Archives pour la catégorie ARMEMENT

(B2) Un cargo soupçonné de transporter des armes vers la Libye est surveillé de près par ….

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(B2) Un cargo soupçonné de transporter des armes vers la Libye est surveillé de près par l’opération européenne EUNAVFOR Med Irini

Le Cirkin, un navire marchand turc battant pavillon tanzanien a été détecté mercredi (10 juin), au sud-ouest de la Crète, se dirigeant vers la Libye. De forts soupçons sont nés que le Cirkin n’effectue pas un transport tout à fait ordinaire mais qu’il pouvait transporter des armes illégales. Il n’est pas seul, accompagné par trois navires de la marine turque. Ce qui renforce le soupçon.

L’hélicoptère de la frégate grecque Spetsai (1) a alors reçu l’ordre du commandant de l’opération EUNAVFOR Med Irini de décoller pour aller contrôler le navire. Procédure normale en cas de soupçon sur un navire. Le capitaine et l’équipage du navire marchand n’ont pas répondu aux appels d’inspection de l’hélicoptère. Ce sont les Turcs qui ont répondu, indiquant que le navire était sous protection de la République turque, selon la télévision grecque AN1 Tv, qui commente l’information. L’hélicoptère est revenu alors à bord de la frégate. Le Spetsai a cependant reçu l’ordre de suivre les navires à distance.

Commentaire : un cas d’école prévu d’avance, véritable test pour l’Union européenne 

Les Turcs sont parfaitement dans leur droit, même s’ils agissent ainsi au vu et au su de tout le monde, avec une mauvaise foi patente. C’est la stricte application du droit de la mer. Tout navire opérant une mission de service public ne peut être inspecté par un navire de guerre.

Cet argument avait d’ailleurs déjà été utilisé en son temps par le gouvernement de Tripoli pour protéger ses navires d’une incursion trop précise des navires de l’opération Sophia (2). Cette hypothèse était très probable et envisagée dès le début de l’opération Irini. C’est un vrai test pour l’Union européenne de sa capacité à imposer les règles internationales d’embargo.

Selon nos informations, la question turque pourrait être évoquée lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de lundi (15 juin) dans les points d’actualité. Au départ, c’était davantage lié à l’action du gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan dans les forages au large de l’île de Chypre. Cet épisode rajoute un dossier de plus dans des relations compliquées entre Bruxelles et Ankara.

(Nicolas Gros-Verheyde)

  1. Le Spetsai est pour l’instant le seul navire actif dans l’opération. Le San Giorgio, qui sera le navire amiral, devrait le rejoindre bientôt. Mais il était encore à quai hier.
  2. Lire : L’affaire du Lufy : un trafic d’armes intralibyen ? un problème européen ?

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l’université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 – Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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InfORMATIONs cf2r

Plusieurs pays continuent de violer l’embargo sur les livraisons d’armes à la Libye, selon
Antonio Guterres…
Malgré les engagements pris à Berlin en janvier les livraisons d’armes en Libye se poursuivent. Une
réunion du Conseil de sécurité des Nations unies s’est tenue à New-York sur la crise en Libye. À Cette
occasion, Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, a nommément cité les Émirats arabes unis,
l’Égypte, la Russie et la Turquie comme étant des pays qui violent l’embargo sur les armes imposé à la
Libye depuis 2011.
(Deutsche Welle, le 27-02-2020)

Les États-Unis en passe de signer avec l’Inde un accord portant sur la vente d’hélicoptères et
autres équipements militaires…
Le président américain Donald Trump a annoncé hier que les États-Unis signeront un accord pour
vendre à l’Inde des hélicoptères et autres équipements militaires estimés à trois milliards de dollars.
M. Trump intervenait lundi à Ahmedabad en compagnie de son hôte indien, le Premier ministre
Narendra Modi, et en présence de 100 000 participants à un meeting géant intitulé Namasté Trump
pour lui souhaiter la bienvenue.
(La voix de l’Amérique, le 25-02-2020)

https://cf2r.org/wp-content/uploads/2020/03/Renseignor1117.pdf

Armement : la France confrontée à un renversement d’alliance en Arabie Saoudite

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Armement : la France confrontée à un renversement d’alliance en Arabie Saoudite

 Par Michel Cabirol  |  02/03/2020, 6:00  |  1235  mots

Mohammed ben Salman snobe la France
Mohammed ben Salman snobe la France (Crédits : POOL New)

La France est hors jeu en Arabie Saoudite. Ses industriels de la défense sont de moins en moins consultés par Ryad pour les commandes d’armement.

De claques en désillusions, la France ne sait vraiment plus à quels saints se vouer en Arabie Saoudite pour s’attirer les bonnes grâces du prince Mohammed ben Salman, dit MBS. En matière de ventes d’armes, elle est aujourd’hui distancée par l’Italie, l’Espagne et la Corée du Sud, très proche de vendre des corvettes à bas prix à Ryad. Les Etats-Unis restent évidemment hors concours. Autrefois, la France fournissait régulièrement au Royaume en tant que deuxième source d’approvisionnement des navires de guerre pour sa flotte de l’ouest et des systèmes Crotale pour sa défense aérienne courte portée. Ce n’est plus le cas depuis l’arrivée du prince MBS, dont l’origine des incompréhensions entre les deux pays remonte notamment à la place d’ODAS dans la relation entre les deux pays. Cette société, qui organisait les ventes d’armes entre Ryad et Paris, est en voie de dissolution à la demande de MBS. Mais elle continue de gérer les contrats en cours d’exécution.

Les industriels français snobés

Autre temps, autres fournisseurs. Les industriels français ne sont même plus conviés à participer aux « appels d’offres » saoudiens. Naval Group a été superbement ignoré par Ryad pour une commande de deux bâtiments de transport amphibie. Négocié depuis cet automne avec Navantia, qui était en février en Arabie Saoudite pour faire avancer les négociations avec la SAMI (Saudi Arabian Military Industries), un contrat pourrait être signé d’ici à l’été, selon nos informations. Le groupe espagnol a d’ailleurs déjà vendu cinq corvettes Avante 2200. C’était une grande première. Sur les frégates, Navantia et Fincantieri ont été consultés mais pas Naval Group. Le groupe italien a quant à lui annoncé fin décembre avoir remporté un contrat avec l’armée américaine, pour la construction de quatre navires de guerre, des LCS (Littoral Combat Ship) de Lockheed Martin modifiés, à destination de l’Arabie Saoudite. Le contrat est estimé à 1,3 milliard de dollars. Bref, rien ne semble plus tourner en faveur de la France même si certains industriels ont obtenu quelques succès (Nexter, MBDA) en raison d’une meilleure compréhension de la situation locale et de bons réseaux de vente.

« Les dés n’arrêtent pas de tourner mais je suis plus inquiet par le péril jaune au sens large », analyse un expert de la région. Pour l’heure, la France tente de s’accrocher à la modernisation des frégates de Sawari II évaluée à près de 1 milliard d’euros, selon des sources concordantes. Mais là aussi, les italiens tentent d’imposer le radar multifonctions mobile Kronos de Leonardo au détriment des radars de Thales. Il faut dire aussi que la maintenance coûteuse des radars Arabel sur les frégates Sawari II a été un gros point de discorde entre Français et Saoudiens – Thales n’ayant pas pris en compte les demandes saoudiennes et les Saoudiens ayant négligé l’importance de la maintenance – et entre Naval Group et Thales, quelques fois frères ennemis à l’export. A entendre les uns et les autres, les torts semblent partagés entre Français et Saoudiens mais le mal est fait… Le groupe d’électronique tente toutefois de se donner une nouvelle chance en proposant son nouveau radar considéré par le ministère comme performant, le Sea Fire, en cours de développement.closevolume_off

La France snobée, l’Allemagne désirée

Alors que la France fait des efforts pour normaliser ses relations avec l’Arabie Saoudite, elle est toujours aussi peu entendue par Ryad. Ainsi, la visite à Ryad les 16 et 17 janvier dernier de Jean-Yves Le Drian, qui s’est entretenu avec son homologue, le Prince Faisal bin Farhan Al Saoud, ministre des Affaires étrangères et Adel al Jubeir, ministre d’Etat pour les affaires étrangères, a été « désastreuse » sur le volet armement, selon un observateur. Le ministre des Affaires étrangères était pourtant arrivé avec une longue liste… Elle a fait un véritable four. Ce que le Quai d’Orsay a appelé dans un mémo une « déconvenue » est en réalité un changement d’alliance de la part de Ryad sans que Paris ne l’ait bien compris, semble-t-il.

Pourtant tout l’écosystème de défense avait été rempli d’espoir après l’entretien téléphonique le 17 septembre entre Emmanuel Macron et le prince héritier. Le président avait fermement condamné les attaques ayant visé des sites pétroliers à Abqaiq et Khurais par des drones houthis. Il avait alors réaffirmé l’engagement de la France en faveur de la sécurité de l’Arabie saoudite et de la stabilité de la région. Et en réponse à la demande des autorités saoudiennes, Emmanuel Macron avait confirmé à MBS l’envoi en Arabie saoudite d’experts français pour participer aux enquêtes destinées à faire toute la lumière sur l’origine et les modalités des attaques du 14 septembre.

Thales et MBDA ont donc proposé des systèmes pour contrer cette menace. La France a quant à elle envoyé un radar de surveillance Giraffe Made in Sweden (Saab). Selon l’Etat-major des armées, « une cinquantaine de personnels de l’armée de l’air » participe à cette opération. Soit une très belle promotion du Made in France en Arabie Saoudite par le ministère des Armées au moment où Thales tente de vendre ses radars dans le royaume… Le ministère aurait voulu tirer une balle dans le pied de Thales qu’il ne s’y serait pas pris autrement.

La France doit-elle changer de stratégie avec Ryad ?

Mais cette parenthèse a été vite refermée. La visite du ministre saoudien des Affaires étrangères en Allemagne peut s’apparenter à une énorme claque pour la France. Alors que Paris est prêt à vendre des armes à Ryad (en vain !), le Prince Faisal bin Farhan Al Saoud a exhorté l’Allemagne à lever son embargo sur les armes. Un comble… Le gel sur les licences d’exportations et l’arrêt des livraisons doivent être effectivement renégociés entre partenaires de la coalition d’ici le 31 mars prochain. Maniant la carotte et le bâton en même temps, le ministre des Affaires étrangères a rappelé dans une interview à l’agence de presse allemande DPA  « la haute qualité de l’armement » allemand mais a averti qu’il « existe d’autres sources où vous pouvez obtenir de tels armements ». Et de conclure que « nous allons acheter ce dont nous avons besoin, où nous pouvons l’obtenir ».

D’une terre généreuse pour l’industrie de l’armement française, l’Arabie Saoudite, tout comme l’Egypte, est devenue une terre stérile. Face à un tel renversement d’alliance, la France doit réfléchir à une nouvelle stratégie. Pourquoi continue-t-elle à apporter un soutien opérationnel à l’armée saoudienne sans en exiger une compensation industrielle pour prix de son engagement ? Puisque les Espagnols et les Italiens semblent les grands bénéficiaires du renversement d’alliance opéré par l’Arabie Saoudite, pourquoi n’apportent-ils pas eux ce soutien ? A Paris, certains réfléchissent à un durcissement de la politique envers Ryad, car pour l’heure, la France assume vis-à-vis de son opinion publique, des médias et des ONG son soutien tant au régime autocratique de MBS qu’à la guerre qu’il a déclenchée au Yémen. Sans aucun retour. Cet altruisme jugé de plus en plus suicidaire politiquement pourrait ne pas durer éternellement, surtout à l’approche de la présidentielle de 2022.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/armement-l-arabie-saoudite-une-terre-devenue-inamicale-pour-la-france-840917.html

L’État-major des armées réfute les accusations portées contre la Légion étrangère par l’ambassadeur du Mali en France

L’État-major des armées réfute les accusations portées contre la Légion étrangère par l’ambassadeur du Mali en France

PAR LAURENT LAGNEAU · 27 FÉVRIER 2020

Le 26 février, invité à s’exprimer par la commission sénatoriale des Affaires étrangère et des Forces armées dans le cadre d’un cycle d’auditions dédiées à l’opération Barkhane, l’ambassadeur du Mali en France, Toumani Djimé Diallo, a commencé son intervention en demandant une minute de silence pour rendre hommage à la mémoire des militaires français morts au combat dans son pays. Puis, il a enchaîné sur le sentiment anti-français que peuvent ressentir certains de ses compatriotes, en s’en faisant en quelque sorte l’avocat.

Ainsi, avant, toutefois, de rappeler les propos du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, pour qui « tous ceux qui, au Mali, appellent au départ des forces étrangères, et notamment françaises, sont des ennemis du Mali et les complices des jihadistes », le diplomate s’en est vivement pris à la Légion étrangère, ou du moins au comportement de certains légionnaire.

« Je n’ai pas l’habitude de la langue de bois. Je vais vous parler franchement. Dans les forces [françaises], il y a les officiers, il y a l’armée normale mais il y a aussi la Légion étrangère. Et c’est là le problème. Je vous dis, en vous regardant droit dans les yeux, qu par moment, dans les ‘Pigalle’ de Bamako, vous les y retrouvez, tatoués sur tout le corps, en train de rendre une image qui n’est pas celle que nous connaissons de l’armée nationale du Mali. Alors, ça fait peur, ça intrigue et ça pose des questionnements », a lancé M. Diallo, qui, à l’issue de l’audition, tiendra à souligner que le Mali « doit tout à la France » pour avoir conduit l’opération Serval en 2013.

« Le président Macron avait promis 200 militaires français de plus à Pau. C’est maintenant 600 parmi lesquels on a fait appel au 3e régiment nîmois de la Légion étrangère [sic]. Alors, c’est bien parce qu’ils sont âpres à la bataille, au combat mais ils sont aussi âpres au gain. Ce n’est pas le type de soldat […] qui, si on les encadre pas, donneraient une belle image de l’armée », a continué l’ambassadeur malien, en invitant son collègue tchadien « à dire certains choses sur la Légion étrangère, qui a fait la bataille, avec des résultats clairs, mais [avec] parallèlement des débordements qui, lorsque la population les réalise, posent problème ». Et d’insister encore une fois sur « le comportement de certains éléments […] tatoués de partout qui font n’importe quoi dans les rues de Bamako et d’ailleurs le soir ».

Pour rappel, il n’y a pas de « 3e régiment » de la Légion étrangère à Nîmes, ville qui accueille le « 2e Régiment Étranger d’Infanterie » [REI], le 3e REI étant présent en Guyane. En outre, les renforts évoqués par M. Macron lors du sommet de Pau ont été fournis par le 2e Régiment Étranger de Parachutistes [REP], dont les groupes commandos étaient alors déployés en Côte d’Ivoire.

Quoi qu’il en soit, les propos du diplomate malien ont fait immédiatement réagir Jean-Marc Todeschini, sénateur [PS] de Moselle et ancien secrétaire d’État chargé des Anciens combattants et de la Mémoire [2014-2017]. Le parlementaire a surtout critiqué la façon dont M. Diallo a évoqué ces « débordements » présumés. « Vous avez stigmatisé l’armée française au travers de comportements certainement vrais de certains soldats […] Vous n’ignorez pas que, au sein du ministère de la Défense, tout cela est surveillé de près, que […] en bon diplomate que vous êtes, ces sujets doivent remonter aux états-majors et remontent dans les discussions politiques que nous avons de cabinet à cabinet », a-t-il dit.

Par ailleurs, « ce n’est pas l’image que nous pouvons avoir de la Légion étrangère en France. Les légionnaires vivent des conditions difficiles, y compris sur la formation et la discipline. Et je pense que s’il y a des brebis gâleuses, il faut bien sûr les dénoncer mais ne pas stigmatiser la totalité », a conclu M. Todeschini.

Le souci, dans les propos de M. Diallo, est que les légionnaires de Barkhane ne sont pas censés se trouver à Bamako, qui abrite seulement la « Représentation militaire Barkhane au Mali » [RMBM]. À noter que la capitale malienne accueille également les états-majors de la mission européenne EUTM Mali, de la Force conjointe du G5 Sahel et la Mission multidemensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali [MINUSMA].Arouna SISSOKO@Arouna_Sissoko1

#Mali: « C’est à #Bamako où on crie le plus #barkhane dehors et c’est justement là où il n’y a pas de Barkhane… » Le Général de brigade Damien #DeMarsac représentant de la force française engagée dans le #Sahel. @EtatMajorFR

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En outre, les réseaux sociaux, sur lesquels les groupes hostiles à la présence des troupes étrangères au Mali sont pourtant actifs, n’ont pas massivement relayé de photographies et autres documents dénonçant des comportements inappopriés de militaires français dans les rues de Bamako.

Cela étant, l’État-major des armées [EMA] a fait une mise au point après les propos tenus par l’ambassadeur malien. « Les légionnaires n’ont jamais été stationnés à Bamako, ils n’ont pas vocation à y aller et n’ont ni quartier libre ni temps de repos hors des bases opérationnelles » de Barkhane, situées dans le nord du pays », a fait valoir son porte-parole, le colonel Frédéric Barbry, auprès de l’AFP.

Le président de la commission des Affaires étrangères et des Forces armées, Christian Cambon, a dit « prendre note » des propos de M. Diallo. « Mais mais nous souhaitons réaffirmer notre solidarité envers nos forces armées » et « s’il y a des manquements, il y a des autorités militaires qui sont tout à fait adaptées pour corriger ces choses », a-t-il estimé.

Le cabinet de la ministre des Armées, Florence Parly, a également vivement réagi aux accusations du diplomate malien, via une déclaration envoyée à l’AFP.

« Plutôt que de véhiculer et de propager de fausses accusations, nous attendons de l’ambassadeur du Mali qu’il mobilise toute son action pour la mise en oeuvre des décisions du sommet de Pau et la réussite de tous », a-t-il affirmé, en rappelant qu’il « n’y a « quasiment plus de soldats français stationnés à Bamako » depuis août 2014.

« Cette mise en cause est non seulement fausse mais inacceptable. Inacceptable et indécente quand la France s’est résolument engagée pour combattre les groupes terroristes qui menacent les populations du Sahel », a poursivi le cabinet de Mme Parly. Et de rappeler que « chaque jour, les militaires français risquent leur vie pour protéger les autres. »

Actuellement, et outre les GCP du 2e REP, le 2e REI de Nîmes et le 1er Régiment Étranger de Cavalerie [REC] de Carpiagne sont déployés au Mali, au titre de l’opération Barkhane.

Photo : Légion étrangère

http://www.opex360.com/2020/02/27/letat-major-des-armees-refute-les-accusations-portees-contre-la-legion-etrangere-par-lambassadeur-du-mali-en-france/

Jean-Pierre Chevènement : « La France veut-elle rester une puissance mondiale au XXIème siècle ? »

Jean-Pierre Chevènement : « La France veut-elle rester une puissance mondiale au XXIème siècle ? »

Publié par: Jean-Pierre Chevènementle: 08 février, 2020Dans: A La UneACCEUILActualitéGéopolitiqueLivresImprimerEmail

Dans sa préface au nouvel ouvrage de Richard Labévière*, Jean-Pierre Chevènement, sénateur et ancien ministre de la Défense, estime que la reconquête de notre « indépendance par la mer, comme le suggère l’auteur, est une idée stratégique de premier ordre.

– Les possessions maritimes de la France – Crédit photo : Ifremer

Le livre de Richard Labévière est une somme. Il donne accès à tout ce qu’il faut savoir pour connaître et valoriser cet exceptionnel atout que constitue le domaine maritime français, le premier du monde par l’étendue.

Richelieu, ancêtre des géopoliticiens modernes, énonçait au début du XVIIème siècle, en 1629 précisément : « La première chose qu’il faut faire est de se rendre puissant sur la mer qui donne accès à tous les Etats du monde ». Que la France n’a-t-elle suivi ce judicieux conseil !
Sans doute, les historiens nous révèlent que, prisonnière de trois tropismes : le continental, le méditerranéen et l’océanique, elle a laissé, après la guerre de sept ans et surtout après Trafalgar, le grand large à l’Angleterre. Habitant un pays de Cocagne, le Français est peu porté à l’émigration. C’est peut-être là l’explication de son trop faible investissement en direction de la mer.

Mais aujourd’hui, et c’est tout l’intérêt du livre de Richard Labévière, la France doit repenser sa géopolitique à l’aune du monde qui vient.

Elle n’est pas que le Finistère de l’Eurasie. Avec ses départements, collectivités et territoires d’Outre-Mer, elle est présente sur tous les océans. Et la mondialisation a rebattu les cartes. En 1950, on transportait un peu plus de cinq cents millions de tonnes de marchandises par voie maritime. Aujourd’hui, plus de dix milliards de tonnes transitent par la mer. Plus de 80 % des transports de marchandises se font par voie maritime.

Certes, la zone économique exclusive française se situe principalement dans le Pacifique mais celui-ci sera de plus en plus un enjeu entre la Chine et les Etats-Unis.

La France est présente aussi à Djibouti et dans l’océan Indien sur la route qui double le Cap de Bonne Espérance. Dans ces parages, les îles australes lui offrent un vaste domaine et de nombreuses opportunités.

Idéalement placée par la géographie, la Guyane donne à notre pays un point d’accès privilégié à l’espace dont la maîtrise, aujourd’hui, va de pair avec celle des mers.

Pour que cette ubiquité se transforme en atout, j’observe cependant que la métropole doit dégager des moyens financiers importants. Or, nous vivons depuis la crise de 2008, au moins, une période de très faible croissance pour ne pas dire de stagnation économique.

Reconquérir notre indépendance par la mer, comme le suggère Richard Labévière, est une idée stratégique de premier ordre. Mais ayons le courage d’aller jusqu’au bout ; elle bouleverse l’ordre de nos priorités politiques tel qu’il résulte de nos choix politiques depuis quarante ans.
La politique de la France est restée centrée sur le continent après la fin de l’URSS, tout comme elle l’était déjà à l’époque de la guerre froide. A la fin de celle-ci, nous avons voulu arrimer l’Allemagne à l’Europe : c’était le sens du traité de Maastricht. Etait-ce bien judicieux ? La construction de l’Europe, dont la France avait pris l’initiative dans les années 1950, nous échappe désormais avec la réunification allemande et l’élargissement à l’Est consécutif à la chute de l’URSS.

Couverture du Livre

Les contraintes que cette Europe, désormais germano-centrée, exerce sur notre économie à travers la monnaie, le budget et les règles de gestion (le principe de la concurrence administré par Bruxelles) sont telles que notre marge de manœuvre en maints domaines s’en trouve réduite sinon annihilée.

Je ne prendrai que quelques exemples :

Richard Labévière cite l’exemple de la politique portuaire. Il est lamentable que nos ports – Le Havre, Marseille au premier chef mais aussi ceux de la façade atlantique ne s’ouvrent pas davantage sur leur arrière-pays. Un redressement est-il compatible avec le principe de la mise en concurrence ferroviaire ? Et ne faut-il pas préalablement enrayer la désindustrialisation qui frappe notre pays depuis quatre décennies, notamment du fait d’une monnaie surévaluée ?
Sinon, ne faut-il pas nous résigner à ce que nos principaux ports s’appellent Anvers et Rotterdam ? Le canal Seine-Nord, toujours en projet d’ailleurs, n’est-il pas fait pour desservir en priorité ceux-ci ? L’augmentation de la taille des navires oblige l’outil portuaire à s’adapter. Comme pour l’acheminement des marchandises à l’intérieur des terres, il y faut des investissements considérables.

La France peut se flatter de ce que le troisième transporteur mondial soit une compagnie française (CMA-CGM) basée à Marseille.

La conteneurisation du trafic maritime est un progrès irréversible mais il est étroitement corrélé à la mondialisation des échanges. Un certain retour au protectionnisme impulsé par la politique de Donald Trump est probable.

Observons cependant que le protectionnisme s’il reste modéré, comme à la fin du XIXème siècle, n’entrave pas la croissance et la progression des échanges. Reste que la vigilance s’impose… Quoi qu’il arrive, nos ports doivent rester capables de s’insérer dans ces grandes chaînes logistiques qui se déploient à l’échelle internationale.

Richard Labévière montre toutes les opportunités qu’offre à la France son domaine maritime. Il ne relève qu’incidemment la contradiction qui existe entre les enjeux économiques et les enjeux environnementaux.

Il traite certes abondamment de ces derniers en évoquant « la mer de plastique » du Pacifique et la terre devenue « bleu citron », avec la pollution des océans.

Mais il faudrait, me semble-t-il, éclairer la rentabilité de l’exploitation des fonds marins. En dehors du pétrole et du gaz, que sait-on exactement des gisements de terres rares au large de Wallis et Futuna ? A quel horizon seront-ils rentables !

Et que ne voit-on l’hostilité de principe des milieux dits « écologistes » prompts à se manifester dès qu’un projet économique se dessine à l’horizon ?

L’enjeu écologique est devenu pour beaucoup d’ONG la nouvelle frontière sur laquelle ils se battent : il s’agit, pour ceux-ci, de contraindre l’activité minière dans les fonds marins, au point de la rendre impossible.

Selon mes informations, puisées à bonne source, le Ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer a pour doctrine de ne pas donner de permis d’exploration et encore moins d’exploitation. Il est nécessaire d’ouvrir un débat sur ce sujet complètement occulté.

Le général de Gaulle, en 1959, avait créé le CNEXO (Centre National d’Exploitation des Océans). Les socialistes, en 1982, l’ont fusionné avec l’Institut des Pêches pour créer l’IFREMER. Je ne suis pas sûr que l’idée de l’exploitation des océans ne se soit pas perdue en route avec la montée des idéologies qui, au prétexte de l’écologie, ont fait prévaloir en tous domaines « le principe de précaution ». L’idée maîtresse est, on le sait, qu’il vaut mieux ne rien faire que de vouloir continuer dans la ligne de Descartes qui voulait que l’homme se rendît « maître et possesseur de la Nature ». Ce principe d’immobilisme posé par les penseurs allemands d’après 1945 et notamment par Hans Jonas, se situe évidemment aux antipodes du dessein gaullien d’exploitation par la France de ses richesses océaniques.

Richard Labévière développe largement les aspects géostratégiques du contrôle de la mer. Les enjeux de sécurité – lutte contre le terrorisme et la piraterie, contrôle des flux migratoires –concernent des espaces sous juridiction française, étrangère ou relevant des eaux internationales. Le contrôle de ces espaces implique une coopération internationale. D’autres tâches, je pense à la connaissance des fonds marins utilisés par nos sous-marins lanceurs d’engins, supposent au contraire la maîtrise entière de moyens nationaux.

J’en viens naturellement au rôle primordial qui incombe à la Marine nationale pour assurer la protection, non seulement de nos côtes mais aussi celle de nos intérêts vitaux et la sécurité de nos principaux flux maritimes vers le Golfe et l’Asie d’une part, et vers l’Afrique et le Golfe de Guinée, d’autre part.

Notre Marine nationale, avec des moyens contraints, garde cependant un format complet. Son excellence tient à la qualité de ses équipements mais aussi à la valeur exceptionnelle des équipages et des hommes qui les constituent.

On ne peut continuer dans la voie des réductions de format.

Nous sommes confrontés à un phénomène d’arsenalisation de l’espace maritime du fait de la montée en puissance des marines chinoise, indienne et pakistanaise notamment. Ces trois Etats se dotent ou vont se doter de sous-marins lanceurs d’engins et de groupes aéronavals.
L’Océan Indien, dont nous sommes une puissance riveraine et par lequel passent les plus importants flux de transport maritime ainsi que les câbles sous-marins par où transitent 90% des messages d’internet, concentre les risques majeurs.

Richard Labévière attire à juste titre l’attention sur le nœud que constitue Djibouti ou coexistent trois bases militaires, française, américaine et chinoise.

Il est au fond assez normal que la Chine, premier exportateur mondial avec un montant de plus de 2 000 milliards de dollars d’exportations, veuille protéger ses flux de trafic. Autre chose est évidemment la pratique de la poldérisation d’îlots disputés en mer de Chine méridionale.
Si ces pratiques sont condamnables, elles ne doivent pas nous conduire à faire de la Chine « l’ennemi ». La montée en puissance de la Chine est le grand fait géopolitique de notre temps. Nous devons toujours nous rappeler le discours du général de Gaulle en 1959 à l’Ecole militaire, où il définissait les fonctions d’une dissuasion nucléaire « tous azimuts » : la sauvegarde des intérêts vitaux de la France mais aussi la capacité de la France à ne pas se laisser entraîner dans un conflit qui ne serait pas le sien.

Nous allons certes vers des tensions croissantes entre les Etats-Unis, qui dominent et continueront de dominer les océans et la Chine qui, sans devenir « la » puissance mondiale hégémonique, deviendra de toute façon une très grande puissance.

Dans ce contexte, l’intérêt national nous commande à la fois le réalisme sans lequel il n’y a pas de bonne politique et un renforcement de notre puissance dans l’Océan Indien.

C’est cette présence, garante de notre rang et de nos intérêts, qui doit nous conduire à assurer la permanence à la mer de notre groupe aéronaval.

Il faut donc prévoir deux successeurs au « Charles de Gaulle ». Richard Labévière développe très bien l’argumentaire.

Je le résume en un mot : « La France veut-elle rester une puissance mondiale au XXIème siècle ? »

La France a été, dans le passé, capable d’efforts plus considérables.

Le choix d’un deuxième porte-avion signifiera simplement que nous voulons continuer notre Histoire et ne pas la considérer, depuis que la France existe, comme une parenthèse « pleine de bruit, de fureur et qui ne signifie rien ».

Jean-Pierre Chevènement

*Reconquérir par la mer. La France face à la nouvellegéopolitique des océans.
Par Richard Labévière – Préface de Jean-Pierre Chevènement. Editions Temporis, 314 pages, janvier 2020, 18,50 EUROS.

– Richard Labévière est un journaliste d’investigation, écrivain, chroniqueur et rédacteur en chef du magasine en ligne Proche et Moyen-Orient.ch. On lui doit une vingtaine de d’essais et de livres de géopolitque notamment : Éloge du dogmatisme : contre la société de communication (avec Christophe Devouassoux), Vevey, Éditions de l’Aire, 1989, 239 p. ; À demain Karl : pour sortir de la fin des idéologies (avec Jean Ziegler), Paris, Éditions Régine Deforges – Éditions Ramsay, 1991, 135 p. ; Duel aux sommets : la montagne à l’épreuve de la démocratie (avec Christophe Devouassoux, Paris, Éditions Syros-Alternatives, 1992, 189 p. ; Les dollars de la terreur : les États-Unis et les islamistes, Paris, Éditions Grasset, 1999, 433 p. ; Bethléem en Palestine (avec Pierre Péan), Paris, Éditions Fayard, 1999, 321 p. ; Oussama Ben Laden ou Le meurtre du père : États-Unis, Arabie saoudite, Pakistan, Lausanne, Éditions Favre, 2002, 141 p. ; Les coulisses de la terreur, Paris, Éditions Grasset, 2003, 368 p. ; Le grand retournement : Bagdad-Beyrouth, Paris, Éditions du Seuil, 2006, 357 p. ; Bernard-Henri Lévy ou La règle du je (avec Bruno Jeanmart), Pantin, Éditions Le Temps des cerises, 2007, 160 p. (vient d’être réédité en janvier 2020 aux éditions Delga) ; La bataille du Grand Nord a commencé… (avec François Thual), Paris, Éditions Perrin, 2008, 248 p. ; La Tuerie d’Ehden ou La malédiction des Arabes chrétiens. Paris, Éditions Fayard, 2009, 408 p. ; Quand la Syrie s’éveillera (avec Talal el Atrache), Paris, Éditions Perrin, 2011, 830 p. ; Vérités et mythologies du 11 septembre : modeste contribution aux cérémonies officielles du Xe anniversaire, Nouveau Monde éditions, Collection : Les enquêteurs associés, 25 août 2011. ; Terrorisme, face cachée de la mondialisation. Editions Pierre-Guillaume de Roux, novembre 2016.

http://www.afrique-asie.fr/jean-pierre-chevenement-la-france-veut-elle-rester-une-puissance-mondiale-au-xxieme-siecle/

L’état-major brésilien considère la France comme la principale menace militaire d’ici 2040

L’état-major brésilien considère la France comme la principale menace militaire d’ici 2040

PAR LAURENT LAGNEAU · 8 FÉVRIER 2020

En août dernier, à l’occasion du sommet du G7, et lors que 13,1 millions d’hectares de forêts venaient de partir en fumée en Sibérie et que la végétation flambait en Afrique centrale, le président Macron s’en était vivement pris à son homologue brésilien, Jair Bolsonaro, pour sa politique ayant conduit à une hausse sensible des incendies en Amazonie, décrite à tort comme étant le « poumon de la planète ». Mieux : il avait également évoqué de conférer un « statut international » à la région amazonienne, ce qui provoqua un tollé à Brasilia. Et, visiblement, cet épisode a laissé des traces, à en juger par le rapport confidentiel de l’état-major brésilien ayant « fuité » dans la presse.

En effet, le 7 février, le quotidien Folha de S. Paulo a publié des extraits de ce rapport qui, intitulé « Scénarios de défense 2040 », a été rédigé à partir des prévisions de 500 officiers incarnant « l’élite militaire » du pays ayant participé à 11 réunions au cours du second semestre 2019. Il vise à contribuer à la révision de la « stratégie de défense nationale » actuellement en cours.

« Le texte de 45 pages contient des considérations géopolitiques réalistes et des hypothèses quelque peu délirantes », commente le journal brésilien. Dans quelle catégorie se classe celle faisant de la France la principale – si ce n’est la seule – menace militaire pour le Brésil?

Car cette hypothèse est très sérieusement envisagée dans l’un des quatre grands scénarios évoqués dans ce document. Ainsi, ce dernier imagine que Paris pourrait « formaliser en 2035 une demande d’intervention des Nations unies » dans les territoires de la tribu Yanomami », situés à la frontière avec le Venezuela, afin de soutenir « sans restriction un mouvement d’émancipation de ce peuple autochtone. » Et d’ajouter : « deux ans plus tard, la France a mobilisé ses forces armées en les positionnant en Guyane », département d’outre-Mer qui partage une frontière de 730 km avec le Brésil.

Les relations franco-brésiliennes ont connu quelques tensions par le passé. Comme en 1961, avec le conflit de « la langouste ». À l’époque, le Brésil avait autorisé des langoustiers français à pêcher dans ses eaux territoriales.

Mais, à la suite d’un différend commercial entre une société américaine [ou britannique selon certains sources] avec les pêcheurs français, Brasilia changea radicalement d’attitude et la marine brésilienne arraisonna cinq langoustiers français au-delà des limites de la mer territoriale du Brésil. D’où la réaction de la France, qui envoya sur place l’escorteur d’escadre Tartu, pendant qu’un groupe aéronaval constitué autours du porte-avions Clemenceau prenait position au large de l’Afrique de l’Ouest, à seulement deux jours de navigation des côtes brésiliennes.

La marine et l’aviation brésiliennes furent alors placées en alerte maximale et se tenaient prêtes à une confrontation, pendant que certains journaux brésiliens soufflaient sur les braises ont diffusant ce que l’on appelle aujourd’hui des « infox ». Finalement, l’affaire se régla via les canaux diplomatiques… Et le général de Gaulle fut même invité au Brésil, où il reçut un accueil chaleureux en octobre 1964.

Plus récemment, une autre affaire aurait pu mettre à mal les relations franco-brésiliennes, après l’explosion, au centre de lancement d’Alcântara, d’un lanceur VLS-1 V03 qui devait mettre sur orbite, en août 2003, deux satellites pour le compte de l’Agência Espacial Brasileira.

En effet, le Folha de S. Paulo [encore lui!] avait publié des notes du service brésilien du renseignement [ABIN] selon lesquelles la Direction générale de la sécurité extérieure [DGSE] était soupçonnée d’avoir été à l’origine de l’explosion du VLS-1 V03, qui coûta la vie à 21 personnes. La France, y était-il expliqué, avait un mobile : le site d’Alcântara pouvait faire de l’ombre au centre spatial guyanais de Kourou. Finalement, l’enquête démontra que l’accident avait été causé par des « accumulations dangereuses de gaz volatils, la détérioration de capteurs et des interférences électromagnétiques. »

Quoi qu’il en soit, et après lui avoir cédé le porte-avions Foch et des Mirage 2000C, la France et le Brésil sont depuis liés par un accord de partenariat stratégique [signé en 2006], lequel s’est traduit, au niveau militaire, par la livraison de 50 hélicoptères de manoeuvre Caraval et la construction de cinq sous-marins de type Scorpène. En outre, Paris a consenti à des transferts de technologies conséquents pour permettre à la marine brésilienne de se doter d’un sous-marin nucléaire d’attaque [programme PROSUB].

C’est, d’ailleurs, ce qu’a rappelé l’ambassade de France au Brésil. « Le fait est que le Brésil est notre principal partenaire stratégique en Amérique latine et que la France entretient des relations de coopération quotidiennes, étroites et amicales avec les forces armées brésiliennes depuis des décennies », a-t-elle commenté via Twitter.

« Si la France est en effet la future menace majeure pour sa sécurité nationale, alors le Brésil doit revoir le projet de construction de sous-marins à propulsion nucléaire. Sinon, l’étude ne sert que d’exercice de fiction psychédélique », a, de son côté, taclé Hussein Kalout, secrétaire aux Affaires stratégiques du gouvernement de l’ancien président Michel Temer, le prédécesseur de Jair Bolsonaro.

Quant aux autres scénarios, le rapport évoque notamment des tensions avec la Bolivie [avec une possible intervention militaire du Brésil à Santa Cruz de la Sierra pour y protéger les agriculteurs brésiliens] et le Venezuela. Pour ce dernier, Folha de S. Paulo écrit que « dans une simulation réaliste, ce pays profite des missiles balistiques qu’il a reçus de la Russie et de la Chine et envahit la République voisine de Guyana, ce qui obligerait éventuellement Brasilia à envisager une opération militaire. Or, par le passé, Caracas a déjà menacé son voisin pour ses réserves pétrolières, en affirmant ses prétentions sur le territoire de l’Essequibo.

Enfin, le document s’inquiète également de l’influence grandissante de la Chine en Amérique latine, sur fond de rivalité croissante avec les États-Unis, sur lesquels Jair Bolsonara a aligné sa politique étrangères.

http://www.opex360.com/2020/02/08/letat-major-bresilien-considere-la-france-comme-la-principale-menace-militaire-dici-2040/

Une souveraineté choisie, oui. Mais sommes-nous prêts à en payer le prix ?DÉFENSE08 février 2020© Francois Mori / POOL / AFP

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Décryptages » Une souveraineté choisie, oui. Mais sommes-nous prêts à en payer le prix ?DÉFENSE08 février 2020© Francois Mori / POOL / AFPPUISSANCE MILITAIRE

Une souveraineté choisie, oui. Mais sommes-nous prêts à en payer le prix ?

Emmanuel Macron a prononcé ce vendredi un discours sur « la stratégie de défense et de dissuasion”. L’heure est, comme partout dans le monde à la relance, de la course aux armements. Mais où se situe l’armée française par rapport aux autres puissances ?AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN200Avec François Géré

Atlantico : Emmanuel Macron a prononcé vendredi un discours présentant sa stratégie militaire. Lors de ses premiers voeux aux armées, en janvier 2018, il avait déjà déclaré que « la dissuasion fait partie de notre histoire, de notre stratégie de défense et elle le restera”. Dans un monde tourné d’abord vers la bataille technologique, quel sens la dissuasion nucléaire prend-elle aujourd’hui ?

François Géré : Depuis un demi-siècle la vitesse du progrès technologique s’est considérablement augmentée. Le développement de l’électro-informatique a transformé tous les secteurs de l’activité civile et militaire. L’utilisation de la guerre électronique, de l’espace avec les satellites de télécommunication et d’observation, les développements de l’utilisation du cyber espace bouleversent la production des systèmes d’armes tandis que la numérisation du champ de bataille transforme la conduite des opérations terrestres. Les plates formes de combat sont maintenant interconnectées et interactives en temps réel.  C’est ce que l’on a appelé la « révolution dans les affaires militaires ». Aujourd’hui l’information-communication constitue le facteur clé pour obtenir la supériorité sur l’adversaire en prenant l’ascendant sur son système de commandement-contrôle-communication et ses capacités de renseignement. Mais il s’agit de guerre classique avec des moyens conventionnels. Les forces nucléaires consacrées, en France, à une stratégie de dissuasion, doivent pour rester efficaces et crédibles procéder à une modernisation permanente afin, en particulier, d’assurer la sûreté et la rapidité des transmissions entre l’autorité décisionnelle (le Président) et les commandements des composantes sous-marines et aériennes qui sont les vecteurs de la force de dissuasion. Les Etats-Unis disposent d’une avance technologique importante mais toutes les puissances s’efforcent de réduire autant que possible l’écart. Cela suppose des investissements élevés auxquels ne peuvent faire face que quelques Etats.

Le budget américain pour la défense surclasse de loin celui des autres pays, en faisant des Etats-Unis, de facto, les défenseurs du monde occidental. Mais dans un contexte politique instable, ce parapluie américain est-il toujours une protection stable et impénétrable?

Avec un budget annuel de 700 milliards de dollars les Etats-Unis dominent militairement le monde. Ils détiennent la supériorité dans tous les domaines. A travers leurs alliances en Europe et en Asie ils garantissent une protection d’autant plus efficace que depuis la disparition de l’Union soviétique et l’élargissement de l’OTAN la Russie n’a pas pu reconstituer une menace comparable à ce qu’elle fut durant la guerre froide. En Asie, les Etats-Unis aident la Corée du Sud et le Japon à faire face à la Corée du Nord, tout en soutenant Taïwan contre la menace chinoise. L’US Navy contient l’expansionnisme de Pékin dans les mers de Chine du Sud.  Mais ce soutien a un prix que les Etats-Unis entendent bien faire payer. Avec virulence Donald Trump a exigé que les alliés remontent le niveau de leur participation financière et prennent en charge leur part du fardeau, notamment en achetant des matériels américains, faute de quoi les Etats-Unis pourraient se désengager. Déjà le président Obama avait entrepris de réduire l’engagement américain dans l’espace atlantique pour reporter les efforts vers le Pacifique. Cette protection américaine n’est donc ni stable, ni indéfiniment garantie. C’est la raison pour laquelle Emmanuel Macron appelle de ses vœux la formation d’une Europe de la défense capable de prendre elle-même en charge sa protection.

Concrètement, où se situe l’armée française par rapport aux autres puissances militaires ? Dans quels domaines notre armée présente-t-elle le plus de faiblesses?  Quelle place notre budget accorde-t-il au R&D ?

La défense française occupe un rang très original dans la mesure où elle dispose de l’arme nucléaire ce qui lui procure une sécurité propre et la met à l’abri d’une menace majeure contre ses intérêts vitaux. Mais cet avantage est purement défensif et n’est d’aucune utilité dès lors qu’il faut s’engager dans des opérations avec des forces conventionnelles. Celles-ci ont souffert des réductions budgétaires de ces vingt dernières années alors même que le nombre des opérations dans le monde ne cessait d’augmenter notamment en Afrique. Avec 1,5% du PIB nous n’étions plus en mesure d’assurer toutes les missions. Matériels vieillissants, capacités insuffisantes notamment dans les domaines du renseignement électromagnétique et spatial, et du transport logistique sur grande distance nous ont placés en situation de dépendance à l’égard des pays fournisseurs notamment notre allié américain. Les capacités en effectifs sont très vite sous tension. Nous ne pouvons déployer que 12 000 soldats en opérations extérieures, l’essentiel étant aujourd’hui en Afrique.  La récente décision d’Emmanuel Macron de relever à 2% le budget de la défense permet de redresser en partie la situation. Si cet effort est maintenu la France pourra disposer de la première armée d’Europe (hors Russie). Avec un budget également en hausse de 5 milliards d’Euros pour la recherche-développement et l’innovation (nanotechnologies, Intelligence artificielle, cyber) la France a pris la tête en Europe tout en restant loin derrière les Etats-Unis qui consacrent 4% de leur budget aux recherches avancées. Seule une intégration européenne dans ce domaine permettrait d’occuper un second rang mondial mais rien n’est encore fait sur cette voie.

Emmanuel Macron a soutenu faire le choix de la souveraineté. Mais peut-on en assumer le prix? Si le parapluie américain venait à disparaître, l’Europe pourrait-elle faire le « grand saut » en matière de défense pour combler l’écart ? L’Europe peut-elle assumer la présence d’un complexe militaro-industriel du même type que celui de l’Amérique des années 1950 sur son territoire ? Tout le monde garde en mémoire l’avertissement du président Eisenhower, craignant que les pressions va-en-guerre de l’industrie de l’armement afin de perpétuer les investissements…

Créer une Europe capable d’assurer sa défense en pleine souveraineté et autonomie constitue une tâche immense se heurtant à de nombreuses difficultés. D’abord il n’existe pas d’unité de vision stratégique sur les dangers susceptibles d’affecter le continent européen. Les Etats du Nord et de l’Est s’inquiètent de la menace russe et voient dans les Etats-Unis, au travers de l’OTAN la seule puissance capable de leur garantir une protection crédible. La France et les Etats du Sud sont surtout sensibles à la menace terroriste dans l’espace sahélo-saharien et s’inquiètent des risques de déstabilisation liés aux flux migratoires. Ensuite les contributions financières demeurent à des niveaux insuffisants malgré les promesses d’atteindre vers 2025 le seuil de 2%. Enfin la fragmentation et la dispersion affaiblissent considérablement les Européens. Chaque pays dispose de son armée, organisée à sa manière et disposant de ses équipements propres. Les industries d’armement maintiennent une âpre concurrence en dépit des efforts de regroupement : pour tous les marchés importants : avions de combat, frégates, sous-marins, chars de bataille, systèmes de communication, satellites, etc. les sociétés sont en compétition en sorte qu’elles ne disposent pas de la puissance nécessaire pour faire face au concurrent américain. Il existe dans chaque pays un complexe militaro-industriel de dimension variable doté d’une capacité de lobbying limitée. Dans certains cas des associations entre quelques Etats aboutissent à la formation d’un leader sectoriel comme Airbus Industrie mais de là à créer un pouvoir susceptible d’influencer la politique et la stratégie militaire on est encore bien loin. Très actifs auprès de l’Union européenne les CMI agissent en ordre dispersé.Les commentaires de cet article sont à lire ci-aprèsLe sujet vous intéresse ?Mots-clés :Défensedissuasion nucléaireforce de dissuasionArméestratégie militaireEmmanuel Macron

https://www.atlantico.fr/decryptage/3587187/une-souverainete-choisie-oui-mais-sommes-nous-prets-a-en-payer-le-prix–francois-gere

Cette souveraineté industrielle que l’Union européenne laisse s’effriter face aux assauts

Décryptages » Cette souveraineté industrielle que l’Union européenne laisse s’effriter face aux assautsEUROPE03 février 2020© LUDOVIC MARIN / AFPBOUCLIER EUROPÉEN

Cette souveraineté industrielle que l’Union européenne laisse s’effriter face aux assauts

Les Etats-Unis veulent acheter une partie de notre industrie de défense, la Chine veut le contrôle de la 5G en Europe… Les prédateurs se multiplient. L’Europe ne se soucie pas suffisamment de sa souveraineté industrielle.AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN3128Avec Les Arvernes

Atlantico.fr : Les USA veulent acheter une partie de notre industrie de défense (Photonis et Latécoère), les sanctions du DOJ américain continuent à l’encontre de nos géants (après Areva, c’est au tour de Airbus de payer un lourd tribut). Dans le même temps, la Chine veut le contrôle de la 5G en Europe, au risque une nouvelle fois, de sanctions américaineS tandis que l’arrivée prochaine des Nouvelles Routes de la Soie promet de bouleverser le marché européen. Côté armement, après l’Italie, la Belgique et les Pays-Bas, la Pologne vient d’acheter des avions de combats américains, sans considérer d’offre européenne et notamment française. 

Les prédateurs semblent se multiplier : L’Europe ne se soucie-t-elle pas suffisamment de sa souveraineté industrielle ? 

Les Arvernes : Le principe même de souveraineté est contraire à l’ADN de la construction européenne. La colonne vertébrale de la construction c’est le « doux commerce » au sens de Montesquieu. Pour l’Union européenne, il n’a longtemps été pas de concurrents ou de rivaux : seuls des partenaires commerciaux qui s’ignorent. C’est la raison pour laquelle elle a toujours été profondément libre-échangiste, et a enchainé les erreurs, la première, emboitant le pas à l’Amérique de Bill Clinton, étant de laisser entrer la Chine dans l’OMC à des conditions trop favorables pour cette dernière.

Bien sûr, elle commence à changer, sous deux réalités qui la dérangent, et après laquelle elle court. La première réalité, c’est le renfermement du monde, le retour des frontières, la remise en avant des intérêts nationaux, dont la politique de Donald Trump est une manifestation spectaculaire. La seconde, c’est que l’Europe, selon le mot de Montalembert, conçoit le libéralisme comme celui du « renard libre dans le poulailler libre ». Il est très facile d’être libre échangiste quand on est le plus fort. Maintenant que dans le poulailler l’Europe s’aperçoit qu’il y a un dragon chinois, un tigre indien etc. elle se préoccupe tout d’un coup de se défendre. En ce sens, la résurgence de la souveraineté industrielle est d’abord la prise de conscience de la fragilité industrielle d’une Union européenne qui s’est trompée sur la réalité des relations économiques et politiques internationales.

La création d’un géant des batteries franco-allemand peut-elle être le point de départ d’une souveraineté retrouvée ? 

Le projet est politique au moins autant qu’économique. Sa symbolique n’est pas à sous-estimer.

Cela dit, quand l’on regarde de plus près, le sujet pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Quelles ressources, sachant que l’Europe ne dispose pas de lithium ou de cobalt sécurisé, tout étant aux mains des chinois ? Quelle compétitivité, sachant que, là encore, les chinois produisent environ 75% du marché avec des prix sur lesquels l’Europe ne pourra pas s’aligner, à part quelques marchés de niche ? Quelle gouvernance, la seule entreprise qui tienne vraiment la route étant SAFT (Groupe Total), l’Allemagne, très en retard, acceptera-t-elle un rôle de second rang ? On peut en douter quand on voit la mauvaise volonté mise Outre-Rhin pour ce qui concerne le futur avion de combat SCAF, alors même qu’il est politiquement acté que la France (et donc Dassault Aviation) est tête de file. Etc.

L’Europe est-elle vouée à rester coincée entre Est et Ouest ? 

Les notions d’Est et Ouest européens pourraient faire penser qu’il existe un bloc d’intérêts ou de perception des enjeux à l’Ouest, un autre à l’Est. Ce n’est que partiellement vrai.

Il est vrai qu’en matière de défense, et donc d’industrie de défense et d’achat de matériel, l’Est européen, n’en déplaise à Paris, ne conçoit pas sa sécurité hors de l’Otan, donc des Etats-Unis. L’achat récent d’avions de chasse F35 par la Pologne n’est, exemple parmi d’autre, que le dernier avatar d’une habitude bien prise de la part de polonais.


Cela dit, l’idée qu’il existerait un « bloc de l’Ouest » ne résiste pas à l’analyse. Sur le plan militaire, rappelons que la Belgique a – de fait – récemment écarté le Rafale de la compétition pour la modernisation de sa flotte de combat aérien. Le fait majeur dans le domaine militaire, c’est que l’Europe de la défense que Paris entrevoit est une ineptie pour la plupart de ses partenaires, y compris l’Allemagne. Sur un plan économique plus global, parler de division Est/ Ouest, c’est faire bon marché du fait que l’Allemagne a progressivement reconstitué une Mitteuleuropa en délocalisant massivement ses industries dans les ex pays de l’Est.

La France a-t-elle les moyens d’être le moteur de l’Europe en matière de souveraineté industrielle ? 

Si la France veut être le moteur de quoi que ce soit en Europe, qu’elle commence à se réformer elle-même. Quand on a 80% de l’ensemble du déficit budgétaire cumulé de la zone euro en 2019, quand on n’est pas capable de fixer l’âge de la retraite à 64 ans alors que beaucoup de nos partenaires sont à 67 ans, quand on a un l’un des taux de chômage les plus élevés, quand on a un déficit chronique de son commerce extérieur, on n’est pas en position de proposer quoi que ce soit avec l’espoir d’être écouté.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-aprèsLe sujet vous intéresse ?Mots-clés :Etats-UnisWashingtonDéfensearmeChineeurope5gPologneventestratégiecommerceThématiques :EUROPE

https://www.atlantico.fr/decryptage/3587011/cette-souverainete-industrielle-que-l-union-europeenne-laisse-s-effriter-face-aux-assauts-des-etats-unis-et-de-la-chine-les-arvernes

Le réarmement du monde

Le réarmement du monde

Matteo Gruszewski 

17 janvier 2020 Afrique et Moyen-OrientAmériqueAmérique du NordAsie et OcéanieChineEuropeFranceGéopolitique & Relations InternationalesIndeInternationalProche et Moyen-OrientRussieSituations décryptées Leave a comment

En 2018, à la conférence de Munich sur la sécurité, Sigmar Gabriel (alors ministre des Affaires étrangères de l’Allemagne), déclare : « Les Européens sont les derniers végétariens dans un monde de carnivores géopolitiques ». Le monde post Guerre Froide, apaisé, que les Européens avaient idéalisé s’avère être une chimère. La paix entre les nations est une lointaine utopie, et le monde se réarme.

cartographie du commerce d'armements réarmement
Plus grands exportateurs de matériel de défense et leur principaux clients (SIPRI, 2017)

Le retour au réarmement

Depuis son élection, Donald Trump a annoncé son intention de se désengager globalement des traités internationaux signés par ses prédécesseurs.  Après l’accord sur le nucléaire iranien en mai 2018, Trump a annoncé le retrait des Etats-Unis du Traité sur le commerce des armes (ATT) en avril 2019. Ce traité, adopté par l’ONU en 2013, vise à réguler le commerce licite tout en luttant contre le commerce illicite des armes conventionnelles.

En juillet 2019, les Etats-Unis sortent ensuite du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF).  Ils accusent la Russie de ne pas respecter ses engagements, privant ainsi le monde d’un traité de désarmement historiquement fondamental. En 1987, sa signature par Mikhaïl Gorbatchev consacrait ainsi la fin de la crise des euromissiles amorcée en 1976. Si l’attitude américaine traduit un retour à l’unilatéralisme, il n’empêche qu’elle s’appuie sur un argument sécuritaire : faire face au réarmement du monde.

En effet, de 2017 à 2018, les dépenses de défense ont augmenté de 2,6% pour s’élever à 1800 milliards de dollars selon le SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute). De plus, on observe sur la période 2012-2016 une augmentation de 8,4% des ventes d’armes par rapport aux cinq années précédentes (2011-2015)

Un réarmement qui se généralise

Cette tendance au réarmement n’est pas seulement alimentée par les États-Unis et la Chine. Certes, les deux pays représentent respectivement 36% et 9% des dépenses militaires mondiales. La Chine poursuit une militarisation effrénée et fulgurante. Pékin dispose déjà de deux porte-avions, alors qu’un troisième est en construction. L’Empire du Milieu a également dévoilé un destroyer de 4e génération type 055 entièrement made in China.

Le reste du monde s’arme aussi. L’Inde se hisse désormais à la quatrième place des puissances militaires mondiales, dépassant ainsi la France selon le power index de Global Fire Power. La commande des 36 Rafales en 2016 à Dassault Aviation illustre clairement les ambitions indiennes. Arabie Saoudite, Algérie, Émirats-Arabes Unis, Turquie, Corée du Sud, la liste des puissances militaires en ascension est encore longue.

Cette dilution de la puissance de feu dans l’espace mondial, bien qu’il soit encore largement dominé par les États-Unis, la Chine et dans une moindre mesure l’Europe, met en exergue la complexification de l’ordre mondial et ses recompositions. Le réarmement dénote de deux phénomènes intimement liés. Premièrement, de plus en plus de pays s’affirment et pèsent dans le jeu géopolitique régional voire mondial. La Turquie en est un parfait exemple. Deuxièmement, ces stratégies de défense expriment de forts sentiments d’insécurité régionaux, comme c’est le cas pour la Corée du Sud ou pour les Émirats Arabes Unis.

Le champ de bataille se transforme

réarmement des armes nouvelles
Les drones de combat, nouvelles armes du XXIe siècle

Outre la dimension quantitative du réarmement mondial, les caractéristiques de ce dernier évoluent aussi, et de deux manières. Les moyens se métamorphosent dans l’innovation, et le champ de bataille se déplace. Concernant l’innovation, les armes s’améliorent et changent. La Russie a annoncé en décembre 2019 le déploiement de son missile hypersonique Avangard, « pratiquement invincible » selon Vladimir Poutine. De plus, les drones ou l’introduction de l’intelligence artificielle dans des armes autonomes transforment totalement la réalité du terrain.

L’autre mutation du champ de bataille, c’est qu’il va maintenant du cyberespace jusqu’à l’espace. Les dangers de la cyberguerre ont notamment conduit la Chine et la Russie (avec le « Runet ») à lancer des politiques d’« internet souverain » pour fonctionner de manière indépendante des réseaux internationaux. Parallèlement est en train de se jouer une deuxième saga de la « Guerre des Etoiles » reaganienne, avec une « arsenalisation » sino-russo-américaine de l’espace. Si Mac Mahan était né au XXIe siècle, « qui contrôle l’espace contrôle le monde » aurait pu être sa nouvelle maxime.

Conclusion : et l’Europe dans tout ça ?

Entourée d’un « cercle de feu » composé de crises, de menaces et de conflits, comment l’Europe se situe-t-elle ? On remarque une volonté grandissante de consolider une pensée stratégique, encore absente hier de la politique européenne. « Europe must also learn the language of power », déclare la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen. Des initiatives sont à relever, comme la Coopération Structurée Permanente de 2017 (CSP ou PESCO) ou le Fonds Européen de Défense prévu pour 2021. Dans un contexte de crise de l’OTAN et de montée de menaces, la défense européenne fait son nid. Ces initiatives suffiront-elles ? Et surtout, parviendront-elles à dépasser les innombrables divisions européennes ?

Sources :

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17 janvier 2020 Afrique et Moyen-OrientAmériqueAmérique du NordAsie et OcéanieChineEuropeFranceGéopolitique & Relations InternationalesIndeInternationalProche et Moyen-OrientRussieSituations décryptées Leave a comment

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/international/42710-le-rearmement-du-monde

Les actions du secteur de la défense en hausse depuis l’assassinat de Soleimani

Les actions du secteur de la défense en hausse depuis l’assassinat de Soleimani

Repéré par Léa Polverini — 4 janvier 2020 à 13h52

L’assassinat du général iranien par les États-Unis risque de précipiter une escalade de violences dans la région.

La Bourse de Wall Street, à New York, en octobre 2019. | Johannes Eisele / AFP
La Bourse de Wall Street, à New York, en octobre 2019. | Johannes Eisele / AFP

Temps de lecture: 2 min — Repéré sur Los Angeles Times

C’est une légère hausse que les actions du secteur de la défense ont enregistrée après l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani, ordonné par le président des États-Unis Donald Trump dans la nuit du 3 janvier.

Alors que le Guide suprême d’Iran Ali Khamenei a annoncé qu’une «sévère vengeance» était à attendre, le gouvernement états-unien a affirmé de son côté que 3.000 à 3.500 militaires seraient déployés au Koweït pour répondre «au niveau accru de menace contre les forces et les installations américaines».

Face au risque d’escalade de violences dans la région, la bourse de Wall Street est elle aussi «montée au créneau»: alors que l’indice boursier du S&P 500 perdait du terrain, l’indice du secteur aérospatial et de l’industrie de la défense a grimpé d’1,8% ce vendredi.PUBLICITÉ

À LIRE AUSSI Pourquoi les États-Unis ne doivent pas entrer en guerre contre l’Iran

Les drones ont le vent en poupe

Le record revient pour l’heure à AeroVironment, qui a progressé de 6,9%. La firme californienne est notamment spécialisée dans la fabrication de petits drones de reconnaissance à courte portée, qui peuvent atteindre la taille d’un colibri, et qui sont principalement utilisés par l’armée américaine. Elle travaille en collaboration avec le Pentagone, la DARPA (agence chargée de la recherche et du développement des nouvelles technologies destinées à un usage militaire), et la NASA.

Selon Ken Herbert, le directeur général de la banque d’investissement Canaccord Genuity, la surveillance de proximité est «une mission précise pour laquelle les drones d’AeroVironment sont très bien adaptés», et dont le conflit entre les États-Unis et l’Iran pourrait bien faire exploser les ventes.

Le conglomérat Northrop Grumman Corporation a quant à lui vu ses actions monter de 5,4%. Comptant parmi les plus grosses entreprises d’armement au monde, la compagnie s’est investie dans le secteur aérospatial et dans celui des missiles. Elle fabrique des avions tels que le bombardier B-2, et est actuellement en charge du développement du bombardier B-21, destiné à l’US Air Force.

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Le fabriquant du chasseur bombardier F-35, Lockheed Martin, première entreprise mondiale de défense et de sécurité, a enregistré une hausse plus modeste, de 3,6%, quand Raytheon, entreprise spécialisée dans les technologies de missiles et de radars, a gagné 1,5%.

La seule entreprise de défense à avoir subi une baisse parmi les plus grosses sociétés américaines est Boeing, avec -0,2%. Depuis les crashs successifs de ses deux 737 Max en octobre 2018 et en mars 2019, qui ont respectivement causé la mort de 189 et de 157 personnes, l’entreprise connaît une période de troubles qui se répercute sur sa cotation en bourse.

http://www.slate.fr/story/185945/bourse-actions-secteur-defense-hausse-assassinat-soleimani-iran-etats-uni