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Pendant que vous dormiezÉtats-Unis, Pologne, Syrie, Égypte, Airbnb : les informations de la nuit

Pendant que vous dormiezÉtats-Unis, Pologne, Syrie, Égypte, Airbnb : les informations de la nuit

3 MINCOURRIER INTERNATIONAL (PARIS) 

Donald Trump va dissoudre sa “task force” dédiée au coronavirus. Le président américain a fait cette annonce mardi, lors de la visite d’une usine de fabrication de masques en Arizona, après que son vice-président Mike Pence a déclaré un peu plus tôt que la Maison-Blanche pourrait confier fin mai à des agences fédérales la coordination de la lutte contre la crise sanitaire. “Alors que la bataille de sa réélection s’annonce rude pour le président américain, la Maison-Blanche semble chercher à mettre les questions relatives au bilan de la pandémie en arrière-plan, pour mettre davantage l’accent sur ses efforts pour relancer la croissance et l’emploi”, analyse le New York Times. Une décision qui suscite de nombreuses interrogations, alors que le rythme de décès quotidiens est reparti à la hausse mardi, avec 2 333 morts supplémentaires en 24 heures.

Le Sénat polonais refuse l’organisation de la présidentielle par correspondance. La chambre basse a rejeté mardi une proposition du gouvernement qui souhaitait organiser le scrutin prévu le 10 mai par voie postale. Droit et Justice (PiS), le parti nationaliste et conservateur au pouvoir en Pologne, tente de maintenir coûte que coûte l’élection malgré la crise sanitaire provoquée par le coronavirus. L’opposition polonaise et les groupes de défense des droits de l’homme estiment que l’organisation d’une élection dans les conditions fixées par le gouvernement ne réunirait pas les garanties requises d’équité et de transparence. “La détermination du parti au pouvoir à organiser ce scrutin est purement opportuniste”estime le Guardian, dans un éditorial. Le PiS “fait le calcul qu’en temps de crise nationale, les populations ont tendance à se rassembler autour de leur gouvernement”, analyse le quotidien qui considère que “dans l’intérêt de la démocratie, cette élection devrait être reportée”.

Israël promet de poursuivre ses opérations en Syrie jusqu’au retrait de l’Iran. Téhéran “n’a rien à faire en Syrie […] et nous n’arrêterons pas tant qu’ils (les Iraniens) n’auront pas quitté” le pays, a déclaré mardi le ministre de la Défense Naftali Bennett, après une série de frappes imputées à l’armée israélienne en territoire syrien. Le dirigeant israélien n’a toutefois pas revendiqué explicitement les raids que médias d’État syriens et ONG ont attribués à l’aviation israélienne et qui ont fait 14 morts, lundi soir, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Naftali Bennett dit craindre de voir les forces pro iraniennes s’enraciner dans le sud de la Syrie, notamment dans le Golan, à la frontière israélienne. Une source issue du renseignement dans la région a déclaré à Al Jazeera qu’Israël avait intensifié ses raids en Syrie à un moment où l’attention du monde et des acteurs de la région “étaient distraits par la pandémie de coronavirus”.

Égypte : un jeune critique du pouvoir décède en prison après un empoisonnement à l’alcool. Le procureur général égyptien a affirmé mardi que Chadi Habache, réalisateur d’un vidéoclip d’une chanson engagée contre le chef de l’État Abdel Fattah Al-Sissi, a succombé samedi après avoir bu un produit désinfectant, rapporte Ahram Online“Le défunt a informé le médecin de service qu’il avait bu une certaine quantité d’alcool à midi la veille de sa mort… disant qu’il avait confondu la bouteille qu’il remplissait avec de l’eau”, a précisé le procureur. Des produits désinfectants à base d’alcool ont été distribués aux détenus pour se protéger contre l’épidémie de coronavirus, selon la même source.

Covid-19 : Airbnb licencie un quart de ses salariés. La plateforme de réservation de logements a été “durement touchée” par l’épidémie qui a mis un coup d’arrêt aux voyages dans le monde entier, avec des prévisions de revenus pour cette année “de moins de la moitié” de ceux générés en 2019, a expliqué mardi son co-fondateur Brian Chesky, pour justifier ces près de 1 900 licenciements. Avant que la pandémie ne survienne, Airbnb préparait son entrée en Bourse pour 2020, rappelle le Wall Street Journal.

https://reveil.courrierinternational.com/#/edition/1970906/article/1970975

OÙ EST PASSÉE LA CONCERTATION INTERNATIONALE ?

OÙ EST PASSÉE LA CONCERTATION INTERNATIONALE ?

GeopragmaBillet d’actualitéChineEuropePostCriseEuropeRelations internationales

Article de Renaud Girard* paru dans le Figaro le 04/05/2020

Nous sommes aujourd’hui, dans le monde, confrontés à une triple crise.

Il y a d’abord une crise sanitaire, où la pandémie d’une maladie assez peu létale a enfermé chez eux la moitié des humains de la planète, la peur au ventre, en raison d’un emballement médiatique et administratif sans précédent. Les sociologues étudieront plus tard avec délectation comment le cycle MEM (médiatisation, émotion, mimétisme) a pu paralyser notre planète, à cause d’une simple maladie infectieuse. Il y a ensuite une crise économique qui dépasse en ampleur celle de 2008 et se rapproche de la Grande Dépression de 1929. Il y a enfin une crise politico-stratégique opposant les deux plus grandes puissances économiques et militaires du monde, les Etats-Unis d’Amérique et la Chine.

Face à cela, nous nous demandons, un peu inquiets, où est passée la concertation internationale. Elle a pourtant été un instrument constant de nos actions politiques depuis 1945.

Dans le domaine sanitaire, la Chine n’a pas eu la transparence et l’attitude responsable qu’on attendrait d’une grande puissance, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui se dit attachée au multilatéralisme et désireuse d’imprimer son leadership à une marche positive du monde, comme l’avait proclamé son président à vie, lors de son discours de Davos du 17 janvier 2017. Il est troublant que l’excellent laboratoire de Shanghai du professeur de médecine Zhang Yongzhen ait été fermé, pour « rectification », par les autorités communistes le 12 janvier 2020, juste après qu’il eut diffusé le séquençage génomique du virus, sur un site scientifique ouvert à tous. Il est inacceptable que les autorités de Pékin aient, le 24 janvier 2020, interdit à l’Institut de virologie de Wuhan de livrer à l’Université du Texas des échantillons infectés par le virus. Plus que tout autre pays dans l’histoire, la Chine a bénéficié des transferts scientifiques et technologiques de l’Occident. La moindre des choses eût été pour elle d’aider les laboratoires occidentaux dans leurs recherches sur le coronavirus.

Par ailleurs, la Chine n’a pas eu l’humilité de demander à l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) d’organiser une enquête internationale à Wuhan, rassemblant les meilleurs experts mondiaux, afin de comprendre les débuts de l’épidémie. Pékin n’a cherché qu’à instrumentaliser politiquement l’OMS, la ravalant au rang subalterne de messager des mauvaises nouvelles.

Sur la crise sanitaire, la concertation internationale n’a bien fonctionné que là où elle est informelle, c’est-à-dire sur internet. Les universités et les chercheurs du monde entier, Chinois compris, ont heureusement pris la bonne habitude de publier immédiatement et systématiquement leurs dernières trouvailles, alimentant ainsi un gigantesque effet de synergie.

Sur le plan économique et financier, la concertation internationale laisse également à désirer, alors que les gouvernements ont eu massivement recours à la création monétaire. La concertation n’a eu lieu que régionalement, en Europe, où, après de longues et âpres négociations, l’UE est parvenue à trouver des remèdes efficaces.

Il est urgent que s’instaure une concertation macro-économique entre gouvernements des grandes puissances et entre banques centrales de la planète, lesquelles se gavent d’obligations d’Etat. La BCE de Francfort, la Banque du Japon et la Réserve fédérale américaine ont considérablement augmenté leur bilan depuis 13 ans, faisant passer leurs actifs d’un trillion d’euros chacune à plus de 5 trillions (et même à plus de 7 trillions pour la Réserve fédérale). Afin de demeurer supportables, les dettes étatiques devront subir un vaste rééchelonnement. Mieux vaut qu’il soit concerté, afin de ne pas créer de brutales divergences entre différentes zones monétaires.

Sur le plan géopolitique, nous sommes passés, entre Pékin et Washington, en l’espace de dix ans, de la Chinamerica quasi-amoureuse du premier mandat d’Obama à une situation diplomatique très tendue, qualifiée par l’historien Graham Allison de piège de Thucydide. Un piège qui peut mener à la guerre, comme entre Sparte et Athènes, à la fin du Vème siècle avant JC.

Autant il est compréhensible que les Occidentaux veuillent relocaliser leurs industries les plus stratégiques, autant il serait dommageable pour tous que la planète se gèle dans une nouvelle guerre froide, aux composantes médiatique, commerciale, financière, voire cyber.

Du 10 au 12 juin 2020, doit se tenir un G-7, sous présidence américaine. Pourquoi ne pas lui prévoir dès aujourd’hui un volet sanitaire et un volet financier très poussés, où Russes et Chinois seraient exceptionnellement invités ? En novembre 2008, la France avait, en s’appuyant sur le G-20, pris le leadership d’une réponse concertée à la crise. Pourquoi ne recommencerait-elle pas aujourd’hui ?

*Renaud Girard, membre du conseil d’orientation stratégique chez Geopragma

http://geopragma.fr/ou-est-passee-la-concertation-internationale/

Des convois militaires de lutte CBRN russes en Italie

jeudi, mars 26, 2020

Strategika 51

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Des convois militaires de lutte CBRN russes en Italie

Des scènes totalement inconcevables il y a un mois: des convois militaires russes emportant des équipes et du matériel de lutte contre les menaces CBRN (Chimiques, Biologiques, Radiologiques et Nucléaires) sur les autoroutes italiennes en direction du Nord de la péninsule.

L’abandon de l’Italie par l’Union européenne et l’Otan a forcé le gouvernement italiens de demander l’assistance de la Chine, Cuba et la Russie.

En Espagne, Madrid a officiellement demandé l’aide humanitaire de l’Otan. Un abandon de l’Espagne à son sort achèvera la plus vieille alliance militaire contemporaine. La crise du COVID-19 a déjà pulvérisé le mythe de l’Union Européenne et dévoilé l’extrême faiblesse intrinsèque de pays comme la Grande Bretagne et la France.PublicitésPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS ADPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS AD

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Le crépuscule des contours d’un monde inconnu

jeudi, mars 26, 2020

Strategika 51

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Le crépuscule des contours d’un monde inconnu

Nous vivons des temps fort étranges. La France et le reste des pays de la coalition internationale hormis les États-Unis et la Grande-Bretagne, ont décidé de rapatrier dans l’urgence absolue leurs forces d’Irak tandis que le Venezuela est en train d’envoyer des équipes de médecins militaires en Italie.

La vision de convois militaires russes entre Rome et Bergame a suscité la stupéfaction d’un très grand nombre d’analystes Atlantistes. Ces derniers sont tombés de très haut et n’ont pas su ou voulu saisir le bouleversement stratégique mondial en cours depuis au moins une décennie de guerres hybrides désastreuses pour le monde dit « libre ».

C’est en Afghanistan et au Yémen, deux pays très pauvres et ravagés par la guerre, que s’est joué et se joue encore une partie fort étrange où l’empire est en train de subir son fiasco majeur.

La crise du COVID-19 ne sera probablement pas aussi grave que celle, cataclysmique, du système économique mondial tel qu’il a été conçu en 1945, puis renforcé en 1973 avant de connaître des crises systémiques majeures en 2001 et surtout celle de 2008. Cette fois-ci le seul échappatoire possible du neolibéralisme est paradoxalement le recours à l’Etat, aux subventions publiques et aux nationalisations. En filigrane, le renforcement de l’Etat policier fondé sur le nouveau système du mercenariat, les nouvelles technologies de l’information, la manipulation et la cybernétique, assurera plus de restrictions des libertés et un contrôle absolu sur la vie des individus.

La Chine a amorti la crise du COVID-19 grâce à d’immenses sacrifices que très peu de pays dans le monde sont prêts à consentir sans un début d’implosion. Ce pays millénaire a non seulement encaissé le premier coup d’un nouveau type de guerre hybride à grande échelle impliquant des vecteurs biologiques et chimiques mais tente maintenant de repartir à l’assaut en se basant sur une philosophie totalement contraire à celle de l’empire. Dans la continuité de ses routes et de sa ceinture économiques ou ce que l’on a appelé les nouvelles routes de la soie, les chinois tentent de démontrer qu’ils opposent la solidarité et l’entraide aux guerres pour le profit et le pillage économique de l’empire du soleil couchant. La symbolique est forte. Les chinois semblent adresser un message en clair aux élites de l’Etat profond US. Plus rien désormais ne sera plus comme avant.

C’est la fin de l’ancien monde. Le Nouvel Ordre Mondial annoncé par les Bush père et fils en 1989 et 1992 est totalement anéanti sans que la Chine ou la Russie aient eu recours à une confrontation globale lourde de conséquences pour l’ensemble de la planète. Depuis 2011, la Russie a fait tout ce qui était possible pour éviter une escalade militaire sur un nombre croissant et souvent fort sensibles de points chauds dont un situé sur les marches occidentales de la vieille Russie. La Chine a fait le dos rond à presque toutes les provocations en mer de Chine, en péninsule de Corée, au Tibet, au Xinjiang et finalement à Hong Kong. On peut critiquer autant que l’on veut la Chine et la Russie et ces deux grands pays ne sont point exempts de critiques mais force est de constater qu’ils ont fait preuve d’une maturité et d’un sang-froid ayant pu éviter à la planète une déflagration infiniment plus violentes et meurtrière que les deux précédentes guerres mondiales de 1914-1918 et 1939-1945.

La violence sans limite d’un empire bâti sur le pillage et la violence aveugle sous couvert de « valeurs universelles » s’achève. Nous entrons dans une nouvelle où un monde inconnu nous attend. La phase à venir ne sera pas aisée car des centaines de millions d’humains répugnent le changement et sont formatée à le rejeter d’emblée, parfois avec violence. Rien ne sera plus comme avant.

Strategika 51 vous a accompagné depuis les premiers soubresauts de la guerre hybride par l’ingénierie sociale du chaos, le soulèvement et les coups d’Etat ont commencer à ravager la région centrale du monde en 2011. Il vous accompagnera également dans la nouvelle phase qui s’annonce par le confinement de près de deux milliards d’êtres humains et l’arrêt de l’économie réelle dans près de 70 pays de la planète. Tout est désormais possible.

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Qui sont les supplétifs syriens de la Turquie ? (1/2)

Qui sont les supplétifs syriens de la Turquie ? (1/2)

Edgar VAUQUELIN 22 novembre 2019 Proche et Moyen-OrientSituations décryptéesSujets chaudsSyrieSyrieTurquie Leave a comment

Entre août 2016 et octobre 2019, la Turquie a mené trois opérations militaires d’envergure en Syrie. L’objectif principal était de repousser le plus loin possible de sa frontière les Forces démocratiques syriennes. Cette coalition arabo-kurde alliée des Occidentaux a aidé à vaincre Daech en Syrie. Elle est menée par les Unités de protection du peuple (YPG), ennemi désigné d’Ankara sur le théâtre syrien. En effet, la Turquie leur reproche leur affiliation au PKK, organisation politique kurde qu’Ankara considère terroriste.

Au cours de ses incursions en Syrie, l’armée turque a ainsi pu compter sur le soutien de groupes rebelles syriens. Ces derniers ont assuré pour elle le rôle de supplétifs. Ces groupes pro-turc étaient rassemblés au sein de deux coalitions, le Front national de libération et l’Armée nationale syrienne. Elles ont annoncé leur fusion en octobre dernier. Bien qu’il soit impossible de traiter de ces groupes de façon exhaustive étant donné leur diversité, nous pouvons en distinguer deux types : ceux issus de l’ASL et ceux proches du djihadisme.

Partie I : Les groupes issus de l’Armée syrienne libre

Supplétifs syriens de la Turquie
Le major Yasser Abdel Rahim, chef du groupe Faylaq al-Cham, en octobre 2015.

Formée en juillet 2011, l’Armée syrienne libre (ASL) constituait la principale force d’opposition au régime d’Assad au début du conflit. Des groupes plus radicaux l’ont ensuite supplantée. Les groupes qui en sont issus, combattant aujourd’hui aux côtés de l’armée turque, représentent un éventail idéologique extrêmement large.

Après la perte de leur bastion d’Alep-est, reconquis par les forces loyalistes en 2016, les groupes de l’ASL ont retrouvé du service avec les opérations Bouclier de l’Euphrate et Rameau d’olivier, menées par la Turquie au nord de la Syrie entre 2016 et 2018. Ce nouvel engagement, dicté en grande partie par l’opportunisme, a conduit ces supplétifs à délaisser le combat contre le régime, au profit des intérêts de leur parrain turc, qui les arme, les forme et les finance.

Les chiffres sur le nombre de combattants au sein de l’Armée nationale syrienne varient en fonction des sources. L’on estime qu’ils seraient entre 50 000 et 110 000 hommes, en comptant les groupes proches du djihadisme. Il faut cependant considérer ces chiffres avec précaution. L’on peut de plus dégager deux tendances parmi ces forces dites « modérées » : les groupes arabes, pouvant être tant laïcs qu’islamistes, et les groupes turkmènes.

Groupes rebelles arabes

Il n’existe pas d’unité idéologique au sein des forces rebelles arabes. La guerre menée par la Turquie contre les Forces démocratiques syriennes est en effet l’occasion pour des groupes rebelles ayant connu la défaite dans d’autres régions du pays de prendre une forme de revanche. Parmi les groupes les plus importants, on peut citer notamment Faylaq al-Cham, constituant le bras armé des Frères musulmans syriens. Le groupe comptait entre 8500 et 10 000 combattants en septembre 2018. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, c’est l’un des groupes rebelles les plus importants au nord de la Syrie.

C’est à cette époque que, dans la logique de l’accord russo-turc sur la poche rebelle d’Idlib, le groupe acceptait de quitter ses positions dans la zone démilitarisée prévue par ledit accord, preuve de l’influence de la Turquie sur le groupe. La tendance Frères musulmans est donc représentée au sein des rebelles pro-turc, bien qu’elle soit loin de constituer un vecteur commun à l’ensemble des forces arabes sunnites.

Groupes turkmènes en Syrie

Les combattants d’origine turkmène constituent l’autre tendance importante. La Syrie compte historiquement une minorité ethnique turkmène, en grande partie turcophone et proche de la culture turque. Cela explique la présence de groupes de combattants dont l’idéologie est souvent proche du néo-ottomanisme. Ces groupes, qui défendent la particularité culturelle de leur minorité, constituent donc des alliés naturels pour Ankara. Le plus important d’entre eux est sans doute la Division Sultan Mourad. Créée en mars 2013, elle tire son nom de Mourad II, sultan ottoman au XVe siècle. Après avoir été très actif dans la bataille d’Alep, le groupe participe en août 2016 à la prise de la ville de Jarablous, à la frontière turco-syrienne, par les forces turques.

Les groupes turkmènes, dont les noms font souvent référence à des figures emblématiques de l’Empire ottoman, communiquent largement sur les réseaux sociaux. Leurs membres s’y affichent alors en faisant de la main le signe de ralliement des Loups gris, organisation d’extrême-droite turque. En effet, ces groupes, qui comptent parmi leurs membres des combattants étrangers venus de Turquie ou d’Asie centrale notamment, sont souvent proches du nationalisme turc.Share

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About Edgar VAUQUELIN

Edgar Vauquelin est étudiant en Master 2 science politique à l’IEP d’Aix-en-Provence. Il s’intéresse à la géopolitique du Moyen-Orient, notamment aux groupes armés non-étatiques et au facteur religieux dans la politique de la région

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/situations-decryptees/42171-qui-sont-suppletifs-syriens-turquie-1.

T.C.-82 : Panique montant à bord

T.C.-82 : Panique montant à bord

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   samedi 16 novembre 2019

   Forum

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T.C.-82 : Panique montant à bord

16 novembre 2019 – Commençons par ce qui semblerait le plus “anecdotique” si l’on en croit la narrative-Système du-jour (car il y a toujours, désormais, plusieurs narrative-Système sur le mêtier), c’est-à-dire l’affaire Epstein… Drôle de coïncidence, en effet : après être ressorti du silence éternel le  7 novembre  avec le cas de ABC (Disney) qui a étouffé pendant quatre ans les révélations de sa journaliste Amy Robach sur Epstein, voilà que cette affaire ressort à nouveau, comme on rebondit, par trois voies bien différentes, zombieSystème et antiSystème mêlés…

• Le Palais de Buckingham (la brave et tenace Élisabeth II elle-même) a “autorisé”, c’est-à-dire ordonné au Prince Andrew, duc d’York, de donner une interview sur son implication dans la crise-Epstein. La chose est diffusée ce jour (ce soir) sur la fidèle BBC, et tout le monde en  connaît déjà  le contenu. Même Gala, qui tresse des couronnes à la Reine comme il va de soi, est une source acceptable sur le cas. Entretien d’un intérêt du type “pour les nuls”, en-dessous de nul : Andrew nous dit donc qu’il regrette chaque jour, brave homme, ses relations avec Epstein dont il ignorait la noirceur profonde de son caractère, qu’il se maudit d’avoir si légèrement donné son amitié, qu’il n’a aucun souvenir de photos, sans doute montage malveillant, de lui avec des gamines pubères ou à peine adolescentes sinon déjà bien-faites, que ce n’est certainement pas son genre, etc.

• Indirectement en direct du Congrès des États-Unis, le 13 novembre, le parlementaire républicain de la Chambre Paul Gosar avait tweeté “Epstein didn’t kill himself” (ce qui était déjà une affirmation de Rybach, d’ABC [voir plus haut], une semaine auparavant, en même temps qu’une appréciation universellement répandue quelques jours après la mort d’Epstein, y compris  dans les colonnes du Washington Post). Le tweet a fait le tour du Système et a soulevé une vertueuse colère chez les démocrates de plus en plus danse de St-Guy, réussissant l’exploit d’en faire un  appel au fascisme :

« La [presseSystème] et les politiciens démocrates ont affirmé leur opposition furieuse au message, le qualifiant de “manœuvre de fasciste” pour recruter des [antiSystème] et substantiver une “théorie de la conspiration d’extrême-droite”. “Nous allons avoir besoin de réfléchir à la façon de combattre cette attaque”, a tweeté un démocrate. »

• Enfin, il y a Assad, qui ne cesse désormais de répondre aux demandes d’interview, essentiellement sinon exclusivement russes. Après RT, c’est Sputnik et Rossiya-24 qui ont obtenu une interview commune le 14 novembre. Le président syrien se montre très disert à propos… d’Epstein, et  disant ceci :

« Il y a quelques semaines, le milliardaire américain Jeffrey Epstein a été tué. Et ils ont dit qu’il s’était suicidé en prison. Mais il a été tué parce qu’il connaissait beaucoup de choses secrètes sur des personnalités importantes de certains gouvernements, entre autres britannique et américain, et probablement d’autres pays. »

N’est-ce pas étrange, intrigant et significatif à la fois que le Prince Andrew et le Palais de Buckingham, un parlementaire républicain de la Chambre, enfin le président Assad dit “le boucher de Damas”, nous entretiennent en même temps du cas Epstein ? Mais noter cela, surtout après l’affaire Disney-Epstein du 6-7 novembre, c’est faire du complotisme pour recruter des fascistes, ou bien l’inverse. “Complotisme” encore, bien entendu, lorsque Assad, décidément en verve, développe un propos similaire à celui qu’il donne concernant Epstein, cette fois à propos de la mort, – mystérieuse dit-on, “tombé par la fenêtre” de son appartement, en Turquie, – de James Le Mesurier ; celui-ci, officier du MI6 et fondateur des “Casques blancs”, reconnus comme un outil de qualité pour les falseflag et l’action humanitaire tournée selon le script-Système… Assad, enchaînant là-dessus sur d’autres morts incertaines, Bagdhadi, ben Laden, etc. peut-être…

« Assad a laissé entendre que le décès du délinquant sexuel condamné était analogue à celui du fondateur des Casques blancs, James Le Mesurier, qui aurait sauté par la fenêtre de sa maison en Turquie, plus tôt cette semaine. La police turque considère la mort de Le Mesurier comme un suicide.
» “Ils sont devenus un fardeau une fois qu’ils ont joué leur rôle. Un besoin urgent de les éliminer est apparu après qu’ils aient rempli leur rôle.”
» Assad ne parlait pas seulement d’Epstein et de Le Mesurier, mais aussi d’Oussama ben Laden, chef d’Al-Qaida, – formé à l’origine par la CIA pour combattre l’Union soviétique en Afghanistan, – et Abu Bakr al-Baghdadi, chef de l’État islamique [Daesh], qui a été détenu par les Américains dans les prisons du célèbre camp Bucca et Abu Ghraib en Irak. Tous ces gens “ont été tués principalement parce qu’ils connaissaient des secrets d’une considérable importance”, a affirmé le dirigeant syrien. »

Interrogé sur les appréciations d’Assad concernant la mort de Le Mesurier, la porte-parole du ministère russe des affaires étrangères Maria Zakharova a simplement remarqué que personne n’était mieux placé que lui, le président syrien ami de la Russie, pour apprécier l’événement, tant la situation de la mort de Le Mesurier est « proche de la situation sur le terrain », en Syrie. Il faut noter encore que la même Zakharova, qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui a une longue expérience des relations avec la presse selon le système de communication tel que le manie le bloc-BAO (elle fut porte-parole de la délégation russe à l’ONU), commentait le 7 novembre, après l’éclat public de l’affaire ABC (Disney)-Epstein, que le milliardaire de la catégorie pédo-milliardaire devait être (lui aussi) au courant de “secrets d’une considérable importance”.

Il semble assez logique d’envisager qu’il y ait eu concertation entre les Russes et Assad pour former une sorte d’offensive de communication profitant de divers événements d’une manière qui n’exclut pas une connaissance de certains programmes ou projets, y compris pour des éliminations type-CIA. Dans tous les cas, voici Assad qui parle à RT.com le 10 novembre comme on a pu l’entendre, pour notamment donner son appréciation sur le comportement erratique sinon entropique des USA dans l’utilisation de leurs forces armées ; puis le voici qui parle à nouveau, toujours pour des réseaux russes, le 14 novembre. Entretemps Le Mesurier s’est “suicidé”, ou bien s’est un peu trop penché à la fenêtre de son appartement comme vous et moi ; et Assad relie aussitôt la mort de Le Mesurier à celle d’Epstein, dont nous avions eu un rappel le 6-7 novembre avec l’affaire ABC-Epstein, et à celles d’autres personnages à l’existences et aux statuts tourmentés, également disparus. 

Il y a donc une succession de morts énigmatiques, avec Epstein, Bagdhadi et Le Mesurier, tandis qu’Assad nous explique que si la mort de Le Mesurier est due à l’action d’un service de renseignement “étranger”, il s’agit évidemment de la CIA puisque tous les soi-disant “services de renseignement étrangers” qui peuvent être impliqués dans cette affaire, comme celui de la Turquie où résidait Le Mesurier notamment, ne sont rien d’autre que des extensions de la CIA. A comptabiliser tout cela, en y ajoutant l’intervention d’Andrew duc d’York sur injonction de Buckingham, et dans une manière proprement ridicule qui sent son improvisation, les réactions hystériques du “parti de la destitution” à “D.C.-la-folle” qui est aussi le parti des Clinton avec leurs “secrets d’une considérable importance” parce qu’un parlementaire républicain a tweeté “Epstein didn’t kill himself”, on a plutôt l’impression qu’une certaine panique est en train de s’emparer du Système dans toutes ses ramifications dont certaines s’affrontent entre elles. On a observe qu’il y a la possibilité de liens entre ces différents événements, comme si l’on faisait le ménage en vitesse ; mais plus que “des liens” d’ailleurs, qui sont évidents et évidemment complotistes, il y a comme une sorte d’état d’esprit collectif commun à tous ces événements, qui fait en sorte qu’on se sent autorisé à parler de cette “certaine panique” comme d’un état de l’esprit qui serait essentiellement un mouvement collectif, répondant à une perception également collective.

On pourrait même, pour couronner le tout ou envelopper le cadeau d’un somptueux emballage, placer l’intervention de Macron avec The Economist à propos de l’OTAN, de la Turquie et de Trump, comme un autre facteur de cette “certaine panique” qui ressortirait alors d’un mouvement de déstabilisation psychologique général, qui commencerait à toucher les divers acteurs du Système dont certains s’affrontent furieusement, dont certains jouent franchement un jeu antiSystème à l’occasion et pour telle ou telle occasion. On trouve trace de de cet état de l’esprit dans l’allure et les mots de Trump et d’Erdogan, les deux retrouvant une espèce de complicité qui ne trompe personne ni eux-mêmes d’ailleurs, pour écarter, – on ne dira même pas “condamner”, – les propos de Macron mettant en cause la Turquie et les USA dans la cause de son “interrogation” générale sur les promenades “mentales” de l’OTAN. Cette allure et ces mots Trump-Erdogan semblaient être de pure circonstance d’une part, d’autre part ils mesuraient l’embarras où se trouvent les uns et les autres devant le jeu inattendu du Français qui semble avoir retenu certaines confidences, sinon certains jugements, de ses rencontres et entretiens récents avec Poutine.

(On manque rarement l’occasion, lorsqu’on parle de ces récentes déclarations de Macron, dans les canaux qui se placent dans l’ambition d’une stratégie européenne de la part de la France, d’ajouter aux propos incendiaires sur l’OTAN ce qu’a dit le président français de la nécessité de meilleures relations avec la Russie. Comme si ceci constituait une éventuelle alternative à cela, – c’est dans tous les cas ce que concluront nécessairement les analystes de la CIA, puisque de toutes les façons ils ont toujours pensé dans ce sens durant un demi-siècle… Ils le concluront en lisant la conclusion de Dominique Trinquand, ancien chef de la représentation militaire française à l’OTAN, dans l’interview qu’il a donnée le 15 novembre à Spoutnik-français : « Je pense aussi qu’à terme, il faut réfléchir à la défense de l’Europe avec des implications stratégiques importantes. Je pense aussi qu’il faut réfléchir, comme ça a été fait il y a 15 ou 20 ans, mais probablement mal, à associer la Russie à la réflexion sur la défense de l’Europe. Ça ne veut pas dire qu’il y aura un commandement intégré, mais qu’il faut développer une vision commune. »)

Ce qui nous frappe, dans ces divers constats, références, extraits de déclarations, etc., c’est l’intégration qui est faite d’événements et de personnages de milieux et de champs d’activités très différents, mais tous à l’intérieur du Système, qui d’habitude semblent n’avoir aucun lien de communication entre eux et qui sont rassemblés pour cette occasion. Lorsqu’Assad parle des morts de Le Mesurier, d’Epstein, de Bagdhadi et de ben Laden, il mêle des milieux aussi différents que la jet set et ses perversités, c’est-à-dire le crime organisé d’une façon ou l’autre, le monde des organisations dites “non-gouvernementales” et bien entendu soutenues en sous-main par tant de gouvernements (“les Casques Blancs” de Le Mesurier), le terrorisme islamiste depuis les origines de la fin des années 1970, les activités diverses qui lui sont liées dont le trafic international de drogue n’est pas la moindre, impliquant là aussi le crime organisé, et ainsi de suite. 

Tout cela est plaqué sur les secousses formidables qui brinqueballent actuellement le Système dans son ontologie même : l’état des relations transatlantiques par rapport à l’“option russe” (“option” de la guerre ou de la coopération), et surtout l’extraordinaire partie qui se joue à Washington entre la crise de la destitution et celle des élections présidentielles USA-2020 (puisqu’il est acquis pour nous que cette campagne présidentielle est d’ores et déjà une crise).

https://www.dedefensa.org/article/tc-82-panique-montanta-bord

Un coup, un mort et une route

Un coup, un mort et une route

12 Novembre 2019

A peine notre dernier billet sur le recul impérial en Amérique latine était-il publié que la Bolivie était le théâtre d’un coup d’Etat qui fleure bon la CIA. Les ressemblances avec le Maïdan ukrainien sont d’ailleurs assez frappantes : un président quelque peu naïf, une opposition violente, liée à Washington, des pontes de la police et de l’armée qui trahissent leur gouvernement et retournent leur veste, une chasse aux sorcières qui débute…

Un coup d’Etat, donc ? Oui mais… Ce blog se doit avant tout d’être objectif et il faut reconnaître que l’ami Evo n’est pas non plus blanc comme neige. Personne n’a bien compris pourquoi le comptage des voix a soudain été arrêté pour finalement désigner Morales gagnant alors qu’il n’était qu’en ballotage favorable. Certaines vidéos montrent que ses partisans n’avaient rien à envier non plus à l’opposition sur le plan de la violence. Plus généralement, on peut difficilement contester que la Bolivie, y compris parmi sa propre base électorale, était lasse d’un président qui s’accrochait de plus en plus au pouvoir.

C’est lui-même qui, en 2009, avait inscrit dans la Constitution la limitation à deux mandats présidentiels. Pourtant, il se présentait là pour la quatrième fois ! Il avait déjà fait un tour de passe-passe en obtenant de la justice que son premier mandat (2006-2010) ne soit pas pris en compte. Puis, en 2016, il a perdu le référendum l’autorisant à se représenter mais une nouvelle et commode décision de justice a purement et simplement annulé le résultat du vote ! Dans un remake digne de l’euronouillerie, le tribunal a considéré que briguer une fonction est un droit de l’homme supérieur à la Constitution ou au résultat d’un référendum. Bref, vous l’aurez compris, Evo a quand même donné le bâton pour se faire battre…

Géopolitiquement, qu’est-ce que ça nous donne ? Pas grand chose à vrai dire. La Bolivie de Morales était une voix anti-impérialiste assumée mais, petit pays, elle n’a jamais beaucoup pesé sur la scène internationale. Comme nous le disions il y a trois jours, la perte de l’Argentine et la tangente prise par le Brésil, les deux poids-lourds du continent, sont autrement plus dramatiques pour Washington que le gain éventuel, somme toute modeste, de la Bolivie. Chose très intéressante, le Brésil a ouvert son espace aérien à l’avion d’Evo qui rejoignait l’exil mexicain. De quoi s’interroger, du côté de DC la Folle, sur les véritables intentions de Bolsonaro qui a d’ailleurs eu des paroles inhabituellement modérées  concernant les événements boliviens.

A 10 000 kilomètres de là, lundi, un curieux personnage a été retrouvé mort près de son appartement d’Istanbul. Accusé avec vraisemblance par Moscou d’être lié aux services secrets britanniques, James Le Mesurier était le fondateur des sinistrement célèbres Casques blancs, proches des barbus modérément modérés et spécialistes ès false flag chimiques.

A-t-il été liquidé par ses parrains parce qu’il en savait trop ? Son élimination faisait-elle partie de l’accord russo-turc sur le Nord syrien ? Est-ce un simple accident ? Pour l’instant, mystère…

Rien d’étrange en revanche devant l’inexorable avancée des Nouvelles routes de la Soie. Les derniers accords en date concernent la Grèce et une foule de contrats signés pour faire du pays de Périclès l’une des portes d’entrée vers l’Europe. Cette branche du réseau eurasien passe par le port du Pirée, déjà partiellement chinois et dont la croissance vertigineuse depuis quelques années en fera bientôt le premier port méditerranéen.

Les autres voies de la Soie ne sont pas en reste, comme en Asie centrale où l’influence économique du dragon est impossible à concurrencer. La blague locale est d’ailleurs cruelle pour l’UE : « Personne ne peut refuser l’offre chinoise, personne ne peut comprendre l’offre européenne ». En Russie, c’est un monumental pont qui verra le jour sur la Volga, afin d’écourter la route entre l’empire du Milieu et le Vieux continent. Brzezinski et McCain sont heureux de ne plus être là pour constater le désastre…

Tag(s) : #Amérique latine#Moyen-Orient#Chine#Europe#Etats-Unis

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/11/un-coup-un-mort-et-une-route.html

Relations internationales et antagonismes idéologiques

Relations internationales et antagonismes idéologiques

Posted on 4 novembre 2019 by  admin

Le Billet du lundi du 04/11/2019, par Pierre de Lauzun*

A côté du schéma des relations internationales classique depuis les traités de Westphalie, fondé sur des rapports entre entités plus ou moins souveraines, d’autres facteurs sont régulièrement venus colorer ces relations. On peut citer ici les conflits de civilisations chers à S. Huntington, bien qu’historiquement on trouve peu d’exemples où un conflit significatif oppose ce qu’on peut décrire comme deux aires de civilisation (voir un billet précédent). Même si des différences culturelles profondes ont souvent contribué à renforcer les antagonismes et à les radicaliser : les conflits étaient et sont en général d’abord des conflits entre puissances. Ce n’est que dans le cas de l’Islam que ce terme pouvait acquérir plus de vraisemblance, dans son opposition avec le monde chrétien d’un côté, le monde hindou de l’autre. Mais justement l’Islam est spécifique par l’association étroite qu’il fait entre religion et politique, et donc sa proximité potentielle avec une idéologie politique. 

Cela nous conduit à mettre en lumière une autre type d’opposition, plus caractéristique de l’époque moderne au sens large, qui sont les conflits idéologiques. La guerre froide vient immédiatement ici à l’esprit, mais la seconde guerre mondiale dans une très large mesure aussi ; voire la première, du moins si on prend au pied de la lettre la propagande de l’époque. Comme si, à l’époque démocratique tout particulièrement, il fallait justifier les conflits par autre chose que les simples oppositions de puissance : par des oppositions entre un bien et un mal, moyennant bien sûr simplification éventuellement caricaturale de la réalité. Cette opposition idéologique n’oblitère évidemment pas la dimension de conflit de puissance, évidente dans tous ces cas, mais elle lui donne une caractère et une intensité toutes particulières ; elle peut en outre orienter les décisions prises, du fait de sa logique propre. C’est cette époque qu’on a pu croire un bref instant terminée en 1991 avec la fin de l’URSS.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Apparemment la domination de ce qu’on peut appeler l’idéologie occidentale, est considérable sinon massive : elle donne sa substance au discours international de tout côté, depuis les débats de l’ONU jusqu’aux argumentaires donnés par les faucons américains, en Iraq et ailleurs. Idéologie utilisée abondamment pour justifier des politiques, et notamment des interventions ici ou là, militaires ou non. Mais sans qu’il y ait désormais un adversaire idéologique clair. 

Les tentatives pour dresser une protestation, ou un début d’alternative, sincère ou pas, contre cette idéologie dominante sont timides et locales. C’est même vrai dans le cas de l’islamisme, sous ses différentes formes. Certes il représente un phénomène majeur. Soit comme prétexte à intervention, soit comme boutefeu, il peut jouer un rôle important dans les évènements. Mais il ne se situe pas à ce stade au niveau des grands rapports de force entre puissances, car il faudrait pour cela qu’une vraie puissance l’incarne. Sur la scène internationale il s’exprime en fait surtout sous la forme spécifique du terrorisme, dont la connexion avec de vraies puissances reste limitée. Certes un certain islamisme militant est revendiqué sous des formes diverses et souvent antagonistes par l’Arabie saoudite, l’Iran, et d’autres comme de plus en plus la Turquie. La première répand sa version rigide et extrême de l’Islam, à coups de dizaines de milliards, depuis plus de 50 ans (avec ses amis ou rivaux du Golfe), mais sans fédérer un véritable camp structuré comme tel. L’éventail de ses amis est pour le moins éclectique. Le second a su rassembler et mobiliser les communautés chiites dans un arc traversant tout le Moyen Orient, qui a actuellement le vent en poupe, mais sans sortir de ce cousinage par nature limité. Le chiisme reste fort peu missionnaire. La Turquie, importante comme puissance régionale, est peu suivie comme leader et reste à dominante nationaliste. Dans les faits donc, même si l’idéologie conditionne ces antagonismes et d’autres, le conflit de puissances reste prépondérant au niveau des relations de pouvoir. Reste que la résurgence indéniable de l’islamisme est un fait géopolitique majeur, qui peut l’être plus encore à l’avenir, si elle conduit à une modification suffisante des équilibres internes, et par là des priorités des pays concernés. C’est donc dans la patte humaine des pays musulmans qu’est l’enjeu, avant les relations internationales entre puissances. 

Une autre source majeure d’alternative idéologique, potentiellement plus massive et plus significative, est l’évolution possible de la Chine. Au stade actuel, l’ancien antagonisme entre marxistes et occidentaux ne joue plus de rôle significatif au niveau mondial. Mais la Chine reste fondée sur des principes indéniablement différents et antagonistes de ceux qui constituent la doxa internationale, notamment américaine. A ce stade, cela ne prend pas chez elle la forme d’un programme idéologique conquérant. On peut même avancer que sa situation idéologique interne n’est elle-même pas stabilisée : il est clair que le régime cherche une justification à ce niveau, mais pour réussir il faudrait que cela prenne une forme différente et surtout plus élaborée. Elle pourrait tourner autour de l’idée actuellement latente d’un régime « éclairé », possédant une vision à long terme, qui est dégagée et mise en œuvre par des élites intellectuelles et sociales elles-mêmes sélectionnées à partir du peuple par le tamis du parti : on mêlerait ainsi une certain héritage léniniste plus ou moins maoïste (cher au président chinois actuel) avec des éléments de confucianisme récupéré (l’idée ancienne d’une élite supposée vertueuse au service du peuple, mue par le culte de la moralité publique). Mais la formalisation théorique de cela reste à ce stade limitée et déficiente, et non exportable. 

A ce stade donc la Chine n’est pas mûre pour jouer un rôle international significatif à ce niveau, même si dans son mode d’intervention on voit l’impact de la différence avec les pays occidentaux, notamment dans son indifférence affichée à toute « démocratisation » dans les pays qu’elle aide. Ajoutons que la tradition chinoise séculaire était plus introvertie que messianique ; même si la Chine ancienne avait progressivement assimilé des zones vastes, grâce à son modèle culturel et politique attractif pour ses voisins ou les pays dominés. Mais outre qu’elle n’a plus cette puissance d’attraction à ce stade, sous cette forme cela ne donnerait de réponse que pour les pays de son environnement immédiat, culturellement proches (Japon, Corée, Vietnam) – et ce n’est en rien le cas actuellement. En bref la Chine actuelle commence à faire sentir sa puissance, mais elle rayonne bien plus par son pragmatisme que par son modèle ou ses idées. Elle n’a en outre aucune expérience historique des relations de puissance. Mais le temps travaille pour elle. Et à terme, on ne peut pas exclure qu’elle construise un modèle alternatif plus puissant, idéologiquement rival du modèle américain ou occidental. On peut par ailleurs trouver dans la tradition chinoise ancienne, si elle est quelque peu revisitée, un modèle politique fort, et même des motifs à interventionnisme, y compris sur base moralisante ; ainsi chez Mencius, successeur principal de Confucius, qui justifiait la guerre s’il s’agit d’éliminer des « tyrans » opprimant leur peuple. La situation reste donc mouvante et pourrait nous surprendre. 

D’autres sources encore peuvent émerger à terme long : pensons à une civilisation ancienne comme celle de l’Inde, désormais en voie d’affirmation politique elle aussi. 

Mais il n’est pas inintéressant de considérer un autre cas beaucoup plus d’actualité, quoique bien moins dramatique que les exemples cités : celui des populismes. Bien entendu les mouvements ou personnages classés comme tels sont censés faire partie du monde des démocraties à l’occidentale. En outre, ils sont hétérogènes, et ne constituent ni un front ni même une alliance. Rien ne dessine à ce stade un antagonisme d’ensemble entre eux et les autres régimes se disant démocratiques. Néanmoins la manière dont ils sont perçus, tant par les médias que par la diplomatie de ces autres pays, présente des traits caractéristiques, où la dimension idéologique (en l’espèce de réprobation) est manifestement prégnante : PIS polonais, Orban, Lega de Salvini, Brexiters à la Boris Johnson, personnages comme Trump ou Bolsonaro sont fondamentalement ressentis dans le discours dominant comme des anomalies moralement condamnables, dans leur discours même. On les rapproche parfois même d’un autre réprouvé comme V. Poutine, malgré les différences évidentes – mais justement ce rapprochement est symptomatique. Certes, le phénomène n’en est qu’à ses débuts, et peut faire long feu. Le succès ou l’échec du Brexit, l’avenir politique de D. Trump, l’évolution de l’Est de l’Europe ou de l’Italie seront ici des tournants importants, parmi d’autres. Certes, même si le phénomène subsiste, la possibilité d’un front de tout ou partie de ces dirigeants paraît plutôt improbable à ce stade. Mais on ne pourrait pas exclure qu’une fracture durable s’installe dans la belle unanimité antérieure, colorant alors les relations internationales de façon appréciable, vu l’importance des pays concernés. Le consensus idéologique occidental pourrait se trouver alors fortement altéré. 

*Pierre de Lauzun, membre fondateur de Geopragma

http://geopragma.fr/index.php/2019/11/04/relations-internationales-et-antagonismes-ideologiques/

Une crise financière trente fois plus puissante qu’en 2008 est imminente, mais nous sommes dans le déni (Huffingtonpost)

Une crise financière trente fois plus puissante qu’en 2008 est imminente, mais nous sommes dans le déni (Huffingtonpost)

511111 Rating 5.00 (5 Votes)Catégorie : Actualités internationales  Publication : 15 juin 2019  Mis à jour : 15 juin 2019  Création : 15 juin 2019 Écrit par folamour  Affichages : 2218fShare

Le baril de poudre financier est sur le point d’exploser. La première des choses est de dire la vérité aux Français. Qui a envie de vivre l’expérience de la voltige s’il n’en fait pas le choix ?

Bank 15 06 2019

En Grèce lors de la crise de la dette, quelques jours avant le référendum du 5 juillet 2015. Je veux dire à la crise qui arrive que nous sommes là et que nous résisterons.
Le laisser-faire est la folie qui nous conduit vers cette situation alarmante.

Les dirigeants politiques ont été et sont dans un déni total de la réalité en nous convertissant à l’argent facile de la finance de l’ombre.

Le résultat sera une fulgurante déflagration financière qui laminera des économies entières, des nations. La prochaine crise sera pire que celle de 2008 et se positionnera à 254.000 milliards d’euros.

Au travers ce qu’on appelle la crise des gilets jaunes s’exprime l’émotion, le ressenti des Français et vise à dénoncer les effets néfastes pressentis de l’argent facile. Les plus fragiles de nos concitoyens savent déjà dans leur quotidien que l’argent vaut de moins en moins.

Nous allons tous faire naufrage. Et chacun doit payer son écot à la société.

Qu’en est-il du rôle de l’Etat ? Il est devenu hyper régulateur et s’est transformé en exportateur financier.

« Les dirigeants politiques ont été et sont dans un déni total de la réalité en nous convertissant à l’argent facile de la finance de l’ombre. »

Tout dans notre économie est devenu “low” : low taux, low salaires… seule la misère ne sera pas low. Il semblerait que les chiffres des analyses aient adopté cette étrange et dangereuse tendance low.

Est-ce qu’on ne voit rien ou est-ce qu’on ne veut rien voir de l’urgence, lorsqu’on constate qu’aux Etats-Unis une hausse du déficit budgétaire de 77% par rapport à 2018 a été enregistrée. Dans les deux cas, les experts nient l’urgence et pas de réaction observée…

L’examen de la situation de la France mérite de l’honnêteté. Avec un taux de 1,5% de croissance une annonce de la reprise de l’économie est une fausse annonce. Je dénonce et affirme que la tendance est à la décroissance. L’analyse claire des chiffres montre 0,3% de croissance rêvée au premier trimestre 2019. Le chiffre de 1,5% de croissance annuelle nous parle d’une baisse par rapport à 2018 et 2017. La courbe de la trajectoire économique n’est donc pas celle de la réelle croissance que l’on nous vend.
Qu’en est-il du pouvoir d’achat qui aurait été injecté et qui aurait dû entraîner un regain de consommation ? L’effet attendu ne s’est pas produit, car dans la réalité le Français, qui le peut encore, essaie d’épargner en prévision d’un futur incertain annoncé.
La dynamique ne se crée pas et bute sur des problèmes structurels franco-français. Le taux de chômage est structurel. Les responsables politiques annoncent la reprise et les entreprises rencontrent des difficultés à embaucher. Il nous manque de l’invention, de l’innovation, il nous manque les moteurs de la relance et la confiance.

Je m’interroge et demande où est la croissance, quand on peut constater que dans le domaine du commerce extérieur le ratio français exportation sur PIB reste faible et que pour les entreprises les gains de productivité restent également incroyablement faibles.

Donc où est la croissance ? Je cherche la croissance.

Les problèmes sont tragiques, le baril de poudre financier est sur le point d’exploser.

La France doit se préparer avant l’explosion de la bulle des dettes. En sortant du déni et en parlant vrai et honnête en économie.
Je trouve scandaleux qu’en France, soient posées autant de barrières à l’initiative d’entreprendre. Il est important de faciliter le développement de l’investissement, mais il est important aussi que les entreprises participent à hauteur raisonnable à la contribution au budget de l’Etat. Il est important aussi que l’Etat opte pour de vraies économies réalistes, mais qu’il n’intervienne plus au travers de participations dans des entreprises privées.

« Tout dans notre économie est devenu “low” : low taux, low salaires… seule la misère ne sera pas low. »

La France doit se préparer sur cette base. Il faut en finir avec le surplus d’argent injecté par les banques centrales, argent qui n’arrive jamais au niveau de l’économie réelle mais dans les caisses des banques qui l’ont transformé en emprunt d’Etat.La conséquence est que les Etats ont emprunté de plus en plus et trop.

C’est la combinaison de ces deux éléments qui a créé la dette abyssale. 254.000 milliards d’euros.

Les Etats ont profité de cette situation, les entreprises et les ménages ont emprunté à bon marché. Cela s’avère être un drame.
La crise du surendettement est arrivée au niveau mondial. Pour rembourser cette dette dite publique, les Etats peuvent augmenter les revenus par le biais des impôts ou baisser les dépenses de l’Etat en diminuant les services publics. Cela pose problème. Nous nous trouvons à l’heure actuelle dans une situation où les banques centrales, les banques privées et les gouvernements se retrouvent tous liés et interdépendants. Par conséquence, lorsqu’une difficulté de quel ordre que ce soit apparaîtra, les trois partenaires seront concernés. Le présage de l’imminence d’une crise financière trente fois plus puissante que celle de 2008 affectera tous les citoyens avec une force considérable.

A ce jour environ 10% du bilan des banques est en “bons d’Etat” avec une pondération de 0% sans garantie. Les banques privées que nous connaissons ont tout intérêt à le faire car cela ne leur coûte rien en fonds propres et délivre de grasses marges.

La réglementation financière (Bale III) a réglé les dérèglements de 2008, nous sommes en 2019 et le problème est qu’il n’y a pas de réglementation contre les dérèglements de 2019. Le seul élément de réglementation qui aurait pu réduire cet appétit d’emprunt public des Etats n’a pas été proposé pour des raisons purement politiques. Pour exemple les dettes de l’Etat américain ont augmenté de 77% sur les 3 premiers mois de cette année. A mon avis, cela va encore faire augmenter aux Etats-Unis le coût des emprunts et entraîner la finance mondiale dans une spirale mondiale. Dès que les Etats-Unis seront en récession, c’est le monde entier qui sera en difficulté dont l’Europe et la France avec un effet direct sur la consommation des ménages.

Alors que faut-il faire ?

La première des choses à faire est de dire la vérité. La vérité aux Français, oui, elle leur est due par respect, par respect de leur travail aussi.
L’heure n’est plus au silence, l’heure n’est plus aux mensonges. L’heure est venue d’apprendre à reconnaître les erreurs. Nous nous trouvons au bord du précipice, lequel d’entre nous a envie de vivre l’expérience de la voltige s’il n’en fait pas le choix ?

« Il faut en finir avec le surplus d’argent injecté par les banques centrales, argent qui n’arrive jamais au niveau de l’économie réelle mais dans les caisses des banques qui l’ont transformé en emprunt d’Etat. »

Il y a urgence à adopter une série de mesures imposées. Elles devront être équitables.
A ce stade il est important de souligner que les entreprises ne paient quasiment pas d’impôts et c’est pourquoi la participation des entreprises au budget de l’Etat reste proportionnellement trop faible. Il faudra donc en urgence remonter ce taux de participation, en revanche il faut faire diminuer au plus vite les charges sociales qui elles sont indécemment trop élevées.

En ce qui concerne la tension française entre les riches et les pauvres (y compris la classe moyenne), il faut recréer l’équilibre de participation privée à la bonne marche de la nation en créant une tranche supplémentaire pour les salaires annuels de plus d’un million d’euros.

La combinaison de ces deux éléments permettra rapidement de remonter les revenus de notre Etat et de le libérer progressivement de sa dette.

Un élément fondamental sera le désengagement de l’Etat du secteur privé pour n’agir que sur le cadre économique et non l’impliquer directement au travers de participations dans des entreprises.

La responsabilité des hommes de bien qui savent est engagée. C’est par leur inaction que la bulle financière explosera.

Source(s) : Huffingtonpost.fr via Contributeur anonyme

https://www.crashdebug.fr/international/16139-une-crise-financiere-trente-fois-plus-puissante-qu-en-2008-est-imminente-mais-nous-sommes-dans-le-deni-huffingtonpost

LA RUSSIE VA-T-ELLE SE BATTRE AVEC ISRAËL POUR L’IRAN?

LA RUSSIE VA-T-ELLE SE BATTRE AVEC ISRAËL POUR L’IRAN?

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16.04.2019

Alors que certains journalistes recherchent les causes de l’incendie de Notre-Dame de Paris, alors que d’autres s’inquiètent du sort de Julian Assange publié par l’ambassade équatorienne, une autre raison d’une grande guerre est apparue au Moyen-Orient. À partir d’octobre de cette année, l’Iran louera un port à Lattaquié à la Syrie et construira une base pour la marine. La décision a été prise lors de la rencontre de Bachar Assad avec Hassan Rouhani en février à Téhéran.

Je dois dire que l’Iran est déjà fort en Syrie, il a environ une douzaine de points forts et environ 12 mille militaires. Mais s’il acquiert une base sur la côte est de la Méditerranée, l’Iran ne sera tout simplement pas arrêté. Quelque chose comme cela, ces mouvements sont perçus en Israël, où la République islamique est considérée comme « l’ennemi numéro un ».

Menace pour la Russie?

Le problème est que les Iraniens vont construire leur base à Lattaquié, à 72 kilomètres de la base de la marine russe à Tartous et de la base aérienne de Hmeimim.

Par son comportement, Israël a montré à maintes reprises qu’il ne tolérerait pas la présence iranienne en Syrie. Le transfert du S-300 russe, bien qu’il ait modifié les itinéraires de vol de l’armée de l’air israélienne, ne les a pas arrêtés. Israël effectue des frappes aériennes au départ du Liban et de l’Irak.

La distance entre l’endroit où la base iranienne sera créée et les bases russes est décente, mais pas sûre. Si demain Israël commence à bombarder Lattaquié, la situation du transporteur de l’IL-20 abattu pourrait se reproduire. Même si cela n’arrive pas là-dessus, l’agression militaire israélienne non loin des positions du VKS gâchera néanmoins les relations russo-israéliennes.

La situation peut prendre des proportions encore plus alarmantes si les États sont impliqués dans l’affaire. Après tout, Donald Trump, comme Benjamin Netanyahu, ne se reposera pas tant qu’il n’aura pas expulsé l’Iran de la Syrie. L’expansion de la présence militaire iranienne donnera donc une nouvelle raison aux États-Unis de lancer une frappe de missile. Le fondement juridique de l’attaque est prêt – Washington a récemment ajouté le Corps des gardiens de la révolution islamique à la liste des organisations terroristes.

Assad a choisi les Iraniens russes?

Un autre risque pour la Russie est associé à Bachar Asad. Certains experts estiment que le président syrien pourrait se retirer de l’influence de la Russie en se rapprochant de l’Iran. L’argument est que dans la confrontation avec Israël, le S-300 russe est silencieux, mais les défenses anti-aériennes iraniennes protégeront certainement la Syrie des raids aériens israéliens.

Asad sort doucement de l’influence de Moscou, et plus rarement qu’avant, il s’entretient avec le président russe Vladimir Poutine et ne demande pas d’assistance militaire. Ceci est normal pour le Moyen-Orient. De nombreux experts libéraux estiment que l’influence iranienne en Syrie est dangereuse pour Moscou et gâte ses relations avec les « partenaires » de Tel Aviv. Cependant, les libéraux ignorent le fait que la Russie, contrairement à l’Iran, a un cercle de partenaires plus large dans la région et peut communiquer directement avec Téhéran et ses opposants à Tel Aviv et à Riyad. Assad s’intéresse au désisolement dans le monde arabe et l’Iran ne peut le fournir, contrairement à la Russie. Cette caractéristique, alliée à la supériorité du VKS dans le ciel syrien, fait de Moscou un allié indispensable de Damas.

Pourquoi la Russie ne devrait pas abandonner l’Iran

Les risques de guerre ci-dessus peuvent être quelque peu exagérés, mais existent toujours. Mais signifient-ils que la Russie doit empêcher l’Iran de se consolider sur la rive orientale de la Méditerranée? Non.

Premièrement, en limitant l’Iran, la Russie renforce automatiquement les États-Unis et Israël. C’est-à-dire ceux qui essaient de démembrer la Syrie. Israël a capturé les hauteurs du Golan en 1967 et ne les retournera pas. Les États-Unis soutiennent la milice kurde et créent, de leurs mains, un Kurdistan indépendant au-delà de l’Euphrate. Contrairement aux Américains et aux Israéliens, l’Iran et la Russie s’emploient à rétablir l’unité de la Syrie et à lutter contre les terroristes.

Deuxièmement, l’Iran est un partenaire économique potentiellement important de la Russie. Il est déjà impliqué dans le projet Nord-Sud, reliant Moscou par l’océan Indien via Bakou et Téhéran. En outre, l’Iran peut donner à la Russie un accès direct à la mer Méditerranée. Téhéran tire le chemin de fer vers Lattaquié à travers l’Irak et la Syrie. Pour mener à bien ce projet interrompu par la guerre de Syrie, il est nécessaire de compléter quelques kilomètres de routes en Irak et 3% de la toile en Syrie. La Russie et l’Iran ont un trafic maritime à travers la mer Caspienne. Par conséquent, rien n’empêche Moscou de rejoindre ce corridor de transport.

La base militaire iranienne à Lattakia augmente le risque d’agression israélienne et américaine dans la région. Mais se quereller dans cette situation avec Téhéran pour le bien des États-Unis et d’Israël coûtera beaucoup plus cher à la Russie.

 

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