Archives pour la catégorie Afrique

UE Afrique… ca coince

UE Afrique… ca coince

(B2) Entre l’Union européenne et l’Union africaine, loin des flonflons et des embrassades, le courant n’est pas rétabli apparemment. Et il « y a toujours des problèmes de clims » (pour paraphraser la formule du président français à Ouagadougou).

Quatre jours sans déclaration

Près de quatre jours après la fin du 5e sommet Europe – Afrique d’Adbidjan, on a beau scruter. Aucune déclaration commune à l’horizon. Cependant, comme il est d’habitude, ce type de documents est préparé longtemps d’avance par les différents sherpas des organisations et des pays membres. Ceux-ci étaient d’ailleurs à Abidjan en début de semaine dernière pour préparer les différents éléments. Mais rien n’y a fait. L’accord ne semble pas parfait …

Silence prudent

B2 a posé la question à plusieurs interlocuteurs : mur complet. C’est « en cours » répond l’un. « Voyez à Adbidjan » indique un autre. Une « déclaration finale a été adoptée. Elle est en cours d’ajustement… de traduction » a affirmé, sans l’ombre d’un sourire Catherine Ray, la porte parole de la Haute représentante de l’Union, interrogée par nos soins au briefing de midi ce lundi (4 septembre). (écoutez ici)

Un problème politique

Pour un texte négocié, en amont, dans une seule langue (anglais), problème de traduction signifie « problème politique ». Apparemment les dirigeants africains sont légèrement agacés du ton comminatoire des Européens qui leur font régulièrement la leçon notamment sur l’immigration. A suivre

(Nicolas Gros-VErheyde)

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Après le Sommet Afrique-UE, le polisario nu comme un ver !

Politique

Après le Sommet Afrique-UE, le polisario nu comme un ver !

le 4 décembre 2017

 

Quelques jours après la fin du sommet Afrique-Union européenne d’Abidjan, il paraît opportun d’en dresser le bilan.

Il sera forcément partiel et sommaire tant nos responsables gouvernementaux répugnent à informer amplement la presse nationale sur les actions et réalisations de notre diplomatie, laquelle préfère se confier à des agences de presse étrangères ou susurrer quelques bribes d’informations par sources non indentifiables à certains supports à leur dévotion !

A partir donc des éléments de presse recueillis ça et là, des discours et actes officiels du sommet, des photographies et leurs commentaires, il est indéniable que le Royaume et tout particulièrement le Roi Mohammed VI ont remporté un réel succès diplomatique à la faveur de cet session du dialogue euro-africain tenu dans la capitale économique de la Côte d’Ivoire.

Au-devant de la scène

On dira, en premier que le Souverain a été la vedette incontestable du sommet, aux côtés du Président Macron et de son homologue ivoirien, M. Alassane Ouattara.

Les trois chefs d’Etat ont été au-devant de la scène et ont montré à la fois leur expérience dans leur rôle, le charisme qu’ils ont su dégager et, surtout, la maîtrise parfaite des successives séquences de cette manifestation cardinale, reléguant au second plan toutes les autres personnalités présentes.

En arrivant quarante-huit heures avant l’ouverture du sommet, en procédant à plusieurs inaugurations de projets sociaux et économiques en Côte d’Ivoire, en soulignant l’étroitesse des liens qui unissent les deux pays, leurs peuples et dirigeants, SM Mohammed VI a montré que sa venue n’était pas seulement celle du chef d’un Etat membre de l’Union Africaine, mais tout particulièrement celle d’un acteur majeur dans le concert africain.

La seconde victoire du Maroc s’est exprimée à travers la mise en évidence que le point nodal des relations afro-européennes aujourd’hui n’était pas tant la question de la jeunesse du continent et de son avenir, mais l’angoissant problème des migrations humaines vers l’Europe.

Ce sujet a constitué l’axe principal de ce sommet, mis en relief, malheureusement, par les dramatiques situations que vivent des migrants africains réduits à l’esclavage en Libye ou proies permanentes des réseaux criminels de passeurs.

Et, partant de sa responsabilité conférée par l’UA sur les questions migratoires, le Roi du Maroc a occupé avec brio, à travers un message faits de vérités et de constats irréfutables, la place centrale au cours de cette rencontre bi-continentale. `

De plus, en marge des débats officiels, le Maroc a pris part à plusieurs réunions dédiées à la mise en œuvre de solutions urgentes destinées à secourir les migrants en situation de détresse, mais aussi et surtout porter des coups d’arrêt définitif aux actions criminelles des passeurs.

Ces réunions ont compté, outre notre pays, les principales puissances européennes et les représentants qualifiés des organisations régionales et internationales.

Enfin, sur le plan des relations bilatérales du Royaume avec plusieurs Etats africains, des entretiens très remarqués et pleinement positifs ont eu lieu avec des chefs d’Etat qui, jusque-là, comptaient parmi les soutiens les plus fermes de l’Algérie et de ses mercenaires de Tindouf.

Ce fut le cas avec le Sud-africain Jacob Zuma, pour une normalisation entre Pretoria et Rabat qui ne sera sans doute pas sans conséquences pour l’Algérie et le Polisario, mais aussi avec l’Angolais Joao Lourenço, avec les mêmes objectifs que ceux poursuivis pour le pays natal du regretté Nelson Mandela.

Bien évidemment, on ne devra pas s’attendre à des avancées spectaculaires avec ces deux dirigeants, mais la normalisation, le retour d’un dialogue franc et direct entre le Maroc et ces deux Etats servira, à terme à conforter la politique mise en œuvre depuis plusieurs années et magnifiée par le retour de notre pays dans l’enceinte commune, l’Union Africaine.

L’Algérie ensablée…

Ces initiatives royales, au demeurant, auront a priori souligné avec force le grave isolement qui caractérise désormais notre voisin de l’Est, l’Algérie, en perte de vitesse très rapide sur un continent qu’elle considérait comme son pré carré !

Car si le Maroc a brillé par ses actions à Abidjan, l’Algérie et le polisario y ont brillé par leur absence, leur insignifiance, leur isolement !

En effet, Alger et ses séides ont voulu présenter la présence au sommet Afrique-UE de Brahim Ghali, chef des mercenaires et « président » d’une entité fantomatique, comme une victoire sur le Maroc et sa cause sacrée d’unité nationale matérialisée par le retour de nos provinces du Sud dans le giron de la mère-patrie.
Belle victoire que celle-ci !

Comme si on pouvait ignorer que le retour du Maroc à l’UA signifiait qu’on serait forcément amené à côtoyer quelques fois des agents stipendiés d’un Etat voisin manipulés depuis plus de quarante ans pour porter atteinte à notre intégrité territoriale…
En revenant à l’UA, le Royaume savait que ces situations se produiraient, mais tout a été fait pour en limiter la portée et l’exploitation par nos adversaires.

Ainsi, au terme de la rencontre euro-africaine, il n’y a pas eu de signature solennelle d’un document où auraient pu figurer de concert le Maroc et la fantomatique RASD.

Mieux encore, la diplomatie européenne, par la voix de sa représentante la plus qualifiée, Mme Frederica Mogherini, avait bien pris soin de préciser, avant les assises d’Abidjan, que la présence des mercenaires du polisario ne signifiait pas reconnaissance de leur existence par l’UE.

Par ailleurs, alors que le Royaume était représenté par sa plus haute autorité, le Roi, l’Algérie n’avait d’autre choix que d’y envoyer un Premier ministre accompagné d’un ministre des AE incapable de tenir un langage diplomatique !

Enfin, le polisario, son chef et ses acolytes furent accueillis à l’aéroport d’Abidjan quasiment en catimini, par des responsables ivoiriens de rang subalterne et logés dans un hôtel éloigné de l’hôtel Sofitel Ivoire où se tenait le Sommet et où résidaient toutes les délégations officielles !

Ainsi, sur la base de ces éléments successifs, il est juste d’affirmer que le sommet Afrique-Union européenne a constitué une réelle victoire diplomatique du Royaume, tant sur le plan continental que celui des rapports euro-africains, le Maroc v occupant avec succès les premières places et s’affirmant comme l’acteur incontournable et privilégié du dialogue entre les deux ensembles continentaux.

Enfin, par une stratégie soigneusement définie et clairement affirmée, Rabat s’est appliqué à un rapprochement positif avec deux des Etats parmi les plus fermes soutiens jusque-là de l’Algérie et du polisario.
Alors, qui pourra claironner à Alger ou Tindouf ?

Le Maroc, petit à petit, déshabille les mercenaires de tous leurs oripeaux !

Fahd YATA

https://lnt.ma/apres-sommet-afrique-ue-polisario-nu-ver/

Macron à la conquête de l’ Afrique – JT TVL 28 novembre 2017

Première tournée en Afrique pour Emmanuel Macron. Le président de la République s’est rendu ce mardi au Burkina Faso avant de poursuivre son périple en Côte d’Ivoire et au Ghana. Une visite pour redorer le blason français en Afrique et évoquer les problèmes d’immigration.

https://www.tvlibertes.com/2017/11/28/20492/afrique

5ème Sommet UA-UE : Ouverture à Abidjan de la réunion ministérielle

M. Nasser Bourita lors de l’ouverture de la réunion ministérielle du 5ème Sommet Union Africaine – Union Européenne à Abidjan

Politique

5ème Sommet UA-UE : Ouverture à Abidjan de la réunion ministérielle

le 28 novembre 2017

La réunion ministérielle du 5ème Sommet Union Africaine – Union Européenne s’est ouverte, mardi à Abidjan, en prélude au Sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement prévu les 29 et 30 novembre.

Le Maroc est représenté à cette réunion par une importante délégation, conduite par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Internationale, M. Nasser Bourita, et comprenant notamment l’Ambassadeur du Maroc auprès du Conseil de l’Union européenne et de la commission européenne, M. Ahmed Reda Chami, l’Ambassadeur du Maroc en République fédérale démocratique d’Éthiopie et à Djibouti et représentante du Royaume auprès de l’Union Africaine, Mme Nezha Alaoui Mhammdi, et de l’ambassadeur, directeur général de l’Agence marocaine de la coopération internationale, M. Mohamed Methqal.

Intervenant à l’ouverture de cette réunion, le ministre ivoirien des Affaires étrangères, M. Marcel Amon Tanoh, a souligné que l’Afrique et l’Europe sont appelées à relever des défis communs, d’ordre sécuritaire, économique et social, notant que la jeunesse, thème principal du 5ème Sommet UA-UE, doit apporter sa contribution à la résolution des défis actuels et émergents.

Abordant la question de la migration, le ministre ivoirien a indiqué que la jeunesse a d’importantes ambitions et c’est, à travers l’éducation, la formation et la création d’emplois qu’on arrivera à mettre ce potentiel humain au service du Continent.

Pour sa part, le Représentant de la Commission de l’Union Africaine, M. Quartey Kwesi a souligné que le présent Sommet représente une opportunité exceptionnelle pour le Continent, appelant au renforcement des relations économiques et du partenariat entre les deux Unions qui entretiennent des relations historiques.

M. Kwesi, a en outre, affirmé, que l’Union Africaine voudrait saisir cette occasion pour renforcer la résilience politique, l’intégration régionale et le développement économique, soulignant la détermination de l’UA à mettre à profit la proximité géographique et les relations diplomatiques pour relever les défis qui se posent aux deux continents.

Au sujet du thème du Sommet, M. Kwesi a relevé, chiffres à l’appui, que l’Afrique compte une population des plus jeune, «un atout, si nous gérons cela d’une façon optimale», a-t-il dit.

Dans son intervention, Mme Federica Mogherini, Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et Vice-présidente de la Commission européenne, a insisté sur la nécessité pour les deux Unions de se réunir régulièrement afin d’assurer un suivi de l’application des décisions prises lors des Sommets des chefs d’Etat et de gouvernement.

«En raison surtout des développements accélérés que connait le monde, des réunions plus régulières et une collaboration plus étroite sont nécessaires», a-t-elle dit, notant que la proximité géographique offre un atout de taille pour relever les défis qui s’imposent, en l’occurrence ceux inhérents à la sécurité et aux questions de la migration, deux préoccupations majeures vis-à-vis desquelles les deux continents ont une responsabilité partagée.

A cet effet, Mme Mogherini a décliné les quatre principaux défis sur lesquels les deux continents doivent se pencher davantage, à savoir les questions de la paix et de la sécurité, du développement économique, des changements climatiques et de la migration et de la mobilité des personnes.

Le ministre guinéen des Affaires étrangères, dont le pays assure la présidence de l’Union Africaine, a de son côté, assuré que cette réunion se tient dans un contexte international marqué par de profondes mutations qui appellent à renforcer davantage les relations et le partenariat stratégiques entre l’Afrique et l’Europe, mettant l’accent sur l’importance des échanges économiques dans la consolidation de la paix et de la sécurité.

Au sujet de la thématique du Sommet, le ministre guinéen a fait observer que le choix de ce thème témoigne de la volonté des dirigeants des deux continents d’harmoniser davantage leurs efforts pour le bonheur et l’épanouissement des jeunes.

«L’UA qui a décidé de consacrer le thème de l’année 2017 à la jeunesse et de proclamer la période 2018-2027 une décennie pour la formation et l’emploi des jeunes dans les domaines techniques et professionnels, est résolument engagée à inscrire son action en faveur de l’amélioration des conditions de vie de cette couche sociale», a-t-il dit.

Cette réunion au niveau des ministres se veut une plateforme de dialogue entre les responsables africains et européens en vue de dynamiser le partenariat entre les deux parties.

Le 5ème Sommet UE-UA, véritable cadre institutionnel pour débattre de l’avenir des relations entre les deux continents, est placé sous le thème « Investir dans la jeunesse pour un avenir durable ». C’est le premier sommet à se tenir en Afrique subsaharienne.

Outre la jeunesse, thème axial, le Sommet UA – UE se penchera sur une panoplie de thématiques à savoir la paix et la sécurité, la gouvernance, la démocratie, les droits de l’Homme, la migration et la mobilité, les investissements et le commerce, le développement de compétences et la création d’emploi.

Deux jours durant, les décideurs africains et leurs homologues européens auront une occasion précieuse pour fixer des orientations politiques susceptibles de relever les défis ressentis de part et d’autre.

LNT avec Map

 

https://lnt.ma/5eme-sommet-ua-ue-ouverture-a-abidjan-de-reunion-ministerielle/

Afrique : dénigrement contre la France

Afrique : dénigrement contre la France

Afrique : dénigrement contre la France

Par Leslie Varenne, directrice de l’IVERIS et Yehia Ag Mohamed Ali, chercheur et spécialiste du Sahel ♦ Le 16 septembre 2017, Ayman al-Zawahiri (photo), le chef d’al-Qaeda, s’est adressé aux Africains et les a appelés à combattre la France qu’il accuse de revenir en Afrique. Dans son allocution, il s’est référé à Omar el-Mokhtar, héros de la lutte armée libyenne contre l’Italie coloniale. Ni cette accusation, ni le choix de cette figure légendaire ne sont dus au hasard. Si aucun dirigeant de l’Hexagone ne semble avoir pris la mesure du sérieux ressentiment anti-français qui prévaut actuellement dans tous les pays d’Afrique francophone, en revanche, le leader de l’organisation terroriste, lui, l’a bien compris. Plus qu’un véritable appel au djihad, cette déclaration est avant tout opportuniste.

Il revendique, par anticipation, la paternité des effets que pourraient avoir les diatribes anti-françaises en cours sur le continent, d’une ampleur jamais égalée, y compris à l’époque des luttes pour l’indépendance. Pas un jour ne passe sans recevoir des fausses informations imputant à Paris de terribles méfaits. Ici des images de soldats français pillant de l’or à Kidal, dans le Nord du Mali, mais le montage photo mal réalisé laisse apparaître des arbres n’existant pas dans cette région. Là, des révélations dites explosives : La France arme Boko Haram, La France pille l’Afrique, derrière les titres accrocheurs ce ne sont que des manipulations, de vieilles informations sorties de leur contexte. Les réseaux sociaux s’enflamment. L’ancien état colonisateur est responsable de tous les maux, de toutes les souffrances, les peuples gardant, souvent à tort, l’image ancienne de la toute-puissance française.


Sur le terrain, l’agressivité contre les Français a commencé à se ressentir dès 2011 après les guerres contre la Côte d’Ivoire et la Libye et elle prend de plus en plus d’ampleur. Avec la bataille contre le franc CFA, portée par Kemi Seba, activiste français d’origine béninoise, le french bashing atteint des sommets.

Curieusement, le militant pour le panafricanisme et contre l’impérialisme ne vise qu’une seule cible : la France. Ses soutiens demandent le retrait des bases militaires françaises sur le continent, mais restent étonnamment muets sur la présence de plus en plus importante de l’armée américaine dans tous les pays francophones. En effet, l’Hexagone ne cesse de perdre du terrain dans son ancienne zone d’influence. Ce qui était impensable il y a encore quelques années est devenu réalité, l’Africom, le commandement US en Afrique, a implanté une base au Sénégal, des avant-postes opérationnels ont été construits au Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Gabon.

De la même manière, et bien qu’absolument légitime, le débat sur la souveraineté monétaire est posé en termes irrationnels. Pour sortir le franc CFA du giron de la Banque de France, Kemi Seba propose une monnaie panafricaine qui reproduirait les mêmes erreurs que celle du Franc CFA actuel et souffrirait des mêmes maux que l’euro : une seule monnaie pour des États aux économies fort différentes, avec la Côte d’ivoire dans le rôle de l’Allemagne et le Mali dans celui de la Grèce. La seule issue étant la création de monnaies nationales, mais que vaudraient-elles sans tous les autres instruments de souveraineté, armées dignes de ce nom, industrialisation ?

L’activiste ne répond pas à ces questions, preuve que ce débat est plus passionnel que politique. Il prospère sur le terreau d’une histoire d’amour/haine entre ex colonisateur/ex colonisés jamais vraiment résolue. La rancœur est si prégnante, qu’il suffit désormais à un chef d’État africain, même le plus impopulaire en son pays, de prononcer un seul mot contre Paris pour se refaire une santé sondagière. Idriss Deby, Président du Tchad depuis 27 ans, pourtant ami et allié de tous les Présidents français successifs, s’y est essayé avec un certain succès… Mais si la mayonnaise du french bashing prend aussi bien, ce n’est pas seulement à cause des erreurs du passé, c’est également et surtout en raison des fautes commises par les dirigeants français successifs en ce début de 21e siècle.

Les bâtons pour se faire battre

La première faute, magistrale, est celle de la guerre en Côte d’Ivoire, avec les bombardements sur la résidence de Laurent Gbagbo et son arrestation par l’armée française. Il ne fallait pas être grand clerc pour prévoir l’impact et les conséquences que pouvaient avoir sur les opinions publiques africaines ces images, dont celle d’un Président en tee-shirt, prisonnier dans une chambre d’hôtel, surveillé du coin de l’œil par les soldats de l’ancienne puissance coloniale.

Que ce conflit ait été ourdi par Washington avec la participation active de l’Africom, que Nicolas Sarkozy n’ait pas œuvré au nom des intérêts de la nation qu’il dirigeait, mais en son nom propre et à celui de l’ami américain, ne change rien à l’affaire, pour la très grande majorité des Africains, la France est seule responsable. Les US n’ont pas adopté la stratégie de l’empreinte légère, qui consiste à laisser un autre pays diriger les opérations afin de ne point trop s’exposer, pour rien. La deuxième faute magistrale, est bien entendu, la guerre en Libye opérée selon le même modus operandi, le président français sur tous les fronts, les Américains en arrière, puis l’assassinat de Muammar Kadhafi et le chaos qui s’en suivit. Au passage, il est intéressant de noter que le guide de la Jamahiriya ne sortait jamais sans la photo de son héros, Omar el-Mokhtar, à la boutonnière de son uniforme !

Dès cette époque, sur le terrain, le ressentiment anti-français est palpable. En 2012, à son arrivée au pouvoir, François Hollande ne prend pas le pouls de l’Afrique francophone, ne tire pas les enseignements des guerres de 2011 et des inconséquences de son prédécesseur. Faute de vision, il poursuit la même politique faites d’errements, d’erreurs, de petits arrangements entre amis, de complicité avec des chefs d’États corrompus. Il se rend coupable d’aveuglements volontaires lors de consultations électorales frauduleuses et/ou contestables au Tchad, au Niger, au Gabon, au Congo, etc. Il ne mesure pas le désespoir et l’exaspération des peuples avides d’alternance et de changements. Il laisse des personnalités s’adonner à une diplomatie parallèle qui œuvrent pour leurs propres intérêts sonnants et trébuchants et non pour ceux de la nation ; il permet à son Premier ministre, Manuel Valls, d’entretenir des relations très particulières au Togo, en Côte d’Ivoire, au Congo, donnant ainsi crédit à l’abondante littérature sur, ce que d’aucuns appellent, la France-Afrique.

L’ancien président français persévère dans l’indignation sélective, rappelant à l’excès les valeurs de la France : démocratie, droits de l’homme sans jamais les appliquer en Afrique ; toujours silencieux sur les prisonniers politiques en Côte d’Ivoire et ailleurs, muet sur les tueries aux Congo… Au Mali, la réussite de l’intervention militaire française tant vantée fut de courte durée, sur le long terme cette victoire s’est transformée en échec et ce pays est maintenant la proie d’attentats terroristes. L’ancien président français a ainsi contribué à entretenir les blessures de 2011, voire à retourner le couteau dans les plaies.

De l’huile sur le feu

À cette longue liste des raisons de la colère, il faut ajouter la Cour Pénale Internationale (CPI), cette Cour honnie des Africains où seuls les ressortissants de ce continent sont envoyés à la barre.

Le procès ubuesque de Laurent Gbagbo, retransmis en direct, alimente quotidiennement le french bashing et pas seulement dans les pays francophones.

De l’extrême nord à l’extrême sud du continent, l’ancien président ivoirien est devenu un symbole du panafricanisme. Âgé de 72 ans, il s’apprête à vivre le sixième anniversaire de son emprisonnement à la Haye, sans qu’à ce jour aucune preuve ne vienne étayer l’accusation. Sa douzième demande de liberté provisoire est en cours de traitement, peu importe qu’Emmanuel Macron puisse avoir ou non une influence sur cette décision. En l’état des opinions publiques, l’élargissement de Laurent Gbagbo sera porté au crédit du nouveau président français, son maintien en détention sur son compte débiteur. Et s’il arrivait malheur au martyr de l’impérialisme dans sa prison, les Français en Afrique seraient rhabillés pour de très nombreux et de très longs hivers…

Ce paroxysme du ressentiment anti-français repose à la fois sur des bases solides et sur un mode émotionnel. Paradoxalement il culmine au moment où la France perd de plus en plus pied sur le continent. Mais est-ce aussi contradictoire ? Ce phénomène est une aubaine pour les Etats-Unis qui sous couvert de lutte anti-terroriste s’implantent durablement en Afrique francophone.

Pendant les deux mandats de Barack Obama, la stratégie US a consisté à déposséder la France de sa zone d’influence stratégique en Afrique de l’Ouest (En Afrique centrale, cette stratégie mise en place par Bill Clinton avait débuté dès les années 1990 dans la région des Grands Lacs). Après la Côte d’Ivoire, ce fut le tour du Sénégal, avec le financement du mouvement citoyen Y’en a marre qui permit à Macky Sall d’arriver au pouvoir. En octobre 2014, vint le tour du Burkina-Faso qui peut être considéré comme la première révolution de couleur sur le continent, avec aux commandes le Balai citoyen dans le rôle du mouvement sénégalais et l’ambassadeur US de choc, Tulinabo Mushingi. Dans cette zone, le smart power américain bat son plein comme le montre la réunion organisée par le World Movement for Democracy à Dakar les 12 et 14 mars 2015. Tout ce que l’Afrique compte d’organisations dites de sociétés civiles étaient présentes (cette réunion n’étant pas publique, il n’existe pas de document sur internet, l’IVERIS possède des documents, mentionnant les noms des participants, leur organisation et leur pays ainsi que tous les organisateurs/financeurs : National Endowment Democracy, Freedom House, NDI, Solidarity Center… À noter, la sur-représentation de la Gambie, avec quatre participants, c’est beaucoup pour un si petit pays…). Il n’est donc pas interdit de penser que des groupes de pressions américains et leurs relais français alimentent la campagne de french bashing. Dans un entretien sur une chaîne de télévision sénégalaise, Kemi Seba déclare être financé par l’Iran. Surprise. Quel serait donc l’intérêt de la République islamique d’œuvrer à la fin du Franc CFA ? Mystère. En outre, de nombreux Libanais chiites sont installés en Afrique de l’Ouest où ils ont réalisé d’importants investissements, ils participent à l’économie des États dans lesquels ils vivent mais également à celle du Sud Liban. En l’état de l’instabilité qui règne dans toute la zone, de la Côte d’Ivoire au Togo, la création d’une monnaie nationale les ruinerait. Mais qu’importe puisque la problématique du Franc CFA a été résolue par deux chercheurs travaillant pour des institutions financières d’Amérique du Nord : « Une autre approche serait de remplacer le CFA par une dollarisation de la région, ce qui favoriserait le développement du secteur financier, des taux d’intérêts plus raisonnables tout en conservant les avantages de la stabilité monétaire. »

L’apaisement ?

Emmanuel Macron hérite de cette situation et est décidé à faire de l’Afrique une de ses priorités, à juste titre, puisque l’heure est grave. Personne n’est encore capable de dire s’il poursuivra la politique de ses prédécesseurs ou s’il engagera l’incontournable virage à 180°. Chaque nomination, chaque signe est interprété dans l’espoir de percevoir les lignes de forces qui se dégagent. Pour l’instant les initiatives prises : création du Conseil Présidentiel pour l’Afrique, mise en place du G5 Sahel pour combattre le terrorisme dans la zone et instauration de hot spot au Niger et au Tchad pour enrayer le flux des migrants qui traversent la Méditerranée, ne sont pas de nature à apporter une réponse sensible à la crise aigüe que traverse les relations franco-africaines. La vapeur pourrait pourtant se renverser facilement : il suffirait seulement de prendre l’exact contre-pied de la politique mise en œuvre par Nicolas Sarkozy et François Hollande au cours des dix dernières années.

Leslie Varenne et Yehia Ag Mohamed Ali
25/11/2017

Source : iveris.eu

Correspondance Polémia – 24/11/2017

Crédit photo : Hamid Mir via Wikimédia (cc)

https://www.polemia.com/afrique-denigrement-contre-la-france/

Le Niger au carrefour des conflits

Le Niger au carrefour des conflits

La région du Sahel est depuis longtemps une zone pauvre et instable. La présence de groupes djihadistes, de sections indépendantistes ainsi que la multiplicité des trafics touchent tous les pays de la zone. Au milieu, coincé entre sept pays, se trouve le Niger. Cet État, un des plus pauvres du monde, semble pourtant plus solide que ses voisins sur de nombreux points.

De nombreux groupes djihadistes sont présents à la frontière nigérienne. Pour s’en persuader, il suffit de regarder une carte : le pays est frontalier avec au moins quatre pays soumis à la pression terroriste, qui ont bien du mal à assurer la sécurité de leurs territoires respectifs. Pour rappel, à la frontière avec l’Algérie, la Libye et le Mali, des groupes djihadistes se sont développés, pour la plupart reliés à Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI). A la frontière avec la Libye, le Niger subit en plus le conflit entre deux peuples : les Toubous et les Touaregs. Enfin, au Nigeria, situé au sud-est du pays, et plus particulièrement dans la région de Diffa, le groupe djihadiste Boko Haram est encore présent.

Certes, grâce à une politique active menée par Muhammadu Buhari, Idriss Deby et Mahamadou Issoufou respectivement présidents du Nigeria, du Tchad et du Niger, Boko Haram recule de plus en plus. Mais la lutte est loin d’être gagnée. Quant à l’opération militaire française Barkhane, dont le QG est basé au Tchad, elle apporte une aide non négligeable pour le rétablissement de la sécurité dans la région. Mais là encore, rien n’est acquis.

Une stabilité remarquable, malgré des aspects négatifs

Avec un taux de fécondité de 6,62 enfants par femme en moyenne (2016 – taux le plus élevé au monde), une place de dernier au classement de l’Indice de développement humain (IDH), et 60% de la population vivant avec moins de 1 dollar par jours, on pourrait très facilement penser que le Niger est un État failli. Et pourtant, des institutions existent toujours !

Pour tenter de comprendre cette stabilité, plusieurs éléments sont à prendre en compte.

Tout d’abord, le Niger a beaucoup moins de problèmes avec les velléités indépendantistes touaregs que ne peut l’avoir le Mali. En 1995, après quatre ans de guerre, un accord a été signé entre le pouvoir central et l’élite touareg. Celui-ci a donné une plus grande autonomie aux touaregs, et une véritable politique d’apaisement a été conduite entre Niamey et le Nord du Niger. En jouant la carte de la décentralisation, le gouvernement arrive à garder une influence sur son territoire, tout en laissant une grande autonomie aux différentes régions.

La relation solide entre le Tchad et le Niger est aussi l’un des marqueurs forts de la stabilité nigérienne. La coopération économique et militaire a été renforcée par un accord bilatéral signé en 2012 entre les deux pays. L’organisation du G5-Sahel (groupe comprenant cinq États sahéliens) est également en train de se mettre en place pour lutter contre les mouvements djihadistes.

Comme les autres pays de la région, le Niger est, par ailleurs, soutenu par l’aide extérieure dont il est très dépendant. Le pays aurait ainsi reçu 918 milliards de dollars d’aide au développement en 2014. De plus, 50 milliards de francs CFA auraient également étaient versés par l’Union européenne pour aider le Niger à contenir les migrations.

De nombreux pays sont aussi intéressés par le Niger sur le plan sécuritaire. La France et les États-Unis possèdent plusieurs bases militaires réparties dans le pays. Les Américains vont d’ailleurs inaugurer une nouvelle base à Agadez, entièrement destinée à l’usage des drones.

D’autres pays, comme l’Allemagne, souhaitent également s’implanter dans ce pays. La visite de la chancelière Angela Merkel le 10 octobre 2016 à Niamey en est bien la preuve.

Selon M. Olivier de Sardan, spécialiste du Niger, on ne peut pas considérer le Niger comme un « hub » sécuritaire au même titre que le Tchad. Néanmoins, il représente un point d’appui non négligeable dans la lutte contre le terrorisme.

Enfin, la stabilité du Niger prend racine dans le sentiment national que Niamey met beaucoup d’ardeur à entretenir. Fiers de se sentir nigériens, les Nigériens sont les premiers garants du respect et de la légitimité des institutions. Ainsi, d’après Afro-baromètre 2016, 92% de la population dit avoir un avis favorable sur l’armée. C’est le taux le plus élevé dans la région. À titre de comparaison, ce chiffre s’élève à 21% au Nigeria.

Mais le Niger n’est pas pour autant à l’abri des tempêtes. C’est loin d’être un État en paix. Les mouvances islamistes radicales sont bien réelles même si elles ont peu d’influence. De plus, le budget alloué à la défense dépasse les 5% du PIB national, ce qui est conséquent pour un pays comme celui-ci. Investir dans d’autres secteurs, comme l’éducation ou la santé, pourrait être un moyen efficace pour qu’apparaisse enfin un développement économique et social solide.

http://les-yeux-du-monde.fr/actualite/afrique-moyen-orient/29836-le-niger-au-carrefour-des-conflits

Le chemin de fer de BTK est le couloir turc de la route de la soie vers l’Asie centrale

Le chemin de fer de BTK est le couloir turc de la route de la soie vers l’Asie centrale


Par Andrew Korybko – Le 6 novembre 2017 – Source Oriental Review

Baku-Tbilisi-Kars (BTK) Railway
Chemin de fer Bakou-Tbilissi-Kars (BTK)

Le président Erdogan a déclaré que le chemin de fer Bakou-Tbilissi-Kars est « un maillon important dans la nouvelle route de la soie, qui relie l’Asie, l’Afrique et l’Europe » lors de la cérémonie d’ouverture de ce couloir de connectivité transnational.

Les Premiers ministres de la Géorgie, du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan, ainsi que les ministres du Tadjikistan et du Turkménistan ont également assisté à l’événement, démontrant ainsi son large intérêt géographique. Erdogan espère dans l’immédiat qu’il renforcera les relations globales entre la Turquie et ses compatriotes d’ethnie turque en Asie centrale, et que par la suite le chemin de fer BTK pourrait être utilisé par les Européens et les Nord-Africains pour se relier à cette région enclavée. En fin de compte, l’objectif est de transformer ce corridor sud-central en une nouvelle route de la soie bien placée rattachant les coins occidentaux et orientaux de l’Eurasie en reliant l’UE à la Chine. Et si, après un rapide coup d’œil à la carte physique, la route semble un peu tortueuse, la politique dit le contraire.


Les routes les plus directes reliant l’UE à la Chine sont le pont terrestre eurasien prévu à travers la Russie et la route maritime du Nord à travers l’océan Arctique, mais les deux sont comparativement sous-développés pour diverses raisons. En outre, alors qu’il est prévu de construire un chemin de fer à grande vitesse en Asie centrale reliant la Chine à l’Iran, et désormais à la Turquie et à l’UE, cette idée n’a pas encore été étudiée et pourrait en tout cas être mise en péril par le risque régulier d’activités terroristes kurdes dans les régions frontalières du Moyen-Orient partagées par ces deux grandes puissances. Un autre point important est que la nouvelle guerre froide provoquée par les États-Unis a créé des obstacles géopolitiques artificiels à l’intégration eurasienne alors que Washington cherche à “isoler” Moscou et Téhéran. Il est donc possible que les corridors chinois ne se matérialisent pas aussi rapidement que prévu.

Tous ces facteurs font étonnamment du BTK, la voie actuellement la plus efficace permettant à l’UE, la Turquie et l’Afrique du Nord d’accéder à l’Asie centrale et même à la Chine, une fois que la bonne infrastructure de connectivité sera construite dans la région. Pour l’avenir, même s’il est douteux que cette route devienne le principal couloir du commerce UE-Chine, elle renforcera probablement beaucoup l’influence de la Turquie dans les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale, ce dont de nombreux stratèges turcs ont parlé et qu’ils espèrent depuis 1991 mais qui avait à peine fait quelques progrès depuis. Cela pourrait contribuer à diversifier les partenariats étrangers des gouvernements régionaux et, dans le vrai sens du mot, les rendre plus multipolaires.

En établissant une présence plus solide en Asie centrale, qui est historiquement dans la sphère d’influence de la Russie, la Turquie étendrait également l’interdépendance stratégique complexe qui s’est développée entre Moscou et Ankara depuis que leur rapprochement rapide a débuté l’été dernier. Cela resserrerait à son tour leur partenariat bilatéral et réduirait les chances que les États-Unis réussissent à les tourner les uns contre les autres en raison des dommages collatéraux accrus que cela entraînerait pour leurs intérêts, du fait de la situation géopolitique à long terme et des changements introduits par le chemin de fer BTK.

Andrew Korybko

http://lesakerfrancophone.fr/le-chemin-de-fer-de-btk-est-le-couloir-turque-de-la-route-de-la-soie-vers-lasie-centrale

 

Le Zimbabwe en état de siège

Le Zimbabwe en état de siège

EXPLICATION – La capitale Harare est sous le contrôle d’une partie de l’armée, depuis mardi 14 novembre. Elle réagit à l’éviction, la semaine dernière, du vice-président Emmerson Mnangagwadu par le clan de Grace Mugabe.

A Harare, le 15 novembre.

ZOOM

A Harare, le 15 novembre. / -/AFP

L’armée prend-elle les commandes du pays ?

Depuis mardi 14 octobre, la capitale du Zimbabwe est en état de siège. Des blindés ont pris position dans la ville, des soldats sont déployés aux abords du Parlement, du siège du parti Zanu-PF, le parti présidentiel, et de la Cour suprême. Des explosions ont été entendues dans la nuit de mardi à mercredi et le siège de la télévision et de la radio publique ZBC est passé sous le contrôle direct des militaires.

Mardi matin, le numéro deux de l’armée, le général Sibusiso, a pris la parole à la télévision pour affirmer que leur action n’était pas « une tentative de renverser le gouvernement » : « Nous ne faisons que viser les criminels qui entourent » le chef de l’État, a-t-il poursuivi en lisant un communiqué. « Dès que notre mission sera accomplie, nous nous attendons à ce que la situation retourne à la normale ». Et à propos du président Robert Mugabe, l’officier supérieur a assuré que lui et sa famille « sont sains et saufs et que leur sécurité est garantie ».

À lire : Au Zimbabwe, Robert Mugabe affirme être détenu par l’armée

Du point de vue du parti présidentiel, la Zanu-PF, tout va bien dans le meilleur des mondes au Zimbabwe : les tweets qu’il met en ligne sont des plus déconcertants comme celui-ci « Thanks for your concerns, there is NO coup happening in Zimbabwe. Please continue with your lives and face up to your own problems. » (« Merci pour vos préoccupations, il n’y a pas de coup d’État au Zimbabwe. S’il vous plaît continuez avec vos vies et faites face à vos propres problèmes ».)

Dans ce moment de grande confusion, Robert Mugabe n’a pas encore pu s’adresser directement à la population. Mais l’Afrique du Sud a fait savoir qu’il avait pu joindre au téléphone, mercredi matin, le président Zuma pour lui dire « qu’il était détenu à son domicile ».

De sorte que si les événements actuels qui frappent le Zimbabwe ne sont pas une tentative de renverser le gouvernement, cela y ressemble assez clairement.

Pourquoi est-elle entrée en action ?

Cette opération a été lancée au lendemain du coup d’éclat du chef d’état-major de l’armée zimbabwéenne, le général Constantino Chiwenga. Lundi 13 novembre, il avait dénoncé le limogeage du vice-président Emmerson Mnangagwadu et prévenu que l’armée pourrait « intervenir » si la « purge » ne cessait pas au sein du parti présidentiel, la Zanu-PF.

Longtemps pressenti comme dauphin du président Robert Mugabe, Emmerson Mnangagwa, 75 ans, a été démis de ses fonctions la semaine dernière à la suite d’une querelle avec la première dame, Grace Mugabe, 52 ans.

Ancien héros de la guerre d’indépendance, collaborateur depuis 40 ans de Robert Mugabe, ancien ministre de la justice et vice président depuis en 2014, Emmerson Mnangagwa est une figure importante au Zimbabwe. En 2016, il avait pris la tête d’un groupe de contestataires au sein du parti. Bénéficiant de soutiens dans les rangs de l’armée, des anciens combattants, des modérés du Zanu-PF, Emmerson Mnangagwa est perçu comme le dernier rempart à la prise du pouvoir par Grace Mugabe.

À lire : L’OMS renonce à la nomination de Robert Mugabe

L’ambition politique de Grace Mugabe

Avec l’éviction d’Emmerson Mnangagwa, Grace Mugabe s’est retrouvée en position idéale pour succéder à son époux âgé de 93 ans. Son ambition politique est connue depuis le mois d’août 2014 lorsqu’elle s’est fait désigner, à la surprise générale, à la tête de la puissante ligue des femmes du Zanu-PF. En décembre 2014, elle a participé à la chute de Joice Mujuru, alors la mieux placée pour prendre la tête du parti. Depuis 2014, elle a mis en place ses propres réseaux d’influence comme « Generation 40 » au sein du parti présidentiel et du gouvernement. Une ambition et une stratégie contrariées par les événements en cours à Harare.

Laurent Larcher

Editorial de Bernard Lugan : Quand une « chercheuse » de l’IRSEM s’aventure à parler des ethnies…



Editorial de Bernard Lugan :
Quand une « chercheuse » de l’IRSEM s’aventure à parler des ethnies… 

Durant des années, des  membres du CNRS (Jean-Pierre Chrétien, Jean-Loup Amselle, Catherine Coquery-Vidrovitch ou Elikia M’Bokolo), nièrent l’existence des ethnies. Puis, rejoints et dépassés par les évidences, ils attribuèrent l’origine de ces dernières à la colonisation. Comme si les Africains n’avaient pas eu d’identité avant l’arrivée des colonisateurs…
Aujourd’hui, comme il n’est plus question de nier l’évidence ethnique en raison de l’actualité, les « baise-cul » de l’idéologie officielle ont donc recours à la vieille méthode marxiste consistant à déconsidérer ad absurdum la thèse qu’ils attaquent en lui donnant un énoncé caricatural.
Sonia Le Gouriellec, « chercheuse » à l’IRSEM (Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire), publie ainsi dans Le Monde du 16 octobre 2017, un article archétypique en la matière intitulé « La lecture exclusivement ethnique des conflits en Afrique est fallacieuse ».
Or, nul esprit sensé n’a jamais écrit que l’ethnie explique tout. En revanche, ceux qui connaissent l’Afrique autrement que depuis l’algeco de la place Joffre, savent que rien ne s’explique sans l’ethnie…
Pour fonder sa dialectique, Sonia Le Gouriellec prend l’exemple du Rwanda, société qu’elle ne connaît pas plus que la question ethnique elle-même, en caricaturant outrancièrement ce qui y constitue le soubassement de toutes les relations sociales : « Selon cette lecture (sous-entendu, celle de ceux qui ne pensent pas comme elle), les Tutsi et les Hutu seraient destinés à s’affronter et les massacres seraient le résultat d’une opposition raciste héréditaire et pratiquement constitutive de l’ADN des Rwandais et, plus largement, des Africains, condamnés aux tueries et aux barbaries spontanées sans dimension politique ni instrumentalisation ».
Mais où donc ailleurs que dans ses fantasmes, Sonia Le Gouriellec est-elle allée chercher de telles inepties ? On le comprend quelques lignes plus loin quand elle écrit, paraphrasant Jean-Pierre Chrétien : « C’est à partir du XIXe siècle (sous-entendu avec la colonisation) que le critère racial est intégré… ». Et nous voilà revenus à la théorie de la fabrication de l’ethnie par la colonisation… Bel exemple de pensée à la fois biaisée et totalitaire.
Plus loin, vautrée sous le truisme, notre « chercheuse » à l’IRSEM écrit : « l’ethnie n’est pas une réalité figée ou immuable, mais au contraire se trouve en constante évolution ».
Une fois encore, qui soutient le contraire ? Cependant, est-ce parce que leurs contours évoluent, ce qui est le propre de toutes les sociétés humaines, que les ethnies n’existent plus ou n’existent pas ?
Que Sonia Le Gouriellec utilise les colonnes du Monde pour développer ses élucubrations est une chose. Qu’elle le fasse es-qualités de « chercheuse » à l’IRSEM, en est une autre. Nos soldats qui risquent quotidiennement leur peau en étant confrontés, eux, au réel ethnique, ont en effet besoin de véritables connaissances du milieu sur lequel ils sont projetés, et non de fantasmes idéologiques inspirés de l’air du temps.
Mais allons plus loin: en ces temps de drastiques réductions budgétaires, est-il concevable que, depuis les bureaux feutrés de l’IRSEM, loin de l’ennemi, – et pour quelle utilité ? -, des manieurs de concepts hors sol, fendent les eaux de la sociologie et du contentement de soi en « consommant » des crédits qui font si cruellement défaut à ceux qui, sur le terrain, constatent chaque jour l’inanité de leurs postulats ?
Editorial de Bernard Lugan : Quand une « chercheuse » de l’IRSEM s’aventure à parler des ethnies…

NIGER: ENFIN, UNE GUERRE JOHN MCCAIN N’AIME PAS

NIGER: ENFIN, UNE GUERRE JOHN MCCAIN N’AIME PAS

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07.11.2017

News a d’abord fait le point sur la mésaventure du Niger aux Etats-Unis le 4 octobre. « La vraie nouvelle ici est que les Etats-Unis ont des forces au Niger, où ils mènent des opérations secrètes », a tweeté l’auteur. « Hashtag America First ».

Les médias officiels ont ignoré l’embuscade des forces spéciales américaines, jusqu’à ce que l’histoire gagne la traction anti-Trump. Aucun mot n’est venu de John McCain. Dans trois semaines, le sénateur de l’Arizona fait l’histoire. McCain, qui n’a jamais connu une guerre qu’il n’avait pas envie de poursuivre, s’interroge sur la folie au Niger.

Le sénateur d’Arizona peut courir mais ne peut pas se cacher de la pollution qu’il a laissée sur son chemin politique. Les républicains ont sagement rejeté la guerre au Kosovo; McCain a abandonné la loyauté du parti pour demander des bombes d’en haut et « plus de bottes sur le terrain. » À la perspective de la guerre avec l’Iran, McCain a éclaté en chanson, « Bombe-bombe, bombe-bombe-Iran ». ce goule de guerre sourit. Avant cela, McCain a promis une guerre de 100 ans en Irak.

Le chauvinisme du sénateur McCain a englobé la Syrie, la Géorgie, le Mali, le Nigeria et la Chine. Lorsque les États-Unis ne pouvaient pas changer de régime, comme ils l’ont fait en Afghanistan et en Libye, McCain appelait typiquement un «ami de l’Amérique» imaginé contre un «ennemi de l’Amérique». McCain a de nombreux amis imaginaires.

Là où son pays cible était au-delà de l’intimidation américaine (Russie), l’idée de la reprise d’une guerre froide était une option que McCain aimait. Il fulmine actuellement sur un léger retard dans les sanctions contre la Russie. Quand tous les efforts pour apprivoiser le monde échouent militairement, McCain est partial à l’idée des troupes de l’ONU agissant comme ses substituts, disons au Soudan.

Aucune guerre ne rend Johnny un garçon triste. Mais maintenant, il envisage une assignation à comparaître sur le Niger.

CENTRALISATEUR GLOBAL

Jouer au Niger, ce sont les intérêts de la politique étrangère américaine, ancrés en permanence et immuables. Les observateurs attentifs détecteront un modèle familier. Encore une fois, le parti pris américain est partout dirigé vers un État central puissant et démesuré. Cette vanité a mis nos forces sur une trajectoire de collision avec les intérêts tribaux que l’Amérique cherche à apprivoiser.

En effet, la politique étrangère américaine bafoue souvent l’autorité locale. Il désavoue certainement les séparatistes et décourage généralement toute dévolution significative du pouvoir. Né d’une confédération lâche d’États indépendants, l’Amérique représente maintenant l’État centralisé fort. Nos dirigeants interchangeables s’efforcent de voir la même chose dans les terres tribales du Moyen-Orient et de l’Afrique.

MEDDLING DANS LA GUERRE CIVILE DU YEMEN

Au Yémen, l’Amérique s’efforce d’imposer une autorité centrale sur les «cheikks du chahut». Au Sud seulement, le Yémen compte 14 principautés. Les sécessionnistes du Sud sont en guerre avec le nord depuis au moins 139 ans. Là, «même l’eau embouteillée», note l’économiste, «s’appelle« Sud ». Il n’y a pas de Yémen unifié. N’a jamais ete.

Dans cette mêlée, les États-Unis ont pataugé. Notre colosse de la politique étrangère est si stupide et dangereux qu’il imagine que l’Amérique combat Al-Qaïda en soutenant la coalition menée par l’Arabie saoudite pour vaincre les rebelles Houthi du Nord. Les rebelles Houthi du nord, cependant, portent clairement plusieurs chapeaux. Plus encore que la coalition envahissante, les rebelles sont de la communauté et souvent pour la communauté.

Comme le remarquent les partenaires émirati américains au Yémen, «Motiver les recrues à aller vers le nord est une tâche ardue, même avec le paiement de primes. Ceux qui étaient heureux de se battre pour leur propre maison semblent ne pas vouloir se battre pour quelqu’un d’autre. « 

Est-ce que l’armée de l’Empire se limiterait à ce mandat constitutionnel: se battre pour la maison et le foyer et pas plus. Hélas, nos soldats ont été propagandisés pour confondre la lutte pour la liberté américaine avec des combats au Niger, au Burkina Faso (oui, je sais) et au Mali.

En fin de compte, tous les endroits choisis par l’Amérique sont trop complexes pour être saisis par l’esprit prosaïque des États-Unis, car nous sommes instruits de voir des sociétés différentes des nôtres à travers un prisme d’anges et de démons.

Plus encore qu’au Moyen-Orient, l’Afrique est déchirée par des intérêts et des dynamiques tribaux. Ceux-ci, McCain ou CENTCOM (le Commandement Central des Etats-Unis) n’ont aucun espoir de compréhension, parce qu’ils sont attachés à l’idée que leur propre maison (l’Amérique) n’est rien d’autre qu’une idée, et jamais une communauté de chair et de sang. des personnes partageant un patrimoine précieux.

ET MAINTENANT, NIGER

À leur crédit, la fidélité des Africains n’est pas de déraciner les propositions politiques – la démocratie, les droits de l’homme, le mariage homosexuel et les salles de bains communes – mais les uns envers les autres. Ils vont tuer pour le clan et la famille. (Et ils s’entretuent aussi.)

Le Niger n’est pas différent. On vous dit que les Américains et les Français renforcent les forces locales du Niger contre le mythique ISIS. Balivernes. Ce n’est jamais le cas. En Afrique, comme en Afghanistan ou en Irak, les conflits sont régionaux, tribaux, anciens, voire anciens.

Tongo-Tongo, le village nigérien qui a tendu une embuscade à nos bérets verts sans méfiance, n’avait pas été «infiltré» par des forces hostiles; c’est le point de vue du gouvernement central du Niger, lui-même un développement très récent. Si le passé est un prologue, il est juste de supposer que le gouvernement du Niger est investi dans le développement en tant qu’état client français et américain avec tous les avantages qui en découlent.

Les villageois ont probablement appris à ne pas attendre que l’État leur fournisse des retombées. Les villageois de Tongo-Tongo ont incité nos forces à forger, donnant juste assez de temps à leurs bienfaiteurs militants pour créer une embuscade dans une zone d’abattage.

Imaginer! Les locaux n’apprécient pas particulièrement la visite des patrouilleurs américains et français et de leurs marionnettes nigériennes.

Encore une fois, le Niger dépend fortement des pots-de-vin de l’Occident (l’aide étrangère, nous l’appelons). Nous récompensons Niamey (la capitale) pour jouer à des jeux de guerre avec nous. C’est un autre cas d’une terre tribale islamique, si multiethnique, dont les gens ne veulent pas d’Américains là-bas. (Et même si les gens de la région nous voulaient là-bas, l’Amérique n’a rien à faire là-bas.) Les déplorables ont voté contre le concept de rendre le Niger, le Burkina Faso et le Mali encore meilleurs.)

Donc, si la haine de John McCain envers le président Trump a poussé le plus chaud des bellicistes américains à remettre en question l’intervention américaine au Niger, c’est une bonne chose.

 

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