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Pourquoi la liberté d’expression est un conte de fées

Pourquoi la liberté d’expression est un conte de fées


Par Bruno Guigue − Septembre 2017

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La liberté d’expression fait partie des nobles principes dont se prévalent les régimes qui se disent “civilisés” et se prétendent “démocratiques”. Pour l’idéologie libérale, les choses sont simples. Comme nous sommes libres et égaux, nous jouissons tous de la possibilité de nous exprimer comme nous l’entendons. Attachée à notre nature, cette liberté inaliénable serait à la portée de tous. Dans ce monde idéal où les libertés n’attendent que l’initiative individuelle pour s’accomplir, où chaque individu est un Robinson en attente d’une île déserte pour y bâtir un monde à son image, chacun serait libre de s’exprimer en toutes circonstances.
En réalité, il suffit de formuler clairement – comme nous venons de le faire – ce que devrait être la liberté d’expression pour s’apercevoir qu’elle est non seulement irréelle, mais absolument impossible sous le régime social qui est le nôtre. Elle est irréelle, en effet, pour la simple raison que tous les citoyens ne peuvent pas exercer cette liberté dans les mêmes conditions. Lorsqu’on vante la liberté d’expression qui régnerait dans les démocraties occidentales, on se contente en réalité d’une liberté abstraite, “formelle” comme disait Marx, et on raisonne comme s’il suffisait d’ouvrir la bouche pour jouir de cette merveilleuse liberté accordée à tous.
Or cette liberté tant vantée est un véritable conte de fées, car son exercice effectif – et non la simple possibilité abstraite de cet exercice – suppose la possession de moyens dont nous ne sommes pas également dotés. Dans le monde féerique du libéralisme, cette inégalité ne pose aucun problème, mais il se trouve que nous vivons dans le monde réel. Si je n’ai pas les mêmes idées que mon voisin, il n’est pas indifférent de savoir qu’il possède un journal alors que je n’en possède aucun. Sa liberté d’expression ne sera pas équivalente à la mienne. Dans une société où une minorité détient la majeure partie du capital, il est clair que certains sont “plus libres” que d’autres. Parce qu’ils monopolisent l’exercice de la liberté d’expression, les riches, en réalité, en privent les pauvres.
Envisagée de manière concrète, la question de la liberté d’expression, par conséquent, recoupe celle de la propriété des moyens d’expression. En France, une dizaine de milliardaires possède la quasi-totalité des titres de la presse écrite et audiovisuelle, nationale et régionale. Mais ce n’est pas par amour pour la “liberté d’expression” que ces détenteurs de capitaux ont pris le contrôle des médias. Si c’était le cas, la ligne éditoriale de ces organes de presse ne serait pas monolithique jusqu’à la caricature. Elle ne refléterait pas aussi crûment les choix idéologiques d’une caste qui entend imposer sa vision du monde. “La liberté de la presse, disait Marx, est la liberté que les capitalistes ont d’acheter des journaux et des journalistes dans l’intérêt de créer une opinion publique favorable à la bourgeoisie.” Le matraquage médiatique ayant conduit le godelureau de la finance à l’Élysée en est un bon exemple.
On objectera que malgré cette mainmise sur les médias on peut s’exprimer comme on veut sur la Toile. C’est vrai et faux à la fois. Heureusement, de nombreux sites animés par des bénévoles diffusent une information alternative qui bat en brèche le discours dominant. Mais ce n’est pas un combat à armes égales. Les médias officiels disposent de moyens colossaux qui proviennent non seulement de leurs actionnaires privés mais aussi de subventions publiques. Organe central du parti euro-atlantiste, le quotidien Le Monde, par exemple, perçoit 4 538 000 euros de la part de l’État (2015). Bien sûr, de tels subsides n’empêchent pas ce journal de publier des énormités. On peut même se demander s’il n’y a pas une relation de cause à effet. Chacun se souvient des nombreux articles dans lesquels le “quotidien de référence” annonçait la chute imminente de Bachar Al-Assad, conformément à la doctrine du Quai d’Orsay.
Si les sites d’information alternative percevaient le dixième de ce que touchent neuf milliardaires pour maintenir en vie leurs feuilles de chou, on imagine à peine ce qui se passerait. Mais cette répartition équitable de la manne publique ne risque pas de voir le jour. Le système médiatique des démocraties libérales, en effet, repose à la fois sur la concentration capitaliste et la faveur du pouvoir. Un bon journal est un journal qui dit ce qu’il faut dire – du point de vue de l’oligarchie – et à qui l’État donne les moyens d’éliminer la concurrence. Le summum a été atteint lorsque la ministre sortante de l’Éducation nationale a ordonné aux établissements d’offrir aux lycéens un accès gratuit à une dizaine de journaux tout en leur demandant de dissuader les élèves d’aller s’informer sur Internet. En les prenant au berceau, nul doute qu’on obtiendrait encore de meilleurs résultats.
La sphère médiatique une fois verrouillée par l’oligarchie, la liberté d’expression est un droit formel dont l’exercice effectif est réservé à ceux qui la servent. La liberté d’expression se résume dans cet univers orwellien à la dictature de la doxa, le procès en “complotisme”, version moderne du procès en sorcellerie, permettant de neutraliser les récalcitrants. Mais cela ne suffit pas. Non seulement l’espace médiatique est saturé par l’idéologie dominante pour cause d’actionnariat privé, mais on veille aussi à ce que l’espace public reste sous contrôle. On refuse alors à un intellectuel américain de l’envergure de Noam Chomsky l’entrée des locaux de l’Assemblée nationale où il devait faire une communication à caractère scientifique. Transformé en SDF, cet éminent linguiste coupable d’un obscur délit d’opinion (il eut le tort de critiquer Israël et les USA) trouva refuge au centre culturel belge.
Pour sauver ce qui reste de cette liberté d’expression moribonde, on pouvait alors espérer que le service public de l’information, hors de portée des affairistes et des lobbies, puisse faire contrepoids. C’était sans compter sur l’intervention du pouvoir. On a récemment pu voir une remarquable émission de la série “Un œil sur la planète” consacrée à la Syrie. Avec un rare professionnalisme, l’équipe de France 2 dévoilait les aspects contradictoires du drame syrien, rompant avec la narration dominante de cette guerre par procuration. Mais le lobby qui défend les intérêts de l’OTAN et d’Israël a procédé au nettoyage. Après quinze ans de bons et loyaux services, l’émission Un œil sur la planète vient d’être effacée des programmes de la chaîne. Aucun motif n’a été avancé. CQFD.
Pour défendre la liberté d’expression, il faut d’abord cesser de lui prêter une réalité qu’elle n’a pas. On fait comme si chacun était libre d’en jouir, alors qu’il s’agit d’une possibilité dont la réalisation dépend de moyens dont le simple citoyen est dépourvu. Tant que ces moyens sont monopolisés par la bourgeoisie d’affaires, cette réalisation est chimérique. Dans les prétendues démocraties, la liberté de la presse est le manteau dont se drape la classe dominante pour formater l’opinion. “La propagande est à la démocratie ce que la matraque est à la dictature”, disait Chomsky. Toute parole qui échappe à la censure de la classe dominante est une victoire, mais c’est l’arbre qui cache la forêt. La seule façon de promouvoir le pluralisme, c’est l’expropriation sans condition des magnats de la presse.
Bruno Guigne

 

http://lesakerfrancophone.fr/pourquoi-la-liberte-dexpression-est-un-conte-de-fees

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Tir de missile en Iran. La France « extrêmement préoccupée »

Tir de missile en Iran. La France « extrêmement préoccupée »

  • La télévision d'État iranienne a diffusé des images d'un tir de missile balistique.
    La télévision d’État iranienne a diffusé des images d’un tir de missile balistique. | Image : EPA.

« La France est extrêmement préoccupée par le tir de missile balistique annoncé par l’Iran », selon un communiqué du Quai d’Orsay publié samedi soir.

L’Iran a annoncé samedi avoir testé « avec succès » un nouveau missile balistique d’une portée de 2 000 kilomètres. La télévision d’État a ainsi diffusé des images du lancement de ce missile Khoramshahr, sans préciser de date.

Après les vives réactions des États-Unis et d’Israël, la France a condamné ce tir « qui est non-conforme à la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies », selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

« Activité destabilisante »

« La France demande à l’Iran de cesser toute activité déstabilisante dans la région et de respecter toutes les dispositions de la résolution 2231, y compris l’appel à ne pas procéder à ce type d’activités balistiques », précise le Quai d’Orsay.

La France « demande au Secrétaire général des Nations unies de faire rapport sur ce tir. Elle envisagera avec ses partenaires, notamment européens, les moyens d’obtenir de l’Iran la cessation de ses activités balistiques déstabilisantes ».

Allemagne, ces dynasties industrielles richissimes

Allemagne, ces dynasties industrielles richissimes

Karl de Meyer / Rédacteur en chef Les Echos Week-End |
image: https://www.lesechos.fr/medias/2017/09/20/2115713_allemagne-ces-dynasties-industrielles-richissimes-web-tete-030590071796_1000x300.jpg

Allemagne, ces dynasties industrielles richissimes ©FRANK RUMPENHORS/dpa/abaca / DR / Ib/action press/Shutter/SIPA

SPECIAL ALLEMAGNE – C’est une liste qui en dit beaucoup sur l’économie allemande : les plus grands patrimoines s’y sont construits sur des décennies, dans des industries « traditionnelles » : l’automobile, la mécanique, la chimie, la grande distribution, la boulonnerie…Tour d’horizon des familles les plus puissantes d’Allemagne, alors que le pays se prépare cette semaine pour les élections législatives du 24 septembre.

Les Schwarz, philanthropes

Le groupe Schwarz, fondé par Josef, père de Dieter, en 1930, comprend les deux méga-réseaux de distribution Lidl et Kaufland et dégage un chiffre d’affaires annuel combiné de plus de 94 milliards d’euros qui le classe au quatrième rang mondial. Dieter Schwarz, qui l’a dirigé de 1977 à 1999, a eu la joie de réaliser son rêve : dépasser l’archi-rival Aldi ! A 77 ans, il est aujourd’hui à la tête du plus gros patrimoine jamais détenu par un Allemand. Ses dividendes sont largement consacrés à des projets caritatifs ou éducatifs. La fondation Dieter Schwarz soutient par exemple des projets de recherche scientifique et a inauguré en 2011 un campus universitaire à Heilbronn, non loin de l’Alsace, qui comprend entre autres une école de management et une formation en droit. Ces activités ont valu à Dieter Schwarz une pluie de médailles et de récompenses, qu’il se garde bien d’exhiber : il passe pour l’entrepreneur le plus secret d’Allemagne. On ne connaît que deux photos de lui et même à Heilbronn, il peut circuler en ville sans crainte d’être reconnu.

Fortune totale : 37 milliards d’euros

Participations : Lidl, Kaufland (grande distribution)

Base : Heilbronn (Bade-Wurtemberg)

Les Quandt, polyvalents

L’énorme bénéfice 2016 de BMW (6,9 milliards d’euros) a permis à Susanne Klatten et à son frère Stefan Quandt, qui contrôlent à eux deux 46,7 % du constructeur munichois hérités de leur père Herbert, de se partager un dividende de plus d’un milliard d’euros. Et de consolider leurs avoirs, après le coup de mou du dieselgate qui a frappé le secteur automobile allemand en 2015. Susanne Klatten, 55 ans, avec une fortune estimée à 18,5 milliards de dollars, est la femme la plus riche d’Allemagne et, selon Forbes, la 38ème personne la plus riche du monde, son frère devant se contenter de la 47ème place. Susanne Klatten n’est pas qu’une héritière, c’est une femme d’affaires très active : elle siège au conseil de surveillance de BMW, du groupe chimique Altana et du producteur de graphite et de carbone SGL. Victime d’une tentative d’enlèvement à l’âge de 16 ans, elle a vécu à certains moments de sa vie sous une fausse identité. Plus que discrète, elle a été néanmoins prise dans un tourbillon médiatique en 2007 quand son amant suisse la fit chanter avec des vidéos de leurs ébats – il a fini en prison. Stefan Quandt, via sa holding Aqton SE, a des participations dans l’authentification et la sécurisation électroniques (Gemalto), le photo-voltaïque et les réseaux intelligents. Il pourrait un jour présider le conseil de surveillance de BMW.

Fortune totale :36,5 milliards d’euros

Participations :BMW, Altana, SGL Carbon, Gemalto

Base :Francfort -Munich.

Les Reimann, accros à la caféine

Vous n’avez probablement jamais entendu leur nom mais très certainement déjà utilisé des produits issus de leur empire, qu’il s’agisse d’un parfum Calvin Klein, d’une pastille de Calgon, d’un soin capillaire Wella ou…d’un préservatif Durex. La holding JAB, basée au Luxembourg et contrôlée à plus de 95 % par quatre demi-frères et soeur -Wolfgang Reimann, Matthias Reimann-Andersen, Stefan Reimann-Andersen et Renate Reimann-Haas – a des participations dans le géant des produits d’entretien Reckitt Bensicker, le parfumeur Coty et surtout le géant du café Jacob Douwe Egberts. JAB a investi plus de 30 milliards de dollars en cinq ans pour mettre la main sur les chaînes américaines Peet’s Coffee&Tea et Caribou Coffee, le néerlandais DE Master Blenders (maison du Café, l’Or) et l’activité café de l’américain Mondelez (Jacobs). La famille descend du chimiste Ludwig Reimann, qui a crée au début du XIXème siècle une société avec Johann Adam Bensicker, dont il a épousé une des filles.

Fortune totale :Autour de 30 milliards d’euros

Participations :Reckitt Bensicker, Coty, Jacob Douwe Egberts

Base :Ludwigshafen (Rhénanie-Palatinat)

Les Schaeffler, apôtres du transatlantique

A l’origine de la fortune familiale : les « roulements à aiguilles guidés par cage » inventés par Georg Schaeffler en 1949… et très appréciés par l’industrie automobile. Le groupe, basé dans la même petite ville de Franconie que Puma et Adidas, va vite grandir jusqu’à devenir le deuxième producteur mondial de roulements au début des années 2000. Après la mort de Georg en 1996, c’est sa femme Maria-Elisabeth et son fils Georg qui reprennent le flambeau. Ensemble, ils prennent le contrôle de l’équipementier Continental, en difficulté, en 2009. Ils ont confié les rênes de l’entreprise à Klaus Rosenfeld en 2013 mais Maria-Elisabeth Scheffler reste très active dans les milieux d’affaires : elle a reçu de nombreux prix pour son engagement social et sa promotion des liens entre l’Allemagne et les Etats-Unis. Elle s’est remariée en 2014 avec Jürgen Thumann, ancien patron du BDI, le patronat allemand.

Fortune totale :25,5 milliards d’euros

Participations :Schaeffler, Continental

Base :Herzogenaurach (Bavière)

Les Albrecht, rois du discount

Karl Albrecht junior et sa soeur Beate Heiser, qui pèsent ensemble plus de 23 milliards d’euros, sont les enfants de Karl Hans Albrecht. Ce dernier, avec son frère Theo, de deux ans son cadet, a repris en 1945 l’épicerie fine montée par leur mère. A eux deux, ils transforment vite l’affaire en un géant de la distribution qu’ils se partagent en 1961. A Karl, sous la structure Aldi Süd, les établissements du sud de l’Allemagne, d’Amérique et du Royaume-Uni. A Theo les magasins du nord de l’Allemagne et de l’Europe continentale. Leur coup de génie consiste à s’orienter vers le superdiscount. A sa mort en 2014, à 94 ans, Karl Hans Albrecht était l’homme le plus riche d’Allemagne. Les héritiers de Theo sont un peu moins bien dotés (autour de 18,5 milliards d’euros) et se sont déchirés l’an dernier sur le contrôle d’Aldi Nord. Leur dispute était si violente qu’elle s’est retrouvée, phénomène rarissime, à la une de la presse économique.

Fortune totale :23 milliards d’euros

Participations :Aldi SüdBase :Région de Essen (Ruhr)

Les Würth, collectionneurs passionnés

Reinhold Würth est entré dans l’entreprise de fabrication de vis de son père en 1949, à l’âge de 14 ans, en tant qu’employé numéro deux. Il doit reprendre l’affaire dès 1954, à 19 ans, quand son père décède brusquement. En livrant directement ses produits sur les sites de construction et les ateliers spécialisés, il conquiert d’importantes parts de marché. Aujourdhui, le groupe Würth, spécialiste des matériels de montage et des fixations, réalise des ventes supérieures à 11 milliards d’euros. Reinhold, à 82 ans, a passé la main mais sa fille Bettina préside le conseil de surveillance. Le patriarche est connu pour avoir amassé une impressionnante collection d’art, entamée en 1964 avec un Emil Nolde – elle compte aujourd’hui plus de 17.000 pièces. En 2011, il a déboursé 68 millions d’euros pour « la Madone au manteau de grâce » de Hans Holbein le jeune. En 2015, Markus Würth, 50 ans, fils handicapé mental de Reinhold, a été enlevé pendant quelques heures, avant que ses ravisseurs ne perdent leur sang froid et ne révèlent à la police l’endroit où le trouver.

Fortune totale :15,1 milliards d’euros

Participations :Groupe

WürthBase :Künzelsau (Bade-Wurtemberg)

Les Otto, champions de la VPC

L’histoire du groupe de vente par correspondance recoupe celle du Wirtschaftswunder. Créée en 1949, année de la fondation de la RFA, par Werner Otto, l’entreprise propose dans son premier catalogue une sélection de 28 modèles de chaussures. Elle grandit vite, accepte les commandes par téléphone dès 1963. A partir de 1980, Michael, le fils de Werner, prend les manettes et va assurer l’internationalisation du groupe. En 1993, il fonde la fondation qui porte son nom et défend des actions en faveur de la protection de l’environnement. En 1995, le groupe se lance dans le commerce en ligne. Les ventes en ligne totalisent aujourd’hui 7 milliards d’euros par an, plus de la moitité du chiffre d’affaires total de 12,5 milliards d’euros. Mais la société semble mal positionnée pour contrer les appétits du géant américain Amazon ou des petits génies berlinois de Zalando. Le fils de Michael, Benjamin, 42 ans, n’a pas souhaité relever le défi, et a préféré siéger au conseil de surveillance avec son père. Même si l’empire périclite, la famille est à l’abri du besoin, étant assise sur un patrimoine immobilier gigantesque en Amérique du nord : des millions de mètres carrés de bureaux, notamment à San Francisco et New York, et des milliers d’appartements, notamment à Toronto.

Fortune totale : 9,2 milliards d’euros

Participations :Otto-Gruppe, immobilier

Base :Hambourg

Les Kühne, sans descendant

Enfant unique sans héritiers, Klaus-Michael Kühne, 80 ans, survivra à travers sa fondation, la Kühne Stiftung, qui transmettra les valeurs héritées du fondateur de la dynastie, August Kühne. Lequel a créé avec Friedrich Nagel, en 1890 à Brême, une société de transport qui deviendra au fil des décennies un géant mondial de la logistique, fournissant des services de fret maritime, aérien et ferroviaire. Klaus-Michael a rejoint l’entreprise familiale dès 1958, en a pris les commandes en 1966 et l’a fait prospérer jusqu’en 1999. En 2003, il a lancé en partenariat avec la « ville libre et hanséatique de Hambourg » une univeristé dédiée à la logistique. Il soutient aussi financièrement la célèbre école polytechnique ETHZ de Zurich. Klaus-Michael Kühne est résident suisse, ce qui lui vaut des critiques en Allemagne. Il se partage entre le port hanséatique, les montagnes suisses et l’île de Majorque où il a transformé un château vieux de six siècles en hôtel. A Hambourg aussi, il a investi beaucoup d’argent (175 millions d’euros) pour construire un hôtel de luxe, The Fontenay. Il se passionne pour le foot : il est entré au capital du HSV de Hambourg, dont les résultats en Bundesliga laissent cependant à désirer.

Fortune totale :9,2 milliards d’euros

Participations :Kühne&Nagel, Hapag-Lloyd

Base :Hambourg, Schindellegi (Suisse)

En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/week-end/business-story/liste/030589278199-allemagne-ces-dynasties-industrielles-richissimes-2115713.php#oRrstpw5cYqYsxIi.99

L’avion de la RAF, emblème de la « terreur », revient en Allemagne

L’avion de la RAF, emblème de la « terreur », revient en Allemagne

Le vieux Boeing 737-200 Landshut à bord d’un avion cargo Antonov à son arrivée à l’aérport de Friedrichshafen, le 23 septembre 2017 en Allemagne / © dpa/AFP / Karl-Josef Hildenbrand

Le Landshut, un avion détourné en 1977 au nom de la Fraction Armée Rouge (RAF) et qui croupissait au Brésil depuis une décennie, a retrouvé samedi l’Allemagne pour devenir une pièce de musée symbolisant la résistance au « terrorisme ».

« L’automne allemand », période d’attentats sanglants d’extrême gauche en Allemagne, avait culminé avec le détournement du vol 181 de la Lufthansa le 13 octobre 1977 par un commando du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) qui réclamait la libération des membres de la RAF, la « bande » d’Andreas Baader.

Pour célébrer les 40 ans de l’évènement, Berlin a rapatrié le Landshut depuis le Brésil, où il rouillait sur le tarmac d’un aéroport du nord-est du pays.

En trop mauvais état pour voler, le Boeing 737-200 a été partiellement démonté et transporté à bord de deux mastodontes volants de conception soviétiques, un Antonov-124 et un Iliouchine-76, jusqu’à Friedrichshafen, dans le sud-ouest de l’Allemagne, où il sera exposé à partir de 2019 après avoir été restauré.

Des centaines de personnes ont assisté samedi au déchargement de l’appareil. Parmi eux des acteurs du drame, notamment un des policiers allemands qui libérèrent les otages.

« C’est super que le Landshut soit ici (…) ça aurait étrange de le laisser tomber dans l’oubli », a jugé Aribert Martin à l’antenne de la télévision régionale SWR.

– Symbole oublié –

« C’est le symbole vivant d’une société libre qui refuse de céder à la peur et à la terreur », expliquait cet été le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel, dont les services ont racheté la carlingue pour 20.000 euros.

C’est sur le tard que Berlin a redécouvert l’importance de cet appareil que la Lufthansa avait vendu. L’avion a ensuite connu plusieurs propriétaires avant de finir au Brésil aux mains d’une compagnie qui ne connaissait même pas son incroyable passé.

Le vol 181 et ses cinq membres d’équipages devaient conduire 86 passagers de Palma de Majorque (Espagne) à Francfort lorsque quatre militants du FPLP le détournèrent pour obtenir la libération de 11 membres de la RAF.

Rome, Larnaca, Bahreïn, Dubaï, Aden, Mogadiscio: l’Allemagne est tenue en haleine durant les cinq jours de ce voyage erratique, entre tentatives de négociations et nécessité de ravitaillement.

Le 16 octobre à Aden au Yémen, le sang coule une première fois. Le commandant de bord Jürgen Schumann est contraint de s’agenouiller devant les passagers et est abattu de sang-froid par le chef du groupe du FLPL qui s’est surnommé Capitaine Mahmoud.

– Sanglant 18 octobre –

Le chancelier allemand, le social-démocrate Helmut Schmidt, reste ferme et refuse de céder aux exigences du commando, qui pourtant menace aussi la vie de Hanns-Martin Schleyer, le patron des patrons allemands enlevé cinq semaines plus tôt par la RAF.

Le 18, à Mogadiscio en Somalie, une manœuvre de diversion permet d’attirer deux des pirates de l’air dans la cabine de pilotage, favorisant l’assaut par la toute nouvelle unité d’élite allemande GSG-9. Nom de code « Feuerzauber », la « magie du feu » en allemand.

Trois pirates de l’air sont tués, dont leur chef, le quatrième est blessé. Tous les otages restants sont sains et saufs. Helmut Schmidt est informé au téléphone d’un lapidaire: « Le travail est effectué ».

Racontant l’assaut samedi, Jürgen Vietor, le copilote du Landshut, a confié que le « plus beau moment a été (d’entendre le GSG9 crier) +baissez la tête, où sont ces porcs? +. Des mots en allemand ».

Quelques heures plus tard, les figures de la RAF détenues à Stuttgart – Andreas Baader, Gudrun Ensslin et Jan-Carl Raspe – sont retrouvées mortes dans leur prison. Une quatrième, Irmgard Möller, survit aux coups de couteau qu’elle s’est infligée à la poitrine.

L’enquête conclut à des suicides, mais de nombreuses théories continuent jusqu’à ce jour à circuler, incriminant les autorités ouest-allemandes qui, pressées de se débarrasser de prisonniers encombrants, auraient ordonné des assassinats.

Quant au patron des patrons allemands, lui aussi est mort le 18 octobre 1977, exécuté par ses ravisseurs faute d’avoir pu obtenir la liberté de Baader et des siens. Son corps sera retrouvé à Mulhouse, dans l’est de la France, le lendemain.

(©AFP / 23 septembre 2017 14h59)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-L-avion-de-la-RAF-embleme-de-la-terreur-revient-en-Allemagne/835760.rom

D’Ukraine et d’Afghanistan

D’Ukraine et d’Afghanistan

22 Septembre 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Ukraine, #Etats-Unis, #Russie, #Asie centrale

Parmi les nombreux enseignements du sommet des BRICS à Xiamen début septembre, il est une perle que nous n’avions pas rapportée. De la bouche même de Vladimirovitch :

Interrogé sur l’éventuelle décision américaine de fournir des armes létales au régime de Kiev, Poutine a répondu en termes délicieusement ambigus que les républiques autoproclamées de Donestk et Lugansk pourraient à leur tour vendre des armes sur des théâtres d’opération où les Etats-Unis sont présents. Traduction : Si vous armez l’Ukraine, nous armons les Talibans. Mauvaise nouvelle pour Washington qui a justement décidé en août l’augmentation (légère, soyons justes) du contingent militaire dans le Royaume de l’insolence

On se demande d’ailleurs ce que ces 3 900 soldats changeront alors que la guerre afghane est plus ou moins perdue pour l’empire comme nous l’expliquions au printemps :

Peut-on imaginer une victoire talibane totale dès cette année ? Russes, Chinois et Pakistanais s’y sont plus ou moins préparés, on l’a vu. Les généraux américains sont pessimistes et, impuissants, expliquent leur défaite en accusant comme d’habitude Moscou, bouc-émissaire universel. Pour notre part, restons prudents : 2017 semble un peu juste pour voir le royaume de l’insolence tomber totalement aux mains des enturbannés. Les enclaves gouvernementales sont puissamment protégées et certaines provinces échappent encore presque entièrement aux Taliban.

Néanmoins, l’issue finale du conflit ne fait guère de doute et il sera très intéressant de voir ce que fera l’administration Trump, actuellement dans une impasse. La guerre n’est plus gagnable et coûte aux Etats-Unis 44 Mds de $ chaque année, ce qui est une hérésie pour un président obsédé, sincèrement pour le coup, par l’endettement et les gaspillages. D’un autre côté, le Donald vit par l’image et ne veut pas rester dans l’histoire comme celui qui a « perdu la guerre d’Afghanistan » et ordonné le retrait pur et simple des troupes US. Dilemme qui empoisonne chaque jour un peu plus Washington.

Le tombeau des empires a encore frappé. Après Gengis Khan (dont les hordes invincibles y avaient connu leur seule défaite et avaient dû s’y reprendre à deux fois), les Britanniques victoriens et l’Armée rouge, les Américains l’apprennent maintenant à leurs dépens…

Devant l’inexorable avancée talibane, le gouvernement afghan et son parrain américain pourraient curieusement, et en désespoir de cause, faire leur une stratégieà la Bachar. A partir de 2012, face à la montée des groupes modérément modérés et au morcellement du territoire syrien, Damas avait renoncé à assurer la sécurité sur la totalité du pays pour se concentrer sur les axes/villes importants, laissant le reste aux djihadistes qui n’allaient d’ailleurs pas tarder à s’entre-dévorer.

Cela fonctionnera-t-il en Afghanistan ? Rien n’est moins sûr… Contrairement aux « rebelles » syriens, les Talibans sont unis et mus par la certitude de leur légitimité nationale. S’ils ne reçoivent pas d’aide extérieure, Kaboul n’en reçoit pas plus (l’appui américain ne représente qu’une parcelle de l’énorme soutien irano-russe dont Assad a bénéficié). Si en plus le Kremlin – « les républiques de Donetsk et de Lugansk » pour reprendre le langage diplomatique de Poutine – menace maintenant d’armer les Talibans…

On comprend dans ces conditions que Washington se sente une soudaine envie de « coopérer » avec Moscou en Afghanistan, ce qui n’a pas manqué de provoquer les sarcasmes de la diplomatie russe :

« Les sanctions, ce sont les Américains qui les ont introduites. Vous devez les lever si vous voulez coopérer avec nous »

Quant aux livraisons à Kiev, auxquelles le Donald semble naturellement opposé, c’est le flou le plus total. Toujours pas d’armes létales avait affirmé Mattis fin août, contredit maintenant par Chocochenko mais qui parle seulement de radars de DCA et de surveillance en mer (l’abominable Poutine des neiges préparerait-t-il une invasion amphibie ?) La rencontre entre les présidents des deux pays en marge de l’Assemblée générale de l’ONU n’a pas apporté plus de réponses.

Comme si elle n’avait pas assez de problèmes, la junte post-Maïdan est d’ailleurs confrontée à une nouvelle difficulté, inattendue (ou presque) : l’inénarrable Saakachvili refait des siennes. L’ex-gouverneur d’Odessa, dépossédé de sa nationalité ukrainienne après l’avoir été de la géorgienne, poursuivi un peu partout par la justice, s’est lancé dans une croisade personnelle contre son ancien ami Poroclown. Comme au Moyen-Orient, comme partout, les pions de l’empire refluant se déchirent et l’imMondeen perd son latin :

Le danger n’est évidemment pas comparable, mais le parallèle est frappant : défié depuis trois ans sur sa frontière orientale, où les séparatistes du Donbass soutenus par la Russie sont en terrain conquis, l’Etat ukrainien a subi un nouveau coup à son autorité et à sa crédibilité, dimanche 10 septembre, à plus de 1 000 km de là, sur sa frontière avec la Pologne.

La traversée du poste-frontière Medyka-Cheguyni par Mikheïl Saakachvili, dimanche 10 septembre, relève en partie du Grand-Guignol, indissociable de la stratégie du coup d’éclat permanent de l’ancien président géorgien (2003-2013) devenu opposant au président ukrainien, Petro Porochenko. Emportant à sa suite des dizaines de journalistes, des centaines de partisans et des soutiens aussi divers que la très populiste ancienne première ministre Ioulia Timochenko ou le député libéral et réformateur Mustafa Nayyem, M. Saakachvili a joué toute la journée à cache-cache avec les gardes-frontières ukrainiens.

En train, en bus, à pied, M. Saakachvili a tout tenté pour mettre à exécution sa promesse de rentrer en Ukraine, un mois et demi après la décision des autorités de Kiev de le priver de sa nationalité et de son passeport ukrainiens. C’est finalement dans la confusion et dans un climat de violence – certes limitée – que l’opération s’est achevée, lorsque les partisans de l’ancien président ont pris d’assaut le cordon de gardes-frontières déployé face à la frontière polonaise au prétexte d’empêcher l’accès à une route prétendument minée.

L’image de ces policiers bousculés, qui a tourné en boucle sur les sites ukrainiens et étrangers, est aussi désastreuse pour Kiev que le fut la décision, fin juillet, de priver « Micha » de sa nationalité ukrainienne, accordée en grande pompe en 2015 au moment de sa nomination au poste de gouverneur de la région d’Odessa. Le prétexte invoqué, celui d’irrégularités dans son dossier, n’avait trompé personne : la décision visait à écarter un rival.

Depuis, il vilipende régulièrement le gouvernement et l’accuse, à raison connaissant le panier de crabes ukrainien, de tous les maux. A Moscou, certains sont morts de rire…

En tacticien hors pair, c’est le moment que choisit le Kremlin pour lancer une proposition sous forme de bombe, qui n’étonnera cependant pas le fidèle lecteur de nos Chroniques : le déploiement de casques bleus dans l’est de l’Ukraine, le long de la ligne de front. Poroclown ne s’y trompe pas, dénonçant « la volonté de la Russie de légaliser la situation et de geler le conflit à jamais ». Nous expliquions cette stratégie il y a déjà plus de deux ans, parfois dans l’incompréhension générale non seulement de la presstituée officielle mais aussi de nombre de sites d’info alternative :

11 mai 2014 : Poutine ne reconnaît pas le référendum séparatiste du Donbass

C’est l’une des clés permettant de comprendre la stratégie de Poutine en Ukraine et pourtant, elle n’est jamais relevée. Et pour cause ! Ce serait revenir sur plus d’un an de désinformation systématique de nos faiseurs d’opinion qui se rengorgent sur le « danger russe » et « l’invasion russe de l’Ukraine » (alors qu’un môme de 5 ans pourrait comprendre que si la Russie voulait vraiment conquérir l’est ukrainien, ça aurait été torché en cinq jours, certainement pas un an et demi). Comment expliquer que Poutine n’a pas reconnu le désir d’auto-détermination des séparatistes pro-russes du Donbass si l’on affirme dans le même temps qu’il cherche à annexer le Donbass ? Aïe, voilà un os pour nos propagandistes en herbe… Alors on évacue purement et simplement l’une des deux contradictions. Ce faisant, on condamne le public à ne rien comprendre à ce qui se passe là-bas.

Petit retour en arrière.

Après le putsch, le nouveau régime au pouvoir à Kiev est pro-occidental et, suivant le désir de ses parrains américains, veut prendre le chemin de l’OTAN (plus que de l’UE d’ailleurs, ce qui montre l’imbécilité des dirigeants européens, bonnes poires dans toute cette affaire). A Moscou, on tremble. Perdre la base navale de Sébastopol, verrou stratégique de la Mer noire et ouverture sur la Méditerranée, pire, voir cette base devenir américaine ! Et voir l’OTAN s’installer aux portes de la Russie, alors que promesse avait été faite en 1991 à Gorbatchev que l’alliance militaire n’avancerait pas vers l’Est. Impossible… La réaction de Poutine sera fulgurante (notons qu’il est en réaction dans toute cette affaire, pas en expansion) et se fera sur deux axes :

– récupérer la Crimée et la rattacher à la Russie.

créer un conflit gelé en Ukraine même, paralysant Kiev et l’empêchant d’entrer dans l’OTAN.

Le premier volet est connu, inutile d’y revenir en détail. Un Khroutchev passablement bourré avait donné la Crimée à l’Ukraine d’un trait de plume, un soir de beuverie de 1954. Depuis la dislocation de l’URSS en 1991, la Russie louait (cher) la base de Sébastopol, accord qui était toujours susceptible d’être remis en question quand un gouvernement pro-US arrivait au pouvoir à Kiev. Suivant l’exemple occidental au Kosovo, Moscou a pris le prétexte (d’ailleurs réel) du droit à l’auto-détermination des peuples pour organiser le référendum de rattachement à la Russie. Apparemment, les Criméens ne s’en plaignent pas trop.

Mais c’est surtout le deuxième volet qui est intéressant. Poutine n’a aucune intention d’annexer l’est ukrainien, bien au contraire : son but était de créer un conflit gelé à l’intérieur des frontières ukrainiennes. Selon la charte de l’OTAN, un pays ayant un conflit ouvert ou gelé sur son territoire ne peut faire acte de candidature. Et ça, on le sait parfaitement à Moscou. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le cas de figure se présente. Trois pays de l’ex-URSS ont, sous la direction de gouvernements formés aux Etats-Unis, fait mine de vouloir entrer dans l’organisation atlantique : Géorgie, Moldavie et Ukraine. Moscou a alors activé/soutenu les minorités russes en lutte contre le gouvernement central, les conflits gelés dans ces trois pays (Ossétie et Abkhazie en Géorgie, Transnistrie en Moldavie et maintenant Donbass en Ukraine) les empêchant d’entrer dans l’OTAN. Ce que fait Poutine dans l’Est ukrainien n’est donc que la réplique de ce que la Russie a déjà fait ailleurs, il n’y a aucune surprise. Pour lui, il est donc hors de question d’accepter que le Donbass se rattache à la Russie, contrairement aux sornettes racontées ici et là : il le veut à l’intérieur des frontières ukrainiennes. Statut d’autonomie, armement, soutien diplomatique, aide humanitaire… tout ce que vous voulez, mais à l’intérieur des frontières ukrainiennes !

Cela explique pourquoi Poutine était bien embêté lorsque les séparatistes pro-russes ont organisé leur référendum. Il a d’abord tenté de les en dissuader, puis il a refusé d’en reconnaître les résultats.

Cela explique aussi que, contrairement à ce qu’on pourrait penser, Poutine est mal vu par les pro-russes du Donbass ainsi que par les courants nationalistes russes qui rêvent tous d’une Novorossia indépendante ou de son rattachement à la Russie.

Vladimir Vladimirovitch fait un numéro d’équilibriste, soutenant suffisamment les séparatistes pour qu’ils ne se fassent pas annihiler tout en douchant assez cyniquement d’ailleurs leurs espoirs d’un rattachement à la Russie, éliminant les leaders séparatistes indépendantistes (Strelkov, Mozgovoi, Bezner) pour les remplacer par des chefs plus enclins à se contenter d’une large autonomie (Zakarchenko, Givi, Motorola), le tout alors que Kiev (et les Etats-Unis derrière) font tout pour faire déraper la situation et que certains bataillons néo-nazis (Azov, Aidar, Tornado etc.) bombardent sciemment les civils russophones. Pour l’instant, Poutine s’en sort avec une maestria peu commune, mais seul l’avenir nous dira si l’équilibriste est finalement arrivé de l’autre côté.

Il y est arrivé… L’actuelle proposition de déploiement de casques bleus est la conséquence logique de cette brillante stratégie au long cours ; acceptée, elle ruinerait toute possibilité pour l’OTAN d’accueillir l’Ukraine en son sein et de s’étendre vers l’Est afin d’atteindre la frontière russe. La junte ukie et le Deep State impérial l’ont bien compris, qui enragent et feront tout pour torpiller le projet. Pas sûr cependant qu’ils soient en position de force face au simple principe de réalité.

 

 

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2017/09/d-ukraine-et-d-afghanistan.html

Le président syrien dénonce un problème dans la politique étrangère étasunienne dont personne ne veut parler

Le président syrien dénonce un problème dans la politique étrangère étasunienne dont personne ne veut parler


Par Darius Shahtahmasebi – Le 14 septembre 2017 – Source Anti Media

Dans un entretien avec Russia Today en 2015, le président syrien Bachar al-Assad a prononcé peut-être une de ses déclarations les plus intéressantes depuis le début du conflit syrien en 2011. Assad a déclaré :

« La propagande occidentale a, dès le début, prétendu que la cause du problème était le président. Pourquoi ? Parce qu’ils veulent faire croire que tous les problèmes de la Syrie sont dus à un individu ; et par conséquent la réaction naturelle pour beaucoup de gens est que, si le problème est cet individu, il ne devrait pas être plus important que la patrie. Donc laissez cette personne partir et les choses vont aller bien. C’est ainsi qu’ils simplifient les choses en Occident. »

Puis il a ajouté :

« Regardez ce qui s’est passé dans les médias occidentaux depuis le coup d’État en Ukraine. Qu’est-il arrivé ? Le président Poutine est passé du statut d’ami de l’Occident à celui d’ennemi et, encore une fois, il a été qualifié de tsar… Telle est la propagande occidentale. Ils disent que si le président s’en allait, les choses s’amélioreraient. »

En mettant de côté la vaste liste de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité d’Assad, Assad a mis le doigt sur l’un des principaux défauts de la pensée occidentale concernant les politiques hostiles des États-Unis à l’égard d’un certain nombre d’États indépendants.

Il suffit de regarder le cirque actuel entre la Corée du Nord et les États-Unis pour avoir une autre image précise de ce qui est mentionné ici. Le problème de la Corée du Nord est constamment présenté dans les médias comme causé par une personne (le dirigeant actuel Kim Jong-un), un récit qui ignore totalement le rôle que les États-Unis et leurs alliés ont joué dans cette crise actuelle. Comme Anti-Media l’a précédemment souligné :

… le problème [de la crise nord-coréenne] est constamment présenté comme étant causé par la Corée du Nord, pas par les États-Unis. ‘Comment faire face à la Corée du Nord’, explique The Atlantic. ‘Que peut faire Trump sur la Corée du Nord ?’, se demande le New York Times. ‘Ce qui peut éventuellement être fait à propos de la Corée du Nord’, propose le Huffington Post. Le Times donne la parole à six experts qui débattent de ‘Comment résoudre le problème’ (de la Corée du Nord). ‘Corée du Nord – que peut faire le monde extérieur ?’, interroge la BBC.

Ce que les médias affirment vraiment, en particulier quand on parle d’une option militaire en réponse à la lutte contre les actions déloyales de la Corée du Nord, c’est que si les États-Unis pouvaient destituer Kim Jong-un, le problème nord coréen disparaîtrait.

La mort d’un homme pourrait-elle effacer chez tous les Nord-Coréens l’hostilité et  la haine qu’ils ressentent pour les États-Unis alors qu’ils savent très bien qu’au début des années 1950, les États-Unis ont bombardé la Corée du Nord si implacablement qu’ils finirent par manquer de cibles à frapper ? Les militaires américains ont tué au moins 20% de la population civile.

Si Kim Jong-un est destitué, les Nord-Coréens oublieront-ils tout à coup qu’ils vivent dans des familles où au moins un parent a été tué par les États-Unis dans les années 1950 ?

Dans le récit simpliste des grands médias, oui, ils l’oublieront. Ils prétendent que le fait de tuer une personne et de l’éliminer de la présidence sauvera non seulement le pays qu’il brutalise, mais assurera également sécurité et stabilité au reste du monde.

Il ne leur est pas important qu’avant l’assaut l’OTAN/États-Unis sur la Libye, en 2011, ce pays avait le meilleur niveau de vie du continent africain. Même le Times admettait que son système de santé suscitait « l’envie de la région ». Maintenant le pays s’est complètement effondré, avec plus de deux millions d’enfants non scolarisés, d’innombrables migrants se noyant dans ses eaux, l’extrémisme étant sans contrôle et sans rival, et les commerçants vendant ouvertement des esclaves comme une marchandise.

Supposons que chaque accusation contre le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi soit vraie (ce qui n’était pas le cas). Comment peut-on dire que la destruction de l’infrastructure d’un pays et l’assassinat de son chef dans un mépris flagrant du droit international est une solution réaliste à tout problème ? Si vous vous opposez à Donald Trump, une intervention militaire dirigée par la Russie pourrait-elle résoudre vos problèmes avec le pays qu’il dirige ?

Oubliez ce que vous pensez connaître de Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, Kim Jong-un, Bachar al-Assad, Vladimir Poutine et Nicolas Maduro. Le récit des gouvernements occidentaux et leurs portes-voix médiatiques asséné depuis cette dernière décennie est un non-sens complet. Il est complètement absurde. Vous ne pouvez pas résoudre les problèmes de la Syrie ou du Venezuela en supprimant leurs dirigeants actuels, encore moins si vous tentez de le faire par la force. Quiconque prétend que c’est possible est en train de vous mentir ou est trop naïf et paresseux pour faire des recherches sur les situations actuelles en Afghanistan, au Yémen, en Libye, en Irak – pour ne nommer que quelques pays.

Le fait que les États-Unis ne veulent visiblement résoudre aucun problème – qu’ils ne cherchent qu’à renverser des dirigeants qui n’exaucent pas leurs désirs – est un sujet pour un autre article, mais il est certainement utile de mentionner ce fait ici.

On peut finalement dire la même chose pour Donald Trump. Depuis sa victoire électorale, de nombreuses célébrités, experts médiatiques et membres de la communauté du renseignement ont tenté de le discréditer et de le destituer. Pourtant, Donald Trump n’est que l’horrible symptôme des problèmes des États-Unis ; penser que lui seul les a causés et qu’en le retirant de la présidence les États-Unis deviendraient soudainement un havre de liberté est complètement idiot.

Si vous êtes d’accord avec ce dernier point de vue, vous devez également admettre que les problèmes rencontrés par la Corée du Nord, la Syrie, le Venezuela et d’autres ne pourront jamais être résolus par les États-Unis en supprimant leurs dirigeants de force.

Si Assad était éliminé de Syrie, l’extrémisme disparaîtrait-il ou pourrait-il plutôt prospérer dans le vide politique, comme en Irak ? Les problèmes internes de la Syrie – qui sont bien plus vastes que les médias nous le font croire – seraient-ils résolus par quelque chose d’aussi simpliste que de supprimer son dirigeant actuel ? Quelqu’un peut-il nommer un pays où cela a été essayé et montré comme un véritable modèle pour résoudre les crises internes d’une nation souveraine ? Quiconque pense vraiment que les problèmes d’un pays peuvent être résolus d’une manière aussi simple, devrait lire un peu plus.

Si vous reconnaissez ce dilemme, vous pouvez convenir qu’il est grand temps que les médias arrêtent complètement cette couverture simpliste des problèmes et, à la place, commencent à publier de vrais reportage sur les authentiques options diplomatiques qui pourraient être choisies.

Darius Shahtahmasebi

 

http://lesakerfrancophone.fr/le-president-syrien-denonce-un-probleme-dans-la-politique-etrangere-etasunienne-dont-personne-ne-veut-parler

En France, le droit au blasphème est sacré

En France, le droit au blasphème est sacré

 

André Versaille publie en ce moment un feuilleton sur le site du Monde, intitulé: « Les musulmans ne sont pas des bébés phoques »

Nous sommes, aujourd’hui, confrontés à des comportements culturels et religieux musulmans dont plusieurs sont en contradiction avec nos valeurs. « Intérioriser la sensibilité » musulmane majoritaire, comme le propose Tariq Ramadan, impliquerait pour les sociétés d’accueil occidentales d’accepter l’instauration de « droits du croyant » qui contrebalanceraient les droits humains, et de réserver, en opposition à nos principes de société laïcisée, une large place à une religiosité importée et à des dogmes, avec l’obligation de respecter certaines pratiques assimilées à des « bonnes mœurs », mais aussi à la justice. Or, il est impossible, dans un État de droit, d’accepter des lois coraniques discriminatoires qui signeraient l’infériorité de la femme et nous amèneraient à une inégalité de traitements juridiques entre les citoyens.

Sensibilités variables

Intégrer cette sensibilité et ces « droits du croyant » provoquerait un bouleversement législatif qui nous amènerait à devoir observer des prescriptions religieuses considérées comme sacrées, et dont la transgression serait pénalisée au même titre que le racisme ou l’appel à la haine. Peut-on intégrer dans notre droit des conceptions qui le nieraient ? Sommes-nous prêts à assumer l’inégalité de droits entre hommes et femmes, la pratique de l’excision, le châtiment de l’apostasie, voire de la conception musulmane du crime d’honneur ?

Réfléchissons sur ce dernier exemple. En Occident, notre « sensibilité » nous amène – à tort ou à raison – à condamner le crime passionnel beaucoup moins sévèrement que le crime crapuleux ou le meurtre d’enfant. Dans plusieurs États musulmans qui appliquent la charia, la « sensibilité » fait que le crime d’honneur est souvent jugé avec mansuétude. Sommes-nous prêts à « intérioriser cette sensibilité » jusqu’à montrer de l’indulgence pour un homme qui aurait assassiné sa femme ou sa sœur coupable d’adultère ?

Il n’est pas rare d’entendre que, contrairement aux Européens sécularisés, les musulmans ont conservé le sens du sacré et ne peuvent donc souffrir que l’on blasphème impunément leur prophète et dénigre leur foi. D’où la nécessité supposée d’obtenir, en leur faveur, une exception au droit à la liberté d’expression.

Le sacré ne se discute pas

Rappelons que le sacré religieux ne nous est pas étranger. Longtemps, l’Occident fut immergé dans le sacré chrétien, et c’est précisément parce que celui-ci fut dogmatique, lourd et oppressif, qu’il apparut nécessaire aux philosophes des Lumières de combattre l’Église. Et il aura fallu toute leur détermination, tout leur courage – et une révolution – pour libérer la société de ce carcan. Deuxièmement, il n’y a pas de société dépourvue de sacré. Pour sécularisées qu’elles soient, les sociétés occidentales actuelles n’en ont pas moins leurs « sacrés laïcs ». Régis Debray en donne pour exemple le portail d’Auschwitz. Il y en eut d’autres, notamment le tombeau du Soldat inconnu. Ensuite, la notion de sacré et le choix des objets considérés comme tels changent avec l’évolution de la société. Autrefois, en terre chrétienne, il suffisait, nous l’avons vu avec le sort du chevalier de La Barre, d’être soupçonné d’avoir tailladé un crucifix, et de ne pas s’être découvert devant une procession, pour être condamné aux pires supplices. Aujourd’hui, même le plus fanatique des catholiques n’oserait proposer la réhabilitation d’une telle peine pour un tel délit. Du côté des laïcs (exemple que je tiens du même Régis Debray), au lendemain de la guerre de 14-18, un individu qui se serait fait cuire un œuf sur la flamme du tombeau du soldat inconnu aurait été sévèrement jugé et puni. Au XXIe siècle, un tel acte provoquerait de la réprobation, mais son auteur n’encourrait vraisemblablement pas une lourde peine – je gage même que des esprits loufoques ne manqueraient pas d’y voir une « performance artistique géniaaale » et « subversive », cela va de soi.

A lire aussi: Il faut encourager le développement d’un « islam des Lumières »

Autre exemple : il fut un temps, pendant la guerre froide, où la sensibilité des communistes à l’égard de la personne de Staline était à fleur de peau. Lorsqu’en 1953 le petit père des peuples mourut, Aragon publia en première page des Lettres françaises un portrait du pleuré, qu’il avait commandé à Picasso (lui-même communiste). La violence de la protestation des militants fut énorme : Picasso avait insulté Staline ! Le crayon de l’artiste n’était pourtant pas cubiste, mais figuratif. Hélas, l’artiste n’avait pas suivi les canons du réalisme socialiste. Or, pour les dévots, il ne suffisait pas de représenter Staline, encore fallait-il ennoblir ses traits. C’était là un impératif de l’art communiste que d’enjoliver les visages de leurs dirigeants ou héros.

Des exemples de ce genre abondent. Le problème, c’est que le sacré ne se discute ni ne se négocie. Renoncer au droit au blasphème au nom du sacré serait aussi calamiteux que de supprimer, pour des « raisons humanitaires », les droits de la défense pour des auteurs de crimes abominables. En démocratie, aussi ignoble que soit un criminel, le droit à la défense que la société lui reconnaît est, pour le coup, « sacré » et témoigne précisément de ce que nous sommes dans un État de droit.

Retrouvez André Versaille sur son blog, Les musulmans ne sont pas des bébés phoques

 

https://www.causeur.fr/droit-blaspheme-sacre-societe-islam-146796?utm_source=Envoi+Newsletter&utm_campaign=ddc695bb8b-Newsletter&utm_medium=email&utm_term=0_6ea50029f3-ddc695bb8b-57279225

Une solution en or pour la crise de la dette étasunienne

Une solution en or pour la crise de la dette étasunienne


Par Jim Rickards – Le 15 septembre 2017 – Source Daily Reckoning

À l’heure actuelle, les États-Unis détiennent une dette officielle de 20 000 milliards de dollars. Plus de la moitié de cette somme s’est accumulée au cours de la dernière décennie seulement.

Il semble que le déficit annuel sera autour de 1 000 milliards de dollars assez rapidement si les dépenses projetées sont effectivement faites.

Fondamentalement, les États-Unis sont en faillite.

Je ne dis pas cela pour dramatiser. Je ne cherche pas à effrayer les gens ou à attirer l’attention sur moi-même. C’est seulement une évaluation honnête, basée sur les chiffres.

Cela dit, une dette de 20 000 milliards de dollars serait acceptable si nous avions une économie de 50 000 milliards de dollars.

Dans ce cas, le ratio dette / PIB serait de 40%. Mais nous n’avons pas une économie de 50 000 milliards de dollars. Nous avons une économie d’environ 19 000 milliards de dollars, ce qui signifie que notre dette est plus importante que nos revenus.

Quand le ratio dette / PIB est-il trop élevé ? Quand un pays arrive-t-il au point où il faut changer les choses avant de se retrouver comme la Grèce ?

Les économistes Ken Rogoff et Carmen Reinhart ont réalisé une longue recherche historique étalée sur 800 ans, en étudiant des pays un à un, des empires dans certains cas, qui ont fait faillite ou se sont retrouvés en défaut de paiement.

Ils ont établi que la zone dangereuse se trouvait à un ratio dette / PIB de 90%. Une fois les 90% atteints, ils ont trouvé qu’un virage se faisait …

À ce moment-là, un dollar de dette récolte moins d’un dollar de rendement. La dette devient un véritable frein à la croissance.

Quel est le ratio dette / PIB américain actuel ?

105%.

Nous sommes donc profondément dans la zone rouge, c’est un fait. Et nous ne faisons que nous y enfoncer.

Les États-Unis ont un ratio dette / PIB de 105%, des milliers de milliards de dollars à rembourser, et encore plus de dépenses à prévoir.

Nous devenons de plus en plus comme la Grèce. Nous nous dirigeons vers une crise de la dette souveraine. Ce n’est pas une opinion ; c’est basé sur les chiffres.

Alors, comment s’en sortir ?

Pour les élites, il n’y a en réalité qu’une seule issue, l’inflation.

Et ils ont raison sur un seul point. Les réductions d’impôt n’y feront rien, les changements structurels dans l’économie non plus. Les deux en même temps pourraient aider si c’était fait correctement, mais le problème est tout simplement trop important.

Il ne reste qu’une seule solution, l’inflation.

Maintenant, la Fed a imprimé environ 4 000 milliards de dollars au cours des dernières années et nous n’avons toujours aucune inflation.

Mais la plus grande partie de ce nouvel argent a été donné par la Fed aux banques, qui ont tourné autour et l’ont mis en dépôt à la Fed pour en gagner les intérêts. L’argent n’a jamais pénétré l’économie, où il aurait créé de l’inflation.

En fin de compte, même la création d’argent n’a pas permis d’influer sur l’inflation.

Reste-t-il quelque chose dans le sac à malice ?

Oui, il en reste un. La Fed pourrait effectivement créer de l’inflation en environ 15 minutes si elle voulait le faire.

Comment ?

La Fed peut réunir le conseil d’administration, voter une nouvelle politique, se percher sur le balcon et annoncer au monde que, dès maintenant, le prix de l’or est de 5 000 dollars l’once.

Ils pourraient faire adopter ce nouveau prix en utilisant l’or du Trésor, stocké à Fort Knox et chez les principaux courtiers en or étasuniens pour mener des « opérations financières ouvertes » sur l’or.

Il y aura des acheteurs si le prix atteint 4 950 dollars l’once ou moins et des vendeurs si le prix atteint 5 050 dollars l’once ou plus. Ils imprimeront de l’argent pour l’acheter et réduiront la masse monétaire lorsqu’il sera revendu, via les banques.

La Fed ciblerait le prix de l’or plutôt que les taux d’intérêt.

Le but est de provoquer une augmentation généralisée du niveau de prix. Une hausse du prix de l’or de 1 350 dollars l’once à 5 000 dollars l’once revient à une dévaluation massive du dollar lorsque celui-ci est mesuré dans la quantité d’or qu’un dollar peut acheter.

Et voilà, une inflation massive en 15 minutes : le temps nécessaire pour voter la nouvelle politique.

Vous pensez que cela n’est pas possible ? C’est déjà arrivé aux États-Unis, deux fois au cours des 80 dernières années.

La première fois en 1933, lorsque le président Franklin Roosevelt a ordonné une augmentation du prix de l’or de 20,67 dollars l’once à 35,00 dollars l’once, soit une hausse de près de 75% du prix de l’or en dollars.

Il a fait cela pour briser la déflation due à la Grande Dépression, et cela a fonctionné. L’économie a fortement progressé de 1934 à 1936.

La deuxième fois dans les années 1970, lorsque Nixon a mis fin à la conversion du dollar en or pour les partenaires commerciaux des États-Unis. Nixon ne voulait pas d’inflation, mais il en a eu.

L’or est passé de 35 à 800 dollars l’once en moins de neuf ans, soit une augmentation de 2 200 %. L’inflation en dollars américains a été supérieure à 50% de 1977 à 1981. La valeur du dollar a été réduite de moitié pendant ces cinq années.

L’histoire montre qu’augmenter le prix de l’or en dollar est le moyen le plus rapide pour provoquer une inflation générale. Si les marchés ne le font pas, le gouvernement le peut. Cela fonctionne à chaque fois.

Mais ce que les gens ne réalisent pas, c’est qu’il existe une façon d’utiliser l’or pour contourner une crise du plafond de la dette si un accord n’est pas atteint dans les mois à venir.

Je l’appelle le truc étrange sur l’or, et on en parle rarement en dehors de certains cercles académiques très techniques.

Cela peut sembler étrange, mais ça marche vraiment. Voici comment…

Lorsque le Trésor a pris le contrôle de l’or de tout le pays pendant la Dépression en vertu de la Loi sur la réserve d’or de 1934, il a également pris le contrôle de l’or de la Réserve fédérale.

Mais nous avons le cinquième amendement dans ce pays qui dit que le gouvernement ne peut saisir une propriété privée sans une compensation équitable. Et malgré son nom, la Réserve fédérale n’est techniquement pas une institution gouvernementale.

Le Trésor a donc donné à la Réserve fédérale un certificat basé sur l’or en compensation, au titre du cinquième amendement (à ce jour, ce certificat est toujours au bilan de la Fed).

Maintenant, avançons jusqu’en 1953.

L’administration Eisenhower avait le même problème de plafond de la dette que nous avons aujourd’hui. Et le Congrès n’a pas augmenté le plafond de la dette à temps. Eisenhower et son secrétaire du Trésor se sont rendus compte qu’ils ne pouvaient pas payer les factures.

Qu’est-il arrivé ?

Ils ont utilisé le truc étrange sur l’or pour obtenir de l’argent. Il s’est avéré que le certificat basé sur l’or que le Trésor avait donné à la Fed en 1934 ne représentait pas tout l’or que le Trésor possédait. Il n’était pas basé sur tout l’or en possession du Trésor.

Le Trésor a donc calculé la différence, a envoyé à la Fed un nouveau certificat pour cette différence et a déclaré: « Fed, donnez-moi l’argent. » Elle l’a fait. Ainsi, le gouvernement a obtenu l’argent dont il avait besoin jusqu’à ce que le Congrès augmente le plafond de la dette.

Cette capacité existe aujourd’hui. En fait, elle existe sous une forme beaucoup plus grande, et voici pourquoi…

À l’heure actuelle, le certificat d’or de la Fed évalue l’or à 42,22 dollars l’once. Ce qui est très éloigné du prix de l’or sur le marché qui est d’environ 1 330 dollars l’once.

Le Trésor pourrait donc émettre à la Fed un nouveau certificat sur l’or en évaluant les 8 000 tonnes d’or du Trésor à 1 330 dollars l’once. Ils pourraient prendre le prix de marché actuel de 1 330 dollars, soustraire le prix officiel de 42,22 dollars et multiplier la différence par 8 000 tonnes.

J’ai fait le calcul, et ce chiffre est proche de 400 milliards de dollars.

En d’autres termes, demain matin, le Trésor pourrait délivrer à la Fed un certificat sur l’or pour les 8 000 tonnes de Fort Knox à 1 330 dollars l’once et dire à la Fed : « Donnez-nous la différence avec les 42 dollars l’once. »

Le Trésor obtiendrait près de 400 milliards de dollars sans dette supplémentaire. Cela n’ajoute pas à la dette parce que le Trésor a déjà l’or. C’est juste utiliser un capital et le valoriser sur le marché.

Si le plafond de la dette n’est pas levé, ce truc étrange sur l’or pourrait financer le gouvernement pendant presque une année entière, car nous avons un déficit d’environ 400 milliards de dollars.

Ce n’est pas un délire. Cela a déjà été fait deux fois. En 1934 et de nouveau en 1953 par l’administration Eisenhower. Cela pourrait être fait à nouveau et ne nécessite aucune législation.

Est-ce que le gouvernement travaille sur ce truc sur l’or que je viens de décrire ? Je ne sais pas.

Mais il est suspect que le secrétaire du Trésor, Mnuchin, ait récemment inspecté l’or de Fort Knox. C’est le troisième secrétaire du Trésor de l’histoire à visiter Fort Knox, et le premier depuis 1948. Cette visite est très, très inhabituelle.

Je vais garder un œil sur cette histoire, mais le message réel est que les solutions aux niveaux actuels de la dette sont inflationnistes.

Elles impliquent une réinitialisation du dollar. Cela signifie réévaluer le dollar soit grâce à un prix de l’or plus élevé, soit en valorisant l’or au prix du marché et en donnant l’argent au gouvernement.

Les choses bougent beaucoup ici, mais elles indiquent toutes une direction, une inflation plus forte. C’est le seul moyen d’empêcher une panne pour les États-Unis. Malheureusement, votre argent vaudra moins cher.

Jim Rickards

Note du Saker Francophone

Si Mnuchin est allé voir l'or à Fort Knox, c'est peut être qu'il a un doute 

... Espérons pour lui qu'il n'a pas vu un entrepôt vide ou rempli de fausses barres peintes en jaune ..

 

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Togo : un mort et des dizaines de blessés au premier jour des manifestations du pouvoir et de l’opposition

Togo : un mort et des dizaines de blessés au premier jour des manifestations du pouvoir et de l’opposition

Des milliers de personnes ont défilé mercredi dans les rues de plusieurs villes du Togo à l’appel de l’opposition et du parti au pouvoir. Si dans la capitale les différents cortèges ont pu évoluer sans incidents, le bilan a été lourd à Mango, dans le nord du pays.

De fait, le bilan officiel fait état de un mort et de plusieurs blessés à Mango, ville située à près de 550 km au nord de Lomé. « Alors que les manifestations de ce 20 septembre à l’intérieur du pays se sont globalement déroulées dans le respect des modalités fixées, la ville de Mango, où les manifestations n’avaient pas été prévues, a été le théâtre de violences provoquées par les partisans du Parti national panafricain » [PNP, opposition, dont les militants sont habillés en rouge, NDLR], a indiqué Yark Damehane, le ministre en charge de la Sécurité et de la Protection civile.

Selon ce dernier, les militants du parti de Tikpi Atchadam ont mis le feu à des voitures et des maisons appartenant aux militants du parti Unir (au pouvoir). « Plus grave encore, des tirs d’armes à feu ont été effectués à partir des rangs des manifestants du PNP et le bilan est lourd : un enfant de dix ans a été tué, dix personnes blessées dont quatre par fusils de chasse et six par armes de guerre », poursuit le ministre de la Sécurité. Les tireurs ont été identifiés et seraient activement recherchés par les autorités. Dans plusieurs villes du nord du pays, notamment Bafilo et Dapaong, le face à face entre les forces de l’ordre et les manifestants a donné lieu à des incidents qui n’auraient fait que des blessés. À Lomé, les manifestants des deux camps ont pu parcourir leurs itinéraires respectifs sans aucun débordement.

Pour ou contre le référendum

« Le peuple a demandé la limitation du mandat présidentiel, les députés Unir l’ont voté. Le peuple a demandé le scrutin uninominal majoritaire à deux tours, les députés Unir l’ont voté. Ainsi, le projet de loi a été adopté… concrétisant la volonté du parti d’aller au bout des réformes tant souhaitées par le peuple togolais », ont indiqué les soutiens de Faure Gnassingbé au point de chute de leur marche.

L’issue de cette stratégie reste incertaine pour l’un et l’autre des protagonistes de la crise togolaise

Les leaders de l’opposition qui se sont succédé à leurs tribunes ont réaffirmé l’exigence du retour à la Constitution de 1992 dans sa forme originelle et leur hostilité à l’idée d’un référendum. « Nous sommes opposés au référendum. Le Togo a fait un référendum et il a voté une Constitution à 97% [en 1992, NDLR]. Donc, nous voulons le retour de cette Constitution. La question est simple », a martelé Jean Kissi, député et secrétaire national du Comité d’action pour le renouveau (CAR).

Mercredi, la connexion internet était indisponible via la 3G dans le pays. « L’application de messagerie WhatsApp est bloquée depuis mardi soir et internet mobile a été coupé depuis ce matin. Cela constitue une violation du droit à la liberté d’expression et entrave le travail des journalistes et activistes des droits humains sur le terrain», a indiqué dans un communiqué la section française de l’ONG Amnesty internationale. Les deux camps seront de retour ce jeudi dans les rues. Une stratégie dont l’issue reste incertaine pour l’un et l’autre des protagonistes de la crise togolaise.

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