Archives pour la catégorie ALLEMAGNE

Allemagne: forte poussée de l’extrême droite dans deux régions

Europe

Allemagne: forte poussée de l’extrême droite dans deux régions

Par Challenges.fr le 01.09.2019 à 18h31

L’extrême droite allemande a enregistré dimanche une forte poussée lors de deux élections régionales dans l’ex-RDA, faisant plus que doubler ses scores réalisés lors des précédents scrutins en 2014, selon de premières estimations des chaînes de télévision publiques.

AfD

Bjoern Hoecke est un des leaders de l’Alternative für Deutschland (AfD).ODD ANDERSEN / AFP

L’extrême droite allemande a enregistré dimanche une forte poussée lors de deux élections régionales dans l’ex-RDA, faisant plus que doubler ses scores réalisés lors des précédents scrutins en 2014, selon de premières estimations des chaînes de télévision publiques.DÉCOUVRIR

L’Alternative pour l’Allemagne (AfD) atteint en Saxe 27,5% des voix, derrière les conservateurs (CDU) de la chancelière Angela Merkel (32%), selon des estimations. Dans le Brandebourg (autour de Berlin), le parti d’extrême droite obtient 22,5%, devancé par les sociaux-démocrates (SPD, 27,5%).

(Avec AFP)

https://www.challenges.fr/monde/europe/allemagne-forte-poussee-de-l-extreme-droite-dans-deux-regions_672033#xtor=CS4-92[Allemagne%3A+forte+pouss%C3%A9e+de+l%27extr%C3%AAme+droite+dans+deux+r%C3%A9gions]-672033

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Brexit : Boris Johnson appelle la France et l’Allemagne à faire des compromis

Europe

Brexit : Boris Johnson appelle la France et l’Allemagne à faire des compromis

Par Challenges.fr le 19.08.2019 à 15h30

Boris Johnson a invité lundi l’Allemagne et la France à ouvrir la voie à un compromis sur le Brexit, tout en assurant à nouveau que le Royaume-Uni était prêt à quitter l’Union européenne sans accord.

Johnson appelle la France et l'Allemagne au compromis

Boris Johnson a invité lundi l’Allemagne et la France à ouvrir la voie à un compromis sur le Brexit, tout en assurant à nouveau que le Royaume-Uni était prêt à quitter l’Union européenne sans accord.POOL/AFP – RUI VIEIRA

Boris Johnson a invité lundi l’Allemagne et la France à ouvrir la voie à un compromis sur le Brexit, tout en assurant à nouveau que le Royaume-Uni était prêt à quitter l’Union européenne sans accord.

« Nous serons prêts à partir le 31 octobre, qu’il y ait accord ou pas », a déclaré à la presse le chef du gouvernement britannique, qui est attendu à Berlin mercredi et à Paris jeudi. « Bien sûr, nos amis et partenaires, de l’autre côté de la Manche, sont un peu réticents à changer d’attitude. Très bien. Je suis convaincu qu’ils le feront.

« J’espère qu’ils vont faire des compromis. Ils ont vu que le Parlement britannique avait rejeté trois fois l’accord de retrait, que le backstop ne fonctionne pas, que ce n’est pas démocratique. J’espère qu’ils jugeront bon de faire des compromis.

« Je veux un accord. Nous sommes prêts à travailler avec nos amis et partenaires pour y parvenir, mais, pour obtenir un bon accord pour le Royaume-Uni, il faut simultanément se préparer à partir sans », a ajouté Boris Johnson, qui était en déplacement à Truro, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

A Bruxelles, la Commission européenne a estimé que Londres avait bien plus à perdre en pareil cas. Selon un rapport gouvernemental sur les conséquences d’un Brexit sans accord publié dimanche par le Sunday Times, le Royaume-Uni pourrait être confronté à des pénuries de nourriture, d’essence et de médicaments avec des blocages dans les ports et le rétablissement d’une frontière physique en Irlande.

Ces prévisions, souligne le Times, ne sont pas les plus pessimistes, mais bien les plus probables. Ce point a été démenti par le ministre chargé du divorce.

Michael Gove a assuré que ce dossier, baptisé « Opération Yellowhammer », décrit la pire des situations et a ajouté que des « mesures très significatives avaient été prises ces trois dernières semaines pour accélérer les préparatifs du Brexit ».

Du côté de l’opposition, Jeremy Corbyn, chef de file du Parti travailliste, a promis de tout faire pour empêcher un « hard Brexit » et a réitéré son appel à censurer le gouvernement de Boris Johnson.

Collision frontale

Corbyn doit réunir la semaine prochaine les partis de hostiles à un « No Deal » pour débattre de la stratégie à mettre en oeuvre.

« Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour empêcher ce ‘No Deal’ désastreux pour lequel le gouvernement n’a aucun mandat », a-t-il déclaré lors d’un discours prononcé à Corby, dans le centre de l’Angleterre.

Le Parti travailliste réclame aussi que le Parlement soit immédiatement reconvoqué en urgence. Pour l’heure, la rentrée parlementaire est fixée au 3 septembre, moins de 60 jours avant la date butoir fixée pour le divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

« Il y a nécessité de réunir de nouveau les Parlementaires, parce qu’il nous faut du temps pour organiser un véritable débat et une discussion sur ces sujets », a souligné dans la matinée le responsable du Labour pour les Finances, John McDonnell, ajoutant que la majorité des élus de la Chambre des communes était toujours hostile à un « No Deal ».

Une centaine de parlementaires ont signé ce week-end un appel similaire adressé à Boris Johnson.

Interrogée sur ce point, la porte-parole du nouveau Premier ministre britannique a rappelé lundi que c’était le Parlement lui-même qui avait voté son calendrier.

Une renégociation du « Withdrawal Agreement » semblant exclue, le leader conservateur, dont la majorité ne tient qu’à une voix, risque la collision frontale avec son Parlement, qui s’est prononcé à plusieurs reprises contre un « No Deal ».

Corbyn entend, lui, unifier ce front du refus par une motion de censure et la formation d’un gouvernement provisoire qui repousserait la date du Brexit et organiserait de nouvelles élections législatives.

Selon McDonnell, certains députés conservateurs pourraient se rallier à son initiative.

Dominic Grieve pourrait être l’un d’eux. « Je suis totalement prêt à coopérer avec lui et avec d’autres à la Chambre des communes pour faire en sorte que le No Deal, dont nous menace le gouvernement actuel, n’ait pas lieu », a-t-il dit à la BBC.

Pour le député conservateur, il n’est en revanche pas question que le dirigeant travailliste prenne la tête d’un éventuel gouvernement d’union nationale.

(Avec Reuters)

https://www.challenges.fr/monde/europe/brexit-boris-johnson-appelle-la-france-et-l-allemagne-a-faire-des-compromis_669700#xtor=CS4-92[Brexit+%3A+Boris+Johnson+appelle+la+France+et+l%27Allemagne+%C3%A0+faire+des+compromis]-669700

La Charte de l’Atlantique

14 AOÛT 1941 > 14 AOÛT 1941

14 août 1941

La Charte de l’Atlantique

Le 14 août 1941, tandis que l’Angleterre résiste seule à l’Allemagne nazie et que celle-ci vient d’envahir l’URSS, le président des États-Unis Franklin Delano Roosevelt et le Premier ministre britannique Winston Churchill se rencontrent à bord du navire de guerre Prince of Wales « quelque part en mer », au large de Terre-Neuve.

Ils proposent une série de principes moraux devant guider les puissances démocratiques et garantir le rétablissement durable de la paix :
• refus de tout agrandissement territorial,
• droit des peuples à choisir leur forme de gouvernement,
• libre accès de chacun aux matières premières,
• liberté des mers,
• renonciation à la force !

Le président américain veut de la sorte préparer son opinion publique, encore très réticente, à une entrée en guerre contre l’Allemagne, aux côtés de l’Angleterre et de l’URSS.

Principes virtuels

Le document signé par les deux dirigeants est connu sous le nom de Charte de l’Atlantique. Il est à l’origine de la charte des Nations Unies

Mais il semble que les généreux principes de la Charte aient été contournés dès l’année suivante, lors de la signature du traité d’assistance anglo-soviétique de Londres, le 26 mai 1942. Par ce traité d’alliance entre le Secrétaire aux Affaires étrangères Anthony Eden et son homologue soviétique Viatcheslav Molotov, le premier concède au second le droit à un glacis de sécurité et à des frontières stratégiques.

De fait, la Charte de l’Atlantique est évoquée à la conférence de Yalta, en février 1945, mais seulement pour la forme, les participants de ladite conférence – Staline le premier – n’ayant eu aucune intention de renoncer aux agrandissements territoriaux ni de laisser aux peuples le droit de choisir leur forme de gouvernement.

Alban DignatPublié ou mis à jour le : 2019-06-19 13:00:17

https://www.herodote.net/14_ao_t_1941-evenement-19410814.php

ASSURER SEUL SA DÉFENSE ?

ACTUS – NEWSDÉFENSEG2S ASSOCIATION

G2SGénéral Desportes

ASSURER SEUL SA DÉFENSE ?


G2S

G2S5 JUILLET 2019

Soldats belges. Crédit : DR.

Pour le GDI (2S) Vincent DESPORTES, l’OTAN, tel que nous la connaissons, vit ses dernières années. Pris individuellement aucun pays, y compris la France, n’a les moyens d’assurer seul sa défense dans tous les domaines Il y a donc urgence à bâtir une défense de l’Europe avec les pays qui en partagent notre vision des enjeux.

LA DÉFENSE, OUTIL IMPÉRATIF DE L’AUTONOMIE EUROPÉENNE

Les Européens ont longtemps cru que, pour avoir éliminé la guerre sur leur propre sol, ils l’avaient éradiquée. La montée des tensions internationales, la renaissance des politiques de puissance, l’explosion du terrorisme les ramènent à la raison. La guerre a toujours un bel avenir et les rapports humains demeurent des rapports de force. Dès lors, raisonner seulement économie en acceptant le nanisme politique et militaire est une faute : on ne peut penser l’Europe sans espérer sa maturité stratégique, donc sans vouloir son autonomie, donc sans bâtir sa défense.

POURQUOI FAUT-IL CONSTRUIRE L’EUROPE DE LA DÉFENSE ?

C’est impératif d’abord, parce que, en termes de défense, l’échelle des nations européennes est dépassée. Une puissance moyenne ne peut plus se doter d’un système de défense cohérent, comme ce fut le cas jusqu’au milieu du XXe siècle. Pour deux raisons.

  • La première relève de l’expansion continue des domaines de conflictualités. La guerre n’abandonne jamais un espace dont elle s’est emparée. Il fallait hier être capable de combattre sur terre, puis sur mer ; les évolutions technologiques du XXe siècle ont imposé aux armées de détenir des capacités de combat dans la troisième dimension, air puis espace, et – pour certaines – nucléaires. Le XXIe siècle rajoute le cyberespace et il faudra demain se défendre dans tout nouvel espace conquis par l’homme. À l’expansion des espaces de guerre ne correspond nullement celui des budgets militaires de plus en plus chichement comptés. A supposer qu’il en ait la volonté politique, un État européen n’est plus en mesure de constituer en solo une capacité d’action substantielle dans les cinq espaces d’affrontement.
  • La deuxième raison relève de l’accroissement exponentiel du coût des équipements. Chaque nouvelle génération d’armement multiplie par 10 (et parfois davantage) le coût des systèmes d’armes alors même que les équipements sophistiqués fabriqués en petite série ont un coût prohibitif. Tout État est donc contraint de réduire son parc à chaque saut générationnel… ou d’accepter le décrochage technologique.

La conséquence ? Sauf pour les superpuissances dotées de vastes moyens budgétaires, le choix se fait entre un système de défense échantillonnaire, affaibli de déficiences capacitaires béantes, et le rétablissement de la cohérence et de l’exhaustivité à un niveau supranational. Pour les nations européennes, il est donc techniquement nécessaire de retrouver à ce niveau
les capacités manquantes au niveau national.

C’est ici qu’apparaît à nouveau la nécessité de l’Europe de la défense : ce niveau supranational doit être fiable. Or, si cela a été longtemps le cas de l’Alliance atlantique, c’est fini. Les Européens savent que leur défense ne vaut que par la garantie américaine… mais elle est devenue un mythe pernicieux.

Ils tentent de se rassurer : « la défense collective, c’est l’OTAN ». Exact, pour un certain temps encore… mais hasardeux !

Les États-Unis assurent la part majeure du budget de l’OTAN et quand ils seront définitivement tournés vers leur Ouest, il n’y aura plus de défense collective de l’Europe ! Ce « pivot stratégique » de l’Atlantique vers le Pacifique reflète la réalité du monde. Dans moins de vingt ans, la population américaine d’origine européenne sera devenue minoritaire et le vieux réflexe de défense de la « terre des ancêtres » aura disparu. Les États-Unis, affranchis de leur dépendance énergétique à l’égard du Proche-Orient, pourront certes connaître de brefs regains d’intérêt pour l’Europe mais soyons sans illusions : jamais plus le soldat RYAN ne viendra mourir sur une plage d’Europe… d’autant qu’il s’appellera RAMIREZ ! N’imaginons pas qu’une fois la page TRUMP tournée, le flot s’inversera : il s’agit d’une tendance lourde. Le découplage États-Unis/Europe est inéluctable : TRUMP n’est pas un accident de l’histoire.

Ne pouvant lier son destin à une puissance dont les intérêts stratégiques s’éloignent des siens, l’Europe doit prendre acte que l’OTAN n’est plus son assurance tous risques et réagir, vite : elle ne dispose plus que de quelques années pour construire son propre système de défense. À défaut, elle se trouvera fort démunie lorsque le dernier navire de l’US Navy aura quitté Anvers pour ramener à Baltimore le dernier soldat américain.

Enfin, soyons en sûrs, le monde a besoin d’Europe. Qu’on le veuille ou non, notre monde né le 26 juin 1945 à San Francisco est aujourd’hui moribond. Or, notre planète en ébullition, en mutation profonde, de moins en moins régulée par des organisations faiblissantes, notre planète a besoin d’Europe.
Une Europe née de l’entrechoquement sanglant des ambitions nationales, puis des Lumières, puis de massacres encore, une Europe devenue pôle de sagesse et d’équilibre, une Europe creuset et porteuse des valeurs humanistes, une Europe aux ambitions désormais raisonnables, facteur d’apaisement dans un monde qui court à nouveau vers le gouffre.

L’Europe doit jouer son rôle dans le monde. Mais pour cela elle doit être entendue, donc militairement forte. Car depuis que le monde existe, son histoire est ainsi faite : les valeurs ne valent que par la puissance de l’épée, la voix ne porte qu’en fonction du calibre des canons. Or aujourd’hui l’Europe, privée de puissance militaire commune, est un continent aphone. Cela explique que la France joue aujourd’hui un rôle plus important que l’Europe sur la scène internationale : elle peut s’engager concrètement, au cœur des crises. Sa voix porte bien davantage que celle de l’Europe.

QUEL MODÈLE POUR LA DÉFENSE DES PAYS EUROPÉENS ?

L’armée européenne est-elle la solution ? Elle est plutôt une Vision, mais une vision à long terme. En effet, une armée démocratique est nécessairement une armée de citoyens : tant qu’il n’y aura pas de citoyens européens, il n’y aura pas d’armée européenne. Celle-ci suppose une autorité politique légitime décidant pour les nations de l’intérêt stratégique commun, donc, si nécessaire, de l’engagement des forces – et de la mort… – au combat. Nous en sommes loin. Mais c’est une vision utile, un jalon ultime.

Il faut donc construire auparavant – et urgemment : il nous reste vingt ans tout au plus – une armée des nations européennes. Pas des 27 nations : nous n’avons plus le luxe du rêve. L’élargissement européen a été poussé par l’Oncle Sam pour dissoudre l’Europe dans l’espace : résultat brillamment atteint. De Paris à Budapest, les perceptions des menaces et des intérêts stratégiques, les cultures opérationnelles, sont trop divergentes pour que les pays de l’Union acceptent d’une seule voix de subordonner leur défense à la mise en commun de moyens dont ils auraient perdu la liberté d’emploi.

Le réalisme veut donc que l’on parte d’un noyau de nations souveraines capables de compromis stratégiques et d’érosion de leur autonomie au nom d’un intérêt supérieur accepté, dépassant les égoïsmes nationaux. Ce qui suppose une conscience claire de ce qui a été écrit plus haut, un volontarisme sans faille et un façonnage obstiné des opinions publiques pour le bien commun des citoyens. La solution aujourd’hui la plus prometteuse a fait ses preuves dans d’autres domaines – celui de la politique monétaire en particulier. C’est celle d’un Eurogroupe de défense, porté par les volontés conjointes de la France et de l’Allemagne, dans lequel les décisions seraient prises à la majorité qualifiée.

Dans un monde aux évolutions belligènes et en l’absence de capacité régulatrice internationale, il revient à l’Europe d’assumer sa défense commune. S’ils tiennent à leur civilisation, les Européens doivent se doter au plus tôt de moyens propres de défense : de manière réaliste, fermement mais pas à pas, en cessant de rêver à un ordre ancien définitivement disparu.

Peu importe, au fond, l’appellation. Ce dont l’Europe a besoin, c’est une défense de l’Europe, par l’Europe et pour l’Europe, disposant d’une capacité militaire autonome et intégrée, apte à défendre en autonomie ses intérêts et sa capacité à vivre comme elle l’entend.DéfenseÉtats-UnisEuropeG2SGénéral Desportes

https://theatrum-belli.com/assurer-seul-sa-defense/

Alain de Benoist : « Le “couple franco-allemand” est un mythe ! »

13/06/2019

l’Iran dit avoir abattu un « drone espion américain »




l’Iran dit avoir abattu un « drone espion américain »


Jeudi 20 Juin 2019 modifié le Jeudi 20 Juin 2019 – 09:13


L’Iran a annoncé jeudi avoir abattu un « drone espion américain » qui avait violé son espace aérien dans un contexte de tensions croissantes dans le Golfe faisant redouter l’éclatement d’un conflit ouvert entre Washington et Téhéran.




l'Iran dit avoir abattu un "drone espion américain"
L’appareil, un modèle Global Hawk (du fabricant américain Northrop Grumman), a été abattu « aux premières heures de la journée », au dessus de la province côtière d’Hormozgan, dans le sud de l’Iran, selon un communiqué des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique.

Il a été abattu par un « missile » de la force aérospatiale des Gardiens, au large de la côte face au mont Mobarak, « après avoir violé l’espace aérien iranien », ajoute le texte, sans fournir davantage de détails.

Selon la télévision d’Etat iranienne, cette zone se trouve dans le comté du port de Jask (sur la mer d’Oman). Aucune image de l’appareil détruit n’avait été publiée par les médias iraniens en milieu de matinée.

L’incident survient dans un contexte de tensions exacerbées entre l’Iran et les Etats-Unis. La province d’Hormozgan borde le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour l’approvisionnement mondial de pétrole.

L’armée américaine a intensifié mercredi ses accusations contre l’Iran, qu’elle tient responsable de l’attaque des deux tankers touchés par des explosions le 13 juin en mer d’Oman.

Téhéran a nié toute implication dans ces attaques, laissant plutôt entendre qu’il pourrait s’agir d’un coup monté des Etats-Unis pour justifier le recours à la force contre la République islamique.

En dépit des affirmations répétées de responsables américains et iraniens selon lesquelles leur pays respectif ne cherche pas la guerre, l’escalade récente des tensions dans le Golfe fait craindre qu’une étincelle ne mette le feu au poudre.

« Risque de guerre »

En visite à Paris, le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas a mis en garde en estimant que « le risque de guerre dans le Golfe n’était pas écarté ». Paris et Berlin ont appelé à la « désescalade » via un dialogue avec toutes les parties.

Les tensions vont croissant entre la République islamique et les Etats-Unis depuis que le président américain a décidé en mai 2018 de retirer son pays de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015 et de rétablir de lourdes sanctions contre Téhéran, privant ainsi l’Iran des bénéfices économiques qu’il attendait de cet accord.

La tension a encore gravi un échelon avec les attaques d’origine encore inconnue contre deux navires-citernes en mer d’Oman, présentant des similitudes avec les actes de sabotage ayant endommagé un mois plus tôt quatre navires à l’entrée du Golfe, et pour lesquelles Washington tient également pour coupable l’Iran, qui dément toute implication.

Mercredi, le Centcom, état-major américain chargé des opérations de l’armée américaine de la Corne de l’Afrique à l’Asie centrale, a affirmé qu’une explosion survenue à bord du tanker japonais Kokuka Courageous, l’un des deux navires attaqués le 13 juin, avait été provoquée par une mine-ventouse « semblable à celles utilisées par l’Iran ».

« La mine-ventouse est reconnaissable et ressemble en tous points aux mines iraniennes visibles dans des défilés militaires iraniens », a affirmé un officier supérieur du Centcom, pour qui « l’attaque contre le Kokuka Courageous et les dommages qu’il a subis résultent de l’emploi de mines-ventouse qui ont été posées sur sa coque ».

« Ces dommages correspondent à ceux causés par une mine-ventouse. Ils ne correspondent pas à ceux que pourrait causer un engin volant touchant le navire », a estimé l’officier, chargé d’enquêter sur l’accident.

Selon son armateur, l’équipage du cargo japonais a indiqué avoir repéré un engin volant non identifié qui avait tenté une première fois d’attaquer le navire, avant de revenir trois heures plus tard et de le frapper, provoquant un trou dans la coque et un incendie.

Le général Amir Hatami, ministre de la Défense iranien, a rejeté « catégoriquement » mercredi les accusations américaines, les jugeant infondées.

Jeudi 20 Juin 2019 – 08:45


Ce successeur franco-hispano-allemand du Rafale a été dévoilé au Salon du Bourget (images) © AFP 2019 BENOIT TESSIER

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Emmanuel Macron et Éric Trappier, directeur de Dassault Aviation, dévoilent la maquette de l'avion «Next generation fighter» qui fera partie du SCAF

Ce successeur franco-hispano-allemand du Rafale a été dévoilé au Salon du Bourget (images)

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DÉFENSE

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«On propose un avion européen pour les Européens, indépendant des technologies américaines». La maquette d’un avion de conception franco-hispano-allemande, pour lequel Paris et Berlin comptent déjà débloquer quelque 150 millions d’euros d’ici la fin de l’année, a été dévoilée à l’ouverture du Salon du Bourget en présence d’Emmanuel Macron.

Du 17 au 23 juin, le 53e salon aéronautique du Bourget accueille quelque 2.453 exposants, et notamment ceux venus présenter le projet d’avion de combat destiné à remplacer le Rafale ou l’Eurofighter d’ici 2040. La maquette à taille réelle du premier chasseur franco-allemand, le «Next generation fighter» de Dassault Aviation et Airbus, a été dévoilée lundi 17 juin à l’ouverture de cette 53e édition du Salon international de l’aéronautique et de l’espace en présence du Président de la République.

Cet avion n’est pas seulement le successeur potentiel du Rafale ou de l’Eurofighter, mais il constitue aussi la pièce maîtresse du Système de combat aérien du futur (SCAF), ce programme majeur lancé par le Président Macron et la chancelière allemande, Angela Merkel, afin de renforcer l’autonomie stratégique européenne.

Sur le stand Dassault Aviation où la maquette du futur avion de combat a été révélée, Florence Parly, Ursula Von der Leyen et Margarita Robles ont signé des accords de coopération pour le développement de l’aéronef du SCAF. L’accord acte officiellement l’arrivée de Madrid dans le projet.

«On propose un avion européen pour les Européens, indépendant des technologies américaines», a commenté sur la chaine de télévision CNews Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, qui mène le projet SCAF avec Airbus.

L’avion est destiné à entrer en service à l’horizon 2040. Il est actuellement développé par un tandem franco-allemand, qui a été rejoint récemment par l’Espagne.

Initié en 2017, le SCAF est conçu comme un système associant avion de combat de nouvelle génération, drones, futurs missiles de croisière et drones évoluant en essaim. Il sera connecté à des avions, des satellites, des systèmes de l’Otan et des systèmes de combat terrestres et navals.Paris et Berlin pensent investir environ quatre milliards d’euros dans le SCAF d’ici 2025, dont 2,5 milliards pour la France, leader du projet piloté par Airbus et Dassault Aviation, relate l’AFP se référant à des sources au ministère français de la Défense. Les 150 millions déjà débloqués par Paris et Berlin doivent financer les premières étapes du démonstrateur espéré vers 2026.

Outre Dassault Aviation et Airbus, Safran, le groupe allemand MTU Aero Engines, Thales et MBDA (Airbus, BAE Systems et Leonardo) participent au projet.

https://fr.sputniknews.com/defense/201906171041446500-ce-successeur-franco-hispano-allemand-du-rafale-a-ete-devoile-au-salon-du-bourget-images/

RECORD DE SALARIÉS MILLIONNAIRES À LA DEUTSCHE BANK : DERNIÈRE FÊTE AVANT L’EFFONDREMENT ?

RECORD DE SALARIÉS MILLIONNAIRES À LA DEUTSCHE BANK : DERNIÈRE FÊTE AVANT L’EFFONDREMENT ?

PUBLIÉ PAR PHILIPPE HERLIN | 16 MAI 2019 | ARTICLES2367 

Selon un palmarès établi par Les Echos, parmi les dix-sept principales banques européennes, la Deutsche Bank compte le plus grand nombre de salariés rémunérés plus d’un million d’euros par an, 643 exactement, devant Barclays (542) et HSBC (399), pourtant la première banque de l’UE par le bilan.

Ce chiffre est proprement scandaleux, car la première banque allemande ne présente pas des performances exceptionnelles, loin de là. Elle affiche certes une année 2018 bénéficiaire, mais de justesse (267 millions €), et qui vient après trois années de pertes. Son plus gros moteur, la banque d’investissement, a vu ses profits avant impôts passer de 1.705 à 530 millions € entre 2016 et 2018, et au premier trimestre 2019, la division était déficitaire. Plus inquiétant, la Deutsche Bank est la banque la plus exposée aux produits dérivés dans le monde, avec un montant estimé de 64.000 milliards $, soit 16 fois le PIB de l’Allemagne… Pas de quoi pavoiser. Les investisseurs ne s’y trompent d’ailleurs pas, son cours de bourse est massacré : -90% depuis son plus haut atteint en mai 2007.

Autre élément inquiétant, la banque est impliquée dans l’un des plus grands scandales de blanchiment de l’histoire, celui de la banque danoise Danske Bank, pour le montant record de 180 milliards €. La fraude passait par sa filiale située en Estonie, mais la Deutsche Bank gérait 80% des flux en provenance de la banque danoise pour ses clients en Russie… Affaire dans l’affaire, l’organisme de contrôle des banques – l’Autorité bancaire européenne (ABE) – aurait enterré une enquête sur ce scandale. À l’époque c’est la française Danielle Nouy qui dirigeait l’institution (son mandat courait du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2018), mais elle ne s’exprime pas, pour l’instant tout du moins.

Dans ce cadre, le fait que la Deutsche Bank s’affiche en tête pour le nombre de salariés millionnaires s’apparente à une entreprise de prédation. Sans doute y a-t-il un sentiment d’urgence, la dernière fête avant l’effondrement, Take the Money and Run (prend l’argent et sauve toi), la dernière coupe de champagne sur le Titanic en train de couler…

Ce chiffre de 643 millionnaires s’explique. Nous sommes en effet au croisement de deux perversions du capitalisme, difficilement évitables lorsque l’État a acquis une taille si importante comme c’est le cas dans nos sociétés contemporaines :

– Le Too big to fail (trop gros pour faire faillite), qui rend la faillite impensable par le cataclysme qu’elle provoquerait, le soutien de l’État obligatoire, où la sanction du dépôt de bilan disparaît et pousse à prendre encore plus de risques.

– Le Crony capitalism (capitalisme de connivence) c’est-à-dire les liens étroits entre l’État et les grandes entreprises, le premier protégeant le second en échange de menus services (embauche de membres du cercle du pouvoir, ou valises de billets, cf le scandale Danske Bank plus haut).

« Les rats quittent le navire », dit-on, lorsque la tempête s’annonce, mais dans les banques ce sont plutôt les officiers qui partent en premier, et en emportant l’argenterie. Cette information est vraiment inquiétante quant à la pérennité de la Deutsche Bank.

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu’elle est accompagnée d’un lien vers la source originale.


PHILIPPE HERLIN CHERCHEUR EN FINANCE / DOCTEUR EN ÉCONOMIE

https://or.fr/actualites/record-salaries-millionnaires-deutsche-bank-derniere-fete-avant-effondrement-1539

Face aux Etats-Unis et à la Chine, l’ambition d’une Europe souveraine

Face aux Etats-Unis et à la Chine, l’ambition d’une Europe souveraine

« La construction européenne repose sur la confrontation puis le compromis franco-allemand »

Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances français

Mardi 21 mai 2019, au ministère des finances

C’était les derniers jours de la campagne pour les élections européennes. Les ministres du gouvernement d’Edouard Philippe étaient à l’offensive pour soutenir la liste « Renaissance » créée pour poursuivre, au parlement européen, l’action du président de la République, Emmanuel Macron. Ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire a fait sa part du travail. Sans réticence car l’empoignade sur l’avenir de l’Union européenne s’inscrit dans sa vision et dans ses ambitions politiques.

En mars 2019, l’ancien secrétaire d’Etat aux Affaires européennes (2008-2009) et ministre de l’agriculture (2009-2012) a publié un essai de cent pages au titre provocateur Le nouvel empire, l’Europe du XXI° siècle. Il y explique que l’Union européenne, en temps que projet politique, est menacée de disparition si elle ne s’affirme pas comme une puissance technologique, dans un monde dominé par l’affrontement économique et stratégique entre les Etats-Unis et la Chine.

Bruno Le Maire a développé cette analyse en recevant, mardi 21 mai 2019, dans son ministère, vingt-cinq journalistes de l’Association de la presse diplomatique française (APDF), que je préside. Un entretien d’une heure et demi dont je donne ici d’importants extraits, en les organisant parfois dans une chronologie différente de celle de la conversation. Nourris par ses négociations et discussions incessantes avec ses homologues, ministres de l’économie et des finances d’Europe et du vaste  monde, ils éclairent les ressorts de son action sur la scène européenne.

« Etats-Unis-Chine, le moment de vérité »

« L’élection du 26 mai est décisive pour trois raisons », commence-t-il. « D’abord à cause du bouleversement géopolitique en cours, le plus important depuis 1989. Entre les Etats-Unis et la Chine, c’est le moment de vérité. L’enjeu stratégique est clair : les Etats-Unis ne veulent pas que la Chine assure sa domination sur le monde au XXI° siècle, ils s’y opposeront de toutes leurs forces ».

« La Chine, à l’inverse, veut remplacer l’ordre multipolaire qui a émergé après la Seconde guerre mondiale, au moment des accords de Bretton Woods. Elle veut en imposer un autre, fondé sur son concept de ‘Nouvelles routes de la soie’. Elle veut une traduction politique et stratégique de son emprise économique. Ses moyens financiers sont extrêmement puissants. En Afrique, son agence de crédit aux exportations a des actifs plus que ceux de la Banque Mondiale ».

« Vis-à-vis de l’Europe, les Etats-Unis manifestent dorénavant leur hostilité au renforcement de la construction européenne. Ils jouent sur la division entre les Etats européens et essaient sans relâche de monter l’Allemagne contre la France et la France contre l’Allemagne. Le président Donald Trump a une obsession contre l’Allemagne, contre l’industrie automobile allemande. Il ne comprend pas la relation franco-allemande et essaie de nous séparer ».

« La Chine, elles, est dans une posture extrêmement offensive, proche de la guerre commerciale, ce qui représente aujourd’hui le premier danger pour nos emplois. Elle ne veut pas respecter nos règles concernant la propriété intellectuelle, par exemple. Nous sommes d’accord avec les Etats-Unis sur l’analyse de la stratégie chinoise, mais nous sommes en désaccord sur la réponse à apporter. Nous devons bien sûr décider des mesures de protection quand c’est nécessaire, comme la Commission l’a fait sur l’acier. Mais nous continuons à plaider pour des négociations dans les enceintes  multilatérales comme l’Organisation mondiale du commerce ».

« L’Europe, entre la souveraineté et la soumission »

« Dans ce nouveau monde, quelle place l’Europe veut-elle accepter ? Elle a le choix entre la souveraineté et la soumission. Pour moi, les nationalistes ont fait le choix de la soumission et de la féodalisation : quand ça va mal, on se réfugie dans son fief. Or cela ne protège plus, surtout à une époque où les Etats-Unis recourent sans cesse aux sanctions extra-territoriales  et où la Chine refuse le principe de réciprocité, par exemple dans l’accès à ses marchés publics ».

« Ce n’est pas un hasard si le seul Etat membres de l’UE à avoir signé une convention bilatérale (‘Memorandum of understanding’) avec la Chine est l’Italie de Matteo Salvini. En Pologne, la tentation existe de se donner aux Etats-Unis. En Autriche, les masques sont tombés quant aux liens entre l’extrême droite et la Russie ».

« Nous, nous faisons le choix de la souveraineté. L’Europe est la troisième grande puissance planétaire. Elle n’a pas encore abattu ses  cartes car elle n’a pas été encore capable de définir ses priorités. Pour nous, la direction n’est ni la fédéralisation, ni la féodalisation, mais l’articulation des deux niveaux de souveraineté, nationale et européenne. Il ne peut y avoir de souveraineté nationale sans une souveraineté européenne ».

« Les décisions sont urgentes car le décrochage économique des pays européens avec la Chine et les Etats-Unis s’est accéléré. La souveraineté politique est liée à l’indépendance technologique. Or nous sommes plongés dans une nouvelle guerre technologique mondiale – on le voit dans le secteur des batteries de véhicules électriques. Si l’Europe ne réagit pas, elle ne sera plus à la table des puissants d’ici dix ans – le Vietnam, lui, y aura gagné sa place ! Si nous voulons rester à cette table, nous ne pourrons pas le faire individuellement, mais seulement collectivement, en tant qu’Européens. C’est une ambition politique majeure ».

« Partir des nations pour arriver à l’Europe »

« Comment l’Europe peut-elle s’affirmer ? Le premier niveau de réponse est d’ordre national. Car il faut partir des nations pour arriver à l’Europe. Je ne suis pas fédéraliste et je ne le serai jamais. Je ne crois pas en une supranationalité européenne. Il n’y aura pas d’empire européen s’il n’est pas fondé sur les nations, qui correspondent à des peuples, des cultures, des intérêts. Il faut que chaque nation s’affirme pour que l’Europe se construise ».

« En France, notre première mission est de redresser l’économie du pays et ses finances publiques. C’est une priorité nationale avant d’être une contrainte européenne. C’est la condition sine qua non pour retrouver la croissance, l’emploi et la compétitivité – à travers une politique de l’offre. Cela nous permettra d’être en position de force dans les négociations européennes, notamment en vue de la mise en place d’un budget européen. Pendant trop longtemps, nos partenaires n’ont pas compris comment nous pouvions leur donner des leçons alors que nos finances n’étaient pas en ordre ».

« Le moteur franco-allemand donne des résultats »

« Le deuxième niveau est le couple franco-allemand. C’est une relation solide, bonne, indispensable. Contrairement à ce que j’entends, ce moteur donne des résultats. On l’a vu avec la création du budget de la zone euro ou de la filière de batteries électriques« .

« Certes, ce n’est pas facile. L’essence même de la construction européenne repose sur la confrontation puis le compromis franco-allemand. Les différences entre la France et l’Allemagne remontent loin dans l’Histoire, à 1789 avec le surgissement de la souveraineté populaire en France, à l’affirmation de la Prusse, sous Bismarck. Nous nous opposons souvent sur notre conception de l’économie, du droit, de la politique. Nos différences sont innombrables, profondes, parfois insondables… Et pourtant, ça tourne !! Nous arrivons toujours à dépasser nos différences ».

« Je me souviens de ma première visite à Berlin en tant que ministre des finances. J’ai été reçu par mon homologue Wolfgang Schaüble qui m’a pris à part et m’a dit : ‘tu fais ce que tu veux, mais je te donne un conseil : ne parle pas de budget de la zone euro’. Deux ans plus tard, après des milliers d’heures de négociation, ce budget existe. Certes, son montant est faible et son but est d’aider à la convergence des économies, pas d’être un instrument de stabilisation et de solidarité entre Etats. Lorsqu’on ajoutait cet objectif dans la balance, des Etats nous faisaient défaut. C’est donc un compromis mais c’est un premier pas ».

« Idem pour l’alliance sur les batteries. C’est peut-être le plus important projet industriel européen depuis Airbus. C’est un manifeste pour l’industrie européenne, alors que la Chine a acquis une position dominante dans ce domaine. La France va investir 700 millions d’euros, l’Allemagne 1,2 milliard d’euros, pour faire émerger dette filière. Bien sûr, lorsqu’il faudra décider où sera construite la première usine, avec 1500 emplois à la clé, les négociations seront compliquées! »

« Des alliés au sein de l’Union européenne »

« Au-delà de la relation franco-allemande, la France doit aussi savoir s’associer à d’autres Etats, avoir d’autres alliés au sein de l’Union européenne. Il ne s’agit pas de créer des alliances de revers pour contourner l’Allemagne : cette stratégie ne marche jamais, je l’ai constaté quand Nicolas Sarkozy a tenté de l’appliquer au début de son mandat présidentiel – j’étais en charge des affaires européennes. Mais il faut pouvoir avancer avec d’autres pays sur des sujets qui nous paraissent importants même lorsque l’Allemagne n’est pas prête ».

« La France a des convergences naturelles avec les pays du sud de l’Europe. Mais nous devons aussi nous tourner vers les pays de l’Est, vers la Pologne qui sera demain une des grandes nations européennes, qui a un taux de croissance parmi les plus élevés d’Europe. Nous devons arrimer le plus possible les pays d’Europe centrale et orientale à notre projet européen. Nous devons écouter leurs intérêts et leurs propositions et travailler plus étroitement avec eux ».

« La France a notamment méprisé la Pologne et elle a eu tort. Elle doit désormais lui prêter une très grande attention, lui donner la considération et le respect et construire économiquement, financièrement des projets avec elle, d’autant que nous y avons des intérêts économiques majeurs. J’ai proposé qu’elle participe à l’alliance des batteries électriques, où elle pourrait se spécialiser sur le recyclage, qui est un chantier majeur. Cela ne veut pas dire que nous allons revenir en arrière sur la question de la défense de l’Etat de droit, sur certains points qui sont essentiels aussi bien en Pologne qu’en Hongrie ou ailleurs. Mais attention à l’ostracisation parce que je pense qu’elle ferait courir un danger majeur à la construction européenne dans les années qui viennent ».

« Cela dit, il faudra que nous changions les modalités de décision au sein de l’Union européenne. Il faut étendre la majorité qualifiée dans des domaines où règne aujourd’hui l’unanimité. Notamment sur la fiscalité. Dans la négociation sur la taxation du numérique, nous avions trouvé un compromis avec l’Allemagne mais nous avons été bloqué par quatre Etats qui pèsent beaucoup moins économiquement. Cela n’est plus acceptable ».

« Renforcer la zone euro »

« Aujourd’hui, la clé du renforcement économique européen, c’est la zone euro. C’est notre espace de stabilité et de puissance financière. Or l’euro n’a jamais été aussi menacé. Il y a un risque économique que l’on voit poindre avec les guerres commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. Il y a aussi un risque de surévaluation des actifs et de retour d’une crise financière. Et il y a des leaders politiques européens qui veulent la disparition de l’euro. Matteo Salvini, en Italie, clame que l’euro mourra bientôt  de sa belle mort. Il a le soutien de Marine Le Pen et d’autres conservateurs radicaux en Europe qui font le choix du retour à des monnaies nationales ».

« Nous, nous voulons renforcer la zone euro et nous présenterons avec le ministre des finances allemand, Olaf Scholz, un papier détaillé à ce sujet pour le conseil européen des 20-21 juin. La France souhaite aussi un renforcement de l’union bancaire, la création d’un ministre des finances de la zone euro pour incarner cet espace monétaire, et le développement de l’euro comme monnaie de réserve internationale – ce qui passera par un budget commun, l’union bancaire, l’union des marchés de capitaux et l’adhésion de tous les Etats membres à l’euro ».

« Le jour où l’euro sera une des principales monnaies de réserve au monde, nous ne subirons plus les atteintes à notre souveraineté que représentent les sanctions extra-territoriales américaines. Déjà, par rapport à la menace de sanctions visant toute entreprise qui commercerait avec l’Iran, nous avons développé un outil de souveraineté financière, Instex – et franchement, je ne pensais pas que l’Allemagne et le Royaume-Uni nous suivraient sur ce projet. La pression des Etats-Unis sur les Européens est extrêmement forte, au niveau des entreprises et au niveau des responsables politiques, pour que nous ne commercions pas avec l’Iran. Cela renforce notre détermination à être souverain dans notre politique commerciale. Au-delà du cas iranien, Instex a vocation à être un instrument de souveraineté globale ».

« L’autre levier de la reconquête économique et technologique européenne, c’est l’affirmation d’une politique industrielle. Il faut de grands champions européens. Pour y parvenir, il faut articuler une politique industrielle commune, une politique de la concurrence rénovée, une politique commerciale qui défende mieux nos intérêts, et une politique publique d’investissements dans les nouvelles technologies – je suis pour les aides d’Etat quand il s’agit de faire émerger des filières. Jusqu’ici, ces différentes politiques sont séparées. Il faut au contraire les coordonner les unes avec les autres. Ne plus raisonner en silo mais en réseaux. Je crois que la prise de conscience progresse dans les institutions européennes.  Il faut absolument le faire : toutes les grandes puissances ont cette stratégie ».

« Une Europe puissance »

« La vision qui sous-tend toutes ces politiques, c’est celle d’une Europe puissance, et non celle d’une Europe des marchands. La division existe encore aujourd’hui ! L’Europe puissance, il est légitime que ce soit les grandes nations européennes qui la portent, celles qui participent au conseil de sécurité de l’Onu, au G7 ou au G20. Lorsqu’on est à la table de ces grandes réunions, on voit clairement les rapports de puissance. L’Europe puissance, c’est la vision de la France mais c’est aussi celle de l’Allemagne, à sa manière. Tous les dirigeants allemands que je côtoie depuis maintenant longtemps – chrétiens-démocrates, sociaux-démocrates, libéraux, Verts – en ont pris conscience ».

« Quant au Royaume-Uni, le peuple britannique a tranché en faveur d’une sortie de l’Union. Emmanuel Macron a eu le courage de dire que plus vite,ils partiront, mieux ce sera. Faire trainer leur départ n’est bon ni pour la Grande-Bretagne, ni pour l’Union européenne. Cela crée un climat délétère. Les Britanniques veulent sortir ? Ils sortent et nos vies se séparent. Nous bâtirons, bien sûr, une nouvelle relation. Mais comme dans un divorce, il faut que l’Europe puisse, de son côté, reconstruire sa vie ».

 

Pour aller plus loin

La tribune  Pourquoi dimanche, il ne faut pas voter pour des planqués   de Pierre Defraigne, directeur exécutif du Centre Madariaga – Collège d’Europe, postée le 22 mai 2019 sur le site de La Libre Belgique.

L’article Les divisions politiques en Allemagne empêchent l’Europe de la défense d’avancer posté le 20 mai 2019 sur le blog Paris Planète.

L’article Nouvelles routes de la soie : ralentissement ou second souffle ? posté le 1° mai 2019 sur le site Asialyst et le dossier consacré à la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine sur le site Asialyst.

L’article Iran : que peut l’Europe face aux sanctions des Etats-Unis ?, posté le 3 mai 2019 sur le site Toute l’Europe.

L’article Concurrence déloyale : comme l’Europe se défend-elle face aux pays tiers?posté le 1° avril 2019 sur le site Toute l’Europe.

L’article Chine, comment les Européens veulent en finir avec le jeu de dupes, posté le 26 mars 2019 sur le blog Paris Planète.

Jean-Christophe Ploquin

 

https://paris-international.blogs.la-croix.com/face-aux-etats-unis-et-a-la-chine-lambition-dune-europe-souveraine/2019/05/25/

Vidéo. M. Lefebvre Géopolitique des relations franco-allemandes de 1945 à 2019

Vidéo. M. Lefebvre Géopolitique des relations franco-allemandes de 1945 à 2019

Par Fabien HERBERTJoséphine BOUCHERMaxime LEFEBVREPierre VERLUISE, le 8 mai 2019  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Maxime Lefebvre est diplomate, Professeur en Questions internationales à Sciences Po et Professeur affilié à l’ESCP Europe. Auteur de nombreux ouvrages. 
Images et son : Fabien Herbert. Résumé : Joséphine Boucher. Une conférence organisée par Pierre Verluise Diploweb.

L’ Ambassadeur Maxime Lefebvre s’exprime à titre personnel. Il présente clairement l’évolution des relations franco-allemandes depuis 1945, conjuguant les approches géopolitique et historique. La vidéo (54’) est accompagnée d’un résumé.

Cette vidéo peut facilement être diffusée en classe ou en amphi pour illustrer un cours ou un débat.

Résumé par Joséphine Boucher pour Diploweb.com

L’intervention de M. Lefebvre identifie les traits structurants des relations franco-allemandes depuis 1945, conjuguant les approches géopolitique et historique. La rivalité franco-allemande a été structurante dans le système international et européen à partir de la formation de l’unité allemande. Dès 1871, Otto von Bismarck créé un système d’alliances pour isoler la France à travers un réseau d’alliances diplomatiques visant à empêcher une revanche française. Après le conflit franco-allemand de 1914 et à partir du système de Paris de 1919, l’Allemagne humiliée par le Traité de Versailles fait face à une France qui tente de maintenir sa position de prépondérance. Néanmoins, les années 1920 sont synonymes d’un rapprochement incarné à l’époque par Aristide Briand et Gustav Stresemann, respectivement ministres français et allemand des Affaires étrangères de 1925 à 1932 pour l’un et de 1923 à 1929 pour l’autre. Ils sont en fait les inventeurs du couple franco-allemand, partageant l’idée de promouvoir la paix. En 1945, la défaite de l’Allemagne d’Adolf Hitler marque le début d’une nouvelle période qui peut être divisée en six étapes.

Vidéo. M. Lefebvre Géopolitique des relations franco-allemandes de 1945 à 2019
Maxime Lefebvre
Diplomate, M. Lefebvre s’exprime ici à titre personnel

La première étape est celle de la réconciliation entre les deux pays et du lancement du projet communautaire. Avant 1949 et la création de deux Etats ouest-allemand et est-allemand, la première préoccupation française est d’empêcher la résurgence d’une menace allemande. Elle aboutit à deux traités dirigés contre le danger allemand, le traité franco-britannique de Dunkerque et un accord en 1948 pour souder l’Europe occidentale. La Guerre froide (1947-1990) correspond ensuite à un changement de contexte total. La menace principale devient l’Union soviétique et les Français initient la construction européenne avec la déclaration Schumann du 9 mai 1950 et la proposition de mettre en commun les industries du charbon et de l’acier des pays d’Europe de l’Ouest. Il s’agit alors de mutualiser des industries dédiées à l’origine à l’armement national et d’accomplir des réalisations concrètes créant des solidarités de fait. La Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) naît en 1951 et, dans ce contexte de tensions, le plan Pleven proposé en 1950, signé en 1952 mais disparu en 1954 avait pour objet d’étendre la construction européenne à la défense en créant une communauté européenne de défense (CED). Il convient de noter que cette première Europe à 6 surnommée l’Europe carolingienne reste exclusivement occidentale et n’inclut que Allemagne de l’Ouest (RFA). La signature des traités de Rome en 1957 complète la CECA d’une Communauté économique européenne (CEE) et d’une Communauté européenne de l’énergie atomique (CEEA ou Euratom).

Zbigniew Brzezinski : « À travers la construction européenne, la France vise la réincarnation et l’Allemagne la rédemption. » Le Grand Echiquier (1997)

La deuxième phase correspond à la création d’un couple franco-allemand qui incarne une relation résumée par Zbigniew Brzezinski dans Le Grand Echiquier (1997) comme suit : « À travers la construction européenne, la France vise la réincarnation et l’Allemagne la rédemption. » La construction européenne semble être alors un levier de puissance pour la France et un moyen de reconstruire une souveraineté et une identité pour l’Allemagne. Ce couple si caractéristique est d’abord incarné par le Général C. de Gaulle et le chancelier K. Adenauer qui signent le traité de l’Elysée le 22 janvier 1963. Celui-ci établit un partenariat privilégié entre les deux pays. Malgré cela, il n’est pas le fondement d’une grande politique franco-allemande en raison des réticences allemandes à s’enfermer dans une relation bilatérale avec le voisin français.

Après le départ de C. de Gaulle, il est possible d’étendre la communauté au Royaume-Uni tout en solidifiant l’édifice européen. C’est la troisième phase, celle de l’élargissement et de l’approfondissement. C’est aussi la période de l’Ostpolitik et de Willy Brandt et Georges Pompidou. L’Allemagne fédérale mène alors sa propre politique vis-à-vis de l’URSS, elle veut détendre les relations avec l’Est et rapprocher les deux Allemagne selon une politique dite des transformations par le rapprochement. Cela aboutit à une détente dans le couple franco-allemand et à la reconnaissance des deux Etats allemands l’un par l’autre. Finalement, les changements sont à l’époque plus impulsés par l’Allemagne de l’Ouest que par le couple franco-allemand. Le premier élargissement nordique de 1973 au Danemark, au Royaume-Uni et à l’Irlande ouvre l’Europe communautaire à 9 Etats membres et s’accompagne de progrès avec la création d’une union politique européenne et d’une union monétaire via une coopération monétaire qui annonce la monnaie unique. De 1974 à 1982, deux leaders dominent le couple franco-allemand, ce sont le président Valéry Giscard d’Estaing (1974-1981) et le chancelier Helmut Schmidt (1974-1982). Les années 1980 sont celles d’un autre couple avec François Mitterrand à partir de 1981 et Helmut Kohl en 1982. Ils établissent une relation de confiance et un partenariat à travers la crise des euro-missiles, qui constitue un moment de solidarité important, et la commémoration de Verdun en 1984 dont la fameuse poignée de main est depuis intégrée dans le pathos franco-allemand. Ce sont les années de l’élargissement méditerranéen et de l’Europe à 12, mais aussi de la centralité française, qu’elle soit géographique ou d’influence. Les nouveaux progrès dans l’approfondissement sont marqués par l’accord de Schengen en 1985 qui ouvre la voie à la libre circulation des personnes entre la France, l’Allemagne et le Benelux. L’Acte unique de 1986 achève le marché intérieur et le passage d’un marché commun à un marché unique. Dans cette relation franco-allemande privilégiée, de nouvelles institutions apparaissent également : ce sont le Conseil franco-allemand économique et financier en 1988 et le Conseil franco-allemand de défense et de sécurité, et une chaîne de télévision commune et bilingue, Arte.

Maxime Lefebvre
Diplomate, M. Lefebvre s’exprime ici à titre personnel

La décennie suivante marque une nouvelle étape de la relation. La réunification allemande en 1990 signe la fin de la Guerre froide, le mur de Berlin est tombé, le communisme vit ses derniers jours à l’est et l’Europe de l’est entre dans une phase de démocratisation. C’est aussi un moment de méfiance entre la France et l’Allemagne surmonté par des progrès comme le traité de Maastricht signé en février 1992 et dont le point central est la monnaie unique, l’euro, mis en circulation le 1er janvier 2002. Par ailleurs, l’instauration d’une politique étrangère commune et d’une coopération en matière de justice et d’affaires intérieures permettent un nouvel élargissement de l’UE aux pays neutres, à savoir la Suède, la Finlande et l’Autriche en 1995. C’est à ce moment-là que le français devient minoritaire dans les institutions européennes au profit de l’anglais, dessinant une Europe plus nordique et plus anglophone. Gerhard Schröder, le successeur de Kohl en 1998 adopte un langage nouveau : il veut défendre les intérêts allemands et mène une politique de basculement vers l’est. La capitale allemande est déplacée de Bonn à Berlin et on constate un changement de l’équilibre géopolitique de l’Allemagne, qui fonde des liens commerciaux forts avec les pays de l’est européen.

Le rapprochement concerne aussi le refus de la guerre en Irak en 2002-2003, formant alors un axe géopolitique Paris-Berlin-Moscou contraire à la politique unilatérale de Georges W. Bush.

Le début du XXIème siècle correspond à une période de tensions dans la relation franco-allemande avec des sommets dont celui de Nice en 2000. Les dirigeants lancent alors le processus de Blaesheim qui consiste à organiser des rencontres régulières, environ tous les deux mois, entre les chefs d’Etat et de gouvernement et les deux ministres des Affaires étrangères. À cette époque là, des dirigeants socialistes français proposent de créer une union franco-allemande, idée reprise en 2003 par Dominique de Villepin. À cette période de tensions en 1999-2000 suit une phase de rapprochement entre 2002 et 2004 qu’incarnent Jacques Chirac et Gerhard Schröder et des accords franco-allemands, notamment sur la Politique agricole commune et son financement en 2002. Celui-ci stipule à la fois un maintien du budget de la PAC et une augmentation progressive des aides aux agriculteurs de l’est. Le rapprochement concerne aussi le refus de la guerre en Irak en 2002-2003, formant alors un axe géopolitique Paris-Berlin-Moscou contraire à la politique unilatérale de Georges W. Bush. En 2003, on parle même de Conseil des ministres franco-allemands. Par ailleurs, le projet de Constitution pour l’Europe pensé en 2004 est un autre moment de travail commun entre Français et Allemands. Cette proximité franco-allemande prend la forme d’une influence modératrice et positive de J. Chirac et G. Schröder auprès de V. Poutine lors de la première crise ukrainienne de 2004-2005. Pourtant, les divergences politico-économiques se développent à partir de 2002 suite aux réformes douloureuses de Schröder et à l’ascendant économique allemand qui fait face à une France qui s’enlise dans l’immobilisme. Malgré tout, le couple franco-allemand est toujours là : lors de la crise économique de 2008, le couple N. Sarkozy -A. Merkel tente de maintenir un équilibre entre solidarité avec les Grecs et responsabilité avec renforcement de la discipline à travers un pacte budgétaire conclu en 2012. Quand surgit une nouvelle crise ukrainienne en 2013-2014, François Hollande et Angela Merkel prennent l’initiative ensemble de créer le “format Normandie“ qui réunit la France, l’Allemagne, l’Ukraine et la Russie pour tenter de régler diplomatiquement la crise.

Enfin, la dernière étape plus contemporaine du Brexit et le départ annoncé des Anglais signent un bouleversement géopolitique européen aussi marqué par le frein allemand. Les blocages actuels concernent la tendance allemande moins intégrationniste et favorable à une Europe supranationale qu’auparavant. Nos voisins d’outre-Rhin semblent plus attentifs à défendre leurs intérêts, plus immobilistes et moins aptes à renforcer le budget européen et à encourager une intervention militaire extérieure.

Alors, quel poids franco-allemand dans l’UE aujourd’hui ? Les deux pays représentent ensemble plus d’1/3 de la population de l’UE à 27 et forment 55% du PIB de la zone euro. Des divergences persistent sur les plans politique, culturel et économique et l’Allemagne reste la puissance centrale de l’Europe par rapport à une France qui semble moins performante et plus demandeuse dans la relation franco-allemande. En témoigne le récent traité d’Aix-la-Chapelle signé le 22 janvier 2019 qui rénove la relation et introduit des nouveautés comme la coopération transfontalière, une clause de défense collective et l’inscription que le but des deux pays est que l’Allemagne ait un siège au Conseil de sécurité de l’ONU.

Finalement, le risque d’une relation franco-allemande détériorée est celui d’une déconstruction européenne. Cette relation est le trait d’union qui permet l’unité européenne. Un véritable levier franco-allemand nécessite alors un besoin de confiance et de volonté mais il ne peut pas s’agir d’une relation exclusive.

Copyright pour le résumé Mai 2019-Boucher/Diploweb.com


Cette conférence de M. Lefebvre était organisée au bénéfice des étudiants d’Hypokhâgne de la CPGE de Blomet (Paris), découvrez son site et sa page Facebook Prépa Blomet


Plus

Quelques ouvrages de Maxime Lefebvre en relation avec le sujet de cette conférence :

Maxime Lefebvre, L’Union européenne peut-elle devenir une grande puissance ? éd. La documentation française

Maxime Lefebvre, La construction de l’Europe et l’avenir des nations, éd. Armand Colin

Maxime Lefebvre, La politique étrangère européenne, éd. PUF