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Attaque « terroriste » contre des soldats français au Mali pendant le sommet de l’UA en Mauritanie

Attaque « terroriste » contre des soldats français au Mali pendant le sommet de l’UA en Mauritanie


Dimanche 1 Juillet 2018 modifié le Lundi 2 Juillet 2018 – 18:27


Des soldats français de l’opération Barkhane ont été visés dimanche par une attaque « terroriste » à Gao au Mali, qui a fait quatre morts et une vingtaine de blessés civils, en plein sommet de l’Union africaine (UA) en Mauritanie voisine qui doit également se pencher sur les questions sécuritaires.




Selon les autorités maliennes citant un bilan provisoire de source hospitalière, cet attentat a fait quatre morts et 23 blessés parmi des civils.

A Paris, l’état-major français des armées a annoncé dimanche soir que quatre soldats français de la force Barkhane ont été blessés dans l’attaque. Il y a eu « quatre blessés chez Barkhane » et au moins deux morts et une vingtaine de blessés chez les civils, a indiqué l’état-major à l’AFP.

« Le terrorisme a encore lâchement frappé au Mali ». « Des civils ont perdu la vie et des militaires français sont blessés », a tweeté la ministre française des Armées, Florence Parly.

Selon une source militaire occidentale, « des militaires français de la force Barkhane (4.000 hommes, NDLR) sont tombés ce dimanche dans une embuscade tendue par des terroristes à la sortie qui mène vers la localité de Bourem ».

« C’est une patrouille de l’opération Barkhane qui a été visée par une voiture piégée conduite par un kamikaze (…) de Gao », a déclaré de son côté une habitante de la ville. « Très vigilant, un blindé lui a barré la voie et le véhicule kamikaze s’est fait exploser », a déclaré Fatouma Wangara.

« Le véhicule bourré d’explosifs a fait beaucoup de dégâts », selon une source hospitalière à Gao, principale ville du nord du Mali.

D’autre part, un véhicule du Mouvement pour le salut de l’Azawad, (MSA, issu de l’ex-rébellion à dominante touareg) « a sauté sur une mine (dimanche) dans le village de Talataye (nord du Mali). Le bilan est de quatre morts et trois blessés », a écrit le MSA sur sa page Facebook.

Présents sur la frontière entre le Mali et le Niger, le GATIA (Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés, pro-Bamako) et le MSA participent à des opérations de sécurisation aux côtés de la force Barkhane et de l’armée malienne.

Ces attaques soulignent la situation sécuritaire fragile qui prévaut au Mali qui se prépare pour une élection présidentielle le 29 juillet.

Elle a eu lieu alors que le sommet de l’UA est entré dans le vif des débats dimanche à Nouakchott, deux jours après un attentat suicide perpétré vendredi à Sévaré, dans le centre du Mali, contre le QG de la force conjointe du G5 Sahel lancée en 2017.

Le président français Emmanuel Macron doit rencontrer lundi à Nouakchott, en marge du sommet de l’UA, ses homologues du G5 Sahel, une organisation régionale regroupant la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad.

En fin de sommet, M. Macron discutera avec ses homologues du G5 Sahel de la lente montée en puissance de la force conjointe mise en place par cette organisation régionale pour lutter contre les jihadistes.

La France, qui conduit dans la région l’opération Barkhane, soutient ce projet, y voyant un possible modèle de prise en main par les Etats africains de leur propre sécurité.

Mais sa mise en oeuvre est pour l’instant marquée par les problèmes de financement et les accusations de violations des droits de l’homme par les troupes de la force conjointe, basée au Mali.

Pour le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, l’attentat perpétré vendredi contre le QG de la force du G5 Sahel démontre qu’il « y a encore énormément de failles » dans la sécurité qui doivent être « corrigées ». L’attaque, qui avait fait trois morts, dont deux militaires de la force du G5 Sahel, « touche le coeur de notre système de sécurité, l’état-major (de la force conjointe du G5 Sahel) installé (à Sévaré). C’est un message envoyé par les terroristes en ce moment précis, moment où nous nous organisons pour stabiliser, sécuriser notre région ».

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, principale alliance jihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda, a revendiqué l’attentat de Sévaré.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda.

Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en janvier 2013 d’une intervention militaire française.

Mais des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et internationales, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes, dont l’application accumule les retards.

Dimanche 1 Juillet 2018 – 23:27


afp
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Force conjointe du G5 Sahel : perspective stratégique sur l’appropriation sécuritaire par les Etats sahéliens

Force conjointe du G5 Sahel : perspective stratégique sur l’appropriation sécuritaire par les Etats sahéliens

Par Djiby SOW, le 20 mai 2018  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Djiby Sow est chercheur indépendant. Il s’intéresse aux questions de sécurité internationale et de lutte contre le terrorisme, dans la région du Sahel et en Afrique de l’Ouest en particulier. Djiby Sow est l’auteur de La légalité de l’intervention militaire française au Mali. Contribution à l’étude du cadre juridique de la lutte armée contre le terrorisme international (L’Harmattan, 2016) et contribue régulièrement à l’analyse de divers sujets de géopolitique et d’actualité internationale. Djiby Sow est diplômé de l’Université de Montréal en science politique et en droit international public. Contact : djiby.sow@umontreal.ca

Cette étude inédite présente le concept stratégique de la FC-G5S comme une concession au réalisme, puis le G6 du Sahel ou l’interdépendance stratégique franco-sahélienne. Cette page présente d’abord une synthèse de l’étude, puis l’étude complète au format PDF.

SYNTHÈSE

Le 6 février 2017, les États du G5 Sahel ont lancé une force conjointe de 5000 hommes (la « FC-G5S » ou la « Force ») mandatée pour lutter contre le terrorisme, le trafic de drogue et le trafic d’êtres humains. La FC-G5S est dotée d’un concept d’opérations dual et évolutif dont la première phase consiste en la sécurisation des espaces transfrontaliers de l’espace G5. Ce volet procède de cinq (5) années d’opérations militaires conjointes transfrontalières (OMCT) avec la France, dans le cadre du partenariat militaire conjoint transfrontalier (PMCT). Dans une seconde phase peu élaborée, la FC-G5S devrait muter en une force d’intervention antiterroriste appelée à conduire des opérations dans d’autres zones de l’espace G5.

Les représentations de la FC-G5S dans la littérature oscillent entre la conception d’une création française et celle d’une initiative si authentiquement sahélienne que parler d’appropriation dans le contexte de son opérationnalisation relèverait du fallacieux. L’idée maitresse de cette contribution est que l’identité française ou sahélienne de l’architecte de la FC-G5S importe moins que (i) les déterminismes stratégiques et opérationnels ayant forgé le concept d’opérations de la Force ainsi que (ii) les pesanteurs de son cadre stratégique plus large, dont la combinaison dicte in fine la marge d’appropriation sécuritaire des États du G5 Sahel.

Une marge d’appropriation limitée

Quatre grandes contraintes stratégiques viennent réduire les ambitions de la FC-G5S et consolider le dispositif dans sa dimension transfrontalière :

. Le pilier sécuritaire du G5 Sahel souffre d’une absence de dynamique interne franche et fondée sur une perception commune de la menace. Des équations sécuritaires individuelles et des degrés d’exposition variables au terrorisme et à l’extrémisme violent sont à l’origine de postures stratégiques différenciées. La création de la force multilatérale de sécurisation du Liptako Gourma (janvier 2017) par le Burkina Faso, le Mali et le Niger en réponse à la dégradation sécuritaire dans cette région aura matérialisé la réalité d’un G3 au sein du G5 et sédimenté la FC-G5S dans sa dimension transfrontalière. En octobre 2017, période initialement envisagée pour le plein déploiement de la Force, aucun consensus ne semblait encore avoir été trouvé par les États membres sur les modalités de transition entre les phases du concept d’opérations ;

. Le nord et le centre du Mali ont vocation à constituer la zone de déploiement prioritaire du dispositif dans sa configuration de force d’intervention. La coexistence d’éléments de terrorisme et d’une situation de conflit armé interne soulève toutefois des difficultés juridiques qui imposent aux États du G5 Sahel l’obtention d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU). En particulier eu égard aux cibles de l’emploi de la force : (i) à côté des groupes terroristes, prolifèrent des groupes armés protégés par le droit international (dont certains sont parties au processus de paix inter-malien) et a priori exclus des cibles légales de la FC-G5S et des autres forces offensives qui opèrent au Sahel ; (ii) la plupart des groupes armés actifs dans l’espace G5 participent aux trafics que la FC-G5S a mandat de combattre ;

. Le déploiement de la force d’intervention sahélienne au nord Mali pose la question de son rôle dans un environnement stratégique caractérisé par une forte présence internationale. L’armée française joue déjà le rôle de force d’intervention rapide en soutien de la MINUSMA et mène des opérations antiterroristes, seule ou en coopération avec l’armée malienne et/ou des milices d’autodéfense. La question de la coordination se pose avec moins d’acuité dans le schéma transfrontalier de la FC-G5S : (i) s’inscrivant dans la droite ligne des OMCT, les opérations de la Force reposeront sur une coordination étroite avec Barkhane ; (ii) le déploiement de la FC-G5S intervient dans une logique de complémentarité soulignée par le CSNU et renforcée par la mise en place de mécanismes appropriés de coordination et d’échange de renseignements ;

. D’importantes difficultés financières et opérationnelles obèrent quasi fatalement la montée en puissance de la FC-G5S dans sa dimension transfrontalière, a fortiori dans sa configuration de force d’intervention. La perspective d’un déblocage au compte-goutte des 420m. d’euros réunis en contributions volontaires fait craindre un engagement en pointillés, oscillant entre les OMCT traditionnelles et des opérations labélisées FC-G5S conduites au gré des saisons de la menace. Au plan opérationnel, exception faite de la Mauritanie, redondance avec les effectifs sahéliens de la MINUSMA et surexploitation de ressources limitées sont la règle. Les moyens matériels et techniques des armées du G5 Sahel restent aussi en deçà des exigences d’une pleine opérationnalisation de la FC-G5S quel qu’en soit le volet, malgré une tendance générale à la modernisation observée ces dernières années.

Force conjointe du G5 Sahel : perspective stratégique sur l'appropriation sécuritaire par les Etats sahéliens
Djiby Sow
Chercheur, diplômé de l’Université de Montréal.

Le paradoxe de l’appropriation dans la dépendance

Un second ordre de difficultés découle du cadre stratégique global de la FC-G5S et restreint de façon significative la marge d’appropriation sécuritaire. D’une part, celle-ci est paradoxalement tributaire de la coopération militaire avec la France :

. Annoncée en novembre 2015 et créée en février 2017, c’est à la faveur des difficultés rencontrées par Paris au Sahel que la FC-G5S voit son opérationnalisation s’accélérer. La nette dégradation de la situation sécuritaire régionale sous la garde de Barkhane expose les angles morts de l’antiterrorisme français. Elle s’ajoute au fardeau financier du dispositif et aux problèmes découlant de son élongation sur une superficie de 5,2 millions de kilomètres carrés. L’opérationnalisation accélérée du projet stagnant de force conjointe apparaît comme l’élément clé d’une correction stratégique d’ensemble visant à : (i) réduire l’exposition excessive de Barkhane par le transfert d’une partie du fardeau politique de la sécurité régionale aux États du G5 Sahel ; (ii) permettre une ré-articulation du dispositif français par son recentrage sur le Mali et la boucle du Niger ainsi qu’une réduction des effectifs ;

. Si l’assistance de la France aux armées du G5 Sahel est largement perçue comme l’appui exogène d’une entité à l’autre, les forces françaises exécutent leur mission de renforcement des capacités et de soutien opérationnel, non de l’extérieur mais de l’intérieur d’un édifice de sécurité ad hoc dont elles constituent, par leur centralité et leur prépondérance dans le PMCT, les murs porteurs. L’autonomie opérationnelle de la FC-G5S est dès lors inenvisageable dans l’avenir prévisible : (i) aucun des cinq États du cœur sahélien ne possède les capacités militaires, l’influence et la volonté politiques nécessaires pour se substituer à la France ; (ii) les difficultés de coordination et de logistique mises en lumière par l’opération Hawbi confirment l’invraisemblance du scénario initialement envisagé d’un rôle en retrait de Barkhane dans les opérations de la FC-G5S ;

D’autre part, la coopération avec la France constitue à certains égards un obstacle structurel à une appropriation poussée :

. Nonobstant ses handicaps financiers et opérationnels, le volet de force d’intervention de la FC-G5S entre a priori en conflit avec la mission et le rôle de Barkhane. Les États du G5 Sahel demeurent silencieux là où l’Union africaine, à travers le Processus de Nouakchott, envisageait explicitement une force d’intervention ayant notamment mandat d’« intervenir à l’appui d’éléments de la MINUSMA, en cas de menace grave et imminente, à la demande du Secrétaire général des Nations unies » [1], une mission dévolue aux forces françaises par le CSNU depuis juillet 2013 ;

. En considérant l’appropriation non plus à travers le prisme des moyens militaires mais par celui de leur finalité, à savoir la stabilisation régionale par la pacification prioritaire du Mali, la marge d’appropriation des États du G5 Sahel devient aussi fonction du concours indispensable de l’Algérie. Toutefois, en dépit de coopérations bilatérales relativement soutenues avec ses États membres, la principale puissance régionale se refuse à toute participation directe aux efforts militaires du G5 Sahel : (i) Alger perçoit l’organisation comme un projet français destiné à maintenir des bases militaires françaises à ses frontières ; (ii) le discours officiel préconise une solution afro-africaine aux problèmes de la région et privilégie le cadre fixé par le Processus de Nouakchott à cette fin, ce qui revient en pratique à l’exclusion de la France des initiatives régionales de stabilisation ou, à tout le moins, à sa marginalisation ;

. La France est dans une large mesure une puissance africaine. Elle entend le rester en raison des impératifs stratégiques globaux qui sont les siens et qui ont érigé sa présence en Afrique en constante et priorité de politique étrangère depuis les indépendances. En 2018, « la France a de fait des responsabilités parce qu’elle a des moyens sur place. C’est l’existence de ces moyens qui crée la responsabilité et les demandes d’empire » [2]. De cette réalité fondamentale à la base de l’interdépendance stratégique entre la France et l’Afrique francophone découle le constat que les moyens français et leur fonction de béquille sécuritaire pour les États de la région sont au nombre des facteurs qui grèvent plus largement l’appropriation sécuritaire, en combinaison avec les défaillances « par construction politique » [3] des appareils de défense et de sécurité nationaux (surveillance de l’opposition politique, gardes prétoriennes, mauvaise gouvernance, clientélisme, ethnicisation, etc.).

Le nécessaire élargissement du paradigme sécuritaire

Les perspectives limitées au plan militaire enjoignent les États du G5 Sahel à élargir le champ de l’appropriation sécuritaire. La re-politisation intégrale des problèmes sahéliens et de l’approche de la question sécuritaire apparaissent comme le véritable enjeu.

À brève échéance, le renforcement du traitement politique du problème terroriste est un impératif. Sans prétendre à l’exhaustivité, un espace considérable existe, par exemple, en matière de lutte contre l’extrémisme violent : le Mali est depuis peu le seul des États du G5 Sahel à disposer d’un plan national formel de lutte en la matière. De même, sans constituer une politique officielle de reflux de l’influence religieuse des monarchies du golfe, la position du Tchad à cet égard se démarque, le gouvernement ayant révoqué par le passé les chartes d’organisations et associations d’obédience salafiste [4]. Dans le cas spécifique du Mali, la dégradation continue de la situation sécuritaire impose l’exploration de modes alternatifs de résolution de conflit. À cet égard, l’exercice par le gouvernement de ses prérogatives souveraines, à l’abri des ingérences extérieures, est primordial. Tout particulièrement en ce qui concerne l’option du dialogue avec les groupes armés maliens se revendiquant de l’Islam.

À plus long terme, la logique d’appropriation sécuritaire ne peut faire l’économie d’une refonte des modalités de gouvernance des États et de la réinvention de mécanismes politiques au sein de projets de citoyenneté inclusifs et en cohérence avec les spécificités politiques, historiques et culturelles des sociétés sahéliennes. L’ouverture d’un tel chantier implique notamment d’aller au delà du nexus sécurité-développement et de ré-appréhender la problématique de la sécurité sur une base nationale. À des degrés variables selon le pays considéré, le sous-développement des régions périphériques sahéliennes est l’expression du délitement de l’État. Il constitue l’ancrage le plus puissant du terrorisme, de l’extrémisme violent et des trafics, ainsi qu’un amplificateur des conflits locaux. Mais la faillite de l’État se traduit également par une série de graves dysfonctionnements dans les les centres urbains et politiques (extrême pauvreté, explosion des prix des produits de première nécessité, chômage endémique, défaillance ou inaccessibilité des infrastructures de santé et d’éducation, etc.) et fait le lit d’une défiance ouverte et croissante à l’égard des pouvoirs publics.

À la veille de l’échéance présidentielle 2018, le Mali fait figure de cas d’école en matière de généralisation de la contestation de l’État, mais les forces centrifuges qui travaillent le pays ont leurs abcès de fixation dans les États voisins, qu’il s’agisse de la révolution bloquée au Burkina, de la question identitaire en Mauritanie, de la gouvernance politique du Niger ou du rejet de la personnalisation du pouvoir au Tchad. C’est dans cette très forte tension sur les appareils politiques sahéliens que se situe la principale menace pour la sécurité, la paix et la stabilité régionales et internationales. Elle exige une réponse politique de fond que seules les collectivités sahéliennes ont la responsabilité et la légitimité d’apporter.


Plus : L’étude complète au format PDF. Djiby Sow, « Force conjointe du G5 Sahel : perspective stratégique sur l’appropriation sécuritaire par les Etats sahéliens »

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Force conjointe du G5 Sahel : perspective stratégique sur l’appropriation sécuritaire par les Etats sahéliens
Une étude de Djiby Sow pour Diploweb.com. Ce document pdf présente la version intégrale (26 pages)

Copyright Mai 2018-Sow/Diploweb.com

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Attaques de Ouagadougou : des soupçons de complicités dans l’armée

Attaques de Ouagadougou : des soupçons de complicités dans l’armée

Par Jeune Afrique avec AFP
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L’enquête sur la double attaque de Ouagadougou le vendredi 2 mars progresse. Dimanche, deux jihadistes présumés dont un soupçonné d’avoir joué un rôle clé était entendu par la justice du Burkina Faso qui soupçonne des complicités dans l’armée.

L’homme dont la nationalité n’a pas été révélée a été arrêté vendredi dans les heures qui ont suivi les attaques coordonnées contre l’état-major des armées burkinabè et l’ambassade de France à Ouagadougou, a déclaré une source gouvernementale.

Il est soupçonné d’avoir participé à l’attaque de l’état-major général de l’armée et pourrait même être « un cerveau » de l’opération, a-t-on ajouté.

Un deuxième homme a été arrêté et était interrogé, mais les soupçons pesant sur lui sont moins forts que sur le premier, a indiqué cette source sans autre précision.

Les attaques ont fait huit morts et plus de 80 blessés parmi les forces de sécurité, ainsi que neuf jihadistes tués, selon un dernier bilan. Elles ont été revendiquées samedi soir par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) lié à Al-Qaïda disant agir en représailles à une opération militaire française antijihadiste au Mali.

D’autres assaillants « jihadistes ont peut-être pu s’enfuir » après l’attaque de l’état-major, situé dans le quartier très fréquenté du grand marché de Ouagadougou, selon la source gouvernementale.

Les autorités ont de « très forts soupçons » qu’il y ait « des infiltrés dans l’armée » qui ont renseigné les jihadistes pour l’attaque de l’état-major, a ajouté la source burkinabè.

L’explosion de la voiture piégée qui a précédé l’assaut a totalement détruit une salle de réunion, située en façade du bâtiment, où devait se tenir une réunion de l’état-major de la force antijihadiste du G5 Sahel. La réunion a été changée de salle au dernier moment, évitant un carnage.

« Au sein de l’état-major »

« Ils avaient une connaissance des habitudes et pratiques courantes au sein de l’état-major, ce qui explique la facilité avec laquelle ils y ont accédé par son accès de service, situé au dos de l’entrée principale », avait expliqué samedi une autre source gouvernementale.

La plupart des assaillants identifiés étaient burkinabè, et un était étranger, selon des sources sécuritaires. Ceux qui ont mené l’assaut contre l’état-major portaient des uniformes de l’armée, autre indice d’une possible complicité interne.

Les enquêteurs se demandent si l’attaque contre l’ambassade de France n’était pas une « diversion » avant l’attaque contre l’état-major.

Située dans la zone des représentations diplomatiques, l’ambassade de France est très bien protégée. La tentative s’est d’ailleurs soldée par la mort des quatre jihadistes qui n’ont pu pénétrer dans l’enceinte diplomatique, a aussi expliqué la source gouvernementale.

Arrivée d’enquêteurs français

Dans sa revendication, le GSIM dit avoir agi « en réponse à la mort de plusieurs de ses dirigeants dans un raid de l’armée française dans le nord du Mali il y a deux semaines ».

Le GSIM est une organisation jihadiste regroupant depuis un an plusieurs entités du Sahel liées à Al-Qaïda. Il est dirigé par le malien Iyad Ag Ghaly, chef d’Ansar Dine.

Une importante équipe d’enquêteurs français est arrivée samedi à Ouagadougou pour prêter main forte à la justice burkinabè.

Dirigée par un procureur de la section antiterroriste du parquet de Paris, l’équipe comprend des enquêteurs de la Sous-direction anti-terroriste, de la Direction générale de la sécurité intérieure et de la police scientifique, selon des sources judiciaire et policière françaises.

http://www.jeuneafrique.com/539168/politique/attaques-a-ouagadougou-des-soupcons-de-complicites-dans-larmee/?utm_source=Newsletter_JA_Actu&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter_JA_Actu_05_03_18

DIRECT. Burkina Faso : la situation est « sous contrôle » à l’ambassade de France, indique le ministère des Affaires étrangères

DIRECT. Burkina Faso : la situation est « sous contrôle » à l’ambassade de France, indique le ministère des Affaires étrangères

« Quatre assaillants ont été neutralisés dans l’attaque de l’ambassade de France », indique par ailleurs le service d’information du gouvernement burkinabé.

Des personnels de sécurité devant l\'Institut français, à Ouagadougou (Burkina Faso) le 2 mars 2018.
Des personnels de sécurité devant l’Institut français, à Ouagadougou (Burkina Faso) le 2 mars 2018. (AHMED OUOBA / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Ce qu’il faut savoirUne attaque a visé l’ambassade de France et l’état-major des armées à Ouagadougou (Burkina Faso), vendredi 2 mars. La situation est désormais « sous contrôle » à l’ambassade de France, a indiqué à France 2 le ministère des Affaires étrangères. « Quatre assaillants ont été neutralisés dans l’attaque de l’ambassade de France », ajoute de son côté le service d’information du gouvernement burkinabé.

Des hommes en armes. Selon des journalistes sur place, des tirs intenses ont été entendus dans le centre de la capitale. Une journaliste de franceinfo poste une photo sur Twitter montrant un panache de fumée, après une explosion.

 Il s’agit d’une « attaque terroriste ». Jean-Claude Bouda, ministre de la Défense burkinabé, a affirmé à Jeune Afrique qu’il s’agissait d’une « attaque terroriste visant l’état-major et l’ambassade de France ».

 « Restez confinés là où vous êtes ». L’ambassadeur de France au Burkina Faso appelle les Français à la « prudence absolue » et à « rester dans un endroit sûr ».

Retrouvez ici l’intégralité de notre live #BURKINA

15h24 : Attaque de Ouagadougou (Burkina Faso) n’a pas fait de victime française, selon une source diplomatique française.

14h57 : Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, réagit dans un communiqué après l’attaque de Ouagadougou : « Des attaques ont visé ce matin plusieurs lieux à Ouagadougou, dont l’ambassade de France. Les forces de sécurité burkinabè sont mobilisées contre les assaillants, avec le soutien des forces chargées de la sécurité de notre ambassade en vue de réduire la menace (…). Des consignes de sécurité sont diffusées au fur et à mesure à l’attention des Français présents sur place. Leur sécurité est ma priorité. »

14h02 : Contacté par nos confrères de Jeune Afrique, le maire de Ouagadougou, Armand Béouindé, confirme que « l’ambassade de France a été prise pour cible, ainsi que l’état-major. » L’attaque aurait été menée par « une dizaine d’assaillants », qui « ont fait sauter une voiture bourrée d’explosif » à l’entrée du bâtiment.

14h02 : Joint par nos confrères de Jeune Afrique, le ministre de la Défense burkinabé, Jean-Claude Bouda, estime qu’il s’agit d’une « attaque terroriste. » .

13h51 : Quatre assaillants ont été tués, précise le Service d’information du gouvernement burkinabé sur sa page Facebook.

13h48 : Cela concerne l’ambassade de France et l’Institut français, les deux lieux se trouvant à proximité.

13h46 : La situation est sous contrôle pour les bâtiments français à Ouagadougou (Burkina Faso), selon le ministère des Affaires étrangères contacté par France 2.

13h28 : Emmanuel Macron est « tenu informé en direct de l’évolution de la situation », selon un communiqué de l’Elysée transmis à l’AFP.

13h18 : Bonjour @anonyme, pas de bilan pour l’instant. Surtout, la situation semble assez confuse sur place. L’ambassade de France au Burkina Faso vient de publier un nouveau message sur Facebook, expliquant qu’il n’y avait « pas de certitude à ce stade sur les lieux visés. »


https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fambassade.france.burkina%2Fposts%2F2033656530247539&width=500

13h16 : Un bilan deja ?

13h09 : « On entend les hélicoptères se déployer ainsi que la gendarmerie », explique Mohamed. Cet habitant de Ougadougou vient de transmettre à franceinfo des photos qu’il a prises de l’attaque.

13h04 : L’AFP vient de nous faire parvenir ses premières photos de l’attaque à Ouagadougou.

(AHMEDOUOBA / AFP)

12h52 : Souleymane a maintenant quitté son bureau pour se mettre à l’abri. Il décrit la panique dans les rues : « C’était la débandade. Tout le monde cherchait à se mettre à l’abri ».

12h52 : « Je travaille non loin du rond-point des Nations unies où a eu lieu l’attaque. On a d’abord entendu une explosion qui a fait tomber l’ordinateur de mon collègue et a fait trembler les bureaux », me raconte Souleymane, un habitant de Ouagadougou. « Puis les tirs ont suivi, ça a duré pendant 45 minutes. C’était la panique totale. »

13h49 : Le ministère des Affaires étrangères français fait le point sur la situation à Ouagadougou. « Des fusillades ont eu lieu à Ouagadougou. Les forces de l’ordre sont en cours d’intervention et des mesures de sécurité renforcées pourraient être prises par les autorités, écrit le Quai d’Orsay sur son site internet. Il est recommandé de suspendre tout déplacement en ville jusqu’à nouvel ordre et rester confiné dans un lieu sûr, respecter les consignes des autorités locales, se tenir informé de l’évolution de la situation, rassurer ses proches. »

12h38 : Une journaliste franco-burkinabée confirme avoir entendu une explosion dans les locaux de l’état-major.

12h35 : Sur Facebook, la police nationale du Burkina Faso adresse un message aux habitants.

12h28 : Sur Twitter, le diplomate Jean-Marc Châtaigner, nommé envoyé spécial de la France pour le Sahel, qualifie les événements à Ouagadougou « d’attaque terroriste ».

12h34 : Selon un journaliste de l’AFP, des tirs intenses ont été entendus dans le centre de la capitale, ce matin. Selon des témoins, cinq hommes armés sont sortis d’une voiture. Ils ont ouvert le feu sur des passants avant de se diriger vers l’ambassade de France.

12h23 : Plusieurs internautes (et notamment des journalistes) ont publié sur Twitter des photos de l’attaque en cours.

12h20 : L’ambassade de France à Ouagadougou vient de publier un message sur sa page Facebook.

https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/burkina-faso/burkina-faso-une-attaque-a-ouagadougou-vise-l-ambassade-de-france-et-l-institut-francais-suivez-notre-direct_2636808.html#xtor=EPR-51-[burkina-faso-la-situation-est-sous-controle-a-l-ambassade-de-france-indique-le-ministere-des-affaires-etrangeres-suivez-notre-direct_2636808]-20180302-[bouton]

Sommet à Niamey du G5 Sahel sur la force militaire conjointe

Sommet à Niamey du G5 Sahel sur la force militaire conjointe

Niamey – Un sommet des chefs d’Etat du G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad), s’est ouvert mardi à Niamey pour boucler le financement de la force militaire conjointe et assurer sa montée en puissance, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les présidents burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, tchadien Idriss Déby, mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz, malien Ibrahim Boubacar Keïta et nigérien Mahamadou Issoufou étaient présents à l’ouverture du sommet, ainsi que la ministre française de la Défense Florence Parly.

Lancée début 2017, la force conjointe, dont la mission est de combattre les groupes jihadistes qui sévissent dans la région sahélienne, « sera opérationnelle à la fin du mois de mars », a affirmé dimanche devant la presse le ministre malien des Affaires étrangères Tiéman Hubert Coulibaly.

A l’ouverture du sommet, le président Issoufou a souligné « l’urgence que cette force soit opérationnelle » pour la « sécurité » des pays sahéliens. Florence Parly a estimé que c’était « désormais en bonne voie ».

Lors du sommet, les chefs d’Etat vont plancher sur la recherche « des financements complémentaires » pour assurer « la montée en puissance » de la force conjointe, qui doit être composée de 5.000 soldats des cinq pays impliqués d’ici la mi-2018, selon une source proche du sommet.

Les groupes jihadistes, dispersés lors de l’intervention française au Mali en 2013, ont retrouvé depuis un nouveau souffle dans le nord et le centre de ce pays malgré la présence de 12.000 Casques bleus de l’ONU et de la force française Barkhane qui compte 4.000 hommes dans la région.

Multipliant les attaques contre ces forces et l’armée malienne, ils ont étendu en 2017 leurs actions au centre et au sud du Mali, à la frontière avec le Niger et le Burkina Faso, qui sont aussi régulièrement touchés.

La force du G5 Sahel a déjà un quartier général, à Sévaré au Mali, et a déjà mené en coordination avec Barkhane deux opérations dans la zone des « trois frontières » entre Mali, Niger et Burkina Faso.

Les pays du G5 Sahel, parmi les plus pauvres du monde, peinent cependant à réunir les 250 millions d’euros nécessaires à la force conjointe.

Pour l’heure, l’Union européenne a promis 50 millions d’euros, la France 8 millions (surtout en matériel), chacun des cinq pays fondateurs 10 millions, et l’Arabie saoudite une contribution de 100 millions de dollars. Les Etats-Unis ont quant à eux promis aux cinq pays membres du G5 Sahel une aide bilatérale globale de 60 millions de dollars. Une nouvelle conférence de financement de la force conjointe est prévue le 23 février à Bruxelles.

Comme l’a rappelé Florence Parly, « les opérations de la force conjointe doivent être coordonnées avec des actions au bénéfice des populations », pour voir un « vrai recul des terroristes ».

Sur ce registre, le G5 Sahel a signé lundi un protocole d’entente avec le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), pour que les deux agences onusiennes appuient « la résilience alimentaire » des populations des cinq Etats sur la période 2018-2020.

Les présidents du G5 vont par ailleurs étudier lors du sommet le processus de suppression des visas et des frais d’itinérance entre les cinq pays, ainsi qu’un projet pour la création d’une compagnie aérienne « Air Sahel » et un autre pour la construction d’un chemin de fer « transsahélien » de près de 6000 km.

A l’issue du sommet de Niamey, Ibrahim Boubakar Keïta cèdera la présidence du G5 Sahel à son homologue nigérien.

(©AFP / 06 février 2018 15h40)

https://www.romandie.com/news/Sommet-a-Niamey-du-G5-Sahel-sur-la-force-militaire-conjointe/887861.rom

Burkina Faso : les syndicats et le gouvernement signent un accord pour « sauver l’année scolaire »

Les termes précis de l’accord n’ont pas été rendus publics mais le gouvernement s’est félicité de la reprise imminente des cours, alors que la radicalisation du mouvement de grève laissait craindre une année blanche.

Suspension des évaluations, du traitement des dossiers, des examens et un sit-in hebdomadaire… depuis près de quatre mois, les enseignants sont engagés dans un véritable bras de fer avec le gouvernement.

Un mouvement qui va enfin trouver une issue puisque le gouvernement burkinabè et les syndicats de l’éducation sont parvenus, dans la nuit de samedi à dimanche, à un accord pour « sauver l’année scolaire », paralysée depuis plusieurs mois par une grève des enseignants soutenus par les élèves.

Les termes précis de l’accord n’ont pas été dévoilés, mais les enseignants ont obtenu des avancées sur leurs revendications : adoption d’un statut valorisant le personnel, amélioration de la qualité de l’enseignement, de l’accès à l’éducation et des conditions de travail, et revalorisation de la fonction enseignante.

« Rattraper le temps perdu »

« Nous sommes parvenus aujourd’hui à un accord au terme d’un long conflit social qui perturbait le fonctionnement de l’école burkinabè. Le gouvernement et le peuple burkinabé sont soulagés de voir le protocole d’accord que nous avons signé ce soir avec la coordination des syndicats de l’éducation », s’est félicité le premier ministre Paul Kaba Thièba à l’issue des tractations qui ont duré jusque tard dans la nuit. « Dès lundi, les élèves vont retrouver le chemin de l’école dans la sérénité », s’est-il réjoui.

« Ce soir, nous avons obtenu un protocole d’accord. Au nom de l’intérêt général, de l’enfant burkinabè, les deux parties se sont entendues pour que l’école burkinabè puisse être reprise dans les jours à venir », a confirmé Wendyam Zongo, le porte-parole de la Coordination des syndicats de l’éducation nationale, regroupant une quinzaine d’organisations.

Ces dernières semaines, la radicalisation des syndicats de l’enseignement avait fait grandir le risque d’une année blanche pour les élèves. « Nous ne sommes pas satisfaits à 100%, mais les choses ont bougé et c’est cela qui nous permet de reprendre les cours », a indiqué Wendyam Zongo, précisant que « les quatre points des revendications ont connu une évolution ».

« À partir de cet instant, les mots d’ordre de grève sont levés (et) nous allons rattraper le temps perdu », a assuré le porte-parole des syndicats.

http://www.jeuneafrique.com/522855/politique/burkina-faso-les-syndicats-et-le-gouvernement-signent-un-accord-pour-sauver-lannee-scolaire/?utm_source=Newsletter_JA_Actu&utm_medium=Email&utm_campaign=Newsletter_JA_Actu_29_01_18

La Françafrique revue et corrigée par Macron

La Françafrique revue et corrigée par Macron

Le 28 novembre 2017, à l’université de Ouaga I au Burkina Faso, le président français a pris la parole devant 800 étudiants. Aidé par son passé de banquier, Emmanuel Macron est resté courtois et policé malgré quelques égarements à mettre sur le compte de sa jeunesse. Le président qui jouait parfois au maître de cérémonie a annoncé qu’« il n’y a plus de politique africaine de la France !! ». Traduction : « la Françafrique c’est terminé ». Attention ! Comme tout bon banquier, il veut rassurer ses clients africains pour mieux les spolier…

 

Quelque soit leur âge, les présidents français considèrent l’Afrique comme l’arrière-cour idéale pour s’essayer au paternalisme et à la profanation des symboles africains. Rappelez-vous. En 2007, c’est à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar que Nicolas Sarkozy avait déclaré que  « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire ». Niant sur sa « tombe », les nombreuses recherches et prodigieuses découvertes faites par le célèbre savant sénégalais dont l’université qui accueillait M. Sarkozy porte le nom ! Il y a qu’un président français pour faire preuve d’un tel négationnisme.

Ce 28 novembre 2017, bravant les foules qui criaient « Non à l’impérialisme français », jetant des cailloux sur le cortège présidentiel, le jeune Emmanuel Macron a choisi l’université Joseph Ki Zerbo de Ouagadougou au Burkina Faso pour annoncer aux Burkinabés et par extension, aux Africains qu’« il n’y a plus de politique africaine de la France !! ». Traduction : la Françafrique c’est terminé ; il faut tourner la page. Or Joseph Ki-Zerbo disait justement que « pour tourner une page de l’Histoire, il faut d’abord la lire ».

En conseillant aux Africains de faire du passé table rase, Emmanuel Macron s’inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs qui, inspirés par les « spécialistes de la pensée prélogique du Nègre », veulent nous faire prendre les vessies crevées pour des lanternes. Sinon, en 2017, le président français a-t-il besoin de prendre un vol intercontinental pour aller annoncer la mort d’une Françafrique qui avait déjà été déclarée morte et enterrée par ses prédécesseurs directs à savoir Nicolas Sarkozy et François Hollande? Il y a anguille sous roche.

En prenant le soin de ne pas la nommer, Emmanuel Macron annonce donc la fin de la Françafrique depuis Ouagadougou. Le nouveau maître de l’Elysée peut-il réussir là où tous ses prédécesseurs ont échoué si tant est qu’ils voulaient réellement mettre un terme à ces réseaux obscurs de pillage de l’Afrique?

Il ne faut pas être naïf. Ce n’est pas un ancien banquier d’affaires, de surcroît cadre sénior (malgré sa jeunesse) chez Rothschild qui viendra liquider la Françafrique. Que diront/feront ses patrons d’hier et probablement de demain s’il tue la poule aux œufs d’or ? Il y a une vie après le mandat présidentiel. Et le président Macron n’a que 39 ans…

« Il n’y a plus de politique africaine de la France !! ». Cette phrase du président Macron peut être comprise au moins de deux manières. 1-L’ère de la Françafrique comprise comme ensemble de réseaux de pillage des ressources du continent africain et d’infantilisation des Africains est révolue. 2-L’Afrique n’occupe plus une place particulière dans la politique extérieure de la France.

La deuxième hypothèse est à exclure puisque dans son discours, le président français a insisté sur le fait que « l’Afrique est gravée dans la mémoire française, dans la culture, dans l’Histoire, dans l’identité de la France et c’est là une force et une fierté que je veux cultiver, que je veux porter comme un atout de la France […] ». « L’Afrique n’est ni un encombrant  passé,  ni un voisin parmi d’autres », a-t-il ajouté.

Faut-il en déduire que Emmanuel Macron a signé l’acte de naissance de la Françafrique à Ouagadougou ? Une lecture naïve permet de répondre par l’affirmative. D’autant plus que le président de la « Rupture » a donné des gages de sa sincérité. Donnant l’impression de vouloir rompre avec l’opacité qui a toujours caractérisé les relations franco-africaines, Emmanuel Macron a tenu à expliquer avec qui il a préparé sa visite au pays de Thomas Sankara. Pour les féliciter, il a cité « les membres du Conseil présidentiel pour l’Afrique [avec qui il a] préparé ce déplacement ».

 

L’omission volontaire du président Macron

 

Seulement, M. Macron a « oublié » un détail pourtant très important. Les membres du Conseil ont certes participé à la préparation de sa tournée africaine. Mais c’est surtout au 2, rue de l’Elysée, à Paris que les détails les plus importants ont été réglés. En effet, au 2, rue de l’Elysée, se trouve la Cellule africaine fondée par un certain…Jacques Foccart. Aujourd’hui, le maître des lieux s’appelle Frank Paris. Dans son cabinet, l’on retrouve la « tapisserie des Gobelins et la terrasse fleurie » (1) laissées par le doyen Foccart, de regrettée mémoire.

Avec ses collaborateurs, Frank Paris et son adjointe, Marie Audouard sont payés pour informer le président sur l’Afrique. Ils lui soumettent des fiches avant tout déplacement en Afrique ou rencontre avec une personnalité africaine. Tous les coups tortus de la France en Afrique sont préparés dans ce haut lieu du secret depuis 1960. Elimination des nationalistes, soutien à un dictateur ami de Paris, guerres de rapine déguisées en opérations humanitaires, les salariés de la Cellule n’ont jamais chômé.

On se rappelle que lors de sa visite du 19 mai 2017 au Mali, le président Macron était accompagné entre autres par Frank Paris. Battant tous les records d’infantilisation de l’Afrique par les présidents français, Emmanuel Macron n’a pas cru nécessaire de passer par la capitale malienne, siège des institutions. Il a atterri à Gao, au Nord du Mali (où la France a une base militaire), et y a convoqué le président Ibrahim Boubacar Kéita. A son arrivée à Gao, le président malien a été reçu par le président…français. Beaucoup de spécialistes des questions diplomatiques n’ont pas vu pareille scène dans leur carrière. C’est ce qui convient d’appeler la Françafrique version Macron.

Le 28 novembre, pour tromper la vigilance des naïfs, le lointain successeur de Jacques Foccart à la Cellule africaine est resté en retrait. Sa présence dans la suite présidentielle au Burkina Faso aurait alerté la terre entière sur le double langage de Macron.

Pour les questions africaines et contrairement à ses dénégations en public, Emmanuel a pris un homme rompu à la diplomatie des couloirs. Frank Paris a été au cabinet de Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense. L’actuel patron de la Cellule est de ceux qui, grâce à la propagande de guerre, ont convaincu le monde entier que l’intervention française au Sahel (opération Serval, puis Barkhane) et en République centrafricaine (Opération Sangaris) étaient humanitaires. Or, il s’agissait des guerres de rapine qui ont pris la lutte contre le terrorisme pour le cas du Mali et la prévention du génocide en RCA comme prétextes. Il fallait cacher les intérêts économiques de ces interventions pour gagner les cœurs. Et la Françafrique doit sa force au fait que les présidents français ne disent jamais aux Français ce qu’ils font en Afrique et ne font jamais en Afrique ce qu’ils ont promis aux Africains.

 

Macron et la politique de containment

 

Emmanuel Macron pouvait se rendre dans l’un des 14 pays francophones du continent pour y prononcer son discours de politique africaine. Au Bénin, en République centrafricaine, au Sénégal, au Cameroun…, il aurait reçu le même accueil chaleureux sinon plus. Mais, il a choisi le Burkina Faso. Rien n’a été fait au hasard. A Paris, l’on sait très bien que les Africains ont décidé de regarder ailleurs. Ils ont tourné leurs yeux vers l’Asie. Ils préfèrent désormais traiter avec les Chinois, Indiens… Bien plus, les Africains se réapproprient de plus en plus les discours révolutionnaires de Thomas Sankara devenu l’idole d’une jeunesse africaine désireuse de s’émanciper, de signer l’acte de décès de la Françafrique pour qu’enfin les ressources africaines soient gérées par les Africains et pour le bien-être des Africains.

Si une telle aspiration est légitime, elle est mal perçue à Paris et il faut tout faire pour tenter de la saborder. Car elle sera lourde de conséquences pour les multinationales tricolores. Par ces temps de crise, il ne faut surtout pas laisser les Africains mettre en application le credo de Sankara : « produisons ce que nous consommons et consommons ce que nous produisons […] ». Le Burkina était le lieu idéal pour lancer un appel aux Africains. Leur dire que la France a changé. Tant et si bien que son président s’exprime dans un « amphithéâtre marxiste et panafricain ». Seulement, ce discours à un goût de réchauffé.

En effet, pendant sa campagne électorale en 2007, Nicolas Sarkozy avait annoncé la mort de la Françafrique avec la pugnacité qu’on lui connait. Il s’était posé en candidat de la « Rupture » dans les relations entre la France et l’Afrique. Laurent Gbagbo, incarcéré à la Cour pénale internationale à La Haye peut mieux nous renseigner sur la vitalité de la Françafrique sous Sarkozy. Les Dossiers de la Cour publiés début octobre 2017 par Médiapart peuvent être lus en guise de complément d’enquête sur le sujet. En 2008, sur instruction du sulfureux président gabonais Omar Bongo, Nicolas Sarkozy a viré Jean Marie Bockel de son poste de Secrétaire d’Etat à la Coopération. Le crime de M. Bockel ?, avoir déclaré dans une interview au quotidien le monde : « La Françafrique est moribonde. Je veux signer son acte de décès. Certains pays ont d’importantes ressources pétrolières, mais leur population n’en bénéficie pas ». Deux mois après, la Françafrique a signé son limogeage du gouvernement français. Le président de la Rupture avec les manœuvres françafricaines a instrumentalisé l’Otan pour assassiner le Guide libyen Mouammar Kadhafi…

 

Changer le ton pour que rien ne change dans la Françafrique

 

Pendant la campagne présidentielle de 2012 en France, François Hollande avait annoncé : « Je romprai avec la “Françafrique”, en proposant une relation fondée sur l’égalité, la confiance et la solidarité ». Arrivé à L’Elysée, le président Hollande a mis trop d’eau dans son vin de campagne ! Il est devenu l’ami de ceux qu’il vilipendait lorsqu’il sollicitait le suffrage de ses compatriotes. En 2013, le président François Hollande a été reçu en grandes pompes par Paul Biya au pouvoir depuis 33 ans. La même année, Dos Santos au pouvoir en Angola depuis 36 ans a déroulé le tapis rouge au président socialiste. En 2014, le Tchadien Idriss Déby arrivé au pouvoir par coup d’Etat a eu droit à une visite du président Hollande. D’ailleurs, ce dernier n’est-il pas personnellement allé convaincre le président putschiste égyptien Fatal Al Sissi d’acheter les avions Rafale du constructeur français Dassault ? Précision importante. Ces visites dans les palais des dictateurs ont permis aux multinationales Bolloré, Gemalto, Dassault… d’étoffer leur registre client.

Avec Macron, le ton va quelque peu changer en s’adoucissant. Il ne faut pas oublier que le président Macron est d’abord un banquier. Pour exceller dans ce métier, il faut savoir être policé, soft dans le discours. Il faut rassurer le client pour mieux le spolier. C’est ce que Macron a fait à Ouagadougou.

 

Notes

(1) Christophe Boisbouvier, Jeune Afrique, N°2956 du 3 au 9 septembre 2017, P.18

 

Source : Le journal de l’Afrique N° 37, décembre 2017

https://www.investigaction.net/fr/la-francafrique-revue-et-corrigee-par-macron/

Macron à Ouagadougou : son discours à la loupe

Macron à Ouagadougou : son discours à la loupe

Adrien Rivierre / Spécialiste de la prise de parole en public chez Brightness
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Macron Ouagadougou : discours loupe

Macron à Ouagadougou : son discours à la loupe

LE CERCLE/POINT DE VUE – Ses provocations, son franc-parler, sa gestuelle, son intonation, sa vision du futur… Adrien Rivierre, spécialiste de la prise de parole en public, analyse le discours d’Emmanuel Macron à Ouagadougou.

Un discours de rupture sur l’Afrique. Voilà comment il serait possible de résumer la prise de parole d’Emmanuel Macron à Ouagadougou. Pendant près de trois heures (un peu moins de deux heures de discours et une heure de questions-réponses avec des étudiants), le président français a avancé avec conviction sa volonté de renforcer les relations franco-africaines.

Peu de promesses formulées pour sa première tournée africaine, mais des initiatives comme la levée du secret défense sur l’assassinat de Thomas Sankara, la possibilité d’obtenir des visas de longue durée ou l’octroi de bourses scolaires.

Macron a voulu rompre avec ses prédécesseurs

Mais ce qui frappe de prime abord, c’est la parole de rupture dont a fait preuve Emmanuel Macron. Pour rompre avec ses prédécesseurs et avec la vision colonialiste de la France, le président de la République a affirmé : «je suis comme vous, d’une génération qui n’a jamais connu l’Afrique comme un continent colonisé».

Lire aussi : Au Burkina Faso, Macron a alterné éloges et provocations

Autrement dit, il s’est immédiatement positionné du côté de la jeunesse pour s’attirer leur bienveillance et montrer que ses aspirations sont similaires aux leurs. Il insiste alors à plusieurs reprises sur la différence entre lui, incarnation du présent et de l’avenir, et les présidents passés notamment avec l’utilisation de l’anaphore : «Je suis d’une génération qui…».

Un président provocateur et un brin moqueur

Sur la forme, très à son aise, il n’a pas hésité à dire les choses sans langue de bois voire avec un ton provocateur. Lors de la séance de questions-réponses, il s’est notamment exprimé avec un franc-parler inédit, voire inhabituel au cours d’une représentation officielle.

Ainsi, lorsqu’il évoque le fait que le président burkinabé doit moderniser le réseau électrique de son pays, et que celui-ci sort de la salle au même moment, Emmanuel Macron lance en rigolant : «Du coup, il s’en va. Reste là ! Du coup, il est parti réparer la climatisation». Une familiarité rarissime et surprenante qui pourrait froisser plus d’un de ses homologues internationaux.

Les étudiants n’ont pas non plus été ménagés comme quand il répond à l’un d’eux avec un ton un brin moqueur : «Je ne sais pas dans quelle filière vous êtes, mais à mon avis si vous faites histoire, géo ou science politique, il va falloir bosser dur pour la fin d’année !».

Cette parole sans détour, désormais une véritable marque de fabrique macronienne, vise à renforcer son éthos, c’est-à-dire l’image qu’il renvoie en tant qu’orateur, dont les traits principaux sont le parler-vrai (un discours de vérité), la volonté d’entreprendre qu’importe les obstacles et un engagement de tous les instants.

L’idée d’un autre avenir commun

Hier, l’engagement du président français était d’ailleurs total avec l’emploi à de très nombreuses reprises de l’expression «nous devons». Cette dernière appelle à la responsabilité de chacun, Français comme Burkinabés, et met en lumière tous les efforts qu’il reste à accomplir.

En effet, l’ensemble du discours s’articule selon un axe temporel simple. Il y a tout d’abord la volonté de rompre avec une histoire commune marquée par le colonialisme et les promesses non tenues. Or justement, ce discours incarne cette rupture et vise à se focaliser sur un avenir commun plus respectueux et prospère.

Cette vision future est particulièrement identifiable à la fin de l’intervention lorsqu’Emmanuel Macron affirme que la langue française pourrait devenir la langue la plus parlée au monde en 2050.

Mais pour ne pas que cette projection ne soit qu’une chimère, il prend soin de la relier à des actions concrètes et individuelles, à entreprendre sans plus attendre. Ainsi, chacun des membres de l’audience est invité à défendre la langue française au quotidien et à continuer à la pratiquer dans sa diversité. Emmanuel Macron a même annoncé qu’un dictionnaire de la francophonie serait rédigé par l’Académie française.

Des gestes amples

Cette parole engagée se retrouve dans le langage corporel du président avec des gestes souvent amples, le bras tendu ou les poings serrés. Lorsqu’il est convaincu, Emmanuel Macron se détache de ses notes, notamment à la fin, et transmet ses messages avec plus de force. La richesse de sa voix se fait aussi plus grande avec des modulations passant d’une voix presque chuchotée à une voix plus puissante.

Néanmoins, le coeur de l’intervention repose sur la lecture de ses notes, qui posées sur le pupitre, l’oblige à baisser le regard rompant alors le contact visuel avec l’audience.

Adrien Rivierre est spécialiste de la prise de parole en public chez Brightness

@Adrien_Riv

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«Pas à moi de réparer votre électricité»: Macron au président du Burkina qui quitte la salle (VIDEO)

«Pas à moi de réparer votre électricité»: Macron au président du Burkina qui quitte la salle (VIDEO)

«Pas à moi de réparer votre électricité»: Macron au président du Burkina qui quitte la salle (VIDEO)
Emmanuel Macron devant le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, et les étudiants de l’université de Ouagadougou le 28 novembre 2017, photo ©ludovic MARIN / AFP

Devant les étudiants de l’université de Ougadougou, Emmanuel Macron a déclenché l’hilarité de l’assistance aux dépens du président du Burkina Faso. De nombreux internautes ont jugé que le dirigeant burkinabè avait été «humilié» par son homologue.

Emmanuel Macron a-t-il fini par brouiller le message qu’il souhaitait faire passer devant les étudiants de l’université de Ouagadougou au Burkina Faso ce 28 novembre 2017 ?

Venu dans un contexte tendu pour parler sur un pied d’égalité avec les Africains, le président français a pourtant flirté dangereusement avec les limites diplomatiques à plusieurs reprises. «Mais vous m’avez parlé comme si j’étais le président du Burkina Faso», a-t-il ainsi lancé en réponse à une question de l’assistance sur le mauvais état de l’université de Ougadougou. Alors que, précisément, les liens entre la France, la Françafrique et le néo-colonialisme étaient au cœur de ce déplacement.

Il s’en va… Reste là ! Du coup, il est parti réparer la climatisation…

Humiliation ? Le président du Burkina Faso quitte la salle

«Quelque part vous me parlez comme si j’étais encore une puissance coloniale», a encore souligné le président. «Mais moi je ne veux pas m’occuper de l’électricité dans les universités au Burkina Faso», a-t-il encore martelé sur un ton mi-amusé, mi-excédé. Et de s’exclamer, alors que l’agitation de l’assistance, partagée entre rires, applaudissement et sifflet, était palpable : «C’est le travail du président [du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré]. L’intéressé quittant subitement la salle, Emmanuel Macron lui lance encore, le tutoyant : «Du coup, il s’en va… Reste là ! Du coup, il est parti réparer la climatisation…»

Lire aussi : Burkina Faso : Macron estime que le Franc CFA est «une bonne chose» mais propose d’en changer le nom

Sur Twitter, plusieurs internautes ont estimé qu’Emmanuel Macron avait tout simplement «humilié» son homologue burkinabè.

A noter que la vidéo publiée sur le compte twitter d’Emmanuel Macron a été expurgée de ce moment précis.

Emmanuel Macron d’humeur pugnace ?

Durant la séance de questions réponses, le président de la République ne semble pas être parvenu à se départir d’un ton pédagogique, oscillant entre humour et quasi-énervement.

Peu après le départ du président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, une étudiante interpelle Emmanuel Macron sur le faible nombre, selon elle, d’étudiants africains boursiers en France, chiffre qu’elle compare aux soldats français présents en Afrique. «Mais mademoiselle, je préfèrerais vous envoyer beaucoup moins de soldats», rétorque alors Emmanuel Macron, et d’ajouter, la pointant du doigt : «Ce que vous devriez faire… Imaginez que vous êtes une jeune femme qui vit à Angoulême […] et elle a son jeune frère qui se bat dans les troupes françaises et qui est peut-être mort ces derniers mois pour vous.»

Auteur: RT France

«Ne venez pas me raconter… me parler comme ça des soldats français ! Vous ne devez qu’une chose pour les soldats français : les applaudir», a-t-il encore martelé.

«La Françafrique n’est pas morte»

Se réclamant «d’une génération qui ne vient pas dire à l’Afrique ce qu’elle doit faire» et soulignant qu’«il n’y a plus de politique africaine de la France», Emmanuel Macron a tenté de se défaire de l’image parfois paternaliste véhiculée par la France en Afrique.

Mais le succès est mitigé, à en juger par les réactions sur les réseaux sociaux.

«Macron s’est comporté à Ouagadougou comme un petit administrateur de la coloniale, imbibé d’absinthe. Paternalisme, défense du franc CFA, glorification de soldats accusés de viols en Centrafrique. La Françafrique n’est pas morte. Définitivement», a commenté un internaute.

D’autres l’ont jugé «donneur de leçons» ou ont estimé qu’il avait fait preuve de «condescendance» voire d’«arrogance».

«Imaginons un président de pays étranger avoir une telle attitude en France et dire la même chose à Macron», a remarqué une autre internaute.

Lire aussi : «Des Africains qui exploitent d’autres Africains» : Macron sur le trafic d’êtres humains en Libye

 

https://francais.rt.com/international/46032-vous-me-parlez-comme-si-president-burkina-faso-macron

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