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Brexit : cette mystérieuse réunion entre Soros, Blair et Moscovici qui embarrasse l’UE

Brexit : cette mystérieuse réunion entre Soros, Blair et Moscovici qui embarrasse l’UE

Brexit : cette mystérieuse réunion entre Soros, Blair et Moscovici qui embarrasse l'UESource: Reuters
Photomontage, de gauche à droite : George Soros, Tony Blair et Pierre Moscovici

Interrogée par le site EUobserver au sujet d’une discussion entre George Soros, Tony Blair et Pierre Moscovici lors du dernier forum de Davos, la Commission européenne en aurait caché le contenu, afin de protéger un «processus décisionnel».

Selon le site d’information EUobserver, spécialisé dans les actualités de l’Union européenne (UE), la Commission européenne aurait volontairement occulté, en partie, le contenu d’une rencontre ayant eu lieu lors du 49e Forum économique mondial de Davos entre le milliardaire George Soros, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair et le commissaire européen Pierre Moscovici. Les trois protagonistes se seraient rencontrés au sujet d’«un second référendum sur le Brexit».

Lire aussi : Tony Blair : «Il est possible – et nécessaire – que le Brexit n’ait pas lieu»

La nécessité de protéger le processus décisionnel de l’UE est plus importante que tout intérêt public

Après avoir demandé, fin janvier 2019, l’accès au contenu de cette discussion, le site EUobserver explique en effet s’être heurté à un refus partiel de la Commission européenne, celle-ci ayant répondu par courriel deux mois et demi plus tard. Citant dans un tweet la réponse de l’exécutif européen, le site d’information a ainsi écrit le 25 avril : «La nécessité de protéger le processus de décision de l’UE est plus importante que tout intérêt public, dans ce qui a été discuté à propos du Brexit.»

EUobserver

@euobs

[Exclusive] EU commission tells EUobserver in reply to an access to documents request that the need to protect the EU’s process weighs heavier than any in what was discussed on last January in .https://euobserver.com/brexit/144724 

65 personnes parlent à ce sujet

De fait, dans sa réponse adressée à EUobserver, la Commission européenne s’est opposée au fait de divulguer «certaines parties d’un document [qui] pourraient affaiblir le processus décisionnel de l’institution». Les trois hommes en question n’ont jamais caché leur position quant au choix des citoyens britanniques de quitter l’UE, allant même parfois jusqu’à jouer un rôle particulièrement actif dans la campagne anti-Brexit, qui persiste malgré le référendum de juin 2016.

Lire aussi : George Soros investit 400 000 livres et repart à l’assaut du Brexit

 

https://francais.rt.com/international/61529-brexit-mysterieuse-reunion-entre-soros-blair-et-moscovici-qui-embarrasse-union-europeenne

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Aux origines de l’arme nucléaire nord-coréenne

Aux origines de l’arme nucléaire nord-coréenne

Parmi les idées fausses les plus répandues à l’étranger se trouve celle que la Russie serait responsable de l’apparition de l’arme nucléaire à  Pyongyang. Pourtant, dans la réalité, la contribution de l’URSS puis de la Russie à ce basculement géostratégique d’importance est tout à fait minime. Les puissances occidentales sont en fait les principales  responsables de l’acquisition de cette arme par la Corée du Nord.

Le programme de coopération soviétique : le réacteur IRT-2000

A l’origine, il est vrai que l’Union soviétique a effectivement fourni les premiers supports au développement du programme nucléaire nord-coréen. Après la conclusion d’un accord bilatéral de coopération dans le domaine de l’énergie nucléaire en 1965, la construction d’un  réacteur nucléaire et d’un laboratoire de radiochimie fut lancée dans la ville de Yongbyon, située à une centaine de kilomètres au nord de la  capitale du pays. Il s’agissait du projet de recherche soviétique – relativement modeste – IRT-2000. Moscou fournissait alors ce type d’aide  aux alliés du camp socialiste et aux pays en développement qui  entretenaient des relations étroites avec la «patrie du socialisme». L’IRT-2000 fut ainsi également livré au Ghana. Ce type de réacteur fonctionnait avec comme combustible, des barres de combustible d’uranium  de fabrication soviétique enrichies à 20%. Les scientifiques soviétiques avaient ainsi rendu impossible l’obtention d’une arme nucléaire à partir  de ce transfert de technologie. Les engins explosifs nucléaires nécessitent, en effet, un degré d’enrichissement de l’uranium approchant les 100% ou du plutonium. A l’instar des autres puissances nucléaires,  l’URSS a alors respecté ses obligations de non-prolifération, exception  faite uniquement pour la Chine qui, sur instructions personnelles de Nikita Khrouchtchev, a reçu toute la documentation et tous les schémas
nécessaires.

Selon les termes de l’accord bilatéral, la participation de spécialistes soviétiques aux opérations régulières de maintenance du réacteur était  obligatoire. C’était un instrument très efficace pour dissuader les Nord-Coréens d’acquérir des armes nucléaires. Si tel avait été le but de  Pyongyang il était aisé pour Moscou de suspendre l’approvisionnement en combustible nucléaire, ce qui aurait signifié l’arrêt inévitable de  l’utilisation de l’IRT-2000. En l’absence de toute velléité nucléaire de Pyongyang, l’URSS continua à fournir du carburant nucléaire jusqu’à
l’effondrement de l’URSS en 1991.

Utiliser ce type de réacteur dans le cadre d’un programme d’armement nucléaire clandestin, aurait nécessité des efforts disproportionnés pour produire la quantité requise de plutonium suffisante pour au moins une charge nucléaire. Il eut fallu remplacer les barres de combustible presque immédiatement après leur immersion dans le cœur du réacteur, alors que le réacteur lui-même aurait dû être stoppé souvent ou changer constamment les paramètres de puissance. Il est techniquement extrêmement difficile de le faire.

Les spécialistes n’auraient pas pu accumuler beaucoup de plutonium car la capacité de l’IRT-2000 n’est que de cinq mégawatts. Il faudrait plusieurs années pour produire la quantité requise de matière fissile. Cela reviendrait à utiliser une voiture plutôt qu’un navire ou un train de marchandises pour transporter une grande quantité de fret. Bien sûr, les Coréens ont utilisé le combustible irradié IRT-2000 pour extraire un certain nombre d’isotopes de samarium, d’iode, de ruthénium, etc. En 1975, ils ont même réussi à obtenir 300 grammes de plutonium. Mais cette quantité est très éloignée de la masse critique. La durée de vie de ces isotopes était très courte et ne convenait non seulement pas pour un engin explosif, mais pas même pour la réalisation d’expériences simples visant à étudier les propriétés physiques, mécaniques et chimiques de ces éléments. Soulignons tout de même que les Nord-Coréens ont reçu, par l’intermédiaire du comité compétent du Conseil de sécurité des Nations unies, l’autorisation d’acquérir du cobalt radioactif en Russie à des fins médicales. Cela prouve sans équivoque que le réacteur IRT-2000 fourni par l’ex-URSS ne fonctionne plus, et qu’incriminer la Russie sur le développement l’arsenal nucléaire nord-coréen est une contre-vérité.

« Calder Hall » : la technologie anglaise au service de Pyongyang

Comment la Corée du Nord a-t-elle pu acquérir la capacité de produire du plutonium pour ses armes nucléaires ? Le responsable de ce succès des physiciens nord-coréens est un réacteur anglais mis en service au début des années 1980. Ce dispositif n’a rien à voir avec les projets soviétiques – Pyongyang a simplement eu accès aux plans du réacteur « Calder Hall » conçu dans les années 50, et mis en libre accès pour les
membres de l’AIEA, que Pyongyang rejoint à la demande pressante de Moscou. Selon certains experts, des solutions techniques ont également été empruntées au TG-1 français.

Pourquoi le choix s’est-il arrêté sur ce type de réacteur atomique? C’est assez simple. “Calder Hall” utilise de l’uranium faiblement enrichi. Il n’est pas nécessaire d’enrichir le combustible, ce qui signifie que les riches gisements d’uranium de Corée du Nord peuvent être utilisés. En outre, il n’est pas nécessaire de purifier l’eau pour le refroidissement – un avantage considérable dans les conditions de pénurie d’énergie en Corée du Nord. La puissance du réacteur « Calder-Hall » est plusieurs fois supérieure à celle de l’IRT-2000. Dans le même temps, un certain nombre de caractéristiques montrent de manière convaincante que les Nord-Coréens ont choisi le réacteur Calder Hall précisément à cause de la possibilité de produire du plutonium, car du point de vue de la production d’énergie, ce type de réacteur n’est pas très efficace et comporte de nombreux inconvénients.

L’intérêt de ce type de réacteur est que du plutonium 239 peut y être produit. Les Nord-Coréens n’ont pas pu immédiatement construire une  quantité suffisante de l’isotope requis. Ainsi, le premier essai nucléaire  enoctobre 2006 a échoué, probablement à cause d’une quantité insuffisante d’isotope de plutonium 239. Cependant, des essais nucléaires ultérieurs ont réussis à produire une puissance de plusieurs dizaines de kilotonnes, ce qui indique que les Nord-Coréens sont parvenus à séparer le plutonium 239 des autres isotopes formés dans le réacteur.

 

Un certain nombre de questions demeurent. La plus importante est de savoir pourquoi les Anglais, sachant avec certitude que les Nord Coréens avaient reçu les plans de leur réacteur par l’AIEA, n’ont pas manifesté la moindre inquiétude à ce sujet. Appât du gain pour les ingénieurs et les compagnies anglaises, stratégie de tension, il est en tout cas évident que sans une aide occidentale, les Nord-Coréens n’auraient jamais pu acquérir l’arme nucléaire.

 

Xavier Moreau

 Directeur de STRATPOL. Saint-Cyrien et officier parachutiste, titulaire d’un DEA de relations internationales à Paris IV Sorbonne, spécialisé sur les relations soviéto-yougoslaves pendant la guerre froide. Installé en Russie depuis 15 ans, il dirige la société LinkIT Vostok. Il est l’auteur de la « Nouvelle Grande Russie » et de « Ukraine, Pourquoi la France s’est trompée ? ».

https://stratpol.com/aux-origines-de-larme-nucleaire-nord-coreenne/

Les ingrédients de la trahison du Brexit : ingénierie sociale et élections simulées

Les ingrédients de la trahison du Brexit : ingénierie sociale et élections simulées


Par Andrew Korybko – Le 10 avril 2019 – Source orientalreview.org

andrew-korybkoLes factions que l’on nomme « pouvoirs en place » au Royaume-Uni sont en train de trahir le Brexit, en employant un mélange d’ingénierie sociale et d’élections simulées, afin de fabriquer les fausses narrations qui déclament que la « décision du peuple »est de rester dans l’Union européenne.

LONDON, ENGLAND - MARCH 23: Prime Minister Theresa May leaves Downing Street on March 23, 2017 in London, England. The British Prime Minister Theresa May spoke last night after a terrorist attack took place in Westminster, saying Parliament would meet as normal today and "We will come together as normal". PC Keith Palmer and three others lost their lives in the attack and the perpetrator was shot dead by police. (Photo by Jack Taylor/Getty Images)
Theresa May sortant de Downing Street le 23 mars 2017, à Londres

Il est désormais flagrant que Theresa May, premier ministre, représente les intérêts des « puissances en place » au Royaume Uni : elle est en train de trahir le Brexit et de faire tout son possible pour empêcher la sortie de son pays de l’UE. Ses tentatives ratées d’établir un accord avec le bloc pour un soi-disant « Brexit doux » apparaissent désormais clairement pour ce qu’elles étaient : rien de plus qu’une ruse. La volonté du peuple, exprimée lors du référendum de 2016, a ainsi été renommée en « Hard Brexit », afin de faire croire à un simple report du Brexit. Et maintenant, après qu’elle a mondialement humilié son pays sur la scène internationale et rendu très compliqué artificiellement ce qui aurait pu être un divorce assez simple, elle profite de ce que cette séquence a soulevé l’opposition contre elle de son parlement pour caresser l’idée d’un second référendum, et se poser la question de purement et simplement renier l’esprit du Brexit.

On fait tranquillement croire au grand public, pendant ce temps, qu’il ne s’agit que du dernier rebondissement de son Brexit chaotique, mais il est très probable que toute la séquence de rebondissements officiels a été préparée bien à l’avance, et avant que le Royaume Uni ait dépassé la date limite de sortie de l’UE, le 29 mars 2019. La seule raison pour laquelle le peuple n’entre pas en révolte réside dans le lent pré-conditionnement qu’il a subi à accepter ce scénario, au travers des techniques d’ingénierie sociale que son propre État lui a fait subir au cours des trois dernières années. On a ainsi non seulement décrédibilisé le Brexit avant même le référendum de 2016, en le dépeignant comme un « fantasme »rêvé par des « racistes, des fascistes et des suprémacistes blancs », mais on a continué de le qualifier ainsi après le vote pour instiller le doute quant à la « moralité » de son résultat. Et cela n’a pas marché, si bien qu’on s’est mis, dans les plus hautes sphères de l’État, à activement organiser le sabotage du processus, et c’est de là que sont sorties les pitreries loufoques exécutées par madame May.

L’État s’est engagé dans une campagne soutenue d’alarmisme, semant la peur quant aux conséquences socio-économiques du Brexit, si bien que certains sondages se sont mis à suggérer que la majorité des électeurs seraient dorénavant partisans d’un « Remain » si on devait voter à nouveau, un scénario qui avait au départ été présenté comme un « fantasme » mais qui est en train de devenir réalité dans les derniers développements. L’électorat n’aurait pas atteint ces « conclusions » par lui-même, alors on l’a bien guidé sur le chemin, par des techniques d’ingénierie sociale mises en oeuvre depuis le référendum. Aucun sondage ne porte le poids politique suffisant dans une « démocratie » tant qu’il n’a pas été sanctionné par une élection en bonne et due forme, si bien que l’on parle à présent d’organiser un second référendum pour « légitimer » une fois pour toute les efforts incessants menés depuis trois ans en vue de trahir le Brexit. Et les « esprits brillants » à l’oeuvre derrière ce complot [il faut bien appeler les choses par leur nom, NdT], se moquent bien des conséquences intérieures d’aller à rebours de la volonté originelle du peuple : tout ce qui les intéresse est de bloquer le Brexit dans l’immédiateté.

La seule chance qui reste d’enrayer ce scénario serait que des membres responsables des administrations militaires, de renseignement, et diplomatiques du Royaume Uni (l’« État profond ») travaillent d’arrache-pied dans l’ombre à mettre en œuvre le Brexit, selon la volonté exprimée par la majorité des électeurs. On ne peut qu’imaginer comment cela pourrait être mis en pratique, mais cela pourrait indéniablement fonctionner, vu comme le gouvernement est manifestement divisé sur le sujet. Les forces mondialistes sont alignées avec les intérêts financiers de la City de Londres, et ne veulent pas du tout de Brexit, mais les forces patriotes, qui ont derrière elles une grande partie du pays, comprennent que la démocratie doit suivre son chemin sans prendre en compte les « regrets des électeurs », fabriqués par un processus d’ingénierie sociale. Mais les fractures géopolitiques qui fissurent le pays ont été tellement exacerbées (en particulier le sujet des « Bremainers » en Écosse) par ce sujet que l’unité même du pays se pose à présent, et ce quels que soient les prochains événements. Et peut-être bien que cela aussi répond aux souhaits des mondialistes.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-ingredients-de-la-trahison-du-brexit-ingenierie-sociale-et-elections-simulees

Les leurres de la gauche : du tiers-mondisme à Bernie Sanders

Les leurres de la gauche : du tiers-mondisme à Bernie Sanders

Bernie Sanders for President By : Phil Roeder – CC BY 2.0

Ce sont toutes les politiques ratées de la gauche archaïque, de la gauche radicale de toujours que Jeremy Corbyn, Alexandria Ocasio-Cortez et Bernie Sanders sont en train de sortir du placard des vétustés.

Par Fabio Rafael Fiallo.

Pour comprendre le phénomène, et en saisir le gâchis, il faut d’abord se mettre dans le contexte : voyager dans le temps, retourner au passé. Se placer au milieu du siècle dernier. Appréhender, enfin, l’immense espoir qui animait les peuples du tiers-monde au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

La libération des peuples était à l’ordre du jour, au cœur même du système des organisations internationales qui venaient d’être créées. En Afrique et en Asie, l’heure de la décolonisation avait sonné. Puis, en Amérique latine, les exécrables dictatures militaires (soutenues par les États-Unis en tant qu’alliés peu fréquentables, mais alliés tout de même, dans la Guerre froide qui commençait) se voyaient mises à mal par la pression des peuples et, dans certains cas, par des jeunes prêts à en découdre par la voie armée si besoin était.

Originaire d’un pays de l’Amérique latine (la République dominicaine), l’auteur de cet article, alors jeune garçon appartenant à une famille qui se battait contre l’une de ces dictatures, celle du sanguinaire Rafael Trujillo, en subissait tout naturellement la répression, et sait de quoi il parle.

L’ESPÉRANCE TIERS-MONDISTE

L’avenir s’annonçait radieux pour nos peuples. D’autant que l’on croyait savoir quoi faire : couper les liens de dépendance qui attachaient le tiers-monde aux grandes métropoles du capitalisme, extirper les privilèges engendrés par l’ordre colonial en Afrique et en Asie et néocolonial en Amérique latine, ce dernier imposé par les États-Unis. En un mot, prendre nos destins en main.

Et pour cela, nous martelait-on, il fallait assumer le contrôle des ressources économiques jusqu’alors spoliées par les grandes puissances et leurs alliés de l’intérieur. Ce qui voulait dire exproprier les principaux moyens de production (usines et terres non cultivées) afin de les mettre au service de tous. Ce qui, à son tour, voulait dire confier le contrôle et la gestion de ces moyens au parti ou mouvement qui prétendait représenter le peuple émancipé.

LE BILAN DU TIERS-MONDISME

Avec le recul du temps, on ne peut que faire une triste constatation : les ravages causés par cette approche ont été considérables. Les partis ou mouvements dits révolutionnaires ont trop souvent instauré des dictatures abominables (pas tous, heureusement, il suffit de regarder vers l’Inde). Puis, la mainmise de l’État sur les moyens de production, accompagnée de dépenses publiques astronomiques financées par la planche à billets, amena en bien des cas à la déroute économique: délabrement de l’appareil productif, hyperinflation (les cas les plus flagrants étant le Zimbabwede Mugabe, le Chili d’Allende et aujourd’hui le Venezuela de Chavez et Maduro, où le taux annuel d’inflation dépasse le million de pourcents, difficile à imaginer), dévaluations à répétition, famine, et j’en passe et des pires, devinrent le lot de multiples « expériences révolutionnaires ».

De la Chine de Mao Tse-Tung au Cuba de Fidel Castro. Du Zimbabwe de Mugabe à l’Iraq de Saddam Hussein. De l’Ethiopie de Mengistu à la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo. Sans oublier le Venezuela de Chavez et le Nicaragua de Daniel Ortega. Autant d’expériences révolutionnaires qui auront laissé derrière elles un bilan catastrophique.

LA LOURDE RESPONSABILITÉ DE LA GAUCHE

Dans cet échec, dans cette dénaturation du tiers-mondisme, la gauche, cette gauche bien-pensante qui, pour ce qui est de la France, épiloguait dans les bistrots de Saint- Germain-des-Prés, méprisant « l’ordre bourgeois » et vantant les soi-disant vertus, tantôt du modèle soviétique, tantôt de celui de Mao Tse-Tung, celle qui plus tard s’appropriait le label Indignés ou appelait à « Occupy Wall Street » et se rendait aux grand-messes altermondialistes de Sao Paulo, Porto Alegre et d’ailleurs, celle qui aujourd’hui s’autoproclame « Insoumise » en France ou « Résistance » aux États-Unis, cette gauche-là d’hier et d’aujourd’hui, donc, toujours donneuse de leçons, toujours imbue de l’arrogante certitude de représenter la cause des peuples, a une lourde part de responsabilité.

Car c’est elle qui aura soutenu, sans aucun esprit critique, la voie prise par les mouvements révolutionnaires de l’époque, ceux d’aujourd’hui aussi. C’est elle qui aura justifié les dérapages et les crimes les plus abominables, pour autant qu’ils fussent perpétrés au nom de la lutte contre le capitalisme et son centre impérial, les États-Unis.

Rien ne reflète mieux cette soumission inconditionnelle aux dogmes de la gauche que le fameux, et pitoyable, « Tout anticommuniste est un chien » d’un Sartre hébété, comme tant d’autres gauchistes de Paris et de province, par les « prouesses révolutionnaires » de Fidel Castro et Mao Tsé-Tung.

DES OCCASIONS RATÉES

Et pourtant, les choses auraient pu se passer différemment.

Côté politique, il n’y avait pas de raison pour que les mouvements de libération, ou que les luttes contre les dictatures militaires en Amérique latine, à Cuba notamment, eussent donné lieu à des régimes tyranniques. Ces mouvements politiques auraient parfaitement pu promouvoir le jeu démocratique, l’État de droit, la liberté d’expression et d’association, le multipartisme. Mais que voulez-vous, quand on pense et on affirme, comme le fit Simone de Beauvoir, que « la vérité est une, l’erreur est multiple », pourquoi se priver de prétendre incarner cette vérité unique et bannir du jeu politique les réactionnaires qui véhiculaient, par intérêt de classe ou par aliénation, l’erreur dans ses multiples avatars ?

Côté économie, rien ne disait que la quête de prospérité et de justice sociale exigeait de donner à l’État le contrôle des moyens de production. La preuve : les pays en développement qui ont joué la carte du jeu de l’offre et de la demande (Corée du Sud, SingapourHong KongChili, entre autres), et ont essayé avec succès de s’intégrer à la mondialisation capitaliste, s’en sont sortis nettement mieux que les autres.

Aussi, si le tiers-mondisme a trop de fois donné lieu à des échecs économiques, c’est parce qu’il a souvent sombré dans l’étatisme économique cher à la gauche omnisciente. Et si ce tiers-mondisme a enfanté des dictatures abominables, c’est parce que, à chaque fois, une gauche obnubilée aura justifié les dérives totalitaires des mouvements « révolutionnaires ».

LA GAUCHE DE CORBYN, SANDERS ET AUTRES MÉLENCHON

Avons-nous appris des échecs du tiers-mondisme ? Que dalle ! À en juger par les progrès réalisés par la gauche radicale au cœur des grands pôles démocratiques (Jeremy Corbyn au Royaume Uni et Bernie Sanders et ses alliés aux États-Unis), la tentation du socialisme n’a guère perdu de sa superbe.

Financement sans bornes de la dépense publique par la vieille planche à billets (cette fois-ci présentée sous le label de « théorie monétaire moderne » (modern monetary theory), en plus d’un tir nourri de réglementations et d’interdictions aberrantes au nom de l’égalité sociale et du respect de l’environnement, voilà ce que proposent, en résumé, les nouveaux porte-étendards de la gauche radicale au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Or ce ne sont pas des « réactionnaires indolents » face au malheur du peuple qui mettent en garde contre le danger de cette énième copie de la planche à billets. C’est rien de moins que Lawrence Summers, ancien secrétaire au Trésor sous la présidence de Bill Clinton, qui le dit, rejoint en cela par des analystes économiques de renom tels que Kenneth Rogoff et Mohamed El-Erian.

Cette gauche opiniâtre de Bernie Sanders et de Jeremy Corbyn n’a même pas laissé de côté l’arme fatale des expropriations – comment aurait-elle pu se passer de la coqueluche de tous les socialismes de l’Histoire ? Ce n’est pas une blague, cher lecteur. Ce sont deux conseillers clés de Bernie Sanders qui le proposent, s’inspirant qui plus est du Venezuela de Chavez (dans l’obnubilation, il n’y a pas de gêne) : David Sirota et Analilia Mejia, cette dernière étant la directrice politique de l’équipe de campagne de Sanders.

L’entichement pour Chavez et le chavisme, convient-il de le souligner, n’est pas réservé au proche entourage de ces deux socialistes. Corbyn et Sanders l’ont eux-mêmes exprimé dans le passé, plus d’une fois ; comme d’ailleurs, en France, un certain Jean-Luc Mélenchon qui, à la différence de ses homologues britannique et américain, ne démarre pas dans les sondages.

Ce sont donc toutes les politiques ratées de la gauche archaïque, de la gauche radicale de toujours, que Jeremy Corbyn et Bernie Sanders, de même que d’autres figures politiques classées à la gauche de la gauche (en premier lieu Alexandria Ocasio-Cortez, étoile montante du Parti démocrate des États-Unis) sont en train de sortir du placard des vétustés.

Décidément, chez la gauche révolutionnaire, le leurre a ses raisons que la raison ne connaît pas.

Nos dossiers spéciaux: Alexandria Ocasio-Cortez Bernie Sanders Extrême gaucheGauche radicale Jeremy Corbyn

La CIA attaque Assange en justice pour empêcher d’autres fuites

La CIA attaque Assange en justice pour empêcher d’autres fuites


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 13 avril 2019

Après l’arrestation de Julian Assange par la police britannique et le dévoilement de l’acte d’accusation américain, la question qui se pose est de savoir pourquoi les États-Unis agissent ainsi et pourquoi maintenant.

L’acte d’accusation allègue qu’Assange a « conspiré » avec Chelsea Manning en l’aidant dans sa tentative de trouver un mot de passe pour un compte qui lui aurait permis de dissimuler son vol de documents américains. Glenn Greenwald affirme que l’affaire est assez mince et constitue clairement une atteinte à la liberté de la presse. Qu’un journaliste, ou un éditeur, aide une source à dissimuler son identité fait partie du métier.

L’administration Obama, pourtant pour peu connue pour sa réticence à poursuivre les lanceurs d’alerte, avait déjà examiné le cas de « conspiration » et avait décidé de ne pas engager de poursuites.

Il est donc probable que l’affaire, telle qu’elle est maintenant scellée, n’est qu’un prétexte pour extrader Assange de Grande-Bretagne. Le but réel ne sera connu que si Assange est entre les mains des États-Unis.

Le journaliste de la sécurité nationale William Arkin, qui a quitté NBC News à cause de son bellicisme, a probablement raison lorsqu’il écrit que l’enjeu derrière tout cela est la publication par Wikileaks des outils de piratage de la CIA connus sous le nom de Vault 7.

Bien que la publication des fichiers Vault 7 ait été peu couverte par les médias, cela a sérieusement endommagé les capacités de la CIA. Arkin a écrit le 11 avril au sujet de Vault 7. Le Guardian et le Daily Beast se sont vus proposer les fichiers mais ont refusé de le publier :

La procédure judiciaire américaine, qui a complètement changé en mars 2017, est basée sur la publication, par WikiLeaks, des documents dits Vault 7, un ensemble complet de secrets sur le cyberespionnage de la CIA.

Vault 7 a été éclipsé par le scandale naissant de collusion entre la nouvelle administration Trump et la Russie, mais les 10 000 documents - environ - de la CIA que WikiLeaks a commencé à publier en mars constitue une violation sans précédent, largement plus dommageable que tout ce que ce site Web anti-secret a jamais fait, selon de nombreux responsables américains.

« Il y a eu de sérieuses alertes - y compris celles de Manning et Snowden - mais jusqu'en 2017, personne n'avait jeté le gant à l'Agence depuis des décennies », a déclaré un haut responsable des services de renseignement impliqué directement dans l'évaluation des dommages.

« Vient alors Vault 7, la quasi-totalité des archives de la cellule de piratage informatique de la CIA », explique le responsable. « La CIA a piqué une crise après la fuite. » Le responsable fait référence à une organisation peu connue de la CIA, le Center for Cyber ​​Intelligence, un équivalent obscur de la National Security Agency, qui dirige et supervise les efforts de piratage secrets menés par le gouvernement des États-Unis.

Wikileaks a acquis les fichiers Vault 7 à la fin de 2016 ou au début de 2017. En janvier 2017, l’avocat de Julian Assange a tenté de conclure un accord avec le gouvernement des États-Unis. Assange s’abstiendrait de publier certains contenus critiques des fichiers de Vault 7 en échange d’une immunité limitée et d’un canal de communication sûr avec les autorités américaines. L’un des problèmes à aborder était la recherche de l’origine des fichiers DNC publiés par Wikileaks. Des responsables américains du camp anti-Trump ont affirmé que la Russie avait piraté les serveurs de la DNC. Assange a toujours dit que la Russie n’était pas la source des fichiers publiés. Il a apporté des preuves techniques pour le montrer.

Le 23 mars 2017, Wikileaks  a publié des fichiers de Vault 7 d’un intérêt mineur.

Le ministère de la Justice US voulait un accord et a fait une offre à Assange. Mais l’intervention de Comey, alors directeur du FBI, l’a sabotée :

« Plusieurs sources me disent que l’équipe du contre-espionnage du FBI était au courant de la stratégie du ministère de la Justice et s’y était ralliée, mais ne pouvait expliquer ce qui avait motivé Comey à envoyer un message différent à propos des négociations ... »

Avec l’accord apparemment mal parti, Wikileaks a publié deux fichiers de Vault 7  : « Marble Framework » et « Grasshopper ». Ces logiciels de la CIA changeaient systématiquement l’origine du piratage pour lui donner un aspect russe ou iranien en insérant des chaînes de caractères en langue étrangère dans leur code source. La publication a prouvé que l’attribution, par la DNC, du vol et d’autres piratages à la Russie était un non-sens. La publication de ces fichiers a mis fin à toutes les négociations :

Le 7 avril 2017, Assange a publié des documents contenant des informations sur certains des logiciels malveillants de la CIA utilisés pour les cyber-attaques. Cela a eu un impact immédiat : le gouvernement américain, furieux, s'est retiré des négociations et le directeur de la CIA de l'époque, Mike Pompeo, a critiqué WikiLeaks en le qualifiant de « service de renseignement hostile ».

Un certain Joshua Schulte, le responsable présumé des fichier de Vault 7, est en détention aux États-Unis mais n’a toujours pas été présenté à un tribunal. Il est probable que les États-Unis veulent lui proposer un marché s’il acceptait de témoigner contre Assange.

Dans un autre article, Arkin développe sa première opinion en plaçant l’affaire dans un contexte plus large :

Quelques mois auparavant, Edward Snowden et un groupe appelé Shadow Brokers avaient annoncé des fuites massives. Compte tenu de la notoriété acquise par WikiLeaks, Vault 7 a été la goutte qui a fait déborder le vase pour le gouvernement. Non seulement c'était une expérience sans précédent de piratage de la CIA, organisation qui échappait à toute faille de ce type depuis les années 1970, mais elle montrait que tous les efforts déployés par le gouvernement américain après Chelsea Manning et Edward Snowden n’avaient pas réussi à dissuader, ni à attraper, les « pirates du millénaire ».

L’attaque contre Assange ne vise pas uniquement la vengeance, bien que celle-ci en fasse partie. L’objectif plus large est d’arrêter les fuites :

La pensée des responsables gouvernementaux - actuels et anciens - auxquels j'ai parlé, est de fermer WikiLeaks une fois pour toutes - ou du moins le séparer des médias traditionnels pour le rendre moins attractif en tant que source pour les secrets du gouvernement américain. Ce sera au moins un pas vers une plus grande sécurité intérieure.

Assange sera d’abord condamné en Grande-Bretagne pour n’avoir pas respecté les règles de la liberté sous caution. Il va écoper d’environ six mois de prison. Ce n’est qu’à partir de ce moment là que le combat juridique autour de l’extradition vers les États-Unis commencera. Cela peut prendre jusqu’à trois ans.

Le plus grand espoir d’Assange pour échapper à une extradition est un changement de gouvernement en Grande-Bretagne :

Jeremy Corbyn @jeremycorbyn - 19:34 utc - 11 avril 2019
 
Le gouvernement britannique devrait s'opposer à l'extradition de Julian Assange aux États-Unis pour avoir révélé des preuves d'atrocités en Irak et en Afghanistan.

Le temps nécessaire au traitement de l’affaire d’extradition devant les tribunaux britanniques et européens est probablement suffisamment long pour permettre aux travaillistes de remporter des élections générales. Avec Jeremy Corbyn, Assange serait probablement en sécurité. C’est une raison de plus pour l’establisment transatlantique de tout faire pour empêcher une victoire de Corbyn.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/jjla-cia-attaque-assange-en-justice-pour-empecher-dautres-fuites

La fin de l’histoire, le roi est nu ! 

« ARTICLE écrit voilà 1 an .  A lire ….bien vu…. au Comité VALMY
cordialement « ombre43 »

La fin de l’histoire, le roi est nu !
Strategika51

samedi 14 avril 2018, par Comité Valmy


La fin de l’histoire, le roi est nu !

Face à l’amplitude des préparatifs de guerre et à la multiplication des déclarations hallucinantes de certains responsables US et britanniques, des pays tiers tentent une médiation entre la Fédération de Russie et la Grande-Bretagne pour tenter la liberation de militaires britanniques capturés par l’Armée syrienne lors de l’opération de la Ghouta Orientale.

Après le Koweit et la Turquie, c’est le Sultanat d’Oman qui tente de négocier avec Damas la libération des officiers britanniques capturés avec les terroristes de la Ghouta orientale.

Il s’avère que des éléments du SAS britannique dont des officiers du 22e bataillon aient été tués avec des dizaines de terroristes entre Saqba et Douma, au coeur de la Ghouta orientale. Les survivants ont été capturés avec armes et bagages et se trouvent actuellement dans un endroit gardé secret.

Cette évolution fort défavorable aux britanniques a enragé au plus haut point le gouvernement britannique dont les services, impliqués dans l’ensemble des opérations clandestines de déstabilisation de gouvernements étrangers, ont monté de toutes pièces l’affaire Skripal.

Bien avant cette affaire, les pays soutenant le terrorisme en Syrie ont tenté d’exploiter la thématique fort éculée des armes chimiques pour justifier l’agression de la Syrie et y induire un changement de régime. L’accusation contre Damas a été maladroitement déviée vers Moscou. D’abord à l’Organisation pour l’Interdiction des armes chimiques (OPCW, une organisation bidon qu’il est grand temps de démanteler) à La Haye, puis, suite à la création de l’affaire Skripal et l’usage supposé d’un gaz de combat semblable au VX, dénommé Novichoc.

L’affaire Skripal a été montée par le même commanditaire qui a crée le logo et l’emblème de Daech (acronyme arabe de l’organisation terroriste baptisée « État Islamique en Irak et au Levant ») et créé, financé et conseillé l’organisation terroriste déguisée en organisation de secours civil en zone rebelle connu sous le nom quasi-angélique de « Casques Blancs » ou « White Helmets ». Une sorte d’Armée du Salut armée et n’hésitant point à sacrifier des enfants kidnappés à leurs parents pour filmer des mises en scène macabres en 4K.

Les Casques blancs ont reçu l’ensemble de leurs équipements en un seul lot et beneficient d’un financement assez important pour une force de défense civile en zone rebelle. Ils sont soutenus par l’ensemble de l’appareil gigantesque de propagande universelle dont Hollywood, laquelle leur a décerné un Oscar pour quelques prises de vue.

La seconde association est encore plus flagrante dans son caractère artificiel et factice : la SAMS ou la Syrian American Medical Society dont tous les membres fondateurs sont des transfuges n’est plus à présenter.

On ne sait pas jusqu’à présent les circonstances ayant entouré la mort et la capture des miltaires britanniques en Syrie, encore moins qui les a encerclé. Mais ce qui demeure certain est que c’est la première fois depuis la guerre froide qu’un pan de mensonges épais s’abat avec autant de fracas, ôtant toute légitimité aux pseudo-démocraties du monde autoproclamé libre (une chimère de propagande sous forme d’euphémisme) de proclamer haut et fort des valeurs démocratique alors qu’en réalité ce ne sont, au mieux que des dictatures déguisée gouvernées par des oligarchies restreintes semant le chaos et la guerre à des fins d’hégémonie et pour le profit.

La Grande-Bretagne n’est plus qu’un outil émoussé.

Le roi est nu. Reste le fou !

Le Grand jeu se termine. Reste à savoir comment et si jamais nous sortirons indemnes de cette véritable fin de l’histoire.

Strategika51
13 avril 2018

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article9782

Wikileaks: Assange arrêté par la police britannique à Londres

Wikileaks: Assange arrêté par la police britannique à Londres

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, réfugié depuis sept ans dans l’ambassade d’Equateur à Londres, a été arrêté, a annoncé aujourd’hui Scotland Yard.

» LIRE AUSSI – Wikileaks: Julian Assange arrêté à Londres

«Julian Assange, 47 ans, a été arrêté aujourd’hui, jeudi 11 avril, par des agents du service de la police métropolitain (MPS) à l’ambassade d’Équateur», a annoncé Scotland Yard, expliquant que l’arrestation a été menée en vertu d’un mandat de juin 2012 délivré par le tribunal londonien de Westminster, pour non présentation au tribunal. Julian Assange a été placé en garde à vue dans un commissariat londonien et sera «présenté au tribunal de Westminster dès que possible».

Cheveux et barbe blanche, Julian Assange a été porté hors de la représentation diplomatique équatorienne peu après 9 heures par six policiers habillés en civil jusqu’à un fourgon de police, selon une vidéo de son arrestation. L’arrestation a été confirmée par le ministre britannique de l’Intérieur, Sajid Javid. «Près de 7 ans après être entré à l’ambassade équatorienne, je peux confirmer que Julian Assange est actuellement en garde à vue et fera face à la justice au Royaume-Uni», a tweeté Sajid Javid, ajoutant «personne n’est au-dessus des lois».

VOIR AUSSI – «L’Equateur a souverainement décidé de mettre fin à l’asile diplomatique de M. Assange»

«L’Equateur a souverainement décidé de mettre fin à l’asile diplomatique de M. Assange»
Dans une allocution, le président de l’Equateur, Lenin Moreno a détaillé pourquoi il avait décidé « souverainement » de retirer l’asile diplomatique accordé à Julian Assange en 2012.
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WikiLeaks a réagi sur le même réseau social en accusant l’Equateur d’avoir «illégalement mis fin à l’asile politique d’Assange, en violation du droit international» et avoir «invité» la police britannique dans l’enceinte de l’ambassade. De son côté, Moscou a rapidement réagi en accusant Londres d’«étrangler la liberté».

Le président équatorien a défendu sur Twitter le retrait du statut d’asile à Julian Assange, une décisions présentée comme «souveraine» et prise «après ses violations répétées des conventions internationales et des protocoles de la vie quotidienne». «J’ai demandé à la Grande-Bretagne la garantie que M. Assange ne serait pas extradé vers un pays où il pourrait être torturé ou condamné à mort. Le gouvernement britannique me l’a confirmé par écrit», a ajouté le président Moreno.

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EN SAVOIR PLUS

Son prédécesseur Rafael Correa, exilé en Belgique depuis 2017, a accusé son successeur Lenin Moreno d’être responsable de l’arrestation du fondateur de Wikileaks Julian Assange à Londres, le qualifiant de «plus grand traître de l’histoire latino-américaine». «Cela met la vie d’Assange en danger et humilie l’Equateur. Jour de deuil mondial», écrit Rafael Correa sur son compte Twitter, dénonçant également «un crime que l’humanité n’oubliera jamais» peu après l’arrestation d’Assange à l’ambassade d’Equateur à Londres.

VOIR AUSSI – Retour sur l’affaire Julian Assange

Retour sur l’affaire Julian Assange
Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, réfugié depuis 2012 à l’ambassade d’Equateur à Londres, a été arrêté le 11 mars par la police britannique. Retour sur les faits.
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LIRE AUSSI :
» Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, inculpé aux États-Unis

Londres tente de saboter la nouvelle route de la soie au Pakistan

Londres tente de saboter la nouvelle route de la soie au Pakistan

Les vieilles méthodes font toujours recette mais pas souvent :  l’attaque du consulat de la République populaire de Chine à Karachi, la plus grande ville du Pakistan (Sind, Sud) par trois éléments de l’Armée de Libération du Balouchistan porte de très vieilles marques, reconnaissables à des milliers de kilomètres à la ronde. Le vieil impérialisme britannique est mort. Restent les miettes.

Nous sommes dans le domaine du Grand Jeu de Kipling, revisité à la sauce chinoise.

La nouvelle route de la Soie chinoise est en marche. Au Pakistan, cela se traduit par d’énormes investissements chinois dans les infrastructures rendant ce pays moins dépendant de l’assistance militaire américaine et l’aide financière  saoudienne. Mais le Pakistan est un pays faisant face à d’immenses défis géostratégiques et l’instabilité n’attirant pas les affaires, il fallait résoudre un certain nombre de problèmes anciens :  restauration de l’autorité dans les zones tribales du Nord, au Waziristan, réduction de la tentation indépendantiste balouche, alimentée par les services britanniques et indiens, surveillance de la situation en Afghanistan et par dessus tout, établir une dissuasion viable face au gigantesque rival indien.

Le Balouchistan est une province frontalière avec l’Iran et où les services secrets des pays occidentaux sont positionnés depuis des décennies à des fins de déstabilisation de l’Iran mais également pour le potentiel minier et fossile de cette zone. Cette présence s’est traduite par la multiplication de groupes armés indépendantistes incapables de faire face à l’Armée pakistanaise mais capables d’instaurer une instabilité chronique et l’insécurité. Or, la ceinture économique chinoise doit impérativement passer par le Balouchistan pour joindre l’Iran en attendant le retrait des forces occidentales d’Afghanistan. Une fois l’Iran atteint, les routes de Baghdad et d’Alep sont ouverts.
C’est à ce niveau qu’interviennent les services britanniques :  maintenir l’insécurité et le cas échéant, passer à l’action comme ce fut le cas ce vendredi matin avec l’attaque armée foireuse ayant visé le consulat de Chine à Karachi.

C’est un peu comme en Afrique, quand les chinois s’approchent un peu trop des gisements d’Areva au Niger et qu’un groupe armé local (sinon un créé ad-hoc) est chargé de kidnapper un ou deux techniciens de l’Empire du Milieu.

C’est une lutte désespérée. Un nouveau monde se met en place et les vieilles recettes n’ont plus cours.

Londres tente de saboter la nouvelle route de la soie au Pakistan

Géopolitique du Brexit

Géopolitique du Brexit


Par Valérie Bugault − Le 16 janvier 2019 

valerie_bugault Cet article fait suite, et complète, l’interview de l’auteur par le journal du matin de RT le mercredi 16 janvier 2019.

Afin de comprendre les véritables enjeux géopolitiques, en termes de pouvoir, de la question du Brexit, il faut s’échapper de la technicité mise, à de très rares exceptions près, en avant par tous les médias, « mainstream » et « alternatifs » et considérer les choses sous leur angle non pas politicien mais réellement politique, c’est-à-dire sous celui de la réalité des forces en présence. 

Le Brexit, c’est-à-dire le retrait de la Grande-Bretagne des institutions européennes, est un mouvement qui est né dans les cercles de pouvoir de la City de Londres. Son promoteur, le très médiatique Nigel Farage 1, avait lui-même, comme d’ailleurs sa seconde épouse, fait toute sa carrière à la City et dans la haute finance. Ce mouvement a, d’autre part, été soutenu par des membres éminents de l’oligarchie apatride ayant son Quartier général à la City. 2

Dans ce contexte, et quoi qu’il advienne, c’est-à-dire avec ou sans accords communs négociés en partenariat avec les instances européennes, la Grande Bretagne sortira de l’Union européenne. Car telle est la volonté des puissances d’argent qui œuvrent, depuis la City of London, pour la réalisation du gouvernement mondial ; gouvernement mondial qui passe, en premier lieu, par la réalisation d’une monnaie mondiale, sous forme de panier de monnaie, dont les acteurs siégeant à la City seront les dirigeants de droit. 

Le contexte britannique 

Avant tout développement, il faut commencer par rappeler que l’Angleterre n’était ni dans l’euro, ni ne faisait partie des accords de Schengen. Ce pays n’a donc, en conséquence, pas eu autant à souffrir des institutions européennes que la plupart des autres pays – dont en particulier la France – beaucoup plus concernés par les contraintes européennes. 

Ensuite, il faut constater que les médias et les hommes politiques, tous bords confondus, laissent entendre que les intérêts britanniques, banques, entreprises et populations, sont inexorablement mêlés et homogènes au regard du retrait britannique des instances européennes. Rien n’est plus faux, cette présentation s’apparente à une manœuvre d’ordre psychologique afin de faire disparaître toute velléité d’analyse sérieuse de cette question dite du « Brexit ». En réalité, il faut, afin d’établir les responsabilités des uns et des autres, distinguer clairement les causes des effets ainsi que les centres d’intérêts de chaque groupe en présence de ce qui s’apparente à un vaste « jeu de dupes ». 

Il y a, d’une part, le premier cercle de pouvoir, celui des institutions et des personnes qui résident à la City, auquel peuvent être adjointes certaines (la plupart des ?) multinationales, quelle que soit par ailleurs leur bannière, c’est-à-dire le pays dont elles sont fictivement ressortissantes. Il va de soi que ce groupe des multinationales apatrides ne comprend pas les multinationales dont la détention majoritaire appartient à un État. Ce groupe, historiquement installé à la City, est en réalité apatride ; il n’a que faire des instances européennes, à part pour les contrôler. Les entités, identifiées ou anonymes, appartenant à ce groupe sont les réels initiateurs du Brexit, non seulement elles n’en souffriront pas 3 mais seraient au contraire pénalisées de rester dans le carcan monétaire européen. La City sera en réalité la « grande gagnante » du Brexit. 4

Il y a, en second lieu, les entreprises, petites et moyennes, qui tissent ce que l’on a coutume de nommer l’économie d’un pays, britannique, en l’occurrence. Ces entreprises n’ont à l’évidence pas les mêmes intérêts que leurs congénères apatrides et sont beaucoup plus liées à leur marché national ainsi qu’au marché européen ; marché européen qui risque, en effet, de devenir légèrement plus difficile d’accès pour elles. Toutefois, il faut garder à l’esprit que ces entreprises n’ont pas le monopole du commerce avec l’UE et que leurs débouchés naturels se trouvent également dans les anciennes dépendances britanniques, les pays du Commonwealth. En réalité, il n’y a guère que les sociétés de services qui risquent de souffrir effectivement du Brexit, ce qui réduit quand même assez drastiquement le champ des « victimes » de la sortie de l’Angleterre des instances européennes. 

Il y a, en troisième lieu, le peuple anglais dans son ensemble. Sans être parfaitement homogène, on peut néanmoins considérer que le peuple anglais a des attentes relativement cohérentes. Il veut, comme tous les peuples, un niveau de vie convenable, un prix des logements et de la vie en général modérés et, surtout en corrélation avec le niveau des revenus. Il est attentif au niveau du chômage, à celui de l’endettement ainsi qu’à celui des taux d’imposition. Le peuple est globalement démuni par rapport à la satisfaction de ses besoins primordiaux. Rien de ce qui lui importe ne dépend de lui, tout dépend du gouvernement et/ou des instances supranationales auxquelles son gouvernement adhère. L’Angleterre étant restée hors du champs de l’euro, le Brexit n’impactera que de façon subsidiaire, par effet secondaire, la valeur de la livre. S’agissant du taux de chômage, le Brexit ne devrait pas non plus avoir d’effet à long terme dans la mesure où l’Angleterre bénéficie d’ores et déjà d’un certain nombre de traités commerciaux bilatéraux avec d’autres pays du monde. Son secteur bancaire, réduit en Europe, se développera avec d’autres pays, en particulier en Asie… Le « taux de chômage » est une « donnée » 5 qui est et restera gérée par le ministère en partenariat avec la banque centrale anglaise, laquelle est connectée, via la BRI 6, avec la très grande majorité des banques centrales du monde. Ici encore, le Brexit ne devrait pas avoir d’impact essentiel et vital. 

Les plus malmenés par la sortie des instances européennes paraissent finalement être les étudiants qui se verront probablement, en cas d’absence d’accords de sortie avec l’UE, privés du programme Erasmus 7. Notons au passage, que ce ne seront pas les seuls étudiants britanniques qui « subiront » cet effet négatif. En effet, les étudiants des 27 autres pays de l’Union européenne 8, se verront également interdire, ou rendre plus difficile, l’accès aux universités britanniques. 

Apparaît ici un effet pervers car, à défaut d’accord avec les instances européennes, ces derniers seront, au moins temporairement, privés d’un « soft power » très important et efficace : celui consistant à former et déformer les jeunes esprits afin de leur faire endosser leurs propres intérêts catégoriels. Il en va notamment, bien que pas uniquement, ainsi de la fameuse London School of Economics 9, mais aussi des universités, comme Cambridge et Oxford, qui enseignent le droit à la mode anglo-saxonne. Le Brexit fera donc – au passage – du point du vue du « soft power », des dommages collatéraux imprévus pour les globalistes de la City. 

Deux précisions importantes doivent néanmoins être apportées. En réalité, au vu de l’importance du « soft power » anglais pour la réalisation du nouvel ordre mondial, unifié dans un futur gouvernement mondial, il est extrêmement douteux que cette « arme contre les peuples » soit abandonnée par les élites oligarchiques au pouvoir. En réalité, le droit anglais tout comme les principes économiques et sociaux issus de la London School of Economics disposent maintenant, dans la totalité des pays de l’Union Européenne, de relais de dispersion au sein même des universités et des systèmes éducatifs nationaux qu’il faudra bientôt – c’est-à-dire lorsque le gouvernement mondial sera formalisé – désigner du terme de « locaux ». Il ne faut donc pas surévaluer la problématique éducative en tant que « sujet » à part entière du Brexit.

Le contexte européen 

Les institutions européennes, construites sur une longue durée et maintenant sur le point de devenir fédéralistes – faisant au passage disparaître toute entité politique nationale – sont d’une importance stratégique pour le futur gouvernement mondial. Ce gouvernement mondial ne pourra opérer qu’avec des relais locaux de pouvoir, sur le modèle des actuels préfectures françaises pour l’État français. Les institutions européennes joueront, précisément, ce rôle primordial de relai de pouvoir pour le gouvernement mondial ; il est donc de première importance, pour les élites oligarchiques apatrides, que ces institutions ne se dissolvent pas. Or, de ce point de vue, le Brexit pourrait être considéré par certains États européens, en particulier par la France des « gilets jaunes », comme un « modèle à suivre ». Le grand risque pour les véritables dirigeants qui siègent à la City est que la France sorte à son tour des institutions européennes, faisant au passage éclater cette construction artificielle. Il est impératif, pour les objectifs globalistes, d’éviter toute évasion du carcan européen. Ce dernier, quoique sous domination américaine, a été et reste l’une des plus belles réalisations du futur gouvernement mondial. Il ne faut plus en réalité que parfaire l’intégration fédéraliste et la disparition corrélative des entités étatiques pour que les instances européennes fonctionnent comme le premier pilier de relai géographique du futur gouvernement mondial. 

C’est précisément la raison pour laquelle le Brexit est présenté, par tous les médias (dominants et alternatifs), comme une véritable catastrophe économique et sociale de nature planétaire. La conservation et la pérennisation de cette narration officielle est de la plus haute importance pour les instances dirigeantes à l’origine même du Brexit. 

La seconde manipulation médiatico-politique autour du Brexit consiste à mettre, artificiellement au centre des débats, le questionnement, réellement accessoire, selon lequel les anglais sortiront de l’Union Européenne avec ou sans accord (le « no-deal » en langage globaliste). Ainsi, au lieu de débattre du fait de savoir si le Brexit doit ou non avoir lieu, les débats deviennent « l’Angleterre sortira-t-elle des instances européennes avec ou sans accord mutuel ». La manipulation est grossière mais néanmoins efficace ! 

Notons que le gouvernement « par l’erreur, pour l’erreur, et par la terreur » est la méthode privilégiée, de tout temps, par les banquiers-commerçants dans leur volonté de domination mondiale.

Le contexte français 

Du point de vue des oligarques mondiaux apatrides siégeant à la City, le Brexit ne doit surtout pas générer la sortie de la France des institutions européennes ; la France devra donc disparaître, de façon à lui interdire définitivement toute velléité d’indépendance. Il s’agit ici du dernier acte de la pièce de théâtre, sous forme de jeu de rôle, qui a débuté avec la signature du Traité de Rome et de la CECA. 

C’est dans le contexte de la nécessité globaliste du resserrement de l’intégration européenne fédéraliste et, plus précisément, pour empêcher la France de sortir de la construction européenne, que s’inscrit le futur traité dit « d’Aix la Chapelle » que s’apprêtent à signer, dans la salle du couronnement 10, le 22 janvier prochain, Emmanuel Macron et Angela Merkel. Notons que ces deux dirigeants se permettent de signer un traité d’importance constitutionnelle, sans en référer à leurs peuples respectifs et alors même qu’ils sont, tous les deux, en sérieuse perte de légitimité politique. La vérité est que ces prétendus dirigeants ne dirigent rien : ils sont de simples courroies de transmission des véritables dirigeants anonymes, les banquiers-commerçants qui siègent à la City de Londres. Ainsi, ce traité ne sera ni français, ni allemand ; il sera la manifestation juridique de la domination politique, dans ces deux ex-pays, des banquiers-commerçants. 

Les signataires dudit traité étant dépourvus de toute légitimité politique, ce Traité n’a, de facto, aucune existence réelle, aussi bien en droit national qu’en droit international. 

Techniquement, ce traité scélérat institue de nombreuses modifications institutionnelles, qui vont toutes dans le sens de la disparition politique de la France :

1°) La transformation des régions de l’Est de la France en « euro-régions » franco-germaniques, avec bilinguisme obligatoire ;

2°) La création d’un gouvernement bipartite franco-allemand ;

3°) L’abandon par la France de son siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, lequel sera de facto sous contrôle allemand ;

4°) La mise à disposition des forces de l’ordre allemandes pour régler des conflits intérieurs français ;

5°) L’unification législative du « droit des affaires » entre la France et l’Allemagne, avec la précision que ce fameux « droit des affaires » n’est pas fait sur le modèle du droit continental, traditionnel à ces deux pays, mais sur le modèle anglais, lequel sert beaucoup mieux les intérêts dominants de la City. 

Chacun doit en outre se souvenir qu’Aix la Chapelle était le centre du pouvoir de l’empire carolingien de Charlemagne. 11. Cet empire du Moyen-Âge servira de tremplin symbolique vers l’empire ultime, celui de la domination politique mondiale de la caste des banquiers-commerçants.

Le contexte américain

Les personnalités américaines qui ont fait leur fortune – en pactisant au départ (à la fin XIXème et au début XXème siècle) avec les banques de la City – sur le développement de l’empire américain sont elles-mêmes divisées. 

D’un côté, il y a les plus riches et les plus connus d’entre eux, telle la famille Rockefeller, qui ont pris définitivement parti pour les banques de la City, contre l’intérêt bien compris de leur propre pays. Ces gens-là se rangent du côté du Brexit, de l’abandon du dollar comme monnaie mondiale, et de l’abandon de l’empire américain et de l’avènement du futur gouvernement mondial. 

D’un autre côté, il y a les patriotes américains, qui ont sincèrement crus à la « destinée manifeste » des États-Unis, et qui sont, et restent, collectivement attachés à l’intérêt bien compris de l’Empire américain. 

L’essentiel des avantages compétitifs des États-Unis provient de sa prébende en tant que titulaire et émetteur de la monnaie mondiale. Il est donc de la première importance, pour la préservation de l’empire américain, que le dollar reste la monnaie de référence mondiale. Cette partie de l’élite américaine est une fervente combattante du Brexit ; elle combat également l’évolution des institutions européennes qui fera perdre aux États-Unis leur prééminence dans la gestion de cette entité politique artificielle. Les armes anglaises de cette « oligarchie patriote américaine » sont la partie des élites politiques britanniques en place qui restent sous leur joug, essentiellement pour des raisons de corruption ; ils peuvent également utiliser à leur avantage, pour mettre en avant les avantages du Brexit vis-à-vis des autres pays européens, une certaine élite britannique qui se dit indépendante (jouant en réalité le rôle d’idiots utiles de la City) qui croit pouvoir tirer son épingle du jeu en sortant de l’UE tout en restant sous le joug d’airain de la City. 

Cette « oligarchie américaine patriote » est, sans aucun doute possible, « prête à tout » pour faire exploser les institutions européennes – pourtant leur propre créature – plutôt que d’en laisser les avantages institutionnels aux dirigeants de la City. Cette élite américaine patriote, celle qui reste attachée aux effets de l’empire américain, dispose encore – pour des raisons de corruption physique, financière ou morale – de très sérieux relais d’influence politique et militaire en Europe ; elle fera tout pour s’opposer à ce que l’Europe se fédéralise davantage au profit de leurs ennemis de la City. 

Ces deux clans oligarchiques américains se livrent actuellement, sur le dos des institutions européennes et du Brexit, une guerre à mort, laquelle a de multiples répercussions dans le monde entier. Cette guerre sournoise entre deux clans américains, explique, en partie, les mesures et contre-mesures annoncées et non tenues ou non annoncées et tenues par le gouvernement américain. Ainsi en est-il de l’annulation du traité avec l’Iran, du retrait des troupes américaines de Syrie… 

Remarquons au passage qu’en hâtant l’effondrement de l’empire américain, le président Trump agit comme un allié objectif des intérêts globalistes de la City dont le seul objectif est l’avènement d’un gouvernement mondial. 12. Car précisément, le gouvernement mondial ne pourra voir le jour que sous les décombres des États, tout empires soient-ils. 

D’un point de vue géopolitique, tant stratégique que tactique, le clan américain qui fait corps avec la volonté de la City est objectivement plus à même de l’emporter que le camp des « patriotes ». Essentiellement pour la raison que, conformément à leur habitude multiséculaire, les banquiers agissent de façon sournoise en laissant croire aux ennemis de leur ennemi conjoncturel (l’actuel empire américain) qu’ils sont dans le même camp du « bien », contre toute volonté impérialiste propre. La plupart des pays du monde sont aujourd’hui ralliés à la cause, présentée comme « non impérialiste », de la disparition du dollar en tant que monnaie mondiale et de celle de la prééminence militaire et civilisationnelle des États-Unis. 

Cette présentation des choses est fallacieuse et fausse car la véritable volonté impérialiste émane historiquement, depuis l’époque des grandes découvertes, de la seule City. La seule réelle volonté impérialiste, celle qui a créé les pires impérialismes modernes, est celle des entités qui dirigent la City of London. Si l’empire américain est actuellement dans sa ligne de mire, cet ennemi n’est qu’un ennemi conjoncturel, désigné par les circonstances : leurs véritables ennemis sont toutes les entités politiques autonomes (c’est-à-dire les États indépendants, quelle que soit leur taille), qui devront tous, les uns après les autres, disparaître pour laisser la place au gouvernement mondial qu’ils ambitionnent d’instaurer. 

Le contexte international : la lutte de la City contre l’empire américain et pour le pouvoir mondial 

En réalité, ce qui se joue actuellement dans les coulisses du Brexit est une lutte à mort des banques de la City contre ce qui reste de l’empire américain. Car, les institutions européennes et leur succédané qu’est l’OTAN 13, ne sont, par construction et depuis le début, qu’un dominion de l’empire américain, une colonie non avouée mais très dévouée à la cause de son maître. 

Ainsi, outre sa valeur symbolique, s’extraire des instances européennes signifie, pour l’Angleterre, en particulier pour la City, sortir de la domination monétaire américaine afin de retrouver sa plénitude de compétence monétaire et financière. 

C’est d’ailleurs dans ce cadre précis que s’est inscrite, en son temps, la déchéance de Dominique Strauss Kahn, ancien dirigeant du FMI. Ce dernier tentait d’imposer les Droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI [14 Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Droits_de_tirage_spéciaux] comme monnaie mondiale en remplacement du dollar. Pour cela, il avait manœuvré pour faire entrer, via l’or, les avoirs et les relations de l’ancien dirigeant Libyen Mouammar Kadhafi, 14, une partie du continent africain dans des liens monétaires semblables à ceux de l’euro – le fameux « dinar-or africain » ; la nouvelle monnaie en préparation ayant vocation à intégrer le panier de monnaies que sont les DTS du FMI [16 Cf. http://www.ebengostone.com/sacrifice-de-dsk-et-kadhafi/]. Or, les dirigeants « patriotes » américains avaient compris que cette stratégie était directement opposée à la pérennité de la devise américaine en tant que monnaie mondiale. Ils se sont donc opposés à cette stratégie en éliminant politiquement la personnalité du FMI (DSK) qui l’incarnait. 

Conclusion : l’épée de Damoclès de la City ; les États indépendants en danger de mort 

D’un point de vue géopolitique, les dirigeants de tous les pays du monde, autant ceux de la Russie que ceux de la Chine, doivent être mis en garde : le gouvernement mondial en cours d’élaboration et tel qu’initié par les banquiers n’a réellement que faire des États, lesquels sont en réalité ses pires ennemis. L’Empire américain n’est, pour lui, qu’un ennemi conjoncturel, en aucun cas son véritable ennemi, qui, répétons-le est « tous les États indépendants du monde ». Le gouvernement mondial sous domination des banquiers de la City ne pourra se construire que sur les décombres des entités politiques autonomes : États, États-nations ou empires.

Les États qui continueront à être dupes des banquiers sont d’ores et déjà leurs futures victimes désignées. Les victimes impériales des banquiers de la City sont d’ores et déjà déjà innombrables – Empire napoléonien, empire d’Europe central, empire britannique – il reste à y ajouter, l’empire américain, dont le déclin est maintenant inéluctable, et tous ses potentiels candidats successeurs, en particulier les actuelles Russie et surtout Chine. 

Autrement dit, tant que les banquiers siégeant à la City de Londres continueront à organiser les règles du jeu mondial, ils resteront les seuls bénéficiaires des mouvements géopolitiques de tectoniques des plaques politiques.  

Valérie Bugault est Docteur en droit, ancienne avocate fiscaliste, analyste de géopolitique juridique et économique

Liens

  1. Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Nigel_Farage
  2. Voir par exemple : https://www.cnews.fr/monde/2018-08-13/un-milliardaire-britannique-pro-brexit-sexpatrie-monaco-et-cree-lindignation-791139 ; https://pureactu.com/ces-milliardaires-pro-brexit-qui-tournent-le-dos-au-royaume-uni/
  3. Cf. https://pureactu.com/ces-milliardaires-pro-brexit-qui-tournent-le-dos-au-royaume-uni/
  4. Cf. https://www.lesechos.fr/19/09/2018/lesechos.fr/0302266153301_marc-roche—–le-brexit-va-permettre-au-royaume-uni-de-decupler-ses-atouts–.htm
  5. Voir à ce propos le NAIRU : cf. https://www.lesechos.fr/19/09/2018/lesechos.fr/0302266153301_marc-roche—–le-brexit-va-permettre-au-royaume-uni-de-decupler-ses-atouts–.htm
  6. Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Banque_des_règlements_internationaux
  7. Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Erasmus
  8. Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_européenne
  9. Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/London_School_of_Economics
  10. Cf. https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/01/08/signature-nouveau-traite-franco-allemand-aix-la-chapelle ; https://www.les-crises.fr/urgent-texte-integral-et-analyse-du-traite-franco-allemand-daix-la-chapelle-qui-sera-signe-le-22-janvier/
  11. Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Aix-la-Chapelle
  12.  Sur cette question : lire, notamment, le dernier article de l’américain Brandon Smith : http://lesakerfrancophone.fr/trump-joue-de-la-flute-enchantee-pour-lagenda-du-nouvel-ordre-mondial
  13. Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_du_traité_de_l%27Atlantique_nord
  14. Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouammar_Kadhafi

http://lesakerfrancophone.fr/geopolitique-du-brexit

 

La question d’une possible ingérence russe dans le mouvement des gilets jaunes

La question d’une possible ingérence russe dans le mouvement des gilets jaunes

Et si le mouvement des gilets jaunes avait été parasité par une ingérence étrangère ? C’est en tout cas ce qu’affirme un récent article du Times qui soutient une thèse dangereuse: il y aurait une ingérence russe dans le mouvement des gilets jaunes visant à en exagérer l’ampleur. Cette thèse a été prise au sérieux par le gouvernement français car le SGDSN (Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale) a décidé d’ouvrir une enquête sur cette possible intervention russe sur les réseaux sociaux français.

Certains comptes twitter alimenteraient-ils une fausse grogne populaire ?
Certains comptes twitter alimenteraient-ils une fausse grogne populaire ?

Les origines d’une rumeur

C’est en réalité deux médias anglo-saxons qui accréditent cette thèse. C’est tout d’abord l’article du Times qui relate une analyse de la société spécialisée en cybersécurité New Knowledge. Selon cette étude, il y aurait 200 comptes Twitter qui seraient liés à la Russie et qui alimenteraient le réseau social de 1600 tweets et retweets par jour. On nomme ces comptes des « sock puppet ». En plus de déployer des innombrables tweet sur la toile, ces faux comptes seraient aussi à l’origine de photos et vidéos invérifiables. Cette thèse est, de plus, soutenue par l’organisme américain Bloomberg. En effet, celui-ci indique que, parmi les faux comptes recensés, le hashtag #giletsjaunes se retrouve en tête des recherches. Selon Bret Scafer, qui travaille chez Bloomberg, cela démontre qu’il y a « un intérêt à amplifier le conflit ». Cette théorie sert aussi à s’attaquer directement à la légitimité du mouvement en dénonçant une illusion de grogne et une ampleur factice.

Une théorie qui présente des incohérences

Au-delà d’études et autres prises de positions politiques et idéologiques, peut-on réellement affirmer qu’il existe une ingérence russe vis-à-vis du mouvement des gilets jaunes ? Tout d’abord, le Kremlin n’a pas tardé à réagir à ces accusations et à démentir fermement : tout cela serait de la « diffamation » selon le porte-parole Dmitri Peskov. Il déclarait, en effet, à ce sujet : « Nous ne nous sommes pas immiscés et ne nous ingérerons pas dans les affaires intérieures d’un pays tiers, dont la France ». Contacté par France 24, Baptiste Robert, un chercheur en cybersécurité, s’est attaché, sur 6 jours, à dresser un mapping virtuel de 256 000 tweets anglais pour déceler les principaux comptes influenceurs utilisant le hashtag #giletsjaunes. Il relève ainsi qu’ « aucun compte de ce top 10 ne s’affiche comme ouvertement russe ». De même, le compte qui gagne la première place sur le podium serait celle de Katie Hopkins, une britannique pro-Trump et pro-Brexit. Ainsi, même si des comptes russes s’intéressent au mouvement des gilets jaunes, ils ne sont en rien les plus influents sur la toile et, de fait, participent ainsi difficilement à la montée en puissance d’une grogne populaire, qui est, elle, bien réelle.

Distance et enseignements

Que cette ingérence soit vraie ou non, que peut-on en apprendre ? Il n’est plus à démontrer l’importance de l’effet des réseaux sociaux sur les mouvements populaires. Ceux-ci ont démontré, par exemple, leur efficacité pour déjouer les différentes propagandes ou censures lors des printemps arabes. De plus, encore une fois que la véracité de cette ingérence se confirme ou non, le fait même d’y poser une interrogation et d’y ouvrir une enquête gouvernementale, démontre l‘importance du levier de pouvoir et l’existence du combat entre les nations qui se joue sur les réseaux sociaux. Ils s’érigent ainsi comme véritable soft power (ou sharp power) et armes de pouvoir dans les différents combats sous-jacents qui existent et florissent entre les Etats. L’enjeu pour les puissances américaines comme russes est celui de montrer un Paris à feu et à sang : Trump en fait des gorges chaudes sur Twitter afin de démontrer que la question climatique divise la population et de ce fait qu’elle ne paraît pas si évidente que ce qu’en peuvent en dire les experts pro-climats du monde entier et les divers gouvernements qui soutiendraient cette « théorie ». Cependant, il n’est plus à prouver que définir le mouvement des gilets jaunes à la seule question de la taxe écologique est hors de propos. Enfin, comme pour tout mouvement, ceux-ci sont repris idéologiquement et de façon partisane en fonction d’intérêts collectifs ou individuels. Il n’en reste pas moins qu’en lui-même, et surtout par lui-même, le mouvement des gilets jaunes continue à faire entendre sa voix dans les mondes réels et virtuels et que les personnes qui ont battu les pavés pendant plusieurs samedi successifs, à tort ou à raison, obéissaient à une volonté plus grande que celle de l’intérêt des Etats : leurs volontés propres.

Sources :

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/actualite-analysee/38318

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Revue de presse nationale et internationale.

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