Archives pour la catégorie BARHEIM

Annexion de la Cisjordanie : Tensions entre Israël et les monarchies du Golfe

GÉOPOLITIQUE24.juin.2020 // Les Crises

Annexion de la Cisjordanie : Tensions entre Israël et les monarchies du Golfe

76https://www.facebook.com/v2.11/plugins/like.php?action=like&app_id=842357145863413&channel=https%3A%2F%2Fstaticxx.facebook.com%2Fx%2Fconnect%2Fxd_arbiter%2F%3Fversion%3D46%23cb%3Df86cc37d00a8cc%26domain%3Dwww.les-crises.fr%26origin%3Dhttps%253A%252F%252Fwww.les-crises.fr%252Ff1d2acef69eef54%26relation%3Dparent.parent&container_width=0&href=https%3A%2F%2Fwww.les-crises.fr%2Fannexion-de-la-cisjordanie-tensions-entre-israel-et-les-monarchies-du-golfe%2F&layout=button_count&locale=fr_FR&sdk=joey&share=true&show_faces=true&size=large

Source : ConsortiumNews
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

La plupart des États arabes du Golfe persique n’ont pas d’autre choix que de se prononcer fermement contre les annexions en cours, écrivent Giorgio Cafiero et Claire Fuchs.

Malgré le réchauffement des relations avec Israël, les monarchies arabes du Golfe s’opposent au moins publiquement à la décision unilatérale de Tel-Aviv d’annexer 30 à 40 % de la Cisjordanie le mois prochain. La raison principale tient au fait que l’opinion publique des pays du Golfe et du monde islamique en général reste fermement pro-palestinienne.

Confrontés il y a tout juste neuf ans à une révolte régionale qui a alimenté les troubles au Bahreïn, et toujours à une guerre en cours au Yémen et à la faiblesse des prix du pétrole, les dirigeants du Golfe ne veulent pas que leur partenariat tacite avec Israël crée de nouvelles sources de colère internes qui pourraient nuire à leur légitimité perçue par les citoyens du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Malgré des années d’abandon des Palestiniens et d’établissement de liens à peine voilés avec Israël, la plupart des États arabes du Golfe n’ont d’autre choix que de s’opposer fermement aux annexions en cours.

Le 1er juin, le ministre d’État aux affaires étrangères des Émirats arabes unis (EAU), Anwar Gargash, a tweeté : « Les Israéliens doivent cesser de parler de l’annexion des terres palestiniennes. »

Neuf jours plus tard, l’ambassadeur d’Abou Dhabi à Washington, Yousef al-Otaiba, a écrit une tribune libre pour le journal israélien Yedioth Ahronoth dans laquelle il lançait un appel aux Israéliens pour qu’ils ne procèdent pas à l’annexion.

Il a déclaré que son pays pourrait servir de « porte ouverte reliant les Israéliens à la région et au monde » mais que l’annexion de la Cisjordanie pourrait nuire au processus d’amélioration des liens entre Tel-Aviv et les États arabes tels que les Émirats arabes unis.

Otaiba a également produit un message vidéo en anglais, qui accompagnait son éditorial. « Nous voulions parler directement aux Israéliens. Le message portait sur tous les progrès que vous avez vus et les attitudes qui ont changé à l’égard d’Israël, les gens devenant plus tolérants et moins hostiles à l’égard d’Israël, tout cela pourrait être sapé par la décision d’annexer« .

Début juin, l’ambassadeur des Émirats a averti que l’annexion rendrait le Moyen-Orient « encore plus instable » et « exercera une pression politique incroyable sur nos amis de Jordanie« .

Le 10 juin, le ministre saoudien des affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, s’est adressé aux ministres des affaires étrangères lors d’une réunion de l’Organisation de coopération islamique (OCI), au cours de laquelle il a déclaré qu’une telle annexion constituerait une « escalade dangereuse » et un « défi pour tous ces traités, normes, lois, conventions et résolutions internationales [qui] ne prennent pas en considération les droits du peuple palestinien« .

Bin Farhan a souligné que Riyad s’oppose à l’annexion et maintient son engagement à « la paix comme option stratégique« . Le conflit israélo-arabe doit être résolu « conformément aux résolutions internationales pertinentes, au droit international et à l’initiative de paix arabe de 2002« , a-t-il déclaré.

Lors de cette même réunion de l’OCI, le ministre koweïtien des affaires étrangères, Cheikh Ahmad Nasser Al-Mohammad Al-Sabah, a déclaré « Il est important que la communauté internationale se rende compte que ces menaces et provocations d’annexion israéliennes constituent une escalade dangereuse qui menace tous les efforts et les initiatives déployés pour établir une paix globale, juste et durable dans la région« .

Quatre jours plus tôt, le vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères du Qatar, Cheikh Mohamed bin Abdelrahman Al-Thani, s’était opposé à l’offensive israélienne. L’annexion « équivaut à planter le dernier clou dans le cercueil du processus de paix » tout en « enterrant toute possibilité de règlement du conflit à l’avenir« . Il a également averti que de telles « implications sécuritaires, économiques et sociales seront catastrophiques pour toute la région« .

Ces déclarations rappellent que malgré leur volonté de cultiver des liens plus étroits avec Israël, les gouvernements du Golfe ne peuvent être considérés comme totalement indifférents à la lutte palestinienne. Si les Israéliens procèdent à l’annexion de certaines parties de la Cisjordanie le mois prochain, personne ne sait comment la « rue arabe » réagira.

Tous les régimes arabes sont préoccupés par les réactions de l’opinion publique contre des dirigeants considérés comme indifférents ou complices des actions israéliennes qui laisseraient aux Palestiniens un « bantoustan » dans leur pays.

Aucun chef d’État arabe n’a oublié comment ou pourquoi la vie du président égyptien Anouar El-Sadate s’est terminée. Par conséquent, l’annexion par Israël de la vallée du Jourdain et des colonies juives changera probablement les relations entre le Golfe et Israël en surface, les rendant plus confidentielles et moins transparentes.

Mais cela signifierait-il que les États du Golfe, qui se sont rapprochés d’Israël au cours des cinq dernières années, modifieraient fondamentalement la substance de leurs partenariats tacites avec l’État juif ? Probablement pas.

En raison de la frontière de la Jordanie avec la Cisjordanie, de l’importante population palestinienne et des partis islamistes qui s’opposent ouvertement à ce qu’Amman reste dans le traité de paix du Wadi Araba, il y a toutes les raisons de considérer les plans d’annexion israéliens comme une menace pour la stabilité du Royaume hachémite.

Les États du Golfe, cependant, sont plus éloignés des troubles que cette mesure unilatérale de la part de Tel-Aviv devrait déclencher.

En outre, les gouvernements du Golfe considèrent que leurs relations avec Israël dans les domaines de l’économie, des affaires, des renseignements et de la sécurité sont bénéfiques pour leurs intérêts, ce qui incitera davantage les Émirats et les Saoudiens à ne pas se défaire des liens qu’ils ont récemment renforcés avec Israël, même s’ils décident de faire davantage pour masquer ces relations encore taboues.

Le 16 juin, le ministre d’État aux affaires étrangères des Émirats arabes unis est allé jusqu’à déclarer qu’Abu Dhabi pouvait encore « travailler avec Israël dans certains domaines, notamment la lutte contre le nouveau coronavirus et la technologie » malgré ses « divergences politiques« .

Il a souligné que le maintien de lignes de communication avec Israël est essentiel, suggérant qu’une annexion de certaines parties de la Cisjordanie n’empêchera pas les Émirats de continuer à coopérer avec Israël dans divers domaines.

Dans un contexte géopolitique plus large, les dirigeants d’Abou Dhabi et de Riyad considèrent que les efforts pour contrer les programmes turcs et iraniens au Moyen-Orient et en Afrique du Nord sont bien plus prioritaires que la défense des Palestiniens.

Ainsi, les Émirats et le royaume saoudien se trouvent alignés sur Israël, qui partage leurs convictions quant à la nécessité de contrer la Turquie, les Frères musulmans et la République islamique d’Iran. Ces dynamiques, les perceptions communes des menaces et les intérêts qui se chevauchent ne changeront pas de sitôt, quoi qu’Israël fasse en Cisjordanie le mois prochain.

Israël n’a jamais eu de relations diplomatiques formelles avec un État du CCG. Officiellement, chaque monarchie arabe dans le Golfe Persique est « l’ennemi » d’Israël.

En réalité, cependant, la plupart des membres du CCG – à l’exception notable du Koweït, qui est fermement pro-palestinien dans sa politique étrangère actuelle – se sont considérablement rapprochés de Tel-Aviv au cours des cinq dernières années. Dans le même temps, la plupart de leurs programmes de politique étrangère ont réduit la priorité accordée au soutien de la lutte palestinienne.

En avril 2018, le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman (MbS) s’est rendu à New York pour prendre la parole lors d’une réunion à huis clos à laquelle auraient participé des dirigeants de diverses organisations juives. Selon Axios, MbS a déclaré « Il est temps que les Palestiniens acceptent les propositions et acceptent de venir à la table des négociations ou se taisent et cessent de se plaindre« .

En octobre 2018, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rendu une visite officielle au défunt sultan Qaboos d’Oman à Mascate. Quatre mois plus tard, lors de la conférence de Varsovie sur la paix et la sécurité au Moyen-Orient, Netanyahu a rencontré les principaux diplomates d’Arabie Saoudite et d’Oman.

Les Israéliens ont également participé à des compétitions d’athlétisme aux EAU et au Qatar. AGT International (une société israélienne basée en Suisse) a récemment signé un accord de 800 millions de dollars avec les Émirats. Le grand rabbin de Jérusalem s’est rendu à Bahreïn, où des responsables ont fait des efforts pour toucher la communauté juive des États-Unis afin de se rapprocher d’Israël. La longue liste d’autres exemples d’engagement entre le CCG et Israël se poursuit.

Il existe également des relations croissantes entre les États du CCG et Israël dans les domaines du renseignement et de la sécurité. Ces liens ne sont pas nouveaux. Ils remontent aux années 1960 et 1970. Pourtant, ces dernières années, Tel-Aviv et les États du Golfe ont été plus visibles sur ces liens, dans une période où la plupart des relations des membres du CCG avec Israël ont évolué dans le sens de la normalisation.

Source : ConsortiumNews
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

https://www.les-crises.fr/annexion-de-la-cisjordanie-tensions-entre-israel-et-les-monarchies-du-golfe/

L’Autorité palestinienne relâche un participant à l’atelier de Manama

L’Autorité palestinienne relâche un participant à l’atelier de Manama

RÉSEAU VOLTAIRE | 30 JUIN 2019 ESPAÑOLITALIANODEUTSCHTÜRKÇE

+

Les services de renseignement de l’Autorité palestinienne ont tenté d’arrêter les hommes d’affaires ayant participé à l’atelier organisé par les États-Unis au Bahreïn pour présenter la partie économique du « Deal du siècle ». Une liste d’une dizaine de noms circule sur Internet.

Seul Ashraf Jabari a pris la parole durant l’atelier. Il est aujourd’hui en voyage à l’étranger.

Saleh Abu Mayala a été arrêté à Hebron, puis relâché après que l’ambassade US ait adressé une lettre menaçante au président Mahmoud Abbas.

Ashraf Ghanam a eu le temps de passer dans la zone d’Hebron contrôlée par Israël et a ainsi échappé à la rafle.

Le président Mahmoud Abbas avait qualifié à l’avance tous les participants à cet atelier de « traitres à la cause palestinienne ». Cependant, aujourd’hui, l’Autorité palestinienne assure que ses services de Renseignement ont outrepassé leur rôle. Une enquête interne aurait été ouverte.

https://www.voltairenet.org/article206884.html

<img src="https://www.voltairenet.org/rien.gif" alt="
Facebook
Twitter
Delicious
Seenthis
Digg
RSS

La nouvelle base anglaise d’Oman s’inscrit dans le pivot post-Brexit du pays vers l’Océan Indien

La nouvelle base anglaise d’Oman s’inscrit dans le pivot post-Brexit du pays vers l’Océan Indien


Le Royaume-Uni a pour projet d’établir une deuxième base dans la région du Moyen-Orient, à Oman.


 

Par Andrew Korybko – Le 13 novembre 2018 – Source orientalreview.org

andrew-korybko

Le ministre anglais de la Défense a annoncé ces projets en début de semaine, après une visite dans la monarchie arabe, qui lui a permis d’observer les exercices militaires en cours entre son armée et celle du pays hôte. Une fois construite, l’an prochain, cette base sera la deuxième base anglaise dans la région, faisant suite à la première base navale construite au Bahreïn. L’établissement de ces deux bases marque symboliquement le retour du pays à l’« est de Suez ».

À l’époque de l’apogée de l’empire britannique, le pays constituait la puissance dominante indiscutée de cette partie du monde, et le retrait militaire massif britannique qui s’était déroulé en plein milieu de la guerre froide avait constitué un choc psychologique pour nombre de citoyens de sa majesté, qui pouvaient apprécier le prestige que la période impériale leur inspirait.

Le retour du Royaume-Uni vers l’Orient fait suite à plusieurs raisons interconnectées entre elles : la première en est, évidemment, le retrait progressif américain de cette région, qui pose une nécessité pour leurs alliés de prendre leur place, de par le stratagème « Diriger depuis l’arrière » dévoilé sous Obama. Deuxièmement, les conséquences économiques et stratégiques du Brexit poussent le pays à renforcer ses partenariats commerciaux extra-régionaux, chose que le pays estime pouvoir réaliser au mieux au travers d’une « diplomatie militaire » avec de riches pays du Moyen-Orient. Et cela va plus loin, puisque le retour anglais dans la région pourrait faciliter la conclusion d’autres accords commerciaux, à l’image de celui qui fut signé cette année même avec l’Union douanière d’Afrique australe (SACU, [Southern African Custom Union, NdT]) et le Mozambique, ainsi que l’accord que le Royaume-Uni souhaite également signer un jour avec l’Inde.

Le motif qui transparaît peu à peu est que le Royaume-Uni essaie de se rétablir comme puissance économique et militaire de premier plan dans la région de l’Océan Indien, certes sur une échelle moindre de ce qu’elle fut, mais en jouant sa partition dans cette région de plus en plus soumise à compétition, et qui se voit traversée par les principales routes commerciales mondiales. On peut s’attendre à voir d’autres bases militaires anglaises, plus petites, s’établir ça et là sur ce vaste espace, Londres les reliant, elles et leurs pays hôtes, au travers d’exercices militaires réguliers et pourquoi pas au travers d’accords commerciaux, ce qui lui ferait reprendre le rôle de puissance de cohésion de la région. L’avenir dira si cette stratégie apportera des retombées tangibles au Royaume-Uni, mais pour l’instant, nous y voyons le meilleur indicateur disponible révélant les priorités du pays à l’issue du Brexit.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le vendredi 9 novembre 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Note du Saker Francophone

Le Brexit permet enfin au Royaume-Uni de sortir de son repli sur l'Europe et l'Occident, et de reprendre un rôle sur la scène mondiale. Dans le grand jeu géopolitique, également, les derniers à sortir de l'Union européenne seront les grands perdants.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone

 

Oman appelle les États arabes à reconnaître Israël

Oman appelle les États arabes à reconnaître Israël

+

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, s’est rendu en visite officielle à Oman, le 22 octobre, suivi quatre jours plus tard du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Oman n’entretient pas de relations diplomatiques avec Israël. Le voyage de M. Netanyahu avait été tenu secret. Atteint d’un cancer, le sultan Qabous est très gravement malade depuis trois ans. Ces visites étaient ses premières apparitions publiques.

Le 27 octobre, le ministre des Affaires étrangères omanais, Yousuf bin Alawi (photo), intervenant aux entretiens de Manama (Bahreïn), a appelé les autres dirigeants arabes à prendre acte de la réalité et à reconnaître l’État d’Israël. Le souverain bahreïni, le roi Hamed ben Issa Al Khalifa, lui a apporté son soutien.

Le lendemain, le sultan Qabous a envoyé une délégation à Ramallah (Palestine), porter une lettre au président Abbas.

Il semble que cette agitation diplomatique porte sur une possible initiative saoudienne liée au plan de paix de la Maison-Blanche.

http://www.voltairenet.org/article203678.html

Syrie, état des lieux : l’accord turco-russe tient, la défense aérienne S-300 arrive

Syrie, état des lieux :
l’accord turco-russe tient, la défense aérienne S-300 arrive


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 9 octobre 2018

La situation en Syrie est relativement calme. Le gouvernement (en rouge sur la carte) a consolidé les territoires qu’il a repris au cours de l’année. L’armée syrienne a reçu une nouvelle défense aérienne (voir ci-dessous) et d’autres matériels et s’active à les intégrer. Certaines unités de l’armée syrienne se déplacent actuellement vers l’est, à Al Bukamal, à la frontière irakienne. D’autres ont été renvoyées à leurs bases.

agrandir

Le seul endroit où l’armée syrienne est toujours activement engagée est dans le désert du sud, près d’As-Suwayda, où quelque 1 000 à 2 000 combattants d’ISIS (en gris) s’accrochent à une petite enclave au milieu d’une vaste zone de roches volcaniques. Le terrain est difficile à traverser avec des chars et le combat d’infanterie y est sanglant.

L’accord russo-turque sur une zone démilitarisée dans le gouvernorat d’Idlib, contrôlé par les rebelles, semble tenir.

agrandir

Les rebelles contrôlés par la Turquie ont déplacé leurs équipements lourds (chars et artillerie) hors de la zone démilitarisée (ocre). Les factions djihadistes, Tahrir al Sham et les Turkmènes autour de Jisr al Shugur, ne respectent pas l’accord. Selon l’Observatoire syrien, ils ont creusé des fossés pour cacher leurs armes sur place. La Turquie a la responsabilité de les supprimer. La campagne d’assassinats dans le gouvernorat d’Idlib se poursuit avec plus de 380 victimes. Un commandant de niveau intermédiaire de tel ou tel groupe est tué chaque jour. On ne sait pas qui – les cellules dormantes d’ISIS, le MIT turc ou les spetsnazs russes – est derrière la campagne.

Le canton kurde d’Afrin, au nord-ouest, est une zone troublée similaire occupée par les troupes turques et les gangs rebelles associés. Il y a énormément de pillages et les différents groupes se battent entre eux.

Dans le gouvernorat de Deir Ezzor, dans l’est du pays, l’armée américaine et sa force de procuration kurde (en jaune) se battent toujours contre des forces enracinées d’État islamique (en gris).

agrandir

Ces forces sont restées seules pendant près d’un an et ont utilisé le temps dont elles disposaient pour s’enterrer. Les assaillants subissent des pertes causées par les mines improvisées et les cellules dormantes d’ISIS. Les forces américaines et britanniques bombardent la région plusieurs fois par jour et l’artillerie française et américaine ajoute au carnage. Malgré tout, les progrès semblent extrêmement lents. Selon des informations non confirmées, des marines américains seraient venus renforcer la force de procuration kurde réticente. Certains combattants d’État islamique ont traversé l’Euphrate pour attaquer des zones contrôlées par le gouvernement (en rouge), mais ont été vaincus.

Tandis que la carte générale montre un triangle au sud de la ville de Deir Ezzor dans laquelle ISIS se trouvait (en gris), aucune activité récente n’a été rapportée dans cette région désertique.

La zone al-Tanf contrôlée par les États-Unis dans le sud-est (en vert) est relativement calme. Les soldats américains y forment encore des hommes de main locaux, mais il n’y a pas d’avenir raisonnable pour ce poste. Les dizaines de milliers de membres des familles de rebelles et les combattants d’ISIS dans le camp de réfugiés de Rukban, situé à proximité de la frontière jordanienne, sont désespérés. La Jordanie ne laisse passer aucune aide pour eux. La nourriture est introduite en contrebande à partir de zones contrôlées par le gouvernement, mais la population n’a plus d’argent et ne peut pas payer pour cela :

L’année dernière, lorsque les États-Unis ont réduit le financement des factions affiliées à la FSA [Armée syrienne libre] opérant dans le désert de Badia, des centaines de combattants ont perdu leur principale source de revenus, qui avait souvent été utilisée pour soutenir les membres de leurs famille vivant à Rukban, a déclaré le porte-parole de la brigade Ahmad al-Abdo, Seif.

Des négociations ont été engagées avec le gouvernement syrien en vue de transférer certains rebelles et leurs familles de Rukban vers le nord dans la zone contrôlée par la Turquie, mais plusieurs annonces dans ce sens ont été faites sans qu’aucun transfert ne soit effectué.

La Russie a fait don de trois ensembles de systèmes de défense antiaérienne S-300PM à la Syrie. Chaque quartier général de bataillon dispose d’un radar d’acquisition et d’un poste de commandement. Il y a deux compagnies (batteries) dans un bataillon. Généralement, chaque compagnie dispose d’un radar de direction de tir et d’un véhicule de conduite de tir. Il y a quatre lanceurs de missiles dans une compagnie avec quatre missiles par lanceur. Deux véhicules supplémentaires ont des munitions de réserve et des grues pour recharger les lanceurs. Chaque bataillon disposera de cent missiles, ce qui permettra de contrer plusieurs vagues d’attaques. Les pièces de rechange peuvent être transportées sur des remorques de camion normales. Le système est très flexible. Des lanceurs supplémentaires peuvent être ajoutés à une compagnie et les informations radar peuvent être partagées.

Les systèmes sont relativement modernes et encore largement utilisés par la défense aérienne russe pour elle-même. Les systèmes reçus par la Syrie sont des systèmes précédemment en service dans des bataillons russes qui ont récemment été mis à niveau vers les nouveaux systèmes S-400. Ils ont été rénovés avant d’être livrés en Syrie. Les systèmes S-300PM sont montés sur des véhicules à roues. Ils sont arrivés par transport aérien (vidéo) de Russie. Pour protéger les défenses anti-aériennes S-300 à longue portée, chaque compagnie sera probablement accompagnée d’un système de défense anti-aérienne à courte portée Pantsyr-S1. Outre les systèmes de défense aérienne, la Syrie a également reçu des systèmes de guerre électronique Karsukha-4 qui permettent de détecter et de brouiller le trafic radio et radar ennemi.

L’un des bataillons restera probablement dans le gouvernorat de Lattaquié et renforcera la défense aérienne russe déjà stationnée là-bas. Un autre bataillon protégera Damas. Le troisième bataillon est un peu un joker. Il pourrait soit rester dans l’ouest de la Syrie, près de Homs, pour renforcer les autres unités, soit se déplacer vers l’est, à Palmyre, ou même à Deir Ezzor, pour donner à réfléchir au contingent américain.

Les 96 missiles S-300 prêts à être lancés vont rendre la tâche plus difficile pour Israël, si celui-ci veut continuer ses attaques contre la Syrie. Israël aimerait bien le faire, mais le seul moyen de poursuivre ses attaques est de faire décoller ses avions très bas au-dessus du Liban pour qu’ils soient couverts par la chaîne de montagnes qui mène à la Syrie. Ils seraient alors obligés de surgir pour lancer leurs missiles en Syrie, mais rien ne garantit que les avions y survivraient. Voler à basse altitude au-dessus du Liban comporte également le risque d’une rencontre surprise avec l’un des missiles de défense aérienne à courte portée du Hezbollah.

Le président syrien Bachar al-Assad vient d’annoncer un décret qui accorde l’amnistie à ceux qui ont déserté l’armée ou se sont abstenus de se présenter pour la conscription. Si les déserteurs et les conscrits se rendent dans les six prochains mois pour accomplir leur service, ils échapperont à toute punition.

Les Arabes du Golfe, à l’exception du Qatar, qui est un allié de la Turquie, ont renoncé à renverser le président Assad et ont bien fait :

Dans l’un des développements les plus surprenants survenus au milieu d’une série de réunions diplomatiques autour de l’Assemblée générale des Nations Unies, le ministre des Affaires étrangères bahreïnien, Khalid bin Ahmad al-Khalifa, a salué le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al-Muallem, lors d’une réunion panarabe la semaine dernière. Bahreïn, proche allié de l’Arabie saoudite, a vivement critiqué Assad et d’autres alliés régionaux de l’Iran, mais le haut diplomate a déclaré : “Le gouvernement syrien dirige la Syrie, et nous travaillons avec les pays, même si nous ne sommes pas d’accord avec eux.”

Quelques jours plus tard, Assad a mené sa première interview avec un journal de la péninsule arabique depuis 2011, déclarant au Koweïtien Al-Shahed qu’il était parvenu à un “accord majeur” avec plusieurs États arabes et que “les délégations occidentales et arabes ont déjà commencé à revenir en Syrie pour organiser leur retour, qu’il soit diplomatique, économique ou industriel.”

Ce changement dans le sentiment des dirigeants arabes pourrait bien influer sur la position américaine en Syrie.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par wayan pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/syrie-etat-des-lieux-laccord-turco-russe-tient-la-defense-aerienne-s-300-arrive