Archives pour la catégorie ARMEMENT

Moscou a placé la barre plus haut en Syrie

Moscou a placé la barre plus haut en Syrie


Par VIPS – Le 9 septembre 2018 – Source Consortium News

MÉMORANDUM POUR : Le Président

DE : Anciens Professionnels du renseignement pour la santé mentale

OBJET : Moscou a placé la barre plus haut en Syrie

Monsieur le Président,

Nous craignons que vous n’ayez pas été suffisamment informé de la reprise des hostilités dans le nord-ouest de la Syrie, où les forces armées syriennes, avec l’appui de la Russie, ont lancé une grande campagne pour reprendre la province d’Idlib infestée par les membres du groupe al-Nusra/al-Qaida/État islamique. Les Syriens vont presque certainement réussir à la reprendre, comme ils l’ont fait fin 2016 à Alep. Comme à Alep, cela signifiera un carnage indescriptible, à moins que quelqu’un ne dise enfin aux insurgés que leur cause est perdue d’avance.

Ce quelqu’un, c’est vous. Les Israéliens, les Saoudiens, et d’autres qui veulent que les troubles durent, s’adressent aux insurgés en leur assurant que vous, Monsieur le Président, utiliserez les forces américaines pour les protéger à Idlib, et peut-être aussi pour faire vivre un enfer à Damas. Nous pensons que vos principaux conseillers encouragent les insurgés à penser en ces termes, et que vos principaux collaborateurs s’attribuent le mérite de votre récent changement de politique, qui consiste à passer du retrait des troupes de Syrie à une guerre sans fin.

Mais, cette fois-ci, il existe une grosse différence.

Des unités navales et aériennes russes équipées de missiles sont maintenant déployées en quantité sans précédent pour combattre ceux qui seront tentés d’interférer avec les forces syriennes et russes qui visent à éliminer les terroristes d’Idlib. Nous supposons que vous en avez été informé, du moins dans une certaine mesure. Plus important encore, nous savons que vos conseillers ont tendance à dangereusement sous-estimer les capacités et les intentions russes.

Nous ne voulons pas que vous soyez surpris lorsque les Russes commenceront à utiliser leurs missiles. La perspective d’hostilités directes entre la Russie et les États-Unis en Syrie n’a jamais été aussi forte. Nous ne sommes pas sûrs que vous le réalisiez.

La situation est d’autant plus instable que les dirigeants du Kremlin ne savent pas exactement qui dirige les opérations à Washington. Ce n’est pas la première fois que le Président Poutine rencontre une telle incertitude (voir brève annexe ci-dessous). C’est cependant la première fois que les forces russes se déploient en si grand nombre dans la région, prêtes à se battre. Les enjeux sont très élevés.

Nous espérons que John Bolton vous a donné une description exacte de ses entretiens acerbes avec son homologue russe à Genève, il y a quelques semaines. À notre avis, il y a fort à parier que le Kremlin n’est pas certain si Bolton parle fidèlement en votre nom ou s’il parle contre votre nom.

La meilleure façon d’assurer à M. Poutine que vous contrôlez la politique des États-Unis à l’égard de la Syrie serait de vous donner rapidement l’occasion de vous exprimer publiquement et de préciser vos intentions.  Mais si vous souhaitez une guerre plus ouverte, alors Bolton vous a mis sur la bonne voie.

Si vous voulez calmer le jeu, vous pouvez envisager ce que l’on pourrait appeler un cessez-le-feu préventif. Nous entendons par là un engagement public des présidents des États-Unis et de la Russie à renforcer les procédures afin d’empêcher un affrontement ouvert entre les forces armées américaines et russes. Nous pensons que, dans les circonstances actuelles, ce genre de mesure extraordinaire est maintenant nécessaire pour éviter une guerre plus ouverte.

Pour le groupe des VIPS, signé par :

William Binney, Ancien directeur technique, analyse géopolitique et militaire mondiale a la NSA ; cofondateur du Centre de recherche en automatisation SIGINT (à la retraite).

Marshall Carter-Tripp, Agent du service extérieur (à la retraite) et directeur de division, Bureau du renseignement et de la recherche du département d’État.

Philip Giraldi, agent chargé des opérations à la CIA (retraité),

James George Jatras, Ancien diplomate américain et ancien conseiller en politique étrangère auprès des dirigeants républicains du Sénat (Associate VIPS).

Michael S. Kearns, Capitaine dans l’U.S. Air Force, officier du renseignement et ancien maître instructeur SERE (retraité).

John Kiriakou, Ancien agent antiterroriste de la CIA et ancien enquêteur principal, Comité sénatorial des relations étrangères.

Matthew Hoh, Ancien capitaine de l’USMC en Irak ; agent du service extérieur en Afghanistan (VIPS associé).

Edward Loomis, Informaticien expert en cryptologie de la NSA (à la retraite).

Linda Lewis, Analyste des politiques de préparation aux ADM, USDA (à la retraite) (Associate VIPS)

David MacMichael, Agent principal au budget du Conseil national du renseignement (à la retraite)

Ray McGovern, Officier du renseignement de l’armée et de l’infanterie et conseiller présidentiel pour la CIA (retraité).

Elizabeth Murray, Agent national adjoint du renseignement pour le Proche-Orient, Conseil national du renseignement (retraité).

Todd E. Pierce, Juge-avocat général de l’armée américaine (à la retraite).

Coleen Rowley, Agent spécial du FBI et ancien conseiller juridique de la Division de Minneapolis (à la retraite)

Ann Wright, Colonel de réserve à la retraite de l’armée américaine et ancien diplomate américain qui a démissionné en 2003 pour s’opposer à la guerre en Irak.

Annexes

12 septembre 2016 : Un cessez-le-feu limité entre en vigueur ; les dispositions comprennent la séparation entre les rebelles « modérés » et les autres. Le secrétaire d’État John Kerry avait précédemment prétendu qu’il avait des moyens sophistiqués pour réussir un tel tri, mais rien ne s’est produit ; les dispositions incluaient également un accès sécurisé pour des secours vers Alep.

17 septembre 2016 : Les bombes de l’armée de l’air américaine ont frappé les positions de l’armée syrienne, tuant entre 64 et 84 soldats syriens ; une centaine d’autres ont été blessés – une preuve suffisante pour convaincre les Russes que le Pentagone était résolu à saborder une coopération significative avec la Russie.

26 septembre 2016 : On peut supposer que ce que Lavrov a dit à son patron en privé est proche de ce qu’il a dit ce 26 septembre sur la NTV russe. (Dans des remarques publiques frôlant l’insubordination, de hauts responsables du Pentagone avaient, quelques jours auparavant, fait preuve d’un scepticisme inhabituellement public envers des aspects clés de l’accord Kerry-Lavrov, comme le partage de renseignements avec les Russes – une disposition clé de l’accord approuvé à la fois par Obama et Poutine). Voici ce que Lavrov disait ce 26 septembre :

Mon bon ami John Kerry … est vivement critiqué par la machine militaire américaine. Malgré le fait que, comme toujours, [ils] aient donné l’assurance que le commandant en chef américain, le président Barack Obama, l’avait soutenu dans ses contacts avec la Russie (il a confirmé cela lors de sa rencontre avec le président Vladimir Poutine), les militaires n’écoutent apparemment pas vraiment leur commandant en chef.

Lavrov est allé au-delà de la simple rhétorique. Il a également critiqué en particulier le président du JCS, Joseph Dunford, pour avoir dit au Congrès qu’il s’opposait au partage de renseignements avec la Russie, « après que les accords conclus sur ordre direct du président russe Vladimir Poutine et du président américain Barack Obama ont stipulé qu’ils allaient partager les renseignements. … Il est difficile de travailler avec de tels partenaires. … »

Le 27 octobre 2016 : Poutine parle au Club de discussion international de Valdai.

À Valdai, le président russe Poutine a parlé de l’état « fébrile » des relations internationales et s’est lamenté : « Mes accords personnels avec le Président des États-Unis n’ont pas donné de résultats. » Il s’est plaint de « personnes à Washington prêtes à tout mettre en œuvre pour empêcher l’application concrète de ces accords » et, se référant à la Syrie, a dénoncé l’absence d’un « front commun contre le terrorisme après de si longues négociations, des efforts énormes et des compromis difficiles ».

 

Veteran Intelligence Professionals for Sanity (VIPS), (Professionnels du renseignement pour la santé mentale des anciens combattants (VIPS)).

Le groupe Veteran Intelligence Professionals for Sanity (VIPS) est composé d’anciens agents de renseignement, diplomates, officiers militaires et membres du personnel du Congrès. L’organisation, fondée en 2002, a été parmi les premiers à critiquer les justifications de Washington pour lancer une guerre contre l’Irak. VIPS préconise une politique étrangère et de sécurité nationale américaine fondée sur de véritables intérêts nationaux plutôt que sur des menaces fortuites promues pour des raisons essentiellement politiques.

 Traduit par Wayan, relu par Diane pour le Saker Francophone.

http://lesakerfrancophone.fr/moscou-a-place-la-barre-plus-haut-en-syrie

 

Publicités

Sévère mise-en-garde de la Russie qui est prête à réagir à une nouvelle frappe en Syrie

C’est en tout cas ce que la Russie veut faire savoir et à bon entendeur, salut! En effet la Russie a annoncé de vastes manœuvres navales en Méditerranée, alors « que l’USS Ross, un destroyer américain, est entré en Méditerranée le 25 août dernier, armé de 28 missiles de croisière Tomahawk capables de frapper n’importe quelle cible en Syrie,«  Selon le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov.

«Nous prévoyons de déployer plus de 25 navires sous le commandement du croiseur lance-missiles Amiral Oustinov. Près de 30 avions participeront à ces exercices, dont des bombardiers stratégiques Tu-160», a fait savoir le ministère de la Défense russe dans un communiqué de presse. Les manœuvres devraient avoir lieu du 1er au 8 septembre.

Alors que l’ONU évoque la présence de quelque «10 000 terroristes» dans la province d’Idlib, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré : «Le foyer de terroristes qui s’est formé là-bas n’annonce rien de bon si l’inaction actuelle se prolonge.»

Les manœuvres navales engagées par la Russie, principale alliée de la Syrie, constituent donc selon lui une «hausse des mesures de précaution tout à fait fondée et justifiée.»

Ceci alors que depuis un mois la Russie ne cesse de dénoncer le projet d’une nouvelle fausse attaque chimique en Syrie, prétexte à de nouveaux bombardements occidentaux dont la menace a été brandie par John Bolton, conseiller américain à la sécurité nationale le 22  août. Menace réitérée par Emmanuel Macron récemment. Attaque chimique dont l’armée syrienne serait accusée alors que celle-ci s’apprête à  délivrer la région d’Idlib des supplétifs islamistes non avoués de la coalition américaine. Comme pour les prétendues attaques chimiques de la Ghouta ou d’Alep par Damas, à chaque fois il s’agit pour la coalition occidentale de protéger ses supplétifs terroristes qui combattent sous faux drapeau pour ses intérêts cachés. Il en est ainsi à chaque fois que ceux-ci sont acculés par l’armée syrienne. Une diabolisation médiatique est un bon moyen de faire diversion en pointant du doigt « le régime de Bachar el-Assad » afin de paralyser l’élan libérateur. Un piège qui a déjà souvent fonctionner mais aujourd’hui la Russie sonne la fin de la récréation.

Hier c’était l’envoyé spécial des Nations unies (ONU) en Syrie, Staffan de Mistura, qui faisait part de sa préoccupation du risque d’une catastrophe humanitaire dans la province d’Idlib, alors que l’armée syrienne est en passe de reprendre le contrôle de cette région où les groupes djihadistes seraient au nombre de 10 000 selon une estimation du représentant de l’ONU. L’homme demandait étrangement, hier, à Moscou, Téhéran et Ankara de convaincre Damas de surseoir à son offensive dans la province d’Idlib, redoutant que les deux camps n’aient recours à des armes chimiques. (Source) Étrange façon de lutter contre les terroristes et les armes prohibées que de demander au pouvoir légitime de ne pas finir de libérer son pays de l’occupation ennemie!

Les précédentes frappes américano-anglo-françaises dans la Ghouta orientale contre la Syrie, en avril dernier, avaient pris pour prétexte de semblables prétendues attaques chimiques attribuées sans la moindre preuve à Damas. Il semble d’ailleurs, qu’en réalité il n’y ait pas eu d’attaque chimique tandis que des témoins au contraire, ont dénoncé une mise-en-scène de la part de l’Occident et de ses alliés islamistes sous faux drapeau, pour simuler une telle attaque, ainsi que le dénonce clairement et arguments à l’appui, plus bas, l’ambassadeur russe à Washington, Anatoly Antonov, dans un message qu’il a publié sur Facebook et dans lequel il met en garde Washington.

Sévère mise-en-garde de Mocou

Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue syrien tenue ce 30 août, a fait part de la détermination de la Russie à aider la Syrie à mener à bien la reconquête intégrale de son territoire. «Nous avons des faits sous les yeux [la mise en chantier de’une fausse attaque chimique ndlr], et nous avons adressé une mise en garde forte à nos partenaires occidentaux de ne pas jouer avec le feu», a-t-il annoncé. Des navires russes ont d’ailleurs été aperçus ces derniers jours faisant route vers la Syrie, avant même l’annonce des manœuvres.

Cité par Reuters, le Ministre russe des Affaires étrangères a rappelé que le gouvernement syrien avait parfaitement le droit de combattre les groupes djihadistes. «Il reste encore la tâche de liquider les foyers restants de terrorisme, avant tout dans la zone de désescalade d’Idlib», a-t-il déclaré. De son côté, le ministre des Affaires étrangères syrien, Walid al-Moualem, a confirmé que la Syrie était déterminée à «aller jusqu’au bout» dans sa lutte pour libérer la province d’Idlib, dont il estime qu’elle est principalement tenue par les islamistes du Front al-Nosra ou Front Fatah al Cham (branche syrienne d’Al-Qaïda). Sergeï Lavrov a encore exhorté les Occidentaux, qui font mine de considérer les djihadistes comme de simple rebelles à Bachar-el-Assad, à ne pas utiliser les djihadistes comme des «pions» sur l’échiquier géopolitique.

Alors que l’envoyé de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, s’inquiétait d’un usage d’armes chimiques par l’armée syrienne ainsi que par les combattants rebelles, le ministre syrien a martelé que son pays ne possédait pas d’armes chimiques. Il a en outre assuré que l’armée syrienne tenterait autant que possible d’éviter les pertes civiles lors de l’offensive à venir.

Dans un message Facebook publié le 30 août, «en réponse aux questions des médias», l’ambassadeur russe à Washington, Anatoly Antonov a confirmé avoir rencontré des représentants spéciaux des États-Unis pour la Syrie, le 27 août:

Vendredi dernier, nous avons envoyé une lettre au Département d’État des États-Unis pour demander l’arrangement [d’une] réunion dès que possible. Nous sommes reconnaissants à David Satterfield et à ses collègues pour leur brève réaction à notre demande. (…).

L’essentiel est que nous ayons exprimé nos inquiétudes concernant les signaux américains de préparer de nouveaux bombardements sur la Syrie sous prétexte de l’utilisation possible d’armes chimiques par les Syriens. Nous avons souligné qu’une telle perspective nous préoccupe beaucoup. Nous avons appelé Washington pour fournir des informations non retardées sur les raisons pour lesquelles le sujet de l’utilisation d’armes chimiques par Damas est alimenté.

Nous avons noté qu’une telle rhétorique du côté américain pourrait servir de signal à différents groupes terroristes et organisations pseudo-humanitaires comme les «casques blancs» pour préparer une autre provocation. Nous avons fourni des détails sur les préparatifs du groupe militant «Front Fatah al cham» (ancien «Front al-Nosra») pour commettre une autre provocation avec l’utilisation d’agents toxiques contre la population civile dans le gouvernorat d’Idlib afin de blâmer les forces gouvernementales pour ce crime.

Nous avons informé nos collègues de la livraison de 8 conteneurs de chlore à la ville de Jisr al-choughour, qui ont ensuite été transférés par les activistes de Hizb al Islami al Turkistani au village de Hallouz où un groupe de combattants spécialement entraînés a déjà été déployés (ont été formés sous la direction de la compagnie militaire privée britannique « Olive Group »). Leur tâche consiste à simuler le sauvetage de victimes d’attaques chimiques. À cette fin, il est même prévu d’exploiter des enfants pris en otage.

Nous avons exprimé directement nos préoccupations. Cette provocation préparée avec la participation active des forces de renseignement britanniques peut servir de prétexte à la «troïka» occidentale (Washington-Londres-Paris) pour lancer une nouvelle frappe aérienne contre les infrastructures militaires et civiles syriennes.

Nous avons averti les États-Unis de ne pas s’engager dans une autre agression sans fondement et illégale contre la Syrie. Une nouvelle aggravation de la situation en Syrie ne serait dans l’intérêt national de personne et seul les terroristes en bénéficieraient. Nous nous attendons à ce que nos préoccupations soient entendues. Nous espérons que les États-Unis déploieront tous les efforts possibles pour empêcher l’utilisation d’agents toxiques par les terroristes et agiront de manière responsable, comme membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. (Source: message facebook de M. Antonov.)

L’annonce d’importantes manœuvres en Méditerranées de la part de la marine russe aujourd’hui, alors que le destroyer de guerre américain est déjà présent en Méditerranée, semble bien manifester la détermination de la part du Kremlin de donner du poids à ses avertissements pour la cas où ceux-ci n’auraient pas été bien pris au sérieux.

L’arme « invincible » de la Russie

En effet le Pentagone n’ignore pas que la Russie a les moyens de paralyser les systèmes électroniques de n’importe quel bâtiment et autres aéroplanes, depuis ses déboires en Méditerranée ou en Mer Noire. La Russie ayant pris une avance déterminante dans ce domaine technologique. Mais plus performant encore, Vladimir Poutine a annoncé officiellement en mars dernier une série d’armes nucléaires offensives «dont aucune autre armée que la nôtre ne possède l’équivalent», ajoutant: «Nous avons entamé le développement de nouveaux types d’armes balistiques qui n’empruntent pas les trajectoires balistiques durant leur vol vers leur cible, ce qui rend inutiles et tout à fait insensés les systèmes antimissiles». Annonce que le Pentagone a pris très au sérieux, selon de nombreux articles de la presse américaine. Par cette nouvelle technologie d’armement la Russie s’est dotée des moyens de se faire entendre et respecter des USA et de l’Otan, ainsi que le Président l’avait clairement expliqué: Vous n’avez pas voulu nous écouter ? Maintenant vous allez le faire!  Ceci en riposte au mépris constant des USA qui ne cessent de se rapprocher toujours plus des frontières russes en les menaçant, en dépit de leurs engagements.

Photo: Frégate russe Pytlivy traversant le détroit du Bosphore le 25 août 2018

Voir aussi: 

Émilie Defresne

http://www.medias-presse.info/severe-mise-en-garde-de-la-russie-qui-est-prete-a-reagir-a-une-nouvelle-frappe-en-syrie/97298/

Parti Démocrate, vassaux et impérialisme

Parti Démocrate, vassaux et impérialisme

Publié le 31 Août 2018 par Observatus geopoliticus in Etats-Unis, Histoire

Alors que ça chauffe autour d’Idlib et que les boxeurs se préparent à un jet d’éponge chimique qui n’arrêtera néanmoins pas le combat, penchons-nous pacifiquement (quoique…) ce soir sur un thème tout différent.

Ce petit billet part d’un article du National Interest à propos des relations américano-indiennes. L’auteur aborde la question par un biais original, analysant les liens entre Washington et New Delhi à l’aune de leurs votes convergents ou divergents à l’ONU. La conclusion est que, derrière les belles paroles de partenariat – et même si un certain rapprochement a eu lieu depuis deux décennies, comme nous l’expliquions à propos du sommet 2016 des BRICS -, les deux pays ont emprunté des chemins relativement éloignés (80% de votes divergents !)

Plus intéressant encore, est mis en graphique le vote de plusieurs autres pays :

Certes, il s’agit des votes à l’Assemblée générale (alors que les décisions les plus importantes sont prises au Conseil de sécurité) ; certes, ces consultations portent parfois sur des questions mineures… m’enfin, il est intéressant de constater que, sans surprise, Inde, Russie et Chine s’opposent régulièrement à l’empire. A ce titre, New Delhi est encore plus rebelle que Moscou, ne dépassant jamais les 20% de vote commun.

Affinons maintenant la recherche en mettant en parallèle le vote des pays européens et les administrations américaines qui se sont succédées au pouvoir :

Là non plus, aucune surprise, les vassaux sont plus obéissants et soumis lorsque le parti Démocrate est au pouvoir. Car contrairement à l’impérialisme plus franc et à rebrousse-poil des Républicains, le parti à l’âne (ça ne s’invente pas) est plus subtil dans son agressivité étrangère, faisant participer ses inféodés à la grande fête guerrière au sein de « coalitions du Bien et de la Démocratie » (défense de rire). Le « lead from behind » d’Obama entre dans cette ligne, où les toutous britanniques et français ont fait le travail de l’oncle Sam en Libye et, en partie, en Syrie. Et pour convaincre les derniers récalcitrants, quelques symboles bien politiquement corrects – un noir, une femme – emporteront l’adhésion des euronouilles, bien plus préoccupés de la forme que du fond.

Car le fond du parti Démocrate est, et a toujours été belliqueux. Les historiens savent qu’entre 1945 et 1990, toutes les guerres ont été déclenchées par des administrations Démocrates et terminées par des administrations Républicaines. C’est un président Démocrate (Truman) qui a balancé deux bombes nucléaires sur Hiroshima et Nagasaki, c’est toujours lui qui est intervenu dans la meurtrière guerre de Corée (1950-1953), ce sont deux autres Démocrates (Kennedy et Johnson) qui ont déclenché la guerre du Vietnam.

A l’inverse, ce sont quelques Républicains avisés qui ont mis fin à ces conflits dévastateurs, parmi lesquels Eisenhower, commandant suprême des alliés pendant la Seconde Guerre Mondiale et connaissant personnellement les horreurs de la guerre. Non seulement il a mis un terme aux hostilités en Corée mais nous avertissait, lors de son fameux discours d’adieu de janvier 1961, sur le danger du complexe militaro-industriel. A revoir sans modération :

Vu de Russie À Moscou, un certain fatalisme face aux nouvelles sanctions américaines

Vu de Russie À Moscou, un certain fatalisme face aux nouvelles sanctions américaines

Le 22 août doivent entrer en vigueur de nouvelles sanctions contre la Russie, que le département d’État américain met en œuvre à la suite de l’affaire Skripal. Cette nouvelle salve de restrictions, beaucoup plus radicales, pourrait avoir un impact considérable sur l’économie russe.

Washington, qui juge Moscou coupable de l’empoisonnement de l’ex-agent russe Sergueï Skripal en mars 2018 à Londres, estime que la Russie a ainsi enfreint le droit international. C’est pour cette raison que de nouvelles sanctions ce 22 août entreront en vigueur contre le pays.

Adoptées par le département d’État américain le 8 août dernier, elles découlent de la loi américaine adoptée en 1991 sur “le contrôle des armes chimiques et biologiques”, explique le quotidien en ligne russe Gazeta.ru. En vertu de ce texte, les États-Unis ont l’obligation d’appliquer des sanctions contre tout pays qui, selon eux, aurait utilisé des armes chimiques ou biologiques en violation du droit international.

C’est la troisième fois que les États-Unis ont recours à cette loi. Ils l’ont appliquée une première fois en 2013 contre la Syrie et une deuxième en 2018 contre la Corée du Nord.

Deux salves de sanctions

Parmi la liste des mesures de restriction envisagées, les plus sensibles pour la Russie concernent l’interdiction de la vente de toute production à double usage (susceptible d’avoir une utilisation tant civile que militaire), notamment de systèmes électroniques. Ces sanctions viseront toutes les entreprises publiques ou financées par l’État russe.

Mais la deuxième partie des sanctions prévue par la loi va encore plus loin. Elles seront déclenchées si la Russie refuse de se plier aux injonctions américaines : Moscou a un délai de trois mois pour présenter des garanties sur le fait qu’elle n’utilisera aucune arme chimique et pour recevoir des inspecteurs internationaux sur les sites où de telles armes seraient susceptibles d’être produites. À défaut, le pays s’exposera au blocage de toute aide d’ordre technique ou financier en provenance des institutions financières internationales. Les États-Unis pourraient également limiter leurs exportations et les importations en provenance de Russie. Les relations diplomatiques pourraient être réduites ou suspendues. Enfin, autre mesure envisagée : l’interdiction totale des vols de la compagnie Aeroflot à destination des États-Unis.

Quid des stocks américains d’armes chimiques ?

Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, cité par Gazeta.ru, a réagi à l’ultimatum américain en rappelant que la Russie avait déjà fait l’objet de “toutes les inspections imaginables” et que l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) avait confirmé le désarmement chimique de la Russie, il y a trois ans déjà.

Un expert de l’OIAC, interrogé par le titre, estime que la Russie pourrait accéder à la requête des Américains à certaines conditions, en demandant par exemple à inspecter les sites analogues aux États-Unis, car, affirme-t-il, Washington est le seul membre de l’OIAC possédant encore d’importantes réserves de substances chimiques à usage militaire. Sergueï Lavrov a du reste récemment déclaré à ce sujet : “Ils ont encore demandé un report, cette fois jusqu’en 2020, il faudrait donc plutôt parler des problèmes posés par le désarmement chimique des Américains.”

Quoi qu’il en soit, la menace que fait peser la multiplication des sanctions sur l’économie russe plaide en faveur d’un “geste de bonne volonté” de la part de Moscou, ne serait-ce que pour “apaiser les Américains”, estime le même expert. Mais, dans un éditorial, Gazeta.ru se montre beaucoup plus fataliste :

La Russie n’a plus qu’à s’occuper de sa propre économie, en gardant en tête que les plus sombres prévisions concernant les sanctions américaines peuvent à tout moment devenir réalité. Et que, même s’il veut sincèrement restaurer les relations avec Moscou, le président Trump n’a pas vraiment les mains libres avec le Congrès actuel. Sauf, le cas échéant, pour organiser une rencontre et discuter.”

L’ambassadeur russe en Algérie explique pourquoi Alger achète tant d’armes à Moscou

L’ambassadeur russe en Algérie explique pourquoi Alger achète tant d’armes à Moscou

La situation au Proche-Orient et les conflits armés dans les pays voisins sont parmi les raisons qui font que l’Algérie achète beaucoup d’armes russes depuis des années. L’ambassadeur russe à Alger, Igor Beliaïev, a indiqué à Sputnik pourquoi ce pays préfère resserrer les liens avec la Russie.

L’Algérie achète la moitié des armes russes exportées vers l’Afrique pour des raisons historiques, mais aussi à cause de la situation qui règne à ses frontières, a déclaré mardi à Sputnik Igor Beliaïev, ambassadeur de Russie en Algérie.

«La coopération militaire et technique est un domaine clé de nos relations. Cette situation s’est créée à l’époque de la lutte du peuple algérien pour l’indépendance […] où la Russie a joué un très grand rôle. Ces derniers temps, cette coopération ne cesse de se développer sur l’initiative des autorités algériennes, en raison probablement de la situation actuelle au Proche-Orient et en Afrique du Nord», a indiqué le diplomate.

Il a rappelé qu’il y avait beaucoup de conflits armés à proximité des frontières algériennes, notamment la crise en Libye, avec laquelle l’Algérie a une assez longue frontière commune, ou la crise au Mali.

A la question de savoir si Moscou et Alger pourraient œuvrer ensemble pour le perfectionnement d’armes, le diplomate a noté que tout était possible, si les deux pays manifestaient leur intérêt.

Lors de sa visite en Algérie en 2006, le Président Vladimir Poutine a insufflé une forte dynamique au partenariat stratégique signé entre l’Algérie et la Russie en 2001 à Moscou, en effaçant la dette militaire algérienne de 4,7 milliards de dollars. Profitant de l’embellie financière des années 2000 due au prix élevé des hydrocarbures, l’Algérie a mené un vaste programme de rééquipement de son armée, par l’acquisition de nouveaux matériels sophistiqués et la modernisation des plus anciens. La Russie a été le principal partenaire de l’Algérie dans l’effort de remise à niveau de son armée.

Dans sa dernière édition de 2018, le site américain spécialisé dans les questions de défense Global Fire Power (GFP) a classé l’armée algérienne à la 23e place mondiale et en deuxième position en Afrique derrière l’armée égyptienne qui occupe, quant à elle, le 12e rang mondial.

La Russie et l’Algérie collaborent également dans la lutte contre le terrorisme, d’après l’ambassadeur russe Beliaïev.

«Des foyers terroristes se sont formés dans de nombreuses région du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord en raison de la politique irréfléchie de certains pays qui cherchent à renverser les régimes qui ne leurs conviennent pas. Les terroristes migrent d’une région à une autre et présentent une menace pour la sécurité de l’Algérie et de la Russie. Voilà pourquoi nos deux pays luttent ensemble contre le terrorisme. L’Algérie a rejoint la base des données sur les terroristes élaborée par le Service fédéral de sécurité russe (FSB)», a-t-il annoncé.

Les relations russo-algériennes sont établies au niveau le plus élevé. Evoquant ses rencontres avec le Président Abdelaziz  Bouteflika, Igor Beliaïev a noté leur ambiance amicale:

«Fin janvier, j’ai assisté à une rencontre de la délégation russe conduite par le secrétaire du Conseil de sécurité russe Nikolaï Patrouchev avec le Président Bouteflika. La rencontre a duré près d’une heure et l’ambiance a été très amicale. Nous avons discuté de la situation régionale et des relations bilatérales. Le Président algérien aime notre pays, notre culture, il connaît les œuvres des célèbres écrivains russes. Et les entretiens se sont ainsi tenus dans une ambiance très chaleureuse. Au moment de nous séparer, le Président nous a fermement serré la main à  tous», a conclu l’ambassadeur Beliaïev.
Sputnik
https://fr.sputniknews.com/international/201807171037245581-russie-algerie-diplomate-armes/

http://www.afrique-asie.fr/lambassadeur-russe-en-algerie-explique-pourquoi-alger-achete-tant-darmes-a-moscou/

En appelant à des pourparlers sur les armes avec la Russie, les États-Unis hissent-ils pavillon blanc ? Par Gilbert Doctorow

En appelant à des pourparlers sur les armes avec la Russie, les États-Unis hissent-ils pavillon blanc ? Par Gilbert Doctorow

Source : Gilbert Doctorow, Consortium News, 22-03-2018

Hisser un drapeau blanc est un signe internationalement reconnu de trêve et de demande de négociation, ce que les États-Unis font peut-être dans leur réponse officielle aux annonces de Poutine sur la parité nucléaire avec les États-Unis, explique Gilbert Doctorow.

La présentation par Vladimir Poutine des nouveaux systèmes d’armes de la Russie lors de son discours à l’Assemblée fédérale le 1er mars semble avoir finalement suscité la réaction souhaitée de son public cible à Washington, D.C. Dans cette présentation, Poutine a parlé de systèmes d’armes stratégiques utilisant une technologie de pointe qui, selon lui, a plus d’une décennie d’avance sur la concurrence américaine et d’autres pays.

Il a réussi un coup direct au Pentagone, où les généraux de haut rang sont restés stupéfaits. Mais, comme c’est normalement le cas, lorsque ces messieurs ont besoin de temps pour reprendre leurs esprits, nous n’avons d’abord entendu que du déni : que les Russes bluffaient, qu’ils n’ont vraiment rien de prêt, que ce ne sont que des projets, et que les États-Unis ont déjà les mêmes choses, mais qu’ils les tiennent en réserve.

Bien sûr, tous les membres de l’élite politique américaine n’ont pas adhéré à cette réponse bouche-trou.

Le 8 mars, les sénateurs Dianne Feinstein (D-Calif.), Edward J. Markey (D-Mass.), Jeff Merkley (D-Ore.) et Bernie Sanders (I-Vermont) ont écrit une lettre ouverte au secrétaire d’État de l’époque, Rex Tillerson, l’exhortant à envoyer une délégation pour ouvrir des pourparlers sur la maîtrise des armements avec les Russes « dans les plus brefs délais ».

C’était une démarche invraisemblable que même leurs partisans du camp progressiste, sans parler des démocrates du courant dominant, ont eu du mal à croire. Feinstein et Sanders se sont largement exprimés en tant que critiques de la Russie et ont activement participé à la promotion de la saga sur la collusion Trump-Russie au cours de ces derniers mois. Ils faisaient partie de ceux qui ont sifflé les photos de Jeff Sessions, pas encore procureur général, serrant la main et souriant avec l’ambassadeur russe Kislyak. Maintenant, ils sont en train d’appeler à la reprise des pourparlers sur la maîtrise des armements avec… les Russes.

Cette histoire est morte avant d’avoir été diffusée partout, sauf en Russie, où elle a fait l’objet d’un reportage dans les heures qui ont suivi la publication de la lettre. Le public américain et mondial n’en a rien su, bien que la lettre ait été sur les pages d’accueil des sites Web du Sénat des coauteurs respectifs pour être lue. Les publics américain et mondial ne savent rien de cette lettre aujourd’hui, près de deux semaines après sa publication, à l’exception des lecteurs de Consortium qui ont été correctement informés à l’époque.

Entre temps, la machine de propagande américaine est passée à la vitesse supérieure, soulevant des questions de diversion pour détourner l’attention du public américain de ce qui avait fait l’objet du discours de Poutine du 1er mars.

C’est ainsi que nous avons été saturés d’une couverture médiatique de « l’attaque au gaz neurotoxique Skripal », de la prétendue cyber-attaque sur le réseau d’énergie et les systèmes d’eau des États-Unis. Les deux sont de pures histoires du type « les Russes l’ont fait ». Et nous avons lu des articles au sujet du repositionnement des forces navales américaines en Méditerranée à portée de Damas pour une éventuelle frappe punitive en réponse à une attaque chimique sur des civils par le régime d’Assad, qui n’a toujours pas eu lieu, le tout avec l’intention d’humilier les soutiens d’Assad, les Russes.

Maintenant, enfin, après le déni et la diversion, la vérité commence à émerger. Le président des États-Unis lui-même est porteur d’un message qui, compte tenu de l’orgueil américain, équivaut à hisser un drapeau blanc.

Nous trouvons ce qui suit à la une du New York Times décrivant les remarques de Trump au sujet de son appel téléphonique pour féliciter Vladimir Poutine pour sa victoire électorale : « Nous avons eu un excellent contact téléphonique », le Times cite Trump déclarant « Nous nous réunirons probablement dans un avenir pas trop lointain pour discuter de la course aux armements, qui devient incontrôlable ».

En première page du Financial Times, on peut lire ceci : « Donald Trump a dit qu’il voulait rencontrer le président russe Vladimir Poutine pour discuter d’une course aux armements qui “échappe à tout contrôle” et d’autres questions sur lesquelles les pays restent en désaccord. Être dans une course aux armements n’est pas une très bonne chose », a déclaré mardi le président américain, ajoutant qu’il rencontrerait probablement son homologue russe dans un « avenir pas trop lointain ».

En d’autres termes, le rétablissement de la parité stratégique entre la Russie et les États-Unis semble se faire sentir (voir l’article de Ray McGovern). Mais bien sûr, il faut être un expert en lecture entre les lignes pour analyser à partir de la déclaration de Trump l’intensité de l’inquiétude au sujet du nouveau potentiel militaire russe.

On peut supposer sans risque de se tromper que les pourparlers sur les armes avec les Russes vont bientôt commencer. Mais l’opinion publique américaine devrait être prévenue que la portée des discussions sera certainement beaucoup plus grande que celle de la soi-disant remise à zéro sous Barack Obama, qui a joué en faveur de la liste des souhaits américains, et non de celle des souhaits russes concernant la suppression des ogives. Ce programme plus large devra tenir compte des préoccupations de la Russie au sujet du système antimissile mondial américain. S’il y a accord, le changement d’approche en matière de maîtrise des armements ne proviendra pas de la charité américaine, mais de la peur des États-Unis.

Donald Trump a-t-il hissé pavillon blanc et appelé à des négociations sur un coup de tête ? A-t-il consulté ses conseillers militaires ?

Il n’est guère crédible que ce président soit parvenu à la conclusion de la nécessité d’arrêter la course aux armements de son propre chef ou qu’il ait osé soulever un sujet aussi brûlant sans avoir l’appui ferme des spécialistes du Pentagone qui ont évalué de façon rationnelle et compétente l’état actuel de la sécurité stratégique avec les Russes. Personne ne dira cela, mais c’est inévitable.

Pour replacer la situation actuelle dans un contexte historique : au cours des deux dernières années, les États-Unis et la Russie ont atteint un niveau d’affrontement qui se rapproche de celui de la crise des missiles de Cuba. Cette crise a été résolue par des reculs réciproques sur le positionnement des missiles nucléaires près des frontières de l’autre camp. La réciprocité de cette solution n’a été annoncée à l’opinion publique américaine que des décennies plus tard, lorsque le retrait des missiles américains de la Turquie a été rendu public.

Cette fois, la réciprocité des concessions majeures fera nécessairement partie de la présentation à la communauté mondiale de toute solution adoptée. Vladimir Poutine ne suivra pas le chemin de Nikita Khrouchtchev, qui a payé sa « concession » aux Américains par un coup d’État de palais chez lui.

Gilbert Doctorow est un analyste politique indépendant basé à Bruxelles.

Source : Gilbert Doctorow, Consortium News, 22-03-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/en-appelant-a-des-pourparlers-sur-les-armes-avec-la-russie-les-etats-unis-hissent-ils-pavillon-blanc-par-gilbert-doctorow/

 

Arquus mise sur son scarabée pour remonter la pente

Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable

Arquus mise sur son scarabée pour remonter la pente


https://www.facebook.com/plugins/like.php?href=https%3A%2F%2Fwww.enderi.fr%2FArquus-mise-sur-son-scarabee-pour-remonter-la-pente_a358.html&layout=button_count&show_faces=false&width=100&action=like&colorscheme=light

https://platform.twitter.com/widgets/tweet_button.html?url=http%3A%2F%2Fxfru.it%2FWl9Zm7&counturl=https%3A%2F%2Fwww.enderi.fr%2FArquus-mise-sur-son-scarabee-pour-remonter-la-pente_a358.html&text=Arquus%20mise%20sur%20son%20scarab%C3%A9e%20pour%20remonter%20la%20pente&count=horizontal


Publié par Marc-Antoine François le 6 Juillet 2018


Arquus (ex-Renault Trucks Defense) compte bien prendre un nouveau départ après quelques années difficiles et mise entre autres sur le scarabée, son nouveau blindé léger exposé a Eurosatory 2018. Destiné en priorité à l’export, l’héritier du VBL pourrait bien constituer la planche de salut d’une entreprise qui a connu quelques trous d’air.



En juin 2018, le salon de l’armement Eurosatory a ouvert ses portes, de nombreuses entreprises exposaient leurs nouveaux modèles comme  Arquus qui a présenté son dernier 4×4 blindé : le scarabée. C’est un blindé léger destiné à devenir le successeur du fameux VBL. Destiné en priorité à l’export, les premiers exemplaires pourraient sortir des chaînes de montages à compter de 2025, avec comme cibles commerciales à la fois les forces de police et les armées.

Après avoir suscité la curiosité avec le CRAB lors de l’édition 2012, le Scarabée permettra peux être de relancé Arquus sur le marché des blindés légers. Mais l’industriel franco-suédois doit encore passer de nombreux obstacles, à commencer par le véhicule Hawkei 4×4, blindé léger développé par le français Thales, et utilisé par l’armée australienne.

Arquus anciennement connu sous le nom de RTD (Renault Trucks Defence) était à l’origine une filiale de Renault, revendue en 2011 au groupe Volvo. Arquus sort d’ une période difficile, particulièrement en 2016-2017 avec la perte de plusieurs contrats comme VBMR-L, le successeur du VAB pris par leur concurrent Nexter.

Suite à cette période difficile de RTD Volvo a décidé de mettre en vente sa filiale mais aucune proposition n’a finalement été retenue. En mai 2018 elle a été renommé Arquus, signifiant « cheval de guerre » en latin. L’entreprise espère désormais tourner la page des mauvaises années. Le bilan est encourageant, avec 1,9 milliards d’euros de contrats signés et  600 millions de prise en commandes ferme.

SI l’option de la vente n’est plus d’actualité, la question restera quand même posée tant qu’Arquus ne sera pas définitivement sortie de l’ornière. Le rapprochement franco-allemand entre KMW et Nexter ne va pas forcément les aider en ce sens.


 

 

 

 

Kafka, stratège crisique entre la Turquie et le F-35

Kafka, stratège crisique entre la Turquie et le F-35

Bloc-Notes

   Forum

Un commentaire est associé à cet article. Vous pouvez le consulter et réagir à votre tour.

   Imprimer

Kafka, stratège crisique entre la Turquie et le F-35

Dans ces temps difficiles pour l’alliance transatlantique, sans parler de la complexité de la situation syrienne, il était évident que si vous mettiez au départ en présence le président turc Erdogan, le Congrès des États-Unis et le F-35, vous risquiez de connaître des complexités labyrinthiques et une sorte de tragédie-bouffe kafkaïenne. La situation se corsait encore plus si les Turcs avaient entretemps commandé le missile sol-air russe S-400, transaction inadmissible pour les USA et cas de rupture des livraisons non encore commencées de F-35 au Turquie ; et que dire de plus si Erdogan, dans un de ces emportements lyriques dont il a le secret, annonçait que non seulement il achetait du S-400 mais qu’il proposait aux Russes une production commune du S-500 ?

(Pour l’instant et à notre connaissance simplement, les Russes n’ont rien dit de public ni d’officiel sur ce projet à première vue assez baroque, c’est-à-dire “erdogien” de “développement/production en commun” du S-500. [Le S-500 est actuellement en développement final en Russie. Il s’agit du dernier-né de la série des missiles sol-air à longue distance de la Russie, et on lui prête de grandes capacités antimissiles, y compris contre des ICBM, y compris contre d’éventuels missiles hypersoniques.] Laissons voir venir tout cela…)

Mais tenons-nous au F-35, l’affaire étant déjà bien assez compliquée avec ce seul acteur. Depuis qu’il est apparu que la Turquie semblait s’intéresser au S-400 russe (peut-être, éventuellement, puis de plus en plus sûrement, c’est presque fait, etc…), jusqu’à signer un contrat avec la Russie en décembre 2017, les USA ont commencé leur valse des pressions et des menaces. Le facteur JSF est apparu vers la fin 2017 (s’il y a achat de S-400, la vente des F-35 est remise en question) parce que le S-400 est une des nombreuses obsessions US, et sans doute l’une des plus puissantes, concernant la Russie. On arrive aujourd’hui dans un goulot d’étranglement avec un étrange couple de deux nouvelles : le vote du Sénat vers une interdiction conditionnelle de livrer le F-35 à la Turquie et la pseudo-“livraison” des deux premiers F-35 à la Turquie, avec la précision qu’ils resteront aux USA et ne seront certainement pas transférés à la Turquie d’ici l’été 2019… Voici ce qu’il se passe plus précisément :

• Lundi, le Financial Times, journal éminemment sérieux, annonçait que le Sénat avait entamé par un premier vote la procédure législative interdisant le transfert de chasseurs F-35, alias JSF, à la Turquie, pour punir ce pays d’avoir acheté des missiles sol-air S-400 russes et, d’une façon plus générale, pour approfondir ses liens stratégiques avec la Russie. Mais concentrons-nous sur le sort immédiat du F-35 pour la Turquie…

« Le Sénat américain a voté pour bloquer les transferts du chasseur F-35 vers la Turquie, reflétant une tension croissante avec un allié clé de l’OTAN, ce qui pourrait finalement bloquer la vente de 100 avions d’une valeur de près de 10 milliards de dollars. Une clause bipartisane ajoutée à la loi sur l’autorisation de défense nationale – qui a été adoptée par le Sénat lundi soir par un vote de 85 à 10 – interdirait le transfert de F-35 en Turquie jusqu’à ce que le secrétaire à la défense soumette un plan de participation au programme qui comprend l’attribution de la production de pièces à chaque pays… »

• Aujourd’hui, TRT, un réseau turc avec des éditions françaises sur son site, annonce que le Pentagone annonce qu’il va livrer deux F-35 à la Turquie dès demain 21 juin.

« Un porte-parole du Pentagone, Mike Andrews, a fait savoir que la livraison à la Turquie de deux chasseurs F-35 aurait lieu jeudi lors d’une cérémonie qui sera organisée dans la ville de Fort Worth dans l’État du Texas. […] […D]ans une première étape les avions de combat passeraient à la base aérienne de Luke en Arizona. Par la suite les pilotes turcs entameront l’entretien et les vols de formation sur F-35.

» Andrews a précisé que le Pentagone ne ferait pas de commentaire au sujet du projet de résolution adopté par le Sénat et bloquant la vente des F-35 à la Turquie. “La Turquie est l’un des plus importants alliés de l’Otan et un des pays participants au programme des F-35 depuis 2002”, a-t-il ajouté. »

• La chose n’avait pas échappé aux avisés rédacteurs du FT, qui terminaient leur article dont nous avons cité plus haut l’entame très sensationnaliste sur la décision du Sénat des États-Unis par cette précision :

« Lockheed Martin, le fabricant du F-35, a déclaré qu’il s’attend toujours à remettre les F-35 initiaux à la Turquie lors d’un échange cérémoniel à Fort Worth au Texas le 21 juin, probablement avant que le projet de loi ne devienne loi. Les pilotes turcs doivent être entraînés dans l’avion dans le pays, mais les avions eux-mêmes ne sont pas programmés pour quitter les États-Unis pendant au moins un an, donnant au Pentagone le temps de trouver une solution pour honorer la nouvelle loi. Mais l’intervention créera des obstacles bureaucratiques pour les responsables américains, qui affirment que les relations entre les deux alliés de l’OTAN ont atteint leur plus bas depuis l’invasion du nord de Chypre par la Turquie en 1974. »

Les déclarations pompeuses ou tonitruantes concernant la Turquie, la politique des USA et le JSF ne font qu’illustrer trois imbroglios, et peut-être quatre, accompagnant le destin du programme Joint Strike Fighter, dit JSF, dit F-35, comme illustration, symbole et tronc central de la crise du technologisme dans tous ses aspects (y compris de politique étrangère, de communication, etc.). Vanté depuis 1993-1995 comme étant l’avion de combat du XXIème siècle, sans doute le seul à pouvoir tenir cette place jusqu’en 2075 avec entre 6 000 et 10 000 exemplaires vendus (ces diverses affirmations datant de la fin du siècle précédent), le JSF-devenu-F-35 avance aujourd’hui au rythme d’une écrevisse qui s’aventurerait dans des sables mouvants tandis que l’usine de Fort Worth produit des F-35 comme des petits pains. Chaque avancée du programme découvre de nouveaux problèmes dont la solution doit être “rétrofitée” sur tous les exemplaires déjà produits  quand ceux-ci ne sont pas purement et simplement déclassés pour le seul entraînement basique, tandis que les chefs de la force aérienne israélienne se sont vus confier par Lockheed Martin (LM) la mission héroïque de nous convaincre, off the record, qu’ils utilisent en service opérationnel et secret leurs F-35 avec des résultats éblouissants.

Cette insistance de LM à faire faire bonne figure de communication à son avion de combat se comprend du point de vue commercial, comme se comprend son insistance à livrer quasiment “de force” quoique symboliquement les premiers exemplaires pour la Turquie pour installer ce pays dans la chaîne générale de financement et de logistique de l’avion à l’exportation. L’USAF et le Pentagone suivent, sinon précèdent LM pour empêcher le poste budgétaire du F-35 (largement au-delà du trillion [$1 000 milliards] d’ici 2025) d’être mis en question par des indiscrétions comptables ou une curiosité déplacée du Congrès.

Dans ce montage à la Ponzi, l’exportation joue un rôle déterminant du point de vue de la communication, pour imposer la poursuite du programme dans le cadre du Congrès et poursuivre le rabattage des clients. Cette voie n’est pas simple, d’autant que s’y glissent des susceptibilités : LM voudrait bien, avec la bénédiction de l’USAF, aller voir du côté des pays du Golfe, notamment l’Arabie, mais Israël, surtout à cause des pressions de son propre lobby (l’AIPAC) et du Congrès cette fois dans une situation un peu schizophrénique, doit tenir son rôle de l’exclusivité dans la fable de la “domination” du ciel au Moyen-Orient en s’opposant à toute vente à un pays arabe d’un avion de combat aussi exceptionnel, même à l’Arabie dont on connaît pourtant les liens avec les mêmes Israéliens.

Là-dessus, le Congrès met son grain de sel. Arrosé comme une éponge de subventions de LM et du complexe militaro-industriel, les parlementaires se sont pourtant trouvés un os à ronger dans le cadre de leur antirussisme né du Russiagate, avec l’affaire Turquie-S-400. Le Pentagone soutient à peu près tout le monde, et dans ce cas aussi bien ceux qui veulent à tout prix vendre le F-35 à la Turquie, et ceux qui veulent l’interdire. La situation actuelle est donc surréaliste : on livre les deux premiers F-35 à la Turquie demain, mais on les garde aux USA en les confiant aussitôt aux mains propres et vertueuses de l’USAF qui contrôlera l’un ou l’autre pilote d’origine turque en l’autorisant à faire bouger le manche à balai, tandis que s’élabore le projet de loi définitif qui interdira au moins temporairement toute vente de F-35 à la Turquie, à charge pour le Pentagone de trouver « une solution pour honorer la nouvelle loi » tout en livrant ses précieux avions à la Turquie, – à condition que la Turquie n’acquiert pas de S-400, ce qui semble pourtant déjà fait… Que ceux qui ont compris nous écrivent.

… Certainement, Erdogan ne manquerait pas de le faire (nous écrire) si nous insistions, car il se trouve dans cette affaire comme un poisson dans l’eau. Maître des contrepieds, des retournements de veste, des promesses lancées en l’air et qui ne retombent jamais, Erdogan jouerait plutôt la montre dans la confusion. Il s’agirait de laisser se développer la situation d’impasse à “D.C.-la-folle”, entre le Congrès d’une part (pas de F-35 si S-400 il y a), LM et l’USAF d’autre part (les F-35 à tout prix, on verra après). La seule chose assurée nous semble-t-il du côté d’Erdogan, après sa réélection s’il est réélu, est de tenir le marché S-400 jusqu’au bout parce qu’il a besoin de bonnes relations avec la Russie et de l’ouverture d’une nouvelle voie d’armements stratégiques ; quant au reste…

Et les Russes ? dira-t-on. Il nous semble plutôt qu’ils sourient avec une certaine philosophie, après tout pas mécontents du succès à l’export de leur S-400, avec le renforcement en réputation que cela produit pour la communication, autant que des problèmes que les commandes de S-400 soulèvent dans les pays acheteurs dans leurs relations avec les USA. L’Inde, par exemple, est dans la même position que la Turquie, puisque décidée jusqu’ici à commander du S-400. (Par contre, l’Inde n’a pas de F-35 en commande et l’aventure turque a fait voler en éclats les derniers nouveaux espoirs de lui vendre du F-35 nés chez LM après le rapprochement stratégique des USA avec l’Inde ; lequel rapprochement stratégique va sentir peser à son tour le poids du courroux anti-S-400 de “D.C.-la-folle”.)

Tout cela n’a pas vraiment d’importance, d’un point de vue stratégique dirions-nous. Il s’agit d’une illustration, comme nous l’avons remarqué, de la crise de l’effondrement du technologisme représentée avec un exceptionnel brio par le F-35. Le reste est affaire d’une pincée de dizaines de $milliards par-ci par-là, d’une paralysie générale des relations stratégiques en général, d’un développement constant et géométrique de l’univers-simulacre que crée la communication.

 

Mis en ligne le 20 juin 2018 à 17H05

http://www.dedefensa.org/article/kafka-stratege-crisique-entre-la-turquie-et-le-f-35

Pourquoi la Russie ne réplique-t-elle pas ?

Pourquoi la Russie ne réplique-t-elle pas ?


Par Dmitry Orlov – Le 24 mai 2018 – Source Club Orlov

Résultat de recherche d'images pour "russie victory day"
Beaucoup de commentateurs ont remarqué un fait curieux : lors du défilé du 9 mai sur la Place Rouge à Moscou, Poutine est apparu en présence du Premier ministre israélien Netanyahou. À cette même époque, l’armée de l’air israélienne tirait des missiles sur des cibles syriennes et iraniennes en Syrie (Une grande partie des défenses aériennes syriennes ont été détruites [avec quelques réserves, NdT]) et les Syriens ont tiré sur des positions israéliennes sur les hauteurs du Golan (territoire syrien occupé, aussi cela n’a donc pas compté comme une attaque contre Israël à proprement dit). Pourquoi la Russie n’a-t-elle pas pris la défense de son allié syrien ? De plus, on parlait de vendre le très puissant système de défense antiaérien S-300 de la Russie à la Syrie, mais cette offre a été retirée par la suite. Est-ce vraiment là le comportement d’un allié ?

Ou prenons un autre exemple : les relations entre la Russie et l’Ukraine sont dans une spirale descendante depuis le putsch de Kiev en 2014 qui a renversé le gouvernement constitutionnel. La région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, souffre d’un affrontement militaire, et elle est en proie à des provocations ukrainiennes contre la Russie et des sanctions économiques et politiques de la part des États-Unis et de l’UE en réponse à l’annexion de la Crimée et au conflit instable dans le Donbass qui a fait près de dix mille morts. Et pourtant, le principal partenaire commercial de l’Ukraine reste… la Russie. Non seulement la Russie continue-t-elle à commercer avec l’Ukraine, mais elle a également absorbé un exode de réfugiés économiques, exportés par une économie ukrainienne effondrée, un exode qui se compte en millions de personnes. La Russie a réinstallé ces réfugiés, leur a permis de trouver du travail et leur permet d’envoyer de l’argent à leurs proches en Ukraine. En outre, la Russie a refusé de reconnaître politiquement les deux républiques séparatistes de l’Est de l’Ukraine. La seule réponse réelle de la Russie vis-à-vis de l’Ukraine a été de revendiquer la Crimée. Mais cela coule plus ou moins de source : la Crimée faisait partie de la Russie depuis 1783, et le transfert de la Crimée à la République socialiste soviétique d’Ukraine, sous Nikita Khrouchtchev en 1954, violait la Constitution de l’URSS qui était en vigueur en ce temps.

Encore un autre exemple : les États-Unis, avec l’Union européenne agissant comme un serviteur obéissant, ont imposé diverses sortes de sanctions à la Russie depuis la loi Magnitski en 2012 qui a été poussée par l’oligarque incroyablement corrompu William Browder. Ces sanctions ont parfois été quelque peu dommageables, parfois utiles (stimulant le remplacement des importations en Russie) et parfois tout simplement sans intérêt. La Russie est trop grande, trop importante et trop puissante pour quiconque, même une entité aussi grande que les États-Unis et l’UE réunis, pour l’isoler ou la faire plier en imposant des sanctions. Dans certains cas, il y a eu un puissant effet boomerang qui a causé plus de souffrances aux sanctionneurs qu’aux sanctionnés. Mais la Russie n’a pas vraiment fait grand-chose pour y remédier, si ce n’est de travailler au remplacement des importations et d’établir des relations commerciales avec d’autres nations plus amicales. Elle aurait pu nuire aux États-Unis, par exemple, en bloquant la vente de pièces en titane sans lesquelles Boeing ne serait plus en mesure de construire ses avions. Ou elle pourrait interdire la vente de moteurs de fusée aux États-Unis, et les États-Unis seraient alors incapables de lancer des satellites. Mais la Russie n’a rien fait de tout cela. Au lieu de cela, elle n’a cessé de répéter que ces sanctions sont improductives et inutiles.

Un autre : en violation des accords conclus entre la Russie et les pays de l’OTAN, l’OTAN s’est étendue jusqu’à la frontière russe et a récemment transformé les petits États baltes d’Estonie, de Lettonie et de Lituanie en une sorte de parc militarisé juste à côté de la frontière russe. L’OTAN y stationne des milliers de soldats et les entraîne à… attaquer la Russie. La Russie s’est plainte de cela, mais a continué à commercer avec tous les pays concernés. En particulier, elle a continué à fournir de l’électricité aux pays baltes et à utiliser les ports de la Baltique pour expédier ses produits. Lorsque la Lettonie a récemment interdit l’utilisation du russe dans les écoles (un tiers de la population est russe) et a commencé à violer les droits des Russes lituaniens qui tentaient de lutter contre cet affront, les Russes eux-mêmes ont avalé cet acte flagrant de discrimination anti-russe sans broncher. En Lettonie, les lumières sont toujours allumées et les trains de marchandises russes chargés roulent encore de l’autre côté de la frontière.

« Pourquoi cela ? », pourriez-vous me demander. « Pourquoi une telle attitude passive contre ces nombreux délits, magouilles et blessures ? » On ne peut pas dire que la Russie est trop grande pour être touchée. Les sanctions en 2012 ont été un fléau, puis en 2014 l’économie russe a pris un sérieux coup (mais la plupart du temps à cause des prix plus bas de l’énergie, pas de sanctions). Le rouble a perdu la moitié de sa valeur et le taux de pauvreté de la Russie a grimpé. Que se passe-t-il alors ?

Pour comprendre cela, vous devez prendre du recul et regarder le contexte global.

  • La Russie est le plus grand pays du monde en taille, mais certainement pas en termes de population. Ses frontières sont très bien défendues, mais elles s’étendent sur 61 000 kilomètres.
  • La Fédération de Russie est russe de nom, mais elle comprend plus d’une centaine de nations différentes, les Russes ethniques représentant un peu plus de 80% et six autres nations ayant plus d’un million de membres.
  • Elle est bordée par 16 États souverains, plus que tout autre pays, y compris deux frontières maritimes (avec le Japon et les États-Unis) et deux autres États non reconnus à l’échelle internationale (Abkhazie et Ossétie du Sud).
  • Elle a la plus grande diaspora au monde, avec entre 20 et 40 millions de Russes (selon la façon dont vous les comptez) vivant en dehors de la Russie proprement dite. La plus grande communauté russe à l’étranger est aux États-Unis et compte environ 3 millions de personnes.
  • Les troupes de maintien de la paix russes ont servi dans de nombreux pays autour de la Russie et dans le monde entier − Abkhazie ; Ossétie du Sud ; Arménie ; Transnistrie ; Tadjikistan ; Bosnie ; Kosovo ; Angola ; Tchad ; Sierra Leone ; Soudan − et continuent d’empêcher les conflits latents de se transformer en guerre ouverte.
  • L’immensité de la Russie et sa richesse en ressources naturelles en font l’un des principaux fournisseurs de produits économiquement essentiels dans le monde, notamment le pétrole, le gaz, l’uranium et le charbon qui empêchent les lampes de geler dans des dizaines de pays. Peu importe ce qui ne va pas dans les relations internationales, elle doit rester un fournisseur stable et fiable.

Dans cet environnement, contrer les gestes hostiles (et surtout futiles) émanant de l’autre côté de l’océan avec d’autres gestes hostiles (et généralement futiles) serait contre-productif : certaines personnes seraient touchées, et il est probable qu’elles seraient Russes.

Ainsi, une partie de l’approche gagnante consiste à se débrouiller, en maintenant les meilleures relations possibles avec autant de pays que possible, les voisins en particulier, parlant à tous dans chaque conflit et essayant de désamorcer et d’équilibrer soigneusement les intérêts disparates de tous. La Russie entretient de bonnes relations avec l’Iran et l’Arabie saoudite, qui sont des ennemis jurés, et avec la Syrie et Israël, qui se tirent dessus.

L’autre partie de l’approche gagnante pour affronter un monde extérieur de plus en plus hostile est de s’organiser doucement pour une autarcie limitée ; ne pas se fermer au monde, mais prendre des mesures pondérées pour devenir relativement invulnérable à ses vicissitudes. La Russie est déjà autosuffisante en énergie, fait des progrès dans son autosuffisance alimentaire, et le prochain défi est d’atteindre l’autosuffisance en matière de technologie et de finance.

Vu dans ce contexte, les échecs apparents de la Russie à agir avec force se révèlent être des étapes d’un équilibre prudent :

  • Les Israéliens bombardent la Syrie tandis que Netanyahou est à une place d’honneur lors du défilé à Moscou. La Syrie riposte en bombardant son propre territoire sur les hauteurs du Golan. Puis la Russie décide de ne pas vendre le système S-300 à la Syrie. Qu’est-ce qui vient de se passer ? Eh bien, Israël vient de reconnaître le Jour de la Victoire, le 9 mai, comme sa propre fête nationale. Un tiers des Israéliens sont en fait russes, et beaucoup d’entre eux se sont sentis très fiers d’être Russes ce jour-là, et ont participé à de grandes parades qui ont été diffusées à la télévision russe. Face à la montée de l’antisémitisme en Europe et aux néo-nazis incontrôlables en Ukraine, la Russie et Israël sont unis. Ensuite, il y a le fait qu’Israël n’aime pas qu’il y ait des Iraniens en Syrie. Ils ont certainement le droit de le faire, étant donné que les Iraniens continuent de parler de la façon dont Israël devrait être détruit [C’est l’avis de l’auteur, NdT]. Mais la présence iranienne en Syrie est sur invitation, ce n’est donc pas la préoccupation de la Russie. Voir Israël bombarder la Syrie n’aide pas la Russie, mais ce n’était pas la première fois et ce ne sera pas la dernière. La Syrie a réussi à abattre des missiles israéliens et à tirer sur des Israéliens sur les hauteurs du Golan. C’était une nouvelle évolution, une escalade et les escalades sont toujours mauvaises. Vendre le système S-300 aux Syriens aurait permis à la Syrie d’abattre n’importe quoi en l’air venant d’Israël, et comme la situation vient juste de s’envenimer, leur donner la possibilité d’augmenter le niveau d’escalade pouvait sembler une mauvaise idée.
  • L’Ukraine provoque continuellement la Russie et viole les droits des huit millions de Russes qui y vivent, et pourtant la Russie reste le plus grand partenaire commercial de l’Ukraine. Qu’est-ce que cela donne ? Eh bien, il y a le fait désagréable que l’Ukraine est actuellement gouvernée par des gens qui, pour employer un terme russe très spécifique, sont « inadéquats ». C’est un régime illégal, immensément corrompu, soutenu par un autre régime qui par delà l’océan est, en passant, aussi plutôt « inadéquat », dirigé par un bouffon ridicule qui est à son tour contrarié à tout instant par un « État profond » immensément corrompu. Mais ce sont des faits temporaires, et en aucun cas, ils ne l’emportent sur le fait intemporel que les Russes et les Ukrainiens sont essentiellement les mêmes personnes (à l’exception de quelques tribus qui habitent principalement à l’ouest du pays qui fut pendant des siècles un no man’s land au cœur de l’Europe centrale, juste à côté de la Transylvanie, d’où viennent les vampires). Les Russes et les Ukrainiens sont génétiquement indissociables, et il y a de nombreuses nations en Russie qui sont beaucoup plus différentes culturellement des Russes que les Ukrainiens. La stratégie gagnante dans ce cas est d’éviter de faire du mal à l’Ukraine, car elle se blesse déjà assez elle-même et parce que cela ne ferait que blesser d’autres Russes. Au lieu de cela, il est plus logique d’être patient et d’attendre. En fin de compte, les Ukrainiens en auront assez et prendront les choses en main, se débarrasseront de ces bons-à-rien et de leurs donneurs d’ordre outre-mer et la relation deviendra finalement plus normale
  • En ce qui concerne les sanctions occidentales, la Russie a imposé des contre-sanctions et elles étaient intelligentes. La Russie a interdit diverses catégories d’importations alimentaires en provenance de l’UE. Cela a permis d’augmenter la production alimentaire en Russie et d’amener la Russie vers l’autosuffisance. Étant donné que les agriculteurs dans l’UE sont politiquement assez puissants, cela a rendu les sanctions américaines impopulaires en Europe. Ajoutez à cela le fait que les États-Unis veulent maintenant sanctionner les importations d’énergie russe en Europe, forçant les Européens à acheter cette énergie aux États-Unis, dont les approvisionnements sont beaucoup plus chers et moins fiables, et vous pouvez voir pourquoi les Européens en ont déjà assez de l’ingérence de Washington. Bien sûr, après avoir abandonné une grande partie de leur souveraineté, il y a longtemps, les Européens font face à de grandes difficultés pour essayer de la récupérer, mais au moins ils commencent à y penser. C’est déjà une victoire pour la Russie : elle a besoin de pays indépendants et souverains comme voisins, et non pas d’une bande de vassaux irresponsables aux ordres de Washington. En ce qui concerne l’imposition de contre-mesures envers les États-Unis eux-mêmes, cela causerait plus de dommages économiques sans obtenir d’avantages politiques.
  • Sur l’empiètement de l’OTAN sur les frontières russes, les slogans anti-russes des milices baltes et les troupes de l’OTAN s’entraînant à « attaquer la Russie », pour être franc, les Russes se sentent un peu insultés, mais ils n’ont pas vraiment peur. Tout le monde sait que l’OTAN fait partie du racket des institutions de défense américaines. Son but est de voler des cargaisons d’argent, pas de faire des armes qui fonctionnent ou de former des armées qui peuvent se battre. Il y a maintenant un peu de blindage et de main-d’œuvre de l’OTAN prépositionnés dans les pays baltes, mais pas assez pour envahir réellement la Russie d’une manière significative. Et s’ils le font, ils se sentiront très vite très seuls. Vous voyez, les blindés de l’OTAN ne passent pas sous la plupart des ponts et ne peuvent pas parcourir de grandes distances sur des terrains accidentés comme les blindés russes. Ils doivent être transportés sur le champ de bataille en train ou sur des camions à plate-forme sur les routes fédérales. Ou ils doivent être expédiés via des ports en eau profonde. Donc, tout ce que la Russie a à faire, c’est de frapper des ponts et des installations portuaires en lançant des missiles d’à peu près n’importe où, puis de détruire le relativement petit contingent d’envahisseurs, et ce sera fini. L’OTAN le sait, et donc toute cette activité dans les pays baltes n’est qu’un moyen d’acheminer de l’argent vers les États baltes économiquement anémiques et en cours rapide de dépeuplement. Ils souffrent déjà; pourquoi les blesser plus. En ce qui concerne les droits des Russes en Lettonie, on pourrait penser qu’ils ne voient pas d’inconvénient à ce qu’ils soient violés, sinon ils déménageraient en Russie où il y a beaucoup de place pour eux. Ils méritent un fort soutien moral, bien sûr, mais c’est vraiment leur combat, pas celui de la Russie.

Cela ne fait pas de cet article la lecture la plus excitante au monde, mais qu’il en soit ainsi. Les gens recherchent sur Internet des histoires sur des tournants dramatiques, surtout parce qu’ils s’ennuient. Il arrive souvent que les développements les plus importants manquent de sensations, mais cela ne les rend pas moins importants. Par exemple, la Russie réduit ses dépenses de défense, car elle sera bientôt complètement réarmée. Les États-Unis et l’OTAN peuvent-ils faire de même ? Non ! Si jamais ils essayaient, l’establishment américain de la Défense corromprait une nouvelle série de membres du Congrès et de sénateurs, et les dépenses prodigues reprendraient immédiatement. Les Russes peuvent donc rester tranquillement assis, les bras croisés, et regarder la faillite des États-Unis. Ce sera certainement un tournant dramatique des événements ; vous devrez juste attendre.

Les cinq stades de l'effondrementDmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateur de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Lien

Retrouvez Dmitry Orlov sur Arte TV pour quelques jours (à partir de 14′), une interview assez honnête, juste un peu caricaturale avec un peu de pub pour le Salon de la Collapsologie.

Traduit par Hervé, relu par Catherine pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/pourquoi-la-russie-ne-repond-pas

 

Pourquoi l’Iran a-t-il besoin de missiles balistiques ? Par Sirous Amerian

8.mai.2018 // Les Crises

Pourquoi l’Iran a-t-il besoin de missiles balistiques ? Par Sirous Amerian

Source : The Defense Post, Sirous Amerian, 18-04-2018

Par Sirous Amerian

18 avril 2018

L’Iran a été au centre des actualités mondiales cette dernière décennie, avec son programme nucléaire devenu le centre d’attention. Cette question mise de côté, au moins temporairement, on pouvait s’attendre à ce que l’Iran cesse de polariser l’attention par la signature du Plan d’action global conjoint [ou Accord de Vienne sur le nucléaire iranien, NdT] il y a trois ans, mais ce ne fut pas le cas.

Après avoir décrit l’accord de Vienne comme épouvantable et avoir promis de le déchirer une fois élu, le président Donald Trump s’efforce de focaliser l’attention et de maintenir la pression sur l’Iran. En plus de la question nucléaire, la présence de l’Iran en Syrie et son arsenal de missiles balistiques sont vendus comme des menaces majeures pour la sécurité régionale ainsi qu’internationale.

L’Iran a un vaste et compliqué arsenal de missiles balistiques, comprenant des missiles de courte portée tels que le Zeizal et des missiles plus lourds et de longue portée tels que le Shahab-3 ou le Sejil, qui peuvent atteindre 2000 kilomètres, ceux-ci existant en différents modèles avec propulsion liquide ou solide. En bref, les missiles balistiques sont à la fois l’arme défensive clé et l’élément offensif de la stratégie iranienne, pour lesquels Téhéran a investi beaucoup de temps, d’effectifs et d’argent dans le développement et l’amélioration. Pourquoi les mettraient-ils de côté sous la pression des États-Unis et de l’Europe ?

L’Iran est situé au Moyen-Orient, dans une région volatile, où il a quelques amis et beaucoup d’ennemis. Ses ennemis, principalement l’Arabie Saoudite, Israël et les Émirats arabes unis, sont des pays avancés, riches et bien armés qui dépensent énormément pour conserver et améliorer leurs capacités militaires.

L’Arabie saoudite, selon les derniers chiffres, est aujourd’hui le troisième plus important acheteur du monde dans le domaine militaire. Avec 57 milliards de dollars, Riyad dépasse des pays comme l’Inde, la France, la Russie et le Japon. Israël est à la 14e place, selon la même source, et dépense environ 14 milliards de dollars par an pour son armée, quand les EAU [Émirats arabes unis, NdT] viennent en 16e position avec une dépense d’environ 14,3 milliards de dollars pour leur armée l’année dernière. Avec une dépense annuelle de 6,3 milliards de dollars, l’Iran est en 33e position.

Au vu de ce classement des dépenses militaires, les capacités militaires de l’Iran sont moindres et faibles comparées à celles de ses voisins. Les forces armées de l’Iran seraient mieux décrites comme un musée vivant. Et il en est ainsi de ses trois principaux corps.

Les forces aériennes de la République islamique d’Iran comptent en grande partie des avions américains construits il y a 40-50 ans tels que des F-14, F-4F et des F-5 et un plus nombre d’avion soviétiques, le Mig-29A et Su-24, achetés il y a deux ou trois décennies – qui furent plus tard complétés par des avions de Saddam Hussein fuyant la guerre du Golfe Persique.

Comparés aux F-15 de pointe de l’Arabie saoudite et aux Eurofighter Typhoons, aux Mirages et F-16 des EAU et aux F-15, F-16 et nouveaux F-35 d’Israël – tous en nombre élevé et armés de radars et missiles dernier cri avec des capacités modernes AWACS – Les forces aériennes iraniennes sont une plaisanterie comparées à leurs adversaires modernisés.

La force terrestre et la marine ne font pas exception. Beaucoup de bataillons mécanisés sont armés de T-72 et de générations encore plus vieilles de tanks soviétiques, qui se sont avérés largement inefficaces il y a trois décennies contre les tanks modernes de l’Occident durant la première guerre du Golfe. Il y a eu quelques progrès avec l’amélioration des vieux tanks avec un nouvel équipement et blindage, mais ce fut lent et Téhéran n’a pas réussi à moderniser tous les systèmes obsolètes.

Du côté des effectifs, environ deux tiers des forces terrestres et des autres branches sont remplies de conscrits, des hommes âgés de 18 et plus, qui ont pour obligation d’effectuer leur service militaire durant deux ans où ils sont alors sous forte pression : ces jeunes hommes ne reçoivent pas un salaire décent, sont humiliés en permanence par les officiers et commandants, et sont stationnés le long de frontières, loin de leur famille, ou dans des villes où ils effectuent des corvées telles que cuisiner et nettoyer les toilettes. La plupart ne reçoivent pas une alimentation correcte et un équipement tel que des uniformes.

Une série de photos récentes faites par des conscrits montre le triste visage de la conscription, qui affecte la santé mentale des jeunes hommes. Si vous vous asseyez et discutez avec eux, une majorité de ceux qui ont fait leur service et sont revenus n’auront pas de très bons souvenirs de cette période. Il ne faut donc pas s’attendre de leur part à un bon moral et à une efficacité au combat.

L’Iran, en réalité, n’a tout simplement pas la capacité de mener une offensive contre un pays de la région, excepté peut-être l’Afghanistan, ou acteur mineur comme le Koweït.

Les nouveaux corps qui ont reçu un meilleur traitement et équipement sont les forces de missiles sous le commandement de la Garde révolutionnaire islamique, et la Base de défense aérienne Khatam al-Anbia. Comme l’indique son nom, la base de défense aérienne est un commandement en charge des systèmes sol-air et est défensive par nature.

Mais il est même improbable que l’Iran utilise ses missiles comme un élément offensif.

Les missiles balistiques de l’Iran sont tous conventionnels et non armés de têtes nucléaires. Il ne peut les utiliser pour détruire un quelconque adversaire sans courir le risque d’une frappe en représailles. Si utilisés pour frapper en premier, ces missiles provoqueraient certainement de larges dommages à une ou deux cibles ou terroriseraient la population des villes, mais ils ne pourraient détruire toutes les bases et centres industriels qu’un adversaire pourrait avoir.

L’Iran sait que s’il prend l’initiative d’attaquer Israël ou les alliés arabes des Américains avec ses missiles balistiques, non seulement c’est une invitation à prendre le pays comme cible de représailles, mais que cela donnerait également à Trump et à son nouveau conseiller pour la Sécurité nationale, John Bolton, l’excuse nécessaire pour passer de la promotion d’un changement de régime en douceur à un changement de régime à la manière forte et à une guerre pure et simple contre l’Iran. Les ayatollahs à Téhéran peuvent peut-être haïr les Israéliens et les Saoudiens, mais ce sentiment est moins puissant que leur amour du pouvoir.

Donc quel est l’objectif des missiles balistiques de l’Iran ? Ils servent à la fois un objectif dissuasif et défensif : en maintenant un nombre important de missiles balistiques prêts à frapper n’importe quel pays qui s’en prendrait à lui, l’Iran rend une frappe contre lui plus coûteuse pour ses adversaires.

Israël, le premier ennemi de Téhéran, a déjà à deux reprises attaqué sans prévenir la Syrie et l’Irak, et n’a jamais subi de représailles, ces pays n’en ayant pas la capacité. La même chose ne pourrait pas arriver avec l’Iran car il a les moyens de répondre à une telle attaque. En appelant au retrait des missiles balistiques de l’Iran, les Européens et Trump veulent couper les griffes du chat et ôter à Téhéran sa seule option crédible de défense.

Rendre une frappe contre l’Iran plus sure et moins coûteuse pour les pays de la région est dangereux pour la stabilité de la région. Cela ferait de l’Iran une cible facile pour quiconque en ayant les capacités et la volonté, et le Moyen-Orient ne manque pas de prétendants. Ne laissons pas faire cela, et apprenons à vivre avec un Iran doté de missiles balistiques pour sa propre défense.

Sirous Amerian est doctorant et assistant diplômé au Centre for Defence and Security Studies de l’Université Massey en Nouvelle-Zélande. Pendant son séjour en Iran, il a travaillé comme analyste politique pour l’Institut iranien d’études eurasiennes (IRAS). Il tweete sur @AmerianS.

Tous les points de vue et opinions exprimés dans cet article sont ceux de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement les opinions ou les positions de The Defense Post.

Source : The Defense Post, Sirous Amerian, 18-04-2018

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/pourquoi-liran-a-t-il-besoin-de-missiles-balistiques-par-sirous-amerian/

Publicités

Revue de presse nationale et internationale.

Publicités