Archives pour la catégorie ACTUALITE INTERNATIONALE.

Des convois militaires de lutte CBRN russes en Italie

jeudi, mars 26, 2020

Strategika 51

 ΠΆΝΤΑ ῬΕΙ͂…

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Des convois militaires de lutte CBRN russes en Italie

Des scènes totalement inconcevables il y a un mois: des convois militaires russes emportant des équipes et du matériel de lutte contre les menaces CBRN (Chimiques, Biologiques, Radiologiques et Nucléaires) sur les autoroutes italiennes en direction du Nord de la péninsule.

L’abandon de l’Italie par l’Union européenne et l’Otan a forcé le gouvernement italiens de demander l’assistance de la Chine, Cuba et la Russie.

En Espagne, Madrid a officiellement demandé l’aide humanitaire de l’Otan. Un abandon de l’Espagne à son sort achèvera la plus vieille alliance militaire contemporaine. La crise du COVID-19 a déjà pulvérisé le mythe de l’Union Européenne et dévoilé l’extrême faiblesse intrinsèque de pays comme la Grande Bretagne et la France.PublicitésPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS ADPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS AD

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Le crépuscule des contours d’un monde inconnu

jeudi, mars 26, 2020

Strategika 51

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Le crépuscule des contours d’un monde inconnu

Nous vivons des temps fort étranges. La France et le reste des pays de la coalition internationale hormis les États-Unis et la Grande-Bretagne, ont décidé de rapatrier dans l’urgence absolue leurs forces d’Irak tandis que le Venezuela est en train d’envoyer des équipes de médecins militaires en Italie.

La vision de convois militaires russes entre Rome et Bergame a suscité la stupéfaction d’un très grand nombre d’analystes Atlantistes. Ces derniers sont tombés de très haut et n’ont pas su ou voulu saisir le bouleversement stratégique mondial en cours depuis au moins une décennie de guerres hybrides désastreuses pour le monde dit « libre ».

C’est en Afghanistan et au Yémen, deux pays très pauvres et ravagés par la guerre, que s’est joué et se joue encore une partie fort étrange où l’empire est en train de subir son fiasco majeur.

La crise du COVID-19 ne sera probablement pas aussi grave que celle, cataclysmique, du système économique mondial tel qu’il a été conçu en 1945, puis renforcé en 1973 avant de connaître des crises systémiques majeures en 2001 et surtout celle de 2008. Cette fois-ci le seul échappatoire possible du neolibéralisme est paradoxalement le recours à l’Etat, aux subventions publiques et aux nationalisations. En filigrane, le renforcement de l’Etat policier fondé sur le nouveau système du mercenariat, les nouvelles technologies de l’information, la manipulation et la cybernétique, assurera plus de restrictions des libertés et un contrôle absolu sur la vie des individus.

La Chine a amorti la crise du COVID-19 grâce à d’immenses sacrifices que très peu de pays dans le monde sont prêts à consentir sans un début d’implosion. Ce pays millénaire a non seulement encaissé le premier coup d’un nouveau type de guerre hybride à grande échelle impliquant des vecteurs biologiques et chimiques mais tente maintenant de repartir à l’assaut en se basant sur une philosophie totalement contraire à celle de l’empire. Dans la continuité de ses routes et de sa ceinture économiques ou ce que l’on a appelé les nouvelles routes de la soie, les chinois tentent de démontrer qu’ils opposent la solidarité et l’entraide aux guerres pour le profit et le pillage économique de l’empire du soleil couchant. La symbolique est forte. Les chinois semblent adresser un message en clair aux élites de l’Etat profond US. Plus rien désormais ne sera plus comme avant.

C’est la fin de l’ancien monde. Le Nouvel Ordre Mondial annoncé par les Bush père et fils en 1989 et 1992 est totalement anéanti sans que la Chine ou la Russie aient eu recours à une confrontation globale lourde de conséquences pour l’ensemble de la planète. Depuis 2011, la Russie a fait tout ce qui était possible pour éviter une escalade militaire sur un nombre croissant et souvent fort sensibles de points chauds dont un situé sur les marches occidentales de la vieille Russie. La Chine a fait le dos rond à presque toutes les provocations en mer de Chine, en péninsule de Corée, au Tibet, au Xinjiang et finalement à Hong Kong. On peut critiquer autant que l’on veut la Chine et la Russie et ces deux grands pays ne sont point exempts de critiques mais force est de constater qu’ils ont fait preuve d’une maturité et d’un sang-froid ayant pu éviter à la planète une déflagration infiniment plus violentes et meurtrière que les deux précédentes guerres mondiales de 1914-1918 et 1939-1945.

La violence sans limite d’un empire bâti sur le pillage et la violence aveugle sous couvert de « valeurs universelles » s’achève. Nous entrons dans une nouvelle où un monde inconnu nous attend. La phase à venir ne sera pas aisée car des centaines de millions d’humains répugnent le changement et sont formatée à le rejeter d’emblée, parfois avec violence. Rien ne sera plus comme avant.

Strategika 51 vous a accompagné depuis les premiers soubresauts de la guerre hybride par l’ingénierie sociale du chaos, le soulèvement et les coups d’Etat ont commencer à ravager la région centrale du monde en 2011. Il vous accompagnera également dans la nouvelle phase qui s’annonce par le confinement de près de deux milliards d’êtres humains et l’arrêt de l’économie réelle dans près de 70 pays de la planète. Tout est désormais possible.

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Qui sont les supplétifs syriens de la Turquie ? (1/2)

Qui sont les supplétifs syriens de la Turquie ? (1/2)

Edgar VAUQUELIN 22 novembre 2019 Proche et Moyen-OrientSituations décryptéesSujets chaudsSyrieSyrieTurquie Leave a comment

Entre août 2016 et octobre 2019, la Turquie a mené trois opérations militaires d’envergure en Syrie. L’objectif principal était de repousser le plus loin possible de sa frontière les Forces démocratiques syriennes. Cette coalition arabo-kurde alliée des Occidentaux a aidé à vaincre Daech en Syrie. Elle est menée par les Unités de protection du peuple (YPG), ennemi désigné d’Ankara sur le théâtre syrien. En effet, la Turquie leur reproche leur affiliation au PKK, organisation politique kurde qu’Ankara considère terroriste.

Au cours de ses incursions en Syrie, l’armée turque a ainsi pu compter sur le soutien de groupes rebelles syriens. Ces derniers ont assuré pour elle le rôle de supplétifs. Ces groupes pro-turc étaient rassemblés au sein de deux coalitions, le Front national de libération et l’Armée nationale syrienne. Elles ont annoncé leur fusion en octobre dernier. Bien qu’il soit impossible de traiter de ces groupes de façon exhaustive étant donné leur diversité, nous pouvons en distinguer deux types : ceux issus de l’ASL et ceux proches du djihadisme.

Partie I : Les groupes issus de l’Armée syrienne libre

Supplétifs syriens de la Turquie
Le major Yasser Abdel Rahim, chef du groupe Faylaq al-Cham, en octobre 2015.

Formée en juillet 2011, l’Armée syrienne libre (ASL) constituait la principale force d’opposition au régime d’Assad au début du conflit. Des groupes plus radicaux l’ont ensuite supplantée. Les groupes qui en sont issus, combattant aujourd’hui aux côtés de l’armée turque, représentent un éventail idéologique extrêmement large.

Après la perte de leur bastion d’Alep-est, reconquis par les forces loyalistes en 2016, les groupes de l’ASL ont retrouvé du service avec les opérations Bouclier de l’Euphrate et Rameau d’olivier, menées par la Turquie au nord de la Syrie entre 2016 et 2018. Ce nouvel engagement, dicté en grande partie par l’opportunisme, a conduit ces supplétifs à délaisser le combat contre le régime, au profit des intérêts de leur parrain turc, qui les arme, les forme et les finance.

Les chiffres sur le nombre de combattants au sein de l’Armée nationale syrienne varient en fonction des sources. L’on estime qu’ils seraient entre 50 000 et 110 000 hommes, en comptant les groupes proches du djihadisme. Il faut cependant considérer ces chiffres avec précaution. L’on peut de plus dégager deux tendances parmi ces forces dites « modérées » : les groupes arabes, pouvant être tant laïcs qu’islamistes, et les groupes turkmènes.

Groupes rebelles arabes

Il n’existe pas d’unité idéologique au sein des forces rebelles arabes. La guerre menée par la Turquie contre les Forces démocratiques syriennes est en effet l’occasion pour des groupes rebelles ayant connu la défaite dans d’autres régions du pays de prendre une forme de revanche. Parmi les groupes les plus importants, on peut citer notamment Faylaq al-Cham, constituant le bras armé des Frères musulmans syriens. Le groupe comptait entre 8500 et 10 000 combattants en septembre 2018. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, c’est l’un des groupes rebelles les plus importants au nord de la Syrie.

C’est à cette époque que, dans la logique de l’accord russo-turc sur la poche rebelle d’Idlib, le groupe acceptait de quitter ses positions dans la zone démilitarisée prévue par ledit accord, preuve de l’influence de la Turquie sur le groupe. La tendance Frères musulmans est donc représentée au sein des rebelles pro-turc, bien qu’elle soit loin de constituer un vecteur commun à l’ensemble des forces arabes sunnites.

Groupes turkmènes en Syrie

Les combattants d’origine turkmène constituent l’autre tendance importante. La Syrie compte historiquement une minorité ethnique turkmène, en grande partie turcophone et proche de la culture turque. Cela explique la présence de groupes de combattants dont l’idéologie est souvent proche du néo-ottomanisme. Ces groupes, qui défendent la particularité culturelle de leur minorité, constituent donc des alliés naturels pour Ankara. Le plus important d’entre eux est sans doute la Division Sultan Mourad. Créée en mars 2013, elle tire son nom de Mourad II, sultan ottoman au XVe siècle. Après avoir été très actif dans la bataille d’Alep, le groupe participe en août 2016 à la prise de la ville de Jarablous, à la frontière turco-syrienne, par les forces turques.

Les groupes turkmènes, dont les noms font souvent référence à des figures emblématiques de l’Empire ottoman, communiquent largement sur les réseaux sociaux. Leurs membres s’y affichent alors en faisant de la main le signe de ralliement des Loups gris, organisation d’extrême-droite turque. En effet, ces groupes, qui comptent parmi leurs membres des combattants étrangers venus de Turquie ou d’Asie centrale notamment, sont souvent proches du nationalisme turc.Share

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About Edgar VAUQUELIN

Edgar Vauquelin est étudiant en Master 2 science politique à l’IEP d’Aix-en-Provence. Il s’intéresse à la géopolitique du Moyen-Orient, notamment aux groupes armés non-étatiques et au facteur religieux dans la politique de la région

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/situations-decryptees/42171-qui-sont-suppletifs-syriens-turquie-1.

T.C.-82 : Panique montant à bord

T.C.-82 : Panique montant à bord

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   samedi 16 novembre 2019

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T.C.-82 : Panique montant à bord

16 novembre 2019 – Commençons par ce qui semblerait le plus “anecdotique” si l’on en croit la narrative-Système du-jour (car il y a toujours, désormais, plusieurs narrative-Système sur le mêtier), c’est-à-dire l’affaire Epstein… Drôle de coïncidence, en effet : après être ressorti du silence éternel le  7 novembre  avec le cas de ABC (Disney) qui a étouffé pendant quatre ans les révélations de sa journaliste Amy Robach sur Epstein, voilà que cette affaire ressort à nouveau, comme on rebondit, par trois voies bien différentes, zombieSystème et antiSystème mêlés…

• Le Palais de Buckingham (la brave et tenace Élisabeth II elle-même) a “autorisé”, c’est-à-dire ordonné au Prince Andrew, duc d’York, de donner une interview sur son implication dans la crise-Epstein. La chose est diffusée ce jour (ce soir) sur la fidèle BBC, et tout le monde en  connaît déjà  le contenu. Même Gala, qui tresse des couronnes à la Reine comme il va de soi, est une source acceptable sur le cas. Entretien d’un intérêt du type “pour les nuls”, en-dessous de nul : Andrew nous dit donc qu’il regrette chaque jour, brave homme, ses relations avec Epstein dont il ignorait la noirceur profonde de son caractère, qu’il se maudit d’avoir si légèrement donné son amitié, qu’il n’a aucun souvenir de photos, sans doute montage malveillant, de lui avec des gamines pubères ou à peine adolescentes sinon déjà bien-faites, que ce n’est certainement pas son genre, etc.

• Indirectement en direct du Congrès des États-Unis, le 13 novembre, le parlementaire républicain de la Chambre Paul Gosar avait tweeté “Epstein didn’t kill himself” (ce qui était déjà une affirmation de Rybach, d’ABC [voir plus haut], une semaine auparavant, en même temps qu’une appréciation universellement répandue quelques jours après la mort d’Epstein, y compris  dans les colonnes du Washington Post). Le tweet a fait le tour du Système et a soulevé une vertueuse colère chez les démocrates de plus en plus danse de St-Guy, réussissant l’exploit d’en faire un  appel au fascisme :

« La [presseSystème] et les politiciens démocrates ont affirmé leur opposition furieuse au message, le qualifiant de “manœuvre de fasciste” pour recruter des [antiSystème] et substantiver une “théorie de la conspiration d’extrême-droite”. “Nous allons avoir besoin de réfléchir à la façon de combattre cette attaque”, a tweeté un démocrate. »

• Enfin, il y a Assad, qui ne cesse désormais de répondre aux demandes d’interview, essentiellement sinon exclusivement russes. Après RT, c’est Sputnik et Rossiya-24 qui ont obtenu une interview commune le 14 novembre. Le président syrien se montre très disert à propos… d’Epstein, et  disant ceci :

« Il y a quelques semaines, le milliardaire américain Jeffrey Epstein a été tué. Et ils ont dit qu’il s’était suicidé en prison. Mais il a été tué parce qu’il connaissait beaucoup de choses secrètes sur des personnalités importantes de certains gouvernements, entre autres britannique et américain, et probablement d’autres pays. »

N’est-ce pas étrange, intrigant et significatif à la fois que le Prince Andrew et le Palais de Buckingham, un parlementaire républicain de la Chambre, enfin le président Assad dit “le boucher de Damas”, nous entretiennent en même temps du cas Epstein ? Mais noter cela, surtout après l’affaire Disney-Epstein du 6-7 novembre, c’est faire du complotisme pour recruter des fascistes, ou bien l’inverse. “Complotisme” encore, bien entendu, lorsque Assad, décidément en verve, développe un propos similaire à celui qu’il donne concernant Epstein, cette fois à propos de la mort, – mystérieuse dit-on, “tombé par la fenêtre” de son appartement, en Turquie, – de James Le Mesurier ; celui-ci, officier du MI6 et fondateur des “Casques blancs”, reconnus comme un outil de qualité pour les falseflag et l’action humanitaire tournée selon le script-Système… Assad, enchaînant là-dessus sur d’autres morts incertaines, Bagdhadi, ben Laden, etc. peut-être…

« Assad a laissé entendre que le décès du délinquant sexuel condamné était analogue à celui du fondateur des Casques blancs, James Le Mesurier, qui aurait sauté par la fenêtre de sa maison en Turquie, plus tôt cette semaine. La police turque considère la mort de Le Mesurier comme un suicide.
» “Ils sont devenus un fardeau une fois qu’ils ont joué leur rôle. Un besoin urgent de les éliminer est apparu après qu’ils aient rempli leur rôle.”
» Assad ne parlait pas seulement d’Epstein et de Le Mesurier, mais aussi d’Oussama ben Laden, chef d’Al-Qaida, – formé à l’origine par la CIA pour combattre l’Union soviétique en Afghanistan, – et Abu Bakr al-Baghdadi, chef de l’État islamique [Daesh], qui a été détenu par les Américains dans les prisons du célèbre camp Bucca et Abu Ghraib en Irak. Tous ces gens “ont été tués principalement parce qu’ils connaissaient des secrets d’une considérable importance”, a affirmé le dirigeant syrien. »

Interrogé sur les appréciations d’Assad concernant la mort de Le Mesurier, la porte-parole du ministère russe des affaires étrangères Maria Zakharova a simplement remarqué que personne n’était mieux placé que lui, le président syrien ami de la Russie, pour apprécier l’événement, tant la situation de la mort de Le Mesurier est « proche de la situation sur le terrain », en Syrie. Il faut noter encore que la même Zakharova, qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui a une longue expérience des relations avec la presse selon le système de communication tel que le manie le bloc-BAO (elle fut porte-parole de la délégation russe à l’ONU), commentait le 7 novembre, après l’éclat public de l’affaire ABC (Disney)-Epstein, que le milliardaire de la catégorie pédo-milliardaire devait être (lui aussi) au courant de “secrets d’une considérable importance”.

Il semble assez logique d’envisager qu’il y ait eu concertation entre les Russes et Assad pour former une sorte d’offensive de communication profitant de divers événements d’une manière qui n’exclut pas une connaissance de certains programmes ou projets, y compris pour des éliminations type-CIA. Dans tous les cas, voici Assad qui parle à RT.com le 10 novembre comme on a pu l’entendre, pour notamment donner son appréciation sur le comportement erratique sinon entropique des USA dans l’utilisation de leurs forces armées ; puis le voici qui parle à nouveau, toujours pour des réseaux russes, le 14 novembre. Entretemps Le Mesurier s’est “suicidé”, ou bien s’est un peu trop penché à la fenêtre de son appartement comme vous et moi ; et Assad relie aussitôt la mort de Le Mesurier à celle d’Epstein, dont nous avions eu un rappel le 6-7 novembre avec l’affaire ABC-Epstein, et à celles d’autres personnages à l’existences et aux statuts tourmentés, également disparus. 

Il y a donc une succession de morts énigmatiques, avec Epstein, Bagdhadi et Le Mesurier, tandis qu’Assad nous explique que si la mort de Le Mesurier est due à l’action d’un service de renseignement “étranger”, il s’agit évidemment de la CIA puisque tous les soi-disant “services de renseignement étrangers” qui peuvent être impliqués dans cette affaire, comme celui de la Turquie où résidait Le Mesurier notamment, ne sont rien d’autre que des extensions de la CIA. A comptabiliser tout cela, en y ajoutant l’intervention d’Andrew duc d’York sur injonction de Buckingham, et dans une manière proprement ridicule qui sent son improvisation, les réactions hystériques du “parti de la destitution” à “D.C.-la-folle” qui est aussi le parti des Clinton avec leurs “secrets d’une considérable importance” parce qu’un parlementaire républicain a tweeté “Epstein didn’t kill himself”, on a plutôt l’impression qu’une certaine panique est en train de s’emparer du Système dans toutes ses ramifications dont certaines s’affrontent entre elles. On a observe qu’il y a la possibilité de liens entre ces différents événements, comme si l’on faisait le ménage en vitesse ; mais plus que “des liens” d’ailleurs, qui sont évidents et évidemment complotistes, il y a comme une sorte d’état d’esprit collectif commun à tous ces événements, qui fait en sorte qu’on se sent autorisé à parler de cette “certaine panique” comme d’un état de l’esprit qui serait essentiellement un mouvement collectif, répondant à une perception également collective.

On pourrait même, pour couronner le tout ou envelopper le cadeau d’un somptueux emballage, placer l’intervention de Macron avec The Economist à propos de l’OTAN, de la Turquie et de Trump, comme un autre facteur de cette “certaine panique” qui ressortirait alors d’un mouvement de déstabilisation psychologique général, qui commencerait à toucher les divers acteurs du Système dont certains s’affrontent furieusement, dont certains jouent franchement un jeu antiSystème à l’occasion et pour telle ou telle occasion. On trouve trace de de cet état de l’esprit dans l’allure et les mots de Trump et d’Erdogan, les deux retrouvant une espèce de complicité qui ne trompe personne ni eux-mêmes d’ailleurs, pour écarter, – on ne dira même pas “condamner”, – les propos de Macron mettant en cause la Turquie et les USA dans la cause de son “interrogation” générale sur les promenades “mentales” de l’OTAN. Cette allure et ces mots Trump-Erdogan semblaient être de pure circonstance d’une part, d’autre part ils mesuraient l’embarras où se trouvent les uns et les autres devant le jeu inattendu du Français qui semble avoir retenu certaines confidences, sinon certains jugements, de ses rencontres et entretiens récents avec Poutine.

(On manque rarement l’occasion, lorsqu’on parle de ces récentes déclarations de Macron, dans les canaux qui se placent dans l’ambition d’une stratégie européenne de la part de la France, d’ajouter aux propos incendiaires sur l’OTAN ce qu’a dit le président français de la nécessité de meilleures relations avec la Russie. Comme si ceci constituait une éventuelle alternative à cela, – c’est dans tous les cas ce que concluront nécessairement les analystes de la CIA, puisque de toutes les façons ils ont toujours pensé dans ce sens durant un demi-siècle… Ils le concluront en lisant la conclusion de Dominique Trinquand, ancien chef de la représentation militaire française à l’OTAN, dans l’interview qu’il a donnée le 15 novembre à Spoutnik-français : « Je pense aussi qu’à terme, il faut réfléchir à la défense de l’Europe avec des implications stratégiques importantes. Je pense aussi qu’il faut réfléchir, comme ça a été fait il y a 15 ou 20 ans, mais probablement mal, à associer la Russie à la réflexion sur la défense de l’Europe. Ça ne veut pas dire qu’il y aura un commandement intégré, mais qu’il faut développer une vision commune. »)

Ce qui nous frappe, dans ces divers constats, références, extraits de déclarations, etc., c’est l’intégration qui est faite d’événements et de personnages de milieux et de champs d’activités très différents, mais tous à l’intérieur du Système, qui d’habitude semblent n’avoir aucun lien de communication entre eux et qui sont rassemblés pour cette occasion. Lorsqu’Assad parle des morts de Le Mesurier, d’Epstein, de Bagdhadi et de ben Laden, il mêle des milieux aussi différents que la jet set et ses perversités, c’est-à-dire le crime organisé d’une façon ou l’autre, le monde des organisations dites “non-gouvernementales” et bien entendu soutenues en sous-main par tant de gouvernements (“les Casques Blancs” de Le Mesurier), le terrorisme islamiste depuis les origines de la fin des années 1970, les activités diverses qui lui sont liées dont le trafic international de drogue n’est pas la moindre, impliquant là aussi le crime organisé, et ainsi de suite. 

Tout cela est plaqué sur les secousses formidables qui brinqueballent actuellement le Système dans son ontologie même : l’état des relations transatlantiques par rapport à l’“option russe” (“option” de la guerre ou de la coopération), et surtout l’extraordinaire partie qui se joue à Washington entre la crise de la destitution et celle des élections présidentielles USA-2020 (puisqu’il est acquis pour nous que cette campagne présidentielle est d’ores et déjà une crise).

https://www.dedefensa.org/article/tc-82-panique-montanta-bord

Un coup, un mort et une route

Un coup, un mort et une route

12 Novembre 2019

A peine notre dernier billet sur le recul impérial en Amérique latine était-il publié que la Bolivie était le théâtre d’un coup d’Etat qui fleure bon la CIA. Les ressemblances avec le Maïdan ukrainien sont d’ailleurs assez frappantes : un président quelque peu naïf, une opposition violente, liée à Washington, des pontes de la police et de l’armée qui trahissent leur gouvernement et retournent leur veste, une chasse aux sorcières qui débute…

Un coup d’Etat, donc ? Oui mais… Ce blog se doit avant tout d’être objectif et il faut reconnaître que l’ami Evo n’est pas non plus blanc comme neige. Personne n’a bien compris pourquoi le comptage des voix a soudain été arrêté pour finalement désigner Morales gagnant alors qu’il n’était qu’en ballotage favorable. Certaines vidéos montrent que ses partisans n’avaient rien à envier non plus à l’opposition sur le plan de la violence. Plus généralement, on peut difficilement contester que la Bolivie, y compris parmi sa propre base électorale, était lasse d’un président qui s’accrochait de plus en plus au pouvoir.

C’est lui-même qui, en 2009, avait inscrit dans la Constitution la limitation à deux mandats présidentiels. Pourtant, il se présentait là pour la quatrième fois ! Il avait déjà fait un tour de passe-passe en obtenant de la justice que son premier mandat (2006-2010) ne soit pas pris en compte. Puis, en 2016, il a perdu le référendum l’autorisant à se représenter mais une nouvelle et commode décision de justice a purement et simplement annulé le résultat du vote ! Dans un remake digne de l’euronouillerie, le tribunal a considéré que briguer une fonction est un droit de l’homme supérieur à la Constitution ou au résultat d’un référendum. Bref, vous l’aurez compris, Evo a quand même donné le bâton pour se faire battre…

Géopolitiquement, qu’est-ce que ça nous donne ? Pas grand chose à vrai dire. La Bolivie de Morales était une voix anti-impérialiste assumée mais, petit pays, elle n’a jamais beaucoup pesé sur la scène internationale. Comme nous le disions il y a trois jours, la perte de l’Argentine et la tangente prise par le Brésil, les deux poids-lourds du continent, sont autrement plus dramatiques pour Washington que le gain éventuel, somme toute modeste, de la Bolivie. Chose très intéressante, le Brésil a ouvert son espace aérien à l’avion d’Evo qui rejoignait l’exil mexicain. De quoi s’interroger, du côté de DC la Folle, sur les véritables intentions de Bolsonaro qui a d’ailleurs eu des paroles inhabituellement modérées  concernant les événements boliviens.

A 10 000 kilomètres de là, lundi, un curieux personnage a été retrouvé mort près de son appartement d’Istanbul. Accusé avec vraisemblance par Moscou d’être lié aux services secrets britanniques, James Le Mesurier était le fondateur des sinistrement célèbres Casques blancs, proches des barbus modérément modérés et spécialistes ès false flag chimiques.

A-t-il été liquidé par ses parrains parce qu’il en savait trop ? Son élimination faisait-elle partie de l’accord russo-turc sur le Nord syrien ? Est-ce un simple accident ? Pour l’instant, mystère…

Rien d’étrange en revanche devant l’inexorable avancée des Nouvelles routes de la Soie. Les derniers accords en date concernent la Grèce et une foule de contrats signés pour faire du pays de Périclès l’une des portes d’entrée vers l’Europe. Cette branche du réseau eurasien passe par le port du Pirée, déjà partiellement chinois et dont la croissance vertigineuse depuis quelques années en fera bientôt le premier port méditerranéen.

Les autres voies de la Soie ne sont pas en reste, comme en Asie centrale où l’influence économique du dragon est impossible à concurrencer. La blague locale est d’ailleurs cruelle pour l’UE : « Personne ne peut refuser l’offre chinoise, personne ne peut comprendre l’offre européenne ». En Russie, c’est un monumental pont qui verra le jour sur la Volga, afin d’écourter la route entre l’empire du Milieu et le Vieux continent. Brzezinski et McCain sont heureux de ne plus être là pour constater le désastre…

Tag(s) : #Amérique latine#Moyen-Orient#Chine#Europe#Etats-Unis

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/11/un-coup-un-mort-et-une-route.html

Relations internationales et antagonismes idéologiques

Relations internationales et antagonismes idéologiques

Posted on 4 novembre 2019 by  admin

Le Billet du lundi du 04/11/2019, par Pierre de Lauzun*

A côté du schéma des relations internationales classique depuis les traités de Westphalie, fondé sur des rapports entre entités plus ou moins souveraines, d’autres facteurs sont régulièrement venus colorer ces relations. On peut citer ici les conflits de civilisations chers à S. Huntington, bien qu’historiquement on trouve peu d’exemples où un conflit significatif oppose ce qu’on peut décrire comme deux aires de civilisation (voir un billet précédent). Même si des différences culturelles profondes ont souvent contribué à renforcer les antagonismes et à les radicaliser : les conflits étaient et sont en général d’abord des conflits entre puissances. Ce n’est que dans le cas de l’Islam que ce terme pouvait acquérir plus de vraisemblance, dans son opposition avec le monde chrétien d’un côté, le monde hindou de l’autre. Mais justement l’Islam est spécifique par l’association étroite qu’il fait entre religion et politique, et donc sa proximité potentielle avec une idéologie politique. 

Cela nous conduit à mettre en lumière une autre type d’opposition, plus caractéristique de l’époque moderne au sens large, qui sont les conflits idéologiques. La guerre froide vient immédiatement ici à l’esprit, mais la seconde guerre mondiale dans une très large mesure aussi ; voire la première, du moins si on prend au pied de la lettre la propagande de l’époque. Comme si, à l’époque démocratique tout particulièrement, il fallait justifier les conflits par autre chose que les simples oppositions de puissance : par des oppositions entre un bien et un mal, moyennant bien sûr simplification éventuellement caricaturale de la réalité. Cette opposition idéologique n’oblitère évidemment pas la dimension de conflit de puissance, évidente dans tous ces cas, mais elle lui donne une caractère et une intensité toutes particulières ; elle peut en outre orienter les décisions prises, du fait de sa logique propre. C’est cette époque qu’on a pu croire un bref instant terminée en 1991 avec la fin de l’URSS.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Apparemment la domination de ce qu’on peut appeler l’idéologie occidentale, est considérable sinon massive : elle donne sa substance au discours international de tout côté, depuis les débats de l’ONU jusqu’aux argumentaires donnés par les faucons américains, en Iraq et ailleurs. Idéologie utilisée abondamment pour justifier des politiques, et notamment des interventions ici ou là, militaires ou non. Mais sans qu’il y ait désormais un adversaire idéologique clair. 

Les tentatives pour dresser une protestation, ou un début d’alternative, sincère ou pas, contre cette idéologie dominante sont timides et locales. C’est même vrai dans le cas de l’islamisme, sous ses différentes formes. Certes il représente un phénomène majeur. Soit comme prétexte à intervention, soit comme boutefeu, il peut jouer un rôle important dans les évènements. Mais il ne se situe pas à ce stade au niveau des grands rapports de force entre puissances, car il faudrait pour cela qu’une vraie puissance l’incarne. Sur la scène internationale il s’exprime en fait surtout sous la forme spécifique du terrorisme, dont la connexion avec de vraies puissances reste limitée. Certes un certain islamisme militant est revendiqué sous des formes diverses et souvent antagonistes par l’Arabie saoudite, l’Iran, et d’autres comme de plus en plus la Turquie. La première répand sa version rigide et extrême de l’Islam, à coups de dizaines de milliards, depuis plus de 50 ans (avec ses amis ou rivaux du Golfe), mais sans fédérer un véritable camp structuré comme tel. L’éventail de ses amis est pour le moins éclectique. Le second a su rassembler et mobiliser les communautés chiites dans un arc traversant tout le Moyen Orient, qui a actuellement le vent en poupe, mais sans sortir de ce cousinage par nature limité. Le chiisme reste fort peu missionnaire. La Turquie, importante comme puissance régionale, est peu suivie comme leader et reste à dominante nationaliste. Dans les faits donc, même si l’idéologie conditionne ces antagonismes et d’autres, le conflit de puissances reste prépondérant au niveau des relations de pouvoir. Reste que la résurgence indéniable de l’islamisme est un fait géopolitique majeur, qui peut l’être plus encore à l’avenir, si elle conduit à une modification suffisante des équilibres internes, et par là des priorités des pays concernés. C’est donc dans la patte humaine des pays musulmans qu’est l’enjeu, avant les relations internationales entre puissances. 

Une autre source majeure d’alternative idéologique, potentiellement plus massive et plus significative, est l’évolution possible de la Chine. Au stade actuel, l’ancien antagonisme entre marxistes et occidentaux ne joue plus de rôle significatif au niveau mondial. Mais la Chine reste fondée sur des principes indéniablement différents et antagonistes de ceux qui constituent la doxa internationale, notamment américaine. A ce stade, cela ne prend pas chez elle la forme d’un programme idéologique conquérant. On peut même avancer que sa situation idéologique interne n’est elle-même pas stabilisée : il est clair que le régime cherche une justification à ce niveau, mais pour réussir il faudrait que cela prenne une forme différente et surtout plus élaborée. Elle pourrait tourner autour de l’idée actuellement latente d’un régime « éclairé », possédant une vision à long terme, qui est dégagée et mise en œuvre par des élites intellectuelles et sociales elles-mêmes sélectionnées à partir du peuple par le tamis du parti : on mêlerait ainsi une certain héritage léniniste plus ou moins maoïste (cher au président chinois actuel) avec des éléments de confucianisme récupéré (l’idée ancienne d’une élite supposée vertueuse au service du peuple, mue par le culte de la moralité publique). Mais la formalisation théorique de cela reste à ce stade limitée et déficiente, et non exportable. 

A ce stade donc la Chine n’est pas mûre pour jouer un rôle international significatif à ce niveau, même si dans son mode d’intervention on voit l’impact de la différence avec les pays occidentaux, notamment dans son indifférence affichée à toute « démocratisation » dans les pays qu’elle aide. Ajoutons que la tradition chinoise séculaire était plus introvertie que messianique ; même si la Chine ancienne avait progressivement assimilé des zones vastes, grâce à son modèle culturel et politique attractif pour ses voisins ou les pays dominés. Mais outre qu’elle n’a plus cette puissance d’attraction à ce stade, sous cette forme cela ne donnerait de réponse que pour les pays de son environnement immédiat, culturellement proches (Japon, Corée, Vietnam) – et ce n’est en rien le cas actuellement. En bref la Chine actuelle commence à faire sentir sa puissance, mais elle rayonne bien plus par son pragmatisme que par son modèle ou ses idées. Elle n’a en outre aucune expérience historique des relations de puissance. Mais le temps travaille pour elle. Et à terme, on ne peut pas exclure qu’elle construise un modèle alternatif plus puissant, idéologiquement rival du modèle américain ou occidental. On peut par ailleurs trouver dans la tradition chinoise ancienne, si elle est quelque peu revisitée, un modèle politique fort, et même des motifs à interventionnisme, y compris sur base moralisante ; ainsi chez Mencius, successeur principal de Confucius, qui justifiait la guerre s’il s’agit d’éliminer des « tyrans » opprimant leur peuple. La situation reste donc mouvante et pourrait nous surprendre. 

D’autres sources encore peuvent émerger à terme long : pensons à une civilisation ancienne comme celle de l’Inde, désormais en voie d’affirmation politique elle aussi. 

Mais il n’est pas inintéressant de considérer un autre cas beaucoup plus d’actualité, quoique bien moins dramatique que les exemples cités : celui des populismes. Bien entendu les mouvements ou personnages classés comme tels sont censés faire partie du monde des démocraties à l’occidentale. En outre, ils sont hétérogènes, et ne constituent ni un front ni même une alliance. Rien ne dessine à ce stade un antagonisme d’ensemble entre eux et les autres régimes se disant démocratiques. Néanmoins la manière dont ils sont perçus, tant par les médias que par la diplomatie de ces autres pays, présente des traits caractéristiques, où la dimension idéologique (en l’espèce de réprobation) est manifestement prégnante : PIS polonais, Orban, Lega de Salvini, Brexiters à la Boris Johnson, personnages comme Trump ou Bolsonaro sont fondamentalement ressentis dans le discours dominant comme des anomalies moralement condamnables, dans leur discours même. On les rapproche parfois même d’un autre réprouvé comme V. Poutine, malgré les différences évidentes – mais justement ce rapprochement est symptomatique. Certes, le phénomène n’en est qu’à ses débuts, et peut faire long feu. Le succès ou l’échec du Brexit, l’avenir politique de D. Trump, l’évolution de l’Est de l’Europe ou de l’Italie seront ici des tournants importants, parmi d’autres. Certes, même si le phénomène subsiste, la possibilité d’un front de tout ou partie de ces dirigeants paraît plutôt improbable à ce stade. Mais on ne pourrait pas exclure qu’une fracture durable s’installe dans la belle unanimité antérieure, colorant alors les relations internationales de façon appréciable, vu l’importance des pays concernés. Le consensus idéologique occidental pourrait se trouver alors fortement altéré. 

*Pierre de Lauzun, membre fondateur de Geopragma

http://geopragma.fr/index.php/2019/11/04/relations-internationales-et-antagonismes-ideologiques/

Une crise financière trente fois plus puissante qu’en 2008 est imminente, mais nous sommes dans le déni (Huffingtonpost)

Une crise financière trente fois plus puissante qu’en 2008 est imminente, mais nous sommes dans le déni (Huffingtonpost)

511111 Rating 5.00 (5 Votes)Catégorie : Actualités internationales  Publication : 15 juin 2019  Mis à jour : 15 juin 2019  Création : 15 juin 2019 Écrit par folamour  Affichages : 2218fShare

Le baril de poudre financier est sur le point d’exploser. La première des choses est de dire la vérité aux Français. Qui a envie de vivre l’expérience de la voltige s’il n’en fait pas le choix ?

Bank 15 06 2019

En Grèce lors de la crise de la dette, quelques jours avant le référendum du 5 juillet 2015. Je veux dire à la crise qui arrive que nous sommes là et que nous résisterons.
Le laisser-faire est la folie qui nous conduit vers cette situation alarmante.

Les dirigeants politiques ont été et sont dans un déni total de la réalité en nous convertissant à l’argent facile de la finance de l’ombre.

Le résultat sera une fulgurante déflagration financière qui laminera des économies entières, des nations. La prochaine crise sera pire que celle de 2008 et se positionnera à 254.000 milliards d’euros.

Au travers ce qu’on appelle la crise des gilets jaunes s’exprime l’émotion, le ressenti des Français et vise à dénoncer les effets néfastes pressentis de l’argent facile. Les plus fragiles de nos concitoyens savent déjà dans leur quotidien que l’argent vaut de moins en moins.

Nous allons tous faire naufrage. Et chacun doit payer son écot à la société.

Qu’en est-il du rôle de l’Etat ? Il est devenu hyper régulateur et s’est transformé en exportateur financier.

« Les dirigeants politiques ont été et sont dans un déni total de la réalité en nous convertissant à l’argent facile de la finance de l’ombre. »

Tout dans notre économie est devenu “low” : low taux, low salaires… seule la misère ne sera pas low. Il semblerait que les chiffres des analyses aient adopté cette étrange et dangereuse tendance low.

Est-ce qu’on ne voit rien ou est-ce qu’on ne veut rien voir de l’urgence, lorsqu’on constate qu’aux Etats-Unis une hausse du déficit budgétaire de 77% par rapport à 2018 a été enregistrée. Dans les deux cas, les experts nient l’urgence et pas de réaction observée…

L’examen de la situation de la France mérite de l’honnêteté. Avec un taux de 1,5% de croissance une annonce de la reprise de l’économie est une fausse annonce. Je dénonce et affirme que la tendance est à la décroissance. L’analyse claire des chiffres montre 0,3% de croissance rêvée au premier trimestre 2019. Le chiffre de 1,5% de croissance annuelle nous parle d’une baisse par rapport à 2018 et 2017. La courbe de la trajectoire économique n’est donc pas celle de la réelle croissance que l’on nous vend.
Qu’en est-il du pouvoir d’achat qui aurait été injecté et qui aurait dû entraîner un regain de consommation ? L’effet attendu ne s’est pas produit, car dans la réalité le Français, qui le peut encore, essaie d’épargner en prévision d’un futur incertain annoncé.
La dynamique ne se crée pas et bute sur des problèmes structurels franco-français. Le taux de chômage est structurel. Les responsables politiques annoncent la reprise et les entreprises rencontrent des difficultés à embaucher. Il nous manque de l’invention, de l’innovation, il nous manque les moteurs de la relance et la confiance.

Je m’interroge et demande où est la croissance, quand on peut constater que dans le domaine du commerce extérieur le ratio français exportation sur PIB reste faible et que pour les entreprises les gains de productivité restent également incroyablement faibles.

Donc où est la croissance ? Je cherche la croissance.

Les problèmes sont tragiques, le baril de poudre financier est sur le point d’exploser.

La France doit se préparer avant l’explosion de la bulle des dettes. En sortant du déni et en parlant vrai et honnête en économie.
Je trouve scandaleux qu’en France, soient posées autant de barrières à l’initiative d’entreprendre. Il est important de faciliter le développement de l’investissement, mais il est important aussi que les entreprises participent à hauteur raisonnable à la contribution au budget de l’Etat. Il est important aussi que l’Etat opte pour de vraies économies réalistes, mais qu’il n’intervienne plus au travers de participations dans des entreprises privées.

« Tout dans notre économie est devenu “low” : low taux, low salaires… seule la misère ne sera pas low. »

La France doit se préparer sur cette base. Il faut en finir avec le surplus d’argent injecté par les banques centrales, argent qui n’arrive jamais au niveau de l’économie réelle mais dans les caisses des banques qui l’ont transformé en emprunt d’Etat.La conséquence est que les Etats ont emprunté de plus en plus et trop.

C’est la combinaison de ces deux éléments qui a créé la dette abyssale. 254.000 milliards d’euros.

Les Etats ont profité de cette situation, les entreprises et les ménages ont emprunté à bon marché. Cela s’avère être un drame.
La crise du surendettement est arrivée au niveau mondial. Pour rembourser cette dette dite publique, les Etats peuvent augmenter les revenus par le biais des impôts ou baisser les dépenses de l’Etat en diminuant les services publics. Cela pose problème. Nous nous trouvons à l’heure actuelle dans une situation où les banques centrales, les banques privées et les gouvernements se retrouvent tous liés et interdépendants. Par conséquence, lorsqu’une difficulté de quel ordre que ce soit apparaîtra, les trois partenaires seront concernés. Le présage de l’imminence d’une crise financière trente fois plus puissante que celle de 2008 affectera tous les citoyens avec une force considérable.

A ce jour environ 10% du bilan des banques est en “bons d’Etat” avec une pondération de 0% sans garantie. Les banques privées que nous connaissons ont tout intérêt à le faire car cela ne leur coûte rien en fonds propres et délivre de grasses marges.

La réglementation financière (Bale III) a réglé les dérèglements de 2008, nous sommes en 2019 et le problème est qu’il n’y a pas de réglementation contre les dérèglements de 2019. Le seul élément de réglementation qui aurait pu réduire cet appétit d’emprunt public des Etats n’a pas été proposé pour des raisons purement politiques. Pour exemple les dettes de l’Etat américain ont augmenté de 77% sur les 3 premiers mois de cette année. A mon avis, cela va encore faire augmenter aux Etats-Unis le coût des emprunts et entraîner la finance mondiale dans une spirale mondiale. Dès que les Etats-Unis seront en récession, c’est le monde entier qui sera en difficulté dont l’Europe et la France avec un effet direct sur la consommation des ménages.

Alors que faut-il faire ?

La première des choses à faire est de dire la vérité. La vérité aux Français, oui, elle leur est due par respect, par respect de leur travail aussi.
L’heure n’est plus au silence, l’heure n’est plus aux mensonges. L’heure est venue d’apprendre à reconnaître les erreurs. Nous nous trouvons au bord du précipice, lequel d’entre nous a envie de vivre l’expérience de la voltige s’il n’en fait pas le choix ?

« Il faut en finir avec le surplus d’argent injecté par les banques centrales, argent qui n’arrive jamais au niveau de l’économie réelle mais dans les caisses des banques qui l’ont transformé en emprunt d’Etat. »

Il y a urgence à adopter une série de mesures imposées. Elles devront être équitables.
A ce stade il est important de souligner que les entreprises ne paient quasiment pas d’impôts et c’est pourquoi la participation des entreprises au budget de l’Etat reste proportionnellement trop faible. Il faudra donc en urgence remonter ce taux de participation, en revanche il faut faire diminuer au plus vite les charges sociales qui elles sont indécemment trop élevées.

En ce qui concerne la tension française entre les riches et les pauvres (y compris la classe moyenne), il faut recréer l’équilibre de participation privée à la bonne marche de la nation en créant une tranche supplémentaire pour les salaires annuels de plus d’un million d’euros.

La combinaison de ces deux éléments permettra rapidement de remonter les revenus de notre Etat et de le libérer progressivement de sa dette.

Un élément fondamental sera le désengagement de l’Etat du secteur privé pour n’agir que sur le cadre économique et non l’impliquer directement au travers de participations dans des entreprises.

La responsabilité des hommes de bien qui savent est engagée. C’est par leur inaction que la bulle financière explosera.

Source(s) : Huffingtonpost.fr via Contributeur anonyme

https://www.crashdebug.fr/international/16139-une-crise-financiere-trente-fois-plus-puissante-qu-en-2008-est-imminente-mais-nous-sommes-dans-le-deni-huffingtonpost

LA RUSSIE VA-T-ELLE SE BATTRE AVEC ISRAËL POUR L’IRAN?

LA RUSSIE VA-T-ELLE SE BATTRE AVEC ISRAËL POUR L’IRAN?

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16.04.2019

Alors que certains journalistes recherchent les causes de l’incendie de Notre-Dame de Paris, alors que d’autres s’inquiètent du sort de Julian Assange publié par l’ambassade équatorienne, une autre raison d’une grande guerre est apparue au Moyen-Orient. À partir d’octobre de cette année, l’Iran louera un port à Lattaquié à la Syrie et construira une base pour la marine. La décision a été prise lors de la rencontre de Bachar Assad avec Hassan Rouhani en février à Téhéran.

Je dois dire que l’Iran est déjà fort en Syrie, il a environ une douzaine de points forts et environ 12 mille militaires. Mais s’il acquiert une base sur la côte est de la Méditerranée, l’Iran ne sera tout simplement pas arrêté. Quelque chose comme cela, ces mouvements sont perçus en Israël, où la République islamique est considérée comme « l’ennemi numéro un ».

Menace pour la Russie?

Le problème est que les Iraniens vont construire leur base à Lattaquié, à 72 kilomètres de la base de la marine russe à Tartous et de la base aérienne de Hmeimim.

Par son comportement, Israël a montré à maintes reprises qu’il ne tolérerait pas la présence iranienne en Syrie. Le transfert du S-300 russe, bien qu’il ait modifié les itinéraires de vol de l’armée de l’air israélienne, ne les a pas arrêtés. Israël effectue des frappes aériennes au départ du Liban et de l’Irak.

La distance entre l’endroit où la base iranienne sera créée et les bases russes est décente, mais pas sûre. Si demain Israël commence à bombarder Lattaquié, la situation du transporteur de l’IL-20 abattu pourrait se reproduire. Même si cela n’arrive pas là-dessus, l’agression militaire israélienne non loin des positions du VKS gâchera néanmoins les relations russo-israéliennes.

La situation peut prendre des proportions encore plus alarmantes si les États sont impliqués dans l’affaire. Après tout, Donald Trump, comme Benjamin Netanyahu, ne se reposera pas tant qu’il n’aura pas expulsé l’Iran de la Syrie. L’expansion de la présence militaire iranienne donnera donc une nouvelle raison aux États-Unis de lancer une frappe de missile. Le fondement juridique de l’attaque est prêt – Washington a récemment ajouté le Corps des gardiens de la révolution islamique à la liste des organisations terroristes.

Assad a choisi les Iraniens russes?

Un autre risque pour la Russie est associé à Bachar Asad. Certains experts estiment que le président syrien pourrait se retirer de l’influence de la Russie en se rapprochant de l’Iran. L’argument est que dans la confrontation avec Israël, le S-300 russe est silencieux, mais les défenses anti-aériennes iraniennes protégeront certainement la Syrie des raids aériens israéliens.

Asad sort doucement de l’influence de Moscou, et plus rarement qu’avant, il s’entretient avec le président russe Vladimir Poutine et ne demande pas d’assistance militaire. Ceci est normal pour le Moyen-Orient. De nombreux experts libéraux estiment que l’influence iranienne en Syrie est dangereuse pour Moscou et gâte ses relations avec les « partenaires » de Tel Aviv. Cependant, les libéraux ignorent le fait que la Russie, contrairement à l’Iran, a un cercle de partenaires plus large dans la région et peut communiquer directement avec Téhéran et ses opposants à Tel Aviv et à Riyad. Assad s’intéresse au désisolement dans le monde arabe et l’Iran ne peut le fournir, contrairement à la Russie. Cette caractéristique, alliée à la supériorité du VKS dans le ciel syrien, fait de Moscou un allié indispensable de Damas.

Pourquoi la Russie ne devrait pas abandonner l’Iran

Les risques de guerre ci-dessus peuvent être quelque peu exagérés, mais existent toujours. Mais signifient-ils que la Russie doit empêcher l’Iran de se consolider sur la rive orientale de la Méditerranée? Non.

Premièrement, en limitant l’Iran, la Russie renforce automatiquement les États-Unis et Israël. C’est-à-dire ceux qui essaient de démembrer la Syrie. Israël a capturé les hauteurs du Golan en 1967 et ne les retournera pas. Les États-Unis soutiennent la milice kurde et créent, de leurs mains, un Kurdistan indépendant au-delà de l’Euphrate. Contrairement aux Américains et aux Israéliens, l’Iran et la Russie s’emploient à rétablir l’unité de la Syrie et à lutter contre les terroristes.

Deuxièmement, l’Iran est un partenaire économique potentiellement important de la Russie. Il est déjà impliqué dans le projet Nord-Sud, reliant Moscou par l’océan Indien via Bakou et Téhéran. En outre, l’Iran peut donner à la Russie un accès direct à la mer Méditerranée. Téhéran tire le chemin de fer vers Lattaquié à travers l’Irak et la Syrie. Pour mener à bien ce projet interrompu par la guerre de Syrie, il est nécessaire de compléter quelques kilomètres de routes en Irak et 3% de la toile en Syrie. La Russie et l’Iran ont un trafic maritime à travers la mer Caspienne. Par conséquent, rien n’empêche Moscou de rejoindre ce corridor de transport.

La base militaire iranienne à Lattakia augmente le risque d’agression israélienne et américaine dans la région. Mais se quereller dans cette situation avec Téhéran pour le bien des États-Unis et d’Israël coûtera beaucoup plus cher à la Russie.

 

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Crimée et châtiment

 

Crimée et châtiment

Publié le 18 Décembre 2018 par Observatus geopoliticus in Ukraine, Russie

La provocation ukrainienne de Kertch fin novembre visait à torpiller le sommet Trump-Poutine au G20 et à renouveler les sanctions européennes pour six mois contre la Russie. Comme on le sait, le Donald s’est plié à son Deep State en refusant de parler à Vladimirovitch au sommet du G20. Quant aux euronouilles, ils ont vassaliquement renouvelé les sanctions pour un semestre, refusant toutefois, c’est à noter, d’en ajouter de nouvelles. Guère étonnant quand on sait ce que ça leur coûte

Toujours est-il que Kiev a tenté de doubler la mise en présentant à l’ONU une résolution condamnant la Russie pour son « occupation de la Crimée » et la « militarisation » des côtes des mers Noire et d’Azov.

Chose très intéressante, et l’on voit que les tendances géopolitiques doivent être appréhendées sur le temps long, le résultat du vote d’hier est quasiment similaire à celui de 2014. Petit rappel :

Au-delà de l’écume des événements, l’année 2014 aura connu des mouvements de fond considérables, parfois surprenants, tous, Europe exceptée, au bénéfice de la Russie et au détriment des États-Unis. L’on en avait eu un premier aperçu lors du vote du 27 mars à l’ONU sur le rattachement de la Crimée à la Russie. Présenté par les médias occidentaux comme une preuve supplémentaire de l’isolement de Moscou sur la scène internationale, ce vote constitua au contraire une petite victoire pour la Russie et dessinait déjà les prémices de l’isolement américain qui ira grandissant tout au long de l’année. Sous des prétextes divers, près de quatre-vingt États – les principaux pays de la planète en dehors du bloc occidental et de ses protégés – s’abstinrent de condamner la Russie : Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud, Argentine, Pakistan, Iran, Israël (!), Egypte, Irak (!), Vietnam, Liban, Emirats Arabes Unis, Maroc, Kazakhstan, Algérie, Uruguay, Kenya, Tanzanie, Ouzbékistan, Afghanistan (!), Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire… Ces poids-lourds mondiaux ou simplement régionaux ont pour dénominateur commun de ne pas être sous influence occidentale directe, de ne pas faire partie d’une alliance militaire américaine et de mener une politique étrangère indépendante, pas nécessairement pro-russe. La « trahison » d’États-clients comme Israël – qui argua d’une grève de son personnel diplomatique, piètre excuse qui ne trompa personne à Washington -, l’Irak ou l’Afghanistan provoqua d’ailleurs la fureur du Département d’État américain. La carte suivante est éclairante. Remarquons que, mis à part le petit Bhoutan, l’Eurasie dans son ensemble s’abstint de condamner la Russie, ainsi que la majorité de l’Amérique du Sud, de l’Afrique et la moitié des pays arabes.

(En vert : États ayant condamné le rattachement de la Crimée à la Russie. En jaune : États s’étant abstenus par vote. En bleu : États s’étant abstenus sous divers prétextes. En rouge : États ayant voté contre la condamnation)

Presque cinq ans après, bis repetita, mais encore plus favorable à Moscou. 66 pays ont voté pour la résolution ukrainienne condamnant la Russie (-34 par rapport à 2014), 72 se sont abstenus (+14) et 19 ont voté contre (+8).

Parmi les « abstentionnistes » qui, sans voter contre car ils connaissent bien souvent eux-mêmes des problèmes séparatistes, se sont abstenus afin de ne pas condamner la Russie, l’on retrouve les principaux pays du monde hors bloc occidental : Chine, Inde, Brésil, Argentine, Afrique du Sud, Mexique, Corée du Sud (!), Pakistan, Philippines, Indonésie, Egypte, Nigéria, Arabie saoudite (!), Malaisie, Thaïlande (!), Vietnam…

On constate que plusieurs Etats, alliés de l’empire US qui avaient condamné Moscou en 2014, s’en abstiennent désormais. Une seule exception en sens inverse, et la situation syrienne y est sans doute pour beaucoup : Israël. Terriblement frustrés de ne plus pouvoir faire ce qu’ils veulent au-dessus de la Syrie à cause des S300, rappelés vertement à l’ordre par Moscou, les Israéliens ont donné un petit coup de menton en votant pour. Pas de quoi fouetter un ours…

02/18 Actualité internationale Synthèse de l’actualité internationale de février 2018

02/18 Actualité internationale
Synthèse de l’actualité internationale de février 2018

Par Axelle DEGANS, le 1er mars 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Professeure de chaire supérieure au lycée Faidherbe (Lille) où elle enseigne la géopolitique en classes préparatoires économiques et commerciales. Membre du laboratoire HABITER (EA 2076) de l’Université Reims Champagne-Ardenne. Auteure de « Réussite aux concours 2018 ! La synthèse de l’actualité internationale 2017 », éd. Diploweb via Amazon, 2018. Elle est aussi co-auteure chez Ellipses de Les 50 cartes à connaître, Coll. Atout concours, Paris, 2016.

Voici une synthèse de l’actualité internationale de février 2018 qui sera fort utile à tous ceux qui veulent disposer d’un point de l’actualité géopolitique, voire préparent un concours. Pour ne rien manquer, et recevoir nos alertes sur des documents importants, le plus simple est de s’abonner gratuitement à notre Lettre d’information hebdomadaire ou au compte twitter de veille géopolitique @diploweb (bientôt 11 000 followers)

Du nouveau dans les pays émergents…

En Afrique du Sud, le très décrié Jacob Zuma a laissé courant février 2018 le fauteuil de président de la République d’Afrique du Sud à Cyril Ramaphosa, un proche de Nelson Mandela dont on fête justement le centenaire. Le nouveau président a annoncé une « aube nouvelle » alors que le ciel sud-africain est jusque là obscurci par une corruption structurelle qui discrédite le pouvoir politique. Les attentes sont fortes dans ce pays qui ne veut pas renoncer à ses rêves d’émergence contredits par la récession économique et les tensions sociales.

Au Brésil, l’ex-président Lula, condamné dans des affaires de corruption, s’est vu retirer en février 2018 son passeport pour éviter une sortie du Brésil. Michel Temer a décidé d’utiliser l’armée pour combattre le banditisme dans l’État de Rio.

La République populaire de Chine avait déjà inscrit la pensée de Xi Jinping dans la constitution. Elle va franchir une nouvelle étape en donnant au leader chinois un statut au moins équivalent à ceux de Mao et de Deng Xiapoping. Il devrait pouvoir exercer davantage que les deux mandats théoriquement possibles. Il s’agit d’une révolution institutionnelle pour ce pays qui accueillera les prochains Jeux olympiques d’hiver dans quatre ans, après ceux d’été en 2008.

Un livre Diploweb. Pour être au top ! Avec en bonus des dissertations corrigées et une sélection de liens vers des vidéos de référence pour faire la différence.
A. Degans, « Réussite aux concours 2018 ! La synthèse de l’actualité internationale 2017 » via Amazon

De la violence…

En février 2018, la capitale afghane – Kaboul – a de nouveau été l’épicentre d’un tragique attentat, cette fois-ci avec une ambulance piégée qui a causé la mort d’au moins une centaine de personnes et blessé plus du double. Les talibans, divisés en factions rivales, prennent une fois de plus la population civile en otage pour prendre le leadership. Une autre attaque a visé une académie militaire à Kaboul. Les autorités afghanes affirment détenir des preuves que ces attentats ont été préparés depuis le sol pakistanais.

L’EI revendique un nouvel attentat à Aden qui a fait une dizaine de victimes.

Le Mali demeure en février 2018 une terre de violence. Les attentats sont réguliers visant les troupes maliennes, mais aussi les forces françaises engagées dans la mission Barkhane. Ainsi, deux soldats- du 1er régiment des Spahis de Valence – ont été tués par un engin explosif qui s’est déclenché au passage de leur véhicule blindé. Vingt soldats français sont morts au Sahel depuis août 2014.

… et des inquiétudes

En Colombie, les pourparlers de paix avec les guérilleros de l’ELN sont gelés. Cette dernière menace de paralyser le pays par une « grève armée ».

Caracas annonce en février 2018 que des élections présidentielles se tiendront le 22 avril 2018, mais les conditions sont telles au Venezuela que plusieurs États dont la Colombie ont déjà déclaré qu’ils ne tiendront pas compte des résultats. Les principaux opposants (Henrique Capriles et Leopoldo Lopez) sont privés de leurs droits civiques ce qui devrait permettre à Nicolas Maduro d’être réélu malgré une côte d’impopularité qui culmine à 70%… Il bénéficie d’un solide soutien de l’armée vénézuélienne.

02/18 Actualité internationale
Carte de l’Océan Indien : quels flux maritimes, risques et menaces ?
Cliquer sur la vignette pour agrandir la carte. Conception de la « Carte de l’Océan Indien : quels flux maritimes, risques et menaces ? » et de sa légende J-P Numa avec C. Bezamat-Mantes et P. Verluise. Réalisation : C. Bezamat-Mantes.

Les Maldives, archipel au sud de l’Inde et au cœur de l’océan Indien, sombrent peu à peu dans le chaos politique. L’état d’urgence a été proclamé en février 2018 après que le gouvernement ait emprisonné neuf opposants et fait arrêter deux juges contre l’avis de la Cour suprême. L’opposition au président Abdullah Yameen appelle à une intervention internationale pour le destituer, l’accusant de complaisance envers Pékin dont l’implantation n’a jamais été aussi forte dans cette région, pourtant davantage sous influence indienne. Certains craignent que la Chine utilise l’archipel pour y créer une base militaire navale, comme ce qui a déjà été fait en mer de Chine méridionale. Cet archipel est au cœur d’un « grand jeu » entre les géants asiatiques.

En Orient la situation reste très compliquée

Au Yémen, la guerre continue à déchirer le pays. Les séparatistes, soutenus par les Émirats arabes unis (EAU), ont pris le siège du gouvernement à Aden.

En Syrie, en février 2018, la guerre civile est loin d’être terminée. L’EI ne tient qu’une petite partie du territoire syrien, mais désormais les combats continuent dans la partie septentrionale du pays entre l’armée turque et les forces kurdes syriennes (YPG) qui ont été jusque là à la pointe de la lutte contre EI, et soutenues à ce titre par Washington, membre de l’OTAN comme la Turquie. D’un autre côté, Israël craint le renforcement de la présence iranienne en Syrie, qui appuie le régime de Bachar el-Assad comme le Hezbollah libanais. Tel Aviv a envoyé son aviation détruire un drone iranien lancé depuis la zone frontalière en Syrie, un avion de chasse a été abattu, une première depuis le début des années 1980 (et la guerre civile du Liban) pour Israël. Une guerre par procuration se joue en Syrie, pour le plus grand malheur des Syriens qui essuient de terribles bombardements à Ghouta, dans la périphérie de Damas. Aucun cessez-le-feu ne semble pouvoir s’y établir durablement.

A Gaza, la situation financière est très inquiétante. Cette bande dirigée par le Hamas est soumise à un blocus de la part d’Israël comme de l’Égypte et n’a aucune viabilité économique. Elle survit grâce aux aides internationales. L’Union européenne a annoncé débloquer une aide supplémentaire de plus de 42 millions d’euros, en plus de la centaine déjà versée à un organisme géré par l’ONU. La situation sanitaire et sociale est tellement tendue que même Tel Aviv s’inquiète d’une explosion de la situation.

L’heure de la reconstruction de l’Irak arrive, même si des régions comme Mossoul n’ont toujours pas terminé le déminage. Une vaste conférence pour mobiliser les donateurs s’est tenue en février 2018 au Koweït et a estimé à 100 milliards de dollars les besoins de l’Irak. Tout est à reconstruire, ou presque : hôpitaux, écoles, routes, ponts… et logements pour les civils. Le risque de gabegie est néanmoins important.

Un retour du protectionnisme ?

Après les annonces du président américain Donald Trump concernant l’ALENA, et les accords de libre-échange transocéaniques, l’Inde augmente ses tarifs douaniers. Ainsi, le premier ministre Narendra Modi annonce en février 2018 une nouvelle taxe de 20% sur les smartphones importés. Une cinquantaine de produits importés devrait connaitre le même sort. Comme pour Washington, il s’agit de réagir face à un déficit commercial.

L’UE avance résolument vers davantage de libre-échange

Après avoir déjà signé des accords commerciaux bilatéraux avec le Mexique ou la Corée du Sud, et plus récemment avec le Canada, l’UE finalise en février 2018 un accord avec le Mercosur. Les négociations sont délicates sur le dossier agricole, en particulier pour la filière bovine pour laquelle le Mercosur est un gros exportateur. La question est surtout normative et non tarifaire, certains produits utilisés dans l’agriculture brésilienne sont interdits en Europe communautaire. Ainsi les bœufs nourris au soja OGM seront vendus bien moins cher sur le marché européen. La question est de savoir combien de temps nous pourrons continuer à consommer, si nous le souhaitons, des produits agricoles avec une traçabilité et une « juste rémunération » garanties. Faut-il y voir un combat d’arrière-garde ?

Une trêve olympique ?

Les Jeux olympiques organisés en février 2018 à Pyeongchang sont l’occasion d’un rapprochement – durable ou temporaire, là est la question – entre les deux Corées. La Corée du Nord n’a finalement pas boycotté ces Jeux d’hiver, bénéficiant de la main tendue par le président sud-coréen Moon Jae-in et nous avons observé une désescalade des tensions avec Washington. Pyongyang a su jouer des symboles forts : défilé des athlètes coréens sous la même bannière, une équipe commune pour le hockey féminin, venue sur le sol sud-coréen de la sœur – Kim Yo-jong – du dirigeant nord-coréen et du chef d’État de la Corée du Nord (Kim Yong-nam). C’est le premier déplacement, depuis la fin de la guerre de Corée en 1953, d’aussi hauts dignitaires nord-coréens en Corée du Sud.

Kim Jong-un a su magnifiquement jouer à distance de la carte de ces jeux olympiques pour réussir un retournement diplomatique aux antipodes des solutions « musclées » envisagées par Washington. Il a « volé la vedette » à son homologue sud-coréen, pourtant hôte des Jeux. On peut pourtant s’interroger sur les changements de fond en Corée du Nord et sur l’évolution de ses relations avec le monde extérieur. Ces jeux sont une belle occasion de communication qu’a su saisir le leader nord-coréen, mais est-ce réellement autre chose ? Il faudra un peu de temps pour le savoir.

Les nouvelles d’Europe

En Espagne, la fille de Felipe VI, Leonor a été honorée en février 2018 en tant qu’héritière du trône. C’est un moyen d’affirmer la continuité politique de la famille royale au moment où la Catalogne ne s’est toujours pas dotée d’un nouveau gouvernement. Leonor serait la première femme à monter sur le trône d’Espagne depuis la restauration monarchique de 1975.

Varsovie vient d’adopter en février 2018 une loi interdisant de faire le lien entre les camps de concentration et d’extermination et la Pologne, sur le territoire de qui ils étaient pourtant en grande partie implantés par les nazis du IIIe Reich lors de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit de pénaliser toute évocation d’une responsabilité polonaise dans la Shoah, une façon de se dédouaner en réécrivant l’Histoire ?

A l’heure où l’Allemagne peine à se doter d’un nouveau gouvernement, le parti AfD obtient trois présidences de commissions parlementaires dont celle des lois, et celle des finances. Ce parti d’extrême-droite a réussi à se positionner comme la principale formation d’opposition. Le secteur de la métallurgie vient d’accorder, sous certaines conditions, la semaine de 28 heures.

En février 2018, la Commission européenne remet sur la table le dossier de l’extension de l’Union européenne aux Balkans. Jean-Claude Juncker sait pourtant que les opinions publiques de l’UE n’y sont pas favorables. Ces pays sont pourtant aujourd’hui reconnus comme n’ayant pas une « économie de marché en état de fonctionner ». La date d’adhésion envisagée – elle n’est en rien définitive – pour la Serbie et le Montenegro serait 2025, des négociations pourraient être entamées pour une future adhésion de l’Albanie et de la république yougoslave de Macédoine, avant la Bosnie-Herzégovine. Rien n’est proposé pour l’instant au Kosovo qui vit entièrement grâce aux perfusions extérieures. Ces États sont gangrénés par la corruption, qui y atteint les niveaux les plus élevés en Europe, et les différentes formes mafieuses. Le Kosovo se désole de devoir toujours avoir recours à des visas pour circuler en Europe communautaire. Angela Merkel s’inquiète publiquement du poids des intérêts chinois dans les Balkans. Ils sont avant tout économiques, mais commencent aussi à peser sur la sphère politique et le risque n’est pas nul de voir les pays balkaniques devenir un « cheval de Troie » des intérêts de Pékin au sein de l’UE. Sans oublier les connexions russes.

José Manuel Barroso, ancien président de la Commission européenne, est accusé par l’ONG Alter-EU de faire du lobbying en faveur de son nouvel employeur, la banque d’affaire Goldman Sachs. Il s’était pourtant engagé, au vu du scandale de son départ de la Commission pour la banque américaine, de ne pas en faire… on peut se demander pourquoi elle l’aurait embauché si ce n’est pour son carnet d’adresses à Bruxelles.

En février 2018, l’Union européenne continue à négocier le Brexit engagé par le référendum de juin 2016. Le Brexit impose de redistribuer les dépenses du fait de la fin de la contribution britannique mais aussi des places laissées vacantes par le départ des 73 eurodéputés britanniques. La France récupère ainsi 5 sièges de député, et Emmanuel Macron a proposé de consacrer 27 autres sièges à des listes électorales transnationales. Les défenseurs de cette idée y voyaient la possibilité de faire triompher des intérêts européens et non nationaux. Ses détracteurs plus souverainistes craignaient un nouveau pas en avant vers davantage de fédéralisme. Si le Parlement n’a pas adopté ce projet, c’est peut-être aussi en raison du « Spitzenkandidaten » qui permet, depuis quatre années, de donner la présidence du Parlement européen au candidat du parti qui le domine, en l’occurrence le conservateur PPE actuellement. La création de listes transnationales et la distribution de sièges de députés attenants auraient rendu les choses moins claires….

Une nouvelle étude menée par Michel Godet et Jean-Michel Boussemart insiste sur un « suicide démographique » de l’Europe [1] dont la population devrait diminuer d’ici 2050 alors que le continent africain devrait augmenter –selon les projections de l’ONU – de 1,3 milliard pour atteindre près de 2,5 milliards d’habitants, l’Inde de 1,7 milliard. La population d’Amérique du Nord devrait elle aussi progresser. Ce rapport qui rappelle, que le différentiel de croissance économique entre Europe et États-Unis lors des années 1980 s’explique en partie par un meilleur dynamisme économique outre-Atlantique, souligne les principales conséquences démographiques : une pression migratoire qui ne peut que s’intensifier aux portes de l’Europe, et une la mise en place d’une nécessaire politique familiale en Union européenne pour enrayer le déclin démographique préjudiciable.

L’armée slovène n’a pas réussi en février 2018 ses tests d’aptitude organisés par l’OTAN. Elle n’est donc pas considérée comme une armée « apte au combat ».

Les États-Unis en plein débat

Aux États-Unis, Janet Yellen quitte la FED en février 2018, elle est remplacée par Jerome Powell, nommé par Donald Trump. Elle y est restée quatre années, et a mis fin à la politique ultra accommodante de ses prédécesseurs qui ont abaissé régulièrement les taux directeurs – le loyer de l’argent – pour atteindre le seuil plancher de 0,25%. Elle quitte ses fonctions avec une économie américaine qui se porte plutôt bien. Les taux directeurs sont aujourd’hui à 1,5%, l’inflation est à 1,9%, le taux de chômage est inférieur à 5%.

Washington propose en février 2018 un budget reposant sur un plan de relance financé à la hauteur de 200 milliards de dollars par l’État fédéral sur dix années pour améliorer notamment les infrastructures, dont des trains à grande vitesse. Ce projet de budget mécontente les Républicains qui l’estiment trop dispendieux, et les Démocrates qui voient un effort insuffisant pour rénover les infrastructures de transport. Il prévoit d’augmenter le déficit alors que la récente fiscale diminue les recettes.

Bonnes nouvelles

En février 2018, Elon Musk lance pour Space X, son Falcon Heavy haut de 70 mètres. Il révolutionne le secteur de l’aéronautique car elle est réutilisable et abaisse donc considérablement le coût de lancement. Il fait un coup de publicité en mettant en orbite une autre de ses créations, une voiture Tesla rouge…


Bonus vidéo. Xavier Pasco : Géopolitique du spatial, de la Guerre froide au « New Space », quoi de neuf ?


Airbus vient de livrer en février 2018 à la Qatar Airways son nouvel appareil, l’A350-1000. Il s’agit du nouveau long-courrier en version allongée, qui est avec l’A380, l’un des plus gros avions construit en Europe. Il peut transporter 400 passagers et rivalise avec le Boeing 777-300ER, mais consomme un quart de moins en carburant.

La croissance européenne se consolide, elle est évaluée à 2,4 % – comme pour la zone euro – en 2017 et devrait être sensiblement au même niveau pour 2018. Il s’agit de la croissance économique la plus robuste enregistrée depuis la crise née des subprimes (2007).

L’équipe de France a ramené 15 médailles des Jeux olympiques d’hiver, dont trois d’or pour Martin Fourcade.

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