Archives pour la catégorie Angleterre

Salisbury : le couple hospitalisé a été exposé au Novitchok selon la police britannique

Salisbury : le couple hospitalisé a été exposé au Novitchok selon la police britannique

Salisbury : le couple hospitalisé a été exposé au Novitchok selon la police britannique© Henry Nicholls Source: Reuters
Policiers près d’Amesbury

Le chef de la police antiterroriste, associée à l’enquête ouverte après l’hospitalisation de deux personnes à Salisbury, a affirmé ce 4 juillet que les deux individus avaient été exposés à la même substance que Sergueï Skripal et sa fille.

Les deux personnes hospitalisées dans un état critique à l’hôpital même où Sergueï Skripal et sa fille avaient été traités après leur empoisonnement ont bel et bien été exposées à du Novitchok. C’est ce qu’annonce ce 4 juillet Neil Basu, le chef de la police antiterroriste britannique, associée à l’enquête, à titre «procédural».

Selon lui, aucun élément ne permet de conclure que les deux victimes aient pu être délibérément prises pour cible. Il a en outre précisé que la police ignorait pour l’instant par quels moyens ils avaient pu être exposés au Novitchok.

Les deux victimes, une femme et un homme, tous deux âgés d’une quarantaine d’années, ont été retrouvés inconscients le 30 juin dans une habitation de Muggleton Road, à Amesbury, tout près de Salisbury.

Le 4 mars dernier, Sergueï et Ioulia Skripal avaient été retrouvés inconscients sur un banc et hospitalisés dans un état critique à Salisbury. Victimes d’une tentative d’empoisonnement à l’agent innervant, ils avaient été soignés plusieurs semaines avant de quitter l’hôpital en bonne santé.

Londres, par la voix de son Premier ministre Theresa May, avait immédiatement pointé la responsabilité de Moscou dans cette affaire mais n’en a pas apporté les preuves. La Russie a nié toute implication, et, le 15 juin dernier, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe, Maria Zakharova, a directement mis en cause les dirigeants du Royaume-Uni. «Toute l’affaire a été organisée par le gouvernement de Theresa May, afin d’atteindre des buts de politique intérieure et de prouver, apparemment, que la Grande-Bretagne était aux avant-postes en matière de politique étrangère», a déclaré la porte-parole, qualifiant cette affaire de «provocation».

Cet événement a engendré une crise diplomatique sans précédent entre les deux pays et une vague d’expulsions croisées de diplomates de la part du Royaume-Uni et de ses alliés d’une part, et de la Russie d’autre part.

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Quatre mois après Skripal, deux autres cas suspects à Salisbury

EUROPE

Quatre mois après Skripal, deux autres cas suspects à Salisbury

© Ben Stanstall, AFP | Lors de l’affaire Skripal, en mars à Salisbury, la police scientifique avait conclu qu’un agent innervant avait été utilisé.

Texte par FRANCE 24 https://platform.twitter.com/widgets/follow_button.bed9e19e565ca3b578705de9e73c29ed.fr.html#dnt=false&id=twitter-widget-0&lang=fr&screen_name=France24_fr&show_count=false&show_screen_name=false&size=m&time=1530711341476

Dernière modification : 04/07/2018

Un homme et une femme ont été hospitalisés après avoir été exposés à une « substance inconnue », a annoncé la police mercredi, près de Salisbury, où Sergueï Skripal et sa fille Ioulia avaient été victimes d’une tentative d’empoisonnement en mars.

Deux personnes ont été hospitalisées dans un état critique à l’hôpital de Salisbury, en Angleterre, après avoir été exposées à une « substance inconnue » à Amesbury, à quelques kilomètres du lieu où l’ex-espion russe Sergueï Skripal avait été victime d’une tentative d’empoisonnement en mars.

Les deux patients « reçoivent un traitement pour une exposition présumée à une substance inconnue à l’hôpital de Salisbury », a précisé, mercredi 4 juillet, dans un communiqué, la police du comté de Wiltshire, qui dit considérer l’évènement comme un « incident majeur ».

Les deux personnes, un homme et une femme, toutes deux quadragénaires, ont été retrouvées inconscientes samedi 30 juin dans une habitation dans la ville d’Amesbury, dans le sud de l’Angleterre, située à une dizaine de kilomètres de Salisbury, où Sergueï Skripal et sa fille Ioulia avaient été exposé à un agent innervant en mars. Les deux patients « sont dans un état critique », a affirmé la police.

>> À lire aussi : L’affaire Skripal résumée en 4 actes

La police avait initialement émis l’hypothèse d’une contamination liée à l’absorption d’héroïne ou de crack, mais elle a précisé que des tests complémentaires avaient désormais lieu « pour établir la nature de la substance qui a conduit ces patients à tomber malades ». « Nous gardons un esprit ouvert quant aux circonstances de l’incident (…). Il n’y a pas de raison de penser que cela soit lié » à l’affaire Skripal, , a-t-elle ajouté. Des échantillons ont été amenés au laboratoire militaire de Porton Down pour être testés.

Déploiement policier renforcé à Amesbury et Salisbury

Plusieurs cordons de sécurité ont été mis en place dans des endroits où auraient pu se rendre les deux quadragénaires auparavant. Le déploiement policier a également été renforcé dans les villes d’Amesbury et Salisbury.

« Nous sommes tous très perplexes et choqués », a confié le secrétaire de l’église baptiste d’Amesbury, Roy Collins. « Bien sûr, le lien avec Salisbury et les événements récents entraîne un intérêt public accru. Il y a des inquiétudes ».

L’agence de santé publique Public Health England (PHE) a estimé que cet évènement ne posait « pas de risque sanitaire significatif pour le grand public ». Cet avis sera « continuellement réévalué, en fonction des informations connues », a prévenu un porte-parole de PHE cité par l’agence Press Association.

Le 4 mars dernier, Sergueï et Ioulia Skripal avaient été retrouvés inconscients et hospitalisés dans un état critique à Salisbury.  Ils avaient été soignés plusieurs semaines avant de pouvoir quitter l’hôpital. Londres a pointé la responsabilité de Moscou dans cette tentative d’empoisonnement.

Cet évènement avait abouti à une crise diplomatique entre les deux pays et à une vague d’expulsions croisées de diplomates de la part du Royaume-Uni et de ses alliés d’une part, et de la Russie d’autre part.

Avec AFP

http://www.france24.com/fr/20180704-angleterre-amesbury-salisbury-deux-personnes-empoisonnement-hopital-skripal?xtor=EPR-300-[Quotidienne]-20180704-[contenu]-1044053310412

Le prince William parle des Territoires palestiniens comme un « pays »

Le prince William parle des Territoires palestiniens comme un « pays »

Le prince William rencontre le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah en Cisjordanie occupée, le 27 juin 2018 / © POOL/AFP / Alaa BADARNEH

Sa visite se veut apolitique, mais le prince William a paru bousculer mercredi le langage diplomatique usuel en qualifiant les Territoires palestiniens de « pays », lors de sa rencontre avec le président Mahmoud Abbas à Ramallah.

Après avoir été reçu par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu la veille à Jérusalem, le duc de Cambridge poursuivait en Cisjordanie, occupée par Israël, la première visite officielle d’un membre de la famille royale en Israël et dans les Territoires palestiniens.

Ses premiers mots pour le président palestinien ont dénoté avec le discours communément employé par les diplomates occidentaux confrontés aux complexités linguistiques du conflit israélo-palestinien.

« Merci de m’accueillir, et je suis très heureux d’une collaboration aussi étroite entre nos deux pays, et des succès enregistrés dans les domaines de l’éducation et de l’humanitaire », a-t-il dit, parlant sans notes.

La communauté internationale se garde généralement de se référer aux Territoires palestiniens comme à un Etat ou à un pays.

L’Assemblée générale des Nations unies a accordé en 2012 le statut d’Etat observateur non-membre à la Palestine. Les Territoires palestiniens sont censés composer un jour l’Etat indépendant auquel aspirent les Palestiniens.

Aucun commentaire n’a été obtenu dans l’immédiat des Affaires étrangères britanniques ou des services du prince.

En 2016, une députée de la droite israélienne s’était attirée les protestations en donnant l’impression de remettre en question l’existence du peuple palestinien parce que la lettre P n’existerait pas en arabe et que la Palestine serait un nom d’emprunt.

Une partie de la droite est hostile à la création d’un Etat palestinien, et certains membres du gouvernement israélien sont favorables à l’annexion d’au moins une partie de la Cisjordanie.

La visite du prince William a lieu alors que l’horizon de la paix n’a pas paru plus bouché depuis longtemps et pour le duc de Cambridge, l’exercice diplomatique est délicat.

Des membres de la droite israélienne ont critiqué le fait que la partie de la visite du prince à Jérusalem-Est et dans la Vieille ville jeudi était présentée par les Britanniques comme se déroulant en Territoires palestiniens occupés.

L’annexion de Jérusalem-Est par Israël n’a jamais été reconnue par la communauté internationale, qui considère Jérusalem-Est comme territoire occupé.

(©AFP / 27 juin 2018 17h18)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Le-prince-William-parle-des-Territoires-palestiniens-comme-un-pays/931418.rom

La circulation reprend dans le tunnel sous la Manche après une panne de plusieurs heures

La circulation reprend dans le tunnel sous la Manche après une panne de plusieurs heures

Aucun train n’avait été bloqué sous le tunnel avec des passagers.

Une vue aérienne du terminal de Coquelles, près de Calais (Pas-de-Calais), le 16 août 2016.
Une vue aérienne du terminal de Coquelles, près de Calais (Pas-de-Calais), le 16 août 2016. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Le bout du tunnel. La circulation dans le tunnel qui relie la France à la Grande-Bretagne a pu reprendre dimanche 24 juin en début d’après-midi après une panne électrique qui avait conduit à l’interruption totale du trafic dans les deux sens pendant plusieurs heures.

« Le service a repris, les premiers Eurostar ont pu rentrer dans le tunnel », a indiqué un porte-parole du groupe Eurotunnel, qui exploite le tunnel sous la Manche, peu avant 13h30 (heure de Paris).

Le trafic des passagers et du fret était paralysé des deux côtés depuis le milieu de la matinée. « Il y a eu une panne électrique sur le terminal côté français, nous avons donc suspendu le service côté français, et quand on suspend d’un côté, il faut aussi forcément suspendre de l’autre côté. Cela fait près de deux heures », avait expliqué précédemment la société Eurotunnel, des informations confirmées par la compagnie ferroviaire transmanche Eurostar (filiale de la SNCF) qui opère la ligne.

Une panne « extrêmement rare »

Aucun train n’avait été bloqué sous le tunnel avec des passagers. Ce type de panne, et d’une telle ampleur, est « extrêmement rare », a indiqué Eurotunnel. En octobre 2016, le trafic dans le tunnel sous la Manche avait été interrompu pendant cinq heures à cause d’un problème d’alimentation électrique, mais avant cette panne il n’y avait pas eu d’événement de ce type depuis plusieurs années. Ce dimanche, environ deux trains avec des passagers partent toutes les heures de chaque côté de la Manche.

https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/la-circulation-est-interrompue-dans-le-tunnel-sous-la-manche-apres-une-panne-electrique_2817423.html#xtor=EPR-51-[la-circulation-est-interrompue-dans-le-tunnel-sous-la-manche-apres-une-panne-electrique_2817423]-20180624-[bouton]

Trump critique le G7 et réclame le retour de la Russie

Trump critique le G7 et réclame le retour de la Russie

/ © AFP / NICHOLAS KAMM

Donald Trump a appelé vendredi le G7 à réintégrer la Russie, exclue du club en 2014, nouvelle pique du président américain avant sa première confrontation collective avec les dirigeants du G7 depuis qu’il leur a imposé de nouveaux tarifs douaniers.

« Ils ont expulsé la Russie, ils devraient réintégrer la Russie. Parce que nous devrions avoir la Russie à la table de négociations », a-t-il dit, avant de quitter Washington vendredi matin. La Russie avait été exclue après l’annexion de la Crimée, après 16 ans d’appartenance au groupe.

Le dirigeant américain, qui a atterri au Québec, est le dernier à arriver au sommet du club des sept économies les plus développées du monde, saint des saints de la coordination multilatérale.

Et il sera le premier à quitter la Malbaie, pittoresque ville québécoise surplombant le Saint-Laurent, samedi matin pour rallier Singapour où se déroulera le 12 juin son sommet historique avec Kim Jong Un.

La remarque du président américain sur la Russie a déclenché une première fissure dans le bloc européen. Le président du conseil europeén, Donald Tusk, en a rejeté l’idée lors d’un point presse à La Malbaie, reprochant par ailleurs à Donald Trump de défier l’ordre international.

Mais le nouveau président du conseil italien, Giuseppe Conte, a approuvé: « Je suis d’accord avec le président Trump: la Russie devrait revenir dans le G8. C’est de l’intérêt de tous », a écrit dans un tweet le chef du gouvernement populiste, dont c’est la première réunion internationale.

« Essayons déja de produire des solutions à sept », a de son côté balayé l’Elysée.

Le président américain s’est en réalité montré plus concentré sur le sommet de Singapour.

« Je partirai peut-être un peu plus tôt, ça dépend de ce qui se passe », a aussi lâché M. Trump.

Face aux six autres dirigeants du G7, il n’a visiblement aucune intention de fléchir.

« L’Union européenne nous traite très mal, le Canada, très mal », a-t-il dit à Washington.

Sur Twitter, il a répliqué vertement au Premier ministre canadien, Justin Trudeau, qui avec le président français Emmanuel Macron, en visite au Canada depuis mercredi, a ouvertement critiqué le repli protectionniste de l’Américain.

« Merci de dire au Premier ministre Trudeau et au président Macron qu’ils imposent aux Etats-Unis des taxes massives et créent des barrières non-tarifaires », a-t-il tweeté.

« Quand tout sera remis à plat, nous serons de nouveau amoureux », a ironisé Donald Trump, qui ne verra que MM. Trudeau et Macron en tête-à-tête au cours de son séjour canadien.

– Front européen –

Justin Trudeau accueillera ses homologues à partir de 11H45 (15H45 GMT).

Les quatre Européens –Emmanuel Macron, Angela Merkel, Theresa May et Giuseppe Conte– se réunissaient juste avant le début, dans le but initial de créer un front uni contre la politique commerciale unilatérale de Washington.

« Je suis convaincu que l’Europe tiendra son unité et la tiendra dans la durée sur ces sujets », a affirmé Emmanuel macron.

Mais sur la question du commerce, reste à savoir jusqu’où iront le Japon, qui tente par ailleurs de ne pas être marginalisé dans les négociations entre Washington et la Corée du Nord, ainsi que le nouveau gouvernement italien populiste et l’Allemagne, plus exposées aux représailles commerciales que d’autres Européens.

– Déclaration finale ? –

Ottawa croit toujours possible d’élaborer un consensus sur trois thèmes: la pollution plastique des océans, l’éducation des filles, et la lutte contre les ingérences étrangères dans les processus démocratiques.

Mais c’est le commerce qui occupera véritablement les débats.

L’Union européenne a déposé une plainte contre les Etats-Unis devant l’Organisation mondiale du commerce, et préparé des droits de douanes contre des produits américains comme le bourbon, le beurre de cacahuète ou les motos.

Mais ces représailles ne sont pas encore entrées en vigueur, les Etats membres devant s’entendre sur la liste… or l’Allemagne pourrait préférer la prudence, craignant que Donald Trump ne surtaxe prochainement les automobiles étrangères.

Vendredi, après les habituels déjeuner de travail, photo de famille, séances de groupe et rencontres bilatérales, les sept dirigeants dîneront dans l’intimité d’un chalet québécois typique.

Une centaine de manifestants anti-capitalistes et anti-police ont tenté vendredi de bloquer une autoroute à la sortie de Québec avant l’intervention des forces de l’ordre. D’autres manifestations sont prévues à Québec, à 140 km de La Malbaie.

Samedi, le suspense diplomatique concernera la traditionnelle déclaration finale du sommet. Si cette fois aucun texte commun ne pouvait être signé par les Sept, il est possible que Donald Trump s’en accommode parfaitement.

(©AFP / 08 juin 2018 17h04)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Trump-critique-le-G7-et-r-clame-le-retour-de-la-Russie/925695.rom

L’empire entre dans sa phase de folie furieuse

L’empire entre dans sa phase de folie furieuse


Par John Wight – Le 22 mai 2018 – Source Russia Today

La belliqueuse rhétorique de Mike Pompeo contre Téhéran ne laisse plus aucun doute sur le fait que Washington est en train de devenir le renégat du monde.

Le discours de Pompeo, prononcé en qualité de secrétaire d’État, témoigne d’un mépris flagrant pour l’intégrité des traités internationaux et le respect du droit international. Il démontre également que les derniers vestiges de crédibilité dont jouissent les États-Unis sont en lambeaux devant un monde fatigué, lassé d’une administration Trump qui, par ses caprices et ses menaces continuelles, ressemble plus à une famille mafieuse new-yorkaise qu’à un gouvernement respectable et responsable.

Avec le retrait de Donald Trump du Plan d’action global conjoint (JCPOA), mieux connu sous le nom d’accord sur le nucléaire iranien, son administration s’est engagée sur la voie d’un conflit contre l’Iran, en collaboration avec ses alliés régionaux, Israël et l’Arabie saoudite. Ensemble, ils forment un axe d’agression qui met en péril la stabilité de la région, avec des conséquences potentiellement graves pour le reste du monde, compte tenu de l’appel d’air qu’un tel conflit régional apporterait à l’extrémisme et au terrorisme mondial.

Ce retrait crée également un dangereux précédent à un moment où il faudrait trouver une solution pacifique à la crise en cours en Ukraine et assurer le succès du processus inachevé de paix et de réconciliation dans la péninsule coréenne.

Ainsi, les conséquences désastreuses de la puissance effrénée de l’hégémon impérial qui trône à Washington n’ont jamais été aussi manifestes, avec sa volonté de dominer et de forcer par la douleur de la guerre, symptôme d’un empire qui cherche désespérément à arrêter son déclin, et dont le processus l’entraîne dans une phase de folie furieuse.

Soyons clairs : la décision de l’administration Trump de se retirer du JCPOA n’a rien à voir avec son respect par l’Iran, qui a été impeccable, et tout à voir avec le programme hégémonique de Washington à l’égard de la région − un programme hégémonique qui date d’avant Trump.

Ce sont l’Iran, la Syrie et le Hezbollah − ainsi que la Russie − qui constituent un axe anti-hégémonique, si ce n’est sur une base formelle certainement sur une base factuelle, axe qui doit être brisé. C’est pour cette raison et pour aucune autre que Trump, Netanyahou et Bin Salman ont l’intention d’utiliser la force contre l’Iran, sans tenir compte des probables résultats catastrophiques.

Ils ont perdu en Syrie, où l’effort pour renverser le gouvernement Assad a été contrecarré en grande partie par la Russie, l’Iran et le Hezbollah − aux côtés du peuple syrien et de l’armée arabe syrienne − et en réponse, ils ont l’intention de régler leurs comptes.

Où en est l’alliance transatlantique ?

Une autre victime de l’attitude de Trump envers l’Iran est l’alliance transatlantique entre Washington et ses divers alliés européens, considérée par ses partisans comme le pivot inébranlable et irremplaçable de la démocratie moderne.

L’insouciance avec laquelle l’administration Trump s’est montrée disposée à ignorer la position de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni envers l’accord iranien est révélatrice ; preuve s’il en est que la soi-disant alliance entre amis et partenaires est plutôt semblable à celle qui existait entre Rome et ses divers satellites et États clients durant les jours alcyoniens d’un ancien Empire, qui a fait l’erreur de croire que sa puissance et son existence était éternelle.

Cet aspect particulier de la crise, qui implique la perspective de sanctions américaines non seulement contre l’Iran, mais aussi contre des entreprises britanniques, françaises et allemandes opérant en Iran, reflète à quel point les néoconservateurs sont toujours au volant de la politique étrangère américaine, toute reste de façade de convenance étant maintenant abandonnée au profit d’un impérialisme brut.

Jamais l’attachement servile de l’Europe aux prétendues vertus de l’unipolarité n’a été aussi visible, avec Emmanuel Macron − l’incarnation même d’un centriste libéral confiné, un leader à qui le mot « opportuniste » va comme un gant − laissé à la rue comme le proverbial larbin après avoir été frappé par son seigneur et maître.

La réalité douloureuse du manque d’indépendance de l’Europe par rapport à Washington − indépendance du type de celle que Charles De Gaulle avait l’habitude de déclamer : « Oui, c’est l’Europe, de l’Atlantique à l’Oural, c’est l’Europe, c’est toute l’Europe qui décidera du sort du monde » − a été mise à nu. C’est un test pour l’Europe. Se courbera-t-elle face à l’arrogance et à l’attitude belliqueuse de l’administration Trump ? Ou bien s’éveillera-t-elle et émergera-t-elle, enfin, des griffes de Washington pour jouer un rôle positif et progressiste dans les affaires du monde ?

Pourtant, il est difficile d’imaginer des dirigeants d’un calibre aussi douteux que Theresa May et Emmanuel Macron ailleurs que dans les griffes de Washington, et les derniers espoirs de Macron d’avoir exercé une influence sur Trump au sujet de la Syrie sont partis en fumée. La réalité est que le président français, Emmanuel Macron, a autant de poids à Washington que l’aile d’une mouche.

Le choix de l’Europe − unipolarité ou multipolarité

Une crise est aussi une opportunité, nous disent-ils, et cette crise particulière présente l’opportunité d’un réalignement européen, forgé sur la compréhension que le facteur déstabilisateur en Europe n’est pas et n’a jamais été la Russie ; que c’est et a toujours été les États-Unis. Économiquement, culturellement et politiquement, l’identité de l’Europe a été progressivement transformée en une identité américaine, avec son culte régressif et superficiel de l’individu, d’un capitalisme sans entraves, et de la puissance en guise de loi.

Le choix qui s’offre à l’Europe est donc clair. Soit elle reste attachée au mât du navire de l’unipolarité qui coule, soit elle se joint à la Russie, à la Chine et au reste du monde pour former une alternative multipolaire, enracinée non pas dans le caprice d’un président à Washington, mais dans les principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, en particulier le respect de la souveraineté nationale et du droit international.

Pour en revenir à l’Iran, qui se trouve maintenant fermement dans la ligne de mire du changement de régime pour la seule raison qu’il refuse de s’incliner devant le diktat washingtonien, il n’y a plus moyen de ne pas prendre parti. Si les pays menacés par cette éruption de l’agression américaine ne se joignent pas les coudes, ils seront pris à parti l’un après l’autre.

L’hégémonie exige une réponse sous la forme d’une anti-hégémonie. L’avenir des générations qui ne sont pas encore nées dépend complètement de cela.

John Wight

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

http://lesakerfrancophone.fr/lempire-entre-dans-sa-phase-de-folie-furieuse

Ce n’est pas la faute de l’Europe mais la nôtre Réformons la France pour changer l’Europe

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Ce n’est pas la faute de l’Europe mais la nôtre
Réformons la France pour changer l’Europe

A l’occasion de la journée de l’Europe on a pu entendre de nombreux politiques critiquer l’Europe pour la plupart des maux qui accablent la France. Certains (situés à droite ou à gauche de l’échiquier politique) n’hésitent même pas à demander un « Frexit » selon le modèle du Brexit qui a vu la sortie du Royaume-Uni de l’Europe.

Même Emmanuel Macron a affirmé lors d’une interview accordée à une chaîne britannique qu’un référendum en France donnerait probablement le même résultat qu’au Royaume-Uni. Plus subtilement, mais tout aussi directement, le président français a critiqué la position allemande concernant les vertus du contrôle des dépenses budgétaires. A Aix-la-Chapelle, il a demandé « un budget européen beaucoup plus ambitieux (…) et une zone euro plus intégrée, avec un budget propre » feignant d’oublier qu’à la fin, ce sont les…Allemands qui règlent l’addition. « En Allemagne, il ne peut y avoir un fétichisme perpétuel pour les excédents budgétaires et commerciaux, car ils sont faits aux dépens des autres », a-t-il lancé lors de la cérémonie à laquelle assistait Angela Merkel.

Contrairement au Brexit, le « Frexit » aggraverait l’étatisation du pays

Le président français a tort. Ni l’Allemagne, ni l’Europe ne sont responsables des malheurs de la France. Et certains politiques qui invoquent le Brexit à longueur de journée oublient que le vote des Britanniques n’était pas contre l’Europe libérale mais contre l’Europe bureaucratique. D’ailleurs, les régions britanniques ayant reçu le plus d’aides européennes ont été aussi celles qui ont voté le plus majoritairement pour la sortie de l’Europe. Et celui qui a mené la campagne du Brexit – Nigel Farage – a des convictions économiques tout aussi éloignées de Mme Le Pen que de Jean-Luc Mélenchon. Pendant la campagne, il a demandé plus de libre-échange (mais sans l’Europe), des baisses d’impôts et même la suppression de l’impôt sur les successions. Connaissant les défenseurs politiques du Frexit, on peut craindre que celui-ci n’enfonce la France encore plus dans l’étatisme.

L’Europe c’est aussi plus de concurrence et plus de richesses

Car il faut reconnaître au moins un mérite à Bruxelles : plusieurs réformes libérales et en particulier l’ouverture à la concurrence des transports, des services… D’ailleurs, si le gouvernement veut imposer une réforme à la SNCF c’est parce que l’Europe l’y oblige à travers l’ouverture à la concurrence du rail. Désigner l’Europe comme bouc émissaire c’est un artifice électoral qui s’appuie sur des arguments complètement erronés. Depuis 1950 et les débuts de l’Europe, grâce à la France entre autres, le PIB de notre pays est passé de 13.2 Mds d’euros à 2 300 Mds d’euros en 2017 et celui par habitant de 4 000 euros à 39 000 euros constants. Contrairement à ce qu’affirment certains, on n’a jamais été aussi riches qu’aujourd’hui et, en très grande partie, grâce à l’Europe. Ce n’est pas de sa faute si nos gouvernements successifs n’ont pas réformé l’Etat et l’économie comme l’ont fait les autres pays. Si l’Allemagne a des excédents budgétaires et commerciaux ou si le taux de chômage des jeunes est trois fois moins élevé qu’en France c’est parce que nos voisins ont réformé l’Etat et le marché du travail. Si le Royaume-Uni se porte économiquement encore très bien avec le plein emploi c’est parce qu’elle a eu au pouvoir Margaret Thatcher d’abord, ensuite Tony Blair et David Cameron. Ce dernier a supprimé 600 000 postes de fonctionnaires en quatre ans. Si la France bat le record des prélèvements obligatoires parmi les membres de l’OCDE, ce n’est pas la faute de l’Europe, ni de l’Allemagne. Si le coût du travail est l’un des plus plus élevés (32.8 % de charges sur les salaires contre 24 % en moyenne dans la zone euro) et si les propriétaires français sont les plus taxés d’Europe (69.7 Mds d’euros prélevés par an contre 13.3 Mds d’euros en Allemagne), c’est dû uniquement à l’incompétence et à l’incurie de nos décideurs politiques.

Comme l’anti-américanisme ou l’antilibéralisme – deux sports nationaux en France – les discours anti-Europe ne font que masquer notre incapacité à voir en face nos problèmes. Cela ne veut pas dire que l’Europe n’a pas besoin de changements. Il serait bien qu’elle retrouve ses missions originelles, la défense du libre-échange et de la libre circulation tout en se débureaucratisant. Mais si l’on veut changer l’Europe, il faudra d’abord changer la France.

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Trump préfère Netanyahu à Macron. Un coup de poker aux conséquences imprévisibles

Trump préfère Netanyahu à Macron. Un coup de poker aux conséquences imprévisibles

Trump Iran

Trump préfère Netanyahu à Macron. Un coup de poker aux conséquences imprévisibles

Jean Bonnevey ♦
Journaliste.

C’est un échec pour le président Macron. Malgré la séquence des mamours, celle de la leçon professorale et diverses interventions, Donald Trump quitte l’accord nucléaire avec l’Iran. C’est de toute évidence la ligne Netanyahu qui l’a emporté, la plus anti-iranienne qui soit. Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahu, plus ferme soutien de Donald Trump dans ce dossier, a en revanche dit soutenir « totalement » une décision « courageuse ». Le royaume sunnite d’Arabie saoudite, grand rival régional de l’Iran chiite, a également affiché son « soutien ».

Il y a bien une triple entente, Israël, les usa et l’Arabie saoudite porte-parole du monde musulman sunnite, qui prend le risque d’une épreuve de force régionale avec Téhéran. Dans la guerre mondiale qui oppose le sunnisme et le chiisme, les usa ont fait leur choix. Ce sera l’islam sunnite dont, tout de même, est issu Daech. C’est une grande victoire pour les faucons américains et la droite israélienne la plus radicale. Donald Trump tient son programme et le retour de l’Amérique passe par des épreuves de force, quitte à fâcher les alliés historiques européens.

Les signataires de l’accord ont, eux, vivement exprimé leur désaccord. « La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni regrettent la décision américaine », a déclaré sur Twitter Emmanuel Macron. Dans un communiqué commun, le président français, la chancelière allemande, Angela Merkel, et la première ministre britannique, Theresa May, qui s’étaient tous trois investis en vain pour tenter de convaincre Donald Trump de rester dans l’accord, se sont dits « déterminés à assurer la mise en œuvre » du texte en « maintenant les bénéfices économiques » au profit de la population iranienne. L’annonce américaine était très attendue au Moyen-Orient, où beaucoup redoutent une escalade avec Téhéran. La Turquie a dit craindre « de nouveaux conflits ».

Le pari de Trump est clair : obtenir de l’Iran ce qu’il semble avoir obtenu de la Corée du nord par la menace verbale. Il y a cependant des différences régionales capitales.

On va attendre la vraie réaction de l’Iran. Le risque est évident : un durcissement du régime avec l’arrivée au pouvoir des ultras. Le président iranien, Hassan Rohani, qui s’était beaucoup investi dans cet accord, a accusé son homologue américain de pratiquer « une guerre psychologique ». Assurant vouloir discuter rapidement avec les Européens, les Chinois et les Russes, autres signataires de l’accord, il a averti que son pays pourrait mettre un terme aux restrictions qu’il a consenties pour ses activités d’enrichissement d’uranium. Il est affaibli et menacé. Cela risque d’avoir des répercutions en Syrie en Irak et même au Liban ou les chiites ont remporté, autour du hezbolla,h les élections législatives avec la défaite d’Hariri le candidat sauvé par Macron. Un sunnite kidnappé par nos ex alliés saoudiens.

Bombarder la Syrie avec Donald Trump pour se retrouver contre Trump sur le dossier iranien où la géopolitique sioniste mène le jeu, décidément pour le président français, l’orient s’annonce très compliqué.

https://www.polemia.com/trump-prefere-netanyahu-a-macron-un-coup-de-poker-aux-consequences-imprevisibles/

Les intérêts économiques des Européens en Iran, pays par pays

Les intérêts économiques des Européens en Iran, pays par pays

Le président américain Donald Trump montre le document ordonnant de rétablir les sanctions contre Téhéran le 8 mai 2018 à la Maison Blanche / © AFP/Archives / SAUL LOEB

Le rétablissement des sanctions américaines à l’encontre de l’Iran, annoncé par Donald Trump, pourrait avoir des conséquences économiques importantes pour les signataires européens de l’accord nucléaire de 2015. Tour d’horizon des principaux pays concernés.

Allemagne

L’Allemagne est le premier exportateur européen vers l’Iran. Elle a vu ses échanges avec la République islamique progresser depuis 2015, livrant pour 2,57 milliards d’euros de biens en 2016 (+22% sur un an), puis 2,97 milliards l’an dernier (+15,5% sur un an). Berlin y exporte surtout des machines, produits pharmaceutiques et produits alimentaires. Téhéran a de son côté vendu pour 314 millions d’euros de biens en 2016 et 410 millions l’an dernier.

Siemens, présent dans le pays depuis 1868, s’était relancé en Iran en mars 2016 en s’associant à l’iranien Mapna dans les turbines à gaz et les générateurs pour centrales électriques, puis avait signé en janvier dernier un contrat portant sur 12 compresseurs pour deux usines de traitement du gaz naturel. Daimler avait de son côté signé dès janvier 2016 des protocoles d’accord avec deux groupes iraniens pour produire et commercialiser des camions Mercedes-Benz.

Italie

Les exportations vers l’Iran ont crû en 2016 de près de 30% sur un an, dépassant 1,5 milliard d’euros. En 2017, elles ont de nouveau connu une hausse de 12,5%, à 1,7 milliard d’euros.

En janvier, l’Italie avait accordé une ligne de crédit de 5 milliards d’euros afin de soutenir les investissements italiens dans le pays.

Si le groupe Eni n’a pas, par prudence, signé d’accord avec Téhéran depuis la fin des sanctions, la société de chemins de fer Ferrovie dello stato italiane en a conclu un pour la construction de deux lignes ferroviaires à grande vitesse. Le groupe de construction navale Fincantieri a aussi signé plusieurs accords de coopération et développement.

L’AFP a également interrogé vendredi l’entrepreneur italien Alberto Presezzi, présent en Iran via une société de compresseurs et turbines, et qui se trouvait mercredi à Téhéran afin de « négocier un contrat important » lors d’un salon international.

Il a souligné que tout retard ou hésitation côté européen « donnerait un avantage aux autres acteurs, surtout aux Chinois, qui sont très agressifs dans le pays et qui se présentent avec des lignes de financement importantes ».

France

Selon une source diplomatique, les exportations tricolores sont passées de 562 millions d’euros en 2015 à 1,5 milliard en 2017, un niveau proche de celui constaté avant la mise en place des sanctions renforcées. Les importations ont elles explosé, atteignant 2,3 milliards d’euros – leur niveau le plus élevé depuis 2008 – contre 66 millions d’euros en 2015.

Depuis l’accord, Total s’est associé au groupe chinois CNPC pour investir 5 milliards de dollars dans l’exploitation du gisement South Pars. Mais pour l’heure, le groupe pétrolier n’y a pas dépensé plus de 100 millions de dollars, selon une source proche du dossier.

Le constructeur automobile PSA, qui jouit en Iran d’une part de marché de 30%, a évoqué l’an dernier un accord de distribution pour la marque DS en Iran et des discussions pour d’autres partenariats. Renault vend également ses voitures en Iran.

Royaume-Uni

Les exportations de biens du Royaume-Uni vers l’Iran ont atteint 167 millions de livres (191 millions d’euros) en 2016, un plus haut depuis 2011. Ce chiffre est toutefois bien loin de celui du début des années 2000 quant les exportations pesaient autour de 400 millions de livres. Les importations sont bien plus faibles, à 41 millions de livres en 2016.

Peu de grosses entreprises britanniques sont présentes en Iran: BP, dont les origines remontent pourtant à l’Anglo-Persian Oil Company au début du 20e siècle, n’y a ainsi aucune activité. De même pour Royal Dutch Shell, qui a toutefois signé fin 2016 des accords pour explorer la possibilité d’investissements en Iran dans des champs gaziers et pétroliers.

Selon Allie Rennison, une responsable de l’organisation patronale Institute of Directors, les entreprises britanniques ont en revanche de gros contrats en Iran dans les infrastructures, le solaire, l’ingénierie ou encore la santé.

Airbus

Le groupe européen Airbus, qui a des sites en France, en Allemagne, au Royaume-Uni et en Espagne, a pour sa part enregistré des commandes de compagnies aériennes iraniennes (Iran Air Tour, Zagros Airlines) pour 100 avions au total, dont des A320neo, valorisés à près de 10 milliards de dollars.

(©AFP / 11 mai 2018 08h19)

https://www.romandie.com/news/916898.rom

[L’enseignement de l’ignorance] Quelle est la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne en 1945 ?

[L’enseignement de l’ignorance] Quelle est la nation qui a le plus contribué à la défaite de l’Allemagne en 1945 ?

Billet en hommage aux livres de Jean-Claude Michéa (son fameux L’enseignement de l’ignorance (ou ici)) et de Jean-Paul Brighelli (La fabrique du crétin), que nous ressortons…

Voici une très intéressante étude de l’Ifop (Institut français d’opinion publique), qui est le plus ancien du pays, créé en 1938. Il a donc réalisé des sondages forts intéressants dans la période 1938-1945 dont, hélas, beaucoup ont été détruits par son fondateur Jean Stoetzel lors de l’occupation.

On apprend ainsi deux choses intéressantes.

Les accords de Munich

“À la suite de la signature des accords de Munich le 29 septembre 1938 par la France, la Grande- Bretagne, l’Italie et l’Allemagne, Jean Stoetzel réalise le tout premier sondage politique : 57 % des personnes interrogées déclarent approuver ces accords tandis que 37 % les jugent néfastes. […]

Les autres questions posées dans cette enquête apportent des éléments de compréhension sur l’état d’esprit d’un peuple pris entre deux tensions qui s’avèreront contradictoires. D’un côté, figure la crainte d’un nouvel embrasement mondial, vingt ans seulement après la fin de la Grande Guerre, qui explique cette recherche du compromis avec l’Allemagne nazie et pour finir le « lâche soulagement » après Munich. Pour 73 % des personnes interrogées, une nouvelle guerre mondiale entraînerait la destruction de la civilisation.

De l’autre côté, le sondage de l’Ifop montre que le renoncement de Munich s’accompagne désormais de fortes résolutions pour l’avenir. A la question « pensez-vous que la France et l’Angleterre doivent désormais résister à toute nouvelle exigence de Hitler, 70 % des Français répondent oui, 17 % manifestent leur opposition. Cette adhésion à l’idée que Munich doit être une sorte de « der des der » face à la politique d’expansion du Führer est majoritaire dans tous les segments de la population, à l’exception des professions libérales ainsi que des commerçants et des industriels interrogés rejetant à plus des deux tiers l’idée qu’il faut résister à toute nouvelle exigence allemande. […]

Pour autant, même après l’invasion allemande de la Bohème-Moravie, les Français, tout en prenant la mesure des menaces extérieures, refusent dans leur majorité de croire à la guerre. Seuls 37 % des personnes interrogées par l’Ifop en mai 1939 estiment que le pays sera inévitablement entraîné dans une guerre en 1939 ou en 1940 (63 % ne le pensent pas ou se disent sans opinion). Ce n’est qu’en juillet 1939 soit moins de 40 jours avant l’invasion de la Pologne par l’armée allemande et la déclaration de guerre de la France et de la Grande-Bretagne à l’Allemagne que l’on assiste à un basculement relatif de l’opinion : 45 % des interviewés (contre 34 %) pronostiquent une guerre dès
1939.

76 % considèrent que « si l’Allemagne tente de s’emparer de la ville libre de Dantzig par la force, nous devrons l’en empêcher au besoin par la force ». L’opinion était désormais prête à mourir pour Dantzig.”

Qui a le plus aidé à battre l’Allemagne ?

Un sondage mené par l’Ifop en mai 1945, sur l’ensemble du territoire français désormais libéré (et confirmant un sondage de septembre 1944 auprès des Parisiens), a montré que les interviewés apparaissent bien conscients du rapport de force et du rôle des alliés dans la guerre, et ce malgré la censure et la difficulté sous l’occupation à accéder à une information fiable.

Ainsi, une très nette majorité (57 %) considèrent que l’URSS est la nation qui a le plus contribué à la défaite allemande alors que les États-Unis et l’Angleterre, pourtant libérateurs du territoire national, ne recueillent respectivement que 20 % et 12 %.

Mais ce qui est proprement sidérant est que cette vision de l’opinion publique s’est inversée de manière très spectaculaire avec le temps, comme l’ont montré deux sondages réalisés en 1994, en 2004 et en mai 2015 :

C’est tout de même formidable : en 1945, les Français qui ont vécu sous la censure ont bien compris qui a vraiment battu l’Allemagne, mais 70 ans plus tard, c’est une Histoire totalement différente qui est dans nos esprits !

Le sondeur britannique ICM a réalisé le même sondage en 2015 dans plusieurs pays d’Europe. Voici le résultat :

Interpellant sur la notion d’Histoire, non ?

“Les vainqueurs sont ceux qui écrivent l’Histoire. C’est celle-là qui est rédigée dans nos livres d’école, pas la vraie Histoire telle qu’elle s’est déroulée, mais une Histoire qui caresse le camp des gagnants. L’Histoire a cessé, depuis longtemps d’être la somme des humanités aujourd’hui elle n’appartient qu’à une poignée d’individus.” [Maxime Chattam, Les arcanes du chaos]

Petit rappel, complétant la série précédente :

Et mieux encore, le sondage de 2004 fournit des informations surprenantes quand on regarde en détail (c’est identique en 2015) :

Les plus désinformés sont les Cadres et les Ouvriers – ceux qui ont fait le plus et le moins d’études !

Et, finalement, l’orientation politique n’a pas une énorme influence…

Tristesse…

“La manipulation des élites est encore plus facile que celle des masses.” [Jean Yanne]

En effet, quelques rappels sur les 80 millions de morts de la seconde guerre mondiale :

 morts de la seconde guerre mondiale décès pertes deuxième

Soulignons que les 25 millions de Soviétiques morts se répartissent principalement par nationalité en :

  • Russie : 14 millions (13 % de la population de 1940) – 7 M de soldats, 7 M de civils ;
  • Ukraine : 7 millions (16 %) – 1,7 M de soldats, 5,3 M de civils (NB. Il s’agit surtout des civils Ukrainiens du Centre et de l’Est, hors Galicie – sauf pour les Juifs) ;
  • Biélorussie : 2,3 millions (25 %) – 0,6 M de soldats, 1,7 M de civils.

Les pertes militaires en Europe durant la deuxième guerre mondiale :

 morts de la seconde guerre mondiale décès pertes deuxième

Et en Asie :

 morts de la seconde guerre mondiale décès pertes deuxième

Et le total des morts militaires par pays :

Ainsi :

 morts de la seconde guerre mondiale décès pertes deuxième

Ceci est cohérent avec la répartition des divisons de l’armée allemande :

___Front Est _Front Ouest _Autres
1942: 179(79%) 38(17%) 9(4%)
1943: 187(73%) 50(20%) 19(7%)
1944: 165(60%) 86(31%) 23(9%)

P.S. L’étude complète de l’IFOP :

https://www.youscribe.com/BookReader/IframeEmbed?productId=2457203&documentId=2434260&token=&width=590&height=886&startPage=1&displayMode=scroll&fullscreen=0