Archives pour la catégorie Arabie Saoudite

L’influence de l’Arabie Saoudite

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Michel Raimbaud : “La nouvelle guerre froide se transforme progressivement en une guerre ouverte”

Excellente synthèse de Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France au Soudan et en Mauritanie. Il est l’un de nos grands spécialistes du Moyen-Orient, et nous vous renvoyons vers son excellent livre Tempête sur le Grand Moyen-Orient

Halte à la guerre infâme !

Une guerre implacable, sauvage, meurtrière et destructrice, fait rage en Syrie depuis mars 2011. Devenue universelle grâce au renfort venu de 120 pays que l’Empire Atlantique a pu attirer dans sa galère, elle menace ces jours-ci de dégénérer en un conflit mondial au sens plein et entier du terme.

Beaucoup parmi les plus optimistes n’en sont plus à se demander si la guerre des Trois (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne) aura lieu ou non, mais si elle s’allumera demain ou après-demain. On a beau en refuser la perspective tant elle heurte la raison, les réalités sont là. Il est évident que la nouvelle guerre froide que l’on a vu apparaître depuis une décennie entre l’Occident et ses complices d’une part, la Russie et ses alliés d’autre part, vire peu à peu à la guerre ouverte. Si le monde arabo-musulman est le théâtre privilégié et l’enjeu géopolitique de cet affrontement global entre l’Empire Atlantique déclinant et l’Eurasie renaissante ou émergente, la Syrie en est l’épicentre, pour diverses raisons, géopolitiques et stratégiques notamment.

Dans nos « démocraties » occidentales qui unilatéralement se disent grandes, les « élites » qui ont soumis les populations à un lessivage de cerveau sans précédent font semblant de croire encore à la narrative mensongère, immorale et imbécile injectée depuis sept ans dans les méninges ramollies par le « mainstream » médiatique, universitaire et politique. Il serait étonnant que ces esprits pleins de morgue et de suffisance y croient vraiment : ce serait d’ailleurs inquiétant pour leur santé mentale. Ecartant donc l’hypothèse, on retiendra plutôt qu’ils ont trouvé un fonds de commerce gratifiant dans cette gigantesque escroquerie intellectuelle et qu’ils ont réussi à l’acclimater sous nos latitudes où l’on se dit cartésien, puisqu’elle provoque si peu de réactions… Pour l’instant !

Si elles avaient une mémoire collective, les opinions se souviendraient du sort de l’Irak, de la Somalie, de la Libye…peut-être de l’ex-Yougoslavie, voire du Yémen où destructions et massacres se poursuivent sous l’égide de l’ami stratégique imprévu qu’est le jeune Mohammed Ben Salman, étreint avec effusion par notre ministre des affaires étrangères lorsqu’il débarque tel le Messie. Elles reverraient Colin Powell brandissant ses fioles venimeuses et chimiques pour justifier une invasion de l’Irak et son démantèlement. Pas de sa faute : il était, dira-t-il la bouche en cœur, mal informé par ses « services ». Mais les opinions « civilisées » (que l’on appellerait dédaigneusement « rues » si elles étaient « arabes ») sont anesthésiées par le flot de désinfo et de désintox, hébétées par les débats de société qui leur sont proposés ou imposés, toujours anecdotiques et marginaux. La guerre ou la paix ? Bof. Quant aux élus, ils sont superbement ignorés : à quoi pourraient-ils servir ?

Frétillant comme son prédécesseur Hollande à l’idée de participer aux frappes contre la Syrie et le « régime de Bachar », Macron, qui réserve ses pensées complexes à son ami Trump, esprit bien connu pour sa subtilité, ose qualifier cette nouvelle attaque illégitime, arrogante et dépravée de « devoir moral ». Devons-nous nous habituer à voir par les nuits sans lune nos dirigeants se tortiller sur leur fauteuil, le doigt sur le bouton et le petit doigt sur la couture du pantalon, attendant le feu vert des fous du Pentagone ou de la Maison-Blanche pour lancer leurs engins meurtriers sur la Syrie qui ne les a jamais agressés ? Quelle sinistre comédie ! Comme si 400 000 morts, 13 ou 14 millions de réfugiés, exilés ou déplacés, un pays ravagé, ne suffisaient pas à combler le sens moral de ces hautes consciences. Après sept ans de mensonges éhontés, de destructions systématiques, de méfaits innommables, peut-on vraiment dire que « le respect de l’autre » est une « valeur de l’Occident » ?

A la vue des séances consacrées à la Syrie et à l’audition des échanges qui les agrémentent, on peut dire que la prestation – navrante – du Conseil de Sécurité témoigne de la ruine globale du système international. Adieu aux vagues espoirs que l’on pouvait nourrir quant aux capacités des Nations-Unies et à son instance suprême en matière de paix et de sécurité à imposer un ordre pacifique. Les principes fondateurs du droit onusien, tels que les énonce la Charte fondatrice de San Francisco, ne sont plus ni respectés ni admis comme références par l’ensemble des Etats représentés à l’Assemblée Générale et certains des membres permanents du Conseil de Sécurité les bafouent sans même s’en cacher, ou les ignorent superbement. Les Trois Occidentaux, qui osent s’identifier sans complexe à la « communauté internationale » alors qu’ils représentent 7 à 8% de la population mondiale, constituent en effet le corps de bataille du parti de la guerre et du chaos, leurs adversaires – Russie, Chine, Iran, Syrie, etc…– représentant sans ambigüité le camp de la légalité et du droit.

Au-delà du droit, c’est la diplomatie qui est en danger. Bien plus que le clivage Est/Ouest nouveau modèle, il faut incriminer la perte des us et coutumes, des pratiques, des normes et du langage de la diplomatie. Comment justifier le honteux spectacle des représentants occidentaux maniant la menace, l’injure, le mensonge et les propos aberrants dans l’enceinte du Conseil, transformé en parterre d’enragés et de falsificateurs ? Comment qualifier le grossier personnage élu par l’Amérique profonde et soutenu par son Etat profond dès lors qu’il bombarde ? Elephantman dans un magasin de porcelaine, il incarne mieux que tout autre avant lui le système que suggéraient, il y a quasiment un demi-siècle, Nixon et Kissinger dans la théorie du Mad Man : l’Amérique doit compter parmi ses dirigeants des cinglés dont l’imprévisibilité sera de nature à terroriser ses ennemis. M. Trump tweete parmi nous.

La France ne vaut guère mieux. Elle fait partie de ces pays qui « prétendent dire le droit » tout en le violant à l’occasion, comme le reconnaissait implicitement son président en décembre dernier dans une interview à France 2. La voilà qui se joint au régime trumpiste criminel pour clamer qu’elle procédera à des frappes contre la Syrie, avec ou sans résolution du Conseil de Sécurité. Alors que son siège permanent est lorgné par de grands amis comme l’Allemagne, ne risque-t-elle pas de perdre à jamais son statut « privilégié » en s’affichant ainsi prête à bombarder sans mandat un Etat-membre, après avoir contribué à sa destruction et tenté de renverser son président légitime ?

Ne scie-t-elle pas la branche sur laquelle elle est majestueusement assise, cette France qui naguère tenait la Charte onusienne pour une Bible et fondait sa diplomatie sur la légalité internationale, et qui désormais en bafoue régulièrement les principes majeurs : égalité souveraine des Etats, non-ingérence, droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et droit des Etats à choisir leur régime politique sans ingérence étrangère ? Cette France que l’on écoutait souvent, la « trouvant juste même lorsqu’elle se montrait injuste ».

Revenons aux fondamentaux. Malgré la phrase sacro-sainte qui, en Occident et dans notre Hexagone, sert de gilet pare-balle aux mieux intentionnés, rappelons que Bachar Al Assad, président légitime d’un pays en guerre, sans qui la Syrie ne serait plus qu’un souvenir, fait seulement son devoir. On servirait moins souvent la rengaine qu’il n’est « pas irréprochable » si l’on posait la question de l’honorabilité de ses ennemis ou détracteurs, qu’ils soient sauvages ou mal dégrossis, ou délicats et donneurs de leçons. Irréprochables, les dirigeants des « grandes démocraties » ? Irréprochables, ceux qui soutiennent l’insoutenable et en masquent l’horreur ? Irréprochables ces retraités aveugles, sourds et muets quant aux crimes inscrits à leur palmarès ?

Nos présomptueux dirigeants qui n’ont cessé de jouer avec le feu et sont responsables de l’embrasement, ne s’émeuvent pas pour autant, sûrs de leur bon droit et de leur aptitude à gérer les évènements entre affinitaires de belles manières. Si nous l’ordonnons, pensent ces va-t-en guerre qui adorent les ordonnances, il faudra bien que la piétaille des braves gens se mette en marche, au pas cadencé, avec tambour et trompette. C’est le métier de la France d’en bas d’obéir sans broncher à celle d’en haut, pensent-ils. Eh bien non ! Il faut leur donner tort. La France est partie prenante dans la nouvelle agression qui se prépare. Si par grand malheur elle est lancée, nul n’en connaît les suites. Il y aura des représailles et nous ne serons pas épargnés. « Pourquoi nous ? » ou « nous ne savions pas » seront de piètre utilité.

Réveillons-nous car il se fait tard.

Michel Raimbaud

34 réponses à Michel Raimbaud : “La nouvelle guerre froide se transforme progressivement en une guerre ouverte”

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Armement : où va la France en Arabie Saoudite ?

Armement : où va la France en Arabie Saoudite ?

Par Michel Cabirol  |   |  1203  mots
Ryad souhaite saoudiser 50% de ses achats d'armement à l'horizon de 2030
Ryad souhaite « saoudiser » 50% de ses achats d’armement à l’horizon de 2030 (Crédits : Handout .)
L’année 2018 sera une année décisive pour les industriels de l’armement français en Arabie Saoudite. Ça passe ou ça casse.

Pour les industriels de la défense français, 2018 sera vraiment l’année clé en Arabie Saoudite. Ou Emmanuel Macron signe des contrats d’armement en fin d’année comme il l’a annoncé, ou alors les industriels de la défense tricolores seront exclus en grande partie des marchés de défense saoudiens au profit des Américains mais aussi des Britanniques, des Russes, des Espagnols, des Coréens voire des Turcs. Ce qui est déjà plus ou moins le cas. Pourtant, la France a entretenu une longue histoire avec l’Arabie Saoudite dans le domaine de la défense. Elle a signé plusieurs dizaines de milliards d’euros de contrats sur une période de 35/40 ans avec des conditions financières extrêmement favorables via ODAS (ex-Sofresa).

ODAS a perdu la main

Toutefois, cette société publique qui représente les intérêts de l’État et des grands groupes d’armement français dans le Royaume, a perdu la confiance du prince héritier saoudien Mohammed bin Salman bin Abdul Aziz (MBS) depuis novembre 2015. Selon un observateur de ce dossier, elle a également perdu la confiance du missilier MBDA et d’Airbus, estimant qu’elle était un instrument de Thales. La guerre franco-française dans les sables saoudiens entre Thales et MBDA a laissé des traces, beaucoup de traces.

Défiance cette fois plus pragmatique de Naval Group, qui n’a semble-t-il qu’un seul objectif, celui de récupérer les contrats en cours d’exécution : programme AMWAJ qui porte sur le soutien à la marine saoudienne (fournitures de pièces de rechange et assistance technique, soit 200 à 400 millions par an), les programmes de modernisation des frégates Sawari 1 signés en 2013 (contrat LEX) et des frégates Sawari 2 (contrat ERAV).

Marginalisation de la France en Arabie Saoudite

En dépit de sa marginalisation qui a été progressive depuis plusieurs années, la France détient encore quelques enjeux commerciaux en Arabie Saoudite. A commencer par l’exécution des contrats en cours qui vont courir au-delà de 2020, dont la modernisation des frégates Sawari 1 (programme LEX). Mais cela ne va pas sans mal avec l’extinction programmée d’ODAS par Ryad et Paris. Car de nombreux cadres démissionnent et ceux qui restent sont pour la plupart de plus en plus démotivés par les perspectives très peu réjouissantes de l’entreprise.

Enfin, le nouveau patron d’ODAS  l’ingénieur général de l’armement Daniel Argenson serait isolé. Il ne serait pas associé aux décisions du ministère des Armées, selon une source proche du dossier. « Il n’y a pas de plan B avec la disparition d’ODAS », se désole un observateur. Non pas pour ODAS elle-même mais pour les intérêts français en Arabie Saoudite dans le domaine de la défense en berne ces dernières années. En 2015 puis en 2016, l’Arabie Saoudite n’a commandé à la France que 193,5 millions et 764 millions d’euros de matériels militaires. Bien loin des ventes de 2013 (1,9 milliard) et de 2014 (3,6 milliards).

Vers des transferts de technologie

Que peut-on attendre dans les prochains mois de l’Arabie Saoudite ? Le contrat portant sur la vente de 39 patrouilleurs HSI 32 du chantier naval de Cherbourg CMN évalué à 550 millions d’euros devrait être signé « dans les semaines qui viennent », assure une source proche du dossier. « Tout est bouclé, il ne manque que la signature », poursuit-elle. A suivre. En tout cas, la délégation saoudienne a cité en exemple ce contrat lors de la visite de MBS à Paris devant un parterre d’officiels et de patrons français, selon nos informations. Pourquoi ? Quinze des patrouilleurs doivent être fabriqués à Damman par le groupe saoudien Zamil, partenaire de CMN. Le chantier naval cherbourgeois a déjà vendu fin 2017 trois patrouilleurs FS56 à Ryad.

Ce type de contrat se glisse parfaitement dans la nouvelle stratégie de Ryad de « saoudiser » 50% de ses achats d’armement à l’horizon de 2030. La France sait faire. Ces dernières années, elle a signé de nombreux contrats en ayant proposé des transferts de technologies à l’Inde, au Brésil, en Australie notamment. D’ailleurs Naval Group, qui a déjà signé un partenariat avec Zamil, a récemment proposé au patron de Saudi Arabia Military Industries (SAMI) Ahmad ben Aqil al-Khatib, une coopération sur le système de combat dans le cadre d’une vente de cinq corvettes Gowind à la marine saoudienne.

Un accord intergouvernemental?

Et à,plus long terme ? Emmanuel Macron a promis des contrats en fin d’année. Il en va donc de sa crédibilité. Ou alors, estime un observateur, il existe une volonté cachée de ne plus rien faire en Arabie Saoudite. Ce n’est pas l’avis d’un patron du secteur, « Emmanuel Macron a une très bonne approche » de ne pas considérer l’Arabie Saoudite comme un simple client. L’Elysée a d’ailleurs précisé que le président ne considérait « pas l’Arabie saoudite comme un client mais comme un allié ». Il considère que la relation entre Emmanuel Macron et MBS est une relation « plus saine » basée sur des accords mais aussi des désaccords. « C’est impossible d’être d’accord sur tout au niveau des Etats », estime-t-il.

La France continuera vraisemblablement à vendre des armes à l’Arabie Saoudite. « Pour restaurer l’influence de la France dans certaines zones du monde, eh bien c’est un élément important de notre diplomatie. Notre industrie a aussi besoin de trouver des débouchés sur ces marchés », a souligné le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, proche d’Emmanuel Macron lors de l’« Epreuve de vérité », sur Public Sénat-Radio Classique-AFP, à propos de l’Arabie Saoudite. Cela devrait passer par un accord intergouvernemental (AIG) entre les deux pays. Problème, sa rédaction traîne en longueur depuis deux ans. Et surtout avec quelles conditions financières?

Ce que peut espérer la France

Outre les patrouilleurs de CMN, Nexter attend depuis plusieurs années la concrétisation d’un contrat de véhicules blindés Titus et de canons de 105 mm tractés pour un montant de 359 millions d’euros. Naval Group pousse son best-seller du moment à l’export, la corvette Gowind, qui, estime-t-on, ne serait pas pénalisée par la vente par l’Espagne de cinq corvettes Avante 2200 fabriquées par Navantia. Thales travaille discrètement sur le renouvellement progressif du parc de systèmes de défense sol-air de courte portée avec Ryad, en proposant notamment ses radars de défense aérienne GM200 et GM400 ainsi que les systèmes de commandement du système. En revanche, Ryad choisirait un missile de la classe du Crotale d’un autre industriel.

Enfin, Airbus est en discussion pour vendre deux avions-ravitailleurs A330 MRTT supplémentaires à l’armée de l’air saoudienne (6. exemplaires commandés). En outre, Ryad pourrait se décider à acheter des avions de transport militaire A400M pour lesquels un intérêt aurait été officiellement formulé. Le prince héritier d’Arabie Saoudite devrait en discuter avec Airbus au moment de son passage en Espagne. En revanche, les discussions sur l’acquisition de satellites (Airbus et Thales) semblent être au point mort. Des ventes qui ramènent la France à son rang de puissance moyenne. En comparaison, les Etats-Unis et l’Arabie saoudite avaient signé en mai 2017 des accords d’une valeur de plus de 380 milliards de dollars….

 

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-d

Les S-400 russes sont la clé d’un nouveau mouvement des non-alignés

Les S-400 russes sont la clé d’un nouveau mouvement des non-alignés


Les États-Unis menacent de sanctionner la Russie si elle vend ses systèmes anti-aériens S-400 à l’étranger.


Par Andrew Korybko – Le 24 mars 2018 – Source Oriental Review

Russian S-400 missile system Triumph

Bob Menendez a dirigé un groupe de législateurs qui a écrit au département d’État et a demandé que la loi de l’an dernier, Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act, or CAATSA, soit appliquée contre la Russie dans le cas où cette dernière exporte sa dernière technologie défensive à la fine pointe du progrès. Les États-Unis ont manifestement peur des S-400, car ils comprennent à quel point cette technologie bouscule la domination stratégique du Pentagone obtenue grâce à ses avions et ses missiles et, par conséquent, augmente le coût de toute campagne militaire future. Tout simplement, investir dans ce système équivaut à investir dans l’une des politiques de dissuasion les plus infaillibles contre une agression américaine, et c’est pourquoi un large éventail d’États tels que la Turquie , l’Arabie saoudite, l’Irak, l’Inde et la Chine sont en train de le faire.

Le Qatar avait déjà eu des discussions avec la Russie sur l’achat de ces missiles, mais il semble avoir fait marche arrière sous la pression des Américains. Il est par contre probable que le Pakistan pourrait s’y intéresser en réaction au fait que le Pentagone a suspendu son assistance militaire à l’État sud-asiatique au début de cette année. Au total, le schéma identifiable est que les pays de l’ensemble du Rimland eurasiatique sont intéressés à acheter cette technologie, avec pour effet combiné que les États-Unis pourraient éventuellement être exclus du Heartland super-continental  si toutes ces ventes prospectives se concluent. Il y a donc urgence, c’est pourquoi l’Amérique veut sanctionner la Russie pour la vente de ses S-400 à l’étranger. Par inadvertance, cependant, cette frénésie pourrait se retourner contre elle et devenir la meilleure approbation que la Russie aurait pu espérer.

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En outre, la menace d’une pression américaine concertée contre Moscou et ses partenaires militaires donne à la Russie l’occasion de mener une vaste coalition anti-sanctions pour développer et étendre des institutions financières et autres alternatives pour limiter les dommages que les États-Unis pourraient porter contre leurs intérêts avec le CAATSA. Cela pourrait donner l’impulsion au renforcement de l’émergence de l’ordre mondial multipolaire et accélérer la transition post-unipolarité. Ces ventes de S-400, les sanctions possibles et les mesures d’évitement de ces sanctions liées au CAATSA sont un ballon d’essai pour le jour où la Russie vendra inévitablement sa technologie de missile hypersonique à d’autres pays en leur donnant un moyen de dissuasion percutant pour renforcer leurs moyens défensifs contre toute agression américaine.

La « diplomatie militaire » de la Russie aide les alliés traditionnels américains, comme la Turquie et l’Arabie saoudite, à diversifier leurs relations avec les grandes puissances multipolaires tout en conservant une coopération pragmatique avec les États-Unis, pour une politique étrangère plus indépendante. Cela leur permet finalement de devenir les pionniers d’un nouveau Mouvement des non-alignés (Neo-MNA) dans la Nouvelle Guerre froide qui s’efforce d’atteindre l’équidistance stratégique entre les États-Unis et la Chine, qui serait impossible à réaliser sans ce rôle d’« équilibre » que leur relation avec la Russie leur fournit. Si on adopte ce point de vue, les ventes de S-400 en Russie sont en fait un pas révolutionnaire dans la direction d’un changement géostratégique majeur, il ne devrait donc pas être surprenant que les États-Unis réagissent aussi hystériquement à ce mouvement.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/les-s-400-russes-sont-la-cle-dun-nouveau-mouvement-des-non-alignes

Pourquoi la France ne doit pas s’associer aux frappes en Syrie, par Caroline Galactéros

Source : Le Figaro, Caroline Galactéros, 10-04-2018

FIGAROVOX/TRIBUNE – Alors que la France s’apprête vraisemblablement à frapper la Syrie, en représailles aux attques chimiques supposées, Caroline Galactéros plaide pour un sursaut d’indépendance nationale. Selon elle, la France ne doit pas s’aventurer dans une nouvelle coalition.

Docteur en sciences politique et colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées, Caroline Galactéros dirige le cabinet d’intelligence stratégique Planeting. Auteur du blog Bouger Les Lignes, elle a notamment publié Guerre, Technologie et société (éd. Nuvis, 2014).


La messe semble dite et une atmosphère de veillée d’armes plane sur Paris, tandis que le jeune prince d’Arabie Saoudite quitte la capitale et que notre président est en étroit dialogue avec son homologue américain. La France pourrait, en coordination avec Washington, frapper de manière imminente les forces du régime syrien en représailles d’une nouvelle attaque chimique imputée de manière «très probable» mais en amont de toute enquête, aux forces de l’abominable tyran Assad soutenu par les non moins affreux régimes russe et iranien.

Il faudrait agir vite, se montrer ferme, intraitable, juste! Il s’agirait là d’un «devoir moral»! On a bien entendu et lu. Le discours moralisateur sur la sauvegarde des civils innocents, pourtant inaudible après sept ans de guerre et de déstabilisation de la Syrie, est toujours le même. C’est là le comble du cynisme en relations internationales, que nous pratiquons pourtant sans états d’âme depuis des décennies. Pendant ce temps, la guerre silencieuse du Yémen continue. Ces civils-là n’existent pas, ne comptent pas.

Mais certaines images de guerre et de civils otages d’une sauvagerie généralisée irritent plus que d’autres nos consciences lasses d’Européens déshabitués de la violence et gonflés d’une prétention à connaître, dire et faire le Bien. Soit.

Mais agir contre qui? Qui faut-il punir? Le régime de «l’animal Assad», comme l’a appelé Trump? L’Iran? La Russie? Vraiment? Et si ce trio noir que l’on désigne exclusivement depuis des mois à la vindicte populaire internationale n’était qu’un leurre, proposé à notre indignation sélective pour ne pas réfléchir à nos propres incohérences?

Quel serait l’intérêt de la Russie de laisser perpétrer une telle attaque ?

Personne ne se demande pourquoi cette nouvelle attaque chimique arrive maintenant, au moment même où la Ghouta orientale repasse sous contrôle gouvernemental syrien et parachève sa reconquête territoriale, face à des groupuscules rebelles rivaux globalement en déroute et plus que jamais prêts à se vendre au plus offrant pour survivre et espérer compter? Personne ne s’autorise à douter un instant, quand le ministre russe des affaires étrangères rapporte que les observateurs du Croissant rouge syrien envoyés sur place n’ont rien vu ressemblant à une attaque? Serguei Lavrov ment-il carrément au Conseil de Sécurité des Nations unies ou bien faut-il penser que Moscou ne contrôle pas tout ce qui se fait au plan militaire sur le théâtre? Ou que des éléments de l’armée syrienne elle-même agiraient en électrons libres ou auraient été «retournés»? À qui profite le crime? C’est cette vieille question, mais toujours pertinente, qui paraît désormais indécente.

Quel serait pourtant l’intérêt de la Russie de laisser perpétrer une telle attaque, alors que, ne nous en déplaise, bien davantage que notre «Coalition internationale», elle cherche la paix, l’organise pragmatiquement, et est la seule depuis sept ans à engranger quelques résultats qui évidemment contreviennent à nos intérêts et à ceux de nos alliés régionaux?

On semble aussi avoir totalement oublié une donnée fondamentale du conflit: les malheureux civils de la Ghouta, comme ceux des ultimes portions du territoire syrien encore aux mains des «rebelles» djihadistes ou de Daech, sont des boucliers humains, peut-être même, en l’espèce, sacrifiés par ces mêmes apprentis démocrates suppôts d’al-Qaïda et consorts pour entraîner l’Occident dans une guerre ouverte avec Moscou et Téhéran.

Car si l’on quitte le microscope pour la longue-vue, il est permis de décrire à partir de cette dernière séquence syrienne un contexte stratégique global infiniment préoccupant pour l’Europe, et singulièrement pour la France, qui risque de prendre les avant-postes d’une guerre qui n’est pas la sienne, dont elle fera les frais et qui neutralisera durablement l’ambition présidentielle affirmée de prendre le leadership politique et moral de l’Union européenne. Nos amis allemands ou italiens sont d’ailleurs moins cynico-idéalistes, mais plus prosaïques que nous. Ils avancent prudemment, vont et viennent entre Beyrouth et Damas pour pousser leurs pions en cette phase douloureuse et recueilleront les fruits de notre marginalisation radicale quand la reconstruction syrienne arrivera.

La guerre en Syrie a été gagnée militairement par l’armée gouvernementale. Militairement, mais pas politiquement.

La ficelle est si grosse et la pelote si bien déroulée depuis des mois qu’on ne la voit plus en effet. On punit la Russie. On la punit d’être la Russie, déjà, et d’avoir réussi son retour sur la scène mondiale. On la punit de vouloir la paix en Syrie et de chercher à la mettre en musique politiquement à Astana ou à Sotchi. On la punit d’avoir sauvé Damas et son régime diabolisé du dépècement qu’on leur promettait et qui s’est fracassé sur la résilience populaire et gouvernementale syrienne et a déjoué partiellement au moins la confessionnalisation des affrontements politiques et sociaux que l’Occident encourage, sans en comprendre le danger insigne pour ses propres sociétés, et notamment en Europe.

La guerre en Syrie a été gagnée militairement par l’armée gouvernementale. Militairement, mais pas politiquement. Cette victoire sur le terrain au prix d’une guerre brutale (comme toutes les guerres, même celles menées depuis les airs et qui n’ont de chirurgicales que le nom), nous est proprement insupportable car cela nous force à faire la paix, ce que nul ne veut mis à part… Moscou. Ah, Moscou! L’impudent Vladimir Poutine trop bien réélu qui nous nargue avec sa coupe du monde, où des millions de gens vont découvrir un visage de la Russie qui ne les terrifiera pas.

Et puis derrière Moscou, on vise évidemment Téhéran, dont l’allié israélien, en pleine idylle officielle avec le centre mondial du salafisme – l’Arabie saoudite – qui a toutefois opportunément décidé de faire peau neuve, ne peut tolérer l’émergence régionale, tant le niveau sociétal, culturel, technologique et commercial de ce pays lui fait de l’ombre bien au-delà de la seule crainte d’un (dés)équilibre stratégique modifié par sa nucléarisation ultime.

Bref, nous sommes en train de tomber dans un vaste piège qui se joue sur plusieurs fronts, et de nous ruer, en croyant ainsi exister, sur le premier os qu’on nous jette. De ce point de vue, l’affaire Skripal pourrait bien n’avoir été que le hors-d’œuvre de la séquence actuelle. Elle a posé le premier étage d’une repolarisation politique et sécuritaire de l’Europe autour de Londres, et surtout sous la bannière de l’OTAN. Car c’est là l’ultime manœuvre: remettre au garde-à-vous les Européens qui, depuis l’arrivée de Donald Trump et le Brexit, s’étaient pris à rêver d’une autonomie européenne en matière de politique et de défense… Péril suprême pour le leadership américain sur le Vieux Continent, heureusement contrebalancé par les rodomontades de quelques nouveaux européens qui refusent leur arasement identitaire et mettent à mal tout projet d’affranchissement sécuritaire collectif. Le Secrétaire américain à la défense, le général Mattis, a d’ailleurs été très clair: les Européens doivent en effet consacrer 2 % de leur PIB à la défense, mais pour acheter des armes américaines et demeurer dans l’orbite otanienne évidemment, l’Alliance constituant le cadre naturel et nécessaire de la défense de l’Europe. Fermez le ban!

Nous sommes en train de tomber dans un vaste piège qui se joue sur plusieurs fronts.

Nous sommes donc en train d’être clairement repris en main par l’OTAN, mais […]

Suite à lire sur : Le Figaro, Caroline Galactéros, 10-04-2018

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

79 réponses à Pourquoi la France ne doit pas s’associer aux frappes en Syrie, par Caroline Galactéros

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La France et l’Arabie saoudite signent des accords à plus de 14 milliards d’euros

La France et l’Arabie saoudite signent des accords à plus de 14 milliards d’euros

>Économie|Le Parisien| 10 avril 2018, 21h41 |10
Mohamed ben Salmane et Emmanuel Macron ce mardi après-midi à l’Elysée. AFP PHOTO / POOL / YOAN VALAT

La visite de Mohammed ben Salmane s’inscrit dans sa campagne de séduction auprès des Occidentaux pour attirer des investissements étrangers.

La visite en France du prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, s’est conclue mardi avec la signature de 19 protocoles d’accord entre des entreprises françaises et saoudiennes pour une valeur totale de plus de 18 milliards de dollars. Soit 14,58 milliards d’euros.

Ces lettres d’intention concernent des secteurs industriels comme la pétrochimie et le traitement de l’eau, mais aussi du tourisme, des activités culturelles, de la santé et de l’agriculture, a indiqué dans un communiqué le forum d’affaires franco-saoudien, une conférence de dirigeants d’entreprises et de représentants des deux gouvernements.

Le projet pétrochimique conclu entre le français Total et le saoudien Aramco apparaît comme l’un des accords les plus importants. L’investissement, estimé à environ 5 milliards de dollars, permettra de développer un site à Jubail, dans l’est du pays, où se trouve déjà la plus grosse raffinerie de Total dans le monde.

LIRE AUSSI >Mohammed ben Salmane, Mohammed VI et Saad Hariri font un selfie

La campagne de séduction de «MBS»

Les groupes Suez, Veolia, Schneider Electric, Safran, Orange et JCDecaux font aussi partie des élus, et le fonds d’investissement franco-saoudien Five Capital (filiale de la Caisse des dépôts) a annoncé ses deux premiers investissements avec Webedia et Suez.

La visite de Mohammed ben Salmane s’inscrit dans sa campagne de séduction auprès des Occidentaux pour attirer des investissements étrangers. Le prince héritier veut mettre en place un plan de réforme baptisé «Vision 2030», conçu pour libéraliser et moderniser l’économie du royaume, encore trop dépendante du pétrole.

Le président français Emmanuel Macron a d’ailleurs déjà annoncé qu’il se rendrait en Arabie saoudite «en fin d’année», cette fois pour parapher des contrats.

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False flag III, le retour

False flag III, le retour

9 Avril 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient, #Etats-Unis, #Russie

Vous en rêviez, vous l’attendiez, les coupeurs de tête modérés l’ont fait. Alors qu’ils se prennent une fessée prison-style à Douma, dernière enclave de la désormais quasi-reconquise Ghouta orientale, les djihado-takfiris si chers au système impérial US ont lancé leur dernier atout sur le tapis : « attaque chi-mi-que » crient-ils en coeur, bien que sans grande originalité. Il est vrai que les précédents de 2013 (déjà dans la même zone) ou de 2017 à Khan Cheikhoun nous ont vaccinés contre ce genre de comédie imbécile…

Ce que nous écrivions l’année dernière dernière n’a pas pris une ride :

Tout part de ce qui ressemble à un énième false flag barbu : le supposé bombardement chimique par l’aviation syrienne. Comme d’habitude, aucune preuve et aucun temps de réflexion – quel serait donc l’intérêt d’Assad de perpétrer ces attaques en un point non stratégique alors qu’il est en train de gagner la guerre et que l’administration américaine venait de lui donner un blanc-seing ? Ca n’a strictement aucun sens.

Cela a encore moins de sens aujourd’hui alors que 95% de la Ghouta a été reprise et que la réduction de la dernière poche de Jaish al-Islam n’est qu’une question de jours. Mais la journaloperie ne s’arrête évidemment pas à ce genre de détail tout comme elle ne rapportera jamais la découverte jour après jour de labos chimiques rebelles…

Sans surprise, les habituels trolls de l’empire – McCainistan, Israël – s’empressent d’éructer et de pousser à l’action contre l’ogre Assad, dévoreur de son peuple. Chose plus curieuse, les réactions de l’Arabie saoudite et de la Turquie sont relativement inverses de ce que l’on pourrait attendre. La première, pourtant marraine de Jaish al-Islam, se contente de condamner l’attaque chimique sans désigner de coupable et d’appeler à la résolution pacifique du conflit. Signe du rapprochement russo-saoudien de ces derniers temps ?

Par contre, le sultan semble tout prêt d’une nouvelle crise de nerfs, Ankara accusant Damas de crime de guerre. Malgré l’optimisme d’excellents sites (ici ou ici), on a quand même la légère impression que la réunion tripartite Erdogan-Poutine-Rohani d’il y a quatre jours n’a pas été un franc succès (durée largement raccourcie, dispute entre Iraniens et Turcs à propos d’Afrin…)

Outre les accusations téléguidées contre Damas à propos du false flag de la Ghouta, on sent plus généralement une certaine mauvaise volonté ottomane. Ainsi, le plan russe de transporter les restes de Jaish al-Islam de Douma au nord d’Alep, dans la zone contrôlée par Ankara, a été rejeté. Simple souhait de ne pas ajouter encore plus de chaos dans la région ou volonté délibérée de faire dérailler les négociations sur l’évacuation des barbus et la reconquête totale de la Ghouta par les loyalistes ? Seul l’avenir nous le dira mais il n’est pas impossible que nous assistions aux prémices d’une nouvelle dégradation des relations russo-turques. A suivre.

Pour le moment, tous les yeux sont braqués sur ce qui va se passer entre Washington et Moscou. Se faisant plus deepstatiste que le Deep State, Donaldinho a de nouveau endossé l’habit de Cretinho. Son hoquet twitterique contre « l’animal Assad et la Russie et l’Iran qui le soutiennent » nous fait venir à l’esprit les sages pensées de Michel Audiard sur un certain chef d’escadrille…

Il ne peut pas ne pas savoir que cette « attaque chimique » est une mauvaise farce. Pourquoi alors se griller avec ces déclarations incendiaires et infantiles ? Regagner en popularité intérieure, louvoyer avec l’Etat profond ? Ce qui importe, ce sont les actions à venir.

Assistera-t-on à un scénario à la Khan Cheikhoun, possible false flag au carré (quelques tirs de vieux Tomahawk au milieu de nulle part pour sauver la face) ? Ou les Follamour états-uniens vont-ils cette fois franchir le Rubicon et affronter la Russie en Syrie ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit et Moscou ne rigole plus désormais. Il y a un mois, l’état-major russe avait déjà averti qu’il répondrait à toute attaque américaine. Les forces russes sont en état d’alerte et le Ministère des Affaires étrangères s’est lâché contre la propagande occidentale et menacé une intervention US des « plus graves conséquences ». Âmes sensibles, s’abstenir…

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Le prince héritier saoudien révèle que le wahhabisme a été exporté à la demande des Occidentaux

Le prince héritier saoudien révèle que le wahhabisme a été exporté à la demande des Occidentaux

Le prince héritier saoudien révèle que le wahhabisme a été exporté à la demande des Occidentaux© MANDEL NGAN / AFP Source: AFP
Mohammed ben Salmane et Donald Trump à Washington, illustration.

Dans une interview au Washington Post, le prince héritier Mohamed ben Salmane a déclaré que l’Arabie saoudite avait commencé à propager l’idéologie wahhabite à la demande de ses alliés occidentaux, pendant la guerre froide, pour contrer l’URSS.

Une déclaration du prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane (surnommé «MBS») publiée par le Washington Post le 22 mars et passée, semble-t-il, inaperçue dans les médias francophones, fait office d’aveu. En effet, le prince héritier saoudien a assuré que l’idéologie wahhabite avait été propagée au cours de la seconde moitié du XXe siècle par Riyad à la demande des alliés occidentaux du royaume, dans le but de contrer l’influence de l’Union soviétique dans les pays musulmans.

En visite diplomatique aux Etats-Unis, «MBS» s’est exprimé lors d’une rencontre avec des membres de la rédaction du Washington Post. Bien que cette réunion ait été tenue secrète dans un premier temps, l’ambassade saoudienne a par la suite autorisé le célèbre journal américain à publier des extraits spécifiques des propos tenus par le prince héritier. Ainsi, le journal relate des déclarations de Mohamed ben Salmane sur différents dossiers, dont sa relation avec Jared Kushner, le gendre de Donald Trump et conseiller de la Maison Blanche, ses réformes internes au royaume, la guerre au Yémen ou encore le conflit israélo-palestinien.

Interrogé sur la propagation du wahhabisme, idéologie islamiste rigoriste née en Arabie saoudite et parfois accusée par la presse et des responsables politiques en Occident d’être une source du terrorisme islamiste, le prince héritier a déclaré que les investissements saoudiens dans les mosquées et écoles islamiques à l’étranger trouvaient leur origine dans le contexte de la guerre froide. Le prince héritier a expliqué que, à cette époque, les alliés occidentaux de Riyad avaient demandé à l’Arabie saoudite d’utiliser ses ressources afin d’empêcher l’Union soviétique de «conquérir le monde musulman ou d’y acquérir de l’influence».

Une révélation tardive du rôle de l’Occident dans la propagation du wahhabisme

Interrogé par RT France, Pierre Conesa, historien français, auteur du livre Dr. Saoud et Mr. Djihad, qualifie cette révélation de «tardive». Pour ce spécialiste en stratégies politiques internationales, cette révélation permet au prince héritier de «se décharger d’une partie de sa responsabilité sur le financement du terrorisme».

Dans un article publié dans le Monde Diplomatique de juin-juillet 2016, intitulé «Un demi-siècle de diplomatie wahhabite», Pierre Conesa expliquait déjà que la politique étrangère du royaume saoudien avait été anticommuniste durant la guerre froide et opposait le panislamisme au panarabisme socialisant de Gamal Abdel Nasser, dirigeant égyptien de 1954 à 1970. Cette politique était largement soutenue par les Occidentaux et notamment les Américains. «L’adage très répandu pendant la guerre froide selon lequel « l’ennemi de notre ennemi est notre ami » empêche alors [les Occidentaux] de voir que le royaume wahhabite a son propre programme », ajoute l’historien. Une véritable industrie «théo-idéologique» qui «emprunte au soft power américain et à la propagande soviétique» se met alors au service du wahhabisme.

Un système de promotion mondiale de l’islam rigoriste

Plus de deux décennies après la fin de la Guerre Froide, WikiLeaks publie plus de 60 000 documents diplomatiques saoudiens. Ces «câbles» mettent en lumière le système de prosélytisme et de promotion d’une lecture rigoriste de l’islam appliqué par le royaume wahhabite au niveau international. «Depuis des dizaines d’années, l’Arabie Saoudite injecte des milliards de pétrodollars dans des organisations islamiques à travers le monde, pratiquant une diplomatie du chéquier», révèle le journal américain New York Times, en juillet 2015, après avoir épluché tous les documents diplomatiques mis à jour par WikiLeaks.

«Quand après les attentats du 11 septembre 2001, alors que 15 des terroristes étaient saoudiens, George W.Bush désigne l’Afghanistan et l’Irak comme les ennemis des Etats-Unis, on comprend que l’Arabie est un bon client qu’il ne faut pas contrarier », analyse encore Pierre Conesa. Pour l’historien, la situation est similaire aujourd’hui, quand «Donald Trump annonce depuis Riyad que c’est l’Iran qui est la cause du terrorisme».

Riyad ne semble toutefois plus assumer son rôle d’exportateur global du wahabisme. Aux journalistes du Washington Post, Mohammed ben Salmane a en effet confié que les gouvernements saoudiens successifs «s[’étaient] fourvoyés sur de fausses pistes» et qu’il était temps désormais que «les choses reviennent à la normale», en ce qui concerne notamment le financement du wahhabisme. Il a assuré que ce «financement prov[enait] aujourd’hui en grande partie de fondations saoudiennes, et non du gouvernement». De manière on ne peut plus claire, le prince héritier Mohammed ben Salmane entend donc séduire ses partenaires occidentaux. L’accueil que lui a réservé Donald Trump au premier jour de son voyage à Washington semble démontrer que cette offensive de charme fonctionne à merveille.

 

https://francais.rt.com/international/49248-nous-avons-propage-wahhabisme-a-la-demande-des-occidentaux

ANALYSE : L’argent fuit l’Arabie saoudite à toute vitesse

ANALYSE : L’argent fuit l’Arabie saoudite à toute vitesse

Simon Constable's picture
27 mars 2018

Les liquidités sortent d’Arabie saoudite à un rythme exponentiel en raison des difficultés rencontrées par l’économie du pays, selon un récent rapport

Un torrent d’argent a fui l’Arabie saoudite à cause des difficultés rencontrées par son économie.

Il s’agit là d’une mauvaise nouvelle pour un pays qui essaie désespérément de se défaire de sa dépendance vis-à-vis du secteur de l’énergie et de refaçonner son économie en prévision d’un monde post-pétrolier.

De nouvelles recherches montrent que le royaume a vu sortir des dizaines de milliards de dollars de capitaux chaque année entre 2012 et l’année dernière. L’année qui suit sera du même acabit, indique le rapport rédigé par l’Institut de la finance internationale (IIF), un think tank basé à Washington.

Un cycle majeur de fuite de capitaux pourrait s’opérer, au cours duquel les habitants riches transféreraient des actifs en dehors du royaume

« Les flux de capitaux propres ont connu un rythme nettement négatif au cours de l’année dernière […] avec peu de signes d’amélioration des données au troisième trimestre 2017 », indique le rapport.

Les capitaux désignent les liquidités et autres actifs économiques. Dans cette étude, les analystes de l’IIF ont retiré les emprunts à l’étranger effectués par le royaume. Il en résulte ce qu’on appelle le « flux de capitaux propres ».

« Avant ces dernières années, l’Arabie saoudite n’empruntait pas à l’étranger ; nous voulions donc retirer cette donnée pour voir s’il y avait des entrées ou des sorties », explique Greg Basile, analyste à l’IIF.

Ils ont alors constaté une sortie considérable et constante de capitaux.

Selon les estimations du rapport, 64 milliards de dollars de capitaux propres sont sortis d’Arabie saoudite en 2017 sur la base des données du troisième trimestre, un chiffre en augmentation par rapport aux 55 milliards de dollars enregistrés au cours de l’année précédente. Cette année, les sorties devrait se poursuivre avec une projection de 26 milliards de dollars.

Pourquoi cet exode ?

Les saisies financières contre les princes et autres membres de la famille royale ont-elles été prises en compte dans le rapport de l’IIF ? Probablement pas.

« Il y a fort à parier que nous ne verrons pas l’effet des sorties de capitaux issues de ces événements avant cette année », explique Marcus Chenevix, spécialiste du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord au sein de la société financière TS Lombard, basée à Londres.

Maintenant que l’épisode du Ritz semble clos, il est probable que la fuite de capitaux s’intensifie

La raison est simple. Les princes ont été arrêtés et n’étaient donc pas libres de prendre des dispositions pour sortir des actifs du royaume, précise Chenevix.

« Y a-t-il eu des capitaux qui ont quitté immédiatement le pays ? Probablement pas », a-t-il ajouté.

Maintenant que l’épisode du Ritz semble clos, il est probable que la fuite de capitaux s’intensifie dans la mesure où toutes les personnes impliquées sont libres d’agir en ce sens.

« Il est important de noter que les autres personnes qui n’ont pas été prises dans les filets des arrestations seront davantage motivées à l’idée d’avoir des actifs hors d’Arabie saoudite », explique-t-il. En d’autres termes, un cycle majeur de fuite de capitaux pourrait s’opérer, au cours duquel les habitants riches transféreraient des actifs en dehors du royaume.

À LIRE : La question à 106 milliards de dollars qui plane sur le royaume saoudien

Mais la raison la plus importante de la sortie des capitaux est peut-être la morosité de l’économie intérieure en Arabie saoudite.

Malgré les efforts récemment engagés dans le but de se défaire de sa dépendance vis-à-vis des exportations pétrolières, le pays demeure fortement tributaire des variations du marché international de l’énergie.

Les produits énergétiques connexes représentent toujours 87 % du budget du gouvernement et les neuf dixièmes des exportations, selon le World Factbook de la CIA.

Ainsi, lorsque le marché du pétrole a coulé, l’économie saoudienne a souffert. Selon les données collectées par TradingEconomics.com, la croissance du pays est passée d’un taux annualisé de plus de 10 % en 2011 à une baisse effective l’année dernière. Cette tendance a été causée par la chute des prix du pétrole qui, jusqu’à la mi-2014, s’échangeait à plus de 100 dollars le baril, pour chuter à 26 dollars en février 2016.

Le ministre saoudien des Finances, Mohammed al-Jadaan, à Riyad (AFP)

La baisse des prix du pétrole a été accompagnée d’une réduction des dépenses publiques, alimentées en grande partie par les recettes pétrolières. Les dépenses publiques ont atteint un sommet en 2014 avant d’être réduites en 2015, puis encore davantage en 2016. Ces coupes budgétaires ont nui à la croissance du PIB.

« Quand ces dépenses ont cessé en 2014, de nombreux fonds d’investissement et de nombreuses banques ont été pris au dépourvu », a affirmé Chenevix. Désormais, ces investisseurs veulent diversifier leurs avoirs à travers un éventail plus large d’actifs, a-t-il expliqué. Autrement dit, ils souhaitent des investissements qui ne sont pas tous liés au pétrole.

Besoin de capitaux

Le fait que la fuite des capitaux d’Arabie saoudite soit due en partie à la dépendance du royaume vis-à-vis des recettes pétrolières constitue un triste paradoxe. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a l’intention de moderniser le pays et de diversifier l’économie en l’éloignant du pétrole.

Cependant, pour développer le secteur non pétrolier, il aura besoin de capitaux étrangers. En d’autres termes, les personnes ou les entreprises qui ont de l’argent devront prendre des risques en investissant leurs capitaux en Arabie saoudite. Sans ces capitaux, il sera impossible pour le pays de diversifier son économie et de la défaire de sa dépendance vis-à-vis du pétrole et de l’énergie.

Le fait que la fuite des capitaux d’Arabie saoudite soit due en partie à la dépendance du royaume vis-à-vis des recettes pétrolières constitue un triste paradoxe

L’une des chevilles ouvrières de la stratégie de diversification de l’Arabie saoudite est la vente d’une participation dans la compagnie pétrolière publique Aramco. Cette vente a maintenant été retardée à plus tard cette année ou à début 2019.

« La privatisation est une composante importante de l’effort de modernisation du royaume et non une tentative désespérée de levée de fonds », selon un rapport récemment publié par la société de conseil en risques politiques Eurasia Group. Cela signifie que les « conditions du marché » sont l’élément clé à prendre en compte quant au timing de la vente.

Plus précisément, un marché pétrolier fort constitue la première composante. Si le prix du pétrole brut recommence à baisser, cela ne serait pas de bon augure pour la privatisation d’Aramco. En plus de cela, la demande des investisseurs pour les actions de l’entreprise est également vitale.

À LIRE : Économie saoudienne : pourquoi Vision 2030 échouera

Ces deux éléments, à savoir une forte demande pour les actions Aramco et un marché de l’énergie robuste, doivent être réunis afin d’assurer les meilleurs résultats pour la vente.

Si Mohammed ben Salmane et ses conseillers sont en mesure de réussir la vente d’une participation dans Aramco, cela encouragera probablement d’autres investisseurs à voir les plans de modernisation de l’économie comme plus qu’un simple vœu pieux.

« L’objectif [à plus grande échelle] est de continuer de rallier le soutien en faveur du programme de changements avancé par le prince héritier, ainsi que l’intérêt des investisseurs étrangers pour les efforts de diversification du royaume », a indiqué le rapport d’Eurasia Group.

Tant que ce succès n’aura pas eu lieu, il est probable que les investisseurs potentiels en Arabie saoudite demeurent sceptiques et que les capitaux continuent de fuir.

 

Photo : 64 milliards de dollars de capitaux propres sont sortis d’Arabie saoudite en 2017 (Reuters).

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

Deux échecs embarrassants en une seule journée – La défense antimissile ne veut pas fonctionner

Deux échecs embarrassants en une seule journée – La défense antimissile ne veut pas fonctionner


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 26 mars 2018

Dans le cadre du nouveau budget de défense de 700 milliards de dollars, le Congrès américain a alloué davantage de fonds à la défense antimissile étasunienne :

Le Pentagone dépenserait 1 milliard de dollars supplémentaires pour deux des systèmes de défense antimissile de Lockheed, ce qui porterait à 11,5 milliards de dollars le total des crédits alloués à l’Agence de défense antimissile.

Plus d’argent du contribuable américain va aussi être débloqué pour le développement du bouclier antimissile israélien et la production de missiles en Israël :

Le Congrès a ajouté au budget des programmes israéliens de défense antimissile la somme considérable de 148 millions de dollars afin d’inclure le développement en cours du Dôme de fer et des intercepteurs Arrow 3.

« Je suis très heureux d’annoncer que le Congrès américain vient de voter un budget plus important que jamais pour le programme de défense antimissile d’Israël : 705 millions de dollars en 2018 ! », a annoncé lundi le ministre de la Défense Avigdor Liberman.

Deux incidents survenus la nuit dernière montrent une fois de plus que la défense antimissile est du gaspillage. Ça ne marche presque jamais. La défense antimissile stratégique, que les États-Unis fabriquent, pour détruire les missiles intercontinentaux, ne protègera jamais personne contre les nouvelles armes que la Russie et d’autres pays développent actuellement. L’armée étasunienne l’avoue elle-même. Après que Poutine a présenté les nouveaux systèmes d’armement russes, l’administration Trump a hissé le drapeau blanc et a soudain appelé au renouvellement du dialogue sur le contrôle des armements.

Hier soir, l’armée yéménite a lancé (vidéo) sept missiles balistiques contre l’Arabie saoudite. Trois d’entre eux visaient la capitale Riyad, quatre visaient des cibles militaires et des infrastructures. A Riyad, les forces saoudiennes ont tiré un certain nombre de missiles surface-air Patriot et ont affirmé que ces derniers avaient intercepté avec succès les missiles yéménites. Le système Patriot Advanced Capabilities-2 (PAC-2) saoudien est fabriqué par la société étasunienne Raytheon, qui emploie également d’anciens soldats américains comme « techniciens de terrain des batteries Patriot » pour actionner et entretenir les systèmes saoudiens.

Les premières allégations saoudiennes d’interceptions réussies se sont avérées fausses. Les petites ogives des missiles yéménites se séparent du gros corps des missiles et sont difficiles à repérer. Les systèmes fournis par les États-Unis ciblent les gros corps vides des missiles.

Cette fois-ci, plusieurs vidéos en provenance de Riyad montrent qu’au moins sept missiles intercepteurs ont été tirés contre les trois missiles entrants. Au moins deux des intercepteurs sont complètement passés à côté de leur cible. Les cinq autres semblent s’être autodétruits en altitude. Il n’y a aucun signe de la moindre interception véritable.

L’un des intercepteurs Patriot a explosé prématurément pendant la phase de lancement. Ses débris incandescents sont retombés et ont enflammé le sol.

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Un autre intercepteur Patriot a fait demi-tour et est revenu frapper le sol à une centaine de mètres d’un groupe de gens qui contemplaient par hasard le spectacle:

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Cela n’a pas manqué de susciter quelques commentaires caustiques :

Jeffrey Lewis @ArmsControlWonk

Lorsque votre PAC2 se radicalise et se retourne contre vous….

Haykal Bafana @BaFana3

Même les missiles #Patriot saoudiens savent qui est le véritable ennemi : ils reviennent en boomerang bombarder l’Arabie Saoudite.

agitpapa @agitpapa

Voilà comment un vrai Patriot devrait fonctionner, en tuant les gars responsables du 11 septembre au lieu de les servir.

Les autres missiles de défense semblent s’être autodétruits, probablement après avoir perdu le contact avec la cible. Chacun de ces missiles Patriot MIM-104C a coûté entre 2 et 3 millions de dollars.

Les Saoudiens disent qu’un homme a été tué et que deux ont été blessés lors de l’attaque yéménite. Il est probable que ces personnes aient été victimes du système de défense antimissile et non des missiles attaquants.

Lors d’un autre incident nocturne de défense antimissile, Israël a tiré une vingtaine de ses intercepteurs Iron Dome payés par les États-Unis contre des soi-disant missiles en provenance de la bande de Gaza :

Le bouclier antimissile Iron Dome d’Israël a intercepté un certain nombre de roquettes tirées depuis la bande de Gaza dimanche, ont rapporté les médias israéliens, après que des sirènes d’avertissement ont retenti autour du territoire palestinien contrôlé par le Hamas.

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Cela s’est avéré être une fausse nouvelle. Plusieurs vidéos montrent que les missiles de défense ont explosé dans un flash de lumière en altitude. De telles explosions sont souvent interprétées comme une interception réussie mais c’est généralement seulement l’autodestruction programmée pour que les carcasses de missiles ne tombent sur les gens en dessous. En réalité, aucun des missiles tirés par l’armée israélienne n’a détruit la moindre cible, car il n’y en avait tout simplement pas :

Plusieurs fausses alarmes de code rouge ont été déclenchées dans les conseils régionaux de Hof Ashkelon et Sha’ar HaNegev et dans la ville méridionale de Sderot dimanche soir, quand la défense antimissile Iron Dome a confondu des balles tirées depuis la bande de Gaza avec des tirs de roquettes.

Les conseils régionaux ont commencé par expliquer qu’on leur avait dit que le système antimissile Iron Dome avait intercepté toutes les roquettes. Toutefois, l’armée israélienne a déclaré par la suite qu’aucune salve n’avait été tirée sur Israël.

« Aucune salve n’a été tirée sur le territoire de l’État d’Israël. La situation dans la région de Gaza est normale. Les interceptions par le système Iron Dome ont été activées en raison de tirs de balles provenant de la bande de Gaza. Rien n’est tombé en territoire israélien. On vérifie s’il y a eu ou pas des mortiers ou des roquettes de tirés », peut-on lire dans la déclaration.

Avant la clarification de l’armée, les conseils régionaux avaient demandé aux habitants du sud de rester dans les abris.

Chaque missile de l’Iron Dome coûte au moins 50 000 dollars. L’armée israélienne vient de dépenser 1 000 000 de dollars des contribuables étasuniens parce que son système « un peu trop sensible » a confondu des tirs d’armes à feu qui ne visaient pas Israël avec des missiles.

La défense antimissile stratégique étasunienne est conçue pour arrêter les missiles à longue portée. Les systèmes Patriot d’Arabie saoudite sont censés stopper les missiles balistiques de moyenne portée. Les systèmes israéliens du Dôme de fer devraient défendre le pays contre les attaques de missiles à courte portée.

Aucun des trois systèmes n’est de toute évidence capable de remplir sa mission. Tous les trois prouvent que la défense antimissile a un coût prohibitif. Le coût de chaque missile intercepteur de défense antimissile est infiniment plus élevé que le coût du missile attaquant. Le nombre d’intercepteurs est limité et les systèmes peuvent être submergés par des attaques en essaim de faux missiles bon marché suivies d’une attaque réelle.

L’année dernière, les Saoudiens ont été poussés par l’administration Trump à acheter le nouveau système de défense antimissile THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) :

Le contrat de vente de vendredi comprendrait 44 lanceurs THAAD, 360 intercepteurs, 16 groupes de stations tactiques mobiles de conduite de tir et de communications THAAD et sept radars AN/TPY-2 THAAD, ainsi que les équipements de soutien et la formation connexes.

Ce nouveau système est censé défendre l’Arabie saoudite contre les missiles balistiques iraniens. Mais selon une analyse sud-coréenne, le système de défense antimissile THAAD a le même problème que le système Patriot. Il peut facilement être berné par des leurres bon marché, et il a tendance à cibler le corps de missile entrant et à manquer la tête séparée qui poursuit alors tranquillement sa route vers la cible.

Lorsque le prince héritier saoudien s’est rendu à Washington la semaine dernière, le président américain a lourdement plaisanté (vidéo) au sujet de la vente. Le système THAAD, qui ne sert pratiquement à rien, va coûter environ 15 milliards de dollars aux Saoudiens. « C’est une bagatelle pour toi », a rigolé Trump. Mais les citoyens saoudiens risquent de ne pas trouver la plaisanterie aussi drôle. En tout cas elle n’a pas fait rire le prince héritier.

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Mais que peut-il faire ? S’il cesse d’acheter des armes américaines inutiles, le Borg 1 de Washington l’éjectera par un vif « changement de régime ».

La défense antimissile actuelle n’est pas économiquement viable. Les limites de la physique la rendent facile à vaincre. Mais les systèmes ont quand même leur raison d’être.

Pour les politiciens étasuniens, c’est une façon commode de transférer l’argent des contribuables vers les propriétaires de l’industrie de la défense. Pour le gouvernement israélien, il s’agit d’un outil psychologique (payé par les États-Unis) pour empêcher son peuple de protester contre les conséquences du vol de terres par les sionistes. Pour les Saoudiens, c’est une rançon inévitable.

Les échecs publics d’hier des défenses antimissiles mettent en danger ces objectifs. Si le grand public venait à penser que la défense antimissile ne fonctionne pas, toute l’arnaque s’effondrerait. La seule solution est de conditionner les futures ventes à la promesse de ne jamais utiliser le système acheté.

Traduction : Dominique Muselet

Note

  1. Les Borgs ou le Collectif Borg sont, dans l’univers de fiction de Star Trek, des races de créatures cybernétiques — en partie organique, en partie mécanique. Ils sont connus pour être impitoyables et particulièrement difficiles à éliminer. « Nous sommes les Borgs. Abaissez vos boucliers et rendez-vous sans condition. »

http://lesakerfrancophone.fr/deux-echecs-embarrassants-en-une-seule-journee-la-defense-antimissile-ne-veut-pas-fonctionner

 

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