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Massacres, répression et politique : nouvelle semaine chaotique en Afrique

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Massacres, répression et politique : nouvelle semaine chaotique en Afrique

29/08/2019 05:19

Les années se suivent et se ressemblent en Afrique, et la barbarie ne semble jamais devoir s’y arrêter. Lundi, en quelques heures, de nombreuses informations plus inquiétantes les unes que les autres au sujet du continent africain ont encore été dévoilées par les médias européens.

Massacre entre tribus au Soudan, symbole des troubles de l’Afrique

Le Soudan est l’un des pays symbolisant le plus cette violence quasi-permanente. Les famines succèdent aux guerres et les guerres aux famines. Ce cycle infernal s’est poursuivi lundi avec un nouveau massacre. Une quarantaine d’hommes ont été tués et deux cents autres ont été blessés lors d’affrontements entre tribus rivales de l’état de la Mer Rouge, à l’Est du pays.
Le président soudanais avait été destitué quelques jours plus tôt par l’armée, entraînant certaines régions dans le chaos.

Amnesty International observe le Zimbabwe et le Cameroun

La célèbre ONG Amnesty International s’inquiète de son côté des événements survenus au Zimbabwe et au Cameroun. Le premier cas concerne le nouveau président zimbabwéen Muleya Mnangagwa dont le gouvernement serait déjà auteur de mesures liberticides et d’actes de tortures sur des opposants depuis les élections du 30 juillet dernier. Amnesty International demande par ailleurs que toute la lumière soit faite sur les assassinats de deux femmes et de leurs enfants au nord du Cameroun avant l’ouverture du procès des militaires accusés de les avoir commis.

Les camionneurs pris pour cibles et tués en Afrique du Sud

En Afrique du Sud, il ne fait pas bon être étranger. L’on connaissait le danger permanent planant au-dessus des Boers, les fermiers blancs étant régulièrement traqués et tués par les héritiers spirituels de Nelson Mandela, mais ce sont maintenant les camionneurs qui sont pris pour cibles. Une association de défense des droits de l’homme a annoncé lundique près de deux cents routiers étrangers – y compris de pays voisins – ont été assassinés par leurs homologues sud-africains depuis un an et demi. Le gouvernement se montre jusqu’à présent très laxiste sur la violence des Noirs d’Afrique du Sud, que ce soit sur les Boers ou les camionneurs.

Le Mali et le Burkina Faso unis contre les islamistes ?

Dans un autre registre, le Mali essaie tant bien que mal de se dépêtrer de la présence islamiste sur son territoire, qui, comme nous l’évoquions le 31 juillet dernier, fait des ravages. Le pays souhaite en effet établir un partenariat avec l’un de ses voisins, le Burkina Faso, dont l’armée a elle aussi été attaquée par les djihadistes. Vingt-quatre soldats ont en effet été tués le 19 août.

Quid de la Côte d’Ivoire ?

Pas de violence à déplorer cette semaine en Côte d’Ivoire mais la situation politique ne pousse pas à l’optimisme. Le Front Populaire Ivoirien, principal parti d’opposition, a annoncé ne pas vouloir participer à la commission d’organisation de l’élection présidentielle de 2020, estimant que le processus ne garantissait pas l’impartialité du scrutin.

Le continent entier semble déstabilisé et les nouvelles vagues migratoires d’Africains vers l’Europe ne vont pas diminuer les inquiétudes du Vieux continent sur leurs conséquences.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2019, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V

https://www.breizh-info.com/2019/08/29/125592/massacres-repression-et-politique-nouvelle-semaine-chaotique-en-afrique

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Burkina Faso, portrait d’une Afrique martyrisée

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Burkina Faso, portrait d’une Afrique martyrisée



Publié par Antoine Vandevoorde le 11 Juin 2019


Depuis plusieurs années maintenant, le Burkina Faso est devenu le théâtre d’une faillite généralisée qui peine à s’estomper. Suite à la chute de l’ancien président Blaise Compaoré en 2014, le pays s’enfonce peu à peu dans une spirale sécuritaire infernale. L’éviction du « Beau Blaise » tel que qualifié par ses soutiens porte le coup de grâce à une unité nationale déjà fragile, ouvrant la porte à divers groupes djihadistes dans un contexte de marasme politique. Cinq ans plus tard, une fin du tourment burkinabé est-elle de plus en plus illusoire ?



Burkina Faso, portrait d’une Afrique martyrisée
Destitution de Blaise Compaoré : une nature qui a horreur du vide

Au mois d’octobre 2014, tout s’accélère au Burkina Faso. Blaise Compaoré, l’homme fort à la tête du pays depuis 27 ans promulgue un projet de réforme constitutionnelle qui lui permettrait de s’arroger 15 années supplémentaires au pouvoir. L’annonce provoque un tollé auprès de la société civile, qui entend renverser le « despote » arrivé au pouvoir par le putsch de 1987. Trois jours durant, de violentes manifestations ont lieu dans l’ensemble du pays avec pour conclusion la destitution effective du président Compaoré. Seulement voilà : la nature a horreur du vide.

En parallèle à un exercice autoritaire du pouvoir, l’ancien président s’était méticuleusement positionné comme médiateur incontournable dans les négociations africaines. Ce dernier s’était illustré comme interlocuteur privilégié des groupes Touaregs maliens en 2013, comptant notamment le mouvement terroriste d’alors Ansar Dine d’Iyad Ag-Ghali. Dans ce contexte, les contempteurs de l’ex-président avaient pointé du doigt des pourparlers concernant avant tout une sanctuarisation du territoire burkinabé en dépit de la situation sécuritaire du Sahel.

Suite à la chute de celui qui aurait pris part à l’assassinat de Thomas Sankara, le Burkina Faso entre dans une période noire. Le containment du djihad officieusement exercé par Blaise Compaoré s’effondre, laissant la voie libre aux mouvances islamistes en provenance du Mali. Des groupes tels qu’Ansarul Islam, le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM, ex-Ansar Dine) ou encore l’État islamique au Grand Sahara (GSIM – ex Al-Mourabitoune) perpètrent plusieurs attaques meurtrières à Ouagadougou et dans l’ensemble du pays entre 2015 et 2019.

Un état de fait que l’actuel président Roch Marc Kaboré attribue à l’ambivalence de la position de Blaise Compaoré : « L’ex-président a joué un rôle de médiation au Mali qui fait que, de façon constante, nous avons eu ces collusions avec les forces djihadistes au Mali ». Le Burkina Faso est en cela devenu l’hôte fécond d’un parasite islamiste qui ne semble avoir de cesse de gangréner l’Afrique, et de s’y implanter sur le long terme.

Modalités de la pérennisation des groupes djihadistes au Burkina Faso

Suite aux évènements politico-institutionnels de 2014, la question de la stratégie des groupes djihadistes sur le territoire national s’est rapidement posée. Le constat paraît aujourd’hui sans appel : les incursions répétées ont fait place à une certaine sédentarisation du djihad au Burkina Faso, comme arrière-base privilégiée aux côtés du Mali de ses opérations ouest-africaines. En cela, une donnée apparaît comme centrale pour comprendre la pérennité de ces mouvements extrémistes : l’instrumentalisation de la colère des Burkinabés contre l’État central.

À l’hypothèse d’un soulèvement populaire contre le djihad islamique, la réalité au Burkina Faso oppose pourtant une situation très différente. Le cas de l’est du pays à proximité de la frontière nigérienne est ici particulièrement éclairant. La zone est aujourd’hui sous la coupe d’une alliance entre plusieurs groupes djihadistes, étant parvenus à former des milices armées constituées de citoyens burkinabés. L’adhésion populaire est au cœur de la stratégie djihadiste pour perdurer, comme le démontre le témoignage d’un habitant de Bartiébougou, interrogé par la journaliste Ruth Maclean pour le Guardian : « Les djihadistes disent qu’ils aiment les gens qui travaillent, qu’ils se battent contre l’État. Tout le monde est d’accord avec eux ».

Pour Ansarul-Islam, l’EIGS ou encore le GSIM, le soutien populaire passe inéluctablement par l’adhésion à un double-discours, à mi-chemin entre islam radical et dimension sociale. Ces derniers ont d’emblée adopté une posture de pourvoyeurs face aux manquements de l’État burkinabé. Ainsi, les groupes islamistes se sont accaparé le contrôle des exploitations aurifères, énergétiques et se sont érigés en protecteurs autoproclamés de la population. De surcroît, Ruth Maclean explique qu’en ce sens : « Les groupes distribuent à la population du maïs, des médicaments […] un salaire mensuel de 600 dollars pour ceux qui travaillent avec eux (trois fois le salaire d’un enseignant) ainsi qu’une prime de 800 dollars pour ceux qui participent aux attaques ».

Toutefois, cette stratégie insidieuse ne saurait occulter la recrudescence d’exactions commises contre les populations locales. Ce prétendu « état islamique providence » réclame à l’instar d’un système mafieux le prix du sang à ses opposants. C’est ce dont témoignent certains habitants de l’est du pays, faisant état de nombreux interdits et obligations (tabac, alcool, musique, port du voile, obligation d’écouter les sermons) sous peine d’une exécution arbitraire. Pire encore, des massacres de femmes prostituées et d’individus soupçonnés d’espionnage auraient été recensés à proximité des sites miniers et dans les villes contrôlées.

Des perspectives qui s’assombrissent inéluctablement 

Face à ce double-discours et à l’engouement qu’il peut susciter, de quels moyens se dote le pouvoir central burkinabé pour mettre à mal l’idéologie salafiste ? Ouagadougou a clairement pris le parti d’une guerre ouverte et parfois aveugle contre les djihadistes, et par extension des communautés soupçonnées de connivence avec ces derniers. Les pertes territoriales ont engendré des opérations de riposte violentes de la part des militaires notamment à l’encontre des populations peules, mais également dans le cadre d’expéditions punitives dans des villages. Ce fut le cas en février 2019 dans la région du Yatenga, où le Mouvement burkinabé des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) a accusé l’armée d’une soixantaine d’exécutions sommaires.

En dépit de l’impératif de faire renaitre la confiance dans les institutions, l’Etat burkinabé s’emploie indirectement de par l’entremise de l’armée à s’aliéner une partie plus grande encore de la population et à souffler sur les braises d’une haine tenace pourtant à l’origine de la situation actuelle. Une situation dont ont tiré parti les groupes salafistes en 2019, en ciblant des populations chrétiennes. Le 2 avril, un pasteur protestant et cinq fidèles ont été abattus à Silgadji, suivi un mois plus tard, le 12 mai, d’une attaque similaire contre un lieu de culte catholique à Dablo. Le conflit, de prime abord motivé par des prétextes sociopolitiques de la part des mouvements djihadistes semble aujourd’hui transiter vers une dimension ethnoreligieuse.

Depuis 2018, la démultiplication des attaques témoigne d’un délitement en voie d’intensification sur l’ensemble des zones frontalières du pays. L’armée burkinabé a notamment mené des raids de représailles dans les zones de Pama et Gayeri au mois de septembre en réponse à plusieurs assassinats et attentats quasi simultanés, ouvrant en ce sens un nouveau front à proximité du Niger et du Bénin. Cette situation précaire s’est également traduite par l’enlèvement de quatre touristes (dont deux français) dans le parc national de la Pendjari, à cheval entre Burkina Faso et Bénin. L’opération militaire française menée par le commando Hubert à proximité de la frontière malienne a en cela mis en lumière les facilités de déplacement des groupes terroristes sur le territoire.

Face à la contagion djihadiste que subit de plein fouet le Burkina Faso, l’État central, les forces conjuguées du G5 Sahel ou encore les puissances étrangères sur zone telle que la France (dans le cadre de l’opération Sabre) semblent relativement dépassés. Il est en l’espèce difficile d’évoquer des scénarios de sortie de crise tant la situation semble au point mort.  Cependant, c’est dans ce contexte que le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), parti crée par Blaise Compaoré a lancé fin 2018 un appel au retour de l’ancien président. Malgré l’aspect fantaisiste de cette hypothèse, la situation démontre qu’il faut presque s’attendre à tout pour l’avenir du pays, excepté le meilleur.

Pour approfondir le sujet de la situation au Burkina Faso : 

AFP – 20 MINUTES, « Burkina Faso : Blaise Compaoré chute après 27 ans de pouvoir », 20 Minutes, 30 octobre 2014

AIRAULT Pascal, « Après le Mali, la détérioration de la sécurité au Burkina Faso inquiète la France », L’Opinion, 17 septembre 2018

COURRIER INTERNATIONAL, « Le Burkina Faso dans la tourmente du terrorisme », Courrier International, 13 mai 2019

DOUCE Sophie, « Au Burkina Faso, la dégradation de la situation sécuritaire gagne du terrain », Le Monde, 18 février 2019

LE PAYS, « La menace d’une guerre de religions », Le Pays, 12 mai 2019, repris par Courrier International n° 1489 du 16 au 22 mai 2019, p. 19

MACLEAN Ruth, « Burkina Faso. Vivre avec les djihadistes », The Guardian, 22 avril 2019, repris par Courrier International n° 1489 du 16 au 22 mai 2019, p. 16-18

RFI, « Burkina Faso : la CDP plaide pour le retour de Blaise Compaoré au pays », RFI, 19 novembre 2018

Burkina Faso, au cœur de la tourmente djihadiste

Burkina Faso, au cœur de la tourmente djihadiste

Le Burkina Faso est au cœur d’une situation plus précaire que jamais. Entre désintégration politique et délitement sécuritaire sans précédent, le pays subit actuellement de plein fouet la contagion djihadiste, fléau qui n’a eu de cesse de se répandre à partir du Mali depuis 2012. Cette lutte sans merci, opposant l’État central burkinabé à ces mouvements extrémistes semble pourtant s’inscrire dans le temps. Quels sont les facteurs en cause de ce martyr au long cours ?

Blaise Compaoré, après moi le déluge

Une photographie de Blaise Compaoré
Blaise Compaoré, ancien président burkinabé destitué le 30 octobre 2014

L’année 2014 représente un tournant dans l’histoire du Burkina Faso. Blaise Compaoré, alors président du pays proclame, après 27 années au pouvoir, un projet de réforme constitutionnelle qui lui allouerait 15 années supplémentaires à la tête de l’État. La colère du peuple ne tarde alors pas à se faire jour. Le « Beau Blaise » est renversé le 30 octobre 2014, après trois jours de manifestations virulentes. Derrière la victoire de la rue se cache pourtant le spectre de l’incertitude, si ce n’est celui d’une instabilité annoncée.

En parallèle de la magistrature suprême, Blaise Compaoré s’était soigneusement érigé en acteur incontournable dans les négociations ouest-africaines.  Ce fut notamment le cas lors de la crise malienne en 2012-2013, où Compaoré s’était positionné comme premier interlocuteur des communautés Touaregs maliennes, et par extension de certains groupes djihadistes (dont l’Ansar Dine et Iyad Ag-Ghali). Selon certains observateurs, cette situation nourrissait une ambition précise. En effet, Blaise Compaoré, de par la connivence à l’œuvre avec certains mouvements d’inspiration salafiste aurait eu pour seul et unique but une sanctuarisation du Burkina Faso au détriment de la sécurité du Sahel.

Roch Kaboré, l’actuel président du pays, partage cette analyse. Ce dernier a ainsi vivement critiqué son prédécesseur, arguant que « l’ex-président a joué un rôle de médiation au Mali qui fait que, de façon constante, nous avons eu ces collusions avec les forces djihadistes au Mali ». La proximité entre ces groupes djihadistes et Blaise Compaoré, ainsi que le vide laissé par la destitution de ce dernier auront indéniablement fait l’effet d’une porte grande ouverte pour la dissémination et l’installation de l’idéologie salafiste au Burkina Faso.

Le peuple, facteur clé de la pérennisation du djihad au Burkina

L’élément interpellant au sujet du djihad au Burkina Faso concerne sa longévité. Après quatre années et plusieurs opérations militaires à son encontre (G5 Sahel, Opération Sabre), ce dernier s’est maintenu et parfois même sédentarisé. Une notion est en cela centrale pour comprendre cette pérennisation : le peuple. Les citoyens burkinabés sont en effet au cœur de la stratégie djihadiste dans le pays. A l’aide d’un double discours insidieux, comme exposé par Rinaldo Depagne, les groupes salafistes ont ainsi fait des burkinabés et de leur instrumentalisation le socle de leurs ambitions.

Ruth Maclean, journaliste du Guardian livre un compte rendu éclairant de cet état de fait. Lors d’une enquête sur le terrain, cette dernière s’est employée à mettre en lumière le ressenti des habitants de l’est du pays face au djihad. En plus d’une posture coercitive, les groupes djihadistes ont fait de l’adhésion leur meilleure arme. Un habitant de Bartiébougou en témoigne : « Les djihadistes disent qu’ils aiment les gens qui travaillent, qu’ils se battent contre l’État. Tout le monde est d’accord avec eux ».

Dimension sociale et totalitarisme religieux, piliers du double-discours islamiste

Une carte du risque sécuritaire au Burkina Faso
Une carte du Burkina Faso mettant en lumière l’accroissement du risque sécuritaire dans le pays. France Diplomatie, mis à jour le 17 février 2019

La posture salafiste consiste à se positionner en pourvoyeur face aux manquements de l’État. Elle vise en même temps à attiser une haine farouche à son encontre. Ainsi, les djihadistes ont exproprié les étrangers des concessions aurifères et énergétiques locales, rendant l’exploitation aux burkinabés. De surcroît, Ruth Maclean souligne que « les groupes distribuent à la population du maïs, des médicaments […], un salaire mensuel de 600 dollars pour ceux qui travaillent avec eux (trois fois le salaire d’un enseignant) ainsi qu’une prime de 800 dollars pour ceux qui participent aux attaques ».

Cette dimension sociale n’est pourtant que le visage d’apparat d’un totalitarisme qui ne dit pas son nom.  En effet, de nombreuses mesures liberticides sont à l’œuvre au sein des zones contrôlées par les groupes salafistes. De par la charia, ces derniers ont notamment proclamés de nombreux interdits et obligations (tabac, alcool, port du voile intégral, écoute scrupuleuse des sermons) sous peine de punitions arbitraires. Ainsi, des témoins sur place ont rendu compte de nombreuses exécutions sommaires de prostituées mais également d’opposants ou « espions » présumés.

La longévité djihadiste au Burkina Faso se traduit par un discours qui prend racine dans les manquements de l’État central. Eu égard à cela, l’État ne semble pourtant opposer une résistance que le biais de la lutte armée. La situation incite donc à l’inquiétude quant à l’évolution du conflit, et à sa propagation. Seule une politique sociale forte destinée aux burkinabés, en totale rupture avec la stratégie pernicieuse de séduction des groupes djihadistes semble à-même d’augurer un avenir un peu plus radieux pour le pays.

Sources :

AFP – 20 MINUTES« Burkina Faso : Blaise Compaoré chute après 27 ans de pouvoir ». 20 Minutes, 30 octobre 2014

COURRIER INTERNATIONAL, « Le Burkina Faso dans la tourmente du terrorisme ». Courrier International, 13 mai 2019

DOUCE Sophie, « Au Burkina Faso, la dégradation de la situation sécuritaire gagne du terrain ». Le Monde, 18 février 2019

LE PAYS, « La menace d’une guerre de religions ». Le Pays, 12 mai 2019, repris par Courrier Internationaln°1489 du 16 au 22 mai 2019, p. 19

MACLEAN Ruth, « Burkina Faso. Vivre avec les djihadistes ». The Guardian, 22 avril 2019, repris par Courrier International n°1489 du 16 au 22 mai 2019, p. 16-18.

About Antoine Vandevoorde

Antoine Vandevoorde est analyste en stratégie internationale, titulaire d’un Master 2 Géoéconomie et Intelligence stratégique de l’IRIS et de la Grenoble Ecole de Management depuis 2017. Ses domaines de spécialisation concernent la géopolitique du cyberespace, les relations entreprises – Etats, l’intelligence économique et l’Afrique. Il est rédacteur aux Yeux du Monde dep

Le commando Hubert, une unité d’élite tout terrain

Le commando Hubert, une unité d’élite tout terrain

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Les faits

Les deux militaires français tués au Burkina Faso étaient membres d’un groupe de la marine spécialisé dans les opérations de libération d’otages.

Un hommage national leur sera rendu, mardi 14 mai.

  • Pascal Charrier,
Le commando Hubert, une unité d’élite tout terrain

Les  nageurs de combat du commando Hubert sont engagés depuis dix ans sur tous les théâtres d’opérations. FRANÇOIS GUENET/DIVERGENCE

 

Leur mort violente a soudainement donné un visage à ces hommes habitués à agir dans l’ombre. Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, les deux militaires tués lors de l’opération ayant abouti vendredi 10 mai à la libération de quatre otages au Burkina Faso, faisaient partie des « forces spéciales ». « Ils ont donné leur vie pour en libérer d’autres », a salué Emmanuel Macron sur Twitter.

Les deux jeunes officiers mariniers étaient membres du commando Hubert, une unité d’élite de la Marine nationale qui trouve ses origines au cœur de la Seconde Guerre mondiale. Son ancêtre est le 1er bataillon des fusiliers marins commandos, créé en 1942 par la France libre en Grande-Bretagne et communément appelé le « commando Kieffer », du nom du capitaine de corvette Philippe Kieffer. Par la suite, sept commandos dits « marine » ont été constitués sur cette base, dont cinq de combat. D’autres groupes du même type existent dans l’armée de terre et de l’air pour mener des « opérations non-conventionnelles ».

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Des nageurs de combat aptes à combattre à terre

Mais le commando Hubert, baptisé en l’honneur d’Augustin Hubert, tué le 6 juin 1944 lors du débarquement en Normandie, tient une place à part dans ce dispositif. « Si l’on considère que les commandos sont déjà les unités les plus prestigieuses de l’armée, il occupe le haut de la pyramide », explique le journaliste spécialisé Jean-Marc Tanguy, animateur du blog « Le Mamouth », qui a publié l’an dernier « La task force Sabre », un ouvrage sur les forces spéciales françaises engagées au Sahel (éditions Histoire et collections).

Basée à Saint-Mandrier (Var) et forte d’environ 100 personnes, cette unité est constituée de nageurs de combat. Issus des rangs d’autres commandos, ils sont sélectionnés après des épreuves particulièrement difficiles. « Ce sont des gens plutôt spécialisés au départ dans des opérations amphibies, explique Michel Goya, ancien colonel et historien militaire. En réalité, ils peuvent être parfaitement engagés à terre et sont souvent utilisés comme des troupes d’infanterie pour des opérations complexes, comme d’autres commandos marine. » D’où leur présence au Burkina Faso.

Cette mission délicate est au cœur de son métier, la libération d’otages. Le commando Hubert était ainsi déjà intervenu pour sauver des Français retenus sur leur voilier par des pirates au large de la Somalie. « Leur savoir-faire en mer fait qu’ils peuvent intervenir sur n’importe quel terrain, reprend Jean-Marc Tanguy. Leur spécificité tient à leur capacité à s’infiltrer dans de multiples lieux, à la fois sous et sur la mer, mais aussi en dérivant sous la voile de parachutes. Ils sont les seuls à maîtriser ces trois techniques à la fois. Cela leur permet d’arriver de manière silencieuse. »

Un « risque assumé », plutôt qu’un sacrifice

Dans la nuit du jeudi 9 mai au vendredi 10 mai, après une traque de plusieurs jours, une vingtaine d’entre eux a ainsi pu s’approcher des abris où étaient détenus au Burkina Faso deux Français enlevés dans le nord du Bénin le 1er mai. Selon le chef d’état-major français, le général François Lecointre, ils ont toutefois été repérés à une dizaine de mètres du but et ont entendu les ravisseurs armer leurs armes. Pour ne pas risquer de tuer des civils ou les otages, ils sont alors partis à l’assaut sans ouvrir le feu. « N’importe quelle unité aurait agi de même », précise Michel Goya.

Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello ont alors trouvé la mort, touchés quasiment à bout portant. Un sacrifice ? « Je préfère parler de risque assumé, ce n’est pas tout à fait pareil, poursuit l’ancien militaire. Le terme sacrifice implique que l’on va volontairement à une mort certaine. Là, le but n’était assurément pas de se faire tuer. Mais ce risque existe, comme dans de nombreux métiers, et on est incapable de prédire dans ce genre de mission comment les choses vont se dérouler. »

Plutôt que de mettre en avant des vies sacrifiées, Jean-Marc Tanguy préfère lui aussi évoquer la « détermination » de marins animés par un « sens aigu de l’engagement » et « le culte de la mission »« Si nos soldats connaissent tous les risques au moment de leur engagement, il n’en est pas moins douloureux, lorsque par leur courage et leur bravoure, des frères d’armes tombent au combat, commente de son côté Jean-Michel Jacques, député LREM du Morbihan et ancien infirmier au sein des commandos marine. Nous nous devons alors de saluer leur dévouement et honorer leur mémoire. » Un hommage national sera rendu mardi 14 mai à Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello.

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Militaires morts au Burkina Faso, le récit de l’assaut des commandos marine français

Militaires morts au Burkina Faso, le récit de l’assaut des commandos marine français

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Les faits

La ministre des armées Florence Parly et le chef d’état-major des armées, le général François Lecointre, ont expliqué vendredi 10 mai les conditions de l’opération de libération des otages au Burkina Faso, dans laquelle deux militaires français ont été tués.

  • Corinne Laurent,
Militaires morts au Burkina Faso, le récit de l’assaut des commandos marine français

Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello étaient des marins d’exception : ils étaient membres du prestigieux commando Hubert de la Marine nationale, une unité d’élite très sélective de l’armée française.MARINE NATIONALE
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« C’est un véritable exploit, c’est une opération d’une rare difficulté que peu d’armées au monde sont capables de mener ». La ministre des armées Florence Parly a insisté vendredi 10 mai, lors d’une conférence de presse, sur la « grande complexité » de l’assaut donné par les forces spéciales françaises pour libérer quatre otages – deux Français, une Américaine et une Sud-coréenne – dans le nord du Burkina Faso.

Deux commandos marine, Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, sont morts dans cette opération. Ils « n’ont pas tremblé », ils « ont protégé les otages au prix de leur propre vie », a souligné la ministre. « La France a perdu deux de ses fils, et nous perdons deux de nos frères », a ajouté le chef d’état-major des armées, le général François Lecointre, très ému.

La ministre et le général d’armée ont dévoilé, sans trop rentrer dans les détails, les conditions de l’intervention conduite avec les moyens de l’opération française Barkhane au Sahel, l’appui des États-Unis pour le renseignement et le soutien du Burkina Faso sur le plan logistique, notamment pour ravitailler l’armée française en différents points.

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« Un risque de transfèrement » des otages

L’opération était en préparation depuis plusieurs jours. Dès l’annonce de la disparition des deux Français le 1er mai au Bénin, des moyens de renseignement avaient été déclenchés par la force Barkhane avec l’appui des États-Unis et du Burkina Faso. Le 7 mai, une « opération discrète » avait été menée par les forces françaises, apportant des « éléments complémentaires », a précisé le général Lecointre, décrivant la mise en place d’une « traque » des ravisseurs.

Il y avait, a-t-il expliqué, « un risque de transfèrement de ces otages à une autre organisation terroriste qui agit au Mali, et qui est la Katiba Macina » du prédicateur Amadou Koufa. Dès lors, il aurait été « impossible d’organiser une quelconque opération de libération ». Jeudi 9 mai, les ravisseurs ont fait « une halte » au Burkina Faso. C’était « la dernière opportunité », a insisté le chef d’état-major des armées qui a présenté un plan au président de la République.

Des moyens médicaux, notamment chirurgicaux, envoyés de France, des moyens logistiques et des hélicoptères ont été déployés avant l’infiltration des soldats français. « Les commandos des forces spéciales se sont infiltrés dans la nuit noire sur une distance de 200 mètres, malgré la présence d’une sentinelle », avant d’être « repérés à 10 mètres » des quatre abris des ravisseurs, a raconté le général Lecointre. Une vingtaine de membres du commando Hubert sont montés à l’assaut dans les abris « sans ouvrir le feu ». C’est lors de la pénétration de deux de ces abris que Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello ont été tués « à très courte distance ».

Une Américaine et une Sud-coréenne « otages depuis 28 jours »

Les soldats français ont alors découvert non pas deux mais quatre otages. Une Américaine et une Sud-Coréenne étaient aussi présentes dans le campement. « Personne n’avait connaissance de leur présence. Nous n’avions pas connaissance du fait qu’au côté de nos deux ressortissants il pouvait en avoir d’autres », a souligné la ministre Florence Parly.

« Les contacts que nous avons eus depuis quelques heures avec les États-Unis et la Corée du Sud montrent que probablement, ces pays-là n’avaient pas nécessairement conscience de la présence de ces deux ressortissantes en territoire burkinabé », a-t-elle ajouté. « A priori, elles étaient otages depuis 28 jours », a précisé le général Lecointre.

Qui étaient les ravisseurs ? « L’analyse est en cours », a indiqué Florence Parly, rappelant seulement qu’il y a « deux mouvements terroristes principaux qui opèrent dans cette zone et qui sont affiliés pour l’un à Al-Qaida, pour l’autre à l’EIGS (État islamique au Grand Sahara) ».

https://www.la-croix.com/France/Securite/Militaires-morts-Burkina-Faso-recit-lassaut-commandos-marine-francais-2019-05-10-1201021006

Burkina Faso : six personnes, dont un prêtre, tuées en pleine messe

Burkina Faso : six personnes, dont un prêtre, tuées en pleine messe

Une église dans le nord du Burkina Faso (illustration)
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Six personnes, dont un prêtre, ont été tuées dimanche matin lors d’une attaque pendant la messe dans une église catholique du nord du Burkina Faso.

Une attaque en pleine messe. Dimanche matin, une vingtaine d’hommes armés a fait irruption dans l’église de Dablo, dans le nord du Burkina Faso, et a tiré sur les fidèles. Si certains sont parvenus à s’enfuir, les terroristes ont tué cinq personnes ainsi que le prêtre qui célébrait la messe. « Ils ont incendié l’église, puis des boutiques et un maquis avant de se rendre au centre de santé où ils ont fouillé le local et incendié le véhicule de l’infirmier chef de poste », a raconté le maire de la commune.

Le Burkina Faso est confronté depuis quatre ans à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières de la part de groupes jihadistes. L’attaque de Dablo est ainsi la deuxième en deux mois visant une église. Le 29 avril, six personnes avaient été tuées lors de l’attaque de l’église protestante de Silgadji. À la mi-mars, l’abbé Joël Yougbaré, curé de Djibo, dans le nord du pays, a été enlevé par des individus armés alors qu’il était parti pour célébrer la messe dans un village de la province de Doum. Il avait effectué plusieurs missions dans l’Orne pendant la période estivale ces dernières années. Le 15 février, c’est un missionnaire salésien d’origine espagnole, le père César Fernandez, qui avait été tué lors d’une attaque armée.

https://fr.aleteia.org/2019/05/13/burkina-faso-six-personnes-dont-un-pretre-tues-en-pleine-messe/?utm_campaign=NL_fr&utm_source=daily_newsletter&utm_medium=mail&utm_content=NL_fr

Du nouveau sur l’opération militaire américano-française au Burkina Faso/

Du nouveau sur l’opération militaire américano-française au Burkina Faso/

En bref et en exclusivité Strategika51 Intelligence :

L’opération militaire américano-française du 10 mai 2019 au nord du Bukina Faso ne visait pas à libérer les deux otages français kidnappés neuf jours auparavant au Bénin mais à récupérer deux agents de la CIA ayant un statut prioritaire. L’opération aurait très mal tournée. Paris a reconnu la mort de deux Commando marine et quatre présumés ravisseurs. Selon des informations émanant de professionnels, il s’agit d’un bilan très partiel, établi selon les règles de diffusion de l’information militaire relatives aux pertes au combat adoptés par les unités militaires US en Irak entre 2004 et 2009.

2. Le groupe armé qui a été visé est totalement inconnu et fait plus étrange, aucun groupe terroriste activant au Sahel n’a commenté ou revendiqué le rapt de quatre ressortissants étrangers ou l’opération militaire du 10 mai.

3. Le jour même de l’opération, les individus armés ont pu s’extraire du lieu de l’attaque en tuant une douzaine de militaires d’un pays africain qui assuraient le bouclage de la zone.

4. Le ministère français de la défense a annoncé la mort de quatre présumés ravisseurs mais selon des sources locales il s’agit de civils vivant à proximité de l’objectif. Aucun chef opérationnel ou membre du groupe armé n’ont été capturés ou neutralisés.

5. Les commandos marine francais ont essuyé dés le début de l’opération des tirs nourris de Kalashnikov RPK dévastateurs. Il a fallu l’intervention d’hélicoptères d’attaque Tigre et des hélicoptères de combat relevant d’une unité d’élite héliportée américaine pour les désengager. Du matériel et des armes ont du être abandonnés sur les lieux.

5. Nos sources tiennent à souligner que cette opération est l’un des premiers engagements massifs des forces conjointes américano-françaises au Burkina Faso.

Key Info:

Deux actifs de la CIA, un ressortissant américain et sud-coréen, ont été enlevés dans un pays du Sahel et aucun gouvernement ni aucun média n’a rapporté l’information. Ils ont été libérés le 10 mai 2019 lors d’une opération spéciale conjointe des États-Unis et de la France dans le nord du Burkina Faso. Le raid était dirigé par les forces spéciales de la marine française, principalement le commando Hubert. Outre les deux femmes, deux autres otages ont été libérés au cours de la violente bagarre. Ils ont été kidnappés au Bénin le 1er mai 2019. Le gouvernement français a reconnu la mort de deux commandos endurcis au combat lors de l’opération.
Les médias traditionnels gardent un silence absolu sur les deux femmes.

Exclusive Strategika 51 Intelligence (Sources from the Ground)

Du nouveau sur l’opération militaire américano-française au Burkina Faso/ Two Female CIA Assets Freed in a Messy Operation in Northern Burkina Faso

https://translate.google.fr/?hl=fr#view=home&op=translate&sl=en&tl=fr&text=Two%20female%20CIA%20assets%2C%20a%20U.S%20and%20South%20Korean%20nationals%20were%20kidnapped%20in%20a%20Sahel%20Country%20and%20not%20a%20single%20Government%20or%20media%20reported%20the%20information.%20They%20were%20freed%20on%2010%20May%202019%20during%20a%20joint%20U.S-French%20Special%20Operation%20in%20Northern%20Burkina%20Faso.%20The%20raid%20was%20spearheaded%20by%20French%20Navy%20Special%20Forces%2C%20mainly%20the%20Hubert%20Commando.%20Besides%20the%20two%20women%2C%20two%20other%20hostages%20were%20freed%20amidst%20the%20fierst%20firefight.%20They%20were%20kidnapped%20in%20Benin%20on%201%20May%202019.%20The%20French%20Government%20aknowledged%20the%20death%20of%20two%20battle-hardened%20commandos%20in%20the%20operation.Mainstream%20media%20are%20keeping%20an%20absolute%20silence%20about%20the%20two%20women.

 

Burkina : 2 soldats français tués, 4 otages libérés

Burkina : 2 soldats français tués, 4 otages libérés

Les deux soldats français tués dans le nord du Burkina
Les deux soldats français tués dans le nord du Burkina 

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Deux soldats français ont été tués lors d’une opération militaire menée dans le nord du Burkina Faso.

Le Parisien – International@LeParisienMonde

Qui sont les deux commandos français tués en libérant les otages au Burkina Faso https://l.leparisien.fr/IAO-zi 

Qui sont les deux commandos français tués en libérant les otages au Burkina Faso

Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello étaient commandos marine dans les forces spéciales, engagés depuis le 30 mars dernier dans la région du Sahel.

leparisien.fr

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Cette intervention a permis la libération de quatre otages, dont les deux français kidnappés il y a dix jours dans le nord du Bénin. Les deux autres otages libérés sont une Américaine et une Sud-Coréenne.

Dans son communiqué, le ministère de la Défense précise que l’opération a eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi, et que les deux militaires tués faisaient partie des forces spéciales de l’opération Barkhane, cette force anti-terroriste déployée dans le Sahel.

Florence Parly

@florence_parly

Morts pour la France cette nuit au Burkina Faso, les commandos marine Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello ont sacrifié leur vie pour sauver celle de 4 otages, désormais libres. Je pense à leurs familles, à leurs frères d’armes. Toute la Nation s’incline devant leur courage.

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Les autorités françaises ajoutent que l’intervention militaire avait été menée avec le soutien des Etats-Unis, du Burkina Faso et du Bénin.

Quatre ravisseurs ont été tués pendant cette opération, selon l’état-major français, qui ne donne pas d’indication sur l’identité du groupe preneur d’otages. Deux terroristes ont réussi à prendre la fuite, toujours selon l’état-major.

Romain Mielcarek

@actudefense

CEMA : Des moyens médicaux de l’avant étaient prévus. Idem pour une chaîne log et des hélicoptères pour permettre l’évacuation.
Mise en place et infiltration de nuit dans la foulée.

Romain Mielcarek

@actudefense

CEMA : Les commandos ont progressé sur 200m grâce à la nuit noire, malgré la présence d’une sentinelle. Ils sont détectés à 10m. En entendant l’ennemi armer, ils donnent l’assaut sans ouvrir le feu pour ne pas toucher les civils.

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L’opération se serait passée, entre Ouagadougou et la frontière malienne, dans la région de Ouahigouya (nord du Burkina)

L’enlèvement des deux touristes au Bénin

C’est précisément dans ce pays, le Bénin, que les deux touristes français, Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, avaient été enlevés le 1er mai. Ils visitaient le Parc de la Pendjari dans le nord du Bénin. Leur guide avait été retrouvé mort quelques jours plus tard. Et leur véhicule avait été localisé dans l’est du Burkina.

Assez rapidement, les spécialistes ont émis l’hypothèse d’un enlèvement par des groupes armés ou djihadistes. Ils sont sévissent d’ordinaire plus au nord, mais leur zone d’influence semble désormais s’étendre.

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Jigi@JigiAfrica

La Grande-Bretagne publie le 4 mai 2019 une carte destinée à ses ressortissants désireux de se rendre au encore plus alarmiste que celle préparée par la France pour les voyageurs français, en raison de l’évolution de la situation sécuritaire dans le pays.

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Réactions à Paris et à Ouagadougou

Le président français Emmanuel Macron accueillera samedi les deux ex-otages français, ainsi que l’ex-otage sud-coréenne, libérés au Burkina Faso dans la nuit de jeudi à vendredi, à leur retour en France, prévu à Villacoublay, samedi à 17H00, a annoncé l’Elysée.

En début de semaine prochaine, le chef de l’État présidera aux Invalides une cérémonie d’hommage national aux deux commandos marine tués dans l’opération de libération des otages, a ajouté la présidence.

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a salué sur twitter la libération dans son pays de quatre otages dont deux Français, par les forces spéciales françaises, au cours d’une « intervention militaire conjointe ».

Roch KABORE

@rochkaborepf

Je salue la libération de 4 otages, dont les 2 enseignants français, enlevés le 1er mai dans le nord du Bénin, une américaine et une sud-coréenne.
L’intervention militaire conjointe qui a permis d’atteindre ces objectifs traduit notre engagement à lutter contre les forces du mal.

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– avec agences –

Deux militaires français tués au Burkina Faso lors de la libération de deux touristes

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Deux militaires français tués au Burkina Faso lors de la libération de deux touristes

Les maîtres Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello.

La classe politique a salué vendredi la mémoire des deux militaires français tués lors d’une opération de libération de quatre otages au Burkina Faso, dans la nuit de jeudi à vendredi, en rendant hommage au « sacrifice ».

L’armée française a libéré quatre otages, dont les deux touristes français enlevés le 1er mai au Bénin, en menant une opération militaire dans la nuit de jeudi à vendredi au Burkina Faso dans laquelle deux officiers mariniers ont été tués, a annoncé l’Elysée.

«Cette libération a pu être obtenue grâce à une opération militaire, conduite par les forces françaises dans la nuit de jeudi à vendredi, au nord du Burkina Faso. Au cours de celle-ci, deux militaires ont trouvé la mort au combat, le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello, tous deux officiers mariniers au sein du commandement des opérations spéciales.», indique l’Elysée.

Marine nationale

@MarineNationale

Mort en opération de deux commandos Marine, les MT Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello. La Marine nationale est en deuil et s’associe à la douleur de leurs familles et de leurs frères d’armes. >> http://bit.ly/2WA3BXJ 

Florence Parly a salué dans un communiqué la mémoire des deux militaires des forces spéciales de l’opération Barkhane «morts pour la France lors de la libération des quatre otages au Burkina Faso». «C’est avec émotion et tristesse que j’adresse mes pensées aux familles des deux militaires décédés, à leurs proches, à leurs frères d’armes et à l’ensemble des commandos marine», a-t-elle déclaré. La ministre félicite également «les forces ayant mené cette opération complexe et ceux qui y ont contribué»: «quatre vies ont été sauvées cette nuit, quatre vies entre les mains de terroristes».

Florence Parly

@florence_parly

Morts pour la France cette nuit au Burkina Faso, les commandos marine Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello ont sacrifié leur vie pour sauver celle de 4 otages, désormais libres. Je pense à leurs familles, à leurs frères d’armes. Toute la Nation s’incline devant leur courage.

L’Élysée annonce la libération de 4 otages au Bénin par l’armée française
Deux otages français retenus au Bénin depuis le 1er mai ont été libérés le 10 mai au Burkina Faso, a annoncé l’Elysée. Au cours de cette libération, deux autres otages ont pu être libérées, et deux militaires de l’opération Barkhane ont été tués
De son côté, Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, a salué «avec émotion le sacrifice des deux militaires français engagés dans cette opération»: «J’exprime à leurs familles et à leurs proches mes condoléances attristées et toute ma sympathie. N’oublions jamais le courage et l’abnégation de nos soldats au service de la sécurité des Français partout dans le monde.»

La classe politique a salué l’acte de bravoure et le sens du «sacrifice» de ces soldats.

Le président burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, a quant à lui salué sur Twitter la libération des quatre otages. «L’intervention militaire conjointe qui a permis d’atteindre ces objectifs traduit notre engagement à lutter contre les forces du mal», a-t-il écrit. Les Etats-Unis ont adressé vendredi leurs «remerciements» à la France pour la libération «sains et saufs» des quatre otages, dont une américaine.

Les deux français libérés étaient venus passer des vacances d’une dizaine de jours au Bénin. Patrick Picque est un commerçant de 51 ans, créateur de bijoux, qui travaille dans le centre de Paris mais est originaire de la Manche. Laurent Lassimouillas, âgé de 46 ans, originaire de Marseille, est lui chef d’orchestre et professeur de musique à Longjumeau et Orsay, en région parisienne. «Outre les deux otages français, une citoyenne américaine et une ressortissante sud-coréenne ont également été libérées», a ajouté la présidence dans un communiqué.

» LIRE AUSSI – Deux otages français au Sahel libérés

Ambleu Sahel, reconstruire le vivre ense

Édito.

Ambleu Sahel, reconstruire le vivre ense

Publié le 

Les violences intercommunautaires se multiplient au Mali, attisées par les djihadistes. La menace terroriste s’étend au Burkina Faso et au Niger. Dessin de Ale + Ale, Italie, pour Courrier international

Comment arrêter cet engrenage ? Cette région du monde est en proie à de multiples facteurs de déstabilisation : lutte d’influence entre grandes puissances, notamment la France, la Chine et la Russie, pour se procurer de l’or et de l’uranium, lutte entre les différentes communautés pour le contrôle des ressources comme l’eau et les terres agricoles, raréfiées par le changement climatique, le tout dans un contexte de militarisation excessive. Les différentes communautés, ne pouvant compter sur les armées des États fragilisés comme le Mali et le Burkina, se reposent pour leur protection sur leurs milices surarmées. Au risque d’entraîner des massacres, comme cela s’est vu récemment avec la mort de 160 villageois peuls, qui auraient été tués par une milice dogon. Vingt-cinq ans après le génocide rwandais, alors qu’on s’interroge toujours sur l’inaction de la France et de la communauté internationale à l’époque, on peut se poser des questions sur l’efficacité de la présence militaire française.

La paix dans cette région cruciale ne pourra pas passer par une lutte uniquement sécuritaire contre le terrorisme, mais nécessite des solutions globales, fondées sur un développement économique et social accéléré, une présence accrue des États et des services publics, un partage des ressources, pour que le vivre-ensemble soit de nouveau possible.

Hamdam Mostafavi

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