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Le Kremlin tempête contre les sanctions « inadmissibles » de Washington

Le Kremlin tempête contre les sanctions « inadmissibles » de Washington

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, à Moscou, le 27 mars 2017 / © POOL/AFP/Archives / SERGEI KARPUKHIN

« Inadmissibles », « inamicales », « illégales »: le Kremlin a vivement dénoncé jeudi l’annonce des Etats-Unis de nouvelles sanctions économiques contre la Russie en lien avec l’empoisonnement à l’agent innervant Novitchok au Royaume-Uni, qui font craindre une nouvelle escalade entre Moscou et Washington.

Moins d’un mois après les échanges d’amabilités pendant le sommet d’Helsinki entre Donald Trump et Vladimir Poutine, l’heure est de nouveau à la confrontation.

La Russie a d’ores et déjà averti qu’elle préparait une réplique à ces mesures punitives liées à l’empoisonnement début mars à Salisbury, au Royaume-Uni, de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia.

« Nous considérons comme absolument inacceptable l’annonce de nouvelles restrictions en lien avec l’affaire de Salisbury et les considérons comme illégales », a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. « Nous démentons encore une fois de la manière la plus catégorique toutes les déclarations sur une quelconque implication de la Russie ».

M. Peskov a qualifié les Etats-Unis de « partenaire imprévisible », mais ajouté « garder l’espoir de relations constructives avec Washington »: « Ces relations ne sont pas seulement dans les intérêts de nos deux peuples, mais aussi de la stabilité et de la sécurité dans le monde ».

L’annonce de nouvelles sanctions a provoqué un coup de froid jeudi à l’ouverture des marchés financiers russes, les indices boursiers chutant et la monnaie russe tombant à son plus bas niveau en deux ans face au dollar, avant un retour au calme progressif en cours de journée.

Le ministre des Finances Anton Silouanov a assuré que le gouvernement et la banque centrale disposaient de « tous les instruments nécessaires pour garantir la stabilité financière », relevant que l’économie russe était devenue « ces dernières années bien plus résistante aux chocs extérieurs ».

La Russie est soumise à des sanctions occidentales de plus en plus strictes depuis l’annexion de la Crimée en 2014, contribuant avec la chute des prix des hydrocarbures à provoquer deux ans de récession dont elle est sortie fin 2016.

Les Etats-Unis n’ont cessé de renforcer leur arsenal ces dernières années sur fond d’accusations d’ingérence russe dans les élections américaines, ce malgré les promesses de réconciliation de Donald Trump.

– Menace d’une deuxième salve –

L’empoisonnement confirmé de l’ex-agent double et de sa fille par leur exposition au Novitchok, un agent neurotoxique mis au point par l’Union soviétique à la fin de la Guerre froide, avait été attribué par Londres au gouvernement russe, qui avait nié toute implication et demandé des preuves.

Une Britannique de 44 ans, mère de trois enfants, est ensuite morte le 8 juillet après avoir été exposée à un poison contenu dans un flacon de parfum. La police britannique a établi qu’elle avait également été exposée au Novitchok.

Londres a salué les nouvelles mesures américaines comme « un message univoque à la Russie que son attitude impétueuse ne restera pas sans réponse ».

A Moscou, le ministère des Affaires étrangères a accusé Washington d’avoir « sciemment choisi le chemin de la confrontation dans les relations bilatérales qui sont déjà pratiquement réduites à zéro par ses propres efforts ».

Par la voix de sa porte-parole Maria Zakharova, il a averti qu’une riposte serait mise au point.

Les sanctions envisagées par Washington, qui portent sur l’exportation de certains produits technologiques, comme des appareils ou de l’équipement électroniques, pourraient coûter « des centaines de millions de dollars » à l’économie russe, a indiqué un responsable américain ayant requis l’anonymat.

En cas de non respect de ces exigences, une deuxième salve de sanctions « draconiennes » serait décrétée, a poursuivi ce responsable, notant qu’elles pourraient aller jusqu’à interdire les aéroports américains aux compagnies aériennes russes ou même suspendre les relations diplomatiques entre les deux pays.

La première vague ne devrait avoir qu’un effet « limité à modéré », mais « ces sanctions montrent que les milieux de la sécurité nationale américaine restent capables de faire avancer une politique de confrontation envers la Russie », ont commenté les experts de la société de conseil spécialisée dans les relations internationales Eurasia Group.

Dès mercredi, les marchés russes avaient chuté après des articles de la presse russe faisant état de la volonté de parlementaires américains de s’attaquer à la dette de l’Etat russe.

(©AFP / (09 août 2018 15h36)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Le-Kremlin-temp-te-contre-les-sanctions-inadmissibles-de-Washington/944043.rom

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Les non-dits des accusations anglo-saxonnes contre la Russie

Les non-dits des accusations anglo-saxonnes contre la Russie

La Russie de Vladimir Poutine est-elle un Far West où le Pouvoir peut dépouiller un milliardaire de sa fortune, comme au temps de Boris Elstine ? S’ingère-t-elle dans le processus électoral états-unien ? Autant de questions qui ne laissent pas la place au doute, selon la classe dirigeante US. Et pourtant, il aura suffi que le président Poutine propose une commission rogatoire croisée au président Trump pour que l’angoisse gagne Washington.

| Damas (Syrie)

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William Browder lors d’une de ses auditions au Sénat des États-Unis.

Le 16 novembre 2009, l’avocat fiscaliste Sergey Magnitsky décède à la prison de Matrosskaya Tishina (Moscou). Immédiatement, la presse US assure qu’il détenait des informations sur un scandale d’État et a été torturé par le « régime ».

Le Magnitsky Act

La mort de Magnitsky éteint les poursuites légales lancées contre lui par le ministère russe de la Justice. Le milliardaire William (“Bill”) Browder, déclare à Washington que le fiscaliste pouvait prouver comment le Pouvoir russe lui avait volé 3 milliards de dollars. Malgré le lobbying de la banque Goldman Sachs, le Congrès des États-Unis, qui croit avoir démêlé l’affaire, adopte en 2012 une loi sanctionnant des personnalités russes soupçonnées d’avoir assassiné l’avocat. La banque, qui ne croit pas aux informations des parlementaires, avait engagé la firme de lobbying Duberstein Group pour tenter de s’opposer au vote de la loi [1].

Sur ce modèle, le Congrès étend en 2016 le Magnitsky Act au monde entier, enjoignant au président de prendre des sanctions contre toutes les personnes et tous les États qui violent la propriété individuelle. Les présidents Obama et Trump s’y plient en plaçant une vingtaine de personnalités sur cette liste, dont le président de la République de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov.

Ces deux lois visent à redonner aux États-Unis le rôle qu’ils s’étaient arrogés durant la Guerre froide de défenseur de la propriété individuelle, bien qu’ils n’aient plus de rival communiste.

Les deux versions de l’« affaire Magnitsky »

La Douma russe, quant à elle, répond à son homologue états-unien en interdisant l’adoption d’enfants russes par des familles US et en dénonçant la responsabilité de personnalités US dans la légalisation de la torture (Loi Dima Yakovlev, du nom d’un enfant russe adopté aux USA, mort des suites des négligences de ses parents). Le président Poutine applique ce texte en 2013, interdisant par exemple l’accès au territoire russe à l’ancien vice-président US Dick Cheney.

L’« affaire Magnitsky » aurait pu s’arrêter là. Elle semble indépendante de l’« affaire Khodorkovsky », exploitée par l’Otan pour accuser la Russie d’ingérence dans les démocraties occidentales par la désinformation (« fake news ») [2]. Cependant, le procureur général de Russie conteste la narration présentée par Wiliam Browder au Congrès US.

Selon William Browder, sa société, Hermitage Capital, aurait investi en Russie, notamment dans Gazprom. Il y aurait découvert des malversations et aurait tenté de prévenir le Kremlin. Cependant, on aurait alors annulé son visa de séjour. Puis ses sociétés russes auraient été volées par un fonctionnaire de la Brigade financière du ministère russe de l’Intérieur, le lieutenant-colonel Artem Kuznetsov. Celui-ci aurait saisi ses documents de propriété lors d’une perquisition, puis les aurait utilisés pour enregistrer un nouveau propriétaire. L’avocat Sergey Magnitsky, qui aurait mis à jour le pot-aux-roses, aurait été arrêté, torturé et serait finalement mort en prison. En définitive, le lieutenant-colonel Artem Kuznetsov et le « parrain » Dmitry Klyuev seraient parvenus à déposer les 3 milliards de dollars volés dans une banque chypriote. Il s’agirait d’un cas classique d’escroquerie par une mafia russe avec l’aide du Kremlin [3].

Cette narration inspire la septième saison de la série télévisée de Showtime, Homeland.

Au contraire, selon Yury Chaika, procureur général de Russie, William Browder aurait acquis illégalement 133 millions d’actions de Gazprom pour le compte des frères Ziff, via des hommes de paille. Non seulement Browder n’aurait pas payé 150 millions de dollars de taxes, mais l’acquisition elle-même d’une part de ce joyau de l’économie russe serait illégale. Par ailleurs, son conseiller fiscal, Sergey Magnitsky, qui avait monté une autre escroquerie pour le compte du même Browder, aurait été arrêté et serait mort d’une crise cardiaque en prison [4].

Il est évidemment impossible de démêler le vrai du faux entre les deux versions. Cependant, il est désormais reconnu que Sergey Magnitsky n’était pas un avocat travaillant en profession libérale, mais un juriste employé par les sociétés de William Browder. Il n’enquêtait pas sur des détournements de fonds, mais était chargé par Browder de créer des structures financières lui permettant de ne pas payer de taxes et d’impôts en Russie. Les deux hommes imaginèrent par exemple de rémunérer des débiles mentaux comme prête-noms de manière à bénéficier de leur exemption fiscale. Browder était un habitué de l’évasion fiscale ; raison pour laquelle, il a vécu dix ans en Russie avec de simples visas de tourisme, puis a abandonné sa citoyenneté états-unienne et acquis la britannique.

Ces derniers éléments donnent tort à William Browder et sont compatibles avec les accusations du procureur Chaika. Dans ces conditions, il paraît pour le moins imprudent pour le Congrès d’avoir adopté le Magnitsky Act, sauf si cette opération ne visait pas à défendre la propriété individuelle, mais était dirigée contre la Russie [5].

Un leader d’opposition russe à la solde de Browder

Aux côtés de la National Endowment for Democracy (NED), Browder finance abondamment les actions d’un jeune juriste, Alexeï Navalny. Grâce à l’aide de l’ambassadeur US, Michael McFaul, le jeune homme poursuit des études aux USA à l’université de Yale, en 2010. Il crée une Fondation anti-corruption pour promouvoir la version de Browder et charger l’administration Poutine.

Devenu un leader de l’opposition politique, Navalny réalise avec sa Fondation un premier documentaire pour accuser la famille du procureur Chaika de corruption. Si la vidéo est au premier abord convaincante, elle n’apporte en définitive aucune preuve des faits relatés.

Simultanément, Navalny commande un second documentaire à un réalisateur russe d’opposition sur l’« affaire Magnitsky ». Mais, ce journaliste se retourne contre son employeur durant son enquête qui est finalement diffusée par la télévision publique russe.

Une barbouze et un ambassadeur à la solde de Browder

Par la suite, William Browder engage un ancien agent du MI6 à Moscou (1990-93), Christopher Steele, et l’ancien ambassadeur US à Moscou (2012-14), Michael McFaul.

Il se trouve que c’est Christopher Steele qui, en 2006, —au sein du MI6— avait accusé le président Vladimir Poutine d’avoir ordonné l’empoisonnement d’Alexander Litvinenko au Polonium. En 2016, il a également travaillé —à titre privé cette fois— pour le Parti démocrate US. Il a alors rédigé le fameux dossier accusant le candidat Donald Trump d’être sous le coup d’un chantage des services secrets russe [6] ; une imputation gratuite qui vient de ressortir après le sommet bilatéral d’Helsinki. Et on retrouve Steele, en 2018, lors de l’empoisonnement au Novitchok de Sergueï Skripal, accusant —en tant que « consultant » du MI6— l’inévitable Vladimir Poutine .

La riposte russe

Durant la campagne présidentielle US de 2016, le procureur général de Russie, Yury Chaika, tente de convaincre un membre du Congrès ouvert aux thèses russes, Dana Rohrabacher (Républicain de Californie). Il lui fait remettre une note sur sa version de l’affaire Browder-Magnitsky. Puis, l’avocate russe Natalia Veselnitskaya rencontre le fils et le gendre du candidat Donald Trump, à la Tour Trump, pour les informer qu’une partie de l’argent sale de Browder servait à financer la candidature d’Hillary Clinton [7].

Par la suite, William Browder devient la principale source de l’enquête sur une possible ingérence russe contre la « démocratie US » conduite par le procureur spécial Robert Mueller. Bien avant d’être directeur du FBI, Mueller —qui n’a officiellement aucun rapport avec la CIA— fut responsable de l’enquête sur l’attentat de Lockerbie qu’il attribua à Mouammar Kadhafi. Rappelons que jamais la Libye ne reconnut être impliquée dans cette affaire, alors même qu’elle accepta de payer une indemnisation des victimes. Surtout, la justice écossaise a établi que les fragments de détonateur trouvés sur les lieux y avaient été placés par la CIA pour faire accuser la Libye. Mueller utilisa la rencontre de l’équipe Trump avec Natalia Veselnitskaya comme « preuve » de la subordination de Donald Trump aux services de Renseignement russes.

Natalia Veselnitskaya représente aux États-Unis les intérêts de diverses victimes de Browder en Russie. Elle était déjà intervenue en 2014 pour le compte d’une des sociétés que Browder accuse d’être liée au « parrain » Dmitry Klyuev. Elle avait alors soulevé la question de la manière dont un agent du secrétariat à la Sécurité de la patrie (Homeland Security), Todd Hyman, avait transmis une pièce de justice sans procéder aux vérifications d’usage.

Le moment de vérité n’aura pas lieu

Lors du sommet états-uno-russe d’Helsinki, le président Vladimir Poutine propose à son homologue US de laisser des enquêteurs états-uniens interroger les fonctionnaires russes soupçonnés de s’être ingérés dans la campagne présidentielle US à la condition que des enquêteurs russes puissent interroger également des suspects aux USA. Donald Trump réserve sa réponse.

Cependant, lorsque le bureau du procureur Yury Chaika transmet sa liste de témoins à interroger, Washington est en émoi. Non seulement, il demande à entendre les Britanniques William Browder et Christopher Steele s’ils se déplacent aux États-Unis, mais aussi l’ambassadeur Michael McFaul, l’avocat Jonathan Winer, le chercheur David J. Kramer, et enfin l’agent Todd Hyman.

Jonathan Winer fut en charge du dossier Lockerbie au département d’État durant les années 90. C’est un ami personnel de Christopher Steele, dont il a transmis une décennie durant les rapports aux néo-conservateurs [8].

Durant le premier mandant de Bush Jr, David J. Kramer joua un rôle important dans la gestion du système de propagande du département d’État ainsi qu’auprès des agents stay-behind en Europe orientale et en Russie. Après avoir exercé dans divers think tanks, il devint le président de Freedom House et mena campagne sur l’« affaire Magnitsky ». Il est aujourd’hui chercheur à l’Institut de John McCain.

Si jusque là, rien ne permettait de départager les versions de Browder et de Chaika, la vérité ne tardera plus à surgir. Il est possible que l’ingérence russe ne soit qu’une intox, mais que l’ingérence US (aussi bien par l’immixtion dans le fleuron de l’économie russe, que via Alexeï Navalny) soit, elle, une réalité.

Dans le contexte de l’unanimité à Washington contre la Russie, le président Trump décline la proposition de Vladimir Poutine.

[1] “Bank of Putin. Goldman Sachs lobbying against human rights legislation”, Adam Kredo, Free Beacon, July 19, 2012.

[2] « La campagne de l’Otan contre la liberté d’expression », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 décembre 2016.

[3] “Foreigner’s Investment in Russia Is Derailed by Kremlin’s Might”, Clifford J. Levy, The New York Times, July 24, 2008.

[4] Note from Yury Chaika Office to Dana Rohrabacher, June 2016.

[5] « Intouchable, Mr. Browder ? », par Israël Shamir, Traduction Maria Poumier, Entre la plume et l’enclume (France), The Unz Review (USA), Réseau Voltaire, 22 juin 2016.

[6] “The Steele Report”.

[7] “Natalia Veselnitskaya Memo on the William Browder & Sergei MagnitskyCase”, by Natalia Veselnitskaya, Voltaire Network, 1 June 2016.

[8] “Devin Nunes is investigating me. Here’s the truth”, Jonathan Winer, The Washington Post, February 8, 2018.

 

http://www.voltairenet.org/article202107.html

 

 

 

Salisbury : le couple hospitalisé a été exposé au Novitchok selon la police britannique

Salisbury : le couple hospitalisé a été exposé au Novitchok selon la police britannique

Salisbury : le couple hospitalisé a été exposé au Novitchok selon la police britannique© Henry Nicholls Source: Reuters
Policiers près d’Amesbury

Le chef de la police antiterroriste, associée à l’enquête ouverte après l’hospitalisation de deux personnes à Salisbury, a affirmé ce 4 juillet que les deux individus avaient été exposés à la même substance que Sergueï Skripal et sa fille.

Les deux personnes hospitalisées dans un état critique à l’hôpital même où Sergueï Skripal et sa fille avaient été traités après leur empoisonnement ont bel et bien été exposées à du Novitchok. C’est ce qu’annonce ce 4 juillet Neil Basu, le chef de la police antiterroriste britannique, associée à l’enquête, à titre «procédural».

Selon lui, aucun élément ne permet de conclure que les deux victimes aient pu être délibérément prises pour cible. Il a en outre précisé que la police ignorait pour l’instant par quels moyens ils avaient pu être exposés au Novitchok.

Les deux victimes, une femme et un homme, tous deux âgés d’une quarantaine d’années, ont été retrouvés inconscients le 30 juin dans une habitation de Muggleton Road, à Amesbury, tout près de Salisbury.

Le 4 mars dernier, Sergueï et Ioulia Skripal avaient été retrouvés inconscients sur un banc et hospitalisés dans un état critique à Salisbury. Victimes d’une tentative d’empoisonnement à l’agent innervant, ils avaient été soignés plusieurs semaines avant de quitter l’hôpital en bonne santé.

Londres, par la voix de son Premier ministre Theresa May, avait immédiatement pointé la responsabilité de Moscou dans cette affaire mais n’en a pas apporté les preuves. La Russie a nié toute implication, et, le 15 juin dernier, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe, Maria Zakharova, a directement mis en cause les dirigeants du Royaume-Uni. «Toute l’affaire a été organisée par le gouvernement de Theresa May, afin d’atteindre des buts de politique intérieure et de prouver, apparemment, que la Grande-Bretagne était aux avant-postes en matière de politique étrangère», a déclaré la porte-parole, qualifiant cette affaire de «provocation».

Cet événement a engendré une crise diplomatique sans précédent entre les deux pays et une vague d’expulsions croisées de diplomates de la part du Royaume-Uni et de ses alliés d’une part, et de la Russie d’autre part.

https://francais.rt.com/international/52153-royaume-uni-couple-hospitalise-pres-salisbury-expose-novitchok?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Quatre mois après Skripal, deux autres cas suspects à Salisbury

EUROPE

Quatre mois après Skripal, deux autres cas suspects à Salisbury

© Ben Stanstall, AFP | Lors de l’affaire Skripal, en mars à Salisbury, la police scientifique avait conclu qu’un agent innervant avait été utilisé.

Texte par FRANCE 24 https://platform.twitter.com/widgets/follow_button.bed9e19e565ca3b578705de9e73c29ed.fr.html#dnt=false&id=twitter-widget-0&lang=fr&screen_name=France24_fr&show_count=false&show_screen_name=false&size=m&time=1530711341476

Dernière modification : 04/07/2018

Un homme et une femme ont été hospitalisés après avoir été exposés à une « substance inconnue », a annoncé la police mercredi, près de Salisbury, où Sergueï Skripal et sa fille Ioulia avaient été victimes d’une tentative d’empoisonnement en mars.

Deux personnes ont été hospitalisées dans un état critique à l’hôpital de Salisbury, en Angleterre, après avoir été exposées à une « substance inconnue » à Amesbury, à quelques kilomètres du lieu où l’ex-espion russe Sergueï Skripal avait été victime d’une tentative d’empoisonnement en mars.

Les deux patients « reçoivent un traitement pour une exposition présumée à une substance inconnue à l’hôpital de Salisbury », a précisé, mercredi 4 juillet, dans un communiqué, la police du comté de Wiltshire, qui dit considérer l’évènement comme un « incident majeur ».

Les deux personnes, un homme et une femme, toutes deux quadragénaires, ont été retrouvées inconscientes samedi 30 juin dans une habitation dans la ville d’Amesbury, dans le sud de l’Angleterre, située à une dizaine de kilomètres de Salisbury, où Sergueï Skripal et sa fille Ioulia avaient été exposé à un agent innervant en mars. Les deux patients « sont dans un état critique », a affirmé la police.

>> À lire aussi : L’affaire Skripal résumée en 4 actes

La police avait initialement émis l’hypothèse d’une contamination liée à l’absorption d’héroïne ou de crack, mais elle a précisé que des tests complémentaires avaient désormais lieu « pour établir la nature de la substance qui a conduit ces patients à tomber malades ». « Nous gardons un esprit ouvert quant aux circonstances de l’incident (…). Il n’y a pas de raison de penser que cela soit lié » à l’affaire Skripal, , a-t-elle ajouté. Des échantillons ont été amenés au laboratoire militaire de Porton Down pour être testés.

Déploiement policier renforcé à Amesbury et Salisbury

Plusieurs cordons de sécurité ont été mis en place dans des endroits où auraient pu se rendre les deux quadragénaires auparavant. Le déploiement policier a également été renforcé dans les villes d’Amesbury et Salisbury.

« Nous sommes tous très perplexes et choqués », a confié le secrétaire de l’église baptiste d’Amesbury, Roy Collins. « Bien sûr, le lien avec Salisbury et les événements récents entraîne un intérêt public accru. Il y a des inquiétudes ».

L’agence de santé publique Public Health England (PHE) a estimé que cet évènement ne posait « pas de risque sanitaire significatif pour le grand public ». Cet avis sera « continuellement réévalué, en fonction des informations connues », a prévenu un porte-parole de PHE cité par l’agence Press Association.

Le 4 mars dernier, Sergueï et Ioulia Skripal avaient été retrouvés inconscients et hospitalisés dans un état critique à Salisbury.  Ils avaient été soignés plusieurs semaines avant de pouvoir quitter l’hôpital. Londres a pointé la responsabilité de Moscou dans cette tentative d’empoisonnement.

Cet évènement avait abouti à une crise diplomatique entre les deux pays et à une vague d’expulsions croisées de diplomates de la part du Royaume-Uni et de ses alliés d’une part, et de la Russie d’autre part.

Avec AFP

http://www.france24.com/fr/20180704-angleterre-amesbury-salisbury-deux-personnes-empoisonnement-hopital-skripal?xtor=EPR-300-[Quotidienne]-20180704-[contenu]-1044053310412

Le prince William parle des Territoires palestiniens comme un « pays »

Le prince William parle des Territoires palestiniens comme un « pays »

Le prince William rencontre le président palestinien Mahmoud Abbas à Ramallah en Cisjordanie occupée, le 27 juin 2018 / © POOL/AFP / Alaa BADARNEH

Sa visite se veut apolitique, mais le prince William a paru bousculer mercredi le langage diplomatique usuel en qualifiant les Territoires palestiniens de « pays », lors de sa rencontre avec le président Mahmoud Abbas à Ramallah.

Après avoir été reçu par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu la veille à Jérusalem, le duc de Cambridge poursuivait en Cisjordanie, occupée par Israël, la première visite officielle d’un membre de la famille royale en Israël et dans les Territoires palestiniens.

Ses premiers mots pour le président palestinien ont dénoté avec le discours communément employé par les diplomates occidentaux confrontés aux complexités linguistiques du conflit israélo-palestinien.

« Merci de m’accueillir, et je suis très heureux d’une collaboration aussi étroite entre nos deux pays, et des succès enregistrés dans les domaines de l’éducation et de l’humanitaire », a-t-il dit, parlant sans notes.

La communauté internationale se garde généralement de se référer aux Territoires palestiniens comme à un Etat ou à un pays.

L’Assemblée générale des Nations unies a accordé en 2012 le statut d’Etat observateur non-membre à la Palestine. Les Territoires palestiniens sont censés composer un jour l’Etat indépendant auquel aspirent les Palestiniens.

Aucun commentaire n’a été obtenu dans l’immédiat des Affaires étrangères britanniques ou des services du prince.

En 2016, une députée de la droite israélienne s’était attirée les protestations en donnant l’impression de remettre en question l’existence du peuple palestinien parce que la lettre P n’existerait pas en arabe et que la Palestine serait un nom d’emprunt.

Une partie de la droite est hostile à la création d’un Etat palestinien, et certains membres du gouvernement israélien sont favorables à l’annexion d’au moins une partie de la Cisjordanie.

La visite du prince William a lieu alors que l’horizon de la paix n’a pas paru plus bouché depuis longtemps et pour le duc de Cambridge, l’exercice diplomatique est délicat.

Des membres de la droite israélienne ont critiqué le fait que la partie de la visite du prince à Jérusalem-Est et dans la Vieille ville jeudi était présentée par les Britanniques comme se déroulant en Territoires palestiniens occupés.

L’annexion de Jérusalem-Est par Israël n’a jamais été reconnue par la communauté internationale, qui considère Jérusalem-Est comme territoire occupé.

(©AFP / 27 juin 2018 17h18)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Le-prince-William-parle-des-Territoires-palestiniens-comme-un-pays/931418.rom

La circulation reprend dans le tunnel sous la Manche après une panne de plusieurs heures

La circulation reprend dans le tunnel sous la Manche après une panne de plusieurs heures

Aucun train n’avait été bloqué sous le tunnel avec des passagers.

Une vue aérienne du terminal de Coquelles, près de Calais (Pas-de-Calais), le 16 août 2016.
Une vue aérienne du terminal de Coquelles, près de Calais (Pas-de-Calais), le 16 août 2016. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Le bout du tunnel. La circulation dans le tunnel qui relie la France à la Grande-Bretagne a pu reprendre dimanche 24 juin en début d’après-midi après une panne électrique qui avait conduit à l’interruption totale du trafic dans les deux sens pendant plusieurs heures.

« Le service a repris, les premiers Eurostar ont pu rentrer dans le tunnel », a indiqué un porte-parole du groupe Eurotunnel, qui exploite le tunnel sous la Manche, peu avant 13h30 (heure de Paris).

Le trafic des passagers et du fret était paralysé des deux côtés depuis le milieu de la matinée. « Il y a eu une panne électrique sur le terminal côté français, nous avons donc suspendu le service côté français, et quand on suspend d’un côté, il faut aussi forcément suspendre de l’autre côté. Cela fait près de deux heures », avait expliqué précédemment la société Eurotunnel, des informations confirmées par la compagnie ferroviaire transmanche Eurostar (filiale de la SNCF) qui opère la ligne.

Une panne « extrêmement rare »

Aucun train n’avait été bloqué sous le tunnel avec des passagers. Ce type de panne, et d’une telle ampleur, est « extrêmement rare », a indiqué Eurotunnel. En octobre 2016, le trafic dans le tunnel sous la Manche avait été interrompu pendant cinq heures à cause d’un problème d’alimentation électrique, mais avant cette panne il n’y avait pas eu d’événement de ce type depuis plusieurs années. Ce dimanche, environ deux trains avec des passagers partent toutes les heures de chaque côté de la Manche.

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Trump critique le G7 et réclame le retour de la Russie

Trump critique le G7 et réclame le retour de la Russie

/ © AFP / NICHOLAS KAMM

Donald Trump a appelé vendredi le G7 à réintégrer la Russie, exclue du club en 2014, nouvelle pique du président américain avant sa première confrontation collective avec les dirigeants du G7 depuis qu’il leur a imposé de nouveaux tarifs douaniers.

« Ils ont expulsé la Russie, ils devraient réintégrer la Russie. Parce que nous devrions avoir la Russie à la table de négociations », a-t-il dit, avant de quitter Washington vendredi matin. La Russie avait été exclue après l’annexion de la Crimée, après 16 ans d’appartenance au groupe.

Le dirigeant américain, qui a atterri au Québec, est le dernier à arriver au sommet du club des sept économies les plus développées du monde, saint des saints de la coordination multilatérale.

Et il sera le premier à quitter la Malbaie, pittoresque ville québécoise surplombant le Saint-Laurent, samedi matin pour rallier Singapour où se déroulera le 12 juin son sommet historique avec Kim Jong Un.

La remarque du président américain sur la Russie a déclenché une première fissure dans le bloc européen. Le président du conseil europeén, Donald Tusk, en a rejeté l’idée lors d’un point presse à La Malbaie, reprochant par ailleurs à Donald Trump de défier l’ordre international.

Mais le nouveau président du conseil italien, Giuseppe Conte, a approuvé: « Je suis d’accord avec le président Trump: la Russie devrait revenir dans le G8. C’est de l’intérêt de tous », a écrit dans un tweet le chef du gouvernement populiste, dont c’est la première réunion internationale.

« Essayons déja de produire des solutions à sept », a de son côté balayé l’Elysée.

Le président américain s’est en réalité montré plus concentré sur le sommet de Singapour.

« Je partirai peut-être un peu plus tôt, ça dépend de ce qui se passe », a aussi lâché M. Trump.

Face aux six autres dirigeants du G7, il n’a visiblement aucune intention de fléchir.

« L’Union européenne nous traite très mal, le Canada, très mal », a-t-il dit à Washington.

Sur Twitter, il a répliqué vertement au Premier ministre canadien, Justin Trudeau, qui avec le président français Emmanuel Macron, en visite au Canada depuis mercredi, a ouvertement critiqué le repli protectionniste de l’Américain.

« Merci de dire au Premier ministre Trudeau et au président Macron qu’ils imposent aux Etats-Unis des taxes massives et créent des barrières non-tarifaires », a-t-il tweeté.

« Quand tout sera remis à plat, nous serons de nouveau amoureux », a ironisé Donald Trump, qui ne verra que MM. Trudeau et Macron en tête-à-tête au cours de son séjour canadien.

– Front européen –

Justin Trudeau accueillera ses homologues à partir de 11H45 (15H45 GMT).

Les quatre Européens –Emmanuel Macron, Angela Merkel, Theresa May et Giuseppe Conte– se réunissaient juste avant le début, dans le but initial de créer un front uni contre la politique commerciale unilatérale de Washington.

« Je suis convaincu que l’Europe tiendra son unité et la tiendra dans la durée sur ces sujets », a affirmé Emmanuel macron.

Mais sur la question du commerce, reste à savoir jusqu’où iront le Japon, qui tente par ailleurs de ne pas être marginalisé dans les négociations entre Washington et la Corée du Nord, ainsi que le nouveau gouvernement italien populiste et l’Allemagne, plus exposées aux représailles commerciales que d’autres Européens.

– Déclaration finale ? –

Ottawa croit toujours possible d’élaborer un consensus sur trois thèmes: la pollution plastique des océans, l’éducation des filles, et la lutte contre les ingérences étrangères dans les processus démocratiques.

Mais c’est le commerce qui occupera véritablement les débats.

L’Union européenne a déposé une plainte contre les Etats-Unis devant l’Organisation mondiale du commerce, et préparé des droits de douanes contre des produits américains comme le bourbon, le beurre de cacahuète ou les motos.

Mais ces représailles ne sont pas encore entrées en vigueur, les Etats membres devant s’entendre sur la liste… or l’Allemagne pourrait préférer la prudence, craignant que Donald Trump ne surtaxe prochainement les automobiles étrangères.

Vendredi, après les habituels déjeuner de travail, photo de famille, séances de groupe et rencontres bilatérales, les sept dirigeants dîneront dans l’intimité d’un chalet québécois typique.

Une centaine de manifestants anti-capitalistes et anti-police ont tenté vendredi de bloquer une autoroute à la sortie de Québec avant l’intervention des forces de l’ordre. D’autres manifestations sont prévues à Québec, à 140 km de La Malbaie.

Samedi, le suspense diplomatique concernera la traditionnelle déclaration finale du sommet. Si cette fois aucun texte commun ne pouvait être signé par les Sept, il est possible que Donald Trump s’en accommode parfaitement.

(©AFP / 08 juin 2018 17h04)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Trump-critique-le-G7-et-r-clame-le-retour-de-la-Russie/925695.rom

L’empire entre dans sa phase de folie furieuse

L’empire entre dans sa phase de folie furieuse


Par John Wight – Le 22 mai 2018 – Source Russia Today

La belliqueuse rhétorique de Mike Pompeo contre Téhéran ne laisse plus aucun doute sur le fait que Washington est en train de devenir le renégat du monde.

Le discours de Pompeo, prononcé en qualité de secrétaire d’État, témoigne d’un mépris flagrant pour l’intégrité des traités internationaux et le respect du droit international. Il démontre également que les derniers vestiges de crédibilité dont jouissent les États-Unis sont en lambeaux devant un monde fatigué, lassé d’une administration Trump qui, par ses caprices et ses menaces continuelles, ressemble plus à une famille mafieuse new-yorkaise qu’à un gouvernement respectable et responsable.

Avec le retrait de Donald Trump du Plan d’action global conjoint (JCPOA), mieux connu sous le nom d’accord sur le nucléaire iranien, son administration s’est engagée sur la voie d’un conflit contre l’Iran, en collaboration avec ses alliés régionaux, Israël et l’Arabie saoudite. Ensemble, ils forment un axe d’agression qui met en péril la stabilité de la région, avec des conséquences potentiellement graves pour le reste du monde, compte tenu de l’appel d’air qu’un tel conflit régional apporterait à l’extrémisme et au terrorisme mondial.

Ce retrait crée également un dangereux précédent à un moment où il faudrait trouver une solution pacifique à la crise en cours en Ukraine et assurer le succès du processus inachevé de paix et de réconciliation dans la péninsule coréenne.

Ainsi, les conséquences désastreuses de la puissance effrénée de l’hégémon impérial qui trône à Washington n’ont jamais été aussi manifestes, avec sa volonté de dominer et de forcer par la douleur de la guerre, symptôme d’un empire qui cherche désespérément à arrêter son déclin, et dont le processus l’entraîne dans une phase de folie furieuse.

Soyons clairs : la décision de l’administration Trump de se retirer du JCPOA n’a rien à voir avec son respect par l’Iran, qui a été impeccable, et tout à voir avec le programme hégémonique de Washington à l’égard de la région − un programme hégémonique qui date d’avant Trump.

Ce sont l’Iran, la Syrie et le Hezbollah − ainsi que la Russie − qui constituent un axe anti-hégémonique, si ce n’est sur une base formelle certainement sur une base factuelle, axe qui doit être brisé. C’est pour cette raison et pour aucune autre que Trump, Netanyahou et Bin Salman ont l’intention d’utiliser la force contre l’Iran, sans tenir compte des probables résultats catastrophiques.

Ils ont perdu en Syrie, où l’effort pour renverser le gouvernement Assad a été contrecarré en grande partie par la Russie, l’Iran et le Hezbollah − aux côtés du peuple syrien et de l’armée arabe syrienne − et en réponse, ils ont l’intention de régler leurs comptes.

Où en est l’alliance transatlantique ?

Une autre victime de l’attitude de Trump envers l’Iran est l’alliance transatlantique entre Washington et ses divers alliés européens, considérée par ses partisans comme le pivot inébranlable et irremplaçable de la démocratie moderne.

L’insouciance avec laquelle l’administration Trump s’est montrée disposée à ignorer la position de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni envers l’accord iranien est révélatrice ; preuve s’il en est que la soi-disant alliance entre amis et partenaires est plutôt semblable à celle qui existait entre Rome et ses divers satellites et États clients durant les jours alcyoniens d’un ancien Empire, qui a fait l’erreur de croire que sa puissance et son existence était éternelle.

Cet aspect particulier de la crise, qui implique la perspective de sanctions américaines non seulement contre l’Iran, mais aussi contre des entreprises britanniques, françaises et allemandes opérant en Iran, reflète à quel point les néoconservateurs sont toujours au volant de la politique étrangère américaine, toute reste de façade de convenance étant maintenant abandonnée au profit d’un impérialisme brut.

Jamais l’attachement servile de l’Europe aux prétendues vertus de l’unipolarité n’a été aussi visible, avec Emmanuel Macron − l’incarnation même d’un centriste libéral confiné, un leader à qui le mot « opportuniste » va comme un gant − laissé à la rue comme le proverbial larbin après avoir été frappé par son seigneur et maître.

La réalité douloureuse du manque d’indépendance de l’Europe par rapport à Washington − indépendance du type de celle que Charles De Gaulle avait l’habitude de déclamer : « Oui, c’est l’Europe, de l’Atlantique à l’Oural, c’est l’Europe, c’est toute l’Europe qui décidera du sort du monde » − a été mise à nu. C’est un test pour l’Europe. Se courbera-t-elle face à l’arrogance et à l’attitude belliqueuse de l’administration Trump ? Ou bien s’éveillera-t-elle et émergera-t-elle, enfin, des griffes de Washington pour jouer un rôle positif et progressiste dans les affaires du monde ?

Pourtant, il est difficile d’imaginer des dirigeants d’un calibre aussi douteux que Theresa May et Emmanuel Macron ailleurs que dans les griffes de Washington, et les derniers espoirs de Macron d’avoir exercé une influence sur Trump au sujet de la Syrie sont partis en fumée. La réalité est que le président français, Emmanuel Macron, a autant de poids à Washington que l’aile d’une mouche.

Le choix de l’Europe − unipolarité ou multipolarité

Une crise est aussi une opportunité, nous disent-ils, et cette crise particulière présente l’opportunité d’un réalignement européen, forgé sur la compréhension que le facteur déstabilisateur en Europe n’est pas et n’a jamais été la Russie ; que c’est et a toujours été les États-Unis. Économiquement, culturellement et politiquement, l’identité de l’Europe a été progressivement transformée en une identité américaine, avec son culte régressif et superficiel de l’individu, d’un capitalisme sans entraves, et de la puissance en guise de loi.

Le choix qui s’offre à l’Europe est donc clair. Soit elle reste attachée au mât du navire de l’unipolarité qui coule, soit elle se joint à la Russie, à la Chine et au reste du monde pour former une alternative multipolaire, enracinée non pas dans le caprice d’un président à Washington, mais dans les principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, en particulier le respect de la souveraineté nationale et du droit international.

Pour en revenir à l’Iran, qui se trouve maintenant fermement dans la ligne de mire du changement de régime pour la seule raison qu’il refuse de s’incliner devant le diktat washingtonien, il n’y a plus moyen de ne pas prendre parti. Si les pays menacés par cette éruption de l’agression américaine ne se joignent pas les coudes, ils seront pris à parti l’un après l’autre.

L’hégémonie exige une réponse sous la forme d’une anti-hégémonie. L’avenir des générations qui ne sont pas encore nées dépend complètement de cela.

John Wight

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

http://lesakerfrancophone.fr/lempire-entre-dans-sa-phase-de-folie-furieuse

Ce n’est pas la faute de l’Europe mais la nôtre Réformons la France pour changer l’Europe

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Ce n’est pas la faute de l’Europe mais la nôtre
Réformons la France pour changer l’Europe

A l’occasion de la journée de l’Europe on a pu entendre de nombreux politiques critiquer l’Europe pour la plupart des maux qui accablent la France. Certains (situés à droite ou à gauche de l’échiquier politique) n’hésitent même pas à demander un « Frexit » selon le modèle du Brexit qui a vu la sortie du Royaume-Uni de l’Europe.

Même Emmanuel Macron a affirmé lors d’une interview accordée à une chaîne britannique qu’un référendum en France donnerait probablement le même résultat qu’au Royaume-Uni. Plus subtilement, mais tout aussi directement, le président français a critiqué la position allemande concernant les vertus du contrôle des dépenses budgétaires. A Aix-la-Chapelle, il a demandé « un budget européen beaucoup plus ambitieux (…) et une zone euro plus intégrée, avec un budget propre » feignant d’oublier qu’à la fin, ce sont les…Allemands qui règlent l’addition. « En Allemagne, il ne peut y avoir un fétichisme perpétuel pour les excédents budgétaires et commerciaux, car ils sont faits aux dépens des autres », a-t-il lancé lors de la cérémonie à laquelle assistait Angela Merkel.

Contrairement au Brexit, le « Frexit » aggraverait l’étatisation du pays

Le président français a tort. Ni l’Allemagne, ni l’Europe ne sont responsables des malheurs de la France. Et certains politiques qui invoquent le Brexit à longueur de journée oublient que le vote des Britanniques n’était pas contre l’Europe libérale mais contre l’Europe bureaucratique. D’ailleurs, les régions britanniques ayant reçu le plus d’aides européennes ont été aussi celles qui ont voté le plus majoritairement pour la sortie de l’Europe. Et celui qui a mené la campagne du Brexit – Nigel Farage – a des convictions économiques tout aussi éloignées de Mme Le Pen que de Jean-Luc Mélenchon. Pendant la campagne, il a demandé plus de libre-échange (mais sans l’Europe), des baisses d’impôts et même la suppression de l’impôt sur les successions. Connaissant les défenseurs politiques du Frexit, on peut craindre que celui-ci n’enfonce la France encore plus dans l’étatisme.

L’Europe c’est aussi plus de concurrence et plus de richesses

Car il faut reconnaître au moins un mérite à Bruxelles : plusieurs réformes libérales et en particulier l’ouverture à la concurrence des transports, des services… D’ailleurs, si le gouvernement veut imposer une réforme à la SNCF c’est parce que l’Europe l’y oblige à travers l’ouverture à la concurrence du rail. Désigner l’Europe comme bouc émissaire c’est un artifice électoral qui s’appuie sur des arguments complètement erronés. Depuis 1950 et les débuts de l’Europe, grâce à la France entre autres, le PIB de notre pays est passé de 13.2 Mds d’euros à 2 300 Mds d’euros en 2017 et celui par habitant de 4 000 euros à 39 000 euros constants. Contrairement à ce qu’affirment certains, on n’a jamais été aussi riches qu’aujourd’hui et, en très grande partie, grâce à l’Europe. Ce n’est pas de sa faute si nos gouvernements successifs n’ont pas réformé l’Etat et l’économie comme l’ont fait les autres pays. Si l’Allemagne a des excédents budgétaires et commerciaux ou si le taux de chômage des jeunes est trois fois moins élevé qu’en France c’est parce que nos voisins ont réformé l’Etat et le marché du travail. Si le Royaume-Uni se porte économiquement encore très bien avec le plein emploi c’est parce qu’elle a eu au pouvoir Margaret Thatcher d’abord, ensuite Tony Blair et David Cameron. Ce dernier a supprimé 600 000 postes de fonctionnaires en quatre ans. Si la France bat le record des prélèvements obligatoires parmi les membres de l’OCDE, ce n’est pas la faute de l’Europe, ni de l’Allemagne. Si le coût du travail est l’un des plus plus élevés (32.8 % de charges sur les salaires contre 24 % en moyenne dans la zone euro) et si les propriétaires français sont les plus taxés d’Europe (69.7 Mds d’euros prélevés par an contre 13.3 Mds d’euros en Allemagne), c’est dû uniquement à l’incompétence et à l’incurie de nos décideurs politiques.

Comme l’anti-américanisme ou l’antilibéralisme – deux sports nationaux en France – les discours anti-Europe ne font que masquer notre incapacité à voir en face nos problèmes. Cela ne veut pas dire que l’Europe n’a pas besoin de changements. Il serait bien qu’elle retrouve ses missions originelles, la défense du libre-échange et de la libre circulation tout en se débureaucratisant. Mais si l’on veut changer l’Europe, il faudra d’abord changer la France.

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Trump préfère Netanyahu à Macron. Un coup de poker aux conséquences imprévisibles

Trump préfère Netanyahu à Macron. Un coup de poker aux conséquences imprévisibles

Trump Iran

Trump préfère Netanyahu à Macron. Un coup de poker aux conséquences imprévisibles

Jean Bonnevey ♦
Journaliste.

C’est un échec pour le président Macron. Malgré la séquence des mamours, celle de la leçon professorale et diverses interventions, Donald Trump quitte l’accord nucléaire avec l’Iran. C’est de toute évidence la ligne Netanyahu qui l’a emporté, la plus anti-iranienne qui soit. Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahu, plus ferme soutien de Donald Trump dans ce dossier, a en revanche dit soutenir « totalement » une décision « courageuse ». Le royaume sunnite d’Arabie saoudite, grand rival régional de l’Iran chiite, a également affiché son « soutien ».

Il y a bien une triple entente, Israël, les usa et l’Arabie saoudite porte-parole du monde musulman sunnite, qui prend le risque d’une épreuve de force régionale avec Téhéran. Dans la guerre mondiale qui oppose le sunnisme et le chiisme, les usa ont fait leur choix. Ce sera l’islam sunnite dont, tout de même, est issu Daech. C’est une grande victoire pour les faucons américains et la droite israélienne la plus radicale. Donald Trump tient son programme et le retour de l’Amérique passe par des épreuves de force, quitte à fâcher les alliés historiques européens.

Les signataires de l’accord ont, eux, vivement exprimé leur désaccord. « La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni regrettent la décision américaine », a déclaré sur Twitter Emmanuel Macron. Dans un communiqué commun, le président français, la chancelière allemande, Angela Merkel, et la première ministre britannique, Theresa May, qui s’étaient tous trois investis en vain pour tenter de convaincre Donald Trump de rester dans l’accord, se sont dits « déterminés à assurer la mise en œuvre » du texte en « maintenant les bénéfices économiques » au profit de la population iranienne. L’annonce américaine était très attendue au Moyen-Orient, où beaucoup redoutent une escalade avec Téhéran. La Turquie a dit craindre « de nouveaux conflits ».

Le pari de Trump est clair : obtenir de l’Iran ce qu’il semble avoir obtenu de la Corée du nord par la menace verbale. Il y a cependant des différences régionales capitales.

On va attendre la vraie réaction de l’Iran. Le risque est évident : un durcissement du régime avec l’arrivée au pouvoir des ultras. Le président iranien, Hassan Rohani, qui s’était beaucoup investi dans cet accord, a accusé son homologue américain de pratiquer « une guerre psychologique ». Assurant vouloir discuter rapidement avec les Européens, les Chinois et les Russes, autres signataires de l’accord, il a averti que son pays pourrait mettre un terme aux restrictions qu’il a consenties pour ses activités d’enrichissement d’uranium. Il est affaibli et menacé. Cela risque d’avoir des répercutions en Syrie en Irak et même au Liban ou les chiites ont remporté, autour du hezbolla,h les élections législatives avec la défaite d’Hariri le candidat sauvé par Macron. Un sunnite kidnappé par nos ex alliés saoudiens.

Bombarder la Syrie avec Donald Trump pour se retrouver contre Trump sur le dossier iranien où la géopolitique sioniste mène le jeu, décidément pour le président français, l’orient s’annonce très compliqué.

https://www.polemia.com/trump-prefere-netanyahu-a-macron-un-coup-de-poker-aux-consequences-imprevisibles/