Archives pour la catégorie Banque Centrale Européenne

Jean-Claude Trichet : “Nous sommes dans une situation pire que 2008 !”

Jean-Claude Trichet : “Nous sommes dans une situation pire que 2008 !”

BCE, banques européennes, ralentissement de l’économie mondiale : Jean-Claude Trichet, ancien président de la Banque Centrale Européenne réagit à l’actualité économique.

Source : Écorama du 11 mars 2019, présenté par David Jacquot sur boursorama.com

https://www.ndf.fr/politique/15-03-2019/jean-claude-trichet-nous-sommes-dans-une-situation-pire-que-2008/

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Zone euro : quelle riposte face au risque de crise économique

12/03/201904:38

Le risque de récession est élevé aujourd’hui en Europe. Les prévisions pessimistes se succèdent. L’histoire n’est pas écrite pour autant. A première vue, le panorama des conjonctures nationales demeure hétérogène. Les pays du Sud sont encore dans une séquence de rattrapage, l’Espagne ou le Portugal notamment. Et plus de la moitié des pays de l’UE se maintiennent sur les rythmes supérieurs à 2% de croissance, notamment les PECO. La mayonnaise de la récession européenne, synchrone n’a donc pas encore pris. En revanche, il est clair que le noyau dur, Allemagne, France et Italie, est à la peine. Et que son affaissement spectaculaire depuis un an risque d’embarquer l’ensemble de la dynamique européenne, si rien n’est fait.


C’est à ce moment que l’Europe peut jouer son rôle. Le président de la banque centrale européenne ne s’y est pas trompé, lors ses annonces du 7 mars. Il sait que c’est lorsque la mer se retire que surgissent tous les problèmes bancaires et financiers. Il prend les devants côté bancaire en relançant le dispositif de refinancement à long terme, fléché sur les banques, et maintient les taux à leur plancher car il sait aussi que le coût d’un sauvetage sera collectivement bien plus élevé que celui d’une impulsion lancée à temps pour éviter que la dynamique récessive ne s’enclenche.


Alors l’Europe, aujourd’hui plus pragmatique, peut-elle être cette fois-ci au rendez-vous de l’histoire ? Peut-elle jouer son rôle protecteur capitalisant sur les erreurs du retard à l’allumage de l’ère Trichet ? Et mobiliser à temps l’arme budgétaire pour relayer l’arme monétaire ?


A priori, on se dit que les choses ne sont pas mal parties. Clairement, la solution est entre les mains du noyau dur. Et de ce côté, pour des raisons variées, les choses vont dans le bon  sens. L’heure est plutôt au relâchement de la discipline budgétaire. En France, après l’inflexion socialo-fiscale mise en place en réponse au mouvement des gilets jaunes.  En Italie, avec le changement de cap budgétaire initié par la coalition anti-système issue des élections de mars 2018. Et même en Allemagne, où le gouvernement a lâché du lest sur les fonctionnaires. Et a promis à partir du 1er janvier 2021 la suppression de l’impôt de solidarité finançant la réunification, pour 90% de la population imposable.


Mais est-ce suffisant ? Clairement l’Europe, ne réitère pas l’erreur de la pro cyclicité de ses politiques. Clairement, l’inflexion, légère certes, ce produit là où elle doit être opérée en priorité. Et a minima, elle devrait jouer un rôle amortisseur. Mais il faut s’interroger aussi sur les racines de la crise pour prendre la mesure d’un ajustement qui dépasse de beaucoup les simples considérations conjoncturelles.


Si l’Europe est à la peine, et si l’Allemagne est au cœur de son marasme, c’est que la donne de la mondialisation est en passe d’être bouleversée. L’heure est à la croissance autocentrée c’est-à-dire au repli sur les zones de croissance régionales. Des Etats-Unis, à la Chine en passant par le Japon, il est clair que les grandes régions du monde jouent la préférence locale. Les États-Unis au premier chef, ne veulent plus être le consommateur en dernier ressort du reste du monde. Leur croissance, doit d’abord bénéficier à leur industrie nationale. Trump porte la croissance américaine, en étendard.  Il tempère les tensions à la hausse du pétrole pour ménager le pouvoir d’achat de ses concitoyens. Il baisse les impôts. Et érige des barrières pour se protéger des intrusions étrangères. Et en lançant les hostilités, il oblige tous les autres modèles extravertis à se repositionner. Côté chinois, cela se traduit par un double impératif… la conquête du marché intérieur, et surtout, la conquête du ventre mou de la mondialisation que constitue le marché européen. Une Europe qui fait figure de nouveau consommateur en dernier ressort de l’offre du monde.


Et sous ces coups de butoir, le modèle allemand vacille. Il s’est tout entier bâti sur la constitution d’excédents colossaux pour le financement de ses retraites. Elle n’a eu de cesse d’œuvrer pour consolider sa compétitivité et celle de ses partenaires pour partir à la conquête des marchés extra-européens. Or le nouveau design de la mondialisation invalide toute la stratégie de long terme de la principale économie européenne. Et c’est bien plus qu’une politique de relance, encore balbutiante, qu’il lui faudra pour relever le défi de la nouvelle donne mondiale. Le risque, c’est que arrimée à sa quête d’excédent, l’Allemagne ne transforme l’Europe en champ de bataille de la guerre commerciale qu’elle livre à la Chine. Et que les économies qui demeurent arrimée à leur modèle social ne soient les grandes perdantes de la lutte à mort des grandes économies extraverties.

Mots clés :BCEAllemagneFranceMondialisationItalieEuropePolitique budgétaireRécession

https://www.xerficanal.com/economie/emission/Olivier-Passet-La-crise-structurelle-de-la-consommation_3746973.html?utm_source=Mod%E8le%20diffusion%20Xerfi%20Canal&utm_medium=email&utm_campaign=XC130319

La BCE reconnaît que les banques européennes vont mal

La BCE reconnaît que les banques européennes vont mal

Publié par Philippe Herlin | 21 févr. 2019 | Articles 1164

Si l’on vous dit que le secteur bancaire européen se porte bien, n’en croyez rien : la Banque centrale européenne (BCE) elle-même est consciente du problème, et elle vient de l’avouer. La nouvelle n’a fait que quelques lignes dans les journaux spécialisés, mais elle mérite d’être mise en lumière. Un des membres du directoire de la BCE, le Français Benoît Cœuré, a en effet laissé entendre qu’il « pourrait y avoir de la place pour un autre TLTRO » (L’Agefi).

Les TLTRO (Targeted Long-Term Refinancing Operation) sont des facilités de financement (des prêts à taux très faibles) offerts par la BCE aux banques commerciales de la zone euro en mal de liquidités. La précédente tranche avait été lancée en juin 2016, d’une durée de quatre ans, son remboursement doit commencer à partir de juin 2020. Problème : de nombreuses banques ne disposent pas de cet argent, du fait de leur situation financière dégradée, d’où la volonté de la BCE de proposer une autre tranche. Une façon comme une autre de rouler la dette, de faire de la cavalerie financière…

Les montants souscrits par les banques des différents pays en 2016 ont été estimés par l’agence Reuters. On connaît la situation dégradée des banques italiennes et espagnoles, ainsi que celle de la Deutsche Bank, de la Commerzbank et de plusieurs banques régionales allemandes. Mais la surprise est de la voir la France arriver en troisième position, devant l’Allemagne dont, pourtant, les difficultés de sa plus grande banque constituent une vive source d’inquiétude en Europe et dans le monde. Des banques françaises nous cachent-elles quelque chose ?

 

  Montant des TLTRO souscris par les banques en 2016
Pays Milliards d’euros
Italie 250
Espagne 175
France 110
Allemagne 90
Portugal 25
Pays-Bas 20
Belgique 20
Autriche 20
710

Source : Reuters

 

Depuis le 1erjanvier, la BCE a arrêté son QE, son programme de rachat d’actifs obligataires. Les 2 600 milliards d’euros de planche à billets n’ont servi à rien, comme nous l’avons dit. Ils n’ont eu aucun effet sur la croissance économique. Leur véritable utilité aura seulement consisté à abaisser les taux d’intérêt pour permettre aux États de continuer à s’endetter, et à fournir des liquidités aux banques qui en ont besoin. Il fallait donc, pour les banques en difficulté, qu’un autre programme prenne le relais.

Cette politique monétaire laxiste ne fait que repousser les problèmes dans le futur ; il serait vraiment temps qu’elle cesse ! Le mandat du président de la BCE, Mario Draghi, prendra fin en octobre de cette année et parmi les successeurs pressentis figure Jens Weidmann, l’actuel président de la Banque centrale allemande, connu pour ses positions plus rigoureuses. Ce serait à l’évidence le meilleur choix. On parle aussi de François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France qui lui, par contre, s’inscrirait dans la continuité de Mario Draghi. Il faut vraiment souhaiter la victoire du candidat allemand. Quoi qu’il en soit, l’assainissement du secteur bancaire européen figurera en tête des priorités du nouveau président de la BCE.

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu’elle est accompagnée d’un lien vers la source originale.


Philippe Herlin  Chercheur en finance / Membre de l’équipe éditoriale de Goldbroker.com

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https://www.goldbroker.fr/actualites/bce-reconnait-que-banques-europeennes-vont-mal-1488

Europe : La 3e plus grosse banque de Lettonie en faillite, la BCE ne la sauvera pas !

Europe : La 3e plus grosse banque de Lettonie en faillite, la BCE ne la sauvera pas !

Publié par Brujitafr sur 27 Février 2018, 07:48am

Catégories : #ACTUALITES, #ECONOMIE – FINANCE, #Crise de l’Euro

Europe : La 3e plus grosse banque de Lettonie en faillite, la BCE ne la sauvera pas !
Lorsqu’une banque fait faillite, cette faillite et sa fermeture sont toujours annoncées un week-end, et le plus souvent le dimanche car tout est fermé. Comme quoi, la fermeture dominicale peut être utile même au grand capital. C’était pour la rime, dominical-capital… Bon, c’est lundi, vous serez indulgents avec mon sens de l’humour économique.

Retenez néanmoins cette règle ! Je me souviens d’une époque pas si lointaine où quelques épargnants, bien rares il faut le dire, retiraient tous leurs sous chaque vendredi, pour les déposer à nouveau chaque lundi. Cela a sauvé au moins une mamie chypriote. Si une banque ferme, elle ferme le week-end et vous vous réveillez le lundi avec vos yeux pour pleurer.

Si nous remontons encore plus loin dans l’histoire économique, à chaque dévaluation du franc, les épargnants français se réveillaient le lundi moins riches de 30 ou 40s% par rapport aux devises étrangères que le vendredi. Évidemment, les petits malins et ceux qui étaient bien informés avaient, eux, acheté de l’or ou des devises étrangères et se retrouvaient le lundi 40 % plus riches que leurs compatriotes, dindons de la farce.

Cette époque, je ne l’ai pas connue, mais j’en ai largement entendu parler de vive voix et dans mes livres. Les sujets changent et encore, pas tout le temps. Les méthodes, elles, en revanche, restent les mêmes.

Lettonie : la banque ABLV déclarée en « faillite » par la BCE

Vous vous souvenez sans doute de l’information que je vous relayais il y a une grosse semaine avec cette histoire de gouverneur de la Banque centrale de Lettonie qui venait d’être arrêté et embastillé pour corruption ?

Eh bien il semble que cette sombre histoire soit reliée à la chute ce week-end de la troisième banque commerciale lettone qui a vu sa situation se dégrader après des accusations de blanchiment d’argent venant de Washington.

Voici ce que rapporte le journal Le Monde.

“La Banque centrale européenne (BCE) a déclaré samedi 24 février «en état de faillite ou faillite probable» la troisième banque commerciale en Lettonie, ABLV Bank, dont la situation s’était fortement dégradée après des accusations de blanchiment d’argent venant de Washington. (…)
La Banque centrale européenne a justifié dans un communiqué cette étape supplémentaire en invoquant les liquidités insuffisantes de la banque ABLV, qui «ne sera probablement pas en mesure de payer ses dettes» et de «résister à des retraits massifs de dépôts» de clients affolés une fois le gel levé et en attendant un hypothétique plan de sauvetage de Riga.

Soupçons de liens avec la Corée du Nord

De son côté, ABLV crie au sabotage et assure avoir pris la semaine dernière toutes les dispositions nécessaires, en faisant notamment entrer dans ses caisses «1,36 milliard d’euros en quatre jours ouvrés» afin de rassurer la BCE. «C’était tout à fait suffisant pour que la banque reprenne ses paiements et honore tous ses engagements envers ses clients, mais en raison de considérations politiques, nous n’y avons pas été autorisé», a réagi le groupe bancaire dans un communiqué cité par l’agence BNS.

La situation financière d’ABLV Bank s’est subitement détériorée en fin de semaine dernière après la décision le 13 février par le département du Trésor américain de désigner la banque lettone comme un établissement «de première importance en matière de blanchiment d’argent», impliquée dans des programmes illégaux de développement d’armes en Corée du Nord.

Les difficultés d’ABLV surviennent au moment où un scandale politico-financier éclabousse le gouverneur de la Banque centrale lettone, Ilmars Rimsevics. Soupçonné de corruption et suspendu de ses fonctions, M. Rimsevics, qui siège donc aussi à la BCE, clame son innocence et a accusé dans la presse d’autres banques lettonnes d’orchestrer une vengeance contre lui, mais sans faire de lien avec ABLV.”

Non-intervention de la BCE et activation du MRU, le Mécanisme de résolution unique !

“L’état de faillite de la banque lettone a été formellement prononcé depuis Bruxelles par le MRU (Mécanisme de résolution unique), une institution active depuis janvier 2016 et chargée d’organiser la faillite ordonnée des banques en difficulté de la zone euro. La mission de cet organe est de faire porter le fardeau financier davantage sur le secteur bancaire que sur les États.”

C’est la véritable première fois que le MRU va être réellement utilisé et il va être passionnant de voir à quelle sauce les épargnants lettons seront dévorés.

Néanmoins, souvenez-vous que la Banque italienne Monte dei Paschi a été sauvée par l’État italien parce qu’elle était trop grosse pour faire faillite.

Si le MRU peut ici être actionné, ce qui nous vaudra des communiqués de victoire de nos autorités européennes vantant les mécanismes qu’ils ont mis au point et qui “fonctionnent”, la réalité c’est qu’ils fonctionnent uniquement parce que c’est la 3e banque commerciale de Lettonie. La première banque allemande, elle, ferait sauter la planète entière en cas de problème et la BCE interviendrait sous les applaudissements généralisés de la foule de mamamouchis en délire.

Pour résumer.

1/ Les banques ferment le week-end.
2/ Les banques trop petites seront sacrifiées et les épargnants avec.
3/ Les banques trop grosses pour faire faillite continueront à être sauvées.

Conclusion : ayez votre compte dans la moins mauvaise des plus grosses banques !!

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

Source Le Monde ici