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Les actions du secteur de la défense en hausse depuis l’assassinat de Soleimani

Les actions du secteur de la défense en hausse depuis l’assassinat de Soleimani

Repéré par Léa Polverini — 4 janvier 2020 à 13h52

L’assassinat du général iranien par les États-Unis risque de précipiter une escalade de violences dans la région.

La Bourse de Wall Street, à New York, en octobre 2019. | Johannes Eisele / AFP
La Bourse de Wall Street, à New York, en octobre 2019. | Johannes Eisele / AFP

Temps de lecture: 2 min — Repéré sur Los Angeles Times

C’est une légère hausse que les actions du secteur de la défense ont enregistrée après l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani, ordonné par le président des États-Unis Donald Trump dans la nuit du 3 janvier.

Alors que le Guide suprême d’Iran Ali Khamenei a annoncé qu’une «sévère vengeance» était à attendre, le gouvernement états-unien a affirmé de son côté que 3.000 à 3.500 militaires seraient déployés au Koweït pour répondre «au niveau accru de menace contre les forces et les installations américaines».

Face au risque d’escalade de violences dans la région, la bourse de Wall Street est elle aussi «montée au créneau»: alors que l’indice boursier du S&P 500 perdait du terrain, l’indice du secteur aérospatial et de l’industrie de la défense a grimpé d’1,8% ce vendredi.PUBLICITÉ

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Les drones ont le vent en poupe

Le record revient pour l’heure à AeroVironment, qui a progressé de 6,9%. La firme californienne est notamment spécialisée dans la fabrication de petits drones de reconnaissance à courte portée, qui peuvent atteindre la taille d’un colibri, et qui sont principalement utilisés par l’armée américaine. Elle travaille en collaboration avec le Pentagone, la DARPA (agence chargée de la recherche et du développement des nouvelles technologies destinées à un usage militaire), et la NASA.

Selon Ken Herbert, le directeur général de la banque d’investissement Canaccord Genuity, la surveillance de proximité est «une mission précise pour laquelle les drones d’AeroVironment sont très bien adaptés», et dont le conflit entre les États-Unis et l’Iran pourrait bien faire exploser les ventes.

Le conglomérat Northrop Grumman Corporation a quant à lui vu ses actions monter de 5,4%. Comptant parmi les plus grosses entreprises d’armement au monde, la compagnie s’est investie dans le secteur aérospatial et dans celui des missiles. Elle fabrique des avions tels que le bombardier B-2, et est actuellement en charge du développement du bombardier B-21, destiné à l’US Air Force.

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Le fabriquant du chasseur bombardier F-35, Lockheed Martin, première entreprise mondiale de défense et de sécurité, a enregistré une hausse plus modeste, de 3,6%, quand Raytheon, entreprise spécialisée dans les technologies de missiles et de radars, a gagné 1,5%.

La seule entreprise de défense à avoir subi une baisse parmi les plus grosses sociétés américaines est Boeing, avec -0,2%. Depuis les crashs successifs de ses deux 737 Max en octobre 2018 et en mars 2019, qui ont respectivement causé la mort de 189 et de 157 personnes, l’entreprise connaît une période de troubles qui se répercute sur sa cotation en bourse.

http://www.slate.fr/story/185945/bourse-actions-secteur-defense-hausse-assassinat-soleimani-iran-etats-uni

Comment Boeing se suicide

Comment Boeing se suicide

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   samedi 14 décembre 2019

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Comment Boeing se suicide

On sait que l’affaire Boeing-737Max est devenue une crise en soi, qui mérite d’être suivie avec attention dans la mesure où elle reflète bien les comportements et l’évolution du Corporate Power  dans cette époque de crise générale, ou Grande Crise d’Effondrement du Système. La crise Boeing-737Max est d’autant plus intéressante qu’elle réunit des éléments fondamentaux de la postmodernité et de notre contre-civilisation :

• un ensemble crisique type du système de l’américanisme ;
• une entreprise gigantesque du point de vue du capitalisme américaniste et globalisé, c’est-à-dire des points de vue financier et commercial, comme deuxième entreprise des USA en volume financier et premier exportateur des USA ;
• une entreprise qui conçoit et fabrique des produits à l’avant-garde de la technologie opérationnelle ;
• une entreprise qui, dans sa production aéronautique, est aussi active dans le secteur civil que dans le secteur militaire.

Le caractère unique et “exceptionnaliste” (comme sont les USA) de Boeing est en train de nous apparaître comme très largement équilibré, comme par un effet-miroir inversé, par le “caractère unique et ‘exceptionnaliste’” de la catastrophe qui est en train de se développer en son sein. Une audition de témoins venus de Boeing et de la FAA, mercredi devant la Commission des Transports de la Chambre des Représentants, a permis de prendre une nouvelle mesure de cet événement qui progresse, souvent d’une façon feutrée et dissimulée, mais qui se signalent tout de même par  de brutales incursions dans la progression de la  vérité-de-situation  s’accordant parfaitement au processus éventuellement post-simulacre  que nous décrivions hier.

Le cover-up (dissimulation, étouffement) de la catastrophe semble devenir impossible, justement à cause de l’ampleur de la catastrophe et des “fuites” sans nombre, officialisées, institutionnalisées, de la part d’acteurs du drame, notamment ceux qui le virent venir et tentèrent de prévenir les dirigeants.  Cette impossibilité possible du cover-up  ferait ainsi partie de l’arsenal de notre hypothèse sur une époque post-simulacre.

Ci-dessous, nous reprenons un texte de WSWS.org qui poursuit bien entendu Boeing de ses foudres trotskistes et anticapitalistes et qui, dans ce cas, comme ce l’est dans diverses occasions où nous utilisions cette source, fournit une excellente documentation qui est à notre sens beaucoup plus de caractère antiSystème que de caractère trotskiste. C’est le caractère antiSystème, d’où qu’il vienne, qui nous intéresse et nous laissons le caractère trotskiste à ceux qui en rêvent encore et toujours. 

Ce que nous montrent les différents éléments de témoignage entendus à la Chambre, – sans que la Chambre, pourrie jusqu’à l’os, notamment par le prébendes de Boeing, ne s’en émeuve vraiment, – c’est l’extrême profondeur du cancer qui ronge Boeing. Cela concerne certes le 737Max, mais aussi la manière de produire, les pressions sur le personnel très qualifié mais qui perd cette qualification sous la force de ces pressions, l’affichage sans aucune retenue du changement ontologique qui a affecté cette compagnie qui est historiquement l’une des premières, chronologiquement et qualitativement, de l’histoire de l’aviation.

Le principal témoin Ed Pierson, cadre supérieur de chez Boeing, a ainsi rapporté la réponse de son supérieur, vice-président de Boeing et responsable du programme 737Max, à qui il demandait de ralentir la cadence forcée de production et de réorganiser les équipes affectées à cette production, – ce qui impliquait une interruption puis une reprise moins rapide de la production, – avec réponse dans ces termes : « Nous ne pouvons pas faire ça. Je ne peux pas faire ça [parce que Boeing est] une organisation à but lucratif. »

Le fric, pas les avions, – et quant aux passagers…

Tout est à l’aune de cet épisode qui nous dit que Boeing en tant que tel qu’il fut dans l’histoire n’existe plus. Boeing n’est plus guidé que par les bénéfices, les revenus, l’argent et rien d’autre, et tous les impératifs de qualité et de sécurité sont désormais, et à notre sens irrémédiablement, passés au second plan… “Irrémédiablement” en effet, à cause du changement de nature de Boeing, de son ontologie complètement différente de ce qu’elle fut jusqu’à quelque part autour de 1975-1985. Le temps écoulé entre ces dates et aujourd’hui, et la tragédie du 737Max, correspond au temps nécessaire pour cette opération fondamentale du “changement d’être”. On ne revient pas sur de telles perversions qui tuent le passé et ce qui a existé, c’est-à-dire la tradition.

(Eh certes oui, l’on peut parler de “tradition” qui est un facteur relatif, et dans le cas de Boeing la “tradition” est celle de ses débuts puis de ses succès appuyés sur le savoir-faire de ces débuts, et c’est cela qui est rompu tant la modernité ne cesse de se dévorer elle-même à mesure qu’elle avance, pour ne jamais dépendre de structures stables et harmonieuses, et pouvoir terminer dans ce qu’il y a de plus volatile, de plus simulacre, de plus “absence d’être”, – la financiarisation postmoderne, clef de voute de l’effondrement.)

Bien entendu, nous croyons plus que jamais à « la cataracte Boeing », c’est-à-dire à la catastrophe de l’effondrement de l’avionneur. Lorsque, dans son zèle à montrer la cupidité et l’injustice du capitalisme, le texte de WSWS.org  indique « Alors que l’immobilisation du Max 8 et les poursuites par les pilotes et les proches des victimes devraient coûter 8 milliards de dollars à Boeing, la valeur de la société a augmenté de près de 200 milliards de dollars entre le moment où les avions ont été annoncés en 2011 et le moment où l’ensemble de la flotte a été cloué au sol », – bien, sûr, il pêche par militantisme tactique et nous donne une fausse image de la vérité de situation.

C’est “jusqu’ici” qu’il faut dire à propos des $8 milliards que devraient coûter à Boeing « l’immobilisation du Max 8 et les poursuites par les pilotes et les proches des victimes ». En effet, cette affaire ne fait que commencer et Boeing a déjà subi, en plus des $8 milliards, des pertes de manque-à-gagner avec plus de 250 avions commandés chez Airbus par trois compagnies, qui s’étaient auparavant décidé pour le 737Max. Les pertes à prévoir, non seulement pour des raisons techniques et de sécurité des appareils, mais aussi et surtout de confiance dans toutes les productions Boeing sont colossales et finalement à la mesure d’un ébranlement décisif vers l’effondrement de ce géant too big to fail/to fall. Ce n’est pas la logique historique de la “révolution permanente” trotskiste qui menace Boeing, mais la logique prédatrice et autodestructrice du néo-capitalisme ultralibéral.

Le texte ci-dessous, de WSWS.org est du 14 décembre 2019 (traduction de la version originale en anglais du 13 décembre 2019).

dedefensa.org

_________________________

Les dirigeants de Boeing doivent rendre des comptes

L’ancien cadre supérieur de Boeing Ed Pierson a témoigné mercredi devant la commission des transports et des infrastructures de la Chambre des Représentants qu’il avait averti la haute direction de l’entreprise à deux reprises au cours de l’été 2018 que «la détérioration des conditions à l’usine» de production du Boeing 737 de Renton, dans l’État de Washington, entraînerait inévitablement une production d’avions défaillants et potentiellement mortels.

Le rapport de cet ex-employé révèle un autre niveau de la criminalité et de la négligence des dirigeants de Boeing dans leur volonté de générer des bénéfices de plusieurs milliards de dollars avec l’avion 737 Max 8. Ce fut un autre avertissement, cette fois par un travailleur qui produisait ces avions, que les conditions dans l’usine compromettaient la sécurité de dizaines d’avions qui pourraient éventuellement transporter des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants.

Les craintes de Pierson se sont réalisées quatre mois après son deuxième avertissement lorsque le vol 610 de Lion Air a plongé dans la mer de Java après avoir décollé de Jakarta, en Indonésie, tuant les 189 passagers et membres d’équipage à bord. Cela a été suivi d’un deuxième crash d’un avion Max 8 juste aux abords d’Addis-Abeba, le vol 302 d’Ethiopian Airlines, qui a anéanti la vie de 157 autres êtres humains.

Ce n’est qu’après le deuxième crash que Boeing a décidé de clouer au sol l’avion meurtrier dans le monde entier, et cela ne s’est produit qu’après que l’indignation internationale a monté lorsque Boeing a déclaré deux jours après le deuxième crash qu’ils avaient «pleinement confiance en la sécurité du 737 Max». Ces commentaires ont été soutenus et repris par la Federal Aviation Administration (FAA) et le président américain Donald Trump.

La même audience du Congrès a également révélé que le mois suivant le premier accident, une analyse interne de la FAA a déterminé que, à moins que l’avion ne soit immobilisé, le Max 8 ferait l’objet en moyenne d’un accident mortel tous les deux ou trois ans, une quantité supérieure à celle indiquée par Boeing ou l’agence à l’époque. Ce rapport a été écarté par l’agence pendant plus d’un an, même après le deuxième crash en moins de six mois.

La raison immédiate de ces deux accidents était un logiciel auparavant inconnu appelé système d’augmentation des caractéristiques de manœuvre (MCAS), qui s’est activé par erreur en raison d’un capteur d’angle d’attaque défectueux et a forcé les deux avions à plonger de façon incontrôlable. Les capteurs, a noté Pierson, remplaçaient les originaux également défectueux, ce qui n’aurait pas dû se produire sur des avions vieux de quelques mois seulement. Ces faits mettaient en évidence  de graves problèmes dans le processus de production elle-même du Max 8.

Dans un courriel de juin 2018 adressé au vice-président de Boeing, Scott Campbell responsable du programme Max 8, Pierson a averti que «franchement, toutes les sonneries d’alarme sont activées dans mon jugement». Il a explicitement noté le manque de mécaniciens, d’électriciens et de techniciens qualifiés, un taux d’heures supplémentaires qui a plus que doublé et qui affecte l’attention des travailleurs. Il a ajouté que «pour la première fois de ma vie, je suis désolé de dire que j’hésite à faire monter ma famille dans un avion Boeing.»

Dans ses commentaires devant le Congrès, Pierson a souligné «la pression dogmatique exercée sur le calendrier» après que l’entreprise ait exigé que l’usine augmente la production du nombre d’avions qu’elle fabrique de 47 à 52 par mois, avec l’augmentation des «risques pour la sécurité des produits et des travailleurs.»

En conséquence, les mesures de suivi de la qualité interne de Boeing ont révélé une augmentation de 30 pour cent de défauts d’ingénierie et de câblage, qui peuvent tous provoquer des pannes ou des incidents potentiellement mortels dans un avion. Tout cela aurait pu avoir un effet sur les défaillances des capteurs MCAS. Afin de résoudre ces problèmes, Pierson a affirmé qu’il était nécessaire de fermer l’usine «pour permettre à notre équipe de se regrouper afin que nous puissions terminer les avions en toute sécurité».

Alors même que les conditions de production se dégradaient, les dirigeants de Boeing ont continué à ignorer les averissements de Pierson. Lors d’une réunion entre Pierson et Campbell, au cours de laquelle le premier a réitéré son appel à arrêter la production pour répondre à des problèmes de sécurité avérés, le responsable du programme 737 Max lui a dit: «Nous ne pouvons pas faire ça. Je ne peux pas faire ça» parce que Boeing est «une organisation à but lucratif».

La cupidité sans gêne incarnée dans cette déclaration ne donne qu’un aperçu des énormes sommes d’argent que Boeing a gagnées grâce au programme Max 8. Alors que l’immobilisation du Max 8 et les poursuites par les pilotes et les proches des victimes devraient coûter 8 milliards de dollars à Boeing, la valeur de la société a augmenté de près de 200 milliards de dollars entre le moment où les avions ont été annoncés en 2011 et le moment où l’ensemble de la flotte a été cloué au sol.

Les dirigeants de Boeing eux-mêmes ont également fait d’immenses fortunes personnelles. Lors de la montée fulgurante des actions de la société en janvier et février de cette année, le directeur financier Gregory Smith, le vice-président exécutif John Keating, l’avocat général Michael Luttig et le directeur général Dennis Muilenberg ont tous vendu des actions pour une valeur de 9,5 millions de dollars, 10,1 millions de dollars, 9,5 millions de dollars et 6,5 millions de dollars respectivement.

Ces chiffres démentent les larmes de crocodile que la direction de Boeing a versées, surtout quand on se rend compte que le deuxième crash du Max 8 s’est produit juste un mois après ces fructueuses opérations boursières. Étaient-ils conscients des dangers de l’avion et, plutôt que d’avertir leurs pilotes et passagers, ont-ils profité de l’occasion pour en tirer profit ?

On ne peut pas non plus passer sous silence les remarques faites par les Représentants de la commission des transports de la Chambre. En réponse à la publication du document interne de la FAA, le représentant démocrate Peter DeFazio de l’Oregon a déclaré: « Malgré ses propres calculs, la FAA a voulu parier avec la sécurité du public en laissant le 737 Max continuer à voler.» Le président de la sous-commission de Transport de la Chambre n’a fait aucune mention du fait que lui et ses collègues avaient récemment adopté la loi sur la ré-autorisation de la FAA, qui donne à Boeing et à d’autres constructeurs d’avions encore plus de liberté à l’égard de la réglementation et de la surveillance.

De plus, le gouvernement américain ainsi que des municipalités et des États fédérés ont subventionné les opérations de Boeing. Depuis 1994, Boeing a reçu 74 milliards de dollars de subventions et de prêts gouvernementaux, dont 14 milliards proviennent uniquement de l’État de Washington [où sont installées les usines Boeing]. Cet argent a été prélevé directement de la classe ouvrière et déposé dans les poches des dirigeants et des gros actionnaires de la société.

Cela montre clairement la relation entre le gouvernement américain et Boeing, le deuxième plus grand entrepreneur de défense du pays et le plus gros exportateur US. Ils n’ont pas de relation contradictoire, mais représentent plutôt le lien entre le Corporate Power, l’État et l’establishment militaire.

Malgré des preuves évidentes et croissantes de la négligence criminelle de la part des dirigeants de Boeing qui a causé la mort de plus de 300 personnes, aucune accusation pénale n’a été portée contre les responsables concernés. Cela est tout à fait dans la ligne judiciaire établie ces temps-ci, où même les délits de grandes entreprises les plus horribles n’ont donné lieu à aucune poursuite. Mais la justice pour les victimes, sans parler de la sécurité du public, exige que les cadres supérieurs et les responsables gouvernementaux impliqués dans ces crimes soient tenus de rendre des comptes.

Ces liens et les catastrophes des Max 8 ne sont pas simplement des symptômes de la cupidité des grandes entreprises, mais le résultat final du système capitaliste lui-même, qui subordonne tous les besoins sociaux au profit privé. Il existe une contradiction fondamentale entre les intérêts de la société, y compris le transport aérien sûr, efficace et peu coûteux, et la propriété privée des industries essentielles, ainsi que la division de l’économie mondiale entre les États-nations rivaux. Les mêmes contradictions fondamentales du capitalisme alimentent les conflits géopolitiques et économiques qui menacent le monde de guerre nucléaire et de catastrophes écologiques.

La seule façon de prévenir de nouvelles catastrophes est de supprimer le but lucratif dans l’industrie des avions de lignes, de mettre fin à la domination de Wall Street et de remplacer le cauchemar du marché capitaliste par un système de transport aérien planifié de manière rationnelle et organisé au niveau international. Cela nécessite la nationalisation des compagnies aériennes et aérospatiales et leur transformation en services publics appartenant à la collectivité et contrôlés démocratiquement.

Bryan Dyne, WSWS.org

https://www.dedefensa.org/article/comment-boeing-se-suicide

DUBAI AIRSHOW 2019 SOUS LE «PANTSIR»


ANALYSISChoix du rédacteur Hot 28.11.2019 – 267 vues    5 ( 2 votes)

DUBAI AIRSHOW 2019 SOUS LE «PANTSIR»

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Dubai Airshow 2019 sous le «Pantsir»

IMAGE: Marina Lystseva / TASS

Écrit par Roman Azanov ; Apparu à l’origine à TASS , traduit par AlexD exclusivement pour SouthFront

Le spectacle aérien de Dubaï se tient depuis 1986 et est considéré comme l’un des plus représentatifs des manifestations internationales dans son domaine. Cette année, plus de 1200 entreprises et 87 000 spécialistes de plus de 70 pays ont assisté à la conférence. Outre la société d’État «Rostech» et l’exportateur spécial «Rosoboronexport», huit exploitations de défense majeures produisant des armes et du matériel militaire pour l’aviation, la défense aérienne et la guerre électronique ont présenté leurs produits militaires à l’exposition russe.

Les pays du Moyen-Orient sont les plus intéressés par les équipements aéronautiques et la défense aérienne. Selon le Service fédéral de coopération militaire et technique (FSMTC), leur part représente environ 40% du volume total des commandes. « Au cours des cinq dernières années, le volume des exportations de produits militaires dans la région a dépassé les deux milliards de dollars par an et représente 10 à 20% des exportations totales », a déclaré le directeur du FSMTC, Dmitri Shugaev, lors de la journée d’ouverture du Dubai Airshow 2019.

La Russie commercialise au Moyen-Orient presque toute la gamme des avions de combat et de la défense aérienne. Cependant, cette année, les produits civils ont été d’un intérêt particulier.

Milevsky débuts

L’hélicoptère Mi-38, présenté par la société russe Helicopters (qui fait partie de la société d’État « Rostech »), a présenté pour la première fois à l’étranger ce spectacle aérien. La machine avec une cabine très confortable a non seulement été démontrée au sol, mais a également participé au programme de vol.

L’intérêt pour cela a déjà été montré aux EAU. Le chef du ministère de l’Industrie et du Commerce de la Fédération de Russie, Denis Manturov, a montré l’hélicoptère Mi-38 au prince héritier de l’émirat d’Abou Dhabi, Cheikh Mohammed bin Zayed al Nahyan. « À mon avis, compte tenu du fait que les Émirats sont actionnaires de Russian Helicopters et s’intéressent au développement d’hélicoptères en fonction des actifs auxquels ils participent, je pense que l’hélicoptère a de bonnes chances d’atterrir sur le sol émirati continuer à parler d’autres pays du golfe Persique et du Moyen-Orient », a déclaré le ministre.

Il a été annoncé que des hélicoptères russes commenceraient la production en série de cette machine au cours du spectacle aérien. L’usine d’hélicoptères de Kazan (KHP) a reçu un certificat de fabricant de l’Agence fédérale du transport aérien (Rosaviatsia). Le premier Mi-38 sera livré au client national d’ici à fin 2019. «Le certificat confirme que KHP est prêt pour des livraisons en série d’hélicoptères de ce type pour les opérateurs commerciaux et les clients du gouvernement», a déclaré Yuri Pustovgarov, directeur général de KHP. .

Dubai Airshow 2019 sous le «Pantsir»

Aménagement de la cabine VIP du Mi-38. IMAGE: Marina Lystseva / TASS

Le Mi-38 est un hélicoptère universel qui peut être utilisé pour transporter des passagers (y compris des personnalités importantes), du fret, des opérations de recherche et de sauvetage et des travaux médicaux. Je suis convaincu que les caractéristiques techniques élevées et le prix concurrentiel garantiront l’intérêt de nos partenaires du Moyen-Orient, de l’Asie du Sud-Est, de l’Amérique latine et de l’Afrique pour l’hélicoptère.

Sergei Chemezov

Directeur général de Rostech

La conception du Mi-38 présente de nombreuses innovations: amélioration des contours aérodynamiques du fuselage et rationalisation du système de propulsion, protection du manchon du rotor principal et du plateau oscillant. Au lieu du placement traditionnel des moteurs devant la boîte de vitesses principale, pour la première fois dans l’industrie nationale de l’hélicoptère, un système avec une localisation «arrière» a été mis en œuvre. Selon les développeurs, cela a permis de réduire la traînée aérodynamique et le niveau de bruit dans la cabine, ainsi que d’améliorer la sécurité de la machine.

En plus du Mi-38, l’hélicoptère léger «Ansat» a fait ses débuts au Moyen-Orient. La machine dans le modèle d’entreprise (la configuration présentée peut transporter jusqu’à cinq passagers) a également pris part au programme de vol de l’exposition.

Nouveau créneau

Selon Andrei Boginsky, le chef des hélicoptères russes, les Émirats arabes unis se développent de manière dynamique dans le sens de la mobilité urbaine. Ainsi, outre les prototypes volants, le drone VRT300 a été présenté sur le stand, ainsi que lors de l’exposition conjointe tenue avec le groupe émirati Tawazun. , un modèle d’hélicoptère monomoteur léger VRT500 avec un agencement coaxial de vis.

Dubai Airshow 2019 sous le «Pantsir»

VRT500. IMAGE: Marina Lystseva / TASS

VR-Technologies (cette société est engagée dans le développement d’hélicoptères et de drones perfectionnés) produira un prototype de VRT500 d’ici au second semestre de 2020. La machine recevra un moteur à turbine à gaz PW207V de Pratt & Whitney Canada. Il peut également être produit en version passager, polyvalente, cargo, formation, VIP et évacuation médicale. Selon les développeurs, ce sera le premier hélicoptère médical au monde à pouvoir charger et décharger du matériel médical uni par les portes arrière de la cabine.

Le développeur a signé un accord de concession avec le suédois Rotocraft Nordic AB pour la livraison de dix hélicoptères légers VRT500 en configuration de base en 2023.

Russian Helicopters fait son entrée sur le marché international dans un nouveau créneau: les hélicoptères civils monomoteurs légers. Le projet VRT500 est certainement concurrentiel et présente un grand intérêt pour les clients étrangers

Sergei Chemezov

Directeur général de Rostech

Quant à l’hélicoptère sans pilote VRT300, il est en cours de développement dans une version cargo et dans une version destinée à la surveillance et à la télédétection de la surface de la terre ou de l’eau. L’appareil sera également équipé de systèmes d’atterrissage automatiques précis sur les navires.

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VRT300. IMAGE: Marina Lystseva / TASS

Il a été annoncé que le groupe émirati Tawazun acquerrait 50% des actions de la société VR-Technologies. Les paramètres financiers de l’accord n’ont pas été divulgués. Il est prévu de finaliser la transaction au cours du premier trimestre de l’année prochaine. L’investissement conjoint dans le développement de l’entreprise s’élèvera à environ 400 millions d’euros. Le document a été signé au Dubai Airshow 2019.

Selon le directeur de Rostech, les investisseurs du Moyen-Orient « accéléreront la mise en œuvre des projets VRT300 et CRT500 et donneront une impulsion à de nouveaux développements de systèmes avancés d’hélicoptères et sans pilote ». «Nos accords prévoient également une assistance pour la promotion de ces produits sur les marchés du Moyen-Orient et, en particulier, du golfe Persique. Les deux machines ont de bonnes perspectives dans la région, où les solutions pour développer la mobilité aérienne urbaine sont de plus en plus populaires », a-t-il déclaré. Les EAU envisagent d’utiliser cette technique principalement comme taxi Uber de l’aéroport de Dubaï.

À propos, ce n’est pas la première expérience de coopération entre la société émiratie et la Russie. Tawazun détient déjà 36% du projet de voiture russe Aurus.

Intérêt pour le Yak-130

La société Irkut (appartenant à la United Aircraft Corporation, UAC) a apporté un prototype à grande échelle de l’avion d’entraînement au combat Yak-130, qui a également fait ses débuts dans les cieux de Dubaï. Mais non seulement ce fait a attiré l’attention de tous les médias du monde. Au salon aéronautique de Dubaï en 2019, il a été officiellement annoncé que l’UAC avait entrepris une modernisation en profondeur de cette machine, ce qui permettrait à l’avion d’être en grande partie prêt au combat.

Nous présentons ici le début du projet de modernisation en profondeur, nous étendons considérablement ses capacités de combat. Cela ne devient pas simplement un avion d’entraînement au combat, mais dans une large mesure un avion de combat. Sa fonction de formation est également améliorée: il est capable de former les pilotes pour les aéronefs de quatrième et cinquième générations.

Yuri Sliusar

Chef de l’UAC

Selon lui, le Yak-130 pourra effectuer un grand nombre de tâches. De plus, il peut être adapté au client et à la région d’application. «Nous avons personnalisé ces capacités de combat accrues uniquement pour ces clients du Moyen-Orient, en tenant compte des tâches qu’ils doivent résoudre ici», a déclaré le chef de l’UAC. En particulier, l’exposition Yak-130 sur le sol a montré toute la gamme des armes d’avions: missiles guidés air-air, blocs de missiles non guidés de différents calibres, conteneurs de guerre électronique, ainsi qu’un conteneur suspendu doté d’un double canon de 30 mm canon à air.

Le Yak-130 est déjà livré au Bangladesh, au Myanmar et au Laos. Il y a un intérêt de la part de la Malaisie.

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Yak-130. IMAGE: Marina Lystseva / TASS

On a également appris que la Russie avait reçu les premières demandes de clients étrangers pour une version d’exportation du chasseur-bombardier Su-34, dont un prototype a également été présenté à l’exposition russe.

“Remède” pour les drones

Outre les nouveautés dans le secteur des aéronefs et des hélicoptères, Rostech Holdings a présenté les derniers systèmes russes de lutte contre les véhicules aériens sans pilote (UAV) et d’autres moyens d’attaque aérienne.

Parallèlement aux systèmes de défense aérienne bien connus, des équipements de guerre électronique ont été montés sur divers transporteurs, notamment les complexes hautement mobiles «Peregrine-Snipe», «Border-Automation», «Dome» et «Pischal». Ces développements peuvent être utilisés avec succès pour protéger les installations militaires et industrielles, ainsi que les infrastructures civiles des drones.

Dubai Airshow 2019 sous le «Pantsir»

« Pischal-PRO ». IMAGE: Marina Lystseva / TASS

«De tels systèmes sont capables de détecter des drones de différentes dimensions, de les identifier, d’intercepter le contrôle et de désactiver efficacement les drones. La demande pour ces produits dans le monde est extrêmement élevée, elle devrait atteindre 2 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années », a déclaré le chef de Rosetch Sergei Chemezov. Les faibles coûts, la disponibilité et la facilité de gestion font des UAV l’un des moyens les plus efficaces d’atteindre les objectifs.

La zone échelonnée de la neutralisation radio-électronique des UAV de petite taille en fonction des besoins du client peut inclure un ensemble d’éléments différant en termes de rayon d’action, de mobilité et de caractéristiques des objets ou des territoires couverts. La couverture zonale des territoires est fournie par le système de guerre électronique «Repellent».

«Rosoboronexport a créé un concept de lutte contre les drones à deux niveaux, qui inclut à la fois des contre-mesures électroniques des UAV et des armes de destruction», a déclaré le directeur général de TASS, Aleksandr Mikheev, lors du spectacle aérien.

Dubai Airshow 2019 sous le «Pantsir»

« Dome-PRO ». IMAGE: Marina Lystseva / TASS

Un peu plus tôt, il a été rapporté que l’Arabie saoudite était intéressée par l’acquisition de systèmes de guerre électronique russes et des systèmes de défense antiaérienne «Tor» et «Pantsir» après l’attaque par drone contre les installations pétrolières du Royaume en septembre dernier.

Sous la couverture « Pantsir »

Rosoboronexport a présenté à l’exposition le chasseur Su-57E de cinquième génération sous forme de modèle, les hélicoptères améliorés Mi-28NE et Mi-171SH, ainsi que du matériel de défense aérienne, y compris une version améliorée du missile anti-aérien Pantsir-S1M système. Une attention particulière y a peut-être été accordée, non seulement parce que c’est un moyen très efficace de lutter contre les drones, mais aussi parce que ces complexes assurent la sécurité du spectacle aérien.

Dubai Airshow 2019 sous le «Pantsir»

Modèle de système de missiles anti-aériens et de canon Pantsir-S1M. IMAGE: Rosoboronexport

«Oui», a déclaré Abdullah al-Hashmi, vice-ministre adjoint de la Défense des Émirats arabes unis, à la question de savoir si le «Pantsir», précédemment fourni aux Émirats, était utilisé pour garder le Dubai Airshow 2019. Selon lui, les forces armées du pays en sont satisfaits.

C’est un bon système. « Pantsir » est très bon pour les exigences sous lesquelles il est fait, et pour les distances, sur lequel il fonctionne

Abdullah al-Hashmi, sous-ministre adjoint de la Défense des Émirats Arabes Unis, major général

Au total, entre 2009 et 2013, la Russie a livré au pays arabe 50 complexes Pantsir-S1 en version exportée (sur le châssis du camion Man SX45) et 1 000 missiles. La mise à niveau de ces complexes fait également l’objet de discussions avec les Émirats arabes unis.

Le directeur de la coopération internationale et de la politique régionale de Rostech, Viktor Kladov, a déclaré à TASS que la sélection de Pantsirs pour assurer « un ciel sûr pour les vols de l’un des principaux spectacles aériens du monde » constitue « une nouvelle confirmation des avantages de nos systèmes de défense antiaérienne et Armes russes en général ». On a appris que la Russie avait reçu plus de 15 demandes d’achat de complexes Pantsir, dont plusieurs du Moyen-Orient.

Au total, 165 avions différents ont été présentés sur le site en plein air de Dubai Airshow 2019. Le spectacle aérien de Dubaï s’agrandit d’année en année.

https://southfront.org/dubai-airshow-2019-under-the-pantsir/

En Corée du Sud, la course à la (haute) mer

En Corée du Sud, la course à la (haute) mer

Posted on  19 octobre 2019 by  admin

ETUDE – Séoul envisage la possibilité de se doter de véritables porte-avions et de sous-marins à propulsion nucléaire. Ces deux nouvelles au conditionnel – mais le seul fait que les Sud-Coréens s’interrogent est, en soi, une précieuse information – s’ajoutent à deux annonces à l’indicatif relatives à la construction d’un nouveau destroyer lourd et à la conception d’un porte-aéronefs léger.

Par Alexis Feertchak, membre fondateur de Geopragma*

Ambiance : l’actuel porte-hélicoptères sud-coréen, «Dokdo», porte le nom d’îles revendiquées par le Japon.

Précisons. Une semaine après que Pyongyang a testé un nouveau type de missile balistique mer-sol (SLBM) tiré depuis une plateforme sous-marine, la marine sud-coréenne (ROK) a envoyé le 10 octobre au Parlement un rapport dans lequel elle annonce la création d’une commission chargée d’examiner la pertinence pour la ROK de se procurer des sous-marins à propulsion nucléaire. C’est la première fois que la Corée du Sud évoque une telle possibilité. Seuls les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni), mais également l’Inde possèdent de tels bâtiments. En pratique, des sous-marins nucléaires d’attaque permettraient aux Sud-Coréens de chasser beaucoup plus efficacement d’éventuels sous-marins lanceurs d’engins nord-coréens qui menaceraient Séoul de frappes depuis la haute mer. Mais ce n’est pas tout.

Les deux projets de porte-avions à catapultes

Le 15 octobre, un parlementaire sud-coréen, Choi Jae-ung, membre du Parti démocrate au pouvoir et proche du président Moon Jae-in, a remis au gouvernement un rapport préconisant que la Corée du Sud se dote d’un programme de porte-avions à catapultes. Ces deux derniers mots ne sont pas anodins. Faisons un pas de côté pour mieux comprendre. On distingue généralement trois sortes de porte-aéronefs :

  • STOVL (pour Short Take Off Vertical Landing) : les avions décollent grâce à l’aide d’un tremplin en bout de piste et atterrissent à la verticale, solution qui nécessite des avions spécifiques (équipés d’un réacteur supplémentaire, orientable verticalement), généralement moins performants (le décollage par tremplin exige des avions allégés, tant en armes qu’en carburant, tandis que l’atterrissage vertical brûle énormément de kérosène). Résultat, alors que la technologie est complexe et coûteuse, ces avions disposent d’une capacité d’emport en armes et d’un rayon d’action plus faibles que des avions traditionnels. Généralement, les STOVL sont des porte-aéronefs légers (de 20.000 à 40.000 t) servant aussi de porte-hélicoptères, de navires amphibies de débarquement et de navires de commandement. L’Italie, l’Espagne et les Etats-Unis disposent de tels «navires universels», déployant des F-35B. Dans les prochaines années, le Japon transformera aussi ses deux porte-hélicoptères Izumo pour qu’ils puissent emporter des F-35B. Cas particulier, le Royaume-Uni a quant à lui fabriqué deux porte-avions lourds (classe Elizabeth – 70.000 tonnes), mais qui, malgré leur fort déplacement, ne seront « que » des STOVL, choix qui s’explique surtout pour des raisons budgétaires.
  • STOBAR (pour Short Take Off But Arrested Recovery) : les avions décollent toujours au moyen d’un tremplin mais sont arrêtés par des brins d’arrêt. Solution intermédiaire, elle nécessite quand même des avions moins performants, non en raison de l’atterrissage, mais du décollage. La Russie (un navire en cours de modernisation), l’Inde (un navire en service, un en construction) et la Chine (un navire en service, un en essai) disposent de tels navires qui sont en général une première étape en attendant de l’introduction de véritables CATOBAR.
  • CATOBAR (pour Catapult Assisted Take Off But Arrested Recovery) : les avions décollent au moyen de catapultes et atterrissent grâce à des brins d’arrêt. C’est le système le plus cher, mais aussi le meilleur, qui permet de déployer des avions plus performants et de divers types, par exemple des avions de guet aérien «AWACS», essentiels pour qu’un groupe aéronaval dispose d’une véritable autonomie d’action. Parmi les CATOBAR, les porte-avions à propulsion nucléaire sont le graal, disposant d’une autonomie presque illimitée. Seuls les Etats-Unis (dix navires, tous nucléaires) et la France (un navire, nucléaire) en disposent. La Chine en construit deux (dont un à propulsion nucléaire). L’Inde envisage aussi une solution CATOBAR pour son troisième porte-avions, mais en est encore loin.

La Corée du Sud pourrait donc vouloir entrer dans ce tout petit club des propriétaires de CATOBAR. Rappelons qu’avec 1500 milliards de dollars, le PIB sud-coréen place Séoul entre l’Espagne et l’Italie (avec l’avantage, comme Rome d’ailleurs, d’être l’un des leaders mondiaux de la construction navale). Dans son rapport, Choi Jae-ung a présenté deux projets :

  • L’un de 41.500 tonnes de déplacement et de 240 mètres de long avec un seul ilot central. Un tel navire serait proche (à la propulsion nucléaire près) du Charles-de-Gaulle français, très compact pour sa catégorie.
  • L’autre de 71.400 tonnes de déplacement et de 298 mètres de long avec deux ilots centraux, à la façon des Queen Elizabeth britanniques, mais avec des catapultes et des brins d’arrêt en plus.

«Compte tenu du taux d’expansion militaire actuel dans les principaux pays d’Asie du Nord-Est, le futur champ de bataille de 2033 sera très différent de celui d’aujourd’hui. Vous devriez revoir vos changements de plan», s’est justifié le député sud-coréen pour justifier un tel saut capacitaire pour la marine sud-coréenne. Pour comprendre le message sous-jaçent, il faut savoir qu’en juillet, des rumeurs venant de l’Etat-major avait annoncé la construction prochaine de nouveaux porte-hélicoptères capables d’emporter des F-35B, ce qui ferait déjà entrer la Corée du Sud dans la catégorie STOVL. Séoul possède actuellement deux porte-hélicoptères de classe Dokdo (type LPX-I, déplacement de 19.000 tonnes) qui ne sont pas équipés pour des avions de chasse à décollage court et atterrissage vertical. Le projet consiste à produire une version agrandie de ceux-ci (environ 30.000 tonnes) et adaptée au F-35B, ce qui en feraient l’équivalent des deux Izumo japonais modernisés. Confirmant ces rumeurs, le chantier naval Hyundai Heavy Industries (HHI) a signé cette semaine un contrat pour la conception d’un tel navire amphibie universel de nouvelle génération (LPX-II).

Projet LPX-II de navire amphibie universel emportant des F-35B versus le porte-hélicoptères «Dokdo» (LPX-I).

Pour Choi Jae-ung, cette avancée ne serait pas suffisante en raison des limites inhérentes à la solution STOVL, idéale pour appuyer dans les airs des opérations amphibies, mais qui souffre de deux insuffisances. Première insuffisance si l’on observe que les logiques contemporaines de déni d’accès permettent de mettre en œuvre des défenses de plus en plus denses et de plus en plus étendues qui rendent le couple «porte-avions léger + chasseurs STOVL» vulnérable : de tels navires embarquent généralement une quinzaine de chasseurs armés trop légèrement et disposant d’un rayon d’action assez faible (869 km seulement pour le F-35B). Deuxième insuffisance si l’on se place dans une perspective océanique et dans l’optique du retour de combats navals en haute mer, ce couple apparaît là encore insuffisant, pour les mêmes raisons. Rappelons qu’historiquement, les porte-avions ne sont pas seulement un outil de projection contre un territoire ennemi, mais sont d’abord, si l’on observe par exemple les grandes batailles du Pacifique, un outil tant de supériorité aérienne que de frappes anti-navires.

L’argumentation du député sud-coréen rejoint celle qui sous-tend l’acquisition de sous-marins à propulsion nucléaire, qui permet d’étendre substantiellement le rayon d’action d’une sous-marinade pour qu’elle acquière, là aussi, une dimension océanique (y compris dans l’optique de protéger un groupe aéronaval). D’un point de vue stratégique et étant donné que de tels projets sont une projection de ce que pourrait être la marine sud-coréenne dans dix voire plutôt quinze ans, tout semble indiquer que Séoul ne se place plus seulement dans la perspective d’un conflit localisé avec la Corée du Nord, mais bien dans celle d’un conflit régional de haute intensité dans lequel elle ne pourrait plus simplement reposer sur le soutien des Etats-Unis mais devrait acquérir un degré supérieur d’autonomie.

Un dernier élément qui va dans le sens d’une marine élaborée davantage dans une perspective océanique et dans l’optique d’un conflit à haute intensité concerne les navires de combat de premier rang. Cette semaine, Séoul a en effet passé commande auprès de HHI pour le premier exemplaire de trois nouveaux destroyers de classe Sejong The Great (ou KDX-III). Ces navires particulièrement imposants (10.600 tonnes de déplacement) et équipés du système de combat américain AEGIS associé à un grand nombre de missiles (128 ayant diverses missions) sont déjà au nombre de trois dans la marine sud-coréenne (entrés en service entre 2008 et 2012).

Destroyer KDX-III de classe «Sejong The Great»

Alors que les pays européens privilégient des frégates de 6.000 à 7.000 tonnes équipées d’une trentaine ou d’une quarantaine de silos verticaux (VLS) pour le lancement de missiles (16 missiles mer-air Aster et 16 missiles de croisière navals mer-sol pour nos FREMM par exemple), Chinois, Japonais et Sud-Coréens investissent, comme les Américains, dans des destroyers de plus fort tonnage, frôlant voire dépassant les 10.000 tonnes et disposant d’un nombre de silos de missiles proche voire supérieur à 100. Nul doute que ces navires sont pensés pour le combat de haute intensité en haute mer. Le tableau ci-dessous qui établit la liste de la plupart des frégates et destroyers dans le monde avec leur déplacement et leur nombre de silos de missiles est assez parlant : les pays européens sont absolument absents du haut du classement (la présence du Royaume-Uni devant être sérieusement relativisée – cf. note ci-dessous).

PaysClasseNombre (+ construction)DéplacementVLS
Corée du SudSejong the Great3 (+3)10.600 t128
Etats-UnisTiconderoga229.800 t122
ChineType 0551 (+5)12.000 t112
JaponMaya210.500 t96
JaponAtago210.000 t96
Etats-UnisArleigh Burke IIA399.200 t96
JaponKongo49.500 t90
Etats-UnisArleigh Burke I/II288.400 t90
Royaume-UniType 26(+2)7.600 t72*
ChineType 052D12 (+8)7.500 t64
Corée du SudChongmugong65.500 t64
RussieGorchkov-M(+2)5.400 t56
Royaume-UniType 4568.500 t48
ChineType 052C67.000 t48
ItalieOrrizzonte27.000 t48
FranceHorizon27.000 t48
EspagneAlvaro de Bazan56.300 t48
RussieGorchkov45.400 t48
JaponAsahi26.800 t32
JaponAkizuki46.800 t32
ItalieBergamini8 (+2)6.700 t32
FranceAquitaine (FREMM)5 (+3)6.000 t32

* Tous les VLS sont loin d’être semblables : certains disposent de silos de petites tailles, pouvant emporter des missiles anti-aériens de courte portée peu encombrants. Par exemple, la défense d’une nouvelle frégate de Type 26 britannique repose sur 48 Sea Ceptor, missile dont la portée ne dépasse pas les 25 km. Elle peut donc en emporter beaucoup plus qu’une FREMM n’emportera d’Aster 30, dont la portée dépasse les 120 km mais qui est beaucoup plus volumineux. Observer le nombre de VLS ne suffit donc pas.

Cette description purement quantitative ne permet donc pas de juger entièrement de la capacité réelle de ces navires. On sait par exemple que nos FREMM sont considérées comme étant parmi les meilleurs bâtiments du monde en matière de détection sous-marine. De même, si les destroyers chinois sont, sur le papier, l’égal des navires otaniens, on ne sait pas si cette égalité se maintiendrait sur le champ de bataille. Cet état des lieux permet en revanche de décrire une dynamique d’accroissement capacitaire à laquelle l’Europe ne semble aucunement participer. Ce n’est pas forcément un mal : il est vrai que le cœur de la menace est probablement en Asie, loin de la veille Europe, mais encore faut-il en avoir conscience pour adapter notre politique et notre stratégie à la réalité de nos moyens.

Pour la Corée du Sud, au-delà d’un conflit de voisinage avec le Nord, la première menace à moyen terme est bien entendu chinoise : elle est la plus sérieuse, la plus structurelle, et la seule à pouvoir donner lieu à un conflit régional de haute intensité. Mais il ne faut pas oublier non plus les tensions qui resurgissent entre Séoul et Tokyo. Remontant à l’invasion par le Japon impérial de la péninsule coréenne dans les années 1930, elles connaissent depuis un an de nouveaux développements, certes d’abord économiques et commerciaux, mais qui comportent aussi une dimension territoriale. Le Japon continue de revendiquer les îles Dokdo, que contrôle Séoul, en mer de Chine orientale. Il n’est pas anodin que les Sud-Coréens aient décidé de baptiser leurs porte-hélicoptères du nom de ces îles. Autre signe de ces animosités historiques : pour la revue annuelle de la flotte japonaise cette semaine, qui a finalement été annulée en raison du typhon, un très moderne destroyer chinois de Type 052D a fait le voyage, malgré les tensions géopolitiques du moment. Mais de navires sud-coréens, il n’y en avait point. Il ne fait pas de doute que Chinois et Japonais regarderont avec attention les développements à venir de la marine sud-coréenne. Autant que les Américains, qui se frottent les mains en anticipant de juteux contrats d’exportation, qu’ils concernent le F-35 ou les systèmes de missiles équipant les destroyers «Aegis», grands gagnants de ce climat d’anxiété.

* Passionné par la géopolitique et les questions de défense, diplômé de Sciences Po Paris et licencié en philosophie de l’Université Paris-Sorbonne, Alexis Feertchak est journaliste au Figaro, rédacteur en chef et fondateur du journal iPhilo et membre fondateur de Geopragma.

http://geopragma.fr/index.php/2019/10/19/en-coree-du-sud-la-course-a-la-haute-mer/

Washington envisage de sortir d’un traité autorisant la surveillance des mouvements militaires des pays signataires

Washington envisage de sortir d’un traité autorisant la surveillance des mouvements militaires des pays signataires

PAR LAURENT LAGNEAU · 10 OCTOBRE 2019

Après avoir dénoncé le Traité sur les forces nucléainres intermédiaires [FNI] au motif que la Russie en avait violé les dispositions en déployant un missile interdit [le Novator « 9M729 », en l’occurrence], l’administration Trump envisagerait d’en faire de même avec un autre texte négocié et signé à la fin de la Guerre Froide.

En 1992, à Helsinki, 34 pays membres de l’Otan et de l’ex-Pacte de Varsovie adoptèrent le traité dit « Open Skies », lequel autorise des vols d’observation non armés au dessus du territoire des signataires, afin de surveiller les éventuels mouvements militaires des uns et des autres. Ce texte est entré en vigueur 2002, après sa ratification par le Parlement russe.

Concrètement, chaque signataire doit accepter un certain nombre de survols de son territoire à des fins d’observation [on parle alors de quota passif]. En échange, il peut effectuer autant de vols qu’il en a reçus [quota actif], à la condition d’adresser un préavis de 72 heures aux autorités du pays concerné.

Outre le fait que ce traité permet de renforcer la confiance mutuelle entre les signataires, il peut aussi être utilisé à des fins plus politiques. Ainsi, par exemple, les États-Unis envoyèrent l’un de leurs deux avions OC-135B « Open Skies » survoler l’Ukraine afin de marquer leur soutien à Kiev après l’arraisonnement de navires ukrainiens par la garde-côtière russe dans le détroit de Kertch, en novembre 2018.

Seulement, selon CNN, qui cite un responsable américain, l’administration Trump a l’intention de dénoncer ce traité au motif que la Russie aurait manqué, là aussi, à ses obligations, notamment en restreignant les vols au-dessus de l’enclave – fortement militarisée – de Kaliningrad. Une annonce en ce sens devrait bientôt être faite.

« [Le président russe] Vladimir Poutine a violé le traité ‘Ciel ouvert’ pendant dans des années en continuer à bénéficier de vols de surveillance au-dessus des États-Unis. Le président [Trump] devrait s’en retirer et redéployer les centaines de millions de dollars que le Pentagone gaspille en vols d’observation pour accroître les capacités de combat des États-Unis », a par ailleurs résumé Tom Cotton, un sénateur républicain.

Cependant, des élus démocrates s’inquiétent du projet de M. Trump. Et cela d’autant plus que, pour le moment, Washington n’a nullement consulté ses alliés au sujet de ses intentions.

« Le retrait du Traité Ciel ouvert, un important accord multilatéral sur la maîtrise des armements, serait un cadeau supplémentaire de l’administration Trump à Poutine », ont ainsi estimé les sénateurs démocrates Bob Menendez et Jack Reed, ainsi que les représentants Eliot Engel et Adam Smith, dans un courrier [.pdf] adressé au chef du Pentagone, Mark Esper, et à Mike Pompeo, le secrétaire d’État.

« Non seulement il n’y a aucune raison de s’en retirer pour des raisons de sécurité nationale et il n’y a eu aucune consultation du Congrès ou de nos alliés au sujet de cette décision », affirment les parlementaires démocrates.

De son côté, un porte-parole du Pentagone a expliqué que la Russie n’avait pas respecté ce traité par le passé et que, en conséquense, les États-Unis avaient imposé des mesures [de restriction] lors du survol par les Russes du territoire américain [en 2017, ndlr]. « Nous continuerons à travailler avec nos partenaires pour faire pression sur la Russie afin qu’elle respecte le traité », a-t-il assuré.

Paradoxalement, les élus démocrates qui ont dénoncé le projet de l’administration Trump ont indirectement reçu le soutien de l’ambassade de Russie à Washington. « Nous considérons que le Traité Open Skies est un instrument important pour assurer la sécurité européenne au même niveau que le document de Vienne de 2011 sur les mesures de confiance et de sécurité », a-t-elle plaidé.

http://www.opex360.com/2019/10/10/washington-envisage-de-sortir-dun-traite-autorisant-la-surveillance-des-mouvements-militaires-des-pays-signataires/

Dassault a livré son premier Rafale à l’Inde

Dassault a livré son premier Rafale à l’Inde

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Publié par Jean-Baptiste Le Roux le 9 Octobre 2019

Mieux vaut tard que jamais. C’est à Bordeaux que l’Inde a pris possession de son premier chasseur Rafale. Le premier d’une commande de 36 appareils.

Le premier de 36 chasseurs Rafale

Dassault a livré son premier Rafale à l’Inde

La boucle est presque bouclée. Après avoir acheté 36 chasseurs Rafale à la France en 2016, l’Inde a pris possession de son premier appareil, mardi 8 octobre dernier. C’est à Bordeaux, sur l’un des sites de Dassault Aviation, que les « clés » de l’avion ont été remises à l’État indien, en présence du ministre indien de la Défense, mais également de Florence Parly, la ministre des Armées.

A cette occasion, Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, a fait remarquer que le premier contrat à l’export de l’avionneur avait été conclu avec l’Indian Air Force, en 1953. Une manière de préciser que les relations entre Dassault Aviation, l’Inde et la France ne sont pas si mauvaises que cela. Même si le dossier du chasseur Rafale indien a bien failli achopper à plusieurs reprises.

L’Inde pourrait commander d’autres chasseurs français

Il aura en effet fallu compter dix années entre le premier appel d’offre du gouvernement indien, et la livraison de ce chasseur. Dix ans de discussions parfois houleuses qui ont finalement abouti à ce contrat de huit milliards d’euros. Un passé délicat que l’Inde et la France vont tenter de laisser derrière elles. Quant à l’avionneur, il devrait poursuivre les recrutements sur ses sites de production de Nouvelle Aquitaine.

L’Inde pourrait en effet commander de nouveaux appareils. La dernière demande officielle de juillet 2018 portait sur 110 chasseurs. Les discussions entre la France, l’Inde et l’avionneur ont repris l’été dernier. Outre l’Inde, Dassault Aviation a déjà vendu 24 chasseurs Rafale à l’Egypte, et 36 au Qatar, pour un total de 96 appareils.

https://www.enderi.fr/Dassault-a-livre-son-premier-Rafale-a-l-Inde_a553.html

Le tir du SLBM Pukkuksong-3 achève la création de la deuxième composante de la dissuasion nucléaire nord-coréenne

Strategika 51

An Asymmetric Bilingual Strategic Perspective on the Go!

Le tir du SLBM Pukkuksong-3 achève la création de la deuxième composante de la dissuasion nucléaire nord-coréenne

Publié par Strategika51

C’est quelques chose qu’aucun analyste occidental n’a vu venir. Le dernier essai balistique de la Corée du Nord a impliqué un tir d’un missile balistique de portée intermédiaire à capacité nucléaire lancé à partir d’un submersible de nouvelle génération de construction locale et cet essai résume à lui seul le véritable trou noir que représente ce pays d’Asie en matière de renseignement militaire.

Le tir du SLBM Pukkuksong-3 achève la création de la deuxième composante de la dissuasion nucléaire nord-coréenne 1

Voici le Pukkuksong-3!

Pyongyang a donc remporté haut la main un défi immense: le test du Pukkuksong-3 à partir d’un sous-marin de nouvelle génération que le renseignement sud-coréen désigne provisoirement sous le nom de Sinpo-C qui est une réalisation majeure et marque l’entrée officielle de la Corée du Nord dans le club très fermé des pays disposant des capacités de lancement de missiles balistiques nucléaires à partir de submersibles. Cet essai a assommé bon nombre d’observateurs dont une grande partie continue à considérer la Corée du Nord comme un pays arriéré disposant au mieux d’un arsenal obsolète. Voilà en effet que ce pays isolé et sous embargo se dote simultanément de nouveaux sous-marins lanceurs d’engins et d’une troisième génération de SLBM (Submarine Launched Ballistic Missiles). C’est plus qu’une prouesse, c’est un miracle!

Le tir du SLBM Pukkuksong-3 achève la création de la deuxième composante de la dissuasion nucléaire nord-coréenne 2

Le développement d’une force de dissuasion nucléaire basée sur des sous-marins est un objectif prioritaire pour Pyongyang qui a toujours considéré ce segment comme vital à sa survie en cas d’une attaque nucléaire adverse. Le Pukkuksong-3 lancé lors du dernier test nord-coréen a non seulement échappé à la surveillance satellitaire et aérienne assurée 24h/24 par les pays hostile à la Corée du Nord mais a suivi une trajectoire des plus étranges qu’aucune station de contrôle n’a pu suivre. Ce missile dont on ignore la portée (une estimation initiale non confirmée évoque une fourchette variant entre 4000 et 6500 Km) aurait donc non seulement des capacités de “Mirvage” (têtes multiples à entrées indépendantes dans l’atmosphère en phase de ré-entrée) mais également à évader les systèmes d’interception ABM ennemis.

La Corée du Nord a donc entamé la création de la deuxième composante de sa dissuasion nucléaire en l’optimisant en palliant le faible taux de survie de ses submersibles par l’extension spectaculaire de la portée des vecteurs balistiques rendant possible une frappe nucléaire sur Guam, Hawaï, Midway, l’Alaska et même l’Amérique du Nord à partir des eaux coréennes.

A la lumière de ces développements extraordinaires, l’obsession de l’Etat profond US avec le désarmement nucléaire sans condition de Pyongyang paraît un peu plus que risible. Cela trahit plus une certaine psychorigidité et une aliénation mentale qu’une réelle stratégie. Le président Donald Trump s’est montré bien plus logique avec la question coréenne en initiant un dialogue avec Kim Jong-UN saboté par l’ensemble des composants de l’Etat profond US et ses relais.

En réalité, le monde change mais les tenants d’un certains exceptionnalisme imaginaire continuent à croire en leurs illusions grandiloquentes à peine voilées par une langue de bois surannée et ayant expiré depuis longtemps. Un retour des démocrates aux affaires à Washington ne changera rien au basculement géostratégique en cours. Pour l’histoire, la petite Corée du Nord a non seulement fait vaciller l’Empire mais lui a tenu tête dans le domaine où il excelle le plus: les armes stratégiques. Quand on pense aux disparités de niveau technologique entre l’Empire et la Corée du Nord, cette victoire stratégique unique dans son genre a de quoi nous assommer debout.

https://strategika51.org/2019/10/le-tir-du-slbm-pukkuksong-3-acheve-la-creation-de-la-deuxieme-composante-de-la-dissuasion-nucleaire-nord-coreenne/

https://strategika51.org/2019/10/le-tir-du-slbm-pukkuksong-3-acheve-la-creation-de-la-deuxieme-composante-de-la-dissuasion-nucleaire-nord-coreenne/

La Russie met au point des chasseurs de sixième génération volant sans pilote

ECOUTEZ RADIO SPUTNIK

Le chasseur russe de cinquième génération Su-57

La Russie met au point des chasseurs de sixième génération volant sans pilote

© Sputnik . Alexey FilippovDÉFENSE14:52 23.09.2019(mis à jour 15:00 23.09.2019)URL courte2820710S’abonner

Le constructeur de la sixième génération de chasseurs russes, qui est déjà en cours de conception, a évoqué la principale différence entre le nouveau modèle et le précédent, tout en laissant échapper quelques-unes de ses caractéristiques.

La Russie travaille à la mise au point d’une nouvelle, la sixième, génération d’avions de chasse, a annoncé à Sputnik Sergueï Khokhlov, directeur général de l’Institut national de recherche des systèmes aérospatiaux.

Des Su-30SM, image d'illustration

© SPUTNIK . ALEXANDER VILFPourquoi l’Algérie se procure-t-elle des chasseurs russes?La principale différence entre ceux-ci et les appareils de la génération précédente est liée au mode de pilotage: le chasseur, dans sa version de base, est prévu pour voler sans pilote, la présence d’un homme à bord étant optionnelle.

«Toutes les autres caractéristiques constituent une évolution de celles déjà existantes: encore plus rapide, encore plus manœuvrable, plus furtif, etc.», a indiqué le constructeur.

Actuellement, la Russie produit les chasseurs de cinquième génération Su-57. Le premier appareil de cette série doit être mis à la disposition des forces aérospatiales d’ici la fin d’année. Un contrat prévoyant la livraison de 76 avions de ce type a été signé lors du Forum militaire Armée 2019 en juin dernier

https://fr.sputniknews.com/defense/201909231042142251-la-russie-met-au-point-des-chasseurs-de-sixieme-generation-volant-sans-pilote/.

Sous-marin russe : le réacteur nucléaire n’a pas été affecté par l’incendie selon Moscou

Sous-marin russe : le réacteur nucléaire n’a pas été affecté par l’incendie selon Moscou

4 juil. 2019, 09:06

Sous-marin russe : le réacteur nucléaire n'a pas été affecté par l'incendie selon Moscou

© Yuri KADOBNOV Source: AFPLe ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgu, le 24 juin 2019 en Egypte (image d’illustration).

Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a fait savoir que le sous-marin russe victime d’un incendie entraînant la mort de 14 personnes était un sous-marin nucléaire, mais que le réacteur avait été isolé pendant la catastrophe.

Ce 4 juillet, le ministère russe de la Défense a annoncé que l’incendie du sous-marin russe survenu le 1er juillet et ayant coûté la vie à 14 personnes n’avait pas touché le réacteur. L’unité nucléaire aurait en effet été «isolée» au moment de l’incendie, selon Sergueï Choïgou.Lire aussiAprès la mort de 14 sous-mariniers, Moscou annonce qu’il gardera le secret sur l’enquête

Rapportant les propos du président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine, son ministre a ainsi expliqué que l’équipage avait «opéré toutes les mesures nécessaires afin de protéger le réacteur». Selon lui, celui-ci serait «pleinement opérationnel». «Nous espérons réparer le submersible de manière rapide», a-t-il affirmé.

«La cause principale a été établie. Il s’agit d’un incendie dans le compartiment à batteries, qui s’est ensuite étendu», a déclaré Sergueï Choïgou dans un rapport au président Vladimir Poutine, retranscrit sur le site du Kremlin. 

Les informations détaillées sur l’incendie ayant fait 14 morts le 1er juillet dans un sous-marin de recherche de l’armée russe basé dans le Grand Nord «ne seront pas rendues publiques», avait annoncé le 3 juillet le Kremlin, invoquant le «secret d’Etat».

«Cette information ne peut être rendue totalement publique. Elle se trouve dans la catégorie du secret d’Etat», avait indiqué aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, qualifiant cette décision de «parfaitement normale». «Pour autant, l’état-major des forces armées russes dispose d’informations complètes» sur la tragédie, avait-il ajouté.

Quatorze marins, dont sept capitaines de premier rang – le grade le plus élevé des officiers navigants – ont trouvé la mort le soir du 1er juillet, intoxiquées par les émanations dues à l’incendie d’un sous-marin destiné, selon Moscou, à l’étude des environnements marins et du fond des océans.

L’armée n’a donné que très peu de détails sur l’accident, mais le président russe, Vladimir Poutine, a confirmé qu’il s’agissait d’un submersible «inhabituel». Il a ordonné au ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, de se rendre à Severomorsk, port militaire fermé de l’Arctique russe, pour «établir les causes de cette tragédie».

Plus de détails à suivre…

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Raconter l’actua

Les États-Unis transfèrent pour la première fois des F-22 sur leur base au Qatar

F-22 Raptor

Les États-Unis transfèrent pour la première fois des F-22 sur leur base au Qatar

© AP Photo / Kamran JebreiliINTERNATIONAL08:16 29.06.2019(mis à jour 09:53 29.06.2019)URL courteDossier:Escalade des tensions entre les États-Unis et l’Iran (2019) (21)8525

Sur fond de tensions avec Téhéran, Washington a pour la première fois envoyé ses F-22 sur la base militaire américaine d’Al-Udeid au Qatar. Une démarche qui vise à «protéger les forces et les intérêts américains», affirme l’Armée.

Les États-Unis ont déployé pour la première fois leurs avions de chasse furtifs F-22 au Qatar afin de renforcer la protection des forces américaines sur fond de tensions avec l’Iran, a annoncé le commandement central de l’US Air Force vendredi 28 juin.

«Le F-22 Raptor de l’armée de l’Air américaine arrive à la base aérienne d’Al-Udeid, au Qatar, le 27 juin 2019», a indiqué le commandement dans un communiqué. «Ces appareils sont déployés au Qatar pour la première fois afin de protéger les forces et les intérêts américains dans la zone de responsabilité du commandement central américain».

L’Armée américaine a publié sur son site des photos montant plusieurs F-22 en train d’atterrir sur la base.

Les tensions sont montées d’un cran entre Washington et Téhéran après la destruction par l’Iran d’un drone américain RQ-4A Global Hawk se trouvant, selon la République islamique, dans son espace aérien, ce que les États-Unis contestent. Le ministère russe a pour sa part affirmé que l’appareil avait violé la frontière iranienne.

Mohammad Javad Zarif (archives photo)

© AFP 2019 ATTA KENAREL’Iran propose aux États-Unis une destruction complète de leurs armes chimiquesLe Pentagone avait déjà envoyé mi-mai dans le Golfe un navire de guerre transportant des véhicules, notamment amphibies, et une batterie de missiles Patriot, s’ajoutant au déploiement dans la région d’un porte-avions dont la présence a été justifiée par des menaces d’attaques «imminentes» attribuées à l’Iran.

Fin mai, les États-Unis avaient aussi annoncé le déploiement de 1.500 soldats supplémentaires au Moyen-Orient, invoquant des «menaces persistantes» contre les forces américaines. Des appareils de reconnaissance et de surveillance et un escadron de douze avions de chasse renforçaient le dispositif.

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