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RDC-Belgique : Kinshasa ferme son consulat à Anvers et réduit les vols de Brussels Airlines

RDC-Belgique : Kinshasa ferme son consulat à Anvers et réduit les vols de Brussels Airlines

Kinshasa a décidé ce lundi de fermer son consulat à Anvers, en Belgique, exigeant de Bruxelles de faire de même pour l’une de ses représentations consulaires dans le pays. Une réduction du nombre de vols de Brussels Airlines a également été annoncée par les autorités de la RDC.

« Nous baissons le niveau de la représentation diplomatique de deux États. » Au ministère congolais des Affaires étrangères, le ton est monté. Le gouvernement congolais vient en effet de décider, ce lundi 5 février, de « fermer son consulat à Anvers », ville portuaire belge, indique à Jeune Afrique un diplomate congolais proche du dossier.

Suite à cette décision, Kinshasa dit attendre également de Bruxelles « la fermeture d’au moins un de ses deux consulats » présents sur le territoire congolais : celui de Lubumbashi, dans la partie méridionale du pays.

La requête des autorités congolaises a été envoyée « par voie diplomatique » à l’ambassade de Belgique dans la capitale congolaise. Nous n’avons pas pu joindre, dans l’immédiat, les représentants diplomatiques belges à Kinshasa.

Brussels Airlines également frappé

D’autres mesures de rétorsion visent Brussels Airlines. « Faute de réciprocité dans l’exploitation des services aériens internationaux entre la RDC et le Royaume de Belgique, le nombre des fréquences hebdomadaires allouées » à cette compagnie aérienne, basée à Diegem, près de l’aéroport de Zaventem, « est réduit de sept à quatre, à partir du lundi 5 février », indique l’Autorité de l’aviation civile de la RDC dans une correspondance adressée à la représentante de Brussels Airlines à Kinshasa.

« C’est une décision des autorités congolaises, confirme à Jeune Afrique Kim Daenen, porte-parole de Brussels Airlines. Elle prend effet dès cette semaine. Nous avons soumis un nouveau programme de vol aux autorités congolaises et nous attendons qu’il soit finalisé. Nous contacterons ensuite nos clients pour essayer de trouver des solutions avec eux. Nous sommes désolés pour eux. »

Après avoir décidé de « démanteler », sur son territoire, le dispositif consulaire Maison Schengen et de suspendre les activités de l’agence de développement belge en RDC, Kinshasa se disait prêt à prendre, « en cas d’escalade », d’autres mesures de représailles contre la Belgique.

Il était alors question d’« une  réduction drastique du personnel diplomatique belge, la fermeture des consulats de Belgique à Lubumbashi et à Goma, et la suspension des vols de Brussels Airlines », comme nous le révélions fin janvier.

« Casus belli » entre Kinshasa et Bruxelles ?

« Bruxelles a continué en effet son travail de sape diplomatique contre la RDC », explique un diplomate congolais pour justifier les nouvelles mesures annoncées. Lors de la récente réunion du comité de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), à Paris, « le représentant belge a fait un réquisitoire contre la RDC devant Aubin Minaku, président sortant de l’APF et actuel président de l’Assemblée nationale congolaise », poursuit notre source, qui estime qu’il s’agit là d’un « casus belli ».

À Kinshasa, dans l’entourage de She Okitundu, on pointe aussi le positionnement du Belge Bart Ouvry, ambassadeur de l’Union européenne en RDC comme l’une des raisons de l’escalade en cours. « Malgré la décision du gouvernement congolais, il continue à influencer l’UE pour qu’elle maintienne la Maison Schengen sur notre territoire », soutient un conseiller du vice-Premier ministre en charge des Affaires étrangères.

C’est dans ce climat de tension que Bruxelles a rappelé son ambassadeur à Kinshasa le 29 janvier pour des « réunions internes » et « des discussions ». Depuis plusieurs mois, la Belgique est considérée aux yeux des autorités congolaises comme l’État européen qui pilote la campagne en vue du maintien de la pression internationale contre le régime de Joseph Kabila.

Ce dernier, au pouvoir depuis 2001, est arrivé au terme de son second mandat depuis fin 2016. Mais l’élection de son successeur se fait toujours attendre.

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Quai d’Orsay : La forteresse vide … Par Guillaume Berlat

Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 29-01-2018

« On n’est jamais si bien servi que par soi-même ». Telle pourrait être la conclusion à tirer du long entretien accordé par le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian à Isabelle Lasserre, l’experte unanimement reconnue des relations internationales dans le quotidien Le Figaro daté du 22 janvier 2018, date du « sommet de l’attractivité » organisé par le chef de l’État à Versailles. Le titre de cet entretien retenu par l’ex-ministre de la Défense de François Hollande est déjà tout un programme : « J’ambitionne une diplomatie qui agisse concrètement »1. Ce texte comporte de notre nouveau Talleyrand photographié en pied et impérialement assis en son palais d’Orsay sur les bords de Seine près de l’hôtel de Lassay (celui occupé par le président de l’Assemblée nationale) à trois jours de la « Nuit des idées » instaurée par Laurent Fabius. À la décharge de notre excellentissime ministre, il faut lui reconnaître une résilience hors du commun pour résister à l’ouragan Jupiter qui est partout à la fois et qui marche allègrement sur ses plates-bandes diplomatiques. Il ne lui laisse que quelques maigres os à ronger, tâche qu’un directeur d’administration centrale pourrait aisément effectuer à une époque où la Cour des comptes rappelle avec vigueur l’obligation d’une meilleure maîtrise de la dépense public au président de la République venue fêter la nouvelle année avec les magistrats de la rue Cambon.

Il est vrai que notre lorientais préféré, qui a parfaitement réussi à l’hôtel de Brienne, semble un peu plus gauche à l’hôtel d’Orsay. Il est vrai que notre jeune septuagénaire semble un peu perdu avec les codes de la diplomatie, de ses diplomates, confronté qu’il est à un monde qu’il peine à décrypter. Le diplomate ne se manie pas comme le militaire. Le bicorne est plus souple que le glaive mais ô combien plus retors. « La nuit des idées » serait plutôt la journée du brouillard ! En ce début d’année 2018, il est utile de disposer de la substantifique moelle de la pensée diplomatique du ministre en charge des relations internationales pour mieux l’analyser, dans un premier temps, puis pour mieux la juger, dans un second temps. Dans ces temps de pensée unique et aseptisée, une bonne disputatio ne peut pas faire de mal pour éclairer utilement l’expert de la chose du dehors. Présentée par le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères comme une diplomatie lorientaise qui, sous l’influence bienfaitrice de Jupiter, culminerait désormais à l’Everest, elle n’est en réalité qu’une diplomatie lorientaise qui serait malheureusement plutôt à l’ouest au sens propre et figuré du terme.

UNE DIPLOMATIE LORIENTAISE À L’EVEREST

Si l’on accepte de remettre en perspective cet entretien de Jean-Yves Le Drian pour la commodité de la présentation, l’on peut schématiquement établir une distinction très classique entre quelques principes directeurs (au service des citoyens français) et quelques points d’application dans le monde (au service de la paix).

Les principes directeurs : au service des citoyens français

Comme il l’avait fait à l’occasion de la semaine des ambassadeurs2, Jean-Yves Le Drian, de manière paradoxale, place sa diplomatie « au service de tous les Français ». On aurait pu penser qu’elle fut placée au service de la France. En toute hypothèse, cette diplomatie à la sauce bretonne se décline sous quatre volets : assurer la sécurité des citoyens français (cela ne peut pas faire de mal), régler les crises à l’étranger (ni plus, ni moins), promouvoir nos intérêts économiques à l’étranger (diplomatie économique oblige) et renforcer l’Union européenne (elle en a bien besoin). Le ministre précise sa pensée en déclarant que, dans un contexte où « la France est plus attendue que jamais » (un cocorico ne peut pas faire de mal dans ce genre d’entretien), il « ambitionne une politique étrangère (il nous semblait que celle-ci relevait du seul président de la République) qui, plutôt que de s’en tenir aux commentaires, ne soit pas hors-sol (parfait langage technocratique abscons et sans consistance) et agisse concrètement ». Pour atteindre ces ambitieux objectifs, le ministre propose de refuser la diplomatie du commentaire journalistique des déclarations des dirigeants de la planète, de privilégier une diplomatie du dialogue avec tout le monde pour résoudre les crises dans le monde, une diplomatie de l’influence spécialement au sein de l’Union européenne (bien pâle encore), une diplomatie de la disponibilité de la France (sur les crises coréenne et yéménite). Pour mettre en œuvre sa politique, Jean-Yves le Drian déclare qu’il est en contact permanent avec le président de la République qu’il rencontre tous les mardis (comme nous l’avons déjà souligné à plusieurs reprises, confond allégrement deux concepts voisins mais différents : politique étrangère et diplomatie). Il précise qu’il revient au chef de l’État de conduire la politique étrangère de la France qui « appartient à son domaine réservé » (expression triviale qui ne reflète qu’imparfaitement l’esprit et la lettre de la constitution du 4 octobre 1958). À trop simplifier le droit constitutionnel, on est parfois conduit à raconter n’importe quoi. Ainsi, nous sommes pleinement rassurés, le capitaine tient bon la barre du paquebot France.

Comment le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères décline-t-il ces grands principes dans les grandes crises qui secouent aujourd’hui le monde ?

Les points d’application : au service de la paix dans le monde

Pour de très compréhensibles raisons de priorité, Jean-Yves Le Drian passe en revue quelques thématiques importantes des relations internationales actuelles à la charnière de deux années au moment où le gotha de la planète va se retrouver à Davos3. Il évoque successivement l’Iran, la Syrie (il y consacre une majeure partie de ses commentaires), la Corée du nord, les États-Unis, l’Union européenne, l’influence française, la Russie, le Yémen, la diplomatie planétaire de Jupiter.

Sur l’Iran, le ministre précise que la « position française est faite de fermeté et d’équilibre » et qu’il se rendra dans ce pays le 5 mars 2018 (cette visite censée préparer celle d’Emmanuel Macron a déjà été repoussée deux fois au cours des derniers mois). Elle a pour objectifs principaux : l’interdiction de l’acquisition de « l’arme atomique » (cela s’appelle l’arme nucléaire), l’encadrement du programme balistique (Cf. résolution 2231 du CSNU), la cessation de l’aide iranienne au Hezbollah libanais et aux rebelles houthistes au Yémen.

Sur la transition en Syrie avec un « conflit qui est en train de muter », le ministre est plus disert. Il se livre à la traditionnelle critique en règle du régime pour tous ses méfaits : humanitaire (à la Ghouta4), chimiques (la France organise le 23 janvier une réunion à Paris sur le sujet avec 30 États5) et géopolitique (la pagaille dans la région). La France, qui souhaite la stabilisation de la situation, prend des mesures concrètes pour organiser des élections et rédiger une constitution. Paris prône l’inclusivité de toute solution du problème. Au passage, il égratigne le processus de négociation mis en place par Moscou à Astana et l’action de l’Iran en Syrie et au Liban. Un peit coup de patte à ces affreux, ne peut pas faire de mal et permet de se donner bonne conscience

Sur la Corée du nord, la France est disponible et encourage les négociations sur une dénucléarisation de ce pays. Excellente nouvelle !

Avec les États-Unis de Donald Trump, nous avons trois désaccords : climat, accord nucléaire iranien, transfert de l’ambassade à Jérusalem. Mais, nous sommes « pragmatiques ». Il est vrai que Jupiter vient de recevoir une invitation en règle à effectuer une visite officielle à Washington…alors que Donald Trump n’est pas le bienvenu à Londres6.

Sur la Russie, Jean-Yves Le Drian est relativement flou. Il faut « respecter ce grand pays » avec lequel nous divergeons sur l’Ukraine, les armes chimiques. Nous attendons des clarifications de Moscou sur tous ces sujets. Serguei Lavrov les a explicitées lors de sa traditionnelle conférence de presse annuelle. Il n’a pas mâché ses mots.

Sur l’Europe, enfin. Emmanuel Macron situe délibérément sa démarche dans une perspective européenne et entend que nos partenaires portent nos initiatives afin de conférer un effet démultiplicateur à notre diplomatie. Au passage, Jean-Yves Le Drian passe la brosse à reluire à Jupiter qui est un acteur majeur du changement, égratignant à l’occasion l’action de François Hollande dont il a été pendant cinq ans le zélé ministre de la Défense. Comprenne qui voudra (pourra) comme le disait le poète Paul Éluard.

Ainsi exposée, objectivement et fidèlement, la quintessence de la pensée du chef de la diplomatie française, il importe désormais de porter un regard critique sur sa pratique quotidienne à l’aune des exemples récents qu’il fournit ou qu’il passe sous silence pour des raisons vraisemblablement peu avouables, en particulier l’éternelle question de la dénonciation des violations des droits de l’homme dans les pays autoritaires, voire dans les dictatures avec lesquels nous privilégions les rentes de la diplomatie économique.

UNE DIPLOMATIE LORIENTAISE À L’OUEST

Au moment où la gouvernance mondiale et les risques géopolitiques inquiètent les élites7, le propos du chef de la diplomatie française parait presque décalé, voire primesautier par certains aspects. C’est que la pratique diplomatique de Jean-Yves Le Drian pêche à plus d’un titre même s’il souligne qu’il mène une « diplomatie sans trompe-l’œil » : tout à la fois diplomatie de l’affichage, diplomatie de la contradiction et diplomatie des bons sentiments.

La diplomatie de l’affichage : le primat de la com’

Le moins que l’on puisse dire est que manque singulièrement à cet entretien d’un ministre régalien (vraisemblablement préparé et revu par ses plumes, ses communicants et les grands esprits de son cabinet et de son Centre d’analyse et de prospective stratégique ou CAPS pour les initiés) une dimension stratégique et prospective du monde et des principales menaces et crises ! Une colonne vertébrale, pourrait-on dire. Nous sommes en permanence dans l’anecdotique, le commentaire journaliste même si Jean-Yves Le Drian s’en défend (« nous n’avons pas à devenir les commentateurs des déclarations américaines »). Que fait Jupiter lorsqu’il tance Donald Trump à propos de ses déclarations sur « les pays de merde » ? Nous ne saurons pas – du moins grâce à ce texte creux – quel diagnostic la diplomatie française porte sur les pathologies mondiales et encore moins sur les remèdes, autres que ponctuels ou homéopathiques8. Nous n’en saurons pas plus sur la redistribution des cartes au Proche et au Moyen-Orient9. Et, le ministre d’ajouter sur ce sujet le plus sérieusement du monde : « nous avons aujourd’hui une force et une capacité d’influence que nous n’avons pas connues depuis longtemps ». Est-ce de l’humour breton ? Est-ce qu’il ne perdrait pas le nord et serait un peu à l’ouest à trop voyager et à ne pas établir de priorités dans ses très hautes et très exigeantes fonctions ? La diplomatie est un subtil cocktail de bon sens et de retenue.

Trente États qui participent à ce qui s’apparente à moins à une authentique conférence (celle sur les armes chimiques du 23 février 2018 destinée à frapper de sanctions tous ceux qui auraient participé de près ou de loin à l’utilisation d’armes chimiques en Syrie) qu’à un défilé de haute couture qui dure une seule journée, chaque orateur disposant d’un temps limité pour exposer ses idées10. À cette occasion est lancé un « partenariat international contre l’impunité d’utilisation d’armes chimiques » à l’initiative de Paris et mettant en avant la première mesure, le gel des avoirs de 25 entités et responsables d’entreprises soupçonnés d’alimenter le programme syrien d’armes chimiques. Avec cela, nous compteons faire avancer la paix en Syrie ! Qui ne souvient pas de la conférence sur la paix au Proche-Orient organisé le 15 janvier 2017 par Jean-Marc Ayrault ? Les participants se donnaient bonne conscience en clamant haut et fort leur attachement à une solution qu’ils savaient irréaliste. C’est ce que l’on qualifie de diplomatie du témoignage surtout lorsqu’on déclare que la France est disponible sur les dossiers nord-coréen et yéménite. Pour être plus trivial, personne ne nous demande rien mais nous voulons donner l’impression d’exister contre vents et marées. En diplomatie, comme dans d’autres domaines, il y a deux catégories d’États : ceux qui savent et ne disent rien ; ceux qui ne savent pas et qui parlent pour ne rien dire ! Tout cela donne lieu à de très belles photos de famille (Cf. conférence de la Celle Saint-Cloud sur la Libye de l’été 2017) mais cela ne fait pas avancer d’un pouce la solution des problèmes. Si ce n’est secrète, la diplomatie efficace est discrète. C’est le gage de son succès comme l’histoire le démontre amplement. Comme le soulignait le diplomate Romain Gary : « tous les diplomates savent que c’est sur la pointe des pieds que l’on va le plus loin ». Le moins que l’on puisse dire est que Jean-Yves Le Drian y va gaiement avec ses gros sabots bretons tel un éléphant dans un magasin de porcelaine

Nous sommes bien au cœur de cette « méthode de com’ qui consiste à faire du bruit médiatique tout le temps pour mieux couvrir les grincements semble bien plaire à Jupiter »11. Comme le souligne justement Thierry de Montbrial : « De plus en plus incohérent, l’Occident mène une campagne toujours plus idéologique contre les États considérés comme illibéraux, lesquels le regarde plutôt avec mépris. Tout ça peut déraper »12.

La diplomatie de la contradiction : la confusion des genres

« On peut définir la diplomatie comme l’art de lutter avec insuccès contre la force des choses » disait le grand ambassadeur Paul Cambon. Mais, pour parvenir à cet objectif difficile, un minimum de cohérence s’impose. Ce qui ne devrait pas être chose trop compliquée au pays de la logique et de René Descartes. Or, au cours des dernières années, il semble que la diplomatie française pêche sur le plan de la cohérence alors même que dans ce domaine, rien n’est simple et ne se ramène à une formule algébrique. Par sa formation, le diplomate cherche l’efficacité, non l’effet. Car, l’essentiel dans la diplomatie, c’est de ne jamais trop présumer de ses forces, travers très jupitérien qui pense qu’un projet annoncé est un projet exécuté (Cf. feu son projet de groupe de contact sur la Syrie. Comment parvenir à concilier des intérêts divergents avec Iraniens, Russes, Turcs ? Là se trouve la clé de la solution du problème et, surtout, d’un retour de la France sur la scène moyen-orientale. Nous en sommes encore loin à lire le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères qui parle de « politique inclusive » tout en continuant sur les traces de Laurent Gaffius à pratiquer une « politique exclusive ». Dans la vie internationale, il n’y a pas les bons et les méchants. Le manichéisme n’a pas sa place dans la diplomatie française qui prétend parler à tous et rechercher des résultats concrets.

À lire très attentivement son entretien, il est clair que la diplomatie de Jean-Yves Le Drian est frappée au sceau de la confusion permanente. Et, ce n’est malheureusement pas une nouveauté chez notre lorientais désorienté13. Confusion dans les termes, d’abord. « J’ambitionne une politique étrangère qui, plutôt de s’en tenir aux commentaires, ne soit pas hors sol et agisse concrètement » déclare le ministre au Figaro. Il ignore encore (plus de sept mois après sa prise de fonctions) que la politique étrangère (le cap) relève selon les termes de la constitution de la compétence du président de la République et la diplomatie (la route à suivre) revient au ministre des Affaires étrangères. On croit rêver en pensant que ce texte a été relu par des hauts fonctionnaires issus de l’ENA où l’on enseigne le droit constitutionnel. Confusion dans l’analyse, ensuite, ce qui est encore plus grave. On reste coi au chapitre américain sur le silence du chef de la diplomatie concernant un point fondamental, l’unilatéralisme de Donald Trump14. Or, Jupiter n’a de cesse de rappeler dans toutes ses interventions que l’alpha et l’oméga de la gouvernance mondiale à la française repose sur le multilatéralisme (Cf. son intervention à Davos du 24 janvier 201815). Existerait-il un hiatus entre ce que nous disons et ce que nous faisons ? Ce qui serait condamnable à Moscou serait véniel à Washington ? Drôle de conception de la vie internationale ! Comment peut-on dire sérieusement que « la guerre au Yémen est dramatique » en passant sous silence les bombardements saoudiens avec des armes françaises (certains voudraient traîner la France devant la CPI pour crimes contre l’humanité) et en faisant uniquement porter la responsabilité des combats sur l’Iran via les Houthistes ? (si responsabilité il y a, elle est largement partagée entre plusieurs puissances régionales, Arabie saoudite en tête de liste). En bon français, cela se nomme de l’a priori ou du préjugé. Des mots à la réalité, il y a un gouffre… La maladie de l’emphase des paroles et des promesses.

La diplomatie des bons sentiments : l’hypocrite droit de l’hommisme

« Je n’aime pas la politique sentimentale et c’est la politique sentimentale qui nous replonge dans les malheurs de la révolution et de la guerre » aimait à répéter ce grand maître incontesté de la diplomatie que fut Talleyrand. On nous rapporte qu’à l’issue de la réunion de Paris sur les armes chimiques, les ministres des Affaires étrangères américain, britannique, français, jordanien et saoudien se seraient concertés sur une action commune dans le dossier syrien pour « remettre le processus diplomatique de Genève au centre de l’action diplomatique ». Diantre ! Comment imaginer un seul instant faire avancer le dossier syrien si complexe (sept ans de guerre) sans la présence des ministres des Affaires étrangères iranien, russe, syrien et turc sauf à croire au Père Noël surtout au moment où les autorités d’Ankara mènent le branle dans le nord de la Syrie pour faire la chasse aux kurdes16 (et commencent à inquiéter l’OTAN17) et cela avec l’accord implicite de Moscou et de Washington18 (la France n’est curieusement pas mentionnée alors que Jean-Yves Le Drian déclare que la France est entendue et attendue). Comme le souligne si justement, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine : « Les bons sentiments ne garantissent pas la paix. Il faut des procédures, des organisations, qui permettent de détecter les risques et de prévenir les conflits »19. On n’en croit pas ses yeux lorsque l’on lit sous la plume de Jean-Yves Le Drian cette phrase mémorable sur la Syrie qui respire l’irréalisme à plein nez : « La seule solution pour qu’un processus de paix puisse avoir sa chance, c’est de créer un environnement stabilisé qui permette d’organiser des élections et de former une nouvelle Constitution ». Alléluia !

Outre l’indigence du style et du propos, la substance fait cruellement défaut. Un mot fondamental fait défaut, celui de confiance sans laquelle rien de durable ne peut être envisagé. Il n’a toujours pas compris l’utilité des « zones de désescalade » mises en place par les Russes avec la participation active des acteurs locaux. Quant à la martingale des élections et de la constitution, elle ne marche nulle part, pas plus en Afghanistan ou en Irak qu’au Mali (en une semaine, on compte plusieurs dizaines de morts aux quatre coins du pays)20 ou en RCA, voire prochainement en Libye ! Cela fait partie de la boîte à outils des Américains que nous nous évertuons à copier avec le succès que l’on sait. Quelles méthodes la diplomatie française possède-t-elle dans sa manche pour faire baisser la tension en Syrie et dans la région pour parvenir à une paix et à une reconstruction du pays ? À quoi cela sert-il de dire que la reconstruction se fera grâce aux Européens et que les Russes n’en ont pas les moyens ? Qu’a fait la diplomatie européenne depuis le début de la crise syrienne pour aider à résoudre le problème ? Rien.

Pourquoi chevaucher des chimères pour demain alors que la diplomatie française est incapable depuis la fin 2010 de proposer une solution coopérative et inclusive pour retrouver les chemins de la paix en Syrie, comme ailleurs, du reste dès aujourd’hui ? Faute de disposer de la moindre influence, nous nous contentons de proférer des anathèmes, d’exclure, de sanctionner. Quand déciderons-nous de rouvrir notre ambassade à Damas, à reprendre le fil du dialogue interrompu entre services de renseignement français et syrien pour prétendre pouvoir jouer un rôle post-conflit ?

L’inventaire des crises, la complexification des conflits, la pesanteur de notre impuissance, l’inachèvement des guerres, tout concourt à entretenir la conviction qu’il faut revenir en arrière. C’est un vent mauvais qui balaie la planète. Sur tous les continents, on le sent souffler, à des degrés divers, avec des intensités variables, comme si notre époque, si rétive aux bouleversements consentis, croyait pouvoir les retarder en renversant le fil du temps.

La régression est partout ; elle s’empare des opinions publiques, suscite des vocations politiques effarantes, divise les intellectuels, distrait les médias…21 Que nous raconte le chef de la diplomatie française ? Beaucoup de balivernes et de billevesées. Son entretien est à l’image de la démarche jupitérienne. Entre la surenchère de la démagogie, le cabotage politique et l’agitation perpétuelle, nous vivons dans l’acceptation de l’inacceptable. Rien ne sert d’utiliser des artifices de joueurs de bonneteau.

La France doit impérativement retrouver sa tradition diplomatique pour pouvoir jouer un rôle dans le concert des nations en cessant de se rengorger de la « souveraineté européenne » qui n’existe pas et n’a du reste jamais existé. Est-il besoin de souligner, dans ce contexte, la faillite de l’Europe ! Cessons d’envoyer des messages contradictoires qui brouillent l’essentiel. On ne peut vouloir respecter la Russie et la traiter comme l’ennemie de la Guerre froide. On ne peut vouloir créer une défense européenne en regardant toujours vers l’OTAN. Les temps de l’hypocrisie, des fausses bonnes idées, de ceux qui se sont toujours trompés au cours de la décennie écoulée doit être révolu. Faute de quoi, le Quai d’Orsay restera la matrice de la diplomatie du vide.

Guillaume Berlat
29 janvier 2018

1 Isabelle Lasserre (propos recueillis par), Jean-Yves Le Drian : « La France mène une diplomatie sans trompe-l’œil. J’ambitionne une diplomatie qui agisse concrètement », Le Figaro, 22 janvier 2018, pp. 1 et 6.
2 Guillaume Berlat, Zeus a rendez-vous avec Hermès : vers une diplomatie de la transformation, www.prochetmoyen-orient.ch , 4 septembre 2017.
3 Isabelle Chaperon/Sylvie Kauffmann, Davos, le forum le plus politique de la planète, Le Monde, Économie & Entreprise, 24 janvier 2018, pp. 1-2-3.
4 Laure Stephan, Les civils pris au piège de la Ghouta, Le Monde, 25 janvier 2018, p. 5.
5 Marc Semo, La charge de Rex Tillerson contre Moscou et les armes chimiques, Le Monde, 25 janvier 2018, p. 5.
6 Alexandra de Hoop Scheffer, Une diplomatie qui isole Washington, Le Monde, 27 janvier 2018, p. 22.
7 Isabelle Chaperon/Sylvie Kauffmann, La gouvernance mondiale et les risques géopolitiques inquiétent les élites, Le Monde, Économie & Entreprise, 24 janvier 2018, p. 3.
8 Guillaume Berlat, 2017 : mécaniques du chaos, www.prochetmoyen-orient.ch , 1er janvier 2018.
9 Richard Labévière, Nord de la Syrie : la nouvelle guerre de l’Empire Global, www.prochetmmoyen-orient.ch , 22 janvier 2018.
10 Metin Arditi, Israël-Palestine : un rôle pour la France, La Croix, 22 janvier 2018, p. 27.
11 Erik Emptaz, Chaud, le Macron Show, Le Canard enchaîné, 24 janvier 2018, p. 1.
12 Thierry de Montbrial, « Les États-Unis ne retrouveront pas un rôle de leader », La Croix, 26 janvier 2018, p. 27.
13 Guillaume Berlat, Le désarroi de l’élève Le Drian : peut et doit mieux faire !, www.prochetmoyen-orient.ch , 10 juillet 2017.
14 Renaud Girard, Les ravages de l’unilatéralisme américain, Le Figaro, 16 janvier 2018, p. 17.
15 Cédric Pietralunga, À Davos, Macron veut « redonner du sens à la mondialisation », Le Monde, 26 janvier 2018, p. 2.
16 Éditorial, L’incursion turque en Syrie est périlleuse, Le Monde, 23 janvier 2018, p. 25.
17 Alain Kaval/Jean-Pierre Stroobants, Syrie : l’OTAN s’inquiète des visées turques, Le Monde, 27 janvier 2018, p. 3.
18 Claude Angeli, Erdogan joue les prolongations en Syrie, Le Canard enchaîné, 24 janvier 2018, p. 3.
19 Hubert Védrine/Joachim Bitterlich, Comment sortir d’une guerre ? « Les bons sentiments n’assurent pas la paix », La Croix, 22 janvier 2018, pp. 23-24-25.
20 Christophe Châtelot/Marie Bourreau, Le Mali de nouveau dans la tourmente, Le Monde, 27 janvier 2018, p. 2.
21 Christian Makarian, Crises et conflits : la dynamique de la régression, www.Lexpress.fr , 23 janvier 2018.

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Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 29-01-2018

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Avis de tempête en Bourse, la dégringolade continue à New York et Paris

La Bourse de Paris enregistre une troisième séance de baisse d’affilée, alors que Wall Street peine à rebondir après une séance particulièrement douloureuse, vendredi. Les autres places européennes accusent le coup.

image: https://investir.lesechos.fr/medias/2018/02/05/1739278_1517817164_paris2_565x424p.jpg

Palais Brongniart

La séance de Bourse du 5 février | Crédits photo : Shutterstock

Il est extrêmement facile de tomber dans le catastrophisme lorsque l’on commente l’actualité des marchés. Dès lors que les indices enregistrent une baisse plus forte que d’habitude, le mot « krach » se répand comme une traînée de poudre. La panique pointe le bout de son nez. Tachons d’éviter ces travers, et de résumer les derniers évènements avec un peu de recul. Comme Investir l’a expliqué en réponse aux questions de ses lecteurs, dans un chat sur le site, ce lundi 5 février ; ce n’est pas parce que le marché a perdu 4% en une semaine que l’on peut parler de krach.

Ce sont les taux d’intérêt qui ont déclenché les mouvements de vente des derniers jours. Vendredi, le taux à dix ans français est remonté au-delà de 1% pour la première fois depuis mars 2017. Le rendement de l’obligation du Trésor américain à 10 ans a touché 2,84%, niveau inédit depuis avril 2014. Cela faisait suite à la publication d’excellents chiffres économiques outre-Atlantique, avec entre autres une accélération de l’inflation salariale, qui ravivent les craintes d’un durcissement plus rapide que prévu de la politique monétaire américaine.

L’indice de la peur grimpe en flèche

Le mouvement s’est poursuivi ce lundi. Les taux américains à dix ans ont touché un nouveau pic de quatre ans, à 2,885%. Après un repli de 2,5% vendredi, soit sa plus forte chute depuis le Brexit, le Dow Jones a perdu 1% à l’ouverture de Wall Street cet après-midi, avant de revenir laborieusement vers l’équilibre. Au moment de la clôture en Europe, les trois indices américains étaient dans le rouge. Le Cac 40 a perdu 1,48% à 5.285,83 points, portant à plus de 3% sa baisse des trois dernières séances. Londres enregistre une cinquième séance de baisse, Francfort une sixième.

L’indice Vix, qui mesure la volatilité des marchés, communément appelé « indice de la peur », est au plus-haut depuis novembre 2016. Il a grimpé de plus de 25% depuis jeudi. Certains experts conseillent de vendre. D’autres, comme Peter Cardillo, chef économiste chez First Standard Financial à New York, ne pensent pas « que le recul de vendredi annonce le début d’une correction sévère ». Contactée par CNBC, la Maison Blanche s’est dite « toujours préoccupée lorsque les marchés perdent de la valeur », mais également « confiante dans les fondamentaux de l’économie ».

La croissance des actifs de Wells Fargo gelée, l’action chute à New York

Parmi les actions américaines, Wells Fargo est particulièrement touchée. L’action de la banque abandonne 7% après que la Réserve fédérale lui eut imposé de nouvelles restrictions réglementaires « tant qu’elle n’aura pas suffisamment amélioré sa gouvernance et ses contrôles ». A noter par ailleurs que le fabricant de puces Broadcom a relevé son offre sur son concurrent Qualcomm de 24% à plus de 121 milliards de dollars. Cette offre valorise Qualcomm 82 dollars par action, soit une prime de 24% sur le cours de clôture de vendredi.

A Paris, Peugeot et Renault baissent dans le sillage de Fiat Chrysler à Milan. Le Département américain de la Justice envisagerait d’infliger des amendes « substantielles » au constructeur italien, soupçonné d’avoir utilisé un logiciel destiné à fausser les émissions polluantes des moteurs diesel équipant certains de ses véhicules vendus aux Etats-Unis.

Hors Cac 40, Air France-KLM abandonne plus de 2% alors que la compagnie envisage de présenter une offre sur Alitalia après les élections générales du 4 mars en Italie, rapporte le Corriere della Sera dans son édition de samedi. Delta Airlines et EasyJet sont également sur les rangs, ajoute le quotidien.

Vincent Branchet
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Le bitcoin poursuit sa chute, passe sous 6.400 dollars

Le bitcoin poursuit sa chute, passe sous 6.400 dollars

Tokyo – Le bitcoin, en forte baisse depuis plusieurs semaines, poursuivait sa chute mardi, tombant sous les 6.400 dollars alors qu’il frôlait les 20.000 dollars en décembre, après une série de mauvaises nouvelles pour la monnaie virtuelle.

Vers 03H00 GMT, il évoluait autour de 6.330 dollars, au plus bas depuis novembre, contre 8.550 dollars lundi.

« Il faut voir derrière ce mouvement les durcissements réglementaires et le fait que les investisseurs perdent confiance » dans les monnaies virtuelles, notamment après le piratage de la plateforme d’échanges japonaise Coincheck, a commenté auprès de l’AFP Stephen Innes, responsable des transactions Asie-Pacifique chez Oanda, société de services financiers spécialisée dans le marché des changes.

Le 26 janvier, Coincheck a perdu l’équivalent de quelque 530 millions de dollars dans le piratage d’actifs en devise virtuelle NEM, à ce jour le vol le plus important dans l’histoire des cryptomonnaies.

La semaine dernière était la « plus mauvaise semaine pour le bitcoin depuis janvier 2015 », ont noté les experts de Mirabaud Securities Genève.

Autorités monétaires et acteurs financiers à travers le monde ont encore durci le ton ces derniers jours sur les monnaies virtuelles.

En Chine, où les plateformes d’échanges avaient déjà dû cesser leurs opérations en septembre, le gouvernement veut désormais étouffer les ultimes transactions de cryptomonnaies, a indiqué lundi un média officiel. Les autorités ont notamment bloqué l’accès aux plateformes d’échange.

La baisse du bitcoin « est principalement due (…) à la volonté des autorités chinoises de renforcer les règles sur les cryptomonnaies », a ainsi affirmé à l’AFP Daisuke Yasaku, de l’institut de recherche Daiwa.

Au Royaume-Uni, Lloyds Banking Group a annoncé le même jour avoir interdit les achats de bitcoin par ses clients munis de carte de crédit, suivant l’exemple de plusieurs grandes banques américaines qui craignent des problèmes d’endettement.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a aussi mis en garde lundi contre les cryptomonnaies, des actifs selon lui « très risqués », et dont le prix est « entièrement spéculatif ».

Le gouvernement britannique avait appelé fin janvier à réguler le bitcoin rapidement, avant qu’il ne finisse par représenter une vraie menace pour le système financier.

Le sujet sera notamment abordé au prochain G20 Finances en mars, où les ministres français et allemand des Finances vont présenter des propositions communes sur la régulation des cryptomonnaies.

Cette baisse du bitcoin intervient alors que les marchés boursiers plongeait mardi dans le sillage de Wall Street, pénalisée par la nervosité des investisseurs face à une hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis.

« Il est trop tôt pour faire un lien entre les performances des marchés boursiers et le bitcoin, mais évidemment, le bitcoin présente aujourd’hui les mêmes tendances de panique que connaissent les marchés boursiers », a estimé Stephen Innes.

ys-kh-mhc/anb

LLOYDS BANKING GROUP

(©AFP / 06 février 2018 04h15)

https://www.romandie.com/news/Le-bitcoin-poursuit-sa-chute-passe-

Oncle Sam se débarrasse (de nouveau) des Kurdes

Oncle Sam se débarrasse (de nouveau) des Kurdes


2015-09-15_13h17_31-150x112Par le Saker – Le 26 janvier 2018 – Source The Saker

Le drame qui se joue dans le nord de la Syrie est vraiment un cas presque idéal pour évaluer à quel point l’Empire anglosioniste est faible et totalement dysfonctionnel. Mais d’abord, un bref rappel.

Les buts américano-israéliens en Syrie étaient vraiment très simples. Comme je l’ai déjà écrit dans un précédent article, le plan anglosioniste initial était de renverser Assad et le remplacer par les fous takfiris (Daech, al-Qaïda, al-Nusra, ISIS – appelez-les comme vous voulez). Cela permettrait d’atteindre les objectifs suivants.

  1. Faire tomber un État laïque arabe fort, avec sa structure politique, ses forces armées et ses services de sécurité ;
  2. Créer le chaos total et l’horreur en Syrie justifiant la création d’une « zone de sécurité » par Israël, non seulement dans le Golan mais plus au nord ;
  3. Déclencher une guerre civile au Liban en lâchant les fous takfiris contre le Hezbollah ;
  4. Laisser les takfiris et le Hezbollah se saigner mutuellement à mort puis créer une « zone de sécurité », mais cette fois au Liban ;
  5. Empêcher la création d’un axe chiite Iran–Irak–Syrie–Liban ;
  6. Diviser la Syrie selon des critères ethniques et religieux ;
  7. Créer un Kurdistan qui pourrait ensuite être utilisé contre la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran ;
  8. Permettre à Israël de devenir l’agent incontesté de la puissance au Moyen-Orient et forcer l’Arabie saoudite, le Qatar, Oman, le Koweït et tous les autres à se rendre en Israël pour tout projet de gazoduc ou d’oléoduc ;
  9. Petit à petit, isoler, menacer, subvertir et finalement attaquer l’Iran avec une large coalition de forces régionales ;
  10. Éliminer tout centre de pouvoir chiite au Moyen-Orient.

L’intervention militaire russo-iranienne conjointe a fait totalement échouer ce plan. Un temps, les États-Unis ont essayé de briser la Syrie avec des scénarios divers, mais la manière dont les forces aérospatiales russes ont pilonné tous les « bons terroristes » a finalement convaincu les Anglosionistes que ça ne marcherait pas.

Le plus grand problème pour l’Empire est que même s’il dispose d’une puissance de feu importante dans la région (et dans le monde), il ne peut pas déployer de « bottes sur le terrain ». Être les fantassins de l’Empire était, en fait, le rôle que les Anglosionistes avaient assigné aux fous takfiris (autrement dit Daech/IS/ISIS/al-Qaïda/al-Nusra, etc.) mais ce plan a échoué. Les seuls alliés restants des États-Unis sont Israël et l’Arabie saoudite. Le problème avec eux est que, exactement comme les États-Unis, ces pays n’ont pas de forces terrestres capables de se déployer en Syrie et d’affronter non seulement l’armée syrienne, mais les forces beaucoup plus compétentes de l’Iran et du Hezbollah. Assassiner des civils est vraiment la seule chose dans laquelle les Israéliens et les Saoudiens sont experts, du moins sur le terrain (dans le ciel, l’Armée de l’air israélienne est très bonne). Et entrent les Kurdes.

Les Anglosionistes voulaient utiliser les Kurdes exactement comme l’OTAN s’était servie de l’UCK au Kosovo : comme une force terrestre qui pourrait être soutenue par les États-Unis / OTAN et peut-être même par la puissance aérienne israélienne. Contrairement aux Israéliens et aux Saoudiens, les Kurdes sont une force terrestre relativement compétente (quoique pas capable d’affronter, par exemple, la Turquie ou l’Iran).

Les gens du Pentagone avaient déjà essayé quelque chose de semblable l’an dernier lorsqu’ils ont tenté de créer un Kurdistan souverain en Irak par référendum. Les Irakiens, avec un peu d’aide de l’Iran, ont immédiatement mis fin à cette absurdité et tout l’exercice a été un lamentable « flop ».

Ce qui soulève immédiatement une question évidente : les Américains sont-ils capables d’apprendre de leurs erreurs ? À quoi pensaient-ils donc lorsqu’ils ont annoncé la création d’une force de sécurité de 30 000 hommes aux frontières syriennes (BSF dans le sigle anglais), ainsi nommée pour donner l’illusion que le projet était la protection de la frontière de la Syrie et non sa partition ? Le but véritable était, comme toujours, de faire pression sur la Turquie, l’Iran, l’Irak, la Syrie et la Russie tout en s’emparant d’une grande quantité de pétrole. Comme toujours avec Oncle Shmuel, tout ce projet n’avait pas d’autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU et était donc totalement illégal au regard du droit international (tout comme l’est la présence des États-Unis dans l’espace aérien et sur le territoire de la Syrie, mais plus personne ne s’en soucie).

Trump et ses généraux pensaient-ils vraiment que la Turquie, l’Iran, la Syrie et la Russie accepteraient un protectorat américain en Syrie déguisé en « Kurdistan indépendant » et ne feraient rien ? De nouveau, et je sais que cela semble difficile à croire, mais je pense que c’est une nouvelle indication forte que l’Empire est dirigé par des gens stupides et ignorants, dont le cerveau et l’éducation ne leur permettent tout simplement pas de saisir même les dynamiques de base dans les régions de notre planète où ils s’ingèrent.

Quoi qu’il en soit, les Turcs ont réagi exactement comme tout le monde le pensait : le chef de l’état-major turc a sauté dans un avion, s’est envolé pour Moscou, a rencontré des généraux russes de haut niveau (y compris le ministre de la Défense Choïgou) et a obtenu le feu vert de Moscou : non seulement les avions turcs survolant la province d’Afrin en Syrie n’ont pas été contestés par les systèmes de défense aérienne russes (qui ont une couverture étendue dans cette région), mais les Russes ont aussi utilement retiré leur personnel militaire de cette zone pour qu’aucun Russe ne soit blessé. Sergueï Lavrov a déploré cette situation, comme il le devait, mais tout le monde savait que la Turquie avait le soutien russe pour cette opération. J’ajouterais que je suis quasiment sûr que les Iraniens ont également été consultés (peut-être lors de la même réunion à Moscou ?) pour éviter tout malentendu car il y a peu d’amour entre Ankara et Téhéran.

Et les Kurdes ? Bon, comment pourrais-je l’exprimer gentiment ? Disons seulement que ce qu’ils ont fait n’était pas très intelligent. Pour le dire de façon très, très modérée. Les Russes leur ont proposé un accord en or : acceptez une grande autonomie en Syrie, venez au Congrès pour un dialogue national à Sotchi, nous présenterons vos arguments devant les Syriens, les Iraniens et les Turcs (toujours réticents) et nous vous donnerons même de l’argent pour vous aider à développer votre production de pétrole. Mais non, les Kurdes ont choisi de croire aux paroles creuses venant de Washington et lorsque les Turcs ont attaqué, c’est tout ce qu’ils ont obtenu de Washington : des paroles creuses.

En fait, il est assez clair que les Américains ont de nouveau trahi un allié : Tillerson a maintenant donné son feu vert à une zone de sécurité de 30 km en Syrie (comme si quelqu’un lui demandait son avis, sans parler de sa permission !). Jetez un œil sur cette carte de la région d’Afrin et regardez à quoi ressemblent 50 miles (environ 80 km). Vous pouvez immédiatement voir ce que signifie cette « zone de sécurité » de 30 km : la fin de toutes les aspirations kurdes à créer un petit Kurdistan indépendant au nord de la Syrie.

Il n’est pas exagéré de dire que tous ces développements rendent les Russes vraiment heureux. Il est particulièrement doux pour les Russes de voir qu’ils n’ont même pas eu grand chose à faire, que ce sont les États-Unis qui se sont infligés à eux-mêmes cette catastrophe. Qu’y a-t-il de plus doux ?

Examinons tout cela du point de vue russe.

Premièrement, cette situation place la Turquie (un allié des États-Unis et un membre de l’OTAN) sur une trajectoire de collision avec les US / OTAN / UE. Et la Turquie n’est pas « seulement » un allié de l’OTAN, comme le Danemark ou l’Italie. La Turquie est la clé de la Méditerranée orientale et de tout le Moyen-Orient (enfin, l’une d’entre elles, au moins). La Turquie a également un immense potentiel pour être une épine douloureuse dans le « ventre » méridional de la Russie, donc il est vraiment crucial pour cette dernière de maintenir Oncle Sam et les Israéliens aussi loin de la Turquie que possible. Cela dit, personne en Russie n’entretient aucune illusion sur la Turquie et / ou Erdogan. La Turquie sera toujours un voisin problématique pour la Russie (les deux pays ont déjà été 12 fois en guerre !). Mais il y a une grande différence entre « mauvais » et « pire ». Considérant que dans un passé pas très lointain, la Turquie a abattu un avion russe au-dessus de la Syrie, financé, formé et soutenu des « bons terroristes » en Syrie, qu’elle a été profondément impliquée dans le mouvement séparatiste tatar en Crimée et qu’elle a été la principale base arrière pour les terroristes wahhabites en Tchétchénie pendant plus d’une décennie, « pire » dans le cas de la Turquie peut être bien pire que « mauvais » ne l’est aujourd’hui.

Deuxièmement, ces développements ont clairement amené la Turquie à une dynamique de coopération plus étroite avec la Russie et l’Iran, quelque chose que la Russie désire beaucoup. La Turquie toute seule est beaucoup plus un problème potentiel qu’une Turquie qui s’associe avec des partenaires comme la Russie et l’Iran (idéalement avec la Syrie aussi, mais à voir l’animosité entre les deux pays et leurs dirigeants, c’est quelque chose pour le lointain futur, du moins pour le moment). Ce qui se dessine, c’est une alliance régionale russo-turco-iranienne informelle contre l’Axe du Bien : USA–Israël–Arabie saoudite. Si c’est ce qui se produit, ce dernier n’a aucune chance de l’emporter.

Troisièmement, même si les Kurdes sont outrés et se plaignent de la « trahison » russe, ils finiront pas se rendre compte qu’ils l’ont fait eux-mêmes et que leur meilleure chance de liberté et de prospérité est de travailler avec les Russes. Cela signifie que les Russes pourront réaliser avec et pour les Kurdes ce que les États-Unis n’ont pas fait. Encore un bénéfice secondaire très agréable pour les Russes.

Quatrièmement, la Syrie, l’Iran et la Turquie réalisent maintenant une chose simple : seule la Russie se dresse contre les projets fous américano-israéliens pour la région et pour eux. Sans la Russie, rien n’empêche les Anglosionistes de rallumer les « bons terroristes » et les Kurdes et de les utiliser contre l’un d’eux.

Quoiqu’il en soit, il ne suffit pas que les États-Unis et Israël se tirent une balle dans le pied et les regarder saigner. Pour tirer vraiment parti de cette situation, les Russes doivent également atteindre un certain nombre de buts.

D’abord, ils doivent arrêter les Turcs avant que tout cela se transforme en un conflit majeur et prolongé. Depuis que Tillerson a « donné son feu vert » à une zone de sécurité de 30 km, c’est probablement ce qu’Erdogan a dit à Trump au téléphone et c’est probablement ce sur quoi les Russes et les Turcs se sont mis d’accord. Donc, avec un peu de chance, cela ne devrait pas être trop difficile à atteindre.

Ensuite, les Russes doivent parler aux Kurdes et leur proposer de nouveau le même marché : une large autonomie en Syrie en échange de la paix et de la prospérité. Les Kurdes ne sont pas précisément les gens les plus agréables pour discuter, mais puisqu’il n’y a vraiment pas d’autre choix, je parie que dès qu’ils cesseront d’halluciner sur le fait que les États-Unis feront la guerre à la Turquie en leur nom, ils devront s’asseoir à la table et négocier l’accord. De même, les Russes devront vendre le même accord à Damas qui, franchement, n’est pas en position de le rejeter.

Enfin, la Russie n’a ni l’envie ni les moyens de faire constamment face à des flambées de violence au Moyen-Orient. Si l’Empire a désespérément besoin de survivre, la Russie a besoin de paix. Concrètement, cela signifie que les Russes doivent travailler avec les Iraniens, les Turcs, les Syriens pour assurer un cadre de sécurité régionale qui serait garanti et, si nécessaire, imposé par toutes les parties. Et oui, la prochaine étape logique sera d’approcher Israël et l’Arabie saoudite et leur donner des garanties de sécurité en échange de leur promesse de cesser de créer chaos et guerres au nom des États-Unis. Je sais, je serai très critiqué de le dire, mais il y a des gens en Israël, et peut-être en Arabie saoudite qui comprennent peut-être la différence entre « mauvais » et « pire ». Écoutez ce que je dis : dès que les Israéliens et les Saoudiens réaliseront qu’Oncle Sam ne peut plus faire grand chose pour eux, ils deviendront subitement beaucoup plus disposés à des négociations sérieuses. Mais franchement, je ne sais pas si ces esprits rationnels seront suffisants pour faire face aux idéologues enragés. Mais cela vaut assurément la peine d’essayer.

Conclusion

La « stratégie » (je suis vraiment gentil) de l’administration Trump est de d’attiser autant de conflits en autant d’endroits de la planète que possible. L’Empire ne vit que du chaos et de la violence. La réponse russe est l’exact opposé : essayer du mieux qu’on peut d’arrêter les guerres, de désamorcer les conflits et de créer, sinon la paix, au moins une situation de non-violence. Bref : la paix quelque part est le plus grand danger pour l’Empire anglosioniste dont toute la structure repose sur des guerres éternelles. L’échec total et absolu des plans américains pour la Syrie (suivant comment on compte, on en en est au « plan C » ou même au « plan D ») est un indicateur fort de combien l’Empire anglosioniste est devenu faible et totalement dysfonctionnel. Mais « faible » est un terme relatif tandis que « dysfonctionnel » ne signifie pas « inoffensif ». L’actuel manque de cerveaux au sommet, quoique très bon à certains égards, est aussi potentiellement très dangereux. Je m’inquiète en particulier de ce qui semble être une absence totale de véritables militaires (des officiers en contact avec la réalité) autour du président. Est-ce que vous vous rappelez que l’amiral Fallon a parlé un jour du général Petraeus comme d’« une poule mouillée lèche-bottes » ? Cela s’applique aussi à toute la bande de généraux autour de Trump – tous sont le genre d’hommes que de véritables officiers comme Fallon « détesterait » selon ses mots. Quant à l’État, je dirais seulement ceci : je n’attends pas grand chose d’un homme qui n’a même pas pu gérer Nikki Haley, sans parler d’Erdogan.

Vous-vous souvenez comment les États-Unis ont mis le feu à l’Ukraine pour punir les Russes d’avoir contrarié l’attaque qu’ils projetaient sur la Syrie ? Eh bien cette même Ukraine a récemment promulgué une loi abolissant les « opérations anti-terroristes » dans le Donbass et déclarant celui-ci « territoire occupé ». Sous la loi ukie, la Russie est maintenant officiellement un « pays agresseur ». Cela veut dire que les Ukronazis ont aujourd’hui fondamentalement rejeté les Accords de Minsk et qu’ils sont quasiment en situation de guerre ouverte avec la Russie. Les risques d’une attaque ukronazie à large échelle sur le Donbass sont maintenant plus élevés qu’avant, en particulier avant ou pendant la Coupe du monde de football à Moscou l’été prochain (vous vous rappelez Saakachvili ?). Comme ils ont été ridiculisés (de nouveau) avec leur Force de sécurité aux frontières en Syrie, les Américains vont maintenant chercher un endroit pour prendre leur revanche sur les vilains Russkofs et cet endroit sera très probablement l’Ukraine. Et nous pouvons toujours compter sur les Israéliens pour continuer d’assassiner les Palestiniens et de bombarder la Syrie. Quant aux Saoudiens, ils semblent être temporairement occupés à se battre entre eux. Donc à moins que l’Empire fasse quelque chose de vraiment fou, le seul endroit où il peut devenir violent avec pas grand chose à perdre (pour lui), c’est l’Ukraine orientale. Les Novorusses le comprennent. Que Dieu les aide.

The Saker

Cet article a été écrit pour Unz Review

http://lesakerfrancophone.fr/oncle-sam-se-debarrasse-de-nouveau-des-kurdes

La chute de Bitcoin s’accélère à mesure que les appels à la régulation se multiplient

La chute de Bitcoin s’accélère à mesure que les appels à la régulation se multiplient

La chute de Bitcoin s'accélère à mesure que les appels à la régulation se multiplient© Dado Ruvic Source: Reuters
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Le Bitcoin a perdu plus de la moitié de sa valeur depuis décembre dernier, et s’échange aujourd’hui autour de 8 300 dollars. Une chute due aux appels à le réglementer par de nombreux gouvernements. La question sera étudiée lors du prochain G20.

C’est une correction aux allures de plongeon. Après avoir atteint son plus haut historique en décembre dernier à 20 000 dollars, le Bitcoin commence l’année 2018 par une baisse majeure, ayant perdu près d’un quart de sa valeur depuis le 1er janvier pour s’échanger aux alentours de 8 300 dollars le 2 février, selon le site spécialisé Coinmarketcap.

Le Bitcoin, qui entraîne dans son sillage toutes les autres cryptomonnaies, est victime d’une succession d’annonces – particulièrement des nombreux appels à sa réglementation – qui inquiètent les investisseurs. C’est par exemple le souhait affiché par le ministre des Finances indien, qui a affirmé le 1er février que son gouvernement ne considérait pas les cryptomonnaies comme un moyen d’échange légal, et a souligné sa volonté de lutter contre le financement d’activité illicite, qu’elles facilitent selon lui.

Un point de vue partagé par l’ancienne présidente de la banque centrale américaine (Fed) Janet Yellen, qui avait estimé en décembre dernier que le Bitcoin ne constituait pas «une devise officielle» et avait enjoint les institutions financières à s’assurer que leurs transactions en Bitcoin ne violaient pas les lois sur le blanchiment d’argent.

Prônant lui aussi la régulation de la cryptomonnaie en janvier dernier, le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire avait en outre précisé que le sujet serait discuté lors du prochain G20 en Argentine. «Beaucoup d’informations concernant la régulation font paniquer le marché», analyse ainsi Nick Kirk de Cypher Capital, sur la chaîne américaine CNBC.

A cela s’ajoutent d’autres informations qui viennent alimenter ce fort mouvement baissier, comme l’ouverture d’une enquête par les régulateurs financiers américains sur la plateforme d’échanges Bitfinex afin de s’assurer qu’elle dispose réellement des réserves de monnaies qu’elle prétend. Ou encore l’annonce de Facebook d’interdire sur sa plateforme toute publicité pour les cryptomonnaies et pour les Initial coin offering (ICO) – une méthode de levée de fonds fonctionnant par l’émission d’actifs numériques échangeables contre des cryptomonnaies durant la phase de démarrage d’un projet.

Lire aussi : Le grand mufti d’Egypte émet une fatwa contre le Bitcoin

https://francais.rt.com/economie/47794-chute-bitcoin-saccelere-mesure-que

La Bourse de Paris toujours en forte baisse après Wall Street

La Bourse de Paris toujours en forte baisse après Wall Street

La Bourse de Paris en baisse à la mi-journée / © AFP/Archives / ERIC PIERMONT

La Bourse de Paris s’enfonçait dans le rouge lundi (-1,34%) après l’ouverture en repli de Wall Street, le marché peinant à inverser la tendance morose qui pèse depuis la fin de la semaine écoulée.

A 15H33 (14h33 GMT), l’indice CAC 40 cédait 71,77 points à 5.293,21 points dans un volume d’échanges de 2 milliards d’euros. Vendredi, il avait fini en recul de 1,64%.

La cote parisienne a ouvert en baisse avant de creuser ses pertes, rien ne venant rassurer des investisseurs inquiets des récentes contre-performances de Wall Street.

« Les opérateurs ont vu la chute du Dow Jones de 666 points comme un mauvais présage, et le sentiment négatif est toujours de mise », souligne dans une note David Madden, analyste chez CMC Markets UK.

En cause notamment, outre des résultats d’entreprises en demi-teinte outre-Atlantique, la hausse marquée du marché obligataire depuis fin décembre.

Celle-ci s’est encore accentuée après un rapport sur l’emploi américain de bonne facture vendredi, laissant anticiper une hausse de l’inflation, avec à la clef une possible accélération du resserrement monétaire par la banque centrale américaine (Fed).

S’ils restent attentifs au marché obligataire, les investisseurs vont aussi se plonger dans la saison des résultats d’entreprises, plusieurs mastodontes français publiant les leurs dans les jours à venir.

Du côté des indicateurs, la croissance de l’activité privée en zone euro a continué à s’accélérer en janvier, atteignant un pic de près de 12 ans.

La France a de son côté publié une activité du secteur privé en forte croissance.

Enfin, l’activité dans les services au Royaume-Uni a progressé en janvier à son rythme le plus lent depuis l’été 2016, rattrapée par les incertitudes entourant le Brexit.

Sur le front des valeurs, Capgemini cédait 2,28% à 102,95 euros après avoir annoncé l’acquisition de la société américaine LiquidHub pour environ 400 millions d’euros.

Sanofi baissait de 0,96% à 69,28 euros. Le groupe a informé les autorités philippines qu’il n’allait pas rembourser le coût des doses utilisées d’un vaccin contre la dengue que Manille a suspendu en raison de ses inquiétudes pour la santé publique.

Bic rebondissait de 1,29% à 86,10 euros après avoir été lourdement pénalisé la semaine écoulée en raison d’un avertissement sur résultats.

Maurel et Prom reculait de 2% à 3,68 euros, sans profiter d’un chiffre d’affaires en progression en 2017 grâce à la hausse des cours du brut.

CAC 40 (Euronext)

(©AFP / 05 février 2018 15h51)

https://www.romandie.com/news/La-Bourse-de-Paris-toujours-en-forte-baisse-apres-Wall-Street/887433.rom

Quand Cousteau se plaignait : « On commence à me casser les oreilles avec cette histoire de CO2 »

Un beau témoignage de l’époque de l’insouciance quant à l’avenir…

Source : Terraeco, 09-12-2012

Cet échange musclé entre Cousteau et Tazieff montre qu’il n’y pas si longtemps encore l’idée d’un changement climatique dû à l’activité humaine était impensable, même pour les plus avertis.

En 1979, on s’inquiétait déjà des risques de réchauffement climatique. La preuve avec cette vidéo – trouvée au hasard de pérégrinations sur le site de l’INA – dans laquelle le vulcanologue Haroun Tazieff est interrogé par des téléspectateurs dans l’émission Les dossiers de l’écran, diffusée en septembre 1979 sur Antenne 2.

Le téléspectateur – dont la question a été choisie par Antenne 2 ce qui reflète donc une inquiétude partagée à l’époque – craint que ce soit « l’activité des volcans » qui « fasse fondre la Grande banquise » et « grimper le niveau de la mer ». « Ce ne sont pas les volcans qui le feront(détruire la Grande banquise, ndlr), ce qui peut le faire c’est la pollution industrielle », répond Haroun Tazieff. « La pollution industrielle émet des quantités de produits chimiques dont une énorme quantité de gaz carboniques », détaille le vulcanologue, aidé par son voisin glaciologue Claude Lorius sur le chiffrage du problème.

« C’est un baratin ça. L’histoire du CO2, c’est entendu, c’est vrai on en fabrique beaucoup, mais il y a quand même des correcteurs automatiques », rétorque le Commandant Cousteau.

« Vous êtes en train de paniquer les populations »

S’en suit un débat animé sur le plateau. Tazieff craint un effet de serre et un réchauffement de deux ou trois degrés de la température générale qui entraînerait une montée des eaux et une noyade de toutes les côtes basses. « Vous êtes en train de paniquer les populations », craint le présentateur Jérôme Pasteur, qui anime le débat. Claude Lorius juge lui aussi le point le vue de Tazieff « catastrophique ». « L’industrie vient jeter le trouble sur les grands rythmes naturels », se défend Haroun Tazieff. Mais Cousteau clôt l’échange : « Le risque ne vient pas tellement du CO2, on commence à me casser les oreilles avec cette histoire de CO2, il y a des risques bien plus graves. »

Cette archive dit beaucoup sur ce que l’on savait du réchauffement climatique il y a seulement trente ans : vraiment pas grand-chose. Même les scientifiques et les lanceurs d’alerte de l’époque – qui ne portaient pas encore ce nom – ne pouvaient estimer l’importance des modifications à venir sur le climat. On mesure l’immensité du chemin parcouru depuis, malheureusement beaucoup trop lentement. Dans un rapport paru il y a un an, l’Agence internationale de l’énergie estimait qu’il ne reste plus que cinq ans si l’on veut avoir une chance de limiter le réchauffement climatique à « seulement » 2 degrés d’ici 2050. En 2017, il sera trop tard et notre dernière chance sera « perdue à jamais ».

Source : Terraeco, 09-12-2012


EDIT : comme ça se déchaîne encore en commentaires, je vous renvoie sur ce billet sur les marchands de doute dont sont tiré ces graphes (avec leurs sources). Le premier donnant la vision du réchauffement climatique d’origine humaine par les climatologues spécialisés :

97 % des climatologues spécialisés ne doutent donc pas du réchauffement…

Et sur cette intéressante vidéo de Jancovici :

Mais à la demande générale, j’essaierai de vous faire un petit truc synthétique sur le sujet pour demain… 🙂

95 réponses à Quand Cousteau se plaignait : « On commence à me casser les oreilles avec cette histoire de CO2 »

Commentaires recommandés POUR LIRE LES 95 REPONSES ? CLIQUEZ SUR  LE LIEN :

https://www.les-crises.fr/quand-cousteau-se-plaignait-on-commence-a-me-casser-les-oreilles-avec-cette-histoire-de-co2/

Alep, Pyongyang, Davos… Vers la chute de l’Empire américain ?

Alep, Pyongyang, Davos... Vers la chute de l'Empire américain ?

Alep, Pyongyang, Davos… Vers la chute de l’Empire américain ?

Par Michel Geoffroy, essayiste ♦ L’année 2017 restera comme un grand tournant géopolitique que les médias de propagande se gardent bien de nous révéler : celui de la fin, en direct en quelque sorte, de la domination des Etats-Unis sur la scène mondiale.
Les médias mainstream nous cachent ce tournant car c’est une mauvaise nouvelle pour la Super Classe Mondiale qui comptait sur la surpuissance américaine pour faire avancer son projet mondialiste !
Analyse d’une chute en direct.

Corée du Nord : le roi est nu

Première étape, la Corée du Nord : un tout petit Etat de 25 millions d’habitants qui s’est doté non seulement de l’arme nucléaire mais de missiles intercontinentaux. Une nouvelle illustration de l’incapacité des Occidentaux à conserver leur monopole nucléaire, mais pas seulement.

En effet, Donald Trump peut toujours prétendre avoir « un plus gros bouton » que Kim Jong Un. Mais tout le monde voit que les gesticulations américaines n’ont pas permis de mettre au pas la minuscule Corée du Nord. A la différence de 1962, lors de la crise des fusées de Cuba, où les Etats-Unis ont fait plier l’URSS, qui était un adversaire d’une toute autre dimension que le pays du matin calme, même en version soviétoïde. L’Amérique de Donald Trump en est même réduite à demander l’aide diplomatique de la Chine et de la Russie pour tenter de résoudre la crise !

L’affaire coréenne ébranle surtout la crédibilité de la puissance américaine dans cette partie du monde au point d’inquiéter sérieusement l’allié japonais, qui songe à renforcer ses forces d’auto-défense et donc à revenir sur son pacifisme constitutionnel.
L’onde de choc coréenne n’a donc pas fini de se propager en Asie, car tout le monde comprend que le roi est nu….

Syrie : échec au roi

Seconde étape, la fin de Daesch en Syrie du fait de l’intervention militaire russe, symbolisée par la reprise d’Alep.
Alors que les Occidentaux en ont été bien incapables, d’autant qu’ils voulaient avant tout le renversement de Bachar El Assad et qu’ils n’hésitaient pas pour ce faire à s’appuyer sur des groupes islamistes comme Al Nosra, présentés comme des forces démocratiques d’opposition. Gribouille n’aurait pas fait mieux !
La Syrie marque une nouvelle défaite stratégique des Etats-Unis dans leur prétention à imposer leur « nation-building », c’est-à-dire en réalité le chaos au Proche Orient. Une nouvelle défaite aussi pour tous ceux qui se sont embarqués dans la folle stratégie américaine et singulièrement la France, qui a perdu le peu d’influence qu’elle avait encore dans ce pays. Une belle performance française donc, dans un pays autrefois placé sous son mandat !

L’intervention russe en Syrie fut non seulement décisive et « souveraine » car elle mit un coup d’arrêt à la déstabilisation occidentale de la Syrie. Elle apporte aussi la preuve que la Russie est de nouveau un acteur international à part entière avec lequel il faut désormais compter. D’autant que l’intervention militaire russe a démontré, au grand dam de l’OTAN, les très grandes capacités militaires de ce pays y compris dans les hautes technologies. Pendant que les frappes américaines continuaient de tomber à côté des cibles visées et de multiplier les « bavures »….

Car, malgré l’enfumage médiatique permanent*, la puissance militaire américaine n’est plus ce qu’elle était. On finit par oublier par exemple que cela fait désormais 16 ans que les Etats-Unis pataugent en Afghanistan pour « lutter contre le terrorisme » : mais pour quel résultat exactement, sinon l’explosion du trafic de drogue ?

Davos : le roi est mort vive le roi !

Troisième étape : Davos en janvier 2018.
Car contrairement à ce que nous serinent nos médias de propagande, la révélation de l’édition 2018 du Forum Economique Mondial de Davos n’était pas Emmanuel Macron, récitant avec application et en anglais son cours libéral de « réformes » et de « flexibilité », en bon élève de l’oligarchie.
Non c’était la Chine qui donnait le ton y compris en matière de défense de l’environnement, d’autant que les Etats-Unis apparaissaient marginalisés avec leur retrait du Protocole de Paris !
Le représentant chinois n’a-t-il pas affirmé en outre que « la Chine aspire à construire un monde ouvert, inclusif, propre et beau qui jouisse d’une paix durable, de la sécurité universelle et d’une prospérité partagée. Ayant cela à l’esprit, le gouvernement chinois assume aujourd’hui davantage de responsabilités à l’égard de la paix et du développement du monde » ? Se payant donc le luxe de reprendre à son compte, mais au second degré, le discours habituel des Occidentaux.
Une Chine qui, avec les autres Brics , déconstruit en outre patiemment la domination du dollar et desEtat-Unis dans les institutions financières internationales.

A Davos on parle toujours anglais, mais désormais avec un fort accent chinois ou indien.

Bienvenue dans le nouveau monde !

Le XIXe siècle fut européen et anglais. Le XXe siècle fut américain. Mais, à l’évidence, le XXIe siècle sera différent : peut-être chinois mais surtout, comme on dit, « multipolaire », ce qui signifie que les Occidentaux n’auront plus les moyens d’imposer aux autres civilisations leurs intérêts et leurs lubies idéologiques. Et que les Etats-Unis vont perdre leur statut de surpuissance.

Cela permet d’ailleurs de comprendre la signification réelle des critiques médiatiques récurrentes portées des deux côtés de l’Atlantique contre la personne de Donald Trump : elles servent à essayer de cacher la nouvelle donne stratégique du monde aux Occidentaux, en faisant de Donald Trump un bouc émissaire.
Car ce n’est pas à cause de la prétendue « folie », « imprévisibilité » ou « maladresse » de son actuel Président, que les Etats-Unis perdent leur leadership. C’est tout simplement parce que nous changeons d’époque et parce que les rapports de force mondiaux ne sont plus les mêmes. Mais chut ! il ne faut pas réveiller les autruches occidentales.
Lors de son discours sur l’Etat de l’Union, le 30 janvier dernier, le Président Trump a ainsi affirmé « nous pouvons tout faire », dans une sorte de remake du « Yes we can » de son prédécesseur Barak Obama. Mais avec le nouveau monde qui vient, cette méthode Coué a peu de chances de fonctionner.
Et il serait temps que les Européens en prennent conscience, au lieu de continuer de se placer à la remorque d’un Oncle Sam de plus en plus vieillissant.

Michel Geoffroy
04/02/2018

* surtout à destination des Européens : il suffit pour s’en persuader de regarder les programmes des télévisions généralistes !

Correspondance Polémia – 03/02/2018

Crédit photo : Domaine public

https://www.polemia.com/alep-pyongyang-davos-vers-la-chute-de-lempire-americain/

Contre la soviétisation du numérique, touche pas à mon net !

Contre la soviétisation du numérique, touche pas à mon net !

Contre la soviétisation du numérique, touche pas à mon net !

Par Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦ Depuis quelques années, un phénomène se met en place, une censure progressive et de plus en plus réelle. On peut s’interroger: que lira-t-on dans dix ans ? Y aura-t-il encore des opposants ?


L’homme est d’abord un être rationnel. Disons d’emblée qu’aucune censure ne peut, n’a pu et ne pourra empêcher de penser et d’agir autrement. C’est même la grande leçon des totalitarismes du 20ème siècle. Et pourtant, nous sommes inquiets ? La censure en cours ne va-t-elle pas handicaper les esprits libres et retarder les espérances ?

Paradoxalement, c’est la presse officielle qui semble en pâtir en perdant non seulement des lecteurs mais aussi toute crédibilité. En fait, la grande presse se tire une balle dans le pied en se faisant le relais officiel de l’apologie des censeurs ? Tout ce qui remet en cause l’idéologie officielle n’a plus sa place sur YouTube. Il faut donc le souligner : pour la première fois, nous n’avons plus affaire à une censure verticale, la censure d’État, une censure gouvernementale qui était rendue possible par tout un arsenal de mesures et de lois criminalisant les idées ou les thèses historiques (lois Pléven et Gayssot) et restreignant classiquement la liberté d’expression mais nous avons affaire à une censure horizontale qui passe par des entreprises privées, les grandes plates formes numériques du web qui opèrent dorénavant un rôle de censeur des opinions .

Aux États-Unis, YouTube a par exemple fait savoir que le contenu publié par RT serait systématiquement pénalisé dans les référencements. Les reportages de Russia Today, ses contenus, ses vidéos seront donc handicapés puisque le public y aura plus difficilement accès. On assiste donc bien en quelque sorte à la soviétisation du numérique et ceci ne peut tromper aucune personne avertie de la spécificité du web depuis le début à savoir le principe fondateur de l’open internet, de l’internet ouvert. C’est la fin d’une époque.

En France, les journalistes du Monde ou de L’Express sont devenus les vecteurs de campagnes systématiques de dénigrement des idées non conformes. Du coup, la grande presse française a choisi d’engager la bataille qu’elle perdra logiquement en rentrant en guerre contre l’éradication de toute pensée nouvelle et émergente. Ainsi, la presse française meurt chaque jour de la verticalité d’Etat, de sa subordination aux élites politiques et financières qui nous gouvernement. Les journalistes déjà quasi fonctionnaires, formés dans les écoles du journalisme aux réseaux lexicaux des non-dits et du camouflage sémantique se convertissent en gardiens humanitaires du net. Ainsi, le paysage médiatique français se retrouve complètement cadenassé et ne trouve d’autre issue que dans la culture des blogueurs et des sites alternatifs de réinformation.

Comme La Pravda d’hier, Le Monde crache ainsi son venin et les télégraphistes de la post-vérité en appellent à la répression de tous les dissidents. Avec la chasse aux fake news, on monte d’un cran, on horizontalise en quelque sorte l’inquisition. On tente la fermeture des canaux de diffusion.

C’est rigoureusement impossible à moins de changer d’époque

Nous sommes à l’ère numérique. A la Renaissance, on ne put rien faire contre la révolution de l’imprimerie et la diffusion des livres. Il apparaît évident qu’en 2018, rien ne pourra arrêter le déploiement du numérique. Les imprimeurs révolutionnaires ou réformés d’hier sont les hackers d’aujourd’hui et surtout de demain. Arrêtez la musique d’internet, c’est fermer le village global. On ne saurait vouloir ralentir ou supprimer la propagation du web. De plus, l’ère numérique a pour présupposé l’innovation et la créativité permanente avec une ubiquité des données qui exige la liberté d’opinion totale et c’est même l’instinct de conservation du système cybernétique lui-même. Sans ce principe de l’ouverture et de la création libre de contenus, la richesse numérique ne saurait être produite.

Twitter est allé plus loin en affirmant qu’il ne se contentera plus de purger les contenus écrits mais qu’il irait jusqu’à purger les utilisateurs malveillants. En se transformant en nouveaux bureaux politiques de la bien pensance humanitaire, toutes ces plates formes sont à terme condamnées par principe dans la nouvelle économie numérique.

Si votre engagement viole les conditions et les clauses de la charte de YouTube ou de Facebook, vous seriez exclu de leur plate-forme mais une plate-forme ne saurait se réduire à une police d’assurance fut-elle politique ou philosophique et une telle dérive inquisitoriale se retournera contre le principe même de la diffusion libre et du moteur algorythmique.

On est donc passé du tribunal de salut public, à la délation politique explicitée et légitimée par les journalistes et l’idéologie de la démocratie globale, directe et instantanée.

La répression et la censure auront beau se développer sur la toile, les contre-mesures se renforceront immédiatement.

Source : Metamag
Crédit photo : Domaine public

https://www.polemia.com/contre-la-sovietisation-du-numerique-touche-pas-a-mon-net/

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Revue de presse nationale et internationale.

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