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Vidéo A. Levallois et F. Bourrat : Les jeux des services secrets au Moyen-Orient

Vidéo A. Levallois et F. Bourrat : Les jeux des services secrets au Moyen-Orient

Par Agnès LEVALLOIS, Fabien HERBERT, Flavien BOURRAT, Pierre VERLUISE, Selma MIHOUBI, le 8 novembre 2017  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Agnès Levallois, Consultante spécialisée sur le Moyen-Orient, enseignante à l’ENA et à Sciences Po Paris, membre du conseil d’administration de l’Institut de recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient (IREMMO). Flavien Bourrat, Chercheur sur le Maghreb et le Moyen-Orient à l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM). Propos recueillis par Pierre Verluise, Selma Mihoubi, Fabien Herbert. Images et son Selma Mihoubi et Fabien Herbert. Montage Fabien Herbert.

Quels sont les jeux des services secrets au Moyen-Orient ? Deux experts, Flavien Bourrat (IRSEM) et Agnès Levallois (ENA) répondent aux questions du site géopolitique Diploweb.com.

QUESTIONS

. Quelles sont les principales idées fausses sur les services secrets au Moyen-Orient ?

. Quelles sont les idées clés à avoir à l’esprit au sujet des services secrets au Moyen-Orient ?

. Quelles sont les relations entre les services secrets des pays de cette zone et ceux des puissances régionales et mondiales ?

Cette vidéo peut facilement être diffusée en classe ou en amphi pour illustrer un cours ou un débat.

http://lesakerfrancophone.fr/est-ce-que-la-marine-americaine-dit-bien-la-verite-dans-son-rapport-sur-les-recents-incidents-de-collision

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RUSSIE : MYSTÈRE AUTOUR DES NOUVEAUX SOUS-MARINS NUCLÉAIRES D’ATTAQUE

RUSSIE : MYSTÈRE AUTOUR DES NOUVEAUX SOUS-MARINS NUCLÉAIRES D’ATTAQUE

Alain Rodier

10-10-2017

 

 

Le programme de construction de sous-marins nucléaires d’attaque de quatrième génération de la marine russe, appelé « Projet 885M Iassen-M », est en train d’atteindre sa vitesse de croisière, après avoir rencontré de nombreuses difficultés techniques et de financement, en particulier en raison de la complexité des armements embarqués.

Un armement impressionnant

S’il est difficile de déterminer quels sont les armements réellement emportés[1], il semble que cette nouvelle classe de sous-marins est équipée de huit tubes de lancement verticaux. Ils sont destinés à accueillir des missiles de croisière longue portée 3K-10 Sampson – pouvant atteindre des cibles situées à 3 000 kilomètres pour certains modèles mer-sol – ou Kalibr, de 2 500 kilomètres de portée. Ces derniers missiles ont été utilisés en Syrie depuis des sous-marins à propulsion diesel-électrique de classe Varshavyanka. Ce n’est pas l’efficacité tactique qui était recherchée mais la possibilité de se livrer à des tests en grandeur nature. Des missiles anti-navires Oniks (trois par silo[2]) peuvent aussi armer ce submersible si sa mission a des objectifs purement navals. Une vidéo prise par Oleg Kueshov et diffusée sur Twitter le 16 avril 2017 laisse apparaître une ouverture inhabituelle sur le flanc du navire en arrière du kiosque. Elle doit probablement couvrir tous les silos verticaux, à la différence des tapes classiques.

Il y aurait également quatre tubes horizontaux de 650 mm pouvant recevoir des missiles anti-navires P-800 Bolid et quatre tubes de 533 mm capables de délivrer des torpilles supersoniques à effet de cavitation Va-111 Chkval, des mines, des missiles de croisière RPK-7 Vorobei voire des drones sous-marins. Moscou annonce dans sa documentation dix tubes de 533 mm…

Des performances exceptionnelles mais un nombre trop limité

Ces bâtiments de 120 mètres de long et de 9 700 tonnes de déplacement en surface (13 500 tonnes en plongée) pourraient atteindre la vitesse impressionnante de 35 noeuds[3]. Ils sont capables de plonger jusqu’à 600 mètres, presque le double des autres sous-marins de même catégorie. Ces performances assurent une survivabilité exceptionnelle à ces navires dont l’équipage est constitué de 90 hommes. La capacité opérationnelle létale de ces sous-marins est impressionnante. Ils représenteront à terme une menace significative pour tout groupe aéronaval adverse.

Le premier submersible, le K-550 Severodvinsk, dont la construction a débuté en 1993, n’a été lancé qu’en 2010. Après de nombreux essais, il a finalement été livré à la marine russe de décembre 2013, mais il n’a été officiellement été intégré dans les forces navales que le 17 juin 2014.

Toutefois, les ambitions initiales qui portaient sur une trentaine d’exemplaires ont été considérablement revues à la baisse puisque seulement sept sous marins sont aujourd’hui prévus. Les deuxième et troisième bâtiments portent les noms de K-561 Kazan et K-573 Novossirbirsk. Ils devraient être opérationnels à l’horizon 2018. Ils seront suivis par le K-571 Krasnoyask, l’Arhangelsk, le Perm puis le Ulyanosk

Il faut se rappeler qu’après la catastrophe du Koursk survenue le 12 août 2000, la flotte sous-marine russe a été quasiment à l’arrêt jusqu’en 2008. Aujourd’hui, les sous-marins russes ont retrouvé un rythme de patrouille presque équivalant à celui du temps de la splendeur de l’URSS. C’est pour cette raison que le parc de sous-marins doit être modernisé pour suivre la cadence imposée par le Kremlin. Il se compose aujourd’hui de 13 SNLE (plus 2 en réserve), 24 SNA (plus 4 en réserve), 23 sous-marins à propulsion classique (plus 3 en réserve) et 3 pour les forces spéciales (plus un en réserve). Moscou a fait le choix stratégique de renoncer au porte-aéronefs, misant plutôt sur la force sous-marine même si les contraintes budgétaires ont considérablement révisé ses ambitions à la baisse. Indéniablement, cette posture est significative de la volonté défensive de la Russie, du moins dans le domaine naval.


  • [1] Des choix sont faits avant chaque patrouille en fonction des missions à remplir.
  • [2] Un système d’arme hypersonique (Mach 6) 3M-22 Zircon est en développement.
  • [3] A titre de comparaison, les sous-marins d’attaque américains de classe Virginia n’atteignent que 32 nœuds.

 

http://www.cf2r.org/fr/notes-actualite/russie-mystere-autour-des-nouveaux-sous-marins-nucleaires-attaque.php

La Syrie vient de frapper un avion israélien F-35

La Syrie vient de frapper un avion israélien F-35


Par Tyler Durden – Le 18 octobre 2017 – Source ZeroHedge
via Les Chroniques du Grand Jeu

Résultats de recherche d'images pour « israeli air force f-35 »
Il semble que la « démonstration de force » israélienne lors de la récente visite du ministre russe de la Défense, Sergueï Shoigu, se soit transformée en échec total. Le 16 octobre, Shoigu est arrivé en Israël pour des réunions avec le ministre de la Défense Avigdor Lieberman et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Les deux hommes étaient censés discuter de la situation dans la région, y compris la Syrie, la lutte contre le terrorisme, ainsi que la coopération militaire et technique.


Le même jour, les Forces de défense israéliennes (FDI) ont affirmé que leurs avions de guerre avaient visé une batterie antiaérienne des forces de défense aérienne syriennes qui avaient lancé un missile sur un avion israélien survolant le Liban.

@IDFSpokesperson
Plus tôt aujourd’hui, un missile antiaérien a été lancé depuis la Syrie vers les avions de la FDI lors d’un vol de routine au-dessus du Liban. Pas de hits [Coup au but, NdT] confirmés
11h37 – 16 oct. 2017

« L’armée a ciblé la batterie avec quatre bombes et, selon l’IDF, la batterie a été endommagée dans la mesure où elle n’était plus opérationnelle. L’armée a déclaré que la batterie ciblée était la même que celle qui a tiré sur des avions israéliens en mars dernier, ce qui a incité Israël à utiliser pour la première fois son système anti-missile Arrow », a rapporté le journal israélien Haaretz.

L’armée syrienne a confirmé les frappes israéliennes et a déclaré qu’elles avaient causé des « dégâts matériels ». Mais il est intéressant de noter que, selon le ministère syrien de la Défense, les avions israéliens ont violé l’espace aérien syrien à la frontière avec le Liban dans la région de Baalbek. L’incident a eu lieu à 8h51 heure locale.

L’armée de l’air israélienne a-t-elle intentionnellement provoqué la réaction de l’armée syrienne pour justifier la frappe sur la batterie de défense aérienne syrienne ? Ce ne serait pas la première fois.

En outre, certains experts pro-israéliens et activistes médiatiques ont clairement lié l’incident à la visite du ministre russe de la Défense à Tel-Aviv, disant que c’était une belle démonstration de force face à l’alliance russo-irano-syrienne.

Cependant, quelque chose s’est mal passé. Selon les informations disponibles, les forces de défense syriennes ont utilisé leur missile S-200 contre l’avion de combat israélien. Ce missile de fabrication soviétique est le système antiaérien à longue portée le plus avancé exploité par l’armée syrienne. Malgré cela, il est démodé en termes de guerre moderne et de progrès de la technologie furtive.

Pourtant, le ministère syrien de la Défense a déclaré que les forces gouvernementales ont répondu à la violation de l’espace aérien et « frappé directement l’un des avions, forçant [les avions israéliens] à battre en retraite » – en contradiction avec l’affirmation israélienne selon laquelle « aucun coup au but » n’a été confirmé.


Quelques heures seulement après l’incident du missile avec la Syrie, les médias israéliens ont rapporté qu’un chasseur multi-rôle furtif F-35 de l’armée de l’air israélienne était devenu inutilisable à la suite d’une collision avec un oiseau lors d’un vol d’entraînement. Selon le Times of Israel :

« Deux cigognes ont heurté un avion de chasse F-35 lors d’un vol d’entraînement mardi, exigeant que l’avion subisse des travaux de maintenance, a indiqué l’armée.

Les oiseaux ont frappé le F-35, appelé ‘Adir’ en hébreu, juste avant qu’il ne revienne à la base aérienne de Nevatim dans le désert du centre du Néguev. »

Cependant, les sources israéliennes n’ont pas pu montrer une photo de l’avion de combat F-35 après la « collision d’oiseaux ». En outre, on ne sait pas si le F-35 pourra redevenir opérationnel « dans les prochains jours » – comme le prétend la déclaration de l’armée israélienne – parce que son revêtement furtif a probablement été endommagé.

Ainsi, d’après la version israélienne, l’avion de combat ne serait plus opérationnel après la collision avec les oiseaux, malgré le fait que le F-35 a passé avec succès la certification de collision avec les oiseaux (infos officielles ici). Le F-35 est l’avion de combat le plus coûteux au monde avec un prix de développement d’environ 406,5 milliards de dollars.

Israël achète activement ces chasseurs, prétendûment les plus avancés du monde, payant environ 100 millions de dollars pièce.

Alors, qu’est-ce qui a vraiment frappé le F-35 ?

Note du Saker Francophone

Cette histoire est révélatrice de la fragilité de l'armée impériale car une grande partie du récit militaire américain tient à sa supériorité supposée en matière d'armement alors que les meilleurs experts pensent que le F-35 est très fragile pour ne pas dire inutilisable.

Notre blog s'en est fait régulièrement l'écho par le passé. Si la frappe est confirmée, la crédibilité chancelante de ces F-35 va encore s'effriter. Les pays européens qui en ont acheté, notamment les Anglais, doivent sacrément transpirer en ce moment, sans parler des Israéliens.

 

http://lesakerfrancophone.fr/la-syrie-vient-de-frapper-un-avion-israelien-f-35

Couac furtif

Couac furtif

19 Octobre 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Etats-Unis, #Moyen-Orient, #Russie

Dans la course pour la suprématie militaire mondiale entre l’aigle, l’ours et le dragon, un intéressant article a paru sur la relative inutilité des avions furtifs dans la guerre moderne. Ce qui était valable dans les années 80 ne l’est plus vraiment aujourd’hui pour un certain nombre de raisons, parmi lesquelles l’état d’avancement des radars et des systèmes antiaérien. Nous en donnions un avant-goût l’année dernière :

Tout amateur de rugby sait que le noble sport fonctionne par phase : à certaines époques, les attaques prennent le pas sur les défenses ; à d’autres, c’est l’inverse. Au rugby-champagne des années 90, les entraîneurs de ce jeu infini et complexe ont répondu par la mise en place de systèmes défensifs très élaborés. Il en est de même dans l’éternelle course-poursuite de l’armement entre l’attaque (aviation, missiles) et la défense (systèmes anti-aérien et anti-missiles). Amusante coïncidence, les périodes sont relativement similaires.

Les années 90 ont marqué l’apogée de l’attaque, du pouvoir absolu des airs. Durant la première guerre du Golfe (1991), les avions furtifs et missiles américains sont entrés comme dans du beurre irakien ; la guerre du Kosovo (1999) a, pour la première (et dernière ?) fois de l’histoire, vu la victoire de la seule aviation, sans hommes à terre. Cette « dictature du ciel » a alors provoqué, plus qu’une prise de conscience, une véritable révolution mentale dans les principaux états-major de la planète.

Les Russes ont été les premiers à relever le défi avec la création et la fabrication de systèmes anti-aérien et anti-missiles extrêmement performants : les fameux S300 puis S400. Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, les labos russes mettent la dernière touche aux S500, capables d’intercepter simultanément jusqu’à 10 missiles balistiques ou hypersoniques volant à Mach 5, et dont le temps de réaction sera de 4 secondes (contre 10 pour le S-400 et… 90 secondes pour l’antique Patriot américain !) On comprend dans ces conditions que l’OTAN soit « préoccupée », le bras armé US faisant déjà face, avec les S300 et S400, à ce que les analystes appellent des « bulles de déni ».

L’article d’Atimes rebondit sur la question et remet en cause l’utilité du programme furtif US face à des systèmes antiaérien toujours plus performants. D’autant que le coût du projet est littéralement astronomique (1 500 milliards de dollars rien que pour le F-35). Pas fous, Russes et Chinois sont loin d’avoir tout misé sur la technologie furtive ; si les premiers développent le PAK-50 et les seconds ont déjà sorti le Chengdu J-20, ils préfèrent fortifier la défense, bien moins onéreuse et plus efficace.

Au printemps dernier, après le false flag de Khan Cheikhoun et la mini-crise américano-russe qui en a découlé, nous relevions un fait intéressant :

Plus embêtant encore pour les Follamours, les Etats-Unis ont dû réduire assez drastiquement leurs sorties aériennes en Syrie contre l’EI par crainte de possibles représailles russes. Rappelons que Poutine a officiellement coupé le canal de communication visant à éviter les incidents aériens. Théoriquement, tous les coups sont permis dorénavant. Les bombardiers qui sortent encore, maintenant accompagnés par une escorte de F22, sont « lockés » par les radars russes (lire sur ce lien les commentaires souvent croustillants et acerbes venant des quatre coins du monde). Comble de l’ironie, il se pourrait même (le conditionnel reste de mise) que le F22, ce chasseur « furtif » qui a coûté une véritable fortune, soit lui aussi fixé par les radars de ces maudits Ivan…

Coïncidence ou pas, il s’est encore passé quelque chose d’intrigant dans le ciel syrien il y a quelques jours. Le 16 octobre, un énième incident aérien a eu lieu entre Tel Aviv et Damas, des jets israéliens bombardant une batterie antiaérienne prétextant un tir syrien contre deux avions ayant auparavant survolé le Liban. Jusqu’ici, rien que de très habituel même si l’affaire était presque concomitante à la visite de Choïgu en Israël, ce que d’aucuns ont vu comme une petite démonstration de force vis-à-vis de Moscou (précisons tout de même que les Russes ont été prévenus de l’attaque).

Manque de bol pour Bibi la Terreur, il y a comme un air de couac. Que le ministre syrien de la Défense déclare que l’un des deux F-35 israéliens ait été touché par un missile participe de la traditionnelle guerre de l’information et il est difficile de confirmer ou d’infirmer les dires de Damas. Plus intéressant, la presse israélienne a reconnu que le même jour, un F-35 avait été endommagé par… des oiseaux (!) et qu’il prenait la direction du garage.

D’ici à penser que l’avion a en réalité été touché par un vieux S200 syrien de l’époque soviétique, démontrant encore une fois l’inanité du chasseur furtif le plus cher de l’histoire, il n’y a qu’un pas que beaucoup envisagent de franchir.

 

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Le pipeline d’armement d’origine soviétique de 2,2 milliards de dollars du Pentagone inondant la Syrie

Un intéressant reportage du Balkan Investigative Reporting Network (voir ici ou ) qui a enquêté sur les armes arrivées en Syrie (sujet central, qui a peu intéressé les médias occidentaux)

Source : Balkan Insight, Ivan Angelovski & Lawrence Marzouk, 12-09-2017

Le Pentagone est en pleine frénésie de dépenses alors qu’il se démène pour amasser de grandes quantités d’armes et de munitions de type soviétique. Mais il éprouve des difficultés à s’en procurer et utilise des documents juridiques trompeurs pour camoufler leur destination finale : la Syrie

Ivan Angelovski, Lawrence Marzouk – BIRN – Washington, Belgrade

La défaite de l’État islamique en Syrie repose sur une ligne d’approvisionnement douteuse, acheminant des quantités sans précédent d’armes et de munitions d’Europe de l’Est vers quelque 30 000 combattants rebelles anti-EI.

Armés d’AK-47 et de grenades propulsées par fusée provenant des chaînes de production et des stocks gouvernementaux des Balkans, d’Europe centrale et, de plus en plus, de l’ex-Union soviétique, ces troupes soutenues par les États-Unis mènent la bataille pour reconquérir Raqqa, la capitale du soi-disant califat, et libérer d’autres régions syriennes détenues par l’EI.

Mais l’afflux d’armes à ces milices appuyées par le Pentagone dépend de documents officiels trompeurs, une enquête menée par le Balkan Investigative Reporting Network, BIRN, et par le Projet de Signalement de la Criminalité Organisée et de la Corruption, OCCRP, a permis de révéler le problème.

L’opération a été critiquée par des experts en matière de transferts d’armes et a même inquiété des fonctionnaires à Berlin, qui ont vu de grandes quantités d’armes traverser des bases militaires américaines en Allemagne pour se rendre en Syrie.

Les journalistes ont recensé plus de 700 millions de dollars de dépenses en armes et munitions destinées aux rebelles syriens depuis septembre 2015, date à laquelle le programme de formation et d’équipement anti-EI du Pentagone a modifié sa stratégie.

Le Département de la défense a prévu un budget de 584 millions de dollars spécifiquement pour cette opération syrienne pour les exercices 2017 et 2018, et a affecté 900 millions de dollars supplémentaires aux munitions de type soviétique d’ici 2022.

Le total, soit 2,2 milliards de dollars, sous-estime probablement l’afflux d’armes aux rebelles syriens au cours des prochaines années.

Les armes et les munitions que le Pentagone fournit à la Syrie sont acheminées par un vaste réseau logistique, qui comprend une armée de marchands d’armes, de compagnies maritimes, de compagnies aériennes de fret, de bases militaires allemandes et d’aéroports et de ports des Balkans.

Les achats sont acheminés par deux canaux. L’un est dirigé par le Commandement des opérations spéciales de l’armée américaine, SOCOM, et l’autre par Picatinny Arsenal, un dépôt d’armes peu connu situé au New Jersey

Le programme anti-EI du Pentagone est devenu la seule campagne militaire de Washington en Syrie en juillet 2017 après que le président Trump ait mis fin à l’opération Syacamore financée par la CIA, qui visait à armer les rebelles syriens qui combattaient le président Assad.

Trump s’est engagé à « éliminer » l’EI et a alloué des fonds accrus à la campagne du Pentagone, qui compte maintenant de nombreux anciens groupes anti-régime sur ses fiches de paie.

Alors que de vastes quantités d’armes continuent à affluer en Syrie, les inquiétudes abondent au sujet d’un conflit plus vaste qui émergera une fois que l’ennemi commun EI sera vaincu.

Interrogé sur l’achat sans précédent d’armes de type soviétique pour les rebelles syriens, le Pentagone a répondu qu’il avait soigneusement sélectionné les destinataires et qu’il lâchait du matériel progressivement.

Former et équiper : un virage stratégique majeur

Alors que l’EI balayait la Syrie en 2014, le Pentagone lançait à la hâte, en décembre dernier, un programme de 500 millions de dollars pour équiper et former une nouvelle force de rebelles syriens, armés d’armes américaines modernes, afin de contrer la menace.

Mais neuf mois plus tard, le programme s’était effondré, avec seulement une poignée de recrues arrivées sur le champ de bataille.

Au milieu d’une avalanche de gros titres négatifs, le Pentagone avait besoin d’un nouveau plan: à partir de septembre 2015, et largement méconnu des médias, le Pentagone a discrètement changé de direction pour armer des rebelles syriens déjà présents sur le terrain avec les armes et munitions du bloc de l’Est qu’ils utilisaient déjà, selon un document du Pentagone datant de février 2016, qui n’avait pas été publié auparavant.

Ces matériels de type soviétique, à la fois nouvellement produits et provenant de stocks, sont disponibles en Europe centrale et orientale et dans les anciens pays soviétiques, ainsi qu’en Chine et en Russie. Les deux derniers gros fournisseurs sont hors-limites, leurs équipements militaires étant soumis aux sanctions américaines.

La première livraison du Pentagone, qui comprenait 50 tonnes de munitions, est arrivée en octobre 2015, un mois seulement après le changement de politique. Les munitions ont été larguées par avion à des unités arabes au sein des Forces démocratiques syriennes, SDF, une coalition dirigée par les Kurdes qui menait alors la lutte pour récupérer Raqqa, et le principal allié du Pentagone en Syrie.

La cargaison était loin d’être un événement ponctuel et les SDF n’étaient pas le seul groupe à recevoir un soutien – une coalition changeante de combattants rebelles dans le sud-est de la Syrie est également armée par le Pentagone.

La chaîne de fourniture SOCOM

Le Commandement des opérations spéciales, SOCOM, n’ a pas encore reconnu son rôle dans le programme syrien de formation et d’équipement, mais dans une déclaration écrite au BIRN et à l’OCCRP, le Pentagone a confirmé qu’il avait été accusé d’avoir acheté des armes et des munitions pour les rebelles syriens.

Depuis le changement de stratégie jusqu’en mai 2017, il a acheté des armes et des munitions d’une valeur de 240 millions de dollars à la Bulgarie, à la Bosnie-Herzégovine (B-H), à la République tchèque, au Kazakhstan, à la Serbie, à la Pologne et à la Roumanie, selon une analyse de milliers de dossiers d’achats effectuée par le BIRN et l’OCCRP. Avant le début du programme, les dépenses consacrées aux armements du bloc de l’Est étaient négligeables.

Alors que SOCOM est connu pour fournir secrètement des partenaires américains dans d’autres conflits, les preuves documentaires, les analyses d’experts et le témoignage d’un entrepreneur impliqué dans la chaîne d’approvisionnement ont confirmé que la Syrie est la principale destination de ces achats.

Entre décembre 2015 et septembre 2016, le SOCOM a également affrété quatre navires cargos en provenance des ports roumains et bulgares de la mer Noire, chargés de 6 300 tonnes de munitions achetées qui devaient être livrées aux bases militaires de Turquie et de Jordanie, les principales bases logistiques d’approvisionnement des rebelles syriens, selon les documents d’achat, les listes de colisage et les données de suivi des navires.

Il a également commandé des vols commerciaux de fret avec la compagnie aérienne azerbaïdjanaise Silk Way pour des bases aériennes en Turquie et au Koweït, d’autres centres clés de la mission anti-EI.

Le Pentagone a demandé un montant supplémentaire de 322,5 millions de dollars pour l’exercice se terminant en octobre 2017, ainsi que 261,9 millions de dollars pour les 12 mois suivants [voir le graphique], afin d’acheter des munitions pour le programme syrien de formation et d’équipement.

Cela comprendra des dizaines de milliers de AK-47 et de roquettes à propulsion par fusée, des RPG, et des centaines de millions de pièces de munitions, selon les demandes de financement faites par le Pentagone et l’administration Trump.

En février, le SOCOM avait déjà fait une bosse dans le budget après avoir publié une liste d’achats de 90 millions de dollars pour la Syrie, constatée par les journalistes, qui comprend 10 000 AK-47, 6 000 lance-roquettes, 6 000 mitrailleuses lourdes et légères et 36 millions de munitions.

Picatinny : Une nouvelle ligne d’approvisionnement dévoilée

SOCOM n’est cependant pas la seule unité du Pentagone à acheter des munitions pour le programme syrien de train et d’équipement.

L’arsenal de Picatinny, une base militaire du New Jersey, avec l’aide de sa base sœur à Rock Island, dans le New Jersey, est également un élément essentiel de la chaîne d’approvisionnement.

Il a acheté jusqu’ à 480 millions de dollars d’armes et de munitions de type soviétique pour les rebelles syriens depuis le changement de stratégie, à partir de l’Afghanistan, de la Bulgarie, de la BIH, de la Croatie, de la Roumanie, de la République tchèque, de l’Ukraine, de la Géorgie, de la Pologne et de la Serbie selon ce que l’enquête peut révéler.

Picatinny se vante d’avoir fourni de grandes quantités d’équipements du bloc de l’Est à l’Irak et à l’Afghanistan, mais elle a fait preuve de beaucoup plus de circonspection quant à son rôle dans le conflit syrien, qui divise politiquement la communauté internationale et qui consiste à équiper des milices plutôt que des armées d’État.

Cela signifie que les achats de munitions non standard – l’euphémisme utilisé par les États-Unis pour désigner les équipements de type soviétique – étant clairement marqués pour l’Irak ou l’Afghanistan, il semble que le Pentagone ait pour politique de ne pas étiqueter les biens d’approvisionnement destinés à la Syrie.

Le BIRN et l’OCCRP ont découvert sept contrats d’une valeur de 71 millions de dollars qui ont été signés en septembre 2016 et ont mentionné la Syrie soit par leur nom, soit le code interne du ministère de la Défense – V7 – pour le programme syrien de train et d’équipement. Mais ces références ont été rapidement effacées du dossier public après que le BIRN et l’OCCRP aient demandé au Département de la défense et aux pays fournisseurs des informations quant à ces livraisons en mars de cette année.

Les journalistes ont fait des copies de tous les documents avant leur suppression. Le Pentagone a refusé d’expliquer les modifications.

En plus des 71 millions de dollars prévus pour la Syrie, un autre 408 millions de dollars d’équipement du bloc de l’Est a été fait depuis le changement de stratégie sans qu’aucune destination ne soit mentionnée.

Les livraisons aux rebelles syriens devraient augmenter dans les années à venir, car Picatinny a déjà affecté jusqu’ à 950 millions de dollars aux munitions de type soviétique d’ici 2022 – il a dépensé 1,3 milliard de dollars au cours de la décennie précédente – ce qui met davantage de pression sur la chaîne d’approvisionnement.

Le pipeline de la CIA de Picatinny

La CIA a utilisé un arsenal peu connu du Pentagone pour acheter des armes aux rebelles anti-Assad, affirme un entrepreneur.

L’entrepreneur du SOCOM, qui a demandé à ne pas être nommé, a identifié l’arsenal Picatinny du Pentagone comme étant une source d’approvisionnement pour le programme de la CIA visant à armer les rebelles syriens qui combattent le président Assad, ainsi que pour la campagne anti-EI du Pentagone.

L’opération secrète de la CIA intitulée Bois de Sycomore, qui a été lancée en 2013 sous le président Obama, a été stoppée en juillet 2017 par le président Trump.

Les dossiers d’acquisition montrent que Picatinny Arsenal a déjà acheté des munitions de type soviétique pour le camp Stanley au Texas, qui, selon un rapport de 2015 d’un ancien analyste de la CIA, est probablement le siège d’un dépôt secret de la CIA qui a armé les groupes rebelles du Nicaragua à l’Afghanistan.

Un contrat Picatinny de juin 2016 pour des « armes non conventionnelles » indique également l’implication de la CIA. Il dit que des quantités indéterminées d’armes comme des AK-47 et les RPG seront achetées pour le compte « d’Autres Organismes Gouvernementaux » (OGA), un euphémisme pour la CIA.

Décapage du fond du baril

Le gazoduc de 2,2 milliards de dollars financé par les États-Unis et un gazoduc de 1,2 milliard d’euros financé par l’Arabie saoudite, la Jordanie, la Turquie et les Émirats arabes unis, qui avaient été précédemment révélés par le BIRN, ont marqué une période de prospérité pour les producteurs d’armes en Europe centrale et orientale

Des usines telles que le fabricant de missiles Krusik en Serbie et l’usine militaire de VMZ en Bulgarie ont vu leur production augmenter considérablement. Le Premier ministre serbe Aleksandar Vucic a promis, le 1er juillet, de transformer « les prairies et les forêts » en usines d’armement et de presque doubler les exportations d’armes de la Serbie pour les porter à 750 millions de dollars d’ici 2020, en visitant Belom, une usine de munitions récemment ouverte.

Alors que le gazoduc n’ait pas encore séché, les entrepreneurs du Pentagone ont été contraints de parcourir le monde à la recherche de nouvelles sources et ont demandé l’autorisation de fournir du matériel vieillissant stocké plutôt que du matériel nouvellement produit, selon les documents obtenus par les journalistes.

Traditionnellement, les États-Unis s’étaient tournés vers la Roumanie et la Bulgarie pour obtenir des armements non standard, mais l’explosion de la demande a forcé les entrepreneurs à se tourner vers la République tchèque, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie et maintenant vers les pays voisins de la Russie, l’Ukraine, la Géorgie et le Kazakhstan, et même l’Afghanistan, selon les registres d’achats des États-Unis.

Au fur et à mesure que la demande continue de croître, la concurrence entre les entrepreneurs pour obtenir des armes devient de plus en plus féroce, ce qui les oblige à chercher encore plus loin, notamment au Pakistan et au Vietnam, selon une source.

L’entrepreneur du Pentagone, qui a demandé à garder l’anonymat, a déclaré que cela avait créé un « environnement où l’avidité est le facteur de motivation chez la plupart des… entrepreneurs impliqués ».

La rareté des approvisionnements a poussé le Pentagone à abaisser ses normes en matière d’armes et de munitions. Auparavant, elle exigeait des fournisseurs qu’ils fournissent du matériel de moins de cinq ans, mais en février, elle a abandonné cette exigence pour certains équipements, selon les documents officiels obtenus par le BIRN et l’OCCRP.

Les munitions entreposées dans de mauvaises conditions se dégradent, devenant parfois inutilisables ou même dangereuses. Un sous-traitant du Pentagone chargé d’entraîner les rebelles syriens est mort en juin 2015 lorsque le RPG de 30 ans qu’il manipulait a explosé dans un champ de tir en Bulgarie.

La destruction du système de contrôle des armements

Le bon fonctionnement de la chaîne d’approvisionnement en armes de la Syrie dépend non seulement du maintien du secret de la destination finale des armes, mais aussi – selon les experts qui ont examiné les preuves obtenues par le BIRN et l’OCCRP – du fait que les pays fournisseurs d’Europe de l’Est ne posent pas trop de questions sur les raisons pour lesquelles les États-Unis recherchent autant d’armes du bloc de l’Est.

Un certificat d’utilisateur final valide garantissant la destination finale des armes et des munitions est une condition légale internationale standard pour obtenir une licence d’exportation d’armes, mais un certificat d’utilisateur final délivré par le SOCOM dans le cadre du programme Syrie et vu par le BIRN et l’OCCRP ne mentionne pas le pays du Moyen-Orient.

Au lieu de cela, il cite le SOCOM comme l’utilisateur final, en dépit du fait que l’armée américaine n’utilise pas elle-même les armes du bloc de l’Est. Le document stipule que « le matériel sera utilisé à des fins de défense en usage direct par le gouvernement américain, transféré au moyen de subventions sous forme d’éducation militaire ou de programme de formation ou d’aide à la sécurité ».

Le texte du document est similaire à celui de quatre certificats d’utilisateur final SOCOM qui ont été divulgués en ligne plus tôt ce mois-ci, et qui décrivent en détail comment les armes ou les munitions seront destinées « à l’usage exclusif du Commandement des opérations spéciales des États-Unis, de ses alliés et partenaires de l’OTAN à l’appui de la formation, de l’aide à la sécurité et des opérations de stabilité ».

Dans une réponse écrite détaillée, le Pentagone n’ a pas contesté la désignation de l’armée américaine comme utilisateur final, ajoutant qu’il considérait le transfert d’armes aux rebelles syriens comme faisant partie de son programme « d’assistance à la sécurité », terme qu’il utilise dans le document juridique.

Mais Patrick Wilcken, chercheur en armement à Amnesty International, a qualifié ces certificats d’utilisateur final de « très trompeurs » et a ajouté : « Un certificat d’utilisateur final qui ne contiendrait pas cette information [destination finale] serait se tirer une balle dans le pied et extrêmement inhabituel ».

Washington n’a pas encore ratifié le Traité sur le commerce des armes de l’ONU, un accord international visant à réglementer le transfert d’armes en empêchant le détournement d’armes vers des zones de guerre et en améliorant la transparence, et n’est donc pas juridiquement lié par celui-ci. Mais en tant que signataire, on s’attend à ce que les États-Unis ne sapent pas l’accord, ce dont Wilcken accuse Washington de faire.

En tant que membre de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, l’OSCE, Washington a toutefois signé une série de mesures pour prévenir le trafic d’armes – y compris une décision contraignante selon laquelle les certificats d’utilisateur final incluent le pays de destination finale.

Les pays exportateurs européens ont ratifié le traité sur le commerce des armes et sont également liés par les décisions de l’OSCE et par les règles encore plus strictes de l’UE, connues sous le nom de politique commune sur les exportations d’armements. Les règles de l’UE s’appliquent à la plupart des membres potentiels.

En vertu du traité sur le commerce des armes et de la politique commune de l’UE, les exportateurs doivent évaluer les risques que des armes et des munitions soient détournées et utilisées pour commettre des crimes de guerre ou « porter atteinte à la paix et à la sécurité » avant de délivrer une licence.

Sans connaître la destination finale, une telle évaluation est impossible, ce qui signifie que les pays exportateurs agissent « par négligence », a dit M. Wilcken.

Roy Isbister de Saferworld, une organisation non gouvernementale qui œuvre pour renforcer les contrôles sur le commerce international des armes, a déclaré : « Si les États-Unis manipulent le processus et fournissent une couverture pour que d’autres prétendent ignorer les utilisateurs finaux des armes en question, c’est l’ensemble du système de contrôle qui est en danger ».

Les autorités roumaines, bulgares, tchèques, serbes, ukrainiennes et géorgiennes se sont vu remettre des documents d’achat américains indiquant que les armes qu’elles avaient exportées étaient destinées à la Syrie. La Roumanie, la République tchèque et la Serbie ont déclaré à BIRN et à l’OCCRP qu’elles avaient accordé des licences d’exportation aux États-Unis, et non à la Syrie, qui étaient considérées comme la destination finale. Le ministère des Affaires étrangères de Prague a ajouté qu’il soutenait la lutte des États-Unis contre l’EI, mais a refusé de confirmer qu’il était au courant de la destination finale des armes.

Le ministère géorgien de la défense a indiqué qu’un accord d’exportation était en cours de négociation mais qu’il n’avait pas reçu de certificat d’utilisateur final du Pentagone et qu’aucun contrat n’avait été signé. L’Ukraine et la Bulgarie n’ont pas répondu aux demandes d’éclaircissements.

La Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la Pologne, le Kazakhstan et l’Afghanistan, qui ont tous accepté d’exporter vers le SOCOM ou Picatinny pour une destination indéterminée depuis septembre 2015, ont également été invités à indiquer s’ils savaient si ces armes avaient échoué en Syrie.

La Bosnie-Herzégovine a confirmé qu’elle avait délivré des licences d’exportation au SOCOM mais pas à la Syrie, tandis que la Pologne et la Croatie ont déclaré qu’elles respectaient toutes les règles internationales. Le Kazakhstan et l’Afghanistan n’ont pas répondu.

Les autorités allemandes semblent avoir été moins à l’aise avec le fonctionnement du pipeline d’armes. Une fuite de courrier électronique du Pentagone obtenue par le BIRN et l’OCCRP révèle comment Berlin est devenue « très sensible » aux énormes quantités d’armes du bloc de l’Est qui traversaient son territoire pour se rendre dans des bases américaines, fo.

Les armes continuent à affluer en Syrie pour combattre l’EI, et des craintes grandissent quant à ce qui arrivera aux armes et aux combattants lorsque les djihadistes seront vaincus.

Wilcken a dit qu’il craignait pour l’avenir du Moyen-Orient.

« Compte tenu de la situation très complexe et délétère en Syrie… et de l’existence de nombreux groupes armés accusés d’abus graves », a-t-il déclaré. « Il est difficile de voir comment les États-Unis pourraient s’assurer que les armes envoyées dans la région ne seront pas utilisées à mauvais escient. »

Autres rapports de Pavla Holcova, Maria Cheresheva, Roxana Jipa, David Bloss, Roberto Capocelli, Ana Babinets, Atanas Tchobanov, Aubrey Belford et Frederik Obermaier.

Cette enquête est produite par BIRN dans le cadre du projet Paper Trail to Better Governance.

Source : Balkan Insight, Ivan Angelovski & Lawrence Marzouk, 12-09-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

2 réponses à Le pipeline d’armement d’origine soviétique de 2,2 milliards de dollars du Pentagone inondant la Syrie

  1. Fritz Le 20 octobre 2017 à 07h05

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    Comme disait Napoléon III : “L’empire, c’est la paix”. Jusqu’en 2014, le but des Occidentaux en Syrie était clair : abattre Bachar al-Assad en aidant ses opposants, tous démocrates, les héros du Printemps arabe.

    Depuis que Daech a étendu son emprise sur les confins syro-irakiens, le discours occidental s’est infléchi : “nous aidons les rebelles qui se battent sur deux fronts : contre la barbarie de Daech et contre la barbarie d’Assad, contre la collusion des deux”.

    Et ces branquignols se donnent le nom flatteur de “coalition internationale”… Réduits à du trafic d’armes pour aider des rebelles à combattre d’autres rebelles. Mais la coalition, ce sont les pays qui aident le gouvernement syrien à reconquérir sa souveraineté contre TOUS les rebelles, contre TOUS les djihadistes.

  2. pantocrator Le 20 octobre 2017 à 07h57

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    belle affaire ! les Usa ( et d’autres ) épuisent les stocks d’armes ex-pacte de Varsovie , quitte à proposer ensuite de l’armement standard Otan . C’est beau le commerce mondial !

     

     

    https://www.les-crises.fr/le-pipeline-darmement-dorigine-sovietique-de-22-milliards-de-dollars-du-pentagone-inondant-la-syrie/

JSF israélien face au S-200 et aux oiseaux

JSF israélien face au S-200 et aux oiseaux

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JSF israélien face au S-200 et aux oiseaux

Un incident encore mystérieux, et sans doute promis à le demeurer, a eu lieu le 16 octobre entre Israël et la Syrie, alors que le ministre russe de la défense Shoigu était en route pour Tel Aviv pour une visite officielle “de travail” en Israël. (Rencontres avec le ministre de la défense et avec le Premier ministre Netanyahou.) Les versions de l’incident diffèrent, le scénario général étant qu’il s’agit d’un tir de missiles sol-air syrien (de fabrication russe) à longue portée S-200 contre un avion israélien.

(Les S-200 sont connus aussi sous la classification OTAN de SA-5. Il s’agit de vieux modèles de missiles sol-air, datant des années 1970, qui sont très largement dépassés par les nouvelles générations S-300/S-400, etc., et donc de technologies effectuvement dépassées aussi bien pour l’appareillage de détection et de guidage que pour les performances elles-mêmes d la machine.)

Les Israéliens disent que leur avion (de reconnaissance) évoluait dans le ciel libanais et a échappé au tir de missiles, et qu’ensuite d’autres appareils israéliens, de combat ceux-là, ont tiré des missiles sur la batterie de S-200 et l’ont détruite. Les Syriens admettent que des tirs de missiles ont eu lieu contre leur batterie, après que le missile ait été tiré contre l’avion israélien. Mais surtout, les Syriens disent encore que l’avion israélien avait pénétré dans l’espace aérien syrien, d’où le tir contre lui, et qu’il a été touché par le missile. Un article du 17 octobre 2017 de DEBKAFiles affirme que les Syriens ont tiré sans en aviser d’abord les Russes, mais en collaboration avec les Iraniens, essentiellement pour montrer qu’ils ne dépendent pas entièrement du contrôle russe.

« …Gen. Shoigu was therefore briefed on the incident in real time without waiting for an Israeli update. DEBKAfile’s intelligence sources have strong grounds to assume that Damascus and Tehran were closely coordinated in their actions in the last 24 hours. The Assad regime was sending a message that, notwithstanding massive Russian military assistance, Syria was not totally dependent on Moscow and would not hesitate to act alone if it so decided. »

Mais le plus intéressant dans cet incident concerne le sort de l’avion israélien : a-t-il été touché ou pas ? Et de quel avion s’agit-il ? Assez curieusement, l’article de DEBKAFiles ne donne aucune précision sur le sort de l’avion israélien, le résultat du tir syrien, etc., alors qu’il s’étend considérablement sur les circonstances de la visite de Shoigu et sur les circonstances entourant le tir syrien.

Une autre source doit alors être consultée, SouthFront.org, qui consacre un article à l’incident. L’article, du 17 octobre 2017, reprend la thèse de “certains analystes et blogers activistes” israéliens selon lesquels il s’agissait au départ d’une “démonstration de force” de la part des Israéliens à l’intention de l’alliance russo-irano-syrienne. “Quoi qu’il en soit, quelque chose n’a pas marché” – et place donc au F-35 israélien, un des JSF qui viennent d’être livrés à la Force Aérienne Israélienne, – attention, terrain glissant

« However, something went wrong.

» According to the available information, the Syrian Defense Forces used a S-200 missile against the Israeli warplane. This Soviet-made missile is the most advanced long range anti-aircraft system opearated by the Syrian military. Even in this case, it’s old-fashioned in terms of the modern warfare.

» Despite this, the Syrian Defense Ministry said in its statement that government forces responded to the violation of the airspace and “directly hit one of the jets, forcing [Israeli aircraft] to retreat.” This statement contradicts to the Israeli claim that “no hit” was confirmed.

» Few hours after the missile incident with Syria, the Israeli media reported that the Israeli Air Force’s F-35 stealth multirole fighter went unserviceable as a result of an alleged bird collision during a training flight.

» The incident allegedly took place “two weeks ago” but was publicly reported only on October 16. However, Israeli sources were not able to show a photo of the F-35 warplane after the “bird collision”.

» Furthermore, it is not clear if the F-35 can become operational again because its stealth coating was damaged. Thus, according to the Israeli version, the warplane reportedly became no longer operational after the bird collision despite the fact that the F-35 earlier passed the bird strike certification with great results (official info here). The F-35 is the world’s most expensive warplane. The price of developing the F-35 is now about $406.5 billion.

» Israel is actively buying the world’s self-proclaimed most advanced fighter paying about $100 million for each plane.

So what did really hit the F-35? »

La source de cette information est donc SouthFront.org, qui fait l’objet d’une campagne de dénigrement et de diffamation intense, comme site prorusse, pro-Trump, etc., selon l’habituelle salade servie par le presseSystème US dans le cadre du Russiagate. (SouthFront.org lui-même nous informe à ce propos, en citant et en détaillant les attaques lancées contre lui, jusqu’aux échos d’une enquête qui serait lancée par les commission de renseignement de la Chambre et du Sénat du Congrès US : « SouthFront estime qu’il devrait être apprécié comme un honneur que les élites d’une nation si souvent citée comme “la plus libre” du monde donnent tant d’importance à l’effort conjoint de nombreux experts et volontaires engagés dans le projet [SouthFront]… »)

On notera à cet égard l’avis d’une source qui est sans aucun doute critique de “D.C.-la-folle” mais qui n’en reste pas loin très attentif à rester dans les limites des du patriotisme aussi bien que du devoir de réserve vis-à-vis des intérêts des USA, – c’est-à-dire le colonel Patrick Lang, qui contrôle le site SicSemperTyrannis. Dans un commentaire d’une citation de l’article de SouthFront.org, le 11 octobre, Lang observe ceci, qui dénonce le contrôle et la raréfaction des informations aux USA devenus une sorte de “zone étouffée”, par contraste avec des organes comme SouthFront.org : « I use South Front and al Masdar News to find material seldom available on the web or in broadcast news. For example, if one reads only the MSM one would never know that the R+6 have made a major contribution to winning the war against the IS jihadis and will soon deal with the HTS (Al-Qa’ida) jihadis that infest Idlib Province. The level of media control by various governments is impressive.  The US has become what Solzhenitsyn called a “muffled zone”... »

Ces diverses remarques situent le crédit qu’on peut accorder à SouthFront.org et, par conséquent, l’information concernant le JSF (F-35) israélien qui aurait été touché par le S-200 ajoutée à la discrétion de DEBKAFiles peut être considérée avec un peu plus de sérénité. Il s’avère donc que l’on se trouve au début d’une nouvelle phase de la carrière de communication du programme JSF, lequel programme est bien connu comme étant une crise spécifique à lui seul : la carrière opérationnelle de l’avion, et dans quelles conditions, et dans quelle zone tumultueuse de désordre !

Le F-35 israélien a-t-il été touché par un S-200 syrien ou par un oiseau à la nationalité indéterminée mais certes un oiseau de combat ? S’il s’agit de la thèse du S-200, vieux modèle de missile sol-air qui a des équipements de repérage et de guidage à mesure, cela en dit long sur l’efficacité de l’ensemble de technologie furtive destiné à rendre cet appareil, le F-35/JSF, quasiment indétectable au radar ; s’il s’agit d’un “oiseau de combat” qui, par la seule collision, aurait endommagé le revêtement (peinture, etc.) de la cellule de l’avion qui joue un rôle important dans l’“habillage furtif”, cela en dit à peu près aussi long sur la résistance et la pugnacité de ce morceau de technologie hyper-avancée dans les conditions de vol réel (dans cette version-là de l’incident qui handicape si gravement le F-35, qui est la version soft, on ne parle effectivement pas de circonstances de combat)…

Quoi qu’il en soit, le vaste domaine de communication qui s’ouvre à nous verra la confrontation de deux formidables artefacts de communication où les FakeNews, les narrative, l’art du simulacre jouent un rôle fondamental ; ces deux artefacts, qui sont en effet deux des terrains favoris de la manipulation de la communication, et eux-mêmes deux simulacres… La confrontation du JSF et du désordre moyen-oriental autour du conflit syrien devrait conduire à des situations complètement inédites de la communication confrontée aux tentatives de manipulation et de détournements. Quant à la décision de la Force aérienne Israélienne d’acheter le F-35, elle risque fort d’être mise à l’épreuve de certaines situations qui conduiront à s’interroger à nouveau sur le degré de capacité professionnelle de cette force à s’opposer aux pressions de corruption, encore plus psychologiques que vénales, que ses interlocuteurs US, du Pentagone à Lockheed-Martin, font peser sur elle.

 

Mis en ligne le 18 octobre 2017 à 13H14

 

http://www.dedefensa.org/article/jsf-israelien-face-au-s-200-et-aux-oiseaux

Une arme «secrète» russe fait trembler les Britanniques

Une arme «secrète» russe fait trembler les Britanniques

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Une arme «secrète» russe fait trembler les Britanniques

La Russie développerait une arme secrète «plus puissante» que la bombe nucléaire, capable de mettre hors de combat des armées entières, s’alarme le Daily Star.

Le tabloïde britannique Daily Star tire la sonnette d’alarme, affirmant que des fabricants russes développeraient de nouveaux gadgets puissants qui pourraient s’avérer plus efficaces que les armes nucléaires.

Le média fait savoir que l’industrie de la défense russe aurait conçu un puissant missile électromagnétique, l’Alabouga, capable de désactiver les ogives de missiles et les systèmes de communication à bord des avions ennemis à une distance de 3,5 km.

Les journalistes du Daily Star affirment que le missile serait en mesure de bloquer les mécanismes de chargement des chars, de faire exploser les munitions d’artillerie à l’intérieur de leur tourelle, voire de tuer des soldats ennemis retranchés à une profondeur de 100 m sous la terre.

Le média évoque également le Listva, un véhicule de déminage qui pourrait utiliser des rayons de haute fréquence pour neutraliser les explosifs à distance.

Les médias avaient déjà publié l’information sur le développement en Russie d’un puissant missile électromagnétique Alabouga.

Vladimir Mikhéev, directeur général du groupe Radioelectronnyïé tekhnologuii (Technologies radio-électroniques), avait précédemment déclaré que l’Alabouga n’était pas une arme concrète, mais un ensemble de recherches scientifiques top secret visant à définir les grands axes du développement de l’arme radio-électronique du futur.

source: https://fr.sputniknews.com/international/201710011033279924-arme-electromagnetique-russe/

En savoir plus sur http://reseauinternational.net/une-arme-secrete-russe-fait-trembler-les-britanniques/#crFOP6vldEag7CtU.99

 

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