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Brexit: Theresa May exhorte les députés à trouver un « consensus »

Brexit: Theresa May exhorte les députés à trouver un « consensus »

Brexit: Theresa May exhorte les députés à trouver un "consensus"
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La Première ministre britannique Theresa May a exhorté jeudi les députés à soutenir l’élaboration d’un compromis transpartisan pour permettre au Royaume-Uni de quitter l’UE avant les élections européennes de mai, au lendemain d’un nouveau report de la date du Brexit.

« Nous devons maintenant poursuivre nos efforts pour parvenir à un consensus sur un accord, dans l’intérêt national », a déclaré la dirigeante conservatrice à la Chambre des Communes, en référence aux discussions actuellement menées entre le gouvernement et la principale formation d’opposition, le Parti travailliste, pour trouver une issue sur le Brexit.

« Ainsi, nous pourrons quitter l’UE avec un accord le plus rapidement possible et éviter de participer aux élections du Parlement européen », prévues du 23 au 26 mai.

Les dirigeants européens se sont mis d’accord dans la nuit de mercredi à jeudi, à l’issue d’un sommet tendu à Bruxelles, sur un nouveau report du Brexit, initialement prévu le 29 mars, puis le 12 avril, et désormais fixé au 31 octobre, pour éviter un divorce sans accord, près de trois ans après le référendum de juin 2016. Ce délai peut à tout moment être raccourci si les députés britanniques adoptent un accord de divorce.

Le chef des travaillistes, Jeremy Corbyn, a tancé la « mauvaise gestion du processus du Brexit par le gouvernement », estimant que ce second report laisse le Royaume-Uni « dans le flou, et ajoute à la profonde incertitude qui pèse sur les entreprises et les travailleurs ».

Sur les discussions avec l’exécutif, qui ont repris jeudi, il a salué « les indications que le gouvernement serait disposé à modifier sa position sur les éléments clés qui ont jusqu’ici empêché l’adoption de l’accord », qui a été rejeté trois fois par les députés.

« Pour que ces pourparlers aboutissent à un accord susceptible de rassembler notre pays, le gouvernement devra faire des compromis », a-t-il affirmé, l’invitant à « modifier ses lignes rouges ».

– « Petit nombre d’options » –

Theresa May a posé en principe du Brexit un retrait de l’Union douanière et du Marché unique, afin que le pays puisse nouer ses propres relations commerciales et contrôler l’immigration. Mais les Travaillistes veulent eux rester dans l’Union douanière et maintenir les relations les plus étroites possibles avec l’UE.

Sans accord dans ces discussions, Theresa May a annoncé qu’un « petit nombre d’options » seraient soumises au vote des députés pour « déterminer la voie à suivre ».

Elle a rappelé que seule la Déclaration politique, un texte non contraignant portant sur la relation future entre le Royaume-Uni et l’UE, pourrait faire l’objet de modifications. Le Traité de retrait, l’autre texte inclus dans l’accord négocié avec Bruxelles, devra lui être approuvé, « quelle que soit la voie choisie », l’UE ayant signifié son refus de le renégocier.

Or ce traité contient une disposition en particulier que rejettent les partisans d’un Brexit dur au sein du Parti conservateur, ainsi que le petit parti nord-irlandais DUP, allié de Mme May au Parlement. Elle vise à éviter le retour d’une frontière physique en Irlande entre le nord, province britannique, et le sud, membre de l’UE, en prévoyant le maintien de tout le Royaume-uni dans l’Union douanière si une autre solution n’est pas trouvée.

– « Mettre fin au chaos » –

Réagissant au sommet, l’ex ministre du Brexit David Davis, un eurosceptique, a estimé sur la BBC qu' »il n’y a eu aucun progrès » et que la pression pour que Theresa May quitte son poste allait « s’intensifier ».

La Première ministre, dont la stratégie et le leadership sont durement contestés au sein de son Parti conservateur, s’est engagée à quitter son poste une fois son accord de retrait adopté par les députés.

Les milieux économiques britanniques se montraient quant à eux à peine soulagés par ce report du Brexit, qui ne supprime pas l’incertitude nuisible à leurs affaires.

« Ce délai signifie que l’imminence d’une crise économique a été évitée, mais il doit marquer un nouveau départ », a réagi sur Twitter Carolyn Fairbairn, directrice générale de la puissante organisation patronale CBI, appelant les dirigeants politiques à coopérer pour « mettre fin à ce chaos ».

Dans la ville ouvrière de Tilbury, à l’est de Londres, les partisans du Brexit, eux, ne cachaient pas leur frustration après ce nouveau report.

« C’est sans fin, les politiques sont comme des poulets sans tête, ils ne savent pas ce qu’ils font », pestait Tom Dwyere, un ancien ouvrier pro-Brexit de 63 ans interrogé par l’AFP. « C’est n’importe quoi », renchérissait Robert Gilbert, 73 ans, ouvrier dans l’industrie. « Je n’arrive pas à croire qu’ils n’aient pas réglé la question trois ans après le référendum! »

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L’UE va accorder à May un délai au Brexit, avec conditions

L’UE va accorder à May un délai au Brexit, avec conditions

BRUXELLES (Reuters) – Les dirigeants de l’Union européenne vont accorder un second délai au Premier ministre, Theresa May, lors d’un sommet d’urgence mercredi, mais discuteront de la durée et des conditions dans lesquelles ils lutteront pour mettre fin aux problèmes de l’adhésion du Royaume-Uni à la Grande-Bretagne.

La Première ministre britannique Theresa May quitte Downing Street à Londres, en Grande-Bretagne, le 10 avril 2019. REUTERS / Gonzalo Fuentes

Le président français Emmanuel Macron fait pression pour que soit tenu l’engagement pris de repousser l’échéance de vendredi bien au-delà des élections au Parlement européen des 23 et 26 mai, à moins que May ne s’engage, et tout successeur potentiellement plus opposé à l’UE, de ne pas perturber le fonctionnement de Bruxelles en finale mois d’adhésion de la Grande-Bretagne.

Trois semaines après que l’impatience de Macron vis-à-vis du rival historique français de la France ait dominé le dernier sommet, alors que le Brexit avait été repoussé de quinze jours, les diplomates ont annoncé qu’il serait de nouveau confronté à une ligne plus prudente de la chancelière allemande Angela Merkel, qui préconise une prolongation « plusieurs mois ».

Deux jours à peine avant que la Grande-Bretagne quitte le bloc sans traité pour clarifier les questions juridiques ni pour passer aux nouveaux accords commerciaux, les diplomates de l’UE suggèrent que la date limite du 12 avril sera repoussée.

D’autres dirigeants ont également insisté sur le fait qu’ils ne forceraient pas la Grande-Bretagne à s’opposer à sa volonté et May leur a demandé d’attendre le 30 juin pour demander l’aide de ses opposants travaillistes afin de constituer une majorité insaisissable au parlement derrière son plan de sortie de l’UE.

Beaucoup va dépendre de la façon dont May gère ses pairs.

« Il n’est pas certain qu’il y aura un retard et ce que cela signifiera », a déclaré le Premier ministre belge, Charles Michel, avant d’accueillir Macron et d’autres dirigeants des pays voisins de la Grande-Bretagne lors de discussions préalables au sommet, afin de discuter de la gestion des perturbations de la société. un Brexit sans compromis.

Le président du sommet, Donald Tusk, a proposé une « flexion de tension » de neuf mois à un an pour donner à la Grande-Bretagne le temps de mettre un terme à l’impasse sur le refus du parlement de ratifier le traité. Mai a convenu avec l’UE en novembre.

May s’est donné la possibilité d’accepter cela en annonçant qu’elle est prête à organiser des élections en Grande-Bretagne le 23 mai pour les législateurs européens. Si les Britanniques ne votent pas, ils doivent partir, traiter ou non, le 1er juin, selon un projet de sommet accord vu par Reuters.

Autrement, la Grande-Bretagne partirait dès qu’elle ratifie l’accord, ou sans accord lorsque l’extension prend fin.

 

MACRON WARY

Macron n’est pas satisfait de cette approche permissive et cherche un «soutien» à tout accord avec May qui impliquerait un nouveau sommet une fois qu’il aura été clair si une ratification anticipée ou une élection britannique en Europe était en cours ou non.

Macron va faire valoir que pour que la Grande-Bretagne puisse prolonger son mandat au-delà de juin, elle doit s’inscrire officiellement pour renoncer à son droit de bloquer les décisions clés prises par les 27 autres, notamment en ce qui concerne le budget de l’UE et les nominations aux postes de direction. Craignant le «chantage» des conservateurs pro-Brexit cherchant à prendre la relève à partir de mai, Paris insistera pour que des conditions plus strictes soient prolongées.

Une fois la prolongation accordée à la fin de l’année, par exemple, un nouveau gouvernement britannique ne serait pas en mesure de partir plus tôt s’il n’avait pas signé l’accord de retrait, ce que les Européens savent bien que certains rivaux de May ne veulent pas faire.

Alors que les dirigeants et les responsables se réunissent pour un autre sommet du Brexit sans que la paralysie politique britannique prenne fin, les autres participants sont moins enclins à s’engager à se revoir. Les diplomates ont déclaré que le résultat dépendrait de « l’ambiance de la salle » après que May se soit adressée le 27 à 18h30 (16h30 GMT).

Les présentations précédentes se sont mal déroulées, ont déclaré les participants. May a eu du mal à convaincre ses collègues dirigeants politiques qu’elle avait vraiment confiance en sa capacité à trouver la majorité.

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Selon les diplomates, lors des réunions préparatoires, tous les gouvernements ont vu les avantages et les inconvénients d’une prolongation de plus en plus longue. Les émissaires français et allemands se sont tous deux prononcés mardi en faveur d’un bref délai pour maintenir la pression sur Londres afin de parvenir à un accord.

Les Néerlandais, entre autres, ont fait valoir qu’une longue prolongation augmenterait la pression sur les détracteurs de l’accord de mai sur l’acceptation de l’accord de mai, de peur de l’accepter, de crainte qu’un long délai n’augmente les chances des Britanniques de changer d’avis et de rester dans l’UE.

PEUT SEUL

Les dirigeants de l’UE sont exaspérés par le traitement, en mai, d’un divorce tortueux et potentiellement coûteux, que beaucoup de Bruxelles estiment être une distraction pour garantir que le bloc puisse se maintenir aux côtés des États-Unis et de la Chine.

Une fois qu’elle aura pris la parole le 27, May devra se retirer pendant le débat sur le sort de son pays. Elle a passé la soirée au sommet de mars dans les salles de la délégation britannique dans le bâtiment du sommet de l’Union européenne, pendant que les autres dînaient ensemble. Une fois leurs conclusions tirées, elle a été convoquée pour rencontrer Tusk afin de l’informer des conclusions du syndicat avant leur publication.

Le parti nord-irlandais qui soutenait son gouvernement minoritaire a déclaré que May était embarrassante pour le Royaume-Uni.

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« Près de trois ans après le référendum, le Royaume-Uni offre aujourd’hui un bol de mendicité aux dirigeants européens », a déclaré le chef adjoint du Parti unioniste démocrate, Nigel Dodds.

Après que sa promesse de démissionner eut échoué lors d’une troisième tentative, May a entamé des pourparlers de crise avec le parti travailliste dans l’espoir de sortir de l’impasse sur le marché intérieur. Mais quand elle arrivera à Bruxelles, il est peu probable que May puisse annoncer une avancée décisive avec le parti travailliste. Après la série de pourparlers de mardi, la position de May n’a pas encore été clairement modifiée.

Reportage de Guy Faulconbridge à Londres, Thomas Escritt à Berlin et Gabriela Baczynska, Elizabeth Piper, Bart Meijer, Alissa de Carbonnel, Philip Blenkinsop, Robin Emmott, Alastair Macdonald, Francesco Guarascio, Clare Roth et Michel Rose à Bruxelles; Écriture de Guy Faulconbridge et Alastair Macdonald; Édité par Janet Lawrence

Le Parlement européen approuve l’exemption de visa pour les Britanniques après le Brexit

Le Parlement européen approuve l’exemption de visa pour les Britanniques après le Brexit

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Les Britanniques pourront rester dans l’UE sans visa pendant une période pouvant aller jusqu’à 90 jours par période de 180 jours. Le texte stipule spécifiquement que l’exemption de visa post-Brexit ne sera accordée que si le Royaume-Uni met en œuvre une mesure similaire pour les citoyens de l’UE.

De manière controversée, la loi décrit Gibraltar comme une « colonie » britannique, que le Royaume-Uni a qualifiée de « totalement inappropriée » dans une déclaration à Euronews mercredi.

Lire la suite: Un projet de loi de l’UE dit que Gibraltar est une « colonie » britannique

La mesure a été approuvée avec 502 voix pour, 81 contre et 29 abstentions. Il doit maintenant être adopté par le Conseil des ministères et publié au Journal officiel de l’Union européenne avant le 12 avril pour être efficace si le Royaume-Uni devait quitter le bloc sans un accord à cette date.

Il est arrivé au Parlement après avoir été approuvé mercredi par 38 voix pour et 8 contre par la commission des Libertés civiles, de la Justice et des Affaires intérieures (LIBE) après des semaines de négociations bloquées et après la destitution lundi de l’eurodéputé britannique Claude Moraes en tant que rapporteur.

Moraes s’était opposé à l’ajout d’une note de bas de page décrivant Gibraltar comme une « colonie » britannique. La motion a été soutenue après son remplacement par le député bulgare Sergei Stanislav en tant que rapporteur dans ce que Moraes a qualifié de « détournement de nos devoirs législatifs ».

Avant le vote, les députés avaient rejeté les tentatives de reporter le vote, de tenir un débat approfondi sur le texte ou d’ajouter des amendements.

Dans une déclaration , Stanislav a déclaré jeudi que la loi était « une étape importante pour garantir la circulation sans visa entre l’UE et le Royaume-Uni après le Brexit, en particulier en cas de non-accord ».

« Ce n’est un secret pour personne que les négociations ont été bloquées sur la persistance du Conseil sur la note de bas de page de Gibraltar, une question sans rapport avec l’essence du rapport. Cette approche irresponsable sape sérieusement l’esprit de la coopération entre les institutions de l’UE », a-t-il ajouté.

https://www.euronews.com/2019/04/04/european-parliament-approves-visa-free-travel-for-brits-after-brexit

L’UE commencerait les contrôles douaniers juste après le Brexit sans accord

3 AVRIL 2019 / 13H13 / MIS À JOUR IL Y A 32 MINUTES

L’UE commencerait les contrôles douaniers juste après le Brexit sans accord

BRUXELLES (Reuters) – L’Union européenne introduira immédiatement des contrôles douaniers et des droits d’importation en cas de Brexit «sans accord», érigeant en barrières les exportations britanniques allant des voitures aux produits agricoles et empêchant les consommateurs d’apporter du fromage ou de la viande britanniques.

Le commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, tient une conférence de presse à Bruxelles, en Belgique, le 3 avril 2019. REUTERS / Francois Lenoir

Pierre Moscovici, le commissaire chargé des affaires économiques et de la fiscalité, a déclaré lors d’une conférence de presse mercredi que les 27 membres restants de l’UE étaient d’accord sur le fait que des contrôles douaniers devraient être mis en place pour les marchandises entrantes dès le départ de la Grande-Bretagne.

« Le scénario au bord d’une falaise, qui n’est pas encore celui que nous prévoyons ou souhaitons, créerait des perturbations majeures », a-t-il déclaré. « Nous devrions nous attendre à ce qu’il y ait des files d’attente à la sortie du tunnel et aux ports. »

M. Moscovici a déclaré que plus de 11 000 véhicules de transport de marchandises par jour prenaient des ferries entre Douvres et Calais ou utilisaient le tunnel sous la Manche, bien qu’il ait reconnu que tous ne seraient pas contrôlés.

Il a ajouté que les entreprises de l’UE qui commercent avec le Royaume-Uni doivent être prêtes à supporter des coûts et une bureaucratie supplémentaires à mesure que les contrôles douaniers augmentent, tandis que les voyageurs seraient également soumis à davantage de contrôles.

Les voyageurs individuels en provenance de Grande-Bretagne arrivant dans l’UE ne pourraient pas transporter plus de 430 euros de marchandises et ne seraient pas en mesure d’importer des produits animaux britanniques tels que du fromage ou des saucisses.

 

Les producteurs seraient toujours en mesure de les exporter si la Grande-Bretagne, comme prévu, adoptait des lois pour se conformer aux règles sanitaires de l’UE. Cependant, les marchandises seraient soumises à des droits d’importation; dans le cas des voitures, ce serait 10%.

IRLANDE

Sur la question la plus délicate, celle de la frontière irlandaise, Moscovici a évité de donner une réponse claire.

Depuis que la Grande-Bretagne a déclaré vouloir quitter l’union douanière de l’Union européenne, l’Union européenne a indiqué que des contrôles sur les animaux et les marchandises devraient être mis en place à la frontière terrestre entre l’Irlande, membre de l’UE, et la province britannique d’Irlande du Nord.

Cependant, Londres et l’UE veulent éviter de déployer des infrastructures frontalières, craignant qu’elles ne deviennent la cible de violences et ne compromettent la paix dans la province, qui a connu trois décennies de violences sectaires à la fin du siècle dernier.

Moscovici a déclaré que l’UE et la Grande-Bretagne devraient effectuer des contrôles pour protéger leurs marchés:

 

« Nous travaillons étroitement et intensément avec l’Irlande pour organiser ces contrôles de la manière la moins perturbante possible et le plus loin possible de la frontière. »

Il a ajouté que l’UE pourrait donner à l’Irlande plus d’argent et une autre assistance pour relever le défi. Il a ajouté que l’UE espérait que la Grande-Bretagne honorerait ses obligations de garantir une frontière irlandaise ouverte dans le cadre de l’accord de paix du vendredi saint.

Des sources de l’UE ont déclaré à Reuters en février que Dublin devrait bientôt élaborer un plan visant à garantir l’intégrité du marché unique de l’UE ou faire face à la perspective de contrôles sur ses propres produits entrant dans le reste du bloc – ce que l’Irlande a déclaré vouloir pas contenance. (1 USD = 0,8898 euros)

Autres reportages et écrits de Gabriela Baczynska; Édité par Kevin Liffey

Union EuropéenneA J-11, le Brexit est toujours dans l’impasse

Union EuropéenneA J-11, le Brexit est toujours dans l’impasse

Westminster a rejeté lundi chacune des quatre alternatives au plan de Theresa May pour sortir de l’Union européenne. Ce mardi, la Première ministre va convoquer un conseil des ministres trois fois plus long qu’à l’accoutumée pour réfléchir aux options envisageables avant le 12 avril, date officielle du Brexit.

Deux mots reviennent dans la presse britannique mardi matin : “again” et “now”, encore et maintenant. “Encore” parce que comme la semaine dernière, le Parlement a voté contre les alternatives à l’accord de sortie de l’Union européenne négocié par Theresa May. “Maintenant” parce que l’incertitude demeure à onze jours du Brexit.

Les députés devaient se prononcer sur quatre propositions, soumises à un vote “indicatif”, rappelle la BBC : conserver une union douanière avec l’Europe (276 non contre 273 oui), un référendum pour que le peuple se prononce sur l’accord passé par le Parlement (292 contre 208), empêcher le Royaume-Uni de quitter l’UE sans accord (292 contre 191) et un maintien dans le marché unique et l’union douanière (282 contre 261).

Cette alternative, surnommée “Modèle Norvège +” ou “Common Market 2.0” était portée par le conservateur Nick Boles. “Je reconnais mon échec. J’ai échoué principalement parce que mon parti refuse les compromis. J’ai donc le regret d’annoncer que je ne peux plus siéger pour ce parti”, a-t-il expliqué, au bord des larmes. “Sa déclaration émotionnelle montre l’atmosphère toxique autour du Brexit chez les Tories ”analyse le Guardian.

“Pourquoi les MP ont échoué à trouver un consensus hier soir ?”, demande le Times qui répond à sa propre question : “en partie parce que la Chambre des Communes est elle-même profondément divisée, non seulement entre les partisans d’un Brexit dur et d’un Brexit souple mais aussi entre les partisans d’un Brexit souple et ceux qui veulent un deuxième référendum”.

Des élections anticipées à l’horizon ?

Après avoir rejeté à trois reprises le plan de la chef du gouvernement, Wesminster a décidé de s’occuper lui-même du dossier Brexit. “Si c’est à cela que les choses ressemblent quand le Parlement prend le pouvoir, peut-être que l’accord de Theresa May n’est pas si mal”s’agace leTelegraph“Le Parlement a pris le pouvoir et n’a rien pu en faire. Les motions sont tombées les unes après les autres, comme des dominos.” 

La Première ministre convoque mardi matin un Conseil des ministres prévu pour durer plus de cinq heures, trois fois plus que d’habitude, pour examiner les options à sa disposition. Elle n’exclut pas de soumettre au vote son plan pour la quatrième fois, note le Financial Times. Elle espère “que les députés eurosceptiques soutiendront finalement son accord plutôt que de risquer des élections anticipées, un second référendum ou un Brexit plus souple”. Mais le temps presse, insiste le quotidien financier. Le Conseil européen se réunit le 10 avril pour décider s’il accorde au Royaume-Uni une nouvelle extension pour régler sa sortie de l’UE mais il attendra un plan clair.

“Si l’accord de la Première ministre était à nouveau rejeté, elle pourrait appeler à des élections dans une dernière tentative pour sortir de l’impasse”suggère The Sun“Mais ce serait une option nucléaire qui pourrait totalement se retourner contre elle”, prévient le tabloïd. The Times s’attend à ce que la possibilité d’une élection soit discutée mais elle rencontrera “l’opposition féroce de nombreux ministres, inquiets de son résultat”.

Mais la situation fait dire à Guy Verhofstadt, référent sur le Brexit au Parlement européen, qu’un “Brexit dur devient presque inévitable”. Mercredi, les Parlementaires pourraient se prononcer sur une nouvelle série de propositions. “Le Royaume-Uni a une dernière chance de sortir de l’impasse ou fera face à l’abîme”, annonce l’eurodéputé.

https://reveil.courrierinternational.com/#/edition/1921138/article/1921195

Royaume-UniBrexit : plus rien ne sera comme avant

Royaume-UniBrexit : plus rien ne sera comme avant

Le pays était censé quitter l’Union européenne ce vendredi. Quoi qu’il arrive désormais, le Brexit a fait voler en éclat le système politique britannique, modèle de stabilité depuis des siècles. Mais il serait faux de penser que cet effondrement ne se répercutera pas aussi sur le continent, affirme ce philosophe.

Quel que soit le dénouement du Brexit, le Royaume-Uni n’aura pas été si ingouvernable depuis les années 1970. Les députés s’opposent à une sortie de l’UE sans accord, mais ils sont incapables de formuler une solution permettant d’éviter cette issue. Les divisions au sein des deux principaux partis sont vues comme un moyen de sortir de l’impasse et la création du Groupe indépendant (TIG, The Independent Group, composé de sécessionnistes travaillistes et conservateurs) annonce une nouvelle force centriste. Mais il est peu probable que les électeurs affluent vers un parti qui veut recréer les conditions qui ont mené à leur désenchantement actuel – l’étrange nostalgie qui étreint les libéraux centristes. Les gens n’ont pas vraiment envie de revivre la période, après la guerre froide, où se sont enchaînées la guerre en Irak, la crise financière et une décennie d’austérité.

Mais l’apparition du TIG ne permet en rien de sortir de l’impasse. L’accord de retrait négocié par Theresa May suscite plus de divisions que jamais à la Chambre des communes. Les parlementaires ont rejeté la perspective d’une sortie sans accord et sont favorables à un report du Brexit. Après deux ans de négociations et de manœuvres, rien n’est décidé.

Les politiques incapables d’adapter leur raisonnement

Ceux qui s’intéressent à la théorie des jeux connaissent bien les dilemmes que suscite le choix collectif, mais ce facteur ne justifie pas à lui seul l’irrationalité de la vie politique au Royaume-Uni. Il faut surtout noter que la classe politique refuse de réagir intelligemment au référendum de 2016. Au lieu d’analyser son résultat pour le mettre en œuvre, ils l’ont vu comme un pic d’irrationalité devant être étouffé à tout prix. Il y a des exceptions, mais une majorité de responsables politiques s’est révélée incapable d’adapter son raisonnement au désengagement de grande ampleur mis au jour par le référendum. Non, en cherchant à contourner le résultat du vote, ils ont approfondi le fossé qui sépare les électeurs et le système politique.

On entend souvent que les responsables du statu quo sont un petit groupe d’eurosceptiques chez les torys, obnubilés par un passé britannique imaginaire, ce qui a l’avantage d’absoudre le reste de la classe politique. En réalité, c’est une coterie de proeuropéens jusqu’au-boutistes (nombreux dans les institutions britanniques) qui fait surtout barrage à une version du Brexit dont tout le monde se serait accommodé. Des millions de personnes ont voté pour rester dans l’UE car elles trouvent que la position intermédiaire du Royaume-Uni en Europe était un bon compromis. Mais les proeuropéens intransigeants jugent le compromis impensable : pour eux, l’UE est une forme supérieure d’autorité et la quitter n’est en aucun cas rationnel. Ils se voient comme l’incarnation de la raison, confrontée aux passions incultes de la populace. Mais leur rationalisme véhicule un dangereux mythe, qui érige l’UE en institution quasi sacrée, par opposition à une expérience politique qui prend l’eau.

Les failles de l’UE passées sous silence par les europhiles

La volonté de construire un État européen transnational a créé de multiples divisions au sein de l’UE, où se multiplient aujourd’hui les mouvements populistes. Bien que l’Allemagne et ses satellites aient tiré bénéfice de l’euro, la monnaie unique a entraîné la stagnation de nombreux pays en Europe du Sud. À l’est, les anciens pays communistes rejettent l’autorité de l’UE dans un certain nombre de cas, notamment les quotas de migrants. La libre circulation des personnes, associée à la porosité des frontières extérieures, alimente le nationalisme de droite dans toute l’UE. Parce que les pro-UE jugent le projet foncièrement progressiste, les valeurs progressistes européennes n’ont pas été si menacées depuis les années 1930.

Les partisans du maintien dans l’UE ne mentionnent quasiment jamais dans quel état l’UE se trouve réellement, et c’est la principale caractéristique de leur discours. Dans toutes les enquêtes honteusement éculées sur la psyché anglaise postimpériale publiées dans les médias de centre gauche, vous aurez du mal à trouver la moindre référence aux forces obscures qui influencent la politique européenne. Et si le désordre européen croissant se fait remarquer, c’est uniquement pour affirmer qu’une autre Europe est possible.

L’UE n’envisage pas de réformes de fond

Le vrai visage de l’Europe – une construction néolibérale fragile qui préside à un basculement continental vers le nationalisme autoritaire – est rejeté et réduit à une aberration temporaire. Pourtant, toutes les tendances portent à croire que la crise s’aggrave. George Soros, qui est tout l’opposé d’un eurosceptique, a averti que l’UE devait se réveiller, sans quoi elle “finirait comme l’Union soviétique en 1991”. Certains maintiennent que le Royaume-Uni devrait rester dans l’UEpour s’allier à d’autres pays en vue de la sauver. Mais ces dix dernières années, l’UE n’a jamais envisagé de réformes de fond. Dans ses dernières déclarations, Emmanuel Macron a martelé que la solution à la crise européenne était “plus d’Europe” – en d’autres termes, poursuivre la centralisation qui a provoqué le retour de bâton populiste. Dans ce contexte, rester dans l’UE est tout aussi risqué que partir. Mais ceux qui défendent le maintien dans l’UE à tout prix ne s’intéressent pas aux faits. L’idée qu’une autre Europe soit en vue leur permet d’échapper à une vérité horriblement gênante – le fait que le projet européen fasse partie du passé.

Le problème du rationalisme en politique est son incapacité récurrente à interpréter correctement les réalités politiques. Pensez à la colère que suscitent les tergiversations de Jeremy Corbyn au sujet d’un second référendum sur le Brexit. Son ambivalence n’a rien de surprenant. Outre l’euroscepticisme bien connu du leader travailliste, les ambiguïtés de son parti ont été extrêmement efficaces sur un plan électoral. En 2017, le Labour a réussi à défendre un programme promettant de respecter le résultat du référendum (qui a ménagé ses partisans pro-Brexit de la classe ouvrière), tout en faisant croire à des légions de jeunes diplômés de la classe moyenne que le parti était favorable au maintien dans l’UE. Les analystes qui scrutent la situation ont fait depuis longtemps le parallèle avec ce que les Russes appellent vranyo – dire des mensonges que personne ne croira. Mais dans ce cas, beaucoup ne demandaient qu’à accepter ces tromperies.

Bouleversement irrévocable

Le dilemme de Corbyn au sujet du Brexit n’a pas changé. Certes, le Parti travailliste pourrait abandonner ses sympathisants traditionnels, se réinventer en formation défendant les intérêts des bourgeois moralistes, et défendre l’UE sans équivoque. Mais cette décision coûterait très cher sur un plan électoral. Lancer l’idée d’un second vote, même s’il n’a jamais lieu, dessert Corbyn dans deux tiers des circonscriptions travaillistes, où la décision de quitter l’UE était majoritaire. Le Brexit est un terrain miné pour Corbyn, quoi qu’il fasse.

On touche là du doigt la racine même de l’échec de la classe dirigeante britannique. Elle n’a pas compris que le référendum de 2016 a bouleversé la politique de manière irrévocable. Les députés ont voté en faveur de l’application de l’article 50 à une majorité écrasante. Puis ils ont fait campagne pour les législatives sur des programmes qui promettaient la mise en œuvre du résultat dudit référendum. Dans le même temps, beaucoup n’ont jamais admis que celui-ci posait une question qui pouvait se satisfaire de plus d’une réponse sensée, et ils n’ont pas tardé à affirmer que leurs engagements précédents n’avaient plus lieu d’être. Reste que tous leurs discours n’ont guère tenu face à la logique des événements, et c’est ainsi que la classe politique s’est retrouvée prise au piège de sa propre histoire.

Dangers d’un départ désordonné de l’UE

Penser que des pans entiers de l’électorat “modéré” attendent d’un parti qu’il renoue avec les positions centristes d’il y a vingt ans témoigne d’une volonté de réécrire l’histoire. En fait, nombreux sont les électeurs qui sont en faveur de mixtures politiques qu’aucun politicien “raisonnable” n’irait envisager – la renationalisation d’industries et de services publics, ainsi que des contrôles plus rigoureux de l’immigration afin de protéger les revenus des salariés, mais aussi des mesures draconiennes contre la criminalité, par exemple. Ce qui fait défaut, c’est un parti qui fusionne la droite et la gauche de cette façon, et cette absence constitue un véritable trou noir au centre de la politique britannique.

On a beaucoup écrit sur les dangers d’un départ désordonné de l’UE, pas nécessairement en des termes apocalyptiques. Entre autres difficultés immédiates, citons les problèmes de certification des produits alimentaires et pharmaceutiques. Plus généralement, les chaînes logistiques risquent d’être gravement perturbées, et ce pendant un certain temps. Il aurait été possible d’atténuer l’effet de ces difficultés si l’on avait commencé à travailler sur des plans d’urgence avant le référendum. Mais pareille prudence n’a pas été encouragée.

La politique britannique en voie d’européanisation

Il est ardu d’évaluer l’impact à moyen terme. Dans un hypothétique scénario du pire, le Royaume-Uni pourrait se retrouver avec un chômage catastrophique, proche de ce que l’on voit dans certains pays de la zone euro. Mais le véritable danger est d’ordre politique. C’est faire preuve de désinvolture et d’irresponsabilité que de prétendre que le Royaume-Uni pourrait se contenter d’appliquer les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Avec Trump à la Maison-Blanche, l’OMC pourrait être ignorée, voire démantelée, peut-être dans un avenir proche. Les ultras du Brexit ne se sont pas aperçus que l’ordre international basé sur le droit auquel ils font référence est aujourd’hui d’une extrême fragilité. Dans ces conditions, un départ sans accord serait un échec désastreux du gouvernement.

Quoi qu’il en soit, un Brexit sans accord aurait un impact profondément déstabilisant. Le système britannique de partis subirait une métamorphose violente. Beaucoup partent du principe que les conservateurs seraient chassés du pouvoir pour une génération, mais rien n’est moins sûr. Il est probable qu’ils se transforment en un parti démagogue sous la direction de Boris Johnson, un personnage qui n’est pas sans rappeler Beppe Grillo, le comédien cofondateur du Mouvement 5 étoiles en Italie. Dans le même temps, le parti travailliste se diviserait entre une fraction d’extrême gauche et les débris désorientés de l’aile modérée. Les forces les plus redoutables seraient représentées par des déclinaisons du populisme, tandis que le centre affaibli errerait sans but. La politique britannique serait enfin européanisée.

Incapacité à comprendre le présent

L’impact sur l’UE serait peut-être encore plus sensible. Ayant conservé une devise indépendante, contrôlant ses dépenses publiques, la Grande-Bretagne pourrait atténuer le choc grâce à une politique monétaire expansionniste et un plan de relance budgétaire agressif. Prisonnières d’une union monétaire inflexible et de règles restrictives sur les dépenses, les pays de la zone euro ne peuvent faire ni l’un ni l’autre. Il est presque inévitable que l’extrême droite continue à progresser.

Il n’y a pas qu’un Brexit dur qui pourrait déstabiliser l’UE. Une autre crise financière risque de mettre l’euro à l’épreuve jusqu’au point de rupture. Les partisans acharnés d’un maintien dans l’Union au nom de la sécurité imaginaire que cela assurerait ne vivent pas dans le monde réel. En cela, ils ressemblent aux classes politiques établies dans tous les pays occidentaux. L’incapacité à comprendre le présent n’a rien de spécifiquement britannique. Partout, les élites refusent d’admettre que l’ordre de l’après-guerre froide est en pleine désintégration. Tous se comportent en partant du principe que le basculement vers l’autoritarisme est une anomalie qui ne peut qu’être suivie d’un retour à la normale.

Adopter une vision réaliste du caractère décisif de la politique

En fait, comme l’a noté John Maynard Keynes dans son superbe essai, My Early Beliefs (“Mes premières convictions”, non traduit en français), historiquement, c’est l’ordre libéral qui est une anomalie. En 1938, lors d’une réunion du Bloomsbury Group, il avait tourné en dérision cette foi en la capacité de l’homme à agir de façon rationnelle, foi qu’il avait partagée avec la plupart de ses contemporains à Cambridge durant les années qui avaient précédé la Première Guerre mondiale. “Cette vision pseudorationnelle de la nature humaine, avait-il déclaré, a abouti à une fragilité, une superficialité non seulement du jugement, mais aussi du sentiment. […] Il me semble aujourd’hui que le fait d’avoir attribué de la rationalité à la nature humaine l’a peut-être appauvrie au lieu de l’enrichir.”

Keynes avait renoncé à sa foi en la raison après avoir vu l’Europe sombrer dans le chaos et la barbarie au lendemain du ratage qu’avait été la conférence de la paix, à Versailles, en 1919. Aujourd’hui, qui veut continuer à défendre une idée honnête de la civilisation ne peut qu’adopter une vision réaliste inébranlable du caractère décisif de la politique, au lieu d’avoir une foi aveugle dans de vagues utopies libérales.

Populisme dangereux

La classe politique a justement commis cette erreur que Keynes tournait en ridicule pour s’en être lui-même rendu coupable. Elle n’a pas su comprendre quelques-uns des besoins les plus fondamentaux de l’âme humaine. Si, à Sunderland, une majorité de gens continuent à soutenir le Brexit malgré la menace que ce dernier représente pour le développement des activités de Nissan dans la région, cela ne peut s’expliquer que parce qu’ils sont irrationnels et idiots. Nul n’envisage que, comme des millions d’autres, ils accordent une plus grande importance à autre chose que le profit économique. En s’entêtant à ne pas respecter les électeurs qui ont voté en faveur du Brexit, on ne peut que pousser la Grande-Bretagne vers ce populisme dangereux qui se répand systématiquement sur le continent européen.

À la fin de ses Mémoires, l’ancien rationaliste Keynes compare sa génération à des “araignées d’eau qui filent avec grâce, aussi légères et raisonnables que l’air, à la surface de l’eau, sans aucun contact avec tous les tourbillons et les courants en dessous d’elles”. Une nouvelle génération d’araignées d’eau est occupée de nos jours à filer à la surface, mais on ne devrait pas tarder à s’apercevoir qu’en dessous les courants bouillonnent.

Cet article a été publié dans sa version originale le 13/03/2019.
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Pourquoi le Brexit sera « dramatique » pour la Belgique

Pourquoi le Brexit sera « dramatique » pour la Belgique

M.R. Publié le – Mis à jour le 

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INTERNATIONALLa Banque nationale belge a estimé ce jeudi que le Brexit est « dramatique » pour la Belgique.Le Brexit aura bel et bien un coût pour les Belges et pas des moindres. En effet, selon la banque nationale belge, le pire scénario lié au Brexit impliquerait une perte de 2,5% sur le pouvoir d’achat des Belges. Il ne serait que de 0,4% dans le cas d’une sortie plus « douce » du Royaume-Uni de l’Union Européenne.

« La Belgique est parmi les pays les plus touchés, a expliqué Hans Geeroms, un économiste de la BNB. C’est assez dramatique, c’est le prix que les Belges vont payer pour une décision des Britanniques de quitter le marché unique« . Selon lui, l’impact sur le PIB de notre pays équivaudrait tout de même à une diminution de 0,9%. Évoquant les secteurs les plus touchés, l’économiste a notamment cité le domaine de la chimie, de la pharmacie, de l’industrie automobile, de la pêche et de l’agriculture.

Un conseil des ministres spécial s’est tenu ce jeudi matin pour préparer la Belgique à un Brexit sans accord. Annonçant un « travail gigantesque », le Premier ministre Charles Michel a évoqué 250 mesures législatives et réglementaires pour faire face à un « Brexit dur ». « Ce sont des mesures très variées qui touchent aussi bien aux droits des citoyens, le droit de séjour, des questions de sécurité sociale, d’énergie et de sécurité d’approvisionnement, des questions de finances… », a déclaré le Premier ministre.

M.R.

Les députés britanniques votent pour choisir leur version du Brexit

INTERNATIONAL

Les députés britanniques votent pour choisir leur version du Brexit

LE 27 MARS 2019

 

Les députés britanniques votent mercredi sur une série d’hypothèses pour remplacer l’accord de Brexit négocié par la Première ministre Theresa May, ce qui pourrait profondément redéfinir le processus du divorce.

Maintien dans le marché unique, nouveau référendum, voire annulation de la sortie de l’UE… Le président de la Chambre des communes John Bercow doit choisir, parmi les seize propositions élaborées par les députés, lesquelles seront débattues puis soumises au vote à partir de 19H00 GMT.

« Il est peu probable que les votes d’aujourd’hui révèlent une majorité pour quoi que ce soit », a souligné sur la BBC le député conservateur Oliver Letwin, qui a oeuvré pour que le Parlement prenne le contrôle de l’agenda du Brexit. « Mais j’espère que d’ici lundi, nous pourrons trouver une majorité en faveur d’une ou plusieurs propositions ».

Les députés veulent ainsi dégager une alternative au Traité de retrait conclu en novembre par Mme May avec Bruxelles, qu’ils ont déjà rejeté deux fois – en janvier et mi-mars – mais que la dirigeante conservatrice entend toujours faire passer.

Signe de la faiblesse de sa position, Theresa May n’a imposé aucune consigne de vote aux élus de la majorité. Plusieurs membres de son gouvernement avaient menacé de démissionner si elle cherchait à imposer une ligne de conduite aux députés.

Ces votes dits « indicatifs » ne sont toutefois pas contraignants pour le gouvernement et la Première ministre a déjà annoncé qu’elle s’opposerait au choix des députés s’il était en contradiction avec les engagements de son parti en faveur d’une sortie du marché unique et de l’union douanière européenne.

« L’objectif que nous devrions tous avoir est de mener à bien le Brexit », a martelé Theresa May lors de la séance hebdomadaire de questions à la Première ministre. « Et la manière de garantir le Brexit est de voter pour l’accord » de retrait conclu avec Bruxelles, a-t-elle souligné au Parlement.

« La Première ministre ne peut concrétiser le Brexit parce qu’elle est incapable de construire un consensus ou d’élaborer un compromis », a répondu Jeremy Corbyn, le leader du Parti travailliste, principale formation d’opposition. Elle « est confrontée à un choix très clair : elle doit écouter (le Parlement) et changer de cap, ou partir ».

– Accord « toxique » –

La prise de contrôle de l’agenda par le Parlement a conduit certains fervents Brexiters, dont Boris Johnson ou Jacob Rees-Mogg, président de l’European Research Group, un groupe influent de 60 à 85 députés partisans d’un Brexit sans concession, à annoncer qu’ils pourraient désormais soutenir l’accord de Mme May de crainte que le Brexit n’ait finalement pas lieu.

« Si nous rejetons l’accord une troisième fois, il y a un risque réel que nous ne sortions jamais de l’UE », a déclaré M. Johnson, cité par le Daily Telegraph.

Mais la partie est loin d’être gagnée pour la Première ministre : son allié au Parlement, le parti nord-irlandais DUP, a annoncé qu’il n’avait aucune intention de voter pour son accord « toxique », jugeant que le dispositif de « filet de sécurité » qu’il contient, destiné à éviter un retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord et l’Irlande voisine, risque d’aboutir à un traitement différencié de la province britannique par rapport au reste du Royaume-Uni.

Mme May doit s’adresser en fin d’après-midi aux députés conservateurs, avant les votes. Nigel Evans, élu conservateur du nord-ouest de l’Angleterre, l’a enjointe de leur annoncer son départ si elle veut que son accord passe.

Les députés doivent aussi entériner le report de la date du Brexit, initialement prévu le 29 mars, après l’accord donné la semaine dernière par les dirigeants européens.

Anticipant un possible rejet du Traité de retrait, les 27 ont laissé à Mme May le choix entre deux options. Soit l’accord est adopté et le report sera de courte durée, jusqu’au 22 mai. Soit l’accord est rejeté, et Londres aura jusqu’au 12 avril pour présenter une alternative et demander un nouveau report, qui impliquerait la tenue d’élections européennes fin mai dans le pays.

A Strasbourg, le président du Conseil européen Donald Tusk a appelé mercredi les eurodéputés à être « ouverts à une longue prolongation, si le Royaume-Uni souhaite repenser sa stratégie sur le Brexit ».

LNT avec AFP

https://lnt.ma/deputes-britanniques-votent-choisir-version-brexit/

Pas de printemps pour l’Europe

Édito.

Pas de printemps pour l’Europe

Publié le 

Bus à impériale, Big Ben, les souliers de Theresa May, la casquette de Jeremy Corbyn, et même la figure allégorique Britannia : tout prend l’eau. Royaume-Uni, le naufrage. Illustration de Miles Cole paru dans The Economist, Londres.

“Une autre Europe est-elle possible ?” s’interroge le nouveau hors-série de Courrier internationalquelques semaines avant l’élection du Parlement européen. Pourtant, en dépit de l’arrivée du printemps, on n’aperçoit guère les bourgeons de la renaissance européenne. Côté Brexit, la saga touche à sa fin, dans un désordre indescriptible : le gouvernement de Theresa May s’avère incapable de conclure le divorce. Afin de tenter d’effacer le vote du “leave”, qui avait recueilli 17,4 millions de bulletins en juin 2016, des millions de Britanniques signent des pétitions et descendent dans la ruepour réclamer un second référendum : peuvent-ils inverser le cours des choses ? Quel que soit le scénario retenu, la gestion calamiteuse du Brexit a déjà abîmé la démocratie britannique, sans rehausser le prestige de l’Union européenne.

À Rome aussi, berceau de la construction communautaire en mars 1957, l’esprit européen s’est dilué dans la tasse de thé chinoise. Il n’était pas au rendez-vous lors de la visite du président Xi Jinping. En s’engageant sur les projets de “nouvelles routes de la soie” aux côtés de Pékin, le gouvernement populiste italien a refusé de jouer collectif au sein de l’Union. Alarmés, ses partenaires européens l’avaient mis en garde contre toute naïveté. Mais c’est surtout Bruxelles qui paye aujourd’hui le prix de plus de vingt ans de candeur : le réveil de la Commission européenne face aux ambitions mondiales de la Chine apparaît bien tardif*.

Entre l’aventure du Brexit et les illusions des routes de la soie, les choix de Londres et de Rome sont très différents. Mais, dans les deux cas, on notera que deux pays clés de l’Union (aux 2e et 4e rangs économiques) s’écartent volontairement du chemin commun.

Eric Chol

*À lire sur le blog de François Godement : “L’Europe face à la Chine : une révolution copernicienne”

https://www.courrierinternational.com/article/edito-pas-de-printemps-pour-leurope

Brexit: un parti pousse un peu plus vers la tombe l’espoir de voir l’accord adopté

Brexit: un parti pousse un peu plus vers la tombe l’espoir de voir l’accord adopté

BELGA Publié le – Mis à jour le 

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INTERNATIONALLe Parti unioniste démocrate (DUP), qui vient d’annoncer son refus de soutenir l’accord de Brexit de Theresa May, est une petite formation ultra-conservatrice à l’intransigeance forgée pendant la guerre civile qui a ensanglanté l’Irlande du Nord.

Depuis toujours eurosceptique, le DUP a voté pour le Brexit contrairement à la population nord-irlandaise qui s’est exprimée à 56% contre. Aujourd’hui, il refuse d’entériner l’accord de divorce négocié par la Première ministre conservatrice avec Bruxelles, estimant qu’il risque d’aboutir à un traitement différent de l’Irlande du Nord par rapport au reste du Royaume-Uni, voire à une réunification de l’Irlande, son cauchemar.

En cause à ses yeux: le « filet de sécurité » (« backstop ») qui maintiendrait le Royaume-Uni dans une union douanière avec l’Union européenne avec un alignement plus poussé sur les normes de l’UE pour l’Irlande du Nord. Ce dispositif est conçu comme un dernier recours pour éviter le retour d’une frontière physique avec la république d’Irlande voisine.

Or le soutien de ses 10 députés qui siègent à Westminster est indispensable à Mme May, qui a perdu sa majorité absolue lors des législatives anticipées de juin 2017. Cette déconvenue avait obligé la cheffe de gouvernement à négocier une alliance, monnayée contre une rallonge budgétaire d’un milliard de livres (1,1 milliard d’euros) sur deux ans pour la province.

La semaine dernière, le ministre des Finances Philip Hammond avait refusé de démentir la possibilité d’une nouvelle injection d’argent si le DUP se montrait coopératif.

Mais fidèle à sa réputation d’inflexibilité, le DUP, créé en 1971 par le pasteur fondamentaliste Ian Paisley, a décidé de camper sur ses positions.

« Nous ne laisserons pas la Première ministre ou la horde de Remainers (en faveur d’un maintien dans l’UE, ndlr) nous forcer à soutenir un accord de Brexit toxique », a tweeté mardi Sammy Wilson, député chargé du Brexit au sein de cette formation.

Sammy Wilson MP@eastantrimmp

We won’t let the PM or the Remainer horde in Parliament bully us into backing a toxic Brexit deal ⬇️https://www.telegraph.co.uk/politics/2019/03/26/wont-let-pm-remainer-horde-parliament-bully-us-backing-toxic/ 

We won’t let the PM or the Remainer horde in Parliament bully us into backing a toxic Brexit deal

We are now engaged in a war of attrition, as the Prime Minister seeks to achieve support for the toxic deal which she allowed the EU to impose on her and the referendum-defying Remainer horde in…

telegraph.co.uk

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« Sauver l’Ulster de la sodomie »

Violemment anti-catholique avant le tournant des années 2000, le DUP avait refusé toutes les discussions proposées pour sortir du conflit dans les années 1970, 1980 et 1990. Il s’était également opposé aux Accords du Vendredi saint, adoptés largement par référendum en 1998, qui ont mis fin à trente ans de violence entre catholiques nationalistes et protestants unionistes après avoir fait plus de 3.500 morts.

C’est pourtant en vertu de ces accords qu’il partage le pouvoir pour gouverner la province avec son ennemi juré, le Sinn Féin, principal parti républicain de la province britannique.

Au plan sociétal, il est ultra-conservateur: il refuse le moindre assouplissement de la législation sur l’avortement, interdit en Irlande du Nord sauf en cas de danger de mort pour la mère.

En 1977, il n’avait pas hésité à lancer une campagne baptisée « Sauver l’Ulster de la sodomie » pour combattre la dépénalisation de l’homosexualité. Et il s’est évidemment opposé au mariage homosexuel, autorisé partout ailleurs au Royaume-Uni ainsi qu’en République d’Irlande mitoyenne.

Des élus ou ex-élus du DUP, adeptes de courants créationnistes comme la Caleb Foundation, se sont aussi prononcés pour la peine de mort et ont mis en doute le changement climatique.

Premier parti d’Irlande du Nord même s’il a perdu du terrain aux élections de 2017, le DUP est aujourd’hui dirigé par Arlene Foster, dont le père, un policier, avait reçu une balle dans la tête pendant les Troubles, cible des paramilitaires de l’Armée républicaine irlandaise (IRA), attaque à laquelle il avait survécu.

Un scandale lié à la gestion par Mme Foster d’un programme de subventions destiné à encourager les énergies renouvelables a provoqué l’éclatement du gouvernement en janvier 2017. Depuis, le DUP et le Sinn Féin n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur un nouveau gouvernement de coalition et les affaires courantes sont gérées par Londres.

Belga
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Revue de presse nationale et internationale.

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