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Une crise financière trente fois plus puissante qu’en 2008 est imminente, mais nous sommes dans le déni (Huffingtonpost)

Une crise financière trente fois plus puissante qu’en 2008 est imminente, mais nous sommes dans le déni (Huffingtonpost)

511111 Rating 5.00 (5 Votes)Catégorie : Actualités internationales  Publication : 15 juin 2019  Mis à jour : 15 juin 2019  Création : 15 juin 2019 Écrit par folamour  Affichages : 2218fShare

Le baril de poudre financier est sur le point d’exploser. La première des choses est de dire la vérité aux Français. Qui a envie de vivre l’expérience de la voltige s’il n’en fait pas le choix ?

Bank 15 06 2019

En Grèce lors de la crise de la dette, quelques jours avant le référendum du 5 juillet 2015. Je veux dire à la crise qui arrive que nous sommes là et que nous résisterons.
Le laisser-faire est la folie qui nous conduit vers cette situation alarmante.

Les dirigeants politiques ont été et sont dans un déni total de la réalité en nous convertissant à l’argent facile de la finance de l’ombre.

Le résultat sera une fulgurante déflagration financière qui laminera des économies entières, des nations. La prochaine crise sera pire que celle de 2008 et se positionnera à 254.000 milliards d’euros.

Au travers ce qu’on appelle la crise des gilets jaunes s’exprime l’émotion, le ressenti des Français et vise à dénoncer les effets néfastes pressentis de l’argent facile. Les plus fragiles de nos concitoyens savent déjà dans leur quotidien que l’argent vaut de moins en moins.

Nous allons tous faire naufrage. Et chacun doit payer son écot à la société.

Qu’en est-il du rôle de l’Etat ? Il est devenu hyper régulateur et s’est transformé en exportateur financier.

« Les dirigeants politiques ont été et sont dans un déni total de la réalité en nous convertissant à l’argent facile de la finance de l’ombre. »

Tout dans notre économie est devenu “low” : low taux, low salaires… seule la misère ne sera pas low. Il semblerait que les chiffres des analyses aient adopté cette étrange et dangereuse tendance low.

Est-ce qu’on ne voit rien ou est-ce qu’on ne veut rien voir de l’urgence, lorsqu’on constate qu’aux Etats-Unis une hausse du déficit budgétaire de 77% par rapport à 2018 a été enregistrée. Dans les deux cas, les experts nient l’urgence et pas de réaction observée…

L’examen de la situation de la France mérite de l’honnêteté. Avec un taux de 1,5% de croissance une annonce de la reprise de l’économie est une fausse annonce. Je dénonce et affirme que la tendance est à la décroissance. L’analyse claire des chiffres montre 0,3% de croissance rêvée au premier trimestre 2019. Le chiffre de 1,5% de croissance annuelle nous parle d’une baisse par rapport à 2018 et 2017. La courbe de la trajectoire économique n’est donc pas celle de la réelle croissance que l’on nous vend.
Qu’en est-il du pouvoir d’achat qui aurait été injecté et qui aurait dû entraîner un regain de consommation ? L’effet attendu ne s’est pas produit, car dans la réalité le Français, qui le peut encore, essaie d’épargner en prévision d’un futur incertain annoncé.
La dynamique ne se crée pas et bute sur des problèmes structurels franco-français. Le taux de chômage est structurel. Les responsables politiques annoncent la reprise et les entreprises rencontrent des difficultés à embaucher. Il nous manque de l’invention, de l’innovation, il nous manque les moteurs de la relance et la confiance.

Je m’interroge et demande où est la croissance, quand on peut constater que dans le domaine du commerce extérieur le ratio français exportation sur PIB reste faible et que pour les entreprises les gains de productivité restent également incroyablement faibles.

Donc où est la croissance ? Je cherche la croissance.

Les problèmes sont tragiques, le baril de poudre financier est sur le point d’exploser.

La France doit se préparer avant l’explosion de la bulle des dettes. En sortant du déni et en parlant vrai et honnête en économie.
Je trouve scandaleux qu’en France, soient posées autant de barrières à l’initiative d’entreprendre. Il est important de faciliter le développement de l’investissement, mais il est important aussi que les entreprises participent à hauteur raisonnable à la contribution au budget de l’Etat. Il est important aussi que l’Etat opte pour de vraies économies réalistes, mais qu’il n’intervienne plus au travers de participations dans des entreprises privées.

« Tout dans notre économie est devenu “low” : low taux, low salaires… seule la misère ne sera pas low. »

La France doit se préparer sur cette base. Il faut en finir avec le surplus d’argent injecté par les banques centrales, argent qui n’arrive jamais au niveau de l’économie réelle mais dans les caisses des banques qui l’ont transformé en emprunt d’Etat.La conséquence est que les Etats ont emprunté de plus en plus et trop.

C’est la combinaison de ces deux éléments qui a créé la dette abyssale. 254.000 milliards d’euros.

Les Etats ont profité de cette situation, les entreprises et les ménages ont emprunté à bon marché. Cela s’avère être un drame.
La crise du surendettement est arrivée au niveau mondial. Pour rembourser cette dette dite publique, les Etats peuvent augmenter les revenus par le biais des impôts ou baisser les dépenses de l’Etat en diminuant les services publics. Cela pose problème. Nous nous trouvons à l’heure actuelle dans une situation où les banques centrales, les banques privées et les gouvernements se retrouvent tous liés et interdépendants. Par conséquence, lorsqu’une difficulté de quel ordre que ce soit apparaîtra, les trois partenaires seront concernés. Le présage de l’imminence d’une crise financière trente fois plus puissante que celle de 2008 affectera tous les citoyens avec une force considérable.

A ce jour environ 10% du bilan des banques est en “bons d’Etat” avec une pondération de 0% sans garantie. Les banques privées que nous connaissons ont tout intérêt à le faire car cela ne leur coûte rien en fonds propres et délivre de grasses marges.

La réglementation financière (Bale III) a réglé les dérèglements de 2008, nous sommes en 2019 et le problème est qu’il n’y a pas de réglementation contre les dérèglements de 2019. Le seul élément de réglementation qui aurait pu réduire cet appétit d’emprunt public des Etats n’a pas été proposé pour des raisons purement politiques. Pour exemple les dettes de l’Etat américain ont augmenté de 77% sur les 3 premiers mois de cette année. A mon avis, cela va encore faire augmenter aux Etats-Unis le coût des emprunts et entraîner la finance mondiale dans une spirale mondiale. Dès que les Etats-Unis seront en récession, c’est le monde entier qui sera en difficulté dont l’Europe et la France avec un effet direct sur la consommation des ménages.

Alors que faut-il faire ?

La première des choses à faire est de dire la vérité. La vérité aux Français, oui, elle leur est due par respect, par respect de leur travail aussi.
L’heure n’est plus au silence, l’heure n’est plus aux mensonges. L’heure est venue d’apprendre à reconnaître les erreurs. Nous nous trouvons au bord du précipice, lequel d’entre nous a envie de vivre l’expérience de la voltige s’il n’en fait pas le choix ?

« Il faut en finir avec le surplus d’argent injecté par les banques centrales, argent qui n’arrive jamais au niveau de l’économie réelle mais dans les caisses des banques qui l’ont transformé en emprunt d’Etat. »

Il y a urgence à adopter une série de mesures imposées. Elles devront être équitables.
A ce stade il est important de souligner que les entreprises ne paient quasiment pas d’impôts et c’est pourquoi la participation des entreprises au budget de l’Etat reste proportionnellement trop faible. Il faudra donc en urgence remonter ce taux de participation, en revanche il faut faire diminuer au plus vite les charges sociales qui elles sont indécemment trop élevées.

En ce qui concerne la tension française entre les riches et les pauvres (y compris la classe moyenne), il faut recréer l’équilibre de participation privée à la bonne marche de la nation en créant une tranche supplémentaire pour les salaires annuels de plus d’un million d’euros.

La combinaison de ces deux éléments permettra rapidement de remonter les revenus de notre Etat et de le libérer progressivement de sa dette.

Un élément fondamental sera le désengagement de l’Etat du secteur privé pour n’agir que sur le cadre économique et non l’impliquer directement au travers de participations dans des entreprises.

La responsabilité des hommes de bien qui savent est engagée. C’est par leur inaction que la bulle financière explosera.

Source(s) : Huffingtonpost.fr via Contributeur anonyme

https://www.crashdebug.fr/international/16139-une-crise-financiere-trente-fois-plus-puissante-qu-en-2008-est-imminente-mais-nous-sommes-dans-le-deni-huffingtonpost

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LA RUSSIE VA-T-ELLE SE BATTRE AVEC ISRAËL POUR L’IRAN?

LA RUSSIE VA-T-ELLE SE BATTRE AVEC ISRAËL POUR L’IRAN?

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16.04.2019

Alors que certains journalistes recherchent les causes de l’incendie de Notre-Dame de Paris, alors que d’autres s’inquiètent du sort de Julian Assange publié par l’ambassade équatorienne, une autre raison d’une grande guerre est apparue au Moyen-Orient. À partir d’octobre de cette année, l’Iran louera un port à Lattaquié à la Syrie et construira une base pour la marine. La décision a été prise lors de la rencontre de Bachar Assad avec Hassan Rouhani en février à Téhéran.

Je dois dire que l’Iran est déjà fort en Syrie, il a environ une douzaine de points forts et environ 12 mille militaires. Mais s’il acquiert une base sur la côte est de la Méditerranée, l’Iran ne sera tout simplement pas arrêté. Quelque chose comme cela, ces mouvements sont perçus en Israël, où la République islamique est considérée comme « l’ennemi numéro un ».

Menace pour la Russie?

Le problème est que les Iraniens vont construire leur base à Lattaquié, à 72 kilomètres de la base de la marine russe à Tartous et de la base aérienne de Hmeimim.

Par son comportement, Israël a montré à maintes reprises qu’il ne tolérerait pas la présence iranienne en Syrie. Le transfert du S-300 russe, bien qu’il ait modifié les itinéraires de vol de l’armée de l’air israélienne, ne les a pas arrêtés. Israël effectue des frappes aériennes au départ du Liban et de l’Irak.

La distance entre l’endroit où la base iranienne sera créée et les bases russes est décente, mais pas sûre. Si demain Israël commence à bombarder Lattaquié, la situation du transporteur de l’IL-20 abattu pourrait se reproduire. Même si cela n’arrive pas là-dessus, l’agression militaire israélienne non loin des positions du VKS gâchera néanmoins les relations russo-israéliennes.

La situation peut prendre des proportions encore plus alarmantes si les États sont impliqués dans l’affaire. Après tout, Donald Trump, comme Benjamin Netanyahu, ne se reposera pas tant qu’il n’aura pas expulsé l’Iran de la Syrie. L’expansion de la présence militaire iranienne donnera donc une nouvelle raison aux États-Unis de lancer une frappe de missile. Le fondement juridique de l’attaque est prêt – Washington a récemment ajouté le Corps des gardiens de la révolution islamique à la liste des organisations terroristes.

Assad a choisi les Iraniens russes?

Un autre risque pour la Russie est associé à Bachar Asad. Certains experts estiment que le président syrien pourrait se retirer de l’influence de la Russie en se rapprochant de l’Iran. L’argument est que dans la confrontation avec Israël, le S-300 russe est silencieux, mais les défenses anti-aériennes iraniennes protégeront certainement la Syrie des raids aériens israéliens.

Asad sort doucement de l’influence de Moscou, et plus rarement qu’avant, il s’entretient avec le président russe Vladimir Poutine et ne demande pas d’assistance militaire. Ceci est normal pour le Moyen-Orient. De nombreux experts libéraux estiment que l’influence iranienne en Syrie est dangereuse pour Moscou et gâte ses relations avec les « partenaires » de Tel Aviv. Cependant, les libéraux ignorent le fait que la Russie, contrairement à l’Iran, a un cercle de partenaires plus large dans la région et peut communiquer directement avec Téhéran et ses opposants à Tel Aviv et à Riyad. Assad s’intéresse au désisolement dans le monde arabe et l’Iran ne peut le fournir, contrairement à la Russie. Cette caractéristique, alliée à la supériorité du VKS dans le ciel syrien, fait de Moscou un allié indispensable de Damas.

Pourquoi la Russie ne devrait pas abandonner l’Iran

Les risques de guerre ci-dessus peuvent être quelque peu exagérés, mais existent toujours. Mais signifient-ils que la Russie doit empêcher l’Iran de se consolider sur la rive orientale de la Méditerranée? Non.

Premièrement, en limitant l’Iran, la Russie renforce automatiquement les États-Unis et Israël. C’est-à-dire ceux qui essaient de démembrer la Syrie. Israël a capturé les hauteurs du Golan en 1967 et ne les retournera pas. Les États-Unis soutiennent la milice kurde et créent, de leurs mains, un Kurdistan indépendant au-delà de l’Euphrate. Contrairement aux Américains et aux Israéliens, l’Iran et la Russie s’emploient à rétablir l’unité de la Syrie et à lutter contre les terroristes.

Deuxièmement, l’Iran est un partenaire économique potentiellement important de la Russie. Il est déjà impliqué dans le projet Nord-Sud, reliant Moscou par l’océan Indien via Bakou et Téhéran. En outre, l’Iran peut donner à la Russie un accès direct à la mer Méditerranée. Téhéran tire le chemin de fer vers Lattaquié à travers l’Irak et la Syrie. Pour mener à bien ce projet interrompu par la guerre de Syrie, il est nécessaire de compléter quelques kilomètres de routes en Irak et 3% de la toile en Syrie. La Russie et l’Iran ont un trafic maritime à travers la mer Caspienne. Par conséquent, rien n’empêche Moscou de rejoindre ce corridor de transport.

La base militaire iranienne à Lattakia augmente le risque d’agression israélienne et américaine dans la région. Mais se quereller dans cette situation avec Téhéran pour le bien des États-Unis et d’Israël coûtera beaucoup plus cher à la Russie.

 

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Crimée et châtiment

 

Crimée et châtiment

Publié le 18 Décembre 2018 par Observatus geopoliticus in Ukraine, Russie

La provocation ukrainienne de Kertch fin novembre visait à torpiller le sommet Trump-Poutine au G20 et à renouveler les sanctions européennes pour six mois contre la Russie. Comme on le sait, le Donald s’est plié à son Deep State en refusant de parler à Vladimirovitch au sommet du G20. Quant aux euronouilles, ils ont vassaliquement renouvelé les sanctions pour un semestre, refusant toutefois, c’est à noter, d’en ajouter de nouvelles. Guère étonnant quand on sait ce que ça leur coûte

Toujours est-il que Kiev a tenté de doubler la mise en présentant à l’ONU une résolution condamnant la Russie pour son « occupation de la Crimée » et la « militarisation » des côtes des mers Noire et d’Azov.

Chose très intéressante, et l’on voit que les tendances géopolitiques doivent être appréhendées sur le temps long, le résultat du vote d’hier est quasiment similaire à celui de 2014. Petit rappel :

Au-delà de l’écume des événements, l’année 2014 aura connu des mouvements de fond considérables, parfois surprenants, tous, Europe exceptée, au bénéfice de la Russie et au détriment des États-Unis. L’on en avait eu un premier aperçu lors du vote du 27 mars à l’ONU sur le rattachement de la Crimée à la Russie. Présenté par les médias occidentaux comme une preuve supplémentaire de l’isolement de Moscou sur la scène internationale, ce vote constitua au contraire une petite victoire pour la Russie et dessinait déjà les prémices de l’isolement américain qui ira grandissant tout au long de l’année. Sous des prétextes divers, près de quatre-vingt États – les principaux pays de la planète en dehors du bloc occidental et de ses protégés – s’abstinrent de condamner la Russie : Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud, Argentine, Pakistan, Iran, Israël (!), Egypte, Irak (!), Vietnam, Liban, Emirats Arabes Unis, Maroc, Kazakhstan, Algérie, Uruguay, Kenya, Tanzanie, Ouzbékistan, Afghanistan (!), Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire… Ces poids-lourds mondiaux ou simplement régionaux ont pour dénominateur commun de ne pas être sous influence occidentale directe, de ne pas faire partie d’une alliance militaire américaine et de mener une politique étrangère indépendante, pas nécessairement pro-russe. La « trahison » d’États-clients comme Israël – qui argua d’une grève de son personnel diplomatique, piètre excuse qui ne trompa personne à Washington -, l’Irak ou l’Afghanistan provoqua d’ailleurs la fureur du Département d’État américain. La carte suivante est éclairante. Remarquons que, mis à part le petit Bhoutan, l’Eurasie dans son ensemble s’abstint de condamner la Russie, ainsi que la majorité de l’Amérique du Sud, de l’Afrique et la moitié des pays arabes.

(En vert : États ayant condamné le rattachement de la Crimée à la Russie. En jaune : États s’étant abstenus par vote. En bleu : États s’étant abstenus sous divers prétextes. En rouge : États ayant voté contre la condamnation)

Presque cinq ans après, bis repetita, mais encore plus favorable à Moscou. 66 pays ont voté pour la résolution ukrainienne condamnant la Russie (-34 par rapport à 2014), 72 se sont abstenus (+14) et 19 ont voté contre (+8).

Parmi les « abstentionnistes » qui, sans voter contre car ils connaissent bien souvent eux-mêmes des problèmes séparatistes, se sont abstenus afin de ne pas condamner la Russie, l’on retrouve les principaux pays du monde hors bloc occidental : Chine, Inde, Brésil, Argentine, Afrique du Sud, Mexique, Corée du Sud (!), Pakistan, Philippines, Indonésie, Egypte, Nigéria, Arabie saoudite (!), Malaisie, Thaïlande (!), Vietnam…

On constate que plusieurs Etats, alliés de l’empire US qui avaient condamné Moscou en 2014, s’en abstiennent désormais. Une seule exception en sens inverse, et la situation syrienne y est sans doute pour beaucoup : Israël. Terriblement frustrés de ne plus pouvoir faire ce qu’ils veulent au-dessus de la Syrie à cause des S300, rappelés vertement à l’ordre par Moscou, les Israéliens ont donné un petit coup de menton en votant pour. Pas de quoi fouetter un ours…

02/18 Actualité internationale Synthèse de l’actualité internationale de février 2018

02/18 Actualité internationale
Synthèse de l’actualité internationale de février 2018

Par Axelle DEGANS, le 1er mars 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Professeure de chaire supérieure au lycée Faidherbe (Lille) où elle enseigne la géopolitique en classes préparatoires économiques et commerciales. Membre du laboratoire HABITER (EA 2076) de l’Université Reims Champagne-Ardenne. Auteure de « Réussite aux concours 2018 ! La synthèse de l’actualité internationale 2017 », éd. Diploweb via Amazon, 2018. Elle est aussi co-auteure chez Ellipses de Les 50 cartes à connaître, Coll. Atout concours, Paris, 2016.

Voici une synthèse de l’actualité internationale de février 2018 qui sera fort utile à tous ceux qui veulent disposer d’un point de l’actualité géopolitique, voire préparent un concours. Pour ne rien manquer, et recevoir nos alertes sur des documents importants, le plus simple est de s’abonner gratuitement à notre Lettre d’information hebdomadaire ou au compte twitter de veille géopolitique @diploweb (bientôt 11 000 followers)

Du nouveau dans les pays émergents…

En Afrique du Sud, le très décrié Jacob Zuma a laissé courant février 2018 le fauteuil de président de la République d’Afrique du Sud à Cyril Ramaphosa, un proche de Nelson Mandela dont on fête justement le centenaire. Le nouveau président a annoncé une « aube nouvelle » alors que le ciel sud-africain est jusque là obscurci par une corruption structurelle qui discrédite le pouvoir politique. Les attentes sont fortes dans ce pays qui ne veut pas renoncer à ses rêves d’émergence contredits par la récession économique et les tensions sociales.

Au Brésil, l’ex-président Lula, condamné dans des affaires de corruption, s’est vu retirer en février 2018 son passeport pour éviter une sortie du Brésil. Michel Temer a décidé d’utiliser l’armée pour combattre le banditisme dans l’État de Rio.

La République populaire de Chine avait déjà inscrit la pensée de Xi Jinping dans la constitution. Elle va franchir une nouvelle étape en donnant au leader chinois un statut au moins équivalent à ceux de Mao et de Deng Xiapoping. Il devrait pouvoir exercer davantage que les deux mandats théoriquement possibles. Il s’agit d’une révolution institutionnelle pour ce pays qui accueillera les prochains Jeux olympiques d’hiver dans quatre ans, après ceux d’été en 2008.

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A. Degans, « Réussite aux concours 2018 ! La synthèse de l’actualité internationale 2017 » via Amazon

De la violence…

En février 2018, la capitale afghane – Kaboul – a de nouveau été l’épicentre d’un tragique attentat, cette fois-ci avec une ambulance piégée qui a causé la mort d’au moins une centaine de personnes et blessé plus du double. Les talibans, divisés en factions rivales, prennent une fois de plus la population civile en otage pour prendre le leadership. Une autre attaque a visé une académie militaire à Kaboul. Les autorités afghanes affirment détenir des preuves que ces attentats ont été préparés depuis le sol pakistanais.

L’EI revendique un nouvel attentat à Aden qui a fait une dizaine de victimes.

Le Mali demeure en février 2018 une terre de violence. Les attentats sont réguliers visant les troupes maliennes, mais aussi les forces françaises engagées dans la mission Barkhane. Ainsi, deux soldats- du 1er régiment des Spahis de Valence – ont été tués par un engin explosif qui s’est déclenché au passage de leur véhicule blindé. Vingt soldats français sont morts au Sahel depuis août 2014.

… et des inquiétudes

En Colombie, les pourparlers de paix avec les guérilleros de l’ELN sont gelés. Cette dernière menace de paralyser le pays par une « grève armée ».

Caracas annonce en février 2018 que des élections présidentielles se tiendront le 22 avril 2018, mais les conditions sont telles au Venezuela que plusieurs États dont la Colombie ont déjà déclaré qu’ils ne tiendront pas compte des résultats. Les principaux opposants (Henrique Capriles et Leopoldo Lopez) sont privés de leurs droits civiques ce qui devrait permettre à Nicolas Maduro d’être réélu malgré une côte d’impopularité qui culmine à 70%… Il bénéficie d’un solide soutien de l’armée vénézuélienne.

02/18 Actualité internationale
Carte de l’Océan Indien : quels flux maritimes, risques et menaces ?
Cliquer sur la vignette pour agrandir la carte. Conception de la « Carte de l’Océan Indien : quels flux maritimes, risques et menaces ? » et de sa légende J-P Numa avec C. Bezamat-Mantes et P. Verluise. Réalisation : C. Bezamat-Mantes.

Les Maldives, archipel au sud de l’Inde et au cœur de l’océan Indien, sombrent peu à peu dans le chaos politique. L’état d’urgence a été proclamé en février 2018 après que le gouvernement ait emprisonné neuf opposants et fait arrêter deux juges contre l’avis de la Cour suprême. L’opposition au président Abdullah Yameen appelle à une intervention internationale pour le destituer, l’accusant de complaisance envers Pékin dont l’implantation n’a jamais été aussi forte dans cette région, pourtant davantage sous influence indienne. Certains craignent que la Chine utilise l’archipel pour y créer une base militaire navale, comme ce qui a déjà été fait en mer de Chine méridionale. Cet archipel est au cœur d’un « grand jeu » entre les géants asiatiques.

En Orient la situation reste très compliquée

Au Yémen, la guerre continue à déchirer le pays. Les séparatistes, soutenus par les Émirats arabes unis (EAU), ont pris le siège du gouvernement à Aden.

En Syrie, en février 2018, la guerre civile est loin d’être terminée. L’EI ne tient qu’une petite partie du territoire syrien, mais désormais les combats continuent dans la partie septentrionale du pays entre l’armée turque et les forces kurdes syriennes (YPG) qui ont été jusque là à la pointe de la lutte contre EI, et soutenues à ce titre par Washington, membre de l’OTAN comme la Turquie. D’un autre côté, Israël craint le renforcement de la présence iranienne en Syrie, qui appuie le régime de Bachar el-Assad comme le Hezbollah libanais. Tel Aviv a envoyé son aviation détruire un drone iranien lancé depuis la zone frontalière en Syrie, un avion de chasse a été abattu, une première depuis le début des années 1980 (et la guerre civile du Liban) pour Israël. Une guerre par procuration se joue en Syrie, pour le plus grand malheur des Syriens qui essuient de terribles bombardements à Ghouta, dans la périphérie de Damas. Aucun cessez-le-feu ne semble pouvoir s’y établir durablement.

A Gaza, la situation financière est très inquiétante. Cette bande dirigée par le Hamas est soumise à un blocus de la part d’Israël comme de l’Égypte et n’a aucune viabilité économique. Elle survit grâce aux aides internationales. L’Union européenne a annoncé débloquer une aide supplémentaire de plus de 42 millions d’euros, en plus de la centaine déjà versée à un organisme géré par l’ONU. La situation sanitaire et sociale est tellement tendue que même Tel Aviv s’inquiète d’une explosion de la situation.

L’heure de la reconstruction de l’Irak arrive, même si des régions comme Mossoul n’ont toujours pas terminé le déminage. Une vaste conférence pour mobiliser les donateurs s’est tenue en février 2018 au Koweït et a estimé à 100 milliards de dollars les besoins de l’Irak. Tout est à reconstruire, ou presque : hôpitaux, écoles, routes, ponts… et logements pour les civils. Le risque de gabegie est néanmoins important.

Un retour du protectionnisme ?

Après les annonces du président américain Donald Trump concernant l’ALENA, et les accords de libre-échange transocéaniques, l’Inde augmente ses tarifs douaniers. Ainsi, le premier ministre Narendra Modi annonce en février 2018 une nouvelle taxe de 20% sur les smartphones importés. Une cinquantaine de produits importés devrait connaitre le même sort. Comme pour Washington, il s’agit de réagir face à un déficit commercial.

L’UE avance résolument vers davantage de libre-échange

Après avoir déjà signé des accords commerciaux bilatéraux avec le Mexique ou la Corée du Sud, et plus récemment avec le Canada, l’UE finalise en février 2018 un accord avec le Mercosur. Les négociations sont délicates sur le dossier agricole, en particulier pour la filière bovine pour laquelle le Mercosur est un gros exportateur. La question est surtout normative et non tarifaire, certains produits utilisés dans l’agriculture brésilienne sont interdits en Europe communautaire. Ainsi les bœufs nourris au soja OGM seront vendus bien moins cher sur le marché européen. La question est de savoir combien de temps nous pourrons continuer à consommer, si nous le souhaitons, des produits agricoles avec une traçabilité et une « juste rémunération » garanties. Faut-il y voir un combat d’arrière-garde ?

Une trêve olympique ?

Les Jeux olympiques organisés en février 2018 à Pyeongchang sont l’occasion d’un rapprochement – durable ou temporaire, là est la question – entre les deux Corées. La Corée du Nord n’a finalement pas boycotté ces Jeux d’hiver, bénéficiant de la main tendue par le président sud-coréen Moon Jae-in et nous avons observé une désescalade des tensions avec Washington. Pyongyang a su jouer des symboles forts : défilé des athlètes coréens sous la même bannière, une équipe commune pour le hockey féminin, venue sur le sol sud-coréen de la sœur – Kim Yo-jong – du dirigeant nord-coréen et du chef d’État de la Corée du Nord (Kim Yong-nam). C’est le premier déplacement, depuis la fin de la guerre de Corée en 1953, d’aussi hauts dignitaires nord-coréens en Corée du Sud.

Kim Jong-un a su magnifiquement jouer à distance de la carte de ces jeux olympiques pour réussir un retournement diplomatique aux antipodes des solutions « musclées » envisagées par Washington. Il a « volé la vedette » à son homologue sud-coréen, pourtant hôte des Jeux. On peut pourtant s’interroger sur les changements de fond en Corée du Nord et sur l’évolution de ses relations avec le monde extérieur. Ces jeux sont une belle occasion de communication qu’a su saisir le leader nord-coréen, mais est-ce réellement autre chose ? Il faudra un peu de temps pour le savoir.

Les nouvelles d’Europe

En Espagne, la fille de Felipe VI, Leonor a été honorée en février 2018 en tant qu’héritière du trône. C’est un moyen d’affirmer la continuité politique de la famille royale au moment où la Catalogne ne s’est toujours pas dotée d’un nouveau gouvernement. Leonor serait la première femme à monter sur le trône d’Espagne depuis la restauration monarchique de 1975.

Varsovie vient d’adopter en février 2018 une loi interdisant de faire le lien entre les camps de concentration et d’extermination et la Pologne, sur le territoire de qui ils étaient pourtant en grande partie implantés par les nazis du IIIe Reich lors de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit de pénaliser toute évocation d’une responsabilité polonaise dans la Shoah, une façon de se dédouaner en réécrivant l’Histoire ?

A l’heure où l’Allemagne peine à se doter d’un nouveau gouvernement, le parti AfD obtient trois présidences de commissions parlementaires dont celle des lois, et celle des finances. Ce parti d’extrême-droite a réussi à se positionner comme la principale formation d’opposition. Le secteur de la métallurgie vient d’accorder, sous certaines conditions, la semaine de 28 heures.

En février 2018, la Commission européenne remet sur la table le dossier de l’extension de l’Union européenne aux Balkans. Jean-Claude Juncker sait pourtant que les opinions publiques de l’UE n’y sont pas favorables. Ces pays sont pourtant aujourd’hui reconnus comme n’ayant pas une « économie de marché en état de fonctionner ». La date d’adhésion envisagée – elle n’est en rien définitive – pour la Serbie et le Montenegro serait 2025, des négociations pourraient être entamées pour une future adhésion de l’Albanie et de la république yougoslave de Macédoine, avant la Bosnie-Herzégovine. Rien n’est proposé pour l’instant au Kosovo qui vit entièrement grâce aux perfusions extérieures. Ces États sont gangrénés par la corruption, qui y atteint les niveaux les plus élevés en Europe, et les différentes formes mafieuses. Le Kosovo se désole de devoir toujours avoir recours à des visas pour circuler en Europe communautaire. Angela Merkel s’inquiète publiquement du poids des intérêts chinois dans les Balkans. Ils sont avant tout économiques, mais commencent aussi à peser sur la sphère politique et le risque n’est pas nul de voir les pays balkaniques devenir un « cheval de Troie » des intérêts de Pékin au sein de l’UE. Sans oublier les connexions russes.

José Manuel Barroso, ancien président de la Commission européenne, est accusé par l’ONG Alter-EU de faire du lobbying en faveur de son nouvel employeur, la banque d’affaire Goldman Sachs. Il s’était pourtant engagé, au vu du scandale de son départ de la Commission pour la banque américaine, de ne pas en faire… on peut se demander pourquoi elle l’aurait embauché si ce n’est pour son carnet d’adresses à Bruxelles.

En février 2018, l’Union européenne continue à négocier le Brexit engagé par le référendum de juin 2016. Le Brexit impose de redistribuer les dépenses du fait de la fin de la contribution britannique mais aussi des places laissées vacantes par le départ des 73 eurodéputés britanniques. La France récupère ainsi 5 sièges de député, et Emmanuel Macron a proposé de consacrer 27 autres sièges à des listes électorales transnationales. Les défenseurs de cette idée y voyaient la possibilité de faire triompher des intérêts européens et non nationaux. Ses détracteurs plus souverainistes craignaient un nouveau pas en avant vers davantage de fédéralisme. Si le Parlement n’a pas adopté ce projet, c’est peut-être aussi en raison du « Spitzenkandidaten » qui permet, depuis quatre années, de donner la présidence du Parlement européen au candidat du parti qui le domine, en l’occurrence le conservateur PPE actuellement. La création de listes transnationales et la distribution de sièges de députés attenants auraient rendu les choses moins claires….

Une nouvelle étude menée par Michel Godet et Jean-Michel Boussemart insiste sur un « suicide démographique » de l’Europe [1] dont la population devrait diminuer d’ici 2050 alors que le continent africain devrait augmenter –selon les projections de l’ONU – de 1,3 milliard pour atteindre près de 2,5 milliards d’habitants, l’Inde de 1,7 milliard. La population d’Amérique du Nord devrait elle aussi progresser. Ce rapport qui rappelle, que le différentiel de croissance économique entre Europe et États-Unis lors des années 1980 s’explique en partie par un meilleur dynamisme économique outre-Atlantique, souligne les principales conséquences démographiques : une pression migratoire qui ne peut que s’intensifier aux portes de l’Europe, et une la mise en place d’une nécessaire politique familiale en Union européenne pour enrayer le déclin démographique préjudiciable.

L’armée slovène n’a pas réussi en février 2018 ses tests d’aptitude organisés par l’OTAN. Elle n’est donc pas considérée comme une armée « apte au combat ».

Les États-Unis en plein débat

Aux États-Unis, Janet Yellen quitte la FED en février 2018, elle est remplacée par Jerome Powell, nommé par Donald Trump. Elle y est restée quatre années, et a mis fin à la politique ultra accommodante de ses prédécesseurs qui ont abaissé régulièrement les taux directeurs – le loyer de l’argent – pour atteindre le seuil plancher de 0,25%. Elle quitte ses fonctions avec une économie américaine qui se porte plutôt bien. Les taux directeurs sont aujourd’hui à 1,5%, l’inflation est à 1,9%, le taux de chômage est inférieur à 5%.

Washington propose en février 2018 un budget reposant sur un plan de relance financé à la hauteur de 200 milliards de dollars par l’État fédéral sur dix années pour améliorer notamment les infrastructures, dont des trains à grande vitesse. Ce projet de budget mécontente les Républicains qui l’estiment trop dispendieux, et les Démocrates qui voient un effort insuffisant pour rénover les infrastructures de transport. Il prévoit d’augmenter le déficit alors que la récente fiscale diminue les recettes.

Bonnes nouvelles

En février 2018, Elon Musk lance pour Space X, son Falcon Heavy haut de 70 mètres. Il révolutionne le secteur de l’aéronautique car elle est réutilisable et abaisse donc considérablement le coût de lancement. Il fait un coup de publicité en mettant en orbite une autre de ses créations, une voiture Tesla rouge…


Bonus vidéo. Xavier Pasco : Géopolitique du spatial, de la Guerre froide au « New Space », quoi de neuf ?


Airbus vient de livrer en février 2018 à la Qatar Airways son nouvel appareil, l’A350-1000. Il s’agit du nouveau long-courrier en version allongée, qui est avec l’A380, l’un des plus gros avions construit en Europe. Il peut transporter 400 passagers et rivalise avec le Boeing 777-300ER, mais consomme un quart de moins en carburant.

La croissance européenne se consolide, elle est évaluée à 2,4 % – comme pour la zone euro – en 2017 et devrait être sensiblement au même niveau pour 2018. Il s’agit de la croissance économique la plus robuste enregistrée depuis la crise née des subprimes (2007).

L’équipe de France a ramené 15 médailles des Jeux olympiques d’hiver, dont trois d’or pour Martin Fourcade.

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