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La Russie et les USA sont-ils en guerre ?

La Russie et les USA sont-ils en guerre ?

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La Russie et les USA sont-ils en guerre ?

Les événements militaires se sont précipités en Syrie, avec le franchissement de l’Euphrate par l’armée syrienne qui tient désormais 85% du territoire nationale alors qu’elle en avait été réduite largement à moins de 50% aux pires moments du conflit. De victoires tactiques en victoires tactiques depuis l’intervention russe, on en est arrivé à un événement stratégique. Il était admis que les Russes s’arrêteraient à l’Euphrate, limites de la Syrie orientale sous influence US, si l’entente tacite avec les USA se concrétisait ; cela n’est pas le cas, les USA ayant poursuivi une politique chaotique, marquée par un décalage complet entre les intentions politiques d’entente sporadiquement affirmées et un comportement sur le terrain toujours aussi hostile au gouvernement syrien. La confusion et le morcellement des pouvoirs expliquent en partie cela, l’entraînement de la politiqueSystème avec sa tendance expansionniste-belliciste faisant le reste.

Le résultat, avec le redressement syrien, a été une série de revers des divers proxies US, et donc des forces US elles-mêmes jusqu’à l’événement du franchissement de l’Euphrate qui inaugure une nouvelle situation stratégique. Adam Gurrie, dont nous reprenons ci-dessous le texte (le 26 septembre 2017 dans TheDuran.com), explique bien la situation générale en Syrie où l’on arrive à un point crucial, et notamment par la succession des revers US en Syrie par ce constat :

« Dans ce sens, alors que la situation est plus dangereuse que jamais avec la possibilité d’une confrontation directe entre les USA et la Russie sur le terrain, l’orientation générale montre que ce sont les USA qui perdent continuellement du terrain. Les USA sont passés d’une politique de “regime change” brutal [à Damas], à une politique de “regime change” en douceur, à une politique de maintien d’une semi-occupation permanente de la Syrie orientale sans “regime change“ à Damas, à l’actuelle situation où ils en arrivent à se trouver débordés par la Syrie et la Russie dans leurs positions en Syrie orientale. »

Adam Gurrie offre une analogie historique intéressante avec l’évolution de la guerre de Corée de 1950, sauf pour la phase initiale et en s’en tenant à la phase du redressement US et sud-coréen de l’automne de 1950 jusqu’à l’intervention chinoise qui renversa complètement le sort de l’offensive réussie de MacArthur, avec le débarquement d’Inchon et le franchissement du Yalu (38ème parallèle). Dans cette analogie de phase qui ne vaut certes que pour la situation militaire exprimée symboliquement, les Syriens tiennent le rôle des Nord-Coréens et les Russes celui des Chinois.

« De la même façon que l’offensive du printemps 1951 durant la Guerre de Corée, qui repoussa les troupes US et des alliés en-deçà du 38ème parallèle, l’offensive syro-russe sur Dei ez-Zor pourrait piéger les forces US et les obliger à abandonner l’essentiel de la Syrie orientale jusqu’à la frontière irakienne.

» Avec 85% du territoire d’ores et déjà sous le contrôle du gouvernement, une victoire symbolique pour la Syrie est en train de se dessiner. La question tactique est de savoir jusqu’où les USA et les divers groupes qu’ils contrôlent sont prêts à figurer dans la bataille et quelles pertes ils peuvent accepter de subir. La question fondamentale n’est donc plus de savoir si les USA sont en guerre avec la Russie en Syrie, mais bien de savoir comment les USA répondront à leur revers inévitable. »

Comme l’on sait, la contre-offensive chinoise du printemps 1951 se termina par une stabilisation et une guerre d’usure jusqu’aux accords de Pan Mun-Jon de cessez-le-feu, mais non sans l’épisode dramatique de la disgrâce de MacArthur. Ce n’est pas tant le revers du printemps qui motiva la décision de Truman, que l’insubordination de son commandant-en-chef de théâtre qui insistait furieusement et quasi-publiquement pour utiliser l’arme nucléaire contre la Chine. Il y a là, bien entendu, au niveau du symbole, une situation qui fait mesurer toute la force de l’enjeu actuellement déployé en Syrie entre la Russie et les USA. Certains commentateurs se montrent à cet égard extrêmement inquiets, craignant le pire (un affrontement direct entre les USA et la Russie), parfois pour certains (le Saker US) dans des conditions désavantageuses pour la Russie qui ne nous paraissent pas nécessairement justifiées au regard des performances générales US, et de la confusion extraordinaire qui caractérise la situation du pouvoir à “D.C.-la-folle”.

Ce qui apparaît significatif, par contre, c’est le changement de la politique militaire russe en Syrie, passant d’un soutien conditionnel (conditionné par la pseudo-entente tacite avec les USA) à un soutien clairement affirmé. Ce changement de politique a aussitôt été acté sur le terrain par une intervention massive et un engagement logistique sans retenue des Russes pour faciliter radicalement le franchissement de l’Euphrate et l’installation d’une tête de pont de l’armée syrienne sur la rive orientale. (Garrie : « Malgré des attaques constantes de Daesh, les ingénieurs militaires russes ont construit un pont sur l’Euphrate à Deir ez-Zor, capable de permettre le passage de 8.000 véhicules par jour, y compris des camions lourds et des chars. […] […C]ette construction très rapide d’un tel ouvrage sur ce fleuve est justement appréciée comme une performance technique remarquables effectuée dans des conditions exécrables… »)

Notre point de vue est qu’il s’agit là, outre les conditions opérationnelles spécifiques, du résultat de l’évolution de la direction russe, et Poutine très explicitement, vis-à-vis de la direction et de la politique US, – ce que nous avions désigné comme « Le mépris de Poutine pour les USA-houligans ». Cela implique effectivement un risque d’affrontement direct entre la Russie et les USA, notamment à la lumière de l’avertissement donné officiellement par les Russes aux forces US contre tout engagement des secondes contre les premiers, le 21 septembre. (DEBKAFile, qui n’est pas optimiste ni pour la position US, ni pour la position israélienne, juge cet avertissement russe comme d’une exceptionnelle gravité : « Une menace d’une telle fermeté n’a plus été lancée au Moyen-Orient depuis des décennies. Il faut, pour retrouver l’équivalent, remonter à l’avertissement de Moscou à Israël en 1956 de cesser immédiatement l’invasion du Sinaï, ou sinon… »)

Il y a donc de quoi alimenter toutes les préoccupations possibles, une fois de plus et une fois encore plus proche que tout ce qui a précédé de la possibilité ultime. Cela doit nous conduire à d’autant plus précisément remarquer qu’un tel moment paroxystique est aujourd’hui inévitable dans nombre de cas, comme ici en Syrie, à cause du désordre et de la confusion extraordinaires caractérisant les spasmes du géant américaniste en cours d’effondrement et aujourd’hui fort préoccupé par le football américain. On ne peut écarter ad vitam aeternam l’épreuve du nœud gordien.

Ce qui est également remarquable est que cette situation en Syrie se déroule, sinon dans l’indifférence générale, du moins dans une assez grande discrétion ; et nous ne voyons pas dans cela une volonté de dissimulation, une manipulation ou quelque chose du genre, mais bien la conséquence de la situation de désordre chaotique où de tels pics paroxystiques sont, pourrait-on dire, du business as usual (pour ne pas dire politics as usual, qui serait alors mieux rendu par disorder as usual).

Les événements se passent de toutes les façons de notre attention et de notre intérêt, encore plus de notre consentement. Ils se manifestent à leur seule discrétion. Nous sommes suffisamment occupés par nos querelles sociétales, notre dynamisme à nous auto-congratuler de la perfection du simulacre de la postmodernité globalisée, notre constante fascination pour la place centrale que sapiens sapiens occupe dans l’édification de l’œuvre constructive de la destruction du monde.

dedefensa.org

http://www.dedefensa.org/article/la-russie-et-les-usa-sont-ils-en-guerre

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Le Pentagone (4/10) – Les preuves visuelles

Plan de l’étude sur le Pentagone :

    1. L’incroyable bêtise
    2. Le crash – L’incendie

 

  1. Les dégâts
  2. Les témoignages et les preuves visuelles
  3. Les preuves physiques 1
  4. Les preuves physiques 2
  5. Les débris 1
  6. Les débris 2
  7. Le pilotage
  8. Les victimes

6. Les preuves visuelles

6-1. Les témoins

Il existe plus de 130 témoignages visuels, qui confirment que l’avion était effectivement là, qu’il volait très bas et qu’il a bien explosé sur le Pentagone.

Il faut dire qu’il avait ce jour-là beaucoup de circulation sur l’autoroute située à 150 mètres du bâtiment et survolée par l’avion.

Vous pouvez d’ailleurs retrouver tous les témoignages (en anglais) sur ce premier lien et sur ce deuxième lien et sur ce troisième lien.

Dans son livre L’effroyable mensonge, Guillaume Dasquier en reprend un qu’il a obtenu directement :

Nous avons progressé de manière contradictoire, à charge et à décharge, en recherchant des individus qui avaient vu le Boeing d’American Airlines foncer sur le Pentagone, mais aussi en recherchant des individus qui auraient vu un missile se précipiter sur le bâtiment ou toute autre manifestation de nature à infirmer la présence du Boeing à cet endroit-là.

Premier constat : nous n’avons identifié aucune personne, s’exprimant en son nom propre ou sous le sceau de l’anonymat, qui déclare avoir vu un missile ou tout autre explosif provoquer la déflagration contre la façade du Pentagone. Second constat : nous avons pu constituer une première liste de témoins oculaires affirmant qu’un Boeing s’est bien précipité contre le Pentagone ce 11 septembre au matin. Nos contacts personnels à Washington, la consultation de la presse locale écrite et télévisée des 11 et 12 septembre ont permis en l’espace de trois jours de répertorier dix-huit personnes, vivant dans la région d’Arlington ou à Washington, et facilement joignables en consultant les annuaires locaux. Il s’agit des personnes suivantes, qui décrivent toutes, avec de nombreuses similitudes, la trajectoire de l’avion avant l’impact contre le Pentagone :

Alfred Regnery, arrivé en voiture depuis le pont sur la rivière Potomac ;
Allen Cleveland, piéton sortant du métro ;
D. S. Khavkin : elle et son mari vivent au huitième étage d’un immeuble qui fait face au Pentagone ; depuis leur balcon, ils ont assisté aux derniers instants du vol du Boeing sur le bâtiment ;
Paul Coleridge, qui se trouvait sur le Wilson Bridge quand il a vu l’avion ;
Pam Bradley, automobiliste ;
Joel Sucherman, journaliste, piéton ;
Fred Gaskins, automobiliste ;
Aydan Kizildrgli, piéton ;
Omar Campo, piéton, employé à l’entretien des pelouses, a vu l’avion passer au-dessus de sa tête et heurter le Pentagone ;
Afework Ragos, automobiliste, programmateur informatique ;
Mike Walter, piéton ;
Tim Timmerman, automobiliste et pilote de ligne ;
Steve Eiden, automobiliste ;
Elaine McCusker, automobiliste, employée à l’Université de Washington ;
Stephen McGraw, passager en voiture ;
Steve Anderson, du journal USA Today, a assisté aux derniers instants du vol 77 depuis son bureau, au dix-neuvième étage d’une tour à Arlington ;
James Robbins, journaliste à National Review.

Dans le cas présent, interroger de manière détaillée certains témoins présentait une difficulté de principe : puisque le Pentagone abrite près de 23 000 employés du ministère de la Défense, une partie non négligeable des témoins présents dans l’environnement de la bâtisse, le 11 septembre au matin, appartenaient au personnel de cette administration. Or, comme Thierry Meyssan juge que tous ces fonctionnaires sont peu ou prou complices, il semblait d’autant plus objectif – et magnanime – de s’entretenir avec un homme ou une femme, témoin oculaire, qui ne porte pas l’uniforme.

John 0’Keefe fait partie de ceux-là. Ce jeune homme de vingt-six ans travaille dans l’entreprise de presse Legal Times, et coordonne le travail éditorial d’une partie des titres publiés par la société, en particulier le bimensuel Influence. Ce dernier suit l’actualité du lobbying, c’est-à-dire des groupes de pression industriels et des cabinets qui les représentent. Il consacre régulièrement des articles d’enquête aux liens entre l’administration Bush et les groupes de pression de l’industrie du pétrole ou du tabac – du vrai journalisme d’investigation, sans accusations à l’emporte-pièce et ciselé. Donc, a priori, rien qui place John O’Keefe au nombre des représentants zélés du parti républicain, de l’armée ou du complexe militaro-industriel. John 0’Keefe vit dans la ville d’Alexandria, dans l’État de Virginie, à une quinzaine de minutes en voiture d’Arlington, près de laquelle il passe chaque matin et chaque soir pour se rendre à son bureau, situé un peu plus loin, dans le quartier nord-ouest de Washington, sur M Street.

Voici le témoignage écrit et signé qu’il nous a livré : « Ce matin-là, comme d’habitude, je me préparais pour aller travailler tout en écoutant la radio. Peu avant 9 heures, l’animateur à la radio a annoncé qu’un avion venait de s’écraser sur le World Trade Center. À cet instant, comme beaucoup de gens je crois, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un petit appareil [de la catégorie des avions d’affaires privés très répandus aux États- Unis], mais j’ai éteint la radio pour allumer la télé sur l’émission Good Morning America [la grande émission d’information du matin diffusée sur ABC News], où j’ai découvert ce qui se passait.

« Je continuais à m’habiller tout en regardant la télé et là j’ai vu l’avion toucher la seconde tour. Je me souviens avoir eu le souffle coupé par le spectacle de l’explosion. L’autre chose dont je me souviens c’est que le téléphone a sonné à cet instant ; c’était une collègue, qui était au travail et s’inquiétait : “Penses-tu que nous sommes en sécurité ici ?” m’a-t-elle demandé. Je lui ai assuré que nous l’étions, lui expliquant que ça ne concernait que New York. Nous avons parlé un court instant, puis je lui ai dit que je partais pour venir au bureau. Il était 9 h 20.

« J’habite à environ dix-quinze minutes du Pentagone, à Alexandria, et dans mes navettes quotidiennes pour aller travailler je dois passer près de la façade ouest du bâtiment. La circulation était très ralentie sur l’autoroute ce matin-là, peut-être parce que tout le monde écoutait la radio. Pour ma part, j’écoutais la radio d’information continue WTOP. J’ai décidé de quitter l’autoroute et d’emprunter une longue bretelle menant à une route qui me permettait de contourner le Pentagone. Puis, je me souviens que je me suis arrêté à un stop. Je venais juste d’entendre à la radio que le National Airport [le Reagan National Airport, aéroport pour les lignes régulières, situé à proximité du Pentagone] venait de fermer au trafic aérien, sauf pour les vols en cours d’arrivée.

« Là, soudain, arrivant de mon côté gauche – j’ignore si je l’ai d’abord vu ou entendu – un avion de couleur argentée est passé [les appareils des lignes American Airlines se distinguent aisément à la partie de leur carlingue recouverte d’une peinture argentée]. Je suis habitué à voir des avions voler à basse altitude dans cette zone, car nous sommes vraiment à un mile ou deux [1 mile = 1,6 km] du National Airport. Mais là, il semblait voler trop bas et filer dans une mauvaise direction. Je me rappelle que je me suis dit qu’il ne pourrait jamais rejoindre l’aéroport dans ces conditions.

« Jusqu’à ce que je réalise qu’il entrait en collision avec le Pentagone. Il est arrivé en descente, en passant. Au-dessus de l’autoroute, sur ma gauche, et est passé devant ma voiture. L’avion ne volait pas en piqué. Il paraissait sous contrôle et voler comme un appareil sur le point d’atterrir. Ça s’est déroulé très vite et très près de moi, mais j’ai clairement vu le nom et le logo American Airlines sur l’avion. Il y a eu une explosion géante, avec des flammes orange qui sortaient du Pentagone. J’ai pensé que la route devant moi allait être détruite. Puis tout devint noir, il y eut juste une épaisse fumée noire ».

En voici d’autres :

Steve Anderson

Je fus témoin de la frappe de l’avion sur le Pentagone le 11 septembre.

De mon travail, au 19eme étage de l’immeuble d’USA TODAY à Arlington, en Virginie, j’ai vue sur le cimetière d’Arlington, sur Crystal City, sur le Pentagone, sur l’aéroport national et sur la rivière Potomac…

Juste après avoir regardé la seconde tragédie à la télé, j’ai entendu des moteurs dépasser notre immeuble, ce qui est habituel car il se trouve tout proche de l’aéroport. Pourtant, il me semblait que l’aéroport était fermé. Je me suis dit que c’était un avion qui venait pour atterrir. Un court instant plus tard, alors que je regardais vers mon bureau, l’avion a attiré mon regard.

Je n’ai pas compris tout de suite. Je me suis dit que je ne pouvais pas croire que le pilote volait si bas. Soudain, j’ai compris ce qui allait arriver. Je vis avec effroi l’avion voler au niveau des arbres, penché légèrement sur la gauche, enfoncer son aile dans le sol et s’écraser dans le mur ouest du Pentagone en explosant dans une gigantesque boule de feu orange. Ensuite de la fumée noire. Et ensuite de la fumée blanche.

Ancien élève de la James Madison University, 1er octobre 2001 – Source

Deb Anlauf

Comme des millions de gens de cette nation en état de choc, Deb Anlauf passa son mardi matin scotché à sa télé, regardant avec incrédulité les volutes de fumée s’élevant du World Trade Center de New York City.

C’est alors qu’à 8h40 CDT, ce matin-là, la plus grande opération terroriste de toute l’histoire des Etats-Unis frappa tout proche de la résidence d’Anlauf et de son mari Jeff. Le couple, qui avait déménagé de Colfax en Australie quatre mois plus tôt se trouvait au Sheraton National Hotel à Arlington en Virginie, à moins de deux rues du Pentagone, quand Deb Anlauf vit “une chose qu’elle n’aurait jamais pensé voir”.

Peu avant 9h30, Anlauf regardait la couverture tv des incendies du World Trade Center quand elle décida de retourner à sa chambre située dans une autre partie de l’hôtel, au 14ème étage. Une fois dans sa chambre, elle entendit un “fort vrombissement” et elle regarda par la fenêtre pour voir ce qui se passait.

“Soudain, j’ai vu cet avion juste devant ma fenêtre” déclara Anlauf pendant un entretien téléphonique passé de sa chambre d’hôtel ce matin-là. “C’était comme si je pouvais le touché, il était si proche. C’était tellement surréaliste.”

“Ensuite, il passa droit devant l’endroit où nous nous trouvions et vola directement sur le Pentagone. Ce ne fut plus qu’une énorme boule de feu qui se cracha dans le mur (du Pentagone). Quand il le heurta, l’hôtel entier trembla.

Leader-Telegram, 12 september 2001

Stuart Artman

En tant qu’officier de l’armée, Stuart Artman raconta qu’il avait vu le résultat des attaques terroristes en Somalie, au Honduras et au Nicaragua. Ce mardi, il vit directement une attaque de ses propres yeux.

Artman, aujourd’hui lieutenant-colonel dans l’armée de réserve et ingénieur pour la ville de Winter Haven, participait alors à une conférence à Washington.

Aux alentours de 9h45, alors qu’il marchait avec un ami près du Washington Monument, il vit un avion voler bas au-dessus de la ville. Ça ne sortait pas de l’ordinaire. “Les avions volent bas sis souvent que personne n’y prête aucune attention”, relata Artman.

Mais ça n’était pas n’importe quel avion. “J’ai vu cet avion qui frappa le Pentagone” déclara-t-il.” Il a filé derrière des arbres.” Il vit ensuite la fumée provenant du Pentagone.

“C’était la panique—la police, les voitures banalisées partout”, raconta Artman, 44 ans. “Les gens étaient figés autour de moi. Personne ne savait ce qu’il se passait. Dès que j’ai vu le Pentagone prendre feu, je me suis dit, “il est temps de partir”.

Ledger (Lakeland, Floride)

Ralph Banton

Dans le Pentagone, le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld venait juste de rentrer dans son bureau après avoir appris l’attaque du World Trade Center. Sur le parvis d’une maison, à un peu plus d’un kilomètre, Ralph Banton, 79 ans, profitait d’une matinée ensoleillée.

C’est alors que Banton entendit un avion volant juste au-dessus de sa tête, vraiment bas.

“C’était comme s’il accélérait au lieu de ralentir”, raconta-t-il.

Quelques secondes plus tard, l’avion American Flight 77, détourné alors qu’il transportait 64 personnes de Washington à Los Angeles, s’encastra dans l’aile du Pentagone dans une attaque terroriste visant le bâtiment qui représentait la puissance militaire américaine dans le monde.

The Topeka-Capital Journal Online, 11 septembre 2001

David Battle

“D’habitude, il y a beaucoup de monde qui se balade le sourire au visage”, déclara David Battle en examinant la Pennsylvania Avenue quasiment vide, alors qu’elle était située à deux pas de la maison blanche. “Aujourd’hui, c’est comme si tout le monde était en état de choc”.

Plus tôt ce mardi, Battle, un employé du Pentagone, se trouvait en dehors du bâtiment et était sur le point d’y entrer quand l’avion frappa. “Il se dirigeait vers le sol la pointe en avant” raconta-t-il. “Et quand l’impact eut lieu, les voitures et tout ce qui était autour tremblèrent.”

Scripps Howard News Service

Gary Bauer

Bauer fut un témoin de l’attaque du Pentagone le 11 septembre.

“Il se trouve que je conduisais dans Washington ce matin-là. Il y allait avoir une conférence de presse au Capitol Hill concernant le problème au Soudan où a lieu une terrible persécution des Chrétiens. En fait, il y a un gouvernement Islamique radial au pouvoir. Des millions de gens ont été tués. Un nombre important d’organisations présentent trouvaient que trop peu était fait à ce sujet et nous allions tenir une conférence de presse pour mettre la pression sur l’administration et le Congrès.

“J’étais dans un embouteillage massif, je n’avais pas bougé de plus cent mètres en vingt minutes. Mon bureau a appelé pour me raconter “l’horrible accident” du premier avion à New York. Et ensuite, ils m’ont rappelé concernant le second avion et ça voulait vraiment dire que quelque chose de bien pire était en train de se produire. C’était seulement à ce moment-là que j’ai vraiment réalisé que j’étais dans un embouteillage. J’étais sur le point de dépasser le Pentagone, grignotant un petit mètre toutes les minutes. Je venais de dépasser la portion la plus proche du Pentagone sur la sortie de la route 395… Soudain, j’ai entendu le vrombissement d’un moteur d’avion.

“J’ai regardé la femme assise dans la voiture d’à côté. Elle avait ce regard effrayé sur le visage. Nous pensions la même chose. Nous avons regardé à travers le pare-brise pour essayer de voir l’avion et ce n’est qu’après quelques secondes que nous avons réalisé que l’avion arrivait par l’arrière, volant au-dessus de cette grande autoroute. Alors il dévia sur la droite dans le Pentagone. L’explosion déplaça littéralement toutes les voitures. C’était un moment effarant.”

Massachusetts News, Décembre 2001

WS : Le matin du 11 septembre, vous étiez dans votre voiture. Est-ce que vous avez vraiment vu l’avion s’écraser sur le Pentagone ?

GB : Oui. Je me dirigeai vers Washington pour prendre part à une conférence de presse sur le problème Soudanais, où il y a un gouvernement radical musulman, et je me trouvais dans un bouchon juste devant le Pentagone. Le trafic n’avait pas bougé de plus de 100 mètres en 20 minutes quand j’ai reçu le premier appel à propos d’un avion s’étant crashé dans le World Trade Center, ce qui, à ce moment, était encore considéré comme un accident. Ensuite – pas longtemps après, ce qui rendit évident qu’il ne s’agissait pas d’un accident – un autre avion frappa ; et c’est alors que j’ai réalisé que j’étais situé au point le plus proche de la route se rendant au Pentagone. J’étais à moins de 100 mètres de la sortie et beaucoup de ceux dans l’embouteillage avaient leurs fenêtres ouvertes. Nous comparions les récits — en fonction de quelles stations de radio nous écoutions –-quand soudain, nous avons entendu le vrombissement d’un moteur d’avion. J’ai regardé par le pare-brise et j’ai vu un mouvement sur le côté. Je me suis tourné et j’ai regardé l’avion arriver de derrière, se pencher sur la droite et rentrer dans le Pentagone. L’explosion a littéralement déplacé les voitures. C’était un moment vraiment tragique.

Je savais ce qui s’était passé à New York et je voyais juste ce qui venait d’arriver au Pentagone. À la radio, il rapportait qu’il y avait des flammes près de la Maison-Blanche. Il y avait de nombreux faux rapports sur la radio de Washington ce matin et il était clair – de façon tragique- que c’était le jour le plus important que j’avais jamais vécu.

The Charlotte World

Sergent Maurice L. Bease

Le sergent Maurice L. Bease avait travaillé dans l’aviation marine depuis assez longtemps pour savoir reconnaitre le passage d’un avion et cela semblait en être un. Il se trouvait alors en dehors de son bureau, proche du Pentagone, le 11 septembre. Se tournant en s’attendant à voir un avion de chasse, il vit l’espace d’un court instant un avion de ligne commercial filer vers le bâtiment et vers lui-même ! Il n’eut même pas le temps de se pencher que l’avion s’encastrait déjà dans l’aile du Pentagone, proche du coin, à à peu près 200 mètres d’où il se tenait.

Immédiatement, une boule de feu balaya l’aile du bâtiment, suivi par de la fumée, beaucoup de fumée. Les gens commençaient à se ruer dehors vers le parking.

Marine Corps Association, 2001

Mickey Bell

Singleton Electric était la compagnie supervisant les installations électriques du Wedge One* (*partie n°1 du Pentagone) et venait juste de terminer l’évaluation des améliorations possibles de ce coin quand à 9h45 (EDT), le vol American Airlines 77 s’encastra dans le mur ouest du Pentagone avec 64 personnes à bord. L’avion, qui venait juste de quitter l’aéroport de Dulles à destination de Los Angeles, mit le feu au plus large bâtiment de bureau entre le premier et le second angle.

L’avion arrivait par le sud et pencha sur la gauche alors qu’il pénétrait le bâtiment, manquant de peu la remorque de Singleton Electric et le contremaître du site Mickey Bell. Bell venait tout juste de sortir de la remorque quand il entendit un bruit puissant. La chose suivante dont il se souvint fut quand il se releva du sol où il avait été projeté par l’explosion.

Bell, qui se trouvait à moins de 100 m de l’impact initial de l’avion, fut presque heurté par l’une des ailes de l’avion alors qu’il volait vers lui. Choqué, il monta dans son camion près du dépôt de remorque et fila en vitesse. Il erra dans son camion aux alentours d’Arlington et essaya de passer un appel de son téléphone portable. Il n’arriva au quartier général de Singleton à Gaithersburg que deux heures plus tard, ne se souvent de quasiment rien, d’après ce que raconta le président de Singleton,

Le fait qu’il se soit trouvé si près du crash fut réalisé qu’une fois que ses collègues remarquèrent les dégâts sur le véhicule de Bell. Il avait du plastique et des rivets provenant d’un avion encastré dans la carrosserie pourtant Bell n’avait plus aucune idée de ce qui c’était passé.

National Electrical Contractors Association, 13 september 2001

Richard Benedetto

Richard Benedetto était dans sa voiture sur le chemin de son travail, bloqué dans le trafic juste devant le Pentagone. Il écoutait –avec effroi — un récit de ce qui c’était passé au World Trade Center à New York. “Ensuite, l’avion est passé juste au-dessus de moi. Je me suis dit, c’est dingue, cet avion va horriblement vite”, raconta Benedetto. “L’avion va se cracher”. Le jet renversa plusieurs poteaux d’éclairage avant de s’encastrer dans le Pentagone. D’autres témoins avaient déclaré qu’il avait semblé venir à pleine vitesse sans tenter de ralentir. “Le bruit était comme celui d’un tir d’artillerie, pas comme celui d’une bombe qui explose.” déclara Benedetto. Ensuite il vit une énorme volute de fumée suivie d’une gigantesque boule de feu, vraisemblablement provenant de l’explosion du fuel de l’avion lors du crash. “Vous ne pouviez même pas voir le bâtiment car il y avait trop de fumée”, expliqua Benedetto.

Hartford Courant, 12 septembre, 2001

“J’ai entendu un avion. Un avion très bruyant. … J’ai entendu l’avion venir de derrière. J’ai donc levé les yeux et j’ai vu cet avion arriver et se diriger droit vers le sol. C’était un avion American Airlines, j’ai pu le voir très clairement. … L’avion descendait et l’espace d’un instant il passa hors de mon champ de vision car il y avait là un pont et une colline. … Je n’ai pas vu directement l’impact… Je n’ai vu aucun volets d’ouverts, il semblait que l’avion était juste dans un mode classique de vol mais il se dirigeait pourtant vers le sol, droit vers le sol. C’était direct. Pas de déviation. Il allait quasi tout droit. … La seule chose que nous vîmes au dehors sur le sol, c’était une partie d’un poteau électrique. “Cité ici

Susan Bergen

Susan Bergen était assise dans une chambre d’hôtel au Carlton Ritz non loin du Pentagone ce mardi matin, rivée sur sa télé, regardant la couverture des attaques du World Trade Center.

Du coin du regard, elle vit un avion passer en face de la fenêtre de sa chambre située au 11ème étage. Elle se tourna juste à temps pour voir un gros avion de ligne raser la cime des arbres et s’encastrer dans l’aile du Pentagone, à moins d’un demi-kilomètre de sa chambre d’hôtel. C’était comme si l’avion avait accéléré juste avant de frapper le bâtiment, déclara-t-elle.

Plastic News, 17 septembre 2001

Sean Boger

“J’ai simplement regardé en l’air et j’ai vu le nez énorme et les ailes de l’appareil arriver droit sur nous puis j’ai simplement vu l’avion frapper le bâtiment,” relata Sean Boger, contrôleur aérien et chef de la tour du Pentagone. “Ça a explosé. Je suis tombé au sol et j’ai couvert ma tête. Je pouvais entendre la carcasse traverser le bâtiment. ”

The Pentagram, 16 novembre 2001

Mark Bright

Les officiers du service de protection de la Défense furent les premiers sur les lieux de l’attaque terroriste. À vrai dire, l’un d’eux, Marc Bright, a vu l’avion frapper le bâtiment. Il avait été affecté au contrôle de sécurité dans le hall d’entrée du bâtiment.

“J’ai vu l’avion dans la zone annexe de la Navy“, raconta-t-il. “Je savais qu’il allait percuter le bâtiment car il volait très, très bas — à la hauteur des éclairages de la rue. Il en a renversé quelques un.” L’avion se trouvait à quelques secondes avant l’impact — l’annexe est située à seulement quelques centaines de mètres du Pentagone.

Il relata qu’il avait entendu l’avion “accélérer” juste avant qu’il ne heurte le Pentagone. “Aussitôt qu’il a heurté le bâtiment, j’ai compris que c’était une attaque car je savais que ça ne pouvait pas être accidentel.” Il sauta alors dans sa voiture de police et se dirigea vers la zone.

American Forces Press Service, 24 september 2001

Ross Branstetter

Pam Branstetter, du Staff Judge Advocate’s Office est passée nous voir. Comme chaque employé du quartier général du MTMC ces jours-ci, elle a une histoire à raconter.

Mon mari a vraiment vu l’avion se crasher dans le Pentagone” raconta-t-elle à l’officier administratif. “Il travaille dans l’annexe de la Navy et l’avion volait si bas qu’il pensait qu’il allait heurter son bâtiment.

Son mari de 29 ans, Ross Branstetter, observa les secondes qui précédèrent avec horreur.

“Il a dit que c’était comme dans un film,” narra Branstetter. “Il a vu l’avion disparaître et la boule de feu qui a suivi. Il était très secoué.”

Journal of Military Transportation Management, Sept-Oct 2001

Omar Campo

Omar Campo, un Salvadorien, coupait l’herbe de l’autre côté de la route quand un avion passa au-dessus de sa tête.

C’était un avion civil. Je pense un avion d’American Airways,” raconta Mr Campo. “J’étais en train de couper l’herbe quand il est arrivé en vrombissant au-dessus de ma tête. J’ai senti l’impact. Tout le sol a tremblé et l’intégralité de la zone pris feu. Je ne pouvais pas m’imaginer que je verrai une telle chose ici.

The Guardian, 12 september 2001

Donald R Bouchoux

Je descendais Washignton Boulevard (Route 27) du côté du Pentagone quand un avion me croisa à environ 200 mètres et s’encastra dans le côté de l’immeuble. Il y eut une énorme boule de feu, suivie environ deux secondes après par une pluie de débris. La voiture bougea d’un pied sur la droite quand l’onde de choc frappa. Je vis ce qui devait avoir été une bouteille d’oxygène de secours de l’avion descendre vers l’avant de mon Explorer et une seconde pièce de métal déchiqueté venir sur côté droit de la voiture.

The Washington Post, 20 septembre 2001

“As we were driving into town on 395, there was an exit. We were trying to get off of the exit for the Memorial Bridge. On the left-hand side, there was a commercial plane coming in, and was coming in too fast and the too low, and the next thing we saw was a go-down below the side of the road, and we just saw the fire that came up after that. […] It was coming on less than a 45 degree angle, and coming down towards the side of the — of 395. And when it came down, it just missed 395 and went down below us, and then you saw the boom — the fire come up from it.”

“Alors que nous conduisions vers la ville sur la route 395, il y eu une sortie. Nous étions en train d’essayer de la quitter, en direction du Memorial Bridge. Sur le côté gauche, il y avait un avion de ligne qui arrivait. Il arrivait trop vite et trop bas. La prochaine chose nous avons vu fut un crash en dessous du bord de la route. Et nous avons vu seulement les flammes qui s’élevèrent après cela. […] Il arrivait avec un angle inférieur à 45 degrés, descendant vers le bord de la 395. Et quand il s’écrasa, il manqua tout juste la 395 et se crasha derrière nous. Alors nous avons vu l’explosion — le feu s’éleva de l’avion.”

(D’autres témoignages sur cette longue liste, il y en a des dizaines)

Évidement, quand des témoins qui ont vu l’avion font dans la comparaison :

Joel Sucherman, l’éditeur de USAToday. com vit toute la scène : un avion de ligne American Airlines passa de la gauche vers la droite à travers son champ de vision alors qu’il se rendait au travail ce mardi matin. […] “Ma première pensée fut qu’il n’allait pas réussir à traverser la rivière jusqu’au Reagan National Airport. Mais peu la personne qui pilotait l’avion, elle ne fit aucun essai pour changer la trajectoire, ” déclara Sucherman. “Il arrivait à grande vitesse mais non pas avec un angle important — presque comme un missile tête chercheuse qui serait focalisé sur sa cible et ne changerait plus sa course. (Source)

ou

À Washington, Mike Walter d’USA Today était sur la route quand un avion s’écrasa dans le Pentagone :”J’étais assis en direction du nord sur la 27 et le trafic était, vous savez, typique de l’heure de pointe — ça n’avançait pas du tout. J’ai regardé pas ma fenêtre et j’ai vu cet avion, un avion American Airline, arriver. Et j’ai pensé, “c’est pas normal, il est très bas”. Et je l’ai vu. Je veux dire, c’était comme un missile avec des ailes. Il est allé droit vers sa cible et s’est écrasé dans le Pentagone. (Source)

ou

Michael DiPaula, 41 ans, chef de projet de l’équipe de rénovation du Pentagone – Il quitta une réunion au Pentagone quelques minutes avant le crash et partit à la recherche d’un électricien qui n’était pas venu aux alentours d’une cabine de construction situé à 10 mètres de là. ” Soudain, un avion est apparu, arrachant presque le toit de la cabine avant de s’écraser dans l’anneau E. “C’était comme un missile” (Source)

vous vous doutez bien le mot que Meyssan retiendra…

D’ailleurs que dit-il :

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Bien sûr, tout le monde ment…

Guillaume Dasquier écrivait d’ailleurs dans son livre l’effroyable mensonge :

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On comprend mieux…

Bref, triste époque pour la pensée et l’intelligence…

6-2. Les images

Hélas, aucune caméra n’était tournée correctement à ce moment-là pour filmer clairement l’impact sur le Pentagone.

Rappelons qu’en 2001, il y avait bien moins de caméras qu’aujourd’hui, mais surtout que le coté qui a été visé est le seul qui donnait… sur une pelouse, sans parking :

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Donc il y avait un intérêt limité à mettre une caméra pour filmer un mur avec 3 arbres, où rien ne se passe jamais :

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Ils auraient évidemment dû (tout comme on aurait dû mettre 5 vigiles armés devant le Bataclan ?), mais ça n’a pas été le cas, point final.

Le FBI a saisi 85 films de caméras de surveillance de la zone, n’en révélant qu’une partie, sur lesquels rien de totalement probant n’est hélas visible.

Ceci alimentant les rumeurs complotistes, et à la demande officielle d’un citoyen américain, la justice a demandé à un agent assermenté du FBI, Jacqueline Maguire, de lui faire un compte-rendu de ces 85 vidéos.

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Résultat : sur les 85 vidéos :

  • 72 ne montraient pas le Pentagone, ou ne montraient pas le site du crash ou l’impact de l’avion
  • 13 montraient le site du crash, mais 12 ne le faisait qu’après l’impact, et une seule montrait le crash, celle du parking. (Source)

Cette vidéo était double vidéo, et les deux ont été rendues publiques et filmaient bien l’impact, sauf que, s’agissant de caméras de surveillance d’un parking, leur taux de rafraîchissement n’était que d’une image par seconde ; hélas, les seuls éléments discernables sont des formes indistinctes et de la fumée blanche.

Pourtant, je trouve qu’on y discerne quand même bien l’avion, à vous de voir :

Ici, l’avion est masqué par la borne, on ne voit que la queue :

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Notez bien les turbulences blanches générées au sol par l’avion sur cette vue

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Notez à quoi ressemble la queue d’un Boeing American Airlines :

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Et voyez ce que révèle la vidéo :

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Photo de la queue du 757 n° N644AA, qui s’est écrasé sur la Pentagone, prise un an avant

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L’autre caméra :

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Les explosions :

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Suite de la série ici.

N.B. : les séries sur le 11 Septembre sont évidemment lourdes à modérer. Comme vous le voyez dans le plan au début du billet, ce billet s’insère dans une longue série. Merci donc de ne pas commenter sur de sujets qui seront clairement traités par la suite, cela fait perdre du temps à tout le monde. Vous pouvez commenter la série dans ce billet dédié.

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Alstom et Siemens officialisent leur mariage : l’Etat français se félicite

Alstom et Siemens officialisent leur mariage : l’Etat français se félicite

Par latribune.fr  |   |  1073  mots
(Crédits : Reuters)
Les constructeurs ferroviaires français Alstom et allemand Siemens ont annoncé mardi dans un communiqué commun la « signature d’un protocole d’accord qui garantit l’exclusivité de rapprocher leurs activités de mobilité dans une fusion entre égaux ».

C’est fait. Les constructeurs ferroviaires français Alstom et allemand Siemens ont annoncé dans la soirée de ce mardi la « signature d’un protocole d’accord qui garantit l’exclusivité de rapprocher leurs activités de mobilité dans une fusion « entre égaux », même si l’allemand prend dans les faits le contrôle du nouvel ensemble. Certes, le groupe sera coté en France avec son siège installé en région parisienne tandis que la direction du groupe sera assurée par le PDG d’Alstom Henri Poupart-Lafarge. Mais même si Siemens aura 50% du capital de la nouvelle entité dans un premier temps, l’accord prévoit que Siemens pourra monter au-delà de 50,5% du capital au bout de quatre ans.

L’Etat français sort d’Alstom

Siemens contrôlera par ailleurs le conseil d’administration dans la mesure où, sur les 11 membres qui composeront le conseil de l’entreprise combinée, six seront désignés par Siemens, et notamment le Président. Il y aura quatre administrateurs indépendants et le directeur général. Jochen Eickholt, l’actuel directeur général de Siemens Mobility, devrait assumer une responsabilité importante dans la nouvelle entité. Le nom de cette nouvelle entité sera Siemens Alstom. L’Etat français, en revanche, n’y siègera pas. Il est actuellement actionnaire d’Alstom via des actions prêtées par Bouygues et « confirme mettre fin au prêt de titres (…) au plus tard le 17 octobre 201 et n’exercera pas les options d’achat ».

Sur la base d’informations extraites des derniers états financiers d’Alstom et de Siemens, la nouvelle entité dispose d’un carnet de commandes de 61,2 milliards d’euros et pèse 15,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour 62.300 salariés dans plus de 60 pays. Son résultat d’exploitation ajusté s »élève quant à lui à 1,2 milliard d’euros pour une marge d’exploitation ajustée de 8%. Les synergies annuelles attendues s’élèvent à 470 millions d’euros au plus tard quatre ans après la réalisation de l’opération.

Pression des Chinois

« Cette fusion franco-allemande entre égaux envoie un signal fort à bien des égards. Nous mettons l’Europe en œuvre et ensemble avec nos amis d’Alstom, nous créons un nouveau champion européen dans l’industrie ferroviaire pour le long terme. Ceci permettra d’offrir à nos clients dans le monde entier un portefeuille de produits plus innovants et plus compétitifs », a déclaré Joe Kaeser, Président Directeur Général de Siemens AG.

Ce dernier n’a pas manqué de citer, sans le nommer, l’émergence d’un mastodonte chinois comme facteur déclencheur de la consolidation du secteur.

 « Le marché mondial a changé de manière significative au cours de ces dernières années. Un acteur dominant en Asie a modifié la dynamique du marché mondial et la digitalisation impactera l’avenir de la mobilité. Ensemble, nous pouvons offrir un choix plus large et nous conduirons cette transformation pour nos clients, nos salariés et nos actionnaires d’une manière responsable et durable », a ajouté Joe Kaeser.

Cet acteur asiatique dominant n’est autre que le groupe chinois « China Railway Rolling Stock Corporation » (CRRC), qui pèse aujourd’hui près de 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires. En 2014, soucieuse de créer un champion national du rail, la Chine a regroupé deux groupes publics de matériel ferroviaire, CNR et CSR, pour donner naissance à CRRC, lequel domine aujourd’hui le marché mondial grâce à une agressivité tarifaire redoutable qui lui permet d’engranger les commandes hors de Chine ( 8,1 milliards de dollars en 2016, en hausse de 40% sur un an). En mars 2016, CRRC était retenu pour fournir des trains au réseau de métro de Chicago, un contrat de 1,3 milliard de dollars. Après les Etats-Unis, l’Argentine, l’Afrique du Sud, la Thaïlande ou encore le Pakistan, le géant chinois lorgne désormais sur les marchés européens: en décembre, sa filiale CRRC Zhuzhou Locomotive concluait la vente de trois rames de train à grande vitesse à la République tchèque, son premier contrat dans l’Union européenne. Musclant son offensive européenne, CRRC a par ailleurs proposé en début d’année d’injecter 300 millions d’euros pour contribuer au redressement des chemins de fer bulgares.

En « combinant leurs forces », les deux groupes européens « vont renforcer leur avantage dans les métros et transports urbains, ce qui intensifiera la pression sur CRRC », moins performant sur ce créneau que sur le TGV, avertit Zhao Jian, professeur de l’Université Jiaotong de Pékin, cité mardi par le quotidien chinois Global Times.

Création de valeur

« Aujourd’hui est un moment clé de l’histoire d’Alstom, qui confirme sa position de plateforme de consolidation du secteur ferroviaire. La mobilité est au cœur des enjeux du monde d’aujourd’hui. Les modes de transport de l’avenir se devront d’être propres et compétitifs. Grâce à sa présence mondiale sur tous les continents, sa taille, son savoir-faire technologique et son positionnement unique sur le transport digital, l’union d’Alstom et de Siemens Mobility apportera à nos clients et en définitive à tous les citoyens, des systèmes plus intelligents et plus efficaces pour faire face aux défis de la mobilité des villes et des pays. En combinant les équipes expérimentées, la présence géographique complémentaire et l’expertise innovante de Siemens avec les nôtres, la nouvelle entité créera de la valeur pour les clients, les salariés et les actionnaires, » a déclaré Henri Poupart-Lafarge, Président Directeur Général d’Alstom. « Je suis particulièrement fier de diriger la création d’un tel groupe qui façonnera sans aucun doute l’avenir de la mobilité. »

L’Etat français se félicite

En France, Alstom et Siemens vont lancer la procédure de consultation et d’information de leurs comités d’entreprise selon la loi française avant la signature des documents contractuels. Si Alstom décidait de ne pas poursuivre l’opération, elle devrait payer une indemnité de rupture de 140 millions d’euros. L’opération devrait être réalisée à la fin de l’année civile 2018.

L’Etat français s’est félicité de cette annonce, y voyant l’occasion de mieux ancrer le groupe français à l’international tout en préservant l’emploi pendant au moins quatre ans.

« Cette opération illustre la volonté du gouvernement français de renforcer l’Europe industrielle et l’économie européenne », fait valoir le ministre de l’Economie Bruno Le Maire dans un communiqué, à la veille d’un sommet franco-italien très attendu qui devrait concrétiser une alliance entre Paris et Rome dans le secteur naval.

 

Le Pentagone (3/10) – Les dégâts

Plan de l’étude sur le Pentagone :

    1. L’incroyable bêtise
    2. Le crash – L’incendie

  1. Les dégâts
  2. Les témoignages et les preuves visuelles
  3. Les preuves physiques 1
  4. Les preuves physiques 2
  5. Les débris 1
  6. Les débris 2
  7. Le pilotage
  8. Les victimes

5. Les dégâts sur le bâtiment

Tout renforcé que fût le mur extérieur, il devait résister à une voiture piégée, pas à un Boeing lui fonçant dessus à 860 km/h…

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Mais reconnaissons qu’au niveau des dégâts de l’immeuble, Meyssan se rattrape ce coup-ci, avec une présentation honnête des choses.

Non, je déconne 🙁

Voici donc un extrait de son 2e livre sur le sujet, le “Pentagate” (sic.) :

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“L’orifice par lequel est entré l’appareil mesure de 5 à 6 mètres de large” – si, si regardez le bidule encadré…

Bon, là, j’ose espérer qu’en voyant la photo, vous vous êtes dit : “Mais pourquoi diable a-t-il choisi juste une photo où tout le bas de l’immeuble est masqué par les jets d’eau des pompiers ?”

La réponse est évidente… Voilà une photo qui montre l’ensemble des dégâts, avant que l’immeuble s’écroule :

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La brèche de 30 mètres du Pentagone…

Bon, après, à la décharge de Meyssan, peut-être qu’il n’y avait que des photos avec des jets d’eau dans son lot, et qu’aucune ne montrait de larges dégâts…

Ah non, tiens…

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Bref :

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Je vous laisse juger le niveau de déontologie, d’honnêteté, de probité et d’intégrité…

Il ne faut pas s’étonner qu’ensuite certains sites aient comme principe : “Bonjour, je suis un gros manipulateur, mais c’est un problème mineur…”

Mais revenons aux faits.

La façade a donc été emportée sur une longueur de plus de 30 mètres. Les dégâts ont même été plus étalés puisque l’avion étant arrivé en biais par rapport au bâtiment, les ailes ont détruit le parement extérieur sur une largeur de plus de 50 mètres. Mais ces zones ont été bien moins touchées de par le renforcement du mur et la moindre résistance des ailes (par rapport au corps de l’appareil).

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Dimensions du Boeing 757-200

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Largeur maximale d’impact en façade : environ 54 mètres

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Localisation de l’impact avant l’effondrement

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Avion aligné avec les dégâts sur la façade ouest

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Schéma montrant les zones d’impacts en fonction de l’importance des dégâts

On voit bien ici la large étendue de la brèche, en fonction du n° des colonnes :

Firefighters work to put out the flames moments after a hijacked jetliner crashed into the Pentagon at approximately 0930 on Sept. 11, 2001. (U.S. Marine Corps photo by Cpl. Jason Ingersoll) (Released)

Flames and smoke pour from a building at the Pentagon Tuesday, Sept. 11, 2001, after a direct, devasting hit from an aircraft. (AP Photo/Mandatory Credit, Will Morris)

Photos montrant précisément la structure de la façade du Pentagone après le crash

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Soit le schéma suivant :

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On voit ici la zone à droite au 1er étage, touchée par l’aile droite :

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et ici en zoom :

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Traces de l’impact de l’aile droite

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Traces de l’impact de l’aile gauche

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La trace du stabilisateur vertical de la queue

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Encore une trace d’impact

Le récapitulatif :

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Schéma comparatif réalisé grâce à plusieurs photos prises peu de temps après le crash

P.S. Alors comme l’avion qui a percuté le Pentagone était un 757 (donc un gros avion), et que Meyssan dit que c’était un missile, des “comiques” ont sorti une nouvelle théorie pour couper la poire en deux, et défendent l’idée que l’avion aurait été un 737 (venu d’où, et qu’est devenu le vrai 757, mystère…), plus petit et rentrant donc encore plus facilement dans la brèche… :

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(parce qu’un témoin qui voit passer un avion à 860 km/h arrive à distinguer 737 et 757, qualifiés par le même de “très semblables”… – et d’ailleurs le témoin est prudent, et il dit “rassemblait à”)

Alors, bientôt une hypothèse conspirationniste avec un demi-757 ? 🙂

P.J. Le rapport officiel de l’ASCE

Suite de la série ici.

N.B. : les séries sur le 11 Septembre sont évidemment lourdes à modérer. Comme vous le voyez dans le plan au début du billet, ce billet s’insère dans une longue série. Merci donc de ne pas commenter sur de sujets qui seront clairement traités par la suite, cela fait perdre du temps à tout le monde. Vous pouvez commenter la série dans ce billet dédié.

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Robert Charvin : « c’est parce que la Corée du Nord est souveraine qu’elle existe toujours »

Source : Robert Charvin , 04-09-2017

Cet été la crise diplomatique entre les Etats-Unis et la Corée du Nord a refait surface. Les déclarations du président Donald Trump, qui a menacé de déclencher une guerre « avec le feux et la furie comme le monde n’en a jamais vu », ont marqué le ton. Loin de décrypter les questions-clés, les discours politiques et médiatiques occidentaux n’envisagent ni la réunification de la Corée, ni l’option diplomatique comme début de solution. L’appétit inconfessable du monde des affaires serait-il en train de justifier une nouvelle guerre? Dans son livre « Comment peut-on être Coréen (du Nord)? », le spécialiste en droit international Robert Charvin nous éclaire sur les dessous de cette dangereuse crise politique héritée de la Guerre Froide.

Alex Anfruns: Quels sont les enjeux de la crise qui a éclaté entre la Corée du Nord et Trump?

Robert Charvin : La crise actuelle n’est que le prolongement d’une tension qui n’a pas cessé depuis des décennies (à l’exception des courtes périodes où Séoul et les Etats-Unis acceptaient d’amorcer un dialogue). Elle ne peut se résoudre que par la négociation afin que soit conclu enfin le traité de paix supprimant l’état de belligérance qui demeure depuis 1953 !

Ce traité doit garantir des relations diplomatiques et commerciales normales, permettant un rapprochement progressif entre le Nord et le Sud de la Péninsule en vue d’une réunification ultérieure, résolvant de nombreux problèmes socio-économiques.

Pour beaucoup Pyongyang est un « régime dictatorial » qui menacerait la paix dans le monde. Vous qui connaissez bien la Corée du Nord, quel est votre avis?

La Corée du Nord, c’est-à-dire la République Démocratique et Populaire de Corée (RPDC), Etat membre des Nations Unies, n’est pas une puissance « provocatrice » : ce n’est pas elle qui a des bases militaires à proximité immédiate des frontières américaines et des armes nucléaires depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. L’empire étatsunien exerce son hégémonie sur une large partie du monde, pas la Corée populaire.

La théorie du Djoutché, idéologie de Pyongyang ne s’impose pas aux peuples comme l’American Way of Life! Si l’on craint, malgré tout, les forces armées de la RPDC, pourquoi ne pas souscrire, comme elle le propose depuis longtemps, un accord de dénucléarisation régional englobant évidemment les Etats-Unis?

Quant aux champions des droits de l’homme, civils et politiques, bien entendu occidentaux, pourquoi ne proposent-ils pas la détente, seul moyen de favoriser tous les droits du peuple coréen, au Nord comme au Sud?

Le point de vue de Pyongyang est systématiquement écarté dans les débats… Pourquoi un tel consensus?

La Corée du Nord est un cas d’école depuis plusieurs décennies. Malheureusement, ni les médias ni les partis politiques occidentaux, ne la traitent comme tel. Il est admis que l’on puisse dire n’importe quoi sur ce pays, « incarnation du Mal », dirigée par des « fous fanatiques », de surcroît « encore » communiste, même s’il s’agit d’un socialisme teinté de confucianisme.

Les raisons de ce consensus, qu’a fini par absorber diverses forces progressistes qui ont eu peur de s’affaiblir davantage en allant « trop» à contre-courant (électoralisme et crétinisme parlementaire obligent !) ne sont pas mystérieux. La Corée est loin des Etats-Unis et de l’Europe : difficile de distinguer la vérité de ce qui est politiquement utile à certains intérêts. Le citoyen moyen est plus facilement convaincu par des arguments faciles, cultivés par de pseudo-intellectuels et une presse répétitive, que par des explications historiques, sociologiques et économiques, sans parler de la géopolitique ignorée, oubliée, même par une « gauche» atteignant les limites de l’inculture.

Il y a longtemps, pourtant, que le monde capitaliste fait usage, pour légitimer son hégémonie, des difficultés dont il est souvent à l’origine, mais dont souffrent les peuples décrétés « ennemis » : il s’agit de convaincre « qu’ailleurs, c’est pire», et qu’il faut donc accepter les « bons maîtres» qui règnent à Paris, à Bruxelles ou à Washington.

Il ne peut évidemment s’agir des dictatures protégées parce que rentable pour les affaires, du style Arabie Saoudite ou Etats africains sous contrôle dont les élections sont des mascarades, et la répression des oppositions, la règle. Il faut qu’elle soit « rouge » ou assimilée, du Chili de Salvador Allende jusqu’à Kim Jong Un, via Castro, Chavez ou Maduro… Ce sont d’« excellents » contre-feux à ceux qu’en Occident dénoncent le règne délirant de l’argent et la concurrence – toujours faussée –.

Les Etats-Unis et leurs alliés locaux ont pu tuer Lumumba, Allende et tants d’autres, et renverser de nombreux pouvoirs fragiles parce qu’il est très difficile d’édifier le socialisme, en rupture totale avec le monde dominant. Mais la Corée populaire demeure, comble du scandale et de la provocation !

Qu’est-ce qui explique la ténacité du système politique au pouvoir à Pyongyang ?

Le peuple coréen a la « peau dure»: presque un demi-siècle de colonialisme japonais – féroce ! –; une guerre dévastatrice avec les Américains en 1950-1953 : un seul édifice debout dans la capitale, Pyongyang, en 1953 ! Près de 70 ans d’embargo imposé unilatéralement – et donc illicite –, créant un « effet citadelle assiégée », qualifiée avec cynisme de paranoïa !

Sans compter les drames provoqués, y compris des coûts alimentaires, par la disparition de l’allié soviétique, des Etats d’Europe de l’Est et l’évolution de la Chine qui ne fait qu’assurer à Pyongyang le « service minimum », Séoul étant économiquement plus « rentable ».

Malgré tout, et en payant le prix, la Corée Populaire est restée souveraine, ne comptant avant tout que sur ses propres capacités, créant chez elle un esprit de résistance à toute épreuve jusqu’à ce jour, mêlant dans son idéologie marxisme et confucianisme, ce dont les journaleux de la grande presse occidentale ne s’intéressent pas le moins du monde.

Bref, un modèle à ne pas suivre selon les Occidentaux qui ne vivent qu’en pillant la planète. Il faudrait 5 planètes entières pour que les habitants de la terre vivent au niveau des Etatsuniens. La Corée du Nord est un manque à gagner qui ne doit pas être contagieux ; elle occupe une position stratégique aux frontières de la Russie, de la Chine et du Japon. Elle doit être « réduite » au maximum et si possible, un jour, disparaître face à l’armada militaire nord-américaine (basée en Corée du Sud, à Guam, etc.)

En attendant cette chute annoncée, la Corée du Nord sert de prétexte au maintien de la présence militaire nord-américaine à des milliers de kilomètres de là, mais tout près des frontières de la Russie (une alliée de Pyongyang) et de la Chine dont « les ambitions sont menaçantes », si l’on en croît les économistes occidentaux !

Le comble est le cynisme des « observateurs » : tout est entrepris depuis des décennies pour étouffer la Corée du Nord, mais on lui reproche de respirer mal ! Les autorités de Pyongyang n’ont pourtant qu’un seul choix : résister ou capituler et s’aligner sur Séoul, soumise directement aux dollars et aux soldats yankees.

Pourtant, Pyongyang semble être assez isolé sur la scène politique mondiale. Comment l’expliquez-vous?

Un drame politique : l’internationalisme est mort. L’anticommunisme qui sévit contre la Corée du Nord ne rencontre pas d’obstacle. Ayant perdu la plupart des batailles idéologiques, certains partis communistes ont quitté le terrain de la solidarité internationale : être aux côtés des Coréens est trop « coûteux», le socialisme nord-coréen trop « différent » ; le monolithisme idéologique est le contraire du « droit de l’hommisme » encore à la mode. On a renoncé à la notion de « modèle » unique du socialisme, mais l’occidentalisme et l’ethnocentrisme imprègnent nombre de communistes occidentaux.

A la limite, les quelques rares gaullistes qui ont survécu en France, comprennent mieux la volonté coréenne de posséder une force de dissuasion nucléaire que les milieux « progressistes » se refusant à toute approche géopolitique et moins sensibles à la question de l’indépendance nationale !

A l’évidence, le socialisme capable de résister à la mondialisation néolibérale et aux intérêts spéculatifs et pilleurs des grandes firmes, ne peut que s’appuyer sur la Nation, sur les particularismes historiques et sur l’héritage : ce sont les syncrétismes qui font l’Histoire.

Le socialisme français, belge, américain ou italien ne peut être « standard » : seul le marché, c’est-à-dire un monde centré sur les « affaires» et le capital, uniformise, au détriment des valeurs populaires.

La Corée est coréenne : c’est parce que Pyongyang est avant tout souveraine, sans compromis, y compris vis-à-vis de la Chine, la grande voisine très différente, que la RPDC, Etat membre des Nations Unies, en voie de développement malgré tout, existe toujours.

Avez-vous un message d’espoir sur l’issue de ce conflit, qui est étroitement lié à notre histoire récente ?

Il est possible qu’un jour prochain, à la suite de la folie impériale d’un Trump, des manœuvres de Wall Street, ou de telle ou telle puissance, chaque peuple, au Sud évidemment mais en Europe aussi, puisse comprendre qu’il ne peut compter avant tout que sur lui-même car il n’existe pas de philanthropie internationale, les alliances et la coopération ne pouvant être que complémentaire.

C’est le message de la RPDC : il est respectable par les tristes temps qui courent. Par contre, la violence et les menaces des « Grands» ne méritent que le mépris. Il n’y a aucune excuse à ceux qui, par delà toutes les frontières se croient tout permis.

Source : Robert Charvin , 04-09-2017

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Crise États-Unis-Corée : l’analyse de Robert Charvin, spécialiste de la Corée

Source : Initiative communiste, Robert Charvin, 04-09-2017

Doyen honoraire de la Faculté de droit de Nice, militant communiste, auteur d’un livre récent paru chez Delga (Comment peut-on être Coréen du nord ?), Robert Charvin livre son analyse sur la situation dans la péninsule coréenne aux lecteurs d’Initiative communiste.

Initiative Communiste : Votre ouvrage s’inspire de la question de Montesquieu “Comment peut-on être persan?” Est-ce que la façon de traiter la dans l’espace médiatique en France, fondée sur les préjugés, n’est-elle pas indigne de l’esprit d’examen propre aux Lumières ?

Robert Charvin : Montesquieu ironisait sur les incultes ethnocentristes de son temps qui ne concevaient pas que l’on « puisse être persan » ! Quelques siècles plus tard, il en est de même au sein de la « patrie » des droits de l’homme (en réalité, l’homme occidental) dont les valeurs seules sont « universelles ».
Les Autres n’ont que des leçons à recevoir du haut de notre grandeur éternelle : les « Trumpistes » français ont précédé les Américains !
Les pays qui ne s’alignent pas sont dans l’erreur et leurs gouvernants des voyous dangereux pour le monde !
À Paris, comme à Washington, on sait que la seule démocratie qui vaille est élective, peu importe que l’argent ou la violence (selon les pays) décident des résultats. Quant aux droits économiques et sociaux, ils n’ont pas à être pris en compte pour procéder à l’évaluation… et aux sanctions contre les régimes qui « déplaisent » ! Les Euraméricains, maîtres (provisoires) du monde, s’autoproclament ainsi juges du « Bien et du Mal » dans l’ordre international. Les principaux médias et les partis suivent sans examen ces jugements de cour. La du Nord fait consensus : elle serait l’incarnation de la malfaisance, bien que nul de fasse allusion à la tragique histoire nationale (colonisation japonaise féroce, américaine dévastatrice, embargo et sanctions à répétition depuis 1953, etc.). Rares sont ceux qui connaissent son syncrétisme idéologique fait de marxisme et de confucianisme. Pour se conforter dans leur « bon droit », nombre d’Occidentaux préfèrent ne pas savoir !

Initiative Communiste :Dans votre ouvrage, vous rappelez certaines réalités de l’histoire coréenne (un ambassadeur coréen se suicidant dans l’indifférence générale devant les grandes puissances entérinant la colonisation de son pays par le Japon, un seul immeuble debout à Pyongyang après les bombardements US pendant la guerre de Corée etc.). Est-ce cette histoire tragique qui explique la résistance patriotique farouche que la RPDC oppose toujours à l’impérialisme?

Robert Charvin : Maltraiter un peuple, comme l’a été le peuple soviétique dès la Révolution d’Octobre, le peuple palestinien depuis plus d’un siècle, le peuple cubain après 1958, ou le peuple nord-coréen, c’est provoquer en leur sein ce qu’on peut appeler un « effet citadelle ». Assaillis de toutes parts, par tous les moyens, menacés d’agression militaire, mis en difficultés économiques, discrédités par les puissances médiatiques dans l’opinion internationale, ces peuples ne peuvent qu’avoir une réaction défensive faite d’un patriotisme virulent, d’une mobilisation farouche, d’un monolithisme sans faille. Toute critique ne peut être que trahison dans une situation de belligérance chronique !
Toute concession devient marche vers la capitulation.
Si l’Occident et ses « droits-de-l’hommistes » professionnels avaient réellement la volonté de favoriser les droits humains en Corée et dans le monde, comme ils le prétendent, ils dénonceraient les sanctions collectives et favoriseraient la détente et la coopération. La politique d’agression et les condamnations médiatiques systématiques sont incompatibles avec « l’aide au développement de la démocratie ». Étrangler un peuple le conduit à respirer mal et à se débattre !
Cette pathologie féroce, liée au fait que le capitalisme a besoin d’ennemis, présente cependant des avantages pour les victimes. Le peuple coréen est concrètement informé de ce qu’ est l’impérialisme et ses tares destructives. Il a su se constituer en une force de résistance homogène, cohérente, et il a appris à surmonter toutes les difficultés imposées. Il est grave que les progressistes et de nombreux communistes en Occident n’en aient pas une conscience claire, à croire qu’ils préfèrent l’impérialisme des grands à la souveraineté des petits !

Initiative Communiste : Manœuvres militaires géantes, déploiement de missiles, de sous-marins et porte-avions nucléaires, les États-Unis choisissent une stratégie de la tension en Corée : est-ce exagéré de parler de menace sur la mondiale ?

Robert Charvin : En permanence, depuis des décennies, les États-Unis et leurs alliés (en particulier ceux de Séoul et de Tokyo, mais aussi de Paris) menacent l’existence même de la Corée du Nord en invoquant paradoxalement ses « provocations » ! La plus gigantesque armée du monde, celle des États-Unis, est pourtant à sa porte, dotée des armes les plus sophistiquées, y compris nucléaires. Chaque année, elle manoeuvre aux frontières avec les armées sud-coréennes et autres, mimant encerclement et attaques ! Le peuple coréen a déjà subi les massacres, notamment sur les populations civiles, que pratiquent les armées occidentales lorsqu’elles veulent détruire un système ne leur convenant pas : la guerre de 1950-1952 n’est pas oubliée !
Ce sont les États-Unis qui, bien loin de leur territoire national, provoquent tous les peuples de la région qu’ils veulent garder ou mettre sous tutelle !

Ce sont les États-Unis qui jouent dangereusement de leur puissance nucléaire en osant invoquer la légitime défense. Au discours délirant de Trump s’ajoute une propagande massive et sans nuance contre la Corée du Nord, reprise par les Européens. Certains films américains vont jusqu’à imaginer une invasion militaire nord-coréenne du territoire des États-Unis : le film “L’Aube rouge” , par exemple, passé récemment sur une chaîne TV française !
En fait, cette paranoïa anti-coréenne est totalement feinte. Elle dissimule une réalité géostratégique de première importance pour les États-Unis : la Corée est une zone de contacts avec la Chine, la Russie et le Japon. Le maintien de la présence militaire américaine est jugé nécessaire aux intérêts des États-Unis. La petite Corée du Nord est l’ennemi « utile ». Il faut entretenir sa mauvaise réputation communiste, il faut empêcher sa réunification avec le Sud afin de conserver un abcès de fixation justifiant l’ingérence étasunienne dans la région (notamment les bases en Corée du Sud, à Guam, etc.). Tous les moyens sont bons pour maintenir un état de guerre larvée empêchant un développement rapide de la Corée du Nord, au risque de déclencher un affrontement entre les puissances.
Là encore, un regret s’impose : certains courants progressistes, obsédés par l’électoralisme, négligent le fait que la RPDC propose depuis toujours la dénucléarisation de toute la région, est prête à conclure un traité de paix avec les États-Unis garantissant sa souveraineté et à coopérer avec tous les États du monde. Renvoyer dos à dos les parties en présence, comme cela est fait pour les Palestiniens et les Israéliens, pour la Russie et les États-Unis, au nom d’une paix dont on ne précise pas le contenu, c’est en fait crier avec les loups !

Initiative Communiste : En 2016 et 2017 un très important mouvement populaire a conduit à la chute du gouvernement Park. Y a-t-il une évolution vers une démocratisation du régime autoritaire du sud ? Les premières annonces du nouveau président, sur la réouverture d’un dialogue direct avec la Corée du Nord, sur le système anti-missile américain en cours de déploiement, soufflent le chaud et le froid. N’est-ce pas le peuple coréen le principal atout pour la paix ?

Robert Charvin : La force décisive pour des changements positifs en Corée, c’est le peuple coréen tout entier. S’il n’y a pas encore de bonnes relations entre le Nord et le Sud depuis la fin de la guerre mondiale, c’est du fait des grandes puissances, en premier lieu des États-Unis.
Lorsqu’il se produit des changements à Séoul (comme ce fut le cas avec l’élection de Kim Dae-jung ou récemment avec l’élimination de la présidence corrompue de Mme Park (aujourd’hui incarcérée), le rapprochement Nord-Sud se réalise. Les médias occidentaux sont restés très
discrets sur le vaste mouvement de masse qui a renversé à Séoul l’équipe dirigeante, grande alliée de Washington ! Malheureusement, la nouvelle équipe qui n’est plus systématiquement hostile au Nord, reste subordonnée aux États-Unis et sa ligne politique n’est pas encore libre.
Mais le peuple sud-coréen, y compris les grands groupes économiques comme Hyundai, comme le peuple du Nord, souhaite la réunification et la paix : la coréanité a pour les deux parties plus de vertus, n’en déplaise à l’Occident, que l’American Way of Life, importé au sud après 1949.
On peut raisonnablement concevoir que le Nord et le Sud, malgré tous les obstacles, trouvent la voie vers une confédération, respectueuse dans un premier temps des deux souverainetés et des deux régimes socio-économiques, premiers pas d’une marche vers l’unité qui ferait de la Corée une nouvelle puissance émergente d’importance.
La solidarité internationale, amputée aujourd’hui par la contamination des thèses des néo-conservateurs et par les conceptions de la social-démocratie (à l’exception de quelques cas individuels comme celui de J. Lang) qui ont envahi le courant progressiste, doit pouvoir renaître si la lucidité l’emporte sur l’ethnocentrisme et l’oubli de la . La cause coréenne le mérite.
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Voire aussi la thèse de Florent Charles : La question coréenne et le problème de la réunification

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

24 réponses à Robert Charvin : « c’est parce que la Corée du Nord est souveraine qu’elle existe toujours »

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L’ancienne formule du Levothyrox sera à nouveau disponible « à partir du 2 octobre », annonce la ministre de la Santé

L’ancienne formule du Levothyrox sera à nouveau disponible « à partir du 2 octobre », annonce la ministre de la Santé

Sur environ 9 millions de patients prenant ce médicament en France, 9 000 personnes ont signalé des effets indésirables après la prise de la nouvelle formule du médicament.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, le 7 juin 2017 à la sortie de l\'Elysée, à Paris.
La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, le 7 juin 2017 à la sortie de l’Elysée, à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

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Salaire, retraite, épargne, logement : ce que le budget 2018 va changer à votre portefeuille

Face à la colère de très nombreux patients, le gouvernement l’avait promis : l’ancienne formule du Levothyrox, un médicament pour les malades de la thyroïde, sera remise sur le marché. Elle sera disponible dans les pharmacies « à partir du 2 octobre », a annoncé la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, mardi 26 septembre, sur BFMTV. D’autres alternatives seront disponibles « mi-octobre », a-t-elle ajouté. 

Cette ancienne version du médicament « arrive vendredi en France », a précisé la ministre, sans pouvoir dire combien de temps il sera disponible. « Il y a des négociations avec les industriels pour voir le nombre de stocks. (…) L’objectif est que les patients aient le choix », a-t-elle souligné, pour permettre aux malades de « trouver la formule qui leur convient ».

« On a nié le ressenti des malades »

La nouvelle formule du Levothyrox, du laboratoire Merck, a été mise sur le marché à la fin mars. C’est l’Agence nationale du médicament (ANSM) qui l’a réclamée au laboratoire dès 2012 afin, selon elle, de rendre le produit plus stable. Mais depuis, la justice a été saisie de 63 plaintes de malades, victimes d’effets secondaires de cette nouvelle formule.

Une enquête pour « tromperie aggravée », « atteintes involontaires à l’intégrité physique » et « mise en danger de la vie d’autrui », sera instruite par l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique.

« On a nié le ressenti des malades (…), c’est cela qui crée cette colère que l’on ressent chez les patients, car on a minimisé leur désarroi », avait déclaré la ministre, mercredi sur Europe 1, en réaffirmant sa volonté de créer « une mission sur l’information des malades ».

Kurdistan : ce que cache le référendum

Kurdistan : ce que cache le référendum

Dans un monde où les images comptent plus que les réalités, la presse évoque un référendum démocratique pour l’indépendance du Kurdistan iraquien. Cependant, outre que constitutionnellement ce référendum devrait se tenir dans tout l’Iraq et non pas uniquement dans la zone indépendantiste, plusieurs millions d’électeurs non-kurdes ont déjà été chassés de chez eux et ne pourront plus y retourner. Dans les bureaux de vote, seuls les indépendantistes surveilleront la régularité de ce scrutin. Thierry Meyssan révèle cette escroquerie et les intérêts impérialistes qu’elle cache.

| Damas (Syrie)

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Sur cette affiche électorale, la carte du « Kurdistan indépendant » déborde de la région autonome iraquienne sur les territoires iraquien et syrien.

Le référendum pour l’indépendance du Kurdistan est un jeu de dupes. Les États-Unis qui le soutiennent sous la table, s’y opposent en public. La France et le Royaume-Uni font de même, espérant que Washington réalisera leur vieux rêve. La Russie n’est pas en reste, laissant entendre que bien qu’opposée à tout changement unilatéral, elle pourrait soutenir l’indépendance… tout au moins si tout le monde admet l’indépendance de la Crimée et par voie de conséquence, son rattachement à Moscou.

Le degré d’hypocrisie des membres permanents du Conseil de sécurité est tel qu’ils ne sont pas parvenus à statuer sur cette question, malgré leur apparente unanimité. Ils n’ont pas adopté de résolution (c’est-à-dire de texte ayant force de loi internationale), ni de déclaration présidentielle (c’est-à-dire une position commune des membres du Conseil), tout juste un insipide communiqué de presse lors de leur réunion du 19 septembre [1].

Il existe actuellement huit États non reconnus : l’Abkhazie, Chypre-Nord, le Haut-Karabagh, le Kosovo, l’Ossétie, le Sahara occidental, le Somaliland et la Trasnistrie. Tandis que deux régions européennes espèrent leur indépendance : la Catalogne et l’Écosse. Toute modification du statut du Kurdistan iraquien aura des conséquences sur cette dizaine d’autres pays.

L’indépendance du Kurdistan iraquien serait un tour de force, dans la mesure où il s’agirait de déplacer le Kurdistan, tel qu’il a été reconnu par la Conférence de Sèvres en 1920, du territoire turc actuel au territoire iraquien. Certes, tout le monde s’est habitué à utiliser le mot Kurdistan pour désigner cette région dont Londres et Washington ont supervisé depuis 1991 le nettoyage ethnique lent et continu.

Lors de « Tempête du désert », cette région hébergeait une majorité d’Iraquiens kurdes. Londres et Washington en firent une zone de non-survol pour l’armée du président Hussein. Ils y placèrent autoritairement au pouvoir un de leurs collaborateurs de la Guerre froide, Massoud Barzani, qui débuta le déplacement des populations non-kurdes. Ce même Barzani, quoi qu’élu par deux fois depuis, se maintient au pouvoir depuis plus de deux ans sans mandat. L’Assemblée nationale qui exige son départ, ne s’est réunie qu’une fois depuis la fin de son mandat, pour voter le principe du référendum, mais en l’absence du Goran ; un parti qui ne cesse de dénoncer le système féodal des Barzani et des Talabani, le népotisme et la corruption qui en découlent. Dans les faits, Massoud Barzani occupe le pouvoir de manière interrompue depuis 26 ans.

De 1991 à 2003, les non-Kurdes ont progressivement quitté la zone de non-survol, de sorte que celle-ci a été proclamée Kurdistan iraquien lors de la défaite du président Hussein.

Le 1er juin 2014, les services secrets d’Arabie saoudite, des États-Unis, d’Israël, de Jordanie, de la région autonome du Kurdistan iraquien, du Qatar, du Royaume-Uni et de Turquie ont organisé à Amman (Jordanie) une réunion préparatoire de l’invasion de l’Iraq par Daesh. Nous connaissons l’existence de ce meeting par le document turc qu’Özgür Gündem a immédiatement publié [2]. Ce quotidien —auquel j’ai collaboré– a été fermé depuis par le « sultan » Recep Tayyip Erdoğan [3].

Selon ce document, il a été convenu de coordonner Daesh et la région du Kurdistan iraquien. Le premier a lancé une offensive éclair pour s’emparer de Mossoul, tandis que la seconde s’est emparée de Kirkouk. Le président Massoud Barzani s’était rendu quatre jours plus tôt en Jordanie rencontrer des participants à cette réunion. Il veilla à ne pas y participer, mais y fut représenté par son fils Masrour, le chef de son propre service de Renseignement.

Lorsque Daesh a envahi la partie d’Iraq que les États-Unis lui avaient préalablement attribuée, il fit prisonniers au passage les yazédis et les réduisit en esclavage. L’immense majorité des yazédis est kurde, mais conformément à l’accord d’Amman, les Barzani voisins ne sont pas intervenus, y compris lorsque certains ont fui dans les montagnes de Sinjar. Ces fuyards furent en définitive sauvés par des commandos du PKK turc. Les kurdes turcs les ont tous sauvés qu’ils soient kurdes ou non. Ils utilisèrent cette victoire pour demander leur reconnaissance par les Occidentaux (qui les considèrent depuis la Guerre froide comme des terroristes). La réécriture actuelle de cette affaire par les Barzani ne saurait effacer ce crime contre son propre peuple [4]. Au demeurant, depuis la libération de leurs terres, les yazédis restant sur place ont proclamé leur propre gouvernement autonome. Ils refusent d’être administrés par d’autres kurdes, de sorte que tous les yazédis boycottent le référendum [5].

Un autre célèbre kurde participait à la réunion d’Amman : l’islamiste Mullah Kerkar. Celui-ci était emprisonné en Norvège où il purgeait une peine de cinq ans de prison pour avoir menacé de mort à la télévision la future Premier ministre, Erna Solberg. Il se rendit à ce sommet à bord d’un avion de l’Otan et réintégra sa cellule les jours suivants. Il révéla alors son allégeance à Daesh. Il ne fut pas jugé pour appartenance à une organisation terroriste, mais bénéficia d’une remise de peine de deux ans et fut libéré. Il dirigea alors Daesh en Europe, depuis Oslo, sous la protection de l’Otan. Manifestement, le réseau Stay-behind de l’Alliance atlantique fonctionne toujours [6]

Ayant annexé Kirkuk, le gouvernement régional du Kurdistan iraquien étendit à la zone le nettoyage ethnique que ses membres avaient perpétré dans la zone de non-survol de 1991 à 2003.

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On peut être rassuré : le président inamovible Barzani a assuré qu’il ne prendrait pas de mesures de rétorsion contre les électeurs qui voteraient “Non”.

Le président non-constitutionnel Barzani a annoncé que toutes les populations du Kurdistan iraquien et des territoires annexés pourront participer au référendum. Toutes ces régions hébergeaient plus d’une douzaine de millions de citoyens en 2013. Mais aujourd’hui trois millions de citoyens non-kurdes ont été contraints de les fuir. Ce sont donc des électeurs choisis qui ont été appelés aux urnes pour décider de l’avenir, non seulement à la place des habitants légitimes expulsés, mais aussi de tous les autres Iraquiens.

Pour participer à ce référendum, il faut :
- habiter au Kurdistan ou dans les régions annexées ;
- avoir plus de 18 ans ;
- s’être fait enregistrer avant le 7 septembre sur les registres électoraux ;
- et pour les personnes réfugiées à l’étranger, s’être fait enregistrer pour pouvoir voter électroniquement… ce qui suppose qu’elles présentent d’abord leurs papiers à l’autorité électorale du Kurdistan dont elles ont été chassées.

Au demeurant, les Barzani ont une conception particulière des populations appelées à voter. En 1992, ils n’ont compté que 971 953 votants, mais une décennie plus tard, en 2014, ils étaient soudain 2 129 846 et trois ans plus tard, le 25 septembre 2017, ils étaient 3 305 925.

L’indépendance donnera aux clans Barzani et Talabani des moyens supplémentaires pour poursuivre leurs affaires. Elle offrira également à l’Israël la possibilité de mettre en œuvre certains de ses objectifs militaires. Depuis la fin des années 90 et le développement des missiles, Tsahal a abandonné sa stratégie d’occupation des « marches », c’est-à-dire des territoires juste à l’extérieur de ses frontières (Sinaï, Golan, Sud du Liban). Au contraire, il entend neutraliser l’Égypte, la Syrie et le Liban en les prenant à revers. Tel-Aviv a donc soutenu la création du Soudan du Sud, en 2011, afin d’y placer des missiles pointés sur L’Égypte, et soutient aujourd’hui celle du Kurdistan afin d’y placer des missiles pointés sur la Syrie.

Selon Israel-Kurd, largement cité par la presse turque, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s’est engagé auprès de Massoud Barzani à transférer 200 000 Israéliens dans le nouvel État pour « aider » à l’administrer [7].

Selon sa logique, pour Tsahal l’idéal serait d’étendre le territoire du Kurdistan iraquien, non seulement à Kirkouk, mais au Nord de la Syrie. C’est le travail du YPG et de son « Rojava ». Cet État autonome auto-proclamé est un long corridor joignant le Kurdistan iraquien à la Méditerranée, occupé par les troupes états-uniennes qui y ont illégalement installé plusieurs bases militaires.

Huit mois avant la réunion d’Amman, une chercheuse du Pentagone, Robin Wright, confirmait l’accord de son pays à ce projet [8]. À l’époque, les Barzani assuraient encore défendre l’ensemble des kurdes, y compris ceux résidant en Turquie et en Iran. Madame Wright expliqua doctement que ce projet était impossible, mais publia la carte du « Sunnistan » attribué à Daesh et du « Kurdistan » attribué aux Barzani en Iraq et en Syrie.

Le Pentagone vient d’ailleurs d’attribuer un appel d’offres, en août dernier, pour acheter et transférer en Syrie 500 millions d’armes et de munitions principalement ex-soviétiques [9]. Les 200 premiers camions ont été livrés au YPG à Hasakeh, les 11 et 19 septembre, via le Kurdistan iraquien, sans être attaqués par les jihadistes [10]. Le ministère russe de la Défense vient de rendre publiques des photographies satellitaires d’un camp des Forces spéciales US en plein territoire de Daesh, vivant en bonne intelligence avec les kurdes et les jihadistes [11].

Mais puisqu’on nous dit que ce « Kurdistan indépendant » est un projet kurde, pourquoi en douterions-nous ?

Source
Al-Watan (Syrie)

[1] « Déclaration du Conseil de sécurité sur le Kurdistan iraquien », Réseau Voltaire, 21 septembre 2017.

[2] « Yer : Amman, Tarih : 1, Konu : Musul », Akif Serhat, Özgür Gündem, 6 juillet 2014.

[3] Ceux de ses journalistes qui ont échappé à la purge et sont parvenus à fuir, ont créé le quotidien électronique Özgürlükçü Demokrasi hors de Turquie.

[4] « La réécriture du massacre du Sinjar », Réseau Voltaire, 11 septembre 2017.

[5] “Establishment of the Provisional Government of Ezidikhan”, Voltaire Network, 25 July 2017.

[6] « La guerre secrète en Norvège », par Daniele Ganser, Réseau Voltaire, 25 juillet 2013. Cet article est extrait de : Les Armées Secrètes de l’OTAN, de Daniele Ganser, Demi-Lune, 2007.

[7] « 200 000 Israéliens attendus au « Kurdistan » dès la proclamation de l’indépendance », Réseau Voltaire, 19 septembre 2017.

[8] “Imagining a Remapped Middle East”, Robin Wright, The New York Times Sunday Review, September 28, 2013.

[9] “Heikle Fracht aus Ramstein”, “Millionen Schuss Munition für Kalaschnikows”, Frederik Obermaier & Paul-Anton Krüger, Süddeutsche Zeitung, 12. & 20. September 2017.

[10] « 200 camions d’armes et munitions livrés par le Pentagone au YPG », Réseau Voltaire, 22 septembre 2017.

[11] « Le ministère russe de la Défense diffuse des photos des Forces US stationnées chez Daesh », Réseau Voltaire, 24 septembre 2017.

 

http://www.voltairenet.org/article198042.html

La défaite militaire comme déclencheur d’un effondrement financier

La défaite militaire comme déclencheur d’un effondrement financier


Orlov
Orlov

Par Dmitry Orlov – Le 19 Septembre 2017 – Source Club Orlov

En 2007, j’ai publié Reinventing Collapse, dans lequel j’ai comparé l’effondrement de l’URSS à celui prochain des États-Unis. J’y écrivais ce qui suit :

« Imaginons que l’effondrement d’une superpuissance militaro-industrielle moderne, c’est comme faire de la soupe : couper les ingrédients, chauffer et remuer le tout. Les ingrédients que j’aime mettre dans ma soupe d’effondrement d’une superpuissance sont : un forte réduction chronique de la production de pétrole brut (cet élixir addictif magique des économies industrielles), un déficit commercial sévère en augmentation avec l’étranger, un budget militaire en augmentation dans une fuite en avant et une dette contractée à l’étranger gonflant inexorablement. La chaleur et l’agitation peuvent être fournies de manière très efficace par une défaite militaire humiliante et par l’augmentation chez la population de la peur d’une catastrophe imminente. » (Page 2)

Une décennie plus tard, ces ingrédients sont tous en place, à quelques arguties mineures près. La baisse de disponibilité du pétrole aux États-Unis est principalement due à un manque d’argent plus que de pétrole physique. Dans le contexte du déclin terminal du pétrole conventionnel aux États-Unis, la seule augmentation significative de l’offre provient des techniques de fracturation hydraulique, mais elle est financièrement ruineuse. Personne n’a gagné d’argent à vendre du pétrole issu de ce mode de production : c’est trop cher.

Pendant ce temps, le déficit commercial a atteint de nouveaux records, les dépenses de défense ont continué leur essor et les niveaux de dette sont à ce jour rien de moins que stratosphérique, et ils continuent à augmenter. La peur de la catastrophe est alimentée par les récents ouragans qui viennent de mettre des parties importantes du Texas et de la Floride sous l’eau, des feux de forêt sans précédent à l’Ouest, des grondements menaçants du super-volcan de Yellowstone et la compréhension que tout un désordre mousseux de bulles financières pourrait apparaître à tout moment. L’ingrédient qui nous manque est une humiliante défaite militaire.

Les défaites militaires viennent sous de nombreuses formes et tailles, et voir l’ennemi abattre toutes vos troupes n’est que l’une d’entre elles. Tout aussi palpable est la défaite consistant à être incapable de prévaloir contre un adversaire plus faible et plus petit. Infliger accidentellement des dégâts à ses propres forces peut aussi être très humiliant. Et le coup de grâce ultime pour un empire militaire est d’être incapable de rejoindre l’adversaire sur le champ de bataille.

Nous avons maintenant des exemples de tous ces éléments. Nous avons des navires américains rapides, équipés de tous les équipements de navigation et des radar les plus modernes, qui heurtent inexplicablement de gros et lent navires de commerce, entraînant la mort de leurs propres marins. Nous avons l’exemple de la Syrie, où plusieurs années d’efforts concertés pour démembrer ce pays et en déloger son président, ont entraîné une catastrophe après l’autre. Et maintenant, nous avons l’exemple de la Corée du Nord, qui teste des missiles balistiques et des armes nucléaires à la stupéfaction de tous, tandis que les États-Unis lancent des exercices militaires sans signification. Ils sont sans signification car il n’y a absolument aucune carte militaire à jouer qui n’entraînerait pas l’anéantissement complet de l’allié que les États-Unis ont juré de protéger.

L’impasse nord-coréenne risque de traîner pendant un certain temps, mais la défaite syrienne est déjà très proche d’être actée. Alors laissez-moi l’examiner en détail, car elle offre une vision très intéressante de ce qui fait que les États-Unis, à ce stade, sont tellement moins qu’une superpuissance militaire. (Les crédits de recherche pour cela vont à Evgeny Krutikov en particulier, et à d’autres trop nombreux à mentionner ici.) La défaite syrienne n’est pas le résultat d’une seule opération, mais d’une rafale d’entre elles, chacune résultant de ce qui ne peut être décrit que comme un échec épique. Toute la campagne syrienne des États-Unis peut être décrite comme une poursuite implacable de l’échec. Elle illustre plusieurs des caractéristiques qui rendent la machine militaro-américaine pire qu’inutile. Il était un temps où le but des dépenses militaires américaines était de justifier les dépenses militaires américaines; maintenant, ce n’est même plus possible. Les éléments clés de cet échec sont les suivants:

• L’incapacité totale de tenir pour responsables ceux qui sont responsables de cet échec, qu’il s’agisse de politiciens ou d’officiers militaires.
• L’incapacité totale d’apprendre des erreurs et d’ajuster les stratégies, en faisant des choses éprouvées pour ne pas refaire ces erreurs encore et encore.
• L’incapacité totale d’accepter la vérité de la situation, préférant plutôt habiter un domaine de fiction plein de terroristes modérés, de chefs tribaux amicaux, d’arcs-en-ciel et de licornes.
• L’incapacité totale de résister à la corruption de toutes sortes, y compris des programmes frauduleux qui incluent le vol direct des biens du gouvernement.

L’engagement militaire total des États-Unis a débuté à l’été 2014. À l’époque, il y avait une sorte de groupuscule armé près de Raqqa, grouillant de djihadistes barbus qui peuvent ou non avoir été associés à ISIS. Ils détenaient beaucoup d’otages, notamment des soldats syriens ainsi que des citoyens américains et britanniques qui avaient d’une manière ou d’une autre atterri en Syrie. Après une longue analyse, la CIA a décidé que ce groupuscule devait être attaqué, son camp occupé et les otages libérés.

Au début du mois de juin, quelques douzaine de troupes des forces spéciales ont été larguées au voisinage du campement. Après une bataille de trois heures (cela signale déjà un échec, les opérations de libération d’otages doivent durer quelques minutes, pas des heures), les troupes américaines ont tué cinq des terroristes et ont pris le contrôle d’un bâtiment parfaitement vide isolé au milieu du désert. Il n’y avait pas d’otages, aucun ennemi de haut rang, rien d’utile là-bas. Plus tard, il a été révélé que les otages avaient été transportés un jour avant le début de l’opération, ce qui a donné lieu à toutes sortes de questions au sein de la CIA concernant les éventuelles fuites.

Quelques jours plus tard, « Jihadi John » et son groupe de trois Arabes britanniques se nommant eux-même «les Beatles» et agissant sous les pseudonymes de John, Paul et Ringo ont décapité un groupe de personnes devant la caméra. Parmi eux se trouvaient le photographe James Foley, le journaliste Steven Sotloff, le travailleur humanitaire David Heins, le chauffeur de taxi britannique Alan Henning (qui travaillait pour la même mission humanitaire que Heins) et, en dernier lieu, Peter Kassig, ancien membre de l’armée américaine, mais qui à l’époque travaillait également pour une mission humanitaire basée à Beyrouth et en Turquie, mais se trouvait régulièrement en Syrie, illégalement et à des fins inconnues.

Plus précisément, c’est la mort de Kassig qui a suscité une réaction curieusement plus forte de Barack Obama, qui a déclaré que Kassig «nous a été pris par un groupe terroriste que le monde associe à juste titre à l’inhumanité». Cette saillie a été largement analysée comme signifiant que Kassig travaillait pour la CIA ou le renseignement militaire américain. Notamment, il était le seul qui, en captivité, s’est converti à l’islam et a pris un nom islamique.

Plus tard, d’autres faits étranges ont commencé à apparaître. En particulier, il est apparu que «Jihadi John» avait négocié avec le gouvernement des États-Unis et avec la famille de James Foley, exigeant 100 millions ou, pour quelque raison étrange, plus précisément 132 millions de dollars de rançon. La dernière communication de lui a eu lieu une semaine avant l’opération infructueuse des forces spéciales américaines, mais les Américains ont refusé de payer. Le représentant officiel du Pentagone, le contremaitre James Kirby, a tout mis sur le dos de la CIA. Assez curieusement, les responsables de cette étonnante foirade ne se sont pas suicidés d’une balle dans la tête comme ils auraient dû le faire pour une question d’honneur, mais ils ont prospéré avec une magnifique carrière à la clé.

Certes, il devait bientôt y avoir d’autres échecs encore plus épiques. Les États-Unis ont mis en place des vols de surveillance sur le territoire syrien, cartographiant soigneusement le désert en utilisant d’abord des drones, puis l’aviation régulière, n’ayant toujours pas la plus petite idée de ce qu’ils cherchaient. Mais apparemment, ils ont vu des images qui semblaient indiquer de bonnes cibles, car à l’automne de la même année, Obama a annoncé son intention de commencer à bombarder ISIS en Syrie.

Il a également annoncé le lancement d’un programme visant à « former et équiper » l’Armée syrienne libre dans le but de renverser Bachar al-Assad. La CIA a choisi des groupes prometteurs, leur a donné des armes, puis les a vus se joindre à ISIS ou Jabhat al-Nusra en masse. Au fur et à mesure que cela se passait, les fonctionnaires américains ont continué à se référer à ces nouveaux terroristes, radicalisés à la vitesse de la lumière, comme à une « opposition modérée ». Finalement, le mythe cultivé aux États-Unis appelé l’Armée syrienne libre s’est complètement effondré, embarrassant tout le monde. Mais encore une fois, l’embarras était insuffisant pour faire en sorte que les responsables fassent amende honorable et se collent une balle dans la tête.

On en a terminé avec le fiasco numéro deux avant d’attaquer le fiasco numéro trois. Une fois que l’Armée syrienne libre fictive se fut évaporée comme la brume du matin, la CIA a décidé de mettre le paquet sur les Kurdes et l’opération Timber Sycamore est née. Elle a été déclarée top secret et autorisée directement par Obama, avec la plupart des documents portant la signature de Hillary Clinton. À bien des égards, c’est une répliqué des leçons non apprises d’un ancien fiasco américain connu sous le nom d’Iran-Contras ou de l’affaire Oliver North.

L’argent saoudien a été utilisé pour acheter des armes obsolètes de l’époque soviétique, principalement dans les Balkans, puis de les expédier en Turquie et en Jordanie, tout en utilisant des documents falsifiés pour éviter l’apparence de l’illégalité. De là, elles devaient filtrer en Syrie et se retrouver entre les mains des Kurdes, qui défendaient à l’époque la ville de Kobané face à ISIS. De manière tout à fait surprenante, rien de cela n’a fonctionné selon le plan. Le marché noir des armes au Moyen-Orient a commencé à déborder, y compris d’armes lourdes. Les officiers du renseignement américains ont commencé à acheter des Ferrari, refusant d’accepter des pots-de-vin en papier-monnaie mais uniquement en barres d’or. Les concessionnaires d’armes de petite taille sont soudainement devenus très riches et se sont battus pour leur part de marché. Une simple fusillade sur une base de l’armée jordanienne a coûté la vie à deux officiers jordaniens, deux entrepreneurs américains et un Sud-Africain. (Est-ce qu’une affaire de vente d’armes illégales peut se faire sans qu’un Sud-Africain ne soit impliqué?) Lorsque l’échelle du fiasco est devenue évidente, les Jordaniens impliqués dans ce coup ont été licenciés, mais rien n’a été confisqué. Hillary Clinton était particulièrement folle de rage; elle a été mise dans un très mauvais pas quand une personne des services de renseignement a publié sur un site Web du gouvernement américain un contrat pour la livraison de tonnes d’armes de la Bulgarie aux ports de Tasucu (Turquie) et Aqaba (Jordanie). WikiLeaks a commencé à déterrer plus de détails .

Il s’avère que l’administration Obama dans son ensemble a gaspillé un demi-milliard de dollars uniquement pour armer l’Armée syrienne libre avec cette opération Timber Sycamore. Au lieu de se blâmer eux-mêmes, les personnes impliquées (la plupart d’entre elles encore en poste, alors qu’une balle dans la tête aurait été largement méritée) se sont mise à accuser la Russie pour ne pas les avoir laissées « terminer le travail ». Voici un très bon graphique, grâce à WikiLeaks, qui détaille le montant étonnant des fonds gaspillés par les États-Unis pour ses méfaits en Syrie.

On en a terminé avec le fiasco numéro trois avant d’attaquer le fiasco numéro quatre. Au lieu de simplement jeter sur le champ de bataille syrien des tonnes d’armes obsolètes de l’ère soviétique achetées en Europe de l’Est en utilisant de l’argent blanchi et de la paperasse falsifiée, les États-Unis ont décidé de jouer réellement un rôle actif « au sol ». En octobre 2015, les premiers 15 instructeurs américains ont été héliportés dans le Kurdistan syrien. À partir de ce moment, les Américains se sont engagés à cultiver les Forces démocratiques syriennes (les deux plus grands groupes armés kurdes) plus, pour la diversité ethnique, deux tribus arabes locales.

En mai 2015, le général Joseph L. Votel, commandant des forces américaines au Moyen-Orient, a été transporté en Syrie dans un secret (relatif) et a rencontré des commandants kurdes. Il a tenté d’imposer l’idée d’avoir des conseillers américains au Kurdistan et de leurs faire préparer les locaux pour l’action. Les commandants kurdes et les chefs tribaux n’étaient pas réceptifs et ont exigé que les Américains leur fournissent des armes lourdes. Heureusement, Votel n’avait pas le pouvoir de le faire, et alors, lorsque les Kurdes ont commencé à assiéger le bastion d’ISIS à Raqqa, ce sont les Américains qui ont tiré avec les mortiers et l’artillerie, les « Marines » américains leur assurant la sécurité. L’efficacité de ces actions reste douteuse.

Les Kurdes se sont montrés des alliés obstinés et peu coopératifs. Leur objectif principal est de mordre autant de territoire qu’ils le peuvent, à utiliser plus tard lors des négociations avec le gouvernement à Damas afin d’établir la plus grande autonomie possible pour un Kurdistan syrien. Ils ne sont généralement pas disposés à s’aventurer en dehors de leur programme bien établi. Ils n’étaient pas particulièrement disposés à se battre même pour Manjib, ethniquement principalement kurde, et leur intérêt à capturer Raqqa était en grande partie inexistant.

Et pourtant, les Américains pensent qu’il est raisonnable de penser qu’une fois qu’ISIS sera complètement liquidé (environ quelques mois au rythme actuel), ces mêmes Kurdes les aideront à établir et à maintenir le contrôle sur toute la rive orientale de l’Euphrate jusqu’à la frontière irakienne. Non seulement les Kurdes ne sont pas très motivés pour le faire, mais les Syriens sont actuellement occupés à fortifier une tête de pont et à ériger un pont flottant à Ayash, au nord de Deir-ez-Zor, ville récemment reprise. Au cours des derniers jours, ils ont déplacé des armes lourdes sur la rive orientale de l’Euphrate et ont renversé les restes d’ISIS qui tenaient encore des villages environnants, et ils se préparent à avancer vers la frontière irakienne. Ils n’ont pas caché leur plan pour rétablir le contrôle sur l’ensemble du territoire syrien.

On dirait que le fiasco numéro quatre est déjà bien cuit dans le gâteau. Mais comme d’habitude, cela n’empêche pas les Américains de pomper plus de conseillers et d’armes, pour conseiller des gens qui refusent de faire attention à leurs conseils et d’armer des gens qui se retourneront facilement contre eux. Ils pompent également d’autres ressources pour construire des bases militaires sur le territoire syrien, qu’ils ne contrôleront pas bien longtemps. Il y a l’aérodrome de Rmeilan, une base plus grande à Kobané et encore un autre aérodrome à Tal Beidir. Le Kurdistan syrien accueille maintenant quelques centaines d’Américains, équipés d’armes légères, de Hummers et de Strykers, et qui ne cessent de se plaindre des conditions de vie inférieures aux normes et du manque de bonnes informations sur ce qui se passe autour d’eux.

Non contents d’attendre que le fiasco numéro quatre soit bien avancé, les Américains se sont lancés de manière préventive dans le fiasco numéro cinq : la construction d’une base militaire dans le sud de la Syrie. Étonnamment, même après tout ce qui s’est passé, ils se sont jugé capables d’essayer d’insuffler une nouvelle vie à l’Armée syrienne libre et trouver une utilité pour leurs bases en Jordanie qui avaient été complètement discréditées par leur performance dans l’affaire Timber Sycamore. À cette fin, ils ont cherché des appuis du côté de certains obscurs groupes armés qui ont traversé la Syrie depuis la Jordanie et, avec leur aide, ont établi une base à Al Tanf, suffisamment bien armée pour tenir ce territoire pendant longtemps, et peut-être servir de position avancée pour une invasion depuis le sud.

Ce qui est arrivé au lieu de cela, c’est que les Syriens et les Iraniens ont rapidement contourné Al Tanf, et pris le contrôle de la frontière irakienne (avec la pleine coopération irakienne) rendant la base Al Tanf complètement inutile. Reconnaissant ce fait, les Américains ont commencé à la démanteler et à l’évacuer alors que ces obscurs groupes armés qu’ils avaient tentés d’appuyer, soit se sont rendus aux Syriens soit ont fui et ont rejoint ISIS. Le fiasco numéro cinq est maintenant terminé.

Le fiasco numéro quatre est toujours en cours, mais le résultat final est déjà clair. Très bientôt, il n’y aura plus d’ISIS en Syrie pour que les Américains prétendent s’y battre. Leur position, tant au Moyen-Orient que partout dans le monde, est de plus en plus faible. À l’exception de la Syrie, le pays qui a le plus à gagner de cette situation est la Russie. Considérez ce qui suit :

  • L’Arabie saoudite a été le principal financier du conflit syrien, mais même les Saoudiens se sont fatigués de l’incompétence américaine et tentent de traiter avec les Russes.
  • Lorsque les Israéliens ont reconnu que la Syrie était « perdue » pour eux de manière définitive, Netanyahou a immédiatement sauté dans un avion pour… Moscou, bien sûr, pour quémander quelques miettes à la table du maître.
  • La Turquie a décidé que la coopération avec l’OTAN n’est plus sa stratégie et a mis une pièce sur les systèmes russes de défense aérienne S-400 qui, contrairement aux armes fournies par l’OTAN et par les États-Unis, ne sont pas entravés par un inflexible système d’identification ami-ou-ennemi et seront parfaitement heureux d’abattre des objectifs de l’OTAN.
  • Même l’Allemagne, le chien de compagnie le plus obéissant depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, vient de lancer une enquête sur les expéditions d’armes vers des groupes terroristes internationalement reconnus en Syrie qui ont transité par la base militaire de Rammstein et sont illégales en droit allemand.

Alors qu’ISIS est détruit par les Syriens, avec le soutien aérien russe, les Américains, conformément à la tradition, accusent la Russie sinon de leur avoir fait perdre la face, du moins de leur défaite stratégique. Si ce jeu stupide de trouver quelqu’un à blâmer n’est pas un signe certain d’une faiblesse extrême, je ne sais pas ce que c’est. Le jeu final peut ne pas être tout à fait clair, mais ce qui l’est déjà, c’est ceci: pour qu’une superpuissance cesse d’être une superpuissance, une défaite militaire relativement mineure est suffisante, pour autant qu’elle soit suffisamment significative. La performance américaine en Syrie est telle que les États-Unis ne participeront plus aux négociations internationales sur l’avenir de la Syrie, car leur position est maintenant si faible qu’elle peut être ignorée. Et quand il s’agit de défaites militaires significatives, une défaite auto-infligée est de loin la méthode la plus efficace.

La Syrie n’est pas le seul endroit où le pouvoir militaire américain se révèle n’être plus aussi puissant. Il y a aussi l’Afghanistan, où les talibans sont occupés à reconquérir le nord du pays – la partie qui a été la plus facilement « libérée » lorsque les Américains ont envahi ce pays en 2001. Et il y a aussi la Corée du Nord, dont le leadership a réussi à mettre échec et mat les États-Unis, en ne leur laissant que des options militaires non viables – une situation que les Américains sont constitutionnellement incapables d’accepter. Cela explique les insultes envers les Nord-Coréens, qui ne se privent pas de les leur retourner en faisant rire nerveusement le reste du monde.

En conclusion, permettez-moi de prendre un risque et de me risquer à une supposition quant à la direction générale de notre petite affaire. Je pense que maintenant que toutes les preuves sont là que le statut de superpuissance de l’Amérique n’est plus qu’une légère nostalgie de la guerre froide, ce qui vient ensuite, c’est… la punition. Que font maman et papa avec un enfant gâté qui a dépassé la limite de ses cartes de crédit en gaspillant de l’argent dans les bars, avec les derniers jouets à la mode et avec des prostituées de luxe? Eh bien, retirer les cartes de crédit, bien sûr!

Dans le cas des États-Unis, cette action passe par la « dédollarisation ». Ceux qui l’ont déjà tenté comme Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi, ont été rapidement tués et leurs pays détruit. Mais maintenant, des pays tels que la Chine et la Russie mènent ce mouvement de « dédollarisation » auquel les États-Unis ne peuvent pas s’opposer, surtout lorsqu’ils agissent de concert, et la réponse américaine jusqu’à présent n’a consisté qu’à lancer des menaces vides, des sanctions sans mordant et une grande expression de colère finissant dans des marmonnements incohérents.

Pour décrire la situation dans les termes les plus simples possibles : la fonction de l’armée américaine est d’intimider d’autres pays pour que les États-Unis achètent ce qu’ils veulent en imprimant des dollars américains au besoin, ce qui revient essentiellement à piller le reste du monde sous la menace d’une arme. Une fois que leur capacité à intimider le monde jusqu’à la soumission aura disparu, il en sera fait de leur capacité à tondre sans fin la planète. Et une fois que cette capacité aura disparu, tout ce qui restera du « pays le plus riche du monde » ne sera qu’un tas de monnaie papier sans valeur. Quand, précisément, ce moment arrivera-t-il? Je vous laisse le deviner. Mais vous ne devriez pas avoir besoin de le deviner exactement et de l’attendre pour pouvoir planifier une réponse. Je vous recommande de le faire dès maintenant, si vous ne l’avez pas encore fait.

Dmitry Orlov

Liens

Quelques informations sur l’opération de la Russie en Syrie.

Les cinq stades de l'effondrementLe livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateur de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie », c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

 

http://lesakerfrancophone.fr/defaite-militaire-comme-declencheur-dun-effondrement-financier

 

Les S-400 de la Russie protégeront la Turquie d’une force aérienne kurde

Les S-400 de la Russie protégeront la Turquie d’une force aérienne kurde


Par Andrew Korybko – Le 18 septembre 2017 – Source Oriental Review

Putin Erdogan
Beaucoup de gens pensaient que ce jour ne viendrait jamais, mais c’est officiel : le président russe, Poutine, vendra ses missiles S-400 à son voisin turc, membre de l’OTAN, et il n’y a rien que les États-Unis ou l’OTAN puissent faire à ce sujet. Il s’agit d’un pivot géo-militaire profond pour la Turquie, car il consolide le rôle de la Russie en tant que partenaire stratégique de haut niveau du pays pour les décennies à venir, compte tenu du fait que les experts russes seront invités à fournir de la maintenance, des réparations, des pièces détachées et des améliorations à ces systèmes anti-aériens. Ce pivot n’est pas sorti de nulle part, car il suit une série de mouvements rapides que le président Erdogan a fait depuis l’échec du coup d’État pro-américain contre lui l’été dernier pour éloigner son pays de la dépendance unipolaire occidentale avec de nouveaux partenaires multipolaires à l’Est comme la Russie, la Chine et l’Iran.

Ankara a, depuis. aligné en grande partie ses politiques au Moyen-Orient avec ces trois grandes puissances, en particulier en ce qui concerne la Syrie; et même si la Turquie n’a pas officiellement renoncé à son slogan « Assad doit partir », il est presque certain que le président Erdogan reconnaît tacitement la réalité, c’est-à-dire que le président Assad ne sera pas renversé par les soi-disant « rebelles modérés ». En outre, il semble beaucoup plus préoccupé par la menace kurde croissante le long de la périphérie sud de son pays alors que son ancien « allié » américain avance dans son projet de sculpter un « deuxième Israël » géopolitique, un Kurdistan créé depuis des territoires pris à la Syrie et l’Irak. C’est ce développement, plus que tout autre chose, qui oblige la Turquie à coopérer encore plus étroitement avec la Russie, et il est très possible que le rythme accéléré de la vente des S-400 soit dû au danger imminent représenté par ce qui pourrait bientôt devenir une « force aérienne kurde » américaine et israélienne qui opérerait au nord de la Syrie et en Irak.

Il faut se rappeler que les États-Unis perdent progressivement leur vieille position hégémonique au Moyen-Orient, en particulier dans certaines parties du Golfe et surtout en Turquie, et il faut donc s’adapter à la nouvelle situation géostratégique depuis le début de l’opération anti-terroriste de la Russie en Syrie, il y a presque exactement deux ans. Il y a eu des conversations depuis le coup d’État raté de l’an dernier contre le président Erdogan. Les États-Unis pourraient perdre leur accès à la base d’Incirlik dans le sud de la Turquie et certains Kurdes syriens PYD-YPG seraient plus que disposés à inviter les USA dans la soi-disant « Rojava ». En outre, un « Kurdistan » indépendant de facto dans le nord de la Syrie et de l’Irak encouragerait naturellement la violence séparatiste du PKK dans les régions du sud-est de la Turquie, et si les Kurdes devaient recevoir ou acheter des avions vendus par les États-Unis et « Israël » pour une prétendue lutte « anti-terroriste », il est prévisible que ces actifs puissent être alors utilisés contre l’armée turque.

Après tout, il est très peu probable que la Turquie risque ses relations avec les États-Unis pour acheter des missiles russes anti-aériens uniquement pour se prémunir contre les menaces inexistantes des États voisins que sont la Géorgie,  l’Arménie, l’Iran, l’Irak, la Syrie,  Chypre, la Grèce et la Bulgarie. Il est plus probable, alors, qu’il a choisi d’aller de l’avant parce qu’il a déjà accepté que ses liens avec les États-Unis sont irrémédiablement ruinés depuis l’échec de la tentative de coup d’État pro-américain de l’an dernier et que son ancien « allié » américain travaille activement pour effacer le pays de la carte en soutenant la montée en puissance régionale d’un soi-disant « Kurdistan », complété, comme il se pourrait même, de sa propre « force aérienne » en Syrie et en Irak pour aider ses compatriotes avec des frappes anti-turques.

Andrew Korybko

 

L’ancien envoyé américain Robert Ford : nous avons donné de faux espoirs aux Syriens

Source : TSO, Ibrahim Hamidi, 20-06- 2017

Dans un entretien avec Asharq al-Awsat, le diplomate américain affirme que son pays a donné de faux espoirs aux Syriens qui croyaient que les États-Unis interviendraient militairement contre Assad.

Dans un entretien au journal londonien Asharq al-Awsat, Ford a dit qu’il s’est rendu à la ville syrienne de Hama en juin 2011, afin de déterminer lequel du régime Assad ou de l’opposition fomentait les violences.

« Nous avons reçu l’information que Hama était assiégée et que l’armée syrienne encerclait la ville. Nous étions préoccupés par le fait que la violence pouvait éclater lors des manifestations organisées le lendemain. J’y suis allé un jeudi pour constater quel parti incitait à la violence », a-t-il déclaré.

Sa visite consistait également à montrer au régime syrien que Washington considérait les événements de Hama avec la plus grande attention.

Cependant, Ford affirmait qu’au moment de sa visite, son pays a donné de « faux espoirs » à l’opposition syrienne, laquelle était convaincue que Washington lui apporterait son soutien et interviendrait militairement, à un moment où les E.-U. étaient en fait à la recherche d’une solution négociée.

« A la fin de 2013, je pensais que la guerre serait rude pour le régime, qui serait dans l’obligation de négocier un accord » pour former une coalition gouvernementale avec les forces de l’opposition et des personnalités indépendantes , déclara l’ambassadeur américain.

Il ajouta : « Ma plus grande erreur était que je ne m’attendais pas à ce que l’Iran et le Hezbollah envoient des milliers de combattants pour soutenir [le chef du régime syrien Bachar] Assad. »

Ford, qui avait quitté Damas en 2012, affirmait aussi que le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov avait trompé son homologue américain John Kerry au cours de l’accord sur les armes chimiques de fin 2013, et qu’il le traitait comme un enfant.

A la suite d’une attaque chimique mortelle en 2013, la Syrie avait accepté de détruire son arsenal chimique selon un accord négocié par la Russie et les E.-U., quand elle adhéra à l’Organisation pour l’Interdiction des Armes chimiques. Mais subsistait la question de savoir si Damas avait alors tout déclaré dans son programme d’armes chimiques.

Ford affirmait également que les Kurdes paieraient cher leur confiance aux Américains, ajoutant que l’armée américaine se servait des Kurdes uniquement pour combattre l’État Islamique (EI). Ford affirma : « Washington n’ordonnerait pas à l’armée américaine de défendre le Kurdistan occidental en tant qu’entité politique indépendante dans la future Syrie ».

Ci-dessous des extraits d’une longue session questions-réponses.

Commençons par un point important : votre visite à Hama en juin 2011. Pourquoi êtes-vous allé là-bas ? Pensez-vous que c’était une bonne décision ?

Les deux questions sont légitimes. Pourquoi êtes-vous allé là-bas ? La réponse est simple. Nous avions des informations comme quoi Hama était assiégée et que l’armée encerclait la ville, nous étions donc préoccupés par des actes de violence lors de la manifestation du lendemain. Je m’y suis rendu le jeudi parce que je voulais être témoin des violences si elles se produisaient, et savoir qui les aurait déclenchées, car la question que se poserait Washington serait : qui a commencé les violences ? les manifestants ou le gouvernement ? Si Washington me le demande, et si je réponds que je ne sais pas parce que je suis à Damas, Washington n’acceptera pas ma réponse. Je pensais également que si j’envoyais des diplomates de l’ambassade, ce ne serait pas aussi efficace que si j’y avais été moi-même.

Ma visite envoyait également le message au gouvernement syrien que nous prenions ce problème au sérieux, et qu’ils ne devraient pas envoyer l’armée dans la ville. Hama a une histoire tragique comme vous le savez. Je n’ai pas demandé la permission au Département d’Etat américain. J’ai dit simplemnt que je m’y rendais. J’ai envoyé un message à Jeffrey Feltman (Secrétaire adjoint) le mercredi, et j’ai dit que j’allais à Hamas le jeudi, un jour avant les manifestations du vendredi.

Était-ce une bonne décision ?

Il y a deux aspects. Positif et négatif. Premièrement, ma visite a montré aux Syriens que nous étions attentifs aux problèmes des droits de l’homme. Jusqu’à présent, quand je rencontre des Syriens, ils me disent : j’ai été à Hama, merci. De plus, j’ai appris beaucoup de choses à propos de l’opposition suite à cette visite. Auparavant, nous ne savions pas à quel point ils étaient organisés. Ils avaient leurs propre sécurité, un commandement unifié et une cellule de soutien économique pour les familles. Ce n’était pas la raison pour laquelle nous y sommes allés, mais je l’ai découvert.

Mais il y avait deux inconvénients à cela. Premièrement, le gouvernement syrien s’est servi de ma visite à des fins de propagande comme quoi la révolution syrienne était un complot de l’étranger. Deuxièmement — l’un de mes étudiants à Yale a écrit une thèse sur le sujet — ma visite et d’autres actions en Syrie en 2011 ont favorisé la croissance du mouvement protestataire, mais les Américains n’étaient pas prêts à envoyer des forces armées pour aider les Syriens. Cela signifie que nous avons donné de faux espoirs aux Syriens.

De faux espoirs ?

Connaissez-vous l’histoire de la Hongrie en 1956 ? Durant la guerre froide. (Le Président Dwight) Eisenhower et le Président soviétique (Nikita) Krouchtchev. A cette époque, les Hongrois manifestaient à Budapest. Avant cela, la propagande américaine disait que l’Amérique aiderait le peuple et encourageait les manifestations contre le communisme en Europe de l’Est, y compris en Hongrie. L’Occident compatissait à leur situation. Les Hongrois se soulevèrent en novembre 1956 pendant la crise du canal de Suez. Bien sûr, les Américains ne firent rien. Les Hongrois furent écrasés par l’armée soviétique et il y eut des victimes, des arrestations et des disparitions. Pour les Hongrois, ce fut une expérience dramatique.

Des gens ont dit que ma visite et celle de l’ambassadeur de France Eric Chevalier rappellent ce qui s’est passé en Hongrie : nous avons donné des espoirs au peuple, et ensuite nous l’avons délaissé. Ce n’a jamais été notre intention. Comme vous savez, j’ai toujours dit à Damas que les forces armées américaines n’interviendraient pas. J’ai souvent discuté avec les opposants. Je l’ai dit à tout le monde : après la guerre en Irak, l’ armée américaine ne viendra pas à votre secours. Je l’ai dit aux habitants d’Hama : restez pacifiques. S’il y a des violences, les forces armées américaines ne viendront pas à votre secours.

Certains ont entendu mon message, mais pas tous. Ce qui signifie qu’il y a eu encouragement, même si ce n’était pas intentionnel.

La session Questions & Réponses a été traduite et diffusée par The Syrian Observer. Le contenu de l’information ainsi que les points de vues exprimés dans cet article n’engagent que leur auteur.

Source : TSO, Ibrahim Hamidi, 20-06- 2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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