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Prévisions 2019 pour le Moyen-Orient

Prévisions 2019 pour le Moyen-Orient


Par Andrew Korybko – Le 31 décembre 2018 – Source orientalreview.org

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Dans la même dynamique qu’observée au cours des dernières années, la situation géopolitique du Moyen-Orient a connu de profonds changements au cours des 12 derniers mois. Par ordre d’importance, la région a connu le retour de sanctions unilatéralement imposées par les USA envers l’Iran ; les processus de paix en Syrie et au Yémen ont connu des progrès, encore superficiels, mais prometteurs ; la fracture régionale entre d’une part la Turquie et le Qatar et d’autre part l’Arabie saoudite et Israël a continué de croître ; et l’influence de la Russie, agissant comme force d’équilibre et de stabilité, s’est encore accrue. Nous allons à présent passer en revue l’influence que chacun de ces développements exercera sur la situation régionale au cours de l’année 2019.

Le théâtre romain de Palmyre, en Syrie

La situation en Iran risque de basculer vers une instabilité socio-économique prononcée si les USA n’étendent pas les dispenses de sanctions déjà accordées, et si les partenaires internationaux de la République Islamique freinent leurs échanges commerciaux avec ce pays via des canaux alternatifs, par peur de voir leurs entreprises subir des « sanctions subsidiaires » étasuniennes en répercussion. Ceci dit, l’Iran dispose déjà d’une solide expérience de survie aux sanctions économiques les plus sévères du monde, et pourrait de ce fait éviter une crise politique. Le point à surveiller est de voir si le pays décide de réorienter sa stratégie d’Asie de l’Ouest vers l’Asie centrale, et l’Asie du Sud-Est en réponse à ces pressions : un tel repositionnement géopolitique peut se produire très rapidement, si le pays considère que son influence au Machrek a atteint son apogée.

Cette refonte stratégique pourrait constituer l’un des ingrédients du processus de paix en Syrie, lui-même hautement simplifié par le projet de retrait étasunien, prévu dans les premiers mois de 2019. On pourrait voir la Russie « encourager » l’Iran à opérer un « retrait planifié », avec les honneurs, comme prochaine mesure de détente, ce qui constituerait un pari selon lequel il serait préférable de voir Israël reprendre ses bombardements sur les positions syriennes du Corps des gardiens de la révolution et du Hezbollah. Quant au Nord-Est de la Syrie, on ne saurait dire pour l’instant s’il va subir une occupation turque sur la durée, ou si des groupes « rebelles » soutenus par la Turquie vont y prendre position ; dans les deux cas, une solution politique « décentralisée » à définir reste sans doute inévitable, ce qui compliquerait la vie de l’Iran si le pays voulait maintenir une présence militaire en Syrie.

Si nos regards se portent au delà du Levant, vers la péninsule Arabique, le Yémen présente également des signes qui pourraient laisser présager un processus de paix, mais de manière bien plus lente qu’en Syrie : il s’agit d’un processus qui vient de commencer fin 2018. À l’instar de la République arabe, une solution politique « décentralisée » pourrait se voir mise en œuvre pour assurer la souveraineté régionale regagnée ces derniers temps par la région du Sud-Yémen, et afin de laisser s’auto-administrer dans une certaine mesure les Houthis du Nord-Yémen. Une telle sortie de crise aurait moins d’impact sur l’Iran que sur l’Arabie Saoudite, mais cette dernière semble avoir épuisé tant sa volonté politique et sa puissance de feu militaire que ses ressources financières, et se montrera sans doute disposée à adopter ce type de compromis (possiblement facilité par la Russie).

Pour ce qui concerne l’Arabie saoudite, elle travaille en tandem avec Israël, son allié – non officiel mais tout le monde l’a compris, pour « contenir » non seulement l’Iran, mais aussi – et c’est plus récent – la Turquie : chacun des deux membres du tandem a identifié cette dernière comme une menace sérieuse pour ses intérêts, pour des raisons différentes. Riyad est également en rivalité avec Doha, mais Tel Aviv n’est pas plus impliquée que cela dans la guerre froide du CCG. Dans tous les cas, un déshabillage simplifié de la région révèle que l’Arabie saoudite & Israël travaillent plus ou moins ensemble contre la Turquie et son allié qatari, dans une compétition à l’échelle du Moyen-Orient, c’est à dire de l’Est de la Méditerranée au golfe Persique, y compris la mer Rouge si l’on parle par exemple du Soudan.

Le Moyen-Orient, au vu de la vaste étendue de ces incertitudes, peut apparaître en premier regard comme la région la plus instable du monde à ce jour, mais le fait est que la stratégie d’« équilibrage » de la Russie a apporté un semblant de stabilité là où, sans cette influence, il n’y en aurait aucune. Moscou n’est pas en mesure de gérer seule le Moyen-Orient, mais peut se positionner – et l’a fait non sans une certaine réussite – comme intermédiaire neutre entre divers acteurs, ou à tout le moins en se comportant comme un pont entre eux. Ce positionnement russe constitue la constante la plus stable de la situation actuelle du Moyen-Orient, et il devrait jouer un rôle déterminant dans la sortie du guerre en Syrie – en soi l’un des événements les plus significatifs de la région depuis une génération – et sans doute également sur les autres dossier évoqués au long du présent article.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le Vendredi 28 décembre 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/previsions-2019-pour-le-moyen-orient

 

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L’Opep défie Trump mais apparaît timide sur la baisse de production envisagée

L’Opep défie Trump mais apparaît timide sur la baisse de production envisagée

Des policiers autrichiens gardent l’entrée du siège de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à Vienne, le 5 décembre 2018 / © AFP / JOE KLAMAR

Les producteurs de pétrole de l’Opep étaient réunis jeudi à Vienne pour convenir d’une baisse de production destinée à enrayer la chute des cours, n’hésitant pas à défier verbalement le président américain Donald Trump mais sans convaincre les marchés.

« Nous recherchons une baisse suffisante pour équilibrer le marché », a souligné le ministre saoudien de l’Energie, Khaled al-Faleh, poids lourd de l’organisation, avant le début de cette réunion cruciale.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), qui pompe environ un tiers du brut mondial, cherche à contrebalancer la chute des cours, qui ont accusé un recul de 30% ces deux derniers mois.

M. al-Faleh a plaidé jeudi pour une baisse de production d' »un million de barils par jour ». Mais ce niveau, inférieur aux attentes des marchés, a provoqué une nouvelle chute des cours à la mi-journée en cours d’échanges européens, le baril de Brent passant même sous les 60 dollars.

« L’Arabie saoudite a suggéré une baisse de la production plus faible que ce que le consensus estimait », a expliqué David Madden, analyste pour CMC Markets.

Alors que Ryad est contraint à un délicat jeu d’équilibriste vis-à-vis de son allié américain, le ministre saoudien a assuré ne pas vouloir se laisser dicter sa conduite.

Washington « n’est pas en position de nous dire ce que nous devons faire », a-t-il estimé devant la presse, ajoutant: « Je n’ai besoin de la permission de personne pour diminuer » la production.

Le président américain Donald Trump avait exhorté mercredi dans un tweet l’Opep à « maintenir sa production en l’état » afin de ne pas mécontenter les consommateurs. L’organisation a produit 32,99 millions de barils par jour en octobre, selon l’Agence internationale de l’énergie.

Tout en se disant opposé à une baisse de la production de son propre pays en raison des sanctions américaines, le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zanganeh, a lui aussi ironisé jeudi sur le tweet de M. Trump.

« C’est la première fois qu’un président des Etats-Unis dit à l’Opep ce qu’elle doit faire », a-t-il relevé, ajoutant que l’administration américaine devrait « savoir que l’Opep ne fait pas partie du département américain de l’Energie ».

Le ministre a estimé que la plupart des pays de l’Opep visaient un prix du brut compris « entre 60 et 70 dollars ».

– Le rôle clé de la Russie –

L’ampleur réelle de la baisse de production reste donc la principale inconnue de la réunion, ainsi que celle qui pourrait être convenue vendredi lors d’une réunion entre l’Opep et ses partenaires, au premier rang desquels la Russie. Ces deux groupes, qui représentent plus de la moitié de l’offre mondiale, sont liés depuis fin 2016 par un accord de limitation de production.

Le ministre russe de l’Energie, Alexandre Novak, qui doit assister à la réunion de vendredi à Vienne, a souligné jeudi à Saint-Pétersbourg que son pays suivait « la situation réelle et l’évaluation réelle du marché ».

Mais il a rappelé qu’en plein hiver, les « conditions climatiques » russes rendaient « beaucoup plus difficile de réduire (la production) que pour d’autres pays », laissant entendre qu’un éventuel effort de Moscou ne pourrait intervenir que plus tard. Pour les analystes de Commerzbank, « la Russie aura un rôle clé à jouer dans ce contexte ».

Mercredi, la firme de courtage londonienne PVM avait estimé qu’une absence de baisse de production déclencherait « une frénésie de ventes dans des proportions bibliques et garantirait le retour à une surabondance mondiale de pétrole ».

Mais la marge de manoeuvre de l’Opep est d’autant plus réduite que les Saoudiens peuvent difficilement se permettre de s’aliéner le président américain après l’indignation internationale suscitée par l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS) a besoin de la protection de son allié à la Maison-Blanche, mais aussi d’un baril plus cher pour mettre en oeuvre ses réformes économiques.

En juin, les producteurs avaient assoupli leur discipline avec pour objectif de permettre à la Russie et à l’Arabie saoudite d’extraire davantage pour compenser les pertes prévues de barils iraniens en raison du rétablissement des sanctions américaines.

Mais les exemptions accordées au dernier moment par les Etats-Unis à huit pays importateurs, à des niveaux plus élevés que ne l’attendait le marché, ont contribué au plongeon des prix de ces deux derniers mois, effaçant les gains engrangés depuis début 2017.

(©AFP / (06 décembre 2018 13h05)

Moscou et Washington ont un « besoin identique » d’une rencontre Trump-Poutine (Kremlin)

Moscou et Washington ont un « besoin identique » d’une rencontre Trump-Poutine (Kremlin)

Moscou – Les Etats-Unis et la Russie ont « un besoin identique » d’une rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine au sommet du G20 à Buenos Aires, a assuré mercredi le Kremlin.

« Les deux parties ont un besoin identique de cette rencontre », a déclaré aux journalistes le conseiller du Kremlin, Iouri Ouchakov, alors que le président américain a menacé d’annuler la rencontre prévue en raison de l’incident armé entre l’Ukraine et la Russie en mer Noire.

« Le 1er décembre, aura lieu un entretien du président de la Russie avec le président américain Donald Trump. Cela se fera en deux parties : un tête-à-tête et un entretien avec les membres clés des délégations des deux pays », a assuré Iouri Ouchakov.

« La nature des entretiens, leur contenu et leur durée dépendent totalement des deux leaders », a-t-il ajouté, ne tenant pas compte des menaces d’annulation de la rencontre proférées par Donald Trump.

Dans un entretien avec le Washington Post, M. Trump a affirmé mardi soir ne pas « aimer cette agression », faisant allusion à l’incident entre des navires russes et ukrainiens au large de la Crimée. « Peut-être que je ne ferai pas cette entrevue » avec M. Poutine, a-t-il ajouté.

« La préparation de la rencontre « se poursuit » et « la rencontre est convenue », a toutefois assuré mercredi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.

Outre Donald Trump, Vladimir Poutine doit s’entretenir en tête-à-tête à Buenos Aires avec les présidents chinois Xi Jinping et français Emmanuel Macron le 30 novembre, ainsi qu’avec la chancelière allemande Angela Merkel le 1er décembre.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le Premier ministre japonais Shinzo Abe sont également au programme des rencontres bilatérales de Vladimir Poutine, a déclaré M. Ouchakov.

(©AFP / 28 novembre 2018 14h57)

https://www.romandie.com/news/Moscou-et-Washington-ont-un-besoin-identique-d-une-rencontre-Trump-Poutine-Kremlin/974907.rom

Suspension des livraisons d’armes par l’Allemagne à l’Arabie saoudite: une balle dans le pied de l’Occident

Suspension des livraisons d’armes par l’Allemagne à l’Arabie saoudite: une balle dans le pied de l’Occident


Par Andrew Korybko – Le 30 octobre 2018 – Source orientalreview.org

andrew-korybkoMerkel a déclaré que son pays suspendait ses engagements contractuels, prévoyant que l’Allemagne livre au Saoud des systèmes d’armement à hauteur de centaines de millions de dollars cette année, tant que Riyad ne répondrait pas de manière responsable à toutes les questions concernant l’assassinat de Khashoggi.

Elle a été jusqu’à qualifier cet événement de « monstrueux » et a promis qu’elle ferait pression sur ses alliés de l’UE à en faire autant. Pour horrible que la mort du dissident soit pour beaucoup, les normes internationales veulent qu’elle ne relève cependant que des affaires internes de l’État saoudien : l’homme a disparu alors qu’il était au consulat, territoire souverain du pays, et sa mort n’implique que des ressortissants saoudiens. En outre, la vente d’armes conventionnelles au Royaume n’a rien à voir avec la mort de ce journaliste. Cette décision allemande apparaît surtout comme une manière bien pratique pour la chancelière de faire pression sur le Royaume, et tâcher de le faire adhérer à son agenda politique de gestion de cette crise de relations publiques.

Chose ironique au plus haut point : l’Allemagne utilise ses ventes d’armes comme levier auprès des Saoud, opaques à un point caricatural, pour la mise en place d’une enquête transparente sur la mort de Khashoggi, mais, si l’enquête en question en venait à satisfaire Merkel, elle n’a cure de la très haute probabilité que ces livraisons d’armes, une fois débloquées, serviront à tuer bien d’autres personnes dans la guerre saoudienne du Yémen. Il ne s’agit pas ici de juger l’Allemagne, ou quelque pays que ce soit, de pratiquer la « diplomatie militaire » pour faire valoir ses intérêts, mais plutôt de mesurer le degré d’hypocrisie dont fait preuve l’Union européenne quand il s’agit d’exporter ses soi-disant « valeurs », alors qu’elle passe son temps à les fouler aux pieds dans un jeu de realpolitik. Et à ce jeu-là, chacun peut jouer, et les Saoudiens viennent, au vu des développements récents, de perdre toute foi dans la fiabilité de leurs soi-disant « partenaires occidentaux » de l’UE.

Dans la même veine, il est censé de voir l’Arabie saoudite renforcer ses liens avec la Russie, en réponse à l’instrumentalisation politique allemande de ses livraisons d’armes. Moscou ne pratique jamais ce genre de chantage avec ses partenaires, et constitue donc un partenaire d’affaire plus sérieux que Berlin. Les effets de la décision allemande seront très éloignés de ce qu’elle escompte : l’Arabie saoudite ne se soumettra pas à une « solution politique » élaborée à l’étranger, en règlement de l’assassinat de Khashoggi ; ce plan comprendrait possiblement des risques de changement de régime en Arabie saoudite, si le prince de la couronne Mohammed Bin Salman était déclaré coupable de ce crime aux yeux du tribunal de l’opinion publique européenne. Bien au contraire, l’Arabie saoudite est plus que jamais encouragée à poursuivre la diversification de son ancienne dépendance stratégique vis à vis de l’Occident, et va se rapprocher, en réponse aux pressions de l’UE, de pays comme la Russie et même la Chine. L’Arabie saoudite pourrait se transformer en acteur plus responsable dans l’ordre mondial multipolaire émergent.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le vendredi 26 octobre.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/suspension-des-livraisons-darmes-par-lallemagne-a-larabie-saoudite-une-balle-dans-le-pied-de-loccident

 

Le pétrole orienté à la hausse en Asie

Le pétrole orienté à la hausse en Asie

Singapour (awp/afp) – Les cours du pétrole étaient orientés à la hausse, lundi en Asie, après le plongeon de vendredi, mais le pessimisme demeurait de mise chez les investisseurs en raison d’une production élevée.

Vers 04h00 GMT, le baril de « light sweet crude »(WTI), référence américaine du brut, pour livraison en janvier, progressait de 36 cents à 50,78 dollars dans les échanges électroniques en Asie.

Le baril de Brent, référence européenne, pour livraison en janvier également, gagnait 67 cents à 59,47 dollars.

Les cours avaient touché vendredi leur plus bas niveau en plus d’un an dans un marché menacé par la surproduction, à deux semaines d’une réunion de l’Opep où les Saoudiens seront sous forte pression américaine.

« La hausse de la production américaine conjuguée aux doutes sur le fait que l’Opep réduise sa production, tout cela pèse sur les prix », a déclaré Margaret Yang Yan, analyste chez CMC Markets à Singapour.

« Les tensions commerciales qui pèsent sur la demande énergétique mondiale noircissent aussi les perspectives. »

Le Brut et le WTI, désormais en dessous de la barre des 60 dollars le baril, ont perdu plus de 30% de leur valeur depuis début octobre.

« Au coeur des difficultés, figurent la surabondance de l’offre et la faiblesse de la demande. Une remontée éventuelle des prix dépendra de ce qui se passera au G20 de Buenos Aires et au sommet de l’Opep à Vienne une semaine plus tard », a déclaré Stephen Innes, analyste chez OANDA.

Il a relevé que le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, les présidents américain et russe Donald Trump et Vladimir Poutine devraient se réunir en marge du G20 du week-end prochain pour discuter des cours.

mba/jac/cn

(AWP / 26.11.2018 05h25)

https://www.romandie.com/news/Le-petrole-oriente-a-la-hausse-en-Asie/974019.rom

La news la plus lue hier : Le pétrole plonge en Asie

La news la plus lue hier : Le pétrole plonge en Asie

Singapour (awp/afp) – Les cours du pétrole reculaient nettement vendredi en Asie, les inquiétudes sur la surabondance de l’offre sur le marché mondial prenant toujours le dessus.

Vers 03h50 GMT, le baril de « light sweet crude »(WTI), référence américaine du brut, pour livraison en janvier, perdait 1,34 dollars à 53,29 dollars dans les échanges électroniques en Asie.

Le baril de Brent, référence européenne, pour livraison en janvier également, cédait 63 cents à 61,97 dollars.

Après un jour férié aux Etats-Unis, les marchés ne digèrent pas la hausse des stocks de brut américains doublée d’une production américaine record. L’adoucissement des sanctions américaines sur le pétrole iranien a également renforcé les craintes de trop plein d’offre.

« Les investisseurs ont encore largement en mémoire la croissance des stocks américains, l’excès d’offre massif continue de contrebalancer les perspectives de réduction de la production de l’Opep », a déclaré Stephen Innes, analyste chez Oanda.

Less membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires se voient à Vienne les 6 et 7 décembre. Ils devront y décider de restreindre, ou non, leurs extractions.

Cette réunion sera suivie de près par les Etats-Unis, alors que le président américain, Donald Trump, a appelé mercredi l’Arabie Saoudite à faire encore baisser les prix, la remerciant pour ses précédents efforts en la matière.

« Les cours plongent car Trump continue d’appeler à des cours plus bas pour faire pression sur l’Opep et l’Arabie saoudite afin qu’ils créent un environnement propice à de faibles coûts, ce qui s’accompagne en outre de la hausse des stocks américains », a déclaré à l’agence Bloomberg Hong Sungki, trader chez NH Investment & Securities Co. « Ce qui pourrait changer la donne, c’est ce que les pays de l’Opep Plus acceptent de faire en termes d’offre. »

ev/cn

(AWP / 23.11.2018 05h29)

https://www.romandie.com/news/La-news-la-plus-lue-hier-Le-p-trole-plonge-en-Asie_RP/973645.rom

Dans le besoin, l’Arabie saoudite se trouve un ami : la Russie

Dans le besoin, l’Arabie saoudite se trouve un ami : la Russie

« Lorsque l'héritage du président russe Vladimir Poutine s'inscrira dans l'histoire de son pays, la percée dans les relations avec l'Arabie saoudite sera une réussite personnelle », M.K. Bhadrakumar

Les Saoudiens tuent des gens au Yémen et répriment des journalistes depuis longtemps. La Russie, seule parmi tous les pays, devrait-elle changer de cap car cette fois-ci c'est un type du Washington Post qui a tiré le mauvais numéro ?

Par M.K. Bhadrakumar – Le 23 octobre 2018 – Source Russia Insider

2015-03-19_14h09_03Il va sans dire que le pétrole a été au centre du pouvoir militaire et de la vie économique de l’histoire moderne. Le contrôle du pétrole a été une source essentielle de pouvoir et de politique pendant la guerre froide. Le gouvernement américain avait même l’intention de ravager l’industrie pétrolière du Moyen-Orient dans le cas où l’ancienne Union soviétique en prendrait le contrôle. La CIA a appelé cela la « politique du déni ». Elle est née en 1948 pendant le blocus de Berlin : les puits de pétrole seraient bouchés, les stocks d’équipements et de carburant détruits, les raffineries et les pipelines mis hors d’état, pour éviter que l’URSS ne s’empare des ressources pétrolières du Moyen-Orient.

Un analyste avait écrit : « L’histoire de ce complot top secret du gouvernement des États-Unis [avec l’Arabie Saoudite en 1945] est un mélange tumultueux du nationalisme arabe, du Big Oil et de la CIA sur la plus grande partie du territoire le plus riche en pétrole du monde. Fondamentalement, c’est l’histoire de l’importance croissante du pétrole du Moyen-Orient et de l’avidité précoce de l’Occident à le contrôler. »

C’est pourquoi beaucoup d’ironie dramatique orne l’entretien du ministre saoudien de l’énergie, Khalid Al-Falih, avec l’agence de presse russe TASS, au moment critique où l’alliance établie il y a 70 ans entre l’Arabie saoudite et les États-Unis est au bord de l’abîme, suite à l’affaire de Jamal Khashoggi.

Lorsque l’héritage du président russe Vladimir Poutine s’inscrira dans l’histoire de son pays, la percée dans les relations avec l’Arabie saoudite sera une réussite personnelle. Poussée par la chute brutale des cours du pétrole à $20-$30 le baril en 2014 – contre $100 il y a trois ans à peine – la Russie a commencé à demander à l’Arabie saoudite de trouver une solution au désastre qui réduisait considérablement les revenus de l’exportation de pétrole des deux superpuissances énergétiques. La rencontre a eu lieu en septembre 2016 à Hangzhou, en Chine, en marge du sommet du G20, lorsque Poutine a rencontré le prince héritier saoudien Mohamed bin Salman (MBS, comme on l’appelle communément).

C’était dans la phase finale de l’ère Barack Obama. Pour la Russie, 2016 a été une année extrêmement difficile, confrontée aux sanctions occidentales et à une forte chute des revenus tirés des exportations de pétrole. Les Saoudiens ont également ressenti pour la première fois un « manque de trésorerie ». Poutine a travaillé sur cette convergence afin de mettre rapidement en place un partenariat stratégique entre la Russie et l’Arabie saoudite, ce qui a permis aux deux superpuissances de maintenir stables les prix du marché – le prix du pétrole estimé dans le budget russe pour l’année en cours avoisine les $53 le baril, alors qu’il se situe actuellement autour de $80 le baril.

Dans le même temps, l’axe russo-saoudien a pris la forme d’un forum institutionnel dénommé OPEP+, qui devrait disposer prochainement d’un secrétariat complet, à côté du secrétariat de l’OPEP à Vienne, présidé par la Russie. Les deux pays ont commencé par définir, provisoirement, le niveau de production des pays producteurs de pétrole à un intervalle de six mois, mais l’axe russo-saoudien a déjà acquis une telle emprise qu’ils envisagent un accord à long terme et illimité pour un ajustement continu, et permanent, de l’offre et de la demande de pétrole afin de maintenir les prix stables et de soutenir la croissance de l’économie mondiale.

L’équation personnelle Poutine-MBS a joué un grand rôle dans tout cela. MBS s’est rendu fréquemment à Moscou et sa dernière visite pour la cérémonie d’ouverture de la Coupe du Monde de la FIFA en 2018 a été l’occasion de rencontrer Poutine. Les idées saoudiennes et russes se sont alors orientées vers la recherche d’un cadre pour la coordination à long terme du marché du pétrole.

En effet, l’Arabie saoudite et la Russie assument le leadership des pays producteurs de pétrole et les aident à prendre des décisions par consensus. Dans le même temps, la coopération bilatérale russo-saoudienne dans le domaine énergétique a également bien débuté. Les deux pays ont des plans d’investissement dans le cadre du Fonds d’investissement direct russe (RDIF). L’Arabie saoudite devrait prendre une participation importante dans le projet de GNL Yamal Phase 2 dans l’Arctique russe, le montant des fonds propres investis par les Saoudiens étant juste derrière celui de Novatek. Ils discutent d’échanges avec des pays tels que l’Inde. Il est intéressant de noter que Al-Falih voit de bonnes perspectives pour la participation des entreprises russes à la stratégie ambitieuse d’Aramco en aval.

Sans aucun doute, l’interview du TASS avec Al-Falih a été programmée pour rappeler à la communauté internationale qu’il serait catastrophique d’isoler l’Arabie saoudite à la suite de l’affaire Khashoggi. Incidemment, le 20 octobre, le RDIF a publié un communiqué dans lequel il se félicitait des « mesures décisives » prises par les autorités saoudiennes dans l’affaire Khashoggi et précisait de manière affirmée son soutien au projet phare du prince héritier, Vision 2030. Les signaux de Moscou ont, jusqu’ici, évité scrupuleusement toutes critiques et censures de l’Arabie saoudite, à la différence des États-Unis et des pays européens.

L’interview de TASS et la publication de la transcription intégrale ont évidemment reçu l’approbation du Kremlin. Cela indique, aussi explicitement que possible, que dans ces circonstances la Russie n’a aucune intention de tourner le dos à l’Arabie saoudite à propos de l’affaire Khashoggi. On pourrait même dire que la Russie a un rôle à jouer dans la préservation de la hiérarchie actuelle des dirigeants saoudiens. Comme je l’ai dit au début, « l’or noir » a un rôle capital dans la géopolitique – et l’histoire des relations entre la Russie et l’Occident n’est pas terminée.

J’avais écrit, dans le contexte de l’accord historique conclu entre Poutine et MBS à Hangzhou il y a deux ans (Pay heed to the butterfly effect of Putin-Salman oil deal in Hangzhou, September 7, 2016, Asia Times) :

« Un accord entre la Russie et l’OPEP pourrait transformer complètement les alignements géopolitiques au Moyen-Orient. En tout premier lieu, la Russie aspire à remplacer les États-Unis, après leur statut pivot depuis 70 ans, en tant que premier partenaire énergétique de l’Arabie saoudite. Ce changement ne peut qu’affecter le recyclage des pétrodollars, qui a toujours été un pilier robuste du système financier occidental… Washington fait face à la perspective désagréable d’un retrait stratégique au Moyen-Orient, sauf à pouvoir mobiliser de façon déterminée pour un retour. Mais doubler la mise au Moyen-Orient, c’est aussi détourner l’attention du rééquilibrage en Asie, ce qui, à son tour, aura des conséquences à long terme. »

Juste une réflexion après coup : peut-il s’agir d’une simple coïncidence que l’Occident tire sur MBS aujourd’hui ? Toute l’attention se porte sur ce qui est arrivé à Jamal Khashoggi. Mais il se peut que nous ne sachions jamais ce qui s’est réellement passé lors de la préparation de son horrible meurtre au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul. Cela peut-il être comparable à l’impression erronée qu’a reçue Saddam Hussein lorsque Washington lui avait laissé croire qu’il cautionnerait son occupation du Koweït ? Il n’y a pas de réponse facile.

Le fait est que l’entente Poutine-MBS est devenue une véritable alliance et qu’elle offre un grand potentiel pour redessiner les fronts de la bataille entre l’Occident et la Russie. Poutine n’a pas caché que la Russie abandonnerait les transactions en dollars. Si la Russie et l’Arabie saoudite commencent à commercer dans des devises autres que le dollar, ce sera un coup fatal pour le système bancaire occidental. La Chine fait également pression sur l’Arabie saoudite pour qu’elle commerce en yuan.

De plus, l’introduction en bourse de Saudi Aramco est en attente. L’Arabie saoudite estime que le marché des capitaux évaluera Aramco à environ $2 000 milliards de dollars, ce qui en fera la société cotée en bourse la plus chère au monde. Le ministre saoudien a révélé dans une interview accordée à TASS que la cotation est attendue en 2021 et a laissé entendre que la Bourse de New York pourrait ne pas être dans la zone considérée par les Saoudiens. Il a signalé que la cotation devrait se faire dans une « juridiction amie sûre » – faisant allusion aux demandes éventuelles devant les tribunaux américains d’indemnisation saoudienne pour les familles des victimes des attentats du 11 septembre.

Des rapports sont apparus sur les préparatifs d’une visite de Poutine en Arabie Saoudite. Au final, il en ressort que la Russie se positionne comme une amie lorsque l’Arabie saoudite en a le plus besoin. Certes, le soutien russe apporte beaucoup de « profondeur stratégique » au régime saoudien en ce moment où il fait face à une crise existentielle – en particulier pour MBS.

M.K. Bhadrakumar

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/dans-le-besoin-larabie-saoudite-se-trouve-un-ami-la-russie

 

Khashoggi: colère de la Turquie accusée de « jeu politique » par la France

Khashoggi: colère de la Turquie accusée de « jeu politique » par la France

Un homme passe devant un écran projetant le portrait de Jamal Khashoggi lors d’un rassemblement en mémoire du journaliste saoudien assassiné, le 11 novembre 2018 à Istanbul / © AFP / OZAN KOSE

La Turquie a laissé éclater sa colère lundi après que la France eut évoqué un « jeu politique » du président Recep Tayyip Erdogan à propos du meurtre de Jamal Khashoggi et démenti avoir reçu des informations de la part d’Ankara.

Dans une interview à la chaîne de télévision France 2, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a dit ne « pas avoir connaissance » d’un partage d’informations turques, contredisant des déclarations de M. Erdogan.

Interrogé sur l’éventualité d’un mensonge du président turc sur ce point, le ministre français a observé que ce dernier avait « un jeu politique particulier dans cette circonstance ».

Cette accusation est « inacceptable », a vivement réagi auprès de l’AFP le directeur de la communication de la présidence turque Fahrettin Altun, ajoutant qu’un responsable français avait notamment eut accès à un « enregistrement audio » portant sur le meurtre de Khashoggi.

Le président Erdogan a pour la première fois confirmé officiellement samedi l’existence d' »enregistrements » portant sur le meurtre de Khashoggi, ajoutant qu’Ankara avait partagé ces documents avec plusieurs alliés, dont Washington, Berlin, Paris et Londres.

Si Paris a démenti, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a pour sa part confirmé lundi que les services canadiens avaient écouté les enregistrements en question et avaient été « pleinement informées de ce que la Turquie avait à partager ».

Le ministre des Affaires Etrangères français Jean-Yves Le Drian à Charleville-Mézières, le 7 novembre 2018 / © AFP/Archives / Ludovic MARIN

L’Allemagne a de son côté évoqué un « échange entre services secrets » allemand et turc, se refusant toutefois à fournir davantage de précisions.

Si M. Erdogan n’a pas donné de détails sur le contenu des enregistrements samedi, la presse proche du pouvoir à Ankara évoque depuis plusieurs semaines un enregistrement audio du meurtre de Khashoggi.

Cette affaire a provoqué un tollé dans le monde entier et terni l’image de l’Arabie saoudite, en particulier du prince héritier Mohammed ben Salmane, dit « MBS ».

– « Renseignement français » informé –

Jamal Khashoggi, un éditorialiste saoudien critique du pouvoir à Ryad, en particulier de « MBS », a été tué le 2 octobre au consulat de son pays à Istanbul où il s’était rendu pour effectuer des démarches administratives.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit « MBS », lors d’une conférence économique à Ryad, le 23 octobre 2018 / © AFP/Archives / FAYEZ NURELDINE

Plus d’un mois après la mort du journaliste à l’âge de 59 ans, son corps n’a toujours pas été retrouvés. Selon la presse turque, les enquêteurs estiment que les meurtriers ont démembré puis dissous son corps à l’acide.

Depuis le début de l’affaire, le pouvoir turc, qui décrit un « meurtre prémédité » commis par une équipe de 15 agents saoudiens, s’est efforcé de maintenir la pression sur Ryad grâce à des « fuites » dans la presse locale largement reprises par les médias internationaux.

Après avoir d’abord fermement nié son meurtre, les autorités saoudiennes ont fini par affirmer que le journaliste avait été tué au cours d’une opération « non autorisée » par Ryad.

« N’oublions pas que cette affaire aurait été totalement étouffée sans les efforts de la Turquie », a déclaré lundi M. Altun.

M. Altun a affimé que « des preuves » avaient été « partagées avec les institutions concernées du gouvernement français », ajoutant que « le 24 octobre, un représentant des services de renseignement français a écouté l’enregistrement audio ».

Le ministre britannique des Affaires étrangères a rencontré le roi Salmane d’Arabie saoudite, le 12 novembre 2018 à Ryad. Photo de l’Agence saoudienne de presse (SPA). AFP PHOTO / HO / SPA / © SPA/AFP / STRINGER

« S’il y a un problème de communication entre les différentes institutions au sein du gouvernement français, il appartient aux autorités françaises et non à la Turquie de régler ce problème », a-t-il lâché.

L’onde de choc provoquée par le meurtre de Khashoggi a par ailleurs braqué les projecteurs sur la guerre que livre une coalition emmenée par l’Arabie saoudite au Yémen, au prix d’une catastrophe humanitaire majeure.

Le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt a rencontré lundi le roi Salmane à Ryad lundi lors d’un déplacement visant à accentuer la pression internationale sur la monarchie pétrolière.

La veille, le ministre américain Mike Pompeo avait appelé à la « fin des hostilités » au Yémen lors d’un entretien téléphonique avec « MBS ».

Selon la porte-parole du département d’Etat Heather Nauert, M. Pompeo a également indiqué que son pays allait « demander des comptes à toutes les personnes impliquées dans le meurtre de Jamal Khashoggi », estimant « que l’Arabie saoudite (devait) faire de même ».

(©AFP / (12 novembre 2018 15h38)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Khashoggi-col-re-de-la-Turquie-accus-e-de-jeu-politique-par-la-France/970689.rom

Yémen: combats meurtriers à Hodeida, Washington et Londres haussent le ton

Yémen: combats meurtriers à Hodeida, Washington et Londres haussent le ton

Des forces progouvernementales yéménites circulant le 10 novembre 2018 à la lisière Est de la ville de Hodeida dans le cadre d’une offensive qui s’intensifie pour reprendre cette ville portuaire aux rebelles Houthis / © AFP / STRINGER

Des combats particulièrement meurtriers font rage lundi dans la ville portuaire de Hodeida, dans l’ouest du Yémen, au moment où Washington, Londres et l’ONU font pression sur l’Arabie saoudite pour que la coalition qu’elle commande dans ce pays cesse les hostilités.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a, lui, mis en garde contre les conséquences « catastrophiques » d’une éventuelle destruction du port de Hodeida, point d’entrée de plus des trois-quarts des importations et de l’aide humanitaire internationale dans le pays en guerre.

Au moins 111 rebelles, 32 loyalistes et sept civils ont été tués au cours des dernières 24 heures dans ces affrontements dans la région, dont certains se déroulent dans des quartiers résidentiels de Hodeida, ont indiqué lundi à l’AFP des sources militaires et hospitalières.

Ce bilan a été donné alors que les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, opposent une farouche résistance à la progression des forces progouvernementales appuyées par l’Arabie saoudite et réussissent à la ralentir, a admis une source militaire loyaliste.

Le chiffre de 32 combattants loyalistes tués en moins de 24 heures est le plus élevé depuis le début de cette phase de l’offensive sur Hodeida, il y a 12 jours.

Une source de la coalition antirebelles a indiqué que les Houthis avaient repoussé une tentative majeure d’avancée loyaliste en direction du port.

La coalition a de son côté visé les rebelles avec de multiples frappes aériennes, selon des sources militaires loyalistes.

Dans la nuit, des corps carbonisés ont été amenés à l’hôpital militaire Al-Alfi, contrôlé par les rebelles depuis 2014, ont indiqué des sources de cet établissement.

Au pouvoir à Hodeida, grande ville stratégique sur la mer Rouge, les Houthis ont commencé à évacuer leurs blessés vers la capitale Sanaa dont ils sont maîtres également depuis quatre ans.

« Si à Hodeida, il y a une destruction du port, ça peut engendrer une situation absolument catastrophique », a mis en garde M. Guterres, rappelant que le Yémen se trouve déjà dans une situation humanitaire « désastreuse ». Il a réitéré un appel pressant à « l’arrêt des combats ».

– Pompeo et Hunt montent au créneau –

L’offensive des forces progouvernementales sur Hodeida avait été lancée en juin, mais elle s’est nettement intensifiée depuis le 1er novembre avec un bilan d’au moins 593 morts jusqu’ici dans la région (461 rebelles, 125 loyalistes et 7 civils), selon des sources militaires et hospitalières.

L’Arabie saoudite a été considérablement affaiblie par l’affaire Jamal Khashoggi, du nom de ce journaliste tué le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul. Elle était déjà vivement critiquée pour des « bavures » à répétition ayant fait des centaines de victimes civiles lors de frappes aériennes depuis 2015 au Yémen.

Tour à tour, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo et son homologue britannique Jeremy Hunt ont estimé que le temps de la négociation était venu pour le Yémen.

Combats à Hodeida / © AFP / Laurence SAUBADU

Lors d’un entretien dimanche avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, également ministre de la Défense, M. Pompeo a explicitement appelé à « la fin des hostilités » au Yémen, demandant que « toutes les parties viennent à la table pour négocier une solution pacifique au conflit ».

L’administration américaine de Donald Trump, visiblement sous la pression du Congrès, a confirmé l’annonce samedi par Ryad que la coalition sous commandement saoudien au Yémen allait désormais effectuer elle-même le ravitaillement en vol de ses avions, assuré jusqu’ici par les Etats-Unis.

De son côté, M. Hunt a évoqué le coût humain « incalculable » du conflit yéménite, estimant que sa résolution passe par une solution « politique ».

Le ministre britannique, qui doit être reçu au plus haut niveau lundi en Arabie saoudite, est favorable à une « nouvelle action » au Conseil de sécurité pour soutenir les efforts du médiateur de l’ONU au Yémen Martin Griffiths qui cherche à organiser un nouveau round de négociations « d’ici la fin de l’année ».

– Inquiétudes pour les civils –

Dimanche, des premiers combats de rue ont éclaté dans un quartier résidentiel de l’est de Hodeida. Un responsable militaire progouvernemental a affirmé que l’objectif était de « purger » ces rues de toute présence rebelle.

Les Houthis ont positionné des snipers sur les toits des bâtiments et ont posé de nombreuses mines pour freiner l’avancée de leurs adversaires, tandis que des avions de combat et des hélicoptères d’attaque de la coalition sous commandement saoudien pilonnent régulièrement les positions rebelles.

Paradoxe de la situation, le port de Hodeida, situé dans le nord de la ville, est « jusqu’à présent ouvert » et opère « normalement », selon son directeur adjoint Yahya Sharafeddine.

De son côté, Hervé Verhoosel, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM), a indiqué que les combats n’avaient pas affecté jusqu’ici ses opérations.

Le Yémen est le théâtre de la pire crise humanitaire au monde, rappelle régulièrement l’ONU, qui précise que 14 millions de civils sont en situation de pré-famine.

« La situation est vraiment mauvaise », a déclaré à l’AFP Mariam Aldogani, coordinatrice des opérations de terrain de l’organisation humanitaire Save the Children à Hodeida.

Selon elle, « il y a beaucoup de peur parmi les habitants » et les installations médicales « reçoivent un nombre croissant de civils blessés ».

(©AFP / (12 novembre 2018 11h34)

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Pétrole: l’Arabie réduira ses exportations de 500.000 barils/jour en décembre

Pétrole: l’Arabie réduira ses exportations de 500.000 barils/jour en décembre

(actualisé)

Abou Dhabi (awp/afp) – Le ministre saoudien de l’Energie Khaled al-Faleh a annoncé dimanche que son pays allait réduire sa production de pétrole, au moment où la dégringolade des prix de l’or noir fait craindre un effondrement des cours comme en 2014.

« Les exportations de brut du royaume (saoudien) pour décembre seront de 500.000 barils par jour moins élevées qu’en novembre », a indiqué à la presse M. Faleh, s’exprimant lors d’une réunion à Abou Dhabi de pays membres de l’Opep et non membres du cartel.

Il a en revanche précisé qu’il n’y avait « pas encore de consensus » entre grands pays producteurs de pétrole pour réduire la production de brut d’un commun accord.

Aucune décision commune ne devrait être prise à Abou Dhabi, ont affirmé plusieurs ministres, selon qui des recommandations devraient être émises avant une réunion plénière de l’Opep prévue en décembre à Vienne.

« Il est prématuré de parler d’action spécifique », a lui-même dit Khaled al-Faleh, en réponse à une question sur la possibilité d’une réduction de la production pour enrayer la baisse des prix. « Nous devons étudier tous les facteurs. »

De son côté, son homologue russe Alexandre Novak, cité par des agences de presse russes, a dit qu’il fallait « désormais analyser la situation sur le marché en profondeur, analyser la mise en oeuvre de l’accord (en vigueur). Il a exhorté à la prudence avant de « décider ce qu’il faudra faire ensuite afin de poursuivre la coopération en faveur de la stabilisation du marché ».

Pris en étau entre un bond de la production chez quelques grands pays producteurs et la crainte d’une baisse de la demande, les cours du pétrole ont chuté de près de 20% en un mois, après avoir pourtant culminé début octobre à leur plus haut niveau depuis quatre ans.

Le prix du baril de Brent est passé vendredi sous la barre des 70 dollars pour la première fois depuis avril, et celui du baril new-yorkais WTI sous les 60 dollars, en baisse pour le neuvième mois consécutif.

Malgré des signes de ralentissement de la demande, l’Arabie saoudite, la Russie, le Koweït et l’Irak ont récemment augmenté leur production de brut, et les Etats-Unis celle de pétrole de schiste.

La récente diminution des prix de pétrole est notamment le résultat d’une demande en baisse de la Chine, le plus grand importateur, qui connaît un ralentissement de sa croissance, souligne Cailin Birch, analyste à l’Economist Intelligence Unit.

D’autre part, les sanctions américaines contre l’Iran, qui menaçaient de faire baisser l’offre mondiale et de faire grimper les prix, se sont avérées moins sévères que prévu.

« Respect de l’accord à 100% »

Dans la perspective des sanctions américaines, Moscou et Ryad, deux des trois plus grands producteurs mondiaux, avaient amendé en juin leur accord de limitation de la production afin de pouvoir extraire plus de brut et compenser une baisse des exportations iraniennes.

Depuis décembre 2016, les pays de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole), menés par l’Arabie saoudite, et d’autres producteurs non membres du cartel, dont la Russie, appliquaient un accord de réduction de la production d’or noir.

Lors de la réunion dimanche du Comité ministériel conjoint de suivi de l’accord, ils comptent aborder la baisse éventuelle de leur production à des niveaux agréés en commun.

Ryad avait augmenté sa production, passant de 9,9 millions de barils par jour en mai à 10,7 millions bpj en octobre, d’après le ministre saoudien de l’Energie.

Selon Fawad Razaqzada, analyste pour Forex.com, les responsables doivent discuter probablement « de la nécessité d’un retour à un respect de l’accord à 100% », après la décision de Washington d’accorder des exemptions à huit importateurs de pétrole iranien.

« Les prix sont en baisse alors que la production des grands producteurs, comme l’Arabie saoudite, la Russie et les Etats-Unis continue d’augmenter, dépassant les quantités de barils iraniens perdus », explique-t-il.

Si les producteurs « échouent à montrer leur intention d’inverser la dernière hausse de la production, les prix du pétrole risquent de plonger davantage », ont prévenu vendredi des analystes de Commerzbank.

afp/rp

(AWP / 11.11.2018 17h06)

https://www.romandie.com/news/P-trole-l-Arabie-r-duira-ses-exportations-de-500-000-barils-jour-en-d-cembre/970411.rom