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Les Etats-Unis ne souhaitent pas la guerre, mais la dénucléarisation de la péninsule coréenne (ministre de la Défense)

Les Etats-Unis ne souhaitent pas la guerre, mais la dénucléarisation de la péninsule coréenne (ministre de la Défense)

© Chine Nouvelle (Xinhua)Yang Ling, le 27/10/2017 11:19

Le ministre américain de la Défense James Mattis a indiqué vendredi que les Etats-Unis ne souhaitaient pas la guerre avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC), mais que la péninsule coréenne soit dénucléarisée.

M. Mattis est arrivé en matinée en Corée du Sud pour une visite de deux jours, se rendant notamment dans la Zone commune de sécurité (JSA) située sur le site frontalier de Panmunjom.

Au cours de sa visite, il a déclaré que le but de son pays n’était pas la guerre, mais « une dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la péninsule coréenne », ont rapporté les médias locaux. Washington se tient au côté de Séoul face aux menaces de Pyongyang, a-t-il ajouté.

Dans la JSA, des militaires de la Corée du Sud et de la RPDC se font face à quelques mètres à peine les uns des autres.

Il s’agit de la première visite de M. Mattis à Panmunjom. Entré en fonction en janvier dernier, il s’était rendu en Corée du Sud en février suivant, sans se rendre dans la JSA.

 

https://chine.in/actualite/asie/les-etats-unis-souhaitent-pas-guerre-mais_17768.html

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« le village gaulois qui résiste encore à l’envahisseur » supprimé !

Publié le 27 octobre 2017 Auteur par admin4Catégories immigration / islamisation BD d’Astérix : « le village gaulois qui résiste encore à l’envahisseur » supprimé ! Ils ont osé !
En même temps, alors que la France est submergée et que les médias dominants (de gauche) interdisent de s’en offusquer, cela devait finir arriver… « Quarante ans après la mort de Goscinny et six ans après qu’Uderzo a renoncé à dessiner, le scénariste Jean-Yves Ferri et le dessinateur Didier Conrad sortent le 37e volume des aventures d’Astérix intitulé Astérix et la Transitalique. […]
Un détail intrigue cependant dans ce nouvel album : la disparition de la fameuse page d’ouverture présentant une carte de la Gaule avec la loupe posée sur le village gaulois entouré des camps romains d’Aquarium, de Babaorum, de Laudanum et de Petibonum.
Exit également les quelques lignes situant l’action : “Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non. Un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours et à l’envahisseur…” L’éditeur a-t-il estimé que ce petit texte emblématique de la saga était aujourd’hui trop violent pour être livré à des millions de lecteurs ?
Interrogée par 20 Minutes, une représentante d’Hachette balaie le sujet, estimant que “cette question n’a pas d’intérêt”, peut-on lire sur le site du quotidien gratuit. Et de simplement évoquer un “parti pris éditorial”… » Source VA
!” Cadoudal dit : 28 octobre 2017 à 2 h 50 min pas question de faire l’ éloge de vilains Gaulois, identitaires, patriotes, xénophobes ,racistes, intolérants, qui refusent le vivre ensemble maçonnique et œcuménique avec les migrants romains.
Astérix est maintenant assimilé au socialiste Adolphe. dans le prochain livre , il finit pendu à Nuremberg malgré sa potion magique.
Retrouvez cet article et l’info alternative sur : http://www.contre-info.com

Astérix : Mais pourquoi la carte du village gaulois a-t-elle disparu du dernier album «Astérix et la Transitalique»?

Astérix : Mais pourquoi la carte du village gaulois a-t-elle disparu du dernier album «Astérix et la Transitalique»?

BANDE DESSINEE L’éditeur a ôté la traditionnelle carte et la présentation des personnages…

Camille Allain

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Le 37e tome de la série Astérix sorti le 19 octobre: Astérix et la Transitalique.

Le 37e tome de la série Astérix sorti le 19 octobre: Astérix et la Transitalique. — C. Allain / 20 Minutes

  • La traditionnelle carte de la Gaule a été éclipsée du dernier tome d’Astérix.
  • La présentation des personnages est aussi absente d’Astérix et la Transitalique.
  • L’éditeur Hachette explique que c’est un « parti pris éditorial ».
  • Ce 37e tome a été imprimé à cinq millions d’exemplaires.

Ils sont fous ces éditeurs. Sorti le 19 octobre, Astérix et la Transitalique n’est pas un album comme les autres. Le 37e tome de la série créée par Albert Uderzo et René Goscinny a vu la carte de la Gaule et la traditionnelle présentation des personnages disparaître. Habituellement situées en ouverture des albums d’ Astérix, les deux planches ont été éclipsées du tome imaginé par le dessinateur Didier Conrad et le scénariste Jean-Yves Ferri, qui officient ensemble pour la troisième fois.

>> A lire aussi : On a lu «Astérix et la Transitalique» avant tout le monde… Et on vous dit tout le bien qu’on en pense

Le 37e tome de la série Astérix sorti le 19 octobre: Astérix et la Transitalique.
Le 37e tome de la série Astérix sorti le 19 octobre: Astérix et la Transitalique. – C. Allain / 20 Minutes

« Je n’avais pas remarqué. Ce sont des clients qui nous l’ont signalé », témoigne le responsable du rayon BD de la librairie Le Failler, à Rennes. Quelques centaines de mètres plus loin, même son de cloche au Forum du Livre. « C’est un collègue qui a remarqué. J’ai vérifié plusieurs albums mais la carte n’y était pas. C’est surprenant », poursuit un vendeur. Les camps romains d’Aquarium, Babaorum, Petibonum et Laudanum encerclant le village gaulois ont donc disparu.

« Un parti pris éditorial »

Faut-il y voir un oubli ? Non, un choix délibéré selon l’éditeur. « Vous imaginez bien que quand on imprime cinq millions d’exemplaires, on n’oublie pas des pages entières », répond une représentante d’Hachette, surprise de la question. « Nous avons inséré une carte de l’Italie dans l’histoire. Nous jugions cela plus utile que de mettre une carte de la Gaule. C’est un parti pris éditorial », poursuit-elle.

Pour se justifier, Hachette explique également que ce n’est pas la première fois que la carte de la Gaule est absente. Lors de la sortie d’Astérix en Corse, c’est une carte de l’île de Beauté qui avait été dessinée. Mais la différence est notable car la planche se trouvait bien en ouverture de l’album. « Cette question n’a pas d’intérêt », balaye la représentante d’Hachette.

La carte de Gaule traditionnellement dessinée en ouverture de la bande dessinée Astérix.
La carte de Gaule traditionnellement dessinée en ouverture de la bande dessinée Astérix. – C. Allain / 20 Minutes

La carte de Gaule n’est d’ailleurs pas la seule à avoir disparu. Au verso de cette planche se trouvait également une présentation des personnages d’Astérix, d’Obélix, du druide Panoramix, du chef Abraracourcix et du barde Assurancetourix. « La série est tellement connue aujourd’hui que l’on n’a pas jugé nécessaire de présenter les personnages », répond l’éditeur. « Mais c’est comme si on enlevait le générique d’une série », s’agace un fan de la BD.

>> A lire aussi : Par Toutatis, c’est le quiz sur Astérix!

L’un des plus gros succès au monde

Avec cinq millions d’exemplaires imprimés (deux millions pour la France, deux pour l’Allemagne et un pour le reste du monde), Astérix fait partie des plus gros succès mondiaux de la BD. Editées depuis 1961 par Dargaud, les aventures du Gaulois ont été reprises en 1980 par les éditions Albert René créées par Uderzo après la mort de son acolyte Goscinny. Hachette a absorbé la petite maison d’édition en 2008. Albert Uderzo a également lâché le crayon à Didier Conrad et au scénariste Jean-Yves Ferri pour la sortie en 2013 d’Astérix chez les Pictes.

 

http://www.20minutes.fr/culture/2157727-20171025-pourquoi-village-gaulois-disparu-dernier-album-asterix?utm_term=Autofeed&utm_campaign=Echobox&xtref=twitter.com&utm_medium=Social&utm_source=Twitter#link_time=1508933703

Régis Debray : “L’économie a absorbé la politique”, par France Inter

Source : France Inter, Régis Debray, 22-09-2017

Régis Debray, écrivain et philosophe, est l’invité de Nicolas Demorand à 8h20. Il répond aux questions des auditeurs à partir de 8h40.

Régis Debray analyse la victoire d’Emmanuel Macron dans son livre “Le nouveau pouvoir” aux éditions du Cerf.

“La gaîté vient avec l’âge. Les jeunes prennent les choses au tragique, mais moi je suis sensibles aux rimes de l’histoire ce qui revient périodiquement. Moi je vois aujourd’hui la politique comme une comédie (…) Au fond tout ça est divertissant” dit le philosophe pour revenir sur son optimisme :

Les décadences sont des moments des moments féconds, créatifs

Ce qui m’embarrasse, c’est la victoire absolue d’ ‘homo économicus’, l’homme économique sur l’homme politique, lequel avait déjà remporté la victoire sur l’homme religieux

“L’économie a absorbé la politique”

“Nous sommes gallo-ricains, comme autrefois les gallo-romains (…)”L’envie d’être milliardaire est devenue légitime, comme l’envie d’être un héros il y a 100 ans ou d’être un saint il y a 1000 ans”.

“La victoire du chiffre est inquiétante, car c’est à très court terme (…) aujourd’hui nous avons perdu la conscience de porter une histoire collective . Ce qui pourrait me rendre triste, c’est la perte de l’horizon, la fin du récit de l’émancipation(…) Quand perd l’horizon, on revient à l’origine( …) Nous sommes le nez sur l’événement donc nous n’avons plus de mythe porteur”, poursuit le philosophe, qui explique que des pays laïques redeviennent religieux, citant en exemple l’Israël ou l’Inde.

La jeunesse est-elle un espoir?

“Le Sénat est vieux. Souvent, on dit que le vieux est sage : non, tout simplement il est con, ça s’appelle un vieux con (…)Le jeune tend à être plein de lui-même et surtout et à oublier d’où il vient, ce qui me frappe le plus c’est cette perte de sens de l’histoire, de la transmission”.

“Les vrais américains ont Dieu (…) nous nous avons d’autres ciments : une certaine conception de notre histoire, une autre mythologie”

La mythologie ça fait tenir debout, avancer parfois

Sur la France ‘start-up’ de Macron

Régis Debray y voit un “monde de vision courte, mais très étalée dans l’espace”, “un moment de civilisation, l’intérgation de la France dans une civilisation euro-américaine”.

“Le vivre-ensemble, comme on dit, c’est pour une communauté imaginaire (…) C’est la fin de l’utopie européenne : celle qu’un marché commun peut faire un imaginaire commun”.

Sur Emmanuel Macron président

“Une chose est la posture, autre chose est la capacité réelle de fédérer un peuple. On a une crise des figures de l’autorité (…) il y a le juge, une autorité protestante qui n’est pas chez nous très valide, il y a le leader , mais le leader suppose un peuple et derrière Macron il n’y a pas de peuple, c’est pas de sa faute, c’est comme ça”, estime Régis Debray. “Reste le père, mais c’est pas un père, donc il y a un certain flottement et je comprend qu’il cherche des éléments symboliques pour rassembler, fédérer et catalyser. Je doute qu’il les trouve car son milieu est dominé par la finance et l’économie, et c’est une idéologie individualiste (…) et qui a oublié l’Histoire, tout simplement”.

Ce n’est pas un président qui lit, je dirais qu’il butine, mais c’est déjà très bien

Selon Régis Debray, Emmanuel Macron est un “homme qui veut rechercher une profondeur de temps, mais son milieu ne peut que l’en empêcher”.

Source : France Inter, Régis Debray, 22-09-2017

11 réponses à Régis Debray : “L’économie a absorbé la politique”, par France Inter

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[RussEurope en Exil] Natacha Polony – Changer la vie, par Jacques Sapir

Billet invité

Le livre que vient d’écrire Natacha Polony a un double statut : il se veut programme tant économique que social, et cela explique le clin d’œil du titre aux années 1970, mais il se présente aussi sous la forme d’un dictionnaire, comme le fameux « dictionnaire des idées reçues » de Flaubert. Ce choix éditorial est assumé et justifié par l’auteur. Il s’inscrit dans une logique de combat culturel et politique qu’il convient de mener aujourd’hui. Sur ce point, Natacha Polony a parfaitement raison. Elle écrit ainsi dans l’introduction du livre : « Or, il n’est pas de projet politique véritable qui ne repose sur l’ambition de ‘changer la vie ‘. Telle est en fait la définition de la politique : l’idée qu’il est possible, par l’action collective des citoyens assemblés, de faire émerger les conditions d’une société qui mette réellement en œuvre les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité. Bref, le contraire absolu et radical de ce dogme selon lequel ‘il n’y a pas d’autre politique possible’ »[1]. Rien de plus juste. Contre l’idéologie ambiante, c’est bien d’un combat culturel dont il s’agit. Et, n’en doutons pas, ce livre de Natacha Polony apportera à ceux qui veulent le mener, explications, analyses et argument.

Mais, ce livre a aussi, dans sa forme, un double statut. Si cela ne pose pas de problèmes particulier à la lecture, et l’on sait que Natacha Polony écrit d’une plume enlevée, porte néanmoins en lui une tension qui conduit à s’interroger sur l’usage que l’on peut faire de cet ouvrage.

Les fondamentaux, le programme, et le plan de l’ouvrage

Ce livre est écrit en deux parties, intitulées « pour une société vivable » et « reconquérir nos vies ». Ce plan correspond bien au projet de faire programme. Mais, ces parties rassemblent des entrées alphabétiques. Ainsi, dans la première partie, l’entrée « Décroissance » se trouve prise en sandwich entre « Déclinisme » et « Démocratie ». Dans la seconde, qu’il est permis de trouver – en un sens – plus cohérente, l’entrée « S ‘empêcher » se trouve coincée entre « Rire » et « S’enraciner ». On mesure ici l’un des problèmes que soulève la lecture de ce livre. La juxtaposition des concepts est des champs peut nuire au développement de la pensée de Natacha Polony qui, pourtant, tisse sa toile avec une réelle unité du propos. Mais, c’est au lecteur de faire l’effort pour retrouver cette unité.

L’un des problèmes est que cette forme induit de nombreuses redites et répétitions. Un autre problème est que l’on saute ainsi fort souvent du coq à l’âne. C’est l’idée du dictionnaire qui veut cela. Mais, c’est aussi est en un sens regrettable, car le propos de l’ouvrage aurait mérité un plan, assurément plus conventionnel, permettant de mieux développer et approfondir certaines notions. On ressent en particulier cette tension dans la première partie de l’ouvrage.

L’idée du « dictionnaire des idées reçues » n’est pourtant pas sans mérites. L’acuité de la pensée de Natacha Polony et la vivacité de sa plume pouvaient s’y prêter. Mais, il aurait fallu, alors, faire des entrées courtes, afin de maintenir le lecteur dans un état de tension. Or, sur certains domaines, et là encore on le comprend parfaitement, voire on l’approuve, Natacha Polony a considéré qu’il lui fallait approfondir le sujet. L’entrée « Europe » fait donc plus de huit pages quand celle consacrée à « l’économie circulaire » en fait une et demie, et celle consacrée à la « globalisation » une un quart. Cela nuit à l’économie du texte. Ce livre hésite donc entre plusieurs registres, qui vont de l’analytique au pamphlétaire.

La question de l’autonomie

On l’a dit, le projet de Natacha Polony est estimable, et certainement nécessaire. Les réflexions qu’elle propose sont souvent très intéressantes. La longue discussion initiale sur l’entrée « Autonomie » l’illustre à merveille. Il en va de même avec l’entrée « Barbarie ». On notera que ces deux entrées font plus de six pages, et qu’elles auraient pu être étendues sans dommages. Car, l’un des points les plus intéressants de cet ouvrage est une forme de relecture du concept d’autonomie, et l’œuvre de Cornelius Castoriadis est ici largement évoquée. Natacha Polony montre bien la spécificité de ce concept, qui n’est nullement réductible à l’idée d’individus existants hors de toute société. Le concept d’autonomie cherche à articuler l’individualisme, à travers ses fondateurs qu’il s’agisse des philosophes grecs ou des théologiens chrétiens du Moyen-âge, et la notion d’animal social qui définit l’homme (mais qui, il faut l’ajouter, ne définit pas QUE l’homme car les grands primates sont tout autant que nous des animaux sociaux et donc politiques). Les références à Castoriadis, qu’elles soient explicites ou implicites, sont d’ailleurs assez nombreuses dans l’ouvrage. On peut cependant regretter qu’il ne soit pas fait mentions des travaux d’Agnès Heller et de Ferenc Feher, deux autres penseurs de cette importante notion d’autonomie.

Or, la question de l’autonomie débouche rapidement sur celle de la distinction nécessaires des sphères privées et publiques, et donc sur la question de la laïcité. C’est d’ailleurs une question fort ancienne. Les romains distinguaient ainsi entre les superstitio qui étaient les croyances de chaque individu et la religio qui définissait le corps de croyance que se devait d’avoir tous citoyen. On voit bien que la distinction entre sphère privée et sphère publique était connue. Les frontières entre ces sphères, ou ces espaces, n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui. Et on peut considérer que ces frontières sont en constante évolution.

C’est donc une question de fond, et elle est traitée avec la profondeur qu’il convient. Ici, il m’est arrivé plus d’une fois de maudire le plan de l’ouvrage, qui casse un raisonnement au moment où ce dernier prenait une ampleur et une profondeur des plus intéressantes. Car, il y a une continuité dans les réflexions de Natacha Polony sur ces différentes questions. Au-delà, la question de la séparation entre les deux sphères (la « privées » et la « publique ») est aujourd’hui remise en cause par les usages nouveaux qui s’imposent dans la société d’innovations techniques. Natacha Polony aborde et cite le développement de postures narcissiques mais, là encore, en dit trop ou trop peu. Ou, du moins, elle en dit trop peu dans l’entrée concernée. Car, une lecture attentive trouvera des mentions, des réflexions, voire ce que l’on appelle en peinture des « remords » dans d’autres entrées. Ici encore, on est confronté au parti pris de la structure du livre.

Les enjeux de l’analyse de la « barbarie »

De même, la question de la « barbarie » permet des développements qui sont passionnants mais, hélas, ces développements sont trop courts et nous laissent un peu sur notre fin (et pourtant c’est l’une des entrées les plus importantes). La critique de l’attitude du Premier-ministre canadien, M. Justin Trudeau est à la fois juste et éclairante sur les complaisances qu’entretiennent certains secteurs de l’opinion, mais aussi certains secteurs de l’élite politique, sur les comportements « barbares » qui sont alors si ce n’est justifiés du moins tolérés au nom de la « différence des cultures ». La question de l’excision est ainsi abordée, mais principalement par le prisme canadien. Sur ce point, on peut regretter qu’une entrée traitant des mutilations sexuelles, qui frappent essentiellement les femmes, ne se trouve pas dans ce livre. Au-delà du fait, que l’on doit assimiler à une barbarie, une analyse de la construction des justifications de cette barbarie, qu’elles soient coutumières ou qu’elles soient religieuses, permettrait d’armer les militants associatifs qui luttent, au quotidien, contre ces pratiques. Et là, on serait typiquement dans le projet explicite de ce livre.

Un coup d’œil alors à l’entrée « Multiculturalisme » se révèle décevant. Cette entrée, assez longue, porte plus sur les effets politiques du multiculturalisme, disant d’ailleurs sur ce point des choses justes, que sur les racines et les causes de cette idéologie. Car si l’hybridation des cultures est une réalité, la construction du projet multiculturaliste relève de l’idéologie. Quand Natacha Polony argumente sur le fait qu’il y a deux lectures du terme, une lecture qui renvoie à l’altérité entre les cultures et les civilisations, et une lecture qui désigne en fait une dimension de sauvagerie, elle a entièrement raison. Mais, justement, la juxtaposition de ces deux usages du mot « barbarie », un usage savant et un usage courant, pose un problème de fond. Les discours justificateurs des comportements barbares (dans le sens courant du terme) en jouent à fond. Et c’est là où l’on se trouve en manque d’une explication qui serait un approfondissement.

 

Héritage, éducation et le combat pour la responsabilité

Comme on l’a dit, les entrées correspondants à la seconde partie du livre sont souvent plus homogènes. Elles sont aussi écrites d’une plume plus nerveuse, et dans un style qui correspond mieux au « dictionnaire ». De ces multiples entrées, on conseillera au futur lecteur de lire « Hériter » et « Eduquer » en premier. Ces deux entrées sont des merveilles de précision et de concision. L’entrée « Connaître » est aussi un petit régal, à travers la citation du Pantagruel de Rabelais.

L’entrée qui porte sur les « responsabilités » est elle aussi importante, et elle est particulièrement bien venue. La notion de responsabilité est centrale à la construction d’une personnalité démocratique, comme le rappelle avec justesse Natacha Polony. Elle implique un certain regard sur le rapport entre Soi et les Autres, entre l’individu et la société qui l’entoure. Mais, la notion de responsabilité est aussi inter-temporelle. On n’est pas seulement responsable envers les vivants, mais aussi envers ceux qui sont à naître. C’est un pivotement essentiel de la notion de responsabilité qui renvoie à la prudence, ou à ce que l’on appelle aujourd’hui le « principe de précaution ». On en voit très concrètement les effets, dans le rapport que les citoyens doivent avoir à l’usage industriel de certains produits (de l’amiante au glyphosate). Mais, cette notion de responsabilité aurait mérité d’être élargie à des entrées, hélas manquantes, sur la « prudence », comme une possible vertu contemporaine.

Si des entrées manquent, d’autres interpellent par leur extrême concision. Ainsi l’entrée « Combattre » ne fait que 6 lignes…Est-ce à dire qu’il est si facile de faire le tour de cette question ? J’avoue en douter. Car, il y a un petit tour de passe-passe. Quand Natacha Polony écrit « Nulle violence, nulle agressivité. Mais la certitude que nos vies ont un sens quand elles creusent un sillon, quand elles s’incarnent dans une cause »[2], on ne peut que partager. Mais dire une chose vraie ne signifie pas tout dire, et en particulier traiter du rôle de la violence dans l’histoire des sociétés. Combattre, c’est aussi se poser le problème du rapport à la violence, une entrée elle aussi manquante. On aurait pu admettre l’extrême concision de l’entrée « Combattre » si à cette entrée y avait répondu une autre, traitant de la question des formes d’oppressions et des formes de lutte, bref de ce rapport à la violence qui doit être maitrisée dans une société démocratique mais qui ne saurait être exclu, sous peine de tomber dans un discours simplificateur. Or, « Combattre » et « Eduquer », voire « Connaître » sont des entrées liées. La cause pour laquelle on combat, et sous quelques formes que puisse prendre ce combat, elle découle de notre éducation, de ce que l’on connaît, voire de ce que l’on a hérité.

Une lecture indispensable pour ceux qui veulent changer la vie

On l’aura compris, ce livre regorge de trouvailles édifiantes, de notations passionnantes, de réflexions pertinentes, mais aussi de non-dits irritants. Les 55 entrées de la première partie tout comme les 27 de la seconde constituent autant de vignettes traitant des points cruciaux de nos vies et de la société d’aujourd’hui. Il faut donc remercier Natacha Polony d’avoir tenté d’en faire la synthèse dans un format maniable et qui permet d’emporter le livre avec soi pour relire certaines des entrées au fur et à mesure de nos envies mais aussi des nécessités du combat culturel. Sous cet aspect, ce livre s’avère être une lecture indispensable. Au-delà des critiques que l’on peut faire sur la forme, et aussi sur les oublis ou sur ce qui manque en approfondissement justement dans cette forme de dictionnaire, la lecture de cet ouvrage s’impose pour tous ceux qui partent du constat que nous vivons aujourd’hui dans un monde abominable, et qui deviendra pire pour nos descendants si nous n’en changeons pas.

[1] Polony N., Changer la vie – Pour une reconquête démocratique, Paris, Editions de l’Observatoire, octobre 2017.

[2] Idem, p. 266.

10 réponses à [RussEurope en Exil] Natacha Polony – Changer la vie, par Jacques Sapir

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Poutine déclare vouloir éviter à la Russie le sort de l’Occident où « les Chrétiens et les Blancs deviennent minoritaires » (vidéo)

Poutine déclare vouloir éviter à la Russie le sort de l’Occident où « les Chrétiens et les Blancs deviennent minoritaires » (vidéo)
Posted by La Rédaction on 24th octobre 2017

BREIZATAO – ETREBROADEL (24/10/2017) Le président russe Vladimir Poutine a profité d’une rencontre avec des jeunes de différents pays à Sotchi, sur les bords de la Mer Noire, pour souligner que le monde blanc était en train de disparaître à cause de l’invasion migratoire extra-européenne. Il a assuré vouloir empêcher que la Russie ne connaisse un tel sort.

Traduction de l’extrait vidéo :

« Regardez ce qui se passe dans le monde, l’Inde, notre voisine, a une population de 1,2 milliards d’habitants. Et la Chine une population de 1,5 milliards. Les USA continuent de recevoir de plus en plus d’immigrés et, autant que je puisse en juger, sa population blanche et chrétienne est déjà submergée. Les Chrétiens blancs sont devenus une minorité, moins de 50% à présent. Le monde connait de grands changements. Je ne dis pas que c’est bien ou mal, je dis juste que des changements globaux se déroulent. La Russie est effectivement un grand pays, de sa partie occidentale à ses frontières orientales, c’est un espace eurasiatique. Mais pour ce qui regarde sa culture, même sa langue, son groupe linguistique et son histoire, c’est indéniablement un espace européen puisqu’il est peuplé par des habitants issus de cette culture. Je dis ça parce que nous devons préserver tout cela si nous voulons rester un grand centre dans le monde. »

 

http://breizatao.com/2017/10/24/poutine-declare-vouloir-eviter-a-la-russie-le-sort-de-loccident-ou-les-chretiens-et-les-blancs-deviennent-minoritaires-video/#

La Catalogne, de l’autonomie à la mise sous tutelle

La Catalogne, de l’autonomie à la mise sous tutelle

Localisation de la Catalogne

Entrée en vigueur en 1978, la Constitution espagnole affirme l’unité indissoluble de l’Espagne malgré une forte décentralisation. Pourtant, des revendications indépendantistes catalanes se font à nouveau entendre depuis plusieurs années. Trois semaines après le référendum organisé par les indépendantistes, le gouvernement de Rajoy réagit afin de préserver ce principe d’unité.

Des relations mouvementées

Dès 1932, le statut de Núria octroie à la Catalogne un statut d’autonomie. Ce statut est réaffirmé en 1979 dans le cadre de la nouvelle Constitution espagnole. Enfin, le statut actuel, dit de Miravet, est adopté en 2006 à la suite d’un référendum. En 2010, une grande manifestation a lieu à Barcelone pour revendiquer le droit des Catalans à décider. Ainsi, plus d’un million de personnes défilent avec pour slogan « Som una Nació. Nosaltres decidim. » (Nous sommes une nation, nous décidons.). En 2012, le président catalan Artur Mas demande à Madrid la signature d’un pacte fiscal qui permettrait à la Catalogne de gérer les impôts prélevés dans la région. En septembre, des centaines de milliers de Catalans défilent en faveur d’un référendum et du pacte fiscal. Des élections régionales anticipées sont convoquées en novembre. Malgré un net recul, la formation d’Artur Mas, Convergència i Unió (Convergence et Union), remporte les élections avec pour objectif la construction d’un État catalan souverain.

Référendums pour l’indépendance

Passant outre l’interdiction du Tribunal constitutionnel et de Madrid, Artur Mas organise le 9 novembre 2014 un référendum sur l’indépendance. 80% des votants expriment leur volonté d’indépendance mais le taux de participation n’est que de 33%. Artur Mas est condamné en 2017 pour avoir organisé cette consultation populaire illégalement. De nouvelles élections anticipées ont lieu en septembre 2015. La liste Junts Pel Sí (Ensemble pour le Oui) remporte près de 40% des voix. En janvier 2016, le mouvement séparatiste CUP s’allie aux indépendantistes et leur permet de former une majorité parlementaire. Artur Mas se retire et Carles Puigdemont est élu président de la Generalitat, le gouvernement régional. En juin 2017, Puigdemont annonce la tenue d’un nouveau référendum d’autodétermination unilatéral. Ce dernier est prévu le 1er octobre. Mariano Rajoy, chef du gouvernement espagnol s’y oppose fermement. En septembre, Barcelone approuve le référendum malgré la grande division des Catalans sur le sujet. Dans la foulée, la Cour constitutionnelle espagnole suspend le référendum. Néanmoins, ce sont pas moins de 40% des Catalans qui se déplacent le 1er octobre pour voter. L’indépendance l’emporte à 90%.

La Catalogne, une région riche qui se rêve en Nation

Près de la moitié des Catalans se disent favorables à l’indépendance. En effet, la Catalogne est la région la plus riche d’Espagne : elle pèse autant que l’Irlande. Représentant 16% de la population espagnole, elle produit 20% du PIB du pays. Son économie très diversifiée lui a permis d’enregistrer en 2016 une croissance de 3,5% et un taux de chômage de seulement 13% (contre 17% en Espagne). Enfin, la Catalogne est la première région touristique du pays : 18 millions de touristes ont visité la région en 2016. Cela ne l’empêche cependant pas d’être la troisième région la plus endettée. Les indépendantistes rejettent la faute sur Madrid qui prélève l’impôt et le redistribue en priorité aux régions en difficulté. C’est pourquoi en mars 2017, Mariano Rajoy a promis d’investir 4,2 milliards d’euros dans les infrastructures de la Catalogne. Mais cela n’a pas suffi à calmer les velléités indépendantistes.

Conséquences économiques et politiques du référendum

Une indépendance aurait des conséquences économiques néfastes pour Barcelone comme pour Madrid. L’Espagne perdrait son moteur économique et la Catalogne sortirait de l’Union européenne et devrait assumer seule sa dette. Les indépendantistes ont lancé un vaste mouvement de retrait d’argent des banques afin de déstabiliser le système. Depuis le 1er octobre, déjà plus de 900 entreprises ont déménagé leur siège social hors de Catalogne à la recherche d’un climat plus stable. Les conséquences politiques ne se sont pas fait attendre non plus. Le roi Felipe VI a dénoncé hier une « inacceptable tentative de sécession ». L’article 155 de la Constitution permet à Madrid de suspendre l’autonomie catalane et d’en prendre les rênes. Mariano Rajoy vient d’annoncer, avec le soutien de l’opposition, la mise sous tutelle de la région. Des élections anticipées seront organisées pour renouveler le parlement général, dominé depuis 2015 par les indépendantistes. Cette suspension de l’autonomie s’annonce délicate et risquée puisqu’elle pourrait cristalliser les tensions et renforcer le sentiment d’indépendance. La mise sous tutelle sera soumise au vote du Sénat vendredi prochain mais Madrid a d’ores et déjà reçu le soutien d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel.

 

http://les-yeux-du-monde.fr/actualite/europe/31267-la-catalogne-de-lautonomie-a-la-mise-sous-tutelle

Frais bancaires : « des milliards » sur le dos des clients en difficulté

Frais bancaires : « des milliards » sur le dos des clients en difficulté

Par Delphine Cuny  |   |  1453  mots
L'enquête du magazine 60 Millions de consommateurs et de l'Unaf parle d'un matraquage des clients en difficulté par une cascade de frais pour incidents de compte. Toutes les banques facturent le plafond légal, à l'exception de La Banque Postale.
L’enquête du magazine « 60 Millions de consommateurs » et de l’Unaf parle d’un « matraquage » des clients en difficulté par une « cascade de frais » pour incidents de compte. Toutes les banques facturent le plafond légal, à l’exception de La Banque Postale. (Crédits : 60 MC et Unaf)
Selon une enquête de « 60 Millions de consommateurs » et de l’Union nationale des associations familiales (Unaf), les commissions pour incidents de paiement se multiplient et rapportent 6,5 milliards d’euros par an aux banques françaises. Un meilleur encadrement des frais est nécessaire car le plafonnement légal n’empêche pas les abus.

[Article publié à 4h et mis à jour à 17h35]

A l’heure où les banques multiplient les discours sur l’inclusion, la finance durable et solidaire et leur engagement citoyen, les conclusions de l’enquête réalisée par le magazine « 60 Millions de consommateurs » (dans l’édition de ce jeudi) et l’Union nationale des associations familiales (Unaf) risquent de porter un coup sévère à leur image. Le magazine édité par l’Institut national de la consommation (INC) et l’Unaf ont épluché « plusieurs centaines de relevés de compte de clients « lambda » et de clients en difficultés financières ponctuelles ou persistantes » et comparé les frais facturés par les établissements bancaires en cas d’incident de paiement : chèque sans provision, rejet de prélèvement, agios, dépassement de découvert, etc.

Une liste « impressionnante » de commissions en tout genre et « régulièrement, l’industrie bancaire en invente de nouvelles », telle que la « lettre d’avertissement pour compte débiteur non autorisé » d’un montant de 12 à 20 euros qui s’est généralisée. Si ces frais sont plafonnés depuis 2014, l’étude comparative montre que les banques facturent toutes le maximum autorisé par opération, « à l’exception notable de La Banque Postale. »

En moyenne, ces frais, qui touchent plusieurs millions de clients, coûtent au client « lambda » 34 euros par an.

« Pour les clients en difficulté, la note flambe pour atteindre 296 euros », soit huit à neuf fois plus, relève l’enquête. « La victime type n’appartient pas forcément aux populations les plus pauvres. Elle n’est pas surendettée ni forcément bénéficiaire des minima sociaux », ce sont « le plus souvent des salariés du secteur privé, fonctionnaires ou retraités. »

Un foyer en difficulté sur cinq s’est même vu prélever plus de 500 euros de frais par an. L’enquête, qui s’appuie aussi sur les cas concrets rencontrés par le réseau de l’Unaf, évoque celui d’un client de la BNP, un fonctionnaire quadragénaire tombé dans le rouge après une séparation, qui s’est fait ponctionner de plus de 3.000 euros en 2016 ! D’où l’impression d’un « matraquage » et d’un « profit facile réalisé sur le dos d’une personne fragilisée. »

Lire aussi : Moins de surendettés mais des surcoûts bancaires lourds pour les plus fragiles

Près de 5 milliards de bénéfice pour les banques

L’Unaf et « 60 Millions de consommateurs » ne remettent pas en cause le principe de ces tarifications mais ces cascades de frais qui s’accumulent et « enfoncent davantage encore dans la difficulté. » Ils remarquent aussi que ces frais, censés rémunérer « la charge de travail occasionnée par ce type d’incident : ouverture du dossier, édition des lettres, traitement du rejet » selon la Fédération bancaire française (FBF), sont en réalité bien souvent automatiques, sans travail d’analyse ni action humaine, par exemple pour la commission d’intervention de 8 euros (ou frais de forçage), comme l’a confirmé une enquête du syndicat CGT Banques et assurances. Le magazine parle même d’une « machine à facturer en pilotage quasi automatique. »

Et une machine qui rapporte gros. D’après les calculs du magazine et de l’Unaf, ces frais pour incident auraient généré 6,5 milliards d’euros de revenus pour les banques et 4,9 milliards d’euros de bénéfice net en 2016. Un montant énorme au regard des 23,5 milliards d’euros de bénéfices dégagés l’an passé par les groupes bancaires français, toutes activités confondues (pas seulement celle de détail en France). Le calcul a été compliqué, en l’absence de données publiques sur le sujet : il a été réalisé à partir d’estimations de banquiers sous couvert d’anonymat, de déclarations de dirigeants lors d’auditions parlementaires au moment du projet de loi de séparation bancaire de 2013, du milliard d’euros de perte de revenu estimé lors de la mise en place du plafonnement des commissions d’interventions, a expliqué l’économiste de l’Institut national de la consommation, Stéphanie Truquin, lors de la présentation à la presse ce jeudi de l’enquête.

Interrogée ce jeudi, la Fédération bancaire française (FBF) indique ne pas comprendre la méthodologie. Elle affirme par ailleurs que les banques ont « mis en place des outils pour détecter les personnes fragiles financièrement » au regard du fonctionnement de leur compte.

« La banque propose systématiquement à son client devenir échanger et l’informe qu’il existe une offre client fragile », aux frais d’incident minorés. « Mais la banque ne peut pas les y obliger. Près de 3 millions de lettres envoyées à des clients fragiles l’année dernière, et 10% d’entre eux souscrivent l’offre », répond une porte-parole de la FBF.

Cependant, l’enquête souligne que ce n’est pas systématique et que les conseillers bancaires sont nombreux à ignorer le dispositif. Devant le faible taux de souscription de l’offre spécifique prévue pour les clients fragiles, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, qui préside l’Observatoire de l’inclusion bancaire, a fait part de sa déception, lors des Rencontres régionales et européennes du microcrédit   le 20 octobre : «  il n’est pas question que les établissements bancaires en restent là », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, si ces frais sont facilement annulés lors d’un incident ponctuel, les clients en difficulté n’ont pas la capacité de négocier, ne peuvent joindre leur conseiller ou se sentent trop mal et coupables pour demander de les faire sauter.

« Ces frais sont la face cachée de l’inclusion bancaire. Ils sont vécus comme une punition, injuste, génèrent du stress. C’est une bouée en plomb pour les personnes en difficultés » a Fabien Toqué, coordinateur économie, consommation, emploi à l’Unaf. « Les banques nous disent qu’elles ne sont pas responsables des difficultés initiales de leurs clients. Mais au titre de leur responsabilité sociale, elles ne doivent pas les aggraver. »

Mieux encadrer les frais punitifs

L’enquête cite un exemple éloquent : les frais liés à la saisie du compte par un créancier, appelés « avis à tiers détenteur », sont « facturés une centaine d’euros, et même 130 euros à la BNP, alors que la même opération ne coûte que 20 euros chez sa filiale Compte-Nickel, qui affirme que ce tarif arrive à couvrir son coût ! » On comprend mieux le succès des offres des néo-banques sans découvert possible (ni chéquier, donc pas de risque de rejet) comme Compte-Nickel (729.000 clients) ou C-zam de Carrefour (90.000 clients), qui rassurent. Le mobile et le numérique permettent désormais d’alerter immédiatement et à moindre coût les clients qui risquent le découvert mais les banques commencent tout juste à le proposer, parce que des startups de la Fintech, des néobanques le font : l’intérêt du client prime rarement celui de la banque. Or ces alertes par SMS ou email ne coûtent à la banque que 15 à 65 centimes !

« Le plafonnement des commissions d’intervention a eu des effets pervers dans certains réseaux qui ont abaissé le niveau d’autorisation de découvert », a observé Aurélien Soustre, représentant de la CGT au Comité consultatif du secteur financier. Un « tour de passe-passe » pour récupérer d’un côté les revenus perdus de l’autre.

Ce système néfaste de frais parfois absurdes et perçus comme injustes a des conséquences sur les relations entre clients et conseillers, qui pourraient expliquer en partie la montée des incivilités en agences. Coupe dans les effectifs oblige, les conseillers se voient confier un portefeuille de clients ingérable (de 1.500 à 3.000 selon Aurélien Soustre, de la CGT), qui empêche le suivi personnalisé, et les priorités sont les objectifs commerciaux, la vente de produits d’épargne, de crédit ou d’assurance, pas le conseil des clients en difficulté. Accompagner les clients dans les moments difficiles de la vie constitue clairement un axe d’amélioration de la relation bancaire, avait souligné une étude Deloitte.

Lire aussi : Banque : le digital c’est bien, la proximité c’est mieux !

Le magazine et l’Unaf alertent les pouvoirs publics qui doivent « mieux encadrer ce système de frais bancaires punitifs. » Et les appellent donc à légiférer à nouveau afin de brider la « créativité tarifaire » des banques en la matière. La présidente de l’Unaf, Marie-Andrée Blanc, déclare dans un entretien à « 60 Millions de consommateurs » du mois de novembre :

« L’Unaf demande aux pouvoirs publics mieux encadrer ce système injuste qui pénalise spécifiquement ceux qui sont déjà en difficulté. Il faut aussi responsabiliser les établissements bancaires eux-mêmes pour qu’ils adaptent leurs offres et leur modèle économique à ces publics de plus en plus nombreux. Enfin, il faut prendre acte que les banques n’assurent plus la mission de conseil pour ces publics. »

A propos des cryptomonnaies : la stratégie blockchain à la loupe

A propos des cryptomonnaies : la stratégie blockchain à la loupe


valerie_bugault

Par Valérie Bugault − 16 octobre 2017

Rappel du contexte politico-économique

La domination du fait politique par les principaux détenteurs des capitaux s’analyse en réalité en la domination du fait politique par le fait économique. Ce faisant, il apparaît que le « fait politique », qui consiste à organiser la vie en commun dans une société donnée, n’existe plus réellement car il est soumis aux intérêts privés de quelques personnes qui dominent l’édifice institutionnel à la fois au niveau des États et, plus grave encore, au niveau international.

L’évolution de la domination du fait économique sur le fait politique est une longue histoire qui a commencé au moment des Grandes Découvertes et qui se terminera par l’avènement d’un gouvernement mondial aux mains des principaux détenteurs de capitaux de la planète. Ces détenteurs de capitaux ont développé leur emprise politique au moyen de l’accaparement des biens et des capitaux. Ils ont utilisé différents moyens pour arriver à leurs fins politiques parmi lesquels :

  • La centralisation de la gestion des masses monétaire dans leurs mains, au moyen du système des banques centrales,
  • L’anonymat juridique des capitaux,
  • Le système commercial mondial de libre-échange à la façon OMC, qui s’analyse en un libre investissement des multinationales, allié à la liberté pour les grandes entreprises d’absorber les entreprises de taille inférieure et in fine les États eux-mêmes.

Ce constat, d’ordre politique, juridique et institutionnel, est évidemment, et même plus que tout autre, encore d’actualité. Nous assistons aujourd’hui à un double mouvement initié par les grands banquiers internationaux visant à durcir leur domination politique, en imposant une monnaie mondiale sous forme dématérialisée, dans le même temps qu’ils accroîtront encore le niveau général de leur accaparement des richesses.

I) Analyse de la stratégie monétaire de type classique

Cette stratégie est visible lorsque l’on observe les évolutions monétaires actuelles avec une certaine prise de distance par rapport aux événements conjoncturels et lorsque l’on garde à l’esprit la méthodologie suivie, de tout temps, par les banquiers accapareurs. Il faut en effet garder en mémoire que les grandes avancées politiques de la caste des banquiers commerçants ont toujours été de pair avec une nette poussée du degré de leur accaparement sur les richesses. Les principaux moyens utilisés, de tout temps, par les banquiers accapareurs pour accroître leur niveau de richesses ont été :

  • L’organisation de bulles spéculatives sur les actifs, suivie de l’organisation consciencieuse de l’explosion de ces bulles (via le contrôle des taux directeurs de crédit), le tout leur permettant de racheter les actifs dépréciés pour un centime symbolique ;
  • Le fait de propager des informations fausses ou fallacieuses destinées à orienter la masse des investisseurs dans un sens ou dans un autre pour ensuite prendre le contre-pied desdits investisseurs et rafler la mise…

Par ailleurs, depuis le XXe siècle, les banquiers commerçants accapareurs ont soit financé la création, soit se sont approprié des technologies ou des méthodes techniques (notamment financières comme par exemple les CDS) nouvelles pour réaliser leurs objectifs de contrôle politique. Ce qui est vrai dans le domaine industriel ou de l’énergie, l’est bien évidemment également dans le domaine financier et monétaire. C’est ainsi que l’on a vu apparaître assez récemment (dernier quart du XXe siècle) deux armes de destruction massive des entreprises et des États que sont la « titrisation » des créances et les « Credit Default Swap » ; étant précisé que des CDS, généralement inscrits en hors bilan, se transforment inéluctablement, pour l’entreprise financière qui les a émis, en « dépôt de bilan ». L’opération a pour effet d’appauvrir les actionnaires, les utilisateurs de cet établissement financier et les ressortissants de l’État appelé au secours financier dudit établissement pour finalement réaliser une concentration supplémentaire du secteur financier puisque l’établissement malade sera racheté ou repris pour un centime symbolique par un plus gros qui se donnera le rôle de « sauveur ».

Toutes ces manœuvres se réalisent sur fond 1) de circulation totale et radicale des capitaux et surtout 2) de leur anonymisation dans des proportions industrielles par le biais du développement très important des « paradis fiscaux ».

II) Analyse de la stratégie monétaire de type blockchain

A. Rappel historique

Venons-en à la problématique des crypto-monnaies selon la technique dite des blockchains. Ces monnaies sont apparues, comme chacun le sait maintenant, en 2009 de façon anonyme (l’initiateur en est un mystérieux Satoshi Nakamoto), à la suite, bien entendu, de la crise financière de 2007. La blockchain est une technique cryptographique de transmission de données qui a été utilisée comme monnaie. Les banquiers, qu’ils soient ou non à l’origine de cette technique, ont eu tôt fait de se mettre sur les rangs pour en prendre le contrôle.

B. Fonctionnement du minage blockchain

La monnaie type blockchain est conçue comme une monnaie propriétaire ; elle est gérée par des « mineurs » qui en contrôlent la quantité en circulation. En quelques sortes, les « mineurs », représentés par des ordinateurs décentralisés, remplacent la banque centrale, faussement rattachée à un État, dans le contrôle de la masse monétaire en circulation. Lorsque les grandes banques internationales se mettent sur le marché du minage des cryptomonnaies, il est assez naturel de considérer qu’une collusion de banquiers devenus des « mineurs » est possible. La nature de « monnaie propriétaire » des cryptomonnaies est en soi une invitation à l’accaparement de la gestion monétaire par les plus gros détenteurs de capitaux.

S’agissant de la cryptomonnaie blockchain, il faut comprendre que plus il y aura de prétendants au « minage » de monnaie type blockchains, plus la capacité technique du « mineur » devra être importante, jusqu’à arriver à des « mineurs » professionnels détenant un matériel de professionnel, un simple ordinateur ne suffisant évidemment pas à la tâche. Qui dit grosse capacité technique dit également gros moyens financiers et logistiques pour acquérir cette capacité technique. Nous en arrivons ici à une professionnalisation des utilisateurs/propriétaires de la monnaie blockchain qui bénéficiera évidemment aux plus gros détenteurs de capitaux. Étant donné le coût de l’investissement technique éventuellement nécessaire au « minage », il est d’ailleurs prévu la possibilité, pour les « mineurs », de former une coopérative de « minage » au sein de laquelle les revenus seront distribués à part égale entre tous les « mineurs » membres de ladite coopérative ; chaque gain opéré par chaque membre de la coopérative étant dès lors distribué à tous les membres de cette coopérative.

Il ne faut donc pas être étonné de voir apparaître une énorme propagande bancaire et médiatique pour inciter les particuliers et les entreprises à utiliser des crypto-monnaies. Car en effet plus il y aura de transactions en cryptomonnaies, plus les « mineurs » devront être professionnalisés et plus les banques pourront accaparer le marché, devenu alors très lucratif, de la gestion des cryptomonnaies.

En plus de la faveur de grandes banques internationales pour les cryptomonnaies [1 Cf. https://www.lesechos.fr/04/12/2015/LesEchos/22080-117-ECH_goldman-sachs-parie-a-son-tour-sur-la-technologie-derriere-les-bitcoins.htm ; aussi https://www.lesechos.fr/29/04/2016/LesEchosWeekEnd/00029-009-ECWE_blockchains-la-deuxieme-revolution-numerique.htm#], certaines banques centrales ont d’ores et déjà émis leur propre crypto-monnaie, tandis que le FMI lui-même se prononce en faveur de cette monnaie [2 cf. http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/le-fmi-pret-a-discuter-des-monnaies-virtuelles-et-de-la-blockchain-752355.html].

C. Objectifs géopolitiques des cryptomonnaies

D’un point de vue de géopolitique économique, ce système monétaire nouveau va retirer définitivement aux gouvernements la gestion monétaire pour la confier directement à des entités privées, c’est-à-dire aux accapareurs. Nous franchissons ici un pas de plus qui va rendre obsolète le système des banques centrales pour mettre la gestion monétaire, non pas dans les mains de ses usagers, mais dans celles des principaux propriétaires de capitaux. Cette volonté implicite pourrait expliquer que certaines banques centrales et dirigeants politiques aient souhaité s’emparer de la technologie des blockchains afin de conserver un contrôle politique sur ces nouvelles monnaies [3 cf. https://journalducoin.com/bitcoin/russie-poutine-finalement-favorable-aux-cryptomonnaies].

Ce type de tentative a eu un précédent historique très important qui s’est soldé par un échec cuisant : Napoléon Ier avait lui aussi cru doubler les banquiers en prenant le contrôle capitalistique direct de la banque centrale qu’il instituait sur le territoire français. On connaît la suite : Napoléon est parti mais la banque centrale a perduré ; qui plus est, les véritables initiateurs de cette idée de « banque centrale », les banquiers, ont fini par en prendre totalement le contrôle. Moralité de l’histoire : un homme politique ne pourra pas contrer les banquiers en utilisant les techniques que ces derniers lui imposent et maîtrisent mieux que personne. Une décision politique conjoncturelle, aussi futée apparaisse-t-elle, ne pourra jamais venir à bout des banquiers dans un contexte institutionnel général hostile à la décision politique. Croire retourner les armes de l’adversaire contre lui est une technique sans doute efficace dans certains arts martiaux mais qui n’a, historiquement, jamais fait ses preuves en matière monétaire et financière.

Il est possible que cette compréhension historique fine des événements ait incité le gouvernement chinois (qui avait, un temps, semblé favorable aux cryptomonnaies) a interdire les plate-formes de blockchains sur son territoire [4 cf. https://www.developpez.com/actu/160781/L-ordre-de-fermeture-des-plateformes-d-echange-de-bitcoins-confirmee-en-Chine-debut-de-l-eclatement-de-la-bulle-ou-opportunite-d-achat/].

D. Moralité politique de l’histoire « blockchains »

La politique ne pourra reprendre le contrôle de la monnaie qu’à la condition d’établir de nouvelles règles monétaires, la première de toutes étant de rendre à la monnaie sa fonction initiale de service, et donc d’institution politique en raison de son utilité publique. Ce qui suppose de mettre un terme à la monnaie conçue comme une marchandise, comme le sont l’or ou les cryptomonnaies actuelles, qui sont des invitations à l’accaparement monétaire. Ce n’est qu’à cette condition que la force politique pourra subvertir la force économique et reprendre la place qui est naturellement, de droit, la sienne dans la gestion des affaires publiques.

III) Analyse géopolitique de la stratégie monétaire globale : une vaste opération d’encerclement des États

D’une façon générale, en tant que géopoliticienne de l’économie, je vois arriver simultanément deux très grands événements qui vont participer à la mise en place rapide de la future monnaie mondiale, arme du futur gouvernement mondial aux mains des élites financières.

Le premier grand événement est classique. Il consiste, pour les banques centrales coordonnées par la BRI, à opérer un dégonflement des bulles spéculatives créées par un afflux massif de monnaie peu chère. L’actuelle tendance lourde à la remontée des taux directeurs va opérer immanquablement, comme elle l’a historiquement toujours fait, un appauvrissement spectaculaire des Occidentaux. Le malheur des uns faisant toujours le bonheur des autres, les grands capitalistes vont profiter des prix dépréciés pour racheter à vil prix la grande majorité des actifs en circulation.

Un vaste phénomène d’accaparement est actuellement en cours en occident. Ce phénomène donnera encore plus de puissance internationale aux banquiers commerçants pour ultérieurement circonvenir les gouvernements qui tenteraient, ici ou là, de lui résister. Ce phénomène d’accaparement massif va aggraver la pression sur les gouvernements politiques en créant un environnement qui leur sera définitivement hostile et qui, à terme, permettra la victoire politique totale des banquiers accapareurs.

Le second grand événement est l’arrivée massive des cryptomonnaies à l’échelle mondiale. Cette arrivée, proclamée en grande pompe par les plus grandes banques et institutions internationales, répond à trois objectifs complémentaires. Premièrement, l’incitation au développement des cryptomonnaies crée les conditions idéales pour développer la spéculation sur ces monnaies ; or l’Histoire nous apprend que les seuls gagnants réels des mouvements de spéculation sont les banquiers accapareurs. Il est ici encore question d’accaparement.

Deuxièmement, nous avons vu que le développement de l’utilisation des monnaies blockchains est favorable à la concentration et à la professionnalisation des « mineurs », ce phénomène engendrera une arrivée massive des banquiers en tant qu’organes de contrôle de ces monnaies.

Troisièmement, l’arrivée en grande pompe d’une cryptomonnaie a-nationale c’est-à-dire non rattachée à un gouvernement d’État, répond à l’objectif d’habituer les gens à utiliser cette technique de monnaie non rattachée à un État politique. Il sera ainsi plus aisé d’imposer ce type de monnaie en tant que monnaie mondiale.

En résumé, les grandes stratégies bancaires à l’œuvre actuellement ont toutes pour objectif de supprimer définitivement la participation d’organes politiques, quels qu’ils soient, dans la gestion et le contrôle monétaire. Les grands banquiers tendent, avec l’avènement des cryptomonnaies, un piège mortel aux hommes politiques : le piège de l’encerclement, deuxième stratagème des « 36 stratagèmes » de l’art de la guerre chinois.

Le seul moyen pour des dirigeants politiques de reprendre le contrôle de leur monnaie et donc, par voie de conséquence, de leur État est de prendre acte du fait que l’actuelle situation monétaire leur échappe ; quelle que soit par ailleurs la pertinence, de court terme, de telle ou telle mesure conjoncturelle tendant à réglementer les monnaies blockchains. Des dirigeants politiques sages devraient édicter des règles monétaires nouvelles qui excluront, pour l’avenir, les banquiers accapareurs de la gestion monétaire. La première de ces règles serait de replacer la monnaie dans un contexte institutionnel et de lui rendre la place de service public qu’elle n’aurait jamais dû perdre au profit de celle de marchandise.

Valérie Bugault

Notes

 

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http://lesakerfrancophone.fr/a-propos-des-cryptomonnaies-la-strategie-blockchain-a-la-loupe

 

Comment les élites dominent le monde – Première partie : L’endettement comme outil d’asservissement

Comment les élites dominent le monde – Première partie : L’endettement comme outil d’asservissement


Par Michael Snyder – Le 15 octobre 2017 – Source The Economic Collapse Blog

Au cours de l’histoire de l’humanité, la classe dominante n’a eu de cesse de trouver de nouveaux moyens de faire travailler à son profit économique ceux qui sont situés plus bas qu’elle sur l’échelle sociale. Mais de nos jours, nous sommes les propres acteurs de notre asservissement. Le débiteur travaille pour le compte du créditeur, et il n’y a jamais eu autant d’endettement qu’aujourd’hui dans toute notre histoire. Selon l’Institut de Finance internationale, l’endettement mondial est estimé à 217 000 milliards de dollars, bien que d’autres estimations l’évaluent beaucoup plus haut. C’est une évidence pour tous que notre planète est en train de sombrer dans un océan de dettes, mais la plupart des gens se demandent qui détient toute cette dette. Cette bulle d’endettement sans précédent représente le plus grand transfert de richesse dans l’histoire de l’humanité, et ceux qui s’enrichissent de la sorte sont les membres d’une élite fabuleusement riche au sommet de la pyramide.

Saviez-vous que huit hommes au sommet de la pyramide possèdent autant de richesses que les 3,6 milliards hommes les plus pauvres au bas de cette pyramide ?


Chaque année, l’écart entre les super-riches et les pauvres ne fait que croître. C’est un sujet sur lequel j’ai beaucoup écrit, et la « financiarisation » de l’économie mondiale joue un rôle majeur dans l’accentuation de cette tendance.

Le système financier mondial dans son intégralité est basé sur l’endettement, et ce système basé sur la dette détourne sans relâche la richesse du monde vers le haut de la pyramide.

On attribue à Albert Einstein la citation suivante :

« Le principe des intérêts composés 1 est la huitième merveille du monde. Celui qui comprend son mécanisme s’enrichit grâce à lui… tandis que celui qui ne le comprend pas, le paye. »

Peu importe qu’il ait ou non réellement prononcé cette phrase, il est un fait que cette affirmation est exacte. En assujettissant chacun de nous à la dette, l’élite peut s’asseoir et contempler sa fortune croître lentement mais sûrement. Alors que le reste de l’humanité travaille d’arrache-pied pour « payer ses factures », la vérité est que nous passons les années les plus productives de notre vie à travailler pour enrichir quelqu’un d’autre.

De nombreux ouvrages et articles ont été écrit à propos des hommes et femmes qui dominent le monde. Qu’on les appelle « l’élite, l’establishment ou les mondialistes », la réalité est que la plupart d’entre nous savons qui ils sont. Et la manière dont ils nous contrôlent tous ne relève pas d’un immense complot. C’est en fait d’une simplicité enfantine. L’argent permet une forme de contrôle social, et nous rendre débiteurs leur permet de nous faire tous travailler pour leur propre intérêt économique.

Le processus commence dès le très jeune âge. Nous encourageons nos jeunes à étudier à l’université, et leur disons de ne pas se préoccuper de combien cela peut coûter. Nous leur affirmons que des emplois de qualité les attendent à la sortie de l’école et qu’ils n’auront pas de difficulté à rembourser les prêts pour étudiants qu’ils ont contractés.

Il se trouve qu’aux États-Unis, au cours des dix dernières années, l’endettement des étudiants a augmenté de 250%, pour atteindre le chiffre effrayant de 1400 milliards de dollars. Des millions de nos jeunes entrent dans le monde du travail avec ce handicap financier, et bon nombre d’entre eux passeront les décennies suivantes à repayer leurs dettes.

Mais ce n’est pas tout.

Pour pouvoir vivre correctement dans nos sociétés, à peu près chacun d’entre nous a besoin d’au moins un véhicule, et les crédits automobiles sont très faciles à obtenir de nos jours. Je me rappelle d’une époque ou les crédits automobiles ne s’étalaient que sur quatre ou cinq ans au plus, mais en 2017, il est courant de trouver des crédits de six ou sept ans pour une automobile neuve.

Le montant total des crédits automobile aux États-Unis a maintenant dépassé les 1000 milliards de dollars, et cette dangereuse bulle ne fait que grossir.

Si vous souhaitez acquérir une résidence, cela signifie un endettement bien plus important encore. À une époque, les emprunts immobiliers s’étalaient habituellement sur dix ans, mais de nos jours, 30 ans est la norme.
Soit dit en passant, connaissez-vous l’étymologie du terme « mortgage » (emprunt immobilier en anglais) ? Si on remonte aux racines latines du terme, il signifie « promesse de mort » (mort-gage).

Avec des emprunts immobiliers s’étalant sur trente ans, beaucoup d’entre nous rembourseront leurs crédits littéralement jusqu’à leur mort. Malheureusement, la plupart des Américains ne comprennent même pas à quel point ils enrichissent leurs débiteurs. Par exemple, si vous avez contracté un emprunt immobilier sur trente ans pour une maison de 300 000 dollars au taux d’intérêt de 3,92%, vous aurez payé au final 510 640 dollars.

L’endettement pas le biais des cartes de crédit est encore plus insidieux. Le taux d’intérêt appliqué aux cartes de crédit est souvent à double chiffre, si bien que certains consommateurs finissent par repayer plusieurs fois la somme qu’ils ont empruntée au départ.

Selon des chiffres de la Réserve fédérale américaine, le montant total de l’endettement par carte de crédit aux États-Unis a maintenant dépassé les 1000 milliards de dollars, et nous sommes sur le point d’entrer dans la période de l’année où les Américains utilisent le plus leurs cartes de crédit. Ainsi, au total, les consommateurs américains sont endettés de quelques 13 000 milliards de dollars.

En tant que débiteurs, nous sommes les esclaves de nos créditeurs, et la plupart d’entre nous n’ont pas conscience de ce qui nous est imposé.

Dans cette première partie, je me suis concentré sur les contraintes de l’endettement individuel, mais lors de la seconde partie, je vais expliquer comment les élites utilisent la dette souveraine pour nous asservir encore plus. Sur toute la planète, les gouvernements nationaux sont en train de sombrer dans un océan de dettes, et cela n’est pas le fruit du hasard. Nos élites apprécient tout particulièrement d’asservir les gouvernements par l’endettement, car cela leur permet de transférer d’immenses sommes d’argent de la poche des contribuables vers leurs coffres. Rien que cette année, le gouvernement américain devra rembourser environ 500 milliards de dollars rien qu’en intérêts sur la dette souveraine. Cette somme représente autant d’argent que le contribuable paie sans pouvoir en profiter, et ceux à qui cet argent est destiné ne font que s’enrichir encore plus.

Dans la seconde partie, je parlerai aussi de notre système basé sur l’endettement qui a été conçu pour créer une spirale d’endettement des États. Une fois que l’on comprend ceci, les solutions que l’on envisage changent radicalement. Si on se donne pour objectif de contrôler l’endettement des gouvernements, alors nous devons nous débarrasser de ce système actuel qui a été conçu par ses créateurs dans le seul but de nous asservir.

Nous passons beaucoup de temps à analyser les symptômes, mais si nous voulons résoudre ce problème une bonne fois pour toute, nous devons nous intéresser aux causes du problème. L’endettement est un outil d’assujettissement des masses, et le fait que l’humanité dans son ensemble « doive » plus de 200 000 milliards de dollars à ses créditeurs devrait nous inquiéter profondément.

Michael Snyder

Michael Snyder est un candidat du Parti républicain au Congrès pour le premier district de l’État de l’Idaho. Vous pouvez vous renseigner sur la manière dont vous pouvez participer à son combat en consultant son site officiel. Son nouvel ouvrage intitulé « Living A Life That Really Matters » (Vivre une vie qui en vaille la peine) est disponible en format de poche et sur Kindle sur le site Amazon.com

Traduit par Laurent Schiaparelli, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone

  1. Lorsque les intérêts de chaque période sont incorporés au capital pour l’augmenter progressivement et porter intérêts à leur tour, NdT.
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