Archives pour la catégorie Aéronautique et Défense

Moscou ouvre le feu pour arrêter des navires de guerre ukrainiens ayant violé ses eaux territoriales

Moscou ouvre le feu pour arrêter des navires de guerre ukrainiens ayant violé ses eaux territoriales

Moscou ouvre le feu pour arrêter des navires de guerre ukrainiens ayant violé ses eaux territoriales© Ruptly
Un navire russe déployé pour bloquer le détroit de Kertch après que trois navires ukrainiens ont violé l’espace maritime russe.
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Trois bâtiments de guerre ukrainiens manœuvrant dangereusement dans les eaux territoriales russes ont été capturés, après avoir refusé de quitter la zone. Blessés, trois militaires ukrainiens ont reçu de l’aide médicale. Leur vie n’est pas en danger.

Le Service fédéral russe de sécurité (FSB) a confirmé ce 25 novembre avoir arrêté trois navires de guerre ukrainiens ayant violé les eaux territoriales russes au niveau du détroit de Kertch, où se trouve notamment le pont de Crimée, reliant la péninsule au reste de la Russie. Les bâtiments militaires, qui manœuvraient dangereusement selon Moscou, refusaient d’obéir aux sommations des gardes-frontières, exigeant que les navires arrêtent immédiatement leur progression illégale dans les eaux russes.

Les navires russes ont alors ouvert le feu pour les empêcher d’aller plus loin. Trois militaires ukrainiens ont été blessés. Ils ont reçu de l’aide médicale de la part de soldats russes et leurs jours ne sont pas en danger.

Les trois bateaux ukrainiens, le Berdiansk, le Nikopol et le Yany Kapu, ont «tenté de mener une autre action illégale à 19h (heure locale)», selon le FSB.

Des avions Soukhoï Su-25 russes ont patrouillé dans la zone après l’incident.

Auteur: RT France

Une «provocation», selon Moscou

«Il existe des preuves irréfutables de la préparation et de la mise en œuvre par Kiev d’une provocation de la Marine ukrainienne dans les eaux de la mer Noire. Ces informations seront bientôt rendues publiques», a affirmé le FSB dans un communiqué, après l’incident.

Plus tôt ce même jour, Moscou, qui a déploré les «actions dangereuses et irresponsables» de la partie ukrainienne, avait déployé un navire au niveau du pont de Crimée afin de faire obstacle et d’empêcher les bâtiments de guerre ukrainiens de progresser.

Auteur: RT France

Porochenko veut déclarer la loi martiale

Le président ukrainien Petro Porochenko a pour sa part dénoncé un «acte agressif de la Russie visant une escalade préméditée» dans cette zone. Il a réuni dans la soirée un haut-comité militaire, proposant d’instaurer la loi martiale dans le pays pour 60 jours. Cette proposition doit désormais être soumise au parlement ukrainien pour validation finale.

Les deux parties s’accusent mutuellement de violer la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. L’Ukraine assure avoir prévenu la partie russe de son intention d’envoyer des navires depuis Odessa vers le port de Marioupol, sur la côte nord de la mer d’Azov, ce que dément Moscou. Cette route passe par le détroit de Kertch.

Oana Lungescu, porte-parole de l’OTAN, a affiché son plein soutien à Kiev : «[L’Alliance atlantique] soutient totalement la souveraineté de l’Ukraine et son intégrité territoriale, y compris ses droits de navigations dans ses eaux territoriales.»

De son côté, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova a écrit sur Facebook : «[Les autorités ukrainiennes] utilisent des méthodes de bandits : premièrement une provocation; ensuite l’exercice de la force et enfin, ils accusent les autres d’agression.»

Des images prises depuis un navire des gardes-frontières russes, montrent ces derniers prendre en chasse les navires ukrainiens ayant violé l’espace maritime russe. On peut également voir les bâtiments militaires ukrainiens manœuvrer à une distance dangereusement proche des bateaux russes.

Auteur: RT France

Après l’incident, des manifestants se sont rassemblés devant l’ambassade russe de Kiev, lançant des fumigènes par dessus les grilles.

https://francais.rt.com/international/55856-navires-ukrainiens-violent-espace-maritime-russe-provocation-de-kiev-selon-moscou

 

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S-300 en Syrie: état des lieux préliminaire

S-300 en Syrie: état des lieux préliminaire


Par The Saker – Le 9 novembre 2018 – Source UNZ Review

2015-09-15_13h17_31-150x112Nous en savons maintenant un peu plus au sujet de la version de la famille S-300 que les Russes ont livrée aux Syriens : les Russes ont converti un certain nombre de systèmes S-300PM et S-300P2 en version d’exportation S-300PMU-2 « Favorit » qui, soit dit en passant, est aussi la version que la Russie a livrée aux Iraniens et aux Chinois. Ce système utilise le missile 48N6E2 et a une portée officielle de 195 km. Je vais ignorer le reste des détails techniques et simplement dire qu’il s’agit d’une modification récente dotée d’excellentes capacités. Toutes les rumeurs selon lesquelles la Russie fournirait une version obsolète du S-300 sont désormais fausses – comme d’habitude.

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En fait, ce n’est pas la première fois que les Russes livrent un système de défense antiaérienne « contraignant Israël » : en 1983, l’URSS a livré plusieurs systèmes de défense antiaérienne S-200VE « Vega-E » (SA-5b) à la Syrie, ce qui a considérablement limité les opérations israéliennes au-dessus du territoire, et même pour les AWACS [avions de détection et de commandement aéroporté] autour de la Syrie.

Combinés aux systèmes de guerre électronique (EW) également fournis par la Russie, ces systèmes de défense aérienne ont clairement un impact sur les opérations américaines et israéliennes. Et tandis que les Américains admettent que c’est un problème pour eux, les Israéliens, comme d’habitude, se sont plaints de cette livraison et se sont vantés de ne pas s’en soucier du tout, ajoutant qu’ils continueraient à bombarder la Syrie dès qu’ils en ressentiraient le besoin. Les Israéliens ont même déclaré qu’ils seraient prêts à tuer les équipages russes [opérant des S-300] si on leur tirait dessus. Sauf que, jusqu’à présent, les Israéliens sont restés en dehors du ciel syrien – gardez à l’esprit que, selon des sources israéliennes, en 2017, leurs avions ont attaqué la Syrie plus de 200 fois, soit environ une attaque tous les deux jours !

Cette fois-ci, non seulement les Israéliens sont confrontés à un système de défense aérienne beaucoup plus compétent, mais ce système est également très mobile et donc beaucoup plus difficile à localiser, ce qui compliquera considérablement les attaques futures. En outre, puisqu’un bataillon S-300PMU2 peut suivre 300 cibles (et en allumer 36 avec 72 missiles simultanément) à très longue portée, les Syriens vont maintenant améliorer considérablement leurs capacités d’alerte précoce, ce qui rendra beaucoup plus difficile la tâche des Israéliens pour mener des attaques surprises contre la Syrie.

Tôt ou tard, cependant, nous pouvons être assez confiants que les Israéliens et les États-Unis devront essayer de frapper à nouveau la Syrie, ne serait-ce que pour des raisons de relations publiques. En fait, cela ne devrait pas être trop difficile pour eux, voici pourquoi :

Premièrement, et contrairement à ce que l’on prétend souvent, il n’y a pas assez de S-300/S-400 en Syrie pour « verrouiller » tout l’espace aérien syrien. Oui, les Russes ont effectivement créé une zone d’exclusion aérienne de facto au-dessus de la Syrie, mais pas une zone pouvant résister à une attaque importante et déterminée. Ce que les forces combinées russes et syriennes ont fait jusqu’à présent, c’est de refuser aux agresseurs anglo-sionistes certaines zones spécifiques de l’espace aérien au-dessus et autour de la Syrie. Cela signifie qu’elles peuvent protéger certaines cibles spécifiques de grande valeur. Cependant, dès que les États-Unis/Israël auront une idée de ce qui a été déployé et de la manière dont fonctionne tout ce réseau de défense antiaérienne intégré, ils seront en mesure de planifier des frappes qui, bien que peu efficaces, seront présentées par la machine de propagande comme un succès majeur pour les AngloZionistes.

Deuxièmement, les opérations de défense aérienne sont toujours une affaire de quantité. Même si vous supposez que chaque missile de défense aérienne atteint sa cible, vous ne pouvez toujours pas abattre plus de missiles que vous n’en avez vous-même à disposition immédiate. Les États-Unis/OTAN/CENTCOM peuvent, si nécessaire, engager beaucoup plus de missiles, dans une attaque de saturation, que les Russes ne peuvent en détruire. Cela ne devrait pas changer dans un avenir prévisible.

Troisièmement, les États-Unis/OTAN/CENTCOM/IDF (Israël) disposent tous de capacités de guerre électronique (EW) avancées qui leur permettront d’essayer de perturber les capacités de tir et de reconnaissance russes, en particulier si les aéronefs à faible signature radar (plus ou moins furtifs, tels que les F-22, F-35, B-1B, etc.) sont utilisés dans les attaques. Les avions (et les missiles) à faible signature radar n’opèrent pas seuls et, en réalité, ils sont souvent engagés avec le soutien d’un effort déterminé de guerre électronique.

Enfin, l’Empire possède également des armes à longue portée qui pourraient être utilisées pour frapper la Syrie (comme le missile de croisière, lancé par avion, AGM-158 JASSM à faible signature radar), en particulier lors d’une guerre électronique combinée et d’une attaque de missiles munis d’appareils de contre-mesures, comme le précédent.

Ainsi, tout ce que les Anglo-sionistes peuvent faire est d’être très prudents dans le choix des voies d’approche et des cibles, d’utiliser des avions et des missiles à faible visibilité aux radars sous le couvert d’un solide engagement de guerre électronique, puis d’utiliser un nombre suffisant de missiles pour donner l’impression que l’Empire a vaincu les défenses antiaériennes russe et syrienne.

À en juger par leurs attaques passées contre la Syrie, les États-Unis et les Israéliens sont beaucoup plus préoccupés par la nécessité de paraître très puissants, efficaces et quasi invulnérables que par la réalisation de certains objectifs significatifs. Bien sûr, cette nécessité de paraître invulnérable signifie également que les Anglo-sionistes ne peuvent pas vraiment se permettre de laisser abattre un de leurs avions, d’où leur réticence actuelle à tester les capacités de la défense aérienne syrienne.

Mais, un jour ou l’autre, les Israéliens devront essayer de « vaincre le S-300 » comme ils le disent.

Le problème pour les Israéliens est qu’ils n’ont pas vraiment de bonnes options. La difficulté étant plutôt politique que technologique.

Supposons que les Israéliens mènent une frappe réussie contre une cible sérieuse –  si leur attaque est symbolique, les Russes et les Syriens peuvent simplement limiter leur réponse aux protestations et dénonciations habituelles, et ne prendre aucune mesure réelle – sinon que ferait la Russie ? Eh bien, les Russes – Shoigu en particulier – ont déjà indiqué qu’ils augmenteraient le nombre de batteries S-300 (et de systèmes d’assistance requis) en Syrie si nécessaire. Ainsi, le succès d’une attaque en Syrie aura pour principal effet de rendre la planification et l’exécution d’attaques ultérieures encore plus difficiles. Serait-ce vraiment un résultat souhaitable pour les Israéliens ? Je ne le pense pas.

Si chaque frappe israélienne réussie rend chaque frappe ultérieure encore plus difficile tout en augmentant le danger pour les aéronefs israéliens, à quoi servirait de telles attaques ? Existe-t-il en Syrie des cibles de grande valeur dont la destruction justifierait une nouvelle dégradation de la situation en Syrie ? Inversement, si vous étiez syrien (ou iranien), ne voudriez-vous pas que les Israéliens attaquent la Syrie – ou même les batteries de S-300 – assez durement pour obliger les Russes à fournir encore plus de systèmes de défense antiaérienne ? Et  pas nécessairement des S-300, soit dit en passant !

Comme dans le cas du Hezbollah au Liban, qui, incidemment, est né de  l’invasion israélienne du Liban en 1982, et de l’arrivée au pouvoir de Hassan Nasrallah au poste de secrétaire général de l’organisation, après assassinat d’Abbas al Moussawi par les Israéliens 1992, les Israéliens redécouvrent encore et encore le même truisme : alors que la violence simple et brutale semble être efficace à court terme, à moyen et à long terme, elle échoue à moins d’être soutenue par des mesures politiques significatives. La grande vérité axiomatique que les Israéliens refusent encore obstinément de reconnaître est que toute sécurité réelle est toujours collective, ce que les Russes répètent depuis des années maintenant. Dans le cas de la Syrie, Israël ferait bien mieux de négocier un accord quelconque avec les Russes, les Iraniens et les Syriens – même officieux ! – Plutôt que d’essayer de l’emporter en faisant exploser des objectifs en Syrie.

Je dirais même qu’avec la présidence de Trump, la vitesse d’effondrement de l’empire Anglo-sioniste augmentant considérablement, les Israéliens doivent commencer à élaborer des plans pour associer d’autres acteurs à leur politique régionale. La vérité est que les États-Unis ne sont plus en position de rester un acteur clé de la politique du Moyen-Orient et que des décennies de soumission abjecte à l’agenda du Likoud ont ​​irrémédiablement porté atteinte à la crédibilité et à l’influence des États-Unis au Moyen-Orient – et dans le reste du monde. Je comparerais la livraison de batteries S-300PMU-2 « Favorit » à la Syrie à une ouverture au jeu d’échecs ou à un mouvement irréversible comme un roque, il ne décide pas, à lui seul, de l’issue de la partie, mais crée un environnement de base avec lequel les deux joueurs devront composer.

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Pantsir muni de missiles à moyenne portée

Pour les Russes, la prochaine étape est tout à fait évidente : continuer à fournir aux Syriens  tous les types de systèmes de défense aérienne – en particulier davantage de Pantsirs – dans le but de protéger à terme l’ensemble de l’espace aérien syrien contre toute attaque des États-Unis ou d’Israël. Les principaux éléments d’un réseau de défense aérienne multi-niveau sont déjà déployés, la Syrie n’ayant maintenant besoin que d’en augmenter la quantité. J’espère vraiment que la Russie les fournira.

The Saker 

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/s-300-en-syrie-etat-des-lieux-preliminaire

 

Le porte-avions Charles-de-Gaulle bientôt de retour sur les mers

Le porte-avions Charles-de-Gaulle bientôt de retour sur les mers

Le chantier de rénovation du porte-avions français vient de s’achever à Toulon, après 18 mois de travail :

Yémen: la coalition demande la fin des ravitaillements en vol américains

Yémen: la coalition demande la fin des ravitaillements en vol américains

Un Boeing KC-135 ravitailleur durant des manoeuvres de l’Otan à la base de Starokostyantyniv, Ukraine, le 12 octobre 2018nThe large-scale air force exercises with the United States and other NATO countries « Clear Sky 2018 », which will run until October 19, are being held in western Ukraine. Some 700 troops are taking part, half of them from NATO member countries including the United States, Britain, the Netherlands, Poland and Romania. US aircraft including F-15C Eagle fighter planes, Boeing KC-135 air refueling tanker, C-130J Super Hercules military transport planes and drones will train with about 30 Ukrainian aircraft. / © AFP/Archives / Genya SAVILOV

La coalition sous direction saoudienne qui combat les rebelles Houthis au Yémen a annoncé samedi qu’elle avait demandé aux Etats-Unis de cesser leurs opérations de ravitaillement en vol de ses avions et qu’elle était désormais en mesure d’assurer elle-même ce ravitaillement.

Le Pentagone a aussitôt approuvé cette annonce, qui intervient alors que des parlementaires américains, aussi bien républicains que démocrates, réclamaient avec insistance que les Etats-Unis mettent immédiatement fin à leurs opérations de ravitaillement des avions de la coalition saoudienne opérant au Yémen.

C’est l’agence de presse officielle saoudienne SPA qui a annoncé ce développement. « Récemment, le Royaume et la Coalition ont accru leur capacité de mener indépendamment le ravitaillement en vol au Yémen », a indiqué SPA.

« En conséquence, en consultation avec les Etats-Unis, la Coalition a demandé la cessation du soutien au ravitaillement en vol pour ses opérations au Yémen », a annoncé l’agence.

L’Arabie saoudite et l’ensemble de la coalition qui soutient les forces loyales au président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi « cherchent continuellement à améliorer leur professionnalisme militaire et leur autosuffisance », a expliqué SPA.

Les Etats-Unis ont rapidement réagi.

« Nous soutenons la décision du Royaume d’Arabie saoudite, après des consultations avec le gouvernement américain, d’utiliser les capacités militaires propres de la Coalition pour effectuer les ravitaillements en vol en soutien de ses opérations au Yémen », a déclaré dans un communiqué le secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis.

Le Washington Post, citant des sources proches du dossier, avait affirmé quelques heures plus tôt que la décision de cesser les ravitaillements en vol américains de la coalition avait d’ores et déjà été prise par les Etats-Unis, qui mettaient ainsi fin à leur soutien le plus concret à la coalition saoudienne en trois ans de conflit

– Une aide controversée –

Cette aide, déjà critiquée à Washington, était devenue encore plus controversée depuis le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, imputé à de hauts responsables du royaume et qui a terni l’image de Ryad.

Des parlementaires américains, démocrates comme républicains, ont exigé que Washington prenne des mesures « immédiates », « y compris en mettant fin au ravitaillement des avions de la coalition saoudienne », faute de quoi ils menaçaient de faire adopter des mesures au Sénat.

Les sénateurs Jeanne Shaheen et Todd Young avaient publié un communiqué en ce sens vendredi peu avant la parution de l’article du Washington Post. « Nous attendons que Ryad s’engage de bonne foi et avec urgence dans des négociations pour mettre fin à la guerre civile », écrivaient ces élus des deux bords politiques.

Le Pentagone et la coalition se sont exprimés sur la perspective de négociations en vue d’un règlement du conflit.

« Le commandement de la Coalition exprime l’espoir que les prochaines négociations sous l’égide de l’ONU dans un pays tiers conduiront à un règlement négocié », a indiqué SPA.

– Pourparlers éventuels –

Après l’échec en septembre d’une médiation de l’ONU, la coalition a annoncé la reprise de l’assaut sur le port stratégique de Hodeida, dans l’ouest du Yémen, qui s’est intensifié à partir du 1er novembre.

La bataille pour reprendre Hodeida aux rebelles qui contrôlent la ville menace les efforts de paix des Etats-Unis et de l’ONU qui espère pouvoir convoquer des pourparlers d’ici la fin de l’année.

La coalition, indique l’agence SPA, « espère voir la fin de l’agression des milices Houthis soutenues par l’Iran contre le peuple yéménite et contre des pays de la région, notamment la menace des missiles balistiques et des drones ».

Le Pentagone a lui aussi évoqué de prochaines négociations. « Nous sommes tous concentrés sur le soutien à une résolution du conflit, menée par l’envoyé spécial de l’ONU Martin Griffith », a déclaré Jim Mattis dans son communiqué.

« Les Etats-Unis et la coalition prévoient de collaborer au renforcement des forces yéménites légitimes pour défendre le peuple yéménites, sécuriser les frontières de leur pays, et contribuer à contrer les efforts d’Al-Qaïda et de l’ISIS au Yémen et dans la région », a ajouté le secrétaire américain à la Défense, utilisant l’acronyme anglais pour l’organisation jihadiste Etat islamique (EI).

Les combats pour le contrôle de Hodeida ont été particulièrement meurtriers vendredi, avec une forte résistance des rebelles Houthis qui tentent par tous les moyens de ralentir la progression des forces progouvernementales soutenues par la coalition.

(©AFP / (10 novembre 2018 06h33)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Y-men-la-coalition-demande-la-fin-des-ravitaillements-en-vol-am-ricains/970153.rom

La stratégie de Trump contre la Russie et la Chine

La guerre en Syrie a montré que les Forces armées US ont perdu leur supériorité en matière conventionnelle au profit de la Russie. La mise au point par Moscou d’une nouvelle génération de vecteurs nucléaires hypersoniques devrait également attester le dépassement des États-Unis en matière nucléaire. Cherchant à rattraper son retard, le Pentagone entend profiter —tant qu’il en est encore temps— de sa supériorité quantitative nucléaire pour imposer ses choix à la Russie et à la Chine.

| Mexico (Mexique)

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Les généraux James Mattis (secrétaire à la Défense) et Joseph Dunford (président du Comité des chefs d’état-major).

Si vis pacem, para bellum [1]

La revue Foreign Affairs, de l’influent Council on Foreign Relations, vient d’exposer crûment le débat en cours sur une guerre nucléaire que les US pourraient livrer à la Russie et à la Chine [2].

Il y a d’abord un article de Elbridge Colby –l’un des principaux auteurs de Stratégie de défense nationale du Pentagone [3], qui proclame la fin de la guerre effective contre le terrorisme et le retour de la concurrence entre les grandes puissances– avec pour mot d’ordre stratégique : « si tu veux la paix, prépare-toi à la guerre nucléaire » [4]

Colby, le sous-secrétaire adjoint en charge de la stratégie et du développement de la force, prévient : toute confrontation avec la Russie et avec la Chine pourrait devenir nucléaire si, au cours d’un combat se durcissant et devenant plus incertain, chaque combattant était tenté de saisir son épée nucléaire pour tester la résolution de la partie adverse, pour relever le défi, ou tout simplement pour pouvoir continuer le combat.

Selon Colby, le meilleur moyen pour éviter une guerre nucléaire, c’est d’être prêt à en livrer une à caractère limité (sic) ; et les USA sont disposés à réaliser des opérations nucléaires efficaces (sic) autant que limitées.

André Damon, du site trotskiste WSWS  [5] revient sur la menace de Trump de retirer les USA du Traité INF, sur les forces nucléaires intermédiaires [6], qui interdit aux USA et à la Russie de développer des missiles de portée entre 500 et 5 500 km.

Damon considère que la menace de Trump met en danger la vie de millions de gens en Europe et en Asie orientale, en planifiant un feu croisé contre Pékin et contre Moscou. Et les USA ne cachent plus leur envie d’utiliser les armes nucléaires dans leurs combats, où il n’y aurait plus aucune limite, dans l’objectif de vaincre les « adversaires ».

Damon ajoute que ces plans se réalisent en secret avec la complicité du New York Times et du Parti démocrate, qui est resté presque silencieux quant aux conséquences et au danger d’une guerre mondiale.

George Shultz, le puissant secrétaire d’État sous la présidence républicaine de Ronald Reagan, défend l’INF : “nous devons préserver ce traité nucléaire”, dit-il. [7].

Shultz fait remarquer que les armes nucléaires sont une menace pour le monde, et entreprend l’apologie justifiée de la signature du Traité, en 1987, par Ronald Reagan le président républicain d’alors, et par le dirigeant de l’ex-URSS Mikhaïl Gorbatchov  [8].

Il critique les menaces de Trump de lâcher l’INF sous prétexte de violations de la part de la Russie, et il profite de l’occasion pour inviter d’autres pays à rejoindre les signataires du traité, et à résister à la tentation US de développer de nouvelles espèces d’armes létales ; il propose pour cela, comme étape préliminaire une réunion des experts des US et de la Russie pour discuter des violations éventuelles.

À l’époque, le traité avait suscité un fort scepticisme, mais George Schultz soutient qu’il a été possible de réaliser « des inspections étendues in situ pour vérifier que tous les missiles interdits avaient bien été éliminés ». Et déjà en 1992, quelque 2700 missiles avaient été détruits [9].

Shultz cite à ce sujet une phrase clé du tsar Vlady Poutine proférée il y a un an : « si l’on me demande si le désarmement nucléaire est possible ou pas, je dirai oui, c’est possible. Est-ce que la Russie souhaite ou pas le désarmement nucléaire universel ? La réponse est oui, encore une fois, si la Russie en a le désir, et elle va y travailler ».

Shultz rrappelle que dans la Révision de la position nucléaire des US [10] était : « Les US restent engagés dans leurs efforts pour appuyer l’élimination globale, en dernière instance, des armes nucléaires, biologiques et chimiques ».

Les USA ont réduit leurs réserves nucléaires à hauteur de 85 % depuis le paroxysme lors de la Guerre froide, et n’ont pas déployé de nouvelles capacités nucléaires durant plus de deux décennies » [11] . L’ancien secrétaire d’État de Ronald Reagan conclut que ce n’est pas le moment de construire de grands arsenaux d’armes nucléaires. Il est temps d’éliminer cette menace du monde entier.

Le pire serait de croire que la Russie et la Chine vont rester les bras croisés.

Source
La Jornada (Mexique)

[1] « Si tu veux la paix, prépare la guerre »

[2] “What’s Inside. Nearly three-quarters of a century into the atomic age, it is sobering to consider how little we really know”, Gideon Rose, Foreign Affairs, November/December 2018.

[3] « La nueva estrategia de defensa del Pentágono entierra cualquier cooperación con Rusia », Sputnik, 20 de Enero de 2018.

[4] “If You Want Peace, Prepare for Nuclear War. A Strategy for the New Great-Power Rivalry”, Elbridge Colby, Foreign Affairs, November/December 2018.

[5] “US missile treaty withdrawal : “Prepare for nuclear war””, Andre Damon, WSWS, October 24, 2018.

[6] « Embajadora de EU en la OTAN amenaza a Moscú con una guerra. Afirma que los misiles rusos violan el tratado INF », Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 7 de Octubre de 2018.

[7] “We Must Preserve This Nuclear Treaty”, George P. Shultz, The New York Times, October 25, 2018.

[8] « Le retour des euromissiles se prépare », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 26 octobre 2018.

[9] “Factsheet INF Treaty : At a Glance”, Bureau of Arms Control, Verification and Compliance, US Department of State, December 8, 2017.

[10] « « Revisión de la postura nuclear » del Pentágono : EU contra Rusia y China », Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 18 de Febrero de 2018.

[11] Nuclear Posture Review 2018. US Defense department, January 2018.

http://www.voltairenet.org/article203714.html

Une histoire belge : le choix des Belges

Une histoire belge : le choix des Belges

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Une histoire belge : le choix des Belges

28 octobre 2018 – La pensée même de cet article m’épuise absolument, et je ne m’y mets, je vous l’avoue, qu’après avoir tant repoussé l’instant de m’y mettre : parler du JSF (F-35), de la Belgique, du choix que ce pays vient de nous annoncer (le F-35), du mécontentement discret mais un peu goguenard des Français, du “Je regrette” de Macron, – tant de médiocre bassesse repousse ma plume qui se refuse à se tremper d’une encre si médiocre. Je chancelle sous le poids de leur surhumaine sottise, avec presque de l’admiration dans mon exaspération : “Comment peut-on l’être autant, si longtemps, si complètement, si décidément, si joyeusement, si content-de-soi ?”

Car enfin, comment, aujourd’hui, avec tout ce que l’on sait hors des virements et donations mensuelles de Lockheed Martin, oui comment peut-on choisir cet incroyable fer à repasser et badigeonner sur son fuselage “avion de combat”, cela pour avertir les Russes qu’il s’agit bien d’un combat aérien qui s’engage ? Comment peut-on croire les Américains sur leurs promesses alors qu’ils se conduisent partout en pirates, faussaires, faux-frères, traîtres et parjures, scandaleux escrocs empilant leur montagne de faux talbins (*) ? Le plus fort, non le plus éclatant et le plus évident, c’est que les Belges ne sont pas de “mauvais Européens”, comme les Français le laissent entendre parce que ce qu’ils ont fait, qui est de faire leur petite commission face aux Yankees de façon à ce que se poursuive le tango transatlantique, eh bien il n’y a vraiment rien de plus “bon Européen” selon l’esprit de Notre-Europe. Tous leurs matamores de l’UE ne font pas autrement, et quant au Macron…

Ces gens sont totalement fermés, aveugles, absolument insensibles à la sagesse de l’expérience et à la mesure du bon sens, zombies postmodernes ouverts à toutes les modes subrepticement sataniques qui dissimulent l’hystérie derrière la gouvernance. Il en faut diablement pour acheter ce fer à repasser yankee qui ne fait “vroum-vroum” en lâchant un peu de vapeur que si les Yanks l’autorisent, alors que ces mêmes Yanks, sous la direction éclairée du président Trump, sont en train de fracasser le traité FNI qui va transformer l’Europe en champ de foire nucléaire, – et que les Européens, voyez-vous, s’en aperçoivent sans que cela ne produise autre chose que des cris d’orfraie. (**) Ce qui me terrorise, je l’avoue, c’est ce déversement, cet amoncellement, cette montagne océanique de sottise, tous ces ministres qui semblent croire que la sottise est un art et que l’art ça se respecte par simple génuflexion de bassesse.

Voilà pour les Belges… Quant aux Français !

Cela me ramène en 1986-1989,  – oui, il y a trente ans et plus dans ce monde qui va si vite ! – selon l’histoire de la première campagne du Rafale en Belgique dont j’ai déjà très-abondamment et diversement parlé pour en avoir été un commentateur presque-acteur (allez voir le 10 octobre 2009 et le 24 octobre 2014). A cette époque, les Belges étaient déjà des Belges mais ils gardaient le goût des frites nationales-souveraines et savaient deviner à la fois la bonne affaire et l’affaire qui peut vous tricoter une vertu en vous rapportant gros ; et puis, un peu moins à la lèche devant les Yankees, je me rappelle même en avoir rencontré certains qui cultivaient un petit coin d’audace gaullienne pour une Europe indépendante. C’est pour cette raison qu’à cette époque, le Rafale était sans concurrent, et parti pour une coopération et des commandes européennes (belge dans tous les cas) si l’on s’y prenait avec une certaine habileté dans les méandres des influences brusselaire.

Les Français, autant le gouvernement que Dassault, furent incroyablement mauvais, à la fois arrogants et naïfs, bousculant tout et n’y comprenant rien. Ils se coulèrent eux-mêmes par le fond dans un grand bruit d’autosatisfaction parisienne. Croyez-vous que cela leur ait servi de leçon ? Aux temps actuels de Macron avec Sarko-Hollande en toile de fond, on a suffisamment à faire pour s’affirmer à soi-même qu’on est excellents et excellemment européens, décrivant avec des clins d’yeux entendus les mirifiques marchés des États minuscules et pétroliers. Le goût des mirages pétroliers fait qu’il est plus glorieux de se prendre une veste aux Émirats qu’à Bruxelles, et puis finalement on enfile les deux.

Par des remarques et confidences de vieux amis du temps passé encore dans le circuit (je m’en suis extrait, leur quincaillerie me paraissant de plus en plus rouillée pour mon propos général), j’ai suivi de loin en loin la “campagne” française à Bruxelles pour ce marché, qui semblait ne pouvoir être que victorieuse ; mais je rectifie aussitôt : “qui semblait ne pouvoir être que victorieuse” certes, s’il y avait eu campagne… Il y a quelques mois, un ami bruxellois bien au courant de ces choses m’interrogeait encore, incrédule devant l’absence d’activité de mes compatriotes (!) dans le grand champ de la communication où tout se décide : “Mais qu’est-ce qu’attentent les Français ? Le terrain leur est complètement favorable”. Je lui répondis, d’instinct dirais-je, car je ne sais plus que penser des Français, alors et bien plus encore aujourd’hui au crépuscule des sombres temps présents : “C’est un remake de 1986-1989, en pire”…

J’en ai eu des échos, ces dix-huit derniers mois, de confidence comme quoi, “Ça y est, Dassault va lancer sa campagne d’influence, de relations publiques, d’actions dans la presse, d’interventions auprès de personnalités qui sont contre le JSF” (Il y en a beaucoup, énormément, il suffit d’entendre les protestations de l’opposition au Parlement, après l’intervention du Premier ministre, le nommé Charles Michel, annonçant son choix sans y rien comprendre.) Quant aux autorités françaises du temps de Macron, c’est “Paris et le désert français” qui aurait atteint lui-même (Paris) la désertification complète, – sans doute la crise climatique… Ainsi ont-ils laissé passer les occasions, assurés de leur “excellence”, de leur influence, de leur irrésistible suffisance. Pendant ce temps, la machinerie Lockheed-Martin tournait à plein régime, semant ses graines de corruption et de mésinformation-satisfaction répandant la narrative de la miraculeuse transmutation du JSF en F-35. Les Flamands ont joué leur rôle habituel de porteurs d’eau, cette fois sous les couleurs de la N-VA, ces flamboyants et sulfureux nationalistes-souverainistes qui, comme leurs homologues polonais incapables d’imaginer autre chose que Charybde et Scylla, croient qu’on défend les grands principes souverains en s’appuyant sur les Yankees contre les entreprises des pouvoirs européens.

C’est une bien triste histoire, dix fois, cent fois recommencée dans ces sombres temps présents… La seule idée qui me réconforte, c’est qu’en faisant ce qu’ils ont fait, tous, absolument tous, ils ont contribué à encore aggraver et accélérer la Grande Crise d’Effondrement du Système.

 

Notes

(*) “Billets de banque” en novlangue-Audiard, cf. Le cave se rebiffe.

(**) Des diplomates de l’UE, dotés d’une grande vision de l’avenir, ont confié à Pépé Escobar que « la décision des États-Unis [de quitter le traité FNI]  a été un “choc” et “la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour l’UE, car elle met en péril notre existence même et nous soumet à la destruction nucléaire par des missiles à courte portée”, qui ne pourraient jamais atteindre les États-Unis. »

http://www.dedefensa.org/article/une-histoire-belge-le-choix-des-belges

F-35 : le dilemme européen

F-35 : le dilemme européen

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23 octobre, 2018
Tribune libre

Alexandre Vautravers

L’acquisition d’un avion de combat devant servir pour les 30 voire les 50 prochaines années est un choix stratégique et politique pour la Belgique. Pourtant, en optant pour le F-35 américain, Bruxelles ferait sans-doute davantage le jeu de Washington et d’Amsterdam.

 

L’avion de combat F-35 Lightning II est multi-rôle, furtif, monoplace et monomoteur. Il est conçu pour opérer au sein d’un réseau aéroterrestre, grâce à la « fusion » des capteurs et l’interopérabilité de ses effecteurs. Le F-35 n’a pas été conçu pour opérer de manière autonome, mais au sein d’un « système de systèmes » et au sein d’un réseau interarmées et multinational. S’il dispose de capacités d’interception très modernes, il est en revanche plutôt conçu pour des missions d’attaque au sol. Car la supériorité aérienne est, aux USA, essentiellement dans le cahier des charges de son frère aîné : le F-22 Raptor, sensiblement plus performant et aussi plus cher, produit à seulement 187 exemplaires de série, que le Gouvernement américain refuse d’exporter pour des questions de sécurité nationale.

Les retards et les surcoûts du programme F-35 ont été importants. La version B, destinée au corps des Marines américains (USMC) et à la Royal Air Force (RAF), nécessite une motorisation particulière et un équipement allégé en raison de la nécessité d’atterrir verticalement. Ceci a beaucoup allongé et augmenté la complexité de son développement. Mais le développement en parallèle de trois versions sensiblement différentes et l’alignement du programme entier sur la version B —la plus complexe et la moins performante— était nécessaire pour garder ensemble les partenaires et services militaires américains et les Alliés.

Le Corps des Marines américain a annoncé une capacité initiale opérationnelle (IOC) sur ses appareils en 2012. Mais en réalité, le premier engagement au combat d’un F-35 date de 2018. Et l’opérateur de ce dernier n’est autre qu’Israël…

Ainsi, onze partenaires disposent aujourd’hui d’une poignée d’appareils. Certaines forces aériennes ont d’ores et déjà annoncé avoir atteint une capacité opérationnelle initiale (IOC) avec une panoplie d’armements très limitée. Mais le F-35 n’est toujours pas l’avion multi-rôle, furtif et opérationnel qu’il prétend.

Année sombre

L’année 2010 a été la plus sombre pour le programme du Joint Strike Fighter (JSF), programme de recherche aéronautique à l’origine du F-35. Des mesures contraignantes ont été prises. C’est paradoxalement l’arrêt de la production du grand-frère F-22, décidé par le Président Obama, qui fait du F-35 le seul appareil américain viable pour les années 2020-2050. En d’autres termes, le F-35 est devenu « Too big to fail » pour le Gouvernement américain.

Et pour les partenaires ? En insistant sur un pont d’envol sans catapulte pour son futur porte-avions, au contraire des choix français, la Grande-Bretagne a un urgent besoin du F-35 B à décollage court et atterrissage vertical – sans lequel sa capacité de projection se réduit à une peau de chagrin. Cette capacité est étroitement liée à son statut et son rang international. Il en va de même pour le Japon, pour Taïwan, pour l’Australie – autant d’Etats qui seraient en mesure d’embarquer un corps expéditionnaire de F-35 sur leurs navires de guerre.

En Europe, le F-35 divise. Les coûts et les retards évoqués ont poussé plusieurs forces aériennes à acquérir d’autres appareils neufs, d’occasion voire en leasing, afin d’assurer le pont entre l’obsolescence de leurs appareils et la capacité opérationnelle des F-35. Ces solutions intérimaires coûtent cher et rendent les opérations militaires plus complexes.

Coûts trop élevés

L’autre problème des surcoûts du F-35 est l’inadéquation entre les budgets de défense européens, la faible part consacrée aux investissements, d’un côté, le besoin de renouvellement de nombreuses plateformes et systèmes pour la plupart issus de la guerre froide d’autre part. Pour l’heure, la société Lockheed Martin, qui fabrique le F-35 n’a livré que 320 appareils. Loin derrière les 2500 prévus à la naissance du programme, dans les années 90. On comprend mieux maintenant avec quelle insistance le Président américain exige une hausse des dépense militaires en Europe. Le niveau de 2% du PIB approuvé par l’Alliance atlantique en 2002 n’a pourtant été atteint que par quatre membres de l’OTAN.

C’est que les coûts très élevés du F-35 rebutent les nations européennes, à l’image de l’Italie ou de l’Angleterre. Dans un contexte de Brexit et de coupes budgétaires, il est difficile d’imaginer que la Grande Bretagne puisse honorer simultanément son engagement de 232 Typhoon et 138 JSF, alors que le MoD doit économiser 15 milliards de livres (22,5 milliards d’euro) sur les dix prochaines années. L’Italie est dans le même bain, avec des promesses d’achat de 121 Typhoon et 131 JSF. Le crash d’un appareil en exercice fin septembre pourrait d’ailleurs être une preuve supplémentaire que l’appareil américain n’est pas tout à fait opérationnel.

Les Pays-Bas demeurent quant à eux dans la course. Mais l’offre initiale de 85 appareils pour remplacer le F-16 s’est réduite comme peau de chagrin avec l’envol des coûts. Aujourd’hui, la force aérienne néerlandaise (Koninklijke Luchtmacht – KLu) table, pour l’hypothèse la plus optimiste, sur 37 exemplaires de l’appareil américain. On comprend donc quelles pressions peuvent s’exercer aujourd’hui sur la Belgique pour acquérir ces avions. Un achat permettrait une mutualisation bienvenue des coûts pour Amsterdam. Exit les considérations de défense, donc. La tentative de faire du F-35 un standard de l’avion de combat pour tous les pays de l’alliance OTAN semble davantage répondre à une volonté politique américaine qu’à une logique opérationnelle ou même budgétaire (1).

 

Alexandre Vautravers
Rédacteur en chef de la Revue militaire suisse

 

(1) Pour voir les tableaux comparatifs des coûts : Department of Defense OUSD (AT&L) ARA/AM, Selected Acquisition Report (SAR) Summary Tables, 2 avril 2010.

https://www.iveris.eu/list/tribunes_libres/378-f35__le_dilemme_europeen_/

Polémique avec CNBC concernant les missiles hypersoniques russes

Polémique avec CNBC concernant les missiles hypersoniques russes

Réagissant à l’article de Valentin Vasilescu révélant la possibilité théorique de la Russie de couler les portes-avions états-uniens dès le détroit de Gibraltar, le Pentagone a fait publier un reportage par CNBC. Selon la chaîne US, le missile russe Avangard ne serait pas opérationnel. Sauf que l’argument utilisé pour justifier cette assertion ne fonctionne pas.

| Bucarest (Roumanie)

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Nous avons traité le sujet des nouveaux missiles hypersoniques russes dans deux articles précédents [1]. Nous écrivions : « La probabilité de détruire un porte-avions avec les deux types de missiles hypersoniques, en perçant la défense AA est de 88 %. Ce qui signifie que, sur 100 missiles hypersoniques lancés, 88 perceront les défenses AA et détruiront leurs cibles. Dans le cas des États-Unis, si 11 missiles russes hypersoniques sont lancés contre les 11 porte-avions US existants, statistiquement seul 1,3 missile ne toucherait pas les cibles ».

Une conclusion serait que, dans le cas d’une agression états-unienne sur le sud de la Russie (la côte de la mer Noire), nous avons estimé que les missiles russes hypersoniques pourraient détruire un groupe naval US à Gibraltar. Dans le cas d’une agression états-unienne sur le nord et l’ouest de la Russie (la mer Baltique, l’océan Arctique), nous avons estimé que les missiles hypersoniques russes pourraient détruire un groupe naval US à l’est du Groenland. Bien entendu, ce sont des calculs purement théoriques qui peuvent être démentis par les conditions spécifiques d’une guerre réelle.

Par la suite, la chaîne de télévision états-unienne CNBC a publié une déclaration d’une personne anonyme qui prétend avoir vu un rapport de Renseignement US [2]. Cet individu anonyme déclare que les Russes sont parvenus à la conclusion selon laquelle le matériel de fibre de carbone utilisé pour construire le fuselage de leurs missiles hypersoniques est de mauvaise qualité. Il ne fournirait pas une protection suffisante à des températures élevées. Selon le rapport cité, la Russie devrait sélectionner un nouveau matériau pour les missiles hypersoniques au cours des 12 prochains mois.

Je ne conteste pas l’authenticité du rapport de CNBC, sauf qu’il se réfère probablement à la marine russe, et non aux missiles hypersoniques. Le matériau en fibre de carbone offre une bonne résistance aux chocs mécaniques et est invisible aux radars, c’est pourquoi il est utilisé dans les navires de guerre modernes. Mais il ne résiste pas à un choc thermique pour être utilisé par le système Avangard.

Il faut savoir que lors de la rentrée dans l’atmosphère à une vitesse proche de 7,8 km/s (soit 28 000 km/h), entre l’onde de choc inclinée précédant le véhicule cosmique et l’onde de choc stationnaire qui y est attachée, il se crée un espace d’environ 1 m. Le temps nécessaire à une molécule d’air pour parcourir cet espace est de 18 microsecondes. Ceci est la période pendant laquelle la molécule d’air dans l’onde de choc est soumise à un procédé chimique qui libère de l’énergie calorique, ce qui la ramène à son état d’équilibre initial.

Le Dr Yuri A. Dunaev de l’Université d’État de Leningrad et H. Julian Allen, A.J. Eggers, du département d’aérodynamique théorique du laboratoire d’Ames (NASA), ont découvert la forme la plus efficace de dissipation d’énergie. C’est-à-dire, la diminution de la température que le véhicule cosmique devait supporter lors de la rentrée dans l’atmosphère, en augmentant sa résistance à sa progression.

La décomposition thermochimique des matériaux organiques à des températures élevées et en l’absence d’oxygène est appelée pyrolyse. Le bouclier thermique ablatif est fait de composés qui, dans le processus de pyrolyse, sont carbonisés, fondus et sublimés, c’est à dire transformés de l’état solide directement à l’état gazeux. Le rôle de bouclier thermique ablatif est de bloquer le transfert du flux de chaleur à partir de l’onde de choc de rentrée à la structure du véhicule. Ce type de bouclier de rentrée dans l’atmosphère est utilisé pour les capsules Soyouz.

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Pour les véhicules de rentrée dans l’atmosphère, ce système est souvent utilisé.

Il existe un matériau monolithique de type ablatif qui peut être coulé dans diverses formes, il s’agit d’un composé céramique fragile appelé SIRCA (Silicone Impregnated Reusable Ceramic Ablator). Ce composé est appliqué directement à la coque des navettes spatiales Bourane, la navette spatiale X-37B, mais aussi à l’Avangard.

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Pour ce qui est des missiles hypersoniques Kh-47M2 Kinzhal et 3M22 Zircon, ceux-ci ne quittent jamais l’atmosphère de la terre, mais ils évoluent à un maximum de 40-50 km à des vitesses de Mach 8 (9 800 km/h) et Mach 10 (12 250 km/h). Aucun des deux fuselages n’est constitué de fibre de carbone, mais d’un alliage de titane (33 %) qui résiste au réchauffement cinétique. C’est le même matériau utilisé par l’avion nord-américain X-15 avec des moteurs de fusées qui, en octobre 1967, a établi le record de vitesse de 7 274 km/h, (Mach 6,72), volant à une altitude de 31 120 m.

Traduction
Avic
Réseau International

Tout ce que vous devez savoir sur le système antiaérien S-400 Triumph

Tout ce que vous devez savoir sur le système antiaérien S-400 Triumph

AFP
Gros plan sur le meilleur système de défense antiaérienne au monde que l’Inde, la Chine et la Turquie ont acheté malgré la menace de sanctions américaines.

Début octobre, la Russie a signé un contrat de 5 milliards de dollars pour la livraison de systèmes de défense antiaérienne Triumph S-400 à l’Inde. Le nouveau système permettra au partenaire de Moscou de construire autour du pays un dôme impénétrable, capable de détruire toute menace émanant des airs.

Le S-400 est-il vraiment si efficace ? Pourquoi l’Inde, la Chine et même la Turquie (membre de l’Otan) sont prêtes à acheter des armes russes malgré les menaces de sanctions économiques américaines ?

Qu’est-ce que le S-400 et pourquoi est-il le meilleur au monde?

Le système de défense antiaérienne S-400 Triumph (ou « Growler » selon la terminologie de l’Otan) est un « poids lourd » du monde de la défense antiaérienne depuis son lancement en 2007.

Lire aussi : Les secrets du S-400 que Moscou a cachés à Ankara

Il peut déterminer toutes les cibles aériennes autour de lui dans un rayon de 600 km et les abattre à une distance de 400 km de son emplacement. Peu importe qu’il s’agisse de missiles de croisière à manœuvres rapides ou de missiles nucléaires balistiques intercontinentaux qui volent vers la Terre dans l’espace proche depuis l’autre bout de la planète. Le système verra sa cible, la « verrouillera » et la frappera à une distance sûre.

Sa principale différence par rapport à son concurrent direct, le système américain MIM-104 Patriot, réside précisément dans sa capacité à voir et à abattre des cibles tout autour de lui. L’« américain » peut fonctionner et « regarder » uniquement dans une direction prédéterminée à un angle de 180 degrés.

En outre, réorienter les lanceurs Patriot et les préparer à nouveau pour la bataille prendra jusqu’à 30 minutes ! Pendant ce temps, les missiles auront le temps de toucher leurs cibles et la bataille sera perdue.

Lire aussi : Comment les opérateurs des systèmes de missiles russes S-300 et S-400 sont-ils formés?

Dans le même temps, l’« américain » abat la cible à mi-distance – 180 kilomètres contre les 400 russes. Cela joue un rôle important non seulement dans la lutte contre les missiles, mais également contre les chasseurs et les bombardiers – ces derniers n’ont aucune chance de larguer des ogives dans le rayon d’action du S-400.

Ces différents facteurs sont une des raisons pour lesquelles même un membre de l’Otan, la Turquie, a décidé d’acheter du matériel russe malgré la menace de sanctions économiques à son encontre.

Le complexe « Triumph » S-400 est livré aux troupes russes et étrangères dans le cadre d’une batterie de défense antimissile. Chacune d’elle comprend quatre rampes de lancement avec quatre missiles chacune. Au total, il y a donc dans une batterie 16 antimissiles capables d’abattre des chasseurs de cinquième génération et des missiles de croisière à une distance maximale de 400 kilomètres.

Lire aussi : Une version économique du système S-400 Triumph voit le jour

Et ceci ne tient pas compte des munitions de réserve, qui sont également incluses dans le montant du contrat et seront placées sur le champ de bataille. En outre, le contrat comprend également plusieurs véhicules de transport et de chargement, des stations radar, un poste de commandement et un certain nombre de véhicules de soutien.

Les données évoquées ci-dessus concernent la version la plus complète, que la Russie achète pour protéger ses frontières. Chaque système est préparé en vue de son expédition à un client étranger en fonction de ses souhaits et de ses capacités financières. En termes simples, comme dans le cas de l’achat d’une voiture, vous pouvez acheter l’ensemble avec toutes les options, mais aussi renoncer à certaines d’entre elles.

https://fr.rbth.com/tech/81662-russie-s-400-triumph

Le bruit autour de l’accord chinois sur Haïfa met en lumière les divisions au sein de l’« État profond » israélien

Le bruit autour de l’accord chinois sur Haïfa met en lumière les divisions au sein de l’« État profond » israélien


Andrew Korybko
Andrew Korybko

Par Andrew Korybko – Le 22 septembre 2018 – Source orientalreview.org

La Chine exploitera bientôt le port israélien de Haïfa, si tout se passe comme prévu.

Haaretz a publié un compte rendu sur une conférence, tenue fin août en Israël, au cours de laquelle Shaul Horev, ancien directeur du cabinet de la marine et président de la commission à l’énergie atomique, s’était alarmé de la prochaine remise à la Chine de la gestion du port stratégique de Haïfa. Ce changement avait été signé il y a trois ans et demi par le ministère des transports et les autorités portuaires, sans l’aval du conseil à la sécurité nationale ni de la marine elle-même, qui est semble-t-il directement concernée au vu de la proximité de sa flotte de sous-marins avec le port. La mise en œuvre imminente de l’accord a soulevé les angoisses habituelles quand au « piège de la dette », aux implications militaires, et assez étrangement, quant à se demander si Israël se détourne des USA.

Manifestement, ce à quoi nous observons résulte d’une faction des administrations militaires, de renseignements et diplomatiques permanentes de l’État d’Israël – ou « État profond » – qui veulent rejoindre la vision mondiale chinoise de la connectivité portée par les Routes de la soie (One Belt One Road – OBOR), alors que l’autre faction veut s’en tenir sans fléchir au soutien pro-américain de Tel-Aviv et empêcher ces initiatives, ce qui génère les frictions aux yeux du public sur ce sujet. Contrairement à ce que beaucoup dans les médias alternatifs pourraient imaginer, Israël et la Chine n’ont fait que se rapprocher au fil des dernières années, Pékin développant un intérêt pour la proposition du train « Red-Med » [Train à grande vitesse Tel-Aviv Eilat, NdT], qui viendrait relier mer Rouge et mer Méditerranée par voie ferrée, et qui pourrait compléter voire un jour constituer une alternative au canal de Suez.

L’accord israélien permettant à la Chine de s’étendre et de venir gérer le port de Haïfa constitue une indication de l’existence d’une faction influente de l’« État profond », désireuse d’ouvrir des alternatives à la dépendance stratégique de Tel Aviv envers les USA, en coopérant de façon pragmatique avec d’autres grandes puissances en cours de constitution, comme on l’a vu par ailleurs dans les coopérations avec la Russie au sujet de la Syrie. Cette faction semble projeter un rôle d’Israël quelque peu similaire à celui de son nouveau partenaire, l’Inde, en jouant le même jeu de « multi-alignement » entre grandes puissances, ce qui en théorie permettrait au pays de tirer le meilleur parti de la « compétition » pour sa « loyauté », en négociant plus cher auprès de chacune des parties, USA y compris.

À supposer que l’accord ne se voie pas entravé en dernière minute par la faction opposée et ses alliés américains sur des considérations de « sécurité nationale », Israël donnerait là aux routes de la soie leur meilleure caution internationale, ce qui d’ailleurs pourrait bien constituer la raison pour laquelle la Chine a monté ce projet dès le départ. Il est également possible, comme évoqué par Ber Cowen du Times of Israël, que la Chine maintienne des ambitions à long terme de contrôler les accès européens aux ressources du Golfe, via les ports méditerranéens, suite à un accord de paix en Palestine à venir qui verrait les monarchies arabes reconnaître officiellement Israël, et faire traverser des oléoducs sur son territoire pour économiser 40% des coûts de transport par rapport au transit par le canal de Suez.

Quelles que soient les intentions de la Chine – et il ne s’agit certainement pas de s’affranchir d’Israël dans un « piège de dette » ou d’espionner ses sous-marins – la controverse autour de cet accord révèle le fait que deux factions de l’« État profond » sont en compétition en Israël et ont rendu publique leur querelle sur Haïfa, chacune d’entre elles ayant ses raisons – très différentes – d’estimer que le grand jeu se verrait changé si l’accord devait se voir suivi de faits.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le vendredi 21 septembre 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/le-bruit-autour-de-laccord-chinois-sur-haifa-met-en-lumiere-les-divisions-au-sein-de-letat-profond-israelien