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Brexit : Boris Johnson appelle la France et l’Allemagne à faire des compromis

Europe

Brexit : Boris Johnson appelle la France et l’Allemagne à faire des compromis

Par Challenges.fr le 19.08.2019 à 15h30

Boris Johnson a invité lundi l’Allemagne et la France à ouvrir la voie à un compromis sur le Brexit, tout en assurant à nouveau que le Royaume-Uni était prêt à quitter l’Union européenne sans accord.

Johnson appelle la France et l'Allemagne au compromis

Boris Johnson a invité lundi l’Allemagne et la France à ouvrir la voie à un compromis sur le Brexit, tout en assurant à nouveau que le Royaume-Uni était prêt à quitter l’Union européenne sans accord.POOL/AFP – RUI VIEIRA

Boris Johnson a invité lundi l’Allemagne et la France à ouvrir la voie à un compromis sur le Brexit, tout en assurant à nouveau que le Royaume-Uni était prêt à quitter l’Union européenne sans accord.

« Nous serons prêts à partir le 31 octobre, qu’il y ait accord ou pas », a déclaré à la presse le chef du gouvernement britannique, qui est attendu à Berlin mercredi et à Paris jeudi. « Bien sûr, nos amis et partenaires, de l’autre côté de la Manche, sont un peu réticents à changer d’attitude. Très bien. Je suis convaincu qu’ils le feront.

« J’espère qu’ils vont faire des compromis. Ils ont vu que le Parlement britannique avait rejeté trois fois l’accord de retrait, que le backstop ne fonctionne pas, que ce n’est pas démocratique. J’espère qu’ils jugeront bon de faire des compromis.

« Je veux un accord. Nous sommes prêts à travailler avec nos amis et partenaires pour y parvenir, mais, pour obtenir un bon accord pour le Royaume-Uni, il faut simultanément se préparer à partir sans », a ajouté Boris Johnson, qui était en déplacement à Truro, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

A Bruxelles, la Commission européenne a estimé que Londres avait bien plus à perdre en pareil cas. Selon un rapport gouvernemental sur les conséquences d’un Brexit sans accord publié dimanche par le Sunday Times, le Royaume-Uni pourrait être confronté à des pénuries de nourriture, d’essence et de médicaments avec des blocages dans les ports et le rétablissement d’une frontière physique en Irlande.

Ces prévisions, souligne le Times, ne sont pas les plus pessimistes, mais bien les plus probables. Ce point a été démenti par le ministre chargé du divorce.

Michael Gove a assuré que ce dossier, baptisé « Opération Yellowhammer », décrit la pire des situations et a ajouté que des « mesures très significatives avaient été prises ces trois dernières semaines pour accélérer les préparatifs du Brexit ».

Du côté de l’opposition, Jeremy Corbyn, chef de file du Parti travailliste, a promis de tout faire pour empêcher un « hard Brexit » et a réitéré son appel à censurer le gouvernement de Boris Johnson.

Collision frontale

Corbyn doit réunir la semaine prochaine les partis de hostiles à un « No Deal » pour débattre de la stratégie à mettre en oeuvre.

« Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour empêcher ce ‘No Deal’ désastreux pour lequel le gouvernement n’a aucun mandat », a-t-il déclaré lors d’un discours prononcé à Corby, dans le centre de l’Angleterre.

Le Parti travailliste réclame aussi que le Parlement soit immédiatement reconvoqué en urgence. Pour l’heure, la rentrée parlementaire est fixée au 3 septembre, moins de 60 jours avant la date butoir fixée pour le divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.

« Il y a nécessité de réunir de nouveau les Parlementaires, parce qu’il nous faut du temps pour organiser un véritable débat et une discussion sur ces sujets », a souligné dans la matinée le responsable du Labour pour les Finances, John McDonnell, ajoutant que la majorité des élus de la Chambre des communes était toujours hostile à un « No Deal ».

Une centaine de parlementaires ont signé ce week-end un appel similaire adressé à Boris Johnson.

Interrogée sur ce point, la porte-parole du nouveau Premier ministre britannique a rappelé lundi que c’était le Parlement lui-même qui avait voté son calendrier.

Une renégociation du « Withdrawal Agreement » semblant exclue, le leader conservateur, dont la majorité ne tient qu’à une voix, risque la collision frontale avec son Parlement, qui s’est prononcé à plusieurs reprises contre un « No Deal ».

Corbyn entend, lui, unifier ce front du refus par une motion de censure et la formation d’un gouvernement provisoire qui repousserait la date du Brexit et organiserait de nouvelles élections législatives.

Selon McDonnell, certains députés conservateurs pourraient se rallier à son initiative.

Dominic Grieve pourrait être l’un d’eux. « Je suis totalement prêt à coopérer avec lui et avec d’autres à la Chambre des communes pour faire en sorte que le No Deal, dont nous menace le gouvernement actuel, n’ait pas lieu », a-t-il dit à la BBC.

Pour le député conservateur, il n’est en revanche pas question que le dirigeant travailliste prenne la tête d’un éventuel gouvernement d’union nationale.

(Avec Reuters)

https://www.challenges.fr/monde/europe/brexit-boris-johnson-appelle-la-france-et-l-allemagne-a-faire-des-compromis_669700#xtor=CS4-92[Brexit+%3A+Boris+Johnson+appelle+la+France+et+l%27Allemagne+%C3%A0+faire+des+compromis]-669700

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Brexit : retour à la case départ

ÉDITO

Brexit : retour à la case départ

Trois années pour rien : le départ de Theresa May laisse les Britanniques dans le flou quant à la séparation avec l’Union européenne. La Première ministre aura impressionné par son courage, beaucoup moins par sa stratégie. Le risque d’un Brexit sans accord est plus fort que jamais.
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Etienne Lefebvre

Dessin Kim Roselier

Par Etienne LEFEBVRE

Publié le 24/05 à 13h28

Game over. Cette fois, la partie est finie pour Theresa May . Une sortie pleine de dignité, à l’image d’une Première ministre britannique dont le courage aura impressionné dans la bataille sans fin du Brexit. Combien de petites phrases assassines à son encontre dans son propre camp, de complots pour provoquer sa chute, de « Unes » moqueuses des tabloïds et de joutes parlementaires féroces. Sa ténacité aura cependant tourné à l’entêtement ces derniers mois, forçant les Européens à accepter le report de trop. Un entêtement renvoyant aux nombreuses erreurs stratégiques de Theresa May depuis son arrivée au pouvoir.

Equation impossible

Sa plus grande faute aura été d’opter d’emblée pour un Brexit dur – fin de la liberté de circulation, sortie de l’union douanière – tout en continuant de faire miroiter un avenir économique radieux à un peuple britannique qui avait déjà été dupé pendant la campagne référendaire. La volonté de la locataire du 10 Downing Street de maintenir coûte que coûte l’unité d’un parti conservateur pourtant coupé en deux aura achevé de rendre l’équation impossible, malgré les efforts réels des négociateurs européens pour limiter les dégâts de cette séparation. Une majorité transpartisane aurait pu être recherchée au Parlement sur un Brexit plus soft, mais cela aurait signifié l’explosion du Parti tory.

Sans cette satanée frontière avec l’Irlande, dont personne n’avait imaginé les implications, sans doute l’accord scellé avec Bruxelles aurait-il été approuvé aux Communes. Mais cette frontière aura matérialisé les contradictions britanniques, les ramenant sans cesse à la réalité : dans un accord de divorce, on ne peut pas tout avoir.

Clarifications nécessaires chez les Tories

Theresa May hors jeu, les conservateurs reviennent à la case départ. Ils vont devoir opérer les clarifications nécessaires, sous peine d’être à nouveau sanctionnés dans les urnes. Les Tories ne pourront sans doute éviter la tenue d’élections législatives anticipées  après avoir désigné leur nouveau leader . Avec le risque désormais majeur que cela se traduise, in fine, par un Brexit sans accord.

Etienne Lefebvre

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/brexit-retour-a-la-case-depart-1023757#utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_zapping-20190525

Européennes : le Parti du Brexit dépassera-t-il le score cumulé des conservateurs et travaillistes ?

Européennes : le Parti du Brexit dépassera-t-il le score cumulé des conservateurs et travaillistes ?

Européennes : le Parti du Brexit dépassera-t-il le score cumulé des conservateurs et travaillistes ?© Hannah McKay Source: Reuters
Un drapeau britannique flotte devant le Big Ben (image d’illustration).

A l’approche des européennes, la formation pro-Brexit de Nigel Farage serait en passe d’humilier les partis traditionnels britanniques. Cauchemar à venir pour les pro-UE n’ayant toujours pas digéré le résultat du référendum de 2016 ?

Selon une récente enquête d’opinion réalisée outre-Manche pour l’hebdomadaire The Observer à l’approche des élections européennes, le Brexit Party continue son ascension dans les sondages, atteignant 34% des intentions de vote, soit plus que celles cumulées par le parti travailliste (21%) et le parti conservateur (11%). Comme le rapporte l’AFP, cette formation anti-Union européenne (UE), qui a vu le jour au mois de janvier 2019, a ainsi doublé son avance sur le Parti travailliste par rapport au précédent sondage.

Mené par Nigel Farage, ancien leader du Ukip qu’il a quitté en décembre 2018, le Brexit Party porte comme principale ambition de sauver le projet de Brexit – la sortie du Royaume-Uni de l’UE.

Bien qu’il bénéficie de la légitimité des urnes depuis la consultation populaire du 23 juin 2016, lors de laquelle 51,89 % des votants, soit 17 410 742 de citoyens Britanniques, s’étaient prononcés en sa faveur, le Brexit est aujourd’hui contesté par un certain nombre de Britanniques et personnalités médiatiques. La nette avance dans les sondages dont bénéficie aujourd’hui le Parti du Brexit s’inscrit, ainsi, à rebours d’une campagne de remise en cause du Brexit menée par certains responsables politiques et figures du monde des affaires depuis près de trois ans outre-Manche.

Fabien Rives@Fabien_Rives

Depuis le référendum du 23 juin 2016, une imposante campagne pro- suit son cours au

Mais les citoyens britanniques qui ont voté pour le n’ont pas disparu https://francais.rt.com/international/60421-pas-besoin-ue-britanniques-qui-entendent-faire-valoir-legitimite-urnes 

«Pas besoin de l’UE» : ces Britanniques qui entendent faire valoir la légitimité des urnes

A l’approche de la date officielle de sortie du Royaume-Uni de l’UE, la campagne des anti-Brexit se poursuit. Toutefois, cette initiative largement médiatisée ne saurait résumer l’état d’esprit…

francais.rt.com

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Humiliations en chaîne pour les partis traditionnels ?

Lors des dernières élections locales, qui se sont tenues le 2 mai, les partis britanniques traditionnels, travailliste et conservateur, essuyaient une défaite cinglante, tandis que le nouveau paysage politique britannique semble plus que jamais se cliver autour de la question du Brexit. Au sein du parti conservateur, les «hard Brexiters» ont contribué au rejet au parlement britannique, à trois reprises, du projet d’accord sur la sortie du Royaume-Uni, approuvé par les négociateurs britanniques et européens en novembre dernier. Ces partisans conservateurs d’un «Brexit dur» jugeaient en effet que l’accord ne permettrait pas une rupture suffisante des liens entre le Royaume-Uni et l’UE. Du côté des travaillistes, le chef de parti, Jeremy Corbyn, semble souffler le chaud et le froid sur la question, se déclarant favorable en février dernier à la tenue d’un nouveau référendum sur le Brexit dans le cas où les parlementaires refuseraient l’idée d’une union douanière avec l’UE.

Après deux reports, la nouvelle date limite du Brexit a été fixée au 31 octobre, sans que personne ne sache encore quelle forme il prendra. Dans ce contexte, le scrutin européen à venir sera-t-il interprété comme un second référendum sur la question, celui-là même tant souhaité par les «Remainers», les partisans du maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne ?

Fabien Rives

https://francais.rt.com/international/61987-europeennes-parti-brexit-depassera-t-il-score-cumule-conservateurs-travaillistes

Les ingrédients de la trahison du Brexit : ingénierie sociale et élections simulées

Les ingrédients de la trahison du Brexit : ingénierie sociale et élections simulées


Par Andrew Korybko – Le 10 avril 2019 – Source orientalreview.org

andrew-korybkoLes factions que l’on nomme « pouvoirs en place » au Royaume-Uni sont en train de trahir le Brexit, en employant un mélange d’ingénierie sociale et d’élections simulées, afin de fabriquer les fausses narrations qui déclament que la « décision du peuple »est de rester dans l’Union européenne.

LONDON, ENGLAND - MARCH 23: Prime Minister Theresa May leaves Downing Street on March 23, 2017 in London, England. The British Prime Minister Theresa May spoke last night after a terrorist attack took place in Westminster, saying Parliament would meet as normal today and "We will come together as normal". PC Keith Palmer and three others lost their lives in the attack and the perpetrator was shot dead by police. (Photo by Jack Taylor/Getty Images)
Theresa May sortant de Downing Street le 23 mars 2017, à Londres

Il est désormais flagrant que Theresa May, premier ministre, représente les intérêts des « puissances en place » au Royaume Uni : elle est en train de trahir le Brexit et de faire tout son possible pour empêcher la sortie de son pays de l’UE. Ses tentatives ratées d’établir un accord avec le bloc pour un soi-disant « Brexit doux » apparaissent désormais clairement pour ce qu’elles étaient : rien de plus qu’une ruse. La volonté du peuple, exprimée lors du référendum de 2016, a ainsi été renommée en « Hard Brexit », afin de faire croire à un simple report du Brexit. Et maintenant, après qu’elle a mondialement humilié son pays sur la scène internationale et rendu très compliqué artificiellement ce qui aurait pu être un divorce assez simple, elle profite de ce que cette séquence a soulevé l’opposition contre elle de son parlement pour caresser l’idée d’un second référendum, et se poser la question de purement et simplement renier l’esprit du Brexit.

On fait tranquillement croire au grand public, pendant ce temps, qu’il ne s’agit que du dernier rebondissement de son Brexit chaotique, mais il est très probable que toute la séquence de rebondissements officiels a été préparée bien à l’avance, et avant que le Royaume Uni ait dépassé la date limite de sortie de l’UE, le 29 mars 2019. La seule raison pour laquelle le peuple n’entre pas en révolte réside dans le lent pré-conditionnement qu’il a subi à accepter ce scénario, au travers des techniques d’ingénierie sociale que son propre État lui a fait subir au cours des trois dernières années. On a ainsi non seulement décrédibilisé le Brexit avant même le référendum de 2016, en le dépeignant comme un « fantasme »rêvé par des « racistes, des fascistes et des suprémacistes blancs », mais on a continué de le qualifier ainsi après le vote pour instiller le doute quant à la « moralité » de son résultat. Et cela n’a pas marché, si bien qu’on s’est mis, dans les plus hautes sphères de l’État, à activement organiser le sabotage du processus, et c’est de là que sont sorties les pitreries loufoques exécutées par madame May.

L’État s’est engagé dans une campagne soutenue d’alarmisme, semant la peur quant aux conséquences socio-économiques du Brexit, si bien que certains sondages se sont mis à suggérer que la majorité des électeurs seraient dorénavant partisans d’un « Remain » si on devait voter à nouveau, un scénario qui avait au départ été présenté comme un « fantasme » mais qui est en train de devenir réalité dans les derniers développements. L’électorat n’aurait pas atteint ces « conclusions » par lui-même, alors on l’a bien guidé sur le chemin, par des techniques d’ingénierie sociale mises en oeuvre depuis le référendum. Aucun sondage ne porte le poids politique suffisant dans une « démocratie » tant qu’il n’a pas été sanctionné par une élection en bonne et due forme, si bien que l’on parle à présent d’organiser un second référendum pour « légitimer » une fois pour toute les efforts incessants menés depuis trois ans en vue de trahir le Brexit. Et les « esprits brillants » à l’oeuvre derrière ce complot [il faut bien appeler les choses par leur nom, NdT], se moquent bien des conséquences intérieures d’aller à rebours de la volonté originelle du peuple : tout ce qui les intéresse est de bloquer le Brexit dans l’immédiateté.

La seule chance qui reste d’enrayer ce scénario serait que des membres responsables des administrations militaires, de renseignement, et diplomatiques du Royaume Uni (l’« État profond ») travaillent d’arrache-pied dans l’ombre à mettre en œuvre le Brexit, selon la volonté exprimée par la majorité des électeurs. On ne peut qu’imaginer comment cela pourrait être mis en pratique, mais cela pourrait indéniablement fonctionner, vu comme le gouvernement est manifestement divisé sur le sujet. Les forces mondialistes sont alignées avec les intérêts financiers de la City de Londres, et ne veulent pas du tout de Brexit, mais les forces patriotes, qui ont derrière elles une grande partie du pays, comprennent que la démocratie doit suivre son chemin sans prendre en compte les « regrets des électeurs », fabriqués par un processus d’ingénierie sociale. Mais les fractures géopolitiques qui fissurent le pays ont été tellement exacerbées (en particulier le sujet des « Bremainers » en Écosse) par ce sujet que l’unité même du pays se pose à présent, et ce quels que soient les prochains événements. Et peut-être bien que cela aussi répond aux souhaits des mondialistes.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-ingredients-de-la-trahison-du-brexit-ingenierie-sociale-et-elections-simulees

Brexit: Theresa May exhorte les députés à trouver un « consensus »

Brexit: Theresa May exhorte les députés à trouver un « consensus »

Brexit: Theresa May exhorte les députés à trouver un "consensus"
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La Première ministre britannique Theresa May a exhorté jeudi les députés à soutenir l’élaboration d’un compromis transpartisan pour permettre au Royaume-Uni de quitter l’UE avant les élections européennes de mai, au lendemain d’un nouveau report de la date du Brexit.

« Nous devons maintenant poursuivre nos efforts pour parvenir à un consensus sur un accord, dans l’intérêt national », a déclaré la dirigeante conservatrice à la Chambre des Communes, en référence aux discussions actuellement menées entre le gouvernement et la principale formation d’opposition, le Parti travailliste, pour trouver une issue sur le Brexit.

« Ainsi, nous pourrons quitter l’UE avec un accord le plus rapidement possible et éviter de participer aux élections du Parlement européen », prévues du 23 au 26 mai.

Les dirigeants européens se sont mis d’accord dans la nuit de mercredi à jeudi, à l’issue d’un sommet tendu à Bruxelles, sur un nouveau report du Brexit, initialement prévu le 29 mars, puis le 12 avril, et désormais fixé au 31 octobre, pour éviter un divorce sans accord, près de trois ans après le référendum de juin 2016. Ce délai peut à tout moment être raccourci si les députés britanniques adoptent un accord de divorce.

Le chef des travaillistes, Jeremy Corbyn, a tancé la « mauvaise gestion du processus du Brexit par le gouvernement », estimant que ce second report laisse le Royaume-Uni « dans le flou, et ajoute à la profonde incertitude qui pèse sur les entreprises et les travailleurs ».

Sur les discussions avec l’exécutif, qui ont repris jeudi, il a salué « les indications que le gouvernement serait disposé à modifier sa position sur les éléments clés qui ont jusqu’ici empêché l’adoption de l’accord », qui a été rejeté trois fois par les députés.

« Pour que ces pourparlers aboutissent à un accord susceptible de rassembler notre pays, le gouvernement devra faire des compromis », a-t-il affirmé, l’invitant à « modifier ses lignes rouges ».

– « Petit nombre d’options » –

Theresa May a posé en principe du Brexit un retrait de l’Union douanière et du Marché unique, afin que le pays puisse nouer ses propres relations commerciales et contrôler l’immigration. Mais les Travaillistes veulent eux rester dans l’Union douanière et maintenir les relations les plus étroites possibles avec l’UE.

Sans accord dans ces discussions, Theresa May a annoncé qu’un « petit nombre d’options » seraient soumises au vote des députés pour « déterminer la voie à suivre ».

Elle a rappelé que seule la Déclaration politique, un texte non contraignant portant sur la relation future entre le Royaume-Uni et l’UE, pourrait faire l’objet de modifications. Le Traité de retrait, l’autre texte inclus dans l’accord négocié avec Bruxelles, devra lui être approuvé, « quelle que soit la voie choisie », l’UE ayant signifié son refus de le renégocier.

Or ce traité contient une disposition en particulier que rejettent les partisans d’un Brexit dur au sein du Parti conservateur, ainsi que le petit parti nord-irlandais DUP, allié de Mme May au Parlement. Elle vise à éviter le retour d’une frontière physique en Irlande entre le nord, province britannique, et le sud, membre de l’UE, en prévoyant le maintien de tout le Royaume-uni dans l’Union douanière si une autre solution n’est pas trouvée.

– « Mettre fin au chaos » –

Réagissant au sommet, l’ex ministre du Brexit David Davis, un eurosceptique, a estimé sur la BBC qu' »il n’y a eu aucun progrès » et que la pression pour que Theresa May quitte son poste allait « s’intensifier ».

La Première ministre, dont la stratégie et le leadership sont durement contestés au sein de son Parti conservateur, s’est engagée à quitter son poste une fois son accord de retrait adopté par les députés.

Les milieux économiques britanniques se montraient quant à eux à peine soulagés par ce report du Brexit, qui ne supprime pas l’incertitude nuisible à leurs affaires.

« Ce délai signifie que l’imminence d’une crise économique a été évitée, mais il doit marquer un nouveau départ », a réagi sur Twitter Carolyn Fairbairn, directrice générale de la puissante organisation patronale CBI, appelant les dirigeants politiques à coopérer pour « mettre fin à ce chaos ».

Dans la ville ouvrière de Tilbury, à l’est de Londres, les partisans du Brexit, eux, ne cachaient pas leur frustration après ce nouveau report.

« C’est sans fin, les politiques sont comme des poulets sans tête, ils ne savent pas ce qu’ils font », pestait Tom Dwyere, un ancien ouvrier pro-Brexit de 63 ans interrogé par l’AFP. « C’est n’importe quoi », renchérissait Robert Gilbert, 73 ans, ouvrier dans l’industrie. « Je n’arrive pas à croire qu’ils n’aient pas réglé la question trois ans après le référendum! »

L’UE va accorder à May un délai au Brexit, avec conditions

L’UE va accorder à May un délai au Brexit, avec conditions

BRUXELLES (Reuters) – Les dirigeants de l’Union européenne vont accorder un second délai au Premier ministre, Theresa May, lors d’un sommet d’urgence mercredi, mais discuteront de la durée et des conditions dans lesquelles ils lutteront pour mettre fin aux problèmes de l’adhésion du Royaume-Uni à la Grande-Bretagne.

La Première ministre britannique Theresa May quitte Downing Street à Londres, en Grande-Bretagne, le 10 avril 2019. REUTERS / Gonzalo Fuentes

Le président français Emmanuel Macron fait pression pour que soit tenu l’engagement pris de repousser l’échéance de vendredi bien au-delà des élections au Parlement européen des 23 et 26 mai, à moins que May ne s’engage, et tout successeur potentiellement plus opposé à l’UE, de ne pas perturber le fonctionnement de Bruxelles en finale mois d’adhésion de la Grande-Bretagne.

Trois semaines après que l’impatience de Macron vis-à-vis du rival historique français de la France ait dominé le dernier sommet, alors que le Brexit avait été repoussé de quinze jours, les diplomates ont annoncé qu’il serait de nouveau confronté à une ligne plus prudente de la chancelière allemande Angela Merkel, qui préconise une prolongation « plusieurs mois ».

Deux jours à peine avant que la Grande-Bretagne quitte le bloc sans traité pour clarifier les questions juridiques ni pour passer aux nouveaux accords commerciaux, les diplomates de l’UE suggèrent que la date limite du 12 avril sera repoussée.

D’autres dirigeants ont également insisté sur le fait qu’ils ne forceraient pas la Grande-Bretagne à s’opposer à sa volonté et May leur a demandé d’attendre le 30 juin pour demander l’aide de ses opposants travaillistes afin de constituer une majorité insaisissable au parlement derrière son plan de sortie de l’UE.

Beaucoup va dépendre de la façon dont May gère ses pairs.

« Il n’est pas certain qu’il y aura un retard et ce que cela signifiera », a déclaré le Premier ministre belge, Charles Michel, avant d’accueillir Macron et d’autres dirigeants des pays voisins de la Grande-Bretagne lors de discussions préalables au sommet, afin de discuter de la gestion des perturbations de la société. un Brexit sans compromis.

Le président du sommet, Donald Tusk, a proposé une « flexion de tension » de neuf mois à un an pour donner à la Grande-Bretagne le temps de mettre un terme à l’impasse sur le refus du parlement de ratifier le traité. Mai a convenu avec l’UE en novembre.

May s’est donné la possibilité d’accepter cela en annonçant qu’elle est prête à organiser des élections en Grande-Bretagne le 23 mai pour les législateurs européens. Si les Britanniques ne votent pas, ils doivent partir, traiter ou non, le 1er juin, selon un projet de sommet accord vu par Reuters.

Autrement, la Grande-Bretagne partirait dès qu’elle ratifie l’accord, ou sans accord lorsque l’extension prend fin.

 

MACRON WARY

Macron n’est pas satisfait de cette approche permissive et cherche un «soutien» à tout accord avec May qui impliquerait un nouveau sommet une fois qu’il aura été clair si une ratification anticipée ou une élection britannique en Europe était en cours ou non.

Macron va faire valoir que pour que la Grande-Bretagne puisse prolonger son mandat au-delà de juin, elle doit s’inscrire officiellement pour renoncer à son droit de bloquer les décisions clés prises par les 27 autres, notamment en ce qui concerne le budget de l’UE et les nominations aux postes de direction. Craignant le «chantage» des conservateurs pro-Brexit cherchant à prendre la relève à partir de mai, Paris insistera pour que des conditions plus strictes soient prolongées.

Une fois la prolongation accordée à la fin de l’année, par exemple, un nouveau gouvernement britannique ne serait pas en mesure de partir plus tôt s’il n’avait pas signé l’accord de retrait, ce que les Européens savent bien que certains rivaux de May ne veulent pas faire.

Alors que les dirigeants et les responsables se réunissent pour un autre sommet du Brexit sans que la paralysie politique britannique prenne fin, les autres participants sont moins enclins à s’engager à se revoir. Les diplomates ont déclaré que le résultat dépendrait de « l’ambiance de la salle » après que May se soit adressée le 27 à 18h30 (16h30 GMT).

Les présentations précédentes se sont mal déroulées, ont déclaré les participants. May a eu du mal à convaincre ses collègues dirigeants politiques qu’elle avait vraiment confiance en sa capacité à trouver la majorité.

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Selon les diplomates, lors des réunions préparatoires, tous les gouvernements ont vu les avantages et les inconvénients d’une prolongation de plus en plus longue. Les émissaires français et allemands se sont tous deux prononcés mardi en faveur d’un bref délai pour maintenir la pression sur Londres afin de parvenir à un accord.

Les Néerlandais, entre autres, ont fait valoir qu’une longue prolongation augmenterait la pression sur les détracteurs de l’accord de mai sur l’acceptation de l’accord de mai, de peur de l’accepter, de crainte qu’un long délai n’augmente les chances des Britanniques de changer d’avis et de rester dans l’UE.

PEUT SEUL

Les dirigeants de l’UE sont exaspérés par le traitement, en mai, d’un divorce tortueux et potentiellement coûteux, que beaucoup de Bruxelles estiment être une distraction pour garantir que le bloc puisse se maintenir aux côtés des États-Unis et de la Chine.

Une fois qu’elle aura pris la parole le 27, May devra se retirer pendant le débat sur le sort de son pays. Elle a passé la soirée au sommet de mars dans les salles de la délégation britannique dans le bâtiment du sommet de l’Union européenne, pendant que les autres dînaient ensemble. Une fois leurs conclusions tirées, elle a été convoquée pour rencontrer Tusk afin de l’informer des conclusions du syndicat avant leur publication.

Le parti nord-irlandais qui soutenait son gouvernement minoritaire a déclaré que May était embarrassante pour le Royaume-Uni.

Diaporama (9 Images)

« Près de trois ans après le référendum, le Royaume-Uni offre aujourd’hui un bol de mendicité aux dirigeants européens », a déclaré le chef adjoint du Parti unioniste démocrate, Nigel Dodds.

Après que sa promesse de démissionner eut échoué lors d’une troisième tentative, May a entamé des pourparlers de crise avec le parti travailliste dans l’espoir de sortir de l’impasse sur le marché intérieur. Mais quand elle arrivera à Bruxelles, il est peu probable que May puisse annoncer une avancée décisive avec le parti travailliste. Après la série de pourparlers de mardi, la position de May n’a pas encore été clairement modifiée.

Reportage de Guy Faulconbridge à Londres, Thomas Escritt à Berlin et Gabriela Baczynska, Elizabeth Piper, Bart Meijer, Alissa de Carbonnel, Philip Blenkinsop, Robin Emmott, Alastair Macdonald, Francesco Guarascio, Clare Roth et Michel Rose à Bruxelles; Écriture de Guy Faulconbridge et Alastair Macdonald; Édité par Janet Lawrence

Le Parlement européen approuve l’exemption de visa pour les Britanniques après le Brexit

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Les Britanniques pourront rester dans l’UE sans visa pendant une période pouvant aller jusqu’à 90 jours par période de 180 jours. Le texte stipule spécifiquement que l’exemption de visa post-Brexit ne sera accordée que si le Royaume-Uni met en œuvre une mesure similaire pour les citoyens de l’UE.

De manière controversée, la loi décrit Gibraltar comme une « colonie » britannique, que le Royaume-Uni a qualifiée de « totalement inappropriée » dans une déclaration à Euronews mercredi.

Lire la suite: Un projet de loi de l’UE dit que Gibraltar est une « colonie » britannique

La mesure a été approuvée avec 502 voix pour, 81 contre et 29 abstentions. Il doit maintenant être adopté par le Conseil des ministères et publié au Journal officiel de l’Union européenne avant le 12 avril pour être efficace si le Royaume-Uni devait quitter le bloc sans un accord à cette date.

Il est arrivé au Parlement après avoir été approuvé mercredi par 38 voix pour et 8 contre par la commission des Libertés civiles, de la Justice et des Affaires intérieures (LIBE) après des semaines de négociations bloquées et après la destitution lundi de l’eurodéputé britannique Claude Moraes en tant que rapporteur.

Moraes s’était opposé à l’ajout d’une note de bas de page décrivant Gibraltar comme une « colonie » britannique. La motion a été soutenue après son remplacement par le député bulgare Sergei Stanislav en tant que rapporteur dans ce que Moraes a qualifié de « détournement de nos devoirs législatifs ».

Avant le vote, les députés avaient rejeté les tentatives de reporter le vote, de tenir un débat approfondi sur le texte ou d’ajouter des amendements.

Dans une déclaration , Stanislav a déclaré jeudi que la loi était « une étape importante pour garantir la circulation sans visa entre l’UE et le Royaume-Uni après le Brexit, en particulier en cas de non-accord ».

« Ce n’est un secret pour personne que les négociations ont été bloquées sur la persistance du Conseil sur la note de bas de page de Gibraltar, une question sans rapport avec l’essence du rapport. Cette approche irresponsable sape sérieusement l’esprit de la coopération entre les institutions de l’UE », a-t-il ajouté.

https://www.euronews.com/2019/04/04/european-parliament-approves-visa-free-travel-for-brits-after-brexit

L’UE commencerait les contrôles douaniers juste après le Brexit sans accord

3 AVRIL 2019 / 13H13 / MIS À JOUR IL Y A 32 MINUTES

L’UE commencerait les contrôles douaniers juste après le Brexit sans accord

BRUXELLES (Reuters) – L’Union européenne introduira immédiatement des contrôles douaniers et des droits d’importation en cas de Brexit «sans accord», érigeant en barrières les exportations britanniques allant des voitures aux produits agricoles et empêchant les consommateurs d’apporter du fromage ou de la viande britanniques.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, tient une conférence de presse à Bruxelles, en Belgique, le 3 avril 2019. REUTERS / Francois Lenoir

Pierre Moscovici, le commissaire chargé des affaires économiques et de la fiscalité, a déclaré lors d’une conférence de presse mercredi que les 27 membres restants de l’UE étaient d’accord sur le fait que des contrôles douaniers devraient être mis en place pour les marchandises entrantes dès le départ de la Grande-Bretagne.

« Le scénario au bord d’une falaise, qui n’est pas encore celui que nous prévoyons ou souhaitons, créerait des perturbations majeures », a-t-il déclaré. « Nous devrions nous attendre à ce qu’il y ait des files d’attente à la sortie du tunnel et aux ports. »

M. Moscovici a déclaré que plus de 11 000 véhicules de transport de marchandises par jour prenaient des ferries entre Douvres et Calais ou utilisaient le tunnel sous la Manche, bien qu’il ait reconnu que tous ne seraient pas contrôlés.

Il a ajouté que les entreprises de l’UE qui commercent avec le Royaume-Uni doivent être prêtes à supporter des coûts et une bureaucratie supplémentaires à mesure que les contrôles douaniers augmentent, tandis que les voyageurs seraient également soumis à davantage de contrôles.

Les voyageurs individuels en provenance de Grande-Bretagne arrivant dans l’UE ne pourraient pas transporter plus de 430 euros de marchandises et ne seraient pas en mesure d’importer des produits animaux britanniques tels que du fromage ou des saucisses.

 

Les producteurs seraient toujours en mesure de les exporter si la Grande-Bretagne, comme prévu, adoptait des lois pour se conformer aux règles sanitaires de l’UE. Cependant, les marchandises seraient soumises à des droits d’importation; dans le cas des voitures, ce serait 10%.

IRLANDE

Sur la question la plus délicate, celle de la frontière irlandaise, Moscovici a évité de donner une réponse claire.

Depuis que la Grande-Bretagne a déclaré vouloir quitter l’union douanière de l’Union européenne, l’Union européenne a indiqué que des contrôles sur les animaux et les marchandises devraient être mis en place à la frontière terrestre entre l’Irlande, membre de l’UE, et la province britannique d’Irlande du Nord.

Cependant, Londres et l’UE veulent éviter de déployer des infrastructures frontalières, craignant qu’elles ne deviennent la cible de violences et ne compromettent la paix dans la province, qui a connu trois décennies de violences sectaires à la fin du siècle dernier.

Moscovici a déclaré que l’UE et la Grande-Bretagne devraient effectuer des contrôles pour protéger leurs marchés:

 

« Nous travaillons étroitement et intensément avec l’Irlande pour organiser ces contrôles de la manière la moins perturbante possible et le plus loin possible de la frontière. »

Il a ajouté que l’UE pourrait donner à l’Irlande plus d’argent et une autre assistance pour relever le défi. Il a ajouté que l’UE espérait que la Grande-Bretagne honorerait ses obligations de garantir une frontière irlandaise ouverte dans le cadre de l’accord de paix du vendredi saint.

Des sources de l’UE ont déclaré à Reuters en février que Dublin devrait bientôt élaborer un plan visant à garantir l’intégrité du marché unique de l’UE ou faire face à la perspective de contrôles sur ses propres produits entrant dans le reste du bloc – ce que l’Irlande a déclaré vouloir pas contenance. (1 USD = 0,8898 euros)

Autres reportages et écrits de Gabriela Baczynska; Édité par Kevin Liffey

Union EuropéenneA J-11, le Brexit est toujours dans l’impasse

Union EuropéenneA J-11, le Brexit est toujours dans l’impasse

Westminster a rejeté lundi chacune des quatre alternatives au plan de Theresa May pour sortir de l’Union européenne. Ce mardi, la Première ministre va convoquer un conseil des ministres trois fois plus long qu’à l’accoutumée pour réfléchir aux options envisageables avant le 12 avril, date officielle du Brexit.

Deux mots reviennent dans la presse britannique mardi matin : “again” et “now”, encore et maintenant. “Encore” parce que comme la semaine dernière, le Parlement a voté contre les alternatives à l’accord de sortie de l’Union européenne négocié par Theresa May. “Maintenant” parce que l’incertitude demeure à onze jours du Brexit.

Les députés devaient se prononcer sur quatre propositions, soumises à un vote “indicatif”, rappelle la BBC : conserver une union douanière avec l’Europe (276 non contre 273 oui), un référendum pour que le peuple se prononce sur l’accord passé par le Parlement (292 contre 208), empêcher le Royaume-Uni de quitter l’UE sans accord (292 contre 191) et un maintien dans le marché unique et l’union douanière (282 contre 261).

Cette alternative, surnommée “Modèle Norvège +” ou “Common Market 2.0” était portée par le conservateur Nick Boles. “Je reconnais mon échec. J’ai échoué principalement parce que mon parti refuse les compromis. J’ai donc le regret d’annoncer que je ne peux plus siéger pour ce parti”, a-t-il expliqué, au bord des larmes. “Sa déclaration émotionnelle montre l’atmosphère toxique autour du Brexit chez les Tories ”analyse le Guardian.

“Pourquoi les MP ont échoué à trouver un consensus hier soir ?”, demande le Times qui répond à sa propre question : “en partie parce que la Chambre des Communes est elle-même profondément divisée, non seulement entre les partisans d’un Brexit dur et d’un Brexit souple mais aussi entre les partisans d’un Brexit souple et ceux qui veulent un deuxième référendum”.

Des élections anticipées à l’horizon ?

Après avoir rejeté à trois reprises le plan de la chef du gouvernement, Wesminster a décidé de s’occuper lui-même du dossier Brexit. “Si c’est à cela que les choses ressemblent quand le Parlement prend le pouvoir, peut-être que l’accord de Theresa May n’est pas si mal”s’agace leTelegraph“Le Parlement a pris le pouvoir et n’a rien pu en faire. Les motions sont tombées les unes après les autres, comme des dominos.” 

La Première ministre convoque mardi matin un Conseil des ministres prévu pour durer plus de cinq heures, trois fois plus que d’habitude, pour examiner les options à sa disposition. Elle n’exclut pas de soumettre au vote son plan pour la quatrième fois, note le Financial Times. Elle espère “que les députés eurosceptiques soutiendront finalement son accord plutôt que de risquer des élections anticipées, un second référendum ou un Brexit plus souple”. Mais le temps presse, insiste le quotidien financier. Le Conseil européen se réunit le 10 avril pour décider s’il accorde au Royaume-Uni une nouvelle extension pour régler sa sortie de l’UE mais il attendra un plan clair.

“Si l’accord de la Première ministre était à nouveau rejeté, elle pourrait appeler à des élections dans une dernière tentative pour sortir de l’impasse”suggère The Sun“Mais ce serait une option nucléaire qui pourrait totalement se retourner contre elle”, prévient le tabloïd. The Times s’attend à ce que la possibilité d’une élection soit discutée mais elle rencontrera “l’opposition féroce de nombreux ministres, inquiets de son résultat”.

Mais la situation fait dire à Guy Verhofstadt, référent sur le Brexit au Parlement européen, qu’un “Brexit dur devient presque inévitable”. Mercredi, les Parlementaires pourraient se prononcer sur une nouvelle série de propositions. “Le Royaume-Uni a une dernière chance de sortir de l’impasse ou fera face à l’abîme”, annonce l’eurodéputé.

https://reveil.courrierinternational.com/#/edition/1921138/article/1921195

Royaume-UniBrexit : plus rien ne sera comme avant

Royaume-UniBrexit : plus rien ne sera comme avant

Le pays était censé quitter l’Union européenne ce vendredi. Quoi qu’il arrive désormais, le Brexit a fait voler en éclat le système politique britannique, modèle de stabilité depuis des siècles. Mais il serait faux de penser que cet effondrement ne se répercutera pas aussi sur le continent, affirme ce philosophe.

Quel que soit le dénouement du Brexit, le Royaume-Uni n’aura pas été si ingouvernable depuis les années 1970. Les députés s’opposent à une sortie de l’UE sans accord, mais ils sont incapables de formuler une solution permettant d’éviter cette issue. Les divisions au sein des deux principaux partis sont vues comme un moyen de sortir de l’impasse et la création du Groupe indépendant (TIG, The Independent Group, composé de sécessionnistes travaillistes et conservateurs) annonce une nouvelle force centriste. Mais il est peu probable que les électeurs affluent vers un parti qui veut recréer les conditions qui ont mené à leur désenchantement actuel – l’étrange nostalgie qui étreint les libéraux centristes. Les gens n’ont pas vraiment envie de revivre la période, après la guerre froide, où se sont enchaînées la guerre en Irak, la crise financière et une décennie d’austérité.

Mais l’apparition du TIG ne permet en rien de sortir de l’impasse. L’accord de retrait négocié par Theresa May suscite plus de divisions que jamais à la Chambre des communes. Les parlementaires ont rejeté la perspective d’une sortie sans accord et sont favorables à un report du Brexit. Après deux ans de négociations et de manœuvres, rien n’est décidé.

Les politiques incapables d’adapter leur raisonnement

Ceux qui s’intéressent à la théorie des jeux connaissent bien les dilemmes que suscite le choix collectif, mais ce facteur ne justifie pas à lui seul l’irrationalité de la vie politique au Royaume-Uni. Il faut surtout noter que la classe politique refuse de réagir intelligemment au référendum de 2016. Au lieu d’analyser son résultat pour le mettre en œuvre, ils l’ont vu comme un pic d’irrationalité devant être étouffé à tout prix. Il y a des exceptions, mais une majorité de responsables politiques s’est révélée incapable d’adapter son raisonnement au désengagement de grande ampleur mis au jour par le référendum. Non, en cherchant à contourner le résultat du vote, ils ont approfondi le fossé qui sépare les électeurs et le système politique.

On entend souvent que les responsables du statu quo sont un petit groupe d’eurosceptiques chez les torys, obnubilés par un passé britannique imaginaire, ce qui a l’avantage d’absoudre le reste de la classe politique. En réalité, c’est une coterie de proeuropéens jusqu’au-boutistes (nombreux dans les institutions britanniques) qui fait surtout barrage à une version du Brexit dont tout le monde se serait accommodé. Des millions de personnes ont voté pour rester dans l’UE car elles trouvent que la position intermédiaire du Royaume-Uni en Europe était un bon compromis. Mais les proeuropéens intransigeants jugent le compromis impensable : pour eux, l’UE est une forme supérieure d’autorité et la quitter n’est en aucun cas rationnel. Ils se voient comme l’incarnation de la raison, confrontée aux passions incultes de la populace. Mais leur rationalisme véhicule un dangereux mythe, qui érige l’UE en institution quasi sacrée, par opposition à une expérience politique qui prend l’eau.

Les failles de l’UE passées sous silence par les europhiles

La volonté de construire un État européen transnational a créé de multiples divisions au sein de l’UE, où se multiplient aujourd’hui les mouvements populistes. Bien que l’Allemagne et ses satellites aient tiré bénéfice de l’euro, la monnaie unique a entraîné la stagnation de nombreux pays en Europe du Sud. À l’est, les anciens pays communistes rejettent l’autorité de l’UE dans un certain nombre de cas, notamment les quotas de migrants. La libre circulation des personnes, associée à la porosité des frontières extérieures, alimente le nationalisme de droite dans toute l’UE. Parce que les pro-UE jugent le projet foncièrement progressiste, les valeurs progressistes européennes n’ont pas été si menacées depuis les années 1930.

Les partisans du maintien dans l’UE ne mentionnent quasiment jamais dans quel état l’UE se trouve réellement, et c’est la principale caractéristique de leur discours. Dans toutes les enquêtes honteusement éculées sur la psyché anglaise postimpériale publiées dans les médias de centre gauche, vous aurez du mal à trouver la moindre référence aux forces obscures qui influencent la politique européenne. Et si le désordre européen croissant se fait remarquer, c’est uniquement pour affirmer qu’une autre Europe est possible.

L’UE n’envisage pas de réformes de fond

Le vrai visage de l’Europe – une construction néolibérale fragile qui préside à un basculement continental vers le nationalisme autoritaire – est rejeté et réduit à une aberration temporaire. Pourtant, toutes les tendances portent à croire que la crise s’aggrave. George Soros, qui est tout l’opposé d’un eurosceptique, a averti que l’UE devait se réveiller, sans quoi elle “finirait comme l’Union soviétique en 1991”. Certains maintiennent que le Royaume-Uni devrait rester dans l’UEpour s’allier à d’autres pays en vue de la sauver. Mais ces dix dernières années, l’UE n’a jamais envisagé de réformes de fond. Dans ses dernières déclarations, Emmanuel Macron a martelé que la solution à la crise européenne était “plus d’Europe” – en d’autres termes, poursuivre la centralisation qui a provoqué le retour de bâton populiste. Dans ce contexte, rester dans l’UE est tout aussi risqué que partir. Mais ceux qui défendent le maintien dans l’UE à tout prix ne s’intéressent pas aux faits. L’idée qu’une autre Europe soit en vue leur permet d’échapper à une vérité horriblement gênante – le fait que le projet européen fasse partie du passé.

Le problème du rationalisme en politique est son incapacité récurrente à interpréter correctement les réalités politiques. Pensez à la colère que suscitent les tergiversations de Jeremy Corbyn au sujet d’un second référendum sur le Brexit. Son ambivalence n’a rien de surprenant. Outre l’euroscepticisme bien connu du leader travailliste, les ambiguïtés de son parti ont été extrêmement efficaces sur un plan électoral. En 2017, le Labour a réussi à défendre un programme promettant de respecter le résultat du référendum (qui a ménagé ses partisans pro-Brexit de la classe ouvrière), tout en faisant croire à des légions de jeunes diplômés de la classe moyenne que le parti était favorable au maintien dans l’UE. Les analystes qui scrutent la situation ont fait depuis longtemps le parallèle avec ce que les Russes appellent vranyo – dire des mensonges que personne ne croira. Mais dans ce cas, beaucoup ne demandaient qu’à accepter ces tromperies.

Bouleversement irrévocable

Le dilemme de Corbyn au sujet du Brexit n’a pas changé. Certes, le Parti travailliste pourrait abandonner ses sympathisants traditionnels, se réinventer en formation défendant les intérêts des bourgeois moralistes, et défendre l’UE sans équivoque. Mais cette décision coûterait très cher sur un plan électoral. Lancer l’idée d’un second vote, même s’il n’a jamais lieu, dessert Corbyn dans deux tiers des circonscriptions travaillistes, où la décision de quitter l’UE était majoritaire. Le Brexit est un terrain miné pour Corbyn, quoi qu’il fasse.

On touche là du doigt la racine même de l’échec de la classe dirigeante britannique. Elle n’a pas compris que le référendum de 2016 a bouleversé la politique de manière irrévocable. Les députés ont voté en faveur de l’application de l’article 50 à une majorité écrasante. Puis ils ont fait campagne pour les législatives sur des programmes qui promettaient la mise en œuvre du résultat dudit référendum. Dans le même temps, beaucoup n’ont jamais admis que celui-ci posait une question qui pouvait se satisfaire de plus d’une réponse sensée, et ils n’ont pas tardé à affirmer que leurs engagements précédents n’avaient plus lieu d’être. Reste que tous leurs discours n’ont guère tenu face à la logique des événements, et c’est ainsi que la classe politique s’est retrouvée prise au piège de sa propre histoire.

Dangers d’un départ désordonné de l’UE

Penser que des pans entiers de l’électorat “modéré” attendent d’un parti qu’il renoue avec les positions centristes d’il y a vingt ans témoigne d’une volonté de réécrire l’histoire. En fait, nombreux sont les électeurs qui sont en faveur de mixtures politiques qu’aucun politicien “raisonnable” n’irait envisager – la renationalisation d’industries et de services publics, ainsi que des contrôles plus rigoureux de l’immigration afin de protéger les revenus des salariés, mais aussi des mesures draconiennes contre la criminalité, par exemple. Ce qui fait défaut, c’est un parti qui fusionne la droite et la gauche de cette façon, et cette absence constitue un véritable trou noir au centre de la politique britannique.

On a beaucoup écrit sur les dangers d’un départ désordonné de l’UE, pas nécessairement en des termes apocalyptiques. Entre autres difficultés immédiates, citons les problèmes de certification des produits alimentaires et pharmaceutiques. Plus généralement, les chaînes logistiques risquent d’être gravement perturbées, et ce pendant un certain temps. Il aurait été possible d’atténuer l’effet de ces difficultés si l’on avait commencé à travailler sur des plans d’urgence avant le référendum. Mais pareille prudence n’a pas été encouragée.

La politique britannique en voie d’européanisation

Il est ardu d’évaluer l’impact à moyen terme. Dans un hypothétique scénario du pire, le Royaume-Uni pourrait se retrouver avec un chômage catastrophique, proche de ce que l’on voit dans certains pays de la zone euro. Mais le véritable danger est d’ordre politique. C’est faire preuve de désinvolture et d’irresponsabilité que de prétendre que le Royaume-Uni pourrait se contenter d’appliquer les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Avec Trump à la Maison-Blanche, l’OMC pourrait être ignorée, voire démantelée, peut-être dans un avenir proche. Les ultras du Brexit ne se sont pas aperçus que l’ordre international basé sur le droit auquel ils font référence est aujourd’hui d’une extrême fragilité. Dans ces conditions, un départ sans accord serait un échec désastreux du gouvernement.

Quoi qu’il en soit, un Brexit sans accord aurait un impact profondément déstabilisant. Le système britannique de partis subirait une métamorphose violente. Beaucoup partent du principe que les conservateurs seraient chassés du pouvoir pour une génération, mais rien n’est moins sûr. Il est probable qu’ils se transforment en un parti démagogue sous la direction de Boris Johnson, un personnage qui n’est pas sans rappeler Beppe Grillo, le comédien cofondateur du Mouvement 5 étoiles en Italie. Dans le même temps, le parti travailliste se diviserait entre une fraction d’extrême gauche et les débris désorientés de l’aile modérée. Les forces les plus redoutables seraient représentées par des déclinaisons du populisme, tandis que le centre affaibli errerait sans but. La politique britannique serait enfin européanisée.

Incapacité à comprendre le présent

L’impact sur l’UE serait peut-être encore plus sensible. Ayant conservé une devise indépendante, contrôlant ses dépenses publiques, la Grande-Bretagne pourrait atténuer le choc grâce à une politique monétaire expansionniste et un plan de relance budgétaire agressif. Prisonnières d’une union monétaire inflexible et de règles restrictives sur les dépenses, les pays de la zone euro ne peuvent faire ni l’un ni l’autre. Il est presque inévitable que l’extrême droite continue à progresser.

Il n’y a pas qu’un Brexit dur qui pourrait déstabiliser l’UE. Une autre crise financière risque de mettre l’euro à l’épreuve jusqu’au point de rupture. Les partisans acharnés d’un maintien dans l’Union au nom de la sécurité imaginaire que cela assurerait ne vivent pas dans le monde réel. En cela, ils ressemblent aux classes politiques établies dans tous les pays occidentaux. L’incapacité à comprendre le présent n’a rien de spécifiquement britannique. Partout, les élites refusent d’admettre que l’ordre de l’après-guerre froide est en pleine désintégration. Tous se comportent en partant du principe que le basculement vers l’autoritarisme est une anomalie qui ne peut qu’être suivie d’un retour à la normale.

Adopter une vision réaliste du caractère décisif de la politique

En fait, comme l’a noté John Maynard Keynes dans son superbe essai, My Early Beliefs (“Mes premières convictions”, non traduit en français), historiquement, c’est l’ordre libéral qui est une anomalie. En 1938, lors d’une réunion du Bloomsbury Group, il avait tourné en dérision cette foi en la capacité de l’homme à agir de façon rationnelle, foi qu’il avait partagée avec la plupart de ses contemporains à Cambridge durant les années qui avaient précédé la Première Guerre mondiale. “Cette vision pseudorationnelle de la nature humaine, avait-il déclaré, a abouti à une fragilité, une superficialité non seulement du jugement, mais aussi du sentiment. […] Il me semble aujourd’hui que le fait d’avoir attribué de la rationalité à la nature humaine l’a peut-être appauvrie au lieu de l’enrichir.”

Keynes avait renoncé à sa foi en la raison après avoir vu l’Europe sombrer dans le chaos et la barbarie au lendemain du ratage qu’avait été la conférence de la paix, à Versailles, en 1919. Aujourd’hui, qui veut continuer à défendre une idée honnête de la civilisation ne peut qu’adopter une vision réaliste inébranlable du caractère décisif de la politique, au lieu d’avoir une foi aveugle dans de vagues utopies libérales.

Populisme dangereux

La classe politique a justement commis cette erreur que Keynes tournait en ridicule pour s’en être lui-même rendu coupable. Elle n’a pas su comprendre quelques-uns des besoins les plus fondamentaux de l’âme humaine. Si, à Sunderland, une majorité de gens continuent à soutenir le Brexit malgré la menace que ce dernier représente pour le développement des activités de Nissan dans la région, cela ne peut s’expliquer que parce qu’ils sont irrationnels et idiots. Nul n’envisage que, comme des millions d’autres, ils accordent une plus grande importance à autre chose que le profit économique. En s’entêtant à ne pas respecter les électeurs qui ont voté en faveur du Brexit, on ne peut que pousser la Grande-Bretagne vers ce populisme dangereux qui se répand systématiquement sur le continent européen.

À la fin de ses Mémoires, l’ancien rationaliste Keynes compare sa génération à des “araignées d’eau qui filent avec grâce, aussi légères et raisonnables que l’air, à la surface de l’eau, sans aucun contact avec tous les tourbillons et les courants en dessous d’elles”. Une nouvelle génération d’araignées d’eau est occupée de nos jours à filer à la surface, mais on ne devrait pas tarder à s’apercevoir qu’en dessous les courants bouillonnent.

Cet article a été publié dans sa version originale le 13/03/2019.
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Revue de presse nationale et internationale.

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