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Brexit : le gouvernement prévoit de suspendre le Parlement jusqu’au 14 octobre

Brexit : le gouvernement prévoit de suspendre le Parlement jusqu’au 14 octobre

EURACTIV France avec l’AFP

 11:47

Westminster

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Le gouvernement britannique prévoit de suspendre le Parlement jusqu’au 14 octobre, soit deux semaines avant la date prévue du Brexit, selon la BBC et Sky News. Ce qui pourrait empêcher les députés de s’opposer à une sortie sans accord de l’Union européenne.

La livre sterling a chuté d’environ 1 % face à l’euro et au dollar à la suite de cette information, qui renforce l’hypothèse d’un Brexit dur.

La rentrée parlementaire est prévue mardi. Les députés ne siègeraient que quelques jours avant une suspension le 10 septembre jusqu’au 14 octobre, selon Sky News et la BBC. La session parlementaire reprendrait alors avec le traditionnel discours de la Reine, dans laquelle elle expose le programme de son gouvernement.

Cela rendrait improbable que les députés opposés à une sortie sans accord de l’Union européenne puissent faire voter des lois pour empêcher un Brexit sans accord le 31 octobre.

Le Premier ministre Boris Johnson s’est dit prêt à quitter l’UE « coûte que coûte » à cette date, même sans accord de sortie.

Le Parlement britannique est traditionnellement suspendu plusieurs semaines en septembre en raison des conférences annuelles des partis politiques mais une possible extension de cette suspension jusqu’à la mi-octobre a provoqué des réactions outragées de l’opposition, qui a dénoncé une manœuvre « antidémocratique ».

« Cette action est un affront particulièrement scandaleux à notre démocratie. Nous ne pouvons pas laisser cela se produire », a tweeté Tom Watson, chef adjoint du Labour, principal parti d’opposition, tandis que la cheffe du groupe des Indépendants, et ancienne députée conservatrice, Anna Soubry a jugé que la démocratie était « menacée par un Premier ministre impitoyable ».

« Il semble donc que Boris Johnson soit sur le point de fermer le Parlement pour imposer un Brexit sans accord. À moins que les députés ne s’unissent pour l’en empêcher la semaine prochaine, aujourd’hui entrera dans l’histoire comme une sombre journée pour la démocratie britannique », a réagi sur Twitter la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon.

https://www.euractiv.fr/section/royaume-uni-en-europe/news/brexit-le-gouvernement-prevoit-de-suspendre-le-parlement-jusquau-14-octobre/

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Brexit : Boris Johnson appelle la France et l’Allemagne à faire des compromis

Europe

Brexit : Boris Johnson appelle la France et l’Allemagne à faire des compromis

Par Challenges.fr le 19.08.2019 à 15h30

Boris Johnson a invité lundi l’Allemagne et la France à ouvrir la voie à un compromis sur le Brexit, tout en assurant à nouveau que le Royaume-Uni était prêt à quitter l’Union européenne sans accord.

Johnson appelle la France et l'Allemagne au compromis

Boris Johnson a invité lundi l’Allemagne et la France à ouvrir la voie à un compromis sur le Brexit, tout en assurant à nouveau que le Royaume-Uni était prêt à quitter l’Union européenne sans accord.POOL/AFP – RUI VIEIRA

Boris Johnson a invité lundi l’Allemagne et la France à ouvrir la voie à un compromis sur le Brexit, tout en assurant à nouveau que le Royaume-Uni était prêt à quitter l’Union européenne sans accord.

« Nous serons prêts à partir le 31 octobre, qu’il y ait accord ou pas », a déclaré à la presse le chef du gouvernement britannique, qui est attendu à Berlin mercredi et à Paris jeudi. « Bien sûr, nos amis et partenaires, de l’autre côté de la Manche, sont un peu réticents à changer d’attitude. Très bien. Je suis convaincu qu’ils le feront.

« J’espère qu’ils vont faire des compromis. Ils ont vu que le Parlement britannique avait rejeté trois fois l’accord de retrait, que le backstop ne fonctionne pas, que ce n’est pas démocratique. J’espère qu’ils jugeront bon de faire des compromis.

« Je veux un accord. Nous sommes prêts à travailler avec nos amis et partenaires pour y parvenir, mais, pour obtenir un bon accord pour le Royaume-Uni, il faut simultanément se préparer à partir sans », a ajouté Boris Johnson, qui était en déplacement à Truro, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

A Bruxelles, la Commission européenne a estimé que Londres avait bien plus à perdre en pareil cas. Selon un rapport gouvernemental sur les conséquences d’un Brexit sans accord publié dimanche par le Sunday Times, le Royaume-Uni pourrait être confronté à des pénuries de nourriture, d’essence et de médicaments avec des blocages dans les ports et le rétablissement d’une frontière physique en Irlande.

Ces prévisions, souligne le Times, ne sont pas les plus pessimistes, mais bien les plus probables. Ce point a été démenti par le ministre chargé du divorce.

Michael Gove a assuré que ce dossier, baptisé « Opération Yellowhammer », décrit la pire des situations et a ajouté que des « mesures très significatives avaient été prises ces trois dernières semaines pour accélérer les préparatifs du Brexit ».

Du côté de l’opposition, Jeremy Corbyn, chef de file du Parti travailliste, a promis de tout faire pour empêcher un « hard Brexit » et a réitéré son appel à censurer le gouvernement de Boris Johnson.

Collision frontale

Corbyn doit réunir la semaine prochaine les partis de hostiles à un « No Deal » pour débattre de la stratégie à mettre en oeuvre.

« Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour empêcher ce ‘No Deal’ désastreux pour lequel le gouvernement n’a aucun mandat », a-t-il déclaré lors d’un discours prononcé à Corby, dans le centre de l’Angleterre.

Le Parti travailliste réclame aussi que le Parlement soit immédiatement reconvoqué en urgence. Pour l’heure, la rentrée parlementaire est fixée au 3 septembre, moins de 60 jours avant la date butoir fixée pour le divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

« Il y a nécessité de réunir de nouveau les Parlementaires, parce qu’il nous faut du temps pour organiser un véritable débat et une discussion sur ces sujets », a souligné dans la matinée le responsable du Labour pour les Finances, John McDonnell, ajoutant que la majorité des élus de la Chambre des communes était toujours hostile à un « No Deal ».

Une centaine de parlementaires ont signé ce week-end un appel similaire adressé à Boris Johnson.

Interrogée sur ce point, la porte-parole du nouveau Premier ministre britannique a rappelé lundi que c’était le Parlement lui-même qui avait voté son calendrier.

Une renégociation du « Withdrawal Agreement » semblant exclue, le leader conservateur, dont la majorité ne tient qu’à une voix, risque la collision frontale avec son Parlement, qui s’est prononcé à plusieurs reprises contre un « No Deal ».

Corbyn entend, lui, unifier ce front du refus par une motion de censure et la formation d’un gouvernement provisoire qui repousserait la date du Brexit et organiserait de nouvelles élections législatives.

Selon McDonnell, certains députés conservateurs pourraient se rallier à son initiative.

Dominic Grieve pourrait être l’un d’eux. « Je suis totalement prêt à coopérer avec lui et avec d’autres à la Chambre des communes pour faire en sorte que le No Deal, dont nous menace le gouvernement actuel, n’ait pas lieu », a-t-il dit à la BBC.

Pour le député conservateur, il n’est en revanche pas question que le dirigeant travailliste prenne la tête d’un éventuel gouvernement d’union nationale.

(Avec Reuters)

https://www.challenges.fr/monde/europe/brexit-boris-johnson-appelle-la-france-et-l-allemagne-a-faire-des-compromis_669700#xtor=CS4-92[Brexit+%3A+Boris+Johnson+appelle+la+France+et+l%27Allemagne+%C3%A0+faire+des+compromis]-669700

La Charte de l’Atlantique

14 AOÛT 1941 > 14 AOÛT 1941

14 août 1941

La Charte de l’Atlantique

Le 14 août 1941, tandis que l’Angleterre résiste seule à l’Allemagne nazie et que celle-ci vient d’envahir l’URSS, le président des États-Unis Franklin Delano Roosevelt et le Premier ministre britannique Winston Churchill se rencontrent à bord du navire de guerre Prince of Wales « quelque part en mer », au large de Terre-Neuve.

Ils proposent une série de principes moraux devant guider les puissances démocratiques et garantir le rétablissement durable de la paix :
• refus de tout agrandissement territorial,
• droit des peuples à choisir leur forme de gouvernement,
• libre accès de chacun aux matières premières,
• liberté des mers,
• renonciation à la force !

Le président américain veut de la sorte préparer son opinion publique, encore très réticente, à une entrée en guerre contre l’Allemagne, aux côtés de l’Angleterre et de l’URSS.

Principes virtuels

Le document signé par les deux dirigeants est connu sous le nom de Charte de l’Atlantique. Il est à l’origine de la charte des Nations Unies

Mais il semble que les généreux principes de la Charte aient été contournés dès l’année suivante, lors de la signature du traité d’assistance anglo-soviétique de Londres, le 26 mai 1942. Par ce traité d’alliance entre le Secrétaire aux Affaires étrangères Anthony Eden et son homologue soviétique Viatcheslav Molotov, le premier concède au second le droit à un glacis de sécurité et à des frontières stratégiques.

De fait, la Charte de l’Atlantique est évoquée à la conférence de Yalta, en février 1945, mais seulement pour la forme, les participants de ladite conférence – Staline le premier – n’ayant eu aucune intention de renoncer aux agrandissements territoriaux ni de laisser aux peuples le droit de choisir leur forme de gouvernement.

Alban DignatPublié ou mis à jour le : 2019-06-19 13:00:17

https://www.herodote.net/14_ao_t_1941-evenement-19410814.php

[Documentaire] La Toile d’Araignée: le Second Empire Britannique, VOSTFR

[Documentaire] La Toile d’Araignée: le Second Empire Britannique, VOSTFR

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Comment les machines à blanchiment d’argent et les paradis fiscaux des îles Caïman et autres places financières extraterritoriales sont-ils nés ? D’où viennent les financements du terrorisme ? Comment la transparence bancaire peut-elle bénéficier à l’argent sale ? Pourquoi le Royaume-Uni est-il l’un des principaux fournisseurs de services financiers mondiaux ? Pourquoi les pays émergents restent-ils émergents et ne réussissent jamais à remonter la pente ? Quel a été l’impact financier de la Guerre du Vietnam sur le monde et quelle a été la réaction de de Gaulle ? Quels sont les mécanismes financiers de la désindustrialisation des pays de la zone atlantique ? Comment fait-on taire les lanceurs d’alerte, sommes-nous toujours en en démocratie ou n’est-ce plus qu’un mot décoratif ? Quels sont les effets des déclarations vertueuses des politiciens libéraux qui jurent, main sur le cœur, de lutter contre l’évasion fiscale, notamment en Grèce et en France ? Le capitalisme admet-il réellement la concurrence « libre et non faussée » ailleurs que dans les rapports rassurants des « think tanks » à destination des médias et du grand public ? Dans quelle mesure le contribuable lambda – vous et moi – subventionnons le secteur privé ? Comment ledit secteur privé arrive-t-il à générer des profits à partir d’entreprises typiquement étatiques comme les écoles, les routes et les ponts ? Quelle proportion des richesses mondiales est cachée dans les paradis fiscaux ?

C’est toute la face cachée de la corruption financière internationale qui va défiler devant vos yeux avec ce documentaire primé… et cette toile d’araignée englobe la France au même titre que de multiples autres pays.


Titre original The Spider’s Web, An investigation into the world of Britain’s secrecy jurisdictions and the City of London
Réalisation Michael Oswald
Production exécutive Simeon P. Roberts
Produit par Michael Oswald et John Christensen
Site officiel du film : The Spider’s Web


Synopsis du film

La Toile d’Araignée: Le Second Empire Britannique est un film documentaire qui montre comment la Grande-Bretagne est passée du statut de puissance coloniale à puissance financière mondiale.À la fin de l’empire britannique, les intérêts financiers de la City de Londres ont créé un réseau de juridictions extraterritoriales qui ont capté des richesses du monde entier et les ont cachées derrière des structures financières obscures dans un réseau de paradis fiscaux offshore. Aujourd’hui, jusqu’à la moitié de la richesse mondiale est possiblement cachée dans les juridictions offshore britanniques, et la Grande-Bretagne, avec les paradis fiscaux de ses juridictions extraterritoriales, est l’un des principaux acteurs du monde de la finance internationale. Comment cela s’est-il structuré, et quel en est l’impact sur le monde d’aujourd’hui ? C’est ce que le film se propose d’analyser.

Avec des contributions d’experts [dont notre Éva Joly nationale, Ndt] , d’universitaires, d’anciens acteurs du monde de la finance et de militants pour la justice sociale, l’utilisation de prises de vue stylisés et des images d’archives, La Toile d’Araignée révèle comment, dans le monde de la finance internationale, la corruption et le secret ont prévalu sur la réglementation et la transparence. Et le Royaume-Uni se tient au centre même de cette toile.

Traduction du synopsis et note d’introduction Entelekheia

Une fois votre vidéo lancée, cliquez sur le carré en bas à droite de l’image pour accéder au mode plein écran.

6 juin 2019 : commémoration ou soumission ?

6 juin 2019 : commémoration ou soumission ?

6 juin 2019 : commémoration ou soumission ?

Par Michel Geoffroy, auteur de La Super-classe mondiale contre les peuples ♦ En France on ne fait plus l’histoire : on se borne à la commémorer. Nuance. Cette fois, c’est le 75e anniversaire du débarquement de Normandie que l’on nous sert. En attendant sans doute de fêter son 80e.


Les politiques aiment bien commémorer car il leur sied de se parer du sang des autres.

Hôtes étrangers, caméras, uniformes, drapeaux, anciens combattants, énième discours présidentiel invoquant nos « valeurs »… La machine macronienne à commémorer fonctionne une nouvelle fois à plein.
Et, depuis une semaine, les médias, la presse, les télévisions, nous abreuvent d’émissions ou d’articles sur le débarquement de Normandie et de films américains vantant le sacrifice des boysvenus nous libérer.

« Il ne faut pas oublier » nous dit Emmanuel Macron. Comme il est plaisant de voir ceux qui n’ont que mépris pour « la France d’avant » et qui se plaisent à culpabiliser et à déconstruire son histoire, sa langue, sa culture et son identité, invoquer les vertus de la mémoire !

Mais en fait il s’agit, une nouvelle fois, d’une commémoration tronquée, sinon truquée. Et d’une mémoire sélective.

Une commémoration biaisée

Le débarquement de Normandie joue en effet un rôle central dans la tentative occidentale de réécrire l’histoire de la seconde guerre mondiale, en faisant des anglo-américains les principaux, sinon les seuls, artisans de la défaite de l’Axe et de la « libération » de l’Europe.

Car, au train où vont les choses, on finira bientôt par apprendre à nos enfants que ce sont les Américains qui ont battu les Allemands à Stalingrad !

Bien sûr, les soldats morts sur les plages ou dans le bocage normand comptent et méritent notre souvenir et notre respect.

Pourtant, à l’échelle européenne de la seconde guerre mondiale, ce ne sont pas les anglo-américains qui ont défait l’Axe mais bien les soviétiques. Car pour les Allemands, la vraie guerre se déroulait à l’Est, pas à l’Ouest.

Désolé pour les admirateurs du Jour le plus long [1], c’est le peuple russe qui a supporté l’essentiel de l’effort de guerre contre le troisième Reich, tant au plan des destructions que des pertes civiles ou militaires. Les pertes russes des deux guerres mondiales s’élèvent à plus d’un tiers du total des morts de la « guerre de trente ans » européenne : 1914-1945 ! Rien à voir avec les pertes anglaises ou américaines.

Des alliés peu pressés

Staline n’eut de cesse de réclamer à ses alliés l’ouverture d’un second front, pour alléger le poids de la massive offensive allemande pesant sur l’URSS depuis 1941.

Mais les anglo-américains se hâtèrent lentement : il faudra attendre la fin de l’année 1942 pour qu’ils se décident à débarquer en… Tunisie, bien loin du front russe.

Ils mettront plus de six mois pour passer en Sicile et ensuite près de 18 mois pour cheminer en Italie, alors que l’armée royale italienne a cessé d’exister depuis septembre 1943… Les anglo-américains avanceront à la vitesse de l’escargot, provoquant l’exaspération justifiée des soviétiques et l’ironie de la propagande allemande.

La principale contribution des forces anglo-américaines et du Commonwealth à la victoire sur l’Allemagne consistera d’abord à fournir aux soviétiques le matériel militaire qui leur manque après le désastre de 1941. Ensuite à couler la marine du Reich et à écraser sous les bombes les villes et les industries allemandes ou de l’Europe occupée.

Par contre, leurs performances militaires sur le terrain ne peuvent se comparer à celles de l’Armée Rouge.

Une remarquable performance logistique

Le débarquement de Normandie est certes une remarquable opération logistique. Il ouvre certes la voie à la libération du territoire national[2]. En n’oubliant pas cependant que seule l’action résolue du Général De Gaulle a permis d’éviter à la France de subir le sort d’un pays ennemi que lui réservaient nos « alliés » de l’AMGOT[3].

Mais on ne saurait passer sous silence que les Allemands considéreront toujours le front de l’Ouest comme un front secondaire. Qu’ils comptent dominer avec leurs « armes secrètes ». Ou bousculer le moment venu avec leurs troupes d’élites après l’avoir emporté à l’Est : comme ils ont presque réussi à le faire, alors que la Wehrmacht était pourtant exsangue et encerclée lors de la bataille des Ardennes. Et surtout parce qu’Hitler croit naïvement que les anglo-saxons finiront par s’opposer aux russes : c’est bien ce qui s’est passé, mais seulement une fois la défaite de l’Allemagne acquise !

Et dans ce front secondaire, les troupes débarquées s’empêtrent dans les haies normandes, que les stratèges n’avaient pas prévues. Les anglo-canadiens piétinent devant Caen pourtant réduit en cendres. Et l’essentiel des forces allemandes se replieront sur la Seine en bon ordre même si elles doivent abandonner leur matériel lourd.

C’est le drapeau rouge qui sera hissé sur le Reichstag en 1945

L’écrivain Eddie Florentin a certes publié en 1974 un ouvrage intitulé Stalingrad en Normandie [4] . Mais on ne saurait sérieusement comparer l’effroyable bataille de Stalingrad qui a duré six mois de combats urbains ininterrompus et coûté la vie à 800 000 soviétiques et à 400 000 soldats de l’Axe, avec les opérations militaires en Normandie, même les plus sanglantes.

Car, pendant que les forces qui ont débarqué en Normandie avancent précautionneusement, malgré une débauche de matériels et une supériorité aérienne écrasante, l’Armée Rouge déclenche la plus grande offensive de son histoire : l’opération Bagration qui se déploie à partir du 22 juin sur rien moins que…. 1000 kilomètres de front.

En juin 1944, le fameux « rouleau compresseur » russe se met en marche. Il ne s’arrêtera qu’à Berlin.

Car en 1944 l’Armée Rouge n’a plus rien à voir avec celle qui a plié en 1941 devant la Wehrmacht : elle s’est dotée d’un matériel moderne -elle dispose de la plus grande artillerie du monde et de chars performants -, elle est bien commandée et ses troupes sont désormais très bien équipées. Cette offensive russe conduira à l’effondrement de l’armée allemande en privant au surplus le Reich des pétroles de Roumanie, ce qui précipitera sa chute, en clouant au sol faute de carburant ses matériels.

C’est donc le drapeau rouge qui sera hissé sur le Reichstag en 1945, pas la bannière étoilée.

Une vision américano-centrée de l’histoire

De Gaulle, pourtant le chef de la France Libre, s’est toujours montré réticent vis-à-vis de la commémoration du débarquement de Normandie et pas uniquement parce qu’il avait été tenu à l’écart de ses préparatifs.

Parce que ce prurit commémoratif faisait une part trop belle à certains alliés aux dépens des autres et imposait une vision hémiplégique et américano-centrée de l’histoire.

Mais la France macronienne, otanisée et américanisée, qui diabolise au surplus la Russie de Valdimir Poutine pour complaire à son suzerain, n’a manifestement plus cette réserve.

Emmanuel Macron, le président de la start-up nation n’a-t-il pas déclaré, en anglais évidemment,« We know what weo we to you veterans. Our freedom »(en français, «Nous savons ce que nous vous devons, anciens combattants. Notre liberté.»)La liberté, ce ne peut bien sûr être l’affaire des Russes !

Ce soir, FR3 nous repassera donc, pour notre édification, Il faut sauver le soldat Ryan, le blockbuster gnangnan de Steven Spielberg .

Pour voir ou revoir sur nos écrans Quand passent les cigognes, le chef d’œuvre du russe Mikhail Kalatosov, primé au festival de Cannes en 1958, il faudra attendre…

Michel Geoffroy
07/09/2019

[1] Film américain à grand spectacle réalisé par Darryl F. Zanuck, d’après le livre éponyme de Cornelius Ryan et sorti en 1962

[2] Mais la libération de Paris n’entrait pas dans les plans des alliés et dû être imposée par les FFL

[3] Allied Military Government of Occupied Territories

[4] Presses de la Cité

Source : Correspondance Polémia

Crédit photo : Domaine public

Michel Geoffroy

Michel Geoffroy, ENA. Essayiste, contributeur régulier à la Fondation Polémia ; a publié en collaboration avec Jean-Yves Le Gallou différentes éditions du “Dictionnaire de Novlangue”.

Le secrétaire d’État britannique à l’Environnement, à l’Alimentation et aux Affaires rurales, Michael Gove, a été vu devant le Cabinet Office à Londres, en Grande-Bretagne, le 14 mai 2019. REUTERS / Hannah Mckay

Le secrétaire d’État britannique à l’Environnement, à l’Alimentation et aux Affaires rurales, Michael Gove, a été vu devant le Cabinet Office à Londres, en Grande-Bretagne, le 14 mai 2019. REUTERS / Hannah Mckay

LONDRES (Reuters) – Le ministre britannique de l’Environnement, Michael Gove, l’un des favoris du remplacement de la Première ministre, Theresa May, a déclaré qu’il n’avait pas rencontré le président américain Donald Trump mercredi, mais qu’il avait échangé quelques mots avec lui lundi.

Les médias locaux ont rapporté que Trump avait demandé à rencontrer Gove et un autre candidat au poste de Premier ministre, Jeremy Hunt.

«J’ai bien peur de ne pas l’avoir vu aujourd’hui», a déclaré Gove à un comité de législateurs. « J’ai eu l’occasion de dire quelques mots au président lundi soir », a-t-il ajouté, évoquant un banquet organisé par le dirigeant américain.

Reporting par Elizabeth Piper, édité par Kylie MacLellan

Face aux Etats-Unis et à la Chine, l’ambition d’une Europe souveraine

Face aux Etats-Unis et à la Chine, l’ambition d’une Europe souveraine

« La construction européenne repose sur la confrontation puis le compromis franco-allemand »

Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances français

Mardi 21 mai 2019, au ministère des finances

C’était les derniers jours de la campagne pour les élections européennes. Les ministres du gouvernement d’Edouard Philippe étaient à l’offensive pour soutenir la liste « Renaissance » créée pour poursuivre, au parlement européen, l’action du président de la République, Emmanuel Macron. Ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire a fait sa part du travail. Sans réticence car l’empoignade sur l’avenir de l’Union européenne s’inscrit dans sa vision et dans ses ambitions politiques.

En mars 2019, l’ancien secrétaire d’Etat aux Affaires européennes (2008-2009) et ministre de l’agriculture (2009-2012) a publié un essai de cent pages au titre provocateur Le nouvel empire, l’Europe du XXI° siècle. Il y explique que l’Union européenne, en temps que projet politique, est menacée de disparition si elle ne s’affirme pas comme une puissance technologique, dans un monde dominé par l’affrontement économique et stratégique entre les Etats-Unis et la Chine.

Bruno Le Maire a développé cette analyse en recevant, mardi 21 mai 2019, dans son ministère, vingt-cinq journalistes de l’Association de la presse diplomatique française (APDF), que je préside. Un entretien d’une heure et demi dont je donne ici d’importants extraits, en les organisant parfois dans une chronologie différente de celle de la conversation. Nourris par ses négociations et discussions incessantes avec ses homologues, ministres de l’économie et des finances d’Europe et du vaste  monde, ils éclairent les ressorts de son action sur la scène européenne.

« Etats-Unis-Chine, le moment de vérité »

« L’élection du 26 mai est décisive pour trois raisons », commence-t-il. « D’abord à cause du bouleversement géopolitique en cours, le plus important depuis 1989. Entre les Etats-Unis et la Chine, c’est le moment de vérité. L’enjeu stratégique est clair : les Etats-Unis ne veulent pas que la Chine assure sa domination sur le monde au XXI° siècle, ils s’y opposeront de toutes leurs forces ».

« La Chine, à l’inverse, veut remplacer l’ordre multipolaire qui a émergé après la Seconde guerre mondiale, au moment des accords de Bretton Woods. Elle veut en imposer un autre, fondé sur son concept de ‘Nouvelles routes de la soie’. Elle veut une traduction politique et stratégique de son emprise économique. Ses moyens financiers sont extrêmement puissants. En Afrique, son agence de crédit aux exportations a des actifs plus que ceux de la Banque Mondiale ».

« Vis-à-vis de l’Europe, les Etats-Unis manifestent dorénavant leur hostilité au renforcement de la construction européenne. Ils jouent sur la division entre les Etats européens et essaient sans relâche de monter l’Allemagne contre la France et la France contre l’Allemagne. Le président Donald Trump a une obsession contre l’Allemagne, contre l’industrie automobile allemande. Il ne comprend pas la relation franco-allemande et essaie de nous séparer ».

« La Chine, elles, est dans une posture extrêmement offensive, proche de la guerre commerciale, ce qui représente aujourd’hui le premier danger pour nos emplois. Elle ne veut pas respecter nos règles concernant la propriété intellectuelle, par exemple. Nous sommes d’accord avec les Etats-Unis sur l’analyse de la stratégie chinoise, mais nous sommes en désaccord sur la réponse à apporter. Nous devons bien sûr décider des mesures de protection quand c’est nécessaire, comme la Commission l’a fait sur l’acier. Mais nous continuons à plaider pour des négociations dans les enceintes  multilatérales comme l’Organisation mondiale du commerce ».

« L’Europe, entre la souveraineté et la soumission »

« Dans ce nouveau monde, quelle place l’Europe veut-elle accepter ? Elle a le choix entre la souveraineté et la soumission. Pour moi, les nationalistes ont fait le choix de la soumission et de la féodalisation : quand ça va mal, on se réfugie dans son fief. Or cela ne protège plus, surtout à une époque où les Etats-Unis recourent sans cesse aux sanctions extra-territoriales  et où la Chine refuse le principe de réciprocité, par exemple dans l’accès à ses marchés publics ».

« Ce n’est pas un hasard si le seul Etat membres de l’UE à avoir signé une convention bilatérale (‘Memorandum of understanding’) avec la Chine est l’Italie de Matteo Salvini. En Pologne, la tentation existe de se donner aux Etats-Unis. En Autriche, les masques sont tombés quant aux liens entre l’extrême droite et la Russie ».

« Nous, nous faisons le choix de la souveraineté. L’Europe est la troisième grande puissance planétaire. Elle n’a pas encore abattu ses  cartes car elle n’a pas été encore capable de définir ses priorités. Pour nous, la direction n’est ni la fédéralisation, ni la féodalisation, mais l’articulation des deux niveaux de souveraineté, nationale et européenne. Il ne peut y avoir de souveraineté nationale sans une souveraineté européenne ».

« Les décisions sont urgentes car le décrochage économique des pays européens avec la Chine et les Etats-Unis s’est accéléré. La souveraineté politique est liée à l’indépendance technologique. Or nous sommes plongés dans une nouvelle guerre technologique mondiale – on le voit dans le secteur des batteries de véhicules électriques. Si l’Europe ne réagit pas, elle ne sera plus à la table des puissants d’ici dix ans – le Vietnam, lui, y aura gagné sa place ! Si nous voulons rester à cette table, nous ne pourrons pas le faire individuellement, mais seulement collectivement, en tant qu’Européens. C’est une ambition politique majeure ».

« Partir des nations pour arriver à l’Europe »

« Comment l’Europe peut-elle s’affirmer ? Le premier niveau de réponse est d’ordre national. Car il faut partir des nations pour arriver à l’Europe. Je ne suis pas fédéraliste et je ne le serai jamais. Je ne crois pas en une supranationalité européenne. Il n’y aura pas d’empire européen s’il n’est pas fondé sur les nations, qui correspondent à des peuples, des cultures, des intérêts. Il faut que chaque nation s’affirme pour que l’Europe se construise ».

« En France, notre première mission est de redresser l’économie du pays et ses finances publiques. C’est une priorité nationale avant d’être une contrainte européenne. C’est la condition sine qua non pour retrouver la croissance, l’emploi et la compétitivité – à travers une politique de l’offre. Cela nous permettra d’être en position de force dans les négociations européennes, notamment en vue de la mise en place d’un budget européen. Pendant trop longtemps, nos partenaires n’ont pas compris comment nous pouvions leur donner des leçons alors que nos finances n’étaient pas en ordre ».

« Le moteur franco-allemand donne des résultats »

« Le deuxième niveau est le couple franco-allemand. C’est une relation solide, bonne, indispensable. Contrairement à ce que j’entends, ce moteur donne des résultats. On l’a vu avec la création du budget de la zone euro ou de la filière de batteries électriques« .

« Certes, ce n’est pas facile. L’essence même de la construction européenne repose sur la confrontation puis le compromis franco-allemand. Les différences entre la France et l’Allemagne remontent loin dans l’Histoire, à 1789 avec le surgissement de la souveraineté populaire en France, à l’affirmation de la Prusse, sous Bismarck. Nous nous opposons souvent sur notre conception de l’économie, du droit, de la politique. Nos différences sont innombrables, profondes, parfois insondables… Et pourtant, ça tourne !! Nous arrivons toujours à dépasser nos différences ».

« Je me souviens de ma première visite à Berlin en tant que ministre des finances. J’ai été reçu par mon homologue Wolfgang Schaüble qui m’a pris à part et m’a dit : ‘tu fais ce que tu veux, mais je te donne un conseil : ne parle pas de budget de la zone euro’. Deux ans plus tard, après des milliers d’heures de négociation, ce budget existe. Certes, son montant est faible et son but est d’aider à la convergence des économies, pas d’être un instrument de stabilisation et de solidarité entre Etats. Lorsqu’on ajoutait cet objectif dans la balance, des Etats nous faisaient défaut. C’est donc un compromis mais c’est un premier pas ».

« Idem pour l’alliance sur les batteries. C’est peut-être le plus important projet industriel européen depuis Airbus. C’est un manifeste pour l’industrie européenne, alors que la Chine a acquis une position dominante dans ce domaine. La France va investir 700 millions d’euros, l’Allemagne 1,2 milliard d’euros, pour faire émerger dette filière. Bien sûr, lorsqu’il faudra décider où sera construite la première usine, avec 1500 emplois à la clé, les négociations seront compliquées! »

« Des alliés au sein de l’Union européenne »

« Au-delà de la relation franco-allemande, la France doit aussi savoir s’associer à d’autres Etats, avoir d’autres alliés au sein de l’Union européenne. Il ne s’agit pas de créer des alliances de revers pour contourner l’Allemagne : cette stratégie ne marche jamais, je l’ai constaté quand Nicolas Sarkozy a tenté de l’appliquer au début de son mandat présidentiel – j’étais en charge des affaires européennes. Mais il faut pouvoir avancer avec d’autres pays sur des sujets qui nous paraissent importants même lorsque l’Allemagne n’est pas prête ».

« La France a des convergences naturelles avec les pays du sud de l’Europe. Mais nous devons aussi nous tourner vers les pays de l’Est, vers la Pologne qui sera demain une des grandes nations européennes, qui a un taux de croissance parmi les plus élevés d’Europe. Nous devons arrimer le plus possible les pays d’Europe centrale et orientale à notre projet européen. Nous devons écouter leurs intérêts et leurs propositions et travailler plus étroitement avec eux ».

« La France a notamment méprisé la Pologne et elle a eu tort. Elle doit désormais lui prêter une très grande attention, lui donner la considération et le respect et construire économiquement, financièrement des projets avec elle, d’autant que nous y avons des intérêts économiques majeurs. J’ai proposé qu’elle participe à l’alliance des batteries électriques, où elle pourrait se spécialiser sur le recyclage, qui est un chantier majeur. Cela ne veut pas dire que nous allons revenir en arrière sur la question de la défense de l’Etat de droit, sur certains points qui sont essentiels aussi bien en Pologne qu’en Hongrie ou ailleurs. Mais attention à l’ostracisation parce que je pense qu’elle ferait courir un danger majeur à la construction européenne dans les années qui viennent ».

« Cela dit, il faudra que nous changions les modalités de décision au sein de l’Union européenne. Il faut étendre la majorité qualifiée dans des domaines où règne aujourd’hui l’unanimité. Notamment sur la fiscalité. Dans la négociation sur la taxation du numérique, nous avions trouvé un compromis avec l’Allemagne mais nous avons été bloqué par quatre Etats qui pèsent beaucoup moins économiquement. Cela n’est plus acceptable ».

« Renforcer la zone euro »

« Aujourd’hui, la clé du renforcement économique européen, c’est la zone euro. C’est notre espace de stabilité et de puissance financière. Or l’euro n’a jamais été aussi menacé. Il y a un risque économique que l’on voit poindre avec les guerres commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. Il y a aussi un risque de surévaluation des actifs et de retour d’une crise financière. Et il y a des leaders politiques européens qui veulent la disparition de l’euro. Matteo Salvini, en Italie, clame que l’euro mourra bientôt  de sa belle mort. Il a le soutien de Marine Le Pen et d’autres conservateurs radicaux en Europe qui font le choix du retour à des monnaies nationales ».

« Nous, nous voulons renforcer la zone euro et nous présenterons avec le ministre des finances allemand, Olaf Scholz, un papier détaillé à ce sujet pour le conseil européen des 20-21 juin. La France souhaite aussi un renforcement de l’union bancaire, la création d’un ministre des finances de la zone euro pour incarner cet espace monétaire, et le développement de l’euro comme monnaie de réserve internationale – ce qui passera par un budget commun, l’union bancaire, l’union des marchés de capitaux et l’adhésion de tous les Etats membres à l’euro ».

« Le jour où l’euro sera une des principales monnaies de réserve au monde, nous ne subirons plus les atteintes à notre souveraineté que représentent les sanctions extra-territoriales américaines. Déjà, par rapport à la menace de sanctions visant toute entreprise qui commercerait avec l’Iran, nous avons développé un outil de souveraineté financière, Instex – et franchement, je ne pensais pas que l’Allemagne et le Royaume-Uni nous suivraient sur ce projet. La pression des Etats-Unis sur les Européens est extrêmement forte, au niveau des entreprises et au niveau des responsables politiques, pour que nous ne commercions pas avec l’Iran. Cela renforce notre détermination à être souverain dans notre politique commerciale. Au-delà du cas iranien, Instex a vocation à être un instrument de souveraineté globale ».

« L’autre levier de la reconquête économique et technologique européenne, c’est l’affirmation d’une politique industrielle. Il faut de grands champions européens. Pour y parvenir, il faut articuler une politique industrielle commune, une politique de la concurrence rénovée, une politique commerciale qui défende mieux nos intérêts, et une politique publique d’investissements dans les nouvelles technologies – je suis pour les aides d’Etat quand il s’agit de faire émerger des filières. Jusqu’ici, ces différentes politiques sont séparées. Il faut au contraire les coordonner les unes avec les autres. Ne plus raisonner en silo mais en réseaux. Je crois que la prise de conscience progresse dans les institutions européennes.  Il faut absolument le faire : toutes les grandes puissances ont cette stratégie ».

« Une Europe puissance »

« La vision qui sous-tend toutes ces politiques, c’est celle d’une Europe puissance, et non celle d’une Europe des marchands. La division existe encore aujourd’hui ! L’Europe puissance, il est légitime que ce soit les grandes nations européennes qui la portent, celles qui participent au conseil de sécurité de l’Onu, au G7 ou au G20. Lorsqu’on est à la table de ces grandes réunions, on voit clairement les rapports de puissance. L’Europe puissance, c’est la vision de la France mais c’est aussi celle de l’Allemagne, à sa manière. Tous les dirigeants allemands que je côtoie depuis maintenant longtemps – chrétiens-démocrates, sociaux-démocrates, libéraux, Verts – en ont pris conscience ».

« Quant au Royaume-Uni, le peuple britannique a tranché en faveur d’une sortie de l’Union. Emmanuel Macron a eu le courage de dire que plus vite,ils partiront, mieux ce sera. Faire trainer leur départ n’est bon ni pour la Grande-Bretagne, ni pour l’Union européenne. Cela crée un climat délétère. Les Britanniques veulent sortir ? Ils sortent et nos vies se séparent. Nous bâtirons, bien sûr, une nouvelle relation. Mais comme dans un divorce, il faut que l’Europe puisse, de son côté, reconstruire sa vie ».

 

Pour aller plus loin

La tribune  Pourquoi dimanche, il ne faut pas voter pour des planqués   de Pierre Defraigne, directeur exécutif du Centre Madariaga – Collège d’Europe, postée le 22 mai 2019 sur le site de La Libre Belgique.

L’article Les divisions politiques en Allemagne empêchent l’Europe de la défense d’avancer posté le 20 mai 2019 sur le blog Paris Planète.

L’article Nouvelles routes de la soie : ralentissement ou second souffle ? posté le 1° mai 2019 sur le site Asialyst et le dossier consacré à la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine sur le site Asialyst.

L’article Iran : que peut l’Europe face aux sanctions des Etats-Unis ?, posté le 3 mai 2019 sur le site Toute l’Europe.

L’article Concurrence déloyale : comme l’Europe se défend-elle face aux pays tiers?posté le 1° avril 2019 sur le site Toute l’Europe.

L’article Chine, comment les Européens veulent en finir avec le jeu de dupes, posté le 26 mars 2019 sur le blog Paris Planète.

Jean-Christophe Ploquin

 

https://paris-international.blogs.la-croix.com/face-aux-etats-unis-et-a-la-chine-lambition-dune-europe-souveraine/2019/05/25/

Brexit : cette mystérieuse réunion entre Soros, Blair et Moscovici qui embarrasse l’UE

Brexit : cette mystérieuse réunion entre Soros, Blair et Moscovici qui embarrasse l’UE

Brexit : cette mystérieuse réunion entre Soros, Blair et Moscovici qui embarrasse l'UESource: Reuters
Photomontage, de gauche à droite : George Soros, Tony Blair et Pierre Moscovici

Interrogée par le site EUobserver au sujet d’une discussion entre George Soros, Tony Blair et Pierre Moscovici lors du dernier forum de Davos, la Commission européenne en aurait caché le contenu, afin de protéger un «processus décisionnel».

Selon le site d’information EUobserver, spécialisé dans les actualités de l’Union européenne (UE), la Commission européenne aurait volontairement occulté, en partie, le contenu d’une rencontre ayant eu lieu lors du 49e Forum économique mondial de Davos entre le milliardaire George Soros, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair et le commissaire européen Pierre Moscovici. Les trois protagonistes se seraient rencontrés au sujet d’«un second référendum sur le Brexit».

Lire aussi : Tony Blair : «Il est possible – et nécessaire – que le Brexit n’ait pas lieu»

La nécessité de protéger le processus décisionnel de l’UE est plus importante que tout intérêt public

Après avoir demandé, fin janvier 2019, l’accès au contenu de cette discussion, le site EUobserver explique en effet s’être heurté à un refus partiel de la Commission européenne, celle-ci ayant répondu par courriel deux mois et demi plus tard. Citant dans un tweet la réponse de l’exécutif européen, le site d’information a ainsi écrit le 25 avril : «La nécessité de protéger le processus de décision de l’UE est plus importante que tout intérêt public, dans ce qui a été discuté à propos du Brexit.»

EUobserver

@euobs

[Exclusive] EU commission tells EUobserver in reply to an access to documents request that the need to protect the EU’s process weighs heavier than any in what was discussed on last January in .https://euobserver.com/brexit/144724 

65 personnes parlent à ce sujet

De fait, dans sa réponse adressée à EUobserver, la Commission européenne s’est opposée au fait de divulguer «certaines parties d’un document [qui] pourraient affaiblir le processus décisionnel de l’institution». Les trois hommes en question n’ont jamais caché leur position quant au choix des citoyens britanniques de quitter l’UE, allant même parfois jusqu’à jouer un rôle particulièrement actif dans la campagne anti-Brexit, qui persiste malgré le référendum de juin 2016.

Lire aussi : George Soros investit 400 000 livres et repart à l’assaut du Brexit

 

https://francais.rt.com/international/61529-brexit-mysterieuse-reunion-entre-soros-blair-et-moscovici-qui-embarrasse-union-europeenne

Aux origines de l’arme nucléaire nord-coréenne

Aux origines de l’arme nucléaire nord-coréenne

Parmi les idées fausses les plus répandues à l’étranger se trouve celle que la Russie serait responsable de l’apparition de l’arme nucléaire à  Pyongyang. Pourtant, dans la réalité, la contribution de l’URSS puis de la Russie à ce basculement géostratégique d’importance est tout à fait minime. Les puissances occidentales sont en fait les principales  responsables de l’acquisition de cette arme par la Corée du Nord.

Le programme de coopération soviétique : le réacteur IRT-2000

A l’origine, il est vrai que l’Union soviétique a effectivement fourni les premiers supports au développement du programme nucléaire nord-coréen. Après la conclusion d’un accord bilatéral de coopération dans le domaine de l’énergie nucléaire en 1965, la construction d’un  réacteur nucléaire et d’un laboratoire de radiochimie fut lancée dans la ville de Yongbyon, située à une centaine de kilomètres au nord de la  capitale du pays. Il s’agissait du projet de recherche soviétique – relativement modeste – IRT-2000. Moscou fournissait alors ce type d’aide  aux alliés du camp socialiste et aux pays en développement qui  entretenaient des relations étroites avec la «patrie du socialisme». L’IRT-2000 fut ainsi également livré au Ghana. Ce type de réacteur fonctionnait avec comme combustible, des barres de combustible d’uranium  de fabrication soviétique enrichies à 20%. Les scientifiques soviétiques avaient ainsi rendu impossible l’obtention d’une arme nucléaire à partir  de ce transfert de technologie. Les engins explosifs nucléaires nécessitent, en effet, un degré d’enrichissement de l’uranium approchant les 100% ou du plutonium. A l’instar des autres puissances nucléaires,  l’URSS a alors respecté ses obligations de non-prolifération, exception  faite uniquement pour la Chine qui, sur instructions personnelles de Nikita Khrouchtchev, a reçu toute la documentation et tous les schémas
nécessaires.

Selon les termes de l’accord bilatéral, la participation de spécialistes soviétiques aux opérations régulières de maintenance du réacteur était  obligatoire. C’était un instrument très efficace pour dissuader les Nord-Coréens d’acquérir des armes nucléaires. Si tel avait été le but de  Pyongyang il était aisé pour Moscou de suspendre l’approvisionnement en combustible nucléaire, ce qui aurait signifié l’arrêt inévitable de  l’utilisation de l’IRT-2000. En l’absence de toute velléité nucléaire de Pyongyang, l’URSS continua à fournir du carburant nucléaire jusqu’à
l’effondrement de l’URSS en 1991.

Utiliser ce type de réacteur dans le cadre d’un programme d’armement nucléaire clandestin, aurait nécessité des efforts disproportionnés pour produire la quantité requise de plutonium suffisante pour au moins une charge nucléaire. Il eut fallu remplacer les barres de combustible presque immédiatement après leur immersion dans le cœur du réacteur, alors que le réacteur lui-même aurait dû être stoppé souvent ou changer constamment les paramètres de puissance. Il est techniquement extrêmement difficile de le faire.

Les spécialistes n’auraient pas pu accumuler beaucoup de plutonium car la capacité de l’IRT-2000 n’est que de cinq mégawatts. Il faudrait plusieurs années pour produire la quantité requise de matière fissile. Cela reviendrait à utiliser une voiture plutôt qu’un navire ou un train de marchandises pour transporter une grande quantité de fret. Bien sûr, les Coréens ont utilisé le combustible irradié IRT-2000 pour extraire un certain nombre d’isotopes de samarium, d’iode, de ruthénium, etc. En 1975, ils ont même réussi à obtenir 300 grammes de plutonium. Mais cette quantité est très éloignée de la masse critique. La durée de vie de ces isotopes était très courte et ne convenait non seulement pas pour un engin explosif, mais pas même pour la réalisation d’expériences simples visant à étudier les propriétés physiques, mécaniques et chimiques de ces éléments. Soulignons tout de même que les Nord-Coréens ont reçu, par l’intermédiaire du comité compétent du Conseil de sécurité des Nations unies, l’autorisation d’acquérir du cobalt radioactif en Russie à des fins médicales. Cela prouve sans équivoque que le réacteur IRT-2000 fourni par l’ex-URSS ne fonctionne plus, et qu’incriminer la Russie sur le développement l’arsenal nucléaire nord-coréen est une contre-vérité.

« Calder Hall » : la technologie anglaise au service de Pyongyang

Comment la Corée du Nord a-t-elle pu acquérir la capacité de produire du plutonium pour ses armes nucléaires ? Le responsable de ce succès des physiciens nord-coréens est un réacteur anglais mis en service au début des années 1980. Ce dispositif n’a rien à voir avec les projets soviétiques – Pyongyang a simplement eu accès aux plans du réacteur « Calder Hall » conçu dans les années 50, et mis en libre accès pour les
membres de l’AIEA, que Pyongyang rejoint à la demande pressante de Moscou. Selon certains experts, des solutions techniques ont également été empruntées au TG-1 français.

Pourquoi le choix s’est-il arrêté sur ce type de réacteur atomique? C’est assez simple. “Calder Hall” utilise de l’uranium faiblement enrichi. Il n’est pas nécessaire d’enrichir le combustible, ce qui signifie que les riches gisements d’uranium de Corée du Nord peuvent être utilisés. En outre, il n’est pas nécessaire de purifier l’eau pour le refroidissement – un avantage considérable dans les conditions de pénurie d’énergie en Corée du Nord. La puissance du réacteur « Calder-Hall » est plusieurs fois supérieure à celle de l’IRT-2000. Dans le même temps, un certain nombre de caractéristiques montrent de manière convaincante que les Nord-Coréens ont choisi le réacteur Calder Hall précisément à cause de la possibilité de produire du plutonium, car du point de vue de la production d’énergie, ce type de réacteur n’est pas très efficace et comporte de nombreux inconvénients.

L’intérêt de ce type de réacteur est que du plutonium 239 peut y être produit. Les Nord-Coréens n’ont pas pu immédiatement construire une  quantité suffisante de l’isotope requis. Ainsi, le premier essai nucléaire  enoctobre 2006 a échoué, probablement à cause d’une quantité insuffisante d’isotope de plutonium 239. Cependant, des essais nucléaires ultérieurs ont réussis à produire une puissance de plusieurs dizaines de kilotonnes, ce qui indique que les Nord-Coréens sont parvenus à séparer le plutonium 239 des autres isotopes formés dans le réacteur.

 

Un certain nombre de questions demeurent. La plus importante est de savoir pourquoi les Anglais, sachant avec certitude que les Nord Coréens avaient reçu les plans de leur réacteur par l’AIEA, n’ont pas manifesté la moindre inquiétude à ce sujet. Appât du gain pour les ingénieurs et les compagnies anglaises, stratégie de tension, il est en tout cas évident que sans une aide occidentale, les Nord-Coréens n’auraient jamais pu acquérir l’arme nucléaire.

 

Xavier Moreau

 Directeur de STRATPOL. Saint-Cyrien et officier parachutiste, titulaire d’un DEA de relations internationales à Paris IV Sorbonne, spécialisé sur les relations soviéto-yougoslaves pendant la guerre froide. Installé en Russie depuis 15 ans, il dirige la société LinkIT Vostok. Il est l’auteur de la « Nouvelle Grande Russie » et de « Ukraine, Pourquoi la France s’est trompée ? ».

https://stratpol.com/aux-origines-de-larme-nucleaire-nord-coreenne/

Les ingrédients de la trahison du Brexit : ingénierie sociale et élections simulées

Les ingrédients de la trahison du Brexit : ingénierie sociale et élections simulées


Par Andrew Korybko – Le 10 avril 2019 – Source orientalreview.org

andrew-korybkoLes factions que l’on nomme « pouvoirs en place » au Royaume-Uni sont en train de trahir le Brexit, en employant un mélange d’ingénierie sociale et d’élections simulées, afin de fabriquer les fausses narrations qui déclament que la « décision du peuple »est de rester dans l’Union européenne.

LONDON, ENGLAND - MARCH 23: Prime Minister Theresa May leaves Downing Street on March 23, 2017 in London, England. The British Prime Minister Theresa May spoke last night after a terrorist attack took place in Westminster, saying Parliament would meet as normal today and "We will come together as normal". PC Keith Palmer and three others lost their lives in the attack and the perpetrator was shot dead by police. (Photo by Jack Taylor/Getty Images)
Theresa May sortant de Downing Street le 23 mars 2017, à Londres

Il est désormais flagrant que Theresa May, premier ministre, représente les intérêts des « puissances en place » au Royaume Uni : elle est en train de trahir le Brexit et de faire tout son possible pour empêcher la sortie de son pays de l’UE. Ses tentatives ratées d’établir un accord avec le bloc pour un soi-disant « Brexit doux » apparaissent désormais clairement pour ce qu’elles étaient : rien de plus qu’une ruse. La volonté du peuple, exprimée lors du référendum de 2016, a ainsi été renommée en « Hard Brexit », afin de faire croire à un simple report du Brexit. Et maintenant, après qu’elle a mondialement humilié son pays sur la scène internationale et rendu très compliqué artificiellement ce qui aurait pu être un divorce assez simple, elle profite de ce que cette séquence a soulevé l’opposition contre elle de son parlement pour caresser l’idée d’un second référendum, et se poser la question de purement et simplement renier l’esprit du Brexit.

On fait tranquillement croire au grand public, pendant ce temps, qu’il ne s’agit que du dernier rebondissement de son Brexit chaotique, mais il est très probable que toute la séquence de rebondissements officiels a été préparée bien à l’avance, et avant que le Royaume Uni ait dépassé la date limite de sortie de l’UE, le 29 mars 2019. La seule raison pour laquelle le peuple n’entre pas en révolte réside dans le lent pré-conditionnement qu’il a subi à accepter ce scénario, au travers des techniques d’ingénierie sociale que son propre État lui a fait subir au cours des trois dernières années. On a ainsi non seulement décrédibilisé le Brexit avant même le référendum de 2016, en le dépeignant comme un « fantasme »rêvé par des « racistes, des fascistes et des suprémacistes blancs », mais on a continué de le qualifier ainsi après le vote pour instiller le doute quant à la « moralité » de son résultat. Et cela n’a pas marché, si bien qu’on s’est mis, dans les plus hautes sphères de l’État, à activement organiser le sabotage du processus, et c’est de là que sont sorties les pitreries loufoques exécutées par madame May.

L’État s’est engagé dans une campagne soutenue d’alarmisme, semant la peur quant aux conséquences socio-économiques du Brexit, si bien que certains sondages se sont mis à suggérer que la majorité des électeurs seraient dorénavant partisans d’un « Remain » si on devait voter à nouveau, un scénario qui avait au départ été présenté comme un « fantasme » mais qui est en train de devenir réalité dans les derniers développements. L’électorat n’aurait pas atteint ces « conclusions » par lui-même, alors on l’a bien guidé sur le chemin, par des techniques d’ingénierie sociale mises en oeuvre depuis le référendum. Aucun sondage ne porte le poids politique suffisant dans une « démocratie » tant qu’il n’a pas été sanctionné par une élection en bonne et due forme, si bien que l’on parle à présent d’organiser un second référendum pour « légitimer » une fois pour toute les efforts incessants menés depuis trois ans en vue de trahir le Brexit. Et les « esprits brillants » à l’oeuvre derrière ce complot [il faut bien appeler les choses par leur nom, NdT], se moquent bien des conséquences intérieures d’aller à rebours de la volonté originelle du peuple : tout ce qui les intéresse est de bloquer le Brexit dans l’immédiateté.

La seule chance qui reste d’enrayer ce scénario serait que des membres responsables des administrations militaires, de renseignement, et diplomatiques du Royaume Uni (l’« État profond ») travaillent d’arrache-pied dans l’ombre à mettre en œuvre le Brexit, selon la volonté exprimée par la majorité des électeurs. On ne peut qu’imaginer comment cela pourrait être mis en pratique, mais cela pourrait indéniablement fonctionner, vu comme le gouvernement est manifestement divisé sur le sujet. Les forces mondialistes sont alignées avec les intérêts financiers de la City de Londres, et ne veulent pas du tout de Brexit, mais les forces patriotes, qui ont derrière elles une grande partie du pays, comprennent que la démocratie doit suivre son chemin sans prendre en compte les « regrets des électeurs », fabriqués par un processus d’ingénierie sociale. Mais les fractures géopolitiques qui fissurent le pays ont été tellement exacerbées (en particulier le sujet des « Bremainers » en Écosse) par ce sujet que l’unité même du pays se pose à présent, et ce quels que soient les prochains événements. Et peut-être bien que cela aussi répond aux souhaits des mondialistes.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-ingredients-de-la-trahison-du-brexit-ingenierie-sociale-et-elections-simulees