Archives pour la catégorie Burkina Faso

La ministre des Armées a débuté une visite des pays du Sahel.

Défense & Sécurité

Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable

Sahel : Florence Parly au contact de l’opération Barkhane

Facebook
Twitter
LinkedIn
Pinterest

Publié par Jean-Baptiste Le Roux le 4 Novembre 2019

La ministre des Armées a débuté une visite des pays du Sahel. Deux jours après la mort d’un militaire français, elle doit rencontrer le nouveau commandant de la force Barkhane, ainsi que le président tchadien.

Florence Parly est arrivée au Tchad

Sahel : Florence Parly au contact de l’opération Barkhane

Une visite sous très haute sécurité. Deux jours seulement après la mort du brigadier de 24 ans Ronan Pointeau, tué par un IED qui a explosé au passage de son véhicule, la ministre des Armées françaises vient prendre le pouls de l’opération Barkhane, dans les pays du Sahel. Une visite qui a débuté lundi 4 novembre par un arrêt au Tchad, à N’Djamena.
Sur place, Florence Parly doit notamment rencontrer le président tchadien, Idriss Déby, ainsi que le nouveau commandant de la force Barkhane, le général Pascal Facon. Pour rappel, l’opération Barkhane est une opération militaire française qui mobilise 4.500 soldats, menée conjointement avec les autorités locales, qui se déroule dans la bande sahélo-saharienne (Mali, Tchad, Burkina Faso, Niger et Mauritanie).

Barkhane, l’enlisement ?

Pour des raisons de sécurité évidentes, après la mort du brigadier Ronan Pointeau, et l’attaque contre la base des forces armées maliennes (FAMa), toutes deux revendiquées par le groupe djihadiste État islamique au Grand Sahara (EIGS), les autres étapes de la visite de Florence Parly sont tenues secrètes. Quoi qu’il en soit, la ministre des Armées vient prendre la température d’une situation devenue de plus en plus complexe pour les armées françaises.
Cela fait six ans que les exactions djihadistes perdurent dans cette zone de l’Afrique. Sur place, la menace terroriste s’étend désormais du Nord du Mali au centre du pays, en passant par le Burkina Faso et le Niger. Les forces locales semblent démunies face à un tel conflit, malgré l’aide de contingents étrangers, dont les militaires français.

Tags : A la uneArméesBarkhaneBurkina FasoDéfenseFAMaFlorence ParlyFranceIdriss DébyInternationalMaliministre des ArméesNationalNigerOpérationPascal FaconRonan PointeauSahelSécuritéTchad

https://www.enderi.fr/Sahel-Florence-Parly-au-contact-de-l-operation-Barkhane_a563.html

Publicités

Sahel : une cécité volontaire

Sahel : une cécité volontaire

Partager sur

15 octobre, 2019
NoteLeslie Varenne

Au cours des quinze derniers jours, les événements dramatiques se sont succédé à une vitesse effrénée dans la Bande sahélo-saharienne (BSS). Paradoxalement, les communications officielles des gouvernements malien, burkinabè sont déconcertantes d’optimisme. Quant à celle du Conseil de sécurité, le 12 octobre, elle ne pourrait être plus lénifiante. Les populations, elles, ne sont pas dupes, l’inquiétude se lit sur les visages. Elles ont compris que la crise s’inscrivait dans un temps long. Elles ne comptent plus que sur leur propre force pour survivre et sécuriser leur famille, leur village, leur zone. Les échecs militaires assortis d’une absence de réponse politique les poussent à s’interroger sur les raisons de leurs malheurs et sur les agendas des acteurs nationaux et internationaux. Cette situation provoque également la colère des habitants de la BSS. La manifestation qui a tourné à l’émeute le 12 octobre à Sévaré contre la MINUSMA, co-accusée avec l’opération française Barkhane « d’inertie face à la situation sécuritaire dans le centre du pays », est un signal fort, exprimant le niveau d’exaspération et d’élévation de la température. Le même jour, à Ouagadougou était organisé, par plusieurs associations, une journée anti-impérialiste pour demander le départ des forces étrangères. La gronde pourrait se propager…   

Attaque du camp de la MINUSMA à Sévaré

Montée en puissance des forces djihadistes

D’après une source sécuritaire, lors de l’attaque de la base du G5 Sahel à Boulkessi et d’un camp des forces armées maliennes à Mondoro dans la nuit du 29 octobre, les soldats ont essuyé une pluie d’obus venant de tous les côtés puis les terroristes se sont rendus maîtres des lieux avant de s’enfuir. Cela prouve d’une part, le bon niveau de préparation militaire et la maîtrise du terrain ; d’autre part, cela confirme que les djihadistes maliens comptent désormais dans leurs rangs des éléments aguerris, parmi lesquels des étrangers ayant fait leurs armes au Moyen-Orient, comme l’IVERIS le notait dans un précédent article et comme le groupe des experts de l’ONU sur le Mali l’a écrit également dans son dernier rapport

Cette attaque a été revendiquée par le JNIM, de lyad AG Ghali. qui a déclaré que son organisation avait tué 85 soldats, fait deux prisonniers et saisi des pickup, des munitions et des matériels lourds.

Toujours au Mali, une semaine plus tard, les terroristes maliens ont signé une énième attaque contre les forces armées présentes sur le territoire, en tuant un casque bleu par l’explosion d’un engin lors du passage du véhicule de la MINUSMA dans la région d’Aguelhok.

Au Burkina Faso voisin, les quinze derniers jours ont été tout aussi violents, illustrant ainsi la désespérante dégradation sécuritaire. Les mêmes djihadistes qui opèrent au Sahel de part et d’autre de la frontière, adoptent une stratégie différente en poursuivant des objectifs distincts selon les pays. Dans cet Etat, ce sont les populations civiles qui sont les premières ciblées lors d’attaques non revendiquées par des hommes armés non identifiés. Ainsi, en moins de quinze jours, cinq attaques, dont celle d’un site d’orpaillage, ont fait au moins 48 victimes. Le mode opératoire est toujours le même les assaillants arrivent en moto, tuent, pillent, volent le bétail et incendient maisons et bâtiments publics, forçant ainsi les habitants à quitter leurs villages et à venir grossir le rang des déplacés à Ouagadougou.

Un débat nauséabond

Toujours au Burkina-Faso, le 11 octobre, la grande mosquée de Salmossi, près de Gorom-Gorom a été la cible d’hommes armés, 16 fidèles ont été froidement assassinés pendant leur prière. Cet acte n’a pas été revendiqué, mais il ne semble pas signé par les groupes armés de la zone qui ne s’en prennent pas aux mosquées. Cela s’inscrit plus vraisemblablement dans le cycle attaques de djihadistes/représailles sur des populations soupçonnées de collaborer avec les terroristes. Tout porte à croire que cette tuerie est l’œuvre d’une milice, comme celle des Koglweogos qui avait commis le massacre de Yirgou, de sinistre mémoire.

Par ailleurs, ce drame survient précisément au moment où un débat agite la société burkinabè sur l’utilité de créer des milices d’autodéfense. Loin d’être anodin, ce débat entérine la faiblesse de l’Etat et de son armée, ouvre la voie à des représailles aveugles, à la chasse aux boucs émissaires, aux massacres dits « intercommunautaires » comme celui d’Ogossagou…

Déconnectés du réel

C’est dans ce contexte que les gouvernements malien et burkinabé, ont cru bon de faire la promotion du tourisme en participant au salon IFTM-TOP Résa à Paris, alors qu’au moins un tiers de leur territoire respectif échappe au contrôle de leur Etat. Interrogé sur RFI, Amadou Maïga chargé de mission au ministère de l’Artisanat et du Tourisme du Mali a déclaré : « lorsqu’il y a du terrorisme, lorsqu’il y a de l’insécurité les gens ont peur, c’est vrai, mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas envoyer les gens à Tombouctou, les gens peuvent partir partout au Mali, mais il faut simplement organiser et les sécuriser… »  Cette saillie pourrait prêter à sourire si elle ne démontrait pas la déconnection des élites et leurs dénis des réalités.

Leurs pays sont en guerre et leurs dirigeants communiquent comme s’ils étaient en temps de paix. A ce titre, le communiqué du dernier conseil des ministres du Burkina Faso est édifiant. Hormis un décret pris sur le blanchiment et le financement du terrorisme, rien concernant la situation sécuritaire, humanitaire ou sur le sort des déplacés, en revanche il a été décidé qu’un projet de loi sur le… tourisme sera présenté aux députés !

Le communiqué du gouvernement malien après l’émeute de Sévaré où les populations ont saccagé les dépôts de la MINUSMA est tout aussi surprenant. « Le gouvernement appelle les manifestants au calme et à la retenue ; les invite à privilégier le dialogue dans les revendications sociales. Il souligne qu’il est important que les populations apprennent à revendiquer et à s’exprimer sans violence ni vandalisme. Nous devons étonner le monde, en lui montrant notre capacité à transformer la colère en débat et les revendications en solutions concrètes. » Ce communiqué « original » a été vite retiré pour faire place à un autre plus politiquement correct « Le gouvernement condamne avec la plus grande fermeté ces actes intolérables… »

En ce qui concerne les solutions concrètes, c’est précisément ce qu’attendent les populations. Quant à étonner le monde, le Mali le fait déjà.  Lors d’un récent voyage à Bamako, l’auteur de ces lignes a recueilli le commentaire d’un Bamakois : « Au Mali tout est inédit. C’est le seul pays qui achète des avions et reçoit des épaves, c’est le seul pays où l’opposition a le portefeuille de ministre des Affaires Etrangères, le seul pays où des groupes armés sont rebelles le jour, terroristes la nuit et trafiquants tout le temps ; le seul pays où la mauvaise foi politique et la corruption atteignent de tels sommets. »

Dans ces conditions, il est compréhensible que Burkinabè et Maliens doutent de la capacité et de la volonté de leurs dirigeants de les sortir de ce guêpier ; d’autant que ces Etats, et surtout le Mali, sont entrés dans une économie de guerre qui profite aux élites de toutes les parties au conflit. Ce ne sont sûrement pas, non plus, les grandes messes du type de celle qui a eu lieu le 14 septembre dernier à Ouagadougou où la CEDEAO se réunissait en session extraordinaire sur le terrorisme, qui permettront aux populations de retrouver la confiance. Le communiqué final n’étant qu’une longue suite de vœux pieux, dont aucun n’a vu le début d’un commencement de mise en œuvre.  

La crise de confiance touche aussi Barkhane. Pas un jour ne se passe sans que les médias maliens et burkinabè ne se fassent l’écho du mécontentement et des interrogations, avec parfois des arguments logiques « Pourquoi la France n’a-t-elle pas vu les colonnes de pick-up se dirigeant vers Boulkessi et Mondoro ? » et d’autres ahurissants : « Aussi longtemps que durera la crise, les forces françaises, onusiennes et le G5 Sahel se ravitailleront dans les stations Total ce qui est une aubaine pour le trésor français ! »

Si la France est soupçonnée d’avoir un agenda caché ce n’est pas seulement parce que la force Barkhane n’arrive pas à contenir les groupes terroristes, c’est aussi et surtout à cause de sa politique illisible qui laisse la place à tous les fantasmes. Après avoir beaucoup communiqué, fait preuve de volontarisme, affiché un optimisme béat en annonçant d’un air martial des victoires du G5 Sahel pour… 2018, Emmanuel Macron semble aujourd’hui tétanisé. Le Quai d’Orsay se tait. Lors de l’attaque des camps militaires, Jean-Yves le Drian a fait le service minimum en publiant un communiqué succinct. Les ministères de la Défense et des Affaires étrangères auraient commandé des rapports à des instituts privés pour trouver des pistes de sorties, preuve de leur désarroi. En soutenant des chefs d’Etats qui ont perdu la confiance de leurs peuples, en fermant les yeux sur leurs pratiques exécrables, comme la création de milices et les trafics en tous genres, les dirigeants français ont placé l’armée française dans une impasse. L’Opération Barkhane est désormais perçue par les opinions publiques comme une assurance tous risques pour des dirigeants corrompus et peu soucieux de leurs peuples.  Comment gagner une guerre lorsque l’on n’ouvre aucune perspective pour la paix ?

Un intellectuel malien décrypte : « La France, comme le G5 Sahel et la Minusma sont partis d’un postulat faux, ils n’ont pas fait une analyse fine de ce type de conflits qui est une superposition de crises qui ont conduit au délitement des Etats. Aujourd’hui la France ne connaît plus l’Afrique, ces élites s’abreuvent des livres d’histoire avec des clichés totalement dépassés. Du coup, le jeu est totalement faussé, tant qu’on ne fera pas la bonne analyse, on ne fera la paix ni au Sahel ni ailleurs. »

Persaverare diabolicum

Le pire serait que la France persiste dans ses erreurs en soutenant, quoiqu’elle en dise, la seule option militaire ; qu’elle ne prenne pas acte de l’échec du G5 Sahel et qu’avec l’Allemagne, elle pousse à son élargissement à certains pays de la CEDEAO, sous quelques formes que ce soient. Alors que les djihadistes adoptent leur stratégie en fonction des spécificités locales, il est vain et illusoire de vouloir globaliser les solutions à toute l’Afrique de l’Ouest. D’autant que les Etats entrant dans cette nouvelle coalition deviendraient de facto la cible d’al-Qaida (JNIM) ou de l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS). En prime, ces deux organisations risquent fort d’être renforcées par les combattants de Daech qui ont réussi à fuir la Syrie à la faveur de l’intervention turque…

Comment sortir du tunnel et rendre l’espoir à la fois aux populations et à ceux qui s’en soucient ? La situation actuelle ne permet pas de conclure sur une ombre de solution, puisque perdurent les dogmes et les pratiques qui ont conduit à cet échec. Au-delà des diagnostics sévères, l’IVERIS s’efforce toujours de donner des axes de réflexions, mais rien n’est possible dans une telle atmosphère. Rien ne pourra changer, aucune proposition ne sera efficace, aucune action ne pourra être entreprise tant que le mensonge et l’aveuglement régneront au Sahel : la situation est grave, mais elle n’est désespérée que si on ne veut pas la regarder.  

Leslie VarenneTags:
mali; bssburkina fasofranceterrorismesahel; afrique de l’ouest;https://www.iveris.eu/list/notes/450-sahel–une-cecite-volontaire–/

Sahel : une cécité volontaire ?

Sahel : une cécité volontaire ?

Partager sur

15 octobre, 2019
NoteLeslie Varenne

Au cours des quinze derniers jours, les événements dramatiques se sont succédé à une vitesse effrénée dans la Bande sahélo-saharienne (BSS). Paradoxalement, les communications officielles des gouvernements malien, burkinabè sont déconcertantes d’optimisme. Quant à celle du Conseil de sécurité, le 12 octobre, elle ne pourrait être plus lénifiante. Les populations, elles, ne sont pas dupes, l’inquiétude se lit sur les visages. Elles ont compris que la crise s’inscrivait dans un temps long. Elles ne comptent plus que sur leur propre force pour survivre et sécuriser leur famille, leur village, leur zone. Les échecs militaires assortis d’une absence de réponse politique les poussent à s’interroger sur les raisons de leurs malheurs et sur les agendas des acteurs nationaux et internationaux. Cette situation provoque également la colère des habitants de la BSS. La manifestation qui a tourné à l’émeute le 12 octobre à Sévaré contre la MINUSMA, co-accusée avec l’opération française Barkhane « d’inertie face à la situation sécuritaire dans le centre du pays », est un signal fort, exprimant le niveau d’exaspération et d’élévation de la température. Le même jour, à Ouagadougou était organisé, par plusieurs associations, une journée anti-impérialiste pour demander le départ des forces étrangères. La gronde pourrait se propager…   

Attaque du camp de la MINUSMA à Sévaré

Montée en puissance des forces djihadistes

D’après une source sécuritaire, lors de l’attaque de la base du G5 Sahel à Boulkessi et d’un camp des forces armées maliennes à Mondoro dans la nuit du 29 octobre, les soldats ont essuyé une pluie d’obus venant de tous les côtés puis les terroristes se sont rendus maîtres des lieux avant de s’enfuir. Cela prouve d’une part, le bon niveau de préparation militaire et la maîtrise du terrain ; d’autre part, cela confirme que les djihadistes maliens comptent désormais dans leurs rangs des éléments aguerris, parmi lesquels des étrangers ayant fait leurs armes au Moyen-Orient, comme l’IVERIS le notait dans un précédent article et comme le groupe des experts de l’ONU sur le Mali l’a écrit également dans son dernier rapport

Cette attaque a été revendiquée par le JNIM, de lyad AG Ghali. qui a déclaré que son organisation avait tué 85 soldats, fait deux prisonniers et saisi des pickup, des munitions et des matériels lourds.

Toujours au Mali, une semaine plus tard, les terroristes maliens ont signé une énième attaque contre les forces armées présentes sur le territoire, en tuant un casque bleu par l’explosion d’un engin lors du passage du véhicule de la MINUSMA dans la région d’Aguelhok.

Au Burkina Faso voisin, les quinze derniers jours ont été tout aussi violents, illustrant ainsi la désespérante dégradation sécuritaire. Les mêmes djihadistes qui opèrent au Sahel de part et d’autre de la frontière, adoptent une stratégie différente en poursuivant des objectifs distincts selon les pays. Dans cet Etat, ce sont les populations civiles qui sont les premières ciblées lors d’attaques non revendiquées par des hommes armés non identifiés. Ainsi, en moins de quinze jours, cinq attaques, dont celle d’un site d’orpaillage, ont fait au moins 48 victimes. Le mode opératoire est toujours le même les assaillants arrivent en moto, tuent, pillent, volent le bétail et incendient maisons et bâtiments publics, forçant ainsi les habitants à quitter leurs villages et à venir grossir le rang des déplacés à Ouagadougou.

Un débat nauséabond

Toujours au Burkina-Faso, le 11 octobre, la grande mosquée de Salmossi, près de Gorom-Gorom a été la cible d’hommes armés, 16 fidèles ont été froidement assassinés pendant leur prière. Cet acte n’a pas été revendiqué, mais il ne semble pas signé par les groupes armés de la zone qui ne s’en prennent pas aux mosquées. Cela s’inscrit plus vraisemblablement dans le cycle attaques de djihadistes/représailles sur des populations soupçonnées de collaborer avec les terroristes. Tout porte à croire que cette tuerie est l’œuvre d’une milice, comme celle des Koglweogos qui avait commis le massacre de Yirgou, de sinistre mémoire.

Par ailleurs, ce drame survient précisément au moment où un débat agite la société burkinabè sur l’utilité de créer des milices d’autodéfense. Loin d’être anodin, ce débat entérine la faiblesse de l’Etat et de son armée, ouvre la voie à des représailles aveugles, à la chasse aux boucs émissaires, aux massacres dit intercommunautaires comme celui d’Ogossagou…

Déconnectés du réel

C’est dans ce contexte que les gouvernements malien et burkinabé, ont cru bon de faire la promotion du tourisme en participant au salon IFTM-TOP Résa à Paris, alors qu’au moins un tiers de leur territoire respectif échappe au contrôle de leur Etat. Interrogé sur RFI, Amadou Maïga chargé de mission au ministère de l’Artisanat et du Tourisme du Mali a déclaré : « lorsqu’il y a du terrorisme, lorsqu’il y a de l’insécurité les gens ont peur, c’est vrai, mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas envoyer les gens à Tombouctou, les gens peuvent partir partout au Mali, mais il faut simplement organiser et les sécuriser… »  Cette saillie pourrait prêter à sourire si elle ne démontrait pas la déconnection des élites et leurs dénis des réalités.

Leurs pays sont en guerre et leurs dirigeants communiquent comme s’ils étaient en temps de paix. A ce titre, le communiqué du dernier conseil des ministres du Burkina Faso est édifiant. Hormis un décret pris sur le blanchiment et le financement du terrorisme, rien concernant la situation sécuritaire, humanitaire ou sur le sort des déplacés, en revanche il a été décidé qu’un projet de loi sur le… tourisme sera présenté aux députés !

Le communiqué du gouvernement malien après l’émeute de Sévaré où les populations ont saccagé les dépôts de la MINUSMA est tout aussi surprenant. « Le gouvernement appelle les manifestants au calme et à la retenue ; les invite à privilégier le dialogue dans les revendications sociales. Il souligne qu’il est important que les populations apprennent à revendiquer et à s’exprimer sans violence ni vandalisme. Nous devons étonner le monde, en lui montrant notre capacité à transformer la colère en débat et les revendications en solutions concrètes. » Ce communiqué « original » a été vite retiré pour faire place à un autre plus politiquement correct « Le gouvernement condamne avec la plus grande fermeté ces actes intolérables… »

En ce qui concerne les solutions concrètes, c’est précisément ce qu’attendent les populations. Quant à étonner le monde, le Mali le fait déjà.  Lors d’un récent voyage à Bamako, l’auteur de ces lignes a recueilli le commentaire d’un Bamakois : « Au Mali tout est inédit. C’est le seul pays qui achète des avions et reçoit des épaves, c’est le seul pays où l’opposition a le portefeuille de ministre des Affaires Etrangères, le seul pays où des groupes armés sont rebelles le jour, terroristes la nuit et trafiquants tout le temps ; le seul pays où la mauvaise foi politique et la corruption atteignent de tels sommets. »

Dans ces conditions, il est compréhensible que Burkinabè et Maliens doutent de la capacité et de la volonté de leurs dirigeants de les sortir de ce guêpier ; d’autant que ces Etats, et surtout le Mali, sont entrés dans une économie de guerre qui profite aux élites de toutes les parties au conflit. Ce ne sont sûrement pas, non plus, les grandes messes du type de celle qui a eu lieu le 14 septembre dernier à Ouagadougou où la CEDEAO se réunissait en session extraordinaire sur le terrorisme, qui permettront aux populations de retrouver la confiance. Le communiqué final n’étant qu’une longue suite de vœux pieux, dont aucun n’a vu le début d’un commencement de mise en œuvre.  

La crise de confiance touche aussi Barkhane. Pas un jour ne se passe sans que les médias maliens et burkinabè ne se fassent l’écho du mécontentement et des interrogations, avec parfois des arguments logiques « Pourquoi la France n’a-t-elle pas vu les colonnes de pick-up se dirigeant vers Boulkessi et Mondoro ? » et d’autres ahurissants : « Aussi longtemps que durera la crise, les forces françaises, onusiennes et le G5 Sahel se ravitailleront dans les stations Total ce qui est une aubaine pour le trésor français ! »

Si la France est soupçonnée d’avoir un agenda caché ce n’est pas seulement parce que la force Barkhane n’arrive pas à contenir les groupes terroristes, c’est aussi et surtout à cause de sa politique illisible qui laisse la place à tous les fantasmes. Après avoir beaucoup communiqué, fait preuve de volontarisme, affiché un optimisme béat en annonçant d’un air martial des victoires du G5 Sahel pour… 2018, Emmanuel Macron semble aujourd’hui tétanisé. Le Quai d’Orsay se tait. Lors de l’attaque sur les deux camps militaires, Jean-Yves le Drian a fait le service minimum en publiant un communiqué succinct. Les ministères de la Défense et des Affaires étrangères auraient commandé des rapports à des instituts privés pour trouver des pistes de sorties, preuve de leur désarroi. En soutenant des chefs d’Etats qui ont perdu la confiance de leurs peuples, en fermant les yeux sur leurs pratiques exécrables, comme la création de milices et les trafics en tous genres, les dirigeants français ont placé l’armée française dans une impasse. L’Opération Barkhane est désormais perçue par les opinions publiques comme une assurance tous risques pour des dirigeants corrompus et peu soucieux de leurs peuples.  Comment gagner une guerre lorsque l’on n’ouvre aucune perspective pour la paix ?

Un intellectuel malien décrypte : « La France, comme le G5 Sahel et la Minusma sont partis d’un postulat faux, ils n’ont pas fait une analyse fine de ce type de conflits qui est une superposition de crises qui ont conduit au délitement des Etats. Aujourd’hui la France ne connaît plus l’Afrique, ces élites s’abreuvent des livres d’histoire avec des clichés totalement dépassés. Du coup, le jeu est totalement faussé, tant qu’on ne fera pas la bonne analyse, on ne fera la paix ni au Sahel ni ailleurs. »

Persaverare diabolicum

Le pire serait que la France persiste dans ses erreurs en soutenant, quoiqu’elle en dise, la seule option militaire ; qu’elle ne prenne pas acte de l’échec du G5 Sahel, et qu’avec l’Allemagne, elle pousse à son élargissement à tous les pays de la CEDEAO. Alors que les djihadistes adoptent leur stratégie en fonction des spécificités locales, il est vain et illusoire de vouloir globaliser les solutions à toute l’Afrique de l’Ouest. D’autant que les Etats entrant dans cette nouvelle coalition deviendraient de facto la cible d’al-Qaida (JNIM) ou de l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS). En prime, ces deux organisations risquent fort d’être renforcées par les combattants de Daech qui ont réussi à fuir la Syrie à la faveur de l’intervention turque…

Comment sortir du tunnel et rendre l’espoir à la fois aux populations et à ceux qui s’en soucient ? La situation actuelle ne permet pas de conclure sur une ombre de solution, puisque perdure les dogmes et les pratiques qui ont conduit à cet échec. Au-delà des diagnostics sévères, l’IVERIS s’efforce toujours de donner des axes de réflexions, mais rien n’est possible dans une telle atmosphère. Rien ne pourra changer, aucune proposition ne sera efficace, aucune action ne pourra être entreprise tant que le mensonge et l’aveuglement régneront au Sahel : la situation est grave, mais elle n’est désespérée que si on ne veut pas la regarder.  

Leslie VarenneTags:
mali; bssburkina fasofranceterrorismesahel; afrique de l’ouest;

https://www.iveris.eu/list/notes/450-sahel__une_cecite_volontaire__

Massacres, répression et politique : nouvelle semaine chaotique en Afrique

BREIZH-INFO.bzh

AccueilInternational  Massacres, répression et politique : nouvelle semaine chaotique en Afrique

Massacres, répression et politique : nouvelle semaine chaotique en Afrique

29/08/2019 05:19

Les années se suivent et se ressemblent en Afrique, et la barbarie ne semble jamais devoir s’y arrêter. Lundi, en quelques heures, de nombreuses informations plus inquiétantes les unes que les autres au sujet du continent africain ont encore été dévoilées par les médias européens.

Massacre entre tribus au Soudan, symbole des troubles de l’Afrique

Le Soudan est l’un des pays symbolisant le plus cette violence quasi-permanente. Les famines succèdent aux guerres et les guerres aux famines. Ce cycle infernal s’est poursuivi lundi avec un nouveau massacre. Une quarantaine d’hommes ont été tués et deux cents autres ont été blessés lors d’affrontements entre tribus rivales de l’état de la Mer Rouge, à l’Est du pays.
Le président soudanais avait été destitué quelques jours plus tôt par l’armée, entraînant certaines régions dans le chaos.

Amnesty International observe le Zimbabwe et le Cameroun

La célèbre ONG Amnesty International s’inquiète de son côté des événements survenus au Zimbabwe et au Cameroun. Le premier cas concerne le nouveau président zimbabwéen Muleya Mnangagwa dont le gouvernement serait déjà auteur de mesures liberticides et d’actes de tortures sur des opposants depuis les élections du 30 juillet dernier. Amnesty International demande par ailleurs que toute la lumière soit faite sur les assassinats de deux femmes et de leurs enfants au nord du Cameroun avant l’ouverture du procès des militaires accusés de les avoir commis.

Les camionneurs pris pour cibles et tués en Afrique du Sud

En Afrique du Sud, il ne fait pas bon être étranger. L’on connaissait le danger permanent planant au-dessus des Boers, les fermiers blancs étant régulièrement traqués et tués par les héritiers spirituels de Nelson Mandela, mais ce sont maintenant les camionneurs qui sont pris pour cibles. Une association de défense des droits de l’homme a annoncé lundique près de deux cents routiers étrangers – y compris de pays voisins – ont été assassinés par leurs homologues sud-africains depuis un an et demi. Le gouvernement se montre jusqu’à présent très laxiste sur la violence des Noirs d’Afrique du Sud, que ce soit sur les Boers ou les camionneurs.

Le Mali et le Burkina Faso unis contre les islamistes ?

Dans un autre registre, le Mali essaie tant bien que mal de se dépêtrer de la présence islamiste sur son territoire, qui, comme nous l’évoquions le 31 juillet dernier, fait des ravages. Le pays souhaite en effet établir un partenariat avec l’un de ses voisins, le Burkina Faso, dont l’armée a elle aussi été attaquée par les djihadistes. Vingt-quatre soldats ont en effet été tués le 19 août.

Quid de la Côte d’Ivoire ?

Pas de violence à déplorer cette semaine en Côte d’Ivoire mais la situation politique ne pousse pas à l’optimisme. Le Front Populaire Ivoirien, principal parti d’opposition, a annoncé ne pas vouloir participer à la commission d’organisation de l’élection présidentielle de 2020, estimant que le processus ne garantissait pas l’impartialité du scrutin.

Le continent entier semble déstabilisé et les nouvelles vagues migratoires d’Africains vers l’Europe ne vont pas diminuer les inquiétudes du Vieux continent sur leurs conséquences.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V

https://www.breizh-info.com/2019/08/29/125592/massacres-repression-et-politique-nouvelle-semaine-chaotique-en-afrique

Burkina Faso, portrait d’une Afrique martyrisée

Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable

Burkina Faso, portrait d’une Afrique martyrisée



Publié par Antoine Vandevoorde le 11 Juin 2019


Depuis plusieurs années maintenant, le Burkina Faso est devenu le théâtre d’une faillite généralisée qui peine à s’estomper. Suite à la chute de l’ancien président Blaise Compaoré en 2014, le pays s’enfonce peu à peu dans une spirale sécuritaire infernale. L’éviction du « Beau Blaise » tel que qualifié par ses soutiens porte le coup de grâce à une unité nationale déjà fragile, ouvrant la porte à divers groupes djihadistes dans un contexte de marasme politique. Cinq ans plus tard, une fin du tourment burkinabé est-elle de plus en plus illusoire ?



Burkina Faso, portrait d’une Afrique martyrisée
Destitution de Blaise Compaoré : une nature qui a horreur du vide

Au mois d’octobre 2014, tout s’accélère au Burkina Faso. Blaise Compaoré, l’homme fort à la tête du pays depuis 27 ans promulgue un projet de réforme constitutionnelle qui lui permettrait de s’arroger 15 années supplémentaires au pouvoir. L’annonce provoque un tollé auprès de la société civile, qui entend renverser le « despote » arrivé au pouvoir par le putsch de 1987. Trois jours durant, de violentes manifestations ont lieu dans l’ensemble du pays avec pour conclusion la destitution effective du président Compaoré. Seulement voilà : la nature a horreur du vide.

En parallèle à un exercice autoritaire du pouvoir, l’ancien président s’était méticuleusement positionné comme médiateur incontournable dans les négociations africaines. Ce dernier s’était illustré comme interlocuteur privilégié des groupes Touaregs maliens en 2013, comptant notamment le mouvement terroriste d’alors Ansar Dine d’Iyad Ag-Ghali. Dans ce contexte, les contempteurs de l’ex-président avaient pointé du doigt des pourparlers concernant avant tout une sanctuarisation du territoire burkinabé en dépit de la situation sécuritaire du Sahel.

Suite à la chute de celui qui aurait pris part à l’assassinat de Thomas Sankara, le Burkina Faso entre dans une période noire. Le containment du djihad officieusement exercé par Blaise Compaoré s’effondre, laissant la voie libre aux mouvances islamistes en provenance du Mali. Des groupes tels qu’Ansarul Islam, le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM, ex-Ansar Dine) ou encore l’État islamique au Grand Sahara (GSIM – ex Al-Mourabitoune) perpètrent plusieurs attaques meurtrières à Ouagadougou et dans l’ensemble du pays entre 2015 et 2019.

Un état de fait que l’actuel président Roch Marc Kaboré attribue à l’ambivalence de la position de Blaise Compaoré : « L’ex-président a joué un rôle de médiation au Mali qui fait que, de façon constante, nous avons eu ces collusions avec les forces djihadistes au Mali ». Le Burkina Faso est en cela devenu l’hôte fécond d’un parasite islamiste qui ne semble avoir de cesse de gangréner l’Afrique, et de s’y implanter sur le long terme.

Modalités de la pérennisation des groupes djihadistes au Burkina Faso

Suite aux évènements politico-institutionnels de 2014, la question de la stratégie des groupes djihadistes sur le territoire national s’est rapidement posée. Le constat paraît aujourd’hui sans appel : les incursions répétées ont fait place à une certaine sédentarisation du djihad au Burkina Faso, comme arrière-base privilégiée aux côtés du Mali de ses opérations ouest-africaines. En cela, une donnée apparaît comme centrale pour comprendre la pérennité de ces mouvements extrémistes : l’instrumentalisation de la colère des Burkinabés contre l’État central.

À l’hypothèse d’un soulèvement populaire contre le djihad islamique, la réalité au Burkina Faso oppose pourtant une situation très différente. Le cas de l’est du pays à proximité de la frontière nigérienne est ici particulièrement éclairant. La zone est aujourd’hui sous la coupe d’une alliance entre plusieurs groupes djihadistes, étant parvenus à former des milices armées constituées de citoyens burkinabés. L’adhésion populaire est au cœur de la stratégie djihadiste pour perdurer, comme le démontre le témoignage d’un habitant de Bartiébougou, interrogé par la journaliste Ruth Maclean pour le Guardian : « Les djihadistes disent qu’ils aiment les gens qui travaillent, qu’ils se battent contre l’État. Tout le monde est d’accord avec eux ».

Pour Ansarul-Islam, l’EIGS ou encore le GSIM, le soutien populaire passe inéluctablement par l’adhésion à un double-discours, à mi-chemin entre islam radical et dimension sociale. Ces derniers ont d’emblée adopté une posture de pourvoyeurs face aux manquements de l’État burkinabé. Ainsi, les groupes islamistes se sont accaparé le contrôle des exploitations aurifères, énergétiques et se sont érigés en protecteurs autoproclamés de la population. De surcroît, Ruth Maclean explique qu’en ce sens : « Les groupes distribuent à la population du maïs, des médicaments […] un salaire mensuel de 600 dollars pour ceux qui travaillent avec eux (trois fois le salaire d’un enseignant) ainsi qu’une prime de 800 dollars pour ceux qui participent aux attaques ».

Toutefois, cette stratégie insidieuse ne saurait occulter la recrudescence d’exactions commises contre les populations locales. Ce prétendu « état islamique providence » réclame à l’instar d’un système mafieux le prix du sang à ses opposants. C’est ce dont témoignent certains habitants de l’est du pays, faisant état de nombreux interdits et obligations (tabac, alcool, musique, port du voile, obligation d’écouter les sermons) sous peine d’une exécution arbitraire. Pire encore, des massacres de femmes prostituées et d’individus soupçonnés d’espionnage auraient été recensés à proximité des sites miniers et dans les villes contrôlées.

Des perspectives qui s’assombrissent inéluctablement 

Face à ce double-discours et à l’engouement qu’il peut susciter, de quels moyens se dote le pouvoir central burkinabé pour mettre à mal l’idéologie salafiste ? Ouagadougou a clairement pris le parti d’une guerre ouverte et parfois aveugle contre les djihadistes, et par extension des communautés soupçonnées de connivence avec ces derniers. Les pertes territoriales ont engendré des opérations de riposte violentes de la part des militaires notamment à l’encontre des populations peules, mais également dans le cadre d’expéditions punitives dans des villages. Ce fut le cas en février 2019 dans la région du Yatenga, où le Mouvement burkinabé des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) a accusé l’armée d’une soixantaine d’exécutions sommaires.

En dépit de l’impératif de faire renaitre la confiance dans les institutions, l’Etat burkinabé s’emploie indirectement de par l’entremise de l’armée à s’aliéner une partie plus grande encore de la population et à souffler sur les braises d’une haine tenace pourtant à l’origine de la situation actuelle. Une situation dont ont tiré parti les groupes salafistes en 2019, en ciblant des populations chrétiennes. Le 2 avril, un pasteur protestant et cinq fidèles ont été abattus à Silgadji, suivi un mois plus tard, le 12 mai, d’une attaque similaire contre un lieu de culte catholique à Dablo. Le conflit, de prime abord motivé par des prétextes sociopolitiques de la part des mouvements djihadistes semble aujourd’hui transiter vers une dimension ethnoreligieuse.

Depuis 2018, la démultiplication des attaques témoigne d’un délitement en voie d’intensification sur l’ensemble des zones frontalières du pays. L’armée burkinabé a notamment mené des raids de représailles dans les zones de Pama et Gayeri au mois de septembre en réponse à plusieurs assassinats et attentats quasi simultanés, ouvrant en ce sens un nouveau front à proximité du Niger et du Bénin. Cette situation précaire s’est également traduite par l’enlèvement de quatre touristes (dont deux français) dans le parc national de la Pendjari, à cheval entre Burkina Faso et Bénin. L’opération militaire française menée par le commando Hubert à proximité de la frontière malienne a en cela mis en lumière les facilités de déplacement des groupes terroristes sur le territoire.

Face à la contagion djihadiste que subit de plein fouet le Burkina Faso, l’État central, les forces conjuguées du G5 Sahel ou encore les puissances étrangères sur zone telle que la France (dans le cadre de l’opération Sabre) semblent relativement dépassés. Il est en l’espèce difficile d’évoquer des scénarios de sortie de crise tant la situation semble au point mort.  Cependant, c’est dans ce contexte que le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), parti crée par Blaise Compaoré a lancé fin 2018 un appel au retour de l’ancien président. Malgré l’aspect fantaisiste de cette hypothèse, la situation démontre qu’il faut presque s’attendre à tout pour l’avenir du pays, excepté le meilleur.

Pour approfondir le sujet de la situation au Burkina Faso : 

AFP – 20 MINUTES, « Burkina Faso : Blaise Compaoré chute après 27 ans de pouvoir », 20 Minutes, 30 octobre 2014

AIRAULT Pascal, « Après le Mali, la détérioration de la sécurité au Burkina Faso inquiète la France », L’Opinion, 17 septembre 2018

COURRIER INTERNATIONAL, « Le Burkina Faso dans la tourmente du terrorisme », Courrier International, 13 mai 2019

DOUCE Sophie, « Au Burkina Faso, la dégradation de la situation sécuritaire gagne du terrain », Le Monde, 18 février 2019

LE PAYS, « La menace d’une guerre de religions », Le Pays, 12 mai 2019, repris par Courrier International n° 1489 du 16 au 22 mai 2019, p. 19

MACLEAN Ruth, « Burkina Faso. Vivre avec les djihadistes », The Guardian, 22 avril 2019, repris par Courrier International n° 1489 du 16 au 22 mai 2019, p. 16-18

RFI, « Burkina Faso : la CDP plaide pour le retour de Blaise Compaoré au pays », RFI, 19 novembre 2018

Burkina Faso, au cœur de la tourmente djihadiste

Burkina Faso, au cœur de la tourmente djihadiste

Le Burkina Faso est au cœur d’une situation plus précaire que jamais. Entre désintégration politique et délitement sécuritaire sans précédent, le pays subit actuellement de plein fouet la contagion djihadiste, fléau qui n’a eu de cesse de se répandre à partir du Mali depuis 2012. Cette lutte sans merci, opposant l’État central burkinabé à ces mouvements extrémistes semble pourtant s’inscrire dans le temps. Quels sont les facteurs en cause de ce martyr au long cours ?

Blaise Compaoré, après moi le déluge

Une photographie de Blaise Compaoré
Blaise Compaoré, ancien président burkinabé destitué le 30 octobre 2014

L’année 2014 représente un tournant dans l’histoire du Burkina Faso. Blaise Compaoré, alors président du pays proclame, après 27 années au pouvoir, un projet de réforme constitutionnelle qui lui allouerait 15 années supplémentaires à la tête de l’État. La colère du peuple ne tarde alors pas à se faire jour. Le « Beau Blaise » est renversé le 30 octobre 2014, après trois jours de manifestations virulentes. Derrière la victoire de la rue se cache pourtant le spectre de l’incertitude, si ce n’est celui d’une instabilité annoncée.

En parallèle de la magistrature suprême, Blaise Compaoré s’était soigneusement érigé en acteur incontournable dans les négociations ouest-africaines.  Ce fut notamment le cas lors de la crise malienne en 2012-2013, où Compaoré s’était positionné comme premier interlocuteur des communautés Touaregs maliennes, et par extension de certains groupes djihadistes (dont l’Ansar Dine et Iyad Ag-Ghali). Selon certains observateurs, cette situation nourrissait une ambition précise. En effet, Blaise Compaoré, de par la connivence à l’œuvre avec certains mouvements d’inspiration salafiste aurait eu pour seul et unique but une sanctuarisation du Burkina Faso au détriment de la sécurité du Sahel.

Roch Kaboré, l’actuel président du pays, partage cette analyse. Ce dernier a ainsi vivement critiqué son prédécesseur, arguant que « l’ex-président a joué un rôle de médiation au Mali qui fait que, de façon constante, nous avons eu ces collusions avec les forces djihadistes au Mali ». La proximité entre ces groupes djihadistes et Blaise Compaoré, ainsi que le vide laissé par la destitution de ce dernier auront indéniablement fait l’effet d’une porte grande ouverte pour la dissémination et l’installation de l’idéologie salafiste au Burkina Faso.

Le peuple, facteur clé de la pérennisation du djihad au Burkina

L’élément interpellant au sujet du djihad au Burkina Faso concerne sa longévité. Après quatre années et plusieurs opérations militaires à son encontre (G5 Sahel, Opération Sabre), ce dernier s’est maintenu et parfois même sédentarisé. Une notion est en cela centrale pour comprendre cette pérennisation : le peuple. Les citoyens burkinabés sont en effet au cœur de la stratégie djihadiste dans le pays. A l’aide d’un double discours insidieux, comme exposé par Rinaldo Depagne, les groupes salafistes ont ainsi fait des burkinabés et de leur instrumentalisation le socle de leurs ambitions.

Ruth Maclean, journaliste du Guardian livre un compte rendu éclairant de cet état de fait. Lors d’une enquête sur le terrain, cette dernière s’est employée à mettre en lumière le ressenti des habitants de l’est du pays face au djihad. En plus d’une posture coercitive, les groupes djihadistes ont fait de l’adhésion leur meilleure arme. Un habitant de Bartiébougou en témoigne : « Les djihadistes disent qu’ils aiment les gens qui travaillent, qu’ils se battent contre l’État. Tout le monde est d’accord avec eux ».

Dimension sociale et totalitarisme religieux, piliers du double-discours islamiste

Une carte du risque sécuritaire au Burkina Faso
Une carte du Burkina Faso mettant en lumière l’accroissement du risque sécuritaire dans le pays. France Diplomatie, mis à jour le 17 février 2019

La posture salafiste consiste à se positionner en pourvoyeur face aux manquements de l’État. Elle vise en même temps à attiser une haine farouche à son encontre. Ainsi, les djihadistes ont exproprié les étrangers des concessions aurifères et énergétiques locales, rendant l’exploitation aux burkinabés. De surcroît, Ruth Maclean souligne que « les groupes distribuent à la population du maïs, des médicaments […], un salaire mensuel de 600 dollars pour ceux qui travaillent avec eux (trois fois le salaire d’un enseignant) ainsi qu’une prime de 800 dollars pour ceux qui participent aux attaques ».

Cette dimension sociale n’est pourtant que le visage d’apparat d’un totalitarisme qui ne dit pas son nom.  En effet, de nombreuses mesures liberticides sont à l’œuvre au sein des zones contrôlées par les groupes salafistes. De par la charia, ces derniers ont notamment proclamés de nombreux interdits et obligations (tabac, alcool, port du voile intégral, écoute scrupuleuse des sermons) sous peine de punitions arbitraires. Ainsi, des témoins sur place ont rendu compte de nombreuses exécutions sommaires de prostituées mais également d’opposants ou « espions » présumés.

La longévité djihadiste au Burkina Faso se traduit par un discours qui prend racine dans les manquements de l’État central. Eu égard à cela, l’État ne semble pourtant opposer une résistance que le biais de la lutte armée. La situation incite donc à l’inquiétude quant à l’évolution du conflit, et à sa propagation. Seule une politique sociale forte destinée aux burkinabés, en totale rupture avec la stratégie pernicieuse de séduction des groupes djihadistes semble à-même d’augurer un avenir un peu plus radieux pour le pays.

Sources :

AFP – 20 MINUTES« Burkina Faso : Blaise Compaoré chute après 27 ans de pouvoir ». 20 Minutes, 30 octobre 2014

COURRIER INTERNATIONAL, « Le Burkina Faso dans la tourmente du terrorisme ». Courrier International, 13 mai 2019

DOUCE Sophie, « Au Burkina Faso, la dégradation de la situation sécuritaire gagne du terrain ». Le Monde, 18 février 2019

LE PAYS, « La menace d’une guerre de religions ». Le Pays, 12 mai 2019, repris par Courrier Internationaln°1489 du 16 au 22 mai 2019, p. 19

MACLEAN Ruth, « Burkina Faso. Vivre avec les djihadistes ». The Guardian, 22 avril 2019, repris par Courrier International n°1489 du 16 au 22 mai 2019, p. 16-18.

About Antoine Vandevoorde

Antoine Vandevoorde est analyste en stratégie internationale, titulaire d’un Master 2 Géoéconomie et Intelligence stratégique de l’IRIS et de la Grenoble Ecole de Management depuis 2017. Ses domaines de spécialisation concernent la géopolitique du cyberespace, les relations entreprises – Etats, l’intelligence économique et l’Afrique. Il est rédacteur aux Yeux du Monde dep

Le commando Hubert, une unité d’élite tout terrain

Le commando Hubert, une unité d’élite tout terrain

Cet article vous est offert.Fermer

Les faits

Les deux militaires français tués au Burkina Faso étaient membres d’un groupe de la marine spécialisé dans les opérations de libération d’otages.

Un hommage national leur sera rendu, mardi 14 mai.

  • Pascal Charrier,
Le commando Hubert, une unité d’élite tout terrain

Les  nageurs de combat du commando Hubert sont engagés depuis dix ans sur tous les théâtres d’opérations. FRANÇOIS GUENET/DIVERGENCE

 

Leur mort violente a soudainement donné un visage à ces hommes habitués à agir dans l’ombre. Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, les deux militaires tués lors de l’opération ayant abouti vendredi 10 mai à la libération de quatre otages au Burkina Faso, faisaient partie des « forces spéciales ». « Ils ont donné leur vie pour en libérer d’autres », a salué Emmanuel Macron sur Twitter.

Les deux jeunes officiers mariniers étaient membres du commando Hubert, une unité d’élite de la Marine nationale qui trouve ses origines au cœur de la Seconde Guerre mondiale. Son ancêtre est le 1er bataillon des fusiliers marins commandos, créé en 1942 par la France libre en Grande-Bretagne et communément appelé le « commando Kieffer », du nom du capitaine de corvette Philippe Kieffer. Par la suite, sept commandos dits « marine » ont été constitués sur cette base, dont cinq de combat. D’autres groupes du même type existent dans l’armée de terre et de l’air pour mener des « opérations non-conventionnelles ».

i Pourquoi lire La Croix ?+

La Croix choisit dans le flot de l’actualité des pépites à mettre en lumière, en privilégiant le recul et l’analyse.

Des nageurs de combat aptes à combattre à terre

Mais le commando Hubert, baptisé en l’honneur d’Augustin Hubert, tué le 6 juin 1944 lors du débarquement en Normandie, tient une place à part dans ce dispositif. « Si l’on considère que les commandos sont déjà les unités les plus prestigieuses de l’armée, il occupe le haut de la pyramide », explique le journaliste spécialisé Jean-Marc Tanguy, animateur du blog « Le Mamouth », qui a publié l’an dernier « La task force Sabre », un ouvrage sur les forces spéciales françaises engagées au Sahel (éditions Histoire et collections).

Basée à Saint-Mandrier (Var) et forte d’environ 100 personnes, cette unité est constituée de nageurs de combat. Issus des rangs d’autres commandos, ils sont sélectionnés après des épreuves particulièrement difficiles. « Ce sont des gens plutôt spécialisés au départ dans des opérations amphibies, explique Michel Goya, ancien colonel et historien militaire. En réalité, ils peuvent être parfaitement engagés à terre et sont souvent utilisés comme des troupes d’infanterie pour des opérations complexes, comme d’autres commandos marine. » D’où leur présence au Burkina Faso.

Cette mission délicate est au cœur de son métier, la libération d’otages. Le commando Hubert était ainsi déjà intervenu pour sauver des Français retenus sur leur voilier par des pirates au large de la Somalie. « Leur savoir-faire en mer fait qu’ils peuvent intervenir sur n’importe quel terrain, reprend Jean-Marc Tanguy. Leur spécificité tient à leur capacité à s’infiltrer dans de multiples lieux, à la fois sous et sur la mer, mais aussi en dérivant sous la voile de parachutes. Ils sont les seuls à maîtriser ces trois techniques à la fois. Cela leur permet d’arriver de manière silencieuse. »

Un « risque assumé », plutôt qu’un sacrifice

Dans la nuit du jeudi 9 mai au vendredi 10 mai, après une traque de plusieurs jours, une vingtaine d’entre eux a ainsi pu s’approcher des abris où étaient détenus au Burkina Faso deux Français enlevés dans le nord du Bénin le 1er mai. Selon le chef d’état-major français, le général François Lecointre, ils ont toutefois été repérés à une dizaine de mètres du but et ont entendu les ravisseurs armer leurs armes. Pour ne pas risquer de tuer des civils ou les otages, ils sont alors partis à l’assaut sans ouvrir le feu. « N’importe quelle unité aurait agi de même », précise Michel Goya.

Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello ont alors trouvé la mort, touchés quasiment à bout portant. Un sacrifice ? « Je préfère parler de risque assumé, ce n’est pas tout à fait pareil, poursuit l’ancien militaire. Le terme sacrifice implique que l’on va volontairement à une mort certaine. Là, le but n’était assurément pas de se faire tuer. Mais ce risque existe, comme dans de nombreux métiers, et on est incapable de prédire dans ce genre de mission comment les choses vont se dérouler. »

Plutôt que de mettre en avant des vies sacrifiées, Jean-Marc Tanguy préfère lui aussi évoquer la « détermination » de marins animés par un « sens aigu de l’engagement » et « le culte de la mission »« Si nos soldats connaissent tous les risques au moment de leur engagement, il n’en est pas moins douloureux, lorsque par leur courage et leur bravoure, des frères d’armes tombent au combat, commente de son côté Jean-Michel Jacques, député LREM du Morbihan et ancien infirmier au sein des commandos marine. Nous nous devons alors de saluer leur dévouement et honorer leur mémoire. » Un hommage national sera rendu mardi 14 mai à Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello.

SE CONNECTER

Pas encore
abonné ?

ABONNEZ-VOUS

à partir d’1€

Militaires morts au Burkina Faso, le récit de l’assaut des commandos marine français

Militaires morts au Burkina Faso, le récit de l’assaut des commandos marine français

Cet article vous est offert.Fermer

Les faits

La ministre des armées Florence Parly et le chef d’état-major des armées, le général François Lecointre, ont expliqué vendredi 10 mai les conditions de l’opération de libération des otages au Burkina Faso, dans laquelle deux militaires français ont été tués.

  • Corinne Laurent,
Militaires morts au Burkina Faso, le récit de l’assaut des commandos marine français

Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello étaient des marins d’exception : ils étaient membres du prestigieux commando Hubert de la Marine nationale, une unité d’élite très sélective de l’armée française.MARINE NATIONALE
    • COMMENTER
    • ENVOYER PAR MAIL
    • PARTAGER SUR FACEBOOK
    • PARTAGER SUR TWITTER
  • MODIFIER LA TAILLE DU TEXTE

 

« C’est un véritable exploit, c’est une opération d’une rare difficulté que peu d’armées au monde sont capables de mener ». La ministre des armées Florence Parly a insisté vendredi 10 mai, lors d’une conférence de presse, sur la « grande complexité » de l’assaut donné par les forces spéciales françaises pour libérer quatre otages – deux Français, une Américaine et une Sud-coréenne – dans le nord du Burkina Faso.

Deux commandos marine, Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, sont morts dans cette opération. Ils « n’ont pas tremblé », ils « ont protégé les otages au prix de leur propre vie », a souligné la ministre. « La France a perdu deux de ses fils, et nous perdons deux de nos frères », a ajouté le chef d’état-major des armées, le général François Lecointre, très ému.

La ministre et le général d’armée ont dévoilé, sans trop rentrer dans les détails, les conditions de l’intervention conduite avec les moyens de l’opération française Barkhane au Sahel, l’appui des États-Unis pour le renseignement et le soutien du Burkina Faso sur le plan logistique, notamment pour ravitailler l’armée française en différents points.

i Pourquoi lire La Croix ?+

La Croix choisit dans le flot de l’actualité des pépites à mettre en lumière, en privilégiant le recul et l’analyse.

« Un risque de transfèrement » des otages

L’opération était en préparation depuis plusieurs jours. Dès l’annonce de la disparition des deux Français le 1er mai au Bénin, des moyens de renseignement avaient été déclenchés par la force Barkhane avec l’appui des États-Unis et du Burkina Faso. Le 7 mai, une « opération discrète » avait été menée par les forces françaises, apportant des « éléments complémentaires », a précisé le général Lecointre, décrivant la mise en place d’une « traque » des ravisseurs.

Il y avait, a-t-il expliqué, « un risque de transfèrement de ces otages à une autre organisation terroriste qui agit au Mali, et qui est la Katiba Macina » du prédicateur Amadou Koufa. Dès lors, il aurait été « impossible d’organiser une quelconque opération de libération ». Jeudi 9 mai, les ravisseurs ont fait « une halte » au Burkina Faso. C’était « la dernière opportunité », a insisté le chef d’état-major des armées qui a présenté un plan au président de la République.

Des moyens médicaux, notamment chirurgicaux, envoyés de France, des moyens logistiques et des hélicoptères ont été déployés avant l’infiltration des soldats français. « Les commandos des forces spéciales se sont infiltrés dans la nuit noire sur une distance de 200 mètres, malgré la présence d’une sentinelle », avant d’être « repérés à 10 mètres » des quatre abris des ravisseurs, a raconté le général Lecointre. Une vingtaine de membres du commando Hubert sont montés à l’assaut dans les abris « sans ouvrir le feu ». C’est lors de la pénétration de deux de ces abris que Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello ont été tués « à très courte distance ».

Une Américaine et une Sud-coréenne « otages depuis 28 jours »

Les soldats français ont alors découvert non pas deux mais quatre otages. Une Américaine et une Sud-Coréenne étaient aussi présentes dans le campement. « Personne n’avait connaissance de leur présence. Nous n’avions pas connaissance du fait qu’au côté de nos deux ressortissants il pouvait en avoir d’autres », a souligné la ministre Florence Parly.

« Les contacts que nous avons eus depuis quelques heures avec les États-Unis et la Corée du Sud montrent que probablement, ces pays-là n’avaient pas nécessairement conscience de la présence de ces deux ressortissantes en territoire burkinabé », a-t-elle ajouté. « A priori, elles étaient otages depuis 28 jours », a précisé le général Lecointre.

Qui étaient les ravisseurs ? « L’analyse est en cours », a indiqué Florence Parly, rappelant seulement qu’il y a « deux mouvements terroristes principaux qui opèrent dans cette zone et qui sont affiliés pour l’un à Al-Qaida, pour l’autre à l’EIGS (État islamique au Grand Sahara) ».

https://www.la-croix.com/France/Securite/Militaires-morts-Burkina-Faso-recit-lassaut-commandos-marine-francais-2019-05-10-1201021006

Burkina Faso : six personnes, dont un prêtre, tuées en pleine messe

Burkina Faso : six personnes, dont un prêtre, tuées en pleine messe

Une église dans le nord du Burkina Faso (illustration)
Partager

Six personnes, dont un prêtre, ont été tuées dimanche matin lors d’une attaque pendant la messe dans une église catholique du nord du Burkina Faso.

Une attaque en pleine messe. Dimanche matin, une vingtaine d’hommes armés a fait irruption dans l’église de Dablo, dans le nord du Burkina Faso, et a tiré sur les fidèles. Si certains sont parvenus à s’enfuir, les terroristes ont tué cinq personnes ainsi que le prêtre qui célébrait la messe. « Ils ont incendié l’église, puis des boutiques et un maquis avant de se rendre au centre de santé où ils ont fouillé le local et incendié le véhicule de l’infirmier chef de poste », a raconté le maire de la commune.

Le Burkina Faso est confronté depuis quatre ans à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières de la part de groupes jihadistes. L’attaque de Dablo est ainsi la deuxième en deux mois visant une église. Le 29 avril, six personnes avaient été tuées lors de l’attaque de l’église protestante de Silgadji. À la mi-mars, l’abbé Joël Yougbaré, curé de Djibo, dans le nord du pays, a été enlevé par des individus armés alors qu’il était parti pour célébrer la messe dans un village de la province de Doum. Il avait effectué plusieurs missions dans l’Orne pendant la période estivale ces dernières années. Le 15 février, c’est un missionnaire salésien d’origine espagnole, le père César Fernandez, qui avait été tué lors d’une attaque armée.

https://fr.aleteia.org/2019/05/13/burkina-faso-six-personnes-dont-un-pretre-tues-en-pleine-messe/?utm_campaign=NL_fr&utm_source=daily_newsletter&utm_medium=mail&utm_content=NL_fr

Du nouveau sur l’opération militaire américano-française au Burkina Faso/

Du nouveau sur l’opération militaire américano-française au Burkina Faso/

En bref et en exclusivité Strategika51 Intelligence :

L’opération militaire américano-française du 10 mai 2019 au nord du Bukina Faso ne visait pas à libérer les deux otages français kidnappés neuf jours auparavant au Bénin mais à récupérer deux agents de la CIA ayant un statut prioritaire. L’opération aurait très mal tournée. Paris a reconnu la mort de deux Commando marine et quatre présumés ravisseurs. Selon des informations émanant de professionnels, il s’agit d’un bilan très partiel, établi selon les règles de diffusion de l’information militaire relatives aux pertes au combat adoptés par les unités militaires US en Irak entre 2004 et 2009.

2. Le groupe armé qui a été visé est totalement inconnu et fait plus étrange, aucun groupe terroriste activant au Sahel n’a commenté ou revendiqué le rapt de quatre ressortissants étrangers ou l’opération militaire du 10 mai.

3. Le jour même de l’opération, les individus armés ont pu s’extraire du lieu de l’attaque en tuant une douzaine de militaires d’un pays africain qui assuraient le bouclage de la zone.

4. Le ministère français de la défense a annoncé la mort de quatre présumés ravisseurs mais selon des sources locales il s’agit de civils vivant à proximité de l’objectif. Aucun chef opérationnel ou membre du groupe armé n’ont été capturés ou neutralisés.

5. Les commandos marine francais ont essuyé dés le début de l’opération des tirs nourris de Kalashnikov RPK dévastateurs. Il a fallu l’intervention d’hélicoptères d’attaque Tigre et des hélicoptères de combat relevant d’une unité d’élite héliportée américaine pour les désengager. Du matériel et des armes ont du être abandonnés sur les lieux.

5. Nos sources tiennent à souligner que cette opération est l’un des premiers engagements massifs des forces conjointes américano-françaises au Burkina Faso.

Key Info:

Deux actifs de la CIA, un ressortissant américain et sud-coréen, ont été enlevés dans un pays du Sahel et aucun gouvernement ni aucun média n’a rapporté l’information. Ils ont été libérés le 10 mai 2019 lors d’une opération spéciale conjointe des États-Unis et de la France dans le nord du Burkina Faso. Le raid était dirigé par les forces spéciales de la marine française, principalement le commando Hubert. Outre les deux femmes, deux autres otages ont été libérés au cours de la violente bagarre. Ils ont été kidnappés au Bénin le 1er mai 2019. Le gouvernement français a reconnu la mort de deux commandos endurcis au combat lors de l’opération.
Les médias traditionnels gardent un silence absolu sur les deux femmes.

Exclusive Strategika 51 Intelligence (Sources from the Ground)

Du nouveau sur l’opération militaire américano-française au Burkina Faso/ Two Female CIA Assets Freed in a Messy Operation in Northern Burkina Faso

https://translate.google.fr/?hl=fr#view=home&op=translate&sl=en&tl=fr&text=Two%20female%20CIA%20assets%2C%20a%20U.S%20and%20South%20Korean%20nationals%20were%20kidnapped%20in%20a%20Sahel%20Country%20and%20not%20a%20single%20Government%20or%20media%20reported%20the%20information.%20They%20were%20freed%20on%2010%20May%202019%20during%20a%20joint%20U.S-French%20Special%20Operation%20in%20Northern%20Burkina%20Faso.%20The%20raid%20was%20spearheaded%20by%20French%20Navy%20Special%20Forces%2C%20mainly%20the%20Hubert%20Commando.%20Besides%20the%20two%20women%2C%20two%20other%20hostages%20were%20freed%20amidst%20the%20fierst%20firefight.%20They%20were%20kidnapped%20in%20Benin%20on%201%20May%202019.%20The%20French%20Government%20aknowledged%20the%20death%20of%20two%20battle-hardened%20commandos%20in%20the%20operation.Mainstream%20media%20are%20keeping%20an%20absolute%20silence%20about%20the%20two%20women.