Archives pour la catégorie BIELORUSSIE

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Biélorussie : Moscou a la main

6 Septembre 2020

Chers amis, je sais que je vous avais promis un billet sur les tensions sino-américaines en Orient mais des éléments importants nous sont parvenus de Biélorussie.

Nos bons médias n’ont pas manqué de tomber dans l’habituel sensationnalisme russophobe quand Poutine a déclaré, il y a quelques jours, qu’il était prêt à envoyer des renforts à Minsk, oubliant évidemment de rapporter les précisions importantes de Vladimirovitch :

  1. seulement si la situation devient hors de contrôle
  2. ce qui est loin d’être le cas actuellement.

D’autres, habituels trolls des think tank ou de Langley, poussent, sans rire et pour la énième fois, leur chansonnette éculée : si Loukachenko tombe, l’abominable Vlad des neiges pourrait suivre. Le monotone refrain tourne en boucle depuis presque vingt ans…PUBLICITÉ

Curieusement, la presse espagnole est bien plus pertinente dans ses analyses, comme cet article titré Le grand moment de Poutine en Biélorussie : « Les manifestations qui se répètent chaque jour (…) non seulement ne constituent pas un obstacle pour les plans du président russe, mais les facilitent en affaiblissant le dictateur biélorusse. [Celui-ci] est exactement où le Kremlin veut le voir : contre les cordes. » C’est peu ou prou ce que nous expliquions dans nos précédents billets.

De fait, Moscou semble jouer sur les deux tableaux. D’un côté, l’ours assure un Loukachenko affaibli de son soutien ; de l’autre, il continue de lorgner sur l’opposition, assez divisée comme nous l’expliquions le mois dernier :

Après avoir passé tout le mois de juillet à taper sur Moscou (mise à l’écart de Babariko, tour de magie des 33 « mercenaires » russes arrêtés), le grand benêt de Minsk a « gagné » ses élections avec un score soviétique. Personne ne peut évidemment y croire et la contestation a logiquement gagné les calmes rues biélorusses, avec son cortège de morts et de violence. Mais quelle contestation ?

En voulant donner des gages quelque peu infantiles de son indépendance vis-à-vis de l’ours, Loukachenko n’a-t-il pas affaibli l’opposition pro-russe au profit de l’opposition pro-occidentale ? Il est encore difficile de démêler l’écheveau tant les signaux sont contradictoires…

Après l’arrestation de Babariko, qui n’était certes pas le pion de Moscou mais travaillait tout de même pour Gazprom, Svetlana Tikhanovskaïa est devenue, à la tête d’un trio féminin inédit, la figure de proue de l’opposition. D’un côté, elle a préparé la présidentielle en organisant des concerts politiques gratuits avec de la musique russe et s’est alliée avec Veronika Tsepkalo, dont le mari, opposant à Loukachenko, s’est réfugié en Russie.

De l’autre, dame Svetlana, prof d’anglais de son état et femme de youtubeur (on connaît la propension des GAFAM à travailler main dans la main avec la CIA), est devenue l’égérie des médias occidentaux (voir par exemple cette tribune assez neuneu du Nouvel Oups) et s’est sauvée en Lituanie, fidèle soldat de l’OTAN.

De l’empire anglo-saxon ou de la mère Russie, vers qui son cœur, et celui de l’opposition, d’ailleurs relativement éclatée, penchera-t-il ?

En plein dans le mille, comme on va le voir. C’est en effet dans ce contexte que l’on vient d’apprendre, avec retard, la création en juillet d’un parti politique par Babariko (qui n’était pas encore arrêté) et Maria Kolesnikova, seule membre du « trio féminin » encore présente sur le territoire biélorusse et désormais championne de la contestation à Loukachenko.

Depuis que l’anglophile Svetlana Tikhanovskaïa s’est réfugiée en Lituanie, où elle essaie de continuer à exister, et Veronika Tsepkalo en Pologne (rejointe ensuite par son mari d’abord réfugié… en Russie), dame Maria a les coudées franches à Minsk et occupe le devant de la scène.

Or, qui dit Kolesnikova dit Babariko, donc Gazprom, donc… Moscou ? Une partie de la presse occidentale, plus pertinente dans sa russophobie, a senti le danger. S’il ne parle pas encore d’OPA du Kremlin sur le mouvement d’opposition, le Times anglais commence déjà à accuser, en termes voilés, la nouvelle égérie.

Simple hypothèse de votre serviteur : on peut même se demander si l’une des conditions russes en échange du soutien officiel à Loukachenko n’a pas été de ne pas toucher un cheveu de Kolesnikova et de la laisser occuper le terrain de la contestation. Ce ne serait d’ailleurs que justice, étant donné que Babariko a été le premier et principal opposant à l’autocrate moustachu avant d’être arrêté.

Mais si la chose se confirme, admirons la maestria du Kremlin, qui place à la fois le président biélorusse affaibli ET sa nouvelle adversaire dans une position d’obligés qui lui sont redevables. Nous en saurons sans doute plus dans les semaines à venir…

Tag(s) : #Europe#Russie

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2020/09/bielorussie-moscou-a-la-main.html

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Qui veut renverser le président Loukachenko ?

Qui veut renverser le président Loukachenko ?

par Thierry Meyssan

La presse occidentale met en valeur Svetlana Tikhanovskaïa qu’elle présente comme vainqueur de l’élection présidentielle biélorusse et accable le président sortant Alexandre Loukachenko qu’elle accuse de violence, de népotisme et de trucage électoral. Cependant une analyse de ce pays atteste que la politique de son président correspond bien au souhait des citoyens. Derrière cette querelle fabriquée se dresse le spectre de l’Euromaïdan ukrainien et d’une rupture provoquée avec la Russie.RÉSEAU VOLTAIRE | PARIS (FRANCE) | 1ER SEPTEMBRE 2020عربيDEUTSCHΕΛΛΗΝΙΚΆENGLISHESPAÑOLITALIANONEDERLANDSPORTUGUÊSРУССКИЙTÜRKÇEJPEG - 49.5 koSvetlana Tikhanovskaïa est parvenue à rassembler à la fois des milliers de libéraux et de néonazis contre le président Lukachenko.

Un des objectifs du coup d’État de l’Euromaïdan (Ukraine, 2013-14) était de couper la route de la soie en Europe. La Chine réagit en modifiant son tracé et en la faisant passer par la Biélorussie. Dès lors, Minsk tenta de se protéger d’une même déstabilisation en menant une politique plus équilibrée vis-à-vis de l’Occident, participant à la fois à des manœuvres militaires avec Moscou et acceptant de fournir des armes à Daesh que Moscou combat en Syrie.

Cependant malgré les tergiversations de Minsk, la CIA intervint à l’occasion de l’élection présidentielle de 2020. Svetlana Tikhanovskaïa défia le président sortant, Alexandre Loukachenko, qui briguait un sixième mandat. Elle n’obtint que 10 % des voix, cria à la fraude et s’enfuit en Lituanie où le Français Bernard-Henri Lévy se précipita pour l’accueillir. Unanime, la presse occidentale dénonça le « dictateur » et laissa entendre que Madame Tikhanovskaïa avait été victorieuse lors du scrutin.

La réalité est beaucoup plus complexe.

En premier lieu, s’il est tout à fait possible que les élections aient été truquées en faveur du président sortant, il est fort peu probable que Svetlana Tikhanovskaïa se soit approchée de la majorité, tant ce qu’elle représente est étranger à la grande majorité des Biélorusses. Depuis une trentaine d’années, un débat parcours le pays à propos de son identité européenne. Est-il culturellement proche de l’Europe de l’Ouest pro-US ou appartient-il à l’Europe slave, pro-Russe ? Sans aucun doute, la réponse est que les Biélorusses sont culturellement des Russes, même si certains d’entre eux ne parlent pas exactement la même langue. Certes, deux petites minorités professent des opinions divergentes : la première se dit « nationaliste » en référence à l’éphémère République populaire biélorusse (1918-19) dont les organes en exil collaborèrent avec les nazis durant la Seconde Guerre mondiale, puis avec les réseaux Stay-Behind de l’Otan ; la seconde se dit favorable au modèle libéral et à l’Union européenne.

À la différence de l’Ukraine divisée en deux zones culturellement distinctes (l’Ouest pro-allemand et l’Est pro-russe), la Biélorussie se pense fondamentalement comme russe quoique politiquement indépendant de Moscou.JPEG - 59 ko

Deuxièmement, s’il y avait un doute sur le rôle des services secrets US dans cette affaire, le surgissement de Bernard-Henri Lévy devrait le lever. Le riche héritier d’une société d’importation de bois précieux a fait carrière en écrivant des essais anti-soviétiques. Vendu par son éditeur comme « Nouveau philosophe », il passe aujourd’hui encore pour un « philosophe ». Il soutint les « combattants de la liberté », c’est-à-dire les mercenaires arabes de la Confrérie des Frères musulmans en Afghanistan contre les Soviétiques, dont leur chef Oussama Ben Laden. Il prit parti pour les Contras au Nicaragua, c’est-à-dire pour les mercenaires sud-américains de John Negroponte armés par l’Iran d’Hachemi Rafsandjani. Il se targue d’avoir été conseiller de presse du président Bosniaque Alija Izetbegović lorsque l’ancien pro-nazi avait le néoconservateur états-unien Richard Perle comme conseiller politique et le déjà cité Oussama Ben Laden comme conseiller militaire. Je me souviens comment par la suite il m’impressionna en m’expliquant qu’il fallait bombarder Belgrade pour faire tomber le « dictateur » Slobodan Milošević. Je ne comprenais pas très bien pourquoi le pronazi Izetbegović était un « démocrate » tandis que le communiste Milošević était un « dictateur ». Peu importe, revenons en arrière, Bernard-Henri Lévy, désormais surnommé « BHL », apporta son bruyant soutien aux Frères musulmans tchétchènes qui formaient l’Émirat islamique d’Itchkérie sur le territoire russe. Selon un rapport des services extérieurs de la Jamahiriya, il participait à la réunion organisée par le sénateur républicain John McCain au Caire, en février 2011, pour régler les détails du renversement du « régime de Kadhafi » qui était alors cité en exemple par les États-Unis. Les Français furent surpris de le voir annoncer dans la cour de l’Élysée, en lieu et place du ministre des Affaires étrangères, l’engagement de son pays contre le « dictateur » (tous les hommes à abattre -et eux seuls- sont des « dictateurs »). Bien sûr, il était sur la place Maïdan de Kiev lors de la « révolution » de couleur que d’authentiques nazis y menèrent.JPEG - 25.1 koNé sans père dans une ferme collective, Alexandre Loukachenko est devenu le chef d’État le plus habile en Europe.

Ceci étant posé, les Biélorusses peuvent avoir des griefs contre le président Loukachenko, mais pas contre sa politique. Tous les connaisseurs du pays, qu’ils soient parmi ses soutiens ou parmi ses opposants, admettent que celle-ci colle aux préoccupations des Biélorusses. Tous ceux qui ont approché Alexandre Loukachenko ont été étonnés par son intelligence, son charisme et son incorruptibilité. Ceux qui l’accusaient de prôner le rattachement à la Russie par calcul politique et non par conviction ont admis s’être trompés lorsqu’il maintint sa position malgré les rebuffades de Moscou et l’invraisemblable guerre du gaz qui opposa les deux pays. Tous ont été surpris par ses capacités hors normes qui lui firent menacer le pouvoir du président Boris Yeltsin lorsqu’il proposa l’union avec la Russie.

Le principal reproche que l’on puisse faire au président Loukachenko est d’avoir fait disparaître plusieurs leaders d’opposition ; une accusation qu’il dément vigoureusement, accusant ces personnalités de liens avec des organisations criminelles qui auraient tourné à leur désavantage.

Durant des années, ses opposants l’ont accusé de s’enrichir sur le dos de la nation sans jamais en apporter le moindre indice. Pourtant tous les opérateurs internationaux savent que lorsque la Biélorussie signe un contrat, les rétrocommissions n’excèdent jamais 5 %, contre 10 % pour les USA, 50 % pour la Russie de Yeltsin (ce chiffre est revenu à 10 % sous l’administration Poutine) et 60 % pour l’Iran. Force est de constater que l’homme n’est pas motivé par l’argent. A défaut de corruption, la propagande occidentale commence à l’accuser préventivement de népotisme au profit de son jeune fils, Nikolaï dit « Kolia ».

Le seul reproche que l’on puisse lui faire est de tenir régulièrement des propos antisémites et homophobes -jamais d’avoir soutenu des actes antisémites ou homophobes-. Ce faisant, il est malheureusement dans la continuité des dirigeants de son pays.

Depuis le début de la crise, le président Lukachenko prétend que l’opposition de Svetlana Tikhanovskaïa et de ses alliés est un problème géopolitique Ouest-Est et non pas une querelle politique nationale. Tandis que cette opposition affirme n’être au service d’aucune puissance étrangère.

Outre l’irruption de Bernard-Henri Lévy, plusieurs éléments laissent à penser qu’Alexandre Lukachenko dit vrai.
- Le Groupe d’action psychologique des Forces spéciales polonaises semble extrêmement actif depuis le début de la crise au service de Madame Tikhanovskaïa.
- Des milices néonazies ukrainiennes sont également impliquées.
- Enfin le gouvernement lituanien, qui héberge Svetlana Tikhanovskaïa, également.
Cependant aucune trace de l’Union européenne à la différence de l’Euromaïdan ukrainien. Aussi le plus probable est que Washington instrumente les acteurs régionaux (Pologne, Ukraine, Lituanie) contre le monde slave.

Quoi qu’il en soit, le président russe, Vladimir Poutine, vient de constituer une force de réserve, capable d’intervenir en Biélorussie pour soutenir les institutions et le président Lukachenko ; ceci alors que les deux hommes ont entretenu des relations parfois très conflictuelles.

Thierry Meyssan

https://www.voltairenet.org/article210737.html

BiélorussiePoutine est prêt à intervenir pour Loukachenko mais il appelle au dialogue

BiélorussiePoutine est prêt à intervenir pour Loukachenko mais il appelle au dialogue

3 MINCOURRIER INTERNATIONAL (PARIS)Le président russe s’est dit prêt jeudi à déployer des forces en Biélorussie si la contestation postélectorale devait dégénérer, tout en appelant les parties à un règlement négocié. 

La Russie a mobilisé, “à la demande [du président biélorusse] Alexandre Loukachenko”, des forces qu’elle est prête à déployer chez son voisin si la contestation postélectorale dans ce pays devait dégénérer, a annoncé Vladimir Poutine jeudi 27 août.

Dans une interview à la chaîne de télévision publique Rossiya 24, relayée en Biélorussie notamment par le site Charter 97, le président russe a expliqué qu’il était disposé à intervenir si la situation devenait “incontrôlable”.

Alexandre Loukachenko m’a demandé de former une certaine réserve d’agents des forces de l’ordre. Et je l’ai fait. Mais nous sommes également convenus qu’elle ne sera utilisée que si la situation est hors de contrôle et que des éléments extrémistes […] franchissent certaines limites : incendies de voitures, de maisons, de banques, occupation de bâtiments administratifs.”

“Avertissement menaçant”

Si Vladimir Poutine a dans la foulée exhorté “tous les participants à ce processus” à “trouver une issue” à la crise, le New York Times voit dans ces propos un “avertissement menaçant aux manifestants en Biélorussie”, descendus en masse dans la rue pour dénoncer la réélection, jugée frauduleuse, de M. Loukachenko avec 80 % des voix le 9 août, “afin qu’ils ne persistent pas dans leur volonté de renverser le président de leur pays, en difficulté”.

Car M. Poutine – dont “le taux d’approbation de son action a chuté à son plus bas niveau depuis son arrivée au pouvoir, à la fin de 1999”, dans le contexte de la crise sanitaire due au coronavirus – “détesterait assister à la disparition d’un compagnon autoritaire qui semblait lui-même invincible jusqu’à ce mois-ci. Cela pourrait donner des idées aux Russes”, commente l’article.

M. Loukachenko, lui, “va certainement interpréter” les mots de M. Poutine “comme une approbation”, analyse auprès du journal américain Andreï Kortunov, directeur général du Conseil russe des affaires internationales, un think tank proche du Kremlin. Et pour se maintenir au pouvoir, le chef de l’État biélorusse, à la tête du pays depuis 1994, pourrait facilement “brûler quelques voitures pour déclencher une intervention russe”, anticipe l’expert. Reste que M. Poutine est face à un “dilemme périlleux”, met en garde le New York Times, puisqu’un tel déploiement en Biélorussie “risquerait de créer un autre foyer antirusse, comme en Ukraine”.

“Forces extérieures”

Lors de son allocution, M. Poutine a assuré que les Biélorusses étaient libres de gérer leurs propres affaires, mais a dit que la Russie ne pouvait pas rester indifférente en raison des liens ethniques, culturels et économiques entre les deux pays. Le dirigeant a argué que Moscou avait répondu à la contestation biélorusse avec plus de “retenue et de neutralité” que les États-Unis et l’Europe. Et a accusé “les forces extérieures” de tenter “d’influencer la situation en Biélorussie”, retient l’agence de presse étatique biélorusse Belta.

Enfin, “interrogé indirectement sur les brutalités policières” en Biélorussie, “M. Poutine a détourné l’attention, comme il le fait souvent, sur la violence aux États-Unis”, raconte encore le New York Times“Si nous regardons objectivement, je pense que les forces de l’ordre biélorusses agissent avec retenue quoi qu’il arrive”, par rapport à “ce qui se passe dans certains pays”, a-t-il déclaré. Des “commentaires” qui “vont consterner l’opposition”, réagit The Times, au Royaume-Uni. Le quotidien rappelle que “les manifestants ont décrit les traitements sévères que leur ont infligés la police et le personnel pénitentiaire, de nombreuses victimes montrant les entailles, les ecchymoses et les blessures dues aux balles en caoutchouc”.

https://reveil.courrierinternational.com/#/edition/1984397/article/1984529

Biélorussie : la révolution de couleur est mort-née

Biélorussie : la révolution de couleur est mort-née

PAR ADMIN · 17 AOÛT 2020

Par B.
Paru sur Moon of Alabama sous le titre Belarus – This Color Revolution Is Already Dead. The Union State Has Killed It.


La tentative de révolution de couleur en Biélorussie, que nous avions prévue en juin dernier, a évolué au cours de la semaine dernière. Mais les événements actuels nous disent qu’elle sera bientôt terminée.

Alors que le président Alexandre Loukachenko affirmait avoir remporté 80 % des voix lors de l’élection de dimanche dernier, la candidate « occidentale » Svetlana Tikhanovskaya a déclaré avoir gagné. (Si ces 80 % sont certainement trop élevés, il est très probable que Loukachenko ait été le véritable vainqueur). Des protestations et des émeutes ont suivi. Mardi, Mme Tikhanovskaya s’est vue dire en termes très clairs de quitter le pays. Elle s’est retrouvée en Lituanie.

Au cours de la semaine, plusieurs émeutes nocturnes ont été réprimées par la police. Plusieurs manifestants ont été « malmenés ». Les vidéos de ces incidents ont été utilisées par les « journalistes occidentaux » habituels comme exemple de violences policières. C’est comme si aucun de ces scribes au service de l’empire n’avait jamais observé la réaction de la police « occidentale » lorsque des bouteilles et des feux d’artifice lui sont lancés.

Dans une interview de Strana.ua, deux employés du ministère de l’intérieur biélorusse ont expliqué leur point de vue sur la situation (traduction automatique révisée) :

Le commandement a informé à plusieurs reprises le personnel que des provocateurs étrangers préparent des émeutes. Il s’agit de l’Amérique, de la Pologne, des pays baltes et de l’Ukraine. La Russie n’a pas non plus besoin d’un président fort au Belarus ; ils veulent mettre leur propre homme à la place de Loukachenko. Il se trouve que la Biélorussie est devenue, pour tous ses voisins, comme un os en travers de la gorge. Ils n’aiment pas Loukachenko parce qu’il ne laisse pas entrer les oligarques occidentaux ou russes dans le pays. Oui, et les locaux ne sont pas autorisés à relever la tête. Pour cela, tout le monde ne l’aime pas et cela rend l’atmosphère très confuse ».

« Avez-vous vu qui est venu et s’est tenu devant nous pendant la phase chaude des émeutes de lundi ? Ce sont des enfants de riches citadins, des enfants de riches un peu trop bien nourris. Ce sont des garçons, des jeunes qui ont perdu leurs repères, qui ne comprennent pas du tout ce qu’ils veulent. La plupart de mes collègues sont des gars qui viennent des villages. Et ils se souviennent que leurs parents ont connu des moments difficiles dans les années 90, jusqu’à ce que Luka vienne mettre fin au désordre. Aujourd’hui, nous ne vivons pas dans la richesse, mais nous ne sommes pas pauvres non plus. Mais beaucoup n’apprécient pas cela ».

Quoi qu’il en soit, on a dit à la police de calmer les choses. Ils ne l’ont pas bien pris (traduction automatique révisée) :

Personne ne veut être malmené comme l’ont été les Berkouts en Ukraine. Nous nous souvenons de leur sort. Nous avons un ordre, nous l’exécutons. Tout notre peuple comprend que si ces enfants de riches et leurs maîtres arrivent au pouvoir, nous serons pendus à des poteaux. On nous accuse de frapper les gens. Ils n’ont pas frappé les gens, mais ils ont exécuté les ordres, les commandants leur ont dit à l’avance – d’agir avec fermeté. Nous avons travaillé. »

Les Berkouts étaient la force de police ukrainienne qui avait été faussement accusée d’avoir tiré sur les manifestants lors du coup d’État du Maïdan en 2014, et qui a été démantelée par la suite.

Il ne semble pas y avoir beaucoup d’enfants de riches citadins à Minsk. Tout au long de la semaine, les groupes de manifestants en Biélorussie étaient plutôt réduits. Les médias « occidentaux » ont poussé les chiffres à la hausse et ont parlé d’une manifestation nationale lorsque vingt femmes se sont tenues sur un trottoir à Minsk. Les photos peuvent raconter la vérité dans de telles situations. Certains observateurs ont été très excités lorsque quelques 200 employés de l’usine de tracteurs MTZ de Minsk ont organisé une courte manifestation. Mais MTZ Minsk Tractor Works compte 17 000 employés.

La photo ci-dessous a été prise et publiée vers midi, heure locale, avant-hier. Ce devait être la principale manifestation de la journée à Minsk. Un samedi matin, par un temps magnifique, seules quelques 2 000 personnes se sont déplacées. Minsk compte environ 2 millions d’habitants. Les « gosses de riches citadins » sont venus. Et presque personne d’autre.

Nexta est, au passage, le canal de communication central utilisé dans cette tentative de révolution des couleur. Mardi dernier, un autre rapport de Stana.ua a donné quelques détails sur son fonctionnement (traduction automatique éditée) :

Le principal fournisseur de nouvelles des rues de Minsk et d’autres villes du Belarus est la chaîne Nexta Live. Aujourd’hui, elle a franchi la barre du million d’abonnés, bien qu’elle n’ait été largement citée qu’au moment du début des affrontements dans les rues de la capitale.

Elle a une chaîne sœur, Nexta, qui compte un demi-million d’abonnés. Les deux sites se transmettent principalement des messages. Mais la chaîne de base est celle dont le nom comporte le suffixe Live. Les vidéos de terrain y paraissent.

Et surtout, c’est là que sont publiés les plans d’une manifestation – à quelle heure et où se réunir pour un rassemblement, quand commencer une grève, etc.

24 heures sur 24, et surtout pendant les rassemblements nocturnes de l’opposition, ce public est mis à jour à raison de plusieurs messages par minute. Il s’agit pour la plupart de vidéos et de photos exclusives provenant directement des foyers de protestation.

En plus des vidéos, la chaîne coordonne constamment les actions des manifestants. On leur parle des mouvements de la police anti-émeute, et les sympathisants sont informés de la manière d’abriter des manifestants.

Une autre fonction de la chaîne est d’appeler constamment à sortir et d’encourager les attaques contre les policiers.

Le tout premier jour des manifestations, Nexta a été marquée par un message enthousiaste, « Les gens attaquent la police anti-émeute », comme si les agents des forces de l’ordre n’étaient pas des personnes.

Nexta est dirigée par des « activistes » pro-occidentaux anti-Loukachenko en Pologne. Le rédacteur en chef en est un certain Roman Protasevich. Il était auparavant journaliste pour Euroradio, un organe financé par la Pologne et la Lituanie, ainsi que pour Radio Liberty de la CIA. Nexta a été fondée par Stepan Putila, qui travaillait auparavant pour la chaîne polono-biélorusse Belsat, basée à Varsovie et financée par le ministère polonais des affaires étrangères. Tous deux vivent actuellement à Varsovie.

Comme ces médias produisent de nouvelles vidéos 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 et publient de nombreux messages en ligne, il faut une équipe importante derrière Nexta, en Pologne comme sur le terrain en Biélorussie. Ce n’est certainement pas une opération de pacotille et elle est certainement soutenue par des nations. L’ancien conseiller adjoint à la sécurité nationale d’Obama a laissé peu de doutes quant à l’identité de ceux qui sont derrière ce jeu.https://platform.twitter.com/embed/index.html?creatorScreenName=AssoEntelekheia&dnt=true&embedId=twitter-widget-2&frame=false&hideCard=false&hideThread=false&id=1293037264017080320&lang=fr&origin=http%3A%2F%2Fwww.entelekheia.fr%2F2020%2F08%2F17%2Fbielorussie-la-revolution-de-couleur-est-mort-nee%2F&siteScreenName=AssoEntelekheia&theme=light&widgetsVersion=223fc1c4%3A1596143124634&width=500px

(Tweet : « Les Américains doivent reconnaître que la lutte contre Loukachenko en Biélorussie est notre combat. Il fait partie de l’espèce qui a ravagé les États-Unis, la Russie, la Turquie, la Hongrie, Hong Kong, le Brésil, Israël, l’Égypte, les Philippines, le Zimbabwe et d’autres. Nous avons besoin d’une solidarité soutenue en réponse. »)

Ni l’UE, ni les États-Unis n’ont reconnu la victoire électorale de Loukachenko. Tous deux veulent clairement le voir partir. Il est question de sanctions.

Même les médias russes s’étaient prononcés contre lui :https://platform.twitter.com/embed/index.html?creatorScreenName=AssoEntelekheia&dnt=true&embedId=twitter-widget-3&frame=false&hideCard=false&hideThread=false&id=1294526190640914432&lang=fr&origin=http%3A%2F%2Fwww.entelekheia.fr%2F2020%2F08%2F17%2Fbielorussie-la-revolution-de-couleur-est-mort-nee%2F&siteScreenName=AssoEntelekheia&theme=light&widgetsVersion=223fc1c4%3A1596143124634&width=500px

(Tweet : « A en juger par les médias russes ce matin, cela ne s’annonce pas bien pour Alexandre Loukachenko :

– La question n’est plus de savoir s’il va partir, mais quand ».

– « Le cauchemar de Loukachenko devient réalité »

– « Difficile de voir comment il peut retourner les événements en sa faveur »)

Cela ne va pas bien pour Loukachenko. Il pourrait mettre un terme aux manifestations, mais il sait que le jeu va alors s’intensifier et que cela ne se terminera pas bien. Il a clairement besoin d’aide. Si le président russe Poutine et le président chinois Xi l’avaient tous deux félicité, aucun des deux n’a intérêt à le maintenir en fonction.

Que pourrait-il offrir ?

L’opération ukrainienne visant à simuler une menace de « coup d’État russe » au Belarus en attirant 32 anciens combattants de l’unité Wagner dans le pays avait échoué [le 7 aout dernier, NdT]. Mais les hommes étaient toujours emprisonnés en Biélorussie.

Vendredi dernier, ils ont été ramenés chez eux par un vol spécial de l’armée de l’air biélorusse. Ce vol a permis de préparer le terrain en vue de pourparlers avec la Russie.

Tôt samedi, Loukachenko est passé à la phase suivante. Il a averti publiquement [dépêche Reuters, NdT] qu’un danger pour la Biélorussie serait aussi un danger pour la Russie :

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a déclaré samedi qu’il voulait parler au président russe Vladimir Poutine, avertissant que les manifestations de rue ne constituaient pas seulement une menace pour la Biélorussie.

« Il est nécessaire de contacter Poutine afin que je puisse lui parler maintenant, parce que ce n’est plus seulement une menace pour le Belarus », a-t-il déclaré, selon l’agence de presse d’État Belta.

« Défendre la Biélorussie aujourd’hui n’est pas moins que défendre notre espace tout entier, l’Union de la Russie et de la Biélorussie, et d’être un exemple pour les autres … Ceux qui descendent dans les rues, la plupart d’entre eux ne comprennent pas cela ».

Le mot-code dans le message public était « Union de la Russie et de la Biélorussie ». Quand j’ai lu ces mots, j’ai souri. Loukachenko déteste l’idée d’une union de la Russie et de la Biélorussie. Samedi, il l’a souligné. C’était une offre.

En 1999, la Russie et le Belarus ont signé un traité visant à former une Union de la Russie et de la Biélorussie. Ce traité prévoit une libre circulation, une défense commune et une intégration économique, ainsi qu’un parlement de l’Union. Mais depuis lors, Loukachenko a traîné les pieds sur cette question. À la fin de l’année dernière, Poutine a de nouveau fait pression sur lui pour qu’il exécute enfin l’accord. Lorsque Loukachenko a rejeté cette proposition, Poutine a coupé les ponts économiques du pays avec la Russie. La Biélorussie n’a plus reçu le pétrole russe subventionné qu’elle pouvait raffiner et vendre au prix du marché à l’ « Ouest ». Loukachenko a alors essayé de s’acoquiner avec l’ « Occident ».  Il a acheté du pétrole de schiste américain. Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo est allé à Minsk. En mars, les États-Unis ont rouvert leur ambassade en Biélorussie.

Mais maintenant, l’ « Occident » que Loukachenko avait essayé de dorloter essaie de le faire tuer. Chaque ambassade américaine est aussi une base pour des changement de régime américains. Il aurait bien mieux valu pour lui qu’il n’y en ait pas dans son pays.

Comme il est la cible d’une opération de changement de régime menée par les États-Unis, et avec la pression économique à venir, Loukachenko avait évidemment besoin d’aide. Samedi, il s’est enfin rendu compte de la situation et a capitulé devant Moscou sur la question de l’Union de la Russie et de la Biélorussie.

Il n’a pas fallu longtemps à Poutine pour réagir. Environ 6 heures après la publication de la dépêche de Reuters ci-dessus, le Kremlin a publié une note sur une conversation téléphonique avec le président du Belarus Alexandre Loukachenko (gras ajouté) :

Vladimir Poutine a eu une conversation téléphonique avec le président de la République de Biélorussie Alexandre Loukachenko, à l’initiative de la partie biélorusse.

Alexandre Loukachenko a informé Vladimir Poutine des développements qui ont suivi l’élection présidentielle en Biélorussie. Les deux parties ont exprimé leur confiance dans le fait que tous les problèmes existants seront bientôt réglés. L’essentiel est d’empêcher que des forces destructrices n’utilisent ces problèmes pour porter atteinte aux relations mutuellement bénéfiques des deux pays au sein de l’Union de la Russie et de la Biélorussie.

En ce qui concerne le retour en Russie de 32 personnes précédemment détenues en Biélorussie, une évaluation positive a été donnée à la coopération étroite des agences compétentes à cet égard.

Ils ont également convenu de poursuivre des contacts réguliers à différents niveaux et ont réaffirmé leur engagement à renforcer leurs relations de pays alliés, ce qui répond pleinement aux intérêts fondamentaux des nations fraternelles de Russie et de Biélorussie.

Il me semble que Poutine a accepté l’accord. Loukachenko et sa police ne seront pas pendus à des poteaux. La Russie s’occupera du problème et l’Union de la Russie et de la Biélorussie sera enfin établie.

Cela ne signifie pas que la tentative de révolution de couleur est terminée. Les États-Unis et leur laquais, la Pologne, ne vont pas simplement faire leurs valises et partir. Mais avec le soutien total de la Russie assuré, Loukachenko peut prendre les mesures nécessaires pour mettre fin aux émeutes.

Cette annonce indique à l’OTAN que c’est fini :https://platform.twitter.com/embed/index.html?creatorScreenName=AssoEntelekheia&dnt=true&embedId=twitter-widget-4&frame=false&hideCard=false&hideThread=false&id=1294686285102284800&lang=fr&origin=http%3A%2F%2Fwww.entelekheia.fr%2F2020%2F08%2F17%2Fbielorussie-la-revolution-de-couleur-est-mort-nee%2F&siteScreenName=AssoEntelekheia&theme=light&widgetsVersion=223fc1c4%3A1596143124634&width=500px

(Tweet : « Loukachenko révèle les détails de sa conversation téléphonique avec Poutine : « Nous avons un accord avec la Russie sur la sécurité collective… et nous avons convenu : si nous le demandons, une assistance complète pour assurer la sécurité au #Belarus nous sera fournie. »)

C’est le soutien dont il avait besoin. Tout l’espoir des États-Unis et de l’OTAN de mettre d’une manière ou d’une autre le Belarus sous leur contrôle s’est envolé.

Loukachenko devrait maintenant commencer par fermer les 34 projets et organisations que la National Endowment for Democracy  finance dans son pays [La NED, une ONG financée par l’État US, est la principale courroie de transmission du Département d’État américain à l’étranger, NdT]. Les personnes impliquées dans ces projets, probablement de nombreux « gosses de riches », devraient être surveillées.

Pour l’instant, la principale question est de stabiliser la situation locale. La Russie, en tant que superpuissance, a certainement les moyens d’y contribuer. La Biélorussie est maintenant sous sa pleine protection.

Dans un an, lorsque l’ l’Union de la Russie et de la Biélorussie sera enfin établie, Loukachenko pourra démissionner pour des raisons de santé et prendre sa retraite. De nouvelles élections libres pourront alors être organisées.

Traduction Entelekheia
Photo : manifestation « monstre » à Minsk / Twitter, thread de Ben Norton

http://www.entelekheia.fr/2020/08/17/bielorussie-la-revolution-de-couleur-est-mort-nee/

Biélorussie – L’OTAN reconnaît que sa révolution de couleur a échoué

Biélorussie – L’OTAN reconnaît que sa révolution de couleur a échoué


Par Moon of Alabama − Le 26 août 2020

Le 15 août, nous avons expliqué pourquoi la révolution de couleur en Biélorussie échouerait. Le président biélorusse Alexandre Loukachenko avait proposé au président russe Vladimir Poutine de mettre enfin en œuvre l’État de l’Union, longtemps retardé, qui unira la Biélorussie à la Russie. En échange, il voulait le soutien total de la Russie pour mettre fin à la révolution de couleur menée par les États-Unis et l’Otan contre lui. Poutine a accepté l’accord.

En conséquence :

Loukachenko et sa police ne seront pas suspendus à un lampadaire. La Russie s'occupera du problème et l'État de l'Union sera enfin établi.
Cela ne veut pas dire que la tentative de révolution de couleur est terminée. Les États-Unis et leur laquais polonais ne vont pas simplement faire leurs bagages et partir. Mais avec le plein soutien de la Russie assuré, Loukachenko peut prendre les mesures nécessaires pour mettre fin aux émeutes.

Et c’est ce qu’il a fait. Loukachenko a continué à autoriser les manifestations, mais lorsque dimanche les manifestants ont reçu l’ordre de prendre d’assaut le palais présidentiel, ils ont vu une réponse théâtrale mais forte :

La chaîne Nexta Telagram dirigée par les Polonais - qui est le principal média utilisé par l'Empire pour renverser Loukachenko - a initialement appelé à une manifestation pacifique, mais à la fin de la journée, un appel a été lancé pour tenter de reprendre le bâtiment. Lorsque les émeutiers - à ce stade, nous avons affaire à une tentative illégale et violente de renverser l'État - donc je n'appelle pas ces personnes des manifestants - sont arrivés au bâtiment, ils ont été confrontés à un véritable «mur» de flics anti-émeute entièrement équipés : ce spectacle, vraiment effrayant,a suffi à arrêter les émeutiers qui sont restés un moment sur place, puis ont dû partir.

Deuxièmement, Loukachenko a fait quelque chose d'assez étrange, mais qui est parfaitement logique dans le contexte biélorusse : il s'est habillé avec un équipement de combat complet, a attrapé un fusil d'assaut AKSU-74, a habillé son fils (15 ans!) également avec un équipement de combat complet (casque inclus) et a survolé Minsk, puis a atterri dans le bâtiment présidentiel. Ils se sont ensuite dirigés vers les policiers anti-émeute, où Loukachenko les a chaleureusement remerciés, ce qui a abouti à ce que les forces de police au complet lui fassent une ovation. Pour la plupart d'entre nous, ce comportement peut sembler plutôt bizarre, voire carrément ridicule. Mais dans le contexte de la crise biélorusse, qui est une crise principalement combattue dans le domaine de l'information, cela est parfaitement logique.

Les manifestants, que la police avait précédemment identifiés comme « des enfants riches de la ville, les enfants de parents riches qui en ont assez de la vie bien nourrie », n’avaient pas les cojones pour attaquer une police bien armée et motivée.

La vitrine du lobby de l’OTAN Atlantic Council a également reconnu ce fait et le déplore :

Les manifestants sont généralement très gentils, polis et pacifiques. Beaucoup sont de jeunes Biélorusses de la classe moyenne qui travaillent dans l'industrie informatique du pays, en plein essor, et qui viennent à des rassemblements vêtus d'ensembles hipster moulants.

Contrairement aux événements de Kiev en 2013-14, il n'y a pas de militants casseurs dans les manifestations. En effet, cette révolution est si douce que parfois elle semble vraiment endormie. Pour le meilleur ou pour le pire, il y a une absence évidente de jeunes hommes rudes et vaillants capables de mettre les libéraux mal à l'aise ou de diriger la résistance si, et quand, l'État autoritaire décide de déployer la force.

Sans des SS nazis comme ceux que les États-Unis ont utilisés lors des émeutes de Maidan en Ukraine en 2014, il n’y a aucune chance de renverser Loukachenko. Avec de telles troupes, le combat se terminerait par un massacre et Loukachenko serait toujours le vainqueur. L’auteur conclut à juste titre :

La résistance du régime de Loukachenko se renforce de jour en jour. Alors que la Russie semble maintenant se tenir fermement derrière Loukachenko, des rassemblements photogéniques et des actions de grève sporadiques ne suffiront pas à provoquer un changement historique.

C’est fini. Les «grèves sporadiques» n’ont jamais été de véritables actions revendicatives. Quelques journalistes de la télévision d’État biélorusse ont fait une grève. Ils ont été licenciés sans cérémonie et remplacés par des journalistes russes. Quelques centaines de travailleurs du MTZ Minsk Tractor Works ont fait un petit cortège. Mais MTZ compte 17 000 employés et les 16 500, ou plus, qui n’ont pas participé savent très bien pourquoi ils ont toujours leur emploi aujourd’hui. En cas de chute de Loukachenko, il est fort probable que leur entreprise publique soit vendue pour quelques centimes et immédiatement remise «à la bonne taille», ce qui signifie que la plupart d’entre eux seraient sans travail. Au cours des trente dernières années, ils ont vu cela se produire dans tous les pays voisins de la Biélorussie. Ils n’ont aucune envie d’en faire l’expérience eux-mêmes.

Lundi, le chef du cortège de grévistes de MTZ, un certain Sergei Dylevsky, a été arrêté alors qu’il faisait de l’agitation pour de nouvelles grèves. Dylevsky est membre du Conseil de coordination autoproclamé de l’opposition qui exige des négociations sur la présidence. D’autres membres du conseil ont été appelés pour être interrogés par des enquêteurs de l’État sur une affaire pénale instruite contre le Conseil de coordination.

Pendant ce temps, la candidate de l’opposition, plutôt malheureuse, Sviatlana Tsikhanouskaya, qui a faussement prétendu avoir remporté les élections, est en Lituanie. Elle est censée être professeur d’anglais mais a des difficultés à lire le texte anglais pendant sa supplique (vidéo) pour un soutien «occidental». Elle a déjà rencontré divers politiciens « occidentaux », dont le secrétaire général du parti de l’Union chrétienne-démocrate allemande de la chancelière Angela Merkel, Peter Zeimiag et le secrétaire d’État adjoint américain Stephen Biegun.

Aucun des deux ne pourra l’aider.

Avec le soutien de la Russie, la stabilité militaire, politique et économique de la Biélorussie est pour l’instant garantie. Loukachenko sera à un moment donné évincé, mais ce sera à un moment et d’une manière qui conviennent à la Russie et non pas parce que certains malheureux hipsters informaticiens, financés par la National Endowment for Democracy, tentent de mettre en scène une révolution.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pou le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/bielorussie-lotan-reconnait-que-sa-revolution-de-couleur-a-echoue

Déstabilisation de la Biélorussie : Moscou déploie des missiles nucléaires tactiques Iskander M sur son flanc occidental…

Déstabilisation de la Biélorussie : Moscou déploie des missiles nucléaires tactiques Iskander M sur son flanc occidental…

Strategika51   17/08/2020

La situation en Biélorussie est de plus en plus classique et rappelle des cas similaires en Ukraine et au Vénézuela. Le Président Alexander Lukashenko affirme défendre le pays comme la forteresse de Brest contre une révolution colorée doublée d’une guerre hybride. De son côté, la Russie semble avoir évalué la situation stratégique et ne cache même plus le déploiement effectif de têtes nucléaires tactiques (vecteur Iskander M) sur son district occidental sous couvert d’un exercice. Le message n’est pas codé.

L’information sur le déploiement du 12ème GUMO et de véhicules Vystrels généralement associés aux ICBM ou missiles balistiques intercontinentaux est délibérément encouragée par Moscou, lequel aura à démontrer que la doctrine nucléaire russe permet le déploiement du parapluie nucléaire russe à des pays alliés comme la République de Biélorussie.

Cette dispersion des têtes nucléaires tactiques russes à proximité de la Biélorussie signifie qu’en cas de menace d’une invasion étrangère et plus spécifiquement de l’Otan de la Biélorussie en provenance de Pologne ou de l’Ukraine, la Russie agira comme s’il s’agissait d’une agression contre son propre territoire et cela entraînera invariablement des frappes nucléaires tactiques massives à l’encontre de l’agresseur.

Des forces de l’OTAN sont déployées en Lituanie et en Pologne et peuvent être déployées en un temps record en Ukraine du Nord.

Autant dire que nous sommes en face d’un potentiel explosif et c’est le moins que l’on puisse dire.

https://strategika51.org/2020/08/17/destabilisation-de-la-bielorussie-moscou-deploie-des-missiles-nucleaires-tactiques-iskander-m-sur-son-flanc-occidental/

L’idiot du village

L’idiot du village

14 Août 2020

C’était prévisible… Le mois dernier, nous annoncions qu’une crise couvait en Biélorussie :

Dans la mythologie grecque, Momos était la déesse du sarcasme et de la moquerie. Il semble bien que la belle se soit réveillée de son sommeil olympien pour jeter son dévolu sur l’Europe de l’est. Alors que l’Ukraine s’apaise peu à peu, le flambeau de la névrose a été reprise par sa voisine septentrionale. En mai, nous revenions sur la situation en Biélorussie :

Le trublion Loukachenko n’en finit pas de faire des siennes, et nous ne parlons pas ici de ses mesures quelques peu folkloriques pour lutter contre le coronavirus, au premier rang desquelles la consommation apparemment nécessaire et suffisante de vodka.PUBLICITÉ

Si le président biélorusse est vu comme un allié de Moscou, les frictions entre ces deux-là ne sont pas nouvelles. Elles surgissent régulièrement, souvent causées par une querelle sur le prix du gaz ou du pétrole, dans un contexte plus général de vraie-fausse intégration entre les deux pays. Tout rentre généralement dans l’ordre quand le grand frère russe accepte de faire une ristourne. Jusqu’à la prochaine crise…

Justement, le Kremlin vient peut-être de se lasser définitivement de Loukachenko, d’autant plus que le sémillant moustachu n’a pas désavoué les appels du pied de l’OTAN en février dernier, quelques jours après avoir reçu en grande pompe le pompeux Pompeo à Minsk. Cette tactique habituelle pour faire monter les enchères commence sans doute à exaspérer Moscou. Ceci pourrait expliquer une petite nouvelle passée inaperçue mais susceptible de peser lourd à l’avenir sur cette case importante de l’échiquier eurasiatique.

Les prochaines élections présidentielles auront lieu fin août et un nouveau candidat est apparu. Le nom de Viktor Babariko ne vous dit sans doute rien mais, tout récemment, il était encore président du conseil d’administration de BelGazpromBank qui, comme son nom l’indique, est liée au géant gazier russe. S’il se défend d’être l’homme de Moscou, son parcours professionnel doit tout de même instiller quelques doutes dans l’esprit de Pompeo & Co.

Peut-il gagner ? Loukachenko, qui se présente pour la sixième (!) fois, avait l’habitude de verrouiller l’appareil pour atteindre des scores soviétiques mais il semble que ce ne sera plus le cas cette année. L’économie s’écroule, la nomenklatura n’est plus avec lui et il traverse une crise de légitimité sans précédent. Si l’ami Babariko remporte l’élection, verra-t-on un rapprochement supplémentaire voire une intégration avec la Russie ? Beaucoup de questions et peu de réponses pour l’instant…

Là non plus, ça n’a pas traîné : Babariko a tout simplement été arrêté ! Les faits se sont déroulés le 18 juin, le jour même où il a annoncé avoir les 100 000 signatures nécessaires pour participer à la présidentielle, provoquant d’énormes manifestations à Minsk.

Sentant qu’il y était allé un peu fort, mais préférant doubler la mise plutôt que revenir en arrière, Loukachenko (qui est évidemment le seul à avoir ses 100 000 signatures) a crié au complot. Et là, notre divine Momos a dû écrire le script de la tragi-comédie : le liderissimo moustachu accuse sans rire la Russie et la Pologne d’être derrière les tentatives de déstabilisation. Ce serait bien la première fois que Moscou et Varsovie se retrouvent dans le même camp !

Ironie de l’histoire, Loukachenko, qui a tenté pendant des années de se présenter comme l’intermédiaire entre Est et Ouest, risque maintenant de se mettre tout le monde à dos, Russie comme Occident. Pour sa population, c’est déjà fait, et deux hypothèses s’offrent à nous.

S’il « gagne » l’élection et parvient à contenir la colère populaire en restant au pouvoir, il sera vraisemblablement obligé de faire amende honorable et d’aller à son Canossa moscovite. Le pays est profondément dépendant de la Russie, notamment sur le plan énergétique, et toute tentative de diversifier son approvisionnement (voir les récentes œillades à tonton Sam) n’est que symbolique, comme le reconnaît lui-même un think tank impérial.

S’il est débordé par un soulèvement populaire, il sera très intéressant de voir dans quel sens celui-ci ira : pro-russe ou pro-occidental ? Nous avons vu il y a quelques années que les inénarrables ONG américaines avaient une présence non-négligeable en Biélorussie, même s’il ne faut sans doute pas y exagérer leur importance. Dans le même temps, la population est majoritairement russophone et russophile et un scénario à l’ukrainienne semble difficilement envisageable.

La crise actuelle montre à quel point nos questions étaient pertinentes. Car c’est exactement de cela qu’il s’agit à présent.

Après avoir passé tout le mois de juillet à taper sur Moscou (mise à l’écart de Babariko, tour de magie des 33 « mercenaires » russes arrêtés), le grand benêt de Minsk a « gagné » ses élections avec un score soviétique. Personne ne peut évidemment y croire et la contestation a logiquement gagné les calmes rues biélorusses, avec son cortège de morts et de violence. Mais quelle contestation ?

En voulant donner des gages quelque peu infantiles de son indépendance vis-à-vis de l’ours, Loukachenko n’a-t-il pas affaibli l’opposition pro-russe au profit de l’opposition pro-occidentale ? Il est encore difficile de démêler l’écheveau tant les signaux sont contradictoires…

Après l’arrestation de Babariko, qui n’était certes pas le pion de Moscou mais travaillait tout de même pour Gazprom, Svetlana Tikhanovskaïa est devenue, à la tête d’un trio féminin inédit, la figure de proue de l’opposition. D’un côté, elle a préparé la présidentielle en organisant des concerts politiques gratuits avec de la musique russe et s’est alliée avec Veronika Tsepkalo, dont le mari, opposant à Loukachenko, s’est réfugié en Russie.

De l’autre, dame Svetlana, prof d’anglais de son état et femme de youtubeur (on connaît la propension des GAFAM à travailler main dans la main avec la CIA), est devenue l’égérie des médias occidentaux (voir par exemple cette tribune assez neuneu du Nouvel Oups) et s’est sauvée en Lituanie, fidèle soldat de l’OTAN.

De l’empire anglo-saxon ou de la mère Russie, vers qui son cœur, et celui de l’opposition, d’ailleurs relativement éclatée, penchera-t-il ? La question est d’importance. La Biélorussie (en noir) occupe une place capitale sur la case Ouest de l’échiquier eurasien, entre les protégés de Washington (en bleu) et les pays qui, tout en faisant partie de l’alliance atlantique, n’en ont pas moins de très bonnes relations avec Moscou (en rose).

Qu’à terme, la Biélorussie tombe dans l’un ou l’autre camp – entrée dans l’OTAN ou intégration avec la Russie – et c’est la carte du Grand jeu en Europe qui en sortira bouleversée…

Nous en sommes encore loin. D’abord, malgré la révolte qui gagne des secteurs grandissants de la société, il n’est pas du tout sûr que Loukachenko, qui a verrouillé l’Etat depuis fort longtemps, tombe. Les manifestations, malgré la présence d’agents provocateurs et, plus généralement, les manigances impériales, restent relativement modestes par rapport à ce que l’on a connu ailleurs.

Un scénario à l’ukrainienne est peu probable. Contrairement à son voisin méridional, la Biélorussie est homogène ; la population y est très majoritairement russophone et russophile, et un ralliement au camp autoproclamé du Bien semble exclu. De plus, les liens économiques avec l’ours sont inextricables ; les couper serait un véritable suicide.

Pour l’instant, Moscou et Washington semblent d’ailleurs voir le verre de vodka à moitié plein : avec Loukachenko à sa tête, la Biélorussie est un épouvantail pour l’OTAN tout en refusant d’être intégrée à la Russie. Les duettistes du Grand jeu se regardent en chiens de faïence, guettant le mouvement de l’autre, ce qui pourrait ironiquement perpétuer le status quo.

Chacun semble en fait déjà préparer l’après-Loukachenko. Le Kremlin, qui a l’œil rivé sur l’opposition pour sonder ses intentions, a formellement félicité le moustachu mais le ton ne trompe pas. Le MAE a d’ailleurs émis un tweet très intéressant, s’adressant directement au peuple biélorusse sans aucune mention de son gouvernement. Et un député du parti de Poutine, de qui il a forcément reçu l’assentiment, s’est lâché en imprécations sur la « falsification totale » qu’a constitué l’élection « honteuse » d’un homme « malade de pouvoir ». De quoi donner du baume au cœur des manifestants.

De l’autre côté, on courtise également l’opposition, via la Pologne, la Lituanie et la Lettonie qui ont lancé un ultimatum à Loukachenko pour qu’il discute avec ses rivaux politiques, dans un synopsis qui rappelle étrangement le Maïdan. Mais, comme expliqué plus haut, ce scénario reste pour le moment hautement improbable.

Quant à l’idiot du village, qui a réussi le tour de force de se mettre littéralement tout le monde à dos, y compris son allié russe, il devrait, sauf surprise, pouvoir terminer son sixième mandat de président. Une victoire à la Pyrrhus qui ne trompe guère les observateurs. Si les manœuvres engagées par les grands lui donnent un répit provisoire, ils semblent être décidés à passer à autre chose et préparent déjà, très en amont, le futur politique de la Biélorussie. Rendez-vous en 2025 ?Tag(s) : #Europe#Russie

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2020/08/l-idiot-du-village.html

Et ils tentent de nous refaire le coup de la Syrie en Biélorussie : l’ancien drapeau exhumé par les apprentis rebelles

Et ils tentent de nous refaire le coup de la Syrie en Biélorussie : l’ancien drapeau exhumé par les apprentis rebelles

Strategika51   17/08/2020

Déploiement de militaires biélorusses à Minsk. Crédit photo: Belsat

Voici le drapeau officiel de la République de Biélorussie :

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Et voici l’ancien drapeau qui réapparaît subitement en pleine révolution colorée trahissant la signature unique des gestionnaires des guerres hybrides:

Cette signature rappelle les débuts de la guerre en Syrie.

Soldat régulier syrien arborant le drapeau officiel de la République Arabe Syrienne au milieu des ruines
Des rebelles syriens arborant le drapeau de la rébellion syrienne, lequel est celui du temps de l’ancien mandat français sur la Syrie. Ces rebelles se tiennent à proximité de soldats turcs.

La Ruthenie n’a jamais été une zone facile à gouverner. Elle a par contre fait l’objet de multiples invasions. Les avions de guerre électronique US multiplient leurs patrouilles en Baltique et près de la Crimée.

Un Boeing RC-135U combat, Callsign: FRYER31 Reg. 64-14849 ICAO: AE01D5, patrouillent actuellement non loin de l’enclave russe de Kaliningrad

Les manifestations protestant contre le sixième mandat du Président Loukashenko sont légitimes mais l’occasion était trop tentantes pour les faiseurs de guerre. D’autant plus que la Biélorussie figure sur la liste des pays à abattre. L’intrusion ou l’apparition de rebelles armés ne saurait tarder surtout avec la proximité de l’Ukraine, la Pologne et les pays Baltes.

Alexandre Loukashenko n’a jamais été commode. Il a surtout tenu à garder une certaine distance avec Moscou, ce qui a exaspéré la Russie qui le considère comme un vestige d’une époque révolue. Il est surtout l’un des rares Chefs d’Etat d’Europe à dire tout haut ce qu’il pense de l’Union européenne et des valeurs dégénérées qu’elle propage.

Pronostic éclair : la prolifération des petits hommes verts ayant stabilisé le front du Donbass n’est plus à écarter.

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Biélorussie : un mauvais roman feuilleton

Biélorussie : un mauvais roman feuilleton


Le complot du « coup d’État russe » en Biélorussie a été ourdi par l’Ukraine


Par Moon of Alabama − Le 7 août 2020

À la mi-juin, nous avons signalé que les États-Unis préparaient une « révolution de couleur » en Biélorussie. Un des motifs de cette opération a été révélé aujourd’hui. Il visait à dénigrer la Russie aux yeux de la population biélorusse et de son président.

Au cours des dernières années, le président Aleksandr G. Lukashenko a tenté de se distancier de la Russie et de tirer certains avantages de l’Occident :

Mais se rapprocher de «l'ouest» a aussi un prix. Un ambassadeur américain en ville signifie que les complots pour un changement de régime ne sont jamais loin. L'attention soudaine que la Biélorussie reçoit désormais des organisations alignées sur les États-Unis est un signe certain qu'une "révolution de couleur" est en préparation.

Le 9 août, la Biélorussie organisera des élections présidentielles. Loukachenko fera de son mieux pour gagner à nouveau.

Les révolutions de couleur sont généralement lancées lors d'élections controversées. Les résultats sont publiquement mis en doute avant même le début des élections. Lorsque les résultats arriveront enfin, les médias occidentaux affirmeront qu'ils s'écartent de l'attente qu'ils ont créée et qu'ils ont donc été truqués. Les gens seront poussés dans les rues pour protester. Pour aggraver le chaos, certains tireurs d'élite peuvent être mis à contribution pour tirer indifféremment sur la police et sur les manifestants, comme cela a été le cas en Ukraine. La révolte prendra fin lorsqu'elle sera maîtrisée ou lorsque le candidat préféré des États-Unis sera mis en place.

L'année dernière, le National Endowment for Democracy, ONG des États-Unis, a financé au moins 34 projets et organisations en Biélorussie. Les États-Unis ne font pas cela par charité, mais pour peser dans la balance.

Les États-Unis semblent avoir au moins deux candidats dans la course. ...

Les deux candidats ont depuis été destitués par Loukachenko. Mais Svetlana G. Tikhanovskaya, l’épouse de l’un des candidats arrêtés, est désormais présentée dans le New York Times comme le grand nouvel espoir :

Dans le passé, M. Loukachenko, qui commande un appareil de sécurité important et souvent brutal, n’a jamais hésité à démontrer qu’il pouvait écraser toute dissidence. Mais cette fois, il semble acculé, avec des rassemblements de l'opposition à Minsk et dans les petites villes attirant jusqu'à des dizaines de milliers de personnes.

Jeudi, des milliers de personnes se sont rendues au jardin public Kiev à Minsk pour soutenir Svetlana G. Tikhanovskaya, une candidate dont la plate-forme se résume à un point : se débarrasser de M. Lukashenko. Les gens ont ovationné, applaudi et ont crié au président : «Va-t'en !»

«Les gens ont tout simplement perdu patience», a déclaré Nikita, 27 ans, qui a refusé de donner son nom de famille, invoquant la peur des répercussions sur son travail dans une entreprise d'État.

Dans le cadre du schéma des « révolutions de couleur », les États-Unis ont également introduit un élément anti-russe dans le jeu. Le 29 juillet, le gouvernement de Loukachenko a annoncé qu’il avait contrarié une curieuse opération « russe » :

Intensifiant une querelle qui couve avec la Russie, son voisin et allié de longue date, la Biélorussie a affirmé mercredi que plus de 200 mercenaires russes, déguisés en touristes, s'étaient infiltrés en Biélorussie dans le but de perturber son élection présidentielle.

Les rapports faisant état d'une force mercenaire russe en Biélorussie, qui n'ont pas pu être confirmés de manière indépendante, font suite à des mois d'échanges de plus en plus houleux entre Minsk et Moscou, des alliés proches, mais rugueux, qui étaient autrefois liés par leur méfiance partagée envers l'Occident, mais qui maintenant se méfient intensément l'un de l'autre. ...

M. Loukachenko a une longue habitude de blâmer les étrangers pour ses problèmes, mais n'a que récemment tourné sa machine de propagande contre la Russie, plutôt que contre les puissances occidentales comme les États-Unis, auparavant sa cible préférée.

Belta, l’agence de presse officielle du Bélarus, a publié les noms et les dates de naissance de 32 combattants russes détenus qu’elle décrit comme des employés du groupe Wagner, une société de recrutement de mercenaires liée à Yevgeny Prigozhin, un associé de longue date du président russe Vladimir V. Poutine. ...

Mercredi, le gouvernement a publié une séquence vidéo d'un raid nocturne, qui a eu lieu cette semaine dans un sanatorium près de Minsk, où 32 combattants russes ont été arrêtés ; un autre a été arrêté dans une autre partie du pays. La vidéo présentait des officiers lourdement armés du service de sécurité bélarusses - toujours appelés, comme à l'époque soviétique, le K.G.B. - prenant d'assaut les chambres d'hôtel occupées par les mercenaires présumés. 

La vidéo  montrait un certain nombre de Russes costauds, menottés, l'un d'eux allongé sur le sol en caleçon, des passeports russes et une pile de billets de 100 dollars.

L’histoire m’est apparue bizarre sur le moment. On n’embauche pas des mercenaires étrangers pour provoquer des émeutes post-électorales, mais des voyous locaux [pour une question de langue, NdT]. Une telle opération ne correspond pas non plus au mode opératoire  habituel du gouvernement russe. L’escouade qui a coincé les hommes venait des services secrets ukrainiens, le SBU.

Aujourd’hui, nous apprenons ce qui s’est réellement passé.

Les mercenaires attrapés ne travaillaient pas pour Wagner. Ils avaient été embauchés directement par quelqu’un qu’ils croyaient être un homme travaillant pour le conglomérat pétrolier russe Rosneft. Ils n’étaient pas en Biélorussie pour intervenir dans l’élection. Ils étaient censés être les gardiens des champs pétrolifères de Rosneft en Syrie et au Venezuela. Ils attendaient un vol vers la Turquie, d’où ils seraient transportés vers leur destination finale. C’est du moins ce que croyaient les hommes.

Mais, en réalité, l’embauche a été faite par des hommes des services secrets ukrainiens et l’histoire qui leur avait été racontée était un mensonge.

Cette version de leur aventure a été révélée aujourd’hui par le tabloïd russe kp.ru – traduction automatique légèrement remaniée :

Le 29 juillet, 33 Russes ont été arrêtés et détenus à Minsk. Tous ont été désignés comme appartenant à un détachement d'une société militaire privée [SMP], «Wagner», accusé de «se préparer à participer à des émeutes de masse» et d'être affilié aux candidats de l'opposition locale Sergueï Tikhanovsky et Nikolai Statkevich, détenus plus tôt. La plupart des hommes de ce groupe a combattu dans le Donbass aux côtés de la milice, et Kiev a déjà demandé leur extradition. Pendant ce temps, un audit complet des forces de l'ordre russes montre que ceux qui ont décidé de gagner de l'argent supplémentaire comme gardiens à l'étranger ... ont simplement été employés au noir.

Selon notre source dans les services spéciaux russes, le recrutement du groupe a commencé par un appel en provenance de Syrie. Un certain Sergueï Petrovitch a appelé les anciens combattants - c'est important - du soi-disant SMP Wagner, avec une offre alléchante de travailler à la protection des installations pétrolières en Syrie.

Dans le même temps, les téléphones portables affichent le code de la République arabe (+ 963-931-42-562), cependant, comme cela s'est avéré plus tard, le numéro était virtuel. Il n'est pas enregistré dans les réseaux cellulaires, son emplacement est impossible à déterminer, seuls les appels sortants sont disponibles à partir de celui-ci.

L’histoire est assez longue, mais bien documentée. Des personnes qui avaient prétendu travailler pour le conglomérat pétrolier russe Rosneft, mais qui utilisaient un faux domaine internet Rosneft pour leurs e-mails, avaient embauché des vétérans ukrainiens / russes qui avaient combattu du côté pro-russe dans la guerre civile en Ukraine.

Les hommes ont été informés qu’ils garderaient les champs pétrolifères en Syrie et au Venezuela. Ils ont reçu de l’argent et des billets d’avions pour un vol de Minsk vers la Turquie. Ces billets ont été réservés par une agence de voyage ukrainienne à Kiev qui semble avoir été fondée uniquement à cette fin. Mais lorsque les mercenaires sont arrivés en Biélorussie, on leur a dit que le vol avait été annulé. Ils ont été logés dans un hôtel local et on leur a dit d’attendre quelques jours pour un autre vol.

Les services secrets ukrainiens ont alors informé Loukachenko qu’un groupe de mercenaires russes se trouvait dans son pays pour lancer un coup d’État lors des prochaines élections. Loukachenko a reconnu publiquement que les informations sur le groupe provenaient d’Ukraine. La Biélorussie a arrêté les hommes et l’Ukraine a demandé immédiatement leur extradition.

Le compte-rendu de kp.ru a été confirmé par le bureau de Turkish Airlines à Moscou. Plusieurs autres détails ont également été vérifiés par le journal et semblent être corrects. L’histoire se tient. L’article conclut – traduction automatique :

En conséquence, on peut affirmer que les services spéciaux ukrainiens ont réussi à créer une fausse opération, dans laquelle ils ont impliqué 180 citoyens russes dont certains faisant partie d'un groupe d'anciens combattants du Donbass. En même temps, il est tout à fait possible d'admettre que toute cette histoire fascinante et instructive a été racontée aux biélorusses, par les ukrainiens, sous une forme très tronquée - sans les détails sur les billets d'avion. Pendant toute cette opération, le SBU ukrainien semble avoir eu l'intention de faire d'une pierre deux coups - le coup contre l'omniprésent, cauchemardesque et terrible SMP Wagner était censé ricocher sur Rosneft - l'une des plus grandes entreprises russes, mais le coup principal, sans aucun doute, était dirigé sur les relations entre Russes et Biélorusses. 

Sans parler de la possible extradition de citoyens russes vers l'Ukraine, dont Kiev serait extraordinairement heureuse - une belle occasion de venger ses marins, que Porochenko a envoyés «à abattoir» dans le détroit de Kerch.

Selon nos informations, les éléments relatifs à toute cette opération spéciale ont déjà été transférés au Comité d’enquête qui, comme l’a dit notre interlocuteur, procédera à une évaluation procédurale de cette «déclaration».

Nous espérons seulement que Minsk les examinera également de près.

L’enquête  de kp.ru a fait de grandes vagues dans les médias de langue russe. Elle aura certainement un écho en Biélorussie et en Ukraine.

Loukachenko devrait se méfier de tout ce qui vient d’Ukraine. S’il y a une tentative d’utiliser l’élection du 9 août pour créer le chaos ou un coup d’État, le danger ne viendra certainement pas de Moscou mais de Kiev. Depuis le coup d’État du Maïdan en 2014, la CIA est intégrée aux services secrets ukrainiens. Elle sait comment se réalisent de tels coups d’État.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/bielorussie-un-mauvais-roman-feuilleton

L’arrestation par le KGB biélorusse de mercenaires russes du Groupe PMC Wagner relance la controverse sur l’appartenance réelle de cet acteur non étatique et ses liens avec l’Otan (Exclusif)

L’arrestation par le KGB biélorusse de mercenaires russes du Groupe PMC Wagner relance la controverse sur l’appartenance réelle de cet acteur non étatique et ses liens avec l’Otan (Exclusif)

Strategika51   30/07/2020

Le KGB (non ce n’est pas une erreur, il existe encore à Minsk) biélorusse a arrêté 32 ressortissants russes liés à la société de sécurité privée connue sous le sigle de PMC Wagner. Pour les éléments du KGB bielorusse, les ressortissants arrêtés sur le territoire de la Biélorussie sont considérés comme mercenaires et sont traités en adéquation avec cette qualité.

Le chef du KGB biélorusse, Valery Valkoutchik a évoqué l’arrestation, le 29 juillet 2020, de 32 russes, membres de l’organisation paramilitaire Wagner. Un 33ème membre de ce groupe a été intercepté et arrêté un peu plus tard dans le sud du pays. D’après la liste nominative de ces mercenaires publiée par les médias biélorusses, ils sont âgés entre 24 et 55 ans. Ils disposent d’argent cash en dollar USD, des manuels militaires et de passeports russes.https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-8611929323778758&output=html&h=280&adk=640100010&adf=2878364714&w=674&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1596175717&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=1718975997&tp=site_kit&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&ad_type=text_image&format=674×280&url=https%3A%2F%2Fstrategika51.org%2F2020%2F07%2F30%2Flarrestation-par-le-kgb-bielorusse-de-mercenaires-russes-du-groupe-pmc-wagner-relance-la-controverse-sur-lappartenance-reelle-de-cet-acteur-non-etatique-et-ses-liens-avec-lotan-exclusif%2F&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=169&rw=673&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&adsid=ChAI8N-J-QUQ5Myyp8KX0dAQEkwAzw3FcuUdLgDwqbt2hGKErBMu7bD1AQSQJtXYU0i1AoOk2Mq7LShyTIn2VmG92nrwLOPhgY2ilgcx1GtUmsAUpa8iMulf5WiWXJcp&dt=1596175721168&bpp=4&bdt=3324&idt=-M&shv=r20200729&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0&nras=2&correlator=1925989080247&frm=20&pv=1&ga_vid=621496474.1578223226&ga_sid=1596175312&ga_hid=70876939&ga_fc=1&iag=0&icsg=1099510579248&dssz=125&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=1&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=60&ady=3623&biw=1063&bih=456&scr_x=0&scr_y=0&eid=21066154&oid=3&pvsid=1078625168849922&pem=378&ref=https%3A%2F%2Fmessageriepro3.orange.fr%2FOFX&rx=0&eae=0&fc=1408&brdim=70%2C70%2C70%2C70%2C1366%2C0%2C1096%2C576%2C1080%2C456&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=8320&bc=31&ifi=5&uci=a!5&btvi=1&fsb=1&xpc=gzPtMr9IHB&p=https%3A//strategika51.org&dtd=160

Le président biélorusse, Alexandre Lukashenko, candidat à un sixième mandat et farouche opposant à ce qu’il désigne par la décadence européenne, est intervenu à la télévision à ce sujet. Les médias du pays accusent la Russie de vouloir sinon entraver les prochaines présidentielles en Biélorussie ou du moins y exercer une certaine influence. Ce que dément formellement Moscou et avec force.

La Russie et la Biélorussie sont des pays alliés qui ont signe un accord de partenariat stratégique qui est assimilé à un pacte de défense commune.

De plus, la Biélorussie est l’un des derniers pays d’Europe à avoir refusé dans le menu et dans le détail le joug US, de l’Otan ou encore les desiderata de l’Union européenne que Lukashenko méprise au plus haut point en raison de l’hostilité affichée de l’UE aux valeurs traditionnelles et au monde rural.

En théorie, la Russie n’a aucun intérêt à interférer de quelque manière que ce soit en Biélorussie sauf si le camp adverse y est déjà. La frontière que la Biélorussie partage avec l’Ukraine est après tout une source de tous les dangers. Cependant, Minsk dispose d’un appareil sécuritaire assez efficace qui a permis jusqu’ici de tenir à distance les néo-nazis ukrainiens soutenus – ultime paradoxe- par les les libéraux occidentaux et à garder une marge de manœuvre vis à vis de Moscou.

Cette affaire relance à nouveau la controverse sur PMC Wagner et plus exactement sur le commanditaire réel de cette armée privée, similaire à son homologue US qui était connue lors de la guerre d’Irak sous l’appellation de Blackwater (puis Academy et X), d’autant plus que les clients de PMC Wagner de recrutent parmi les pays appartenant à la sphère d’influence de Washington comme c’est le cas actuellement en Libye (PMC Wagner opère en Libye pour le compte des Emirats Arabes Unis) ou encore en Afrique.

Beaucoup de médias et d’analystes soupçonnent le groupe PMC Wagner d’être plus ou moins lié avec le Kremlin à travers l’oligarque russe Evgueni Prigojine ou encore à son commandant opérationnel, Dimitri Outkine, un ancien lieutenant-colonel des fameux Spetsnaz et un très fervent admirateur du IIIème Reich (C’est lui qui a choisi le nom de Wagner en hommage au compositeur allemand Richard Wagner). D’un point de vue légal, la Russie ne tolère aucune société militaire privée sur son territoire et sanctionne lourdement tout citoyen impliqué dans des activités de mercenariat à l’étranger.https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-8611929323778758&output=html&h=280&adk=640100010&adf=812463423&w=674&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1596175717&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=1718975997&tp=site_kit&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&ad_type=text_image&format=674×280&url=https%3A%2F%2Fstrategika51.org%2F2020%2F07%2F30%2Flarrestation-par-le-kgb-bielorusse-de-mercenaires-russes-du-groupe-pmc-wagner-relance-la-controverse-sur-lappartenance-reelle-de-cet-acteur-non-etatique-et-ses-liens-avec-lotan-exclusif%2F&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=169&rw=673&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&adsid=ChAI8N-J-QUQ5Myyp8KX0dAQEkwAzw3FcuUdLgDwqbt2hGKErBMu7bD1AQSQJtXYU0i1AoOk2Mq7LShyTIn2VmG92nrwLOPhgY2ilgcx1GtUmsAUpa8iMulf5WiWXJcp&dt=1596175721168&bpp=10&bdt=3324&idt=-M&shv=r20200729&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0%2C674x280&nras=3&correlator=1925989080247&frm=20&pv=1&ga_vid=621496474.1578223226&ga_sid=1596175312&ga_hid=70876939&ga_fc=1&iag=0&icsg=1099510579248&dssz=126&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=1&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=60&ady=4803&biw=1063&bih=456&scr_x=0&scr_y=0&eid=21066154&oid=3&pvsid=1078625168849922&pem=378&ref=https%3A%2F%2Fmessageriepro3.orange.fr%2FOFX&rx=0&eae=0&fc=1408&brdim=70%2C70%2C70%2C70%2C1366%2C0%2C1096%2C576%2C1080%2C456&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=8320&bc=31&ifi=6&uci=a!6&btvi=2&fsb=1&xpc=UOnVTZT02s&p=https%3A//strategika51.org&dtd=183

PMC Wagner n’a donc aucune existence légale en Russie. Il est certainement infiltré par des éléments du FSB russe qui le considère comme une voie de dégagement des éléments les plus néo-nazis de la société comme le FBI US surveille cette nébuleuse sur son propre territoire en le considérant comme du terrorisme intérieur mais on ne sait rien et par dessus tout on ne dispose d’aucune preuve d’un quelconque lien entre le ministère russe de la Défense et le groupe PMC Wagner.

Pour comprendre le mystère du groupe PMC Wagner, Il faut revenir à la Russie dévastée des années 90 et le règne des oligarques de la pègre et des ex-militaires réduits à travailler pour des petits caïds du milieu. La montée fulgurante des oligarques russes est un phénomène induit et encouragé par les services spéciaux occidentaux. La plupart était d’origine juive et tous venaient du milieu et avait un lien avec la mafia. La corruption qui régnait dans une Russie pauvre en plein démantèlement sauvage, subissant des représailles occidentales à la limite de l’hystérie, réduisirent un très grand nombre d’anciens officiers à travailler comme gardes du corps, chauffeurs, plongeurs, serveurs, etc. pour ces parvenus et nouveaux riches aux gestes brusques et à la gâchette facile. Les secteurs économiques et strategiques de l’ex-Union soviétique furent bradés au profit des nouveaux oligarques pro-occidentaux dont les plus influents purent s’accaparer de secteurs vitaux comme l’énergie et la puissance des oligarques dépassa celle de l’État fédéral russe. L’avènement de Vladimir Poutine, un ancien officier du défunt KGB fut favorisée par les oligarques mais une fois au pouvoir, il se retourna contre eux et entrepris l’une des plus grandes purges de l’histoire russe. Cette purge fit scandale en Occident et on cria bientôt au pogrom et à l’antisémitisme parce que la majorité des oligarques avaient réussi à obtenir la nationalité israélienne grâce à leurs origines juives réelles ou supposées (il y avait un juteux trafic assez bien connu pour obtenir une filiation juive et obtenir des avantages en Israël, beaucoup de russes ont prétendu être juifs pour pouvoir émigrer en Israël ou obtenir sa nationalité). Les sept plus grands oligarques furent soit emprisonnés ou exilés tandis que le reste rallia le nouvel homme fort comme ce fut toujours le cas en Russie. Poutine dut s’en accommoder tout en surveillant de très près ses arrières. De fait et comme dans la totalité des pays au monde, Poutine ne gouverne pas seul. Il doit composer avec des oligarques aux intérêts divergents et aux allégeances suspectes. L’appareil sécuritaire russe a réussi jusqu’ici de limiter l’influence pernicieuse de puissances extérieures sur la politique russe mais ne parvient toujours pas à enrayer l’évolution des groupes criminels et surtout néo-nazis parce qu’ils sont toujours liés à des intérêts puissants et souvent étrangers. Le conflit ukrainien a permis à la Russie d’éliminer des centaines de groupes extrémistes nazis mais ces derniers ont trouvé refuge dans un nouvelle matrice pan-européenne et cherchent des appuis financiers tous azimuts.

L’affaire biélorusse s’explique en conséquent par deux approches:

Soit Moscou trouve que Loukashenko est un électron libre et qu’il est temps de le remplacer par un autre de son opposition, soit il s’agit d’une réaction à une autre ingérence du camp d’en-face. Une troisième option est possible toutefois: le groupe PMC Wagner est avant tout une entreprise économique et travaille avec le plus offrant pour assurer son financement autonome, il se pourrait qu’il est reçu commande d’une partie dont les intérêts ne concordent pas, voire s’opposent à ceux de Moscou et de Minsk.

Cependant comme le groupe PMC Wagner est infiltré mais pas contrôlé par Moscou (on ne connaît pas la nature exacte liant Prigogine à la Russie ni si il a obtenu une autre nationalité vu ses origines), une telle opération n’aurait pu avoir lieu sans que les russes n’en soient informés. Et cela explique la démarche biélorusse vis à vis de Moscou.https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-8611929323778758&output=html&h=280&adk=640100010&adf=3906146894&w=674&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1596175717&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=1718975997&tp=site_kit&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&ad_type=text_image&format=674×280&url=https%3A%2F%2Fstrategika51.org%2F2020%2F07%2F30%2Flarrestation-par-le-kgb-bielorusse-de-mercenaires-russes-du-groupe-pmc-wagner-relance-la-controverse-sur-lappartenance-reelle-de-cet-acteur-non-etatique-et-ses-liens-avec-lotan-exclusif%2F&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=169&rw=673&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&adsid=ChAI8N-J-QUQ5Myyp8KX0dAQEkwAzw3FcuUdLgDwqbt2hGKErBMu7bD1AQSQJtXYU0i1AoOk2Mq7LShyTIn2VmG92nrwLOPhgY2ilgcx1GtUmsAUpa8iMulf5WiWXJcp&dt=1596175721168&bpp=5&bdt=3325&idt=5&shv=r20200729&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0%2C674x280%2C674x280&nras=4&correlator=1925989080247&frm=20&pv=1&ga_vid=621496474.1578223226&ga_sid=1596175312&ga_hid=70876939&ga_fc=1&iag=0&icsg=1099510579248&dssz=126&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=1&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=60&ady=6400&biw=1063&bih=456&scr_x=0&scr_y=0&eid=21066154&oid=3&pvsid=1078625168849922&pem=378&ref=https%3A%2F%2Fmessageriepro3.orange.fr%2FOFX&rx=0&eae=0&fc=1408&brdim=70%2C70%2C70%2C70%2C1366%2C0%2C1096%2C576%2C1080%2C456&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=8320&bc=31&ifi=7&uci=a!7&btvi=3&fsb=1&xpc=PyZMhEyj81&p=https%3A//strategika51.org&dtd=194

Les prochains clients de PMC Wagner, un richissime royaume du Golfe et un Etat incrusté au Levant longtemps presenté comme un îlot de démocratie dans une mer de régimes autocratiques (image de propagande usée), nous éclairera un peu plus sur les orientations véritables du groupe PMC Wagner et s’il est réellement lié aux intérêts stratégiques de la Russie.Publicitéshttps://c0.pubmine.com/sf/0.0.3/html/safeframe.htmlREPORT THIS ADhttps://c0.pubmine.com/sf/0.0.3/html/safeframe.htmlREPORT THIS AD

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