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L’Inde supplante la France comme sixième économie mondiale

L’Inde supplante la France comme sixième économie mondiale

Le président sud-coréen Moon Jae-in et le Premier ministre indien Narendra Modi inaugurent la plus grande usine de smartphones à Noida près de New Delhi, le 09 juillet 2018 / © AFP / MONEY SHARMA

Le Produit intérieur brut (PIB) de l’Inde a dépassé pour la première fois celui de la France en 2017, reléguant la France au septième rang des économies mondiales, selon le site de la Banque mondiale.

L’an dernier, le PIB de la sixième économie mondiale a ainsi atteint 2.597 milliards de dollars contre 2.582 milliards pour la France, selon des chiffres actualisés fin juin.

Ce chiffre confirme le rebond de l’économie indienne entamé à partir de juillet 2017, après plusieurs trimestres de ralentissement imputé à des mesures choc du gouvernement Modi.

Mais la population de l’Inde, qui talonne celle de la Chine et devrait devenir d’ici à quelques années la plus nombreuse de la planète, s’élève à 1,34 milliard d’habitants, contre 67 millions seulement pour la France.

Par habitant, le PIB en Inde reste par conséquent près de 20 fois inférieur à celui de la France, à 1.940 dollars contre 38.477 dollars, toujours selon la Banque mondiale.

La reprise de l’économie indienne ces derniers mois a été portée par l’industrie manufacturière et la demande des consommateurs, après un ralentissement imputé à la démonétisation de billets de 500 et 1.000 roupies (6,3-12,6 euros) fin 2016, suivie de la mise en œuvre chaotique d’une nouvelle TVA harmonisée.

Selon les prévisions annuelles du Fonds monétaire international (FMI), les économies émergentes et en développement d’Asie devraient connaître une croissance de 6,5% en 2018, la Chine et l’Inde tout comme les pays d’Asie du Sud-Est progressant bien au-delà de la moyenne mondiale attendue à 3,9%.

La croissance économique du géant indien est attendue à 7,4% en 2018 et 7,8% en 2019, selon le FMI. Une économie qui sera soutenue à court terme, comme pour la Chine, par une forte consommation intérieure, ainsi que par une réforme fiscale, selon le Fonds.

En l’espace de dix ans, l’Inde a doublé son PIB. A l’inverse d’une Chine dont le rythme de croissance ralentit, l’Inde devrait faire figure de nouveau moteur de la région.

Une étude du Centre for Economics and Business Research, un cabinet de consultants basé à Londres a prédit en décembre 2017 que l’Inde supplanterait le Royaume-Uni et la France pour devenir la cinquième économie mondiale dès 2018, et briguer la troisième place en 2032.

En 2017, le PIB du Royaume-Uni s’est élevé à 2.622 milliards de dollars, derrière l’Allemagne (4e), le Japon, la Chine et les Etats-Unis.

(©AFP / 10 juillet 2018 15h50)

https://www.romandie.com/news/L-Inde-supplante-la-France-comme-sixi-me-conomie-mondiale/935216.rom

Thaïlande: les 13 rescapés de la grotte sauvés, au terme d’une course contre la pluie

Thaïlande: les 13 rescapés de la grotte sauvés, au terme d’une course contre la pluie

Une ambulance qui transporterait des membres de l’équipe de football rescapés d’une grotte dans le district de Mae Sai, en Thaïlande, le 10 juillet 2018 / © AFP / YE AUNG THU

Après deux semaines piégés dans le noir d’une grotte inondée, réfugiés sur un étroit promontoire, les 12 jeunes footballeurs thaïlandais et leur entraîneur sont tous sortis sains et saufs au terme d’une périlleuse opération de secours.

L’équipe de football, baptisée les « Sangliers sauvages », était enfin réunie mardi à l’air libre, après une longue attente qui a tenu en haleine la Thaïlande et les médias internationaux.

« Les 12 Sangliers sauvages et leur entraîneur ont été extraits de la grotte », ont annoncé les commandos de marine thaïlandais, au coeur de l’opération de secours, sur leur page Facebook.

L’opération aura duré trois jours, les enfants étant évacués chacun par deux plongeurs professionnels, sur un parcours très difficile, supposant de longs passages de plongée.

Entre boyaux inondés et passages étroits dans lesquels il faut se faufiler, le parcours, de plusieurs kilomètres, était semé d’embûches et prenait cinq heures à un plongeur aguerri.

Pendant plusieurs jours, les secouristes avaient repoussé la date du lancement de l’opération, préférant envoyer des plongeurs prendre soin des enfants sur leur bout de rocher, le temps d’essayer de faire baisser le niveau de l’eau.

Après neuf jours sans contact avec l’extérieur, à ne pas savoir s’ils seraient jamais retrouvés, les enfants, bloqués depuis le 23 juin, ont enfin pu manger et se calfeutrer sous des couvertures de survie ces derniers jours.

Les huit premiers sortis dimanche et lundi, hospitalisés, sont « en bonne santé », selon un responsable du ministère de la Santé publique. « Tout le monde est en bonne santé mentale ».

« Merci à tous ceux qui ont aidé mes amis à sortir de la grotte! », s’est exclamé Settawat Boonsri, un coéquipier des « Sangliers sauvages », interrogé par l’AFP.

Les enfants ont subi des examens radiologiques et des tests sanguins. Deux garçons qui présentaient des signes de pneumonie ont reçu des antibiotiques et sont dans un « état normal », selon le responsable de la santé publique, précisant qu’ils resteraient tous en observation à l’hôpital pendant une semaine, dans un premier temps en quarantaine.

– Célébrités –

La Thaïlande a vécu au rythme de la saga des « 13 », comme les identifiaient les éditions spéciales des télévisions.

Les enfants ont reçu de l’étranger des messages de soutien de célébrités aussi diverses que le président américain Donald Trump, la star de football Lionel Messi et le gourou américain de la technologie Elon Musk.

Thaïlande : opération de sauvetage / © AFP / Gal ROMA

Mardi soir, la Première ministre Theresa May a été une des premières à saluer, sur Twitter, le « courage de tous ceux qui ont été impliqués » dans l’opération, alors que ce sont des plongeurs anglais qui ont découvert les enfants.

« Tous libérés, du bon boulot! », a commenté le président américain Donald Trump. Des Américains se sont également joints à cette opération internationale, ayant mobilisé plusieurs pays.

Saluant l’effort international, « la Thaïlande sera reconnaissante à jamais pour ce sauvetage historique », a réagi sur Twitter Yingluck Shinawatra, ex-Première ministre thaïlandaise en exil, dont le gouvernement a été renversé par un coup d’Etat en 2014.

Le président de la Fifa, Gianni Infantino, avait même invité les enfants à assister à la finale du Mondial-2018 le 15 juillet à Moscou. Mais « ils ne peuvent pas y aller, ils doivent rester à l’hôpital pendant un moment », a répondu Thongchai Lertwilairatanapong, haut responsable du ministère de la Santé.

Mardi soir, le club anglais Manchester United s’est dit « profondément soulagé ». »Nous serions honorés d’accueillir l’équipe des Sangliers sauvages et leurs sauveteurs lors de la prochaine saison », a indiqué le club.

– Drones utilisés par des médias –

Les secouristes ont critiqué l’usage de drones par certains médias lors de l’opération d’évacuation lundi, qui ont pour certains gêné les hélicoptères évacuant les enfants. La police a annoncé mardi mener une enquête sur l’utilisation de deux drones envoyés pour tenter d’avoir des images des enfants.

Les footballeurs des « Sangliers sauvages » avaient passé neuf jours dans les tréfonds de la grotte avant que deux plongeurs britanniques ne réussissent à les rejoindre en début de semaine dernière. Emaciés mais en vie, ils étaient perchés sur un promontoire, à plus de quatre kilomètres de l’entrée du vaste réseau souterrain.

Après cette découverte, les sauveteurs ont désespérément passé en revue toutes les solutions possibles, percer des tunnels dans la montagne ou attendre sous terre pendant des semaines la fin de la mousson.

Mais face à la menace de nouvelles pluies et à la baisse des niveaux d’oxygène dans la chambre où le groupe avait trouvé refuge, les autorités ont décidé dimanche de tenter le tout pour le tout.

(©AFP / 10 juillet 2018 16h02)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Tha-lande-les-13-rescap-s-de-la-grotte-sauv-s-au-terme-d-une-course-contre-la-pluie/935219.rom

 

Les vraies raisons du dépeçage d’Alstom, par Leslie Varenne

10.juillet.2018 // Les Crises

Les vraies raisons du dépeçage d’Alstom, par Leslie Varenne

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Source : IVERIS, Leslie Varenne, 10-10-2017

Lors d’une conférence, Christian Harbulot, patron de l’École de Guerre Économique a évoqué le cas Alstom, et le rachat de sa branche énergie par General Electric, comme faisant partie de la guerre économique très dure que se livrent les USA et la Chine (1). Effectivement, avant que l’affaire n’éclate, Alstom et Shanghai Electric s’apprêtaient à signer une joint-venture sur le marché des chaudières pour les centrales électriques. Ce partenariat leur aurait permis de devenir le leader mondial dans ce secteur. Par ailleurs, en juillet 2013, Alstom avait signé un accord de partenariat avec le groupe chinois Dongfang concernant des projets de réacteurs nucléaires. Pour comprendre les réelles causes du démantèlement de ce qui était un fleuron de l’industrie stratégique française, l’IVERIS propose un entretien avec Loïk le Floch-Prigent.

Pensez-vous que les projets de fusion et de partenariat d’Alstom avec des groupes chinois aient été déterminants dans la prise en main par les Américains de la branche Énergie d’Alstom, et en quoi ces deux activités étaient-elle stratégiques ?

Qu’est-ce que la mondialisation aujourd’hui ? Essentiellement la coexistence de deux systèmes antagonistes, les États-Unis d’Amérique avec une puissance économique et militaire inégalée et une population moyenne, et la Chine, qui s’est réveillée avec une population trois fois supérieure et une volonté de puissance incontestable. C’est l’Empire du Milieu qui a l’avenir devant lui, le temps, et qui avance ses pions tranquillement sur l’échiquier mondial. L’Europe est trop désunie pour peser dans cette aventure, et la Russie encore affaiblie après soixante-dix ans d’obscurantisme soviétique. Il est clair que du temps de la guerre froide notre industrie était regardée à la loupe afin qu’elle ne vienne pas en aide à l’empire soviétique. Désormais c’est la Chine qui est le problème numéro UN des USA. Ne pas le voir, ne pas en tenir compte, l’ignorer, c’est passer à côté de la réalité, soit par incompétence, soit par stupidité.

Alstom avait deux spécialités, après que la Compagnie Générale d’Électricité (CGE) ait été démantelée par de médiocres idéologues : le transport ferroviaire et l’énergie. Le rail n’est pas un problème central pour les USA, mais l’énergie est un atout majeur dans leur volonté de puissance. Ils dominent le pétrole depuis ses débuts, et veulent conserver cet avantage fondamental. Ces dernières années, la montée des prix du pétrole ont conduit les USA à rendre économiques leurs réserves de pétrole non conventionnel (pétrole de schiste), et ils sont devenus autonomes pour les 150 années à venir au moins, ce qui a justifié leur relatif désengagement de la politique du Moyen-Orient ; ils n’ont plus besoin de l’Arabie Saoudite pour fonctionner ! Toute alliance poussée d’une entreprise européenne avec la Chine dans le domaine de l’énergie est donc potentiellement dangereuse pour la superpuissance USA qui n’a qu’une idée en tête, bloquer la montée en puissance des Chinois afin qu’ils ne deviennent pas la première puissance mondiale.

Or, qu’a-t-on entendu pendant les années 2012-2013 venant d’Alstom, entreprise phare de la transformation de l’énergie (charbon, gaz, hydraulique, nucléaire) ! Elle allait trouver un partenaire russe pour satelliser son département ferroviaire, et elle allait se concentrer sur les solutions énergétiques, grâce à un accord avec Shangaï Electric pour les centrales charbon et à un autre avec Dongfang pour le nucléaire ! C’est d’ailleurs cette feuille de route qui est présentée à la presse et aux organisations syndicales par le patron du groupe qui signale à cette occasion que, devant la puissance de l’entreprise ferroviaire unique chinoise, Alstom-transport ne peut vivre seul puisque le marché futur est avant tout asiatique, et qu’il faut d’urgence trouver un partenaire dans ce secteur pour avoir la liberté de rester dans le cœur industriel d’Alstom, l’énergie !

Quelques semaines après, un dirigeant d’Alstom domicilié en Asie est arrêté lors d’un de ses déplacements aux USA, et le PDG du groupe annonce la cession du département énergie au conglomérat américain General Electric, ce qui doit permettre de faire du transport ferroviaire d’Alstom une pépite mondiale !

Un peu de recul, une bonne connaissance de la géopolitique mondiale, et on a compris… « faites vos bêtises dans le transport, cela ne nous concerne guère mais, l’énergie c’est nous, et servir vos connaissances aux Chinois, pas question » ! Ce n’est pas la première fois que les USA nous avertissent que ce sont eux les maîtres du monde en politique énergétique, on peut faire mine de l’ignorer, se battre contre des moulins à vent avec des trémolos dans la voix, s’indigner, encore faudrait-il s’en donner les moyens, et le groupe Siemens avec lequel on aurait pu discuter venait de sortir durablement affaibli d’une affaire semblable où il avait dû se séparer de toute son équipe dirigeante pour les mêmes raisons qu’Alstom : corruption d’États étrangers à coups de dollars, et donc punis par l’émetteur de la monnaie, les USA.

C’est cela l’histoire que nous avons vécue. Nous n’avons pas voulu la regarder en face, nous avons voulu croire à la corruption épouvantable de notre champion national mais, dans ce secteur d’activité, tout le monde a agi de la même manière. Ce qui a été insupportable c’est qu’Alstom s’engage dans une politique d’alliance avec la Chine sans l’autorisation explicite du pays maître de l’énergie, les USA.

Faut-il voir un lien avec la sévère condamnation aux États-Unis de Frédéric Pierucci dans le cadre de la loi contre la corruption puisqu’il était le vice-président Monde de la division chaudière, et qu’il devait prendre la tête de cette joint-venture ?

Il est clair que l’incarcération immédiate de Frédéric Pierucci, en train de mettre en place le joint-venture avec Shangai Electric dans le charbon mais aussi le centre des négociations avec la Chine, était d’une clarté aveuglante car il y avait un grand nombre d’autres dirigeants d’Alstom qui avaient participé aux actes incriminés, et le PDG en particulier. La détention de Frédéric Pierucci était à la fois un avertissement et un chantage à l’égard de l’équipe dirigeante du groupe, ce qui avait été déjà réalisé avec Siemens quelques années auparavant. On sait aussi que les politiques européens sont frileux dès que le mot « justice » apparaît. On peut dire que les Américains ont très bien joué !

Le procès de Fréderic Pierucci a eu lieu le 25 septembre dernier et le verdict est ahurissant : trente mois de prison alors qu’il a seulement exécuté les ordres de sa hiérarchie, et n’a pas bénéficié d’enrichissement personnel. Il écope de la même peine que le PDG d’Halliburton, alors que ce dernier avait reçu un pot-de-vin de 10 millions de dollars. Ce cadre d’Alstom est clairement un otage économique, n’est-il pas aussi une victime de la guerre US/Chine ?

Bien entendu, mais il a aussi été abandonné par l’entreprise dont il était l’exécutant, et cela est tout simplement sidérant.

Donc le FCPA (loi américaine sur la corruption (2)) est également une arme de la guerre économique que se livrent ces deux États pour la domination économique mondiale ? Airbus, qui est actuellement sous le coup d’une procédure aux États-Unis, ne prend-il pas des risques lorsqu’il signe un contrat de 20 milliards d’euros sur les A330 avec la Chine ?

Le FCPA – c’est-à-dire la capacité d’agir dans le monde entier pour la justice américaine dès qu’un dollar a changé de mains – est une arme redoutable que les politiciens européens connaissent bien. Ils n’ont pas envie de monter en première ligne, et on les comprend, mais quand ils laissent des responsables industriels seuls dans la tourmente, on peut se demander à quoi ils jouent. Aucun commentateur ne s’en préoccupe. On a connu ce type de démission et d’aveuglement collectifs dans notre pays à d’autres moments de son histoire. Le FCPA est un problème fondamental pour la survie de la grande industrie de notre continent. Nous allons voir comment les affaires Airbus vont se régler !

Dans « l’affaire Alstom », qui est effectivement un véritable scandale d’État, il y a eu un rapport, un livre, un documentaire, des auditions à l’Assemblée nationale. Des ministres se sont exprimés sur le sujet et pourtant personne n’a vu qu’Alstom était la cible des Américains en raison de ses projets avec des groupes chinois. Pourquoi ? Cela ne signe-t-il pas la faillite de la pensée stratégique française ? Ne sommes-nous pas tous collectivement responsables de la situation d’Alstom aujourd’hui ?

Nous n’arrivons pas à chasser notre nombrilisme, c’est une maladie dont nous avons vu les ravages avec la COP 21, et la nécessité récente de donner « l’exemple » en interdisant l’exploration et la production d’hydrocarbures en France ! On croit rêver ! Notre production annuelle nationale représente la moitié de la production mondiale quotidienne ! Quel exemple, quel impact, sur qui ? Le monde va poursuivre son exploration et son exploitation d’hydrocarbures car les USA et la Chine ne vont pas arrêter leur croissance afin de satisfaire à la fois leur volonté de puissance et leur population. Notre chance, avec Alstom, c’était d’être à la pointe d’une utilisation plus propre du charbon qui reste le grand producteur d’électricité mondial, d’être à la pointe de l’hydraulique qui est la grande chance du continent africain qui va doubler sa population en 25 ans, à la pointe des turbo-alternateurs « Arabelle » qui équipent plus de la moitié des centrales nucléaires mondiales. Il nous fallait montrer notre détermination à rester maître de notre destin et éviter de prêter le flanc à la critique en voulant nous allier avec la Chine (3) ! Nous ne l’avons toujours pas compris et notre pays, nos équipes, nos ingénieurs en paient le prix aujourd’hui sans bien comprendre ce qui s’est passé. Certains sont encore dans la peine, d’autres bénéficient de jours heureux, mais notre pays souffre de ne pas voir et de ne pas comprendre qu’une politique énergétique est nécessaire, et qu’elle passe par un examen sans concessions de notre réalité. En nous « délestant » d’Alstom nous avons perdu le contrôle de notre filière nucléaire déjà mise à mal par beaucoup d’incompétence. Nous avons aussi perdu la main sur notre hydraulique, et nous ne représentons rien dans ce que nous appelons « les énergies nouvelles », c’est-à-dire le solaire et l’éolien. Notre politique énergétique est une politique de gribouille, ce qui ne peut que réjouir les USA et la Chine. Nous refusons de le voir. Nous avons eu bien d’autres aveuglements dans le passé, et les résultats ont plutôt été consternants.

Dans le monde où nous vivons, nous manquons systématiquement de recul. L’information en continu, les débats convenus entre prétendus experts sur tous les sujets d’actualité nous empêchent de prendre un peu de hauteur. Nous réagissons dans l’immédiateté tandis que les commentateurs et les acteurs politiques pratiquent en grande partie le déni de réalité.

Patrick Kron, l’ancien PDG d’Alstom, négociait avec des groupes chinois pour la branche Énergie, et avec les Russes pour la branche transport. Cette stratégie n’était-elle pas risquée ? Méconnaissait-il à ce point les rapports de forces ? Qu’aurait-il dû faire pour ne pas tomber dans les pièges, et être en capacité de protéger son groupe et ses salariés ?

Patrick Kron n’a pas eu la stratégie gagnante pour Alstom, c’est un fait acquis désormais. Je laisse à d’autres le soin de faire l’analyse des actions individuelles. J’ai indiqué ce que je pensais de notre aveuglément collectif, c’est bien plus grave.

(1) Cette conférence était dédiée au dernier livre de Christian Harbulot, intitulé “Le nationalisme économique américain“, publié aux éditions VA dans la collection “Guerre de l’information“.

(2) https://www.iveris.eu/list/compterendus_devenements/114-apres_alstom_a_qui_le_tour__

(3) https://www.iveris.eu/list/tribunes_libres/61-la_turbine_arabelle_ou_lindependance_technologique_francaise

Source : IVERIS, Leslie Varenne, 10-10-2017

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/les-vraies-raisons-du-depecage-dalstom-par-leslie-varenne-2/

Dépakine : l’usine française qui fabrique le médicament accusée de pollution majeure

Le journal de 7h30

lundi 9 juillet 2018

Dépakine : l’usine française qui fabrique le médicament accusée de pollution majeure

12 minutes

La Dépakine, déjà accusée d’avoir provoqué malformations et troubles mentaux chez 30 000 enfants, est au cœur d’une nouvelle affaire. Dans les Pyrénées-Atlantiques, l’usine Sanofi qui fabrique l’antiépileptique aurait rejeté dans l’atmosphère un cancérogène bien au-delà des normes autorisées.

L'usine Sanofi qui fabrique l'antiépileptique est soupçonnée de pollution majeure
L’usine Sanofi qui fabrique l’antiépileptique est soupçonnée de pollution majeure © AFP / GARO / Phanie

En Thaïlande, opération sauvetage, acte deux. Hier, quatre enfants ont été sortis de la grotte, deux placés en lieu sûr. Six enfants et leur entraîneur restent à sauver.

Madrid-Barcelone : un pas vers la réconciliation ? Le Premier ministre espagnol reçoit le président régional catalan. C’est leur première rencontre depuis la crise.

Le Rassemblement national, l’ex-FN, privé d’une partie de ses subventions publiques. C’est la décision des juges qui enquêtent sur l’affaire des assistants parlementaires européens présumés fictifs.

Coupe du monde de football : portrait d’Eden Hazard, le « Diable rouge » dont les Bleus devront se méfier demain dans leur demi-finale face à la Belgique.

ALLER PLUS LOIN

Écouter ►► « On a empoisonné nos enfants » : le scandale de la Dépakine

https://www.franceinter.fr/emissions/le-journal-de-7h30/le-journal-de-7h30-09-juillet-2018#xtor=EPR-5-%5BMeilleur09072018%5D

Otan: face à Trump, le sommet des peurs européennes

Otan: face à Trump, le sommet des peurs européennes

Donald Trump, en route vers un sommet du G7, à la base aérienne de Bagotville, au Canada, le 8 juin 2018 / © AFP/Archives / Lars Hagberg

Les dirigeants de l’Otan appréhendent leur sommet avec Donald Trump, mercredi et jeudi à Bruxelles, car ils s’attendent à être mis sous pression, sinon rudoyés, par un président américain vindicatif, exigeant le partage du fardeau financier, au risque d’affaiblir la crédibilité de l’Alliance.

Les Européens craignent même que M. Trump ne cherche à les diviser, par de possibles concessions à la Russie juste avant sa rencontre historique avec Vladimir Poutine le 16 juillet à Helsinki, selon plusieurs analystes.

Déçue de l’échec du G7, la France espère que le sommet de l’Otan « montrera l’unité des alliés » et que « tous les partenaires fassent les efforts auxquels ils se sont engagés », a indiqué lundi l’Elysée.

Mais « notre crainte, c’est que cela ne soit pas atteint », poursuit-on de même source. « Personne ne sait ce que ce va dire Trump. Même ses équipes ne le savent pas », s’est d’ailleurs inquiétée une source diplomatique.

Fin juin, M. Trump a adressé un courrier comminatoire à neuf membres de l’Otan, dont l’Allemagne, le Canada et la Norvège, pour les sommer de respecter leur engagement de porter leurs dépenses militaires à 2% de leur PIB en 2024.

L’Otan / © AFP / AFP

Le partage des dépenses sera un des principaux points du sommet, a confirmé le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, dont le pays, la Norvège, est au nombre des mauvais élèves fustigés par Washington.

– « Un sommet pénible » –

« Ce sommet va être pénible », prédit un diplomate européen sous couvert de l’anonymat. « Sa réussite dépendra de l’humeur de Donald Trump », précise un responsable de l’Alliance.

« Avec la présidence Trump, une forme d’incertitude profonde saisit l’ensemble des acteurs européens », souligne l’eurodéputé français Arnaud Danjean, spécialiste des questions de défense.

Dépenses militaires des Etats de l’Otan / © AFP / Gillian HANDYSIDE

« Il ne s’agit pas seulement de doutes sur la fiabilité des engagements américains au sein de l’Alliance, mais également des orientations d’une politique étrangère américaine erratique, pouvant, par isolationnisme comme par aventurisme, heurter plus ou moins directement les intérêts de sécurité européens », analyse-t-il.

En outre, pour Pierre Vimont, ancien numéro 2 de la diplomatie européenne, la première grande rencontre bilatérale Trump-Poutine, quelques jours plus tard, est « beaucoup plus importante » pour le président américain que le sommet de l’Otan.

« Il va vouloir obtenir quelque chose de sa rencontre avec le président russe, une percée sur le dossier ukrainien, bloqué malgré les efforts déployés par la France et l’Allemagne », estime le diplomate français, chercheur associé au centre de réflexion Carnegie Europe.

En restant récemment évasif sur la question de la Crimée, annexée par la Russie en 2014, Donald Trump « a envoyé un message à Poutine », relève Thomas Carothers, vice-président de la Fondation Carnegie.

Le conflit en Ukraine / © AFP / Jochen GEBAUER, Jonathan JACOBSEN

« L’objectif de Poutine est la division entre les Etats-Unis et les Européens et les divisions entre les Européens. Il va se délecter pendant le sommet de l’Otan », pronostique cet expert américain.

– Hantise de la division –

L’étalage des divisions est la hantise de Jens Stoltenberg. Le chef de l’Otan ne peut nier les sérieuses divergences opposant les Etats-Unis aux autres membres de l’Alliance. Mais il veut croire qu’elles seront tues pendant le sommet.

Pourtant, l’imprévisibilité du président américain alimente toutes les hypothèses.

Le président américain Donald Trump au sommet de l’Otan à Bruxelles le 25 mai 2017 / © POOL/AFP/Archives / Matt Dunham

« Il pourrait faire annuler l’exercice +Trident Juncture+ prévu à l’automne en Norvège et annoncé comme le plus important jamais réalisé par l’Otan depuis la fin de la Guerre froide au motif que cela pourrait être considéré comme une menace par la Russie et que cela va coûter très cher aux contribuables américains », raisonne ainsi Ian Bond, expert de la Russie au think tank Centre for European Reform (CER).

Au-delà, les doutes entretenus par Donald Trump sur sa volonté réelle de faire intervenir automatiquement les Etats-Unis en cas d’attaque contre un des Alliés, comme le stipule l’article 5 du traité de l’Otan, ou sur un redéploiement des troupes américaines stationnées en Allemagne, poussent désormais certains Européens à accélérer la cadence pour se rendre autonomes.

« L’Europe de la Défense est une construction nécessaire dans ce contexte », soutient Florence Parly, la ministre française des Armées.

La France a enrôlé huit autres membres de l’UE, dont l’Allemagne et le Royaume-Uni, dans un Groupe européen d’intervention capable de mener rapidement une opération militaire, une évacuation dans un pays en guerre ou d’apporter une assistance en cas de catastrophe.

« Ces efforts sont complémentaires à ceux menés au sein de l’Otan », assure Mme Parly.

Donald Trump dira sûrement son sentiment lors de la signature à Bruxelles d’une nouvelle déclaration commune sur la coopération UE-Otan.

(©AFP / 09 juillet 2018 15h26)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Otan-face-Trump-le-sommet-des-peurs-europ-ennes/934853.rom

Tunisie : une attaque terroriste à la frontière avec l’Algérie fait six morts

Sécurité

Tunisie : une attaque terroriste à la frontière avec l’Algérie fait six morts

08 juillet 2018 à 15h46 | Par – à Tunis

Le poste frontalier de Ghardimaou, dans le gouvernorat de Jendouba (nord-ouest), a été la cible dimanche d’une attaque terroriste faisant six morts dans les rangs de la garde nationale tunisienne.

Le weekend aurait dû être rythmé par le flux des touristes algériens vers la Tunisie. Il a été endeuillé par un attentat meurtrier à la frontière tuniso-algérienne, sur la route empruntée par les vacanciers, dimanche 8 juillet.

L’attaque visait une unité de la garde nationale tunisienne, qui était en train de patrouiller lorsqu’elle a été ciblée par une bombe artisanale. Selon l’agence TAP, le bilan provisoire fait état de 6 morts, dont le chef du poste frontalier, et des blessés.

Les terroristes ont lancé l’assaut vers midi avant que n’interviennent l’armée et les forces de l’ordre. À 14 heures, les échanges de tirs se poursuivaient tandis que des hélicoptères survolaient la région, en renfort des unités ratissant le relief montagneux et escarpé qui s’étend de Ghardimaou au village de Sraiya, lequel abriterait des campements-refuges de terroristes.

Vigilance accrue et meilleure collaboration au sein du renseignement

La Tunisie, où l’état d’urgence est instauré depuis 2015 et régulièrement reconduit, n’a jamais écarté la menace terroriste mais elle semblait moins présente ces derniers mois au vu de la vigilance accrue des forces de l’ordre et d’une meilleure collaboration au sein du renseignement.

http://www.jeuneafrique.com/590072/politique/tunisie-une-attaque-terroriste-a-la-frontiere-avec-lalgerie-fait-neuf-morts/?utm_source=newsletter-ja-actu-non-abonnes&utm_medium=email&utm_campaign=newsletter-ja-actu-non-abonnes-09-07-18

DIRECT. Discours d’Emmanuel Macron à Versailles : le chef de l’Etat veut amender la Constitution pour pouvoir être présent lors des débats parlementaires du Congrès

DIRECT. Discours d’Emmanuel Macron à Versailles : le chef de l’Etat veut amender la Constitution pour pouvoir être présent lors des débats parlementaires du Congrès

Lors d’un discours qui devrait durer environ une heure, le chef de l’Etat doit évoquer « les grandes lignes » des chantiers des douze prochains mois.

Ce qu’il faut savoirEmmanuel Macron a retrouvé lundi 9 juillet les ors de Versailles (Yvelines) et les parlementaires réunis en Congrès pour rappeler le cap. Lors d’un discours d’environ une heure, le chef de l’Etat doit évoquer « les grandes lignes » des chantiers des douze prochains mois pour mener à bien « la transformation du pays », la réforme de l’audiovisuel aux retraites, selon les maigres indications lâchées par l’Elysée.

Amendement de la Consitution. Au début de son allocution, Emmanuel Macron a annoncé vouloir amender la Constitution afin de pouvoir « écouter et répondre » aux parlementaires lors des débats qui se tiennent après le discours présidentiel.

La France insoumise absente. Tous les députés de la France insoumise ont décidé de boycotter la « fausse solennité » de cette allocution sans débat et appellent à une « manifestation en ligne » à coup de mots-dièse #MacronMonarc sur les réseaux sociaux.

Un rendez-vous critiqué. Plusieurs députés des Républicains refusent d’ailleurs d’y assister, à l’instar d’Annie Genevard, selon qui cet exercice « dénature l’esprit de la Ve République » et « contribue à accessoiriser le rôle du Premier ministre ».

Une popularité en baisse. Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro et franceinfo paru jeudi, à peine un tiers des Français estiment la politique de Macron « juste » (29%) ou « efficace » (34%). S’il est toujours jugé « dynamique » (à 75%), le président incarne de moins en moins le renouveau (52%) et seuls 45% le trouvent « sympathique ».

 

USA: le premier procès du Roundup démarre à San Francisco

USA: le premier procès du Roundup démarre à San Francisco

Une bouteille de désherbant Roundup dans une jardinerie de Lille le 15 juin 2015 / © AFP / Philippe HUGUEN

Le Roundup est-il cancérigène? Monsanto a-t-il volontairement caché la dangerosité de son désherbant au glyphosate? Telles sont les questions qu’un tribunal américain va devoir examiner à partir de lundi, saisi par un particulier atteint d’un cancer en phase terminale.

Si des centaines voire des milliers de procédures sont en cours aux Etats-Unis contre le géant de l’agrochimie, la plainte de Dewayne Johnson, un Américain de 46 ans qui a vaporisé du Roundup pendant plus de deux ans, est la première concernant ce produit et ses possibles effets cancérigènes à aboutir à un procès.

Le procès s’est officiellement ouvert mi-juin avec la désignation d’un juge mais les débats de fond sont prévus pour ne commencer que lundi, après une série d’audiences techniques. Il est prévu pour durer au moins trois semaines à San Francisco (ouest).

Vendu depuis plus de 40 ans, le Roundup, l’un des herbicides les plus utilisés au monde, contient du glyphosate, une substance très controversée et qui fait l’objet d’études scientifiques contradictoires quant à son caractère cancérigène.

Monsanto, qui risque des millions de dollars de dommages et intérêts dans ce seul dossier, a toujours fermement réfuté tout lien entre cancer et glyphosate.

Dewayne Johnson « se bat pour sa vie » après avoir été diagnostiqué il y a deux ans d’un lymphome non hodgkinien, incurable, explique l’un de ses avocats David Dickens, du cabinet Miller, spécialisé dans la défense de particuliers s’estimant victimes de produits défectueux.

« Ce n’est pas la faute à pas de chance », ce n’est pas dû à un problème « génétique », « c’est à cause de son exposition continue au Roundup et au Ranger Pro » (produit similaire de Monsanto), qu’il a vaporisés entre 2012 et 2014 sur des terrains scolaires de la ville de Benicia, en Californie (ouest), assure Me Dickens.

« Et cela aurait pu être évité », assène encore l’avocat, accusant Monsanto, qui vient d’être racheté par l’allemand Bayer, d’avoir sciemment caché au public la dangerosité de ses produits.

– Décisions contradictoires –

Les avocats de M. Johnson n’ont pas encore fixé les sommes qu’ils comptent demander mais évoquent un « jugement à plusieurs millions de dollars ».

Mais la partie ne sera pas aisée pour Dewayne Johnson, dont les avocats devront prouver un lien entre sa maladie, qui lui cause de nombreuses lésions cutanées sur le corps, et l’épandage de glyphosate.

La question est « est-ce que l’exposition de M. Johnson au glyphosate a provoqué son cancer? (…) Cela n’a pas causé son cancer », affirme Sandra Edwards, du cabinet Farrella, Braun and Martel, l’une des avocates de Monsanto.

Pendant ce procès, « vous verrez beaucoup de données et de science », relève-t-elle aussi, soulignant qu’il y a eu « des études qui ont suivi pendant des années et des années des gens qui ont utilisé ces produits », sans conclure qu’ils provoquaient des cancers.

« Légalement, il est extrêmement difficile de rendre une entreprise responsable de cas spécifiques de cancer ou autres maladies liées aux pesticides », reconnaît Linda Wells de l’ONG anti-pesticides « Pesticide Action Network North America ».

Mais « si M. Johnson gagne ce procès, ce sera un énorme coup porté à l’industrie des pesticides toute entière », ajoute Mme Wells.

Le dossier est d’autant plus complexe qu’il existe nombre d’études et de décisions contradictoires sur le glyphosate.

Contrairement à l’agence fédérale américaine de protection de l’environnement (EPA), la Californie a placé le glyphosate sur la liste des produits cancérigènes. Et dans cet Etat, tout fabricant ayant connaissance du caractère cancérigène certain ou suspecté d’un produit doit obligatoirement le faire figurer sur l’emballage.

Le glyphosate est aussi classé « cancérigène probable » depuis 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer, un organe de l’OMS, contrairement aux agences européennes, l’Efsa (sécurité des aliments) et l’Echa (produits chimiques).

Le glyphosate fait particulièrement polémique en Europe. Après la décision de l’Union européenne en novembre de renouveler la licence de l’herbicide pour cinq ans, le gouvernement français s’est engagé à cesser d’utiliser cette substance pour les principaux usages d’ici trois ans.

(©AFP / 09 juillet 2018 07h48)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-USA-le-premier-proc-s-du-Roundup-d-marre-San-Francisco/934682.rom

Ingérence française au Yémen : Honte et manipulation ! Par Richard Labévière

9.juillet.2018 // Les Crises

Ingérence française au Yémen : Honte et manipulation ! Par Richard Labévière

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Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 25-06-2018

Beyrouth, 24 juin 2018.

Chacun de souvient de l’une des photos les plus célèbres de la guerre du Vietnam : ce 8 juin 1972 – dans le village de Trang-Bang – une effroyable bavure est commise par l’aviation sud-vietnamienne, qui combat les forces communistes du Nord aux côtés des Etats-Unis. Mal renseignés, les bombardiers Skyraider se trompent de cible et larguent des bombes au napalm sur un temple qui abrite non pas des Viêt-Congs, mais leurs propres soldats et de nombreux civils.

Kim Phuc – neuf ans – figure parmi les victimes de cette erreur tragique. Alertés par le passage préalable d’un avion de reconnaissance, « Phuc » (c’est son prénom qui signifie « bonheur ») et sa famille voient s’abattre sur eux les bombes incendiaires. Le déluge de napalm – pouvant atteindre les 1 200 degrés Celsius – inflige à la fillette de terribles brûlures. Ses vêtements soufflés, Phuc s’extirpe des flammes, laisse derrière elle ses parents et se retrouve à fuir sur la route 1 de Trang Bang.

À quelques centaines de mètres, le photographe Nick Ut a assisté à toute la scène. Avec un groupe de reporters, il voit des civils surgir de la fumée. Parmi eux, il photographie la grand-mère de Kim Phuc portant dans ses bras le corps inerte d’un petit garçon. Lorsque la fillette parvient à sa hauteur, Nick Ut tire de son sac un quatrième et dernier appareil encore chargé, un Leica M3. Il immortalise la détresse de la petite fille qui répète sans cesse les mêmes mots : « trop chaud ! Trop chaud ! »

« On les massacrait avant de les soigner… », paradoxe des guerres occidentales modernes que Francis Ford Coppola fait dire au capitaine Willard, son héros d’Apocalypse Now, palme d’or au Festival de Cannes en 1979.

Toute proportion gardée, c’est un peu ce que la France éternelle fait au Yémen et s’apprête à faire à la fin du mois à Paris. L’initiative a été annoncée le 10 avril lors d’une visite en France du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane : l’organisation – à Paris – d’un « sommet humanitaire » rassemblant les donateurs susceptibles de se mobiliser au service… du Yémen, les deux co-organisateurs (la France et l’Arabie saoudite), chacun dans sa catégorie étant des co-bélligérants directement impliqués dans cette guerre particulièrement meurtrière, occultée par la propagande quotidienne déversée sur la guerre civilo-globale de Syrie : Bachar al-Assad est un boucher sanguinaire, Mohammed ben Salmane et son homologue émirien étant de joyeux humanistes réformateurs. Défense de sourire !

On croyait être définitivement sorti des inepties néo-coloniales de Bernard Kouchner. Erreur, profonde erreur ! Comme en Syrie, les pays occidentaux aident et arment les jihadistes engagés au Yémen (recrutés par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis/EAU), sous prétexte d’aide humanitaire et de lutte contre « l’impérialisme iranien ». Nouvelle défense de sourire !

Bref, le 27 juin prochain à Paris, autant dire que cette conférence « humanitaire » risque de tourner au ridicule, comme un congrès de sapeurs-pompiers avec pyromanes comme invités d’honneur, comme un sommet de diabétiques enfermés dans une pâtisserie…

GUERRE CLANDESTINE

Et pourtant, les bombardements de la coalition saoudienne s’apparentent à des crimes de guerre selon les propres critères des Nations unies. Cela dit, Riyad est parvenu – jusqu’à maintenant – à empêcher l’ONU d’enquêter sur les quelques 15 000 civils tués depuis janvier 2017, tout bilan officiel restant impossible à établir. L’ONU et plusieurs ONGs évoquent des épidémies de famine, de choléra, ainsi que des milliers de blessés et déplacés. Une « catastrophe entièrement causée par l’homme », souligne le dernier rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCR) de l’ONU. À cela s’ajoutent la destruction partielle de la vieille ville de Sanaa, patrimoine mondial de l’humanité et l’expansion de la Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA) : « AQPA est plus puissant que jamais. Alors que la destruction de l’organisation « État islamique » fait les gros titres (…), la Qaïda reste un modèle de réussite ». L’organisation a notamment « su exploiter une économie de guerre florissante », écrit la chercheuse d’International Crisis Group April Longley Alley. L’Arabie saoudite a inondé le Yémen de fusils d’assaut Steyr-AUG, une partie d’entre eux a atterri entre les mains d’AQPA !

« La France a octroyé pour un peu plus de 16 milliards d’euros de licences pour la seule Arabie saoudite en 2015 et livré à ce pays pour 900 millions d’euros d’équipements militaires la même année (…) À aucun moment, le gouvernement n’a indiqué ces deux dernières années qu’il avait refusé, révoqué ou suspendu des autorisations d’exportation », commente pour sa part Amnesty International.

Depuis plus de deux ans, une guerre menée par les plus riches pays du Proche-Orient – voire du monde – contre le plus pauvre se poursuit, dans une large indifférence politique et médiatique. Le 26 mars 2015, l’Arabie saoudite – suivie de dix pays sunnites – lance une opération militaire aérienne au Yémen contre les Houthis du Nord. Les partisans d’Abdel Malek Al-Houthi avaient forcé la démission le président de la transition Abd Rabbo Mansour Hadi en s’alliant avec leur ancien opposant, Ali Abdallah Saleh. Au début de l’offensive, les Houthis occupent militairement la capitale Sanaa et la principale ville du sud, Aden. Sollicités par Hadi, les Saoudiens et leurs alliés prétendent vouloir le rétablir et contrer l’« avancée iranienne ». Le Conseil de sécurité de l’ONU donne son aval et la France, le Royaume-Uni et les États-Unis fournissent les fusils !

« DIPLOMATIE ECONOMIQUE »

Dès son arrivée à l’Elysée, Nicolas Sarkozy a commencé à mettre en œuvre l’une de ses promesses de campagne : rééquilibrer la politique étrangère de la France au Proche-Orient en faveur d’Israël. L’un des corollaires de cette volonté signifiait d’appuyer le rapprochement des monarchies du Golfe avec Tel-Aviv. Ainsi, l’Elysée s’emploiera à faire du Qatar l’un de ses premiers partenaires dans la région : le petit émirat paiera la libération des infirmières bulgares pour que Cécilia vienne faire un show « humanitaire » à Tripoli (Libye). Ensuite, il paiera aussi le divorce de la même Cécilia avec le président de la République française qui exonèrera – en retour – le Qatar de toute espèce de fiscalité sur ses transactions immobilières en France.

En juillet 2007, à la suite d’une demande émirienne, Nicolas Sarkozy s’engage à développer une présence militaire permanente dans ce pays. Elle est annoncée en janvier 2008, lors d’une tournée dans le Golfe du président de la République. La base française d’Abou Dhabi est officiellement inaugurée le 26 mai 2009 dans l’espoir de voir les Emiriens acheter le Rafale français. La promesse de vente tournera court, mais François Hollande ne reviendra ni sur l’existence de la base émirienne, ni sur les privilèges fiscaux accordés au petit Qatar. Au contraire, il accentuera le trait avec la fameuse « diplomatie économique » portée par son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Avec Emmanuel Macron, la politique étrangère néo-conservatrice de la France va se poursuivre et s’accentuer : soutien inconditionnel à Israël et aux monarchies pétrolières sunnites avec lesquelles les affaires vont s’intensifier. Selon les meilleures sources, on peut relever que :

  • dès le déclenchement de la guerre au Yémen, l’armée française « a effectué des vols de reconnaissance au-dessus des positions houthis pour le compte du client saoudien et continué à former ses pilotes de chasse »;
  • la France a également transféré des nacelles Thalès Damocles XF de désignation de cible et de guidage de bombes, que les forces saoudiennes placent sous leurs avions de chasse – ce qui n’empêche pas les « bavures » ;
  • trois mois après le début du conflit, un avion ravitailleur Airbus 330-200 MRTT a été livré à l’Arabie saoudite. C’est le dernier d’une flotte de six. En avril 2017, deux de ces avions étaient déployés au Yémen. Indispensables à la guerre en cours, ils ravitaillent en vol les F-15 saoudiens ;
  • des canons Caesar 155 mm de l’entreprise française Nexter, des hélicoptères de transport Cougar du groupe EADS et des drones de renseignement militaire SDTI de l’entreprise française SAGEM sont livrés à la coalition saoudienne ;
  • en 2016, la France a livré 276 blindés légers indique son propre rapport de juillet 2017 au secrétariat du TCA. Ce lot est composé de blindés légers Renault Sherpa light et Vab Mark 3 du groupe Renault Trucks Defense, originellement destinés au Liban. Dès février 2016, face à l’échec des campagnes de bombardements, la coalition s’appuie sur des milices locales équipées de véhicules légers émiratis Nimr pour tenter de déloger les forces houthis. L’arrivée des blindés légers français, qui se faufilent sans difficulté dans les rues étroites des villes arabes, s’inscrit pleinement dans cette stratégie de contre-insurrection déployée au sol. Et les Sherpa light sont équipés de capteurs de dernière génération offrant une protection contre les engins explosifs improvisés ;
  • la coalition fait également usage de petits patrouilleurs, en soutien aux navires de guerre, pour assurer le blocus du Yémen. Si l’entreprise française Couach bloque à quai deux patrouilleurs rapides à destination du Yémen en raison de l’embargo, elle débute ses livraisons d’intercepteurs rapides à l’Arabie saoudite dès août 2016 ; 39 nouveaux exemplaires de ce type d’unités sont destinés à Riyad ;
  • pour assurer le blocus qui affame la population, la coalition utilise des Corvettes Baynunah livrées aux EAU. L’artillerie et les marines de la coalition sont, par ailleurs munies de systèmes électroniques de navigation vendus par SAFRAN, des équipements essentiels à la logistique des tirs ;
  • enfin, 745 fusils de précision ont été livrés à Riyad en 2015 et 500 en 2016 selon les rapports au Parlement sur les exportations d’armes de 2016 et 2017.

Dernièrement, plusieurs parlementaires français – accompagnés de l’ambassadeur de France à Riyad et de son épouse – sont allés se féliciter bruyamment, dans la province de Mareb contrôlées par les Saoudiens, de l’excellence des efforts humanitaires de leurs hôtes… Fallait oser, mais c’est fait ! Et le pompon, c’est bien-sûr, la dernière affaire du déminage du port d’Hodeïda ! Le 15 juin, Le Figaro affirme : « alors que les forces progouvernementales ont annoncé s’être emparées vendredi de l’aéroport d’al-Hodeïda, la France entend s’impliquer dans le déminage du port, la véritable cible de la bataille lancée il y a trois jours par les troupes yéménites, appuyées par les EAU et l’Arabie saoudite, pour chasser les rebelles houthis pro-iraniens de cette ville stratégique sur la mer Rouge. Mais comme l’engagement français dans cette guerre oubliée est source de contestation, le ministère des Armées avance sur des œufs… » On ne saurait mieux dire !

UNE FUITE LACANIENNE

Le 13 juin, le Quai d’Orsay a indiqué que le président Emmanuel Macron, après s’être entretenu avec Mohammed ben Zayed, prince héritier d’Abou Dhabi, avait « évoqué la situation politique et militaire au Yémen, et notamment à Hodeïda » et « appelé les parties prenantes à la retenue et à la protection des populations civiles. » « La France rappelle que seule une solution politique négociée, y compris à Hodeïda, permettra de mettre fin de manière durable à la guerre au Yémen et d’arrêter la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans ce pays », a souligné le porte-parole du Quai.

Mais sous cette langue d’acajou, il s’agit de bien autre chose ! Un responsable émirien a déclaré à l’agence de presse Reuters, que la France aurait « accepté d’apporter une assistance en matière de déminage dans le cadre de l’opération militaire lancée par la coalition sunnite pour reprendre le port d’Hodeïda. » Et d’ajouter : « Les États-Unis ont rejeté pour leur part la requête d’Abou Dhabi qui leur demandait des moyens de renseignement, de surveillance aérienne, de reconnaissance et de déminage ».

Quelques heures plus tard, le ministère des Armées a confirmé qu’une telle opération était dans les tuyaux. « Il n’y a pas d’action militaire française aujourd’hui dans la région de Hodeïda, et la France ne fait pas partie de la coalition qui est engagée sur ce théâtre », a-t-il commencé par préciser. Toutefois, Le Figaro affirmait que des membres des forces spéciales françaises étaient déjà présents au Yémen, aux côtés des troupes émiriennes.

Ainsi, « deux sources militaires contactées par Le Figaro révèlent également que des forces spéciales françaises sont présentes aux côtés des Émiriens au Yémen », affirme le journaliste Georges Malbrunot dans l’édition datée du 16 juin 2018. La ministre de la Défense Florence Parly dément aussitôt et elle a raison. Les soldats français présents dans le port d’Hodeïda ne font pas partie des Forces spéciales françaises, mais sont des plongeurs-démineurs du Service-action de la DGSE (nos services extérieurs), dédiés aux opérations clandestines. Par conséquent, circulez, y’ rien à voir et c’est bien normal ! La dissociation entre Forces spéciales destinées aux opérations extérieures publiques et le Service-Action, spécialisé dans des actions clandestines – devant restées classifiées « confidentiel » ou « très confidentiel » – demeure l’apanage légitime de n’importe quelle démocratie. La carabistouille est ailleurs et révélatrice d’un nouveau dysfonctionnement de la communication présidentielle !

Depuis plusieurs mois, Saoudiens et Emiriens se plaignaient auprès de leurs interlocuteurs français, leur tenant à peu près ce langage : « on vous achète quantités de matériels et d’armements alors que vous ne nous apportez pas le moindre soutien politique public et ça commence à bien faire ! » Les communicants de l’Elysée ont alors imaginé le montage d’une fuite émirienne à Reuters qui serait reprise par notre cher Georges national du Figaro. En effet, celui-ci n’aurait jamais exploiter une telle information sans obtenir le feu vert, sinon l’encouragement de ses sources du ministère de la Défense !

En France, les anciens otages ont un statut tout à fait particulier. Non seulement immédiatement érigés au statut d’expert multifonctions, ils doivent se souvenir quotidiennement comment ils ont retrouvé la liberté. En l’occurrence, la libération de Georges et de son collègue Christian Chesnot a coûté plusieurs millions d’euros environ sept) prélevés dans les fonds spéciaux de la DGSE, c’est-à-dire de l’argent public et cela mérite bien quelques renvois d’ascenseurs…

Par conséquent, l’information de l’engagement yéménite des armées françaises aux côtés de la coalition saoudo-émirienne est bien sortie, même si toute la vérité n’est pas dite. Héroïne lacanienne, Florence Parly dit toujours, toujours la vérité, mais pas toute… parce que les mots y manquent ! Et c’est même par cette impossibilité qu’elle participe au réel !

Et le psychanalyste Jacques Lacan aurait certainement ajouté que le réel, c’est quand on se cogne… Quoi qu’il en soit, la France et ses armées sont – aujourd’hui – engagées au Yémen, aux côtés des EAU et de l’Arabie saoudite (deux grandes démocraties bien connues), en train de massacrer l’un des pays les plus pauvres de la terre. Un jour, ces gens auront des comptes à rendre, les responsables français qui ont pris la responsabilité d’engager notre pays aussi !

Autrement dit, et excusez notre familiarité Monsieur le président de la République : « au Yémen Manu, t’es nul, complètement nul ! Arrête de déconner… » Bonne lecture néanmoins et à la semaine prochaine.

Richard Labévière
25 juin 2018

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Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 25-06-2018

 

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

 

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La guerre des métaux rares – Guillaume Pitron – Fiche de lecture

La guerre des métaux rares – Guillaume Pitron – Fiche de lecture

Dans son premier ouvrage, paru en 2018, le journaliste du Monde Diplomatique Guillaume Pitron dévoile la « face cachée de la transition énergétique et numérique ». Il y passe au crible le « green capitalism », synthèse salutaire pour le capitalisme résilient entre les révolutions numérique et écologique. Celui ci repose entièrement sur l’utilisation des métaux rares, nouvelles sources d’énergie de la troisième révolution industrielle. Or leur cycle de vie, de l’extraction au recyclage, recouvre des enjeux écologiques, économiques et géopolitiques. Guillaume Pitron les décrypte à la lumière des ses enquêtes de terrains afin de mettre en lumière les coulisses d’une « guerre des métaux rares » appelée à rythmer le XXIe siècle.

Définition des métaux rares

L’auteur constate tout d’abord que les nombreux métaux rares (littéralement ceux se trouvant en quantité limitée dans la nature en comparaison de l’abondance du fer, du cuivre ou de l’aluminium…) partagent tous des points communs. Ils sont de fait géologiquement associés aux métaux abondants dans d’infimes proportions. Leur rareté implique un prix très élevé et une très faible production. Enfin, ils sont essentiels au capitalisme vert, puisqu’ils limitent l’empreinte carbone des produits qu’ils alimentent. En effet, leur propriétés magnétiques permettent de générer du mouvement via leur champ électromagnétique sans combustion ! Dès lors, ces « super-aimants » miniatures ne produisent aucun gaz à effet de serre, et génèrent une électricité propre. De même, leurs propriétés physiques et chimiques sont utilisées par de multiples  technologies vertes. Par conséquent, leur exploitation est en plein essor, et ils sont perçus comme « source, arène et enjeu de la puissance ».

Une arme au service de la Chine pour passer d’atelier à laboratoire de conception

Deng Xiaoping aurait en effet déclaré : « Le Moyen-Orient a le pétrole, la Chine a les terres rares ». Elles ont ainsi constitué le pilier d’une politique de remontées des filières. Le gouvernement a tout d’abord ouvert de nombreuses mines grâce aux immenses réserves du territoire chinois. Il a ensuite contraint les entreprises étrangères qui importaient les minerais à s’installer en Chine via des « joint ventures » en limitant notamment les quotas d’exportations des métaux rares. Une fois les transferts de technologies obtenus, les entreprises chinoises ont fait de la « co-innovation » ou de la « ré-innovation ». Elles ont ensuite été concentrées par le biais de fusions-acquisitions, afin de devenir dominante sur le marché. La ville de Baotou, en Mongolie intérieure, illustre le rôle crucial donné aux métaux rares par la Chine aujourd’hui. Surnommée « la Silicon Valley des terres rares », cette Zone Economique Spéciale abrite ainsi toute la filière entièrement intégrée et souveraine que la Chine a bâti autour de ses terres rares, des mines d’extraction aux usines ultra modernes, en passant par les laboratoires des grands groupes et des start-ups.

La guerre des métaux rares

Carte des principaux producteurs de minerais rares (source AEGE)

Dès lors, l’hégémonie chinoise sur les métaux précieux est une arme géopolitique cruciale. Si l’OPEP concentre 41% de la production mondiale de pétrole, la Chine dispose de jusqu’à 99% de nombreux métaux rares ! Par conséquent, elle a pu déstabiliser l’économie high-tech japonaise, très dépendante de ses minerais rares, en décrétant le premier embargo sur les métaux rares en 2010  lors de la première crise autour des iles Senkaku. De fait, un nationalisme minier a émergé en crispation, à l’image des quotas instaurés sur l’exportation des métaux précieux par le gouvernement indonésien. De plus, l’auteur souligne la fin proche des derniers sanctuaires miniers, tels que l’Arctique ou l’espace, voués à devenir des théâtres de la guerre des métaux rares.

Le coût écologique

Toutefois, Guillaume Pitron revient en chiffres sur l’empreinte écologique du cycle de vie des métaux rares. Leur processus d’extraction occasionne une forte pollution des sols et des fleuves, et requiert d’importantes quantités d’énergie. Son impact environnemental transforme de plus les environs des mines en « villages du cancer ».  En outre, l’auteur souligne la déception des espoirs de recyclage. De fait, le rêve de l’économie circulaire est encore loin d’être atteint. Cependant, l’importance des métaux rares engage une géopolitique du recyclage.

Ainsi, Guillaume Pitron décortique un paradoxe sous-jacent à la géopolitique des métaux rares. Si la Chine est en position hégémonique, les autres pays se doivent de lancer leur propres productions concurrentes. Or, le processus nécessite un lourd tribu écologique, peu compatible avec la nouvelle universalité qu’est la lutte contre le réchauffement climatique. Cet ouvrage passionnant permet de comprendre la révolution géopolitique qui accompagne une transition numérique et écologique contrastée.

About Hugo CARRIE

Étudiant à HEC Paris, en double diplôme à l’Ensae ParisTech, après deux années en classe préparatoire au lycée Sainte Geneviève. Européen convaincu, passionné par les enjeux géopolitiques de l’innovation technique et des infrastructures d’échange.

Revue de presse nationale et internationale.