Tous les articles par ombre43

Trump a discuté d’une offre d’achat américaine pour le Groenland


Trump a discuté d’une offre d’achat américaine pour le Groenland

16 AOÛT 2019 ~ MICHEL DUCHAINE

Le président Donald Trump aurait discuté avec des conseillers et des alliés politiques de la possibilité que les États-Unis achètent le Groenland.

La fonte des glaces s’est accentué au Groenland.

Une source près de M. Trump a indiqué jeudi à l’Associated Press que le président avait discuté d’un achat possible, sans être vraiment sérieux à ce sujet. La source a parlé de ces discussions privées sous le couvert de l’anonymat.

Ce n’est pas la première fois que les États-Unis songent à acheter la plus grande île au monde qui est aussi un territoire autonome du Danemark.

En 1946, les Américains ont proposé au Danemark de leur acheter le Groenland en retour de 100 millions $. À l’époque, les États-Unis avaient aussi songé à échanger certaines zones de l’Alaska contre des îles stratégiques dans l’Arctique.

Ni la Maison-Blanche ni le Danemark ont voulu formuler des commentaires à ce sujet.

Ces discussions ont été rapportées en primeur par le Wall Street Journal.

Donald Trump s’appètant à monter à bord de Air Force One.

PublicitésREPORT THIS ADREPORT THIS AD

Share this:

WordPress:

PUBLIÉ DANS POLITIQUE INTERNATIONALEACHAT TERRITORIALDÉFENSEURS DE LA TERREDONALD TRUMPGROENLANDMICHEL DUCHAINEPOURPARLERSVIE

Publié par Michel Duchaine

Born in 1953,I am the founder of the Defenders of the Earth in October 10 ,2007. We try to proposed an alternative of the New World Order and a new vision of life. We consider that the Humanity must live in harmony with all forms of life and abolish the neoliberalism for preserve the human life and continue the Earthlians adventure. We consider that we are not alone and we will receive an ultimatum in few time.

Voir tous les articles par Michel Duchaine

https://michelduchaine.com/2019/08/16/trump-a-discute-dune-offre-dachat-americaine-pour-le-groenland/

Publicités

Syrie : Un Avion D’attaque Au Sol Sukhoï Su-22 (Fitter) Abattu Par Un Missile Sol-Air Rebelle Au Dessus De Hama, Retour Sur L’un Des Principaux Avions De Combat Usés Jusqu’à La Corde Utilisé Durant La Guerre De Syrie

Syrie :  un avion d'attaque au sol Sukhoï Su-22 (Fitter) abattu par un missile Sol-Air rebelle au dessus de Hama, retour sur l'un des principaux avions de combat usés jusqu'à la corde utilisé durant la guerre de Syrie 1

Analysis

Syrie : Un Avion D’attaque Au Sol Sukhoï Su-22 (Fitter) Abattu Par Un Missile Sol-Air Rebelle Au Dessus De Hama, Retour Sur L’un Des Principaux Avions De Combat Usés Jusqu’à La Corde Utilisé Durant La Guerre De Syrie

Posted on 15/08/2019 AuthorStrategika51Comment(1)

Et ici un Su-22 de l’Armée de l’air syrienne abattu par surprise par un F/A-18E de l’aéronavale US alors que l’appareil syrien participait à des opérations de soutien aérien à des troupes au sol engagées contre un fief terroriste ou se trouvait des agents de liaison US :

Le vieux Su-22 est usé jusqu’à la corde en Syrie mais il s’est avéré d’une extraordinaire endurance puisque l’appareil peut décoller, voler et atterrir avec un minimum de maintenance, généralement effectuée par le pilote lui-même. Les pneus des trains d’atterrissage sont si endurants qu’ils n’ont pas été changés sur certains appareils de ce type depuis 2014 !

En ce qui concerne le Su-22 abattu hier par un missile SAM rebelle au dessus de Ta’manah au sud de l’enclave rebelle et séparatiste d’Idleb, le pilote a pu s’ejecter et atterrir sain et sauf. Des sources rebelles ont annoncé sa capture mais il semble que son sort soit inconnu. L’organisation terroriste Hay’at Tahrir Al-Cham ou Instance de Libération du Levant a diffusé plus tard une vidéo montrant un pilote répondant au nom de Mohamed Ahmed Sulaiman, présenté comme le pilote du Su-22 abattu le 14 août 2019.

https://strategika51.org/archives/66730

Russie : le banquier français Philippe Delpal relâché de prison et assigné à résidence

Russie : le banquier français Philippe Delpal relâché de prison et assigné à résidence

15 août 2019, 13:37

Russie : le banquier français Philippe Delpal relâché de prison et assigné à résidence

© Kirill KUDRYAVTSEV Source: AFPLa banquier français Philippe Delpal devant le tribunal de Moscou, le 15 août.

A quelques jours de la rencontre entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron, la justice russe a libéré le 15 août le banquier français Philippe Delpal, en détention préventive depuis février dans une affaire de fraude, pour l’assigner à résidence.

Comme l’avais requis le Parquet, le tribunal municipal de Moscou a décidé ce 15 août d’assigner le Français Philippe Delpal à résidence. Directeur financier du fonds d’investissement Baring Vostok, ce dernier était en détention préventive depuis février dans une affaire de fraude. Sa libération intervient à quelques jours de la rencontre entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue français Emmanuel Macron, prévue le 19 août au fort de Brégançon.

Les 14 et 15 février dernier, l’Américain Michael Calvey, fondateur et directeur de BaringVostok, qui est un des plus importants fonds d’investissement en Russie, avait été arrêté par les autorités russes, en compagnie de quatre autres collaborateurs du fonds, dont le Français Philippe Delpal. Il leur est reproché d’avoir détourné au moins 2,5 milliards de roubles (environ 33 millions d’euros) au détriment de la banque russe Vostotchny. Philippe Delpal a toujours plaidé son innocence, soutenant qu’il s’agissait d’un banal conflit d’affaires, pour lequel ses accusateurs ont été déboutés devant une cour d’arbitrage à Londres.

Kyrill Dmitriev, directeur général du Fonds russe des investissements directs (RDIF), a réagi en ces termes à cette décision de justice : «Au nom de la communauté des investisseurs russes et internationaux, nous nous félicitons de la décision du tribunal de modifier la mesure de contrainte à l’égard de Philippe Delpal en le plaçant en résidence surveillée. Nous plaidons également en faveur de l’atténuation à parts égales de la mesure préventive appliquée aux employés étrangers et russes de Baring Vostok qui ont été arrêtés dans le cadre de cette affaire.» Auparavant, Kirill Dmitriev avait demandé au tribunal de la ville de Moscou, au tribunal du district Basmanny de Moscou et au Comité d’enquête de la Fédération de Russie, de modifier les mesures de contrainte affectant Michael Calvey et les autres employés du BVCP, les citoyens russes Ivan Zuzine et Vagan Abgarian et le Français Philippe Delpal. «Je salue également la décision d’assouplir les conditions de résidence surveillée de Michael Calvey», a également déclaré Kyrill Dmitriev.

Paris souhaite un «traitement équitable»

Le 9 juillet, la détention provisoire du Français ainsi que celle de ses partenaires russes avait été prolongée jusqu’à octobre. En revanche, l’américain Michael Calvey, sur qui pèse la même plainte, avait pu bénéficier d’une résidence surveillée.Lire aussiRussie : deux investisseurs dont un Français arrêtés pour soupçon de fraude

Ce placement en détention provisoire, au contraire de Michael Calvey, avait interpellé la diplomatie française : «Ce qu’on souhaite c’est que ses droits fondamentaux soient respectés, qu’il bénéficie d’un traitement équitable, qu’il n’y ait pas de discrimination», avaient ainsi expliqué à l’AFP les services du Premier ministre français.

L’ambassadeur de France à Moscou Sylvie Bermann, venue apporter son soutien au Français début juillet, avait fait part de son étonnement «que ce contentieux purement commercial soit traité de manière pénale». Dans le même sens, la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI), et les Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CNCCEF) avaient critiqué dans un communiqué la décision de la justice russe, assurant qu’elle «choqu[ait] profondément la communauté d’affaires et constitu[ait] malheureusement un frein aux investissements étrangers en Russie».

Limiter la détention provisoire dans les affaires économiques

Un argument sur lequel le président russe ne semblait pas en désaccord. Le 20 février soit quelques jours seulement après l’arrestation, Vladimir Poutine avait ainsi recommandé aux autorités d’être plus souples concernant les poursuites judiciaires envers les entreprises.Lire aussiUn banquier français toujours détenu en Russie, Moscou dit espérer sa libération

«Pour mener à bien les tâches de grande envergure auxquelles le pays est confronté, nous devons nous débarrasser de tout ce qui limite la liberté d’entreprise», avait fait savoir le président russe. «Les entreprises honnêtes ne doivent pas se sentir constamment menacées, constamment risquer des sanctions pénales ou administratives», avait-il poursuivi, avant de donner son opinion sur les cas de détention provisoire dans ce genre d’affaire : «Lorsqu’on enquête sur des affaires économiques, il est nécessaire de limiter strictement les motifs de prolongation à répétition des durées de détention.»

Dans une interview accordé à RT début juin, le porte-parole du Kremlin avait en outre souligné que le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, était personnellement informé de l’affaire «car il compren[ait] qu’elle provoqu[ait] beaucoup de questions parmi certains investisseurs étrangers». «Nous espérons que [Michael Calvey et Philippe Delpal] seront libérés. Mais rien n’est fait de manière volontaire. C’est la loi russe et il faut la suivre», avait déclare Dmitri Peskov.

Le 13 août dernier, le Commissaire à la protection des droits des entrepreneurs, Boris Titov, avait de son côté demandé au procureur général de vérifier à nouveau la légalité et la validité des poursuites pénales engagées à l’encontre des personnes encore incarcérées dans l’affaire Baring Vostok.

Lire aussi : Vladimir Poutine prône la «liberté d’entreprise» après l’arrestation d’investisseurs

International

Raconter l’actualité

https://francais.rt.com/international/65005-russie-banquier-francais-delpal-relache-prison-assigne-residence?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

SITUATION MILITAIRE AU YÉMEN LE 15 AOÛT 2019 (CARTE MISE À JOUR)

SITUATION MILITAIRE AU YÉMEN LE 15 AOÛT 2019 (CARTE MISE À JOUR)

 9 60Partager00       15 faire un don

Situation militaire au Yémen le 15 août 2019 (Carte mise à jour)

Cliquez pour voir l’image complète

  • Les forces saoudiennes ont attaqué les positions d’Ansar Allah dans la montagne Al Dud et dans la région de Malahit;
  • Des affrontements entre Ansar Allah et des forces sous contrôle saoudien dans la région de Hayran;
  • De violents affrontements entre Ansar Allah et les forces saoudiennes ont été signalés dans les districts de Khab et Shaaf;
  • Les avions de combat de la coalition saoudienne se sont rendus dans le district de Baqim;
  • Les forces saoudiennes ont pilonné Durayhimi avec 60 obus de mortier;
  • Des violations du cessez-le-feu ont été signalées à Al Hudaydah.

PLUS SUR LE SUJET:

Présidentielle Tunisie, toutes les sensibilités politiques sont représentées

mePolitique  Présidentielle Tunisie, toutes les sensibilités politiques sont représentées

Présidentielle Tunisie, toutes les sensibilités politiques sont représentées

By La redaction de Mondafrique -15 août 2019

L’ISIE, l’instance chargée en Tunisie de la régularité des élections, a retenu 26 candidats autorisés à se présenter aux présidentielles anticipées du 15 septembre(1)Les principaux courants politiques du pays seront représentés par un ou plusieurs candidats

Les principales sensibilités politiques du pays -qu’il s’agisse de la mouvance islamiste, de la tradition destourienne ou du courant laïc- seront représentés aux élections présidentielles tunisiennes dont le premier tour devrait avoir lieu le 15 septembre. Même une candidate se réclamant de Ben Ali, le dictateur qui a régné sur la Tunisie de 1987 à 2011 et dont la popularité est réelle, sera également présente lors de ce scrutin.

Après la disparition brutale du président Beji Caïd essebsi qui n’avait guère préparé sa succession, la transition politique tunisienne amorcée lors du printemps arabe de 2011, se poursuit de façon apaisée et déterminée.

Plus que jamais, le pays fait figure de laboratoire démocratique dans un monde arabe marqué par la force du courant contre révolutionnaire en Egypte, le maintien des régimes militaires en Syrie et au Soudan, la continuation de la guerre civile en Libye.

L’Islam politique dissous dans la démocratie

Contrairement aux élections présidentielles de 2014, où deux candidats Beji Caïd Essebsi et Moncef Marzouki, dominaient le paysage, les forces politiques semblent désormais atomisées. On pourrait assister à un scrutin inédit où les candidats qui accéderaient au deuxième tour auraient obtenu un score modeste au premier tour. Façon Chirac-Le Pen en France lors des élections présidentielles de 2002

Contrairement encore à 2014 où le courant islamiste avait voté massivement pour l’ancien Président de la République et successeur de Ben Ali, Moncef Marzouki, les sympathisants du parti Ennhadha, arrivé en tète aux élections municipales l’an dernier, ont le choix entre trois candidats de poids. Abdelbattah Mourou, le vice président de l’Assemblée et fondateur du mouvement islamiste; Hamadi Jebali, ex Premier ministre en 2012 et un des chefs historiques du mouvement islamiste; enfin Moncef Marzouki, allié constant d’Ennahdha fort populaire dans le sud du pays. Dans ces conditions, il sera difficile pour les islamistes divisés de rester présents au deuxième tour de scrutin

Paradoxalement, l’hypothèse d’un Islam politique absent d’un deuxième tour de scrutin sans fraude ni coup de force serait perçue avec raison, comme une manifestation de la vitalité démocratique tunisienne, capable de contrôler le courant islamiste sans le réprimer.

Des programmes convenus

Il reste une sérieuse réserve à formuler face au tournant très positif que semble prendre la jeune démocratie tunisienne avec ces élections du 15 septembre. Voici un an, les dernières élections municipales marqués par une forte abstention et le succès de listes « indépendantes »,avaient traduit un profond rejet des partis politiques. Depuis, la crise économique s’est amplifiée et la situation de la jeunesse tentée par l’émigration ou le salafisme, ne s’est en rien améliorée.

Or les principaux candidats n’ont guère de programme structuré à présenter sur le terrain économique et social. On sent bien chez un Abdelkarim Zebidi, l’ancien ministre de la Défense de Beji et candidat des Américains, la tentation de renforcer le pouvoir présidentiel. Historie d’ imposer des recettes libérales impopulaires et de corriger le clientélisme incontrôlé qui s’est imposé à la fin du règne d’un Beji CaId Essebsi. Rien qui puisse susciter un élan populaire, bien au contraire.

En deux ans à la tète du gouvernement, les islamistes tunisiens ont fait la preuve de leur incapacité à improviser un quelconque projet économique. Le mouvement Ennahdha s’est contenté d’obtenir des quotas substantiels de nominations de fonctionnaires ou d’ attributions de marchés publics.

Quant à la gauche tunisienne, incarnée par un Hamma Hammami à nouveau candidat, elle a toujours privilégié le terrain social, mais sans dépasser un socle électoral de quelque 10% des suffrages, faute d’avoir rallié une partie de la classe moyenne tunisienne attachée à la liberté d’entreprendre.

La tentation autoritaire

Largement majoritaire et plus que jamais orpheline, la Tunisie des oubliés pourrait avoir le sentiment justifié d’être ignorée par des élites politiques tunisiennes qui n’ont plus de véritable vision du bien public, comme pouvait l’avoir un Bourguiba, fondateur de la Tunisie moderne, livrant la bataille de l’éducation, du savoir et de la modernité.

L’écart grandissant entre le pays légal et le pays réel peut, à tout moment, remettre en cause le fragile équilibre politique tunisien, l’affaire des notables plus que du peuple. Ce profond malaise pourrait alors profiter à des démagogues soutenus par les Emiratis, les Egyptiens et les Séoudiens, toux ceux qui n’ont pas perdu l’espoir d’imposer un régime autoritaire en Tunisie.

(1) L’ISIE a décidé que 26 candidats pourront se pprésenter

  1. Mongi Rahoui
  2. Mohamed Abbou
  3. Abir Moussi
  4. Nabil Karoui
  5. Mohamed Lotfi M’raïhi
  6. Mehdi Jomaâ
  7. Hamadi Jebali
  8. Hamma Hammami
  9. Mohamed Moncef Marzouki
  10. Abdelkarim Zebidi
  11. Mohsen Marzouk
  12. Mohamed Seghaïer Ennouri
  13. Mohamed Hachemi Hamdi
  14. Abdelfattah Mourou
  15. Amor Mansour
  16. Youssef Chahed
  17. Kaïs Saïed
  18. Elyes Fakhfakh
  19. Slim Riahi
  20. Salma Elloumi
  21. Saïd Aïdi
  22. Safi Saïd
  23. Neji Jalloul
  24. Hatem Boulabiar
  25. Abid Briki
  26. Seifeddine Makhlouf
  27. https://mondafrique.com/presidentielle-tunisie-toutes-les-sensibilites-politiques-sont-representees/

La vérité sur le mouvement de protestations de Moscou

La vérité sur le mouvement de protestations de Moscou


Par Andrew Korybko − Le 5 août 2019 − Source eurasiafuture.com

andrew-korybko

Le récent mouvement de protestations de Moscou constitue de toute évidence une tentative de déclencher des violences de Révolution de Couleur en Russie, mais considérer tous les participants au mouvement comme des « agents de la CIA » revient à faire abstraction de leurs critiques objectivement valides quant à la situation actuelle du pays.

Mensonge par omission

Moskva River, Moscow, Russia

Le monde entier connaît à présent l’existence du récent mouvement de protestations de Moscou, du fait de la couverture sympathique que les médias traditionnels occidentaux lui ont accordée, mais beaucoup de gens n’ont pas les idées claires sur ce qui se passe réellement. Il s’agit de toute évidence d’une tentative de faire éclater des violences de Révolution de Couleur en Russie, le maire de Moscou a d’ailleurs signalé que les perturbations du week-end dernier visaient à provoquer des émeutes dans la plus grand ville du pays. Mais cela ne signifie pas que l’ensemble des participants à ces rassemblements interdits sont des « agents de la CIA », bien que tel soit le portrait ultra-simplifié qu’en a fait la communauté des médias alternatifs. Il est exact que certains éléments dans les larges foules s’emploient délibérément à provoquer une réaction par la force de la police, qui pourrait par la suite être décontextualisée, mal interprétée, et propagée dans le pays et à l’extérieur pour attiser de nouvelles violences anti-étatiques, selon les méthodes traditionnelles de gestion de la perception (psy-op) des Révolutions de Couleur, de même qu’il est illégal de participer à des rassemblements non autorisés, mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Censure des médias alternatifs

Le mouvement de protestations est entraîné par les critiques, objectivement valides, de ses soutiens, quant à la situation actuelle du pays, en particulier la corruption excessive, l’économie sous-performante, et demande des comptes aux dirigeants politiques (sur tous ces sujets plus ou moins reliés entre eux), mais ce mouvement s’est d’ores et déjà discrédité du fait des tactiques agressives qu’il met en œuvre. Négliger ce fait et qualifier quiconque mentionne ces problèmes d’« agent de la CIA »revient à faire comme si ces problèmes n’existaient pas dans la Russie d’aujourd’hui, ce qui est tout à fait faux, et risque d’aggraver ces problèmes structurels, en donnant à leurs auteurs carte blanche pour poursuivre leurs activités contre-productives sans conséquence. La « criminalisation » de facto de la contestation s’oppose aux valeurs centrales mêmes que la communauté des médias alternatifs est supposée défendre, tout cela juste pour perpétrer le mythe voulant que leur « dieu géopolitique«  serait infaillible.

Un compromis narratif

Les défendeurs de cette position peu scrupuleuse pourraient arguer qu’ils refusent de jouer le jeu de la guerre de l’information fomentée par les USA, mais il est tout à fait possible de critiquer les actions criminelles des provocateurs anti-État et d’exposer leur agenda de Révolution de Couleur tout en reconnaissant que la majorité des personnes participant à ce mouvement ont des griefs légitimes qui sont restés lettre morte depuis bien trop longtemps. Cela étant dit, il convient également de reconnaître que le gouvernement russe s’emploie très fortement à éradiquer la corruption, à diversifier l’économie, et à assurer un meilleur « contrat social » entre les citoyens et l’État ; mais ces politiques vont mettre du temps avant de porter leurs premiers fruits. Le président Poutine est tout à fait conscient du degré problématique de ces sujets pour l’avenir de son pays, car ils entravent gravement sa compétitivité dans un monde de plus en plus rude. Certes, on peut légitimement affirmer qu’il a mis trop longtemps à s’attaquer à ces problèmes, mais le cliché du « mieux vaut tard que jamais » s’applique quand même.

La leçon Golunov

Pour ce qui concerne l’avenir, il faut s’attendre à ce que les violences anti-étatiques du mouvement de Révolution de Couleur s’intensifient probablement, les principaux cerveaux tâchant de s’en prendre à la transition politique post-Poutine de la Russie (PP24), comme l’auteur du présent article l’avait évoqué dans un précédent article cet été sous le titre « Pourquoi les russes s’unissent-ils autour d’Ivan Golunov?«  Il convient de rappeler que nombre de membres de la communauté des médias alternatifs avaient accusé d’instinct le journaliste injustement emprisonné d’avoir inventé ses affirmations, quand il dénonçait le fait que la police avait truqué la découverte de drogue sur lui pour des raisons politiques. Les mêmes se retrouvèrent bien embarrassés un peu plus tard, quand Margarita Simonyan, rédactrice en chef de Russia Today, et Valentina Matviyenko, présidente du Conseil de la Fédération [Il s’agit de la chambre haute du Parlement russe, NdT] décidèrent de rejoindre les personnages influents soutenant le journaliste en question. Peu de temps après, il fut établi sans doute possible qu’il disait la vérité depuis le début et avait bel et bien été piégé par la police russe. Cet incident inoubliable prouve que les « pro-russes non russes«  (PRNR) de la communauté des médias alternatifs s’employaient à être « plus russes que les russes », et propageaient leur théorie du complot, désormais tournée en ridicule, pour des raisons qu’ils pensaient « patriotiques ».

Une nouvelle opportunité ratée

La même leçon est à appliquer avec le mouvement de Révolution de Couleur : les récits de PRNR décrivant tous les participants à ces manifestations interdites comme des « agents de la CIA » constituent des formes contre-productives de réactionisme politique, qui jettent volontairement de l’ombre sur les problèmes intérieurs objectivement existants de la Russie, au lieu de proposer des solutions constructives pour y pallier. L’exercice pourrait, s’il était correctement mené, constituer un débat responsable visant à résoudre les nombreux problèmes que connaît leur « dieu géopolitique » ; au lieu de cela, on assiste à des prises de positions infondées, soutenant des récits totalement faux décrivant une Russie infaillible. Ce dernier point est défendu par des chiens de garde hyper zélés, au sein de la communauté des médias alternatifs, qui vont jusqu’à essayer d’intimider quiconque remet en cause leur positionnement. Quiconque soutient sincèrement la Russie se voit ainsi privé de l’opportunité de contribuer au débat, du fait du caractère « politiquement incorrect »qu’a désormais pris le simple fait de mentionner ses problèmes de ce pays. Il s’agit là d’un bien mauvais service que les médias alternatifs peuvent rendre à la Russie, alors même qu’ils prétendent la soutenir.

Andrew Korybko est un analyste politique américain, établi à Moscou, spécialisé dans les relations entre la stratégie étasunienne en Afrique et en Eurasie, les nouvelles Routes de la soie chinoises, et la Guerre hybride.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/la-verite-sur-le-mouvement-de-protestations-de-moscou

Le spectre du retour possible de Bozizé hante le pouvoir centrafricain

Le spectre du retour possible de Bozizé hante le pouvoir centrafricain

By Aza Boukhris -14 août 2019

33PARTAGES267

En Centrafrique, la rumeur enfle sur un prochain retour au pays de l’ex Président François Bozize, réfugié en Ouganda sous mandat international.

Intoxication ou information, dans les deux cas, la fébrilité du président Touadera et de son clan s’est accentuée avec la perspective d’un possible retour au pays de François Bozizé. Avec la perspective des élections législatives et présidentielle prévues fin 2020-début 2021, le spectre de l’ancien Président obsède l’actuel pouvoir centrafricain.

Triste anniversaire de l’indépendance

En Centrafrique, le 1er décembre, anniversaire de la création de la République centrafricaine en 1958, fait office de fête nationale, tandis que le 13 août commémore l’indépendance de 1960. Chaque année, outre les discours officiels, les hommages à Barthélémy Boganda et les réceptions convenues, le 13 août est marqué par des festivités populaires comme compétitions sportives, concerts et concours divers. En 2019, cet anniversaire est passé inaperçu à Bangui. Vu l’état de l’arrière-pays, il y est ignoré.

 Visiblement marqué par les événements récents du désastre écologique causé par les entreprises chinoises, le DDRR qui ne prend pas, les groupes armés qui poussent leurs avantages de l’Accord de Khartoum et surtout l’opposition désormais frontale du Kwa Na Kwa (KNK) parti de François Bozize, le Président Touadera paraît très préoccupé, d’autant que son ancien mentor est annoncé pour un retour qui risque fort d’être difficile à gérer. Ce 13 août, il s’est contenté de déposer une gerbe au monument de Barthélémy Boganda et fait un discours à la Nation, insipide en reprenant ses antiennes habituelles. Pour une grande majorité de Centrafricains, les mots de Paix, Justice, Sécurité, Réconciliation, Désarmement, et Démocratie n’ont plus beaucoup de valeur dans sa bouche. Les Centrafricains savent bien que sa réélection en 2020 est son principal objectif. Pour ce projet de remake du hold up électoral du tandem Bozize-Touadera de 2011, la corruption, les pots-de-vin et les détournement de deniers publics atteignent des sommets, rarement atteints depuis le 13 août 1960. Même la Haute autorité pour la bonne gouvernance, jusqu’à maintenant institution cosmétique, a stigmatisé la disparition de l’état de droit et les errances du pouvoir exécutif. Dans ce contexte, la réapparition de François Bozize pourrait bien déjouer les plans de Faustin-Archange Touadera, car il aura affaire à un orfèvre en coups d’état et en hold up électoral.

François Bozize très courtisé

 Actuellement exilé en Ouganda, l’ancien président ( 2003-2013) effectuent des voyages en dépit de leur interdiction. Dans ces escales, il y rencontre de nombreux partisans, des personnalités et d’anciens ministres de son pays. Bertin Béa qui assure la présidence par intérim du KNK multiplie les rencontres notamment à l’étranger, comme en France récemment. Avec le concours actif de son fils, Jean-Francis Bozize, qui était son ministre de la Défense très apprécié des officiers et sous-officiers, le congrès du KNK se tient du 12 au 16 août.  Il a déjà permis de rompre tout soutien au président Touadera, qui devait beaucoup au KNK pour son élection de 2016, mais surtout d’annoncer la prochaine candidature de François Bozize pour l’élection de 2020. Après son ouverture à Bangui,  le congrès se transportera ensuite à Bossangoa fief de Bozize et des Gbaya, ethnie majoritaire dans l’Ouest qui accepte mal la place faite aux ex Seleka dans l’Accord de Khartoum. La Seleka  avait renversé le président Bozize en 2013. 
Jean-Francis Bozize, qui a oublié son contrôle judiciaire, a annoncé le prochain retour de son père. En août 2016, n’avait-Il pas forcé la main à la Minusca qui l’avait arrêté à son retour d’exil et mobilisé le KNK pour sa libération immédiate?  Cet ancien du Régiment parachutiste d’infanterie de marine de Frejus ( France) a commencé la restructuration du KNK et lancé la campagne de nouvelles adhésions. Les anciens bozizistes reprennent du service au sein du parti qui était moribond. Jean-Francis Bozize reprend contact avec les militaires qu’il avait bien connus notamment d’anciens généraux qui ont été mis à la retraite par le président Touadera. 

Le président Touadera face au dilemme du retour de Bozize
François Bozize va-t-il braver les sanctions dont il fait l’objet ? Son fils a réussi à revenir en Centrafrique en évitant la case prison et la privation de ses biens. En sera-t-il de même pour l’ancien chef de l’État ? De nombreux Centrafricains évoquent ouvertement les « deux poids, deux mesures « . Les ex Seleka, auteurs du coup d’État contre Bozize, comme Nourredine Adam, Ali Darass, Abdoulaye Hissen ou al-Katim, également sous sanctions et interdiction de voyager ont signé l’Accord de Khartoum et sont désormais représentés dans le gouvernement, les services présidentiels et la haute fonction publique. Il est effectivement difficile d’évoquer l’équité avec le sort réservé à François Bozize. Une normalisation concernant les anciens chefs de l’État pourrait être sur la Table du président Touadera afin de conforter la réconciliation nationale.


Toutefois, une telle solution ne ferait pas disparaitre les tourments de Faustin-Archange Touadera. Une fois revenu à Bangui, François Bozize voudra certainement redevenir chef de l’État. Pourra-t-Il être candidat ? Il y a de fortes chances qu’il soit déclaré non éligible. Quelle serait alors la réaction des bozizistes et d’une grande partie de la population de l’Ouest centrafricain et de Bangui où il est resté malgré tout populaire ? En cas d’éligibilité, les deux auteurs du hold up électoral de 2011 devraient s’affronter….


Évidemment, le microcosme politique centrafricain, figé depuis plus de deux décennies ne pensent qu’à ce mirage de la démocratie que sont les élections centrafricaines. Pendant ce temps là, plus de la moitié de la population vit en insécurité alimentaire grave, plus du quart sont soit des déplacés ou des réfugiés, les indices de développement humain et de gouvernance sont les plus mauvais de la planète, l’espérance de vie passe sous les 45 ans et les trois quart du pays ne sont pas contrôlés par l’Etat. Le dernier quart vaut-il mieux que les trois autres ?

https://mondafrique.com/le-spectre-du-retour-possible-de-bozize-hante-le-pouvoir-centrafricain/

Le français en Iran entre tradition historique et élitisme

Société

Le français en Iran entre tradition historique et élitisme

Si la francophonie existe en Iran et ce depuis plusieurs siècles, on ne peut pas la comparer à celle de pays tels que l’Algérie. Mais dans certaines couches aisées de la société iranienne, tout comme dans les départements de linguistique de plusieurs universités, le français reste encore vivant et attractif. L’interaction entre le français et le persan, témoin de multiples emprunts, et l’admiration en Iran pour la culture française, sont autant d’éléments qui permettent d’évoquer une francophonie « à l’iranienne ».


Inalco

Comme le rappelle le professeur Ahmad Kamyabi Mask, de l’Université de Téhéran, spécialiste de l’œuvre d’Ionesco, l’entrée du français en Iran s’est faite via les premiers missionnaires franciscains et dominicains envoyés en Perse ilkhanide au 13ème siècle. Des missions sont établies à Sultaniya, Maragha, Tabriz et Tbilissi. Puis c’est au 15ème siècle, sous la dynastie des Safavides, que l’on trouve les premières traces d’une fascination mutuelle entre les deux civilisations, avec notamment l’envoi par Richelieu de deux moines franciscains à la cour du Chah Abbas, installée à Ispahan. L’un d’eux, Jacques Dutertre vivra cinquante-deux ans au sein de la cour et y sera même inhumé. Ces moines joueront les rôles de traducteurs et de négociateurs, très importants à cette période. Antoine Isaac Silvestre de Sacy (1758-1838) et Abraham Hyacinthe Anquetil-Duperron (1731-1805) sont les premiers orientalistes à étudier le persan et à en traduire les textes fondateurs en français. Mais c’est aux Qâdjârs qu’il faut remonter pour trouver l’origine des relations culturelles franco-iraniennes, à une époque où le voyage des étudiants iraniens en France a joué un rôle primordial dans l’influence subie par le persan. Nasseredin Shah (1831-1896) parlait un français « impeccable », selon les fonction- naires français en poste en Iran.
Des écoles françaises sont créées dès 1860 (Saint-Louis, à Téhéran), puis d’autres voient le jour au début du 20ème siècle, telles Jeanne d’Arc, à Téhéran, ou encore le lycée Razi, qui ouvre dans la capitale après le passage du Général De Gaulle, sans omettre le rôle des instituts français répartis sur le territoire, qui dispensent des cours de français.
Cet intérêt pour le français en Iran, en dehors des effets de mode du 18ème siècle, vient de la présence de consonances dans les deux langues, qui facilitent la prononciation des mots français en langue persane. Le voyage des mots entre la Perse et la France, de par son intensité, n’a certainement que peu d’équivalent. Les mots persans empruntés au français concernent tous les domaines, scientifique, politique, journalistique, littéraire, etc. À titre d’exemples, citons Bomb’e pelâstiki, kârt’e vizit, kârt postâl, rob do châmr, orkestr samfonik, mikrob, vaksin, karton, diplomasi, etc.
DE MULTIPLES TERRAINS D’INTERACTION
Si le français en tant que langue n’est pas la première langue étrangère, son influence a modelé la société intellectuelle iranienne. Au 19ème, puis au 20ème siècle, parmi les fondateurs de la culture et civilisation persanes modernes, nombreux sont ceux qui ont effectué leurs études supérieures en Suisse et/ou en France. L’admiration qui demeure en Iran pour la culture et les arts de l’Hexagone favorise l’intérêt pour la langue française. Une grande majorité d’artistes la maîtrise parfaitement, ce qui reste peut-être plus vrai pour ceux qui ont plus de 44 ans. La traduction en persan de bon nombre d’ouvrages littéraires français familiarise notamment les enseignants avec la culture française. Récemment, une collection dédiée au théâtre français contemporain a vu le jour avec près de 40 titres, grâce à l’opiniâtreté de Tinouche Nazmjou. Ahmad Kamyabi Mask a pour sa part traduit en persan toute l’œuvre d’Eugène Ionesco. En 1851, à la fondation de l’École Polytechnique (Dâr-ol-Fonoun Amir-Kabir) à Téhéran, l’essentiel de l’enseignement scientifique se faisait en français par des enseignants français. Des bourses impériales étaient attribuées à des étudiants qui partaient étudier la médecine en France, tradition qui sera reprise par le Professeur Gousheh, jusqu’au blocage des visas étudiants en 2011. Enfin, pendant une longue période, le français fut enseigné comme langue principale dans les écoles et les collèges iraniens.
QUEL AVENIR POUR LE FRANÇAIS EN IRAN AUJOURD’HUI ?
En 1979, la fermeture des écoles françaises, la plupart religieuses, marque une récession de la langue française. Cependant, on assiste à un véritable renouveau dans les années 1990-2010. 20 établissements privés ou publics enseignent le français jusqu’au niveau du doctorat, sous l’angle de la linguistique, de la didactique et de la littérature comparée. On retrouve la langue dans les établissements secondaires de Téhéran et de plusieurs grandes villes de province. Aujourd’hui, le français reste la langue partagée par les élites mais un certain engouement naît peu à peu chez les étudiants des classes moyennes, qui voient dans son apprentissage une chance pour l’émigration vers le Canada ou une manière de marquer sa différence avec la majorité, qui reste anglophone à l’université. D’ailleurs, la floraison des instituts privés proposant des cours de français dans tout le pays en atteste.
Les professeurs Gashmardi et Salimikouchi affirment que « si le français a des usages de plus en plus limités, il n’est pas en déclin. Le bilinguisme persan-français donne la possibilité aux locuteurs universitaires de recourir, en fonction de la situation de communication académique et interculturelle, à deux langues différentes pour enrichir leurs acquisitions et leurs productions. Dans des domaines tels que le droit, la philosophie ou la sociologie, un consensus sous-jacent accrédite une francophonie culturelle qui s’impose. »
La présence médiatique francophone reste timide mais elle tend à se développer. La Revue de Téhéran, magazine mensuel traitant des sujets de culture générale, et la Revue des Presses Universitaires de Téhéran en sont des exemples. L’Institut Français de Recherche en Iran (IFRI) supervise et accompagne quant à lui les recherches universitaires sur de très nombreux domaines, tant des sciences humaines, de l’archéologie, que de l’histoire des sciences et des techniques. Radio et TV Sahar, et tout récemment Press TV, filiales de la télévision d’État IRIB, émettent des programmes en français.
Et les professeurs Gashmardi et Salimikouchi de conclure : « L’importance de la diversité linguistique et culturelle face aux défis de la mondialisation est parmi les vraies questions ouvertes. L’élite iranienne croit que la France contemporaine en particulier et le monde francophone en général ne semblent pas souffrir d’un déficit d’idées. Pour l’élite iranienne, cet alliage, qui fait de la langue et de la pensée francophone un équivalent de sens, d’esprit de valorisation, de dignité, de créativité et de partage, est un appel au respect d’autrui et à une manière d’être au monde. Grace à cette élite francophone, qui a joué un rôle important dans la vie socioculturelle du pays et qui a conservé l’usage de cette langue, la francophonie culturelle est aujourd’hui encore considérée comme un instrument privilégié de formation intellectuelle, d’échanges, d’accès à l’information et à la connaissance. Le souvenir toujours vivace de grands intellectuels, traducteurs, écrivains et poètes francophones iraniens, entretient l’image positive du français comme langue de la pensée et de la culture. Cette image constitue une base solide pour relancer la pratique du français. »
Des actes politiques viennent en outre stimuler cette relance. Ainsi, en septembre 2015, l’INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales) signait une convention de coopération avec l’Université Allameh Tabataba’i de Téhéran, la plus grande université de lettres et sciences humaines d’Iran, avec 17 000 étudiants. En décembre 2015 se tenait à l’université Shahid Beheshti, et à l’initiative de l’Ambassade de France en Iran, le premier Forum international sur l’enseignement du français en Iran.
Toutefois, comme le rappellent les professeurs Gashmardi et Salimikouchi, « si le statut particulier du français en Iran n’est pas nettement défini, la question de la francophonie est une question qui touche encore l’esprit des universitaires et des élites iraniens. Bien que cette élite ne tienne pas majoritairement à choisir le français pour écrire ou parler, cette langue n’est pas aussi étrangère que d’autres car elle jouit d’un statut particulier ». Mais la francophonie en Iran, bien que privilégiée, parviendra-t-elle à sortir de cette situation incertaine ?

Par Rédaction ParisTeheran le 16 octobre 2017

http://paristeheranmag.com/francais-iran-entre-tradition-historique-elitisme/

La Charte de l’Atlantique

14 AOÛT 1941 > 14 AOÛT 1941

14 août 1941

La Charte de l’Atlantique

Le 14 août 1941, tandis que l’Angleterre résiste seule à l’Allemagne nazie et que celle-ci vient d’envahir l’URSS, le président des États-Unis Franklin Delano Roosevelt et le Premier ministre britannique Winston Churchill se rencontrent à bord du navire de guerre Prince of Wales « quelque part en mer », au large de Terre-Neuve.

Ils proposent une série de principes moraux devant guider les puissances démocratiques et garantir le rétablissement durable de la paix :
• refus de tout agrandissement territorial,
• droit des peuples à choisir leur forme de gouvernement,
• libre accès de chacun aux matières premières,
• liberté des mers,
• renonciation à la force !

Le président américain veut de la sorte préparer son opinion publique, encore très réticente, à une entrée en guerre contre l’Allemagne, aux côtés de l’Angleterre et de l’URSS.

Principes virtuels

Le document signé par les deux dirigeants est connu sous le nom de Charte de l’Atlantique. Il est à l’origine de la charte des Nations Unies

Mais il semble que les généreux principes de la Charte aient été contournés dès l’année suivante, lors de la signature du traité d’assistance anglo-soviétique de Londres, le 26 mai 1942. Par ce traité d’alliance entre le Secrétaire aux Affaires étrangères Anthony Eden et son homologue soviétique Viatcheslav Molotov, le premier concède au second le droit à un glacis de sécurité et à des frontières stratégiques.

De fait, la Charte de l’Atlantique est évoquée à la conférence de Yalta, en février 1945, mais seulement pour la forme, les participants de ladite conférence – Staline le premier – n’ayant eu aucune intention de renoncer aux agrandissements territoriaux ni de laisser aux peuples le droit de choisir leur forme de gouvernement.

Alban DignatPublié ou mis à jour le : 2019-06-19 13:00:17

https://www.herodote.net/14_ao_t_1941-evenement-19410814.php

Grèce : le retour de la droite signale le retour grec dans le grand jeu européen

EUROPE 14 AOÛT 2019

Grèce : le retour de la droite signale le retour grec dans le grand jeu européen

By: European People’s Party – CC BY 2.0

Du fait des bonnes relations du nouveau Premier ministre grec avec les dirigeants allemands et français, il est fort probable que la Grèce cherche à se poser comme un médiateur et un partenaire politique majeur pour Berlin et Paris.

Vous aimez cet article ? Partagez le !

Par Alexandre Massaux.

Avec 33 % des votes aux élections européennes et 40 % des votes aux législatives grecques, le parti de centre-droit libéral a réussi, en quelques mois, à accomplir un retour fulgurant sur la scène politique grecque. Pays mis à l’écart de la géopolitique européenne depuis la crise économique, la Grèce a l’opportunité de redevenir un acteur respecté dans les affaires européennes.

UN SOUTIEN ÉCONOMIQUE INTERNATIONAL

Avec une dette de 180% du PIB, la Grèce est le pays le plus endetté au monde après le Japon. Néanmoins, la victoire de la droite a rassuré les investisseurs, amenant des taux d’emprunt bas. Il est fort probable que le passé professionnel dans le monde des affaires de Kyriákos Mitsotákis ait joué un rôle dans la confiance accrue des marchés dans la Grèce.

Là encore, le fait que Nouvelle Démocratie soit un parti classique membre d’un parti européen majeur joue en sa faveur. Il faut rappeler que Syriza, le parti de Tsipras au pouvoir jusqu’en juillet 2019, était membre du parti européen GUE/NGL composé des différents partis communistes européens et de la France insoumise. Dès lors, l’image de la Grèce auprès des institutions européennes n’est plus la même. En outre, la Grèce faisant partie de l’Eurozone, elle est normalement soumise à une certaine discipline budgétaire (même si, ironiquement, les pays en dehors de l’Eurozone sont souvent plus rigoureux dans ce domaine) afin d’assurer la stabilité de la zone euro. Le retour au pouvoir d’un parti plus classique rassure sur sa capacité de faire des réformes.

UN ATOUT POUR LE PARTI POPULAIRE EUROPÉEN DANS LA PARTIE ORIENTALE DE L’UE

La victoire de Nouvelle Démocratie aux Européennes lui donne 8 sièges au parlement européen au sein du PPE qui rassemble les partis de « droite classique » pro-Europe. Ce qui la place à la 6ème place  dans le PPE après la CDU/CSU allemande, la plateforme civique polonaise, le parti libéral national roumain et ses alliés, le Fidesz hongrois et le parti conservateur espagnol. De plus, pour la première fois depuis son adhésion à l’Union européenne, la droite grecque possède plus de sièges que la droite française (7 pour les LR) et italienne classique (7 pour Forza Italia et ses alliés). Un comble quand on sait que le nombre de sièges est lié à la population des pays et que la France et l’Italie sont environ six fois plus peuplées que la Grèce estimée à 11 millions d’habitants.

Les partis dominants du PPE étant situés, à l’exception des conservateurs espagnols, dans les pays d’Europe centrale et orientale, une telle dynamique est favorable à Nouvelle Démocratie et à la Grèce : il est fort probable que le PPE concentre son activité dans une région de l’Europe où elle possède le gros de ses députés. De plus, il ne faut  pas oublier que le PPE, bien qu’affaibli, reste le premier parti européen. Ces deux tendances offrent l’occasion au nouveau gouvernement grec de faire entendre sa voix sur la scène européenne et la bonne relation entre le nouveau Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis et la nouvelle présidente de la commission européenne Ursula von der Leyen, issue du PPE comme Christine Lagarde, donne des relais non négligeables au nouveau gouvernement grec.

UN RÔLE EN MER MÉDITERRANÉE ACCRU AVEC LA FRANCE

Les Allemands ne sont pas seuls à pouvoir profiter du retour de la droite en Grèce : la France aussi. En effet, Emmanuel Macron souhaite mener une politique européenne en mer Méditerranée. Un souhait partagé par Mitsotákis qui entretient des liens cordiaux avec le président français. La France comme la Grèce étant deux pays ayant une importance stratégique pour la Méditerranée, un tel rapprochement n’est guère surprenant.

La Grèce occupe géopolitiquement une position clé pour l’Europe et l’UE : passage vers l’Orient turc, elle a été un des lieux de transit le plus important en matière de migrants (et donc la plus touchée par cette crise). De plus, le fait d’être frontalière avec une Turquie de plus en plus autoritaire sur la scène interne et internationale n’est pas sans conséquence. Les relations entre Athènes et Ankara sont tendues depuis des décennies et le gouvernement grec a besoin du soutien occidental pour faire face à la Turquie. Dès lors, l’implication en mer Méditerranée des autres puissances majeures (surtout d’un point de vue militaire) de l’UE est utile pour la Grèce.

AVEC LES MEMBRES DE L’UE PLUTÔT QU’AVEC LA RUSSIE

L’ancien Premier ministre Alexis Tsipras avait cherché des alliés extra-européens pour pouvoir peser sur les scènes européenne et internationale. Ainsi, un rapprochement avec le président Poutine avait pu être constaté afin de faire contrepoids aux puissances occidentales comme l’Allemagne et la France et surtout afin d’avoir un autre partenaire commercial. Cette position se rapproche de celle du gouvernement hongrois. En tant que frontière entre l’Occident et l’Orient, la Grèce est en effet tentée de diversifier ses relations.

Cependant, le retour de la droite est synonyme d’un tournant vers l’ouest avec une politique davantage pro-Union européenne. Du fait des bonnes relations du nouveau Premier ministre grec avec les dirigeants allemands et français, il est fort probable que la Grèce cherche à se poser comme un médiateur et un partenaire politique substantiel pour Berlin et Paris. Certes, la Grèce pèse peu économiquement face aux autres pays majeurs de l’Europe mais dans un continent où les extrêmes montent, Nouvelle Démocratie peut mettre en avant sa modération et sa capacité à discuter avec les partenaires européens.

https://www.contrepoints.org/2019/08/14/351318-grece-le-retour-de-la-droite-signale-le-retour-grec-dans-le-grand-jeu-europeen