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Le Dessous des cartes Câbles sous-marins : la guerre invisible

Le Dessous des cartes
Câbles sous-marins : la guerre invisible

13 min.
Disponible du 14/04/2018 au 14/06/2018
Disponible en direct : oui
Ce programme est disponible en vidéo à la demande ou DVD.

Quelque 400 câbles sous-marins tissent un réseau invisible et pourtant crucial pour notre monde connecté. Longs d’1,3 million de kilomètres, ils sont indispensables au bon fonctionnement d’Internet et font transiter 99 % des échanges intercontinentaux. Ces infrastructures méconnues attisent plus que jamais la convoitise des États, des services de renseignement et des géants du Net.

Présentation :

Emilie Aubry

Pays :

France
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Armement : où va la France en Arabie Saoudite ?

Armement : où va la France en Arabie Saoudite ?

Par Michel Cabirol  |   |  1203  mots
Ryad souhaite saoudiser 50% de ses achats d'armement à l'horizon de 2030
Ryad souhaite « saoudiser » 50% de ses achats d’armement à l’horizon de 2030 (Crédits : Handout .)
L’année 2018 sera une année décisive pour les industriels de l’armement français en Arabie Saoudite. Ça passe ou ça casse.

Pour les industriels de la défense français, 2018 sera vraiment l’année clé en Arabie Saoudite. Ou Emmanuel Macron signe des contrats d’armement en fin d’année comme il l’a annoncé, ou alors les industriels de la défense tricolores seront exclus en grande partie des marchés de défense saoudiens au profit des Américains mais aussi des Britanniques, des Russes, des Espagnols, des Coréens voire des Turcs. Ce qui est déjà plus ou moins le cas. Pourtant, la France a entretenu une longue histoire avec l’Arabie Saoudite dans le domaine de la défense. Elle a signé plusieurs dizaines de milliards d’euros de contrats sur une période de 35/40 ans avec des conditions financières extrêmement favorables via ODAS (ex-Sofresa).

ODAS a perdu la main

Toutefois, cette société publique qui représente les intérêts de l’État et des grands groupes d’armement français dans le Royaume, a perdu la confiance du prince héritier saoudien Mohammed bin Salman bin Abdul Aziz (MBS) depuis novembre 2015. Selon un observateur de ce dossier, elle a également perdu la confiance du missilier MBDA et d’Airbus, estimant qu’elle était un instrument de Thales. La guerre franco-française dans les sables saoudiens entre Thales et MBDA a laissé des traces, beaucoup de traces.

Défiance cette fois plus pragmatique de Naval Group, qui n’a semble-t-il qu’un seul objectif, celui de récupérer les contrats en cours d’exécution : programme AMWAJ qui porte sur le soutien à la marine saoudienne (fournitures de pièces de rechange et assistance technique, soit 200 à 400 millions par an), les programmes de modernisation des frégates Sawari 1 signés en 2013 (contrat LEX) et des frégates Sawari 2 (contrat ERAV).

Marginalisation de la France en Arabie Saoudite

En dépit de sa marginalisation qui a été progressive depuis plusieurs années, la France détient encore quelques enjeux commerciaux en Arabie Saoudite. A commencer par l’exécution des contrats en cours qui vont courir au-delà de 2020, dont la modernisation des frégates Sawari 1 (programme LEX). Mais cela ne va pas sans mal avec l’extinction programmée d’ODAS par Ryad et Paris. Car de nombreux cadres démissionnent et ceux qui restent sont pour la plupart de plus en plus démotivés par les perspectives très peu réjouissantes de l’entreprise.

Enfin, le nouveau patron d’ODAS  l’ingénieur général de l’armement Daniel Argenson serait isolé. Il ne serait pas associé aux décisions du ministère des Armées, selon une source proche du dossier. « Il n’y a pas de plan B avec la disparition d’ODAS », se désole un observateur. Non pas pour ODAS elle-même mais pour les intérêts français en Arabie Saoudite dans le domaine de la défense en berne ces dernières années. En 2015 puis en 2016, l’Arabie Saoudite n’a commandé à la France que 193,5 millions et 764 millions d’euros de matériels militaires. Bien loin des ventes de 2013 (1,9 milliard) et de 2014 (3,6 milliards).

Vers des transferts de technologie

Que peut-on attendre dans les prochains mois de l’Arabie Saoudite ? Le contrat portant sur la vente de 39 patrouilleurs HSI 32 du chantier naval de Cherbourg CMN évalué à 550 millions d’euros devrait être signé « dans les semaines qui viennent », assure une source proche du dossier. « Tout est bouclé, il ne manque que la signature », poursuit-elle. A suivre. En tout cas, la délégation saoudienne a cité en exemple ce contrat lors de la visite de MBS à Paris devant un parterre d’officiels et de patrons français, selon nos informations. Pourquoi ? Quinze des patrouilleurs doivent être fabriqués à Damman par le groupe saoudien Zamil, partenaire de CMN. Le chantier naval cherbourgeois a déjà vendu fin 2017 trois patrouilleurs FS56 à Ryad.

Ce type de contrat se glisse parfaitement dans la nouvelle stratégie de Ryad de « saoudiser » 50% de ses achats d’armement à l’horizon de 2030. La France sait faire. Ces dernières années, elle a signé de nombreux contrats en ayant proposé des transferts de technologies à l’Inde, au Brésil, en Australie notamment. D’ailleurs Naval Group, qui a déjà signé un partenariat avec Zamil, a récemment proposé au patron de Saudi Arabia Military Industries (SAMI) Ahmad ben Aqil al-Khatib, une coopération sur le système de combat dans le cadre d’une vente de cinq corvettes Gowind à la marine saoudienne.

Un accord intergouvernemental?

Et à,plus long terme ? Emmanuel Macron a promis des contrats en fin d’année. Il en va donc de sa crédibilité. Ou alors, estime un observateur, il existe une volonté cachée de ne plus rien faire en Arabie Saoudite. Ce n’est pas l’avis d’un patron du secteur, « Emmanuel Macron a une très bonne approche » de ne pas considérer l’Arabie Saoudite comme un simple client. L’Elysée a d’ailleurs précisé que le président ne considérait « pas l’Arabie saoudite comme un client mais comme un allié ». Il considère que la relation entre Emmanuel Macron et MBS est une relation « plus saine » basée sur des accords mais aussi des désaccords. « C’est impossible d’être d’accord sur tout au niveau des Etats », estime-t-il.

La France continuera vraisemblablement à vendre des armes à l’Arabie Saoudite. « Pour restaurer l’influence de la France dans certaines zones du monde, eh bien c’est un élément important de notre diplomatie. Notre industrie a aussi besoin de trouver des débouchés sur ces marchés », a souligné le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, proche d’Emmanuel Macron lors de l’« Epreuve de vérité », sur Public Sénat-Radio Classique-AFP, à propos de l’Arabie Saoudite. Cela devrait passer par un accord intergouvernemental (AIG) entre les deux pays. Problème, sa rédaction traîne en longueur depuis deux ans. Et surtout avec quelles conditions financières?

Ce que peut espérer la France

Outre les patrouilleurs de CMN, Nexter attend depuis plusieurs années la concrétisation d’un contrat de véhicules blindés Titus et de canons de 105 mm tractés pour un montant de 359 millions d’euros. Naval Group pousse son best-seller du moment à l’export, la corvette Gowind, qui, estime-t-on, ne serait pas pénalisée par la vente par l’Espagne de cinq corvettes Avante 2200 fabriquées par Navantia. Thales travaille discrètement sur le renouvellement progressif du parc de systèmes de défense sol-air de courte portée avec Ryad, en proposant notamment ses radars de défense aérienne GM200 et GM400 ainsi que les systèmes de commandement du système. En revanche, Ryad choisirait un missile de la classe du Crotale d’un autre industriel.

Enfin, Airbus est en discussion pour vendre deux avions-ravitailleurs A330 MRTT supplémentaires à l’armée de l’air saoudienne (6. exemplaires commandés). En outre, Ryad pourrait se décider à acheter des avions de transport militaire A400M pour lesquels un intérêt aurait été officiellement formulé. Le prince héritier d’Arabie Saoudite devrait en discuter avec Airbus au moment de son passage en Espagne. En revanche, les discussions sur l’acquisition de satellites (Airbus et Thales) semblent être au point mort. Des ventes qui ramènent la France à son rang de puissance moyenne. En comparaison, les Etats-Unis et l’Arabie saoudite avaient signé en mai 2017 des accords d’une valeur de plus de 380 milliards de dollars….

 

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-d

Les S-400 russes sont la clé d’un nouveau mouvement des non-alignés

Les S-400 russes sont la clé d’un nouveau mouvement des non-alignés


Les États-Unis menacent de sanctionner la Russie si elle vend ses systèmes anti-aériens S-400 à l’étranger.


Par Andrew Korybko – Le 24 mars 2018 – Source Oriental Review

Russian S-400 missile system Triumph

Bob Menendez a dirigé un groupe de législateurs qui a écrit au département d’État et a demandé que la loi de l’an dernier, Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act, or CAATSA, soit appliquée contre la Russie dans le cas où cette dernière exporte sa dernière technologie défensive à la fine pointe du progrès. Les États-Unis ont manifestement peur des S-400, car ils comprennent à quel point cette technologie bouscule la domination stratégique du Pentagone obtenue grâce à ses avions et ses missiles et, par conséquent, augmente le coût de toute campagne militaire future. Tout simplement, investir dans ce système équivaut à investir dans l’une des politiques de dissuasion les plus infaillibles contre une agression américaine, et c’est pourquoi un large éventail d’États tels que la Turquie , l’Arabie saoudite, l’Irak, l’Inde et la Chine sont en train de le faire.

Le Qatar avait déjà eu des discussions avec la Russie sur l’achat de ces missiles, mais il semble avoir fait marche arrière sous la pression des Américains. Il est par contre probable que le Pakistan pourrait s’y intéresser en réaction au fait que le Pentagone a suspendu son assistance militaire à l’État sud-asiatique au début de cette année. Au total, le schéma identifiable est que les pays de l’ensemble du Rimland eurasiatique sont intéressés à acheter cette technologie, avec pour effet combiné que les États-Unis pourraient éventuellement être exclus du Heartland super-continental  si toutes ces ventes prospectives se concluent. Il y a donc urgence, c’est pourquoi l’Amérique veut sanctionner la Russie pour la vente de ses S-400 à l’étranger. Par inadvertance, cependant, cette frénésie pourrait se retourner contre elle et devenir la meilleure approbation que la Russie aurait pu espérer.

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En outre, la menace d’une pression américaine concertée contre Moscou et ses partenaires militaires donne à la Russie l’occasion de mener une vaste coalition anti-sanctions pour développer et étendre des institutions financières et autres alternatives pour limiter les dommages que les États-Unis pourraient porter contre leurs intérêts avec le CAATSA. Cela pourrait donner l’impulsion au renforcement de l’émergence de l’ordre mondial multipolaire et accélérer la transition post-unipolarité. Ces ventes de S-400, les sanctions possibles et les mesures d’évitement de ces sanctions liées au CAATSA sont un ballon d’essai pour le jour où la Russie vendra inévitablement sa technologie de missile hypersonique à d’autres pays en leur donnant un moyen de dissuasion percutant pour renforcer leurs moyens défensifs contre toute agression américaine.

La « diplomatie militaire » de la Russie aide les alliés traditionnels américains, comme la Turquie et l’Arabie saoudite, à diversifier leurs relations avec les grandes puissances multipolaires tout en conservant une coopération pragmatique avec les États-Unis, pour une politique étrangère plus indépendante. Cela leur permet finalement de devenir les pionniers d’un nouveau Mouvement des non-alignés (Neo-MNA) dans la Nouvelle Guerre froide qui s’efforce d’atteindre l’équidistance stratégique entre les États-Unis et la Chine, qui serait impossible à réaliser sans ce rôle d’« équilibre » que leur relation avec la Russie leur fournit. Si on adopte ce point de vue, les ventes de S-400 en Russie sont en fait un pas révolutionnaire dans la direction d’un changement géostratégique majeur, il ne devrait donc pas être surprenant que les États-Unis réagissent aussi hystériquement à ce mouvement.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride. Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Hervé pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/les-s-400-russes-sont-la-cle-dun-nouveau-mouvement-des-non-alignes

Deux échecs embarrassants en une seule journée – La défense antimissile ne veut pas fonctionner

Deux échecs embarrassants en une seule journée – La défense antimissile ne veut pas fonctionner


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 26 mars 2018

Dans le cadre du nouveau budget de défense de 700 milliards de dollars, le Congrès américain a alloué davantage de fonds à la défense antimissile étasunienne :

Le Pentagone dépenserait 1 milliard de dollars supplémentaires pour deux des systèmes de défense antimissile de Lockheed, ce qui porterait à 11,5 milliards de dollars le total des crédits alloués à l’Agence de défense antimissile.

Plus d’argent du contribuable américain va aussi être débloqué pour le développement du bouclier antimissile israélien et la production de missiles en Israël :

Le Congrès a ajouté au budget des programmes israéliens de défense antimissile la somme considérable de 148 millions de dollars afin d’inclure le développement en cours du Dôme de fer et des intercepteurs Arrow 3.

« Je suis très heureux d’annoncer que le Congrès américain vient de voter un budget plus important que jamais pour le programme de défense antimissile d’Israël : 705 millions de dollars en 2018 ! », a annoncé lundi le ministre de la Défense Avigdor Liberman.

Deux incidents survenus la nuit dernière montrent une fois de plus que la défense antimissile est du gaspillage. Ça ne marche presque jamais. La défense antimissile stratégique, que les États-Unis fabriquent, pour détruire les missiles intercontinentaux, ne protègera jamais personne contre les nouvelles armes que la Russie et d’autres pays développent actuellement. L’armée étasunienne l’avoue elle-même. Après que Poutine a présenté les nouveaux systèmes d’armement russes, l’administration Trump a hissé le drapeau blanc et a soudain appelé au renouvellement du dialogue sur le contrôle des armements.

Hier soir, l’armée yéménite a lancé (vidéo) sept missiles balistiques contre l’Arabie saoudite. Trois d’entre eux visaient la capitale Riyad, quatre visaient des cibles militaires et des infrastructures. A Riyad, les forces saoudiennes ont tiré un certain nombre de missiles surface-air Patriot et ont affirmé que ces derniers avaient intercepté avec succès les missiles yéménites. Le système Patriot Advanced Capabilities-2 (PAC-2) saoudien est fabriqué par la société étasunienne Raytheon, qui emploie également d’anciens soldats américains comme « techniciens de terrain des batteries Patriot » pour actionner et entretenir les systèmes saoudiens.

Les premières allégations saoudiennes d’interceptions réussies se sont avérées fausses. Les petites ogives des missiles yéménites se séparent du gros corps des missiles et sont difficiles à repérer. Les systèmes fournis par les États-Unis ciblent les gros corps vides des missiles.

Cette fois-ci, plusieurs vidéos en provenance de Riyad montrent qu’au moins sept missiles intercepteurs ont été tirés contre les trois missiles entrants. Au moins deux des intercepteurs sont complètement passés à côté de leur cible. Les cinq autres semblent s’être autodétruits en altitude. Il n’y a aucun signe de la moindre interception véritable.

L’un des intercepteurs Patriot a explosé prématurément pendant la phase de lancement. Ses débris incandescents sont retombés et ont enflammé le sol.

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Un autre intercepteur Patriot a fait demi-tour et est revenu frapper le sol à une centaine de mètres d’un groupe de gens qui contemplaient par hasard le spectacle:

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Cela n’a pas manqué de susciter quelques commentaires caustiques :

Jeffrey Lewis @ArmsControlWonk

Lorsque votre PAC2 se radicalise et se retourne contre vous….

Haykal Bafana @BaFana3

Même les missiles #Patriot saoudiens savent qui est le véritable ennemi : ils reviennent en boomerang bombarder l’Arabie Saoudite.

agitpapa @agitpapa

Voilà comment un vrai Patriot devrait fonctionner, en tuant les gars responsables du 11 septembre au lieu de les servir.

Les autres missiles de défense semblent s’être autodétruits, probablement après avoir perdu le contact avec la cible. Chacun de ces missiles Patriot MIM-104C a coûté entre 2 et 3 millions de dollars.

Les Saoudiens disent qu’un homme a été tué et que deux ont été blessés lors de l’attaque yéménite. Il est probable que ces personnes aient été victimes du système de défense antimissile et non des missiles attaquants.

Lors d’un autre incident nocturne de défense antimissile, Israël a tiré une vingtaine de ses intercepteurs Iron Dome payés par les États-Unis contre des soi-disant missiles en provenance de la bande de Gaza :

Le bouclier antimissile Iron Dome d’Israël a intercepté un certain nombre de roquettes tirées depuis la bande de Gaza dimanche, ont rapporté les médias israéliens, après que des sirènes d’avertissement ont retenti autour du territoire palestinien contrôlé par le Hamas.

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Cela s’est avéré être une fausse nouvelle. Plusieurs vidéos montrent que les missiles de défense ont explosé dans un flash de lumière en altitude. De telles explosions sont souvent interprétées comme une interception réussie mais c’est généralement seulement l’autodestruction programmée pour que les carcasses de missiles ne tombent sur les gens en dessous. En réalité, aucun des missiles tirés par l’armée israélienne n’a détruit la moindre cible, car il n’y en avait tout simplement pas :

Plusieurs fausses alarmes de code rouge ont été déclenchées dans les conseils régionaux de Hof Ashkelon et Sha’ar HaNegev et dans la ville méridionale de Sderot dimanche soir, quand la défense antimissile Iron Dome a confondu des balles tirées depuis la bande de Gaza avec des tirs de roquettes.

Les conseils régionaux ont commencé par expliquer qu’on leur avait dit que le système antimissile Iron Dome avait intercepté toutes les roquettes. Toutefois, l’armée israélienne a déclaré par la suite qu’aucune salve n’avait été tirée sur Israël.

« Aucune salve n’a été tirée sur le territoire de l’État d’Israël. La situation dans la région de Gaza est normale. Les interceptions par le système Iron Dome ont été activées en raison de tirs de balles provenant de la bande de Gaza. Rien n’est tombé en territoire israélien. On vérifie s’il y a eu ou pas des mortiers ou des roquettes de tirés », peut-on lire dans la déclaration.

Avant la clarification de l’armée, les conseils régionaux avaient demandé aux habitants du sud de rester dans les abris.

Chaque missile de l’Iron Dome coûte au moins 50 000 dollars. L’armée israélienne vient de dépenser 1 000 000 de dollars des contribuables étasuniens parce que son système « un peu trop sensible » a confondu des tirs d’armes à feu qui ne visaient pas Israël avec des missiles.

La défense antimissile stratégique étasunienne est conçue pour arrêter les missiles à longue portée. Les systèmes Patriot d’Arabie saoudite sont censés stopper les missiles balistiques de moyenne portée. Les systèmes israéliens du Dôme de fer devraient défendre le pays contre les attaques de missiles à courte portée.

Aucun des trois systèmes n’est de toute évidence capable de remplir sa mission. Tous les trois prouvent que la défense antimissile a un coût prohibitif. Le coût de chaque missile intercepteur de défense antimissile est infiniment plus élevé que le coût du missile attaquant. Le nombre d’intercepteurs est limité et les systèmes peuvent être submergés par des attaques en essaim de faux missiles bon marché suivies d’une attaque réelle.

L’année dernière, les Saoudiens ont été poussés par l’administration Trump à acheter le nouveau système de défense antimissile THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) :

Le contrat de vente de vendredi comprendrait 44 lanceurs THAAD, 360 intercepteurs, 16 groupes de stations tactiques mobiles de conduite de tir et de communications THAAD et sept radars AN/TPY-2 THAAD, ainsi que les équipements de soutien et la formation connexes.

Ce nouveau système est censé défendre l’Arabie saoudite contre les missiles balistiques iraniens. Mais selon une analyse sud-coréenne, le système de défense antimissile THAAD a le même problème que le système Patriot. Il peut facilement être berné par des leurres bon marché, et il a tendance à cibler le corps de missile entrant et à manquer la tête séparée qui poursuit alors tranquillement sa route vers la cible.

Lorsque le prince héritier saoudien s’est rendu à Washington la semaine dernière, le président américain a lourdement plaisanté (vidéo) au sujet de la vente. Le système THAAD, qui ne sert pratiquement à rien, va coûter environ 15 milliards de dollars aux Saoudiens. « C’est une bagatelle pour toi », a rigolé Trump. Mais les citoyens saoudiens risquent de ne pas trouver la plaisanterie aussi drôle. En tout cas elle n’a pas fait rire le prince héritier.

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Mais que peut-il faire ? S’il cesse d’acheter des armes américaines inutiles, le Borg 1 de Washington l’éjectera par un vif « changement de régime ».

La défense antimissile actuelle n’est pas économiquement viable. Les limites de la physique la rendent facile à vaincre. Mais les systèmes ont quand même leur raison d’être.

Pour les politiciens étasuniens, c’est une façon commode de transférer l’argent des contribuables vers les propriétaires de l’industrie de la défense. Pour le gouvernement israélien, il s’agit d’un outil psychologique (payé par les États-Unis) pour empêcher son peuple de protester contre les conséquences du vol de terres par les sionistes. Pour les Saoudiens, c’est une rançon inévitable.

Les échecs publics d’hier des défenses antimissiles mettent en danger ces objectifs. Si le grand public venait à penser que la défense antimissile ne fonctionne pas, toute l’arnaque s’effondrerait. La seule solution est de conditionner les futures ventes à la promesse de ne jamais utiliser le système acheté.

Traduction : Dominique Muselet

Note

  1. Les Borgs ou le Collectif Borg sont, dans l’univers de fiction de Star Trek, des races de créatures cybernétiques — en partie organique, en partie mécanique. Ils sont connus pour être impitoyables et particulièrement difficiles à éliminer. « Nous sommes les Borgs. Abaissez vos boucliers et rendez-vous sans condition. »

http://lesakerfrancophone.fr/deux-echecs-embarrassants-en-une-seule-journee-la-defense-antimissile-ne-veut-pas-fonctionner

 

Le F-35 Monad face au USS Leibnitz : l’Unité suprême

Le F-35 Monad face au USS Leibnitz : l’Unité suprême

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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Le F-35 Monad face au USS Leibnitz : l’Unité suprême

18 mars 2018 – Ceci ne vous apprendra rien de nouveau mais il est intéressant de mettre en confrontation amicale mais totalement impuissante deux systèmes spécifiquement développés pour opérer l’un avec l’autre, et qui ne marchent ni l’un ni l’autre pour les opérations conjointes envisagées.

Tout le monde devrait bien savoir que le premier porte-avions de la classe USS Gerald Ford (100 000 tonnes, bien plus de $20 milliards l’unité sans qu’on puisse déterminer un prix précis) possède un système d’opérationnalisation des avions embarqués (catapulte et barrières d’arrêt) qui ne fonctionne pas. Tout le monde sait bien que le modèle d’avion embarqué qui doit équiper les porte-avions US désormais est le F-35C (*), version embarquée du JSF/F-35, et qu’il n’est pas dans l’état actuel des choses apte aux opérations embarquées selon les pilotes de l’US Navy. (Pour approcher la vérité-de-situation fiscale, je dirais que le prix actuellement débattu selon les impératifs de communication du temps du F-35C (*), que je fixerais arbitrairement mais presque précisément, se situerait selon ma vieille calculette à autour de 180-220 $millions l’exemplaire.)

C’est ce que William S. Lind désigne comme une “monade leibnitzienne” technologique, ou si vous voulez un enfermement si parfait de deux technologies complémentaires grâce à leurs imperfections et impuissances respectives et équivalentes, que les deux choses arrivent à une sorte de transmutation absolue qui finit elle-même par former une sorte d’ « Unité parfaite qui est le principe absolu […] l’unité suprême ». Ainsi, le F-35C (*) et le USS Gerald S. Ford ne font plus qu’un, comme notre civilisation globalisée elle-même si vous voulez ; ainsi apparaît dans le monde métaphysique ce phénomène exceptionnel de la monade technologique. Pendant ce temps et fort-bien heureusement, les experts vous affirment qu’on résoudra ces problèmes parce que les experts sont là pour dire cela, ou disons plus justement, parce qu’ils sont payés pour dire cela et qu’ils ont une haute conscience, une croyance élevée, une foi dans le progrès dans le même sens, tout cela à hauteur de leur salaire mais ce n’est qu’une coïncidence.

Cela ne présage de rien, ou dit plus lestement “cela ne mange pas de pain” de dire cela, – de la part des experts préciserais-je, qui disent, et disent, et disent depuis deux décennies que le JSF est unique dans son excellence, à l’égal de la classe USS Gerald Ford. Lequel USS finira bien un jour par catapulter quelque chose, ne serait-ce qu’une pierre comme Goliath le fit contre David (version postmoderne du fait-divers, réécrite pour ne pas se montrer anti-démocratique et inégalitaire vis-à-vis de la minorité sociétale des géants).

Voici donc William S. Lind, mon cher spécialiste dans le domaine de Guerre de la 4ème Génération, dans Traditionnal Right, le 14 mars 2018 :

« Les États-Unis construisent actuellement le premier porte-avions de la classe Ford, qui ne marche pas… Les catapultes et les dispositifs d’arrêt d’appontage, de nouvelles conceptions et de haute technologie, ne fonctionnent pas ; ils ne peuvent pas être remplacés par les catapultes à vapeur classiques d’un usage éprouvé sur les autres porte-avions parce que la centrale du navire ne peut pas fournir la pression de vapeur requise. La marine américaine a parié sur un navire dont ce système n’avait pas été testé et elle a perdu. Peut-être est-ce aussi bien. Le principal appareil de combat dont le Ford doit être équipé, le F-35B, a été jugé “impropre aux opérations à partir de porte-avions” par les pilotes d’essai de la Marine. Nous avons donc la monade parfaite de Leibnitz : un avion [conçu pour les porte-avions] qui ne peut pas être utilisé à partir d’un porte-avion pour un porte-avions qui ne peut pas catapulter ou récupérer des avions [conçus pour les porte-avions]. Mais ne vous inquiétez pas : le Congrès a déjà approuvé deux autres navires de la classe Ford. L’argent continuera à couler, même si c’est dans les chiottes. »

 

Note

(*) Absolument, monsieur Lecinq, qui nous faut parvenir un commentaire (voir Forum), a complètement raisison. J’avais écrit F-35B et c’est F-35C qu’il fallait, comme rectifié. Mea affreusement maxima culpa. Le F-35B des Marines se contente de griller le pont de certains porte-aéronefs des susdit Marines quand il se pose, avec la tuyère de son énorme réacteur tournée vers le bas et en pleine PC pour freiner l’appontage vertical de la chose

http://www.dedefensa.org/article/le-f-35-monad-face-au-uss-leibnitz-lunite-supreme

Psychodrame impérial

Psychodrame impérial

18 Mars 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Europe, #Etats-Unis, #Russie, #Gaz

Si 2016 fut l’année du détricotage du système impérial, la cuvée 2018 voit ce qu’il en reste – le noyau dur : Deep State et ses affidés – se compresser afin de résister au vent inévitable de la multipolarité. Sans surprise, c’est contre la Russie, Heartland eurasien, que se portent tous les efforts.

Depuis plusieurs jours, la presstituée européenne noyautée par la CIA – comme le rappelait le regretté Udo Ulfkotte – se lâche comme à ses plus grands jours sur l’affaire Skripal. Le méchant Poutine égorge empoisonne nos femmes et nos enfants jusque dans nos sillons… Péril russe… Aux armes…

Sur l’affaire elle-même, il est beaucoup trop tôt pour en parler. Un agent double liquidé (chose courante dans le milieu du renseignement) ou une provocation d’une tierce partie afin de faire porter le chapeau aux Russes (pratique également courante ces dernières années). Il n’y a guère que les dirigeants occidentaux pour accuser d’abord, enquêter ensuite. A ce titre, la givrée du 10 Downing Street est dans la droite ligne des toutous européens de Barack à frites – Cameron, Flamby & Co -, ce qui n’a pas eu l’heur de plaire au chef de l’opposition britannique qui a appelé à un peu plus de responsabilité.

Pourquoi cette sortie aussi soudaine que brusque de Londres ? Elle est sans doute à mettre en parallèle avec certaines frayeurs bien actuelles de l’empire. Notons d’abord, ô douce coïncidence, que cette affaire amplifiée par le tam tam médiatique éclate au moment même où une enquête du Congrès US, à dominante républicaine il est vrai et dont la conclusion a été réfutée par les Démocrates, conclut à l’absence d’ingérence russe dans les élections de 2016. De cela, notre presse éminemment libre n’en a évidemment pipé mot…

Autre coïncidence troublante, le présent psychodrame sort opportunément alors que l’hystérie des officines grimpe à mesure que la Ghouta « rebelle » se noie. Un prochain false flag chimique ne serait d’ailleurs pas impossible. Dans ces conditions, préparer le terrain et travailler l’opinion publique avec la rocambolesque affaire Skripal peut avoir son utilité. Une antienne du genre : Regardez, les Russes sont un danger chimique ambulant, à Londres comme en Syrie

Mais il s’agit peut-être et surtout de gaz. Alors que Gazprom vient de battre dix jours de suite son record d’exportation quotidienne vers l’Europe, l’affaire tombe à point nommé afin de barrer la route au Nord Stream II. Est-ce bien un hasard si mère Theresa de Londres a, immédiatement et pour le plus grand bonheur de Washington DC, embrayé sur le « danger du gaz russe » (lol) et la « nécessité de trouver des sources d’approvisionnement alternatives » ?

Le message n’est pas tant à destination domestique – même si le Royaume-Uni manque cruellement de gaz et que le GNL russe commence à arriver sur le marché britannique, les importations d’or bleu en provenance de Russie restent minimes – qu’extérieure. Les atlantistes de Bruxelles, Varsovie ou Vilnius pourront éventuellement se sentir encouragés dans leur opposition au gazoduc baltique face à Berlin et aux réalités économiques lourdes. Il sera en tout cas intéressant de voir le prochain round de discussions des euronouilles à propos du Nord Stream II

De l’autre côté de l’Atlantique, la névrose du système impérial atteint des sommets. Comme nous l’avons expliqué plusieurs fois, ayant perdu la Maison Blanche avec l’élection du Donald, c’est au Sénat que le Deep State s’est réfugié.

Or c’est de l’auguste assemblée que vient de nous parvenir une information qui laisse rêveur. Un groupe de sénateurs a, sous des prétextes spécieux, menacé la Russie de sanctions supplémentaires si celle-ci s’entête à vendre… ses S-400 ! Et pour bien faire, les éventuels acheteurs également. Vous avez bien lu : cela doit être la première fois dans l’histoire qu’un pays serait sanctionné pour avoir vendu ou acheté des armes défensives…

Si ces sénateurs n’ont pas reçu leurs ordres directement du Pentagone, ça y ressemble comme deux gouttes d’eau. Car derrière cette invraisemblable tentative d’intimidation, qui fera évidemment rire de Moscou à Vladivostok, c’est toute la panique de l’appareil militaire américain qui ressort.

Nous avions expliqué le désarroi otanien il y a deux ans :

Tout amateur de rugby sait que le noble sport marche par phase : à certaines époques, les attaques prennent le pas sur les défenses ; à d’autres, c’est l’inverse. Au rugby-champagne des années 90, les entraîneurs de ce jeu infini et complexe ont répondu par la mise en place de systèmes défensifs très élaborés. Il en est de même dans l’éternelle course-poursuite de l’armement entre l’attaque (aviation, missiles) et la défense (systèmes anti-aérien et anti-missiles). Amusante coïncidence, les périodes sont relativement similaires.

Les années 90 ont marqué l’apogée de l’attaque, du pouvoir absolu des airs. Durant la première guerre du Golfe (1991), les avions furtifs et missiles américains sont entrés comme dans du beurre irakien ; la guerre du Kosovo (1999) a, pour la première (et dernière ?) fois de l’histoire, vu la victoire de la seule aviation, sans hommes à terre. Cette « dictature du ciel » a provoqué, plus qu’une prise de conscience, une véritable révolution mentale dans les principaux états-major de la planète.

Les Russes ont été les premiers à relever le défi avec la création et la fabrication de systèmes anti-aérien et anti-missiles extrêmement performants : les fameux S300 puis S400 :

« En Syrie, ce système, doté de 48 missiles et capable de poursuivre jusqu’à 80 cibles, interdisait toute approche inférieure à 400 km de sa position. »

Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, les labos russes mettent la dernière touche aux S500, capables d’intercepter simultanément jusqu’à 10 missiles balistiques ou hypersoniques volant à Mach 5, et dont le temps de réaction sera de 4 secondes (contre 10 pour le S-400 et… 90 secondes pour l’antique Patriot américain !) On comprend dans ces conditions que l’OTAN soit « préoccupée »… Car, avec les S300 et S400, le bras armé US fait déjà face à ce que les analystes appellent des « bulles de déni » :

Face à la réalité des systèmes défensifs (S-300 et S-400) et offensifs (sous-marins, missiles balistiques et de croisière) d’origine russe, la question du déni d’accès est désormais l’objet de toutes les attentions, en France, aux Etats-Unis comme à l’Otan. Elle a récemment fait l’objet d’une conférence au Collège de défense de l’Otan et devrait figurer à l’ordre du jour de la prochaine ministérielle de l’Alliance des 15 et 16 juin.

Au comité militaire de l’Otan, on a pris conscience de la vulnérabilité des forces aériennes de l’Alliance en cas de conflit avec Moscou. Et pas seulement. Car les Occidentaux pourraient aussi perdre leur supériorité aérienne en temps de paix, la présence de ces dispositifs d’anti-accès étant, par exemple, susceptible de gêner considérablement le déploiement de moyens d’urgence en Europe de l’Est, tels que ceux préconisés par les Américains. En réduisant la liberté d’action des Alliés sur leur propre zone de responsabilité, le déni d’accès russe deviendrait alors aussi déni d’action à même de contraindre la décision politique. (…) Jamais, depuis la fin de la Guerre froide, l’Otan n’avait été confrontée à des environnements “non-permissifs”.

«Les Russes ne font plus rire», note un observateur, d’autant que leurs systèmes antiaériens, que certains pensaient inefficients, disposent en réalité d’algorithmes très avancés. Qu’il s’agisse du S-300 ou du S-400, ces systèmes complexes utilisent plusieurs types de radars fonctionnant sur différentes fréquences. Ils sont mobiles et disposent d’une maintenance autonome. (…)

Pire : les Russes travaillent à la mise en réseau de leurs dispositifs, afin de mettre en place un système de systèmes intégrés qui leur permettra de gérer plusieurs bulles d’A2/AD en même temps à partir d’un QG unique, voire d’établir des communications entre les différentes bulles pour en créer de plus grosses couvrant de vastes territoires.

Ce sont ces bulles de déni qui horripilent l’état-major US, incapable désormais de s’assurer la maîtrise du ciel. On l’a vu en Syrie comme nous le montrions déjà fin 2015 :

La zone d’exclusion aérienne manigancée par la bande turco-américaine s’est du jour au lendemain transformée en no fly zone russe, au grand dam de l’OTAN qui couine sur la véritable « bulle russe » qui se met en place au-dessus de la Syrie. Le système anti-aérien air-terre-mer n’est d’ailleurs qu’une partie de ce dispositif d’un genre nouveau et qui désespère le Pentagone. Les Russes ont débarqué avec de très sophistiqués systèmes électroniques de brouillage ou de détection qui analysent et paralysent tout, rendant ses avions invisibles ou les communications otaniennes ineffectives. C’est par exemple ce qui a permis aux bombardiers russes d’arriver incognito en Syrie ou à Assad d’aller tranquillement trinquer au Kremlin. Les généraux US en sont muets de stupeur.

Désormais, une mouche qui vole à Alep ou Palmyre sera repérée à Lattaquié. Et dire qu’il y a quelques mois encore, le couple américano-turc mettait au point un projet de domination des airs au-dessus de la Syrie… Erdogan en a avalé son loukoum de travers. Les Sukhois sont maîtres absolus du ciel syrien et continuent leurs bombardements des terroristes modérés chers à l’Occident (…)

C’est évidemment sous ce jour qu’il convient de replacer la saugrenue menace du Sénat US, dernier bastion de l’ordre impérial.

La Russie en pourparlers avec l’Inde sur la livraison d’hélicoptères et de frégates militaires

INDE

La Russie en pourparlers avec l’Inde sur la livraison d’hélicoptères et de frégates militaires

© Chine Nouvelle (Xinhua), le 13/03/2018 00:20

L’Inde négocie actuellement l’achat d’hélicoptères Mi-17 et de frégates Project 11356 russes, a annoncé lundi un conseiller du président russe.

Ces négociations « se poursuivent et se trouvent à des étapes différentes », a déclaré Vasily Kozhin, conseiller du président russe Vladimir Poutine pour la coopération militaro-technique, dans une interview accordée à la chaîne de télévision Rossia-24.

Le Mi-17 est un hélicoptère de transport moyen bimoteur, qui possède également une version armée et est considéré comme un des hélicoptères militaires les plus avancés du monde.

La frégate lance-missiles Project 11356 est un navire de guerre polyvalent doté d’armes puissantes capables d’atteindre différents types de cibles.

L’année dernière, les médias indiens ont rapporté que la Russie et l’Inde avaient négocié un contrat pour 48 hélicoptères Mi-17.

Les deux pays auraient également trouvé un accord sur la livraison de trois frégates Project 11356.

M. Kozhin a expliqué que l’Inde est « le plus grand partenaire privilégié » de la Russie.

L’Inde est le seul pays avec lequel la Russie a signé un plan pour la coopération stratégique militaro-technique jusqu’à 2020 et l’Inde s’est classée cinquième en termes de volume d’exportation d’armes russes l’année dernière, a-t-il informé.

M. Kozhin a ajouté que l’Inde et la Russie « ont des programmes très grands de coopération stratégique », comprenant le développement et la production des avions de combat modernes, des chars de combat et de missiles de croisière.

ANNONCE

La Chine accélère la croissance de ses dépenses militaires en 2018

La Chine accélère la croissance de ses dépenses militaires en 2018

Pékin – La Chine a annoncé lundi que son budget militaire, le deuxième du monde après celui des Etats-Unis, augmenterait de 8,1% en 2018, un rythme de croissance supérieur à l’an dernier.

Ce taux de croissance, plus élevé qu’en 2017 (+7%), a été annoncé par le gouvernement dans un rapport publié peu avant l’ouverture de la session annuelle du Parlement. L’enveloppe atteint 1.107 milliards de yuans (175 milliards de dollars), selon ce rapport lu par le Premier ministre Li Keqiang.

La Chine a dépensé en 2017 un total de 151 milliards de dollars pour son armée, selon un récent rapport de l’Institut international pour les études stratégiques (IISS), un cabinet spécialisé basé à Londres.

C’est quatre fois moins que les Etats-Unis (603 milliards). Mais nettement plus que l’Arabie saoudite (77), la Russsie (61), l’Inde (53), le Royaume-Uni (51) ou encore la France (49).

Pékin accroît ses dépenses de défense depuis plus de 30 ans pour combler son retard sur les armées occidentales. L’augmentation annuelle avait atteint presque 18% à la fin des années 2000.

Ces dernières années, le taux de croissance des dépenses militaires est globalement indexé à celui du PIB (6,9% en 2017) et cela « va probablement continuer », estime James Char, expert de l’armée chinoise à l’Université de technologie de Nanyang, à Singapour. « En clair, il n’y aura pas de surmilitarisation. »

« La Chine octroie environ 2% de son PIB à son budget de défense, ce qui est la recommandation de l’Otan à ses pays membres, donc on ne peut pas vraiment crier au loup. Mais on observe incontestablement une course aux armements en Asie, dont la modernisation militaire chinoise est en partie responsable », juge Juliette Genevaz, experte de la Chine à l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire française à Paris.

En octobre, le président chinois Xi Jinping a appelé l’armée à achever sa modernisation d’ici 2035, et à être « de classe mondiale » à l’horizon 2050.

L’armée chinoise est encore peu présente à l’international: hormis ses participations aux missions de maintien de la paix de l’ONU, elle a 240 hommes dans l’unique base militaire qu’elle a pour l’instant ouverte à l’étranger (en 2017 à Djibouti), et sa marine patrouille dans le golfe d’Aden pour les opérations d’escorte anti-piraterie, selon l’IISS.

Les Etats-Unis comptent, eux, quelque 200.000 militaires déployés dans une quarantaine de pays sur les cinq continents.

(©AFP / 05 mars 2018 01h53)

https://www.romandie.com/news/La-Chine-accelere-la-croissance-de-ses-depenses-militaires-en-2018/895858.rom

Missiles étasuniens en Europe, le retour

Le plan avait été pré-annoncé il y a trois ans, pendant l’administration Obama, quand des fonctionnaires du Pentagone déclarèrent que “face à l’agression russe, les Etats-Unis sont en train de considérer le déploiement en Europe de missiles avec base à terre” (“Les missiles reviennent à Comiso”, Il manifesto, 9 juin 2015). A présent, avec l’administration Trump, ce plan se trouve officiellement confirmé.

Dans l’année fiscale 2018 le Congrès des Etats-Unis a autorisé le financement d’ ” un programme de recherche et développement d’un missile de croisière lancé depuis la terre par plate-forme mobile sur route”. C’est un missile à capacité nucléaire de portée intermédiaire (entre 500 et 5500 km), analogue aux 112 missiles nucléaires de croisière (cruise) déployés par les USA à Comiso (Province de Raguse, Sicile) dans les années 80. Ils furent éliminés, en même temps que les missiles balistiques Pershing 2 déployés par les USA en Allemagne et les SS-20 soviétiques basés en URSS, par le Traité sur les forces nucléaires intermédiaires (Inf), stipulé en 1987. Le Traité interdit le déploiement de missiles avec base à terre et portée comprise entre 500 et 5500 km.

Washington accuse maintenant Moscou de déployer des missiles de cette catégorie et déclare que, “si la Russie continue de violer le Traité Inf, les Etats-Unis ne seront plus ligotés par ce traité”, c’est-à-dire seront libres de déployer en Europe des missiles nucléaires à portée intermédiaire avec base à terre.

Un fait déterminant se trouve cependant ignoré : les missiles russes (en admet tant qu’ils soient à portée intermédiaire) sont déployés en fonction défensive en territoire russe, alors que ceux des USA à portée intermédiaire seraient déployés en fonction offensive en Europe au bord du territoire russe. C’est comme si la Russie déployait au Mexique des missiles nucléaires pointés sur les USA. Comme l’escalade USA/OTAN continue, le déploiement de ces missiles en Europe est de plus en plus probable.

Pendant ce temps l’Ukraine a testé début février un missile à portée intermédiaire avec base à terre, réalisé certainement avec l’assistance des USA. Les nouveaux missiles nucléaires étasuniens -beaucoup plus précis et rapides que les “cruise” des années 80- seraient déployés en Italie et probablement aussi dans des pays de l’Est, venant s’ajouter aux bombes nucléaires USA B61-12 qui arriveront en Italie et dans d’autres pays à partir de 2020.

En Italie, les nouveaux missiles de croisière seraient selon toute probabilité à nouveau positionnés en Sicile, même si non nécessairement à Comiso.

Il y a dans l’île deux installations USA de première importance stratégique. La station Muos (Mobile User Objective System) de Niscemi, une des quatre existantes à l’échelle mondiale (2 aux USA, 1 en Australie et 1 en Sicile) du système de communications satellitaires qui relie à un unique réseau de commandement toutes les forces étasuniennes, nucléaires comprises, se trouvant dans n’importe quelle partie du monde. La Jtags, station de réception et transmission satellitaire du “bouclier anti-missile” étasunien, qui est sur le point de devenir opérationnelle à Sigonella. C’est une des cinq à l’échelle mondiale (les autres se trouvent aux Etats-Unis, en Arabie Saoudite, Corée du Sud et Japon). La station, qui est transportable, sert non seulement à la défense anti-missile mais aussi aux opérations d’attaque, conduites depuis des bases avancées comme celles qui sont en Italie.

“Les Etats-Unis -explique le Pentagone dans le rapport “Nuclear Posture Review 2018”- engagent des armes nucléaires, déployées dans des bases avancées en Europe, pour la défense de l’Otan. Ces forces nucléaires constituent un lien politique et militaire essentiel entre Europe et Amérique du Nord”.

En nous liant à leur stratégie non seulement militairement mais politiquement, les Etats-Unis transforment de plus en plus notre pays en base avancée de leurs armes nucléaires pointées sur la Russie et, ainsi, en cible avancée sur laquelle sont pointées les armes nucléaires russes.

Manlio Dinucci

 

Article original en italien :

Torna l’incubo dei missili a Comiso

 

Edition de mardi 27 février 2018 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/torna-lincubo-dei-missili-a-comiso/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio.

Etats-Unis: une loi renforce les liens avec Taïwan, Pékin proteste

Etats-Unis: une loi renforce les liens avec Taïwan, Pékin proteste

media Le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell pendant un discours au Capitole à Washington, le 13 février 2018. Aaron P. Bernstein / REUTERS

Le Sénat américain a voté mercredi 28 février une loi renforçant les liens entre les Etats-Unis et Taïwan, une île de facto indépendante alors que la Chine la considère comme une de ses provinces. Le « Taiwan Travel Act » appelle notamment Washington à encourager les dirigeants taïwanais à se rendre aux Etats-Unis et à y rencontrer de hauts responsables américains. Dans la foulée, Pékin, opposé à tout contact officiel entre l’île et d’autres pays, a exprimé jeudi 1er mars son « fort mécontentement ».

Malgré le désaccord de la Chine, le texte a été voté à l’unanimité par les sénateurs américains. Il avait déjà été validé en janvier par la Chambre des représentants. Si le président américain Donald Trump doit encore apposer sa signature sur ce nouveau texte de loi pour qu’il entre en vigueur, il pourrait difficilement s’y opposer, le projet ayant été adopté à l’unanimité.

« La Chine exprime son fort mécontentement et sa ferme opposition », a indiqué jeudi Mme Hua Chunying, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse régulière. « Nous avons transmis aux Etats-Unis nos protestations solennelles », a-t-elle ajouté.

Vente d’armes et relations commerciales

Taïwan a un gouvernement indépendant mais n’est pas reconnu par l’ONU et la Chine interdit à tout pays avec lequel elle a des relations diplomatiques d’en avoir simultanément avec Taïwan.

Washington a rompu ses liens avec l’île en 1979 lorsque ses relations diplomatiques avec Pékin ont été rétablies, par conséquent, mais entretient des liens ambigus avec la première : les Etats-Unis conservent des relations commerciales avec le territoire et lui vendent des armements. Donald Trump avait par ailleurs provoqué le courroux de Pékin après son élection fin 2016, lorsqu’il a accepté un appel téléphonique de la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen.

(avec l’AFP)

http://www.rfi.fr/ameriques/20180301-etats-unis-senat-renforcer-relations-taiwan-chine-trump-representants