Tous les articles par ombre43

L’opposition à Theresa May remet en question la légalité des frappes occidentales en Syrie

Theresa May

L’opposition à Theresa May remet en question la légalité des frappes occidentales en Syrie

© REUTERS / Phil Noble
International

URL courte
Frappes des États-Unis et de leurs alliés contre la Syrie (67)
8170

La décision de la Première ministre britannique de participer avec ses alliés américain et français aux frappes contre la Syrie s’est attirée les foudres de son opposition. Cette dernière a jugé discutable la légitimité d’une telle démarche menée sans l’aval du Conseil de sécurité de l’Onu.

Theresa May s’est retrouvée sous le feu des critiques de l’opposition après les frappes portées samedi par Londres aux côtés de Washington et Paris en Syrie. Le chef du Parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, a estimé dimanche que la légalité ces frappes était sujette à caution, affirmant qu’une telle initiative aurait dû être soutenue par le Conseil de sécurité de l’Onu.

«Je demande au ministre des Affaires étrangères, je demande à la Première ministre, quelle est la base légale de ceci?» s’est interrogé Corbyn dans un entretien à la BBC.

«La base légale aurait été l’autodéfense ou l’autorité du Conseil de sécurité de l’Onu. L’intervention humanitaire est un concept légalement discutable dans le cas présent», a-t-il indiqué, cité par Reuters.

Les partis d’opposition britanniques et plusieurs ONG ont par ailleurs condamné samedi la décision de Theresa May de mener une opération en Syrie sans consulter le Parlement, rompant avec un usage en vigueur depuis l’intervention en Irak en 2003, qui a laissé de profonds stigmates dans le pays.Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont attaqué dans la nuit du 13 au 14 avril des sites d’infrastructures militaires de la Syrie. Cette coalition tripartite a tiré 103 missiles, dont 71 ont été abattus à l’approche de leurs objectifs. L’année dernière, l’aérodrome militaire syrien de Shayrat avait déjà été attaqué par 59 missiles.

Pour justifier leurs actions, Washington et ses alliés ont affirmé que ces frappes étaient une riposte à l’attaque chimique présumée dans la ville de Douma.
Les autorités syriennes ont toujours démenti cette attaque alors que le ministère russe de la Défense a déclaré qu’il s’agissait d’une mise en scène.

Dossier:
Frappes des États-Unis et de leurs alliés contre la Syrie (67)

Lire aussi:

Moscou: la frappe portée par Washington en Syrie contrevient à la législation américaine
Plus de 50% des Britanniques désapprouvent les frappes en Syrie sans l’aval du Parlement
La DCA syrienne intercepte 71 missiles sur les 103 lancés
https://fr.sputniknews.com/international/201804151035959312-may-londres-frappes-syrie-legitimite/
https://fr.sputniknews.com/international/201804151035959312-may-londres-frappes-syrie-legitimite/

Après la mise en scène “chimique”, la comédie des frappes !

Après la mise en scène “chimique”, la comédie des frappes !

La coalition tripartite de l’OTAN, comme Trump, nous a joué – surjoué – une comédie grotesque, des frappes en trompe-l’oeil qui n’ont tué personne et ont détruit trois fois rien… quand les missiles ont atteint leur cible ! Sur la centaine de missiles lancés par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, 71 ont en effet été détruits ou détournés par les Syriens. Des contacts au plus haut niveau auraient neutralisé d’avance ces « frappes » et Israël se serait abstenu de participer à ce simulacre contre la promesse que le Hezbollah n’ouvrirait pas un nouveau front au Liban-Sud et dans le Golan. Finalement Trump, avec l’aide de Poutine, est peut-être parvenu à déjouer très habilement les plans de guerre des instigateurs du bidonnage chimique. Quoiqu’il en soit l’essentiel est sauf, on a échappé à une escalade militaire à très haut risque… OD

« Hier soir, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis ont lancé une attaque illégale contre la Syrie et ont bombardé plusieurs sites militaires et civils à l’intérieur du pays. Ils justifient leur attaque comme une vengeance ou une punition pour une prétendue « attaque chimique » qui a eu lieu une semaine plus tôt.

L’incident chimique du 7 avril à Douma a été conçu pour renverser la décision annoncée publiquement par Trump d’ordonner à l’armée états-unienne de quitter la Syrie. Les « rebelles » salafistes financés par les Saoudiens à Douma ont rassemblé des corps, probablement à la suite d’un autre incident, et les ont empilés dans un appartement pour monter une scène et créer de fausses vidéos d’une « attaque chimique » qu’ils ont faussement attribué au gouvernement syrien.

Trump a fait semblant d’être pris par les vidéos et a tweeté des menaces contre la Syrie et la Russie. La Russie a menacé de répondre par la force si une attaque des États-Unis blessait ses soldats ou ses intérêts en Syrie.

Le Royaume-Uni et la France, qui, comme les États-Unis, n’ont reçu que récemment la visite du prince héritier saoudien et se sont gavés de milliards d’euros saoudiens, ont sauté sur l’affaire. La France admet aujourd’hui que ses « sources de renseignement » sur l’incident à Douma sont uniquement basées sur les vidéos de youtube évidemment mises en scène et les allégations faites par des opérations de propagande financées par l’Occident qui coopèrent avec les djihadistes.

Hier, le ministère russe de la Défense a accusé la Grande-Bretagne d’avoir organisé l’ »incident chimique » :

    Aujourd’hui, il y a d’autres preuves à la disposition du département militaire russe, qui témoignent de la participation directe de la Grande-Bretagne à l’organisation de cette provocation dans la Ghouta orientale.

    Le camp russe sait avec certitude que du 3 au 6 avril, les représentants des Casques blancs ont été influencés par Londres pour la mise en œuvre rapide de la provocation préparée à l’avance.

    Les Casques blancs ont été informés que les militants de Jaysh al-Islam devaient mener une série de puissants bombardements d’artillerie sur Damas du 3 au 6 avril.

    Cela favorisera une réponse des troupes gouvernementales, que les représentants des Casques blancs devront utiliser pour effectuer des provocations avec des armes chimiques présumées.

Les « Casques blancs » sont financés par le gouvernement britannique et sont dirigés par un « ancien » officier de renseignement militaire britannique. Les accusations directes contre la Grande-Bretagne ont peut-être joué un rôle dans le lancement précipité du bombardement d’hier soir. L’arrivée de techniciens de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à Damas en est un autre. Ces derniers enquêteront aujourd’hui sur l’incident présumé à Douma et constateront probablement qu’il n’a pas eu lieu. Le fait que les trois pays n’ont même pas attendu les résultats préliminaires de l’enquête doit être considéré comme un aveu de culpabilité. Ils savent que l’attaque chimique n’a pas eu lieu.

L’armée étatsunienne se méfiait de tout conflit potentiel avec la Russie. Des négociations intenses ont eu lieu la semaine dernière entre le Pentagone et le ministère russe de la défense. Le secrétaire à la Défense Mattis aurait dissuadé Trump d’une frappe plus sérieuse. La troisième guerre mondiale a été évitée.

La nuit dernière, quelque 107 missiles et missiles de croisière ont été tirés contre deux sites de recherche et huit aéroports militaires en Syrie par les forces étatsuniennes, françaises et britanniques. Les forces russes et syriennes ont été averties. Les gens et l’équipement avaient été déplacés. Les forces russes n’ont pas réagi directement car leurs zones en Syrie n’étaient pas visées. La défense aérienne syrienne a réussi à abattre ou à détourner 71 missiles avant qu’ils n’atteignent leur cible. Le Pentagone prétend qu’aucun de ses missiles n’a été détruit ou détourné de son objectif. Un média d’opposition syrien bien connu n’est pas d’accord avec les allégations du Pentagone :

    L’Observatoire syrien des droits de l’homme a réussi à surveiller l’interception par les forces du régime de dizaines de missiles qui ont ciblé leurs positions et bases militaires sur le territoire syrien, où plusieurs sources croisées ont confirmé à l’Observatoire syrien que le nombre de missiles abattus dépassait 65 missiles…

Un taux de réussite de 60 à 70% pour la défense aérienne contre les missiles entrants est stupéfiant. La plupart d’entre eux auront été détruits par les systèmes Pantsir-S1 fournis par la Russie à la Syrie. Tous les aéroports militaires syriens sont désormais protégés par de tels systèmes à courte portée et, alors que huit d’entre eux ont été ciblés, un seul a été touché.

L’une des cibles qui a été touchée était le Centre de recherche scientifique de Barzah, non défendu, près de Damas. Le Pentagone prétend que des armes chimiques y ont été fabriquées ou stockées. Cette affirmation est absurde pour plusieurs raisons :

  • En 2013, la Syrie a adhéré à la Convention sur la guerre chimique et a renoncé à toutes ses armes chimiques.
     
  • L’OIAC a vérifié tous les anciens sites d’armes chimiques accessibles en Syrie et a observé la destruction de l’équipement de production.
     
  • Le site de Barzah a été abandonné.
     
  • On n’attaque pas un site avec des bombes normales si l’on sait que des armes chimiques sont stockées. Les bombes distribueraient les produits chimiques et tout le monde sous le vent serait sérieusement affecté.
     
  • Après les bombardements étatsuniens, on peut voir des gens marcher à travers les ruines récentes. Aucun ne porte de protection. Il n’y avait sûrement rien de ‘chimique’.

Il en va de même pour l’installation de Jaramana frappée par les bombardements. Les allégations du Pentagone selon lesquelles les bombardements ont frappé en Syrie les « installations de production et de stockage de produits chimiques » sont mensongères.

Personne n’aurait été tué par les frappes. L’évaluation du ministère russe de la Défense indique que trois personnes ont été blessées. D’autres évaluations du raid aérien peuvent être trouvées ici : 1, 2 et 3.

Quelles seront les conséquences de ces bombardements ?

Ces dernières semaines, la pression des médias, des interventionnistes et des néoconservateurs en faveur d’une guerre plus large contre la Syrie (et la Russie) a été calmée. Même John McCain, qui veut toujours plus de guerres, semble quelque peu satisfait.

Le président de la Russie Vladimir Poutine a publié une déclaration forte :

Un acte d’agression contre un État souverain qui est sur la ligne de front dans la lutte contre le terrorisme a été commis sans mandat du Conseil de sécurité de l’ONU et en violation de la Charte des Nations Unies et des normes et principes du droit international.

Le gouvernement chinois déplore également la violation du droit international et de la charte de l’ONU.

En ordonnant les bombardements, le président Trump a également enfreint la loi étatsunienne, en particulier la War Powers Resolution.

Une réunion du Conseil de sécurité aura lieu aujourd’hui, mais, comme les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont des vetos, cela n’aura aucune conséquence.

L’une des questions dont les États-Unis ne sont certainement pas satisfaits est la démonstration réussie des défenses aériennes russes qui ont été utilisées hier soir contre les frappes états-uniennes. Cette annonce de la déclaration du ministère russe de la Défense va créer des tracas supplémentaires :

Il convient de souligner qu’il y a plusieurs années, compte tenu de la forte demande de nos partenaires occidentaux, la Russie a choisi de ne pas fournir les systèmes S-300 AD à la Syrie. Compte tenu de l’incident récent, la Russie estime qu’il est possible de réexaminer cette question non seulement en ce qui concerne la Syrie, mais aussi d’autres pays.

Plus de pays seront désormais en mesure d’acheter et de recevoir du matériel de défense aérienne russe de pointe. Les interférences futures des États-Unis et les frappes israéliennes contre la Syrie deviendront beaucoup plus risquées. Lorsque la Syrie recevra les systèmes S-300, elle aura la possibilité de détecter et d’attaquer tout avion israélien survolant le Liban. Israël a souvent utilisé l’espace aérien libanais pour attaquer des cibles en Syrie. Il perdra bientôt ce luxe.

La Syrie, l’Iran et le Hezbollah ont tous publié une déclaration promettant des représailles pour l’attaque.Leurs réponses viendront probablement sur le terrain contre les cibles et les actifs étatsuniens en Irak, au Liban, en Syrie et en Israël. Le peuple syrien à Damas a pu observer le succès des défenses aériennes et en a été très satisfait. Ils répondront par un soutien accru à leur gouvernement et à ses plans de libération de toute la Syrie.

Trump a échappé à la pression publique créée par la fausse « attaque chimique » avec une frappe aérienne plus ou moins symbolique. Il a tweeté « Mission accomplie ! » Je m’attends à ce qu’il continue d’insister pour qu’il soit mis fin aux opérations états-uniennes en Syrie. Celui qui a lancé l’attaque truquée n’a rien gagné.

Le Pentagone garde l’option ouverte pour d’autres attaques chimiques et des frappes états-uniennes. Il a affirmé aujourd’hui que la Syrie dispose toujours d’installations d’armes chimiques supplémentaires. Si c’était vraiment le cas, pourquoi les États-Unis n’exigent-ils pas une inspection et un démantèlement de ces installations par l’OIAC ? La Syrie a signé la Convention sur les armes chimiques et devrait l’accepter.

Le mépris évident des États-Unis pour le droit international et pour les organisations internationales comme l’ONU, l’OIAC et l’AIEA aura de graves conséquences. Les États-Unis peuvent maintenant sûrement oublier leur désir d’un accord de désarmement avec la Corée du Nord. La Russie, la Chine et d’autres pays utiliseront l’exemple des frappes aériennes de la nuit dernière pour ignorer le droit international quand cela leur conviendra. Il n’y aura plus de faveurs comme la retenue des systèmes S-300 ou l’adhésion aux sanctions états-uniennes contre d’autres pays.

En fin de compte, les instigateurs de l’incident, les États-Unis et leurs partenaires criminels se sont fait plus de mal avec ces bombardements qu’ils n’en ont fait à la Syrie ».

Moon of Alabama, le 14 avril 2014

Traduction SLT

Lire aussi :

Une opération bidon ?

La Chine peut dormir tranquille à la lumière des piètres prestations militaires occidentales en Syrie

https://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2018/04/14/apres-la-mise-en-scene-chimique-la-comedie-des-frappes/

Syrie : tout ça pour ça

Syrie : tout ça pour ça

Tout ce foin médiatique pour bombarder quelques les hangars vides. Ridicule. Mais raisonnable application d’une idée conne dès le départ. Il semblerait que Trump et Mattis aient eu un effet modérateur sur le choix des cibles.

Je suis assez content de moi : je m’en doutais, je commence à comprendre Trump. Plus il aboie moins il mord. Evidemment, ce n’est pas ce que vous diront nos crétins des medias, mais je pense que vous avez compris qu’ils sont des ennemis de Trump avant d’être des journalistes (ou plutôt : ils sont des ennemis de Trump parce qu’ils sont journalistes).

Le plus gros défi, peut-être impossible à relever, est la restauration de la crédibilité des occidentaux. Parce que, vus d’ailleurs, d’Afrique d’Asie, nous sommes d’énormes menteurs qui nous cachons derrière les leçons de morale pour défendre nos intérêts, et le plus navrant est que nos détracteurs ont parfaitement raison.

J’ose espérer au moins que mes fidèles lecteurs ne croient pas aux raisons niaises que nos gouvernants donnent, ça serait vraiment atteindre le fond la bêtise.

Syrie: de nouvelles frappes occidentales provoqueraient « le chaos » (Poutine à Rohani)

Syrie: de nouvelles frappes occidentales provoqueraient « le chaos » (Poutine à Rohani)

Moscou (Russie) – Le président russe Vladimir Poutine a averti dimanche que de nouvelles frappes occidentales contre la Syrie provoqueraient « le chaos » dans les relations internationales, après une attaque coordonnée menée samedi par les Etats-Unis et leurs alliés.

M. Poutine a souligné, lors d’une conversation téléphonique avec son homologue iranien Hassan Rohani, que « si de telles actions, menées en violation de la Charte des Nations unies, venaient à se reproduire, cela provoquerait inévitablement le chaos dans les relations internationales », selon un communiqué du Kremlin.

Les deux dirigeants ont « constaté que cette action illégale endommageait sérieusement les perspectives d’un règlement politique en Syrie », selon la même source.

Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont lancé samedi des frappes concertées en Syrie contre le régime de Bachar al-Assad, une semaine après l’attaque chimique présumée du 7 avril dans la ville syrienne alors rebelle de Douma, imputée aux forces gouvernementales.

Vladimir Poutine avait déjà dénoncé samedi « avec la plus grande fermeté » ces frappes qu’il a qualifiées d' »acte d’agression à l’encontre d’un Etat souverain qui se trouve à l’avant-garde de la lutte contre le terrorisme ».

(©AFP / 15 avril 2018 14h08)

https://www.romandie.com/news/Syrie-de-nouvelles-frappes-occidentales-provoqueraient-le-chaos-Poutine-a-Rohani/908991.rom

Les experts suisses identifient le poison des Skripal

Les experts suisses identifient le poison des Skripal

+

Selon l’Institut suisse pour la protection des armes nucléaires, biologiques et chimiques (Schweizerisches Institut für ABC-Schutz), le poison prélevé à Salisbury par les enquêteurs de l’OIAC, dans l’« affaire Skripal », est du « BZ ».

L’appellation « Novichok » désigne un programme de recherche soviétique et non pas une substance issue de ce programme.

Le « BZ » est un innervant de l’Otan, agissant dans les 30 à 60 minutes et pour une durée de 2 à 4 jours. L’URSS, puis la Russie, n’ont jamais travaillé sur ce type de substance.

L’Institut suisse pour la protection des armes nucléaires, biologiques et chimiques est une référence mondiale en la matière. Il a procédé à cette analyse à la demande de l’OIAC.

http://www.voltairenet.org/article200678.html

Comment des journalistes peuvent provoquer des guerres

Comment des journalistes peuvent provoquer des guerres

Le bombardement de la Syrie, le 14 avril 2018, restera aussi dans les annales comme un exemple des conséquences du journalisme à scandale. Thierry Meyssan revient ici sur l’emploi du sensationnalisme dans la propagande de guerre.

| Damas (Syrie)

+
JPEG - 40.1 ko
En décembre 2016, les Casques blancs co-signèrent cette revendication des jihadistes qui assiègérent Damas et lui coupèrent l’eau. Priver des civils d’accès à l’eau est un crime de guerre.

Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont bombardé la Syrie dans la nuit du 13 au 14 avril 2018. Cette opération, qui constitue une agression en Droit international, a été présentée comme une réponse alliée à l’emploi supposé d’armes chimiques par la République arabe syrienne.

Le secrétaire à la Défense US, le général James Mattis, a déclaré ne pas disposer de preuve de cette accusation, mais se fonder sur « des articles de presse crédibles ». En 2011, le procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno Ocampo, s’était également fondé sur des articles de presse —aujourd’hui tous démentis— pour lancer un mandat d’arrêt international contre Mouamar Kadhafi, justifiant ainsi l’intervention de l’Otan.

En 1898, le gouvernement US s’était identiquement fondé sur les « articles de presse crédibles » des journaux de William Randolph Hearst [1] pour lancer la guerre hispano-américaine. Par la suite, ces articles se révélèrent totalement mensongers [2].

Les « articles de presse crédibles » auquel James Mattis fait référence, quant à lui, se basent sur les déclarations de l’ONG britannique « Casques blancs » (White Helmets). Celle-ci, qui se présente comme une « association humanitaire », est en réalité partie au conflit. Elle a officiellement participé à plusieurs opérations de guerre, dont la coupure d’eau des 5,6 millions d’habitants de Damas durant une quarantaine de jours [3].

Quelques heures avant le bombardement des alliés, la Russie et la Syrie avaient rendus publics les témoignages de deux hommes, présents à l’hôpital de Douma durant la prétendue attaque chimique. Ils attestaient que celle-ci était une mise en scène et n’a jamais eu lieu [4].

Comme au XIXème siècle, il serait donc possible aujourd’hui pour des journalistes de manipuler des États et un tribunal international, de les pousser à renverser un régime ou à bombarder d’autres États.

C’est pourquoi, en démocratie, une partie de la presse revendique constituer un « Quatrième Pouvoir », quoi qu’illégitime car non élu.

Les médias qui disposent de cette capacité appartiennent à de grands capitalistes qui, par ailleurs, entretiennent des liens étroits avec les responsables politiques qui prétendent par la suite avoir été intoxiqués par leurs « articles crédibles ». William Randolph Hearst était par exemple un proche du président US, William McKinley, qui ambitionnait de lancer la guerre hispano-américaine et qui la déclara.

À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, l’Union soviétique et la France firent adopter par l’Assemblée générale des Nations unies diverses résolutions condamnant la propagande de guerre [5]. Elles furent transcrites en droit national par les États membres. Théoriquement, les journalistes qui se livrent à cette activité devraient donc être poursuivis. Pourtant ce n’est pas le cas, car dans la pratique seuls les États ont la capacité d’enclencher ce type d’action judiciaire. La propagande de guerre est donc interdite, mais pour le moment seuls des journalistes d’opposition qui n’ont pas la capacité de mener des guerres peuvent en être jugés coupables en droit national, pas les États qui les conduisent.

[1] Citizen Hearst : A Biography of William Randolph Hearst, W. A. Swanberg, Scribner’s, 1961.

[2] Public Opinion and the Spanish-American War : a Study in War Propaganda, Marcus Wilkerson, Russell and Russell, 1932. The Yellow Journalism USA, David R. Spencer, Northwestern University Press, 2007.

[3] « Une « ONG humanitaire » prive d’eau 5,6 millions de civils », Réseau Voltaire, 6 janvier 2017.

[4] « Les témoignages qui infirment l’accusation des Casques blancs », Réseau Voltaire, 13 avril 2018.

[5] « Les journalistes qui pratiquent la propagande de guerre devront rendre des comptes », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 août 2011.

http://www.voltairenet.org/article200680.html

Quelles leçons tirer des frappes militaires sur la Syrie ? Pour sortir du piège syrien

Quelles leçons tirer des frappes militaires sur la Syrie ? Pour sortir du piège syrien

(B2) Américains, Français et Britanniques montrent les biceps en Syrie. Quelle est la justification de cette action ? Est-elle légitime ? A-t-elle eu un effet militaire, géopolitique ? Peut-elle avoir une influence sur le conflit ? Pourquoi Bachar s’obstine-t-il à utiliser des armes chimiques ? Pourquoi les Russes ont-ils laissé passer les frappes ? Beaucoup de questions… quelques réponses

Une frappe légale ou légitime ?

Le régime de Bachar est-il responsable ?

Oui. Le régime de Damas s’était engagé en 2013 à démanteler tout son arsenal chimique, sous le contrôle d’inspecteurs de l’ONU et de l’OIAC. Il a violé cet engagement à plusieurs reprises, en reconstituant ses stocks, en ne déclarant pas certains centres de recherche et, finalement, en utilisant l’arme chimique sur le terrain. Il a également violé à plusieurs reprises les conventions de Genève sur le droit de la guerre, comme la Charte des Nations unies.

Bachar a-t-il régulièrement utilisé l’attaque chimique ?

Oui. Le régime de Damas a régulièrement utilisé l’arme chimique depuis le début. Il s’en est parfois vanté. Plus souvent il s’en est caché. A chaque fois qu’il a tenté de masquer ces faits, une enquête internationale a prouvé le contraire. La succession des faits est éloquente (lire notre dossier N°59. Attaques chimiques en Syrie, lignes rouges et petites frappes). Les rebelles ont également utilisé cette arme — cela a été le cas de Daesch —. Les faits dans ce cas ont pu être rapidement établis. En l’occurrence, dans la Ghouta, le régime était seul en position d’accomplir cette frappe. Et tout pointe vers le régime.

Pourquoi frapper en cas d’utilisation d’arme chimique et pas d’autre crime de guerre ?

Il y a deux raisons. Tout d’abord, les armes chimiques sont des armes de destruction massive, interdites par le droit international. Elles sont dites l’arme du pauvre car elles nécessitent peu de moyens techniques. Leur danger n’est pas seulement le nombre de pertes humaines qu’elle peur provoquer, mais la contamination de l’arme sur d’autres terrains. Ensuite, il y a une raison pragmatique. Les frappes du régime de Damas visent régulièrement les hôpitaux, les ambulances, les boulangeries, les centres d’approvisionnement, les civils. Des crimes de guerre… voire des crimes contre l’humanité, tout autant condamnables. Mais ils n’ont jamais été considérés par les Alliés comme une ‘ligne rouge’ ni comme une atteinte à leurs intérêts nationaux. Ce qui les aurait obliger à intervenir quotidiennement dans le conflit. Enfin, il y a la notion d’affichage politique : les Alliés ont affiché une ‘ligne rouge’ sur les armes chimiques. S’ils laissent quotidiennement utiliser cette arme, leur parole est dévalorisée sur la scène internationale.

La frappe est-elle autorisée par les Nations unies ?

Non. C’est un argument utilisé par Jean-Yves Le Drian. Mais il n’est pas tout à fait exact. Certes la résolution 2118 du 27 septembre 2013 prévoit un démantèlement des armes chimiques. Et son paragraphe 21 prévoit un possible usage de la force en cas de violation de cette résolution. Mais cette application ne semblait pas automatique. Il faut une nouvelle résolution du Conseil de sécurité pour intervenir sous chapitre VII. « En cas de non-respect de la présente résolution, y compris de transfert non autorisé ou d’emploi d’armes chimiques par quiconque en République arabe syrienne, il imposera des mesures en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies ». Le secrétaire général de l’ONU, le Portugais Antonio Guterres a été assez explicite sur ce point. « Le Conseil de sécurité est le premier responsable du maintien de la paix et de la sécurité internationales » (cf. communiqué du 14 avril)

Peut-comparer avec la situation qui prévalait en Irak en 2003 ?

Non. Sur la Syrie, on se trouve dans un autre cas de figure. En 2003, l’assertion de l’existence d’armes de destruction massive provenait uniquement des Américains et Britanniques, sans vérification indépendance. Une bonne partie de la communauté internationale (à commencer par la France et l’Allemagne, mais aussi la Suède, l’Autriche ou la Turquie) avait de sérieux doutes sur ces éléments. Dans le cas de la Syrie, la plupart des faits ont été soigneusement vérifiés non seulement par différents services de plusieurs pays, mais par un dispositif de vérification internationale (le mécanisme d’enquête conjoint composé d’experts de différentes nationalités de l’ONU et de l’OIAC). Celui-ci a cependant dû interrompre ses travaux le 16 novembre 2017… Un veto russe (soucieux de protéger le régime syrien) a été mis à son renouvellement. Comparer les deux situations est donc tout bonnement un préjugé idéologique. Tous les pays européens, par exemple, sont unanimes pour attribuer la responsabilité au régime syrien, ce qui est relativement rare quand on connait les différences de sensibilité quant à l’attitude à avoir avec Bachar (1).

Le régime de Bachar et l’arme chimique

Pourquoi Bachar utilise l’arme chimique alors qu’il est en position de force ?

Le régime de Bachar utilise l’arme chimique, par économie de forces, soit pour finir de « nettoyer » une zone, et liquider les dernières poches de résistance, à moindre frais humain ; soit comme d’une arme de terreur, un signal qu’il s’agit maintenant d’évacuer ou de négocier l’évacuation. Il veut en finir rapidement avec les poches rebelles, pour passer à une autre séquence, plus politique (un peu sous la pression de ses alliés qui ont également d’en termine avec ce conflit).

Quel est l’intérêt de cette arme au plan militaire ?

On peut résumer l’attrait de l’arme chimique pour le régime de Bachar (comme pour les autres intervenants de la guerre syrienne), par un effet maximal pour un minimum de coûts (humain et financier).

Premièrement, l’emploi de l’arme chimique permet de nettoyer une zone, avec un engagement minimal de forces et un maximum d’effet. Le gaz s’infiltrant partout, il est notamment particulièrement efficace en zone urbaine, « permettant de déloger des combattants ennemis abrités dans des habitations, afin d’engager le combat urbain dans des conditions plus avantageuses », comme l’explique une note de l’armée française.

Deuxièmement, c’est une arme de terreur, qui frappe de façon indiscriminée combattants et civils, femmes et enfants ; l’effet est de semer la panique parmi les combattants comme les civils. Il s’agit en clair de vider la zone ou de contraindre les survivants à la négociation.

Troisièmement, avec une seule séquence de tirs, relativement limitée, il désorganise l’arrière. Il ‘sature’ les structures de secours et de soins qui sont débordées de blessés, et est obligée de délaisser l’activité traumalogique habituelle. En clair, les combattants victimes d’armes classiques ne seront pas soignés en priorité.

N’est-ce pas provocateur vis-à-vis de la communauté internationale ?

Le régime de Bachar n’a cure de la respectabilité internationale, depuis le début. Il a sa propre logique qui est de gagner le combat sur ce qu’il appelle des groupes ‘terroristes’ (certains le sont réellement) et d’assurer son emprise sur sa population civile. Cela n’a pas de prix. Stastistiquement, sur toute la guerre syrienne, les armes chimiques utilisées font un nombre de morts relativement « minime » par rapport aux armes classiques (moins de 1% des victimes).

L’effet de la frappe : militaire ou politique

Quelle est la nature de la frappe des trois alliés ?

La frappe reste de l’ordre de la doxa politique. Elle n’est pas suffisamment forte pour être dissuasive pour le régime syrien, ni intense pour détruire toutes ces capacités. C’est pour cela que la coalition americano-franco-britannique parle de frappe « limitée » et « proportionnée ». Ce qui est exact. Mais elle est suffisamment marquée (une centaine de missiles tirés), et forte (par trois alliés), pour ne pas être tenue pour quantité négligeable. On peut mentionner qu’elle soutenue par la plupart des pays européens (même si c’est parfois du bout des lèvres), comme par la plupart des pays de la région, engagés directement ou indirectement dans le conflit, des pays aussi différents que la Turquie, Israël,  l’Arabie saoudite ou le Qatar).

La frappe est-elle un succès militaire ?

D’un point de vue de la technique militaire, sans aucun doute. Les frappes ont été réalisées, de façon magistrale, coordonnées, à la fois par air et mer (lire : La coalition américano-franco-britannique frappe quatre sites syriens (V3), permettant même de tester des armes nouvelles, sans pertes coté alliés (il faut encore voir le bilan côté civil syrien). D’un point de vue géopolitique, on peut aussi considérer qu’il y a un petit succès (cf. plus loin). En matière d’effet sur le cours du conflit, on peut dire que c’est plutôt un coup d’épée dans l’eau (cf. ci-dessous).

Cette attaque va-t-elle dégrader les conditions d’utilisation de l’arme chimique ?

Tout est question d’appréciation. Même à supposer que toutes les cibles aient bien été détruites et que les équipements indiqués étaient encore présents sur place, l’effet réel de la frappe est à relativiser. La mise en place d’une arme au chlore, produit couramment utilisé, est relativement facile. Celle du gaz sarin est plus complexe, car elle nécessite de pouvoir se procurer certains produits et des techniques et de conservation. Mais elle a à la portée d’un régime comme la Syrie. Si dégradation il y a, elle ne pourra donc être que temporaire, le temps de reconstituer les stocks.

La frappe sera-t-elle efficace sur la guerre en Syrie ?

Non. Un régime aussi sanglant que celui de Bachar n’est pas à quelques centaines de morts près. Il a déjà été frappé à plusieurs reprises sans subir vraiment de désastres. Il a déjà utilisé à plusieurs reprises les armes chimiques, malgré les menaces, malgré une frappe. Il pourra le réutiliser.

A défaut d’effet militaire, quel est l’objectif géopolitique recherché de cette frappe ?

Les Alliés tentent de reprendre pied dans un conflit qui leur échappe pour bonne partie. Ils ne sont pas vraiment présents ni militairement ni diplomatiquement. Sur le terrain, leur engagement militaire est limité, à la lutte contre Daech. Pour renverser les avancées du régime syrien, soutenu par ses alliés russes, iraniens et libanais, il faudrait un investissement militaire, dont aucun ne semble pas avoir ni l’intention ni les moyens (en pertes humaines) de s’engager plus en profondeur dans le conflit. Au plan diplomatique, toutes les initiatives sont bloquées par les Russes. Faire une frappe est une manière de dire non seulement à Assad, mais surtout à ses alliés, qu’il y a tout de même une détermination à voir certaines limites au conflit s’opérer. Enfin, il ne faut pas le négliger (même si ce n’est pas l’objectif primaire), cette frappe permet de resserrer les rangs entre Alliés, notamment entre Américains (et Français) et Turcs, qui se retrouvent ainsi du même côté, et non plus l’un face à l’autre.

L’effet de la frappe sur les alliés de Bachar ?

En quoi est-ce un signal à la Russie ?

Il s’agit de sortir du piège posé par la Russie aux Occidentaux, de pouvoir ainsi dire à Moscou que si sa diplomatie continue de bloquer tous les points de la négociation (sur la transition politique, sur l’enquête chimique, sur la simple condamnation du régime…), les occidentaux n’hésiteront pas à recourir à d’autres moyens, à contourner le blocage russe. Sur ce plan, la première manche est gagnée. Le message a d’ailleurs bien été reçu au Kremlin qui a, somme toute, réagi avec une certaine modération. Restera à gagner la seconde : obtenir des Russes qu’ils donnent leur feu vert au déploiement d’une nouvelle mission d’enquête.

Est-ce aussi un signal aux autres alliés de Bachar ?

On peut le dire au moins pour Washington. Le président américain Donald Trump n’a de cesse de pointer le régime iranien du doigt, notamment pour son programme balistique, nucléaire et son rôle dans la région (en Syrie mais aussi au Yémen). Les États-Unis envoient ainsi un message subliminal à Téhéran. N’allez pas trop loin…

Pourquoi dit-on que les Russes sont en position de force ?

Les Russes agissent sur les trois fronts. D’un coté, ils soutiennent en équipements et soutiens opérationnels les actions du régime syrien. De l’autre, ils agissent sur le plan politique en trio avec l’Iran et la Turquie (qui soutient les rebelles au régime) en tentant d’instaurer des zones de déconfliction, ayant leur propre calendrier de négociation, hors du temps international. Enfin, ils protègent leur allié en mettant un veto systématique à toute initiative alternative de la communauté alternative, qu’il s’agisse du mécanisme d’enquête, de la condamnation diplomatique du régime syrien, et encore moins d’une action sous le chapitre VII. Ils ont ainsi piégé les alliés euro-atlantiques dans un piège politico-militaire.

Les Russes ont-ils été informés de la frappe ?

Oui. Les Russes étaient informés sinon de l’exacte teneur des frappes, du moins de leur existence, de leur intensité et du moment, d’une part par leurs propres moyens d’écoute. Les préparatifs alliés ont été faits discrètement, mais pas secrètement (les mouvements des navires notamment étaient facilement perceptibles par les Russes qui ont leur dispositif de surveillance dans la région). D’autre part, par les alliés eux-mêmes, ainsi que l’a confirmé officiellement la ministre française des armées, Florence Parly. Le téléphone a fonctionné entre les capitales occidentales et russes. Les Alliés ont d’ailleurs bien pris de ne pas viser des Russes (2), pour éviter qu’ils soient impliqués. C’est ce qu’on appelle le mécanisme de déconfliction.

Pourquoi les Russes n’ont-ils pas voulu intervenir ?

Trois raisons principales (qui ne sont pas contradictoires) :

1° Militairement, il s’agit de ne pas exposer son bouclier anti-missiles à la possibilité d’une défaillance et de lui garder son pouvoir de dissuasion (si les Russes avaient affirmé le contraire, voulant à tout prix protéger le territoire syrien et que plusieurs missiles étaient malgré tout passer, cela aurait été une défaite militaire) ;

2° Il s’agit d’avoir le beau rôle, au point de vue international, de pouvoir contre-attaquer au niveau des instances internationales, en se parant de tous les arguments possibles du droit international (violation de la souveraineté, ne pas ajouter la guerre à la guerre) ;

3° Géopolitiquement, il s’agit de rappeler à l’allié syrien que, sans la protection russe, il est plus exposé. Une façon subliminale de faire un rappel au règlement à Bachar qu’il ne doit pas aller trop loin.

N’est-on pas dans un jeu de rôle entre Alliés occidentaux et Russes ?

Oui. Les Alliés frappent. Ce qui leur permet de montrer qu’ils ont encore quelques ressources et qu’une ligne rouge reste une ligne rouge qui ne doit pas être franchie. Ils peuvent ensuite jouer la partition politique. Les Russes laissent passer et protestent ensuite de façon vigoureuse, mais mesurée finalement. Sur le terrain, ils vont continuer à soutenir, militairement, le régime syrien. On est dans un jeu, classique, désormais au plan international, de bloc contre bloc.

L’effet sur la guerre

Y-a-t-il un risque d’escalade ?

Ce risque ne peut pas être évacué d’un revers de main. Il existe, même s’il est mesuré. A voir la réaction russe, pour l’instant somme toute assez mesurée, on peut dire que le risque d’escalade est limité. Mais le pouvoir syrien dispose de ressources propres, qu’il pourrait employer.

La guerre a-t-elle un vainqueur ?

Pour l’instant oui. Bachar, Moscou et Téhéran sont clairement en passe de gagner leur pari. Certains fins stratèges avaient misé sur l’épuisement russe : la Russie n’avait plus les moyens d’une guerre, elle allait s’épuiser en quelques mois, le régime était acculé, et la guerre a un cout pour l’Iran disaient-ils. Il n’en a rien été. Ces experts ont sous-estimé la capacité de l’adversaire d’endurer des pertes, d’être prêt à s’engager financièrement… ce que les occidentaux ne sont pas disposés à faire, soit car ils ne veulent pas, soit car ils ne peuvent pas, soit les deux.

Quel est le bilan actuel de la guerre en Syrie ?

Sanglant. Toutes armes confondues, et toutes forces confondues (forces légitimes, forces rebelles, groupements terroristes), on est sur un chiffre moyen de près de 200 morts par jour depuis le début du conflit (plutôt en augmentation par rapport au début du conflit), avec un bilan global de plus d’un demi-million de décès sur les sept ans de la guerre (511.000 morts à la mi-mars selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme), sans compter les blessés (plus d’un million), les réfugiés (plus de 5 millions de personnes ont quitté la Syrie) et les déplacés (6 millions ont migré à l’intérieur du pays)… sur une population de 20 millions.

Comment mettre fin au conflit ?

Il faut le dire clairement. Sauf à vouloir surenchérir dans le soutien aux armements de quelques groupes rebelles, ce qui est hors de portée des occidentaux, il ne reste que la seconde solution : convaincre les groupes rebelles de rendre les armes, négocier pour eux une certaine porte de sortie, au besoin par l’exil, en terminer avec le conflit au plus vite, signer des armistices, pour arriver à la seconde phase, la pacification, la reconstruction. C’est une réalité très difficile à dire, quasi paradoxale. On ne pourra vaincre le régime Bachar, que par la paix…

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) NB : on peut ajouter que siègent aujourd’hui à l’ONU ou dans les diplomaties européennes, certains diplomates impliqués dans la révélation des faits de 2003 (par exemple le chef de la délégation suédoise Olof Skoog qui était le conseiller politique de Hans Blix, le chef de la mission de l’ONU). Assurément, si ceux-ci avaient des doutes, ils seraient exprimés par leurs gouvernements. Ce n’est aucunement le cas.

(2) Contrairement à la frappe effectuée dans le nord de la Syrie par l’armée américaine. Lire : Qui est le groupe Wagner, les privés de Poutine qui agissent en Syrie ?

Photo : Lancement d’un missile tomawakh par un navire américain de la 5e flotte (crédit : US Navy – Matthew Daniels)

DIRECT. Frappes occidentales en Syrie : « la mission est un succès », affirme la ministre des Armées Florence Parly

DIRECT. Frappes occidentales en Syrie : « la mission est un succès », affirme la ministre des Armées Florence Parly

Les frappes de la France, des Etats-Unis et du Royaume-Uni en Syrie, dans la nuit de vendredi à samedi, ont visé « le principal centre de recherche » et « deux centres de production » du « programme clandestin chimique » du régime syrien.

Ce qu’il faut savoirUne « bonne partie de l’arsenal chimique » du régime de Damas a été détruite par les frappes occidentales en Syrie, dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 avril, a assuré le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. « Le but de cette opération, c’était de détruire les outils chimiques clandestins du régime de Bachar Al-Assad et, à cet égard, l’objectif a été atteint », a-t-il déclaré dans une interview à BFMTV. En réaction à ces frappes, la Russie a fait circuler un projet de résolution demandant à l’ONU de condamner « l’agression » armée occidentale contre la Syrie. Suivez en direct sur franceinfo la conférence de presse de la ministre des Armées, Florence Parly.

La Russie convoque une réunion d’urgence à l’ONU. « La Russie convoque une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU pour évoquer les actions agressives des Etats-Unis et de leurs alliés », a indiqué le Kremlin dans un communiqué, samedi 14 avril, après les frappes occidentales. Moscou « dénonce avec la plus grande fermeté l’attaque sur la Syrie, où des militaires russes aident le gouvernement légitime à lutter contre le terrorisme ». Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir à 17 heures (heure de Paris), en réponse à cette demande.

Une opération coordonnée des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France. C’est Donald Trump qui l’a annoncé, dans la nuit, dans une courte allocution. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France ont mené des frappes ciblées dans la nuit de vendredi à samedi. Elles ont visé « le principal centre de recherche » et « deux centres de production » du « programme clandestin chimique » du régime syrien, a précisé dans la matinée la ministre française des Armées, Florence Parly. Sur Twitter, Donald Trump a salué le « résultat » de ces frappes, qui « n’aurait pu être meilleur »« Mission accomplie », a-t-il lancé sur Twitter.

Des frappes contre les armes chimiques. Cette action militaire coordonnée a été menée en réaction à l’attaque chimique présumée du 7 avril à Douma, dans la Ghouta orientale, dernier bastion rebelle aux portes de la capitale, qui a fait plus de 40 morts, selon des secouristes. Interrogé par BFMTV samedi, Jean-Yves Le Drian a annoncé que si la « ligne rouge était refranchie », une nouvelle intervention pourrait être menée.

https://www.francetvinfo.fr/monde/revolte-en-syrie/direct-les-etats-unis-le-royaume-uni-et-la-france-ont-mene-des-frappes-ciblees-contre-la-syrie-damas-denonce-une-agression-barbare_2705614.html#xtor=EPR-51-[frappes-occidentales-en-syrie-regardez-en-direct-la-conference-de-presse-de-la-ministre-des-armees-florence-parly_2705614]-20180414-[bouton]

Pour quelques dollars de plus !

Pour quelques dollars de plus !

Ouverture libre

   Forum

Il n’y a pas de commentaires associés a cet article. Vous pouvez réagir.

   Imprimer

Pour quelques dollars de plus !

L’escouade d’Hollywood

Cette fois, l’Observatoire des Droits de l’Homme syrien qui, depuis 2011, a donné toute sorte d’informations sur les exactions de l’horrible dictateur Bachar Al Assad contre son peuple à partir de son arrière boutique de Londres n’a pas relayé l’attaque au gaz de Douma ce 7 avril 2018. Ni le Croissant Rouge syrien ni la coordination de l’ONU en Syrie, présents tous deux dans la Ghouta orientale, n’ont été en mesure de confirmer l’existence de victimes d’une intoxication aux armes chimiques.

Seuls les Casques Blancs, primés par le cinématographe mondial d’Hollywood qui a reconnu là l’un des siens, ont diffusé des imagesde corps amoncelés et d’enfants dénudés avec un masque censé délivrer de l’oxygène en guise d’assistance ventilatoire. Ils ont également fourni le filmde la dévastation d’un appartement au toit défoncé par la chute d’un obus intact gisant dans un lit qui n’a pas souffert de dommages de la part d’une masse atterrie brutalement sur lui. Il semble que dans ce cas, la mise en scène a choisi de présenter les effets de gaz suffocants non neurotoxiques. Ceux-ci sont doués  d’un fort pouvoir rémanent, les symptômes cliniques qu’ils produisent sont difficiles à mimer et ils obligent de plus à une protection drastique des sauveteurs, jusque là négligée dans la post production des Casques Blancs. Le chlore et autres agents vésicantsgénèrent des risques de mort immédiate mais aussi des effets retardés de plusieurs heures redoutables liés à l’œdème résultant des brûlures de l’arbre respiratoire et des alvéoles pulmonaires.

Le 7 avril, il aurait été dénombré 48 morts parmi les 500 personnes atteintes par les armes chimiques. La sincérité d’une telle allégation doit être mesurée à l’enquête sur le devenir des 452 personnes rescapées. Les observations diligentées par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques devra s’y intéresser et exposer publiquement et de manière argumentée leur devenir. Plusieurs jours plus tard, les gaz même si plus denses que l’air prétendument utilisés auront été dispersés mais les lésions et séquelles inévitables des désordres anatomiques induits sont identifiables longtemps après.

L’opération faux drapeau prévue et non prévenue

Quelques arguments militent en faveur d’une infiltration des agents de la propagande djihado-occidentales par le renseignement syrien et russe. Au cours du mois de mars, le gouvernement russe a annoncé être au courant d’une préparation en cours d’une provocation sous forme d’attaque chimique sous faux drapeau. Des citoyens syriens et des membres du personnel de l’hôpital de Douma témoignent de l’irruption d’inconnus dans la ville faisant irruption dans l’établissement munis de caméras et arrosant d’eau des personnes présentes. (Ici à partir de la troisième minute.) Des médecins du seul hôpital de la ville attestent n’avoir reçu aucun patient atteint d’une intoxication à des gaz toxiques.

La manipulation

Les Occidentaux comptent sur l’effet d’horreur déclenchée par l’évocation ‘gaz et armes chimiques’ et  liée dans la construction d’un inconscient collectif autour de l’extermination nazie, toujours mise en avant dans les mass medias et les programmes scolaires comme la quintessence du Mal. Un tel effet de sidération n’a jamais été obtenu avec les agents exfoliants fabriqués par Monsanto et délivrés par les bombardiers américains sur le Vietnam, tuant des civils par centaines de milliers et détruisant la végétation et stérilisant les sols pour des siècles. Ni avec l’usage d‘armes chimiques encore plus sophistiquées et non identifiées à Gaza en ce moment pour réprimer une population qui se révolte contre sa situation d’assiégée sous blocus. Pas plus le phosphore blanc étasunien à Fallouja en 2004ni l’israélien à Gaza en 2009n’ont ému en leur temps la communauté internationale de la même manière.

Propagande, l’ascension

L’attaque dans la nuit du 13 au 14 avril de la Syrie par la coalition des Usa et de ses vassaux britanniques et français est venue couronner celle de montée médiatique irrésistible contre le camp syrien et ses alliés. Le mois de mars a été marqué par les condamnations de la Russie dans l’affaire Skripal, dont le père, la fille ainsi que leur chat et leurs deux hamsters ont fait les frais. Les humains ont survécu à l’ingestion de moules contaminées par des saxitoxinesmais pas les animaux domestiques qui ont dépéri dans leur résidence mise sous scellés. Puis vint à point nommé le relai occasionné par les trois obus de chlore largués depuis des hélicoptères de l’armée arabe syrienne.  Celle-ci était en voie d’achever la libération totale de la Ghouta orientale des mercenaires qui l’occupaient depuis 2012 et la soumettaient à une économie de pénurie et de contrebande.

La montée de la propagande et l’agencement des scénarios ont encadré le long périple du successeur auto-désigné au trône du troisième royaume des Séoud en Ocident.

Du bruit

La démonstration de force, menée depuis les bases étasuniennes dans ses quasi-colonies arabes du Golfe, s’est limitée à détruire des sites inoccupés et n’a pas fait de victimes humaines en dehors de quelques blessés.

Elle a pris un soin extrême à ne toucher aucune cible russe.

Elle a démontré l’efficacité de vieux systèmes anti-missiles soviétiques utilisés par l’armée syrienne avec un taux d’efficacité de 71 missiles détruits sur 101.

Elle se devait de punir le succès des forces syriennes qui ont chassé les mercenaires à l’Ouest de Damas, leurs bandes sont désormais cantonnées à Idlib.

Les trois pays concernés par les ventes d’armes aux pays arabes du Golfe ont offert ce spectacle comme garantie de leur engagement en faveur des pétro-monarques de moins en moins enclins à croire en l’efficacité de leur arsenal. Ils se sont ridiculisés. Mais en jouant ainsi leur piètre numéro, ils espèrent maintenir l’atmosphère de tension nécessaire à leur funeste commerce. Ils appliquent ainsi leur doctrine en adéquation avec leurs objectifs et leurs moyens, pas de conflagration mondiale, mais conflits régionaux de moyenne à faible intensité toujours en cours.

En attendant la chute du dollar, beaucoup de pays périphériques risquent encore de souffrir de cette confrontation entre une Eurasie en montée de puissance irrépressible et cet Occident fané et sans crédit, sinon celui du mensonge et de la tromperie terriblement difficiles à contrer tant leurs peuples sont ‘zombifiés’.

Badia Benjelloun

http://www.dedefensa.org/article/pour-quelques-dollars-de-plus

Premiers éléments de la scène du crime

Chroniques du Grand jeu

Premiers éléments de la scène du crime

14 Avril 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Russie, #Etats-Unis, #Europe

Contrairement à nos prédictions d’hier, le système impérial est donc passé outre toute décence et a récompensé le false flag barbu par une salve de missiles sur la Syrie.

Il est encore trop tôt pour analyser en détail les tenants et les aboutissants de l’affaire susceptible d’embraser (ou pas) le Moyen-Orient voire plus si affinités, mais nous pouvons déjà faire quelques constats.

  • Les cibles sont insignifiantes

D’après les premiers rapports, seuls trois endroits ont été touchés : des centres de recherche et/ou usines prétendument chimiques. Immédiatement, une question surgit que ne semble pas s’être posée la presstituée : si ces centres contenaient des composants chimiques, comment se fait-il qu’aucune émanation toxique ne se soit répandue ? Réponse évidente : ils étaient vides et le programme chimique syrien n’existait pas.

Les barbus modérément modérés sont, eux, dépités.et crient au scandale. S’ils s’attendaient à être aidés par les frappes américaines, ils en ont été pour leurs frais. Pas étonnant qu’ils qualifient toute cette affaire de « farce » tandis que les gens dansent dans les rues de Damas.

On aurait donc assisté à un nouveau false flag au carré après la tragi-comédie de l’année dernière, Trump jouant les gros durs pour finalement détruire deux hangars désaffectés et une cafétéria? C’est la conclusion que tirent plusieurs observateurs. Sauf que…

  • La défense russe

Selon l’état-major russe, 71 missiles sur 103 ont été interceptés, soit 68% (à comparer avec les 61% de Khan Cheikhoun l’année dernière). L’ours est donc bien intervenu et a chopé la majorité des projectiles entre ses crocs.

Ces missiles se dirigeaient bien sur des bases et ont été détruits en vol par les Russes : Dumayr 12/12, Blay 18/18, Chayrat 12/12, Duvali 4/4 etc. On est loin alors d’une opération de relations publiques du Donald envoyant ses Tomahawk sur des endroits sans importance pour les beaux yeux de la ménagère de moins de 50 ans.

  • Les inspecteurs de l’ONU

Coïncidence que n’a évidemment pas relevé la journaloperie au garde-à-vous, ces attaques interviennent au moment même où les inspecteurs de l’OIAC prennent le chemin de Damas afin d’enquêter sur la supposée attaque chimique de Douma. Moscou a beau jeu de dire que les trois clowns ont voulu intimider la mission onusienne. Sans succès, celle-ci devant continuer son périple.

  • Les réactions

Sans surprise, les alliés de la Russie (Chine, Iran etc.) ainsi que les oppositions britanniques et françaises condamnent frappes tandis que les vassaux de l’empire s’en réjouissent, quoique le résultat de l’opération va vite les faire déchanter. Le retournement de veste turc ne passera sans doute pas inaperçu à Moscou et ouvrira peut-être les yeux de Poutine sur la folie de vendre des S-400 à Ankara. Comment avoir un seul instant confiance en la girouette sultanesque ? Bien plus logique est de fournir des S-300 à la Syrie, ce que le Kremlin considère maintenant sérieusement.

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2018/04/premiers-elements-de-la-scene-du-crime.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Revue de presse nationale et internationale.