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Le réarmement du monde

Le réarmement du monde

Matteo Gruszewski 

17 janvier 2020 Afrique et Moyen-OrientAmériqueAmérique du NordAsie et OcéanieChineEuropeFranceGéopolitique & Relations InternationalesIndeInternationalProche et Moyen-OrientRussieSituations décryptées Leave a comment

En 2018, à la conférence de Munich sur la sécurité, Sigmar Gabriel (alors ministre des Affaires étrangères de l’Allemagne), déclare : « Les Européens sont les derniers végétariens dans un monde de carnivores géopolitiques ». Le monde post Guerre Froide, apaisé, que les Européens avaient idéalisé s’avère être une chimère. La paix entre les nations est une lointaine utopie, et le monde se réarme.

cartographie du commerce d'armements réarmement
Plus grands exportateurs de matériel de défense et leur principaux clients (SIPRI, 2017)

Le retour au réarmement

Depuis son élection, Donald Trump a annoncé son intention de se désengager globalement des traités internationaux signés par ses prédécesseurs.  Après l’accord sur le nucléaire iranien en mai 2018, Trump a annoncé le retrait des Etats-Unis du Traité sur le commerce des armes (ATT) en avril 2019. Ce traité, adopté par l’ONU en 2013, vise à réguler le commerce licite tout en luttant contre le commerce illicite des armes conventionnelles.

En juillet 2019, les Etats-Unis sortent ensuite du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF).  Ils accusent la Russie de ne pas respecter ses engagements, privant ainsi le monde d’un traité de désarmement historiquement fondamental. En 1987, sa signature par Mikhaïl Gorbatchev consacrait ainsi la fin de la crise des euromissiles amorcée en 1976. Si l’attitude américaine traduit un retour à l’unilatéralisme, il n’empêche qu’elle s’appuie sur un argument sécuritaire : faire face au réarmement du monde.

En effet, de 2017 à 2018, les dépenses de défense ont augmenté de 2,6% pour s’élever à 1800 milliards de dollars selon le SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute). De plus, on observe sur la période 2012-2016 une augmentation de 8,4% des ventes d’armes par rapport aux cinq années précédentes (2011-2015)

Un réarmement qui se généralise

Cette tendance au réarmement n’est pas seulement alimentée par les États-Unis et la Chine. Certes, les deux pays représentent respectivement 36% et 9% des dépenses militaires mondiales. La Chine poursuit une militarisation effrénée et fulgurante. Pékin dispose déjà de deux porte-avions, alors qu’un troisième est en construction. L’Empire du Milieu a également dévoilé un destroyer de 4e génération type 055 entièrement made in China.

Le reste du monde s’arme aussi. L’Inde se hisse désormais à la quatrième place des puissances militaires mondiales, dépassant ainsi la France selon le power index de Global Fire Power. La commande des 36 Rafales en 2016 à Dassault Aviation illustre clairement les ambitions indiennes. Arabie Saoudite, Algérie, Émirats-Arabes Unis, Turquie, Corée du Sud, la liste des puissances militaires en ascension est encore longue.

Cette dilution de la puissance de feu dans l’espace mondial, bien qu’il soit encore largement dominé par les États-Unis, la Chine et dans une moindre mesure l’Europe, met en exergue la complexification de l’ordre mondial et ses recompositions. Le réarmement dénote de deux phénomènes intimement liés. Premièrement, de plus en plus de pays s’affirment et pèsent dans le jeu géopolitique régional voire mondial. La Turquie en est un parfait exemple. Deuxièmement, ces stratégies de défense expriment de forts sentiments d’insécurité régionaux, comme c’est le cas pour la Corée du Sud ou pour les Émirats Arabes Unis.

Le champ de bataille se transforme

réarmement des armes nouvelles
Les drones de combat, nouvelles armes du XXIe siècle

Outre la dimension quantitative du réarmement mondial, les caractéristiques de ce dernier évoluent aussi, et de deux manières. Les moyens se métamorphosent dans l’innovation, et le champ de bataille se déplace. Concernant l’innovation, les armes s’améliorent et changent. La Russie a annoncé en décembre 2019 le déploiement de son missile hypersonique Avangard, « pratiquement invincible » selon Vladimir Poutine. De plus, les drones ou l’introduction de l’intelligence artificielle dans des armes autonomes transforment totalement la réalité du terrain.

L’autre mutation du champ de bataille, c’est qu’il va maintenant du cyberespace jusqu’à l’espace. Les dangers de la cyberguerre ont notamment conduit la Chine et la Russie (avec le « Runet ») à lancer des politiques d’« internet souverain » pour fonctionner de manière indépendante des réseaux internationaux. Parallèlement est en train de se jouer une deuxième saga de la « Guerre des Etoiles » reaganienne, avec une « arsenalisation » sino-russo-américaine de l’espace. Si Mac Mahan était né au XXIe siècle, « qui contrôle l’espace contrôle le monde » aurait pu être sa nouvelle maxime.

Conclusion : et l’Europe dans tout ça ?

Entourée d’un « cercle de feu » composé de crises, de menaces et de conflits, comment l’Europe se situe-t-elle ? On remarque une volonté grandissante de consolider une pensée stratégique, encore absente hier de la politique européenne. « Europe must also learn the language of power », déclare la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen. Des initiatives sont à relever, comme la Coopération Structurée Permanente de 2017 (CSP ou PESCO) ou le Fonds Européen de Défense prévu pour 2021. Dans un contexte de crise de l’OTAN et de montée de menaces, la défense européenne fait son nid. Ces initiatives suffiront-elles ? Et surtout, parviendront-elles à dépasser les innombrables divisions européennes ?

Sources :

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17 janvier 2020 Afrique et Moyen-OrientAmériqueAmérique du NordAsie et OcéanieChineEuropeFranceGéopolitique & Relations InternationalesIndeInternationalProche et Moyen-OrientRussieSituations décryptées Leave a comment

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/international/42710-le-rearmement-du-monde

Les actions du secteur de la défense en hausse depuis l’assassinat de Soleimani

Les actions du secteur de la défense en hausse depuis l’assassinat de Soleimani

Repéré par Léa Polverini — 4 janvier 2020 à 13h52

L’assassinat du général iranien par les États-Unis risque de précipiter une escalade de violences dans la région.

La Bourse de Wall Street, à New York, en octobre 2019. | Johannes Eisele / AFP
La Bourse de Wall Street, à New York, en octobre 2019. | Johannes Eisele / AFP

Temps de lecture: 2 min — Repéré sur Los Angeles Times

C’est une légère hausse que les actions du secteur de la défense ont enregistrée après l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani, ordonné par le président des États-Unis Donald Trump dans la nuit du 3 janvier.

Alors que le Guide suprême d’Iran Ali Khamenei a annoncé qu’une «sévère vengeance» était à attendre, le gouvernement états-unien a affirmé de son côté que 3.000 à 3.500 militaires seraient déployés au Koweït pour répondre «au niveau accru de menace contre les forces et les installations américaines».

Face au risque d’escalade de violences dans la région, la bourse de Wall Street est elle aussi «montée au créneau»: alors que l’indice boursier du S&P 500 perdait du terrain, l’indice du secteur aérospatial et de l’industrie de la défense a grimpé d’1,8% ce vendredi.PUBLICITÉ

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Les drones ont le vent en poupe

Le record revient pour l’heure à AeroVironment, qui a progressé de 6,9%. La firme californienne est notamment spécialisée dans la fabrication de petits drones de reconnaissance à courte portée, qui peuvent atteindre la taille d’un colibri, et qui sont principalement utilisés par l’armée américaine. Elle travaille en collaboration avec le Pentagone, la DARPA (agence chargée de la recherche et du développement des nouvelles technologies destinées à un usage militaire), et la NASA.

Selon Ken Herbert, le directeur général de la banque d’investissement Canaccord Genuity, la surveillance de proximité est «une mission précise pour laquelle les drones d’AeroVironment sont très bien adaptés», et dont le conflit entre les États-Unis et l’Iran pourrait bien faire exploser les ventes.

Le conglomérat Northrop Grumman Corporation a quant à lui vu ses actions monter de 5,4%. Comptant parmi les plus grosses entreprises d’armement au monde, la compagnie s’est investie dans le secteur aérospatial et dans celui des missiles. Elle fabrique des avions tels que le bombardier B-2, et est actuellement en charge du développement du bombardier B-21, destiné à l’US Air Force.

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Le fabriquant du chasseur bombardier F-35, Lockheed Martin, première entreprise mondiale de défense et de sécurité, a enregistré une hausse plus modeste, de 3,6%, quand Raytheon, entreprise spécialisée dans les technologies de missiles et de radars, a gagné 1,5%.

La seule entreprise de défense à avoir subi une baisse parmi les plus grosses sociétés américaines est Boeing, avec -0,2%. Depuis les crashs successifs de ses deux 737 Max en octobre 2018 et en mars 2019, qui ont respectivement causé la mort de 189 et de 157 personnes, l’entreprise connaît une période de troubles qui se répercute sur sa cotation en bourse.

http://www.slate.fr/story/185945/bourse-actions-secteur-defense-hausse-assassinat-soleimani-iran-etats-uni

La milice turkmène syrienne reçoit des chars allemands

La milice turkmène syrienne reçoit des chars allemands

RÉSEAU VOLTAIRE | 30 NOVEMBRE 2019 ESPAÑOL

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La milice turkmène syrienne, qui s’est illustrée en appuyant l’armée turque contre le PKK/YPG, vient de recevoir au moins deux tanks Leopard 2A4 (version à calculateur numérique) et peut-être beaucoup plus.

Ces blindés sont fabriqués par la société allemande Krauss-Maffei. Ils ont équipé presque toutes les forces de l’Otan dans les années 80. L’armée turque, qui en a acheté 340, en avait déployé une cinquantaine en Syrie et en a perdu une dizaine lors des combats.

C’est la première fois qu’une milice dispose de blindés modernes sur le théâtre moyen-oriental.

On ignore qui sont les pilotes de ces chars et où ils ont été formés. L’apprentissage de ces engins est estimé à 4 mois minimum avant d’oser s’aventurer sur un champ de bataille. On ignore également qui forme les équipes techniques et d’où proviendront les pièces de rechange, la maintenance étant indispensable au fonctionnement de ce matériel.

On ignore si l’Allemagne a été informée à l’avance de ce transfert d’armement. Sous l’appellation d’« Armée nationale syrienne » (ANS), la milice turkmène est basée à Idleb où elle protège les éléments d’Al-Qaïda qui s’y sont regroupés. Ces derniers sont soignés et nourris par des « ONG » françaises et allemandes.

Le gouvernorat d’Idleb est séparé par une zone de cessez-le-feu du reste de la Syrie dans laquelle des forces terrestres russes patrouillent. Les accords précédents, signés par la Turquie, prévoyaient le retrait de toutes les armes lourdes du gouvernorat d’Idleb. Ces accords n’ayant pas été respectés, l’Armée arabe syrienne s’est déployée pour chasser les jihadistes d’Al-Qaïda. Elle est appuyée par l’aviation russe.

Nul ne sait ce que serait la réaction russe si ces blindés entraient en confrontation avec ses soldats. En 2015, l’armée turque avait abattu un Sukhoï russe et la milice turkmène dirigée par le loup gris Alparslan Celik avait achevé en toute connaissance de cause un des pilotes, Oleg Pechkov. Il s’en était suivi une crise majeure entre d’un côté la Fédération de Russie et de l’autre la Turquie et l’Otan.

https://www.voltairenet.org/article208449.html

DUBAI AIRSHOW 2019 SOUS LE «PANTSIR»


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DUBAI AIRSHOW 2019 SOUS LE «PANTSIR»

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Dubai Airshow 2019 sous le «Pantsir»

IMAGE: Marina Lystseva / TASS

Écrit par Roman Azanov ; Apparu à l’origine à TASS , traduit par AlexD exclusivement pour SouthFront

Le spectacle aérien de Dubaï se tient depuis 1986 et est considéré comme l’un des plus représentatifs des manifestations internationales dans son domaine. Cette année, plus de 1200 entreprises et 87 000 spécialistes de plus de 70 pays ont assisté à la conférence. Outre la société d’État «Rostech» et l’exportateur spécial «Rosoboronexport», huit exploitations de défense majeures produisant des armes et du matériel militaire pour l’aviation, la défense aérienne et la guerre électronique ont présenté leurs produits militaires à l’exposition russe.

Les pays du Moyen-Orient sont les plus intéressés par les équipements aéronautiques et la défense aérienne. Selon le Service fédéral de coopération militaire et technique (FSMTC), leur part représente environ 40% du volume total des commandes. « Au cours des cinq dernières années, le volume des exportations de produits militaires dans la région a dépassé les deux milliards de dollars par an et représente 10 à 20% des exportations totales », a déclaré le directeur du FSMTC, Dmitri Shugaev, lors de la journée d’ouverture du Dubai Airshow 2019.

La Russie commercialise au Moyen-Orient presque toute la gamme des avions de combat et de la défense aérienne. Cependant, cette année, les produits civils ont été d’un intérêt particulier.

Milevsky débuts

L’hélicoptère Mi-38, présenté par la société russe Helicopters (qui fait partie de la société d’État « Rostech »), a présenté pour la première fois à l’étranger ce spectacle aérien. La machine avec une cabine très confortable a non seulement été démontrée au sol, mais a également participé au programme de vol.

L’intérêt pour cela a déjà été montré aux EAU. Le chef du ministère de l’Industrie et du Commerce de la Fédération de Russie, Denis Manturov, a montré l’hélicoptère Mi-38 au prince héritier de l’émirat d’Abou Dhabi, Cheikh Mohammed bin Zayed al Nahyan. « À mon avis, compte tenu du fait que les Émirats sont actionnaires de Russian Helicopters et s’intéressent au développement d’hélicoptères en fonction des actifs auxquels ils participent, je pense que l’hélicoptère a de bonnes chances d’atterrir sur le sol émirati continuer à parler d’autres pays du golfe Persique et du Moyen-Orient », a déclaré le ministre.

Il a été annoncé que des hélicoptères russes commenceraient la production en série de cette machine au cours du spectacle aérien. L’usine d’hélicoptères de Kazan (KHP) a reçu un certificat de fabricant de l’Agence fédérale du transport aérien (Rosaviatsia). Le premier Mi-38 sera livré au client national d’ici à fin 2019. «Le certificat confirme que KHP est prêt pour des livraisons en série d’hélicoptères de ce type pour les opérateurs commerciaux et les clients du gouvernement», a déclaré Yuri Pustovgarov, directeur général de KHP. .

Dubai Airshow 2019 sous le «Pantsir»

Aménagement de la cabine VIP du Mi-38. IMAGE: Marina Lystseva / TASS

Le Mi-38 est un hélicoptère universel qui peut être utilisé pour transporter des passagers (y compris des personnalités importantes), du fret, des opérations de recherche et de sauvetage et des travaux médicaux. Je suis convaincu que les caractéristiques techniques élevées et le prix concurrentiel garantiront l’intérêt de nos partenaires du Moyen-Orient, de l’Asie du Sud-Est, de l’Amérique latine et de l’Afrique pour l’hélicoptère.

Sergei Chemezov

Directeur général de Rostech

La conception du Mi-38 présente de nombreuses innovations: amélioration des contours aérodynamiques du fuselage et rationalisation du système de propulsion, protection du manchon du rotor principal et du plateau oscillant. Au lieu du placement traditionnel des moteurs devant la boîte de vitesses principale, pour la première fois dans l’industrie nationale de l’hélicoptère, un système avec une localisation «arrière» a été mis en œuvre. Selon les développeurs, cela a permis de réduire la traînée aérodynamique et le niveau de bruit dans la cabine, ainsi que d’améliorer la sécurité de la machine.

En plus du Mi-38, l’hélicoptère léger «Ansat» a fait ses débuts au Moyen-Orient. La machine dans le modèle d’entreprise (la configuration présentée peut transporter jusqu’à cinq passagers) a également pris part au programme de vol de l’exposition.

Nouveau créneau

Selon Andrei Boginsky, le chef des hélicoptères russes, les Émirats arabes unis se développent de manière dynamique dans le sens de la mobilité urbaine. Ainsi, outre les prototypes volants, le drone VRT300 a été présenté sur le stand, ainsi que lors de l’exposition conjointe tenue avec le groupe émirati Tawazun. , un modèle d’hélicoptère monomoteur léger VRT500 avec un agencement coaxial de vis.

Dubai Airshow 2019 sous le «Pantsir»

VRT500. IMAGE: Marina Lystseva / TASS

VR-Technologies (cette société est engagée dans le développement d’hélicoptères et de drones perfectionnés) produira un prototype de VRT500 d’ici au second semestre de 2020. La machine recevra un moteur à turbine à gaz PW207V de Pratt & Whitney Canada. Il peut également être produit en version passager, polyvalente, cargo, formation, VIP et évacuation médicale. Selon les développeurs, ce sera le premier hélicoptère médical au monde à pouvoir charger et décharger du matériel médical uni par les portes arrière de la cabine.

Le développeur a signé un accord de concession avec le suédois Rotocraft Nordic AB pour la livraison de dix hélicoptères légers VRT500 en configuration de base en 2023.

Russian Helicopters fait son entrée sur le marché international dans un nouveau créneau: les hélicoptères civils monomoteurs légers. Le projet VRT500 est certainement concurrentiel et présente un grand intérêt pour les clients étrangers

Sergei Chemezov

Directeur général de Rostech

Quant à l’hélicoptère sans pilote VRT300, il est en cours de développement dans une version cargo et dans une version destinée à la surveillance et à la télédétection de la surface de la terre ou de l’eau. L’appareil sera également équipé de systèmes d’atterrissage automatiques précis sur les navires.

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VRT300. IMAGE: Marina Lystseva / TASS

Il a été annoncé que le groupe émirati Tawazun acquerrait 50% des actions de la société VR-Technologies. Les paramètres financiers de l’accord n’ont pas été divulgués. Il est prévu de finaliser la transaction au cours du premier trimestre de l’année prochaine. L’investissement conjoint dans le développement de l’entreprise s’élèvera à environ 400 millions d’euros. Le document a été signé au Dubai Airshow 2019.

Selon le directeur de Rostech, les investisseurs du Moyen-Orient « accéléreront la mise en œuvre des projets VRT300 et CRT500 et donneront une impulsion à de nouveaux développements de systèmes avancés d’hélicoptères et sans pilote ». «Nos accords prévoient également une assistance pour la promotion de ces produits sur les marchés du Moyen-Orient et, en particulier, du golfe Persique. Les deux machines ont de bonnes perspectives dans la région, où les solutions pour développer la mobilité aérienne urbaine sont de plus en plus populaires », a-t-il déclaré. Les EAU envisagent d’utiliser cette technique principalement comme taxi Uber de l’aéroport de Dubaï.

À propos, ce n’est pas la première expérience de coopération entre la société émiratie et la Russie. Tawazun détient déjà 36% du projet de voiture russe Aurus.

Intérêt pour le Yak-130

La société Irkut (appartenant à la United Aircraft Corporation, UAC) a apporté un prototype à grande échelle de l’avion d’entraînement au combat Yak-130, qui a également fait ses débuts dans les cieux de Dubaï. Mais non seulement ce fait a attiré l’attention de tous les médias du monde. Au salon aéronautique de Dubaï en 2019, il a été officiellement annoncé que l’UAC avait entrepris une modernisation en profondeur de cette machine, ce qui permettrait à l’avion d’être en grande partie prêt au combat.

Nous présentons ici le début du projet de modernisation en profondeur, nous étendons considérablement ses capacités de combat. Cela ne devient pas simplement un avion d’entraînement au combat, mais dans une large mesure un avion de combat. Sa fonction de formation est également améliorée: il est capable de former les pilotes pour les aéronefs de quatrième et cinquième générations.

Yuri Sliusar

Chef de l’UAC

Selon lui, le Yak-130 pourra effectuer un grand nombre de tâches. De plus, il peut être adapté au client et à la région d’application. «Nous avons personnalisé ces capacités de combat accrues uniquement pour ces clients du Moyen-Orient, en tenant compte des tâches qu’ils doivent résoudre ici», a déclaré le chef de l’UAC. En particulier, l’exposition Yak-130 sur le sol a montré toute la gamme des armes d’avions: missiles guidés air-air, blocs de missiles non guidés de différents calibres, conteneurs de guerre électronique, ainsi qu’un conteneur suspendu doté d’un double canon de 30 mm canon à air.

Le Yak-130 est déjà livré au Bangladesh, au Myanmar et au Laos. Il y a un intérêt de la part de la Malaisie.

Dubai Airshow 2019 sous le «Pantsir»

Yak-130. IMAGE: Marina Lystseva / TASS

On a également appris que la Russie avait reçu les premières demandes de clients étrangers pour une version d’exportation du chasseur-bombardier Su-34, dont un prototype a également été présenté à l’exposition russe.

“Remède” pour les drones

Outre les nouveautés dans le secteur des aéronefs et des hélicoptères, Rostech Holdings a présenté les derniers systèmes russes de lutte contre les véhicules aériens sans pilote (UAV) et d’autres moyens d’attaque aérienne.

Parallèlement aux systèmes de défense aérienne bien connus, des équipements de guerre électronique ont été montés sur divers transporteurs, notamment les complexes hautement mobiles «Peregrine-Snipe», «Border-Automation», «Dome» et «Pischal». Ces développements peuvent être utilisés avec succès pour protéger les installations militaires et industrielles, ainsi que les infrastructures civiles des drones.

Dubai Airshow 2019 sous le «Pantsir»

« Pischal-PRO ». IMAGE: Marina Lystseva / TASS

«De tels systèmes sont capables de détecter des drones de différentes dimensions, de les identifier, d’intercepter le contrôle et de désactiver efficacement les drones. La demande pour ces produits dans le monde est extrêmement élevée, elle devrait atteindre 2 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années », a déclaré le chef de Rosetch Sergei Chemezov. Les faibles coûts, la disponibilité et la facilité de gestion font des UAV l’un des moyens les plus efficaces d’atteindre les objectifs.

La zone échelonnée de la neutralisation radio-électronique des UAV de petite taille en fonction des besoins du client peut inclure un ensemble d’éléments différant en termes de rayon d’action, de mobilité et de caractéristiques des objets ou des territoires couverts. La couverture zonale des territoires est fournie par le système de guerre électronique «Repellent».

«Rosoboronexport a créé un concept de lutte contre les drones à deux niveaux, qui inclut à la fois des contre-mesures électroniques des UAV et des armes de destruction», a déclaré le directeur général de TASS, Aleksandr Mikheev, lors du spectacle aérien.

Dubai Airshow 2019 sous le «Pantsir»

« Dome-PRO ». IMAGE: Marina Lystseva / TASS

Un peu plus tôt, il a été rapporté que l’Arabie saoudite était intéressée par l’acquisition de systèmes de guerre électronique russes et des systèmes de défense antiaérienne «Tor» et «Pantsir» après l’attaque par drone contre les installations pétrolières du Royaume en septembre dernier.

Sous la couverture « Pantsir »

Rosoboronexport a présenté à l’exposition le chasseur Su-57E de cinquième génération sous forme de modèle, les hélicoptères améliorés Mi-28NE et Mi-171SH, ainsi que du matériel de défense aérienne, y compris une version améliorée du missile anti-aérien Pantsir-S1M système. Une attention particulière y a peut-être été accordée, non seulement parce que c’est un moyen très efficace de lutter contre les drones, mais aussi parce que ces complexes assurent la sécurité du spectacle aérien.

Dubai Airshow 2019 sous le «Pantsir»

Modèle de système de missiles anti-aériens et de canon Pantsir-S1M. IMAGE: Rosoboronexport

«Oui», a déclaré Abdullah al-Hashmi, vice-ministre adjoint de la Défense des Émirats arabes unis, à la question de savoir si le «Pantsir», précédemment fourni aux Émirats, était utilisé pour garder le Dubai Airshow 2019. Selon lui, les forces armées du pays en sont satisfaits.

C’est un bon système. « Pantsir » est très bon pour les exigences sous lesquelles il est fait, et pour les distances, sur lequel il fonctionne

Abdullah al-Hashmi, sous-ministre adjoint de la Défense des Émirats Arabes Unis, major général

Au total, entre 2009 et 2013, la Russie a livré au pays arabe 50 complexes Pantsir-S1 en version exportée (sur le châssis du camion Man SX45) et 1 000 missiles. La mise à niveau de ces complexes fait également l’objet de discussions avec les Émirats arabes unis.

Le directeur de la coopération internationale et de la politique régionale de Rostech, Viktor Kladov, a déclaré à TASS que la sélection de Pantsirs pour assurer « un ciel sûr pour les vols de l’un des principaux spectacles aériens du monde » constitue « une nouvelle confirmation des avantages de nos systèmes de défense antiaérienne et Armes russes en général ». On a appris que la Russie avait reçu plus de 15 demandes d’achat de complexes Pantsir, dont plusieurs du Moyen-Orient.

Au total, 165 avions différents ont été présentés sur le site en plein air de Dubai Airshow 2019. Le spectacle aérien de Dubaï s’agrandit d’année en année.

https://southfront.org/dubai-airshow-2019-under-the-pantsir/

Budget des armées : comment gérer le coût des opérations militaires

Budget des armées : comment gérer le coût des opérations militaires

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Publié par Jean-Baptiste Le Roux le 14 Novembre 2019

Sentinelle sur le territoire nationale, les OPEX à l’extérieur. L’hôtel de Brienne est une fois encore confronté à un problème budgétaire : la gestion financière de ces opérations.

1,39 milliard d’euros d’opérations en 2019

Budget des armées : comment gérer le coût des opérations militaires

Sentinelle et les opérations extérieures ont beau être décidées par l’exécutif, c’est l’armée qui paye. Ce fut le cas les deux dernières années. Pour l’année 2019, rien ne va changer. C’est du moins ce que l’on peut comprendre à la lecture du projet de loi de finances rectificative. Pour la seule année 2019, les missions à l’intérieur du territoire français comme Sentinelle, et les opérations extérieures auront coûté à la Défense la jolie somme de 1,39 milliard d’euros.

La bonne nouvelle, c’est que sur cette somme, 950 millions d’euros ont déjà été provisionnés, au titre du budget 2019. Il s’agit dans le budget de la Défense d’une case spécifique, dédiée aux opérations extérieures. La moins bonne nouvelle, c’est qu’il reste 448 millions d’euros à trouver pour que la Défense rentre dans son budget. Heureusement, il semblerait qu’une solution ait été trouvée pour gérer ce surcoût.

Un surcoût moins important que l’année passée

D’après le quotidien La Tribune , il semblerait que sur ce reste à charge, 37 millions d’euros soient pris en charge par des institutions internationales. Le quotidien croit également savoir que pour financer le surcoût, l’hôtel de Brienne ait pu obtenir des crédits supplémentaires, à hauteur de 214 millions d’euros, et d’un redéploiement de crédits non utilisés les années précédentes, de 197 millions d’euros.

Pour rappel, l’année précédente, le surcoût des opérations militaires françaises avait été calculé à 1,37 milliard d’euros. Un chiffre légèrement inférieur à celui de cette année. Mais la situation l’an dernier était tout de même radicalement différente. En effet, le surcoût laissé à la charge de la Défense était bien plus important, puisqu’il avait atteint près de 720 millions d’euros.

Tags : A la uneArméesBudgetCoûtDéfenseEtatGouvernementInternationalLoi de financesministère des ArméesNationalOPEXOpérationsSentinelle

https://www.enderi.fr/Budget-des-armees-comment-gerer-le-cout-des-operations-militaires_a566.html

L’Inde une puissance mondiale en devenir

L’Inde une puissance mondiale en devenir

Posted on  18 novembre 2019 by  admin

Billet du Lundi du 18 novembre 2019, par le Général (2S) Jean-Bernard Pinatel*

Bien que figurant parmi les toutes premières puissances du monde, l’Inde est un pays qui est généralement absent de nos médias. On en a parlé fin octobre 2019 parce que la compagnie IndiGo a signé une commande de 300 Airbus qui s’élèverait à environ 33 milliards de dollars, au moins.

Pourtant en 2019 ce pays vient de vivre des événements intérieurs importants. De même les relations stratégiques de la France qu’elle tisse patiemment avec l’Inde mériteraient plus d’intérêt de notre part.

L’Inde est la démocratie la plus importante du monde par le nombre d’électeurs. Lors des dernières élections législatives de mai 2019, 900 millions de citoyens indiens étaient inscrits sur les listes électorales et la participation s’est élevée à 67 %, la plus importante pour des élections générales en Inde. Le BJP, parti du premier Ministre sortant Narendra Modi, a remporté 303 sièges, soit une majorité absolue à la chambre basse du parlement indien (Lok Sabha). C’est la première fois qu’un parti autre que le Congrès réussit à remporter une majorité absolue à deux élections successives. 

Ce résultat a été obtenu dans un contexte de tension exceptionnel avec le Pakistan. A une série d’attentats terroristes au Cachemire indien revendiqués par un groupe terroriste d’origine pakistanaise, pour la première fois l’Inde et le Pakistan, deux pays qui possèdent l’arme nucléaire ont répondu en menant des frappes aériennes sur la zone du Cachemire appartenant à l’autre partie et un avion indien a été abattu. 

La reconduite au pouvoir d’un leader nationaliste qui n’a pas hésité, pour la première fois, à envoyer ses avions frapper le sol pakistanais en réponse à une vague d’attentats au Cachemire indien est l’occasion de se demander à quelle place se situe l’Inde dans les grandes puissances et sur quels critères classer la plus grande démocratie du monde dans le concert des nations ?

Faits et données bruts

En prenant en compte les huit critères les plus utilisés en géopolitique, deux puissances vraiment mondiales se détachent par leur capacité d’agir militairement partout dans le monde et disposant d’une présence économique globale : les Etats-Unis et la Chine. 

On peut identifier 8 autres puissances régionales à vocation mondiale par un ou plusieurs critères. Elles sont par ordre de leurs potentialités : la Russie, la France, le Royaume-Uni, le Canada, l’Inde, l’Australie, le Japon, et l’Allemagne. Le Brésil et le Pakistan restent des puissances essentiellement régionales.

L’Inde ne se classe au premier rang à égalité avec la Chine que pour sa population mais elle produit encore six fois moins de richesses. Elle a un PIB par habitant 8 fois inférieur à celui de la Chine. C’est une puissance nucléaire et ses dépenses militaires en croissance forte ont dépassé celles de la Russie et de la France.  Elles classent l’Inde au troisième rang mondial mais elles restent 4 fois moins importantes que celles de la Chine estimées à 250 milliards de dollars. 

Par ailleurs, l’Inde occupe une position géostratégique tout à fait particulière :  avec 3,2 millions de km2, elle se classe au 7ème rang mondial. Elle est presque six fois moins étendue que la Russie, trois fois moins étendue que les Etats-Unis, la Chine et le Canada et deux fois moins que l’Australie et le Brésil et cet écart s’accroit si on prend en compte l’étendue des Zones Economiques Exclusives (ZEE).

Au Nord, l’Inde possède 2430 km de frontière avec le Pakistan, son ennemi de toujours pour des raisons religieuses et territoriales et avec lequel elle est actuellement engagée dans un  sixième conflit armé à propos du Cachemire. Cet affrontement entre deux puissances nucléaires n’intéresse que marginalement nos médias et les Français.

La pointe Sud de l’Inde aurait pu lui permettre de contrôler le trafic maritime entre le détroit de Malacca et le détroit d’Ormuz par lequel passe 60% de l’énergie importée par la Chine si elle avait su se faire l’alliée du Sri Lanka et des Maldives. Mais c’est la Chine qui est devenue le principal partenaire du Sri Lanka dans le cadre de la modernisation de son port. Nombreux sont les Chinois qui y travaillent comme l’annoncent de grands panneaux en langue chinoise.

Evaluation qualitative : Les facteurs internes qui restreignent le potentiel d’influence mondiale de l’Inde

Si les potentialités de l’Inde sont mondiales, elle devra maitriser des faiblesses internes qui l’empêchent de jouer un rôle mondial aux côtés de la Chine et des Etats-Unis.

En effet, l’Inde, pays démocratique, est une fédération dans laquelle les intérêts régionaux dominent, ce qui naturellement rend difficile la définition des intérêts nationaux et internationaux. La régionalisation du jeu politique est une tendance forte de la vie politique indienne qui limite considérablement sa capacité d’agir à l’extérieur de ses frontières.

Elle résulte de l’origine ethnique et culturelle des populations. L’Inde en effet compte plus de 2 000 groupes ethniques, plusieurs centaines de langues appartenant à quatre familles différentes (indo-européennes, dravidiennes, austro-asiatiques, tibéto-birmanes). Le nombre de partis nationaux reconnus par la Commission électorale (et qui ont donc passé la barre des 4 % des suffrages exprimés) est tombé de 14 en 1952 (à l’époque la barre était à seulement 3 %) à 6 en 2004 : le Congrès, le BJP, le Bahujan Samaj Party – qui n’a pas de députés en dehors de l’Uttar Pradesh, le NCP – qui n’existe vraiment qu’au Maharashtra – et les deux partis communistes. 

En revanche, le nombre des partis régionaux reconnus par la Commission est, lui, passé de 58 à 231. Quant à leur part de l’électorat, elle a progressé de 9,7 % en 1967 à 43,6 % en 1991, 51,4 % en 2004 et 52,5 % en 2009. 

Par ailleurs, l’existence d’une forte minorité de musulmans en expansion démographique est un facteur de tensions communautaires et du renforcement  d’un extrémisme hindou. Entre 2001 et 2011, la population indienne a crû de 17,7 %, passant d’un peu plus d’un milliard d’habitants à 1,2 milliard de personnes. Sur cette période, les 966 millions d’hindous recensés en 2011 ont connu une croissance légèrement inférieure (16,8 %) à celle de la communauté musulmane qui s’est accrue de 24,6 %, à 172 millions d’individus. C’est ce différentiel de croissance qui fait que la part des Hindous a légèrement décliné, passant, entre 2001 et 2011, passant en dessous de 80% (de 80,5 % à 79,8 %) de la population. Pour Surendra Jain, du Vishwa Hindu Parishad (le Conseil mondial hindou, l’une des principales composantes de l’extrême-droite hindoue) : « les musulmans visent à faire de l’Inde une nation musulmane ». Pour le BJP, les résultats du recensement 2011 sont la preuve que la majorité hindoue est en voie d’érosion : « Le fait que la population hindoue passe sous la barre des 80 % est un signal d’alarme. Vous êtes libres de l’ignorer mais cela ne changera pas cette réalité : nous aurons été prévenus », met en garde Rakesh Sinha, directeur honoraire de l’India Policy Foundation, à New Delhi.

Ces tensions sont aussi alimentées  par le sentiment de la communauté musulmane, d’être écarté de l’administration (IAS) où les hindous sont surreprésentés avec en moyenne 88 % de candidats recrutés chaque année comme le sont les minorités chrétienne, sikhe et jaïne. Les musulmans sont nettement sous-représentés, avec moins de 3 % de candidats recrutés en moyenne, alors que l’islam est la religion de 14 % de la population indienne. Cette sous-représentation des musulmans dans l’IAS s’explique en partie historiquement par la partition qui a amputé la communauté musulmane indienne de ses élites parties au Pakistan.

Une politique étrangère au service de la croissance économique

La crise extrêmement violente du printemps 2019 avec le Pakistan et un premier ministre nationaliste pourraient faire penser que l’Inde entre dans une période d’affirmation de puissance. Il n’en est rien. Pour les années à venir, l’Inde a fait de sa croissance économique une priorité nationale et donc cherche à améliorer ses relations avec tout le monde, Pakistan compris.

La croissance économique indienne est à 80% endogène et est encore plus dépendante que celle de la Chine de l’importation d’énergie. En effet, la consommation d’énergie de l’Inde a doublé depuis le début du XXIème siècle alors que la consommation par habitant reste  le tiers de la moyenne mondiale et que 240 millions d’indiens n’ont pas encore accès à l’électricité, c’est dire si l’Inde est loin d’avoir atteint son pic de consommation d’énergie alors qu’elle est déjà le troisième plus grand consommateur d’énergie du monde (5,5% de l’énergie primaire en 2016)  et le second consommateur mondial de charbon après la Chine (11% du total mondial en 2016). L’Inde est aussi le troisième consommateur de pétrole du monde (4,6% en 2016) et a vu sa dépendance vis-à-vis du pétrole importé croitre de 80.6% en 2015 à 82,9% en 2017, sa consommation augmentant de 184,7 millions de tonnes à 203, millions de tonnes en 20181.

C’est cette dépendance qui orientera la politique étrangère indienne dans les années à venir bien plus que son opposition au Pakistan. L’axe majeur de sa politique étrangère sera pour longtemps de créer les conditions politiques qui lui permettront de diversifier son approvisionnement énergétique tout en diminuant sa dépendance au charbon et en assurant la sécurité physique de ses approvisionnements. 

C’est pourquoi l’Inde mène une politique d’équilibre avec les grandes puissances régionales. Elle ne veut envenimer ses relations ni avec le Pakistan ni avec la Chine2 et essaie d’être le pays capable d’avoir de bonnes relations avec les Etats-Unis malgré ses projets avec l’Iran et tout en maintenant ses liens historiques avec la Russie, de s’ouvrir aux investissements européens.

Cette politique de sécurité de ses approvisionnements veut la garantir aussi par une puissance militaire en développement. L’Inde avec un budget de la Défense de 70 milliards de dollars s’est hissée au troisième rang mondial. Elle dispose d’une armée de plus d’un million d’hommes qui se modernise. Elle est devenue le premier acheteur d’armes au monde. Elle souhaite devenir aussi la première puissance navale de l’océan Indien car la voie maritime est essentielle pour ses approvisionnements énergétiques et la route du pétrole du golfe Persique vers la Chine et des porte-conteneurs d’Asie vers  l’Europe se croisent au large de ses côtes. 

La France veut participer à ce développement énergétique et militaire

Le Président Macron a invité le premier ministre indien à Biarritz cet été dans le cadre du G7.

Le 14 octobre 2019 le groupe Total s’est porté acquéreur de 37,4% du distributeur de gaz indien Adani Gas pour un montant net de 600 millions de dollars, renforçant sa présence dans le secteur gazier en croissance (l’Inde vise que le gaz naturel fournisse 15% de son mix énergétique en 2030 contre 7% aujourd’hui) .“Le partenariat avec le groupe indien Adani, qui nous apporte sa connaissance du tissu local et son expertise dans les domaines des infrastructures et de l’énergie, constitue la pierre angulaire de notre stratégie de développement dans ce pays”, a déclaré Patrick Pouyanné dans un communiqué. Total va lancer une offre publique d’achat sur les marchés pour monter à 25,2% du capital d’Adani Gas et achètera ensuite le reste des actions directement auprès de son partenaire.

Dans le domaine militaire, Naval Group a été un pionnier du “Made in India” en anticipant sans le vouloir la politique de Narendra Modi. Les six Scorpène (1.775 tonnes en immersion) sont tous réalisés dans le chantier de Bombay chez MDL. Le premier Scorpene indien a été mis à flot le 27 octobre 2015. Il a ensuite débuté ses essais en mer en 2016. Il a réussi avec succès un tir de missile anti-navire SM39 de MBDA et un tir de torpille, le rendant apte au combat. Le deuxième sous-marin de la série, le Khanderi, a été mis à flot à Mumbai le 12 janvier 2017 et réalise actuellement plusieurs séries d’essais en mer. “Les autres sous-marins sont à différents stades de construction et seront livrés à raison d’un navire tous les douze mois”, a précisé Naval Group. 

Le premier Ministre Indien et Hervé Guillou, le PDG de Naval Group sur le Kalwari 12

Le 23 septembre 2016, à New Delhi la France et l’Inde ont signé le contrat finalisant l’achat de 36 avions de combat Rafale, destinés à renouveler les moyens de l’Indian Air Force (IAF). 

La France souhaite désormais aider l’Inde à développer ses capacités aéronavales. L’intérêt des marins indiens pour le Rafale marine a été renforcé par les exercices conjoints menés avec le Charles de Gaulle lors de ses déploiements réguliers en Océan Indien mais est resté jusqu’ici très discret. Au-delà de l’intérêt évident offert par de possibles mutualisations (soutien industriel et maintenance optimisés, supply chain commune…) avec le Rafale Air, la version marine de l’appareil présente une vraie plus-value opérationnelle et stratégique pour la flotte indienne, en pleine modernisation.

En effet Indian Navy a  fait le choix de 45  MiG-29K russe afin de constituer le cœur du groupe aérien embarqué sur les nouveaux porte-avions indiens. 

Profondément refondu, le Vikramaditya n’est autre que l’ex-Gorshkov russe, datant de 1987. Il n’a été livré à la marine indienne qu’en 2014 après d’importants retards et surcoûts. S’y ajoutera le nouveau Vikrant, tout premier porte-avions construit en Inde (avec l’assistance italienne), mis à l’eau en 2013 et qui devrait être opérationnel d’ici 2019. 

Mais le MiG-29K semble avoir un  taux de disponibilité insuffisant, avec des problèmes de maintenance et d’approvisionnements en pièces détachées, ainsi qu’une avionique présentant selon les officiers de marine indiens quelques faiblesses. 

La porte reste donc entre ouverte pour le Rafale mer et d’autres initiatives dans le domaine naval.

Notes de bas de page : 

1. https://economictimes.indiatimes.com/industry/energy/oil-gas/indias-oil-import-dependence-jumps-to-84-pc/articleshow/69183923.cms

2. Elle souhaite renforcer la coopération régionale avec la Chine (règlement du différend frontalier du Tibet en 2005) même si en 2011, l’armée chinoise a pénétré en Inde. Important 75% de ses besoins pétroliers, elle veut assurer son indépendance énergétique. Elle a ainsi lancé un vaste plan de nucléarisation civil et participe au projet de gazoduc reliant l’Iran à la Chine.
Elle consolide les relations récemment établis avec les Etats-Unis notamment dans leur tentative de réduction de l’influence chinoise sur la région (« stratégie du collier de perles »). Obama, lors d’un voyage en 2010, a soutenu la candidature de l’Inde à un siège permanent au CS de l’ONU.

* Par le Général (2S) Jean-Bernard Pinatel, Vice-président de Geopragma

https://geopragma.fr/index.php/2019/11/18/linde-une-puissance-mondiale-en-devenir/

Des lanceurs d’alerte révèlent les mensonges de l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques.

Des lanceurs d’alerte révèlent les mensonges de l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques.


Par Tony Cartalucci – Le 5 novembre 2019 – Source New Eastern Outlook

Des lanceurs d’alerte viennent de révéler ce que beaucoup devinaient depuis le début – que l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a délibérément modifié divers rapports et supprimé des preuves concernant des attaques présumées à l’arme chimique en Syrie pour aider à renforcer la propagande de guerre américaine.

La Fondation Courage – composée de divers lanceurs d’alerte et journalistes d’investigation – dans une déclaration intitulée « un comité critique les «pratiques inacceptables» de l’OIAC dans son enquête sur l’attaque chimique de la Douma, Syrie, du 7 avril 2018», conclut que (non souligné dans l’original) :

Sur la base de l'exposé détaillé du lanceur d’alerte, y compris les courriels internes, les échanges de textes et les projets de rapports supprimés, nous sommes unanimes à exprimer notre inquiétude face aux pratiques inacceptables dans l'enquête sur l'attaque chimique présumée à Douma, près de la capitale syrienne de Damas, le 7 avril 2018. Nous avons été convaincus par les témoignages que des informations importantes sur les analyses chimiques, les consultations toxicologiques, les études balistiques et les témoignages des témoins ont été supprimées, visiblement dans le but d’obtenir une conclusion prédéfinie.

Le panel a demandé à l’OIAC de réexaminer son enquête sur l’attaque présumée de Douma en 2018, en déclarant :

Cela contribuerait à rétablir la crédibilité de l'OIAC et à montrer son engagement en faveur de la transparence, de l'impartialité et de l'indépendance. Il est de la plus haute importance de rétablir la confiance dans les procédures de vérification sur lesquelles repose l'application des interdictions de la Convention sur les armes chimiques.

Le groupe comprenait un membre de l’OIAC lui-même – José Bustani [viré et menacé sous pression américaine, NdT] – qui a en fait été le premier directeur général de l’OIAC. Celui-ci conclut :

Les preuves convaincantes d'un comportement irrégulier dans l'enquête de l'OIAC sur l'attaque chimique présumée de Douma confirment les doutes et les soupçons que j'avais déjà. Je n'arrivais pas à comprendre ce que je lisais dans la presse internationale. Même les rapports officiels d'enquête semblaient, au mieux, incohérents. Le tableau est certainement plus clair maintenant, bien que très inquiétant.

Une présentation détaillée des éléments de preuve qui ont été supprimés peut être consultée ici.

Confirmer l’évidence

Depuis le début, le rôle de l’OIAC en Syrie était clairement de fournir un prétexte aux États-Unis pour une intervention militaire directe.

Malgré cet objectif évident, et parce que de nombreux membres du personnel de l’OIAC sont des professionnels ayant des principes, comme le montrent les actes des lanceurs d’alerte, l’OIAC a eu recours à des méthodes très subtiles pour déformer les résultats de ses rapports et formuler ses conclusions de manière à ce que les médias puissent combler les lacunes ou l’ambiguïté des rapports pour lesquelles l’organisation n’osait pas directement mentir.

Malgré les informations contenues dans leurs propres rapports, qui réfutent incontestablement les allégations selon lesquelles le gouvernement syrien aurait utilisé des armes chimiques ou qui admettent qu’aucune allégation fondée sur des faits ne pouvait même être faite alors que les enquêteurs ne se rendaient souvent jamais sur les lieux des attaques présumées, l’OIAC publiera plusieurs conclusions à motivation politique qui nourriront directement la propagande de guerre américaine.

La présumée attaque chimique de Douma en 2018 en est peut-être l’exemple le plus pertinent, les détails de l’attaque présumée étant clairsemés et peu convaincants et le rapport final de l’OIAC comprenant même une photo prise dans une usine d’armes des militants où un cylindre semblable à ceux qui avaient servi à l’attaque a été trouvé parmi des munitions en cours de préparation.

Le rapport contient également des photographies des trous qui auraient été faits sur les toits par ce que l’on prétendait être des munitions chimiques, mais notait que les bâtiments adjacents avaient des cratères et des trous similaires qui n’étaient manifestement pas dus à des munitions chimiques. En d’autres termes, tout porte à croire que les récipients de gaz ont probablement été mis en place en tirant parti des trous et des cratères créés par des armes classiques.

En dépit de ces preuves suggérant que l’attaque n’était qu’une mise en scène, l’OIAC a choisi de les supprimer ou de les minimiser et d’utiliser un langage ambigu pour permettre aux sources médiatiques occidentales de présenter le rapport comme une « confirmation » que non seulement une attaque a eu lieu, mais que c’est le gouvernement syrien qui en était à l’origine.

Ce n’est qu’en lisant soi-même le rapport de l’OIAC que l’on pouvait savoir à quel point les accusations portées contre le gouvernement syrien étaient faibles et que, malgré les manchettes des médias occidentaux accusant le gouvernement syrien, des éléments du rapport montraient du doigt les militants soutenus par les États-Unis opérant dans la région à ce moment-là.

Armes de destruction massive 2.0

Après avoir organisé un conflit par procuration en Syrie en 2011, qui allait plus tard s’enliser, les États-Unis ont cherché à reproduire leurs « succès » en Libye et en Irak en cherchant une justification pour une intervention militaire directe. Les États-Unis ont utilisé le prétexte des militants qu’ils avaient eux-mêmes armés et déchaînés à travers la Syrie, y compris le soi-disant État islamique, pour déployer des forces militaires sur le territoire syrien.

Du coup, ils ont utilisé à plusieurs reprises l’excuse de présumées attaques chimiques dans le but d’établir un consensus international en faveur d’une intervention militaire contre Damas.

Cependant, il semble que le monde comprenait que les États-Unis répétaient – essentiellement – des mensonges presque identiques à ceux qu’ils avaient utilisés à l’égard de l’Irak – littéralement la nation la plus proche de la Syrie – avec des histoires d’« armes de destruction massive » dans le but d’intervenir et de détruire une nouvelle nation du Proche-Orient.

Grâce à cette méfiance mondiale croissante et l’intervention militaire de la Russie en Syrie en 2015, l’agression militaire américaine a été contrecarrée. Les médias alternatifs mondiaux de plus en plus nombreux ont aidé à montrer le vrai visage de cette 2ème version d’un récit sur des armes de destruction massive.

Aujourd’hui, car cet élan s’est poursuivi, l’OIAC est de nouveau sous les feux de la rampe grâce au récent groupe d’experts de la Fondation Courage afin d’exposer enfin et peut-être même de tenir responsables ceux qui, au sein de l’OIAC, ont tenté d’utiliser l’organisation pour faciliter une propagande de guerre plutôt que pour remplir son mandat. Le panel et les médias alternatifs qui en font la promotion célèbrent également ceux qui, au sein de l’OIAC, ont le courage de dénoncer ces irrégularités.

Alors que le conflit syrien touche à sa fin en faveur de Damas et de ses alliés – et que les États-Unis et leur groupe d’alliés ont organisé une autre tentative préméditée de destruction d’une nation et de son peuple – un panel exposant l’inconvenance de l’OIAC et sa place dans la propagande occidentale de la guerre pourrait sembler sans pertinence.

Mais il est absolument essentiel d’exposer en détail ce qui a été fait en Syrie, que la guerre soit terminée ou non et quelle que soit l’issue favorable qu’elle a eue pour Damas et le peuple syrien, afin d’éviter que des irrégularités similaires ne soient utilisées contre la prochaine nation qui se trouve dans la ligne de mire de Washington.

Tony Cartalucci

Traduit par Wayan, relu par San pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/des-lanceurs-dalerte-revelent-les-mensonges-de-lorganisation-pour-linterdiction-des-armes-chimiques

Ce sont les forces spéciales les plus difficiles du monde

Ce sont les forces spéciales les plus difficiles du monde

ADVERTISEMENTS

Les soldats des forces spéciales ne sont pas vos soldats réguliers. Les soldats qui font partie de ces équipes sont choisis pour être aussi intimidants que possible afin de mener à bien les opérations les plus difficiles et les plus compliquées du monde. L’OTAN décrit les forces spéciales comme «des activités militaires menées par des forces spécialement désignées…, dotées d’un personnel sélectionné et utilisant une tactique non conventionnelle…». Ces unités vont certainement au-delà des activités militaires normales. Découvrez les forces spéciales les plus difficiles du monde entier!

SAS britannique

Les forces spéciales ont été introduites au début du XXe siècle, mais elles ne sont devenues vraiment importantes et généralisées que lorsque la Seconde Guerre mondiale et les SAS britanniques ont été l’un des premiers.

Le SAS britannique (Special Air Service) a été créé en 1941 pendant la Seconde Guerre mondiale et a commencé comme régiment avant de devenir un corps. Ils sont devenus particulièrement connus en 1980 pour avoir sauvé des otages lors du siège télévisé de l’ambassade d’Iran. Les forces spéciales respectées sont toujours actives et travaillent activement dans la lutte antiterroriste.


Armée de l’armée irlandaise

Cette unité des forces spéciales a été créée en Irlande en 1980 pour lutter contre le terrorisme. Elle a ensuite été rattachée à des opérations spéciales et a participé à de nombreuses missions internationales de maintien de la paix.

L’escadre Army Ranger Wing recrute des membres de l’armée irlandaise, du service naval et du corps aérien, où les candidats doivent passer un certain nombre de tests physiques et mentaux. En gros, si vous n’êtes pas costaud et que vous ne pouvez pas supporter un stress extrême, vous ne pouvez pas faire partie de cette unité!

Ce sont les forces spéciales les plus difficiles du monde

ADVERTISEMENTS

Forces spéciales françaises

Ils sont connus sous le nom de Commandement des Opérations Spéciales (COS) et l’unité a été créée en 1992, après la guerre du Golfe. Ils se sont entraînés à la préparation, ce qui signifie qu’ils peuvent passer à l’action à tout moment!

Ils sont exploités par le Commandement des opérations spéciales et à Paris, on les voit beaucoup plus souvent depuis la récente vague d’attaques terroristes européennes. Le COS est basé à Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques et est composé de personnel de l’armée, de la marine et de la force aérienne.

JTF2 canadienne

C’est l’unité des forces spéciales britanniques qui a incité le Canada à faire de même et l’une de ses meilleures forces est sa force d’opérations spéciales d’élite de la Force opérationnelle interarmées 2 (FOI 2) des Forces armées canadiennes.

La FOI2 est basée à Dwyer Hill, près d’Ottawa, en Ontario. Elle est spécialisée dans la réaction immédiate, la guerre chimique, biologique, radiologique et nucléaire, mais se concentre principalement sur la lutte antiterroriste. Nous ne savons pas grand-chose de leurs opérations car la plupart d’entre elles sont classifiées et le gouvernement n’en parle pas beaucoup!

Commandos Français Marine

Voici une autre unité des forces spéciales françaises qui fait partie de la marine française, où elles opèrent principalement en dehors de la Bretagne, dans le nord-ouest de la France. L’unité a été créée à peu près au même moment que les forces spéciales britanniques lors de la Seconde Guerre mondiale.

Il reste l’une des plus anciennes unités de forces spéciales au monde. Les Commandos Marine sont composées d’environ 650 soldats et portent le surnom de Bérets Verts (bérets verts), en référence aux casquettes qu’ils portent.

Shayetet israélien 13

Shayetet 13 de la marine israélienne est l’une des principales unités des forces spéciales des forces de défense israéliennes et l’une des plus secrètes. La plupart de leurs missions sont hautement classifiées, mais néanmoins, elles sont considérées comme l’une des meilleures forces spéciales au monde.

Leur devise est «quand la chauve-souris sort de l’obscurité, que la lame coupe à travers le silence, que la grenade s’écrase de rage» et qu’ils sont aussi durs que possible. Ceux qui se joignent à la force doivent rester au moins quatre ans et leur entraînement consiste en Krav Maga, où ils apprennent à transformer leurs mains nues en armes!

Shayetet israélien 13

Shayetet 13 de la marine israélienne est l’une des principales unités des forces spéciales des forces de défense israéliennes et l’une des plus secrètes. La plupart de leurs missions sont hautement classifiées, mais néanmoins, elles sont considérées comme l’une des meilleures forces spéciales au monde.

Leur devise est «quand la chauve-souris sort de l’obscurité, que la lame coupe à travers le silence, que la grenade s’écrase de rage» et qu’ils sont aussi durs que possible. Ceux qui se joignent à la force doivent rester au moins quatre ans et leur entraînement consiste en Krav Maga, où ils apprennent à transformer leurs mains nues en armes!

Spetsnaz russe

Ceux qui jouent à “Call of Duty” ou ont vu des films comme “Hitman” et “Predators” ont entendu parler des forces spéciales russes, le Spetsnaz. Ils sont aussi difficiles dans la vie réelle qu’ils ont l’air à l’écran!

Le Spetsnaz est en réalité un terme générique désignant les forces spéciales de la Russie. Il désignait auparavant les unités militaires spéciales contrôlées par le service de renseignement militaire GRU. Ils sont actifs dans de nombreux endroits de l’ex-Union soviétique.ADV

Joints de la marine américaine

Les États-Unis ont l’une des plus grandes armées du monde et l’une de leurs unités les plus importantes est le Navy Seals. «Sceau» signifie «mer, air et terre». Il s’agit de la principale force d’opérations spéciales de la marine et il n’est pas facile de s’enrôler.

Considérant qu’ils doivent être les meilleurs des meilleurs, il faut suivre une formation poussée pour devenir un Navy Seal. Ce sont les gars qui ont fait une descente dans l’enceinte d’Oussama Ben Laden et qui l’ont abattu. Ils ont certainement fait des raids beaucoup plus dangereux, mais tous ne sont pas rendus publics

.https://www.dailybreak.co/92040/8

L’Allemagne portera ses dépenses militaires à 2% du PIB d’ici 2031, promet Mme Kramp-Karrenbauer

L’Allemagne portera ses dépenses militaires à 2% du PIB d’ici 2031, promet Mme Kramp-Karrenbauer

PAR LAURENT LAGNEAU · 8 NOVEMBRE 2019

En 2014, en partie en réaction à l’annexion de la Crimée par la Russie, les alliés de l’Otan s’étaient mis d’accord sur l’objectif d’augmenter leurs dépenses militaires à un niveau équivalent à 2% de leur PIB d’ici dix ans. Et de consacrer 20% de cette somme à l’acquisition de nouveaux équipements ainsi qu’à la R&D [recherche et développement].

Actuellement, seuls sept pays membres de l’Otan ont déjà atteint – voire dépassé – cet objectif, dont les États-Unis, la Grèce, le Royaume-Uni, la Pologne, l’Estonie, la Lituanie et la Lettonie. D’autres s’en approchent peu à peu et devraient être « dans les clous » en 2024. La France est également dans cette logique. Mais il lui faudra consentir d’importantes hausses de ses dépenses militaires après 2023 pour tenir l’engagement pris il y a cinq ans [environ 3 milliards d’euros par an, ndlr].

Le cas de l’Allemagne est plus compliqué… Et ce qui lui a valu – et vaut encore – des critiques acerbes du président américain, Donald Trump, qui a fait de cette règle des 2% au sein de l’Otan l’un de ses chevaux de bataille. Et le sommet de l’Otan organisé à Bruxelles, en juillet 2018, avait été particulièrement houleux quand il s’était agi d’aborder la question des dépenses militaires…

Quoi qu’il en soit, il est déjà acquis que l’Allemagne ne dépensera pas l’équivalent de 2% de son PIB pour ses forces armées [Bundeswehr] en 2024, l’objectif qu’elle s’est fixé étant de seulement 1,5% du PIB. Et encore, il n’est pas certain qu’elle y arrive, notamment en raison des tiraillements à ce sujet entre chrétiens-démocrates de la CDU/CSU et sociaux-démocrates du SPD au sein de la « grande coalition » dirigée par la chancelière Angela Merkel.

En effet, le ministre fédéral des Finances, Olaf Scholz [SPD] s’attache à contre-carrer les plans de son homologue à la Défense. Ainsi, Ursula von der Leyen, appelée à diriger la Commission européenne, avait dû engager un bras de fer avec son collègue… et consentir à quelques concessions.

En effet, et dans un contexte marqué par une dégration de la situation économique allemande, la trajectoire budgétaire actuelle de la Bundeswehr prévoit un budget – en baisse – correspondant à 1,24% du PIB en 2023.

Arrivée à mi-mandat, la coalition gouvernementale allemande est en train de redéfinir ses priorités et ses objectifs pour les deux prochaines années. Et, là encore, il y a des tiraillements au sujet de la politique de défense.

Ainsi, selon les médias d’outre-Rhin, M. Scholz et Annegret Kramp-Karrenbauer, la présidente de la CDU qui a remplacé à Mme Von der Leyen cet été, se sont affrontés au sujet des 2% du PIB. Pour le premier, il est absolument hors de question de porter les dépenses militaires allemandes à un tel niveau étant donné que cela signifierait que la Bundeswehr disposerait, à terme, d’un budget de 65 milliards d’euros. Ce qui, selon lui, ne correspondrait pas à ses besoins.

Or, Mme Kramp-Karrenbauer entend que cet objectif ne soit pas remis en cause… Finalement, d’après Der Spiegel, la grande coalition s’est donné pour objectif de porter les dépenses militaires à 1,5% à l’horizon 2024 « dans les limites des possibilités budgétaires ». Et d’indiquer que, par la suite, le budget de la Bundeswehr « continuerait à augmenter ».

Cependant, le 7 novembre, lors d’un discours prononcé devant des officiers de la Bundeswehr réunis à Munich, Mme Kramp-Karrenbauer a plaidé pour que l’Allemagne soit plus active au niveau militaire pour lutter contre le terrorisme et protéger « ses propres intérêts ». Pour cela, elle a proposé de mettre en place un « Conseil de sécurité nationale » et dit souhaiter vouleur accélérer les décisions parlementaires [le Bundestag a toujours le dernier mot dans ce domaine, ndlr].

« Un pays de notre taille, avec notre puissance économique et technologique, notre position géostratégique et nos intérêts mondiaux, ne peut pas simplement rester à l’écart et regarder. L’Allemagne doit participer aux débats internationaux et les faire avancer », a affirmé la ministre allemande.

Puis, en présence du secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, la ministre allemande a évoqué le sujet des dépenses militaire.

« L’Otan demeure et demeurera l’ancre de la sécurité européenne. Mais il est également évident que l’Europe doit augmenter ses propres capacités complémentaires à agir », a fait valoir Mme Kramp-Karrenbauer. « Cela commence par le budget de la défense. Nous devons atteindre 1,5% d’ici 2024 et 2% d’ici 2031 au plus tard », a-t-elle ajouté. Et, selon elle, ce niveau de dépenses ne vise pas à donner satisfaction au président Trump étant donné qu’il correspond « à notre propre intérêt de sécurité. »

En attendant, le compte n’y est pas pour M. Stoltenberg. « La légère tendance à la hausse des dépenses militaires allemande ne suffit pas. D’autres étapes sont nécessaires », aurait-il dit lors de la dernière réunion de l’Otan, à Bruxelles. Et justement, le prochain sommet de l’Alliance, qui se tiendra à Londres, en décembre, fera du « partage du fardeau » entre alliés l’un des sujets principaux.

http://www.opex360.com/2019/11/08/lallemagne-portera-ses-depenses-militaires-a-2-du-pib-dici-2031-promet-mme-kramp-karrenbauer/

L’Allemagne cherche à s’investir militairement au Proche-Orient élargi

L’Allemagne cherche à s’investir militairement au Proche-Orient élargi

RÉSEAU VOLTAIRE | 27 OCTOBRE 2019 

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Arrivée de la délégation allemande au Caire

La Conférence sur la sécurité de Munich organise les 25 et 26 octobre au Caire et les 27 et 28 octobre à Doha deux séminaires entre dirigeants arabes et allemands.

L’Égypte est —avec la Syrie et l’Arabie saoudite— engagée contre les Frères musulmans, tandis que le Qatar —avec la Turquie et l’Iran— soutient cette société secrète.

Le président égyptien, Abd al-Fattah al-Sissi, son ministre des Affaires étrangères, Sameh Hassan Shoukry, et le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul-Gheit, ont participé à la réunion du Caire avec une quarantaine d’autres personnalités, dont les ministres des Affaires étrangères du Niger de l’Ouganda et de Djibouti.

L’émir du Qatar, cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, son ministre des Affaires étrangères, Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, doivent participer à la réunion de Doha avec une quarantaine d’autres personnalités dont le ministre des Affaires étrangères d’Iran, le président du Kurdistan iraquien, et l’envoyé spécial de l’Onu au Yémen, Martin Griffiths. La lauréate 2011 du prix Nobel de la paix, la Yéménite Tawakkol Karman, représentera la Confrérie des Frères musulmans.

Le gouvernement allemand sera représenté aux deux réunions par le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Niels Annen, qui fut chercheur au German Marshall Fund, puis député socialiste.

Cette initiative de la Conférence sur la sécurité de Munich se tient alors qu’elle n’avait pas organisé d’événements hors d’Allemagne depuis deux ans et que la chancelière Angela Merkel souhaite appliquer les recommandations du German Marshall Fund et de la Stiftung Wissenschaft Politik : s’investir militairement au Moyen-Orient élargi aux côtés des États-Unis.

https://www.voltairenet.org/article208126.html