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L’islam politique contre la Chine

Le Pentagone prépare une nouvelle guerre en Asie du Sud-Est

L’islam politique contre la Chine

Vous avez probablement conscience d’être incomplètement informé sur ce qui se trame au Myanmar et vous n’avez probablement pas entendu parler de la coalition militaire qui se prépare pour attaquer ce pays. Pourtant, comme Thierry Meyssan l’expose ici, les événements actuels sont organisés par Riyad et Washington depuis 2013. Ne prenez pas position avant d’avoir lu cet article et d’en avoir intégré les informations.

| Damas (Syrie)

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Selon l’état-major US, le Myanmar fait partie de la zone à détruire (ici, la carte publiée par Thomas P. M. Barnett en 2003).

Poursuivant sa Grande stratégie d’extension du domaine de la guerre [1], le Pentagone préparait en même temps l’instrumentation des kurdes au Moyen-Orient élargi, une guerre civile au Venezuela et une guerre d’usure aux Philippines. Cependant, ces conflits devront attendre au profit d’un quatrième théâtre d’opération : la Birmanie, aux marches de la Chine.

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Le 28 septembre au Conseil de sécurité, Jeffrey Feltman, le numéro 2 de l’Onu, assiste aux débats aux côtés du secrétaire général António Guterres. Après avoir personnellement supervisé l’agression contre la Syrie, il entend organiser celle contre la Birmanie. Ancien fonctionnaire états-unien, Feltman fut l’adjoint d’Hillary Clinton.

Lors de la réunion du Conseil de sécurité de l’Onu, le 28 septembre, l’ambassadrice US et plusieurs de ses alliés ont accusé le gouvernement de coalition du Myanmar de « génocide » [2]. Ce gros mot —qui en droit européen désigne un massacre de masse, mais en droit US s’applique à une méthode d’assassinat même si le criminel ne fait qu’une seule victime— suffit pour Washington à justifier d’une guerre, avec ou sans l’aval du Conseil de sécurité comme on l’a vu en Yougoslavie [3]. La réunion du Conseil de sécurité s’est tenue à la requête de l’Organisation de la Conférence islamique (OIC).

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Depuis 2013, les médias occidentaux s’appliquent à présenter le bouddhisme sous une forme sectaire. Ici, le moine Ashin Wirathu. Condamné en 2003 à 25 ans de prison, en raison de ses prêches anti-musulmans, il a bénéficié de l’amnistie générale en 2012. Il n’est pas difficile de trouver des fanatiques dans n’importe quelle religion.

Pour faire correspondre les faits avec leur narration, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, qui célébraient lors de la « révolution safran » (2007) Aung San Suu Kyi et les moines bouddhistes pour leur résistance non-violente à la dictature du SLORC [4], ont purement et simplement amalgamé l’armée birmane, la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi [5] et tous les bouddhistes du pays [6] dans le camp des méchants.

La Birmanie n’a jamais connu la paix civile depuis la domination étrangère, britannique puis japonaise [7]. Elle est plus facile à déstabiliser depuis que la junte du SLORC a accepté de partager le pouvoir avec la Ligue nationale pour la démocratie (LND) et qu’ils tentent ensemble de résoudre pacifiquement les nombreux conflits internes du pays.

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Indispensables à l’économie chinoise, les pipe-lines du Yunnan aboutissent sur la côte pacifique dans la province d’Arakan/Rakhine.

Par un hasard de la géographie, la Birmanie laisse passer sur son territoire le pipe-line reliant le Yunnan chinois au golfe du Bengale, et héberge des stations de surveillance électronique chinoises des voies navales qui passent au large de ses côtes. Faire la guerre en Birmanie est donc plus important pour le Pentagone que de stopper les deux « routes de la soie » au Moyen-Orient et en Ukraine.

Héritage de la colonisation britannique, se trouve parmi les populations birmanes discriminées, 1,1 million de descendants des ouvriers bengalis que Londres déplaça à l’intérieur de l’Empire des Indes vers la Birmanie : les Rohingyas [8]. Il se trouve que cette minorité nationale —et non pas ethnique— est musulmane alors que la grande majorité des Birmans sont bouddhistes. Enfin, il se trouve que durant la Seconde Guerre mondiale, les Rohingyas collaborèrent avec l’Empire des Indes contre les nationalistes birmans.

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Parfaitement équipé, le Mouvement pour la Foi ou Armée du salut des Rohingyas de l’Araka est entraîné par les Britanniques en Arabie saoudite et au Bangladesh. Avant le début des événements actuels, il comprenait au moins 5 000 soldats.

En 2013, alors que le Pentagone et la CIA avaient déployé des hordes jihadistes en Syrie et y tenaient une guerre de position, l’Arabie saoudite créa une énième organisation terroriste à La Mecque, le Mouvement de la Foi (Harakah al-Yaqin). Ce groupe, qui déclare rassembler des Rohingyas, est en réalité commandé par le Pakistanais Ata Ullah, qui combattit les Soviétiques en Afghanistan [9]. Le royaume saoudien hébergeait la plus importante communauté masculine Rohingyas, après la Birmanie et avant le Bengladesh, avec 300 000 travailleurs mâles sans leurs familles.

Selon un rapport des services de renseignement bengalis, antérieur à la crise actuelle, le Mouvement pour la Foi agit depuis un an avec une scission de la Jamat-ul-Mujahideen bengalie autour du slogan « Le Jihad du Bengale à Bagdad ». Ce groupuscule a fait allégeance au Calife de Daesh, Abou Bakr al-Baghdadi, et a rassemblé dans une même coalition les Mudjahiden indiens, Al-Jihad, Al-Ouma, le Mouvement des étudiants islamiques d’Inde (SIMI), le Lashkar-e-Toiba (LeT) et le Harkat-ul Jihad-al Islami (HuJI) pakistanais. Cet ensemble a été financé par la fondation Revival of Islamic Heritage Society (RIHS) du Koweït.

Lorsque, il y a moins d’un an et demi, en mars 2016, le SLORC accepta de partager le pouvoir avec le parti d’Aung San Suu Kyi, les États-Unis tentèrent d’instrumenter la prix Nobel de la paix contre les intérêts chinois. Sachant qu’il leur serait difficile de manipuler la fille du père de l’indépendance birmane, le communiste Aung San, ils encouragèrent le Mouvement pour la Foi —« on ne sait jamais… »—.

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En septembre 2016, Aung San Suu Kyi est venue expliquer ses efforts en faveur des Rohingyas à la tribune de l’assemblée générale de l’Onu. Comme son père Aung San, qui crut un instant à l’aide des Japonais pour libérer son pays de la colonisation britannique, la prix Nobel de la paix a naïvement imaginé la sympathie des Anglo-Saxons pour résoudre les problèmes internes du Myanmar.

En septembre 2016, Aung San Suu Kyi représenta son pays à l’Assemblée générale des Nations Unies [10]. Fort naïvement, elle expliqua les problèmes de son peuple et les moyens qu’elle mettait en place pour les résoudre progressivement, à commencer par celui des Rohingyas. De retour chez elle, elle réalisa que ses anciens soutiens états-uniens étaient en réalité les ennemis de son pays. Le Mouvement pour la Foi lança une série d’attaques terroristes, dont celle du poste de la police des frontière de Maungdaw où 400 terroristes volèrent l’arsenal tuant 13 douaniers et soldats.

Persévérante, Aung San Suu Kyi poursuivit la mise en place d’une commission consultative chargée d’analyser la question rohingya et de proposer un plan concret pour mettre un terme aux discriminations dont ils font l’objet. Cette commission était composée de six Birmans et de trois étrangers : l’ambassadrice néerlandaise Laetitia van den Assum, l’ancien ministre libanais (en réalité représentant la France) Ghassan Salamé, et l’ancien secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, en qualité de président de la commission.

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La Commission consultative pour les Rohingyas autour de son président, Kofi Annan. Parmi les six membres birmans, on remarque des personnalités historiques de la lutte pour les Droits de l’homme, U Win Mra et U Khin Maung Lay, aussi bien qu’Al Haj U Aye Lwin, le guide spirituel d’un ordre musulman soufi.

Les neuf commissaires entreprirent un travail d’une rare qualité malgré les obstacles birmans. Des partis politiques échouèrent à faire dissoudre la commission par l’Assemblée nationale mais parvinrent à faire adopter une motion de défiance de la commission par l’assemblée locale d’Arakan (l’État où vivent les Rohingyas). Quoi qu’il en soit, les commissaires rendirent leur rapport le 25 août avec des recommandations possibles à mettre en œuvre et sans piège, dans le réel but d’améliorer les conditions de vie de chacun [11].

Le jour-même, les services secrets saoudiens et états-uniens donnaient le signal de la riposte : le Mouvement pour la Foi, renommé par les Britanniques Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan, divisé en 24 commandos, attaquait des casernes de l’armée et des postes de police, faisant 71 morts. Durant une semaine, les troupes birmanes menaient une opération anti-terroriste contre les jihadistes. 400 membres de leurs familles fuyaient vers le Bangladesh.

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Le président de l’Organisation de la coopération islamique, Recep Tayyip Erdoğan, ouvre la campagne médiatique mondiale pour sauver les Rohingyas (Istanbul, 1er septembre 2017).

Trois jours plus tard, le président turc Recep Tayyip Erdoğan commençait à téléphoner à tous les chefs d’État de pays musulmans pour les alerter sur « le génocide des Rohingyas ». Le 1er septembre, c’est à dire le jour de la plus importante fête musulmane, l’Aïd al-Adha, il prononçait un vibrant discours à Istanbul, en sa qualité de président en exercice de l’Organisation de coopération islamique, pour sauver les Rohingyas et soutenir leur Armée du salut [12].

Pourtant, ces jihadistes n’ont aucunement défendu les Rohingyas, mais sont intervenus de manière systématique pour faire échouer les tentatives d’améliorer leurs conditions de vie et de mettre un terme aux discriminations qui les frappent.

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Le général Mohsen Rezaei fut le commandant des Gardiens de la Révolution qui se battirent aux côtés de l’Otan et de l’Arabie saoudite durant la guerre de Bosnie-Herzégovine contre la Serbie.

Le 5 septembre, le président du Conseil de discernement iranien, Mohsen Rezaei, proposait de joindre les forces de tous les États musulmans et de créer une armée islamique pour sauver les « frères rohingyas » [13]. Une prise de position d’autant plus importante que le général Rezaei est un ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution.

Alors que l’armée birmane avait cessé toute activité contre les terroristes, des villages rohingyas étaient brûlés, tandis que la population rakhine de l’Arakan lynchait des musulmans, à ses yeux tous liés aux terroristes. Selon les rohingyas, c’est l’armée birmane qui brûlait les villages, tandis que selon l’armée birmane, c’était les jihadistes. Progressivement, tous les Rohingyas habitant au Nord de l’Arakan se mettaient en marche pour se réfugier au Bangladesh, mais curieusement pas les Rohingyas habitant au Sud de l’État.

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Le 6 septembre, une délégation officielle turque se rendait au Bangladesh pour y distribuer des vivres aux réfugiés. Elle était conduite par le ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, et par l’épouse et le fils du président Erdoğan, Bilal et Ermine.

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La campagne de mobilisation communautaire dans les pays musulmans s’appuie sur des visuels particulièrement marquants. Ainsi, cette photographie est diffusée par le gouvernement turc. Elle est censée représenter les victimes musulmanes des moines bouddhistes en Birmanie. Il s’agit en fait d’une ancienne photographie d’une cérémonie funèbre des victimes d’un tremblement de terre en Chine.

Dans les pays musulmans, une vaste campagne de désinformation assurait, photos à l’appui, que les bouddhistes massacraient en masse les musulmans. Bien sur, aucune de ces photos n’avait été prise en Birmanie, et ces fausses nouvelles furent démasquées les unes après les autres. Mais dans ceux de ces pays où la population est peu éduquée, ces photos convainquirent tandis que les démentis furent inaudibles. Seul le Bangladesh émettait des réserves sur le rôle des jihadistes et assurait le Myanmar de sa coopération contre les terroristes [14].

Le 11 septembre, le président en exercice de l’Organisation de conférence islamique (OCI), Recep Tayyip Erdoğan, intervenait devant la commission scientifique de l’Organisation réunie à Astana (Kazakhstan) —dont ce n’est pas la compétence—, « pour sauver les Rohingyas ».

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Pour l’ayatollah Ali Khamenei, l’engagement militaire de son pays aux côtés de l’Otan et de l’Arabie saoudite en Birmanie serait une catastrophe. D’autant que l’Iran a une histoire millénaire de coopération avec la Chine.

Dès le lendemain, le 12 septembre, le Guide de la révolution, l’ayatollah Ali Khamenei prenait position. Très inquiet de la proposition du général Rezaei, il veillait à délégitimer la guerre de religion en préparation, le « choc des civilisations », quitte à mettre en cause la présence d’une femme à la tête d’un État. Il veillait donc à fermer la porte à un engagement militaire des Gardiens de la Révolution. Il déclarait : « Il est tout à fait possible que le fanatisme religieux ait joué un rôle dans ces événements, mais il s’agit là d’une question tout à fait politique, car c’est le gouvernement du Myanmar qui en est le responsable. Et à la tête de ce gouvernement, il y a une femme cruelle, lauréate du Prix Nobel de la paix. En réalité, ces événements ont signé l’acte de décès du Prix Nobel de la paix » [15].

Immédiatement à Téhéran, le président cheikh Hassan Rohani faisait appel à l’armée régulière pour participer au conflit en préparation. Le 17 septembre, les chefs d’état-major des armées iraniennes et pakistanaises entrèrent en contact pour unir leur forces dans la crise [16]. Il s’agit de la première initiative militaire, mais elle concerne l’armée iranienne (qui travaille déjà avec ses homologues turques et pakistanaise pour défendre le Qatar) et non pas des Gardiens de la Révolution (qui se battent aux côtés des Syriens contre les jihadistes). L’Iran achemine également une aide massive aux réfugiés.

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Aung San Suu Kyi appelle l’opinion publique internationale à prendre en compte les efforts du Myanmar pour régler la question des Rohingyas et dénonce le terrorisme jihadiste. Elle ne sera pas plus comprise que Mouamar Kadhafi dénonçant l’attaque d’Al-Qaïda contre son pays (Naypyidaw, 19 septembre 2017).

Le 19 septembre, ignorant les explications d’Aung San Suu Kyi [17] et profitant de l’Assemblée générale de l’Onu, Recep Tayyip Erdoğan réunit le groupe de contact de l’OCI pour demander à tous les États membres de suspendre tout commerce avec le Myanmar et pour demander au Conseil de sécurité de l’Onu de statuer [18].

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L’Arabie saoudite protège et encadre depuis 2013 l’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan. Le roi Salmane attribue 15 millions de dollars aux réfugiés rohingyas au Bangladesh où se trouvent les camps d’entrainement du groupe jihadiste.

Sortant enfin de l’ombre, l’Arabie saoudite affirma alors soutenir les Rohingyas discrètement depuis 70 ans et leur avoir déjà offert 50 millions de dollars d’aide durant cette période. Le roi Salmane y ajouta un don de 15 millions de dollars [19]. L’ambassadeur saoudien aux Nations unies à Genève, Abdulaziz ben Mohammed Al-Wassil, y mobilisa le Conseil des Droits de l’homme.

Oubliant les guerres qu’ils se livrent en Irak, en Syrie et au Yémen, la Turquie, l’Iran et l’Arabie saoudite, c’est-à-dire les trois principales puissances militaires musulmanes, se sont ressoudées par simple réflexe communautaire [20] et positionnées aux côtés des Rohingyas. Toutes trois ont désigné l’ennemi commun : le gouvernement de coalition de l’armée birmane et d’Aung San Suu Kyi.

Ce complet retournement de situation au Moyen-Orient a déjà eu un précédent : les guerres de Yougoslavie. En Bosnie-Herzégovine (1992-95) et au Kosovo (1998-99), les pays musulmans et l’Otan se battirent côte à côte contre les chrétiens orthodoxes liés à la Russie.

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En 1995, Oussama Ben Laden fait défiler sa Légion arabe, à Zenica, devant le président Alija Izetbegović. Ces combattants sont d’anciens moudjahidines qui se sont battus contre les Soviétiques en Afghanistan. Ils prendront par la suite le nom d’Al-Qaïda. Durant la guerre, les services secrets russes pénétrent la caserne de la Légion arabe et constatent que tous ses documents sont en anglais et non pas en arabe.

En Bosnie-Herzégovine, le président Alija Izetbegović s’entoura de l’États-unien Richard Perle, qui le conseilla au plan diplomatique et dirigea la délégation bosniaque lors des accords de Dayton. Il bénéficia au plan médiatique des conseils du Français Bernard-Henri Lévy, selon les dires de celui-ci, jamais démentis. Enfin, au plan militaire, il s’appuya sur les conseils du Saoudien Oussama Ben Laden qui organisa pour lui la Légion arabe et reçut un passeport diplomatique bosniaque. Durant le conflit, soutenu en sous-main par l’Otan, Izetbegović reçut publiquement l’appui de la Turquie, de l’Iran et de l’Arabie saoudite [21].

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L’opinion publique occidentale a accepté sans débat de violer la Charte des Nations Unies au Kosovo après avoir assisté impuissante à l’exode de milliers de civils.

Le conflit kosovare débuta par une campagne terroriste de l’Armée de libération du Kosovo (UÇK) contre Belgrade. Les combattants furent formés par les forces spéciales allemandes sur une base de l’Otan en Turquie [22]. L’actuel chef des services secrets turcs, Hakan Fidan, fut l’officier de liaison avec les terroristes au sein de l’état-major de l’Otan. Il est aujourd’hui le chef du MIT, les services secrets turcs et le second personnage du régime. Au début de la guerre, 290 000 Kosovars fuirent la Serbie en trois jours pour se réfugier en Macédoine. Les télévisions occidentales montrèrent à loisir cette longue file de fuyards. Cependant, selon les quelques millions de Macédoniens qui les reçurent, il n’y avait aucune raison objective à cette migration largement encadrée par l’Otan. Peu importe, on utilisa ce déplacement de population pour accuser le président Slobodan Milošević de réprimer de manière disproportionnée la campagne terroriste touchant son pays, et l’Otan lui déclara la guerre sans autorisation du Conseil de sécurité.

Le sale travail qui se prépare étend le théâtre des opérations vers l’Est. Le Pentagone n’a pas la possibilité d’imposer une alliance turco-irano-saoudienne, mais il n’en a pas besoin. En Yougoslavie, ces trois États étaient coordonnés par l’Otan lorsqu’ils n’avaient pas de contacts directs. Cependant, le fait de se battre côte à côte en Birmanie va les contraindre à trouver des arrangements en Irak, en Syrie et au Yémen ; voire en Libye. Considérant la dévastation du Moyen-Orient et la persévérance des populations à résister, le Pentagone peut laisser cette région panser ses blessures pendant une décennie sans crainte d’y voir surgir la moindre capacité d’opposition à sa politique.

Au lendemain de la réunion du Conseil de sécurité posant les bases de la future guerre contre la Birmanie, le secrétariat d’État a informé le président Barzani que les États-Unis ne soutiendraient pas l’indépendance d’un Kurdistan en Irak. Le Pentagone ne peut en effet pas mobiliser la Turquie et l’Iran en Asie du Sud-Est tout en leur faisant un enfant dans le dos à leur frontière. Massoud Barzani qui s’était engagé sans retour pour le référendum d’indépendance devrait donc bientôt se retirer de la vie politique. D’autant que l’affichage des drapeaux israéliens à Erbil, massivement relayé par les chaînes de télévision arabes, perses et turques, lui a aliéné la totalité de ses voisins.

Si le scénario du Pentagone se poursuit comme on peut l’anticiper, la guerre contre la Syrie devrait se terminer faute de combattants, partis au loin, servir l’« Empire américain » sur un nouveau théâtre d’opération.

[1] Source : The Pentagon’s New Map, Thomas P. M. Barnett, Putnam Publishing Group, 2004. Analyse : « Le projet militaire des États-Unis pour le monde », par Thierry Meyssan, Haïti Liberté (Haïti) , Réseau Voltaire, 22 août 2017.

[2] « Myanmar : le Secrétaire général demande « une action rapide » pour mettre fin au « cauchemar » des Rohingya dans l’État de Rakhine », Compte-rendu du Conseil de sécurité, Onu, 28 septembre 2017. Référence : CS/13012.

[3] Le Royaume-Uni et les États-Unis ont déjà fait rédiger l’acte d’accusation du Myanmar, avant même les événements actuels : Countdown to Annihilation : Genocide in Myanmar, Penny Green, Thomas MacManus & Alicia de La Cour Venning, Queen Mary University of London, 2016. Persecution of the Rohingya Muslims ; Is Genocide Occurring in Myanmar’s Rakhine State ; a Legal Analysis, Allard Lowenstein, Yale University, 2016.

[4] « Birmanie : la sollicitude intéressée des États-Unis », par Thierry Meyssan, Abiad & Aswad (Syrie), Réseau Voltaire, 5 novembre 2007.

[5] The Burma Spring : Aung San Suu Kyi and the New Struggle for the Soul of a Nation, Rena Pederson, Foreword by Laura Bush, Pegasus, 2015.

[6] Neither Saffron Nor Revolution : A Commentated and Documented Chronology of the Monks’ Demonstrations in Myanmar in 2007 and Their Background, Hans-Bernd Zöllner, Humboldt-University, 2009.

[7] Burma/Myanmar : What Everyone Needs to Know, David Steinberg, Oxford University Press, 2013.

[8] Pour être plus précis, il y a eu des immigrés bengalis en Birmanie avant la domination britannique, mais l’immense majorité des Rohingyas descend des travailleurs déplacés par les colons. NdA.

[9] “Myanmar’s Rohingya insurgency has links to Saudi, Pakistan”, Simon Lewis, Reuters, December 16, 2016.

[10] “Speech by Aung San Suu Kyi at 71st UN General Assembly”, by Aung San Suu Kyi, Voltaire Network, 21 September 2016.

[11] Towards a peaceful, fair and prosperous future for the people of Rakhine, Advisory Commission on Rakhine State, August 2017.

[12] “We won’t Leave Rohingya Muslims Alone”, Presidency of the Republic of Turkey, September 1, 2017.

[13] “Rezaei urges Muslim states to defend Rohingya Muslims”, Mehr Agency, September 6, 2017.

[14] “Bangladesh offers Myanmar army aid against Rohingya rebels”, AFP, August 29, 2017.

[15] « Myanmar : le Guide critique les défenseurs des droits de l’homme », Leader.ir, 12 septembre 2017.

[16] “Iranian, Pakistani Top Military Commanders Stress Need for Ending Myanmar Muslims’ Plights”, Fars News, September 17, 2017.

[17] “Aung San Suu Kyi speech on National Reconciliation and Peace”, by Aung San Suu Kyi, Voltaire Network, 19 September 2017.

[18] « OIC Contact Group on Rohingya calls for UN Resolution on Myanmar », Organisation of Islamic Cooperation, September 19, 2017.

[19] « Le Serviteur des Deux Saintes Mosquées accorde un don de 15 millions de dollars aux réfugiés Rohingyas », Saudi Press Agency, September 19, 2017.

[20] The Rohingyas : Inside Myanmar’s Hidden Genocide, Azeem Ibrahim, Hurst, 2016.

[21] Comment le Djihad est arrivé en Europe, Jürgen Elsässer, préface de Jean-Pierre Chevènement, éditions Xenia, 2006.

[22] « L’UÇK, une armée kosovare sous encadrement allemand », par Thierry Meyssan, Notes d’information du Réseau Voltaire, 15 avril 1999.

 

http://www.voltairenet.org/article198122.html

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VIDEO. A Raqqa, l’assaut final sur le fief de Daesh en Syrie : « Si on libère l’hôpital, on libère la ville, en 48 heures »

VIDEO. A Raqqa, l’assaut final sur le fief de Daesh en Syrie : « Si on libère l’hôpital, on libère la ville, en 48 heures »

Le groupe État islamique va-t-il perdre sa capitale, Raqqa ? Les Forces démocratiques syriennes contrôlent désormais 90% de la ville et ont lancé ce qu’elles affirment être l’assaut final.

FRANCEINFO / RADIO FRANCE

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Edité par Cécile MimautGilles GallinaroFranck MathevonRadio France

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publié le

Daesh va-t-il perdre sa capitale autoproclamée en Syrie ? En ce début octobre 2017, les Forces démocratiques syriennes (FDS) contrôlent désormais 90% de la ville de Raqqa et ont lancé ce qu’elles affirment être l’assaut final contre le groupe Etat islamique.

Les jihadistes ne contrôlent plus qu’un petit périmètre, aux alentours de l’hôpital. Ils seraient environ 500, assiégés dans quelques poches du centre-ville. Leur défaite semble ne faire aucun doute, même si l’issue de la bataille pourrait prendre encore un peu de temps. Jeger Direk, un des officiers des FDS sur le front ouest de Raqqa, se montre confiant : « Si on libère l’hôpital, on libère la ville, en 48 heures ».

Le groupe Etat islamique s’est emparé de la ville de Raqqa en 2014 et en a fait son fief. Il y a commis sans doute ses pires atrocités. Les jihadistes ont imposé leur vision ultra-radicale de l’islam aux quelque 200 000 à 300 000 habitants, qui devaient respecter des règles très strictes : la barbe pour les hommes, le voile intégral pour les femmes. Les contrevenants encouraient la prison et des opposants ont été décapités en public, au carrefour Al-Naïm, le carrefour du Paradis, rebaptisé depuis le carrefour de l’Enfer.

Des milliers de civils encore pris au piège

Les Forces démocratiques syriennes, qui ont lancé l’opération contre Raqqa en juin dernier, affirment avoir une priorité : protéger les civils. Des milliers d’habitants sont encore pris au piège des combats, souvent sans eau ni nourriture. Il est très dangereux de s’enfuir. Raqqa est truffée de mines et les jihadistes tuent ceux qui tentent de s’échapper. Selon les combattants des FDS, ces civils servent de boucliers humains. Il est donc plus difficile pour la coalition internationale de conduire des attaques ciblées. Les FDS, soutenues par Washington, espèrent pouvoir annoncer la libération définitive de Raqqa d’ici deux à trois semaines.

Une véritable guérilla urbaine

C’est un combat rue par rue, maison par maison. Les Forces démocratiques syriennes progressent et se sont emparées lundi 2 octobre du QG de sécurité de Daesh. Elles ont mis la main sur un stock d’armes. Mais ces troupes arabo-kurdes ont aussi connu des contretemps. A plusieurs reprises ces derniers jours, des jihadistes ont exploité le réseau de tunnels pour surgir dans des zones a priori sécurisées. Dans ces cas-là, ils vident leurs munitions puis se font exploser. Des attaques souvent très meurtrières.

La guerre contre Daesh n’est pas terminée

La chute promise de Raqqa ne signifie pas encore la fin de l’organisation Etat islamique.  Les jihadistes contrôlent encore une vaste zone de l’est de la Syrie, du côté de Deir-Ezzor. Là, Daesh est pris en étau entre les Forces démocratiques syriennes, contrôlées par les Kurdes, et le régime de Bachar Al-Assad. L’armée syrienne et son allié russe bombardent les jihadistes. D’après des ONG, ces raids aériens frappent aussi les civils et font beaucoup de victimes.

Dans les camps de déplacés, près de Raqqa, on rencontre des milliers de Syriens venus de la région de Deir-Ezzor pour fuir les combats. Par ailleurs, Daesh contrôle encore quelques poches du centre de la Syrie et une partie de l’est de l’Irak.

Brexit : Quand ceux qui ont tout à perdre négocient avec ceux qui n’ont rien à gagner… Par Charles Gave

La vision du “paléolibéral” Charles Gave

Source : Institut des libertés, Charles Gave, 25-09-2017

Les négociations sur le Brexit continuent et bien entendu la presse française continue à faire preuve de la remarquable objectivité dont elle est coutumière.

Tout français qui chercherait à s’instruire sur le sujet en lisant les journaux de notre pays est en fait aussi bien informé qu’un lecteur de la Pravda dans les années 70 sur ce qui se passait alors à Prague, tant les consignes sont suivies avec diligence par ceux qui se disent journalistes.Comme me le disait un ami récemment : » Il y a deux sortes de journalistes en France : ceux qui sont compétents et honnêtes, qui sont au chômage, et les autres. »

J’ai donc décidé de consacrer ma chronique du Lundi à ces négociations simplement pour essayer d’expliquer aux lecteurs quels sont vraiment les enjeux.

Je vais essayer de faire simple.

Commençons par les deux parties qui négocient.

D’un coté, nous avons le gouvernement britannique de madame May, de l’autre la Commission Européenne emmenée par monsieur Barnier.

Le gouvernement Britannique est mené par Madame May, très affaiblie par sa dissolution ratée de la Chambre des Communes qui a été suivie par ce qui aurait pu être un désastre électoral puisque les Conservateurs sont passés d’une solide majorité à une quasi- minorité, ne gouvernant qu’avec l’aide des protestants de l’Irlande du Nord. Il n’est pas certain que Madame May reste au pouvoir. Elle pourrait être débarquée bientôt, ayant commis vraiment trop d’erreurs, ce qui ne changerait rien au fond du problème.

Dans ce gouvernement, deux groupes se font face : ceux qui ont fait campagne pour le Brexit, emmenés par Boris Johnson (le ministre des affaires étrangères) et David Davies (le ministre chargé des négociations avec la Commission), qui tous deux avaient milité pour le Brexit et de l’autre ceux qui avaient voté pour « Bremain » sous la conduite du ministre des finances monsieur Hanson, qui a le charisme d’une huitre et est l’esclave de son administration.

Les premiers veulent une sortie claire, rapide et franche, les seconds sont à la recherche d’une solution du type de celle que monsieur Sarkozy a imposé aux Français qui avaient refusé la Constitution Européenne soumise à referendum, en leur collant son frère jumeau à sa place, le Traité de Lisbonne, faisant ainsi fi de la décision du Peuple, ce qui n’a pas porté chance à monsieur Sarkozy.

Pour faire bref et pour utiliser ma propre terminologie, les premiers représentent les hommes des arbres, les deuxièmes les hommes de Davos et les ODS locaux. (Note : ODS = Oints du Seigneurs = incompétents médiatiques qui pensent détenir la vérité)

Et Madame May essaye, sans beaucoup de succès, de naviguer entre ces deux groupes en expliquant dans son discours de Florence la semaine dernière que tout cela prendrait un peu plus de temps que prévu et qu’elle était prête à faire des concessions financières pour que la Grande-Bretagne continue à avoir un accès « normal » à l’Europe etc. etc.….

Venons-en à la Commission Européenne.

A l’évidence monsieur Barnier se met dans la position du mari cocu que sa femme a abandonné et qui veut la punir de cette trahison. En général, et comme chacun le sait, ce genre de divorce se passe mal. Il faut cependant bien comprendre ici que monsieur Barnier, qui n’est pas complètement idiot, agit sur instruction.

Et les instructions sont très claires.

Le but de la négociation n’est en aucun cas d’arriver à une solution satisfaisant tout le monde mais de préserver l’idée que nul ne peut faire marche arrière dans le mouvement historique qui doit consacrer la fin des nations européennes et l’arrivée du Messie sur terre, je veux dire l’Etat Européen.

Or, et il faut s’en souvenir, le mouvement à marche forcée vers un état fédéral européen n’a aucune légitimité démocratique : Il a toujours été imposé de facto et de jure « par le haut » et chaque fois que l’on a demandé son avis à un Peuple, il a dit qu’il ne voulait pas de structure fédérale.

Et donc, il faut bien comprendre, que si la sortie de la Grande-Bretagne n’entrainait pas une catastrophe pour l’économie anglaise voila qui pourrait donner des idées à d’autres pays tels la Pologne, la Suède ou l’Italie (qui va voter prochainement et qui elle fait partie de l’Euro…)

Il s’ensuit que pour la Commission et quelque soient les répercussions défavorables sur les économies en Europe ou en Grande-Bretagne, il faut absolument que les négociations entre la GB et la Commission échouent pour maintenir en vie leur rêve d’un Etat Européen, et que crèvent les peuples n’a aucune importance.

Pour Bruxelles, créer de toutes pièces une catastrophe économique en Grande-Bretagne est une question de vie ou de mort. Et si cette catastrophe amène à une dépression en Europe, cela n’a aucune importance, seul compte le but final.

Passons maintenant aux différents sujets qu’il va falloir traiter lors de ces discussions et commençons par un point de Droit.

La Grande-Bretagne doit-elle payer une « soulte » pour pouvoir sortir de l’Europe ? La réponse est NON. Il n’y a strictement rien de prévu dans les traités. Que les Européens s’imaginent que la Chambre des Communes vote un « tribut « de plus de 20 milliards d’Euro sans aucune contrepartie prouve à quel point ces gens sont dans le rêve…

Venons-en aux questions économiques.

La Grande-Bretagne a un déficit extérieur dans le domaine des biens de …95 milliards avec la zone Euro et un surplus dans le domaine des services d’environ 30 milliards, l’Allemagne comptant pour 50 % du surplus Européen et ces surplus étant massivement dus à des ventes de matériel de transport (voitures, camions, pièces détachées). Préserver ce surplus est essentiel pour l’Allemagne.

La City, qui représente une part importante du PIB anglais est de fait et de droit la principale place financière mondiale et bien sûr la seule vraie place financière européenne.Le but du gouvernement Britannique est de préserver la City autant que faire se peut.

Il ne faut pas être très grand clerc pour comprendre que les accords sur lesquels tous les gens de bonne compagnie pourraient se retrouver devraient être le maintien de la prééminence de la City en Europe contre la libre importation de voitures allemandes et de champagne ou de Bordeaux français.

Mais voila qui n’est pas possible puisque cela voudrait dire que le Droit Anglais ne serait plus sous le contrôle du Droit Européen pour toutes les opérations de fusions et acquisitions concernant deux entreprises si celles-ci avaient lieu à Londres. Voila qui signifierait la fin de la Cour de Justice Européenne (CdJE) et donc la fin de la tentative de créer un Etat Européen.

Bruxelles HAIT la city puisque la City, par son contact avec le « grand large », lui échappe et lui a toujours échappé. Pour les Delors de ce monde, ne pas pénaliser la City, c’est détruire l’idée même d’un Etat Européen dont les fonctionnaires contrôleraient toutes les entreprises par l’intermédiaire du Droit et des réglementations. Ce qui voudrait dire la fin du capitalisme de connivence en Allemagne et en France, ce qui est moralement insupportable, chacun en conviendra.

Et donc, il va falloir que l’Allemagne choisisse : soutenir la CdJE et la Commission, ou fermer les usines de Wolfsburg et de Munich.

Je n’ai pas le moindre doute que les autorités françaises vont être jusqu’auboutistes, tant pour elles, la continuation de leur rêve Européen est essentielle. Sans rentes à tirer sur Bruxelles, que ferait t’on des politiciens battus en France et de tous nos seconds couteaux ? Ils seraient peut être obligés de travailler ! On imagine le désastre.

Mais pour Madame Merkel, fraichement réélue, voila qui va être une décision difficile…

Le deuxième problème pour l’Europe est encore plus compliqué.

Le départ de la GB va faire perdre 16 % de ses ressources au budget européen et s’imaginer que la Commission va couper ses coûts de 16 % est plaisant mais peu probable. Il va donc falloir augmenter massivement les prélèvements sur les pays restants dont beaucoup ont de fort importants déficits budgétaires et à un moment où Bruxelles est tout sauf populaire.

Ou bien alors, il faudra tailler dans les programmes d’infrastructures, ce qui plaira énormément aux Polonais, Tchèques ou Portugais… Le route des subventions va être coupée et monsieur Juncker sera peut être forcé de payer des impôts normaux sus sa consommation d’alcool journalière, ce qui contribuera un peu à combler le trou créé par le départ des anglais mais restera insuffisant. Quant à créer un nouvel impôt européen géré par un ministre des finances européen, la grande idée de monsieur Macron, voila un projet qui va déclencher un enthousiasme assourdissant à Berlin, Dublin ou Varsovie.

Dur, dur…

Quant à l’économie anglaise, je ne me fais guère de soucis. Les exportations anglaises vers le reste du monde connaissent une croissance très forte depuis plus d’une décennie (contre zéro pour les exportations vers l’Europe) et la Grande-Bretagne va recommencer à acheter ses produits agricoles au Canada, en Australie et en Nouvelle Zélande, ce qui fait que les prix alimentaires vont baisser très fortement ainsi que les factures pour les importations de nourriture. Une forte amélioration du commerce extérieur anglais est donc quasiment certaine.

Et, si par hasard, les choses se passaient plus mal que je ne le pense pour l’économie Britannique alors nul doute que la Livre- déjà très sous évaluée- ne plonge un peu plus, ce qui donnerait un violent coup d’accélérateur à un système productif ou le chômage est déjà à un plus bas et l’emploi à un plus haut (en particulier les emplois féminins). Et comme la GB produit plus de voitures que la France, remplacer des voitures allemandes, françaises, italiennes ou espagnoles par des voitures faites en GB ne serait pas extrêmement pénible, sauf pour quelques bobos snobs du coté de Hampstead , qui pourront continuer à se singulariser en achetant des véhicules Coréens ou Nippons tout en noyant leur chagrin en buvant des vins en provenance de l’Australie, de l’Afrique du Sud ou de la Nouvelle Zelande, tous pays qui jouent au rugby et avec lesquels on peut donc faire des affaires en toute confiance puisqu’ils utilisent le même Droit.

Conclusion

Dans le titre quelque peu énigmatique de cet article, ceux qui ont tout à perdre sont les Européens. Ceux qui n’ont rien à perdre sont les Anglais.

A lire la presse, contrôlée par les ODS et les hommes de Davos, on jurerait que le contraire correspondrait à la réalité.

Le but de cet article est donc tout simplement de rappeler que menacer des pires sévices le principal consommateur de vos produits est rarement une bonne idée. C’est ce qu’avait fait avec beaucoup de conviction Louis XIV quand il a supprimé l’Edit de Nantes, forçant les Protestants au départ, ou quand Napoléon institua le blocus continental. Tout le monde se souvient de l’effet heureux que ces brillantes idées ont eu sur la croissance économique respectivement en France et en Grande- Bretagne.

Plus ca change, plus c’est la même chose…

La seule chose immuable est la capacité des gouvernements français à faire la fortune de l’Angleterre.

Source : Institut des libertés, Charles Gave, 25-09-2017

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

22 réponses à Brexit : Quand ceux qui ont tout à perdre négocient avec ceux qui n’ont rien à gagner… Par Charles Gave

 

 

http://www.les-crises.fr/brexit-quand-ceux-qui-ont-tout-a-perdre-negocient-avec-ceux-qui-nont-rien-a-gagner-par-charles-gave/

« L’initiative européenne d’intervention » d’Emmanuel Macron ? Explications

« L’initiative européenne d’intervention » d’Emmanuel Macron ? Explications

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(B2) Chacun a pu être surpris de « l’initiative européenne d’intervention » mentionnée par Emmanuel Macron dans son discours à la Sorbonne sur le futur de l’Europe. Un projet ambitieux…

« Je propose dès à présent d’essayer de construire cette culture en commun, en proposant une initiative européenne d’intervention visant à développer cette culture stratégique partagée. […] Au début de la prochaine décennie, l’Europe devra ainsi être dotée d’une force commune d’intervention, d’un budget de défense commun et d’une doctrine commune pour agir. »

Cette initiative parait sortie de nulle part et plutôt symbolique. Ne nous y trompons pas, chaque mot a son sens… Et cela mérite quelques détails et explications, puisées aux meilleures sources.

Premièrement, on parle bien ici d’Europe, et non d’Union européenne. Ce n’est pas une clause de style mais une définition politique. Cela signifie que ce projet se préparera avec tous les partenaires européens « qui le veulent et le peuvent » comme précise à B2 un diplomate. Cela inclut nécessairement les Britanniques qui pourraient être ainsi partie prenante de cette initiative et qui partagent avec les Français une doctrine d’intervention assez semblable (même si elle s’exerce sur des terrains parfois différents).

Deuxièmement, il ne s’agit pas de faire du réchauffé avec des dispositifs déjà existants ou non existants. Ce ne sont donc ni les fameux battlegroups, les groupements tactiques de l’Union européenne, qui n’ont jamais décollé, et dont la France semble faire son deuil ; ni la fameuse « armée européenne », sorte d’arlésienne très commode, permettant de ne pas parler de projets plus concrets. C’est … entre les deux.

Troisièmement, c’est un projet pour l’avenir, à l’horizon 2022-2024, et non pour aujourd’hui. Il n’est pas question de la coopération structurée permanente – qui devrait être lancée à la fin de l’année ou début 2018 – ou du fonds européen de défense (dont le premier élément doit voir le jour en 2018). C’est autre chose, d’autrement plus ambitieux en termes opérationnels.

Quatrièmement, la préparation devrait commencer rapidement. Selon nos informations, l’ouverture des armées françaises aux cadres d’autres armées européennes devrait commencer ainsi rapidement. Cette ouverture serait, sans commune mesure, avec ce qui est pratiqué actuellement. Il ne s’agit donc pas juste d’avoir des officiers de liaison placés au sein des armées ou d’accueillir quelques (sous) officiers dans les écoles ou dans les forces françaises. Cette initiative se situe sur « une autre échelle », avec une présence « plus intensive » de militaires à tous les échelons d’une intervention : de la planification (des opérations) et du soutien aux opérations en passant par l’anticipation et le renseignement. Cela signifie qu’on retrouverait des militaires européens à différents niveaux et dans tous les corps : à la DGSE (la direction générale de la sécurité extérieure) comme au CPCO (centre de planification et de conduite des opérations), dans les état-majors ou dans le service des essences des armées…

Cinquièmement, l’intention est bien de changer l’état d’esprit, de bâtir une nouvelle doctrine militaire d’intervention, plus européenne, où chacun tienne compte des autres modes d’intervention, de développer ce qu’appelle Emmanuel Macron « une culture stratégique partagée ». Cela pourrait conduire alors tout autant à changer les modes d’intervention des armées françaises que celles des autres. L’objectif est ainsi durant les six années à venir (2018-2024) d’aboutir à ce changement qui est autant « technique » que « psychologique ». Il s’agit de doter les Européens « d’une capacité d’action autonome de l’Europe, en complément de l’OTAN », qui pourra être mise au service de l’Union européenne ou… d’autres organisations.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire aussi : L’Europe de 2024 selon Macron : souveraine, stratégique, autonome

Nicolas Gros-Verheyde

© B2 – Bruxelles2 est un média en ligne français qui porte son centre d’intérêt sur l’Europe politique (pouvoirs, défense, politique étrangère, sécurité intérieure). Il suit et analyse les évolutions de la politique européenne, sans fard et sans concessions. Agréé par la CPPAP. Membre du SPIIL. Merci de citer « B2 » ou « Bruxelles2 » en cas de reprise Son rédacteur en chef est Nicolas Gros-Verheyde, également correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest et La Lettre de l’expansion et intervenant pour BX1 (Tv Bruxelles). Auditeur de la 65e session de l’IHEDN (Institut des Hautes Etudes de la Défense nationale).

Le Pentagone (7/10) – Les débris 1

Plan de l’étude sur le Pentagone :

    1. L’incroyable bêtise
    2. Le crash – L’incendie

 

  1. Les dégâts
  2. Les témoignages et les preuves visuelles
  3. Les preuves physiques 1
  4. Les preuves physiques 2
  5. Les débris 1
  6. Les débris 2
  7. Le pilotage
  8. Les victimes

8. Les débris

Alors que nous dit Meyssan, avec son professionnalisme habituel ?

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Bien sûûûûûûr…

8-1 Les différents types de crashes

Alors que nous disent des spécialistes de crashs aériens ?

Comme Jacques Rolland, ancien pilote, ancien général, expert près la cour d’appel de Paris. Il indique que, quand l’avion se crashe avec un angle inférieur à 45 ° (donc plus ou moins proche d’un atterrissage “normal”), on retrouve alors des débris de plus en plus nombreux et sur une zone large au fur et à mesure où l’angle diminue :

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Exemple de crash “à plat”

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Crash à plat, mais suivi d’un incendie : il ne reste alors pas grand chose…

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Mais quand le crash a lieu entre 45° et 90 ° (donc en piqué), l’avion ne rebondit pas, il ne disloque pas : il s’écrase sur lui-même et s’enfonce sur le point d’impact, formant un cratère – où on ne retrouve en général comme identifiables que les moteurs.

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Crash en piqué d’un avion militaire

De plus, pour des raisons d’aérodynamisme, les ailes ne forment pas un angle droit avec la carlingue, mais partent vers l’arrière. Ainsi, l’extrémité des deux ailes se situe toujours à l’arrière des longerons qui les supportent. Donc, indique Jacques Rolland, « une fois les longerons détruits [par le choc], rien ne tient plus les ailes, elles se détachent de la carlingue et se regroupent sous l’effet de la vitesse pour finir leur course dans le cratère que vient de former l’avant de l’appareil. En outre, l’alliage d’aluminium qui les constitue ne résiste que peu aux très hautes températures. Il semble donc plus que vraisemblable de retrouver leurs cendres à l’intérieur du cratère ».

 

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C’est donc ce qui s’est passé au Pentagone – sauf que l’avion n’a pas piqué verticalement contre le sol, mais horizontalement contre la façade :

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8-2 Exemples de crashes

Observons des exemples réels.

En 1992, a été réalisé un crash-test d’un jet F-4D Phantom sur un bloc de béton de 3 mètres à près de 800 km/h, comme au Pentagone :

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L’avion a été réduit en confettis, ne laissant aucun gros débris.

Dans un autre genre, regarder ici pour illustrer une destruction à grande vitesse, d’une voiture cette fois.

Autre évènement. Le 5 décembre 2005, un avion de transport militaire C-130 (similaire en taille au Boeing 757 du Pentagone, mais volant deux fois moins vite, les pilotes cherchant à atterrir et non pas à se crasher…) s’est crashé dans un immeuble de 10 étages à Azari, en Iran. Les 10 membres d’équipage et les 84 passagers ont été tués, ainsi que 21 personnes dans l’immeuble. Voici les photos :

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Les crashes de gros avions contre des immeubles sont rares, mais il y a de nombreux autres exemples de gros avions se crashant dans un terrain en laissant peu voire aucun débris reconnaissable.

Cette série de photos de crashes montre le degré de destruction des avions dans des crashes communs – bien loin d’un piqué à vitesse maximale sur un immeuble… (Source)

Commençons par le crash volontaire du suicidaire de l’A320 de la GermanWings le 24 mars 2015 (150 morts) :

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On a aussi ceci :

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Roselawn, USA, IN : ATR-72 d’American Eagle, 31/10/1994, 68 morts

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Dubrovnik, Croatie : B737-T43 de l’U.S. Air Force, 3/4/1996, 35 morts

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Madras, Inde : B747-200F d’Air France Cargo, 6/3/1999, aucun mort

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Ceyhan, Turquie : B737-4Q8 de Turkish Airlines, 7/4/1999, 6 morts

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Bejuma, Venezuela : Yaklovlev YAK-42 de Cubana de Aviacion, 25/12/1999, 22 morts

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Florianopolis, Brésil : B727-27C de Transbrasil, 12/4/1980, 55 morts

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Cerritos, USA, CA : DC-9-32 d’Aeromexico, 31/08/1986, 64 morts + 18 au sol

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Chicago, USA, IL : DC-10-10 d’American Airlines, 25/5/1979, 270 morts + 2 au sol

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Sacramento, USA, CA : DC-8-71F d’Emery Worldwide Airlines, 16/02/2000, 3 morts (s’écrase sur un parking)

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Near Irkutsk, Russie : Tupolev TU-154M de Vladivostokavia, 4/7/2001, 145 morts

8-3 Les débris à l’extérieur du Pentagone : A/ les confettis

Intéressons-nous maintenant aux débris retrouvés au Pentagone.

Certains pointent le fait qu’il n’y aurait pas eu de débris, que la pelouse est intacte, etc., arguant de photos de ce genre :

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Meyssan :

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Mais comme nous l’avons évoqué précédemment, notre axe de vision sur la photo précédente correspond à la trajectoire de l’avion, arrivant de biais. Les petits débris ont en fait “rebondi”, et sont retrouvés là où se trouvent les camions en fait.

Raison pour laquelle la pelouse a été ratissée près de cet endroit :

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Et s’il n’y avait rien eu, ils auraient mis moins de monde…

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Zone de tri des débris dans le Parking nord

Voici d’ailleurs les nombreux débris visibles devant le Pentagone – les parties n’ayant pas pénétré dans le bâtiment ayant été réduites en quelques morceaux moyens, et de nombreux confettis (N.B. n’hésitez pas à cliquer sur les images car certaines sont en haute résolution) :

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P.S. merci de ne pas intervenir en commentaire sur des points qui seront traités dans les prochains billets, il y a assez de quoi dire avec ceux-ci… (merci donc d’éviter de faire des affirmations péremptoires si vous n’avez pas étudié à fond ce dossier, posez alors simplement des questions…)

Je rappelle aussi que je partage avec vous les résultats d’un gros travail de synthèse, à mon sens parfaitement convainquant (sur un sujet qui n’a donc du coup aucun intérêt, et nous fait perdre beaucoup de temps qui serait tellement utile pour analyser ce qui se passe sous nos yeux ; mais ce n’est pas inutile de faire un tel travail une fois).

Après, vous avez bien le droit de ne pas être convaincu par le très très très large faisceau de preuves (que vous n’aurez totalement que vendredi, certes). Mais vous m’accorderez alors en retour le droit de ne pas vouloir entamer de débat avec vous sur ce point. Rassurez-vous, il y a de nombreux sites internet où vous pourrez vous adonner au plaisir des joutes sur ce sujet… Et nous parlerons d’autre chose lundi 🙂

Suite de la série ici.

N.B. : les séries sur le 11 Septembre sont évidemment lourdes à modérer. Comme vous le voyez dans le plan au début du billet, ce billet s’insère dans une longue série. Merci donc de ne pas commenter sur de sujets qui seront clairement traités par la suite, cela fait perdre du temps à tout le monde. Vous pouvez commenter la série dans ce billet dédié.

Les commentaires sont fermés.

 

http://www.les-crises.fr/911-1-pentagone-7/

Le défi catalan

Le défi catalan

Jacques Hubert-rodier / Editorialiste diplomatique Les Echos

 

 

 

Le président de la Généralité de Catalogne, Carles Puigdemont, et les indépendantistes catalans ont gagné dimanche une mini-bataille : celle de l’image. L’intervention de la police pour empêcher le référendum, « illégal », sur l’autodétermination n’a pas réussi à entamer la détermination de voter de nombre de Catalans. Et le recours à la force, filmé et passé en boucle sur les chaînes de télévision, a renforcé le sentiment indépendantiste et ému en Europe.

En face, le Premier ministre, Mariano Rajoy (Parti populaire), est apparu plus affaibli que jamais. Son gouvernement minoritaire, il est vrai, ne tient qu’à un fil : celui de l’abstention du Parti socialiste (PSOE). Certes, le gouvernement a le droit pour lui. La Cour constitutionnelle a invalidé la loi adoptée par le Parlement de la communauté autonome de Catalogne et les décrets visant à organiser le scrutin du 1er octobre. La Constitution de 1978, adoptée après la chute du franquisme, est aussi formelle : son « fondement » est « l’unité indissoluble de la nation espagnole », même si elle reconnaît le droit à l’autonomie des nationalités et des régions qui la composent. Mais se réfugier derrière la loi ne réglera pas la crise ouverte entre Madrid et Barcelone. « Dès que l’oppression vient de Madrid, l’unanimité catalane se reforme », écrivait il y a quarante ans l’historien de la Catalogne  Pierre Vilar. C’était vrai sous le franquisme. C’est vrai aujourd’hui.  Mariano Rajoy peut encore jouer une carte : celle d’une révision de la Constitution qui permettrait de passer d’un Etat fédéral de fait avec 17 communautés autonomes à un véritable système fédéral. Mais, seul, en a-t-il encore le pouvoir ? Ce n’est pas certain. La crise catalane ouvre dans une Union européenne qui vient tout juste de tourner le dos à sa crise économique une blessure inattendue. Certes, l’Union n’est pas en première ligne dans une affaire qui regarde les dirigeants politiques en Espagne. Mais elle ne peut se contenter d’appeler « tous les acteurs pertinents à passer rapidement de la confrontation au dialogue ». Ada Colau, la maire de Barcelone soutenue par le parti d’ultra-gauche Podemos, lui-même divisé sur l’indépendance de la Catalogne, a appelé l’Union européenne à une « médiation ». Un souhait partagé désormais par Carles Puigdemont. Bruxelles ne peut se permettre, non plus, de laisser une nouvelle crise, cette fois-ci politique, et non plus financière et économique comme celle de la Grèce, s’installer au coeur de l’Europe. La voie est étroite. Mais il y a une petite opportunité : le gouvernement catalan ne sait pas trop quoi faire de sa « victoire ». Il faut aller vite. Car le risque est de voir d’autres régions européennes prendre la voie catalane.

En savoir plus sur

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/030650232466-le-defi-catalan-2118948.php#sUyrfRWvAPh9IsWw.99

 

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/030650232466-le-defi-catalan-2118948.php#xtor=EPR-3038-%5Bnl_ideesdebats%5D-20171003-%5BProv_AL_CLO_BOURSE_PU%5D-

Des fleurs saoudiennes pour la Russie

Des fleurs saoudiennes pour la Russie

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Des fleurs saoudiennes pour la Russie

Le roi d’Arabie saoudite Salmane (Salmane ben Abdelaziz) se rend en Russie pour une visite officielle que l’on qualifie d’“historique” (du 5 au 7 octobre). Un tel déplacement est effectivement extrêmement rarissime, sinon inédit, et représente une marque symbolique d’une volonté d’établir les meilleurs rapports possibles entre deux pays qui ne sont pourtant pas les meilleurs amis du monde sur tous les théâtres d’opération, – notamment en Syrie et au Yemen, et compte tenu de l’hostilité affichée de la Russie vis-à-vis du terrorisme islamique par rapport à la tradition de soutien des Saoud au terrorisme islamiste. Qu’importe, nous somme dans un monde où cohabitent diverses narrative et presque autant de simulacres, et où les vérités-de-situation sont à trouver dans ces relations flottantes et incertaines entre des univers factices et orientés entretenant des relations aussi nécessaires qu’improbables.

Quoi qu’il en soit, les deux pays s’arrangent de cette visite. La Russie, c’est pour montrer qu’elle est amie, médiatrice, conseillère et bonne voisine de tout le monde, sans aucunement exiger quoi que ce soit de chacun souverain dans son royaume, et donc se jugeant elle-même comme une véritable puissance souveraine dans les relations internationales d’un monde multipolaire. La Russie montre cette attitude complètement contraire cela va sans dire, de celle des USA et de tous les donneurs de leçon du bloc-BAO qui exigent des certificats de vertu humanitaire avant de serrer la main d’un Russe, certes en se bouchant le nez.

(Il n’en va pas de même pour la main d’un prince saoudien pour les mêmes USA et tous ces pays du bloc-BAO qui se respectent à l’aune de leur réputation dans le domaine des vertus de communication et de téléréalité. Une main saoudienne, cela se serre avec respect et une dignité servile et zélée, sans trop penser aux mœurs sociétales des princes, au sort des droits de l’homme et du reste dans le royaume et ainsi de suite. Qu’importe, l’on n’est pas à l’abri d’une contradiction lorsque le business c’est le business, et il suffit alors de ne rien dire ni imprimer de tout ce qu’il y a de contradictoire dans ces si nombreuses hypocrisies dont nous sommes chargés. On constate ainsi que différents simulacres peuvent cohabiter, ce qui peut certes se concevoir à condition que l’on soit conscient qu’il s’agit de simulacres.)

L’Arabie, elle et de son côté dans cette circonstance, veut montrer par sa chaleur prorussiste qu’elle n’est après tout pas très satisfaite de ses relations avec ses tuteurs et complices divers, aux USA évidemment et dans les pays du bloc-BAO bien entendu. La Syrie a été une grande déception pour les Saoud, qui jugent que le bloc-BAO n’a pas fait son travail alors qu’ils ont eux-mêmes sacrifié sans compter un certain nombre de leurs comptes en banque pour soutenir les rebelles islamistes et avoir la peau d’Assad, et des Iraniens indirectement, et tout cela au risque de tomber sur quelque régiment ou escadrille russes. Qu’importe, les Saoud sont réalistes et ils ont donc évolué dans le sens des choses et des événements ; ils sont donc désormais ouvertement méprisants et condescendants pour leurs complices occidentaux, et finalement plutôt admiratifs de leurs ennemis-amis russes. Nous sommes clairement dans la phase “amis” et il est temps de reconnaître avec éclat ce qu’il y a d’admirable chez les Russes.

Par conséquent on lira ce qui suit des propos de l’ancien ambassadeur d’Arabie à Moscou à propos de la Russie avec l’esprit dégagé du poids de toutes ces contradictions, hypocrisies, coups fourrés et autres qui ont émaillé ces diverses relations et épisodes délicats, entre Arabie et Russie notmment. Du côté de l’Arabie nous ne sommes plus du tout au temps de Prince Bandar, – expédié à la retraite ou ad patres c’est selon, – qui venait parler à Poutine, presque menaçant en agitant la menace terroriste en marge des Jeux Olympiques de Sotchi. Nous sommes au temps des fleurs lancées à la Russie, dont le type de société est présenté comme un modèle sociétal, d’une société multiethnique vivant en harmonie, sans mettre en cause la souveraineté nationale mais bien plutôt en la renforçant, – bref, un modèle que les pays du bloc-BAO serait bien avisés de suivre… Et vous savez quoi ? pourrait-on dire au lecteur, mais les propos de l’ancien ambassadeur à Moscou, prince Tourki ben Fayçal Al Saoud, ne sont pas dénués de bon sens ni d’une certaine justesse si l’on accepte un certain point de vue. Il suffirait d’ajouter que tout ce que le prince dit de flatteur du “modèle russe” s’accompagne, comme c’est l’évidence, d’une très forte affirmation souveraine et identitaire pour compléter justement son propos, – et comment ne pas en convenir ?.

… Encore une fois, il s’agit de dégager son esprit de tout ce que l’on sait et remâche de la duplicité, de l’hypocrisie, des contradictions fâcheuses des uns et des autres, de l’ironie sublime et grinçante qu’il y a d’un certain point de vue qui n’est pas rien, à entendre un prince saoudien donner des conseils pour lutter contre le terrorisme, et plus encore le “terorisme islamiste” qu’il ne faut justement pas qulifier comme tel. Il s’agit de dégager l’esprit de toutes les hypothèses complexes que la raison développe sur des renversements d’alliance, des coups tordus de type géopolitique ou des manœuvres habiles simplement de type politique, etc., qu’impliquent une telle visite du roi et les déclarations de ce prince. Il importe de lire le propos pour ce qu’il dit, puisqu’il pourrait dire selon un certain point de vue le “bon sens et une certaine justesse”. On s’en tiendra là, ce qui n’est déjà pas si mal, pour lire ce quelques interventions du prince, recueillies le 2 octobre 2017, lors d’une interview que donne le susdit prince à Spoutnik et la chaîne TV russe NTV.

dedefensa.org

 

http://www.dedefensa.org/article/des-fleurs-saoudiennes-pour-la-russie

Le chant du cygne noir

Le chant du cygne noir

2 Octobre 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

A la ramasse il y a deux semaines, bouffé tout cru par l’avancée loyaliste autour de Deir ez-Zoor, Daech souffle le chaud et l’effroi depuis quelques jours. Une contre-attaque éclair et massive en plusieurs points a partiellement coupé la M20 entre Palmyre et Zoor et mis l’armée syrienne en difficulté. Les combats sont féroces et les pertes sérieuses des deux côtés.

Les petits hommes en noir ont apparemment puisé dans leurs réserves et amené du côté irakien de la frontière troupes d’élite et équipement lourd pour ce qui semble être le chant du cygne du califat. La question que tout le monde se pose est évidemment : comment ont-ils pu tranquillement passer via la zone de surveillance aérienne américaine à l’est de l’Euphrate ? Nous y reviendrons…

Si la situation est maintenant stabilisée et l’armée syrienne a repris une partie du terrain perdu, l’EI ne lâche rien et la lutte est âpre, notamment autour de la petite ville de Choulah, emplacement stratégique sur la M20.

Tout cela n’empêche pas les loyalistes d’avancer à partir de Zoor le long de l’Euphrate vers Mayadin, sur le chemin d’Al Bukamal, but et raison ultimes de la guerre. Arc chiite, quand tu nous tiens… Ce faisant, Damas et Kurdes américanisés se tirent la bourre car, en parallèle, les proxies US avancent également de leur côté :

C’est dans ce contexte qu’il faut replacer la brutale contre-attaque daéchique. La logique impériale voudrait qu’elle ait été permise par le Centcom et vise à ralentir la progression de l’armée syrienne sur la frontière. Mais rien n’est tout à fait sûr et les doutes que nous avions mi-septembre sont toujours d’actualité :

Au printemps (avril-mai en l’occurrence), les Américains et leurs proxies avaient tout le temps du monde pour mettre la main sur la frontière syro-irakienne et couper définitivement l’arc chiite en deux alors que l’armée syrienne était encore à des années-lumière. Ils n’ont rien fait…

Pire, ils ont laissé sans bouger un orteil les loyalistes manger le territoire daéchique en Syrie centrale, couper l’herbe sous le pied des « modérés » d’Al Tanaf, progresser inexorablement le long de l’Euphrate au nord et libérer Deir ez-Zoor.

Et c’est seulement maintenant que l’empire, après des mois de sommeil, se réveillerait et déciderait que non finalement, il faut faire quelque chose ? Difficilement crédible.

A ces interrogations s’ajoutent d’autres questions : pourquoi par exemple l’armée syrienne n’a-t-elle à peu près rien fait entre la libération de Zoor et la contre-offensive de Daech (trois bonnes semaines) ? Pourquoi, alors qu’elle a débarqué sur l’autre rive de l’Euphrate grâce au pontage russe, n’a-t-elle pas avancé d’un pouce ? Pourquoi, de l’autre côté de la frontière, l’offensive armée irakienne/UMP vers Al Qaïm a-t-elle été stoppée ? Mystère, mystère…

Le flou est également entretenu par une flopée de vraies-fausses informations : bombardements russes sur les YPG kurdes, forces spéciales US se baladant aimablement dans le califat, bombardement du Hezbollah par un drone US près du T3… Info et intox se côtoient allègrement et il est bien difficile de démêler tout cela.

Il a aussi beaucoup été écrit que l’EI laisse tranquillement avancer les Kurdes sur Deir ez-Zoor tandis qu’il donne tout contre l’armée syrienne. Mais ce n’est pas tout à fait exact non plus. Si la réaction daéchique paraît effectivement parfois un peu soft face aux YPG, il y a quand même des combats (Suwar, Suwayyan). Quant aux décapitations (âmes sensibles s’abstenir) de combattants kurdes, elles n’ont rien de douces…

Les tempêtes de sable qui se lèvent régulièrement dans l’est syrien n’ont rien à envier au brouillard de ce qui se passe dans la zone.

A moins que, depuis le départ de Bannon, le Donald ait été totalement récupéré par le Deep State, l’empire semble avoir lâché l’affaire en Syrie (cf. plus haut) ; nous ne sommes plus sous l’ère Barack à frites, quand Washington soutenait presque ouvertement Daech, Al Qaida et consorts. De fait, les Cassandre pourtant de qualité (Moon of Alabama, Saker etc.) qui nous prédisaient presque une guerre ouverte entre Russie et Etats-Unis à propos de la Syrie il y a une semaine sont devenus soudain muets.

D’un autre côté, il serait naïf d’écarter totalement l’idée d’une coopération ponctuelle et partielle entre le Centcom et les petits hommes en noir actuellement. Il s’agit moins de couper – chimère morte et enterrée – l’arc chiite que de mettre Russes et Syriens un peu en difficulté et de peser sur les négociations d’après-guerre en donnant aux Kurdes un poids exponentiel.

 

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2017/10/le-chant-du-cygne-noir.html

Japon : le moral des industriels au plus haut depuis 10 ans, sur fond d’embellie économique

Japon : le moral des industriels au plus haut depuis 10 ans, sur fond d’embellie économique

Par latribune.fr  |   |  342  mots
L'économie japonaise a enregistré une croissance de 2,5% au deuxième trimestre en rythme annualisé grâce à la robustesse de la consommation des ménages et des dépenses d'entreprises.
L’économie japonaise a enregistré une croissance de 2,5% au deuxième trimestre en rythme annualisé grâce à la robustesse de la consommation des ménages et des dépenses d’entreprises. (Crédits : TORU HANAI)
Les grandes entreprises manufacturières japonaises n’avaient pas connu un tel niveau de moral depuis septembre 2007. Cette étude renforce les déclarations de la Banque du Japon (BoJ), qui considère que l’économie évolue vers une expansion soutenue, capable de stimuler les salaires et les dépenses des ménages et d’accélérer l’inflation jusqu’à atteindre son ambitieux objectif de 2% d’ici 2020.

Signe de l’accélération de la reprise au sein de la troisième économie mondiale, la confiance des grands groupes manufacturiers japonais a atteint un pic de dix ans en septembre, selon l’enquête trimestrielle « tankan » de la Banque du Japon publiée lundi.

L’indice phare de l’enquête « tankan » a grimpé à +22 en septembre contre +17 trois mois auparavant, son quatrième trimestre d’affilée de hausse et son meilleur niveau depuis septembre 2007. La prévision médiane du marché était de +18. Cet indice est cependant attendu en baisse au cours du quatrième trimestre, montre l’enquête, les industriels l’anticipant à +19 pour sa prochaine édition.

L’indice du moral des grandes entreprises non industrielles s’est établi à +23, inchangé par rapport à juin et conformément aux attentes du marché.

Vers une expansion soutenue ?

Cette étude renforce les déclarations de la Banque du Japon (BoJ), qui considère que l’économie évolue vers une expansion soutenue, capable de stimuler les salaires et les dépenses des ménages et d’accélérer l’inflation jusqu’à atteindre son ambitieux objectif de 2% d’ici 2020.

« Il existe un certain nombre de facteurs positifs, dont la reprise des exportations du Japon et l’amélioration de l’économie mondiale, conjuguée à la récente dépréciation du yen », a commenté Katsunori Kitakura, analyste de SuMi Trust.

Les grands groupes prévoient d’augmenter leurs investissements de 7,7% au cours de l’exercice fiscal en cours, qui prend fin en mars 2018, précise en outre l’enquête. Les analystes interrogés par Reuters prévoyaient une hausse de 8,3%.

Ces données figurent parmi les facteurs que les neuf membres de la BoJ prendront en compte lors de leur réunion d’évaluation économique prévue les 30 et 31 octobre. Elles sont susceptibles en outre de favoriser la campagne du Premier ministre sortant Shinzo Abe en vue des élections législatives anticipées du 22 octobre.

L’économie japonaise a enregistré une croissance de 2,5% au deuxième trimestre en rythme annualisé grâce à la robustesse de la consommation des ménages et des dépenses d’entreprises.

(avec Reuters)

 

 

http://www.latribune.fr/economie/international/japon-le-moral-des-industriels-au-plus-haut-depuis-10-ans-sur-fond-d-embellie-economique-752469.html#xtor=EPR-2-%5Bl-actu-du-jour%5D-20171002

 

Tunisie-Indonésie : vers l’instauration d’un partenariat de libre échange commercial

Tunisie-Indonésie : vers l’instauration d’un partenariat de libre échange commercial

© Chine Nouvelle (Xinhua), le 03/10/2017 00:06

 

Après neuf années de suspension, la commission mixte tuniso-indonésienne a repris lundi ses travaux à l’occasion d’une visite officielle de la ministre indonésienne des Affaires étrangères, Retno Marsudi.

Démarrée en 2008, la commission mixte tuniso-indonésienne arrive cette année à sa dixième session qui, deux jours durant, discutera des moyens susceptibles de renforcer la coopération bilatérale, selon le ministre tunisien des Affaires étrangères Khemais Jhinaoui.

Le chef de la diplomatie tunisienne a confirmé avoir reçu de la partie indonésienne un projet, désormais en cours d’examen, portant sur l’instauration d’un partenariat commercial de libre échange entre la Tunisie et l’Indonésie.

« Tenir cette session, après neuf années de gel, traduit parfaitement la volonté commune des deux pays à réussir un élan qualitatif en matière de coopération », a déclaré la ministre indonésienne Retno Marsudi.

Cette visite favorisera la conquête de nouveaux potentiels d’investissements dans le cadre du partenariat public-privé dans les deux pays, a-t-elle poursuivi.

Les deux responsables se sont convenus à appuyer la coopération entre la Tunisie et l’Indonésie dans le cadre du principe gagnant-gagnant touchant le commerce, l’investissement, l’éducation, la formation diplomatique outre la lutte contre le terrorisme.

Actuellement, le volume des échanges commerciaux entre la Tunisie et l’Indonésie s’établit entre 120 et 150 millions de dinars (entre 48 et 60 millions de dollars).

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Revue de presse nationale et internationale.

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