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Le pétrole recule, Trump tempête contre l’Opep

Le pétrole recule, Trump tempête contre l’Opep

Londres (awp/afp) – Les cours du pétrole reculaient jeudi en cours d’échanges européens alors que le président américain Donald Trump a repris ses critiques contre l’Opep et le niveau élevé des prix de l’or noir.

Vers 14H00 GMT (16H00 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre valait 78,97 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 43 cents par rapport à la clôture de mercredi.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour le contrat d’octobre, dont c’est le dernier jour de cotation, s’échangeait dans des volumes très réduits et gagnait 17 cents à 71,29 dollars une heure après son ouverture.

Après deux séances de nette hausse qui ont à nouveau porté le Brent au seuil des 80 dollars le baril, le marché a reculé face au président américain.

« Nous protégeons les pays du Moyen-Orient, ils ne seraient pas en sécurité pour très longtemps sans nous, et pourtant ils continuent à pousser pour des prix du pétrole toujours plus haut! On s’en souviendra », a lancé sur Twitter le locataire de la Maison Blanche.

« Le monopole Opep doit baisser ses prix maintenant », a-t-il conclu.

Des représentants de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de ses partenaires doivent se réunir dimanche à Alger pour jauger l’état du marché mondial et éventuellement amender l’accord de limitation de la production qui dure depuis début 2017.

L’Arabie saoudite et la Russie, deux des trois plus grands producteurs mondiaux avec les Etats-Unis, ont déjà poussé en juin le groupe de producteurs à modifier l’accord pour leur permettre d’augmenter leur production pour compenser les pertes causées par les sanctions américaines contre l’Iran.

Le président américain compte en effet sur ses alliés saoudiens, premier exportateur mondial de pétrole, pour compenser les mesures de Washington qui viseront directement les exportations iraniennes à partir de novembre.

Selon les analystes de Energy Aspects, la réunion de dimanche pourrait conduire à des annonces d’augmentation de la production, « mais le marché commence à se demander d’où pourraient bien venir ces barils », ce qui les conduit à penser que, « s’il faut se méfier des tweets, il sera difficile de garder les prix bas longtemps ».

Tous les analystes ne sont cependant pas unanimes sur le niveau des prix à moyen et long terme.

« La production de pétrole de schiste aux Etats-Unis va recommencer à grimper mi-2019, quand de nouveaux pipelines vont rentrer en service », ont prévu les analystes de Capital Economics, qui jugent par ailleurs que « l’Arabie saoudite et l’Irak ont la capacité de compenser les pertes iraniennes ».

js/ktr/ide

(AWP / 20.09.2018 16h05)

 

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Cyber-espionnage : « Les Émirats collaborent avec des sociétés israéliennes depuis au moins dix ans »

Politique

Cyber-espionnage : « Les Émirats collaborent avec des sociétés israéliennes depuis au moins dix ans »

05 septembre 2018 à 15h37 | Par

L’affaire de la mise sur écoute de certains dirigeants du Qatar par les Émirats arabes unis, via une société israélienne, n’impactera pas à l’avenir leur usage des cybertechnologies, selon Andreas Krieg, spécialiste des questions de sécurité, qui décrypte la politique émiratie en la matière.

Le New York Times a révélé fin août comment les Émirats arabes unis, via une société de cyber-espionnage israélienne, NSO Group, ont placé sur écoute plusieurs citoyens émiratis, ainsi que de nombreux membres de la famille régnante du Qatar, dont l’émir lui-même, sans oublier Mutaib Bin Abdulaziz Al Saoud, rival potentiel de Mohamed Ben Salmane avant la désignation de ce dernier comme prince héritier en 2015.

Andreas Krieg, spécialiste des questions militaires et de sécurité au Moyen-Orient au King’s College de Londres, décrypte pour JA les dessous de l’affaire.

De quand datent ces liens « contre-nature » entre les Émirats et des entreprises israéliennes ?

Les Émirats ont depuis longtemps investi dans la cyber-sécurité et collaborent avec des sociétés israéliennes depuis au moins dix ans. Des entreprises comme NSO sont des poids lourds du marché du cyber-espionnage, de la subversion et du sabotage. Et depuis les Printemps arabes, les Émirats se sont transformés en un État obsédé par la crainte de la dissidence intérieure et des troubles populaires. En tant qu’État policier, les Émirats ont simplement recruté les meilleurs pour parvenir à pénétrer en profondeur la vie privée de ses citoyens.

Les Émirats ne se montreront pas plus gênés à l’avenir, tant c’est un outil puissant d’infiltration et d’influence cachée

Peut-on imaginer que Mohamed Ben Salmane soit complice de la mise sur écoute de son cousin et rival Mutaib ?

Les Émirats font depuis longtemps un usage agressif des cybertechnologies. Récemment, ils ont hacké l’Agence de presse du Qatar pour légitimer les mesures prises contre leur voisin. Il est plausible que les Émirats offrent de tels services à leurs agents et partenaires. Dans le cas de l’espionnage du prince saoudien, il paraît hautement probable que Mohamed Ibn Zayed ait voulu montrer à son protégé Mohamed Ben Salmane qu’il pouvait l’aider. Les Émirats ne se sont jamais gênés d’avoir recours au cyber-espionnage vis-à-vis de leurs voisins et citoyens. Et ils ne se montreront pas plus gênés à l’avenir, tant c’est un outil puissant d’infiltration et d’influence cachée.

NSO n’aurait jamais pu travailler avec les Émirats sans la permission du gouvernement israélien

Quels sont les liens entre NSO et le gouvernement israélien ?

Le développement du secteur high-tech israélien est très fortement lié à l’industrie de la défense israélienne, en particulier celui des technologies de l’information. NSO recrute d’anciens spécialistes de la sécurité d’Israël et maintient d’étroites relations avec le gouvernement. Il s’agit d’une politique délibérée où secteur privé et public partagent informations et équipes. NSO n’aurait jamais pu travailler avec les Émirats sans la permission du gouvernement israélien. Et je suis convaincu que ce partage d’informations avec Israël, qu’il soit volontaire ou non, rend vulnérable les Émirats.

Ce partage peut-il s’analyser à la lumière du rapprochement politique entre les deux pays ?

Mohamed Ibn Zayed et le gouvernement de Benyamin Netanyahou partagent un agenda commun. Ils partagent la peur et la haine de quelque forme d’activisme civil islamique que ce soit. Ils voient tous deux l’islamisme comme la plus grave menace dans la région. En termes d’intérêts et de valeurs, Israël et les Émirats de Mohamed Ibn Zayed ont beaucoup en commun.

Je présume que le gouvernement saoudien actuel a largement bénéficié de ce cyber-espionnage

Comment ceux qui ont été mis sur écoute, et notamment les officiels qataris, peuvent-ils riposter ?

Je ne crois pas que les cibles puissent faire quoi que ce soit. Le cyber-espionnage et le hacking vont de paire avec le déni des responsables. Et c’est pratiquement impossible à tracer, par conséquent il est compliqué d’imaginer une action en justice contre les Émirats. Et je présume que le gouvernement saoudien actuel a largement bénéficié de ce cyber-espionnage. D’ailleurs il perçoit Mohamed Ibn Zayed comme un grand frère, non comme un ennemi.

Qui veut relancer la guerre en Syrie ?

Qui veut relancer la guerre en Syrie ?

Sept ans après le début de la guerre contre la Syrie, par jihadistes interposés, les partisans de sa destruction veulent la relancer. Pourtant, ils ont essuyé une défaite certaine sur le terrain où la population, un instant hésitante, a massivement choisi de soutenir la République. Cette tentative de reprendre la guerre à son début ne peut se comprendre que si son objectif a évolué.

| Damas (Syrie)

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La petite Hala (six ans) a été choisie par le MI6 pour annoncer une nouvelle attaque chimique attribuée au « régime » syrien contre la population civile d’Idleb.

Créé en janvier 2018 à Washington, sous la présidence de David Satterfield, le « petit groupe » avait pour but de relancer le projet Rumsfeld-Cebrowski de destruction des structures étatiques du Moyen-Orient en général et de la Syrie en particulier. Il comportait initialement l’Arabie saoudite, les États-Unis, la France, la Jordanie et le Royaume-Uni (étant entendu que les pays arabes membres ne seraient pas détruits à court terme).

Secrète à sa création, cette entité est progressivement devenue publique tandis que l’Allemagne et l’Égypte l’ont rejointe. Elle semble être devenue plus raisonnable et chercher maintenant une honorable sortie de crise. Aussi a-t-elle noué des contacts avec le groupe d’Astana (Iran, Russie, Turquie).

Pourtant, le Royaume-Uni a relancé le projet contre la Syrie en préparant une opération sous faux drapeau à Kafr Zita. Pour cela des spécialistes de la société Olive ont été envoyés sur place et des armes chimiques ont été acheminées dans le gouvernorat d’Idlib. Les Casques blancs ont enlevé 44 enfants. Le MI6 prévoyait de les sacrifier et d’attribuer leur assassinat à une attaque chimique de l’Armée arabe syrienne contre les « rebelles ».

Le MI6 avait organisé à l’avance la dissémination de cette intoxication à partir du témoignage à venir d’une petite enfant, Hala (photo). Il avait créé un compte Twitter à son nom, le 29 juillet, et une trentaine de médias s’y sont immédiatement abonnés, attendant son signal (opération « Eyes on Idlib »). Parmi eux on compte la BBC [1], Radio Free Europe/Radio Liberty [2], BuzzFeed et The Huffington Post [3] ; des médias qui participent sciemment à la propagande de guerre britannique.

Simultanément, le Pentagone a déployé dans le Golfe le destroyer USS The Sullivans (DDG-68) avec 56 missiles de croisière à son bord et envoyé un bombardier stratégique В-1В doté de 24 missiles de croisière air-sol AGM-158 JASSM sur la base aérienne Al-Udeid au Qatar.

Si la responsabilité du Premier ministre britannique Theresa May est établie concernant les actes du MI6, on ignore qui a ordonné le déploiement militaire US.

Toujours à la traîne de Londres, le président français Emmanuel Macron a déjà théorisé la reprise de la guerre devant ses ambassadeurs réunis à Paris. Ainsi, méprisant le Peuple syrien, qui a élu démocratiquement son président, s’est-il proposé de choisir pour lui : « Respectons la souveraineté de la Syrie, mais respectons-la vraiment, en permettant au peuple de s’exprimer et de l’incarner », a-t-il déclaré.

Les auteurs de ce plan savent très bien qu’ils ont déjà perdu la guerre si on la considère uniquement d’un point de vue syrien. Leur nouvel objectif semble aller bien au-delà. Il s’agit pour eux de provoquer un conflit avec la Russie ; c’est à dire une guerre qui deviendrait rapidement mondiale.

La Syrie et la Russie ont réagi en révélant les faits. Puis la Russie a envoyé quantité de matériels militaires à Tartous via le porte-container Sparta-3. Moscou a également renforcé sa présence au large de la Syrie (actuellement dix navires et deux sous-marins) en planifiant de vastes manœuvres militaires, impliquant vingt-cinq navires et une trentaine d’avions.

Affolé, le département d’État vient d’envoyer l’ambassadeur James Jeffrey apaiser les pays de la région. Il est attendu en Israël, en Jordanie et en Turquie. Il est accompagné de l’adjoint de David Satterfield, le colonel du Renseignement militaire Joel Rayburn. La délégation US assurera à tous ses interlocuteurs que Washington ne se prépare pas à bombarder la Syrie sous un prétexte fabriqué.

Dont acte.

Si les hôtes de la délégation US en ont le courage, ils ne manqueront pas de demander des précisions : l’assistant du secrétaire d’État pour le Moyen-Orient élargi, David Satterfield, poursuit-il la politique de George Bush Jr et de Barack Obama ou met-il en œuvre la nouvelle politique de Donald Trump ? Si la position de Londres est clairement anti-Russe, et celle de la Maison-Blanche pro-US [4], qu’en est-il exactement de celle du Pentagone ?

Source
Al-Watan (Syrie)

[1] La BBC est l’organisme britannique public de radio-diffusion.

[2] Radio Free Europe/Radio Liberty est une radio publique créée par la CIA durant la Guerre froide et directement financée par le Congrès.

[3] BuzzFeed et le Huffington Post ont tous les deux été créés par Jonah Peretti. Ils poursuivent aujourd’hui une ligne éditoriale violemment anti-Trump et anti-Russes.

[4] C’est toute la différence avec ses prédécesseurs, George Bush Jr et Barack Obama. Ceux-ci défendaient des intérêts financiers transantionaux au détriment de l’économie états-unienne.

http://www.voltairenet.org/article202685.html

Arabie saoudite : confusion autour de la plus grande introduction en Bourse de l’histoire (Aramco)

Arabie saoudite : confusion autour de la plus grande introduction en Bourse de l’histoire (Aramco)

Par latribune.fr  |   |  591  mots
Le ministre saoudien de l’Énergie Khaled al-Faleh a démenti ce jeudi 23 aoûtdans un communiqué le gel de l'introduction en Bourse de la compagnie pétrolière nationale Saoudi Aramco. (Photo : le ministre, lors d'une réunion de l'Opep, en novembre 2017).
Le ministre saoudien de l’Énergie Khaled al-Faleh a démenti ce jeudi 23 aoûtdans un communiqué le gel de l’introduction en Bourse de la compagnie pétrolière nationale Saoudi Aramco. (Photo : le ministre, lors d’une réunion de l’Opep, en novembre 2017). (Crédits : Reuters)
Le ministre saoudien de l’Énergie a démenti jeudi 23 août une annulation du projet d’introduction en Bourse de la compagnie pétrolière Saudi Aramco, contrairement à des informations parues dans la presse hier soir. Pour autant, les doutes des analystes, refroidis par les reports successifs et surtout les réticences de la major saoudienne à se soumettre aux obligations de transparence des sociétés cotées, pourraient avoir raison de l’enthousiasme -et de la convoitise- des marchés alléchés par cette IPO présentée par le Prince comme « la plus importante de l’histoire ».

Contrairement à des informations diffusées hier soir par l’agence Reuters, l’Arabie saoudite a annoncé ce jeudi 23 août être toujours engagée à mettre en Bourse le géant pétrolier public Aramco, rejetant les informations selon lesquelles elle aurait renoncé à ce projet.

« Le gouvernement reste attaché à l’introduction en Bourse de Saudi Aramco au moment où il le jugera opportun quand les conditions (du marché) seront optimales », a indiqué le ministre saoudien de l’Energie Khaled al-Faleh dans un communiqué.

La veille, citée par Reuters, une source saoudienne informée du projet d’IPO déclarait :

« La décision d’annuler cette IPO a été prise il y a un certain temps mais personne ne peut l’avouer publiquement donc les déclarations vont progressivement dans ce sens: d’abord un report puis un abandon ».

L’Arabie saoudite s’est séparée des conseillers financiers travaillant sur cette opération car elle concentre désormais son attention sur un projet de prise d’une « participation stratégique » par Aramco au capital du groupe pétrochimique Saudi Basic Industries Corporation (Sabic), numéro quatre mondial de son secteur, avaient dit deux sources à Reuters..

Plan de diversification de l’économie lancé par le prince ben Salmane

Le prince avait annoncé en 2016 le projet de cession sur le marché d’environ 5% de Saudi Aramco – via une cotation aussi bien en Arabie saoudite qu’à l’international – disant alors que la transaction valorisait l’entreprise à au moins 2.000 milliards de dollars (1.726 milliards d’euros).

Ce projet est au coeur d’un plan de diversification de l’économie lancé par le prince héritier Mohammed ben Salmane afin de stimuler l’économie du royaume.

Le ministre a refusé d’avancer une date, et réaffirmé que cela dépendait de « plusieurs facteurs, notamment des conditions de marchés favorables ainsi que l’acquisition d’actifs pétroliers dans l’aval prévue dans les prochains mois ».

Une opération dont les reports successifs font douter les analystes

M. al-Faleh n’a pas donné plus de précisions sur les actifs en question. Toutefois le PDG d’Aramco, Amine Nasser, avait confirmé le mois dernier l’existence de pourparlers préliminaires pour une prise de participation dans Sabic, la quatrième plus grande firme de pétrochimie du monde, détenue à 70% par le Fonds d’investissement public du royaume saoudien (PIF). Sabic est la plus grosse firme cotée sur le marché financier de Ryad avec une capitalisation d’environ 100 milliards de dollars (85 milliards d’euros).

La cession d’une part minoritaire dans Aramco (environ 5%) a été reportée à plusieurs reprises depuis son annonce en 2016. Les dirigeants de la société publique ont invoqué officiellement des conditions défavorables sur les marchés financiers pour repousser l’introduction qui devait avoir lieu cette année. Ce qui a poussé les analystes à douter qu’elle ait vraiment lieu.

Un manque de transparence qui pourrait assécher la convoitise des marchés

Ces doutes ont été renforcés mercredi soir par des informations de presse sur un arrêt de ce projet d’IPO de la part des autorités et sur la dissolution de l’équipe de conseillers financiers qui était chargée de le mener.

Les places financières de Londres, New York et Hong Kong espèrent toutes recevoir une partie du gâteau de cette entrée en Bourse tant attendue.

Mais les experts doutent qu’Aramco puisse arriver à être évaluée à 2.000 milliards de dollars comme le souhaite le prince héritier. Et l’entreprise semble réticente à faire l’objet d’un audit approfondi comme l’exigerait une éventuelle entrée en Bourse, ce qui expliquerait les retards de l’opération.

(Avec AFP e tReuters)

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/petrole-aramco-ryad-dement-vouloir-stopper-la-plus-grande-introduction-en-bourse-de-l-histoire-788220.html#xtor=EPR-2-[l-actu-du-jour]-20180823

Vu du Canada. Seul face à l’intimidation saoudienne

Vu du Canada. Seul face à l’intimidation saoudienne

Publié le

Le Parlement à Ottawa. PHOTO REUTERS

Cet article est issu du Réveil Courrier. Chaque matin à 6h, notre sélection des meilleurs articles de la presse étrangère.

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En appelant à la libération de militantes des droits des femmes, le Canada s’est attiré une réaction brutale de Riyad. Il lui faut tenir ferme, juge cet éditorialiste québécois.

À la lumière des réactions arrogantes de Riyad aux reproches d’Ottawa, on mesure à quel point les signes de l’ouverture réformiste donnés ces derniers temps par le prince héritier Mohammed ben Salmane sont superficiels. Si tant est qu’on ne l’ait pas déjà su. Une certaine presse internationale, et pas nécessairement la moins influente, s’est entichée de cet héritier trentenaire à la tête d’une dictature pourtant considérée par l’ONG américaine Freedom House comme l’une des “pires parmi les pires” en matière de droits de la personne. Elle déchante maintenant devant l’évidence de sa complaisance.

L’arrestation [fin juillet] de Samar Badawi, sœur du blogueur Raif Badawi, enfermé depuis 2012, et de sa collègue Nassima al-Sadah s’est inscrite dans une vague de répression qui a conduit à l’emprisonnement, ces dernières semaines, d’une dizaine de militantes saoudiennes des droits de la femme sous des accusations aussi lourdes qu’absurdes d’atteinte à la sécurité nationale et de collaboration avec les ennemis de l’État.

Une réaction inédite et tout à fait démesurée

Pour s’être dit “gravement préoccupé” par cette rafle et pour avoir réclamé la “libération immédiate” de toutes les “activistes pacifiques”, Ottawa écope de la part du régime saoudien d’une punition qui revient à sortir l’artillerie lourde diplomatique : expulsion de l’ambassadeur du Canada à Riyad et suspension de “toutes nouvelles initiatives d’affaires et d’investissement”. Tel est l’accès de colère de Riyad qu’il s’est même dit prêt, lundi, à transférer aux États-Unis et au Royaume-Uni les 7 000 Saoudiens qui étudient au Canada. Une réaction inédite et tout à fait démesurée – d’autant que c’est une décision qui nuit au premier chef aux étudiants. Fait notable : criant à “l’ingérence” dans ses affaires intérieures et au “viol de la souveraineté du Royaume”, Riyad ne remet pas en cause le contrat de vente controversé de véhicules blindés canadiens conclu avec l’Arabie Saoudite sous l’ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper au montant de 15 milliards de dollars. Du moins pas pour le moment.

Il est impératif que le gouvernement de Justin Trudeau ne se laisse pas intimider, partant du principe que les droits de la personne sont universels et doivent être partout défendus, n’en déplaise à l’imbuvable dictature saoudienne. Il ne faudrait pas qu’il baisse les bras, après avoir beaucoup louvoyé dans le cas des véhicules blindés. Une semblable dispute diplomatique s’était produite en 2015 entre l’Arabie Saoudite et la Suède autour de l’enjeu des droits de la personne, un affrontement dans lequel Stockholm avait eu le courage d’annuler un lucratif contrat de défense et en avait payé les conséquences financières.

Le scandale, c’est que les dictateurs se sentiront nécessairement confortés dans leur principe de répression du fait des armes que les pays occidentaux leur vendent avec plaisir. Fort de l’appui aveugle de Donald Trump, Riyad se livre en l’occurrence à un exercice d’intimidation collective auquel ses alliés régionaux voudront sans doute se joindre.

Il faudrait un front de pays

En tout réalisme, Ottawa ou Stockholm ne peuvent pas résister seuls à ces menaces. À terme, il faudrait que se forme un front commun de pays désintéressés pour faire pression sur des dictatures comme celle de l’Arabie Saoudite. On en est loin, tant le marché des armes joue un rôle important au Proche-Orient – et comme nos “démocraties” font bien peu d’efforts pour développer des emplois de remplacement à leur industrie de l’armement. Il se trouve, pour ne donner qu’un exemple, que Riyad est l’un des deux principaux clients militaires de la France et que les ventes ont explosé en 2017 – et ce, en pleine connaissance des violations des droits de la personne au Yémen.

Le modèle à suivre est celui de ces militantes saoudiennes. Mohammed ben Salmane croyait-il vraiment faire taire leurs revendications et refaire une beauté internationale à son régime ultrareligieux en cédant enfin aux femmes le droit élémentaire de conduire une voiture ? C’est une victoire, certes, pour des femmes comme Samar Badawi, mais qui est loin de toucher au cœur de leur combat, s’agissant d’en finir avec le système inique de tutelle par lequel une Saoudienne ne peut pas, sans l’autorisation d’un homme, étudier, voyager, travailler… Ce n’est pas un prince en cabale qui va les empêcher de se battre.

Guy Taillefer
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Expulsion de l’ambassadeur canadien en Arabie: le Canada « sérieusement inquiet »

Expulsion de l’ambassadeur canadien en Arabie: le Canada « sérieusement inquiet »

Ottawa – Le Canada s’est dit « sérieusement inquiet » lundi de l’expulsion de son ambassadeur à Ryad, annoncée par l’Arabie saoudite en réplique aux critiques répétées d’Ottawa sur la répression des militants de droits de l’homme.

« Nous sommes sérieusement inquiets de ces informations de presse et nous cherchons à en savoir plus sur la récente déclaration du Royaume d’Arabie saoudite », a affirmé Marie-Pier Baril, porte-parole du ministère, dans un communiqué.

« Le Canada défendra toujours la protection des droits humains, notamment des droits des femmes et de la liberté d’expression partout dans le monde », a-t-elle ajouté. « Notre gouvernement n’hésitera jamais à promouvoir ces valeurs et nous croyons que ce dialogue est crucial pour la diplomatie internationale ».

L’Arabie saoudite a annoncé lundi qu’elle avait décidé d’expulser l’ambassadeur du Canada à Ryad et de rappeler son propre ambassadeur à Ottawa après ce qu’elle a qualifié d' »ingérence » du Canada dans ses affaires intérieures.

Les mesures décidées par Ryad comprennent également le gel des relations commerciales avec le Canada.

Elles interviennent à la suite d’un appel de l’ambassade du Canada à la libération immédiate de militants des droits humains emprisonnés en Arabie saoudite.

Le royaume « n’acceptera d’aucun pays une ingérence dans ses affaires intérieures ou des diktats », a déclaré le ministère saoudien des Affaires étrangères sur Twitter.

Il a précisé que l’ambassadeur du Canada à Ryad avait 24 heures pour quitter le pays et que le royaume avait décidé de « geler toutes nouvelles transactions concernant le commerce et les investissements » avec le Canada.

(©AFP / 06 août 2018 12h19)

https://www.romandie.com/news/Expulsion-de-l-ambassadeur-canadien-en-Arabie-le-Canada-s-rieusement-inquiet/943087.rom

Ingérence française au Yémen : Honte et manipulation ! Par Richard Labévière

9.juillet.2018 // Les Crises

Ingérence française au Yémen : Honte et manipulation ! Par Richard Labévière

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Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 25-06-2018

Beyrouth, 24 juin 2018.

Chacun de souvient de l’une des photos les plus célèbres de la guerre du Vietnam : ce 8 juin 1972 – dans le village de Trang-Bang – une effroyable bavure est commise par l’aviation sud-vietnamienne, qui combat les forces communistes du Nord aux côtés des Etats-Unis. Mal renseignés, les bombardiers Skyraider se trompent de cible et larguent des bombes au napalm sur un temple qui abrite non pas des Viêt-Congs, mais leurs propres soldats et de nombreux civils.

Kim Phuc – neuf ans – figure parmi les victimes de cette erreur tragique. Alertés par le passage préalable d’un avion de reconnaissance, « Phuc » (c’est son prénom qui signifie « bonheur ») et sa famille voient s’abattre sur eux les bombes incendiaires. Le déluge de napalm – pouvant atteindre les 1 200 degrés Celsius – inflige à la fillette de terribles brûlures. Ses vêtements soufflés, Phuc s’extirpe des flammes, laisse derrière elle ses parents et se retrouve à fuir sur la route 1 de Trang Bang.

À quelques centaines de mètres, le photographe Nick Ut a assisté à toute la scène. Avec un groupe de reporters, il voit des civils surgir de la fumée. Parmi eux, il photographie la grand-mère de Kim Phuc portant dans ses bras le corps inerte d’un petit garçon. Lorsque la fillette parvient à sa hauteur, Nick Ut tire de son sac un quatrième et dernier appareil encore chargé, un Leica M3. Il immortalise la détresse de la petite fille qui répète sans cesse les mêmes mots : « trop chaud ! Trop chaud ! »

« On les massacrait avant de les soigner… », paradoxe des guerres occidentales modernes que Francis Ford Coppola fait dire au capitaine Willard, son héros d’Apocalypse Now, palme d’or au Festival de Cannes en 1979.

Toute proportion gardée, c’est un peu ce que la France éternelle fait au Yémen et s’apprête à faire à la fin du mois à Paris. L’initiative a été annoncée le 10 avril lors d’une visite en France du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane : l’organisation – à Paris – d’un « sommet humanitaire » rassemblant les donateurs susceptibles de se mobiliser au service… du Yémen, les deux co-organisateurs (la France et l’Arabie saoudite), chacun dans sa catégorie étant des co-bélligérants directement impliqués dans cette guerre particulièrement meurtrière, occultée par la propagande quotidienne déversée sur la guerre civilo-globale de Syrie : Bachar al-Assad est un boucher sanguinaire, Mohammed ben Salmane et son homologue émirien étant de joyeux humanistes réformateurs. Défense de sourire !

On croyait être définitivement sorti des inepties néo-coloniales de Bernard Kouchner. Erreur, profonde erreur ! Comme en Syrie, les pays occidentaux aident et arment les jihadistes engagés au Yémen (recrutés par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis/EAU), sous prétexte d’aide humanitaire et de lutte contre « l’impérialisme iranien ». Nouvelle défense de sourire !

Bref, le 27 juin prochain à Paris, autant dire que cette conférence « humanitaire » risque de tourner au ridicule, comme un congrès de sapeurs-pompiers avec pyromanes comme invités d’honneur, comme un sommet de diabétiques enfermés dans une pâtisserie…

GUERRE CLANDESTINE

Et pourtant, les bombardements de la coalition saoudienne s’apparentent à des crimes de guerre selon les propres critères des Nations unies. Cela dit, Riyad est parvenu – jusqu’à maintenant – à empêcher l’ONU d’enquêter sur les quelques 15 000 civils tués depuis janvier 2017, tout bilan officiel restant impossible à établir. L’ONU et plusieurs ONGs évoquent des épidémies de famine, de choléra, ainsi que des milliers de blessés et déplacés. Une « catastrophe entièrement causée par l’homme », souligne le dernier rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCR) de l’ONU. À cela s’ajoutent la destruction partielle de la vieille ville de Sanaa, patrimoine mondial de l’humanité et l’expansion de la Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA) : « AQPA est plus puissant que jamais. Alors que la destruction de l’organisation « État islamique » fait les gros titres (…), la Qaïda reste un modèle de réussite ». L’organisation a notamment « su exploiter une économie de guerre florissante », écrit la chercheuse d’International Crisis Group April Longley Alley. L’Arabie saoudite a inondé le Yémen de fusils d’assaut Steyr-AUG, une partie d’entre eux a atterri entre les mains d’AQPA !

« La France a octroyé pour un peu plus de 16 milliards d’euros de licences pour la seule Arabie saoudite en 2015 et livré à ce pays pour 900 millions d’euros d’équipements militaires la même année (…) À aucun moment, le gouvernement n’a indiqué ces deux dernières années qu’il avait refusé, révoqué ou suspendu des autorisations d’exportation », commente pour sa part Amnesty International.

Depuis plus de deux ans, une guerre menée par les plus riches pays du Proche-Orient – voire du monde – contre le plus pauvre se poursuit, dans une large indifférence politique et médiatique. Le 26 mars 2015, l’Arabie saoudite – suivie de dix pays sunnites – lance une opération militaire aérienne au Yémen contre les Houthis du Nord. Les partisans d’Abdel Malek Al-Houthi avaient forcé la démission le président de la transition Abd Rabbo Mansour Hadi en s’alliant avec leur ancien opposant, Ali Abdallah Saleh. Au début de l’offensive, les Houthis occupent militairement la capitale Sanaa et la principale ville du sud, Aden. Sollicités par Hadi, les Saoudiens et leurs alliés prétendent vouloir le rétablir et contrer l’« avancée iranienne ». Le Conseil de sécurité de l’ONU donne son aval et la France, le Royaume-Uni et les États-Unis fournissent les fusils !

« DIPLOMATIE ECONOMIQUE »

Dès son arrivée à l’Elysée, Nicolas Sarkozy a commencé à mettre en œuvre l’une de ses promesses de campagne : rééquilibrer la politique étrangère de la France au Proche-Orient en faveur d’Israël. L’un des corollaires de cette volonté signifiait d’appuyer le rapprochement des monarchies du Golfe avec Tel-Aviv. Ainsi, l’Elysée s’emploiera à faire du Qatar l’un de ses premiers partenaires dans la région : le petit émirat paiera la libération des infirmières bulgares pour que Cécilia vienne faire un show « humanitaire » à Tripoli (Libye). Ensuite, il paiera aussi le divorce de la même Cécilia avec le président de la République française qui exonèrera – en retour – le Qatar de toute espèce de fiscalité sur ses transactions immobilières en France.

En juillet 2007, à la suite d’une demande émirienne, Nicolas Sarkozy s’engage à développer une présence militaire permanente dans ce pays. Elle est annoncée en janvier 2008, lors d’une tournée dans le Golfe du président de la République. La base française d’Abou Dhabi est officiellement inaugurée le 26 mai 2009 dans l’espoir de voir les Emiriens acheter le Rafale français. La promesse de vente tournera court, mais François Hollande ne reviendra ni sur l’existence de la base émirienne, ni sur les privilèges fiscaux accordés au petit Qatar. Au contraire, il accentuera le trait avec la fameuse « diplomatie économique » portée par son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Avec Emmanuel Macron, la politique étrangère néo-conservatrice de la France va se poursuivre et s’accentuer : soutien inconditionnel à Israël et aux monarchies pétrolières sunnites avec lesquelles les affaires vont s’intensifier. Selon les meilleures sources, on peut relever que :

  • dès le déclenchement de la guerre au Yémen, l’armée française « a effectué des vols de reconnaissance au-dessus des positions houthis pour le compte du client saoudien et continué à former ses pilotes de chasse »;
  • la France a également transféré des nacelles Thalès Damocles XF de désignation de cible et de guidage de bombes, que les forces saoudiennes placent sous leurs avions de chasse – ce qui n’empêche pas les « bavures » ;
  • trois mois après le début du conflit, un avion ravitailleur Airbus 330-200 MRTT a été livré à l’Arabie saoudite. C’est le dernier d’une flotte de six. En avril 2017, deux de ces avions étaient déployés au Yémen. Indispensables à la guerre en cours, ils ravitaillent en vol les F-15 saoudiens ;
  • des canons Caesar 155 mm de l’entreprise française Nexter, des hélicoptères de transport Cougar du groupe EADS et des drones de renseignement militaire SDTI de l’entreprise française SAGEM sont livrés à la coalition saoudienne ;
  • en 2016, la France a livré 276 blindés légers indique son propre rapport de juillet 2017 au secrétariat du TCA. Ce lot est composé de blindés légers Renault Sherpa light et Vab Mark 3 du groupe Renault Trucks Defense, originellement destinés au Liban. Dès février 2016, face à l’échec des campagnes de bombardements, la coalition s’appuie sur des milices locales équipées de véhicules légers émiratis Nimr pour tenter de déloger les forces houthis. L’arrivée des blindés légers français, qui se faufilent sans difficulté dans les rues étroites des villes arabes, s’inscrit pleinement dans cette stratégie de contre-insurrection déployée au sol. Et les Sherpa light sont équipés de capteurs de dernière génération offrant une protection contre les engins explosifs improvisés ;
  • la coalition fait également usage de petits patrouilleurs, en soutien aux navires de guerre, pour assurer le blocus du Yémen. Si l’entreprise française Couach bloque à quai deux patrouilleurs rapides à destination du Yémen en raison de l’embargo, elle débute ses livraisons d’intercepteurs rapides à l’Arabie saoudite dès août 2016 ; 39 nouveaux exemplaires de ce type d’unités sont destinés à Riyad ;
  • pour assurer le blocus qui affame la population, la coalition utilise des Corvettes Baynunah livrées aux EAU. L’artillerie et les marines de la coalition sont, par ailleurs munies de systèmes électroniques de navigation vendus par SAFRAN, des équipements essentiels à la logistique des tirs ;
  • enfin, 745 fusils de précision ont été livrés à Riyad en 2015 et 500 en 2016 selon les rapports au Parlement sur les exportations d’armes de 2016 et 2017.

Dernièrement, plusieurs parlementaires français – accompagnés de l’ambassadeur de France à Riyad et de son épouse – sont allés se féliciter bruyamment, dans la province de Mareb contrôlées par les Saoudiens, de l’excellence des efforts humanitaires de leurs hôtes… Fallait oser, mais c’est fait ! Et le pompon, c’est bien-sûr, la dernière affaire du déminage du port d’Hodeïda ! Le 15 juin, Le Figaro affirme : « alors que les forces progouvernementales ont annoncé s’être emparées vendredi de l’aéroport d’al-Hodeïda, la France entend s’impliquer dans le déminage du port, la véritable cible de la bataille lancée il y a trois jours par les troupes yéménites, appuyées par les EAU et l’Arabie saoudite, pour chasser les rebelles houthis pro-iraniens de cette ville stratégique sur la mer Rouge. Mais comme l’engagement français dans cette guerre oubliée est source de contestation, le ministère des Armées avance sur des œufs… » On ne saurait mieux dire !

UNE FUITE LACANIENNE

Le 13 juin, le Quai d’Orsay a indiqué que le président Emmanuel Macron, après s’être entretenu avec Mohammed ben Zayed, prince héritier d’Abou Dhabi, avait « évoqué la situation politique et militaire au Yémen, et notamment à Hodeïda » et « appelé les parties prenantes à la retenue et à la protection des populations civiles. » « La France rappelle que seule une solution politique négociée, y compris à Hodeïda, permettra de mettre fin de manière durable à la guerre au Yémen et d’arrêter la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans ce pays », a souligné le porte-parole du Quai.

Mais sous cette langue d’acajou, il s’agit de bien autre chose ! Un responsable émirien a déclaré à l’agence de presse Reuters, que la France aurait « accepté d’apporter une assistance en matière de déminage dans le cadre de l’opération militaire lancée par la coalition sunnite pour reprendre le port d’Hodeïda. » Et d’ajouter : « Les États-Unis ont rejeté pour leur part la requête d’Abou Dhabi qui leur demandait des moyens de renseignement, de surveillance aérienne, de reconnaissance et de déminage ».

Quelques heures plus tard, le ministère des Armées a confirmé qu’une telle opération était dans les tuyaux. « Il n’y a pas d’action militaire française aujourd’hui dans la région de Hodeïda, et la France ne fait pas partie de la coalition qui est engagée sur ce théâtre », a-t-il commencé par préciser. Toutefois, Le Figaro affirmait que des membres des forces spéciales françaises étaient déjà présents au Yémen, aux côtés des troupes émiriennes.

Ainsi, « deux sources militaires contactées par Le Figaro révèlent également que des forces spéciales françaises sont présentes aux côtés des Émiriens au Yémen », affirme le journaliste Georges Malbrunot dans l’édition datée du 16 juin 2018. La ministre de la Défense Florence Parly dément aussitôt et elle a raison. Les soldats français présents dans le port d’Hodeïda ne font pas partie des Forces spéciales françaises, mais sont des plongeurs-démineurs du Service-action de la DGSE (nos services extérieurs), dédiés aux opérations clandestines. Par conséquent, circulez, y’ rien à voir et c’est bien normal ! La dissociation entre Forces spéciales destinées aux opérations extérieures publiques et le Service-Action, spécialisé dans des actions clandestines – devant restées classifiées « confidentiel » ou « très confidentiel » – demeure l’apanage légitime de n’importe quelle démocratie. La carabistouille est ailleurs et révélatrice d’un nouveau dysfonctionnement de la communication présidentielle !

Depuis plusieurs mois, Saoudiens et Emiriens se plaignaient auprès de leurs interlocuteurs français, leur tenant à peu près ce langage : « on vous achète quantités de matériels et d’armements alors que vous ne nous apportez pas le moindre soutien politique public et ça commence à bien faire ! » Les communicants de l’Elysée ont alors imaginé le montage d’une fuite émirienne à Reuters qui serait reprise par notre cher Georges national du Figaro. En effet, celui-ci n’aurait jamais exploiter une telle information sans obtenir le feu vert, sinon l’encouragement de ses sources du ministère de la Défense !

En France, les anciens otages ont un statut tout à fait particulier. Non seulement immédiatement érigés au statut d’expert multifonctions, ils doivent se souvenir quotidiennement comment ils ont retrouvé la liberté. En l’occurrence, la libération de Georges et de son collègue Christian Chesnot a coûté plusieurs millions d’euros environ sept) prélevés dans les fonds spéciaux de la DGSE, c’est-à-dire de l’argent public et cela mérite bien quelques renvois d’ascenseurs…

Par conséquent, l’information de l’engagement yéménite des armées françaises aux côtés de la coalition saoudo-émirienne est bien sortie, même si toute la vérité n’est pas dite. Héroïne lacanienne, Florence Parly dit toujours, toujours la vérité, mais pas toute… parce que les mots y manquent ! Et c’est même par cette impossibilité qu’elle participe au réel !

Et le psychanalyste Jacques Lacan aurait certainement ajouté que le réel, c’est quand on se cogne… Quoi qu’il en soit, la France et ses armées sont – aujourd’hui – engagées au Yémen, aux côtés des EAU et de l’Arabie saoudite (deux grandes démocraties bien connues), en train de massacrer l’un des pays les plus pauvres de la terre. Un jour, ces gens auront des comptes à rendre, les responsables français qui ont pris la responsabilité d’engager notre pays aussi !

Autrement dit, et excusez notre familiarité Monsieur le président de la République : « au Yémen Manu, t’es nul, complètement nul ! Arrête de déconner… » Bonne lecture néanmoins et à la semaine prochaine.

Richard Labévière
25 juin 2018

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Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 25-06-2018

 

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De Trajan à Lawrence

De Trajan à Lawrence

Publié le 30 Juin 2018 par Observatus geopoliticus in Moyen-Orient, Histoire, Europe

L’Histoire a de ces coïncidences… L’actuelle bataille pour le sud-ouest syrien place sur le devant de la scène deux sites qui ont connu leur heure de gloire ou d’infortune en d’autres temps : Bosra et Deraa.

Déjà mentionnée au XIVème siècle avant JC dans les tablettes de Tell el-Amarna, Bosra se développa réellement à partir du IIème siècle avant notre ère lorsqu’elle devint la capitale du nord du Royaume nabatéen. Surtout, en 106, elle devient la capitale de la province romaine d’Arabie créée par Trajan après l’annexion des Nabatéens. Agrandie et embellie d’édifices publics, Bosra est rebaptisée Nova Trajana Bostra par l’empereur et un magnifique théâtre de 17 000 place, demeuré presque intact, est construit.

C’est cette petite ville que prennent les rebelles modérément modérés en 2015, forçant à l’exil la moitié chiite de la population.

Autre époque, même région. Durant la Première Guerre Mondiale, les Britanniques sont en guerre contre l’empire ottoman, allié de l’Allemagne, et le fameux Lawrence d’Arabie a un rôle clé dans le soulèvement des tribus arabes contre la Sublime Porte.

Après avoir pris Aqaba en juillet 1917 lors d’une audacieuse attaque terrestre, il lance un petit raid sur Deraa à l’automne, au cours duquel il se fait prendre. S’il ne l’a jamais explicitement dit, il y est vraisemblablement torturé et violé à cette occasion par des officiers turcs.

Après 1918, Lawrence ne quittera pas tout à fait les affaires moyen-orientales, comme nous l’expliquions il y a trois ans :

L’histoire d’amour entre le monde anglo-saxon et l’islamisme remonte à plus d’un siècle, lorsque la Grande-Bretagne commença à se mêler des affaires de la péninsule arabique. Mais Londres était tiraillée entre deux visions, plus exactement deux départements de ses affaires étrangères, chacun supportant son poulain (ou son pur-sang arabe en l’occurrence). Par l’entremise de son agent sur place, John Philby – le père du célèbre espion qui trahira pour le compte du KGB -, l’India Office soutenait Abdulaziz Ibn Saoud, allié aux wahhabites, ce courant ultra rigoriste de l’islam. De l’autre côté, l’Arab Bureau du Caire et le légendaire Lawrence (oui, oui, d’Arabie) jouaient la carte du chérif Hussein de la Mecque, bien plus modéré. Malheureusement pour le monde, le premier prit le pas sur le second sur le terrain et Philby sur Lawrence dans les corridors du Foreign Office. Le Saoud monta sur le trône de l’Arabie, on en paye encore les conséquences…

Mais revenons à Deraa, ville départ en 2011 de la vraie-fausse révolte syrienne et de la guerre en général. La ville est depuis lors plus ou moins divisée en deux, une partie fidèle aux loyalistes, l’autre aux mains des « rebelles ».

C’est dans toute cette zone historiquement chargée qu’a maintenant lieu l’une des dernières batailles du conflit finissant. Nous en étions restés il y a cinq jours sur la dérouillée des barbus qui ont perdu l’importante plaine de Lajat. Depuis, les loyalistes ont encore avancé et les lignes de défense rebelles s’écroulent :

Comme souvent lorsqu’ils prennent une fessée, nos petits amis barbus sont soudain prêts à discuter avec l’impie gouvernement Assad et faire des concessions. L’idée d’un cessez-le-feu est d’abord venue d’Amman avant de faire son chemin dans les esprits.

Le centre de réconciliation mis sur pied par les Russes fonctionne à plein régime et la plupart des groupes sont enclins à déposer les armes. Ils n’ont certes pas trop le choix étant donné que des manifestations pro-gouvernementales éclatent un peu partout dans les zones tenues par les rebelles, dont Bosra.

Si la zone à l’est de Deraa devrait rapidement revenir dans le giron de Damas, restera la partie occidentale, accolée au petit territoire daéchique et au Golan occupé par Israël. Etincelles en perspective, à moins que Poutine et Trump ne nous sortent un petit tour de leur chapeau lors du sommet le 16 juillet à Helsinki.

Le Donald veut-il réellement retirer les troupes US de Syrie et donner la main au Kremlin ? Si oui, le Deep State le laissera-t-il faire ? Quid de la réaction de Bibi la Terreur ? Le Hezbollah participera-t-il à la fête ? Toutes ces questions auront leur réponse dans les semaines à venir…

Terminons par une anecdote qui n’en est finalement pas une, la petite histoire rejoignant ici la grande. Bosra Sham, du nom de la ville sous les feux de l’actualité, était une grande pouliche des années 90. Elle appartenait à Wafic Saïd, homme d’affaires syro-saoudien.

Or, c’est lui qui a facilité, à partir de 1985 entre le Royaume-Uni et l’Arabie saoudite, une série de contrats record d’armement appelée Al Yamanah, que l’on peut traduire par « colombe » mais aussi « pigeon », nom ô combien prédestiné. On y retrouve les noms de Margaret Thatcher, Bandar bin Sultan (ambassadeur à Washington entre 1983 et 2005 puis chef des services secrets saoudiens jusqu’en 2014) ou encore Tony Blair (qui a stoppé en 2006, pour « raison d’Etat », l’enquête officielle sur les énormes soupçons de corruption).

Lawrence a dû se retourner dans sa tombe, même s’il aurait sans nul doute apprécié la maestria de la pouliche…

La construction du chemin de fer trans-arabique par la Russie rendra les Saoudiens plus multipolaires

La construction du chemin de fer trans-arabique par la Russie rendra les Saoudiens plus multipolaires


Par Andrew Korybko – Le 5 juin 2018 – Source Oriental Review

Russian RailwaysLe PDG de Russian Railways, leader de cette industrie, a annoncé l’intention de son entreprise de participer au Trans-Arabian Railway lors du Forum économique international de Saint-Pétersbourg de la semaine dernière (SPIEF), attirant ainsi l’attention sur un projet que le Conseil d’administration avait en ligne de mire depuis quelques années mais n’avait pas réussi à faire décoller. Le concept est que les États du CCG resserraient leur intégration économique non-énergétique grâce à un chemin de fer côtier qui serpenterait le long du bord sud du golfe Persique et qui irait du Koweït à Oman, mais cette vision n’a pas encore été priorisée. Cependant, cela pourrait changer dans le futur à la suite d’une coopération trilatérale entre la Russie, l’Arabie saoudite et la Chine.

Pour l’expliquer, l’ambitieux programme Vision 2030 de réformes socio-économiques du Prince héritier Mohammed Bin Salman concorde parfaitement avec la vision globale de la nouvelle Route de la soie chinoise, en ce sens qu’il  vise à positionner le Royaume wahhabite comme une « plateforme d’échange » économique tricontinentale pour l’Afro-eurasie. Certains investissements parmi les plus de 130 milliards de dollars que la Chine a réalisé en Arabie saoudite l’an dernier serviront à moderniser l’économie du pays et à le placer sur la voie d’un avenir post-pétrolier durable.

Saudi Arabia Railways
Chemins de fer d’Arabie saoudite

Russian Railways a travaillé très dur pour s’imposer comme un acteur mondial et le projet de chemin de fer trans-arabique lui fournit l’occasion idéale pour présenter ses services. Non seulement cela, mais c’est une contrepartie pour les investissements saoudiens dans l’économie russe au cours des deux dernières années, et cela aidera aussi à accélérer le rapprochement russo-saoudien.

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L’approfondissement de la position de Moscou dans les affaires arabes, en particulier avec l’influent CCG, lui permettra de gagner un plus grand respect et acceptation en tant que puissance au Moyen-Orient. Au total, l’implication réussie de la Russie dans le projet du chemin de fer trans-arabique et les investissements chinois dans le royaume pourraient aider l’Arabie saoudite à diversifier sa politique étrangère et finalement la faire devenir plus multipolaire.

L’article présenté est la transcription partielle du programme radio CONTEXT COUNTDOWN sur Sputnik News, diffusé le vendredi 01 juin 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/la-construction-du-chemin-de-fer-trans-arabique-par-la-russie-rendra-les-saoudiens-plus-multipolaires

 

Sommet Trump/Kim : ce que Kushner a murmuré à l’oreille de MBS

Sommet Trump/Kim : ce que Kushner a murmuré à l’oreille de MBS

#ArabieSaoudite

Le commentateur saoudien anonyme, auteur de révélations fracassantes sur le système des ben Salmane, dévoile que Kushner a partagé des secrets avec son ami MBS concernant le sommet historique de Singapour

Jared Kushner, gendre et conseiller de Donald Trump, aurait fait des révélations rassurantes à MBS
MEE's picture
14 juin 2018
Dernière mise à jour :
14 juin 2018

« Kushner a révélé au prince héritier saoudien des secrets que ne détient qu’un cercle très restreint à la Maison-Blanche, des secrets qu’ignore même le Congrès. » Le premier tweet du très informé commentateur saoudien anonyme, qui utilise le pseudonyme Mujtahidd, est un bon préambule pour les révélations qu’il publie sur Twitter.

Quels secrets se sont confiés les deux amis, Jared Kushner, conseiller et gendre du président Donald Trump, et Mohammed ben Salmane, prince héritier du Royaume d’Arabie saoudite ?

Traduction : « Kushner a révélé au prince héritier saoudien des secrets que ne détient qu’un cercle très restreint à la Maison-Blanche, des secrets qu’ignore même le Congrès… » 

« MBS était très inquiet suite à l’annonce du sommet Trump/Kim. Il craignait qu’un tel événement puisse être réédité avec l’Iran, marquant une ouverture du président américain envers Téhéran – qui tournerait donc le dos au prince héritier », explique Mujtahidd. Le 12 juin, un sommet historique a réuni le président américain et son homologue nord-coréen, Kim Jong-un,  à Singapour. Une rencontre inédite qui s’est soldée par la signature d’un accord de dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Chantage

Selon Mujtahidd, « Kushner a expliqué à Mohammed ben Salmane que Trump voulait propager l’image d’un homme de paix en rencontrant Kim, avant d’affronter militairement l’Iran. »

Les deux trentenaires sont réputés proches. Une proximité souvent critiquée, notamment quand le prince saoudien se vanta auprès du prince héritier d’Abou Dabi, Mohammed ben Zayed, que le conseiller de Trump « était dans sa poche ». Les deux hommes ont eu de nombreuses rencontres et semblent être sur la même longueur d’ondes face aux gros dossiers du Moyen-Orient – Jared Kushner est conseiller sur ce dossier auprès de son beau-père. En tête de liste des dossiers : le conflit israélo-palestinien, mais surtout, l’Iran, une obsession saoudienne.

À LIRE ► Le prince héritier Mohammed ben Salmane a soudoyé Donald Trump, selon un lanceur d’alerte saoudien

Autre détail révélé par Kushner – visé par l’enquête du FBI sur une éventuelle collusion entre la Russie et l’équipe de campagne de l’actuel président américain – à son ami saoudien : « le leader nord-coréen était d’accord pour annoncer la dénucléarisation totale de son pays avant la tenue du sommet de Singapour. Mais, Pékin, ayant remarqué l’enthousiasme de Trump devant cette perspective, a décidé de faire du chantage à Washington : pas de sommet entre Trump et Kim si les États-unis ne mettent pas un terme à leur guerre commerciale contre la Chine. »

Pékin aurait donc fait donc pression sur Kim Jong-un pour qu’il recule sur la dénucléarisation, ce qu’il fit, toujours selon les révélations de Mujtahidd. Pour rappel, le premier vice-ministre des Affaires étrangères nord-coréen Kim Kye-gwan avait, dans une volte-face surprenante, annoncé le 16 mai dernier, que Pyongyang allait reconsidérer la tenue du sommet de Singapour si les États-unis continuaient à insister sur une dénucléarisation unilatérale. Washington a réagi en annulant le sommet, avant que les deux parties n’en reviennent à de meilleurs sentiments.»

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (Reuters)

La relance du processus de désescalade a été possible, d’après Mujtahidd, grâce aux concessions de Trump aux Chinois. « Secrètement, Trump a promis à la Chine de faire cesser la guerre commerciale qu’il mène contre elle ». Le président américain aurait même donné une garantie de sa « bonne foi » : « Il a levé les sanctions contre la société chinoise d’équipements téléphoniques, ZTE, accusée dans un premier temps d’espionnage économique et technique ».

MBS tout fier

C’est ainsi que Pékin a permis au leader nord-coréen de s’engager à nouveau sur l’accord nucléaire. Le 27 mai, Trump a confirmé dans un tweet qu’un accord avait été trouvé pour solder l’affaire ZTE : moyennant une amende d’1,3 milliard de dollars, l’équipementier chinois va pouvoir importer à nouveau les composants américains dont il a besoin pour ses propres produits.

« Mohammed ben Salmane, après les explications de Kushner, s’est senti rassuré par le fait que la confrontation avec l’Iran est en bonne route »

– Mujtahidd

« Mais le Congrès a refusé la décision de Trump concernant ZTE. Alors, comme l’a révélé Kushner à ben Salmane, le président américain a promis aux Chinois d’user de son droit de véto pour contrecarrer le Congrès », poursuit Mujtahidd. « Quant à la guerre commerciale contre la Chine, Trump a chargé son secrétaire au Commerce, en coordination avec les Chinois, de mettre sur pied un scénario de désescalade graduelle qui n’éveille pas l’attention de l’Europe avec laquelle il s’est accroché au sommet du Canada ».

Concluant sa série de tweets, Mujtahidd rapporte que « Mohammed ben Salmane, après les explications de Kushner, s’est senti rassuré par le fait que la confrontation avec l’Iran est en bonne route. Il est actuellement dans un état excessif de fierté et d’orgueil, parce qu’il est en possession de secrets que ne détient même pas le Congrès, ni de nombreuses autres institutions américaines, des secrets concernant un évènement aussi majeur que le sommet Trump/Kim. Il n’arrête pas de s’en vanter dans son petit cercle. »

Middle East Eye n’a pas été en mesure de vérifier les allégations de Mujtahidd au moment de la publication.

http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/sommet-trumpkim-ce-que-kushner-murmur-l-oreille-de-mbs-2050263473

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Revue de presse nationale et internationale.

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