Archives pour la catégorie Aéronautique et Défense

Ce successeur franco-hispano-allemand du Rafale a été dévoilé au Salon du Bourget (images) © AFP 2019 BENOIT TESSIER

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Emmanuel Macron et Éric Trappier, directeur de Dassault Aviation, dévoilent la maquette de l'avion «Next generation fighter» qui fera partie du SCAF

Ce successeur franco-hispano-allemand du Rafale a été dévoilé au Salon du Bourget (images)

© AFP 2019 BENOIT TESSIER
DÉFENSE

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«On propose un avion européen pour les Européens, indépendant des technologies américaines». La maquette d’un avion de conception franco-hispano-allemande, pour lequel Paris et Berlin comptent déjà débloquer quelque 150 millions d’euros d’ici la fin de l’année, a été dévoilée à l’ouverture du Salon du Bourget en présence d’Emmanuel Macron.

Du 17 au 23 juin, le 53e salon aéronautique du Bourget accueille quelque 2.453 exposants, et notamment ceux venus présenter le projet d’avion de combat destiné à remplacer le Rafale ou l’Eurofighter d’ici 2040. La maquette à taille réelle du premier chasseur franco-allemand, le «Next generation fighter» de Dassault Aviation et Airbus, a été dévoilée lundi 17 juin à l’ouverture de cette 53e édition du Salon international de l’aéronautique et de l’espace en présence du Président de la République.

Cet avion n’est pas seulement le successeur potentiel du Rafale ou de l’Eurofighter, mais il constitue aussi la pièce maîtresse du Système de combat aérien du futur (SCAF), ce programme majeur lancé par le Président Macron et la chancelière allemande, Angela Merkel, afin de renforcer l’autonomie stratégique européenne.

Sur le stand Dassault Aviation où la maquette du futur avion de combat a été révélée, Florence Parly, Ursula Von der Leyen et Margarita Robles ont signé des accords de coopération pour le développement de l’aéronef du SCAF. L’accord acte officiellement l’arrivée de Madrid dans le projet.

«On propose un avion européen pour les Européens, indépendant des technologies américaines», a commenté sur la chaine de télévision CNews Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, qui mène le projet SCAF avec Airbus.

L’avion est destiné à entrer en service à l’horizon 2040. Il est actuellement développé par un tandem franco-allemand, qui a été rejoint récemment par l’Espagne.

Initié en 2017, le SCAF est conçu comme un système associant avion de combat de nouvelle génération, drones, futurs missiles de croisière et drones évoluant en essaim. Il sera connecté à des avions, des satellites, des systèmes de l’Otan et des systèmes de combat terrestres et navals.Paris et Berlin pensent investir environ quatre milliards d’euros dans le SCAF d’ici 2025, dont 2,5 milliards pour la France, leader du projet piloté par Airbus et Dassault Aviation, relate l’AFP se référant à des sources au ministère français de la Défense. Les 150 millions déjà débloqués par Paris et Berlin doivent financer les premières étapes du démonstrateur espéré vers 2026.

Outre Dassault Aviation et Airbus, Safran, le groupe allemand MTU Aero Engines, Thales et MBDA (Airbus, BAE Systems et Leonardo) participent au projet.

https://fr.sputniknews.com/defense/201906171041446500-ce-successeur-franco-hispano-allemand-du-rafale-a-ete-devoile-au-salon-du-bourget-images/

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Les Sous-Traitants Turcs Écartés Du Programme De L’avion De Combat Furtif US F-35

Les Sous-Traitants Turcs Écartés Du Programme De L’avion De Combat Furtif US F-35

Il n’y a pas que les pilotes des forces aériennes turques en stage d’instruction sur des F-35 sur la base aérienne US de Luke (Luke Air Force Base) en Arizona qui sont affectés par les pressions croissantes de Washington sur Ankara pour l’amener à annuler des négociations avancées sur un contrat d’acquisition de systèmes de missiles SAM S-400 russes: tous les sous-traitants turcs sont écartés l’un après l’autre du gigantesque programme de l’avion de combat furtif de cinquième génération Lockheed-Martin F-35 Lightning II.

La Turquie est à la fois l’un des plus importants alliés de Washington dans le monde et un membre important de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). La tension croissante entre les États-Unis et la Turquie autour de la décision d’Ankara d’acquérir des systèmes d’armes russes pour sa grille de défense aérienne met à mal l’interopérabilité et la coordination des forces armées au sein de l’OTAN mais pourrait en fait cacher d’autres enjeux.

Il est un peu trop prématuré de donner libre cours à des conjectures sur une probable sortie de la Turquie de l’OTAN.

Ankara nous a habitué à une politique un peu vague ces dix dernières années. Jouant sur tous les tableaux et changeant promptement de posture selon le contexte et la conjecture, la Turquie pourrait en effet jouer un nouveau rôle qui commença à prendre forme dès que l’échec de la guerre en Syrie divulgua au grand jour de profonds clivages entre les intérêts stratégiques de Washington et Ankara d’un côté et d’un autre scinda la coalition dans son segment arabe notamment avec la rivalité entre l’Arabie et les Émirats Arabes Unis avec le Qatar ou encore l’incompatibilité totales des objectifs géostratégiques de pays membres de l’OTAN tels que l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni avec les ambitions géopolitiques de la Turquie de Rayep Reçep Erdogan et qui plus est, dans ce que Ankara considère un peu plus que son pré-carré ou son arrière-cour au Nord de la Syrie.

A cela s’ajoute le tropisme néo-Ottoman de la Turquie, le retour en force d’un nationalisme pan-turquiste assez surprenant en coulisses et loin des médias et le peu d’estime que voue la classe politique turque actuelle pour la plupart des grands pays européens et plus particulièrement l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, surtout après un Accord secret sur le contrôle des migrations clandestines en échange d’avantages économiques et financiers directs.

Cependant certains observateurs se montrent fort circonspects et soupçonnent la Turquie de duplicité dans le cadre d’une nouvelle stratégie US visant à obtenir un accès direct aux derniers systèmes de défense russes comme ce fut le cas pour le Mig-25 Foxbat (défection du pilote Viktor Ivanovich Belenko au Japon en 1976) ou par l’intermédiaire de pays comme l’Allemagne, l’Égypte, Israël, la Pologne ou la Libye (transferts directs de matériel acquis ou des prises de guerre).

Les Sous-traitants Turcs écartés du Programme de l’avion de combat furtif US F-35

Les Sous-traitants Turcs écartés du Programme de l’avion de combat furtif US F-35

Mer des Philippines: un destroyer russe a tenu à affirmer son droit à la libre navigation maritime face à un croiseur US comme au bon vieux temps de la guerre froide 1.0

Mer des Philippines: un destroyer russe a tenu à affirmer son droit à la libre navigation maritime face à un croiseur US comme au bon vieux temps de la guerre froide 1.0

    
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Le croiseur lanceur de missiles de la classe Ticonderoga USS Chancellorsville (CG-62) a rencontré le 07 juin 2019 un destroyer russe qui a tenu à affirmer son propre droit à la libre navigation maritime en mer des Philippines et non loin de la mer de Chine orientale où la marine US ne cesse d’affirmer ce même droit face à la Chine.

Le destroyer russe Udaloy I DD 572 s’est rapproché dangereusement du croiseur US pour réaffirmer ce droit et du coup la mer des Philippines est devenue un peu trop étroite pour l’un des deux commandants de bord.

Ce genre d’incidents était très fréquent entre les marines américaine et soviétique durant la guerre froide 1.0 et apparament cela continue avec la marine de guerre russe.

Dans tous les cas, le commandant de bord du destroyer russe semble vouloir démonter aux Américains qu’il n’a aucun lien avec la retenue légendaire des commandants des navires de guerre chinois et que la manoeuvre qu’il a effectué derrière puis sur le côté droit du croiseur USS Chancellorsville alors que celui-ci attendait le retour d’un hélicoptère était la seule forme de salutation assez acceptable en mer de Chine orientale et l’allusion est on ne peut plus claire.

https://strategika51.org/archives/63595

 

F-35 japonais : renforcement face aux menaces aériennes et intégration régionale

F-35 japonais : renforcement face aux menaces aériennes et intégration régionale

Tribune
6 juin 2019
 

La visite de quatre jours du président américain Donald Trump au Japon fin mai a été une étape importante sur le plan militaire. En effet, Tokyo a confirmé l’achat de 105 F-35 américains, ce qui portera sa flotte à 147 appareils et en fera une force redoutable.

La commande de ces avions furtifs de cinquième génération est constituée de 63 F-35A et de 42 F-35B (à décollage/atterrissage vertical). C’est la première fois que le Japon acquiert une telle version de l’appareil. D’un coût compris entre 89,2 et 115,5 millions de dollars par avion, cette acquisition devrait se chiffrer à plus de 10 milliards de dollars (8,9 milliards d’euros). La flotte japonaise de F-35 sera la plus importante après celle des États-Unis.

Une fois que ce système d’armes sera opérationnel, le Japon pourrait projeter une puissance aérienne considérable bien au-delà de ses côtes. Tokyo prévoit d’utiliser la variante F-35B, qui est capable de décoller et d’atterrir verticalement, sur les destroyers porte-hélicoptères de la classe Izumo au Japon. Les navires, qui ne peuvent actuellement emporter que des hélicoptères à bord, seront modifiés pour supporter les F-35. Ils deviendront alors de véritables porte-aéronefs.

Le F-35 peut changer la donne face à la menace chinoise et russe, dans une moindre mesure.

Il faut souligner que le F-35 a un faible niveau de détection (son signal radar a la taille d’une balle de golf) et pénétrerait facilement dans les espaces aériens chinois et russe (du moins pour le moment).

Même si les systèmes chinois et russe parviennent à localiser le F-35, ils auront beaucoup de mal à suivre et à cibler le chasseur furtif. De plus, au moment de la détection, le F-35 aura déployé son système d’arme embarqué, procurant un avantage décisif en première frappe sur des cibles stratégiques telles que les défenses anti-aériennes de l’ennemi.

La Chine affirme que son chasseur furtif J-20, qui a atteint sa capacité opérationnelle initiale, serait capable de relever le défi des F-35. C’est toutefois très peu probable, car le J-20 est toujours à la traîne par rapport au F-35 en ce qui concerne la connaissance de la situation sur le champ de bataille et les systèmes de propulsion, deux facteurs qui confèrent à l’avion un avantage opérationnel essentiel au combat.

Compte tenu de la supériorité du F-35 sur son rival J-20, le Japon, avec sa flotte projetée de quelque 150 F-35, posséderait une supériorité aérienne significative par rapport à la Force aérienne de l’Armée de libération du peuple.

Par ailleurs, la Russie a déployé dans la région des chasseurs Su-35. Mais, en dépit de sa manœuvrabilité et de sa puissance de frappe considérables, le Su-35 ne possède pas de fonctions furtives avancées de cinquième génération (contrairement au F-22 / F-35 et au J-20 chinois) et n’a pas de capteurs de pointe disponibles comme le F-35.

Toutefois, le crash d’un F-35A, récemment acquis par le Japon, le 9 avril 2019, puis la mise à l’arrêt de toute la flotte de F-35 qui en a découlé, soulèvent de sérieux doutes quant à la disponibilité opérationnelle de ce système d’armes révolutionnaire, ce qui suscite de nombreuses critiques.

Cet avion a jusqu’à présent été peu utilisé. Seuls les Israéliens l’ont utilisé en Syrie dans des missions opérationnelles, et dans ce contexte, sa furtivité aurait plutôt déçu. Et selon certaines sources militaires, il ne serait pas capable de contrer les systèmes anti-aériens S300 livrés à Damas par Moscou, et que possèderaient aussi Téhéran et Caracas… Or, la Chine a de tels systèmes, soit des S-300 PMU achetés aux Russes, soit son propre système de missiles sol-air HongQi 9 (HQ-9) qui est équivalent.

Pour le moment, les forces alliées possédant le F-35 pourront profiter du retour d’expérience des forces de défense aériennes israéliennes qui l’ont utilisé pour pénétrer l’espace aérien syrien pour engager des batteries iraniennes, avec succès.

Par ailleurs, les critiques du programme des F-35 ignorent le fait que tous les nouveaux systèmes d’armes sont confrontés à des problèmes dans leur phase d’introduction. Même le légendaire F-16, lancé officiellement en 1978, a été confronté à une série de problèmes techniques à ses débuts.

Compte tenu de la complexité technique du F-35, il faudrait probablement encore une décennie (après les deux premières décennies de développement) pour résoudre les nombreuses questions relatives à cet avion d’une complexité remarquable.

F-35 et intégration régionale

L’autre conséquence de l’achat massif de F-35 par le Japon est la mise en place d’une considérable flotte dans la région et l’intégration des forces aériennes locales avec celles de États-Unis.

En effet, d’autres alliés des États-Unis, l’Australie, la Corée du Sud et Singapour ont ou sont intéressés par cet appareil.

La flotte de F-35 des États-Unis et de leurs alliés sera très conséquente. Les États-Unis et leurs alliés disposeront de plus de 200 avions F-35 déployés dans la région Asie-Pacifique d’ici à 2025, selon le général Charles Brown, commandant des Forces aériennes américaines du Pacifique.

Outre le Japon, la Corée du Sud a reçu son premier F-35 en mars 2018 et prévoit d’en acheter 40.

Deux F-35A sont arrivés en décembre dernier en Australie. Il s’agit des premiers Joint Strike Fighter de la RAAF à être basés sur le territoire national. L’Australie a investi 17 milliards de dollars australiens (10,5 milliards d’euros) pour commander 72 F-35A de Lockheed Martin. Enfin, Singapour compte acheter quatre chasseurs furtifs américains F-35 pour moderniser sa flotte, a annoncé vendredi 1er mars son ministre de la défense Ng Eng Hen.

M. Brown a exprimé l’espoir de renforcer les capacités par des exercices conjoints avec les F-35 appartenant au Japon, à la Corée du Sud et à l’Australie. Par ailleurs, les liens entre Tokyo et Canberra, très étroits avec l’industrie de défense américaine, sont encore renforcés par le fait que le Japon et l’Australie sont les deux bases de maintenance pour les F-35 en Asie Pacifique.

L’ensemble renforcera l’intégration opérationnelle des États-Unis et de leurs alliés. En effet, le F35 se compose avant tout de deux systèmes informatiques embarqués : le JRE (Joint Reprogramming Entreprise), qui est une bibliothèque partagée de données sur les systèmes d’armes des adversaires potentiels distribués à toute la flotte de F35 dans le monde), mais aussi de l’ALIS (Autonomic Logistics Information System). Ce dernier dispositif est conçu pour gérer la maintenance préventive et la supply chain qui relie en permanence chaque avion à Lockheed Martin et Fort Worth aux États-Unis.

La maîtrise du système est donc totalement entre les mains de Washington puisque toutes les données techniques de vol, de maintien de condition ou de missions opérationnelles sont stockées dans des serveurs situés sur le territoire américain. Cela limite la souveraineté de chaque État client du F-35 mais cela facilite l’intégration opérationnelle entre les États-Unis et leurs alliés.

Le F-35 peut donc jouer un rôle majeur dans la supériorité aérienne des États-Unis et de leurs alliés face aux menaces russes et chinoises. Et dans ce contexte, le Japon et sa vaste flotte à terme de F-35, jouera un rôle central.

F-35 japonais : renforcement face aux menaces aériennes et intégration régionale

Le Su-57, sérieux concurrent du F-35

Le Su-57, sérieux concurrent du F-35

Le F-35, construit par un consortium conduit par Lockheed Martin, ne parvient toujours pas à réaliser les performances multirôles pour lesquelles il a été pré-vendu. En outre les tensions entre l’Otan et la Turquie devraient conduire à retirer ce pays des fabricants partenaires. Un malheur n’arrivant jamais seul, la Russie devrait mettre sur le marché son Su-57, bien meilleur et plus de fois moins cher.

  

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Le directeur adjoint de Rostec, Viktor Kladov, a annoncé que le président Poutine approuverait prochainement l’exportation de l’avion « invisible » Su-57. Le prix d’un Su-57 est de 45 millions de dollars, alors que le F-35 coûte 100 millions de dollars.

Le premier groupe d’acheteurs approuvés comprend la Turquie avec 60 avions, l’Egypte et l’Algérie avec 29, le Vietnam 12. L’Inde avait été intéressé par cet avion dans un premier temps, mais a abandonné son programme de développement, retardant le lancement de la production de 4 ans. C’est pourquoi l’Inde n’a toujours pas approuvé l’achat de Su-57.

L’avion est supérieur au F-22 et au F-35 dans le combat rapproché, et dans la manœuvrabilité. Le su-57 possède 16 points d’accrochage dont 8 ont été montés dans les compartiments internes. Le su-57 dispose de 4 compartiments entièrement carénés avec une capacité interne supérieure de 150% au F-22A et de 250% au F-35.

Pour devenir compétitif, la Russie a créé 14 nouveaux types d’armes nouvelles pour le Su-57. L’arsenal du Su-57 comprend des missiles antiradar Kh-58UShK, des missiles de croisière 35UE, X-74M2, des missiles air-sol Kh-38M, des bombes « intelligentes » KAB-250, KAB-500. Le Su-57 est équipé de missiles BVR (beyond-visual-range) de type K-77M d’un rayon d’action maximal de 200 km. Pour les combats aériens rapprochés, le su-57 utilise des missiles K-74M2 d’une portée de 40 km.

La Russie pourrait également vendre les missiles hypersoniques Kinzhal X-47M2 (portée 2 000 km) et 3 M-22 zircon (portée 1 000 km) adaptés pour le su-57.

Traduction
Avic
Réseau International 

https://www.voltairenet.org/article206022.html

L’IMAGERIE SATELLITE MONTRE SIMULTANÉMENT TROIS PORTE-AVIONS CHINOIS

L’IMAGERIE SATELLITE MONTRE SIMULTANÉMENT TROIS PORTE-AVIONS CHINOIS

 337 Faire un donLe 3 juin, ImageSat a publié de rares images satellitaires montrant trois transporteurs chinois distincts, le Type 001, le Type 001A et vraisemblablement le Type 002.

ImageSat Intl.@ImageSatIntl

Three aircraft carriers in one day.

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Le troisième porte-avions est encore mystérieux, car la marine de l’armée de libération du peuple n’a donné aucune confirmation officielle.

En novembre 2018, l’agence de presse officielle Xinhua, sur sa page WeChat, signalait que la Chine avait commencé à travailler sur son troisième porte-avions.

Aucun autre détail n’a été fourni, il s’agissait simplement d’un « transporteur de nouvelle génération ». Le point de vente China Daily a affirmé que le groupe de chantiers navals Jiangnan de la société China State Shipbuilding Corp à Shanghai construisait un « plus grand et plus puissant » que le Liaoning et le deuxième transporteur.

Quoi qu’il en soit, ces images satellitaires marquent la deuxième fois que l’activité sur le troisième porte-avions présumé est signalée dans les deux mois.

Début mai 2019, le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) à Washington a publié des images satellitaires commerciales, datées du 17 avril, montrant une activité significative au chantier naval de Jiangnan, par rapport à une analyse d’octobre 2018.

Satellite Imagery Shows Three Chinese Aircraft Carriers Simultaneously

Satellite Imagery Shows Three Chinese Aircraft Carriers Simultaneously

Satellite Imagery Shows Three Chinese Aircraft Carriers Simultaneously

Satellite Imagery Shows Three Chinese Aircraft Carriers Simultaneously

On ignore encore si le nouveau porte-avions aurait une propulsion à propulsion nucléaire ou conventionnelle. Le plus souvent, on suppose qu’il va avoir une propulsion conventionnelle et un type de lancement différent.

Il devrait être plus grand que le Liaoning de type 001 et le Type 001A, qui n’aura pas été nommé, et qui devrait terminer tous ses essais en mer et être mis en service en 2019.

Satellite Imagery Shows Three Chinese Aircraft Carriers Simultaneously

Selon le rapport 2019 du département de la Défense des États-Unis sur les capacités chinoises , la Chine a commencé la construction de son deuxième porte-avions construit dans le pays en 2018, qui sera probablement plus grand et équipé d’un système de lancement de catapultes. Cette conception lui permettra de prendre en charge des avions de chasse supplémentaires, des avions d’alerte avancée et des opérations de vol plus rapides. Le deuxième transporteur construit en Chine devrait être opérationnel d’ici 2022.

En juin 2018, le modèle présumé du type 002 avait été révélé «accidentellement» sur une photo montrant la salle de conférence de la China Shipbuilding Industry Corporation. Sur une photo sur son mur.

«Une photo publiée sur les médias sociaux par l’une des sociétés développant les porte-avions chinois semble suggérer que le dernier navire sera équipé d’un système de lancement de catapultes, à la différence de ses prédécesseurs.

La China Shipbuilding Industry Corporation (SCCI) a publié la photo mercredi, a rapporté le tabloïd soutenu par l’État, Global Times, bien qu’elle ait été retirée plus tard le même jour.

L’image – qui semblait être celle d’un artiste plutôt que d’une photo réelle – montrait le porte-avions chinois de type 002 – le troisième porte-avions du pays et le deuxième à être développé dans le pays – avec un poste de pilotage plat équipé de trois catapultes.

Apparemment, l’image était un instantané d’une grande affiche accrochée au mur dans la salle de conférence de la SCCI », a rapporté le SCMP en juin 2018.

Outre les images satellitaires et une impression d’artiste, la seule information concluante sur le Type 002 est que l’agence de presse nationale Xinhua a annoncé que des travaux étaient en cours sur le porte-avions. Autre que cela, tout le reste en ce qui concerne le navire de guerre chinois indigène reste un mystère.

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Le projet Poséidon (Naval Group/Fincantieri) tout près de prendre la mer

Le projet Poséidon (Naval Group/Fincantieri) tout près de prendre la mer

 Par Michel Cabirol  |   |  800  mots
La décision de lancer le projet a été prise le 17 avril dernier par un conseil d'administration exceptionnel de Naval Group,
La décision de lancer le projet a été prise le 17 avril dernier par un conseil d’administration exceptionnel de Naval Group, (Crédits : Naval Group)
Le projet de rapprochement dans les navires de guerre de surface entre Naval Group et Fincantieri est prêt. Toutefois, Paris met les Italiens sous surveillance pour s’assurer de leur loyauté à l’exportation.

Quoi de neuf sur le projet Poséidon, le rapprochement entre Naval Group et l’italien Fincantieri ? Tout est prêt pour que ce projet prenne enfin la mer. On y est. Car Paris et Rome ont souhaité attendre la fin de l’élection européenne avant de communiquer sur ce projet franco-italien pour ne « pas être pris en otage » sur ce dossier lors de la campagne, explique une source proche du dossier. La décision de lancer le projet, qui a été prise le 17 avril dernier par un conseil d’administration exceptionnel de Naval Group, a fait l’objet d’un black-out complet de la part des deux industriels de part et d’autre des Alpes. Côté gouvernemental français, le dossier est également clair. « Sur le fond, il n’y pas de sujet », affirme-t-on. Il n’y a plus désormais qu’à appuyer sur le bouton de la communication.

Lors de cette réunion du conseil, les statuts de la société commune à 50-50 entre Naval Group et Fincantieri ont été validés : le PDG sera français et la directrice commerciale italienne, la société sera basée à Gênes et le centre de recherche à Ollioules dans le Var. Cette société commune a pour vocation de regrouper les achats, la Recherche et Développement (R&D) et l’exportation des navires de guerre de surface. C’est surtout sur ce dernier volet que la France, qui « accompagne positivement » ce dossier, compte beaucoup. « On attend de la création de valeur sur l’exportation », explique-t-on dans l’entourage de la ministre des Armées. Pour autant, Fincantieri n’a exporté que pour 39,7 millions d’euros en 2018, selon le rapport italien sur les exportations d’armes après avoir obtenu une de ses rares commandes, un mégacontrat au Qatar en 2017 (3,8 milliards). Enfin, il n’y aura pas d’échanges capitalistique entre les deux groupes.

A l’export, Fincantieri sous surveillance

A l’Hôtel de Brienne, on estime que « ce mouvement crée de la valeur et présente des risques absolument limités, circonscrits et identifiés pour Naval Group ». Ce qui veut dire que très clairement « si jamais cela passait mal, il y a une procédure de sortie » de Naval Group et Fincantieri. Et la France demandera à Naval Group de sortir de la société commune « du jour au lendemain si on n’est pas content de ce qui se passe ». Paris aura « rapidement des indications sur la bonne foi de tous les acteurs à jouer collectif ». Dès 2020, la France pourra juger de la loyauté des Italiens à respecter les décisions prises en commun, la liste des campagnes étant bien connue de tous. « Les vrais juges de paix vont arriver l’année prochaine », souligne-t-on à Paris

« Si jamais on constate de la déloyauté, on dégrafera et si cela se passe tel qu’on souhaite que cela se passe, cela créera de la valeur pour tous, explique-t-on dans l’entourage de la ministre. L’idée est de pérenniser et de créer de l’emploi en France mais ce n’est pas de donner le travail des cols français aux cols bleus italiens. Surtout pas. L’idée, c’est d’avoir un gâteau plus gros à se partager à deux ».

Dans cet esprit, Naval Group et Fincantieri doivent se mettre d’accord sur le partage des prospects à l’export et éviter d’être en compétition. Comme au Brésil où portant Naval Group avait proposé à Fincantieri une proposition commune à la marine brésilienne. En vain. Le groupe naval français a même failli être éliminé dès le départ de la compétition sans avoir la possibilité d’y concourir. Pourquoi ? Les Français ont appris au tout dernier moment que les Italiens n’allaient pas jouer vraiment le jeu d’une offre commune, en déposant en catimini une proposition en solo. Résultat, c’est TKMS (ThyssenKrupp Marine Systems) qui a remporté la compétition. Ce dossier est « un peu regrettable mais le coup était déjà largement parti », précise-t-on au sein du ministère des Armées.

 Une corbeille de mariage qui se remplit enfin

Dans la corbeille de ce rapprochement, Naval Group et Fincantieri disposeront d’un programme commun de pétroliers ravitailleurs, dont quatre bâtiments ont été récemment commandés par la France (FlotLog). Ces bâtiments seront fabriqués par les deux chantiers sur la base du design italien Vulcano, un navire de 165 mètres et 23.500 tonnes de déplacement. En outre, les deux industriels vont se partager la rénovation des frégates franco-italiennes Horizon (quatre au total). Enfin, Naval Group et Fincantieri ont prévu de lancer un projet de corvettes franco-italiennes sous l’égide de Paris et de Rome. Ils visent à termes le remplacement des six frégates de type Floréal (2.950 tonnes) en France et, en Italie, celui des OPV de la classe Comandanti.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/le-projet-poseidon-naval-group-fincantieri-tout-pres-de-prendre-la-mer-818375.html

Face aux Etats-Unis et à la Chine, l’ambition d’une Europe souveraine

Face aux Etats-Unis et à la Chine, l’ambition d’une Europe souveraine

« La construction européenne repose sur la confrontation puis le compromis franco-allemand »

Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances français

Mardi 21 mai 2019, au ministère des finances

C’était les derniers jours de la campagne pour les élections européennes. Les ministres du gouvernement d’Edouard Philippe étaient à l’offensive pour soutenir la liste « Renaissance » créée pour poursuivre, au parlement européen, l’action du président de la République, Emmanuel Macron. Ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire a fait sa part du travail. Sans réticence car l’empoignade sur l’avenir de l’Union européenne s’inscrit dans sa vision et dans ses ambitions politiques.

En mars 2019, l’ancien secrétaire d’Etat aux Affaires européennes (2008-2009) et ministre de l’agriculture (2009-2012) a publié un essai de cent pages au titre provocateur Le nouvel empire, l’Europe du XXI° siècle. Il y explique que l’Union européenne, en temps que projet politique, est menacée de disparition si elle ne s’affirme pas comme une puissance technologique, dans un monde dominé par l’affrontement économique et stratégique entre les Etats-Unis et la Chine.

Bruno Le Maire a développé cette analyse en recevant, mardi 21 mai 2019, dans son ministère, vingt-cinq journalistes de l’Association de la presse diplomatique française (APDF), que je préside. Un entretien d’une heure et demi dont je donne ici d’importants extraits, en les organisant parfois dans une chronologie différente de celle de la conversation. Nourris par ses négociations et discussions incessantes avec ses homologues, ministres de l’économie et des finances d’Europe et du vaste  monde, ils éclairent les ressorts de son action sur la scène européenne.

« Etats-Unis-Chine, le moment de vérité »

« L’élection du 26 mai est décisive pour trois raisons », commence-t-il. « D’abord à cause du bouleversement géopolitique en cours, le plus important depuis 1989. Entre les Etats-Unis et la Chine, c’est le moment de vérité. L’enjeu stratégique est clair : les Etats-Unis ne veulent pas que la Chine assure sa domination sur le monde au XXI° siècle, ils s’y opposeront de toutes leurs forces ».

« La Chine, à l’inverse, veut remplacer l’ordre multipolaire qui a émergé après la Seconde guerre mondiale, au moment des accords de Bretton Woods. Elle veut en imposer un autre, fondé sur son concept de ‘Nouvelles routes de la soie’. Elle veut une traduction politique et stratégique de son emprise économique. Ses moyens financiers sont extrêmement puissants. En Afrique, son agence de crédit aux exportations a des actifs plus que ceux de la Banque Mondiale ».

« Vis-à-vis de l’Europe, les Etats-Unis manifestent dorénavant leur hostilité au renforcement de la construction européenne. Ils jouent sur la division entre les Etats européens et essaient sans relâche de monter l’Allemagne contre la France et la France contre l’Allemagne. Le président Donald Trump a une obsession contre l’Allemagne, contre l’industrie automobile allemande. Il ne comprend pas la relation franco-allemande et essaie de nous séparer ».

« La Chine, elles, est dans une posture extrêmement offensive, proche de la guerre commerciale, ce qui représente aujourd’hui le premier danger pour nos emplois. Elle ne veut pas respecter nos règles concernant la propriété intellectuelle, par exemple. Nous sommes d’accord avec les Etats-Unis sur l’analyse de la stratégie chinoise, mais nous sommes en désaccord sur la réponse à apporter. Nous devons bien sûr décider des mesures de protection quand c’est nécessaire, comme la Commission l’a fait sur l’acier. Mais nous continuons à plaider pour des négociations dans les enceintes  multilatérales comme l’Organisation mondiale du commerce ».

« L’Europe, entre la souveraineté et la soumission »

« Dans ce nouveau monde, quelle place l’Europe veut-elle accepter ? Elle a le choix entre la souveraineté et la soumission. Pour moi, les nationalistes ont fait le choix de la soumission et de la féodalisation : quand ça va mal, on se réfugie dans son fief. Or cela ne protège plus, surtout à une époque où les Etats-Unis recourent sans cesse aux sanctions extra-territoriales  et où la Chine refuse le principe de réciprocité, par exemple dans l’accès à ses marchés publics ».

« Ce n’est pas un hasard si le seul Etat membres de l’UE à avoir signé une convention bilatérale (‘Memorandum of understanding’) avec la Chine est l’Italie de Matteo Salvini. En Pologne, la tentation existe de se donner aux Etats-Unis. En Autriche, les masques sont tombés quant aux liens entre l’extrême droite et la Russie ».

« Nous, nous faisons le choix de la souveraineté. L’Europe est la troisième grande puissance planétaire. Elle n’a pas encore abattu ses  cartes car elle n’a pas été encore capable de définir ses priorités. Pour nous, la direction n’est ni la fédéralisation, ni la féodalisation, mais l’articulation des deux niveaux de souveraineté, nationale et européenne. Il ne peut y avoir de souveraineté nationale sans une souveraineté européenne ».

« Les décisions sont urgentes car le décrochage économique des pays européens avec la Chine et les Etats-Unis s’est accéléré. La souveraineté politique est liée à l’indépendance technologique. Or nous sommes plongés dans une nouvelle guerre technologique mondiale – on le voit dans le secteur des batteries de véhicules électriques. Si l’Europe ne réagit pas, elle ne sera plus à la table des puissants d’ici dix ans – le Vietnam, lui, y aura gagné sa place ! Si nous voulons rester à cette table, nous ne pourrons pas le faire individuellement, mais seulement collectivement, en tant qu’Européens. C’est une ambition politique majeure ».

« Partir des nations pour arriver à l’Europe »

« Comment l’Europe peut-elle s’affirmer ? Le premier niveau de réponse est d’ordre national. Car il faut partir des nations pour arriver à l’Europe. Je ne suis pas fédéraliste et je ne le serai jamais. Je ne crois pas en une supranationalité européenne. Il n’y aura pas d’empire européen s’il n’est pas fondé sur les nations, qui correspondent à des peuples, des cultures, des intérêts. Il faut que chaque nation s’affirme pour que l’Europe se construise ».

« En France, notre première mission est de redresser l’économie du pays et ses finances publiques. C’est une priorité nationale avant d’être une contrainte européenne. C’est la condition sine qua non pour retrouver la croissance, l’emploi et la compétitivité – à travers une politique de l’offre. Cela nous permettra d’être en position de force dans les négociations européennes, notamment en vue de la mise en place d’un budget européen. Pendant trop longtemps, nos partenaires n’ont pas compris comment nous pouvions leur donner des leçons alors que nos finances n’étaient pas en ordre ».

« Le moteur franco-allemand donne des résultats »

« Le deuxième niveau est le couple franco-allemand. C’est une relation solide, bonne, indispensable. Contrairement à ce que j’entends, ce moteur donne des résultats. On l’a vu avec la création du budget de la zone euro ou de la filière de batteries électriques« .

« Certes, ce n’est pas facile. L’essence même de la construction européenne repose sur la confrontation puis le compromis franco-allemand. Les différences entre la France et l’Allemagne remontent loin dans l’Histoire, à 1789 avec le surgissement de la souveraineté populaire en France, à l’affirmation de la Prusse, sous Bismarck. Nous nous opposons souvent sur notre conception de l’économie, du droit, de la politique. Nos différences sont innombrables, profondes, parfois insondables… Et pourtant, ça tourne !! Nous arrivons toujours à dépasser nos différences ».

« Je me souviens de ma première visite à Berlin en tant que ministre des finances. J’ai été reçu par mon homologue Wolfgang Schaüble qui m’a pris à part et m’a dit : ‘tu fais ce que tu veux, mais je te donne un conseil : ne parle pas de budget de la zone euro’. Deux ans plus tard, après des milliers d’heures de négociation, ce budget existe. Certes, son montant est faible et son but est d’aider à la convergence des économies, pas d’être un instrument de stabilisation et de solidarité entre Etats. Lorsqu’on ajoutait cet objectif dans la balance, des Etats nous faisaient défaut. C’est donc un compromis mais c’est un premier pas ».

« Idem pour l’alliance sur les batteries. C’est peut-être le plus important projet industriel européen depuis Airbus. C’est un manifeste pour l’industrie européenne, alors que la Chine a acquis une position dominante dans ce domaine. La France va investir 700 millions d’euros, l’Allemagne 1,2 milliard d’euros, pour faire émerger dette filière. Bien sûr, lorsqu’il faudra décider où sera construite la première usine, avec 1500 emplois à la clé, les négociations seront compliquées! »

« Des alliés au sein de l’Union européenne »

« Au-delà de la relation franco-allemande, la France doit aussi savoir s’associer à d’autres Etats, avoir d’autres alliés au sein de l’Union européenne. Il ne s’agit pas de créer des alliances de revers pour contourner l’Allemagne : cette stratégie ne marche jamais, je l’ai constaté quand Nicolas Sarkozy a tenté de l’appliquer au début de son mandat présidentiel – j’étais en charge des affaires européennes. Mais il faut pouvoir avancer avec d’autres pays sur des sujets qui nous paraissent importants même lorsque l’Allemagne n’est pas prête ».

« La France a des convergences naturelles avec les pays du sud de l’Europe. Mais nous devons aussi nous tourner vers les pays de l’Est, vers la Pologne qui sera demain une des grandes nations européennes, qui a un taux de croissance parmi les plus élevés d’Europe. Nous devons arrimer le plus possible les pays d’Europe centrale et orientale à notre projet européen. Nous devons écouter leurs intérêts et leurs propositions et travailler plus étroitement avec eux ».

« La France a notamment méprisé la Pologne et elle a eu tort. Elle doit désormais lui prêter une très grande attention, lui donner la considération et le respect et construire économiquement, financièrement des projets avec elle, d’autant que nous y avons des intérêts économiques majeurs. J’ai proposé qu’elle participe à l’alliance des batteries électriques, où elle pourrait se spécialiser sur le recyclage, qui est un chantier majeur. Cela ne veut pas dire que nous allons revenir en arrière sur la question de la défense de l’Etat de droit, sur certains points qui sont essentiels aussi bien en Pologne qu’en Hongrie ou ailleurs. Mais attention à l’ostracisation parce que je pense qu’elle ferait courir un danger majeur à la construction européenne dans les années qui viennent ».

« Cela dit, il faudra que nous changions les modalités de décision au sein de l’Union européenne. Il faut étendre la majorité qualifiée dans des domaines où règne aujourd’hui l’unanimité. Notamment sur la fiscalité. Dans la négociation sur la taxation du numérique, nous avions trouvé un compromis avec l’Allemagne mais nous avons été bloqué par quatre Etats qui pèsent beaucoup moins économiquement. Cela n’est plus acceptable ».

« Renforcer la zone euro »

« Aujourd’hui, la clé du renforcement économique européen, c’est la zone euro. C’est notre espace de stabilité et de puissance financière. Or l’euro n’a jamais été aussi menacé. Il y a un risque économique que l’on voit poindre avec les guerres commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. Il y a aussi un risque de surévaluation des actifs et de retour d’une crise financière. Et il y a des leaders politiques européens qui veulent la disparition de l’euro. Matteo Salvini, en Italie, clame que l’euro mourra bientôt  de sa belle mort. Il a le soutien de Marine Le Pen et d’autres conservateurs radicaux en Europe qui font le choix du retour à des monnaies nationales ».

« Nous, nous voulons renforcer la zone euro et nous présenterons avec le ministre des finances allemand, Olaf Scholz, un papier détaillé à ce sujet pour le conseil européen des 20-21 juin. La France souhaite aussi un renforcement de l’union bancaire, la création d’un ministre des finances de la zone euro pour incarner cet espace monétaire, et le développement de l’euro comme monnaie de réserve internationale – ce qui passera par un budget commun, l’union bancaire, l’union des marchés de capitaux et l’adhésion de tous les Etats membres à l’euro ».

« Le jour où l’euro sera une des principales monnaies de réserve au monde, nous ne subirons plus les atteintes à notre souveraineté que représentent les sanctions extra-territoriales américaines. Déjà, par rapport à la menace de sanctions visant toute entreprise qui commercerait avec l’Iran, nous avons développé un outil de souveraineté financière, Instex – et franchement, je ne pensais pas que l’Allemagne et le Royaume-Uni nous suivraient sur ce projet. La pression des Etats-Unis sur les Européens est extrêmement forte, au niveau des entreprises et au niveau des responsables politiques, pour que nous ne commercions pas avec l’Iran. Cela renforce notre détermination à être souverain dans notre politique commerciale. Au-delà du cas iranien, Instex a vocation à être un instrument de souveraineté globale ».

« L’autre levier de la reconquête économique et technologique européenne, c’est l’affirmation d’une politique industrielle. Il faut de grands champions européens. Pour y parvenir, il faut articuler une politique industrielle commune, une politique de la concurrence rénovée, une politique commerciale qui défende mieux nos intérêts, et une politique publique d’investissements dans les nouvelles technologies – je suis pour les aides d’Etat quand il s’agit de faire émerger des filières. Jusqu’ici, ces différentes politiques sont séparées. Il faut au contraire les coordonner les unes avec les autres. Ne plus raisonner en silo mais en réseaux. Je crois que la prise de conscience progresse dans les institutions européennes.  Il faut absolument le faire : toutes les grandes puissances ont cette stratégie ».

« Une Europe puissance »

« La vision qui sous-tend toutes ces politiques, c’est celle d’une Europe puissance, et non celle d’une Europe des marchands. La division existe encore aujourd’hui ! L’Europe puissance, il est légitime que ce soit les grandes nations européennes qui la portent, celles qui participent au conseil de sécurité de l’Onu, au G7 ou au G20. Lorsqu’on est à la table de ces grandes réunions, on voit clairement les rapports de puissance. L’Europe puissance, c’est la vision de la France mais c’est aussi celle de l’Allemagne, à sa manière. Tous les dirigeants allemands que je côtoie depuis maintenant longtemps – chrétiens-démocrates, sociaux-démocrates, libéraux, Verts – en ont pris conscience ».

« Quant au Royaume-Uni, le peuple britannique a tranché en faveur d’une sortie de l’Union. Emmanuel Macron a eu le courage de dire que plus vite,ils partiront, mieux ce sera. Faire trainer leur départ n’est bon ni pour la Grande-Bretagne, ni pour l’Union européenne. Cela crée un climat délétère. Les Britanniques veulent sortir ? Ils sortent et nos vies se séparent. Nous bâtirons, bien sûr, une nouvelle relation. Mais comme dans un divorce, il faut que l’Europe puisse, de son côté, reconstruire sa vie ».

 

Pour aller plus loin

La tribune  Pourquoi dimanche, il ne faut pas voter pour des planqués   de Pierre Defraigne, directeur exécutif du Centre Madariaga – Collège d’Europe, postée le 22 mai 2019 sur le site de La Libre Belgique.

L’article Les divisions politiques en Allemagne empêchent l’Europe de la défense d’avancer posté le 20 mai 2019 sur le blog Paris Planète.

L’article Nouvelles routes de la soie : ralentissement ou second souffle ? posté le 1° mai 2019 sur le site Asialyst et le dossier consacré à la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine sur le site Asialyst.

L’article Iran : que peut l’Europe face aux sanctions des Etats-Unis ?, posté le 3 mai 2019 sur le site Toute l’Europe.

L’article Concurrence déloyale : comme l’Europe se défend-elle face aux pays tiers?posté le 1° avril 2019 sur le site Toute l’Europe.

L’article Chine, comment les Européens veulent en finir avec le jeu de dupes, posté le 26 mars 2019 sur le blog Paris Planète.

Jean-Christophe Ploquin

 

https://paris-international.blogs.la-croix.com/face-aux-etats-unis-et-a-la-chine-lambition-dune-europe-souveraine/2019/05/25/

L’USS Abraham Lincoln (CVN72) En Route Vers Le Golfe

Analysis

L’USS Abraham Lincoln (CVN72) En Route Vers Le Golfe

Le porte-avions USS Abraham Lincoln (CVN72) en transit au détroit de Gibraltar à l’entrée de la mer méditerranée le 19 avril 2019

La réthorique menaçante du conseiller à la sécurité nationale US, le très dogmatique John Bolton, ne coïncide pas avec les déclarations du Pentagone.

Le porte-avions USS Abraham Lincoln (CVN72) n’a pas encore atteint le golfe arabo-persique et se trouve actuellement dans les eaux territoriales italiennes où il participe à des exercices militaires avant de se rendre vers l’isthme de Suez, la mer rouge, la mer d’Oman puis le Golfe à partir du détroit d’Hormuz. Pour le Pentagone, son déploiement dans le Golfe était programmé depuis un certain temps.

Il n’y a actuellement aucun groupe aéronaval US dans le Golfe ou près des eaux territoriales iraniennes.

John Bolton avait déclaré le contraire en menaçant la République islamique d’Iran, laquelle selon lui se prépare à lancer des attaques contre des forces ou du moins des intérêts américains dans la région.

Des bombardiers stratégiques US sont déjà positionnés dans un pays du Golfe en attendant l’arrivée du groupe aéronaval US du porte-avions USS Abraham Lincoln. En parallèle, l’administration Trump a décidé de garder le porte-avions géant USS Harry Truman, un bâtiment de 100 000 tonnes alors que le développement d’armes suceptibles de détruire des portes-avions par certains pays est parvenu à un stade très avancé.

Est-ce que cet avatar de la diplomatie de la canonnière fonctionne encore dans le monde de 2019 où de nombreux analystes estiment que le porte-avions risque de connaitre le même sort réservé au cuirassé à la fin de la seconde guerre mondiale ?

La marine de guerre iranienne est majoritairement asymétrique et ne dispose que des capacités d’une force de gardes-côtes. Elle utilise surtout une kyrielle d’embarcations furtives et rapides, dotées de missiles anti-navires. Cependant la principale menace est celle de missiles balistiques à guidage de haute précision. Une menace contre laquelle le système Aegis ou les autres systèmes de protection des portes-avions ne peuvent parer à 100 %.

https://strategika51.org/archives/62832

John Bolton s’en va-t-en guerre. L’USS Abraham Lincoln envoyé en guise d’avertissement

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l’université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 – Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l’IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

John Bolton s’en va-t-en guerre. L’USS Abraham Lincoln envoyé en guise d’avertissement

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Revue de presse nationale et internationale.

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