Archives pour la catégorie ALLEMAGNE

Ukraine : un sommet au «format Normandie» aura lieu le 9 décembre à Paris

Ukraine : un sommet au «format Normandie» aura lieu le 9 décembre à Paris

15 nov. 2019, 16:24

Ukraine : un sommet au «format Normandie» aura lieu le 9 décembre à Paris

© Mikhail Palinchak Source: SputnikLa dernière réunion au Format Normandie a eu lieu à Berlin, en octobre 2016 (image d’illustration).

Selon l’Elysée, une réunion au «format Normandie» se tiendra le 9 décembre à Paris. Ce sommet «permettra d’ouvrir une nouvelle séquence de mise en œuvre des accords de Minsk», d’après la présidence française.

Une première depuis 2016 : une réunion au «format Normandie», réunissant la France, l’Allemagne, la Russie et l’Ukraine aura lieu le 9 décembre prochain à Paris. Selon un communiqué de l’Elysée, cité par Reuters, ce sommet «se tiendra alors que des avancées majeures sont intervenues depuis l’été dans les négociations, qui ont notamment permis le désengagement des troupes dans plusieurs zones de tension, et permettra d’ouvrir une nouvelle séquence de mise en œuvre des accords de Minsk». 

Depuis l’été, les déclarations en faveur d’une réunion quadripartite s’étaient multipliées. Le 7 août, le président russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, avaient annoncé leur volonté d’organiser une réunion selon ce format lors d’un entretien téléphonique. Emmanuel Macron avait, dans la foulée, apporté son soutien à l’initiative. Lors du sommet du G7 à Biarritz, le 26 août, le président français avait estimé que les conditions étaient réunies pour que la réunion ait lieu dans les prochaines semaines en France. 

La date du sommet a par la suite tardé à être fixée, notamment en raison du report, à plusieurs reprises, du processus de séparation des forces dans le Donbass, établi comme l’une des conditions nécessaires à l’organisation de cette réunion. Le 9 novembre, le retrait des troupes de l’Ukraine et des insurgés avait finalement commencé, ouvrant la voie à la décision rendue publique ce 15 novembre. 

Lire aussi : Poutine salue les avancées dans le Donbass et veut une prorogation de la loi sur son statut spécial

International

https://francais.rt.com/international/67899-sommet-format-normandie-aura-lieu-9-decembre?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

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L’Allemagne portera ses dépenses militaires à 2% du PIB d’ici 2031, promet Mme Kramp-Karrenbauer

L’Allemagne portera ses dépenses militaires à 2% du PIB d’ici 2031, promet Mme Kramp-Karrenbauer

PAR LAURENT LAGNEAU · 8 NOVEMBRE 2019

En 2014, en partie en réaction à l’annexion de la Crimée par la Russie, les alliés de l’Otan s’étaient mis d’accord sur l’objectif d’augmenter leurs dépenses militaires à un niveau équivalent à 2% de leur PIB d’ici dix ans. Et de consacrer 20% de cette somme à l’acquisition de nouveaux équipements ainsi qu’à la R&D [recherche et développement].

Actuellement, seuls sept pays membres de l’Otan ont déjà atteint – voire dépassé – cet objectif, dont les États-Unis, la Grèce, le Royaume-Uni, la Pologne, l’Estonie, la Lituanie et la Lettonie. D’autres s’en approchent peu à peu et devraient être « dans les clous » en 2024. La France est également dans cette logique. Mais il lui faudra consentir d’importantes hausses de ses dépenses militaires après 2023 pour tenir l’engagement pris il y a cinq ans [environ 3 milliards d’euros par an, ndlr].

Le cas de l’Allemagne est plus compliqué… Et ce qui lui a valu – et vaut encore – des critiques acerbes du président américain, Donald Trump, qui a fait de cette règle des 2% au sein de l’Otan l’un de ses chevaux de bataille. Et le sommet de l’Otan organisé à Bruxelles, en juillet 2018, avait été particulièrement houleux quand il s’était agi d’aborder la question des dépenses militaires…

Quoi qu’il en soit, il est déjà acquis que l’Allemagne ne dépensera pas l’équivalent de 2% de son PIB pour ses forces armées [Bundeswehr] en 2024, l’objectif qu’elle s’est fixé étant de seulement 1,5% du PIB. Et encore, il n’est pas certain qu’elle y arrive, notamment en raison des tiraillements à ce sujet entre chrétiens-démocrates de la CDU/CSU et sociaux-démocrates du SPD au sein de la « grande coalition » dirigée par la chancelière Angela Merkel.

En effet, le ministre fédéral des Finances, Olaf Scholz [SPD] s’attache à contre-carrer les plans de son homologue à la Défense. Ainsi, Ursula von der Leyen, appelée à diriger la Commission européenne, avait dû engager un bras de fer avec son collègue… et consentir à quelques concessions.

En effet, et dans un contexte marqué par une dégration de la situation économique allemande, la trajectoire budgétaire actuelle de la Bundeswehr prévoit un budget – en baisse – correspondant à 1,24% du PIB en 2023.

Arrivée à mi-mandat, la coalition gouvernementale allemande est en train de redéfinir ses priorités et ses objectifs pour les deux prochaines années. Et, là encore, il y a des tiraillements au sujet de la politique de défense.

Ainsi, selon les médias d’outre-Rhin, M. Scholz et Annegret Kramp-Karrenbauer, la présidente de la CDU qui a remplacé à Mme Von der Leyen cet été, se sont affrontés au sujet des 2% du PIB. Pour le premier, il est absolument hors de question de porter les dépenses militaires allemandes à un tel niveau étant donné que cela signifierait que la Bundeswehr disposerait, à terme, d’un budget de 65 milliards d’euros. Ce qui, selon lui, ne correspondrait pas à ses besoins.

Or, Mme Kramp-Karrenbauer entend que cet objectif ne soit pas remis en cause… Finalement, d’après Der Spiegel, la grande coalition s’est donné pour objectif de porter les dépenses militaires à 1,5% à l’horizon 2024 « dans les limites des possibilités budgétaires ». Et d’indiquer que, par la suite, le budget de la Bundeswehr « continuerait à augmenter ».

Cependant, le 7 novembre, lors d’un discours prononcé devant des officiers de la Bundeswehr réunis à Munich, Mme Kramp-Karrenbauer a plaidé pour que l’Allemagne soit plus active au niveau militaire pour lutter contre le terrorisme et protéger « ses propres intérêts ». Pour cela, elle a proposé de mettre en place un « Conseil de sécurité nationale » et dit souhaiter vouleur accélérer les décisions parlementaires [le Bundestag a toujours le dernier mot dans ce domaine, ndlr].

« Un pays de notre taille, avec notre puissance économique et technologique, notre position géostratégique et nos intérêts mondiaux, ne peut pas simplement rester à l’écart et regarder. L’Allemagne doit participer aux débats internationaux et les faire avancer », a affirmé la ministre allemande.

Puis, en présence du secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, la ministre allemande a évoqué le sujet des dépenses militaire.

« L’Otan demeure et demeurera l’ancre de la sécurité européenne. Mais il est également évident que l’Europe doit augmenter ses propres capacités complémentaires à agir », a fait valoir Mme Kramp-Karrenbauer. « Cela commence par le budget de la défense. Nous devons atteindre 1,5% d’ici 2024 et 2% d’ici 2031 au plus tard », a-t-elle ajouté. Et, selon elle, ce niveau de dépenses ne vise pas à donner satisfaction au président Trump étant donné qu’il correspond « à notre propre intérêt de sécurité. »

En attendant, le compte n’y est pas pour M. Stoltenberg. « La légère tendance à la hausse des dépenses militaires allemande ne suffit pas. D’autres étapes sont nécessaires », aurait-il dit lors de la dernière réunion de l’Otan, à Bruxelles. Et justement, le prochain sommet de l’Alliance, qui se tiendra à Londres, en décembre, fera du « partage du fardeau » entre alliés l’un des sujets principaux.

http://www.opex360.com/2019/11/08/lallemagne-portera-ses-depenses-militaires-a-2-du-pib-dici-2031-promet-mme-kramp-karrenbauer/

L’Allemagne cherche à s’investir militairement au Proche-Orient élargi

L’Allemagne cherche à s’investir militairement au Proche-Orient élargi

RÉSEAU VOLTAIRE | 27 OCTOBRE 2019 

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Arrivée de la délégation allemande au Caire

La Conférence sur la sécurité de Munich organise les 25 et 26 octobre au Caire et les 27 et 28 octobre à Doha deux séminaires entre dirigeants arabes et allemands.

L’Égypte est —avec la Syrie et l’Arabie saoudite— engagée contre les Frères musulmans, tandis que le Qatar —avec la Turquie et l’Iran— soutient cette société secrète.

Le président égyptien, Abd al-Fattah al-Sissi, son ministre des Affaires étrangères, Sameh Hassan Shoukry, et le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul-Gheit, ont participé à la réunion du Caire avec une quarantaine d’autres personnalités, dont les ministres des Affaires étrangères du Niger de l’Ouganda et de Djibouti.

L’émir du Qatar, cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, son ministre des Affaires étrangères, Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, doivent participer à la réunion de Doha avec une quarantaine d’autres personnalités dont le ministre des Affaires étrangères d’Iran, le président du Kurdistan iraquien, et l’envoyé spécial de l’Onu au Yémen, Martin Griffiths. La lauréate 2011 du prix Nobel de la paix, la Yéménite Tawakkol Karman, représentera la Confrérie des Frères musulmans.

Le gouvernement allemand sera représenté aux deux réunions par le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Niels Annen, qui fut chercheur au German Marshall Fund, puis député socialiste.

Cette initiative de la Conférence sur la sécurité de Munich se tient alors qu’elle n’avait pas organisé d’événements hors d’Allemagne depuis deux ans et que la chancelière Angela Merkel souhaite appliquer les recommandations du German Marshall Fund et de la Stiftung Wissenschaft Politik : s’investir militairement au Moyen-Orient élargi aux côtés des États-Unis.

https://www.voltairenet.org/article208126.html

Des différences de vue légères mais réelles entre Macron et Merkel

Des différences de vue légères mais réelles entre Macron et Merkel

Par : Aline Robert et Claire Stam | EURACTIV.fr

 18 oct. 2019 (mis à jour:  18 oct. 2019)

EPA-EFE/ARIS OIKONOMOU / POOL

Langues : English | Deutsch

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Les deux chefs d’Etat tentent d’afficher un front uni sur les enjeux européens, mais de subtiles différences subsistent.

Emmanuel Macron et Angela Merkel ont donné leur sentiment sur l’Europe, chacun à leur manière, vendredi 17 octobre à l’issue du Conseil européen, lors duquel ils ont défendu des positions communes préalablement définies. Malgré le souci d’harmonie que les deux dirigeants ont tenu à afficher mercredi, 16 octobre, à Toulouse, des différences se sont toutefois glissées sur leurs discours.

Brexit

Sur le Brexit, Macron a largement salué l’accord, ainsi que Boris Johnson, et ce faisant écarté toute hypothèse de prolongation des discussions ou de la présence du Royaume-Uni dans l’UE.

« Je souhaite qu’on puisse en finir pour parler d’avenir » a résumé Emmanuel Macron, appelant à éviter tout délai supplémentaire, à l’instar de Juncker.

Commentant l’accord obtenu hier sur la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, la chancelière allemande s’est montré plus clémente. Elle n’a toutefois pas manqué de souligner que Londres perd « bien sûr » les avantages que procure l’adhésion au marché unique. Angela Merkel  a insisté sur le fait que le marché unique est « très bien ancré » dans la structure européenne et que c’est maintenant à Londres de définir les futures relations commerciales entre les 27 et la Grande-Bretagne.

Coincidence ou pas, le même jour, le gouvernement britannique a appelé les entreprises allemandes à se préparer « maintenant » pour le Brexit dans des annonces de pleine page des journaux. « Vous voulez continuer à commercer avec le Royaume-Uni après le Brexit ? Alors agissez maintenant ! »

Elargissement

« L’Europe, ça ne marche pas bien à 27, comment expliquer que ça marchera mieux avec plus de membres ? ». Emmanuel Macron a mis les pieds dans le plat en défendant sa position contre l’élargissement de l’Union européenne à l’Albanie et la Macédoine du Nord. « Quand la tartine est plus grande il faut étaler le beurre et on a moins de beurre, et vaguement un goût de tartine » a-t-il expliqué pour motiver son refus, arguant que « l’Europe avait besoin de plus d’intégration, de clarté dans nos choix.

« C’eut été une erreur politique d’ouvrir les discussions avec la Macédoine et pas l’Albanie » pour la stabilité de la région, plaidant pour un dialogue stratégique pour arrimer ces pays à l’UE . Sans quoi l’UE deviendra une forme de canard sans tête » a-t-il conclu.

Lors d’un point presse avec la presse allemande, la chancelière allemande a de son côté eu recours à son sens du compromis en faisant remarquer qu’il fallait analyser quels étaient les avantages et les inconvénients d’un élargissement avec la Macédoine du Nord et l’Albanie.

Angela Merkel a souligné qu’elle soutenait explicitement la volonté de la France de réformer la procédure d’admission de nouveaux membres de l’UE tout en ajoutant que « néanmoins », elle pensait que la date des débuts de négociations avec la Macédoine du nord et l’Albanie était le bon.

Et à l’instar du président francais, elle s’est déclaré contre la division entre les deux pays, pointant notamment du doigt combien la structure démographique était liée entre les deux pays et combien il serait contre-productif de mener les négociations séparément.

Selon des sources diplomatiques, Angela Merkel, les États d’Europe de l’Est, la Commission et le président du Conseil Donald Tusk ont tenté en vain soir de convaincre Emmanuel Macron que l’UE doit tenir ses promesses – et donner le feu vert pour les négociations d’adhésion. En vain.

Balkans occidentaux : le think-tank du PPE accuse la France de « nuire aux intérêts de l’UE »

L’actu en capitales décrypte l’info de toute l’Europe, grâce au réseau de rédactions d’Euractiv.

La chancelière a déclaré que les États membres de l’UE n’étaient « malheureusement pas parvenus à un accord ». Cela provoquerait bien sûr une « déception» pour les deux pays des Balkans. Selon elle, les Etats de l’UE veulent « revenir sur la question» avant le sommet prévu avec les pays des Balkans occidentaux sous la présidence croate en mai 2020. Cela pourrait théoriquement avoir lieu lors des sommets de l’UE en décembre ou en mars.

Avec une nouvelle tentative d’élargissement dans les Balkans occidentaux, l’UE veut également lutter contre l’influence croissante de la Russie et de la Chine dans la région. « L’UE n’a pas tenu ses promesses en raison de problèmes internes», a critiqué l’autrichien Johannes Hahn, membre de la Commission chargé de l’élargissement, sur Twitter.

La Croatie, qui assure la présidence tournante des Conseils des ministres de l’UE au premier semestre 2020, souhaite donner un nouvel élan au débat sur l’élargissement, a déclaré un diplomate à Bruxelles. Le sommet de Zagreb en mai de l’année prochaine devrait se concentrer sur cette question, a-t-il déclaré.

Nouvelle Commission européenne

A propos du rejet de Sylvie Goulard par le Parlement européen, le président français a défendu la candidature de la Française, expliquant une nouvelle fois qu’elle avait été victime d’un règlement de compte après le rejet par la commission Juri des candidats de droite hongrois et socialiste roumain

« Il y a un problème d’hégémonie de certains partis qui avaient l’habitude de fonctionner seul, il faut désormais fonctionner à trois » a-t-il souligné, tout en comparant les auditions de commissaires européens à la dynamique de pyrolyse : on met tout à l’intérieur, et on détruit ».

Le chef d’Etat a aussi indiqué qu’il proposerait un ou une autre candidate dans les prochains jours, pour que la Commission soit en place au 1er décembre.

Turquie

Evoquant l’attaque des Kurdes par la Turquie, il a estimé que ce n’était «  pas un grand succès pour l’Europe ». «  On a besoin de plus de solidarité, de puissance : ce n’est pas cohérent de continuer à élargir » a-t-il martelé, tout en soulignant que l’écart des positions des Etats membres entre la Macédoine et l’Albanie.

Pour sa part, la chancelière Angela Merkel (CDU) a qualifié de « dommage » à la fin du sommet le fait que les efforts pour trouver une solution politique en Syrie aient été repoussés par l’offensive militaire. Pour rappel, l’Allemagne compte entre 3 millions et 3,5 millions d’allemands d’origine turques. L’Allemagne doit également gérer sur son sol les tensions qui ne manquent pas de surgir entre partisans turques et kurdes.

Un Conseil européen aux enjeux multiples

Brexit, défense, climat, budget, migration, budget : les chefs d’Etats européens doivent trancher des sujets cruciaux ces 16 et 17 octobre.

https://www.euractiv.fr/section/politique/news/des-differences-de-vue-legeres-mais-reelles-entre-macron-et-merkel/

Quelle UE maintenant que le fantasme d’une Europe à la française a définitivement volé en éclat ?

12 octobre 2019© FREDERICK FLORIN / AFP

LE CONTRE-COUP GOULARD

Quelle UE maintenant que le fantasme d’une Europe à la française a définitivement volé en éclat ?

Les élites françaises ont toujours pensé l’Europe comme un simple prolongement naturel de la puissance et du modèle français. Le rejet de la candidature de Sylvie Goulard pour le poste de commissaire européen montre que cela n’était qu’illusion.AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN357Avec Edouard Husson, Thibault Muzergues

Atlantico : La position de la France en Europe est souvent résumée par la formule gaullienne : « La France doit être le cavalier et l’Allemagne le cheval », que le général aurait dite pour caractériser sa conception de l’amitié franco-allemande. Cette conception d’un couple où la France utiliserait la puissance économique de l’Allemagne pour des ambitions politiques mondiales est-elle encore réaliste aujourd’hui ? En regard de la transformation des institutions européennes depuis les années 2000 et des défaites françaises, dont le rejet de la candidature de Sylvie Goulard pour le poste de commissaire européen constitue l’épisode le plus récent ? 

Edouard Husson : Je ne me rappelle pas avoir lu cette déclaration du Général de Gaulle. Mais il est bien vrai que le fondateur de la Vè République, après avoir souhaité la réconciliation franco-allemande et envisagé positivement la réunification, pourvu qu’elle fût encadrée par une entente de sécurité européenne (excluant les USA et comprenant la Russie soviétique), voyait la RFA (à l’époque simple « Allemagne de l’Ouest ») comme un partenaire qui stimulerait la reconstruction et les nouveaux développements de l’économie française et qui suivrait la France dans son ambition de créer une « Europe européenne ». En fait, ce projet gaullien, contrairement à ce qu’on a tissé comme légende, s’est rapidement effondrée: le parlement allemand a refusé d’entériner la vision gaullienne d’une Europe s’émancipant progressivement de la protection américaine pour retrouver une indépendance stratégique. Dès le printemps 1963, de Gaulle tourne la page. Il constate, en 1965-66, le refus ouest-allemand de soutenir sa mise en cause de la politique monétaire américaine. L’Allemagne de l’Ouest ne le suit que progressivement et timidement dans une politique de détente avec l’Union Soviétique. Ce qui se passe ensuite, c’est que la crise du dollar conduit les investisseurs à acheter du deutsche mark comme valeur refuge et à plutôt se méfier du franc (après 1968). Les vingt années qui suivent sont passionnantes dans la mesure où la France cherche à pallier l’échec de la politique allemande du Général de Gaulle. Georges Pompidou fait entrer la Grande-Bretagne dans le Marché Commun, pour contrebalancer la puissance économique croissante de la RFA; il essaie mais échoue dans une première création de monnaie européenne. Ses deux successeurs, VGE et Mitterrand, suivent exactement la même séquence: deux ans de politique de relance budgétaire suivies d’une politique monétaire plus stricte, alignée sur le deutsche mark. Durant toutes ces années, on est resté dans les coordonnées d’une politique pragmatique. Le deuxième mandat de François Mitterrand est contemporain de la réunification de l’Allemagne et François Mitterrand entraîne la France dans des erreurs stratégiques, à commencer par le fait de figer un rapport de forces monétaire franco-allemand dans l’euro alors que le deutsche mark aurait inévitablement baissé sous le coup de la poussée d’inflation liée à la réunification. Jacques Chirac récidive en figeant un autre rapport de forces, lui aussi en dynamique favorable à la France: la démographie sert à définir le nombre de députés au Parlement Européen et les votes au Conseil. Nicolas Sarkozy a l’intuition juste que la France malgré tout a une marge de manoeuvre dans ce système: l’immigration et l’insécurité coûtent suffisamment cher au pays pour qu’une action politique résolue dans ces domaines ramènent la France la maîtrise de son destin dans une Union Européenne à l’architecture très figée; mais il ne persévère pas dans ses intentions politiques. Il est certes moteur, face à Angela Merkel, dans la lutte contre la crise financière et monétaire mais échoue à être réélu. Ses deux successeurs, François Hollande et Emmanuel Macron, semblent avoir entériné le rapport de force franco-allemand sans volonté réelle de l’inverser, même si l’actuel président est apparu plus volontariste.  

Thibaut Muzergues : Sur ce point-là, je crois que c’est une illusion : aujourd’hui le cheval c’est la France et le cavalier c’est l’Allemagne. Il faut regarder la réalité en face. Aujourd’hui l’Allemagne a un PIB total qui est un tiers, à peu près, plus grand que celui de la France. Et cela fait depuis 20 ans clairement que c’est l’Allemagne qui tient les cartes de par sa puissance économique et puis parce qu’elle a profité de l’élargissement. Elle a créé des contacts en Europe de l’Est et la France a toujours été à rebours, et même si les diplomates français ont fait preuve de beaucoup de professionnalisme, ils n’ont jamais été suivis par Paris en Europe de l’Est.

Par conséquent, la France se berce d’illusions, en pensant que c’est elle qui conduit la manœuvre, et d’ailleurs cela s’est vu pour la commission européenne : pour la simple raison que c’est bel et bien une allemande qui est à la tête de la commission et pas un français ou une française. Donc je crois que les français se croient beaucoup plus forts et feraient bien d’avoir une attitude plus constructive. Ce que Emmanuel Macron n’a pas eu puisqu’il a adopté, depuis huit mois, une politique très unilatéraliste, ce qui lui a porté préjudice, par exemple hier à propos de cette candidature de Madame Goulard.

Pensez-vous que les élites politiques françaises sont en train de changer de vision à propos des rapports entre notre pays et l’Europe ? Et est-ce que vous pensez que le rejet de cette candidature à la commission européenne ouvertement soutenu par la France, peut stimuler une nouvelle réflexion sur l’approche des rapports de forces dans les politiques intergouvernementales de l’Union européenne ?

Edouard Husson : Il y a deux facteurs à prendre en compte. D’une part, les dirigeants français doivent comprendre qu’ils n’ont plus affaire à l’Allemagne d’Helmut Kohl. Il est fini le temps où une entente entre le président français et le chancelier allemand faisait avancer automatiquement l’Union Européenne. L’Allemagne, depuis l’élargissement, a un élément d’alternative à des politiques françaises qui ne lui conviennent pas: l’UE à 27 lui offre de multiples coalitions possibles, même avec la pondération des votes. A vrai dire, rien n’empêcherait la France de faire la même chose: se créer des coalitions, faire émerger des rapports de force, avant de proposer à l’Allemagne un compromis. C’est un peu ce qu’Emmanuel Macron a fait lors du marchandage pour la nomination aux quatre postes principaux de l’UE (présidence de la Commission, du Conseil, Haut représentant aux affaires étrangères et présidence de la BCE). Mais il a du mal à descendre de son piédestal pour engager une négociation entre pairs. Et surtout, Emmanuel Macron a commis, aux yeux de nombreux gouvernements européens et des parlementaires de Bruxelles, une faute majeure: il a mis en cause le principe de faire élire par le parlement président de la commission européenne le candidat présenté par le parti arrivé en tête. Les discours tenus par les Français sur Manfred Weber, présenté par le Parti Populaire Européen, étaient absolument détestables. Emmanuel Macron a obtenu gain de cause provisoirement mais la candidate qu’il a présentée pour être le commissaire français a été recalée. En France, les opposants à Emmanuel Macron aiment à répéter que c’est à cause d’éventuels conflits d’intérêts. Mais il y a une raison beaucoup plus importante et qui fait mal à la vanité française: elle a d’abord été recalée parce qu’elle n’a pas été jugée à la hauteur du vaste portefeuille qu’il s’agissait de lui confier: celui du Marché unique. Il faut arrêter de se raconter des histoires. Tant que nous n’enverrons pas les meilleurs à Bruxelles; tant que nous ne ferons pas un lobbying approprié pour occuper les postes-clé; tant que nous passerons pas le temps qu’il faut pour palabrer avec les uns et les autres, nous pourrons toujours crier à l’injustice mais nos candidats seront recalés ou pas pris au sérieux. 

Thibaut Muzergues : Je l’avais espéré au moment de l’élection d’Emmanuel Macron, car il semblait aller dans cette direction. Malheureusement ce n’est pas la voie qui a été prise. Mais tout n’est pas de sa faute, car il s’est aussi heurté à un mur d’incompréhension et de suspicion allemand, et qu’il s’est ensuite mis à faire de l’unilatéralisme. Idéalement, ce qui s’est passé hier devrait inciter les hommes politiques, notamment à En Marche, à revoir leur copie, parce que ce « vote contre » était non pas vraiment prévisible, car madame Goulard est une femme extrêmement compétente, mais il y avait quand même des indices qui indiquaient qu’elle aurait des difficultés à se faire accepter. En fin de compte, il faut rappeler que parmi les trois commissaires qui n’ont pas été investis, nous avons la française, la roumaine [RovanaPlumb], qui a de gros problèmes de corruptions, et le hongrois [László Trócsányi] qui était ministre de la justice en Hongrie et qui a démantelé l’état de droit dans ce pays. C’est donc une humiliation assez sévère pour la France.

Il y a toute une réflexion à avoir pour comprendre qu’il n’y a plus de grandes puissances en Europe, même l’Allemagne n’est plus une grande puissance. A partir de là, il faut apprendre à jouer collectif, ce qui veut dire aussi aller discuter avec le Parti populaire européen (PPE) et le Parti socialiste européen (PSE). Malheureusement aujourd’hui je ne suis pas convaincu que les élites françaises aient compris cela. Est-ce que ça va être un choc salvateur ? Personnellement j’en doute, mais j’espère que ce sera le cas.

Comment l’Allemagne conçoit-elle sa place depuis sa réunification globalement réussie et son affirmation comme première puissance européenne ? Et la France doit-elle s’inquiéter des positions allemandes vis-à-vis des institutions européennes ? 

Edouard Husson : Je crois que ce serait une erreur d’attribuer à l’Allemagne les raisons du rejet de la candidature de Sylvie Goulard. Raisonner ainsi, c’est continuer à réfléchir dans les coordonnées du dialogue supposé encore efficace entre présidents français et chanceliers allemands. C’est ne pas voir que la République Fédérale est confrontée elle-même à l’émancipation des Allemands de Bruxelles, sorte de 17è Land, qui a tendance à obéir à ses propres rapports de force internes. Ni Angela Merkel ni Ursula von der Leyen n’étaient en mesure d’imposer Sylvie Goulard à leurs compatriotes au Parlement européen. L’Allemagne est certes plus puissante économiquement que la France mais c’est aussi un pays beaucoup plus décentralisé, où le gouvernement repose sur une coalition fragile, sans grande assise dans l’opinion. La Chancelière est en bout de course, il est vrai. Mais ne nous faisons pas d’illusions: les successeurs seront des chanceliers plus faibles encore qu’elle-même en fin de mandat. Le système politique allemand n’a pas digéré certaines des décisions solitaires de Madame Merkel, à commencer par la sortie brusque de l’industrie nucléaire en 2011 et l’ouverture totale des frontières à l’immigration fin 2015. Il a donc tendance à renforcer sa tendance à la décentralisation et à l’éclatement des centres de décision. Il y aurait là une chance pour la France, à condition de sortir de la méthode « top down » et d’aller rechercher des alliés dans toutes les institutions européennes. Cessons d’incriminer l’Allemagne et regardons nos propres lacunes. 

Thibaut Muzergues : Concernant la manière dont l’Allemagne se voit, je crois que malheureusement les allemands – je crois que c’est là aussi le problème – n’ont pas vraiment de stratégie. Il y en avait une à l’époque de Kohl, une fragile à l’époque de Schröder, mais c’est vrai qu’Angela Merkel, pour tous les mérites qu’elle a, n’a pas vraiment eu de vision autre que la vision économique. Son objectif était de faire de l’Allemagne une puissance économique, en l’intégrant fortement à l’Europe, et voilà ça s’est résumé à ça, sans vision de long terme. Souvent, on pensait que Paris pouvait amener cette vision à long terme. Aujourd’hui on voit très bien que Paris en essayant de porter une vision à long terme qui est totalement défendable, a en fait plus braqué l’Allemagne de Merkel qu’autre chose. Est-ce qu’un nouveau chancelier ou une nouvelle chancelière pourrait faire une différence ? Le problème c’est que ce nouveau chancelier ou cette nouvelle chancelière aura une légitimité nouvelle venue des urnes, et c’est cette personne qui sera le vrai conducteur.

Pour la France, encore une fois, il y a une vraie réalisation à avoir vis-à-vis de sa puissance relative. La France est une des trois grandes puissances européennes mais elle n’est pas seule, elle doit donc apprendre à jouer collectif pour pouvoir faire quelque chose. Même si on avait pu penser que Macron était dans cette philosophie-là, mais qui s’est en fait vite retrouvée dans une situation de repli et d’unilatéralisme.

La France doit s’inquiéter en effet de l’éloignement entre ses positions et celles de l’Allemagne. On a toujours considéré que les deux positions s’éloignaient les unes des autres. Dès que les deux tombaient d’accord, on obtenait un accord au niveau européen. La France a une politique de cavalier solitaire, ce qui a permis quelques victoires, comme l’obtention par Christine Lagarde de la BCE, mais dans le même temps des désastres absolus comme dans le cas de Sylvie Goulard. Les anglais étant partis, la France a perdu un allié dans les négociations. L’Angleterre parti, cela laisse la France un peu petit à regarder l’Allemagne en position d’infériorité. Et bien-entendu ça a des conséquences pour l’avenir. Sur l’économie, la France a réussi à obtenir de l’Allemagne le passage à l’Euro afin d’éviter que l’Europe ne soit pas une zone deutch mark mais une zone euro. Maintenant il faut faire accepter d’un « gouvernement euro » et le problème ça va être, quelle va être le prix à payer pour ça. Est-ce qu’il faut abandonner le parlement européen à Strasbourg ? Je ne suis pas certain qu’il y ait cette réflexion sur la négociation à venir au ministère des affaires européennes ou au quai d’Orsay. Et surtout quelle coalition bâtir à l’avenir ? Avec l’Espagne ? On a un peu ça avec la Roumanie et Slovaquie, mais c’est encore très embryonnaire. Les français se bercent de l’illusion que le couple franco-allemand est toujours au centre, et c’est vrai que les deux décident de quelque chose, généralement cela est adopté, mais la France doit avoir une solution de repli. Les allemands avaient une solution de repli avec la Pologne pendant longtemps. La France aujourd’hui est trop isolé et il faut une vraie réflexion sur cette politique de coalition à mettre en place, et ça vaut aussi pour les partis politiques.

Edouard Husson publiera Paris – Berlin : Fatals malentendus, aux éditions Gallimard, le 7 novembre 2019

https://www.atlantico.fr/decryptage/3580897/-quelle-ue-maintenant-que-le-fantasme-d-une-europe-a-la-francaise-a-definitivement-vole-en-eclat–edouard-husson-thibaut-muzergues

Projet de résolution de l’Allemagne, de la Belgique et du Koweït sur la Syrie

Projet de résolution de l’Allemagne, de la Belgique et du Koweït sur la Syrie

RÉSEAU VOLTAIRE | NEW YORK (ÉTATS-UNIS) | 19 SEPTEMBRE 2019 ENGLISH

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Le Conseil de sécurité,

Rappelant ses résolutions 2042 (2012), 2043 (2012), 2118 (2013), 2139 (2014), 2165 (2014), 2175 (2014), 2191 (2014), 2209 (2015), 2235 (2015), 2249 (2015), 2254 (2015), 2258 (2015), 2268 (2016), 2286 (2016), 2332 (2016), 2336 (2016), 2393 (2017), 2401 (2018) et 2449 (2018) et les déclarations de sa présidence des 3 août 2011 (S/PRST/2011/16), 21 mars 2012 (S/PRST/2012/6), 5 avril 2012 (S/PRST/2012/10), 2 octobre 2013 (S/PRST/2013/15), 24 avril 2015 (S/PRST/2015/10) et 17 août 2015 (S/PRST/2015/15),

Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la République arabe syrienne, et aux buts et principes de la Charte des Nations Unies,

Se disant à nouveau profondément affligé par la persistance de la situation humanitaire effroyable que connaît la Syrie, et par le fait que le nombre de personnes ayant besoin d’une aide humanitaire d’urgence atteint 11,7 millions, dont 6,2 millions sont des déplacés,

Réaffirmant qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit syrien, exprimant son indignation devant l’escalade de la violence, qui a atteint un niveau inacceptable dans la province d’Edleb et dans ses environs, et en particulier devant les attaques lancées sans discernement dans des zones densément peuplées, notamment l’intensification des bombardements aériens, l’emploi de barils d’explosifs et les nombreux tirs d’artillerie, et se déclarant vivement préoccupé par le risque de voir la situation humanitaire continuer à se dégrader si l’escalade militaire devait se poursuivre dans le nord-ouest de la Syrie, dont la population civile est estimée à trois millions de personnes, parmi lesquelles plus d’un million d’enfants, tout en notant que presque la moitié des civils de la province d’Edleb sont des déplacés,

Se déclarant gravement préoccupé par la présence dans la province d’Edleb de groupes terroristes, qu’il a désignés comme tels, et par les activités qu’ils y mènent,

Condamnant les attaques lancées contre des civils, des installations civiles et des installations médicales, y compris les structures figurant sur la liste de déconfliction et celles appuyées par l’ONU dans le secteur, attaques qui aggravent encore les souffrances endurées et provoquent de nombreux déplacements de populations, et rappelant à cet égard les obligations qu’imposent à toutes les parties le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme, ainsi que toutes ses résolutions pertinentes, notamment celle de mettre fin aux attaques visant des civils, des installations civiles et des installations médicales, ainsi qu’aux attaques contre les écoles, soulignant qu’il faut mettre fin à l’impunité des auteurs de violations du droit international humanitaire et des auteurs de violations des droits de l’homme et d’atteintes à ces droits, et réaffirmant que ceux qui ont commis de telles violations ou atteintes en Syrie ou en sont responsables de quelque manière que ce soit doivent être traduits en justice,

Réaffirmant que les États Membres doivent veiller à ce que toute mesure prise pour lutter contre le terrorisme soit conforme à toutes les obligations que leur impose le droit international, en particulier le droit international des droits de l’homme, le droit des réfugiés et le droit international humanitaire, tout en réaffirmant sa volonté de faire face à la menace, sous tous ses aspects, que constituent l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL, également connu sous le nom de Daech), Al-Qaida et le Front el Nosra et les autres personnes, groupes, entreprises et entités qui leur sont associés, ainsi que les autres groupes terroristes qu’il a désignés comme tels,

Se disant à nouveau profondément préoccupé par le fait que l’aide humanitaire ne peut toujours pas être acheminée dans diverses régions du pays, et rappelant à cet égard sa résolution 2449 (2018), dans laquelle il a exigé que toutes les parties accordent aux convois humanitaires des entités des Nations Unies et de leurs partenaires d’exécution, notamment ceux qui transportent des fournitures médicales et chirurgicales, un accès sûr, durable et sans entrave à toutes les zones et populations recensées dans le cadre de l’évaluation des besoins réalisée par les entités des Nations Unies dans toutes les régions de la Syrie, rappelant que toutes les parties ont l’obligation de respecter les dispositions pertinentes du droit international humanitaire, rappelant les principes directeurs de l’Organisation des Nations Unies relatifs à l’aide humanitaire d’urgence, soulignant qu’il importe, dans le cadre de l’aide humanitaire, de défendre les principes d’humanité, d’impartialité, de neutralité et d’indépendance, et rappelant qu’il importe également que les convois humanitaires parviennent à leurs destinataires,

Mettant l’accent sur l’importance de la désescalade, du respect des accords de cessez-le-feu et de l’application pleine et entière des résolutions 2254 (2015), 2268 (2016) et 2401 (2018) pour avancer sur la voie d’un cessez-le-feu global s’étendant à toutes les régions de la Syrie, et soulignant que toutes les parties doivent respecter les engagements qu’elles ont pris dans le cadre des accords de cessez-le-feu existants et que la fourniture d’une aide humanitaire, indispensable à la survie de la population civile, doit faire partie de ces efforts, conformément au droit international humanitaire,

Prenant note du mémorandum d’accord conclu entre la Fédération de Russie et la Turquie le 17 septembre 2018, qui figure dans le document publié sous la cote S/2018/852 ;

Exprimant son indignation devant le fait que ses résolutions 2139 (2014), 2165 (2014), 2191 (2014), 2254 (2015), 2258 (2015), 2268 (2016), 2332 (2016), 2393 (2017), 2401 (2018) et 2449 (2018) ne sont toujours pas pleinement appliquées, et rappelant qu’il a exigé, dans sa résolution 2401 (2018), que toutes les parties cessent les hostilités sans délai,

Considérant que la situation humanitaire catastrophique qui règne en Syrie continue de faire peser une menace sur la paix et la sécurité dans la région,

Soulignant que l’Article 25 de la Charte des Nations Unies fait obligation aux États Membres d’accepter et d’appliquer ses décisions,

1. Décide que, pour éviter une nouvelle détérioration de la situation humanitaire déjà catastrophique qui règne dans la province d’Edleb, toutes les parties devront cesser immédiatement les hostilités le 21 septembre 2019 à midi heure de Damas ;

2. Exige des États Membres qu’ils fassent en sorte que toutes les mesures prises pour lutter contre le terrorisme, y compris dans la province d’Edleb, soient conformes aux obligations que leur impose le droit international, y compris le droit international humanitaire, le droit international des droits de l’homme et le droit international des réfugiés, souligne que les opérations antiterroristes ne dispensent pas les parties aux conflits armés des obligations que leur impose le droit international, notamment celle de distinguer entre combattants et civils, demande instamment à toutes les parties d’appliquer les principes de discrimination et de proportionnalité et l’obligation de prendre toutes les précautions possibles pour éviter ou, en tout état de cause, réduire au minimum les dommages causés aux civils ou aux biens de caractère civil, et prie le Secrétaire général de lui rendre compte immédiatement de toute violation du droit international humanitaire ;

3. Demande une nouvelle fois, en particulier aux autorités syriennes, que toutes les parties s’acquittent sans délai des obligations que leur impose le droit international, y compris le droit international des droits de l’homme, le cas échéant, et le droit international humanitaire, notamment en ce qui concerne le respect et la protection des civils, en particulier qu’elles mettent fin immédiatement à tous les bombardements aériens aveugles causant des victimes civiles, prennent toutes les précautions possibles pour éviter ou, en tout état de cause, réduire au minimum les dommages causés aux civils, notamment aux enfants, et aux biens de caractère civil, et garantissent le respect et la protection de l’ensemble du personnel médical et des agents humanitaires dont l’activité est d’ordre exclusivement médical, de leurs moyens de transport et de leur matériel, ainsi que des hôpitaux et des autres installations médicales ;

4. Exige l’application intégrale et immédiate de l’ensemble des dispositions de toutes ses résolutions sur la question, notamment les résolutions 2139 (2014), 2165 (2014), 2254 (2015), 2258 (2015), 2332 (2016), 2393 (2017), 2401 (2018) et 2449 (2018), réaffirme que certaines des violations et atteintes commises en Syrie pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité et souligne que les auteurs de violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme doivent être tenus responsables de leurs actes ;

5. Demande à toutes les parties de respecter et d’honorer les engagements qu’elles ont pris au titre des accords de cessez-le-feu conclus antérieurement, y compris l’application intégrale des résolutions 2254 (2015), 2268 (2016) et 2401 (2018), demande à tous les États Membres d’user de leur influence auprès des parties pour assurer la mise en œuvre d’un accord de cessation des hostilités et le respect des engagements existants et d’appuyer l’action menée pour créer les conditions propices à un cessez-le-feu durable, et souligne qu’il faut que les États Membres donnent les garanties nécessaires, notamment par l’application du mémorandum d’accord conclu entre la Fédération de Russie et la Turquie le 17 septembre 2018 ;

6. Souligne qu’il faudra surveiller et vérifier le cessez-le-feu et mettre en place un mécanisme de communication de l’information, prie le Secrétaire général de lui indiquer, au plus vite et au plus tard un mois après l’adoption de la présente résolution, les options possibles pour un tel mécanisme, et encourage les États Membres, y compris ses propres membres, à apporter leur appui, en particulier sous forme d’expertise et de contributions en nature, à un tel mécanisme ;

7. Prie le Secrétaire général de continuer, grâce à ses bons offices et à ceux de son Envoyé spécial pour la Syrie, comme décrits dans la résolution 2254 (2015), de s’employer à trouver sans délai une solution durable et viable à la situation dans la province d’Edleb, et demande à tous les États Membres concernés, aux parties au conflit et à la communauté internationale d’appuyer ces efforts et d’y contribuer concrètement ;

8. Demande à nouveau que toutes les parties autorisent le personnel humanitaire de l’Organisation des Nations Unies et de ses partenaires d’exécution à accéder durablement, en toute sécurité et sans entrave à toutes les zones et populations recensées en Syrie et qu’elles facilitent cet accès afin que l’aide humanitaire parvienne aux populations par la voie la plus directe et réponde à leurs besoins essentiels, conformément aux dispositions de sa résolution 2449 (2018) ;

9. Exige de toutes les parties qu’elles permettent au personnel médical et aux agents humanitaires dont l’activité est d’ordre exclusivement médical, à leur matériel, à leurs moyens de transport et à leurs fournitures, notamment les articles chirurgicaux, d’accéder en toute sécurité et sans entrave aux populations dans le besoin, conformément au droit international humanitaire, et exige de nouveau de toutes les parties qu’elles démilitarisent les installations médicales, les écoles et les autres établissements civils, s’interdisent d’établir des positions militaires dans des zones habitées et s’abstiennent de lancer des attaques contre des biens de caractère civil ;

10. Appelle toutes les parties, en particulier les autorités syriennes, à prendre des mesures de confiance, notamment à libérer immédiatement toutes les personnes détenues arbitrairement, en particulier les femmes, les enfants et les personnes âgées, à fournir des informations sur les personnes disparues et à restituer les corps des personnes décédées à leur famille, comme le prévoit la résolution 2474 (2019) ;

11. Déclare de nouveau qu’il n’y aura pas d’amélioration significative et durable de la situation humanitaire si le conflit syrien ne trouve pas un règlement politique conforme aux dispositions de la résolution 2254 (2015) et du Communiqué de Genève du 30 juin 2012, qui permette de faciliter une transition politique conduite par les Syriens et prise en main par eux en vue de mettre un terme au conflit, exprime de nouveau son appui aux efforts déployés par l’Envoyé spécial, et souligne une fois encore que c’est au peuple syrien qu’il appartient de décider de l’avenir de son pays ;

12. Réaffirme qu’en cas de non-respect de la présente résolution, il prendra d’autres mesures, en vertu de la Charte des Nations Unies ;

13 Prie le Secrétaire général de lui faire rapport sur l’application de la présente résolution et le respect de ses dispositions par toutes les parties concernées en Syrie, dans les 15 jours suivant l’adoption de la présente résolution et, par la suite, dans le cadre des rapports qu’il lui soumet concernant l’application des résolutions 2139 (2014), 2165 (2014), 2191 (2014), 2258 (2015), 2332 (2016), 2393 (2017), 2401 (2018) et 2449 (2018) ;

14. Décide de rester activement saisi de la question

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Source : S/2019/756

Macron, Merkel et Johnson accusent l’Iran d’être «responsable» de l’attaque contre l’Arabie saoudite

Macron, Merkel et Johnson accusent l’Iran d’être «responsable» de l’attaque contre l’Arabie saoudite

23 sept. 2019, 22:18

Macron, Merkel et Johnson accusent l'Iran d'être «responsable» de l'attaque contre l'Arabie saoudite

© LUDOVIC MARIN Source: AFPEmmanuel Macron rencontre la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique Boris Johnson au siège de l’ONU à New York, le 23 septembre 2019.

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont rejoint les Etats-Unis et l’Arabie saoudite dans leur accusation portée à l’encontre de l’Iran, au sujet des attaques de sites pétroliers saoudiens, qui avaient été revendiquées par les rebelles houthis.

Les ambitions françaises de médiation sur la crise iranienne sont-elles compromises ? Le 23 septembre, le président de la République et les chefs des gouvernements allemand et britannique, ont accusé en chœur l’Iran d’être «responsable» de l’attaque du 14 septembre contre des installations pétrolières saoudiennes. Partant, les trois dirigeants l’ont exhorté à «s’abstenir de toute nouvelle provocation».Lire aussiLe chef de la diplomatie iranienne met en garde les Européens contre la «brute» américaine

«Il est clair pour nous que l’Iran porte la responsabilité de cette attaque. Il n’y a pas d’autre explication plausible», ont déclaré Emmanuel Macron, Angela Merkel et Boris Johnson dans un communiqué commun, à l’issue d’une rencontre à trois en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. 

Les trois nations européennes affichent ainsi un front commun avec Washington et Riyad. Les Etats-Unis et l’Arabie saoudite ont, en effet, accusé l’Iran d’être derrière des attaques de drones contre deux importants sites pétroliers saoudiens le 14 septembre, qui ont fait flamber le cours du pétrole. Ces attaques ont été revendiquées par les Houthis, des rebelles yéménites soutenus par Téhéran et pris pour cibles par une coalition arabe menée par l’Arabie saoudite

Le 15 septembre, le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Abbas Moussavi, avaient balayé les accusations américaines : «Des accusations et remarques aussi stériles et aveugles sont incompréhensibles et insensées», avait-il déclaré, laissant entendre qu’elles avaient pour but de justifier «des actions futures» contre l’Iran.

Cette crise diplomatique s’inscrit dans un contexte de tensions élevées entre l’Iran et les Etats-Unis, depuis que ces derniers se sont retirés en 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015. Washington, qui accuse l’Iran de jouer un rôle déstabilisateur dans la région moyen-orientale et de soutenir le terrorisme, poursuit une politique de «pression maximale» contre Téhéran. 

Lire aussi : Le président iranien Hassan Rohani s’élève contre la militarisation du Moyen-Orient

International

https://francais.rt.com/international/66096-macron-merkel-johnson-accusent-iran-etre-responsable-attaque-arabie?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Allemagne: forte poussée de l’extrême droite dans deux régions

Europe

Allemagne: forte poussée de l’extrême droite dans deux régions

Par Challenges.fr le 01.09.2019 à 18h31

L’extrême droite allemande a enregistré dimanche une forte poussée lors de deux élections régionales dans l’ex-RDA, faisant plus que doubler ses scores réalisés lors des précédents scrutins en 2014, selon de premières estimations des chaînes de télévision publiques.

AfD

Bjoern Hoecke est un des leaders de l’Alternative für Deutschland (AfD).ODD ANDERSEN / AFP

L’extrême droite allemande a enregistré dimanche une forte poussée lors de deux élections régionales dans l’ex-RDA, faisant plus que doubler ses scores réalisés lors des précédents scrutins en 2014, selon de premières estimations des chaînes de télévision publiques.DÉCOUVRIR

L’Alternative pour l’Allemagne (AfD) atteint en Saxe 27,5% des voix, derrière les conservateurs (CDU) de la chancelière Angela Merkel (32%), selon des estimations. Dans le Brandebourg (autour de Berlin), le parti d’extrême droite obtient 22,5%, devancé par les sociaux-démocrates (SPD, 27,5%).

(Avec AFP)

https://www.challenges.fr/monde/europe/allemagne-forte-poussee-de-l-extreme-droite-dans-deux-regions_672033#xtor=CS4-92[Allemagne%3A+forte+pouss%C3%A9e+de+l%27extr%C3%AAme+droite+dans+deux+r%C3%A9gions]-672033

Brexit : Boris Johnson appelle la France et l’Allemagne à faire des compromis

Europe

Brexit : Boris Johnson appelle la France et l’Allemagne à faire des compromis

Par Challenges.fr le 19.08.2019 à 15h30

Boris Johnson a invité lundi l’Allemagne et la France à ouvrir la voie à un compromis sur le Brexit, tout en assurant à nouveau que le Royaume-Uni était prêt à quitter l’Union européenne sans accord.

Johnson appelle la France et l'Allemagne au compromis

Boris Johnson a invité lundi l’Allemagne et la France à ouvrir la voie à un compromis sur le Brexit, tout en assurant à nouveau que le Royaume-Uni était prêt à quitter l’Union européenne sans accord.POOL/AFP – RUI VIEIRA

Boris Johnson a invité lundi l’Allemagne et la France à ouvrir la voie à un compromis sur le Brexit, tout en assurant à nouveau que le Royaume-Uni était prêt à quitter l’Union européenne sans accord.

« Nous serons prêts à partir le 31 octobre, qu’il y ait accord ou pas », a déclaré à la presse le chef du gouvernement britannique, qui est attendu à Berlin mercredi et à Paris jeudi. « Bien sûr, nos amis et partenaires, de l’autre côté de la Manche, sont un peu réticents à changer d’attitude. Très bien. Je suis convaincu qu’ils le feront.

« J’espère qu’ils vont faire des compromis. Ils ont vu que le Parlement britannique avait rejeté trois fois l’accord de retrait, que le backstop ne fonctionne pas, que ce n’est pas démocratique. J’espère qu’ils jugeront bon de faire des compromis.

« Je veux un accord. Nous sommes prêts à travailler avec nos amis et partenaires pour y parvenir, mais, pour obtenir un bon accord pour le Royaume-Uni, il faut simultanément se préparer à partir sans », a ajouté Boris Johnson, qui était en déplacement à Truro, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

A Bruxelles, la Commission européenne a estimé que Londres avait bien plus à perdre en pareil cas. Selon un rapport gouvernemental sur les conséquences d’un Brexit sans accord publié dimanche par le Sunday Times, le Royaume-Uni pourrait être confronté à des pénuries de nourriture, d’essence et de médicaments avec des blocages dans les ports et le rétablissement d’une frontière physique en Irlande.

Ces prévisions, souligne le Times, ne sont pas les plus pessimistes, mais bien les plus probables. Ce point a été démenti par le ministre chargé du divorce.

Michael Gove a assuré que ce dossier, baptisé « Opération Yellowhammer », décrit la pire des situations et a ajouté que des « mesures très significatives avaient été prises ces trois dernières semaines pour accélérer les préparatifs du Brexit ».

Du côté de l’opposition, Jeremy Corbyn, chef de file du Parti travailliste, a promis de tout faire pour empêcher un « hard Brexit » et a réitéré son appel à censurer le gouvernement de Boris Johnson.

Collision frontale

Corbyn doit réunir la semaine prochaine les partis de hostiles à un « No Deal » pour débattre de la stratégie à mettre en oeuvre.

« Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour empêcher ce ‘No Deal’ désastreux pour lequel le gouvernement n’a aucun mandat », a-t-il déclaré lors d’un discours prononcé à Corby, dans le centre de l’Angleterre.

Le Parti travailliste réclame aussi que le Parlement soit immédiatement reconvoqué en urgence. Pour l’heure, la rentrée parlementaire est fixée au 3 septembre, moins de 60 jours avant la date butoir fixée pour le divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

« Il y a nécessité de réunir de nouveau les Parlementaires, parce qu’il nous faut du temps pour organiser un véritable débat et une discussion sur ces sujets », a souligné dans la matinée le responsable du Labour pour les Finances, John McDonnell, ajoutant que la majorité des élus de la Chambre des communes était toujours hostile à un « No Deal ».

Une centaine de parlementaires ont signé ce week-end un appel similaire adressé à Boris Johnson.

Interrogée sur ce point, la porte-parole du nouveau Premier ministre britannique a rappelé lundi que c’était le Parlement lui-même qui avait voté son calendrier.

Une renégociation du « Withdrawal Agreement » semblant exclue, le leader conservateur, dont la majorité ne tient qu’à une voix, risque la collision frontale avec son Parlement, qui s’est prononcé à plusieurs reprises contre un « No Deal ».

Corbyn entend, lui, unifier ce front du refus par une motion de censure et la formation d’un gouvernement provisoire qui repousserait la date du Brexit et organiserait de nouvelles élections législatives.

Selon McDonnell, certains députés conservateurs pourraient se rallier à son initiative.

Dominic Grieve pourrait être l’un d’eux. « Je suis totalement prêt à coopérer avec lui et avec d’autres à la Chambre des communes pour faire en sorte que le No Deal, dont nous menace le gouvernement actuel, n’ait pas lieu », a-t-il dit à la BBC.

Pour le député conservateur, il n’est en revanche pas question que le dirigeant travailliste prenne la tête d’un éventuel gouvernement d’union nationale.

(Avec Reuters)

https://www.challenges.fr/monde/europe/brexit-boris-johnson-appelle-la-france-et-l-allemagne-a-faire-des-compromis_669700#xtor=CS4-92[Brexit+%3A+Boris+Johnson+appelle+la+France+et+l%27Allemagne+%C3%A0+faire+des+compromis]-669700

La Charte de l’Atlantique

14 AOÛT 1941 > 14 AOÛT 1941

14 août 1941

La Charte de l’Atlantique

Le 14 août 1941, tandis que l’Angleterre résiste seule à l’Allemagne nazie et que celle-ci vient d’envahir l’URSS, le président des États-Unis Franklin Delano Roosevelt et le Premier ministre britannique Winston Churchill se rencontrent à bord du navire de guerre Prince of Wales « quelque part en mer », au large de Terre-Neuve.

Ils proposent une série de principes moraux devant guider les puissances démocratiques et garantir le rétablissement durable de la paix :
• refus de tout agrandissement territorial,
• droit des peuples à choisir leur forme de gouvernement,
• libre accès de chacun aux matières premières,
• liberté des mers,
• renonciation à la force !

Le président américain veut de la sorte préparer son opinion publique, encore très réticente, à une entrée en guerre contre l’Allemagne, aux côtés de l’Angleterre et de l’URSS.

Principes virtuels

Le document signé par les deux dirigeants est connu sous le nom de Charte de l’Atlantique. Il est à l’origine de la charte des Nations Unies

Mais il semble que les généreux principes de la Charte aient été contournés dès l’année suivante, lors de la signature du traité d’assistance anglo-soviétique de Londres, le 26 mai 1942. Par ce traité d’alliance entre le Secrétaire aux Affaires étrangères Anthony Eden et son homologue soviétique Viatcheslav Molotov, le premier concède au second le droit à un glacis de sécurité et à des frontières stratégiques.

De fait, la Charte de l’Atlantique est évoquée à la conférence de Yalta, en février 1945, mais seulement pour la forme, les participants de ladite conférence – Staline le premier – n’ayant eu aucune intention de renoncer aux agrandissements territoriaux ni de laisser aux peuples le droit de choisir leur forme de gouvernement.

Alban DignatPublié ou mis à jour le : 2019-06-19 13:00:17

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