Archives pour la catégorie Algérie

Rachad grillé, Ennahdha débarquée : Erdogan perd ses pions au Maghreb

Rachad grillé, Ennahdha débarquée : Erdogan perd ses pions au Maghreb

Publié par: Kamel M.le: 20 juillet, 2020Dans: A La UneACCEUILActualitéActualité_MaghrebImprimerEmail

Rien ne va plus pour les affidés du parti islamiste turc AKP et son chef de file, Recep Tayyip Erdogan. Ses pions en Algérie et en Tunisie s’écroulent, tandis qu’en Jordanie les autorités ont carrément décidé de dissoudre la secte des Frères musulmans chapeautée par Ankara depuis la déchéance manu militari de Mohamed Morsi et la décapitation de l’organisation en Égypte.

Larbi Zitout déçoit son maître Recep Tayyip Erdogan. D. R.

En Algérie, le mouvement Rachad, instrument entre les mains du Qatar puis de la Turquie pour remettre en selle un FIS version soft, est démasqué de toute part et tente, vainement, de se refaire une virginité à travers son arme de prédilection : les réseaux sociaux qui lui servent d’outil de subversion à partir de Londres et Genève où sont installés la plupart de ses membres. Ces derniers mois, cette organisation a perdu énormément de terrain à la faveur d’une large prise de conscience quant aux desseins inavoués des cyber-agitateurs dont les appels à la reprise du Hirak dévoyé ont lamentablement échoué.

Erdogan a récidivé après son congrès de l’«Oumma», organisé à Istanbul en avril 2011, en pleine effervescence dans la région, qui allait faire tomber les régimes de Hosni Moubarak en Egypte, Ali Abdallah Salah au Yémen, Zine El-Abidine Ben Ali en Tunisie et Mouammar Kadhafi en Libye, et provoquer une guerre meurtrière en Syrie où le sultan d’Ankara s’est cassé les dents mais continue, néanmoins, de provoquer Moscou en bombardant une base pro-russe. L’Algérie, qui avait failli être entraînée dans le fleuve en furie du «Printemps arabe», a résisté et a été épargnée par le plan ourdi par Doha et Ankara.

Le mouvement Rachad faisait partie des dix organisations qui avaient été «convoquées» par l’AKP, à l’occasion d’un conciliabule qui avait été couronné par une déclaration qui légitimait la «révolution arabe populaire pacifique», appelait au «droit de tous les peuples arabes à la liberté, à la justice et au choix de leur gouvernement» et – comble de l’ironie – condamnait «toute ingérence étrangère». Neuf ans plus tard, les représentants de cette mouvance applaudissent à l’unisson la décision d’Ankara d’envoyer des troupes au sol en Libye et assurent à la démarche expansionniste flagrante d’Erdogan une propagande effrénée.

En Tunisie, les membres de l’Exécutif issus du parti islamiste Ennahdha ont tous été démissionnés en même temps que le chef du gouvernement, alors que le président du Parlement, Rached Ghannouchi, symbole par excellence des Frères musulmans non seulement dans son pays mais dans tout le Maghreb, est fustigé par les députés qui s’emploient à le pousser vers la porte de sortie.

Avec l’affaiblissement de Rachad, la chute annoncée d’Ennahdha chez nos voisins de l’Est et la dissolution des Frères musulmans en Jordanie, c’est toute l’architecture de cette mouvance qui est en train de vaciller et qui ne manquera pas d’entraîner dans sa chute l’immodeste Président turc qui renforce le camp de l’opposition par son attitude aventureuse. Sa fin semble, en tout cas, proche.
K. M.
Algérie patriotique :

 https://www.algeriepatriotique.com/2020/07/16/rachad-demasque-ennahdha-debarquee-erdogan-perd-ses-pions-au-maghreb/

Daech en Libye bis: de la répartition des rôles pour figurants…

Daech en Libye bis: de la répartition des rôles pour figurants…

 5 ans ago Strategika51

Nous avons été l’un des rares sinon le seul blog à avoir évoqué depuis longtemps l’implantation de Daech en Libye.

Nous avons également souligné que la menace de Daech au Maghreb est sérieuse, d’autant plus qu’aucune armée de la région ne dispose de capacités suffisantes pour faire face à cette menace au sol.

Les raids aériens menés par les égyptiens en territoire libyen, sous le très fallacieux prétexte de la décapitation de 21 ressortissants égyptiens par Daech en Libye, ne sont pas les premiers. Les avions égyptiens et émiratis basés en Egypte bombardent des cibles en Libye depuis le début de la nouvelle guerre civile.

L’initiative égyptienne n’en est pas une. Le mouvement est dicté par Paris et Ryad. L’implication militaire égyptienne en Libye est très risquée pour le Caire dont les forces armées sont loin d’être efficaces. Elle ouvre surtout un second front pour le Caire puisque ce dernier peine à faire face à des organisations armées au Sinaï.

L’Egypte est économiquement ruinée. Son armée n’a jamais gagné une guerre à l’étranger. Que ce soit lors des guerres contre Israël, ou lors de la catastrophique intervention égyptienne au Yémen et même lors d’un bref conflit armé contre la Libye de Gaddafi. Que vise le « maréchal » Al-Sissi en envoyant ses F-16 au dessus d’une Libye en pleine guerre civile? Le support US est là encore une fois mais le jeu est risqué. C’est pour ça que Le Caire appelle à une intervention étrangère sous couvet Onusien. L’initiative franco-égyptienne au Conseil de Sécurité de l’ONU en dit long sur certains petits arrangements préalables sur cette question.

La Jordanie bombarde Daech en Syrie; l’Egypte le fait en Libye. Amman et Le Caire font partie d’un seul axe et il est connu. Mieux qu’une sous-traitance, c’est de la doublure. Dans tous les cas, c’est de la figuration.

Reste les pays d’un Maghreb inexistant. La Tunisie ne voit pas d’un mauvais oeil les raids égyptiens en Libye mais en réalité ne peut plus rien faire depuis longtemps. Théoriquement plus grand pays maghrébin, l’Algérie semble totalement hors-jeu dans la sous-région et, pour corser le tout, se retrouve publiquement humiliée. Le Maroc ne s’implique pas mais cherche à exploiter ce qu’il pourrait tirer comme dividende face à Alger de cette situation inédite.

S’il y avait un pays qui aurait du intervenir depuis une année par des moyens aériens en Libye, c’était bien l’Algérie. Mais ce pays fait face actuellement à un effondrement interne qui ne dit pas son nom indu par une politique catastrophique. Finalement, ce choix de non-intervention aura été fatal sur le plan géopolitique pour l’Algérie. Car quel que soit l’issue du conflit en Libye, il faudra de très longues années pour que l’Algérie puisse espérer retrouver un rôle au Maghreb.

Photographie prise il y a deux jours à Derna, la capitale supposée de Daech (et de toutes les rebellions soutenus par l'Otan) en Libye après des raids d'avions F-16 égyptiens.
Photographie prise il y a deux jours à Derna, la capitale supposée de Daech (et de toutes les rebellions soutenus par l’Otan) en Libye après des raids d’avions F-16 égyptiens.

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Des soldats réguliers égyptiens à Tobrouk ou la preuve que L’Égypte est impliquée militairement en Libye aux côtés des forces de Khélifa Haftar, l’homme fort de la Cyrénaïque qui veut occuper par la force l’ensemble de la Libye

03/05/2020

Dans « Analysis »

https://strategika51.org/2015/02/19/daech-en-libye-bis-de-la-repartition-des-roles-pour-figurants/

Nouvel Ordre Mondial:Des missiles anti-avion turcs arrivent en Libye. Il y aurait complot contre l’Algérie

Michelduchaine

Défenseur de la Terre/Defender of the Earth

Nouvel Ordre Mondial:Des missiles anti-avion turcs arrivent en Libye. Il y aurait complot contre l’Algérie

 ~ MICHEL DUCHAINELes appels à la solution diplomatique en Libye que tient à lancer l’Algérie passe parfaitement inaudible, les États-Unis d’Amérique et leurs alliés de l’OTAN dont ;la Turquie ayant pour mission de faire prolonger les 10 ans de leur guerre « mondiale » perdue en Syrie par une autre, celle qui se déroule en Libye.

Cette semaine alors même que la Turquie d’Erdogan a été menée par la force Résistance-Russie à céder le contrôle de M4 à l’État syrien, on a vu des hordes des HTC (al-Qaïda) et de l’ASL singer des « désobéissants civils » en incendiant des pneus afin de barrer la route aux patrouilles russes. Or ces mêmes terroristes quittent en ce moment même par centaines Idlib et Alep pour aller débarquer à Tripoli. C’est le porte-parole des forces pro-Haftar, Ahmed al-Mesmari, qui le confirme en accusant  Erdogan, de « transfert des centaines de mercenaires depuis la Syrie vers l’ouest de la Libye ». Cité par El Nashra, l’intéressé affirme que  » la Turquie envoie en moyenne chaque semaine 300 à 400 mercenaires dans l’ouest de la Libye  en soutien au gouvernement d’union nationale de Fayez al-Sarraj. »

« Les terroristes sont transférés par des avions de ligne protégés en vertu de la loi internationale et des navires civils dont certains battant pavillon étranger. Nous suivons de près les navires battant pavillon libanais », a-t-il indiqué renvoyant à plus de 10 ans d’activités déstabilisatrices d’Erdogan en Syrie où il a fait de son pays une voie de transit de terroristes et de la Syrie son vivier. Mais en Libye, le Frère Erdogan a aussi d’autres projets : installer un réseau de DCA sur les frontières algériennes avec missiles et rampes de lancement appropriés et tout ceci sous prétexte d’avoir à abattre des MiG russes de Haftar.Le général de brigade Ahmed al-Mesmari l’a d’ailleurs évoqué en affirmant que les missiles en question « devraient être déployés non loin de Misrata et de Mitiga, dans le nord-ouest « . Pour ceux des analystes qui ont suivi depuis 10 ans les vicissitudes du couple USA/Turquie en Syrie, la Libye dont le gaz est déjà entre leurs mains , le principal objectif est de déployer aux portes de l’Algérie et de la Tunisie voisines, des missiles capables de faire face à la chasse made in Russia de l’Algérie. D’ailleurs cela fait longtemps que l’armée de l’air algérienne équipée d’appareils majoritairement russes pose problème aux Américains et à l’OTAN qui ne perdent aucune occasion, même la plus cynique ( crash d’avion)  pour s’en moquer. Cette tendance s’est accentuée depuis qu’Alger a décidé de commander des avions stratégiques furtifs Su-57 en septembre 2019.  A cette même époque, les Forces aériennes algériennes ont conclu deux autres contrats relatifs à l’acquisition de 14 bombardiers à long rayon d’action Su-34 et de 14 appareils de domination aérienne Su-35. Selon les prévisions, en 2025, l’Armée de l’air algérienne sera en mesure de déployer deux escadrons de Su-30MKA, un autre de Su-57, un de Su-35 et un de MiG-29M2. Et tout ceci ne pourrait laisser indifférent le camp atlantiste.

Le chef d’état-major de l’armée algérienne, le général Saïd Chanegriha, passe en revue les troupes lors d’un exercice militaire en janvier 2020

Surtout qu’Alger, note un expert, semble avoir opté pour une ligne clairement anti-Empire, en multipliant les contacts avec la Syrie dans le cadre de la lutte contre l’expansion territoriale turque en Libye. Les batteries de missiles otaniens que la Turquie veut déployer à Misrata ne se borderont sans doute pas à viser les MiG-29 de Haftar mais aussi  les MiG-29 algériens à en juger le comportement expansionniste d’Ankara. Le choix de rallier la coalition Résistance-Russie en Syrie est sans doute le meilleur choix stratégique d’Alger ait pu faire après plus d’un an d’efforts de déstabilisations US/Israël/monarchie arabe la visant, estime un expert. Alger avertit l’axe Israël/Émirats/France, l’ANP met en gardeC’est inouï et rare par sa clarté  : le ministre algérien de l’Intérieur vient de dénoncer dans les termes les plus clairs le couple Israël/Émirats, aidé par l’OTAN, pour avoir cherché à déstabiliser l’Algérie : « Il y a des éléments connus et qui sont soutenus par certaines régimes étrangers, à l’instar d’Israël, un État européen et un État arabe aussi qui tenteraient à travers le Hirak de détruire l’Algérie », a déclaré le ministre algérien de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Kamel Beldjoud.

« Ces parties étrangères soutiennent des éléments connus aux intentions claires et œuvrent par leur biais à détruire le pays, le faire retourner aux années précédentes et de le plonger dans d’infinis problèmes. Il existe encore des éléments qui veulent détruire ce à quoi est parvenu le Hirak populaire et sortent les mardi et vendredi avec les manifestants œuvrant pour l’escalade », a-t-il précisé avant de mettre bien les points sur les i : « L’Algérie est bien entrée dans l’ère de la Nouvelle République dans laquelle le président Abdelmadjid Tebboune s’est engagé à concrétiser toutes les revendications du Hirak. » Le ministre a voulu ainsi faire comprendre au camp d’en face que l’Algérie reste droite dans ses bottes et qu’il est hors de question de céder aux manœuvres de déstabilisation israélo-émiraties. Mais qu’est-ce qui a motivé cette sortie anti-israélienne du ministre? Le 5 mars, la presse israélienne a fait état de l’arrestation par les services de sécurité algériens de deux Algériens qui auraient été en contact avec « un ressortissant étranger » (Israël), au poste frontalier d’Oum Teboul, « alors qu’ils s’apprêtaient à quitter le territoire national ». L’information reprise par Echourouk, cite « des sources sûres ».

« Pour les services de sécurité, il y aurait eu tout un plan d’espionnage exécuté par le ressortissant étranger, aidé dans sa mission par les deux Algériens, avec pour objectif d’entrer en contact avec un pays étranger, porter atteinte à la défense nationale et à la sécurité nationale. »

Et le rapport d’ajouter : « Le ressortissant étranger aurait participé à des marches dans les différentes villes du pays, avant de quitter le territoire national », rapporte la même source qui ajoute que « des drones », qualifiés « d’appareils d’espionnage », ont été retrouvés sur les deux personnes arrêtées ». Israël et ses amis franco-émiratis préparent-ils un conflit ouvert contre l’Algérie après plus d’un an d’efforts inlassables mais stériles pour mettre l’Algérie sens dessus dessous ? L’attentat du 10 février contre une base de l’armée algérienne en aurait été le prélude.
Toujours est-il que les deux personnes ont été présentées devant le tribunal d’El-Qala qui les a placées en détention provisoire pour plusieurs chefs d’accusation dont « trahison », « espionnage » et « non-signalement d’activités de nature à porter préjudice à la défense nationale». Un mandat d’arrêt international a été également délivré contre le ressortissant étranger pour les chefs d’accusation d’espionnage, complot contre la défense nationale et d’atteinte au moral de l’armée algérienne.

Les propos du ministre algérien de l’Intérieur ressemblent bien à un avertissement : que l’axe Israël-Émirats-France et Cie se détrompe ; la Libye qu’il a embrasée, le Mali qu’il déstabilise pour pouvoir déclencher une guerre sur les frontières algériennes, ne sauront prendre de court l’Algérie. Le 13 janvier et moins d’une semaine après l’attaque terroriste revendiquée par Daech qui a ciblé un détachement de l’armée algérienne à Bordj Badji Mokhtar, l’ANP a procédé aux manœuvres tactiques avec munitions réelles « Hoggar-2020 », à In Guezzam, dans le sud du pays pour signifier que la sécurité algérienne est non négociable.
Source : PressTvPublicitésPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS ADPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS AD

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PUBLIÉ DANS NOUVEL ORDRE MONDIALALGÉRIEARNAQUECOMPLOTCONSPIRATIONDÉFENSEURS DE LA TERREILLUMINATILYBIEMICHEL DUCHAINEMISSILES TURCSNOUVEL ORDRE MONDIALRECEP TAYYIP ERDOGANTURQUIE

Publié par Michel Duchaine

Born in 1953,I am the founder of the Defenders of the Earth in October 10 ,2007. We try to proposed an alternative of the New World Order and a new vision of life. We consider that the Humanity must live in harmony with all forms of life and abolish the neoliberalism for preserve the human life and continue the Earthlians adventure. We consider that we are not alone and we will receive an ultimatum in few time. 

Voir tous les articles par Michel Duchaine

https://michelduchaine.com/2020/03/17/nouvel-ordre-mondialdes-missiles-anti-avion-turcs-arrivent-en-libye-il-y-aurait-complot-contre-lalgerie/

Algérie : et maintenant, la faillite

samedi 29 février 2020

L’Afrique Réelle n°123 – Mars 2020

Sommaire

Actualité
– Algérie : et maintenant, la faillite
– Sahara occidental : au cœur du contentieux algéro-marocain
– Le pastoralisme nomade est-il condamné ?

Dossier : L’Afrique n’est pas le continent souche de toute l’humanité 
– L’histoire de nos origines, un enjeu idéologique
– La chronologie classique
– Les hominidés ne procèdent pas tous des primates africains
– Hominisation : le foyer européen

Editorial de Bernard Lugan

Pour se survivre à lui-même, le «Système» algérien  fait du neuf avec du vieux. Propulsé au premier rang par feu le général Gaïd Salah, le président Abdelmadjid Tebboune fut en effet plus de dix fois ministre d’Abdelaziz Bouteflika dont il ne cesse désormais de dénoncer le bilan… Revenons sur la carrière de ce cacique : de 1991 à 1992, il fut  ministre délégué chargé des Collectivité locales ; en 1999 il fut nommé ministre de la Communication et de la Culture et, ensuite, toujours en 1999, il fut de nouveau ministre délégué chargé des Collectivités locales. En 2001-2002 il fut ministre de l’habitat et de l’Urbanisme et en 2012 il fut une nouvelle fois en charge de ce ministère. De 2013 à 2016, par trois fois, il fut ministre de l’habitat, de l’Urbanisme et de la Ville dans les gouvernements Sellal II, III et IV. En 2017 le voilà ministre du Commerce et le 24 mai 2017 il fut nommé Premier ministre, charge qu’il occupa jusqu’au 15 août 2017.
La mission qui lui a été confiée par les vrais maîtres de l’Algérie est de sauver le cœur nucléaire du «Système». Il le fait en sacrifiant des lampistes, des individus et des clans jugés trop compromettants. Pendant ce temps, l’opacité demeure sur les colossaux détournements financiers de ces dernières décennies. Notamment sur l’ « évaporation » de 600 milliards de dollars rapportés par la vente des hydrocarbures entre 2000 et 2015… à l’époque où il était ministre d’Abdelaziz Bouteflika… et l’un de ses plus empressés courtisans. 
Out of Africa ? Out of Europa ?
Le dossier central de ce numéro est consacré à une question essentielle, celle de nos origines. Les découvertes qui s’additionnent prennent en effet le contre-pied du « paléontologiquement correct » qui, jusqu’à ces dernières années, imposait l’idée que l’Afrique est le continent souche de toute l’humanité. Le nouveau paysage scientifique qui se dessine sous nos yeux est tout au contraire celui d’une hominisation multicentrique. Dans ces conditions, l’Afrique serait le berceau des Africains, l’Asie celui des Asiatiques et l’Europe celui des Européens. Nous voilà donc de retour au point de départ… Il ne restera bientôt plus qu’à reconnaître l’évidence, à savoir l’existence des grands ensembles ou «races» humaines qui semblent  procéder de « sapiensisations » locales. 
Mais, plus encore, selon l’analyse génomique des populations, l’Homme moderne serait apparu et se serait propagé, non pas à partir de l’Afrique, mais de l’Eurasie. La colonisation-migration ne se serait donc pas faite dans le sens Afrique-Europe, mais dans le sens Europe-Afrique. Sale temps pour la doxa

Publié par Administrateur à 18:02

http://bernardlugan.blogspot.com/

Daech en Libye bis: de la répartition des rôles pour figurants…

ΠΆΝΤΑ ῬΕΙ͂…

Daech en Libye bis: de la répartition des rôles pour figurants…

Nous avons été l’un des rares sinon le seul blog à avoir évoqué depuis longtemps l’implantation de Daech en Libye.

Nous avons également souligné que la menace de Daech au Maghreb est sérieuse, d’autant plus qu’aucune armée de la région ne dispose de capacités suffisantes pour faire face à cette menace au sol.

Les raids aériens menés par les égyptiens en territoire libyen, sous le très fallacieux prétexte de la décapitation de 21 ressortissants égyptiens par Daech en Libye, ne sont pas les premiers. Les avions égyptiens et émiratis basés en Egypte bombardent des cibles en Libye depuis le début de la nouvelle guerre civile.

L’initiative égyptienne n’en est pas une. Le mouvement est dicté par Paris et Ryad. L’implication militaire égyptienne en Libye est très risquée pour le Caire dont les forces armées sont loin d’être efficaces. Elle ouvre surtout un second front pour le Caire puisque ce dernier peine à faire face à des organisations armées au Sinaï.

L’Egypte est économiquement ruinée. Son armée n’a jamais gagné une guerre à l’étranger. Que ce soit lors des guerres contre Israël, ou lors de la catastrophique intervention égyptienne au Yémen et même lors d’un bref conflit armé contre la Libye de Gaddafi. Que vise le « maréchal » Al-Sissi en envoyant ses F-16 au dessus d’une Libye en pleine guerre civile? Le support US est là encore une fois mais le jeu est risqué. C’est pour ça que Le Caire appelle à une intervention étrangère sous couvet Onusien. L’initiative franco-égyptienne au Conseil de Sécurité de l’ONU en dit long sur certains petits arrangements préalables sur cette question.

La Jordanie bombarde Daech en Syrie; l’Egypte le fait en Libye. Amman et Le Caire font partie d’un seul axe et il est connu. Mieux qu’une sous-traitance, c’est de la doublure. Dans tous les cas, c’est de la figuration.

Reste les pays d’un Maghreb inexistant. La Tunisie ne voit pas d’un mauvais oeil les raids égyptiens en Libye mais en réalité ne peut plus rien faire depuis longtemps. Théoriquement plus grand pays maghrébin, l’Algérie semble totalement hors-jeu dans la sous-région et, pour corser le tout, se retrouve publiquement humiliée. Le Maroc ne s’implique pas mais cherche à exploiter ce qu’il pourrait tirer comme dividende face à Alger de cette situation inédite.

S’il y avait un pays qui aurait du intervenir depuis une année par des moyens aériens en Libye, c’était bien l’Algérie. Mais ce pays fait face actuellement à un effondrement interne qui ne dit pas son nom indu par une politique catastrophique. Finalement, ce choix de non-intervention aura été fatal sur le plan géopolitique pour l’Algérie. Car quel que soit l’issue du conflit en Libye, il faudra de très longues années pour que l’Algérie puisse espérer retrouver un rôle au Maghreb.

Photographie prise il y a deux jours à Derna, la capitale supposée de Daech (et de toutes les rebellions soutenus par l'Otan) en Libye après des raids d'avions F-16 égyptiens.
Photographie prise il y a deux jours à Derna, la capitale supposée de Daech (et de toutes les rebellions soutenus par l’Otan) en Libye après des raids d’avions F-16 égyptiens.


https://strategika51.org/2015/02/19/daech-en-libye-bis-de-la-repartition-des-roles-pour-figurants/

La France au Sahel : une stratégie bancale

La France au Sahel : une stratégie bancale

Publié par: Majed Nehméle: 18 janvier, 2020Dans: A La UneACCEUILActualitéActualité_MaghrebImprimerEmail

Neuf ans après l’éclatement de la Libye, grâce notamment à la France, alors dirigée par Nicolas Sarkozy, le Sahel, cette immense bande de près de trois millions de km2, séparant le Grand Sahara de l’Afrique de l’Ouest, se retrouve à son tour livré au chaos. Les cinq pays qui la composent (Mauritanie, Mali, Tchad, Niger et Burkina Faso) continuent de subir, à des degrés divers, les contrecoups de la tragédie libyenne.

– Vendredi 10 janvier, deux jours avant la tenue du sommet de Pau convoqué par Macron, un millier de Maliens ont encore manifesté à Bamako pour réclamer le départ des troupes étrangères, en particulier françaises. (AFP)

Celle-ci avait ouvert une boite de pandore d’où sont sortis les démons qui sèment aujourd’hui la terreur et le chaos dans le Sahel et, probablement demain, dans d’autres pays de l’Afrique de l’Ouest. Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de la Défense et de l’Intérieur, fut l’un des rares hommes politiques français à stigmatiser la politique d’ingérence et de regime change qui a ouvert un boulevard au terrorisme, au crime organisé transfrontalier et à l’immigration massive non contrôlée.
A part Hubert Védrine et quelques voix courageuses mais inaudibles, rares étaient ceux qui avaient vu venir cette catastrophe. Même Jean-Luc Mélenchon, alors l’étoile montante de la gauche française avait soutenu cette guerre.
Interrogé en 2014 sur la vague de l’immigration massive et incontrôlée qui s’était abattue à partir de 2011 sur l’Europe, Chevènement imputa ce phénomène à « la destruction de la Libye » par le gouvernement français. «La Libye, déclara-t-il sur le micro d’Europe 1, avait beaucoup de défauts à l’époque de Mouammar Kadhafi, mais la Libye exerçait un contrôle sur ses frontières. Nous avons détruit la Libye, il faut le dire (…) La France, l’Angleterre, sous l’impulsion de M. Sarkozy, peut-être de M. Bernard Henry-Lévy, ont décidé qu’il fallait aller faire le ménage…Résultat de l’ingérence : aujourd’hui, c’est le désordre complet».

Du chaos libyen au bourbier sahélien

Mais ce désordre ne s’est pas arrêté là. Depuis la Libye, livrée à elle-même et aux milices islamistes financées par le Qatar et armées par le Soudan islamiste d’Omar al-Bachir et, plus tard, par la Turquie d’Erdogan, le chaos s’est répandu comme une trainée de poudre dans l’ensemble du Sahel, une région considérée jusqu’ici comme une zone d’influence française. L’imminente chute de cette zone tampon – située entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne – entre les mains de groupes terroristes, mafieux et ethniques constituait une menace directe pour les intérêts français. L’ancien président François Hollande, qui avait applaudi des deux mains l’intervention en Libye, n’avait pas bougé le petit doigt quand ces groupes terroristes, renfloués par des groupes armés Touaregs, s’étaient emparés du nord du Mali, l’Azawad, y constituant une sorte d’émirat islamique autonome. Nombreux d’ailleurs sont les nationalistes maliens, attachés à l’intégrité territoriale de leur pays qui avaient accusé la France de vouloir favoriser la partition du pays et la création d’un Etat touareg indépendant.
Ce n’est que lorsque les groupes islamistes, qui contrôlaient déjà l’Azawad, foncèrent vers la capitale Bamako à partir de Konna le 10 janvier 2013, après avoir défait l’armée malienne, que la France intervint militairement. L’objectif était de stopper l’avance des rebelles et de passer, dans le cadre de l’opération Serval, à la reconquête des territoires sous contrôle des rebelles. Cette intervention était motivée par une saisie du Conseil de sécurité de l’Onu par le gouvernement central de Bamako demandant l’aide militaire de la France et de la communauté internationale. Ce fut le début de l’enlisement militaire français dans le bourbier sahélien.

Sauver le Sahel ou les intérêts géopolitiques de la France ?

Si l’objectif affiché de l’opération était, selon François Hollande dans un discours prononcé le 15 janvier 2013, de soutenir l’armée malienne face aux groupes terroristes et irrédentistes, de stopper l’avancée rebelle vers la capitale Bamako, de sauvegarder l’intégrité territoriale du pays, la mise en application de cette feuille de route s’avèrera plus compliquée que prévu. Une fois les principaux bastions de la rébellion tombés (Gao, Tombouctou, Kidal, Tessalit…), il fallait combattre un ennemi mobile, dispersé non seulement dans l’Azawad et les centres urbains, mais dans le reste du Mali et l’immensité du Sahel. De simple opération de lutte anti-terroriste, la France s’est retrouvée confrontée à un processus de Nation Building avec tous les risques qu’il comporte.
L’opération Barkhane, qui a pris le relais dès le 1er août 2014 de l’opération Serval, est composée de 4 500 hommes essentiellement français. Un effectif jugé par tous les géopoliticiens sérieux de très insuffisant pour mener à terme la pacification du Sahel et la reconstruction de ses Etats fragiles, voire faillis. C’est ce qui a amené la France à proposer à ses partenaires européens la constitution d’une nouvelle structure appelée Takuba, qui consisterait à déployer des forces spéciales auprès des armées locales [notamment malienne] afin de les aider à contrer la menace jihadiste. Ce projet n’a guère emballé les partenaires européens de la France puisque jusqu’ici, seules l’Estonie, déjà présente dans Barkhane, la Belgique et la Tchéquie avaient répondu présentes. Avec une participation presque symbolique…
L’Allemagne, quant à elle, a jusqu’ici refusé l’invitation française à participer au déploiement de forces spéciales européennes pour combattre les islamistes au Mali. Il faut dire que les Allemands ne partagent ni l’approche, ni la perception de la France dans la gestion de ce dossier. Le diagnostic de leurs services de renseignements est très sceptique, rejoignant en cela celui d’un récent rapport de l’ONU et de l’International Crisis Group. Les Américains sont, eux, tentés de se retirer de la région et de fermer leur base de surveillance au Niger, aujourd’hui en voie d’effondrement.
Pour le ministère allemand de la Défense, la menace au Sahel est non seulement incarnée par des groupes jihadistes et le crime organisé, mais aussi par le fait que les groupes armés terroristes y jouissent d’une « grande liberté de mouvement » et pourraient « agir sans restriction ». Ils estiment que « la valeur opérationnelle de la Force conjointe du G5 Sahel est actuellement faible » et que les forces de sécurité maliennes ont « atteint leurs limites malgré le soutien international. » L’ICG va encore plus loin puisqu’il considère, dans un rapport publié à la veille du Sommet de Pau du G5 que la véritable menace pour la sécurité et la stabilité dans cette région « n’est pas seulement le jihad international porté par des groupes terroristes transnationaux, mais une vague d’insurrections tournées contre les États.»

Y a-t-il une stratégie de sortie pour la France ?

Certes, les militaires français ne sont pas les seuls responsables de cet engrenage puisqu’il y a aussi une multitude de forces qui sont censées aider à la mise en application de la stratégie d’intervention dans la région, telle que théoriquement définie par les décideurs français. « La stratégie sahélienne de la France, lit-on sur le site officiel du ministère français de la Défense, vise à ce que les États partenaires acquièrent la capacité d’assurer leur sécurité de façon autonome. Elle repose sur une approche globale (politique, sécuritaire et de développement) dont le volet militaire est porté par l’opération Barkhane, conduite par les armées françaises. »
A titre d’information, Barkhane est soutenue par la Mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali), lancée le 18 février 2013 à la suite de l’adoption de la résolution 2085 du Conseil de sécurité de l’ONU.

– Les cinq chefs d’états du Sahel lors du Sommet de Pau dimanche 12 janvier 2020 autour du président français Emmanuel Macron. Palabre, palabres…Photo DR

Elle s’inscrit dans le cadre de l’approche globale conduite par l’Union européenne pour renforcer la sécurité au Mali et au Sahel. Elle compte un effectif d’environ 600 militaires en provenance d’une vingtaine d’États membres de l’UE et une douzaine de militaires français y contribuent.
A cela s’ajoute la mission onusienne de maintien de la paix Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali), créée le 25 avril 2013 par le Conseil de sécurité de l’ONU (résolution 2100) et composée de 11 953 militaires, 1 741 policiers et de 1 180 civils (661 nationaux – 585 internationaux, 155 volontaires des Nations unies).
Certes, un travail considérable a déjà été accompli ne serait-ce qu’au niveau de la défaite des organisations jihadistes et des groupes armés dans le Nord-Mali. Tant que les accords inter-maliens, dont ceux signés respectivement à Alger et à Bamako en 2015 après des négociations laborieuses menées dans la capitale algérienne entre le gouvernement central malien et la Coordination des mouvements de l’Azawad) ne sont pas appliqués par les deux parties, la menace reste sous-jacente, des cellules dormantes attendant le moment propice pour se manifester. Les principes généraux contenus dans ces accords visaient à redéfinir les contours d’un nouveau contrat social au Mali même et dans le reste des Etats du Sahel infesté par le terrorisme, à savoir :

A) respect de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’Etat du Mali, ainsi que de sa forme républicaine et son caractère laïc;
B) reconnaissance et promotion de la diversité culturelle et linguistique et valorisation de la contribution de toutes les composantes du peuple malien, particulièrement celle des femmes et des jeunes, à l’œuvre de construction nationale;
C) prise en charge par les populations de la gestion effective de leurs propres affaires, à travers un système de gouvernance prenant en compte leurs aspirations et leurs besoins spécifiques;
D) promotion d’un développement équilibré de l’ensemble des régions du Mali tenant compte de leurs potentialités respectives;
E) rejet de la violence comme moyen d’expression politique et recours au dialogue et à la concertation pour le règlement des différends;
F) respect des droits de l’Homme, de la dignité humaine et des libertés fondamentales et religieuses;
G) lutte contre la corruption et l’impunité;
H) lutte contre le terrorisme, le trafic de drogues et les autres formes de criminalité transnationale organisée.

Grande absente : l’Algérie

Malheureusement ces accords sont restés lettre morte, même si Emmanuel Macron, dès son élection en mai 2017, avait promis de tout faire pour les ressusciter. Vœux pieux. La réaction très peu diplomatique du locataire de l’Élysée à l’élection d’Abdelmajid Tebboune, en décembre dernier, comme nouveau président de l’Algérie n’est pas de nature à faciliter les contacts entre les deux hommes. Au lieu de présenter ses félicitations, comme c’est l’usage et comme l’ont fait tous les chefs d’Etats européens, il s’était contenté de « prendre note » de l’élection d’Abdelmadjid Tebboune à la tête de l’Algérie et de l’appeler, avec arrogance, à engager un « dialogue avec le peuple algérien ». Ce dernier, vexé, a répliqué : « Je ne lui réponds pas. Il est libre de vendre la marchandise qu’il veut dans son pays, mais moi j’ai été élu par le peuple algérien et je ne reconnais que le peuple algérien ».
On comprend pourquoi la France a brillé par son absence lors du ballet diplomatique autour de la Libye dont Alger a été le théâtre.
Une autre bizarrerie de la stratégie sahélienne française antiterroriste : l’entêtement à exclure implicitement l’Algérie comme partenaire dans le processus de sortie de crise du Sahel. D’autant que ce pays abrite le siège du Conseil des chefs d’état-major opérationnel des armées (Cemoc) basé à Tamanrasset, dans le Sud algérien) et composé de l’Algérie, du Mali, de la Mauritanie et du Niger et qu’il dispose de l’armée la plus puissante de la région.

Pourquoi la France est incomprise par les Africains ?

Incomprise de ses partenaires européens et américains, regardée avec suspicion par de vaste tranches des opinions publiques africaines, jugée sévèrement pour ses maigres résultats sur le terrain, la stratégie française dans le Sahel devrait impérativement être réadaptée pour faire face aux nouveaux foyers qui se sont déplacés du Nord-Mali vers le triangle de la mort (à la frontière entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso), le brasier tchadien. Cela risque encore de s’étendre vers l’Afrique de l’Ouest et en particulier en Côte d’Ivoire. Et ce ne sont pas les déclarations sibyllines du sommet de Pau qui constituent une vraie feuille de route pour sortir de ce bourbier. Ni l’envoi de 220 soldats supplémentaires au Mali qui va changer la donne sur le terrain.
Jean-Yves Le Drian, le patron du Quai d’Orsay fait mine de ne pas comprendre pourquoi les Africains sont remontés contre la France.
« Je le constate avec tristesse et un peu de révolte, quand on sait la force de notre engagement, nos 41 morts, et que cela a été fait à la demande des autorités politiques du Sahel. Je ne veux pas non plus surestimer ce sentiment. Il est fortement relayé sur les réseaux sociaux, au travers de fausses nouvelles qu’il faut combattre, mais, dans une situation de crise et d’insécurité, on cherche un bouc émissaire. Une partie du ressentiment antifrançais est liée au fait que les populations ne se sentent pas assez protégées. Il faut que les choses soient claires concernant notre présence. Nous n’avons aucun intérêt dans cette région, sauf la défense du droit et de notre propre sécurité. Si ça ne passe pas par des accords et une clarification des engagements, il faudra se poser des questions et repenser notre positionnement militaire. »
Le Drian, qui reprend ici le même argumentaire que son patron, passe sous silence les racines de la colère, à savoir les ingérences et les interventions militaires françaises à répétition en Afrique pour sauver, non pas leurs pays, mais des régimes à la solde de la France. Les opinions africaines n’ont surtout pas digéré l’intervention militaire française en Libye, comme elles n’ont pas digérée l’emploi de la force armée pour déloger l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo. Elles sont enfin en colère contre les maigres résultats de ces interventions. La sécurité promise n’est pas au rendez-vous et les fruits du développement durable promis tardent à mûrir.
Il faudra plus qu’un sommet du G5 pour relever les défis et dissiper les malentendus. Car il y a péril en la demeure et seule la réhabilitation d’Etats africains souverains, autonomes, représentatifs et efficients est de nature à assécher le vivier terroriste. Il n’est pas trop tard pour changer de logiciel et d’approche.

http://www.afrique-asie.fr/la-france-au-sahel-une-strategie-bancale/

L’impasse algérienne

Editorial de Bernard Lugan
L’impasse algérienne
Trente-six semaines après le début de la protestation – le hirak -, alors que des dizaines d’opposants au régime militaire ont rejoint en prison des dizaines de notables du clan Bouteflika et que la police pourchasse les porteurs du drapeau berbère, le général Gaïd Salah a décidé que, coûte que coûte, les élections présidentielles auraient lieu le 12 décembre prochain.
En 2019, la candidature de la momie d’Abdelaziz Bouteflika à un 5e mandat a mis le feu aux poudres. La rue algérienne s’est alors massivement mobilisée, faisant oublier l’incroyable résilience dont elle avait fait preuve jusque-là. Or, ce mouvement n’était pas une simple contestation, mais une claire volonté de refondation en profondeur des institutions algériennes dans l’esprit du « congrès de la Soummam ». Fin août 1956, en Kabylie, les représentants de 4 des 5 wilayas de l’intérieur avaient en effet discuté de l’avenir de la future Algérie indépendante. L’accord s’était fait sur trois grands points : primauté du politique sur le militaire, primauté des combattants de l’intérieur sur les structures politico-militaires de l’extérieur et refus de tout projet théocratique islamique. Le résultat fut qu’une guerre fratricide éclata à l’intérieur du mouvement nationaliste, ceux qui étaient réfugiés au Caire et à Tunis accusant les congressistes de la Soummam d’avoir réalisé un coup de force berbère. Ils rejetèrent donc ses conclusions et son concepteur, Abane Ramdane fut étranglé par les tenants de la ligne arabo-islamiste. Puis, ces derniers firent un coup de force durant l’été 1962. Aujourd’hui, leurs héritiers qui forment le cœur du « Système » ne veulent pas lâcher le pouvoir et ses « avantages » car ils craignent de devoir rendre des comptes.
Dans un premier temps, le « Système » a utilisé le mouvement pour éliminer à la fois le clan Bouteflika et le clan du DRS. En d’autres termes, au sein du « Système », le clan composé par le haut état-major, utilisa la rue pour se débarrasser de deux clans rivaux et concurrents. Petits « Machiavel », ils avaient cru qu’en mettant au cachot des personnalités honnies, les manifestants allaient s’estimer satisfaits et qu’il allaient leur donner quitus.Puis, ils comprirent que la rue ne se satisfaisait pas de la mise en prison de plusieurs dizaines de dignitaires du clan Bouteflika, car, ce n’était  pas la fin d’un clan dont elle voulait, mais celle de TOUS les clans composant le « Système ». A  commencer par son cœur, celui des hauts gradés.
Le « Système » est donc dans une impasse. Comme il considère, du moins pour le moment, que les temps ne sont pas à l’épreuve de force, il n’a qu’un moyen pour tenter de sortir du piège dans lequel il est entré : organiser coûte que coûte une élection présidentielle, même parodique, afin de ne plus apparaître en première ligne face à la rue. Or, cette dernière ne veut pas de cette élection et comme le « Système » ne peut pas céder à ses revendications, au risque d’ouvrir les vannes de la révolution, il y a donc désormais casus belli.Publié par Administrateur à 19:52

http://bernardlugan.blogspot.com/

Le DRS choisira», dixit un spécialiste et tifoso de la FrançAlgérie

«Le DRS choisira», dixit un spécialiste et tifoso de la FrançAlgérie

24 vues•29 sept. 201910PARTAGERENREGISTRERAlgeriaSon10,8 k abonnésABONNÉ«Le DRS choisira», dixit un spécialiste très très laudateur de la FrançAlgérie

https://youtu.be/yGZfpJ_8p6EPLUShttps://www.youtube.com/watch?v=RhmqxWf2QnE&feature=push-sd&attr_tag=49srZD6MmDzptPy8%3A6

La députée LFI Mathilde Panot interpellée en Algérie et placée en séjour surveillé

La députée LFI Mathilde Panot interpellée en Algérie et placée en séjour surveillé

2 oct. 2019, 10:36

La députée LFI Mathilde Panot interpellée en Algérie et placée en séjour surveillé

© LUCAS BARIOULET / AFPMathilde Panot (La France insoumise) prend la parole à l’Assemblée nationale le 4 juin 2019 à Paris (image d’illustration).

La France insoumise s’est insurgée de l’interpellation de la vice-présidente du groupe insoumis à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, et de ses accompagnateurs. Ils se trouvaient en Algérie pour y rencontrer des personnalités politiques locales.

«Le groupe parlementaire insoumis proteste contre l’interpellation à Bejaïa en Algérie de sa co-présidente Mathilde Panot et de ses accompagnateurs. Dix heures plus tard ils sont placés en séjour surveillé à Alger sans connaître les intentions pour la suite de ceux qui les ont contraints à ce retour sous escorte», annonce La France insoumise dans un communiqué publié sur son site le 2 octobre.

Mathilde Panot participait, en Algérie, à un «programme de rencontres» avec des personnalités politiques locales. «Je suis en Algérie depuis hier […] Plus que jamais, nous devons exprimer notre solidarité avec le peuple algérien !», avait-elle posté sur Twitter le 30 septembre.

Mathilde Panot@MathildePanot

« Je suis en Algérie depuis hier […] Plus que jamais, nous devons exprimer notre solidarité avec le peuple algérien ! »
Retrouvez sur Facebook ma première note concernant mon séjour sur le territoire algérien

https://www.facebook.com/411320859261065/posts/908425606217252?sfns=mo …

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29622:09 – 30 sept. 2019 · Algiers, AlgeriaInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité198 personnes parlent à ce sujet

Dans une publication sur Facebook, la députée détaillait les raisons de sa présence dans ce pays, secoué depuis plusieurs mois par un mouvement de manifestations. «En tant que militante de la révolution citoyenne, je suis venue avec mon suppléant Mourad Tagzout rencontrer les acteurs et actrices du mouvement populaire pour comprendre, apprendre et exprimer notre solidarité à cette révolution du sourire. Je voulais ici vous écrire une partie de ces discussions avec les femmes et les hommes qui se battent avec courage pour que le système dégage »», témoignait la femme politique.Lire aussiAlgérie : les candidats déclarés à la présidentielle dans le collimateur de la rue

Dans son message, elle dénonçait notamment «une répression et une volonté d’effrayer le peuple pour arrêter un mouvement révolutionnaire historique et pacifique».

Sur place, elle a notamment rencontré des députés du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), du Parti Socialiste des Travailleurs (PST), et du Mouvement Démocratique et Social (MDS).

Le groupe insoumis a ajouté qu’il demandait la garantie de «sûreté» des individus interpellés et de «leur liberté de circuler».

France

Raconter l’actualité

https://francais.rt.com/france/66413-deputee-lfi-mathilde-panot-interpellee-bejaia-algerie?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

«Le lobby sioniste est très actif en Algérie»

«Le lobby sioniste est très actif en Algérie»

Publié par: Ahmed Bensaadale: 10 mai, 2019Dans: A La UneACCEUILActualitéActualité_AfriqueActualité_MaghrebGéopolitiqueImprimerEmail

Interview – Ahmed Bensaada

Algeriepatriotique : Vous avez publié une étude intitulée «Huit ans après la printanisation de l’Algérie». Pouvez-vous nous en faire un résumé ?

Ahmed Bensaada : Mon article traite de l’idéologie de «résistance individuelle non violente» qui s’est avérée très efficace dans la chute de nombreux gouvernements depuis une vingtaine d’années. Cette idéologie, théorisée par le professeur américain Gene Sharp, a été appliquée avec succès dans différents pays.

Cela a commencé avec les révoltes qui ont bouleversé le paysage politique des pays de l’Est ou des ex-Républiques soviétiques et qui ont été qualifiées de «révolutions colorées». La Serbie (2000), la Géorgie (2003), l’Ukraine (2004) et le Kirghizstan (2005) en sont quelques exemples. Depuis la fin de l’année 2010, cette théorie a été mise en pratique dans les pays arabes et c’est ce qui a donné le mal nommé «printemps» arabe.

Je vous rappelle que j’ai consacré des dizaines d’articles à l’étude de ces révoltes ainsi que deux ouvrages.

En analysant le hirak algérien et en comparant son modus operandi avec celui de cet éventail de cas, on remarque des similitudes frappantes. C’est ce qui nous amène à penser que la lutte non violente qui se déroule actuellement dans les rues de notre pays ne représente qu’un continuum qui a débuté par les «révolutions colorées» et qui s’est poursuivi par le «printemps» arabe. Il s’agit de ce que j’ai nommé la «printanisation» de l’Algérie.

Dénoncer les complots ourdis par des officines secrètes est systématiquement interprété comme une paranoïa. Comment convaincre les sceptiques, selon vous ?

Il n’y a rien de secret dans le rôle des organismes d’«exportation» de la démocratie. Leurs missions sont clairement affichées sur leurs sites et explicitement énoncées dans les discours de leurs responsables.

En plus, leurs relations avec le département d’Etat et leur alignement à la politique officielle de leur pays ne font aucun doute. Certaines d’entre elles, comme la NED, publient des rapports annuels détaillés qui mentionnent les ONG locales bénéficiaires, leurs mandats et les montants alloués à chacune d’entre elles.

D’autre part, le rôle de ces organismes dans les «révolutions colorées» et le «printemps» arabe a été scrupuleusement étudié et est maintenant bien documenté.

Mais à chaque fois qu’une révolte non violente voit le jour quelque part dans le monde, les mêmes réactions apparaissent : «la révolte est spontanée», «la jeunesse nous guide vers un avenir radieux», «la main de l’étranger ? C’est du complotisme ! Pourquoi infantiliser le peuple ? Vous protégez les dictateurs !»

Il existe deux explications à ces réactions. La première peut provenir de personnes ou de groupes financés par l’étranger et qui font le nécessaire pour le dissimuler afin de préserver la «pureté» de la cause. Cela est relayé par la puissante machine des médias mainstream qui utilisent le mensonge par omission, invitent toujours les mêmes pseudo-analystes et maintiennent la porte grand ouverte aux activistes.

La seconde, plus naturelle, émane de sentiments profondément humains liés au «romantisme révolutionnaire», à la capacité intrinsèque du peuple à se libérer de tout joug oppressif. L’incrédulité de certains est ainsi humainement compréhensible. En effet, rien ne vaut une belle révolte spontanée et populaire pour l’imaginaire collectif qui n’a aucune idée de ce qui se trame dans les coulisses. La révolte de David contre Goliath, du faible contre le puissant, du petit peuple armé de sa foi contre le tyran omnipotent. Dans ce cas, toute analyse critique cartésienne se heurte à une inévitable levée de boucliers.

C’est d’ailleurs ce qui fait la force de cette idéologie de «résistance individuelle non violente».

Algeriepatriotique a été catalogué comme «site complotiste» pour avoir mis à nu plusieurs fois les manœuvres du lobby sioniste, notamment. Quel rôle ce dernier joue-t-il dans ce qui se passe en Algérie actuellement ?

Depuis l’avènement des TIC (technologies de l’information et de la communication), les médias mainstream, qui sont la propriété d’une poignée de grands groupes industriels, ont vu leur influence dans l’opinion publique sérieusement malmenée par les nouveaux médias numériques. Pour contrecarrer cet effet, les médias mainstream ont créé ce concept de site «conspirationniste» ou «complotiste» dans lequel ils ont, certes, catalogué de vrais sites farfelus mais, aussi, des sites d’information sérieux mais dont la ligne éditoriale s’éloigne du mainstream. «Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage», dit l’adage.

Pour revenir au lobby sioniste, il est certain qu’il est fortement actif car l’Algérie est un des derniers bastions du «Front de la fermeté». Il n’y a qu’à voir le nombre de drapeaux palestiniens qui sont déployés dans les marches du hirak pour comprendre l’intensité du lien affectif qui lie l’Algérie à la Palestine.

Néanmoins, il faut préciser que cette nébuleuse agit généralement de manière indirecte. En effet, ce lobby est très présent dans les organismes d’«exportation» de la démocratie. Ainsi, Carl Gershman, avant d’accéder à la présidence de la NED, avait travaillé dans le département de recherche de l’Anti-Defamation League du B’nai B’rith et a été membre du Conseil d’administration du Congrès juif américain.

Gershman est un grand défenseur de la politique raciste et belliqueuse d’Israël. Dans un récent discours au Forum juif de Kiev (6-8 mai 2019), Karl Gershman a défendu l’état hébreu, tout en comparant ses crimes à la situation de l’Algérie d’avant le hirak.

Il reprit d’abord les déclarations du rabbin Lord Jonathan Sacks lors d’un débat sur l’antisémitisme à la Chambre des Lords britannique «C’est pourquoi Israël – la seule démocratie au Moyen-Orient pleinement opérationnelle avec une presse libre et un pouvoir judiciaire indépendant – est régulièrement accusé des cinq péchés capitaux contre les droits de l’Homme : racisme, apartheid, crimes contre l’humanité, purification ethnique et tentative de génocide».

Il ajouta ensuite : «Un exemple de cette évolution effroyable est que le 18 mars [2019], au Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, Israël a été agressé dans sept rapports biaisés et cinq résolutions hostiles. Rien n’a été présenté au Conseil sur aucun autre pays du monde – pas sur l’Algérie, où les manifestations qui ont abouti au renversement du régime corrompu et répressif de Bouteflika avaient commencé un mois plus tôt […].»

En 2004, Gershman avait participé à une conférence qui s’était tenue à Rome et qui avait pour thème «L’antisémitisme, une menace pour la démocratie». Il y révéla des motivations pro-israéliennes quant à la promotion de la démocratie au Moyen-Orient : «Quelles que soient leurs différences, les baâthistes et les islamistes partagent une haine viscérale des valeurs libérales qui trouve sa plus grande expression dans la diffamation d’Israël et du peuple juif.»

Ce lobby procède aussi par un travail de fond en adoubant, par exemple, des mouvements comme le MAK qui a repris du poil de la bête à l’occasion du hirak. Dans un travail de plus longue haleine, des voyages sont organisés à des «intellectuels bien de chez nous» comme Sansal, Dilem ou Akkouche pour fouler le sol des Territoires occupés en vue de paver la route à une politique de normalisation bien entamée par d’autres pays arabes.

De manière plus insidieuse, le lobby sioniste a réussi à infiltrer le réseau des activistes et cyberactivistes arabes à travers le forum «Fikra». Ce forum, qui prétend «soutenir les démocrates arabes dans leur lutte contre l’autoritarisme et les extrémistes», est une création du lobby américain pro-israélien, géré et financé par ses soins. Parmi les nombreux participants provenant d’une dizaine de pays arabes, notons la présence d’activistes algériens.

Les Algériens ont convergé vers les grandes places le 22 février pour exiger le départ du système. Certains disent que c’est l’entêtement de Bouteflika qui a poussé les Algériens à se révolter, d’autres estiment que c’est Facebook qui a rassemblé les Algériens autour d’une seule et même revendication. Qu’en est-il, selon vous ?

Loin d’être spontanées, les révoltes non violentes se préparent longtemps à l’avance. Dans mon livre Arabesque$, j’explique que les activistes arabes ont été préparés des années avant le début du «printemps» arabe.

Certes, les révoltes qui ont balayé la rue arabe sont une conséquence de l’absence de démocratie, de justice sociale et de confiance entre les dirigeants et leur peuple. Richesses mal distribuées, manque de libertés, régimes autocratiques, hogra, corruption, etc. Tout ceci constitue donc un «terreau fertile» à la déstabilisation. Ce terreau est constitué de femmes et d’hommes qui ont perdu confiance en leurs dirigeants dont la pérennité maladive ne laisse entrevoir aucune lueur d’espoir.

Mais cela n’est pas suffisant : une «étincelle» qui fédère le peuple est nécessaire. Dans le cas de la Tunisie, c’était la mort de Mohamed Bouazizi, alors que celui de l’Algérie, c’était le cinquième mandat.

Et c’est à ce moment que la formation des cyberactivistes est importante. Dans le cas de l’Algérie, Facebook et les autres médias sociaux ont eu un rôle très important. L’organisation, la mobilisation, les appels à manifester, la synchronisation et la diversité des actions à mener sur le terrain n’auraient jamais été possibles de manière aussi efficace sans les nouvelles technologies.

Mais cela n’est pas nouveau. Rappelons-nous qu’en Egypte la révolte de la Place Tahrir avait été surnommée «Révolution Facebook» ou «Révolution 2.0» et qu’Israa Abdel Fattah, la cofondatrice du Mouvement du 6 Avril (financé par des organismes américains), fer de lance de la contestation égyptienne, était connue sous le nom de «Facebook Girl».

Comment les officines auxquelles vous faites référence dans votre étude interviennent-elles dans le hirak algérien ?

Les organismes d’«exportation» de la démocratie fonctionnent de façon similaire, quel que soit le pays. Ils s’occupent du financement des ONG locales, de la formation des activistes et, pour plus de synergie, s’occupent de leur réseautage.

En ce qui concerne le financement, nous avons montré que de nombreuses ONG algériennes ont été financées bien avant le début du «printemps» arabe. Et cela n’a jamais cessé depuis, comme expliqué dans mes deux récents articles. Comme par hasard, ces ONG sont toujours au premier rang de la contestation. Elles l’étaient également avec le défunt CNCD, en 2011.

Le financement ne provient pas uniquement de la bourse de l’Oncle Sam. Des organismes européens, comme les Stiftungs allemands et d’autres moins évidents à identifier, sont mis à contribution. Les documents publiés par mon ami Mohamed Bouhamidi sont très éloquents à ce sujet.

Pour la petite histoire, notons que la structure de la NED (créée en 1983 par le président R. Reagan) s’est inspirée de celle des Stiftungs allemands et, comme la CIA collaborait avec ces organismes allemands pour financer des mouvements à travers le monde bien avant la création de la NED, les relations sont restées solides jusqu’à nos jours. Ainsi, à titre d’exemple, le mouvement pro-européen Euromaïdan, qui a secoué l’Ukraine fin 2013 début 2014, a aussi bien été aidé et soutenu par l’IRI et le NDI (deux des quatre satellites de la NED) que par le Konrad Adenauer Stiftung (lié au CDU allemand).

Dans le volet formation, nous savons que des jeunes Algériens ont été formés à la «résistance individuelle non violente» par les Serbes de Canvas. Cela a été confirmé par un des dirigeants du Mouvement du 6 Avril, l’Egyptien Mohamed Adel, qui a reconnu s’être rendu en Serbie avec quatorze autres militants algériens et égyptiens.

En matière de maîtrise du cyberespace et de réseautage, les noms de cyberactivistes algériens figurent dans les listes de participants aux formations dispensées à la «Ligue arabe du Net» par les organismes d’«exportation» de la démocratie.

Finalement, des indices montrent que certaines figures visibles du hirak algérien ont suivi des formations dans des pays européens après le «printemps» arabe. Des investigations sont en cours.

Quels sont les indices de leur implication ?

Comme expliqué dans mon article, les révoltes non violentes suivent un pattern bien établi portant, sur le terrain, le sceau de Canvas. L’utilisation de campagnes de communications dites positives et négatives, la fraternisation avec l’«ennemi», l’utilisation du poing d’Otpor, la présence d’individus ou de groupes financés par les officines étrangères en tête des manifestations, la proposition comme leader de personnalités auparavant inconnues du grand public ainsi que l’usage des «méthodes d’action non violente» parmi les 199 figurant dans le manuel élaboré par Canvas en sont quelques exemples.

D’autre part, la coordination des actions à mener sur le terrain, le partage d’informations en temps réel, la transmission d’instructions pour que les manifestations soient conformes aux principes de base de la lutte non violente, le timing des évènements et ce, à travers tout le territoire national, prouvent une utilisation efficiente du cyberespace qui ne peut être acquise que par une solide formation.

Que cherchent ces officines, Canvas, NDI, NED, etc. en Algérie ? Quel type de régime veulent-elles «imposer» ?

Tout d’abord, une petite mise au point. Il ne faut pas classer Canvas avec la NED et ses homologues. Canvas n’est qu’une école serbe de «révolutionnaires en herbe» utilisée par les organismes d’«exportation» de la démocratie comme la NED, Freedom House et autres, pour former des activistes.

Le rôle de la NED a été clarifié dans le discours inaugural de cette «fondation».

Le 16 octobre 1983, le président Reagan déclara : «Ce programme ne restera pas dans l’ombre. Il s’affirmera avec fierté sous le feu des projecteurs. (…) Et, bien sûr, il sera cohérent avec nos intérêts nationaux.»

Selon le journaliste américain William Blum : «Les programmes de la NED incarnent généralement la philosophie de base selon laquelle les travailleurs et les autres citoyens sont mieux servis dans un système de libre entreprise […], d’intervention minimale du gouvernement dans l’économie et d’opposition au socialisme sous toutes ses formes. Une économie de marché est synonyme de démocratie, de réforme et de croissance et l’accent est mis sur les avantages des investissements étrangers dans leur économie.» «[…] En bref, les programmes de la NED sont en harmonie avec les besoins et objectifs de base de la mondialisation économique du Nouvel Ordre mondial, tout comme les programmes sont sur la même longueur d’onde que la politique étrangère des Etats-Unis.»

Ainsi, les Etats-Unis, à travers des organismes spécialement conçus, utilisent la démocratie et le droit-de-l’hommisme pour exporter des politiques néolibérales à travers le monde.

Cette politique est encore plus claire avec le milliardaire et spéculateur américain George Soros dont la fondation Open Society (Société ouverte) travaille de concert avec la NED et les autres organismes d’«exportation» de la démocratie.

Selon Leandra Bernstein, «l’action et l’argent de George Soros sont devenus des instruments pour démanteler la souveraineté nationale des Etats, en remplissant les caisses d’organisations ‘’philanthropiques’’ ou ‘’droit-de-l’hommistes’’». Pour Soros, «si une nation voulait contrôler ses propres ressources naturelles» ou «développer son économie et sa force de travail à l’aide de tarifs douaniers et de régulations», elle était considérée comme société fermée. En fait, «toute nation qui rejette la mondialisation (c’est-à-dire l’impérialisme du libre-échange) est condamnée à ce titre et fera l’objet d’attaques de la part des organisations de Soros».

On voit bien que l’«exportation» de la démocratie qui se fait à travers des changements de régime menés à bien grâce aux principes de la lutte non violente a des visées économiques et hégémoniques.

Dans les conflits armés, des personnes autochtones sont choisies pour préserver les intérêts de la puissance victorieuse. Souvenons-nous des cas Ahmed Chalabi en Irak ou Hamid Karzai en Afghanistan. Il en est de même dans les révoltes non violentes qui s’accompagnent de l’apparition de certaines figures qu’on cherche à imposer en les drapant d’une «bénédiction» populaire.

Mikheil Saakachvili, après la révolution des Roses en Géorgie (2003) ; Viktor Iouchtchenko, après la révolution Orange en Ukraine (2004) ou la tentative avortée de placer Mohamed El-Baradei après la révolution du Lotus en Egypte (2011) sont des exemples de candidats pro-américains.

En Algérie, le hirak a aussi très rapidement produit les noms de personnes susceptibles de diriger le sort du pays après l’éviction du président Bouteflika. Et le battage médiatique n’a pas encore cessé pour certains.

Les visées économiques et hégémoniques ne s’appliquent pas uniquement aux Etats-Unis, bien au contraire. Les pays européens, en particulier la France, histoire coloniale et doctrine Monroe obligent, ont des intérêts en Algérie.

D’autre part, l’alignement de l’Algérie sur la Russie pour l’approvisionnement en matériel militaire et sur la Chine pour les grands projets nationaux laissent espérer des contrats juteux en cas de changement de paradigme politique.

Avec ses énormes richesses, son immensité territoriale et son importante position géostratégique, il est clair que l’Algérie attise la convoitise de nombreuses puissances.

Qui du peuple ou de ces officines auront eu raison du système, selon vous ? Autrement dit, qui a fait tomber Bouteflika ?

C’est la combinaison des deux qui a fait tomber le président Bouteflika. L’application judicieuse des principes de la lutte non violente permet de fédérer le «peuple» contre le «tyran» autour d’une exigence : le départ du «tyran». Elle fait passer la peur du camp du «peuple» vers celui du «tyran».

Cette synergie n’enlève rien au mérite et à la bravoure du peuple qui est sorti comme un seul homme pour demander le départ d’un système usé par le pouvoir, les affaires et la corruption.

Il faut être clair : la grande majorité des manifestants n’a rien à voir avec les officines et ignore certainement tout de leur existence mais sort dans la rue pour des causes nobles. Ce sont ceux qui sont en haut de la pyramide du hirak qui organisent, orientent et dirigent. Et cela est un autre point fort de l’idéologie de «résistance individuelle non violente».

L’efficacité de cette combinaison permet d’expliquer pourquoi les émeutes antérieures au «printemps» arabe ont toutes été violemment étouffées comme celles de Gafsa (Tunisie, 2008) ou celles d’Al-Mahalla (Egypte, 2008) alors que, quelques mois plus tard, (et surtout quelques formations plus tard), le «peuple» a vaincu le «tyran».

Comment voyez-vous les perspectives du mouvement populaire pacifique en Algérie à court terme ?

Le mouvement populaire est resté très pacifique, c’est le signe très positif d’une réelle maturité politique. Le seul problème vient de l’inflation des revendications émanant de certaines voix du hirak. A un certain moment, il faut savoir raison garder et passer à la table des négociations car la confrontation est mauvaise conseillère et peut avoir de fâcheuses conséquences. En Algérie, nous en savons quelque chose.

Pour celles et ceux qui craignent que le système perdure, il faut les convaincre que la situation politique algérienne ne sera jamais pareille dans l’avenir et que la vigilance du peuple est garante du changement.

Quant aux personnes ou aux groupes qui ont reçu des subsides d’organismes «démocratisants» étrangers, il faut impérativement qu’elles placent l’intérêt de leur pays, l’Algérie, avant celui des autres. L’histoire nous montre que dans les mouvements de ce type, les activistes pro-occidentaux disparaissent une fois la «révolution» achevée. Au sujet des «révolutions colorées», le journaliste Hernando Calvo Ospina écrivit : «[…] La distance entre gouvernants et gouvernés facilite la tâche de la NED et de son réseau d’organisations, qui fabriquent des milliers de ‘’dissidents’’ grâce aux dollars et à la publicité. Une fois le changement obtenu, la plupart d’entre eux, ainsi que leurs organisations en tout genre, disparaissent, sans gloire, de la circulation.» On aurait pu écrire exactement la même chose sur les «dissidents» du «printemps» arabe.

Nul doute que notre peuple sera à la hauteur de la gravité et des exigences de l’heure et fera de ce mouvement un vrai printemps arabe (sans guillemets), d’où bourgeonnera l’unité d’une nation, à jamais soudée contre le despotisme, la corruption et la hogra.

Interview réalisée par Karim B. et Mohamed El-Ghazi

http://www.afrique-asie.fr/le-lobby-sioniste-est-tres-actif-en-algerie/