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OÙ EST PASSÉE LA CONCERTATION INTERNATIONALE ?

OÙ EST PASSÉE LA CONCERTATION INTERNATIONALE ?

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Article de Renaud Girard* paru dans le Figaro le 04/05/2020

Nous sommes aujourd’hui, dans le monde, confrontés à une triple crise.

Il y a d’abord une crise sanitaire, où la pandémie d’une maladie assez peu létale a enfermé chez eux la moitié des humains de la planète, la peur au ventre, en raison d’un emballement médiatique et administratif sans précédent. Les sociologues étudieront plus tard avec délectation comment le cycle MEM (médiatisation, émotion, mimétisme) a pu paralyser notre planète, à cause d’une simple maladie infectieuse. Il y a ensuite une crise économique qui dépasse en ampleur celle de 2008 et se rapproche de la Grande Dépression de 1929. Il y a enfin une crise politico-stratégique opposant les deux plus grandes puissances économiques et militaires du monde, les Etats-Unis d’Amérique et la Chine.

Face à cela, nous nous demandons, un peu inquiets, où est passée la concertation internationale. Elle a pourtant été un instrument constant de nos actions politiques depuis 1945.

Dans le domaine sanitaire, la Chine n’a pas eu la transparence et l’attitude responsable qu’on attendrait d’une grande puissance, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui se dit attachée au multilatéralisme et désireuse d’imprimer son leadership à une marche positive du monde, comme l’avait proclamé son président à vie, lors de son discours de Davos du 17 janvier 2017. Il est troublant que l’excellent laboratoire de Shanghai du professeur de médecine Zhang Yongzhen ait été fermé, pour « rectification », par les autorités communistes le 12 janvier 2020, juste après qu’il eut diffusé le séquençage génomique du virus, sur un site scientifique ouvert à tous. Il est inacceptable que les autorités de Pékin aient, le 24 janvier 2020, interdit à l’Institut de virologie de Wuhan de livrer à l’Université du Texas des échantillons infectés par le virus. Plus que tout autre pays dans l’histoire, la Chine a bénéficié des transferts scientifiques et technologiques de l’Occident. La moindre des choses eût été pour elle d’aider les laboratoires occidentaux dans leurs recherches sur le coronavirus.

Par ailleurs, la Chine n’a pas eu l’humilité de demander à l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) d’organiser une enquête internationale à Wuhan, rassemblant les meilleurs experts mondiaux, afin de comprendre les débuts de l’épidémie. Pékin n’a cherché qu’à instrumentaliser politiquement l’OMS, la ravalant au rang subalterne de messager des mauvaises nouvelles.

Sur la crise sanitaire, la concertation internationale n’a bien fonctionné que là où elle est informelle, c’est-à-dire sur internet. Les universités et les chercheurs du monde entier, Chinois compris, ont heureusement pris la bonne habitude de publier immédiatement et systématiquement leurs dernières trouvailles, alimentant ainsi un gigantesque effet de synergie.

Sur le plan économique et financier, la concertation internationale laisse également à désirer, alors que les gouvernements ont eu massivement recours à la création monétaire. La concertation n’a eu lieu que régionalement, en Europe, où, après de longues et âpres négociations, l’UE est parvenue à trouver des remèdes efficaces.

Il est urgent que s’instaure une concertation macro-économique entre gouvernements des grandes puissances et entre banques centrales de la planète, lesquelles se gavent d’obligations d’Etat. La BCE de Francfort, la Banque du Japon et la Réserve fédérale américaine ont considérablement augmenté leur bilan depuis 13 ans, faisant passer leurs actifs d’un trillion d’euros chacune à plus de 5 trillions (et même à plus de 7 trillions pour la Réserve fédérale). Afin de demeurer supportables, les dettes étatiques devront subir un vaste rééchelonnement. Mieux vaut qu’il soit concerté, afin de ne pas créer de brutales divergences entre différentes zones monétaires.

Sur le plan géopolitique, nous sommes passés, entre Pékin et Washington, en l’espace de dix ans, de la Chinamerica quasi-amoureuse du premier mandat d’Obama à une situation diplomatique très tendue, qualifiée par l’historien Graham Allison de piège de Thucydide. Un piège qui peut mener à la guerre, comme entre Sparte et Athènes, à la fin du Vème siècle avant JC.

Autant il est compréhensible que les Occidentaux veuillent relocaliser leurs industries les plus stratégiques, autant il serait dommageable pour tous que la planète se gèle dans une nouvelle guerre froide, aux composantes médiatique, commerciale, financière, voire cyber.

Du 10 au 12 juin 2020, doit se tenir un G-7, sous présidence américaine. Pourquoi ne pas lui prévoir dès aujourd’hui un volet sanitaire et un volet financier très poussés, où Russes et Chinois seraient exceptionnellement invités ? En novembre 2008, la France avait, en s’appuyant sur le G-20, pris le leadership d’une réponse concertée à la crise. Pourquoi ne recommencerait-elle pas aujourd’hui ?

*Renaud Girard, membre du conseil d’orientation stratégique chez Geopragma

http://geopragma.fr/ou-est-passee-la-concertation-internationale/

Coronavirus: le G7 et banques centrales s’efforcent de rassurer

Coronavirus: le G7 et banques centrales s’efforcent de rassurer

AFP , publié le 03 mars 2020 à 09h18   |     

Sur le site d’une compagnie énergétique à Pékin, le 27 février 2020 – STR

Les banquiers centraux et ministres des Finances du G7 s’efforçaient de rassurer entreprises et marchés, promettant de « tout faire » pour endiguer l’impact du coronavirus, avant un entretien téléphone mardi pour coordonner leur action.

L’épidémie du virus Covid-19 paralyse une partie de l’économie de dizaines de pays touchés, principalement la Chine, entraînant fermetures d’usines, d’écoles, annulations de vols ou de conférences et salons, entre autres.

Selon l’OCDE, la croissance mondiale ne devrait pas dépasser 2,4% cette année alors que l’organisation internationale tablait encore sur 2,9% avant l’épidémie, ce qui était déjà le plus faible niveau depuis la crise financière de 2008-2009.

Pour tenter de rassurer, les banquiers centraux et ministres des Finances du G7 s’entretiendront mardi par téléphone, afin de coordonner leur action. Selon le département américain au Trésor, cette réunion aura lieu à 12H00 GMT.

Les responsables des pays concernés multiplient les déclarations depuis plusieurs jours pour calmer les marchés, qui ont dévissé la semaine dernière.

Lundi soir, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde a fait savoir qu’elle était « prête à prendre les mesures appropriées ». Le conseil des gouverneurs en discutera « le 12 mars », lors de sa traditionnelle réunion de politique monétaire, selon une source proche de la BCE.

Mardi, c’est le gouverneur Mark Carney qui assurait que la Banque d’Angleterre prendrait « toutes les mesures nécessaires » pour soutenir l’activité du Royaume-Uni face à l’impact du virus, dans la foulée de propos similaires du chancelier de l’Echiquier britannique.

Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) avait déjà assuré vendredi que l’institution se tenait prête à intervenir si nécessaire.

– Quelles mesures ? –

Mardi, le nombre de cas de contaminations s’élevait à 90.914 dans le monde, dont 80.151 pour la seule Chine, dans 76 pays et territoires, selon un bilan établi par l’AFP. Plus de 3.000 personnes ont succombé au virus, essentiellement en Chine.

Dans ce contexte singulier, puisque les banques centrales réagissent d’ordinaire aux crises financières plutôt qu’à une épidémie aux conséquences incertaines, les analystes envisagent plusieurs hypothèses: nouvelle baisse du taux appliqué aux dépôts des banques, augmentation du rythme mensuel des rachats d’actifs repris en novembre, prêts géants aux banques à des conditions très favorables.

Après la baisse la plus violente depuis la crise financière de 2008 des bourses occidentales la semaine dernière, les marchés s’attendent désormais à ce que les banques centrales montent au créneau.

Wall Street a d’ailleurs spectaculairement rebondi lundi soir, le Dow Jones finissant en hausse de 5,09%. Et si la tendance était mitigée mardi sur les Bourses asiatiques, les places européennes étaient en forte progression, gagnant entre 2 et 3%.

La Banque des règlements internationaux (BRI) – la banque centrale des banques centrales – estime que le système financier est plus solide qu’en 2008, mais avertit que les espoirs de reprise rapide sont désormais « grossièrement irréalistes ».

– Une économie mondiale déjà fragile –

Car la Chine, moteur de l’économie mondiale, verra sa croissance ramenée à 4,9% cette année, si l’épidémie y atteint son pic avant fin mars. Et elle entraînera dans son sillage toutes les grandes économies, avertit l’OCDE, avec une croissance japonaise ramenée à 0,2% et une croissance américaine à 1,9%.

Pour la zone euro, la croissance plafonnera à 0,8%, et à 0,9% pour la France, tandis qu’elle sera nulle en Italie, principal foyer de Covid-19 en Europe. Le PIB allemand n’augmentera plus que de 0,3%.

La Chine héberge aujourd’hui plus de 20% de l’industrie mondiale, contre moins de 8% en 2002, un an avant l’épidémie de SRAS, tandis que sa part dans le PIB mondial est passée de 6% à plus de 16%.

Le coronavirus frappe au moment où la croissance mondiale se trouve déjà affaiblie par la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Malgré l’accord trouvé au mois de janvier par les deux premières économies de la planète, « les droits de douane entre les deux pays demeurent nettement plus élevés qu’il y a deux ans », relève l’OCDE.

Sans compter d’autres chocs persistants comme celui du Brexit pour l’économie britannique et européenne.

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https://www.rtl.be/info/monde/economie/coronavirus-g7-et-banques-centrales-mobilisees-la-croissance-mondiale-menacee-1200864.aspx

BCE – États : un couple bancal


BCE – États : un couple bancal

Photo by Eric Ward on Unsplash — Eric Ward,

Le torchon brûle entre les autorités monétaires et gouvernementales de la zone euro. Tout juste intronisée, Christine Lagarde a enfilé les chaussons de Mario Draghi, rappelant aux États membres qu’il était temps d’assurer leur part du travail. Sinon ?

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Par Karl Eychenne.

« Si tu veux aller vite marche seul, si tu veux aller loin marchons ensemble » ; proverbe africain

Dans un monde parfait, la BCE et les États membres de la zone euro œuvreraient ensemble pour le bien commun, tout en garantissant une parfaite indépendance de leurs organes de décision.

L’objectif d’inflation assigné aux autorités monétaires serait alors compatible avec celui de bien-être de la nation qui serait assigné aux autorités gouvernementales.

Mais dans le monde d’aujourd’hui, cet idéal relève de l’angélisme. La BCE reproche aux États membres de ne pas assurer leur part du travail, à savoir mettre en place des réformes structurelles et des relances budgétaires (Draghi, puis Lagarde). Ce à quoi les États lui signifient qu’elle ferait mieux de s’occuper de ses affaires, à savoir le retour d’une inflation plus fringante.

Cela ressemble donc à l’histoire banale d’un couple bancal dont l’un reproche à l’autre de ne pas assurer les tâches ménagères : on appelle cela un passager clandestin en théorie économique. Sauf que dans notre cas, il ne s’agit pas d’un couple ordinaire, et que le divorce n’est plus une option.

Puisque la thérapie de couple n’est pas une piste sérieuse dans notre cas, quelles sont les issues possibles à notre histoire ?

UN COUPLE PEU ORDINAIRE

Si l’on devait qualifier la nature du couple entre la BCE et les gouvernements, il semblerait que le mariage de raison soit le plus adéquat : ni l’un ni l’autre ne semble tombé sous le charme, mais l’un et l’autre sont nécessaires à la tenue de l’édifice.

On peut interpréter leur relation de deux manières différentes :

  • En droit, leur relation est non-ambigüe.
    Ce sont les États membres qui choisissent les 25 membres du conseil des gouverneurs de la BCE : l’ensemble des États membres désigne les six membres du directoire, dont Christine Lagarde, et chaque État décide du gouverneur de sa propre Banque Centrale nationale. Toutefois, le conseil des gouverneurs de la BCE jouit d’une parfaite indépendance :

« Ni la BCE, ni les banques centrales nationales (BCN), ni un membre quelconque de leurs organes de décision ne peuvent solliciter ni accepter des instructions des institutions ou organes de l’Union européenne (UE), des gouvernements des États membres de l’Union européenne ou de tout autre organisme » (BCE).

  • En fait, leur relation est équivoque. La politique monétaire de la BCE et la politique budgétaire sont liées, à l’insu de leur plein gré comme dirait l’autre. Certes, les objectifs de l’un et l’autre diffèrent, mais les moyens d’y parvenir doivent intégrer ce que fera l’autre.
  • Par exemple, si la BCE décide de baisser ses taux d’intérêt afin de redonner du jus à l’inflation, sa politique pourra être compromise si les gouvernements décident d’une politique budgétaire restrictive, ou facilitée si cette politique est expansive. Idéalement, la BCE et les gouvernements doivent se comprendre sans se parler : on parle alors de policy-mix, définissant un mélange de politique monétaire et budgétaire savamment dosé, un échange de bons procédés.

LE JOUR OÙ LA BCE CROQUA DANS LA POMME

Les choses se compliquent souvent en temps de crise, c’est alors que les premières failles du couple apparaissent :

« les tuiles qui protègent efficacement des intempéries sont faites par temps clément », proverbe africain.

Et les choses peuvent rapidement se compliquer lorsque l’un des membres franchit une forme de rubicon, comme le fit la BCE en janvier 2015.

À cette date, la BCE décida de croquer dans la pomme QE (quantitative Easing) : elle prit l’initiative de racheter harmonieusement (clef de répartition) une partie de la dette publique des États membres, sauf la Grèce.

Cette décision vint en réaction à une baisse subite des anticipations d’inflation, menaçant des économies encore convalescentes de 2 crises successives : subprime (2008) puis souveraine (2012). Il s’agissait alors d’agir rapidement sur le coût de financement de l’économie, en provoquant une baisse forte et instantanée des taux d’intérêt sur toutes les maturités.

Depuis cette date, la BCE et les États membres « se tiennent par la barbichette ». Si la BCE dispose d’un sérieux moyen de pression avec son stock de dette publique, elle sait aussi que son rêve de revoir un jour de l’inflation ne survivra pas à un désengagement brutal.

Ainsi, la relation entre la BCE et les gouvernants est devenue plus tordue encore. Il n’est désormais plus possible de faire chambre à part, et les deux politiques monétaires et budgétaires se retrouvent enchainées l’une à l’autre.

COUPLE EN CRISE

Nous distinguons trois types de couples en crise :

  • le cas gagnant – gagnant : nos deux partenaires se connaissent très bien, il n’y a pas d’incertitude de l’un sur le comportement de l’autre, pas de vices cachés.
    Les deux se parlent encore et décident d’un commun accord de la suite à donner à leur relation : dans notre cas, la séparation étant impossible, il s’agirait alors d’une forme d’entente gagnant – gagnant, un cas typique d’équilibre avec coopération en théorie des jeux. Idéalement, les gouvernements décideraient alors de suivre les recommandations de la BCE (réformes structurelles et relances budgétaires), à condition qu’elles soient compatibles avec les recommandations des urnes. Pas le scénario le plus probable.
  • le cas minmax : nos deux partenaires se connaissent encore très bien, mais la méfiance a pris le dessus ; l’incertitude sur le comportement de l’autre prend un tour tordu, on parle alors d’asymétrie d’information entre les deux « joueurs », aboutissant à une forme d’équilibre qui n’avantage ni l’un ni l’autre, mais minimise la perte maximale (dilemme du prisonnier) ; une assurance qui protège mais qui a un coût.

Dans notre cas, et la BCE et les gouvernements seraient alors amenés à pratiquer des politiques plus agressives afin de se couvrir contre des choix indésirables de l’autre. Que faire alors ? Il faudrait imaginer un jeu à nombre de coups infinis, qui permette à l’un et à l’autre de tester leur bonne volonté ; une forme de test de fidélité.

  • le cas qui nous concerne : nos deux partenaires se connaissent toujours très bien, et justement le tempérament de l’un semble anticiper une plus grande retenue dans l’effort à produire.
    C’est donc l’autre qui continuerait d’assurer la plus grande partie du travail, à son grand regret. Dans notre cas, il semblerait que ce soit la BCE qui fasse l’effort supplémentaire, et les gouvernements qui soient le passager clandestin. Ce type de situation peut alors amener la BCE à pratiquer une politique monétaire plus accommodante que de raison afin de se protéger contre l’absence d’effort budgétaire des gouvernements.

Que faire ? Tout est dans le contrat : il s’agit de trouver les bons termes qui inciteront le mauvais élève à faire l’effort pour prendre la bonne décision ; ce type de recherche a le vent en poupe depuis quelques années, souvent résumée par la théorie des incitations et des contrats incomplets, traités par ailleurs par deux prix Nobels récents (J.Tirole 2014O. Hart 2016)

CONCLUSION : L’ÉNIGME DU TABLEAU DE PAOLO

Jamai, les destins de la BCE et des États membres n’avaient paru autant liés. En croquant dans la pomme du QE, la BCE s’est vue doté d’un grand pouvoir mais de grandes responsabilités (Spider Man) :

  • un grand pouvoir car la BCE disposant d’une quantité importante de dette gouvernementale, on pourrait naïvement imaginer qu’elle s’en serve comme moyen de pression pour convaincre les gouvernements qu’il serait temps d’accompagner l’effort monétaire par de l’effort budgétaire. Impossible à imaginer.
  • une grande responsabilité, car en acceptant de créer autant d’argent que nécessaire pour financer une partie de la dette publique, la BCE s’est mise sur la crête toute seule ; un genre de « ça passe ou ça casse ». D’un point de vue économique, le scénario à risque serait celui d’une reprise trop forte et trop rapide de l’inflation. Certes, pas vraiment à l’ordre du jour.

Ainsi, une mauvaise décision de la BCE emporterait avec elle tout le reste : avec le QE, elle s’est vue confisquée le droit de subir seule les effets d’un mauvais choix.

L’histoire des deux destins qui n’en font plus qu’un est celle du tableau du Paolo, mathématicien qui se demandait comment mal suspendre une reproduction d’un tableau de Monnet à deux clous. Son idée était de trouver la bonne manière de faire passer le fil autour des deux clous, afin que lorsque l’un des deux clous (n’importe lequel) soit retiré, le tableau tombe. Dans notre cas, le QE serait cette bonne manière de faire passer le fil liant les destins de la BCE et des États.

https://www.contrepoints.org/2019/11/26/358552-bce-etats-un-couple-bancal

Christine Lagarde : définitivement keynésienne !

Christine Lagarde by International Monetary Fund(CC BY-NC-ND 2.0) Photograph/Stephen Jaffe — IMF/Stephen Jaffe, CC-BY

Christine Lagarde s’apprête à favoriser relance, politique de la demande et grands travaux en Europe dans la plus pure veine keynésienne, exactement comme le souhaite le gouvernement français.

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Par Nathalie MP.

Début juillet, la nomination annoncée de notre Christine Lagarde nationale à la tête de la Banque centrale européenne (BCE) en remplacement de Mario Draghi n’avait pas manqué de provoquer le ravissement le plus extatique. Figurez-vous qu’elle devenait la « première femme » à accéder à ce poste européen prestigieux, ce dont j’avais rendu compte à l’époque dans un portrait intitulé Christine Lagarde : femme, élégante, docile… et keynésienne.

Alors qu’elle prend ses fonctions ce vendredi 1er novembre 2019, l’entretien qu’elle a donné sur RTL nous le confirme : malgré mille précautions oratoires et une langue de bois très étudiée dès lors qu’il s’agit d’évoquer la situation de la France ou la politique monétaire qui pourrait être la sienne à la BCE, Christine Lagarde est définitivement keynésienne ! (voir vidéo en fin d’article).

Partant du constat que les États-Unis ont mis 5 ans à se remettre de la crise de 2008 quand les pays de l’Union européenne ont eu besoin de 10 ans en moyenne, elle considère tout d’abord que :

“Les banques centrales, dans l’ensemble, ont fait leur boulot.”

Étant donné que la politique des banques centrales en général et de son prédécesseur à la BCE en particulier a consisté à pratiquer abondamment le quantitative easing – sorte de planche à billets un peu technique permettant aux banques de prêter davantage pour relancer l’économie – et à maintenir les taux d’intérêt à des niveaux absurdement bas voire négatifs, toujours dans l’idée de favoriser l’investissement, on a ici une bonne indication de ce que fera Mme Lagarde sous sa casquette de banquière centrale même si elle se refuse à en parler pour l’instant : elle fera exactement comme avant.

Elle fait l’hypothèse que si la BCE n’avait pas eu cette politique de taux bas, si elle n’avait pas, en quelque sorte, sacrifié l’épargne au profit de l’emploi, il y aurait eu encore moins de croissance et encore plus de chômage.

Vision quelque peu idéologique. Que tout ceci n’ait pas eu les effets escomptés au point qu’il a fallu 10 ans aux pays européens pour sortir de la crise ne l’effleure nullement – et encore s’agit-il d’une moyenne qui masque les bonnes performances de pays comme l’Allemagne ou les Pays-Bas et qui cache tout autant le retard d’un pays comme la France.

Les deux premiers, avec des taux de chômage respectifs de 3,0 et 3,4 % en juillet 2019 sont au plein emploi depuis un bon moment, tandis que la France continue de planer à 8,5 % (voir graphique ci-dessous). L’écart est encore pire lorsque l’on considère le chômage des jeunes (5,3 % en Allemagne, 6,2 % aux Pays-Bas et plus de 20 % en France).

Le fait que l’Allemagne et les Pays-Bas aient mené à bien des réformes structurelles d’inspiration libérale, le fait que ces pays aient des niveaux de dépenses publiques de l’ordre de 43 % du PIB, soit 13 points en dessous de la France, et des niveaux de prélèvements obligatoires de moins de 40 % du PIB au lieu des 45 % français, le fait donc qu’une plus grande part de la richesse créée soit directement réutilisée par les acteurs économiques sans transiter par la lourde redistribution étatique qu’on connait chez nous – tout ceci n’aurait-il pas un petit rapport avec leurs bons résultats en matière d’emploi, résultats dont Mme Lagarde s’imagine qu’ils ont été obtenus par la politique monétaire de taux bas ?

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la France combine avec brio une mauvaise rémunération de ses épargnants avec un chômage exceptionnellement élevé.

Aussi, lorsqu’on entend ensuite Christine Lagarde quitter le ton des évidences qui ne fâchent personne pour parler avec force des pays européens qui « n’ont pas vraiment fait les efforts nécessaires » pour sortir de la crise, on pourrait s’imaginer qu’elle a en tête les éternelles cigales de la zone euro que sont la France et ses voisins d’Europe du sud. La semaine dernière, la Commission européenne a d’ailleurs demandé par lettre à la France d’apporter des éclaircissements sur son budget 2020 dans la mesure où la réduction de la dette et la part des réformes structurelles attendues depuis des années pour améliorer ses finances publiques y sont absolument voire résolument absentes.

Fatale erreur ! Pour Christine Lagarde, les pays fautifs sont, tenez-vous bien, l’Allemagne et les Pays-Bas ! Ils sont coupables d’avoir retrouvé leurs couleurs d’avant-crise plus vite que les autres et d’avoir de plus engrangé des excédents budgétaires qu’ils n’ont même pas eu la simple décence de mettre gracieusement à la disposition des pays encore empêtrés dans leurs dérives budgétaires récurrentes !

« Je crois que les politiques budgétaires ont été très bonnes et très bien coordonnées dans l’immédiat après-crise. En 2008, en 2009, il y a eu cet effort massif, global, dans le monde entier […] Tout le monde s’y est mis et on a fait de la relance budgétaire. Depuis […], les pays, et en particulier ceux qui ont de l’espace budgétaire, n’ont pas vraiment fait les efforts nécessaires, et on pense évidemment […] à des pays comme les Pays-Bas, l’Allemagne… »

Autrement dit, Mme Lagarde adopte exactement le point de vue européen mille fois exprimé par le président français Emmanuel Macron depuis qu’il est arrivé au pouvoir, à savoir obtenir un budget de la zone euro et la mise en place « d’investissements d’avenir » pour relancer la croissance. En ligne de mire, évidemment, les surplus budgétaires des pays rigoureux avec leurs finances publiques.

« Pourquoi ne pas utiliser cet excédent budgétaire et investir dans des infrastructures […] pourquoi ne pas investir dans l’éducation, pourquoi ne pas investir dans l’innovation ? »

Un pays laxiste comme la France ne s’interroge jamais sur le fait que ses dépenses, ses prélèvements obligatoires et sa dette publique compulsive n’apportent aucune solution à ses problèmes d’emploi, de pouvoir d’achat, de déficit des comptes sociaux ou de dégringolade éducative.

Ses dirigeants préfèrent partir dans de grandes envolées lyriques sur la nécessaire solidarité européenne et sur les hautes exigences morales de la France en matière d’égalité et de justice sociale – et faire hypocritement main basse sans effort sur les richesses des autres pour en disposer avec autant d’incurie que celle qu’ils déploient déjà avec application (un exemple parmi d’autres) dans l’utilisation de l’argent des contribuables au niveau national.

« Exigence » captée cinq sur cinq par Christine Lagarde qui s’apprête donc à favoriser relance, politique de la demande et grands travaux en Europe dans la plus pure veine keynésienne, exactement comme le souhaite le gouvernement français.

Problème : ce type de politique n’a jamais permis de restaurer la moindre prospérité économique durable, ainsi que la France, experte en dépenses publiques depuis 40 ans, en atteste brillamment. Comme le disait Jacques Rueff dans son article «  La fin de l’ère keynésienne » publié dans le journal Le Monde en février 1976 :

« En donnant indûment aux gouvernements le sentiment que, par l’investissement, ils avaient le moyen de procurer l’expansion désirée et de bannir le chômage honni, la doctrine du plein-emploi (de Keynes) a ouvert toutes grandes les vannes de l’inflation et du chômage. »

Hélas pour nous, la grande illusion keynésienne – un « monde de magicien » disait Rueff – fait un retour en force dans le paysage politico-économique actuel sous le nom de modern monetary theory (MMT) ou « nouvelle politique monétaire » et Mme Lagarde compte bien ne pas rater l’occasion de mettre en application cette idée à la mode qui combine l’avantage d’avoir sa préférence et de lui permettre de pousser en Europe la voix d’Emmanuel Macron à laquelle elle doit sa nomination. Ça promet.

Interview complète de Christine Lagarde sur RTL, 30 octobre 2019 (vidéo, 20′ 05″) :https://youtu.be/vbqzaUeGvmk

Sur le web

https://www.contrepoints.org/2019/11/04/357154-christine-lagarde-definitivement-keynesienne

Les élites mondiales envisagent-elles de renverser le dollar ?

Les élites mondiales envisagent-elles de renverser le dollar ?


Par F. William Engdahl − Le 13 septembre 2019 − Source Russia Insider via Global Research

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Les remarques inhabituelles et les actions du chef de la Banque d’Angleterre, sur le départ, et d’autres initiés de la banque centrale suggèrent fortement qu’il existe un scénario très moche pour mettre fin au rôle du dollar américain en tant que monnaie de réserve mondiale. Dans le processus, cela impliquerait que la Fed déclenche délibérément une dépression économique dramatique. Si ce scénario est effectivement déployé dans les mois à venir, Donald Trump entrera dans les annales de l’histoire en tant que deuxième Herbert Hoover et l’économie mondiale sera plongée dans le pire effondrement depuis les années 1930. Voici quelques éléments qui méritent d’être considérés.

Le Discours de la Banque d’Angleterre

Le 23 août, Mark Carney, président de la très spéciale Banque d’Angleterre, a prononcé un discours remarquable lors de la récente assemblée annuelle des banquiers centraux et des élites financières à Jackson Hole dans le Wyoming. Le discours de 23 pages aux autres banquiers centraux et aux initiés de la finance est clairement un signe important de la façon dont les pouvoirs installés, qui gèrent les banques centrales mondiales, envisagent de conquérir le monde.

Carney s’attaque aux failles évidentes du système de réserves en dollars après 1944, en notant que :

«… Une asymétrie déstabilisante au cœur du système monétaire et financier international (IMFS) se développe. Alors que l'économie mondiale est en train de se réorganiser, le dollar américain reste aussi important que lorsque les accords de Bretton Woods se sont effondrés. [en 1971, NdT]» Il a carrément déclaré :«… À plus long terme, nous devons changer le jeu… Les risques augmentent et ils sont structurels».

Il présente ensuite un plan remarquablement détaillé pour la transformation du règne actuel du dollar par la banque centrale mondiale, un changement révolutionnaire.

Carney explique le fait que la Chine, en tant que première nation commerçante au monde, est le candidat évident pour remplacer le dollar en tant que principale réserve. Toutefois, il note :

«… Pour que le renminbi devienne une monnaie véritablement mondiale, il en faut beaucoup plus. En outre, l’histoire enseigne que la transition vers une nouvelle monnaie de réserve mondiale risque de ne pas se dérouler sans heurts.»

Il indique que cela signifie souvent des guerres ou des dépressions, car il cite le rôle de la Première Guerre mondiale, qui poussa la livre sterling vers la sortir en faveur du dollar américain. Ce que Carney trouve plus immédiat, c’est un nouveau système monétaire basé sur le FMI, destiné à remplacer le rôle dominant du dollar. Carney déclare :

"L’augmentation du renminbi pourrait, avec le temps, fournir une seconde meilleure solution aux problèmes actuels du FMI, mais la première meilleure solution consisterait à mettre en place un système multipolaire. L’avantage principal d’un système multifonctionnel multipolaire est la diversification…" Il ajoute : "Lorsque le changement intervient, il ne devrait pas être possible d’échanger un hégémon monétaire contre un autre. Tout système unipolaire n'est pas adapté à un monde multipolaire…" En d'autres termes, il dit : "Désolé, Beijing, vous devez attendre."

Le gouverneur de la Banque d’Angleterre propose en effet que le FMI, avec ses droits de tirage spéciaux multidevises (DTS), un panier de cinq monnaies – dollar, livre, yen, euro et désormais renminbi – joue un rôle central dans la création d’un nouveau système :

«Le FMI devrait jouer un rôle central dans la formation des politiques nationales et transfrontalières. … Mutualiser les ressources du FMI et répartir ainsi les coûts entre les 189 pays membres …»

Pour que cela fonctionne, il propose de porter les fonds de DTS du FMI à 3 000 milliards de dollars, qui constitueraient le noyau d’un nouveau système monétaire.

Ensuite, Carney propose que le FMI supervise la création d’une nouvelle infrastructure de paiement basée sur un «stablecoin» [crypto-monnaie] international. Se référant à la Libra privée [crypto-monnaie de Facebook], il déclare clairement qu’une «nouvelle monnaie hégémonique synthétique (CSS) serait mieux fournie par le secteur public, peut-être par un réseau de monnaies numériques des banques centrales. À noter que Carney, un ancien banquier de Goldman Sachs, est mentionné comme un candidat de premier plan pour remplacer Christine Lagarde à la tête du FMI. Son discours est-il un aveu ouvert de ce que prévoient les plus grands banquiers centraux du monde comme prochaine étape vers une monnaie et un contrôle économique mondiaux ? Voyons plus loin.

En savoir plus : La mondialisation est la fin de l’humanité : vers une économie de la paix avec un système monétaire alternatif

Lagarde à la BCE

Le discours de Carney, une fois déchiffré à partir du jargon de la banque centrale, nous fournit pour la première fois une feuille de route claire sur laquelle les pouvoirs qui contrôlent la banque centrale mondiale voudraient nous emmener. Le rôle de réserve mondial du dollar américain doit prendre fin. Il doit être remplacé par une forme de DTS du FMI servant de base à une réserve multidevises, qui à son tour serait finalement basée sur une monnaie numérique, appelée aussi monnaie basée sur la block chain.

Ne vous y trompez pas, ces monnaies seraient entièrement contrôlées par les autorités de la banque centrale et le FMI. Cela nécessiterait l’élimination souvent proposée de toutes les espèces en faveur de la monnaie numérique, où chaque centime dépensé peut être contrôlé par les banquiers l’État. Cette société sans numéraire ouvrirait également la voie à la prochaine grande crise financière et à la confiscation par les gouvernements des dépôts bancaires des citoyens ordinaires en vertu de la nouvelle loi sur le « renflouement des banques » maintenant en vigueur depuis 2014 dans tous les principaux pays industrialisés, y compris l’UE et les États-Unis .

Le FMI est complètement en retard sur le passage aux monnaies numériques mondiales à chaînes de blocs et sur l’utilisation du DTS pour remplacer le dollar américain dominant. Dans un discours peu remarqué du 14 novembre 2018, la directrice du FMI, Mme Lagarde, a clairement indiqué que le FMI était derrière les initiatives de monnaies numériques des banques centrales ainsi que des sociétés sans numéraire. Elle a noté très attentivement :

"Je pense que nous devrions envisager la possibilité d'émettre de la monnaie numérique. L'État pourrait peut-être fournir de l'argent à l'économie numérique.» Elle a ajouté : «Un nouveau vent souffle, celui de la numérisation… Quel rôle restera-t-il pour l'argent dans ce monde numérique ? … La demande de liquidités diminue - comme le montrent les travaux récents du FMI. Et dans dix, vingt ou trente ans, qui échangera encore des bouts de papier ?"

Remarques de Dudley

L’introduction de ce nouveau monde monétaire numérique des banquiers centraux va nécessiter, comme le suggère Carney, des bouleversements dramatiques du statu quo, qui conduiraient à la fin du rôle dominant du dollar américain depuis l’accord de Bretton Woods de 1944. Comme ce rôle de monnaie de réserve en dollars est l’un des piliers de la puissance américaine dans le monde, sa réalisation n’exigerait rien de moins qu’une catastrophe. Est-ce vraiment ce que la Réserve fédérale prévoit discrètement avec ses politiques monétaires ?

Un soupçon remarquable de ce qui pourrait être en cours dans les travaux est venu, dans un éditorial, de la personne qui jusqu’en 2018 était le très important président de la Banque de réserve fédérale de New York, Bill Dudley, qui, comme Mark Carney, est un ancien de Goldman Sachs. Dudley n’est pas un acteur mineur dans le monde des banquiers centraux. Jusqu’à l’année dernière, il était également membre du conseil d’administration de la Banque des règlements internationaux (BRI) et présidait le Comité des systèmes de règlement des paiements de la BRI et le Comité du système financier mondial.

Dudley, soulignant la politique de guerre commerciale de Trump et ses dangers économiques, émet ensuite la rare déclaration non-diplomatique suivante :

"La réélection de Trump constitue sans doute une menace pour l’économie américaine et mondiale, pour l’indépendance de la Fed et pour sa capacité à atteindre ses objectifs en matière d’emploi et d’inflation. Si l'objectif de la politique monétaire est d'obtenir les meilleurs résultats économiques à long terme, les responsables de la Fed devraient examiner la mesure dans laquelle leurs décisions affecteront les résultats politiques de 2020."

Bien que cela ait beaucoup choqué, Dudley ne fait que rendre public ce que la Fed a fait depuis sa création en 1913 – influencer furtivement le cours de la politique mondiale et américaine en dissimulant des politiques monétaires «neutres». Dudley suggère non pas «une ingérence russe» mais plutôt une ingérence de la Fed.

La Fed pourrait facilement faire basculer les États-Unis dans la crise. Les niveaux d’endettement de l’économie américaine atteignent des records pour les ménages privés, le gouvernement fédéral et les entreprises américaines. La plupart des sociétés américaines ont utilisé une dette croissante, dépassant les 9 000 milliards de dollars, pour racheter des actions plutôt que d’investir dans de nouvelles installations et de nouveaux équipements, alimentant ainsi une bulle sans précédent dans les actions du S & P. La hausse des actions n’est pas un signe de santé économique, mais une bulle spéculative dangereuse susceptible de s’effondrer.

Si la Fed reprenait maintenant ses hausses de taux et poursuivait son resserrement quantitatif discrètement jusqu’en 2020, une série de défauts de paiement de type domino, de faillites d’entreprises, de saisies hypothécaires résidentielles, de défauts de prêts auto et de prêts étudiants pourrait rapidement rendre plus que douteuse une deuxième présidence Trump en 2020. Cependant, ce ne serait pas une raison pour que le reste du monde, qui s’oppose aux politiques de Trump, se réjouisse. Cela provoquerait également un effondrement des grands pays émergents qui ont emprunté des centaines de milliards de dollars libellés en dollars américains, notamment des sociétés d’État chinoises, la Turquie, l’Argentine et le Brésil, pour n’en nommer que quelques-uns. Les banques européennes, de l’Italie jusqu’à l’Allemagne en passant par la France, feraient faillite.

Que ce scénario de Dudley doive se concrétiser en 2020 ou non, seuls les comploteurs acteurs clés de la banque centrale le savent assurément. Il est clair que près de onze ans après la crise financière mondiale de 2008, les politiques sans précédent en matière de taux d’intérêt zéro de la banque centrale dans l’UE et jusqu’à récemment aux États-Unis ont alimenté la création de ce que certains appellent une «Bulle de Tout», pas seulement des actions, mais aussi dans les obligations des sociétés et publiques et dans les prix des maisons. Si une nouvelle intervention de la Fed, visant à relever les taux et à resserrer le crédit, l’événement prophétisé, à savoir l’éclatement délibéré, par la banque centrale, de cette bulle gonflée, sous le prétexte du danger que représente Trump pour l’économie mondiale, prophétie que Carney a en tête quand il dit, «la transition vers un nouveau la monnaie de réserve pourrait ne pas se dérouler sans heurts» pourrait bien se réaliser ? Espérons que non. Les prochains mois le diront.

F. William Engdahl est consultant et conférencier en risques stratégiques, diplômé en politique de l’Université de Princeton et auteur de best-sellers sur le pétrole et la géopolitique, exclusivement pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

Vous pouvez relire notre note de lecture de son dernier livre publié aux éditions demi-lune.

Note du Saker Francophone

Valérie Bugault, dès 2018, et d'autres encore comme Brandon Smith plus récemment, avait déjà démonté le projet des élites financières concentrées autour du réseau des banques centrales.

On peut aussi noter une atmosphère crépusculaire de fin de règne, et une étrange coïncidence, entre ce discours du directeur de la Banque d'Angleterre et celui de Macron, fin Août, sur les erreurs de l'occident et la place nouvelle de la Chine ou de la Russie. Le Saker US nous a déjà commenté les grandes lignes. Il est quand même surprenant que Macron, dans un discours de deux heures, n'ait pas abordé le sujet financier qui est au cœur des enjeux de pouvoir. Peut-être savait-il que le sujet allait être abordé rapidement par un autre globaliste de poids.

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-elites-mondiales-envisagent-elles-de-renverser-le-dollar

Attendue au tournant, la BCE dégaine son arsenal pour soutenir l’économie

Attendue au tournant, la BCE dégaine son arsenal pour soutenir l’économie

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Attendue au tournant, la BCE dégaine son arsenal pour soutenir l'économie

Le siège de la BCE en décembre 2018 à Francfort, en Allemagne©Daniel ROLAND, AFPA lire aussi

Soutien à l'économie: Lagarde veut poursuivre à la BCE le cap de Draghi

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AFP, publié le jeudi 12 septembre 2019 à 14h57

Sous pression comme rarement, la Banque centrale européenne a surmonté ses divisions pour adopter jeudi une panoplie de mesures destinées à accroître son soutien déjà important à l’économie en zone euro.

Baisse de taux, nouveaux rachats de dettes publiques et privées, système de taux dégressif et prêts géants pour soulager les banques: l’institut a dégainé en une fois le « paquet » anti-crise guetté tout l’été par les marchés financiers, qui font reposer sur les banques centrales leurs espoirs de relance conjoncturelle.

Le président italien de la BCE, Mario Draghi, évacue ainsi les grandes décisions attendues avant de passer la main fin octobre à la Française Christine Lagarde, directrice du Fonds monétaire international, après huit ans d’un mandat scandé par les crises.

« C’est le cadeau d’adieu de Mario Draghi aux marchés », résume Uwe Burkert, chef économiste de la banque LBBW, même s’il y lit aussi le signe inquiétant que la BCE « voit la récession poindre en zone euro ». 

Dans le détail, l’institut basé à Francfort a abaissé pour la première fois depuis mars 2016 son taux « de dépôt », porté de -0,40% à -0,50%, une mesure destinée à inciter les banques à prêter aux entreprises et aux ménages, plutôt qu’à laisser dormir leurs liquidités à la Banque centrale.

– Rachats de dette controversés –

Autre signe de sa volonté de soutenir l’économie, la BCE a laissé ses deux autres taux directeurs inchangés, dont le principal fixé à zéro, et indiqué qu’elle n’envisageait plus de les remonter tant que l’inflation n’aura pas « solidement convergé » vers son objectif de 2%, une formule inédite.

Dissipant le principal suspense, la BCE a aussi relancé son vaste programme de rachats d’actifs, baptisé « Assouplissement quantitatif » ou « QE », par lequel elle avait acquis 2.600 milliards d’obligations publiques et privées entre mars 2015 et décembre 2018 en zone euro.

Malgré l’opposition publiquement exprimée par plusieurs banquiers centraux, dont l’Allemand Jens Weidmann et le Néerlandais Klaas Knot, ces achats reprendront le 1er novembre au rythme de 20 milliards d’euros par mois et « aussi longtemps que nécessaire ».

Par ailleurs et comme évoqué depuis plusieurs mois, la BCE a adopté un système de taux par paliers pour alléger la charge d’intérêt pesant pour plus de 7 milliards par an sur les banques, dont elle livrera les détails dans l’après-midi.

Enfin, l’institut a confirmé la nouvelle vague à compter du 19 septembre de prêts géants aux banques, alloués à des conditions préférentielles, pour stimuler la distribution de crédit dans l’économie. 

– Attention à Trump –

Si ce cocktail était attendu, les réactions ont néanmoins été vives: le marché de la dette s’est nettement détendu, en particulier en Italie, et les Bourses européennes ont avancé vers leurs plus hauts annuels.

L’euro est de son côté passé sous 1,10 dollar, un effet sur les changes qui pourrait « être perçu par le président des États-Unis comme un comportement anticoncurrentiel de la BCE », avertissait avant la réunion Chiara Zangarelli, économiste à la banque Nomura. 

D’ailleurs, aussitôt les mesures de la BCE connues, Donald Trump a tancé les responsables européens, qu’il a accusés dans un tweet de « nuire aux exportations américaines », « en dépréciant l’euro par rapport au dollar TRES fort ». Tout en renouvellant ses critiques contre la Fed, coupable de rester « assise sans rien faire », c’est-à-dire de ne pas baisser les taux assez vite.

Toutefois, selon l’économiste, le risque est surtout de voir l’administration américaine taxer les importations d’automobiles, un dossier reporté à novembre par Washington et qui menace particulièrement les constructeurs allemands.

Face à la presse, le président de la BCE Mario Draghi devrait lever le voile à 12H30 GMT sur les dernières prévisions de croissance et d’inflation, probablement plus pessimistes que celles présentées en juin, le climat conjoncturel ne s’étant guère amélioré pendant l’été.

Il devrait souligner les multiples « risques » pesant sur la zone euro, à commencer par le conflit commercial entre Washington et Pékin, qui dissuade les entreprises d’investir et déprime depuis plus d’un an l’industrie allemande très tournée vers l’export.

Si l’incertitude politique en Italie a reflué, le Brexit reste toujours un sujet d’inquiétude, tant la perspective d’une sortie britannique de l’Union européenne sans accord se rapproche un peu plus chaque jour.

https://finance.orange.fr/actualite-eco/article/attendue-au-tournant-la-bce-degaine-son-arsenal-pour-soutenir-l-economie-CNT000001iWf6j.html

Et si la BCE nous réservait une surprise (Œil du pro)

Et si la BCE nous réservait une surprise (Œil du pro)

4.511111 Rating 4.50 (8 Votes)Catégorie : Divers  Publication : 9 septembre 2019  Mis à jour : 9 septembre 2019  Création : 9 septembre 2019 Écrit par folamour  Affichages : 317fShare

Très intéressant, c’est ce que nous expliquait justement Olivier Delamarche dans cette vidéo : Les banques centrales sont tenues par les marchés, d’où la proposition de… Black Rock… Je ne dis pas qu’il faut s’en réjouir. Mais comme depuis 10 ans toutes les planches à billets de la BCE finissent dans les banques et le CAC 40, et PAS dans l’économie réelle, la consommation et la croissance ne peuvent pas revenir, donc la création d’emplois due à la demande n’a pas lieu.

Une des solutions serait d’augmenter les salaires

La suite le 12 septembre, donc avec les annonces de la BCE.

Source : Youtube.com

https://www.crashdebug.fr/diversifion/16503-et-si-la-bce-nous-reservait-une-surprise-oeil-du-pro

CHRISTINE LAGARDE VA-T-ELLE TUER L’EURO ?

CHRISTINE LAGARDE VA-T-ELLE TUER L’EURO ?

PUBLIÉ PAR PHILIPPE HERLIN | 13 AOÛT 2019 | ARTICLES4100 

Christine Lagarde a été nommée le 2 juillet à la présidence de la Banque Centrale Européenne (BCE), en remplacement de Mario Draghi, et il s’agit incontestablement d’une victoire pour Emmanuel Macron car le candidat pressenti, l’allemand Jens Weidmann, avait plusieurs fois critiqué la politique laxiste de la BCE. Sa nomination aurait signifié une remontée des taux d’intérêt, et donc de grosses difficultés pour les États très endettés comme la France.

Mais qu’attendre réellement de l’ancienne présidente du FMI, qui n’a jamais dirigé de banque centrale, contrairement à ses prédécesseurs ? Pour répondre à cette question, nous nous appuyons sur une note de la banque américaine Goldman Sachs qui a été reprise dans le Bulletin mensuel de juillet de l’Agence France Trésor (page 2), la direction du ministère de l’économie chargée de la gestion de la dette publique. On ne manquera pas de s’étonner d’une telle conjonction, comme si le monde de la haute finance – publique et privée – sabrait le champagne à cette occasion.

Se basant sur les déclarations de Christine Lagarde de ces cinq dernières années, la note en conclut que ses vues « laissent présager une continuité de la politique de la BCE et nous nous attendons à ce qu’elle soutienne l’évolution récente de Mario Draghi vers plus d’assouplissement ». On pensait avoir touché le fond, mais non, ce sera encore pire !

La note rappelle qu’elle a « défendu avec ferveur » la politique d’assouplissement quantitatif (QE) et de taux négatifs initiés en 2013-2014 afin de mettre un coup d’arrêt au déclin de l’inflation et de contrer la faiblesse de la demande. Lagardeconsidère que ces actions doivent continuer jusqu’à ce que « la demande privée se soit complètement rétablie » et que le marché du travail revienne au plein emploi. Pour elle, une faible inflation constitue un « signe clair » que les ressources restent sous-employées.

Christine Lagarde ne comprend donc pas que les taux-zéro contribuent justement à cette anémie de l’économie en permettant aux grandes entreprises non compétitives de continuer à exister en s’endettant (les « entreprises-zombies »), ce qui génère des surcapacités de production qui pèsent sur les prix. Au-delà, elle ne comprend pas que ce qui obère la croissance en Europe provient d’une fiscalité trop élevée et d’une bureaucratie (européenne et nationale) envahissante. La lutte contre le réchauffement climatique menée tambour battant y participe également, et elle renchérit le coût de l’énergie, ce qui pèse sur les comptes des entreprises et sur la demande des ménages.

La croissance est revenue aux États-Unis, alors que le taux d’intérêt directeur de la Fed est pourtant clairement supérieur à celui de la BCE. Qu’a fait Donald Trump ? Baisse des impôts, déréglementation, abandon des subventions à l’éolien et mise en valeur des ressources fossiles (gaz de schiste, nous en avons en Europe). Qu’attendons-nous pour faire pareil ? Lorsque l’on met l’idéologie (étatiste, écologiste) en avant, il ne faut pas s’attendre à de bons résultats économiques.

En cas de crise – bancaire ou de dette souveraine – pas d’inquiétude, Christine Lagarde a « puissamment soutenu » le « whatever it takes » (« tout ce qu’il sera nécessaire ») de Mario Draghi lors de la gestion de la crise de la dette européenne. C’est tellement facile, faisons tourner la planche à billets plutôt que de s’attaquer à la racine des problèmes (déficits budgétaires, de la France notamment, trop de banques avec des bilans pourris, en Italie, en Grèce, ou en Allemagne avec la Deutsche Bank)…

Une politique monétaire qui irait encore plus loin que celle de Mario Draghi mettrait clairement l’euro en péril, à partir d’un moment la défiance envers la banque centrale se traduit par une fuite devant la monnaie, c’est-à-dire de l’hyperinflation. Ou alors une crise bancaire massive fera sauter tout le système. En toute modestie, nous conseillons à Christine Lagarde, dont l’investiture officielle se fera le 1er novembre, de potasser d’ici là les classiques de l’école autrichienne (Mises, Hayek, Rothbard). Ce serait une lecture d’été plus qu’utile.

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu’elle est accompagnée d’un lien vers la source originale.Tags : ÉconomieCrise financièreMonnaieBanques centralesTaux d’intérêtDettePolitiqueQE


PHILIPPE HERLIN CHERCHEUR EN FINANCE / DOCTEUR EN ÉCONOMIE

Chercheur en finance et docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers à Paris. Adepte des penseurs du risque extrême comme Benoît Mandelbrot et Nassim Taleb, ainsi que de l’école autrichienne, il apporte son regard sur la crise actuelle, celle de la zone euro, des dettes publiques, du système bancaire. Auteur d’un livre de référence sur l’or (L’or un placement d’avenir, Eyrolles), il souhaite lui voir jouer un rôle croissant dans nos économies, jusqu’à sa remonétisation pleine et entière

https://or.fr/actualites/christine-lagarde-va-tuer-euro-1607

LA FED ET LA BCE SONT EN MODE PANIQUE

LA FED ET LA BCE SONT EN MODE PANIQUE

PUBLIÉ PAR EGON VON GREYERZ | 5 AOÛT 2019 | ARTICLES8331 

Les messages de la BCE et de la Fed sont on ne peut plus clairs. Elles voient des problèmes majeurs dans le système financier et l’économie mondiale, et feront tout leur possible pour sauver le système. Mais elles échoueront.

L’automne 2019 sera marqué par un changement radical du sentiment, les marchés passant d’une tendance haussière séculaire à une tendance baissière séculaire. Nous allons probablement assister au krach de nombreux marchés boursiers mondiaux. Pratiquement personne n’est préparé à cela, donc il y aura à la fois de la panique et du désespoir.

LE MARCHÉ BOURSIER AMÉRICAIN EST HISTORIQUEMENT SURÉVALUÉ

Le marché boursier américain est aujourd’hui plus surévalué qu’en 1987, 1999 et 2006.

Le porteur de mauvaises nouvelles est au mieux ignoré ou au pire exécuté. J’espère éviter ces deux sorts tout en continuant à alerter les gens sur les dangers qui se profilent. Comme je l’ai dit aux lecteurs la semaine dernière, à un moment donnée, il n’y aura plus de demande pour les actions, les obligations et les produits dérivés. Cela signifie que ces marchés corrigeront violemment sans qu’aucun acheteur ne veuille acheter ces actifs en chute, peu importe le prix.

La plupart des gens ignorent cela. La majorité des investisseurs ont une confiance totale dans la capacité des banques centrales à sauver le monde une fois de plus en imprimant des quantités infinies de monnaie et en abaissant les taux d’intérêt.

LES BANQUES CENTRALES EN MODE PANIQUE

La Fed et la BCE sont maintenant en mode panique, bien qu’elles ne le montrent pas encore ouvertement. La Fed vient de baisser les taux d’intérêt de 0,25% cette semaine et la BCE a annoncé au monde entier qu’elle utiliserait tous les outils.

La semaine dernière, Draghi a déclaré :

« Le Conseil des gouverneurs a souligné le besoin d’une orientation très accommodante de la politique monétaire pendant une période prolongée dans la mesure où les taux d’inflation, à la fois enregistrés et projetés, ont été constamment inférieurs aux niveaux correspondant à son objectif. Dès lors, si les perspectives d’inflation à moyen terme restent inférieures à son objectif, le Conseil est déterminé à agir, conformément à son engagement en faveur de la symétrie dans l’objectif d’inflation. Il se tient donc prêt à adapter l’ensemble de ses instruments de façon adéquate pour assurer le rapprochement durable de l’inflation par rapport à son objectif ».

En conséquence, le Bund allemand à 10 ans vient de devenir négatif, tout comme les obligations françaises. C’est une politique absolument folle que de faire baisser les taux pour tenter de créer de l’inflation. Les banquiers centraux savent que l’inflation est mauvaise pour l’économie. Un taux d’inflation de 2% signifie que les prix doublent tous les 36 ans. Dans les années 1970, j’ai connu une inflation de 15% ou plus au Royaume-Uni pendant de nombreuses années. Une inflation de 15% signifie que les prix doublent tous les 5 ans. L’inflation n’est pas souhaitable pour les consommateurs, ni pour les épargnants ou les retraités.

LA BCE PARLE EN CHARABIA POUR MASQUER LES VRAIS PROBLÈMES

À mon avis, le charabia de la BCE dans la citation ci-dessus cache un problème plus grave qu’une faible inflation. La « symétrie dans l’objectif d’inflation » est une expression typique de banquier central sans aucun sens, formulée de façon à ce que personne ne puisse la comprendre. Le problème réside dans le système financier. Le système bancaire allemand est en faillite, avec la Deutsche Bank (DB) qui va de mal en pis. Ses créances irrécouvrables sont suffisantes pour faire couler la banque et son portefeuille de produits dérivés entraînera la faillite non seulement de la Bundesbank, mais aussi de l’Allemagne et de la BCE. Les produits dérivés de la DB s’élèvent à 45 000 milliards €. C’est 13 fois le PIB allemand. Cela signifie que lorsque les produits dérivés ne feront l’objet d’aucune offre, ce qui est fort probable, les 45 000 milliards € disparaîtront dans un trou noir sans valeur.

Ce ne sont pas seulement DB et les banques allemandes qui sont en faillite, mais aussi les banques italiennes, françaises, espagnoles, grecques et bien d’autres. Et la BCE est totalement ruinée. Son bilan s’élève à 4 700 milliards €, dont 40% sont des prêts aux États membres de l’UE. Le capital et les réserves de la BCE s’élèvent à 105 milliards €. La valeur nette de la BCE représente donc 2% du bilan total. Cela signifie que des pertes sur prêts de 2% sont suffisantes pour mettre la BCE en faillite ! Les pertes étant susceptibles d’être de 50-100%, la disparition de la BCE est fortement envisageable. Avant cela, elle se lancera dans une impression illimitée de monnaie.

Draghi a déjà dit que la BCE fera tout ce qui est en son pouvoir pour maintenir le système financier à flot. Sa déclaration de la semaine dernière n’était qu’une confirmation.

LA DETTE MONDIALE EST MAINTENANT HORS DE CONTRÔLE

Les récents messages de la Fed et de la BCE ne pourraient être plus clairs. Elles paniquent silencieusement, pour le moment. Mais bientôt, cela deviendra flagrant. Car nous sommes aujourd’hui au préambule de la plus grande impression de billets de l’histoire. Rien qu’au cours de ce siècle, la dette mondiale a été multipliée par trois, en passant de 80 000 milliards $ à 250 000 milliards $. Pour tenter de sauver le système financier, les banques centrales ont étendu le crédit de 170 000 milliards $ au cours des 19 dernières années. Elles l’ont fait en imprimant de la monnaie et en réduisant les taux d’intérêt à zéro ou négatifs.

Nous sommes donc maintenant à l’ère de l’argent gratuit ou extrêmement bon marché. Avec les actions à venir de la BCE et de la Fed, l’argent sera encore moins cher. Les banques centrales savent pertinemment qu’on ne peut pas résoudre un problème d’endettement en s’endettant davantage. Mais l’argent bon marché en abondance est la seule méthode qu’elles connaissent. Cela semble avoir fonctionné jusqu’à présent.

Mais aujourd’hui le monde se noie dans cet argent gratuit et bientôt sans valeur.

« APRÈS NOUS LE DÉLUGE »

« Après nous le Déluge », disait Madame de Pompadour, la maîtresse du roi de France Louis XV. Les Français venaient de perdre une guerre en 1757 contre la Prusse et le roi et sa maîtresse savaient que les conséquences seraient désastreuses pour la France et pour les finances du pays.

L’image de gauche ci-dessus, avec Obama et Bernanke, a été faite pour un article que j’ai écrit en 2011. Bernanke a imprimé et emprunté plus d’argent pendant son mandat que jamais dans l’histoire des États-Unis. Mais « on n’a encore rien vu ». Le problème est désormais mondial et les directeurs des deux plus grandes banques centrales, Powell et Lagarde, vont devenir les plus grands imprimeurs de monnaie de l’histoire. Ce n’est pas seulement une grande partie de l’encours de la dette mondiale qui devra être couverte, car la plupart d’entre elles ne seront pas remboursées. Si nous ajoutons les passifs éventuels et non capitalisés, la sécurité sociale et les dérivés sans valeur de 1,5 quadrillion $, l’impression monétaire totale se situera dans les quadrillions.

L’HYPERINFLATION ENTRAÎNERA L’IMPLOSION DU SYSTÈME FINANCIER

Tout l’argent imprimé sera totalement faux et n’aura aucune valeur. Mais avant que tout le système financier n’implose, le monde connaîtra une période hyperinflationniste qui n’aura rien à envier à la République de Weimar. La grande différence cette fois, c’est qu’il n’y aura pas de plein emploi comme à Weimar et personne pour nous sauver. Tout les efforts des banques centrales mondiales seront totalement inutiles. La prochaine période d’hyperinflation sera probablement brève, de l’ordre de 2-3 ans, et conduira à une implosion déflationniste du système financier.

PERTE DE CONFIANCE – DÉCLIN DES MARCHÉS

Quand une avalanche se déclenche, on ne sait jamais quel flocon de neige en est la cause. Il y a tellement de déclencheurs potentiels, comme les défauts de paiement de dettes à travers le monde. Normalement, le problème évident, comme la Deutsche Bank, n’en sera pas la cause puisque la Bundesbank allemande et la BCE vont se battre bec et ongles pour maintenir la DB à flot. En fin de compte, elles échoueront.

L’avalanche sera probablement déclenchée lorsque la confiance s’évanouira. Comme la plupart des marchés d’actifs sont aujourd’hui des méga bulles, il suffit d’un rien pour les faire éclater. Si nous regardons les plus grandes places boursières du monde, nous constatons qu’elles ont toutes déjà atteint un sommet (en dollars US) et que le marché américain est le dernier survivant.

LES MARCHÉS AMÉRICAINS PRÊTS À S’EFFONDRER

Comme le montre le graphique ci-dessous, l’indicateur de momentum présente une divergence avec le prix. Les quatre derniers plus hauts sommets de l’indice S&P depuis janvier 2018 ont été accompagnés d’un sommet plus bas à chaque fois. Ceci est extrêmement baissier et s’est produit aux sommets de 1999 et 2006 avec des chutes importantes par la suite.

LE DOW DESCENDRA-T-IL À 1 000 OU SEULEMENT À 10 000 ?

Jusqu’où ira ce marché baissier ? En 1929-1932, le Dow Jones a chuté de 90% alors que la situation économique mondiale était loin d’être aussi mauvaise qu’aujourd’hui. Dans un premier temps, le marché est susceptible de trouver un support dans la zone des 8 000 à 10 000, mais il atteindra probablement un jour la fourchette entre 600 et 1 000. Cette dernière a été une zone de consolidation pendant 17 ans, de 1965 à 1982.

Une baisse du Dow Jones à partir de son niveau actuel de 27,000 vers le deuxième support représenterait une chute de 97%. Cela semble inimaginable aujourd’hui, mais ce n’est pas très différent de la chute de 90% entre 1929 et 1932.

Je vais donc être clair. D’après mon analyse du marché boursier américain, nous assisterons à un renversement majeur de la tendance à long terme dès août 2019 et au plus tard au cours des trois prochains mois. L’inversion pourrait commencer progressivement, mais elle se transformera très vite en krach.

Pourrais-je me tromper ? Oui, bien sûr. Je me suis déjà trompé dans le passé, car j’avais sous-estimé la capacité des banques centrales à retarder l’échéance avec l’expansion irresponsable du crédit. Mais tout ce qu’elles ont obtenu, c’est une bulle plus grosse qui, lorsqu’elle éclatera, créera une implosion beaucoup plus grave des marchés, du système financier ainsi que de l’économie mondiale.

Je ne suis normalement pas un joueur, même si j’ai récemment accepté un pari de quelqu’un qui était convaincu que l’or ne casserait pas la ligne Maginot à 1,350 $. Malheureusement, celui qui m’a défié s’est finalement retiré.

Néanmoins, je dirais qu’il y a 95% de chances que les marchés boursiers s’effondrent cet automne et que l’or et l’argent atteignent des niveaux nettement plus élevés.

IL NE S’AGIT PAS DE GAGNER MAIS DE SE PROTÉGER

Mais je tiens à préciser que je n’ai aucun intérêt à gagner de l’argent en pariant sur les instruments financiers. Au lieu de cela, en faisant ces déclarations très fermes sur l’orientation des marchés d’investissement, mon but est de secouer les investisseurs et de leur faire prendre conscience des risques énormes auxquels le monde est actuellement confronté.

Ce n’est pas le moment de penser à faire de l’argent en investissant. Mieux vaut se préparer afin de perdre le moins possible au cours des cinq prochaines années. Parce que tout le monde sera perdant. Même si vous ne possédez pas d’actions ou d’obligations, vous perdrez la valeur de votre maison, votre retraite, votre emploi ou vos prestations de chômage. Vous risquez également de perdre l’argent que vous avez en banque, soit par la simple dépréciation monétaire, soit via un renflouement interne (bail-in), ou la faillite de votre banque.

Le but de la préservation de la richesse est de protéger ses actifs de la destruction plutôt que d’obtenir des rendements élevés.

L’or et l’argent physiques sont la meilleure assurance que vous puissiez avoir. S’ils atteignent les niveaux auxquels nous nous attendons, vous êtes également susceptible de réaliser une plus-value importante, mais ce n’est pas la principale raison pour laquelle il faut détenir des métaux précieux.

Source originale: Matterhorn – GoldSwitzerland

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EGON VON GREYERZ MEMBRE DU CONSEIL D’ADMINISTRATION DE OR.FR – FONDATEUR MAM

Egon von Greyerz est le fondateur de Matterhorn Asset Management AG et de Goldswitzerland.com. II est actionnaire et membre du conseil d’administration de Goldbroker.com depuis Novembre 2012. Egon von Greyerz avait prévu les problèmes actuels de l’économie mondiale il y a plus de 10 ans. En 2002, quand le prix de l’once d’or était de 300 $, MAM a recommandé à ses investisseurs de placer 50% de leurs actifs en or physique stocké hors du système bancaire. Egon von Greyerz a débuté sa carrière professionnelle à Genève en tant que banquier, puis a passé 17 ans en tant que directeur financier et vice-président de Dixons Group (DSG International Plc), le plus grand détaillant d’équipement électronique et électrique du Royaume-Uni. Depuis les années 1990, Egon von Greyerz a été impliqué activement dans les activités d’investissement financier, dont le conseil en opérations de fusions/acquisitions et en allocation d’actifs pour les fonds familiaux privés. Cela l’a conduit à créer Matterhorn Asset Management comme véhicule principal de gestion d’actifs fondée sur les principes de préservation du patrimoine. La Division Gold Switzerland a été créé pour faciliter l’achat et le stockage de l’or physique pour les investisseurs tant privés qu’institutionnels. Egon von Greyerz fait régulièrement des apparitions dans les médias (CNBC, BBC, King World News) et participe à des conférences sur l’investissement à travers le monde. Il publie également des articles sur les métaux précieux, l’économie mondiale et la préservation du patrimoine.

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«En 2019, la croissance française devrait être deux fois supérieure à celle de l’Allemagne», selon Villeroy de Galhau

«En 2019, la croissance française devrait être deux fois supérieure à celle de l’Allemagne», selon Villeroy de Galhau

François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France. [Noir sur Blanc (Essec)]

François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, défend le rôle de son institution et prédit une croissance française deux fois supérieure à celle de son voisin allemand. Un article de notre partenaire, La Tribune.

En cette période tumultueuse où les marchés financiers européens se préparent aux turbulences d’un Brexit sans accord, le gouverneur de la Banque de France a accepté de répondre aux questions des Mardis de l’ESSEC. Et la tâche du soir pour François Villeroy de Galhau n’en fut pas beaucoup plus aisée : convaincre des étudiants perplexes quant à l’actualité du rôle que joue une institution comme la Banque de France, vieille de deux siècles.

« Avoir des institutions financières de régularisation plus efficaces est un élément positif de l’économie française ! » Créée par Napoléon Bonaparte en 1800, la Banque de France a aujourd’hui deux grandes missions : « Une mission de confiance et une mission de bon financement de l’économie ».

Cette dernière renvoie notamment à la surveillance des banques et groupes d’assurance à travers une instance peu connue du grand public, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution.

Bien que son rôle soit méconnu des Français, la Banque de France n’en demeure pas moins un rouage essentiel de l’économie française et européenne. Elle garantit la confiance dans l’euro, pilier d’un système coopératif qui est, selon Villeroy de Galhau, « l’institution européenne qui fonctionne le mieux ».

À ceux qui douteraient encore de l’influence de « sa » banque : « Avoir des institutions financières de régularisation de la finance le plus efficace possible est un élément positif de l’économie française, et on peut parfaitement moderniser une institution publique », martèle-t-il.

Sa notoriété, la Banque de France la tire peut-être de ses fameuses réserves d’or (2345 tonnes). Objet de fantasmes de bon nombre de souverainistes, l’or est même sujet à des (fausses) rumeurs selon lesquelles la Banque de France songerait à vendre ses réserves. « C’est faux ! » répond le gouverneur, « on pourrait vendre l’or, mais c’est ultra-sensible sur le plan émotionnel » avant d’ajouter que « ce qui fait la valeur d’une monnaie, c’est la confiance qu’elle inspire entre les parties qui l’échangent ».

Économie et croissance: comment l’UE doit-elle avancer?

L’économie et la croissance feront partie des priorités du prochain Parlement européen, selon  les eurodéputés Sven Giegold (Vert) et Gunnar Hökmark (PPE).

« J’ai passé dix ans en entreprise car ce ne sont pas  deux mondes opposés, c’est deux manières de servir son pays. De grâce, n’opposons pas les deux ! »

De même que les interrogations sur l’importance de la Banque de France ne cessent de croître, le service public est lui aussi de plus en plus remis en question. À ceci s’ajoute le fait que public et privé ne sont pas toujours perçus comme compatibles, en témoigne la nomination de Villeroy de Galhau à la tête de la Banque de France qui avait alors provoqué quelques remous. À ceux qui lui reprochent son passage chez BNP Paribas, le gouverneur affirme : « J’avais pris des engagements clairs sur le fait que je rompais tout lien avec BNP Paribas. Personne ne m’a pris en défaut dans le fait de servir en tant qu’homme libre et droit ».

Figure du public passée par le privé, François Villeroy de Galhau reste convaincu de cette spécificité qui fait, à ses yeux, la force de notre pays : « J’espère qu’il n’existe pas d’antagonisme entre la modernité et le service public. J’ai passé dix ans en entreprise, car ce ne sont pas deux mondes opposés, c’est deux manières de servir son pays. De grâce, n’opposons pas les deux ! »

« Il n’y a pas de surendettement global des familles françaises »

Par sa fonction régulatrice de l’économie, la Banque de France se doit de détecter d’éventuelles menaces qui pourraient porter atteinte au système. Prévenir le surendettement, qui plus est au moment où emprunter en France n’a jamais été aussi simple, apparaît crucial. L’endettement du secteur privé a atteint 133% du PIB au troisième trimestre 2018, endettement directement corrélé à la politique extrêmement accommodante de la BCE.

Villeroy de Galhau a tant bien que mal tenté de relativiser ce phénomène : « Dans la culture de financement français, on a une préférence pour le financement par la dette, notamment dans les entreprises ».

Il peut néanmoins se targuer d’avoir traité avec justesse la question du surendettement puisque fin 2018, la Banque a connu une baisse de 30% du nombre de dossiers, « notamment grâce à la loi Lagarde qui encadre mieux ». D’autant plus que le surendettement ne concerne qu’entre 150 000 et 200 000 personnes, ce qui pousse François Villeroy de Galhau à considérer « qu’il n’y a pas de surendettement global des familles françaises ».

La stabilité des prix exigée par les citoyens implique une inflation inférieure à 2%, ce qui nécessite une politique monétaire accommodante. Mais rassurez-vous, loin de lui l’idée de prêter à tout va, le gouverneur de la Banque de France est « payé pour rester vigilant en permanence ».

« La sortie de l’euro serait un jeu extrêmement dangereux sur l’inflation,  la croissance et les conditions de financement »

Alors que les États-Unis connaissent une certaine stabilité et une croissance forte, la croissance française – tout comme l’ensemble de l’Union européenne – a connu une année 2018 en deçà des prévisions de la BCE. Mais il ne faut pas s’y tromper, si les États-Unis ont bien pu compter sur une relance de leur économie, au moyen notamment d’une forte politique budgétaire, celle-ci se fait au détriment de ses partenaires économiques tels que l’Union européenne. M. Villeroy de Galhau n’a pas mâché ses mots au sujet de l’actuel président américain « M. Trump a notamment un fort rôle sur le ralentissement de la croissance mondial : le protectionnisme est un ennemi de la croissance. Dans le ralentissement pour 2018, l’incertitude sur le commerce mondial est le premier facteur explicatif ».

Outre l’influence américaine sur les résultats européens, on peut déplorer le climat économique morose de plusieurs pays européens qui n’arrange rien. Avec en tête de ce mouvement l’économie italienne qui connaît une croissance trop faible, aujourd’hui aux alentours de 0%, représentant ainsi « un frein assez fort ». De son côté, l’Allemagne a connu des facteurs spécifiques comme le test des moteurs diesels qui a changé et auquel l’industrie allemande a eu du mal à s’adapter. Enfin, et non des moindres, la France résiste mieux, car nous avons aujourd’hui « beaucoup de pouvoir d’achat dans l’économie française, et pas que les « mesures gilets jaunes » ». Le gouverneur de la Banque de France a ainsi clos son bilan de l’année 2018 par une note des plus encourageantes : « En 2019, la croissance française devrait être deux fois supérieure à l’économie allemande ! »

Les élections européennes approchent, et tandis que certains partis nationalistes prônent une récupération de la souveraineté monétaire afin d’utiliser la monnaie comme levier de croissance, il est bon de rappeler le soutien que portent les citoyens européens à l’euro avec plus de 75% d’avis favorables. Sortir de l’euro, met en garde Villeroy de Galhau, « ferait exploser l’inflation et jouerait sur le pouvoir d’achat ». D’autant plus que « dans les gains de l’euro, on a eu la diminution des coûts de financement de l’économie », ajoute-t-il. Car si le différentiel de taux entre la France et l’Allemagne était de 1,9% dix ans avant Maastricht, il n’est aujourd’hui plus que de 0,4%. Un rappel n’étant jamais de trop : « La sortie de l’euro serait un jeu extrêmement dangereux sur l’inflation, la croissance et les conditions de financement. »

« Ne soyons pas trop dans l’autoflagellation »

Débat national oblige, François Villeroy de Galhau s’est exprimé sur un sujet qui ne laisse personne insensible : la fiscalité. Toujours dans son rôle de garde-fou de l’économie française, le gouverneur de la Banque de France « appelle à la prudence sur la créativité fiscale ». L’objectif premier doit ainsi être la réduction de la dette publique : « si on veut moins de déficit, tôt ou tard il faudra moins de dépenses, donc la stabilisation de la dépense publique en volume, pour qu’elle n’évolue pas comme l’inflation ». Ce qui passe par une solidarité intergénérationnelle : « On est tous sensible au développement durable : cette dette publique, c’est la charge que nous vous léguons, et on n’en est pas très fiers ».

Soucieux de créer du lien avec les étudiants, Villeroy de Galhau a pris garde de conclure son intervention par un message que nous ne répéterons jamais assez : « Je souhaite que chacun d’entre vous puisse être fidèle à sa vocation. Je vous souhaite d’être toujours fier de votre pays et de l’Europe. Nous portons des valeurs, un modèle social, donc ne soyons pas trop dans l’autoflagellation ».

La Banque de France voudrait plus de fusions bancaires transfrontalières en Europe

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a plaidé l’allègement des barrières réglementaires qui freinent les fusions bancaires transfrontalières en Europe.