Archives pour la catégorie Brésil

Pandémie COVID-19: mutineries et évasion massive de détenus en Afghanistan, au Brésil et en Italie

mardi, mars 17, 2020

Strategika 51

 ΠΆΝΤΑ ῬΕΙ͂…

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Pandémie COVID-19: mutineries et évasion massive de détenus en Afghanistan, au Brésil et en Italie

Un climat délétère se répand dans un nombre croissant de pays à cause de la peur du COVID-19.

Ainsi en Afghanistan, plus de cinquante personnes détenues à Herat suite à des suspiscions de COVID-19 ont réussi à s’évader.

Au Brésil, plus de 1350 détenus sont parvenus à s’échapper d’un centre pénitencier près de Sau Paulo après une mutinerie et une prise d’otage.

En Italie, la plupart des prisons de la péninsule sont en mutinerie ou en rébellion.

Des prisons en Iran, pays soumis à des sanctions US inhumaines, connaissent des troubles similaires.

En Jordanie, des mutineries dans des prisons de ce royaume ont été violemment réprimées dans le sang. Le nombre de tués est gardé secret même si les médias ont évoqué un premier bilan « officiel » de deux morts.

Aux États-Unis, le monde carcéral, le plus important au monde, est sous extrême tension et des mutineries ne sont pas à écarter.

Plus que le SRAS-nCov-2, la panique et l’effondrement du système économique commencent à exercer une pression sociale dans un nombre croissant de pays.PublicitésPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS ADPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBroken

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L’état-major brésilien considère la France comme la principale menace militaire d’ici 2040

L’état-major brésilien considère la France comme la principale menace militaire d’ici 2040

PAR LAURENT LAGNEAU · 8 FÉVRIER 2020

En août dernier, à l’occasion du sommet du G7, et lors que 13,1 millions d’hectares de forêts venaient de partir en fumée en Sibérie et que la végétation flambait en Afrique centrale, le président Macron s’en était vivement pris à son homologue brésilien, Jair Bolsonaro, pour sa politique ayant conduit à une hausse sensible des incendies en Amazonie, décrite à tort comme étant le « poumon de la planète ». Mieux : il avait également évoqué de conférer un « statut international » à la région amazonienne, ce qui provoqua un tollé à Brasilia. Et, visiblement, cet épisode a laissé des traces, à en juger par le rapport confidentiel de l’état-major brésilien ayant « fuité » dans la presse.

En effet, le 7 février, le quotidien Folha de S. Paulo a publié des extraits de ce rapport qui, intitulé « Scénarios de défense 2040 », a été rédigé à partir des prévisions de 500 officiers incarnant « l’élite militaire » du pays ayant participé à 11 réunions au cours du second semestre 2019. Il vise à contribuer à la révision de la « stratégie de défense nationale » actuellement en cours.

« Le texte de 45 pages contient des considérations géopolitiques réalistes et des hypothèses quelque peu délirantes », commente le journal brésilien. Dans quelle catégorie se classe celle faisant de la France la principale – si ce n’est la seule – menace militaire pour le Brésil?

Car cette hypothèse est très sérieusement envisagée dans l’un des quatre grands scénarios évoqués dans ce document. Ainsi, ce dernier imagine que Paris pourrait « formaliser en 2035 une demande d’intervention des Nations unies » dans les territoires de la tribu Yanomami », situés à la frontière avec le Venezuela, afin de soutenir « sans restriction un mouvement d’émancipation de ce peuple autochtone. » Et d’ajouter : « deux ans plus tard, la France a mobilisé ses forces armées en les positionnant en Guyane », département d’outre-Mer qui partage une frontière de 730 km avec le Brésil.

Les relations franco-brésiliennes ont connu quelques tensions par le passé. Comme en 1961, avec le conflit de « la langouste ». À l’époque, le Brésil avait autorisé des langoustiers français à pêcher dans ses eaux territoriales.

Mais, à la suite d’un différend commercial entre une société américaine [ou britannique selon certains sources] avec les pêcheurs français, Brasilia changea radicalement d’attitude et la marine brésilienne arraisonna cinq langoustiers français au-delà des limites de la mer territoriale du Brésil. D’où la réaction de la France, qui envoya sur place l’escorteur d’escadre Tartu, pendant qu’un groupe aéronaval constitué autours du porte-avions Clemenceau prenait position au large de l’Afrique de l’Ouest, à seulement deux jours de navigation des côtes brésiliennes.

La marine et l’aviation brésiliennes furent alors placées en alerte maximale et se tenaient prêtes à une confrontation, pendant que certains journaux brésiliens soufflaient sur les braises ont diffusant ce que l’on appelle aujourd’hui des « infox ». Finalement, l’affaire se régla via les canaux diplomatiques… Et le général de Gaulle fut même invité au Brésil, où il reçut un accueil chaleureux en octobre 1964.

Plus récemment, une autre affaire aurait pu mettre à mal les relations franco-brésiliennes, après l’explosion, au centre de lancement d’Alcântara, d’un lanceur VLS-1 V03 qui devait mettre sur orbite, en août 2003, deux satellites pour le compte de l’Agência Espacial Brasileira.

En effet, le Folha de S. Paulo [encore lui!] avait publié des notes du service brésilien du renseignement [ABIN] selon lesquelles la Direction générale de la sécurité extérieure [DGSE] était soupçonnée d’avoir été à l’origine de l’explosion du VLS-1 V03, qui coûta la vie à 21 personnes. La France, y était-il expliqué, avait un mobile : le site d’Alcântara pouvait faire de l’ombre au centre spatial guyanais de Kourou. Finalement, l’enquête démontra que l’accident avait été causé par des « accumulations dangereuses de gaz volatils, la détérioration de capteurs et des interférences électromagnétiques. »

Quoi qu’il en soit, et après lui avoir cédé le porte-avions Foch et des Mirage 2000C, la France et le Brésil sont depuis liés par un accord de partenariat stratégique [signé en 2006], lequel s’est traduit, au niveau militaire, par la livraison de 50 hélicoptères de manoeuvre Caraval et la construction de cinq sous-marins de type Scorpène. En outre, Paris a consenti à des transferts de technologies conséquents pour permettre à la marine brésilienne de se doter d’un sous-marin nucléaire d’attaque [programme PROSUB].

C’est, d’ailleurs, ce qu’a rappelé l’ambassade de France au Brésil. « Le fait est que le Brésil est notre principal partenaire stratégique en Amérique latine et que la France entretient des relations de coopération quotidiennes, étroites et amicales avec les forces armées brésiliennes depuis des décennies », a-t-elle commenté via Twitter.

« Si la France est en effet la future menace majeure pour sa sécurité nationale, alors le Brésil doit revoir le projet de construction de sous-marins à propulsion nucléaire. Sinon, l’étude ne sert que d’exercice de fiction psychédélique », a, de son côté, taclé Hussein Kalout, secrétaire aux Affaires stratégiques du gouvernement de l’ancien président Michel Temer, le prédécesseur de Jair Bolsonaro.

Quant aux autres scénarios, le rapport évoque notamment des tensions avec la Bolivie [avec une possible intervention militaire du Brésil à Santa Cruz de la Sierra pour y protéger les agriculteurs brésiliens] et le Venezuela. Pour ce dernier, Folha de S. Paulo écrit que « dans une simulation réaliste, ce pays profite des missiles balistiques qu’il a reçus de la Russie et de la Chine et envahit la République voisine de Guyana, ce qui obligerait éventuellement Brasilia à envisager une opération militaire. Or, par le passé, Caracas a déjà menacé son voisin pour ses réserves pétrolières, en affirmant ses prétentions sur le territoire de l’Essequibo.

Enfin, le document s’inquiète également de l’influence grandissante de la Chine en Amérique latine, sur fond de rivalité croissante avec les États-Unis, sur lesquels Jair Bolsonara a aligné sa politique étrangères.

http://www.opex360.com/2020/02/08/letat-major-bresilien-considere-la-france-comme-la-principale-menace-militaire-dici-2040/

It’s the economy, stupid !

It’s the economy, stupid !

24 Janvier 2020

Alors que le bras de fer irano-américain continue de plus belle en Irak, qui a vu une énorme manifestation orchestrée par Moqtada pour réclamer le départ des troupes US, attardons-nous aujourd’hui sur trois « petites » nouvelles économiques qui n’ont pas dû être bien reçues par le système impérial.

Lors de l’élection états-unienne de 1992, une phrase était devenue virale, censée expliquer la défaite de Bush-père face à Clinton-mari : It’s the economy, stupid. Si le président Républicain avait supervisé des événements historiques comme la chute du Mur, la fin de l’URSS ou la première Guerre du Golfe, il avait quelque peu délaissé le terrain économique sur lequel s’était concentré son opposant Démocrate pour remporter l’élection.

L’économie est le nerf de la guerre et le rééquilibrage de l’échiquier mondial auquel nous assistons en ce début de XXIème siècle vient aussi de là.

Alors que la foire de Davos bat son plein, le PIB en parités de pouvoir d’achat (indicateur le plus sûr) des BRICS vient de dépasser celui du G7, le club des pays les plus endettés du globe. De quoi conforter Lavrov, qui conserve évidemment son poste de MAE après le grand chambardement gouvernemental à Moscou, dans son idée que le G7 « ne joue plus de rôle significatif ».

Une bonne nouvelle ne venant jamais seule pour le Kremlin, les réserves internationales de la banque centrale russe ont atteint leur plus haut historique en ce mois de janvier, surpassant le record de 2008 qui était notamment dû à la flambée des prix du pétrole.

Ainsi, la kyrielle de sanctions visant à affaiblir le Heartland ou la chute vertigineuse des cours de l’or noir, décidée en 2014 par le tandem saoudo-obamesque pour « punir » Moscou sur la Syrie, n’y auront rien fait. L’ours a fait le dos rond et revient de plus belle. Le ration réserves/dette totale est de 115%, un chiffre qui doit laisser rêveurs les euronouilles…

Et puisque l’on parle de Bruxelles, une information est tombée qui fait sérieusement grincer les dents dans les travées de l’UE et les salles de rédaction de notre bonne presse. Rappelez-vous, le Royaume-Uni était condamné à l’apocalypse après le Brexit, les invasions de sauterelles n’étaient pas loin. Manque de bol, le FMI lui-même prévoit maintenant une croissance britannique supérieure à celle de la zone euro. Notre petit Landerneau en est paraît-il resté bouche bée…

*****

Chers amis et lecteurs, désolé pour le rythme de publication beaucoup plus lent mais, comme vous vous en doutez, la préparation de la sortie du livre prend du temps (par exemple, enregistrement sur le plateau de LCI hier, pour une émission qui sera diffusée en février).

Bien à vous tous et merci pour votre compréhension.Tag(s) : #Economie#Russie#Europe#Chine

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http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2020/01/it-s-the-economy-stupid.html

Pendant que vous dormiezLula, Chili et Bolivie : les informations de la nuit

Pendant que vous dormiezLula, Chili et Bolivie : les informations de la nuit

2 MINCOURRIER INTERNATIONAL (PARIS) 

Lula remonté à bloc contre Bolsonaro, devant ses partisans. Fraîchement sorti de prison, l’ancien président brésilien Lula s’est offert samedi un bain de foule et a offert à ses partisans un discours enflammé où il a dit tout le mal qu’il pensait de l’actuel président Jair Bolsonaro, rapporte El País. “Jair Bolsonaro a été élu démocratiquement (en 2018), mais pour gouverner pour le peuple brésilien, et non pour les miliciens de Rio de Janeiro”, s’est écrié Lula, rouge de colère, devant un bon millier de militants. Il faisait référence à la mort de la conseillère noire de Rio Marielle Franco en mars 2018, que beaucoup attribuent aux milices de Rio. Dans la matinée, Bolsonaro avait donné le ton en exhortant les Brésiliens, sur Twitter à “ne pas donner de munitions à la canaille” Lula, “qui est momentanément libre, mais lourd de culpabilité”.

Chili : Piñera prépare un projet de modification de la Constitution. Le président chilien Sebastián Piñera a annoncé samedi qu’il préparait un projet de modification de la Constitution, l’une des principales revendications des manifestants, qui s’opposent depuis trois semaines au gouvernement, selon La Nación. “Je crois que des changements de la Constitution sont légitimes et nous allons en discuter. En conséquence, nous préparons un projet de modification de la Constitution”, a déclaré le président. Parmi les modifications envisagées figurent “une meilleure définition des droits de la personne et les modalités pour faire respecter” ces droits. Les amendements prévus précisent également “les obligations de l’État” et établissent “de meilleurs mécanismes de participation” citoyenne, a ajouté le président. C’est une volte-face pour Piñera, qui avait enterré, lors de son accession au pouvoir, les projets de modification de la Constitution préparés par la présidente socialiste Michelle Bachelet, à qui il avait succédé.

Bolivie : Evo Morales lance un appel au dialogue. Au terme d’une nouvelle journée de manifestations et de démonstrations de force de l’opposition, le président Evo Morales a lancé un appel au dialogue, aussitôt rejeté par l’opposition, écrit La Razón. “Je lance un appel au dialogue avec les partis qui ont obtenu des sièges au Parlement lors des dernières élections générales, soit quatre partis”, a déclaré M. Morales, appelant également les policiers mutinés à mettre fin à leur mouvement. Quelques minutes après son allocution, Carlos Mesa, ancien président bolivien et principal rival de M. Morales lors du scrutin d’octobre, a rejeté sa proposition. “Je n’ai rien à négocier avec Evo Morales ni avec son gouvernement”, a-t-il déclaré. Les mutineries de policiers ont continué à se multiplier dans la nuit de vendredi à samedi, tandis qu’une foule de manifestants hostiles à M. Morales a occupé à La Paz les sièges de deux médias d’État, Bolivia TV et Radio Patria Nueva.

https://reveil.courrierinternational.com/#/edition/1948126/article/1948390

Macron accuse Bolsonaro d’avoir «menti» sur le climat, la France s’oppose à l’accord UE-Mercosur

Macron accuse Bolsonaro d’avoir «menti» sur le climat, la France s’oppose à l’accord UE-Mercosur

  • Par  François-Xavier Bourmaud 
  • Mis à jour le 23/08/2019 à 20:30 
  • Publié le 23/08/2019 à 14:04
Emmanuel Macron et Jair Bolsonaro lors du G20 d'Osaka, le 28 juin 2019.

L’Elysée estime que le président brésilien Jair Bolsonaro n’a pas «respecté ses engagements climatiques, y compris les incendies». «Dans ces conditions, la France s’oppose à l’accord Mercosur en l’état», a poursuivi la présidence française.

Envoyé spécial à Biarritz

Le « champion de la Terre » est de retour. À la veille de l’ouverture officielle du G7 à Biarritz, Emmanuel Macron a déclenché une crise diplomatique avec le Brésil, sur fond d’incendies spectaculaires dans la forêt amazonienne. « Notre maison brûle. Littéralement », avait tweeté jeudi soir Emmanuel Macron, reprenant les mots de Jacques Chirac lors d’un discours sur le climat prononcé en 2002 à Johannesburg. « L’Amazonie, le poumon de notre pla­nète, qui produit 20 % de notre oxygène, est en feu. C’est une crise internationale. Membres du G7, rendez-vous dans deux jours pour en parler. »Sponsorisé par KiaLe nouveau Kia e-Niro, le crossover 100% éléctrique dès 397 €/mois !

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» LIRE AUSSI – Incendies en Amazonie : Emmanuel Macron tweete une photo vieille d’au moins seize ans

Emmanuel Macron@EmmanuelMacron

Notre maison brûle. Littéralement. L’Amazonie, le poumon de notre planète qui produit 20% de notre oxygène, est en feu. C’est une crise internationale. Membres du G7, rendez-vous dans deux jours pour parler de cette urgence. #ActForTheAmazon

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50,7 k21:14 – 22 août 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité29,1 k personnes parlent à ce sujet

Fureur du président brésilien d’extrême droite, qui a immédiatement accusé Emmanuel Macron d’« instrumentaliser une question intérieure au Brésil et aux autres pays amazoniens pour des gains politiques personnels ». Au passage, Jair Bolsonaro a dénoncé l’attitude française qui lui évoquait « une mentalité colonialiste dépassée au XXIe siècle ». La réplique ne s’est pas fait attendre.

» VOIR AUSSI – Incendies en Amazonie : Jair Bolsonaro reproche à Emmanuel Macron son «état d’esprit colonialiste»Incendies en Amazonie : Jair Bolsonaro reproche à Emmanuel Macron son «état d’esprit colonialiste»Les incendies font rage en Amazonie depuis juillet, et Emmanuel Macron a averti le 22 août : « C’est une crise internationale. Membres du G7, rendez-vous dans deux jours pour parler de cette urgence. »SharePauseUnmuteCurrent Time 0:18/Duration 0:54Loaded: 100.00% Quality LevelsFullscreen

La France boycotte l’accord Mercosur

Accusant Jair Bolsonaro d’avoir « menti » sur ses engagements en faveur du climat, Emmanuel Macron a annoncé que la France s’opposerait à la signature de l’accord avec le Mercosur, un traité de libre-échange entre l’Europe et plusieurs pays d’Amérique du Sud, dont le Brésil. « L’Amazonie est en feu et Jair Bolsonaro reste inactif sur le climat alors qu’il s’y était engagé, déplore un proche du chef de l’État. Il est dans le déni sur le sujet du réchauffement climatique. Les décisions et propos du Brésil ces dernières semaines montrent bien que le président Bolsonaro a décidé de ne pas respecter ses engagements climatiques ni de s’engager en matière de biodiversité. »

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Dans sa passe d’arme contre le Brésil et dans sa volonté d’inscrire le sujet des feux en Amazonie à l’agenda du G7, le président de la République a déjà reçu le soutien de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne. « La chancelière soutient complètement le président français », a assuré le porte-parole d’Angela Merkel. Le gouvernement allemand a cependant précisé dans la soirée que la décision du président français «n’est pas la réponse appropriée» aux incendies dans la forêt amazonienne. «L’échec de la conclusion de l’accord Mercosur ne contribuerait pas à réduire le défrichement de la forêt tropicale au Brésil», a-t-il ajouté, soulignant que l’accord «contient un chapitre ambitieux sur le développement durable, avec des réglementations contraignantes sur la protection du climat».

Le nouveau premier ministre britannique, Boris Johnson, a de son côté tweeté : « Les feux de forêt qui ravagent la forêt amazo­nienne ne sont pas seulement bouleversants, il s’agit également d’une crise internationale. » Il a ajouté que son pays est « prêt à fournir toute l’aide nécessaire pour les maîtriser et contribuer à protéger l’une des grandes merveilles de la planète ».

Boris Johnson@BorisJohnson

The fires ravaging the Amazon rainforest are not only heartbreaking, they are an international crisis. We stand ready to provide whatever help we can to bring them under control and help protect one of Earth’s greatest wonders.21 k17:25 – 23 août 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité6 698 personnes parlent à ce sujet

Dans un entretien à Konbini vendredi soir, Emmanuel Macron a également appelé à «trouver la bonne gouvernance de l’Amazonie», en associant davantage les ONG et les peuples autochtones. «On doit trouver ce que j’appellerais la bonne gouvernance de l’Amazonie. C’est-à-dire qu’il faut associer les ONG, il faut associer les peuples autochtones beaucoup plus qu’on ne le fait et il faut stopper un processus de déforestation industrialisé (…) où on a véritablement un écocide qui est en train de se développer à travers l’Amazonie et pas simplement au Brésil», a déclaré le président français.

L’approbation de Nicolas Hulot

Pour Emmanuel Macron, l’occasion est inespérée de repeindre en vert un sommet de G7 qui s’annonçait une nouvelle fois décevant sur le volet environnemental, à part peut-être la signature d’une charte de la biodiversité – « premier engagement pris à ce niveau en la matière », selon le président. Pour le reste, « je souhaite pouvoir finir de convaincre tous les partenaires qui seront là, y compris ceux qui ne sont pas formellement membres du G7 (Afrique du Sud, Chili, Inde, Australie), du relèvement de leur niveau d’ambition » sur la lutte contre le réchauffement climatique, avait prudemment expliqué le chef de l’État mercredi lors d’une rencontre avec la presse. Avec les feux en Amazonie et la crise diplomatique qui a suivi, voilà désormais le sujet au cœur du sommet de Biarritz.

» LIRE AUSSI – Feux en Amazonie: «une situation d’urgence» qui doit être discutée au G7

Vendredi, l’Élysée a fait savoir que le G7 travaillait à des « initiatives concrètes » pour lutter contre les feux en Amazonie. Le refus de signer l’accord Mercosur en est une première, mais pour l’instant franco-française. Elle a déjà provoqué un effet inattendu sur la scène politique intérieure alors que le chef de l’État s’efforce de mettre l’accent sur l’écologie. Car, avec son annonce, Emmanuel Macron a «récupéré » Nicolas Hulot.

Presque un an jour pour jour après sa démission surprise du ministère de l’Écologie, pour dénoncer le manque d’ambition du gouvernement sur l’environnement, l’ancien animateur d’« Ushuaïa » a salué la décision du chef de l’État. « Une première étape essentielle, selon Nicolas Hulot. Elle doit être suivie de sanctions commerciales interdisant importations de produits agricoles brésiliens pour tenter de stopper la déforestation. »

«Make Amazonie green again»

L’annonce prend aussi à revers l’ensemble des partis de gauche et les écologistes qui s’opposaient jusqu’alors au Mercosur. Et permet à Emmanuel Macron de revêtir son costume de « champion de la Terre » sur la scène nationale au moment où la défense de l’environnement s’impose parmi les préoccupations des Français. Lorsque le titre lui avait été décerné en septembre 2018 à New York, à l’occasion de la deuxième édition du One Planet Summit, il lui avait surtout valu quolibets et moqueries. L’ONU voulait alors récompenser son action en faveur du climat, notamment dans la foulée du « Make our planet great again » lancé à Donald Trump après son retrait de l’accord de Paris. À Biarritz, ce sera plutôt : « Make Amazonie green again ».

» LIRE AUSSI – Amazonie: «Les mégafeux montrent notre rapport complètement détraqué à la nature»

François-Xavier Bourmaud

http://www.lefigaro.fr/international/macron-accuse-bolsonaro-d-avoir-menti-sur-le-climat-la-france-s-oppose-a-l-accord-ue-mercosur-20190823?utm_source=app&utm_medium=sms&utm_campaign=fr.playsoft.lefigarov3&fbclid=IwAR3MS4oFn7YM3DEZGdd0r_n_HZxlw3Dw5nOQ9W13W8dRfSoihlOOVyz2pA8

La relation diplomatique entre l’Iran et le Brésil

La relation diplomatique entre l’Iran et le Brésil

Quentin CREURER 12 août 2019 Afrique et Moyen-OrientAmériqueAmérique du SudIranProche et Moyen-OrientSituations décryptées Leave a comment

L’élection de Jair Bolsonaro en octobre 2018 a réchauffé les relations entre le Brésil et Israël. En revanche, l’attitude bienveillante du président brésilien envers Israël affecte la relation bilatérale avec l’Iran. En effet, les précédents gouvernements avaient réussi à tisser des liens étroits avec la République Islamique d’Iran. Dès lors, il est intéressant de s’interroger sur le devenir de la relation entre le Brésil et l’Iran sous la présidence Bolsonaro.

Les convergences diplomatiques du Brésil et de l’Iran sous la présidence Lula

Le Président du Brésil, Lula, sert la main au Président Iranien, en 2010, à Téhéran.
Les présidents Lula et Ahmadinejad à Téhéran en 2010

Dans les années 1990, le Brésil échangeait principalement avec l’Iran des denrées alimentaires en faible volume. Puis, en 2003, la coopération a été accentuée par la cession de champs pétroliers iraniens à l’entreprise brésilienne Petrobras. Cette intensification des relations s’explique par la nouvelle diplomatie mise en place par Lula lors de son mandat. Cette stratégie diplomatique se voulait multipolaire afin d’éviter les rapports de force bilatéraux à son désavantage. En somme, l’ancien président prônait une ouverture vers les pays émergents afin de contourner l’influence américaine.

L’affirmation de l’émancipation des instances internationales s’est perçue dans la convergence diplomatique entre l’Iran et le Brésil. De son côté, l’Iran tentait d’étoffer son éventail diplomatique en acquérant le maximum de soutien quand Brésil apparaissait comme un allié de poids sur le continent américain. A ce titre, le Brésil a soutenu l’Iran quant aux questions liées au nucléaire. Le président Lula a plusieurs fois maintenu sa position en affirmant que les Iraniens avaient le droit de développer un nucléaire pacifique. A l’inverse, il fut très critique envers l’État d’Israël qui n’a pas signé le Traité de Non Prolifération, à l’inverse de l’Iran.

Par ailleurs, les relations économiques entre l’Iran et le Brésil se sont intensifiées grâce au commerce de la viande hallal. Néanmoins, le commerce bilatéral se résument à des échanges de produits alimentaires qui doivent contourner les sanctions économiques. C’est pourquoi l’Iran n’apparaît pas comme un partenaire économique vital du Brésil. En revanche, en novembre 2018, et malgré l’élection de Jair Bolsonaro, une délégation parlementaire brésilienne s’est rendue en Iran. Les délégués brésiliens cherchaient à resserrer les liens économiques et trouver une solution à la crise nucléaire. En résumé, on voit que la relation entre le Brésil et l’Iran s’est tissée grâce à une vision commune de l’indépendance diplomatique. La recherche d’alliés en dehors de la sphère américaine participe également à cette convergence d’intérêt.

Le rapprochement du Brésil de Bolsonaro avec Israël

L’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro à la tête du Brésil confirme le changement politique en Amérique Latine. En effet, Bolsonaro incarne le retour de la droite sud-américaine. Il faut noter le soutien des évangélistes dans son élection pour comprendre son positionnement vis-à-vis d’Israël. Les fidèles évangélistes pensent que le retour des Juifs en terre d’Israël est nécessaire pour que le Messie revienne. Dès lors, il sera possible d’établir le Royaume de Dieu à Jérusalem pendant mille ans sur terre. Converti à l’évangélisme, le président auriverde a soutenu la délocalisation de l’ambassade brésilienne à Jérusalem, bien qu’ineffective à ce jour.

De manière symbolique et inédite, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est rendu à l’investiture présidentielle de Jair Bolsonaro. De plus, la diplomatie du Brésil dans les instances internationales a changé. Bolsonaro a affiché son soutien aux initiatives israélites en territoires palestiniens en critiquant le point 7 du Conseil des Droits de l’Homme.

Ce rapprochement du Brésil avec Israël entraîne, de facto, une distension des relations avec l’Iran. Au-delà de ce rapprochement, le clan Bolsonaro est très virulent envers la République Islamique d’Iran. En effet, Jair Bolsonaro a affirmé que les dirigeants iraniens n’avaient aucun égard pour la liberté. Récemment, le député Eduardo Bolsonaro, fils du président, a qualifié l’Iran de problème pour la région du Moyen-Orient. En outre, cette rupture entre le Brésil et l’Iran s’accentue à la vue des nouvelles affinités entre Jair Bolsonaro et Mohamed Ben Salman (MBS). Le développement de liens économiques avec l’Arabie Saoudite viendrait un peu plus court-circuiter les échanges Brésil-Iran.

Le rejet de la politique extérieur de Bolsonaro

In fine, Bolsonaro, maladroitement comparé à Trump par certains, n’en cultive pas moins la même défiance envers l’Iran. Les faibles liens qui existent entre l’Iran et le Brésil ne freineront pas cet éloignement. La diplomatie brésilienne portée par Bolsonaro s’affiche clairement aux côtés d’Israël et des Etats-Unis. Cependant, le président brésilien n’a aucune expérience internationale. Ces balbutiements peuvent porter atteinte à sa politique extérieure si tâtonnante soit-elle. De plus, Bolsonaro s’isole du reste de sa classe diplomatique qui se désole de la tournure pris par la politique extérieure. Il serait alors opportun de s’intéresser à la Chine première partenaire économique du Brésil, également une alliée de l’Iran.Share

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About Quentin CREURER

Etudiant en sciences politiques dans le cadre d’un master dédié à l’Amérique Latine à l’Université Complutense de Madrid. Auparavant, j’ai étudié au Canada et à Lyon où j’ai obtenu une licence en Développement du Territoire Rural.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/situations-decryptees/41375-relation-diplomatique-iran-bresil

Brésil: la cour suprême annule un décret de Bolsonaro sur les terres indigènes

Brésil: la cour suprême annule un décret de Bolsonaro sur les terres indigènes

Brésil: la cour suprême annule un décret de Bolsonaro sur les terres indigènes

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  AFP – 02/08/2019 – 11:07


La cour suprême du Brésil a bloqué jeudi un décret du président Jair Bolsonaro qui transférait au ministère de l’Agriculture, défenseur des intérêts de l’industrie agroalimentaire, des compétences foncières jusqu’alors dévolues à une fondation protectrice des indigènes.

Les dix juges du Tribunal fédéral suprême (STF) ont soutenu cette décision, considérant que les parlementaires brésiliens avaient déjà rejeté ce décret.

« Pour ce qui fait loi, le dernier mot revient au Congrès », a déclaré le juge Luis Roberto Barroso, qui avait déjà ordonné en juin la suspension provisoire du décret portant sur un transfert des compétences dans la délimitation des terres indigènes.

Le président d’extrême droite Jair Bolsonaro s’est plusieurs fois exprimé en faveur d’un nouveau découpage des terres indigènes plus favorable à l’agrobusiness.

Cette décision du STF survient un semaine après la mort d’un leader indigène dans le nord-est du pays. Les membres de la tribu waiapi dénoncent un assassinat, qui n’a pas encore été confirmé par l’enquête judiciaire.

Cette affaire connaît un écho international. Parmi les nombreuses réactions, la haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU Michelle Bachelet s’est élevée lundi contre « la politique proposée par le gouvernement brésilien ».

En ouvrant « davantage de zones de l’Amazonie à l’exploitation minière », cela risque « de conduire à des incidents violents, des intimidations et des meurtres comme celui dont a été victime le peuple waiapi la semaine dernière », a-t-elle poursuivi.

Les indigènes et les organisations de défense des droits humains se plaignent d’une multiplication des conflits dûs à des envahissements de leurs terres ces derniers mois.BrésilAgricultureJugeAutochtonesEnvironnementTribunalDroitshumainsRéagir

https://pro.orange.fr/actualites/bresil-la-cour-supreme-annule-un-decret-de-bolsonaro-sur-les-terres-indigenes-CNT000001hCRn5.html


Bolsonaro, point d’orgue de la prise de pouvoir des églises pentecôtistes

Bolsonaro, point d’orgue de la prise de pouvoir des églises pentecôtistes

Lorsque le 13 mars 2013 le cardinal argentin Jorge Bergolio devint le premier Pape sud-américain, beaucoup d’observateurs y ont vu une conséquence logique du renversement de la ferveur catholique. Face à un occident sécularisé et aux pratiquants vieillissants, l’Amérique Latine, qui rassemble 40% des catholiques du monde, apparaît comme le nouvel épicentre de la foi catholique. Et si ce constat était trompeur ? Si la véritable vitalité religieuse résidait dans les églises pentecôtistes ?

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Le président Brésilien Jair Bolsonaro a intégré une Eglise pentecôtiste peu avant son élection.

La guerre spirituelle entre les Eglises

Héritage de la colonisation, 90% des habitants se déclaraient catholiques en 1960. Ils ne sont plus que 69% en 2014.  Le processus à l’œuvre n’est pas une sécularisation de la société sur le modèle occidental, mais une substitution d’allégeance religieuse à une autre. En effet, le taux d’athées reste faible, alors que les conversions de catholiques vers les Eglises pentecôtistes augmentent.

Prosélyte et utilisant des techniques marketing dignes de marques commerciales (publicité, émission TV), les Eglises pentecôtistes gagnent des fidèles, en quantité comme en qualité. En témoigne la foi militante de footballeurs stars comme Neymar, arborant fièrement un bandana « 100% Jésus » au moment de soulever le plus important trophée européen.

Rôles sociaux-économiques  tentaculaires

Véritable business, les Eglises pentecôtistes vendent une relation privilégiée avec Dieu, des guérisons miracles, mais pas seulement. Forte d’une implantation populaire et politique de plus en plus importante, leurs activités peuvent être surprenantes pour des serviteurs de Dieu. Ainsi, nombre de chefs de gangs et de cartel, en particulier en prison, sont pentecôtistes.

En plus de profiter de la promotion « musclée » des gangs, qui n’hésitent pas à chasser les autres religions des favelas, ces Eglises elles-mêmes ont des activités troubles. Demandant à leurs fidèles de reverser 10% de leurs revenus, elles brassent des millions, ce qui, bien sûr, leur permet de corrompre aisément les décideurs.

La prise de pouvoir politique

Face à la corruption et aux difficultés sociaux-économiques, la gauche, au pouvoir dans de nombreux pays latino-américains au début du siècle, recule. Les propositions politiques autoritaires se multiplient, et le conservatisme ainsi que la puissance financière des Eglises pentecôtistes s’y associent parfaitement.

Si de petits pays comme le Guatemala (qui compte 41% d’évangélistes dans sa population) avaient déjà connu l’élection d’un chef de l’Etat évangélique militant (Jimmy Morales), le coup de tonnerre pour l’opinion publique mondiale a été la dernière élection présidentielle brésilienne. Le Brésil est le pays abritant le plus de pentecôtistes au monde, et c’est tout naturellement que des politiques ostensiblement évangéliques ou pentecôtistes sont arrivés au pouvoir, comme à Rio de Janeiro. Lors de la campagne présidentielle, l’Eglise universelle du royaume de Dieu a apporté son soutien à Jair Bolsonaro, qui lui-même est passé du catholicisme à l’évangélisme en 2016. Le candidat d’extrême-droite fût élu triomphalement.

On constate donc que l’élection de Bolsonaro sur un programme réactionnaire est en partie le résultat d’une réorientation religieuse de l’Amérique Latine. Ainsi, si le Pape François apparaît comme un progressiste, l’Amérique Latine semble se tourner vers la réaction, parfaitement incarnée par le recul de la gauche sur tout le continent, le conservatisme des pentecôtistes n’y étant sans doute pas étranger.

Sources :

https://www.la-croix.com/Religion/Actualite/En-Amerique-latine-le-catholicisme-perd-du-terrain-face-aux-evangeliques-2014-11-14-1237102

https://www.lepoint.fr/monde/amerique-latine-trois-choses-a-savoir-sur-l-influence-des-evangeliques-dans-la-politique-06-10-2018-2260780_24.php

About Charles SIROUX

Diplômé d’un M2 en géopolitique et prospective à l’IRIS, ses thèmes de prédilection sont les tendance

Jair Bolsonaro : difficultés et cap politique du nouveau président

Jair Bolsonaro : difficultés et cap politique du nouveau président

Le 1er janvier 2019, Jair Bolsonaro, ancien militaire d’extrême droite, arrive au pouvoir au Brésil. Elu sur un discours d’aversion pour la gauche, d’anti-corruption, de conservatisme sociétal et de libéralisme économique, sa côte de popularité a très rapidement chuté. Quatre mois après son investiture, quel bilan peut-être fait de ce début de mandat ?

Photo aérienne de la forêt amazonienne
Le transfert de compétence de la démarcation des terres est perçu comme une menace pour les populations indigènes et pour l’environnement.

Politique intérieure : Jair Bolsonaro réalise une partie seulement de ses promesses de campagne

Jair Bolsonaro s’était déclaré favorable à un assouplissement de la légalisation du port d’armes. Des mesures en ce sens étaient très attendues par ses électeurs. Dès les premiers temps de son mandat, il a ainsi signé un décret facilitant la détention d’armes à domicile. Entre autres, il supprime l’obligation d’un aval de la police fédérale pour valider la “nécessité de détenir une arme”. Dorénavant, vivre dans un Etat du Brésil où le taux d’homicide est supérieur à 10 pour 100.000 habitants suffit à justifier cette nécessité. Ce chiffre correspond en réalité à l’ensemble du territoire brésilien.

Par ailleurs, le nouveau président a rapidement mis en œuvre sa vision des populations indigènes. Au Brésil, 850 000 indigènes vivent en tribu dans de vastes réserves protégées d’Amazonie. Ces dernières couvrent 13% de l’ensemble du territoire brésilien. Or, Bolsonaro a fait part de sa volonté de s’emparer des richesses de ces réserves. Une mesure-clé notamment en témoigne à l’égard de la FUNAI, la Fondation nationale de l’Indien, l’organisme gouvernemental qui élabore et applique les politiques relatives aux peuples indigènes. Elle  a principalement pour mission de cartographier et de protéger les terres concernées. Or, la compétence de la démarcation des terres attribuées aux autochtones a été transférée au ministère de l’Agriculture. Cela fait craindre que les intérêts de l’agrobusiness soient favorisés au détriment des terres et des peuples indigènes.

Saboteur de sa propre politique ?

L’autre mesure très attendue de son mandat concerne la réforme des retraites, jugée inévitable par le Fonds Monétaire International (FMI) pour redresser l’économie du pays. Un projet a été présenté au Congrès brésilien le 20 février dernier et est actuellement toujours débattu. Actuellement, il n’existe pas d’âge légal de départ à la retraite mais un système qui fonctionne sur le nombre d’années de cotisation. Avec la réforme, l’âge minimal de départ à la retraite sera désormais de 62 pour les femmes et de 65 ans pour les hommes. Selon les estimations, elle devrait permettre une économie de 230 milliards d’euros sur dix ans. Porté par le ministre de l’Economie Paulo Guedes, le texte est critiqué car il n’évoque pas le cas des militaires. De plus, Bolsonaro a lui-même avoué mener cette réforme à contrecœur.

Sur les questions relatives au chômage, à la criminalité et d’autres aspects de son programme électoral, peu de changements sont pour l’instant notables.

Politique étrangère : pro-américanisme et refus du multilatéralisme

Jair Bolsonaro et Donald Trump se serrant la main.
L’entente entre Jair Bolsonaro et Donald Trump profiterait davantage à ce dernier.

Les premiers mois de Bolsonaro au pouvoir ont confirmé sa proximité idéologique avec les Etats-Unis. En effet, parfois surnommé le “Trump des tropiques”, il a fait preuve d’un réel pro-américanisme.

Les deux hommes ont adopté une position commune sur la question vénézuelienne, en appelant au départ de Nicolas Maduro. Bolsonaro partage également la volonté de transférer son ambassade à Jérusalem et entretient des relations amicales avec Netanyahu. Cependant, cette détermination n’est pour l’instant pas actée. En effet, cette décision pourrait entraîner de lourdes répercussions de la part du monde arabe sur les exportations de viande brésiliennes. Ces dernières représentent près de 40% des exportations de poulet du pays, ce qui nuirait à l’activité agroalimentaire du pays. Il a toutefois promis que cela serait chose faite d’ici la fin de son mandat.

Une relation asymétrique

Par ailleurs, Bolsonaro emprunte régulièrement au président américain son penchant pour les réseaux sociaux, déclenchant parfois des polémiques sur des tweets controversés. De même que le gouvernement Trump, Bolsonaro mène une politique étrangère basée sur un mépris du multilatéralisme et des grandes organisations internationales. L’entente entre les deux pays s’est concrétisée autour d’engagements commerciaux. D’autre part, Donald Trump s’est engagé à soutenir le Brésil en tant que membre de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) et d’en faire “un allié majeur hors OTAN”. Toutefois, cette alliance profiterait davantage aux Etats-Unis qu’au Brésil selon les experts.

La recherche d’alliés régionaux

Enfin, l’orientation conservatrice du gouvernement a conduit le Brésil à signer la déclaration de Santiago créant Prosur. Bien que l’organisation se veuille dépourvue de caractère politique et idéologique, elle regroupe quasi exclusivement des gouvernements de droite et de centre-droit. La participation du Brésil au premier forum a toutefois était controversée. Les propos racistes, homophobes énoncés par le président et son attrait pour la dictature ont notamment été dénoncés.

Les quatre premiers mois de Bolsonaro au pouvoir conduisent ainsi à un bilan mitigé. Si le nouveau président a mis en place des mesures dans le sens du programme électoral qu’il avait annoncé, nombreux sont les sujets qui n’ont pour l’instant pas été traités. La réforme des retraites, la lutte contre la criminalité, les enjeux scolaires, par exemple, stagnent.

Sources :

https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/epreuve-de-force-au-bresil-jair-bolsonaro-sengage-dans-une-epineuse-reforme-des

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/19/donald-trump-et-jair-bolsonaro-affichent-leurs-convergences_5438474_3210.html?xtmc=bolsonaro&xtcr=34

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/02/bresil-la-detresse-des-indigenes-face-au-mepris-de-jair-bolsonaro_5430527_3210.html

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/04/10/bresil-les-cent-jours-du-president-bolsonaro-entre-polemiques-et-maigre-bilan_5448074_3210.html?xtmc=bolsonaro&xtcr=15

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/01/16/le-president-bolsonaro-signe-un-decret-pour-faciliter-la-possession-d-armes-au-bresil_5409701_3210.html?xtmc=bolsonaro&xtcr=87

About Axelle Jourdain-Derros

Axelle Jourdain-Derros est étudiante à Sciences Po Toulouse. Elle s’intéresse notamment aux problématiques liées aux grandes organisations internationales et aux enjeux de défense. Elle est rédactrice pour les Yeux du Monde depuis décembre 2018.

Le Venezuela et la guerre de l’empire contre les Peuples: les vautours du «fracking»

Le Venezuela et la guerre de l’empire contre les Peuples: les vautours du «fracking»

 

 

L’objectif annoncé des vautours est de venir en « aide humanitaire urgente aux victimes du socialisme chaviste » et d’appliquer massivement dans le sol de la République bolivarienne la technique d’exploitation pétrolière connue sous le terme de « fracking » ». Il s’agit là d’une ancienne et prédatrice méthode d’exploitation d’hydrocarbures qui « optimise » le séchage plus ou moins efficace des réservoirs par le « simple fait » d’injecter des millions de litres d’eau à haute pression. Cela provoque la pénurie d’eau potable accessible aux populations. Il est primordial de préciser qu’à cette eau est mélangée plus d’une centaine de produits chimiques, dont l’acide chlorhydrique et autres substances cancérigènes, qui finiront tôt ou tard dans les aquifères/nappes phréatiques, empoisonnant les captations d’eau des villes et villages.

Reçus à bras ouverts, notamment par les gouvernements limitrophes de Jair Bolsonaro au Brésil et de Iván Duque Márquez en Colombie, les géants de l’exploration pétrolière n’en peuvent plus d’impatience. Déjà présents pour la plupart sur le territoire vénézuélien, ils sont contrariés par la campagne de Nicolás Maduro, lancée en 2015, contre les méthodes prédatrices de fracturation hydraulique. Celle-ci les empêche jusqu’à présent de mener « librement » leurs opérations. Cette technique est aussi connue sous le nom de « extraction de gaz et pétrole de schiste par fracturation hydraulique » ou « fracking » en anglais -que je traduirais par viol de la Terre.

L’objectif annoncé des vautours est de venir en « aide humanitaire urgente aux victimes du socialisme chaviste et d’appliquer massivement dans le sol de la République bolivarienne la technique du « fracking » » -autant dire une méthode assassine ! Il s’agit là d’une ancienne et prédatrice méthode d’exploitation d’hydrocarbures qui « optimise » le séchage plus ou moins efficace des réservoirs par le « simple fait » d’injecter des millions de litres d’eau à haute pression. Cela provoque la pénurie d’eau potable accessible aux populations. Il est primordial de préciser qu’à cette eau est mélangée plus d’une centaine de produits chimiques, dont l’acide chlorhydrique et autres substances cancérigènes, qui finiront tôt ou tard dans les aquifères/nappes phréatiques, empoisonnant les captations d’eau des villes et villages.

La méthode utilise un début de forage vertical ou conventionnel, de profondeur variable jusqu’à 2 km, auquel est appliqué au niveau du réservoir une déviation importante du puits, devenant en ce point –kick off point ou point de départ- un puits horizontal ou non conventionnel, foré jusqu’à 3 km de long. Le contact à l’horizontal avec les formations géologiques huilières est fortement allongé par rapport à la méthode conventionnelle -normalement sur des roches poreuses-, mais comme la roche réservoir est ici plus compacte, elle a besoin d’être fracturée sur plusieurs interventions dans toute sa longueur. Pour rendre l’extraction possible, beaucoup plus de puits sont nécessaires, ce qui signifie l’application d’un grand nombre d’injections chimiques.

L’extérieur des tuyauteries du puits est injecté et revêtu de ciment. Pour créer un contact des tuyaux avec la roche productive à fracturer, il faut déflagrer des charges explosives au bout du puits. Les industriels clament la propreté de la méthode arguant le puits entouré par du ciment, mais ce n’est cependant la réalité dans la zone productive, cible des explosifs et du « fracking » où des failles et autres discontinuités géologiques peuvent emmener les produits de la fracturation et contaminer les nappes d’eau souterraines. De plus, le revêtement du puits en ciment n’est sûrement pas éternel, ce qui engendrera des contaminations plus importantes à moyen et/ou à long terme. L’erreur humaine lors d’opérations si complexes techniquement n’est jamais improbable.

Dans le processus de fracturation des roches, une partie piégée du gaz -le méthane, CH4- finit par s’échapper dans l’atmosphère. Alors qu’en France l’agriculture/sylviculture est la principale responsable des émissions de ce puissant gaz à effet de serre -25 fois plus puissant que le CO2-, les scientifiques ont commencé à réaliser l’énorme sous-estimation planétaire d’émissions de méthane en provenance des puits de pétrole et de gaz de schiste.

Graphique 1 – Concentration atmosphérique de CH4 en parties par milliard (ppb)

S’ajoutent les réactions des composants acides avec les roches carbonatées qui produisent du CO2 -dioxyde de carbone-, tout cela en amont du raffinage et de la combustion finale d’hydrocarbures dans nos industries, nos voitures.

-Bonjour la lutte contre le réchauffement climatique. Merci à l’empire de ce beau cadeau, une sorte de legs aux générations futures -une multitude de poisons répandus dans l’atmosphère, la mer, les rivières, le sol et un changement mortifère du climat assuré.

Quand Emmanuel Macron et une bonne partie des pays de l’UE valident un usurpateur  comme Juan Guaidó dans une posture suiviste de Donald Trump -président du pays siège de la majorité des entreprises prédatrices usagères du « fracking » à grande échelle-, ce sont les techniques de fracturation hydraulique qu’ils valident et tous les graves inconvénients, empoisonnements qui en découlent.

Le poids et l’influence des groupes pétroliers sur les gouvernements du vieux continent sont si forts que ces derniers se plient volontairement sous un honteux asservissement à ces entreprises massacreuses sans scrupules. Et ne croyez pas que les vampires ne vont revenir à la charge en France pour nous aider à devenir « producteurs de malheur = gaz de schiste ». L’argumentation se revêt constamment de points exclusivement positifs, taisant détériorations, dégradations et saccages cependant systématiquement induits : créer des emplois, faire croître l’investissement, l’autonomie énergétique… stop à ce baratin ! Halte à la destruction de notre unique, singulière et bien aimée planète Terre !

L’impact du « fracking » à la base de l’actuelle crise vénézuélienne

La production de pétrole de l’Arabie saoudite est, depuis quelques années, étirée à sa limite maximale. Afin de baisser les cours pétrolifères les États-Unis d’Amérique ont décidé en 2011, à la suite des printemps arabes, d’envahir les marchés avec leur propre production, celle des réserves stratégiques -à grande profondeur, dans les roches-mères à huile, plus compactes, seulement exploitables par fracturation hydraulique. Les USA sont aujourd’hui premier producteur mondial de brut, surpassant la Russie et l’Arabie saoudite avec environ 12 millions de barils par jour. Ils sont aussi tout en haut de la liste pour le gaz naturel avec 734 milliards de mètres cubes -m³- en 2017.

Graphique 2 – La production s’envole, la planète crève

Les responsables des politiques US ont ainsi fait usage de cette arme de destruction massive environnementale au détriment de la santé de leurs concitoyens [1][2]. Inonder les marchés avec leur production permet aujourd’hui d’imposer l’interdiction d’achat du pétrole iranien et de fragiliser les pays qui dépendent de la vente de brut.

Graphique 3 – Tight oil = shale oil = pétrole « serré » de schiste

L’objectif ultime de cette méthode correspond à déstabiliser un maximum de pays à potentiel pétrolifère avec des guerres, la mise en place de gouvernements ultra-libéraux et diffuser le pillage partout. La chute des cours a été multifactorielle -ralentissement de l’économie chinoise, accès aux marchés du pétrole iranien en 2016- mais elle se doit surtout à l’augmentation de la production nord-américaine.

Graphique 4 –L’arme de destruction massive -le « fracking »- et la chute des cours du brut

Comme conséquence nous avons constaté la dégringolade des économies brésilienne et vénézuélienne, qui ont entraîné le coup d’État au Brésil contre Dilma Rousseff en 2015/2016 et le début des problèmes économiques du gouvernement de Nicolás Maduro en 2013/2015, exacerbés par le sabotage généralisé des impérialistes occidentaux [3]. Certains oseraient prétendre ce fait fortuit : il s’agit des deux États qui consacraient le plus de recettes pétrolières à des mesures sociales, contre la pauvreté et pour l’accès de tous à une vie digne.

L’exemple « vautouresque » du pillage de l’Angola

En tant qu’ex-géologue diagraphiste et ex-ingénieur de données de forage, je vais essayer de résumer nos actes à Cabinda, sur plateforme en mer profonde (426 m) dans le bloc 14 -mon chez moi de 2006 à 2008. L’enclave de Cabinda -entre la République Démocratique du Congo et le Congo Brazzaville- est responsable de plus de 50 % des exportations angolaises de pétrole. La production de brut en Angola avoisine 1,5 million de barils par jour.

Vue aérienne de l’enclave de Cabinda, Angola

Le consortium CABGOC -détenu par l’américain Chevron + les partenaires européens Total + Eni + Galp + l’angolais étatique Sonangol- contrôle les opérations d’extraction pétrolière à Cabinda. Je décris ici une fraction infime des opérations sur le bloc 14.

CABGOC -Cabinda Gulf Oil Company- a foré une série de puits conventionnels à 90 km de la côte angolaise dans le bassin du Congo. Au centre de cette multitude de puits, ils ont construit en 2006 une méga plateforme collectrice -« CPT » ou « Compliant Piled Tower », un investissement de 2,2 milliards de dollars-, qui pompe et dégaze les hydrocarbures produits par tous ces puits.

On forait souvent des « puits injecteurs » autour de chaque puits producteur afin de maintenir un différentiel de pression dans le champ et ainsi s’assurer que l’or noir se « dirige » dans les puits producteurs. Si à la fin de la stabilisation d’un puits producteur, sa mise en production ne fournissait pas de débit, alors à ce stade on voyait arriver les représentants d’Halliburton avec leur bateau-container -le « Frac boat »- qui pompaient vers l’intérieur du puits une solution fluide à base d’acide chlorhydrique et toute une panoplie de produits chimiques prêts pour la suite, déjà sur place, gérés par la compagnie des fluides/boues de forage.

Le « Frac boat » avant le « Frac job« , Bassin du Congo, Cabinda, Angola

Cette soupe fluide acide/toxique incorporait une espèce de billes de sable -« proppants », « agents de soutènement » en français- permettant de maintenir ouvertes les micro-fractures de la roche réservoir, créées par l’injection acide à haute pression, amenant le fluide carboné piégé dans la roche à fluer dans le puits -dans le mélange gaz/huile, à grande profondeur/haute pression plusieurs composantes de la fraction gazeuse sont à l’état liquide.

Mon poste consistait à aider à monitorer les opérations de forage dans leur ensemble. C’est à ce stade que j’ai compris être complice d’opérations de fracturation hydraulique acide. Et il en est ainsi sans cesse, d’un puits vers un autre, pour obtenir le maintien de production à un certain niveau et bien « presser » le réservoir jusqu’à la dernière goutte exploitable. Le pétrole était contenu dans des roches sableuses, poreuses et donc, théoriquement, non cibles de « fracking ». Question pertinente, piste pour d’autres travaux d’investigation : les grands « majors » pétroliers sont-ils aujourd’hui en train d’utiliser cette méthode dans tous les champs pétrolifères planétaires ?… !

La merveilleuse Cabinda : terre tropicale, Peuple généreux, terre de misère

Souvent, les ouvriers de Cabinda -les « Cabindas »- m’approchaient et commentaient : « C’est quand même fou, il n’y a pas si longtemps qu’on a foré ce puits et il faut déjà intervenir pour le nettoyer ». Ce n’était pas du nettoyage de puits qu’on effectuait, mais du pressage de réservoir à coup d’acide ! J’ai ainsi réalisé l’incompréhension des ouvriers locaux de la réelle nature de nos actes. Verrouiller le savoir c’est aussi maintenir la population dans l’ignorance et loin des sentiments légitimes de révolte.

Régulièrement, d’autres épisodes de fuites diverses, souillant immanquablement les zones côtières, étaient relatés par les « Cabindas », qui se plaignaient de la qualité ou du manque de poissons, ne pouvant plus pêcher ni nourrir leur famille [4].

J’entendais souvent au téléphone interne de la plateforme le mot « overboard » -« par-dessus bord »- et ce n’était pas que de l’eau que l’on jetait…

Les navires pétroliers arrivaient directement des USA à un grand bateau d’emmagasinement « FPSO » -une plateforme de stockage et dégazage d’hydrocarbures voisine de la méga tour « CPT »- et repartaient dans un ballet frénétiquement incessant de vaisseaux. La « CPT », nommée « BBLT » -Benguela, Belize, Lobito, Tomboco, homonymes de quatre villes angolaises- était constituée d’une tour de dégazage qui produisait une flamme gigantesque ne s’interrompant jamais. La structure mesure 512 mètres du fond marin à la pointe de la tour de forage.

La tour BBLT et le dégazage permanent

Les vautours se fichaient royalement de ces obscènes quantités de gaz brûlé -alors que les Angolais en campagne n’ont même pas de gaz pour cuisiner leurs aliments-, ils n’étaient là que pour le pétrole à raffiner sur le sol américain et ensuite permettre le plein des méga-voitures hyper voraces en essence, destinées aux méga-embouteillages qui noircissent le ciel nord-américain et font exploser en stress les mères et pères qui passent une bonne partie de leur temps dans ces enfers démesurés -les bouchons- au lieu de vivre du bon temps avec leurs enfants en famille.

Quid du désastre environnemental et tous ces produits acides, cancérigènes répandus dans la mer/nature. Quid du réchauffement climatique et le « gaz-pillage » ! J’ai honte d’avoir participé à ça !

L’empire du « fracking » se répand

Alors imaginons cette méthode à terre. Cela se déroule en ce moment en Colombie malgré une forte opposition populaire [articles bientôt sur Investig’Action], en Argentine -Patagonie le « eldorado du fracking » pour Total, Shell, Exxon à « Vaca Muerta » [5]-, en Pologne -le premier producteur de gaz de schiste en Europe-, en Angleterre -alors qu’en Écosse se déroule une polémique juridico-politique autour de ce sujet [6]-, aux Pays-Bas, en Hongrie, en Autriche, et partout où la démocratie cède au capital néolibéral.

Un projet au Portugal risque de voir le jour dans un an, au détriment de la loi qui interdit l’exploration et la production non-conventionnelles. L’entreprise « Australis Oil & Gas » dont un des multiples actionnaires est la banque JP Morgan, dispose d’une année pour présenter une étude d’impact environnemental et a déjà commencé à déployer une campagne de désinformation chez les Lusitaniens.

En France les lobbies pétroliers, toujours très actifs, n’ont pas perdu de vue le Bassin de Paris, le Sud-Est, les Cévennes, Cahors, etc. La loi interdit actuellement l’usage de cette technique en France où personne n’est choqué d’importer du pétrole et du gaz de schiste américains [7].

Le géant de la pétrochimie Ineos -au centre de la polémique écossaise-, propriété du capitaliste le plus riche du Royaume-Uni -Jim Ratcliffe- va investir 3 milliards d’euros dans la création d’un site industriel sur le port d’Anvers en Belgique, qui sera approvisionné principalement par du gaz de schiste [8]. Les russes Gazprom et les norvégiens Statoil exploitent des gisements aux USA en utilisant la fracturation hydraulique. La Chine avec les premières réserves mondiales de gaz de schiste au monde -31 500 milliards de m³-, entre dans la course du « fracking ». Le site de Sud-Sichuan dans le Sud-Ouest chinois a produit en 2018 autour de 4,2 milliards de m³ de gaz.

Y aurait-il une lueur d’espoir quelque part dans le monde ?

Le Peuple, toujours le Peuple ! Il n’y a que lui pour stopper le désastre environnemental annoncé. L’information est et sera la clé vertueuse de la légitime volonté populaire. Il faut croire que les symboles qui représentent le combat environnemental, comme la jeune suédoise Greta Thunberg [9]et le combat social révolutionnaire du mouvement français des Gilets Jaunes [10][11], soient l’étincèle qui donnera naissance à une nouvelle société juste et digne.

Pour une vie saine, stoppons les vautours du « fracking » !

Paulo Correia

 

Cet article a été d’abord publié par Investig’Action.net, le 27 avril 2019. Il paraîtra également sur Journal de Notre Amérique en mai 2019

 

Références :

Données du graphique 1 : https://www.eea.europa.eu/data-and-maps/indicators/atmospheric-greenhouse-gas-concentrations-6/assessment

Données des graphiques 2, 3, 4 : https://www.eia.gov/

Notes:

[1]-https://www.bbc.com/news/science-environment-39032748

[2]-https://www.commondreams.org/news/2011/12/01/what-killed-dunkard-creek-residents-pennsylvania-and-west-virginia-say-fracking

[3]-https://www.investigaction.net/fr/comprendre-le-blocus-contre-le-venezuela-2e-partie-les-faits/

[4]-http://pt.rfi.fr/angola/20171117-angola-chevron-em-tribunal-por-derrame-em-cabinda

[5]-http://www.opsur.org.ar/blog/2019/03/04/en-argentine-la-patagonie-est-le-nouvel-eldorado-du-gaz-de-schiste/

[6]-https://www.bbc.com/news/uk-scotland-scotland-politics-47709231

[7]-https://www.bastamag.net/Mauvaise-nouvelle-pour-le-climat-la-France-commence-a-importer-du-gaz-de

[8]-https://www.lecho.be/entreprises/chimie/sans-le-gaz-de-schiste-nous-ne-pourrions-pas-investir-3-milliards-a-anvers-ineos/10087660.html

[9]-https://www.investigaction.net/fr/vous-les-adultes-vous-chiez-sur-notre-avenir-portrait-de-greta-thunberg/

[10]-https://www.investigaction.net/fr/gilets-jaunes-la-revolution-davril/

[11]-https://www.investigaction.net/fr/tous-au-rond-point/

 

 

Paulo Correia est musicien, ex-géologue pétrolier et collaborateur de la rédaction au Journal Notre Amérique (Investig’Action). Il co-anime avec ses chroniques d’opinion le blog « Ideia perigosa – Idée dangereuse » . Photos du chroniqueur.