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La Belgique prête à suspendre ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite





La Belgique prête à suspendre ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite


Dimanche 12 Mai 2019 modifié le Dimanche 12 Mai 2019 – 08:53





La Belgique prête à suspendre ses ventes d'armes à l'Arabie saoudite
La Belgique est prête à suspendre ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite si elles sont utilisées dans des conflits dans d’autres pays, ont annoncé samedi les autorités belges.

Le respect des embargos sur les ventes d’armes sera l’un des sujets des discussions des ministres des Affaires étrangères de l’UE lundi à Bruxelles, a-t-on indiqué de source diplomatique.

« Dès l’instant où il apparaitrait que des armes n’ont pas, in fine, été utilisées à l’endroit ou dans le pays auquel elles étaient destinées, il y aura effectivement une réaction de la Région wallonne », a affirmé samedi le ministre président de la région Willy Borsus à la RTBF.

« Cela peut aller jusqu’à la suspension des licences d’armes déjà accordées, puisque c’est ce dont il est question », a-t-il expliqué.

En Belgique, l’attribution de licences d’exportation aux fabricants d’armes ou d’équipements militaires est une compétence de l’exécutif des régions (Flandre, Wallonie et Bruxelles).

Une enquête publiée mercredi par le quotidien Le Soir a révélé que Ryad faisait usage d’armes et de technologies belges pour ses opérations au Yémen.

« Je crois qu’il serait bon que l’on suspende les contrats de livraison d’armes à l’Arabie saoudite », a plaidé le chef de la diplomatie Didier Reynders dans un entretien à la RTBF, en invitant les régions, particulièrement la Wallonie, à prendre une telle décision.

Ryad est un des ses principaux clients de la Wallonie, qui représente en terme d’emplois environ les trois quarts du secteur belge de l’armement. La région est l’unique actionnaire du fabricant de mitrailleuses et de fusils d’assaut FN Herstal.

« S’il y a des éléments démontrant effectivement l’utilisation d’armes dans un conflit en cours, comme au Yémen, on doit aller vers ces suspensions et je pense que le gouvernement wallon doit le faire », a plaidé Didier Reynders.

Le chef de la diplomatie va porter ce débat durant la réunion avec ses homologues de l’UE. Il devrait se heurter à son homologue français Jean-Yves Le Drian.

Important fournisseur d’armes à l’Arabie Saoudite, la France assume ses ventes. Le président Emmanuel Macron a assuré avoir la « garantie » qu’elles « n’étaient pas utilisées contre des civils » dans la guerre au Yémen.

L’Arabie saoudite a pris la tête en 2015 d’une coalition militaire comprenant les Emirats arabes unis pour soutenir le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi contre les rebelles Houthis. Ce conflit, l’une des pires crises humanitaires en cours, a fait des dizaines de milliers de morts.

Ryad soutient également le Libyen Khalifa Haftar, dont les forces sont engagées dans une offensive contre Tripoli pour renverser le gouvernement reconnu par la communaute internationale.

Le projet sur la libye comporte un engagement à faire respecter l’embargo sur les ventes d’armes à ce pays.

Pour faire respecter cet embargo, les ministres de l’UE devraient décider de renvoyer des navires de guerre en Méditerranée pour permettre à l’opération militaire Sophia de mener cette mission. Le mandat de l’opération a été prolongé jusqu’au 30 septembre, mais les moyens navals ont été retirés.

Dimanche 12 Mai 2019 – 08:49


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Armes françaises au Yémen : le cargo saoudien en mouvement renonce au Havre

À LA UNE

Armes françaises au Yémen : le cargo saoudien en mouvement renonce au Havre

Le cargo saoudien Bahri Yanbu, supposé embarquer des armes françaises à destination de l'Arabie saoudite, escorté le 10 mai 2019 par un vaisseau français. Photo REUTERS/Benoit TessierLe cargo saoudien Bahri Yanbu, supposé embarquer des armes françaises à destination de l’Arabie saoudite, escorté le 10 mai 2019 par un vaisseau français. Photo REUTERS/Benoit Tessier

FRANCELa justice rejette un des deux recours déposés par des associations qui arguaient, pour empêcher ces exportations, que les armes pourraient être utilisées contre des civils au Yémen, où Riyad conduit une coalition en soutien au président yéménite.

OLJ/AFP
10/05/2019

 

Le cargo saoudien supposé embarquer des armes françaises à destination de l’Arabie saoudite s’est mis en mouvement vendredi à destination de l’Espagne, sans s’approcher du port du Havre où attendait son chargement contesté.

Selon son plan de route, le Bahri Yanbu, cargo géant de 220 m qui mouillait depuis mercredi à 30 km du Havre (nord-ouest de la France) sans bouger, devait faire route directement vers le port de Santander (Espagne), selon le site Marine Traffic, sans passer par le nord de l’Europe comme initialement annoncé. « L’escale (au Havre) n’aura pas lieu », a indiqué une source portuaire à l’AFP.

Entre temps, la justice a rejeté un des deux recours déposés par des associations qui arguaient, pour empêcher ces exportations, que les armes pourraient être utilisées contre des civils au Yémen, où Riyad conduit une coalition en soutien au président yéménite. Le tribunal admnistratif qui s’est penché sur le recours de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) a estimé dans sa décision que « l’autorisation de sortie douanière de ces armements ne crée pas un danger caractérisé et imminent pour la vie des personnes » exposées au conflit au Yémen.

L’avocate de l’Acat, Me Laurence Greig, conteste le raisonnement du tribunal: « L’imminence existe bien car c’est le dernier moment où on pouvait arrêter cette livraison d’armes. Une fois que le bateau sera parti, on ne pourra plus intervenir », a-t-elle expliqué à l’AFP.

D’après le site d’investigation Disclose, le bateau doit prendre livraison de « huit canons de type Caesar » destinée à l’Arabie Saoudite dans sa guerre contre la minorité chiite du Yémen. Ce que les autorités françaises démentent catégoriquement. « Il ne peut pas s’agir de canons Caesar puisqu’il n’y a aucune livraison de Caesar en cours », martèle une source gouvernementale.

Prônant la « transparence », Emmanuel Macron a reconnu jeudi « que la France, depuis plusieurs années – au plus fort il y a cinq, six ans, dans les contrats qui ont été faits à l’époque – a vendu des armes à la fois aux Emirats arabes unis et à l’Arabie saoudite ». Selon lui, « l’essentiel des armes qui ont été vendues sont plutôt utilisées à l’intérieur du territoire ou à la frontière », et dans la lutte des Saoudiens contre le terrorisme.

Paris affirme ainsi régulièrement que les armements qui leur sont vendus ne sont utilisés que de manière défensive et « pas sur la ligne de front ». Une position qui ne convainc guère les ONG, ni l’opposition.

 

(Lire aussi : Face à la « sale guerre » au Yémen, les opinions européennes demandent des comptes sur les ventes d’armes)

 

Contre les civils
« Quand on vend des armes à un pays, il en fait ce qu’il veut », a fait valoir le député communiste Jean-Paul Lecoq lors d’un rassemblement qui a réuni une centaine de personnes sur le port du Havre jeudi pour dénoncer ces ventes d’armes à l’Arabie saoudite. « Les canons ne sont pas faits pour décorer le palais du cheikh », a ironisé le parlementaire, parlant d’un « mensonge d’Etat ».

Une note de la Direction du renseignement militaire (DRM), publiée par Disclose mi-avril, indique que 48 canons Caesar produits par l’industriel français Nexter « appuient les troupes loyalistes, épaulées par les forces armées saoudiennes, dans leur progression en territoire yéménite ».

« Il ne suffit pas de dire +J’ai des garanties+, il faut nous les montrer. De même, nous aimerions qu’on nous explique clairement, nettement, comment l’Arabie saoudite lutte contre le terrorisme au Yémen », Aymeric Elluin, d’Amnesty International France.
Même si l’exportation de ces armes est techniquement légale, les ONG contestent l’autorisation donnée par la Direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI) en vertu du Traité de l’ONU sur le commerce des armes, de matériels de guerre et matériels assimilés. L’article 6 de ce Traité, ratifié par la France, interdit toute vente dès lors que les armes concernées pourraient servir à conduire « des attaques dirigées contre des civils ».

Après l’ACAT, l’ONG Action Sécurité Ethique Républicaines (ASER) a ainsi déposé un « référé -suspension » en urgence. « Il ne s’agit pas d’avoir la preuve que ces armes ont été utilisées au Yémen, mais reconnaître que c’est une potentialité d’usage », a rappelé le président de l’association, Benoît Muracciole, à l’AFP.

Riyad a pris la tête en 2015 d’une coalition militaire comprenant les Emirats arabes unis (EAU) pour soutenir le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi contre les rebelles houthis. Ce conflit, l’une des pires crises humanitaires en cours, a entraîné la mort de dizaines de milliers de personnes.

https://www.lorientlejour.com/article/1169864/armes-francaises-au-yemen-le-cargo-saoudien-en-mouvement-renonce-au-havre.html

Armes au Yémen : solidarité avec nos confrères de Disclose et Radio France

Un homme inspecte une maison après un bombardement aérien à Sanaa au Yemen, le 10 avril dernier.
PHOTO : © ZUMA Press/ZUMA/REA
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TRIBUNE

Armes au Yémen : solidarité avec nos confrères de Disclose et Radio France

37 sociétés de journalistes et rédactions s’élèvent contre la plainte déposée par le ministère des Armées contre les journalistes ayant dévoilé le rapport documentant l’usage des armes vendues à l’Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis dans la guerre au Yémen.

Lundi 15 avril, le site d’investigation Disclose dévoilait, en partenariat avec plusieurs médias, un rapport classé « confidentiel défense » documentant l’usage des armes vendues par la France à l’Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis dans la guerre au Yémen, menée depuis 2015 au prix de la « pire crise humanitaire au monde », selon les Nations unies. Ce document, dont la publication n’a aucunement remis en cause la sécurité des agents français sur le terrain, a été révélé en raison de son intérêt manifeste pour le public. Il invalide le discours officiel du gouvernement français, qui prétend que cet arsenal ne sert qu’à des fins défensives.

Plainte du ministère des Armées

Or mercredi dernier, deux journalistes de Disclose, Geoffrey Livolsi et Mathias Destal, ainsi qu’un journaliste de la cellule investigation de Radio France partenaire de ces révélations, Benoît Collombat, ont appris leur convocation à la mi-mai par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), dans le cadre d’une enquête préliminaire pour « compromission du secret de la défense nationale » ouverte par le parquet de Paris après le dépôt d’une plainte par le ministère des Armées.

Nous, sociétés de journalistes et de rédacteurs, exprimons notre pleine et entière solidarité avec nos confrères, qui n’ont fait que leur travail : porter à la connaissance des citoyens des informations d’intérêt public sur les conséquences des ventes d’armes françaises. Depuis ces révélations, le gouvernement est resté muet sur les faits. Aujourd’hui, pour avoir exposé ces informations, trois journalistes se retrouvent sous la menace d’une procédure, pour un délit puni d’une peine d’emprisonnement, dont l’objectif manifeste est de connaître les sources à l’origine de leur travail.

En ces temps décidément préoccupants pour la liberté d’informer, ces convocations rappellent, s’il en était besoin, à quel point il est indispensable de renforcer en France la protection des sources, consacrée par la Cour européenne des droits de l’homme comme « l’une des pierres angulaires de la liberté de la presse ». Le secret défense ne saurait être opposé au droit à l’information, indispensable à un débat public digne de ce nom, ni servir d’épée de Damoclès pour dissuader les journalistes d’enquêter, et de publier.
Signataires : les sociétés de journalistes, sociétés des rédacteurs et sociétés des personnels de l’AFP, BFMTV, Challenges, CNews, Courrier internationalLes Echos, Europe 1, Le Figaro, France 2, France 24, France 3 National, France Info, Franceinfo.fr, France Info TV, France Inter, France-SoirL’HumanitéLe JDDLibération, M6, MediapartLe MondeL’ObsParis MatchLe Parisien-Aujourd’hui en FranceLe Point, Premières Lignes, RFI, RMC, RTL, Télérama, TF1, La Tribune, TV5Monde, et les rédactions d’Alternatives Economiques, de La Croix et des Jours.

https://www.alternatives-economiques.fr/armes-yemen-solidarite-nos-confreres-de-disclose-radio-france/00089174

Parlerait-on d’un tournant de civilisation ?

Parlerait-on d’un tournant de civilisation ?

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Parlerait-on d’un tournant de civilisation ?

26 avril 2019 – Je n’ai pas vraiment l’habitude de commenter un article qui paraît le jour même sur le site, mais enfin, on le sait, une habitude est aussi faite pour ne pas être respectée à l’occasion. Il s’agit donc du commentaire fait autour des déclarations de David Trachtenberg, chargé de la politique au Pentagone en tant que “faisant-fonction” de n°2 de ce très-puissant ministère.

Je rappelle rapidement ce qu’a dit cet éminent personnage, se référant aux nombreux programmes de missiles hypersoniques développés par les Russes, qui ont creusé une avance stratégique considérable sur les USA, – dans une réponse à une question qui suivait sa conférence à la Brookings Institution le 24 avril :

« …Comme je l’ai déjà dit, nous ne sommes pas intéressés par un développement symétrique système pour système. Les Russes ont développé une quantité incroyable de nouveaux systèmes d’armes, y compris les nouveaux systèmes que le président a dévoilés en grande pompe il y a quelques mois. Les Russes les font, nous ne les faisons pas… Les Russes font des choses que nous ne faisons pas. Nous essayons de prendre des mesures modestes afin de diminuer la confiance de la Russie dans le fait que ce qu’elle fait lui donne un avantage exploitable qui pourrait mener à une erreur de calcul de sa part que nous ne voulons absolument pas voir. »

Eh bien, m’appuyant sur mon expérience, je dis que c’est une déclaration absolument révolutionnaire. J’écarte la réaction russe visible au travers de l’ironie de l’article de RT.com cité ; je ne crois pas, en effet, pour les raisons développées dans l’article du site, qu’il s’agisse de fausses affirmations, faites pour tromper les Russes. Je crois que l’argument des “us & coutumes du Système” est le plus impératif : un haut fonctionnaire de ce rang ne va pas exposer ce qui serait un mensonge si complet, si offensant, devant un auditoire de la Brookings Institution. Entre gens de ce monde de la sécurité nationale, DeepState ou pas, etc., c’est impératif : ce sont des choses qui ne se font pas.

(Ou bien alors, si cela se fait désormais c’est que la structure du pouvoir à Washington est encore beaucoup plus, infiniment plus désintégrée que dde.org et PhG ne cessent de le clamer à longueur de colonnes et alors la situation est extraordinairement instable et insaisissable, et alors tout peut arriver… Mais c’est une autre histoire, et quelle histoire ! Mais nous en restons pour l’instant à l’interprétation exposée plus haut : monsieur Trachtenberg dit le vrai.)

Ainsi en vient-on à l’essentiel. D’une part, il apparaît désormais clairement que le Pentagone admet et reconnaît sans restriction que les Russes ont développé et commencent à déployer un certain nombre de nouveaux armements aux performances exceptionnelles (« une quantité incroyable de nouveaux systèmes d’armes »), et aux capacités de frappe menaçant les cibles stratégiques les plus importantes de leur puissance militaire. D’autre part, il est dit clairement que les USA ne suivront pas les Russes sur ce terrain, donc qu’ils n’ont et n’auront aucune capacité de défense ou de dissuasion sérieuses contre ces forces. La seule chose qu’ils leur opposent, c’est leur puissance nucléaire stratégique classique, ce qui implique en théorie de faire monter le conflit au plus haut niveau.

(Question pratique de la sorte : si un ou plusieurs missiles hypersonique russes détruit un porte-avions d’attaque US par une frappe conventionnelle, les USA répliqueront-ils par une frappe stratégique, tactique sinon nucléaire, impliquant une montée aux extrêmes de la destruction réciproque quasiment “assurée” ? [Retour à la Mutual Assured Destruction.] La remarque que nous offre Mr. Trachtenberg pour nous “rassurer”, ou pour “rassurer” son auditoire, est complètement angélique et d’une étonnante humilité pour un haut dirigeant américaniste, avec des mots comme “essayer”, des “mesures modestes” : « Nous essayons de prendre des mesures modestes afin de diminuer la confiance de la Russie dans le fait que ce qu’elle fait lui donne un avantage exploitable qui pourrait mener à une erreur de calcul de sa part que nous ne voulons absolument pas voir. »)

Ce qui est extraordinaire dans cet épisode, c’est que le Pentagone accepte une supériorité russe dans un domaine stratégique essentiel. Cela, c’est-à-dire cette acceptation, est un événement extraordinaire. Il y a déjà eu des occurrences où les USA se sont crus, la plupart du temps faussement, en état d’infériorité vis-à-vis de l’URSS (de la Russie) dans un domaine stratégique important, mais chaque fois ils ont lancé un effort massif pour combler leur infériorité. Ici, ils l’acceptent tranquillement, benoîtement, sans autre forme de procès.

C’est cela que je désigne comme un tournant majeur, j’avais pensé “stratégique” d’abord, mais je dirais effectivement “de civilisation”. Outre les risques majeurs contre les structures mêmes de cette puissance, les USA acceptent de ne plus avoir la garantie absolue de la supériorité navale et de la supériorité aérienne du fait des menaces pesant sur leurs grandes unités navales, sur leurs bases aériennes outremer, sur leurs structures de soutien comme par exemple les ravitailleurs en vol et les avions de surveillance, de communication et de contrôle de l’espace aérien. Cette situation potentielle n’a jamais existé pour les Etats-Unis, et notamment et certainement pas depuis 1945.

J’appelle cela “tournant de civilisation” parce que toute la structure actuelle du monde, – la globalisation, les différentes entités, organisations, la primauté du dollar, etc. – repose sur la garantie de la supériorité stratégique sans aucune restriction des USA. La civilisation globaliste et américaniste que les USA ont posé sur le monde, comme courroie de transmission du Système, repose sur leur supériorité militaire incontestée. Ce que fait Mr. Trachtenberg, c’est l’abandon de cette garantie fondamentale, sans autre forme de procès ; et cela passe comme une lettre à la poste ; et ainsi passent les empires, ou les civilisations, ou les troupes de théâtre-bouffe, au choix.

Puisque le poisson pourrit par la tête… C’est une vérité qui ne cesse de me stupéfier, cette irresponsabilité des responsables américanistes actuels ; c’est une vérité qui suggère vraiment une désintégration, par une autre voie, du pouvoir de l’américanisme. Ces gens tracent des moments historiques et posent des actes de communication d’une nature métahistorique, exactement comme ils verraient un nouveau chapitre de leur série-TV favorite.

(Pour le reste, c’est-à-dire dans leurs têtes, avec leur psychologie, on se rassure en empruntant le dernier pzragraphe du texte de notre site : « Pour le reste, il est entendu que le Pentagone, Moby Dick, The House of War est la plus formidable puissance que le monde, l’esprit humain et l’américanisme aient jamais conçue, et donc indépassable à jamaisinculpabilité et indéfectabilité assurées… Par conséquent, si les Russes veulent fabriquer de nouveaux joujoux, grand bien leur fasse. »)

http://www.dedefensa.org/article/parlerait-on-dun-tournant-de-civilisation

Trump annonce le retrait des États-Unis du Traité des Nations Unies sur le commerce des armes

Trump annonce le retrait des États-Unis du Traité des Nations Unies sur le commerce des armes

Trump annonce le retrait des États-Unis du Traité des Nations Unies sur le commerce des armes
Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé que son gouvernement cesserait de ratifier le Traité des Nations Unies sur le commerce des armes (TCA) et s’en retirerait, le qualifiant de « très mauvais égaré » et de menaçant les libertés américaines.

L’ONU va bientôt recevoir « l’avis officiel que l’Amérique est en train de rejeter ce traité », a déclaré vendredi Trump, s’exprimant lors de la convention de la National Rifle Association (NRA) à Indianapolis, dans l’Indiana.

« Je vais signer tout de suite, devant beaucoup de témoins, un message demandant au Sénat de mettre fin au processus de ratification du traité et de me renvoyer le traité maintenant rejeté au bureau ovale, où je disposerai de celui-ci. ”

Embedded video

CSPAN

@cspan

President Trump signs order to stop U.N. Arms Trade Treaty Ratification Process: « Under my administration we will never surrender American sovereignty to anyone. We will never allow foreign bureaucrats to trample on your Second Amendment freedom. »

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Le TCA est un accord multilatéral de maîtrise des armements qui régit le commerce international des armes. Il a été signé par le président américain Barack Obama en 2013, mais n’a jamais été ratifié par le Sénat pour devenir une loi américaine.

Des groupes conservateurs tels que la NRA ont exprimé leur opposition au traité pendant des années, arguant que sa réglementation cherchait à contourner le deuxième amendement à la Constitution et à imposer des interdictions nationales aux armes à feu aux États-Unis.

L’ objectif déclaré du TCA est de «réduire les souffrances humaines causées par les transferts d’armes illégaux et irresponsables» et de promouvoir «la responsabilité et la transparence des États parties en ce qui concerne les transferts d’armes classiques».

Alors que ses partisans affirment que le TCA n’a pas d’impact sur les lois nationales en matière de contrôle des armes à feu ni sur les politiques de possession d’armes à feu, il demande aux membres «d’ établir et de maintenir un système de contrôle national», géré par «les autorités nationales compétentes».

Quelque 130 pays ont signé le traité, qui est actuellement en vigueur dans 100 d’entre eux, selon l’ONU .

https://www.rt.com/usa/457645-international-arms-trade-treaty/

La Syrie, vitrine du potentiel industriel de défense russe.

La Syrie, vitrine du potentiel industriel de défense russe.

En quelques années, et grâce à des investissements massifs, la Russie a surpris par sa capacité d’adaptation et de production de matériels militaires de très haute technologie. La Syrie est devenue un théâtre vitrine du savoir faire russe. De quoi intéresser de nombreux pays acheteurs mais également susciter la crainte sur la scène internationale.

La Syrie comme vitrine de l'effort de défense russe
Le conflit syrien, lieu de test pour l’aviation russe

La Syrie, un théâtre de tests opérationnels

Le conflit syrien a, par exemple, permis les tests opérationnels de différents robots de combats téléopérés. C’est le cas pour le Platforma-M et l’Argo depuis 2016. Ces deux robots armés pour le combat permettraient des engagements en zones urbaines sans exposer inutilement les troupes assaillantes.

La modularité des équipements disponibles pour ces robots permet de s’adapter à de multiples situations. Cela explique que les différents sites proches de la Russie comme Sputnik annoncent également le développement de robot de contre-minage, ou sous-marins. Devant le succès d’utilisation des premières gammes de robots russes, la célèbre entreprise Kalachnikov développe également le sien depuis 2015: le Volk-2.

De matériels de toute nouvelle génération extrêmement performants

La protection antiaérienne russe est également un véritable domaine d’expertise qui a pu dévoiler son potentiel en Syrie. Le S-400 est actuellement d’une technologie inégalée et limite l’ampleur de tout bombardement au-dessus de zones protégées par l’armée. La Russie a donc actuellement le pouvoir de bloquer une partie de l’espace aérien syrien à l’OTAN. Israël en fait également les frais depuis 2015 et ne peut survoler l’espace aérien sous contrôle russe qu’avec leur assentiment. Le S-500, actuellement en conception, serait même, en l’état, indestructible du ciel et capable de détruire des missiles hypersoniques dans un rayon de 600 kilomètres. Ce nouveau matériel change donc totalement les doctrines de bombardement aériens.

Les forces aériennes russes ont pu, de plus, tester le Sukhoï Su-57, avion de chasse de 5egénération à même de concurrencer le F-22 américain Cependant, ces nouveaux avions furtifs n’étaient qu’à un stade de prototype.

La marine russe bénéficie également de nouveaux sous-marins depuis 2014 et a la possibilité de lancer de nouveaux missiles de croisières de catégories Kaliber en Syrie depuis la mer Caspienne. En conséquence, la distance de 1500 km n’est plus un problème technique pour un lancement de missile.

Enfin, à défaut de pouvoir posséder un budget similaire aux États-Unis, la Russie a opté pour une spécialité tout aussi efficace que les batteries anti-aériennes : la guerre électronique. Les Américains ont ainsi fait les frais de coupures de communication sur le théâtre syrien, empêchant des frappes aériennes et bloquant les communications avec leurs alliés de l’opposition. De quoi susciter des inquiétudes et une adaptation de l’entraînement américain au combat.

Des succès technologiques qui suscitent craintes et envies

Les succès industriels d’armement russe et leur expérimentation sur le théâtre syrien encouragent leur exportation. Erdogan a  même annoncé, en début 2019, vouloir acquérir des S400 russes, de quoi susciter la polémique au sein de l’OTAN et démontrer l’attractivité croissante de la Russie auprès de son voisin. Le pays vend également des armes à la République Centrafricaine, renouant ainsi avec une vieille tradition de soutien aux pays africains.

Dans un contexte de réarmement mondial, la Russie se replace au premier plan des exportations d’armes. La Syrie est devenue une véritable vitrine de son savoir-faire, ce qui ajoute une dose de cynisme à la tragédie humaine qui s’y déroule depuis 2011. Les dividendes de la paix semblent bien loin.

Sources :

-“Achat d’équipements militaires russes: Erdogan persiste et signe”, Le Figaro, mars 2019

-“Budget, équipements, compétences: que vaut l’armée russe?”, Challenges, décembre 2016

-“Système S-500: le nouveau missile détruira des cibles à 100 kilomètres d’altitude”, russiabeyond.com , avril 2017

-“DGSE, Espions, Secrets des Affaires, Crises mondiales, interview d’Alain Juillet”, Thinkerview, avril 2018

– “Platform-M, le robot combattant”, Chaire de Saint-Cyr, décembre 2015

-“Syrie, la surprise russe pour les USA”, parstoday.com, aout 2018

-“Robots armés autonomes et IA : les 825 millions de coupes budgétaires auraient pu, auraient dû, s’y investir intelligemment” , La Synthèse online, aout 2017

– “Russia’s Platform-M combat robot on display in Sevastopol”, Russia Today, juillet 2015

-“Were Russian Combat Robots Used in Syria ?”, Bellingat.com, janvier 2016

-“La Russie a testé ses avions de chasse dernier cri Su-57 au combat en Syrie”, Russia Today, mars 2018

-“L’avion de combat russe de la 5e génération Soukhoï Su-57 testé en Syrie”,Intellivoire.net, novembre 2018

– “Plus performants et dotés de missiles Kalibr, les nouveaux sous-marins russes préoccupent l’Otan”, Opex360.com, octobre 2018

– “La Russie a lancé 26 missiles de croisière à partir de la mer Caspienne sur des cibles de l’EI”, Réseau International, octobre 2015

-“La guerre en Syrie exhibe les armes russes et encourage leurs ventes”, Memri, janvier 2016

About Harold MICHOUD

Harold Michoud est étudiant en Master II de Grenoble Ecole de Management. Il s’intéresse particulièrement aux questions de Défense et de gestion de crise dans les relations internatio

L’OTAN ‘n’a pas besoin d’exister’: Ron Paul à RT (VIDEO)

L’OTAN ‘n’a pas besoin d’exister’: Ron Paul à RT (VIDEO)

L'OTAN 'n'a pas besoin d'exister': Ron Paul à RT (VIDEO)
À propos du 70e anniversaire de l’OTAN, l’ancien membre du Congrès américain Ron Paul a déclaré à RT que l’alliance nuisait réellement aux intérêts américains en matière de paix et de commerce, ne renforçant que le complexe militaro-industriel et ceux qui veulent l’empire.

Des politiciens à tendance libertaire ont pris position contre l’OTAN lors de sa fondation en 1949, a déclaré vendredi à RT (RT-Texas) RT, ajoutant que sept décennies plus tard, l’alliance « n’avait pas besoin d’exister ».

Pour maintenir le complexe militaro-industriel, pour maintenir l’agitation, il faut toujours avoir un ennemi.

Paul était préoccupé par le principe d’une organisation internationale qui impliquerait les États-Unis partout dans le monde, mais aussi des «blaireaux» et ferait pression sur d’autres pays pour qu’ils soutiennent les aventures américaines dans des pays comme l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Syrie et ailleurs.

AUSSI SUR RT.COMLa Russie est-elle un meilleur «cadeau» à l’occasion du 70e anniversaire de l’OTAN que de l’argent? (VIDÉO)Il a souligné l’incapacité imminente de Washington à s’offrir un empire mondial – la dette nationale des États-Unis s’élève actuellement à 22 000 milliards de dollars – et au mécontentement croissant des alliés face au fait que les États-Unis imposent leur volonté et leur disent quoi faire.

«Je ne pense pas que ça va durer éternellement. En fait, je vois déjà quelques failles dans cela », a déclaré Paul.

Vente d’armes au Yémen par la France : des ONG projettent des slogans sur l’Assemblée

DERNIÈRES INFOS

Vente d’armes au Yémen par la France : des ONG projettent des slogans sur l’Assemblée

AFP
28/03/2019

Quatre grandes ONG humanitaires ont brièvement projeté sur la façade de l’Assemblée nationale, dans la nuit de mercredi à jeudi, des messages condamnant la vente d’armements français à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, en guerre au Yémen.

A deux heures du matin jeudi, elles ont utilisé un projecteur pour faire apparaître, en lettres géantes sur les colonnes de l’Assemblée, les phrases : « Quatre ans de guerre au Yémen – Des milliers de civils tués – En France, la vente d’armes rapporte gros – Au Yémen, elle coûte cher ».

L’opération n’avait fait l’objet d’aucune demande d’autorisation et a été interrompue après environ dix minutes par le passage impromptu d’une voiture de police, qui n’est pas intervenue. Aucune arrestation n’a eu lieu, a précisé à l’AFP l’un des organisateurs de l’opération.

Les messages étaient signés par Action contre la faim, CARE, Médecins du Monde et OXFAM-France, qui précisent jeudi dans un communiqué qu’ils entendaient ainsi pousser « un cri d’alarme » visant à « mettre la France devant ses responsabilités ».

« A travers cette action, nous exhortons le Parlement à exercer son rôle de contrôle de l’action gouvernementale pour s’assurer que la France ne se rende pas complice de crimes de guerre au Yémen », écrivent les ONG.

« Cette guerre est alimentée par la France, dont l’industrie d’armements a pour principaux clients deux protagonistes du conflit: l’Arabie saoudite, deuxième client de la France et les Émirats arabes unis, en sixième position », poursuit le texte.

« En continuant d’exporter des armes qui risquent d’être utilisées au Yémen, la France va à l’encontre de ses engagements internationaux, notamment de la position commune de l’Union européenne et du Traité sur le commerce des armes qui interdit tout transfert d’armes à des pays susceptibles de les utiliser contre des populations civiles », ajoutent les ONG.

 

https://www.lorientlejour.com/article/1163807/vente-darmes-au-yemen-par-la-france-des-ong-projettent-des-slogans-sur-lassemblee.html

Sahara marocain, quand M. Bourita se met enfin à table…

POLITIQUE

Sahara marocain, quand M. Bourita se met enfin à table…

LE 26 MARS 2019

« Il » a consenti à parler !
« Il », c’est M. Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Royaume du Maroc, qui, hormis quelques confidences et informations réservées à des « happy few », se suffit trop souvent des dépêches MAP et de leur contenu convenu pour informer l’opinion publique sur la question nationale.

M. Bourita, pourtant, n’ignore pas que cette dernière motive et intéresse au plus haut point l’ensemble des Marocains à qui il est demandé, depuis plusieurs décennies, de défendre et soutenir la marocanité des provinces du Sud.

M. Bourita ignore encore moins que le Droit à l’Information est proclamé par la Constitution de juillet 2011, mais il estime sans doute que son agenda chargé l’empêche de remplir un des devoirs d’un responsable public, celui d’être au service des citoyens…

Mais, las !
Ne faisons pas la fine bouche puisqu’à l’occasion de la récente réunion à Marrakech de « la conférence ministérielle africaine sur l’appui de l’Union Africaine au processus politique des Nations Unies sur le différend régional au sujet du Sahara marocain » (ouf, quel titre !), notre ministre des AE, dans son incommensurable mansuétude, a consenti à répondre aux questions des journalistes présents.

Du concret pour l’opinion publique

Et sa prestation a été des plus intéressantes puisqu’à son terme, nous savons enfin à quoi nous en tenir sur les deux rounds de discussions quadripartites qui se sont tenus à Genève (ou ses environs) sous l’autorité de M. Horst Köhler, envoyé spécial du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies.

On retiendra notamment que le premier round a surtout servi de « tour de chauffe » afin que les participants, Maroc, Algérie, Mauritanie et polisario, prennent langue dans des conditions de pleine civilité et de respect mutuel, notamment dans l’objectif de montrer à tous (surtout les membres du Conseil de Sécurité), qu’ils étaient conscients de la nécessité de se conformer aux desiderata de la communauté internationale afin de parvenir à un règlement politique, pacifique et négocié du « différend » sur le Sahara occidental marocain.

Le second round, qui a eu lieu la semaine dernière, a incontestablement été plus animé en ce sens que les quatre délégations ont pu développer leurs perceptions sur les questions fondamentales qui déterminent ce différend. Mais, il n’y a pas eu d’avancées notables parce que les parties sont restées sur leurs positions traditionnelles et connues de tous.

Le Maroc a déroulé les principaux points de son argumentation en faveur de plan d’autonomie élargie tandis que l’Algérie et ses obligés de Tindouf reprenaient leur fantasmagorique et indécrottable proposition du référendum d’autodétermination.

On notera néanmoins que cette sempiternelle rengaine a été très mal perçue par l’envoyé spécial Köhler qui est tenu, dans son mandat, d’amener les parties à placer leur discours dans le cadre strict déterminé par les résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité.

Or, comme chacun sait, ces différentes et successives résolutions appellent à des solutions de compromis à partir de propositions pertinentes et de négociations marquées au sceau de la bonne foi. Ce qui veut dire que l’ONU, son Conseil de Sécurité et ceux qui le contrôlent récusent par avance la seule solution mise en avant par les mercenaires et Alger, celle du référendum.

Et c’est bien pour cela, au demeurant, que M. Bourita, au terme de sa conférence de presse à Marrakech, a clairement mis en garde les autres parties dans la perspective d’un troisième round de négociations qui pourrait se tenir l’été prochain.

En effet, dixit le ministre des AE, le Maroc n’ira pas plus loin que le troisième round si durant son déroulement, les participants n’entraient pas dans le vif du sujet, c’est-à-dire les discussions sur le compromis censé mettre un terme à ce « différend sur le Sahara marocain ».

Le meilleur pour la fin

Le Maroc, clairement dit, ne souhaite pas tenir des réunions dans le seul objectif de rencontrer les parties adverses, mais pour faire avancer le processus définitif de règlement de cette question.

Faute de quoi, il cessera d’y participer !

Une position ferme et claire que devront comprendre les mercenaires du polisario et leurs maîtres algériens sous peine de mettre en échec le processus voulu par M. Guterres et le Conseil de Sécurité.

Car il faut bien comprendre qu’en l’occurrence, le Royaume est droit dans ses bottes, bénéficiant du soutien actif de son opinion publique, des partis et autres forces vives de la Nation, mais aussi de l’adhésion massive des populations du Wadi Eddahab et de la Saquiat Al Hamra, tandis que le drapeau national flotte majestueusement de Tanger à Lagouira (ou presque…).

En acceptant d’aller au fond des choses, en participant réellement à la recherche d’un compromis politique et négocié, le polisario aura peut-être un autre destin que celui de finir dans les poubelles de l’Histoire.

C’est donc avec une sérénité impavide que l’on attendra les traditionnelles réunions de la fin du mois d’avril, précédées du rapport annuel du secrétaire général de l’ONU sur la question du Sahara marocain, et clôturées par le vote de la résolution prorogeant le mandat de la Minurso.

Une assurance incontestablement renforcée par l’annonce toute récente par le Département américain de la Défense de la conclusion du « contrat d’armement du siècle » avec le Maroc.

Notre pays et ses forces armées, en effet, se doteront de 25 nouveaux avions F16 version V, et de divers armements pour un montant de 3,778 milliards de dollars et consacreront 985,2 millions de dollars supplémentaires à la modernisation des 23 F16 actuellement en service.

Une annonce assortie d’un communiqué du même département qui précise que :
« Cette vente contribuera à la politique étrangère et à la sécurité nationale des États-Unis en contribuant à améliorer la sécurité d’un important allié non membre de l’OTAN, qui continue d’être une force importante pour la stabilité politique et le progrès économique en Afrique du Nord… »

Un communiqué qui prend tout son poids alors que notre voisin, l’Algérie, connaît les soubresauts que l’on sait et qui, sans doute, prouve que M. John Bolton, conseiller à la Sécurité Nationale du président Trump, tempèrera à l’avenir ses ardeurs anti-marocaines…

Fahd YATA

https://lnt.ma/sahara-marocain-m-bourita-se-met-enfin-a-table/

Bras de fer géopolitique entre la France et l’Italie en Libye

Bras de fer géopolitique entre la France et l’Italie en Libye

L’appel à la réconciliation, lancé par Emmanuel Macron dimanche à la télévision italienne, ne fera pas disparaître les approches rivales de Rome et de Paris qui conditionnent l’avenir politique de la Libye
De gauche à droite : le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini (dirigeant de la Ligue du Nord, extrême droite), Emmanuel Macron, et le vice-Premier ministre aussi chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S, qui gouverne en coalition avec la Ligue du Nord), Luigi Di Maio (AFP)

Les relations franco-italiennes sont loin d’être au beau fixe par les temps qui courent. Il y a quelques jours, Paris demandait le rappel de son ambassadeur à Rome à la suite d’une série de fausses notes du côté italien : soutien public des Gilets jaunes par le vice-Premier ministre et dirigeant du Mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, critique de la politique migratoire française, inflexibilité sur le projet d’ouverture d’une ligne TGV entre Lyon et Turin…

Mais derrière ces querelles diplomatiques, essentiellement protocolaires, un véritable bras de fer géopolitique se déroule entre Paris et Rome de l’autre côté de la Méditerranée. La Libye est aujourd’hui le théâtre d’une véritable bataille diplomatique entre la France et l’Italie.

Le démembrement de l’État libyen de Kadhafi à la suite des opérations militaires engagées en 2011 par les forces de l’OTAN, où la France a eu un rôle prééminent, a occasionné de profondes répercussions géopolitiques. La destruction de l’appareil étatique libyen a entraîné une déstabilisation de son environnement régional tout en livrant le pays aux différentes factions politiques armées revendiquant chacune leur prétention à l’exercice du pouvoir.

Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi à Paris en décembre 2007, sous la tente bédouine que le dirigeant libyen avait installée dans la résidence officielle de l’hôtel Marigny (AFP)

Dans ce contexte particulièrement instable, où les négociations pour l’institution durable d’un gouvernement consensuel et légitime peinent à avancer depuis 2011, la France et l’Italie se livrent à une discrète guerre d’influence afin de préserver leurs intérêts respectifs au sein d’un territoire aux portes de l’Europe qui constitue, à plusieurs titres, un enjeu stratégique pour les deux puissances.

Libye année zéro

La Libye du colonel Kadhafi présentait un inconvénient de taille pour les puissances occidentales : elle disposait de la pleine maîtrise étatique de ses ressources naturelles, ce qui a longtemps permis au régime libyen de disposer d’importants capitaux économiques qui pouvaient être employés sous forme d’investissements sur tout le continent.

Durant la seconde moitié des années 1970, la Libye était particulièrement active dans le développement d’une politique panafricaine affranchie de toute ingérence étrangère. Cette période assigna au pays un statut de puissance régionale qui s’exerça en particulière aux confins sud de ses frontières, le long de la bande d’Aouzou, disputée avec le Tchad voisin soutenu par la France. Sur le plan interne, la solidité du régime reposait sur quatre piliers essentiels : l’appareil de sécurité, les comités révolutionnaires, la compagnie pétrolière nationale (NOC) et le fond d’investissement libyen.

La France a clairement manqué sa stratégie de post-conflit dans la mise en place d’un gouvernement national de transition à partir de 2012

C’est précisément l’essentiel de cette structure qui disparaît sous les bombes lors des opérations de la coalition en mars 2011. Kadhafi meurt en emportant son régime avec lui. Les conséquences d’un tel effondrement sont connues (guerre civile, fuite d’importants stocks d’armes dont une partie alimenteront les groupes armés qui combattront les troupes françaises au Mali en 2013, accroissement de l’immigration clandestine…).

La France, qui a contribué dans une large mesure aux opérations aériennes au-dessus de la Libye, a clairement manqué sa stratégie de post-conflit dans la mise en place d’un gouvernement national de transition à partir de 2012.

De son côté, l’Italie a vu d’un très mauvais œil l’intervention militaire française de 2011. Certains hommes politiques italiens pointaient d’ailleurs du doigt, dès 2011, le risque encouru pour la recrudescence de l’immigration clandestine vers l’Europe en provenance d’Afrique. Il est intéressant de souligner qu’à l’époque, cet argument était déjà mis en avant par la Ligue du Nord, parti dont est issu l’actuel ministre de l’Intérieur italien Matteo Salvini, en partie à l’origine du refroidissement des relations diplomatiques entre Rome et Paris.

Un eldorado pétrolier fortement convoité

Le contentieux franco-italien en Libye n’est donc pas une affaire récente. Pour Rome, l’ancien territoire libyen, qui fut d’abord et avant tout une colonie administrée à partir de 1911 et abandonnée en 1947, représente son pré carré africain traditionnel.

Sous Kadhafi, malgré le caractère fluctuant des relations diplomatiques, les deux pays surent conserver des relations économiques durables de sorte que l’Italie demeura le premier partenaire économique du pays. Sur ce plan, l’économie pétrolière a historiquement constitué un ciment géopolitique durable qui n’a jamais été altéré par les différentes crises diplomatiques qui survinrent entre Rome et Tripoli.

La déstabilisation de l’économie pétrolière libyenne n’a cependant pas fait que des malheureux. Le géant français Total a ainsi pu profiter de la situation, au grand dam de l’Italie (AFP)

Le groupe italien ENI était d’ailleurs présent dès 1959 en Cyrénaïque, position qui lui a permis d’obtenir une situation privilégiée en matière d’exportation d’hydrocarbures et de gaz. Au moment de la chute de Kadhafi, en 2011, l’Europe importait 80 % du pétrole libyen dont 32 % pour l’Italie, premier client du pays.

Jusqu’en 2011, l’économie libyenne reposait en grande partie sur ses exportations pétrolières de sorte que 65 % du PIB national était tiré des exportations d’hydrocarbures.

Avec une production oscillant de 1,3 à 1,6 million de barils par jour, la Libye de Kadhafi était ainsi le second exportateur africain de pétrole après le Nigeria. Par ailleurs, du fait de sa qualité (peu sulfureux) et de la proximité des sites d’extraction par rapport aux terminaux maritimes d’exportation, le coût de production du baril libyen représentait l’un des moins chers du marché (de 3 à 5 dollars par baril).

Comment la contrebande du pétrole libyen saigne le pays à blanc

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Pour Rome, la manne pétrolière libyenne a donc représenté historiquement une aubaine stratégique puisqu’elle permettait à l’Italie de conserver une relative autonomie énergétique. Aux côtés de la National Oil Company libyenne, le groupe italien ENI représentait le premier producteur étranger de pétrole en Libye.

En 2011, à l’issue des opérations militaires contre Kadhafi, l’économie pétrolière libyenne s’effondre avec une production journalière qui chute à 200 000-300 000 barils par jour. Dans un premier temps, le groupe ENI s’est ainsi vu dans l’obligation d’arrêter sa production de pétrole tout en maintenant, malgré tout, l’extraction de gaz, secteur moins touché par les opérations militaires.

Cette déstabilisation de l’économie pétrolière libyenne n’a cependant pas fait que des malheureux. Le géant français Total a ainsi pu profiter de la situation, au grand dam de l’Italie, pour réinvestir le secteur pétrolier en profitant de la vacance du pouvoir occasionnée par les opérations militaires. Quelques jours après la fin des bombardements de la coalition, une lettre rédigée par le Conseil national de transition (CNT) libyen évoquait ainsi la possibilité d’octroyer 35 % des futures concessions pétrolières libyennes au groupe Total. Une aubaine pour cet opérateur qui disposait, avant la chute de Kadhafi, d’une implantation relativement modeste (55 000 barils par jours) par rapport au groupe italien ENI (244 000 barils par jours). Une nouvelle donne géopolitique qui constitue aujourd’hui l’un des facteurs déterminants dans la rivalité franco-italienne en Libye.

Des stratégies d’influence au cœur de l’avenir politique de la Libye

L’avenir politique de la Libye est aujourd’hui en partie conditionné par les approches géopolitiques rivales de la France et de l’Italie. Dans un pays où plus d’une vingtaine de groupes politiques armés se disputent encore le contrôle de l’État ainsi que celui des puits pétroliers, Rome et Paris défendent deux visions diamétralement opposées.

Le gouvernement italien s’est aligné sur la position officielle des Nations unies en reconnaissant le Gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez el-Sarraj, basé à Tripoli et institué en 2016, comme seul légitime. Un choix qui semble cohérent par rapport aux intérêts et à l’influence italienne à l’ouest de la Libye.

En soutenant le pouvoir de Tripoli, l’Italie sécurise également son important terminal pétrolier de Melittah, cogéré par la NOC et le groupe ENI. Par ailleurs, la Cyrénaïque est historiquement plus réfractaire à la puissance italienne, souvent renvoyée à son identité coloniale.

La France a clairement projeté son influence à l’est du pays, en Cyrénaïque

Enfin, le gouvernement italien est particulièrement pressé par la question migratoire puisqu’une grande partie des migrants qui débarquent sur les côtes de la péninsule provient du littoral tripolitain, en particulier de Sabratha, considérée aujourd’hui comme une capitale de la migration clandestine où les passeurs règnent en maîtres et qui n’est qu’à 300 kilomètres des côtes italiennes.

La France, de son côté, a clairement projeté son influence à l’est du pays, en Cyrénaïque. Un choix qui peut s’avérer judicieux du point de vue de la géopolitique des hydrocarbures. Le croissant pétrolier libyen qui s’étire le long du bassin de Syrte concentre en effet 85 % des réserves de pétrole et 70 % des réserves de gaz tandis que cinq des six terminaux pétroliers se situent également à l’Est du pays.

En mars 2018, le groupe Total annonçait d’ailleurs le rachat, à auteur de 16,3 %, des concessions pétrolières détenues par l’américain Marathon Oil sur les champs de Waha. Un positionnement français, à l’Est du pays, qui s’explique également d’un point de vue militaire : Paris considère en effet que le sud-est libyen est une zone grise particulièrement instable et où les groupes terroristes armés bénéficient d’une réelle assise menaçant la force Barkhane déployée au Sahel. Un tel positionnement, de la part de la France, ne pouvait cependant être obtenu sans un allié local lui permettant de maintenir une relative stabilité de ses intérêts à l’est.

Le Premier ministre Fayez el-Sarraj, le président français Emmanuel Macron et le maréchal Khalifa Haftar en conférence de presse près de Paris le 25 juillet 2017 (AFP)

Or, depuis 2016, le maréchal Haftar, un ancien officier de l’armée de Kadhafi, a pris le contrôle de l’est de la Libye et de ses principaux champs pétroliers, malgré un revers militaire rapidement récupéré en juin 2018. Il a par ailleurs décidé de transférer la gestion des ressources pétrolières, contrairement aux années précédentes, à la Compagnie nationale pétrolière de Benghazi, rivale de Tripoli. Une position qui accentue encore plus la division du pays.

Haftar n’en demeure pas moins particulièrement attractif aux yeux de la France qui le considère comme l’homme fort de l’est et qui l’a désormais intégré dans le processus de négociation, notamment lors du sommet de Paris en mai 2018, pour l’établissement d’élections libres en Libye, alors même que le général boudait le sommet de Palerme organisé par l’Italie quelques mois plus tard. L’avenir de la Libye est donc aujourd’hui conditionné en partie par le règlement du conflit d’intérêt qui oppose la France à l’Italie.

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Actuellement, les différents partis libyens ne parviennent pas à s’entendre sur le projet d’une nouvelle Constitution. Le sommet de Paris devait déboucher sur des élections en décembre 2018 qui n’ont jamais eu lieu. Mais la reconstruction de l’État libyen souverain implique, au minimum, la fin de l’antagonisme entre Tripoli et Benghazi, antagonisme qui ne pourra être dépassé tant que les deux puissances européennes alimenteront les conditions d’une politique de division nationale en Libye.

Le 27 février dernier, Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar se sont rencontrés lors d’un sommet organisé par les Nations unies à Abou Dabi. Les deux hommes se sont entendus sur un nouvel accord de principe pour la tenue d’élections libres d’ici l’été prochain. Peut-être une lueur d’espoir pour l’avenir de la Libye.

 

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