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L’effritement de l’ordre mondial

L’effritement de l’ordre mondial


En cette ère d’instabilité, les États-Unis doivent protéger leur propre sphère d’influence


Par Robert W. Merry  – Le 31 octobre 2017 – Source Washington Times

The Split of Catalonia Illustration by Greg Groesch/The Washington Times
La séparation de la Catalogne – Illustration de Greg Groesch/The Washington Times

La plaie de l’Espagne est la Catalogne, où nombreux sont ceux qui veulent se séparer du royaume espagnol. Madrid ne veut pas que cela se produise, c’est pourquoi le Sénat espagnol a autorisé le gouvernement à prendre le contrôle direct de la région rebelle du nord-est, qui jouit depuis des décennies d’une autonomie considérable dans le système espagnol. Cette action intervient après que le Parlement catalan, à majorité séparatiste, a approuvé une résolution visant à « créer une république catalane en tant qu’État indépendant ».

Ainsi, l’Espagne est entrée dans ce que le New York Times appelle la « plus grande crise constitutionnelle depuis qu’elle a embrassé la démocratie en 1978 ». Cela représente près de quatre décennies de stabilité démocratique relative pour un pays qui a traversé une horrible guerre civile dans les années 1930 puis a subi près de 40 ans de dictature. Et maintenant, encore une fois, les perspectives d’effusion de sang sont réelles.

L’émergence de cette nouvelle crise après tant de bonnes années soulève une question : pourquoi maintenant ? La réponse : ces événements ne sont qu’une partie d’une détérioration globale du statu quo. Le monde n’a pas connu ce genre de déclin progressif des structures établies depuis le chaos de 1914-1945. À cette époque, qui suivait près d’un siècle de relative stabilité mondiale, le monde semblait avoir perdu la raison – jusqu’à ce qu’un nouvel ordre mondial soit établi déjà pendant la Seconde Guerre mondiale et juste après la guerre, avec l’Amérique en son centre.

Mais maintenant cet ordre mondial semble lui-même se désagréger. Considérez les forces et les sentiments acides qui tourmentent le globe en ce moment – les animosités sectaires ; les sensibilités nationalistes ; les passions des identités ethniques ; les rivalités géopolitiques ; les urgences des migrations ; la colère contre le globalisme. De toute évidence, le statu quo est attaqué de tous les côtés.

Cela suggère qu’il y a une raison pour laquelle l’ère de l’après-guerre froide n’a pas d’autre nom que celui indiquant qu’elle est venue après la guerre froide. Elle n’a pas de nom propre car elle n’a pas d’identité. Ce n’est que la période d’un chaos croissant qui a suivi une ère de stabilité et nous conduira, on ne peut que l’espérer, vers une autre période de calme. En attendant, nous devrions nous préparer à une instabilité croissante et à des difficultés dans les affaires mondiales.

Certains des développements les plus puissants de cette ère de changement sont la montée en puissance de la Chine et sa volonté apparente de remettre en question l’hégémonie américaine en Asie depuis 70 ans ; les tensions croissantes entre l’Occident et la Russie au sujet de qui contrôlera les terres faisant traditionnellement partie de la sphère d’influence russe ; la fébrilité progressive et l’acrimonie du Moyen-Orient, déchaînées en partie par l’incursion américaine dans la région et propulsées maintenant par des passions sectaires et des intérêts géopolitiques ; la confrontation imminente entre les États-Unis et l’Iran ; la transformation de la Turquie d’une nation s’intégrant à l’Occident et exaltant le pluralisme en une dictature de plus en plus islamiste ; l’émergence d’une menace nucléaire en Corée du Nord ; la montée du nationalisme occidental ; et l’explosion de l’immigration qui menace la stabilité culturelle et sociétale européenne et américaine.

Ce qui est frappant dans nombre de ces développements est la mesure avec laquelle ils ont généré d’énormes questions non résolues qui devront bien se dénouer dans le futur. Par conséquent, il n’y a aucune raison de croire que l’ère de l’après-guerre froide – une époque pleine de changements et de conflits – prendra fin de sitôt.

Il convient également de noter à quel point les Américains, et en particulier les dirigeants américains, s’accrochent à un statu quo mondial en progressive érosion. Le récent discours du Sénateur de l’Arizona John McCain devant le National Constitution Center à Philadelphie en est un bon exemple. Il a dit que « l’Amérique était indispensable à la paix, à la stabilité internationale et au progrès de l’humanité ». Il a dit que « nous sommes une terre faite d’idéaux » et nous devons être « leurs champions à l’étranger ». Il a dit que nous avons « un devoir de rester le dernier meilleur espoir sur la terre ».

Cela implique que l’Amérique représente des principes universels de gouvernance et de rectitude nationale qui doivent être répandus dans le monde entier. Mais c’est ce concept même qui a contribué au chaos du Moyen-Orient lorsque George W. Bush a conduit l’Amérique dans la région pour mettre fin à la « tyrannie dans notre monde ». Les tensions se sont fortement accrues en Ukraine quand l’administration de Barack Obama a soutenu un coup d’État contre le président élu de cette nation et a menacé les intérêts géopolitiques historiques de la Russie.

Non, l’Amérique a besoin d’une nouvelle pensée plus en phase avec les profonds changements qui se produisent dans le monde et les nouvelles réalités qui s’abattent sur nous. L’hégémonie mondiale américaine ne fonctionnera plus. L’exceptionnalisme américain est une vanité nationale ridiculisée par les événements. Nos idéaux sont bons pour nous et valent la peine de se battre pour eux, mais ils ne sont pas universels et ne devraient pas être imposés à d’autres peuples dans d’autres pays. La pièce à conviction de ce fondement de réalisme géopolitique est le Moyen-Orient, qui suit sa propre voie sans tenir compte des vœux américains et de la puissance américaine – sans parler des idéaux américains du genre de ceux prônés par le sénateur McCain.

Si l’Amérique doit jouer un rôle majeur dans le déplacement du monde vers plus de stabilité et de paix, elle doit abandonner ses ambitions hégémoniques au nom de l’universalisme américain. Elle doit plutôt accepter les sphères d’influence régionales tout en protégeant sa propre sphère d’influence dans les Amériques, les Caraïbes, le golfe du Mexique et ses eaux environnantes. Elle doit maintenir ses liens étroits avec l’Europe, sa source culturelle. Elle doit opter pour une politique étrangère basée sur l’impératif de promouvoir un équilibre global du pouvoir.

Une telle approche peut-elle favoriser une nouvelle ère de stabilité mondiale ? Peut-être, peut-être pas. Mais l’approche du statu quo du sénateur McCain ne fera qu’ajouter au chaos mondial.

Robert W. Merry, journaliste de longue date à Washington, D.C. et éditeur, est rédacteur en chef de The American Conservative. Son dernier livre, « Président McKinley : architecte du siècle américain », sera en vente le 7 novembre.

Note du Saker Francophone

On vous laisse lire l'analyse de ce texte par dedefensa.org, d'où il est tiré, pour servir d'exemple à leur analyse de la Grande Crise de l’Effondrement du Système. À noter que la traduction littérale d'effritement peut aussi être avantageusement traduite par mitage.

Une falaise peut s'effriter car elle est visiblement fragile, érodée par la mer. Un meuble en bois massif sera lui mité de l'intérieur, semblant toujours aussi solide de l'extérieur jusqu'à qu'une secousse révèle son état véritable, un gros tas de poussière ne demandant qu'à tomber d'un coup.

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/

 

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Xi Jinping s’adresse aux soldats chinois de Djibouti

Xi Jinping s’adresse aux soldats chinois de Djibouti

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Le président Xi Jinping s’est adressé par vidéo-conférence aux soldats chinois de la base de Djibouti, le 4 novembre 2017.

Selon Defense News, cette base a été consolidée. Il s’agit d’une véritable forteresse, capable d’héberger une brigade complète (7 à 10 000 hommes).

La création de cette base, à proximité des installations états-uniennes, israéliennes, et françaises, a mis fin au piratage au large de la Somalie.

Il s’agit de la première base militaire en dehors de la sphère d’influence chinoise.

http://www.voltairenet.org/article198710.html

L’informateur sort du bois

L’informateur sort du bois


Par James Howard Kunstler – Le 27 octobre 2017 – Source kunstler.com

https://echochamber.club/wp-content/uploads/2017/07/Trump-Russia-Image.jpg
C’est quoi çà? [L’éléphant républicain]
C’est un cheval mort [Allusion à la pancarte]
Théorie de la collusion Trump/Russie
Presse [Tendance démocrate avec l’âne]

Quand vous considérez toutes les créatures ténébreuses qui se promènent dans les interstices des coulisses de l’État profond, il est un peu surprenant que quelqu’un de ce genre ne soit pas encore apparu en pleine lumière auparavant. Apparemment, maintenant, une personne dont le nom sera bientôt placardé dans tous les médias a été autorisée par le ministère de la Justice à venir et chanter aux divers comités de la Chambre des représentants et du Sénat une musique sur un accord suspect impliquant la Russie et la dynastie Clinton.Les grandes lignes de l’Uranium-Gate sont déjà chargées comme un plateau de nachos avec de piquants morceaux de détails suspects. L’informateur a travaillé pour une société de lobbying du marécage de Washington DC qui a été embauchée par Tenex, une filiale de l’entreprise publique russe Rosatom, pour conclure un accord d’achat d’une entreprise canadienne, Uranium One, qui avait d’importantes exploitations minières aux États-Unis. Selon le site Web The Hill, l’accord mettait environ 20% de l’uranium américain entre les mains de la société russe.

L’informateur a reconnu la preuve d’un comportement criminel dans les transactions dont il a été témoin et est allé volontairement au FBI. Le rapport de The Hill continue :

« Son travail a aidé le ministère de la Justice à obtenir des condamnations contre le principal dirigeant russe de l’industrie nucléaire aux États-Unis, un financier russe du New Jersey et le dirigeant d’une entreprise américaine de transport d’uranium. Le plaignant dit qu’il s’agit d’un vaste plan d’extorsion, de pots-de-vin, de corruption et de blanchiment d’argent qui duraient depuis longtemps. »

Ces accusations, fondées sur des éléments de preuve recueillis en 2009, n’ont pas été portées devant les tribunaux avant 2014. Et cela était supposé être la fin du film.

Maintenant, un autre fait est que l’accord permettant à Tenex d’acheter Uranium One devait être approuvé par neuf agences fédérales et signé par la secrétaire d’État Hillary Clinton, ce qu’elle a fait peu après que son mari Bill Clinton ait été payé 500 000 dollars pour faire un discours à Moscou parrainé par une banque russe. La Fondation Clinton a également reçu des millions de dollars en dons « charitables » de la part de parties intéressées par l’entente Tenex / Uranium One. Il est arrivé, aussi, que le PDG d’Uranium One au moment de la vente de Tenex, Frank Guistra, était l’un des onze membres du conseil d’administration de la Fondation Clinton.

L’informateur est resté sous couverture du FBI pendant cinq ans. Aucune participation de Clinton n’a été incluse dans les poursuites fédérales de corruption et de racket mentionnées précédemment. Pendant ce temps, l’informateur avait signé un accord de non-divulgation avec le département de la Justice d’Obama, qui vient d’être levé la semaine dernière.

Ce matin, l’histoire est absente du New York Times, autrefois le journal officiel du pays. La crédibilité du FBI est en jeu dans cette affaire. Robert Mueller, qui était directeur de l’agence au cours de l’accord Tenex / Uranium One, avec tous ses sous-entendus Clinton-Russie, est dans une position délicate maintenant en tant que procureur spécial pour enquêter sur les « ingérences » russes présumées lors de l’élection, qui impliquent le président Trump. L’enquête n’a pas encore été rendue publique, mais les fuites massives des employés du gouvernement qui ont occupé environ 80% de l’actualité des médias l’an dernier ont cessé – soit parce que Mueller a imposé des restrictions draconiennes à son propre personnel, soit parce qu’il n’y avait rien derrière.

Le FBI a beaucoup de choses à expliquer pour avoir ignoré le lien entre Clinton et l’affaire Uranium One. L’informateur, dont le nom et le visage vont bientôt apparaître, arrive du froid, dans les locaux surchauffés des comités d’enquête de la chambre des représentants et du sénat. Je me demande si M. Trump, ou ses avocats, trouveront des motifs pour tenter de démettre le procureur spécial Mueller, étant donné que tout cela ressemble à une position compromise de sa part vis-à-vis de l’opposant à l’élection de Trump, Hillary Roddam Clinton. Il est difficile de ne pas voir ce qui se passe – en même temps que les marchés financiers et les questions géopolitiques se dirigent vers le sud. Attachez vos chapeaux.

James Howard Kunstler

Note du Saker Francophone

On peut aussi imaginer que les équipes de Trump aient volontairement laissé le Russian-Gate se développer, cavaler même alors qu'ils avaient un joker dans leur manche. Ils peuvent peut-être fusiller les Clinton, les Démocrates et une partie des Républicains avec une seule balle... Alors peut-être allons nous assister au fameux drainage du marais... ou à un renouvellement des acteurs ayant le droit à la gamelle...

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/linformateur-sort-du-bois

 

NIGER: ENFIN, UNE GUERRE JOHN MCCAIN N’AIME PAS

NIGER: ENFIN, UNE GUERRE JOHN MCCAIN N’AIME PAS

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07.11.2017

News a d’abord fait le point sur la mésaventure du Niger aux Etats-Unis le 4 octobre. « La vraie nouvelle ici est que les Etats-Unis ont des forces au Niger, où ils mènent des opérations secrètes », a tweeté l’auteur. « Hashtag America First ».

Les médias officiels ont ignoré l’embuscade des forces spéciales américaines, jusqu’à ce que l’histoire gagne la traction anti-Trump. Aucun mot n’est venu de John McCain. Dans trois semaines, le sénateur de l’Arizona fait l’histoire. McCain, qui n’a jamais connu une guerre qu’il n’avait pas envie de poursuivre, s’interroge sur la folie au Niger.

Le sénateur d’Arizona peut courir mais ne peut pas se cacher de la pollution qu’il a laissée sur son chemin politique. Les républicains ont sagement rejeté la guerre au Kosovo; McCain a abandonné la loyauté du parti pour demander des bombes d’en haut et « plus de bottes sur le terrain. » À la perspective de la guerre avec l’Iran, McCain a éclaté en chanson, « Bombe-bombe, bombe-bombe-Iran ». ce goule de guerre sourit. Avant cela, McCain a promis une guerre de 100 ans en Irak.

Le chauvinisme du sénateur McCain a englobé la Syrie, la Géorgie, le Mali, le Nigeria et la Chine. Lorsque les États-Unis ne pouvaient pas changer de régime, comme ils l’ont fait en Afghanistan et en Libye, McCain appelait typiquement un «ami de l’Amérique» imaginé contre un «ennemi de l’Amérique». McCain a de nombreux amis imaginaires.

Là où son pays cible était au-delà de l’intimidation américaine (Russie), l’idée de la reprise d’une guerre froide était une option que McCain aimait. Il fulmine actuellement sur un léger retard dans les sanctions contre la Russie. Quand tous les efforts pour apprivoiser le monde échouent militairement, McCain est partial à l’idée des troupes de l’ONU agissant comme ses substituts, disons au Soudan.

Aucune guerre ne rend Johnny un garçon triste. Mais maintenant, il envisage une assignation à comparaître sur le Niger.

CENTRALISATEUR GLOBAL

Jouer au Niger, ce sont les intérêts de la politique étrangère américaine, ancrés en permanence et immuables. Les observateurs attentifs détecteront un modèle familier. Encore une fois, le parti pris américain est partout dirigé vers un État central puissant et démesuré. Cette vanité a mis nos forces sur une trajectoire de collision avec les intérêts tribaux que l’Amérique cherche à apprivoiser.

En effet, la politique étrangère américaine bafoue souvent l’autorité locale. Il désavoue certainement les séparatistes et décourage généralement toute dévolution significative du pouvoir. Né d’une confédération lâche d’États indépendants, l’Amérique représente maintenant l’État centralisé fort. Nos dirigeants interchangeables s’efforcent de voir la même chose dans les terres tribales du Moyen-Orient et de l’Afrique.

MEDDLING DANS LA GUERRE CIVILE DU YEMEN

Au Yémen, l’Amérique s’efforce d’imposer une autorité centrale sur les «cheikks du chahut». Au Sud seulement, le Yémen compte 14 principautés. Les sécessionnistes du Sud sont en guerre avec le nord depuis au moins 139 ans. Là, «même l’eau embouteillée», note l’économiste, «s’appelle« Sud ». Il n’y a pas de Yémen unifié. N’a jamais ete.

Dans cette mêlée, les États-Unis ont pataugé. Notre colosse de la politique étrangère est si stupide et dangereux qu’il imagine que l’Amérique combat Al-Qaïda en soutenant la coalition menée par l’Arabie saoudite pour vaincre les rebelles Houthi du Nord. Les rebelles Houthi du nord, cependant, portent clairement plusieurs chapeaux. Plus encore que la coalition envahissante, les rebelles sont de la communauté et souvent pour la communauté.

Comme le remarquent les partenaires émirati américains au Yémen, «Motiver les recrues à aller vers le nord est une tâche ardue, même avec le paiement de primes. Ceux qui étaient heureux de se battre pour leur propre maison semblent ne pas vouloir se battre pour quelqu’un d’autre. « 

Est-ce que l’armée de l’Empire se limiterait à ce mandat constitutionnel: se battre pour la maison et le foyer et pas plus. Hélas, nos soldats ont été propagandisés pour confondre la lutte pour la liberté américaine avec des combats au Niger, au Burkina Faso (oui, je sais) et au Mali.

En fin de compte, tous les endroits choisis par l’Amérique sont trop complexes pour être saisis par l’esprit prosaïque des États-Unis, car nous sommes instruits de voir des sociétés différentes des nôtres à travers un prisme d’anges et de démons.

Plus encore qu’au Moyen-Orient, l’Afrique est déchirée par des intérêts et des dynamiques tribaux. Ceux-ci, McCain ou CENTCOM (le Commandement Central des Etats-Unis) n’ont aucun espoir de compréhension, parce qu’ils sont attachés à l’idée que leur propre maison (l’Amérique) n’est rien d’autre qu’une idée, et jamais une communauté de chair et de sang. des personnes partageant un patrimoine précieux.

ET MAINTENANT, NIGER

À leur crédit, la fidélité des Africains n’est pas de déraciner les propositions politiques – la démocratie, les droits de l’homme, le mariage homosexuel et les salles de bains communes – mais les uns envers les autres. Ils vont tuer pour le clan et la famille. (Et ils s’entretuent aussi.)

Le Niger n’est pas différent. On vous dit que les Américains et les Français renforcent les forces locales du Niger contre le mythique ISIS. Balivernes. Ce n’est jamais le cas. En Afrique, comme en Afghanistan ou en Irak, les conflits sont régionaux, tribaux, anciens, voire anciens.

Tongo-Tongo, le village nigérien qui a tendu une embuscade à nos bérets verts sans méfiance, n’avait pas été «infiltré» par des forces hostiles; c’est le point de vue du gouvernement central du Niger, lui-même un développement très récent. Si le passé est un prologue, il est juste de supposer que le gouvernement du Niger est investi dans le développement en tant qu’état client français et américain avec tous les avantages qui en découlent.

Les villageois ont probablement appris à ne pas attendre que l’État leur fournisse des retombées. Les villageois de Tongo-Tongo ont incité nos forces à forger, donnant juste assez de temps à leurs bienfaiteurs militants pour créer une embuscade dans une zone d’abattage.

Imaginer! Les locaux n’apprécient pas particulièrement la visite des patrouilleurs américains et français et de leurs marionnettes nigériennes.

Encore une fois, le Niger dépend fortement des pots-de-vin de l’Occident (l’aide étrangère, nous l’appelons). Nous récompensons Niamey (la capitale) pour jouer à des jeux de guerre avec nous. C’est un autre cas d’une terre tribale islamique, si multiethnique, dont les gens ne veulent pas d’Américains là-bas. (Et même si les gens de la région nous voulaient là-bas, l’Amérique n’a rien à faire là-bas.) Les déplorables ont voté contre le concept de rendre le Niger, le Burkina Faso et le Mali encore meilleurs.)

Donc, si la haine de John McCain envers le président Trump a poussé le plus chaud des bellicistes américains à remettre en question l’intervention américaine au Niger, c’est une bonne chose.

 

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LES ENJEUX DU SOUTIEN DE LA RUSSIE ET DE L’IRAN AU TALIBAN

LES ENJEUX DU SOUTIEN DE LA RUSSIE ET DE L’IRAN AU TALIBAN

Julie Descarpentrie

10-11-2017

 

Alors que Moscou et Téhéran mobilisent le plus gros de leurs troupes sur le théâtre syrien, l’aggravation du conflit afghan est sur le point de constituer un enjeu majeur des politiques sécuritaires russe et iranienne. En effet, face à la résilience des taliban et au ralliement de certains d’entre eux au groupe Etat islamique dans le Khorasan (EIK), il est à craindre que l’on assiste à terme à un effet de contagion du conflit (ou effet spill-over) dans les Républiques voisines de l’Afghanistan. C’est à ce titre que nombre de spécialistes substituent désormais le terme d’AfPak[1] à celui d’AfCent[2] et placent l’Asie centrale au cœur des enjeux sécuritaires à venir.

Bien qu’il ne faille pas exagérer une telle menace, force est de constater que les anciennes Républiques soviétiques, la province iranienne du Sistan-Baloutchistan, ainsi que le Xinjiang, sont en proie à de nombreux mouvements insurrectionnels tels que ceux des Tchétchènes, des Ouzbeks, du Jundallah[3] et des Ouïghours, dont certains éléments ont prêté allégeance à Daech et rejoint le théâtre de guerre irako-syrien. C’est ainsi que plusieurs milliers de combattants d’Asie centrale et du Caucase y auraient été recensés.

A cet égard, l’Imam Bukhari Jamaat, l’un des groupes radicaux ouzbeks les plus notables agissant en Syrie sous la bannière de l’EI, inquiète fortement car depuis 2016, ses membres se sont repliés au nord de l’Afghanistan et y ont installé de nombreux camps d’entraînement. Depuis lors, les forces de sécurité nationale afghanes constituent l’une de leurs cibles privilégiées.[4] Un tel ralliement n’est pas pour rassurer la Russie qui voit d’un mauvais œil le repli de ces combattants suite à la défaite militaire de l’Etat islamique au Moyen-Orient. Moscou se cherche donc des alliés capables de lutter efficacement contre Daech et les récentes victoires des taliban face à cet ennemi commun semblent indiquer que les « étudiants en théologie » pourraient à terme devenir cet allié.

En effet, leur connaissance du terrain ainsi que leur expérience en matière de guérilla font d’eux des soldats aguerris, contrairement aux militaires de l’armée nationale afghane qui, eux, peinent à s’imposer dans les régions tribales pachtounes du nord et de l’est du pays. A cet effet, la province du Nangarhar pose un problème de sécurité majeur car il s’agit de l’un des fiefs des taliban dans lesquels les membres de Daech ont élu domicile ; sa proximité géographique avec les zones tribales pakistanaises en faisant un lieu de transit stratégique. Considérant que les taliban semblent être seuls à même d’affronter l’EIK dans ses sanctuaires, on constate donc que depuis un an et demi, Russes et Chinois invitent régulièrement leurs représentants à Moscou et à Pékin afin de leur conseiller de participer au processus de réconciliation nationale avec Kaboul. A cet effet, de nombreuses tentatives de négociation ont été observées entre Kaboul et les taliban, que ce soit en 2014 à l’initiative du Premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, ou en 2016, sous l‘égide des Etats-Unis, de la Chine et de la Russie.

L’enjeu de l’Afghanistan pour la Russie

Les Russes se sont intéressés à l’Eurasie dès le XVIIIe siècle afin d’étendre leur sphère d’influence au Caucase ainsi qu’à la Crimée, au détriment de l’expansionnisme turc et iranien. Après avoir avancé leurs pions, l’Asie centrale et l’Afghanistan devinrent un enjeu majeur à partir du XIXe siècle car il s’agissait alors d’obtenir un accès aux ressources naturelles du pays[5]. C’est ainsi que dans le cadre de la rivalité entre Russes et Britanniques appelée « Grand Jeu »[6], se jouèrent les premiers enjeux de la conquête du territoire afghan. Conquête qui fut parachevée au cours de la Guerre froide et au cours de laquelle les Soviétiques envahirent le pays afin d’obtenir un accès direct à l’océan Indien et au golfe Persique, exploiter ses ressources gazières à travers l’édification d’un gazoduc en partenariat avec les pays d’Asie centrale et l’Inde et, bien sûr, faire de l’Afghanistan un satellite soviétique.

Aujourd’hui, même si le pays ne revêt pas un intérêt primordial pour Moscou, la sécurisation du territoire russe dépend de la stabilisation de son environnement régional, et donc de Kaboul. Il s’agit là pour la Russie d’un enjeu de taille car les frontières que partage l’Afghanistan avec les pays d’Asie centrale tels que le Tadjikistan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan et le Kirghizstan sont poreuses et constituent un lieu de transit pour les terroristes ainsi que pour les trafiquants d’opium qui passent par le territoire russe pour écouler leur marchandise en Europe.

La place qu’occupe l’Afghanistan dans la stratégie russe est d’autant plus importante que le Kremlin, soucieux de renforcer son partenariat avec Pékin et Islamabad, souhaiterait en outre bénéficier des infrastructures du nouveau port pakistanais de Gwadar[7] afin d’obtenir un accès à la mer d’Arabie, et accroitre ses exportations. Néanmoins, les défis sécuritaires liés à ce projet sont tels que sa viabilité dépend de la sécurisation de la région. En effet, situé au Baloutchistan pakistanais, ce port – dont la construction s’inscrit dans le cadre de la création d’un corridor économique entre la Chine et le Pakistan et passant par le Xinjiang – inquiète fortement l’Inde qui craint un trop grand rapprochement entre Islamabad, Pékin et Moscou. C’est ainsi que sur les fronts est (Xinjiang) et ouest (Gwadar), son service de renseignement extérieur (R&AW) tente d’en ralentir la construction à travers l’instrumentalisation des insurgés baloutches, un peuple du sud-ouest du Pakistan qui souhaite faire sécession et créer un Baloutchistan autonome.

A cela s’ajoute que depuis 2016, on observe un rapprochement entre des groupes terroristes pakistanais installés dans la province, et Daech. En effet, il s’avère que depuis les opérations militaires pakistanaises Zarb-e-Azb (2013) et Radd-ul-Fassad (2017), menées notamment contre les membres des groupes terroristes Lashkar-e-Jhangvi Al Alami et Lashkar-e-Khorasan, ces derniers ont fini par s’allier à Daech afin de renforcer leur présence dans la région instable du Baloutchistan. Depuis lors, les attaques contre les chiites Hazaras et contre les ouvriers chinois se sont multipliées. Par conséquent, face à une telle menace, ni Pékin ni Moscou ne semblent avoir intérêt à ce que les taliban soient désarmés par le gouvernement de Kaboul puisqu’ils constituent l’un des derniers remparts contre la présence de l’EI dans la région.

La politique afghane de Téhéran…

Par ailleurs, les Iraniens ont eux aussi commencé à discuter avec les taliban, pourtant leurs ennemis historiques. En effet, si Téhéran s’inquiète de la situation actuelle c’est qu’à l’est et à l’ouest de l’Iran, vivent des minorités religieuses sunnites susceptibles d’être instrumentalisées par les islamistes de Daech. Bien que l’on n’en soit pas encore là, les actions terroristes anti-chiites menées au Baloutchistan iranien par Jundallah pourraient constituer un tel risque. En conséquence, alors que Muhammad Reza Bahrami, ambassadeur d’Iran à Kaboul, a confirmé que Téhéran communique avec les taliban, on constate que la lutte anti-Daech que mènent ces derniers concorde avec les intérêts de la République islamique iranienne, comme en 1995 lorsque le gouvernement de Téhéran avait tenté d’opérer un rapprochement avec eux -rapprochement auquel il avait été mis fin lors de l’attentat commis contre des diplomates iraniens en 1998.

Soucieux de stabiliser l’Afghanistan, dès 2002, le gouvernement dirigé par le président Khatami a beaucoup œuvré à sa reconstruction. Depuis cette date, 50 millions de dollars annuels ont été alloués aux Afghans au nom de la solidarité islamique mais aussi en vertu du souci des Pasdaran et de l’ayatollah Khamenei de soutenir les chiites ; exportant ainsi le principe de velayat-e faqih[8]. En outre, au nom de la lutte antiterroriste, des négociations avec les taliban ont été ouvertes dès 2011. L’Iran invita les leaders du High Peace Council – composé de djihadistes, d’anciens chefs taliban, d’oulémas et de représentants de la société civile –  à se réunir dans l’objectif de promouvoir le dialogue et la paix en Afghanistan. Néanmoins, le fait que ce soit les Gardiens de la révolution islamique qui aient la mainmise sur les questions sécuritaires de l’Iran inquiète les Américains qui leur reprochent de chercher à créer un front anti-occidental comme au temps d’Ahmadinejad et de fournir des armes aux taliban. C’est ainsi que la création en 2012, d’un bureau taliban dans la ville iranienne de Zahedan a été fortement décriée par les officiels américains – ce qui ne les a pourtant pas empêché d’approuver celui de Doha.

La crainte des Américains est également nourrie par l’influence que les Iraniens ont toujours eue dans la région, eu égard à la culture persanophone des Afghans et à l’instrumentalisation des membres du gouvernement à travers le parti pro-chiite Hezb-e Wahdat-e Islami. On remarque qu’en Afghanistan, outre les stratégies d’influence Téhéran en direction des Hazaras et des Qizilbhash, les antennes du ministère iranien des Affaires religieuses telles que celle de l’Imam Khomeini Relief Committee ont toujours œuvré à la Dawa (prosélytisme religieux) et à la diffusion d’un sentiment anti-américain.

Suite à l’accord de Genève destiné à régler la question du nucléaire iranien[9], sont pourtant nés de réels espoirs de réconciliation entre les deux gouvernements. Malheureusement, en choisissant de s’entourer d’une équipe de néoconservateurs tels que James Mattis – connu pour être un opposant systématique à l’Iran – et en faisant de l’Arabie saoudite son partenaire clé, le président Trump a réintroduit la notion d’ « axe du mal » et sapé tout le travail de négociation entamé par le gouvernement Obama. Alors que le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, avait tenté un rapprochement avec Riyad et reconnu que les Pasdaran constituent la menace principale de ce gouvernement bicéphale au sein duquel le chef de l’Etat possède une faible marge de manœuvre, la relégation de l’Iran au statut de paria tend à justifier de nouveau le renforcement de la politique sécuritaire des Gardiens de la révolution islamique, comme en témoignent leurs campagnes anti-américaines en Afghanistan, ainsi que la récente multiplication de leurs tirs de missiles balistiques.

Par ailleurs, le principal obstacle réside dans le refus grandissant des populations afghanes de se laisser manipuler par des pays dont la politique sécuritaire est en partie liée à des enjeux politiques et religieux. L’Afghanistan demeure l’un des pays où la lutte d’influence entre l’Iran chiite et l’Arabie saoudite wahhabite a fait de nombreux ravages, ce qui explique que de plus en plus de Hazaras refusent le soft-power iranien et contestent la volonté de Téhéran d’étendre aux chiites de la région, le principe de velayat-e faqih, de peur que le reste de la population non-persanophone les rejette.

…face au jeu de l’Arabie saoudite

Toutefois, le choix du Président Ashraf Ghani de rejoindre la coalition anti-Houthis au Yémen interroge sur les rapports que le gouvernement actuel entretient avec Riyad. Toute aussi surprenante, la décision en 2012 du ministre afghan des Affaires religieuses, Dayi-ul-Haq Abed, d’autoriser le royaume saoudien à construire un immense complexe islamique à Kaboul d’une valeur de 100 millions de dollars et dont l’architecture rappelle une tente bédouine. Une fois construit, le centre, qui portera le nom du roi saoudien Abdallah ben Abdelaziz, pourra accueillir jusqu’à 15 000 fidèles ainsi que 5 000 étudiants et sera le pendant de la mosquée Faysal d’Islamabad construite en 1976 par l’Arabie saoudite.[10] Bien qu’ayant été érigée comme le fer de lance de la diplomatie pro-wahhabite de l’Afghanistan, une telle alliance risque de crisper les chiites. Aussi faut-il indiquer que Riyad, qui a confirmé l’octroi d’une aide économique évaluée à 200 millions de dollars, participe lui aussi à la reconstruction de l’Afghanistan et constitue un enjeu de taille pour Kaboul puisqu’il est l’un des rares pays à avoir soutenu le régime des taliban (1996-2001), avec les Emirats arabes unis et le Pakistan.

Le gouvernement afghan semble ainsi compter sur Riyad pour l’aider à ouvrir un canal de négociations avec les taliban et le Pakistan afin de trouver une issue au conflit et parvenir à un accord avec les « étudiants en théologie » – accord dont les chances d’aboutir sont minces puisque le mollah Akhunzada ne souhaite pas déroger au principe des taliban qui est de n’accepter le dialogue qu’à partir du moment où les soldats occidentaux auront quitté le sol afghan.

 


  • [1] Théâtre Afghanistan/Pakistan.
  • [2] Afghanistan/Asie centrale
  • [3] Apparue vers 2003, il s’agit d’une organisation sunnite armée basée dans le Baloutchistan iranien et particulièrement active dans la ville de Zahedan. Contestant notamment le régime du velayat-e faqhi qui fonde la domination des chiites sur les institutions politiques en Iran, elle a revendiqué depuis 2009 plusieurs attentats-suicides contre les autorités iraniennes. A ne pas confondre avec le mouvement séparatiste du Baloutchistan pakistanais également appelé Jundullah qui fonde ses actions sur une volonté indépendantiste claire, contrairement à son pendant iranien dont les membres se déclarent pan-iraniens et favorables à un régime fédéral.
  • [4] Combattus par Islam Karimov dès 1991 – date de l’apparition des premières cellules fondamentalistes dans la vallée de Ferghana -, les islamistes ouzbeks ont su trouver refuge au Tadjikistan dans les années 90, puis en Afghanistan, où ils se sont mêlés à la population locale et épousé des Afghanes. Combattant aux côtés d’Al-Qaeda, des taliban, et de Daech, ils n’hésitent pas à prêter allégeance à divers mouvements islamistes afin de répondre à leur volonté de mener un djihad global.
  • [5] Il est à noter que des incursions antérieures avaient déjà été tentées notamment lorsque Napoléon Ier avait demandé au tsar Paul Ier de s’allier à lui afin de déloger les Britanniques des Indes – requête qui fit naître chez le tsar la certitude qu’il parviendrait à soumettre l’Afghanistan grâce à son armée de Cosaques, en vain.
  • [6] Le Grand Jeu (1813-1907) renvoie à la rivalité coloniale entre la Russie et la Grande-Bretagne en Asie au XIXe siècle, qui a amené entre autres à la création de l’actuel Afghanistan comme État-tampon
  • [7] Situé au Baloutchistan pakistanais, près du détroit d’Ormuz où circule le tiers du trafic maritime pétrolier mondial, le port de Gwadar est financé grâce à l’assistance de Pékin. Il pourrait devenir l’une des plus importantes bases navales chinoises. Ce projet s’inscrit dans le projet chinois One Belt One Road ainsi que dans celui du Corridor économique Chine-Pakistan.
  • [8] Il s’agit d’un principe théologique développé par l’ayatollah Rouhollah Khomeini et Mohammad Sadeq al-Sadr, qui confère aux religieux la primauté sur le pouvoir politique, Le faqih étant le guide suprême.
  • [9] L’Accord préliminaire de Genève sur le programme nucléaire iranien, officiellement intitulé « Plan d’action conjoint », est un accord conclu à Genève par la République islamique d’Iran et les pays du P5+1 (l’Allemagne, la Chine, les États-Unis, la Russie, la France et le Royaume-Uni)  le 24 novembre 2013. L’objet de cet accord était de parvenir à une solution globale mutuellement acceptable à long terme qui permette de s’assurer que le programme nucléaire iranien serait exclusivement civil et pacifique, permettant ainsi au pays de jouir de son droit à l’énergie nucléaire à des fins pacifiques en vertu du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Mais, en octobre 2017, le président Trump a refusé de certifier la reconduction de la participation des Etats-Unis à cet accord, qualifiant le régime iranien de « dictatorial »  et de « principal parrain du terrorisme dans le monde »,
  • [10] En Afghanistan, un tel projet s’était inscrit dans le cadre de la politique d’islamisation de Zia-ul-Haq

 

http://www.cf2r.org/fr/notes-actualite/les-enjeux-du-soutien-de-la-russie-et-de-iran-au-taliban.php

Jean-David Cattin : « Il faut une droite qui ne cède pas au terrorisme intellectuel de la gauche »

Jean-David Cattin : « Il faut une droite qui ne cède pas au terrorisme intellectuel de la gauche »

Jean-David Cattin : « Il faut une droite qui ne cède pas au terrorisme intellectuel de la gauche »

Jean-David Cattin est directeur national des Identitaires et membre de la grande campagne méditerranéenne « Defend Europe ». Le 18 novembre prochain, il participera au 3e Forum de la Dissidence. Avant cet événement dédié à la refondation de la droite, il répond à trois questions.


Polémia : Qu’est-ce que la droite pour vous ?Jean-David Cattin : Les identitaires se réclament volontiers de droite identitaire. Aujourd’hui beaucoup sont ceux à en faire de même et cela ne peut être que réjouissant. Cette appellation ne doit cependant pas être qu’un produit d’appel électoral. Il faut qu’elle engage et aboutisse sur des mesures, comme la mise en place d’une politique de remigration. Les électeurs français se sont détournés de Sarkozy lors de l’élection présidentielle de 2012 car ils ont bien compris que l’identité pour lui n’était qu’un argument marketing et en aucun cas une préoccupation sincère.

Il y a aujourd’hui une forte envie de droite mais pas de n’importe quelle droite. Une droite qui ne cède pas au terrorisme intellectuel de la gauche, à la culpabilisation; une droite d’action et de conviction. Et cela moins pour des raisons intellectuelles que des raisons existentielles.

Les Français soucieux de préserver leur mode de vie, leur identité et qui refusent la dépossession de leur terre savent bien que ce n’est pas à gauche qu’ils trouveront celui qui va les défendre. De Macron à Mélenchon, en passant par Hamon et les partis qu’ils représentent, l’identité est vue comme un archaïsme et un obstacle qu’il s’agit de dépasser voire de détruire. Partout dans le monde, l’identité et la question civilisationnelle structurent la vie politique. Il est temps que la droite française s’en rende compte et soit à la hauteur de l’histoire.

La France et l’Europe semblent engluées dans une crise identitaire sans fin. Comment en sortir ?

Il n’y a plus de politique, la classe politique s’est contentée ces dernières années de gérer la mondialisation et les flux migratoires et parfois de les accélérer. Il n’y a pas de vision à long terme, on se laisse bercer par l’illusion de la fin de l’histoire. Viktor Orban, le Premier ministre hongrois, nous a montré qu’avec un peu de volonté politique, il était possible de changer les choses. Presque seul contre l’avis des pays européens les plus puissants, il a mis en place une barrière pour stopper les flux de clandestins et a refusé les quotas de “migrants” que la Commission européenne voulait lui imposer.

Il s’agit aujourd’hui de convaincre que seule une politique identitaire peut assurer la sécurité, la prospérité mais aussi la pérennité de la civilisation et des nations européennes. Il faut refuser le fatalisme et finalement commencer à refaire de la politique.

En quelques mots, quelle sera la teneur de votre intervention à ce 3e Forum de la Dissidence ?

À travers l’évocation de la mission Defend Europe, j’aimerais faire prendre conscience qu’il est possible de faire quelque chose, que l’action politique peut influencer le réel. Beaucoup a été fait ces dernières années dans le combat des idées, il est temps aujourd’hui de traduire cela par l’engagement politique. Dans le combat électoral, comme dans l’engagement militant, le désespoir et le défaitisme ne sont pas de mise. Au contraire il existe aujourd’hui un boulevard pour ceux prêts à défendre leur peuple et leur civilisation.


 

https://www.polemia.com/jean-david-cattin-il-faut-une-droite-qui-ne-cede-pas-au-terrorisme-intellectuel-de-la-gauche/

Arabie saoudite – La nuit des longs couteaux

Arabie saoudite – La nuit des longs couteaux


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 5 novembre 2017

Hier, le clan Salman au pouvoir en Arabie saoudite s’est livré à une purge digne de la Nuit des longs couteaux pour se débarrasser de tous ses éventuels concurrents. Le roi saoudien Salman et son fils, le prince clown Mohammad bin Salman, ont lancé une vaste vague d’arrestations de princes et de hauts fonctionnaires. Un des intérêts de ce coup d’État interne est la confiscation d’énormes domaines financiers au profit du clan Salman.

La démission forcée du Premier ministre libanais Saad al-Hariri était probablement liée aux événements de la nuit dernière. Le Premier ministre israélien Netanyahou a approuvé cette démission. Du fait du soutien d’Israël, Hariri ne pourra plus jamais jouer un rôle de premier plan au Liban.

En Arabie saoudite, onze princes, dont des fils du défunt roi Abdallah, plus de trente anciens ministres et hauts responsables, ainsi que les directeurs de trois grandes chaînes de télévision, ont été placés en détention ou assignés à résidence. Le commandant de la garde nationale, le prince Mitieb Bin Abdullah, a été démis de ses fonctions et remplacé par le prince Khalid Bin Abdulaziz al Muqrin. La Garde nationale était le dernier centre de renseignement et de sécurité détenu par la branche Abdullah de la famille Al-Saoud.

Une autre purge, en juillet dernier, avait détrôné l’ancien prince héritier Nayaf et l’avait remplacé par le jeune Mohammad Bin-Salman. Ensuite, la branche Nayef de la famille al-Saoud a été chassée de tous les centres de pouvoir. Hier, ça a été le tour de la branche Abdullah. Les fonctionnaires exclus ont été remplacés par des laquais du clan Salman au pouvoir.

La branche Salman à laquelle appartiennent le roi actuel et le prince clown a maintenant éliminé toute la concurrence interne potentielle. Cela va à l’encontre du consensus sur lequel était basée la domination de la famille saoudienne au siècle dernier. Des dizaines de milliers de clans et d’individus dépendaient du patronage des princes et des fonctionnaires limogés. Ils ne resteront pas les bras croisés pendant que leur fortune s’évapore.

Un des effets de la purge sera la concentration de la richesse saoudienne entre les mains des Salman.

Une des personnes arrêtées est le prince Al-Waleed Bin Talal (vidéo) qui détient dit-on, la sixième fortune mondiale. Il possède (possédait ?) entre 18 et 32 ​​milliards de dollars nets. Al-Waleed s’était publiquement opposé au président américain Donald Trump. (Al-Waleed est (était ?) le plus grand actionnaire de Citygroup qui avait choisi le cabinet de Barack Obama avant de recevoir une énorme aide financière du gouvernement). Une autre personnalité qui a fait les frais de la purge est Bakr Ben Laden, frère d’Oussama Ben Laden, président du Saudi Binladin Group et cinquième plus grosse fortune du pays.

Les prétextes officiels de la purge sont des allégations de corruption remontant à 2009. Cet artifice financier permettra aux Salman de confisquer les biens des accusés. Le total de ce raid s’élèvera à des dizaines de milliards de dollars. Un nouveau comité anti-corruption a été installé sous le prince clown Mohammad bin Salman. Il a des pouvoirs dictatoriaux et peut geler et confisquer tous les actifs financiers qui lui paraissent dignes d’intérêt :

Il peut prendre toutes les mesures qu’il juge nécessaires pour traiter les affaires de corruption publique et prendre ce qu’il considère être le droit des personnes, des entités, des fonds, des biens meubles et immeubles, dans le pays et à l’étranger, rendre des fonds au Trésor public. enregistrer les biens et les actifs comme propriété de l’état.

Les événements au Liban et à Riyad n’auraient pas pu se produire sans le consentement et le soutien des États-Unis. Fin octobre, Jared Kushner le gendre en même temps que le principal conseiller de Trump, a effectué une visite surprise en Arabie saoudite. Dans un tweet hier Donald Trump, qui a prêté serment sur le globe wahhabite, a indiqué le prix de son accord et de sa coopération :

Donald J. Trump @realDonaldTrump – 12:49 PM – 4 nov. 2017

« J’apprécierais beaucoup que l’Arabie saoudite fasse l’introduction en bourse d’Aramco au New York Stock Exchange. Important pour les États-Unis ! »

Une introduction du conglomérat pétrolier Aramco à la Bourse de New York donnera au gouvernement des États-Unis l’autorité réglementaire et juridique sur la société la plus profitable du monde.

La nuit dernière également, les forces yéménites ont tiré un missile à moyenne portée depuis le nord du Yémen vers l’aéroport de Riyad. Le tir bien ciblé de 1 000 kilomètres (660 milles) est impressionnant et sans précédent. La défense antiaérienne saoudienne près de l’aéroport, le système américain Patriot piloté par une entreprise privée, a lancé quatre missiles pour intercepter le missile yéménite (vidéo). Les Saoudiens affirment que l’un de leurs missiles a touché la cible. On a vu une colonne de fumée sur l’aéroport (vidéo). Il n’est pas possible de dire si la fumée a été causée par le missile original ou par son interception.

C’est un choc pour beaucoup de  Saoudiens de s’apercevoir que la capitale saoudienne peut être touchée. Cela décourage aussi l’investissement en Arabie saoudite.

Les missiles yéménites, lancés par l’ancienne armée du Yémen dirigée par l’ancien président Saleh, pourraient venir d’Iran. Mais ils pourraient aussi être de vieux missiles que le Yémen a achetés il y a des décennies. Les Saoudiens vont certainement accuser l’Iran sans expliquer comment de pareils missiles pourraient être passés en contrebande malgré le blocus serré qu’ils maintiennent autour du pays tenu par la résistance.

Le lancement des missiles n’a sans doute  pas de lien avec la démission de Hariri, ni la purge à Riyad. Il faut des jours aux Yéménites pour préparer un tel missile et son lancement. Il a été lancé probablement en représailles à l’attaque aérienne saoudienne dévastatrice de mercredi sur un marché ouvert dans la province du Yémen, au nord de Saada. Selon des sources yéménites, plus de 60 personnes ont été tuées. Après le lancement du missile sur Riyad, les avions saoudiens ont de nouveau bombardé la capitale yéménite Sanaa.

Depuis que l’incapable roi Salman est sur le trône de Riyad, son fils sans foi ni loi de 32 ans, Mohammad bin Salman, a pris le contrôle de toutes les institutions d’Arabie saoudite. Les Saoudiens ont lancé une guerre contre le Yémen sans défense et ont soutenu Al-Qaïda, l’EI et d’autres « rebelles » contre les gouvernements irakien et syrien. Il a divisé le Conseil de coopération du Golfe en attaquant le Qatar. Maintenant qu’il est dans une impasse au Yémen et au Qatar et qu’il a été vaincu en Irak et en Syrie, il s’attaque au Hezbollah libanais. Aucune de ces initiatives meurtrières n’a atteint son objectif, à savoir diminuer l’influence de l’Iran qu’il considère comme son pire ennemi. Au contraire, tout ce qu’il a fait a aidé l’Iran à consolider sa position.

La situation financière de l’État saoudien est catastrophique. Sous les applaudissements de la claque occidentale Bin Salman a annoncé la libération économique, sociale et religieuse de l’Arabie saoudite. Mais peu pour ne pas dire aucune de ces grandes promesses n’ont été tenues.

On peut attribuer la purge d’hier à la panique. Tous les efforts de Bin Salman ont échoué. Le tir yéménite réussi sur l’aéroport de Riyad ne fait que souligner ses échecs. Il est sous pression mais incapable d’obtenir le moindre résultat positif. La résistance interne contre lui grandit.

Quand Hitler a lancé la Nuit des Longs Couteaux contre les socialistes de son parti, son pouvoir politique était sur la courbe ascendante. Le pays était en paix, sa position internationale s’affirmait, l’économie était en plein essor et la majorité du peuple le soutenait. Le remake de Bin Salman de cette nuit se produit alors que ses initiatives échouent l’une après l’autre. Il est peu probable que sa dernière initiative pour consolider son pouvoir soit davantage couronnée de succès.

Traduction : Dominique Muselet

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Les Houthis proposent l’asile politique aux Saoud

Les Houthis proposent l’asile politique aux Saoud

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Les rebelles Houthis qui contrôlent l’essentiel du Yémen ont proposé l’asile politique aux victimes du coup de Palais de Riyad.

Le prince héritier Mohammed Ben Salmane, qui vient de liquider tous les clans susceptibles de contester la succession du trône, est l’initiateur de la guerre de l’Arabie saoudite contre le Yémen.

Par ailleurs, on apprend que, lors de son arrestation, le prince Abdoul Aziz ben Fahd aurait été tué en résistant aux forces de l’ordre. Membre du clan Nayef, il était proche de Saad Hariri (à travers Saudi Oger) et du prince Al Walid ben Talal (à travers Middle East Broadcasting Corporation — MBC).

http://www.voltairenet.org/article198678.html

Loi antiterroriste : une désagréable nécessité

Revue de presse Loi antiterroriste : une désagréable nécessité

Loi antiterroriste : une désagréable nécessité

Exit l’Etat d’urgence, voici la loi antiterroriste. L’idée n’est pas mauvaise : plutôt que de proroger continuellement les mesures d’exception découlant du contexte de terrorisme endémique dans lequel nous vivons, pourquoi ne pas lui substituer une bonne fois pour toutes une vraie loi antiterroriste ?

Lu pour vous dans Présent.

C’est le sens de cette loi prétendument « controversée » (mais pas par l’opinion publique) qui a été signée lundi à l’Elysée et est entrée en application dès le lendemain.
La loi institutionnalise donc des pratiques, précédemment qualifiées de lois d’exception, qui étaient devenues impératives pour s’opposer au terrorisme islamique. Par exemple les contrôles aux zones frontalières, aux abords des aéroports, des ports et des gares. On pense évidemment au drame de la gare Saint-Charles, à Marseille.
La loi nouvelle comporte des dispositions relatives aux assignations à résidence et aux perquisitions. Par ailleurs, des lieux de culte pourront être fermés à titre provisoire. Et une violation de ces fermetures sera punie de trois ans de prison et de 45 000 euros d’amende.
Enfin, un nouveau crime entrera dans le code pénal : le crime commis par des parents qui inciteraient leurs enfants à commettre des actes de terrorisme. Ce crime sera passible de 15 ans de prison et de 225 000 euros d’amende.
On ne peut qu’applaudir des deux mains, d’autant que chacun pense aux attentats récents, qui auraient pu être évités ou limités dans leur ampleur avec des lois de ce type. On pense à la « charmante » famille Merah, à la mère, au frère. Bien évidemment, le pistolet-mitrailleur dans la tempe des petites filles, c’est Mohamed Merah. Mais les enquêtes de police, a posteriori, révèlent l’influence familiale, le bain de culture microbienne de l’islamisme.
Le sentiment est certes désagréable de perdre un peu de sa liberté, dans un monde de plus en plus policé, borné, contrôlé, depuis le tri sélectif jusqu’aux caméras qui nous filment en continu.
Mais sans doute est-ce le prix à payer. La vie de nos enfants passe éventuellement par une renonciation à une part de nos libertés individuelles. La loi est à l’essai, nous dit-on, et sera évaluée d’ici à deux ans.
Nous sommes en guerre. Le laxisme passé a fait des centaines de morts, sur notre territoire, nous ne pouvons l’oublier. Cette loi fait donc figure de désagréable nécessité.
Mais il existe un autre risque, qui doit appeler notre vigilance : il ne s’agirait pas que cette loi se transforme en levier pour accélérer des processus de « normalisation », par exemple à l’égard de lieux de culte catholiques, au motif, par exemple, qu’on y fustige l’avortement libre ou les « mariages » homo, alors même que la « loi républicaine » les ont légalisés. Il convient donc d’être prudent, voire circonspect, à l’égard de tout dispositif qui restreint de fait nos libertés.
Mais il est vrai que, lors des inventaires du début du siècle — qui firent d’ailleurs des morts, uniquement du côté des catholiques défenseurs de leurs églises — l’ autorité politique ne s’encombrait pas d’un arsenal législatif. Et le terrorisme était plutôt du côté de Briand et du pouvoir anticlérical.

Francis Bergeron.

Présent n°8978 du 2 novembre 2017

http://www.lectures-francaises.info/2017/11/07/loi-antiterroriste-desagreable-necessite/

Vidéo A. Levallois et F. Bourrat : Les jeux des services secrets au Moyen-Orient

Vidéo A. Levallois et F. Bourrat : Les jeux des services secrets au Moyen-Orient

Par Agnès LEVALLOIS, Fabien HERBERT, Flavien BOURRAT, Pierre VERLUISE, Selma MIHOUBI, le 8 novembre 2017  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Agnès Levallois, Consultante spécialisée sur le Moyen-Orient, enseignante à l’ENA et à Sciences Po Paris, membre du conseil d’administration de l’Institut de recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient (IREMMO). Flavien Bourrat, Chercheur sur le Maghreb et le Moyen-Orient à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM). Propos recueillis par Pierre Verluise, Selma Mihoubi, Fabien Herbert. Images et son Selma Mihoubi et Fabien Herbert. Montage Fabien Herbert.

Quels sont les jeux des services secrets au Moyen-Orient ? Deux experts, Flavien Bourrat (IRSEM) et Agnès Levallois (ENA) répondent aux questions du site géopolitique Diploweb.com.

QUESTIONS

. Quelles sont les principales idées fausses sur les services secrets au Moyen-Orient ?

. Quelles sont les idées clés à avoir à l’esprit au sujet des services secrets au Moyen-Orient ?

. Quelles sont les relations entre les services secrets des pays de cette zone et ceux des puissances régionales et mondiales ?

Cette vidéo peut facilement être diffusée en classe ou en amphi pour illustrer un cours ou un débat.

http://lesakerfrancophone.fr/est-ce-que-la-marine-americaine-dit-bien-la-verite-dans-son-rapport-sur-les-recents-incidents-de-collision

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Revue de presse nationale et internationale.

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