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Oncle Sam se débarrasse (de nouveau) des Kurdes

Oncle Sam se débarrasse (de nouveau) des Kurdes


2015-09-15_13h17_31-150x112Par le Saker – Le 26 janvier 2018 – Source The Saker

Le drame qui se joue dans le nord de la Syrie est vraiment un cas presque idéal pour évaluer à quel point l’Empire anglosioniste est faible et totalement dysfonctionnel. Mais d’abord, un bref rappel.

Les buts américano-israéliens en Syrie étaient vraiment très simples. Comme je l’ai déjà écrit dans un précédent article, le plan anglosioniste initial était de renverser Assad et le remplacer par les fous takfiris (Daech, al-Qaïda, al-Nusra, ISIS – appelez-les comme vous voulez). Cela permettrait d’atteindre les objectifs suivants.

  1. Faire tomber un État laïque arabe fort, avec sa structure politique, ses forces armées et ses services de sécurité ;
  2. Créer le chaos total et l’horreur en Syrie justifiant la création d’une « zone de sécurité » par Israël, non seulement dans le Golan mais plus au nord ;
  3. Déclencher une guerre civile au Liban en lâchant les fous takfiris contre le Hezbollah ;
  4. Laisser les takfiris et le Hezbollah se saigner mutuellement à mort puis créer une « zone de sécurité », mais cette fois au Liban ;
  5. Empêcher la création d’un axe chiite Iran–Irak–Syrie–Liban ;
  6. Diviser la Syrie selon des critères ethniques et religieux ;
  7. Créer un Kurdistan qui pourrait ensuite être utilisé contre la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran ;
  8. Permettre à Israël de devenir l’agent incontesté de la puissance au Moyen-Orient et forcer l’Arabie saoudite, le Qatar, Oman, le Koweït et tous les autres à se rendre en Israël pour tout projet de gazoduc ou d’oléoduc ;
  9. Petit à petit, isoler, menacer, subvertir et finalement attaquer l’Iran avec une large coalition de forces régionales ;
  10. Éliminer tout centre de pouvoir chiite au Moyen-Orient.

L’intervention militaire russo-iranienne conjointe a fait totalement échouer ce plan. Un temps, les États-Unis ont essayé de briser la Syrie avec des scénarios divers, mais la manière dont les forces aérospatiales russes ont pilonné tous les « bons terroristes » a finalement convaincu les Anglosionistes que ça ne marcherait pas.

Le plus grand problème pour l’Empire est que même s’il dispose d’une puissance de feu importante dans la région (et dans le monde), il ne peut pas déployer de « bottes sur le terrain ». Être les fantassins de l’Empire était, en fait, le rôle que les Anglosionistes avaient assigné aux fous takfiris (autrement dit Daech/IS/ISIS/al-Qaïda/al-Nusra, etc.) mais ce plan a échoué. Les seuls alliés restants des États-Unis sont Israël et l’Arabie saoudite. Le problème avec eux est que, exactement comme les États-Unis, ces pays n’ont pas de forces terrestres capables de se déployer en Syrie et d’affronter non seulement l’armée syrienne, mais les forces beaucoup plus compétentes de l’Iran et du Hezbollah. Assassiner des civils est vraiment la seule chose dans laquelle les Israéliens et les Saoudiens sont experts, du moins sur le terrain (dans le ciel, l’Armée de l’air israélienne est très bonne). Et entrent les Kurdes.

Les Anglosionistes voulaient utiliser les Kurdes exactement comme l’OTAN s’était servie de l’UCK au Kosovo : comme une force terrestre qui pourrait être soutenue par les États-Unis / OTAN et peut-être même par la puissance aérienne israélienne. Contrairement aux Israéliens et aux Saoudiens, les Kurdes sont une force terrestre relativement compétente (quoique pas capable d’affronter, par exemple, la Turquie ou l’Iran).

Les gens du Pentagone avaient déjà essayé quelque chose de semblable l’an dernier lorsqu’ils ont tenté de créer un Kurdistan souverain en Irak par référendum. Les Irakiens, avec un peu d’aide de l’Iran, ont immédiatement mis fin à cette absurdité et tout l’exercice a été un lamentable « flop ».

Ce qui soulève immédiatement une question évidente : les Américains sont-ils capables d’apprendre de leurs erreurs ? À quoi pensaient-ils donc lorsqu’ils ont annoncé la création d’une force de sécurité de 30 000 hommes aux frontières syriennes (BSF dans le sigle anglais), ainsi nommée pour donner l’illusion que le projet était la protection de la frontière de la Syrie et non sa partition ? Le but véritable était, comme toujours, de faire pression sur la Turquie, l’Iran, l’Irak, la Syrie et la Russie tout en s’emparant d’une grande quantité de pétrole. Comme toujours avec Oncle Shmuel, tout ce projet n’avait pas d’autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU et était donc totalement illégal au regard du droit international (tout comme l’est la présence des États-Unis dans l’espace aérien et sur le territoire de la Syrie, mais plus personne ne s’en soucie).

Trump et ses généraux pensaient-ils vraiment que la Turquie, l’Iran, la Syrie et la Russie accepteraient un protectorat américain en Syrie déguisé en « Kurdistan indépendant » et ne feraient rien ? De nouveau, et je sais que cela semble difficile à croire, mais je pense que c’est une nouvelle indication forte que l’Empire est dirigé par des gens stupides et ignorants, dont le cerveau et l’éducation ne leur permettent tout simplement pas de saisir même les dynamiques de base dans les régions de notre planète où ils s’ingèrent.

Quoi qu’il en soit, les Turcs ont réagi exactement comme tout le monde le pensait : le chef de l’état-major turc a sauté dans un avion, s’est envolé pour Moscou, a rencontré des généraux russes de haut niveau (y compris le ministre de la Défense Choïgou) et a obtenu le feu vert de Moscou : non seulement les avions turcs survolant la province d’Afrin en Syrie n’ont pas été contestés par les systèmes de défense aérienne russes (qui ont une couverture étendue dans cette région), mais les Russes ont aussi utilement retiré leur personnel militaire de cette zone pour qu’aucun Russe ne soit blessé. Sergueï Lavrov a déploré cette situation, comme il le devait, mais tout le monde savait que la Turquie avait le soutien russe pour cette opération. J’ajouterais que je suis quasiment sûr que les Iraniens ont également été consultés (peut-être lors de la même réunion à Moscou ?) pour éviter tout malentendu car il y a peu d’amour entre Ankara et Téhéran.

Et les Kurdes ? Bon, comment pourrais-je l’exprimer gentiment ? Disons seulement que ce qu’ils ont fait n’était pas très intelligent. Pour le dire de façon très, très modérée. Les Russes leur ont proposé un accord en or : acceptez une grande autonomie en Syrie, venez au Congrès pour un dialogue national à Sotchi, nous présenterons vos arguments devant les Syriens, les Iraniens et les Turcs (toujours réticents) et nous vous donnerons même de l’argent pour vous aider à développer votre production de pétrole. Mais non, les Kurdes ont choisi de croire aux paroles creuses venant de Washington et lorsque les Turcs ont attaqué, c’est tout ce qu’ils ont obtenu de Washington : des paroles creuses.

En fait, il est assez clair que les Américains ont de nouveau trahi un allié : Tillerson a maintenant donné son feu vert à une zone de sécurité de 30 km en Syrie (comme si quelqu’un lui demandait son avis, sans parler de sa permission !). Jetez un œil sur cette carte de la région d’Afrin et regardez à quoi ressemblent 50 miles (environ 80 km). Vous pouvez immédiatement voir ce que signifie cette « zone de sécurité » de 30 km : la fin de toutes les aspirations kurdes à créer un petit Kurdistan indépendant au nord de la Syrie.

Il n’est pas exagéré de dire que tous ces développements rendent les Russes vraiment heureux. Il est particulièrement doux pour les Russes de voir qu’ils n’ont même pas eu grand chose à faire, que ce sont les États-Unis qui se sont infligés à eux-mêmes cette catastrophe. Qu’y a-t-il de plus doux ?

Examinons tout cela du point de vue russe.

Premièrement, cette situation place la Turquie (un allié des États-Unis et un membre de l’OTAN) sur une trajectoire de collision avec les US / OTAN / UE. Et la Turquie n’est pas « seulement » un allié de l’OTAN, comme le Danemark ou l’Italie. La Turquie est la clé de la Méditerranée orientale et de tout le Moyen-Orient (enfin, l’une d’entre elles, au moins). La Turquie a également un immense potentiel pour être une épine douloureuse dans le « ventre » méridional de la Russie, donc il est vraiment crucial pour cette dernière de maintenir Oncle Sam et les Israéliens aussi loin de la Turquie que possible. Cela dit, personne en Russie n’entretient aucune illusion sur la Turquie et / ou Erdogan. La Turquie sera toujours un voisin problématique pour la Russie (les deux pays ont déjà été 12 fois en guerre !). Mais il y a une grande différence entre « mauvais » et « pire ». Considérant que dans un passé pas très lointain, la Turquie a abattu un avion russe au-dessus de la Syrie, financé, formé et soutenu des « bons terroristes » en Syrie, qu’elle a été profondément impliquée dans le mouvement séparatiste tatar en Crimée et qu’elle a été la principale base arrière pour les terroristes wahhabites en Tchétchénie pendant plus d’une décennie, « pire » dans le cas de la Turquie peut être bien pire que « mauvais » ne l’est aujourd’hui.

Deuxièmement, ces développements ont clairement amené la Turquie à une dynamique de coopération plus étroite avec la Russie et l’Iran, quelque chose que la Russie désire beaucoup. La Turquie toute seule est beaucoup plus un problème potentiel qu’une Turquie qui s’associe avec des partenaires comme la Russie et l’Iran (idéalement avec la Syrie aussi, mais à voir l’animosité entre les deux pays et leurs dirigeants, c’est quelque chose pour le lointain futur, du moins pour le moment). Ce qui se dessine, c’est une alliance régionale russo-turco-iranienne informelle contre l’Axe du Bien : USA–Israël–Arabie saoudite. Si c’est ce qui se produit, ce dernier n’a aucune chance de l’emporter.

Troisièmement, même si les Kurdes sont outrés et se plaignent de la « trahison » russe, ils finiront pas se rendre compte qu’ils l’ont fait eux-mêmes et que leur meilleure chance de liberté et de prospérité est de travailler avec les Russes. Cela signifie que les Russes pourront réaliser avec et pour les Kurdes ce que les États-Unis n’ont pas fait. Encore un bénéfice secondaire très agréable pour les Russes.

Quatrièmement, la Syrie, l’Iran et la Turquie réalisent maintenant une chose simple : seule la Russie se dresse contre les projets fous américano-israéliens pour la région et pour eux. Sans la Russie, rien n’empêche les Anglosionistes de rallumer les « bons terroristes » et les Kurdes et de les utiliser contre l’un d’eux.

Quoiqu’il en soit, il ne suffit pas que les États-Unis et Israël se tirent une balle dans le pied et les regarder saigner. Pour tirer vraiment parti de cette situation, les Russes doivent également atteindre un certain nombre de buts.

D’abord, ils doivent arrêter les Turcs avant que tout cela se transforme en un conflit majeur et prolongé. Depuis que Tillerson a « donné son feu vert » à une zone de sécurité de 30 km, c’est probablement ce qu’Erdogan a dit à Trump au téléphone et c’est probablement ce sur quoi les Russes et les Turcs se sont mis d’accord. Donc, avec un peu de chance, cela ne devrait pas être trop difficile à atteindre.

Ensuite, les Russes doivent parler aux Kurdes et leur proposer de nouveau le même marché : une large autonomie en Syrie en échange de la paix et de la prospérité. Les Kurdes ne sont pas précisément les gens les plus agréables pour discuter, mais puisqu’il n’y a vraiment pas d’autre choix, je parie que dès qu’ils cesseront d’halluciner sur le fait que les États-Unis feront la guerre à la Turquie en leur nom, ils devront s’asseoir à la table et négocier l’accord. De même, les Russes devront vendre le même accord à Damas qui, franchement, n’est pas en position de le rejeter.

Enfin, la Russie n’a ni l’envie ni les moyens de faire constamment face à des flambées de violence au Moyen-Orient. Si l’Empire a désespérément besoin de survivre, la Russie a besoin de paix. Concrètement, cela signifie que les Russes doivent travailler avec les Iraniens, les Turcs, les Syriens pour assurer un cadre de sécurité régionale qui serait garanti et, si nécessaire, imposé par toutes les parties. Et oui, la prochaine étape logique sera d’approcher Israël et l’Arabie saoudite et leur donner des garanties de sécurité en échange de leur promesse de cesser de créer chaos et guerres au nom des États-Unis. Je sais, je serai très critiqué de le dire, mais il y a des gens en Israël, et peut-être en Arabie saoudite qui comprennent peut-être la différence entre « mauvais » et « pire ». Écoutez ce que je dis : dès que les Israéliens et les Saoudiens réaliseront qu’Oncle Sam ne peut plus faire grand chose pour eux, ils deviendront subitement beaucoup plus disposés à des négociations sérieuses. Mais franchement, je ne sais pas si ces esprits rationnels seront suffisants pour faire face aux idéologues enragés. Mais cela vaut assurément la peine d’essayer.

Conclusion

La « stratégie » (je suis vraiment gentil) de l’administration Trump est de d’attiser autant de conflits en autant d’endroits de la planète que possible. L’Empire ne vit que du chaos et de la violence. La réponse russe est l’exact opposé : essayer du mieux qu’on peut d’arrêter les guerres, de désamorcer les conflits et de créer, sinon la paix, au moins une situation de non-violence. Bref : la paix quelque part est le plus grand danger pour l’Empire anglosioniste dont toute la structure repose sur des guerres éternelles. L’échec total et absolu des plans américains pour la Syrie (suivant comment on compte, on en en est au « plan C » ou même au « plan D ») est un indicateur fort de combien l’Empire anglosioniste est devenu faible et totalement dysfonctionnel. Mais « faible » est un terme relatif tandis que « dysfonctionnel » ne signifie pas « inoffensif ». L’actuel manque de cerveaux au sommet, quoique très bon à certains égards, est aussi potentiellement très dangereux. Je m’inquiète en particulier de ce qui semble être une absence totale de véritables militaires (des officiers en contact avec la réalité) autour du président. Est-ce que vous vous rappelez que l’amiral Fallon a parlé un jour du général Petraeus comme d’« une poule mouillée lèche-bottes » ? Cela s’applique aussi à toute la bande de généraux autour de Trump – tous sont le genre d’hommes que de véritables officiers comme Fallon « détesterait » selon ses mots. Quant à l’État, je dirais seulement ceci : je n’attends pas grand chose d’un homme qui n’a même pas pu gérer Nikki Haley, sans parler d’Erdogan.

Vous-vous souvenez comment les États-Unis ont mis le feu à l’Ukraine pour punir les Russes d’avoir contrarié l’attaque qu’ils projetaient sur la Syrie ? Eh bien cette même Ukraine a récemment promulgué une loi abolissant les « opérations anti-terroristes » dans le Donbass et déclarant celui-ci « territoire occupé ». Sous la loi ukie, la Russie est maintenant officiellement un « pays agresseur ». Cela veut dire que les Ukronazis ont aujourd’hui fondamentalement rejeté les Accords de Minsk et qu’ils sont quasiment en situation de guerre ouverte avec la Russie. Les risques d’une attaque ukronazie à large échelle sur le Donbass sont maintenant plus élevés qu’avant, en particulier avant ou pendant la Coupe du monde de football à Moscou l’été prochain (vous vous rappelez Saakachvili ?). Comme ils ont été ridiculisés (de nouveau) avec leur Force de sécurité aux frontières en Syrie, les Américains vont maintenant chercher un endroit pour prendre leur revanche sur les vilains Russkofs et cet endroit sera très probablement l’Ukraine. Et nous pouvons toujours compter sur les Israéliens pour continuer d’assassiner les Palestiniens et de bombarder la Syrie. Quant aux Saoudiens, ils semblent être temporairement occupés à se battre entre eux. Donc à moins que l’Empire fasse quelque chose de vraiment fou, le seul endroit où il peut devenir violent avec pas grand chose à perdre (pour lui), c’est l’Ukraine orientale. Les Novorusses le comprennent. Que Dieu les aide.

The Saker

Cet article a été écrit pour Unz Review

http://lesakerfrancophone.fr/oncle-sam-se-debarrasse-de-nouveau-des-kurdes

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La chute de Bitcoin s’accélère à mesure que les appels à la régulation se multiplient

La chute de Bitcoin s’accélère à mesure que les appels à la régulation se multiplient

La chute de Bitcoin s'accélère à mesure que les appels à la régulation se multiplient© Dado Ruvic Source: Reuters
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Le Bitcoin a perdu plus de la moitié de sa valeur depuis décembre dernier, et s’échange aujourd’hui autour de 8 300 dollars. Une chute due aux appels à le réglementer par de nombreux gouvernements. La question sera étudiée lors du prochain G20.

C’est une correction aux allures de plongeon. Après avoir atteint son plus haut historique en décembre dernier à 20 000 dollars, le Bitcoin commence l’année 2018 par une baisse majeure, ayant perdu près d’un quart de sa valeur depuis le 1er janvier pour s’échanger aux alentours de 8 300 dollars le 2 février, selon le site spécialisé Coinmarketcap.

Le Bitcoin, qui entraîne dans son sillage toutes les autres cryptomonnaies, est victime d’une succession d’annonces – particulièrement des nombreux appels à sa réglementation – qui inquiètent les investisseurs. C’est par exemple le souhait affiché par le ministre des Finances indien, qui a affirmé le 1er février que son gouvernement ne considérait pas les cryptomonnaies comme un moyen d’échange légal, et a souligné sa volonté de lutter contre le financement d’activité illicite, qu’elles facilitent selon lui.

Un point de vue partagé par l’ancienne présidente de la banque centrale américaine (Fed) Janet Yellen, qui avait estimé en décembre dernier que le Bitcoin ne constituait pas «une devise officielle» et avait enjoint les institutions financières à s’assurer que leurs transactions en Bitcoin ne violaient pas les lois sur le blanchiment d’argent.

Prônant lui aussi la régulation de la cryptomonnaie en janvier dernier, le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire avait en outre précisé que le sujet serait discuté lors du prochain G20 en Argentine. «Beaucoup d’informations concernant la régulation font paniquer le marché», analyse ainsi Nick Kirk de Cypher Capital, sur la chaîne américaine CNBC.

A cela s’ajoutent d’autres informations qui viennent alimenter ce fort mouvement baissier, comme l’ouverture d’une enquête par les régulateurs financiers américains sur la plateforme d’échanges Bitfinex afin de s’assurer qu’elle dispose réellement des réserves de monnaies qu’elle prétend. Ou encore l’annonce de Facebook d’interdire sur sa plateforme toute publicité pour les cryptomonnaies et pour les Initial coin offering (ICO) – une méthode de levée de fonds fonctionnant par l’émission d’actifs numériques échangeables contre des cryptomonnaies durant la phase de démarrage d’un projet.

Lire aussi : Le grand mufti d’Egypte émet une fatwa contre le Bitcoin

https://francais.rt.com/economie/47794-chute-bitcoin-saccelere-mesure-que

La Bourse de Paris toujours en forte baisse après Wall Street

La Bourse de Paris toujours en forte baisse après Wall Street

La Bourse de Paris en baisse à la mi-journée / © AFP/Archives / ERIC PIERMONT

La Bourse de Paris s’enfonçait dans le rouge lundi (-1,34%) après l’ouverture en repli de Wall Street, le marché peinant à inverser la tendance morose qui pèse depuis la fin de la semaine écoulée.

A 15H33 (14h33 GMT), l’indice CAC 40 cédait 71,77 points à 5.293,21 points dans un volume d’échanges de 2 milliards d’euros. Vendredi, il avait fini en recul de 1,64%.

La cote parisienne a ouvert en baisse avant de creuser ses pertes, rien ne venant rassurer des investisseurs inquiets des récentes contre-performances de Wall Street.

« Les opérateurs ont vu la chute du Dow Jones de 666 points comme un mauvais présage, et le sentiment négatif est toujours de mise », souligne dans une note David Madden, analyste chez CMC Markets UK.

En cause notamment, outre des résultats d’entreprises en demi-teinte outre-Atlantique, la hausse marquée du marché obligataire depuis fin décembre.

Celle-ci s’est encore accentuée après un rapport sur l’emploi américain de bonne facture vendredi, laissant anticiper une hausse de l’inflation, avec à la clef une possible accélération du resserrement monétaire par la banque centrale américaine (Fed).

S’ils restent attentifs au marché obligataire, les investisseurs vont aussi se plonger dans la saison des résultats d’entreprises, plusieurs mastodontes français publiant les leurs dans les jours à venir.

Du côté des indicateurs, la croissance de l’activité privée en zone euro a continué à s’accélérer en janvier, atteignant un pic de près de 12 ans.

La France a de son côté publié une activité du secteur privé en forte croissance.

Enfin, l’activité dans les services au Royaume-Uni a progressé en janvier à son rythme le plus lent depuis l’été 2016, rattrapée par les incertitudes entourant le Brexit.

Sur le front des valeurs, Capgemini cédait 2,28% à 102,95 euros après avoir annoncé l’acquisition de la société américaine LiquidHub pour environ 400 millions d’euros.

Sanofi baissait de 0,96% à 69,28 euros. Le groupe a informé les autorités philippines qu’il n’allait pas rembourser le coût des doses utilisées d’un vaccin contre la dengue que Manille a suspendu en raison de ses inquiétudes pour la santé publique.

Bic rebondissait de 1,29% à 86,10 euros après avoir été lourdement pénalisé la semaine écoulée en raison d’un avertissement sur résultats.

Maurel et Prom reculait de 2% à 3,68 euros, sans profiter d’un chiffre d’affaires en progression en 2017 grâce à la hausse des cours du brut.

CAC 40 (Euronext)

(©AFP / 05 février 2018 15h51)

https://www.romandie.com/news/La-Bourse-de-Paris-toujours-en-forte-baisse-apres-Wall-Street/887433.rom

Quand Cousteau se plaignait : « On commence à me casser les oreilles avec cette histoire de CO2 »

Un beau témoignage de l’époque de l’insouciance quant à l’avenir…

Source : Terraeco, 09-12-2012

Cet échange musclé entre Cousteau et Tazieff montre qu’il n’y pas si longtemps encore l’idée d’un changement climatique dû à l’activité humaine était impensable, même pour les plus avertis.

En 1979, on s’inquiétait déjà des risques de réchauffement climatique. La preuve avec cette vidéo – trouvée au hasard de pérégrinations sur le site de l’INA – dans laquelle le vulcanologue Haroun Tazieff est interrogé par des téléspectateurs dans l’émission Les dossiers de l’écran, diffusée en septembre 1979 sur Antenne 2.

Le téléspectateur – dont la question a été choisie par Antenne 2 ce qui reflète donc une inquiétude partagée à l’époque – craint que ce soit « l’activité des volcans » qui « fasse fondre la Grande banquise » et « grimper le niveau de la mer ». « Ce ne sont pas les volcans qui le feront(détruire la Grande banquise, ndlr), ce qui peut le faire c’est la pollution industrielle », répond Haroun Tazieff. « La pollution industrielle émet des quantités de produits chimiques dont une énorme quantité de gaz carboniques », détaille le vulcanologue, aidé par son voisin glaciologue Claude Lorius sur le chiffrage du problème.

« C’est un baratin ça. L’histoire du CO2, c’est entendu, c’est vrai on en fabrique beaucoup, mais il y a quand même des correcteurs automatiques », rétorque le Commandant Cousteau.

« Vous êtes en train de paniquer les populations »

S’en suit un débat animé sur le plateau. Tazieff craint un effet de serre et un réchauffement de deux ou trois degrés de la température générale qui entraînerait une montée des eaux et une noyade de toutes les côtes basses. « Vous êtes en train de paniquer les populations », craint le présentateur Jérôme Pasteur, qui anime le débat. Claude Lorius juge lui aussi le point le vue de Tazieff « catastrophique ». « L’industrie vient jeter le trouble sur les grands rythmes naturels », se défend Haroun Tazieff. Mais Cousteau clôt l’échange : « Le risque ne vient pas tellement du CO2, on commence à me casser les oreilles avec cette histoire de CO2, il y a des risques bien plus graves. »

Cette archive dit beaucoup sur ce que l’on savait du réchauffement climatique il y a seulement trente ans : vraiment pas grand-chose. Même les scientifiques et les lanceurs d’alerte de l’époque – qui ne portaient pas encore ce nom – ne pouvaient estimer l’importance des modifications à venir sur le climat. On mesure l’immensité du chemin parcouru depuis, malheureusement beaucoup trop lentement. Dans un rapport paru il y a un an, l’Agence internationale de l’énergie estimait qu’il ne reste plus que cinq ans si l’on veut avoir une chance de limiter le réchauffement climatique à « seulement » 2 degrés d’ici 2050. En 2017, il sera trop tard et notre dernière chance sera « perdue à jamais ».

Source : Terraeco, 09-12-2012


EDIT : comme ça se déchaîne encore en commentaires, je vous renvoie sur ce billet sur les marchands de doute dont sont tiré ces graphes (avec leurs sources). Le premier donnant la vision du réchauffement climatique d’origine humaine par les climatologues spécialisés :

97 % des climatologues spécialisés ne doutent donc pas du réchauffement…

Et sur cette intéressante vidéo de Jancovici :

Mais à la demande générale, j’essaierai de vous faire un petit truc synthétique sur le sujet pour demain… 🙂

95 réponses à Quand Cousteau se plaignait : « On commence à me casser les oreilles avec cette histoire de CO2 »

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Alep, Pyongyang, Davos… Vers la chute de l’Empire américain ?

Alep, Pyongyang, Davos... Vers la chute de l'Empire américain ?

Alep, Pyongyang, Davos… Vers la chute de l’Empire américain ?

Par Michel Geoffroy, essayiste ♦ L’année 2017 restera comme un grand tournant géopolitique que les médias de propagande se gardent bien de nous révéler : celui de la fin, en direct en quelque sorte, de la domination des Etats-Unis sur la scène mondiale.
Les médias mainstream nous cachent ce tournant car c’est une mauvaise nouvelle pour la Super Classe Mondiale qui comptait sur la surpuissance américaine pour faire avancer son projet mondialiste !
Analyse d’une chute en direct.

Corée du Nord : le roi est nu

Première étape, la Corée du Nord : un tout petit Etat de 25 millions d’habitants qui s’est doté non seulement de l’arme nucléaire mais de missiles intercontinentaux. Une nouvelle illustration de l’incapacité des Occidentaux à conserver leur monopole nucléaire, mais pas seulement.

En effet, Donald Trump peut toujours prétendre avoir « un plus gros bouton » que Kim Jong Un. Mais tout le monde voit que les gesticulations américaines n’ont pas permis de mettre au pas la minuscule Corée du Nord. A la différence de 1962, lors de la crise des fusées de Cuba, où les Etats-Unis ont fait plier l’URSS, qui était un adversaire d’une toute autre dimension que le pays du matin calme, même en version soviétoïde. L’Amérique de Donald Trump en est même réduite à demander l’aide diplomatique de la Chine et de la Russie pour tenter de résoudre la crise !

L’affaire coréenne ébranle surtout la crédibilité de la puissance américaine dans cette partie du monde au point d’inquiéter sérieusement l’allié japonais, qui songe à renforcer ses forces d’auto-défense et donc à revenir sur son pacifisme constitutionnel.
L’onde de choc coréenne n’a donc pas fini de se propager en Asie, car tout le monde comprend que le roi est nu….

Syrie : échec au roi

Seconde étape, la fin de Daesch en Syrie du fait de l’intervention militaire russe, symbolisée par la reprise d’Alep.
Alors que les Occidentaux en ont été bien incapables, d’autant qu’ils voulaient avant tout le renversement de Bachar El Assad et qu’ils n’hésitaient pas pour ce faire à s’appuyer sur des groupes islamistes comme Al Nosra, présentés comme des forces démocratiques d’opposition. Gribouille n’aurait pas fait mieux !
La Syrie marque une nouvelle défaite stratégique des Etats-Unis dans leur prétention à imposer leur « nation-building », c’est-à-dire en réalité le chaos au Proche Orient. Une nouvelle défaite aussi pour tous ceux qui se sont embarqués dans la folle stratégie américaine et singulièrement la France, qui a perdu le peu d’influence qu’elle avait encore dans ce pays. Une belle performance française donc, dans un pays autrefois placé sous son mandat !

L’intervention russe en Syrie fut non seulement décisive et « souveraine » car elle mit un coup d’arrêt à la déstabilisation occidentale de la Syrie. Elle apporte aussi la preuve que la Russie est de nouveau un acteur international à part entière avec lequel il faut désormais compter. D’autant que l’intervention militaire russe a démontré, au grand dam de l’OTAN, les très grandes capacités militaires de ce pays y compris dans les hautes technologies. Pendant que les frappes américaines continuaient de tomber à côté des cibles visées et de multiplier les « bavures »….

Car, malgré l’enfumage médiatique permanent*, la puissance militaire américaine n’est plus ce qu’elle était. On finit par oublier par exemple que cela fait désormais 16 ans que les Etats-Unis pataugent en Afghanistan pour « lutter contre le terrorisme » : mais pour quel résultat exactement, sinon l’explosion du trafic de drogue ?

Davos : le roi est mort vive le roi !

Troisième étape : Davos en janvier 2018.
Car contrairement à ce que nous serinent nos médias de propagande, la révélation de l’édition 2018 du Forum Economique Mondial de Davos n’était pas Emmanuel Macron, récitant avec application et en anglais son cours libéral de « réformes » et de « flexibilité », en bon élève de l’oligarchie.
Non c’était la Chine qui donnait le ton y compris en matière de défense de l’environnement, d’autant que les Etats-Unis apparaissaient marginalisés avec leur retrait du Protocole de Paris !
Le représentant chinois n’a-t-il pas affirmé en outre que « la Chine aspire à construire un monde ouvert, inclusif, propre et beau qui jouisse d’une paix durable, de la sécurité universelle et d’une prospérité partagée. Ayant cela à l’esprit, le gouvernement chinois assume aujourd’hui davantage de responsabilités à l’égard de la paix et du développement du monde » ? Se payant donc le luxe de reprendre à son compte, mais au second degré, le discours habituel des Occidentaux.
Une Chine qui, avec les autres Brics , déconstruit en outre patiemment la domination du dollar et desEtat-Unis dans les institutions financières internationales.

A Davos on parle toujours anglais, mais désormais avec un fort accent chinois ou indien.

Bienvenue dans le nouveau monde !

Le XIXe siècle fut européen et anglais. Le XXe siècle fut américain. Mais, à l’évidence, le XXIe siècle sera différent : peut-être chinois mais surtout, comme on dit, « multipolaire », ce qui signifie que les Occidentaux n’auront plus les moyens d’imposer aux autres civilisations leurs intérêts et leurs lubies idéologiques. Et que les Etats-Unis vont perdre leur statut de surpuissance.

Cela permet d’ailleurs de comprendre la signification réelle des critiques médiatiques récurrentes portées des deux côtés de l’Atlantique contre la personne de Donald Trump : elles servent à essayer de cacher la nouvelle donne stratégique du monde aux Occidentaux, en faisant de Donald Trump un bouc émissaire.
Car ce n’est pas à cause de la prétendue « folie », « imprévisibilité » ou « maladresse » de son actuel Président, que les Etats-Unis perdent leur leadership. C’est tout simplement parce que nous changeons d’époque et parce que les rapports de force mondiaux ne sont plus les mêmes. Mais chut ! il ne faut pas réveiller les autruches occidentales.
Lors de son discours sur l’Etat de l’Union, le 30 janvier dernier, le Président Trump a ainsi affirmé « nous pouvons tout faire », dans une sorte de remake du « Yes we can » de son prédécesseur Barak Obama. Mais avec le nouveau monde qui vient, cette méthode Coué a peu de chances de fonctionner.
Et il serait temps que les Européens en prennent conscience, au lieu de continuer de se placer à la remorque d’un Oncle Sam de plus en plus vieillissant.

Michel Geoffroy
04/02/2018

* surtout à destination des Européens : il suffit pour s’en persuader de regarder les programmes des télévisions généralistes !

Correspondance Polémia – 03/02/2018

Crédit photo : Domaine public

https://www.polemia.com/alep-pyongyang-davos-vers-la-chute-de-lempire-americain/

Contre la soviétisation du numérique, touche pas à mon net !

Contre la soviétisation du numérique, touche pas à mon net !

Contre la soviétisation du numérique, touche pas à mon net !

Par Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦ Depuis quelques années, un phénomène se met en place, une censure progressive et de plus en plus réelle. On peut s’interroger: que lira-t-on dans dix ans ? Y aura-t-il encore des opposants ?


L’homme est d’abord un être rationnel. Disons d’emblée qu’aucune censure ne peut, n’a pu et ne pourra empêcher de penser et d’agir autrement. C’est même la grande leçon des totalitarismes du 20ème siècle. Et pourtant, nous sommes inquiets ? La censure en cours ne va-t-elle pas handicaper les esprits libres et retarder les espérances ?

Paradoxalement, c’est la presse officielle qui semble en pâtir en perdant non seulement des lecteurs mais aussi toute crédibilité. En fait, la grande presse se tire une balle dans le pied en se faisant le relais officiel de l’apologie des censeurs ? Tout ce qui remet en cause l’idéologie officielle n’a plus sa place sur YouTube. Il faut donc le souligner : pour la première fois, nous n’avons plus affaire à une censure verticale, la censure d’État, une censure gouvernementale qui était rendue possible par tout un arsenal de mesures et de lois criminalisant les idées ou les thèses historiques (lois Pléven et Gayssot) et restreignant classiquement la liberté d’expression mais nous avons affaire à une censure horizontale qui passe par des entreprises privées, les grandes plates formes numériques du web qui opèrent dorénavant un rôle de censeur des opinions .

Aux États-Unis, YouTube a par exemple fait savoir que le contenu publié par RT serait systématiquement pénalisé dans les référencements. Les reportages de Russia Today, ses contenus, ses vidéos seront donc handicapés puisque le public y aura plus difficilement accès. On assiste donc bien en quelque sorte à la soviétisation du numérique et ceci ne peut tromper aucune personne avertie de la spécificité du web depuis le début à savoir le principe fondateur de l’open internet, de l’internet ouvert. C’est la fin d’une époque.

En France, les journalistes du Monde ou de L’Express sont devenus les vecteurs de campagnes systématiques de dénigrement des idées non conformes. Du coup, la grande presse française a choisi d’engager la bataille qu’elle perdra logiquement en rentrant en guerre contre l’éradication de toute pensée nouvelle et émergente. Ainsi, la presse française meurt chaque jour de la verticalité d’Etat, de sa subordination aux élites politiques et financières qui nous gouvernement. Les journalistes déjà quasi fonctionnaires, formés dans les écoles du journalisme aux réseaux lexicaux des non-dits et du camouflage sémantique se convertissent en gardiens humanitaires du net. Ainsi, le paysage médiatique français se retrouve complètement cadenassé et ne trouve d’autre issue que dans la culture des blogueurs et des sites alternatifs de réinformation.

Comme La Pravda d’hier, Le Monde crache ainsi son venin et les télégraphistes de la post-vérité en appellent à la répression de tous les dissidents. Avec la chasse aux fake news, on monte d’un cran, on horizontalise en quelque sorte l’inquisition. On tente la fermeture des canaux de diffusion.

C’est rigoureusement impossible à moins de changer d’époque

Nous sommes à l’ère numérique. A la Renaissance, on ne put rien faire contre la révolution de l’imprimerie et la diffusion des livres. Il apparaît évident qu’en 2018, rien ne pourra arrêter le déploiement du numérique. Les imprimeurs révolutionnaires ou réformés d’hier sont les hackers d’aujourd’hui et surtout de demain. Arrêtez la musique d’internet, c’est fermer le village global. On ne saurait vouloir ralentir ou supprimer la propagation du web. De plus, l’ère numérique a pour présupposé l’innovation et la créativité permanente avec une ubiquité des données qui exige la liberté d’opinion totale et c’est même l’instinct de conservation du système cybernétique lui-même. Sans ce principe de l’ouverture et de la création libre de contenus, la richesse numérique ne saurait être produite.

Twitter est allé plus loin en affirmant qu’il ne se contentera plus de purger les contenus écrits mais qu’il irait jusqu’à purger les utilisateurs malveillants. En se transformant en nouveaux bureaux politiques de la bien pensance humanitaire, toutes ces plates formes sont à terme condamnées par principe dans la nouvelle économie numérique.

Si votre engagement viole les conditions et les clauses de la charte de YouTube ou de Facebook, vous seriez exclu de leur plate-forme mais une plate-forme ne saurait se réduire à une police d’assurance fut-elle politique ou philosophique et une telle dérive inquisitoriale se retournera contre le principe même de la diffusion libre et du moteur algorythmique.

On est donc passé du tribunal de salut public, à la délation politique explicitée et légitimée par les journalistes et l’idéologie de la démocratie globale, directe et instantanée.

La répression et la censure auront beau se développer sur la toile, les contre-mesures se renforceront immédiatement.

Source : Metamag
Crédit photo : Domaine public

https://www.polemia.com/contre-la-sovietisation-du-numerique-touche-pas-a-mon-net/

Forum eurasiste de Chișinău : une plateforme non-alignée contre le globalisme

Forum eurasiste de Chișinău : une plateforme non-alignée contre le globalisme


Par Pierre-Antoine Plaquevent − Le 16 Janvier 2018 − Source Les Non-Alignés

forum Chisinau
L’événement métapolitique le plus important de la fin de l’année 2017 fût sans conteste le second forum eurasiste de Chisinau. Un colloque qui fera date tant par l’appui que lui a apporté l’exécutif moldave que par la qualité de ses participants et de leurs interventions. Surtout, les perspectives tracées par ces rencontres internationales ouvrent des voies inédites dans le sens d’un non-alignement contre-globaliste contemporain. Un non-alignement qui transcenderait enfin les cadres caduques de la petite politique anachronique pour se hisser à la hauteur des changements de civilisation en cours et de la grande politique. Un colloque à la hauteur de la venue des « grands temps » qui s’annoncent pour la civilisation européenne. Retour sur cet événement fondateur.

Note du Saker Francophone

Nous terminons cette série d'article par l'analyse du blog Les Non-Alignés qui était sur place pour prendre la température de ce colloque en Moldavie. On espère avoir modestement contribué à diffuser la pluralité des opinions sur la place publique puisque les médias mainstream n'ont pas daigné en parler.

Au delà du contenu dont nous vous laissons seuls juges, on peut se réjouir de voir un rapprochement de personnalités venant de divers courants politiques à travers toute l'Europe.

Les 16 et 17 décembre dernier s’est tenu en Moldavie le second forum eurasiste de Chișinău qui avait pour thème : « Quelle alternative au capitalisme financier pour le 21 ème siècle ? ». Colloque organisé avec l’appui et le soutien du Président de la République de Moldavie, Igor Dodon. Ce séminaire international a réuni pendant plusieurs jours un aréopage d’intellectuels et de spécialistes de renommée internationale parmi lesquels : Alexandre Douguine, Hervé Juvin, le Géorgien Levan Vasadze ou encore l’écrivain suédois Jan Myrdan. Le Président Dodon a par ailleurs ouvert les travaux avec un discours fondateur qui résumait les enjeux politiques auxquels la Moldavie se trouve confrontée.

De nombreuses personnalités, issues du monde politique ou de la société civile, sont ainsi venues apporter leur contribution aux travaux du forum : l’homme d’affaires britannique Chris Poll, l’ancien conseiller de Syriza Dimitris Konstantakopoulos, la juriste Valérie Bugault, l’écrivain Slobodan Despot, le président de l’association Lombardie-Russie et membre éminent de la Ligue du Nord Gianluca Savoini, le journaliste Alessandro Sansoni, membre du conseil national italien de l’ordre des journalistes et bien entendu Emmanuel Leroy et Iurie Rosca : organisateurs pivots des deux colloques de Chisinau avec Daria Dugina. Sont aussi intervenus Volen Siderov, président du parti bulgare « Ataka » le Roumain Bogdan Herzog, l’Allemand Manuel Ochsenreiter, président du German Center for Eurasian Studies, un think-tank proche du parti souverainiste AFD et aussi l’essayiste et homme politique Yvan Blot.

Avec la présence dans le public d’auteurs bien connus des Français tels que Marion Sigaut ou encore de Lucien Cerise et de son éditeur, on peut dire que ce second forum de Chișinău réunissait une part importante de la pensée politique française et européenne contemporaine pour un événement inédit en son genre. C’est un évènement qui fera date et dont on peut considérer qu’il marque le début d’une nouvelle ère en matière d’anti-globalisme. De part la variété des intervenants et du public présent, la vraie gauche anti-mondialiste et la droite conservatrice authentique se sont retrouvées à Chisinau afin de penser et de projeter l’alternative possible à la marche en cours vers le globalitarisme néolibéral.

Au cours de ces journées de nombreux thèmes ont ainsi pu être abordés, la plupart des interventions publiques sont disponibles ici : flux.md/fr et flux.md/en ainsi que sur le site du saker : lesakerfrancophone.fr ou sur geopolitica.ru. Une équipe de TV-Libertés était présente afin de couvrir l’ensemble de l’événement visible ici.

Un événement qui se tenait dans un contexte géopolitique difficile : la Modavie s’efforce de maintenir une position d’équilibre entre Est et Ouest, entre Union-Européenne et Union Eurasiatique malgré les tensions entre Occident et Russie. À la fin de la première journée de travail, le Président Dodon a ensuite accueilli les journalistes présents pour une conférence de presse exclusive dans le palais présidentiel de Chișinău .

Conférence de presse à laquelle nous avons pu assister et au cours de laquelle le Président Dodon a développé plus avant ces thématiques et a répondu aux questions des journalistes présents. Ici un entretien réalisé pour TV-Libertés dans lequel il résume certaines de ses positions : tvlibertes.com/igor-dodon-ne-cedera-pas.

Igor Dodon, un président illibéral et continentaliste sous pression

Issu à l’origine du centre-gauche, le Président Dodon a profité de son discours inaugural lors du colloque de Chișinău pour affirmer la compatibilité d’un discours social avec les valeurs de la droite conservatrice. Une ligne de « gauche du travail et de droite des valeurs » qu’il est peut-être le seul président européen en fonction à affirmer aussi clairement. Il a ainsi affirmé la nécessité de se débarrasser des mythes libéraux du retrait de l’État et de la « main invisible du marché » afin de renouer avec les conceptions d’un État stratège et interventionniste dans les secteurs stratégiques et vitaux de l’économie nationale.

Le Président Dodon a ouvert les travaux par un discours d’affirmation centré sur les notions de souveraineté, de nationalisme économique et de continentalisme politique. Après avoir rappelé la situation géographique et culturelle de la Moldavie qui fait d’elle un carrefour entre Europe occidentale et orientale, entre catholicité et orthodoxie, entre mondes latin et slave, il a évoqué la situation économique critique de la Moldavie qui se trouve face à une grave hémorragie de ses forces vives en direction de l’Union-Européenne. Une hémorragie qui ne pourra être freinée que par une relocalisation partielle de l’économie moldave. Moldavie qui n’a pas vocation à être juste une réserve de main d’œuvre à bon marché en direction des pays occidentaux. Bien que l’un des pays les plus pauvres d’Europe, la Moldavie n’est pas condamnée au destin de périphérie de l’UE livrée au pillage de l’impérialisme économique de multinationales apatrides. La Moldavie a une carte stratégique à jouer en se positionnant comme interface géoéconomique et géostratégique entre l’Union Européenne et l’Union Eurasiatique ; notamment dans la perspective de la nouvelle route de la soie et dans celle du déplacement du centre de gravité économique mondial vers l’Eurasie. De là découle le continentalisme politique affirmé à plusieurs reprises par le Président Dodon au cours de ces interventions lors du forum. Ainsi, après s’être défini comme « résolument souverainiste » Igor Dodon a rappelé la nécessité de revenir à la vision Gaullienne d’une Europe-puissance et à l’axe stratégique Paris-Berlin-Moscou comme alternative à la construction européenne actuelle. La voie de l’indépendance pour une nation de la taille de la Moldavie passe par le multilatéralisme et le non-alignement plutôt que par l’unipolarité et l’adhésion univoque à l’agenda occidental.

Dans cette perspective, Igor Dodon s’était prononcé en 2017 en faveur d’une annulation par son parlement de l’accord commercial signé avec l’Union européenne en 2014, espérant ainsi rétablir des relations économiques normalisées avec la Russie. Position qui lui vaut d’être mis en difficulté par le parlement moldave où les élus pro-UE sont majoritaires. La République de Moldavie se caractérisant par un régime parlementaire laissant une marge de manœuvre réduite pour le Président.

Igor Dodon a par ailleurs développé l’idée que le patriotisme économique peut transcender les différences culturelles internes de la Moldavie et les tensions identitaires que pourraient être tenté d’attiser les forces de la Société Ouverte. Forces à l’affût d’une émancipation trop grande de la République Moldave face aux standards de l’UE et soucieuses d’allumer un nouveau foyer de discorde supplémentaire entre la Russie et l’Europe. Peuplée d’une population russophone nombreuse et d’une grande minorité russe, le Président moldave a clairement évoqué le risque d’un scénario de type ukrainien : provoquer une agitation de l’opinion publique visant à le destituer, agitation politique qui pourrait être suivi de provocations inter-ethniques attisées depuis l’étranger. L’équilibre politique moldave étant fragilisé par la question de la Transnistrie.

Un article récent du centre de presse de Donetsk résume dans ses grandes lignes la situation politique moldave :

« »(…) La tension dans la république est liée à l’opposition entre le président pro-russe Igor Dodon, l’opposant Renato Usatii et le bloc politique pro-européen dirigé par Vlad Plahotniuc. Il y a un an, la Moldavie était au bord d’une guerre civile entre citoyens pro-russes et pro-européens, compte tenu de l’augmentation significative des sentiments pro-russes dans le pays ces dernières années, nous ne pouvons pas exclure le scénario ukrainien en Moldavie.

Récemment, (…) la Cour constitutionnelle a décidé de suspendre les pouvoirs d’un des principaux opposants politiques de Plahotniuc, l’actuel président de la Moldavie, Igor Dodon (NDA : le 5 janvier 2018). Le champ politique de la Moldavie, sous prétexte de lutter contre la corruption, a été presque entièrement débarrassé de ses opposants. »

Au cours de sa conférence de presse lors du forum de Chișinău , le Président Dodon a plusieurs fois exposé le rôle de l’oligarque Vlad Plahotniuc. Un rôle qu’évoque l’article de l’agence Donipress :

« Personne n’avait entendu parler de Plahotniuc comme politicien avant la fin de 2010. Auparavant, Vlad Plahotniuc appartenait à un certain nombre de grands hommes d’affaires moldaves, dont les domaines d’intérêt étaient les banques, les hôtels, les médias et le commerce du pétrole. Mais même à ce moment-là, il a été surnommé ‘le méchant’, puisque l’homme d’affaires était déjà crédité de fraudes, de saisies de vols, de commerce d’armes et de proxénétisme et de nombreuses autres activités illégales. (…) Vlad Plahotniuc a commencé comme membre du Parti Communiste moldave, mais aux élections législatives de 2010 il est devenu membre du Parti Démocrate, où il a immédiatement pris la deuxième place honorable dans la liste. C’est à partir de ce moment qu’a commencé le crépuscule du Parti Communiste en Moldavie (…) L’oligarque Plahotniuc est, depuis décembre 2016 , le chef du Parti Démocrate. Il est intéressant de noter qu’en même temps, officiellement, il n’est pas membre du parti. Aujourd’hui, Vlad Plahotniuc n’occupe aucun poste au gouvernement, mais reste un homme qui contrôle pleinement l’économie, le pouvoir législatif et exécutif dans un petit État, sans aucune responsabilité en tant que fonctionnaire. » Source

Donipress rappelle ensuite le « multilatéralisme » de Plahotniuc en matière de corruption :

« (…) Il n’y a pas si longtemps, Vlad Plahotniuc faisait l’objet d’une enquête de la part d’Interpol Italie dans le dossier de la ‘mafia russe’, mais sa position anti-russe déclarée reste la principale raison de la complaisance des États-Unis et de l’UE envers Plahotniuc. (…) Vlad Plahotniuc fait beaucoup d’efforts pour devenir un politicien européen respectable pour l’Occident, il paie périodiquement des publications dans de prestigieux magazines européens et américains. Vlad a même embauché une société de lobbying américaine bien connue, le groupe Podesta, qui a travaillé avec Hillary Clinton. (…) Aujourd’hui, le ‘maître de la Moldavie’ est toléré plutôt qu’approuvé et sera remplacé à toute occasion par un véritable homme politique européen qui n’a pas le stigmate de l’appartenance à la ‘mafia russe’.  » Source

Dans cette perspective les prochaines élections législatives en Moldavie constitueront un test pour affirmer ou infirmer la solidité des orientations choisies par le Président Dodon et ses soutiens. Ces élections seront aussi l’occasion pour les citoyens moldaves de rejeter ou non les orientations crypto-mafieuses des libéraux enkystés dans leur parlement :

« Selon les sondages sociologiques, le rejet de Plahotniuc et de son gouvernement atteint 80 %. Dans de telles circonstances, la dernière chance pour Vlad de rester au pouvoir sera de provoquer l’escalade du conflit en Transnistrie et de lancer un appel à l’UE et aux États-Unis pour qu’ils exigent une protection contre l’agression russe. L’Europe n’a absolument pas besoin d’un second conflit armé à ses frontières, qui entraînera inévitablement une augmentation du nombre de réfugiés, contribuera au commerce illégal des armes et à la propagation de la criminalité. En novembre 2018, la Moldavie organisera des élections législatives, qui peuvent constituer un test difficile non seulement pour la République de Moldavie, mais aussi pour l’UE dans son ensemble. » Source

La Moldavie se trouve aujourd’hui sur l’une des lignes de fracture de la tectonique géopolitique contemporaine qui voit se confronter unipolarité et multipolarité, sa survie en tant qu’État-nation passe par une pacification des rapports entre Europe et Russie. C’est dans cet esprit que le Président Dodon conçoit les rencontres géopolitiques et de Chisinau et, plus globalement, le logiciel politique eurasiste non-aligné. Pour lui, l’intérêt national et la survie même de la Moldavie passent par le multilatéralisme et le continentalisme politique.

De par les orientations affirmées par le Président Dodon et si l’on se rapporte au manifeste publié à la suite des premières rencontres de Chișinău, on peut considérer que le continentalisme politique comme alternative au globalisme pourrait s’affirmer comme l’orientation géostratégique d’une nation européenne ; fût-elle l’une des plus pauvres d’Europe. Il s’agit d’un choix géopolitique et civilisationnel majeur qui est certainement à l’origine des dernières sanctions que rencontre le Président Dodon de la part de son parlement.

Au forum de Chișinău, des non-alignés de toute l’Europe sont venus apporter leur pierre à l’édification d’un avenir européen pacifié et souverain. L’avenir proche nous dira si cette alternative continentale s’imposera et empêchera l’Atlantisme de diviser l’Europe et d’y semer la guerre – comme hier en Yougoslavie et aujourd’hui en Ukraine – et si des intérêts exogènes réussiront à détourner les Européens de la voie de l’indépendance et de la paix.

Pierre-Antoine Plaquevent

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Comment (vraiment) comprendre la crise « rohingya » ?

Comment (vraiment) comprendre la crise « rohingya » ?

Par Martin MICHALON , le 4 février 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Martin Michalon est ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure (ENS) de Lyon, agrégé de géographie, et doctorant à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), au sein du Centre Asie du Sud Est (CASE). Ses travaux portent sur le développement du tourisme en Birmanie dans un contexte de transition démocratique. Il a habité plusieurs années en Birmanie et en suit l’actualité au quotidien.

L’auteur nous donne ici les clés pour mettre en perspective dans le temps et dans l’espace la crise « rohingya ». Les « Rohingya » sont des musulmans originaires de l’actuel Bangladesh et installés en Birmanie jusqu’à s’en trouver chassés récemment.

DEPUIS fin août 2017, l’armée birmane mène une sévère répression contre la minorité musulmane « rohingya » dans l’ouest de la Birmanie, poussant 625 000 d’entre eux à fuir au Bangladesh. La visite du Pape en Birmanie et au Bangladesh fin novembre 2017, a amené cette question au cœur de l’actualité. Sur les réseaux sociaux, la mobilisation et les levées de fond de la Love Army, groupe de youtubeurs français engagés, ont aussi donné une forte visibilité à ce conflit. Il est cependant nécessaire de retracer les tenants et les aboutissants de cette crise, qui touche en pays engagé dans une transition démocratique inachevée.

En effet, après un demi-siècle de dictature militaire (1962-2010) et cinq ans d’un régime de transition, les élections générales birmanes de 2015 marquent un tournant. Le parti d’opposition historique, la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND), et son emblématique dirigeante Aung San Suu Kyi accèdent au pouvoir. Cependant, la constitution militaire de 2008 réserve toujours à l’armée les ministères de la défense, de l’intérieur et des frontières. Elle nomme également 25 % des députés, hors de toute élection. Or, pour modifier la constitution, il faut plus de 75 % des votes à l’Assemblée : l’armée dispose donc d’une minorité de blocage. Dans ce contexte, le Senior-Général Min Aung Hlaing est le véritable homme fort du pays : c’est lui, et non Aung San Suu Kyi, qui a l’initiative militaire.

La « question rohingya », un sujet de tension ancien

Les « Rohingya » sont des musulmans originaires de l’actuel Bangladesh et installés en Birmanie, dans l’Etat d’Arakan à l’ouest du pays. Il est établi qu’à l’ère précoloniale, il existe une communauté musulmane active en Arakan, bien que les sources à son sujet manquent. Sous la domination britannique, la Birmanie est incluse dans l’Empire des Indes, favorisant les circulations depuis les deltas du Bengale vers les plaines rizicoles de l’Arakan. L’ethnie arakanaise a longtemps entretenu des rapports tendus avec l’ethnie majoritaire bamar (les Birmans au sens ethnique du terme) et le gouvernement central. Aujourd’hui encore, les Arakanais dénoncent la mainmise des Bamar sur leur territoire et ses ressources ainsi que la politique de « bamarisation » culturelle qui a longtemps prévalu. Ce ressentiment des Arakanais, qui se considèrent eux-mêmes comme une minorité opprimée, joue un rôle central dans la « question rohingya ».

A l’exception d’une seule mention en 1799 – assez controversée : ici, et – le terme « Rohingya » est en réalité assez récent. Il ne serait apparu que dans les années 1930, et se serait généralisé dans les années 1950. Pour l’historien J. Leider, l’auto-désignation des « Rohingya » en tant que tels est à lire selon une perspective politique. En effet, en 1948, après l’indépendance, les musulmans d’Arakan se sont retrouvés du mauvais côté de la frontière entre Birmanie et Bangladesh. Ils n’ont alors eu d’autre choix que de se tailler une place dans la jeune Birmanie indépendante… par le biais de l’ethnicité.

Le terme même de « Rohingya » participe de ce processus d’ethnogenèse.

En effet, en Birmanie, le politique passe par l’ethnique : pour exister, il faut faire partie des 135 groupes ethniques officiellement déclarés comme autochtones. Les habitants d’origine chinoise, indienne ou népali n’ont qu’une citoyenneté de second rang. Depuis les années 1950, les musulmans d’Arakan tentent donc de se ménager une place en se revendiquant comme la 136ème « race nationale ». Ils mettent donc en avant l’ancienneté de leur présence, s’appuyant sur des mythes fondateurs parfois sujets à caution. Ils insistent également sur leurs spécificités culturelles, linguistiques et religieuses par rapport à leurs homologues bangladais.

Le terme même de « Rohingya » participe de ce processus d’ethnogenèse : il signifie en effet « Arakan » en bengali, et met l’accent sur un ancrage local, et donc birman. A l’inverse, les Birmans réfutent cette appellation et les désignent comme « Bengali », insistant sur leur région d’origine, et donc sur leur statut d’immigré. Cette vision est réfutée par les Bamars, mais aussi par l’essentiel des minorités ethniques de Birmanie, au premier rang desquelles les Arakanais. Pour eux, l’identité « Rohingya » serait une construction, un leurre que les musulmans d’Arakan utiliseraient pour s’imposer en Birmanie. Son utilisation par la communauté internationale ne ferait que légitimer une imposture.

Dès les années 1940, des tensions opposent communautés bouddhiste et musulmane en Arakan. Lors de la guerre civile au Pakistan Oriental (1971), de nombreux Bangladais prennent alors refuge en Arakan. En 1978, l’armée birmane lance l’opération Naga Min (Roi des Dragons), visant à contrôler le statut de ces populations. Très brutale, elle pousse 200 000 réfugiés vers le Bangladesh, mais Dacca leur refuse toute assistance. Les autorités birmanes acceptent leur retour, à condition qu’ils s’installent dans les Townships de Buthidaung et Maungdaw, le long de la frontière bangladaise. Cette volonté d’homogénéisation du peuplement et de concentration des « Rohingya » est restée une constante.

En 1982, la junte birmane impose la « loi de citoyenneté ». Bien qu’elle ne vise pas directement les « Rohingya », elle a pour effet de les priver de la citoyenneté birmane. Vivant en Birmanie depuis parfois plusieurs générations, ces derniers ne sont pas reconnus par le Bangladesh : ils deviennent donc apatrides. En 1991, la Tatmadaw (l’armée birmane) lance une seconde opération violente en Arakan, forçant 250 000 « Rohingya » à prendre refuge au Bangladesh. Les gouvernements birman et bangladais négocient leur retour en Arakan, où ils sont confrontés aux violences et aux extorsions de la Na Sa Ka, milice de garde-frontières.

Dans le même temps, le militantisme armé pour l’autonomie de l’Arakan « rohingya », engagé à la fin des années 1940, se poursuit dans les années 1970. A partir de la loi sur la citoyenneté de 1982, le combat territorial se double d’une lutte pour la reconnaissance des droits des « Rohingya ». Le groupe armé le plus célèbre est sûrement la Rohingya Solidarity Organization (RSO), active de 1982 à 2001. Insérée dans des réseaux islamistes transnationaux, elle compte dans ses rangs des combattants formés en Afghanistan. Cependant, comme tous les mouvements « rohingya », elle est minée par les dissensions internes, et ne parvient pas à exister militairement et à peser politiquement.

En 2012, deux vagues de pogroms secouent l’Arakan, mettant aux prises Arakanais et musulmans, parfois sous la direction de moines nationalistes et avec la complaisance des autorités. Dans la foulée, un million de « Rohingya » est assigné à résidence le long de la frontière bangladaise ou dans des camps. Le système d’apartheid, qui existait depuis des années, se renforce : la mobilité, l’accès à la santé, à l’emploi, aux marchés sont très sévèrement réglementés. En Birmanie, la « question rohingya » s’élargit également vers une « question musulmane ». Ainsi, les pogroms de 2012 en Arakan visent aussi des membres de l’ethnie musulmane kaman, dont les droits sont pourtant reconnus par les autorités birmanes. De même, des émeutes interconfessionnelles éclatent à Mandalay, la seconde ville du pays, en juillet 2014.

Comment (vraiment) comprendre la crise « rohingya » ?
Camp de déplacés « Rohingya » à Sittwe
Camp de déplacés « Rohingya » à Sittwe, la capitale de l’état d’Arakan. Cliché : M. Michalon, juin 2017
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Ghetto « rohingya » à Sittwe
Entrée du ghetto « rohingya » d’Aung Mingalar, à Sittwe. Cliché : M. Michalon, juin 2017

L’implication de certains moines bouddhistes dans les heurts intercommunautaires et les discours de haine du charismatique U Wirathu ont pu surprendre les opinions occidentales. Cependant, ce radicalisme bouddhiste ne s’affirme pas qu’en Birmanie : une partie de la communauté monastique thaïe ou sri lankaise suit le même mouvement. En Birmanie, cette affirmation d’une partie de la communauté monastique (sangha) est à lire selon un prisme politique. En effet, pendant des décennies, la junte militaire a confisqué l’espace politique, l’espace de parole, et la fabrique de l’identité nationale. Depuis 2010, elle a laissé un vide important, vite réinvesti par certaines personnalités religieuses s’accaparant la formulation d’une identité nationale autour du bouddhisme. L’ouverture très rapide du pays joue aussi un rôle important : la mondialisation accélérée, l’exposition à des influences culturelles étrangères interroge en profondeur l’identité birmane.

Les affrontements récents, un changement de dimension du conflit

Jusqu’en 2016, les tensions mettaient aux prises les Arakanais, l’armée et les « Rohingya », autour de questions principalement identitaires, mais aussi économiques et foncières. Cependant, le 9 octobre 2016 marque une rupture : pour la première fois, un groupe armé venant du Bangladesh et se revendiquant comme « rohingya » attaque des postes de police birmans. L’armée lance alors de très violentes opérations de ratissage, et plus de 75 000 personnes prennent refuge au Bangladesh.

L’irruption de militants armés a constitué une rupture.

Le 25 août 2017, seconde offensive, cette fois contre trente postes de police. Les attaques sont coordonnées, les militants font sauter des ponts, mènent des embuscades contre l’armée. Face à cet assaut en règle, la Tatmadaw réagit comme elle l’a toujours fait (et comme elle le fait toujours) face aux guérillas : déploiements massifs de troupes, violence indiscriminée, politique de terreur pour déplacer les populations, destruction des biens et des récoltes pour priver les rebelles de tout soutien. Désormais, les tensions intercommunautaires entre civils qui prévalaient revêtent une dimension supplémentaire, celle d’un conflit armé entre Tatmadaw et militants. Dans le discours des autorités et des nationalistes, les combats, le terrorisme (voire le djihadisme) et l’unité de la nation passent désormais au premier plan.

L’irruption de militants armés a constitué une rupture. Ils ont mené les attaques d’octobre 2016 sous le nom, Harakah Al-Yaqin (Mouvement de la Foi), ce qui a nourri les soupçons de djihadisme. Cependant, depuis août 2017, ils se désignent sous le terme moins religieux et plus politique d’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA). Pour l’heure, son meneur, Ata Ullah, ne revendique que la défense des « Rohingya » et leur droit à un territoire sûr. Bien qu’il ait des liens avec des personnages controversés, proches des Pakistanais de Lashkar-e-Taiba, ARSA n’a officiellement fait allégeance à aucun groupe djihadiste majeur, et n’appelle pas à un djihad offensif contre les non-musulmans… du moins pour l’instant.

Les autorités mettent en avant la dimension sécuritaire de la répression, laissant à penser que la situation en Arakan serait comparable à celles des autres zones de conflit du pays. Les offensives de la Tatmadaw dans les Etats kachin (au Nord) et shan (à l’Est) sont en effet très brutales, appuyées par des moyens militaires lourds et générant des flux de déplacés. Cependant, en Arakan, l’ampleur des violences, leur focale ethnique, leur dimension ciblée et méthodique sont inédites. Le 14 décembre 2017, Médecins Sans Frontières publie un rapport précis sur la répression militaire. Plus de 6700 civils, principalement des « Rohingya », dont 730 enfants de moins de cinq ans, auraient été tués. L’apartheid institutionnalisé et les violences massives contre les « Rohingya » constituaient déjà de toute évidence des crimes contre l’humanité. Désormais, leur déplacement par la terreur est qualifié de « cas d’école de nettoyage ethnique » par les Nations Unies. Des groupements nationalistes arakanais proposent d’ores et déjà des incitations financières à des familles bouddhistes pour s’installer dans les zones désertées. Ils font également pression sur les autorités pour créer des « Bengali free zones ». Leur objectif est de retrouver les proportions démographiques musulmans/bouddhistes qui prévalaient avant la Seconde Guerre Mondiale. Cette recomposition du peuplement de la région correspond exactement à la définition juridique d’un nettoyage ethnique.

De nombreux médias et acteurs politiques ont même accusé l’armée birmane de génocide. Pour l’heure, les preuves manquent pour confirmer cette accusation avec certitude. Cela impliquerait un plan d’ensemble, une organisation, une structuration d’un massacre ciblé. Cependant, des études mettent déjà en évidence des actes génocidaires. Le 18 décembre 2017, l’ONG Human Rights Watch publie un solide rapport sur des massacres dans le village de Tula Toli. Dans ce village, des centaines de « Rohingya » auraient été massacrés par l’armée et des milices arakanaises. Encerclement de la population, massacre méthodique, destruction de preuves : les éléments d’un acte génocidaire sont rassemblés. Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme, Zeid Ra’ad al-Hussein, déclare désormais que des preuves solides de génocide s’accumulent.

L’impossible gestion de la crise par les acteurs politiques

Aung San Suu Kyi est dans une situation inextricable. D’une part, elle n’a aucune autorité sur les forces de sécurité. D’autre part, il lui est très difficile de condamner l’armée, avec qui elle est engagée dans un donnant-donnant tendu. En effet, si elle veut obtenir des concessions de la Tatmadaw pour réformer la constitution ou pour signer un cessez-le-feu avec les nombreuses guérillas encore actives dans le pays, comme la Kachin Independence Army (KIA) ou la Ta’Ang National Liberation Army (TNLA), elle ne peut pas se permettre de la déjuger. De plus, toute critique de l’armée apparaîtrait aux yeux d’organisations nationalistes, tels que l’association religieuse Ma Ba Tha, comme un soutien implicite aux « Rohingya », voire à ARSA. Le risque serait alors que la Tatmadaw déclare l’unité du pays en danger et effectue un retour en force. Cela pourrait mettre en péril la démocratie difficilement obtenue. Enfin, rappelons que si le sort des « Rohingya » émeut dans le monde, il n’en est pas de même en Birmanie, où peu de gens les défendent. La prudence d’Aung San Suu Kyi et les nombreuses critiques internationales à son égard semblent même avoir fédéré les Birmans autour d’un gouvernement critiqué pour ses piètres performances économiques et sociales.

Bien que cette prudence puisse être lue comme un compromis politique, elle commence à devenir préoccupante. Rappelons que lors des pogroms de 2012, Aung San Suu Kyi avait surpris la communauté internationale par son silence ambigu. Aujourd’hui, elle pourrait nouer le dialogue avec les députés ou la société civile d’Arakan, dans une tentative de démilitariser le conflit et de le porter sur le champ politique. Elle ne l’a jamais fait. Les rares diplomates et journalistes qui peuvent la rencontrer relèvent tous son déni de la situation sur le terrain et les accusations en partialité qu’elle porte contre l’Occident. Le 12 décembre 2017, deux journalistes birmans couvrant le conflit sont arrêtés pour espionnage, en vertu d’une loi coloniale de 1923. Le 20 décembre 2017, le gouvernement birman met un terme à trois ans de collaboration – houleuse – avec Yanghee Lee, la rapporteure spéciale des Nations Unies. Cette dernière décision apparaît comme une distanciation claire et très préoccupante vis-à-vis de la communauté internationale. Lors de ces événements, Aung San Suu Kyi est restée silencieuse. Quand bien même ce comportement était toujours un compromis avec l’armée, il devient préoccupant.

La gestion des réfugiés par les gouvernements birman et bangladais semble teintée d’ambiguïtés.

Certes, Aung San Suu Kyi envoie certains micro-signaux à la communauté internationale. Elle mène ainsi une lutte soutenue contre l’association bouddhiste extrémiste Ma Ba Tha. En août 2017, elle a accueilli de manière positive le rapport Annan sur le sort de l’Arakan et s’est engagée à mettre en œuvre ses recommandations. Enfin, le 23 novembre 2017, elle a signé avec le Bangladesh un accord de rapatriement des réfugiés « rohingya ». Cependant, ces décisions sont-elles vraiment plus que des concessions accordées à la communauté internationale ?

Aujourd’hui, la gestion des réfugiés par les gouvernements birman et bangladais semble teintée d’ambiguïtés. D’une part, Dacca semble réticent à accueillir les réfugiés « rohingya » dans la durée, dans des camps susceptibles de devenir des foyers de militantisme. Cette méfiance transparaît dans l’emploi brutal des forces paramilitaires, ou dans le projet de relocaliser 100 000 réfugiés sur l’île inhabitée – et pour ainsi dire inhabitable – de Bhashan Char. D’autre part, côté birman, le retour sera mené sur une base volontaire, et soumis à examen préalable, puis à autorisation au cas par cas par les autorités birmanes. Cela leur laisse donc la possibilité d’opposer des refus massifs. D’ores et déjà, le ministère birman de l’immigration conseille à son homologue bangladais de privilégier les candidatures des familles hindoues.

Ce processus de rapatriement des « Rohingya » semble promis à des difficultés majeures, car ces derniers n’ont aucun intérêt à rentrer en Arakan. Ils n’y trouveraient en effet que des villages brûlés, un apartheid toujours aussi violent et un refus tranché de leur accorder toute reconnaissance politique ou ethnique. De plus, rappelons qu’ARSA a suspendu les combats dès le 5 septembre 2017 et que depuis, les violences suivent plutôt une pente descendante. Malgré cela, les flux de réfugiés vers le Bangladesh se poursuivent. A la mi-décembre 2016, plus de 655 000 d’entre eux ont rejoint des réfugiés arrivés au cours des dernières années. In fine, plus de 900 000 « Rohingya » seraient installés au Bangladesh… sur un effectif total de 1 million. Un point de non-retour semble donc franchi : pour les derniers « Rohingya », à quoi bon rester en Arakan, quand l’essentiel de leur communauté est au Bangladesh ?

Dans ce contexte, la communauté internationale paraît démunie, d’autant que la Chine bloque toute résolution des Nations-Unies. Il est question de sanctions, mais cela semble vain : à quoi bon accroître encore la pression sur un gouvernement qui, sur le terrain, n’a pas la main ? Rappelons également que les sanctions passées (1988-2015), ont eu un impact certes réel, mais très contesté. Récemment encore, l’International Crisis Group mettait en garde contre des sanctions hâtives. Par pur pragmatisme, on peut cependant douter que les puissances internationales votent des sanctions significatives. En effet, la Birmanie est l’une des « dernières frontières » économiques au monde, et chacun s’y dispute des parts de marché. De plus, toute marginalisation du pays sur la scène internationale la rapprochera d’une Chine déjà très influente.

Copyright Février 2018-Michalon/Diploweb.com

Le Vatican proche de reconnaître sept évêques choisis par Pékin

Urgent

Le ministère indien des Affaires étrangères suit l’affaire en liaison avec les autorités du Bénin et du Nigeria. Le navire, qui transporte 13 000 tonnes de pétrole brut, mouillait dans le port de Cotonou lorsqu’il a disparu. Les actes de piraterie sont fréquents dans le golfe de Guinée. Selon les médias locaux, le MT Marine Express est le deuxième bateau à disparaître dans cette région au cours du mois passé, rapporte l’AFP.

Asie-Pacifique

Le Vatican proche de reconnaître sept évêques choisis par Pékin

media Un portrait de Jésus suspendu au-dessus d’une croix dans une église de la petite ville de Dali, au Yunnan, le 10 décembre 2015. Sur le mur, écrit en chinois : «Dieu est amour». by Zhang Peng/LightRocket via Getty Images

C’est un rapprochement inédit qui se profile entre le Saint-Siège et la Chine : le Vatican serait en effet prêt à reconnaitre sept évêques choisis par Pékin. Si la route est encore longue avant une normalisation, il s’agirait d’un premier pas vers l’établissement de relations diplomatiques depuis 1951 entre le plus petit Etat du monde et l’empire du Milieu.

Avec notre correspondant à Rome,  Olivier Bonnel

« Je suis conscient que la normalisation des relations avec la Chine demande du temps et qu’elle présuppose la bonne volonté des deux parties », écrivait Benoît XVI dans sa lettre aux catholiques chinois.

Dix ans après ce document qui a fait date, son successeur semble être prêt à franchir un pas supplémentaire. Depuis des années, la pomme de discorde majeure entre Rome et Pékin concernait la nomination des évêques chinois.

Le régime communiste a toujours considéré comme une ingérence intérieure le fait que le Vatican puisse choisir les prélats. Et pour le Saint-Siège, il n’était pas question jusqu’ici d’accepter les noms choisis par les autorités chinoises.

Mais le pape François a accéléré les choses ces derniers mois et un accord aurait été trouvé sur la nomination de sept évêques. Parmi ceux-là deux faisaient partie de l’Eglise officielle et avaient été excommuniés.

En décembre dernier, une délégation vaticane envoyée en Chine aurait demandé à deux évêques « clandestins » de laisser la place à des évêques de l’Association patriotique des catholiques chinois.

Une décision qui provoque la colère de certaines voix comme le cardinal Joseph Zen, l’ancien évêque de Hong Kong et farouche opposant à un rapprochement avec Pékin.

« Il y a encore beaucoup de blessures ouvertes » concédait il y a quelques jours le cardinal Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, tout en rappelant la ligne vaticane : « sauvegarder la communion dans l’Eglise » et faisant le vœu que l’on parvienne, un jour, à ne plus parler d’évêques « clandestins » et « officiels ».

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20180203-vatican-proche-reconnaitre-sept-eveques-choisis-pekin-pape-francois

Trump et Abe discutent de la Péninsule coréenne et de la relocalisation d’une base américaine au Japon

Trump et Abe discutent de la Péninsule coréenne et de la relocalisation d’une base américaine au Japon

© Chine Nouvelle (Xinhua), le 03/02/2018 03:27

Vendredi, lors d’une conversation téléphonique, le président des États-Unis, Donald Trump, et le Premier ministre du Japon, Shinzo Abe, ont discuté de la situation sur la Péninsule coréenne et de la relocalisation d’une base américaine au Japon.

Dans un communiqué, la Maison Blanche a indiqué que MM. Trump et Abe avaient également discuté de la relocalisation pendante d’une base navale américaine à Okinawa et des moyens susceptibles de renforcer les capacités japonaises en matière de défense, notamment grâce à un système de défense anti-missile élargi.

La situation sur la Péninsule coréenne est restée explosive tout au long de l’année 2017, car la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a procédé à son sixième essai nucléaire et les États-Unis ont effectué des exercices militaires de grande envergure avec la République de Corée (Corée du Sud), en envoyant sur place des groupes de porte-avions, des bombardiers stratégiques, des sous-marins nucléaires et d’autres éléments stratégiques.

Washington a, par ailleurs, maintenu sa « pression maximale » sur la RPDC, mais pour l’heure, sa stratégie n’a pas permis d’atteindre les objectifs escomptés.

Dans une lettre adressée mercredi au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, le ministre des Affaires étrangères de la RPDC, Ri Yong Ho, a accusé les États-Unis de saboter le processus de réconciliation des deux Corée et d’aggraver la situation sur la Péninsule coréenne.

Les autorités américaines « cherchent délibérément à aggraver la situation en introduisant des éléments stratégiques – notamment des groupes de porte-avions à propulsion nucléaire – dans les environs de la Péninsule coréenne à un moment où le nord et le sud de la Corée déterminent ensemble la marche à suivre pour parvenir à la paix », a écrit M. Ri dans sa lettre.

https://chine.in/actualite/asie/trump-abe-discutent-peninsule-coreenne_18064.html