignés à ce que leurs problèmes démographiques internes ne se voient pas résolus sans mettre en jeu des flux importants d’immigrés.

Andrew Korybko est un analyste politique américain, établi à Moscou, spécialisé dans les relations entre la stratégie étasunienne en Afrique et en Eurasie, les nouvelles Routes de la soie chinoises, et la Guerre hybride.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/la-russie-face-a-la-pologne-pour-attirer-les-migrants-ukrainiens

Syrie : évaluation technique de l’OIAC…

Syrie : évaluation technique de l’OIAC…


…l’« attaque à l’arme chimique » sur Douma n’était bien qu’une mise en scène


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 13 mai 2019

Le 7 avril 2018, des « rebelles » syriens prétendaient que le gouvernement syrien avait utilisé du chlore gazeux et du sarin dans une attaque contre la banlieue assiégée de Douma, une banlieue de Damas, la capitale syrienne. Ils ont publié même une série de vidéos montrant des cadavres de femmes et d’enfants pour la plupart.

L’accusation d’« attaque chimique » a été formulée peu de temps après que le président américain Trump eut annoncé qu’il voulait que les troupes américaines quittent la Syrie. Elle a été conçue dans l’intention de le faire revenir sur sa décision,  c’est ce qui c’est passé. En « représailles », les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont illégalement tiré un certain nombre de missiles de croisière contre la Syrie. La plupart d’entre eux n’ont pas atteint leurs objectifs.

Il est apparu évident, dès les premières déclarations d’« attaque chimique », que ce n’était pas la vérité. Le gouvernement syrien n’avait aucune raison d’utiliser une arme chimique ou un irritant comme le chlore à Douma. Il avait déjà gagné la bataille. L’incident a manifestement été organisé, comme d’autres avant lui, pour entraîner les États-Unis dans une nouvelle attaque contre la Syrie.

Sur les lieux de l’incident, deux bouteilles de gaz ont été photographiées et filmées près de l’endroit où les cadavres ont été retrouvés, ce qui a suscité un intérêt particulier. Les bouteilles auraient été larguées depuis des hélicoptères de l’armée syrienne et se seraient écrasées sur des toits en béton. Une bouteille aurait « rebondi » après avoir traversé un toit et se serait immobilisée sur un lit. L’autre bouteille aurait traversé un autre toit et se serait immobilisée sur un balcon.

Pour tous ceux qui ont un peu de connaissance du comportement physique du béton et du métal, il était évident que les dommages causés sur le béton et sur les bouteilles étaient incompatibles l’un avec l’autre. Le béton, renforcé avec de l’acier, a été complètement transpercé alors que les bouteilles ne présentaient que des dommages minimes. Les toits ont probablement été percés par l’impact de l’artillerie, tandis que les bouteilles ont probablement été placées à la main.


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Peu après l’incident, Bellingcat, le groupe de propagande aligné sur l’OTAN, affirmait que les bouteilles avaient été larguées depuis les hélicoptères. En juin 2018, le New York Times publiait une analyse virtuelle de la scène de crime de l’incident plutôt risible. Ni l’un ni l’autre n’évaluait techniquement les forces d’impact et les dommages connexes sur les bouteilles et les toits. Ni l’un ni l’autre ne s’étaient rendus sur les lieux. En observant des indices visuels superficiels, les deux ont conclu à tort que les bouteilles de gaz avaient été larguées par des hélicoptères.

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), qui a envoyé une mission d’établissement des faits sur place pour enquêter sur l’affaire, a procédé à une analyse technique détaillée de l’impact et des dommages. Mais les résultats de cette évaluation technique n’ont pas été pris en compte dans le rapport final (pdf).

Le Groupe de travail sur la Syrie, la propagande et les médias ont maintenant reçu une copie de l’évaluation technique de 15 pages de l’OIAC sur ces deux bouteilles de gaz concernées dans l’incident de Douma – 27 février 2019 (pdf).
Après avoir testé diverses hypothèses au moyen d’expériences, de simulations et d’analyses des éléments fournis, le sous-groupe technique de l’enquête de l’OIAC a conclu (non souligné dans l’original) :

32. À ce stade, la sous-équipe technique du FFM ne peut être certaine que les bouteilles sont arrivées à l'un ou l'autre endroit parce qu'elles ont été larguées d'un avion. Les dimensions, les caractéristiques et l'apparence des bouteilles ainsi que la scène environnante des incidents n'étaient pas conformes à ce à quoi on aurait pu s'attendre si l'une ou l'autre des bouteilles avait été larguée d’un aéronef. Dans chaque cas, l'autre hypothèse permet la seule explication plausible des observations sur les lieux.

33. En résumé, les observations faites sur les lieux des deux emplacements, ainsi que les analyses subséquentes, donnent à penser qu'il est plus probable que les deux bouteilles ont été placées manuellement à ces deux endroits plutôt que larguées par avion.

L’évaluation technique confirme notre conclusion antérieure. Toute l’histoire présentée par les « rebelles » et autres organes de propagande n’a été qu’une mise en scène. Les plus de 34 morts trouvés sur les lieux ont été assassinés ailleurs dans des circonstances inconnues.

Dans son examen de l’évaluation technique de l’OIAC et sa suppression par la direction de l’OIAC, le Groupe de travail déclare :

Les nouvelles informations dont nous disposons lèvent tout doute sur le fait que l'organisation a été influencée à sa tête par la France, le Royaume-Uni et les États-Unis. Nous ne doutons pas que la plupart des membres du personnel de l'OIAC continuent de faire leur travail de façon professionnelle et que certains de ceux qui ne sont pas convaincus de l'orientation prise par l'organisation souhaitent néanmoins protéger sa réputation. Mais ce qui est en jeu ici, c'est plus que la réputation de l'organisation : l'incident organisé à Douma a provoqué, le 14 avril 2018, une attaque de missiles par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France qui aurait pu conduire à une guerre totale. 

Le camouflage de la preuve que l'incident de Douma a été monté n'est pas simplement une faute. Comme la mise en scène de l'incident de Douma a entraîné des massacres de civils, les membres de l'OIAC qui ont supprimé les preuves d’une mise en scène sont, involontairement ou non, complices de ces massacres.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par jj pour le Saker Francophone.

https://lesakerfrancophone.fr/syrie-evaluation-technique-de-loiac-lattaque-a-larme-chimique-sur-douma-netait-bien-quune-mise-en-scene

Grand bug sur les réseaux sociaux, le Maroc concerné

Grand bug sur les réseaux sociaux, le Maroc concerné

Plusieurs utilisateurs de Facebook, Instagram et WhatsApp ont rencontré des problèmes de connexion. Si certains d’entre eux n’arrivaient pas à publier ou échanger du contenu, notamment sur Messenger, d’autres peinaient à accéder à leurs comptes.

Le site spécialisé DownDetector, qui scrute les bugs des principaux sites web, a annoncé que les trois plateformes mondiales étaient “massivement en panne, dans plusieurs pays européens et ceux du Maghreb. La panne a donc touché de nombreux pays dans le monde, dont le Maroc.

Le site a ainsi recensé “un pic de signalement de problème pour se connecter à Facebook à partir de 12h36, à Instagram à partir de 12h37, à Messenger à partir de 12h44 et à Whatsapp à partir de 12h46”, relèvent des médias français.

Une panne qui a plongé des milliers d’utilisateurs dans le désarroi. “D’où vient cette panne?”, “Suis-je le seul à avoir du mal à me connecter sur Instagram et Facebook ?”…les questions ont fusé à la mi-journée.

Pour l’instant, les raisons de ce nouveau bug restent inconnues. Facebook ne s’est toujours pas prononcé sur le sujet.

Cet après-midi, les services Facebook (Messenger, Instagram, WhatsApp) sont de nouveaux accessibles.

A noter que ce n’est pas la première fois que Facebook subit ce type de problème. Rappelons qu’en mars dernier, le réseau social a connu des difficultés pendant plusieurs heures.

S.L.

Progression de l’islamisme : 30 ans de renoncements

Progression de l’islamisme : 30 ans de renoncements

Progression de l’islamisme : 30 ans de renoncements

Par Paul Tormenen, juriste ♦ Lors de sa dernière conférence de presse, le 25 avril, le Président Macron a affirmé sa volonté d’être « intraitable » avec l’islamisme radical. Il a également annoncé qu’il demandait au gouvernement d’être beaucoup plus dur à l’égard de « cet islamisme politique, de ce communautarisme, de cette sécession au sein de notre république ». Si l’intention est louable, les dernières années nous ont montré qu’au-delà des intentions affichées, les politiques au pouvoir semblent impuissants à enrayer la progression de l’islamisme. Pourtant, les gouvernements sont loin d’avoir tout essayé en la matière.


Un discours déjà entendu

La déclaration du Président Macron promettant de s’engager dans une lutte résolue contre l’islamisme vient après d’autres engagements déjà entendus par les français. L’approche des élections européennes n’est peut-être pas étrangère à cet appel du piedà des franges de l’électorat pas forcément acquises au parti présidentiel. Pour ne citer que quelques exemples, en 2010, sous la présidence Sarkozy, le ministre de l’intérieur annonçait déjà la « totale mobilisation » du gouvernement contre l’islamisme radical (1). En juin 2015, le premier ministre de l’époque Manuel Valls envisageait la fermeture de mosquées et la dissolution d’associations islamistes et affirmait « la nécessité d’agir contre le salafisme le plus radical »(2).

Les témoignages de la progression de l’islamisme

 Il est difficile de dire que l’on découvre le phénomène : on ne compte plus les enquêtes de terrain rendant compte de la progression de l’islamisme en France(3). Parmi celles-ci, on peut citer :

– L’ouvrage collectif paru en 2002 « Les territoires perdus de la République ». A partir de l’exercice quotidien de leur métier, des professeurs de l’enseignement secondaire de la région parisienne dressaient le constat d’une décrépitude des valeurs républicaines et d’une offensive islamiste dans certains quartiers.

– En 2017, le journaliste Alexandre Mendel publiait une enquête intitulée « Partition », un livre accréditant « l’émergence de frontières invisibles qui divisent le territoire, géographiquement et culturellement ».

– La même année paraissait un ouvrage collectif intitulé « Une France soumise ». Alors que « Les Territoires perdus de la République » pointait le communautarisme dans des écoles de banlieue, les auteurs du livre faisaient le constat que ce sont maintenant de véritables territoires qui vivent en circuit fermés. « Cette enquête révèle le fossé existant entre une partie des élites médiatiques et la masse du peuple français, classes moyennes et populaires confondues. Le discours formaté des élites apparaît de moins en moins audible » affirmait un de ses auteurs(4).

– En 2018, deux journalistes du Monde, Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué, faisaient dans le livre intitulé « La communauté » le récit de la progression du communautarisme et de l’islamisme à Trappes, dans les Yvelines.

– Toujours en 2018, des étudiants en journalisme coordonnés par Gérard Davet et Fabrice Lhomme présentaient ,dans le livre « Inch’allah, l’islamisation à visage découvert », le développement de l’emprise religieuse en Seine Saint Denis.

– En 2019, l’ouvrage intitulé « La voie de la radicalisationcomprendre pour mieux agir », écrit par Olivier Bobineau et Pierre N Gahane, analyse la montée de la radicalisation islamiste en France.

Les rapports et enquêtes parlementaires sur la progression de l’islamisme

Au-delà des monographies et des récits de terrain, une abondante production éditoriale(rapports, enquêtes parlementaires, etc.) nous apprend également que l’islamisme progresse rapidement en France. L’état des lieux présenté dans ces études est plus général et quantitatif.On peut citer notamment :

  • L’enquête parue en avril 2018 de deux sociologues auprès de 7 000 lycéens « de territoires à dominante urbaine», qui aboutit au constat de « l’inquiétante radicalité d’une minorité de jeunes » et de la propension à la violence de certains d’entre eux (5).
  • Le rapport d’une commission d’enquête sénatoriale paru le 4 juillet 2018. Le constat est sans appel : « nous combattons un ennemi intérieur, nous sommes en guerre contre nous-mêmes» (6). Les rapporteurs constatent que l’on assiste dans certains quartiers à la propagation du salafisme (page 48) (7), ce qui « contribue à accroitre la menace intérieure ». Le nombre des fidèles salafistes serait passé de 5 000 en 2004 à 40 000 aujourd’hui. Parmi les individus relevant du « haut du spectre » qui sont dans une logique de « pré terrorisme », 3 000 seraient de nationalité étrangère.
  • Le rapport de l’institut Montaigne sur « la fabrique de l’islamisme» paru en septembre 2018 (8). Il fait le constat que « le discours salafiste, largement dominant [parmi les plus radicalisés, NDLR], veut démontrer l’idée d’une décadence occidentale ». « L’analyse de l’audience sur internet et plus particulièrement sur les réseaux sociaux, nous a permis d’évaluer l’incroyable impact de cette idéologie religieuse ». Le rapport mentionne une autre enquête réalisée en 2016 évaluant à 28% le nombre de musulmans classés comme « sécessionnistes et autoritaires ».

La progression de l’islamisme s’inscrit dans un contexte plus général de montée du communautarisme et de revendications identitaires d’une frange croissante de musulmans (9). Les mesures prises pour lutter contre l’islamisme n’ont jusqu’à présent pas réussi à enrayer ce phénomène :

– Le contrôle du financement des mosquées radicales tarde à produire ses effets. On continue à recenser les mosquées – des centaines – où des prêches radicaux sont tenus (10).

-Les écoles hors contrats où des enfants sont endoctrinés continuent à ouvrir avec un contrôle des enseignements largement lacunaire (11).

-Des réunions publiques où est véhiculé un islam radical sont régulièrement organisées (12).On pourrait malheureusement multiplier les exemples.

Impuissance, mais pas inaction

Trois plans successifs de lutte contre la radicalisation ont été mis en œuvre par les différents gouvernements depuis 2014 (13). Si l’éventail des mesures est large, il est patent qu’elles ne parviennent pas à enrayer le développement de l’islamisme.

Des mesures qui s’imposent… et qui sont ignorées

Alors que, selon un sondage réalisé en mars 2018 (14), les Français plébiscitent massivement des mesures « radicales » pour lutter contre l’islamisme, certaines pistes envisagées ne sont toujours pas retenues, ou ne sont pas appliquées systématiquement. Parmi celles-ci, on peut mentionner :

  • Des conditions d’accès à la nationalité française beaucoup plus exigeantes, notamment en matière d’acceptation de la mixité et de la laïcité,
  • Un financement des mosquées excluant toute ingérence idéologique extérieure,
  • La fermeture de toutes les mosquées radicales,
  • L’expulsion du territoire français des individus fichés S de nationalité étrangère,
  • La dissolution des associations islamistes.

Les voyants sont au rouge : l’islamisme continue sa progression dans la société française. Le président de la République ne bénéficie plus de l’a priori positif qu’il pouvait avoir auprès de certains français au début de son mandat. Le projet annoncé de « reconquête républicaine » (15) des « quartiers » vient après d’autres dispositifs aux appellations tout aussi grandiloquentes. Les milliards déversés dans le cadre de la politique de la ville n’ont pas réussi à enrayer le phénomène de radicalisation.
Pendant ce temps, l’islamisme tisse sa toile et ses réseaux, patiemment. Les mesures déjà employées montrent leurs limites. Il faut changer de logiciel. Urgemment.

Paul Tormenen
12/05/2019

(1) Question au gouvernement. Assemblée nationale. 1er juillet 2010.

(2) « Islamisme radical : Valls prêt à fermer des mosquées et à dissoudre des associations ». Public sénat. 30 juin 2015.

(3) « De la France interdite à l’islamisation des banlieues, le fantasme devenu réalité vu par des journalistes ». Observatoire du Journalisme. 19 octobre 2018.

(4) « Les voies du refus ». Revue politique et parlementaire. 1er février 2018.

(5) « L’inquiétante radicalité d’une minorité de jeunes ». Le Monde.3 avril 2018.

(6) « Rapport au nom de la commission d’enquête sur l’organisation et les moyens des services de l’État pour faire face à l’évolution de la menace terroriste après la chute de l’État islamique ». Sénat. 4 juillet 2018.

(7) Proposition de résolution. Sénat. 11 janvier 2018.

(8) « La fabrique de l’islamisme ». Institut Montaigne. Rapport intégral. Septembre 2018.

(9)« Montée de l’islamisme radical et banlieues populaires ». Arnaud Lacheret. Hal. Novembre 2017.

(10)« Mosquées radicales, ce qu’on y lit ». Observatoire de l’islamisation. 14 mai 2018.

(11) « Islamisme radical, ces écoles qui inquiètent la République ». France Info. 31 janvier 2017.

(12) Sondage Elab BFM. Mars 2018.

(13) Plans d’action contre la radicalisation 2014, 2016, 2018. Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation.

(14) Observatoire de l’islamisation.

(15) « Lancement des quartiers de reconquête républicaine ». Ministère de l’intérieur. 18 septembre 2018.

Source : Correspondance Polémia

Crédit photo : Domaine public

https://www.polemia.com/progression-islamisme-30-ans-renoncements/