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Photos Kirghizstan : Xi Jinping assiste à une rencontre trilatérale à Bichkek

Photos Kirghizstan : Xi Jinping assiste à une rencontre trilatérale à Bichkek

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 15/06/2019 20:38

Il s’agit de la cinquième rencontre trilatérale entre les dirigeants des trois pays. – Photo : Xinhua/Yao Daw.

Le président chinoisLe président chinois, Xi Jinping (à gauche), le président russe, Vladimir Poutine, et le président mongol, Khaltmaa Battulga, se sont entretenus à Bichkek, capitale du Kirghizstan, le 14 juin 2019

Le président chinois

https://chine.in/actualite/photos-kirghizstan-jinping-assiste-une_120468.html

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ORBAN ET AUNG SAN SUU KYI SE RENCONTRENT POUR DISCUTER DE L’IMMIGRATION CLANDESTINE

ORBAN ET AUNG SAN SUU KYI SE RENCONTRENT POUR DISCUTER DE L’IMMIGRATION CLANDESTINE

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11.06.2019

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a rencontré le conseiller d’Etat du Myanmar, San Suu Kyi, pour parler de la migration islamique illégale. Les deux hommes se sont rencontrés mercredi à Budapest au bureau du Premier ministre.

La question de l’intégration d’une population musulmane croissante est un défi auquel l’Europe et l’Asie du Sud-Est sont confrontées, a déclaré Bertalan Havasi, porte-parole d’Orban.

«Les deux dirigeants ont souligné que l’un des plus grands défis à l’heure actuelle pour les deux pays et leurs régions respectives – l’Asie du Sud-Est et l’Europe – est la migration», a lu un communiqué publié par le gouvernement hongrois après le sommet.

« Ils ont noté que les deux régions ont vu émerger le problème de la coexistence avec des populations musulmanes en croissance constante. »

Orban a déclaré que la Hongrie soutenait la coopération commerciale entre l’Union européenne et le Myanmar, mais rejetait l’approche de Bruxelles et des autres bureaucrates occidentaux qui tentaient de mêler des questions sans rapport, telles que la coopération économique et les affaires intérieures.

Il a déclaré que l’accent était mis sur les liens éducatifs et culturels, mais que la coopération économique offrait des possibilités inexploitées. Les ministres du commerce extérieur des deux pays vont donc intensifier leur coopération, a-t-il ajouté.

Orban a ajouté que les Hongrois respectaient Aung San Suu Kyi pour ses efforts en faveur de la liberté et de la transformation démocratique de son pays.

Le ministre hongrois des Affaires étrangères a déclaré que son pays appréciait grandement les dirigeants qui privilégient les intérêts de leur pays et ont consenti des sacrifices à cet égard.

«Aung San Suu Kyi est toujours accueillie avec beaucoup de respect et d’appréciation lors de sa visite en Hongrie, car elle a tant fait pour la liberté de son pays», a déclaré Szijjarto lors d’une conférence de presse. Elle est la dirigeante de la Ligue nationale pour la démocratie dans son pays et la première et principale conseillère d’État en exercice, une fonction qui s’apparente à celle d’un Premier ministre.

Avant de se rendre en Hongrie, la lauréate du prix Nobel de la paix San Suu Kyi avait visité la République tchèque où elle avait rencontré le Premier ministre Andrej Babis pour renforcer les liens économiques dans la région.

Phil Robertson, directeur adjoint de Human Rights Watch pour l’ Asie  , a accusé Aung San Suu Kyi de «se faire plaisir et de se lier d’amitié avec le leader le plus xénophobe et anti-démocratique d’Europe», Orban.

Orban a qualifié les migrants du Moyen-Orient et d’Asie centrale de «envahisseurs musulmans» et a pris des mesures efficaces pour limiter le nombre d’immigrants entrant en Hongrie, notamment en construisant une clôture le long de la frontière avec la Serbie.

La mondialiste asiatique a déjà été saluée internationalement par les mondialistes pour ses efforts visant à instaurer la «démocratie» au Myanmar. Mais au cours des deux dernières années, selon ses critiques, Suu Kyi ne s’est pas prononcée sur la prétendue discrimination à l’encontre d’une minorité musulmane du pays, connue sous le nom de Rohingya.

Le gauchiste Vox , de gauche  , a déclaré que la chute de Suu Kyi « ne ralentit pas, elle accélère ». En 1991, elle a reçu le prix Nobel de la paix, mais depuis qu’elle est devenue la dirigeante du Myanmar, elle est l’un des militants politiques les plus en vue des anti-islamistes.

Certains Musulmans Rohingya ont été entraînés dans les violences qui ont éclaté dans tout le pays en 2017. L’agence humanitaire  Médecins Sans Frontières a  estimé qu’au moins 6 700 Rohingyas ont été tués, mais l’enquête n’a pas permis d’identifier aucun individu qui aurait été tué. 700 000 autres auraient été chassés de chez eux.

Malgré ce prétendu «génocide», plus de 79% des Rohingya sont disposés à rentrer au Myanmar dès que possible, selon une étude menée par Mohsin Habib de l’Université Swinburne en Australie.

Une loi de 1982 limite la citoyenneté des Rohingya et des autres minorités qui ne sont pas considérées comme appartenant à l’une des «races nationales» du Myanmar. Ils ont été exclus du dernier recensement national du Myanmar en 2014 et beaucoup ont vu leurs papiers d’identité annulés.

Orban a également dû faire face à de vives critiques pour sa position anti-immigration. Le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a accusé le gouvernement Orban d’avoir utilisé une rhétorique anti-immigrée qui alimente « des attitudes xénophobes, la peur et la haine » dans un rapport récent.

Aung San Suu Kyi s’est de plus en plus prononcée contre l’imposition d’idées et de principes occidentaux au Myanmar, un point de vue partagé par Orban. Dans sa déclaration publiée à l’issue de leur réunion, il a souligné son rejet de « l’exportation de la démocratie » d’autres pays occidentaux.

Elle a réagi aux critiques après l’emprisonnement de deux journalistes de Reuters dans son pays en déclarant: « Je ne pense pas que quiconque se soit donné la peine de lire » le jugement, car il n’a « rien à voir avec la liberté d’expression », mais les secrets officiels Acte.

Elle a également mis au défi les critiques de «signaler les erreurs judiciaires» et a déclaré aux deux journalistes de Reuters qu’ils pourraient faire appel de leur cas devant une juridiction supérieure après avoir tenté de la présenter comme une complice du génocide des musulmans.

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Attaques Mystérieuses Dans Le Golfe Arabo-Persique: L’Armateur Nippon Écarte L’hypothèse D’une Mine Navale Et Évoque Des “Objets Volants”

Analysis

Attaques Mystérieuses Dans Le Golfe Arabo-Persique: L’Armateur Nippon Écarte L’hypothèse D’une Mine Navale Et Évoque Des “Objets Volants”

    
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Le propriétaire nippon du “Kokuka Courageous”, l’un des deux navires Tankers ciblés par une mystérieuse attaque à l’entrée du détroit d’Hormuz a implicitement démenti la version avancée par Washington selon laquelle le navire aurait été endommagé par une mine navale.

L’armateur nippon Yutaka Katada, patron de Kokuka Sangyo,  a affirmé, vendredi 14 juin 2019,  que l’équipage du navire aurait aperçu des objets volants très peu de temps avant la survenue de l’incident durant lequel le méthanier a été frappé à deux reprises consécutives sur son côté droit (tribord).

Selon le patron de Kokua Sangyo, le navire n’aurait pas été endommagé par une mine mais plutôt par des projectiles au dessus de la ligne de flottaison.  Dans ce dernier cas, il pourrait s’agir de deux projectiles de canon mitrailleur d’un calibre au moins égal ou supérieur à 30 mm.

Quoi qu’il en soit le mystère plane toujours sur ces attaques et même si Washington, de concert avec la Ligue Arabe menée par l’Arabie Saoudite, en ont accusé l’Iran, on ne dispose d’aucun élément probant permettant d’orienter l’origine des attaques vers l’Iran. Ce dernier n’a d’ailleurs aucun intérêt à s’en prendre à des navires civils en dehors de toute légalité internationale dans l’un des détroits les plus stratégiques au monde et à quelques encablures de son littoral.

Il existe donc un nouveau type de pirates agissant pour le compte d’une ou plusieurs agences de renseignement d’un État ou d’un groupe d’États ayant un agenda et un cahier de charge bien précis qu’il faut débusquer à tout prix.

https://strategika51.org/archives/63726

Snowden et le contrôle électronique du parc humain

Snowden et le contrôle électronique du parc humain

Les Carnets de Nicolas Bonnal

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Snowden et le contrôle électronique du parc humain

L’expression parc humain vient de l’incertain Sloterdjik, néo-penseur allemand des nullissimes nineties,aujourd’hui bien oublié. Elle me paraît pourtant bonne. Pour savoir comment nous avons été domestiqués par le marché et par l’étatisme moderne, on relira les classiques que je n’ai cessé d’étudier ici-même : Debord, Mattelart, Marx, Heidegger, Tocqueville et bien sûr Platon (le chant VIII j’allais dire, de la république, qui précise comment on ferme les âmes, pour retourner l’expression du bon maître Allan Bloom). Parfois un contemporain comme l’historien américain Stanley Payne résume très bien notre situation de résignés, d’anesthésiés et de petits retraités de l’humanité. Comme dit l’impayable Barbier, les retraités ont pardonné à Macron. Alors…

J’ai écrit trois livres, tous différents, sur Tolkien en insistant sur le point essentiel de son grand-œuvre populaire dont je pensais qu’il ouvrirait nos âmes (mais quelle forfanterie, mais quelle erreur encore…) : ne pas utiliser les armes du système. Or en utilisant sa matrice électronique et son medium-message, nous n’avons fait que le renforcer. A preuve la lâcheté et l’indifférence dont nous avons fait preuve le jour où ce bon système est venu, avec ses loups et ses agents, arrêter le plus célèbre des nôtres, le malheureux (et pas même martyr, parce que pas très courageux non plus) Assange. En prétendant lutter contre le système en cliquant nous l’avons renforcé, utilisant son terrain, alors que Sun Tze nous recommande de ne pas le faire.

« Mettez-vous au faite du terrain et choisissez ce qu’il y aura de plus avantageux pour vous… »

Or en se mettant dans l’espace virtuel où nous sommes contrôlés vingt-quatre heures sur vingt-quatre… Mais passons. J’ai eu assez de clics contre moi (« mais pour qui ce méprisant se prend, je suis rebelle moi, mais le système s’écroule quoi ») pour savoir où j’en suis.

Un qui semble avoir compris cette réalité de nos royaumes peu combattants est le réfugié Snowden, rongé par le calvaire juridique que subissent du fait de leur aide plusieurs de ses anciens amis. Snowden ne voit pas du tout le système en crise, et il a bien raison Snowden. Le système devenu tout-puissant dans les années 2010 (migrants, Lybie, Syrie, théorie du genre, Facebook-Twitter, métastase du contrôle fiscal, intellectuel, facial…) triomphe aussi avec ses adversaires chinois ou russe (merde, depuis quand ces deux puissances incarneraient la liberté ?). Le système triomphe et nous dévore exsangues. Il laissera la chair comme ces pumas qui ne se repaissent que du sang des brebis dans mes pampas. Et on consommera sans sourciller cette chair quand on nous interdira la consommation de viande.

On l’écoute alors Snowden repris par zerohedge.com, le blog du gloom and doom qui ne s’est jamais fait trop d’illusion sur notre résistance néostalinienne ou identitaire.

« Le lanceur d’alerte de la NSA, Edward Snowden, a déclaré jeudi que les personnes dans les systèmes de pouvoir avaient exploité le désir humain de se connecter afin de créer des systèmes de surveillance de masse. Snowden  est apparu  à l’Université Dalhousie de Halifax, en Nouvelle-Écosse, via un flux en direct de Moscou, pour prononcer un discours liminaire  sur  la série de dialogues ouverts de l’université canadienne. »

La suite n’avait rien de rassurant. On imagine le décor du Ghost writer de Polanski ou d’un championnat mondial et glacial d’échecs (le film de Zwick sur Bobby Fisher était aussi très bon) :

« Pour le moment, a-t-il dit, l’humanité est dans une sorte de « moment atomique » dans le domaine de l’informatique. « Nous sommes en train de procéder à la plus grande redistribution du pouvoir depuis la révolution industrielle, et cela est dû au fait que la technologie offre une nouvelle capacité », a déclaré Snowden. »

Le techno-servage que j’évoquais dans mon livre sur Internet nouvelle voie initiatique est en place :

« C’est une influence qui touche tout le monde à tout endroit », a-t-il déclaré. « Il n’a aucun respect pour les frontières. Sa portée est illimitée, si vous voulez, mais ses garanties ne le sont pas. »  Sans de telles défenses, la technologie peut affecter le comportement humain. »

Le grand triomphateur est le pouvoir bancaire-institutionnel qui peut nous priver à tout moment de notre liberté ou même… de notre argent (mot plus éclairant que liberté) :

« Les institutions peuvent « surveiller et enregistrer les activités privées des personnes sur une échelle suffisamment large pour que nous puissions dire que cela est proche de la toute-puissance », a déclaré Snowden. Ils le font via « de nouvelles plateformes et de nouveaux algorithmes », grâce auxquels « ils peuvent changer notre comportement. Dans certains cas, ils sont capables de prédire nos décisions – et aussi de les pousser – à des résultats différents. Et ils le font en exploitant le besoin humain d’appartenir. »

Les gens se sont jetés sur Facebook. Et pourtant…

« Nous ne nous inscrivons pas pour cela », a-t-il ajouté, écartant ainsi l’idée que les gens sachent exactement à quoi s’en tenir avec les plateformes de médias sociaux comme Facebook.

« Combien d’entre vous qui ont un compte Facebook lisent réellement les conditions d’utilisation? » demanda Snowden. « Tout a des centaines et des centaines de pages de jargon juridique que nous ne sommes pas qualifiés pour lire et évaluer – et pourtant, ils sont considérés comme contraignants pour nous. »

Le contrôle par les algorithmes. On se souvient de ces cathos extatiques qui partaient se faire casser la gueule dans les rues pour défendre « la famille », et qui une fois leurs cathédrales incendiées ou occupées par les islamistes, se sont empressés d’aller voter LREM à Paris ou ailleurs. Dix ans de dressage face de bouc par les algorithmes-système cela vous reformate un cerveau. De toute manière, voter pour le reste des partis… Lisez le dernier texte de Dimitri Orlov, très bon là-dessus.

Puis Snowden résume le piège. Comme toujours, l’enfer était pavé de bonnes intentions « (vous serez comme des dieux »…) :

« C’est grâce à ce type de connexion technologique impie et à une sorte d’interprétation inhabituelle du droit des contrats « , a-t- il poursuivi, « que ces institutions ont été en mesure de transformer cette plus grande vertu de l’humanité, à savoir le désir d’interagir et de connecter coopérer et partager – transformer tout cela en une faiblesse « .

« Et maintenant », a-t-il ajouté, « ces institutions, à la fois commerciales et gouvernementales, se sont inspirées de cela et … ont structuré cela et l’ont ancré là où elles sont devenues le moyen de contrôle social le plus efficace de l’histoire de notre espèce.  »

« Peut-être que vous en avez entendu parler », a déclaré Snowden. « C’est une surveillance de masse. »

Quand je vois ces ados ou ces vieux  le nez piqué dans leur smartphone (smart désigne la douleur en saxon, la mort en russe) je me dis que nous avons du souci à nous faire ou à botter en touche.

Une solution ? Celle qu’indiquait Carl Schmitt dans son maître-opus sur le Partisan : le tellurisme. C’était celle aussi du cosmonaute dans 2001 : éteindre l’ordinateur-système pour repasser en contrôle manuel.

 

Sources

ZeroHedge.com

Nicolas Bonnal – Internet nouvelle voie initiatique (Les Belles Lettres) ; Les mystères de Stanley Kubrick (éditions Dualpha).

https://www.dedefensa.org/article/snowden-et-le-controle-electronique-du-parc-humain

Les rebelles d’Idlib, utiles à Ankara ?

Les rebelles d’Idlib, utiles à Ankara ?

Alors que des accords entre parrains régionaux avaient permis l’arrêt des hostilités, les affrontements ont repris dans la province d’Idlib en Syrie. Les violences opposent membres des forces rebelles et troupes du régime syrien alliées aux milices chiites et aux forces russes depuis fin avril. Pour quelle raison la région est-elle sujette à des conflits ? Quel est le rôle d’Ankara dans ce dossier ?

Qui sont les rebelles ?

Composition des groupes rebelles de la poche d'Idlib Source : ISW News
Composition rebelle de la poche d’Idlib
Source : Islamic World News, “Military Map of Militant Groups in Northwest of Syria, 10 January 2019 ; Engagement Halt in Southwest of Idlib”, ISW News – https://twitter.com/A7_Mirza/status/1083454864204668930?s=19

Le mot « rebelle » regroupe une myriade de groupes de combattants qui se sont soulevés contre le régime de Bachar el-Assad à partir du début de la contestation en 2011. Ceux-ci se sont regroupés majoritairement au sein de l’Armée Syrienne Libre (ASL) ou alors ont rejoint le front Al-Nosra, filiale d’Al-Qaïda en Syrie. Il est cependant important de ne pas confondre Armée Syrienne Libre et Forces Démocratiques Syriennes (FDS). Alors que les rebelles de l’ASL ont pour objectif un changement de régime en Syrie, il n’en est pas forcément de même pour les FDS. Celles-ci regroupent les Kurdes du Kurdistan syrien ainsi que différents groupes arabes musulmans ou chrétiens assyriaques. Leur coalition a pour objectif premier de combattre l’organisation État Islamique au nord et nord-est du pays.

Les rebelles ont donc une portée nationale qui n’est pas forcément ambitionnée par les Forces Démocratiques Syriennes. Cela n’empêche en revanche pas les combattants de l’ASL ou les « rebelles » djihadistes de s’opposer militairement à Daesh.

Qui est présent au sein de la province d’Idlib ?

Actuellement, deux groupes majoritaires sont présents. Il y a d’abord une coalition salafiste djihadiste regroupant différents groupes mais majoritairement composée d’anciens combattants du Front Al-Nosra. Depuis 2017, une rupture avec Al-Qaïda a été décidée. Le but est de donner une image moins extrémiste de la coalition afin d’essayer de fédérer des rebelles autour de djihadistes nationalistes. Cette entente porte le nom d’Hayat Tarir al Sham.  L’ancien émir du Front Al-Nosra, Al-Joulani, la dirige. Tarir al Sham contrôle actuellement environ 60% de la province.

Le second groupe se compose de rebelles de l’Armée Syrienne Libre rassemblés autour de financements turcs, à tendance islamiste. Ses membres sont d’anciens militaires de l’armée syrienne, des nationalistes pro-turcs, ou des islamistes liés à l’idéologie des Frères Musulmans. Exsangues après des années de conflits, ils se sont regroupés autour du financement et du soutien d’Ankara. Ils sont membres d’une organisation : le Front de Libération Nationale (FLN).

Il y a également une présence de groupes rebelles, qu’ils soient djihadistes ou autre, non-membres de ces deux brigades de combat. C’est le cas de Jaysh al-Izza, groupe rebelle lié à l’Armée Syrienne Libre ou encore du front du Parti Islamique du Turkestan, groupe lié à Al-Qaïda.

Pourquoi la Turquie appelle-t-elle à l’arrêt des combats ?

Ankara a de multiples intérêts à ne pas voir cette province prise par les forces syriennes. Tout d’abord, la Turquie accueille environ 3,5 millions de réfugiés syriens et ne souhaite pas un nouvel afflux limitrophe de ses frontières. La province d’Idlib est en effet peuplée de 3 millions de personnes et les victimes civiles des combats sont nombreuses. Une deuxième raison est qu’en devenant incontournable sur le dossier, Ankara espère démontrer sa stature de puissance régionale. Le pays a ainsi un véritable atout géopolitique et peut donc prendre une place de choix dans le concert des nations. De plus, cette poche permet de stopper une avancée vers l’Ouest de l’influence des FDS. Le président Erdogan peut ainsi espérer stopper un élargissement du territoire pro-Kurde à ses frontières. Et si Bachar el-Assad souhaite une coopération de son homologue turc, il devra sans doute apporter des garanties sur l’autonomie kurde en Syrie.

Des accords semblaient geler la situation avant la reprise des combats

Deux sommets avaient en effet permis de stopper les combats. Le premier, celui d’Astana en 2017, permettait de créer des zones de désescalades de la violence sur le territoire syrien. Cela concerne la province d’Idlib. L’objectif était donc de créer des zones tampons occupées par les rebelles et coupées du reste du territoire par des postes de surveillance des trois parrains régionaux.

Le second, celui de Sotchi, était un accord entre Turcs et Russes. Il permettait  la création d’une zone démilitarisée pour les patrouilles russes ou turques le long de la zone de conflit. La Turquie se portait garante du désarmement des rebelles et était également en charge de réduire au silence la coalition HTS. L’augmentation de l’influence du groupe salafiste djihadiste et l’assaut conjoint HTS et FLN contre des positions du régime laissent penser que la Turquie manque de contrôle sur les milices.

Cette position politique fragilisée d’Ankara semble être en définitive une mauvaise nouvelle. Les combats ont repris et HTS est capable de guider les assauts rebelles. Pire, les forces d’Al-Joulani ont repris du terrain. La situation semble de nouveau bloquée et Bachar el-Assad ne peut prendre le risque d’engager trop ses troupes au risque de pertes trop importantes. De plus la région n’est pas stratégique d’un point de vue économique. Les champs de pétrole du Nord-Est syrien sont en effet beaucoup plus précieux. Ce dilemme forcera sans doute Damas et ses parrains à négocier à l’avantage d’Ankara. Idlib pacifiée ? Seulement aux conditions turques.

Sources :

-“Syrie : rebelles et jihadistes passent à l’offensive à Hama”, France 24, 7 juin 2019 (https://www.youtube.com/watch?v=5ipMAiNYp7U)

-“L’instrumentalisation du conflit syrien, une réalité qui perdure”, Institut des Relations Internationales et Stratégiques, 7 juin 2019, (https://www.iris-france.org/137937-linstrumentalisation-du-conflit-syrien-une-realite-qui-perdure/)

Islamic World News (http://www.english.iswnews.com)

About Harold MICHOUD

Harold Michoud est étudiant en Master II de Grenoble Ecole de Management. Il s’intéresse particulièrement aux questions de Défense et de gestion de crise dans les relations internationales.

Brouillard d’Ormuz

Brouillard d’Ormuz

Publié le 14 Juin 2019 par Observatus geopoliticus in Moyen-OrientEtats-Unis

Et c’est reparti ! La guéguerre irano-américaine retrouve des couleurs. Si, en Syrie, les falses flags chimiques avaient la furieuse habitude de se dérouler début avril, leurs supposés collègues du Golfe persique ont une légère préférence pour le milieu de chaque mois. Le 12 mai, on s’en rappelle, quatre navires, dont deux pétroliers saoudiens, sont abîmés non loin du détroit d’Ormuz.

Ne donnant pas sa part au chien, juin y va de son petit incident. Deux tankers, dont un japonais (au moment même où le Premier ministre du Pays du soleil levant fait une visite en Iran !) sont endommagés à la sortie du détroit :

Autre coïncidence troublante : l’attaque a lieu alors que le Follamour moustachu de Washington et iranophobe primaire, Bolton pour ne pas le nommer, est sur la sellette. Pas plus tard que la semaine dernière, le Donald a proposé à Téhéran d’ouvrir, sans précondition aucune, des discussions. On imagine aisément que ces éventuels pourparlers sont maintenant sur le fil du rasoir…

Cela ressemble donc à s’y méprendre à un nouveau false flag impérial, ou du moins d’une de ses composantes : torpiller tout début de détente entre Téhéran et Washington, faire plaisir aux Etats clients (les infatigables Israoudiens) voire remettre en selle Bolton.

D’autant plus que les accusations du CentCom, qui a publié une vidéo montrant les Iraniens tentant de retirer une mine non explosée pour  »cacher les preuves de leur crime », sont battues en brèche par les déclarations de l’armateur japonais. Ce seraient des torpilles ou des missiles qui auraient endommagé les bateaux, non des mines comme le prétendent les Américains.

Ainsi, tout semble concorder : nous sommes en présence d’une énième et piteuse mascarade US. Sauf que…

Quelques observateurs avisés de la scène moyen-orientale, peu suspects d’impérialophilie au demeurant, semblent accréditer la thèse d’actions iraniennes en réponse à l’agression économique et diplomatique américaine depuis des mois.

Pour Elijah Magnier ou Moon of Alabama, l’Iran, touché de plein fouet par les sanctions, met tout simplement ses menaces en pratique : Si nous ne pouvons pas exporter notre pétrole par le détroit d’Ormuz, personne ne le fera. Sachant que 20% de l’or noir mondial et 33% du GNL passent par cette zone ô combien stratégique, c’est le meilleur moyen de défense de Téhéran.

Toujours selon cette thèse, il se pourrait même qu’il y ait un lien entre les sanctions sur l’industrie pétrochimique iranienne, décrétées par Washington il y a quelques jours, et l’identité des navires visés : ceux-ci ne transportaient pas exactement du pétrole mais, vous l’avez deviné, des produits dérivés… pétrochimiques.

False flag ou message subliminal de Téhéran à destination de l’empire ? Nous en saurons peut-être plus ces prochains jours.

En attendant, le président Rouhani était à Bichkek, au Kirghizstan, pour le somment de l’Organisation de Coopération de Shanghai. Dans un discours remarqué, il y a descendu en flamme l’unilatéralisme US, pour le plus grand plaisir de Pékin. Il a également offert des privilèges et facilités économiques aux Etats membres de l’OCS qui investiraient en Iran. C’est précisément à cela que sert la grande organisation eurasienne, au grand dam de qui vous savez…

LA LONGUE MARCHE DE TRAHISON NATIONALE DES MARIONNETTES US ET L’ERRANCE STRATEGIQUE DES PARTISANS D’UNE FRANCE LIBRE, REPUBLICAINE ET SOCIALE  Claude Beaulieu

République, Souveraineté populaire, Indépendance nationale, Démocratie et Progrès social sont indissociables

LA LONGUE MARCHE DE TRAHISON NATIONALE DES MARIONNETTES US
ET L’ERRANCE STRATEGIQUE DES PARTISANS D’UNE FRANCE LIBRE, REPUBLICAINE ET SOCIALE
Claude Beaulieu

mercredi 5 juin 2019, par Comité Valmy

Pendant la guerre patriotique et antinazie de notre peuple, les dirigeants étasuniens se sont ingérés en permanence, dans la politique de la France résistante. Ils ont souhaité écarter De Gaulle, empécher l’alliance des gaullistes et des communistes, notamment à travers le Conseil National de la Résistance, dont ils ne voulaient pas. -Ils ont d’ailleurs pu obtenir que le CNR et son programme ne survivent pas à la Libération. En effet, même si des réformes importantes inspirées de son programme furent appliquées, le CNR, l’élan politique, l’esprit de Résistance et le chemin qu’ils traçaient, furent écartés- L’hostilité stratégique américaine envers Jean Moulin et sa mission unificatrice était telle, que l’on peut envisager sans extravagance, l’hypothèse que les dirigeants des USA aient joué un rôle décisif, dans la trahison qui a conduit à la mort de celui-ci. Ce qui est certain, c’est que les dirigeants étasuniens ont organisé en France pendant les années de guerre, une cinquième colonne de politiciens à leur service : les futurs fédéralistes euro-atlantistes. Ceux-ci, depuis la Libération et en dehors des parenthèses gaullistes, depuis plus de 60 ans, ont accaparé l’essentiel du pouvoir politique dans notre pays. Aujourd’hui encore, cette réalité de trahison nationale perdure.


Voir en ligne : Comment l’Ouest fut conquis – Frances Stonor Saunders — Who Paid the Piper ?

Comment en est-on arrivé là ? A Sarkozy et à son culte de la personnalité omniprésent, à un pouvoir personnel en apparence tout puissant mais en réalité, à un Président de la République disposant certes contre la France et son peuple d’une immense capacité de nuire, tout en étant cependant vassalisé et sous contrôle, enserré dans le carcan euro-atlantiste.

Contribuer au décryptage de l’engrenage politique qui, depuis la Résistance, a conduit à l’actuelle situation d’échec du peuple laborieux, des forces réellement progressistes et anti-impérialistes, attachées à la souveraineté populaire et nationale, à la République et à la démocratie , impose quelques rappels historiques, nécessairement limités.

Dès le 6 juin 1942, dans une note accompagnant des documents et envoyée à Molotov par l’intermédiaire de l’Ambassadeur d’URSS à Londres, de Gaulle démontre que la priorité du combat antinazi ne l’empêche pas de percevoir très tôt, le danger que la politique concurrente d’hégémonie mondiale des Etats Unis, représente déjà pour l’indépendance, la souveraineté de la France et pour la paix dans le monde :

« L’impérialisme américain se manifeste sous des formes multiples et diverses. Certains de ses représentants raisonnent en terme de domination des USA sur le monde occidental… D’autres représentants, tenant de l’impérialisme économique, désirent que les USA instaurent un mode de vie pour le monde entier, qu’ils contrôlent et gèrent partout les ressources et le commerce ».

En mai 1942, en réaction à l’occupation britannique de Madagascar qui s’est faite à son insu, de Gaulle reçoit Bogomolov puis rencontre Molotov à Londres. Celui-ci l’assure du soutien de l’URSS dans cette épreuve. Le Général renforce, en accord avec Molotov, le partenariat stratégique franco-soviétique. La constitution de l’escadrille Normandie Niémen, élément symbolique de cette coopération, est accélérée à cette occasion.

En 1942 encore, le Front National est créé par les communistes et les FTP qui, par leur patriotisme et leur osmose avec la classe ouvrière, « restée seule dans son ensemble, fidèle à la France profanée » ( François Mauriac), ont conquis une position forte parmi les forces essentielles de la Résistance intérieure.

Fernand Grenier, ex-député communiste démobilisé en août 1940, a immédiatement repris ses activités militantes. Il est arrêté dés le 5 octobre et parviendra à s’évader du camp de Châteaubriant en juin 1941. Jacques Duclos le charge courant 1942, pour le Comité Cental clandestin du PCF, d’établir des relations avec les formations de la Résistance non communiste, et notamment avec les gaullistes. Fernand Grenier et Rémy arrivent à Londres, le 11 janvier 1943 où Grenier va rencontrer le Général de Gaulle. Il est porteur d’une lettre du Comité Central donnant « l’adhésion du PCF à la France Combattante pour la libération de la France » et, d’une seconde lettre signée Charles Tillon au nom des FTP. L’objectif du Parti Communiste, souligne Fernand Grenier, est de contribuer à l’unification de la Résistance. Le PCF et la CGT participeront à la création sous l’impulsion de Jean Moulin, du Conseil National de la Résistance, le 27 mai 1943.

Le 10 décembre 1944, après que De Gaulle et Staline aient eu à Moscou, des entretiens politiques, un traité franco-soviétique d’alliance et d’assistance mutuelle est signé par Molotov et Georges Bidault « dans le but d’éliminer toute menace de l’Allemagne et de faire obstacle à toute initiative de nature à rendre possible une nouvelle tentative d’agression de sa part ». Il est prévu que l’Allemagne de l’Ouest aurait la capacité de reconstituer rapidement ses forces et sa capacité de nuisance, le traité devra donc être reconduit 20 ans plus tard. Si ce traité est clairement orienté contre la traditionnelle volonté d’hégémonie allemande, il est probable que de Gaulle y ait également vu un élément d’équilibre par rapport à l’impérialisme américain, sorti seul renforcé de la guerre.

L’alliance franco-soviétique, qui s’était déjà exprimée à travers l’envoi sur le front de l’Est de l’escadrille Normandie- Niémen, ne résistera pas à la promotion de la guerre froide symbolisée, avant la lettre, par les bombardements atomiques américains d’Hiroshima et de Nagasaki.

Les vainqueurs des nazis refusent aux Allemands de l’Ouest un Etat unitaire et lui imposent un système fédéral. Les américains jouent un rôle moteur dans cette décision qui renforcera les partisans d’un fédéralisme mondialisé, contre les Etats Nations. Depuis, l’Allemagne utilise ce fédéralisme, qui était censé l’affaiblir, pour construire méthodiquement sa domination sur l’Europe fédérale des Länder, atlantiste et néo-libérale, qu’elle entend imposer aux peuples de notre continent. Dans cette démarche historique, liée à la mondialisation, elle est aussi secondairement, rivale des Etats-Unis.

Formé le 13 novembre 1945, le deuxième gouvernement de Gaulle comprend quatre ministres communistes. Deux participaient déjà au GPRF à Alger. Celui-ci avait dû imposer aux américains sa souveraineté sur les territoires à libérer. En effet, Roosevelt et Churchill craignaient l’union du peuple de France. Les Américains, comme de Gaulle l’avait vu dès 1942, entendaient tout comme aujourd’hui gouverner la planète. Ils redoutaient que l’alliance patriotique, républicaine et progressiste que représentait le Conseil National de la Résistance perdure après la libération et se traduise politiquement par une sorte de compromis historique. Ils tentèrent d’installer le Général Giraud, leur allié, à la tête du CFLN et préparèrent la mise en place en France de L’AMGOT, un gouvernement militaire américain d’occupation. La souveraineté et l’indépendance de la France ne devaient pas être rétablies, tandis qu’une monnaie supranationale, précurseur de l’Euro, serait imposée aux Français, dans une perspective euro- atlantique en gestation.

Le CNR adopte le 15 mars 1944 son Programme, plateforme politique clairvoyante et réaliste, pour la France libérée. Ce texte affirme que la « mission de combat (de la Résistance) ne doit pas prendre fin à la Libération ». C’est un programme républicain, d’indépendance nationale, de rénovation et de démocratie sociales, prévoyant une planification économique, des nationalisations, (celle des banques en particulier), la Sécurité Sociale, une presse libérée du pouvoir de la finance …

Photographie : 1945, avec Charles de Gaulle sur les Champs Elysées, le résistant communiste Georges Marrane.

Les acquis sociaux importants de la libération découlent pour l’essentiel de l’application de ce programme qui aurait dû servir de fondation à un vaste front uni majoritaire. Les bases objectives pour ce rassemblement existaient, en contradiction avec la politique des blocs que tramaient les dirigeants américains et leurs alliés ou agents, et qui allait se traduire par l’application du Plan Marshall, la création de l’OTAN en 1949 et la stratégie de construction à marche forcée de l’Europe fédérale.

Ces acquis de la Libération ainsi que d’autres conquêtes populaires, seront systématiquement remis en cause par le pouvoir de la finance lié aux grandes banques américaines. La construction par étapes de l’Europe du capitalisme à perpétuité et de la concurrence libre et non faussée, accéléra cette régression économique, sociale et démocratique, qui fut d’abord masquée. Elle devint cynique et massive à partir de l’Acte unique, de Maastricht, d’Amsterdam et de Nice.

Elle fut menée à travers une forme de compétition -émulation ou dans une collusion sans fard, entre les gouvernements fédéralistes de droite et ceux qui se prétendaient de gauche. (cette collusion politique, cette complicité de classe des artisans de la politique du « pareil au même » s’afficha en particulier lors du sommet de Barcelone qui parmi d’autres décisions antisociales, vit le couple Chirac- Jospin voter la privatisation rampante d’ EDF – GDF).

Le CNR a été constitué à l’initiative de Jean Moulin, malgré l’opposition affirmée d’Henri Frenay ( membre du 2ème Bureau de Pétain) dont les relations avec Vichy ne cessèrent qu’en fin 1942 et qui fut en relation politique et stratégique dès le 4 avril 1943, avec le centre américain de l’OSS (future CIA ) à Berne, en Suisse, notamment pour le financement du réseau Combat. ( « Un coup de poignard dans le dos du Général » estima Jean Moulin qui accusa Frenay d’être un agent des américains. )

Photographie : inauguration le 18 avril 1942, de l’exposition « la vie nouvelle » au Grand Palais à Paris à la gloire de l’Europe et de la collaboration franco-allemande.

Après la Libération, Henri Frenay combattra les idées du CNR et en particulier, sa politique d’indépendance et de souveraineté. Il deviendra Président d’une organisation hostile à la souveraineté populaire et nationale, l’Union Européenne des Fédéralistes dont il reconnaîtra en 1988 qu’avec de nombreuses autres officines elle fut, elle aussi, largement financée par les services américains à l’origine de la « construction » européenne et atlantiste.

Par anticommunisme, le CNR a très rapidement été sabordé, en particulier par son Président démocrate chrétien Georges Bidault créateur, du MRP, qui allait participer à la démarche supranationale européiste dont il fut l’un des promoteurs. Il devait d’ailleurs soutenir ensuite la tentative de coup d’Etat d’Alger en 1961.

Après la démission de Bidault, Louis Saillant lui succèdera le 15 septembre 1944 à la tête du CNR. En réalité, cet outil exceptionnel d’unité nationale et républicaine, de progrès social et démocratique, est volontairement écarté de la réalité politique, alors que l’esprit de la Résistance s’estompe chez certains anciens résistants. La responsabilité historique de ceux qui adoptèrent ce choix, soit pour des objectifs de classe et la mise en pratique d’une politique de trahison nationale, soit par cécité politique et crainte du peuple, s’avère aujourd’hui considérable.

Le Général de Gaulle démissionne de la Présidence du Conseil le 20 janvier 1946. Il désapprouve les institutions en préparation qui établiront un régime d’Assemblée alors qu’il souhaite, non sans raison face aux manigances des Américains et de leurs agents, un exécutif fort. Malgré son grand prestige populaire, de Gaulle est à ce moment isolé face aux partis politiques. Aucun d’eux ne le soutient.

Lui qui, à Londres avait demandé à Fernand Grenier si le PCF allait prendre le pouvoir, semble obsédé par l’influence et la puissance des communistes en effet considérables à cette époque. Le Général de Gaulle probablement influencé un temps, par la stratégie de la tension déjà développée par les Américains, s’est fourvoyé quand il n’a voulu voir dans les communistes que des « séparatistes », des agents de Moscou prêts à livrer la France à une Union soviétique souhaitant occuper notre pays. L’URSS exsangue n’était manifestement pas capable d’envahir la France et Maurice Thorez , en faisant déposer les armes aux milices patriotiques, avait démontré avec l’appui de Staline, que la direction du PCF n’avait aucune intention de sortir du légalisme.

Les communistes resteront au gouvernement jusqu’à leur exclusion en mai 1947 (par le socialiste Ramadier). Cette posture de Charles de Gaulle était aussi manifestement erronée et subjective que celle de Maurice Thorez l’accusant lui-même plus tard, devant le CC du PCF, d’être un fasciste aux ordres de la CIA. Des responsables communistes lucides, et qui avaient eu un rôle éminent dans la Résistance, tels que Laurent Casanova, Marcel Servin, Maurice Kriegel-Valrimont et d’autres, furent écartés de leurs responsabilités pour avoir notamment, contesté cette analyse non fondée de Maurice Thorez affaibli par la maladie. Kriegel-Valrimont, au cours d’un entretien avec la direction du Parti, s’est élevé contre l’idée que le gaullisme entrainerait la France dans une dépendance toujours plus grande à l’égard des Etats-Unis…

Dans les faits, cette vision non fondée allait entraîner le PCF dans l’engrenage d’une stratégie contre nature d’alliance privilégiée avec des dirigeants socialistes euro-atlantistes forcenés et, ultérieurement, à la promotion politique de François Mitterrand dont l’un des buts avoués était de marginaliser les communistes.

Ami de Frenay, Mitterrand qui a participé en mai 48, au congrès de La Haye qui allait consacrer la naissance sous direction américaine du Mouvement européen, allait, fidèle à son atlantisme sans rivage, être le promoteur du traité de Maastricht. Dans les derniers mois de son existence, il déclarait pourtant, dans un entretien accordé au journaliste Georges Marc Benamou : « La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans morts. Apparemment […] Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. »

Cette lucidité étrangement tardive, n’enlève rien au fait que ses choix politiques concrets en ont fait, par anticommunisme, l’un des principaux agents de l’euro-atlantisme supranational en France.

L’interminable persévérance des dirigeants communistes, dans leur erreur stratégique, en le privant de son rôle d’avant-garde liant les questions sociale et nationale, conduira le PCF pas à pas, à devenir un supplétif d’un PS de plus en plus investi par les trotskystes, dont l’idéologie antinationale accentuera le dogmatisme fédéraliste.

Elle l’amènera inéluctablement à son état de déliquescence actuel, malgré le dévouement souvent admirable de ses militants. Sans qu’il n’y ait eu le moindre débat sur cette question dans les organisations de base du parti, et pour l’essentiel à l’insu des militants, les dirigeants du PCF se sont progressivement, dans les années qui suivirent le traité de Maastricht, alignés sur le fédéralisme sans nuance et dogmatique de la social-démocratie.

Pourtant, depuis la guerre et l’alliance dans la Résistance des gaullistes, des communistes et des autres républicains authentiques, les conditions existent -malgré la complexité des situations qui se sont succédées- qui permettraient une autre politique conforme aux réalités géo- politiques et aux conditions de la lutte en France comme dans le domaine international : celles du rassemblement autour du programme du CNR actualisé. Elles ne sont pas obsolètes.

Ainsi, un moment important de la politique du PCF tend à être occulté. Il confirme que cette question cruciale s’est bien posée pour les dirigeants communistes. Le 3 septembre 1952, lors de la réunion du Comité Central à Montreuil, pendant la guerre de Corée, et devant le risque d’extension du conflit, Jacques Duclos lance un appel à constituer« un puissant front national uni ». Il affirme très justement alors, dans les « Cahiers du communisme » : « C’est seulement l’existence d’un puissant Front national développant son action de masse à travers le pays, qui peut imposer les changements correspondants aux exigences de la situation et faire triompher une politique nouvelle ».

Cette démarche sera abandonnée, à ma connaissance sans explications critiques ou autocritiques, quelques mois plus tard. Ce renoncement semble correspondre chronologiquement au retour, en avril 1953, de Maurice Thorez d’URSS où il était soigné. Cette coïncidence pose la question du rôle éventuel du PCUS.

Le 29 octobre 1953, Maurice Thorez estime pourtant dans une interview : »…la question de l’indépendance nationale est maintenant posée avec force et se trouve placée au centre de toute la vie politique de la France… C’est pourquoi le front de lutte tend à englober toutes les classes laborieuses et en même temps d’autres milieux, c’est à dire tous les Français qui veulent reconquérir l’indépendance et la souveraineté nationales… L’union et l’action de toutes les énergies nationales et démocratiques constituent le problème décisif de l’heure, l’unité de la classe ouvrière étant la condition d’un tel rassemblement. » (histoire du PCF page 551 – Editions Sociales- 1964).

Photographie : Maurice Thorez et Jacques Duclos le 1er mai 1945

En réalité, les conséquences de la démission de Charles de Gaulle en 1946, de son obsession anticommuniste, celles également de l’incapacité du PCF à promouvoir une stratégie durable, fondée sur le programme du CNR actualisé, et construit dans l’alliance des forces patriotiques, progressistes et républicaines, seront totalement délétères.

Elles conduiront à un quasi monopole du pouvoir, sur une très longue période historique, de l’ennemi de classe principal, le parti américain. Celui-ci, représenté par les organisations et les personnalités politiques les plus dangereuses, celles qui appliquent en France depuis la guerre et sous hégémonie germano-américaine, la politique stratégique de domination euro- atlantique et d’intégration européenne, tout en imposant un capitalisme de plus en plus barbare. Les mêmes atlantistes ou leurs continuateurs disposent aujourd’hui en France d’un pouvoir au totalitarisme grandissant.

En 1954, l’alliance de fait entre les députés gaullistes et communistes, qui voteront ensemble et unanimes, a permis à l’Assemblée Nationale de rejeter la CED le 30 août, et confirmé alors leurs convergences sur cette question essentielle de la souveraineté… Guy Mollet secrétaire général de la SFIO et son parti (en tant que tel) de même que François Mitterrand, sont naturellement lors de ce choix crucial, dans le camp atlantique du renoncement national.

Le retour du Général de Gaulle à la tête de l’Etat en juin 1958, ouvrit une parenthèse qui réinstalla l’intérêt national et pour l’essentiel, l’esprit républicain, au poste de commandement. La politique d’indépendance et de souveraineté réaffirmée, fut notamment traduite par le rejet des bases militaires américaines de notre pays, le retrait de la France du commandement militaire intégré de l’Otan en 1966, l’établissement de relations diplomatiques avec la République Populaire de Chine, la politique de détente, d’entente et de coopération avec l’URSS et les pays socialistes. Autres mesures clés : la condamnation de la guerre américaine contre le Vietnam, le discours de Pnom-Penh, la conversion en 1964, en leur valeur or, des réserves en dollars détenues par la Banque de France ainsi que la dénonciation du système monétaire américain qui lui permettait de faire financer par d’autres son déficit…

Les gaullistes, les communistes et d’autres républicains convergeront à nouveau en 1961 pour mettre en échec le putsch, à Alger, de généraux soutenus par la CIA, qui entendait favoriser l’éloignement du Général de Gaulle du pouvoir. Le parti communiste lança un appel à la grève générale qui fut suivi par 12 millions de Français. Lors de la crise de mai 1968, le PCF ne souhaita pas voir les atlantistes dits de gauche, toujours soutenus par les services américains et déjà conduits par Mitterrand, profiter des circonstances pour accéder au pouvoir.

Plus tard, face aux contradictions de la politique de programme commun, Georges Marchais dès l’automne 1974, et le 21 ème congrès du PCF, revint à plusieurs reprises, mais de manière velléitaire, sur l’hypothèse d’un rassemblement populaire liant la question sociale et la question nationale. Il lança le mot d’ordre d’union du peuple de France qui s’adressait aussi aux gaullistes, et aurait pu ouvrir une perspective et une alternative crédibles à la politique suicidaire d’union de la gauche, qui à toujours consisté à mener au pouvoir la fraction social- libérale des représentants de la bourgeoisie financière pro américaine et atlantiste.

Parmi les dirigeants politiques qui refusèrent la démarche de renoncement national et républicain, il faut citer Pierre Mendès France qui , s’abstint lors du vote sur la CED puis s’opposa au Marché Commun, avec une argumentation lumineuse, le 18 janvier 1957 à l’Assemblée Nationale :

« Le projet de Marché Commun tel qu’il nous est présenté est basé sur le libéralisme classique du XXème siècle selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes. L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique au sens le plus large du mot nationale et internationale. »

Aujourd’hui, les ralliements des Kouchner et autres Strauss-Kahn à Sarkozy, confirment qu’il n’y a rien à attendre de nouvelles variantes d’une politique dite d’union de la gauche autour des sociaux libéraux, ou d’alter- mondialistes souvent hostiles à l’Etat, à la Nation et à la République.

La majorité populaire, patriotique et de progrès social, du non à la constitution européenne, n’indique-t-elle pas la direction à prendre, celle du rassemblement et du renouveau de l’esprit de la Résistance, de l’exemple du CNR et de son programme aux principes si actuels ? C’est le chemin de l’union du peuple de France !


Post scriptum

Monde : Pour une stratégie populaire internationale solidaire, un front uni d’endiguement de la menace étasunienne et occidentaliste. Refus et rejet du nouvel ordre mondial impérialiste, dictatorial, et manipulateur des peuples. Pour le retrait de la France de l’OTAN.

Europe : Sortir de l’euro.| Retrait de la France de l’UE intrinsèquement perverse, néolibérale, antisociale et atlantiste. Dénonciation et mise en échec de toute démarche nécessairement belliciste, de construction transatlantique, c’est à dire de fusion des Etats-Unis et de l’Union Européenne en un seul bloc impérialiste et occidentaliste intégré.

Etablir en Europe et à travers le monde, des alliances et coopérations mutuellement avantageuses entre peuples libres et nations souveraines.

France : Pour un retour à l’Union et à l’Esprit de la Résistance. Actualisation du programme du CNR.

Construire un rassemblement républicain, anti oligarchique et de progrès économique et social : l’union du peuple de France, afin de rétablir la souveraineté populaire et l’indépendance de notre pays, solidaire du front uni anti-impérialiste en construction à l’échelle du monde !

Claude Beaulieu – juillet 2007

Pour aller plus loin, lire également :

LE FACTEUR DE TRAHISON – Alexandre Zinoviev

Comment l’Ouest fut conquis – Frances Stonor Saunders — Who Paid the Piper ?

L’esprit de la Résistance – Serge Ravanel


De Gaulle prédit la crise du Dollar en 1965 et préconise l’étalon Or

 par Darwin_Kayser

 

Réussir là où Kadhafi a échoué : un expert soutient que le yuan peut mettre fin au pétrodollar

Réussir là où Kadhafi a échoué : un expert soutient que le yuan peut mettre fin au pétrodollar

Publié par Gilles Munier sur 6 Avril 2018, 07:19am

Catégories : #Chine#Etats-Unis

 

Revue de presse : RT France (31/3/18)*

Alors que la Chine pourrait commencer à acheter du pétrole en yuan dès 2018, un expert interrogé par RT juge que Pékin a toutes les cartes en main pour réussir à briser le monopole du pétrodollar, ce qu’avait tenté en vain Mouammar Kadhafi.

«L’idée d’acheter du pétrole avec d’autres monnaies que le dollar n’est pas nouvelle» : Alexandre Egorov, stratégiste chez Teletrade, a fait part à RT de son analyse sur un changement économique majeur en gestation, à savoir l’émergence du pétroyuan.

Le stratégiste souligne que cette idée de se passer du dollar pour régler ses factures énergétiques a toujours été combattue avec force par les Etats-Unis. «Un exemple est Mouammar Kadhafi, qui a proposé d’émettre le dinar-or, une monnaie régionale basée sur le métal précieux et qui avait vocation à être utilisée pour acheter du pétrole»,rappelle-t-il ainsi.

Mais la tentative chinoise de se passer du pétrodollar pourrait bien a contrario être couronnée de succès, Pékin disposant de nombreux atouts de plus que l’ancien dirigeant libyen. «Avec le rôle chinois dans l’économie mondiale et l’intérêt croissant pour le yuan, la Chine est protégée par un « bouclier nucléaire »», analyse Alexandre Egorov, qui estime que Pékin peut se permettre d’essayer de briser le monopole du pétrodollar, et que cela donnerait «encore plus de poids au yuan».

«De plus, la Chine est le plus grand consommateur de pétrole au monde et, par conséquent, tous les producteurs mondiaux de matières premières devront compter avec la stratégie des autorités chinoises»,fait-il encore valoir. Alexandre Egorov juge en outre le timing du lancement du pétroyuan comme étant parfait, des exportateurs clés de pétrole tels que l’Iran, le Venezuela ou encore la Russie subissant actuellement la pression des sanctions américaines.

Le stratégiste reconnaît cependant qu’il faudra beaucoup de temps avant que le pétroyuan ne devienne une véritable menace pour le pétrodollar, et que pour cela, il sera nécessaire de recueillir le soutien des plus gros producteurs comme la Russie, mais aussi l’Arabie saoudite.

Selon plusieurs sources citées par Reuters le 30 mars, la Chine pourrait lancer un programme pilote visant à payer son pétrole en yuan dès la seconde moitié de 2018. Une action qui s’inscrit dans une véritable dynamique de fond : dès 2012, l’Iran a commencé à accepter de vendre son gaz et son pétrole en yuan, suivi par la Russie en 2015. En réponse aux sanctions financières décrétées par Washington contre Caracas, le Venezuela a fait de même le 15 septembre dernier.

Source : RT France

 

Gigantesque projet des Nouvelles routes de la soie : L’Algérie signe un mémorandum d’entente avec la Chine

Gigantesque projet des Nouvelles routes de la soie : L’Algérie signe un mémorandum d’entente avec la Chine

Publié par Gilles Munier sur 12 Juin 2019, 06:42am

Catégories : #Chine#Algérie

Par Nadjia Bouaricha (revue de presse : El Watan – 9/6/19)*

L’Algérie vient de signer un mémorandum d’entente avec la République populaire de Chine portant sur la coopération dans le cadre de l’initiative «La ceinture économique de la route de la soie et la route de la soie maritime du XXIe siècle».

Une initiative chinoise qui remet au goût du jour et sous de plus larges ambitions les anciennes routes de la soie. Avec son adhésion à ce projet, l’Algérie ouvre de nouvelles perspectives à ses échanges commerciaux et pourra prétendre à de nouveaux marchés. 1000 milliards de dollars pour près d’un millier de projets sont engagés par la Chine pour rendre réel un projet pharaonique de lancement de nouveaux itinéraires pour la route de la soie. Six ans que le projet existe et fait grincer des dents du côté des puissances occidentales qui y voient une «réelle menace».

Avec des mégaprojets d’infrastructures et de passages commerciaux, les nouvelles routes de la soie comptent la construction de nouveaux ports, des milliers de kilomètres de voies ferrées, des routes, des oléoducs reliant l’Asie, l’Europe, l’Afrique et même des pays de l’Amérique latine. Il ne s’agira pas de la route empruntée par Marco Polo il y a 1000 ans, mais d’une multitude de connexions maritimes et terrestres et six corridors économiques devant faciliter les échanges commerciaux à partir et vers la Chine.

Le très ambitieux projet chinois prévoit un axe routier et ferroviaire de 10 000 kilomètres de long reliant l’ouest de la Chine à l’Europe, ainsi que des investissements dans des dizaines de ports de par le monde. Le projet gigantesque inclut même de nouvelles routes vers l’Arctique. 72 pays ont rallié le vaste programme d’investissement chinois hors de Chine, dont l’Italie en Europe.

Lancées depuis 2013 par le président Xi Jinping, les nouvelles routes de la soie promettent de créer une nouvelle dynamique économique, notamment sur le plan de la consommation énergétique qui devrait tripler d’ici 2030, ce qui pourrait ouvrir à un pays exportateur d’hydrocarbures, comme l’Algérie, de nouveaux débouchés, surtout que son traditionnel marché qui est l’Europe présente certaines complications du fait de la concurrence. 25 milliards de dollars ont déjà été dépensés par la Chine dans plusieurs projets depuis 2013.

*Source : El Watan

Crise dans le Golfe : les maigres preuves de Washington contre Téhéran qui nie toute implication

Crise dans le Golfe : les maigres preuves de Washington contre Téhéran qui nie toute implication

Crise dans le Golfe : les maigres preuves de Washington contre Téhéran qui nie toute implication© Gagnez McNamee Source: AFP
Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, lors de son intervention du 13 juin 2019, dans la salle de briefing du département d’Etat, à Washington, aux Etats-Unis.

Les Etats-Unis ont accusé l’Iran d’être derrière les attaques survenues en mer d’Oman, avançant des preuves pour le moins légères. La République islamique réfute ces accusations et soupçonne Washington de vouloir semer le trouble dans la région.

Après les attaques du 13 juin contre deux pétroliers en mer d’Oman, les Etats-Unis ont accusé l’Iran d’être «responsable» de ces incidents. Deux navires pétroliers, un norvégien et un japonais, ont été la cible d’explosions qui ont fait plusieurs blessés parmi les équipages. Au même moment, le Premier ministre japonais Shinzo Abe – allié des Etats-Unis – rendait une visite historique à Téhéran à son homologue iranien Hassan Rohani. Les attaques ont eu lieu sur une route maritime stratégique, faisant monter les prix du baril de pétrole. Etabli à un peu plus de 51 dollars le 12 juin, le cours de l’or noir a rapidement atteint les 52 dollars suite à ces incidents. Ce 14 juin, le baril est à 52,5 dollars.

Les Etats-Unis visent Téhéran

La réaction de l’administration Trump ne s’est pas faite attendre. «Le gouvernement des Etats-Unis estime que la République islamique d’Iran est responsable des attaques ce jour en mer d’Oman», a accusé en fin de journée le secrétaire d’Etat Mike Pompeo, lors d’une déclaration solennelle, soupçonnant la République islamique de chercher à perturber le marché mondial en empêchant le passage du brut par le détroit d’Ormuz.

Vidéo intégrée

Department of State

@StateDept

.@SecPompeo: The United States will defend its forces and interests, and stand with our partners and allies to safeguard global commerce and regional stability. We call upon all nations threatened by ’s provocative acts to join us in that endeavor.

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Pour étayer ses accusations, l’ancien directeur de la CIA avance des informations récoltées par les services de renseignement, le choix des «armes utilisées» mais aussi le fait qu’aucun groupe allié de l’Iran dans la région n’ait les moyens d’atteindre «un tel niveau de sophistication». Il a ajouté que ces actes «représent[aient] une menace claire pour la paix et la sécurité internationale, une attaque flagrante contre la liberté de navigation et une escalade des tensions inacceptable de la part de l’Iran».

Secretary Pompeo

@SecPompeo

It is the assessment of the U.S. government that Iran is responsible for today’s attacks in the Gulf of Oman. These attacks are a threat to international peace and security, a blatant assault on the freedom of navigation, and an unacceptable escalation of tension by Iran.

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Par ailleurs, la marine américaine a mis en ligne sur Twitter une vidéo, enregistrée par un de leurs avions dans la zone, censée montrer «un bateau de patrouille […] retirant une mine non-explosée de la coque» d’un des deux tankers. Néanmoins, la qualité médiocre de la captation ne permet aucunement de savoir à qui appartient le vaisseau ni de déterminer qui en sont les occupants.

Vidéo intégrée

U.S. Navy

@USNavy

Video recorded by U.S aircraft of an IRGC Gashti-class patrol boat removing an unexploded limpet mine from M/T Kokuka Courageous. Courageous suffered an explosion while in . Her 21 crew members were rescued by destroyer . https://www.navy.mil/submit/display.asp?story_id=109911&utm_source=twitter&utm_medium=social&utm_content=100000760787118&utm_campaign=Fight 

1 663 personnes parlent à ce sujet

La coalition dirigée par l’Arabie Saoudite, qui intervient au Yémen contre les rebelles Houthis, a également dénoncé une «escalade majeur», mettant en cause, de manière indirecte, l’Iran.

L’Iran dément les accusations

De son côté, l’équipage embarqué à bord du pétrolier japonais attaqué en mer d’Oman a signalé avoir vu un objet volant viser leur embarcation, selon les propos rapportés par le patron de la société propriétaire du tanker, le Kokuka Courageous. «Les marins disent que le bateau a été touché par un objet volant. Ils l’ont vu de leurs propres yeux», a révélé aux médias Yutaka Katada, PDG de Kokuka Sangyo, ajoutant : «Quelque chose a volé vers le navire, puis il y a eu une explosion et il a été percé.»

La République islamique a réagi par la voix de son ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif sur Twitter. «Le fait que les Etats-Unis aient immédiatement sauté sur l’occasion de lancer des allégations contre l’Iran [sans] le début d’une preuve fondée ou circonstancielle, fait apparaître en pleine lumière le fait que [Washington et ses alliés] sont passés au plan B : celui du sabotage diplomatique […] et de maquillage de son terrorisme économique contre l’Iran», a-t-il fait savoir sur le réseau social.

Javad Zarif

@JZarif

That the US immediately jumped to make allegations against Iran—w/o a shred of factual or circumstantial evidence—only makes it abundantly clear that the is moving to a : Sabotage diplomacy—including by @AbeShinzo—and cover up its against Iran.

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De plus, dans un communiqué, le porte-parole du ministère, Abbas Moussavi, a appuyé le fait que, pour lui, les accusation du chef de la diplomatie américaine étaient «sans fondements».

«Accuser l’Iran pour les accidents suspects et malheureux dont ont été victimes les pétroliers est apparemment ce qu’il y a de plus simple à faire pour Mike Pompeo et les autres autorités américaines», a-t-il souligné, expliquant que l’Iran, «responsable d’assurer la sécurité dans le détroit d’Ormuz», était venu «en aide» aux navires en détresse afin de «sauver» leur équipage.

Auparavant, Mohammad Javad Zarif avait fait part de ses «inquiétudes» après des «incidents suspects». «Le mot suspicieux ne suffit pas à décrire ce qui transpire apparemment» de ces attaques contre des «tankers liés au Japon survenues» le jour de la visite du Premier ministre japonais Shinzo Abe dans le pays, a indiqué le ministre des Affaires étrangères sur Twitter.

Javad Zarif

@JZarif

Reported attacks on Japan-related tankers occurred while PM @AbeShinzo was meeting with Ayatollah @khamenei_ir for extensive and friendly talks.

Suspicious doesn’t begin to describe what likely transpired this morning.

Iran’s proposed Regional Dialogue Forum is imperative.

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La mission iranienne auprès de l’ONU a elle aussi répliqué dans un communiqué diffusé dans la soirée du 13 juin. «L’Iran rejette catégoriquement les accusations infondées des Etats-Unis et les condamne dans les termes les plus fort», peut-on lire dans le document.

La communauté internationale inquiète

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a tenu à rappeler, le 13 juin, que le monde ne pouvait se permettre un conflit majeur dans le Golfe. Le conseil de sécurité de l’organisation s’est réuni en urgence à huis clos. Selon des diplomates repris par l’AFP, l’ambassadeur américain Jonathan Cohen a confirmé que tous les éléments semblaient désigner l’Iran. «Il faut que le Conseil de sécurité reste saisi du sujet […] Si on ne réagit pas, d’autres attaques sont possibles», a-t-il fait valoir.

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US Mission to the UN

@USUN

“It is unacceptable for any party to attack commercial shipping. As @SecPompeo said in his press briefing this afternoon in Washington, the United States assesses that Iran is responsible for these attacks. I have asked the @UN Security Council to remain seized of this matter.”

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Malgré ses accusations contre la République islamique, l’administration Trump n’a pour le moment annoncé aucune nouvelle mesure de rétorsion. Cette dernière a réitéré son appel au dialogue que venait de repousser le Guide suprême de la Révolution, Ali Khamenei. «[Donald Trump] ne mérité pas qu’on échange des messages avec lui», avait certifié l’ayatollah lors de sa rencontre avec Shinzo Abe le 13 juin.

Le 45e président des Etats-Unis s’est lui exprimé sur Twitter. «Personnellement, je pense qu’il est encore trop tôt pour envisager la signature d’un accord. Ils ne sont pas prêts et nous non plus !», a-t-il confié. Un positionnement confirmé par Mike Pompeo, qui souhaite que l’Iran revienne à la table des négociations «le moment venu».

Donald J. Trump

@realDonaldTrump

While I very much appreciate P.M. Abe going to Iran to meet with Ayatollah Ali Khamenei, I personally feel that it is too soon to even think about making a deal. They are not ready, and neither are we!

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La région est depuis plus d’un mois le théâtre d’une escalade des tensions entre Téhéran et Wahsington, à la suite du retrait américain de l’accord international sur le nucléaire iranien et le durcissement des sanctions à l’encontre de l’Iran. Les Etats-Unis ont récemment procédé à de nombreux déploiements militaires au Moyen-Orient, accusant la République islamique de préparer des «attaques imminentes» contre les intérêts américains.

Alexis Le Meur

Lire aussi : Shinzo Abe en Iran pour sauver les relations perso-américaines

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https://francais.rt.com/international/62950-crise-dans-golfe-maigres-preuves-de-washington-contre-teheran-qui-nie-toute-implication

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