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Le sommet d’Istanbul sur la Syrie a été un succès mais les mises en garde demeurent

Le sommet d’Istanbul sur la Syrie a été un succès mais les mises en garde demeurent


Par MK Bhadrakumar – Le 29 octobre 2018 – Source Strategic Culture

2015-03-19_14h09_03Le sommet des quatre nations Turquie-Russie-Allemagne-France sur la Syrie, qui s’est tenu à Istanbul le 27 octobre, a obtenu un résultat impressionnant. Tous les participants – chacun avec ses propres intérêts – ont retiré quelque chose du sommet, ce qui est en soi une mesure du succès de la manifestation. Ceci est également important car les participants ont maintenant une raison de travailler ensemble.

Istanbul Summit on Syria Was a Success but Caveats Remain

Un tel résultat peut être interprété de la manière suivante. D’abord et avant tout, un conflit régional majeur ayant une incidence sur la sécurité internationale a été traité sans la participation des États-Unis. Un signe de notre époque ?

Deuxièmement, les participants ne se sont pas querellés au sujet du destin du président Bachar al-Assad. Le débat devient futile aujourd’hui compte-tenu des réalités du terrain. La nation syrienne devrait décider de son avenir. C’est aussi la demande d’Assad.

Troisièmement, une réflexion sérieuse a été engagée sur le chemin vers un règlement syrien – cessez-le-feu, rédaction de la nouvelle constitution suivie d’élections sous la supervision de l’ONU.

Quatrièmement, les participants ont ignoré le plan américano-israélien de balkanisation de la Syrie en sphères d’influence et ont également brisé le rêve israélien d’obtenir, dans le cadre de l’arrangement, une légitimité internationale pour son occupation illégale du plateau du Golan.

Cinquièmement, l’Allemagne et la France se sont montrées sensibles à la demande russe qui a insisté sur l’urgence de fournir une aide humanitaire à la Syrie et d’aider à la reconstruction – les États-Unis ont subordonné cette décision à la destitution d’Assad. Nous devrons voir comment cela se déroulera, mais le sommet a également souligné l’importance du retour des réfugiés syriens –  question cruciale pour les pays européens.

Sixièmement, les participants ont reconnu que les terroristes encore en Syrie devaient être éliminés, même s’ils appuyaient également de manière significative l’accord de cessez-le-feu d’Idlib, conclu entre la Turquie et la Russie.

Le résultat final est que l’ordre syrien d’après-guerre fait actuellement l’objet de discussions. Cependant, il faut aussi comprendre que la guerre par procuration ne se termine pas, mais se transforme en une guerre diplomatique à venir et qui sera bien entendu vivement combattue, compte tenu des intérêts divergents des protagonistes extérieurs.

De manière générale, la Russie et la Turquie commandent dès maintenant. Leurs propres visions sont bonnes mais il y a aussi des zones grises. L’importance d’une coordination étroite entre la Russie et la Turquie ne peut être que soulignée.

L’Iran ne peut pas se réjouir d’avoir été exclu du sommet d’Istanbul. Mais cela peut montrer aussi une sous-estimation du fait que l’Iran n’est pas en position d’affirmer ses intérêts légitimes. Les consultations étroites entre la Russie et l’Iran – et pas seulement en ce qui concerne la Syrie – sont bien entendu le facteur atténuant.

De même, l’attitude saoudienne « post-Khashoggi » à l’égard de la Syrie reste le « known unknown ». Les États-Unis sont en mesure de faire chanter l’Arabie saoudite pour continuer à financer leur présence militaire en Syrie, mais les Saoudiens peuvent ne pas avoir envie de projeter leur puissance à l’étranger. Quelque chose a fondamentalement changé : les Saoudiens ne sont pas habitués à ce que leur prestige soit traîné dans la boue, comme ce fut le cas le mois dernier, et l’expérience traumatique ne peut que donner à réfléchir.

De plus, les Saoudiens n’osent pas croiser le fer avec la Turquie sur le terrain de jeu syrien. Surtout, les Saoudiens ne voudraient pas saper les efforts de la Russie pour stabiliser la Syrie, car la bonne volonté et la coopération de Moscou sont extrêmement vitales pour Riyad au cours de la période à venir, maintenant que la raison d’être de son « Pivot vers l’Est » est incontestable.

Fondamentalement, la France et l’Allemagne sont des poids légers en Syrie. L’agenda était limité au sommet d’Istanbul. La Russie doit savoir parfaitement qu’en dernière analyse, la participation des États-Unis est cruciale. Il est tout à fait concevable que lors du prochain sommet russo-américain à Paris le 11 novembre, la Syrie soit un sujet de discussion majeur.

La politique américaine en Syrie est à la croisée des chemins et dépendra beaucoup de la position du président Trump à la suite des élections de mi-mandat du 6 novembre aux États-Unis.

Clairement, la situation était loin d’être celle de trois alliés importants des États-Unis organisant une mutinerie sur le navire de l’OTAN. L’Allemagne et la France auront certainement consulté Washington avant le sommet d’Istanbul – qui se prépare depuis des mois.

La grande question est de savoir comment évoluent les relations américano-turques. L’affaire Khashoggi a créé une certaine proximité entre les États-Unis et la Turquie. Ironiquement, le Deep State en Amérique et Trump sont sur la même longueur d’onde, redécouvrant l’importance vitale de la Turquie pour les stratégies régionales des États-Unis.

Les porte-parole du Deep State accusaient le président turc Recep Erdogan d’être « islamiste » et « autoritaire », etc., et ont probablement même tenté de le renverser lors du coup d’État manqué de 2016, mais aujourd’hui, ils le louent pour avoir épousé la démocratie islamique, la panacée pour la région.

Erdogan, à son tour – ou du moins une partie de lui-même – avait toujours rêvé de la reconnaissance de l’Occident, alors qu’il cherchait le rôle de leader historique de la Turquie au Moyen-Orient, et la particularité de servir de pont entre l’Ouest et la région. De même, Trump sera éternellement reconnaissant à Erdogan de s’abstenir de tout raconter sur l’affaire Khashoggi et de l’avoir aidé à mettre fin à une crise majeure pour sa présidence sur le front de la politique étrangère.

Inutile de préciser que cette transition dans l’amour vache entre les États-Unis et la Turquie peut affecter profondément la géopolitique du Moyen-Orient – à condition bien sûr que Washington joue soigneusement ses cartes en ce qui concerne la liste de souhaits d’Erdogan sur une foule de questions en suspens, y compris certaines d’une grande sensibilité.

La Syrie est quelque part au sommet des priorités d’Erdogan. Si désagréable que cela puisse paraître, Erdogan s’attendra à ce que les Américains poussent leurs alliés kurdes syriens dans le fossé. Hier, l’armée turque a bombardé les positions kurdes à l’Est de l’Euphrate.

Il est maintenant difficile de prédire comment la politique turque se déroulera en Syrie, car les variables sont trop nombreuses. Un rapprochement américano-turc est difficile à réaliser. Mais pourtant les Turcs et les Américains sont aussi de vieux alliés et ils ont le moyen de se creuser la tête pour recommencer à travailler ensemble.

MK Bhadrakumar

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/le-sommet-distanbul-sur-la-syrie-a-ete-un-succes-mais-les-mises-en-garde-demeurent

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Khashoggi: colère de la Turquie accusée de « jeu politique » par la France

Khashoggi: colère de la Turquie accusée de « jeu politique » par la France

Un homme passe devant un écran projetant le portrait de Jamal Khashoggi lors d’un rassemblement en mémoire du journaliste saoudien assassiné, le 11 novembre 2018 à Istanbul / © AFP / OZAN KOSE

La Turquie a laissé éclater sa colère lundi après que la France eut évoqué un « jeu politique » du président Recep Tayyip Erdogan à propos du meurtre de Jamal Khashoggi et démenti avoir reçu des informations de la part d’Ankara.

Dans une interview à la chaîne de télévision France 2, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a dit ne « pas avoir connaissance » d’un partage d’informations turques, contredisant des déclarations de M. Erdogan.

Interrogé sur l’éventualité d’un mensonge du président turc sur ce point, le ministre français a observé que ce dernier avait « un jeu politique particulier dans cette circonstance ».

Cette accusation est « inacceptable », a vivement réagi auprès de l’AFP le directeur de la communication de la présidence turque Fahrettin Altun, ajoutant qu’un responsable français avait notamment eut accès à un « enregistrement audio » portant sur le meurtre de Khashoggi.

Le président Erdogan a pour la première fois confirmé officiellement samedi l’existence d' »enregistrements » portant sur le meurtre de Khashoggi, ajoutant qu’Ankara avait partagé ces documents avec plusieurs alliés, dont Washington, Berlin, Paris et Londres.

Si Paris a démenti, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a pour sa part confirmé lundi que les services canadiens avaient écouté les enregistrements en question et avaient été « pleinement informées de ce que la Turquie avait à partager ».

Le ministre des Affaires Etrangères français Jean-Yves Le Drian à Charleville-Mézières, le 7 novembre 2018 / © AFP/Archives / Ludovic MARIN

L’Allemagne a de son côté évoqué un « échange entre services secrets » allemand et turc, se refusant toutefois à fournir davantage de précisions.

Si M. Erdogan n’a pas donné de détails sur le contenu des enregistrements samedi, la presse proche du pouvoir à Ankara évoque depuis plusieurs semaines un enregistrement audio du meurtre de Khashoggi.

Cette affaire a provoqué un tollé dans le monde entier et terni l’image de l’Arabie saoudite, en particulier du prince héritier Mohammed ben Salmane, dit « MBS ».

– « Renseignement français » informé –

Jamal Khashoggi, un éditorialiste saoudien critique du pouvoir à Ryad, en particulier de « MBS », a été tué le 2 octobre au consulat de son pays à Istanbul où il s’était rendu pour effectuer des démarches administratives.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit « MBS », lors d’une conférence économique à Ryad, le 23 octobre 2018 / © AFP/Archives / FAYEZ NURELDINE

Plus d’un mois après la mort du journaliste à l’âge de 59 ans, son corps n’a toujours pas été retrouvés. Selon la presse turque, les enquêteurs estiment que les meurtriers ont démembré puis dissous son corps à l’acide.

Depuis le début de l’affaire, le pouvoir turc, qui décrit un « meurtre prémédité » commis par une équipe de 15 agents saoudiens, s’est efforcé de maintenir la pression sur Ryad grâce à des « fuites » dans la presse locale largement reprises par les médias internationaux.

Après avoir d’abord fermement nié son meurtre, les autorités saoudiennes ont fini par affirmer que le journaliste avait été tué au cours d’une opération « non autorisée » par Ryad.

« N’oublions pas que cette affaire aurait été totalement étouffée sans les efforts de la Turquie », a déclaré lundi M. Altun.

M. Altun a affimé que « des preuves » avaient été « partagées avec les institutions concernées du gouvernement français », ajoutant que « le 24 octobre, un représentant des services de renseignement français a écouté l’enregistrement audio ».

Le ministre britannique des Affaires étrangères a rencontré le roi Salmane d’Arabie saoudite, le 12 novembre 2018 à Ryad. Photo de l’Agence saoudienne de presse (SPA). AFP PHOTO / HO / SPA / © SPA/AFP / STRINGER

« S’il y a un problème de communication entre les différentes institutions au sein du gouvernement français, il appartient aux autorités françaises et non à la Turquie de régler ce problème », a-t-il lâché.

L’onde de choc provoquée par le meurtre de Khashoggi a par ailleurs braqué les projecteurs sur la guerre que livre une coalition emmenée par l’Arabie saoudite au Yémen, au prix d’une catastrophe humanitaire majeure.

Le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt a rencontré lundi le roi Salmane à Ryad lundi lors d’un déplacement visant à accentuer la pression internationale sur la monarchie pétrolière.

La veille, le ministre américain Mike Pompeo avait appelé à la « fin des hostilités » au Yémen lors d’un entretien téléphonique avec « MBS ».

Selon la porte-parole du département d’Etat Heather Nauert, M. Pompeo a également indiqué que son pays allait « demander des comptes à toutes les personnes impliquées dans le meurtre de Jamal Khashoggi », estimant « que l’Arabie saoudite (devait) faire de même ».

(©AFP / (12 novembre 2018 15h38)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Khashoggi-col-re-de-la-Turquie-accus-e-de-jeu-politique-par-la-France/970689.rom

Avec la Finlande, 10 pays rejoignent l’initiative européenne d’intervention militaire

Avec la Finlande, 10 pays rejoignent l’initiative européenne d’intervention militaire

La Finlande a rejoint le projet d’Europe de la défense porté par Emmanuel Macron.

Réunis mercredi à Paris, les neuf ministres de la défense des pays membres de l’Initiative européenne d’intervention (IEI) ont entériné l’adhésion de la Finlande. L’objectif du groupe est de promouvoir l’autonomie militaire de l’Europe.

Et de 10. Le projet d’Europe de la défense porté par le Président français prend de l’ampleur avec l’entrée de la Finlande dans le cercle. La nouvelle, dans les tuyaux depuis la visite d’Emmanuel à Helsinki le 30 août, a été rendue officielle mercredi, lors d’une réunion entre ministres de la défense des pays adhérents.

Cette réunion a été la première du genre depuis le lancement de l’IEI, le 25 juin. L’ordre du jour entre les neuf représentants de la Défense de leur pays (France, Allemagne, Danemark, Belgique, Pays-Bas, Espagne, Estonie, Portugal et Royaume-Uni), outre d’accueillir le nouveau membre, s’est porté sur la définition des orientations politiques pour les travaux à venir.

Neuf pays se retrouvent pour faire avancer l’Europe de la défense

Les neuf pays signataires de l’Initiative européenne d’intervention se retrouvent pour la première fois à Paris pour donner un contour concret à ce projet censé muscler l’Europe de la défense. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Dès vendredi, les état-majors concernés vont se réunir dans le cadre des Discussions stratégiques militaires européennes (Mest, en anglais). Cela constituera les premières vraies discussions militaires de l’IEI.

Le matin même, Emmanuel Macron avait appelé à la création « d’une vraie armée européenne ». La coopération structurée permanente, ou PESCO, déjà adoptée par l’UE, fournit un premier cadre de coopération, dans laquelle s’inscrit l’initiative d’intervention militaire à 10. La France, qui souhaite aller plus loin dans la coopération, représente l’armée la plus développée des 27 après la sortie de l’UE du Royaume-Uni.

 

https://www.euractiv.fr/section/politique/news/avec-la-finlande-10-pays-rejoignent-linitiative-europeenne-dintervention-militaire/

 

Panama Papers : l’Allemagne a transmis à la France une liste de plus de 1.000 exilés fiscaux

Panama Papers : l’Allemagne a transmis à la France une liste de plus de 1.000 exilés fiscaux

Par latribune.fr  |   |  236  mots
(Crédits : © Russell Boyce / Reuters)
Selon Europe 1, dont l’information est confirmée par le ministère des Comptes publics, le fichier des exilés fiscaux a été transmis le 20 septembre par l’Office fédéral de police criminelle allemand (BKA), qui avait annoncé l’an passé s’être procuré une copie des « Panama papers ».

La police fiscale allemande a transmis à la France des fichiers concernant plus de 1.100 personnes dans le cadre du dossier des « Panama papers », une fuite massive de documents confidentiels qui a révélé un réseau de fraude fiscale internationale impliquant de nombreuses personnalités, rapporte mercredi Europe 1.

Selon la radio, dont l’information est confirmée par le ministère des Comptes publics, ce fichier a été transmis le 20 septembre par l’Office fédéral de police criminelle allemand (BKA), qui avait annoncé l’an passé s’être procuré une copie des « Panama papers ».

Le fisc français a adressé en deux ans 306 demandes de renseignements

En France, le Parquet national financier avait ouvert au printemps 2016 une enquête préliminaire pour fraude fiscale aggravée après les révélations de la presse sur les « Panama papers ».

En juin, le PNF indiquait que 22 des 26 dossiers ouverts dans ce cadre, visant des particuliers ou des sociétés, faisaient toujours l’objet d’investigations. Deux autres ont donné lieu à une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC, ou « plaidé coupable ») et deux ont été classés sans suite.

Parallèlement, le fisc français a adressé en deux ans 306 demandes de renseignements à ses homologues étrangers pour un total de 411 contrôles fiscaux. De son côté, le PNF a émis 13 demandes d’entraide pénale internationale, avait-on appris de source proche du PNF.

(Avec Reuters)

https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/panama-papers-l-allemagne-a-transmis-a-la-france-une-liste-de-plus-de-1-000-exiles-fiscaux-796023.html#xtor=EPR-2-%5Bl-actu-du-jour%5D-20181101

Merkel : la chute – Journal du mardi 30 octobre 2018

Merkel : la chute – Journal du mardi 30 octobre 2018

Union Européenne / Merkel : la chute
Après deux revers cuisants dans les urnes, Angela Merkel amorce sa sortie. Mardi, elle a annoncé son intention de ne pas se représenter à la tête de la CDU, et a également déclaré qu’elle ne serait pas candidate en 2021 pour conserver la chancellerie.

International / Brésil : Que peut faire Bolsonaro ?
Fraîchement élu après une campagne sulfureuse, le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro va devoir mettre en place ses réformes. Un défi d’envergure face aux nombreux garde-fous constitutionnels et un paysage parlementaire émietté.

International / États-Unis : Comprendre les élections de mi-mandat

Politique / Réforme de l’Etat : vers une purge de la fonction publique ?
Edouard Philippe a présenté son plan pour la fonction publique afin de réduire les rangs d’environ 50 000 postes. Pour la modique somme de 50 millions d’euros, les fonctionnaires auront désormais accès à une agence de reconversion…

Serveur TVL
https://chaine.tvlibertes.com/widget/merkel-la-chute-journal-du-mardi-30-octobre-2018

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Syrie : ISIS défait la force par procuration américaine

Syrie : ISIS défait la force par procuration américaine


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama − Le 29 octobre 2018

Les mercenaires mandatés par les États-Unis dans l’est de la Syrie ont encore perdu du terrain au profit d’État islamique.

La carte montre les positions d’ISIS (en gris), de la force mandataire SDF (jaune) et de l’armée syrienne (rouge) à la frontière irakienne le 19 octobre.


Voici les positions à compter d’aujourd’hui.



La force américaine par procuration a perdu les villes de Susah, Hawi al-Susah, Safafinah, Mozan, Shajlah et Baghuz Fawqani et ISIS est de retour à la frontière irakienne. Les forces irakiennes ont été mises en alerte et ont scellé la frontière de leur côté.

La cause immédiate de la perte était une nouvelle tempête de sable qu’ISIS a utilisée pour contre-attaquer. Une contre-attaque similaire lors d’une tempête de sable s’est déjà produite il y a deux semaines. Cela rend la déclaration de ce porte-parole américain risible :

«La tempête de sable a permis une contre-attaque d’État islamique, ce qui était surprenant compte tenu des conditions, mais maintenant, l’air est dégagé et la coalition continuera à augmenter son soutien aérien et sa puissance de feu pour aider ses partenaires», a déclaré le colonel Ryan …

Les tempêtes de sable désactivent le soutien aérien et l’artillerie. C’est pourquoi ISIS, qui manque d’armée de l’air, utilise depuis des années toutes les tempêtes de sable pour attaquer. Ce n’est pas surprenant du tout, car c’est l’une de ses formes de combat caractéristiques. Les tempêtes de sable signifient que l’on peut s’attendre à une attaque d’État islamique. L’attaqué doit doubler sa garde et être prêt à défendre sa position. Les forces spéciales américaines censées diriger leurs mandataires semblent avoir négligé cela.

Les djihadistes d’État islamique ont attaqué de manière habituelle pendant la tempête de sable. Un kamikaze a fait exploser la première position sur la ligne de front et plus de 100 combattants ont pris d’assaut et encerclé les lignes ennemies. Depuis vendredi, entre 60 et 80 SDF [mercenaires kurdes] ont été tués, d’autres blessés et au moins 20 faits prisonniers. D’autres ont simplement fui paniqué et État islamique a pu reprendre plusieurs villages sans se battre. ISIS affirme que tous les combattants capturés étaient des Arabes, pas des Kurdes.

Les Kurdes ont décidé depuis longtemps que le combat sur l’Euphrate n’était pas leur principal problème. Ils se préparent à lutter contre une invasion turque. La force terrestre SDF qui attaque ISIS est principalement arabe. Certains ont été embauchés par les États-Unis, mais beaucoup d’entre eux ont été contraints à collaborer. Ils ne sont pas intéressés à risquer leur vie. Ils n’attaqueront que lorsque l’armée de l’air américaine aura bombardé leurs ennemis en miettes.

Après les lourdes pertes du SDF arabe, il a été demandé au YPG kurde d’envoyer quelque 300 de ses combattants pour reprendre les positions perdues et pour poursuivre l’attaque générale contre ISIS, qui n’a généré aucun gain depuis un mois.

État islamique détient toujours quelque 700 prisonniers et otages. Il avait menacé de les tuer s’il ne recevait ni nourriture ni médicaments. Il n’y a eu aucune nouvelle de leur destin.

Vendredi, les présidents russe, français et turc et la chancelière allemande Merkel se sont rencontrés à Istanbul. Les parties française et allemande ont renoncé à un changement de régime [en Syrie]. Ils ont un problème de réfugiés et veulent la fin de la guerre. Ils insistent toujours pour que la Syrie change sa constitution mais Damas n’a aucune raison de suivre de telles consignes. L’ancien ambassadeur de l’Inde en Turquie, MK Bhadrakumar, procède à une analyse plus approfondie du sommet. Sa grande question est de savoir comment évoluent les relations américano-turques.

Il y a peu de raisons de penser que cela ira mieux. Erdogan veut que les États-Unis quittent la Syrie presque autant que Damas elle-même. Erdogan a récemment menacé d’envahir la partie nord-est de la Syrie contrôlée par les États-Unis. Hier, l’artillerie turque a touché des positions de la force de procuration américaine en Syrie près de la frontière avec la Turquie.

Les États-Unis continuent d’insister pour que les “milices soutenues par l’Iran” quittent la Syrie avant le départ des États-Unis. Mais les “milices soutenues par l’Iran” en Syrie sont aujourd’hui des Syriens. L’Iran a soutenu des groupes composés de combattants afghans et irakiens et les soldats iraniens ont quitté le pays il y a quelque temps. Il reste tout au plus quelques officiers iraniens, payés par l’Iran, pour l’entraînement des groupes locaux. La demande n’a aucun sens. Elle vient probablement d’Israël, qui souhaite que les États-Unis restent en Syrie le plus longtemps possible.

La situation dans le gouvernorat d’Idlib et ailleurs n’a pas changé. Le prochain sommet américano-russe du 11 novembre traitera de la question de la Syrie. Jusque-là tout est figé.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par wayan pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/syrie-isis-defait-la-force-par-procuration-americaine

 

Merkel rejette toute perte d’influence après l’annonce de son départ

Merkel rejette toute perte d’influence après l’annonce de son départ

La chancelière allemand Angela Merkel regarde sa montre en attendant l’arrivée à la chancellerie à Berlin de dirigeants africains pour une conférence sur le commerce, l’aide internationale et la diplomatie, le 30 octobre 2018 / © AFP / Tobias SCHWARZ

Angela Merkel a rejeté mardi les craintes de la voir perdre en influence dans le monde à la suite de l’annonce de son retrait progressif du pouvoir en Allemagne, alors que la course à sa succession est pleinement lancée.

« Je pense que cela ne changera pas l’influence dans les négociations internationales. Au contraire, j’ai même plus de temps pour me concentrer sur les tâches de cheffe du gouvernement », a déclaré la chancelière à Berlin lors d’une conférence de presse avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

Au pouvoir depuis 13 ans, Angela Merkel a été contrainte lundi d’amorcer sa retraite politique après un énième revers électoral de son parti lors d’un scrutin régional en Hesse.

Il est venu confirmer sa popularité déclinante au plan national du fait notamment de sa politique migratoire.

Elle a annoncé que son actuel mandat de chancelière s’achevant en 2021 serait le dernier et qu’elle se retirerait dès décembre de la présidence de son mouvement démocrate-chrétien (CDU), alors qu’elle avait jusqu’ici considéré que les deux fonctions étaient liées.

– Pourra-t-elle rester jusqu’en 2021 ? –

 

La longévité au pouvoir d’Angela Merkel / © AFP /

Malgré ses assurances, les craintes en Allemagne de la voir progressivement s’affaiblir sur le plan intérieur comme sur le plan international sont réelles.

« Le rôle dirigeant de Mme Merkel dans l’Union européenne pourrait appartenir désormais au passé », juge Lüder Gerken, analyste au Centre de politique européenne (CEP), un institut allemand.

Du coup, beaucoup doutent de la capacité de la dirigeante au record de longévité au pouvoir en Europe occidentale à se maintenir encore trois ans en poste jusqu’au terme de son mandat.

« Le règne de Merkel s’achève », titre mardi Bild, le quotidien le plus d’Allemagne. « L’ère Merkel touche à sa fin », lui fait écho le journal Süddeutsche Zeitung.

Même le président de la chambre des députés, et ancien ministre des Finances de la chancelière, Wolfgang Schäuble, a exprimé des doutes.

Armin Laschet (à gauche), Jens Spahn (au centre) et Annegret Kramp-Karrenbauer (à droite) sont susceptibles de succéder à Angela Merkel à la tête de la CDU en décembre. Combo réalisé le 29 octobre 2018 / © AFP/Archives / Odd ANDERSEN, John MACDOUGALL

« La législature actuelle doit durer encore trois ans. Nous verrons bien si cela sera effectivement le cas », a-t-il dit à la chaîne publique Deutsche Welle.

Pour l’ancien ministre des Affaires étrangères Sigmar Gabriel, le fragile gouvernement de coalition actuel entre conservateurs et sociaux-démocrates et la chancelière risque de tomber au printemps prochain.

« Au plus tard après les élections européennes en mai cela devrait être le cas », a-t-il dit à l’hebdomadaire Die Zeit.

La dirigeante de la première économie en Europe franchira un premier pas décisif vers la sortie dans un peu plus d’un mois quand elle passera la main à la tête de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) qu’elle préside depuis dix-huit ans.

– Un troisième candidat –

 

Friedrich Merz, ancien rival d’Angela Merkel, a annoncé le 30 octobre 2018 qu’il briguerait la présidence de la CDU en décembre. Photo pris le 12 juin 2018 lors du Conseil économique de la CDU à Berlin / © dpa/AFP/Archives / Jens Büttner

Deux candidats pour la remplacer se sont déclarés dès lundi, la secrétaire générale du parti, Annegret Kramp-Karrenbauer, surnommé « AKK » ou la « Merkel de la Sarre », sa région d’origine, et le ministre de la Santé, Jens Spahn.

Un troisième les a rejoints officiellement dans la course mardi: Friedrich Merz, un ancien rival de la chancelière qu’elle avait écarté sans ménagement dans le passé et qui rêve de prendre sa revanche.

« Nous avons besoin d’un nouveau départ et de renouveau », a-t-il dit.

Lui et Jens Spahn sont des adversaires de la ligne politique d’Angela Merkel, tenants d’un coup de barre à droite du parti démocrate-chrétien qui se serait trop déplacé sur la gauche et aurait permis ainsi l’essor de l’extrême droite antimigrants.

Jens Spahn en particulier, un admirateur du chancelier autrichien Sebastian Kurz qui gouverne avec l’extrême droite, a critiqué la décision d’Angela Merkel de faire entrer plus d’un million de demandeurs d’asile dans le pays en 2015 et 2016.

Mme Annegret Kramp-Karrenbauer, considérée aujourd’hui comme favorite, est elle une proche de la chancelière. Mais un quatrième candidat pourrait émerger bientôt, le dirigeant de la puissante région de Rhénanie du Nord-Westphalie, Armin Laschet.

Le parti CDU désignera le ou la remplaçante d’Angela Merkel à sa tête début décembre en congrès.

(©AFP / (30 octobre 2018 16h20)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Merkel-rejette-toute-perte-d-influence-apr-s-l-annonce-de-son-d-part/966965.rom

Syrie: sommet inédit à Istanbul avec Turquie, Russie, France et Allemagne

Syrie: sommet inédit à Istanbul avec Turquie, Russie, France et Allemagne

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov et son homologue turc Mevlut Cavusoglu au sommet d’Istanbul sur la Syrie, le 27 octobre 2018 / © Turkish Foreign Ministry press service/AFP / CEM OZDEL

Les dirigeants de la Turquie, la Russie, la France et l’Allemagne étaient réunis samedi à Istanbul pour un sommet inédit sur la Syrie visant à préserver une trêve fragile dans le nord-ouest et avancer vers une issue au conflit.

Lors de cette rencontre, les présidents russe Vladimir Poutine, turc Recep Tayyip Erdogan, français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel doivent chercher des passerelles entre leurs initiatives concurrentes pour mettre fin à la guerre qui ravage la Syrie depuis 2011.

« Les yeux (…) du monde sont sur nous aujourd’hui », a déclaré M. Erdogan à l’ouverture du sommet. « J’espère que nous avancerons de manière sincère et constructive et que nous serons à la hauteur des attentes », a-t-il ajouté.

Cette rencontre survient alors que la situation dans la province rebelle d’Idleb (nord-ouest) reste explosive : des frappes du régime y ont fait sept morts vendredi, le bilan le plus élevé depuis l’entrée en vigueur mi-septembre d’un accord russo-turc ayant imposé un relatif silence les armes.

L’accord entre Moscou, allié du régime, et Ankara, parrain des rebelles, prévoyait notamment la mise en place d’une « zone démilitarisée » de 15 à 20 kilomètres de large pour séparer les territoires insurgés d’Idleb des régions gouvernementales.

MM. Erdogan et Poutine avaient conclu cette entente in extremis alors que le régime était sur le point de lancer une offensive de grande ampleur sur cet ultime grand bastion de l’opposition, au risque d’une catastrophe humanitaire.

Un combattant rebelle du Front de libération nationale dans une rue de la ville d’al-Rashidin, dans la province d’Idleb, le 15 octobre 2018 / © AFP / Aaref WATAD

Lors du sommet, les quatre dirigeants doivent également « étudier quelles formules nouvelles peuvent être trouvées afin d’apporter une solution politique » à ce conflit complexe qui a fait plus de 360.000 morts et des millions de déplacés, selon Ankara.

Sur ce point, la formation sous les auspices de l’ONU d’un Comité constitutionnel censé élaborer une nouvelle loi fondamentale s’annonce comme l’un des principaux défis en raison du blocage du régime.

L’émissaire des Nations unies pour la Syrie Staffan de Mistura, qui a déploré vendredi la paralysie de son plan, était lui aussi présent au sommet d’Istanbul.

« Ce qui se joue ici aujourd’hui (…), c’est la stabilité en Syrie pour éviter un nouveau désastre humanitaire », a déclaré M. Macron sur Twitter juste avant le sommet.

– « Approches différentes » –

Syrie / © AFP / AFP

Si aucune annonce majeure n’est attendue à l’issue du sommet –l’Elysée dit avoir des « attentes modestes » et le Kremlin appelle à être « réaliste »–, cette réunion au format inédit est l’occasion pour les quatre dirigeants de chercher des terrains d’entente.

La Turquie et la Russie forment avec l’Iran un trio incontournable sur le terrain, où ces trois pays aux intérêts propres ont investi d’importantes ressources militaires.

La France et l’Allemagne font partie avec cinq autres pays, dont les Etats-Unis, du « small group » sur la Syrie qui travaille notamment à trouver une solution politique. Leurs efforts ont cependant été éclipsés par le processus dit d’Astana mené par Ankara, Moscou et Téhéran.

« Il y a des approches différentes. Mais, en gros, tout le monde souhaite naturellement aboutir à un règlement politique en Syrie », avait souligné vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, appelant à « harmoniser les positions » lors du sommet.

Les quatre pays doivent également évoquer la reconstruction de la Syrie — un thème cher à Moscou –, mais la ministre allemande de la Défense Ursula von der Leyen a prévenu samedi que celle-ci ne pourrait pas se faire « au profit de la dictature d’Assad ».

Sommet sur la Syrie: arrivée de la chancelière Angela Merkel / © Turkish presidency/AFP / –

Deux acteurs importants du conflit en Syrie, l’Iran et les Etats-Unis, qui sont à couteaux tirés, seront absents samedi. M. Macron s’est toutefois entretenu jeudi avec le président américain Donald Trump pour accorder leurs positions.

Face à l’influence que Moscou assoit grâce à ses victoires militaires au bénéfice du régime, le ministre américain de la Défense Jim Mattis a affirmé samedi que la Russie ne pourrait « pas remplacer les Etats-Unis » au Proche-Orient.

Ce sommet intervient par ailleurs au moment où la région est secouée par le meurtre du journaliste critique saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat de son pays à Istanbul.

Avant le sommet, M. Erdogan a reçu ses hôtes pour des entretiens bilatéraux. La presse turque avait indiqué qu’il évoquerait l’affaire Khsshiggi avec eux.

(©AFP / (27 octobre 2018 15h42)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Syrie-sommet-in-dit-Istanbul-avec-Turquie-Russie-France-et-Allemagne/966031.rom

Khashoggi: « besoin urgent de clarification », pour Londres, Paris et Berlin

Khashoggi: « besoin urgent de clarification », pour Londres, Paris et Berlin

Londres – Londres, Paris et Berlin ont estimé dimanche qu’il y avait « un besoin urgent de clarification » sur les circonstances de la mort « inacceptable » du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat de son pays en Turquie.

« Nous prenons bonne note de la déclaration des Saoudiens expliquant leurs conclusions préliminaires », ont déclaré les trois capitales occidentales dans un communiqué conjoint.

« Mais il reste un besoin urgent de clarification sur ce qui s’est exactement passé le 2 octobre, au-delà des hypothèses jusqu’ici évoquées par l’enquête saoudienne, qui doivent être étayées par des faits pour être considérée comme crédibles ».

« Nous insistons donc sur le fait que davantage d’efforts sont nécessaires et attendus afin d’établir la vérité d’une manière complète, transparente et crédible », ont souligné les trois pays, qualifiant d' »inacceptable » de menacer, attaquer ou tuer des journalistes « en aucune circonstance ».

Après la disparition le 2 octobre de Jamal Khashoggi, l’Arabie saoudite a finalement admis samedi que le journaliste, critique du pouvoir saoudien et exilé aux Etats-Unis, avait été tué à l’intérieur du consulat du royaume à Istanbul, après « une bagarre » et « une rixe à coups de poing », sans toutefois révéler où se trouvait le corps.

Mais ces explications n’ont pas convaincu de nombreux pays, principalement les Occidentaux, d’autant que les autorités saoudiennes avaient auparavant affirmé que le journaliste était ressorti du consulat.

Allié des Saoudiens, le président américain Donald Trump avait dans un premier temps jugé crédibles les explications saoudiennes avant d’évoquer des « mensonges ».

Des responsables turcs ont, eux, donné une autre version affirmant que Jamal Khashoggi avait été torturé et assassiné par une équipe de 15 agents saoudiens venus spécialement de Ryad. Selon des journaux turcs, son corps aurait été démembré.

(©AFP / 21 octobre 2018 15h26)

https://www.romandie.com/news/Khashoggi-besoin-urgent-de-clarification-pour-Londres-Paris-et-Berlin/964041.rom

L’Allemagne se désendette de 1675 € par seconde Dans la même seconde, la dette française s’alourdit de 2090 €

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L’Allemagne se désendette de 1675 € par seconde
Dans la même seconde, la dette française s’alourdit de 2090 €

2 255 316 000 000 €, c’est le montant de la dette qui sera transmise à nos enfants. Impossible de concevoir un tel montant. Cela représente 33 567 € par Français. Une fatalité ? Nos voisins européens nous montrent que non.

Sommaire

– L’État français est abonné aux déficits depuis 1975

– La dette est une faute, mais pas une fatalité

– Réformer, c’est faire mieux avec moins

L’État français est abonné aux déficits depuis 1975

Depuis 43 ans, pas une seule année les administrations ne sont parvenues à équilibrer leurs comptes.
. Plus personne ne conçoit d’ailleurs que cela puisse arriver un jour. Désormais, l’objectif politique affiché est de limiter le déficit au sacro-saint 3 % du PIB.

D’après Eurostat, la dette publique atteignait 2 255 milliards d’euros à la fin du premier trimestre 2018, soit 97,7 % du PIB. Pour être rigoureux, il faudrait ajouter les droits acquis des retraités français qui sont aussi des engagements que l’État devra assumer, ce qui fait grimper la dette entre 400 et 550 % du PIB.

Alors que la dette publique augmente de 2090 € par seconde (moyenne 2017), elle baisse outre-Rhin d’un montant comparable, 1675 € par seconde.

Les États allemand et néerlandais accumulent des excédents qui permettent de diminuer le volume de leurs dettes depuis 2015. La France, l’Espagne et l’Italie, quant à elles, font figure de mauvais élèves malgré une situation économique conjoncturelle favorable.

Figure 1 : transition du déficit/surplus à la variation de la dette en pourcentage du PIB

Figure 1 : transition du déficit/surplus à la variation de la dette en pourcentage du PIB

(données Eurostat)

La dette est une faute, mais pas une fatalité

En allemand, « dette » et « faute » se traduisent en un seul mot « schuld ». Un budget déséquilibré pénalise doublement les générations futures de contribuables, pauvres comme riches : elles devront rembourser l’argent qu’elles n’ont pas dépensé tout en payant les intérêts des obligations. À l’heure actuelle, chaque nouveau Français naît avec une dette de plus de 33 000 € à rembourser.

Mais la dette opère aussi une redistribution inversée des pauvres vers les riches, appelée « Robin des bois à l’envers ». L’État emprunte de l’argent à ceux qui en ont, c’est-à-dire aux plus fortunés. Les emprunts publics sont donc une rente que les plus pauvres sont forcés de payer à ceux qui ont les moyens d’investir dans des obligations.

Parmi les cinq premières économies de la zone euro, seule la dette française augmente au prorata du PIB. Depuis 2012 en Allemagne et depuis 2014 aux Pays-Bas, la dette baisse significativement en volume. Ces pays montrent qu’il est tout à fait possible d’inverser la tendance.

Figure 2 : evolution de la dette publique brute en pourcentage du PIB

Figure 2 : evolution de la dette publique brute en pourcentage du PIB

(données Eurostat)

Réformer, c’est faire mieux avec moins

Face à sa dette colossale, le gouvernement canadien a engagé des réformes considérables dans les années 1990. L’État fédéral a dégagé des budgets excédentaires grâce à des réductions drastiques des dépenses publiques. Il a massivement baissé les impôts pour libérer la création de richesses. Le taux d’imposition des entreprises a été divisé par deux pour atteindre 15 % en 2013, soit le taux le plus bas des pays du G7.
À l’image de l’État providence français actuel, la Suède était soumise à une politique dirigiste et particulièrement spoliatrice dans les années 1980. L’État scandinave confisquait alors plus de la moitié des richesses produites et accumulait pourtant une dette considérable. L’éducation et la santé ont été partiellement privatisées et le statut des fonctionnaires a été supprimé. En Suède, il n’y a plus de régime spécial de retraites ni d’emploi garanti à vie pour les fonctionnaires.

Les exemples du Canada et de la Suède montrent qu’il est possible de réformer en profondeur les administrations et le périmètre de l’État pour libérer la création de richesse, améliorer les services publics en les ouvrant à la concurrence et réduire massivement la dette publique. Au Canada, d’après l’OCDE, cette dernière est passée de 130 % du PIB dans les années 1990 à moins de 90 % avant la crise de 2007-2009. Sur la même période, l’État suédois s’est désendetté de près du tiers de la charge pesant sur les générations futures, en passant de 80 % à 50 % d’endettement.

Il n’y a rien de plus antisocial qu’une dette publique, mais il est possible de mettre fin à la spirale du « Robin des bois à l’envers » relativement vite. Pour réformer ses administrations, Emmanuel Macron ne doit pas chercher à « faire des économies » qui ne feront que dégrader la qualité des services sous les monopoles d’État. Son étatisme doit être remis en question pour engager une refonte structurelle entre ce qui relève des missions régaliennes et ce qui doit être libéré par le marché et la concurrence. Le dernier projet de loi de finances n’en prend malheureusement pas le chemin.

https://fr.irefeurope.org/Publications/Articles/article/L-Allemagne-se-desendette-de-1675-EUR-par-seconde?utm_source=2018-10-15&utm_medium=lettre-fr&utm_campaign=lettre-fr&utm_content=article5042

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