Archives pour la catégorie ALLEMAGNE

Avion de combat Franco-Allemand… Découvrez le successeur !

Avion de combat Franco-Allemand… Découvrez le successeur !

16 juillet 2018 ptilly Actualité, Actualité, Entreprises, Relations internationales 0

Nous vous parlions la semaine dernière du futur avion de combat Franco-Allemand appelé à succéder au Rafale et à l’Eurofighter Typhoon. Voici à quoi il pourrait ressembler !

On sait très peu de choses sur ce futur appareil, si ce n’est qu’il sera l’élément central du Système de combat aérien du futur [SCAF], qui interagira entre différents vecteurs tels que, Awacs, ravitailleurs, drones, satellites…

Dassault vient sans doute de lever un petit coin du voile de son design. Dernièrement le constructeur français a mis confidentiellement en ligne une vidéo célébrant 60 ans de coopérations européennes. Ce film avait été vu moins de 30 fois avant qu’un blog « Asian Defence News » ne le partage sur les plateformes.

La surprise !

À la fin du film, des images montrent l’allure que pourrait avoir le successeur du Rafale et du Typhoon.

Je vois déjà vos yeux briller mais aucune certitude à ce stade sur le design final de la cellule du futur avion de combat ! Seulement une idée… Un possible putatif !

Même pour un non-initié au monde de l’aéro militaire, plusieurs caractéristiques sautent aux  yeux ! Un air de famille avec le Rafale. Deux moteurs, donc plus de puissance. Une furtivité importante. Pas de gouvernes de direction ni de profondeur. Absence de perche de ravitaillement… Sera-t-elle rétractable ?

Quant aux matériaux, les ingénieurs de Dassault Aviation s’intéressent de près au « Graphène »…

 

Imaginez un matériau miracle, intrinsèquement supérieur à tout ce que vous connaissez… Et vous êtes encore loin de la vérité ! Le graphène, pour le vulgariser, est plus solide que le diamant, 300 fois plus résistant que l’acier, il peut subir des contraintes mécaniques quasi impossibles, il est capable de fabriquer de l’énergie et peut absorber l’onde de choc d’une munition à haute vélocité… Alors impressionnés ?!

 

Enfin, on sait que le système embarqué sera doté d’une intelligence artificielle inédite. Bardée de capteurs intelligents, capables d’apprentissages, elle fera progresser l’interface  » homme-machine. »

À quand les simulateurs de salon ?

Un nom pour cet avion ? Nous, on cherche encore !

http://www.entreprise.news/avion-de-combat-franco-allemand-decouvrez-le-successeur/

 

 

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Les actionnaires d’Alstom votent mardi sur la prise de contrôle par Siemens

Les actionnaires d’Alstom votent mardi sur la prise de contrôle par Siemens

Annoncée en septembre 2017, la prise de contrôle historique d’Alstom par Siemens permettrait aux deux entreprises de tenir tête au chinois CRRC et au canadien Bombardier / © AFP/Archives / SEBASTIEN BOZON, CHRISTOF STACHE

Les actionnaires d’Alstom sont convoqués mardi en assemblée générale pour approuver la prise de contrôle du groupe français par l’allemand Siemens, qui fait polémique en France depuis l’annonce l’automne dernier de l’accord de rapprochement.

Alstom, qui fabrique notamment le TGV, et la division transport de Siemens, qui produit l’ICE, avaient signé le 23 mars un accord de rapprochement.

Selon les termes de cet accord, Siemens doit apporter ses activités ferroviaires et signalisation à Alstom, en échange de la moitié du capital du groupe français, dont il pourra dépasser les 50,5% du capital après quatre ans.

Annoncée en septembre l’année dernière, cette prise de contrôle historique permettrait aux deux entreprises de tenir tête au chinois CRRC et au canadien Bombardier.

L’annonce de cet accord avait suscité en septembre une polémique en France, une partie de la classe politique dénonçant la prise de contrôle par un groupe allemand d’un fleuron de l’industrie française.

L’intersyndicale d’Alstom s’est également opposée à ce projet, redoutant des fermetures de sites et des suppressions d’emplois en France.

L’opération est aussi surveillée de près par la Commission européenne, qui craint que l’ accord ne mette à mal la concurrence. Elle a annoncé vendredi qu’elle examinerait le projet de rachat, avec une décision rendue avant le 21 novembre.

La commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la politique industrielle de la France s’est elle aussi penchée sur le potentiel rachat d’Alstom par Siemens, suscitant des divergences entre parlementaires, dans le cadre de discussions sur le contrôle des investissements étrangers.

L’accord, qui doit donner naissance à un nouveau géant européen du rail, pourrait être finalisé au premier semestre 2019, sous réserve de l’accord des actionnaires d’Alstom.

(©AFP / 16 juillet 2018 15h42)

https://www.romandie.com/news/Les-actionnaires-d-Alstom-votent-mardi-sur-la-prise-de-contr-le-par-Siemens/936971.rom

Les États-Unis envisagent de retirer leurs forces d’Allemagne. Une partie d’un plus large processus

Les États-Unis envisagent de retirer leurs forces d’Allemagne. Une partie d’un plus large processus


Par Alex Gorka – Le 8 juillet 2018 – Source Strategic culture

Le ministère américain de la Défense étudie la possibilité de retirer ou de transférer les forces américaines de l’Allemagne vers la Pologne. Le Washington Post (WP) a indiqué que les coûts et les implications de ce projet sont en cours d’analyse. Le 5 juillet, la Maison-Blanche a déclaré qu’elle n’avait pas de tels plans, mais qu’il n’y a pas de fumée sans feu, sinon pourquoi la Pologne offrirait elle de payer 2 milliards de dollars pour une base américaine sur son sol et de le faire maintenant ? L’US Air Force a commencé à piloter des drones Reaper MQ-9 non armés à partir de la base aérienne polonaise de Miroslawiec, en mai dernier.

« Ma déclaration sur le fait que l’OTAN est obsolète et disproportionnellement trop chère (et injuste) pour les États-Unis reçoit maintenant, enfin, des applaudissements », a dit M. Trump sur Twitter pendant sa campagne présidentielle de 2016. Il a souvent exprimé sa frustration devant le fait que les alliés n’ont pas respecté le niveau de dépenses de défense de 2 % du PIB convenu à l’unanimité. Le rapport du WP indique que le président Donald Trump aurait réfléchi à l’idée d’un retrait total ou partiel de l’Allemagne, début 2017.

Le président s’est récemment montré très critique à l’égard de la chancelière allemande. Il est frustré par sa position sur toute une série de questions, y compris la contribution à la défense collective de l’OTAN.

Des dépenses militaires plus élevées sont impopulaires auprès des électeurs allemands. La récente rencontre entre le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, et la ministre allemande de la défense, Ursula von der Leyen, a été très décevante pour les États-Unis, car il a été clairement indiqué qu’aucune augmentation substantielle des dépenses de défense allemande n’est en vue. Les projections budgétaires allemandes prévoyaient de l’augmenter à 1,5 % du PIB du pays seulement, d’ici 2024. En fait, l’Allemagne refuse de respecter son engagement de dépenser au moins 2 % de son budget pour l’OTAN.

Pour économiser de l’argent ? L’Allemagne paie une part équitable des coûts liés au stationnement des troupes américaines et les bases sont utilisées par les Américains pour des opérations menées en dehors de l’Europe. Par exemple, le commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) a son siège à Stuttgart, en Allemagne. Pour donner une impulsion à l’industrie de la défense américaine ? Pas vraiment, l’Europe disposant d’un puissant complexe militaro-industriel qui lui est propre.

Et l’idée de déplacer les forces vient au moment où l’Europe se trouve au bord de la rupture. L’Occident n’a jamais été aussi divisé depuis la Seconde Guerre mondiale. Le paysage politique et militaire européen est en train d’être remodelé. C’est le bon moment pour tirer parti des faiblesses de l’Europe. La dépendance à l’égard des États-Unis en matière de sécurité peut être utilisée comme un puissant levier pour forcer des concessions dans d’autres domaines, comme le commerce.

Faire partie d’un groupe occidental n’est pas le but recherché par le président Trump. En tant qu’isolationniste, il croit en l’indépendance et la façon d’y parvenir est de promouvoir les intérêts de l’État national, et non d’un groupe de pays unis dans une alliance. La souveraineté nationale américaine est atteignable grâce à l’éclatement d’un Occident unifié pour recréer une nouvelle alliance, mais dirigée cette fois par le gouvernement des États-Unis, au lieu d’un organisme supranational où l’Amérique jouit d’une position forte mais pas d’un contrôle absolu. Le président Trump veut que l’Europe soit économiquement dépendante de l’Amérique, tandis que les États-Unis pagaieraient leur propre canoë sans aucune obligation internationale à trainer.

Les États-Unis n’ont pas besoin d’une Europe forte capable de les contester. Le Brexit, les migrants, les réformes judiciaires polonaises controversées et une série d’autres problèmes divisent le Vieux Continent et le rend plus faible et plus soumis aux intérêts de l’Amérique. Le président Trump a offert au président Macron ce qu’il pensait être un meilleur accord commercial si la France quittait l’UE. C’est pourquoi l’Allemagne, la locomotive économique de l’Europe, est constamment sous pression, qu’il s’agisse du projet gazier Nord Stream-2 avec la Russie ou de sa réticence à mettre fin au commerce avec l’Iran. Si l’Allemagne relève le défi, elle devra assumer la responsabilité de sa propre sécurité ainsi que celle de ceux qui resteront fidèles à l’idée de l’intégration européenne. Avant le prochain sommet de l’OTAN, le chancelier s’est prononcé en faveur de l’initiative du président Macron visant à créer une force expéditionnaire européenne. C’est un premier pas dans la bonne direction.

L’Europe devra alors reconsidérer ses relations avec la Russie. Il faudra l’intégrer dans un projet européen de sécurité. Frank-Walter Steinmeier, l’actuel président allemand, a lancé une initiative européenne de maîtrise des armements en 2016 alors qu’il était ministre des affaires étrangères. Il a proposé de mettre de côté les divergences et de s’atteler à la réalisation d’un nouveau traité de sécurité pour faire de l’Europe un endroit plus sûr. Sans les États-Unis, un nouvel accord devient tout à fait possible. Ensuite, l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) dirigée par la Russie et le groupe d’États européens dirigé par l’Allemagne pourrait lancer un projet commun pour repousser ensemble la menace terroriste. La Grande-Bretagne pourrait devenir membre de la nouvelle initiative européenne d’intervention. Après tout, la Russie et l’UE ont l’expérience des opérations conjointes de maintien de la paix au Tchad et des patrouilles navales pour combattre les pirates somaliens dans l’océan Indien.

Se séparer n’est pas toujours une mauvaise chose. Les États-Unis se débarrasseront des resquilleurs. Les Européens seront assez souverains pour décider combien ils doivent dépenser pour leur défense et d’autres choses. Ils auront l’occasion de s’attaquer aux menaces réelles qui pèsent sur leur sécurité, comme le problème des migrants, et non celles sur lesquelles Washington leur dit de se concentrer. La Russie n’aura plus besoin d’être une tête de turc permettant de maintenir l’« unité occidentale » éclatant aux coutures. Une alliance européenne dirigée par l’Allemagne et la Russie pourrait initier une nouvelle période de détente. Il n’y aurait pas de perdant et tout le monde gagnerait. La seule chose qui est certaine, c’est qu’un nouveau modèle de sécurité est en train d’émerger dans le monde et que le processus est imparable.

Alex Gorka

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

http://lesakerfrancophone.fr/les-etats-unis-envisagent-de-retirer-leurs-forces-dallemagne-une-partie-dun-plus-large-processus

 

 

 

Enquête approfondie de l’UE sur le projet d’union entre Alstom et Siemens

Enquête approfondie de l’UE sur le projet d’union entre Alstom et Siemens

L’union entre Alstom et Siemens scrutée par la Commission européenne / © AFP/Archives / SEBASTIEN BOZON

La Commission européenne, gendarme de la concurrence en Europe, a ouvert vendredi une enquête approfondie sur le projet d’union du constructeur ferroviaire français Alstom avec les activités mobilités de l’allemand Siemens.

Annoncée en septembre l’année dernière, cette fusion historique permettrait aux deux entreprises de tenir tête au chinois CRRC et au canadien Bombardier.

Alstom, qui fabrique notamment le TGV, et la division transport de Siemens, qui produit l’ICE, avaient signé fin mars leur accord de rapprochement.

Mais l’exécutif européen explique dans un communiqué craindre que cette « concentration ne réduise la concurrence pour la fourniture de plusieurs types de trains et de systèmes de signalisation ».

Par conséquent, Bruxelles compte examiner si ce projet de rachat « priverait les opérateurs ferroviaires européens d’un choix de fournisseurs et de produits innovants et conduirait à une hausse des prix » qui pourrait par ricochet porter préjudice aux clients passagers.

La Commission a désormais jusqu’au 21 novembre 2018 pour adopter une décision. L’ouverture d’une enquête approfondie ne préjuge en rien de l’issue de la procédure.

Le 8 juin dernier, Siemens et Alstom n’avaient pas exclu de retarder leur fusion au 1er semestre 2019.

Alstom avait alors justement invoqué comme raisons de ce retard « les travaux préparatoires de pré-notification (auprès des autorités de la concurrence, ndlr) extensifs et des efforts nécessaires à la collecte de données dans plusieurs pays ».

Cette union avait suscité en septembre dernier une polémique en France, une partie de la classe politique dénonçant la prise de contrôle par un groupe allemand d’un fleuron de l’industrie française. L’intersyndicale d’Alstom était opposée à ce projet, craignant des fermetures de sites et des suppressions d’emplois en France.

En revanche en Allemagne, le projet n’a guère suscité d’émoi et a été perçu comme salutaire pour le rail européen mais aussi pour le pays.

(©AFP / 13 juillet 2018 17h31)

https://www.romandie.com/news/Enqu-te-approfondie-de-l-UE-sur-le-projet-d-union-entre-Alstom-et-Siemens/936337.rom

 

Les États-Unis laminent l’Europe

Les États-Unis laminent l’Europe


Par Eric Zuesse – Le 2 juillet 2018 – Source Countercurrent

Le 28 juin, PwC (PriceWaterhouseCoopers) a publié son palmarès  annuel des entreprises : « Global Top 100 (2018) : Classement des 100 premières entreprises mondiales d’après le montant de leur capitalisation boursière », avec le commentaire suivant : « L’augmentation de la capitalisation boursière de la Chine a presque atteint celle des États-Unis cette année. …. La contribution de la Chine aux 100 premières capitalisations boursières a augmenté de 57 %, pour s’élever à 2 822 milliards de dollars. (…) Les entreprises européennes ne se sont jamais complètement remises de la crise financière de 2009. L’Europe n’est aujourd’hui représentée  au palmarès que par seulement 23 entreprises (contre 31 en 2009) et ne représente que 17% des 100 premières capitalisations boursières (contre 27% en 2009). »

La richesse de l’Europe peut-elle encore diminuer ? Et dans quelle mesure ?

Les investissements internationaux s’étiolent en Europe au moment même où elle est submergée par les réfugiés venant des nations que le régime américain bombarde et dont il détruit les infrastructures, transformant en enfer la vie de ses habitants qui s’enfuient alors principalement vers l’Europe voisine, et y provoquent la crise des réfugiés. La plupart du temps, les États-Unis ne sont pas les seuls envahisseurs : ils essaient de rassembler le plus d’alliés possible – principalement les régimes fondamentaliste-sunnites arabes, et la théocratie d’apartheid d’Israël, mais aussi quelques régimes européens – pour les aider à créer un enfer sur terre pour les rescapés et les immigrants en Europe. Mais, comme l’a dit Barack Obama, « les États-Unis sont et restent la seule nation indispensable. C’était vrai au siècle passé et ce sera vrai au siècle à venir ». L’aristocratie étasunienne a l’intention de faire en sorte que rien ne change, et ses alliés se contentent de lui emboîter le pas.

Le régime américain est profondément néoconservateur, ou impérialiste, et il accroît sa richesse et son pouvoir aux dépens de l’Europe. Les chiffres le montrent.

Au cours des derniers siècles, l’Europe a mené le monde, mais maintenant ce sont les États-Unis, et ils le font aux dépens de l’Europe, mais surtout aux dépens des peuples qui vivent dans les endroits que nous bombardons. C’est un fait, mais que font les Européens à ce sujet ? Jusqu’à présent, rien. Est-ce que cela va changer ? Peut-être, si les choses empirent suffisamment.

À la page 31 du rapport de PwC, il est indiqué qu’en 2009, les États-Unis comptaient 42% des entreprises du « Top 100 », alors qu’en 2018, ce chiffre est de 54% – 54 entreprises, au lieu de 42 entreprises auparavant.

La Chine en a 12 au lieu de 9.

Mais la plupart des pays d’Europe ont enregistré une baisse au lieu d’une hausse.

Le Royaume-Uni en a maintenant 5 au lieu de 9.

La France en compte désormais 4 au lieu de 7.

Et l’Allemagne 4 au lieu de 5.

La Russie a été frappée de plein fouet par les sanctions américaines ; elle en avait deux, elle n’en a plus du tout.

Trois pays européens en avaient une en 2009 et n’en ont plus – plus aucune – et ces trois pays sont l’Italie, la Norvège et la Finlande.

Personne ne peut raisonnablement nier, à la lumière de ces données, que l’aristocratie américaine – les individus qui contrôlent les multinationales étasuniennes et le gouvernement étasunien et les médias « d’information » étasuniens (dont le rôle est de contrôler le public) – l’a emporté sur les aristocraties européennes (les homologues des Étasuniens dans le sous-continent européen). Ce qui est étonnant, c’est que les aristocrates européens ne protestent pas sauf (pour certains d’entre eux) en ce qui concerne l’afflux de réfugiés chassés de leurs pays par les invasions et les coups d’État étasuniens (et en s’opposant à ces afflux de réfugiés ils ne s’attaquent pas à la racine du problème économique de l’Europe). Même si les citoyens en Europe sont impuissants, les milliardaires qui y vivent encore ne le sont pas. Pendant combien de temps encore vont-ils attendre sans rien faire que les milliardaires étasuniens leur tirent une balle et les mangent ?

L’Europe risque bien de perdre presque toute sa puissance internationale si elle n’opère pas un virage à 180 degrés dans sa politique étrangère et ne se retourne pas contre les États-Unis et leurs alliés, au lieu de soutenir ces fanatiques du changement de régime contre ses propres intérêts.

L’Europe ne décline pas à cause d’un problème quelconque que les Européens auraient, leur seul problème est leur incapacité à se battre de manière intelligente contre la véritable source du déclin de l’Europe. Les États-Unis, après tout, ne sont définitivement pas une démocratie.

Traduction : Dominique Muselet

http://lesakerfrancophone.fr/les-etats-unis-laminent-leurope

 

Virulente charge de Trump contre l’Allemagne au sommet de l’Otan

Virulente charge de Trump contre l’Allemagne au sommet de l’Otan

Bruxelles – Donald Trump a lancé mercredi, au premier jour du sommet de l’Otan, une attaque frontale contre l’Allemagne, accusée d’être « prisonnière » de la Russie pour ses approvisionnements en énergie et d’enrichir un pays considéré comme l’ennemi de l’Alliance.

Très remonté, le président américain est resté sourd aux tentatives d’explications du secrétaire général de l’Alliance Jens Stoltenberg qu’il a rencontré avant l’ouverture officielle du sommet à Bruxelles à 12H30 GMT.

« L’Allemagne enrichit la Russie. Elle est prisonnière de la Russie », a-t-il martelé dans une longue diatribe contre la première puissance économique de l’UE.

« L’Allemagne est complètement contrôlée par la Russie. Elle paie des milliards de dollars à la Russie pour ses approvisionnements en énergie et nous devons payer pour la protéger contre la Russie. Comment expliquer cela ? Ce n’est pas juste », a-t-il encore asséné. Le président américain a dénoncé à plusieurs reprises le projet de doublement du gazoduc Nord Stream reliant directement la Russie à l’Allemagne et exige son abandon. Ce projet divise les Européens.

Les pays de l’UE importent deux tiers (66%) de leurs besoins de consommation. En 2017, ceci a représenté 360 milliards de m3 de gaz, dont 55 milliards de m3 de gaz naturel liquéfié (GNL), pour une facture de 75 milliards d’euros, selon les statistiques européennes. A ce jour, la moitié du gaz acheté est russe, mais les Européens cherchent à briser cette dépendance.

Les Etats-Unis sont engagés dans une stratégie de conquête de marchés pour leur gaz naturel. Ils ont exporté 17,2 milliards de m3 en 2017, dont 2,2% par méthaniers vers les terminaux de l’Union européenne.

De fait, les Européens appréhendaient un sommet de l’Otan acrimonieux et difficile.

Le président des Etats-Unis avait quitté Washington d’humeur belliqueuse, déclarant, avec le goût de la provocation qui est le sien, que sa rencontre avec le président Russe Vladimir Poutine prévue lundi à Helsinki pourrait être « plus facile » que le sommet de l’Otan.

Ce comportement exaspère sur le Vieux continent.

Rompant avec le ton policé de ses prédécesseurs, le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, l’a interpelé mardi pour lui dire combien ses critiques presque quotidiennes étaient déplaisantes et l’a invité à « mieux considérer » ses alliés « car l’Amérique n’en a pas tant que ça ».

Il lui a également rappelé que l’Europe avait été « la première à réagir » après les attentats du 11 septembre 2001 sur le sol américain.

– « Discussions franches » –

Le secrétaire général de l’Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, est embarrassé par cette tension et n’a pas caché son appréhension sur le déroulement du sommet.

« Je ne serais pas surpris qu’il y ait des discussions vigoureuses, notamment sur les dépenses de défense », a-t-il reconnu mardi.

Les Alliés se sont engagés en 2014 à consacrer 2% de leur PIB à leur défense en 2024, mais une quinzaine d’Etats membres, dont l’Allemagne, le Canada, l’Italie, la Belgique et l’Espagne sont sous la barre de 1,4% en 2018 et seront incapables de respecter leur parole, ce qui ulcère Donald Trump.

« Les pays de l’Otan doivent payer PLUS, les Etats-Unis doivent payer MOINS. Très injuste ! », a-t-il tweeté avant son départ pour Bruxelles. « Ce n’est pas juste pour le contribuable américain ». Sa charge contre l’Allemagne mercredi matin s’est inscrite dans cette logique. « L’Allemagne est un pays riche. Elle peut augmenter sa contribution dès demain sans problème », a-t-il affirmé.

Jens Stoltenberg est apparu dépassé par la violence de la diatribe du président américain dont l’humeur va peser sur la réunion.

Leur entretien avait pourtant bien débuté. « Je crois que le secrétaire général aime Trump. Il est sans doute le seul, mais ça me va… », avait ironisé Donald Trump en lui serrant la main.

M. Stoltenberg a confirmé que les Alliés souhaitaient avoir des éclaircissements sur les intentions de Donald Trump avant sa rencontre avec son homologue russe.

« Il est absolument essentiel que le président Trump rencontre Vladimir Poutine », a-t-il répété. « Nous serons en mesure de discuter avec lui pendant le sommet de la relation entre l’Otan et la Russie. Il est important que l’Otan reste unie », a-t-il insisté.

Toutes les décisions qui seront souscrites durant le sommet visent à renforcer la capacité de dissuasion de l’Alliance, selon Jens Stoltenberg.

« Les Alliés ne doivent pas augmenter leurs dépenses pour plaire aux Etats-Unis, mais parce que c’est dans leur intérêt », a-t-il plaidé.

Dans le cadre de l’initiative américaine « 4×30 », les membres de l’Otan vont s’engager à être en mesure en 2030 de déployer sous 30 jours 30 bataillons mécanisés, 30 escadrilles et 30 navires de combat pour pouvoir faire face à une opération militaire de la Russie, identifiée comme un potentiel agresseur.

« Nous avons augmenté la préparation de nos forces sur le flanc Est et nous prenons des décisions pour acheminer rapidement des renforts le cas échéant. Tout cela contribue à rendre notre dissuasion crédible », estime le secrétaire général de l’Alliance.

(©AFP / 11 juillet 2018 08h38)

https://www.romandie.com/news/Virulente-charge-de-Trump-contre-l-Allemagne-au-sommet-de-l-Otan_RP/935480.rom

Vers un nouveau Yalta

Vers un nouveau Yalta

L’Europe va mal et c’est de sa faute. Elle persiste dans l’aveuglement, signe son effacement progressif de la nouvelle carte du monde et se laisse glisser dans une sorte de coma inquiétant. Elle aurait besoin d’un vigoureux massage cardiaque, d’une séance de défibrillation radicale. Elle préfère tirer nerveusement sur sa pompe à morphine, croire aux contes de fées et attendre le baiser salvateur, en l’espèce d’une Amérique… dont le président est tout sauf un prince charmant. Elle doit pourtant échapper toute seule à la prise en tenaille qui va la broyer. Mais ses sauveteurs eux-mêmes sont ambivalents. Ils s’indignent beaucoup, se réunissent sans cesse et cherchent des parades à une offensive… à laquelle ils ne veulent toujours pas croire. Ils se trompent de diagnostic et donc de recommandation thérapeutique. Nos élites communautaires prennent en effet chaque manifestation de bon sens et de santé démocratique des peuples européens (comme récemment le scrutin italien, ou la crise politique déclenchée en Allemagne par le ministre de l’Intérieur qui implore la chancelière de traiter enfin sérieusement le défi migratoire) pour une attaque contre « Leur Europe », celle de l’utopie initiale, celle de l’incomplétude d’une création qui se meurt de n’avoir jamais osé exister vraiment, et qui s’étouffe toute seule, empêtrée dans ses bons sentiments. Attitude typique d’une confusion entre les effets et les causes.

L’Europe est en manque de souveraineté, de clairvoyance et d’audace. Les pulsions dites populistes ‒ terme qui mélange à dessein des sensibilités diverses pour disqualifier globalement toute résistance à la doxa européenne ‒ ne menacent pas son unité ; elles révèlent combien celle-ci est fragile et peut conduire l’Union européenne (UE) à sa perte si l’on continue à nier des évidences. L’Europe est parvenue au bout du mensonge dans lequel elle s’est complu si longtemps, celui d’un ensemble de plus en plus vaste, disparate et prospère, mais sans colonne vertébrale politique ni stratégique, élevé au bon lait d’un globalisme désormais battu en brèche partout ailleurs par un retour en force des États et des peuples. Une Europe consentant docilement à la tutelle psychologique et normative d’une Amérique qui n’a plus le temps, désormais, de lui raconter des histoires à dormir debout, toute entière occupée à s’affirmer face à son nouveau Peer Competitor chinois. Depuis toujours, et surtout depuis les années 1990, Washington lui a coupé les ailes stratégiquement, l’a entravée dans l’Organisation du traité de l’Atlantique nord ( OTAN) qui ne défend que très marginalement les intérêts communautaires, l’a méthodiquement isolée de sa part orientale (la Russie), diabolisée à outrance pour délégitimer tout rapprochement qui aurait pu faire exister une masse critique stratégique continentale autonome. Et depuis un an, c’est pire : un mépris ouvert, une guerre commerciale radicale, l’ordre de se soumettre à l’extraterritorialité du droit américain, de rentrer dans le rang sans céder aux avances de l’autre Grand, qui propose avec un aplomb chaque jour grandissant un autre type de sujétion, un imperium inédit et déroutant.

« Devons-nous à toute force nous accrocher à un occidentalisme discrédité

ou devenir des Eurasiens sinophiles malgré nous ? »

Mais, le choix d’une allégeance est-il nécessaire et fatal ? Devons-nous à toute force nous accrocher à un occidentalisme discrédité ou devenir des Eurasiens sinophiles malgré nous ? Devons-nous ad vitam aeternam admettre ce statut de zone coloniale disputée auquel ce choix nous réduit ? Sans aucun doute, si nous continuons à jouer en ordre dispersé. L’Union européenne n’aura bientôt d’autre choix que de constituer la péninsule d’achalandage des « Nouvelles Routes de la Soie ». La Chine est en train d’enserrer l’Europe au nord et au sud et semble encore hésiter sur le sort à réserver à la France dans ce sandwich. Le Français sera-t-il un consommateur de première classe, avec des produits chinois acheminés par train jusqu’à lui, ou un client de second ordre, achalandé par voie maritime ? C’est encore à nous de choisir… pour l’instant.

Dans cette course de vitesse avec Pékin pour gober par petits bouts une proie qui tragiquement se croit à l’abri, Washington se gausse de notre incapacité à gérer le défi migratoire qui est aussi sécuritaire et, n’ayons pas peur des mots, identitaire. Il est vrai qu’en misant sur la division des Européens et leur manque de lucidité sur les lignes de forces du nouveau monde et les alternatives qui pourraient se proposer à eux, Washington prend un risque mesuré. En effet, tandis que le partage du monde autour de ce nouveau duopole structurant se fait à toute vitesse, avec une réaffectation des clientèles, des tutelles, des États bascule ou tampon, l’Europe se sent, elle, soudainement orpheline. Il lui faut « tuer le père » et grandir enfin. Les occasions de s’affirmer sans se sentir coupable ne manquent pourtant pas : dénonciation de l’Accord sur le climat, du Partenariat transpacifique, de l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien(JCPOA), guerre commerciale ouverte, mépris total des positions européennes sur les questions nord-coréenne, palestinienne, syrienne et, bien sûr, iranienne, etc. Il lui faut simplement oser la rupture. Même le patron allemand d’Airbus implore Paris et Berlin de structurer d’urgence une vision industrielle stratégique commune, afin que l’Europe spatiale ne se laisse pas distancer décisivement par l’offensive de Space X qui prend l’Agence spatiale européenne de vitesse et engage une guerre des prix des lanceurs menaçant notre supériorité.

« Le mythe d’un Occident univoque aux intérêts convergents a vécu. »

Alors, qu’attend-on ? De pouvoir dire qu’il est trop tard, que l’on a encore raté une belle occasion mais que l’on saura saisir la prochaine ? Ou bien veut-on à toute force croire au discours ambiant sur « un mauvais moment à passer », sur Donald Trump, « père » tyrannique, abusif et indifférent qui ne sera pas réélu, ce qui nous permettra de retrouver bientôt le giron rassurant d’une domination traditionnelle ? C’est un vœu pieu, de l’ordre de la pensée magique. Quels que soient ses bien réels défauts, le président américain est aussi l’incarnation d’une part de la vérité américaine et l’on perd un temps précieux à le stigmatiser comme un irrationnel incompétent au lieu de saisir le fond de ses messages tonitruants. Chacune de ses prises de position, chaque revirement nous démontrent qu’il n’a cure de nos intérêts ou de nos avis. Et les siens ne sont pas tous naïfs ou inutiles. C’est « l’Amérique d’abord », contre tous s’il le faut. L’Europe doit obéir ou tomber. Le problème est qu’on ne lui accorde aucun crédit, même lorsqu’il fait des propositions qui pourraient indirectement nous désenclaver ; par exemple, lorsqu’il propose habilement (pour dissocier Moscou de Téhéran dont il s’agit d’entraver le rayonnement régional) que l’on réintègre la Russie dans le G7, on s’insurge à Paris et Berlin, tremblant pour la crédibilité de nos propres chantages, sur l’ Ukraine notamment… qui ne mènent pourtant à rien depuis des années. Moscou a beau jeu de faire la moue en expliquant que le G7 n’est pas représentatif de la diversité mondiale actuelle et qu’en être ou pas n’a plus d’importance. Le mythe d’un Occident univoque aux intérêts convergents a vécu. Il nous faut grandir enfin, prendre la mesure de notre solitude et tout faire pour qu’elle ne finisse pas en isolement irrattrapable.

Le nouveau Yalta, c’est donc une course effrénée pour la domination des régions du monde, via le hard, le soft, le smart ou le sharp power. Il faut convaincre des clientèles qu’elles seront mieux loties avec Pékin qu’avec Washington. La démonétisation radicale de « la signature américaine » ne joue pas en faveur de notre Grand Allié. La convertibilité du yuan est en route. Elle va encore prendre quelques années mais on mesurera un beau jour l’ampleur de la bascule économico-politique réalisée par Pékin. Dans ce jeu de go mené à la hussarde, l’Europe n’est qu’une cible commerciale, et chacun des deux nouveaux Grands joue ses membres en bilatéral. La Russie lui a été ravie et n’a d’autre choix que de faire ami-ami avec Pékin autour d’un « eurasisme » qu’il lui sera très difficile de dominer à moyen terme. Donald Trump espère encore, si son entourage le laisse faire, offrir l’illusion à Moscou d’une relation privilégiée avec l’Amérique à laquelle Vladimir Poutine tient toujours. Mais, là encore, cela ne se fera qu’au détriment de l’Europe qui va progressivement découvrir le prix douloureux de son mépris entêté pour Moscou. Ne pas penser par et pour soi-même est toujours lourd de conséquences.

« Quelqu’un a-t-il tiré un bilan lucide

des bientôt dix ans de réintégration de

la France dans le commandement intégré de l’OTAN ? »

Ce Yalta sera aussi normatif, dessinant les contours d’une nouvelle carte mondiale des influences et des pratiques sur le plan du droit, des monnaies, des référentiels de normalité politique et démocratique. Là encore, Pékin a de l’avance, car la Chine a toujours soigneusement évité la posture de donneuse de leçons qui fait haïr l’Occident dans toute une partie du monde. Elle ne conditionne pas son soutien financier au respect formel de quelconques droits ou valeurs. Elle pousse des États en difficulté à faire défaut sur des prêts trop importants qu’elle leur accorde pour les soumettre ensuite, achète des dettes souveraines, des pans entiers d’économies nationales, des ressources énergétiques ou minières, des terres rares, et offre à ses nouveaux obligés le développement rapide de leurs infrastructures. Quel que soit le niveau d’activité actuel de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (BAII), la priorité accordée à ce type d’investissement signe une vision de très long terme. Tandis qu’on se gargarisait d’un G7 dissonant où s’étalait le divorce américano-européen, Pékin a accueilli à Qingdao, dans l’Est chinois, les huit chefs d’États membres de l’Organisation de coopération de Shanghai (Chine, Inde, Russie, Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Pakistan et bientôt Iran). L’ OCS monte en puissance et s’affirme, bien au-delà des enjeux sécuritaires, comme l’un des véhicules structurants du « contre-monde » chinois. Qui s’en est inquiété en Europe ou en a seulement parlé ?

Enfin, il faut bien comprendre que les nouvelles formes de la gouvernance mondiale vont jumeler un duo de tête sino-américain et, en dessous, une arborescence de mécanismes régionaux ou thématiques « multilatéraux », accompagnés d’un discours autour de la nécessaire pluralité des centres de décision et de souveraineté. En somme, on habille la bipolarité structurante d’un multilatéralisme rassurant…

Le sommet de l’OTAN des 11 et 12 juillet (en marge duquel les présidents Trump et Poutine arriveront peut-être enfin à se rencontrer) pourrait bien donner une nouvelle impulsion à l’Alliance et éloigner décisivement l’Europe de toute perspective d’autonomie stratégique salutaire. Quelqu’un a-t-il tiré un bilan lucide des bientôt dix ans de réintégration de la France dans le commandement intégré de l’Alliance ? Notre influence est-elle plus grande à Washington, à Mons, à Bruxelles, à Pékin, à Berlin ? Des centaines d’étoiles brillent sur les larges épaules de nos généraux mais… le Commandement allié Transformation est-il vraiment le lieu de la décision ? L’OTAN défend-elle les intérêts des Européens et contribue-t-elle au poids géostratégique de l’UE… ? Toute refondation crédible d’une Europe des nations respectueuse de leurs souverainetés mais aussi désireuse de se faire entendre et prendre enfin au sérieux sur la scène internationale, passe par l’affirmation et la mise en œuvre d’un projet stratégique autonome. Cela ne signifie pas être contre les États-Unis, cela signifie qu’il n’est de meilleur allié que libre.

N’en déplaise aux moutons bêlants du panurgisme ambiant, la Russie est un bout d’Europe et d’Occident. Ce n’est pas pour rien que l’Amérique a tout fait pour nous en dissocier, et que le pragmatisme d’un Trump, après que ses prédécesseurs ont poussé Moscou dans les bras étouffants de Pékin, le conduit aujourd’hui à jouer sur les deux tableaux : celui d’une dérive russe contrainte vers Pékin afin qu’aucun rapprochement russo-européen ne menace la domination stratégique américaine, celui de la Russie « avec » Washington, comme un vieux couple devisant des affaires du monde par-dessus la tête de l’Europe et contre la Chine.

Depuis 1991, les États-Unis ont commis une erreur stratégique cardinale en mettant la Russie au ban de l’Occident. Nous devons les convaincre de l’urgence d’en réunir les diverses composantes. La diplomatie religieuse actuellement à l’œuvre entre Églises romaine et orthodoxe peut utilement servir ce rapprochement. Il ne s’agit évidemment pas de se retrouver enfin entre Américains, Européens et Russes pour attaquer la Chine, mais pour, ensemble, faire le poids face à une offensive tous azimuts dont l’Union Européenne sera sinon la prochaine victime.

Caroline Galacteros

20 juin 2018

Docteur en Science politique, Caroline Galactéros est la présidente du think tank Géopragma. Elle dirige également le cabinet d’intelligence stratégique « Planeting ». Auteur du blog Bouger Les Lignes, elle a publiéManières du monde. Manières de guerre (Nuvis, 2013) et Guerre, Technologie et société (Nuvis, 2014).

Source : Le Courrier de Russie

http://www.afrique-asie.fr/vers-un-nouveau-yalta/

Le bon sens israélien contre Georges Soros

Le bon sens israélien contre Georges Soros

Les Carnets de Nicolas Bonnal

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Le bon sens israélien contre Georges Soros

Soros en destructeur des démocraties occidentales ?

Ce très beau texte de Caroline Glick, publié en août 2016, fut référencé et commenté comme il se doit alors par Dedefensa.org. Il renvoie les maniaques des minorités, les antiracistes et les antisémites à leur niche.

Comme disait un vieux maître (Lalande, l’auteur de mon dico de philosophie préféré), « on doit se défendre quand on est attaqué, car si on ne le fait pas, on favorise une injustice. » Et comme disait Nietzsche dans Par-delà le bien et le mal, les deux peuples qui ont un avenir en Europe sont les juifs et les russes (§251).  Ils ne l’ont que trop montré depuis quand des peuples comme les Français ou les Espagnols s’affaissent lamentablement dans la danse de Saint-Guy du mondialisme liquéfié. Les British ou les Italiens ont au moins essayé… Même les Américains .

Glick commence ainsi :la menace est globale. Je le sens depuis que Soros a pris pied en Espagne avec le gouvernement de Soros-Sanchez-Podemos, qui ne perd pas une minute pour anéantir ce pays.

« OUR WORLD: LA CAMPAGNE DE SOROS DE SOROS DANS LE MONDE

La première chose que nous voyons est la nature mégalomaniaque du projet philanthropique de Soros. Aucun coin du globe n’est affecté par ses efforts. Aucune zone politique n’est laissée intacte. »

Comme une multinationale du crime. La subversion du terme société ouverte empruntée à Henri Bergson (puis seulement à Popper) marquait l’entropie méphitique du K Soros.

Glick ajoute :

« La notion qui sous-tend la légalisation d’une immigration sans entraves est que les États ne devraient pas être en mesure de protéger leur identité nationale. «

Sur la question sexuelle et militaire (la subversion de l’un va avec l’autre, et réciproquement) :

« Ils soutiennent non seulement le droit des femmes à servir dans les unités de combat, mais aussi les efforts pour forcer les soldats à vivre dans des casernes unisexes. En d’autres termes, ils soutiennent les efforts visant à priver les citoyens des démocraties occidentales du droit de maintenir toute distance entre eux et le rejet par Soros de leurs valeurs les plus intimes – leur vie sexuelle et leur identité sexuelle. »

Sur la question de l’immigration illégale (je sais, je sais, on est nazi quand on est contre, et on est nazi quand, juif ou israélien, on s’y oppose) :

« Les groupes de Soros sont sur le terrain permettant aux immigrants illégaux d’entrer aux États-Unis et en Europe. Ils ont cherché à influencer les décisions de la Cour suprême des États-Unis sur l’immigration illégale en provenance du Mexique. Ils ont travaillé avec des musulmans et d’autres groupes pour diaboliser les Américains et les Européens qui s’opposent aux frontières ouvertes. »

Glick souligne qu’Israël est dans le collimateur de Soros :
« En Israël également, Soros s’oppose aux efforts du gouvernement pour mettre fin au flux d’immigration illégale en provenance d’Afrique à travers la frontière avec l’Egypte. »

Se défendre est raciste. Défendre son peuple, son sol, les libertés qui vont avec est raciste.

Retenez bien cette constatation magnifique et implacable :

« S’il est raciste pour les Grecs de protéger leur identité nationale en cherchant à bloquer l’entrée de millions de Syriens sur leur territoire, alors cela est raciste pour la Grèce – ou la France, l’Allemagne, la Hongrie, la Suède, les États-Unis ou la Pologne. »

Caroline Glick termine par un beau rappel des troupes et une constatation non moins implacable :

« Les peuples de l’Occident doivent reconnaître les bases communes de toutes les actions de Soros. Ils doivent aussi réaliser que la seule réponse à ces campagnes préméditées de subversion est que les Occidentaux défendent leurs droits nationaux et leur droit individuel à la sécurité. Ils doivent soutenir les institutions nationales qui garantissent cette sécurité, conformément à la loi, et défendre et défendre leurs valeurs et traditions nationales. »

Car on n’impose ce chaos que par le fascisme.

 

 

Sources

https://www.jpost.com/Opinion/Our-World-Soross-campaign-of-global-chaos-464770

https://nicolasbonnal.wordpress.com/2018/04/15/nietzsche-et-le-conflit-judeo-russe-a-travers-les-siecles/

https://www.les4verites.com/histoire/notes-politiquement-incorrectes-sur-la-superiorite-des-juifs-a-travers-les-siecles

http://www.dedefensa.org/article/le-jerusalem-post-contre-soros-khaos

http://www.dedefensa.org/article/le-bon-sens-israelien-contre-georges-soros

Diplomatie mondiale du wrassling

Diplomatie mondiale du wrassling


Par James Howard Kunstler – Le 11 juin 2018 – Source kunstler.com

wrassling / child wrestling / catch pour les enfants

Pourquoi ne pas faire la guerre avec le Canada ? Cette insignifiante « nation » encombre la moitié septentrionale de NOTRE continent, pour lequel nous avons lutté puissamment afin de nous libérer de la méchante vieille Europe. Qu’est-ce que Justin Trudeau ne comprend pas à ce propos ? Et quand nous en aurons fini avec lui, que diriez-vous de faire quelques « reprises » avec Frau Merkel et cette petite grenouille de Monsieur Macron ? J’aimerais voir le Golem d’Or de la Grandeur dans un justaucorps et un de ces masques de lutte mexicains, jetant ces méchants nains internationaux hors du ring comme autant de sacs de patates.


Et maintenant c’est parti à Singapour pour un combat de catch avec cet autre adversaire connu sous le nom de « Little Rocket Man ». Il y a une attente étrange que ces deux avatars d’irréalité régleront le hachis qui a mijoté pendant soixante ans entre la Corée divisée et les USA. M. Trump conclura un accord pour transformer la Corée du Nord en paradis pour les golfeurs et M. Kim promettra de réduire son arsenal nucléaire en fers 9 et en putters. Et puis ils vont célébrer cet accord sur Air Force One avec des sacs de Big Macs et du poulet frit. (Laissez les aides et les conseillers se battre pour les nouilles de Singapour et les becs de calmars à la sauce à l’ail.)

Le New York Times a posé un gros caca lundi matin avec un éditorial remettant en scène le plus gros méchant de la collection d’épouvantails internationaux du Times : la Russie.

Si un président des États-Unis devait esquisser un plan secret et détaillé pour rompre l’alliance atlantique, ce plan aurait une ressemblance frappante avec le comportement de Trump. Cela impliquerait une hostilité visible envers les dirigeants du Canada, de la Grande-Bretagne, de la France, de l’Allemagne et du Japon. Spécifiquement, il s’agirait de choisir des combats sur des questions artificielles – pas de gagner de grandes concessions pour les États-Unis, mais de créer des conflits juste pour faire chauffer l’ambiance. Un plan secret visant à diviser l’Occident aurait également pour effet que les États-Unis cherchent de nouveaux alliés pour remplacer ceux qui ont été mis au rebut. Le plus évident serait la Russie, le plus grand rival en Europe de l’Allemagne, de la France et de la Grande-Bretagne. Et tout comme la Russie le recherche, l’intention des États-Unis de détruire l’alliance atlantique se mêlerait de la politique intérieure des autres pays pour installer de nouveaux gouvernements qui rejetaient également l’ancienne alliance.

Ainsi donc … pour « The Times », le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et le Japon ne sont guère plus qu’un club d’ex-épouses vous cassant le cul, la Corée du Nord serait une irrésistible star du porno très bien carrossée, et la Russie un vieux et diabolique proxénète, dans un jeu sans-fin pour fatiguer l’adversaire. Ils ont tous couru après M. Trump depuis avant même qu’il ne descende de sa tour dorée de la Cinquième avenue par son fatidique escalator. Assurément, le méchant Poutine a truffé l’hôtel de Singapour avec ses meilleurs espions et il a chargé les placards du président avec des prostituées et des promoteurs immobiliers pour tenter M. Trump dans toutes sortes d’actes artificiels imaginés dans les laboratoires Kompromat de Iassenevo.

Je suis pour la paix dans le monde, et j’aimerais essayer de prendre la réunion de Kim-Trump au sérieux, mais il est difficile d’imaginer deux personnages moins préparés par les rigueurs de la réalité que cette paire-là. Chacun a vécu dans le royaume magique de sa propre vie. Les deux présentent des comportements typiques d’enfants : bouderie, menaces, fanfaronnades et changements d’humeur mystérieux. Les adultes supposés sérieux autour de M. Trump doivent s’enfiler des Xanax comme des Tic-tacs. Les attachés militaires autour de l’impénétrable Kim se souviendront peut-être de l’exécution en 2016 de deux ministres du NK abattus avec des canons antiaériens pour avoir déplu au chef [C’est probablement une fake news d’État, organisée par les service secrets sud-coréens, NdT] – l’un d’entre eux pour s’être simplement endormi pendant un discours de Kim. Qui a nettoyé les restes, je me le demande.

Peut-être que quelque chose de bon peut sortir de cette configuration improbable. J’attends une sorte d’acte de vaudeville : quelques moments avec les deux prétendant qu’ils comprennent ce que l’autre dit… un communiqué plein d’espoir annonçant la floraison d’un million de fleurs, et un éclatement fatidique quelques heures après la lune de miel quand Kim, Trump et tous les porteurs de lances des deux côtés se rendront compte qu’ils n’avaient aucune idée de ce dont ils parlaient.

Puis, jeudi, le rapport tant attendu de l’inspecteur général du ministère de la Justice sortira, après un « filtrage » par les gens du FBI dont la conduite fait l’objet de cet examen. Je m’attends à une nouvelle couche dans l’énorme gâteau cuisiné par les chevaliers blancs de la « Résistance ». Celui-ci s’appellera le Redacto-Gate.

James Howard Kunstler

Too much magic : L'Amérique désenchantéePour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/diplomatie-mondiale-du-wrassling

 

La base militaire américaine en Pologne concerne plus la Chine que la Russie

La base militaire américaine en Pologne concerne plus la Chine que la Russie


La Pologne propose d’accueillir une base militaire américaine permanente sur son territoire.


Par Andrew Korybko – Le 1er juin 2018 – Source Oriental Review

American-And-Polish-FlagsLa Pologne veut remplacer l’Allemagne comme partenaire privilégié des États-Unis en Europe, profitant de la méfiance américaine envers Berlin au sujet du pipeline Nord Stream II et des désaccords commerciaux tout en capitalisant sur le désir du Pentagone de « contenir » la Russie, satisfaisant ainsi plusieurs objectifs stratégiques à la fois. Les dirigeants polonais estiment que l’initiative régionale des « Trois Mers » avec 11 autres pays d’Europe centrale et orientale est idéologiquement compatible avec le populisme anti-libéral de l’administration Trump et représente une autre convergence stratégique avec les États-Unis. Paradoxalement, alors que la Pologne s’efforce de faire progresser sa souveraineté nationale, elle la sacrifie néanmoins en voulant accueillir une base militaire américaine, raison pour laquelle une explication plus approfondie de cette proposition est nécessaire.

La Pologne n’est pas seulement stratégiquement importante pour l’Allemagne, la Russie et les États-Unis, mais elle l’est aussi pour la Chine, en étant le premier partenaire de Pékin dans la collection 16 + 1 des États d’Europe centrale et orientale. La Chine construit un chemin de fer à grande vitesse entre les capitales hongroise et serbe qui devrait se développer plus au sud à travers les Balkans en se connectant au port grec du Pirée, détenu par les Chinois, l’un des plus grands d’Europe. Ce terminal est aussi envisagé pour être un connecteur de ce qu’on peut appeler la Route de la soie des Balkans. Cependant, ce projet pourrait également s’étendre vers le nord à travers la Slovaquie et donc vers la Pologne, le plus grand pays de la région, le cœur de l’« initiative des Trois Mers ». Cela constituerait un développement géopolitique révolutionnaire.

Poland US Troops
Troupes américaines de Pologne

Les États-Unis s’opposeront clairement à l’expansion sans restriction d’un projet d’infrastructure connective transnationale multipolaire de construction chinoise dans l’UE via la « porte dérobée balkanique », mais toute perturbation potentielle de type guerre hybride qu’elle pourrait provoquer dans les Balkans pourrait être évitée si l’Amérique contrôle ce couloir de la Route de la soie avec une base militaire au sein même du nœud polonais, le plus important. Bien que cette idée paraisse à première vue annuler l’utilité stratégique de ce projet, cette base pourrait néanmoins être la seule façon pour les États-Unis de permettre sa construction, ce qui, en cas de succès, permettrait à la Pologne de « trouver un équilibre » entre les États-Unis et la Chine tout en cherchant à miner ses puissants voisins allemand et russe.

Curieusement, les intérêts polonais et américains convergent autour de cette Route de la soie des Balkans parce que ce projet chinois pourrait détourner le commerce ouest-européen de l’Asie orientale et le pont terrestre eurasien transitant par la Russie, et renforcer l’« initiative des Trois Mers » au point de remettre en cause le contrôle allemand de l’UE. Cela pourrait même offrir une certaine décentralisation du bloc vers une collection d’États axée sur leur souveraineté nationale, partant de leur statut actuel, un simple groupe de colonies néo-impériales allemandes. En évaluant les grandes implications stratégiques de l’implantation d’une base américaine en Pologne, cela amène Washington à accepter l’expansion possible de la Route de la soie balkanique construite par la Chine un jour jusqu’à Varsovie. Cela entraînerait clairement de sérieuses pertes à long terme pour l’Allemagne et la Russie, tout en étant une victoire majeure des États-Unis et de la Chine.

Quant à la Pologne, ses bénéfices dépendront entièrement de la mesure dans laquelle le gouvernement pourra maintenir un « équilibre » entre l’influence militaire grandissante des États-Unis et celle future de la Chine via l’économie.

Le post présenté est la transcription partielle du programme radio CONTEXT COUNTDOWN sur Sputnik News, diffusé le vendredi 01 juin 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/la-base-militaire-americaine-en-pologne-concerne-plus-la-chine-que-la-russie