Archives pour la catégorie Afrique

Les News d’Afrique de la semaine du 7 au 13 janvier 2019

Les News d’Afrique de la semaine du 7 au 13 janvier 2019

le 10 janvier 2019

 

L’économie en Afrique en 2019

La croissance économique de l’Afrique enregistrée en 2018 se poursuivra en 2019 en Afrique sub-saharienne pour atteindre les 3,6 % en moyenne au cours des deux prochaines années, selon les estimations de la Banque mondiale.

Baisse de la valorisation boursières des principales banques d’Afrique

La valorisation boursière des 30 plus importantes banques cotées sur les bourses africaines, a atteint 119,8 milliards à la fin de l’année 2018, a pu constater l’Agence Ecofin des données disponibles sur ces marchés financiers.

Plus de 4500 milliards FCFA de crédits au premier semestre par les banques de la Cemac

Dans l’espace communautaire, note le rapport de la Banque centrale sur l’évolution des taux débiteurs pratiqués par les banques dans la zone Cemac, les établissements bancaires ont de manière globale accordé 4500,22 milliards FCFA à l’économie sous-régionale sur les six premiers mois de l’exercice 2018.

Fairfax Africa Holdings injecte 51,2 millions $ dans le sud-africain Consolidated Infrastructure Group

Fairfax Africa Holdings, une société d’investissement canadienne, axée sur l’Afrique a annoncé l’acquisition de 178,99 millions d’actions ordinaires du groupe sud-africain Consolidated Infrastructure Group pour 715,9 millions de rands (environ 51,2 millions de dollars).

Le Burkina Faso fait son bilan économique annuel

Le ministère burkinabè du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat a rendu publiques, lundi, ses activités au cours de l’année écoulée. Malgré les circonstances difficiles qui ont prévalu en 2018, marquée, entre autres, par la précarité du contexte sécuritaire, les régulations budgétaires et la faiblesse des appuis budgétaires de la part des partenaires techniques et financiers du Burkina Faso, le ministère indique avoir fait preuve de détermination pour la réalisation des activités programmées. Il s’agit, entre autres, de la couverture de toutes les régions par les CEFORE (Centres de formalités des entreprise), la création de 12 206 entreprises au niveau des CEFORE, l’appui-conseil et la formation de 21 188 entreprises et la réforme de la rencontre gouvernement-secteur privé.

Gabon : 40 millions d’euros de la BAD pour le nouveau terminal du port d’Owendo

Point de passage obligé pour les importations et les exportations gabonaises, le GSEZ New Owendo International Port (NOIP), situé au sud de la capitale Libreville, est en pleine modernisation. Pour en assurer l’expansion, le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement a approuvé, le vendredi 14 décembre 2018, un prêt de 40 millions d’euros en faveur du Gabon.

Le groupe bancaire indien Bank of Baroda liquide sa filiale ghanéenne

Le groupe bancaire indien, Bank of Baroda, a procédé à la liquidation de sa filiale ghanéenne, à quelques jours de la date limite du respect du nouveau seuil de capital minimum de 400 millions de cedis (environ 82 millions de dollars), exigé par la Banque centrale du Ghana.

Ghana : Gros coup de boost pour le textile

L’industrie du textile au Ghana vient de bénéficier d’un sérieux coup de boost. Le gouvernement a décidé de réduire à zéro la TVA sur l’approvisionnement en produits textiles locaux et ce pendant trois ans. Cette mesure gouvernementale a pour objectifs de réduire les coûts de fabrication, de rendre les produits textiles locaux plus compétitifs et de les aider à concurrencer l’importation de produits bon marché. En outre, cela devrait réduire le coût de l’habillement pour la population.

 

Mali : la BNDA va décaisser 462 milliards de F CFA pour booster l’économie

Selon le compte-rendu, les administrateurs ont pris connaissance de la situation de la banque au 31 octobre 2018, l’atterrissage au 31 décembre 2018 et d’autres documents relatifs à l’entrée en vigueur des circulaires depuis juillet 2018.

Nigeria : le champ pétrolifère Egina de Total entre en production

Au Nigeria, la société énergétique française Total a annoncé le lancement de la production de pétrole brut sur son champ Egina, situé à environ 1 600 m de profondeur d’eau. Celui-ci devrait permettre d’extraire 200 000 b/j, ce qui équivaudrait à 10% de la production pétrolière du pays.

Niger : Orange et Airtel autorisés à rouvrir leurs bureaux à Niamey

Sous scellés depuis un mois, les locaux d’Orange Niger et d’Airtel ont été réouverts à l’issue de négociations confidentielles. La Direction générale des impôts nigérienne (DGI) et les deux principaux opérateurs téléphoniques du pays, Orange Niger et Airtel, viennent de trouver un accord pour mettre fin au bras de fer qui les oppose depuis plus d’un mois aux autorités. Selon des médias locaux, la filiale du groupe Orange a consenti à régler une partie des 22 milliards francs CFA (34 millions d’euros) que lui réclamait le fisc nigérien pour « non-paiement d’impôt ».

Nigéria : la valeur de marché de l’action Lafarge Africa s’effondre

Sur le Nigerian Stock Exchange, le marché financier nigérian basé à Lagos, la valeur de l’action Lafarge Africa (filiale locale du géant mondial Lafarge-Holcim) a baissé lundi (7 janvier) de 1,7% pour se situer à 11,35 Nairas (monnaie nigériane). En soit cette baisse n’est pas une surprise, car cette tendance a été observée tout au long de l’année 2018.

Sénégal : Appel au renforcement du financement des PME

Le directeur des petites et moyennes entreprises (PME) au Sénégal, Pape Demba Ndao, a plaidé, mardi, pour un renforcement des financements de ces structures, relevant aussi l’importance du secteur privé dans la création de richesses et d’emplois. Le financement des PME reste une problématique majeure, selon M. Ndao qui intervenait au cours d’une conférence de presse, en prélude de la deuxième édition du Forum de la PME sénégalaise, dont l’ouverture est prévue jeudi, à Dakar.

 

Tanzanie : bailleurs et donateurs perdent patience face à la dégradation des droits de l’homme

Certains ont déjà suspendu des millions de dollars de don ou de crédit tandis que d’autres menacent de passer à l’action : les bailleurs de fonds et donateurs de la Tanzanie perdent patience face à la dégradation des droits de l’homme sous la présidence de John Magufuli.

Le président tanzanien entend tirer profit des crises dans d’autres pays

Le président tanzanien John Magufuli, réputé pour ses déclarations parfois abruptes et controversées, a exhorté vendredi différents ministères de son pays à tirer profit des situations de crises générant des flux de réfugiés, en vendant des vivres destinées à l’aide alimentaire internationale.

Le Togo prend le pouls du marché financier sous régional

Le Togo va renouer dans quelques jours avec le marché financier de la sous-région, avec pour objectif de mobiliser d’ici la fin de l’année, 390 milliards FCFA dont 95 au premier trimestre.

Tunisie: Syphax Airlines obtient le feu vert pour reprendre ses activités

La compagnie aérienne privée Syphax Airlines, qui avait cessé ses activités en 2015 suite à des difficultés financières, a annoncé avoir obtenu un nouveau certificat d’opérateur aérien (Air Operateor’s Certficate/ AOC) auprès du ministère tunisien du Transport.

Tunisie : 7,5% d’inflation en 2019

Le taux d’inflation en Tunisie s’est établi à 7,5%, pour le mois de décembre dernier et pour toute l’année 2018, contre 6,4% en 2017, 4,2% en 2016 et 4,1% en 2015, selon les résultats de l’enquête des prix à la consommation, publiés par l’Institut national des statistiques (INS). Le taux d’inflation a connu des augmentations successives allant de 6,9% en janvier 2018, à 7,8% au mois de juin, suivi d’une stabilité à 7,4% durant la période de septembre à novembre 2018, pour atteindre le niveau de 7,5%, au mois de décembre 2018, précise-t-on. La même source révèle que le taux d’inflation sous-jacente «hors alimentations et boissons et hors énergies » s’est établi à un niveau de 8%. Les prix de produits libres (non administrés) ont évolué de 8,3%, sur une année, contre 4,9% pour les prix administrés. En décembre 2018, l’indice de prix à la consommation a augmenté de 0,5%, par rapport au mois de novembre 2018, et ce en raison notamment de la remontée des prix du groupe alimentation et boissons de 0,5%, suite à la hausse des prix des viandes ovines de 1,8%, des œufs de 1,2% et des chocolats et gâteaux de 0,9%, souligne l’Institut. Et de préciser qu’à partir de janvier 2019, les résultats de l’inflation seront publiés sur l’année de base 2015, au lieu de l’année de base 2010.

 

https://lnt.ma/news-dafrique-de-semaine-7-13-janvier-2019/

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Selon la Banque mondiale, l’économie subsaharienne croît plus vite que celle du reste du monde

Économie

Selon la Banque mondiale, l’économie subsaharienne croît plus vite que celle du reste du monde

09 janvier 2019 à 14h42 | Par

Selon ses perspectives 2019, rendues publiques le 8 janvier, la Banque mondiale s’attend à une nouvelle accélération de la croissance en Afrique subsaharienne qui passerait de 2,6 % en 2017 à 2,7% en 2018 et à 3,4 % en 2019.

Alors que a croissance mondiale connaît un coup de frein – elle reviendrait de 3,1 % en 2017 à 3 % en 2018 et à 2,9 % en 2019, celle de l’Afrique subsaharienne, elle, devrait atteindre les 3,4 % en 2019.

La raison de ce rebond africain est le rétablissement de ses trois grandes économies, le Nigeria (+2,4 % en 2019), l’Afrique du Sud (+ 1,3 %) et l’Angola (+ 2,6 %). La meilleure tenue des cours du pétrole pendant une partie de l’année 2018 y a aussi contribué, ainsi que de bonnes récoltes en général.

On notera que les pays pauvres en ressources naturelles se portent et se porteront nettement mieux que les autres, comme le prouve la liste des dix économies les plus dynamiques, où l’on trouve peu de grands pays exportateurs d’hydrocarbures. Y sont présents l’Éthiopie (+ 8,8 % en 2019), le Rwanda (+7,8 %), la Côte d’Ivoire (+ 7,3%), le Ghana (+ 7,3 %), la Tanzanie (+ 6,8 %), le Sénégal (+ 6,6 %), le Niger (+ 6,5 %), le Bénin (+ 6,2 %), le Burkina Faso (+ 6 %) et l’Ouganda (+ 6 %).


>>> À LIRE : Enquête : un vent de libéralisation souffle sur l’Éthiopie


Vulnérabilité accrue aux fluctuations des taux de change

Il ne faut pas s’attendre pour autant à la persistance de ce découplage entre les conjonctures subsaharienne et mondiale. La Banque constate une forte montée des risques. « Une croissance plus lente que prévu dans la zone euro et en Chine devrait avoir des répercussions négatives sur la région, qui se manifesteraient par une baisse de la demande d’exportations et une diminution des investissements », prévient-elle.

« Les producteurs de métaux de la région seraient probablement durement touchés par l’escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. Une normalisation plus rapide que prévu de la politique monétaire des pays avancés pourrait se traduire par de fortes réductions des apports de capitaux, le renchérissement des coûts de financement et de brusques dépréciations des taux de change. La dépendance accrue à l’égard des emprunts en devises a accru les risques de refinancement et la vulnérabilité aux fluctuations des taux de change dans les pays débiteurs », avertit-elle, en alertant sur l’incertitude politique qui pourrait ralentir les réformes économiques et « continuer à peser sur les perspectives de nombreux pays ».

https://www.jeuneafrique.com/701443/economie/selon-la-banque-mondiale-leconomie-subsaharienne-croit-plus-vite-que-celle-du-reste-du-monde/

Entretien avec Philippe Hababou Solomon, l’intermédiaire qui a introduit Alexandre Benalla en Afrique

Diplomatie

Entretien avec Philippe Hababou Solomon, l’intermédiaire qui a introduit Alexandre Benalla en Afrique

30 décembre 2018 à 18h35 | Par – à Abidjan

L’homme d’affaires franco-israélien explique à Jeune Afrique comment il a fait la connaissance d’Alexandre Benalla et dans quelles conditions il s’est rendu avec l’ancien chargé de mission de l’Élysée au Congo-Brazzaville, au Cameroun et au Tchad.

Philippe Hababou Solomon aurait-il « pris sous son aile » Alexandre Benalla s’il avait su que les déplacements en Afrique de l’ancien chargé de mission de l’Élysée susciteraient une telle polémique ? Polémique à laquelle l’homme d’affaires franco-israélien se retrouve mêlé bien malgré lui.

Comme l’a révélé le journal Le Monde, c’est en compagnie de cet ancien conseiller spécial de l’ex-président sud-africain Jacob Zuma qu’Alexandre Benalla s’est rendu au Congo-Brazzaville, au Cameroun puis au Tchad. En France, la polémique ne cesse d’enfler depuis qu’il est avéré qu’Alexandre Benalla s’est déplacé sur le continent avec l’un de ses deux passeports diplomatiques. Une enquête préliminaire a d’ailleurs été ouverte par le parquet de Paris.

Né en Tunisie, Philippe Hababou Solomon, 63 ans, a eu mille vies. Il fut joaillier place Vendôme, condamné en France pour faux et usage de faux, il a côtoyé Bernard Tapie ainsi que l’ancien patron d’Elf, Loïk Le Floch-Prigent, et fut proche de l’ancien président centrafricain François Bozizé, qui le nomma un temps consul de la RCA en Israël.

Après avoir été pendant quelques années le conseiller spécial du président Jacob Zuma, à partir de 2011, il accompagne désormais le gouvernement du Qatar dans sa stratégie africaine et s’enorgueillit d’être l’un des artisans du rapprochement diplomatique entre l’émirat du Golfe et le Tchad. Philippe Hababou Solomon explique à Jeune Afrique dans quelles conditions il a fait la connaissance du sulfureux Alexandre Benalla et pourquoi l’ancien conseiller d’Emmanuel Macron l’a accompagné dans plusieurs de ses missions en Afrique.

Jeune Afrique : Comment avez-vous rencontré Alexandre Benalla ?

Philippe Hababou Solomon : Par un ami commun, qui m’a parlé de lui après le scandale du 1er mai 2018. Il m’a dit : « C’est un bon garçon, aide-le, sort-le de France… » Au départ, je n’étais pas très chaud. J’ai tout de même accepté de le rencontrer à Paris, début octobre. Il m’a dit qu’il voulait se lancer dans le consulting. J’ai découvert un garçon brillant, attachant, avec un bel avenir devant lui. Je comprends pourquoi Emmanuel Macron s’est attaché à lui. Alexandre est parfois impulsif, mais il est aussi réservé et timide.

Nous sommes allés au Congo-Brazzaville mi-octobre ; en Turquie et en Israël mi-novembre, avec des Indonésiens ; puis au Cameroun, et enfin au Tchad le 5 décembre

Vous avez donc décidé de travailler avec lui ?

Ce n’était pas mon employé, mais plutôt un compagnon de voyage. Je l’ai pris en apprentissage, si vous préférez. Nous sommes allés au Congo-Brazzaville mi-octobre ; en Turquie et en Israël mi-novembre, avec des Indonésiens ; puis au Cameroun, et enfin au Tchad le 5 décembre.

Dans quel cadre ?

Au Congo, j’accompagnais l’ancien Premier ministre de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo, qui compte se présenter à la prochaine élection présidentielle et dont Denis Sassou Nguesso est le mentor. Nous avons dîné avec le chef de l’État dans son village d’Oyo.

Au Cameroun et au Tchad, nous accompagnions une délégation turque de Barer Holding [une joint-venture entre le Qatar et la Turquie qui possède une grande usine au Soudan, ndlr]. Je les avais aidés à boucler la livraison d’uniformes à l’armée tchadienne, pour 5 millions de dollars. Barer veut désormais relancer la Manufacture d’équipements militaires (Manem).

À Yaoundé, nous avons également évoqué la vente d’uniformes aux forces de sécurité camerounaises et la construction d’une usine de textile – militaire et corporate. Nous avons rencontré le directeur de cabinet du président Biya et le chef d’état-major des armées.

Comment les personnalités africaines que vous avez rencontrées ont-elles réagi à la présence d’Alexandre Benalla à vos côtés ?

Avec curiosité et amusement. Benalla est franc-maçon, comme Denis Sassou Nguesso : ça rapproche… Lorsque le directeur de cabinet de Paul Biya a su qu’il était présent, il a tenu à le rencontrer. Nous avons discuté tous les trois pendant 1h30. Il s’est plaint du manque d’intérêt de la France envers ses anciennes colonies.

Après notre rendez-vous d’affaires avec Idriss Déby Itno, celui-ci a demandé à Benalla de rester un peu avec lui. Il lui a parlé de la percée russe en Afrique, notamment en Centrafrique, estimant que c’était le résultat de la non-politique de la France. En gros, tous ont exprimé leur regret de voir la France s’éloigner de l’Afrique. Ils ont le sentiment que Franck Paris [le monsieur Afrique de l’Élysée, ndlr]) ne les aime pas, et qu’il n’aime pas le continent en général.

Benalla a-t-il fait part de ces doléances à l’Élysée ?

Je l’imagine, sans toutefois en avoir la certitude. Alexandre est toujours en contact avec certains jeunes conseillers d’Emmanuel Macron. Je pense d’ailleurs que c’est ce qui n’a pas plus à Franck Paris. C’est lui qui, en retour, a déclenché les hostilités et qui est le premier responsable de cette nouvelle affaire Benalla.

C’est lors de notre séjour sur place, à N’Djamena, que nous avons appris que le président français s’y rendrait

Que pensent ces chefs d’État de la polémique en cours en France ?

Idriss Déby Itno et son entourage en rigolent. Ils savent bien que Benalla n’était pas à N’Djamena pour préparer la visite du président Macron : il n’était pas en mission pour l’Élysée. D’ailleurs, c’est lors de notre séjour sur place que nous avons appris que le président français s’y rendrait.

J’imagine que Denis Sassou Nguesso n’a pas apprécié que Franck Paris l’appelle directement à ce sujet pour lui signifier que personne d’autre que lui ou le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et le conseiller diplomatique du président, Philippe Étienne, ne pouvait parler au nom du président français. En général, un chef d’État ne reçoit pas d’appel d’un simple conseiller, mais de son homologue.

Saviez-vous qu’Alexandre Benalla voyageait avec un passeport diplomatique français ?

Oui, bien sûr. J’ai trouvé ça un peu surprenant, mais ce n’était pas la première fois que je voyais ça. Personnellement, je voyage avec un passeport diplomatique bissau-guinéen. Alexandre Benalla m’a dit que ses passeports lui avaient été rendus avec ses autres effets personnels, début octobre. Si la France avait vraiment voulu l’empêcher de les utiliser, elle aurait très bien pu les désactiver.

Continuerez-vous de travailler avec lui ?

Nous devions nous rendre ensemble dans un pays d’Afrique de l’Ouest, mais je vais sans doute attendre pour cela que cet emballement médiatique se soit calmé. En tout cas je ne vais pas le lâcher ! Par contre, Benalla ne passe pas tout son temps avec moi, cela a été très ponctuel. C’est un électron libre qui cherche sa voie. Il est assez sollicité et connaît beaucoup de monde en France.

Synthèse de l’actualité internationale de décembre 2018

12/18 Actualité internationale

Synthèse de l’actualité internationale de décembre 2018

Par Axelle DEGANS, le 30 décembre 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Agrégée d’histoire, Professeure de chaire supérieure au lycée Faidherbe (Lille) où elle enseigne la géopolitique en classes préparatoires économiques et commerciales. Membre du laboratoire HABITER (EA 2076) de l’Université Reims Champagne-Ardenne. Elle est notamment auteure de A. Degans, « Réussite aux concours 2019 ! La synthèse de l’actualité internationale 2018 », éd. Diploweb, via Amazon, 2019.

Voici une synthèse de l’actualité internationale de décembre 2018 qui sera fort utile à tous ceux qui veulent disposer d’un point de l’actualité géopolitique, voire préparent un concours. Pour ne rien manquer, et recevoir nos alertes sur des documents importants, le plus simple est de s’abonner gratuitement à notre Lettre d’information hebdomadaire ou au compte twitter de veille géopolitique @diploweb (+ de 12 000 followers)

Le sort des urnes

En Géorgie, Salomé Zourabichvili est devenue en décembre 2018 la nouvelle présidente de la Géorgie, république du Caucase. C’est la dernière élection présidentielle qui procède du suffrage universel direct, la prochaine sera indirecte, le président étant choisi par les parlementaires. La nouvelle présidente est connue en France pour avoir précédemment embrassé une carrière au Quai d’Orsay.

Andry Raejolina a remporté en décembre 2018 les élections présidentielles malgaches avec un peu plus de 55 % des suffrages exprimés pour une participation d’un peu moins de 50%. La commission électorale doit confirmer les résultats alors que son challenger dénonce des fraudes électorales. Cette élection a été l’occasion de dépenses somptuaires alors que le revenu moyen des malgaches est aujourd’hui inférieur à celui du moment de l’indépendance. Le pays est gangréné par la corruption et le système de la « rapine », c’est-à-dire des prélèvements effectués sur les produits exportés.

En République démocratique du Congo (RDC) les élections présidentielles prévues pour décembre 2018 ont de nouveau été repoussées, ce qui laisse planer de fortes inquiétudes. Une vingtaine de candidats se présentent pourtant à ces élections. … L’Eglise catholique, une des rares structures qui maille encore l’ensemble du territoire congolais, promet d’être vigilante et de veiller à ce que le scrutin puisse se dérouler dans les meilleures conditions possibles. Joseph Kabila est président depuis la mort de son père – le seigneur de guerre Laurent-Désiré Kabila -en 2001. Il a été élu en 2006 puis en 2011. Les élections présidentielles auraient dû se tenir en 2016, mais elles sont depuis sans cesse ajournées, le président – qui ne peut se présenter pour un troisième mandat – restant au pouvoir. Le report partiel des élections, qui doivent se tenir le 30 décembre, n’est pas un bon signe.

Les nouvelles d’Afrique

En Tunisie, huit années presque jour pour jour après l’immolation du jeune Mohamed Bouazizi (décembre 2010) qui a été le point de départ de la « révolution du jasmin » et plus généralement des révoltes arabes, un autre jeune, journaliste cette fois-ci, s’est immolé en décembre 2018 à Kasserine. Il a voulu, par son geste désespéré, dénoncer l’absence de perspective d’avenir dans son pays. Des heurts ont éclaté dans plusieurs villes tunisiennes, montrant que rien n’est réglé depuis la chute du président Ben Ali (2011) et la transition vers la démocratie. La situation économique et sociale reste bloquée, pour le malheur d’une jeunesse nombreuse et diplômée. L’islamisme radical monte dans ce pays où l’avenir semble sombre.

Le danger djihadiste est loin d’avoir disparu au Sahel comme le rappelle les récents affrontements au Mali. Le président Emmanuel Macron est allé réveillonner avec les troupes françaises au Tchad, réaffirmant ainsi son soutien à l’engagement militaire au côté du G5 Sahel (Tchad, Burkina Faso, Mali, Niger et Mauritanie). Il demande à l’Union européenne de contribuer au plus vite au financement de cette action commune visant à éloigner le danger djihadiste de l‘UE.

Au Maroc, deux jeunes touristes scandinaves ont été assassinées en décembre 2018 par des djihadistes. Une révélation perturbante pour le royaume chérifien. Au Niger, une centaine d’écoles ont été fermées en raison de menaces djihadistes.

Les Etats-Unis de Donald Trump

Synthèse de l'actualité internationale de décembre 2018
Général James Mattis
Source : Wikipédia

Le président Donald Trump annonce en décembre 2018 le retrait les troupes américaines de Syrie, déclarant que l’Etat islamique a définitivement été battu… mais rien n’est moins sûr. Il tient ainsi une de ses promesses électorales. C’est une décision assez populaire au sein de la population américaine, attachée à l’« America first ». Les effectifs militaires engagés (2 000 en Syrie et 14 000 en Afghanistan) devraient être divisés par plus de deux, mais les effectifs en Irak (5 200 hommes) devraient être maintenus. Cette décision, essentiellement décidée pour des considérations internes aux Etats-Unis n’est pas étrangère à la démission du secrétaire à la Défense, le général James Mattis. Elle pénalise les Kurdes que Washington avait jusque là soutenus mais satisfait grandement la Turquie qui ne veut pas de la création d’un Kurdistan indépendant.

Les Etats-Unis sont de nouveau confrontés en décembre 2018 à un « shut down », comme ils l’ont déjà été sous les mandatures de Bill Clinton ou Barack Obama. Le Congrès américain doit donner son accord pour un dépassement de budget – creusant donc davantage le déficit – pour financer la politique voulue par le président. Sinon, les fonctionnaires arrêtent d’être payés et des administrations ferment leurs portes. Il s’agit du troisième « shut down » de l’année 2018 après ceux des mois de janvier et février. Le bras de fer avec les parlementaires se cristallise autour du financement du mur que Donald Trump a promis d’ériger à la frontière avec le Mexique.

Le quarante-et-unième président des Etats-Unis, Georges Herbert Bush est décédé. Il a reçu des hommages nationaux et même internationaux. Il a été le président de la fin de la Guerre froide et de la guerre du Golfe, deux guerres gagnées par les Etats-Unis. L’actuel président a ostensiblement marqué une certaine indifférence à cette occasion.

La bulle qui s’est formée avec les cryptomonnaies – comme le bitcoin – au cours de l’année 2017 a fini par éclater en 2018. Ainsi, l’indice Bloomberg des cryptomonnaies les plus importantes a baissé de 80%, pour le plus grand malheur des spéculateurs qui y ont cru. Le krach des cryptomonnaies correspond aussi à une très mauvaise année boursière

Quelques nouvelles d’Asie

Le Japon est confronté à un environnement qu’il perçoit comme de plus en plus dangereux. Moscou a décidé de construire des bâtiments pour accueillir des soldats russes sur les iles Kouriles revendiquées par le Japon. Inquiet face à une Chine dont l’affirmation ne lui apparait pas pacifique, de l’imprévisibilité de la Corée du Nord, le Japon vient d’accroitre en décembre 2018 son budget militaire de plus de 200 milliards d’euros sur les cinq prochaines années, pour acquérir de nouveaux avions de chasse auprès de Washington et transformer deux porte-hélicoptères en porte-avions.

Le Qatar, qui est l’objet d’un boycott de ses voisins emmenés par l’Arabie saoudite, a décidé de façon très symbolique de sortir en décembre 2018 de l’OPEP, le cartel des exportateurs de pétrole. C’est une manière de montrer sa résistance face à la politique de Riyad.

Une angoissante nouvelle vient de se produire, la naissance de bébés – des jumelles – génétiquement modifiées. Elles le sont pour résister au Sida, une maladie qui n’afflige pas sa famille et qui n’empêche pas de naissance viable. Le chercheur et généticien français Axel Kahn a des mots très durs vis-à-vis de celui qui a permis cette naissance, qui ne relève d’aucune avancée scientifique mais d’une simple « audace » pour entrer dans l’Histoire. Il ajoute que le Sida ne sera peut-être même plus un fléau du monde quand ces petites chinoises parviendront à l’âge adulte, par contre, le code génétique de ces enfants est modifié sans en avoir la maitrise complète. Le médecin a une terrible responsabilité envers elles, qu’il ne pourra jamais assumer. Un terrible précédent pour une humanité qui n’a rien à gagner à jouer aux apprentis-sorciers avec la génétique.

L’Indonésie est de nouveau frappée en décembre 2018 par des catastrophes naturelles après celles qui ont endeuillé l’archipel durant l’été 2018. Cette fois-ci l’activité du volcan Krakatoa est responsable d’un tsunami qui a frappé la région du détroit de la Sonde – le détroit le plus utilisé dans la région après celui de Malacca – et provoqué la mort de plus de quatre cent trente personnes.

Une gouvernance mondiale contestée

La COP 24 s’est tenue en décembre 2018 en Pologne, à Katowice. Après les engagements pris à Paris lors de la COP 21 concernant la limitation des gaz à effet de serre (GES) pour contenir le réchauffement climatique, force est de constater que ceux-ci n’ont pas réellement été tenus. Les ambitions affichées en Pologne sont bien plus modestes. Un sommet pour rien ?

L’ONU a fait signer en décembre 2018 un pacte sur les migrations qui est dénoncé par certains pays. Ainsi, les Etats-Unis, certains pays européens (Autriche, la Bulgarie, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Pologne la République tchèque ou la Suisse), l’Australie, le Chili, ou Israël ont refusé de le ratifier. La signature apposée par Bruxelles a provoqué une crise gouvernementale en Belgique. Si l’ONU met en valeur que les Etats signataires conservent leur souveraineté en matière migratoire, les Etats non signataires craignent, eux, que ce texte devienne un argument de droit pour de futurs et possibles recours en justice alors que ce texte ne fait pas suffisamment la part entre migrations légales et migrations illégales.

La réunion du G20 – les vingt premières économies mondiales – s’est tenue en décembre 2018 à Buenos Aires, en Argentine. Elle n’a débouché sur « aucun recul », manière très diplomatique de ne pas dire que rien n’a fait plier Donald Trump, moins enclin au libre-échange multilatéral que ses prédécesseurs. Les entretiens bilatéraux se sont en revanche multipliés en marge de cette réunion.

Une Europe agitée

Dans l’Union européenne, les manifestations se multiplient en décembre 2018. En Hongrie contre le pouvoir de Viktor Orban [1]. En France, les gilets jaunes manifestent tous les samedi depuis le milieu du mois de novembre. A Bruxelles contre le pacte migratoire signé sous l’égide de l’ONU. Ces manifestations témoignent d’un vrai malaise qui saisit les Européens.


Bonus vidéo. L’Union européenne est-elle condamnée à l’impuissance ?


Le sommet de Bruxelles de décembre 2018 aboutit à la décision de créer un instrument budgétaire de la zone euro pour parvenir à un budget d’investissement.

En France, l’indice de fécondité s’élève désormais à 1,92 enfant par femme après s’être stabilisé autour de 2 enfants pour la période 2006-2014. Les générations ne sont donc plus renouvelées, ce qui accentue le vieillissement de la population.

Dans les Balkans, le Kosovo annonce en décembre 2018 sa volonté de créer une armée d’environ 5000 hommes pour remplacer les 2 500 hommes des forces de sécurité du Kosovo. Celui-ci est sous perfusions internationales, et la KFOR – dépendant de l’OTAN – assure sa sécurité. Si les aspirations du Kosovo sont soutenues par Washington, le Secrétaire général de l’ONU appelle à la retenue et la Serbie manifeste son mécontentement.

A Cuba, l’après Castro en désenchantement ?

A Cuba, la situation économique continue à se dégrader après le revirement de la politique de Washington. Les pénuries alimentaires s’aggravent, y compris pour les produits de première nécessité comme la farine et donc le pain. La situation de décembre 2018 n’est pas sans rappeler la crise sévère – la « période spéciale » – qu’a traversé l’ile au lendemain de la chute de l’URSS (décembre 1991) qui finançait le régime castriste. Le président cubain Miguel Diaz-Canel s’est récemment fâché avec le nouveau président brésilien Bolsonaro, et donc l’un de ses importants partenaires économiques. Russie et Chine pourraient être des recours pour la Havane, dont le régime quasi autistique se préoccupe aujourd’hui de l’informatisation de l’ile…

La Havane a aussi décidé d’encadrer davantage les entrepreneurs privés pour lutter contre le travail illégal. Or près de 13% de la population travaille désormais à son compte, les « cuentapopistas », souvent de petits artisans ou commerçants. Il s’agit aussi pour le pouvoir d’inciter les étrangers à investir dans l’ile.

Bonnes nouvelles

En France, la ville de Grasse vient d’être classée en décembre 2018 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO pour ses savoir-faire, déjà mondialement reconnus, dans le domaine du parfum.

Un bien fragile cessez-le-feu est signé en décembre 2018 entre les protagonistes de la guerre du Yémen. Ce conflit a déjà tué près de 100 000 civils et causé l’une des pires catastrophes humanitaires de ce nouveau siècle. Plus de 15 millions de Yéménites sont en situation d’ « urgence alimentaire ».

Les Françaises sont en décembre 2018 championnes du monde de handball, un véritable exploit, qu’elles réitèrent après leur premier titre mondial décroché en 2003.

Je vous présente mes meilleurs vœux pour 2019 en espérant une belle année géopolitique !

Copyright décembre 2018-Degans/Diploweb.com

https://www.diploweb.com/Synthese-de-l-actualite-internationale-de-decembre-2018.html?utm_source=sendinblue&utm_campaign=NL221Lactualit_internationale&utm_medium=email

Indéveloppable Afrique ?

vendredi 30 novembre 2018

L’Afrique Réelle n°108 – Décembre 2018

Sommaire

Numéro spécial :

Editorial de Bernard Lugan :

Depuis les indépendances de la décennie 1960, les pays dits « riches » ont donné – et non prêté – plus de 2000 milliards de dollars à l’Afrique. En plus de ces dons, ils lui ont consenti de considérables effacements de dette. Plus de 97 milliards de dollars en 2009 pour une dette totale de 324,7 milliards de dollars (ONU, 2010). Le tout, pour un résultat proche de néant puisque le développement ne s’est produit nulle part. Comment aurait-il d’ailleurs pu se faire quand la suicidaire démographie neutralise par avance tout progrès ?
La crise que traverse actuellement l’Afrique montre que le discours afro-optimiste relève de la méthode Coué[1].  C’est pourquoi il est essentiel de revenir aux chiffres.
Pour les seules années 2010 à 2016, l’« aide au développement » (les dons) à destination de l’Afrique – remises de dette exclues -, s’est élevée à un peu plus de 55 milliards de dollars. En dollars constants et en seulement sept années, les pays dits « riches » ont donc fait comme cadeau à l’Afrique 2 fois et demi les 16,5 milliards de dollars du « Plan Marshall » européen.
Or, comme nous le montrons dans ce numéro, moins de 30% de ces sommes abyssales ont été investies dans les infrastructures, le reste s’étant « perdu » dans les sables africains…
Par idéologie, et afin de ne pas décourager les généreux donateurs des pays « riches », les experts ont nié ces réalités. Ils ont proposé en revanche la tarte à la crème démocratique qui allait – du moins l’affirmaient-ils,- enfin permettre le démarrage du continent.
Nouvel échec car, aujourd’hui, alors que la démocratie a partout été introduite au forceps et avec une singulière arrogance néo-coloniale, le développement n’est toujours pas au rendez-vous.
Plus grave, comme la démocratie repose sur le « one man, one vote », les sociétés communautaires africaines ont été prises au piège de l’ethno-mathématique électorale qui donne automatiquement le pouvoir aux ethnies les plus nombreuses. Résultat, en plus du non développement, l’Afrique a connu la multiplication des guerres…
Ces échecs successifs n’ont évidemment pas servi de leçon. Tétanisés par le basculement de leurs électorats dans un « populisme », provoqué par les flots migratoires qu’ils n’osent pas bloquer par de solides mesures de simple police, voilà en effet les dirigeants européens qui tentent de nous vendre l’idée d’une nouvelle augmentation de l’aide (lire les dons) à l’Afrique. Afin d’y provoquer son développement lequel tarira l’océan migratoire !!!
Or, cette proposition est mensongère :
– D’abord, parce que, comme nous venons de le voir, toutes les politiques de développement ont échoué.
– Ensuite, parce qu’en raison de la crise économique, les pays dits « riches » vont devoir se montrer moins généreux. Il va donc leur falloir faire un choix entre le mirage du développement de l’Afrique ou les défaites électorales annoncées.
En définitive, rien ne pourra être fait en Afrique, tant que la notion de « Difference » si bien mise en évidence par le maréchal Lyautey, ne sera pas prise en compte. C’est en effet parce que les Africains ne sont pas des Européens pauvres à la peau noire que la greffe occidentale n’avait, n’a et n’aura aucune chance de prendre sur le porte-greffe africain. Les vrais problèmes du continent sont en effet d’abord politiques, institutionnels, historiques, sociologiques, et géographiques, avant d’être économiques.
[1] Je fais cette analyse depuis trois décennies. La première fois dans mon livre Afrique, l’histoire à l’endroit publié en 1989. Ces analyses ont été actualisées dans mon livre Osons dire la vérité à l’Afrique.

Loïk Le Floch-Prigent : « Retrouver la confiance des peuples africains »

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Loïk Le Floch-Prigent : « Retrouver la confiance des peuples africains »


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Publié par la Rédaction le 23 Novembre 2018


Ex-grand patron (Rhône-Poulenc, Elf, Gaz de France, SNCF), Loïk Le Floch-Prigent se définit lui-même comme ingénieur, industriel… et Africain. En juin 2017, à la sortie de son livre Carnets de route d’un Africain (Elytel Edition), il déclarait : « L’Afrique nous attend […] Si on coopère, on peut réaliser de grandes choses ». Esquisse d’une nouvelle politique africaine de la France.



Thoams Espinosa (c) Elytel éditions

Thoams Espinosa (c) Elytel éditions
Vous vous définissez vous-mêmes comme ingénieur, industriel… et Africain. D’où vous vient ce tropisme ?

Jeune adolescent, à force de lire, je suis devenu Africain dans ma tête. L’Afrique représentait à la fois une vie intérieure et une vie d’aventure. En plus, étant breton, j’étais déjà sensible à la tradition orale ou au culte des morts… Cet imaginaire africain de ma jeunesse est resté en moi : je suis anticonformiste et j’ai besoin d’aventure.

Le président Macron a dit en novembre 2017, au Burkina Faso : « Il n’y a plus de politique africaine de la France ». Qu’en pensez-vous ?

C’est malheureusement vrai. La France n’a plus de politique envers l’Afrique, tout un continent ! Mais il n’y a pas de quoi s’en vanter. Car il nous faut absolument une politique africaine. Ce vaste continent n’est-il pas important pour l’avenir ? Alors, accompagnons les pays avec une vraie politique ! Nous pourrions, par exemple, nous inspirer des propos du président ghanéen Nana Akufo-Addo, lorsqu’il a plaidé devant macron, en décembre 2017, pour une Afrique autonome et non en quête de charité.

Est-ce à dire qu’il n’y a plus de Françafrique ?

Je n’ai jamais compris ce concept qui vient, je le rappelle, d’un mot inventé par Houphouët-Boigny… Le passé colonial de la France a de bons et de mauvais côtés. De la même façon, il y a une manière négative et une manière positive de voir cette idée de Françafrique. Pour ma part, je pense simplement que nos liens avec l’Afrique et les Africains méritent d’être conservés.

Vous dites que la politique africaine de la France a été « un mélange honteux de realpolitik et d’hypocrisie ». Est-ce que ça continue ?

Oui, ça continue hélas. Ce qui veut dire qu’il y a une politique africaine cachée… L’hypocrisie règne en maître, notamment sur les élections (trafiquées), ce qui ne peut plus durer. À un moment, il faudra bien s’organiser pour des votes corrects.

En juin 2017, à la sortie de votre livre Carnets de route d’un Africain (Elytel Edition), vous avez déclaré : « L’Afrique nous attend […] Si on coopère, on peut réaliser de grandes choses ». Comment faire ?

Comprenons d’abord une chose essentielle : les Africains savent ce qu’il leur faut. En premier lieu, une industrie africaine de transformation faite par les Africains eux-mêmes, et non une industrie européenne ou occidentale… Nous pouvons nouer des quantités de partenariats dans lesquels nous resterions minoritaires. Nous devons encourager et stimuler l’émergence de centaines et de centaines d’entrepreneurs de talent, à l’image du roi du ciment nigérian, Aliko Dangote… Cessons donc de décider à leur place ce qui est bon ou mauvais pour eux ! C’est pourtant ce que nous continuons à faire, pas seulement la France, mais l’Europe entière. Tout l’argent investi dans l’énergie a été mal dépensé. Prenons l’exemple de la cuisson des aliments dans les maisons ou dans les cases : passer du bois au gaz, c’est un progrès souhaitable (moins de maladies liées aux émanations toxiques, et moins de déforestation). Nous, européens, on continue à dire : « Non aux énergies fossiles ! »… et la déforestation s’aggrave.

La France n’a donc pas la politique africaine que les Africains attendent. Sur quoi devrait miser une nouvelle politique africaine ?

Les choses les plus importantes à réaliser concernent les infrastructures et l’éducation. Pour les infrastructures, les interventions de la Banque mondiale contribuent à retarder les projets, tandis que les Chinois, eux, décident et agissent beaucoup plus vite… L’éducation requiert aussi des investissements très importants. Il faut pour cela des projets adaptés à leur culture et qui leur donnent envie d’entreprendre pour l’essor de leur continent.

Pourquoi le redressement de la France est-il lié à l’essor de l’Afrique ?

L’essentiel de mon raisonnement est fondé sur le fait que nous, les Français, nous avons une empathie réciproque avec les Africains, une sensibilité commune, une proximité culturelle sur une longue durée. Et cela nous donne beaucoup de possibilités. Mais nous avons aussi un énorme boulet aux pieds qui consiste à vouloir à tout prix, dans les hautes instances, faire la même chose chez eux que chez nous. C’est une erreur fondamentale, typique de l’écologie politique, qui prend les traits d’un néo-colonialisme économique. Par exemple, le solaire est loin aujourd’hui de pouvoir régler tous les problèmes en Afrique. Ce qu’il faut en Afrique, c’est de l’énergie bon marché. Il est donc indispensable de recourir aux énergies fossiles, comme nous l’avons fait avant eux.

Entre la France et les pays africains, l’énergie est donc l’enjeu principal ?

Oui, en Afrique l’énergie est l’enjeu principal. L’erreur actuelle est de vouloir éviter l’exploitation des énergies fossiles pour fabriquer l’électricité. Ni le solaire ni l’éolien ne régleront les problèmes de délestage (comme celui que le Congo-Brazzaville connaît en permanence en ce moment), car ces énergies sont à la fois intermittentes et difficiles à stocker. Cessons d’exporter nos problèmes.

Comment retrouver la confiance des peuples africains eux-mêmes ?

Pour retrouver la confiance des peuples africains, il faut être clair sur ce que l’on veut. Avec une politique claire, sans postures. Il faut changer de paradigme et mettre en œuvre une vraie politique, digne de ce nom.

Que souhaitent les jeunesses africaines ?

La jeunesse souhaite surtout des changements de régime. Ils en ont assez. La relève est prête, y compris dans les diasporas, au sein desquelles l’aspiration au retour est de plus en plus partagée. C’est un mouvement énorme. Il faut l’encourager, à condition cependant que ces candidats au retour puissent être bien accueillis, et non pas rackettés par les pouvoirs en place…

Quand vous dites qu’il faut raisonner « unité africaine », que voulez-vous dire ?

Nous savons très bien ce que valent les frontières artificielles héritées du partage colonial. Les pays africains ont du mal à exister en tant que nations séparées et ces frontières sont très poreuses… Comment faire néanmoins face aux dangers réels de l’ethnicisme ou du tribalisme ? Il nous faut une vision pour l’Afrique dans son ensemble.

Comment voyez-vous l’avenir du Franc CFA ?

Je préfère le Franc CFA au désordre qui aurait lieu si on laissait les pays battre monnaie.

Quelle place donnez-vous à la Francophonie dans cette politique africaine que vous appelez de vos vœux ?

Quelle francophonie ? Une francophonie représentée aujourd’hui par le Rwanda, qui pille encore le Kivu, la région voisine de la République démocratique du Congo ?… Je me demande vraiment comment on a pu en arriver là.


L’Armée des Etats-Unis d’Amérique est partout en Afrique alors qu’elle n’est pas en guerre en Afrique (SCF)

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L’Armée des Etats-Unis d’Amérique est partout en Afrique alors qu’elle n’est pas en guerre en Afrique (SCF)

par SCF 10 Octobre 2018, 12:00 Américafrique Armée US néocolonialisme Impérialisme USA Articles de Sam La Touch

L’Armée des Etats-Unis d’Amérique est partout en Afrique alors qu’elle n’est pas en guerre en Afrique (SCF)

Environ 7 500 membres du personnel militaire des Etats-Unis d’Amérique, dont 1 000 contractants, sont déployés en Afrique. À titre de comparaison, ce chiffre n’était que de 6 000 il y a à peine un an.

 

Environ 200 000 soldats des Etats-Unis d’Amérique sont déployés dans 177 pays du monde entier. Ces forces utilisent plusieurs centaines d’installations militaires. L’Afrique n’est pas une exemption. Le 2 août, le major général Roger L. Cloutier a pris le commandement de l’armée des Etats-Unis d’Amérique en Afrique, en promettant de «prendre les devants».

 

Les États-Unis d’Amérique ne mènent aucune guerre en Afrique, mais ils ont une présence significative sur le continent. Les Navy SEALs, les Bérets verts et d’autres opérations spéciales mènent actuellement près de 100 missions dans 20 pays africains, dans le cadre d’opérations secrètes de portée limitée. Selon le magazine Vice, les troupes des Etats-Unis d’Amérique mènent actuellement 3 500 exercices et engagements militaires en Afrique par an, soit une moyenne de 10 par jour – une augmentation stupéfiante de 1 900% depuis le lancement du commandement il y a 10 ans. De nombreuses activités décrites comme «conseiller et assister» sont en réalité impossible à distinguer du combat par toute définition de base.

 

Environ 7 500 membres du personnel militaire des Etats-Unis d’Amérique, dont 1 000 contractants, sont déployés en Afrique. À titre de comparaison, ce chiffre n’était que de 6 000 il y a à peine un an. Les troupes sont réparties sur tout le continent, dans 53 pays. Il y a 54 pays sur le «continent noir». Plus de 4 000 membres des services ont convergé vers l’Afrique de l’Est. Le nombre de soldats des Etats-Unis d’Amérique en Somalie a doublé l’année dernière.

Lors de la création d’AFRICOM, il n’était pas prévu d’établir des bases ni de poser des chaussures par terre. Aujourd’hui, un réseau de petites bases ou stations de rassemblement est apparu. Selon le journaliste d’investigation Nick Turse, «les bases militaires des Etats-Unis d’Amérique (y compris les sites d’opérations avancées, les sites de sécurité coopérative et d’urgence) comptent au moins une cinquantaine». Des troupes des Etats-Unis d’Amérique en danger en Algérie, au Burundi, au Tchad, au Congo et à Djibouti, l’Égypte, l’Érythrée, l’Éthiopie, le Kenya, la Libye, la Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud, la Tunisie et l’Ouganda sont qualifiés pour un traitement supplémentaire.

 

Le commandement africain des Etats-Unis d’Amérique (AFRICOM) gère des programmes de surveillance par drones, des raids transfrontaliers et du renseignement. AFRICOM a revendiqué la responsabilité du développement, de la santé publique, de la formation professionnelle et en matière de sécurité, ainsi que d’autres tâches humanitaires. Des fonctionnaires des départements d’État, de la Sécurité intérieure, de l’agriculture, de l’énergie, du commerce et de la justice, entre autres agences, participent aux activités d’AFRICOM. Les attachés militaires sont plus nombreux que les diplomates dans de nombreuses ambassades en Afrique.

En octobre dernier, quatre soldats des Etats-Unis d’Amérique ont perdu leurs vies au Niger. La grande majorité des Américains ne savait probablement pas que les États-Unis d’Amérique avaient même des troupes participant à des missions de combat en Afrique avant l’incident. Un militaire aurait été tué en Somalie en juin. Le département de la Défense réfléchit à des projets visant à «dimensionner» les missions d’opérations spéciales en Afrique et à réaffecter des troupes dans d’autres régions, en alignant les efforts sur les priorités de sécurité définies par la Stratégie de défense nationale de 2018. Ce document donne la priorité à la grande concurrence du pouvoir au détriment des groupes terroristes dans les coins les plus reculés du monde. Environ 1 200 soldats des opérations spéciales en mission en Afrique envisagent un retrait. Mais cela n’a rien à voir avec le fait de laisser ou de réduire considérablement. Et le droit de retour unilatéral sera réservé. L’infrastructure est suffisamment étendue pour pouvoir accueillir des renforts importants. Les travaux de construction sont en cours. Les bases resteront opérationnelles et leur nombre ne cessera d’augmenter.

Une grande base de drones à Agadez, la plus grande ville du centre du Niger, serait en construction. L’installation accueillera des drones armés MQ-9 Reaper qui prendront finalement leur envol en 2019. Le MQ-9 Reaper a une portée de 1 150 milles, ce qui lui permet de fournir un soutien à la frappe et des capacités de collecte de renseignements à travers l’Afrique de l’Ouest et du Nord à partir de cette nouvelle base en dehors d’Agadez. Il peut transporter des bombes GBU-12 Paveway II. L’appareil est doté d’un radar à synthèse d’ouverture permettant l’intégration des munitions d’attaque directe conjointes GBU-38. La suite d’armement peut inclure quatre missiles anti-blindés et antipersonnel air-sol Hellfire. Il y aurait environ 800 soldats des Etats-Unis d’Amérique sur le terrain au Niger, ainsi qu’une base de drones et la base d’Agadez en construction. The Hill l’a qualifié de «plus grand projet de construction de tous les temps dirigé par l’US Air Force».

Selon Business Insider, «la présence militaire des Etats-Unis d’Amérique ici est la deuxième en Afrique derrière la seule base permanente des Etats-Unis d’Amérique sur le continent, dans la minuscule nation de Djibouti dans la Corne de l’Afrique». Quatre mille militaires des Etats-Unis d’Amérique sont stationnés à Camp Lemonnier (la base des Etats-Unis d’Amérique située près de la ville Djibouti) – une base stratégique essentielle pour l’armée des Etats-Unis d’Amérique en raison de son port et de sa proximité avec le Moyen-Orient.

Officiellement, le camp est la seule base des Etats-Unis d’Amérique sur le continent ou, comme l’appelle AFRICOM, «un site d’exploitation avancé» – les autres sont des «lieux de sécurité coopératifs» ou «des lieux d’urgence non durables». Le Camp Lemonnier est la plaque tournante d’un réseau de bases de drones des Etats-Unis d’Amérique en Afrique, utilisées pour des attaques aériennes contre des insurgés au Yémen, au Nigeria et en Somalie, ainsi que pour exercer un contrôle sur le détroit de Bab-el-Mandeb. En 2014, les États-Unis d’Amérique ont signé un nouveau bail de 20 ans avec le gouvernement de Djiboutien et ont engagé plus de 1,4 milliard de dollars pour moderniser et agrandir les installations dans les années à venir.

 

En mars, les Etats-Unis d’Amérique et le Ghana ont signé un accord militaire décrivant les conditions de la présence militaire des Etats-Unis d’Amérique dans ce pays, y compris ses activités de construction. La nouvelle a suscité des protestations à l’intérieur du pays.

Il convient de noter que les attaques de drones régulièrement lancées en Afrique violent le droit des Etats-Unis d’Amérique. L’autorisation d’utilisation de la force militaire (AUMF), adoptée après le 11 septembre 2001, dispose que le président est autorisé à utiliser la force contre les planificateurs de ces attaques et contre ceux qui les hébergent. Mais cet acte ne s’applique pas aux groupes rebelles opérant en Afrique.

Il est difficile de croire que la présence des Etats-Unis d’Amérique sera véritablement réduite et il n’y a aucun moyen de le savoir, car trop d’aspects de celle-ci sont dissimulés dans le secret et il n’y a que des «fuites» qui apparaissent de temps à autre. Il convient de noter que les documents obtenus par TomDispatch en vertu de la loi des Etats-Unis d’Amérique sur la liberté d’information contredisent les déclarations officielles d’AFRICOM sur l’ampleur des bases militaires des Etats-Unis d’Amérique dans le monde, y compris 36 bases AFRICOM dans 24 pays africains qui n’avaient pas été divulguées auparavant dans des rapports officiels.

 

L’empreinte des Etats-Unis d’Amérique en Afrique est forte. Elle est presque omniprésente. Certains grands sites en construction permettront aux États-Unis d’Amérique d’accueillir de gros aéronefs et d’accueillir des forces substantielles et leur matériel. Tout cela soulève la question encore sans réponse – « Où les États-Unis d’Amérique ont-ils des troupes en Afrique et pourquoi? » Une chose est sûre — Tout en menant une guerre intensive contre les drones, les États-Unis d’Amérique construisent une vaste infrastructure militaire pour une guerre terrestre à grande échelle sur le continent.

Top Photo | Forces aériennes des Etats-Unis d’Amérique, des soldats de la Force de réaction pour l’Afrique de l’Est (EARF) quittent un C-130 Hercules de l’armée de l’air des Etats-Unis d’Amérique à Juba, au Soudan du Sud, le 21 décembre 2013 (Tech. Sgt. Micah Theurich, Force aérienne)

Traduction : MIRASTNEWS

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Un jeune milliardaire enlevé à Dar es Salaam

Un jeune milliardaire enlevé à Dar es Salaam

L’homme d’affaires tanzanien Mohammed Dewji, enlevé jeudi à Dar es Salaam, dans son bureau le 23 avril 2015 dans la capitale économique de Tanzanie. / © AFP/Archives / Khalfan SAID HASSAN

L’homme considéré comme le plus jeune milliardaire du continent africain, le businessman tanzanien Mohammed Dewji, a été enlevé jeudi par des hommes armés à Dar es Salaam, ont indiqué des sources officielles.

Dirigeant à 43 ans du groupe METL présent dans une dizaine de pays dans les domaines de l’agriculture, de l’assurance, des transports, de la logistique ou de l’agroalimentaire, M. Dewji a été kidnappé alors qu’il entrait dans la salle de sport d’un hôtel de la capitale économique du pays, ont précisé les autorités administratives et policières.

« Les premières informations indiquent qu’il a été enlevé par des Blancs venus à bord de deux véhicules », a déclaré à la presse le gouverneur de la région de Dar es Salaam, Paul Makonda, soulignant que « ce type d’incident est nouveau ».

Le chef de la police à Dar es Salaam, Lazaro Mambosasa, a précisé que des étrangers avaient « tiré en l’air avant de faire entrer de force » Dewji dans leur véhicule.

« Trois personnes ont déjà été arrêtées mais nous ne pouvons divulguer leur identité à ce stade »; a ajouté le responsable.

Né en Tanzanie, Mohammed Dewji a fait ses études à l’université de Georgetown aux Etats-Unis. En 2013, il est devenu le premier Tanzanien à faire la couverture du magazine Forbes et en 2015 il a été décrété Personne de l’année par Forbes Afrique. Selon le magazine, il occupe la 17ème position sur la liste des milliardaires africains avec une fortune évaluée à 1,54 milliard de dollars (1,29 milliard d’euros).

Député de 2005 à 2015, il est aussi le principal actionnaire du club de football Simba FC. Marié et père de trois enfants, il s’était engagé en 2016 à faire don d’au moins la moitié de sa fortune en faveur de causes philanthropiques, selon Forbes.

(©AFP / (11 octobre 2018 16h48)

https://www.romandie.com/news/Un-jeune-milliardaire-enlev-Dar-es-Salaam/961282.rom

Denis Mukwege, l’homme qui répare les femmes, prix Nobel de la paix

Denis Mukwege, l’homme qui répare les femmes, prix Nobel de la paix

Denis Mukwege, chirurgien, gynécologue obstétricien Prix Nobel de la Paix en 2018

Le prix Nobel de la paix 2018 vient d’être décerné au gynécologue congolais Denis Mukwege, un homme qui répare les femmes violées dans le cadre du conflit en République démocratique du Congo (RDC) et œuvre pour mettre fin à l’impunité. Il partage ce prix avec la militante irakienne yézidie rescapée du groupe Etat islamique Nadia Murad. Le prix Nobel de la paix récompense «leurs efforts pour mettre fin à l’usage de la violence sexuelle comme une arme de guerre».

Le docteur Denis Mukwege, lauréat 2013 du Prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits et du Prix Sakharov 2014 vient de recevoir le prix Nobel de la Paix. En République Démocratique du Congo, il vient en aide aux femmes victimes de violences sexuelles, devenues un arme de guerre pour les milices qui sévissent dans le Kivu.

La distinction rend hommage à son engagement auprès des femmes victimes de violences sexuelles, des violences érigées en arme de guerre en République Démocratique du Congo notamment dans le Kivu, l’est du pays. Le docteur Denis Mukwege a crée l’hôpital Panzi en 1999 pour secourir les femmes victimes de viols et autres mutilations sexuelles. En moyenne, 300 femmes se rendent chaque mois dans ce centre hospitalier. Il a reçu de multiples distinctions, dont le prix des Nations unies pour les droits de l’Homme. Le gynécologue obstétricien risque sa vie au quotidien. Fin 2012, il a même fait l’objet d’une tentative d’assassinat dont il a réchappé grâce à l’un de ses gardiens, qui s’est sacrifié.

« Le combat courageux, précieux du Dr Mukwege dans sa quête de justice pour les victimes oubliées du conflit en RDC est aujourd’hui récompensé », témoigne Clément Boursin, Responsable des programmes Afrique de l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture). « Ce combat est essentiel car les espoirs d’une paix durable en RDC ne pourront aboutir que si justice est rendue. L’impunité des criminels passés constitue un véritable fardeau pour la pacification du pays.»

Dans ce but, le Docteur Mukwege et l’ACAT œuvrent pour que soit levé l’embargo sur les documents identifiant les présumés auteurs et responsables de 617 incidents violents commis entre 1993 et 2003, documentés dans le rapport mapping des Nations Unies de 2010 et pour que soient enfin sanctionnés leurs responsables. Le rapport « Mapping » accusait notamment des officiers de l’armée congolaise, ainsi que sept autres pays impliqués dans les conflits armés en RDC.

« Depuis sa publication en octobre 2010, le Rapport mapping a été oublié par la communauté internationale. Huit ans plus tard , les recommandations du rapport ne sont pas suivies d’effet et l’impunité demeure. Il faut que la reconnaissance du docteur Mukwege, symbole du soutien international aux victimes congolaises, s’accompagne de mesures véritables pour rétablir enfin la justice dont les Congolais ont tant besoin » témoigne Clément Boursin.

 

https://www.afrik.com/denis-mukwege-l-homme-qui-repare-les-femmes-prix-nobel-de-la-paix

Le retour de la Russie en Afrique

lundi 1 octobre 2018

L’Afrique Réelle n°106 – Octobre 2018

Sommaire :

Actualité :
– Nord Mali : Une guerre qui n’est pas d’abord religieuse
– Afrique du Sud : La récession

Dossier : Quelle stratégie poursuivent les Russes en Afrique ?
– L’URSS et l’Afrique (1960-1991)
– La nouvelle politique africaine de la Russie
– La méthode russe : les ventes d’armes
– Comment le quai d’Orsay a offert la Centrafrique à la Russie

Editorial de Bernard Lugan :

Le retour de la Russie en Afrique

De la Libye à la Centrafrique et du Burkina Faso au Mozambique, après plus de deux décennies d’absence, la Russie fait aujourd’hui son grand retour en Afrique. Avec méthode, mais également fracas. Evgeny Korendyasov, le directeur des études russo-africaines, a en effet déclaré à l’Académie des Sciences de Russie : « Il y aura une bataille pour l’Afrique ».
Pourquoi ce soudain intérêt russe pour le continent africain ?
La question est au cœur des interrogations des dirigeants des pays de l’OTAN.
Quant aux responsables français, littéralement sidérés et enfermés dans leurs présupposés idéologiques, ils ne peuvent que constater  l’ « intrusion » de Moscou dans le « pré carré » africain.
Leur vision économique des rapports humains les rendant incapables de se mettre « dans la tête des Russes », ils font donc fausse route quand ils analysent la politique de ces derniers comme une volonté de contrôle des matières premières africaines. A la différence de la Chine, l’immense Russie en regorge.
La politique africaine de Moscou est clairement géostratégique mais, pour le comprendre, il est nécessaire de raisonner comme les Russes. Or, ces derniers se sentent agressés après avoir été repoussés par des Européens obéissant quasi servilement aux sanctions imposées par  Washington. L’immixtion de l’OTAN en Ukraine, puis la dénonciation du rattachement de la Crimée et la volonté de faire tomber l’allié syrien, le tout accompagné d’incessantes campagnes de dénigrement dans le monde occidental, sont autant d’arguments venant conforter l’impression d’un complot ourdi contre la Russie.
Prise dans le cercle hostile que l’OTAN referme chaque jour un peu plus sur elle – le président Trump a même parlé d’installer une base militaire permanente en Pologne -, la Russie a donc décidé de briser son isolement en traçant son propre cercle dans lequel elle va chercher à enfermer ceux qui l’encerclent.
Voilà pourquoi elle s’installe en Afrique, continent disposant de plus de 50 voix à l’ONU. Mais alors que la Chine s’y implante en endettant ses partenaires-créanciers, la Russie investit le secteur militaire et sécuritaire avec ses livraisons d’armement (voir  pages 14 et 15) accompagnées d’« instructeurs ».
Cette stratégie de désencerclement englobe déjà la Turquie, l’Iran, la Chine et l’Inde. A terme, plus de six des sept milliards d’habitants de la planète pourraient  graviter autour d’elle.
Que pèsera alors le petit milliard restant (essentiellement Etats-Unis, UE et peut-être Japon), qui aura perdu à la fois l’initiative stratégique et le pouvoir économique ?
Prisonnière de la politique étrangère américaine, l’UE qui sera la grande perdante de cette recomposition planétaire risquera alors de sortir de l’histoire.  Avant de devenir le déversoir d’une Afrique surpeuplée.