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Le putsch en Éthiopie a fait passer le pays à deux doigts de l’effondrement

Le putsch en Éthiopie a fait passer le pays à deux doigts de l’effondrement


Par Andrew Korybko − Le 24 juin 2019 − Source eurasiafuture.com

andrew-korybko

Une tentative de coup d’État, dans la région d’Amhara, cœur historique de l’Éthiopie, a été évitée de justesse ; le responsable de cet état a été tué et le plus haut dirigeant militaire du pays a été assassiné dans la capitale en lien avec cette tentative. L’échec de cette tentative de changement de régime préserve, au moins pour l’instant, le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique de la guerre civile et de l’effondrement qui s’ensuivrait.

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Abiy Ahmed

Le Gorbatchev éthiopien

Le dirigeant actuellement en exercice, Abiy Ahmed, ancien dirigeant des services de renseignements du pays, avait pris son poste il y a un peu moins d’un an et demi, suite à ce qui s’apparenta de facto à un « coup d’État en douceur » au sein du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE). Il avait ensuite commencé à réaliser des réformes politiques drastiques, sur les plans domestique et international, qui avaient vu plusieurs groupes d’opposition libérés de leur désignation « terroriste », et étaient arrivées à un accord de paix avec l’Érythrée voisine. L’Éthiopie n’apparaissait dans les journaux que pour en citer de bonnes nouvelles, et le pays apparaissait comme sur le chemin de devenir l’une des puissances montantes d’Afrique, mais les réformes du « Gorbatchev éthiopien » ont également eu l’effet indésiré d’ouvrir une boîte de Pandore de tensions ethno-régionalistes sur les frontières internes du pays. Ce problème n’a fait que croître depuis lors, d’autant plus que de nombreux éthiopiens estiment que le premier ministre Abiy a envoyé des signaux démontrant son intention d’en arriver à une décentralisation de l’État.

Le contexte politique intérieur

L’Éthiopie, second pays d’Afrique en nombre d’habitants, constitue déjà légalement une fédération, mais l’ancienne faction menée par les Tigrayans (Front de libération du peuple du Tigray, FLPT) du parti au pouvoir, qui était aux commandes du pays avant le « coup d’État en douceur » du premier ministre actuel n’avait jamais laissé ce statut être mis en pratique : l’Éthiopie constituait de facto un État centralisé, en contravention de sa propre constitution. Malgré tout, et en dépit des graves défauts de l’ancien état des affaires — comme le refus de souscrire aux exigences régionales du peuple Oromo (principale pluralité du pays, constituée d’environ un tiers de la population, stratégiquement concentrée sur la région centrale), qui avait failli amener le pays à la guerre civile avant la prise de fonction du premier ministre Abiy —, la paix avait pu être préservée dans le reste du pays, du fait d’un style de gouvernement autoritaire. Mais il avait fini par apparaître que la situation reprenait en tensions dans la région Oromia, d’où la décision d’élever des représentants ethniques issus de ce groupe — le premier ministre Abiy — comme chef de l’État, en vue d’apaiser les foules manifestant de façon de plus en plus violente.

L’Éthiopie avait certes réussi à passer le cap de la première crise Oromo, qui avait failli dégénérer en guerre civile. Mais les actions prises pour l’éviter ont déclenché plusieurs foyers répartis dans le pays, suite à une explosion de nationalisme ethno-régionaliste déchaîné par les réformes gorbatcheviennes » du premier ministre Abiy. Les frontières administratives intérieures du géant Est-africain ne correspondent pas tout à fait à la distribution ethnique du pays, même si certains groupes peuvent constituer des majorités locales selon les régions. Par exemple, plusieurs lignes de failles existent entre les régions d’Oromia et de Somali, ainsi qu’entre les régions d’Amhara et de Tigray. Les minorités d’une région donnée, qui constituent la majorité d’une région voisine, et qui sont voisines selon les frontières administratives intérieures, craignent que la mise en œuvre d’un décentralisation de facto les transformera en victimes de politiques nationalistes par la nation majoritaire dans la région qu’elles occupent. Bien entendu, les représentants des majorités ainsi que leurs soutiens estiment, quant à eux, que les minorités ethniques occupant leur région (et constituant une majorité dans la région voisine) volent les terres de leur peuple, ce qui a donné lieu à plusieurs conflits locaux dès que le contrôle étatique faiblissait.

L’Éthiopie de Abiy == l’URSS de Gorbatchev ?

Malgré les réformes bien intentionnées du premier ministre Abiy, l’Éthiopie moderne s’est transformée en un équivalent de la poudrière ethno-régionaliste qu’était devenue l’ex-Union soviétique dans les années Gorbatchev, le seul élément manquant étant l’étincelle qui mettra le feu aux poudres et fera exploser l’État. Le Tigray, la région hôte du FLPT, est déjà fortement opposée au gouvernement réformateur du premier ministre Abiy, et les éthiopiens n’ont pas oublié la finesse militaire de cette minorité relativement minuscule (environ 6% de la population), qui avait constitué l’avant-garde de la lutte que le gouvernement communiste Derg lors de la dernière guerre civile, et rendu possible la victoire contre lui. Par ailleurs, les Amharas — la seconde pluralité en nombre, comptant un peu plus du quart de la population — se sont toujours considérés comme le cœur de la nation éthiopienne, et connaissent un penchant pour la centralisation, tant de facto que de jure (on le vit lors de l’ère impériale, de l’ère Derg, et de l’ère FDRPE — menée par le FLPT). On peut penser qu’une rébellion dans cette région couperait la région voisine de Tigray du gouvernement central encore plus qu’elle ne l’est déjà, et qu’une guerre civile pourrait s’ensuivre, sauf à voir le gouvernement revenir sur ses réformes radicales.

La tentative de coup d’État d’Asaminew à Amhara

Le contexte pré-cité explique certains des raisonnements stratégiques à l’œuvre derrière le putsch récent. Cette tentative a été menée par Asaminew Tsige, chef de la sécurité de la région d’Amhara, libéré de prison l’an dernier après 10 années sous les verrous, par suite de son implication à un complot contre l’État en 2009. Le premier ministre Abiy l’avait fait libérer il y a 18 mois, pour faire marque de bonne volonté dans la réconciliation nationale et signaler le sérieux de ses réformes. L’idée sous-jacente à cette libération était également que si Asaminew et d’autres s’opposaient au FDRPE — mené par le FLPT, ils constitueraient des alliés naturels de son gouvernement réformiste. Une erreur colossale de vision, qui avait négligé le modus operandi de la tentative de coup d’État de 2009, décrite à l’époque par Reuters comme « faisant usage d’assassinats et d’engins explosifs, créant un chaos tel que la rue se soulèverait contre le gouvernement ». En d’autres termes, Asaminew voulait lancer une guerre hybride sur l’Éthiopie par des moyens de guerre non-conventionnelle (terrorisme, assassinats, engins explosifs, etc), afin de catalyser une révolution de couleur que lui-même et ses cohortes espérait chevaucher pour obtenir un retour en arrière sur les réformes et/ou un changement de régime.

Et c’est exactement le même scénario qu’il a essayé de nouveau de déployer le week-end dernier. Une équipe de ses fidèles a assassiné le chef de région d’Amhara, et un garde du corps acquis à sa cause a tué peu de temps après le dirigeant militaire le plus gradé du pays à Addis Abeba. Peu avant sa tentative de coup d’État, Asaminew avait pressé publiquement ses compagnons Amharas à prendre les armes et à former des milices pour défendre leur région, et c’est en fait face à cette menace latente de sécurité que le chef de région tenait une réunion au cours de laquelle il s’est fait tuer. Si Asaminew et les siens avait pris le pouvoir à Amhara après avoir décapité l’armée comme ils l’ont fait, cette région ainsi que celle de Tigray seraient tombées totalement hors de contrôle de l’armée fédérale, et le premier ministre Abiy aurait été contraint de revenir sur ses réformes, en espérant conserver les soutiens suffisants au sein du FDRPE pour garder les rênes du pouvoir ; l’alternative était le déclenchement d’une guerre civile pour restaurer l’autorité du gouvernement. Bref, il n’est pas exagéré de dire que l’Éthiopie s’est trouvée à deux doigts d’un effondrement, dont les conséquences auraient été catastrophiques pour la nation et ses plus de 100 millions d’habitants.

L’enfer de la guerre hybride dans la corne de l’Afrique

Outre les « armes de migration massive«  qui auraient été lancées dans la région, et peut-être jusqu’en Europe, l’événement aurait pu mettre en danger l’unité du pays, voire déboucher sur une version corne de l’Afrique du « blood borders«  de Ralph Peters. Le stratège militaire étasunien a déclaré de manière tristement célèbre que « le nettoyage ethnique fonctionne ». Telle aurait été la conséquence inévitable d’une guerre civile ethno-régionale, qui aurait ou bien « balkanisé » l’Éthiopie en plusieurs États « indépendants »; ou révisé radicalement les frontières administratives intérieures du pays, pour les rendre plus proches de la disposition ethnique d’après-guerre. Dans un cas comme dans l’autre, l’Éthiopie constitue la cheville ouvrière militaire et diplomatique de la sécurité de toute la région, et sa déstabilisation provoquerait une onde de choc dans les États voisins plus faibles que sont la Somalie, le Soudan et le Sud-Soudan ; elle pourrait également compromettre la paix avec l’Érythrée si l’État de la Mer Rouge voyait une opportunité soudaine de supprimer une bonne fois pour toute son maître de la carte, en rendant son soutien aux groupes séparatistes armés éthiopiens.

Pas de traces de l’étranger

Il faut ajouter que le cycle de guerre hybride que nous venons de décrire, déchaîné par la tentative de coup d’État d’Asaminew à Amhara, s’il avait fonctionné, n’aurait servi les intérêts d’aucun État étranger. Les pays du Golfe disposent d’une influence considérable sur l’Éthiopie, depuis la prise de fonction du premier ministre Abiy rendue possible par l’accord de paix négocié par les ÉAU [Émirats Arabes Unis, NdT]avec l’Érythrée ; et le poids lourd de la corne de l’Afrique constitue l’un des partenaires les plus proches de la Chine sur le continent. La Russie et l’Inde aimeraient bien y voir monter les investissements également, et Addis Abeba est toujours restée très proche de Washington pour répondre aux préoccupations de sécurité anti-terroriste en Somalie. On peut toujours avancer l’argument cynique, qui veut que « balkaniser » l’Éthiopie aiderait les USA à diviser pour mieux régner sur cette région stratégique, mais les conséquences chaotiques qui en résulteraient pourraient également compromettre les intérêts leurs propres intérêts, en affaiblissant la « profondeur stratégique » de leurs alliés, en particulier les EAU et l’Inde, face à la Chine. Il apparaît donc que le putsch d’Asaminew a constitué une réponse tout à fait indigène aux réformes libérales « gorbatcheviennes » du premier ministre Abiy, et représente le quatrième coup d’État réussi ou non de l’année, après le Gabonl’Algérieet le Soudan. Le « printemps africain«  n’est donc pas terminé.

Conclusions

Le putsch d’Asaminew en Amhara a fait passer l’Éthiopie à deux doigts de l’effondrement, et bien qu’il ait été finalement enrayé, il n’en expose pas moins les principales lignes de faille du pays et son degré de vulnérabilité aux agitations internes, comme résultantes des réformes radicales « gorbatcheviennes » du premier ministre Abiy. Il revient à présent au chef de l’État de décider s’il faut revenir sur ces réformes, les ralentir, ou poursuivre en avant toute, chacun des choix présentant ses propres avantages et inconvénients ; le jeune dirigeant doit connaître les affres d’un dilemme important. La situation est d’autant plus sensible que l’Éthiopie doit tenir ses premières élections parlementaires réellement libres et équitables l’année prochaine. Il s’agira d’un tournant décisif : ou bien le pays se stabilisera enfin, ou bien l’événement constituera le déclencheur de tensions ethno-régionales. Le premier ministre a donc les mains dans des problèmes presque aussi existentiels que les avait Gorbatchev dans les dernières années d’existence de l’Union soviétique ; mais cela ne signifie pas forcément que l’Éthiopie connaîtra le même chemin que l’URSS, vers les poubelles de l’histoire.

Andrew Korybko est un analyste politique américain, établi à Moscou, spécialisé dans les relations entre la stratégie étasunienne en Afrique et en Eurasie, les nouvelles Routes de la soie chinoises, et la Guerre hybride.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/le-putsch-en-ethiopie-a-fait-passer-le-pays-a-deux-doigts-de-leffondrement

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Monsieur Hulot : on vous espérait en vacances !

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19 juin, 2019
Tribune libre

Loïk Le Floch-Prigent

Tandis que l’ancien Ministre démissionnaire revient pour nous rappeler, avec d’autres, que la fin du monde n’est pas si loin, les pays africains qui avaient suivi ses orientations de suppression des fossiles au profit des énergies renouvelables se désespèrent des résultats obtenus. Je vais évoquer ici le cas du deuxième pays d’Afrique en termes de population, l’Ethiopie, qui est passé de 95 millions d’habitants à 105 millions en quelques années et qui connait, grâce à sa politique de santé, en particulier la vaccination, une progression constante.

 

Parc éolien d’Ashegoda situé à environ 780 km au nord de la capitale éthiopienne, Addis-Abeba. Crédit photo : Vergnet. 

L’Ethiopie ce sont des montagnes, des cours d’eau et un grand désert qui va à l’Est jusqu’au Kenya et à la Somalie. Ses dirigeants ont considéré que l’électrification du pays se réaliserait à partir de l’hydro électricité, de la géothermie et de l’utilisation du vent, applaudis par tous les écologistes du monde, en particulier ceux qui peuplent les organismes dépendant des Nations Unies : enfin un pays vertueux, ou presque, puisque certains ne sont pas enthousiastes à considérer l’eau de la pluie comme aussi « naturelle » que le vent ou le soleil.

Lorsqu’il y a quelques années, j’avais rencontré le Vice-Premier ministre de l’époque, Haile Mariam Dessalegn, qui devait remplacer comme Premier ministre, Meles Zenawi, mort précocement, j’avais tenté de lui montrer les bienfaits d’un mix électrique possible pour son pays grâce à la découverte de gisements conséquents de gaz dans l’Est du pays. D’un coté des barrages nombreux, à la construction rapide, pouvaient être envisagés tout au long du Nil Bleu et de ses affluents, d’autre part, en deux ans des centrales à gaz, modulaires, pouvaient voir le jour à l’Est et la construction de lignes pouvait être préparée. Je ne pouvais pas oublier, à l’époque, le champ éolien d’Ashegoda, construit avec l’aide de l’AFD et des banques françaises avec du matériel français, Vergnet (Orléans) d’abord avec 30 engins et Alstom ensuite avec 54.

La discussion a été orageuse, le barrage, le seul, retenu, était le barrage « Renaissance » sur le Nil Bleu, à la frontière avec le Soudan, 6000 MW, et conformément aux souhaits des français « notre pays (l’Ethiopie) n’allait pas commettre les mêmes erreurs que l’Occident, se cantonnerait aux énergies nouvelles, d’où d’ailleurs le recours aux éoliennes françaises ». Mon interlocuteur considérant ne pas avoir à « salir la planète » avec le gaz éthiopien, voulait l’exporter à partir d’un gazoduc conduisant à Djibouti avec une installation de liquéfaction là-bas. Double projet, pharaonique, avec des coûts élevés ainsi que les délais. Les responsables d’EDF avaient bien étudié les fleuves, les coûts, les délais, j’avais en tète les quantités de TCF de gaz des gisements de Calub et d’Hilali, mais j’ai dû rapidement battre en retraite car la colère du Ministre arrivait très vite.

Nous sommes près de dix ans après, l’Ethiopie a été célébrée par tous les bien-pensants pour sa vertu, elle avait compris que la voie de l’aide internationale passait par l’oubli de ses réserves naturelles, son hydraulicité répartie et son gaz, elle a dix millions d’habitants en plus et elle n’a plus d’eau et toujours pas d’électricité… sauf les riches de la capitale, Addis-Abeba, qui possèdent des générateurs électriques alimentés à l’essence ou au diesel… achetés à partir de Djibouti en provenance de leurs voisins arabes ! Il y a dix ans la moitié des habitants n’avait pas accès à l’électricité, maintenant ce sont les trois quarts !  Et c’est la Banque Mondiale qui le dit ! Où sont les électrons des éoliennes préconisées par toutes ces institutions, et ceux de la géothermie, célébrée par tous ces beaux esprits, tandis que le gaz du pays Somali dort, et que les petites rivières ont seules l’alimentation du ciel et de ses nuages.

Tandis que les difficultés s’accroissent dans le pays qui a heureusement choisi un dirigeant plutôt consensuel à cheval sur les deux ethnies les plus importantes, que propose-t-on ? Un gazoduc financé par les chinois et une usine d’urée construite avec l’aide du Maroc. Mais qui va dire que la solution la plus rapide devrait être l’utilisation électrique du gaz et la mise en place de centrales au fil de l’eau dans les montagnes du Centre et du Nord du pays ? Bien sûr, ce n’est pas vertueux et quand on a poussé un pays vers le suicide il est difficile de faire marche arrière. Bien sûr, les milliards dépensés pour réaliser le barrage de la Renaissance, le barrage du Millénaire, vont finir dans quelques années par porter leurs fruits, mais on s’apercevra alors , comme partout en Afrique, qu’il manque des lignes de transport et que l’on n’avait pas anticipé l’augmentation de la population. Ainsi la vertu et l’idéologie qui l’accompagne ont un prix, celui du dénuement et des souffrances de millions d’individus alors que l’éducation progressait, que le niveau professionnel augmentait, que des projets industriels voyaient le jour.

Lorsque je me souviens de ma soirée avec Hiale Mariam Dessalegn je suis rempli de tristesse, je n’ai pas réussi à le convaincre, mais tous ses autres interlocuteurs l’avaient dissuadé d’utiliser les énergies « fossiles », ce qui a conduit notre pays, la France, à se glorifier d’être le « premier au monde » à interdire l’exploration et la production de pétrole et de gaz, comme il est le premier (et le seul) à vouloir décider qu’en 2040 il ne fallait plus construire de véhicules thermiques. Si la stupidité et l’arrogance limitaient leurs conséquences néfastes à nos frontières, après tout, tant pis pour nous si nous sommes tous des imbéciles, mais lorsque nous exportons nos fantasmes et qu’ils se transforment en drames, je trouve cela injuste, profondément injuste, pour des populations pacifiques et talentueuses qui voudraient tant pouvoir continuer à sourire à la vie. Tous les messieurs Hulot auront à cœur, je l’espère, de mesurer les conséquences de leurs préconisations de production électrique dans des pays qui doivent simplement utiliser leurs ressources naturelles sans qu’il soit nécessaire de juger du caractère vertueux ou non de leurs décisions.

Loïk Le Floch-Prigent

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ethiopie;afriquepolitique énergétique

L’Afrique, continent convoité : une malédiction des matières premières ?

L’Afrique, continent convoité : une malédiction des matières premières ?

 


Publié par Régis LOUSSOU KIKI, le 28 Mai 2019

 

L’Afrique a de l’or sous les pieds : la richesse en ressources naturelles du continent noir ne fait aucun doute. L’abondance de métaux précieux (manganèse, chrome, platine, or, terres rares – au total environ 30 % des réserves mondiales de minerais) comme d’hydrocarbures (7,6 % des réserves de pétrole, 7,5 % de gaz) et la puissance démographique (1,28 milliard d’habitants en 2018, nombre qui devrait doubler d’ici à 2050) sont deux arguments en faveur du développement africain.

 


L’Afrique, continent convoité : une malédiction des matières premières ?
Pourtant, cette émergence peine à connaître un élan [1] . La convoitise que génèrent ces matières premières n’est pas étrangère à cette difficulté : elle place l’Afrique au centre d’un échiquier d’influences et de prédations, vecteur de déséquilibres et d’insécurités. Une « malédiction » [2]  des ressources naturelles ?

Les 54 États africains peinent à transformer l’essai de la richesse naturelle en développement économique stable pour deux raisons principales. D’abord, l’instabilité inhérente aux cours des matières premières a des conséquences majeures sur les PIB des pays producteurs. Ensuite, les revenus générés grâce à ces ressources entraînent d’importants problèmes de gouvernance, qui prennent concrètement la forme de corruptions, de conflits armés et de problèmes environnementaux. On qualifie ainsi ces États de « fragiles », ingouvernables, car coincés entre fléaux internes (corruption et changements de régime) et externes (ingérence étrangère pour défendre des intérêts économiques et stratégiques). Les tentatives de rationalisation des structures de gouvernance et de régulation des marchés africains se heurtent fréquemment à la réalité des conflits géopolitiques locaux.

Cette fragilité est exploitée par les grandes puissances qui placent l’Afrique au cœur de leurs stratégies en termes de matières premières. La bataille faisait déjà rage entre puissances coloniales pour la conquête des territoires les plus riches ; ce fut ensuite un enjeu de l’affrontement des deux blocs pendant la Guerre froide. Aujourd’hui, les ressources africaines sont un levier de puissance des pays émergents (Chine, Inde) sur un continent qui fut longtemps la chasse gardée de l’Occident. La rivalité entre les États-Unis et la Chine sur ce terrain en est l’illustration : Pékin s’imagine puissance hégémonique grâce à une Chinafriquebasée sur une logique de partenariat, une solidarité « Sud-Sud » faisant fi de toute exigence démocratique ; un scénario que Washington tente de contenir en misant sur le besoin en sécurité du continent, notamment par l’action d’Africom, bureau régional du US Department of Defense. Par ailleurs, l’importance de l’ingérence étrangère est d’autant plus forte que de nombreuses matières premières touchent au secteur clé de la défense. C’est par exemple le cas du platine (dont 85 % des stocks se situent sur le continent noir), métal stratégique pour les industries de défense ainsi que pour les technologies du numérique. L’Afrique présente une formidable réserve de ces métaux, sans compter l’inévitable uranium – une richesse qui fait des ressources minières africaines le nerf de l’économie de guerre.


L’Afrique, continent convoité : une malédiction des matières premières ?
La complexité de l’échiquier africain des matières premières a une conséquence majeure : la montée de l’insécurité et la multiplication des conflits sur le continent. D’après la Banque Mondiale, les États disposant de minerais stratégiques, de pierres précieuses (diamants) ou d’autres ressources « pillables » tels le bois ou le cuivre, risquent quatre fois plus de faire les frais d’un conflit armé qu’un État qui en est dépourvu, chiffre qui monte jusqu’à neuf dans le cas de pays détenteurs d’hydrocarbures [3] . La rivalité pour les ressources est une lutte à mort. L’Afrique compte pour un tiers des conflits armés répertoriés sur le globe et ces conflits, dans leur majorité, ont un rapport direct avec les productions minières ou pétrolières : on parle de « guerres de l’extractivisme » [4]. En réaction, les dépenses militaires du continent africain ont augmenté de 28 % entre 2008 et 2017 [5] ; il s’opère une véritable marche forcée vers la militarisation.

Pour les puissances investies en Afrique, la présence militaire est souvent un impératif dans la sécurisation des intérêts nationaux. Ainsi, les militaires français au Niger semblent indispensables à la stabilité du pays ; ils permettent de justifier et de défendre les intérêts énergétiques du pays sur place. S’entremêlent donc des considérations politiques, économiques et militaires.

Outre les conflits armés, la prédation de matières premières ouvre la porte à un risque de long terme : l’épuisement des ressources. L’hypothèse d’une difficulté croissante d’accès aux sous-sols africains apparaît en effet de plus en plus tangible. Des pénuries des sources d’énergie et de graves problèmes environnementaux commencent déjà à voir le jour – et sont alors susceptibles, dans un cercle vicieux, de faire à leur tour monter le taux de conflictualité. Le dérèglement climatique, directement renforcé par les pratiques « extractivistes » qui découlent des rivalités entre puissances, accélère par exemple les mouvements de populations et l’apparition de réfugiés climatiques, eux-mêmes sources de tensions.

La croissance démographique africaine est supérieure à sa croissance économique globale : comment le continent peut-il parvenir à nourrir sa population ? La richesse des sols africains peut-elle être une chance ? L’exemple de la Côte d’Ivoire, parvenue à une croissance stable et durable, est porteur d’espoir. Mais la fragmentation des différents États africains, que ce soit en termes de dotations naturelles en matière première ou en termes de qualité de gouvernance, ne laisse que peu de place à une coopération qui serait pourtant nécessaire afin d’éviter les catastrophes à court terme (multiplication des conflits) comme à long terme (épuisement des stocks). La coopération « Sud-Sud », évoquée précédemment avec le cas de la Chine, semble être la porte de sortie choisie par de nombreux pays africains : elle leur permet de rompre avec le « pillage » et la présence militaire des Occidentaux et de garantir la non-ingérence comme principe indélogeable d’accords commerciaux gagnant-gagnant. Elle ne résout cependant pas l’épineuse question de la raréfaction des matières en sous-sol.

Pour trouver la voie d’une croissance inclusive, profitant à l’économie et aux populations, les pays africains devront diversifier leurs exportations, limiter la corruption et apprivoiser les appétits géopolitiques des grandes puissances. Paradoxalement, le fait que rien de tout cela ne puisse arriver sur un champ de bataille quasi permanent rappelle l’importance desdites puissances en matière de sécurité sur le continent. Le destin commun d’une Afrique divisée est donc encore aux mains de ses partenaires internationaux.

[1] L’Afrique ne représente en 2014 que 4,5 % du PIB mondial, 4 % des investissements directs internationaux et 2,2 % des exportations mondiales.
[2] L’expression « malédiction des ressources naturelles » apparaît la première fois en 1990, dans un livre de l’économiste britannique Richard Auty qui démontre que l’abondance en matières premières dédiées à l’exportation semble paradoxalement nuire à la croissance de plusieurs pays, notamment africains.
[3] Philippe Hugon, « Le rôle des ressources naturelles dans les conflits armés africains », Hérodote 2009/3.
[4] L’extractivisme désigne l’exploitation massive de ressources naturelles.
[5] Dépenses militaires, production et transfert d’armes – Compendium 2018, Rapport du GRIP, 2018/3.

Burkina Faso, portrait d’une Afrique martyrisée

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Burkina Faso, portrait d’une Afrique martyrisée



Publié par Antoine Vandevoorde le 11 Juin 2019


Depuis plusieurs années maintenant, le Burkina Faso est devenu le théâtre d’une faillite généralisée qui peine à s’estomper. Suite à la chute de l’ancien président Blaise Compaoré en 2014, le pays s’enfonce peu à peu dans une spirale sécuritaire infernale. L’éviction du « Beau Blaise » tel que qualifié par ses soutiens porte le coup de grâce à une unité nationale déjà fragile, ouvrant la porte à divers groupes djihadistes dans un contexte de marasme politique. Cinq ans plus tard, une fin du tourment burkinabé est-elle de plus en plus illusoire ?



Burkina Faso, portrait d’une Afrique martyrisée
Destitution de Blaise Compaoré : une nature qui a horreur du vide

Au mois d’octobre 2014, tout s’accélère au Burkina Faso. Blaise Compaoré, l’homme fort à la tête du pays depuis 27 ans promulgue un projet de réforme constitutionnelle qui lui permettrait de s’arroger 15 années supplémentaires au pouvoir. L’annonce provoque un tollé auprès de la société civile, qui entend renverser le « despote » arrivé au pouvoir par le putsch de 1987. Trois jours durant, de violentes manifestations ont lieu dans l’ensemble du pays avec pour conclusion la destitution effective du président Compaoré. Seulement voilà : la nature a horreur du vide.

En parallèle à un exercice autoritaire du pouvoir, l’ancien président s’était méticuleusement positionné comme médiateur incontournable dans les négociations africaines. Ce dernier s’était illustré comme interlocuteur privilégié des groupes Touaregs maliens en 2013, comptant notamment le mouvement terroriste d’alors Ansar Dine d’Iyad Ag-Ghali. Dans ce contexte, les contempteurs de l’ex-président avaient pointé du doigt des pourparlers concernant avant tout une sanctuarisation du territoire burkinabé en dépit de la situation sécuritaire du Sahel.

Suite à la chute de celui qui aurait pris part à l’assassinat de Thomas Sankara, le Burkina Faso entre dans une période noire. Le containment du djihad officieusement exercé par Blaise Compaoré s’effondre, laissant la voie libre aux mouvances islamistes en provenance du Mali. Des groupes tels qu’Ansarul Islam, le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM, ex-Ansar Dine) ou encore l’État islamique au Grand Sahara (GSIM – ex Al-Mourabitoune) perpètrent plusieurs attaques meurtrières à Ouagadougou et dans l’ensemble du pays entre 2015 et 2019.

Un état de fait que l’actuel président Roch Marc Kaboré attribue à l’ambivalence de la position de Blaise Compaoré : « L’ex-président a joué un rôle de médiation au Mali qui fait que, de façon constante, nous avons eu ces collusions avec les forces djihadistes au Mali ». Le Burkina Faso est en cela devenu l’hôte fécond d’un parasite islamiste qui ne semble avoir de cesse de gangréner l’Afrique, et de s’y implanter sur le long terme.

Modalités de la pérennisation des groupes djihadistes au Burkina Faso

Suite aux évènements politico-institutionnels de 2014, la question de la stratégie des groupes djihadistes sur le territoire national s’est rapidement posée. Le constat paraît aujourd’hui sans appel : les incursions répétées ont fait place à une certaine sédentarisation du djihad au Burkina Faso, comme arrière-base privilégiée aux côtés du Mali de ses opérations ouest-africaines. En cela, une donnée apparaît comme centrale pour comprendre la pérennité de ces mouvements extrémistes : l’instrumentalisation de la colère des Burkinabés contre l’État central.

À l’hypothèse d’un soulèvement populaire contre le djihad islamique, la réalité au Burkina Faso oppose pourtant une situation très différente. Le cas de l’est du pays à proximité de la frontière nigérienne est ici particulièrement éclairant. La zone est aujourd’hui sous la coupe d’une alliance entre plusieurs groupes djihadistes, étant parvenus à former des milices armées constituées de citoyens burkinabés. L’adhésion populaire est au cœur de la stratégie djihadiste pour perdurer, comme le démontre le témoignage d’un habitant de Bartiébougou, interrogé par la journaliste Ruth Maclean pour le Guardian : « Les djihadistes disent qu’ils aiment les gens qui travaillent, qu’ils se battent contre l’État. Tout le monde est d’accord avec eux ».

Pour Ansarul-Islam, l’EIGS ou encore le GSIM, le soutien populaire passe inéluctablement par l’adhésion à un double-discours, à mi-chemin entre islam radical et dimension sociale. Ces derniers ont d’emblée adopté une posture de pourvoyeurs face aux manquements de l’État burkinabé. Ainsi, les groupes islamistes se sont accaparé le contrôle des exploitations aurifères, énergétiques et se sont érigés en protecteurs autoproclamés de la population. De surcroît, Ruth Maclean explique qu’en ce sens : « Les groupes distribuent à la population du maïs, des médicaments […] un salaire mensuel de 600 dollars pour ceux qui travaillent avec eux (trois fois le salaire d’un enseignant) ainsi qu’une prime de 800 dollars pour ceux qui participent aux attaques ».

Toutefois, cette stratégie insidieuse ne saurait occulter la recrudescence d’exactions commises contre les populations locales. Ce prétendu « état islamique providence » réclame à l’instar d’un système mafieux le prix du sang à ses opposants. C’est ce dont témoignent certains habitants de l’est du pays, faisant état de nombreux interdits et obligations (tabac, alcool, musique, port du voile, obligation d’écouter les sermons) sous peine d’une exécution arbitraire. Pire encore, des massacres de femmes prostituées et d’individus soupçonnés d’espionnage auraient été recensés à proximité des sites miniers et dans les villes contrôlées.

Des perspectives qui s’assombrissent inéluctablement 

Face à ce double-discours et à l’engouement qu’il peut susciter, de quels moyens se dote le pouvoir central burkinabé pour mettre à mal l’idéologie salafiste ? Ouagadougou a clairement pris le parti d’une guerre ouverte et parfois aveugle contre les djihadistes, et par extension des communautés soupçonnées de connivence avec ces derniers. Les pertes territoriales ont engendré des opérations de riposte violentes de la part des militaires notamment à l’encontre des populations peules, mais également dans le cadre d’expéditions punitives dans des villages. Ce fut le cas en février 2019 dans la région du Yatenga, où le Mouvement burkinabé des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) a accusé l’armée d’une soixantaine d’exécutions sommaires.

En dépit de l’impératif de faire renaitre la confiance dans les institutions, l’Etat burkinabé s’emploie indirectement de par l’entremise de l’armée à s’aliéner une partie plus grande encore de la population et à souffler sur les braises d’une haine tenace pourtant à l’origine de la situation actuelle. Une situation dont ont tiré parti les groupes salafistes en 2019, en ciblant des populations chrétiennes. Le 2 avril, un pasteur protestant et cinq fidèles ont été abattus à Silgadji, suivi un mois plus tard, le 12 mai, d’une attaque similaire contre un lieu de culte catholique à Dablo. Le conflit, de prime abord motivé par des prétextes sociopolitiques de la part des mouvements djihadistes semble aujourd’hui transiter vers une dimension ethnoreligieuse.

Depuis 2018, la démultiplication des attaques témoigne d’un délitement en voie d’intensification sur l’ensemble des zones frontalières du pays. L’armée burkinabé a notamment mené des raids de représailles dans les zones de Pama et Gayeri au mois de septembre en réponse à plusieurs assassinats et attentats quasi simultanés, ouvrant en ce sens un nouveau front à proximité du Niger et du Bénin. Cette situation précaire s’est également traduite par l’enlèvement de quatre touristes (dont deux français) dans le parc national de la Pendjari, à cheval entre Burkina Faso et Bénin. L’opération militaire française menée par le commando Hubert à proximité de la frontière malienne a en cela mis en lumière les facilités de déplacement des groupes terroristes sur le territoire.

Face à la contagion djihadiste que subit de plein fouet le Burkina Faso, l’État central, les forces conjuguées du G5 Sahel ou encore les puissances étrangères sur zone telle que la France (dans le cadre de l’opération Sabre) semblent relativement dépassés. Il est en l’espèce difficile d’évoquer des scénarios de sortie de crise tant la situation semble au point mort.  Cependant, c’est dans ce contexte que le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), parti crée par Blaise Compaoré a lancé fin 2018 un appel au retour de l’ancien président. Malgré l’aspect fantaisiste de cette hypothèse, la situation démontre qu’il faut presque s’attendre à tout pour l’avenir du pays, excepté le meilleur.

Pour approfondir le sujet de la situation au Burkina Faso : 

AFP – 20 MINUTES, « Burkina Faso : Blaise Compaoré chute après 27 ans de pouvoir », 20 Minutes, 30 octobre 2014

AIRAULT Pascal, « Après le Mali, la détérioration de la sécurité au Burkina Faso inquiète la France », L’Opinion, 17 septembre 2018

COURRIER INTERNATIONAL, « Le Burkina Faso dans la tourmente du terrorisme », Courrier International, 13 mai 2019

DOUCE Sophie, « Au Burkina Faso, la dégradation de la situation sécuritaire gagne du terrain », Le Monde, 18 février 2019

LE PAYS, « La menace d’une guerre de religions », Le Pays, 12 mai 2019, repris par Courrier International n° 1489 du 16 au 22 mai 2019, p. 19

MACLEAN Ruth, « Burkina Faso. Vivre avec les djihadistes », The Guardian, 22 avril 2019, repris par Courrier International n° 1489 du 16 au 22 mai 2019, p. 16-18

RFI, « Burkina Faso : la CDP plaide pour le retour de Blaise Compaoré au pays », RFI, 19 novembre 2018

La Chine est-elle en train de faire main basse sur l’Afrique ? – 28 Minutes

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La Chine assure vouloir développer une relation d’égal à égal avec ses partenaires africains. Mais, motivée par la quête de pétrole, de matières premières brutes minérales et de métaux, ne contribue-t-elle pas à rendre plus dépendante l’Afrique ?

Le fondateur de Blackwater étend ses opérations au Congo

Le fondateur de Blackwater étend ses opérations au Congo
 reuters.com  |   |  300  mots

DAKAR (Reuters) – Dirigée depuis 2014 par Erik Prince, la société Frontier Services Group (FSG), dont le siège est à Hong Kong, a ouvert une filiale en République démocratique du Congo (RDC) afin d’extraire des minéraux, d’exploiter le bois et de mener des opérations financières.

Erik Prince est le fondateur de l’entreprise de sécurité privée Blackwater, renommée Academi et qu’il a vendue en 2010 après plusieurs procédures judiciaires sur les agissements de ses employés pendant la guerre d’Irak.

Sa société FSG entretient des liens étroits avec le groupe public chinois d’investissements CITIC et fournit aux entreprises chinoises actives en Afrique un soutien en matière de sécurité et de logistique.

FSG possède depuis 2015 une petite société congolaise de transport routier, Cheetah Logistics.

Sa nouvelle filiale, Frontier Services Group Congo, couvre des activités plus étendues, selon le registre congolais du commerce.

FSG Congo, enregistré en novembre dernier, a pour mandat « l’exploration, l’exploitation et la commercialisation des minéraux », l’exploitation forestière, la sécurité, les transports, la construction et « toutes les opérations financières, d’investissement et de financement de projets, tant publics que privés ».

Dans son rapport annuel 2018, publié en avril dernier, FSG citait la RDC, le Laos, la Birmanie et le Cambodge comme des pays où il entendait investir.

Outre son rôle à la tête de FSG, Erik Prince aurait projeté ces derniers mois d’envoyer une armée privée au Venezuela pour y renverser le président socialiste Nicolas Maduro, selon plusieurs sources interrogées par Reuters en avril.

Il aurait aussi tenté de convaincre le président Donald Trump de remplacer les soldats américains en Afghanistan par des mercenaires.

(Aaron Ross; Guy Kerivel pour le service français)

https://www.latribune.fr/depeches/reuters/KCN1TE2AO/le-fondateur-de-blackwater-etend-ses-operations-au-congo.html

Daesh se répand partout en Afrique, et la Russie seule peut l’arrêter

Daesh se répand partout en Afrique, et la Russie seule peut l’arrêter


Par Andrew Korybko − Le 8 juin 2019 − Source eurasiafuture.com

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La plupart des gens ne savent pas que la pire organisation terroriste du monde est en cours de recentrage vers l’Afrique, où elle revendique des attentats dans les régions Ouest, Centre, et Sud du continent, signe infaillible que cette organisation, loin d’être vaincue, est en train de muter vers une forme très différente de celle que l’on a connue. Mais la Russie pourrait être en mesure de déjouer cette menace avant qu’il ne soit trop tard, si plus de pays font appel à ses services de « sécurité démocratique ».

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Le retour du « Califat » africain

L’observateur inattentif peut croire que Daesh aurait été vaincue après les victoires proclamées par la Russie et par les USA face à l’organisation terroriste la pire du monde, mais le fait est que le groupe terroriste est en train de se recentrer vers l’Afrique ; l’organisation revendique désormais des attaques dans les régions Ouest, Centre, et Sud du continent africain. Daesh avait commencé par faire son apparition dans la Libye et la Somalie, ravagées par la guerre, mais l’on signale à présent sa présence dans le triangle ouest-africain Mali-Burkina Faso-Niger. On signale également qu’elle a mené un attentat dans la région orientale de la République Démocratique du Congo, déjà touchée par le virus Ebola et ravagée elle aussi par la guerre (RDC, ou plus simplement Congo) ; et il apparaît désormais que la même organisation agirait derrière un attentat récentau nord du Mozambique. Tous ces éléments démontrent que Daesh s’est répandue dans toute l’Afrique sans que le reste du monde n’y prenne garde. Il est vrai que les alliés locaux (supposés, ou déclarés) de Daesh ont pu être les responsables des derniers incidents au Congo et au Mozambique, mais même dans ce cas, ils en disent beaucoup sur la volonté de Daesh de s’étendre dans ces pays largement anarchiques, suffisamment en tous cas pour revendiquer être derrière ces attentats.

Cynisme et enjeux

Ce développement dérangeant pourrait constituer le dernier cygne noir catalysant une spirale de chaos dans le fragile espace interconnecté Ouest-Centre-Sud de l’Afrique, surtout si l’on garde à l’esprit les potentiels de conflits propre à chacun d’entre eux, et le risque de voir se propager toute instabilité vers l’ensemble du continent. Au delà des conséquence humanitaires immédiates que cela aurait immédiatement, un tel scénario pourrait également déclencher une nouvelle crise migratoire vers l’Europe, sans parler de l’approfondissement à prévoir du « printemps africain«  en cours et qui a déjà donné lieu à quelques changements de régime sans urnes un peu partout en Afrique au cours des dix dernières années. Pour cynique que cela puisse apparaître, si ce continent ne présentait pas l’importance économique que l’on connaît au niveau mondial, la plupart des pays non-africains préféreraient sans doute se borner à y confiner ces menaces, plutôt que les empêcher de se matérialiser pro-activement. Quelques unes des matières premières parmi les plus importantes dans les société de haute technologies où nous vivons proviennent précisément du Congo, au beau milieu de cette zone d’instabilité, et les autres matières premières et marchés africains rendent l’Afrique indispensable à la montée de la Chine vers son statut de prochaine superpuissance.

La solution russe

Pour ces raison, et d’autres, une nouvelle « ruée vers l’Afrique«  a commencé ces toutes dernières années, au cours de laquelle de nombreux pays ont développé un enjeu stratégique à voir ce continent stable. Cela signifie que le possible effondrement africain catalysé par Daesh contreviendrait à certaines de leurs intérêts principaux. C’est pour cette raison que ce scénario serait si dérangeant mondialement s’il devait jamais se manifester. En l’état, le seul acteur en mesure de mettre fin à l’expansion de Daesh en Afrique est la Russie, résultat de ses réussites surprises en matière de « sécurité démocratique », récemment décrits par le même auteur dans son article sur la finalisation de la « traverse africaine« , par suite d’un nouvel accord militaire avec la République du Congo (le Congo-Brazzaville, voisin de la République Démocratique du Congo), qui accorde à Moscou une sphère d’influence militaro-stratégique traversant le continent d’une côte à l’autre. Les bombardements épisodiques par les USA et la France d’éléments terroristes ne suffisent pas : un entraînement sur le terrain et un soutien consultatif sont nécessaire à consolider ces victoires aériennes ponctuelles : c’est pour cela que le modèle de « sécurité démocratique«  porté par la Russie constitue une réussite — il conjugue la présence de mercenaires de manière à la fois peu onéreuse et donnant lieu à un faible niveau d’engagement, en échange d’accords d’extractions tout à fait rentables.

La ruée anti-terroriste vers l’Afrique

Mais quoi qu’il en soit, Daesh est devenu un mot émotif à la mode, capable de rallier les opinions du monde entier à accorder leur soutien à toute mesure suggérée par les gouvernements pour l’éliminer (de nouveau), et l’on ne peut donc pas exclure que l’expansion du groupe profitera géopolitiquement à divers acteurs peu scrupuleux, surtout du fait des matières premières et des enjeux commerciaux en présence. La Russie joue la course en tête et travaille à étendre son influence en Afrique de par sa « diplomatie militaire » — au sens où elle propose à la vente des armes conventionnelles ainsi que l’avant-garde de son modèle de « sécurité démocratique » — mais elle va devoir monter en volume au niveau de ses partenariats et quant aux participants à ses opérations anti-terroristes, si elle veut sécuriser sa position dans cet environnement compétitif en ouverture. Daesh constitue donc à la fois une menace évidente pour la stabilité de l’Afrique, mais également, et de manière paradoxale, une « opportunité » pour la Russie de prendre un rôle irremplaçable en matière d’anti-terrorisme dans la stabilité du continent ; cela ne sera bien entendu rendu possible que si la Russie l’emporte sur ses nombreux rivaux en la matière. Mais si aucune partie ne parvient à garantir cette stabilité, l’Afrique sera sans doute condamnée à des décennies de conflits, et n’atteindra probablement jamais son potentiel de développement.

Andrew Korybko est un analyste politique américain, établi à Moscou, spécialisé dans les relations entre la stratégie étasunienne en Afrique et en Eurasie, les nouvelles Routes de la soie chinoises, et la Guerre hybride.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/daesh-se-repand-partout-en-afrique-et-la-russie-seule-peut-larreter

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Jean-Louis GUIGOU, Président de l’IPEMED : « La Verticale de l’AME serait une [bonne] réponse européenne aux Routes de la soie »

Jean-Louis GUIGOU, Président de l’IPEMED : « La Verticale de l’AME serait une [bonne] réponse européenne aux Routes de la soie »

4 juin 2019
Jean-Louis GUIGOU, Institut de prospective économique du monde méditerranéen (IPEMED Paris). © AM/AP.P
L’expansionnisme chinois prospère en Europe et talonne celle-ci en Afrique. « Les Routes de la soie » constituent un projet géopolitique bien construit, financé, médiatisé. Face à cela, l’Europe ne doit pas être réactive, mais proactive, et proposer un autre projet : la construction d’un axe intégré Afrique-Méditerranée-Europe – d’où l’acronyme AME. Explications et prospective.

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Une tribune libre de Jean-Louis GUIGOU
Président de l’IPEMED

Institut de prospective économique du monde méditerranéen (Paris)

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Le Président Emmanuel Macron a été clair : « Nous devons arrimer ensemble, enfin, les continents européen et africain, à travers la Méditerranée (…) la stratégie que je veux mettre en œuvre consiste à créer un axe intégré entre l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe. »

Le Roi du Maroc prône la même idée à sa façon : positionner le Maroc en « hub » entre l’Europe et l’Afrique. L’ancien ministre marocain de l’Économie Fathallah Oualoulou détaille cette ambition : « Il est de notre intérêt, nous Marocains, Magrébins, Sud-méditerranéens, Arabes et Africains, de soutenir toute action qui tourne le dos à la polarisation du monde et ce, pour consolider tous les projets d’intégration dans nos régions.

Il est opportun dans ce cadre de promouvoir le grand projet de la Verticale Afrique-Méditerranée-Europe [AME] parce qu’il accorde une place centrale à la méditerranée, ce qui permettra à cet ensemble dans sa globalité d’entrer dans des rapports équilibrés avec l’espace Asie-pacifique et l’espace Amérique-Atlantique-Pacifique – le concept de la Verticale a été mis en évidence par les travaux que mène l’IPEMED, l’Institut de Prospective économique du monde méditerranéen. » (Extrait de La Chine et nous. Répondre au second dépassement, p. 302. Éditions La croisée des chemins).

Un nécessaire et permanent cadre de réflexion
stratégique entre l’Europe et l’Afrique

Le Président Jean-Claude Juncker de son côté milite pour une Nouvelle Alliance entre les Européens et les Africains. Voilà pourquoi il a mis en place entre « les deux continents, non pas voisins mais cousins germains », le Programme d’Investissement Extérieur (PIE) pour mettre à disposition jusqu’à 44 milliards d’euros de garanties pour des investissements privés.

De son côté, dans une lettre à l’IPEMED, datée du 7 décembre 2015, le Président de la République du Niger, Issoufou Mahmadou, constatait : « L’observation de l’évolution économique et sociale des deux continents montre à quel point ils sont liés et à quel point un cadre permanent de réflexion stratégique est nécessaire pour guider cette évolution. »

Cet axe intégré AME n’est pas une vue de l’esprit : il se construit déjà « à bas bruit ». C’est une tendance lourde fondée sur le retour de la géographie, de la proximité et de la complémentarité des économies Nord/Sud. Ce phénomène s’accélère depuis la crise financière de 2008.

L’ axe AME, une redistribution Nord/Sud
du système productif

C’est la régionalisation de la mondialisation : les chaînes de valeur mondiales deviennent de plus en plus régionales.

Selon la CIA, dans son rapport sur l’état du monde en 2050 « Deux grandes zones d’influences privilégiées apparaissent » l’une liant les deux Amériques et l’autre associant le Japon, la Chine et les pays du sud asiatique (ASEAN). Les travaux du CEPII montrent qu’un troisième axe est en cours de création autour de l’Allemagne, de la France et de l’Union Européenne. [Voir le graphe à la fin de l’article, ndlr].

Reste à construire ce troisième axe AME. Pour réussir à effacer les mauvais souvenirs de la colonisation, cette nouvelle grande région mondiale ne doit en aucun cas ressembler aux deux autres « zones d’influences privilégiées »… sous-entendu dominées par le Nord.

Il s’agit de construire autre chose. 
De nouvelles relations enfin équilibrées, avec un système d’intégration en profondeur incluant la coproduction, le partage de la valeur ajoutée et le transfert de technologie. Cela revient à une redistribution Nord/Sud du système productif faisant de l’Afrique une zone créatrice de valeur et non plus une zone exportatrice des seules matières premières.

Un système productif « écologisé » et inclusif, donnant au monde l’exemple d’une responsabilité économique, sociale et environnementale. 
Un rêve ? Non. La situation chaotique du monde impose, comme le disait – déjà ! –Socrate, de penser autrement, de parler autrement, d’agir autrement.

https://www.africapresse.paris/Jean-Louis-GUIGOU-President-de-l-IPEMED-La-Verticale-de-l-AME-serait-une-bonne

L’ethnie, rempart face au jihadisme ?

Editorial de Bernard Lugan :

L’ethnie, rempart face au jihadisme ?

Dans la BSS (Bande Saharo-Sahélienne) où le jihadisme prospère sur les fractures ethno-raciales, seul le temps long permet de comprendre la complexité de la situation et d’en saisir les véritables enjeux.
Avant la colonisation, les pasteurs saharo-sahéliens (Maures, Touareg, Peul, Toubou, Zaghawa etc.), razziaient les sédentaires sudistes. Après avoir imposé une parenthèse de paix, les colonisateurs se retirèrent et le temps long africain reprit son cours. Avec une nouveauté cependant puisque les anciens prédateurs et les anciennes victimes étaient désormais rassemblés à l’intérieur de frontières artificielles.
Dans ces cadres étatiques plaqués sur les réalités locales, les  anciennes fractures furent aggravées par l’ethno-mathématique électorale qui donna le pouvoir aux sudistes puisqu’ils étaient plus nombreux que les nordistes. Dès les années 1960, refusant cette situation nouvelle, ces derniers se soulevèrent et éclatèrent alors les révoltes des Touareg à l’ouest et celles des Toubou-Zaghawa à l’est[1].
Nous sommes là à l’origine des évènements qui ensanglantent actuellement la BSS et que Barkhane n’est évidemment pas en mesure de résoudre.
A supposer que nos forces réussissent à éliminer les jihadistes, la question des rapports entre nordistes et sudistes ne serait en effet pas réglée pour autant puisque le jihadisme n’est ici que la surinfection d’une plaie  ethno-raciale millénaire.
Or, cette réalité explique à la fois le succès des jihadistes et l’échec de leur tentative de création d’un califat transnational et transethnique. Pour survivre ou se développer, ils ont en effet été contraints de prendre appui sur certaines ethnies ou tribus.
Ce faisant, ils se sont isolés des autres car ils ont réveillé chez les anciennes victimes les souvenirs des exactions d’avant la colonisation « libératrice ». Quand ils prennent pied dans une région, les jihadistes créent certes un nouveau foyer, mais ils réactivent en même temps les anciennes chaines défensives, les antiques solidarités ethniques. Voilà qui explique les évènements du Macina, du Liptako ou encore du Gourma.
Le cas des Dogon est emblématique. Ce n’est pas par choix qu’à partir de la fin du XVIIIe siècle, se repliant devant la poussée des cavaliers peul musulmans, leurs ancêtres abandonnèrent les plaines fertiles pour se retrancher dans les falaises ingrates de Bandiagara où ils furent harcelés et assiégés par les chasseurs d’esclaves (voir à ce sujet le numéro du mois d’avril 2019 de l’Afrique Réelle). Aujourd’hui, face à la dilution de l’Etat malien et à l’impuissance de son armée[2], les Dogon sont de nouveau contraints d’assurer leur défense contre le jihadisme porté par certains groupes peul…comme aux XVIIIe-XIXe siècles…
La leçon doit être retenue car le jihadisme va pousser vers le golfe du Bénin, la région guinéenne et la Côte d’Ivoire où, au fur et à mesure de son expansion, vont se réveiller les fronts ethniques d’avant la colonisation. Comme actuellement dans la région de Jos au centre du Nigeria. Comme ce sera alors sur les ethnies que s’organisera la résistance, nos Armées doivent donc dès à présent reprendre à leur compte la célèbre phrase de Kipling : « Le loup afghan se chasse avec le lévrier d’Afghanistan ». Mais encore faudrait-il que de véritables enseignements africanistes soient dispensés à l’ESM de Coëtquidan et à l’Ecole de Guerre.
[1] Cette problématique constitue la colonne vertébrale de mon livre : « Les Guerres du Sahel des origines à nos jours ».
[2] Pour mémoire, durant le seul mois de mai 2019, l’armée nigérienne a perdu 30 morts dans la région de Tillabéry et l’armée malienne plus d’une dizaine dans la région de Mopti.

HOPE LAND CONGO DÉNONCE LE PROJET D’EXPLOITATION PÉTROLIÈRE DANS LES VIRUNGA

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HOPE LAND CONGO DÉNONCE LE PROJET D’EXPLOITATION PÉTROLIÈRE DANS LES VIRUNGA

Hope Land Congo en partenariat avec Africa Vuka a organisé une marche de sensibilisation pour dénoncer l’exploitation du pétrole dans le Parc National des Virunga, le samedi 25 mai, à Kinshasa. Au cours de cette activité les organisateurs ont exhorté le nouveau régime en place à procéder immédiatement à l’interdiction de l’exploration et l’exploitation future du pétrole dans ce parc inscrit sur la liste du patrimoine de l’UNESCO.

Des jeunes kinois devant le Palais du peuple, siège du parlement, pour dénoncer l’exploitation du pétrole dans les Virunga.

Par la même occasion, Hope Land Congo et ses partenaires ont invité le futur gouvernement de la RDC à ne jamais donner du crédit à toute sorte de projet fossile devant être exécuté dans les aires protégées, notamment les Virunga et la Salonga. Ces organisations non gouvernementales ont aussi exigé l’arrêt du projet de déclassement partiel de ces parcs au profit d’une quelconque exploitation.

« Nous ne voulons pas entendre parler ni de l’exploration ni de l’exploitation, parce que les grands bailleurs de fonds essaient de nous tromper en faisant usage du terme exploration à la place de l’exploitation. Cette exploration compte prendre des années, dans l’entre-temps cette activité finira par détruire notre biodiversité. C’est pourquoi notre message ici au Palais du peuple est simple, pas « d’exploration du pétrole » dans le pParc National des Virunga », a déclaré Percy Uyonduka, chargé de programme et coordonnateur d’activités de Hope Land Congo.

Parmi les organisations non gouvernementales présentes à cette marche, figurent Greenpeace Afrique à travers ses volontaires, les Associations des jeunes et des femmes, les représentants des peuples autochtones, des agriculteurs et des chercheurs des universités du Congo. Pancartes et banderoles à mains, ils se sont promenés côte à côte de la place du Cinquantenaire jusqu’à l’enceinte du Palais du peuple.

« Les Virunga regorgent des espèces en voie de disparition comme les gorilles de montagne. L’exploitation pétrolière dans ce parc va occasionner la destruction de son milieu de vie. En dehors des gorilles de montagne, il y’a des espèces floristiques qui ne s’adaptent qu’à ce milieu naturel et nulle part ailleurs. Nous sommes appelés à les protéger pour assurer leur survie», a expliqué Chrispin Kosi, volontaire de Greenpeace Afrique.

Conscients de leur engagement réel et soutenu, ces jeunes kinois craignent les conséquences néfastes de cette exploitation non seulement sur les espèces de faune de flore dans les Virunga, mais aussi sur les communautés qui dépendent directement ou indirectement de cette aire protégée. Par cette marche, ces jeunes kinois ont manifesté leur solidarité envers leurs concitoyens de Goma et de Bukavu qui, à cette même date se sont également mobilisés dans les rues, pour dire non à l’exploitation du pétrole dans les Virunga et la Salonga.

Hope Land Congo n’entend pas s’arrêter là. Elle compte déposer au parlement congolais, dans un futur proche, une pétition dont les signatures sont en cours, pour mettre fin à ce projet et rappeler la RDC au respect des engagements pris vis-à-vis de la communauté internationale.

Albert MUANDA

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