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Deux diplomates russes expulsés d’Allemagne, Moscou promet une réponse 4 déc. 2019, 12:57 © JOHN MACDOUGALL Source: AFP Ambassade russe à Berlin Estimant que la Russie n’a pas «suffisamment coopéré» dans l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien à Berlin, l’Allemagne a décidé d’expulser deux diplomates russes.

Le parquet fédéral s’est saisi de l’enquête. Moscou dénonce un acte «injustifié». Berlin a sommé deux membres de l’ambassade russe en Allemagne de quitter le pays, «avec effet immédiat», le 4 décembre, accusant Moscou de n’avoir pas «suffisamment coopéré» dans l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien à Berlin.

 Cette annonce fait suite à la décision mercredi du parquet fédéral allemand, compétent en matière d’espionnage, de se saisir de cette enquête en évoquant un «contexte politique». «Nous ne sommes absolument pas au courant de cet incident» Le ministère russe des Affaires étrangères, de son côté, évoque un acte «injustifié» et promet des mesures de représailles.

«Nous considérons que les déclarations faites par la partie allemande concernant l’expulsion de deux employés de l’ambassade de Russie à Berlin sont hostiles et sans fondement. Une approche politisée vis-à-vis de questions d’enquête est inadmissible. Nous sommes contraints de prendre une série de mesures de rétorsion.», a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova.

Ce sont des hypothèses absolument sans fondement Egalement interrogé sur cette affaire, le Kremlin a fait savoir le 4 décembre ne rien savoir du meurtre d’un Géorgien à Berlin l’été dernier. « Nous ne sommes absolument pas au courant de cet incident », a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

«L’enquête est en cours en Allemagne (…) Nous n’avons aucune information ici». «Ce sont des hypothèses absolument sans fondement », a-t-il ajouté, indiquant que le «sujet est en quelque sorte monté en épingle par les médias allemands» et indiquant qu’en l’absence de «soupçons sérieux» cette affaire ne pèserait pas sur la rencontre prévue le 9 décembre à Paris entre les dirigeants russe, ukrainien, allemand et français.

Un Géorgien tué par balle au beau milieu d’un parc à Berlin Le 23 août, en plein jour dans un parc du centre de la capitale allemande, un Géorgien issu de la minorité tchétchène du pays et identifié comme Tornike K., a été tué de trois balles par une arme avec silencieux. Des témoins ont évoqué une «exécution».  Tornike K. avait participé dans le camp tchétchène à la deuxième guerre de Tchétchénie contre la Russie, avant de passer dans une unité anti-terroriste du ministère de l’Intérieur géorgien, tout en gardant des liens avec les milieux islamistes dont il était proche.

Moscou le considère comme un terroriste. Visé déjà par plusieurs tentatives d’assassinat, celui qui était jusqu’ici présenté dans la presse sous le nom de Zelimkhan Khangochvili avait émigré ces dernières années en Allemagne.

  Selon le parquet fédéral allemand, chargé des affaires d’espionnage, le meurtre avait été commis «soit pour le compte d’entités étatiques de la Fédération russe, soit pour le compte de la République autonome tchétchène». Quant au meurtrier présumé, un Russe, est depuis emprisonné à Berlin où il garde le silence. Cet homme aurait été détenteur de papiers d’identité au nom de Vadim Sokolov, 49 ans, qui ne figurait pourtant pas dans les bases de données russes.

 Il était entré en Allemagne, en passant par la France, deux jours avant le meurtre.

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2020 : Fin de l’Accord de Cotonou et nouvelle forme de coopération ?

2020 : Fin de l’Accord de Cotonou et nouvelle forme de coopération ?

Marie-Christine BIDAULT 3 décembre 2019 ActualitéActualités analyséesAfrique et Moyen-OrientAfrique subsaharienneEurope Leave a comment

Les relations entre les pays africains et l’Europe sont anciennes. Elles reposent sur un passé colonial important, des liens économiques et politiques forts, des échanges culturels et commerciaux nombreux. Aujourd’hui, l’Afrique est confrontée au double défi de la croissance démographique et du changement climatique. L’Europe, partenaire historique, se doit de répondre présente pour l’accompagner dans la voie de la croissance économique. Elle devra intégrer le fait que des pays émergents y déploient une nouvelle forme de coopération qui n’est plus basée sur une aide au développement. La renégociation de l’Accord de Cotonou pourrait ouvrir la porte vers une nouvelle forme de coopération.

Avec l'Accord de Cotonou, l'Europe et l'Afrique doivent redéfinir leur coopération.
Une coopération ancienne à redéfinir

Une coopération d’abord basée sur des accords de préférences commerciales

La coopération entre les deux continents s’est tout d’abord matérialisée par des politiques commerciales et d’aide au développement. En 1963, la Communauté économique européenne et les 18 États africains et malgaches associés signent la première Convention de Yaoundé. Valable pour cinq ans, celle-ci confirme l’association Europe-Afrique grâce à une liberté d’échanges commerciaux. Elle met également en place une aide financière de la CEE envers les pays de l’EAMA. En 1975, la CEE signe, avec 46 pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (pays ACP) la Convention de Lomé. Les signataires renouvelleront ensuite cet accord de coopération commerciale en 1979 (57 pays), 1984 (66), 1990 (70) et 1995 (70).

En 2000, l’Accord de Cotonou remplace la Convention de Lomé. L’Union Européenne et 79 pays ACP sont signataires de cet accord pour une durée de 20 ans. L’une des nouveautés majeures de cet accord concernait le volet commercial, dissocié pour la première fois de l’aide au développement. Il instaurait des zones de libre-échange entre l’UE et les pays ACP, appelés Accords de Partenariats Économiques (APE).

Dès les premières négociations, les contestations ont été nombreuses de la part des pays ACP. Ceux-ci mettaient le doigt sur les conséquences sur leurs économies fragiles, et notamment sur le budget, la balance des paiements, les maigres flux commerciaux régionaux, et la production agricole et industrielle. Pour la première fois les Etats africains ont, dans leur grande majorité, remis en cause le partenariat proposé par l’Europe. Ils semblent de plus en plus tentés d’établir des relations commerciales avec des pays émergents, tels que la Chine, l’Inde ou le Brésil.

Accord de Cotonou : une coopération à redéfinir

Le cinquième sommet Union Européenne – Afrique s’est tenu en novembre 2017 à Abidjan. L’enjeu principal de celui-ci était une refonte des relations entre les deux continents à l’approche de l’expiration de l’Accord de Cotonou en 2020. Les États ont fixé quatre priorités communes et stratégiques pour les années à venir : éducation et formation ; paix, sécurité et gouvernance ; investissements et croissance économique ; et enfin migration et mobilité.

Ce sommet a permis de mettre en exergue le fait que de nombreux points de l’Accord de Cotonou n’étaient plus adaptés au contexte actuel. Un partenariat spécifique doit être établi avec le continent africain et un autre avec les régions des Caraïbes et du Pacifique car les deux zones sont très hétérogènes. Le nouveau contexte d’industrialisation à partir des matières premières du continent impose que le secteur privé soit sollicité et s’engage. Les aides bilatérales ou multilatérales ont une efficacité de plus en plus contestée.

Une coopération pour un rapport gagnant – gagnant

Dans son rapport spécial n°20/2018, la Cour des comptes européenne a estimé que l’appui de l’Union Europénne à l’Afrique a peu d’effet. Les accords commerciaux souvent à l’avantage des pays européens contraignent ceux-ci à dédommager les pays africains par des aides qui génèrent corruptions et mécontentements. Il faut davantage de cohérence dans les politiques européennes, et donner la priorité aux investissements et au développement industriel. La renégociation des Accords de Cotonou a formellement commencé le 28 septembre 2018. D’autres domaines prioritaires sont apparus tels que la démocratie et les droits de l’homme, le changement climatique, ou l’éradication de la pauvreté.

Ces nouvelles discussions pourraient être une occasion unique de façonner un partenariat plus ambitieux et mieux adapté aux réalités actuelles. L’Union européenne mature, vieillissante et menacée de stagnation se confronte à une Afrique jeune, dynamique et en pleine extension. L’Europe recherche des relais de croissance au sud et veut ainsi limiter les migrations définitives au profit de la mobilité professionnelle. L’Afrique veut quitter l’économie de rente, s’industrialiser à partir de ses matières premières et modifier ses modes de gouvernance. Les priorités ne sont pas les mêmes mais les intérêts peuvent se rejoindre.Share

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About Marie-Christine BIDAULT

Marie-Christine Bidault est étudiante à l’IRIS Sup’ en Géopolitique et Prospective. Par ailleurs Ingénieur en agriculture, elle s’intéresse fortement aux questions de géopolitiques agricole et alimentaire.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/actualite-analysee/42294-2020-fin-accord-cotonou-nouvelle-forme-cooperation

Zemmour : mise en demeure par la CSA, CNews saisit le Conseil d’État

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SOCIÉTÉ

Zemmour : mise en demeure par la CSA, CNews saisit le Conseil d’État

Par Auteurvaleursactuelles.com / Mardi 3 décembre 2019 à 15:0039

Eric Zemmour. Photo © Alain ROBERT/SIPA

Fin octobre, l’éditorialiste avait évoqué l’ancienne présence française en Algérie, estimant qu’il se situait “du côté” du général Bugeaud qui avait “massacré les musulmans et même certains juifs”. 

CNews et Éric Zemmour à nouveau victime de la police médiatique. Ce mardi 3 décembre, la chaîne d’infos du groupe Canal + a été mise en demeure par le CSA, à la suite de propos tenus par l’éditorialiste dans l’émission « Face à l’info » du 23 octobre dernier. Informée, la chaîne cryptée a riposté, annonçant son intention de saisir le Conseil d’État pour « abus de pouvoir », considérant cette mise en demeure « injustifiée » et « contraire aux principes de la liberté d’expression ». 

Clément Weill-Raynal@CWeillRaynal

Mise en demeure de #Zemmour et @CNEWS par le CSA: Canal+ annonce un recours pour « abus de pouvoir » du CSA auprès du Conseil d’Etat, considérant cette mise en demeure « injustifiée » et « contraire aux principes de la liberté d’expression »

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52313:47 – 3 déc. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité345 personnes parlent à ce sujet

Pierre Dezeraud@PierreDzrd

#Zemmour : Après la mise en demeure de CNews par le CSA, le groupe Canal+ saisit le Conseil d’Etat

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1513:40 – 3 déc. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialitéVoir les autres Tweets de Pierre Dezeraud

« Une légitimation de violences commises dans le passé »

Le 23 octobre dernier, sur CNews, Zemmour avait, entre autres, évoqué le sujet de la l’ancienne présence française en Algérie en se disant, en tant que Français, « du côté » du général Bugeaud qui, lorsqu’il « arrive en Algérie […] commence à massacrer les musulmans et même certains juifs ». Une sortie qui n’a apparemment pas plus au gendarme de l’audiovisuel qui a jugé que ces propos « ont pu être perçus » comme « une légitimation de violences commises par le passé à l’encontre de personnes de confession musulmane mais aussi comme une incitation à la haine ou à la violence à l’égard de cette même catégorie de la population ». Pour l’organisme, la séquence exprimait un « rejet insistant des personnes musulmanes dans leur ensemble, tendant à encourager des comportements discriminatoires en raison de la religion ». D’autre part, le régulateur a estimé que CNews, en diffusant ces propos en direct « sans réaction ni même modération » de la part de l’animatrice Christine Kelly [par ailleurs ancienne membre du CSA, ndlr], a manqué à son obligation de garder la maitrise de son antenne, qui s’impose en toutes circonstances. 

Romain Pigenel@Romain_Pigenel

Vidéo complète de Zemmour sur @CNEWS, via un de ses soutiens: « La France n’a aucune responsabilité sur l’esclavage » / « Je me moque des pages sombres de notre histoire » / « je suis du côté du général Bugeaud » qui massacre les Musulmans. Ça va finir comment ?7010:41 – 24 oct. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité90 personnes parlent à ce sujet

Des propos sortis de leur contexte pour Zemmour

Cette mise en demeure ne sera pas accompagnée de sanctions et constitue un simple avertissement pour la chaîne d’infos. En cas de manquements répétés, la sanction pourrait en revanche aller de la suspension temporaire d’un programme à un retrait de l’autorisation de la chaîne, en passant par des amendes ou privations d’écrans publicitaires. 

Au surlendemain de son intervention, Éric Zemmour avait expliqué ses propos, sortis de leur contexte. « On disait ‘qu’est-ce qu’être Français ?’, ‘qu’est-ce que c’est l’assimilation ?’. J’essayais d’expliquer que l’assimilation à la France, c’est s’approprier l’histoire de France. C’est-à-dire que, même si l’on vient d’ailleurs, même si la France a eu des conflits avec vos ancêtres, quand on devient Français on regarde l’Histoire de France du point de vue de la France », avait-il fait valoir. « Je donnais mon exemple personnel mais il y en a beaucoup d’autres […]. Moi, mes ancêtres étaient en Algérie quand Bugeaud arrive. Il veut conquérir la contrée, il fait la guerre : ou on massacre, ou on est massacré. La tribu de mes ancêtres a combattu les Français, donc je ne vais pas défendre les massacres de Bugeaud https://www.valeursactuelles.com/societe/zemmour-mise-en-demeure-par-la-csa-cnews-saisit-le-conseil-detat-113574»

LA POLICE MILITAIRE RUSSE EST ATTAQUÉE DANS LE NORD DE LA SYRIE

RAPPORT SUR LA GUERRE EN SYRIE – LE 3 DÉCEMBRE 2019: LA POLICE MILITAIRE RUSSE EST ATTAQUÉE DANS LE NORD DE LA SYRIE

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Rapport sur la guerre en Syrie - Le 3 décembre 2019: La police militaire russe est attaquée dans le nord de la Syrie

Trois officiers de la police militaire russe ont été légèrement blessés par l’explosion d’un engin explosif improvisé près de leur véhicule blindé dans le nord-est de la Syrie, a rapporté le ministère russe de la Défense le 2 décembre. L’incident s’est produit alors que la police militaire russe accomplissait une tâche de reconnaissance le long de la route. mission de patrouille conjointe russo-turque à environ 1,5 km à l’ouest du village de Coran.

L’attaque par IED est devenue la plus récente d’une longue série de provocations contre les patrouilles turques et russes dans le nord-est de la Syrie. Auparavant, des radicaux affiliés aux Forces démocratiques syriennes dirigées par les Kurdes tentaient de bloquer les patrouilles et même de leur lancer des pierres et des bombes à essence.

Ces attaques ont été temporairement arrêtées après le 20 novembre, les forces de sécurité du SDF, Asayish, ont présenté des excuses publiques pour l’incident «malheureux» avec le lancement de bombes d’essence et ont promis de travailler pour prévenir de tels cas à l’avenir. Néanmoins, il semble que la faction radicale pro-américaine au sein de la direction kurde soit trop forte et que les provocations se poursuivent.

Si de tels actes font de réelles victimes parmi le personnel russe, cela pourrait contraindre Moscou à reconsidérer son approche visant à contenir les actions militaires turques contre les groupes armés kurdes dans le nord-est de la Syrie.

Les forces russes et turques effectuent des missions de patrouille en vertu du mémorandum signé le 22 octobre à Sotchi entre la Russie et la Turquie. Des unités de la police militaire russe coordonnent leurs actions avec le service des frontières syrien et l’armée turque. L’objectif est de fournir une assistance pour assurer la sécurité des citoyens et maintenir l’ordre, ainsi que pour contrôler la mise en œuvre d’un mémorandum sur le retrait des groupes armés kurdes et de leurs armes à environ 30 km de la frontière.

Les affrontements entre l’armée syrienne et les forces dirigées par Hayat Tahrir al-Sham se sont poursuivis près de Rasm al-Ward et d’Istablat, dans le sud-est d’Idlib. Ces villages restent de facto un no man’s land au milieu d’intenses duels d’artillerie et de frappes aériennes. Des sources progouvernementales affirment que les militants ont subi de lourdes pertes. Cependant, ils ainsi que des sources militantes ont fourni peu de preuves pour confirmer ces affirmations.

Des frappes aériennes syriennes et russes ont également touché des fortifications et des dépôts d’armes appartenant à des militants près de Kafr Nabl, de Maarat Al-Numan et de Kafr Sijnah.

L’armée syrienne déploie actuellement des renforts près du front dans le sud d’Idlib. Cela peut indiquer que les forces gouvernementales prévoient de réagir aux attaques récentes des militants par une opération terrestre propre.

https://southfront.org/syrian-war-report-december-3-2019-russian-military-police-came-under-attack-in-northern-syria/

    

Multilatéralisme ou Droit international ?

Multilatéralisme ou Droit international ?

par Thierry Meyssan

Contrairement à ce que l’on pense, le multilatéralisme que promeuvent les Européens ne s’oppose pas au bilatéralisme pratiqué aujourd’hui par les États-Unis, mais au Droit international. Le « Forum de Paris sur la paix », organisé par le président Emmanuel Macron, n’a pas permis de dégager de méthode pour prévenir les conflits, juste de tenter de sauver ce qui reste de quatre siècles d’hégémonie européenne.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 3 DÉCEMBRE 2019 ESPAÑOLITALIANOPORTUGUÊSРУССКИЙROMÂNĂ

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Le Forum de Paris sur la paix : comme toujours, excellentes mise en scène et prestation du président Emmanuel Macron, mais pour quel contenu ?

La France vient d’organiser à Paris le « IIème Forum de Paris sur la paix » [1]. Selon le président Emmanuel Macron, il s’agit de promouvoir le multilatéralisme que son homologue US, le président Donald Trump, serait en train de détruire.

Cela est-il vrai ? Est-ce le problème ?

Les faits portent au contraire à penser que les Occidentaux, dont la France, mènent depuis la dislocation de l’URSS une action de fond contre le Droit international et les Nations-Unies ; ce Forum n’étant qu’une occasion de sauver le pouvoir qu’ils exercent depuis quatre siècles sur le reste du monde.

Pour comprendre ce qui se passe, revenons en arrière :

Le président Bill Clinton et sa secrétaire d’État, Madeleine Albright, ont patiemment réécrit, un à un, toutes sortes de traités onusiens en abandonnant le langage du Droit international pour celui du Droit anglo-saxon. Cette « modernisation » n’était pas une simple traduction. C’est en réalité l’application de la « doctrine Korbel » visant à faire évoluer toute jurisprudence en faveur des anglo-saxons. Cette stratégie a été poursuivie par le président George Bush Jr et sa secrétaire d’État, Condoleezza Rice, fille adoptive du professeur Korbel et à ce titre sœur de Madeleine Albright [2].

Le même Bill Clinton a accepté un compromis favorable à Israël et l’a fait valider par le Conseil de sécurité. On ne parle plus d’un seul État en Palestine sur le principe égalitaire « Un homme, une voix », mais de deux sur le modèle des bantoustans de l’apartheid sud-africain.

Toujours sous l’impulsion du président US Bill Clinton et aussi du Premier ministre britannique Tony Blair, l’Alliance atlantique s’est auto-proclamée « défenseur des persécutés », a condamné la Méchante Serbie, et lui a livré une « guerre humanitaire » (sic). La morale s’était substituée au Droit permettant à l’Otan de le violer.

C’est ce même raisonnement qui a été utilisé depuis contre l’Afghanistan, contre l’Iraq, contre la Libye et contre la Syrie. Laura Bush assurait qu’il fallait attaquer l’Afghanistan parce que les petites filles n’avaient pas le droit de mettre de vernis à ongles ; Colin Powell qu’il fallait renverser le président Saddam Hussein parce qu’il était mêlé aux attentats du 11-Septembre ; Nicolas Sarkozy qu’il devait renverser Mouamar Kadhafi parce qu’il allait tuer son propre peuple ; et Laurent Fabius qu’il fallait chasser le président Bachar el-Assad parce qu’il n’avait pas « le droit de vivre sur Terre ».

L’argument humanitaire ou le recours aux Droits de l’homme masquent mal le profond mépris occidental pour l’Humanité et les Droits de l’homme. Rappelons que la Déclaration universelle des Droits de l’homme reconnait une hiérarchie entre eux [3]. Elle proclame que les trois droits principaux sont « la vie, la liberté et la sûreté de la personne » (art. 3). C’est pourquoi, elle place comme première application concrète la lutte contre l’esclavage (art. 4) et seulement après la lutte contre la torture (art. 5). Or, les Occidentaux ont rétabli l’esclavage en Libye et soutiennent des États esclavagistes comme l’Arabie saoudite. Ils ont aussi le pire bilan en matière de torture si l’on se souvient des 80 000 personnes enlevées et torturées par l’US Navy sur des bateaux stationnés en eaux internationales au début de ce XXIème siècle [4].

La rhétorique humanitaire, le « droit-de-l’hommisme », n’est pas sans rappeler la manière dont le Royaume-Uni attaqua l’Empire ottoman, prétendument pour sauver les Grecs de son oppression, en réalité pour contrôler leur pays : Londres invita Saint-Pétersbourg et Paris à reconnaître l’indépendance de la Grèce, en 1827, puis, sur la base de cette reconnaissance et en violation des règles du Congrès de Vienne, organisa une guerre devenue « légitime » contre Constantinople pour concrétiser cette « indépendance » : toujours maintenir les apparences du respect du droit quand on le viole !

Depuis la guerre de l’Otan contre la Yougoslavie, l’Onu s’est progressivement effacée. L’Otan n’a plus rien à faire de ce que pensent le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale. En quelques années, en violation de la Charte, les « forces d’interposition » de l’Onu sont devenues des « forces de maintien de la paix ». Il ne s’agit plus de surveiller la mise en application d’un cessez-le-feu conclu entre belligérants, mais d’imposer une solution aux belligérants —pis encore, parfois entre partis politiques d’un même pays. Et, à ce jour, l’Otan est la seule alliance militaire à avoir été invitée à « maintenir la paix ».

L’administration de l’Onu elle-même est passée du service de ses membres à celui de l’Otan. Ainsi a-t-on pu voir son Directeur des Affaires politiques, Jeffrey Feltman, promouvoir un plan de capitulation sans condition de la République arabe syrienne au lieu d’œuvrer à la paix [5].

Les membres occidentaux du Conseil de sécurité se disent Protecteurs du Droit international, mais loin de montrer l’exemple, ils manifestent sans vergogne leur dédain quand ce Droit leur est défavorable. Ainsi le Royaume-Uni qui vient de déclarer exercer sa souveraineté sur les îles Chagos, dont la base de Diego Garcia, malgré le recours des habitants légitimes, l’avis de la Cour internationale de Justice et l’injonction de l’Assemblée générale [6].

Le Droit international actuel trouve son origine dans la conférence de La Haye de 1899. Convoquée par le tsar Nicolas II, elle réunit diverses puissances de l’époque pour envisager un traité de désarmement. Mais, le Français Léon Bourgeois y proposa de régler les différends entre États en établissant une chambre d’arbitrage ; le seul moyen de prévenir des guerres étant de trouver des arrangements qui respectent les intérêts des parties comme on le fait entre individus civilisés. À la différence d’un tribunal, une chambre d’arbitrage ne s’impose pas. Elle n’est compétente que si les deux parties la reconnaissent préalablement comme telle.

Cette Chambre d’arbitrage a été incorporée à la Société des Nations (SDN), puis à l’Onu. Elle existe toujours et fonctionne bien comme le montre l’actuelle procédure sur la résolution du conflit en mer d’Azov entre l’Ukraine et la Russie.

Progressivement la SDN puis l’Onu ont été formées. Contrairement à une idée reçue, l’échec de la Société des Nations n’est pas imputable aux régimes impérial japonais, fasciste italien et nazi allemand, mais au refus des États-Unis d’y siéger et au refus de l’Empire britannique de reconnaître l’égalité des peuples (malgré la proposition japonaise soutenue par Léon Bourgeois).

À titre d’exemple, l’abandon du Droit international a été poussé un peu plus loin avec la réforme de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) proposée par la France [7]. Désormais, dans un apparent « souci d’efficacité », les décisions seront prises à la majorité simple et l’Organisation pourra désigner des coupables à l’issue de ses enquêtes techniques.

Or, l’OIAC est à l’origine une agence technique chargée de vérifier le respect par ses signataires du Traité interdisant les armes chimiques. Elle a le pouvoir d’enquêter selon des procédures très strictes, approuvées par tous les signataires, et d’établir les faits pour que l’assemblée des signataires en juge. En droit criminel, aucun pays au monde n’admet que les policiers s’instituent en juges et en bourreaux que, seuls, ils enquêtent, désignent les coupables et les punissent. Pourtant c’est très exactement le pouvoir aberrant que la réforme française donne à l’OIAC. Et comme cette même réforme valide les décisions à la majorité simple des signataires du Traité, cette agence devient un instrument de la politique occidentale.

Depuis plusieurs années déjà, les Occidentaux ont retiré toute référence au Droit international dans leurs déclarations et communiqués. Ils s’expriment au contraire en faveur du « multilatéralisme fondé sur des règles ». Quelles règles ? Celles des plus forts.

Au demeurant, ce second Forum sur la paix (et non pas pour la paix) n’a pas fait recette. Ils étaient deux fois moins de chefs d’État et de gouvernement à y participer que pour sa première édition [8].Thierry Meyssan

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[1] Paris Peace Forum, site officiel.

Facebook

[2] « La fulgurante intégration de Condoleezza Rice », par Arthur Lepic, Paul Labarique, Réseau Voltaire, 8 février 2005.

Twitter

[3] « Théorie et pratique des Droits de l’homme », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 1er octobre 2019.

[4] « 17 prisons secrètes ont déjà remplacé Guantanamo », Réseau Voltaire, 3 juin 2008. « Le secret de Guantánamo », par Thierry Meyssan, Оdnako (Russie) , Réseau Voltaire, 28 octobre 2009.

Delicious

[5] « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[6] « Le Royaume-Uni défie l’AG de l’Onu et son tribunal », Réseau Voltaire, 23 novembre 2019.

[7] « La France propose de changer les statuts de l’OIAC », Réseau Voltaire, 6 mai 2018.

[8] « Emmanuel Macron au Forum de Paris sur la Paix », par Emmanuel Macron, Réseau Voltaire, 12 novembre 2019.

https://www.voltairenet.org/article208454.html

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La propagande médiatique étatsunienne à la rescousse de l’OIAC

La propagande médiatique étatsunienne à la rescousse de l’OIAC


2015-05-21_11h17_05

Par Moon of Alabama – Le 2 decembre 2019

Une organisation internationale a publié deux faux rapports et s’est fait prendre la main dans le sac. Mais comme ces faux rapports ont été établis dans l’intérêt des États-Unis, une organisation de propagande parrainée par les États-Unis est envoyée pour embrouiller la situation. Alors que cette tentative se retrouve sous le feu des critiques, le New York Times intervient pour donner un coup de pouce supplémentaire.

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a créé un prétexte pour la guerre en censurant ses propres recherches scientifiques :

Des courriels et des documents de l'OIAC ont fait l'objet de fuites organisées par des lanceurs d’alerte vers des journalistes et des avocats internationaux. L'ancien journaliste Jonathan Steele, qui s'est entretenu avec ces lanceurs d’alerte, a rédigé un excellent article sur le sujet. Dans le Mail on Sunday, le chroniqueur Peter Hitchens s'est penché sur la question et l'a mise en avant.

Sous la pression des États-Unis, la direction de l’OIAC a modifié ou supprimé les conclusions de ses propres scientifiques pour faire croire que le gouvernement syrien était responsable de l’incident chimique présumé survenu en avril 2018 à Douma.

L’attention que le public porte à cette manipulation de l’OIAC pousse à remettre en question d’autres études faites précédemment par l’OIAC. Quelqu’un devait donc venir à son secours.

C’est l’organisation de propagande Bellingcat, financée par les États-Unis, qui s’est lancée à la rescousse de l’OIAC. Elliot Higgins « suck my balls », fondateur de Bellingcat, a déclaré que les rapports de l’OIAC sont en droite ligne avec les préoccupations exprimées par les scientifiques de l’OIAC.

Cette affirmation est maintenant propagée par un article du New York Times qui, sous prétexte de faire une analyse en source libre sur le sujet , renforce Bellingcat et sa défense de l’OIAC :

Le blogueur Eliot Higgins a déjà fait parlé de lui, au début de la décennie, en couvrant la guerre en Syrie à partir de l’ordinateur portable de son appartement à Leicester, en Angleterre, tout en s'occupant de sa petite fille. En 2014, il fondait Bellingcat, un journal d'information en source libre qui compte aujourd'hui une douzaine de collaborateurs, avec un bureau à La Haye. M. Higgins a attribué sa compétence non pas à une connaissance particulière des conflits internationaux ou des données numériques, mais aux heures qu'il a passées à jouer à des jeux vidéo, ce qui, selon lui, lui a donné l'idée que tout mystère peut être résolu. 
...
Les journalistes de Bellingcat ont fait connaître leurs techniques lors de séminaires auxquels ont participé des journalistes et des responsables de l'application des lois. Avec les subventions de groupes comme l'Open Society Foundations, fondée par George Soros, les séminaires sont une source importante de revenus pour Bellingcat, une organisation à but non lucratif.

Il semble que le New York Times ait oublié de mentionner une source financière importante de Bellingcat. Voici une capture d’écran actuelle de la page «A propos» de son site internet :

Agrandir

Porticus, Adessium, Pax for Peace et le Postcode Lottery sont toutes des organisations néerlandaises. Ensuite, il y a la fameuse organisation de Soros que le New York Times a bien mentionnée. Mais pourquoi a-t-il négligé de dire à ses lecteurs que Bellingcat est financé par la National Endowment for Democracy, organisme lui-même financé à près de 100% par le gouvernement américain ?

Serait-ce parce que la NED, qui dépense l’argent du gouvernement américain pour financer plus de 1.600 organisations non gouvernementales, est un cheval de Troie, une couverture pour la CIA ?

Sous l'impulsion du Watergate - le Church committee du Sénat, le Pike committee de la Chambre des représentants et la commission Rockefeller, créée par le président, étaient tous occupés à enquêter sur la CIA. Régulièrement, la révélation d'un comportement horrible, même criminelle, dans laquelle la CIA était impliquée depuis des années, faisait la une des journaux. 
...
Ce qui a alors été fait, fut de transférer la réalisation de bon nombre de ces choses horribles à une nouvelle organisation, avec un joli nom qui sonne bien - la National Endowment for Democracy. L'idée était que la NED ferait ouvertement ce que la CIA faisait secrètement depuis des décennies, et donc, espéraient-ils, éliminerait la stigmatisation associée aux activités secrètes de la CIA. 
...
"Nous ne devrions pas avoir à faire ce genre de travail clandestinement", déclarait Carl Gershman en 1986, alors qu'il était président de ce Fonds de dotation. "Il était terrible pour les groupes démocratiques du monde entier d'être considérés comme subventionnés par la C.I.A. Nous l'avons vu dans les années 60, et c'est pourquoi cela a été abandonné. Nous n'avions pas la possibilité de le faire, c'est pourquoi le fonds de dotation a été créé."
Et Allen Weinstein, qui a participé à la rédaction de la loi établissant la NED, déclarait en 1991 : "Une grande partie de ce que nous faisons aujourd'hui était fait clandestinement depuis 25 ans par la CIA."

En fait, la CIA blanchit de l'argent par le biais de la NED.

Le fait que la NED fasse le travail de la CIA est probablement la raison pour laquelle l’article du NYT sur Bellingcat oublie de mentionner ces financements et aussi pourquoi il accourt à l’aide de Bellingcat et de l’OIAC :

Certains journalistes et militants hostiles envers ce qu'ils qualifient de "récits pro-occidentaux de Bellingcat" ont critiqué une partie de sa couverture de la guerre en Syrie.

En particulier une attaque du 7 avril 2018 contre Douma, en Syrie. Bellingcat a rapporté, sur la base d'une analyse de six vidéos trouvée en source libre, qu'il était "hautement probable" que des civils de Douma soient morts à cause d’armes chimiques. En mars, l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques a indiqué qu'il existait des "motifs raisonnables" de dire que des armes chimiques avaient été utilisées dans cette attaque.

Les critiques de Bellingcat ont pointé du doigt un courriel d'un enquêteur de l'organisation, disant qu'il se posait des questions sur les résultats. WikiLeaks a publié le courriel le 23 novembre. En réponse, Bellingcat a défendu son article en affirmant que le rapport final de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques sur Douma tenait compte des préoccupations de l'enquêteur dont le courriel a été publié par WikiLeaks.

En jouant à des jeux vidéo, Elliot Higgins a appris à identifier les attaques chimiques vues dans des séquences vidéo douteuses publiées par des affiliés terroristes. Si c’est vrai, c’est une capacité admirable. Son affirmation selon laquelle le rapport de l’OIAC « tient compte des préoccupations de l’enquêteur » qui l’a critiqué est, comme le démontre Caitlin Johnstone, tout à fait fausse :

Bellingcat ne tient tout simplement pas compte de cet aspect absolument central du courriel, ni de la remarque du lanceur d’alerte au sujet des symptômes des victimes qui ne correspondent pas à une intoxication au chlore gazeux.

"Dans ce cas, la confiance dans l'identité du chlore ou de tout agent d'étouffement est remise en question précisément en raison de l'incohérence avec les symptômes signalés et observés ", écrit le lanceur d’alerte dans son courriel. "L'incohérence n'a pas seulement été relevée par l'équipe [de la mission d'enquête], mais aussi par trois toxicologues spécialisés dans l'exposition à des agents [d’armes chimiques]."

Bellingcat ne dit rien de ces remarques faites par courriel, et ne dit rien sur le fait que l'OIAC les a exclues de son rapport intérimaire en juillet 2018 et de son rapport final en mars 2019, ce dernier affirmant exactement le contraire en disant qu'il y avait des "motifs raisonnables de croire que l'utilisation d'un produit chimique toxique en tant qu’arme a eu lieu. Ce produit chimique toxique contenait du chlore réactif. Le produit chimique toxique était probablement du chlore moléculaire."

Bellingcat ignore complètement tous ces points, ....

Dans sa défense du rapport de l’OIAC, Bellingcat écrit :

La comparaison des points soulevés dans la lettre avec le rapport final montre clairement que l'OIAC a non seulement abordé ces points, mais a même modifié la conclusion d'un rapport antérieur pour refléter les préoccupations de cet employé.

Le chroniqueur Peter Hitchens du Mail on Sunday n’est pas d’accord avec ce paragraphe :

Mis à part les mots "la" et "le", tout dans le paragraphe ci-dessus est, pour le dire poliment, erroné. Bellingcat était si impatient de démolir la fuite concernant l'OIAC qu'il s'est depeché (comme beaucoup l'ont fait lorsque l'attaque a été annoncée pour la première fois) de juger sans attendre les faits. Les lanceurs d’alerte de l'OIAC en savent plus que ce qui a été publié jusqu'à présent...

Caitlin et Peter devraient jouer plus souvent aux jeux vidéo. J’ai lu dans le NYT qu’ils sont la véritable voie d’apprentissage pour l’évaluation factuelle des attaques chimiques présumées.

Le 7 avril 2018, des terroristes du groupe Jaish al Islam tenaient Douma. Ils ont tué 40 civils. Les corps ont été montrés dans des vidéos avec des bidons de chlore gazeux pour prétendre que le gouvernement syrien avait tué ces personnes. L’équipe d’enquêteurs de l’OIAC a analysé les éléments de preuve et a constaté que les bombonnes n’avaient pas été larguées d’un avion mais placées manuellement. Les symptômes montrés par les victimes ne correspondaient pas à une attaque au chlore et des substances chlorées n’ont été trouvées qu’à des concentrations extrêmement faibles. Il n’y avait absolument aucun « motif raisonnable » de dire que des armes chimiques avaient été utilisées dans l’attaque.

Mais la direction de l’OIAC, sous la pression des États-Unis et malgré les protestations de ses propres scientifiques, a publié un rapport disant le contraire. Lorsque cette manipulation a été dévoilée, Bellingcat, un organisme financé par les États-Unis, a fait une superficielle tentative pour brouiller les pistes. Puis une autre organisation de propagande, le New York Times, a dû intervenir pour sauver Bellingcat et les fausses déclarations de l’OIAC.

Cela ne va pas aider. Il y aura bientôt d’autres preuves que la direction de l’OIAC a publié deux faux rapports sur Douma, et probablement encore plus sur un autre sujet. Le public saura que l’OIAC a échoué.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé pour le Saker Francophonehttps://lesakerfrancophone.fr/la-propagande-mediatique-etatsunienne-a-la-rescousse-de-loiac

Une menace pour la Russie : Poutine dénonce l'expansion continue de l'OTAN

Une menace pour la Russie :

Poutine dénonce l’expansion continue de l’OTAN 3 déc. 2019, 14:43 © Sputnik/Alexei Druzhinin/Kremlin via REUTERS Source: Reuters Le président russe Vladimir Poutine, le 23 novembre 2019 (image d’illustration)

Alors que le sommet du 70e anniversaire de l’OTAN ouvre ses portes, le chef d’Etat a rappelé qu’il était prêt à coopérer avec l’Alliance militaire, dont il déplore toutefois la politique d’expansion jusqu’aux frontières de la Russie.

En dépit du comportement «pas correct voire grossier» de l’OTAN envers Moscou, la Russie est prête a coopérer avec l’Alliance atlantique, a fait savoir le président russe Vladimir Poutine à l’occasion d’une réunion avec des responsables militaires à Sotchi ce 3 décembre.

Lire aussi Le sommet de l’OTAN s’ouvre sur fond de désaccords majeurs entre ses membres (EN CONTINU) «Nous avons exprimé à plusieurs reprises notre volonté de coopérer avec l’OTAN, sur des menaces réelles comme le terrorisme international, les conflits armés locaux et le danger de la prolifération des armes de destruction massives», a ainsi déclaré le président russe, cité par les agences de presse.

Alors que le sommet du 70e anniversaire de l’OTAN se tient les 3 et 4 décembre dans un contexte de fortes tensions internes – notamment en raison de l’intervention turque en Syrie qui divise en son sein –

le Kremlin s’est par ailleurs refusé à tout commentaire sur le sujet. «Ce ne sont pas nos affaires», a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, cité par l’agence Tass. «Cela devient nos affaires quand l’Alliance menace la sécurité de la Russie», a-t-il précisé.

L’OTAN traverse une crise majeure, révélée par la sortie d’Emmanuel Macron début novembre, sur l’«état de mort cérébrale» de l’alliance, suite aux désaccords entre ses membres concernant l’intervention turque en Syrie.

Des propos violemment critiqués par le président turc Recep Tayyip Erdogan ainsi que par le chef d’Etat américain Donald Trump. En amont du sommet, le chef d’Etat turc a prévenu qu’il avait l’intention de bloquer un plan de l’Alliance militaire concernant les pays baltes et la Pologne tant que celle-ci ne reconnaîtra pas comme «terroriste» la milice kurde des YPG, combattue par Ankara.

Lire aussi : «Personne n’a plus besoin de l’OTAN que la France» : Trump tire à boulets rouges sur Macron International

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/68517-menace-pour-russie-poutine-denonce-expansion-continue-otan?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Entretien de Bachar el-Assad avec Paris Match

Entretien de Bachar el-Assad avec Paris Match

par Bachar el-Assad, Régis Le SommierRÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 28 NOVEMBRE 2019 ESPAÑOL

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Régis Le Sommier avec le président Bachar el-Assad

Après neuf ans de guerre civile, le président syrien Bachar el-Assad, soutenu par la Russie et l’Iran, est le seul maître à bord. Voici l’intégralité de l’interview accordée à Paris Match.

Paris MatchNotre dernière interview remonte à cinq ans, presque jour pour jour. C’était en novembre 2014, votre gouvernement ne contrôlait plus qu’un tiers du pays. Aujourd’hui vos armées sont de retour à la frontière turque. Avez-vous le sentiment d’avoir gagné la guerre ?

Bachar el-Assad. Je voudrais être très précis sur ce point. Qu’elle soit gagnée ou perdue, ce n’est pas « ma » guerre, la guerre d’un président cherchant à conserver son poste, selon la version occidentale. C’est une guerre nationale, celle des Syriens contre les terroristes. Il est vrai que depuis, comme vous l’avez dit, nous avons beaucoup avancé ; mais ça ne veut pas dire que nous avons gagné. Nous vaincrons lorsqu’il n’y aura plus de terrorisme. Or, le terrorisme est toujours là dans des régions du Nord. Ce qui est plus regrettable encore, c’est qu’il bénéficie toujours de soutiens de la part de la Turquie et des pays occidentaux, les États-Unis, la Grande Bretagne, et notamment la France. Il est donc encore tôt pour parler de victoire.

Vous pensez honnêtement que la France soutient les terroristes ?

Evidemment. Ils ont envoyé des armes par le passé. Je ne sais pas s’il y a eu un vrai changement à ce sujet au cours des derniers mois ou de la dernière année.Nous ne disposons pas de données actuellement. Mais regardons les choses dans leur contexte général. Lorsque les forces françaises viennent en Syrie sans y être invitées par le gouvernement légitime, c’est de l’occupation. Il n’y a pas une grande différence entre le soutien au terrorisme et le déploiement de forces militaire dans le but d’occuper un pays.

Les Français sont venus en appui des Kurdes qui combattaient Daech, c’était le sens de leur mission…

Vous pensez franchement que nous pouvons envoyer des forces syriennes en France combattre le terrorisme en France sans y être invités par le gouvernement français ? Le droit international régit le comportement des États dans le monde, pas les intentions. Il ne suffit pas de vouloir combattre le terrorisme, il faut observer les règles internationales. Bien sûr, je suppose que, dans ce cas précis, les intentions sont bonnes, mais nous n’y croyons pas vraiment. Le gouvernement syrien aussi combattait Daech. Pourquoi ne pas l’avoir soutenu ? Pourquoi les gouvernements français combattent-ils Daech, alors qu’ils soutiennent Al Nosra ? Les deux sont des terroristes !

Vous faites référence à l’époque du gouvernement Hollande et aux livraisons d’armes aux rebelles syriens. Ce gouvernement souhaitait votre élimination. Son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait dit à l’époque que vous ne « mériter[iez] pas d’être sur terre ». Qu’en est-il avec Emmanuel Macron ? Avez-vous constaté un changement dans les positions de la France ?

Dans la forme, oui. Mais tant que l’occupation se poursuit, c’est une forme de terrorisme. Reconnaissez cette vérité. Il faut qu’il y ait un changement dans le contenu, pas seulement dans la forme. Les déclarations ne nous intéressent pas, c’est sur le terrain que les choses doivent changer.

Comment espérez-vous qu’elles changent ?

Il faut tout simplement revenir au droit international, rien qu’à cela. Nous ne demandons rien au gouvernement français. Nous ne lui demandons même pas un soutien de quelque ordre que ce soit politique, économique ou sécuritaire. Nous n’en avons pas besoin. Nous pouvons gérer nos propres affaires. Mais nous voulons qu’il revienne à un ordre mondial qui n’est plus respecté, car c’est le chaos qui règne. Qu’ils soutiennent ou non le président ne m’intéresse pas. Dire qu’il est bon ou mauvais ne m’intéresse pas non plus. C’est une question purement syrienne. Mais qu’ils cessent de soutenir tout ce qui est susceptible de répandre davantage le sang, de multiplier les tueries et d’accroître la souffrance en Syrie.

La France fait face à un délicat problème avec ses djihadistes partis combattre en Syrie. En détenez-vous dans vos prisons ?

La nationalité importe peu. Il faut solliciter les services compétents qui disposent des statistiques. Mais de toute manière, s’il y en a, ils seront soumis à la loi syrienne.

Vous savez forcément s’il y a des Français dans vos prisons !

Je n’ai pas de chiffres. Pour ce qui nous concerne, un terroriste c’est un terroriste. Qu’il soit français ou syrien, le résultat est le même.

Vous avez, pour le moment, un accord militaire avec les Kurdes des YPG. Si vous concluez un accord politique, le gouvernement syrien reprendra le territoire du Nord et notamment ses prisons. Que ferez-vous, dès lors, des quelque 400 djihadistes français que les kurdes détiennent ?

Tout terroriste qui se trouve dans les régions contrôlées par les forces syriennes sera soumise à la loi syrienne. Celle-ci est très claire. Ils seront donc traduits en justice devant des tribunaux spécialisés en matière de terrorisme.

Vous n’envisagerez pas, par exemple, de les renvoyer en Europe, comme le fait le président turc Recep Tayyip Erdogan ?

Erdogan tente de faire chanter l’Europe. Quelqu’un qui se respecte ne parle pas de cette manière. Il y a des institutions et des lois. Renvoyer vers un autre pays les terroristes, ou toute personne qui a été jugée et condamnée, est soumis à des accords bilatéraux entre les États. Quant au fait de faire sortir de prison quelqu’un que vous savez être un terroriste, et de le renvoyer chez lui pour qu’il tue des civils, c’est immoral.

Après huit ans de guerre, vous allez vers une victoire… mais sur des décombres. La moitié des Syriens sont déplacés ou en exil, 400 000 personnes ont perdu la vie. Reconnaissez-vous que sans l’aide des Russes et des Iraniens, vous auriez perdu ?

Cette guerre est dure. Nous ne sommes pas une grande puissance, mais nous faisions face aux pays les plus riches du monde. Il est tout à fait certain que le soutien de nos amis a limité les dégâts et nous a aidés à récupérer des territoires. Quant à savoir si sans ce soutien, la Syrie serait allée vers la partition, ou vers une défaite totale… Il est parfois difficile de prévoir le résultat d’un match de tennis avec uniquement deux joueurs. Là vous parlez de dizaines de joueurs et de centaines de milliers de combattants.

Est-ce qu’au cours de cette guerre, à un moment, vous avez envisagé de perdre et de vous exiler ?

A vrai dire, je n’y ai pas pensé, pour la simple raison que ce choix ne se posait même pas. Seuls les responsables occidentaux l’ont proposé. Cela ne me concernait pas. Pour moi, il n’en était pas question. Je ne peux envisager à cette option que si elle émane du peuple syrien. Et quand je dis « le peuple syrien », j’entends par là la majorité, et non une minorité terroriste, ou une minorité fabriquée politiquement dans les services de renseignement étrangers, ou encore une minorité de personnes qui ont manifesté parce que le Qatar les a payées pour le faire. Pour la majorité du peuple, la question ne se posait pas. C’est pourquoi j’ai résisté et je suis resté.

Mais en 2013, Al Nosra est arrivé jusqu’à la place des Abbasides à Damas, à quelques kilomètres de votre résidence.

C’est tout à fait vrai. La ville de Damas est restée encerclée pendant des années, parfois quasi totalement, parfois partiellement. Les obus nous tombaient dessus quotidiennement. C’était une raison de plus pour moi pour rester, défendre mon pays, et ne pas fuir. J’assume mes responsabilités constitutionnelles. Je défends mon peuple et mon pays.

La reconstruction doit commencer. On estime son coût à 300 milliards de dollars, certains disent 400… Quel est votre plan pour sortir vos compatriotes du marasme, en tenant compte des sanctions terribles qui visent à vous affaiblir, mais qui en réalité touchent les plus pauvres ?

Absolument ! Mais malgré ces sanctions, plutôt que de s’affaiblir, l’industrie s’est développée, par exemple dans le domaine pharmaceutique. Quant à la reconstruction, vous pouvez aller par exemple à Alep qui a été largement détruite par les terroristes. Vous constaterez une grande différence. Car l’État procède à la reconstruction, ainsi que les citoyens.

La livre syrienne est au plus bas. Il va falloir des investissements, des partenaires étrangers. Est-ce que la Chine, l’Inde et la Russie répondent présents ?

Durant les six derniers mois, des entreprises ont commencé à venir de l’étranger pour investir en Syrie. Cet investissement restera lent dans les conditions actuelles, à cause des sanctions, bien entendu. Mais on peut les contourner, et nous avons commencé, en coordination avec ces entreprises, à trouver les moyens pour nous en sortir. Elles vont prochainement investir en Syrie. Je suis réaliste cependant, ça ne veut pas dire que le processus de reconstruction sera rapide.

Vous l’estimez à combien d’années ?

Cela dépendra du temps que les sanctions dureront, et aussi du retour de nos citoyens. Ils sont en train de revenir en ce moment, mais progressivement. Il m’est donc difficile de donner une réponse précise à ce sujet. Mais c’est un processus qui prendra évidemment des années.

« La plupart de ces réfugiés soutenaient l’Etat »

Combien de Syriens sont rentrés ?

Plus d’un million en moins de deux ans. Et les choses s’accélèrent à présent, notamment après la libération de Damas, de la région sud et de sa périphérie. Bien sûr, le retour des Syriens dépend aussi de la réhabilitation de l’infrastructure, comme de l’électricité, des écoles et des hôpitaux. Malheureusement, les sanctions et le blocus pèsent lourdement sur ces secteurs. Dans le même temps, les occidentaux exercent une forte pression sur les réfugiés pour qu’ils ne rentrent pas dans leur pays. C’est un enjeu « humanitaire » qu’ils brandissent comme une carte pour atteindre leurs objectifs politiques.

Certains de ces réfugiés sont partis parce qu’ils vous étaient opposés, qu’ils ont subi des horreurs pendant la guerre, parfois de la part de votre armée. Allez- vous décréter une amnistie ? La réconciliation est-elle encore possible ?

D’abord la plupart de ces réfugiés soutenaient l’Etat et non le contraire. Preuve en est l’élection présidentielle de 2014, auxquelles ils ont participé, et dans laquelle ils ont voté pour le président. La majorité a émigré à cause de la guerre et de ses séquelles économiques. Donc pour ce qui est du retour, il n’y a aucun problème. Certains reviennent tout naturellement, sans qu’une amnistie ne soit nécessaire. D’autres sont des opposants, mais, il n’y a aucun problème, et nous dialoguons constamment avec eux. Quant à l’amnistie, nous l’avons décrétée à plusieurs reprises, la dernière il y a moins d’un an, car certains craignaient de revenir de peur d’être arrêtés. Seuls ceux qui ont porté des armes seront arrêtés. Et malgré cela, ils seront graciés.

L’année dernière au moment de la chute de la Ghouta, j’ai pu assister au départ des rebelles pour Idlib. Les officiers syriens leur disaient : « Baissez les armes. N’allez pas à Idlib. Vous allez vous faire tuer. » Eux répondaient : « Vous allez nous incorporer dans l’armée, donc on ne veut pas aller avec vous. » Ils avaient peur de votre armée. Que leur dites-vous ? Pourquoi cette peur ?

Parlons des faits. Certains de ceux qui sont allés à Idlib nous ont laissés leurs familles. Et nous, en tant qu’Etat, nous prenons soin de ces familles. Ça veut dire qu’ils n’ont pas peur de nous, sinon, comment auraient-ils laisser leurs familles derrière eux ? Par ailleurs, certaines de ces personnes armées sont allés à Idlib. Puis ils ont demandé à revenir, et nous leur en avons donné la permission. Ils ont été amnistiés. Pendant sept ans, lorsqu’ils étaient isolés de l’Etat, on a raconté à la plupart d’entre eux que l’armée allait les tuer. Mais depuis qu’elle est entrée dans la Ghouta, la vie a repris son cours. Les gens mènent une existence normale. Il faut aussi savoir que certains ont pris les armes non pas parce qu’ils étaient extrémistes, mais parce qu’ils n’avaient pas d’autres choix que de combattre du côté des terroristes, ou d’être tués par eux. Maintenant ils reviennent progressivement à nous, parce qu’ils ont été rassurés.

L’Iran, votre allié, est aujourd’hui en proie à un soulèvement de grande ampleur. Le Liban et l’Irak également. Les manifestants réclament la dignité et l’arrêt de l’accaparement des richesses par un petit nombre. N’était-ce pas finalement ce que réclamaient aussi les manifestants syriens en 2011 ?

Arrêtons-nous un instant sur les slogans de dignité, de liberté qu’ils ont scandés. Ils peuvent être de beaux masques qui cachent cependant la laideur. Je vous donne des exemples : Bush a tué un million et demi d’Irakiens derrière le grand slogan de la démocratie. Sarkozy a contribué au meurtre des centaines de milliers de libyens, en se cachant derrière celui de la liberté pour le peuple libyen. Aujourd’hui la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis violent le droit international sous prétexte de vouloir soutenir les Kurdes, or les Kurdes sont des Syriens et non un peuple à part. En 2011, en Syrie, on entendait ces mêmes slogans sur la dignité, la liberté. Ces mêmes slogans ont été utilisés pour tuer des policiers et des civils, saboter les propriétés publiques. Il ne faut donc pas nous fier aux slogans, mais à la réalité des faits sur le terrain.

Au début en 2011, il y avait un soulèvement populaire authentique, avec de réelles revendications. Ça n’était pas Al Qaïda. Pourquoi avoir utilisé la force ?

Parlons des chiffres d’abord. La plus grande manifestation qui a eu lieu en Syrie réunissait 170 000 personnes. Supposons que ce chiffre ne soit pas exact. Multiplions-le jusqu’à atteindre un million de manifestants. Le peuple syrien compte plus de 23 millions d’habitants. Ces chiffres ne sont donc pas significatifs. Ils ne révèlent rien. Du point de vue quantitatif, il ne s’agissait pas d’un soulèvement populaire. De toute manière, on ne saurait parler d’un soulèvement populaire lorsque les fonds pour pousser les gens à manifester proviennent du Qatar. Enfin, ni moi, ni le gouvernement, n’aurions pu rester en place pendant neuf ans face à un soulèvement populaire. Preuve en est que, malgré tout le soutien qu’il lui a apporté, l’Occident n’a pu maintenir au pouvoir le Shah d’Iran. Donc le terme « soulèvement populaire » est faux, ou disons irréaliste.

Au début de la guerre, en juin 2011, vous avez fait libérer un certain nombre de détenus de la prison de Sednaya. On vous accuse d’avoir voulu introduire le poison djihadiste dans l’opposition. Pourquoi avez-vous fait ça ?

En Syrie, l’amnistie des prisonniers est une règle générale appliquée depuis avant la guerre. Lorsqu’une amnistie est décrétée, on précise les catégories de personnes qu’elle ne concerne pas, les espions, les trafiquants de drogue, et autres. Dans notre loi, il n’y a pas de catégorie qui s’intitule « les radicaux ». L’amnistie doit donc couvrir tout le monde. Il y a aussi d’autres cas de détenus qui sont sortis de prison, précisément en 2011, parce qu’ils avaient purgé leurs peines, et non parce qu’ils étaient amnistiés. Pourquoi faire libérer les intégristes et les terroristes ? Pour qu’ils tuent nos soldats et les civils ? Selon la version occidentale, je l’ai fait pour diaboliser les manifestations pacifiques. En réalité, ils se sont diabolisés eux-mêmes lorsqu’ils ont diffusé sur internet des vidéos les montrant en train d’exécuter des civils en les égorgeant, en les fusillant, et en fusillant des policiers dès les premiers jours. Voilà la vérité sur cette libération de prisonniers.

Il existe en Syrie des centres carcéraux comme la prison de Sednaya. Des documentaires, notamment celui de ma confrère Manon Loizeau, « Le cri étouffé », montrent que des viols systématiques y ont été pratiqués. Reconnaissez-vous l’existence de ces traitements ?

Il y a une différence entre une politique revendiquée et des fautes individuelles. S’il y en a eu, nous n’en sommes pas au courant. Ce genre de pratiques, comme le viol et le harcèlement sexuel, n’est pas fréquent dans notre société. De tels actes, s’ils existent, sont condamnés et punis par la loi. Ce sont des cas isolés et individuels. Mais si une telle politique existe n’importe où dans le monde nous la condamnons, parce qu’elle est immorale, et parce qu’elle va à l’encontre de la stabilité. On ne peut pas espérer de rapports sereins entre les citoyens s’il y a torture, meurtre, ou toutes sortes d’agression.

Précisément, ces documentaires sont basés sur des témoignages de victimes syriennes qui disent que dans la société, elles ont honte. Donc elles n’en parlent pas. Mais elles attestent que ça leur est arrivé.

Le récit est une chose, les documents en sont une autre. Tout ce qui est proposé, ce sont des récits, des images non vérifiés. Ces témoins étaient cachés. Dans la plupart des cas, c’est le Qatar qui a financé ces rapports. Pour les reconnaître comme valables, on a besoin de vérifications et d’enquêtes professionnelles. En toute logique, nous n’avons aucun intérêt à ce que ce genre de crime soit commis. Mettons l’éthique de côté, moi je parle de l’intérêt pur et simple. Quel résultat peut-on obtenir de la torture ? La vengeance ? Si vous allez dans les régions qui étaient contrôlées par l’opposition, vous verrez exactement le contraire. Nous ne sommes pas assez schizophrènes pour torturer les gens ici, tout en étant indulgents là-bas. Ce ne sont que des allégations politiques.

J’insiste. Ce ne sont pas des témoins produits par le Qatar. Ce sont des gens rencontrés dans des camps de réfugiés, souvent en Turquie ou en Jordanie, qui ont témoigné devant une journaliste digne de confiance, qui n’est pas téléguidée et n’a pas un agenda politique.

Qu’est-ce que la « confiance » vient faire là-dedans ? Il y a des mécanismes. Il y a des informations bien vérifiées. Qui a vérifié l’exactitude de ces récits ? Qui a vérifié l’identité de ces témoins et s’ils ont bien subi ce genre de choses ? Je serai disposé à en discuter avec vous le jour où je disposerais de faits. Si cela s’avère exact, ceux qui ont commis de tels actes seront jugés par la loi syrienne.

Donald Trump a cité la Syrie dans ses remerciements au moment de la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi. Avez-vous donné une information aux Américains ? Saviez-vous où il était ?

Cela me fait toujours rire quand on me pose cette question. Le plus important, c’est de savoir si Abou Bakr al-Baghdadi a vraiment été tué, et si cette belle comédie présentée par les Américains a vraiment eu lieu.

Mais Daech a reconnu sa mort !

Oui bien sûr, mais Daech a été fabriqué par les Américains. Il fait partie de cette comédie. Baghdadi a appris à jouer son rôle lorsqu’il était dans les prisons américaines en Irak. C’est pourquoi je dis que c’est une vaste comédie. Est-ce que ça a vraiment eu lieu ? Je ne sais pas. Ça ne veut pas dire qu’il n’a pas été tué mais, s’il l’a été, ce n’est pas parce qu’il était terroriste. Ils étaient capables de frapper Daech lorsque Daech volait le pétrole syrien et l’envoyait vers l’Irak, mais ils ne l’ont pas fait. Et lorsque Daech a attaqué l’armée syrienne à Deir Ez-Zor, les Américains ont frappé l’armée syrienne. Pas Daech. Par conséquent, nous n’avons pas collaboré avec les Américains en quoi que ce soit. Nous ne pouvons pas collaborer dans la lutte contre le terrorisme avec ceux qui soutiennent le terrorisme.

Pourquoi vous a-t-il remercié alors ?

C’est une de ses blagues…

Lors de notre dernier entretien, vous m’aviez certifié n’avoir jamais utilisé d’armes chimiques, notamment dans la Ghouta en 2013. Depuis, il y a eu Khan Cheikhoun, il y a eu Douma. Que répondez-vous face à l’accumulation de preuves sur l’usage par vos armées d’armes chimiques ?

Non, non, il n’y a pas une seule preuve jusqu’à présent. Utiliser une telle arme aurait fait des centaines, voire des milliers de victimes. Quant à l’accumulation, elle est due au fait que l’armée syrienne avançait, et réalisait des victoires contre les terroristes. Il fallait absolument trouver un prétexte pour la frapper, et c’est bien ce qui s’est passé. Ce récit était utilisé dans deux cas : quand nous avions beaucoup progressé et qu’il fallait qu’on nous arrête. On s’en servait alors comme une menace contre nous. Il était aussi utilisé lorsque nous préparions une grande opération. Il menaçait avant que l’opération ne soit lancée. D’autre part, nous avançons, pourquoi aurions-nous besoin d’armes chimiques ? Telle est la question ? Le point le plus important est que là où nous entrons, il y a des civils, et leur vie reprend son cours normal. Comment ont-ils pu y rester si nous avions fait usage d’armes chimiques ? Sur ce sujet, les mensonges dans les médias occidentaux et la politique occidentale sont sans limites.Bachar el-Assad
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Directeur adjoint de Paris Match. Il a notamment publié : David Petraeus, un beau jour dans la vallée du Tigre, Éditions Erick Bonnier (2012). Daech, l’histoire, éditions De La Martinière (2016). Assad, éditions De La Martinière (2018). Les articles de cet auteur

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