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[Documentaire] La Toile d’Araignée: le Second Empire Britannique, VOSTFR

[Documentaire] La Toile d’Araignée: le Second Empire Britannique, VOSTFR

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Comment les machines à blanchiment d’argent et les paradis fiscaux des îles Caïman et autres places financières extraterritoriales sont-ils nés ? D’où viennent les financements du terrorisme ? Comment la transparence bancaire peut-elle bénéficier à l’argent sale ? Pourquoi le Royaume-Uni est-il l’un des principaux fournisseurs de services financiers mondiaux ? Pourquoi les pays émergents restent-ils émergents et ne réussissent jamais à remonter la pente ? Quel a été l’impact financier de la Guerre du Vietnam sur le monde et quelle a été la réaction de de Gaulle ? Quels sont les mécanismes financiers de la désindustrialisation des pays de la zone atlantique ? Comment fait-on taire les lanceurs d’alerte, sommes-nous toujours en en démocratie ou n’est-ce plus qu’un mot décoratif ? Quels sont les effets des déclarations vertueuses des politiciens libéraux qui jurent, main sur le cœur, de lutter contre l’évasion fiscale, notamment en Grèce et en France ? Le capitalisme admet-il réellement la concurrence « libre et non faussée » ailleurs que dans les rapports rassurants des « think tanks » à destination des médias et du grand public ? Dans quelle mesure le contribuable lambda – vous et moi – subventionnons le secteur privé ? Comment ledit secteur privé arrive-t-il à générer des profits à partir d’entreprises typiquement étatiques comme les écoles, les routes et les ponts ? Quelle proportion des richesses mondiales est cachée dans les paradis fiscaux ?

C’est toute la face cachée de la corruption financière internationale qui va défiler devant vos yeux avec ce documentaire primé… et cette toile d’araignée englobe la France au même titre que de multiples autres pays.


Titre original The Spider’s Web, An investigation into the world of Britain’s secrecy jurisdictions and the City of London
Réalisation Michael Oswald
Production exécutive Simeon P. Roberts
Produit par Michael Oswald et John Christensen
Site officiel du film : The Spider’s Web


Synopsis du film

La Toile d’Araignée: Le Second Empire Britannique est un film documentaire qui montre comment la Grande-Bretagne est passée du statut de puissance coloniale à puissance financière mondiale.À la fin de l’empire britannique, les intérêts financiers de la City de Londres ont créé un réseau de juridictions extraterritoriales qui ont capté des richesses du monde entier et les ont cachées derrière des structures financières obscures dans un réseau de paradis fiscaux offshore. Aujourd’hui, jusqu’à la moitié de la richesse mondiale est possiblement cachée dans les juridictions offshore britanniques, et la Grande-Bretagne, avec les paradis fiscaux de ses juridictions extraterritoriales, est l’un des principaux acteurs du monde de la finance internationale. Comment cela s’est-il structuré, et quel en est l’impact sur le monde d’aujourd’hui ? C’est ce que le film se propose d’analyser.

Avec des contributions d’experts [dont notre Éva Joly nationale, Ndt] , d’universitaires, d’anciens acteurs du monde de la finance et de militants pour la justice sociale, l’utilisation de prises de vue stylisés et des images d’archives, La Toile d’Araignée révèle comment, dans le monde de la finance internationale, la corruption et le secret ont prévalu sur la réglementation et la transparence. Et le Royaume-Uni se tient au centre même de cette toile.

Traduction du synopsis et note d’introduction Entelekheia

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6 juin 2019 : commémoration ou soumission ?

6 juin 2019 : commémoration ou soumission ?

6 juin 2019 : commémoration ou soumission ?

Par Michel Geoffroy, auteur de La Super-classe mondiale contre les peuples ♦ En France on ne fait plus l’histoire : on se borne à la commémorer. Nuance. Cette fois, c’est le 75e anniversaire du débarquement de Normandie que l’on nous sert. En attendant sans doute de fêter son 80e.


Les politiques aiment bien commémorer car il leur sied de se parer du sang des autres.

Hôtes étrangers, caméras, uniformes, drapeaux, anciens combattants, énième discours présidentiel invoquant nos « valeurs »… La machine macronienne à commémorer fonctionne une nouvelle fois à plein.
Et, depuis une semaine, les médias, la presse, les télévisions, nous abreuvent d’émissions ou d’articles sur le débarquement de Normandie et de films américains vantant le sacrifice des boysvenus nous libérer.

« Il ne faut pas oublier » nous dit Emmanuel Macron. Comme il est plaisant de voir ceux qui n’ont que mépris pour « la France d’avant » et qui se plaisent à culpabiliser et à déconstruire son histoire, sa langue, sa culture et son identité, invoquer les vertus de la mémoire !

Mais en fait il s’agit, une nouvelle fois, d’une commémoration tronquée, sinon truquée. Et d’une mémoire sélective.

Une commémoration biaisée

Le débarquement de Normandie joue en effet un rôle central dans la tentative occidentale de réécrire l’histoire de la seconde guerre mondiale, en faisant des anglo-américains les principaux, sinon les seuls, artisans de la défaite de l’Axe et de la « libération » de l’Europe.

Car, au train où vont les choses, on finira bientôt par apprendre à nos enfants que ce sont les Américains qui ont battu les Allemands à Stalingrad !

Bien sûr, les soldats morts sur les plages ou dans le bocage normand comptent et méritent notre souvenir et notre respect.

Pourtant, à l’échelle européenne de la seconde guerre mondiale, ce ne sont pas les anglo-américains qui ont défait l’Axe mais bien les soviétiques. Car pour les Allemands, la vraie guerre se déroulait à l’Est, pas à l’Ouest.

Désolé pour les admirateurs du Jour le plus long [1], c’est le peuple russe qui a supporté l’essentiel de l’effort de guerre contre le troisième Reich, tant au plan des destructions que des pertes civiles ou militaires. Les pertes russes des deux guerres mondiales s’élèvent à plus d’un tiers du total des morts de la « guerre de trente ans » européenne : 1914-1945 ! Rien à voir avec les pertes anglaises ou américaines.

Des alliés peu pressés

Staline n’eut de cesse de réclamer à ses alliés l’ouverture d’un second front, pour alléger le poids de la massive offensive allemande pesant sur l’URSS depuis 1941.

Mais les anglo-américains se hâtèrent lentement : il faudra attendre la fin de l’année 1942 pour qu’ils se décident à débarquer en… Tunisie, bien loin du front russe.

Ils mettront plus de six mois pour passer en Sicile et ensuite près de 18 mois pour cheminer en Italie, alors que l’armée royale italienne a cessé d’exister depuis septembre 1943… Les anglo-américains avanceront à la vitesse de l’escargot, provoquant l’exaspération justifiée des soviétiques et l’ironie de la propagande allemande.

La principale contribution des forces anglo-américaines et du Commonwealth à la victoire sur l’Allemagne consistera d’abord à fournir aux soviétiques le matériel militaire qui leur manque après le désastre de 1941. Ensuite à couler la marine du Reich et à écraser sous les bombes les villes et les industries allemandes ou de l’Europe occupée.

Par contre, leurs performances militaires sur le terrain ne peuvent se comparer à celles de l’Armée Rouge.

Une remarquable performance logistique

Le débarquement de Normandie est certes une remarquable opération logistique. Il ouvre certes la voie à la libération du territoire national[2]. En n’oubliant pas cependant que seule l’action résolue du Général De Gaulle a permis d’éviter à la France de subir le sort d’un pays ennemi que lui réservaient nos « alliés » de l’AMGOT[3].

Mais on ne saurait passer sous silence que les Allemands considéreront toujours le front de l’Ouest comme un front secondaire. Qu’ils comptent dominer avec leurs « armes secrètes ». Ou bousculer le moment venu avec leurs troupes d’élites après l’avoir emporté à l’Est : comme ils ont presque réussi à le faire, alors que la Wehrmacht était pourtant exsangue et encerclée lors de la bataille des Ardennes. Et surtout parce qu’Hitler croit naïvement que les anglo-saxons finiront par s’opposer aux russes : c’est bien ce qui s’est passé, mais seulement une fois la défaite de l’Allemagne acquise !

Et dans ce front secondaire, les troupes débarquées s’empêtrent dans les haies normandes, que les stratèges n’avaient pas prévues. Les anglo-canadiens piétinent devant Caen pourtant réduit en cendres. Et l’essentiel des forces allemandes se replieront sur la Seine en bon ordre même si elles doivent abandonner leur matériel lourd.

C’est le drapeau rouge qui sera hissé sur le Reichstag en 1945

L’écrivain Eddie Florentin a certes publié en 1974 un ouvrage intitulé Stalingrad en Normandie [4] . Mais on ne saurait sérieusement comparer l’effroyable bataille de Stalingrad qui a duré six mois de combats urbains ininterrompus et coûté la vie à 800 000 soviétiques et à 400 000 soldats de l’Axe, avec les opérations militaires en Normandie, même les plus sanglantes.

Car, pendant que les forces qui ont débarqué en Normandie avancent précautionneusement, malgré une débauche de matériels et une supériorité aérienne écrasante, l’Armée Rouge déclenche la plus grande offensive de son histoire : l’opération Bagration qui se déploie à partir du 22 juin sur rien moins que…. 1000 kilomètres de front.

En juin 1944, le fameux « rouleau compresseur » russe se met en marche. Il ne s’arrêtera qu’à Berlin.

Car en 1944 l’Armée Rouge n’a plus rien à voir avec celle qui a plié en 1941 devant la Wehrmacht : elle s’est dotée d’un matériel moderne -elle dispose de la plus grande artillerie du monde et de chars performants -, elle est bien commandée et ses troupes sont désormais très bien équipées. Cette offensive russe conduira à l’effondrement de l’armée allemande en privant au surplus le Reich des pétroles de Roumanie, ce qui précipitera sa chute, en clouant au sol faute de carburant ses matériels.

C’est donc le drapeau rouge qui sera hissé sur le Reichstag en 1945, pas la bannière étoilée.

Une vision américano-centrée de l’histoire

De Gaulle, pourtant le chef de la France Libre, s’est toujours montré réticent vis-à-vis de la commémoration du débarquement de Normandie et pas uniquement parce qu’il avait été tenu à l’écart de ses préparatifs.

Parce que ce prurit commémoratif faisait une part trop belle à certains alliés aux dépens des autres et imposait une vision hémiplégique et américano-centrée de l’histoire.

Mais la France macronienne, otanisée et américanisée, qui diabolise au surplus la Russie de Valdimir Poutine pour complaire à son suzerain, n’a manifestement plus cette réserve.

Emmanuel Macron, le président de la start-up nation n’a-t-il pas déclaré, en anglais évidemment,« We know what weo we to you veterans. Our freedom »(en français, «Nous savons ce que nous vous devons, anciens combattants. Notre liberté.»)La liberté, ce ne peut bien sûr être l’affaire des Russes !

Ce soir, FR3 nous repassera donc, pour notre édification, Il faut sauver le soldat Ryan, le blockbuster gnangnan de Steven Spielberg .

Pour voir ou revoir sur nos écrans Quand passent les cigognes, le chef d’œuvre du russe Mikhail Kalatosov, primé au festival de Cannes en 1958, il faudra attendre…

Michel Geoffroy
07/09/2019

[1] Film américain à grand spectacle réalisé par Darryl F. Zanuck, d’après le livre éponyme de Cornelius Ryan et sorti en 1962

[2] Mais la libération de Paris n’entrait pas dans les plans des alliés et dû être imposée par les FFL

[3] Allied Military Government of Occupied Territories

[4] Presses de la Cité

Source : Correspondance Polémia

Crédit photo : Domaine public

Michel Geoffroy

Michel Geoffroy, ENA. Essayiste, contributeur régulier à la Fondation Polémia ; a publié en collaboration avec Jean-Yves Le Gallou différentes éditions du “Dictionnaire de Novlangue”.

Le secrétaire d’État britannique à l’Environnement, à l’Alimentation et aux Affaires rurales, Michael Gove, a été vu devant le Cabinet Office à Londres, en Grande-Bretagne, le 14 mai 2019. REUTERS / Hannah Mckay

Le secrétaire d’État britannique à l’Environnement, à l’Alimentation et aux Affaires rurales, Michael Gove, a été vu devant le Cabinet Office à Londres, en Grande-Bretagne, le 14 mai 2019. REUTERS / Hannah Mckay

LONDRES (Reuters) – Le ministre britannique de l’Environnement, Michael Gove, l’un des favoris du remplacement de la Première ministre, Theresa May, a déclaré qu’il n’avait pas rencontré le président américain Donald Trump mercredi, mais qu’il avait échangé quelques mots avec lui lundi.

Les médias locaux ont rapporté que Trump avait demandé à rencontrer Gove et un autre candidat au poste de Premier ministre, Jeremy Hunt.

«J’ai bien peur de ne pas l’avoir vu aujourd’hui», a déclaré Gove à un comité de législateurs. « J’ai eu l’occasion de dire quelques mots au président lundi soir », a-t-il ajouté, évoquant un banquet organisé par le dirigeant américain.

Reporting par Elizabeth Piper, édité par Kylie MacLellan

Face aux Etats-Unis et à la Chine, l’ambition d’une Europe souveraine

Face aux Etats-Unis et à la Chine, l’ambition d’une Europe souveraine

« La construction européenne repose sur la confrontation puis le compromis franco-allemand »

Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances français

Mardi 21 mai 2019, au ministère des finances

C’était les derniers jours de la campagne pour les élections européennes. Les ministres du gouvernement d’Edouard Philippe étaient à l’offensive pour soutenir la liste « Renaissance » créée pour poursuivre, au parlement européen, l’action du président de la République, Emmanuel Macron. Ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire a fait sa part du travail. Sans réticence car l’empoignade sur l’avenir de l’Union européenne s’inscrit dans sa vision et dans ses ambitions politiques.

En mars 2019, l’ancien secrétaire d’Etat aux Affaires européennes (2008-2009) et ministre de l’agriculture (2009-2012) a publié un essai de cent pages au titre provocateur Le nouvel empire, l’Europe du XXI° siècle. Il y explique que l’Union européenne, en temps que projet politique, est menacée de disparition si elle ne s’affirme pas comme une puissance technologique, dans un monde dominé par l’affrontement économique et stratégique entre les Etats-Unis et la Chine.

Bruno Le Maire a développé cette analyse en recevant, mardi 21 mai 2019, dans son ministère, vingt-cinq journalistes de l’Association de la presse diplomatique française (APDF), que je préside. Un entretien d’une heure et demi dont je donne ici d’importants extraits, en les organisant parfois dans une chronologie différente de celle de la conversation. Nourris par ses négociations et discussions incessantes avec ses homologues, ministres de l’économie et des finances d’Europe et du vaste  monde, ils éclairent les ressorts de son action sur la scène européenne.

« Etats-Unis-Chine, le moment de vérité »

« L’élection du 26 mai est décisive pour trois raisons », commence-t-il. « D’abord à cause du bouleversement géopolitique en cours, le plus important depuis 1989. Entre les Etats-Unis et la Chine, c’est le moment de vérité. L’enjeu stratégique est clair : les Etats-Unis ne veulent pas que la Chine assure sa domination sur le monde au XXI° siècle, ils s’y opposeront de toutes leurs forces ».

« La Chine, à l’inverse, veut remplacer l’ordre multipolaire qui a émergé après la Seconde guerre mondiale, au moment des accords de Bretton Woods. Elle veut en imposer un autre, fondé sur son concept de ‘Nouvelles routes de la soie’. Elle veut une traduction politique et stratégique de son emprise économique. Ses moyens financiers sont extrêmement puissants. En Afrique, son agence de crédit aux exportations a des actifs plus que ceux de la Banque Mondiale ».

« Vis-à-vis de l’Europe, les Etats-Unis manifestent dorénavant leur hostilité au renforcement de la construction européenne. Ils jouent sur la division entre les Etats européens et essaient sans relâche de monter l’Allemagne contre la France et la France contre l’Allemagne. Le président Donald Trump a une obsession contre l’Allemagne, contre l’industrie automobile allemande. Il ne comprend pas la relation franco-allemande et essaie de nous séparer ».

« La Chine, elles, est dans une posture extrêmement offensive, proche de la guerre commerciale, ce qui représente aujourd’hui le premier danger pour nos emplois. Elle ne veut pas respecter nos règles concernant la propriété intellectuelle, par exemple. Nous sommes d’accord avec les Etats-Unis sur l’analyse de la stratégie chinoise, mais nous sommes en désaccord sur la réponse à apporter. Nous devons bien sûr décider des mesures de protection quand c’est nécessaire, comme la Commission l’a fait sur l’acier. Mais nous continuons à plaider pour des négociations dans les enceintes  multilatérales comme l’Organisation mondiale du commerce ».

« L’Europe, entre la souveraineté et la soumission »

« Dans ce nouveau monde, quelle place l’Europe veut-elle accepter ? Elle a le choix entre la souveraineté et la soumission. Pour moi, les nationalistes ont fait le choix de la soumission et de la féodalisation : quand ça va mal, on se réfugie dans son fief. Or cela ne protège plus, surtout à une époque où les Etats-Unis recourent sans cesse aux sanctions extra-territoriales  et où la Chine refuse le principe de réciprocité, par exemple dans l’accès à ses marchés publics ».

« Ce n’est pas un hasard si le seul Etat membres de l’UE à avoir signé une convention bilatérale (‘Memorandum of understanding’) avec la Chine est l’Italie de Matteo Salvini. En Pologne, la tentation existe de se donner aux Etats-Unis. En Autriche, les masques sont tombés quant aux liens entre l’extrême droite et la Russie ».

« Nous, nous faisons le choix de la souveraineté. L’Europe est la troisième grande puissance planétaire. Elle n’a pas encore abattu ses  cartes car elle n’a pas été encore capable de définir ses priorités. Pour nous, la direction n’est ni la fédéralisation, ni la féodalisation, mais l’articulation des deux niveaux de souveraineté, nationale et européenne. Il ne peut y avoir de souveraineté nationale sans une souveraineté européenne ».

« Les décisions sont urgentes car le décrochage économique des pays européens avec la Chine et les Etats-Unis s’est accéléré. La souveraineté politique est liée à l’indépendance technologique. Or nous sommes plongés dans une nouvelle guerre technologique mondiale – on le voit dans le secteur des batteries de véhicules électriques. Si l’Europe ne réagit pas, elle ne sera plus à la table des puissants d’ici dix ans – le Vietnam, lui, y aura gagné sa place ! Si nous voulons rester à cette table, nous ne pourrons pas le faire individuellement, mais seulement collectivement, en tant qu’Européens. C’est une ambition politique majeure ».

« Partir des nations pour arriver à l’Europe »

« Comment l’Europe peut-elle s’affirmer ? Le premier niveau de réponse est d’ordre national. Car il faut partir des nations pour arriver à l’Europe. Je ne suis pas fédéraliste et je ne le serai jamais. Je ne crois pas en une supranationalité européenne. Il n’y aura pas d’empire européen s’il n’est pas fondé sur les nations, qui correspondent à des peuples, des cultures, des intérêts. Il faut que chaque nation s’affirme pour que l’Europe se construise ».

« En France, notre première mission est de redresser l’économie du pays et ses finances publiques. C’est une priorité nationale avant d’être une contrainte européenne. C’est la condition sine qua non pour retrouver la croissance, l’emploi et la compétitivité – à travers une politique de l’offre. Cela nous permettra d’être en position de force dans les négociations européennes, notamment en vue de la mise en place d’un budget européen. Pendant trop longtemps, nos partenaires n’ont pas compris comment nous pouvions leur donner des leçons alors que nos finances n’étaient pas en ordre ».

« Le moteur franco-allemand donne des résultats »

« Le deuxième niveau est le couple franco-allemand. C’est une relation solide, bonne, indispensable. Contrairement à ce que j’entends, ce moteur donne des résultats. On l’a vu avec la création du budget de la zone euro ou de la filière de batteries électriques« .

« Certes, ce n’est pas facile. L’essence même de la construction européenne repose sur la confrontation puis le compromis franco-allemand. Les différences entre la France et l’Allemagne remontent loin dans l’Histoire, à 1789 avec le surgissement de la souveraineté populaire en France, à l’affirmation de la Prusse, sous Bismarck. Nous nous opposons souvent sur notre conception de l’économie, du droit, de la politique. Nos différences sont innombrables, profondes, parfois insondables… Et pourtant, ça tourne !! Nous arrivons toujours à dépasser nos différences ».

« Je me souviens de ma première visite à Berlin en tant que ministre des finances. J’ai été reçu par mon homologue Wolfgang Schaüble qui m’a pris à part et m’a dit : ‘tu fais ce que tu veux, mais je te donne un conseil : ne parle pas de budget de la zone euro’. Deux ans plus tard, après des milliers d’heures de négociation, ce budget existe. Certes, son montant est faible et son but est d’aider à la convergence des économies, pas d’être un instrument de stabilisation et de solidarité entre Etats. Lorsqu’on ajoutait cet objectif dans la balance, des Etats nous faisaient défaut. C’est donc un compromis mais c’est un premier pas ».

« Idem pour l’alliance sur les batteries. C’est peut-être le plus important projet industriel européen depuis Airbus. C’est un manifeste pour l’industrie européenne, alors que la Chine a acquis une position dominante dans ce domaine. La France va investir 700 millions d’euros, l’Allemagne 1,2 milliard d’euros, pour faire émerger dette filière. Bien sûr, lorsqu’il faudra décider où sera construite la première usine, avec 1500 emplois à la clé, les négociations seront compliquées! »

« Des alliés au sein de l’Union européenne »

« Au-delà de la relation franco-allemande, la France doit aussi savoir s’associer à d’autres Etats, avoir d’autres alliés au sein de l’Union européenne. Il ne s’agit pas de créer des alliances de revers pour contourner l’Allemagne : cette stratégie ne marche jamais, je l’ai constaté quand Nicolas Sarkozy a tenté de l’appliquer au début de son mandat présidentiel – j’étais en charge des affaires européennes. Mais il faut pouvoir avancer avec d’autres pays sur des sujets qui nous paraissent importants même lorsque l’Allemagne n’est pas prête ».

« La France a des convergences naturelles avec les pays du sud de l’Europe. Mais nous devons aussi nous tourner vers les pays de l’Est, vers la Pologne qui sera demain une des grandes nations européennes, qui a un taux de croissance parmi les plus élevés d’Europe. Nous devons arrimer le plus possible les pays d’Europe centrale et orientale à notre projet européen. Nous devons écouter leurs intérêts et leurs propositions et travailler plus étroitement avec eux ».

« La France a notamment méprisé la Pologne et elle a eu tort. Elle doit désormais lui prêter une très grande attention, lui donner la considération et le respect et construire économiquement, financièrement des projets avec elle, d’autant que nous y avons des intérêts économiques majeurs. J’ai proposé qu’elle participe à l’alliance des batteries électriques, où elle pourrait se spécialiser sur le recyclage, qui est un chantier majeur. Cela ne veut pas dire que nous allons revenir en arrière sur la question de la défense de l’Etat de droit, sur certains points qui sont essentiels aussi bien en Pologne qu’en Hongrie ou ailleurs. Mais attention à l’ostracisation parce que je pense qu’elle ferait courir un danger majeur à la construction européenne dans les années qui viennent ».

« Cela dit, il faudra que nous changions les modalités de décision au sein de l’Union européenne. Il faut étendre la majorité qualifiée dans des domaines où règne aujourd’hui l’unanimité. Notamment sur la fiscalité. Dans la négociation sur la taxation du numérique, nous avions trouvé un compromis avec l’Allemagne mais nous avons été bloqué par quatre Etats qui pèsent beaucoup moins économiquement. Cela n’est plus acceptable ».

« Renforcer la zone euro »

« Aujourd’hui, la clé du renforcement économique européen, c’est la zone euro. C’est notre espace de stabilité et de puissance financière. Or l’euro n’a jamais été aussi menacé. Il y a un risque économique que l’on voit poindre avec les guerres commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. Il y a aussi un risque de surévaluation des actifs et de retour d’une crise financière. Et il y a des leaders politiques européens qui veulent la disparition de l’euro. Matteo Salvini, en Italie, clame que l’euro mourra bientôt  de sa belle mort. Il a le soutien de Marine Le Pen et d’autres conservateurs radicaux en Europe qui font le choix du retour à des monnaies nationales ».

« Nous, nous voulons renforcer la zone euro et nous présenterons avec le ministre des finances allemand, Olaf Scholz, un papier détaillé à ce sujet pour le conseil européen des 20-21 juin. La France souhaite aussi un renforcement de l’union bancaire, la création d’un ministre des finances de la zone euro pour incarner cet espace monétaire, et le développement de l’euro comme monnaie de réserve internationale – ce qui passera par un budget commun, l’union bancaire, l’union des marchés de capitaux et l’adhésion de tous les Etats membres à l’euro ».

« Le jour où l’euro sera une des principales monnaies de réserve au monde, nous ne subirons plus les atteintes à notre souveraineté que représentent les sanctions extra-territoriales américaines. Déjà, par rapport à la menace de sanctions visant toute entreprise qui commercerait avec l’Iran, nous avons développé un outil de souveraineté financière, Instex – et franchement, je ne pensais pas que l’Allemagne et le Royaume-Uni nous suivraient sur ce projet. La pression des Etats-Unis sur les Européens est extrêmement forte, au niveau des entreprises et au niveau des responsables politiques, pour que nous ne commercions pas avec l’Iran. Cela renforce notre détermination à être souverain dans notre politique commerciale. Au-delà du cas iranien, Instex a vocation à être un instrument de souveraineté globale ».

« L’autre levier de la reconquête économique et technologique européenne, c’est l’affirmation d’une politique industrielle. Il faut de grands champions européens. Pour y parvenir, il faut articuler une politique industrielle commune, une politique de la concurrence rénovée, une politique commerciale qui défende mieux nos intérêts, et une politique publique d’investissements dans les nouvelles technologies – je suis pour les aides d’Etat quand il s’agit de faire émerger des filières. Jusqu’ici, ces différentes politiques sont séparées. Il faut au contraire les coordonner les unes avec les autres. Ne plus raisonner en silo mais en réseaux. Je crois que la prise de conscience progresse dans les institutions européennes.  Il faut absolument le faire : toutes les grandes puissances ont cette stratégie ».

« Une Europe puissance »

« La vision qui sous-tend toutes ces politiques, c’est celle d’une Europe puissance, et non celle d’une Europe des marchands. La division existe encore aujourd’hui ! L’Europe puissance, il est légitime que ce soit les grandes nations européennes qui la portent, celles qui participent au conseil de sécurité de l’Onu, au G7 ou au G20. Lorsqu’on est à la table de ces grandes réunions, on voit clairement les rapports de puissance. L’Europe puissance, c’est la vision de la France mais c’est aussi celle de l’Allemagne, à sa manière. Tous les dirigeants allemands que je côtoie depuis maintenant longtemps – chrétiens-démocrates, sociaux-démocrates, libéraux, Verts – en ont pris conscience ».

« Quant au Royaume-Uni, le peuple britannique a tranché en faveur d’une sortie de l’Union. Emmanuel Macron a eu le courage de dire que plus vite,ils partiront, mieux ce sera. Faire trainer leur départ n’est bon ni pour la Grande-Bretagne, ni pour l’Union européenne. Cela crée un climat délétère. Les Britanniques veulent sortir ? Ils sortent et nos vies se séparent. Nous bâtirons, bien sûr, une nouvelle relation. Mais comme dans un divorce, il faut que l’Europe puisse, de son côté, reconstruire sa vie ».

 

Pour aller plus loin

La tribune  Pourquoi dimanche, il ne faut pas voter pour des planqués   de Pierre Defraigne, directeur exécutif du Centre Madariaga – Collège d’Europe, postée le 22 mai 2019 sur le site de La Libre Belgique.

L’article Les divisions politiques en Allemagne empêchent l’Europe de la défense d’avancer posté le 20 mai 2019 sur le blog Paris Planète.

L’article Nouvelles routes de la soie : ralentissement ou second souffle ? posté le 1° mai 2019 sur le site Asialyst et le dossier consacré à la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine sur le site Asialyst.

L’article Iran : que peut l’Europe face aux sanctions des Etats-Unis ?, posté le 3 mai 2019 sur le site Toute l’Europe.

L’article Concurrence déloyale : comme l’Europe se défend-elle face aux pays tiers?posté le 1° avril 2019 sur le site Toute l’Europe.

L’article Chine, comment les Européens veulent en finir avec le jeu de dupes, posté le 26 mars 2019 sur le blog Paris Planète.

Jean-Christophe Ploquin

 

https://paris-international.blogs.la-croix.com/face-aux-etats-unis-et-a-la-chine-lambition-dune-europe-souveraine/2019/05/25/

Brexit : cette mystérieuse réunion entre Soros, Blair et Moscovici qui embarrasse l’UE

Brexit : cette mystérieuse réunion entre Soros, Blair et Moscovici qui embarrasse l’UE

Brexit : cette mystérieuse réunion entre Soros, Blair et Moscovici qui embarrasse l'UESource: Reuters
Photomontage, de gauche à droite : George Soros, Tony Blair et Pierre Moscovici

Interrogée par le site EUobserver au sujet d’une discussion entre George Soros, Tony Blair et Pierre Moscovici lors du dernier forum de Davos, la Commission européenne en aurait caché le contenu, afin de protéger un «processus décisionnel».

Selon le site d’information EUobserver, spécialisé dans les actualités de l’Union européenne (UE), la Commission européenne aurait volontairement occulté, en partie, le contenu d’une rencontre ayant eu lieu lors du 49e Forum économique mondial de Davos entre le milliardaire George Soros, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair et le commissaire européen Pierre Moscovici. Les trois protagonistes se seraient rencontrés au sujet d’«un second référendum sur le Brexit».

Lire aussi : Tony Blair : «Il est possible – et nécessaire – que le Brexit n’ait pas lieu»

La nécessité de protéger le processus décisionnel de l’UE est plus importante que tout intérêt public

Après avoir demandé, fin janvier 2019, l’accès au contenu de cette discussion, le site EUobserver explique en effet s’être heurté à un refus partiel de la Commission européenne, celle-ci ayant répondu par courriel deux mois et demi plus tard. Citant dans un tweet la réponse de l’exécutif européen, le site d’information a ainsi écrit le 25 avril : «La nécessité de protéger le processus de décision de l’UE est plus importante que tout intérêt public, dans ce qui a été discuté à propos du Brexit.»

EUobserver

@euobs

[Exclusive] EU commission tells EUobserver in reply to an access to documents request that the need to protect the EU’s process weighs heavier than any in what was discussed on last January in .https://euobserver.com/brexit/144724 

65 personnes parlent à ce sujet

De fait, dans sa réponse adressée à EUobserver, la Commission européenne s’est opposée au fait de divulguer «certaines parties d’un document [qui] pourraient affaiblir le processus décisionnel de l’institution». Les trois hommes en question n’ont jamais caché leur position quant au choix des citoyens britanniques de quitter l’UE, allant même parfois jusqu’à jouer un rôle particulièrement actif dans la campagne anti-Brexit, qui persiste malgré le référendum de juin 2016.

Lire aussi : George Soros investit 400 000 livres et repart à l’assaut du Brexit

 

https://francais.rt.com/international/61529-brexit-mysterieuse-reunion-entre-soros-blair-et-moscovici-qui-embarrasse-union-europeenne

Aux origines de l’arme nucléaire nord-coréenne

Aux origines de l’arme nucléaire nord-coréenne

Parmi les idées fausses les plus répandues à l’étranger se trouve celle que la Russie serait responsable de l’apparition de l’arme nucléaire à  Pyongyang. Pourtant, dans la réalité, la contribution de l’URSS puis de la Russie à ce basculement géostratégique d’importance est tout à fait minime. Les puissances occidentales sont en fait les principales  responsables de l’acquisition de cette arme par la Corée du Nord.

Le programme de coopération soviétique : le réacteur IRT-2000

A l’origine, il est vrai que l’Union soviétique a effectivement fourni les premiers supports au développement du programme nucléaire nord-coréen. Après la conclusion d’un accord bilatéral de coopération dans le domaine de l’énergie nucléaire en 1965, la construction d’un  réacteur nucléaire et d’un laboratoire de radiochimie fut lancée dans la ville de Yongbyon, située à une centaine de kilomètres au nord de la  capitale du pays. Il s’agissait du projet de recherche soviétique – relativement modeste – IRT-2000. Moscou fournissait alors ce type d’aide  aux alliés du camp socialiste et aux pays en développement qui  entretenaient des relations étroites avec la «patrie du socialisme». L’IRT-2000 fut ainsi également livré au Ghana. Ce type de réacteur fonctionnait avec comme combustible, des barres de combustible d’uranium  de fabrication soviétique enrichies à 20%. Les scientifiques soviétiques avaient ainsi rendu impossible l’obtention d’une arme nucléaire à partir  de ce transfert de technologie. Les engins explosifs nucléaires nécessitent, en effet, un degré d’enrichissement de l’uranium approchant les 100% ou du plutonium. A l’instar des autres puissances nucléaires,  l’URSS a alors respecté ses obligations de non-prolifération, exception  faite uniquement pour la Chine qui, sur instructions personnelles de Nikita Khrouchtchev, a reçu toute la documentation et tous les schémas
nécessaires.

Selon les termes de l’accord bilatéral, la participation de spécialistes soviétiques aux opérations régulières de maintenance du réacteur était  obligatoire. C’était un instrument très efficace pour dissuader les Nord-Coréens d’acquérir des armes nucléaires. Si tel avait été le but de  Pyongyang il était aisé pour Moscou de suspendre l’approvisionnement en combustible nucléaire, ce qui aurait signifié l’arrêt inévitable de  l’utilisation de l’IRT-2000. En l’absence de toute velléité nucléaire de Pyongyang, l’URSS continua à fournir du carburant nucléaire jusqu’à
l’effondrement de l’URSS en 1991.

Utiliser ce type de réacteur dans le cadre d’un programme d’armement nucléaire clandestin, aurait nécessité des efforts disproportionnés pour produire la quantité requise de plutonium suffisante pour au moins une charge nucléaire. Il eut fallu remplacer les barres de combustible presque immédiatement après leur immersion dans le cœur du réacteur, alors que le réacteur lui-même aurait dû être stoppé souvent ou changer constamment les paramètres de puissance. Il est techniquement extrêmement difficile de le faire.

Les spécialistes n’auraient pas pu accumuler beaucoup de plutonium car la capacité de l’IRT-2000 n’est que de cinq mégawatts. Il faudrait plusieurs années pour produire la quantité requise de matière fissile. Cela reviendrait à utiliser une voiture plutôt qu’un navire ou un train de marchandises pour transporter une grande quantité de fret. Bien sûr, les Coréens ont utilisé le combustible irradié IRT-2000 pour extraire un certain nombre d’isotopes de samarium, d’iode, de ruthénium, etc. En 1975, ils ont même réussi à obtenir 300 grammes de plutonium. Mais cette quantité est très éloignée de la masse critique. La durée de vie de ces isotopes était très courte et ne convenait non seulement pas pour un engin explosif, mais pas même pour la réalisation d’expériences simples visant à étudier les propriétés physiques, mécaniques et chimiques de ces éléments. Soulignons tout de même que les Nord-Coréens ont reçu, par l’intermédiaire du comité compétent du Conseil de sécurité des Nations unies, l’autorisation d’acquérir du cobalt radioactif en Russie à des fins médicales. Cela prouve sans équivoque que le réacteur IRT-2000 fourni par l’ex-URSS ne fonctionne plus, et qu’incriminer la Russie sur le développement l’arsenal nucléaire nord-coréen est une contre-vérité.

« Calder Hall » : la technologie anglaise au service de Pyongyang

Comment la Corée du Nord a-t-elle pu acquérir la capacité de produire du plutonium pour ses armes nucléaires ? Le responsable de ce succès des physiciens nord-coréens est un réacteur anglais mis en service au début des années 1980. Ce dispositif n’a rien à voir avec les projets soviétiques – Pyongyang a simplement eu accès aux plans du réacteur « Calder Hall » conçu dans les années 50, et mis en libre accès pour les
membres de l’AIEA, que Pyongyang rejoint à la demande pressante de Moscou. Selon certains experts, des solutions techniques ont également été empruntées au TG-1 français.

Pourquoi le choix s’est-il arrêté sur ce type de réacteur atomique? C’est assez simple. “Calder Hall” utilise de l’uranium faiblement enrichi. Il n’est pas nécessaire d’enrichir le combustible, ce qui signifie que les riches gisements d’uranium de Corée du Nord peuvent être utilisés. En outre, il n’est pas nécessaire de purifier l’eau pour le refroidissement – un avantage considérable dans les conditions de pénurie d’énergie en Corée du Nord. La puissance du réacteur « Calder-Hall » est plusieurs fois supérieure à celle de l’IRT-2000. Dans le même temps, un certain nombre de caractéristiques montrent de manière convaincante que les Nord-Coréens ont choisi le réacteur Calder Hall précisément à cause de la possibilité de produire du plutonium, car du point de vue de la production d’énergie, ce type de réacteur n’est pas très efficace et comporte de nombreux inconvénients.

L’intérêt de ce type de réacteur est que du plutonium 239 peut y être produit. Les Nord-Coréens n’ont pas pu immédiatement construire une  quantité suffisante de l’isotope requis. Ainsi, le premier essai nucléaire  enoctobre 2006 a échoué, probablement à cause d’une quantité insuffisante d’isotope de plutonium 239. Cependant, des essais nucléaires ultérieurs ont réussis à produire une puissance de plusieurs dizaines de kilotonnes, ce qui indique que les Nord-Coréens sont parvenus à séparer le plutonium 239 des autres isotopes formés dans le réacteur.

 

Un certain nombre de questions demeurent. La plus importante est de savoir pourquoi les Anglais, sachant avec certitude que les Nord Coréens avaient reçu les plans de leur réacteur par l’AIEA, n’ont pas manifesté la moindre inquiétude à ce sujet. Appât du gain pour les ingénieurs et les compagnies anglaises, stratégie de tension, il est en tout cas évident que sans une aide occidentale, les Nord-Coréens n’auraient jamais pu acquérir l’arme nucléaire.

 

Xavier Moreau

 Directeur de STRATPOL. Saint-Cyrien et officier parachutiste, titulaire d’un DEA de relations internationales à Paris IV Sorbonne, spécialisé sur les relations soviéto-yougoslaves pendant la guerre froide. Installé en Russie depuis 15 ans, il dirige la société LinkIT Vostok. Il est l’auteur de la « Nouvelle Grande Russie » et de « Ukraine, Pourquoi la France s’est trompée ? ».

https://stratpol.com/aux-origines-de-larme-nucleaire-nord-coreenne/

Les ingrédients de la trahison du Brexit : ingénierie sociale et élections simulées

Les ingrédients de la trahison du Brexit : ingénierie sociale et élections simulées


Par Andrew Korybko – Le 10 avril 2019 – Source orientalreview.org

andrew-korybkoLes factions que l’on nomme « pouvoirs en place » au Royaume-Uni sont en train de trahir le Brexit, en employant un mélange d’ingénierie sociale et d’élections simulées, afin de fabriquer les fausses narrations qui déclament que la « décision du peuple »est de rester dans l’Union européenne.

LONDON, ENGLAND - MARCH 23: Prime Minister Theresa May leaves Downing Street on March 23, 2017 in London, England. The British Prime Minister Theresa May spoke last night after a terrorist attack took place in Westminster, saying Parliament would meet as normal today and "We will come together as normal". PC Keith Palmer and three others lost their lives in the attack and the perpetrator was shot dead by police. (Photo by Jack Taylor/Getty Images)
Theresa May sortant de Downing Street le 23 mars 2017, à Londres

Il est désormais flagrant que Theresa May, premier ministre, représente les intérêts des « puissances en place » au Royaume Uni : elle est en train de trahir le Brexit et de faire tout son possible pour empêcher la sortie de son pays de l’UE. Ses tentatives ratées d’établir un accord avec le bloc pour un soi-disant « Brexit doux » apparaissent désormais clairement pour ce qu’elles étaient : rien de plus qu’une ruse. La volonté du peuple, exprimée lors du référendum de 2016, a ainsi été renommée en « Hard Brexit », afin de faire croire à un simple report du Brexit. Et maintenant, après qu’elle a mondialement humilié son pays sur la scène internationale et rendu très compliqué artificiellement ce qui aurait pu être un divorce assez simple, elle profite de ce que cette séquence a soulevé l’opposition contre elle de son parlement pour caresser l’idée d’un second référendum, et se poser la question de purement et simplement renier l’esprit du Brexit.

On fait tranquillement croire au grand public, pendant ce temps, qu’il ne s’agit que du dernier rebondissement de son Brexit chaotique, mais il est très probable que toute la séquence de rebondissements officiels a été préparée bien à l’avance, et avant que le Royaume Uni ait dépassé la date limite de sortie de l’UE, le 29 mars 2019. La seule raison pour laquelle le peuple n’entre pas en révolte réside dans le lent pré-conditionnement qu’il a subi à accepter ce scénario, au travers des techniques d’ingénierie sociale que son propre État lui a fait subir au cours des trois dernières années. On a ainsi non seulement décrédibilisé le Brexit avant même le référendum de 2016, en le dépeignant comme un « fantasme »rêvé par des « racistes, des fascistes et des suprémacistes blancs », mais on a continué de le qualifier ainsi après le vote pour instiller le doute quant à la « moralité » de son résultat. Et cela n’a pas marché, si bien qu’on s’est mis, dans les plus hautes sphères de l’État, à activement organiser le sabotage du processus, et c’est de là que sont sorties les pitreries loufoques exécutées par madame May.

L’État s’est engagé dans une campagne soutenue d’alarmisme, semant la peur quant aux conséquences socio-économiques du Brexit, si bien que certains sondages se sont mis à suggérer que la majorité des électeurs seraient dorénavant partisans d’un « Remain » si on devait voter à nouveau, un scénario qui avait au départ été présenté comme un « fantasme » mais qui est en train de devenir réalité dans les derniers développements. L’électorat n’aurait pas atteint ces « conclusions » par lui-même, alors on l’a bien guidé sur le chemin, par des techniques d’ingénierie sociale mises en oeuvre depuis le référendum. Aucun sondage ne porte le poids politique suffisant dans une « démocratie » tant qu’il n’a pas été sanctionné par une élection en bonne et due forme, si bien que l’on parle à présent d’organiser un second référendum pour « légitimer » une fois pour toute les efforts incessants menés depuis trois ans en vue de trahir le Brexit. Et les « esprits brillants » à l’oeuvre derrière ce complot [il faut bien appeler les choses par leur nom, NdT], se moquent bien des conséquences intérieures d’aller à rebours de la volonté originelle du peuple : tout ce qui les intéresse est de bloquer le Brexit dans l’immédiateté.

La seule chance qui reste d’enrayer ce scénario serait que des membres responsables des administrations militaires, de renseignement, et diplomatiques du Royaume Uni (l’« État profond ») travaillent d’arrache-pied dans l’ombre à mettre en œuvre le Brexit, selon la volonté exprimée par la majorité des électeurs. On ne peut qu’imaginer comment cela pourrait être mis en pratique, mais cela pourrait indéniablement fonctionner, vu comme le gouvernement est manifestement divisé sur le sujet. Les forces mondialistes sont alignées avec les intérêts financiers de la City de Londres, et ne veulent pas du tout de Brexit, mais les forces patriotes, qui ont derrière elles une grande partie du pays, comprennent que la démocratie doit suivre son chemin sans prendre en compte les « regrets des électeurs », fabriqués par un processus d’ingénierie sociale. Mais les fractures géopolitiques qui fissurent le pays ont été tellement exacerbées (en particulier le sujet des « Bremainers » en Écosse) par ce sujet que l’unité même du pays se pose à présent, et ce quels que soient les prochains événements. Et peut-être bien que cela aussi répond aux souhaits des mondialistes.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-ingredients-de-la-trahison-du-brexit-ingenierie-sociale-et-elections-simulees

Les leurres de la gauche : du tiers-mondisme à Bernie Sanders

Les leurres de la gauche : du tiers-mondisme à Bernie Sanders

Bernie Sanders for President By : Phil Roeder – CC BY 2.0

Ce sont toutes les politiques ratées de la gauche archaïque, de la gauche radicale de toujours que Jeremy Corbyn, Alexandria Ocasio-Cortez et Bernie Sanders sont en train de sortir du placard des vétustés.

Par Fabio Rafael Fiallo.

Pour comprendre le phénomène, et en saisir le gâchis, il faut d’abord se mettre dans le contexte : voyager dans le temps, retourner au passé. Se placer au milieu du siècle dernier. Appréhender, enfin, l’immense espoir qui animait les peuples du tiers-monde au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

La libération des peuples était à l’ordre du jour, au cœur même du système des organisations internationales qui venaient d’être créées. En Afrique et en Asie, l’heure de la décolonisation avait sonné. Puis, en Amérique latine, les exécrables dictatures militaires (soutenues par les États-Unis en tant qu’alliés peu fréquentables, mais alliés tout de même, dans la Guerre froide qui commençait) se voyaient mises à mal par la pression des peuples et, dans certains cas, par des jeunes prêts à en découdre par la voie armée si besoin était.

Originaire d’un pays de l’Amérique latine (la République dominicaine), l’auteur de cet article, alors jeune garçon appartenant à une famille qui se battait contre l’une de ces dictatures, celle du sanguinaire Rafael Trujillo, en subissait tout naturellement la répression, et sait de quoi il parle.

L’ESPÉRANCE TIERS-MONDISTE

L’avenir s’annonçait radieux pour nos peuples. D’autant que l’on croyait savoir quoi faire : couper les liens de dépendance qui attachaient le tiers-monde aux grandes métropoles du capitalisme, extirper les privilèges engendrés par l’ordre colonial en Afrique et en Asie et néocolonial en Amérique latine, ce dernier imposé par les États-Unis. En un mot, prendre nos destins en main.

Et pour cela, nous martelait-on, il fallait assumer le contrôle des ressources économiques jusqu’alors spoliées par les grandes puissances et leurs alliés de l’intérieur. Ce qui voulait dire exproprier les principaux moyens de production (usines et terres non cultivées) afin de les mettre au service de tous. Ce qui, à son tour, voulait dire confier le contrôle et la gestion de ces moyens au parti ou mouvement qui prétendait représenter le peuple émancipé.

LE BILAN DU TIERS-MONDISME

Avec le recul du temps, on ne peut que faire une triste constatation : les ravages causés par cette approche ont été considérables. Les partis ou mouvements dits révolutionnaires ont trop souvent instauré des dictatures abominables (pas tous, heureusement, il suffit de regarder vers l’Inde). Puis, la mainmise de l’État sur les moyens de production, accompagnée de dépenses publiques astronomiques financées par la planche à billets, amena en bien des cas à la déroute économique: délabrement de l’appareil productif, hyperinflation (les cas les plus flagrants étant le Zimbabwede Mugabe, le Chili d’Allende et aujourd’hui le Venezuela de Chavez et Maduro, où le taux annuel d’inflation dépasse le million de pourcents, difficile à imaginer), dévaluations à répétition, famine, et j’en passe et des pires, devinrent le lot de multiples « expériences révolutionnaires ».

De la Chine de Mao Tse-Tung au Cuba de Fidel Castro. Du Zimbabwe de Mugabe à l’Iraq de Saddam Hussein. De l’Ethiopie de Mengistu à la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo. Sans oublier le Venezuela de Chavez et le Nicaragua de Daniel Ortega. Autant d’expériences révolutionnaires qui auront laissé derrière elles un bilan catastrophique.

LA LOURDE RESPONSABILITÉ DE LA GAUCHE

Dans cet échec, dans cette dénaturation du tiers-mondisme, la gauche, cette gauche bien-pensante qui, pour ce qui est de la France, épiloguait dans les bistrots de Saint- Germain-des-Prés, méprisant « l’ordre bourgeois » et vantant les soi-disant vertus, tantôt du modèle soviétique, tantôt de celui de Mao Tse-Tung, celle qui plus tard s’appropriait le label Indignés ou appelait à « Occupy Wall Street » et se rendait aux grand-messes altermondialistes de Sao Paulo, Porto Alegre et d’ailleurs, celle qui aujourd’hui s’autoproclame « Insoumise » en France ou « Résistance » aux États-Unis, cette gauche-là d’hier et d’aujourd’hui, donc, toujours donneuse de leçons, toujours imbue de l’arrogante certitude de représenter la cause des peuples, a une lourde part de responsabilité.

Car c’est elle qui aura soutenu, sans aucun esprit critique, la voie prise par les mouvements révolutionnaires de l’époque, ceux d’aujourd’hui aussi. C’est elle qui aura justifié les dérapages et les crimes les plus abominables, pour autant qu’ils fussent perpétrés au nom de la lutte contre le capitalisme et son centre impérial, les États-Unis.

Rien ne reflète mieux cette soumission inconditionnelle aux dogmes de la gauche que le fameux, et pitoyable, « Tout anticommuniste est un chien » d’un Sartre hébété, comme tant d’autres gauchistes de Paris et de province, par les « prouesses révolutionnaires » de Fidel Castro et Mao Tsé-Tung.

DES OCCASIONS RATÉES

Et pourtant, les choses auraient pu se passer différemment.

Côté politique, il n’y avait pas de raison pour que les mouvements de libération, ou que les luttes contre les dictatures militaires en Amérique latine, à Cuba notamment, eussent donné lieu à des régimes tyranniques. Ces mouvements politiques auraient parfaitement pu promouvoir le jeu démocratique, l’État de droit, la liberté d’expression et d’association, le multipartisme. Mais que voulez-vous, quand on pense et on affirme, comme le fit Simone de Beauvoir, que « la vérité est une, l’erreur est multiple », pourquoi se priver de prétendre incarner cette vérité unique et bannir du jeu politique les réactionnaires qui véhiculaient, par intérêt de classe ou par aliénation, l’erreur dans ses multiples avatars ?

Côté économie, rien ne disait que la quête de prospérité et de justice sociale exigeait de donner à l’État le contrôle des moyens de production. La preuve : les pays en développement qui ont joué la carte du jeu de l’offre et de la demande (Corée du Sud, SingapourHong KongChili, entre autres), et ont essayé avec succès de s’intégrer à la mondialisation capitaliste, s’en sont sortis nettement mieux que les autres.

Aussi, si le tiers-mondisme a trop de fois donné lieu à des échecs économiques, c’est parce qu’il a souvent sombré dans l’étatisme économique cher à la gauche omnisciente. Et si ce tiers-mondisme a enfanté des dictatures abominables, c’est parce que, à chaque fois, une gauche obnubilée aura justifié les dérives totalitaires des mouvements « révolutionnaires ».

LA GAUCHE DE CORBYN, SANDERS ET AUTRES MÉLENCHON

Avons-nous appris des échecs du tiers-mondisme ? Que dalle ! À en juger par les progrès réalisés par la gauche radicale au cœur des grands pôles démocratiques (Jeremy Corbyn au Royaume Uni et Bernie Sanders et ses alliés aux États-Unis), la tentation du socialisme n’a guère perdu de sa superbe.

Financement sans bornes de la dépense publique par la vieille planche à billets (cette fois-ci présentée sous le label de « théorie monétaire moderne » (modern monetary theory), en plus d’un tir nourri de réglementations et d’interdictions aberrantes au nom de l’égalité sociale et du respect de l’environnement, voilà ce que proposent, en résumé, les nouveaux porte-étendards de la gauche radicale au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Or ce ne sont pas des « réactionnaires indolents » face au malheur du peuple qui mettent en garde contre le danger de cette énième copie de la planche à billets. C’est rien de moins que Lawrence Summers, ancien secrétaire au Trésor sous la présidence de Bill Clinton, qui le dit, rejoint en cela par des analystes économiques de renom tels que Kenneth Rogoff et Mohamed El-Erian.

Cette gauche opiniâtre de Bernie Sanders et de Jeremy Corbyn n’a même pas laissé de côté l’arme fatale des expropriations – comment aurait-elle pu se passer de la coqueluche de tous les socialismes de l’Histoire ? Ce n’est pas une blague, cher lecteur. Ce sont deux conseillers clés de Bernie Sanders qui le proposent, s’inspirant qui plus est du Venezuela de Chavez (dans l’obnubilation, il n’y a pas de gêne) : David Sirota et Analilia Mejia, cette dernière étant la directrice politique de l’équipe de campagne de Sanders.

L’entichement pour Chavez et le chavisme, convient-il de le souligner, n’est pas réservé au proche entourage de ces deux socialistes. Corbyn et Sanders l’ont eux-mêmes exprimé dans le passé, plus d’une fois ; comme d’ailleurs, en France, un certain Jean-Luc Mélenchon qui, à la différence de ses homologues britannique et américain, ne démarre pas dans les sondages.

Ce sont donc toutes les politiques ratées de la gauche archaïque, de la gauche radicale de toujours, que Jeremy Corbyn et Bernie Sanders, de même que d’autres figures politiques classées à la gauche de la gauche (en premier lieu Alexandria Ocasio-Cortez, étoile montante du Parti démocrate des États-Unis) sont en train de sortir du placard des vétustés.

Décidément, chez la gauche révolutionnaire, le leurre a ses raisons que la raison ne connaît pas.

Nos dossiers spéciaux: Alexandria Ocasio-Cortez Bernie Sanders Extrême gaucheGauche radicale Jeremy Corbyn

La CIA attaque Assange en justice pour empêcher d’autres fuites

La CIA attaque Assange en justice pour empêcher d’autres fuites


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 13 avril 2019

Après l’arrestation de Julian Assange par la police britannique et le dévoilement de l’acte d’accusation américain, la question qui se pose est de savoir pourquoi les États-Unis agissent ainsi et pourquoi maintenant.

L’acte d’accusation allègue qu’Assange a « conspiré » avec Chelsea Manning en l’aidant dans sa tentative de trouver un mot de passe pour un compte qui lui aurait permis de dissimuler son vol de documents américains. Glenn Greenwald affirme que l’affaire est assez mince et constitue clairement une atteinte à la liberté de la presse. Qu’un journaliste, ou un éditeur, aide une source à dissimuler son identité fait partie du métier.

L’administration Obama, pourtant pour peu connue pour sa réticence à poursuivre les lanceurs d’alerte, avait déjà examiné le cas de « conspiration » et avait décidé de ne pas engager de poursuites.

Il est donc probable que l’affaire, telle qu’elle est maintenant scellée, n’est qu’un prétexte pour extrader Assange de Grande-Bretagne. Le but réel ne sera connu que si Assange est entre les mains des États-Unis.

Le journaliste de la sécurité nationale William Arkin, qui a quitté NBC News à cause de son bellicisme, a probablement raison lorsqu’il écrit que l’enjeu derrière tout cela est la publication par Wikileaks des outils de piratage de la CIA connus sous le nom de Vault 7.

Bien que la publication des fichiers Vault 7 ait été peu couverte par les médias, cela a sérieusement endommagé les capacités de la CIA. Arkin a écrit le 11 avril au sujet de Vault 7. Le Guardian et le Daily Beast se sont vus proposer les fichiers mais ont refusé de le publier :

La procédure judiciaire américaine, qui a complètement changé en mars 2017, est basée sur la publication, par WikiLeaks, des documents dits Vault 7, un ensemble complet de secrets sur le cyberespionnage de la CIA.

Vault 7 a été éclipsé par le scandale naissant de collusion entre la nouvelle administration Trump et la Russie, mais les 10 000 documents - environ - de la CIA que WikiLeaks a commencé à publier en mars constitue une violation sans précédent, largement plus dommageable que tout ce que ce site Web anti-secret a jamais fait, selon de nombreux responsables américains.

« Il y a eu de sérieuses alertes - y compris celles de Manning et Snowden - mais jusqu'en 2017, personne n'avait jeté le gant à l'Agence depuis des décennies », a déclaré un haut responsable des services de renseignement impliqué directement dans l'évaluation des dommages.

« Vient alors Vault 7, la quasi-totalité des archives de la cellule de piratage informatique de la CIA », explique le responsable. « La CIA a piqué une crise après la fuite. » Le responsable fait référence à une organisation peu connue de la CIA, le Center for Cyber ​​Intelligence, un équivalent obscur de la National Security Agency, qui dirige et supervise les efforts de piratage secrets menés par le gouvernement des États-Unis.

Wikileaks a acquis les fichiers Vault 7 à la fin de 2016 ou au début de 2017. En janvier 2017, l’avocat de Julian Assange a tenté de conclure un accord avec le gouvernement des États-Unis. Assange s’abstiendrait de publier certains contenus critiques des fichiers de Vault 7 en échange d’une immunité limitée et d’un canal de communication sûr avec les autorités américaines. L’un des problèmes à aborder était la recherche de l’origine des fichiers DNC publiés par Wikileaks. Des responsables américains du camp anti-Trump ont affirmé que la Russie avait piraté les serveurs de la DNC. Assange a toujours dit que la Russie n’était pas la source des fichiers publiés. Il a apporté des preuves techniques pour le montrer.

Le 23 mars 2017, Wikileaks  a publié des fichiers de Vault 7 d’un intérêt mineur.

Le ministère de la Justice US voulait un accord et a fait une offre à Assange. Mais l’intervention de Comey, alors directeur du FBI, l’a sabotée :

« Plusieurs sources me disent que l’équipe du contre-espionnage du FBI était au courant de la stratégie du ministère de la Justice et s’y était ralliée, mais ne pouvait expliquer ce qui avait motivé Comey à envoyer un message différent à propos des négociations ... »

Avec l’accord apparemment mal parti, Wikileaks a publié deux fichiers de Vault 7  : « Marble Framework » et « Grasshopper ». Ces logiciels de la CIA changeaient systématiquement l’origine du piratage pour lui donner un aspect russe ou iranien en insérant des chaînes de caractères en langue étrangère dans leur code source. La publication a prouvé que l’attribution, par la DNC, du vol et d’autres piratages à la Russie était un non-sens. La publication de ces fichiers a mis fin à toutes les négociations :

Le 7 avril 2017, Assange a publié des documents contenant des informations sur certains des logiciels malveillants de la CIA utilisés pour les cyber-attaques. Cela a eu un impact immédiat : le gouvernement américain, furieux, s'est retiré des négociations et le directeur de la CIA de l'époque, Mike Pompeo, a critiqué WikiLeaks en le qualifiant de « service de renseignement hostile ».

Un certain Joshua Schulte, le responsable présumé des fichier de Vault 7, est en détention aux États-Unis mais n’a toujours pas été présenté à un tribunal. Il est probable que les États-Unis veulent lui proposer un marché s’il acceptait de témoigner contre Assange.

Dans un autre article, Arkin développe sa première opinion en plaçant l’affaire dans un contexte plus large :

Quelques mois auparavant, Edward Snowden et un groupe appelé Shadow Brokers avaient annoncé des fuites massives. Compte tenu de la notoriété acquise par WikiLeaks, Vault 7 a été la goutte qui a fait déborder le vase pour le gouvernement. Non seulement c'était une expérience sans précédent de piratage de la CIA, organisation qui échappait à toute faille de ce type depuis les années 1970, mais elle montrait que tous les efforts déployés par le gouvernement américain après Chelsea Manning et Edward Snowden n’avaient pas réussi à dissuader, ni à attraper, les « pirates du millénaire ».

L’attaque contre Assange ne vise pas uniquement la vengeance, bien que celle-ci en fasse partie. L’objectif plus large est d’arrêter les fuites :

La pensée des responsables gouvernementaux - actuels et anciens - auxquels j'ai parlé, est de fermer WikiLeaks une fois pour toutes - ou du moins le séparer des médias traditionnels pour le rendre moins attractif en tant que source pour les secrets du gouvernement américain. Ce sera au moins un pas vers une plus grande sécurité intérieure.

Assange sera d’abord condamné en Grande-Bretagne pour n’avoir pas respecté les règles de la liberté sous caution. Il va écoper d’environ six mois de prison. Ce n’est qu’à partir de ce moment là que le combat juridique autour de l’extradition vers les États-Unis commencera. Cela peut prendre jusqu’à trois ans.

Le plus grand espoir d’Assange pour échapper à une extradition est un changement de gouvernement en Grande-Bretagne :

Jeremy Corbyn @jeremycorbyn - 19:34 utc - 11 avril 2019
 
Le gouvernement britannique devrait s'opposer à l'extradition de Julian Assange aux États-Unis pour avoir révélé des preuves d'atrocités en Irak et en Afghanistan.

Le temps nécessaire au traitement de l’affaire d’extradition devant les tribunaux britanniques et européens est probablement suffisamment long pour permettre aux travaillistes de remporter des élections générales. Avec Jeremy Corbyn, Assange serait probablement en sécurité. C’est une raison de plus pour l’establisment transatlantique de tout faire pour empêcher une victoire de Corbyn.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/jjla-cia-attaque-assange-en-justice-pour-empecher-dautres-fuites

La fin de l’histoire, le roi est nu ! 

« ARTICLE écrit voilà 1 an .  A lire ….bien vu…. au Comité VALMY
cordialement « ombre43 »

La fin de l’histoire, le roi est nu !
Strategika51

samedi 14 avril 2018, par Comité Valmy


La fin de l’histoire, le roi est nu !

Face à l’amplitude des préparatifs de guerre et à la multiplication des déclarations hallucinantes de certains responsables US et britanniques, des pays tiers tentent une médiation entre la Fédération de Russie et la Grande-Bretagne pour tenter la liberation de militaires britanniques capturés par l’Armée syrienne lors de l’opération de la Ghouta Orientale.

Après le Koweit et la Turquie, c’est le Sultanat d’Oman qui tente de négocier avec Damas la libération des officiers britanniques capturés avec les terroristes de la Ghouta orientale.

Il s’avère que des éléments du SAS britannique dont des officiers du 22e bataillon aient été tués avec des dizaines de terroristes entre Saqba et Douma, au coeur de la Ghouta orientale. Les survivants ont été capturés avec armes et bagages et se trouvent actuellement dans un endroit gardé secret.

Cette évolution fort défavorable aux britanniques a enragé au plus haut point le gouvernement britannique dont les services, impliqués dans l’ensemble des opérations clandestines de déstabilisation de gouvernements étrangers, ont monté de toutes pièces l’affaire Skripal.

Bien avant cette affaire, les pays soutenant le terrorisme en Syrie ont tenté d’exploiter la thématique fort éculée des armes chimiques pour justifier l’agression de la Syrie et y induire un changement de régime. L’accusation contre Damas a été maladroitement déviée vers Moscou. D’abord à l’Organisation pour l’Interdiction des armes chimiques (OPCW, une organisation bidon qu’il est grand temps de démanteler) à La Haye, puis, suite à la création de l’affaire Skripal et l’usage supposé d’un gaz de combat semblable au VX, dénommé Novichoc.

L’affaire Skripal a été montée par le même commanditaire qui a crée le logo et l’emblème de Daech (acronyme arabe de l’organisation terroriste baptisée « État Islamique en Irak et au Levant ») et créé, financé et conseillé l’organisation terroriste déguisée en organisation de secours civil en zone rebelle connu sous le nom quasi-angélique de « Casques Blancs » ou « White Helmets ». Une sorte d’Armée du Salut armée et n’hésitant point à sacrifier des enfants kidnappés à leurs parents pour filmer des mises en scène macabres en 4K.

Les Casques blancs ont reçu l’ensemble de leurs équipements en un seul lot et beneficient d’un financement assez important pour une force de défense civile en zone rebelle. Ils sont soutenus par l’ensemble de l’appareil gigantesque de propagande universelle dont Hollywood, laquelle leur a décerné un Oscar pour quelques prises de vue.

La seconde association est encore plus flagrante dans son caractère artificiel et factice : la SAMS ou la Syrian American Medical Society dont tous les membres fondateurs sont des transfuges n’est plus à présenter.

On ne sait pas jusqu’à présent les circonstances ayant entouré la mort et la capture des miltaires britanniques en Syrie, encore moins qui les a encerclé. Mais ce qui demeure certain est que c’est la première fois depuis la guerre froide qu’un pan de mensonges épais s’abat avec autant de fracas, ôtant toute légitimité aux pseudo-démocraties du monde autoproclamé libre (une chimère de propagande sous forme d’euphémisme) de proclamer haut et fort des valeurs démocratique alors qu’en réalité ce ne sont, au mieux que des dictatures déguisée gouvernées par des oligarchies restreintes semant le chaos et la guerre à des fins d’hégémonie et pour le profit.

La Grande-Bretagne n’est plus qu’un outil émoussé.

Le roi est nu. Reste le fou !

Le Grand jeu se termine. Reste à savoir comment et si jamais nous sortirons indemnes de cette véritable fin de l’histoire.

Strategika51
13 avril 2018

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article9782

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Revue de presse nationale et internationale.

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