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La première guerre de l’Otan-MO renverse l’ordre régional

La première guerre de l’Otan-MO renverse l’ordre régional

par Thierry Meyssan

Pendant que les Européens et les Arabes sont absorbés par le coronavirus, les Anglo-Saxons changent l’ordre du monde. Sous commandement US, le Royaume-Uni a pris le contrôle de l’entrée de la mer Rouge ; les Émirats arabes unis se sont retournés contre l’Arabie saoudite et lui ont infligé une cuisante défaite au Yémen du Sud, tandis que les Houthis le faisaient au Yémen du Nord. Désormais, le Yémen est scindé en deux États distincts et l’intégrité territoriale de l’Arabie saoudite est menacée.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 24 MARS 2020 عربيENGLISHESPAÑOLITALIANOROMÂNĂTÜRKÇEDEUTSCHΕΛΛΗΝΙΚΆPORTUGUÊSРУССКИЙ

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JPEG - 36.7 koLe président des États-Unis, Donald Trump, et le président de facto des Émirats arabes unis, le prince Mohamed ben Zayed. En silence, les deux hommes d’affaire sont en train de réorganiser le Moyen-Orient élargi.

Le président Donald Trump poursuit sa politique de retrait militaire du « Moyen-Orient élargi ». Pour ce faire, il déplace progressivement ses troupes, signe des accords avec les forces contre lesquelles elles étaient déployées (par exemple avec les Talibans) et négocie la libération de ses prisonniers. Simultanément, le Pentagone fait appel au Royaume-Uni pour prendre la tête des opérations de la nouvelle Alliance atlantique-Moyen-Orient et superviser la suite de la « guerre sans fin » au « Moyen-Orient élargi ». La Syrie est considérée comme zone d’influence russe tandis que la stratégie Rumsfeld/Cebrowski se poursuit avec la division du Yémen en deux États distincts et la préparation du démembrement de l’Arabie saoudite.

Rapatriement des agents de la CIA détenus prisonniers

Les 18 et 19 mars 2020, un citoyen US, Michael White, détenu en Iran, a été transféré de sa prison à l’ambassade de Suisse à Téhéran ; un autre citoyen US, Amer Fakhoury, détenu au Liban, a été exfiltré par les troupes états-uniennes ; enfin le président Trump a demandé publiquement l’aide de la Syrie pour retrouver un troisième citoyen US, Austin Tice.

Ces opérations sont supervisées par le discret conseiller de sécurité nationale, Robert O’Brien, qui dispose d’une solide expérience en matière de libération de prisonniers.

- Michael White a servi 13 ans dans la Marine US. Il s’est rendu en Iran pour y retrouver sa fiancée. Il a été arrêté en 2018 et condamné à 13 ans de réclusion pour espionnage. D’autres citoyens US emprisonnés en Iran —dont Morad Tahbaz, Robert Levinson, Siamak et Baquer Namazee— ne semblent pas susciter le même intérêt de Washington. Michael White a été remis à l’ambassadeur suisse Markus Leitner pour « raison de santé ». Il n’est pas libre pour autant.
- Amer Fakhoury est un célèbre collaborateur des troupes d’occupation israéliennes au Liban. Il fut membre de l’Armée du Liban-Sud, directeur de la sinistre prison de Kiam et tortionnaire. Il s’est enfui du Liban lors du retrait israélien et y est revenu, pour une raison inconnue, en septembre 2019. Il a immédiatement été reconnu et arrêté. Il a été libéré au motif d’une prescription de ses crimes, ce qui est juridiquement faux, mais interdit de quitter le territoire. Il s’est alors précipité à la méga-ambassade US d’Awkar sous la protection de l’ambassadrice Dorothy Shea, d’où il a été exfiltré en hélicoptère par les Forces spéciales US vers Chypre.
- Austin Tice est un capitaine des Marines devenu journaliste indépendant. Il a pénétré illégalement en Syrie avec l’aide des services secrets turcs avant de disparaître, en 2012, à Daraya (banlieue de Damas). Eva Filipi, l’ambassadrice de Tchéquie qui représente les intérêts US en Syrie, avait affirmé qu’il serait détenu non pas par des jihadistes, mais par les autorités syriennes. Ce que Damas a toujours démenti.

Ces trois citoyens US sont très probablement des collaborateurs ou des agents de la CIA.

- Étrangement, les Émirats arabes unis ont brisé l’embargo US et apporté des médicaments en Iran.
- Chaque faction libanaise accuse l’autre d’avoir cédé aux pressions US. Le Hezbollah assure ne pas avoir trahi la Résistance et ne pas avoir négocié secrètement avec Washington, tandis que le président du Tribunal militaire (pro-Hezbollah) a démissionné.
- C’est la première fois depuis deux décennies qu’un président états-unien sollicite publiquement l’aide de la République arabe syrienne.JPEG - 19.8 koLe secrétaire à la Défense US, Mark Esper, reçoit son homologue britannique, Ben Wallace, au Pentagone. La « relation spéciale » entre les deux pays est rétablie. Les « Cinq yeux » sont renforcés. Le Royaume-Uni prend le commandement des opérations de l’Otan-MO.

Transfert de l’encadrement militaire au Royaume-Uni

Le 5 mars, le secrétaire US à la Défense, Mark Esper, a reçu au Pentagone son homologue britannique Ben Wallace. Les deux hommes se sont partagés le commandement de la nouvelle Otan-MO [1].

Ben Wallace a ensuite prononcé un discours à l’Atlantic Council au cours duquel il a confirmé la solidité de l’alliance UK-USA et la disponibilité du Royaume-Uni. Il a également soutenu la nécessité de juger le « dictateur Bachar el-Assad » (sic), mais l’impossibilité de le faire compte tenu du soutien de l’« ours russe ». En d’autres termes, la Syrie reste un ennemi, mais on n’y touchera plus. La guerre sera déplacée [2].JPEG - 26.1 koLe secrétaire britannique à la Défense, Ben Wallace, et son homologue turc, le général Hulusi Akar, inspectent les « postes d’observation » turcs qui servent de base de repli aux jihadistes à Idleb (Syrie occupée), le 12 mars 2020. Londres assure Ankara que le Pentagone ne détruira pas la Turquie, mais l’Arabie saoudite.

Les 12 et 13 mars, Ben Wallace s’est rendu en Turquie et en Syrie occupée par les jihadistes. Il a inspecté les postes d’observation de l’armée turque à Idleb et fait parvenir 89 millions de £ de dons « humanitaires » aux familles des jihadistes. Ceux-ci ont alors commencé à attaquer les troupes turques censées les protéger, tuant plusieurs soldats turcs.

La fin du Yémen et le début de celle de l’Arabie saoudite

Poursuivant leur politique de retrait militaire et de transfert de cette fonction à des proxys, les États-Unis sont en train de transformer la guerre du Yémen. Originellement, le Pentagone prévoyait de diviser ce pays en deux selon la ligne de partage qui existait jusqu’en 1990. Il avait encouragé l’Arabie saoudite et Israël à se lancer à l’assaut du pays pour en exploiter les ressources pétrolières de la région mitoyenne du « Quart vide » [3]. L’opération avait été conduite avec l’aviation israélienne, des mercenaires colombiens sous drapeau saoudien et des troupes émiraties. Elle avait été coordonnée par un état-major tripartite (Arabie/USA/Israël) basé au Somaliland.

Cependant, le Pentagone s’appuyant sur les rivalités tribales parvint à complexifier la situation jusqu’à aboutir à un pays effectivement divisé en deux, mais aussi à une Coalition Arabie-soudite/Émirats également divisée. Il lui fallait alors —sans engager ses propres troupes— terminer la division du Yémen en deux États distincts avant de se lancer dans la division de l’ancien allié saoudien en cinq États distincts. Le Pacte du Quincy lui fait obligation de protéger le roi d’Arabie saoudite, mais ni son pays, ni son héritier [4].JPEG - 66.7 koLe souverain de facto d’Abou Dhabi et président de facto des Émirats arabes unis, Mohamed ben Zayed, a été le mentor du prince héritier saoudien, Mohamed ben Salmane. Progressivement l’élève a voulu écraser son maître. En définitive, c’est le discret MBZ qui devrait écraser l’infatué MBS.

Cette semaine, le Pentagone a dépêché un navire de guerre au large d’Aden. Il a installé des troupes britanniques sur l’ile de Socotra pour en faire une base militaire permanente avec les Émirats arabes unis et l’a armé avec des missiles Patriot. Simultanément, les Houthis du Nord soutenus par l’Iran ont attaqué victorieusement deux bases militaires saoudiennes et fait prisonniers plus de 700 soldats saoudiens, tandis que les tribus soutenues par les Émirats ont attaqué les tribus soutenues par l’Arabie saoudite à Aden. Le gouvernement d’Abdrabbo Mansour Hadi, seule autorité officiellement reconnue par l’Onu mais siégeant en exil à Riyad, a perdu le contrôle d’Aden.

Le prince héritier saoudien, Mohamed ben Salman, après avoir torturé son ami d’enfance trop brillant, après avoir assassiné ses rivaux, après avoir exécuté le chef chiite de son opposition, après avoir embastillé et dépouillé ses frères et oncles, après avoir fait découper à Istanbul un Frère musulman trop bavard, n’a plus personne pour le soutenir.

Les départements états-unien, britannique et émirati de la Défense ne communiquent pas sur ces batailles. Seuls les Houthis le font. En l’absence de communication officielle, la presse internationale est aveugle et muette.

Le Yémen du Sud est une ancienne colonie britannique et les Émirats arabes unis étaient intégrés dans l’Empire des Indes. Le Royaume-Uni, sous parapluie états-unien, reconquiert son influence dans le Golfe et en mer Rouge.

L’opposition Arabie saoudite/Axe de la Résistance n’existe plus, faute de combattants. Désormais, après l’Iran (1953-78), l’Iraq (1979-90) et l’Arabie saoudite (1991-2019), les Émirats arabes unis (2020-), sous parapluie de l’Otan-MO, sont devenus les gendarmes de la région.

Ce retournement complet de situation correspond à notre analyse de la crise. Après leur échec en Syrie, les États-Unis poursuivent leur plan de 2001 et s’apprêtent à déstabiliser l’Arabie saoudite. Le président Trump a validé cette étape à la seule condition que les troupes US n’y participent pas directement, mais que les Émirats les représentent.

Le suicide de l’Union européenne

Pendant ce temps, l’Union européenne réagit de manière inadaptée à l’épidémie de coronavirus. Au lieu de lutter contre la maladie (tests généralisés, traitement des personnes infectées à la chloroquine, soins d’urgence aux malades avec respiration artificielle et interféron Alfa 2B recombiné), elle prévient l’engorgement de ses hôpitaux (assignation à résidence de la population saine) [5]. Son économie s’est arrêtée et la Banque centrale européenne annonce une récession de 5 % si cette situation se prolonge deux semaines, mais ce sera probablement six.

Lorsque le pic de l’épidémie sera passé, elle ne sera plus une grande puissance économique et le monde sera organisé d’une manière nouvelle, sans elle.

Thierry Meyssan

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1] « NATO Go Home ! », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 février 2020.

[2] « Quelle cible après la Syrie ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 10 mars 2020.

[3] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[4] « Le Pacte du Quincy ne protège que le roi d’Arabie, pas son héritier », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 23 octobre 2018.

[5] « Covid-19 : propagande et manipulation », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 20 mars 2020

.https://www.voltairenet.org/article209502.html

Arabie saoudite : les dernières arrestations de ben Salmane exposent la faiblesse au cœur du pouvoir

Arabie saoudite : les dernières arrestations de ben Salmane exposent la faiblesse au cœur du pouvoir

Madawi al-RasheedMardi 10 mars 2020 – 16:13 | Dernière mise à jour: il y a 3 jours 19 heuresL’arrestation de membres de haut rang de la famille royale révèle le terrain instable sur lequel repose l’avenir du jeune prince

L’arrestation du prince Ahmed élimine une figure symbolique potentiellement capable de rétablir la respectabilité au sein de la maison royale (illustration de Mohamad Elaasar)141Shares

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Le silence du palais royal saoudien vis-à-vis de l’arrestation des princes Ahmed ben Abdelaziz et Mohammed ben Nayef, entre autres, est assourdissant.

Pourtant, le geste soudain et audacieux du prince héritier Mohammed ben Salmane est révélateur.  

L’arrestation de ces princes de haut rang sans portefeuille révèle le terrain instable sur lequel repose l’avenir du jeune prince. 

Terrain instable

Dans son histoire moderne, l’Arabie saoudite a connu des différends de succession – comme lorsque le prince héritier Fayçal a contesté l’autorité du roi Saoud au début des années 1960 –, mais elle les a résolus rapidement. À l’époque, Fayçal avait le soutien de presque toute la famille royale, à l’exception de Saoud et de ses fils. Fayçal a rapidement isolé Saoud et obtenu une fatwa des érudits religieux pour l’évincer.EXCLUSIF : Le prince héritier saoudien entend devenir roi avant le sommet du G20 de novembreLire

Aujourd’hui, Mohammed ben Salmane ne semble disposer que du soutien de son vieux père tandis que d’autres membres de la famille royale, en particulier ceux qui sont destinés à devenir rois, se sentent isolés, humiliés et, à présent, en état d’arrestation.  

Le prince héritier saoudien s’est non seulement aliéné son propre oncle, Ahmed, et son cousin Mohammed ben Nayef, mais aussi l’establishment même qui aurait soutenu l’arrestation audacieuse de sa propre famille, à savoir l’establishment religieux. Il ne peut être assuré de la loyauté des membres importants de la famille royale, des érudits religieux et des sections importantes de la société saoudienne. Les foules en liesse lors des festivals, concerts et matchs de boxe qu’il a introduits dans le royaume cachent une crise croissante au sein de la Maison des Saoud. 

Une crise qui s’aggrave

Le jeune prince vit dans la peur et l’isolement. Sa soi-disant révolution descendante vacille sous la pression de la récession mondiale qui a fait chuter les prix du pétrole et la Bourse saoudienne.

Par le passé, le royaume a fait face à une série de crises pétrolières et de récessions, et l’austérité due à la baisse des recettes pétrolières était une pierre d’achoppement rapidement surmontée. 

Mais la crise actuelle est totalement différente. Elle est politique plutôt qu’économique. Le roi Salmane ne sera peut-être pas là assez longtemps pour jeter l’ombre du soutien et extorquer la loyauté des princes mécontents en faveur de son fils. Le fils lui-même a commencé son règne au centre du pouvoir avec de nouvelles stratégies inattendues qui sont maintenant insuffisantes pour garantir une succession en douceur après la mort du roi.

L’arrestation brutale de son propre oncle et de ses cousins est une stratégie risquée qui le hantera tout au long de sa future carrière politique. En outre, la réputation du royaume en tant que pays béni par la capacité de la famille royale à maintenir le consensus et garantir une succession en douceur est irrémédiablement brisée. 

Le prince héritier est de nouveau contraint d’utiliser la force contre ses rivaux au sein de la famille royale, comme en novembre 2017, lorsque plus d’une douzaine de princes influents ont été arrêtés et détenus au Ritz Carlton à Riyad. Cela était présenté comme une mesure anticorruption pour débarrasser l’Arabie saoudite des pots-de-vin endémiques.

Des membres de la famille royale et des dignitaires saoudiens assistent à une cérémonie d’allégeance au prince héritier Mohammed ben Salmane à La Mecque, en Arabie saoudite, le 21 juin 2017 (Reuters)
Des membres de la famille royale et des dignitaires saoudiens assistent à une cérémonie d’allégeance au prince héritier Mohammed ben Salmane à La Mecque, en Arabie saoudite, le 21 juin 2017 (Reuters)

Les descendants du défunt roi Abdallah, principalement le prince Miteb, le chef de la Garde nationale saoudienne à l’époque, ont été humiliés et mis à l’écart. Mohammed ben Salmane s’est assuré que ce rival de haut rang était privé d’une base militaire avec laquelle il pourrait potentiellement organiser un coup d’État contre l’ascension du fils du roi. 

La menace Nayef

Le prince héritier espère éliminer la menace constituée par un autre prince important, Mohammed ben Nayef, qui a longtemps été considéré comme ayant géré les affaires intérieures du royaume d’une main de fer.

La lignée al-Nayef au sein de la maison royale vit aujourd’hui ses derniers jours et restera dans les mémoires comme une tour déchue qui a maintenu les Saoudiens dans la peur

Les réseaux de renseignement et de sécurité omniprésents qu’il a créés lorsqu’il était la figure centrale du ministère de l’Intérieur hantent toujours l’actuel prince héritier, même après que ben Nayef a été privé de toutes ses fonctions officielles au gouvernement. Le prince héritier craint que les mesures particulièrement draconiennes que son cousin a prises pour écraser l’opposition potentielle puissent encore être déployées contre lui. 

Mohammed ben Nayef a garanti la sécurité du trône en vue de sa propre accession au poste suprême. Mais il a finalement vu son jeune cousin, Mohammed, bénéficier de toutes les mesures de surveillance et de stricte sécurité qu’il avait mises en place dans le royaume. Sa récompense a été son brusque limogeage par le roi, et maintenant, il aurait été arrêté. 

La nouvelle de son humiliation a fait le tour du monde alors que le palais royal reste silencieux sur ses allées et venues.

La lignée al-Nayef au sein de la maison royale vit aujourd’hui ses derniers jours et restera dans les mémoires comme une tour déchue qui a maintenu les Saoudiens dans la peur et les a soumis, aux mains de Nayef senior et de son fils Mohammed, à des détentions arbitraires, des actes de torture et des disparitions injustifiées.  

Une frappe préventive

Le prince Ahmed, le frère encore éligible à la succession du roi Salmane, figurerait également parmi les princes arrêtés le 7 mars. Il n’a probablement pas été arrêté en raison de ses antécédents militaires ou de sécurité : il n’en a aucun dans sa carrière de courte durée au gouvernement. Au moins vingt princes arrêtés lors d’une purge massive organisée par MBSLire

Son arrestation était plutôt une frappe préventive pour éviter que le prince ne devienne un personnage symbolique focal autour duquel d’autres princes mécontents pourraient se rassembler.

Le prince Ahmed avait le potentiel de devenir un tel personnage, ce qui nous rappelle les dix années de règne d’Abdallah lorsqu’il est devenu le monarque fort qui a réussi à contrer les menaces de Salmane, Nayef et Sultan ben Abdelaziz à l’époque.

Abdallah représentait un symbole pour de nombreux princes qui étaient jaloux du monopole du pouvoir qu’avaient ces trois figures les plus importantes de la politique saoudienne. Ahmed avait déjà exprimé des réserves sur la politique du nouveau roi et de son fils, par exemple, sur la guerre contre le Yémen en 2015.

Mais depuis, après son retour en Arabie saoudite, il a gardé le silence. D’autres princes marginalisés auraient pu vouloir se tourner vers le prince Ahmed pour leur éviter de sombrer dans l’oubli historique lorsque le prince héritier deviendra finalement roi. 

Drame royal

Le roi Salmane aurait pu faire d’Ahmed le prince héritier après les nombreux scandales et la mauvaise gestion des affaires politiques et des relations extérieures du royaume par son fils, surtout le scandale de la mort de Jamal Khashoggi en 2018.

Mais le roi a manqué l’occasion et aujourd’hui, l’arrestation du prince Ahmed exclut une figure symbolique qui est potentiellement capable de restaurer un semblant de continuité et de respectabilité au sein de la maison royale. 

Mohammed ben Salmane vit maintenant dans la peur et l’isolement

Autrefois monarchie sûre composée de puissants princes qui ont réussi à endiguer toutes sortes de menaces politiques, économiques et sécuritaires, l’Arabie saoudite est aujourd’hui en proie à l’incertitude et aux dangers.  

Dans le processus de consolidation de l’emprise des al-Saoud sur le pouvoir, les rois ont privé tous les Saoudiens du droit de vivre dans une société ouverte dotée d’institutions politiques capables de garantir la survie du royaume et la participation de ses citoyens dans le processus décisionnel. Malheureusement, les Saoudiens ont été transformés en spectateurs impuissants du drame royal en train de se dérouler sous leurs yeux.

– Madawi al-Rasheed est professeure invitée à l’Institut du Moyen-Orient de la London School of Economics. Elle a beaucoup écrit sur la péninsule arabique, les migrations arabes, la mondialisation, le transnationalisme religieux et les questions de genre. Vous pouvez la suivre sur Twitter : @MadawiDr

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.Madawi al-RasheedMadawi al-Rasheed is visiting professor at the Middle East Institute of the London School of Economics. She has written extensively on the Arabian Peninsula, Arab migration, globalisation, religious transnationalism and gender issues. You can follow her on Twitter: @MadawiDr

https://www.middleeasteye.net/fr/opinion-fr/arabie-saoudite-les-dernieres-arrestations-de-mohammed-ben-salmane-exposent-la-faiblesse

Quelle cible après la Syrie ?

GÉOPOLITIQUE

Quelle cible après la Syrie ?

par Thierry Meyssan

Les événements qui se sont produits au « Moyen-Orient élargi » depuis 2001 suivent une logique implacable. La question actuelle est de savoir si le moment est arrivé d’une nouvelle guerre en Turquie ou en Arabie saoudite. La réponse dépend notamment de la relance des hostilités en Libye. C’est dans ce contexte que doit être interprété le Protocole additionnel négocié par les présidents Erdoğan et Poutine pour résoudre la crise d’Idleb.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 10 MARS 2020 عربيENGLISHESPAÑOLITALIANOROMÂNĂTÜRKÇEDEUTSCHРУССКИЙPORTUGUÊS

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JPEG - 27.4 koLa carte initiale du « remodelage du Moyen-Orient élargi », publiée par le colonel Ralph Peters.

19 ans de « guerre sans fin »

Le président George W. Bush décida de transformer radicalement les missions du Pentagone, ainsi que l’expliqua, le 13 septembre 2001, le colonel Ralph Peters dans la revue de l’Armée de Terre, Parameters. Le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, nomma l’amiral Arthur Cebrowski pour qu’il forme les futurs officiers. Celui-ci passa trois ans à faire le tour des universités militaires de sorte qu’aujourd’hui, la totalité des officiers généraux ont suivi ses cours. Sa pensée a été vulgarisée pour le grand public par son adjoint, Thomas Barnett.

Les zones touchées par la guerre US seront livrées au « chaos ». Ce concept doit être compris au sens du philosophe anglais Thomas Hobbes, c’est-à-dire comme l’absence de structures politiques capables de protéger les citoyens de leur propre violence (« L’homme est un loup pour l’homme »). Et non pas au sens biblique de faire table rase avant la création d’un ordre nouveau.

Cette guerre est une adaptation des Forces armées US à l’ère de la mondialisation, au passage du capitalisme productif au capitalisme financier. « La guerre est un racket » (War is a racket), disait avant la Seconde Guerre mondiale le général le plus décoré des États-Unis, Smedley Butler [1]. Désormais, les amis et les ennemis ne compteront plus, la guerre permettra une simple gestion des ressources naturelles.

Cette forme de guerre suppose de nombreux crimes contre l’humanité (notamment des nettoyages ethniques) que les Forces armées US ne peuvent pas commettre. Le secrétaire Donald Rumsfeld engagea donc des armées privées (dont Blackwater) et développa des organisations terroristes tout en prétendant les combattre.

Les administrations Bush et Obama ont suivi cette stratégie : détruire les structures étatiques de régions entières du monde. La guerre US n’a plus pour objectif de vaincre, mais de durer (la « guerre sans fin »). Le président Donald Trump et son premier conseiller de Sécurité nationale, le général Michael Flynn, ont remis en cause cette évolution sans parvenir à la changer. Aujourd’hui, les tenants de la pensée Rumsfeld/Cebrowski poursuivent ses objectifs non pas tant au travers du secrétariat à la Défense que de l’Otan.

Après que le président Bush a lancé la « guerre sans fin » en Afghanistan (2001) et en Iraq (2003), une forte contestation surgit au sein des élites politiques de Washington à propos des arguments qui avaient justifié l’invasion de l’Iraq et du désordre qui y régnait. Ce fut la Commission Baker-Hamilton (2006). Jamais, la guerre ne cessa ni en Afghanistan ni en Iraq, mais il fallu attendre cinq ans pour que le président Obama ouvre de nouveaux théâtres d’opération : la Libye (2011), la Syrie (2012) et le Yémen (2015).

Deux acteurs extérieurs ont interféré avec ce plan.
- En 2010-11, le Royaume-Uni a lancé le « Printemps arabe », une opération calquée sur la « Révolte arabe » de 1915 qui permit à Lawrence d’Arabie de placer les wahhabites au pouvoir dans la péninsule arabique. Il s’agissait cette fois de placer les Frères musulmans au pouvoir avec l’aide non pas du Pentagone, mais du département d’État US et de l’Otan.
- En 2014, la Russie est intervenue en Syrie, dont l’État ne s’était pas effondré et qu’elle a aidé à résister. Depuis lors, les Britanniques —qui y avaient tenté d’en changer le régime durant le « Printemps arabe » (2011-début 2012),— puis les États-Uniens —qui cherchaient à y renverser non pas le régime, mais l’État (mi-2012 à aujourd’hui)— ont dû s’en retirer. La Russie, qui poursuit le rêve de la Tsarine Catherine, se bat aujourd’hui contre le chaos, pour la stabilité —c’est-à-dire pour la défense des structures étatiques et le respect des frontières—.

Le colonel Ralph Peters, qui avait révélé en 2001 la nouvelle stratégie du Pentagone, publia en 2006 la carte des objectifs de l’amiral Cebrowski. Elle montrait que seuls Israël et la Jordanie ne seraient pas atteints. Tous les autres pays du « Moyen-Orient élargi » (c’est-à-dire du Maroc au Pakistan) seraient progressivement privés d’État et tous les grands pays (dont l’Arabie saoudite et la Turquie) disparaîtraient.

Constatant que son meilleur allié, les États-Unis, prévoyait de couper son territoire en deux afin de créer un « Kurdistan libre », la Turquie tenta vainement de se rapprocher de la Chine, puis adopta la théorie du professeur Ahmet Davutoğlu : « Zéro problème avec ses voisins ». Elle se distancia d’Israël et commença à négocier la paix avec Chypre, la Grèce, l’Arménie, l’Iraq, etc. Malgré le différend territorial sur le Hatay, elle créa un marché commun avec la Syrie. Cependant, en 2011, alors que la Libye était déjà isolée, la France convainquit la Turquie qu’elle pourrait échapper à la partition si elle se joignait aux ambitions de l’Otan. Le président Recep Tayyip Erdoğan, un islamiste politique de la Millî Görüş, adhéra à la Confrérie des Frères musulmans dont il ne faisait pas partie, en espérant récupérer à son profit les fruits du « Printemps arabe ». La Turquie se retourna contre l’un de ses principaux clients, la Libye, puis l’un de ses principaux partenaires, la Syrie.

En 2013, le Pentagone adapta la « guerre sans fin » aux réalités rencontrées sur le terrain. Robin Wright publia deux cartes rectificatives dans le New York Times. La première portait sur la division de la Libye, la seconde sur la création d’un « Kurdistan » ne touchant que la Syrie et l’Iraq et épargnant la moitié orientale de la Turquie et l’Iran. Elle annonçait aussi la création d’un « Sunnistan » à cheval sur l’Iraq et la Syrie, la partition de l’Arabie saoudite en cinq et du Yémen en deux. Cette dernière opération débuta en 2015.

Très heureux de ce rectificatif, l’état-major turc se prépara aux événements. Il conclut des accords avec le Qatar (2017), Koweït (2018) et le Soudan (2017) pour y installer des bases militaires et encercler le royaume saoudien. Lequel finança en 2019 une campagne de presse internationale contre le « Sultan » et un coup d’État au Soudan. Simultanément, la Turquie soutint le nouveau projet de « Kurdistan » épargnant son territoire et participa à la création du « Sunnistan » par Daesh sous le nom de « Califat ». Cependant, les interventions russe en Syrie et iranienne en Iraq firent échouer ce projet.

En 2017, le président régional Massoud Barzani organisa un référendum d’indépendance au Kurdistan iraquien. Immédiatement, l’Iraq, la Syrie, la Turquie et l’Iran comprirent que le Pentagone, revenant à son plan initial, s’apprêtait à créer un « Kurdistan libre » en charcutant leurs territoires respectifs. Ils se coalisèrent pour y faire échec. En 2019, le PKK/PYG annonça qu’il préparait l’indépendance du « Rojava » syrien. Sans attendre, l’Iraq, la Syrie, la Turquie et l’Iran se concertèrent à nouveau. La Turquie envahit le « Rojava », pourchassant le PKK/YPG, sans grande réaction des armées syrienne et russe.

En 2019, l’état-major turc acquit la conviction que le Pentagone, ayant renoncé provisoirement à détruire la Syrie, du fait de la présence russe, s’apprêtait désormais à détruire l’État turc. Pour repousser l’échéance, il tenta de réactiver la « guerre sans fin » en Libye, puis de menacer les membres de l’Otan des pires calamités : l’Union européenne de subversion migratoire et les États-Unis d’une guerre avec la Russie. Pour ce faire, il ouvrit aux migrants sa frontière avec la Grèce et attaqua les armées russe et syrienne à Idleb où elles bombardaient les jihadistes d’Al-Qaïda et de Daesh. qui s’y étaient réfugiés. C’est cet épisode que nous vivons aujourd’hui.JPEG - 49.3 koLa carte rectificative du projet de « remodelage du Moyen-Orient élargi », publiée par Robin Wright.

Le Protocole additionnel de Moscou

L’armée turque a occasionné des pertes russes et syriennes en février 2020, tandis que le président Erdoğan multipliait les coups de téléphone à son homologue russe, Poutine, pour faire baisser d’une main la tension qu’il provoquait de l’autre.

Le secrétaire d’État US, Mike Pompeo, s’est engagé à contenir les appétits du Pentagone si la Turquie aidait ce dernier à relancer la « guerre sans fin » en Libye. Ce pays est divisé en un millier de tribus qui s’affrontent autour de deux leaders principaux, agents patentés de la CIA, le président du Conseil présidentiel, Fayez el-Sarraj, et le commandant de l’Armée nationale, Khalifa Haftar.

La semaine dernière, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’Onu pour la Libye, le professeur Ghassan Salamé, a été prié de démissionner pour « raison de santé ». Il a obtempéré, non sans avoir exprimé sa mauvaise humeur lors d’une conférence de presse. Un axe a été constitué pour soutenir al-Sarraj par la Confrérie des Frères musulmans autour du Qatar et de la Turquie. Une seconde coalition est née autour d’Haftar avec l’Égypte et les Émirats arabes unis, mais aussi l’Arabie saoudite et la Syrie.

C’est le grand retour de cette dernière sur la scène internationale. La Syrie est auréolée de ses neuf années de Résistance victorieuse à la Confrérie et aux États-Unis. Deux ambassades libyenne et syrienne ont été ouvertes en grande pompe, le 4 mars, à Damas et à Benghazi.

Par ailleurs, l’Union européenne, après avoir solennellement condamné le « chantage turc aux réfugiés », envoya la présidente de la Commission observer le flux de réfugiés à la frontière gréco-turque et le président du Conseil sonder le président Erdoğan à Ankara. Celui-ci confirma qu’un arrangement était possible si l’Union s’engageait à défendre l’« intégrité territoriale » de la Turquie.JPEG - 49.6 koAvec un malin plaisir, le Kremlin a mis en scène la reddition de la Turquie : la délégation turque se tient debout, contrairement à l’habitude où l’on fournit des chaises aux invités ; dans son dos, une statue de l’impératrice Catherine la Grande rappelle que la Russie était déjà présente en Syrie au XVIIIème siècle. Enfin, les présidents Erdoğan et Poutine sont assis devant une pendule commémorative de la victoire russe sur l’Empire ottoman.

C’est donc sur cette base que le président Vladimir Poutine a reçu au Kremlin, le président Recep Tayyip Erdoğan, le 5 mars. Une première réunion, restreinte, de trois heures a été consacrée aux relations avec les États-Unis. La Russie se serait engagée à protéger la Turquie d’une possible partition à la condition qu’elle signe et applique un Protocole additionnel sur la stabilisation de la situation dans la zone de désescalade d’Idleb [2]. Une seconde réunion, également de trois heures mais ouverte aux ministres et conseillers, a été consacrée à la rédaction de ce texte. Il prévoit la création d’un corridor de sécurité de 12 kilomètres de large autour de l’autoroute M4, surveillé conjointement par les deux parties. En clair : la Turquie recule au Nord de l’autoroute qui est rouverte et perd la ville de Jisr-el-Chogour, bastion des jihadistes. Surtout, elle doit appliquer enfin le mémorandum de Sotchi qui prévoit de ne soutenir que l’opposition armée syrienne, censée être démocratique et non pas islamiste, et de combattre les jihadistes. Or, cette « opposition armée démocratique » n’est qu’une chimère imaginée par la propagande britannique. De fait la Turquie devra soit tuer elle-même les jihadistes, soit poursuivre et terminer leur transfert d’Idleb (Syrie), vers Djerba (Tunisie), puis Tripoli (Libye) comme elle avait commencé de le faire en janvier.

En outre, le 7 mars, le président Poutine a contacté l’ancien président Nazerbayev pour étudier avec lui la possibilité de déployer sous les auspice de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) des « chapkas bleues » kazakhs en Syrie. Cette option avait déjà été envisagée en 2012. Les soldats kazakhs ont la particularité d’être musulmans et non pas orthodoxes.

L’option de s’en prendre désormais à l’Arabie saoudite plutôt qu’à la Turquie a été activée par le Pentagone, croit-on savoir à Riyad, bien que le président Trump lui impose de délirantes commandes d’armement en échange de sa protection. La dissection de l’Arabie saoudite avait été envisagée par le Pentagone dès 2002 [3].

Des missiles ont été tirés cette semaine contre le palais royal à Riyad. Le prince Mohamed ben Salmane (dit « MBS », 34 ans) a fait arrêter son oncle, le prince Ahmed (70 ans), et son ancien concurrent et ex-prince héritier, le prince Mohamed ben Nayef (60 ans), ainsi que divers autres princes et des généraux. La province chiite de Qatif, où plusieurs villes ont déjà été rasées, a été isolée. Le prix du baril de pétrole a chuté à 31 dollars, menaçant la viabilité de l’industrie du pétrole de schiste aux USA. Les explications officielles sur les querelles de succession et le coronavirus ne suffisent pas [4].Thierry Meyssan

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[1] « J’ai effectué 33 ans et 4 mois de service actif, et durant cette période, j’ai passé la plupart de mon temps en tant que gros bras pour le monde des affaires, pour Wall Street, et pour les banquiers. En bref, j’étais un racketteur, un gangster au service du capitalisme. J’ai aidé à sécuriser le Mexique, plus particulièrement la ville de Tampico, au profit des groupes pétroliers américains en 1914. J’ai aidé à faire de Haïti et de Cuba un endroit convenable pour que les hommes de la National City Bank puissent y faire des profits. J’ai aidé au viol d’une demi-douzaine de républiques d’Amérique centrale au bénéfice de Wall Street. J’ai aidé à purifier le Nicaragua au profit de la banque américaine Brown Brothers de 1902 à 1912. J’ai apporté la lumière en République dominicaine au profit des entreprises sucrières américaines en 1916. J’ai livré le Honduras aux entreprises fruitières américaines en 1903. En Chine, en 1927, j’ai aidé à ce que l’entreprise Standard Oil fasse ses affaires en paix. » in War Is a Racket, Smedley Butler, Feral House (1935)

[2] “Additional Protocol to the Memorandum on Stabilization of the Situation in the Idlib De-Escalation Area”, Voltaire Network, 5 March 2020.

[3] « Taking Saudi out of Arabia« , Powerpoint de Laurent Murawiec pour une réunion du Défense Policy Board (July 10, 2002).

[4] “Two Saudi Royal Princes Held, Accused of Plotting a Coup”, Bradley Hope, Wall Street Journal ; “Detaining Relatives, Saudi Prince Clamps Down”, David Kirkpatrick & Ben Hubbard, The New Yok Times, March 7, 2020.

https://www.voltairenet.org/article209434.html

Les cours du pétrole chutent de plus de 30%

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Les cours du pétrole chutent de plus de 30%

© CC BY-SA 2.0 / joiseyshowaa / Cromarty Firth Oil RigsECONOMIE23:45 08.03.2020(mis à jour 01:31 09.03.2020)URL courte164919S’abonner

Après que Riyad a décidé de baisser le prix de vente pour le brut de toutes qualités, les contrats à terme sur le pétrole se sont effondrés de plus de 30% dimanche 8 mars.

Les contrats à terme sur le pétrole se sont effondrés dimanche 8 mars de 31%, à 31,43 le baril suite à la décision de l’Arabie saoudite de baisser le prix de vente pour le brut de toutes ses qualités et vers toutes les destinations pour le mois d’avril.

A 23h02 heure de Paris, le baril de Brent a chuté de 14 dollars et le baril du brut léger américain (WTI) a plongé de 27%, à 30,27 dollars.

L’agence Bloomberg avait annoncé ce 8 mars que l’Arabie saoudite prévoyait d’augmenter sa production en avril, dépassant largement les 10 millions de barils par jour, contre 9,7 millions de barils en mars, afin de contraindre la Russie à revenir à la table des négociations.

Le 7 mars, le plus grand exportateur de pétrole au monde a déclenché une guerre des prix en réduisant ceux de la vente du brut sur les marchés étrangers à un niveau sans précédent depuis au moins 20 ans, en offrant des remises sans précédent en Europe, en Extrême-Orient et aux États-Unis.

Échec des négociations de l’OPEP+

La décision de Riyad de baisser le prix de vente survient après l’échec le 6 mars des négociations entre les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et dix autres pays, emmenés par la Russie, sur une coupe supplémentaire de brut.

Pendant ces négociations, l’Arabie saoudite a proposé de réduire la production pétrolière de 1,5 milliard de barils par jour à partir d’avril et jusqu’à la fin 2020 sur fond de l’épidémie de coronavirus. La Russie a quant à elle souhaité prolonger jusqu’à la fin du deuxième trimestre les réductions de production déjà appliquées par les pays du groupe OPEP+, qui comprend les États membres de l’OPEP et certains producteurs extérieurs au cartel. Ce programme porte sur une réduction de la production de 2,1 millions de barils par jour.

Le 6 mars, après le ministre russe de l’Energie, Alexandre Novak, a annoncé qu’«à partir du 1er avril, ni l’OPEP ni les non membres n’auront plus de restrictions».

https://fr.sputniknews.com/economie/202003081043216977-les-cours-du-petrole-chutent-de-plus-de-20/

Armement : la France confrontée à un renversement d’alliance en Arabie Saoudite

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Armement : la France confrontée à un renversement d’alliance en Arabie Saoudite

 Par Michel Cabirol  |  02/03/2020, 6:00  |  1235  mots

Mohammed ben Salman snobe la France
Mohammed ben Salman snobe la France (Crédits : POOL New)

La France est hors jeu en Arabie Saoudite. Ses industriels de la défense sont de moins en moins consultés par Ryad pour les commandes d’armement.

De claques en désillusions, la France ne sait vraiment plus à quels saints se vouer en Arabie Saoudite pour s’attirer les bonnes grâces du prince Mohammed ben Salman, dit MBS. En matière de ventes d’armes, elle est aujourd’hui distancée par l’Italie, l’Espagne et la Corée du Sud, très proche de vendre des corvettes à bas prix à Ryad. Les Etats-Unis restent évidemment hors concours. Autrefois, la France fournissait régulièrement au Royaume en tant que deuxième source d’approvisionnement des navires de guerre pour sa flotte de l’ouest et des systèmes Crotale pour sa défense aérienne courte portée. Ce n’est plus le cas depuis l’arrivée du prince MBS, dont l’origine des incompréhensions entre les deux pays remonte notamment à la place d’ODAS dans la relation entre les deux pays. Cette société, qui organisait les ventes d’armes entre Ryad et Paris, est en voie de dissolution à la demande de MBS. Mais elle continue de gérer les contrats en cours d’exécution.

Les industriels français snobés

Autre temps, autres fournisseurs. Les industriels français ne sont même plus conviés à participer aux « appels d’offres » saoudiens. Naval Group a été superbement ignoré par Ryad pour une commande de deux bâtiments de transport amphibie. Négocié depuis cet automne avec Navantia, qui était en février en Arabie Saoudite pour faire avancer les négociations avec la SAMI (Saudi Arabian Military Industries), un contrat pourrait être signé d’ici à l’été, selon nos informations. Le groupe espagnol a d’ailleurs déjà vendu cinq corvettes Avante 2200. C’était une grande première. Sur les frégates, Navantia et Fincantieri ont été consultés mais pas Naval Group. Le groupe italien a quant à lui annoncé fin décembre avoir remporté un contrat avec l’armée américaine, pour la construction de quatre navires de guerre, des LCS (Littoral Combat Ship) de Lockheed Martin modifiés, à destination de l’Arabie Saoudite. Le contrat est estimé à 1,3 milliard de dollars. Bref, rien ne semble plus tourner en faveur de la France même si certains industriels ont obtenu quelques succès (Nexter, MBDA) en raison d’une meilleure compréhension de la situation locale et de bons réseaux de vente.

« Les dés n’arrêtent pas de tourner mais je suis plus inquiet par le péril jaune au sens large », analyse un expert de la région. Pour l’heure, la France tente de s’accrocher à la modernisation des frégates de Sawari II évaluée à près de 1 milliard d’euros, selon des sources concordantes. Mais là aussi, les italiens tentent d’imposer le radar multifonctions mobile Kronos de Leonardo au détriment des radars de Thales. Il faut dire aussi que la maintenance coûteuse des radars Arabel sur les frégates Sawari II a été un gros point de discorde entre Français et Saoudiens – Thales n’ayant pas pris en compte les demandes saoudiennes et les Saoudiens ayant négligé l’importance de la maintenance – et entre Naval Group et Thales, quelques fois frères ennemis à l’export. A entendre les uns et les autres, les torts semblent partagés entre Français et Saoudiens mais le mal est fait… Le groupe d’électronique tente toutefois de se donner une nouvelle chance en proposant son nouveau radar considéré par le ministère comme performant, le Sea Fire, en cours de développement.closevolume_off

La France snobée, l’Allemagne désirée

Alors que la France fait des efforts pour normaliser ses relations avec l’Arabie Saoudite, elle est toujours aussi peu entendue par Ryad. Ainsi, la visite à Ryad les 16 et 17 janvier dernier de Jean-Yves Le Drian, qui s’est entretenu avec son homologue, le Prince Faisal bin Farhan Al Saoud, ministre des Affaires étrangères et Adel al Jubeir, ministre d’Etat pour les affaires étrangères, a été « désastreuse » sur le volet armement, selon un observateur. Le ministre des Affaires étrangères était pourtant arrivé avec une longue liste… Elle a fait un véritable four. Ce que le Quai d’Orsay a appelé dans un mémo une « déconvenue » est en réalité un changement d’alliance de la part de Ryad sans que Paris ne l’ait bien compris, semble-t-il.

Pourtant tout l’écosystème de défense avait été rempli d’espoir après l’entretien téléphonique le 17 septembre entre Emmanuel Macron et le prince héritier. Le président avait fermement condamné les attaques ayant visé des sites pétroliers à Abqaiq et Khurais par des drones houthis. Il avait alors réaffirmé l’engagement de la France en faveur de la sécurité de l’Arabie saoudite et de la stabilité de la région. Et en réponse à la demande des autorités saoudiennes, Emmanuel Macron avait confirmé à MBS l’envoi en Arabie saoudite d’experts français pour participer aux enquêtes destinées à faire toute la lumière sur l’origine et les modalités des attaques du 14 septembre.

Thales et MBDA ont donc proposé des systèmes pour contrer cette menace. La France a quant à elle envoyé un radar de surveillance Giraffe Made in Sweden (Saab). Selon l’Etat-major des armées, « une cinquantaine de personnels de l’armée de l’air » participe à cette opération. Soit une très belle promotion du Made in France en Arabie Saoudite par le ministère des Armées au moment où Thales tente de vendre ses radars dans le royaume… Le ministère aurait voulu tirer une balle dans le pied de Thales qu’il ne s’y serait pas pris autrement.

La France doit-elle changer de stratégie avec Ryad ?

Mais cette parenthèse a été vite refermée. La visite du ministre saoudien des Affaires étrangères en Allemagne peut s’apparenter à une énorme claque pour la France. Alors que Paris est prêt à vendre des armes à Ryad (en vain !), le Prince Faisal bin Farhan Al Saoud a exhorté l’Allemagne à lever son embargo sur les armes. Un comble… Le gel sur les licences d’exportations et l’arrêt des livraisons doivent être effectivement renégociés entre partenaires de la coalition d’ici le 31 mars prochain. Maniant la carotte et le bâton en même temps, le ministre des Affaires étrangères a rappelé dans une interview à l’agence de presse allemande DPA  « la haute qualité de l’armement » allemand mais a averti qu’il « existe d’autres sources où vous pouvez obtenir de tels armements ». Et de conclure que « nous allons acheter ce dont nous avons besoin, où nous pouvons l’obtenir ».

D’une terre généreuse pour l’industrie de l’armement française, l’Arabie Saoudite, tout comme l’Egypte, est devenue une terre stérile. Face à un tel renversement d’alliance, la France doit réfléchir à une nouvelle stratégie. Pourquoi continue-t-elle à apporter un soutien opérationnel à l’armée saoudienne sans en exiger une compensation industrielle pour prix de son engagement ? Puisque les Espagnols et les Italiens semblent les grands bénéficiaires du renversement d’alliance opéré par l’Arabie Saoudite, pourquoi n’apportent-ils pas eux ce soutien ? A Paris, certains réfléchissent à un durcissement de la politique envers Ryad, car pour l’heure, la France assume vis-à-vis de son opinion publique, des médias et des ONG son soutien tant au régime autocratique de MBS qu’à la guerre qu’il a déclenchée au Yémen. Sans aucun retour. Cet altruisme jugé de plus en plus suicidaire politiquement pourrait ne pas durer éternellement, surtout à l’approche de la présidentielle de 2022.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/armement-l-arabie-saoudite-une-terre-devenue-inamicale-pour-la-france-840917.html

Les Houthis lancent de nouvelles attaques de missiles et de drones contre les installations pétrolières de l’Etat saoudien

Les Houthis lancent de nouvelles attaques de missiles et de drones contre les installations pétrolières de l’Etat saoudien


Par Ahmed Abdulkareem − le 21 février 2020 − Source Mint Press News

Al-JAWF, YEMEN – Les forces armées du Yémen, alliées aux Houthis, ont lancé une attaque contre des installations vitales, appartenant à Saudi Aramco, situées dans la province occidentale de Médine, Arabie Saoudite, à environ 165 kilomètres à l’ouest de la ville de Médine. L’attaque a eu lieu vendredi avec le lancement de missiles balistiques et de drones. Il s’agit de représailles contre les attaques saoudiennes meurtrières qu’a subi la province d’al-Jawf, au Yémen, vendredi dernier.

Le porte-parole de l’armée yéménite, le général de brigade Yahya Saree, a déclaré lors d’une conférence de presse vendredi que l’armée yéménite avait frappé des installations pétrolières, en plus de sites sensibles, dans la ville portuaire saoudienne de Yanbu dans le cadre de l’opération nommée « The Third Balance of Deterrence « . Saree a révélé que les forces yéménites ont utilisé un escadron de 12 drones de combat Sammad-3 (Invincible-3) ainsi que des missiles balistiques ailés et à longue portée pour mener les attaques. Il a ajouté que c’était pour se venger des attaques saoudiennes, notamment celle de vendredi dernier sur la province d’al-Jawf, et a confirmé que l’Arabie saoudite subira des frappes douloureuses si elle continue son assaut contre le Yémen.

Le 18 septembre 2019, l’Armée yéménite annonçait le début de l’opération « Second Balance of Deterrence » qui a frappé les usines de traitement du pétrole et du gaz de Saudi Aramco à Abqaiq et Khurais dans les provinces orientales riches en pétrole du Royaume. Les États-Unis et certains de leurs alliés ont accusé l’Iran de cette attaque.

L’Arabie Saoudite, pour sa part, affirme avoir « abattu des missiles tirés du Yémen ». Le porte-parole de la coalition saoudienne, Turki al-Maliki, a déclaré : « Les missiles ont été tirés par le groupe militant Houthi, allié à l’Iran », ajoutant : « ils ont été lancés de manière systématique et délibérée pour cibler les villes et les civils, ce qui constitue un défi flagrant au droit humanitaire international ». Il n’y a pas encore eu de commentaire officiel de l’Arabie Saoudite sur les attaques contre ses installations pétrolières et le nombre de victimes n’a pas non plus été révélé.

Le week-end dernier, environ 35 personnes ont été tuées et 23 autres blessées lorsque la coalition dirigée par les Saoudiens a frappé la zone d’al-Hayjah dans le quartier d’al-Jawf de cinq bombardements aériens, y compris des attaques à double frappe, qui ont causé d’énormes dégâts dans le quartier. Les attaques à double frappe, largement pratiquées par l’Arabie Saoudite, sont des attaques au cours desquelles des avions militaires retournent sur les lieux d’un raid aérien pour cibler les premiers intervenants et les civils qui se rassemblent sur les lieux.

Au moins 10 civils ont été tués dans les attaques à double frappe d’al-Hayjah alors qu’ils se rassemblaient près de l’épave d’un avion de guerre saoudien qui a été abattu pendant l’attaque, ont déclaré à MintPress des témoins sur place.
Le ministère de la santé yémenite, basé à Sanaa, a déclaré dans un communiqué que les bombardements aériens saoudiens ont tué 35 civils au total, dont 26 enfants, et que 23 civils ont été blessés, dont 18 enfants. Le bureau du coordinateur humanitaire de l’ONU pour le Yémen a donné un chiffre plus bas, déclarant que « les rapports de terrain indiquent que, le 15 février, 31 civils ont été tués et 12 autres blessés au cours de bombardements qui ont touché une zone du gouvernorat d’Al-Jawf ».

Lise Grande, coordinatrice des Nations unies, a dénoncé ces bombardements, déclarant : « En vertu du droit humanitaire international, les parties qui ont recours à la force sont tenues de protéger les civils. Cinq ans après le début de ce conflit, les belligérants n’assument toujours pas cette responsabilité. C’est choquant ».

Le groupe humanitaire international, Save the Children, qui est très actif au Yémen, a déclaré : « Cette dernière attaque doit faire l’objet d’une enquête urgente et indépendante, et les auteurs doivent rendre des comptes ». Xavier Joubert, le directeur du groupe au Yémen, a ajouté : « Ceux qui continuent à vendre des armes aux parties en guerre doivent se rendre compte qu’en fournissant des armes pour cette guerre ils contribuent à rendre des atrocités comme [celle-ci] bien trop courantes. »

De grands rassemblements ont également eu lieu dans de nombreux districts du Yémen pour dénoncer les attaques, notamment à Sana’a, Ibb, Reimah, Dhamar, Hajjah et Hodeida. Les manifestants portaient des banderoles arborant des messages de vengeance, des promesses de représailles envers la coalition dirigée par les Saoudiens et des promesses de résistance contre les forces étrangères au Yémen. Les manifestants ont également appelé les gouvernements occidentaux à respecter les droits de l’homme et à cesser de fournir des armes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. Les pays de la coalition, dirigée par l’Arabie saoudite, mènent une guerre meurtrière contre le Yémen depuis mars 2015, en utilisant des armes et des renseignements fournis par des pays occidentaux, notamment les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et le Canada.

Rien que le mois dernier, au moins 30 civils ont été tués et blessés suite aux frappes aériennes de la coalition saoudienne au Yémen, selon le Centre des droits de l’homme du gouvernement yéménite. Un nouveau rapport de ce centre montre que les avions de combat de la coalition ont lancé 164 frappes aériennes et largué 1 258 obus et missiles sur 18 immeubles résidentiels, 71 zones résidentielles, sept fermes, un aéroport, une école et une université.

L’association américaine à but non lucratif Armed Conflict Location and Event Data Project (ACLED), une organisation de recherche sur les conflits, estime que cette guerre a fait plus de 100 000 morts au cours des cinq dernières années. De plus, le blocus de la coalition en matière de nourriture et de médicaments a plongé le pays dans une famine sans précédent et a déclenché une épidémie mortelle de maladies évitables qui ont coûté la vie à des milliers d’autres personnes.

L’étincelle qui a allumé la mèche

En fin de semaine dernière, les unités de défense aérienne houthi ont réussi à cibler et à abattre un avion de combat Tornado multi-rôle au-dessus du ciel d’al-Jawf avec un missile sol-air avancé, un revers pour une alliance militaire connue pour sa suprématie aérienne et signalant un nouveau degré atteint par l’arsenal militaire de plus en plus puissant des Houthis.

L’armée yéménite, alliée aux Houthis, a diffusé des images du lancement de leur missile sol-air avancé et du moment où il a frappé l’avion de chasse dans le ciel nocturne, l’envoyant s’écraser en une boule de feu.

Samedi dernier, la coalition saoudienne a publié une déclaration confirmant le crash et affirmant que « deux officiers se sont éjectés de l’avion avant qu’il ne s’écrase », que les Houthis leur ont tiré dessus en « violation du droit international humanitaire »« La vie et le bien-être de l’équipage sont sous la responsabilité des Houthis », ajoute la déclaration.

Une source Houthi qui souhaite garder l’anonymat car elle n’est pas autorisé à parler sur le sujet, a déclaré à MintPress qu’après l’écrasement de l’avion, les avions de guerre de la coalition saoudienne ont lancé des frappes aériennes dans l’espoir de tuer l’équipage de l’avion avant qu’il ne puisse être capturé, il a ajouté que les membres d’équipage capturés n’étaient pas des ressortissants saoudiens, mais il a refusé de dire d’où ils venaient, disant seulement d’un « pays occidental ». Les Houthis ont finalement réussi à capturer l’équipage et à le déplacer vers un endroit sûr. L’un d’entre eux est gravement blessé, selon la source Houthi, qui a déclaré que ces faits révèlent que d’autres pays sont directement impliqués dans la guerre, non seulement en fournissant à l’Arabie saoudite des armes interdites au niveau international, mais aussi des pilotes militaires.

Ces derniers développements surviennent alors que de violents combats enflamment al-Jawf, où les forces houthies avancent sur plusieurs fronts vers Al-Hazm, la capitale régionale de la province. Al-Jawf est désormais principalement contrôlée par les forces houthies, mais sa capitale reste aux mains des forces de la coalition dirigée par les Saoudiens.

Auparavant, le général de brigade Yahya Saree, porte-parole des forces armées alliées houthies du Yémen, avait annoncé que 2020 serait l’année de l’aviation et que les forces yéménites s’emploieraient à développer leurs industries militaires et à améliorer leur capacités en défense aérienne.

Les Houthis, la principale force combattant la coalition dirigée par les Saoudiens au Yémen, ont appelé le régime saoudien à mettre fin à la guerre et au siège de leur pays, avertissant qu’il y aurait des risques et des conséquences pour le Royaume s’il continuait ses attaques.

Cette guerre a commencé le 26 mars 2015, lorsque l’Arabie saoudite, soutenue par les États-Unis et d’autres alliés régionaux, a lancé une attaque à grande échelle contre le Yémen sous prétexte de rétablir l’ancien président évincé, Abdrabbuh Mansur Hadi. Le véritable objectif de la guerre était de vaincre les Houthis, qui ont obtenu un soutien populaire à la suite du printemps arabe et qui gagnent en puissance depuis le début de la guerre.

Après la capture des pilotes du Tornado de l’armée de l’air saoudienne, les Nations unies ont déclaré que la coalition saoudienne et les Houthis avaient conclu un accord sur le premier échange de prisonniers à grande échelle depuis le début de la guerre. Des milliers de prisonniers, dont des ressortissants saoudiens et soudanais, devraient être libérés en vertu d’un accord négocié en Suède en 2018.

Ahmed AbdulKareem

Traduit par Wayan, relu par Jj pour le Saker Francophonehttps://lesakerfrancophone.fr/les-houthis-lancent-de-nouvelles-attaques-de-missiles-et-de-drones-contre-les-installations-petrolieres-de-letat-saoudien

M. Macron révèle que des militaires français contribuent à la « réassurance » de l’Arabie Saoudite, via la TF Jaguar

M. Macron révèle que des militaires français contribuent à la « réassurance » de l’Arabie Saoudite, via la TF Jaguar

« M. Macron révèle que des militaires français contribuent à la « réassurance » de l’Arabie Saoudite, via la TF Jaguar. Lors de ses voeux aux Armées, ce 16 janvier, sur la base aérienne d’Orléans-Bricy, M. Macron a lâché une phrase étonnante. « Dans la péninsule arabique, et dans le Golfe arabo-persique, où les tensions montent, nous avons déployé en un temps record la task force Jaguar, qui contribue à la réassurance du royaume saoudien », a-t-il dit. Et d’ajouter : « Par les initiatives que nous menons avec nos partenaires européens, nous renforçons la sécurité maritime dans cette région stratégique pour nous. » Or, le ministère des Armées n’a jamais annoncé le déploiement de cette TF Jaguar en Arabie Saoudite. Et les points de situation publiés chaque semaine par l’État-major des armées ne l’a jamais évoqué. »

https://www.les-crises.fr/revue-de-presse-du-19-01-2020/

500 millions de dollars payés par l’Arabie saoudite pour le déploiement des soldats américains dans le pays

500 millions de dollars payés par l’Arabie saoudite pour le déploiement des soldats américains dans le pays

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17/01/2020 | Kathy De Schrijver | 4 min de lecture

Le président Américain Donald Trump lors de sa premire visite à l’étranger en 2017 auprès du roi saoudien Salmane ben Abdelaziz Al Saoud (Isopix)

Depuis septembre dernier, de nombreux soldats américains protègent l’Arabie saoudite de possibles attaques iraniennes. Mais cela a un coût. Riyad vient d’y participer à hauteur de 500 millions de dollars.

Lorsque l’Iran a attaqué les installations pétrolières saoudiennes, l’Arabie saoudite a fait appel aux USA pour leur venir en aide. Des milliers de soldats américains ont alors été déployés sur place. Le Pentagone a aussi fait envoyer des balises anti-missiles.

‘Conformément aux directives du président visant à accroître le partage des charges des partenaires, le ministère de la Défense a engagé l’Arabie saoudite à partager le coût de ces déploiements, qui soutiennent la sécurité régionale et dissuadent l’hostilité et l’agression’, explique le commandant Rebecca Rebarich, porte-parole du Pentagone. 500 millions de dollars ont donc été versé aux USA fin de l’année passée.

De nouveaux paiements sont à prévoir

L’Arabie saoudite et les USA doivent maintenant recalculer le coût de la présence des Américains sur le sol saoudien. ‘Des discussions sont en cours pour formaliser un mécanisme de contributions futures qui compensera le coût de ces déploiements’, a annoncé cdt. Rebecca Rebarich. De nouveaux paiements pourraient donc être demandés. Le Pentagone affirme que ça ne mènera pas forcément au déploiement de forces supplémentaires.

L’augmentation des troupes américains au Moyen-Orient est à l’opposé des volontés de Donald Trump. Le président américain a déclaré à maintes reprises qu’il souhaitait faire revenir ses hommes au pays. C’était d’ailleurs l’un des points de sa campagne présidentielle. Il avait, par exemple, demandé le rapatriement des troupes en Syrie. Une demande qui avait choqué le Congrès, considérant qu’il abandonnait les forces démocratiques syriennes, leur allié dans la lutte contre l’État islamique.

Cependant, la présence de troupes américaines en Arabie saoudite est sûrement un avantage pour les USA dans le conflit qui l’oppose à l’Iran. Même si l’Arabie n’est pas frontalière avec l’Iran, elle s’y trouve à un jet de pierre. Une situation certainement très pratique pour surveiller les défenses et attaques iranienne.

L’arabie Saoudite habituée au partage des couts avec les USA

Ce n’est pas la première fois que l’Arabie saoudite doit participer au coût du déploiement des Américains dans leur pays. Avec le Koweit et d’autres états du Golfe, l’Arabie a dû payer 36 milliards de dollars. Dans quel but? Couvrir les coûts de la Guerre du Golfe en 1990 et 1991.

En 2018, les USA ont aussi demandé le remboursement de 331 millions de dollars à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. Il était question ici de payer les ravitaillements en vol des avions saoudiens lors de la guerre au Yémen.

Lire aussi: Quand le roi Salmane reçoit la plus haute distinction pour ses efforts humanitaires

Source: CNN

https://fr.businessam.be/500-millions-de-dollars-payes-par-larabie-saoudite-pour-le-deploiement-des-soldats-americains-dans-le-pays/

L’eau, nouveau paradigme de la géopolitique du XXIème siècle (2/3)

L’eau, nouveau paradigme de la géopolitique du XXIème siècle (2/3) 

Alexandre CAPEL 19 novembre 2019 EauEnvironnementMondialisation et enjeuxRessourcesSituations décryptées Leave a comment

Ressource naturelle essentielle à la vie, l’eau n’a jamais semblé aussi accessible et abondante qu’aujourd’hui. Ouvrir le robinet pour voir de l’eau couler est devenu un geste quotidien pour une grande partie de la population mondiale. Pourtant, celle-ci vient de plus en plus à manquer sur une planète que l’on sait bleue.

L'eau un enjeu géopolitique
“A quarter of Humanity faces looming water crises”, New York Times, 6 août 2019.

Une problématique qui ne connaît pas de frontières

La carte publiée par le New York Times, conçue à partir du rapport du World Ressources Institut, permet de comprendre l’absence de frontières lorsque l’on vient à parler des problématiques de l’eau. La comparaison des situations “hydro-sécuritaires” des différents pays incite d’ailleurs à sortir d’une vision ethnocentrée.

Au-delà de cette absence de frontières, Alexandre Taithe, chargé de recherches à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS) estime que l’internationalisation de l’eau a entrainé les problématiques actuelles. La création de nouveaux États, notamment après 1945, a transformé certains cours d’eau nationaux en cours d’eau internationaux. Même si ces derniers traversent parfois des régions à la géographie et au climat très différents, il n’en demeure pas moins que les problématiques auxquelles sont confrontées les gouvernements et les populations sont parfaitement identiques.

La surexploitation, la pollution des fleuves, les sécheresses et les pénuries sont ainsi des contraintes qui s’expriment de manière indifférenciée. À ce titre, Franck Galland, chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique et spécialiste des questions sécuritaires liées à l’eau considère que “ces peuples sont pourtant des plus divers, tant d’un point de vue ethnique que religieux. Sunnites, Chiites ; mais encore Chinois, Perses et Arabes partagent les mêmes peines, mais également les mêmes espérances dans les solutions qui peuvent être apportées pour soulager leurs maux” [1].

Tour d’horizon des situations hydro-sécuritaires

  • Chine

La Chine est confrontée, dans sa partie septentrionale, à des niveaux de stress hydrique importants. Ceux-ci seraient équivalents à ceux de l’Algérie et de Djibouti. Le pays connaît une dégradation significative de la qualité et de la quantité de ses eaux souterraines et de surfaces. En plus de cela, les rejets industriels et domestiques deviennent un enjeu crucial pour le régime de Pékin. De nombreuses rivières et grands fleuves chinois sont en effet sévèrement pollués.

  • Iran

L’Iran et sa capitale Téhéran ne peuvent pas compter sur les faibles précipitations qui s’abattent chaque année sur le pays pour éviter les pénuries d’eau. Les constructions de barrages impulsées par les différents gouvernements ont empêché certaines rivières d’atteindre de nombreuses régions semi-arides ou arides. Ces barrages ont dans le même temps rendu impossible la reconstitution des aquifères. Par ailleurs, le régime, dans sa quête d’autonomie face à l’Occident, a parfois été jusqu’à encourager une agriculture extrêmement gourmande en eau.

  • Arabie Saoudite

Le royaume d’Arabie Saoudite, qui a bâti sa richesse sur le pétrole est aujourd’hui confronté à d’importantes pénuries d’eau. En effet, dans un pays où il pleut rarement et où la consommation d’eau est deux fois plus élevée que la moyenne mondiale, les réserves souterraines s’épuisent rapidement. Les nappes aquifères fossiles d’où provient la majeure partie de l’eau pompée, pourraient ainsi être asséchées sous vingt-cinq ans, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

  • Turquie, Syrie, Irak

L’avancée du “projet du sud-ouest anatolien” menace l’approvisionnement en eau de la Syrie et de l’Irak. Deux des plus grands fleuves du monde, le Tigre et l’Euphrate, traversent pourtant ces deux pays. Ce projet, dont l’objectif est de couvrir à hauteur de 25% la consommation d’électricité de la Turquie en construisant 22 barrages et 19 centrales hydrauliques sur l’Euphrate, pourrait permettre à Ankara de contrôler le débit de ce dernier. Face à ce “réveil de l’amont”, la Syrie et l’Irak semblent donc pris en otage alors même que la situation hydrique et sécuritaire des deux pays était d’ores et déjà sérieusement dégradée.

  • Égypte, Éthiopie

La situation “hydro-sécuritaire”, dans la zone du Grand Nil est assez similaire à la situation turco-irako-syrienne. La construction du barrage de la Renaissance en Éthiopie menace sérieusement l’Égypte, qui se considère pourtant comme le “gardien du Nil”. Le barrage devrait être à terme le plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique. La baisse du débit du fleuve aurait des conséquences désastreuses, notamment au niveau du barrage d’Assouan. Situé en aval,  celui-ci assure au pays une sécurité énergétique et hydrique.

  • Europe

Les problématiques liées à l’eau impactent aussi le vieux continent. Si les répercussions n’ont pas (encore) la même ampleur que dans certains pays du Proche et du Moyen-Orient, elles ne sont pas pour autant anecdotiques. La France, l’Espagne et l’Italie sont confrontés chaque année, à des épisodes caniculaires de plus en plus violents. Ces pays doivent ainsi limiter leur consommation en eau, notamment en interdisant l’irrigation agricole. Aux Pays-Bas, la montée des eaux se conjugue désormais avec la sécheresse que connaissent certaines régions. Même le sud de l’Angleterre – qui n’est pas particulièrement connu pour son climat aride – semble manquer d’eau.

Sources

– Somini Sengupta, “A quarter of Humanity faces looming water crises”, New York Times, 6 août 2019.

– Ruth MICHAELSON,“Oil built Saudi Arabia – will a lack of water destroy it?”, The Guardian, 6 août 2019.

– Peter HARLING, « L’Irak assoiffée par la folie humaine », Orient XXI, 12 Septembre 2019.

Notes

[1] Franck Galland, Le grand jeu : chronique géopolitique de l’eau, CNRS édition, 2014Share

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About Alexandre CAPEL

Passionné par les relations internationales, je suis actuellement étudiant en Double diplôme Droit européen et international au sein de l’Université Toulouse 1 Capitole (L1 et L2) et de l’Université de Bangor (L3 et M1) au Royaume-Uni. Je m’intéresse particulièrement à la politique étrangère de l’UE ainsi qu’à la région du Proche et du Moyen-Orient.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/mondialisation-enjeux/42124-eau-nouveau-paradigme-geopolitique-21e-siecle-2

Le nouveau monde surgit devant nous

Le nouveau monde surgit devant nous

par Thierry Meyssan

Thierry Meyssan souligne l’extrême gravité, non pas du retrait US de Syrie, mais de l’effondrement des repères actuels du monde. Nous entrons, selon lui, dans une courte période de transition, au cours de laquelle les actuels maîtres du jeu que sont les « capitalistes financiers » —et ceux qu’il désigne par là n’ont aucun rapport avec ni avec le capitalisme originel, ni avec la banque originelle— vont être écartés au profit des règles de droit énoncées par la Russie en 1899.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 22 OCTOBRE 2019 عربيDEUTSCHENGLISHITALIANOPORTUGUÊSROMÂNĂРУССКИЙTÜRKÇEΕΛΛΗΝΙΚΆESPAÑOLفارسى

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Le roi Salmane reçoit le président Vladimir Poutine, le pacificateur.

C’est un moment qui n’arrive qu’une ou deux fois par siècle. Un nouvel ordre du monde surgit. Toutes les références antérieures disparaissent. Ceux qui étaient voués aux gémonies triomphent tandis que ceux qui gouvernaient sont précipités aux enfers. Les déclarations officielles et les interprétations que livrent les journalistes ne correspondent manifestement plus aux événements qui s’enchainent. Les commentateurs doivent au plus vite changer leur discours, le renverser en totalité ou être happés par le tourbillon de l’Histoire.

En février 1943, la victoire soviétique face au Reich nazi marquait le basculement de la Seconde Guerre mondiale. La suite des événements était inéluctable. Il fallut pourtant attendre le débarquement anglo-états-unien en Normandie (juin 1944), la conférence de Yalta (février 1945), le suicide du chancelier Hitler (avril 1945) et enfin la capitulation du Reich (8 mai 1945) pour voir se lever ce monde nouveau.

En un an (juin 44-mai 45), le Grand Reich avait été remplacé par le duopole soviéto-US. Le Royaume-Uni et la France, qui étaient encore les deux premières puissances mondiale, douze ans plus tôt, allaient assister à la décolonisation de leurs Empires.

C’est un moment comme celui-là que nous vivons aujourd’hui.

Chaque période historique a son propre système économique et construit une super-structure politique pour le protéger. Lors de la fin de la Guerre froide et de la dislocation de l’URSS, le président Bush père démobilisa un million de militaires US et confia la recherche de la prospérité aux patrons de ses multinationales. Ceux-ci firent alliance avec Deng Xiaoping, délocalisèrent les emplois US en Chine qui devint l’atelier du monde. Loin d’offrir la prospérité aux citoyens US, ils accaparèrent leurs profits, provoquant progressivement la lente disparition des classes moyennes occidentales. En 2001, ils financèrent les attentats du 11 septembre pour imposer au Pentagone la stratégie Rumsfeld/Cebrowski de destruction des structures étatiques. Le président Bush fils transforma alors le « Moyen-Orient élargi » en théâtre d’une « guerre sans fin ».

La libération en une semaine d’un quart du territoire syrien n’est pas seulement la victoire du président Bachar el-Assad, « l’homme qui depuis huit ans doit partir », elle marque l’échec de la stratégie militaire visant à établir la suprématie du capitalisme financier. Ce qui paraissait inimaginable a eu lieu. L’ordre du monde a basculé. La suite des événements est inévitable.

La réception en très grande pompe du président Vladimir Poutine en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis atteste du spectaculaire revirement des puissances du Golfe qui basculent dès à présent dans la camp russe.

La tout aussi spectaculaire redistribution des cartes au Liban sanctionne le même échec politique du capitalisme financier. Dans un pays dollarisé où l’on ne trouve plus de dollars depuis un mois, où les banques ferment leurs guichets et où les retraits bancaires sont limités, ce ne sont pas des manifestations anti-corruption qui stopperont le renversement de l’ordre ancien.

Les convulsions de l’ordre ancien s’étendent. Le président équatorien, Lenín Moreno, attribue la révolte populaire contre les mesures imposées par le capitalisme financier à son prédécesseur, Rafael Correa qui vit en exil en Belgique, et à un symbole de la résistance à cette forme d’exploitation humaine, le président vénézuélien Nicolás Maduro, bien qu’ils n’aient aucune influence dans son pays.

Le Royaume-Uni a déjà replié ses forces spéciales de Syrie et tente de sortir de l’État supranational de Bruxelles (Union européenne). Après avoir pensé conserver le Marché commun (projet de Theresa May), il décide de rompre avec toute la construction européenne (projet de Boris Johnson). Après les erreurs de Nicolas Sarkozy, de François Hollande et d’Emmanuel Macron, la France perd subitement toute crédibilité et influence. Les États-Unis de Donald Trump cessent d’être la « nation indispensable », le « gendarme du monde » au service du capitalisme financier pour redevenir eux-mêmes une grande puissance économique. Ils retirent leur arsenal nucléaire de Turquie et s’apprêtent à fermer le CentCom au Qatar. La Russie est reconnue par tous comme le « pacificateur » en faisant triompher le droit international qu’elle avait créé en convoquant, en 1899, la « Conférence internationale de la paix » de La Haye, dont les principes ont été depuis foulés aux pieds par les membres de l’Otan.

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La Conférence internationale pour la paix de 1899. Il aura fallu plus d’un siècle pour comprendre ses implications.

Comme la Seconde Guerre mondiale a mis fin à la SDN pour créer l’Onu, ce monde nouveau va probablement accoucher d’une nouvelle organisation internationale fondée sur les principes de la Conférence de 1899 du tsar russe Nicolas II et du Prix Nobel de la paix français, Léon Bourgeois. Il faudra pour cela d’abord dissoudre l’Otan, qui tentera de survivre en s’élargissant au Pacifique, et l’Union européenne, État-refuge du capitalisme financier.

Il faut bien comprendre ce qui se passe. Nous entrons dans une période de transition. Lénine disait, en 1916, que l’impérialisme était le stade suprême de la forme de capitalisme qui disparut avec les deux Guerres mondiales et la crise boursière de 1929. Le monde d’aujourd’hui est celui du capitalisme financier qui ravage une à une les économies pour le seul profit de quelques super-riches. Son stade suprême supposait la division du monde en deux : d’un côté les pays stables et mondialisés, de l’autre des régions du monde privées d’États, réduites à n’être que de simples réserves de matières premières. Ce modèle, contesté aussi bien par le président Trump aux États-Unis, les Gilets jaunes en Europe occidentale ou la Syrie au Levant agonise sous nos yeux.

Thierry Meyssan

Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage en français : Sous nos yeux – Du 11-Septembre à Donald Trump (2017)

.https://www.voltairenet.org/article208007.html

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