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La question d’une possible ingérence russe dans le mouvement des gilets jaunes

La question d’une possible ingérence russe dans le mouvement des gilets jaunes

Et si le mouvement des gilets jaunes avait été parasité par une ingérence étrangère ? C’est en tout cas ce qu’affirme un récent article du Times qui soutient une thèse dangereuse: il y aurait une ingérence russe dans le mouvement des gilets jaunes visant à en exagérer l’ampleur. Cette thèse a été prise au sérieux par le gouvernement français car le SGDSN (Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale) a décidé d’ouvrir une enquête sur cette possible intervention russe sur les réseaux sociaux français.

Certains comptes twitter alimenteraient-ils une fausse grogne populaire ?
Certains comptes twitter alimenteraient-ils une fausse grogne populaire ?

Les origines d’une rumeur

C’est en réalité deux médias anglo-saxons qui accréditent cette thèse. C’est tout d’abord l’article du Times qui relate une analyse de la société spécialisée en cybersécurité New Knowledge. Selon cette étude, il y aurait 200 comptes Twitter qui seraient liés à la Russie et qui alimenteraient le réseau social de 1600 tweets et retweets par jour. On nomme ces comptes des « sock puppet ». En plus de déployer des innombrables tweet sur la toile, ces faux comptes seraient aussi à l’origine de photos et vidéos invérifiables. Cette thèse est, de plus, soutenue par l’organisme américain Bloomberg. En effet, celui-ci indique que, parmi les faux comptes recensés, le hashtag #giletsjaunes se retrouve en tête des recherches. Selon Bret Scafer, qui travaille chez Bloomberg, cela démontre qu’il y a « un intérêt à amplifier le conflit ». Cette théorie sert aussi à s’attaquer directement à la légitimité du mouvement en dénonçant une illusion de grogne et une ampleur factice.

Une théorie qui présente des incohérences

Au-delà d’études et autres prises de positions politiques et idéologiques, peut-on réellement affirmer qu’il existe une ingérence russe vis-à-vis du mouvement des gilets jaunes ? Tout d’abord, le Kremlin n’a pas tardé à réagir à ces accusations et à démentir fermement : tout cela serait de la « diffamation » selon le porte-parole Dmitri Peskov. Il déclarait, en effet, à ce sujet : « Nous ne nous sommes pas immiscés et ne nous ingérerons pas dans les affaires intérieures d’un pays tiers, dont la France ». Contacté par France 24, Baptiste Robert, un chercheur en cybersécurité, s’est attaché, sur 6 jours, à dresser un mapping virtuel de 256 000 tweets anglais pour déceler les principaux comptes influenceurs utilisant le hashtag #giletsjaunes. Il relève ainsi qu’ « aucun compte de ce top 10 ne s’affiche comme ouvertement russe ». De même, le compte qui gagne la première place sur le podium serait celle de Katie Hopkins, une britannique pro-Trump et pro-Brexit. Ainsi, même si des comptes russes s’intéressent au mouvement des gilets jaunes, ils ne sont en rien les plus influents sur la toile et, de fait, participent ainsi difficilement à la montée en puissance d’une grogne populaire, qui est, elle, bien réelle.

Distance et enseignements

Que cette ingérence soit vraie ou non, que peut-on en apprendre ? Il n’est plus à démontrer l’importance de l’effet des réseaux sociaux sur les mouvements populaires. Ceux-ci ont démontré, par exemple, leur efficacité pour déjouer les différentes propagandes ou censures lors des printemps arabes. De plus, encore une fois que la véracité de cette ingérence se confirme ou non, le fait même d’y poser une interrogation et d’y ouvrir une enquête gouvernementale, démontre l‘importance du levier de pouvoir et l’existence du combat entre les nations qui se joue sur les réseaux sociaux. Ils s’érigent ainsi comme véritable soft power (ou sharp power) et armes de pouvoir dans les différents combats sous-jacents qui existent et florissent entre les Etats. L’enjeu pour les puissances américaines comme russes est celui de montrer un Paris à feu et à sang : Trump en fait des gorges chaudes sur Twitter afin de démontrer que la question climatique divise la population et de ce fait qu’elle ne paraît pas si évidente que ce qu’en peuvent en dire les experts pro-climats du monde entier et les divers gouvernements qui soutiendraient cette « théorie ». Cependant, il n’est plus à prouver que définir le mouvement des gilets jaunes à la seule question de la taxe écologique est hors de propos. Enfin, comme pour tout mouvement, ceux-ci sont repris idéologiquement et de façon partisane en fonction d’intérêts collectifs ou individuels. Il n’en reste pas moins qu’en lui-même, et surtout par lui-même, le mouvement des gilets jaunes continue à faire entendre sa voix dans les mondes réels et virtuels et que les personnes qui ont battu les pavés pendant plusieurs samedi successifs, à tort ou à raison, obéissaient à une volonté plus grande que celle de l’intérêt des Etats : leurs volontés propres.

Sources :

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/actualite-analysee/38318

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Moscou s’adressera à l’OSCE, la BBC tentant de lier les Gilets jaunes à la Russie

16 décembre 2018

Parce qu’il n’est question ni du deux poids deux mesures ni d’un engagement, «mais d’une propagande pure et simple», le ministère russe des Affaires étrangères s’adressera à l’OSCE «pour attirer son attention sur le fait» que certains journalistes de la BBC cherchent à établir que la Russie est impliquée dans les protestations en France.

La Russie a l’intention de s’adresser à l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) après la diffusion d’informations faisant état de tentatives de certains journalistes de la BBC pour prouver l’implication de la Russie dans les protestations en France, a déclaré dimanche la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.

«Nous poserons la question [appropriée, ndlr] aux structures internationales. Nous écrirons dès demain une lettre à l’OSCE pour attirer son attention sur ce fait», a-t-elle indiqué, qualifiant le comportement d’une journaliste britannique en particulier d’«absolument révoltant».

«Cette fois-ci, il est question non du deux poids deux mesures ou d’un engagement, mais d’une propagande pure et simple: nul doute qu’il s’agit d’une compilation de sujets, d’une tentative pour trouver de petites pièces d’un grand puzzle. Nous voyons maintenant ce que c’est que le travail de la corporation BBC», a-t-elle fait remarquer.

Or, a rappelé Maria Zakharova, c’est justement le Royaume-Uni qui répète inlassablement que les médias russes font de la propagande sans pour autant citer de faits, mais se référant à la voix de l’opinion. Il paraît que l’opinion britannique adresserait des plaintes à Ofcom, l’autorité régulatrice des télécommunications au Royaume-Uni, qui est contrainte de réagir et de reprocher aux journalistes russes un comportement non-professionnel.

 

Elle a fait remarquer dans ce contexte qu’il était temps de formuler une question à ces autorités régulatrices:

«Comment évaluent-elles cette compilation de faits à laquelle se livrent les employés de leurs entreprises de radio et télédiffusion?»

Maria Zakharova a rappelé également que le Royaume-Uni faisait encore partie de l’Union européenne et qu’il pratiquait une politique étrangère commune avec les pays membres de cette organisation.

«Comment est-il possible […] de faire des choses pareilles vis-à-vis de son voisin, de propager dans le monde entier des infox sur les protestations en France?, s’est-elle exclamée. D’inventer que ce ne sont pas ces gens qui descendent dans les rues, mais que c’est la Main de Moscou qui, non contente de s’ingérer et d’avoir imaginé tout un mouvement de Gilets jaunes, l’a encore matérialisé?»

La rédaction avait précédemment obtenu la correspondance d’une journaliste de la rédaction russe de la BBC, Olga Ivchina, avec un pigiste couvrant les manifestations des Gilets jaunes sur les réseaux sociaux.
Sur instruction de sa rédaction, la correspondante de la BBC recherchait des pistes de l’implication russe dans les manifestations de Paris et voulait savoir s’il était possible de tirer des faits disponibles la conclusion que la Russie était à l’origine de ce qui se passe.

 

La première version enflammée disant que la Russie organisait un «Maïdan des Gilets jaunes» en France est née dans la capitale mondiale de la créativité politique, Kiev.

Ensuite, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a répondu à une question sur la «piste russe»: «J’ai entendu cette rumeur. Il y a une enquête qui est aujourd’hui menée par le secrétaire général de la défense nationale. On verra bien quels en seront les résultats.»

source

http://www.citoyens-et-francais.fr/2018/12/parce-qu-il-n-est-question-ni-du-deux-poids-deux-mesures-ni-d-un-engagement-mais-d-une-propagande-pure-et-simple-le-ministere-russe?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

La sécession de l’Union européenne

La sécession de l’Union européenne

Pour Thierry Meyssan, la manière dont l’Allemagne et la France refusent au Royaume-Uni le droit de sortir de l’Union européenne montre que celle-ci n’est pas uniquement un carcan. Elle atteste aussi que les Européens sont toujours aussi peu soucieux de leurs voisins qu’ils le furent durant les deux Guerres mondiales. Manifestement, ils n’ont plus à l’esprit que gouverner, ce n’est pas simplement défendre les intérêts de son pays à court terme, c’est aussi penser à long terme et prévenir les conflits avec ses voisins.

| Damas (Syrie)

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Les peuples membres de l’Union européenne ne semblent pas conscients des nuages qui s’amoncellent au-dessus de leurs têtes. Ils ont identifié les graves problèmes de l’UE, mais les traitent avec désinvolture et ne comprennent pas ce qui se joue avec la sécession britannique, le Brexit. Ils s’enfoncent lentement dans une crise qui pourrait ne pas avoir d’autre solution que la violence.

L’origine du problème

Lors de la dissolution de l’Union soviétique, les membres de la Communauté européenne ont accepté de se plier aux décisions des États-Unis et d’intégrer les États d’Europe centrale, bien que ceux-ci ne correspondaient aucunement aux critères logiques d’adhésion. Sur cette lancée, ils ont adopté le Traité de Maastricht qui a fait basculer le projet européen d’une coordination économique des États européens vers un État supra-national. Il s’agissait de créer un vaste bloc politique qui, sous la protection militaire des États-Unis, allait s’engager, avec eux, sur la voie de la prospérité.

Ce super-État n’a rien de démocratique. Il est administré par un collège de hauts fonctionnaires, la Commission, dont les membres sont désignés individuellement par chacun des chefs d’État et de gouvernement. Jamais dans l’Histoire un Empire n’avait fonctionné de cette manière. Très vite, le modèle paritaire de la Commission accoucha d’une gigantesque bureaucratie paritaire, dans laquelle certains États sont « plus égaux que d’autres ».

Le projet supra-national s’est avéré inadapté au monde unipolaire. La Communauté européenne était issue du volet civil du plan Marshall, dont l’Otan était le volet militaire.
Les bourgeoisies ouest-européennes, inquiètes du modèle soviétique, l’avaient soutenue depuis le congrès convoqué par Winston Churchill à La Haye en 1948. Elles n’avaient plus d’intérêt à poursuivre ce chemin après la disparition de l’URSS.
Les ex-États du Pacte de Varsovie hésitaient à s’engager dans l’Union ou à s’allier directement aux États-Unis. Par exemple, la Pologne acheta des avions de guerre US qu’elle engagea en Iraq avec les fonds que l’Union lui accorda pour moderniser son agriculture.

Outre la création d’une coopération policière et judiciaire, le Traité de Maastricht créait une monnaie et une politique étrangère uniques. Tous les États membres devaient adopter l’euro dès que leur économie nationale le leur permettrait. Seuls le Danemark et le Royaume-Uni, flairant les problèmes à venir, se tinrent à l’écart. La politique étrangère semblait aller de soi dans un monde devenu unipolaire et dominé par les États-Unis.

Compte-tenu des écarts au sein de la zone euro, les petits États allaient devenir la proie du plus gros, l’Allemagne. La monnaie unique qui, au moment de sa mise en circulation, avait été ajustée sur le dollar, se transformait progressivement en une version internationalisée du mark allemand. Incapables de rivaliser, le Portugal, l’Irlande, la Grèce et l’Espagne étaient symboliquement qualifiés de PIGS (« cochons ») par les financiers. Tandis que Berlin pillait leurs économies, il proposait à Athènes de restaurer la sienne s’il lui cédait une partie de son territoire.

Il s’avéra que l’Union européenne, tout en poursuivant sa croissance économique globale, était dépassée par d’autres États dont la croissance économique était plusieurs fois plus rapide. L’adhésion à l’Union européenne, tout en étant un avantage pour les ex-membres du Pacte de Varsovie, était devenue un boulet pour les Européens de l’Ouest.

Tirant les leçons de cet échec, le Royaume-Uni décida de se retirer de ce super-État (Brexit) pour s’allier avec ses partenaires historiques du Commonwealth et, si possible, avec la Chine. La Commission prit peur de ce que l’exemple britannique ouvre la voie à d’autres retraits, au maintien du Marché commun mais à la fin de l’Union. Elle décida donc de fixer des conditions dissuasives de départ.

Les problèmes internes du Royaume-Uni

L’Union européenne servant les intérêts des riches contre les pauvres, les paysans et ouvriers britanniques ont voté pour en sortir, tandis que le secteur tertiaire a souhaité s’y maintenir.

Si la société britannique dispose comme les autres pays européens d’une haute-bourgeoisie qui doit son enrichissement à l’Union européenne, elle a aussi, à la différence des grands pays européens, une puissante aristocratie. Celle-ci disposait avant la Seconde Guerre mondiale de tous les avantages que procure l’Union européenne, mais aussi d’une prospérité qu’elle ne peut plus espérer de Bruxelles. L’aristocratie a donc voté pour le Brexit contre la haute-bourgeoisie, ouvrant une crise au sein de la classe dirigeante.

En définitive, le choix de Theresa May comme Premier ministre était censé préserver les intérêts des uns et des autres (« Global Britain »). Mais cela ne s’est pas du tout passé comme prévu.
- D’abord Mme May n’est pas parvenue à conclure un accord préférentiel avec la Chine et éprouve des difficultés avec le Commonwealth dont les liens ont été distendus par le temps.
- Ensuite, elle rencontre une difficulté avec ses minorités écossaise et irlandaise, d’autant que sa majorité comprend des protestants irlandais arcboutés à leurs privilèges.
- En outre, elle se heurte à l’intransigeance aveugle de Berlin et de Bruxelles.
- Enfin, elle doit faire face à la remise en cause de la « relation spéciale » qui liait son pays aux États-Unis.

Le problème révélé par la mise en œuvre du Brexit

Après avoir vainement tenté divers aménagements des traités, le Royaume-Uni a démocratiquement voté pour le Brexit, le 23 juin 2016. La haute-bourgeoisie, qui n’y croyait pas, tenta immédiatement de remettre ce choix en cause. On parla alors d’organiser un second référendum comme on l’avait fait avec le Danemark lors du Traité de Maastricht. La chose paraissant impossible, on distingue désormais un « Brexit dur » (sans nouveaux accords avec l’UE) d’un « Brexit mou » (avec le maintien de divers engagements). La presse assure que le Brexit sera une catastrophe économique pour les Britanniques. En réalité, les études antérieures au référendum, et donc à ce débat, attestent toutes que les deux premières années de la sortie de l’Union seront récessives, mais que le Royaume-Uni ne tardera pas à redémarrer et à doubler l’Union. L’opposition au résultat du référendum —et donc à la volonté populaire— parvient à faire traîner sa mise en application. La notification du retrait britannique n’est effectuée par le gouvernement à la Commission qu’avec neuf mois de retard, le 29 mars 2017.

Le 14 novembre 2018 —soit deux ans et quatre mois après le référendum—, Theresa May capitule et accepte un mauvais accord avec la Commission européenne. Cependant lorsqu’elle le présente à son gouvernement, sept de ses ministres démissionnent, dont celui en charge du Brexit. Manifestement, il ignorait des éléments du texte que le Premier ministre lui attribue.

Ce document comprend une disposition parfaitement inacceptable pour un État souverain, quel qu’il soit. Il institue une période de transition, dont la durée n’est pas fixée, durant laquelle le Royaume-Uni ne sera plus considéré comme membre de l’Union, mais sera contraint de se plier à ses règles, y compris celles qui seront alors adoptées.

Derrière cette sournoiserie se cachent l’Allemagne et la France.

Dès le résultat du référendum britannique connu, l’Allemagne avait pris conscience que le Brexit provoquerait une chute de plusieurs dizaines de milliards d’euros de son propre PIB. Le gouvernement Merkel s’attela donc non pas à adapter son économie, mais à saboter la sortie du Royaume-Uni de l’Union.

Quant au président français Emmanuel Macron, il représente la haute bourgeoisie européenne. Il est donc par nature opposé au Brexit.

Les hommes derrière les politiques

La chancelière Merkel pouvait compter sur le président de l’Union, le Polonais Donald Tusk. Celui-ci en effet n’est pas à ce poste car ancien Premier ministre de son pays, mais pour deux raisons : durant la Guerre froide, sa famille appartenant à la minorité cachoube a fait le choix des États-Unis contre l’Union soviétique et, d’autre part, c’est un ami d’enfance d’Angela Merkel.

Tusk a commencé par poser la question de l’engagement britannique dans les programmes pluriannuels adoptés par l’Union. Si Londres devait payer ce qu’il s’est engagé à financer, il ne pourrait pas quitter l’Union sans verser un droit de sortie compris entre 55 et 60 milliards de livres.

L’ancien ministre et commissaire français Michel Barnier est nommé négociateur en chef avec le Royaume-Uni. Barnier a déjà de solides inimitiés à la City qu’il a maltraitée durant la crise de 2008. De plus, les financiers britanniques rêvent de gérer la convertibilité du yuan chinois en euros.

Barnier accepte comme adjointe l’Allemande Sabine Weyand. C’est en réalité cette dernière qui mène les négociations avec la mission de les faire échouer.

Simultanément, l’homme qui a « fait » la carrière d’Emmanuel Macron, l’ancien chef de l’Inspection des finances, Jean-Pierre Jouyet, est nommé ambassadeur de France à Londres. C’est un ami de Barnier avec qui il a géré la crise monétaire de 2008. Pour faire échouer le Brexit, Jouyet s’appuie sur le leader conservateur de l’opposition à Theresa May, le président de la Commission des Affaires étrangères à la Chambre des Communes, le colonel Tom Tugendhat.

Jouyet choisit comme adjointe à l’ambassade de France à Londres, l’épouse de Tugendhat, l’énarque française Anissia Tugendhat.

La crise se cristallise lors du sommet du Conseil européen de Salzbourg, en septembre 2018. Theresa May y présente le consensus qu’elle était parvenue à établir chez elle et que bien d’autres auraient intérêt à prendre pour exemple : le plan des Chequers (maintenir uniquement le Marché commun entre les deux entités, mais pas la libre circulation des citoyens, des services et des capitaux, ne plus être soumis à la justice administrative européenne du Luxembourg). Donald Tusk le rejette brutalement.

Un retour en arrière est ici nécessaire. Les accords qui mirent fin à la révolte de l’IRA contre le colonialisme anglais n’ont pas résolu les causes du conflit. La paix ne s’est installée que parce que l’Union européenne a permis d’abroger la frontière entre les deux Irlandes. Tusk exige que pour prévenir la résurgence de cette guerre de libération nationale, l’Irlande du Nord soit maintenue dans l’Union douanière. Ce qui implique la création d’une frontière contrôlée par l’Union, coupant le Royaume-Uni en deux, séparant l’Irlande du Nord du reste du pays.

Lors de la seconde session du Conseil, devant tous les chefs d’État et de gouvernement, Tusk fait fermer la porte au nez de May, la laissant seule à l’extérieur. Une humiliation publique qui ne pourra pas rester sans conséquences.

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Réflexions sur la sécession de l’Union européenne

Toute cette petite cuisine atteste de l’habileté des dirigeants européens à donner le change. Ils paraissent respecter des règles d’impartialité et décider collectivement dans le seul but de servir l’intérêt général (même si cette notion est réfutée par les seuls Britanniques). En réalité, certains défendent les intérêts de leur pays au détriment de leurs partenaires et d’autres ceux de leur classe sociale au détriment de toutes les autres. Le pire est évidemment le chantage exercé contre le Royaume-Uni : qu’il se soumette aux conditions économiques de Bruxelles ou l’on ravivera la guerre d’indépendance de l’Irlande du Nord.

Ce comportement ne peut que conduire à réveiller les conflits intra-européens qui ont provoqué les deux Guerres Mondiales ; des conflits que l’Union a masqués sur son territoire, mais qui n’ont pas été résolus et persistent en dehors de l’Union.

Conscients de jouer avec le feu, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont soudain évoqué la création d’une armée commune incluant le Royaume-Uni. Certes, si les trois grandes puissances européennes s’alliaient militairement, le problème serait résolu. Mais cette alliance est impossible car on ne construit pas une armée avant d’en avoir déterminé qui en sera le chef.

L’autoritarisme de l’État supra-national est devenu tel que, durant les négociations sur le Brexit, il a créé trois autres fronts. La Commission a ouvert deux procédures de sanctions contre la Pologne et la Hongrie (à la demande du Parlement européen), accusées de violations systémiques des valeurs de l’Union ; des procédures dont l’objectif est de placer ces deux États dans la même situation que le Royaume-Uni durant la période de transition : être contraints de respecter les règles de l’Union sans pouvoir les déterminer. En outre, indisposé par les réformes en cours en Italie qui vont à l’encontre de son idéologie, l’État supra-national refuse à Rome le droit de se doter d’un budget pour mener sa propre politique.

Le Marché commun de la Communauté européenne avait permis de réconcilier les Européens de l’Ouest entre eux et d’affermir la paix. Son successeur, l’Union européenne, détruit cet héritage, divise à nouveau les Européens et les oppose les uns aux autres.

Thierry Meyssan

Thierry Meyssan Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage en français : Sous nos yeux – Du 11-Septembre à Donald Trump (2017).

 

http://www.voltairenet.org/article201469.html

 

Ce que révèlent les élections US sur le conflit intérieur

Londres « choqué » par la condamnation d’un Britannique aux Emirats, menace de « répercussions »

Londres « choqué » par la condamnation d’un Britannique aux Emirats, menace de « répercussions »

Londres – Le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt s’est dit « profondément choqué » par la condamnation mercredi à la prison à perpétuité du Britannique Matthew Hedges par le tribunal fédéral d’Abou Dhabi, pour espionnage au profit d’un pays étranger.

« Je suis profondément choqué et déçu par le verdict d’aujourd’hui », a réagi le ministre dans une déclaration transmise à l’AFP, dans laquelle il met en garde contre les répercussions de cette affaire sur les relations diplomatiques entre le Royaume-Uni et les Émirats arabes unis.

La Première ministre britannique Theresa May s’est également déclarée « profondément déçue », ajoutant que son gouvernement allait continuer à intervenir auprès des autorités émiraties, lors d’une séance de questions devant le Parlement.

Jeremy Hunt a affirmé avoir « clairement signifié à maintes reprises que la gestion de ce cas par les Émirats arabes unis aurait des répercussions sur les relations entre nos deux pays qui doivent reposer sur la confiance ». « Je regrette d’en arriver à cette position et exhorte les Émirats à reconsidérer le cas », a-t-il ajouté.

« Ce verdict n’est pas ce que nous attendions d’un ami et partenaire de confiance du Royaume-Uni et va à l’encontre des assurances reçues », a souligné le chef de la diplomatie britannique, qui a rappelé avoir évoqué le cas de Matthew Hedges avec le prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed.

« J’ai personnellement soulevé le cas de Matthew Hedges au plus haut niveau du gouvernement des Émirats arabes unis, en particulier pendant ma visite à Abou Dhabi le 12 novembre. A cette occasion, j’ai parlé avec le prince héritier Mohammed ben Zayed et le ministre des Affaires étrangères Abdullah Ben Zayed », a précisé le ministre.

« Nos services consulaires sont en contact étroit avec Matthew Hedges et sa famille. Nous allons continuer à faire tout notre possible pour le soutenir », a ajouté M. Hunt.

(©AFP / 21 novembre 2018 13h28)

https://www.romandie.com/news/Londres-choqu-par-la-condamnation-d-un-Britannique-aux-Emirats-menace-de-r-percussions_RP/973049.rom

Khashoggi: colère de la Turquie accusée de « jeu politique » par la France

Khashoggi: colère de la Turquie accusée de « jeu politique » par la France

Un homme passe devant un écran projetant le portrait de Jamal Khashoggi lors d’un rassemblement en mémoire du journaliste saoudien assassiné, le 11 novembre 2018 à Istanbul / © AFP / OZAN KOSE

La Turquie a laissé éclater sa colère lundi après que la France eut évoqué un « jeu politique » du président Recep Tayyip Erdogan à propos du meurtre de Jamal Khashoggi et démenti avoir reçu des informations de la part d’Ankara.

Dans une interview à la chaîne de télévision France 2, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a dit ne « pas avoir connaissance » d’un partage d’informations turques, contredisant des déclarations de M. Erdogan.

Interrogé sur l’éventualité d’un mensonge du président turc sur ce point, le ministre français a observé que ce dernier avait « un jeu politique particulier dans cette circonstance ».

Cette accusation est « inacceptable », a vivement réagi auprès de l’AFP le directeur de la communication de la présidence turque Fahrettin Altun, ajoutant qu’un responsable français avait notamment eut accès à un « enregistrement audio » portant sur le meurtre de Khashoggi.

Le président Erdogan a pour la première fois confirmé officiellement samedi l’existence d' »enregistrements » portant sur le meurtre de Khashoggi, ajoutant qu’Ankara avait partagé ces documents avec plusieurs alliés, dont Washington, Berlin, Paris et Londres.

Si Paris a démenti, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a pour sa part confirmé lundi que les services canadiens avaient écouté les enregistrements en question et avaient été « pleinement informées de ce que la Turquie avait à partager ».

Le ministre des Affaires Etrangères français Jean-Yves Le Drian à Charleville-Mézières, le 7 novembre 2018 / © AFP/Archives / Ludovic MARIN

L’Allemagne a de son côté évoqué un « échange entre services secrets » allemand et turc, se refusant toutefois à fournir davantage de précisions.

Si M. Erdogan n’a pas donné de détails sur le contenu des enregistrements samedi, la presse proche du pouvoir à Ankara évoque depuis plusieurs semaines un enregistrement audio du meurtre de Khashoggi.

Cette affaire a provoqué un tollé dans le monde entier et terni l’image de l’Arabie saoudite, en particulier du prince héritier Mohammed ben Salmane, dit « MBS ».

– « Renseignement français » informé –

Jamal Khashoggi, un éditorialiste saoudien critique du pouvoir à Ryad, en particulier de « MBS », a été tué le 2 octobre au consulat de son pays à Istanbul où il s’était rendu pour effectuer des démarches administratives.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit « MBS », lors d’une conférence économique à Ryad, le 23 octobre 2018 / © AFP/Archives / FAYEZ NURELDINE

Plus d’un mois après la mort du journaliste à l’âge de 59 ans, son corps n’a toujours pas été retrouvés. Selon la presse turque, les enquêteurs estiment que les meurtriers ont démembré puis dissous son corps à l’acide.

Depuis le début de l’affaire, le pouvoir turc, qui décrit un « meurtre prémédité » commis par une équipe de 15 agents saoudiens, s’est efforcé de maintenir la pression sur Ryad grâce à des « fuites » dans la presse locale largement reprises par les médias internationaux.

Après avoir d’abord fermement nié son meurtre, les autorités saoudiennes ont fini par affirmer que le journaliste avait été tué au cours d’une opération « non autorisée » par Ryad.

« N’oublions pas que cette affaire aurait été totalement étouffée sans les efforts de la Turquie », a déclaré lundi M. Altun.

M. Altun a affimé que « des preuves » avaient été « partagées avec les institutions concernées du gouvernement français », ajoutant que « le 24 octobre, un représentant des services de renseignement français a écouté l’enregistrement audio ».

Le ministre britannique des Affaires étrangères a rencontré le roi Salmane d’Arabie saoudite, le 12 novembre 2018 à Ryad. Photo de l’Agence saoudienne de presse (SPA). AFP PHOTO / HO / SPA / © SPA/AFP / STRINGER

« S’il y a un problème de communication entre les différentes institutions au sein du gouvernement français, il appartient aux autorités françaises et non à la Turquie de régler ce problème », a-t-il lâché.

L’onde de choc provoquée par le meurtre de Khashoggi a par ailleurs braqué les projecteurs sur la guerre que livre une coalition emmenée par l’Arabie saoudite au Yémen, au prix d’une catastrophe humanitaire majeure.

Le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt a rencontré lundi le roi Salmane à Ryad lundi lors d’un déplacement visant à accentuer la pression internationale sur la monarchie pétrolière.

La veille, le ministre américain Mike Pompeo avait appelé à la « fin des hostilités » au Yémen lors d’un entretien téléphonique avec « MBS ».

Selon la porte-parole du département d’Etat Heather Nauert, M. Pompeo a également indiqué que son pays allait « demander des comptes à toutes les personnes impliquées dans le meurtre de Jamal Khashoggi », estimant « que l’Arabie saoudite (devait) faire de même ».

(©AFP / (12 novembre 2018 15h38)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Khashoggi-col-re-de-la-Turquie-accus-e-de-jeu-politique-par-la-France/970689.rom

Yémen: combats meurtriers à Hodeida, Washington et Londres haussent le ton

Yémen: combats meurtriers à Hodeida, Washington et Londres haussent le ton

Des forces progouvernementales yéménites circulant le 10 novembre 2018 à la lisière Est de la ville de Hodeida dans le cadre d’une offensive qui s’intensifie pour reprendre cette ville portuaire aux rebelles Houthis / © AFP / STRINGER

Des combats particulièrement meurtriers font rage lundi dans la ville portuaire de Hodeida, dans l’ouest du Yémen, au moment où Washington, Londres et l’ONU font pression sur l’Arabie saoudite pour que la coalition qu’elle commande dans ce pays cesse les hostilités.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a, lui, mis en garde contre les conséquences « catastrophiques » d’une éventuelle destruction du port de Hodeida, point d’entrée de plus des trois-quarts des importations et de l’aide humanitaire internationale dans le pays en guerre.

Au moins 111 rebelles, 32 loyalistes et sept civils ont été tués au cours des dernières 24 heures dans ces affrontements dans la région, dont certains se déroulent dans des quartiers résidentiels de Hodeida, ont indiqué lundi à l’AFP des sources militaires et hospitalières.

Ce bilan a été donné alors que les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, opposent une farouche résistance à la progression des forces progouvernementales appuyées par l’Arabie saoudite et réussissent à la ralentir, a admis une source militaire loyaliste.

Le chiffre de 32 combattants loyalistes tués en moins de 24 heures est le plus élevé depuis le début de cette phase de l’offensive sur Hodeida, il y a 12 jours.

Une source de la coalition antirebelles a indiqué que les Houthis avaient repoussé une tentative majeure d’avancée loyaliste en direction du port.

La coalition a de son côté visé les rebelles avec de multiples frappes aériennes, selon des sources militaires loyalistes.

Dans la nuit, des corps carbonisés ont été amenés à l’hôpital militaire Al-Alfi, contrôlé par les rebelles depuis 2014, ont indiqué des sources de cet établissement.

Au pouvoir à Hodeida, grande ville stratégique sur la mer Rouge, les Houthis ont commencé à évacuer leurs blessés vers la capitale Sanaa dont ils sont maîtres également depuis quatre ans.

« Si à Hodeida, il y a une destruction du port, ça peut engendrer une situation absolument catastrophique », a mis en garde M. Guterres, rappelant que le Yémen se trouve déjà dans une situation humanitaire « désastreuse ». Il a réitéré un appel pressant à « l’arrêt des combats ».

– Pompeo et Hunt montent au créneau –

L’offensive des forces progouvernementales sur Hodeida avait été lancée en juin, mais elle s’est nettement intensifiée depuis le 1er novembre avec un bilan d’au moins 593 morts jusqu’ici dans la région (461 rebelles, 125 loyalistes et 7 civils), selon des sources militaires et hospitalières.

L’Arabie saoudite a été considérablement affaiblie par l’affaire Jamal Khashoggi, du nom de ce journaliste tué le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul. Elle était déjà vivement critiquée pour des « bavures » à répétition ayant fait des centaines de victimes civiles lors de frappes aériennes depuis 2015 au Yémen.

Tour à tour, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo et son homologue britannique Jeremy Hunt ont estimé que le temps de la négociation était venu pour le Yémen.

Combats à Hodeida / © AFP / Laurence SAUBADU

Lors d’un entretien dimanche avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, également ministre de la Défense, M. Pompeo a explicitement appelé à « la fin des hostilités » au Yémen, demandant que « toutes les parties viennent à la table pour négocier une solution pacifique au conflit ».

L’administration américaine de Donald Trump, visiblement sous la pression du Congrès, a confirmé l’annonce samedi par Ryad que la coalition sous commandement saoudien au Yémen allait désormais effectuer elle-même le ravitaillement en vol de ses avions, assuré jusqu’ici par les Etats-Unis.

De son côté, M. Hunt a évoqué le coût humain « incalculable » du conflit yéménite, estimant que sa résolution passe par une solution « politique ».

Le ministre britannique, qui doit être reçu au plus haut niveau lundi en Arabie saoudite, est favorable à une « nouvelle action » au Conseil de sécurité pour soutenir les efforts du médiateur de l’ONU au Yémen Martin Griffiths qui cherche à organiser un nouveau round de négociations « d’ici la fin de l’année ».

– Inquiétudes pour les civils –

Dimanche, des premiers combats de rue ont éclaté dans un quartier résidentiel de l’est de Hodeida. Un responsable militaire progouvernemental a affirmé que l’objectif était de « purger » ces rues de toute présence rebelle.

Les Houthis ont positionné des snipers sur les toits des bâtiments et ont posé de nombreuses mines pour freiner l’avancée de leurs adversaires, tandis que des avions de combat et des hélicoptères d’attaque de la coalition sous commandement saoudien pilonnent régulièrement les positions rebelles.

Paradoxe de la situation, le port de Hodeida, situé dans le nord de la ville, est « jusqu’à présent ouvert » et opère « normalement », selon son directeur adjoint Yahya Sharafeddine.

De son côté, Hervé Verhoosel, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM), a indiqué que les combats n’avaient pas affecté jusqu’ici ses opérations.

Le Yémen est le théâtre de la pire crise humanitaire au monde, rappelle régulièrement l’ONU, qui précise que 14 millions de civils sont en situation de pré-famine.

« La situation est vraiment mauvaise », a déclaré à l’AFP Mariam Aldogani, coordinatrice des opérations de terrain de l’organisation humanitaire Save the Children à Hodeida.

Selon elle, « il y a beaucoup de peur parmi les habitants » et les installations médicales « reçoivent un nombre croissant de civils blessés ».

(©AFP / (12 novembre 2018 11h34)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Y-men-combats-meurtriers-Hodeida-Washington-et-Londres-haussent-le-ton/970592.rom

Critiquer la politique israélienne n’a rien à voir avec l’antisémitisme

Antisémitisme ?

Critiquer la politique israélienne
n’a rien à voir avec l’antisémitisme

James J. Zogby

Lundi 5 novembre 2018

Par James J. Zogby (revue de presse : lobelog – extrait -6/10/18)*

J’ai été poussé à écrire ce papier sur ce qui constitue et ne constitue pas être antisémite suite à l’article publié dans Ha’artez sur la controverse suscitée par l’attribution du prix Nobel 2018 de chimie à George P. Smith. Selon l’article, Smith est non seulement un scientifique brillant dont le travail a permis la mise au point de nouveaux médicaments pouvant traiter le cancer et une panoplie de maladies auto-immunes. Smith est aussi un fervent défenseur des droits des Palestiniens et un détracteur de la politique israélienne.

L’article de Ha’aretz note que Smith a « longtemps été la cible de groupes pro israéliens » et apparaît « sur le très controversé site de la Canary Mission » utilisé par les partisans d’Israël pour harasser et faire taire les opposants.

En cherchant dans l’article les preuves du péché originel de Smith, j’ai trouvé des citations dans lesquelles il déclarait « qu’il ne souhaitait pas que les juifs israéliens soient expulsés » mais « la fin du régime discriminatoire contre les Palestiniens ». Plus loin, Ha’aretz reprend des propos publiés dans une tribune écrite par Smith dans laquelle il condamne la politique israélienne à Gaza et finit par exprimer son soutien au Boycott, Divestment, and Sanctions movement (BDS) qu’il qualifie « d’un appel de la société civile palestinienne à la conscience de la communauté internationale pour ostraciser le milieux des affaires et les institutions israéliens jusqu’à ce que le pays renonce à la violence faite aux Palestiniens et que ces derniers, y compris les exilés obtiennent les mêmes droits que les juifs dans sur les terres qu’ils partagent ».

J’ai lu tout cela en le replaçant dans le contexte actuel d’une campagne inquiétante, qui se déroule aux Etats-Unis, visant à faire taire toute critique à l’encontre d’Israël ou de sa vision politique d’un sionisme exclusif.

Elle est le fruit d’un effort concerté et massivement financé qui repose sur le site web Canary Mission, qui publie les noms, photos et informations d’étudiants et professeurs pro-palestiniens, en les traitants d’antisémites ou de sympathisants terroristes. Leur but est de nuire à leur carrière. La liste de la Canary Mission sert aussi à souiller et à dénigrer ces militants ainsi qu’à dissuader les hommes politiques de les rencontrer. La liste sert aussi au gouvernement israélien pour refuser l’entrée aux Palestiniens d’origine américaine ou aux juifs américains libéraux qui veulent voir leur famille, étudier, enseigner ou simplement visiter le pays.

Malgré tous les efforts de la Canary Mission pour garder secrets ses opérations, dirigeants et sources de financement, de récents articles publiés dans la presse juive révèlent que le projet est soutenu financièrement par des entités philanthropiques juives-américaines ayant pignon sur rue.

A cela d’ajoute la campagne visant à criminaliser le soutien porté au BDS ou à pénaliser les partisans de mouvements exigeant qu’Israël soit tenu responsable des violations systématiques des droits des Palestiniens. Celle-ci est financée massivement par des gens comme Sheldon Adelson, mais aussi, comme cela a été révélé par un journal juif américain réputé, par le gouvernement israélien à hauteur de millions de dollars.

Ceci est sans compter avec les propositions de loi en discussion au Congrès dont l’objectif est de criminaliser le boycott d’Israël, ce qui viendrait s’ajouter aux lois adoptés par 25 Etats aujourd’hui, qui leur permettent de refuser le paiement de salaires ainsi que l’attribution de contrats et autres bénéfices aux individus qui soutiennent le BDS.

…(…)… Tous ces développements appellent à la réflexion : tout d’abord l’antisémitisme existe, il est laid et dangereux. Ensuite, critiquer Israël n’équivaut pas à être antisémite. Finalement, l’amalgamation des deux réduit au silence un débat qui est nécessaire et nuit aux efforts d’éradication du véritable antisémitisme, un fléau qui a créé de grandes souffrances dans l’histoire de l’humanité.

D’un côté, il y a l’antisémitisme, qui est la haine des Juifs, pris individuellement et en tant que groupe. Cela consiste aussi en l’attribution d’intentions négatives à ces individus ou groupe parce qu’ils sont juifs. De l’autre, critiquer la politique d’Israël n’est pas un acte antisémite. Lorsque Smith critique Israël au sujet de massacres de Palestiniens à la frontière de Gaza ou son refus d’accorder aux Palestiniens les mêmes droits et la même justice, il n’attribue pas ce comportement au fait qu’il soit juif. Il ne dit pas «Israël opprime les Palestiniens en raison du comportement des Juifs ». Il ne dit pas non plus que tous les Juifs, en tant que groupe, sont responsables de ces actions, car ceci serait antisémite. La seule raison pour laquelle on vise Smith et d’autres comme lui qui critiquent la politique de l’Etat israélien (qui par ailleurs, n’est pas soutenue par tous les Israéliens ou Juifs dans le monde) est la volonté de  faire taire leur voix.

L’idée que critiquer Israël est un acte antisémite (ce qu’on appelle « le nouvel antisémitisme ») n’est pas nouvelle. Elle a refait surface récemment, renforcée par une campagne visant à inclure dans la définition de l’antisémitisme toute critique dirigée contre Israël en particulier qui ne serait pas applicable à d’autres pays. Ceci n’est au mieux qu’un effort désespéré de protéger Israël. Alors que ses partisans soutiennent qu’ils ne visent que ceux qui pointent du doigt Israël, ce qu’ils cherchent à obtenir c’est une stigmatisation d’Israël comme étant le seul pays ne pouvant être critiqué.

Il est clair que dans beaucoup de cas, la lutte contre le véritable antisémitisme recule devant cette volonté effrénée de protéger Israël. Par exemple, alors que certains groupes pro-israéliens ont accusé Jeremy Corbyn, le chef du Parti Travailliste britannique de tolérer l’antisémitisme, ils ont largement ignoré les virulences antisémites des groupes d’extrême droite qui opèrent sur la scène politique anglaise. Ceci a conduit beaucoup de travaillistes à conclure que Corbyn avait été ciblé pour son soutien sans faille aux droits des Palestiniens. La même chose pourrait être dite des relations de Benjamin Netanyahou avec les leaders européens antisémites d’extrême droite, en raison de leur fort soutien à son gouvernement.

En résumé, on ne cherche pas à combattre l’antisémitisme mais à faire taire la critique, et ce faisant,  on assène un coup à la critique méritée légitime et nécessaire de la politique israélienne, à la réputation de personnes telles que Smith et des étudiants militants qui dénoncent les injustices infligées aux Palestiniens, et enfin à la lutte contre ce fléau qu’est le véritable antisémitisme.

James J. Zogby est le président de l’Arab American Institute.

*Source : Loblog.com

Traduction et Synthèse : Z.E pour France-Irak Actualité

Pour info : le site de la Canary Mission

 

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.gilles_munier.051118.htm

 

Brexit : Londres vise un accord avec l’UE d’ici au 21 novembre

Brexit : Londres vise un accord avec l’UE d’ici au 21 novembre

Par latribune.fr  |   |  526  mots
Selon le ministre britannique du Brexit, Londres et la Commission européenne ont enregistré de véritables progrès.
Selon le ministre britannique du Brexit, Londres et la Commission européenne ont enregistré de « véritables progrès ». (Crédits : Francois Lenoir)
Le ministre britannique du Brexit, Dominic Raab, estime qu’un accord avec les Européens est « fermement en vue » et laisse entendre qu’il pourrait être finalisé d’ici au 21 novembre.

Le ministre britannique chargé du Brexit « pense » parvenir à un accord avec Bruxelles d’ici au 21 novembre dans les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE, selon une lettre adressée à des parlementaires publiée mercredi. « Je serai heureux d’être auditionné par la commission lorsqu’un accord sera finalisé, et je pense que la date du 21 novembre pourrait convenir », a écrit Dominic Raab dans un courrier adressé aux députés de la commission parlementaire du Brexit, en réponse à une invitation à venir s’exprimer devant eux ce jour là.

Fin des négociations en vue

« La fin (des négociations) est maintenant en vue, nous pouvons nous frayer un chemin à travers les obstacles qui subsistent ». Son optimisme est partagé par son collègue Jeremy Hunt, le ministre des Affaires étrangères. « Il est tout à fait possible que nous ayons fait assez de progrès d’ici là », a-t-il affirmé lors d’un discours mercredi soir à Londres, au cours duquel il a jugé « encourageant » l’état actuel des négociations.

Un porte-parole de la Première ministre, Theresa May, s’est néanmoins gardé de confirmer la date du 21 novembre. « Nous espérons conclure un accord aussi vite que possible ».

A Paris, Jean-Yves le Drian et Simon Coveney, les ministres français et irlandais des Affaires étrangères, ont estimé que les négociations étaient à leur « moment de vérité ». « Si un accord doit intervenir pendant le mois de novembre, les équipes de négociation doivent trouver une solution la semaine prochaine, ou pas loin », a jugé le chef de la diplomatie irlandaise.

L’Irlande au centre des préoccupations

Son homologue français, Jean-Yves le Drian, a, lui, exigé « des garanties du Royaume-Uni » sur la question de la frontière irlandaise. Mais une source européenne a confié à l’AFP que « les discussions techniques qui ont repris n’ont mené nulle part jusqu’à présent ».

M. Raab se rendra vendredi dans la province britannique d’Irlande du Nord pour une « mission d’enquête » au cours de laquelle il rencontrera des représentants d’entreprises et des élus locaux, selon son ministère. La manière d’empêcher le retour d’une frontière dure entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, membre de l’UE, demeure un point de désaccord majeur dans les négociations entre Londres et Bruxelles, alors que « 95% de l’accord de retrait est maintenant réglé », affirme Dominic Raab.

Les dirigeants européens, qui avaient émis l’idée d’un sommet extraordinaire à la mi-novembre pour boucler les négociations et sceller l’accord, ont averti que celui-ci n’aurait pas lieu en l’absence de progrès sur le dossier irlandais.

L’UE a proposé de maintenir l’Irlande du Nord dans le marché unique et l’union douanière européenne si aucune autre solution n’était trouvée en décembre 2020, à la fin de la période de transition qui devrait suivre le Brexit, prévu le 29 mars 2019. Ce scénario du « backstop » (ou filet de sécurité) est rejeté par Theresa May, qui a proposé qu’un accord douanier liant l’UE à l’ensemble du Royaume-Uni, et pas seulement l’Irlande du Nord, puisse être établi jusqu’à la signature d’un accord de libre-échange plus large.

(avec agences)

https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/brexit-londres-vise-un-accord-avec-l-ue-d-ici-au-21-novembre-796060.html#xtor=EPR-2-%5Bl-actu-du-jour%5D-20181102

Assassinat de Khashoggi : le pire est à venir

Assassinat de Khashoggi : le pire est à venir


Par George Galloway – Le 24 octobre 2018 – Source RT

La nouvelle 1 que des « parties défigurées du visage et du corps » de Khashoggi auraient été retrouvées dans le jardin du consulat saoudien à Istanbul, sonne la fin de la récréation pour les collaborateurs occidentaux de la dictature tyrannique arabe.

Après Khashoggi lui-même, le principal perdant du meurtre le plus répugnant d’Istanbul est le président américain Donald Trump – comme je l’avais prédit ici il y a des semaines. Sa déclaration selon laquelle la couverture saoudienne était « crédible » a suscité les moqueries du reste du monde par son côté « Lady MacBeth », et l’a ridiculisé. Le comportement de son propre « prince héritier » – son gendre Jared Kushner – a été plus vénal que digne d’un opéra-comique.

Comme je l’avais prédit, bien que la famille Clinton ait largement profité des largesses saoudiennes, les démocrates et leurs vastes soutiens médiatiques ont fait de l’assassinat de Khashoggi leur nouveau casus belli, en lieu et place du « Russiagate » en perte de vitesse (en fait les mêmes personnes qui, ces deux dernières années, ont inondé les ondes américaines de haine russophobe ont levé les mains au ciel, horrifiées, quand Trump – le pantin de Poutine, rappelez-vous – a annoncé une course aux armes nucléaires contre la Russie).

D’Uber à Facebook, de JP Morgan à Virgin, des dizaines de sociétés et personnalités ont renoncé à aller au « Davos du désert » et le royaume « est en crise » comme vient de le reconnaître publiquement le ministre saoudien de l’Énergie.

Tout cela va de soi et on peut facilement prédire la fin du règne aussi court que brutal et meurtrier du Caligula saoudien qui a tué des milliers de personnes au Yémen, en Syrie, et même en Arabie saoudite.

En Occident, c’est comme si on allumait tout à coup la lumière et qu’on voyait les cafards s’enfuir à toute vitesse. Nulle part ce spectacle n’est aussi abject qu’au Royaume-Uni.

Dans les années 1980, j’ai été envoyé en mission parlementaire en Arabie saoudite, sous la direction de Sir Francis Pym, qui a ensuite reçu le titre de Lord, un grand Tory qui fut ministre des Affaires étrangères de Grande-Bretagne, avant que cette fonction ne se dégrade du fait de la médiocrité et du manque évident de classe de ses occupants. Il y avait des tensions entre les Britanniques et les Saoudiens qui menaçaient de perturber le contrat d’armement extrêmement lucratif et très crapuleux d’Al Yamamamah.

« De la pommade, mon cher, de la pommade », voilà notre mission, m’a dit Sir Francis. Nous devons les couvrir de pommade. « Il n’est pas question de s’excuser…  je ne m’excuserai pas », a-t-il ajouté (je le répète, à l’époque, c’était la grande classe), les enduire d’une bonne couche de pommade, voilà notre feuille de route.

Nous avons rencontré le roi saoudien de l’époque et la plupart des princes importants ; Sir Francis était un maître dans sa partie. Il ne s’est jamais excusé, mais il leur a mis beaucoup, beaucoup de pommade. Cela a marché, et le sale business de traire les vieux idiots au pouvoir à Riyad a repris.

Bien sûr, les profits britanniques n’avaient rien de comparables avec le butin des États-Unis, et la différence entre les deux n’a fait que croître pendant les trente années suivantes. L’autre différence est que, maintenant, ce ne sont plus seulement les fusils, mais le beurre, la technologie, les médias, les films, les loisirs (qui savait que Disneyland était un parc de loisir saoudien ?) et le tourisme.

En réalité, des milliers de médias occidentaux et leurs petites mains ont été corrompus par l’or saoudien. Toutes sortes de think tanks, d’« instituts », et même le Musée d’histoire naturelle de Grande-Bretagne, recevaient de l’argent de la Maison des Saoud. La malchance a voulu que, la nuit même où la musique s’est arrêtée avec le meurtre d’un chroniqueur du Washington Post et le démembrement de son corps, l’ambassade saoudienne organisait une soirée dans l’une des augustes salles de ce Musée.

L’ironie du fait que le Royaume créationniste 2 choisisse de siroter des cocktails sans alcool dans la maison que Charles Darwin a construite, n’a pas échappé à grand monde. Les journaux et les magazines qui s’étaient engraissés ouvertement et secrètement grâce au sponsoring saoudien, à coup de revenus publicitaires et autres arrangements entre amis sont maintenant choqués ! Choqués ! Comme le chef de la police de Vichy corrompu qui « découvre » qu’il y a des tables de jeux au Rick’s Café de Humphrey Bogart dans le film Casablanca.

Personne n’a retourné sa veste aussi vite que le chef des relations publiques du prince héritier saoudien en occident, Thomas Friedman du New York Times.

Lors de son apparition avec Christiane Amanpour de CNN, Friedman a semblé au bord de la dépression nerveuse. Avoir gaspillé des dizaines de milliers de mots pour un criminel comme Mohammed bin Salman ! Il ne faut rien regretter Tom, tu as été bien payé pendant tout le temps que ça a duré !

Comme Oscar Wilde l’a dit à propos de la scène de lit de mort dans La petite Nell de Charles Dickens – « Il faudrait avoir un cœur de pierre pour ne pas rire. »

Mais le plus dévastateur a été la corruption dans la classe politique elle-même, et on en entendra bientôt parler.

Lorsque le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn a déposé une motion plus tôt dans l’année pour faire cesser les ventes d’armes britanniques à l’Arabie saoudite en attendant une enquête sur l’utilisation de ces armes dans la guerre sanglante contre le Yémen, la motion aurait très bien pu passer, si plus de 100 députés travaillistes de son propre camp ne s’étaient pas rendus coupables de trahison. Des députés travaillistes gays se sont rangés dans le camp de ceux qui jettent les gays du haut des immeubles. Des députés travaillistes féministes se sont rangés dans le camp de ceux qui ne reconnaissent aucun droit aux femmes. Tous ces démocrates ont soutenu l’absence désertique de liberté et de démocratie. Je n’ai pas compris et je me suis posé des questions sur l’ampleur du soutien saoudien au sein des députés du Parti travailliste. Je pense que tout s’éclairera bientôt.

Car cette histoire n’a pas fini de faire des vagues.

Pour l’heure, les « Gardiens des deux saintes mosquées », pour donner aux rois saoudiens leur titre du vendredi 3, sont occupés à effacer le visage de Jamal Khashoggi, un homme qui a peut-être légèrement critiqué la politique saoudienne, mais qui a soutenu l’armée de coupeurs de têtes financée par les Saoudiens en Syrie, jusqu’à l’instant même où sa propre tête a été arrachée de ses épaules. Cet homme qui a écrit un éditorial du Washington Post intitulé « Il est temps de diviser la Syrie » a lui-même été divisé en plusieurs parties par les instigateurs de la division avortée de la Syrie.

Même Shakespeare n’aurait pas pu écrire une pareille histoire.

George Galloway a été membre du Parlement britannique pendant presque 30 ans. Il anime des émissions de TV and de radio (y-compris sur RT). Il est cinéaste, écrivain et un orateur renommé.

Traduction : Dominique Muselet

Notes

  1. Maintenant démentie
  2. Le créationnisme est la croyance religieuse selon laquelle une création divine est responsable de la vie et de l’univers, s’opposant généralement au consensus scientifique qui soutient une origine naturelle au moyen de l’évolution du vivant fondé sur la sélection naturelle (Wikipédia)
  3. Jour de la prière dans l’Islam

 

http://lesakerfrancophone.fr/assassinat-de-khashoggi-le-pire-est-a-venir

Londres secoue les Gafa avec sa nouvelle taxe internet

Londres secoue les Gafa avec sa nouvelle taxe internet

Des applications avec les sigles de Google, Amazon, Facebook et Apple, les « Gafa », photographiées le 20 avril 2018 à Paris / © AFP/Archives / Lionel BONAVENTURE

Le Royaume-Uni pourrait devenir la première grande économie du monde à taxer les géants de l’internet, au moment où les négociations européennes et mondiales traînent en longueur pour imposer les « Gafa ».

L’austère et longiligne ministre des Finances britannique, Philip Hammond, a peu l’habitude de secouer le cocotier. Conservateur convaincu, il ne jure habituellement que par la réduction d’impôt et accueille toujours les entreprises à bras ouverts. Mais lundi, il a frappé les esprits en annonçant au Parlement une « taxe sur les services numériques » à la fin d’un discours budgétaire fleuve.

« Un accord international est la meilleure solution à long terme. Mais les progrès sont incroyablement lents et nous ne pouvons perdre trop de temps en palabres. Nous allons donc lancer une taxe sur les services numériques au Royaume-Uni », a-t-il lancé sous les vivats des députés.

Il s’agira d’une taxe de 2% sur certains services numériques bien identifiés: « moteurs de recherche, réseaux sociaux et galeries marchandes en ligne », d’après le Trésor. Elle ne s’appliquera qu’aux entreprises générant plus de 500 millions de livres de chiffre d’affaires annuel (560 millions d’euros). Lancée en avril 2020, cette taxe pourrait rapporter autour de 400 millions de livres par an d’ici à 2022.

Sans les nommer, elle vise directement les géants américains du numérique, les « Gafa » (Google, Amazon, Facebook, Apple), dont la faiblesse des impôts payés au Royaume-Uni déchaîne régulièrement la presse à scandale. Mardi, veille d’Halloween, le Sun publiait un photo-montage en vampire du patron de Facebook, Mark Zuckerberg, et se réjouissait de voir les géants du net « se faire sucer le sang à leur tour ».

Capture d’écran d’une vidéo fournie par le Parlement britannique montrant le ministre britannique des Finances Philip Hammond en train de prononcer son discours budgétaire devant les députés, à Londres le 29 octobre 2018 / © PRU/AFP / HO

Au-delà de l’effet d’annonce, les experts se grattaient la tête pour identifier l’impact de cette taxe.

« C’est une mesure importante et surprenante. Vous auriez tendance à éviter d’agir de façon unilatérale, vu la nature internationale des flots d’argent concernés… Vous courrez le risque de voir votre pays perdre en compétitivité », a jugé Tej Parikh, économiste à l’Institute of Directors sur la BBC.

– En chantier à l’OCDE –

Peu de pays se sont lancés. En Asie, Singapour a annoncé une taxe numérique mais d’ampleur très limitée et l’Inde travaille à un impôt sur les Gafa, tandis que la Malaisie pourrait dévoiler sa propre taxe dès vendredi.

Capture d’écran d’une vidéo fournie par le Parlement britannique montrant le ministre britannique des Finances Philip Hammond prononçant son discours budgétaire devant les députés, à Londres le 29 octobre 2018 / © PRU/AFP / HO

En Europe, les députés italiens ont voté en fin d’année dernière une taxe sur des transactions internet mais la loi n’entrera finalement pas en vigueur. Le gouvernement espagnol a de son côté proposé il y a dix jours de taxer les géants du net afin de récolter jusqu’à 1,2 milliard d’euros par an.

Mais des discussions ont surtout été ouvertes à l’échelon continental depuis mars: la Commission européenne a proposé, à l’initiative de la France, un impôt de 3% sur le chiffre d’affaires des géants du numérique, le temps qu’une solution soit négociée à l’échelle mondiale au sein de l’OCDE.

La nécessité d’obtenir l’unanimité dans l’UE pour toute réforme de la fiscalité rend le consensus difficile cependant. Plusieurs pays européens restent opposés à ce projet, à l’image de l’Irlande, où plusieurs géants du numérique ont installé leur tête de pont européenne.

« Dans ce paysage complexe les gens ont des intérêts contradictoires et donc des positions contradictoires » souligne Pascal Saint-Amans, directeur du centre de politique et d’administration fiscale de l’OCDE.

Montage photographique réalisé le 6 septembre 2018 montrant les logos des « Gafa » (Google, Apple, Facebook et Amazon) et, à droite, un drapeau européen devant la Commission européenne à Bruxelles / © AFP/Archives / Damien MEYER, EMMANUEL DUNAND

D’après lui, « la solution globale c’est de changer toutes les conventions fiscales, y compris avec les États-Unis, les Chinois, les Japonais…de manière à pouvoir taxer une entreprise qui n’a pas d’activité physique chez vous et au delà de pouvoir attribuer des profits significatifs à cette entreprise ».

Réticents du temps de Barack Obama, les Etats-Unis de Donald Trump font d’ailleurs preuve d’un « soutien actif et engagé » désormais, selon M. Saint-Amans, pour une taxe étendue au-delà du seul numérique toutefois.

En attendant un éventuel accord mondial, des patrons de sociétés numériques européennes comme Spotify, Booking.com ou Zalando ont déjà exprimé leur « grave préoccupation » face à l’éventuelle taxe de l’UE, dans une lettre aux ministres des Finances européens rendue publique mardi.

(©AFP / (30 octobre 2018 14h41)

https://www.romandie.com/news/Londres-secoue-les-Gafa-avec-sa-nouvelle-taxe-internet/966935.rom