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Les pays qui n’ont pas rejoint le flashmob d’expulsions de diplomates russes

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Les pays qui n’ont pas rejoint le flashmob d’expulsions de diplomates russes

© Sputnik. Oleg Lastochkin

International

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Cette semaine, plus de vingt pays dont de nombreux états membres de l’UE ont annoncé l’expulsion de diplomates russes dans le cadre de l’affaire Skripal. Toutefois, il y a des pays qui n’ont pas rejoint ce flashmob qualifié par Moscou de provocation.

Lancée par le Royaume-Uni, la campagne d’expulsions de diplomates russes à la suite de l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal au Royaume-Uni dure depuis deux jours. Certains pays se sont prononcés contre cette méthode de communication avec la Russie ou se sont abstenus.Autriche

Vienne a pris la décision de ne pas procéder à des expulsions. Le chancelier Sebastian Kurz a noté que l’Autriche était un pays neutre et souhaitait dialoguer avec la Russie.

«Il faut poursuivre le dialogue surtout en ces temps difficiles. L’expulsion des diplomates doit être décidée par chaque État au niveau bilatéral. Les pays de l’UE ont pris des décisions différentes. Nous avons décidé de ne pas prendre cette mesure», a déclaré mardi la ministre autrichienne des Affaires étrangères Karin Kneissl sur les ondes de radio Ö1.

Slovénie

La Slovénie s’est prononcée contre l’expulsion de membres des missions diplomatiques russes.

«Le Premier ministre par intérim Miro Cerar a déclaré que Ljubljana n’expulserait aucun diplomate et ne prendra pas d’autres mesures» dans le cadre de l’affaire Skripal, a annoncé lundi le site Delo.

Slovaquie

Le ministère slovaque des Affaires étrangères a convoqué mardi l’ambassadeur de Russie Alexeï Fedotov pour lui annoncer que Bratislava n’avait pas l’intention d’expulser des diplomates avant la fin de l’enquête sur l’empoisonnement de Sergueï Skripal.

«Nos partenaires slovaques ont déclaré qu’ils agissaient dans un esprit de solidarité européenne, mais qu’ils n’allaient pas prendre de mesures concrètes avant la fin de l’enquête», a indiqué un représentant de l’ambassade de Russie en Slovaquie.

Luxembourg

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise Jean Asselborn a annoncé mardi que son pays n’expulserait pas de diplomates russes.

​«En ce qui concerne le Luxembourg, nous comptons un nombre très limité de diplomates russes et, malgré tous nos efforts, on ne peut pas prouver qu’un espion ou une personne travaille contre les intérêts luxembourgeois», a expliqué M.Asselborn sur les ondes de la radio RTL.

Il a noté que le Luxembourg était «à 100% solidaire avec la Grande-Bretagne».

Israël

L’État hébreu a pris ses distances vis-à-vis de l’action coordonnée des pays ayant décidé d’expulser des diplomates russes après l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia.Israël préfère appliquer sa politique de non-participation aux campagnes antirusses de l’Occident pour ne pas exposer la coopération bilatérale en matière de sécurité nationale, a déclaré à Sputnik l’ex-ambassadeur israélien à Moscou Zvi Magen.

Chypre

Selon le porte-parole du gouvernement chypriote Prodromos Prodromou, Nicosie n’expulsera pas de diplomate russe dans le cadre de la campagne actuelle.

«Chypre se trouve parmi les pays qui ne prendront pas de telles mesures. C’était aussi la position de Chypre au COREPER, que nous sommes en accord [avec les conclusions et décisions de l’UE, ndlr], mais que notre pays n’est pas en mesure de prendre des mesures contre les pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies», a indiqué M.Prodromu cité par les médias.

Bosnie-Herzégovine

«Nous n’allons certainement pas prendre des mesures comme l’expulsion de diplomates», a déclaré mardi le ministre bosniaque des Affaires étrangères du pays, Igor Crnadak, d’après les médias locaux.

​Il a noté que les pays membres de l’UE n’étaient pas unanimes concernant la décision d’expulser des diplomates russes.

Selon M.Crnadak, les institutions bosniaques suivaient de près l’évolution de cette affaire, mais qu’elles n’avaient pas de demandes officielles d’adopter des sanctions.

Bulgarie

Sofia ne compte pas expulser des diplomates russes, a annoncé lundi le ministère bulgare des Affaires étrangères à la radio nationale BNR. Mardi, le gouvernement bulgare a annoncé avoir rappelé son ambassadeur à Moscou pour consultations.

Malte

Malte ne figure pas non plus parmi les pays qui expulsent des diplomates russes.

Selon le porte-parole du gouvernement maltais Kurt Farrugia, la mission diplomatique de ce pays en Russie est «trop petite» et cette mesure, qui entraînera une réaction symétrique de la part de Moscou, risque de «mettre fin aux relations diplomatiques» entre les deux pays.

Turquie

Ankara s’est montré ferme en refusant d’expulser des diplomates ou de prendre d’autres mesures contre Moscou malgré la campagne d’expulsions initiée par le Royaume-Uni et appuyée par les États-Unis.

«La Turquie et la Russie ont actuellement de bonnes relations. Dans cette optique, la Turquie n’envisage pas de prendre des décisions contre la Russie», a indiqué lundi le vice-Premier ministre turc Bekir Bozdag devant les journalistes après une réunion du gouvernement.

Nouvelle-Zélande

La Nouvelle-Zélande a déclaré qu’elle n’arrivait pas à trouver des espions russes pour les expulser. La Première ministre néozélandaise Jacinda Ardern et le ministre des Affaires étrangères Winston Peters ont fait des déclarations en ce sens.

«Alors que d’autres pays ont annoncé qu’ils expulsaient des agents de renseignement russes non déclarés, nos responsables ont indiqué qu’il n’y avait personne ici en Nouvelle-Zélande qui correspond à ce profil. S’il y en avait, nous aurions déjà pris des mesures», a déclaré Mme Ardern.

Portugal

Les autorités portugaises ont déclaré avoir «pris note» de la position conjointe de plusieurs pays européens et du Royaume-Uni qui expulsent des diplomates russes, sans toutefois exprimer leur propre position à ce sujet, ont annoncé les médias portugais.

Selon le ministre portugais des Affaires étrangères Augusto Santos Silva, le gouvernement du pays réfléchit sur la décision à prendre sur l’affaire Skripal, pour défendre «les intérêts nationaux, européens et de l’Otan», mais aussi pour faire preuve d’«autonomie, de prudence et de fermeté».

Grèce

Les autorités grecques n’ont pas encore pris de décision concernant l’expulsion de diplomates russes en lien avec l’attaque de Salisbury du 4 mars.

Monténégro

Le Monténégro se prononcera mardi ou mercredi sur les mesures à prendre à l’égard des diplomates russes sur fond de l’affaire Skripal, a déclaré le Premier ministre de la république Dusko Markovic. Intervenant mardi devant les journalistes à Bar, le Premier ministre n’a pas pu bien indiquer la ville britannique où ont été retrouvés l’ex-agent double Sergueï Skripal et sa fille. Toutefois, il a rappelé que le Monténégro avait des engagements vis-à-vis de l’Otan en tant que candidat à l’adhésion.

Un ancien colonel des services de renseignement militaires russes, Sergueï Skripal, et sa fille Ioulia ont été retrouvés inconscients le 4 mars dernier aux abords d’un centre commercial de Salisbury. Une semaine plus tard, la Première ministre britannique, Theresa May, a accusé la Russie d’être derrière l’empoisonnement des Skripal, sans toutefois présenter de preuves tangibles pour appuyer ses allégations, avant d’expulser 23 diplomates russes du Royaume-Uni.

https://fr.sputniknews.com/international/201803271035699915-expulsion-diplomates-campagne-abstentions/

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L’OTAN est en train de cibler les Serbes bosniaques afin de « terminer le boulot » dans les Balkans.

L’OTAN est en train de cibler les Serbes bosniaques afin de « terminer le boulot » dans les Balkans.


Par Aleksandar Pavic – Le 28 février 2018 – Source Strategic Culture

L’Occident « libéral » qui en train de s’effondrer, est désespérément pressé d’en finir dans les Balkans. Plus d’un quart de siècle après que les premiers États occidentaux, poussés par l’Allemagne, ont reconnu unilatéralement la sécession des anciennes républiques fédérales yougoslaves de Slovénie, de Croatie et de Bosnie-Herzégovine et environ 19 ans après l’attaque aérienne et terrestre de l’OTAN contre ce qui restait du pays (la République fédérale de Yougoslavie, comprenant la Serbie et le Monténégro) qui a entraîné l’occupation par l’OTAN et l’amputation forcée de la province serbe du Kosovo-Metohija (par la reconnaissance de son indépendance unilatéralement déclarée en février 2008 par les principales puissances occidentales, par certains pays musulmans, mais pas tous, et tous les petits pays dont l’Oncle Sam pouvait soit tordre les mains soit y glisser une poignée de dollars), les maîtres de l’OTAN montrent de plus en plus des signes de nervosité parce qu’ils n’ont pas réussi à établir un contrôle complet sur le territoire de l’ancien pays multiethnique modèle. En conséquence, les appels pour que l’Alliance « termine le boulot » dans la région gagnent en volume.

L’été dernier, le Monténégro a été expressément absorbé par l’OTAN, grâce à un complot invoquant une prétendue « tentative de coup d’État » soutenue par la Russie (dont les « preuves » sont équivalentes à celles qui ont été présentées jusqu’à présent pour étayer les affirmations de la prétendue collusion de la campagne Trump avec les Russes pendant la campagne présidentielle américaine de 2016), des intimidations et une campagne médiatique alarmiste s’y rattachant, ont servi à justifier l’entrée du pays dans l’Alliance sans qu’il soit nécessaire de passer par quelque chose d’aussi lourd qu’un référendum. À  première vue, cette opération spéciale pouvait sembler banale, compte tenu de la taille minuscule du Monténégro et de sa population d’environ 600 000 habitants. Jusqu’à ce que l’on regarde une carte et que l’on se rende compte que ce pays traditionnellement allié à la Russie était le dernier pays non-membre de l’OTAN à résister dans la Méditerranée septentrionale.

Puis ce fut le tour de la Macédoine. Premièrement, son gouvernement nationaliste, qui a eu l’audace de courtiser activement les investissements chinois et chercher de bonnes relations avec la Russie, a dû être rappelé à l’ordre. Cela a été accompli grâce à une campagne déstabilisatrice de George Soros, soutenue par les États-Unis, les inévitables revendications sans preuves d’« ingérence russe » et l’installation d’un nouveau gouvernement pro-occidental en mai 2017, négocié par l’UE et les États-Unis, après une importante torsion du bras par le diplomate américain Hoyt Brian Yee (le même à qui Victoria Nuland a dit « F*ck the EU » pendant le coup d’État ukrainien), avec l’aide cruciale de la minorité albanaise de Macédoine, la carte maîtresse des atlantistes dans les Balkans au cours de ces trois dernières décennies. En plus de promettre aux Albanais un statut égal à celui de la majorité des Macédoniens (qui sont des Slaves du Sud et représentent environ 65 % de la population, contre 25 % d’Albanais), le nouveau Premier ministre Zoran Zaev a pour tâche principale de pousser la Macédoine à adhérer à l’UE et d’exprimer son souhait d’adhérer à l’OTAN, comme vous pouvez le deviner. À cette fin, des négociations hâtives sont maintenant menées avec la Grèce, qui bloque les aspirations de la Macédoine à l’OTAN depuis une bonne vingtaine d’années, jusqu’à ce que le pays change de nom, c’est-à-dire qu’il renonce à prétendre être la Macédoine historique d’Alexandre le Grand. Depuis le début de l’année 2018, le nouveau gouvernement macédonien a pris des mesures en ce sens, en rebaptisant l’aéroport de la capitale, Skopje, (de « aéroport Alexandre le Grand » à « aéroport international de Skopje ») ainsi que sa route principale vers la Grèce (de « Alexandre le Grand » à « l’autoroute de l’Amitié »). Cela n’a pas encore pleinement satisfait la Grèce, mais la diplomatie macédonienne fait tout son possible pour accélérer le processus afin d’être prêt pour le prochain sommet de l’OTAN en juillet 2018. En sécurisant la Macédoine, l’OTAN ajoute non seulement un autre bijou, mais elle obtient aussi le contrôle ferme d’une communication essentielle le long de la branche balkanique de la nouvelle route chinoise de la soie et du gazoduc russo-turc.

Il ne reste plus que la Serbie et la Bosnie-Herzégovine (B-H) comme derniers pays de l’ex-Yougoslavie qui ne soient pas membres de l’OTAN. La Serbie est encore difficile à briser, en raison de sa taille relative, de son indépendance traditionnelle et de sa tradition militaire – bien qu’elle soit soumise à des pressions croissantes, comme en témoigne le récent avertissement du ministre russe des Affaires étrangères, M. Lavrov, selon lequel l’Occident poussait la Serbie vers un scénario ukrainien en l’obligeant à choisir entre l’UE et la Russie.

Cela fait de la B-H le maillon le plus faible à briser. Les partis politiques représentant la majorité musulmane ne sont pas un obstacle, pas plus que les Croates (environ 17% de la population). Cependant, les Serbes de Bosnie, qui représentent environ un tiers de la population, mais qui contrôlent 49% du territoire à la suite des accords de paix de Dayton de 1995 (selon lesquels la B-H sera composée de deux entités : la Republika Srpska, à majorité serbe, et la Fédération de B-H, à majorité croate et musulmane, qui comprend 51% du pays) sont résolument opposés à l’adhésion à l’OTAN, pour trois raisons principales : a) les souvenirs de la diabolisation des Serbes par les puissances de l’OTAN et de son appui à la direction islamiste fondamentaliste de Sarajevo pendant la sanglante guerre civile de 1992-1995, encore aujourd’hui, b) le refus d’être en désaccord avec la Serbie voisine, qui a déclaré sa neutralité militaire et son refus d’adhérer à tout bloc militaire, c) le désir de maintenir son amitié avec la Russie et d’autres pays non-membres de l’OTAN.

En conséquence, depuis l’adoption de sa propre résolution de l’automne dernier sur sa neutralité militaire, qui empêche la B-H d’être officiellement invitée à adhérer à l’OTAN, les dirigeants serbes de B-H ont fait l’objet de diverses campagnes de désinformation et de provocations concoctées dans divers médias anglo-américains, ainsi que dans les arrière-cuisines militaires et diplomatiques.

D’abord, il y a eu des allégations selon lesquelles, le 9 janvier, un groupe « formé par la Russie » portant le nom d’« Honneur serbe » (ou « Srbska čast » en serbe) a pris part à un défilé marquant l’anniversaire de la Republika Srpska. Le Washington Post et le Guardian ont rapidement lancé les appels de détresse avec des gros titres alarmistes appropriés comme « La Russie recrute des jeunes hommes qui aiment les armes à feu et les entraînent » et « Des mercenaires formés par la Russie soutiennent les séparatistes serbes de Bosnie ». Mais, comme c’est devenu la coutume dernièrement avec ce que Donald Trump a baptisé les médias d’infos bidon, ces allégations ne sont soutenues par aucune preuve.

D’abord, alors qu’il existe bien un groupe appelé « Honneur serbe » le ministre de la police de la Republika Srpska, Dragan Lukac, a déclaré que celui-ci n’avait pas participé au défilé. Ensuite, absolument aucune preuve n’a démontré que ses membres sont « formés par la Russie » à l’exception des allégations creuses de liens supposés entre ce groupe obscur et le Centre humanitaire russo-serbe établi dans la ville serbe de Nish en 2012. L’ironie est d’autant plus grande que l’activité principale du Centre depuis sa création est de fournir du personnel et des ressources pour aider à éliminer les milliers de bombes à sous-munitions et bombes non explosées laissées par les bombardements illégaux de l’OTAN sur la Serbie, en 1999. C’est un fait : les ressources russes sont utilisées pour nettoyer la scène de crime de l’OTAN. Et pourtant, le principal pays de l’OTAN accuse la Russie d’exercer une « influence néfaste » dans la région.

Le Centre a également fourni une aide vitale lors des inondations catastrophiques qui ont frappé la Serbie en 2014. Pourtant, encore une fois, les principaux pays de l’OTAN ont toujours tenté de dépeindre ce petit avant-poste accueillant, comme l’a dit le ministre serbe des Affaires étrangères, un total de « cinq Serbes, quatre Russes et un chien » comme une sorte d’espion sinistre, ou même comme une base militaire. Tout ce qui manque sont, comme vous l’avez deviné, des preuves pour étayer ces affirmations ridicules. Même Reuters l’admettait en précisant qu’aucune source n’avait été citée dans l’article original pour étayer l’affirmation selon laquelle des « mercenaires » s’y entraînaient. Mais, comme nous l’avons appris, surtout au cours de ces dernières années, un inconvénient mineur comme la vérité ne doit pas faire obstacle au « plus grand bien » que représente la reprise de la guerre froide, même au risque de la rendre sensiblement plus « chaude » que sa version précédente.

Puis, au début du mois de février, un autre scandale (présumé) est survenu : la police serbe bosniaque est maintenant devenue une ordure puisqu’elle est en train de s’armer. « La livraison d’armes aux Serbes de Bosnie attise les craintes de l’UE » avertit le si crédible Guardian, faisant écho à la presse musulmane bosniaque. Sauf qu’il s’est avéré que la police de la Republika Srpska avait finalement décidé d’acheter son premier lot de fusils en 20 ans. Et que tout avait été autorisé par les autorités centrales de Bosnie-Herzégovine. Et que, comme l’a précisé Darko Hudelist, journaliste croate très respecté, d’autres unités de police des cantons à majorité musulmane de Bosnie avaient récemment acheté de nouvelles armes. Bien sûr, il n’y a pas eu de gros titres dans le Guardian pour remettre les pendules à l’heure.

Enfin, à la mi-février, un site d’information bosniaque a révélé qu’il était prévu de tenir un exercice militaire de l’OTAN en Bosnie-Herzégovine en 2019. Naturellement, ces manœuvres doivent se dérouler dans la partie du pays à majorité serbe, résolument anti-OTAN, près de sa capitale Banja Luka. Cependant, la vraie nouvelle est l’utilisation prévue d’avions de combat américains pour le soutien aérien rapproché, des A-10 Warthog, et leur possible utilisation de munitions à uranium appauvri. Comme on pouvait s’y attendre, c’est un scandale pour la Republika Srpska. L’OTAN a bombardé à deux reprises des positions de l’armée serbe pendant la guerre civile de Bosnie-Herzégovine, en 1994 et 1995. La population vivant dans les zones où des munitions à l’uranium appauvri ont été utilisées a assisté à une augmentation alarmante des taux de cancer au cours des années suivantes, comme cela a été le cas en Serbie voisine, où des munitions à uranium appauvri ont été encore plus souvent utilisées pendant la guerre aérienne illégale de l’OTAN en 1999.

L’ambassade des États-Unis à Sarajevo a émis des démentis, mais les documents publiés ont effectivement montré que l’utilisation d’avions A-10 et de munitions à uranium appauvri était envisagée. Milorad Dodik, le président de la Republika Srpska, a clairement averti l’OTAN de « ne pas oser » utiliser des munitions à uranium appauvri, tandis que les habitants des villages proches du site d’exercice militaire proposé ont juré d’empêcher les manœuvres.

C’est un classique de la guerre psychologique, et cela ne peut que s’intensifier. En effet, dans le cadre du renforcement continu de ses activités le long des frontières occidentales de la Russie, l’OTAN semble chercher à utiliser tous les points de faiblesse qui s’offrent à elle. Et c’est précisément ce que sont la Serbie et la Bosnie-Herzégovine. Quand les Balkans font face à la guerre, en particulier dans les régions à majorité serbe, ce genre de calcul a un caractère familier. Ce sont les Serbes qui se sont levés pour rejeter la tentative du gouvernement royal yougoslave d’apaiser l’Allemagne nazie en signant un pacte avec elle le 25 mars 1941. En conséquence, Hitler a dû reporter son attaque contre l’URSS pendant plusieurs semaines cruciales jusqu’à ce que la rébellion dirigée par les Serbes puisse être pacifiée (Cela s’est passé brièvement quand deux mouvements de guérilla majoritairement serbes se sont soulevés au cours de l’été 1941 et se sont battus jusqu’à la libération du pays). Certains pensent que cela a contribué au moins en partie à l’échec de la machine de guerre nazie à briser Staline avant l’arrivée de l’hiver russe, ce qui a finalement coûté la guerre à l’Allemagne.

Certains trouveront peut-être l’analogie surprenante. Mais les actes sont plus éloquents que les mots. Comme aux États-Unis, c’est maintenant pratiquement toujours « la Russie ! La Russie ! La Russie ! » dans les Balkans, les Serbes traditionnellement pro-russes subissent des pressions politiques, de propagande et militaires de plus en plus fortes pour adhérer au « Nouvel ordre mondial »  abandonnant finalement leur cœur historique et spirituel du Kosovo et tournant le dos à leur allié russe traditionnel et aux coreligionnaires chrétiens orthodoxes, la croisade anti-serbe et, par extension, la croisade anti-russe de l’Occident, qui dure depuis un quart de siècle, s’intensifie, et les choses pourraient bien s’aggraver dans un avenir proche.

Et nous savons ce que cela peut signifier quand les choses tournent mal dans les Balkans…

Aleksandar Pavic

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

lesakerfrancophone.fr/lotan-est-en-train-de-cibler-les-serbes-bosniaques-afin-de-termine…

 

L’Initiative polonaise des Trois Mers. Quel en est l’enjeu géopolitique ?

L’Initiative polonaise des Trois Mers. Quel en est l’enjeu géopolitique ?


Par William Engdahl – Le 6 décembre 2017 – Source New Eastern Outlook

En jaune, les pays participant a l’initiative des Trois mers

L’initiative polonaise des Trois Mers est une tentative géopolitique à peine voilée de contrer l’influence de la Russie, à l’est, et de l’Allemagne, à l’ouest. Des comparaisons avec le malheureux Intermarium polonais, à la fin de la Première Guerre mondiale, me viennent à l’esprit, non sans raison. À la suite de cette guerre, le dirigeant polonais Josef Pilsudski a tenté de créer une union des États situés entre la mer Noire et la Baltique pour s’opposer à la fois à l’empire soviétique russe et allemand, union connue sous le nom d’Intermarium. Si nous superposons la géographie des États des différentes configurations de l’Intermarium à celle de l’initiative des Trois Mers contemporaine, nous découvrons alors une forte ressemblance entre les deux, c’est-à-dire une sorte de ligne de démarcation entre l’Allemagne à l’ouest et la Fédération de Russie à l’est. Mais les similitudes ne s’arrêtent pas là.

L’Initiative des Trois Mers a officiellement débuté à Dubrovnik en août 2016 et compte douze États d’Europe centrale et orientale parmi ses membres. Les pays membres couvrent l’espace entre la Baltique, l’Adriatique et la mer Noire, d’où le nom. Outre la Pologne et la Croatie, les membres comprennent actuellement l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la République tchèque, la Slovaquie, l’Autriche, la Hongrie, la Bulgarie, la Roumanie et la Slovénie. Sa deuxième réunion à Varsovie en juillet 2017 a été suivie par le président américain Trump, qui a donné au groupe son imprimatur.

La question est de savoir quels sont les facteurs politiques ou économiques qui sous-tendent cette initiative polonaise des trois mers. Si nous regardons de plus près son orientation initiale basée sur l’énergie, les choses deviennent plus claires.

Le gaz de schiste étasunien

Le 6 juillet 2017, en route pour le Sommet du G20 de Hambourg, le président américain Donald Trump s’est rendu à Varsovie pour participer à la deuxième réunion pour le projet des Trois mers, un projet proposé publiquement par le président polonais Andrzej Duda.

Alors que les deux principaux acteurs, la Pologne et la Croatie, insistent sur le fait que l’Initiative des Trois Mers n’est pas du tout géopolitique, mais plutôt un forum pour mieux intégrer les projets d’infrastructures communes nord-sud dans les nouveaux États de l’UE d’Europe centrale, il est évident que c’est plutôt l’inverse, c’est surtout de la géopolitique. Le véritable moteur de l’initiative, Washington, est clairement opposé au gazoduc germano-russe passant sous la Baltique, le North Stream II. La Pologne, pour sa part, risque de perdre des redevances de transit du gaz, car les routes de transit actuelles du gaz russe passant par l’Ukraine et la Pologne seraient progressivement supprimées, mais ce n’est pas le principal facteur. Pour l’Allemagne et pour la Russie, depuis le coup d’État de Kiev de février 2014 fait à l’initiative des États-Unis et qui a provoqué la rupture des liens entre l’Ukraine et la Russie, le transit du gaz russe par l’Ukraine reste une question extrêmement explosive et incertaine.

En juillet, à Varsovie, Trump a déclaré à son auditoire : « Nous nous engageons à garantir votre accès à des sources d’énergie différentes, afin que la Pologne et ses voisins ne soient plus jamais pris en otage par un seul fournisseur d’énergie. » Ces remarques sont une gifle assez visible adressée à Moscou alors que Washington a prétendu en 2008, à tort, que Gazprom avait coupé les approvisionnements en gaz via l’Ukraine aux consommateurs d’Europe occidentale, ce que Moscou a nié avec véhémence, affirmant que cela avait été fait par l’Ukraine, avec le soutien quasi certain de Washington. Pendant les pires tensions de la guerre froide, Moscou n’a jamais perturbé les livraisons de gaz à l’Europe. Elle n’avait aucune raison de le faire en 2008, bien au contraire. Toutefois, le président Viktor Iouchtchenko, soutenu par les États-Unis, l’a fait.

Un centre gazier polonais

De son côté, la Pologne rêve d’utiliser l’Initiative des Trois Mers pour faire de la Pologne un nouveau centre gazier européen, en important du gaz naturel liquéfié (GNL) des États-Unis.

Mais expédier du gaz par méthanier est un processus coûteux. Cela nécessite la construction de terminaux spéciaux tant au port d’origine qu’au port de destination. Le gaz doit d’abord être transformé en liquide froid à environ -260°F, puis transporté dans des citernes spéciales. À destination, un terminal méthanier spécial similaire est nécessaire où le gaz peut à nouveau passer de l’état liquide à l’état gazeux pour la consommation finale. Tout cela est assez coûteux par rapport aux gazoducs.

En revanche, la Russie livre aujourd’hui la majeure partie de son gaz par gazoduc au marché de l’UE. Le coût du gaz russe, en raison de ce facteur, et d’autres, est nettement inférieur. Pour la Pologne, cela ne semble pas avoir d’importance. Elle rêve de remplacer l’Ukraine en tant que place de transit du gaz russe vers l’UE et d’importer du gaz de Norvège, du gaz naturel liquéfié (GNL) des États-Unis et peut-être même du gaz du Qatar, si Washington ne perturbe pas ce projet par les sanctions saoudiennes.

Fin juin 2017, le nouveau terminal méthanier polonais de Swinoujscie, sur la mer Baltique, a reçu le premier envoi de GNL étasunien, en provenance du terminal texan de Cheniere Energy, actuellement le seul terminal méthanier américain destiné à l’exportation de GNL. Lors de la visite de Trump, le président polonais a clairement indiqué qu’il souhaitait conclure des contrats à long terme avec des fournisseurs de GNL américains, pour finalement exporter vers les autres pays de l’Initiative des Trois Mers, à la place du gaz russe transitant par l’Ukraine. Dans ce processus, la Pologne rêve de remplacer la Russie comme fournisseur de gaz de l’Ukraine.

Commentant le souhait polonais, Trump a déclaré que « encore bien plus » de GNL étasunien arrivera en Pologne, mais a ajouté que le prix pourrait augmenter. « Peut-être que le prix aura un peu augmenté, mais c’est normal, les négociations sont difficiles, a déclaré Trump à son public, à Varsovie. Nous sommes assis sur une grande quantité d’énergie, nous sommes maintenant des exportateurs d’énergie. Chaque fois que vous avez besoin d’énergie, appelez-nous. » Des négociations difficiles, c’est sûr.

La Pologne est en train de mettre en place sa stratégie pour devenir le nouveau centre énergétique de l’Europe centrale et remplacer le gaz russe. C’est là le cœur de son projet des Trois Mers. Le nouveau terminal GNL, qui a coûté 1 milliard de dollars, peut recevoir 5 milliards de mètres cubes de gaz par an, soit environ un tiers de la consommation annuelle polonaise en gaz. La Pologne envisage de doubler ce chiffre.

Mais ce n’est là que la première partie d’une stratégie de l’OTAN visant à expulser le gaz russe des marchés de l’UE. La stratégie préconise de faire de la Pologne une plaque tournante du gaz naturel pour l’Europe centrale en reliant la Pologne à la Lituanie, l’Ukraine, la Slovaquie et la République tchèque par des interconnexions.

Bloquer le North Stream II

L’initiative polonaise des Trois Mers pour l’importation de GNL américain est à la fois une stratégie adoptée pour contrer l’influence allemande sur les marchés européens de l’énergie et contrer la Russie en tant que principal fournisseur d’énergie. Il n’est pas étonnant, compte tenu des ambitions de la Pologne en matière de plates-formes gazières, que le pays prenne cette initiative en essayant de bloquer le gazoduc germano-russe North Stream II qui passe sous la Baltique.

Le 1er novembre, Krzysztof Szczerski, chef de la Chancellerie du Président de Pologne, a annoncé que le gouvernement polonais fera tout son possible pour bloquer le North Stream II. « Nous devons être conscients du problème que pose le North Stream II, de l’ampleur des intérêts auxquels nous sommes confrontés, a-t-il déclaré. Il s’agit des intérêts de deux grands États [c’est-à-dire l’Allemagne et la Russie, NdA), qui vont débloquer des ressources importantes pour la mise en œuvre de ce projet. North Stream II n’est pas un projet anodin, mais une base de leur intérêt national. Simultanément, il a un caractère profondément anti-européen. [sic!] »

Bloquer le North Stream II est également une des priorités de Washington. En juin 2017, le Congrès américain a voté et le Président Trump a promulgué de nouvelles sanctions contre la Russie qui, entre autres objectifs, visaient explicitement l’investissement dans le North Stream II. Ces dernières sanctions économiques étasuniennes à l’encontre de la Russie visent directement les entreprises impliquées dans le soutien à l’expansion du gazoduc germano-russe North Stream II, qui passe par la Baltique sans passer par la Pologne. Si elles étaient activées par le président américain, cela imposerait des sanctions économiques sévères aux entreprises de l’UE impliquées dans des projets énergétiques avec la Russie, dont le North Stream II.

Les gouvernements allemand et autrichien se sont immédiatement opposés, et avec véhémence, aux dernières sanctions américaines pour des raisons évidentes. Le 15 juin, les ministres allemand et autrichien des Affaires étrangères ont publié une déclaration commune inhabituellement critique à l’égard des États-Unis. Ils ont déclaré en termes très forts : « L’approvisionnement énergétique de l’Europe est une question qui concerne l’Europe et non les États-Unis d’Amérique. Nous ne pouvons pas accepter la menace de sanctions extraterritoriales illégales à l’encontre des entreprises européennes qui participent au développement de l’approvisionnement énergétique européen » a déclaré l’Autriche lors de sa prestation à l’Initiative des Trois Mers, le 6 juillet dernier, pour marquer sa désapprobation à l’égard des pourparlers américains sur le gaz.

Le gaz naturel liquéfié (GNL) étasunien, coûteux pour la Pologne

Le 21 novembre 2017, la société d’État polonaise de gaz naturel PGNiG a signé la première partie de son accord de livraison de gaz naturel liquéfié (GNL) en provenance des États-Unis, dans le cadre de sa tentative de réduction de sa dépendance aux approvisionnements russes. PGNiG a indiqué que dans le cadre de l’accord signé avec Centrica LNG Co., un groupe énergétique anglo-américain, elle recevra neuf expéditions de GNL entre 2018 et 2022. La société n’a pas révélé les volumes ni les prix convenus dans le cadre du contrat. Des indices commerciaux montrent que le gouvernement polonais paye un prix énorme pour sa russophobie.

Les estimations de Gazprom suggèrent que la Pologne devra payer, pour l’hiver 2017–2018, environ $265 à $295 /1.000 mètres cubes. Le gaz russe acheminé par gazoduc est livré à un prix moyen de 190 $/1 000 m3. Si ces chiffres sont exacts, cela montre que la Pologne est prête à payer jusqu’ à 50 % de plus pour ses livraisons de GNL étasunien. La livraison de ce GNL à d’autres pays partenaires de l’Initiative des Trois Mers implique des prix encore plus élevés pour l’Europe centrale.

De nouvelles lignes de fractures importantes sont en cours de développement au sein de l’UE dans le domaine de l’énergie, explicitement l’énergie à base de gaz naturel. D’un côté, on observe un axe entre l’Allemagne, l’Autriche, la France et d’autres États de l’UE, qui tiennent aux principaux approvisionnements en gaz russe. Émerge maintenant clairement un axe opposé, réunissant la Pologne et les États-Unis.

Le rôle de l’Atlantic Council

Pour Washington, l’initiative polonaise des Trois Mers est une situation gagnant-gagnant. Cela ne devrait pas nous surprendre si l’on considère que le groupe de réflexion atlantiste, l’Atlantic Coucil, joue un rôle déterminant dans la formation de cette initiative polonaise.

La nomination de l’ancien PDG d’ExxonMobil, Rex Tillerson, au poste de Secrétaire d’État n’est pas un hasard. Elle s’inscrit dans le cadre d’une stratégie à plus long terme de Washington visant à faire des États-Unis, en particulier grâce à l’exploitation récente de gaz de schistes et des schistes bitumineux non conventionnels, la principale puissance énergétique mondiale. Les actions américaines en Syrie et avec l’Arabie saoudite contre l’Iran et le Qatar s’inscrivent dans cette stratégie. L’élimination ou la réduction brutale des exportations de GNL du Qatar, y compris vers la Pologne, devrait profiter aux fournisseurs de gaz américains.

L’une des raisons des sanctions saoudiennes à l’encontre du Qatar, imposées à la suite de la réunion de Trump, le 21 mai à Riyad, pour discuter de la création d’une OTAN arabe, n’avait pas grand-chose à voir avec les allégations selon lesquelles le Qatar soutenait les Frères musulmans, ce qui est vrai. De son côté, l’Arabie saoudite a dépensé des milliards de dollars pour soutenir chaque groupe terroriste en Syrie, depuis al-Qaïda lié au Front al-Nusra jusqu’à État islamique, dans son effort de déloger Bachar al-Assad. Le véritable problème pour l’embargo saoudien du Qatar, appuyé par les États-Unis, tient au fait que le Qatar avait entamé des négociations secrètes avec l’Iran sur le développement conjoint de leurs champs gaziers partagés du golfe Persique, le plus important au monde. Si la coopération entre le Qatar et l’Iran se concrétisait, avec Bachar al-Assad au pouvoir après l’intervention de la Russie en Syrie, cela changerait la géopolitique énergétique mondiale en faveur de la Russie et contre les intérêts étasuniens.

En réalité, le blocus du Qatar par les Saoudiens ne vise pas à arrêter les terroristes radicaux. Il vise à maintenir le gaz iranien et qatari, et potentiellement syrien, hors du marché d’approvisionnement en gaz de l’UE, qui devrait devenir le plus grand consommateur de gaz au monde dans les années à venir. Pour Washington, la Pologne et son Initiative des Trois Mers ne sont qu’un pion dans un jeu géopolitique plus vaste.

La création du coûteux terminal méthanier polonais et sa stratégie visant à devenir une plaque tournante européenne du gaz via l’Initiative des Trois Mers ne sont pas des idées nées à Varsovie. Elles viennent de Washington, plus précisément des stratèges géopolitiques de l’Atlantic Council. Ce groupe de réflexion, créé par Washington au plus fort de la guerre froide et financé par le Pentagone et les services de renseignement américains, joue aujourd’hui un rôle important dans les décisions politiques de l’OTAN. Les donateurs officiels sont le Département de l’armée de l’air des États-Unis, le Département de l’armée de terre, le Département de la marine et le National Intelligence Council. Le Département d’État américain et le Département de l’Énergie des États-Unis contribuent également à financer ce groupe, ainsi que l’OTAN elle-même.

En avril 2017, l’Atlantic Council a tenu une conférence à Istanbul sur la stratégie des Trois Mers. Le thème de la conférence était « Faire de l’Initiative des Trois Mers une priorité pour l’avenir » et le discours d’ouverture a été prononcé par le général James L. Jones, président de l’Atlantic Council, et ancien conseiller à la Sécurité nationale d’Obama. Ce groupe était également présent à Varsovie, en juillet à l’occasion de la visite de Trump à la réunion pour l’Initiative des Trois Mers.

Dans son discours d’avril sur cette initiative, Jones a déclaré : « Il s’agit d’un projet véritablement transatlantique qui a des ramifications géopolitiques, géostratégiques et géo-économiques énormes. » Il a aussi confirmé que l’Initiative des Trois Mers avait pour but de « soulager le secteur européen de l’énergie de la forte pression du Kremlin » et qu’il s’était entretenu avec M. Tillerson sur l’importance de soutenir l’initiative des Trois mers : « Il comprend. Il en comprend l’intérêt stratégique ; il en comprend l’intérêt économique », a fait remarquer Jones.

Une autre initiative montre les limites des Trois mers

Le 27 novembre, un forum assez différent s’est réuni, accueilli par un pays membre de l’Initiative des Trois Mers. Le sommet Chine-Europe centrale et orientale à Budapest, accueilli par le Premier ministre Viktor Orban, a réuni les 12 membres de l’Initiative des Trois Mers, ainsi que la Serbie, la Bosnie-Herzégovine, la Macédoine et l’Albanie. Les pays de l’Europe centrale et orientale ont discuté de la participation de la Chine à l’immense infrastructure chinoise One Belt, One Road pour accroître les flux commerciaux entre l’Europe et l’Eurasie. Ils ont discuté de la création de nouveaux fonds d’infrastructure, de coopération monétaire et bien plus encore. Cela contraste fortement avec le projet de l’Initiative des Trois Mers de dépenser des milliards de dollars dans des projets de gaz de schistes américains risqués, tout en s’aliénant davantage la Russie et l’Allemagne.

Le contraste entre le sommet Chine-CEE et l’Initiative des Trois Mers ne saurait être plus frappant. Il montre les lignes de faille géopolitiques du projet que Washington est en mesure d’offrir à ses alliés européens de l’OTAN aujourd’hui, d’un très faible intérêt, contrairement à celui de se joindre à la Chine et à la Russie pour construire une nouvelle infrastructure eurasiatique en direction de l’Europe.

William Engdahl

Traduit par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone.

 

http://lesakerfrancophone.fr/linitiative-polonaise-des-trois-mers-quel-en-est-lenjeu-geopolitique