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Le “flop” des experts chantres de la débâcle économique Russe ! L’ONU passe à l’explication de texte … Par Hélène Clément-Pitiot

Source : Viableco, Hélène Clément-Pitiot, 03-10-2017

Nous nous chargeons ici de commenter les éléments-clefs d’un rapport officiel (ici le pdf), qui traite de l’effet des sanctions contre la Russie qui vient d’être rendu public en septembre 2017 dans une publication des Nations Unis. Notre analyse fait aussi référence à des travaux menés depuis plusieurs années en coopération avec les collègues de l’IPEN RAN1 de Moscou et qui ont donné lieu à différentes présentations académiques durant nos séminaires communs2.

Idriss Jazairy est un expert indépendant, il a été mandaté par le conseil des droits de l’homme de l’ONU. Suite à une visite faite en Russie en avril 2017, il a publié un rapport pour les Nations Unies. Il y évalue les aspects négatifs des mesures de coercition unilatérales imposées par les pays occidentaux à la Fédération de Russie (FR)…les fameuses « sanctions » destinées à amener ce pays souverain à se soumettre aux pressions occidentales.

Environ 36 pays3 ont décidé d’un commun accord d’imposer ces sanctions à la FR au regard de la situation dans le sud-est de l’Ukraine.
Il s’agit par ces mesures de faire pression sur la RF pour faire arrêter les hostilités dans l’Est de l’Ukraine, assurer une paix en maintenant l’intégrité du territoire de l’Ukraine. Ce dernier point revient à ignorer le referendum d’autodétermination des populations de la Crimée pour placer la région à nouveau sous injonctions et sous contrôle ukrainiens4.

Une série de sanctions a été promulguée à partir de mars 2014 en plusieurs étapes à laquelle se sont rajoutées en décembre 2016 des sanctions sensées punir l’ingérence russe, supposée, dans l’élection présidentielle américaine.

Ces mesures de coercitions revêtent plusieurs aspects :
-restrictions de déplacement et gel des avoirs et des ressources pour des individus
-sanctions sectorielles (finance, défense, énergie) contre des entités actives dans l’économie de la FR dont l’interdiction des investissements et la prohibition des transactions commerciales (import. et export.) portant sur certains biens et technologies.
-limitation des transactions financières.

A ces mesures, la FR a répondu par des contre-sanctions, des refus d’octroyer des visas à l’entrée du territoire à discrétion et un embargo ciblé interdisant l’importation en FR de certains produits alimentaires en provenance d’Australie, du Canada, de Norvège, des USA et de l’UE5

I Commentaire des éléments de premier plan :
Dans le paragraphe du rapport ONU centré sur l’évaluation des impacts des sanctions, soulignons d’abord les points placés en exergue et en finale par le rapporteur:

  • L’expert prend soin de souligner que les mesures coercitives sélectionnées par les pays occidentaux sont des mesures très classiques, appliquées habituellement en coercition contre les économies de pays en voie de développement ; elles sont, dans le cas qui nous occupe, appliquées à la FR, acteur de poids et d’importance stratégique dans la communauté internationale. L’auteur insiste sur le niveau élevé d’intégration de la FR dans l’économie globale – quid de l’isolement de la Russie tant affiché dans les média?- , ainsi que sur la capacité de l’économie de la FR pour réagir immédiatement à un changement de réalité. Résilience et capacité de réaction sont présentées par l’observateur, comme les éléments qui ont fait de cette expérience un «cas unique».6. Ces commentaires tranchent avec les propos qui circulent communément sur le sujet et qui brouillent la lecture du réel. Des experts avaient bien vite pris le parti de clamer la « débâcle » de l’économie russe sur les ondes ont trop rapidement laissé de côté l’essentiel par manque de prudence.7. L’emprise des conventions avec ses partitions obligées pour être entendu et célébré dans les media et sur le podium académique français a semble t-elle, une nouvelle fois, eu raison de la rigueur intellectuelle de beaucoup de collègues experts ex-Russie. Un triste constat.

Dans un contexte ainsi déterminé par l’aveuglement conventionnel professionnalisé, impossible de réaliser qu’il puisse y avoir un biais pervers d’appliquer des sanctions destinées à des pays en voix de développement à un pays de la nature de la Russie… Les experts comme les journalistes se sont trouvés être prisonniers de leur propre rhétorique. Les plus assurés et loquaces, allant même jusqu’à afficher leur scepticisme quant au positionnement de la Russie dans les BRICS, faute de succès économiques… Une façon de faire plaisir à l’arène politique en dénigrant toujours plus pour s’économiser de regarder le réel. Isolée et décadente tels devaient être les mots de conclusion du constat. Des mots/maux sans appel, promesses de tant de soubresauts printaniers, annoncés en cadence répétée dans des pages qui se seraient voulues bien plus prophétiques8. La légèreté et les erreurs d’analyse que le rapport de L’ONU met en lumière chez ces experts académiques « standards » ont pollué la réflexion jusqu’aux instance d’analyse et de conseil au service des professionnels français du business en Russie.9.

  • Le rapporteur pour l’ONU souligne aussi un point clef dans sa conclusion du paragraphe consacré à la liste des effets des sanctions : une réalité, observable aussi dans tous les pays qui ont subi des sanctions unilatérales, il s’agit de la réaction de “rally around the flag” (rassemblement sous le drapeau) qui permet à la population d’accepter les inconvénients causés par les sanctions. Dans la situation présente et compte tenu de l’histoire longue du peuple russe, cet effet s’est manifesté avec d’autant plus de force. Ensuite à mesure que la substitution aux importations fonctionnait et les produits russes envahissant les rayons alimentaires, c’est bien au contraire l’effet cumulatif qui a joué comme une affirmation de la capacité de réaction vitale du pays, source de fierté retrouvée.

Sur ce point encore comment pardonner les erreurs d’anticipation de nos experts proclamés? Sont-elles simplement de l’ignorance du contexte, de l’histoire et des mentalités du pays? L’économie est insérée dans une espace géopolitique de long terme, ceux qui se targuent d’ouverture institutionnaliste auraient du y être plus vigilants encore. Impossible scientifiquement de se contenter d’effet de com. et de conventions médiatisées lorsque l’on sait qu’en économie les mécanismes dynamiques comptent.10. Ils vont chercher leurs origines dans l’histoire, la géographie, en somme l’identité collective des peuples. Le courage n’est pas une donnée économique, il ne se modélise pas ; n’en déplaise à nos experts spécialistes ex-russophobie qui croyaient pouvoir ainsi s’en passer doublement.

II Evaluation des sanctions et de leurs dérapages

  • Sanctions unilatérales vs biais concurrentiels chez les partenaires
    En matière d’application des sanctions et du contrôle, il a été noté que d’un pays à l’autre, la rigueur pouvait varier… La concurrence vive entre les USA et l’UE et celle pas moins acerbe au sein de l’UE ont renforcé les aléas. La Russie est devenue de plus en plus le champ de bataille de partenaires occidentaux surtout enclins à dérober des parts de marché aux plus intimidables. En ce qui concerne les acteurs français, le moment lourd de symboles et de conséquences fut celui de l’amende de 9 milliards qu’a due payer la BNP à la juridiction des USA11. Il a eu un effet dévastateur sur le moral des entreprises et des banques françaises. Cette situation d’incertitude a été aggravée pour nos entreprises quand L’Etat français a refusé de délivrer à la FR les navires de classe Mistral, annulant de ce fait une transaction qui était pourtant exclue du champs des sanctions. Le jeu d’intimidation entre concurrents des affaires avait ainsi trouvé un levier interne au pays pour se manifester avec plus de dureté. Les instances du business français en Russie subissaient de plein fouet l’intimidation politique et ne comprenant pas combien symbolique était ce sujet, elle furent plus que frileuses pour soutenir les pétitions en faveur de la livraison des navires . Le paradoxe est qu’ainsi, au lieu de soutenir la confiance des entreprises, elles ont alimenté la confusion, en créant un environnement « anti-business », qui a laissé la place libre aux concurrents de la France. Les firmes allemandes et italiennes ont pu profiter de cette concurrence faussée. Au grand jour, ces réalités relationnelles au sein de l’UE mais aussi au sein du business française se sont données à voir. Combien d’années seront nécessaires pour redresser réputation et confiance et engranger de nouveaux partenariats efficaces en Russie?12.

 

  • Des contre sanctions nettes, précis, efficaces et plus équitablesLe rapporteur ONU précise qu’à cette asymétrie des sanctions occidentales a correspondu une application des contre-sanctions alimentaires, plus faciles à cerner- et qui ont touché de façon plus équitable les pays ciblés.
  • Un ajustement réussi sur le plan macroéconomique : «This is evidence of a successful adjustment». Ce n’est pas une surprise pour des économistes qui ont travaillé sur le terrain et à l’écoute des gens, des chiffres en laissant à leur place les humeurs politiques. Cette dynamique très intéressante à comprendre car elle montre une nouvelle fois qu’une économie est toujours capable de rebond13. Il s’agit en effet d’un ajustement complexe et réussi entre les sanctions et contre sanctions doublé de l’impact de la baisse des prix énergétiques. Les sanctions ont commencé a être appliquées à un moment où les prix énergétiques chutaient significativement, il est difficile d’isoler l’effet choc des sanctions de l’effet choc des prix. Il en va de même pour l’évaluation de l’évolution du niveau de vie de la population. Le rapport mentionne que la croissance annuelle qui dépassait 4% sur les années 2012 et 2013 s’est inversée significativement jusqu’au premier trimestre 2016. Le pourcentage des personnes vivants sous le seuil de pauvreté est remonté à 13,5% de la population.14. L’étude nous dit que les personnes les plus touchées furent assurément les plus vulnérables : l’expert cite les 7-16 ans15, les femmes actives et les retraités. Ces 2 chocs combinés ont causé une réduction de croissance : -1,3 % en 2013 (déjà avant les sanctions) puis de -0,7% en 2014 et -2,8% en 2015. L’ adaptation de l’économie significative que les rencontres régulières entre les équipes du CEMI-EHESS et l’IPEN RAN nous ont permis de suivre dans le détail a été effective en 2016 (-0,02%) alors que les prix énergétiques étaient encore bien bas. La croissance est redevenue positive par la suite sans que les mesures de coercitions via les sanctions n’aient été levées.
    Le rapport prend aussi soin de souligner que sur les 12 derniers mois avant sa publication, le rouble s’est apprécié de 15% par rapport au dollar.
  • Intéressante prise en compte des effets sur la marché du travail. L’expert mandaté par l’ONU souligne le dynamisme du marché du travail russe: Alors que les PME auraient perdu près de 15% de leur main-d’oeuvre sur la période, étant incitées à réduire leur investissement du fait du climat des sanctions, le chômage demeurait autour de 5,5-5,6 % sur l’ensemble du territoire. La compensation par la dynamique d’accélération via la substitution aux importations et la relocalisation d’activités a joué pleinement.
  • Déterminants du rétablissement : les hypothèses misent en avant par l’étude :

– Politique anticyclique de flottaison du rouble16.
– Accroissement des interventions du secteur public pour pallier les contraintes de financement (sanctions) portant sur les firmes. Soutien au développement rapide des secteurs agricoles et industriels de substitution mais aussi des filières d’innovations. Les financements externes ont été remplacés par des financements domestiques en roubles à des taux bonnifiés17
Maîtrise de l’inflation, qui en Russie -nous ne le répèterons jamais assez-, est un élément structurel du paysage économique. Elle dépend largement des réseaux de distribution sur ce territoire très vaste. Une supervision des conditions de concurrence a notablement corrigé assez rapidement les dérapages inflationnistes causés par la fermeture des marchés occidentaux, une fois que les nouveaux canaux d’approvisionnement de substitution ont été mis en place. Il y a eu ainsi un certain délai pour que soit effective la maîtrise délicate de l’inflation dans ce contexte. Ce délai a entretenu les déclarations de nos « experts ex-flop » qui n’ont pas hésité à ressortir le concept de la « stagflation » en Russie!18. L’observateur de l’ONU lui souligne que gouvernement de RF a pris soin de limiter l’impact de cette inflation conjoncturelle de réaffectations des approvisionnements en accroissant les allocations de retraite au moment crucial. Ces remarques qui ponctuent le rapport amènent à réaffirmer le bien-fondé et l’efficacité des actions du gouvernement russe pour corriger l’effet négatif des sanctions : «The economy demonstrated great resilience and a capacity to adapt to new circumstances through Government-assisted restructuring to promote local funding of projects formerly funded by external sources»19.

  • Cette diversification que les « experts » ne sauraient voir... Quelle surprise […]

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Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

12 réponses à Le “flop” des experts chantres de la débâcle économique Russe ! L’ONU passe à l’explication de texte … Par Hélène Clément-Pitiot

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Ouvrir l’horizon : un objectif clé de la deuxième décennie dorée du BRICS

Ouvrir l’horizon : un objectif clé de la deuxième décennie dorée du BRICS

Passé inaperçu en Occident, le sommet du BRICS de Xianmen marque une nouvelle étape dans le développement de cette institution internationale. Zhao Minghao rapporte les trois principaux objectifs du sommet et le concept de « BRICS Plus ».

| Beijing (Chine)

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Le BRICS rassemble depuis 2009 le Brésil, la Russie l’Inde, la Chine —et deux ans plus tard— l’Afrique du Sud (Brazil, Russia, India, China, South Africa), soit plus de 40 % de la population mondiale.

Après plusieurs mois, le conflit à propos de la frontière du Doklam opposant la Chine et l’Inde s’est résolu de manière pacifique. Les deux parties sont des membres fondateurs du BRICS et espèrent toutes deux maintenir leur unité avec les autres économies émergentes. Comme a dit le président Xi Jingping : « La coopération du BRICS est une innovation, qui transcende le vieux schéma d’alliance politique et militaire et qui préfère les partenariats aux alliances. » De plus, les pays du BRICS tentent les uns les autres de dépasser les différences entre leurs idéologies et systèmes politiques respectifs pour chercher des ententes « gagnant-gagnant » plutôt que de jouer à somme nulle.

La première réunion des ministres des Affaires étrangères du BRICS fut convoquée en septembre 2006, marquant alors la fondation du mécanisme du BRICS. Dix ans plus tard, le BRICS était devenu un bloc économique international majeur représentant quelques-uns des plus importants pays en développement et économies émergentes.

Depuis, les États membres du BRICS ont accru leur part de l’économie globale, passant de 12 % à 23 %, leur commerce a augmenté de 11 % à 16 % et l’investissement est passé de 7 % à 12 %. Plus important encore, la contribution des économies du BRICS à la croissance de l’économie mondiale a maintenant dépassé les 50 %.

Face à la politique de Donald Trump, « L’Amérique d’abord », l’économie mondiale court un risque de diminution du multilatéralisme. Si les pays développés et émergents continuent de se tourner vers eux-mêmes et de reculer en matière de coopération dans les politiques macro-économiques, la flamme vacillante de la guérison économique mondiale pourrait être soufflée.

Dans les derniers mois, plusieurs économistes dont la directrice du Fond monétaire internationale (FMI), Christine Lagarde, a déclaré que l’économie mondiale montre finalement des signes d’un nouvel élan, dix ans après la crise financière. Les États-Unis, l’Europe et le Japon ont connu une croissance constante pendante que la Russie, le Brésil et l’Afrique du Sud ont également rapporté des chiffres en hausse. La Chine et l’Inde, de leur côté, ont maintenu leur croissance à des niveaux moyens à élevés.

Le sommet du BRICS de Xiamen entend faire entrer le mécanisme dans sa seconde décennie dorée.

Premièrement, les pays du BRICS ont été diligents à mettre en place de nouvelles mesures afin de stimuler les échanges dans les services, l’investissement et le commerce électronique. En 2015, les exportations des membres du BRICS en termes de services ont atteint 540 milliards de dollars, soit seulement 11,3 % du total mondial. Avec l’expansion de la classe moyenne dans les pays du BRICS, les opportunités de coopération foisonnent de toute part, en santé, en tourisme, en éducation ainsi que dans plusieurs autres secteurs.

De plus, les pays du BRICS ont travaillé à implanter des schémas afin de faciliter l’investissement, incluant des mesures pour améliorer l’efficacité de l’approbation administrative et l’ouverture des diverses industries. Le groupe de travail sur le commerce électronique du BRICS a été établi en août afin d’aider le développement des petites et moyennes entreprises de commerce électronique et en faire une force dynamique soutenant, pour le futur, la coopération et l’échange du groupe.

Deuxièmement, les pays du BRICS cherchent à promouvoir activement l’amélioration de la gouvernance globale. Mis à part les réformes déjà prévues émanant des institutions internationales telles que le Conseil de Sécurité de l’ONU et du FMI, le pays du BRICS ont déjà établi des mécanismes de coopération dans les domaines de la lutte contre le terrorisme, de la gestion spatiale, la cyber-sécurité et de la sécurité énergétique. Comme ils sont parmi les plus grands consommateurs et exportateurs d’énergie au monde, les pays du BRICS vont mettre en place des mécanismes de coopération afin d’augmenter les réserves stratégiques d’énergie, de développer les énergies renouvelables et d’améliorer l’efficacité énergétique.

Troisièmement, les membres du BRICS visent à améliorer la coopération sur les questions de sécurité nationale et régionale relatives à certains points stratégiques. Pendant la septième rencontre des hauts représentants sur les questions de sécurité en juillet, il a été décidé qu’une coopération plus en profondeur, autant au niveau politique que sur les questions de sécurité, serait la clé du renforcement du mécanisme du BRICS. La situation politique du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord fut au centre de l’attention et des questions relatives à la situation en Afghanistan furent évoquées à plusieurs reprises dans la déclaration conjointe [1].

Plus important encore, le sommet de Xiamen entend pousser le concept de « BRICS Plus ». Celui-ci encourage les membres du BRICS à approfondir les relations avec les autres pays en voie de développement pour soutenir et garantir leurs intérêts, avec comme objectif final d’étendre leur influence internationale. Des négociations entre le BRICS et les dirigeants des États africains furent arrangées pendant le sommet du BRICS de 2013 à Durban, en Afrique du Sud, alors que l’Inde invitait les dirigeants de pays riverains du Golfe du Bengale au Sommet de Goa l’an passé. Cette année, les dirigeants de pays tels que le Mexique, l’Égypte et le Tajikistan ont participé au sommet de Xiamen grâce à l’initiative du BRICS Plus.

Il n’y a aucun doute que la coopération à l’intérieur du BRICS fait face à de nombreux défis. La Chine, la Russie et l’Inde doivent mieux gérer les effets négatifs des relations géopolitiques entre leur pays et contribuer à construire une identité collective plus forte pour leur bloc. Le BRICS doit aussi travailler à transformer les documents promettant la coopération en des actions concrètes plutôt qu’à s’enliser dans des discussions futiles.

On estime qu’en 2021, la Nouvelle banque de Développement du BRICS aura prêté un total de 32 milliards de dollars. Le bureau africain de la banque vient également de lancer ses opérations en Afrique du Sud en août dernier.

Il est clair que de tels mécanismes internationaux sous la bannière du BRICS doivent jouer un rôle complémentaire bien plus grand dans la gouvernance mondiale qu’ils ne le font aujourd’hui.

Traduction
Olivier Perreault-Bouffard

Source
Global Times (Chine)

[1] “BRICS Leaders Xiamen Declaration”, Voltaire Network, 4 September 2017.

 

http://www.voltairenet.org/article198111.html

(BRICS) Entrée en opération du premier projet financé par la NBD des BRICS

(BRICS) Entrée en opération du premier projet financé par la NBD des BRICS

© Chine Nouvelle (Xinhua)Li Xiang, le 03/09/2017 16:07

 

Le premier projet financé par la Nouvelle Banque de développement (NBD) des BRICS est entré en opération samedi à Shanghai.

Un prêt de 525 millions de yuans (76 millions de dollars) avec une échéance de 17 ans a été accordé au projet d’énergie solaire Shanghai Lingang Distributed Solar Power Projet, grâce à un accord signé conjointement par la NBD, le ministère des Finances et le gouvernement municipal de Shanghai en décembre 2016.

Un système d’énergie photovoltaïque distribué d’une capacité totale de 100 mW sera construit sur les toits d’usines de la Zone industrielle de Lingang. La première phase, d’une capacité de 6,8 mW, a été lancée samedi.

La NBD a été fondée par le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud (BRICS) durant leur sixième sommet, à Fortaleza, au Brésil, en juillet 2014, avant son ouverture officielle à Shanghai en juillet 2015.

Elle a été créée avec pour objectif de financer des projets d’infrastructures et de développement durable dans les pays des BRICS et dans d’autres économies émergentes et pays en développement.

La NBD a approuvé sa première série de prêts d’une valeur de 811 millions de dollars en avril 2016. A l’heure actuelle, quatre des projets financés par la banque se trouvent en Chine.

https://chine.in/actualite/cn/brics-entree-operation-premier-projet_101836.html

Sommet des BRICS) Une nouvelle décennie pour approfondir les relations et définir le cap à suivre

Sommet des BRICS) Une nouvelle décennie pour approfondir les relations et définir le cap à suivre

© Chine Nouvelle (Xinhua)Liu Ying, le 02/09/2017 16:05

Si les dix premières années du partenariat entre les pays des BRICS étaient axées sur le développement de leur coopération, la nouvelle décennie qui s’annonce portera principalement sur l’approfondissement de leurs relations et la définition d’un nouveau cap à suivre, a estimé Arancha Gonzalez, directrice exécutive du Centre du commerce international (CCI), agence de développement fondée par l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et l’ONU.

Dans une interview accordée à Xinhua en amont du neuvième Sommet des BRICS, qui se tiendra dans la ville chinoise de Xiamen du 3 au 5 septembre sur le thème « Un partenariat plus fort pour un avenir radieux », Mme Gonzalez a indiqué que le succès des BRICS s’expliquait par leur capacité à développer la coopération entre leurs membres, à savoir le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.

« La réussite la plus importante des BRICS a été l’établissement, le développement et le maintien d’une coalition de pays », a-t-elle estimé.

A l’origine, les travaux du groupe visaient principalement à aider ces pays à travailler ensemble, en particulier dans le domaine économique, et à établir des consensus entre ces cinq pays qui représentent plus de 40% de la population mondiale et 23% du PIB mondial, a rappelé Mme Gonzalez.

« Les premières années ont servi à jeter les bases », a-t-elle expliqué, ajoutant que « les dix prochaines années doivent servir à approfondir cette relation dans deux directions différentes ».

La première consiste à « exploiter pleinement le potentiel qui existe entre les pays des BRICS« .

« Si l’on regarde le commerce, le potentiel est immense, mais les chiffres actuels sont relativement faibles, de même que ceux des investissements. Il faut approfondir les relations entre les BRICS dans le commerce, les investissements, l’innovation et le développement », a déclaré Mme Gonzalez.

La deuxième direction consiste pour les BRICS à « exercer leur influence pour établir un consensus interne sur des questions importantes ».

Mme Gonzalez a indiqué que les économies des pays des BRICS étaient hétérogènes et qu’elles auraient besoin d’exploiter des domaines « très spécifiques ».

En 2001, le PIB de la Chine était égal à celui de tous les autres membres des BRICS réunis. Aujourd’hui, il représente deux tiers de leur PIB, a-t-elle indiqué.

Malgré cette différence, les BRICS « ont le désir d’exprimer leur voix dans les affaires internationales », a-t-elle poursuivi, ajoutant que tous les pays des BRICS doivent surmonter leurs faiblesses économiques s’ils souhaitent que le groupe ait une croissance économique saine.

Selon elle, les BRICS doivent centrer leur attention sur le développement de leurs propres pays ainsi que sur la coopération entre eux.

Le rôle des BRICS dans la gouvernance mondiale est important, car le groupe a une influence tant dans le domaine économique que politique, a-t-elle souligné.

Cela se confirmera si les BRICS parviennent à mener des actions ensemble dans des domaines dépassant la sphère nationale, a-t-elle estimé.

https://chine.in/actualite/cn/sommet-des-brics-une-nouvelle-decennie-pour_101786.html

(BRICS) Les BRICS entrent dans une nouvelle décennie d’or

(BRICS) Les BRICS entrent dans une nouvelle décennie d’or

© Chine Nouvelle (Xinhua)Xing Yaofeng, le 02/09/2017 15:26

 

Entamant sa deuxième décennie, le bloc du marché émergent des BRICS brille davantage alors que ses cinq pays membres consolident la coopération, bâtissent une confiance réciproque et recherchent des bénéfices mutuels.

Les dirigeants du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud se réuniront à l’occasion du 9e sommet des BRICS, qui aura lieu du 3 au 5 septembre à Xiamen, dans la province chinoise du Fujian (sud-est).

Etant donné que les cinq pays se trouvent à des phases de développement similaires et font face à des défis semblables, les échanges efficaces ont constitué un fort élan pour leur développement économique et social.

Depuis la création du mécanisme en 2006, les BRICS ont amélioré la coordination en termes de politique macroéconomique, promu la coopération dans les domaines de la réforme structurelle et des infrastructures et en matière fiscale et ont réalisé des progrès dans les secteurs budgétaire et financier.

Les pays des BRICS sont aujourd’hui des acteurs clés dans l’économie et la gouvernance mondiales. Au total, les cinq pays ont représenté 23% de l’économie mondiale en 2016, soit près du double par rapport à 2006.

Ces pays ne se sont pas montrés effrayés par la morosité de l’économie mondiale, mais ont prouvé au monde qu’ils pouvaient accomplir davantage en restant unis.

Les économies des BRICS ont contribué à plus de la moitié de la croissance économique mondiale durant les dix dernières années, devenant les moteurs les plus puissants de l’économie mondiale.

Bien que le mécanisme ait connu des hauts et des bas ces dernières années et que chaque membre soit confronté à ses propres défis, ils sont comme cinq doigts d’une main : courts ou longs quand ils sont écartés, mais un poing puissant lorsqu’ils sont serrés.

Le groupe, qui n’est basé ni sur l’idéologie ni sur la géopolitique, est considéré comme une nouvelle, voire une meilleure, forme de gouvernance mondiale dans laquelle les marchés émergents jouent des rôles clés.

La Chine a également contribué au modèle « BRICS Plus » pour le sommet de Xiamen, afin de renforcer la coopération entre les BRICS et les autres marchés émergents et pays en développement, apportant des bénéfices à tous.

Les dirigeants de cinq autres marchés émergents et pays en développement, à savoir l’Egypte, le Mexique, le Tadjikistan, la Guinée et la Thaïlande, assisteront au Dialogue des marchés émergents et des pays en développement lors du sommet et mèneront un dialogue avec les membres des BRICS.

En tant que mécanisme de coopération multilatéral sans aucun pays développé, les BRICS placent les pays en développement, presque entièrement silencieux, au centre de de la gouvernance mondiale.

En chinois, les BRICS se traduisent par quatre caractères signifiant « pays de briques d’or », en partie pour traduire l’idée de leur futur prometteur.

Pendant la deuxième décennie des BRICS, le « contenu d’or » continuera de croître aussi longtemps que les cinq économies renforceront la coopération pragmatique pour résoudre les différends, amélioreront la confiance mutuelle et promouvront la confiance dans le cadre du mécanisme.

Dans un contexte de reprise morose de l’économie mondiale et de revers de la mondialisation, le sommet de Xiamen devrait permettre de redonner de la brillance aux marchés émergents et aux pays en développement et d’inaugurer une nouvelle décennie d’or des BRICS.

Les pessimistes qui prédisent un « déclin de la brillance » des BRICS seront une nouvelle fois déçus, car « l’or véritable est à l’épreuve du feu ».

https://chine.in/actualite/cn/brics-les-brics-entrent-dans-une-nouvelle_101784.html

(BRICS) La Chine est prête à organiser le plus grand Forum commercial des BRICS

(BRICS) La Chine est prête à organiser le plus grand Forum commercial des BRICS

© Chine Nouvelle (Xinhua)Wang Zizheng, le 02/09/2017 17:04

La Chine est prête à organiser le plus grand Forum commercial des BRICS les 3 et 4 septembre, auquel participeront plus de 1.000 personnalités du secteurs des affaires, à Xiamen, dans la province du Fujian (sud-est).

La président chinois, Xi Jinping, participera à la cérémonie d’ouverture du forum et prononcera un discours.

Le forum devrait rassembler 1.200 participants, dont les représentants de près de 80 multinationales présentes sur la liste Fortune 500, a déclaré Jiang Zengwei, chef du Conseil chinois pour la promotion du commerce international, lors d’une conférence de presse.

Les 632 entreprises qui participeront au forum appartiennent aux secteurs traditionnels, tels que l’énergie et les infrastructures, ainsi qu’aux industries émergentes comme la biologie et l’Internet, a-t-il présenté.

Ayant pour thème « BRICS : partenariat plus solide pour un avenir plus brillant », le forum se concentra sur le commerce et les investissements, la coopération financière, la connectivité et l’économie bleue.

Les dirigeants du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud se rencontreront lors du 9e sommet des BRICS, qui se déroulera du 3 au 5 septembre.

En tant qu’événement parallèle important du sommet des BRICS, le forum a été lancé en 2010 et organisé par le pays exerçant la présidence tournante des BRICS. Il sert de plate-forme pour permettre aux leaders commerciaux de discuter des questions d’intérêt commun, de bâtir des consensus et de formuler des suggestions politiques.

Créé par l’ancien économiste de Goldman Sachs, Jim O’Neill, en 2001, l’acronyme « BRIC » désigne le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, quatre marchés émergents possédant une croissance rapide et un grand potentiel. En 2010, L’Afrique du Sud a rejoint le groupe, qui fut alors rebaptisé « BRICS« .

https://chine.in/actualite/cn/brics-est-prete-organiser-plus-grand_101788.html

Les trois points marqués du prochain sommet des BRICS à Xiamen (AVANT-PAPIER)

Les trois points marqués du prochain sommet des BRICS à Xiamen (AVANT-PAPIER)

© Chine Nouvelle (Xinhua)Liang Nin, le 02/09/2017 13:56

Ayant pour thème « BRICS : un partenariat plus solide pour un avenir plus brillant », le neuvième sommet du bloc se déroulera du 3 au 5 septembre, à Xiamen (sud-est de la Chine), avec des événements et une initiative sans précédents destinés à bien préparer une seconde décennie de coopération entre les cinq pays émergents et même au-delà.

LE PLUS GRAND FORUM COMMERCIAL DU SOMMET DES BRICS

Le Forum commercial des BRICS, événement majeur en marge du sommet, devrait rassembler dimanche et lundi un nombre record de 1.200 participants à Xiamen, dont des dirigeants de 55 multinationales figurant dans le classement Top 500 du magazine Fortune.

Outre la Chine, chacun des pays membres envoie une centaine de participants, alors que des entreprises d’une vingtaine de pays en dehors du bloc, dont les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, prendront également part au forum.

Commerce et investissements, coopération financière, connectivité et économie de la mer seront les quatre principaux sujets de discussions.

Le président chinois Xi Jinping assistera à la cérémonie d’ouverture du forum et prononcera un discours inaugural pour faire le point sur les expériences en matière de coopération au sein des BRICS et donnera un aperçu des perspectives de développement futur. Les dirigeants d’autres pays membres ou de pays invités, à savoir le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Egypte et la Guinée, prononceront également des discours ou prendront part à des discussions.

Les BRICS représentent actuellement 23% de l’économie mondiale, 16% du commerce extérieur et 12% des investissements à l’étranger, contribuant à plus de 50% de la croissance économique mondiale. Ils restent toujours un moteur de croissance de la planète.

« Le forum permettra de renforcer la confiance des milieux d’affaires, d’intensifier les échanges et la coopération entre les entreprises et d’accorder des conseils au gouvernement », indique Jiang Zengwei, directeur du comité d’organisation du Forum commercial 2017 et chef du Conseil chinois pour la promotion du commerce international.

DES ECHANGES ENTRE PEUPLES

« Il y aura davantage d’activités culturelles impliquant les pays des BRICS cette année sous la présidence chinoise des BRICS« , a déclaré Wang Yi, ministre chinois des Affaires étrangères, lors d’une récente conférence de presse à la veille du sommet. A l’occasion du prochain sommet, les échanges entre les peuples seront particulièrement renforcés et deviennent l’un des trois piliers du mécanisme des BRICS qui est entré dans une nouvelle phase, alors que les deux autres sont la coopération économique et la coopération politique et sécuritaire.

Au cours du sommet, les dirigeants assisteront à la cérémonie d’ouverture de la fête culturelle des BRICS.

La Chine a organisé les Jeux des BRICS 2017 dans la ville de Guangzhou (sud) en juin, marquant le premier événement sportif et d’échanges culturels multilatéral dans le cadre de la coopération entre les BRICS.

La Chine a également organisé un forum des médias, un festival de cinéma, une réunion sur la médecine traditionnelle et un forum de jeunes diplomates, pour promouvoir l’amitié et la compréhension entre les peuples des pays des BRICS.

« Les dirigeants des pays des BRICS parviendront à des consensus sur le renforcement des échanges entre les peuples durant le prochain sommet des BRICS à Xiamen« , a noté M. Wang.

LES BRICS+ : UN CERCLE D’AMIS ELARGI

Les pays des BRICS ne sont pas enfermés dans leur propre club, la coopération dépasse largement le cercle des cinq pays membres. Depuis 2013, le pays hôte du sommet a commencé à inviter certains pays ne faisant pas partie du bloc pour nouer un dialogue.

Cette année, la Chine a proposé le modèle « BRICS+ », invitant en conséquence les dirigeants de l’Egypte, du Mexique, du Tadjikistan, de la Guinée et de la Thaïlande pour participer à un dialogue entre pays émergents et pays en développement.

Selon des observateurs, la plupart des pays invités étaient auparavant issus de la même région que le pays hôte, alors que la Chine a choisi de sélectionner cette année cinq pays ayant des caractéristiques régionales distinctes et comme représentants de leur continent, avec qui les pays des BRICS discuteront de la coopération Sud-Sud et de projets de développement international. Cela aidera à élargir l’influence de la coopération des BRICS, à faire de ce mécanisme l’une des plus importantes plateformes au monde pour promouvoir la coopération entre les pays émergents et les pays en voie de développement.

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