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Au Louvre, Léonard de Vinci en majesté

Au Louvre, Léonard de Vinci en majesté

 Paris Match il y a 1 jourL’avocat de C. Ghosn révèle les «scandales de l’affaire»Violences conjugales: les enfants sont aussi des victimes

Diapositive 1 sur 7: Pas moins de dix mains sont nécessaires pour déplacer « La Vierge à l’Enfant avec saint Jean-Baptiste et un ange », dite « La Vierge aux rochers », peinte entre 1483 et 1494. L’exposition dure jusqu’au 24 févrierEcran suivantPlein écran1/7 DIAPOSITIVES © Virginie Clavières

PAS MOINS DE DIX MAINS SONT NÉCESSAIRES POUR DÉPLACER « LA VIERGE À L’ENFANT AVEC SAINT JEAN-BAPTISTE ET UN ANGE », DITE « LA VIERGE AUX ROCHERS », PEINTE ENTRE 1483 ET 1494. L’EXPOSITION DURE JUSQU’AU 24 FÉVRIER

Pas moins de dix mains sont nécessaires pour déplacer « La Vierge à l’Enfant avec saint Jean-Baptiste et un ange », dite « La Vierge aux rochers », peinte entre 1483 et 1494. L’exposition dure jusqu’au 24 février

Il arpente les marchés aux animaux pour acheter des chats, des chiens et des oiseaux en cage afin de leur rendre la liberté. Et à Ludovic Sforza, duc de Milan, qui ose lui demander d’accélérer la cadence pour finir « La Cène » censée décorer le réfectoire du couvent Santa Maria delle Grazie, il répond avec panache, drapé dans sa cape de velours rose : « Les grands génies, moins ils travaillent, plus ils œuvrent ! » Magistral et fantasque Léonard de Vinci, capable d’inventer le futur à travers des dessins extraordinaires, de poursuivre des centaines de projets pour n’en terminer aucun, d’ébaucher des œuvres fabuleuses qui ne mènent qu’à l’essentiel : nous éblouir.

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A l’image de sa peinture, sa vie est peuplée d’ombres et de mystères. Parmi les rares certitudes, sa date de naissance, le samedi 15 avril 1452, à la troisième heure de la nuit. C’est ce que note son notaire de grand-père, Antonio. Léonard est l’enfant illégitime de Piero, homme de loi actif et ambitieux, et de Caterina, sans doute une paysanne, dont on ne sait rien. Enfance campagnarde à Vinci, paisible village posé sur un coteau entre Florence et Pistoia. Ce gaucher, une particularité qu’on tient alors pour démoniaque, se montre très adroit pour le dessin. Ses belles aptitudes conduisent son père, en 1464, à le placer à Florence chez Andrea del Verrocchio, l’artiste favori de Laurent de Médicis. Son atelier est le plus bouillonnant de la Renaissance. On y pratique tout : sculpture, peinture, orfèvrerie… Le petit Léonard apprend la préparation des couleurs, esquisse des effets de draperie sur de fines toiles de lin pour s’entraîner à l’exactitude formelle.

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Verrocchio a toujours plusieurs œuvres en cours et passe des nuits blanches pour terminer une commande, ce qui offre à Léonard une certaine tranquillité pour dessiner beaucoup et peindre très peu. Il réalise tout de même « L’annonciation » (1472), « La madone à l’œillet » (1473) et l’un de ses premiers portraits (1474-1476), celui de Ginevra de’ Benci, pour qui l’ambassadeur de Venise à Florence nourrit un amour platonique. Léonard représente la jeune Florentine la moue distante, en écho à sa vertu. A la manière de la peinture flamande, ses premiers tableaux sont soignés, descriptifs, et séduisent déjà. Mais ni sourires ni expressions troublantes n’émergent encore. Son apprentissage chez Verrocchio sera pourtant fondamental, notamment lorsque le maître s’attelle à « L’incrédulité de saint Thomas » (1478-1483), une sculpture en bronze de plus de 2 mètres de hauteur qui doit orner la niche de l’oratoire d’Orsanmichele. Sans doute impliqué dans la genèse de l’œuvre, le jeune Léonard n’oubliera jamais ce qui caractérise l’art de Verrocchio : le mouvement et le clair-obscur.

« L’Homme de Vitruve », vers 1490. Pointe métallique, plume et encre brune sur papier.

© Fournis par Lagardère Media News « L’Homme de Vitruve », vers 1490. Pointe métallique, plume et encre brune sur papier.

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En 1476, le voici, à 24 ans, la cible d’une encombrante histoire. Une dénonciation anonyme, déposée dans un « tambour », sorte de boîte aux lettres à l’usage des délateurs, l’accuse de s’être adonné à la sodomie sur un modèle toujours vêtu de noir, Jacopo Saltarelli. Affaire classée sans suite ; mais, coïncidence, Léonard prend soin d’imaginer un drôle d’instrument capable d’« ouvrir un cachot de l’intérieur »… Pendant ce temps a débuté la décoration de la chapelle Sixtine du Vatican. Laurent de Médicis envoie ses meilleurs artistes : Michel-Ange, Botticelli. Pas Léonard. L’art de la fresque interdit le repentir. Or, ce qu’il aime, c’est corriger. Il s’attelle à deux œuvres qui resteront à l’état d’ébauche, « Saint Jérôme pénitent » (vers 1482) et « L’adoration des mages » (1481), commandée par les moines augustins de San Donato, à Scopeto.Lecteur vidéo depuis : YouTube (Politique de confidentialité)

Afin de célébrer l’entrée de François Ier à Lyon, il atteindra la perfection avec un automate, un lion mécanique capable de se dresser puis de s’avancer

« Grâce à l’imagerie scientifique, on a pu découvrir le processus créatif de son “Adoration” », expliquent les commissaires de l’exposition présentée au Louvre, Vincent Delieuvin, conservateur en chef au département des peintures italiennes, et Louis Frank, conservateur au département des arts graphiques. « Léonard a mis en place le fond en respectant une certaine géométrie. Mais il est revenu trois fois sur les personnages qui occupent le centre de la composition, tracés à main libre au carbone puis au pinceau, arrivant à des formes pratiquement incompréhensibles. Une sorte de magma dont allait sortir une clarification, mais qui est resté à l’état d’idées prometteuses, pleines d’énergie. » Léonard entre dans une nouvelle phase créatrice. Il ne cherche plus à reproduire parfaitement le corps humain ou la nature, il veut saisir le mouvement. Dans ses carnets de dessins, il déforme l’anatomie, superpose les membres, laisse sa main aller librement jusqu’au gribouillage. Il appelle ça « la composition inculte ».

Cap sur le duché de Milan, en 1483. A sa tête, la famille Sforza, dont on dit qu’elle consacre plus de la moitié de ses revenus aux dépenses militaires. Léonard est missionné pour réaliser une imposante statue équestre, « Il Cavallo », à la gloire de Francesco Forza, père et prédécesseur de Ludovic, qui restera à l’état d’argile. Humeurs guerrières. Léonard se consacre à ses inventions. Il imagine d’improbables canons à vapeur, mais aussi des plans de cités idéales, un réveille-matin à eau, des machines volantes façon planeurs, une rôtissoire mécanique, des grues, des crics, des clepsydres… En plus de cet inventaire à la Prévert, Léonard ingénieur met au point des machineries de théâtre qui émerveillent la cour ducale.

Bien plus tard, en 1515, afin de célébrer l’entrée de François Ier à Lyon, il atteindra la perfection avec un automate, un lion mécanique capable de se dresser puis de s’avancer solennellement vers le souverain pour faire tomber à ses pieds une gerbe de lys. Léonard pense en dehors des clous et choisit la voie de l’expérience. L’optique, l’hydraulique, la botanique, la géologie, la météorologie… il décortique à la manière d’un scientifique. S’il doit peindre une feuille, Léonard veut savoir comment l’arbre respire. Il l’affirme : la peinture est « cosa mentale », c’est-à-dire intellectuelle et divine. Le peintre ne doit pas donner l’illusion de la vérité mais la restituer, recréer les phénomènes de l’univers. Comme Dieu.

Milan, Mantoue, Rome, Venise… Léonard change de villégiature au gré des mécénats. Riche d’un savoir auquel peu de mortels accèdent, il captive, séduit, et les commanditaires acceptent qu’il ne finisse pas ce qu’il leur a promis. Quand Isabelle d’Este s’inquiète pour son portrait, un moine lui explique que « Vinci est trop occupé à peindre une sainte Anne ».

Pour sa traversée des Alpes, Léonard a pris soin de blottir dans une malle « La Vierge à l’enfant avec sainte Anne », « La Joconde » et « Saint Jean-Baptiste »

Anatomiste des sentiments, il capte la fugacité de l’instant, insuffle la vie à l’enfant Jésus comme aux tourbillons de l’eau. Il perfectionne la technique du sfumato, superposant des dizaines de glacis, des couches huileuses qui, à peine chargées de pigments, nécessitent plusieurs jours de séchage. Et il parvient à ce miracle : restituer les humeurs de l’âme. « On a longtemps perçu Léonard en tant qu’homme du dessin, poursuivent les commissaires de l’exposition. Or, s’il arrive très vite à l’idée, il prend tout son temps pour la réalisation car elle représente pour lui ce qu’il y a de plus important. » Pour « La Cène » (1495-1498), Léonard trouve la parade qui va lui permettre de retoucher également les fresques, ces œuvres peintes directement sur le mur. Au lieu d’utiliser une peinture humide, il imperméabilise la pierre au plâtre sec, puis utilise de la tempera et des huiles. Dans un texte repris par Giorgio Vasari, biographe de Léonard, Matteo Bandello, le neveu du prieur de Santa Maria delle Grazie, raconte : « Fréquemment, Léonard montait dès le petit jour sur l’échafaudage pour ne laisser tomber le pinceau de sa main qu’au crépuscule, sans penser à manger ni à boire. Puis des jours s’écoulaient sans qu’il y remît la main, parfois il s’attardait des heures entières devant la peinture et se contentait de l’examiner en son for intérieur. D’autres fois, il quittait la cour du château de Milan […] et allait tout droit au couvent pour donner quelques coups de pinceau à une figure, mais décampait ensuite sans délai. »

Lorsqu’il prend ses quartiers dans le manoir du Cloux (actuel Clos Lucé), près du palais royal d’Amboise, en 1516, c’est en tant qu’ingénieur, architecte et metteur en scène. Pour sa traversée des Alpes, Léonard a pris soin de blottir dans une malle « La Vierge à l’enfant avec sainte Anne », « La Joconde » et « Saint Jean-Baptiste ». Considérés aujourd’hui comme ses plus grands chefs-d’œuvre, tous sont marqués par le syndrome de l’inachèvement. Même s’il imagine encore des mécanismes fantastiques pour les fêtes de la cour, il ne produit plus grand-chose. Peu importe, car, pour François Ier, son protecteur, « personne ne vint au monde qui en sût autant que Léonard ». Miné par la maladie, il organise ses funérailles et dicte ses volontés à un notaire d’Amboise, en avril 1519 : il désire que « trois grandes messes avec diacre et sous-diacre » et « trente basses messes » soient célébrées dans la collégiale Saint-Florentin, au pied du château d’Amboise. Il s’éteint un mois plus tard, le 2 mai 1519, à l’âge de 67 ans. Sur une marge de son fameux « Codex Atlanticus », constitué de 1 119 feuillets, farfouillis de notes et de schémas, il avait griffonné : « Mon pauvre Léonard, pourquoi t’es-tu donné tant de mal ? »

« Léonard de Vinci », au musée du Louvre du 24 octobre 2019 au 24 février 2020, uniquement accessible sur réservation, ticketlouvre.fr.

A lire : « Léonard de Vinci », sous la direction de Vincent Delieuvin et Louis Frank, coédition musée du Louvre-Hazan

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/culture/au-louvre-l%c3%a9onard-de-vinci-en-majest%c3%a9/ar-AAJhHKt

La restitution des œuvres d’art à l’Afrique en débat au Monde Festival

La restitution des œuvres d’art à l’Afrique en débat au Monde Festival

Des experts étaient réunis, samedi 5 octobre, au Théâtre des Bouffes du Nord pour confronter leurs points de vue sur la décision prise par Emmanuel Macron.

Par Sylvie Kerviel  Publié le 05 octobre 2019 à 17h28, mis à jour hier à 15h10

Temps deLecture 3 min.

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Le Monde Festival, au Théâtre des Bouffes à Paris, le samedi 5 octobre. Au menu des discussions : le dilemme de la restitution des oeuvres d'art. De gauche à droite : Didier Claes, Marie-Cécile Zinsou, Maryline Beaumard, Didier Rykner, Samuel Sidibé.
Le Monde Festival, au Théâtre des Bouffes à Paris, le samedi 5 octobre. Au menu des discussions : le dilemme de la restitution des oeuvres d’art. De gauche à droite : Didier Claes, Marie-Cécile Zinsou, Maryline Beaumard, Didier Rykner, Samuel Sidibé. Laurent Van der Stockt pour Le Monde

Pourquoi et comment restituer aux pays africains les œuvres d’art collectées ou pillées pendant les conquêtes coloniales et conservées dans les musées français ? Cette question agite le milieu de l’art depuis que le 28 novembre 2017, lors d’un discours à Ouagadougou (Burkina Faso), Emmanuel Macron avait déclaré : « Je veux que d’ici cinq ans les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique. »Verbatim : Le discours de Ouagadougou d’Emmanuel Macron

Le sujetétait au cœur d’un débat organisé dans le cadre du Monde Festival, samedi 5 octobre. Orchestré par la journaliste Maryline Baumard, responsable du Monde Afrique, celui-ci a réuni, au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris, trois experts favorables aux restitutions – Marie-Cécile Zinsou, entrepreneuse franco béninoise, créatrice, à Cotonou, de la Fondation Zinsou consacrée à l’art contemporain, Samuel Sidibé, historien de l’art et archéologue, ancien directeur du Musée national du Mali à Bamako, et Didier Claes, chercheur au musée de Kinshasa, marchand d’art africain, galeriste à Bruxelles – et un opposé à cette hypothèse, Didier Rykner, qui dirige le journal numérique la Tribune de l’art.

Samuel Sidibé, historien de l’art et archéologue, ancien directeur du Musée national du Mali à Bamako, samedi 5 octobre au Monde Fesival.
Samuel Sidibé, historien de l’art et archéologue, ancien directeur du Musée national du Mali à Bamako, samedi 5 octobre au Monde Fesival. Laurent Van der Stockt pour Le Monde

Un point a fait l’unanimité : la nécessité pour les peuples africains d’avoir accès, chez eux, à leur art patrimonial, pour qu’ils puissent s’inscrire dans une histoire, une culture et une identité. « Une donnée fondamentale », a insisté d’emblée M. Sidibé, pour lequel, de ce point de vue, la question des restitutions est « incontestable ». « L’Afrique a été vidée de son patrimoine, parfois à 100 %, la réalité est là et, pour son identité, elle a besoin de récupérer ses œuvres », a poursuivi M. Claes.

Comme l’a rappelé Maryline Baumard en préambule, Emmanuel Macron le disait dans son discours de Ouagadougou : « Je ne peux pas accepter qu’une large part du patrimoine historique africain soit en France. » C’était alors la première fois qu’un président de la République française prenait position sur la question des œuvres africaines conservées dans les musées français depuis la colonisation.

« La France n’est pas venue sauver des œuvres, elle les a prises »

Une position à l’opposé de celle défendue jusqu’alors : les collections nationales sont inaliénables et aucune restitution n’est donc possible. Une mission fut confiée par l’Elysée à deux universitaires, Bénédicte Savoy et Felwine Sarr, qui ont remis au président un rapport proposant de modifier le code du patrimoine pour favoriser les restitutions d’œuvres aux Etats subsahariens.

Deux ans après ces déclarations, il semble que rien n’ait vraiment bougé. Pourquoi ? « Le rapport est excessif, même les personnes favorables aux restitutions estiment que les rapporteurs sont allés trop loin », a avancé M. Rykner, qui défend l’idée d’une « circulation des œuvres » entre les musées plutôt que de procéder à des restitutions. Pour Mme Zinsou, il convient de construire un cadre juridique pour permettre le retour des œuvres et « ce temps-là n’est pas celui des réseaux sociaux ».Article réservé à nos abonnés Lire aussi  « La restitution annoncée de 26 objets au Bénin s’inscrit dans un processus de revendication aussi exemplaire que nécessaire »

Elle appelle à déplacer le regard du côté africain plutôt que de dire sur un ton affolé : « les musées français vont se vider ». Elle rappelle qu’en 2006, à Porto Novo, des œuvres béninoises venues du musée parisien du Quai Branly avaient été vues par 275 000 personnes en trois mois, « preuve d’un vif intérêt des populations pour leur art ». Et qu’au moment où les œuvres sont reparties pour la France, les gens n’ont pas compris. Mme Zinsou a vivement réagi à l’argument souvent avancé selon lequel les pillages effectués avaient protégé des pièces de la destruction : « la France n’est pas venue sauver des œuvres, elle les a prises », a -t-elle insisté, sous les applaudissements de la salle.

Didier Claes, chercheur au musée de Kinshasa, et Marie-Cécile Zinsou, entrepreneuse franco-béninoise, créatrice de la Fondation Zinsou consacrée à l’art contemporain, au Monde Festival, samedi 5 octobre.
Didier Claes, chercheur au musée de Kinshasa, et Marie-Cécile Zinsou, entrepreneuse franco-béninoise, créatrice de la Fondation Zinsou consacrée à l’art contemporain, au Monde Festival, samedi 5 octobre. Laurent Van der Stockt pour Le Monde

A la suite du rapport Savoy-Sarr, peu de pays ont fait la démarche de réclamer des œuvres, ont reconnu tous les intervenants, faute souvent d’avoir les structures pour les accueillir et les sécuriser. « Je salue d’ailleurs cette sagesse des pays africains », a souligné M.Claes qui fait confiance à ces Etats pour « prendre des initiatives, avec le temps ». « On n’a pas encore su créer un environnement pour permettre le processus de restitution, mais l’Afrique en a besoin », a ajouté M. Sidibé. M. Claes se félicitant que le discours d’Emmanuel Macron ait eu le grand mérite « de faire bouger les mentalités ».

https://www.lemonde.fr/festival/article/2019/10/05/la-restitution-des-uvres-d-art-a-l-afrique-en-debat-au-monde-festival_6014374_4415198.html

https://www.lemonde.fr/festival/article/2019/10/05/la-restitution-des-uvres-d-art-a-l-afrique-en-debat-au-monde-festival_6014374_4415198.html

“RIDE-ON KING”: LES COMBATS DE VLADIMIR POUTINE ET LA CONQUÊTE DU MONDE MAGIQUE DANS UNE NOUVELLE SÉRIE DE MANGAS

“RIDE-ON KING”: LES COMBATS DE VLADIMIR POUTINE ET LA CONQUÊTE DU MONDE MAGIQUE DANS UNE NOUVELLE SÉRIE DE MANGAS

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 6 faire un don"Ride-On King": les combats de Vladimir Poutine et la conquête du monde magique dans une nouvelle série de mangas

Le discours médiatique traditionnel et l’obsession pure et simple du «puissant» président russe Vladimir Poutine et de ses tentatives présumées n’est pas un secret, mais ils ont fourni des résultats intéressants dans la culture moderne.

Ce n’est un secret pour personne que le « cerveau diabolique » Vladimir Poutine est un « dictateur » et peut-être même le diable, si l’on demande aux diplomates occidentaux et aux MSM.

Malgré tout, il semblerait également que la tentative de construire une image négative de Poutine l’ait transformé en une sorte d’icône opposée au mondialisme.

L’une des incarnations les plus récentes et les plus intéressantes du «puissant» Vladimir Poutine est le personnage principal d’un manga (l’équivalent japonais de la bande dessinée américaine).

CONSEIL: Les panneaux de manga sont lus de droite à gauche.

Le manga s’appelle «Isekai Poutine» ou «le roi du ride», et il met en vedette Vladimir Poutine, mais sous le nom d’Alexandre Puchinov. La ressemblance ne peut être confondue et il est bien évident que le «puissant» dirigeant russe se situe dans une réalité alternative.

Le résumé du travail de fiction est le suivant:

Le président musclé de Pursia, Alexander Purchinov, s’ennuie de la politique et veut de nouveaux défis. Après un incident, il se réveille dans un monde magique où abondent les animaux et les créatures indomptables.

Le pays de Pursia est sous le choc, tandis que son président explore avec bonheur un monde fantastique. Après tout, à l’instar du discours des HSH selon lequel la Russie est sous le contrôle total et complet de Poutine, Pursia est également en désarroi depuis que sa seule force motrice a disparu.

Pursia, à l’instar de la Russie dans le discours de l’establishment dirigé par Washington, est un pays régi par la violence et la poigne de fer de son gouvernement, dont Alexander Purchinov est président à vie.

«Alexander désire toujours être dominant et« piloter »les choses, que ce soit au sens propre ou figuré. Maintenant qu’il est déjà monté dans son pays, sa prochaine cible est un monde fantastique peuplé d’orques, de wyvernes et de centaures ».

Passons maintenant au contenu réel du manga. Dans ses premières pages, la scène est posée: Prusia est un pays d’Asie centrale ( ? ), Fondé il ya 15 ans et qui s’est affranchi des superpuissances mondiales grâce à sa puissance militaire.

Alexander Purchinov (Poutine) est l’unique raison de l’indépendance du pays, il l’a «conduit» vers la liberté et un ordre autoritaire.

"Ride-On King": les combats de Vladimir Poutine et la conquête du monde magique dans une nouvelle série de mangas

Mais Alexandre est malheureux, il a trop de responsabilités à la tête du pays, mais dans son cœur il souhaite aller explorer, seulement s’il en a le temps.

Au début, le processus politique de Pursia est montré, la force aérienne doit être modernisée car ses ennemis pourraient tirer parti de la faiblesse de la force aérienne purgée. Mais le système de santé a aussi besoin d’une refonte.

Finalement, un consensus est atteint: Purchinov décide que le pays devrait se concentrer sur la construction de vaisseaux spatiaux, puisqu’il n’en a pas monté et qu’il doit le faire de son vivant.

Malgré sa nature égoïste, les citoyens de Pursia le respectaient:

"Ride-On King": les combats de Vladimir Poutine et la conquête du monde magique dans une nouvelle série de mangas

Par la suite, cela montre que Pursia est tellement autoritaire que les armes à feu sont réglementées. Lorsque des terroristes, qui étaient très probablement des «rebelles modérés», ont essayé de le tuer, ils ont dû recourir à un camion.

Naturellement, le puissant Alexandre s’est attaqué au camion et l’a détruit, tout en tapant si fort qu’il a égaré le trottoir dans la rue.

Mais c’est à ce moment-là que le désastre a eu lieu: la tête de sa propre statue s’est brisée sous l’impact des camions et est tombée sur lui.

Et c’est à ce moment que l’histoire vraie commence: Alexander Purchinov s’est réveillé dans un monde fantastique. La première de ses aventures a été celle du puissant président, qui a vaincu un dragon, puis l’a chevauché. Il se sentait excité car il n’avait jamais participé à cette aventure.

"Ride-On King": les combats de Vladimir Poutine et la conquête du monde magique dans une nouvelle série de mangas

Vous trouverez ci-dessous un bref résumé de l’histoire jusqu’à présent, avec 10 chapitres publiés et quelques-uns des panels les plus intéressants:

Les habitants de Pursia commencent à s’inquiéter du sort de leur président. Pendant ce temps, dans le monde fantastique, Alexander Purchinov s’est lié d’amitié avec deux femmes, un chevalier et un magicien.

Même les personnages du monde fantastique savent que «Poutine» est un démon, appelant la tête de sa statue qui est aussi en quelque sorte dans le monde fantastique une «statue de démon», ce que Purchinov doit préciser, il ne s’agit que d’une «statue de moi». . « 

Après cela, nos héros sont allés dans une ville et ont dû charger une lanterne magique, Purchnov ayant maîtrisé le karaté utilisant son ki pour le mettre sous tension, mais il était trop fort pour être manipulé, ainsi la lanterne a éclaté.

Dans le monde fantastique, Alexander Purchinov ne semble pas être aussi pervers que dans le monde réel et aide les races asservies telles que les centaures à recouvrer leur liberté, mais surtout parce qu’il souhaite chevaucher un centaure plutôt que par le bien de son cœur.

Il a même refusé de tuer l’ennemi, il l’a simplement assommé, essayant de compenser le «meurtre et la supercherie» qu’il avait à faire chez lui.

"Ride-On King": les combats de Vladimir Poutine et la conquête du monde magique dans une nouvelle série de mangas

Ses aventures ne s’arrêtent pas là. Il aide ensuite d’autres habitants du monde fantastique à être sauvés de certains orcs et ogres, en utilisant un «art martial de style présidentiel», car être président est absolument tout ce qui doit être expliqué une personne.

"Ride-On King": les combats de Vladimir Poutine et la conquête du monde magique dans une nouvelle série de mangas

Il est également préoccupé par le fait que l’ennemi se bat contre lui 6 à 1, non pas parce qu’il pourrait perdre, mais parce qu ‘ »épargner sa vie est un peu difficile ».

Enfin, il parvient également à chevaucher un ogre, en utilisant un mouvement spécial «à la présidentielle».

"Ride-On King": les combats de Vladimir Poutine et la conquête du monde magique dans une nouvelle série de mangas

Naturellement, il ne s’agirait pas d’une fiction liée à la Russie sans un ours, que «Poutine» défait facilement, avec un lancer de judo, bien sûr.

"Ride-On King": les combats de Vladimir Poutine et la conquête du monde magique dans une nouvelle série de mangas

À sa première entrée dans un cachot, il doit se battre contre un énorme dragon en os et son maître. Pour la première fois, Purchninov rencontre un ennemi sur lequel il ne peut pas lancer de judo. Il se souvient donc des enseignements de son ancien maître qui avait déclaré avoir malheureusement le corps d’un «homme ordinaire» et qu’il devait utiliser «le pouvoir de la terre» pour vaincre de plus grands ennemis.

Ce qu’il fait quand la Terre donne à Alexander Purchninov la force de vaincre le dragon ennemi.

"Ride-On King": les combats de Vladimir Poutine et la conquête du monde magique dans une nouvelle série de mangas

La grandeur du président ne s’arrête pas là, au lieu de détruire le dragon en os, mais en raison de son pouvoir spirituel, le dragon renaît et Purchinov exprime l’espoir de pouvoir se rencontrer en tant qu ‘«amis».

"Ride-On King": les combats de Vladimir Poutine et la conquête du monde magique dans une nouvelle série de mangas

Dans les 10 chapitres qui ont été publiés, Alexander Purchinov s’est fait de nombreux amis et a vaincu de nombreux monstres, protégeant ainsi les plus démunis. Ainsi, le travail de fiction a commencé comme une sorte de commentaire politique, établissant une ligne de démarcation entre le discours du MSM selon lequel la Russie est un régime autoritaire, puis a développé le «puissant Poutine» en un personnage positif qui semble être le sauveur du monde fantastique.

“Ride-On King”: Vladimir Putin Contests And Conquers Magic World In New Manga Series

Eschyle et le Blackface : haro sur l’héritage antique !

Eschyle et le Blackface : haro sur l’héritage antique !

Foto353.jpg By: Patrik Tschudin – CC BY 2.0

La nouvelle défaite culturelle au cœur de la Sorbonne pose le bilan de ce qui reste de l’enseignement d’Eschyle aujourd’hui.

 

« La démesure en fleurissant produit l’épi de la folie, et la récolte est une moisson de larmes ». Si Eschyle avait été à la Sorbonne cette semaine, il aurait sûrement été déçu du peu de cas que certains de nos contemporains font de ses enseignements. Toute l’œuvre de sa vie, en effet, aura servi une cause : le contrôle des passions, le rejet de l’hybris, cette terrible démesure qui avilit l’homme. Car sans mesure, point de justice.

L’ÉDUCATION À LA JUSTICE PAR LA TRAGÉDIE

Chez les Grecs, cette éducation à la justice se fait par le biais de la tragédie. Ce genre littéraire, né au milieu du IVe siècle avant Jésus-Christ, a pour but d’accorder les Hommes et les dieux en les humanisant.

En effet, les tragédies sont toujours le théâtre d’un conflit ; un conflit entre un homme, qui est en quelque sorte le champion de l’Humanité, et une puissance divine qui s’acharne contre lui. Cette mise à l’épreuve perpétuelle fait office de catharsis pour l’auditoire, qui peut ainsi se libérer de ses propres passions en voyant le héros les surpasser pour se réconcilier enfin avec le divin. Cet apprivoisement du divin par les Hommes passe par la reconnaissance de la Justice.

Dans les tragédies grecques, les hommes, comme les dieux, sont à la recherche du comportement juste. À ceci près que seuls les Hommes payent leurs injustices, puisque nul ne peut faire payer la leur aux dieux. Les Hommes et les dieux vont ainsi mûrir simultanément petit à petit, et cette maturation est d’autant plus facilitée que les dieux sont de plus en plus affublés de caractères humains.

La tragédie est donc l’outil permettant de concilier le Destin et la Justice divine. « Ainsi la poésie d’Eschyle, toujours courageuse à nourrir l’art dramatique des conflits les plus redoutables qui puissent opposer les hommes au monde dont ils font partie, puise ce courage renouvelé dans la foi profonde du poète en l’existence d’un ordre harmonieux auquel collaborent enfin les hommes et les dieux1 ».

UN HÉRITAGE BAFOUÉ

Après deux mille ans à mûrir la sagesse grecque, la scène qui s’est déroulée à la Sorbonne lundi 25 mars est surréaliste. Le désormais bien connu Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) a mis fin à la représentation de la plus ancienne tragédie d’Eschyle, Les Suppliantes, à cause de la non moins connue « propagande afrophobe, colonialiste et raciste »occidentale. À grands coups d’épreuves de force et d’injures, les étudiants et les associations ont forcé les comédiens à quitter la scène.

Un tel déchaînement de passions a été suscité par le recours aux black faces, c’est-à-dire le fait que des individus blancs se griment en individus noirs. Ces derniers y voient là une appropriation culturelle, descendant directement de la colonisation.

Paul-Victor Desarbres, maître de conférence en littérature à la Sorbonne, nous explique :

Philippe Brunet, le metteur en scène de la pièce, a voulu baser sa mise en scène sur des pratiques théâtrales antiques. Qu’est-ce que cela implique ?

Brunet a fondé une compagnie, Demodocos, pour promouvoir des mises en scènes qui font revivre le théâtre antique. Il s’agit à la fois de reconstituer certains éléments clés des représentations pour autant que cela est possible, et à la fois d’en faire revivre surtout l’esprit. C’est un théâtre qui crée pour nous une distance à laquelle nous ne sommes pas habitués : les personnages sont costumés, masqués. Leur apparence est très stylisée, comme conçue pour être distinguée de loin. Il n’y a pas la dimension psychologisante qui marque le théâtre actuel. On peut avoir l’impression que les acteurs sur scène s’adressent au public et déclament plutôt qu’ils ne font semblant de se parler entre eux. Comme dans la tragédie antique, le chœur (groupe de personnages) chante une partie du texte en grec avec une mélodie conçue selon les principes de la musique grecque antique. À travers cette poésie orale et visuelle, on effectue comme un voyage en Grèce antique – dépaysement garanti.

Dans Les Suppliantes, des jeunes filles préfèrent « fuir sous la conduite des étoiles » plutôt que de perdre leur liberté. Comment s’exprime le paradoxe entre le message porté par le texte d’Eschyle et l’obstruction violente faite envers la liberté d’expression ?

Les Suppliantes ou Danaïdes sont des exilées qui ont fui l’Égypte et le mariage que veut leur imposer leur oncle Egyptos. Accompagnées de Danaos, elles demandent asile dans la cité d’Argos. Après quelques hésitations, le roi accepte de les protéger, mais un héraut survient qui doit les ramener de force en Égypte. La pièce toute entière fait alterner espoir lumineux et désespoir dans les chants du chœur des Suppliantes qui est aussi le personnage principal.

Plutôt qu’un paradoxe, je verrai là deux problèmes distincts : sur le fond, le refus de se confronter au sens d’un discours ou d’une œuvre et sur la forme, une manière d’agir illégale et choquante.

Le refus de se confronter au sens du texte, à ce que signifient ces mots, n’est pas le monopole de tel ou tel militant. C’est un fléau qui touche toutes les couches de notre société. On fait trop volontiers abstraction du sens d’un discours pour ne récuser que des mots, des actes comme symptômes indiscutables d’une attitude condamnable. Va-t-on interdire le théâtre de Jean Genet ? Ce serait une jolie contradiction.

Une conséquence effroyable, c’est qu’on refuse à tel ou tel de laisser plaider sa cause – en l’occurrence de voir quelle sera la mise en scène (il n’y avait là que des photos). Or c’est justement à ce propos que la tragédie grecque porte une vertu : on y parle, on y palabre, on y gémit, on y demande – en vain ou avec succès. Danaos et les Suppliantes plaident pour être accueillies à Argos. Notre époque manque de tels « héros orateurs ». Dans la tragédie, la confrontation de paroles est parfois dure, violente ; mais elle laisse une part à la capacité d’argumenter – que celle-ci ait une efficacité ou non.

Que répondrait Eschyle à ces détracteurs ?

Danaos met en garde ses filles de l’hostilité qui toujours pourra resurgir à leur encontre chez les Argiens, en dépit de l’heureux dénouement de la pièce : « Chacun porte une langue à médire de l’étranger… ». Méfions-nous, nous sommes tous tentés de réagir impulsivement et de médire sans prendre le temps de voir et de connaître.

 

  1. André Bonnard, Civilisation grecque : de l’Iliade au Parthénon

Nos dossiers spéciaux: Antiquité Racisme Sorbonne Théâtrehttps://www.contrepoints.org/2019/03/29/340323-eschyle-et-le-blackface-haro-sur-lheritage-antique?utm_source=Newsletter+Contrepoints&utm_campaign=4507ce28b2-Newsletter_auto_Mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_865f2d37b0-4507ce28b2-114031913&mc_cid=4507ce28b2&mc_eid=acae01963f

René Guénon et les grands esprits pour les gilets jaunes

René Guénon et les grands esprits pour les gilets jaunes


Par Nicolas Bonnal – Novembre 2018 – Source nicolasbonnal.wordpress.com

Nicolas Bonnal

Le mouvement des gilets jaunes nous permet de redécouvrir modestement les forces vives de la nation dont avait parlé un jour Pie XII ; ce mouvement a très utilement été insulté par BHL et va constituer un pont entre les forces de gauche et de droite.

On lui reproche d’être populiste et de n’avoir pas su se joindre au train des hérauts de la modernité. Ce qui m’amuse c’est que les avant-gardes et autres minorités ne sont guère une élite, bien plus un amalgame de journaliers pressés et torturés qui passent leur vie dans les bureaux et les aéroports, et se revêtent des oripeaux de la pensée humanitaire. Les classes moyennes sont le dernier homme de Nietzsche qui dit avoir inventé le bonheur mais se bourre de médicaments pour dormir. Concentrée dans des grosses villes de plus en plus sales, cette post-humanité n’est pas tellurique mais numérique.


On va citer Guénon qui sentait venir cette nouvelle humanité de classes moyennes et de médiocrités, classe moyenne mondiale et uniforme (elle est caricaturale en Chine par exemple), sans aucun génie vernaculaire. Vous pouvez le lire ici : Le masque populaire, chapitre XXVIII d’Initiation et réalisation spirituelle.

Guénon donc, incarnation de notre déchue élite sacerdotale (au sens de Dumézil presque) qui écrit ceci du peuple :

C’est d’ailleurs à ce même peuple (et le rapprochement n’est certes pas fortuit) qu’est toujours confiée la conservation des vérités d’ordre ésotérique qui autrement risqueraient de se perdre, vérités qu’il est incapable de comprendre, assurément, mais qu’il n’en transmet cependant que plus fidèlement, même si elles doivent pour cela être recouvertes, elles aussi, d’un masque plus ou moins grossier ; et c’est là en somme l’origine réelle et la vraie raison d’être de tout « folklore », et notamment des prétendus « contes populaires ». Mais, pourra-t-on se demander, comment se fait-il que ce soit dans ce milieu, que certains désignent volontiers et péjorativement comme le « bas peuple », que l’élite, et même la plus haute partie de l’élite, dont il est en quelque sorte tout le contraire, puisse trouver son meilleur refuge, soit pour elle-même, soit pour les vérités dont elle est la détentrice normale ? Il semble qu’il y ait là quelque chose de paradoxal, sinon même de contradictoire ; mais nous allons voir qu’il n’en est rien en réalité.

J’ai bien décrit dans mon livre sur le paganisme au cinéma (Dualpha et Amazon.fr) le lien entre folklore et culture populaire. Guénon ajoute à ce sujet:

Le peuple, du moins tant qu’il n’a pas subi une « déviation » dont il n’est nullement responsable, car il n’est en somme par lui-même qu’une masse éminemment « plastique », correspondant au côté proprement « substantiel » de ce qu’on peut appeler l’entité sociale, le peuple, disons-nous, porte en lui, et du fait de cette « plasticité » même des possibilités que n’a point la « classe moyenne » ; ce ne sont assurément que des possibilités indistinctes et latentes, des virtualités si l’on veut, mais qui n’en existent pas moins et qui sont toujours susceptibles de se développer si elles rencontrent des conditions favorables.

Le plus dur est de maintenir intact le potentiel d’un peuple (c’est pourquoi on cherche à le remplacer ou à la faire changer de sexe quand on n’incendie pas son sol comme ici ou là):

Contrairement à ce qu’on se plaît à affirmer de nos jours, le peuple n’agit pas spontanément et ne produit rien par lui-même ; mais il est comme un « réservoir » d’où tout peut être tiré, le meilleur comme le pire, suivant la nature des influences qui s’exerceront sur lui.

Ensuite Guénon se défoule sur la classe moyenne apparue en France à la fin du Moyen Age et si visible déjà au temps de Molière (que ne le lisez-vous en ce sens celui-là !):

Quant à la « classe moyenne », il n’est que trop facile de se rendre compte de ce qu’on peut en attendre si l’on réfléchit qu’elle se caractérise essentiellement par ce soi-disant « bon sens » étroitement borné qui trouve son expression la plus achevée dans la conception de la « vie ordinaire », et que les productions les plus typiques de sa mentalité propre sont le rationalisme et le matérialisme de l’époque moderne ; c’est là ce qui donne la mesure la plus exacte de ses possibilités, puisque c’est ce qui en résulte lorsqu’il lui est permis de les développer librement. Nous ne voulons d’ailleurs nullement dire qu’elle n’ait pas subi en cela certaines suggestions, car elle aussi est « passive », tout au moins relativement ; mais il n’en est pas moins vrai que c’est chez elle que les conceptions dont il s’agit ont pris forme, donc que ces suggestions ont rencontré un terrain approprié, ce qui implique forcément qu’elles répondaient en quelque façon à ses propres tendances ; et au fond, s’il est juste de la qualifier de « moyenne », n’est-ce pas surtout à la condition de donner à ce mot un sens de « médiocrité.

Voilà pour Guénon, qui n’a guère besoin de commentaires. J’ajouterai ce fameux passage de Taine dans son La Fontaine, dernière grande incarnation du génie français traditionnel:

Le bourgeois est un être de formation récente, inconnu à l’antiquité, produit des grandes monarchies bien administrées, et, parmi toutes les espèces d’hommes que la société façonne, la moins capable d’exciter quelque intérêt. Car il est exclu de toutes les idées et de toutes les passions qui sont grandes, en France du moins où il a fleuri mieux qu’ailleurs. Le gouvernement l’a déchargé des affaires politiques, et le clergé des affaires religieuses. La ville capitale a pris pour elle la pensée, et les gens de cour l’élégance. L’administration, par sa régularité, lui épargne les aiguillons du danger et du besoin. Il vivote ainsi, rapetissé et tranquille. A côté de lui un cordonnier d’Athènes qui jugeait, votait, allait à la guerre, et pour tous meubles avait un lit et deux cruches de terre, était un noble.

Que cela est bien dit !

Et je reprends Balzac qui a tout dit aussi sur la classe moyenne, le bobo et le parigot dans les deux premières pages fascinées de sa Fille aux yeux d’or :

À force de s’intéresser à tout, le Parisien finit par ne s’intéresser à rien. Aucun sentiment ne dominant sur sa face usée par le frottement, elle devient grise comme le plâtre des maisons qui a reçu toute espèce de poussière et de fumée. En effet, indifférent la veille à ce dont il s’enivrera le lendemain, le Parisien vit en enfant quel que soit son âge. Il murmure de tout, se console de tout, se moque de tout, oublie tout, veut tout, goûte à tout, prend tout avec passion, quitte tout avec insouciance ; ses rois, ses conquêtes, sa gloire, son idole, qu’elle soit de bronze ou de verre ; comme il jette ses bas, ses chapeaux et sa fortune. À Paris, aucun sentiment ne résiste au jet des choses…

Il oubliera Macron alors, le Parisien ?

Ce laisser-aller général porte ses fruits ; et, dans le salon, comme dans la rue, personne n’y est de trop, personne n’y est absolument utile, ni absolument nuisible : les sots et les fripons, comme les gens d’esprit ou de probité. Tout y est toléré, le gouvernement et la guillotine, la religion et le choléra.

La base de tout alors ? Le fric et le cul, répond Balzac.

Vous convenez toujours à ce monde, vous n’y manquez jamais. Qui donc domine en ce pays sans mœurs, sans croyance, sans aucun sentiment; mais d’où partent et où aboutissent tous les sentiments, toutes les croyances et toutes les mœurs ? L’or et le plaisir.

Au Moyen Âge, on disait que Dieu avait créé le prêtre, le laboureur et le guerrier, que le diable avait créé le bourgeois. Balzac évoque alors nos avocats politiciens, des gestionnaires de fortune comme on dit :

Nous voici donc amenés au troisième cercle de cet enfer, qui, peut-être un jour, aura son DANTE. Dans ce troisième cercle social, espèce de ventre parisien, où se digèrent les intérêts de la ville et où ils se condensent sous la forme dite affaires, se remue et s’agite par un âcre et fielleux mouvement intestinal, la foule des avoués, médecins, notaires, avocats, gens d’affaires, banquiers, gros commerçants, spéculateurs, magistrats. Là, se rencontrent encore plus de causes pour la destruction physique et morale que partout ailleurs.

La classe moyenne pense sur tout pareil, et c’est en fonction des médias. Elle a été d’abord terrifiante en Angleterre (lisez Fukuyama) puis en France et dans le monde. Balzac :

Alors, pour sauver leur amour-propre, ils mettent tout en question, critiquent à tort et à travers ; paraissent douteurs et sont gobe-mouches en réalité, noient leur esprit dans leurs interminables discussions. Presque tous adoptent commodément les préjugés sociaux, littéraires ou politiques pour se dispenser d’avoir une opinion; de même qu’ils mettent leurs consciences à l’abri du code, ou du tribunal de commerce.

Il est évident pour conclure que le peuple peut être dévié de son but, comme dit Guénon. Mais que comme le chien Rantanplan du génial Goscinny (un concentré du génie de la sagesse juive humoristique) qui nous fit tant rire enfants, «il sent confusément quelque chose» au lieu de foncer comme le petit-bourgeois qui mène le monde à sa perdition sous la forme Macron ou Merkel chez le premier Homais venu pour se déboucher le nez.

Nicolas Bonnal sur Amazon.fr

Les grands auteurs et la théorie de la conspiration Chroniques sur la Fin de l'Histoire LA CULTURE COMME ARME DE DESTRUCTION MASSIVE Machiavel et les armes de migration massive: Chroniques apocalyptiques

Sources

  • Guénon, Initiation et réalisation spirituelle (classiques.uqac.ca)
  • Balzac – La Fille aux yeux d’or
  • Bonnal – Chroniques sur la Fin de l’Histoire ; le paganisme au cinéma ; Céline pacifiste enragé (Amazon.fr)
  • Taine – La Fontaine et ses Fables

http://lesakerfrancophone.fr/rene-guenon-et-les-grands-esprits-pour-les-gilets-jau

Dans les coulisses du Moulin Rouge (VIDÉO)

Dans les coulisses du Moulin Rouge (VIDÉO)

Depuis son ouverture en 1889, ses artistes, ses décors, ses costumes et ses musiques éblouissent les spectateurs. Aujourd’hui, le Moulin Rouge attire toujours des dizaines de milliers de visiteurs chaque année, attirés par ce symbole mythique de la “Belle Époque” parisienne. Direction les coulisses pour rencontrer ceux qui font perdurer cette institution. Un univers bouillonnant où se croisent des artistes et des artisans talentueux et passionnés :

Les années romaines du Caravage

Les années romaines du Caravage

Par Letizia Dannery, publié le , mis à jour à

 

"Judith décapitant Holopherne" (détail), vers 1600, par Michelangelo Merisi, dit Caravage.

« Judith décapitant Holopherne » (détail), vers 1600, par Michelangelo Merisi, dit Caravage.

© Gallerie Nazionali di Arte Antica di Roma. Palazzo Barberini Foto di Mauro Coen

Dix chefs-d’oeuvre du génie italien réunis pour la première fois éclairent ses années à Rome, entre amitiés et rivalités.

Il aura fallu quatre ans à Francesca Cappelletti et Pierre Curie, commissaires de l’exposition événement qui s’ouvre au musée Jacquemart-André, à Paris, pour rassembler ces dix chefs-d’oeuvre de Michelangelo Merisi, dit Caravage, rattachés à la période romaine. Un tour de force quand on sait que le corpus du peintre ne compte qu’une soixantaine de tableaux.

Le génie lombard, qui a grandi à Caravaggio, près de Bergame, se serait installé à Rome vers 1592, à l’âge de 21 ans. Il intègre probablement l’atelier du Cavalier d’Arpin à la fin de l’année 1595 . Après les petites figures isolées et les natures mortes viennent les grandes compositions sacrées, où ses effets de clair-obscur et ses innovations dal naturale (d’après nature) révolutionnent la peinture. Prison, procès, querelles et bagarres en tout genre émaillent l’existence tumultueuse du mauvais garçon, qui compte autant d’amis que d’ennemis parmi ses pairs. Affinités ou inimitiés que le musée Jacquemart-André illustre par les tableaux des uns et des autres exposés en regard de ceux du maître visionnaire.

A l’été 1597, Caravage investit le palazzo du cardinal Francesco Maria del Monte, où l’a introduit son comparse Prospero Orsi. Grâce à l’intervention du prélat, le peintre décroche sa première commande publique : trois grands formats autour de saint Matthieu pour la chapelle Contarelli de l’église Saint-Louis-des-Français, qu’il achève en 1603. Sa carrière est lancée. Avant d’être brisée net par une énième rixe, le 28 mai 1606, au cours de laquelle il tue un camarade de jeu, Ranuccio Tomassoni. Condamnation à mort, cavale, l’artiste broie du noir sur la toile et trépasse, à 38 ans, en laissant à la postérité plus qu’un patronyme, un courant qui fera le miel de ses successeurs: le caravagisme. Visite guidée.

La veuve blanche et l’oppresseur humanisé

Michelangelo Merisi, dit Caravage, "Judith décapitant Holopherne" (vers 1600).

Michelangelo Merisi, dit Caravage, « Judith décapitant Holopherne » (vers 1600).

© Gallerie Nazionali di Arte Antica di Roma. Palazzo Barberini Foto di Mauro Coen

Les toutes dernières études estiment que Judith décapitant Holopherne, achetée par le banquier Ottavio Costa, est peinte au cours de la période Contarelli. La toile, qui reprend un épisode de l’Ancien Testament, figure les protagonistes grandeur nature à l’instant où, pour délivrer son peuple, la jeune veuve israélite tranche la tête du tyran surpris dans son sommeil. Le profil craquelé de la vieille servante s’oppose à la beauté juvénile de sa maîtresse, tandis que les rouges de la tenture et du sang offrent un puissant contraste avec la blancheur du corsage de l’héroïne. « C’est le premier tableau narratif important autour de ce thème », relèvent les commissaires. Petite révolution dans le traitement du sujet : l’artiste représente l’oppresseur nu, « dans son humanité ordinaire ». Autre détail troublant : Fillide Melandroni, la jolie courtisane qui aurait posé pour cette composition, est alors l’amante de Ranuccio Tomassoni, que Caravage tuera lors de la fameuse nuit de 1606.

Au carrefour du sacré et du profane

Michelangelo Merisi, dit Caravage, "Le Jeune Saint Jean-Baptiste au bélier" (1602). Rome, Musei Capitolini.

Michelangelo Merisi, dit Caravage, « Le Jeune Saint Jean-Baptiste au bélier » (1602). Rome, Musei Capitolini.

© Roma, Sovrintendenza Capitolina ai Beni Culturali

L’exposition des deux premiers Saint Matthieu à la chapelle Contarelli fait sensation. Tout le monde a compris que le talent de Caravage sort du lot et que le génie est en marche. Du coup, les commandes affluent. Parmi elles, Le Jeune saint Jean-Baptiste au bélier, réalisé pour Ciriaco Mattei. Ironie ou hommage, la posture de l’adolescent, à demi allongé sur une peau de chameau posée dans les plis d’un manteau vermillon, évoque celle d’un ignudo (nu) peint par Michel Ange sur le plafond de la chapelle Sixtine. Caravage représente un Baptiste jeunot à la bouille ronde et au sourire moqueur, aux antipodes de la dévotion. Le traditionnel agneau est remplacé par un mâle cornu, symbole du sacrifice d’Abraham, qu’il enlace fougueusement. L’habituel bâton croisé est absent, rappelé ici par un pied de vigne sous le pied gauche. Au sujet, l’artiste semble préférer l’intimité, voire la sensualité, du modèle – dans la vraie vie, un serviteur prénommé Cecco. Il situe ainsi sa composition au carrefour du profane et du sacré. Dans la même salle figure le saisissant Saint Jean-Baptiste tenant un mouton (1613-1615) de Bartolomeo Manfredi, disciple du maître et « relais phare du caravagisme », soulignent les commissaires.

Le clair-obscur au sommet de la Passion

"Ecce Homo" (vers 1605), par Michelangelo Merisi, dit Caravage. Palazzo Bianco, Gênes.

« Ecce Homo » (vers 1605), par Michelangelo Merisi, dit Caravage. Palazzo Bianco, Gênes.

© Musei di Strada Nuova, Genova

Au début du XVIIe siècle, les rivalités sont au coeur de la vie artistique romaine. Pour illustrer ces joutes féroces entre pinceaux, le musée Jacquemart-André s’attarde sur l’initiative de Massimo Massimi, membre d’une riche famille locale, qui, vers 1604 ou 1605, aurait lancé une sorte d’appel d’offres pour l’exécution d’un Ecce Homo (« Voici l’homme ») opposant Caravage aux peintres Passignano et Cigoli. La version de ce dernier, vainqueur du « concours », est ici exposée au côté de celle de Caravage, chez qui la Passion du Christ reste un thème de premier plan. Son Ecce Homo met en scène, dans une composition à mi-corps, Ponce Pilate présentant le fils de Dieu au jugement du peuple. Le clair-obscur atteint là le sublime : toute la lumière est dirigée sur le futur crucifié ceint d’un drap blanc, torse nu et tête baissée sur sa souffrance, tandis que le procureur barbu est figuré dans la pénombre de son habit noir. Sur la toile, Pilate est traité sous un angle totalement inédit : « Son geste invite le spectateur à s’impliquer directement dans la responsabilité du verdict prononcé face à Jésus. »

Le peintre en cavale s’identifie au saint

"Saint François en méditation" (vers 1606), par Michelangelo Merisi, dit Caravage.

« Saint François en méditation » (vers 1606), par Michelangelo Merisi, dit Caravage.

© Museo Civico « Ala Ponzone »- Cremona, Italy

Agenouillé face à un crucifix, le front plissé et le menton posé sur ses mains jointes, un crâne posé à ses pieds, le religieux d’Assise est plongé dans une profonde réflexion. Caravage, qui s’intéresse à plusieurs reprises au personnage, donne à ce Saint François en méditation, conservé à Crémone (Italie), une incomparable intensité émotionnelle, via un jeu de lumière « ténébriste » qui sera la marque de ses dernières années de travail. C’est comme si le peintre transposait sur son tableau les affres de sa solitude existentielle et de sa nervosité, alors qu’il est en cavale après le meurtre de Tomassoni. On pense que l’oeuvre, attribuée au Caravage dans les années 1950, a sans doute été offerte par l’artiste à l’évêque Benedetto Ala, gouverneur de Rome, afin que celui-ci intercède en sa faveur auprès du pape. Mais Caravage n’a pas le temps d’obtenir la grâce pontificale : malade et épuisé, il rend l’âme à Porto Ercole le 18 juillet 1610.

Madeleine garde ses mystères

Michelangelo Merisi, dit Caravage, "Madeleine en extase", (1606 ?). En cette rentrée 2018, le tableau est exposé pour la première fois en Europe.

Michelangelo Merisi, dit Caravage, « Madeleine en extase », (1606 ?). En cette rentrée 2018, le tableau est exposé pour la première fois en Europe.

Collection particulière

On se souvient qu’à l’automne 2014 l’affaire des Madeleine fit grand bruit. Cette année-là, une nouvelle version de la Madeleine en extase – un tableau vedette du maître, maintes fois copié en son temps – est découverte chez un particulier et déclaré comme un authentique Caravage par nombre de spécialistes. Sur les cimaises du musée Jacquemard-André, le voilà exposé pour la première fois en Europe. L’occasion de le comparer à sa soeur, dite Madeleine Klein, montrée à son côté. Laquelle des deux fut peinte, en 1606, durant le séjour du fuyard chez les Colonna dans le Latium ? Même si l’on sait que l’artiste répliquait volontiers ses toiles, l’une d’elles ne serait-elle qu’une admirable copie ? Impossible de répondre à ces interrogations avec une absolue certitude. Ce qui saute aux yeux, en tout cas, c’est que la pécheresse est représentée de façon innovante pour l’époque : la bouche entrouverte et les yeux mi-clos traduisent l’ivresse mystique d’une repentie, tandis que la chevelure, le corps aux courbes abandonnées et l’épaule nue rappellent la séduction de l’ex-courtisane. Sa posture, elle, renvoie à la statue antique d’Ariane endormie, tout en annonçant la Sainte Thérèse du Bernin quarante ans plus tard…

Caravage à Rome, amis & ennemis, au musée Jacquemart-André (Paris, VIIIe), jusqu’au 28 janvier 2019.

https://www.lexpress.fr/culture/caravage-et-compagnie_2035803.html?utm_source=ocari&utm_medium=email&utm_campaign=20180921090101_38_nl_nl_lexpress_quotidienne_5ba496f44c964d21648b4567&xtor=EPR-181-[20180921090101_38_nl_nl_lexpress_quotidienne_5ba496f44c964d21648b4567_002AUV]-20180921-[_0050Q86]-[RB2D106H001P9RR2]-20180921070200#EMID=f5b388b65984c08bd4983462f87a90ae1957250e1a5202606926a211afabaaf2

Richesse… euh ! Un autre mot ?

Richesse… euh ! Un autre mot ?

Cet article oppose deux types de richesse. Est-il alors pertinent d’utiliser le même terme ?

Je lisais une citation de Thoreau dans l’excellent blogue philosophique de Camille (lepetitcoinphilo.wordpress.com) qui allait comme suit:

«La richesse d’un homme se juge à la quantité de choses dont il peut se permettre de ne point s’occuper»

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Richesse pécuniaire

Je concède à Thoreau l’exactitude de cette assertion en ce qui concerne la richesse pécuniaire. Une personne riche paye des gens pour s’occuper de certaines obligations. Une personne très riche paye des gens pour s’occuper de dresser et gérer la liste des obligations. Et une personne immensément riche paye des gens pour surveiller les gens qui gèrent la liste des obligations. Une particularité de l‘argent, il se dilapide, il fuit aisément.

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Richesse intellectuelle

Au contraire, on juge la richesse intellectuelle d’un individu à la quantité de sujets auxquels il s’intéresse et qui deviennent matière à préoccupations et à réflexion. Une fois le mandat de faire prospérer une richesse intellectuelle remis entre les mains d’un tiers, elle cesse d’être sienne. Au mieux, la personne pourra recevoir des résumés, des avis de ceux qui ont acquis, conservé et fait progresser ce pan de richesse intellectuelle à sa place. Toutefois, elle ne détient plus cette nouvelle richesse. Bien sûr, elle peut toujours l’utiliser à partir des conseils des autres, mais elle n’en est plus la détentrice. Elle conserve toutefois ses acquis, heureusement. Et contrairement à l’argent, plus les idées fusent ,moins elles se tarissent.

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Dissociation de sens

Comment deux richesses peuvent-elles se heurter à ce point? Plus on a de moyens financiers, plus on peut se permettre de ne rien faire d’utile en laissant ces choses aux mains de tiers individus. Tandis que plus on a de moyens intellectuels, moins on peut se permettre de se désintéresser des idées pour les laisser cogiter par les autres.

L’utilisation du même mot semble donc constituer une erreur. Si je dresse un parallèle avec le mot «énergie», on trouve plusieurs types d’énergies différentes, mais aucune ne représente l’antithèse de l’autre. Alors d’où vient cette dichotomie avec le concept de richesse?

Elle provient des différences fondamentales dans le fonctionnement de chacune en rapport avec leurs limites, leurs modes d’acquisition et leur mode de reproduction. Mais pourra-t-on réconcilier le mot «richesse» pour continuer de parler des deux types

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Limites

Des richesses matérielles et pécuniaires peuvent s’accumuler sans aucun plafond déterminé ni même plausible. La richesse intellectuelle, en revanche, est contrainte par les limitations de notre cerveau. Mémoire, organisation, interconnexions, aujourd’hui les connaissances à acquérir semblent infinies alors que nos moyens de les apprendre et de les digérer ne peuvent en embrasser qu’une toute petite fraction.

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Mathématique

L’argent se divise, les connaissances se multiplient. Les enrichissements financiers proviennent d’une distribution. Plus un individu s’enrichit, moins les autres dans son giron le deviennent. La tarte se partage et il existe toujours une part du lion. Les connaissances, quant à elles, se multiplient autant de fois qu’un ouvrage est lu et utilisé à des fins intellectuelles. On ne devient pas intellectuellement moins riche lorsque notre voisin lit le même article de blogue, c’est exactement le contraire, tout le monde y gagne.

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Reproduction

L’argent se reproduit sans presque aucun apport extérieur, sans nécessairement produire autre chose en retour. On peut dire qu’il se clone, car l’argent ne se distingue pas de l’argent généré par lui. Les connaissances font des petits qui ne ressemblent pas à leurs parents. Les idées nouvelles engendrées par les connaissances acquises sont originales, uniques, différentes, rares, comme lors d’une reproduction sexuée où l’enfant n’est pas tout à fait comme ses parents, il n’est personne d’autre que lui-même.

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Pouvoir et savoir

La richesse pécuniaire engendre du pouvoir à l’état brut et procure des moyens pour agir. Les connaissances engendrent de la sagesse, du discernement et permettent de trouver des solutions pertinentes à des problèmes complexes. Il est possible de dilapider très rapidement tout son argent en le manipulant sans sagesse. On ne peut pas dilapider toutes ses idées durant une beuverie. Dans les limites de nos capacités de mémorisation, elles s’accumulent et seront potentiellement ramenées en avant-scène lorsque les conditions deviennent avantageuses pour qu’elles fleurissent. Une mauvaise idée est bien souvent une bonne idée plantée dans le mauvais terreau à la mauvaise saison.

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Néologisme

J’aimerais posséder un mot différent, nouveau, pour parler de la richesse intellectuelle, l’abondance de connaissances, la souplesse et l’originalité avec laquelle elles sont utilisées. Le terme «culture générale» ne me satisfait pas. Le mot culture traine ses pénates dans trop de bassins tandis que la culture générale, eh bien! ça fait deux mots. Une personne cultivée fera-t-elle mûrir ses connaissances pour produire de nouvelles idées? Pas nécessairement. Il faut donc chercher un autre mot pour désigner la richesse intellectuelle.

Un néologisme tiré des notions présentées dans cet article permettrait de distinguer les deux types de richesses trop peu semblables pour partager le même vocaable. Un mot qui mettrait définitivement un terme à l’apparente analogie existant entre la pécuniaire et l’intellectuelle.

Avis aux linguistes, venez à mon secours! sinon je devrai tenter seul de l’inventer à partir de mes maigres connaissances en la matière. Ne laissez pas un amateur faire votre travail et suggérez-moi un terme intelligent pour accroitre la richesse de notre langue et la précision de notre pensée et surtout pour cesser de croire que ces deux possessions partagent le moindre point commun.

Peintures : Jean=Paul Riopelle

« Immense émotion à l’aéroport de Toulouse »: son vol retardé, elle se met à jouer du piano quand un chanteur lyrique se joint à elle (vidéo)

« Immense émotion à l’aéroport de Toulouse »: son vol retardé, elle se met à jouer du piano quand un chanteur lyrique se joint à elle (vidéo)

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« Immense émotion »: son vol retardé, elle se met à jouer du piano quand un chanteur se joint à elle

RTL Vidéos – France

Une pianiste et un chanteur qui ne se connaissaient pas ont partagé un moment musical à l’aéroport de Toulouse. Les images de cet instant magique ont été visionnées près de 400.000 fois.

Valérie Marie, une pianiste française, a vécu un beau moment à l’aéroport de Toulouse le 18 février. Elle a raconté la scène sur son compte Facebook. Elle a expliqué en quelques lignes que son vol a été retardé ce jour-là. En voyant un piano ouvert au public, elle a décidé de jouer pour passer le temps.

Après ce joli moment musical, un homme s’est approché d’elle et lui a demandé de jouer à nouveau, mais que cette fois-ci, il allait l’accompagner en chanson. Ce dernier s’appelle Gregory Benchenafi. Il est chanteur lyrique. Il a interpreté Hallelujah, le titre de Leonard Cohen repris par Jeff Buckley. Ces quelques minutes ont été magiques pour le duo improvisé, mais également pour toutes les personnes présentes, impressionnées par le talent des deux artistes.

« Immense émotion à l’aéroport de Toulouse« , a commenté la pianiste qui a partagé le moment sur son compte Facebook quelques instants plus tard. En deux jours, la vidéo a été vue près de 394.000 fois.

Gregory Benchenafi a été très surpris en découvrant le succès de ces images le lendemain matin. « Merci infiniment de toute cette vague d’amour. Très honnêtement, c’est rassurant, enveloppant et surtout fou de voir qu’un moment tout simple fait de deux bonnes volontés et d’empathie instantanée puisse encore générer cela. Vous n’imaginez pas à quel point mon âme d’être humain, d’amoureux, de papa, d’artiste est bercée« , a écrit le chanteur sur son compte Facebook.

https://www.rtl.be/info/monde/france/-immense-emotion-a-l-aeroport-de-toulouse-son-vol-retarde-elle-se-met-a-jouer-du-piano-quand-un-chanteur-lyrique-se-joint-a-elle-video–997512.aspx

ANA MARIA HIDALGO, LA SOCIALISTE QUI N’AIME PAS LES ROYALISTES (L’Imprécateur)

ANA MARIA HIDALGO, LA SOCIALISTE QUI N’AIME PAS LES ROYALISTES
(L’Imprécateur)

Ana Maria Hidalgo : cette métastase du socialisme rance rendit récemment hommage à un tortionnaire vicieux qui utilisait ses maigres connaissances médicales pour indiquer aux bourreaux comment faire souffrir plus intensément les condamnés à mort avant de les exécuter. « El Carnicerito » (le petit boucher, son surnom dans les prisons où il torturait) tua lui-même (archives documentées de la prison de La Cabana à Cuba avec les noms et les dates d’exécution) plus de deux cents prisonniers, sans jugement préalable. Il se justifiait en disant qu’il en avait reçu l’ordre écrit de Fidel Castro.

Ernesto Guevara a eu droit à une exposition à la mairie de Paris et à un discours dithyrambique où la migrante hispano-française fit un éloge appuyé de ce criminel psychopathe, qui écrivait à sa mère pour justifier la nécessité de « beaucoup tuer », et se vantait du plaisir qu’il trouvait à assassiner.

Et « elle » se permet de refuser l’enterrement au cimetière du Montparnasse de l’un des plus célèbres de nos académiciens, Michel Déon, parce qu’il était royaliste.

Atlantico a publié sur le sujet l’article suivant :

« L’académicien Michel Déon a eu le mauvais goût de mourir en Irlande. Ce qui fait que, selon les règles administratives, rien n’oblige la mairie de la capitale à lui accorder une sépulture dans un cimetière parisien. Rien n’oblige mais à cette règle, une municipalité a le droit de déroger en faisant des exceptions. Des exceptions qui concernent des cas particuliers. »

Des hommes et des femmes illustres. Des célébrités. « Des à qui » la nation est reconnaissante. Mais pas question de faire une exception pour Michel Déon.

L’homme, un des plus talentueux écrivains de l’après-guerre n’était pas fréquentable. Il était ardemment royaliste. Il appartenait à la bande des Hussards : Blondin, Nimier, Laurent… Et, crime des crimes, il fut un temps secrétaire de Charles Maurras !

L’auteur du Taxi Mauve avait demandé à être incinéré. Son urne funéraire se trouve au domicile de sa fille à Paris. Cette dernière, Alice Déon a invité la mairie de la ville à lui trouver une place au cimetière Montparnasse. Pas de réponse de la mairie. On n’allait quand même pas se bouger pour une inconnue…

Alors l’Académie Française fit une démarche officielle dans le même sens. Là, on a répondu. Dans un mail – c’est Le Figaro qui rapporte les faits – la directrice de cabinet d’Anne Hidalgo, Ivoa Alavoine répond « niet ». Et quand on lui fait observer qu’une personnalité aussi importante que Michel Déon mérite peut-être une exception, elle précise que ce n’est pas possible car ça créerait un « précédent » !

Ben oui ! Imaginons que des cohortes d’académiciens aient la fantaisie d’aller mourir au Lesotho, dans les îles Tonga, à Bahreïn, en Mongolie ou au Népal… Mais s’ils choisissent intelligemment d’aller trépasser à Cuba ou au Venezuela, ça peut s’arranger non ? Anne Hidalgo, la Mère Ubu de la mairie a, en la personne d’Ivoa Alavoine, une digne fille Ubu. (Elle est si stupide que le petit personnel de la mairie la surnomme « Elle va à l’avoine » ! Ivoa est un prénom masculin d’origine hawaïenne qui signifie « le javelot ». Ivoa Alavoine est-il-elle un garçon ou une fille, la mairie de Paris étant un repère d’homos, gouines, bi et trans, va savoir ? (ndlr)

Très remontée, Hélène Carrère d’Encausse a appelé Anne Hidalgo. Cette dernière n’a pas daigné décrocher. L’académicienne a retéléphoné en demandant que la maire de Paris la rappelle. Rien non plus. Nous vivons une époque où une Anne Hidalgo, qui n’est pas grand-chose, peut se permettre de traiter avec dédain une femme qui fait honneur à la pensée française.

NB : Alerté par le bruit fait autour de cette affaire, Bruno Julliard, chargé de la Culture à la mairie de Paris a fait savoir que la question « serait réglée dans les dix jours ». Il est sensiblement moins bête que sa patronne. Ce qui n’est pas très difficile… »

Voir : http://www.atlantico.fr/decryptage/anne-hidalgo-refuse-sepulture-parisienne-michel-deon-normal-etait-royaliste-3304603.html#U9wsQ7dxLttEDBmE.99

L’Imprécateur
11/02/2018


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