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Note Sur Le Transfert Nucléaire Des Etats-Unis Vers L’Arabie Saoudite

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Note Sur Le Transfert Nucléaire Des Etats-Unis Vers L’Arabie Saoudite

Posted on 20/09/2019 AuthorStrategika51Comment(0)

  1. Introduction :

Les tentatives de l’Administration Trump pour faciliter le transfert de la technologie nucléaire américaine à l’Arabie Saoudite a suscité une levée de boucliers au Congrès américain qui a rédigé un rapport détaillé sur cette affaire et dont l’élément d’appréciation principal est la collusion entre cette administration et les industriels américains.

Ces derniers considèrent le marché saoudien comme une opportunité stratégique dans un contexte marqué par la concurrence acharnée entre les puissances (Etats-Unis, Russie, Chine) en matière de commercialisation de la technologie nucléaire et la forte demande de certains pays à l’instar des pays du Golfe.

Dans cet article, on va d’abord retracer l’évolution de cette question au sein du Congrès américain au sein duquel l’enjeu de la mise en œuvre du transfert nucléaire américain au profit de l’Arabie saoudite se jouera durant les prochaines années. En second lieu, nous allons évoquer les facteurs qui favorisent aujourd’hui la  « nucléarisation » de l’Arabie Saoudite et les scénarios possibles de ce processus.

  • Les tentatives de l’administration Trump pour doter l’Arabie saoudite de la technologie nucléaire et les inquiétudes du Congrès américain :

Dès les premières semaines de l’accès de M. Trump à la Maison Blanche, ses collaborateurs ont activé pour la levée de tous les obstacles juridiques pour la construction par des entreprises américaines de centrales nucléaires en Arabie Saoudite. C’est ce que révèle un récent rapport du Congrès.

L’entreprise qui est la plus en vue dans cette affaire est IP3 International, connue pour avoir entretenu des relations étroites avec Michel Flynn, l’ancien conseiller à la sécurité nationale, lequel a quitté l’administration Trump en 2017 ainsi qu’avec un groupe de militaires américains à la retraite.

L’intérêt du Congrès pour cette affaire s’explique par les remous provoqués par les liens entre l’administration Trump est l’Arabie Saoudite dans un contexte international marqué par l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi dans un consulat saoudien.

«L’empressement du président Trump à donner aux Saoudiens tout ce qu’ils veulent, malgré les objections bipartisanes du Congrès, porte atteinte aux intérêts américains de sécurité nationale » a affirmé Tim Kaine, un sénateur démocrate. Le Congrès milite également pour interdire les ventes d’armes américaines à l’Arabie Saoudite, un pays embourbé dans un conflit meurtrier au Yémen.

Ce qui inquiète le Congrès c’est le fait que l’administration Trump semble ne pas se préoccuper du risque que la fourniture à l’Arabie Saoudite d’une technologie soit susceptible d’être détournée à des fins militaires en y incluant l’enrichissement et le reprocessing. L’accord en cours de négociation avec ce pays semble ne pas contenir des dispositions similaires à celles qui figurant dans l’accord avec les Emirats Arabes Unis de 2009 intitulées « Règle d’Or » ou « 123 », lesquelles bloquent toute tentative d’enrichir l’uranium.

D’ailleurs, Asia Times a révélé que dans courrier électronique adressé à l’ancien conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn par le Directeur d’IP3, Robert Farlane, ce dernier ait affirmé que le transfert de la technologie nucléaire américaine à Ryad « contribuerait à rétablir l’équilibre des forces au Moyen Orient » et ce, dans une allusion flagrante à une tentative de prolifération nucléaire provoquée par un membre important du Traité de Non Prolifération Nucléaire(TNP), les Etats-Unis.

  • Les facteurs qui favorisent la « nucléarisation » de l’Arabie Saoudite par les Etats-Unis :

Le premier facteur qui incite l’Arabie Saoudite à chercher à se doter de l’arme nucléaire est la reprise par l’Iran de l’enrichissement de l’uranium après le retrait des Etats-Unis de l’Accord sur le nucléaire iranien de 2015.

Ryad a pris conscience de l’échec de cet accord et de la reprise de la course au nucléaire par Téhéran qui est son adversaire stratégique principal. C’est une situation qui rappelle la course du Pakistan pour se doter de l’arme nucléaire pour faire face à l’Inde qui a réussi à relever le même défi.

Le prince héritier saoudien, Mohamed Ben Selmane a déclaré en 2018, « L’Arabie saoudite ne souhaite pas acquérir de bombe atomique, mais il est évident que si l’Iran développait une bombe atomique, nous ferions de même, et dans les meilleurs délais“.

L’évolution géopolitique dans la région du Golfe a de quoi inquiéter l’Arabie Saoudite :  

  • Il y a d’abord, la reprise en juin 2018 par l’Iran de la production de centrifugeuses puis la suspension, le 8 mai 2019, d’une partie de ses engagements dans le cadre de l’Accord sur le nucléaire iranien, un an après le retrait des Etats-Unis de cet Accord et le début des sanctions américaines contre Téhéran.  
  • L’Iran est allé jusqu’à menacer de quitter le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) (le 28 avril dernier).
  • Il y a également la montée des tensions sécuritaires dans le détroit d’Hormuz qui s’accompagne d’un déploiement de la flotte américaine dans la mer du Golfe et la ferme conviction de Ryad que l’Iran soutient les Houthis au Yémen au détriment de son influence dans la région du Moyen Orient.

L’Arabie Saoudite perçoit ces évènements comme un enchainement de causes et d’effets qui permettrait à terme à l’Iran de développer des armes nucléaires et d’étendre son influence dans la région et ce, d’autant plus que les alliés de la République islamique dans le monde (Chine et Russie) ne sont nullement dissuadés de la soutenir dans cette voie dans un paysage international marqué par une multipolarité accélérée.

En effet, cette multipolarité du monde est de nature à fragiliser le système multilatéral de lutte contre la prolifération devant les tentatives de certains pays pour se doter de la technologie nucléaire et l’affaiblissement du Groupe des Fournisseurs Nucléaires (NSG) qui a été crée par les Etats-Unis et l’ex-Union Soviétique en 1975.

La concurrence et la rivalité entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine mais aussi la capacité d’autres pays en matière de développement de la technologie nucléaire ont affaibli la capacité du NSG pour réguler les transferts vers les pays qui souhaitent développer un programme nucléaire. Les pays qui souhaitent se doter de la technologie nucléaire exploitent cette concurrence internationale à leur profit.

C’est exactement le cas de l’Arabie Saoudite : après que ce pays ait échoué durant les années 1970 à développer un programme nucléaire, il est parvenu aujourd’hui à réaliser des appels d’offre pour construire deux réacteurs nucléaires. La Corée du Sud est un fournisseur potentiel pour l’Arabie Saoudite comme pour les Emirats Arabes Unis et il parvient à maîtriser cette technologie et à l’exporter sans respecter les dispositions anti-prolifération des Etats-Unis.    

L’effet pervers de cette situation et que les Etats-Unis risquent de voir leurs chances de remporter les contrats avec l’Arabie saoudite s’amenuiser, s’ils insistent pour y inclure les dispositions anti-prolifération. Cette situation est l’une des causes du bras de fer entre l’administration Trump et le Congrès.

Par conséquent, ces facteurs encouragent Ryad à développer un programme nucléaire et à se doter d’armes atomiques afin de préparer les conditions d’un équilibre de dissuasion avec son rival chiite.

  • Conclusion et perspectives

Au-delà des facteurs qui incitent l’Arabie Saoudite à se doter d’armes nucléaires, il semble étonnant que les assurances sécuritaires des Etats-Unis ne soient plus suffisantes pour satisfaire les exigences de sécurité de Ryad. Ceci s’explique peut être par les multiples déclarations de Washington sur la réduction et le conditionnement de sa présence militaire dans la région du Golfe.

Plusieurs éléments doivent pris en considération pour prévoir le futur de ce processus de « nucléarisation » de l’Arabie Saoudite :

L’affaire de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi a irrémédiablement terni l’image de l’Arabie Saoudite auprès du Congrès et de l’opinion publique américaine. L’Arabie Saoudite ne peut aujourd’hui compter que sur l’administration Trump pour satisfaire ses objectifs stratégiques.

Par conséquent, Ryad souhaite enclencher les contrats pour la réalisation de son programme nucléaire le plus vite possible avant les élections présidentielles aux Etats-Unis.

Par ailleurs, il n’est pas certain que les Etats-Unis maintiendront à long terme une présence militaire robuste et coûteuse dans la région du Golfe qui soit suffisante aux yeux de l’Arabie Saoudite malgré l’acharnement actuel de l’administration Trump à faire face aux ambitions iraniennes.

Le retrait des Etats-Unis de l’Accord sur le nucléaire iranien (JCPOA) au lieu de le renforcer pour endiguer le programme nucléaire iranien est une «erreur stratégique » qui a libéré Téhéran de toute contrainte pour développer son programme, ce qui semble alarmer l’Arabie Saoudite.

Pallas

Pallas est le pseudonyme d’un Docteur en philosophie des Sciences et expert international dans les questions environnementales globales. Il est chercheur dans un domaine de pointe et l’auteur de plusieurs ouvrages de référence dans plusieurs disciplines scientifiques ainsi que de deux recueils de poésie. Pallas est un contributeur occasionnel de Strategika 51 Intelligence

https://strategika51.org/archives/69182

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L’Otan approvisionne en armes Daesh au Yémen

L’Otan approvisionne en armes Daesh au Yémen

RÉSEAU VOLTAIRE | 17 SEPTEMBRE 2019 ITALIANO

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Une enquête de Dilyana Gaytandzhieva, publiée par Arms Watch, établi documents à l’appui que la mission de l’Otan en Afghanistan (Resolute Support Mission) sert de couverture à un trafic d’armes états-unien pour approvisionner Daesh au Yémen.

L’enquête révèle au passage que les Forces spéciales US (Task Force Smoking Gun en Croatie) ont également acheminé des armes à Al-Qaïda (Front al-Nosra) en Syrie.

Quantité de sociétés sont impliquées dont Sierra Four Industries, Orbital ATK, Global Ordnance, et UDC aux États-Unis, ainsi que les gouvernements azéris, serbes et saoudiens.

La journaliste bulgare Dilyana Gaytandzhieva s’était fait connaître, il y a deux ans, en publiant des documents attestant du plus grand trafic d’armes de l’Histoire, l’opération Timber Sycamore [1].

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 1. “Islamic State weapons in Yemen traced back to US Government : Serbia files” ;
 2. “US Task Force Smoking Gun smuggles weapons to Syria : Serbia files” ;
 3. “Leaked arms dealers’ passports reveal who supplies terrorists in Yemen : Serbia files”.
by Dilyana Gaytandzhieva, Arms Watch, September 15, 2019.

<img src="https://www.voltairenet.org/rien.gif" alt="

[1] « Des milliards de dollars d’armes contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 juillet 2017.

https://www.voltairenet.org/article207648.html

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En cas d’attaque cyber en opération, la France répliquera (Florence Parly)

15 SEPTEMBRE 2019

En cas d’attaque cyber en opération, la France répliquera (Florence Parly)

Nicolas Gros-Verheyde / Actualité2CybersécuritéOpérations extérieures / CyberattaqueFlorence ParlyFrancelégitime défenseUniversité d’été de la défense / 0 Comments

(B2) Autre point clé du discours de Florence Parly à l’université d’été de la Défense qu’il faut souligner la capacité de cyberattaque en opération.

Une arme à part entière

« Nous sommes désormais prêts à employer l’arme cyber, en opérations extérieures, à des fins offensives » a déclaré la ministre française des armées sur la base aérienne d’Avord (près de Bourges) vendredi (13 septembre).

« Nous considérons désormais l’arme cyber comme une arme opérationnelle à part entière que nous emploierons isolément ou en appui de nos moyens conventionnels, pour en démultiplier les effets. »

Une riposte à un moment choisi

La ministre a détaillé deux points de la doctrine française d’offensive cyber. 1° Ce sera une riposte à une attaque. 2° Cette riposte ne sera pas systématique. 3° Elle aura un à moment choisi, donc pas uniquement sur le champ, mais avec un délai de latence. 4° Les moyens aussi de la riposte seront calibrés. 5° la neutralisation des moyens ‘ennemis’ comme des ‘effets’ de ces moyens feront partie de l’arsenal.

« En cas d’attaque cyber contre nos forces, nous nous réservons le droit de riposter, dans le respect du droit, par les moyens et au moment de notre choix. Nous nous réservons aussi, quel que soit l’assaillant, le droit de neutraliser les effets et les moyens numériques employés. »

(Nicolas Gros-Verheyde)FacebookTwitterLinkedInWhatsAppPrintFriendlyPrintPartager

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l’université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 – Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l’IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

→ Nicolas Gros-Verheyde

https://www.bruxelles2.eu/2019/09/15/en-cas-dattaque-cyber-en-operation-la-france-repliquera-florence-parly/

“Révolution” ou “Guerre Civile” ?

“Révolution” ou “Guerre Civile” ?

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   samedi 10 août 2019

   Forum

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“Révolution” ou “Guerre Civile” ?

10 août 2019 – On a vu hier notre analyse selon laquelle la question de la possession d’armes à feu (armes en vente libre) aux USA est passée du domaine “moral” et “progressiste-sociétal” au domaine clairement politique, lié à l’actuelle tension entre la droite et la gauche, les progressistes-sociétaux et les conservateurs, etc., notamment dans la perspective de la possibilité d’une “guerre civile”. La chose est résumée par cette phrase « Ainsi et comme on l’a vu, la question de la vente libre ou non des armes à feu devient-elle une question d’armements de ceux qui vont affronter la guerre civile, ou bien la déclencher, ou bien se défendre contre elle, etc. », avec l’apport du commentaire d’un lecteur sur le Forum du texte.

Là-dessus, je m’arrête à un texte très court publié par un collaborateur du colonel Lang, Robert Willmann, sur Sic Semper Tyrannis le 8 août. Willmann signale un texte extrêmement érudit, de la revue juridique de la Law School de Charleston (édition de l’hiver 2012), sur les événements qui conduisirent directement, à partir d’une situation politique de grande tension où l’on trouve les causes fondamentales du conflit, à ce que nous appelons la “Guerre d’Indépendance” des USA. 

(Ce que nous avons coutume de nommer la “Guerre d’Indépendance” des États-Unis, les Américains la nomment la “Révolution Américaine”, de la même façon qu’ils nomment “Guerre Civile” ce que nous appelons “Guerre de Sécession”. Ces différences d’identification ont une très grande signification, selon ce que j’en discerne. En gros nous ne voyons pas l’histoire des États-Unis comme les Américains la voient ; nous la voyons comme une partie de l’histoire universelle, c’est-à-dire en fonction des éléments extérieurs [acquérir l’indépendance contre la force “colonialiste” britannique, faire sécession de l’entité-USA pour constituer un autre pays] ; les Américains, de quelque tendance qu’ils soient [fédéralistes ou confédéralistes, statistes ou démocrates localistes]  voient leur histoire comme quelque chose de complètement autonome, détaché du reste du monde, comme existant d’elle-même, ou pré-existante à elle-même donc non-histoire… Explication évidente, géographique et a-historique, de l’exceptionnalisme des USA : les USA ne font pas partie de l’histoire du monde, ils sont destinés [“Destinée Manifeste”] par le Geste Divin à imposer leur propre non-histoire au monde. C’est ce qu’a d’américaniste la logique de la fameuse anecdote sur le “virtualisme”, Karl Rove parlant à Ron Suskind à l’été 2002 : « Nous sommes un empire maintenant et quand nous agissons nous créons notre propre réalité. Et alors que vous étudierez cette réalité, – judicieusement, si vous voulez, – nous agirons de nouveau, créant d’autres nouvelles réalités, que vous pourrez à nouveau étudier, et c’est ainsi que continueront les choses. Nous sommes [les créateurs] de l’histoire… Et vous, vous tous, il ne vous restera qu’à étudier ce que nous avons [créé] ».)

Donc, le texte de Robert Willmann… On remarque le bref mais définitif jugement que l’auteur porte sur la Constitution rédigée en 1787-1788 : tout ce qui a précédé 1787-1788 a constitué la Révolution Américaine des confédéralistes [ou “confédérés”, prémonition des Sudistes ?], ou démocrates localistes à l’image des conceptions de Jefferson, absent lors des débats sur la Constitution puisqu’ambassadeur des USA à Paris de 1785 à 1790. La Constitution de 1787-1788, qui organise une fédération avec un centre fort, est considérée par les mêmes confédéralistes/localistes, qu’on retrouve notamment chez les libertariens aujourd’hui, comme une “Contre-Révolution”, une trahison de la Révolution Américaine

(Même chose bien sûr entre ceux qui jugent que la “Guerre de Sécession” répondait d’abord aux droits des États de l’Union, notamment celui de faire sécession, et ceux qui parlent d’une “Guerre Civile”, avec des méchants rebelles, et un gentil Lincoln, – sans doute le seul vrai dictateur qu’aient connu les USA, – découvrant brusquement, à la fin de 1862, que cette guerre qui ne mobilisait guère le public nordiste avait en réalité pour but suprême et humanitaire l’émancipation des esclaves, cause vertueuse qui allait, elle, réveiller les cœurs sensibles mais profondément endormis des salons de Washington D.C… Tout cela permettrait d’intégrer complètement le Sud, jusqu’alors libre-échangiste, dans l’ensemble capitalistique et protectionniste du Nord, – cause vertueuse, là aussi.)

 Texte sous le titre « 49 pages qui valent la peine d’être lues : Comment les efforts britanniques de contrôle des armes à feu ont déclenché la révolution américaine » : « La tentative britannique de saisir les armes à feu et les munitions de ces gens à l’esprit indépendant et affirmé a donné le coup d’envoi de la Révolution en 1775-1776 dans une petite partie de l’Amérique du Nord, cela aboutissant à l’indépendance proclamée par la Déclaration d’Indépendance, aux Articles de la Confédération, et enfin, – mais ce dernier acte qui pourrait être considéré comme une contre-révolution, – à la Constitution américaine.  Voici un article de 49 pages publié dans la revue juridique de la Charleston Law School en Caroline du Sud [Volume 6, n°2, hiver 2012] qui décrit comment la tentative de la Grande-Bretagne de contrôler et de confisquer les armes à feu et les munitions des colons, y compris par l’usage de la force contre le peuple, a constitué l’acte essentiel qui déclencha la Révolution américaine. »

Ci-dessous, un extrait de l’introduction d’une série de textes, chapitres, parties, etc. constituant l’article lui-même, extrêmement savant et documenté. On a une idée de la tendance défendue, qui est favorable à la possession d’armes comme principe de l’esprit confédéraliste /localiste, à un refus d’un centre fort et intrusif, etc.

« Cet article passe en revue chronologiquement la volonté de contrôle britannique des armes à feu qui a précipité la Révolution américaine : l’interdiction d’importer des armes à feu et de la poudre à canon en 1774 ; la confiscation chez les particuliers et dans les administrations locales des armes à feu et de la poudre à canon en 1774-1775 ; le recours à la violence pour effectuer ces confiscations. Ce sont ces événements qui ont transformé une situation de tension politique croissante en une guerre meurtrière.
» Chacun de ces abus britanniques donne un aperçu de la portée du Deuxième Amendement tel qu’il existe aujourd’hui. Bien que ces abus ne se répètent pas nécessairement sous leur forme originelle, ils sont des exemples d’une sorte générale d’abus, – tout comme les procès criminels des Américains devant les “Vice-Admiralty Court” britanniques établies en Amérique étaient un moyen de refuser le droit à un procès par jury.
» D’après les événements de 1774-1775, nous pouvons discerner que les restrictions ou interdictions à l’importation d’armes à feu ou de munitions sont constitutionnellement suspectes, du moins si leur but est de désarmer le public, et non dans le but normal de contrôler les importations (par exemple, augmenter les recettes fiscales ou protéger le secteur national). Nous pouvons discerner que des tentatives de désarmer les habitants d’une ville, ou de les priver de défense sont des anathèmes pour le Second Amendement ; un tel désarmement est ce que les Britanniques ont essayé d’imposer, et ce qui a conduit les Américains à partir en guerre pour qu’un tel acte ne puisse plus se reproduire. De même, des lois sur les permis de port d’armes à feu qui ont pour but ou pour effet de ne permettre qu’à une minorité de la population de conserver et de porter des armes seraient inconstitutionnelles. Enfin, nous constatons que la violence gouvernementale, – qui devrait toujours être soigneusement limitée et contrôlée, – devrait être particulièrement découragée lorsqu’elle est utilisée pour enlever des armes à feu à des citoyens pacifiques. L’utilisation de l’armée pour l’application de la loi est particulièrement odieuse au regard des principes sur lesquels la Révolution américaine était fondée. »

Pour documenter plus encore le débat et montrer combien ce Deuxième Amendement peut, selon le point de vue, être moins explicable par des mœurs d’époque, une tendance psychologique, etc., que par un type d’organisation politique fondamental (le type confédéral), et donc que dans ce cas ses adversaires peuvent être perçus comme des adversaires politiques fondamentaux plutôt que comme des humanistes-moralistes pleins de vertu évidemment moderniste, je trouve intéressant d’ajouter un échange entre deux lecteurs du texte de Willman et de l’article qu’il référence. La chose résume bien un problème qui a moins comme référence les mœurs du Far-West avant l’heure que l’organisation de l’armée confédérale suisse, qui est effectivement une “armée de milices”, où chaque citoyen étant en âge de servir garde chez lui son arme de service pour ses périodes d’entraînement, de rappel ou pour une mobilisation de guerre. (A noter que le second intervenant, Walrus, est un collaborateur régulier sous pseudo du site SST.)

• LA Sox Fana écrit… Le 08 août 2019 à 14H09

« Après avoir lu l’article, il me semble qu’il appuie l’idée que le Deuxième Amendement a été mis en place pour protéger le droit des gouvernements locaux d’avoir une milice armée et bien réglementée sous contrôle démocratique. Les hommes de Lexington et de Concord avaient pratiqué des exercices militaires en tant que miliciens locaux. Ils étaient sous commandement militaire local. La poudre était stockée dans un endroit central.
» Les Britanniques considérèrent à juste titre ces milices locales organisées comme une menace. C’est pourquoi ils essayèrent de les désarmer en leur enlevant leur poudre. Bien que bon nombre de ces miliciens possédassent leurs propres armes à feu, cela ne veut pas dire qu’ils ne faisaient pas partie de la milice locale.
» En conclusion, il n’y a rien dans ce contexte historique qui devrait laisser croire à quiconque que le Deuxième Amendement donne à une personne privée sans lien avec une milice locale contrôlée démocratiquement le droit de porter à l’épaule un fusil d’assaut M-15 chargé lorsqu’elle se rend au McDonalds local pour consommer un hamburger et des frites. »

• Walrus a écrit en réponse à LA Sox Fan… Le 08 août 2019 à 19h06

« LA Sox, Malheureusement pour votre argument, il est clair à la lecture des documents que l’appartenance à une milice n’est pas la condition sine qua non pour la possession d’armes à feu. C’est le contraire.
» Vous avez besoin d’une arme à feu pour pouvoir vous joindre à la milice en tant que membre efficient. Il est tout à fait clair que les comités municipaux ont demandé à tout le monde de s’armer du fait qu’il y avait la possibilité que n’importe qui pût être requis par la milice.
» De plus, les Britanniques étaient déterminés à confisquer TOUTES les armes en propriété privée. Ils n’ont fait aucune distinction quant à l’appartenance à la milice. Vous ne devriez pas non plus en faire. »

https://www.dedefensa.org/article/revolution-ou-guerre-civile

CHANGEUR DE JEU: CE QUI SE CACHE DERRIÈRE LE CONFLIT AMÉRICANO-TURC SUR LE CONTRAT S-400

O#RUSSIAMilitary Analysis 01.08.2019 – 30,097 vues    4.6 ( 10 votes)

CHANGEUR DE JEU: CE QUI SE CACHE DERRIÈRE LE CONFLIT AMÉRICANO-TURC SUR LE CONTRAT S-400

 458 61 2Share1 5572Faire un donGame Changer 

Game Changer: What's Behind US-Turkish Conflict Over S-400 Deal

Selon le ministère turc de la Défense nationale, le premier lot de systèmes de défense antimissile russe S-400 a été réceptionné le 25 juillet. En plus de faire les gros titres dans le monde entier et de susciter une réaction sévère de la part des États-Unis, cette présentation montre la volonté de la Turquie de mettre en place une politique de défense indépendante et une politique étrangère dans son propre intérêt, malgré toutes les difficultés auxquelles elle pourrait être confrontée sur cette voie.

Le système de défense antimissile russe S-400, selon Stratfor, est le « meilleur système complet ». Il se prépare depuis environ 30 ans. Son développement a commencé à la fin des années 1980 et il a été officiellement annoncé en 1993.

Les premiers tests du système ont été menés avec succès en 1999 à Kapustin Yar, à Astrakhan, et le S-400 devait être déployé par l’armée russe en 2001. En 2003, le système n’était toujours pas déployé en Russie. Après plusieurs revers, il a finalement été mis en service en 2007.

  • Le pack S-400 Triumph comprend un système de gestion de combat 30K6E, six systèmes SAM 98ZH6E, des chargeurs 48N6E3 et (ou) 48N6E2 ainsi que des installations de maintenance pour 30TsE. L’utilisation du 48N6E SAM est possible.
  • Un lanceur Erector Transporter S-400 possède quatre conteneurs de missiles. Chaque conteneur peut contenir un missile sol-air 48N6E ou quatre missiles 9M96.
  • Le S-400 peut être utilisé avec un ensemble semi-mobile de radars et de missiles remorqués. Il est généralement remorqué par le camion russe 6 × 6 BAZ-6402-015.
  • Il faut 5 à 10 minutes pour définir les ressources du système depuis la position de déplacement et environ 3 minutes supplémentaires pour le configurer sur prêt depuis la position déployée.

Le S-400 a une portée de détection de cible d’environ 600 km, tout en pouvant suivre simultanément environ 300 cibles. La vitesse maximale de la cible peut atteindre 4 800 m / s, environ 14 Mach.

Il peut simultanément engager environ 36 cibles, ou 72 missiles guidés. Il peut engager une cible aérodynamique comprise entre 3 et 250 km, tandis qu’une cible balistique peut être engagée à 60 km.

  • Les forces armées russes disposent de plusieurs S-400, situés à différentes positions, ainsi que de plans visant à équiper l’amiral Nakhimov, croiseur de bataille de la classe Kirov, du missile anti-aérien 48N6DMK dérivé du S-400 basé à terre. D’ici 2020, la Russie prévoit de créer 28 régiments S-400, comprenant chacun deux ou trois bataillons. Chaque bataillon comprend à son tour au moins huit lanceurs avec 32 missiles et un poste de commandement mobile.
  • Deux systèmes S-400 sont déployés en Syrie pour protéger le personnel russe.
  • Depuis 2016, le Bélarus dispose de deux systèmes de missiles S-400, tous deux fournis gratuitement par la Russie, conformément à l’accord de 2011.
  • La Chine a reçu son premier régiment S-400 en mai 2018 et effectué avec succès des tests en août 2018. Il était un problème pour que la Russie ait dû envoyer des dizaines de missiles de remplacement au début de 2019, car un cargo russe, portant apparemment une version exportatrice du S L’intercepteur le plus perfectionné de -400, le 40N6E, a été contraint de rentrer chez lui à la suite de dommages subis lors d’une tempête dans la Manche. Le 25 juillet 2019, la Russie a commencé la livraison du deuxième régiment du système de défense antimissile S-400 de la Chine ; .
  • En octobre 2017, l’Arabie saoudite a annoncé qu’elle avait finalisé un accord pour la fourniture du système de défense antimissile S-400. Sans surprise, l’allié clé des États-Unis au Moyen-Orient n’a pas fait l’objet de sanctions et d’avertissements constants concernant l’achat de la S-400. En février 2019, le Royaume et la Russie ont tenu des consultations sur le S-400.
  • Le système de défense antimissile S-400 devrait entrer en service en Inde en octobre 2020. Les États-Unis ont menacé l’Inde de sanctions à l’encontre de la décision de l’Inde d’acheter le système de défense antimissile S-400 à la Russie. Jusqu’à présent, cela s’est avéré aussi efficace que les menaces contre la Turquie.
  • En janvier 2018, le Qatar aurait engagé des négociations approfondies en vue de l’achat de la S-400, mais aucune information supplémentaire n’a été fournie depuis.
  • Diverses rumeurs et confirmations de responsables du Pakistan, d’Irak, d’Iran et d’Égypte ont suscité de l’intérêt pour le S-400.

Les États-Unis s’opposent fermement à l’achat de S-400 par ses alliés, mais principalement par la Turquie, qui était un partenaire clé du programme d’avion d’attaque interarmées F-35. Selon des responsables américains, ils craignaient constamment de l’utiliser pour voler les secrets de l’avion de combat. La Turquie soutient depuis plus d’un an que l’accord avait été conclu et que les États-Unis ne pouvaient rien faire pour le dissuader d’acheter, malgré les menaces de sanctions et autres actions agressives.

Dans un dernier effort et dans un effort absurde, la sénatrice républicaine américaine Lindsey Graham, au nom du président américain Donald Trump, a laissé entendre que la partie turque pourrait choisir de «tout simplement pas allumer» son système de 2 milliards de dollars pour éviter des difficultés dans les relations turco-américaines. . Cette proposition absurde a ensuite été répétée par le secrétaire d’État américain Mike Pompeo.

Les médias américains affirment que les négociations sur une offre des États-Unis à la Turquie d’acheter un système de missile Raytheon Patriot sont toujours en cours malgré la livraison du S-400. Cela n’a aucun sens, mais le nouveau secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, était après tout un lobbyiste de Raytheon. Quoi qu’il en soit, le coût du projet Patriot proposé est de 3,5 milliards de dollars, contre 2 milliards de dollars pour le système russe.

Un autre facteur qui explique pourquoi les dirigeants politiques militaires américains s’opposent aux livraisons de systèmes de missiles de défense antiaériens à la pointe de la technologie russe à d’autres États est que de tels accords contribuent aux programmes de développement de la Russie dans ce domaine. À l’heure actuelle, l’armée russe met au point et teste des intercepteurs du système de missile antimissile balistique A-235 Nudol et de son arme antisatellite. Le système devrait remplacer l’actuel système de défense des attaques nucléaires de Moscou et de la région environnante, l’A-135 Amur.

Selon les rapports, le Nudol fonctionnera en trois étapes:

  • Longue portée, basé sur l’intercepteur 51T6 et capable de détruire des cibles jusqu’à 1500 km d’altitude et jusqu’à 800 km d’altitude
  • Moyenne portée, une mise à jour de l’intercepteur 58R6, conçue pour frapper des cibles à des distances allant jusqu’à 1000 km, à des altitudes allant jusqu’à 120 km
  • Courte portée (intercepteur 53T6M ou 45T6 (basé sur le 53T6)), avec une portée opérationnelle de 350 km et un plafond de vol de 40 à 50 km

Le contractant principal du projet est Almaz-Antey, qui a créé la S-300, la S-400 et travaille sur la S-500.Selon des experts militaires, l’avenir des systèmes de défense antimissile A-235 et S-500 constituera la base du système de défense aérospatiale intégré et complet de la Russie, qui inclura une variété d’outils de détection modernes basés au sol.

L’expérience et les fonds supplémentaires obtenus par Almaz-Antey et des experts militaires russes lors de la mise en œuvre des accords S-300 et S-400 dans le monde et de leur utilisation dans les zones de conflit telles que la Syrie permettront à la Russie de rendre ses systèmes de défense aérospatiale encore plus sophistiqués et plus sophistiqués. efficace.

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L’Iran, un paria du marché mondial des armements au sous-équipement militaire chronique

L’Iran, un paria du marché mondial des armements au sous-équipement militaire chronique

Adrien GUYOT 30 juin 2019 ActualitéActualités analyséesAfrique et Moyen-OrientGéoéconomieIntelligence économiqueIranProche et Moyen-OrientSituations décryptéesLeave a comment

Pour des raisons historiques et géostratégiques, les États-Unis imputent à l’Iran une qualité de perturbateur régional au régime dictatorial, prosélytiste et policier, s’adonnant à la prolifération nucléaire, ainsi qu’au terrorisme international. En somme, aux yeux de la bureaucratie permanente militaire, du renseignement et de la diplomatie – l’État profond américain – , Téhéran présente l’avantage de réunir toutes les caractéristiques d’un bon ennemi. Membre permanent de l’axe du mal depuis la révolution islamique, elle ne peut infléchir son sous-équipement militaire chronique, résultant de son écrasante mise au ban de l’opinion, qu’au travers l’élaboration de stratégies d’adaptation palliatives. 

Hassan Rohani inaugurant son système de défense anti-aérien : Bavar 373.
Le président iranien, Hassan Rohani, inaugurant son propre système de défense anti-aérien, Bavar 373, construit sur le modèle du S-300 russe.

L’Iran, un paria du marché mondial des armements

En toute logique, s’il est exclu que les États-Unis fournissent militairement la République islamique, tel est également le cas à l’égard des États européens. Seule la Russie, la Chine et la Corée du Nord résistent épisodiquement aux pressions de Washington, Abou Dabi, Ryiad et Tel-Aviv. À titre d’exemple, en 2016, Moscou refusa de livrer deux cents chasseurs multirôles lourds Su-30, puis tarda à fournir les systèmes de défense antiaériens S-300. 

Afin de mettre au ban l’Iran, de sorte à ce qu’elle devienne un paria du marché mondial des armements, les États-Unis peuvent compter sur leur règlementation d’US Export Control, et plus spécifiquement sur l’International Traffic in Arms Regulations (ITAR). Cet ensemble normatif offre, au bénéfice du Département d’État américain, toute la latitude pour interpréter et appliquer les stipulations d’ITAR. In fine, il contrôle les importations et exportations des objets et services liés à la défense nationale, tels que recensés sur l’United States Munitions List (USML).

La sécurité du territoire servant de prétexte à la promotion de ses objectifs géostratégiques et commerciaux, les États-Unis refusent l’exportation d’armements contenant des composants américains. Or, la dépendance technologique des industries européennes de la défense, tout particulièrement dans le domaine aéronautique, à l’égard des composants soumis à la législation ITAR, est critique. Par exemple, il est, aujourd’hui, inconcevable que la France, au travers de Dassault Aviation, puisse, librement, vendre le Rafale, joyau national, à destination des États qui lui sied, sans que Washington ne vienne opposer son veto.

Au contrôle américain, s’adjoint celui des européens vis-à-vis des exportations de biens et technologies à double-usage (BDU). L’article 2 du Règlement du Conseil du 5 mai 2009 définit les « biens à double usage » comme : « les produits, y compris les logiciels et les technologies, susceptibles d’avoir une utilisation tant civile que militaire ». Ceux-ci, étant listés, peuvent, selon les cas, être interdits à l’exportation, au transit et au négoce, ou être soumis à autorisation. 

Également, des mesures restrictives européennes viennent se juxtaposer à l’ensemble des interdictions susvisées afin de prohiber, en totalité, les exportations de certains biens. Ceux-ci sont énumérés au gré d’un mouvement de balancier, à l’aspect plus ou moins restrictif, cultivé par une sorte de va-et-vient réglementaire continuel. 

Un sous-équipement militaire chronique compensé par des adaptations palliatives

Malgré un budget de la défense conséquent (15,9 milliards de dollars en 2016), l’Iran est confrontée à un sous-équipement militaire chronique. Ses rivaux régionaux, Israël, les Émirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite, bénéficient, quant à eux, d’un budget supérieur ainsi que d’un accès, plus large, au marché. À titre d’exemple, le char de combat le plus puissant dont dispose l’Artesh – l’armée régulière iranienne placée sous la tutelle du Corps des gardiens de la révolution islamique – est le T-72 russe, mis en service au début des années 1970. La majorité de son arsenal blindé est composé de chars Patton ou Chieftain datant des guerres de Corée et du Vietnam. En comparaison, l’Arabie Saoudite possède des chars étasuniens, de type M1 Abrams, tandis que les Émirats Arabes Unis privilégient le char français Leclerc, autre joyau national, néanmoins utilisé au Yémen. 

Faiblement dotée militairement, mais désireuse de conserver sa zone d’influence régionale, Téhéran démontre sa résilience par l’emploi de stratégies d’adaptation. La République islamique comble la faiblesse de son armée de l’air en produisant, en série, son avion de combat « 100% Made in Iran » : le Kowsar. En réalité, celui-ci n’est qu’un F-5 américain modernisé, l’Iran ne faisant que s’inspirer des « Freedom Fighter » et « Tiger II » qu’elle s’était procurée avant la révolution islamique. En 2007, bien qu’étant présenté comme inédit, le Saegheh, autre avion de combat « 100% Made in Iran », fut également largement inspiré du F-5. Ainsi, cette stratégie d’adaptation du « 100% Made in Iran » ne demeure que palliative dans la mesure où, sur des théâtres d’opérations extérieurs comme en Syrie, Téhéran dépend largement du soutien aérien russe. 

Cependant, il est des circonstances où le recours à la modernisation locale des décombres de l’ambitieux projet de complexe militaro-industriel occidental, voulu par le chah, apparaît efficient. 

En effet, ce 20 juin 2019, c’est un missile « 3-Khordad » – à l’origine un SAM-6 perfectionné par l’Iran en 2013 – qui a permis d’abattre un drone américain RQ-4 Global Hawk. Cet appareil de type HALE (Haute Altitude Longue Endurance) fut conçu par Northrop-Grumman pour des missions ISR (renseignement, surveillance, reconnaissance). Il ne put résister face aux optimisations du « 3-Khordad » en matière d’équipements électroniques, de capteurs de détection, y compris thermiques, et d’option de verrouillage du GPS le protégeant des interférences de forte intensité.

Aussi longtemps que Téhéran demeura la cible privilégiée des sanctions économiques édictées par Washington, les tensions irano-américaines s’entretiendront.

Sources :

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About Adrien GUYOT

Adrien GUYOT est Juriste d’Affaires & Compliance Alternant chez Michelin. Diplômé d’un Master 2 en Droit et Fiscalité de l’Entreprise, il est également titulaire d’une Licence en droit privé, d’un Diplôme Universitaire en Gouvernance, Risques et Conformité, ainsi que d’un Master 1 en Droit des Affaires à l’Université Clermont Auvergne. Il est rédacteur pour les Yeux du Monde depuis novembre 2018.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/actualite-analysee/41183-liran-paria-marche-mondial-armements-sous-equipement-militaire-chronique

Embarquez avec les commandos d’élite des Forces spéciales

Embarquez avec les commandos d’élite des Forces spéciales

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Les forces spéciales mobilisées pour l’exercice Athena.DDM Pierre ChallierPublié le 23/06/2019 à 06:58      Défense – ArméeSécuritéSociétél’essentiel

Jusqu’au 28 juin, un entraînement majeur des Forces spéciales (FS) se déroule dans le Grand Sud, avant projection. Entre action clandestine et opérations conventionnelles, ces unités sont aujourd’hui incontournables dans tous les conflits modernes. Surtout lorsque se mènent des guerres de l’ombre entre états sur des territoires étrangers et lorsque la mobilité des terroristes jihadistes ignore toute ligne de front.

Ils détestent les projecteurs. Ne se présentent que visage couvert en public. Mais le 75e anniversaire du Débarquement et l’hommage aux 177 hommes du commando Kieffer comme la mort des maîtres Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello – les deux commandos Hubert tombés le 10 mai dernier lors de la libération de quatre otages au Bukina Faso – ont récemment replacé en pleine lumière les militaires des Forces spéciales (FS).PUBLICITÉinRead invented by TeadsPUBLICITÉinRead invented by Teads

Marine, armée de Terre, armée de l’Air, ils sont environ 4 300 sous les ordres du COS, le Commandement des opérations spéciales à Vélizy-Villacoublay. Descendants lointains de l’inventif Gédéon de l’Ancien Testament et, bien sûr, d’Ulysse «aux mille ruses», ils ont pour devise «Faire Autrement» : atout sans égal d’une frappe imprévisible contre l’ennemi.

Et pour conduire en autonomie de plus ou moins longues missions en terrain hostile, ils sont désormais un «outil indispensable à l’action d’un état moderne» (1), écrivait dès 2002 éric Denécé. Pourquoi ? Parce que ces commandos d’élite sont à la fois le «couteau suisse» et le «coup de poing américain» des gouvernants, dans un contexte de conflits asymétriques, d’univers flous et… de réduction des budgets militaires pour le «conventionnel», (le leur restant secret). Reconnaissance et renseignements, interventions en zones grises, sous uniforme, mais entre deux eaux et trois frontières… lutte antiterroriste, évacuations de ressortissants, libération d’otages, et, bien sûr, comme on l’a vu en Afghanistan fin 2001 ou au Mali, début 2013, ouverture d’un théâtre d’opérations : «Nous sommes là pour proposer aux décideurs une panoplie d’options permettant de graduer la réponse en fonction des résultats politiques qu’ils souhaitent, lorsque la situation ne permet pas d’intervention massive», rappelle un officier.

Toujours garder un coup d’avance

Dans le Grand Sud ? La Nouvelle-Aquitaine concentre les FS de l’armée de Terre, avec le 1er RPIMa à Bayonne dans les Pyrénées-Atlantiques, le 13e RDP à Martignas-sur-Jalle en Gironde et le 4e Régiment d’hélicoptère des forces spéciales à Pau, ville de leur état-major (COM-FST) dans les Pyrénées-Atlantiques. Mais cette semaine, c’est aussi depuis Mont-de-Marsan et Captieux dans les Landes que les Forces spéciales air (FSA) poursuivent avec leur Commando parachutiste de l’Air n° 10 (CPA10) et leurs escadrons «Poitou» et «Pyrénées» leur entraînement annuel majeur, appuyés par le régiment de chasse «Normandie Niemen» de Mont-de-Marsan et les drones de Cognac, mais aussi et pour la première fois, avec la participation de FS américaines et espagnoles.

Commandos parachutistes des trois armes, équipages de transport, d’hélicoptères et de Rafale réunis pour «Athéna» : par son nom, l’exercice rappelle que la déesse casquée a soufflé à Ulysse l’idée du cheval de Troie. Mais surtout que ces hommes, à la maîtrise technique hors normes, se doivent toujours d’être à la pointe de l’innovation pour maintenir ce «coup d’avance» qui fait tout l’intérêt de cet instrument géopolitique primordial. Outil exceptionnel dont la sécurité même semble pourtant bien avoir été négligée au Sahel par le recours à des sociétés privées douteuses aux avions parfois «poubelle» pour le transport des FS, a révélé «Le Monde» la semaine passée et interpellé le député LR François Cornut-Gentille. «Faire autrement» ? Côté investissements de l’état en moyens aériens pour les forces, il y a toujours urgence.

(1) Forces spéciales, l’avenir de la guerre? Aux éditions du Rocher.


Le général Rondel, chef du commandement des Forces Aériennes, ici avec l'un des pilotes de V22, espère développer cette coopération avec Américains et Espagnols. DDM/ P.C.
Le général Rondel, chef du commandement des Forces Aériennes, ici avec l’un des pilotes de V22, espère développer cette coopération avec Américains et Espagnols. DDM/ P.C. – DDM, Pierre Challier

Russes, Britanniques, Français, Américains, Israéliens, Chinois… et doctrines d’emploi

Gédéon, Ulysse, Hannibal… Depuis la plus haute antiquité, des guerriers et des généraux ont usé de stratagèmes «non conventionnels» pour vaincre ou dissuader l’ennemi. Mais les Forces spéciales proprement dites sont nées au XXe siècle, avec les Soviétiques qui ont développé leur propre savoir-faire durant l’entre-deux-guerres. Pour autant, c’est véritablement avec le Special Air Service (SAS) et le Special Operation Executive (SOE) britanniques durant la Seconde Guerre mondiale qu’elles se sont développées en Europe de l’Ouest, l’Angleterre formant notamment les Français libres, à l’instar du commando Kieffer mais également les résistants des pays occupés, grâce au SOE. Côté américain ? Le conflit avait aussi vu se développer les actions de l’OSS et de la «Brigade du Diable» du First Special Service Force mais les Special forces au béret vert sont nées en 1952 et sont montées en puissance au Vietnam, avant d’être réimposées par l’Afghanistan, en 2001.

Ailleurs ? Israël a bâti à partir de 1957 son modèle sur le SAS et sa réputation n’est plus à faire. Mais la Chine comme tout pays voulant afficher sa puissance militaire se doit désormais d’avoir ses propres forces spéciales et les niveaux de formation tendent à s’uniformiser. Ce qui fait, néanmoins que le «top 3» soit, selon éric Denécé, constitué par les Britanniques, les Américains et les Français (lire page3)? Pas uniquement la progression des armements et des équipements innovants, évidemment. «Les Russes, les Israéliens et les Chinois ont de très bonnes unités spéciales, mais aujourd’hui, ils n’ont pas le type de déploiement qu’ont ces trois puissances occidentales. Les Français, par exemple, se battent très loin de chez eux, sur des terrains très différents et depuis bientôt 20 ans sans discontinuer. Techniquement, Russes et Israéliens, par exemple, sont tout aussi bons. Mais les Russes, eux, interviennent surtout à la marge de l’ex-empire soviétique et les Chinois et les Israéliens interviennent également surtout aux frontières de leur pays. C’est la grande différence avec les états-Unis, le Royaume-Uni et la France, pays qui, eux, sont capables d’intervenir partout dans le monde», analyse le spécialiste, soulignant que cette doctrine d’emploi implique innovations et adaptabilité constantes. Mais aussi pragmatisme dans les collaborations.

Le prisme avec lequel on peut aussi regarder l’exercice Athéna qui se déroule avec trois V22 et un C130J du Special Operations Squadron américain, basé à Mildenhall en Angleterre, Américains et Français travaillant ensemble sur différents théâtres où, par exemple, les ravitailleurs américains fournissent et «sans aucun problème» les Caracal des FS françaises, seuls hélicoptères ravitaillables en vol de jour comme de nuit. La présence également d’un Casa et des commandos parachutistes espagnols de l’Ezapac ne doit rien au hasard : les Forces aériennes espagnoles sont déjà présentes sur Barkhane et Paris n’aurait rien contre une montée en puissance de Madrid à ses côtés.


L'exercice Athena des forces spéciales. Ici l'évacuation d'un blessé.
L’exercice Athena des forces spéciales. Ici l’évacuation d’un blessé. – DDM, Pierre Challier

Athéna une «générale» avant la guerre

Sous le plafond bas, deux Rafale déchirent l’air au-dessus des pins. Plus de 800 km/h à 100 mètres du sol : le bruit cloue sur place… «Démonstration de force, ça crée un premier effet de dissuasion sur l’ennemi», commente un capitaine. Sans temps mort, un hélicoptère Caracal dépose les commandos avec, en appui, du jamais vu dans le ciel des Landes : un V22 Osprey de l’Air Force special operation command, hybride qui décolle en hélico et vole en avion pour transporter vite et loin les Forces spéciales. Américaines habituellement, françaises aujourd’hui.

Fusils d’assaut qui crépitent, fumées montant de la route où a lieu l’interception… Ce matin, l’exercice Athéna entre vraiment «dans le dur», sur le champ de tir de Captieux. Renseignements envoyés par le Transall «Gabriel» de guerre électronique, coordonnées de cible transmises par les commandos aux Rafale, embuscades… «Une répétition grandeur nature avant de repartir en opérations spéciales qui permet de revoir tous les automatismes et de mécaniser les procédures entre nous puisqu’il y a aussi des commandos Marine et Terre, mais également les Américains et les Espagnols», résume un fusilier commando de l’Air.

Une «générale» indispensable pour ceux qui sont au contact, sur le terrain, mais aussi pour ceux qui sont juste derrière, à savoir les Modules d’appui aux opérations spéciales (MAOS). Toute la mécanique invisible qu’Athéna doit vérifier et huiler. Celle de ces militaires qui ne sont pas FS mais qui travaillent pour elles, vu leur spécialité, aptes à faire le coup de feu si nécessaire et qui doivent rester une solution et pas un problème, en cas de coup dur dans les opérations.

MAOS : en quatre jours le régiment du génie de l’air a ainsi nivelé et fortifié un carré de 1 ha pour la base de commandement opérationnel. Dans les tentes et autour ? Les commandos de protection, les spécialistes NRBC pour le risque nucléaire, biologique et chimique, le commandement et… l’essentiel, les systèmes d’information et de communication pour que ciel et terre échangent messages et données en permanence. «Avec les moyens satellites, on met en place l’équivalent d’une 3 G sécurisée sur près de la moitié de la France», simplifie l’adjudant-chef.

Captieux, Mont-de-Marsan : ce n’est en effet qu’une partie d’un tableau beaucoup plus vaste. Sur la carte du briefing, Athéna s’étend sur 600 km de long, 400 km de large, de la Nouvelle-Aquitaine à l’Occitanie et jusqu’au nord de la Loire. Le Sud-Ouest ? «C’est Orangeland avec pour scénario une zone instable, un coup d’état et un pays voisin qui veut maintenir l’instabilité et infiltre des groupes terroristes, bref, un mélange de Libye, de Levant et de Sahel le plus réaliste possible puisque cet entraînement annuel sert à certifier les Forces spéciales air et leurs appuis avant déploiement», récapitule le lieutenant-colonel Thierry.

Au total ? Environ 500 personnels pour trouver et neutraliser les «hostiles». Grâce à «l’allonge, la force de frappe et la fulgurance de l’arme, d’ici, on peut aller «taper» aussi bien à Orléans qu’à Caylus», précise-t-il. Gris camouflage sur nuages assortis, un Hercule C130 et un Casa larguent maintenant palettes et colis. D’un Transall chutent en dernier les commandos du CPA 10. Plus loin, d’autres sont déposés en aérocordage par un Osprey. Invisible depuis la route, un troisième groupe surgit de nulle part pour intercepter un 4×4. Tirs, moteur en fumée, jaillissement éclair avec 20 à 25 kilos sur le dos. Les messages radio rythment l’action. «Homme à terre !» Entre l’attaque et l’évacuation du blessé, quelques minutes seulement… Selon le «tableau», ils sont une dizaine ou juste une paire de discrets, à l’instar de ceux qui guident depuis le sol les Rafale du Normandie-Niemen sur leur cible. Sans droit à l’erreur. «Alors vu le niveau d’exigence, pour ceux qui les appuient ça va plus loin que vérifier les compétences, c’est valider la confiance qu’on peut avoir en eux en opération spéciale. Ici, soit vous faites le poids, soit vous sortez», tranche le lieutenant-colonel «Donato». Test jusqu’au 28 juin.


Mémento

Créé en 1992, le Commandement des opérations spéciales (COS) est sous les ordres du chef d’état-major des armées et l’autorité directe du président de la République. Ses 4 300 militaires (et réservistes) interviennent dans des missions périlleuses, discrètes mais qui ne sont pas clandestines et ils sont issus des trois armes.

Pour l’armée de Terre, il s’agit du 1er régiment parachutiste d’infanterie de marine, du 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales (RHFS) et du 13e régiment de dragons parachutistes (RDP).

Pour l’armée de l’Air : commando parachutiste de l’air n° 10 (CPA 10), escadron d’hélicoptères 1/67 Pyrénées et escadron de transport 3/61 Poitou.

Pour la Marine, ce sont les commandos d’assaut, d’appui et de nageurs de combat Trépel, Jaubert, de Montfort, de Penfentenyo, Hubert, Kieffer et Ponchardier.


Eric Denécé
Eric Denécé – DR

«La France est dans le Top 3»

Interview d’Eric Denécé, Directeur du Centre français de recherche sur le renseignement CF2R

Américains, Britanniques, Russes, Israéliens… Où se situe la France aujourd’hui dans le classement des Forces spéciales ?

La France est dans le Top 3 avec les Américains et les Britanniques car ce qui fait aussi la qualité des Forces spéciales, c’est leur rythme d’engagement. Ce n’est pas seulement leur nombre et leur équipement, c’est aussi le nombre de situations opérationnelles dans lesquelles elles sont engagées et qui fondent leurs compétences : plus ils sont sur le terrain, meilleurs ils sont, ce qui est particulièrement vrai dans le cadre des Forces spéciales françaises qui sont largement employées.

Voire suremployées depuis quelques années ? Afghanistan, Levant, mais aussi Bande Sahelo-Saharienne (BSS), Libye : elles sont sur le pont depuis 18 ans, maintenant…

Aujourd’hui, on a vraiment besoin d’elles et, oui, on peut effectivement dire qu’elles sont suremployées car le nombre de crises dans lesquelles on leur demande d’intervenir est assez gigantesque et l’outil n’est pas totalement dimensionné à la hauteur des besoins. Les Américains sont aussi très engagés, mais ils ont infiniment plus de Forces spéciales que nous, avec environ 67 000 personnes, chiffre auquel on mettra un bémol car ils rangent aussi sous cette étiquette de l’infanterie légère. Nous, si l’on compare, on est donc dans la difficulté, en quantité, mais on reste plutôt dans la bonne moyenne avec les Anglais et les Israéliens qui ont toujours fait prévaloir la qualité sur la quantité.

Ce constat fait, quels sont les enjeux alors que la situation se dégrade au Mali, au Burkina-Faso et qu’elle reste instable au Moyen-Orient ?

Le premier impératif, c’est de garder le très haut niveau de qualité des Forces spéciales françaises et qu’on n’augmente pas leurs effectifs pour le plaisir. Par contre parallèlement, il faut créer ou renforcer d’autres unités d’infanterie légère, de parachutistes ou d’infanterie de marine très spécialisées qui puissent les relayer dès que leur haute technicité ne justifie plus de les engager. Il y a donc un deuxième défi : créer un type d’unité particulière entre Forces spéciales et infanterie conventionnelle, dans la dynamique de ce que font déjà techniquement le 2e REP ou les Groupements de commandos parachutistes, ou à l’instar des Rangers américains.

La priorité ne serait-elle pas aussi les moyens aériens ? «La sécurité des commandos français au Sahel lors de leurs déplacements aériens (…) reste préoccupante» écrit «Le Monde», évoquant des appareils civils parfois «catastrophiques», pilotés «par du personnel étranger», «gérés par des sociétés douteuses» et, pire, qui ont les vraies identités de leurs passagers «en dépit du secret-défense» !

Cette situation est aberrante ! Par définition ils sont sur des théâtres éloignés avec des missions à long rayon d’action et c’est vrai que malgré l’existence du 4e RHFS, des escadrons Poitou et Pyrénées, les moyens aéromobiles ne sont pas à la hauteur des enjeux. Mais le recours à ces sociétés «civiles» est intolérable car il expose des hommes d’un très haut niveau de compétence, non seulement en dévoilant leur identité, mais aussi en jouant avec leur sécurité lorsqu’ils sont à bord d’appareils «poubelle». Ce type d’«économies» réalisées avec des «prestataires» au rabais pour des personnels hautement qualifiés et équipés n’a pas de sens alors que l’aérien est le secteur où on ne peut se permettre de lésiner, surtout pour les FS.

Pierre Challier

https://www.cf2r.org/le-cf2r/presse/annee-2019/

Les puissances européennes, parmi les premiers vendeurs d’armes

Les puissances européennes, parmi les premiers vendeurs d’armes

Plusieurs rebelles houthis détiennent des armes lors d’une manifestation contre les opérations militaires de la coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite à Sanaa, le 11 septembre 2015. EFE / Yahya Arhab

Copenhague (EuroEFE) .- Les puissances européennes telles que la France, l’Allemagne et l’Espagne figurent parmi les principaux exportateurs d’armes au monde, où le commerce mondial a augmenté de 10% au cours de la période 2013-2017 par rapport aux cinq précédents, selon une étude. de l’Institut d’études internationales de Stockholm pour la paix (Sipri). 

La France et l’Allemagne sont les troisième et quatrième exportateurs du monde, avec 6,7% et 5,8% du volume des ventes mondiales, respectivement, derrière les États-Unis et la Russie.

L’Espagne occupe la septième place avec 2,9% et une augmentation de 12% sur la période 2008-2012. Les principales destinations de ses ventes sont l’Australie, la Turquie et l’Arabie saoudite, dans cet ordre.

SIPRI

@SIPRIorg

In 2013–17 Saudi Arabia was the world’s second largest arms importer, with arms imports increasing by 225% compared with 2008–12.

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Le rapport réaffirme le statut de principal exportateur mondial des États-Unis, tandis que celui de l’Inde en est le principal importateur, et note une augmentation des flux d’armes en Asie, en Océanie et au Moyen-Orient, ainsi qu’une diminution en Afrique, en Amérique et en Europe. 

Les USA d’Obama, premier exportateur d’armes

Les États-Unis ont augmenté leurs exportations de 25% entre les deux décennies, ont représenté 34% du total mondial et se sont éloignés de la Russie, se classant au deuxième rang avec 22%, lorsqu’ils ont vendu des armes à 98 pays, chiffre « nettement supérieur » à celui de tout autre exportateur. . 

Le Moyen-Orient, dirigé par l’Arabie saoudite, a reçu près de la moitié des exportations d’armes des États-Unis. Pour « contrecarrer » l’influence croissante de la Chine en Asie et en Océanie, ses exportations à destination de l’Inde ont augmenté de 557% et sa coopération en matière de sécurité avec le Vietnam. 

« Grâce aux accords signés par l’administration (de Barack) Obama, la fourniture d’armes américaines a atteint en 2013-2017 le niveau le plus élevé depuis la fin des années 1990. Ces contrats et autres contrats majeurs conclus en 2017 assureront continuer à être le plus grand exportateur dans les années à venir « , a déclaré SIPRI, se référant à l’ancien président américain, qui a donné le pouvoir à Donald Trump en janvier 2017. 

La Russie a réduit ses exportations de 7,1% en raison de la baisse des achats de certains de ses partenaires, tels que l’Algérie ou la Chine.  

La Chine occupe précisément la cinquième place après la France et l’Allemagne, avec un volume de ventes représentant 5,7% du monde. 

Le Brésil, numéro 24 mondial avec 0,3% du total, est le premier exportateur d’armes d’Amérique latine, malgré une chute de 20% au cours des cinq dernières années. 

Le rapport met en évidence trois pays qui ont connu une croissance substantielle de leurs exportations: Israël, avec 55% de plus; Corée du Sud (65%) et la Turquie (145%). 

L’Asie et l’Océanie, avec 42%, et le Moyen-Orient, avec 32%, sont les régions qui ont reçu le plus grand nombre d’armes entre 2013 et 2017. 

SIPRI

@SIPRIorg

imports by states in the increased by 103% between 2008–12 and 2013–17. Read SIPRI’s press release: http://bit.ly/2twDt5S 

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L’Inde a réaffirmé son leadership parmi les importateurs mondiaux, avec une augmentation de 24% de son volume d’achat et de 12% du total mondial, en raison de tensions avec le Pakistan et de la Chine et de son incapacité à couvrir sa demande croissante avec sa propre production, selon le Sipri. 

Grâce à une augmentation de 225%, l’Arabie saoudite occupe la deuxième place, suivie de l’Égypte, des Émirats arabes unis et de la Chine, dont les achats d’armes ont diminué de 19% en augmentant leurs propres capacités de production. 

Par Anxo Lamela (édition: Desirée García)

http://euroefe.euractiv.es/3795_exteriores-desarrollo-defensa-y-ddhh/5213630_potencias-europeas-entre-los-primeros-vendedores-de-armas.html?platform=hootsuite

Ventes d’armes : la France à la conquête de l’Europe

Ventes d’armes : la France à la conquête de l’Europe

La France prépare notamment une grosse commande d’hélicoptères NH-90 à destination de l’Espagne.

Les commandes d’armes françaises ont augmenté de 30% entre 2017 et 2018 pour atteindre les 9,118 milliards d’euros. L’exportation d’armes progresse surtout en Europe selon le ministère des Armées français.

« Ce résultat est d’abord la conséquence de l’orientation européenne que nous avons donné à notre politique d’exportation », se félicite la ministre des Armées Florence Parly dans le propos liminaire du rapport du ministère de l’Armée sur les ventes d’armes. Pour la première fois, l’Europe représente un quart des prises de commandes de l’industrie de l’armement française pour un total de 2,293 milliards d’euros, contre environ 10% en moyenne les années précédentes. Tout au long du rapport, le ministère des Armées s’applique à lier les intérêts de la France et de l’Europe dans ce domaine.

L’objectif affiché est clair : « Disposer d’une industrie française et européenne apte à équiper nos forces en cohérence avec nos ambitions. »

Les eurodéputés veulent contrôler les exportations d’armes

Les eurodéputés demandent un meilleur contrôle des exportations d’armes et un système de sanctions contre les pays qui ne respectent pas les règles.

Contrats géants en Espagne et en Belgique

D’une année sur l’autre, le socle des contrats de montants de moins de 200 millions évolue peu. Ce sont les contrats exceptionnels, portant sur des armements particulièrement structurants pour les armées clientes, qui font une réelle différence. Sur cinq contrats de plus de 500 millions d’euros signés en 2018, deux concernent des pays européens : celui sur la mobilité terrestre (CaMo), composé de plus de 400 véhicules blindés et divers équipements, à destination de la Belgique ; et celui de 23 hélicoptères NH-90 destinés à l’Espagne. Ces deux pays n’avaient jamais acheté pour plus de quelques dizaines de millions d’euros à la France.

Le Moyen-Orient toujours aussi porteur

Les trois autres contrats majeurs de plus de 500 millions d’euros ont, eux, été passés au Moyen-Orient : les avions de combat Rafale et les 28 NH-90 vendus au Qatar, ainsi que les navires patrouilleurs destinés à l’Arabie Saoudite. Le Moyen et le Proche-Orient continuent de représenter le plus gros groupe de clients de l’industrie française, avec 4,086 milliards d’euros de commandes. La France a notamment continué de livrer des armes aux Emirats Arabes Unis et à l’Arabie Saoudite, ce malgré les polémiques en lien avec la guerre au Yémen et les mises en causes régulières des ONG : 237 millions d’euros pour Abou Dhabi et 1398 millions, soit une très grosse année, pour Riyad.

Un marché mondial qui s’orientalise

Au-delà des tableaux de commandes et de livraisons par pays, le rapport offre un panorama des enjeux liés à l’exportation d’armement. Il note une augmentation de 5% des dépenses mondiales entre 2017 et 2018, pour atteindre les 1780 milliards de dollars. C’est en Asie-Pacifique que la croissance est la plus forte. Dans ce contexte, de nouveaux acteurs émergent et rendent la compétition plus intense que jamais.

De plus en plus de relations entre Etats

Face à cette concurrence accrue, certains des plus gros importateurs au monde travaillent à développer leur propre industrie de défense, notamment en imposant aux entreprises exportatrices d’installer des usines ou de créer des co-entreprises sur place. L’intérêt étant de développer une production locale et diversifier son activité économique. C’est en particulier le cas des deux plus gros importateurs mondiaux, l’Inde et l’Arabie Saoudite, avec leurs stratégies respectives de « Make in India » et de « Vision 2030 ». En parallèle, les clients sont souvent demandeurs de contrats d’État à État, plus engageants politiquement. Pour soutenir son industrie de défense, la France est ainsi de plus en plus obligée de s’impliquer directement dans les négociations.

Les ventes d’armes européennes progressent

La France, l’Allemagne et l’Espagne comptent parmi les principaux exportateurs d’armes au monde. Un article de notre partenaire EuroEfe.

Le Su-57, sérieux concurrent du F-35

Le Su-57, sérieux concurrent du F-35

Le F-35, construit par un consortium conduit par Lockheed Martin, ne parvient toujours pas à réaliser les performances multirôles pour lesquelles il a été pré-vendu. En outre les tensions entre l’Otan et la Turquie devraient conduire à retirer ce pays des fabricants partenaires. Un malheur n’arrivant jamais seul, la Russie devrait mettre sur le marché son Su-57, bien meilleur et plus de fois moins cher.

  

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Le directeur adjoint de Rostec, Viktor Kladov, a annoncé que le président Poutine approuverait prochainement l’exportation de l’avion « invisible » Su-57. Le prix d’un Su-57 est de 45 millions de dollars, alors que le F-35 coûte 100 millions de dollars.

Le premier groupe d’acheteurs approuvés comprend la Turquie avec 60 avions, l’Egypte et l’Algérie avec 29, le Vietnam 12. L’Inde avait été intéressé par cet avion dans un premier temps, mais a abandonné son programme de développement, retardant le lancement de la production de 4 ans. C’est pourquoi l’Inde n’a toujours pas approuvé l’achat de Su-57.

L’avion est supérieur au F-22 et au F-35 dans le combat rapproché, et dans la manœuvrabilité. Le su-57 possède 16 points d’accrochage dont 8 ont été montés dans les compartiments internes. Le su-57 dispose de 4 compartiments entièrement carénés avec une capacité interne supérieure de 150% au F-22A et de 250% au F-35.

Pour devenir compétitif, la Russie a créé 14 nouveaux types d’armes nouvelles pour le Su-57. L’arsenal du Su-57 comprend des missiles antiradar Kh-58UShK, des missiles de croisière 35UE, X-74M2, des missiles air-sol Kh-38M, des bombes « intelligentes » KAB-250, KAB-500. Le Su-57 est équipé de missiles BVR (beyond-visual-range) de type K-77M d’un rayon d’action maximal de 200 km. Pour les combats aériens rapprochés, le su-57 utilise des missiles K-74M2 d’une portée de 40 km.

La Russie pourrait également vendre les missiles hypersoniques Kinzhal X-47M2 (portée 2 000 km) et 3 M-22 zircon (portée 1 000 km) adaptés pour le su-57.

Traduction
Avic
Réseau International 

https://www.voltairenet.org/article206022.html