Archives pour la catégorie Arabie Saoudite

Note Sur Le Transfert Nucléaire Des Etats-Unis Vers L’Arabie Saoudite

ActualitésAnalysisDéfense/DefenceEnergyGéopolitique/GeopoliticsTechnology

Note Sur Le Transfert Nucléaire Des Etats-Unis Vers L’Arabie Saoudite

Posted on 20/09/2019 AuthorStrategika51Comment(0)

  1. Introduction :

Les tentatives de l’Administration Trump pour faciliter le transfert de la technologie nucléaire américaine à l’Arabie Saoudite a suscité une levée de boucliers au Congrès américain qui a rédigé un rapport détaillé sur cette affaire et dont l’élément d’appréciation principal est la collusion entre cette administration et les industriels américains.

Ces derniers considèrent le marché saoudien comme une opportunité stratégique dans un contexte marqué par la concurrence acharnée entre les puissances (Etats-Unis, Russie, Chine) en matière de commercialisation de la technologie nucléaire et la forte demande de certains pays à l’instar des pays du Golfe.

Dans cet article, on va d’abord retracer l’évolution de cette question au sein du Congrès américain au sein duquel l’enjeu de la mise en œuvre du transfert nucléaire américain au profit de l’Arabie saoudite se jouera durant les prochaines années. En second lieu, nous allons évoquer les facteurs qui favorisent aujourd’hui la  « nucléarisation » de l’Arabie Saoudite et les scénarios possibles de ce processus.

  • Les tentatives de l’administration Trump pour doter l’Arabie saoudite de la technologie nucléaire et les inquiétudes du Congrès américain :

Dès les premières semaines de l’accès de M. Trump à la Maison Blanche, ses collaborateurs ont activé pour la levée de tous les obstacles juridiques pour la construction par des entreprises américaines de centrales nucléaires en Arabie Saoudite. C’est ce que révèle un récent rapport du Congrès.

L’entreprise qui est la plus en vue dans cette affaire est IP3 International, connue pour avoir entretenu des relations étroites avec Michel Flynn, l’ancien conseiller à la sécurité nationale, lequel a quitté l’administration Trump en 2017 ainsi qu’avec un groupe de militaires américains à la retraite.

L’intérêt du Congrès pour cette affaire s’explique par les remous provoqués par les liens entre l’administration Trump est l’Arabie Saoudite dans un contexte international marqué par l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi dans un consulat saoudien.

«L’empressement du président Trump à donner aux Saoudiens tout ce qu’ils veulent, malgré les objections bipartisanes du Congrès, porte atteinte aux intérêts américains de sécurité nationale » a affirmé Tim Kaine, un sénateur démocrate. Le Congrès milite également pour interdire les ventes d’armes américaines à l’Arabie Saoudite, un pays embourbé dans un conflit meurtrier au Yémen.

Ce qui inquiète le Congrès c’est le fait que l’administration Trump semble ne pas se préoccuper du risque que la fourniture à l’Arabie Saoudite d’une technologie soit susceptible d’être détournée à des fins militaires en y incluant l’enrichissement et le reprocessing. L’accord en cours de négociation avec ce pays semble ne pas contenir des dispositions similaires à celles qui figurant dans l’accord avec les Emirats Arabes Unis de 2009 intitulées « Règle d’Or » ou « 123 », lesquelles bloquent toute tentative d’enrichir l’uranium.

D’ailleurs, Asia Times a révélé que dans courrier électronique adressé à l’ancien conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn par le Directeur d’IP3, Robert Farlane, ce dernier ait affirmé que le transfert de la technologie nucléaire américaine à Ryad « contribuerait à rétablir l’équilibre des forces au Moyen Orient » et ce, dans une allusion flagrante à une tentative de prolifération nucléaire provoquée par un membre important du Traité de Non Prolifération Nucléaire(TNP), les Etats-Unis.

  • Les facteurs qui favorisent la « nucléarisation » de l’Arabie Saoudite par les Etats-Unis :

Le premier facteur qui incite l’Arabie Saoudite à chercher à se doter de l’arme nucléaire est la reprise par l’Iran de l’enrichissement de l’uranium après le retrait des Etats-Unis de l’Accord sur le nucléaire iranien de 2015.

Ryad a pris conscience de l’échec de cet accord et de la reprise de la course au nucléaire par Téhéran qui est son adversaire stratégique principal. C’est une situation qui rappelle la course du Pakistan pour se doter de l’arme nucléaire pour faire face à l’Inde qui a réussi à relever le même défi.

Le prince héritier saoudien, Mohamed Ben Selmane a déclaré en 2018, « L’Arabie saoudite ne souhaite pas acquérir de bombe atomique, mais il est évident que si l’Iran développait une bombe atomique, nous ferions de même, et dans les meilleurs délais“.

L’évolution géopolitique dans la région du Golfe a de quoi inquiéter l’Arabie Saoudite :  

  • Il y a d’abord, la reprise en juin 2018 par l’Iran de la production de centrifugeuses puis la suspension, le 8 mai 2019, d’une partie de ses engagements dans le cadre de l’Accord sur le nucléaire iranien, un an après le retrait des Etats-Unis de cet Accord et le début des sanctions américaines contre Téhéran.  
  • L’Iran est allé jusqu’à menacer de quitter le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) (le 28 avril dernier).
  • Il y a également la montée des tensions sécuritaires dans le détroit d’Hormuz qui s’accompagne d’un déploiement de la flotte américaine dans la mer du Golfe et la ferme conviction de Ryad que l’Iran soutient les Houthis au Yémen au détriment de son influence dans la région du Moyen Orient.

L’Arabie Saoudite perçoit ces évènements comme un enchainement de causes et d’effets qui permettrait à terme à l’Iran de développer des armes nucléaires et d’étendre son influence dans la région et ce, d’autant plus que les alliés de la République islamique dans le monde (Chine et Russie) ne sont nullement dissuadés de la soutenir dans cette voie dans un paysage international marqué par une multipolarité accélérée.

En effet, cette multipolarité du monde est de nature à fragiliser le système multilatéral de lutte contre la prolifération devant les tentatives de certains pays pour se doter de la technologie nucléaire et l’affaiblissement du Groupe des Fournisseurs Nucléaires (NSG) qui a été crée par les Etats-Unis et l’ex-Union Soviétique en 1975.

La concurrence et la rivalité entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine mais aussi la capacité d’autres pays en matière de développement de la technologie nucléaire ont affaibli la capacité du NSG pour réguler les transferts vers les pays qui souhaitent développer un programme nucléaire. Les pays qui souhaitent se doter de la technologie nucléaire exploitent cette concurrence internationale à leur profit.

C’est exactement le cas de l’Arabie Saoudite : après que ce pays ait échoué durant les années 1970 à développer un programme nucléaire, il est parvenu aujourd’hui à réaliser des appels d’offre pour construire deux réacteurs nucléaires. La Corée du Sud est un fournisseur potentiel pour l’Arabie Saoudite comme pour les Emirats Arabes Unis et il parvient à maîtriser cette technologie et à l’exporter sans respecter les dispositions anti-prolifération des Etats-Unis.    

L’effet pervers de cette situation et que les Etats-Unis risquent de voir leurs chances de remporter les contrats avec l’Arabie saoudite s’amenuiser, s’ils insistent pour y inclure les dispositions anti-prolifération. Cette situation est l’une des causes du bras de fer entre l’administration Trump et le Congrès.

Par conséquent, ces facteurs encouragent Ryad à développer un programme nucléaire et à se doter d’armes atomiques afin de préparer les conditions d’un équilibre de dissuasion avec son rival chiite.

  • Conclusion et perspectives

Au-delà des facteurs qui incitent l’Arabie Saoudite à se doter d’armes nucléaires, il semble étonnant que les assurances sécuritaires des Etats-Unis ne soient plus suffisantes pour satisfaire les exigences de sécurité de Ryad. Ceci s’explique peut être par les multiples déclarations de Washington sur la réduction et le conditionnement de sa présence militaire dans la région du Golfe.

Plusieurs éléments doivent pris en considération pour prévoir le futur de ce processus de « nucléarisation » de l’Arabie Saoudite :

L’affaire de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi a irrémédiablement terni l’image de l’Arabie Saoudite auprès du Congrès et de l’opinion publique américaine. L’Arabie Saoudite ne peut aujourd’hui compter que sur l’administration Trump pour satisfaire ses objectifs stratégiques.

Par conséquent, Ryad souhaite enclencher les contrats pour la réalisation de son programme nucléaire le plus vite possible avant les élections présidentielles aux Etats-Unis.

Par ailleurs, il n’est pas certain que les Etats-Unis maintiendront à long terme une présence militaire robuste et coûteuse dans la région du Golfe qui soit suffisante aux yeux de l’Arabie Saoudite malgré l’acharnement actuel de l’administration Trump à faire face aux ambitions iraniennes.

Le retrait des Etats-Unis de l’Accord sur le nucléaire iranien (JCPOA) au lieu de le renforcer pour endiguer le programme nucléaire iranien est une «erreur stratégique » qui a libéré Téhéran de toute contrainte pour développer son programme, ce qui semble alarmer l’Arabie Saoudite.

Pallas

Pallas est le pseudonyme d’un Docteur en philosophie des Sciences et expert international dans les questions environnementales globales. Il est chercheur dans un domaine de pointe et l’auteur de plusieurs ouvrages de référence dans plusieurs disciplines scientifiques ainsi que de deux recueils de poésie. Pallas est un contributeur occasionnel de Strategika 51 Intelligence

https://strategika51.org/archives/69182

Publicités

T.C.-80 : Bye bye FDR

T.C.-80 : Bye bye FDR

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   mardi 17 septembre 2019

   Forum

Un commentaire est associé à cet article. Vous pouvez le consulter et réagir à votre tour.

   Imprimer 2031

T.C.-80 : Bye bye FDR

17 septembre 2019 – Trump marche sur des œufs et piétine l’Histoire… “Marcher sur des œufs”, c’est le moins qu’on puisse dire à propos de l’affaire de la très méchante et efficace attaque des installations de l’Aramco, comme un coup au cœur de l’Arabie dont le même Trump ne semble guère vouloir trop se préoccuper, et sans s’en dissimuler. Après que le chef de cabinet du vice-président, Marc Short, eût expliqué par ailleurs, en d’autre lieu et sur un ton apaisant que le tweet “locked and loaded” (“prêts et chargés”) de dimanche soir n’était nullement une menace de type militaire mais une image concernant la situation énergétique des USA face à des possibles remous de fournitures de pétrole après l’attaque, on a vu et entendu cette humeur apaisée hier lors d’une aimable rencontre du président avec la presse

Même si tout cela (l’attaque, etcetera) ressemble à l’Iran, gazouille le président, il est bien acquis que « Je ne veux pas faire la guerre à qui que ce soit» ; et il n’est pas question de représailles tant qu’il n’y a pas de « preuve définitive » (vaste programme) d’une éventuelle culpabilité de l’Iran, et alors on verra.

Ceci enfin, qui est historique n’est-ce pas, par rapport à ce qu’on sait et dit du “Pacte du Quincy” et de FDR-1945, ce président mourant qui vint sceller son legs ultime qui fit Empire de la Grande République, – et que Trump, ce va-nu-pieds, piétine de la sorte : « En outre, lorsqu’on lui a demandé s’il avait promis de protéger les Saoudiens, le président a répondu “Non, je n’ai pas promis cela aux Saoudiens…. Nous devons nous asseoir avec les Saoudiens et trouver une solution.” »

Non seulement ils ne peuvent plus, mais ils ne veulent plus (à moins qu’ils ne veuillent plus parce qu’ils ne peuvent plus ?)… Bref, et comme disait l’avisé Macron : « Nous sommes sans doute en train de vivre la fin de l’hégémonie occidentale sur le monde. » (Le temps de traduire ce texte du discours macronien, d’une forme infâme cachant les pépites reposant sur le fond, nos amis anglophones de la communication antiSystème commencent à réaliser le caractère historique de la chose : iciiciici, etc.)

Tout cela se fait en douceur, avec grâce et comme sans y toucher, cette façon que l’Empire a de recevoir des directs en pleine poire (le drone abattu par les Iraniens, l’attaque contre l’Aramco) et de passer outre en sifflotant. Les Saoudiens, MbS en tête, ne s’y trompent pas une seconde, pour le cas il s’agit de noyer le poisson en douceur. L’officieux de la famille royale, Arab News, nous fait savoir qu’il y aura enquête sur l’attaque et sur les responsables, et comment, et encore avec experts venus de tous les horizons Inch Allah, et y compris de l’ONU mazette, et que, mon Dieu, l’on sera fixé alors, disons « dans des semaines, sinon des mois ». D’ici là, les poules auront des implants…

…Pendant ce temps, bien en verve et sur un ton assez léger ma foi, en pleine conférence de presse commune suivant un sommet d’importance sur la Syrie avec les présidents iranien et turc, Poutine a suggéré à l’Arabie, à l’aide d’une sidérante citation du Coran, d’acheter des S-300 ou des S-400 pour protéger ses biens si précieux, le sang noir de son or noir, – de cette façon on pourra exposer les Patriot de l’Empire ainsi démobilisés pour Alzheimer précoce au musée des technologies revues et incorrigibles…

« En ce qui concerne l’aide à l’Arabie saoudite, il convient de rappeler que le Coran sacré évoque l’inadmissibilité de toute sorte de violence autre que pour protéger les siens. Donc pour [qu’ils puissent] défendre les leurs et leur pays, nous sommes prêts à octroyer l’aide appropriée à l’Arabie saoudite. Il suffit que les autorités politiques saoudiennes adoptent une décision étatique sage comme celle prise par le passé par les dirigeants iraniens qui avaient acquis à l’époque des S-300 ou comme le Président Erdogan qui a acheté à la Russie les systèmes ultramodernes S-400. Ils protégeront solidement toute infrastructure saoudienne. »

Et le président iranien Rouhani, présent également, de se tourner vers Poutine pour lui demander lequel des deux systèmes il conseille aux Saoudiens de choisir pour mieux abattre les drones que lui-même, Rouhani, n’a certainement pas lancés contre l’Aramco ; et Poutine, diplomate-équilibriste comme toujours : « Qu’ils choisissent. » Et c’est sur ce ton léger, un peu tragédie-bouffe tout de même et certainement simulacre surréaliste, que s’achève le “tourbillon crisique” du jour (T.C.-bouffe)

Good Bye Lenin, disait le film ; bye bye FDR, dis-je pour mon compte. Ainsi s’ouvre, entre Offenbach et Wagner, le dernier chapitre de l’ultime phase de la partie finale de la Grande Crise d’Effondrement du Système

.https://www.dedefensa.org/article/tc-80bye-byefdr

LES ETATS-UNIS ET L’ARABIE SAOUDITE SUR LE SENTIER DE LA GUERRE CONTRE L’IRAN

LES ETATS-UNIS ET L’ARABIE SAOUDITE SUR LE SENTIER DE LA GUERRE CONTRE L’IRAN

 47 12 0Share1 060 Faire un don

US And Saudi Arabia On Warpath Against Iran

Cliquez pour voir l’image en taille réelle

Les États-Unis et le Royaume d’Arabie saoudite plaident en faveur d’un conflit avec l’Iran, comme le montrent l’évolution de la situation au cours des derniers jours.

Riyad a affirmé que, selon les résultats préliminaires, les attaques sur ses infrastructures pétrolières ne venaient pas du Yémen. En effet, ses systèmes de défense aérienne sont orientés vers le pays et auraient bloqué une éventuelle attaque.

Aᴍɪʀ@AmirIGM

This graphic shows Saudi Air Defences around the Abqaiq oil facilities that were struck early Saturday. The drones were well within PAC-2 range, but outside Hawk range. It’s possible that the low-flying or the drones’ small size and composite materials helped it avoid detection.

Voir l'image sur Twitter

22711:34 – 14 sept. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité189 personnes parlent à ce sujet

Le Wall Street Journal a cité des responsables américains non nommés, selon qui la responsabilité reviendrait à l’Iran, dans la mesure où l’attention des États-Unis et de l’Arabie saoudite s’est déplacée vers la frontière sud avec le Yémen, ouvrant la porte à des attaques venant d’autres directions.

Selon des sources non identifiées, l’attaque proviendrait d’Iran et il y aurait même eu des débris de ce qui semble être une technologie iranienne de missile de croisière.

« Tout leur convient », a déclaré un responsable saoudien sans personnel, faisant référence à l’Iran. « Les débris, l’intel et les points d’impact. »

Les défenses aériennes saoudiennes surveillaient également le trafic maritime dans le détroit d’Hormuz, où des responsables américains accusent l’Iran de s’être emparé de pétroliers et de drones volants à proximité de navires de guerre américains.

Mais le flanc oriental de l’Arabie saoudite est resté ouvert. Et selon les Etats-Unis et le Royaume, l’Iran était derrière l’attaque.

L’Iran a été blâmé, même si un porte-parole houthi a même revendiqué la responsabilité de l’attaque du 14 septembre.

«Cette opération est l’une des plus grandes opérations menées par nos forces dans les profondeurs de l’Arabie saoudite. Elle a été réalisée après une opération de renseignement précise, une surveillance avancée et la coopération d’hommes honorables et libres au sein du Royaume.

Nous promettons au régime saoudien que nos futures opérations se développeront davantage et seront plus douloureuses que jamais tant qu’il poursuivra son agression et son siège.

Nous affirmons que notre banque d’objectifs s’agrandit de jour en jour et qu’il n’ya pas de solution pour le régime saoudien si ce n’est de mettre un terme à l’agression et au siège de notre pays. »

Dans le même temps, il a été annoncé qu’un porte-parole du ministère saoudien de la Défense tiendrait une conférence de presse le 18 septembre pour présenter des preuves de l’attaque sur Aramco.

La conférence présentera des preuves de l’implication de l’Iran dans les attentats d’Aramco , a ajouté la télévision d’Etat. Il montrera également les armes iraniennes qui ont été utilisées lors des attaques.

La conférence aura lieu à 14h30 GMT et présentera « des preuves matérielles et des armes iraniennes prouvant l’implication du régime iranien dans l’attaque terroriste ».

En réponse à l’attaque, le Royaume a annoncé qu’il se joindrait à la coalition maritime américaine pour assurer la sécurité dans le golfe Persique. Cela a été rapporté par l’agence de presse saoudienne gérée par l’État, citant un responsable anonyme.

Les Etats-Unis poursuivent leurs accusations en se disant prêts à frapper tout parti responsable qui aurait attaqué ses alliés.

Le vice-président américain Mike Pence, qui ne fait que répéter ce que le président américain Donald Trump a déclaré, a déclaré que les États-Unis étaient «sous le boitier» pour défendre les alliés des États-Unis en réponse à une attaque sur des sites pétroliers en Arabie Saoudite.

«À la suite de cette attaque non provoquée, je vous promets, nous sommes prêts», a déclaré Pence. «Nous sommes enfermés et chargés et nous sommes prêts à défendre les intérêts de nos alliés. Ne faites pas d’erreur à ce sujet. »

Pence a également déclaré qu’il « semblerait » que l’Iran était responsable de l’attaque contre les installations pétrolières saoudiennes, mais que les services de renseignements américains travaillaient à la confirmation des détails.

Pence a confirmé que le secrétaire d’État américain Mike Pompeo se rendrait au Royaume le 18 septembre.

«Nous évaluons toutes les preuves, nous consultons nos alliés», a déclaré Pence.

Le 17 septembre, bien évidemment, par accident, le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, a accueilli le prince héritier Salman bin Hamad Al-Khalifa de Bahreïn au Pentagone.

Il n’a pas manqué de rappeler que la 5 e flotte américaine opère depuis Bahreïn depuis 1995.

« Votre pays s’est mobilisé pendant des décennies pour contribuer à dissuader les conflits dans l’une des parties les plus importantes du monde », a-t-il déclaré. « Nous sommes reconnaissants pour la volonté de longue date du royaume d’accueillir la 5ème flotte [américaine], un partenariat qui a débuté en 1995. Cela témoigne des liens étroits qui unissent nos pays. »

Esper a également mentionné l’Iran, affirmant que l’Iran continuait de violer les normes internationales et choisissait plutôt de promouvoir l’instabilité et le danger dans toute la région.

« Nous apprécions grandement que vous collaboriez avec nous et d’autres amis de l’état de droit et de la sécurité pour dissuader de nouveaux actes de provocation de l’Iran », a-t-il déclaré. «Les affaires en suspens sont regrettables et nous préoccupent tous, à tous ceux du monde, du moins ceux qui attachent de l’importance à l’ordre mondial de paix, de sécurité et de stabilité.»

Dans le même temps, sur la scène internationale, la France a annoncé qu’elle enverrait des experts enquêter sur l’attaque.

Dans un communiqué, l’Elysée a déclaré que le président avait fermement condamné l’attaque et assuré au prince héritier Mohammed bin Salman que la France était attachée à la stabilité du Moyen-Orient.

« En réponse à une demande saoudienne, le président Macron a confirmé au prince héritier que la France enverrait des experts en Arabie saoudite pour participer à des enquêtes visant à révéler l’origine et les modalités de ces attaques », ajoute le communiqué.

Le Japon a déclaré qu’il n’était au courant d’aucune implication de l’Iran dans l’attaque.

« Nous ne sommes au courant d’aucune information pointant vers l’Iran », a déclaré le ministre de la Défense, Taro Kono, à la presse. « Nous pensons que les Houthis ont mené l’attaque sur la base de la déclaration revendiquant la responsabilité. »

Le Premier ministre britannique Boris Johnson et la chancelière allemande Angela Merkel ont discuté de ces attaques lors d’un appel téléphonique, s’accordant sur «la nécessité de travailler ensemble, aux côtés de partenaires internationaux, pour convenir d’une réponse collective», selon Downing Street.

L’Iran maintient qu’il n’a joué aucun rôle dans les attaques, plusieurs responsables ayant accusé les États-Unis d’être «négationnistes» face à ces attaques.

En outre, le ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, a accusé les États-Unis de la très apparente hypocrisie dont ils font preuve.

Javad Zarif@JZarif · 17 h

US is in denial if it thinks that Yemeni victims of 4.5 yrs of the worst war crimes wouldn’t do all to strike back.

Perhaps it’s embarrassed that $100s of blns of its arms didn’t intercept Yemeni fire.

But blaming Iran won’t change that.

Ending the war=only solution for all.

Voir l'image sur Twitter
Voir l'image sur Twitter
Voir l'image sur Twitter
Voir l'image sur Twitter

Javad Zarif@JZarif

Just imagine: The US isn’t upset when its allies mercilessly BOMB babies in Yemen for over 4 years—with its arms and its military assistance.

But it is terribly upset when the victims react the only way they can—against the aggressor’s OIL refineries. #EndYemenWarNow2 43018:51 – 17 sept. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité1 112 personnes parlent à ce sujet

Le président iranien Hassan Rouhani a déclaré lors d’une réunion du cabinet que les Houthis avaient attaqué les installations pétrolières saoudiennes comme un « avertissement » pour que Riyad mette un terme à sa longue guerre au Yémen.

«Nous ne voulons pas de conflit dans la région… Qui a déclenché le conflit? Pas les Yéménites. C’est l’Arabie saoudite, les Émirats, les États-Unis, certains pays européens et le régime sioniste [Israël] qui ont déclenché la guerre dans cette région », a déclaré Rouhani dans la vidéo.

Enfin, le brigadier général Amir Hatami, ministre iranien de la Défense, a déclaré que Téhéran n’était pas impliqué dans les attaques.

« Rejetant les commentaires sur le rôle de l’Iran dans l’opération, [Hatami] a déclaré que le problème était très clair: il y a eu un conflit entre deux pays [le Yémen et l’Arabie saoudite]. »

La situation est actuellement très volatile, les États-Unis et l’Arabie saoudite étant résolus à faire de l’Iran le coupable, en dépit de ce que toute autre preuve ou affirmation suggérerait.

PLUS SUR LE SUJET:

Attaques contre les sites pétroliers saoudiens : Séoul réfléchit à l’utilisation de ses réserves stratégiques


Attaques contre les sites pétroliers saoudiens : Séoul réfléchit à l’utilisation de ses réserves stratégiques

© Chine Nouvelle (Xinhua), le 17/09/2019 13:53

La Corée du Sud va réfléchir au déblocage de ses réserves stratégiques de pétrole si les perturbations touchant l’approvisionnement se poursuivent suite aux récentes attaques de drones sur des sites pétroliers dans l’est de l’Arabie saoudite, a déclaré mardi le vice-ministre sud-coréen de l’Economie et des Finances, Kim Yong-beom.

Il a indiqué lors d’une réunion avec des responsables concernés que le gouvernement prendrait rapidement des mesures pour stabiliser l’approvisionnement en pétrole en recourant aux réserves stratégiques de pétrole et à des stocks appartenant au gouvernement et au secteur privé si la situation venait à se détériorer.

M. Kim a ajouté que son pays avait besoin de se préparer à une éventuelle prolongation des perturbations, promettant de s’assurer des sources d’importation alternatives en consultation avec les raffineries nationales si nécessaire.

Il s’est exprimé après que des drones ont frappé samedi dernier deux sites de production du géant pétrolier saoudien Aramco. Les rebelles houthis au Yémen ont revendiqué la responsabilité de ces attaques.

Selon des médias, ces attaques ont affecté environ la moitié de la production pétrolière saoudienne. L’Arabie saoudite est le premier fournisseur de pétrole de la Corée du Sud, représentant en 2018 près de 30% des importations de cette dernière.

Le vice-ministre a cependant fait savoir que la situation saoudienne aurait un impact limité sur l’économie sud-coréenne pour l’heure car il ne devrait pas y avoir de fortes perturbations de l’approvisionnement en pétrole à court terme.

Il a ajouté que le brut saoudien était importé dans le cadre de contrats à long terme et qu’aucune grande perturbation n’avait encore été repérée dans les raffineries sud-coréennes.

https://chine.in/actualite/asie/attaques-contre-les-sites-petroliers-saoudiens_20093.html

Le piège des guerres du Yémen

Le piège des guerres du Yémen

L’Arabie saoudite n’est pas parvenue à vaincre la rébellion au Yémen des Houthis, soutenue par l’Iran. Elle est désormais attaquée sur son propre territoire.

0601744020068_web_tete.jpg
0601744020068_web_tete.jpg

Par Jacques Hubert-RodierPublié le 16/09 à 19h22

L’intervention militaire au Yémen lancée en 2015 par l’Arabie saoudite et soutenu par huit états sunnites du Golfe avec l’appui des Etats-Unis, de la France et du Royaume Uni, devait être une opération éclair. Il s’agissait d’aider le président élu pro-saoudien Abdrabbo Mansour Hadi, à faire face à  une rébellion menée par les Houthis, du nom de famille de ses chefs, et dont la religion, le zaïdisme, est apparentée au chiisme.open in 3

Surtout  Riyad voulait contenir l’influence au Moyen Orient de l’Iran. Téhéran n’a en effet jamais cessé de contribuer, militairement et financièrement, à cette rébellion de l’« Arabie heureuse ». Certains ont même vu la main du général iranien Qasem Soleimani, commandant les forces spéciales iraniennes, derrière certaines opérations militaires des Houthis. Même si par rapport aux interventions en Syrie et au Liban, la présence iranienne semble plus limitée.

Mais au Yémen le piège s’est peu à peu refermé sur l’Arabie saoudite. Et ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, est devenu un véritable cauchemar pour son leader de facto, le prince héritier Mohammed Ben Salmane. Non seulement il n’est pas arrivé à chasser les combattants houthis de Sanaa et assurer une victoire décisive, mais le territoire saoudien est désormais attaqué. Il est vraisemblable, comme le proclame Washington, que les raids aériens samedi contre des installations pétrolières ont été menés par les Iraniens avec peut-être une dizaine de drones « made in Iran », mais leurs affidés yéménites les ont revendiquées infligeant une claque à Riyad. L’incapacité de l’Arabie saoudite à se défendre en dépit de l’acquisition de matériels militaires sophistiqués, n’est pas son seul talon d’Achille. Elle a encore aggravé dans les opinions publiques son déficit d’image. Car  les guerres civiles du Yémen ont provoqué la pire crise humanitaire au monde. Et pour cela l’intervention militaire de l’Arabie saoudite, qui a été accusée de bombarder des populations civiles, est dénoncée. Et même soutenus par l’Iran, les Houthis risquent d’être perçus comme des David face au Goliath saoudien. A raison ou à tort !

Jacques Hubert-Rodier

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/le-piege-des-guerres-du-yemen-1132085#utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=idees2_edito-20190917

Les représailles asymétriques du Yemen

Les représailles asymétriques du Yemen …


… Une attaque massive de drones, bien ciblée, cause des dégâts considérables au complexe pétrolier le plus important d’Arabie Saoudite


2015-05-21_11h17_05

Par Moon of Alabama − Le 16 septembre 2019

L’attaque de samedi contre le complexe de traitement de pétrole et de gaz saoudien à Abqaiq a touché ses capacité de stabilisation du brut :

Le processus de stabilisation est une forme de distillation partielle qui adoucit le pétrole brut acide, en éliminant le sulfure d'hydrogène, et réduit la pression des vapeurs, rendant ainsi le pétrole brut sans danger pour l'expédition dans les pétroliers. Les stabilisants optimisent la production d'hydrocarbures liquides de valeur tout en rendant ceux-ci sûrs pour le stockage et le transport, en réduisant les émissions atmosphériques d'hydrocarbures volatils. En résumé, les équipements de stabilisation sont utilisés pour réduire la volatilité du pétrole brut et du condensat stockés.

Peu de temps après l’attaque, le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, est passé en mode blâmer l’Iran :

Secrétaire Pompeo @SecPompeo - 21h59 UTC · 14 septembre 2019
 
Téhéran est à l'origine de près de cent attaques contre l'Arabie saoudite, tandis que Rouhani et Zarif prétendent s'engager dans la diplomatie. Au milieu de tous les appels à la désescalade, l’Iran a lancé une attaque sans précédent contre l’approvisionnement énergétique mondial. Il n'y a aucune preuve que les attaques sont venues du Yémen.
 
Nous appelons toutes les nations à condamner publiquement et sans équivoque les attaques de l'Iran. Les États-Unis collaboreront avec leurs partenaires et alliés pour faire en sorte que les marchés de l'énergie restent bien approvisionnés et que l'Iran soit tenu pour responsable de son agression.

Le complexe d’Abqaiq est au cœur de l’infrastructure pétrolière saoudienne. Il traite plus de la moitié de sa production pétrolière.

saudioilmap-s
Agrandir

Le gouvernement américain a publié deux images détaillées du résultat de l’attaque.

saudihit1-s
Agrandir
saudihit2-s
Agrandir

Les images montrent environ 17 points d’impact. Une voiture visible dans la seconde image, plus détaillée, permet de constater la taille gigantesque de l’endroit. Les cibles ont été soigneusement sélectionnées. Au moins 11 d’entre elles étaient des réservoirs ovoïdes d’un diamètre d’environ 30 mètres. Ce sont probablement des réservoirs de gaz sous pression – liquide – qui reçoivent les vapeurs de condensat provenant du processus de stabilisation. Ils ont tous maintenant des trous assez nets dans leur coquille supérieure.

La tuyauterie qui va et vient des réservoirs en forme d’œuf montre que ceux-ci ont été configurés en groupes à double redondance. Deux réservoirs l’un à côté de l’autre partagent un système de tuyauterie. Deux de ces réservoirs jumeaux sont adjacents avec des tuyaux allant au système de traitement. Il existe au total trois groupes de ce type. Les dommages causés à un réservoir ou à un groupe n’arrêteraient pas le processus de production. Les produits seraient acheminés vers un autre réservoir ou groupe similaire. Mais avec tous les réservoirs de ce type particulier inutilisables, la chaîne de production est maintenant interrompue.

Deux zones de traitement ont été touchées et présentent des dégâts d’incendie. L’équipement de contrôle des deux a été probablement complètement détruit :

Rapidan Energy Group, société de conseil, a déclaré que les images de l'installation d'Abqaiq après l'attaque montraient qu'environ cinq tours de stabilisation semblaient avoir été détruites et qu'il faudrait des mois pour les reconstruire, ce qui pourrait réduire la production pendant une période prolongée.
 
«Cependant, Aramco conserve une certaine redondance dans le système pour maintenir la production pendant la maintenance», a ajouté Rapidan, signifiant que les opérations pourraient revenir plus tôt au niveau précédant l'attaque.

Le ciblage de cette attaque a été réalisé avec une connaissance détaillée du processus et de ses dépendances.

La flèche indiquant le nord, en haut à droite de ces images, pointe vers la gauche. Les ombres visibles confirment la direction. Les trous dans les réservoirs sont du côté ouest. Ils ont été attaqués de l’ouest.

Les frappes étaient extrêmement précises. Les forces armées yéménites ont affirmé avoir attaqué l’installation avec dix drones ou missiles de croisière. Mais les résultats sur ces cibles ne ressemblent à rien de tel. Un total de 17 résultats avec un ciblage aussi précis laisse supposer qu’il s’agissait d’une sorte de drone ou de missile avec un contrôle humain dans le processus. Ils peuvent avoir été lancés à partir de l’Arabie saoudite.

Il n’y a pas encore d’information sur les dégâts causés à Khurais, la deuxième cible des attaques.

Les États-Unis et Israël peuvent réaliser de telles attaques. L’Iran probablement aussi. Le Yémen semble peu susceptible de disposer de cette capacité sans s’appuyer sur un soutien important ailleurs. La planification de cette opération a dû prendre des mois.

Un producteur de la BBC au Moyen-Orient a déclaré :

Riam Dalati @Dalatrm - 22h44 UTC · 15 sept. 2019
 
17 points d'impact. Aucun drone ou missile n'a été détecté / intercepté. Les Saoudiens et les Américains ne savent toujours pas d'où l'attaque a été lancée. #KSA a sérieusement besoin de se fournir ailleurs et de remplacer le Patriot ou de le renforcer avec un réseau de canons AA à commande radar tels que le Oerlikon.
 
Une source familière avec la situation de #Aramco nous a dit dans la journée qu’il s’agissait d’une «attaque en essaim», d’un mélange de plus de 20 drones et missiles, dont au moins la moitié étaient des drones suicides. #USA & #KSA, a-t-il dit, sont "certains" que l'attaque a été lancée depuis #Iraq mais "une preuve indiscutable est toujours manquante"
 
Ils sont également "à peu près certains" que #IRGC [Gardiens de la révolution en Iran] était derrière l'opération car, même si les missiles utilisés étaient identiques à ceux des #Houthis, une inspection des débris trouvés dans le désert a révélé "deux nouvelles mises à jour" et un "savoir-faire nettement meilleur"

Le Wall Street Journal commente les dégâts :

Les frappes ont détruit 5,7 millions de barils de production quotidienne, et les responsables ont déclaré croire toujours pouvoir la compenser dans les prochains jours. Cela nécessiterait de puiser dans les stocks et d'utiliser d'autres installations pour traiter le pétrole brut. L’une des principales cibles de l’attaque était une grande usine de traitement du brut à Abqaiq. ...
 
"C’est certainement pire que ce à quoi nous nous attendions dans les premières heures qui ont suivi l’attaque, mais nous veillons à ce que le marché ne connaisse aucune pénurie jusqu’à ce que notre système soit de nouveau en ligne", a déclaré un responsable saoudien. ...

Même si les autorités saoudiennes réussissent à rétablir la totalité ou la quasi-totalité de la production perdue, l'attaque témoigne d'une nouvelle vulnérabilité des lignes d'approvisionnement dans le Golfe, une région riche en pétrole.
 
Les pétroliers doivent payer des primes d’assurance nettement plus élevées, tandis que les coûts de transport ont grimpé en flèche dans la région après une série d’attaques maritimes contre des navires chargés de pétrole, que les États-Unis ont imputées à l’Iran. ...
 
Khurais produit environ 1,5 million de barils par jour et Abqaiq, la plus grande installation de stabilisation du brut au monde, traite sept millions de barils de pétrole saoudien par jour, transformant le brut en produits spécifiques plus légers, tels que l'Arabian Extra Light.

Les réparations à Abqaiq prendront probablement des semaines, pas des jours. Les contrats à terme sur le Brent ont augmenté de 19,5% à 71,95 dollars le baril, soit la plus forte hausse depuis le 14 janvier 1991 :

Aramco n'a donné aucun calendrier pour la reprise de la production. Une source proche du dossier a confié à Reuters que le retour à la pleine capacité pétrolière pourrait prendre "des semaines, pas des jours".
 
Riyad a indiqué qu'il compenserait les dommages subis par ses installations en puisant dans ses stocks, qui s'élevaient à 188 millions de barils en juin, selon les données officielles.

Le président américain Donald Trump était beaucoup plus prudent dans l’attribution de la responsabilité de la frappe que son secrétaire d’État.

Donald J. Trump @realDonaldTrump - 00h50 UTC · 16 sept. 2019
 
L’approvisionnement en pétrole de l’Arabie saoudite a été attaqué. Il y a des raisons de croire que nous connaissons le coupable, nous sommes l'arme au pied en attendant les vérifications, le Royaume nous dira qui, selon lui, est la cause de cette attaque et dans quelles conditions nous allons agir !

Toute attaque directe de l’Iran aurait pour conséquence que des essaims de missiles frapperaient des installations militaires américaines aux Émirats arabes unis et au Qatar. Les usines de dessalement d’eau saoudiennes, les raffineries et les ports seraient également visés.

Il est peu probable que Trump ou les Saoudiens soient prêts à risquer une telle réponse.

L’attaque sur Abqaiq n’était pas la dernière et toutes les installations saoudiennes sont extrêmement vulnérables :

Les rebelles houthis du Yémen ont déclaré que les installations pétrolières en Arabie Saoudite restaient parmi leurs cibles après que les attaques contre deux sites majeurs aient réduit de moitié la production du royaume et provoqué une flambée des prix du brut.

Le groupe rebelle soutenu par l’Iran, cité par la chaîne de télévision Houthi, a déclaré que ses armes pouvaient atteindre n’importe quelle cible en Arabie saoudite. Les attaques de samedi ont été menées par des "avions" utilisant de nouveaux moteurs, a précisé le groupe, faisant probablement référence aux drones.

Middle East Eye, un média financé par le Qatar, a annoncé hier que l’attaque avait été lancée depuis l’Irak par les forces alignées avec l’Iran pour se venger des attaques israéliennes en Syrie. L’auteur, David Hearst, est connu pour ses reportages diffamatoires. Le rapport est basé sur une source de renseignement irakienne anonyme et unique. Le Qatar, en dispute avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour son soutien aux Frères musulmans, aimerait voir un conflit plus important opposer ses rivaux à l’est et à l’ouest du golfe Persique. Le rapport devrait donc être ignoré.

L’Arabie saoudite ne dispose d’aucun moyen de défense contre ce type d’attaque. Les États-Unis ne disposent d’aucun système pouvant être utilisé à cette fin. La Russie est le seul pays à pouvoir fournir le matériel nécessaire. Il serait extrêmement coûteux, et toujours insuffisant, de protéger toutes les installations vitales des Saoudiens contre des attaques d’essaims similaires.

Des attaques de ce type ne prendront fin que lorsque l’Arabie saoudite conclura la paix avec le Yémen et lorsque les États-Unis mettront un terme à leurs sanctions concernant les exportations de pétrole iranien. Il est grand temps que les faucons comme Pompeo le reconnaissent.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-represailles-asymetriques-du-yemen

La guerre en Iran est-elle imminente ? Trump répond que les États-Unis sont « verrouillés et chargés » pour répondre à l’attaque sur les installations saoudiennes (Zerohedge)

La guerre en Iran est-elle imminente ? Trump répond que les États-Unis sont « verrouillés et chargés » pour répondre à l’attaque sur les installations saoudiennes (Zerohedge)

511111 Rating 5.00 (6 Votes)Catégorie : Actualités internationales  Publication : 16 septembre 2019  Mis à jour : 16 septembre 2019  Création : 16 septembre 2019 Écrit par folamour  Affichages : 101fShare

Les graines semées par Bolton sont en train de germer…

Iran 16 09 2019

Par Tyler Durden

Juste au moment où le prix du pétrole s’effondrait après sa flambée record, il a de nouveau grimpé en flèche, après un tweet du président Trump qui a rendu la guerre avec l’Iran pratiquement inévitable.

Juste avant 19h, Trump a tweeté que  » l’approvisionnement en pétrole de l’Arabie Saoudite a été attaqué. Il y a des raisons de croire que nous connaissons le coupable, que nous sommes verrouillés et chargés en fonction de la vérification, mais que nous attendons des nouvelles du Royaume quant à la cause de cette attaque et aux conditions dans lesquelles nous allons procéder ! »

Donald J. Trump@realDonaldTrump

Saudi Arabia oil supply was attacked. There is reason to believe that we know the culprit, are locked and loaded depending on verification, but are waiting to hear from the Kingdom as to who they believe was the cause of this attack, and under what terms we would proceed!76,7 k00:50 – 16 sept. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité50,2 k personnes parlent à ce sujet

Au-delà de l’aveu implicite que la politique étrangère américaine au Moyen-Orient est désormais inexplicablement menée par l’Arabie saoudite, ce qui est beaucoup plus troublant, c’est la déclaration de Trump selon laquelle l’armée américaine est « verrouillée et chargée », et s’apprête à attaquer le pays qui a été à l’origine de l’attaque des installations saoudiennes, qui selon Mike Pompeo ne serait ni le Yémen ni ses rebelles Houthi mais plutôt l’Iran.

Maintenant, comme Javier Blas de Bloomberg le note correctement, le tweet de Trump a laissé le prince héritier saoudien MbS boxé : « s’il ne désigne pas #Iran, il risque de décevoir Trump, mais si il le fait, il pourrait commencer une guerre totale avec Tehran de fin inconnue« . Inutile de dire qu’il est clair quelle option l’Arabie saoudite – qui est en guerre avec l’Iran depuis des années – lchoisira.

Javier Blas@JavierBlas

“Locked and loaded”

And “waiting to hear from the kingdom”. Now MbS is boxed: if he doesn’t point to #Iran, he’s likely to dissapointing Trump, but he does, he could start an all-war with Tehran of unknown end | #OOTT https://twitter.com/realdonaldtrump/status/1173368423381962752 …Donald J. Trump@realDonaldTrumpSaudi Arabia oil supply was attacked. There is reason to believe that we know the culprit, are locked and loaded depending on verification, but are waiting to hear from the Kingdom as to who they believe was the cause of this attack, and under what terms we would proceed!9400:57 – 16 sept. 2019 · South East, EnglandInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité69 personnes parlent à ce sujet

Et au cas où il n’est pas clair de quelle manière l’Arabie saoudite ordonnera aux États-Unis de « procéder », en mai dernier, The Arab News – un journal qui a longtemps été présidé par divers fils du roi Salman jusqu’en 2014, et est considéré comme reflétant la position officielle – a publié jeudi un éditorial en anglais, faisant valoir qu’après des incidents cette semaine contre des objectifs énergétiques saoudiens, la prochaine étape logique « devrait être des frappes chirurgicales ». On peut être sûr que cette fois-ci, elle sera encore plus vocale.

Entre-temps, on peut se demander à quel point le récit officiel de l’Iran à l’origine de ces attentats est crédible. Voici quelques réflexions :

Javier Blas@JavierBlas

“Locked and loaded”

And “waiting to hear from the kingdom”. Now MbS is boxed: if he doesn’t point to #Iran, he’s likely to dissapointing Trump, but he does, he could start an all-war with Tehran of unknown end | #OOTT https://twitter.com/realdonaldtrump/status/1173368423381962752 …Donald J. Trump@realDonaldTrumpSaudi Arabia oil supply was attacked. There is reason to believe that we know the culprit, are locked and loaded depending on verification, but are waiting to hear from the Kingdom as to who they believe was the cause of this attack, and under what terms we would proceed!9400:57 – 16 sept. 2019 · South East, EnglandInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité69 personnes parlent à ce sujet

L’ironie de la situation, c’est que la semaine dernière, l’Iran semblait soudainement sur le point de reprendre les pourparlers avec les États-Unis après que Trump eut licencié sans cérémonie John Bolton, qui militait depuis des années pour une attaque contre l’Iran. Et pourtant, Bolton parti, son résultat le plus désiré a été atteint avec l’armée américaine maintenant « verrouillée et chargée » d’attaquer l’Iran… On se demande presque où était Bolton quand « l’Iran » lançait des drones en Arabie Saoudite.

D’ailleurs, tous ceux qui espèrent que les prix du pétrole chuteront une fois que les États-Unis envahiront l’Iran seront très déçus.

Javier Blas✔@JavierBlas



And “waiting to hear from the kingdom”. Now MbS is boxed: if he doesn’t point to #Iran, he’s likely to dissapointing Trump, but he does, he could start an all-war with Tehran of unknown end | #OOTT https://twitter.com/realdonaldtrump/status/1173368423381962752 …Donald J. Trump✔@realDonaldTrumpSaudi Arabia oil supply was attacked. There is reason to believe that we know the culprit, are locked and loaded depending on verification, but are waiting to hear from the Kingdom as to who they believe was the cause of this attack, and under what terms we would proceed!9400:57 – 16 sept. 2019 · South East, EnglandInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité69 personnes parlent à ce sujet

Pour l’instant, le marché est clairement conscient de ce qu’un tel résultat signifierait pour les prix du pétrole, et même le tweet suivant de Trump « PLENTY OF OIL !

Source : Zerohedge

https://www.crashdebug.fr/international/16534-la-guerre-en-iran-est-elle-imminente-trump-repond-que-les-etats-unis-sont-verrouilles-et-charges-pour-repondre-a-l-attaque-sur-les-installations-saoudiennes-zerohedge

La Bourse de Paris dans le rouge, plombée par les tensions pétrolières

La Bourse de Paris dans le rouge, plombée par les tensions pétrolières

1 min de lecture

La Bourse de Paris perdait 0,72% lundi matin, après que des attaques sur des installations pétrolières en Arabie Saoudite qui ont fait grimper les prix du pétrole.AFP16/09/2019MarchésBourseParis

La Bourse de Paris dans le rouge, plombée par les tensions pétrolières

A 09H32, l’indice CAC 40 refluait de 40,81 points à 5.614,65 points. Vendredi, l’indice avait fini en hausse de 0,22% à 5.655,46 points.

Les marchés actions avaient été portés en fin de semaine dernière par des signes de bonne volonté dans le dossier commercial sino-américain et par la relance des rachats de dette publique et privée de la Banque centrale européenne.

Mais une frappe de drones samedi contre deux importantes installations pétrolières saoudiennes est venue inverser la tendance à l’ouverture des marchés, après avoir fait grimper les cours du pétrole et provoqué un regain de tension entre Washington et Téhéran.

« Si les risques d’approvisionnement son minimes, compte tenu des hauts niveaux de stocks commerciaux mondiaux et des réserves stratégiques, la montée des risques de réplique à l’égard de l’Iran créé un climat d’incertitude à même d’entretenir une extrême volatilité des cours », estime Véronique Riches-Flores, économiste indépendante, présidente du cabinet d’analyse RichesFlores Research.

Par ailleurs « la nervosité sera aussi de mise à deux jours de la réunion de la Fed où Jerome Powell devrait annoncer, à contrecoeur, une nouvelle baisse des taux directeurs américains », estiment les experts de MSG.

Face aux incertitudes commerciales et au ralentissement économique mondial, la Banque centrale américaine (Fed) devrait à nouveau baisser les taux d’intérêt mercredi après que la Banque centrale européenne a annoncé une série de mesures de relance malgré des dissensions au sein des membres de son directoire.

Côté statistiques, la production industrielle chinoise a fortement ralenti en août, son taux de croissance tombant à 4,4% sur un an, soit sa plus faible progression en 17 ans, selon des chiffres officiels publiés lundi.

Le ministère français de l’Economie et des Finances a abaissé vendredi sa prévision de croissance économique à 1,3% en 2020, contre 1,4% initialement prévu, ainsi que ses ambitions de réduction du déficit public et de la dette.

Poids lourd de la cote, Total grimpait de 2,43% à 47,78 euros, TechnipFMC gagnait 4,62% à 23,78 euros, Maurel & Prom progressait de 5,28% à 3,09 euros et CGG de 3,58% à 2,29 euros, dans un marché en recul de 0,73%.

Dans le transport aérien, Air France-KLM perdait 3,97% à 9,10 euros et Airbus 3,30% à 121,36 euros.

Euronext CAC40

https://pro.orange.fr/actualites/la-bourse-de-paris-dans-le-rouge-plombee-par-les-tensions-petrolieres-CNT000001jf8Fp.html

Petites et grandes manoeuvres

Petites et grandes manoeuvres

14 Septembre 2019

Temps incertains et passionnants, faits de continuités et de recompositions, d’alliances inamovibles ou d’étonnants retournements de veste…

Le limogeage de John Bolton continue de faire couler de l’encre. Peut-être trop d’ailleurs car, malgré l’erratisme du Donald, il n’est pas du tout sûr que Washington change de ligne du jour au lendemain. Ces précautions d’usage formulées, le toujours excellent Bhadrakumar s’essaie au petit jeu du qui gagne/qui perd. A première vue, le débarquement du néo-con moustachu est une bonne nouvelle pour l’Iran et pour la Chine, une mauvaise pour Israël. Quant à la Russie, c’est business as usual.

Curieusement, et contrairement à la grande majorité du Deep State US, Bolton n’a en effet jamais présenté Moscou comme l’ennemi absolu à abattre. Ceci ne devrait nous étonner qu’à moitié, tant il est vrai que l’Etat profond, constitué de courants variés, n’est pas un tout homogène. Si sa stratégie fondamentale – diviser l’Eurasie – est forgée dans le bronze, les moyens pour y arriver font l’objet de débats et de divisions parfois importantes.

A ceux (establishment de la CIA, hauts pontes Démocrates) qui considèrent l’ours comme la Némésis suprême s’oppose la branche « kissingérienne », souhaitant au contraire jouer la Russie contre la Chine. Cette ritournelle est dans l’air depuis quelques années, autour de revues influentes (The National Interest), depuis que la folie des grandeurs impériale de la fin des années 90 puis les gaffes bushesques et obamesques ont fortement rapproché Moscou et Pékin.

Cette stratégie consistant à diviser les deux poids lourds continentaux est un grand classique de la thalassocratie anglo-saxonne. En 1900, âge d’or de l’Angleterre victorienne, Joseph Chamberlain (père de Neville, signataire des fameux accords de Munich en 1938), résumait parfaitement l’objectif fondamental de l’empire maritime : « Il est de notre intérêt que l’Allemagne s’oppose aux Russes. Notre principale crainte est de les voir s’allier. Nous devrions faire tout notre possible pour accentuer la cassure entre l’Allemagne et la Russie, ainsi qu’entre la Russie et le Japon« . Londres tentait tour à tour, selon ses gouvernements, de s’allier avec l’Allemagne contre la Russie ou avec la Russie contre l’Allemagne, l’essentiel étant que ces deux-là demeurent dans des camps opposés.

Après la Seconde Guerre Mondiale, les Etats-Unis reprennent le flambeau laissé par un Royaume-Uni déclinant, l’Eurasie remplace l’Europe et le Grand jeu passe à l’échelle-monde. Les fondamentaux, eux, ne changent guère. Dans les années 70, Kissinger (déjà) est l’artisan de la visite de Nixon en Chine populaire pour profiter de la rupture sino-soviétique et soutenir Mao contre l’URSS. Si le vénérable vieillard a aujourd’hui changé son fusil d’épaule et préfère jouer la carte russe, le scénario reste le même : séparer les deux géants eurasiatiques.

Ainsi va la pieuvre à tentacules multiples qu’est le Deep State US, uni par un même but stratégique fondamental mais divisé quant aux moyens pour y parvenir. La situation est encore compliquée par des électrons du type Soros, qui veulent s’attaquer aussi bien à la Russie qu’à la Chine tout en défendant les intérêts de sa caste oligarchique en promouvant l’afflux de réfugiés, point sur lequel Bolton et son Gatestone Institute ont toujours été, par contre, en désaccord total.

En parlant des « élites » financières de la planète, un article détonnant de William Engdahl se pose la question de savoir si elles ne vont pas abandonner le dollar. Certes, ce n’est pas la première fois qu’on le murmure mais les signes commencent à s’accumuler. Voir le gouverneur de la Banque centrale d’Angleterre, la patronne du FMI Christine Lagarde ou le récent président de la New York Federal Reserve Bank évoquer, sous des angles différents, la nécessaire dédollarisation de l’économie mondiale laisse rêveur… et prouve une fois de plus que l’empire américain, dont le pilier est la prééminence du billet vert, ne peut être confondu avec les lobbies dont on parle souvent, qu’il soient pétrolier, pro-israélien ou, en l’occurrence, financier. Ce n’est ni Exxon, ni Nétanyahou, ni Wall Street qui font la politique étrangère américaine, même s’ils peuvent l’influencer ponctuellement…

Sur la Chine, les multinationales sont également vent debout contre les sanctions commerciales voulues par les stratèges de Washington afin de torpiller l’envol du dragon et ses Routes de la Soie. Les petits génies du Potomac continuent d’ailleurs d’appuyer sur le bouton Hong Kong qui, à en croire notre bonne vieille presstituée, serait un merveilleux symbole de « révolution démocratique », rien que ça. La réalité est quelque peu différente, comme nous l’expliquions fin juillet :

Est-ce tout à fait un hasard si Russie et Chine ont récemment vu l’éclosion de manifestations qui fleurent bon la révolution colorée si chère à Soros ? Le « philanthrope », comme l’appellent amoureusement nos petits plumitifs, prévenait d’ailleurs au début de l’année : « La Chine est notre ennemi le plus dangereux ».

Fin mars, des manifestations éclatent à Hong Kong contre un amendement permettant l’extradition vers la Chine. Si le projet de loi est certes maladroit et l’inquiétude bien réelle chez beaucoup de Hongkongais, sourcilleux quant à l’indépendance de leur système judiciaire, il est impossible de ne pas voir que plusieurs meneurs protestataires sont financés par le N.E.D.

Rappelons que le National Endowment for Democracy, fondation bipartisane créée au début des années 80 par le Congrès américain, a repris officiellement à sa charge les coups tordus de la CIA. Comme le disait l’ancien directeur de l’agence, William Colby : « Il n’est plus nécessaire de faire appel à des méthodes clandestines. Nombre des programmes qui étaient menés en sous main, peuvent désormais l’être au grand jour, sans controverse ».

Cette dangereuse proximité des manifestants avec les officines de l’empire et le fait que les protestations continuent et s’amplifient malgré le retrait de l’amendement ne trompent personne, et surtout pas les Chinois. Pour Pékin, c’est clair : tonton Sam est à la manœuvre.

Le but, évident : mettre une épine dans le pied du dragon et le fixer sur un point sensible (Hong Kong est la cinquième bourse mondiale) afin d’entamer son prestige en Asie et entraver sa marche.

Les drapeaux étoilés régulièrement et fièrement brandis par les manifestants ainsi que les appels au « sauveur américain » ne devraient pas nous étonner. Il y a cinq ans, un think tank reconnaissait déjà les énormes sommes déversées chaque année par le N.E.D à Hong Kong. La participation d’un des leaders du mouvement, Joshua Wong, à une petite sauterie récemment organisée en compagnie du dirigeant des Casques blancs et du putschiste ukrainien Klitschko n’est évidemment pas pour nous surprendre…

A plusieurs milliers de kilomètres de là, le Moyen-Orient est en feu, littéralement. Les drones houthis, et peut-être quelques missiles les accompagnant, se sont abattus sur les principales raffineries saoudiennes, obligeant le royaume wahhabite à stopper la moitié de sa production pétrolière, soit 5% de la production mondiale ! Les systèmes de défense anti-aérienne américains, eux, n’ont rien vu passer.

On se rappelle avec délice ce grassouillet prince saoudien, un petit comique celui-là, qui assurait la bouche en cœur il y a quelques jours que son pays pourrait annihiler l’Iran en huit heures. Apparemment, les Houthis en pyjama ne sont pas encore au courant de cette toute-puissance saoudienne et, à Téhéran, on en rit encore…

La seule chose que Riyad semble réaliser à peu près correctement, c’est manigancer contre ses adversaires diplomatiques. Enlisés jusqu’à la moelle au Yémen, incapable de faire quoi que ce soit contre l’Iran sans geindre pour que leurs parrains américains viennent à la rescousse, les Saoudiens ne trouvent rien de mieux à faire que tenter d’isoler… la Turquie à Chypre.

On sait qu’entre le sultan néo-ottoman tendance Frères musulmans et le Seoud wahhabite, ça n’a jamais été le grand amour. Le grand écart a encore été accentué par le fiasco de toute ce joli monde en Syrie, conflit qui pendant un temps a pu les rabibocher. L’alliance turco-qatarie après la rupture de juin 2017 au sein du Conseil de Coopération du Golfe et la bonne entente entre Ankara et Téhéran n’ont évidemment rien fait pour arranger les choses. Qu’il semble loin le temps, pas si lointain en réalité (40 ans), où l’empire américain avait sous sa coupe Saoudiens, Iraniens, Turcs, Qataris et Israéliens.

Tell Aviv justement. En pleine campagne de réelection, Bibi la Terreur a une nouvelle fois pris le chemin de Sochi pour rencontrer Poutine et montrer sa stature internationale à son électorat. Il a dû déchanter… Vladimirovitch l’a fait attendre trois heures et lui aurait opposé un niet abrupt aux futures incursions aériennes israéliennes en Syrie. Le conditionnel reste de mise tant le Moyen-Orient est habitué aux retournements de situation, mais l’info, d’abord donnée par l’édition en arabe de The Independent avant d’être reprise par la presse israélienne puis par Zero Hedge, semble solide.

Les Russes auraient d’ailleurs, à trois reprises, empêché des frappes israéliennes sur des cibles chiites/iraniennes. Cela fait d’ailleurs écho à ce qu’a rapporté un site russe d’aviation il y a quelques jours : des Sukhois-35 déployés dans la province de Deraa pour empêcher un bombardement israélien.

Toujours est-il que Poutine aurait remis (conditionnel toujours de mise) les pendules à l’heure en traçant une ligne rouge devant Nétanyahou : désormais, tout avion bombardant la Syrie sera abattu par les chasseurs russes ou les S-400. Apparemment, le maître du Kremlin est même allé, fait nouveau, jusqu’à condamner « l’agression israélienne au Liban » (l’incident du drone la semaine dernière, ndlr) et a prévenu son interlocuteur de se garder de renouveler la chose.

Israël qui pleure, Iran qui rit ? Oui et non. Si l’un et l’autre peuvent se lamenter/se réjouir de la disgrâce de Bolton et de la nouvelle intransigeance russe (si elle est confirmée), les choses ne sont pas si simples. Malgré le départ du moustachu fou, le Donald ne va pas lâcher Israël et envisage même de discuter un possible traité de défense mutuelle. Proposition sérieuse ou simple manière de faire passer la pilule du renvoi de son conseiller très pro-israélien ainsi que ses légères ouvertures à l’Iran ? Impossible de le dire à ce stade…

Du côté de Téhéran, les sanctions continuent leur travail de sape et ont réussi à éloigner l’Inde, qui a pourtant des relations traditionnellement excellentes avec son presque voisin. L’ambassadeur iranien à New Delhi a exprimé sa frustration devant ce lâchage : « Il est maintenant acté que l’Inde a arrêté ses importations de pétrole iranien à cause de ce qu’elle appelle ses intérêts nationaux. C’est son droit, mais d’autres ont agi différemment [Chine, Russie, Turquie]. L’Inde a lutté difficilement pour son indépendance et ne devrait pas se plier devant les décisions unilatérales des Etats-Unis« .

Le plus étrange est que le gouvernement Modi renâcle même à développer Chabahar, pourtant exempt du régime de sanctions américaines. Pour mémoire, ce port est le pendant de ce que fait la Chine à Gwadar et que le fidèle lecteur connaît par cœur. Le projet irano-indien de Chabahar était, pour New Delhi, une manière de prendre l’axe sino-pakistanais de revers.

Dans la grande Eurasie qui se met en place sous l’égide de l’OCS, marquée par le spectaculaire réchauffement des relations entre Pékin et New Delhi, ces deux projets devenaient moins concurrents que complémentaires. Si rien n’est encore perdu, encore faut-il que l’Inde se réveille et décide à quel camp elle appartient… sous peine de voir Chabahar lui filer sous le nez et terminer dans l’escarcelle chinoise.

Cette affaire, notamment les propos de l’ambassadeur, permettent en tout cas de confirmer en creux la véracité du plan gargantuesque d’investissements chinois dans le secteur énergétique iranien à hauteur de 280 milliards d’équivalent-dollars, pour le plus grand malheur des stratèges US qui ont d’ailleurs bien d’autres raisons de s’arracher les cheveux.

Sueurs froides américaines riment souvent avec énergie russe et les derniers développements ne démentent pas cet axiome. Après tant d’autres, les Serbes de Bosnie veulent également une branche du Turk Stream qui passera par la Serbie voisine et irriguera les Balkans. Belgrade devrait d’ailleurs se méfier. Premier pays à avoir connu une « révolution de couleur » made in Soros en 2000, la Serbie pourrait bien renouveler ce type de mésaventure. L’achat de drones militaires chinois (une première en Europe), les exercices militaires anti-aériens communs avec la Russie (une autre première) et surtout la volonté de rejoindre l’Union Economique Eurasienne malgré les « avertissements » de l’Union Européenne pourraient donner quelques idées aux excités de Washington et Bruxelles. Tout ressemblance avec des faits, l’Ukraine par exemple, etc. etc.

En parlant de l’UEE, le prochain pays à signer un accord de libre-échange avec le bloc eurasiatique sera Singapour, le1er octobre. Un succès supplémentaire pour cette organisation si décriée par nos experts journalistiques, quand elle n’est pas tout simplement passée sous silence. Il est vrai que nos plumitifs n’en ont que pour leur sacro-sainte UE, bien bancale quant à elle malgré les communiqués officiels. Si l’establishment en place, y compris ce faux rebelle de Jeremy Corbyn, tente par tous les moyens de torpiller le Brexit, le public de Sa Gracieuse Majesté n’est pas dupe. Une majorité de Britanniques veut voir respecté le résultat du référendum.

Le résultat est sans appel et, surprise, un tiers des votants qui ont choisi le Bremain veulent quand même que la décision souveraine du peuple soit mise en oeuvre. Mauvaise nouvelle pour le système impérial, qui n’est décidément pas gâté par les sondages. Une copieuse enquête du Conseil européen des relations internationales apporte d’intéressantes conclusions. La confiance envers tonton Sam s’étiole profondément et une question doit particulièrement faire se retourner dans sa tombe Dr Zbig :

Malgré une désinformation russophobe forcenée, malgré la lobotomisation des cerveaux par Hollywood, malgré une intox médiatique de tous les instants, aucun pays européen, pas même la Pologne, ne soutiendrait majoritairement les Etats-Unis dans une guerre contre la Russie. Les résultats de l’Autriche (!) et même de l’Allemagne (12%-7%) doivent être particulièrement durs à avaler du côté de DC la Folle.

On imagine les éclats de rire dans les couloirs du Kremlin, où l’on sait bien que le principe de réalité finit toujours par rattraper les belles envolées propagando-lyriques de l’empire, comme le montre ce dernier épisode en forme de clin d’œil. La Lituanie, pays bien comme il faut aux yeux de Washington (otanien, anti-russe), avait construit il y a cinq ans un terminal GNL pour échapper au gaz du méchant Poutine et se tourner vers le Freedom gas américain, quitte à le payer beaucoup plus cher. La « liberté » n’a pas de prix, n’est-ce pas. Ce lundi 16 septembre, un méthanier transportant du gaz russe en provenance du Yamal est attendu sur les quais…Tag(s) : #Etats-Unis#Histoire#Russie#Chine#Economie#Moyen-Orient#Pétrole#Sous-continent indien#Gaz#Europe

Partager cet article

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/09/petites-et-grandes-manoeuvres.html

Guerre du Yémen : états des lieux

Guerre du Yémen : états des lieu

Partager sur

04 septembre, 2019
NotePatricia Lalonde

Comment la coalition saoudo-émiratie, en se lézardant, a renforcé la position iranienne au Yémen ?

Après une première phase qui aura duré plus de quatre années et fait des milliers de morts, une guerre dans la guerre, où la coalition saoudo-émiratie aux manettes joue un jeu pervers et se fissure, se dessine. En effet, les Emirats Arabes Unis ont décidé de jouer leur propre partition en mettant en œuvre le plan qui était en réalité le leur depuis le début de cette guerre : appuyer les groupes séparatistes du Conseil de Transition du Sud (STC), pour prendre Aden puis Abyane, appeler à l’indépendance du Sud et ramener ainsi le Yémen à la situation des années qui précèdent 1990.


Mohammed Ben Zayed et Mohammed Ben Salmane

Il est vrai que, constatant la tournure catastrophique de cette guerre, ils ont amorcé un retrait de leurs troupes et entamé un rapprochement tactique avec l’Iran afin de préserver la sécurité des Emirats et de la région. Les nombreux succès militaires d’Ansarullah contre les mercenaires saoudiens et récemment contre le champ pétrolier d’Al Chiba, jusqu’à la destruction d’un drone américain, ont fait prendre conscience aux Emirats de l’absurdité de cette guerre et de l’impasse dans laquelle les Saoudiens les avaient emmenés. Tout ceci sous le regard stupéfait du gouvernement légal d’Abdrabbo Mansour Hadi, réfugié à Ryad, qui accuse maintenant les Emirats de trahison. Plus humiliant encore pour lui, les Saoudiens, pris de court, invitent le Conseil de Transition du Sud à une réunion de négociation à Djeddah. Bref, le gouvernement d’Abdrabbo Mansour Hadi, après avoir soutenu cette guerre totalement impopulaire, se retrouve floué et marginalisé.

Mais c’est sans compter sur la résistance des Houthis qui, même s’ils ont conforté leur pouvoir dans le Nord, cherchent à préserver l’unité du pays comme c’était le cas avant le Printemps Arabe pendant les nombreuses années de gouvernance de feu le président Ali Abdallah Saleh.

Lui-même avait repris la guerre contre le gouvernement de Mansour Hadi en 2015 en s’appuyant sur les Houthis pour se ranger in fine du côté de la coalition saoudo-émiratie, ce qui lui coûtera la vie. 

Il est donc fort probable que les Houthis cherchent à apporter leur aide aux tribus du Sud qui ne désirent pas l’indépendance, ajoutant ainsi une guerre à la guerre… et une probable guerre civile dévastatrice. Mohamed Abdelsalam, le négociateur de Stockholm, a fait le déplacement à Téhéran récemment pour rencontrer Mohamad Javad Zarif, le ministre des Affaires étrangères iranien. Il a été reçu par l’Ayatollah Khamenei et a ainsi sollicité officiellement l’aide iranienne dans cette troisième phase de la guerre.

Cette guerre au Yémen qui devait contrecarrer l’influence iranienne en venant à bout des Houthis, n’a finalement fait que renforcer le rôle de l’Iran dans la région et rebattre les cartes. L’Iran sera donc, directement ou indirectement, partie prenante d’une solution politique au Yémen qui permettra d’assurer la sécurité dans le détroit d’Ormuz, menacée depuis l’arraisonnement de plusieurs pétroliers. Martin Griffith, l’envoyé spécial des Nations Unies qui n’a pas ménagé ses efforts, a refait le voyage à Sanaa pour rencontrer le président des Houthis, Abdel Malek al Houthi, et essayé d’empêcher une guerre civile dans le Sud qui ne ferait finalement que le jeu des groupes armés liés à Daesh ou à Al Qaïda, encore très présents. 

C’est dans ce contexte que les forces du Congrès Général Populaire (GPC), le parti de l’ancien président Ali Abdallah Saleh, pourraient intervenir pour remettre tous les acteurs autour de la table de négociation au nom de  l’unité du Yémen… 

Il semblerait que les proches de l’ancien président assassiné, dont son propre fils, Ali Ahmed, retenu actuellement en résidence surveillée aux Emirats, soient prêts à pardonner aux Houthis et cherchent à entamer des négociations avec le gouvernement légal du Président Abdrabbo Mansour Hadi et de son vice-président, Ali Moshen Ahmar, cousin éloigné de l’ancien président.

Le peuple yéménite aura été la victime d’une guerre pour rien, qui aura permis aux vendeurs d’armes de s’enrichir.

Un échec moral, militaire et politique.

Patricia Lalonde, vice-présidente de Geopragma et chercheur à l’IPSE

Cet article a été initialement publié sur le site de Geopragma : 
http://geopragma.fr/index.php/2019/08/27/p-lalonde-guerre-du-yemen-etat-des-lieux/
Tags:
yemen;arabie saouditeemirats arabes unis

https://www.iveris.eu/list/notes/441-guerre_du_yemen__etats_des_lieux