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La Bulgarie se retire du Pacte mondial pour les migrations de l’ONU

A son tour, la Bulgarie souhaite se retirer du Pacte mondial pour les migrations de l’ONU, a indiqué lundi un représentant du parti conservateur au pouvoir, rejoignant la position de la Hongrie et de l’Autriche, ainsi que des Etats-Unis.

« La position du gouvernement bulgare est de ne pas adhérer au pacte mondial pour la migration de l’ONU », a déclaré Tsvetan Tsvetanov, vice-président du parti GERB dirigé par le Premier ministre conservateur Boïko Borissov.

Imaginé pour imposer aux Etats des directives communes en matière de gestion et d’accueil de l’immigration, le contenu du Pacte mondial pour les migrations de l’ONU a été négocié durant plus de 18 mois, validé en juillet et sera formellement adopté par l’ensemble des signataires lors d’un sommet à Marrakech les 10 et 11 décembre 2018.

https://www.medias-presse.info/la-bulgarie-se-retire-du-pacte-mondial-pour-les-migrations-de-lonu/100832/?utm_source=OxiMailing&utm_medium=e-mail&utm_campaign=mpi273

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Pipelineistan effréné

Pipelineistan effréné

Publié le 2 Octobre 2018 par Observatus geopoliticus in Gaz, Etats-Unis, Russie, Moyen-Orient, Sous-continent indien

Irrésistible, infatigable, insatiable, le Grand jeu énergétique continue de plus belle…

Peu de gens devaient connaître le sieur Ryan Zinke, obscur secrétaire à l’Intérieur de l’administration Trump, avant sa sortie fracassante qu’il convient de citer :  « Les Etats-Unis ont la capacité, avec notre marine, de sécuriser les lignes maritimes, et, si nécessaire de mettre en place un blocus afin de s’assurer que les exportations d’énergie russes n’atteignent pas leurs marchés. »

Diantre. En réalité, il dit tout haut et avec violence ce que tous les stratèges américains et le Deep State pensent tout bas depuis des lustres. La réaction de Moscou ne s’est pas fait attendre : si les Américains franchissent le dangereux Rubicon, ce sera tout simplement une déclaration de guerre. Le liderisimo tchétchène Kadyrov en remet une couche, ridiculisant en passant les prétentions états-uniennes.

Que cette brusque diatribe impériale ait lieu maintenant est tout sauf un hasard. L’hystérie désespérée de Washington augmente à mesure que les pipelines russes étendent leurs tentacules sur l’Eurasie.

Le mois dernier, nous prévenions :

Les travaux pour la pose du Nord Stream II ont débuté dans le golfe de Finlande, ce qui, selon la presse économique occidentale, signifie que le projet est désormais inarrêtable. Le fidèle lecteur ne sera pas surpris, nous étions les premiers dans la sphère francophone à parier sur l’inéluctabilité du gazoduc baltique il y a deux ans :

C’est le genre de petite nouvelle banale qui passe totalement inaperçue, pas même digne d’être évoquée dans les fils de dépêches des journaux. Et pour une fois, je ne les en blâme pas, car seuls les initiés peuvent comprendre la portée de l’information sur notre Grand jeu énergético-eurasiatique.

Une première livraison de tubes est arrivée dans la presqu’île de Rügen, sur la côte baltique de l’Allemagne, et il y en aura désormais 148 par jour, acheminés par trains spéciaux (chaque tuyau mesure en effet 12 mètres et pèse 24 tonnes). Vous l’avez compris, il s’agit des composants du Nord Stream II qui devraient commencer à être assemblés au printemps prochain.

Ainsi, même si aucune décision officielle n’a encore été prise, ou du moins annoncée, le doublement du gazoduc baltique semble bien parti (…) Gazprom prendrait-il le risque de les acheter et de les acheminer sans avoir une idée assez sûre du dénouement ?

L’empire, obsédé par la perspective d’une intégration énergétique de l’Eurasie, tentera encore par tous les moyens de torpiller le projet mais ses atouts commencent à se faire rares… Et l’on catéchise plus difficilement l’Allemagne que la petite Bulgarie à propos du South Stream.

Renouvelons la question : Gazprom prendrait-il le risque de débuter les travaux dans le golfe de Finlande si Moscou n’avait pas dorénavant l’assurance que rien ne pourra se mettre en travers du tube ? Il semble que tout se soit décidé lors des rencontres Poutine-Merkel et lors du fameux sommet d’Helsinki (coïncidence amusante) entre le Donald et Vlad.

Il est là et, sauf rebondissement (toujours possible) de dernière minute, il est là pour durer. Le starter a tiré le départ et il a fait ses premiers mètres. Car en plus du golfe de Finlande, la construction a également commencé en Allemagne la semaine dernière : 30 km de tubes, 15 par ligne, ont été posés. Pas étonnant que l’ami Zinke ait pété une durite…

Rien n’y a fait, ni les menaces de l’empire, ni les bidouilleries de Bruxelles. Frau Milka, sourcilleuse dès qu’il s’agit des intérêts de son Deutschland über alles, y a veillé.

Autre info que le fidèle lecteur de nos Chroniques aura eu en exclusivité, l’IPI offshore prend de la consistance. Avant d’aller plus loin, retour sur le Grand jeu dans la case Sud-ouest de l’échiquier eurasien :

Un vieil ami, IPI, revient sur le devant de la scène, sur lequel un petit rappel n’est pas inutile :

L’accord sur le nucléaire iranien et la levée des sanctions ont pour conséquence de faire revivre le projet saboté par Washington de gazoduc Iran-Pakistan-Inde (IPI). Dans leur volonté d’isoler l’Iran, les Américains avaient réussi à détourner l’Inde du projet en 2009 et tentaient de promouvoir l’invraisemblable TAPI (Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde) censé passer au beau milieu des Talibans sans que ceux-ci ne s’en rendent compte. Trêve de délire et retour à la réalité, l’Inde est maintenant de nouveau intéressée par l’IPI et le projet fait sens. Ainsi, la levée des sanctions contre l’Iran n’aurait pas l’effet escompté par l’Occident. Loin de faire concurrence au gaz russe du côté de l’ouest – la route vers l’Europe est compliquée, qui plus est maintenant que le conflit kurdo-turc empêche le passage de pipelines -, le gaz iranien pourrait au contraire participer un peu plus encore à l’intégration de l’Eurasie et de l’Organisation de Coopération de Shanghai sous direction russo-chinoise, dont l’Inde et le Pakistan sont devenus membres cette année et que l’Iran rejoindra très bientôt.

La méfiance entre les frères ennemis indien et pakistanais ne disparaîtra certes pas du jour au lendemain et New Delhi est toujours gênée aux entournures de savoir que le gaz reçu devra d’abord passer par le territoire de sa Némésis. Mais c’est justement dans ce domaine que du nouveau est apparu et ce diable de Poutine n’y est pas étranger.

Fin octobre, la nouvelle est tombée que la Russie, qui possède de vastes réserves de gaz en Iran, était prête à construire une variante offshore de l’IPI pour inonder d’or bleu le Pakistan et l’Inde.

Chose très intéressante, le pipeline passerait par Gwadar, l’un des lieux les plus stratégiques de la planète que nous avions abordé ici ou ici :

La région est d’une importance immense avec le fameux nœud de Gwadar, port « donné » à Pékin au sortir du Golfe persique et autour duquel se tisse l’alliance stratégique et énergétique entre la Chine, le Pakistan et l’Iran […]

Les liens énergétiques entre Téhéran et Pékin sont déjà anciens mais se consolident chaque jour. Ceci en attendant l’oléoduc irano-pakistanais qui verra prochainement le jour, reliant la base chinoise de Gwadar avant, un jour, de remonter tout le Pakistan et rejoindre la Karakoram Highway dans les somptueux décors himalayens.

C’est cette titanesque imbrication eurasiatique que le Kremlin pilote de main de maître. La connexion sino-pakistanaise, que nous avions abordée il y a deux ans :

Moscou risque fort de bientôt construire le pipeline nord-sud que le Pakistan attend depuis des années. Premier pas vers la fameuse connexion Gwadar-Chine ou le projet de gazoduc Pakistan-Russie ? Tout ceci n’empêche d’ailleurs pas les Russes de renforcer de l’autre côté leur coopération énergétique avec l’Inde.

Et maintenant, donc, l’IPI connectant l’Iran, le Pakistan et l’Inde. Un IPI offshore et garanti par l’ours, susceptible par conséquent de balayer les dernières réticences indiennes. Il se pourrait d’ailleurs que ce faisant, la Russie ait réussi à persuader New Delhi de diminuer son soutien à l’insurrection baloutche, talon d’Achille de son voisin comme nous l’expliquions ailleurs :

Le Pakistan fait face à une insurrection nationaliste dans la rétive province du Baloutchistan, au sud du pays, où les tribus cherchent à obtenir leur indépendance. C’est un conflit peu connu du grand public occidental – sans doute parce que les insurgés sont d’obédience marxiste et non islamiste – mais qui peut se révéler pour le Pakistan au moins aussi dangereux que les troubles des zones tribales. Fait très important, c’est dans cette province que se trouve Gwadar, et plusieurs expatriés chinois y ont trouvé la mort au cours de ces dernières années, tués par des bombes ou le mitraillage de leur bus. Cela explique peut-être la légère réticence de Pékin à s’engager de plein pied dans le projet. Comme de bien entendu, le Pakistan accuse l’Inde de financer et d’aider le mouvement indépendantiste baloutche – où l’on retrouve le jeu des grandes puissances – ce qui semble effectivement le cas… New Delhi a en effet tout intérêt à ce que la situation au Baloutchistan s’envenime, faisant ainsi d’une pierre deux coups : empêcher la Chine de s’implanter dans cette zone stratégique tout en déstabilisant le Pakistan déjà englué dans les zones tribales et au Cachemire.

C’était il y a trois ans et de l’eau a coulé sous les ponts depuis. Dans l’Eurasie qui se prépare, sous l’égide de l’OCS, des routes de la Soie chinoises et des gazoducs russes, les civilisations se rapprochent, l’animosité fait peu à peu place à l’entente et à l’intégration.

Retour en octobre 2018. La Russie et le Pakistan viennent de signer un mémorandum d’entente sur l’IPI offshore, qui partira d’Iran et dont, selon toute logique, une branche rejoindra l’Inde et l’autre le Pakistan. Cela devrait peu ou prou ressembler à cela :

Certes, nous n’en sommes qu’au tout début, qui commence par une étude de faisabilité. Bien de l’eau peut passer sous les ponts et dans l’océan Indien avant que le projet ne se concrétise. Mais le fait même que ce projet existe et soit abordé sérieusement montre :

  1. que les menaces de sanctions US contre l’Iran ne fonctionnent pas avec des adversaires résolus du type Russie.
  2. que la tendance de fond est au grand rapprochement eurasien, cauchemar de l’empire maritime américain.

Les tensions montent à la veille d’une réunion extraordinaire sur la migration

Les tensions montent à la veille d’une réunion extraordinaire sur la migration

L’invitation de Jean-Claude Juncker à une poignée de dirigeants européens pour un mini-sommet informel le 27 juin soulève plus de questions que la réunion ne pourra en résoudre.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a annoncé la tenue d’une « réunion de travail informelle » dimanche 24 juin. Il invite les Premiers ministres grec, italien, maltais, espagnol, autrichien, allemand, français et bulgare. Le but de la réunion, selon lui, est de travailler à des solutions européennes sur la migration et l’asile en vue du sommet européen des 28 et 29 juin.

Le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, a dit avoir accepté l’invitation sur Twitter.

La Grèce, l’Italie, Malte et l’Espagne sont considérés comme des « pays de première ligne », puisqu’ils sont exposés plus que les autres à l’arrivée de migrants depuis la Méditerranée. Ils n’attendent qu’une chose : conclure un accord qui allègera leur fardeau.

C’est aussi le cas d’Angela Merkel, la chancelière allemande, à qui l’allié conservateur bavarois, l’Union chrétienne sociale (CSU), a donné deux semaines pour trouver une solution paneuropéenne à la crise migratoire. Cet ultimatum sur la migration menace de faire s’effondrer une coalition gouvernementale formée il y a à peine trois mois.

Quant à Emmanuel Macron, le président français, il appelle aussi de ses vœux un accord rapide sur la migration, afin de permettre aux dirigeants de se concentrer sur les réformes de la zone euro.

Pourtant, les tensions sur les questions de migration ne cessent de monter entre la France et l’Italie, surtout depuis que le nouveau gouvernement a pris ses fonctions et que le chef de file du parti d’extrême droite la Ligue du nord, Matteo Salvini, est devenu ministre de l’Intérieur.

Conte et Macron lissent leurs différends après la tempête

Réunis à Paris, Emmanuel Macron et Giuseppe Conte, le nouveau président du conseil des ministres italien, ont fait montre d’amitié et de coopération après une semaine de déclarations acides au sujet de l’Aquarius.

 

Le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, a déclaré le 21 juin qu’une première version d’accord européen avait été supprimée suite à un désaccord avec Angela Merkel.

La déclaration éliminée contenait des éléments clés dont la chancelière a besoin pour apaiser le CSU et son leader, Horst Seehofer, qui est aussi son ministre de l’Intérieur. Mais Rome s’oppose aux dispositions selon lesquelles les demandeurs d’asile devront être renvoyés dans le pays où ils ont été enregistrés pour la première fois : souvent l’Italie.

Ces cinq dernières années, l’Italie a accueilli quelque 650 000 bateaux de migrants, alimentant ainsi le sentiment anti-immigration et la montée de l’extrême droite, qui se retrouve au gouvernement depuis un mois.

Giuseppe Conte, qui a menacé de ne pas se rendre à Bruxelles dimanche si l’ébauche d’accord n’était pas modifiée, s’est entretenu avec Angela Merkel le 21 juin.

La crise politique à Berlin menace les projets d’Emmanuel Macron

Le président français Emmanuel Macron a volé au secours de la chancelière Angela Merkel en matière de politique migratoire, sachant très bien que la crise politique à Berlin pourrait l’affecter. Un article de notre partenaire, le Tagesspiegel.

Malentendu

« La chancelière a clarifié qu’il y avait eu un malentendu. Le projet de texte publié hier sera enterré », a écrit Giuseppe Conte sur Facebook, ajoutant qu’il se rendrait bel et bien à la réunion.

Autre exemple de la ligne dure du nouveau gouvernement populiste italien : Rome a refusé d’accepter un navire de sauvetage transportant 226 personnes sauvées en mer, lui disant de plutôt se rendre aux Pays-Bas.

Les États membres de l’UE sont coincés dans un véritable bras de fer au sujet de l’immigration depuis 2015, année où plus d’un million de migrants ont atteint les côtes européennes après avoir traversé la Méditerranée. Les données indiquent que depuis le début de l’année 2018, 41 000 personnes sont arrivées par la mer.

Pendant ce temps, les États membres de l’Est continuent de refuser d’accueillir des migrants. Le Premier ministre nationaliste hongrois, Viktor Orbán, a organisé une réunion avec les anciens pays communistes du « groupe de Visegrad » (Pologne, République tchèque, Slovaquie, Hongrie), le 21 juin.

Les quatre pays ont confirmé qu’ils ne participeraient pas aux discussions dimanche.

« Nous comprenons que certains pays aient des difficultés politiques au niveau national, mais cela ne doit pas mener à de la précipitation », a déclaré Viktor Orbán.

Préparations à la hâte

En réalité, les pays de Visegrad n’ont pas été invités. Le 21 juin, la Commission était incapable de dire qui était invité à la réunion, qui avait confirmé sa participation et si les pays européens non invités pouvaient participer.

Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a déclaré que les quatre pays avaient parlé « d’une seule et même voix » sur la question des migrants. « Disons juste que nous n’appartenons pas à ce groupe de pays pro-migrants et que nous ne voulons pas y participer », a-t-il clairement affirmé.

Les quatre pays ont été rejoints par le chancelier autrichien Sebastian Kurz, qui appelle aussi à une politique migratoire plus stricte.

« Nous avons besoin d’une Europe capable de nous défendre », a-t-il déclaré après la rencontre. « Nous devons renforcer Frontex pour protéger nos frontières extérieures et garantir la liberté à l’intérieur. »

Bruxelles menace de sanctions les pays de Visegrád

La Commission a prévenu qu’elle pourrait sanctionner les États qui ne respectent pas les quotas sur l’accueil des réfugiés en lançant des procédures d’infraction dans les prochains jours.

Une véritable police des frontières

Le projet de conclusions du sommet européen sur la question contient des propositions pour plus de sécurité aux frontières, y compris des contrôles d’identité aux aéroports, dans les gares et sur les routes.

L’agence européenne de protection des frontières, Frontex, serait aussi transformée en une « véritable police européenne des frontières », et serait dotée d’un personnel de 10 000 personnes d’ici à 2020.

Pendant ce temps, les demandeurs d’asile déjà présents dans l’UE seraient « sanctionnés » s’ils ne restent pas dans le pays où ils ont été enregistrés.

L’UE envisage aussi de mettre en place des « plateformes de débarquement » en dehors de l’UE pour traiter les demandes des migrants, selon le projet de communiqué.

https://www.euractiv.fr/section/migrations/news/tensions-build-ahead-of-hastily-prepared-migration-meeting/

Euronouillerie cherche maître désespérément

Euronouillerie cherche maître désespérément

18 Juin 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Europe, #Economie, #Gaz

Qu’il était rassurant pour les vassaux européens de se laisser diriger pendant des décennies par Washington et ne surtout prendre aucune décision. Oui mais voilà, l’élection du Donald a provoqué un cataclysme et l’Union ectoplasmique a désormais perdu son suzerain qui lui donnait ses ordres. Laissée à elle-même, elle part dans tous les sens et ce n’est pas triste…

En Italie, le putsch bruxellois a donc tourné court et l’alliance «  »populiste » » a formé son gouvernement. Bien sûr, il convient de voir ce que cela va donner sur le long terme mais les premières décisions/mesures/annonces n’ont pas tardé.

Le Premier ministre italien Conte a appuyé l’idée de Trump de réintégrer la Russie dans le G8, ce que Moscou a d’ailleurs gentiment balayé d’un revers de la main : « Au sein du G20, les ultimatums ne marchent pas et vous avez besoin de parvenir à des accords. Je pense que c’est le format le plus prometteur pour l’avenir ». Une gentille claque au club des pays les plus endettés du monde…

A cette occasion, les euronouilles (c’est-à-dire l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et les technocrates bruxellois) se sont, dans un grand élan d’unanimité, opposées au retour de la Russie, ce qui est amusant quand on sait que Berlin disait l’inverse il y a seulement deux ans.

Un coup, la russophobie doit cesser, un coup elle est érigée en dogme de politique étrangère. Et quand l’Italie, fidèle a sa ligne, elle, propose de lever les sanctions contre la Russie, les dirigeants du Vieux continent sont cette fois plus ou moins d’accord, car Trump s’y oppose.

Nos petits eurocrates semblent en réalité complètement perdus…

Il est vrai que dans le dernier cas, la soudaine bienveillance européenne sent fortement le gaz. Nous avons vu à plusieurs reprises que Poutine parie sur l’égoïsme allemand afin de faire passer le Nord Stream II et Frau Milka ne demande que ça.

Le gazoduc russe est une évidence économique et les Européens le comprennent bien malgré les efforts du centre impérial que nous décrivions il y a un mois :

Alors que l’Allemagne a débuté les travaux dans ses eaux territoriales, et que la Finlande fait de même après l’approbation par Helsinki du passage du pipe dans sa zone maritime économique exclusive, les Américains font feu de tout bois : menace de sanctions ; pleurnicheries de leur proxy de Kiev qui réalise qu’on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre (le transit par l’Ukraine tombera à terme à une douzaine de Mds de m3 annuels) ; coup de fil de Pompeo, l’ancien chef de la CIA et désormais secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, au gouvernement suédois…

Pour la Suède, c’est râpé : Stockholm vient d’approuver le passage du tube dans sa zone économique exclusive. Ne reste plus que le Danemark, comme nous l’expliquions début avril :

Le placide pays scandinave fait en effet face à un écrasant dilemme, sa « plus importante décision de politique étrangère depuis la Seconde Guerre Mondiale » : permettre ou non le passage du Nord Stream II par ses eaux territoriales.

Le projet doit également recevoir dans les prochains mois les autorisations finales de la Russie (c’est couru d’avance), de la Finlande et de la Suède. Mais concernant ces deux dernières, il s’agit uniquement de leur zone économique exclusive, régie par le droit international de la mer sur lequel les gouvernements suédois (très russophobe) et finlandais (plus équilibré) ont de toute façon peu de prise.

Seul le Danemark est concerné dans sa souveraineté même, et il s’en serait bien passé. Les émissaires américains et bruxellois poussent le gouvernement à empêcher le passage des 139 km du Nord Stream II par ses eaux territoriales tandis que Moscou et Berlin l’encouragent à accepter.

Copenhague peut-elle se mettre à dos son principal partenaire (Allemagne) et la principale puissance militaire européenne (Russie), qui vient d’ailleurs essayer quelques missiles à proximité ? Le système impérial réussira-t-il à manoeuvrer afin de torpiller le pipeline comme ce fut le cas avec le South Stream ?

Le principe de réalité face aux simagrées de l’empire déclinant. Des dirigeants de la trempe d’un De Gaulle auraient immédiatement choisi, mais nos pauvres petites euronouilles vassalisées sont pris dans les méandres de leur faiblesse et de leurs atermoiements.

Un exemple éclairant est celui de la Bulgarie, qui a refusé en 2014 le South Stream sous la pression de McCainistan et qui vient maintenant quémander à Moscou le privilège de recevoir une malheureuse branche du Turk Stream.

Eternel spectacle du laquais mécontent de son sort mais n’osant encore se rebeller ouvertement contre le maître…

Un pays qui semble – restons prudents – en voie d’émancipation est l’Italie, comme nous l’avons entrevu au début. Le nouveau gouvernement italien ne cache pas sa sympathie envers Moscou. En plus de demander la fin des sanctions (en opposition à Washington) et la réintégration de la Russie dans le G8 (en opposition à Bruxelles), Rome a encore annoncé deux décisions prenant de revers le système impérial.

Le parlement ne ratifiera pas le CETA, l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada. Soros a dû en avaler son Tokaj de travers… Rappelons que, voulus par l’oligarchie globaliste et négociés dans l’opacité la plus totale, ces accords visent au final à supplanter les Etats par les multinationales, qui auraient le pouvoir de faire annuler juridiquement les décisions des gouvernements.

Autre mauvaise nouvelle pour Soros & Co, l’Italie s’oppose désormais de front à l’immigration et vient de gagner sa première bataille face à Bruxelles. Sur ce sujet, 80% des Italiens sont sur la même longueur d’onde que leur gouvernement, ce qui doit donner quelques sueurs froides aux eurocrates non élus.

Pire, le pays transalpin rejoint dans ce combat un nombre croissant de pays d’Europe centrale et orientale – Pologne, Hongrie, Slovaquie… Nous avions relevé l’ironie de la chose il y a deux ans :

L’Europe américaine sera-t-elle mise à mort par ceux-là même qui étaient censés la régénérer ? L’on peut sérieusement se poser la question quand on voit le divorce grandissant entre l’UE et les pays d’Europe centrale et orientale, fers de lance de la « Nouvelle Europe » si chère aux néo-cons. Le pied droit de Washington donne des coups au pied gauche et c’est tout le système vassalique européen qui risque de tomber (…)

La chute du Mur et l’intégration à l’UE des anciennes démocraties populaires n’étaient que le cache-sexe de l’avancée de l’OTAN vers la Russie. Mieux encore, ces pays nouvellement libérés de la tutelle soviétique et férocement anti-russes pour des raisons historiques compréhensibles étaient susceptibles d’établir un nouveau rapport de force très favorable aux Etats-Unis au sein de l’UE face à certaines poussées de fièvre frondeuse toujours possibles de la « vieille Europe » (De Gaulle, Chirac et Schroeder…)

Or, au moment où les institutions européennes sont noyautées et soumises comme jamais aux désidératas US, le château de cartes est en train de s’écrouler… Ce sont d’abord les sanctions anti-russes qui ont créé une brèche. Si elles furent accueillies avec des transports de joie par la Pologne et les pays Baltes, leur réception en Hongrie, en Slovaquie et même en République tchèque fut bien plus mesurée, c’est le moins qu’on puisse dire. Première cassure au sein de la « nouvelle Europe ».

Et maintenant, la question des réfugiés pourrait bien sonner l’hallali. La Pologne, pays ô combien pro-US, refuse tout à fait d’obéir aux injonctions des institutions elles aussi ô combien pro-US de Bruxelles. Diantre, Brzezinski n’avait pas prévu ça…

Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, Rome veut maintenant constituer sur cette question un axe avec l’Autriche et le ministre allemand de l’intérieur, en fronde ouverte contre sa chancelière. Sa coalition gouvernementale étant au bord de l’implosion, Frau Milka vit peut-être ses derniers jours à la direction de l’Allemagne, au grand dam du patronat qui salivait d’aise devant la main-d’oeuvre bon marché constituée par les « migrants ».

Le paradigme de ces vingt-cinq dernières années (US = OTAN = ennemi russe = UE = globalisme et libéralisme) est en train d’exploser sous nos yeux. Des pays pro-américains deviennent anti-UE (Pologne), des globalistes deviennent anti-américain et veulent la fin de la politique de sanctions contre la Russie (Merkel). Sans compter des Etats (Italie, Hongrie) qui prennent résolument une autre voie. Inimaginable il y a seulement quelques années…

Le système impérial est sens dessus dessous et l’euronouillerie orpheline, peu habituée à vivre sans maître, est en émoi. Devant tant de malchance, un troll eurocrate, Verhofstadt pour ne pas le nommer, a une explication toute faite : l’Anglais Farage, le Néerlandais Wildeers, la Française Le Pen, le Hongrois Orban, l’Italien Salvini et même le Polonais Kaczynski (LOL) sont tous payés par Poutine !

Les pays qui n’ont pas rejoint le flashmob d’expulsions de diplomates russes

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Les pays qui n’ont pas rejoint le flashmob d’expulsions de diplomates russes

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Cette semaine, plus de vingt pays dont de nombreux états membres de l’UE ont annoncé l’expulsion de diplomates russes dans le cadre de l’affaire Skripal. Toutefois, il y a des pays qui n’ont pas rejoint ce flashmob qualifié par Moscou de provocation.

Lancée par le Royaume-Uni, la campagne d’expulsions de diplomates russes à la suite de l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal au Royaume-Uni dure depuis deux jours. Certains pays se sont prononcés contre cette méthode de communication avec la Russie ou se sont abstenus.Autriche

Vienne a pris la décision de ne pas procéder à des expulsions. Le chancelier Sebastian Kurz a noté que l’Autriche était un pays neutre et souhaitait dialoguer avec la Russie.

«Il faut poursuivre le dialogue surtout en ces temps difficiles. L’expulsion des diplomates doit être décidée par chaque État au niveau bilatéral. Les pays de l’UE ont pris des décisions différentes. Nous avons décidé de ne pas prendre cette mesure», a déclaré mardi la ministre autrichienne des Affaires étrangères Karin Kneissl sur les ondes de radio Ö1.

Slovénie

La Slovénie s’est prononcée contre l’expulsion de membres des missions diplomatiques russes.

«Le Premier ministre par intérim Miro Cerar a déclaré que Ljubljana n’expulserait aucun diplomate et ne prendra pas d’autres mesures» dans le cadre de l’affaire Skripal, a annoncé lundi le site Delo.

Slovaquie

Le ministère slovaque des Affaires étrangères a convoqué mardi l’ambassadeur de Russie Alexeï Fedotov pour lui annoncer que Bratislava n’avait pas l’intention d’expulser des diplomates avant la fin de l’enquête sur l’empoisonnement de Sergueï Skripal.

«Nos partenaires slovaques ont déclaré qu’ils agissaient dans un esprit de solidarité européenne, mais qu’ils n’allaient pas prendre de mesures concrètes avant la fin de l’enquête», a indiqué un représentant de l’ambassade de Russie en Slovaquie.

Luxembourg

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise Jean Asselborn a annoncé mardi que son pays n’expulserait pas de diplomates russes.

​«En ce qui concerne le Luxembourg, nous comptons un nombre très limité de diplomates russes et, malgré tous nos efforts, on ne peut pas prouver qu’un espion ou une personne travaille contre les intérêts luxembourgeois», a expliqué M.Asselborn sur les ondes de la radio RTL.

Il a noté que le Luxembourg était «à 100% solidaire avec la Grande-Bretagne».

Israël

L’État hébreu a pris ses distances vis-à-vis de l’action coordonnée des pays ayant décidé d’expulser des diplomates russes après l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia.Israël préfère appliquer sa politique de non-participation aux campagnes antirusses de l’Occident pour ne pas exposer la coopération bilatérale en matière de sécurité nationale, a déclaré à Sputnik l’ex-ambassadeur israélien à Moscou Zvi Magen.

Chypre

Selon le porte-parole du gouvernement chypriote Prodromos Prodromou, Nicosie n’expulsera pas de diplomate russe dans le cadre de la campagne actuelle.

«Chypre se trouve parmi les pays qui ne prendront pas de telles mesures. C’était aussi la position de Chypre au COREPER, que nous sommes en accord [avec les conclusions et décisions de l’UE, ndlr], mais que notre pays n’est pas en mesure de prendre des mesures contre les pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies», a indiqué M.Prodromu cité par les médias.

Bosnie-Herzégovine

«Nous n’allons certainement pas prendre des mesures comme l’expulsion de diplomates», a déclaré mardi le ministre bosniaque des Affaires étrangères du pays, Igor Crnadak, d’après les médias locaux.

​Il a noté que les pays membres de l’UE n’étaient pas unanimes concernant la décision d’expulser des diplomates russes.

Selon M.Crnadak, les institutions bosniaques suivaient de près l’évolution de cette affaire, mais qu’elles n’avaient pas de demandes officielles d’adopter des sanctions.

Bulgarie

Sofia ne compte pas expulser des diplomates russes, a annoncé lundi le ministère bulgare des Affaires étrangères à la radio nationale BNR. Mardi, le gouvernement bulgare a annoncé avoir rappelé son ambassadeur à Moscou pour consultations.

Malte

Malte ne figure pas non plus parmi les pays qui expulsent des diplomates russes.

Selon le porte-parole du gouvernement maltais Kurt Farrugia, la mission diplomatique de ce pays en Russie est «trop petite» et cette mesure, qui entraînera une réaction symétrique de la part de Moscou, risque de «mettre fin aux relations diplomatiques» entre les deux pays.

Turquie

Ankara s’est montré ferme en refusant d’expulser des diplomates ou de prendre d’autres mesures contre Moscou malgré la campagne d’expulsions initiée par le Royaume-Uni et appuyée par les États-Unis.

«La Turquie et la Russie ont actuellement de bonnes relations. Dans cette optique, la Turquie n’envisage pas de prendre des décisions contre la Russie», a indiqué lundi le vice-Premier ministre turc Bekir Bozdag devant les journalistes après une réunion du gouvernement.

Nouvelle-Zélande

La Nouvelle-Zélande a déclaré qu’elle n’arrivait pas à trouver des espions russes pour les expulser. La Première ministre néozélandaise Jacinda Ardern et le ministre des Affaires étrangères Winston Peters ont fait des déclarations en ce sens.

«Alors que d’autres pays ont annoncé qu’ils expulsaient des agents de renseignement russes non déclarés, nos responsables ont indiqué qu’il n’y avait personne ici en Nouvelle-Zélande qui correspond à ce profil. S’il y en avait, nous aurions déjà pris des mesures», a déclaré Mme Ardern.

Portugal

Les autorités portugaises ont déclaré avoir «pris note» de la position conjointe de plusieurs pays européens et du Royaume-Uni qui expulsent des diplomates russes, sans toutefois exprimer leur propre position à ce sujet, ont annoncé les médias portugais.

Selon le ministre portugais des Affaires étrangères Augusto Santos Silva, le gouvernement du pays réfléchit sur la décision à prendre sur l’affaire Skripal, pour défendre «les intérêts nationaux, européens et de l’Otan», mais aussi pour faire preuve d’«autonomie, de prudence et de fermeté».

Grèce

Les autorités grecques n’ont pas encore pris de décision concernant l’expulsion de diplomates russes en lien avec l’attaque de Salisbury du 4 mars.

Monténégro

Le Monténégro se prononcera mardi ou mercredi sur les mesures à prendre à l’égard des diplomates russes sur fond de l’affaire Skripal, a déclaré le Premier ministre de la république Dusko Markovic. Intervenant mardi devant les journalistes à Bar, le Premier ministre n’a pas pu bien indiquer la ville britannique où ont été retrouvés l’ex-agent double Sergueï Skripal et sa fille. Toutefois, il a rappelé que le Monténégro avait des engagements vis-à-vis de l’Otan en tant que candidat à l’adhésion.

Un ancien colonel des services de renseignement militaires russes, Sergueï Skripal, et sa fille Ioulia ont été retrouvés inconscients le 4 mars dernier aux abords d’un centre commercial de Salisbury. Une semaine plus tard, la Première ministre britannique, Theresa May, a accusé la Russie d’être derrière l’empoisonnement des Skripal, sans toutefois présenter de preuves tangibles pour appuyer ses allégations, avant d’expulser 23 diplomates russes du Royaume-Uni.

https://fr.sputniknews.com/international/201803271035699915-expulsion-diplomates-campagne-abstentions/

Erdogan d’humeur belliqueuse avant le sommet UE-Turquie

Erdogan d’humeur belliqueuse avant le sommet UE-Turquie

Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, arrive le 26 mars en Bulgarie pour un sommet avec des représentants européens. Il assure avoir des vidéos prouvant que l’UE accueille des terroristes -et ne fait rien pour les combattre.

Une « réunion des dirigeants », rassemblant les présidents du Conseil et de la Commission, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker, le chef d’État turc, Recep Tayyip Erdoğan, et le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, aura lieu le 27 mars dans la ville portuaire de Varna, en Bulgarie. Le pays détient actuellement la présidence tournante de l’UE.

Selon les médias turcs, le président Erdoğan a l’intention de montrer à ses interlocuteurs des vidéos de rassemblements dans des pays européens qui prouveraient, selon lui, que l’UE abrite des « terroristes ». C’est ainsi qu’Ankara qualifie les organisations kurdes et les partisans de Fetullah Gülen.

« L’Occident essaie de nous faire la leçon, de nous donner des conseils, qu’il se les garde. J’ai des vidéos de tout », a déclaré Recep Tayyip Erdoğan lors d’une conférence de son parti, l’AKP, à Trabzon. « Demain nous serons ensemble à Varna, je leur montrerai tout. Nous serons inflexibles, nous ne ferons aucun compromis. »

La Turquie et l’UE ont des définitions divergentes de ce qui constitue du « terrorisme ». Pour Ankara, toute personne identifiée comme ennemi du régime est un terroriste. La rencontre à Varna s’annonce donc difficile.

Erdogan tenter de réchauffer ses relations avec l’UE à Paris

Le président turc Recep Tayyip Erdogan se rendra à Paris vendredi pour s’y entretenir avec son homologue français Emmanuel Macron, au moment où Ankara semble vouloir rétablir ses relations avec l’Union européenne après une grave crise en 2017.

 

L’armée turque est actuellement engagée en Syrie dans l’opération « antiterroriste » appelée « rameau d’olivier », depuis deux mois. Une opération qui vise en réalité l’organisation syrienne kurde YPG à Afrin depuis deux mois, avec des conséquences lourdes pour la population. Dans une résolution non contraignante, le Parlement européen a appelé la Turquie à retirer ses troupes de la région.

Pour Ankara, l’YPG est une organisation terroriste, une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui est en conflit ouvert avec l’État turc depuis une trentaine d’années. Le PKK est considéré comme terroriste par la Turquie, mais aussi par l’UE et les États-Unis.

L’offensive turque à Afrin a été critiquée par la chancelière allemande, Angela Merkel. Face au Bundestag, le 21 mars, celle-ci a qualifié l’opération d’inacceptable, malgré ses justifications sécuritaires. « Je la condamne de la manière la plus ferme », a-t-elle déclaré.

Ankara exige aussi que les pays européens extradent les « Gülenistes », opposants politiques du régime partisans de Fetullah Gülen accusés d’être responsables de la tentative de coup d’État de juillet 2016.

Exilé depuis une vingtaine d’années, le prêcheur musulman a néanmoins réussi à mettre en place des réseaux le soutenant au sein des médias, du système judiciaire et de la police. Il gère également un système d’écoles privées recherché. Fetullah Gülen et ses sympathisants assurent cependant n’avoir aucun lien avec le putsch manqué et se disent victimes d’une véritable chasse aux sorcières.

Suite aux événements de juillet 2016, le régime a opéré plusieurs coups de filet dévastateurs pour éliminer les fonctionnaires soi-disant liés à la tentative de coup d’État. Certains ont d’ailleurs demandé l’asile en Grèce et en Allemagne.

Le Conseil de l’Europe dénonce l’ampleur des purges en Turquie

125.000 personnes, dont 2500 journalistes, ont perdu leur emploi depuis juillet dernier dans le cadre de purges d’une ampleur inédite.

Étudiants incarcérés

La semaine dernière, un groupe d’étudiants s’était mis à vendre des loukoums, aussi appelés « délices turcs », sous le nom de « délices d’Afrin », pour honorer la mémoire des militaires turcs tombés en Syrie. Un autre groupe a réagi en installant des bannières arborant des messages contre la guerre.

Sept de ces étudiants d’une université prestigieuse d’Istanbul ont été arrêtés, après avoir été accusés de « terrorisme » par le président. « L’expression d’une position [anti-guerre] peut être perturbante dans certains quartiers, mais ne peut être considéré comme un délit selon le code pénal turc », a indiqué l’avocat Inayet Aksu.

Le Parlement européen appelle à la fin de l’état d’urgence en Turquie

Le Parlement européen a condamné jeudi la détérioration de l’État de droit en Turquie et réclamé la fin de l’état d’urgence, prétexte à des arrestations jugées arbitraires d’opposants et de journalistes.

Cela n’a pas empêché Recep Tayyip Erdoğan de les traiter de « communistes » et de « terroristes » dans un discours virulent. Il qualifie par contre les étudiants honorant la mémoire de soldats de « croyants ».

Kati Piri, l’eurodéputée rapporteure pour la Turquie, s’est offusquée de l’arrestation des étudiants et a dénoncé la dangerosité de cette « nouvelle Turquie » dans laquelle les opposants sont emprisonnés.

Bruxelles tente de garder ses distances avec la Turquie

Si le processus d’adhésion de la Turquie à l’UE n’a pas été officiellement annulé ou suspendu, la Commission ne travaille plus sur de nouveaux chapitres de négociations. Mais Ankara continue de réclamer son entrée dans l’Union.

https://www.euractiv.fr/section/l-europe-dans-le-monde/news/erdogan-comes-to-leaders-meeting-with-footage-exposing-eu-terrorism-support/

 

La Slovaquie et la Bulgarie ne ratifieront pas la Convention d’Istanbul sur la violence à l’égard des femmes en raison de son contenu idéologique

La Slovaquie et la Bulgarie ne ratifieront pas la Convention d’Istanbul sur la violence à l’égard des femmes en raison de son contenu idéologique

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La Slovaquie et la Bulgarie ont annoncé récemment qu’elles ne ratifieraient pas la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique signée à Istanbul en 2011, et c’est une bonne nouvelle ! A ce jour, 45 Etats l’ont signée mais seuls 28 l’ont ratifiée. La France l’a ratifiée en juillet 2014, et elle l’a même fait avec enthousiasme, puisque Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre des droits des femmes, avait qualifié ce traité de « levier formidable pour faire encore mieux sur notre territoire mais aussi en termes de diplomatie ». Ce que la militante féministe franco-marocaine trouvait formidable, c’est sans doute justement ce que n’aiment pas les critiques de cette convention : son contenu idéologique.

Convention d’Istanbul : une convention contre la violence ou une convention pour l’idéologie du genre ?

C’est ainsi qu’on peut lire à l’article 12, paragraphe 1, de la Convention : « Les Parties prennent les mesures nécessaires pour promouvoir les changements dans les modes de comportement socioculturels des femmes et des hommes en vue d’éradiquer les préjugés, les coutumes, les traditions et toute autre pratique fondés sur l’idée de l’infériorité des femmes ou sur un rôle stéréotypé des femmes et des hommes. »

Plus loin, à l’article 14, il est question d’inculquer à tous les niveaux de la scolarisation des « rôles non stéréotypés des genres ». L’enthousiasme de celle qui, devenue ministre de l’Éducation, fit tout pour renforcer la diffusion de l’idéologie du genre à l’école, n’étonne donc pas.

Un autre reproche formulé à l’encontre de ce texte, ce sont justement ses emprunts à la novlangue de cette idéologie néo-marxiste, avec le mot « genre » décliné à toutes les sauces, comme par exemple à l’article 4 où il est question « d’identité de genre ». Ce terme de « genre » y est d’ailleurs défini comme désignant « les rôles, les comportements, les activités et les attributions socialement construits, qu’une société donnée considère comme appropriés pour les femmes et les hommes ».

Le Parlement européen aurait souhaité aller encore plus loin que la Convention sur la violence à l’égard des femmes et la violence domestique

Le 12 septembre dernier, le Parlement européen en remettait une couche en adoptant une résolution en faveur de l’adhésion de l’Union européenne en tant que telle à la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Les eurodéputés y allaient de leur propre interprétation de cette convention en expliquant que « le refus d’accorder des services liés aux droits et à la santé sexuelle et génésique, y compris la possibilité d’avortements sûrs et légaux, constitue une forme de violence à l’encontre des femmes et des filles ». C’est pourquoi le Parlement européen invitait « tous les Etats membres à garantir une éducation sexuelle complète, un accès aisé des femmes à la planification familiale et l’ensemble des services de santé génésique et sexuelle, y compris les méthodes de contraception modernes et l’avortement sûr et légal »

La socialiste française Christine Revault d’Allonnes Bonnefoy, rapporteur du texte, s’était félicitée du fait que « maintenant, on peut considérer que l’avortement est un droit au niveau européen ». Il faut pourtant reconnaître à la Convention d’Istanbul qu’elle n’évoque en l’occurrence, parmi les cas de violences faites aux femmes, que les situations d’avortements forcés et non pas l’absence d’accès à « l’avortement sûr et légal ». Mais la résolution du Parlement européen donne déjà une idée de la manière dont la Convention sur les violences faites aux femmes pourrait être dévoyée sur le modèle de ce qui est arrivé à la Convention européenne des droits de l’homme.

Le « non » de la Bulgarie et de la Slovaquie, une première victoire ?

Fort heureusement, avec le refus de la Slovaquie et de la Bulgarie de ratifier la Convention d’Istanbul, l’UE ne pourra pas y adhérer puisqu’il faudrait pour cela que tous les Etats-membres l’adoptent. C’est d’autant plus heureux que la Convention d’Istanbul créé un organisme supranational de plus, un groupe d’experts appelé GREVIO qui est chargé, comme de coutume hors de tout contrôle démocratique, de « veiller à la mise en œuvre de la Convention par les Parties ». La résolution du Parlement européen est par conséquent caduque.

En annonçant cette décision la semaine dernière, le premier ministre slovaque Robert Fico a signalé que son pays adopterait lui-même les lois nécessaires en vue de renforcer la protection des femmes contre les violences. Comme son homologue bulgare Boiko Borisov, il a justifié la décision de son gouvernement par le fait que ses concitoyens étaient majoritairement hostiles à la ratification de ce traité international. La décision de la Bulgarie, qui préside en ce moment le Conseil de l’UE, avait été annoncée deux semaines plus tôt.

En Pologne, où la majorité parlementaire précédente avait conduit à la ratification de la Convention d’Istanbul en 2015 malgré les protestations de l’opposition conservatrice et de l’Eglise, une pétition est en cours pour que Varsovie se retire du traité. C’est aussi ce que demande depuis deux ans le parti chrétien Prawica Rzeczypospolitej du député au Parlement européen Marek Jurek allié au PiS. En effet, parvenu au pouvoir, le PiS semble avoir oublié ses critiques de la Convention d’Istanbul qui étaient pourtant similaires à celles formulées aujourd’hui par la Slovaquie et la Bulgarie.

Olivier Bault

http://reinformation.tv/convention-istanbul-violence-femmes-slovaquie-bulgarie-bault-81377-2/

Les conventions démocratiques de Macron démarrent en Roumanie

Les conventions démocratiques de Macron démarrent en Roumanie

La Roumanie pourrait devenir le 1er pays à organiser un débat dans l’esprit des « conventions démocratiques » proposées par Emmanuel Macron, dans le cadre de sa préparation à la présidence européenne.

Emmanuel Macron, le président français, a indiqué son souhait de « reconstruire » une Union européenne plus démocratique, notamment grâce à des « conventions ». En préparation des élections européennes de 2019, des assemblées démocratiques pour une réforme de l’UE, constituées de consultations en ligne, suivies de débats locaux, devraient avoir lieu de mai à octobre 2018

Les députés français veulent des conventions démocratiques pour toute l’Europe

Consultation en ligne, puis débats locaux : les conventions démocratiques pour la refondation de l’UE devraient se tenir de mai à octobre 2018, en amont des élections européennes de 2019.

Si la France a lancé l’idée, la Roumanie pourrait être le premier pays à organiser ces débats. Victor Negrescu, secrétaire d’État aux Affaires européennes, a ainsi indiqué qu’une réflexion s’amorçait sur la présidence roumaine, qui débutera le 1er janvier 2019, les priorités de cette présidence et de la stratégie européenne générale du pays, soulignant qu’un débat dans l’esprit des conventions européennes proposées par Emmanuel Macron aurait lieu en janvier.

Valeurs et citoyens

Le secrétaire d’État, ancien eurodéputé S&D, a expliqué que Bucarest se pencherait en particulier sur deux aspects lors de sa présidence : les citoyens et les valeurs.

En ce qui concerne les citoyens, il est évident qu’un grand nombre des problèmes auxquels l’UE est confrontée aujourd’hui résultent de la rupture entre les décideurs politiques, au niveau de l’UE et au niveau national et le grand public, estime le gouvernement roumain. Et dans le contexte de crises successives, l’« intérêt » semble prévaloir sur les « valeurs », regrette Bucarest.

Victor Negrescu a donc déclaré que les affaires européennes devaient être démocratisées, car pour l’instant seule une petite élite en comprend les rouages.

Des événements liés à la présidence internationale se tiendront dans tous les localités de Roumanie – soit plus de 40 villes. Un projet ambitieux, pour lequel la Roumanie tirera parti de ses nombreux aéroports assurant des liaisons avec Bruxelles, assure le représentant.

Pas moins de 60 000 visiteurs étrangers sont en effet attendus en Roumanie pendant la présidence. La Bulgarie a quant à elle indiqué qu’elle attendait 20 000 visiteurs étrangers pour sa présidence, qui commence le 1er janvier 2018. Le ministre a déclaré que les communautés locales étaient enthousiastes à l’idée d’accueillir de tels événements.

« L’UE, c’est aussi pour elles. La présidence ne concerne pas les ministres, ni le gouvernement, ce sont les citoyens roumains doivent se l’approprier », a-t-il assuré.

Victor Negrescu a également insisté sur la nécessité d’améliorer les compétences des fonctionnaires roumains, car il faudra remplacer ceux qui ont intégré les institutions européennes. Il affirme avoir personnellement rencontré les 250 présidents et coprésidents des groupes de travail qui œuvreront durant la présidence.

La situation politique en Roumanie pose cependant question. De fait, une nouvelle série de manifestations contre d’une réforme judiciaire, perçue comme une tentative du gouvernement de faire marche arrière sur les efforts de lutte contre la corruption.En Roumanie, la mainmise du politique sur les médias s’aggrave

Une nouvelle loi roumaine devrait permettre au parti au pouvoir de démettre la direction de la principale agence de presse sans aucun motif.

Mobiliser la diaspora

Le secrétaire d’État, qui a passé sa jeunesse en France, où il est devenu à 17 ans un soutien du Parti socialiste français, se considère comme un représentant de la diaspora roumaine, estimée à au moins quatre millions de personnes.

Lors de chacun de ses voyages à l’étranger, il organise ainsi des rencontres avec la communauté roumaine et essaie d’être en contact avec ses membres le plus directement possible. Il assure donc être parfaitement conscient de leur volonté légitime de participer à l’élaboration des priorités de la présidence.

« La consultation que nous allons mener se fera également par l’intermédiaire du ministre chargé des relations avec la diaspora, notamment grâce à une consultation publique spécifique », a déclaré Victor Negrescu, ajoutant que le site web de la présidence roumaine, qui sera en ligne avant Noël, présentera des fonctions spécialement conçues pour la diaspora.

Il a toutefois admis qu’il était difficile de mettre au point des outils pour atteindre l’ensemble de la diaspora, et encourage donc les Roumains à l’étranger devraient également rechercher activement ces canaux. Il a également mentionné des programmes de recrutement des Roumains vivant à l’étranger, qui pourraient revenir travailler pour la présidence pendant un an.

Schengen

La Bulgarie et la Roumanie ont été jugées aptes à rejoindre l’espace Schengen sans frontières depuis 2010. Cependant, l’admission requiert un vote à l’unanimité au Conseil et des États membres comme la France, l’Allemagne et les Pays-Bas s’opposent toujours à l’adhésion de ces deux pays à l’espace Schengen.

Dans son discours sur l’état de l’Union du 13 septembre dernier, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a déclaré que la Bulgarie et la Roumanie devraient adhérer « immédiatement » à Schengen. Toutefois, cette question n’a même pas été inscrite à l’ordre du jour des réunions du Conseil Justice et affaires intérieures.

Une adhésion avant la présidence roumaine faciliterait grandement les déplacements en supprimant les nombreux contrôles aux frontières. Victor Negrescu souligne cependant que même si l’adhésion n’avait pas lieu avant le 1er janvier 2019, il pourrait être décidé de suspendre les contrôles aux frontières dans les aéroports. Les invités de la présidence roumaine n’auraient alors pas besoin de passer les contrôles.

L’idée d’une adhésion à Schengen en deux étapes n’est pas nouvelle. Durant la première étape, les voyageurs ne seraient exemptés des contrôles aux frontières que dans les ports et les aéroports. Si le système fonctionne bien, la prochaine étape consisterait à supprimer également les contrôles aux frontières terrestres.

Dans un premier temps, la Roumanie souhaite un vote au Conseil, a indiqué Victor Negrescu. Même si le vote devait aboutir à un ou plusieurs vétos, Bucarest veut savoir quels pays s’opposent à son adhésion. Cela aurait le mérite de clarifier la situation. Pour l’instant, les pays ne cessent de se renvoyer la balle, regrette-t-il, « tout le monde nous dit d’en parler avec un autre pays ».

Le pays le mieux placé pour organiser ce vote est bien sûr la Bulgarie, dont la présidence commence dans trois semaines.

https://www.euractiv.fr/section/avenir-de-l-ue/news/romania-to-hold-first-democratic-convention-on-future-eu/