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Coronavirus : Israël impose la quarantaine aux voyageurs revenant de France, Allemagne, Espagne, Suisse et Autriche (Netanyahu)

Coronavirus : Israël impose la quarantaine aux voyageurs revenant de France, Allemagne, Espagne, Suisse et Autriche (Netanyahu)

Publié le : 04/03/2020 – 15:56

https://www.france24.com/fr/urgent/20200304-coronavirus-isra%C3%ABl-impose-la-quarantaine-aux-voyageurs-revenant-de-france-allemagne-espagne-suisse-et-autriche-netanyahu?xtor=EPR-300-[Breaking]-20200304-[contenu]-1044053310412

Les ambitions allemandes au Proche-Orient élargi

Les ambitions allemandes au Proche-Orient élargi

par Thierry Meyssan

75 ans après la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne entend redevenir une puissance sur la scène internationale. Elle a choisi de faire son retour au Proche-orient élargi. Mais il est difficile et dangereux pour elle de se hisser à ce niveau sans aucune expérience autre qu’historique.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 28 JANVIER 2020 عربيITALIANOROMÂNĂ

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Conformément au plan rédigé par Volker Perthes en 2013, l’Allemagne se prépare à remplacer les soldats US au Proche-Orient élargi. Elle piaffe d’impatience après avoir été privée durant 75 ans du rôle international qui lui revient. C’est pour elle une question d’honneur national.

Elle entend utiliser son armée pour établir la paix quelque part, elle qui dut supporter le poids des guerres perdues du nazisme.

Elle a d’abord espéré entrer victorieuse dans Damas aux côtés des braves « démocrates » d’Idleb. Làs ! ce ne sont que des jihadistes ! Puis, elle a espéré remplacer les GI’s au Nord de la Syrie lorsque le président Donald Trump annonça, pour la seconde fois, leur retrait. Malheureusement, cédant au Pentagone, il fit demi-tour. Elle s’est abstenue d’intervenir lors de l’opération turque contre le PKK/YPG compte tenu de sa forte population immigrée turque et kurde. Elle a alors imaginé couvrir ses agissements derrière un alibi humanitaire, déposant un projet de résolution au Conseil de sécurité et suscitant les vétos indignés de la Russie et de la Chine.

Aussi a-t-elle discrètement envoyé, en octobre 2019, des experts tâter le terrain auprès du président égyptien, Abd al-Fattah al-Sissi, et de l’émir du Qatar, cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani. En définitive, elle s’est fixée sur la Libye et a organisé, le 19 janvier 2020, la conférence de Berlin.

Là encore, ce fut un coup d’épée dans l’eau. Les deux principaux rivaux, Fayez el-Sarraj et Khalifa Haftar, ne s’adressèrent même pas la parole. Mais la chancelière Merkel reçut à cette occasion le soutien unanime de sa classe dirigeante pour « s’investir pour la paix ». Le communiqué final expose cette vision imaginaire d’un cessez-le-feu dont personne ne veut et d’une armée allemande qui le fait respecter.

C’est qu’il n’est pas facile de comprendre le Proche-Orient élargi après 75 ans d’absence, non seulement ici mais sur la scène internationale.

Peut-être l’Allemagne trouvera-t-elle une nouvelle occasion avec son allié militaire de toujours, la Turquie. Ce n’est pourtant pas gagné d’avance : l’Union européenne a un retard de paiement de 2,6 milliards d’euros sur le Pacte des migrations, a révélé le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu. Berlin et Ankara n’ont cessé de se disputer depuis la tentative de coup d’Etat de 2016 et le demi-million d’arrestation qui a suivi, dont 59 citoyens allemands toujours en détention. Et ils se battent à nouveau à propos de l’exploitation du gaz en Méditerranée.

Mais il y a aussi beaucoup de liens historiques entre les deux pays, pour le meilleur et pour le pire (Rudolf Höss participa au génocide des non-musulmans perpétré par les Jeunes Turcs, puis devint quelques années plus tard directeur du camp d’extermination d’Auschwitz, avant d’être condamné à mort par le Tribunal de Nuremberg). Des liens humains aussi puisque la plus importante communauté turque expatriée réside en Allemagne depuis la Guerre froide. La République fédérale a également accueilli des leaders des Frères musulmans depuis la tentative de coup d’Etat de Hama, en 1982 et leur a consacré un bureau spécial au ministère des Affaires étrangères, au début de la guerre contre la Syrie.

La chancelière Angela Merkel s’est donc rendue à Istanbul pour l’inauguration d’un nouveau campus de l’université germano-turque. Elle a à nouveau dit la volonté de son pays d’« aider » la région. Elle a par exemple proposé de construire 10 000 logements pour les personnes arrivant d’Idleb. Mais parlait-elle de civils ou de jihadistes ?Thierry Meyssan

Source
Al-Watan (Syrie)

https://www.voltairenet.org/article207491.html

Le réarmement du monde

Le réarmement du monde

Matteo Gruszewski 

17 janvier 2020 Afrique et Moyen-OrientAmériqueAmérique du NordAsie et OcéanieChineEuropeFranceGéopolitique & Relations InternationalesIndeInternationalProche et Moyen-OrientRussieSituations décryptées Leave a comment

En 2018, à la conférence de Munich sur la sécurité, Sigmar Gabriel (alors ministre des Affaires étrangères de l’Allemagne), déclare : « Les Européens sont les derniers végétariens dans un monde de carnivores géopolitiques ». Le monde post Guerre Froide, apaisé, que les Européens avaient idéalisé s’avère être une chimère. La paix entre les nations est une lointaine utopie, et le monde se réarme.

cartographie du commerce d'armements réarmement
Plus grands exportateurs de matériel de défense et leur principaux clients (SIPRI, 2017)

Le retour au réarmement

Depuis son élection, Donald Trump a annoncé son intention de se désengager globalement des traités internationaux signés par ses prédécesseurs.  Après l’accord sur le nucléaire iranien en mai 2018, Trump a annoncé le retrait des Etats-Unis du Traité sur le commerce des armes (ATT) en avril 2019. Ce traité, adopté par l’ONU en 2013, vise à réguler le commerce licite tout en luttant contre le commerce illicite des armes conventionnelles.

En juillet 2019, les Etats-Unis sortent ensuite du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF).  Ils accusent la Russie de ne pas respecter ses engagements, privant ainsi le monde d’un traité de désarmement historiquement fondamental. En 1987, sa signature par Mikhaïl Gorbatchev consacrait ainsi la fin de la crise des euromissiles amorcée en 1976. Si l’attitude américaine traduit un retour à l’unilatéralisme, il n’empêche qu’elle s’appuie sur un argument sécuritaire : faire face au réarmement du monde.

En effet, de 2017 à 2018, les dépenses de défense ont augmenté de 2,6% pour s’élever à 1800 milliards de dollars selon le SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute). De plus, on observe sur la période 2012-2016 une augmentation de 8,4% des ventes d’armes par rapport aux cinq années précédentes (2011-2015)

Un réarmement qui se généralise

Cette tendance au réarmement n’est pas seulement alimentée par les États-Unis et la Chine. Certes, les deux pays représentent respectivement 36% et 9% des dépenses militaires mondiales. La Chine poursuit une militarisation effrénée et fulgurante. Pékin dispose déjà de deux porte-avions, alors qu’un troisième est en construction. L’Empire du Milieu a également dévoilé un destroyer de 4e génération type 055 entièrement made in China.

Le reste du monde s’arme aussi. L’Inde se hisse désormais à la quatrième place des puissances militaires mondiales, dépassant ainsi la France selon le power index de Global Fire Power. La commande des 36 Rafales en 2016 à Dassault Aviation illustre clairement les ambitions indiennes. Arabie Saoudite, Algérie, Émirats-Arabes Unis, Turquie, Corée du Sud, la liste des puissances militaires en ascension est encore longue.

Cette dilution de la puissance de feu dans l’espace mondial, bien qu’il soit encore largement dominé par les États-Unis, la Chine et dans une moindre mesure l’Europe, met en exergue la complexification de l’ordre mondial et ses recompositions. Le réarmement dénote de deux phénomènes intimement liés. Premièrement, de plus en plus de pays s’affirment et pèsent dans le jeu géopolitique régional voire mondial. La Turquie en est un parfait exemple. Deuxièmement, ces stratégies de défense expriment de forts sentiments d’insécurité régionaux, comme c’est le cas pour la Corée du Sud ou pour les Émirats Arabes Unis.

Le champ de bataille se transforme

réarmement des armes nouvelles
Les drones de combat, nouvelles armes du XXIe siècle

Outre la dimension quantitative du réarmement mondial, les caractéristiques de ce dernier évoluent aussi, et de deux manières. Les moyens se métamorphosent dans l’innovation, et le champ de bataille se déplace. Concernant l’innovation, les armes s’améliorent et changent. La Russie a annoncé en décembre 2019 le déploiement de son missile hypersonique Avangard, « pratiquement invincible » selon Vladimir Poutine. De plus, les drones ou l’introduction de l’intelligence artificielle dans des armes autonomes transforment totalement la réalité du terrain.

L’autre mutation du champ de bataille, c’est qu’il va maintenant du cyberespace jusqu’à l’espace. Les dangers de la cyberguerre ont notamment conduit la Chine et la Russie (avec le « Runet ») à lancer des politiques d’« internet souverain » pour fonctionner de manière indépendante des réseaux internationaux. Parallèlement est en train de se jouer une deuxième saga de la « Guerre des Etoiles » reaganienne, avec une « arsenalisation » sino-russo-américaine de l’espace. Si Mac Mahan était né au XXIe siècle, « qui contrôle l’espace contrôle le monde » aurait pu être sa nouvelle maxime.

Conclusion : et l’Europe dans tout ça ?

Entourée d’un « cercle de feu » composé de crises, de menaces et de conflits, comment l’Europe se situe-t-elle ? On remarque une volonté grandissante de consolider une pensée stratégique, encore absente hier de la politique européenne. « Europe must also learn the language of power », déclare la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen. Des initiatives sont à relever, comme la Coopération Structurée Permanente de 2017 (CSP ou PESCO) ou le Fonds Européen de Défense prévu pour 2021. Dans un contexte de crise de l’OTAN et de montée de menaces, la défense européenne fait son nid. Ces initiatives suffiront-elles ? Et surtout, parviendront-elles à dépasser les innombrables divisions européennes ?

Sources :

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17 janvier 2020 Afrique et Moyen-OrientAmériqueAmérique du NordAsie et OcéanieChineEuropeFranceGéopolitique & Relations InternationalesIndeInternationalProche et Moyen-OrientRussieSituations décryptées Leave a comment

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/international/42710-le-rearmement-du-monde

Paris, Berlin et Londres déclenchent un mécanisme pour contraindre l’Iran sur le nucléaire

urgent

Paris, Berlin et Londres déclenchent un mécanisme pour contraindre l’Iran sur le nucléaire

© Sputnik .INTERNATIONAL12:29 14.01.2020(mis à jour 12:52 14.01.2020)URL courte18650S’abonner

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont annoncé, mardi 14 janvier, leur décision de saisir la commission mise en place dans le cadre du mécanisme de résolution des différends créé par l’accord de Vienne, afin de contraindre l’Iran à respecter ses engagements.

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont annoncé, mardi 14 janvier, leur décision de saisir la commission mise en place dans le cadre du mécanisme de résolution des différends créé par l’accord de Vienne, afin de contraindre l’Iran à respecter ses engagements.

«Nous n’avons plus d’autre choix, étant donné les mesures prises par l’Iran, que de faire part aujourd’hui de nos préoccupations quant au fait que l’Iran ne respecte pas ses engagements au titre du JCPoA et de saisir la Commission conjointe dans le cadre du mécanisme de règlement des différends, conformément aux dispositions du paragraphe 36 du JCPoA», indique un communiqué commun des ministères français, allemand et britannique des Affaires étrangères.

Le communiqué souligne que, malgré cette décision, les pays «ne rejoignent pas la campagne visant à exercer une pression maximale contre l’Iran»:

«Nous agissons en toute bonne foi avec l’objectif primordial de préserver l’accord et dans l’espoir sincère de trouver une solution pour sortir de l’impasse par le biais d’un dialogue diplomatique constructif, tout en restant dans son cadre. Nous espérons ramener l’Iran au plein respect de ses engagements au titre du JCPoA».

https://fr.sputniknews.com/international/202001141042901242-paris-berlin-et-londres-declenchent-un-mecanisme-pour-contraindre-liran-sur-le-nucleaire/

UNE EUROPE CONVALESCENTE ?

UNE EUROPE CONVALESCENTE ?


François CHAUVANCY

FRANÇOIS CHAUVANCY9 JUILLET 2019

François CHAUVANCY

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FRANÇOIS CHAUVANCY

Saint-cyrien, breveté de l’École de guerre, docteur en sciences de l’information et de la communication (CELSA), titulaire d’un troisième cycle en relations internationales de la faculté de droit de Sceaux, le général (2S) François CHAUVANCY a servi dans l’armée de Terre au sein des unités blindées des troupes de marine. Il a quitté le service actif en 2014.
Il est expert des questions de doctrine sur l’emploi des forces, sur les fonctions ayant trait à la formation des armées étrangères, à la contre-insurrection et aux opérations sur l’information. A ce titre, il a été responsable national de la France auprès de l’OTAN dans les groupes de travail sur la communication stratégique, les opérations sur l’information et les opérations psychologiques de 2005 à 2012.
Il a servi au Kosovo, en Albanie, en ex-Yougoslavie, au Kosovo, aux Émirats arabes unis, au Liban et à plusieurs reprises en République de Côte d’Ivoire où, sous l’uniforme ivoirien, il a notamment formé pendant deux ans dans ce cadre une partie des officiers de l’Afrique de l’ouest francophone.
Il est chargé de cours sur les questions de défense et sur la stratégie d’influence dans plusieurs universités.
Il est l’auteur depuis 1988 de nombreux articles sur l’influence, la politique de défense, la stratégie, le militaire et la société civile. Coauteur ou auteur de différents ouvrages de stratégie et géopolitique., son dernier ouvrage traduit en anglais et en arabe a été publié en septembre 2018 sous le titre : « Blocus du Qatar : l’offensive manquée. Guerre de l’information, jeux d’influence, affrontement économique ». Il a reçu le Prix 2010 de la fondation Maréchal Leclerc pour l’ensemble des articles réalisés à cette époque.
Il est consultant régulier depuis 2016 sur les questions militaires au Moyen-Orient auprès de Radio Méditerranée Internationale.
Animateur du blog « Défense et Sécurité » sur le site du Monde depuis août 2011, il a rejoint depuis mai 2019 l’équipe de Theatrum Belli.

DES DISPARITIONS

Helmut Kohl, un des symboles de la construction européenne, est décédé le 16 juin 2017. Il rappelait fréquemment l’anecdote suivante. Jeune écolier au lendemain de la guerre, il arrachait les poteaux frontières entre le Palatinat et la France ! Le couple franco-allemand Mitterrand-Kohl se créa donc aisément notamment sur la question de la défense de l’Europe et sur son unité.

Helmut Kohl défendra la position américaine dans la crise des euromissiles, c’est à dire du déploiement de missiles de croisière et de fusées Pershing-II en réponse à l’installation des missiles SS-20 soviétiques pointés sur l’Europe occidentale. En janvier 1983, à l’occasion du 20ème anniversaire du traité de l’Elysée, François Mitterrand lui apporte son soutien et déclare : « Les missiles sont à l’Est et les pacifistes à l’Ouest ». En 1984, F. Mitterrand saisit la main d’Helmut Kohl à l’ossuaire de Douaumont devant un cercueil recouvert des drapeaux français et allemand. La photo restera gravée dans les mémoires.

Le 9 novembre 1989, survient un autre événement : la chute du Mur de Berlin. La question de l’unité allemande est de nouveau d’actualité. Le 28 novembre, H. Kohl présente au Bundestag un programme en dix points pour le dépassement de la division de l’Allemagne et de l’Europe. Malgré la défiance de ses alliés européens, il obtient le soutien des Douze au Conseil européen de Strasbourg présidé par François Mitterrand. En contrepartie, il accepte la mise en route de l’Union économique et monétaire qui débouche sur la création de l’euro. Helmut Kohl a été donc au cœur de la construction de l’Europe d’aujourd’hui.

Le 30 juin 2017, Simone Veil disparaissait à son tour. Figure emblématique de la classe politique française, rescapée des camps de la mort, première présidente du parlement européen, elle a été un exemple pour les Français et leur classe politique. La France lui a rendu hommage aux Invalides par une cérémonie digne de la République. Son entrée au Panthéon accompagnée de son époux a été décidée par le président Macron. Enfin, une décision rapide sans polémique, lourdeurs administratives, débats sans fin …

UNE EUROPE FRÉMISSANTE ?

Cependant, qu’en-est-il aujourd’hui de l’Europe ? Une étude de l’institut Chatham House, « L’avenir de l’Europe. Une comparaison des positions du public et des élites », a été menée dans dix pays (Autriche, Belgique, France, Allemagne, Grèce, Hongrie, Italie, Pologne, Espagne et Royaume-Uni) en décembre 2016 et en janvier 2017, en interrogeant séparément un échantillon de 10 000 personnes représentatives et un autre échantillon de près de 2 000 personnes représentatives des « élites ».

Publiée le 20 juin 2017 (Le Monde du 21 juin), elle montre de nouvelles lignes de fracture et une frustration certaine quant aux bénéfices tirés de la construction européenne mais aussi une communauté de vues sur sa nécessaire fonction de solidarité, son caractère démocratique, l’existence d’une identité européenne. Cependant, une proportion équivalente de citoyens est opposée à l’avènement d’Etats-Unis d’Europe, dotés d’un gouvernement central soit pour 47% des élites et 41% du public.

Ce consensus se brise sur la perception des bénéfices que tirent les citoyens de leur appartenance à l’Union européenne. Les élites sont à 71% conscientes des bénéfices qu’elles ont tirés de l’intégration européenne contre un tiers des personnes représentatives alors qu’un autre tiers des personnes représentatives considère que cela ne lui a apporté aucun bénéfice. Près de la moitié (47%) des personnes représentatives estime que l’élargissement de l’Union européenne est allé trop loin alors que 58% des élites soutiendraient l’adhésion de nouveaux membres. La question de l’adhésion de la Turquie, en revanche, ne recueille la majorité ni auprès des élites (opposées à 49%) ni au sein du public (62%).

UNE EUROPE QUI PROTÈGE

Une possible convalescence de l’Europe a été engagée par le Conseil européen du 22 juin à Bruxelles avec cette ligne politique défendue par le président Macron d’une « Europe qui protège » pour répondre à l’inquiétude des peuples.

Concernant la sécurité intérieure et le terrorisme, la coopération sera renforcée pour combattre la propagation de la radicalisation en ligne, prévenir et combattre « l’extrémisme violent », lutter contre l’idéologie qui le sous-tend. L’effort sera fait pour protéger le cyberespace mais aussi combattre la protection que celui-ci offre aux terroristes et aux criminels.

Je remarque que l’islamisme radical n’est pas évoqué et comme d’habitude les gouvernements européens ont repris le terme relativement neutre « extrémisme violent » pour l’évoquer. On évite de dire ce qui est et on se voile la face … presque intégralement devant la réalité. Or, la radicalisation et le terrorisme sont bien aujourd’hui les expressions de l’islamisme radical et non d’un quelconque mouvement armé « extrémiste violent »

La finalisation avant fin 2017 d’un système européen d’information et d’autorisation concernant les voyages (ETIAS) renforcera le contrôle des frontières extérieures et la sécurité intérieure. Surtout, le Conseil a appelé à gérer la menace par un meilleur partage du renseignement sur « les combattants terroristes étrangers » et les « individus radicalisés qui ont grandi à l’intérieur de nos frontières ».

Concernant la sécurité extérieure et la défense, la relation transatlantique et la coopération entre l’Union européenne et l’OTAN restent fondamentales pour une sécurité globale que ce soit contre les cybermenaces, les menaces hybrides ou le terrorisme. Un « centre d’excellence » européen pour la lutte contre les menaces hybrides a été créé à Helsinki et salué par le Conseil européen.

Surtout, le Conseil a soutenu la création par la Commission du Fonds européen de la défense. Il comporte un volet « recherche » et un volet « capacités ». L’objectif est en particulier de doter l’industrie de défense européenne d’une base compétitive, innovante et équilibrée à l’échelle de l’Union européenne, y compris par une coopération transnationale et une participation des PME.

Enfin, une coopération structurée permanente a été jugée nécessaire. A cet effet, les Etats membres devraient établir dans un délai de trois mois une liste commune de critères et d’engagements contraignants. Pour renforcer le dispositif de réaction rapide de l’Union européenne, peu concluant à ce jour car il n’a jamais servi, le déploiement des groupements tactiques (un groupement correspond à 1500 hommes) devrait être pris en charge de façon permanente en tant que coût commun par le mécanisme Athéna.

POUR CONCLURE

Triste ironie de l’histoire, deux grands européens nous ont quittés alors que l’Europe semble se réveiller. Le couple franco-allemand se recrée après une longue absence avec l’objectif de revenir à « l’esprit de coopération qui existait jadis entre Mitterrand et Kohl », dans la poursuite de cette volonté de réconciliation prônée très tôt par Simone Veil.

https://theatrum-belli.com/une-europe-convalescente/

CyberguerreEurope de la DéfenseGuerre hybrideHistoireOTANsondage

En réponse à Berlin, Moscou va expulser deux diplomates allemands de Russie…

En réponse à Berlin, Moscou va expulser deux diplomates allemands de Russie 12 déc. 2019, 09:22 © Alexander Nemenov Source: AFP Le Kremlin, Moscou. (image d’illustration)

La diplomatie russe a annoncé que Moscou allait expulser deux diplomates de l’ambassade d’Allemagne. Une réponse symétrique après que Berlin a expulsé deux diplomates russes dans le cadre de l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien dans la capitale. Moscou a annoncé ce 12 décembre l’expulsion de deux diplomates allemands, en représailles à la décision de l’Allemagne début décembre de renvoyer deux russes après le meurtre commandité, selon Berlin, d’un Géorgien d’origine tchétchène dans la capitale allemande.

Le ministère russe des Affaires étrangères a convoqué ce même jour l’ambassadeur allemand Géza Andreas von Geyr pour lui signifier que «deux collaborateurs de l’ambassade d’Allemagne avaient été déclarés persona non grata et avaient sept jours pour quitter» la Russie.

La diplomatie russe a également fait savoir espérer que ces expulsions – «symétriques» et constituant une réponse «inévitable» de la Russie – ne détérioreront pas les liens diplomatiques bilatéraux entre les deux pays.

La partie allemande a dit regretter la réaction de la Russie, évoquant par la voix de son ministère des Affaires étrangères une expulsion «injustifiée» et un «mauvais signal».

Dans un communiqué, Berlin annonce se réserver «le droit de prendre d’autres mesures dans cette affaire à la lumière des enquêtes» en cours.

Lire aussi Deux diplomates russes expulsés d’Allemagne, Moscou promet une réponse Le 4 décembre, Berlin avait sommé deux membres de l’ambassade russe en Allemagne de quitter le pays, «avec effet immédiat», accusant Moscou de n’avoir pas «suffisamment coopéré» dans l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien à Berlin.

 Le même jour, le parquet fédéral allemand, compétent en matière d’espionnage, avait déjà décidé de se saisir de cette enquête, évoquant un «contexte politique». «Vous avez expulsé nos diplomates, nous expulsons les vôtres. C’est tout», a déclaré le président russe Vladimir Poutine répondant à des questions de journalistes sur ce sujet après un sommet au «format Normandie» qui s’est tenu à Paris le 9 décembre.

C’est un combattant, très cruel et sanguinaire. L’une des opérations à laquelle il a participé a fait 98 morts. Il était l’un des organisateurs de l’attentat du métro de Moscou Interrogé au sujet de l’affaire par un journaliste allemand, le chef de l’Etat russe s’est également exprimé sur l’identité et les antécédents de la victime, un Géorgien d’origine tchétchène, nommé Tornike K. et identifié comme étant Zelimkhan Khangochvili.

Vladimir Poutine a affirmé que ce dernier avait «participé à des activités séparatistes» et était recherché par les services russes. «C’est un combattant, très cruel et sanguinaire. L’une des opérations à laquelle il a participé a fait 98 morts. Il était l’un des organisateurs de l’attentat du métro de Moscou», a déclaré Vladimir Poutine. Le président russe n’a pas précisé de quel attentat il s’agissait mais Moscou a connu une série d’explosions meurtrières à partir de 1996. Les attentats dans le métro de la capitale russe ont fait, au total, 106 morts et 520 blessés dans la période entre 1996 et 2010. 

Le ministère russe des Affaires étrangères, de son côté, avait évoqué un acte «injustifié» concernant la mesure allemande et promis des représailles. «Nous considérons que les déclarations faites par la partie allemande concernant l’expulsion de deux employés de l’ambassade de Russie à Berlin sont hostiles et sans fondement. Une approche politisée de questions relatives à une enquête est inadmissible.

Nous sommes contraints de prendre une série de mesures de rétorsion», avait déclaré la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova. Un Géorgien tué par balle au beau milieu d’un parc à Berlin Le 23 août, en plein jour, dans un parc du centre de la capitale allemande, un Géorgien issu de la minorité tchétchène du pays et identifié comme Tornike K., a été tué de trois balles tirées d’une arme avec silencieux. Des témoins ont évoqué une «exécution».

Tornike K. avait participé à la deuxième guerre de Tchétchénie contre la Russie, avant d’entrer dans une unité anti-terroriste du ministère géorgien de l’Intérieur, tout en gardant des liens avec les milieux islamistes dont il était proche. Il était considéré par Moscou comme terroriste.

Déjà visé par plusieurs tentatives d’assassinat, il avait émigré quelques années avant sa mort en Allemagne. Selon le parquet fédéral allemand, chargé des affaires d’espionnage, le meurtre aurait été commis «soit pour le compte d’entités étatiques de la Fédération de Russie, soit pour le compte de la République autonome tchétchène». Le meurtrier présumé est un Russe, depuis emprisonné à Berlin où il garde le silence.

 Cet homme aurait été détenteur de papiers d’identité au nom de Vadim Sokolov, 49 ans, qui ne figurent pas dans les bases de données russes. Il était entré en Allemagne, en passant par la France, deux jours avant le meurtre.

Lire aussi : Selon Poutine, le Géorgien tué en Allemagne était «un combattant, très cruel et sanguinaire» International

En savoir plus sur RT France : 

https://francais.rt.com/international/68988-reponse-berlin-moscou-va-expulser-deux-diplomates-allemands-russie?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Sommet au «format Normandie» : les quatre dirigeants s’engagent à stabiliser l’est ukrainien 9 déc. 2019

Sommet au «format Normandie» : les quatre dirigeants s’engagent à stabiliser l’est ukrainien 9 déc. 2019, 23:53 © REUTERS/Charles Platiau/Pool Les quatre dirigeants du sommet au format Normandie, le soir du 9 décembre à Paris.

Les dirigeants de la France, de l’Allemagne, de la Russie et de l’Ukraine ont convenu ce 10 décembre, de mettre en œuvre des mesures de soutien au cessez-le-feu pour l’est de l’Ukraine, afin de «stabiliser» la région d’ici la fin de l’année. A l’issue du sommet au «Format Normandie» qui s’est tenu ce 9 décembre à Paris, les dirigeants de la France, de l’Allemagne, de la Russie et de l’Ukraine ont convenu, via un communiqué, des mesures pour stabiliser la situation dans la zone de conflit dans l’est de l’Ukraine.

Dans le détail, il s’agit de «mesures de soutien au cessez-le-feu» pour l’est de l’Ukraine afin de «stabiliser» la région d’ici la fin de l’année. Le retrait de forces dans trois zones disputées devrait être opéré d’ici fin mars 2020.  «Nous avons avancé sur le désengagement, les échanges de prisonniers, le cessez-le-feu et l’évolution politique» et «nous avons demandé pour les quatre mois à venir à nos ministres de travailler […] en vue d’organiser des élections locales, avec l’objectif d’un nouveau sommet dans quatre mois», a précisé le président français, Emmanuel Macron, lors de la conférence de presse avec les trois autres dirigeants qui concluait le sommet parisien.

Un «pas important» pour Vladimir Poutine Ce sommet au format Normandie constitue un «pas important» vers une désescalade, s’est félicité le chef d’Etat russe Vladimir Poutine, affirmant que des bases avaient été posées pour «croire en un processus de paix qui va dans la bonne direction». Le président russe a insisté à de nombreuses reprises sur le fait que l’Ukraine devait modifier sa Constitution afin d’accorder un statut spécial pour le Donbass, conformément aux accords de Minsk.

Interrogé par la presse sur une possible souplesse sur les accords de Minsk, le chef d’Etat russe a fait valoir qu’il convenait de ne pas toucher aux engagements déjà adoptés par les parties du format Normandie. C’est d’ailleurs l’un des points de divergence bien palpable lors de ce sommet. Sous pression de l’opinion publique dans son pays, le président Volodymyr Zelensky a déclaré que l’Ukraine n’accepterait pas une «fédéralisation» et ne permettra à personne d’«influer son vecteur de développement».  Ne pas oublier «les gens ordinaires» «Nous devons nous assurer qu’il n’y a pas de queues interminables, que les milliers de gens ordinaires qui vivent dans cette zone puissent passer aisément», a également déclaré Vladimir Poutine, à propos de la ligne de contact entre les territoires sous contrôle des rebelles est-ukrainiens et le reste de l’Ukraine. «N’oublions pas les gens ordinaires qui y vivent. Tous nos accords doivent améliorer leurs vies, non pas dans le futur, mais maintenant.»

En outre, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé un important échange de prisonniers avec les rebelles de l’Est ukrainien en décembre. Il a également fait savoir son accord sur un élargissement du mandat de l’OSCE dans le processus de règlement du conflit et lui a accordé un accès total à la zone de conflit. Le chef d’Etat ukrainien a pour autant jugé les avancées issues de ce sommet trop limitées : «Beaucoup de questions ont été abordées, mes homologues ont dit que c’est un très bon résultat pour une première rencontre. Pour moi, je le dis honnêtement, c’est très peu : je voudrais résoudre un plus grand nombre de problèmes», a-t-il déclaré. Un nouveau sommet dans quatre mois

Enfin, la chancelière allemande Angela Merkel et Emmanuel Macron ont annoncé qu’un autre sommet devrait se tenir dans quatre mois entre les représentants des quatre pays.

Le chef d’Etat français a d’ailleurs rappelé, lors de la conférence de presse, que le «format Normandie» constituait le seul format diplomatique permettant de mettre en œuvre les accords de paix de Minsk. Le «format Normandie» a été conçu en 2014 pour tenter d’arrêter le conflit dans l’est de l’Ukraine. Les combats entre les autorités ukrainiennes et deux républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk ont ​​éclaté après un coup d’Etat à Kiev, qui a renversé le président Victor Ianoukovitch. Les pourparlers ont finalement abouti à un plan de paix, connu sous le nom d’«accords de Minsk», début 2015. Lire aussi : «Format Normandie» à Paris : un sommet pour tenter de mettre fin au conflit ukrainien  International

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Deux diplomates russes expulsés d’Allemagne, Moscou promet une réponse 4 déc. 2019, 12:57 © JOHN MACDOUGALL Source: AFP Ambassade russe à Berlin Estimant que la Russie n’a pas «suffisamment coopéré» dans l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien à Berlin, l’Allemagne a décidé d’expulser deux diplomates russes.

Le parquet fédéral s’est saisi de l’enquête. Moscou dénonce un acte «injustifié». Berlin a sommé deux membres de l’ambassade russe en Allemagne de quitter le pays, «avec effet immédiat», le 4 décembre, accusant Moscou de n’avoir pas «suffisamment coopéré» dans l’enquête sur le meurtre d’un Géorgien à Berlin.

 Cette annonce fait suite à la décision mercredi du parquet fédéral allemand, compétent en matière d’espionnage, de se saisir de cette enquête en évoquant un «contexte politique». «Nous ne sommes absolument pas au courant de cet incident» Le ministère russe des Affaires étrangères, de son côté, évoque un acte «injustifié» et promet des mesures de représailles.

«Nous considérons que les déclarations faites par la partie allemande concernant l’expulsion de deux employés de l’ambassade de Russie à Berlin sont hostiles et sans fondement. Une approche politisée vis-à-vis de questions d’enquête est inadmissible. Nous sommes contraints de prendre une série de mesures de rétorsion.», a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova.

Ce sont des hypothèses absolument sans fondement Egalement interrogé sur cette affaire, le Kremlin a fait savoir le 4 décembre ne rien savoir du meurtre d’un Géorgien à Berlin l’été dernier. « Nous ne sommes absolument pas au courant de cet incident », a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

«L’enquête est en cours en Allemagne (…) Nous n’avons aucune information ici». «Ce sont des hypothèses absolument sans fondement », a-t-il ajouté, indiquant que le «sujet est en quelque sorte monté en épingle par les médias allemands» et indiquant qu’en l’absence de «soupçons sérieux» cette affaire ne pèserait pas sur la rencontre prévue le 9 décembre à Paris entre les dirigeants russe, ukrainien, allemand et français.

Un Géorgien tué par balle au beau milieu d’un parc à Berlin Le 23 août, en plein jour dans un parc du centre de la capitale allemande, un Géorgien issu de la minorité tchétchène du pays et identifié comme Tornike K., a été tué de trois balles par une arme avec silencieux. Des témoins ont évoqué une «exécution».  Tornike K. avait participé dans le camp tchétchène à la deuxième guerre de Tchétchénie contre la Russie, avant de passer dans une unité anti-terroriste du ministère de l’Intérieur géorgien, tout en gardant des liens avec les milieux islamistes dont il était proche.

Moscou le considère comme un terroriste. Visé déjà par plusieurs tentatives d’assassinat, celui qui était jusqu’ici présenté dans la presse sous le nom de Zelimkhan Khangochvili avait émigré ces dernières années en Allemagne.

  Selon le parquet fédéral allemand, chargé des affaires d’espionnage, le meurtre avait été commis «soit pour le compte d’entités étatiques de la Fédération russe, soit pour le compte de la République autonome tchétchène». Quant au meurtrier présumé, un Russe, est depuis emprisonné à Berlin où il garde le silence. Cet homme aurait été détenteur de papiers d’identité au nom de Vadim Sokolov, 49 ans, qui ne figurait pourtant pas dans les bases de données russes.

 Il était entré en Allemagne, en passant par la France, deux jours avant le meurtre.

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La milice turkmène syrienne reçoit des chars allemands

La milice turkmène syrienne reçoit des chars allemands

RÉSEAU VOLTAIRE | 30 NOVEMBRE 2019 ESPAÑOL

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La milice turkmène syrienne, qui s’est illustrée en appuyant l’armée turque contre le PKK/YPG, vient de recevoir au moins deux tanks Leopard 2A4 (version à calculateur numérique) et peut-être beaucoup plus.

Ces blindés sont fabriqués par la société allemande Krauss-Maffei. Ils ont équipé presque toutes les forces de l’Otan dans les années 80. L’armée turque, qui en a acheté 340, en avait déployé une cinquantaine en Syrie et en a perdu une dizaine lors des combats.

C’est la première fois qu’une milice dispose de blindés modernes sur le théâtre moyen-oriental.

On ignore qui sont les pilotes de ces chars et où ils ont été formés. L’apprentissage de ces engins est estimé à 4 mois minimum avant d’oser s’aventurer sur un champ de bataille. On ignore également qui forme les équipes techniques et d’où proviendront les pièces de rechange, la maintenance étant indispensable au fonctionnement de ce matériel.

On ignore si l’Allemagne a été informée à l’avance de ce transfert d’armement. Sous l’appellation d’« Armée nationale syrienne » (ANS), la milice turkmène est basée à Idleb où elle protège les éléments d’Al-Qaïda qui s’y sont regroupés. Ces derniers sont soignés et nourris par des « ONG » françaises et allemandes.

Le gouvernorat d’Idleb est séparé par une zone de cessez-le-feu du reste de la Syrie dans laquelle des forces terrestres russes patrouillent. Les accords précédents, signés par la Turquie, prévoyaient le retrait de toutes les armes lourdes du gouvernorat d’Idleb. Ces accords n’ayant pas été respectés, l’Armée arabe syrienne s’est déployée pour chasser les jihadistes d’Al-Qaïda. Elle est appuyée par l’aviation russe.

Nul ne sait ce que serait la réaction russe si ces blindés entraient en confrontation avec ses soldats. En 2015, l’armée turque avait abattu un Sukhoï russe et la milice turkmène dirigée par le loup gris Alparslan Celik avait achevé en toute connaissance de cause un des pilotes, Oleg Pechkov. Il s’en était suivi une crise majeure entre d’un côté la Fédération de Russie et de l’autre la Turquie et l’Otan.

https://www.voltairenet.org/article208449.html

Six projets contradictoires d’ordre mondial

Six projets contradictoires d’ordre mondial

par Thierry Meyssan

Les six principales puissances mondiales abordent la réorganisation des relations internationales en fonction de leurs expériences et de leurs rêves. Prudemment, elles entendent d’abord défendre leurs intérêts avant de promouvoir leur vision du monde. Thierry Meyssan décrit leurs positions respectives avant que la lutte ne commence.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 19 NOVEMBRE 2019 عربيΕΛΛΗΝΙΚΆENGLISHESPAÑOLITALIANOPORTUGUÊSROMÂNĂРУССКИЙTÜRKÇEDEUTSCH

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Le retrait US de Syrie, même si celui-ci a été immédiatement corrigé, indique avec certitude que Washington n’entend plus être le gendarme du monde, l’« Empire nécessaire ». Il a déstabilisé sans attendre toutes les règles des relations internationales. Nous sommes entrés dans une période de transition au cours de laquelle chaque grande puissance poursuit un nouvel agenda. En voici les principaux.

Les trois « grands »

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Les États-Unis d’Amérique

L’effondrement de l’Union soviétique aurait pu provoquer celui des USA dans la mesure où les deux Empires étaient adossés l’un à l’autre. Il n’en fut rien. Le président George Bush Sr s’assura avec l’opération « Tempête du désert » que Washington devienne le leader incontesté de toutes les nations, puis il démobilisa 1 million de soldats et proclama la recherche de la prospérité.

Les sociétés transnationales scellèrent alors un pacte avec Deng Xiaoping pour faire fabriquer leurs produits par des ouvriers chinois, vingt fois moins payés que leurs homologues états-uniens. Il s’en suivit un développement considérable des transports internationaux de marchandises, puis la disparition progressive des emplois et des classes moyennes aux USA. Le capitalisme industriel était supplanté par un capitalisme financier.

À la fin des années 90, Igor Panarine, professeur à l’Académie diplomatique russe, analyse l’effondrement économique et psychologique de la société états-unienne. Il émit l’hypothèse de l’éclatement de ce pays sur le modèle de ce qui était advenu de l’Union soviétique avec l’apparition de nouveaux États. Pour repousser l’effondrement, Bill Clinton affranchit son pays du droit international avec l’agression de la Yougoslavie par l’Otan. Cet effort s’avérant insuffisant, des personnalités US imaginent d’adapter leur pays au capitalisme financier et d’organiser, par la force, les échanges internationaux pour que la période à venir soit un « nouveau siècle américain ». Avec George Bush Jr., les États-Unis abandonnèrent leur position de nation leader et tentèrent de se transformer en un pouvoir unipolaire absolu. Ils lancèrent la « guerre sans fin » ou « guerre au terrorisme » pour détruire une à une toutes les structures étatiques du « Moyen-Orient élargi ». Barack Obama poursuivit cette quête en y associant une kyrielle d’alliés.

Cette politique porta ses fruits, mais seul un très petit nombre en profita, les « super-riches ». Les États-uniens réagirent en élisant Donald Trump à la présidence de l’État fédéral. Celui-ci rompit avec ses prédécesseurs et, comme Mikhaïl Gorbatchev en URSS, tenta de sauver les USA en les allégeant de leurs engagements les plus coûteux. Il relança son économie en encourageant les industries nationales contre celles qui avaient délocalisé leurs emplois. Il subventionna l’extraction de pétrole de schiste et parvint à prendre le contrôle du marché mondial des hydrocarbures malgré le cartel formé par l’OPEP et la Russie. Conscient que son armée est d’abord une énorme bureaucratie, gaspillant un budget colossal pour des résultats insignifiants, il cessa le soutien à Daesh et au PKK, négociant avec la Russie une voie pour en terminer avec la « guerre sans fin » en y perdant le moins possible.

Dans la période à venir, les États-Unis seront prioritairement mués par la nécessité d’économiser sur toutes leurs actions à l’étranger, jusqu’à les abandonner si nécessaire. La fin de l’impérialisme n’est pas un choix, mais une question existentielle, un réflexe de survie.

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La République populaire de Chine

Après la tentative de coup d’État de Zhao Ziyang et le soulèvement de Tienanmen, Deng Xioping entreprit son « voyage vers le Sud ». Il annonça que la Chine continuerait sa libéralisation économique en nouant des contrats avec les multinationales US.

Jiang Zemin poursuivit sur cette voie. La côte se transforma en « atelier du monde », provoquant un gigantesque développement économique. Progressivement il nettoya le Parti communiste de ses caciques et veilla à ce que les emplois bien rémunérés s’étendent à l’intérieur des terres. Hu Jintao, soucieux d’une « société harmonieuse », abroge les impôts que payaient les paysans dans les régions intérieures toujours pas touchées par le développement économique. Mais il ne parvint pas à maîtriser les pouvoirs régionaux et sombra dans une affaire de corruption.

Xi Jinping se proposa d’ouvrir de nouveaux marchés en construisant un projet titanesque de voies commerciales internationales, les « routes de la soie ». Cependant ce projet arriva trop tard car, à la différence de l’antiquité, la Chine ne propose plus de produits originaux, mais ce que vendent les sociétés transnationales en moins chers. Ce projet fut accueilli comme une bénédiction par les pays pauvres, mais redouté par les riches qui se préparent à le saboter. Xi Jinping reprend position dans tous les îlots que son pays avait abandonnés en mer de Chine, lors de l’effondrement de l’Empire Qing et de l’occupation par les huit armées étrangères. Conscient de la puissance de destruction des Occidentaux, il fait alliance avec la Russie et s’interdit toute initiative politique internationale.

Dans la période à venir, la Chine devrait affirmer ses positions dans les instances internationales en conservant à l’esprit ce que les Empires coloniaux lui infligèrent au XIXème siècle. Mais elle devrait s’interdire d’intervenir militairement et rester une puissance strictement économique.

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La Fédération de Russie

Lors de l’effondrement de l’URSS, les Russes ont cru qu’ils allaient se sauver en adhérant au modèle occidental. En fait, l’équipe de Boris Eltsine, formée par la CIA, organisa le pillage des biens collectifs par quelques individus. En deux ans, une centaine d’entre eux, à 97 % issus de la minorité juive, s’accaparèrent tout ce qui était disponible et devinrent milliardaires. Ces nouveaux oligarques se livrèrent une bataille sans merci à coup de mitraillettes et d’attentats en plein Moscou, tandis que le président Eltsine faisait bombarder le parlement. Sans réel gouvernement, la Russie n’était plus qu’une épave. Des chefs de guerre et des jihadistes armés par la CIA organisèrent la sécession de la Tchétchénie. Le niveau de vie et l’espérance de vie s’effondrèrent.

En 1999, le directeur du FSB, Vladimir Poutine sauva le président Eltsine d’une enquête pour corruption. En échange, il fut nommé président du Conseil des ministres ; poste qu’il utilisa pour contraindre le président à la démission et se faire élire sa place. Il mit en place une vaste politique de restauration de l’État : il mit fin à la guerre civile en Tchétchénie et abattit méthodiquement tous les oligarques qui refusèrent de se plier devant l’État. Le retour de l’ordre fut aussi la fin du fantasme occidental des Russes. Le niveau de vie et l’espérance de vie se redressèrent.

Ayant rétabli l’état de droit, Vladimir Poutine ne se représenta pas à l’issue de deux mandats consécutifs. Il soutint un pâle professeur de droit, adulé par les États-Unis, Dmitry Medvedev, pour lui succéder. Mais n’ayant pas l’intention de laisser le pouvoir dans des mains faibles, il se fit nommer Premier ministre jusqu’à sa réélection comme président, en 2012. Croyant à tort que la Russie allait s’effondrer à nouveau, la Géorgie attaqua l’Ossétie du Sud, mais trouva instantanément le Premier ministre Poutine sur son passage. Celui-ci constata alors l’état pitoyable de l’armée rouge, mais parvint à vaincre grâce à l’effet de surprise. Réélu à la présidence, il s’attacha à réformer la Défense. Il mit à la retraite des centaines de milliers d’officiers, souvent désabusés et parfois ivrognes, et plaça le général tuvan (turcophone de Sibérie) Sergueï Choïgou au ministère de la Défense.

Reprenant un mode de gestion russe traditionnel, Vladimir Poutine sépara le budget civil d’une partie du budget militaire. Le premier est voté par la Douma, le second est secret. Il restaura la recherche militaire, tandis que les États-Unis imaginaient ne plus avoir à investir dans ce domaine. Il testa quantité d’armes nouvelles —dont des armes hypersoniques qui bouleversèrent la stratégie— avant de déployer la nouvelle armée rouge au secours de la Syrie. Il expérimenta ses nouvelles armes en situation de combat et décida celles qui seraient produites et celles qui seraient abandonnées. Il organisa une permutation trimestrielle de ses troupes afin que toutes, les unes après les autres, s’aguerrissent. La Fédération de Russie qui, en 1991, n’était plus rien est devenue en dix-huit ans la première puissance militaire mondiale.

Simultanément, il utilisa le coup d’État nazi en Ukraine pour récupérer la Crimée, un territoire russe administrativement rattaché à l’Ukraine par Nikita Khrouchtchev. Il affronta alors une campagne de sanctions agricoles de l’Union européenne qu’il utilisa pour créer une production intérieure autosuffisante.

Il noua une alliance avec la Chine et lui imposa de modifier son projet de routes de la soie en intégrant les besoins de communication du territoire russe pour fonder un « Partenariat de l’Eurasie élargie ».

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Durant les années à venir, la Russie va tenter de réorganiser les relations internationales sur deux bases :
 séparer les pouvoirs politiques et religieux ;
 restaurer le droit international sur les bases formulées par le Tsar Nicolas II.

Les Européens de l’Ouest

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Le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord

Lors de la chute de l’URSS, le Royaume-Uni souscrivit avec des réserves au Traité de Maastricht. Le Premier ministre conservateur John Major entendait profiter de l’État supranational en construction tout en tenant sa monnaie à l’écart. Il se réjouit donc lorsque George Soros attaqua la Livre et la contraignit à sortir du SME (« serpent monétaire »). Son successeur, le travailliste Tony Blair redonna sa pleine indépendance à la Banque d’Angleterre et envisagea de quitter l’UE pour rejoindre l’ALENA. Il transforma la défense des intérêts de son pays en substituant des références aux Droits de l’homme au respect du Droit international. Il se fit le promoteur des politiques US de Bill Clinton, puis de George Bush Jr, encourageant et justifiant l’élargissement de l’Union européenne, la « guerre humanitaire » contre le Kosovo, puis le renversement du président iraquien Saddam Hussein. En 2006, il élabora le plan du « printemps arabe » et le soumit aux USA.

Gordon Brown hésita à poursuivre cette politique et tenta de retrouver une marge de manœuvre, mais son énergie fut happée par la crise financière de 2008, qu’il parvint pourtant à traverser. David Cameron mit en œuvre, avec Barack Obama, le plan Blair-Bush de « printemps arabe », notamment la guerre contre la Libye, mais à terme il ne parvint que partiellement à placer les Frères musulmans au pouvoir au Moyen-Orient élargi. En définitive, il démissionna après le vote par les électeurs du Brexit alors que le projet de rejoindre l’ALENA n’était plus à l’ordre du jour.

Theresa May se proposa d’appliquer le Brexit en ce qui concerne la sortie de l’État supranational du Traité de Maastricht, mais pas en ce qui concerne la sortie du marché commun antérieur à Maastricht. Elle échoua et fut remplacée par le biographe de Winston Churchill, Boris Johnson. Celui-ci décida de sortir totalement de l’Union européenne et de réactiver la politique étrangère traditionnelle du royaume : la lutte contre tout État concurrent sur le continent européen.

Si Boris Johnson reste au pouvoir, le Royaume-Uni devrait dans les prochaines années tenter de dresser l’Union européenne et la Fédération de Russie l’une contre l’autre.

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La République française

François Mitterrand n’a pas compris la dislocation de l’URSS, allant jusqu’à soutenir le putsch des généraux contre son homologue russe, Mikhaïl Gorbatchev. Quoi qu’il en soit, il y a vu une opportunité pour construire un État supranational européen, suffisamment grand pour rivaliser avec les USA et la Chine dans la continuité de la tentative napoléonienne. Aussi a-t-il promu, avec le chancelier Helmut Kohl, l’unification allemande et le Traité de Maastricht. Inquiet de ce projet d’États-Unis d’Europe, le président Bush Sr, convaincu de la « doctrine Wolfowitz » de prévenir le surgissement d’un nouveau challenger du leadership US, le contraignit à accepter la protection de l’UE par l’Otan et son élargissement aux ex-membres du Pacte de Varsovie. François Mitterrand utilisa la cohabitation et le ministre gaulliste de l’Intérieur, Charles Pasqua, pour combattre les Frères musulmans que la CIA lui avait fait accepter en France et que le MI6 utilisait pour évincer la France d’Algérie.

Jacques Chirac développa la dissuasion française en terminant les essais nucléaires aériens dans le Pacifique avant de passer aux simulations et de signer le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE). Simultanément, il adapta les armées aux besoins de l’Otan en mettant fin au service militaire obligatoire et en intégrant le comité militaire (planification) de l’Alliance. Il soutint l’initiative de l’Otan contre la Yougoslavie (guerre du Kosovo), mais —après avoir lu et étudié L’Effroyable imposture [1]— prit la tête de l’opposition mondiale à l’agression contre l’Iraq. Cet épisode lui permit de se lier avec le chancelier Schröder et de faire avancer l’État supranational européen qu’il concevait toujours comme un outil d’indépendance autour du couple franco-allemand. Déstabilisé par l’assassinat de son partenaire en affaires, Rafic Hariri, il se retourna contre la Syrie que les États-Unis désignaient comme le commanditaire du meurtre.

Préconisant une politique radicalement différente, Nicolas Sarkozy plaça l’armée française sous commandement US via le Commandement intégré de l’Otan. Il tenta d’élargir la zone d’influence française en organisant l’Union pour la Méditerranée, mais ce projet ne fonctionna pas. Il fit ses preuves en renversant Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire et, bien qu’il ait été dépassé par les printemps arabes en Tunisie et en Égypte, il prit la tête de l’opération de l’Otan contre la Libye et contre la Syrie. Cependant par réalisme, il constata la résistance syrienne et se retira du théâtre d’opération. Il poursuivit la construction des États-Unis d’Europe en faisant adopter le Traité de Lisbonne par le Parlement alors que les électeurs avaient rejeté le même texte sous le nom de « Constitution européenne ». En réalité, la modification des institutions, censées devenir plus efficaces avec 27 États-membres, transforme en profondeur l’État supranational qui peut désormais imposer sa volonté aux États-membres.

Arrivé au pouvoir sans y être préparé, François Hollande s’inscrit de manière un peu rigide dans les pas de Nicolas Sarkozy ce qui le conduit à en adopter l’idéologie. Il signe tous les traités que son prédécesseur avait négociés —y compris le Pacte budgétaire européen permettant de sanctionner la Grèce— en y ajoutant chaque fois, comme pour s’excuser de son revirement, une déclaration reprenant son propre point de vue, mais sans valeur contraignante. Ainsi autorise-t-il l’installation de bases militaires de l’Otan sur le sol français, mettant un terme définitif à la doctrine gaulliste d’indépendance nationale. Ou encore poursuit-il la politique d’agression contre la Syrie, se livrant à une surenchère verbale avant de ne rien faire sur ordre la Maison-Blanche. Il assigne à l’armée de Terre française une mission au Sahel, en faisant la supplétive au sol de l’AfriCom. Enfin, il justifie la Bourse d’échange des droits d’émission de CO₂‎ par l’Accord de Paris sur le climat.

Élu grâce au fonds de placement états-unien KKR, Emmanuel Macron est d’abord un défenseur de la globalisation selon Bill Clinton, George Bush Jr et Barack Obama. Cependant, il adopte rapidement la vision de François Mitterrand et de Jacques Chirac selon laquelle seul un État supranational européen permettra à la France de continuer à jouer un rôle international conséquent, mais dans sa version Sarkozy-Hollande : l’Union permet la contrainte. Ces deux lignes le conduisent parfois à des contradictions, notamment face à la Russie. Cependant elles se rejoignent dans une condamnation du nationalisme des États membres de l’Union européenne, un Brexit court, ou encore une volonté de rétablir le commerce avec l’Iran.

Dans les années à venir, la France devrait mesurer ses décisions en regard de leur impact sur l’édification de l’Union européenne. Elle cherchera en priorité à s’allier toute puissance œuvrant en ce sens.

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République fédérale d’Allemagne

Le chancelier Helmut Kohl perçoit la dislocation de l’Empire soviétique comme une opportunité pour réunir les deux Allemagnes. Il obtient le feu vert de la France en échange du soutien allemand au projet de monnaie unique de l’Union européenne, l’euro. Il obtient aussi l’accord des États-Unis qui y voient un moyen détourné de faire entrer l’armée est-allemande dans l’Otan malgré la promesse faite à la Russie de ne pas y faire adhérer la République démocratique allemande.

Une fois la réunification allemande réalisée, le chancelier Gerhard Schröder pose la question du rôle international de son pays, toujours sous le coup de sa défaite lors de la Seconde Guerre mondiale. Si l’Allemagne n’est plus militairement occupée par les quatre grandes puissances, elle n’en héberge pas moins d’énormes garnisons US et les sièges de l’EuCom et bientôt de l’AfriCom. Gerhard Schröder utilise la guerre « humanitaire » contre le Kosovo pour déployer légalement, pour la première fois depuis 1945, les troupes allemandes hors du pays. Mais il refuse de reconnaître ce territoire conquis par l’Otan comme un État. De même, il s’engage très fortement aux côtés du président Chirac contre la guerre états-uno-britannique en Iraq soulignant que rien ne prouve l’implication du président Saddam Hussein dans les attentats du 11-Septembre. Il tente d’influer sur la construction européenne de manière pacifique. Aussi renforce-t-il les liens énergétiques avec la Russie et propose-t-il une Europe fédérale (incluant à terme la Russie) sur le modèle allemand, mais il rencontre l’opposition de la France très attachée au projet d’État supranational.

La chancelière Angela Merkel revient à la politique de son mentor Helmut Kohl qui l’a fait passer en une nuit de ses responsabilités aux Jeunesses communistes d’Allemagne démocratique au gouvernement d’Allemagne fédérale. Surveillée étroitement par la CIA qui ne sait trop comment la définir, elle renforce les liens de l’Allemagne avec Israël et le Brésil. En 2013, sur proposition d’Hillary Clinton, elle demande à Volker Perthes d’étudier la possibilité de développer l’armée allemande pour jouer un rôle central au CentCom si les États-Unis déplacent leurs troupes vers l’Extrême-Orient. Elle commande alors des études sur la manière dont les officiers allemands pourraient encadrer les armées d’Europe centrale et orientale et demande à Volker Perthes de rédiger un plan pour la capitulation de la Syrie. Très attachée aux structures atlantistes et européennes, elle prend ses distances avec la Russie et soutient le coup d’État nazi en Ukraine. Par souci d’efficacité, elle exige que l’Union européenne puisse imposer sa volonté aux petits États-membres (Traité de Lisbonne). Elle se montre très dure lors de la crise financière grecque et place patiemment ses pions dans la bureaucratie européenne jusqu’à l’élection d’Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission européenne. Lorsque les États-Unis se retirent du Nord de la Syrie, elle réagit immédiatement en proposant à l’Otan d’envoyer l’armée allemande la remplacer conformément au plan de 2013.

Dans les années à venir, l’Allemagne devrait privilégier les possibilités d’intervention militaire dans le cadre de l’Otan, particulièrement au Moyen-Orient, et se méfier du projet d’État supranational européen centralisé.

Faisabilité

Il est très étrange d’entendre parler aujourd’hui de « multilatéralisme » et d’« isolationnisme » ou d’« universalisme » et de « nationalisme ». Ces questions ne se posent pas dans la mesure où chacun sait depuis la conférence de La Haye (1899) que le progrès des techniques rend toutes les nations solidaires. Cette logorrhée cache mal notre incapacité à admettre les nouveaux rapports de force et à envisager un ordre du monde le moins injuste possible.

Seules les trois Grandes puissances peuvent espérer avoir les moyens de leur politique. Elles ne peuvent parvenir à leurs fins sans guerre qu’en suivant la ligne russe fondée sur le Droit international. Toutefois, le danger d’une instabilité politique intérieure aux USA fait planer plus que jamais un risque d’affrontement généralisé.

En quittant l’Union, les Britanniques se sont mis dans l’obligation de rejoindre les États-Unis (ce que Donald Trump refuse) ou de disparaître politiquement. Tandis que l’Allemagne et la France, en perte de vitesse, n’ont pas d’autres choix que de construire l’Union européenne. Or pour le moment, ils évaluent très différemment le temps disponible et l’envisagent de deux manières incompatibles ce qui pourrait les amener eux-mêmes à disloquer l’Union européenne.Thierry Meyssan

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https://www.voltairenet.org/article208269.html

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[1L’Effroyable imposture, Thierry Meyssan, Réédition : Demi-Lune.

http://Six projets contradictoires d’ordre mondial

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