Archives pour la catégorie Arabie Saoudite

Khashoggi: colère de la Turquie accusée de « jeu politique » par la France

Khashoggi: colère de la Turquie accusée de « jeu politique » par la France

Un homme passe devant un écran projetant le portrait de Jamal Khashoggi lors d’un rassemblement en mémoire du journaliste saoudien assassiné, le 11 novembre 2018 à Istanbul / © AFP / OZAN KOSE

La Turquie a laissé éclater sa colère lundi après que la France eut évoqué un « jeu politique » du président Recep Tayyip Erdogan à propos du meurtre de Jamal Khashoggi et démenti avoir reçu des informations de la part d’Ankara.

Dans une interview à la chaîne de télévision France 2, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a dit ne « pas avoir connaissance » d’un partage d’informations turques, contredisant des déclarations de M. Erdogan.

Interrogé sur l’éventualité d’un mensonge du président turc sur ce point, le ministre français a observé que ce dernier avait « un jeu politique particulier dans cette circonstance ».

Cette accusation est « inacceptable », a vivement réagi auprès de l’AFP le directeur de la communication de la présidence turque Fahrettin Altun, ajoutant qu’un responsable français avait notamment eut accès à un « enregistrement audio » portant sur le meurtre de Khashoggi.

Le président Erdogan a pour la première fois confirmé officiellement samedi l’existence d' »enregistrements » portant sur le meurtre de Khashoggi, ajoutant qu’Ankara avait partagé ces documents avec plusieurs alliés, dont Washington, Berlin, Paris et Londres.

Si Paris a démenti, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a pour sa part confirmé lundi que les services canadiens avaient écouté les enregistrements en question et avaient été « pleinement informées de ce que la Turquie avait à partager ».

Le ministre des Affaires Etrangères français Jean-Yves Le Drian à Charleville-Mézières, le 7 novembre 2018 / © AFP/Archives / Ludovic MARIN

L’Allemagne a de son côté évoqué un « échange entre services secrets » allemand et turc, se refusant toutefois à fournir davantage de précisions.

Si M. Erdogan n’a pas donné de détails sur le contenu des enregistrements samedi, la presse proche du pouvoir à Ankara évoque depuis plusieurs semaines un enregistrement audio du meurtre de Khashoggi.

Cette affaire a provoqué un tollé dans le monde entier et terni l’image de l’Arabie saoudite, en particulier du prince héritier Mohammed ben Salmane, dit « MBS ».

– « Renseignement français » informé –

Jamal Khashoggi, un éditorialiste saoudien critique du pouvoir à Ryad, en particulier de « MBS », a été tué le 2 octobre au consulat de son pays à Istanbul où il s’était rendu pour effectuer des démarches administratives.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit « MBS », lors d’une conférence économique à Ryad, le 23 octobre 2018 / © AFP/Archives / FAYEZ NURELDINE

Plus d’un mois après la mort du journaliste à l’âge de 59 ans, son corps n’a toujours pas été retrouvés. Selon la presse turque, les enquêteurs estiment que les meurtriers ont démembré puis dissous son corps à l’acide.

Depuis le début de l’affaire, le pouvoir turc, qui décrit un « meurtre prémédité » commis par une équipe de 15 agents saoudiens, s’est efforcé de maintenir la pression sur Ryad grâce à des « fuites » dans la presse locale largement reprises par les médias internationaux.

Après avoir d’abord fermement nié son meurtre, les autorités saoudiennes ont fini par affirmer que le journaliste avait été tué au cours d’une opération « non autorisée » par Ryad.

« N’oublions pas que cette affaire aurait été totalement étouffée sans les efforts de la Turquie », a déclaré lundi M. Altun.

M. Altun a affimé que « des preuves » avaient été « partagées avec les institutions concernées du gouvernement français », ajoutant que « le 24 octobre, un représentant des services de renseignement français a écouté l’enregistrement audio ».

Le ministre britannique des Affaires étrangères a rencontré le roi Salmane d’Arabie saoudite, le 12 novembre 2018 à Ryad. Photo de l’Agence saoudienne de presse (SPA). AFP PHOTO / HO / SPA / © SPA/AFP / STRINGER

« S’il y a un problème de communication entre les différentes institutions au sein du gouvernement français, il appartient aux autorités françaises et non à la Turquie de régler ce problème », a-t-il lâché.

L’onde de choc provoquée par le meurtre de Khashoggi a par ailleurs braqué les projecteurs sur la guerre que livre une coalition emmenée par l’Arabie saoudite au Yémen, au prix d’une catastrophe humanitaire majeure.

Le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt a rencontré lundi le roi Salmane à Ryad lundi lors d’un déplacement visant à accentuer la pression internationale sur la monarchie pétrolière.

La veille, le ministre américain Mike Pompeo avait appelé à la « fin des hostilités » au Yémen lors d’un entretien téléphonique avec « MBS ».

Selon la porte-parole du département d’Etat Heather Nauert, M. Pompeo a également indiqué que son pays allait « demander des comptes à toutes les personnes impliquées dans le meurtre de Jamal Khashoggi », estimant « que l’Arabie saoudite (devait) faire de même ».

(©AFP / (12 novembre 2018 15h38)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Khashoggi-col-re-de-la-Turquie-accus-e-de-jeu-politique-par-la-France/970689.rom

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Yémen: combats meurtriers à Hodeida, Washington et Londres haussent le ton

Yémen: combats meurtriers à Hodeida, Washington et Londres haussent le ton

Des forces progouvernementales yéménites circulant le 10 novembre 2018 à la lisière Est de la ville de Hodeida dans le cadre d’une offensive qui s’intensifie pour reprendre cette ville portuaire aux rebelles Houthis / © AFP / STRINGER

Des combats particulièrement meurtriers font rage lundi dans la ville portuaire de Hodeida, dans l’ouest du Yémen, au moment où Washington, Londres et l’ONU font pression sur l’Arabie saoudite pour que la coalition qu’elle commande dans ce pays cesse les hostilités.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a, lui, mis en garde contre les conséquences « catastrophiques » d’une éventuelle destruction du port de Hodeida, point d’entrée de plus des trois-quarts des importations et de l’aide humanitaire internationale dans le pays en guerre.

Au moins 111 rebelles, 32 loyalistes et sept civils ont été tués au cours des dernières 24 heures dans ces affrontements dans la région, dont certains se déroulent dans des quartiers résidentiels de Hodeida, ont indiqué lundi à l’AFP des sources militaires et hospitalières.

Ce bilan a été donné alors que les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, opposent une farouche résistance à la progression des forces progouvernementales appuyées par l’Arabie saoudite et réussissent à la ralentir, a admis une source militaire loyaliste.

Le chiffre de 32 combattants loyalistes tués en moins de 24 heures est le plus élevé depuis le début de cette phase de l’offensive sur Hodeida, il y a 12 jours.

Une source de la coalition antirebelles a indiqué que les Houthis avaient repoussé une tentative majeure d’avancée loyaliste en direction du port.

La coalition a de son côté visé les rebelles avec de multiples frappes aériennes, selon des sources militaires loyalistes.

Dans la nuit, des corps carbonisés ont été amenés à l’hôpital militaire Al-Alfi, contrôlé par les rebelles depuis 2014, ont indiqué des sources de cet établissement.

Au pouvoir à Hodeida, grande ville stratégique sur la mer Rouge, les Houthis ont commencé à évacuer leurs blessés vers la capitale Sanaa dont ils sont maîtres également depuis quatre ans.

« Si à Hodeida, il y a une destruction du port, ça peut engendrer une situation absolument catastrophique », a mis en garde M. Guterres, rappelant que le Yémen se trouve déjà dans une situation humanitaire « désastreuse ». Il a réitéré un appel pressant à « l’arrêt des combats ».

– Pompeo et Hunt montent au créneau –

L’offensive des forces progouvernementales sur Hodeida avait été lancée en juin, mais elle s’est nettement intensifiée depuis le 1er novembre avec un bilan d’au moins 593 morts jusqu’ici dans la région (461 rebelles, 125 loyalistes et 7 civils), selon des sources militaires et hospitalières.

L’Arabie saoudite a été considérablement affaiblie par l’affaire Jamal Khashoggi, du nom de ce journaliste tué le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul. Elle était déjà vivement critiquée pour des « bavures » à répétition ayant fait des centaines de victimes civiles lors de frappes aériennes depuis 2015 au Yémen.

Tour à tour, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo et son homologue britannique Jeremy Hunt ont estimé que le temps de la négociation était venu pour le Yémen.

Combats à Hodeida / © AFP / Laurence SAUBADU

Lors d’un entretien dimanche avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, également ministre de la Défense, M. Pompeo a explicitement appelé à « la fin des hostilités » au Yémen, demandant que « toutes les parties viennent à la table pour négocier une solution pacifique au conflit ».

L’administration américaine de Donald Trump, visiblement sous la pression du Congrès, a confirmé l’annonce samedi par Ryad que la coalition sous commandement saoudien au Yémen allait désormais effectuer elle-même le ravitaillement en vol de ses avions, assuré jusqu’ici par les Etats-Unis.

De son côté, M. Hunt a évoqué le coût humain « incalculable » du conflit yéménite, estimant que sa résolution passe par une solution « politique ».

Le ministre britannique, qui doit être reçu au plus haut niveau lundi en Arabie saoudite, est favorable à une « nouvelle action » au Conseil de sécurité pour soutenir les efforts du médiateur de l’ONU au Yémen Martin Griffiths qui cherche à organiser un nouveau round de négociations « d’ici la fin de l’année ».

– Inquiétudes pour les civils –

Dimanche, des premiers combats de rue ont éclaté dans un quartier résidentiel de l’est de Hodeida. Un responsable militaire progouvernemental a affirmé que l’objectif était de « purger » ces rues de toute présence rebelle.

Les Houthis ont positionné des snipers sur les toits des bâtiments et ont posé de nombreuses mines pour freiner l’avancée de leurs adversaires, tandis que des avions de combat et des hélicoptères d’attaque de la coalition sous commandement saoudien pilonnent régulièrement les positions rebelles.

Paradoxe de la situation, le port de Hodeida, situé dans le nord de la ville, est « jusqu’à présent ouvert » et opère « normalement », selon son directeur adjoint Yahya Sharafeddine.

De son côté, Hervé Verhoosel, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM), a indiqué que les combats n’avaient pas affecté jusqu’ici ses opérations.

Le Yémen est le théâtre de la pire crise humanitaire au monde, rappelle régulièrement l’ONU, qui précise que 14 millions de civils sont en situation de pré-famine.

« La situation est vraiment mauvaise », a déclaré à l’AFP Mariam Aldogani, coordinatrice des opérations de terrain de l’organisation humanitaire Save the Children à Hodeida.

Selon elle, « il y a beaucoup de peur parmi les habitants » et les installations médicales « reçoivent un nombre croissant de civils blessés ».

(©AFP / (12 novembre 2018 11h34)

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Pétrole: l’Arabie réduira ses exportations de 500.000 barils/jour en décembre

Pétrole: l’Arabie réduira ses exportations de 500.000 barils/jour en décembre

(actualisé)

Abou Dhabi (awp/afp) – Le ministre saoudien de l’Energie Khaled al-Faleh a annoncé dimanche que son pays allait réduire sa production de pétrole, au moment où la dégringolade des prix de l’or noir fait craindre un effondrement des cours comme en 2014.

« Les exportations de brut du royaume (saoudien) pour décembre seront de 500.000 barils par jour moins élevées qu’en novembre », a indiqué à la presse M. Faleh, s’exprimant lors d’une réunion à Abou Dhabi de pays membres de l’Opep et non membres du cartel.

Il a en revanche précisé qu’il n’y avait « pas encore de consensus » entre grands pays producteurs de pétrole pour réduire la production de brut d’un commun accord.

Aucune décision commune ne devrait être prise à Abou Dhabi, ont affirmé plusieurs ministres, selon qui des recommandations devraient être émises avant une réunion plénière de l’Opep prévue en décembre à Vienne.

« Il est prématuré de parler d’action spécifique », a lui-même dit Khaled al-Faleh, en réponse à une question sur la possibilité d’une réduction de la production pour enrayer la baisse des prix. « Nous devons étudier tous les facteurs. »

De son côté, son homologue russe Alexandre Novak, cité par des agences de presse russes, a dit qu’il fallait « désormais analyser la situation sur le marché en profondeur, analyser la mise en oeuvre de l’accord (en vigueur). Il a exhorté à la prudence avant de « décider ce qu’il faudra faire ensuite afin de poursuivre la coopération en faveur de la stabilisation du marché ».

Pris en étau entre un bond de la production chez quelques grands pays producteurs et la crainte d’une baisse de la demande, les cours du pétrole ont chuté de près de 20% en un mois, après avoir pourtant culminé début octobre à leur plus haut niveau depuis quatre ans.

Le prix du baril de Brent est passé vendredi sous la barre des 70 dollars pour la première fois depuis avril, et celui du baril new-yorkais WTI sous les 60 dollars, en baisse pour le neuvième mois consécutif.

Malgré des signes de ralentissement de la demande, l’Arabie saoudite, la Russie, le Koweït et l’Irak ont récemment augmenté leur production de brut, et les Etats-Unis celle de pétrole de schiste.

La récente diminution des prix de pétrole est notamment le résultat d’une demande en baisse de la Chine, le plus grand importateur, qui connaît un ralentissement de sa croissance, souligne Cailin Birch, analyste à l’Economist Intelligence Unit.

D’autre part, les sanctions américaines contre l’Iran, qui menaçaient de faire baisser l’offre mondiale et de faire grimper les prix, se sont avérées moins sévères que prévu.

« Respect de l’accord à 100% »

Dans la perspective des sanctions américaines, Moscou et Ryad, deux des trois plus grands producteurs mondiaux, avaient amendé en juin leur accord de limitation de la production afin de pouvoir extraire plus de brut et compenser une baisse des exportations iraniennes.

Depuis décembre 2016, les pays de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole), menés par l’Arabie saoudite, et d’autres producteurs non membres du cartel, dont la Russie, appliquaient un accord de réduction de la production d’or noir.

Lors de la réunion dimanche du Comité ministériel conjoint de suivi de l’accord, ils comptent aborder la baisse éventuelle de leur production à des niveaux agréés en commun.

Ryad avait augmenté sa production, passant de 9,9 millions de barils par jour en mai à 10,7 millions bpj en octobre, d’après le ministre saoudien de l’Energie.

Selon Fawad Razaqzada, analyste pour Forex.com, les responsables doivent discuter probablement « de la nécessité d’un retour à un respect de l’accord à 100% », après la décision de Washington d’accorder des exemptions à huit importateurs de pétrole iranien.

« Les prix sont en baisse alors que la production des grands producteurs, comme l’Arabie saoudite, la Russie et les Etats-Unis continue d’augmenter, dépassant les quantités de barils iraniens perdus », explique-t-il.

Si les producteurs « échouent à montrer leur intention d’inverser la dernière hausse de la production, les prix du pétrole risquent de plonger davantage », ont prévenu vendredi des analystes de Commerzbank.

afp/rp

(AWP / 11.11.2018 17h06)

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Yémen: la coalition demande la fin des ravitaillements en vol américains

Yémen: la coalition demande la fin des ravitaillements en vol américains

Un Boeing KC-135 ravitailleur durant des manoeuvres de l’Otan à la base de Starokostyantyniv, Ukraine, le 12 octobre 2018nThe large-scale air force exercises with the United States and other NATO countries « Clear Sky 2018 », which will run until October 19, are being held in western Ukraine. Some 700 troops are taking part, half of them from NATO member countries including the United States, Britain, the Netherlands, Poland and Romania. US aircraft including F-15C Eagle fighter planes, Boeing KC-135 air refueling tanker, C-130J Super Hercules military transport planes and drones will train with about 30 Ukrainian aircraft. / © AFP/Archives / Genya SAVILOV

La coalition sous direction saoudienne qui combat les rebelles Houthis au Yémen a annoncé samedi qu’elle avait demandé aux Etats-Unis de cesser leurs opérations de ravitaillement en vol de ses avions et qu’elle était désormais en mesure d’assurer elle-même ce ravitaillement.

Le Pentagone a aussitôt approuvé cette annonce, qui intervient alors que des parlementaires américains, aussi bien républicains que démocrates, réclamaient avec insistance que les Etats-Unis mettent immédiatement fin à leurs opérations de ravitaillement des avions de la coalition saoudienne opérant au Yémen.

C’est l’agence de presse officielle saoudienne SPA qui a annoncé ce développement. « Récemment, le Royaume et la Coalition ont accru leur capacité de mener indépendamment le ravitaillement en vol au Yémen », a indiqué SPA.

« En conséquence, en consultation avec les Etats-Unis, la Coalition a demandé la cessation du soutien au ravitaillement en vol pour ses opérations au Yémen », a annoncé l’agence.

L’Arabie saoudite et l’ensemble de la coalition qui soutient les forces loyales au président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi « cherchent continuellement à améliorer leur professionnalisme militaire et leur autosuffisance », a expliqué SPA.

Les Etats-Unis ont rapidement réagi.

« Nous soutenons la décision du Royaume d’Arabie saoudite, après des consultations avec le gouvernement américain, d’utiliser les capacités militaires propres de la Coalition pour effectuer les ravitaillements en vol en soutien de ses opérations au Yémen », a déclaré dans un communiqué le secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis.

Le Washington Post, citant des sources proches du dossier, avait affirmé quelques heures plus tôt que la décision de cesser les ravitaillements en vol américains de la coalition avait d’ores et déjà été prise par les Etats-Unis, qui mettaient ainsi fin à leur soutien le plus concret à la coalition saoudienne en trois ans de conflit

– Une aide controversée –

Cette aide, déjà critiquée à Washington, était devenue encore plus controversée depuis le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, imputé à de hauts responsables du royaume et qui a terni l’image de Ryad.

Des parlementaires américains, démocrates comme républicains, ont exigé que Washington prenne des mesures « immédiates », « y compris en mettant fin au ravitaillement des avions de la coalition saoudienne », faute de quoi ils menaçaient de faire adopter des mesures au Sénat.

Les sénateurs Jeanne Shaheen et Todd Young avaient publié un communiqué en ce sens vendredi peu avant la parution de l’article du Washington Post. « Nous attendons que Ryad s’engage de bonne foi et avec urgence dans des négociations pour mettre fin à la guerre civile », écrivaient ces élus des deux bords politiques.

Le Pentagone et la coalition se sont exprimés sur la perspective de négociations en vue d’un règlement du conflit.

« Le commandement de la Coalition exprime l’espoir que les prochaines négociations sous l’égide de l’ONU dans un pays tiers conduiront à un règlement négocié », a indiqué SPA.

– Pourparlers éventuels –

Après l’échec en septembre d’une médiation de l’ONU, la coalition a annoncé la reprise de l’assaut sur le port stratégique de Hodeida, dans l’ouest du Yémen, qui s’est intensifié à partir du 1er novembre.

La bataille pour reprendre Hodeida aux rebelles qui contrôlent la ville menace les efforts de paix des Etats-Unis et de l’ONU qui espère pouvoir convoquer des pourparlers d’ici la fin de l’année.

La coalition, indique l’agence SPA, « espère voir la fin de l’agression des milices Houthis soutenues par l’Iran contre le peuple yéménite et contre des pays de la région, notamment la menace des missiles balistiques et des drones ».

Le Pentagone a lui aussi évoqué de prochaines négociations. « Nous sommes tous concentrés sur le soutien à une résolution du conflit, menée par l’envoyé spécial de l’ONU Martin Griffith », a déclaré Jim Mattis dans son communiqué.

« Les Etats-Unis et la coalition prévoient de collaborer au renforcement des forces yéménites légitimes pour défendre le peuple yéménites, sécuriser les frontières de leur pays, et contribuer à contrer les efforts d’Al-Qaïda et de l’ISIS au Yémen et dans la région », a ajouté le secrétaire américain à la Défense, utilisant l’acronyme anglais pour l’organisation jihadiste Etat islamique (EI).

Les combats pour le contrôle de Hodeida ont été particulièrement meurtriers vendredi, avec une forte résistance des rebelles Houthis qui tentent par tous les moyens de ralentir la progression des forces progouvernementales soutenues par la coalition.

(©AFP / (10 novembre 2018 06h33)

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Washington veut mettre fin à la guerre au Yémen

Washington veut mettre fin à la guerre au Yémen

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Intervenant le 30 octobre 2018 devant l’US Institute of Peace, le général James Mattis, secrétaire à la Défense, a annoncé son intention de mettre fin à la guerre au Yémen sous 30 jours.

Washington entend s’appuyer sur le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu, Martin Griffiths (Royaume-Uni), qui fut le directeur de l’European Institute of Peace. Cette institution, d’abord présidée par Steffan de Mistura (avant qu’il ne devienne le représentant spécial pour la Syrie), est l’organisation sœur de son homonyme US. L’Institut états-unien a été créé par Ronald Reagan en même temps que la NED pour être son équivalent auprès du Pentagone.

Martin Griffiths a été reçu la semaine dernière à Washington. Il y a donné une longue interview à la télévision saoudienne Al-Arabiya (photo). Il semble que sa mission soit d’aider l’Arabie saoudite à se sortir du guêpier où elle s’est fourrée. Le Yémen, comme l’Afghanistan, a toujours résisté aux envahisseurs et n’a jamais pu être occupé.

Les propos de Jim Mattis ont immédiatement été repris par Mike Pompeo, le secrétaire d’État.

Cette guerre est une initiative du prince héritier et ministre de la Défense saoudien, Mohamed Ben Salmane, visant à contrôler le gouvernement yéménite afin d’exploiter les réserves pétrolières du « Quart vide », cette région à cheval sur les deux pays. Elle a été entreprise avec l’aide d’Israël, qui dispose d’un état-major joint avec les Saoudiens au Somaliland. Elle semblait jusqu’ici s’intégrer à la stratégie générale du Pentagone de destruction des structures étatiques du Moyen-Orient élargi (doctrine Cebrowski).

Réseau Voltaire

Voltaire, édition internationale

Assassinat de Khashoggi : le pire est à venir

Assassinat de Khashoggi : le pire est à venir


Par George Galloway – Le 24 octobre 2018 – Source RT

La nouvelle 1 que des « parties défigurées du visage et du corps » de Khashoggi auraient été retrouvées dans le jardin du consulat saoudien à Istanbul, sonne la fin de la récréation pour les collaborateurs occidentaux de la dictature tyrannique arabe.

Après Khashoggi lui-même, le principal perdant du meurtre le plus répugnant d’Istanbul est le président américain Donald Trump – comme je l’avais prédit ici il y a des semaines. Sa déclaration selon laquelle la couverture saoudienne était « crédible » a suscité les moqueries du reste du monde par son côté « Lady MacBeth », et l’a ridiculisé. Le comportement de son propre « prince héritier » – son gendre Jared Kushner – a été plus vénal que digne d’un opéra-comique.

Comme je l’avais prédit, bien que la famille Clinton ait largement profité des largesses saoudiennes, les démocrates et leurs vastes soutiens médiatiques ont fait de l’assassinat de Khashoggi leur nouveau casus belli, en lieu et place du « Russiagate » en perte de vitesse (en fait les mêmes personnes qui, ces deux dernières années, ont inondé les ondes américaines de haine russophobe ont levé les mains au ciel, horrifiées, quand Trump – le pantin de Poutine, rappelez-vous – a annoncé une course aux armes nucléaires contre la Russie).

D’Uber à Facebook, de JP Morgan à Virgin, des dizaines de sociétés et personnalités ont renoncé à aller au « Davos du désert » et le royaume « est en crise » comme vient de le reconnaître publiquement le ministre saoudien de l’Énergie.

Tout cela va de soi et on peut facilement prédire la fin du règne aussi court que brutal et meurtrier du Caligula saoudien qui a tué des milliers de personnes au Yémen, en Syrie, et même en Arabie saoudite.

En Occident, c’est comme si on allumait tout à coup la lumière et qu’on voyait les cafards s’enfuir à toute vitesse. Nulle part ce spectacle n’est aussi abject qu’au Royaume-Uni.

Dans les années 1980, j’ai été envoyé en mission parlementaire en Arabie saoudite, sous la direction de Sir Francis Pym, qui a ensuite reçu le titre de Lord, un grand Tory qui fut ministre des Affaires étrangères de Grande-Bretagne, avant que cette fonction ne se dégrade du fait de la médiocrité et du manque évident de classe de ses occupants. Il y avait des tensions entre les Britanniques et les Saoudiens qui menaçaient de perturber le contrat d’armement extrêmement lucratif et très crapuleux d’Al Yamamamah.

« De la pommade, mon cher, de la pommade », voilà notre mission, m’a dit Sir Francis. Nous devons les couvrir de pommade. « Il n’est pas question de s’excuser…  je ne m’excuserai pas », a-t-il ajouté (je le répète, à l’époque, c’était la grande classe), les enduire d’une bonne couche de pommade, voilà notre feuille de route.

Nous avons rencontré le roi saoudien de l’époque et la plupart des princes importants ; Sir Francis était un maître dans sa partie. Il ne s’est jamais excusé, mais il leur a mis beaucoup, beaucoup de pommade. Cela a marché, et le sale business de traire les vieux idiots au pouvoir à Riyad a repris.

Bien sûr, les profits britanniques n’avaient rien de comparables avec le butin des États-Unis, et la différence entre les deux n’a fait que croître pendant les trente années suivantes. L’autre différence est que, maintenant, ce ne sont plus seulement les fusils, mais le beurre, la technologie, les médias, les films, les loisirs (qui savait que Disneyland était un parc de loisir saoudien ?) et le tourisme.

En réalité, des milliers de médias occidentaux et leurs petites mains ont été corrompus par l’or saoudien. Toutes sortes de think tanks, d’« instituts », et même le Musée d’histoire naturelle de Grande-Bretagne, recevaient de l’argent de la Maison des Saoud. La malchance a voulu que, la nuit même où la musique s’est arrêtée avec le meurtre d’un chroniqueur du Washington Post et le démembrement de son corps, l’ambassade saoudienne organisait une soirée dans l’une des augustes salles de ce Musée.

L’ironie du fait que le Royaume créationniste 2 choisisse de siroter des cocktails sans alcool dans la maison que Charles Darwin a construite, n’a pas échappé à grand monde. Les journaux et les magazines qui s’étaient engraissés ouvertement et secrètement grâce au sponsoring saoudien, à coup de revenus publicitaires et autres arrangements entre amis sont maintenant choqués ! Choqués ! Comme le chef de la police de Vichy corrompu qui « découvre » qu’il y a des tables de jeux au Rick’s Café de Humphrey Bogart dans le film Casablanca.

Personne n’a retourné sa veste aussi vite que le chef des relations publiques du prince héritier saoudien en occident, Thomas Friedman du New York Times.

Lors de son apparition avec Christiane Amanpour de CNN, Friedman a semblé au bord de la dépression nerveuse. Avoir gaspillé des dizaines de milliers de mots pour un criminel comme Mohammed bin Salman ! Il ne faut rien regretter Tom, tu as été bien payé pendant tout le temps que ça a duré !

Comme Oscar Wilde l’a dit à propos de la scène de lit de mort dans La petite Nell de Charles Dickens – « Il faudrait avoir un cœur de pierre pour ne pas rire. »

Mais le plus dévastateur a été la corruption dans la classe politique elle-même, et on en entendra bientôt parler.

Lorsque le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn a déposé une motion plus tôt dans l’année pour faire cesser les ventes d’armes britanniques à l’Arabie saoudite en attendant une enquête sur l’utilisation de ces armes dans la guerre sanglante contre le Yémen, la motion aurait très bien pu passer, si plus de 100 députés travaillistes de son propre camp ne s’étaient pas rendus coupables de trahison. Des députés travaillistes gays se sont rangés dans le camp de ceux qui jettent les gays du haut des immeubles. Des députés travaillistes féministes se sont rangés dans le camp de ceux qui ne reconnaissent aucun droit aux femmes. Tous ces démocrates ont soutenu l’absence désertique de liberté et de démocratie. Je n’ai pas compris et je me suis posé des questions sur l’ampleur du soutien saoudien au sein des députés du Parti travailliste. Je pense que tout s’éclairera bientôt.

Car cette histoire n’a pas fini de faire des vagues.

Pour l’heure, les « Gardiens des deux saintes mosquées », pour donner aux rois saoudiens leur titre du vendredi 3, sont occupés à effacer le visage de Jamal Khashoggi, un homme qui a peut-être légèrement critiqué la politique saoudienne, mais qui a soutenu l’armée de coupeurs de têtes financée par les Saoudiens en Syrie, jusqu’à l’instant même où sa propre tête a été arrachée de ses épaules. Cet homme qui a écrit un éditorial du Washington Post intitulé « Il est temps de diviser la Syrie » a lui-même été divisé en plusieurs parties par les instigateurs de la division avortée de la Syrie.

Même Shakespeare n’aurait pas pu écrire une pareille histoire.

George Galloway a été membre du Parlement britannique pendant presque 30 ans. Il anime des émissions de TV and de radio (y-compris sur RT). Il est cinéaste, écrivain et un orateur renommé.

Traduction : Dominique Muselet

Notes

  1. Maintenant démentie
  2. Le créationnisme est la croyance religieuse selon laquelle une création divine est responsable de la vie et de l’univers, s’opposant généralement au consensus scientifique qui soutient une origine naturelle au moyen de l’évolution du vivant fondé sur la sélection naturelle (Wikipédia)
  3. Jour de la prière dans l’Islam

 

http://lesakerfrancophone.fr/assassinat-de-khashoggi-le-pire-est-a-venir

Après le meurtre de Kashoggi, Washington appelle à la fin de la guerre au Yémen

International

Après le meurtre de Kashoggi, Washington appelle à la fin de la guerre au Yémen

le 31 octobre 2018

Les Etats-Unis ont appelé mardi à la fin de la guerre au Yémen, demandant notamment que cessent les frappes aériennes de la coalition menée par l’Arabie saoudite, un changement de ton après le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

Washington, qui réclame l’ouverture de négociations de paix d’ici 30 jours, estime toutefois toujours que le premier pas doit être fait par les rebelles Houthis soutenus par l’Iran chiite, bête noire commune des Américains et de leurs alliés sunnites soudiens.

Le message a été relayé par le ministre de la Défense Jim Mattis puis par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

S’ils n’ont fait aucune référence directe à la mort du journaliste critique de Ryad, qui a terni l’image du royaume et fait naître de lourds soupçons sur le rôle du prince héritier Mohammed ben Salmane, cette nouvelle fermeté américaine intervient dans un contexte où l’administration de Donald Trump est sous pression du Congrès pour prendre ses distances avec l’Arabie saoudite.

« L’heure est maintenant à la fin des hostilités, ce qui inclut les tirs de missiles et de drones venant de zones contrôlées par les Houthis vers le royaume d’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis », a déclaré Mike Pompeo dans un communiqué.

« Les frappes aériennes de la coalition doivent ensuite cesser dans toutes les zones peuplées du Yémen », a-t-il ajouté.

Jim Mattis a plaidé pour le même enchaînement, appelant « tout le monde » à rejoindre la « table de négociations sur la base d’un cessez-le-feu » qui verrait d’abord un retrait des rebelles Houthis de la frontière avec l’Arabie saoudite, « puis un arrêt des bombardements » de la coalition arabe.

L’arrêt des hostilités permettra à l’émissaire des Nations unies pour le Yémen, le Britannique Martin Griffiths, de « réunir » les différentes parties « en Suède », a poursuivi le chef du Pentagone.

– Crise humanitaire –

« Nous devons faire ça d’ici 30 jours (…) et je pense que l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis sont prêts », a-t-il ajouté au cours d’une conférence à Washington, après avoir rencontré plusieurs dirigeants arabes le week-end dernier en marge du Dialogue de Manama, une rencontre annuelle sur la sécurité à Bahrein.

Mike Pompeo a aussi demandé de premières consultations sous l’égide de l’émissaire de l’ONU « en novembre dans un pays tiers » pour évoquer notamment « la démilitarisation des frontières et la concentration de toutes les armes lourdes sous le contrôle d’observateurs internationaux ».

La dernière tentative de Martin Griffiths d’organiser des pourparlers de paix, en septembre à Genève, s’était soldée par un échec, en l’absence des Houthis.

La guerre, qui a fait quelque 10.000 morts et engendré la pire crise humanitaire actuelle dans le monde selon l’ONU, oppose des forces pro-gouvernementales aux rebelles soutenus par l’Iran, qui se sont emparés en 2014 et 2015 de vastes régions du Yémen dont Sanaa, la capitale. En mars 2015, la coalition sous commandement saoudien est intervenue en soutien des forces loyalistes.

L’armée américaine fournit une aide logistique à l’Arabie saoudite et aux Emirats, et partage des renseignements avec ces alliés-clés.

Mais face aux accusations de frappes aveugles et de bavures de la part de Ryad, qui ont coûté la vie à des centaines de civiles, l’administration Trump était déjà sous pression du Congrès pour inciter les Saoudiens à rentrer dans le rang voire pour réduire leur soutien militaire.

Après le meurtre de Jamal Khashoggi, le 2 octobre dans le consulat saoudien à Istanbul, cette pression s’est accrue, d’autant que la crise frappant le royaume a des répercussions internationales.

Si les Etats-Unis, comme la France, excluent de cesser de vendre des armes à Ryad, l’Allemagne a, elle, choisi d’arrêter ses exportations d’armements. En revanche, le changement de ton de Washington sur la guerre au Yémen fait écho aux propos de la ministre française des Armées Florence Parly, qui a estimé mardi qu’il était « plus que temps » que ce conflit « cesse ».

LNT avec AFP

https://lnt.ma/apres-meurtre-de-kashoggi-washington-appelle-a-fin-de-guerre-yemen/

Le complexe industriel militaro-humanitaire se drape de vertu pour étendre l’hégémonie occidentale

Le complexe industriel militaro-humanitaire se drape de vertu pour étendre l’hégémonie occidentale


Shakespeare a écrit un jour que le diable est capable de citer les Écritures quand il y va de son intérêt. Aujourd’hui, ce sont les termes « humanitaire » et « démocratie » qui servent à couvrir les morts et les destructions.


Par Tomasz Pierscionek – Le 4 octobre 2018 – Source RT

Des mots respectables comme « humanitaire » et « démocratie » ont fini par prendre un sens funeste et cynique du fait de leur détournement pour justifier l’invasion de nations souveraines, et promouvoir l’expansion de la domination militaire et culturelle occidentale à travers le monde. Les médias grand public ainsi que des militants des droits de l’homme y participent en diffusant des contre-vérités et en jouant sur les sentiments de peur, de colère et de répulsion du public pour l’influencer et faire passer pour juste une agression contre un État souverain.

Parallèlement aux mensonges des politiciens selon lesquels Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive qui pouvaient être déployées en 45 minutes, une stratégie a été mise en œuvre pour choquer et impressionner le public et l’amener à accepter l’invasion. Il y a eu notamment une avalanche de gros titres destinés à horrifier les lecteurs, à coup de soi-disant « preuves » des massacres de Saddam, et à susciter de fortes réactions émotionnelles qui les empêcheraient de penser. L’un de ces articles, écrit par la députée travailliste Ann Clwyd et publiée dans le Times deux jours seulement avant que la Coalition dirigée par les États-Unis, ne commence à détruire l’Irak, affirmait que Saddam possédait une « machine à déchiqueter les humains » dans laquelle on introduisait les adversaires par les pieds, pour les transformer en nourriture pour poissons. L’article intitulé « Regardez ces hommes se faire hacher menu et osez dire que vous ne soutenez pas la guerre » a eu pour double effet de susciter l’horreur du lecteur et de donner l’impression que les opposants à la guerre étaient insensibles et indifférents au sort du peuple irakien. L’existence d’une déchiqueteuse humaine a été contestée par la suite, et on n’en a jamais retrouvé la trace.

Les véritables crimes de Saddam étaient connus des services de renseignements étasuniens qui lui ont donné les positions des troupes iraniennes pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980, sachant qu’il allait utiliser du gaz moutarde et du sarin contre elles. Les États-Unis ont également fourni à Saddam des bombes à fragmentation et l’ont aidé à acquérir des précurseurs d’agents chimiques. Selon Human Rights Watch, basé aux États-Unis, Saddam aurait tué au moins 290 000 personnes de son propre peuple pendant qu’il était au pouvoir.  Toutefois, ce chiffre est éclipsé par le nombre d’Irakiens morts à la suite de l’invasion de 2003, victimes des forces d’occupation, de la violence confessionnelle ou de l’EI – selon les estimations,  il y en aurait eu plusieurs centaines de milliers, et peut-être même plus d’un million.

La stratégie du shock-and-awe 1 a de nouveau été utilisée avant le bombardement de la Libye par l’OTAN, quand les relations de Kadhafi avec les États-Unis et le Royaume-Uni se sont dégradées suite à sa décision de vendre son pétrole en dinars (une nouvelle monnaie panafricaine soutenue par l’or) au lieu du dollar américain ou de l’euro, et d’encourager ses voisins africains à suivre son exemple. La publication des courriels d’Hillary Clinton à la fin de 2015 a révélé qu’une pareille mesure aurait renforcé les économies africaines et entraîné une concurrence entre le dinar et le dollar ou l’euro.

Cette fois, on nous a raconté qu’il fallait bombarder la Libye et soutenir les rebelles anti-Kadhafi, y compris les éléments affiliés à al-Qaïda, parce que Kadhafi était sur le point de commettre un massacre contre la population de la ville de Benghazi, sous contrôle rebelle. Pour émouvoir le public et lui faire accepter la guerre, on a aussi raconté que Kadhafi distribuait du Viagra à ses soldats pour qu’ils violent le plus possible de femmes. Amnesty International a enquêté et n’en a trouvé aucune preuve, par contre l’ONG a révélé qu’à plusieurs reprises, les forces anti-Kadhafi de Benghazi avaient raconté des mensonges ou fabriqué des fausses preuves de violations des droits humains.

Kadhafi a été renversé et l’un des pays les plus riches et les plus stables d’Afrique est aujourd’hui un État failli et anarchique contrôlé par un micmac de groupes rebelles, dont certains sont des affiliés ou des sympathisants d’al-Qaïda. Ces groupes se sont mis à persécuter, emprisonner et assassiner les Africains subsahariens qui étaient venus en Libye comme migrants économiques, en les accusant de fidélité à Kadhafi. En outre, la destruction de la Libye a déclenché une guerre au Mali voisin et a contribué à renforcer al-Qaïda et EI en Afrique du Nord. Une partie des rebelles anti-Kadhafi se retrouvera plus tard en Syrie.

Le même scénario a été utilisé à l’égard de la Syrie. Les politiciens occidentaux, avec leurs médias et leurs alliés activistes, se sont donné du mal pour obtenir le soutien du public à la destitution du président du pays. En 2013, on a joué sur les émotions du public occidental en prétendant qu’Assad avait utilisé du gaz sarin contre des civils, raison pour laquelle il fallait le renverser de toute urgence. Ces allégations n’ont jamais été prouvées et une enquête menée par l’ONU a indiqué par la suite que les rebelles anti-gouvernementaux auraient pu être responsables de l’attaque. Les allégations selon lesquelles Assad aurait utilisé des armes chimiques contre son propre peuple semblent refaire surface chaque fois que le gouvernement syrien reprend un grand pan de son territoire aux forces rebelles ou djihadistes.

Le président Assad a été accusé d’avoir causé des centaines de milliers de morts dans un conflit imposé à la Syrie, dans lequel l’Arabie saoudite et le Qatar (entre autres États) ont financé et armé des rebelles que les services de renseignement occidentaux qualifient de « modérés ». WikiLeaks a publié des dépêches diplomatiques dans lesquels des politiciens américains s’inquiétaient de l’envoi, par des donateurs saoudiens, de fonds et d’armes à des groupes comme al-Nosra Front (également connu sous le nom de branche syrienne d’al-Qaïda) et EI. L’opposition syrienne affirme qu’en septembre 2018, entre 164 336 et 522 000 personnes (selon le groupe anti-Assad à qui vous posez la question) ont été tuées depuis le début du conflit en 2011. Bien que l’opposition syrienne et ses partisans en Occident et dans le Golfe n’hésitent pas à blâmer le président Assad pour ces morts, parmi les personnes tuées figurent des soldats syriens et des milices pro-gouvernementales qui ont défendu leur pays contre les rebelles « modérés » (et moins modérés) soutenus par les ennemis de la Syrie, ainsi que des civils tués par ces groupes rebelles.

Lorsque la Russie est venue à l’aide de la Syrie en septembre 2015, à la demande du gouvernement du pays, pour lutter contre EI, al-Nosra et d’autres groupes rebelles, elle a essuyé les critiques des médias occidentaux et des groupes d’opposition syriens qui l’ont accusée de soutenir un dictateur – et le Royaume-Uni et les États-Unis savent de quoi ils parlent, ce sont des spécialistes dans ce domaine. Le renversement d’Assad justifiait sûrement que les États-Unis et leurs alliés laissent EI semer la terreur et la destruction à travers toute la Syrie jusqu’à ce que son drapeau flotte sur Damas. Les attaques contre la Russie se sont intensifiées en 2016 lorsqu’elle a fourni aux troupes syriennes un appui aérien dans la campagne pour reprendre Alep, qui était avant la guerre la plus grande ville du pays et son centre financier et industriel, à une coalition de groupes rebelles dont le Front al-Nosra et des combattants djihadistes non syriens. Les journaux de toutes tendances politiques ont versé des larmes de crocodile sur les civils et les bébés tués dans les bombardements russes, eux qui ne versent jamais une larme sur les enfants de Gaza et du Yémen qui meurent pourtant aussi sous des bombardements aériens.

Les médias occidentaux décident de ce qui doit émouvoir leur public. L’organisation controversée connue sous le nom de Casques blancs, financée par les États-Unis et plusieurs gouvernements européens, a injecté une dose supplémentaire de pathos, en montrant des photos et des vidéos de ses membres tirant soi-disant des enfants et des civils des décombres à Alep. Les questions que soulève ce groupe ont été parfaitement documentées.

Puis nous avons eu droit à des tweets d’une fillette syrienne de sept ans, Bana al-Abed, elle aussi chouchou des médias, pour demander une intervention occidentale, dans le style « Cher monde, il vaut mieux commencer une troisième guerre mondiale que de laisser la Russie et Assad commettre #HolocaustAleppo ». On peut vraiment se demander si elle a écrit ces messages sans l’aide d’un adulte.

L’organisation américaine Human Rights Watch, qui a reçu des millions de dollars du milliardaire George Soros, a fait état du rapport d’un groupe d’opposition syrien selon lequel 446 civils auraient été tués par des avions russes et syriens pendant la bataille d’Alep entre septembre et octobre 2016. Ailleurs, Human Rights Watch cite l’Observatoire syrien des droits de l’homme, un organisme pro-opposition basé au Royaume-Uni, qui affirme que les frappes aériennes de la coalition dirigée par les États-Unis ont tué 1 064 civils, dont 248 enfants, pendant la bataille de Raqqa entre début juin et 20 septembre 2017. Bien qu’il soit difficile d’estimer avec précision les populations d’Alep et de Raqqa en 2016 et 2017 respectivement, à partir de 2018, Alep compte 1,6 million d’habitants, contre 61 000 à Raqqa.

Chaque mort civile est une tragédie en soi, qu’elle soit causée par un avion américain, russe, syrien ou autre. Toutefois, il faut reconnaître qu’il n’y a que la Russie et l’Iran qui soient intervenus dans le conflit syrien à la demande du gouvernement légitime de la nation. Toutes les autres nations impliquées dans le conflit syrien violent le droit international et leur expulsion du territoire syrien serait légitime.

Grâce à l’intervention de la Russie, la Syrie ne prendra pas le chemin de l’Irak ou de la Libye et est en passe de redevenir une nation unie et stable avec une identité séculaire et diversifiée. L’intervention de la Russie a empêché la destruction d’une nation et permis à des millions de personnes d’échapper au cauchemar épouvantable de vivre dans un pays dominé par l’EI ou des groupes similaires. L’Occident a adopté une approche diamétralement opposée, il  plonge une nation unie dans l’anarchie, et les terroristes ne font leur apparition qu’après l’intervention « humanitaire ».

Traduction : Dominique Muselet

Note

 

Mais la torture et la décapitation ont toujours été acceptables

Mais la torture et la décapitation ont toujours été acceptables


Le gouvernement saoudien n’a aucune idée de ce qui ne va pas avec le meurtre de Khashoggi.


Le 23 octobre 2018 – Source The Postillon


Riyad – Le gouvernement de l’Arabie saoudite est perplexe devant l’indignation internationale face au meurtre brutal du journaliste Jamal Khashoggi. Le Royaume ne semble pas comprendre pourquoi la torture et la décapitation sont soudainement un problème pour ses alliés occidentaux.

“Nous torturons des dissidents et décapitons des critiques malvenus depuis des décennies”, déclare le Prince héritier Mohammed bin Salman à Riyad. “Les coups, les exécutions publiques et la répression violente de la rébellion n’ont jamais été un problème.”

Les tactiques imprudentes de la Royal Saudi Air Force dans la guerre au Yémen ont tué des milliers de civils et mis des millions d’autres en danger de mort par la famine engendrée. Même cela n’a pas particulièrement ébranlé la communauté internationale. “Bien au contraire !”, insiste bin Salman, “Vous nous fournissez tous des armes pour ça.”

“Mais vous massacrez impitoyablement un seul journaliste à l’ambassade d’Istanbul et vous faites soudain l’objet de graves critiques”, s’étonne le Prince. “En quoi est-ce pire ou même différent ?”

Mohammed bin Salman est soulagé qu’au moins le président américain Donald Trump le soutienne : “Sinon, nous serions inquiets des conséquences que cela pourrait avoir.”

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/mais-la-torture-et-la-decapitation-ont-toujours-ete-acceptables

 

Ryad refuse d’extrader les meurtriers présumés de Khashoggi vers la Turquie

Ryad refuse d’extrader les meurtriers présumés de Khashoggi vers la Turquie

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir lors d’une conférence sur la sécurité régionale à Manama, Bahreïn, le 27 octobre 2018 / © AFP / STRINGER

L’Arabie saoudite a rejeté samedi la demande d’Ankara d’extrader 18 Saoudiens accusés d’avoir assassiné le journaliste Jamal Khashoggi, Washington prévenant Ryad que la crise liée à ce meurtre risquait de déstabiliser le Proche-Orient.

« Ces individus sont des citoyens saoudiens. Ils sont détenus en Arabie saoudite, l’enquête est menée en Arabie saoudite et ils seront poursuivis en Arabie saoudite », a déclaré le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir, lors d’une conférence sur la sécurité à Manama.

Il oppose ainsi une fin de non-recevoir à Ankara qui réclame que les 18 suspects soient extradés pour être jugés sur son sol, car c’est au consulat saoudien à Istanbul que M. Khashoggi a été tué le 2 octobre.

Journaliste saoudien critique du palais, Jamal Khashoggi, mort à 59 ans, vivait aux Etats-Unis depuis 2017 et collaborait avec le Washington Post.

Selon des responsables turcs, il a été victime d’un assassinat, soigneusement planifié et perpétré par une équipe d’agents venus de Ryad.

Après avoir nié sa mort, les autorités saoudiennes, sous la pression internationale, ont fini par admettre qu’il avait été tué au consulat lors d’une opération « non autorisée », soutenant que le prince héritier Mohammed ben Salmane n’était pas au courant.

Jeudi, le procureur général saoudien Saoud ben Abdallah Al-Muajab a évoqué pour la première fois le caractère « prémédité » du meurtre.

L’affaire Khashoggi / © AFP / John SAEKI

– Stabilité « affaiblie » –

Le ministre américain de la Défense Jim Mattis a prévenu l’Arabie saoudite que le meurtre de Khashoggi « doit tous nous inquiéter grandement », car il affecte la sécurité dans la région.

« Lorsqu’une nation cesse de respecter les normes internationales et la loi, elle affaiblit la stabilité régionale au moment où elle est la plus nécessaire », a ajouté le chef du Pentagone, également présents à la conférence du « Dialogue de Manama ».

Ce meurtre a suscité une vague de critiques internationales et affecté les relations de Washington avec le royaume, sur lequel les Etats-Unis s’appuient beaucoup pour contrer l’influence de l’Iran dans la région.

Réunis samedi à Istanbul pour un sommet sur la Syrie, le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel ont convenu d’avoir à l’avenir une « position coordonnée au niveau européen » sur d’éventuelles sanctions contre l’Arabie saoudite dans l’affaire Khashoggi.

Le ministre américain de la Défense James Mattis, lors de la conférence Manama Dialogue à Bahreïn, le 26 octobre 2018 / © AFP / STR

M. Macron avait implicitement accusé vendredi Berlin de « démagogie » pour avoir demandé aux Européens l’arrêt des ventes d’armes à Ryad.

Les autorités saoudiennes ont arrêté 18 suspects, et révoqué cinq responsables des services de sécurité, dont deux proches du prince héritier.

– « Barbarie » –

Le royaume « surmontera » cette épreuve, a assuré samedi M. Jubeir.

L’affaire « fait l’objet d’une enquête. Nous connaîtrons la vérité. Les responsables devront rendre des comptes. Et nous mettrons en place des mécanismes pour nous assurer que ceci ne se renouvellera pas », a-t-il indiqué.

De nombreuses questions restent sans réponses et le corps du journaliste n’a toujours pas été retrouvé.

Khashoggi: le procureur saoudien attendu dimanche à Istanbul / © Turkish presidency/AFP / –

Le fait que Khashoggi « a été tué est une évidence. Mais où est-il? Où est son corps? », a demandé vendredi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

La presse et des responsables turcs anonymes ont impliqué le prince Mohammed ben Salmane personnellement dans ce meurtre. Mais M. Erdogan s’est gardé à ce jour de l’accuser nommément. Les deux hommes se sont parlé au téléphone mercredi pour la première fois depuis la mort du journaliste.

La fiancée turque de Khashoggi a exigé vendredi que soient punis « tous les responsables » de cette « barbarie ».

« Ma demande est que tous les responsables impliqués dans cette barbarie, du plus bas au plus haut niveau, soient punis et traduits en justice », a déclaré Hatice Cengiz dans une interview à la chaîne Habertürk TV.

burs-sl-ny/jkb/mer/all

(©AFP / (27 octobre 2018 17h38)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Ryad-refuse-d-extrader-les-meurtriers-pr-sum-s-de-Khashoggi-vers-la-Turquie/966051.rom