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Synthèse de l’actualité internationale de décembre 2018

12/18 Actualité internationale

Synthèse de l’actualité internationale de décembre 2018

Par Axelle DEGANS, le 30 décembre 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Agrégée d’histoire, Professeure de chaire supérieure au lycée Faidherbe (Lille) où elle enseigne la géopolitique en classes préparatoires économiques et commerciales. Membre du laboratoire HABITER (EA 2076) de l’Université Reims Champagne-Ardenne. Elle est notamment auteure de A. Degans, « Réussite aux concours 2019 ! La synthèse de l’actualité internationale 2018 », éd. Diploweb, via Amazon, 2019.

Voici une synthèse de l’actualité internationale de décembre 2018 qui sera fort utile à tous ceux qui veulent disposer d’un point de l’actualité géopolitique, voire préparent un concours. Pour ne rien manquer, et recevoir nos alertes sur des documents importants, le plus simple est de s’abonner gratuitement à notre Lettre d’information hebdomadaire ou au compte twitter de veille géopolitique @diploweb (+ de 12 000 followers)

Le sort des urnes

En Géorgie, Salomé Zourabichvili est devenue en décembre 2018 la nouvelle présidente de la Géorgie, république du Caucase. C’est la dernière élection présidentielle qui procède du suffrage universel direct, la prochaine sera indirecte, le président étant choisi par les parlementaires. La nouvelle présidente est connue en France pour avoir précédemment embrassé une carrière au Quai d’Orsay.

Andry Raejolina a remporté en décembre 2018 les élections présidentielles malgaches avec un peu plus de 55 % des suffrages exprimés pour une participation d’un peu moins de 50%. La commission électorale doit confirmer les résultats alors que son challenger dénonce des fraudes électorales. Cette élection a été l’occasion de dépenses somptuaires alors que le revenu moyen des malgaches est aujourd’hui inférieur à celui du moment de l’indépendance. Le pays est gangréné par la corruption et le système de la « rapine », c’est-à-dire des prélèvements effectués sur les produits exportés.

En République démocratique du Congo (RDC) les élections présidentielles prévues pour décembre 2018 ont de nouveau été repoussées, ce qui laisse planer de fortes inquiétudes. Une vingtaine de candidats se présentent pourtant à ces élections. … L’Eglise catholique, une des rares structures qui maille encore l’ensemble du territoire congolais, promet d’être vigilante et de veiller à ce que le scrutin puisse se dérouler dans les meilleures conditions possibles. Joseph Kabila est président depuis la mort de son père – le seigneur de guerre Laurent-Désiré Kabila -en 2001. Il a été élu en 2006 puis en 2011. Les élections présidentielles auraient dû se tenir en 2016, mais elles sont depuis sans cesse ajournées, le président – qui ne peut se présenter pour un troisième mandat – restant au pouvoir. Le report partiel des élections, qui doivent se tenir le 30 décembre, n’est pas un bon signe.

Les nouvelles d’Afrique

En Tunisie, huit années presque jour pour jour après l’immolation du jeune Mohamed Bouazizi (décembre 2010) qui a été le point de départ de la « révolution du jasmin » et plus généralement des révoltes arabes, un autre jeune, journaliste cette fois-ci, s’est immolé en décembre 2018 à Kasserine. Il a voulu, par son geste désespéré, dénoncer l’absence de perspective d’avenir dans son pays. Des heurts ont éclaté dans plusieurs villes tunisiennes, montrant que rien n’est réglé depuis la chute du président Ben Ali (2011) et la transition vers la démocratie. La situation économique et sociale reste bloquée, pour le malheur d’une jeunesse nombreuse et diplômée. L’islamisme radical monte dans ce pays où l’avenir semble sombre.

Le danger djihadiste est loin d’avoir disparu au Sahel comme le rappelle les récents affrontements au Mali. Le président Emmanuel Macron est allé réveillonner avec les troupes françaises au Tchad, réaffirmant ainsi son soutien à l’engagement militaire au côté du G5 Sahel (Tchad, Burkina Faso, Mali, Niger et Mauritanie). Il demande à l’Union européenne de contribuer au plus vite au financement de cette action commune visant à éloigner le danger djihadiste de l‘UE.

Au Maroc, deux jeunes touristes scandinaves ont été assassinées en décembre 2018 par des djihadistes. Une révélation perturbante pour le royaume chérifien. Au Niger, une centaine d’écoles ont été fermées en raison de menaces djihadistes.

Les Etats-Unis de Donald Trump

Synthèse de l'actualité internationale de décembre 2018
Général James Mattis
Source : Wikipédia

Le président Donald Trump annonce en décembre 2018 le retrait les troupes américaines de Syrie, déclarant que l’Etat islamique a définitivement été battu… mais rien n’est moins sûr. Il tient ainsi une de ses promesses électorales. C’est une décision assez populaire au sein de la population américaine, attachée à l’« America first ». Les effectifs militaires engagés (2 000 en Syrie et 14 000 en Afghanistan) devraient être divisés par plus de deux, mais les effectifs en Irak (5 200 hommes) devraient être maintenus. Cette décision, essentiellement décidée pour des considérations internes aux Etats-Unis n’est pas étrangère à la démission du secrétaire à la Défense, le général James Mattis. Elle pénalise les Kurdes que Washington avait jusque là soutenus mais satisfait grandement la Turquie qui ne veut pas de la création d’un Kurdistan indépendant.

Les Etats-Unis sont de nouveau confrontés en décembre 2018 à un « shut down », comme ils l’ont déjà été sous les mandatures de Bill Clinton ou Barack Obama. Le Congrès américain doit donner son accord pour un dépassement de budget – creusant donc davantage le déficit – pour financer la politique voulue par le président. Sinon, les fonctionnaires arrêtent d’être payés et des administrations ferment leurs portes. Il s’agit du troisième « shut down » de l’année 2018 après ceux des mois de janvier et février. Le bras de fer avec les parlementaires se cristallise autour du financement du mur que Donald Trump a promis d’ériger à la frontière avec le Mexique.

Le quarante-et-unième président des Etats-Unis, Georges Herbert Bush est décédé. Il a reçu des hommages nationaux et même internationaux. Il a été le président de la fin de la Guerre froide et de la guerre du Golfe, deux guerres gagnées par les Etats-Unis. L’actuel président a ostensiblement marqué une certaine indifférence à cette occasion.

La bulle qui s’est formée avec les cryptomonnaies – comme le bitcoin – au cours de l’année 2017 a fini par éclater en 2018. Ainsi, l’indice Bloomberg des cryptomonnaies les plus importantes a baissé de 80%, pour le plus grand malheur des spéculateurs qui y ont cru. Le krach des cryptomonnaies correspond aussi à une très mauvaise année boursière

Quelques nouvelles d’Asie

Le Japon est confronté à un environnement qu’il perçoit comme de plus en plus dangereux. Moscou a décidé de construire des bâtiments pour accueillir des soldats russes sur les iles Kouriles revendiquées par le Japon. Inquiet face à une Chine dont l’affirmation ne lui apparait pas pacifique, de l’imprévisibilité de la Corée du Nord, le Japon vient d’accroitre en décembre 2018 son budget militaire de plus de 200 milliards d’euros sur les cinq prochaines années, pour acquérir de nouveaux avions de chasse auprès de Washington et transformer deux porte-hélicoptères en porte-avions.

Le Qatar, qui est l’objet d’un boycott de ses voisins emmenés par l’Arabie saoudite, a décidé de façon très symbolique de sortir en décembre 2018 de l’OPEP, le cartel des exportateurs de pétrole. C’est une manière de montrer sa résistance face à la politique de Riyad.

Une angoissante nouvelle vient de se produire, la naissance de bébés – des jumelles – génétiquement modifiées. Elles le sont pour résister au Sida, une maladie qui n’afflige pas sa famille et qui n’empêche pas de naissance viable. Le chercheur et généticien français Axel Kahn a des mots très durs vis-à-vis de celui qui a permis cette naissance, qui ne relève d’aucune avancée scientifique mais d’une simple « audace » pour entrer dans l’Histoire. Il ajoute que le Sida ne sera peut-être même plus un fléau du monde quand ces petites chinoises parviendront à l’âge adulte, par contre, le code génétique de ces enfants est modifié sans en avoir la maitrise complète. Le médecin a une terrible responsabilité envers elles, qu’il ne pourra jamais assumer. Un terrible précédent pour une humanité qui n’a rien à gagner à jouer aux apprentis-sorciers avec la génétique.

L’Indonésie est de nouveau frappée en décembre 2018 par des catastrophes naturelles après celles qui ont endeuillé l’archipel durant l’été 2018. Cette fois-ci l’activité du volcan Krakatoa est responsable d’un tsunami qui a frappé la région du détroit de la Sonde – le détroit le plus utilisé dans la région après celui de Malacca – et provoqué la mort de plus de quatre cent trente personnes.

Une gouvernance mondiale contestée

La COP 24 s’est tenue en décembre 2018 en Pologne, à Katowice. Après les engagements pris à Paris lors de la COP 21 concernant la limitation des gaz à effet de serre (GES) pour contenir le réchauffement climatique, force est de constater que ceux-ci n’ont pas réellement été tenus. Les ambitions affichées en Pologne sont bien plus modestes. Un sommet pour rien ?

L’ONU a fait signer en décembre 2018 un pacte sur les migrations qui est dénoncé par certains pays. Ainsi, les Etats-Unis, certains pays européens (Autriche, la Bulgarie, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Pologne la République tchèque ou la Suisse), l’Australie, le Chili, ou Israël ont refusé de le ratifier. La signature apposée par Bruxelles a provoqué une crise gouvernementale en Belgique. Si l’ONU met en valeur que les Etats signataires conservent leur souveraineté en matière migratoire, les Etats non signataires craignent, eux, que ce texte devienne un argument de droit pour de futurs et possibles recours en justice alors que ce texte ne fait pas suffisamment la part entre migrations légales et migrations illégales.

La réunion du G20 – les vingt premières économies mondiales – s’est tenue en décembre 2018 à Buenos Aires, en Argentine. Elle n’a débouché sur « aucun recul », manière très diplomatique de ne pas dire que rien n’a fait plier Donald Trump, moins enclin au libre-échange multilatéral que ses prédécesseurs. Les entretiens bilatéraux se sont en revanche multipliés en marge de cette réunion.

Une Europe agitée

Dans l’Union européenne, les manifestations se multiplient en décembre 2018. En Hongrie contre le pouvoir de Viktor Orban [1]. En France, les gilets jaunes manifestent tous les samedi depuis le milieu du mois de novembre. A Bruxelles contre le pacte migratoire signé sous l’égide de l’ONU. Ces manifestations témoignent d’un vrai malaise qui saisit les Européens.


Bonus vidéo. L’Union européenne est-elle condamnée à l’impuissance ?


Le sommet de Bruxelles de décembre 2018 aboutit à la décision de créer un instrument budgétaire de la zone euro pour parvenir à un budget d’investissement.

En France, l’indice de fécondité s’élève désormais à 1,92 enfant par femme après s’être stabilisé autour de 2 enfants pour la période 2006-2014. Les générations ne sont donc plus renouvelées, ce qui accentue le vieillissement de la population.

Dans les Balkans, le Kosovo annonce en décembre 2018 sa volonté de créer une armée d’environ 5000 hommes pour remplacer les 2 500 hommes des forces de sécurité du Kosovo. Celui-ci est sous perfusions internationales, et la KFOR – dépendant de l’OTAN – assure sa sécurité. Si les aspirations du Kosovo sont soutenues par Washington, le Secrétaire général de l’ONU appelle à la retenue et la Serbie manifeste son mécontentement.

A Cuba, l’après Castro en désenchantement ?

A Cuba, la situation économique continue à se dégrader après le revirement de la politique de Washington. Les pénuries alimentaires s’aggravent, y compris pour les produits de première nécessité comme la farine et donc le pain. La situation de décembre 2018 n’est pas sans rappeler la crise sévère – la « période spéciale » – qu’a traversé l’ile au lendemain de la chute de l’URSS (décembre 1991) qui finançait le régime castriste. Le président cubain Miguel Diaz-Canel s’est récemment fâché avec le nouveau président brésilien Bolsonaro, et donc l’un de ses importants partenaires économiques. Russie et Chine pourraient être des recours pour la Havane, dont le régime quasi autistique se préoccupe aujourd’hui de l’informatisation de l’ile…

La Havane a aussi décidé d’encadrer davantage les entrepreneurs privés pour lutter contre le travail illégal. Or près de 13% de la population travaille désormais à son compte, les « cuentapopistas », souvent de petits artisans ou commerçants. Il s’agit aussi pour le pouvoir d’inciter les étrangers à investir dans l’ile.

Bonnes nouvelles

En France, la ville de Grasse vient d’être classée en décembre 2018 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO pour ses savoir-faire, déjà mondialement reconnus, dans le domaine du parfum.

Un bien fragile cessez-le-feu est signé en décembre 2018 entre les protagonistes de la guerre du Yémen. Ce conflit a déjà tué près de 100 000 civils et causé l’une des pires catastrophes humanitaires de ce nouveau siècle. Plus de 15 millions de Yéménites sont en situation d’ « urgence alimentaire ».

Les Françaises sont en décembre 2018 championnes du monde de handball, un véritable exploit, qu’elles réitèrent après leur premier titre mondial décroché en 2003.

Je vous présente mes meilleurs vœux pour 2019 en espérant une belle année géopolitique !

Copyright décembre 2018-Degans/Diploweb.com

https://www.diploweb.com/Synthese-de-l-actualite-internationale-de-decembre-2018.html?utm_source=sendinblue&utm_campaign=NL221Lactualit_internationale&utm_medium=email

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Le pétrole continue de monter en Asie

Le pétrole continue de monter en Asie

Singapour (awp/afp) – Les cours du pétrole continuaient de grimper mardi en Asie sous l’effet combiné de la trêve commerciale entre Washington et Pékin et des perspectives de réduction de l’offre mondiale.

Vers 02h15 GMT, le baril de « light sweet crude »(WTI), référence américaine du brut, pour livraison en janvier, progressait de 48 cents à 53,43 dollars dans les échanges électroniques en Asie.

Le baril de Brent, référence européenne, pour livraison en février, gagnait 41 cents à 62,10 dollars.

« La reprise des marchés d’actions et le recul du dollar consécutifs à la détente sur le front de la guerre commerciale ont apporté un coup de fouet à toute une série de matières premières », a constaté Stephen Innes, analyste chez Oanda.

« Mais les investisseurs se focalisent surtout sur les perspectives de réduction de la production qui rééquilibreraient le marché en 2019 ».

Les cours, qui avaient été plombés par les craintes de chute de la demande due aux tensions commerciales entre les deux premières économies mondiales, ont repris du poil de la bête quand Donald Trump et Xi Jinping ont décidé d’une trêve lors du sommet du G20 à Buenos Aires.

Alors que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires, dont la Russie, se réunissent à Vienne jeudi et vendredi, Moscou et Ryad se sont mis d’accord pour prolonger leur accord de limitation des extractions après la fin de l’année.

« Ce fut le gros catalyseur », a ajouté M. Innes, soulignant aussi que les marchés avaient été portés par l’annonce par la province canadienne d’Alberta d’une réduction quotidienne de 325.000 barils par jour de sa production.

Lundi, le Brent a gagné 2,23 dollars pour finir à 61,69 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le WTI a pris 2,02 dollars, terminant à 52,95 dollars.

ev/hh

(AWP / 04.12.2018 03h25)

https://www.romandie.com/news/Le-p-trole-continue-de-monter-en-Asie/976533.rom

Le pétrole s’envole en Asie

Le pétrole s’envole en Asie

Singapour (awp/afp) – Les cours du pétrole s’envolaient lundi en Asie de plus de 5% après la trêve commerciale conclue par Donald Trump et Xi Jinping lors d’un sommet du G20 à Buenos Aires et l’annonce que Moscou et Ryad étaient disposés à continuer de limiter leur production.

Vers 3h25 GMT, le baril de « light sweet crude »(WTI), référence américaine du brut, pour livraison en janvier, progressait de 2,76 dollars à 53,69 dollars dans les échanges électroniques en Asie.

Le baril de Brent, référence européenne, pour livraison en février et dont c’était le premier jour comme contrat de référence, gagnait 2,95 dollars à 62,41 dollars.

À Buenos Aires, Washington a notamment décidé de suspendre pour 90 jours l’imposition de nouveaux droits de douane sur 200 milliards de dollars de produits importés de Chine, le temps pour les deux pays de tenter de s’entendre sur des « changements structurels » dans leurs relations commerciales.

La guerre commerciale entre les deux premières économies mondiales a fait craindre un ralentissement de la croissance et partant, une chute de la demande d’or noir, le tout dans un contexte de surabondance de l’offre.

Les marchés réagissaient aussi favorablement à l’annonce faite samedi au G20 par le président russe Vladimir Poutine selon laquelle son pays et l’Arabie saoudite étaient disposés à « prolonger » leur accord de restriction de la production, a relevé Stephen Innes, analyste chez Oanda.

L’accord arrive en principe à expiration à la fin de l’année. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires, dont la Russie, lesquels représentent plus de la moitié de la production mondiale, se réunissent cette semaine à Vienne pour en discuter.

La plupart des analystes s’attendent à une réduction de l’ordre d’un million de barils par jour, mais certains jugent que cela ne sera peut-être pas suffisant à faire remonter des cours qui avant ce rebond avaient perdu de 30% depuis début octobre.

Les investisseurs s’intéressent aussi à l’annonce par l’Alberta d’une réduction de 8,7% de la production pétrolière de cette province canadienne qui renferme les troisièmes réserves de la planète, a souligné M. Innes.

Vendredi, le Brent pour janvier a fini à 58,71 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 80 cents.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le WTI a cédé 52 cents à 50,93 dollars.

mba-ev/hh

(AWP / 03.12.2018 05h05)

https://www.romandie.com/news/Le-p-trole-s-envole-en-Asie/976168.rom

Le pétrole orienté à la hausse en Asie

Le pétrole orienté à la hausse en Asie

Singapour (awp/afp) – Les cours du pétrole étaient orientés à la hausse, lundi en Asie, après le plongeon de vendredi, mais le pessimisme demeurait de mise chez les investisseurs en raison d’une production élevée.

Vers 04h00 GMT, le baril de « light sweet crude »(WTI), référence américaine du brut, pour livraison en janvier, progressait de 36 cents à 50,78 dollars dans les échanges électroniques en Asie.

Le baril de Brent, référence européenne, pour livraison en janvier également, gagnait 67 cents à 59,47 dollars.

Les cours avaient touché vendredi leur plus bas niveau en plus d’un an dans un marché menacé par la surproduction, à deux semaines d’une réunion de l’Opep où les Saoudiens seront sous forte pression américaine.

« La hausse de la production américaine conjuguée aux doutes sur le fait que l’Opep réduise sa production, tout cela pèse sur les prix », a déclaré Margaret Yang Yan, analyste chez CMC Markets à Singapour.

« Les tensions commerciales qui pèsent sur la demande énergétique mondiale noircissent aussi les perspectives. »

Le Brut et le WTI, désormais en dessous de la barre des 60 dollars le baril, ont perdu plus de 30% de leur valeur depuis début octobre.

« Au coeur des difficultés, figurent la surabondance de l’offre et la faiblesse de la demande. Une remontée éventuelle des prix dépendra de ce qui se passera au G20 de Buenos Aires et au sommet de l’Opep à Vienne une semaine plus tard », a déclaré Stephen Innes, analyste chez OANDA.

Il a relevé que le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, les présidents américain et russe Donald Trump et Vladimir Poutine devraient se réunir en marge du G20 du week-end prochain pour discuter des cours.

mba/jac/cn

(AWP / 26.11.2018 05h25)

https://www.romandie.com/news/Le-petrole-oriente-a-la-hausse-en-Asie/974019.rom

La news la plus lue hier : Le pétrole plonge en Asie

La news la plus lue hier : Le pétrole plonge en Asie

Singapour (awp/afp) – Les cours du pétrole reculaient nettement vendredi en Asie, les inquiétudes sur la surabondance de l’offre sur le marché mondial prenant toujours le dessus.

Vers 03h50 GMT, le baril de « light sweet crude »(WTI), référence américaine du brut, pour livraison en janvier, perdait 1,34 dollars à 53,29 dollars dans les échanges électroniques en Asie.

Le baril de Brent, référence européenne, pour livraison en janvier également, cédait 63 cents à 61,97 dollars.

Après un jour férié aux Etats-Unis, les marchés ne digèrent pas la hausse des stocks de brut américains doublée d’une production américaine record. L’adoucissement des sanctions américaines sur le pétrole iranien a également renforcé les craintes de trop plein d’offre.

« Les investisseurs ont encore largement en mémoire la croissance des stocks américains, l’excès d’offre massif continue de contrebalancer les perspectives de réduction de la production de l’Opep », a déclaré Stephen Innes, analyste chez Oanda.

Less membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires se voient à Vienne les 6 et 7 décembre. Ils devront y décider de restreindre, ou non, leurs extractions.

Cette réunion sera suivie de près par les Etats-Unis, alors que le président américain, Donald Trump, a appelé mercredi l’Arabie Saoudite à faire encore baisser les prix, la remerciant pour ses précédents efforts en la matière.

« Les cours plongent car Trump continue d’appeler à des cours plus bas pour faire pression sur l’Opep et l’Arabie saoudite afin qu’ils créent un environnement propice à de faibles coûts, ce qui s’accompagne en outre de la hausse des stocks américains », a déclaré à l’agence Bloomberg Hong Sungki, trader chez NH Investment & Securities Co. « Ce qui pourrait changer la donne, c’est ce que les pays de l’Opep Plus acceptent de faire en termes d’offre. »

ev/cn

(AWP / 23.11.2018 05h29)

https://www.romandie.com/news/La-news-la-plus-lue-hier-Le-p-trole-plonge-en-Asie_RP/973645.rom

« En Irak et en Syrie, les combattants de Daech reviennent à la guérilla »

« En Irak et en Syrie, les combattants de Daech reviennent à la guérilla »

ENTRETIEN – Jeudi 23 août, Daech a revendiqué une attaque au couteau à Trappes en France, faisant deux morts. Bien qu’affaiblie, cette organisation est plus difficile à cibler qu’en 2014 car ses membres sont géographiquement dispersés, explique Myriam Benraad, politologue et spécialiste de l’Irak.

La politologue française spécialiste de l’Irak et du monde arabe Myriam Benraad, janvier 2016.

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La politologue française spécialiste de l’Irak et du monde arabe Myriam Benraad, janvier 2016. / Nicolas Kovarik/IP3 PRESS/MAXPPP

La Croix : Daech a-t-il toujours les moyens d’attaquer l’Europe ?

Myriam Benraad : L’organisation a moins de moyens et a perdu beaucoup de ses réseaux. En Irak et en Syrie, les djihadistes sont aussi moins puissants. En France, depuis la vague d’attentats de 2015, il y a eu une mise à niveau des dispositifs de renseignement et de lutte antiterroriste. Les réseaux djihadistes sont plus facilement identifiés et un certain nombre a d’ailleurs été démantelé. On ne peut pas nier, plus largement, que l’Europe s’est mis à jour en matière de lutte antiterroriste.

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Maintenant ce n’est pas qu’une affaire de moyens et de réseaux. Certains vont décider, par exemple, de prendre un couteau après avoir écouté un message comme celui que le « calife » de Daech, Abou Bakr al-Baghdadi, a diffusé mercredi 22 août. Ces messages auront toujours un impact symbolique fort sur les combattants et sympathisants. À chaque discours d’Abou Bakr al-Baghdadi, on observe un regain de zèle et de violence parmi ceux qui soutiennent l’organisation terroriste.

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Quelle est aujourd’hui l’importance du réseau médiatique de l’État islamique ?

M. B. : Au niveau de la production officielle, les médias de Daech sont moins puissants. Ils se voient de surcroît systématiquement pris pour cibles en ligne et un certain nombre de personnes impliquées dans la diffusion de leurs contenus ont été arrêtées. Mais si l’on se penche sur la production « dérivée » d’individus sympathisants de Daech, celle-ci peut être tout aussi forte quant au message véhiculé. Le discours djihadiste s’est en quelque sorte banalisé par le biais des réseaux sociaux.

Dans les années 1990-2000, ce discours était encore marginal et les supports de propagande ne dépassaient pas certains cercles restreints. Les communiqués et autres écrits étaient diffusés en arabe ; à présent, ils sont traduits et diffusés dans toutes les langues en touchant un public large. Aussi, Daech réinvestit d’autres endroits comme le réseau de partage de photos et de vidéos Instagram, et opère un retour partiel sur Twitter et Facebook où il se redéploie. Tous les nouveaux réseaux sont également des cibles.

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Au Moyen-Orient, Daech perd du terrain mais est-ce pour autant qu’il est plus affaibli ?

M. B. : La mise en place d’un proto-État djihadiste sur près de 40 % du territoire irakien et sur une partie importante du territoire syrien, fut un énorme succès en 2014. La perte de ce territoire a été un coup dur pour les djihadistes. Il y a eu des défections importantes car beaucoup ont fini par comprendre que le projet de califat global porté par le groupe, n’était pas viable.

En Irak et en Syrie, les combattants de Daech reviennent donc à la guérilla, à l’action clandestine. Leur objectif est d’empêcher la stabilisation et la normalisation de ces pays. Ils s’en prennent à l’armée, aux forces de l’ordre. Ils sabotent les infrastructures et font en sorte d’empêcher toute reconstruction de long terme. C’est une situation insupportable pour les civils qui sont pris pour cibles dans les attentats depuis de longues années.

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En Syrie, Daech n’a pas fini de nuire

Daech est plus difficile à cibler qu’en 2014 car ses membres sont géographiquement dispersés. Les frappes ciblées se poursuivent, mais les djihadistes se cachent ou se fondent dans la population. C’est une insurrection très éparpillée, qui touche de nombreux endroits.

Au-delà du Moyen-Orient, les djihadistes sont présents en Égypte, en Libye, en Afrique, en Afghanistan, en Asie. Daech est une insurrection mondiale dotée de sections actives aux quatre coins du monde.

Recueillis par Audrey Parmentier

Asie du sud-est: l’Asean note des menaces jihadistes « très réelles »

Asie du sud-est: l’Asean note des menaces jihadistes « très réelles »

Singapour – L’Asie du sud-est est confrontée à des menaces « très réelles » du groupe jihadiste Etat islamique (EI) malgré sa défaite au Moyen Orient, a averti samedi le Premier ministre de Singapour Lee Hsien Loong à l’ouverture d’un sommet de l’Asean.

M. Lee a également mis en garde contre les risques du protectionnisme économique et jugé « préoccupantes » les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine.

Certains des dix pays formant l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est, qui rassemble au total quelque 650 millions d’habitants, sont confrontés de longue date avec l’islamisme et des groupes extrémistes qui ont été revigorés par l’émergence de l’EI.

Le groupe EI continue de menacer l’Asie du sud-est malgré sa défaite militaire en Irak et en Syrie et parallèlement le développement du numérique rend les pays plus vulnérables à des cyberattaques, a averti M. Lee.

« L’Asie du sud-est est en paix, mais ces menaces sont très réelles », a déclaré M. Lee. « Nous devons résister tant aux menaces classiques qu’aux menaces non-conventionnelles comme le terrorisme ou les cyberattaques ».

Avant l’ouverture formelle de leur 32e sommet, les dirigeants de l’Asean avaient décidé vendedi soir lors d’un dîner de travail d’intensifier leur coordination en matière de cybersécurité.

Les craintes de cyberattaques s’accroissent dans cette région à l’économie florissante où les technologies numériques ont une emprise croissante sur la vie quotidienne.

L’EI a revendiqué ses premières attaques en Asie du sud-est en 2016 avec des attentats à Jakarta (4 morts). En 2017 aux Philippines, des militants ayant fait allégeance au groupe jihadiste s’étaient emparés de la ville de Marawi, reprise par les autorités après des mois de combats meurtriers.

M. Lee a également averti des risques du protectionnisme économique. « L’humeur politique dans de nombreux pays a évolué pour s’opposer au libre échange, a-t-il dit. « En particulier, les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine sont préoccupantes ».

En réponse, l’Asean doit renforcer l’intégration des économies de ses membres et augmenter leur coopération, a dit M. Lee.

« Individuellement, les pays membres de l’Asean auront du mal à avoir beaucoup d’influence », a-t-il observé. « Mais lorsque nous parlons d’une seule voix pour l’Asean, nous pouvons être efficaces ».

L’Asean, fondée en 1967, regroupe Brunei, le Cambodge, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, la Birmanie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam.

(©AFP / 28 avril 2018 07h05)

https://www.romandie.com/news/Asie-du-sud-est-l-Asean-note-des-menaces-jihadistes-tres-reelles/912998.rom

Synthèse de l’actualité internationale de mars 2018

03/18 Actualité internationale

Synthèse de l’actualité internationale de mars 2018

Par Axelle DEGANS, le 1er avril 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Professeure de chaire supérieure au lycée Faidherbe (Lille) où elle enseigne la géopolitique en classes préparatoires économiques et commerciales. Membre du laboratoire HABITER (EA 2076) de l’Université Reims Champagne-Ardenne. Auteure de « Réussite aux concours 2018 ! La synthèse de l’actualité internationale 2017 », éd. Diploweb via Amazon, 2018. Elle est aussi co-auteure chez Ellipses de « Les 50 cartes à connaître », Coll. Atout concours, Paris, 2016.

Voici une synthèse de l’actualité internationale de mars 2018 qui sera fort utile à tous ceux qui veulent disposer d’un point de l’actualité géopolitique, voire préparent un concours. Pour ne rien manquer, et recevoir nos alertes sur des documents importants, le plus simple est de s’abonner gratuitement à notre Lettre d’information hebdomadaire ou au compte twitter de veille géopolitique @diploweb (11 000 followers)

Sort des urnes

En Russie, Vladimir Poutine a été réélu en mars 2018 à la tête de son pays avec plus de trois-quarts des voix et un taux de participation des deux-tiers du corps électoral.

En Italie, les élections de mars 2018 aboutissent à une majorité presque introuvable car les votes sont dispersés. Les votes eurosceptiques n’ont jamais été aussi importants dans un pays fondateur de la Communauté économique européenne (CEE, 1957) qui a pourtant longtemps été attaché à l’Europe communautaire. Le mouvement 5 étoiles a remporté près d’un tiers des suffrages exprimés devant le parti démocrate et la Ligue (du Nord) avec un peu moins d’un cinquième des votes et Forza Italia à un peu moins de 15%. La victoire des mouvements populistes est inédite dans l’Italie post-1945. Elle traduit le désarroi de la population italienne, pour des raisons d’abord endogènes, mais aussi car elle est astreinte à la potion amère post-crise des dettes souveraines, population italienne qui s’est sentie bien seule face à la crise migratoire à laquelle l’Europe communautaire doit faire face depuis quelques années.

Le président péruvien, Pedro Kuczynski, démissionne en plein scandale de corruption dans le sillage du scandale Odebrecht qui ébranle l’Amérique latine à partir de l’épicentre brésilien. Il a été élu il y a moins de deux ans mais a dû gouverner sans majorité parlementaire. Selon la constitution, le vice-président Martin Vizcarra doit le remplacer d’ici la tenue de nouvelles élections présidentielles.

En Colombie, des élections législatives se sont tenues en mars 2018, les premières après la signature d’accords de paix avec les Farcs (guérilla communiste qui a ensanglanté le pays depuis les années 1960). Les Farcs se sont prêtées pour la première fois au jeu démocratique, mais ont obtenues moins de 1% des suffrages exprimés tant pour l’Assemblée nationale que pour le Sénat. Les élections ont été remportées par le parti d’Alvaro Uribe, ancien président colombien. La droite est majoritaire face à une gauche divisée.

En Allemagne, Angela Merkel a finalement réussi en mars 2018 – à grande peine – à constituer un gouvernement avec le SPD qui récupère les ministères de la santé et de l’économie. Cela met fin à un tunnel engagé par les résultats des élections de septembre 2017.

En Égypte, le maréchal Al-Sissi a été réélu fin mars 2018, sans réel suspense, car ses principaux opposants ne se sont pas présentés face à lui. Les défis de l’Égypte n’en restent pas moins immenses. A Sissi doit combattre le terrorisme qui reste profondément enraciné dans le Sinaï, mais aussi donner un avenir à une jeunesse très nombreuse.

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A. Degans, « Réussite aux concours 2018 ! La synthèse de l’actualité internationale 2017 » via Amazon

Toujours la violence…

Au Burkina Faso, un attentat dans le périmètre immédiat du quartier général de l’armée burkinabé et de l’ambassade de France a fait une trentaine de victimes en mars 2018.

En France dans la région de Carcassonne, un autre attentat revendiqué par l’EI a coûté la vie fin mars 2018 à quatre personnes dont un lieutenant-colonel de la gendarmerie, Arnaud Beltrame. L’émotion est énorme dans tout le pays car le militaire a choisi d’exposer sa vie pour épargner celle d’un otage.

Une dizaine de manifestants a trouvé la mort dans la bande de Gaza au niveau de la clôture avec Israël. Ils dénonçaient les conditions de vie dans cette enclave. Une fois de plus le Hamas, au pouvoir à Gaza, se sert des civils, et Israël n’hésite pas à faire usage de la force.

Au Proche-Orient la situation se complique

En Syrie la ville d’Afrin a été reprise aux Kurdes de l’YPG par les forces turques et les forces « rebelles » majoritairement composées par des islamistes, après près de deux mois de combat. Plusieurs centaines de milliers de civils ont préféré s’enfuir. Le président turc R. Erdogan annonce qu’il ne s’arrêtera pas là et qu’il compte conquérir la bande de territoire syrien de l’autre côté de sa frontière jusqu’aux rives de l’Euphrate, ainsi que Kobané qui a symbolisé la résistance kurde face à l’État islamique. Ainsi, une armée membre de l’OTAN – la Turquie – mène une guerre d’agression sur le sol de son voisin – la Syrie – et y combat des forces kurdes qui sont armées par l’allié américain… Ce qui ne va pas sans poser de questions. Que faire pour les Kurdes qui ont été à la pointe du combat contre l’EI et qui aujourd’hui sont oubliés de leurs alliés occidentaux ? Le président turc annonce vouloir remplacer la population kurde, à la frontière syrienne, par l’implantation d’une population sunnite. Une politique de purification ethnique mise en œuvre par un pays de l’OTAN ?

Toujours en mars 2018, le pouvoir syrien continue son offensive contre la Ghoutta, pas très loin de Damas, tenue par les rebelles. Les civils sont bien évidemment les principales victimes de ce conflit.

L’administration Trump affiche un turn over important

Hope Hicks, la cinquième directrice de la communication de l’actuelle administration républicaine, annonce sa démission en mars 2018. Celle-ci est très probablement à comprendre dans le contexte de l’enquête, menée par la Chambre des représentants, qui vise le président et son équipe de campagne électorale. Cette démission fait suite à toute une série de départs depuis janvier 2017. Rex Tillerson, à la tète de la diplomatie, a appris son éviction par un tweet, le conseiller économique Cary Cohn a préféré démissionner pour désaccord au sujet de la politique commerciale que veut mener l’exécutif, le conseiller stratégique de Donald Trump a été limogé, le conseiller à la sécurité nationale Mickael Flynn a dû quitter sa fonction car visiblement trop proche de Moscou… La liste est longue, mais l’actuelle équipe qui entoure le président américain est surtout composée de « faucons ». Rex Tillerson est remplacé par le très conservateur Mike Pompeo, élu du Kansas et ancien directeur de la CIA.

Synthèse de l'actualité internationale de mars 2018
Mike Pompeo, Secrétaire d’État américain (Mars 2018 – )
Auparavant Directeur de la CIA, Mike Pompeo devient Secrétaire d’Etat des Etats-Unis en mars 2018, en remplacement de Rex Tillerson. Source photo : Wikipedia

Les États-Unis veulent revenir à davantage de protectionnisme, ce qui correspond aux promesses électorales du candidat D. Trump pour préserver l’industrie manufacturière et ses emplois… mais aussi pour faire face à un déficit commercial grandissant car il se monte à 566 milliards de dollars pour 2017. Il prévoit d’augmenter les taxes douanières sur l’acier et l’aluminium qui sont d’abord importés depuis le Canada, le Mexique mais aussi de Chine ou d’Europe. Ce n’est pas la première fois que Washington décide d’augmenter des tarifs douaniers sur des produits importés, certains se souviennent des « malentendus transatlantiques » c’est-à-dire des guerres commerciales entre États-Unis et Europe communautaire. L’administration G. W. Bush en 2002 a aussi relevé de façon significative les tarifs douaniers sur plusieurs produits importés, dont l’acier.

Les mesures protectionnistes visent en particulier la Chine avec laquelle Washington enregistre l’essentiel de son déficit commercial et dont les Américains craignent désormais les investissements. Ainsi, les États-Unis bloquent la prise de possession de la bourse de Chicago par Chongqing Casin Enterprise. La Commission des investissements étrangers aux États-Unis (CFIUS) conseille, pour éviter que des technologies américaines ne tombent dans l’escarcelle chinoise, de s’opposer au rachat de Lattice Semiconductor Corp par Canyon Bridge Capital Partners, faux-nez d’intérêts chinois. Cette même crainte anime aujourd’hui Bruxelles.

La Chine étonne le monde

La Chine qui dispose déjà d’un porte-avions acheté à Kiev – rebaptisé le Liaoning – construit un nouveau porte-avions… mais cette fois-ci avec une technologie chinoise. Dans quelques années, la Chine disposera ainsi d’une marine de haute mer, comme seuls les États-Unis, la Russie, la France et le Royaume Uni en possèdent à l’heure actuelle. Cela renforce les craintes des voisins de la Chine, Taïwan en mer de Chine orientale ou le Vietnam en mer de Chine méridionale. Encore lui faudra-t-il quelques années pour apprendre à manœuvrer un groupe naval d’envergure.

Le dirigeant Xi Jinping est bien un « nouvel empereur rouge ». Après le dernier congrès du PCC, la pensée de Xi Jinping a été inscrite dans les statuts du parti, il devient ainsi quasiment l’égal de Mao. Il fait clairement parti des dirigeants les plus marquants de la Chine contemporaine avec Mao et Deng Xiaoping. En mars 2018, la limite à deux mandats présidentiels a été levée grâce à une révision constitutionnelle, Xi Jinping pourra rester au pouvoir au-delà 2023. La révision constitutionnelle porte également sur l’inscription dans la Constitution du « rôle dirigeant » du PCC (toute contestation du PCC sera donc un acte anticonstitutionnel…) et de la pensée de Xi Jinping. Si ces réformes sont présentées comme émanant « du bas », les nombreuses contestations populaires démontrent le contraire. Il sera encore plus difficile de s’opposer au président qui a déjà renforcé son emprise sur le parti, par l’intermédiaire de purges dans le cadre d’une vaste politique de lutte contre la corruption, mais aussi sur la société qui doit témoigner de sa « loyauté »… Désormais, les fonctionnaires devront montrer une loyauté pleine et entière au PCC et à Xi Jinping.

Celui-ci a mis fin à la session annuelle du Parlement chinois en affirmant que Taïwan ne pouvait se séparer de la Chine populaire. Le président rêve de la faire rentrer dans le giron de la mère patrie, ce que Mao a échoué à réaliser.

Du nouveau à l’Est…

Alors que Washington a décidé unilatéralement de mettre fin aux accords transpacifiques signés sous l’administration B. Obama, ceux-ci renaissent à l‘initiative de Tokyo, mais cette fois sans les Etats-Unis. Ces nouveaux accords transpacifiques unissent onze pays dans un accord de libre-échange qui relève d’un vrai endiguement commercial de la Chine. Tokyo a eu soin de laisser à Washington la possibilité de revenir à terme dans l’accord.

Pyongyang continue la désescalade des tensions entamées lors des Jeux olympiques organisés par la Corée du Sud en février 2018. La Corée du Nord a accueilli un représentant sud-coréen et prévoit une nouvelle entrevue en avril prochain, le même mois que celle prévue avec Washington. Après avoir joué les pyromanes avec un chantage aux essais nucléaires, Pyongyang se pose toujours en « maitre des horloges » pour des négociations et réussi peut-être un coup de maitre en s’imposant sur la scène internationale des relations diplomatiques et en se posant en tant qu’interlocuteur internationalement reconnu. Une première. Reste à connaître les suites.

… et au Sud

Le Rwanda a été en mars 2018 le siège d’une réunion des pays africains de l’Unité africaine (UA) qui se sont mis d’accord pour mettre en œuvre une zone de libre-échange. Cette Zone de libre-échange continentale (ZLEC) réunit une quarantaine de pays, mais pas le Nigéria, première économie du continent africain, ce qui limite la portée de cet accord.

Des situations politiques délicates…

Le récent attentat relance en France le questionnement sur l’État d’urgence. Le Sri Lanka a décrété l’État d’urgence pour 10 jours dans un climat très tendu dont pâti la communauté musulmane de l’ile qui représente environ 10 % de la population totale. En Éthiopie l’État d’urgence a été instauré en février 2018, il suscite désormais une vague de protestation de la population ainsi que des grèves. Si ce pays affiche une bonne santé économique avec une croissance à deux chiffres il ne parvient toujours pas à trouver une martingale politique comme en témoigne la récente démission du premier ministre. Les querelles ethniques affleurent : les Oromo (musulmans) et les Amhara (chrétiens) veulent chacun la désignation de leur champion alors que tous deux s’inquiètent de l‘importance de l’ethnie minoritaire des Tigréens dans le secteur de la sécurité.

Au Royaume Uni, un ancien agent russe Sergueï Skripal, qui travaillait aussi pour Londres, a été victime, ainsi que sa fille, d’un empoisonnement au neurotoxique. Londres y voit la main de Moscou, le précédent de l’empoisonnement au polonium de l’ancien-agent russe Alexandre Litvinenko n’y est pas étranger… Moscou dément toute implication, mais le Royaume Uni met en place des sanctions diplomatiques et trouve le soutien de ses partenaires européens. Théresa May décide d’expulser 23 diplomates russes, Washington en expulse 60. Moscou décide d’expulser, en retour, près de 60 diplomates occidentaux, américains, français, belges, allemands… Cet événement permet une nouvelle cartographie des solidarités autour du Royaume-Uni et plus largement des pays dits « occidentaux ».

La Slovaquie traverse en mars 2018 une crise politique depuis l’assassinat d’un journaliste qui enquêtait sur des malversations concernant des hommes politiques et des hommes d’affaires de premier plan. Le premier ministre, Robert Fico, démissionne. Peter Pellegrini est appelé à former un nouveau gouvernement.

L’Outre-mer français connait en mars 2018 une nouvelle crise après celle qui a affectée la Guyane en 2017. Mayotte, dans l’océan Indien, ne parvient plus à faire face à l’arrivée d’immigrants clandestins principalement en provenance des Comores. L’état d’insécurité est tel que les citoyens craignent de sortir de chez eux le soir, ou de prendre la mer. Les services sociaux sont totalement débordés, notamment les services de santé et deviennent parfois inaccessibles aux autochtones. Ceux-ci se sentent abandonnés par la République. En effet, de nombreuses femmes enceintes cherchent à venir accoucher à Mayotte pour que leur enfant naisse dans de bonnes conditions et bénéficie du droit du sol, donc à terme de la nationalité française. La colère gronde chez les Mahorais, la ministre de l’Outre-mer a fait un déplacement, qui n’a pas convaincu.

Scandale numérique

L’entreprise de Mark Zuckergerg, Facebook, aurait transmis les données de quelques cinquante millions d’utilisateurs au britannique Cambridge Analytica, assez proche du nouveau locataire de la Maison blanche. Cette affaire pose clairement les enjeux du numérique. En tout premier lieu la question de la confiance que l’on peut accorder aux GAFAM (Google Amazon Facebook, Apple et Microsoft) qui pourtant ont accès à une part importante de notre vie privée. Bruxelles réfléchit justement à la protection des données privées des ressortissants européens qui y attachent une importance particulière, peut-être plus développée qu’Outre-Atlantique. De manière plus générale, c’est la question du Big Data qui est mise ainsi sous la lumière des projecteurs. Qui est propriétaire des données personnelles ? Qui peut y avoir accès. Une légitime vague de défiance déferle désormais parmi les utilisateurs de Facebook, un appel au boycott a été lancé, sa capitalisation boursière s’effondre… Le moteur de recherche français, Qwant, qui s’engage à respecter les données personnelles voit son nombre d’utilisateurs progresser chaque jour depuis ce scandale.

Départs

Stephen Hawking était l’un des astrophysiciens les plus connus au monde. Ce Britannique, affecté par une terrible maladie neurodégénérative – la maladie de Charcot – est l’un des plus grands scientifiques de notre période. Il a mené des recherches sur les trous noirs (il découvre qu’ils s’évaporent) et s’est attaché à en vulgariser le fruit avec son livre Une brève histoire du temps publié en 1988. C’est un grand esprit qui s’éteint en mars 2018.

Pierre Milza vient aussi de disparaître en mars 2018. Il a été l’un des grands historiens français du XXème siècle. Il a publié avec Serge Bernstein une somme (Histoire du XXème siècle) qui reste une référence régulièrement actualisée très précieuse pour les étudiants. Ses travaux ont aussi porté sur l’analyse du fascisme, en particulier italien lui qui est un enfant né en France d’un père immigré. C’est une grande figure de l’histoire française qui s’en est allé.

Bonnes nouvelles

En commandant des hélicoptères NH90 pour près de trois milliards de dollars, le Qatardonne une bouffée d’oxygène à Airbus industrie.

A Saint-Nazaire, les chantiers STX viennent de livrer le plus gros paquebot du monde, le Symphonie of the Seas, à la compagnie Royal Caribean Cruise Ltd. Il représente trois années et 10 millions d’heures de travail. Le carnet de commande de l’entreprise est bien fourni, preuve de l’excellence française dans ce domaine de la construction maritime. STX propose des projets innovants : des paquebots à voiles : le Silenseas !

La ministre des Armées, Florence Parly dévoile en mars 2018 la création d’une Agence de l’innovation de la Défense (avec un budget d’environ 100 millions d’euros) qui va développer l’intelligence artificielle.

Le rapport du mathématicien français, détenteur de la médaille Fields, Cédric Villani, sur l’intelligence artificielle plaide pour un effort substantiel pour combler notre retard dans ce secteur stratégique pour l’avenir. Le président Emmanuel Macron a promis un plan d’1,5 milliard d’euros pour l’intelligence artificielle et annonce que Samsung installera à Saclay un de ses plus importants centres de recherche en intelligence artificielle.

Pour la première fois depuis longtemps le déficit public français est passé, en 2017, sous la barre des 3% du PIB.

Avec tous les vœux du Diploweb.com pour les candidats qui se présentent d’ici peu aux écrits des concours ! Nous serons à vos côtés jusqu’à votre réussite aux oraux !

Mars 2018-Degans/Diploweb.com


Plus pour réussir

Extraits du catalogue des livres géopolitiques publiés par Diploweb pour la réussite aux concours.

. P. Verluise (dir.), « Histoire, Géographie et Géopolitique du Proche et du Moyen-Orient. Les dessous des cartes, enjeux et rapport de force »

. A. Degans, « Réussite aux concours 2018 ! La synthèse de l’actualité internationale 2017 »

. P. Verluise (dir.), « Histoire, Géographie et Géopolitique de la mondialisation contemporaine. Les dessous des cartes, enjeux et rapports de force »

. S. Schmit, « Histoire, Géographie et Géopolitique de l’Amérique latine : Un sous-continent en pleine transition politique, énergétique et commerciale. Dossiers et fiches pays »

. L. Chamontin, « Ukraine et Russie : pour comprendre »

. L. Bloch, « L’Internet, vecteur de puissance des États-Unis ? : Géopolitique du cyberespace, nouvel espace stratégique »

. G-F Dumont, P. Verluise, « The Geopolitics of Europe : From the Atlantic to the Urals »


Bonus Vidéo de la conférence de Valérie Niquet (FRS) : Quel tableau géopolitique et stratégique de l’Asie dans le monde de Trump ?

Eurasisme : à quoi pourrait ressembler un meilleur Moyen-Orient ?

Eurasisme : à quoi pourrait ressembler un meilleur Moyen-Orient ?


Par Andrew Korybko – Le 10 octobre 2016 – Source geopolitica.ru


Une dizaine d’année s’est écoulée depuis la publication de l’article provocateur de Ralph Peters « Les Frontières de sang : À quoi pourrait ressembler un meilleur Moyen-Orient » dans le journal des forces armées américaines de 2006. On peut considérer, rétrospectivement, que ce texte ne constituait pas seulement une proposition théorique, mais s’inscrivait comme schéma directeur de Brzezinski dans la quête des USA pour casser les « Balkans eurasiens » en s’appuyant sur les différences identitaires, dans le but de maintenir le statu quo hégémonique « diviser pour régner » du monde unipolaire. Il est temps de prendre en compte les changements sismiques géostratégiques de ces dix dernières années et de proposer un contre-projet solide face à Ralph Peters, et une feuille de route multipolaire visant à intégrer les « Balkans eurasiens » et consolider la connectivité multipolaire de la Nouvelle Route de la Soie.

Que le lecteur ne voie rien d’exhaustif ou d’utopique à ce qui suit ; il va de soi que des études détaillées devront prendre en compte les éléments gouvernementaux, d’infrastructure, et être expertisées pour déterminer la viabilité de chaque route et lien projetés ici. On peut supposer, par excès de prudence, que la plupart de ces projets auront une multitude de raisons de ne jamais voir le jour, mais pour ceux qui seront accomplis, ils pourront se concrétiser sous forme de route, de voie de chemin de fer, ou multimodale. L’objectif de cette étude est d’établir une liste complète de toutes les connexions possibles dans les « Balkans eurasiens » et d’ouvrir une discussion collective sur les mutations que la Nouvelle Route de la Soie et d’autres initiatives d’intégration complémentaires pourraient induire sur la géopolitique fracturée de la région. Ces transformations pourraient la muer en une entité cohérente prenant sa place dans un monde multipolaire, où chaque élément de l’assemblage bénéficierait de l’union ainsi constituée.

Eurasian Middle East

Points rouges : Nœuds/Villes

  • Rose : Hejaz 2.0
  • Bleu foncé : Route royale de Riyad
  • Violet : Couloir CCG [Conseil de Coopération du Golfe, NdT]
  • Gris : Ligne transcontinentale Yémen-Djibouti
  • Jaune : Interconnexion Irakienne
  • Orange : Couloir du « Kurdistan”
  • Bleu clair : Connexion Caucase-Turquie
  • Noir : Route du sud de la Russie
  • Marron : Anneau centre-asiatique
  • Lavande : Route afghane
  • Doré : Couloir économique Chine-Pakistan (CPEC)
  • Vert : Ligne islamique

Description des nœuds (connexion par rail, autoroute, etc.)

    • Hejaz 2.0 (du nord au sud)
      • Syrie
        • Alep/Lattaquié/Damas
      • Liban
        • Beyrouth
      • Jordanie
        • Amman/Aqaba
      • Arabie saoudite
        • Djeddah
        • Route royale de Riyad
        • Riyad
        • Couloir du CCG (du nord au sud)
      • Koweït
        • Koweït City
      • Arabie Saoudite
        • Dammam (d’où elle bifurque vers Bahreïn)
      • Qatar
        • Doha
      • Émirats Arabes Unis
        • Abou Dabi/Dubaï/Fujairah
      • Oman
        • Muscat/Duqm/Salalah
    • Ligne transcontinentale Yémen-Djibouti
      • Yémen
        • Sanaa/Aden
      • Djibouti
        • Tadjourah
    • Interconnexion irakienne (du nord au sud)
      • Irak
        • Kirkouk/Bagdad/Bassorah
    • Couloir du « Kurdistan »
      • Irak
        • Kirkouk/Erbil/Mosoul
      • Turquie
        • Diyarbakir/Gaziantep
    • Connexion Caucase-Turquie (d’ouest en est)
      • Turquie
        • Istanbul/Ankara/Ceyhan/Erzurum
      • Géorgie
        • Batoumi/Poti/Tbilissi
      • Arménie
        • Erevan
      • Azerbaïdjan
        • Bakou
    • Route du sud de la Russie (du sud vers le nord)
      • Russie
        • Makhatchkala/Sotchi/Sébastopol/Rostov sur le Don/Astrakhan/Volgograd
    • Anneau centrasiatique
        • Kazakhstan
          • Atyraou/Aktioubé/Astana/Almaty/Janaozen/Chimkent
        • Ouzbékistan
          • Tachkent/Samarcande
        • Kirghizistan
          • Och/Bichkek
        • Tadjikistan
          • Khodjent/Douchanbé
        • Turkménistan
          • Turkmenbashi/Bereket/Achgabat/Mary/Atamyrat
    • Route afghane
      • Afghanistan
        • Kondôz/Mazar-e-Sharif/Hérat/Kaboul/Delaram/Kandaha
    • Couloir économique Chine-Pakistan
      • Pakistan
        • Islamabad/Quetta/Karachi/Gwadar
  • Ligne islamique
        • Iran
          • Mashad/Gorgan/Téhéran/Tabriz/Ispahan/Bandar Abbas/Chabahar/Zabol

Description des projets régionaux

Hejaz 2.0

Cette ancienne ligne de chemin de fer ottomane fut fermée en 1920, mais un siècle plus tard, les sous-jacents géostratégiques n’ont pas changé. En fait, son importance s’est accrue et elle pourrait constituer la clé de la réussite de la reconstruction après-guerre de la Syrie. La ligne Alep–Damas–Amman–Aqaba constitue une plaque tournante pour l’activité commerciale à l’est du pays, et les branches vers Lattaquié et Beyrouth ouvrent l’accès à la mer Méditerranée. Côté saoudien, il n’y a peut-être pas d’impératif économique pour établir la connexion jusque Aqaba et pousser vers l’est, l’infrastructure du port de Djeddah existant déjà, mais il n’est pas exclu que cette route devienne un jour intéressante pour les Saoudiens, qui sont soucieux de diversifier leur économie au-delà du secteur des ressources naturelles.

Hejaz 2.0 présente le potentiel fondamental de relier Damas à Bagdad après la défaite de Daech et, par extension, Beyrouth à Téhéran. Les Saoudiens approfondissant leur influence sur la Jordanie, on peut prédire que, dans les dix ans à venir, ils vont vouloir intégrer cette dernière au CCG, et ils voudront s’assurer une connectivité complète avec ce nouveau partenaire. Dans cette perspective, Riyad pourrait être à l’initiative d’une route commerciale (par route ou par chemin de fer) directement vers Amman, et la considération stratégique d’ancrer la Jordanie au plus près de la monarchie saoudienne pourrait tenir lieu de pilote à une extension de Hejaz 2.0 d’Aqaba à Djeddah.

Route royale de Riyad

Suivant ce train de pensées, les Saoudiens, avant de considérer des projets en dehors du CCG, vont probablement s’employer à créer du lien sur leur propre territoire. Ils ont certes insisté lourdement sur leur volonté de diversifier leur économie, mais le consensus est que les secteurs de la finance, de l’immobilier et du conseil (que la plupart des observateurs voient comme cibles de cette nouvelle politique économique) ne suffiront pas à assurer le plein emploi à la population. On peut s’attendre à ce que les Saoudiens en viennent à développer le commerce et les industries légères, qui devraient les inciter à développer leur infrastructure nationale. La desserte de la capitale du Royaume est déjà assurée par un réseau de routes goudronnées, mais celui-ci pourrait être étendu vers une connexion plus solide entre le port de Djeddah à l’ouest et celui de Dammam, son homologue côté est, le long du couloir du CCG. Des oléoducs ont déjà été déployés le long de ce chemin, ce qui fait apparaître comme judicieux le développement d’une structure plus ouverte sur la route déjà tracée par les sociétés de l’énergie.

Couloir CCG

Les États du CCG ont dans leurs cartons un projet de chemin de fer les interconnectant tous et, au vu de leurs plans de développement post-pétrole, on peut s’attendre à ce que ce projet ambitieux et coûteux finisse par être bel et bien mis en œuvre, malgré les nombreux délais et complications survenus depuis la pose de sa première pierre en 2011. Le plan consiste à relier les zones côtières du Koweït jusque Mascate. Le projet présente des possibilités de branches complémentaires, sous forme de rail ou de routes.

La première, et la plus évidente de toutes, est le projet de jonction avec le Bahreïn, via la ville côtière saoudienne de Dammam. De là, le Qatar pourrait relier le Bahreïn et les EAU par deux chemins disjoints, même si les Saoudiens s’y opposeront sans doute par peur de voir Doha, leur ancienne rivale, usurper l’influence de Riyad sur ces deux États. Quoiqu’il en soit, au vu de la faisabilité technique de ces routes, elles méritent d’être mentionnées, au cas où la situation stratégique viendrait à changer, ce qui pourrait les rendre politiquement viables.

Ligne transcontinentale Yémen-Djibouti

Partant d’Abou Dabi, deux chemins sont possibles. Le premier part vers Dubaï, et de là soit vers le port de Fujaïrah (EAU) et/ou à Mascate, la capitale d’Oman ; le second prend directement la direction de Duqm, le nouveau port où la Chine s’est décidée à investir dans le cadre de sa stratégie de Route de la Soie [One Belt One Road, NdT]. Dans les deux cas, il est crédible de s’attendre à ce qu’une route Dubaï-Mascate-Duqm voie le jour, ainsi que son extension au sud vers Salalah, la deuxième ville du royaume d’Oman.

Relier Aden et Mascate et ainsi rejoindre le couloir CCG et la ligne transcontinentale aurait du sens, mais même si cela n’est jamais mis en œuvre, il est très probable que les Saoudiens veuillent relier Djeddah au plus grand port de leur voisin du sud. Ceci fera partie, ou pas, de la vision étendue de Hejaz 2.0. Quelle que soit la forme que prendrait ce lien, un pont au dessus de Bab-el-Mandeb pourrait relier les états du CCG et l’Éthiopie, leur producteur agricole, par Djibouti, et passant par Tadjourah, la troisième plus grande ville du pays (et plus grande ville de la zone nord peu peuplée du pays). En outre, l’Éthiopie développe rapidement son économie, et ce pont profiterait également à ses exportations textiles et industrielles, permettant des ventes à bon prix sur les marchés du Golfe.

Interconnexion irakienne

La fonction de l’Irak, dans cette matrice régionale, est de relier la Méditerranée et l’Iran d’une part, et le Golfe et la Turquie d’autre part. Le pays constitue également un marché de bonne taille en soi, et il paraîtrait sage de miser sur sa position géographique centrale pour tirer profit du croisement des deux grandes routes commerciales. Bassorah relierait l’Irak au couloir du CCG et à la ligne islamique en Iran, ce qui constitue une chance de faciliter le commerce entre deux grands marchés, en y tirant son épingle du jeu.

Le couloir du « Kurdistan »

Le concept derrière cette route commerciale à 46 milliards de dollars est extrêmement simple : il s’agit de relier l’ouest de la Chine avec le port de Gwadar sur l’Océan indien. Urumqi, capitale régionale du Xinjiang, est le premier nœud de ce réseau, qui plus au sud au Pakistan, doit traverser Kachgar, qui lui permettrait en fin de compte de rejoindre la ville kirghize d’Och, au bord de la vallée de Ferghana – si jamais Pékin en venait à décider de construire des infrastructures de transport onéreuses dans ces zones montagneuses. En continuant sur cette route, Islamabad constitue le joyau central de cette couronne économique, et la capitale du Pakistan apporte également au projet l’intégration de l’Afghanistan, par le couloir de Kaboul (à supposer que les violences pachtounes transnationales puissent être contrôlées).

Islamabad devrait trouver moyen d’intégrer Baloch, capitale régionale du Quetta, dans ce réseau transnational ambitieux, car les développements que ce projet pourrait apporter à cette région permettraient d’y dissiper les ambitions séparatistes, en contenant le ressentiment que certains habitants, considérés comme périphériques, nourrissent des griefs contre le centre du pays qui ne prend pas en compte leurs intérêts. Amener le Quetta dans ce projet serait un coup de maître, car cela lui permettrait de se connecter directement à Kandahar au sud de l’Afghanistan et au réseau de transport global du pays. Le Quetta se verrait ainsi également relié à Gwadar et au réseau côtier pakistanais de Karachi, et ces deux liens contribueraient énormément au développement de Baloch, la capitale, étouffant à la source les rebellions avec le temps.

Ligne islamique

Le dernier tronçon à considérer sur la grille d’infrastructure Moyen Orient-Russie-Asie Centrale-Asie du sud est la partie qui devrait traverser l’Iran. Comme déjà exposé, la ville de Masshad au nord-est dispose d’une position géographique privilégiée, ouvrant la voie vers la route du rail de l’est de la région Caspienne, ainsi que la ligne Tachkent vers la très peuplée vallée de Ferganah, et enfin le couloir de l’est vers Kaboul et Islamabad, dont le dernier tronçon amène à Téhéran, la capitale nationale. L’autre avantage de cette ville, est qu’elle constitue le point de transit le plus logique pour l’Inde au vu des accords d’Achgabat, visant à s’appuyer sur le port de Chabahar comme point d’entrée vers le marché de l’Asie du centre. Entre les deux villes est sise la ville de Zabol, qui est l’homologue iranienne de la ville afghane de Zarandj, conduisant à Kandahar par la route construite par l’Inde.

En poursuivant à l’ouest de la république islamique, Chabahar pourrait être reliée à Bandar Abbas, plus grand port iranien, sans grands frais suite à quoi elle pourrait relier Ispahan, soit en suivant la boucle du golfe persique vers Bassorah en Irak et le couloir du CCG qui commence à Koweït City, soit en s’aventurant au nord de Téhéran. La capitale iranienne propose également un lien avec la ville frontalière de Gorgan, qui relie le cœur économique du pays au chemin de fer caspien. L’autre point qui rend Téhéran importante est sa proximité avec Tabriz, qui présente le potentiel impressionnant de servir de nœud commercial pour l’Iran vers Bakou, Erevan, Erzurum, Diyarbakir, ainsi que Mossoul, deuxième ville irakienne.

Observations stratégiques

  • Le couloir indien nord-sud depuis Chabahar présente le potentiel de bifurquer vers la Russie et l’Union européenne (via l’Azerbaïdjan), l’Asie centrale (par le Turkménistan), et l’Afghanistan, lui apportant une flexibilité si des infrastructures peuvent être construites et tenues en état.
  • Il est peu probable que les projets proposés par l’Afghanistan progressent dans le futur proche, mais la vision économique intégrée et le rôle du pays comme facilitateur commercial entre l’Iran et le Pakistan pourraient tenir lieu de moteur à ses parties prenantes internes, pour se coordonner dans une démarche gagnant-gagnant et en tirer un compromis politique (il en va de même pour leurs soutiens extérieurs qui pourront les inciter à le faire).
  • La route commerciale la plus rentable reliant la Chine à l’Iran traverse l’Asie Centrale, mais c’est aussi la plus compliqué géopolitiquement, à cause de son passage obligé par la vallée de Ferganah. Dans l’hypothèse de changements de dirigeants au Kazakhstan, en Ouzbékistan et au Tadjikistan (soit par limite d’âge, soit par guerre hybride) ce centre de gravité régional pourrait rapidement devenir un nœud de terreur, d’insurrection, et de déstabilisation. La route d’Asie centrale, présentant un potentiel considérable de retours économiques, porte également un niveau de risques maximal dans le futur proche.
  • L’Iran dispose d’une situation prépondérante comme croisement de nombreuses routes commerciales à venir, qu’elles soient relativement « locales » comme la route Téhéran–Beyrouth ou étendues, comme Islamabad–Istanbul. En outre, aucun pays ne pourrait remplacer l’Iran, dans l’importance que lui donne la vision chinoise de la Route de la Soie, comme nœud dans l’intégration avec le Moyen Orient et pour établir un couloir sud-eurasien vers l’UE, en complément des routes centrales à travers la Russie et la route maritime du nord via l’Océan Arctique.
  • Tabriz présente le potentiel de connectivité le plus diversifié avec les nœuds recherchés, proposant de relier Téhéran, Bakou, Erevan, Erzurum, Diyarbakir et Mossoul.
  • La connectivité de l’Iran vers Istanbul et Beyrouth ne peut pas fonctionner sans une stabilisation de la zone sud-est de la Turquie (le « Kurdistan ») et de la région frontalière irako-syrienne (Daesh). Sans cette stabilité, Téhéran n’est pas en mesure de remplir son destin géo-intégré multipolaire le long de la Route de la Soie. Il n’est pas surprenant de voir que les troubles dans ces deux régions sont reliés entre eux, et reliés aux USA à divers niveaux.
  • La rivalité qatari-saoudienne s’est beaucoup résorbée depuis que les deux parties se sont « réconciliées » fin 2014 [L’article date de 2016 et ne prend pas en compte les récents évènements, NdT], après que Riyad ait eu la main lourde contre Doha. Mais si la Maison de Thani réussissait d’une manière ou d’une autre à établir des transports directs avec le Bahreïn et les EAU, au travers des deux propositions citées ci-dessus, elles réussiront à repousser la Maison des Saoud et à rompre la dépendance de ces deux royaumes de l’influence prédominante saoudienne, ce qui n’arrivera de toute façon pas sans conflit (quels qu’en soient les degrés de manifestation).

Andrew Korybko

Traduit par Vincent relu par Cat pour le Saker Francophone

Vidéo. Isabelle Facon. Quelles relations entre la Russie et l’Asie ?

Vidéo. Isabelle Facon. Quelles relations entre la Russie et l’Asie ?

Par Estelle MENARD, Fabien HERBERT, Isabelle FACON, Pierre VERLUISE, le 9 mars 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Maitre de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), Isabelle Facon est spécialiste des politiques de sécurité et de défense russes. Propos recueillis par Pierre Verluise, Docteur en géopolitique et fondateur du Diploweb.com. Images, son et montage : Fabien Herbert. Résumé : Estelle Ménard, stagiaire au Diploweb.com.

Quels sont les vrais enjeux stratégiques de la Russie en Asie ? Isabelle Facon, Maitre de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) répond avec précision aux questions de Pierre Verluise, fondateur du Diploweb.com. Un sujet important pour le 4e mandat de V. Poutine. (15 minutes)

QUESTIONS :
. Quelles sont les idées fausses sur les relations entre la Russie et l’Asie ?
. Quels sont les points importants à retenir quant aux relations entre la Russie et l’Asie ?
. Quels sont les temps forts à suivre pour 2018 ?

Cette vidéo peut facilement être diffusée en classe ou en amphi pour illustrer un cours ou un débat.

Résumé par Estelle Ménard pour Diploweb.com

L’actuel rapprochement de la Russie vers l’Asie n’est pas exclusivement conditionné par les relations russo-occidentales. Si les Russes ont récemment été encouragés à s’impliquer davantage dans la région suite à la crise en Ukraine et pour contrebalancer la présence américaine, le président Vladimir Poutine avait déjà initié un rapprochement dès le début des années 2000. D’abord, une grande partie de la Russie se situe en Asie : il semblait donc raisonnable de rééquilibrer ses relations économiques et stratégiques dans la zone. Cette volonté était renforcée par les dynamiques de dépeuplement et de désindustrialisation en Sibérie et en Extrême-Orient, posant des risques pour la sécurité et l’intégration du territoire : il y avait donc urgence au développement et à la redynamisation de ces espaces. Enfin, Poutine cherchait à trouver de nouveaux partenaires dans la région pour ne pas dépendre uniquement de la Chine.

Ce rééquilibrage russe en Asie consiste à augmenter ses échanges économiques et commerciaux avec les pays de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique (APEC, pour Asia Pacific Economic Coopération), qui devient son principal partenaire commercial en 2010, devançant l’Allemagne. Sur le total des échanges commerciaux de la Russie, les pays de l’APEC représentent aujourd’hui 25-30%, alors que ceux avec l’Union européenne (UE) correspondent à 45%. C’est un véritable pivot, sachant qu’auparavant, l’UE représentait plus de 50% de ces échanges tandis que l’APEC ne comptait que pour 20%. Parmi ces pays de l’APEC, les principaux partenaires sont la Chine, le Japon et la Corée du Sud, les autres pays asiatiques arrivant loin derrière eux.

Ces échanges concernent notamment le secteur énergétique. Bien avant la crise ukrainienne, il existait déjà un climat de tension économique et politique entre la Russie et l’UE qui a poussé Poutine à diversifier ses partenaires commerciaux et à exporter plus d’hydrocarbures vers les marchés asiatiques. Cela s’incarne d’abord par le projet d’oléoduc reliant la Sibérie orientale à l’Asie pacifique en passant par le Japon, puis, en 2014, par le projet d’un grand gazoduc entre la Russie et la Chine, d’un coût de 400 milliards de dollars américains. D’autres projets sont en cours, comme le développement du gaz naturel liquéfié, financé par la Chine, et dont les marchés asiatiques seront les premiers bénéficiaires. Face à un marché des hydrocarbures russe qui se diversifie, l’UE devra aussi revoir sa stratégie.

Vidéo. Isabelle Facon. Quelles relations entre la Russie et l'Asie ?
Isabelle Facon, Maitre de recherche à la FRS

Pourtant, un tel rapprochement vers l’Asie ne va pas de soi, c’est un changement qui arrive en même temps que Poutine. La politique étrangère de la Russie s’est longtemps organisée autour de l’Europe et de l’Occident, laissant l’Asie de côté, à l’exception de la Chine. La différence des cultures économiques y est pour beaucoup et cela donne lieu aujourd’hui à des pesanteurs et des inerties dans la politique asiatique russe. Par ailleurs, la Russie attire peu d’investisseurs asiatiques, à l’exception du Japon, de la Corée du Sud et de la Chine, pour qui l’Extrême-Orient russe est intéressant. Enfin, l’étroitesse du partenariat russo-chinois peut aussi être handicapant dans l’effort russe de repositionnement stratégique en Asie. Cette relation très étroite prend ses racines au début des années 1990, quand la Russie a dû faire des choix stratégiques, constituant ainsi sa sphère d’intérêts privilégiés. Elle s’est concentrée sur l’Europe, son « étranger proche », et puis sur la Chine, avec qui elle commence à développer un partenariat stratégique dès 1996. Or, jouer la carte chinoise présente des inconvénients étant donné les relations tendues qu’entretient l’Empire du milieu avec de nombreux pays asiatiques. L’enjeu pour la Russie aujourd’hui est donc de gagner en autonomie vis-à-vis de la Chine afin de rassurer les pays voisins.

Dans le cadre du projet de Route de la soie initié par la Chine, la Russie souhaite s’impliquer activement, mais en 2018 il s’agira de voir si ce discours va se matérialiser. En 2015, les présidents de ces deux pays avaient annoncé que l’Union économique eurasiatique participerait activement à ce projet, qui impliquerait aussi l’Organisation de coopération de Shanghai, l’ASEAN et peut-être même l’Union européenne. Mais si la Russie veut avoir un rôle privilégié, notamment en termes d’infrastructures, il faudra qu’elle parvienne à aller au-delà du discours et à concrétiser cette volonté, ce qui n’est pas encore fait. Du côté chinois, on ne s’y oppose pas, mais on ne va pas dans cette direction non plus.

La Corée du Nord, un facteur majeur de bouleversement stratégique à suivre en 2018, pourra aussi donner l’occasion à la Russie de jouer un rôle diplomatique important en Asie. Mais si la Russie possède des capacités diplomatiques à faire valoir, elle est dans une position de force moindre que sa voisine chinoise, qui, elle, dispose non seulement de canaux diplomatiques, mais aussi d’un réel poids économique. Dans cette crise nord-coréenne, la Russie pourra soit s’aligner sur les positions de la Chine, soit jouer un rôle à part entière. Une telle prise d’initiative serait souhaitable pour la Russie afin qu’elle se positionne en leader dans la région, apportant de nouvelles pistes de solution à la crise, et afin qu’elle rehausse son importance vis-à-vis du reste du monde.

Cette année sera également l’occasion d’examiner le potentiel d’un rapprochement entre le Japon et la Russie. Cette dernière pourrait constituer pour la première un point d’appui pour contenir les ambitions chinoises. Il y a de bonnes raisons de croire qu’un tel rapprochement peut avoir lieu. Poutine et le Premier ministre japonais Shinzo Abe semblent être sur la même longueur d’onde, et bien que certains problèmes territoriaux demeurent, les deux puissances collaborent sur des projets économiques, notamment sur les îles Kouriles, appelées « territoires du Nord » par les Japonais – une zone qui, visiblement, est encore disputée. Une plus proche coopération entre ces deux pays pourrait aider la Russie à se montrer comme un acteur constructif dans la région, sur le plan économique comme sur le plan sécuritaire. Ce n’est pas tellement l’image qu’elle renvoie pour l’instant, tant la vente d’armes en Chine et au Viêtnam n’est pas perçue comme un gage de stabilité. Toutefois, l’intervention de la Russie dans le conflit syrien lui a permis de faire montre de ses capacités militaires et de son habileté diplomatique, une carte importante à faire valoir dans son jeu en Asie pacifique.

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