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En Corée du Sud, la course à la (haute) mer

En Corée du Sud, la course à la (haute) mer

Posted on  19 octobre 2019 by  admin

ETUDE – Séoul envisage la possibilité de se doter de véritables porte-avions et de sous-marins à propulsion nucléaire. Ces deux nouvelles au conditionnel – mais le seul fait que les Sud-Coréens s’interrogent est, en soi, une précieuse information – s’ajoutent à deux annonces à l’indicatif relatives à la construction d’un nouveau destroyer lourd et à la conception d’un porte-aéronefs léger.

Par Alexis Feertchak, membre fondateur de Geopragma*

Ambiance : l’actuel porte-hélicoptères sud-coréen, «Dokdo», porte le nom d’îles revendiquées par le Japon.

Précisons. Une semaine après que Pyongyang a testé un nouveau type de missile balistique mer-sol (SLBM) tiré depuis une plateforme sous-marine, la marine sud-coréenne (ROK) a envoyé le 10 octobre au Parlement un rapport dans lequel elle annonce la création d’une commission chargée d’examiner la pertinence pour la ROK de se procurer des sous-marins à propulsion nucléaire. C’est la première fois que la Corée du Sud évoque une telle possibilité. Seuls les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni), mais également l’Inde possèdent de tels bâtiments. En pratique, des sous-marins nucléaires d’attaque permettraient aux Sud-Coréens de chasser beaucoup plus efficacement d’éventuels sous-marins lanceurs d’engins nord-coréens qui menaceraient Séoul de frappes depuis la haute mer. Mais ce n’est pas tout.

Les deux projets de porte-avions à catapultes

Le 15 octobre, un parlementaire sud-coréen, Choi Jae-ung, membre du Parti démocrate au pouvoir et proche du président Moon Jae-in, a remis au gouvernement un rapport préconisant que la Corée du Sud se dote d’un programme de porte-avions à catapultes. Ces deux derniers mots ne sont pas anodins. Faisons un pas de côté pour mieux comprendre. On distingue généralement trois sortes de porte-aéronefs :

  • STOVL (pour Short Take Off Vertical Landing) : les avions décollent grâce à l’aide d’un tremplin en bout de piste et atterrissent à la verticale, solution qui nécessite des avions spécifiques (équipés d’un réacteur supplémentaire, orientable verticalement), généralement moins performants (le décollage par tremplin exige des avions allégés, tant en armes qu’en carburant, tandis que l’atterrissage vertical brûle énormément de kérosène). Résultat, alors que la technologie est complexe et coûteuse, ces avions disposent d’une capacité d’emport en armes et d’un rayon d’action plus faibles que des avions traditionnels. Généralement, les STOVL sont des porte-aéronefs légers (de 20.000 à 40.000 t) servant aussi de porte-hélicoptères, de navires amphibies de débarquement et de navires de commandement. L’Italie, l’Espagne et les Etats-Unis disposent de tels «navires universels», déployant des F-35B. Dans les prochaines années, le Japon transformera aussi ses deux porte-hélicoptères Izumo pour qu’ils puissent emporter des F-35B. Cas particulier, le Royaume-Uni a quant à lui fabriqué deux porte-avions lourds (classe Elizabeth – 70.000 tonnes), mais qui, malgré leur fort déplacement, ne seront « que » des STOVL, choix qui s’explique surtout pour des raisons budgétaires.
  • STOBAR (pour Short Take Off But Arrested Recovery) : les avions décollent toujours au moyen d’un tremplin mais sont arrêtés par des brins d’arrêt. Solution intermédiaire, elle nécessite quand même des avions moins performants, non en raison de l’atterrissage, mais du décollage. La Russie (un navire en cours de modernisation), l’Inde (un navire en service, un en construction) et la Chine (un navire en service, un en essai) disposent de tels navires qui sont en général une première étape en attendant de l’introduction de véritables CATOBAR.
  • CATOBAR (pour Catapult Assisted Take Off But Arrested Recovery) : les avions décollent au moyen de catapultes et atterrissent grâce à des brins d’arrêt. C’est le système le plus cher, mais aussi le meilleur, qui permet de déployer des avions plus performants et de divers types, par exemple des avions de guet aérien «AWACS», essentiels pour qu’un groupe aéronaval dispose d’une véritable autonomie d’action. Parmi les CATOBAR, les porte-avions à propulsion nucléaire sont le graal, disposant d’une autonomie presque illimitée. Seuls les Etats-Unis (dix navires, tous nucléaires) et la France (un navire, nucléaire) en disposent. La Chine en construit deux (dont un à propulsion nucléaire). L’Inde envisage aussi une solution CATOBAR pour son troisième porte-avions, mais en est encore loin.

La Corée du Sud pourrait donc vouloir entrer dans ce tout petit club des propriétaires de CATOBAR. Rappelons qu’avec 1500 milliards de dollars, le PIB sud-coréen place Séoul entre l’Espagne et l’Italie (avec l’avantage, comme Rome d’ailleurs, d’être l’un des leaders mondiaux de la construction navale). Dans son rapport, Choi Jae-ung a présenté deux projets :

  • L’un de 41.500 tonnes de déplacement et de 240 mètres de long avec un seul ilot central. Un tel navire serait proche (à la propulsion nucléaire près) du Charles-de-Gaulle français, très compact pour sa catégorie.
  • L’autre de 71.400 tonnes de déplacement et de 298 mètres de long avec deux ilots centraux, à la façon des Queen Elizabeth britanniques, mais avec des catapultes et des brins d’arrêt en plus.

«Compte tenu du taux d’expansion militaire actuel dans les principaux pays d’Asie du Nord-Est, le futur champ de bataille de 2033 sera très différent de celui d’aujourd’hui. Vous devriez revoir vos changements de plan», s’est justifié le député sud-coréen pour justifier un tel saut capacitaire pour la marine sud-coréenne. Pour comprendre le message sous-jaçent, il faut savoir qu’en juillet, des rumeurs venant de l’Etat-major avait annoncé la construction prochaine de nouveaux porte-hélicoptères capables d’emporter des F-35B, ce qui ferait déjà entrer la Corée du Sud dans la catégorie STOVL. Séoul possède actuellement deux porte-hélicoptères de classe Dokdo (type LPX-I, déplacement de 19.000 tonnes) qui ne sont pas équipés pour des avions de chasse à décollage court et atterrissage vertical. Le projet consiste à produire une version agrandie de ceux-ci (environ 30.000 tonnes) et adaptée au F-35B, ce qui en feraient l’équivalent des deux Izumo japonais modernisés. Confirmant ces rumeurs, le chantier naval Hyundai Heavy Industries (HHI) a signé cette semaine un contrat pour la conception d’un tel navire amphibie universel de nouvelle génération (LPX-II).

Projet LPX-II de navire amphibie universel emportant des F-35B versus le porte-hélicoptères «Dokdo» (LPX-I).

Pour Choi Jae-ung, cette avancée ne serait pas suffisante en raison des limites inhérentes à la solution STOVL, idéale pour appuyer dans les airs des opérations amphibies, mais qui souffre de deux insuffisances. Première insuffisance si l’on observe que les logiques contemporaines de déni d’accès permettent de mettre en œuvre des défenses de plus en plus denses et de plus en plus étendues qui rendent le couple «porte-avions léger + chasseurs STOVL» vulnérable : de tels navires embarquent généralement une quinzaine de chasseurs armés trop légèrement et disposant d’un rayon d’action assez faible (869 km seulement pour le F-35B). Deuxième insuffisance si l’on se place dans une perspective océanique et dans l’optique du retour de combats navals en haute mer, ce couple apparaît là encore insuffisant, pour les mêmes raisons. Rappelons qu’historiquement, les porte-avions ne sont pas seulement un outil de projection contre un territoire ennemi, mais sont d’abord, si l’on observe par exemple les grandes batailles du Pacifique, un outil tant de supériorité aérienne que de frappes anti-navires.

L’argumentation du député sud-coréen rejoint celle qui sous-tend l’acquisition de sous-marins à propulsion nucléaire, qui permet d’étendre substantiellement le rayon d’action d’une sous-marinade pour qu’elle acquière, là aussi, une dimension océanique (y compris dans l’optique de protéger un groupe aéronaval). D’un point de vue stratégique et étant donné que de tels projets sont une projection de ce que pourrait être la marine sud-coréenne dans dix voire plutôt quinze ans, tout semble indiquer que Séoul ne se place plus seulement dans la perspective d’un conflit localisé avec la Corée du Nord, mais bien dans celle d’un conflit régional de haute intensité dans lequel elle ne pourrait plus simplement reposer sur le soutien des Etats-Unis mais devrait acquérir un degré supérieur d’autonomie.

Un dernier élément qui va dans le sens d’une marine élaborée davantage dans une perspective océanique et dans l’optique d’un conflit à haute intensité concerne les navires de combat de premier rang. Cette semaine, Séoul a en effet passé commande auprès de HHI pour le premier exemplaire de trois nouveaux destroyers de classe Sejong The Great (ou KDX-III). Ces navires particulièrement imposants (10.600 tonnes de déplacement) et équipés du système de combat américain AEGIS associé à un grand nombre de missiles (128 ayant diverses missions) sont déjà au nombre de trois dans la marine sud-coréenne (entrés en service entre 2008 et 2012).

Destroyer KDX-III de classe «Sejong The Great»

Alors que les pays européens privilégient des frégates de 6.000 à 7.000 tonnes équipées d’une trentaine ou d’une quarantaine de silos verticaux (VLS) pour le lancement de missiles (16 missiles mer-air Aster et 16 missiles de croisière navals mer-sol pour nos FREMM par exemple), Chinois, Japonais et Sud-Coréens investissent, comme les Américains, dans des destroyers de plus fort tonnage, frôlant voire dépassant les 10.000 tonnes et disposant d’un nombre de silos de missiles proche voire supérieur à 100. Nul doute que ces navires sont pensés pour le combat de haute intensité en haute mer. Le tableau ci-dessous qui établit la liste de la plupart des frégates et destroyers dans le monde avec leur déplacement et leur nombre de silos de missiles est assez parlant : les pays européens sont absolument absents du haut du classement (la présence du Royaume-Uni devant être sérieusement relativisée – cf. note ci-dessous).

PaysClasseNombre (+ construction)DéplacementVLS
Corée du SudSejong the Great3 (+3)10.600 t128
Etats-UnisTiconderoga229.800 t122
ChineType 0551 (+5)12.000 t112
JaponMaya210.500 t96
JaponAtago210.000 t96
Etats-UnisArleigh Burke IIA399.200 t96
JaponKongo49.500 t90
Etats-UnisArleigh Burke I/II288.400 t90
Royaume-UniType 26(+2)7.600 t72*
ChineType 052D12 (+8)7.500 t64
Corée du SudChongmugong65.500 t64
RussieGorchkov-M(+2)5.400 t56
Royaume-UniType 4568.500 t48
ChineType 052C67.000 t48
ItalieOrrizzonte27.000 t48
FranceHorizon27.000 t48
EspagneAlvaro de Bazan56.300 t48
RussieGorchkov45.400 t48
JaponAsahi26.800 t32
JaponAkizuki46.800 t32
ItalieBergamini8 (+2)6.700 t32
FranceAquitaine (FREMM)5 (+3)6.000 t32

* Tous les VLS sont loin d’être semblables : certains disposent de silos de petites tailles, pouvant emporter des missiles anti-aériens de courte portée peu encombrants. Par exemple, la défense d’une nouvelle frégate de Type 26 britannique repose sur 48 Sea Ceptor, missile dont la portée ne dépasse pas les 25 km. Elle peut donc en emporter beaucoup plus qu’une FREMM n’emportera d’Aster 30, dont la portée dépasse les 120 km mais qui est beaucoup plus volumineux. Observer le nombre de VLS ne suffit donc pas.

Cette description purement quantitative ne permet donc pas de juger entièrement de la capacité réelle de ces navires. On sait par exemple que nos FREMM sont considérées comme étant parmi les meilleurs bâtiments du monde en matière de détection sous-marine. De même, si les destroyers chinois sont, sur le papier, l’égal des navires otaniens, on ne sait pas si cette égalité se maintiendrait sur le champ de bataille. Cet état des lieux permet en revanche de décrire une dynamique d’accroissement capacitaire à laquelle l’Europe ne semble aucunement participer. Ce n’est pas forcément un mal : il est vrai que le cœur de la menace est probablement en Asie, loin de la veille Europe, mais encore faut-il en avoir conscience pour adapter notre politique et notre stratégie à la réalité de nos moyens.

Pour la Corée du Sud, au-delà d’un conflit de voisinage avec le Nord, la première menace à moyen terme est bien entendu chinoise : elle est la plus sérieuse, la plus structurelle, et la seule à pouvoir donner lieu à un conflit régional de haute intensité. Mais il ne faut pas oublier non plus les tensions qui resurgissent entre Séoul et Tokyo. Remontant à l’invasion par le Japon impérial de la péninsule coréenne dans les années 1930, elles connaissent depuis un an de nouveaux développements, certes d’abord économiques et commerciaux, mais qui comportent aussi une dimension territoriale. Le Japon continue de revendiquer les îles Dokdo, que contrôle Séoul, en mer de Chine orientale. Il n’est pas anodin que les Sud-Coréens aient décidé de baptiser leurs porte-hélicoptères du nom de ces îles. Autre signe de ces animosités historiques : pour la revue annuelle de la flotte japonaise cette semaine, qui a finalement été annulée en raison du typhon, un très moderne destroyer chinois de Type 052D a fait le voyage, malgré les tensions géopolitiques du moment. Mais de navires sud-coréens, il n’y en avait point. Il ne fait pas de doute que Chinois et Japonais regarderont avec attention les développements à venir de la marine sud-coréenne. Autant que les Américains, qui se frottent les mains en anticipant de juteux contrats d’exportation, qu’ils concernent le F-35 ou les systèmes de missiles équipant les destroyers «Aegis», grands gagnants de ce climat d’anxiété.

* Passionné par la géopolitique et les questions de défense, diplômé de Sciences Po Paris et licencié en philosophie de l’Université Paris-Sorbonne, Alexis Feertchak est journaliste au Figaro, rédacteur en chef et fondateur du journal iPhilo et membre fondateur de Geopragma.

http://geopragma.fr/index.php/2019/10/19/en-coree-du-sud-la-course-a-la-haute-mer/

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Washington envisage de sortir d’un traité autorisant la surveillance des mouvements militaires des pays signataires

Washington envisage de sortir d’un traité autorisant la surveillance des mouvements militaires des pays signataires

PAR LAURENT LAGNEAU · 10 OCTOBRE 2019

Après avoir dénoncé le Traité sur les forces nucléainres intermédiaires [FNI] au motif que la Russie en avait violé les dispositions en déployant un missile interdit [le Novator « 9M729 », en l’occurrence], l’administration Trump envisagerait d’en faire de même avec un autre texte négocié et signé à la fin de la Guerre Froide.

En 1992, à Helsinki, 34 pays membres de l’Otan et de l’ex-Pacte de Varsovie adoptèrent le traité dit « Open Skies », lequel autorise des vols d’observation non armés au dessus du territoire des signataires, afin de surveiller les éventuels mouvements militaires des uns et des autres. Ce texte est entré en vigueur 2002, après sa ratification par le Parlement russe.

Concrètement, chaque signataire doit accepter un certain nombre de survols de son territoire à des fins d’observation [on parle alors de quota passif]. En échange, il peut effectuer autant de vols qu’il en a reçus [quota actif], à la condition d’adresser un préavis de 72 heures aux autorités du pays concerné.

Outre le fait que ce traité permet de renforcer la confiance mutuelle entre les signataires, il peut aussi être utilisé à des fins plus politiques. Ainsi, par exemple, les États-Unis envoyèrent l’un de leurs deux avions OC-135B « Open Skies » survoler l’Ukraine afin de marquer leur soutien à Kiev après l’arraisonnement de navires ukrainiens par la garde-côtière russe dans le détroit de Kertch, en novembre 2018.

Seulement, selon CNN, qui cite un responsable américain, l’administration Trump a l’intention de dénoncer ce traité au motif que la Russie aurait manqué, là aussi, à ses obligations, notamment en restreignant les vols au-dessus de l’enclave – fortement militarisée – de Kaliningrad. Une annonce en ce sens devrait bientôt être faite.

« [Le président russe] Vladimir Poutine a violé le traité ‘Ciel ouvert’ pendant dans des années en continuer à bénéficier de vols de surveillance au-dessus des États-Unis. Le président [Trump] devrait s’en retirer et redéployer les centaines de millions de dollars que le Pentagone gaspille en vols d’observation pour accroître les capacités de combat des États-Unis », a par ailleurs résumé Tom Cotton, un sénateur républicain.

Cependant, des élus démocrates s’inquiétent du projet de M. Trump. Et cela d’autant plus que, pour le moment, Washington n’a nullement consulté ses alliés au sujet de ses intentions.

« Le retrait du Traité Ciel ouvert, un important accord multilatéral sur la maîtrise des armements, serait un cadeau supplémentaire de l’administration Trump à Poutine », ont ainsi estimé les sénateurs démocrates Bob Menendez et Jack Reed, ainsi que les représentants Eliot Engel et Adam Smith, dans un courrier [.pdf] adressé au chef du Pentagone, Mark Esper, et à Mike Pompeo, le secrétaire d’État.

« Non seulement il n’y a aucune raison de s’en retirer pour des raisons de sécurité nationale et il n’y a eu aucune consultation du Congrès ou de nos alliés au sujet de cette décision », affirment les parlementaires démocrates.

De son côté, un porte-parole du Pentagone a expliqué que la Russie n’avait pas respecté ce traité par le passé et que, en conséquense, les États-Unis avaient imposé des mesures [de restriction] lors du survol par les Russes du territoire américain [en 2017, ndlr]. « Nous continuerons à travailler avec nos partenaires pour faire pression sur la Russie afin qu’elle respecte le traité », a-t-il assuré.

Paradoxalement, les élus démocrates qui ont dénoncé le projet de l’administration Trump ont indirectement reçu le soutien de l’ambassade de Russie à Washington. « Nous considérons que le Traité Open Skies est un instrument important pour assurer la sécurité européenne au même niveau que le document de Vienne de 2011 sur les mesures de confiance et de sécurité », a-t-elle plaidé.

http://www.opex360.com/2019/10/10/washington-envisage-de-sortir-dun-traite-autorisant-la-surveillance-des-mouvements-militaires-des-pays-signataires/

Dassault a livré son premier Rafale à l’Inde

Dassault a livré son premier Rafale à l’Inde

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Publié par Jean-Baptiste Le Roux le 9 Octobre 2019

Mieux vaut tard que jamais. C’est à Bordeaux que l’Inde a pris possession de son premier chasseur Rafale. Le premier d’une commande de 36 appareils.

Le premier de 36 chasseurs Rafale

Dassault a livré son premier Rafale à l’Inde

La boucle est presque bouclée. Après avoir acheté 36 chasseurs Rafale à la France en 2016, l’Inde a pris possession de son premier appareil, mardi 8 octobre dernier. C’est à Bordeaux, sur l’un des sites de Dassault Aviation, que les « clés » de l’avion ont été remises à l’État indien, en présence du ministre indien de la Défense, mais également de Florence Parly, la ministre des Armées.

A cette occasion, Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, a fait remarquer que le premier contrat à l’export de l’avionneur avait été conclu avec l’Indian Air Force, en 1953. Une manière de préciser que les relations entre Dassault Aviation, l’Inde et la France ne sont pas si mauvaises que cela. Même si le dossier du chasseur Rafale indien a bien failli achopper à plusieurs reprises.

L’Inde pourrait commander d’autres chasseurs français

Il aura en effet fallu compter dix années entre le premier appel d’offre du gouvernement indien, et la livraison de ce chasseur. Dix ans de discussions parfois houleuses qui ont finalement abouti à ce contrat de huit milliards d’euros. Un passé délicat que l’Inde et la France vont tenter de laisser derrière elles. Quant à l’avionneur, il devrait poursuivre les recrutements sur ses sites de production de Nouvelle Aquitaine.

L’Inde pourrait en effet commander de nouveaux appareils. La dernière demande officielle de juillet 2018 portait sur 110 chasseurs. Les discussions entre la France, l’Inde et l’avionneur ont repris l’été dernier. Outre l’Inde, Dassault Aviation a déjà vendu 24 chasseurs Rafale à l’Egypte, et 36 au Qatar, pour un total de 96 appareils.

https://www.enderi.fr/Dassault-a-livre-son-premier-Rafale-a-l-Inde_a553.html

Le tir du SLBM Pukkuksong-3 achève la création de la deuxième composante de la dissuasion nucléaire nord-coréenne

Strategika 51

An Asymmetric Bilingual Strategic Perspective on the Go!

Le tir du SLBM Pukkuksong-3 achève la création de la deuxième composante de la dissuasion nucléaire nord-coréenne

Publié par Strategika51

C’est quelques chose qu’aucun analyste occidental n’a vu venir. Le dernier essai balistique de la Corée du Nord a impliqué un tir d’un missile balistique de portée intermédiaire à capacité nucléaire lancé à partir d’un submersible de nouvelle génération de construction locale et cet essai résume à lui seul le véritable trou noir que représente ce pays d’Asie en matière de renseignement militaire.

Le tir du SLBM Pukkuksong-3 achève la création de la deuxième composante de la dissuasion nucléaire nord-coréenne 1

Voici le Pukkuksong-3!

Pyongyang a donc remporté haut la main un défi immense: le test du Pukkuksong-3 à partir d’un sous-marin de nouvelle génération que le renseignement sud-coréen désigne provisoirement sous le nom de Sinpo-C qui est une réalisation majeure et marque l’entrée officielle de la Corée du Nord dans le club très fermé des pays disposant des capacités de lancement de missiles balistiques nucléaires à partir de submersibles. Cet essai a assommé bon nombre d’observateurs dont une grande partie continue à considérer la Corée du Nord comme un pays arriéré disposant au mieux d’un arsenal obsolète. Voilà en effet que ce pays isolé et sous embargo se dote simultanément de nouveaux sous-marins lanceurs d’engins et d’une troisième génération de SLBM (Submarine Launched Ballistic Missiles). C’est plus qu’une prouesse, c’est un miracle!

Le tir du SLBM Pukkuksong-3 achève la création de la deuxième composante de la dissuasion nucléaire nord-coréenne 2

Le développement d’une force de dissuasion nucléaire basée sur des sous-marins est un objectif prioritaire pour Pyongyang qui a toujours considéré ce segment comme vital à sa survie en cas d’une attaque nucléaire adverse. Le Pukkuksong-3 lancé lors du dernier test nord-coréen a non seulement échappé à la surveillance satellitaire et aérienne assurée 24h/24 par les pays hostile à la Corée du Nord mais a suivi une trajectoire des plus étranges qu’aucune station de contrôle n’a pu suivre. Ce missile dont on ignore la portée (une estimation initiale non confirmée évoque une fourchette variant entre 4000 et 6500 Km) aurait donc non seulement des capacités de “Mirvage” (têtes multiples à entrées indépendantes dans l’atmosphère en phase de ré-entrée) mais également à évader les systèmes d’interception ABM ennemis.

La Corée du Nord a donc entamé la création de la deuxième composante de sa dissuasion nucléaire en l’optimisant en palliant le faible taux de survie de ses submersibles par l’extension spectaculaire de la portée des vecteurs balistiques rendant possible une frappe nucléaire sur Guam, Hawaï, Midway, l’Alaska et même l’Amérique du Nord à partir des eaux coréennes.

A la lumière de ces développements extraordinaires, l’obsession de l’Etat profond US avec le désarmement nucléaire sans condition de Pyongyang paraît un peu plus que risible. Cela trahit plus une certaine psychorigidité et une aliénation mentale qu’une réelle stratégie. Le président Donald Trump s’est montré bien plus logique avec la question coréenne en initiant un dialogue avec Kim Jong-UN saboté par l’ensemble des composants de l’Etat profond US et ses relais.

En réalité, le monde change mais les tenants d’un certains exceptionnalisme imaginaire continuent à croire en leurs illusions grandiloquentes à peine voilées par une langue de bois surannée et ayant expiré depuis longtemps. Un retour des démocrates aux affaires à Washington ne changera rien au basculement géostratégique en cours. Pour l’histoire, la petite Corée du Nord a non seulement fait vaciller l’Empire mais lui a tenu tête dans le domaine où il excelle le plus: les armes stratégiques. Quand on pense aux disparités de niveau technologique entre l’Empire et la Corée du Nord, cette victoire stratégique unique dans son genre a de quoi nous assommer debout.

https://strategika51.org/2019/10/le-tir-du-slbm-pukkuksong-3-acheve-la-creation-de-la-deuxieme-composante-de-la-dissuasion-nucleaire-nord-coreenne/

https://strategika51.org/2019/10/le-tir-du-slbm-pukkuksong-3-acheve-la-creation-de-la-deuxieme-composante-de-la-dissuasion-nucleaire-nord-coreenne/

La Russie met au point des chasseurs de sixième génération volant sans pilote

ECOUTEZ RADIO SPUTNIK

Le chasseur russe de cinquième génération Su-57

La Russie met au point des chasseurs de sixième génération volant sans pilote

© Sputnik . Alexey FilippovDÉFENSE14:52 23.09.2019(mis à jour 15:00 23.09.2019)URL courte2820710S’abonner

Le constructeur de la sixième génération de chasseurs russes, qui est déjà en cours de conception, a évoqué la principale différence entre le nouveau modèle et le précédent, tout en laissant échapper quelques-unes de ses caractéristiques.

La Russie travaille à la mise au point d’une nouvelle, la sixième, génération d’avions de chasse, a annoncé à Sputnik Sergueï Khokhlov, directeur général de l’Institut national de recherche des systèmes aérospatiaux.

Des Su-30SM, image d'illustration

© SPUTNIK . ALEXANDER VILFPourquoi l’Algérie se procure-t-elle des chasseurs russes?La principale différence entre ceux-ci et les appareils de la génération précédente est liée au mode de pilotage: le chasseur, dans sa version de base, est prévu pour voler sans pilote, la présence d’un homme à bord étant optionnelle.

«Toutes les autres caractéristiques constituent une évolution de celles déjà existantes: encore plus rapide, encore plus manœuvrable, plus furtif, etc.», a indiqué le constructeur.

Actuellement, la Russie produit les chasseurs de cinquième génération Su-57. Le premier appareil de cette série doit être mis à la disposition des forces aérospatiales d’ici la fin d’année. Un contrat prévoyant la livraison de 76 avions de ce type a été signé lors du Forum militaire Armée 2019 en juin dernier

https://fr.sputniknews.com/defense/201909231042142251-la-russie-met-au-point-des-chasseurs-de-sixieme-generation-volant-sans-pilote/.

Sous-marin russe : le réacteur nucléaire n’a pas été affecté par l’incendie selon Moscou

Sous-marin russe : le réacteur nucléaire n’a pas été affecté par l’incendie selon Moscou

4 juil. 2019, 09:06

Sous-marin russe : le réacteur nucléaire n'a pas été affecté par l'incendie selon Moscou

© Yuri KADOBNOV Source: AFPLe ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgu, le 24 juin 2019 en Egypte (image d’illustration).

Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a fait savoir que le sous-marin russe victime d’un incendie entraînant la mort de 14 personnes était un sous-marin nucléaire, mais que le réacteur avait été isolé pendant la catastrophe.

Ce 4 juillet, le ministère russe de la Défense a annoncé que l’incendie du sous-marin russe survenu le 1er juillet et ayant coûté la vie à 14 personnes n’avait pas touché le réacteur. L’unité nucléaire aurait en effet été «isolée» au moment de l’incendie, selon Sergueï Choïgou.Lire aussiAprès la mort de 14 sous-mariniers, Moscou annonce qu’il gardera le secret sur l’enquête

Rapportant les propos du président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine, son ministre a ainsi expliqué que l’équipage avait «opéré toutes les mesures nécessaires afin de protéger le réacteur». Selon lui, celui-ci serait «pleinement opérationnel». «Nous espérons réparer le submersible de manière rapide», a-t-il affirmé.

«La cause principale a été établie. Il s’agit d’un incendie dans le compartiment à batteries, qui s’est ensuite étendu», a déclaré Sergueï Choïgou dans un rapport au président Vladimir Poutine, retranscrit sur le site du Kremlin. 

Les informations détaillées sur l’incendie ayant fait 14 morts le 1er juillet dans un sous-marin de recherche de l’armée russe basé dans le Grand Nord «ne seront pas rendues publiques», avait annoncé le 3 juillet le Kremlin, invoquant le «secret d’Etat».

«Cette information ne peut être rendue totalement publique. Elle se trouve dans la catégorie du secret d’Etat», avait indiqué aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, qualifiant cette décision de «parfaitement normale». «Pour autant, l’état-major des forces armées russes dispose d’informations complètes» sur la tragédie, avait-il ajouté.

Quatorze marins, dont sept capitaines de premier rang – le grade le plus élevé des officiers navigants – ont trouvé la mort le soir du 1er juillet, intoxiquées par les émanations dues à l’incendie d’un sous-marin destiné, selon Moscou, à l’étude des environnements marins et du fond des océans.

L’armée n’a donné que très peu de détails sur l’accident, mais le président russe, Vladimir Poutine, a confirmé qu’il s’agissait d’un submersible «inhabituel». Il a ordonné au ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, de se rendre à Severomorsk, port militaire fermé de l’Arctique russe, pour «établir les causes de cette tragédie».

Plus de détails à suivre…

https://francais.rt.com/international/63614-sous-marin-russe-reacteur-nucleaire-affecte-incendie-moscou?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Raconter l’actua

Les États-Unis transfèrent pour la première fois des F-22 sur leur base au Qatar

F-22 Raptor

Les États-Unis transfèrent pour la première fois des F-22 sur leur base au Qatar

© AP Photo / Kamran JebreiliINTERNATIONAL08:16 29.06.2019(mis à jour 09:53 29.06.2019)URL courteDossier:Escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran (2019) (21)8525

Sur fond de tensions avec Téhéran, Washington a pour la première fois envoyé ses F-22 sur la base militaire américaine d’Al-Udeid au Qatar. Une démarche qui vise à «protéger les forces et les intérêts américains», affirme l’Armée.

Les États-Unis ont déployé pour la première fois leurs avions de chasse furtifs F-22 au Qatar afin de renforcer la protection des forces américaines sur fond de tensions avec l’Iran, a annoncé le commandement central de l’US Air Force vendredi 28 juin.

«Le F-22 Raptor de l’armée de l’Air américaine arrive à la base aérienne d’Al-Udeid, au Qatar, le 27 juin 2019», a indiqué le commandement dans un communiqué. «Ces appareils sont déployés au Qatar pour la première fois afin de protéger les forces et les intérêts américains dans la zone de responsabilité du commandement central américain».

L’Armée américaine a publié sur son site des photos montant plusieurs F-22 en train d’atterrir sur la base.

Les tensions sont montées d’un cran entre Washington et Téhéran après la destruction par l’Iran d’un drone américain RQ-4A Global Hawk se trouvant, selon la République islamique, dans son espace aérien, ce que les États-Unis contestent. Le ministère russe a pour sa part affirmé que l’appareil avait violé la frontière iranienne.

Mohammad Javad Zarif (archives photo)

© AFP 2019 ATTA KENAREL’Iran propose aux États-Unis une destruction complète de leurs armes chimiquesLe Pentagone avait déjà envoyé mi-mai dans le Golfe un navire de guerre transportant des véhicules, notamment amphibies, et une batterie de missiles Patriot, s’ajoutant au déploiement dans la région d’un porte-avions dont la présence a été justifiée par des menaces d’attaques «imminentes» attribuées à l’Iran.

Fin mai, les États-Unis avaient aussi annoncé le déploiement de 1.500 soldats supplémentaires au Moyen-Orient, invoquant des «menaces persistantes» contre les forces américaines. Des appareils de reconnaissance et de surveillance et un escadron de douze avions de chasse renforçaient le dispositif.

https://fr.sputniknews.com/international/201906291041546382-les-etats-unis-transferent-pour-la-premiere-fois-des-f-22-sur-leur-base-au-qatar/?utm_source=push&utm_medium=browser_notification&utm_campaign=sputnik_fr

L’Iran abat un drone militaire américain

L’Iran abat un drone militaire américain


Le pays est prêt pour la guerre et exerce une « pression maximale » sur Trump


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama − Le 20 juin 2019

Tôt ce matin, la défense aérienne iranienne a abattu un drone de reconnaissance américain volant à haute altitude :

DUBAI (Reuters) - Les troupes d'élite des Gardiens de la révolution iraniens ont abattu un drone "espion" américain dans la province méridionale d'Hormozgan, située sur le Golfe, a déclaré jeudi le site d'information de la Garde, Sepah News. 

L'agence de presse d'État IRNA a publié le même rapport, identifiant le drone comme étant un RQ-4 Global Hawk.

"Il a été abattu lorsqu'il est entré dans l'espace aérien iranien près du district de Kouhmobarak, dans le sud", précise le site Web des Gardes.

Une déclaration ultérieure de l’IRGC décrit en détail l’incident :

Le drone américain a décollé d'une base américaine dans le sud du golfe Persique à 00h14 aujourd'hui et, contrairement aux règles suivies dans l'aviation, il a éteint tout son équipement d'identification et s'est rendu du détroit d'Ormuz à Chabahar en vol caché.

L'avion téléguidé, alors qu'il revenait vers l'ouest de la région en direction du détroit d'Ormuz, a violé l'intégrité territoriale de la République islamique d'Iran, a commencé à recueillir des informations et à espionner.

À 4 h 55 du matin, lorsque le drone est, de manière agressive, entré sur le territoire de notre pays, il a été pris pour cible par les IRGC et abattu.

Les États-Unis affirment que le drone était un MQ-4C Triton, la variante marine du type Global Hawk spécialisée dans la surveillance maritime à grande distance. Ils affirment que le drone se trouvait dans l’espace aérien international lorsque les Gardiens de la révolution iraniens l’ont abattu.

(Il est intéressant de noter qu’aucun MQ-4C n’est censé se trouver au Moyen-Orient. Le déploiement a du se faire dans le secret. Mise à jour : Ce drone spécifique semble être arrivé au Qatar il y a seulement cinq jours. Des détails supplémentaires sont discutés ici.)

Drone de type Global Hawk – Agrandir

L’incident est une autre preuve que la campagne de « pression maximale » de Trump contre l’Iran se retourne maintenant contre lui.

Trump aurait dit à son personnel de cesser de parler de guerre contre l’Iran :

Deux hauts fonctionnaires et trois autres personnes ayant une connaissance directe de la stratégie de l'administration dans la région ont dit au Daily Beast que le président avait demandé aux fonctionnaires de modérer leur rhétorique sur l'Iran ...

Trump ne veut pas entamer un conflit militaire contre l’Iran. Mais il mène déjà une brutale guerre économique contre l’Iran et le pays se défend. Trump veut négocier sans arrêter de sanctionner ce pays. L’Iran n’est pas d’accord.

Ce que Trump veut n’importe plus. L’Iran est parvenu à dominer l’escalade de la violence. Ce pays peut causer une myriade d’incidents qui forceront Trump à réagir. Il peut alors soit déclencher une guerre et risquer ainsi sa réélection, soit réduire les sanctions à l’encontre du peuple iranien. S’il ne réagit pas, d’autres piqûres d’épingle suivront et deviendront plus coûteuses avec le temps.

Abas Aslani @AbasAslani - 7:29 UTC - 20 juin 2019

#Iran's #IRGC commandant Salami : Tirer sur ce drone américain était un message fort et clair qui veut dire que nous réagirons fermement contre toute attaque contre le pays. Les frontières sont notre ligne rouge. Nous ne cherchons la guerre contre personne, mais nous y sommes prêts. Le message de l'incident d'aujourd'hui est clair.

La perte du drone Global Hawk est importante. Ces énormes oiseaux, dont l’envergure est supérieure à celle d’un Boeing 737, sont considérés comme des atouts stratégiques. Ils ont été construits pour remplacer les fameux avions espions U-2. Ils transportent des capteurs de grande valeur et coûtent plus de 120 millions de dollars l’unité.


Cette perte peut donc être, avec certitude, attribuée à l’Iran. Mais pour pouvoir accuser l’Iran, les États-Unis devront prouver que son drone n’est pas entré dans l’espace aérien iranien. Il y a seulement deux jours, la Federal Aviation Authority a émis un avertissement pour les avions volant dans la région.

Les drones américains ont déjà violé l’espace aérien souverain de l’Iran à plusieurs reprises. En 2011, l’Iran a capturé un drone RQ-170 furtif, qui volait en provenance d’Afghanistan, en manipulant ses signaux de commande. En 2012, l’Iran a abattu un autre drone américain, un Boeing Scan Eagle, qui venait du golfe Persique. De nombreux autres drones américains ont été abattus au-dessus du territoire iranien :

En janvier[2011], l'Iran a déclaré qu'il avait abattu deux drones conventionnels (non-furtifs), et en juillet, l'Iran a montré aux experts russes plusieurs drones américains - dont un qui surveillait l'installation souterraine d'enrichissement d'uranium à Fordo, près de la ville sainte de Qom. ...
Le 13 décembre, le secrétaire à la Défense, Leon Panetta, a déclaré à Fox News que les États-Unis poursuivraient "absolument" la campagne de drones au-dessus de l'Iran, à la recherche de preuves d'un quelconque travail sur les armes nucléaires. Mais une telle surveillance fait monter les enchères car, maintenant, l'Iran peut apparemment perturber le travail des drones américains.

Les chats persans sont maintenant bien entraînés contre les drones.

Des chats persans s’entraînent à faire tomber des drones RQ-170 Photo via Thomas Erdbrink

Comment Trump réagira-t-il à cet incident ? Le président John Bolton exigera une action militaire contre l’Iran pour se venger. Il ne manquera pas non plus d’insister pour que des troupes supplémentaires soient envoyées au Moyen-Orient.

Trump peut à nouveau minimiser l’incident, comme il l’a fait récemment avec l’attaque du pétrolier qu’il a considéré comme « très mineur ». Mais les faucons de guerre des médias et du Congrès, de même que l’Iran, lui mettront plus la pression. D’autres incidents suivront sûrement.

Trump a une issue. Il pourrait accorder des dérogations aux sanctions pour permettre à la Chine, au Japon, à la Corée du Sud, à l’Inde et à d’autres pays d’importer à nouveau du pétrole iranien. Cela permettrait de retirer le mot « maximal » de sa campagne de « pression maximale » qui est en train d’échouer et pourrait être un moyen d’entamer des négociations.

Mise à jour à 14 h 00.

Le Pentagone vient de tenir une très courte conférence de presse. Par téléphone, le lieutenant-général Joseph T. Guastella, du Commandement central des États-Unis, a fait une très brève déclaration. Aucune question n’était autorisée.
Il a déclaré que le drone se trouvait dans l’espace aérien international, à haute altitude, et à « 34 kilomètres du point le plus proche de la côte iranienne » quand il a été abattu.

C’est de la triche ou, si vous préférez, de la trigonométrie.

Une attitude élevée signifie que le drone volait à une hauteur d’environ 60 000 pieds, soit plus ou 20 kilomètres. Même en survolant directement la côte iranienne, il serait « à 20 kilomètres du point le plus proche de la côte iranienne ».

Les 34 kilomètres sont la longueur de l’hypoténuse AC du triangle rectangle. La hauteur est l’opposé de AB. Ce que nous devons trouver, c’est la longueur CB. adjacente.

? = racine carrée de ( 34 x 34 – 20 x 20) = 27,5 kilomètres

Les zones maritimes nationales et la zone aérienne nationale sont mesurées en milles marins : 27 km / 1,852 = 14,85 milles marins.

La longueur du BC adjacent, c’est-à-dire la distance légale du drone à la côte iranienne, était de 14,85 milles. C’est du moins ce qu’en dit la tête parlante du CENTCOM.

La zone maritime nationale de l’Iran, qui équivaut à la limite de l’espace aérien national, se trouve à 12 milles marins de ses côtes. La marine américaine prétend que son drone était un peu plus loin.

Cette carte a été montrée lors du briefing du Pentagone.

https://www.moonofalabama.org/images8/ghawkpentagon.jpg

Comparez-la maintenant avec cette carte qui montre les frontières maritimes de l’Iran, d’Oman et des Émirats arabes unis dans le détroit d’Ormuz.

https://www.moonofalabama.org/images8/hormuzmap.jpg

Il n’y a pas d’espace aérien international dans la partie nord la plus étroite du détroit d’Ormuz. Il n’y a que l’espace aérien national de l’Iran et d’Oman. Si la carte CENTCOM montre l’emplacement correct du drone, qui venait du sud, il était au milieu d’un cul de sac de l’espace aérien international, volant vers son extrémité.

Le drone était un RQ-4N BAMS-D. C’est un prototype, pour la marine américaine, du nouveau type MQ-4C Triton du Global Hawk qui est actuellement en construction. Le RQ-4N était unique. Il utilisait un vieux Global Hawk rempli de nouveaux équipements électroniques. Il servait de banc d’essai pour le gigantesque aspirateur de données que sera le Triton. Mais c’était aussi un équipement difficile à entretenir et qui avait rempli sa fonction. Les premiers drones seront livrés cet été. Le RQ-4N était sans doute extensible.

L’IRGC iranien dit que le drone avait éteint son transpondeur peu après le décollage. Un coup d’œil sur les sites habituels de trafic aérien en direct confirme que le drone n’a pas été suivi par les systèmes de l’aviation civile qui surveillent les signaux des transpondeurs.

L’armée de l’air américaine, qui effectue chaque jour des missions de reconnaissance à proximité de pays potentiellement hostiles, garde toujours ses transpondeurs allumés. Le signal du transpondeur démontre qu’il n’y a aucune intention hostile. Il prévient les engagements accidentels de défense aérienne. Cela permet également de prouver qu’on reste en dehors d’un espace aérien national étranger.

Les États-Unis menacent l’Iran d’une guerre et d’un changement de régime depuis une quarantaine d’années. Il y a actuellement une crise causée par Trump et sa violation de l’accord nucléaire avec l’Iran. Si l’affirmation du CENTCOM est correcte, le drone de la Marine volait très près de la frontière iranienne, à quelques secondes d’y pénétrer, d’une manière que l’Iran avait des raisons d’interpréter comme pouvant être hostile. L’Iran a publié une vidéo qui est censée montrer le tir.

L’Iran dit que le drone est entré dans l’espace aérien iranien. J’estime que c’est probablement exact. CENTCOM n’est pas connu pour dire la vérité et la liste des entrées de drones hostiles prouvées dans l’espace aérien iranien est assez longue.
Trump vient de tenir une conférence de presse dans le bureau ovale. Il semble vouloir minimiser (vidéo) l’événement. Il a insisté sur le fait que le drone était sans pilote. Il a dit qu’il avait « un très, très fort sentiment » que « quelqu’un avait fait une erreur », qu’« un général iranien a probablement fait une erreur ». Cela signifie qu’il n’accuse pas le gouvernement iranien d’avoir abattu le drone, mais un individu qui « aurait pu faire une erreur ».

Cette déclaration lui donne la possibilité d’éviter d’importantes représailles.
Quelqu’un a fait une erreur ? Et alors.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par jj pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/liran-abat-un-drone-militaire-americain

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Ce successeur franco-hispano-allemand du Rafale a été dévoilé au Salon du Bourget (images) © AFP 2019 BENOIT TESSIER

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Emmanuel Macron et Éric Trappier, directeur de Dassault Aviation, dévoilent la maquette de l'avion «Next generation fighter» qui fera partie du SCAF

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«On propose un avion européen pour les Européens, indépendant des technologies américaines». La maquette d’un avion de conception franco-hispano-allemande, pour lequel Paris et Berlin comptent déjà débloquer quelque 150 millions d’euros d’ici la fin de l’année, a été dévoilée à l’ouverture du Salon du Bourget en présence d’Emmanuel Macron.

Du 17 au 23 juin, le 53e salon aéronautique du Bourget accueille quelque 2.453 exposants, et notamment ceux venus présenter le projet d’avion de combat destiné à remplacer le Rafale ou l’Eurofighter d’ici 2040. La maquette à taille réelle du premier chasseur franco-allemand, le «Next generation fighter» de Dassault Aviation et Airbus, a été dévoilée lundi 17 juin à l’ouverture de cette 53e édition du Salon international de l’aéronautique et de l’espace en présence du Président de la République.

Cet avion n’est pas seulement le successeur potentiel du Rafale ou de l’Eurofighter, mais il constitue aussi la pièce maîtresse du Système de combat aérien du futur (SCAF), ce programme majeur lancé par le Président Macron et la chancelière allemande, Angela Merkel, afin de renforcer l’autonomie stratégique européenne.

Sur le stand Dassault Aviation où la maquette du futur avion de combat a été révélée, Florence Parly, Ursula Von der Leyen et Margarita Robles ont signé des accords de coopération pour le développement de l’aéronef du SCAF. L’accord acte officiellement l’arrivée de Madrid dans le projet.

«On propose un avion européen pour les Européens, indépendant des technologies américaines», a commenté sur la chaine de télévision CNews Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, qui mène le projet SCAF avec Airbus.

L’avion est destiné à entrer en service à l’horizon 2040. Il est actuellement développé par un tandem franco-allemand, qui a été rejoint récemment par l’Espagne.

Initié en 2017, le SCAF est conçu comme un système associant avion de combat de nouvelle génération, drones, futurs missiles de croisière et drones évoluant en essaim. Il sera connecté à des avions, des satellites, des systèmes de l’Otan et des systèmes de combat terrestres et navals.Paris et Berlin pensent investir environ quatre milliards d’euros dans le SCAF d’ici 2025, dont 2,5 milliards pour la France, leader du projet piloté par Airbus et Dassault Aviation, relate l’AFP se référant à des sources au ministère français de la Défense. Les 150 millions déjà débloqués par Paris et Berlin doivent financer les premières étapes du démonstrateur espéré vers 2026.

Outre Dassault Aviation et Airbus, Safran, le groupe allemand MTU Aero Engines, Thales et MBDA (Airbus, BAE Systems et Leonardo) participent au projet.

https://fr.sputniknews.com/defense/201906171041446500-ce-successeur-franco-hispano-allemand-du-rafale-a-ete-devoile-au-salon-du-bourget-images/

Les Sous-Traitants Turcs Écartés Du Programme De L’avion De Combat Furtif US F-35

Les Sous-Traitants Turcs Écartés Du Programme De L’avion De Combat Furtif US F-35

Il n’y a pas que les pilotes des forces aériennes turques en stage d’instruction sur des F-35 sur la base aérienne US de Luke (Luke Air Force Base) en Arizona qui sont affectés par les pressions croissantes de Washington sur Ankara pour l’amener à annuler des négociations avancées sur un contrat d’acquisition de systèmes de missiles SAM S-400 russes: tous les sous-traitants turcs sont écartés l’un après l’autre du gigantesque programme de l’avion de combat furtif de cinquième génération Lockheed-Martin F-35 Lightning II.

La Turquie est à la fois l’un des plus importants alliés de Washington dans le monde et un membre important de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). La tension croissante entre les États-Unis et la Turquie autour de la décision d’Ankara d’acquérir des systèmes d’armes russes pour sa grille de défense aérienne met à mal l’interopérabilité et la coordination des forces armées au sein de l’OTAN mais pourrait en fait cacher d’autres enjeux.

Il est un peu trop prématuré de donner libre cours à des conjectures sur une probable sortie de la Turquie de l’OTAN.

Ankara nous a habitué à une politique un peu vague ces dix dernières années. Jouant sur tous les tableaux et changeant promptement de posture selon le contexte et la conjecture, la Turquie pourrait en effet jouer un nouveau rôle qui commença à prendre forme dès que l’échec de la guerre en Syrie divulgua au grand jour de profonds clivages entre les intérêts stratégiques de Washington et Ankara d’un côté et d’un autre scinda la coalition dans son segment arabe notamment avec la rivalité entre l’Arabie et les Émirats Arabes Unis avec le Qatar ou encore l’incompatibilité totales des objectifs géostratégiques de pays membres de l’OTAN tels que l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni avec les ambitions géopolitiques de la Turquie de Rayep Reçep Erdogan et qui plus est, dans ce que Ankara considère un peu plus que son pré-carré ou son arrière-cour au Nord de la Syrie.

A cela s’ajoute le tropisme néo-Ottoman de la Turquie, le retour en force d’un nationalisme pan-turquiste assez surprenant en coulisses et loin des médias et le peu d’estime que voue la classe politique turque actuelle pour la plupart des grands pays européens et plus particulièrement l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, surtout après un Accord secret sur le contrôle des migrations clandestines en échange d’avantages économiques et financiers directs.

Cependant certains observateurs se montrent fort circonspects et soupçonnent la Turquie de duplicité dans le cadre d’une nouvelle stratégie US visant à obtenir un accès direct aux derniers systèmes de défense russes comme ce fut le cas pour le Mig-25 Foxbat (défection du pilote Viktor Ivanovich Belenko au Japon en 1976) ou par l’intermédiaire de pays comme l’Allemagne, l’Égypte, Israël, la Pologne ou la Libye (transferts directs de matériel acquis ou des prises de guerre).

Les Sous-traitants Turcs écartés du Programme de l’avion de combat furtif US F-35

Les Sous-traitants Turcs écartés du Programme de l’avion de combat furtif US F-35