Archives pour la catégorie C.E.T.A

Euronouillerie cherche maître désespérément

Euronouillerie cherche maître désespérément

18 Juin 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Europe, #Economie, #Gaz

Qu’il était rassurant pour les vassaux européens de se laisser diriger pendant des décennies par Washington et ne surtout prendre aucune décision. Oui mais voilà, l’élection du Donald a provoqué un cataclysme et l’Union ectoplasmique a désormais perdu son suzerain qui lui donnait ses ordres. Laissée à elle-même, elle part dans tous les sens et ce n’est pas triste…

En Italie, le putsch bruxellois a donc tourné court et l’alliance «  »populiste » » a formé son gouvernement. Bien sûr, il convient de voir ce que cela va donner sur le long terme mais les premières décisions/mesures/annonces n’ont pas tardé.

Le Premier ministre italien Conte a appuyé l’idée de Trump de réintégrer la Russie dans le G8, ce que Moscou a d’ailleurs gentiment balayé d’un revers de la main : « Au sein du G20, les ultimatums ne marchent pas et vous avez besoin de parvenir à des accords. Je pense que c’est le format le plus prometteur pour l’avenir ». Une gentille claque au club des pays les plus endettés du monde…

A cette occasion, les euronouilles (c’est-à-dire l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et les technocrates bruxellois) se sont, dans un grand élan d’unanimité, opposées au retour de la Russie, ce qui est amusant quand on sait que Berlin disait l’inverse il y a seulement deux ans.

Un coup, la russophobie doit cesser, un coup elle est érigée en dogme de politique étrangère. Et quand l’Italie, fidèle a sa ligne, elle, propose de lever les sanctions contre la Russie, les dirigeants du Vieux continent sont cette fois plus ou moins d’accord, car Trump s’y oppose.

Nos petits eurocrates semblent en réalité complètement perdus…

Il est vrai que dans le dernier cas, la soudaine bienveillance européenne sent fortement le gaz. Nous avons vu à plusieurs reprises que Poutine parie sur l’égoïsme allemand afin de faire passer le Nord Stream II et Frau Milka ne demande que ça.

Le gazoduc russe est une évidence économique et les Européens le comprennent bien malgré les efforts du centre impérial que nous décrivions il y a un mois :

Alors que l’Allemagne a débuté les travaux dans ses eaux territoriales, et que la Finlande fait de même après l’approbation par Helsinki du passage du pipe dans sa zone maritime économique exclusive, les Américains font feu de tout bois : menace de sanctions ; pleurnicheries de leur proxy de Kiev qui réalise qu’on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre (le transit par l’Ukraine tombera à terme à une douzaine de Mds de m3 annuels) ; coup de fil de Pompeo, l’ancien chef de la CIA et désormais secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, au gouvernement suédois…

Pour la Suède, c’est râpé : Stockholm vient d’approuver le passage du tube dans sa zone économique exclusive. Ne reste plus que le Danemark, comme nous l’expliquions début avril :

Le placide pays scandinave fait en effet face à un écrasant dilemme, sa « plus importante décision de politique étrangère depuis la Seconde Guerre Mondiale » : permettre ou non le passage du Nord Stream II par ses eaux territoriales.

Le projet doit également recevoir dans les prochains mois les autorisations finales de la Russie (c’est couru d’avance), de la Finlande et de la Suède. Mais concernant ces deux dernières, il s’agit uniquement de leur zone économique exclusive, régie par le droit international de la mer sur lequel les gouvernements suédois (très russophobe) et finlandais (plus équilibré) ont de toute façon peu de prise.

Seul le Danemark est concerné dans sa souveraineté même, et il s’en serait bien passé. Les émissaires américains et bruxellois poussent le gouvernement à empêcher le passage des 139 km du Nord Stream II par ses eaux territoriales tandis que Moscou et Berlin l’encouragent à accepter.

Copenhague peut-elle se mettre à dos son principal partenaire (Allemagne) et la principale puissance militaire européenne (Russie), qui vient d’ailleurs essayer quelques missiles à proximité ? Le système impérial réussira-t-il à manoeuvrer afin de torpiller le pipeline comme ce fut le cas avec le South Stream ?

Le principe de réalité face aux simagrées de l’empire déclinant. Des dirigeants de la trempe d’un De Gaulle auraient immédiatement choisi, mais nos pauvres petites euronouilles vassalisées sont pris dans les méandres de leur faiblesse et de leurs atermoiements.

Un exemple éclairant est celui de la Bulgarie, qui a refusé en 2014 le South Stream sous la pression de McCainistan et qui vient maintenant quémander à Moscou le privilège de recevoir une malheureuse branche du Turk Stream.

Eternel spectacle du laquais mécontent de son sort mais n’osant encore se rebeller ouvertement contre le maître…

Un pays qui semble – restons prudents – en voie d’émancipation est l’Italie, comme nous l’avons entrevu au début. Le nouveau gouvernement italien ne cache pas sa sympathie envers Moscou. En plus de demander la fin des sanctions (en opposition à Washington) et la réintégration de la Russie dans le G8 (en opposition à Bruxelles), Rome a encore annoncé deux décisions prenant de revers le système impérial.

Le parlement ne ratifiera pas le CETA, l’accord de libre-échange entre l’UE et le Canada. Soros a dû en avaler son Tokaj de travers… Rappelons que, voulus par l’oligarchie globaliste et négociés dans l’opacité la plus totale, ces accords visent au final à supplanter les Etats par les multinationales, qui auraient le pouvoir de faire annuler juridiquement les décisions des gouvernements.

Autre mauvaise nouvelle pour Soros & Co, l’Italie s’oppose désormais de front à l’immigration et vient de gagner sa première bataille face à Bruxelles. Sur ce sujet, 80% des Italiens sont sur la même longueur d’onde que leur gouvernement, ce qui doit donner quelques sueurs froides aux eurocrates non élus.

Pire, le pays transalpin rejoint dans ce combat un nombre croissant de pays d’Europe centrale et orientale – Pologne, Hongrie, Slovaquie… Nous avions relevé l’ironie de la chose il y a deux ans :

L’Europe américaine sera-t-elle mise à mort par ceux-là même qui étaient censés la régénérer ? L’on peut sérieusement se poser la question quand on voit le divorce grandissant entre l’UE et les pays d’Europe centrale et orientale, fers de lance de la « Nouvelle Europe » si chère aux néo-cons. Le pied droit de Washington donne des coups au pied gauche et c’est tout le système vassalique européen qui risque de tomber (…)

La chute du Mur et l’intégration à l’UE des anciennes démocraties populaires n’étaient que le cache-sexe de l’avancée de l’OTAN vers la Russie. Mieux encore, ces pays nouvellement libérés de la tutelle soviétique et férocement anti-russes pour des raisons historiques compréhensibles étaient susceptibles d’établir un nouveau rapport de force très favorable aux Etats-Unis au sein de l’UE face à certaines poussées de fièvre frondeuse toujours possibles de la « vieille Europe » (De Gaulle, Chirac et Schroeder…)

Or, au moment où les institutions européennes sont noyautées et soumises comme jamais aux désidératas US, le château de cartes est en train de s’écrouler… Ce sont d’abord les sanctions anti-russes qui ont créé une brèche. Si elles furent accueillies avec des transports de joie par la Pologne et les pays Baltes, leur réception en Hongrie, en Slovaquie et même en République tchèque fut bien plus mesurée, c’est le moins qu’on puisse dire. Première cassure au sein de la « nouvelle Europe ».

Et maintenant, la question des réfugiés pourrait bien sonner l’hallali. La Pologne, pays ô combien pro-US, refuse tout à fait d’obéir aux injonctions des institutions elles aussi ô combien pro-US de Bruxelles. Diantre, Brzezinski n’avait pas prévu ça…

Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, Rome veut maintenant constituer sur cette question un axe avec l’Autriche et le ministre allemand de l’intérieur, en fronde ouverte contre sa chancelière. Sa coalition gouvernementale étant au bord de l’implosion, Frau Milka vit peut-être ses derniers jours à la direction de l’Allemagne, au grand dam du patronat qui salivait d’aise devant la main-d’oeuvre bon marché constituée par les « migrants ».

Le paradigme de ces vingt-cinq dernières années (US = OTAN = ennemi russe = UE = globalisme et libéralisme) est en train d’exploser sous nos yeux. Des pays pro-américains deviennent anti-UE (Pologne), des globalistes deviennent anti-américain et veulent la fin de la politique de sanctions contre la Russie (Merkel). Sans compter des Etats (Italie, Hongrie) qui prennent résolument une autre voie. Inimaginable il y a seulement quelques années…

Le système impérial est sens dessus dessous et l’euronouillerie orpheline, peu habituée à vivre sans maître, est en émoi. Devant tant de malchance, un troll eurocrate, Verhofstadt pour ne pas le nommer, a une explication toute faite : l’Anglais Farage, le Néerlandais Wildeers, la Française Le Pen, le Hongrois Orban, l’Italien Salvini et même le Polonais Kaczynski (LOL) sont tous payés par Poutine !

Publicités

Rome menace de bloquer la ratification du CETA

Rome menace de bloquer la ratification du CETA

L’Italie ne ratifiera pas le CETA, l’accord de libre-échange avec le Canada, car il ne protège pas assez les spécialités culinaires du pays, a déclaré le ministre italien de l’Agriculture, Gian Marco Centinaio.

« Nous ne ratifierons pas l’accord de libre-échange avec le Canada car il ne protège qu’une petite partie de nos appellations d’origine protégée (AOP) et de nos indications géographiques protégées (IGP) », a déclaré Gian Marco Centinaio, le 14 juin au journal italien La Stampa.

L’accord économique et commercial global (CETA) est un accord dit « mixte », ce qui signifie qu’il doit être approuvé à la fois par le Parlement européen – qui l’a validé en février 2017 – et par les parlements nationaux.

« Nous demanderons au parlement de ne pas ratifier le traité ni les autres accords semblables au CETA », a prévenu le ministre italien. Seuls dix États membres – l’Autriche, la République tchèque, le Danemark, l’Estonie, l’Espagne, la Croatie, la Lituanie et la Lettonie – ont soutenu l’accord à ce jour.

La décision de l’Italie risque de mettre en péril la pleine application du CETA, le premier grand accord commercial de l’UE. L’accord est entré en vigueur de manière provisoire en septembre de l’année dernière avec des droits de douane réduits à l’importation sur une série de produits. Mais certaines dispositions, dont le chapitre lié à l’investissement, ne s’appliqueront qu’une fois le texte complètement ratifié.

Le CETA entre en vigueur malgré une forte opposition

Négocié depuis 2008, l’accord de libre échange entre le Canada et l’Union européenne entre en vigueur jeudi 21 septembre. Les opposants au traité sont furieux.

Rome ne sera pas seule dans sa croisade

« Ce n’est pas juste une position du parti souverainiste la Ligue du Nord, non, les doutes quant à cet accord sont monnaie courante chez nombreux de mes collègues européens », a souligné le ministre italien, qui appartient à la Ligue.

L’initiative citoyenne européenne Stop TTIP-CETA est parvenue à collecter plus de 3 millions de signatures contre les deux accords de libre-échange et des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour protester contre l’accord dans toute l’Europe.

Par ailleurs, la région belge de Wallonie a utilisé son pouvoir de véto pour entraver la signature de l’accord par la Belgique pendant des jours, ce qui a failli faire échouer les négociations.

Dans le cadre d’un compromis pour débloquer l’accord, le gouvernement belge a promis de demander l’avis de la Cour de justice de l’UE sur la compatibilité de certaines dispositions du CETA avec le droit européen. La Cour n’a pas encore rendu son verdict.

La France rêve d’introduire un veto climatique au CETA

Le gouvernement a présenté le 25 octobre un plan d’action sur les enjeux sanitaires et environnementaux du CETA. Mais les propositions françaises ne peuvent s’appliquer qu’avec l’accord de l’UE et du Canada.

Le directeur général de l’OMC (Organisation mondiale du commerce), Pascal Lamy, a déclaré le 8 juin lors d’une conférence de presse à Bruxelles que la principale préoccupation dans le commerce était la réaction négative de certains pays occidentaux. L’UE lutte quant à elle sans relâche pour garantir l’application du CETA.

Autre ligne de front entre Bruxelles et Rome

« La Commission travaille étroitement avec les États membres pour s’assurer que notre politique commerciale bénéficie à tous », a déclaré le porte-parole de l’exécutif européen, Margaritis Schinas, en réaction aux propos de Gian Marco Centinaio. Toutefois, « une potentielle non-ratification doit être discutée au niveau du Conseil », a-t-il rappelé.

L’annonce de l’Italie a ouvert une nouvelle ligne de front dans les relations déjà tendues entre Bruxelles et Rome, depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition populiste entre la Ligue d’extrême droite et le Mouvement 5 étoiles.

En Italie, le gouvernement Conte prend officiellement ses fonctions

Le nouveau chef du gouvernement populiste italien, Giuseppe Conte, a officiellement pris ses fonctions le 6 juin après le dernier vote de confiance du Parlement sur un programme tournant le dos à l’austérité, mais pas à l’Europe.

Ces derniers jours, le Premier ministre Giuseppe Conte a aligné sa position avec celle du président américain Donald Trump pour demander la réadmission de la Russie au G7. Il a par la suite clarifié que ce ne serait possible que si le Kremlin respecter les accords de Minsk.

Le gouvernement italien fait en outre l’objet de vives critiques depuis qu’il a décidé de bloquer l’accès à ses ports aux bateaux étrangers chargés des missions de sauvetage en Méditerranée.

Pour discuter de toutes ces questions, Donald Tusk, le président du Conseil européen, pourrait se rendre à Rome pour rencontrer le Premier ministre avant le sommet européen du 28 et 29 juin.

https://www.euractiv.fr/section/commerce-industrie/news/italy-threatens-to-block-ceta-ratification/

12/17 Actualité internationale
Synthèse de l’actualité internationale de décembre 2017

Par Axelle DEGANS, le 31 décembre 2017  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Professeure de chaire supérieure au lycée Faidherbe (Lille) où elle enseigne la géopolitique en classes préparatoires économiques et commerciales. Membre du laboratoire HABITER (EA 2076) de l’Université Reims Champagne-Ardenne. Elle est notamment co-auteure chez Ellipses de Les 50 cartes à connaître, Coll. Atout concours, Paris, 2016 ; Histoire, Géographie, Géopolitique. Concours d’entrée aux grandes écoles, Coll. Atout concours, Paris, 2015.

Voici une synthèse de l’actualité internationale de décembre 2017 qui sera fort utile à tous ceux qui veulent disposer d’un point de l’actualité géopolitique, voire préparent un concours. Pour ne rien manquer, et recevoir nos alertes sur des documents importants, le plus simple est de s’abonner gratuitement à notre Lettre d’information hebdomadaire ou au compte twitter de veille géopolitique @diploweb (plus de 10 000 followers)

Le sort des urnes

En Espagne, la Catalogne a voté en décembre 2017 pour renouveler son parlement régional. Le taux de participation est élevé, plus de 80 % des électeurs se sont déplacés. Le parti centriste libéral Cuidadanos est arrivé en tête des suffrages avec 25 % des voix, mais les trois partis indépendantistes obtiennent, ensemble, la majorité.

Au Honduras, Salvador Nasralla a prévenu qu’il ne contesterait pas la victoire déjà reconnue par les Etats-Unis du président Juan Orlando Hernandez. Elle est pourtant contestée par ses opposants qui manifestent contre les fraudes.

Au Chili, le conservateur Sebastian Pinera a été élu en décembre 2017 avec plus de 54 % des voix à la présidence de la république, charge qu’il a déjà occupée de 2010 à 2014.

Au Libéria, George Weah a remporté fin décembre 2017 assez confortablement les élections présidentielles de son pays. C’est une première à plusieurs titres : premier ancien footballeur (attaquant du Paris Saint-Germain) à prendre la direction de son pays, premier ballon d’or africain, premier membre de l’ethnie Krou (un « autochtone » et non pas un descendant des esclaves affranchis arrivés des États-Unis) à accéder à la magistrature suprême. Il a remporté les élections en choisissant pour colistière Jewel Howard-Taylor, ex-femme de Charles Taylor (un des pires bourreaux du continent africain, aujourd’hui en prison pour crimes contre l’humanité). Il a reçu le soutien de Prince Johnson, autre protagoniste tristement célèbre de la guerre civile qui a ensanglanté cette région. George Weah ne peut se targuer d’avoir présenté un programme électoral précis et clair. Il s’est engagé à combattre la corruption et à développer l’éducation… Il est néanmoins élu à la suite d’une transition démocratique.

Le temps des héritiers ?

En Inde, Rahul Gandhi prend courant décembre 2017 les rênes du parti du Congrès, remplaçant sa mère Sonia Gandhi actuelle présidente de ce parti. Il succède à son arrière-grand-père, Nehru, à sa grand-mère Indira Gandhi et à son père Rajiv, tous premiers ministres et illustres membres de ce parti. Une dynastie au cœur de la plus grande démocratie du monde.

En Afrique du Sud, l’ANC, le parti de Nelson Mandela, vient de désigner un successeur à l’actuel président Jacob Zuma. Ce dernier est des plus décrié pour ses prises de position (par exemple par rapport au Sida dont la prévalence est particulièrement élevée en Afrique du Sud) comme pour sa pratique du pouvoir (scandales de corruption…). Cyril Ramaphosa a été désigné, de justesse, à la tête de l’ANC. Il est l’ancien dauphin de Nelson Mandela et devrait se présenter aux élections de 2019, même si le vice-président et le secrétaire général de l’ANC sont des proches de Jacob Zuma.

La violence toujours

Un attentat en Égypte a de nouveau frappé fin décembre 2017 la communauté copte faisant une dizaine de victimes. Le bilan est similaire au Pakistan où la communauté chrétienne a de nouveau été endeuillée à la suite d’un attentat qui l’a frappée. A Kaboul, une quarantaine d’Afghans chiites de la communauté Hazara a été tuée dans un attentat suicide revendiqué par l’EI. Daech et les Talibans ont fait de la capitale afghane l’une des villes les plus dangereuses du monde.

Une bombe a explosé dans un magasin de Saint-Pétersbourg blessant une dizaine de personnes. La Russie est très régulièrement touchée par des attentats, le climat y est assez anxiogène en raison du retour probable de djihadistes jusque-là engagés dans la guerre en Syrie.

Du nouveau à l’Est…

La Russie de Vladimir Poutine annonce en décembre 2017 un retrait – partiel – de ses troupes engagées en Syrie après la prise des principaux bastions de l’EI (Raqqa Der el-Zor…).

Vladimir Poutine a annoncé qu’il est candidat à sa succession. Il brigue un nouveau mandat de président de la fédération russe pour six ans, et les médias l’ont déjà … intronisé tant l’issue du futur scrutin semble courue d’avance. Son principal opposant, Alexeï Navalny ne peut se présenter à l’élection présidentielle, en raison d’une condamnation judiciaire.

Washington autorise la vente d’armes à l’Ukraine, toujours engagée dans une guerre de « basse intensité » avec les « séparatistes » du Donbass soutenus par Moscou. Le Kremlin a mal pris cette annonce qui inquiète aussi Paris et Berlin.

Les tensions sont vives au Proche et au Moyen-Orient

En Arabie saoudite, le prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS) a procédé à une vague d’arrestations, notamment au sein de la famille royale, au motif de la lutte anti-corruption. Les libérations se font contre le paiement d’une lourde amende qui devrait apporter 100 milliards de dollars au Trésor public saoudien. Selon l’agence Bloomberg, le prince Mutaib – fils du roi Abdallah et ancien homme fort du pays – aurait accepté de payer un milliard de dollars pour pouvoir quitter librement sa suite du Ritz-Carlton de Riyad.

La diplomatie du prince héritier MBS est mise à mal courant décembre 2017, non seulement par ses erreurs géopolitiques, mais aussi par la championne du monde d’échec, l’Ukrainienne Anna Muzychuk qui refuse de venir concourir en Arabie saoudite. Elle préfère perdre ses deux titres mondiaux plutôt que se conformer aux règles vestimentaires et comportementales de Riyad, dénonçant ainsi la condition des femmes du pays en charge du Conseil des droits de l’homme et qui vient d’entrer à la Commission des droits de la femme à l’ONU. Un courage rare, qui ne sert pas MBS ni sa politique d’ouverture déjà écornée avec l’enlisement au Yémen, l’affaire Hariri (voire Actualité internationale de novembre 2017) et le refus d’accueillir les joueurs d‘échecs israéliens, refus qui va à l’encontre du règlement de Fédération internationale d’échecs.


Un livre édité par Diploweb via Amazon, formats Kindle et papier broché

https://lire.amazon.fr/kp/card?asin=B0788R27ZD&preview=inline&linkCode=kpe&ref_=cm_sw_r_kb_dp_2emoAbW0NFQPZ&tag=diplowebcom04-21


Au Yémen, l’ex-président Abdallah Saleh a été tué en décembre 2017 par les rebelles Houthis, honnis par Riyad. Celui qui a régné sur son pays pendant 32 ans avait été chassé du pouvoir lors des « révoltes arabes » en 2012. Depuis lors, il s’est appuyé sur cette minorité chiite houthie qu’il avait combattue quand il était au pouvoir. A la veille de sa mort, il opère un spectaculaire renversement d’alliance, qui lui coûte la vie, en se rapprochant de l’Arabie saoudite. Celle-ci mène, à la tête d’une coalition régionale, une guerre au Yémen notamment dirigée contre les Houthis. Ce conflit aurait déjà fait plus de 10 000 morts et provoque l’une des crises sanitaires les plus graves de ce début du XXIème siècle. La disparition de Saleh est un incontestable revers pour l’Arabie saoudite de Mohammed ben Salmane, elle n’est en rien un facteur de désescalade de la crise yéménite ou de stabilisation d’un pays qui occupe une position géostratégique essentielle face à la corne de l’Afrique, au débouché de la mer Rouge. Le détroit de Bab el-Manded est crucial pour le commerce mondial, en particulier des pétroliers qui empruntent le canal de Suez.

Le pétrole a de nouveau réuni en décembre 2017 les membres de l’OPEP – le cartel des producteurs et exportateurs de pétrole créé en 1960 – et la Russie. Ils ont trouvé un accord de limitation de la production pour éviter une dégringolade des cours. La martingale est, en effet, difficile à trouver. Pour équilibrer leur budget Moscou a besoin d’un baril à environ 50 dollars mais Riyad à environ 70 dollars. D’un autre côté, les États-Unis ont réussi à abaisser le seuil de rentabilité de l’exploitation des huiles de schiste à 54 dollars le baril… Les pays producteurs et exportateurs de pétrole sont donc dans une inconfortable situation car une hausse sensible des prix stimulerait la production américaine (et donc finirait par faire baisser les cours) mais le cours actuel du pétrole est insuffisant pour équilibrer les comptes de nombreux producteurs bien trop dépendants de la rente pétrolière. Cette réunion ne fait que souligner l’importance nouvelle de la Russie sur le marché de l’or noir.

Du nouveau à l’Ouest…

Slobodan Praljak s’est suicidé en décembre 2017 en pleine séance du Tribunal international de la Haye, chargé de juger les crimes perpétrés lors de la guerre civile en Yougoslavie. Cet ancien général croate était accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dans le cadre d’un nettoyage ethnique anti-bosniaque musulman dans la région de Mostar. Le général Parljak, qui est considéré comme un héros pour de nombreux Croates, a bu du poison en proclamant qu’il n’était pas un criminel.

L’Union européenne vient de publier en décembre 2017 une « liste noire » des paradis fiscaux. Elle avait prévenu qu’aucun pays membre de l’Union n’y figurerait et elle ne prend pas en compte les places financières qui pratiquent l’optimisation fiscale, une vraie limite de cette « liste noire »… Finalement, 17 pays y figurent dont le Bahreïn, Grenade, la Corée du Sud, les Émirats arabes unis, les iles Marshall ou la Tunisie… mais ni le Maroc ou le Cap Vert… in extremis. Une autre « liste grise » rassemble 47 États et juridictions comme l’ile de Man, la Turquie ou le Qatar ; ces derniers ont mis en œuvre des « réformes rapides ». Cette démarche a pour vertu de maintenir une certaine forme de pression sur les paradis fiscaux, car l’Union ne propose pas de sanctions en raison de très fortes réticences du Royaume Uni, des Pays-Bas ou du Luxembourg. Ces « listes » de l’UE sont elles autre chose que d’un rideau de fumée ?

La Commission européenne a présenté courant décembre 2017 ses projets de réforme pour la zone euro. La prudence est le principal mot d’ordre. On peut relever certaines propositions telle celle de remplacer le Mécanisme européen de stabilité (MES) par un Fonds monétaire européen pour aider les membres de la zone euro qui en aurait vraiment besoin, un prêteur au dernier recours comme l’est actuellement le FMI, mais ici pour les banques européennes. Ce fonds serait responsable de ses actes devant le Parlement européen. Si aucun budget de la zone euro n’est prévu, plusieurs fonds seraient alloués pour augmenter la convergence économique voire soutenir l’investissement. Ces différentes propositions doivent maintenant être débattues entre les États membres de la zone euro.

L’Union européenne et Londres ont signé un accord pour préparer le Brexit. Les pierres d’achoppement sont nombreuses (libre circulation des hommes, frontière irlandaise, montant du chèque de sortie…) et les négociations sont loin d’être terminées.

L’Afrique reste aussi sous tension

Le président Emmanuel Macron s’est rendu durant l’été 2017 au Sahel pour développer un « G5 Sahel » pour sécuriser cette vaste région où opère déjà l’armée française, déployée au sein de l’opération Barkhane.

12/17 Actualité internationale

Si près de 4 000 soldats français sont à pied d’œuvre en décembre 2017, il faut préparer l’avenir et investir les protagonistes locaux. Paris mise sur cinq pays : Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad. Il ne s’agit pas d’un retrait des forces françaises, la lutte contre le djihadisme y est d’une brûlante actualité, mais d’un relai africain financé (environ 460 millions d’euros par an) par les Européens qui ont déjà promis d’apporter 50 millions d’euros, la France 8 millions… et l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis devraient y participer à la hauteur de 100 millions.

En République démocratique du Congo, 15 casques bleus ont été assassinés en décembre 2017 et 53 autres blessés lors d’une attaque probablement menée par l’ADF (Forces démocratiques alliées, des ougandais musulmans). Cette attaque qui frappe délibérément des casques bleus est assez étonnante.

Un coup de tonnerre américain

Donald Trump annonce en décembre 2017 la volonté des États-Unis de transférer leur ambassade à Jérusalem, ce qui revient à la reconnaitre comme capitale d’Israël. Or, la ville sainte l’est pour les trois religions monothéistes et les Palestiniens revendiquent Jérusalem-Est comme capitale de leur possible futur Etat. Cette annonce fait l’effet d’un coup de tonnerre, les condamnations ont été nombreuses dans le monde arabo-musulman comme en Occident. Pourtant, Donald Trump a eu soin de ne pas délimiter géographiquement ce qu’il entendait par le fait que Jérusalem (toute la ville ou seulement sa partie occidentale ?) pourrait devenir la capitale de l’État hébreu. Les nombreuses condamnations n’ont pas débouché, comme on l’avait craint, sur un embrasement du Proche et du Moyen-Orient. Le dossier israélo-palestinien est bloqué depuis des années, le régime de Ramallah est à bout de souffle… Cette annonce – qui tient du coup de poker – pourrait faire évoluer le dossier, vers un règlement de paix avec une solution à deux États…. ou faire plonger la région dans le chaos. Il n’en reste pas moins que la décision finale de la localisation de sa capitale revient à Israël. Le Conseil de sécurité de l’ONU a demandé à Washington de revenir sur sa décision de reconnaitre Jérusalem pour capitale. Le Guatemala vient d’annoncer fin décembre 2017 son intention de transférer son ambassade à Jérusalem, appuyant ainsi la décision étatsunienne.

Des inquiétudes pour le commerce mondial ?

L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a réunit en décembre 2017 ses 164 membres à Buenos Aires. Son directeur général, le brésilien Roberto Azevedo, n’a pu que dresser le constat d’un échec. Qui sont les responsables ? Ils sont nombreux. L’Inde bloque un accord pour limiter la surpêche, les États-Unis de Donald Trump ne veulent plus jouer le jeu de l’OMC et sont le facteur explicatif essentiel de l’actuel blocage… En fait, les tentations protectionnistes sont de plus en plus fortes, et pas seulement aux États-Unis, et le multilatéralisme fait moins recette aussi bien auprès de Washington que de Bruxelles qui vient de signer un accord bilatéral avec le Japon, après l’avoir déjà fait avec le Canada, et bientôt avec le Mercosur…. L’impasse actuelle de l’OMC n’est donc pas, dans ces conditions, très étonnante.

Après le traité de libre-échange avec le Canada (Ceta), l’Union européenne vient de signer, un traité de libre-échange avec le Japon. Le Jefta est vu comme un des traités commerciaux les plus importants. Ainsi, 97 % des droits de douane des exportations de l’UE vers le Japon devraient être supprimés, en particulier sur les produits agroalimentaires. La signature d’accords commerciaux internationaux relève de la compétence européenne. La signature du Ceta avait soulevé de vifs débats en Europe.

Bonnes nouvelles

Lors d’une visite officielle du président Macron au Qatar, plusieurs entreprises françaises ont signé d’importants contrats, pour environ 12 milliards d’euros. Suez va dépolluer un chantier pour plus de 100 millions d’euros, Dassault a signé pour 12 Rafales, Nexter devait livrer des véhicules blindés de combat (VBCI)… Il s’agit d’une bonne nouvelle pour les emplois industriels en France. Reste à savoir s’il s’agit d’une contribution à la paix dans cette région explosive. Ces contrats s’expliquent d’abord pour des raisons diplomatiques car le Qatar, mis au ban de la CCG par Riyad, a besoin d’alliés…

La fusée Ariane 6 est mise en production pour un premier vol prévu vers 2020.

*

Je vous présente mes meilleurs vœux pour la nouvelle année, espérant qu’elle apportera réussite à tous ceux qui passent des concours. Elle sera géopolitique, c’est sûr !
Axelle Degans

Copyright 31 Décembre 2017-Degans/Diploweb.com

«L’OTAN se trompe de combat» : Nicolas Dupont-Aignan évoque l’actualité sur RT France (VIDEO)

«L’OTAN se trompe de combat» : Nicolas Dupont-Aignan évoque l’actualité sur RT France (VIDEO)

«L'OTAN se trompe de combat» : Nicolas Dupont-Aignan évoque l'actualité sur RT France (VIDEO)

UE, agriculture mais aussi politique internationale : invité du journal télévisé de RT France, le président de Debout la France s’est exprimé sur l’actualité, depuis sa vision de la relation franco-russe jusqu’aux débats autour du glyphosate.

Sur le plateau de RT France le 19 décembre, Nicolas Dupont-Aignan a évoqué des sujets liés à l’actualité nationale et internationale, tels que la relation de la France à l’OTAN, les rapports avec la Russie, ou encore les politiques menées par Bruxelles.

Le fiasco de la Syrie montre bien que la France est sortie complètement du jeu

Une France indépendante de l’OTAN ?

S’exprimant au sujet de la visite du secrétaire général de l’OTAN à Paris, Jens Stoltenberg, le 19 décembre, il a fait savoir qu’il n’était pas contre s’entendre avec l’organisation militaire mais qu’il était formellement opposé à la décision prise par Nicolas Sarkozy en novembre 2007 de réintégrer la France dans le commandement militaire de l’alliance. «Notre pays doit retrouver une politique étrangère et de défense indépendante», a insisté Nicolas Dupont-Aignan, tout en précisant que cela ne signifiait pas de «ne pas travailler parfois avec l’OTAN». «Je rêverais dans un autre monde que la France retrouve son indépendance», a-t-il encore déclaré.

Le président de Debout La France a en outre réprouvé le renforcement de la présence de l’OTAN dans les pays baltes, aux frontières de la Russie. «L’OTAN se trompe de combat», a-t-il noté, appelant à ce que Moscou et Paris, sans être d’accord sur tout, soient des «partenaires intelligents» partageant certains objectifs communs. A cet égard, il a regretté que la France n’ait pas lutté «plus intensément» contre Daesh aux côtés de la Russie en Syrie. «Le fiasco de la Syrie montre bien que la France est sortie complètement du jeu», a-t-il affirmé.

«Emmanuel Macron a trahi les agriculteurs sur le CETA»

Abordant par ailleurs les difficultés rencontrées par les agriculteurs pour subvenir à leurs besoins, Nicolas Dupont-Aignan a déclaré que l’Etat avait rétabli «le servage» en permettant aux grands groupes laitiers comme Lactalis de décider librement du prix du lait aux dépens des agriculteurs.

Auteur: RT France

Tout en dénonçant l’attitude de Bruxelles dans le domaine agricole, il a également critiqué l’Accord de libre-échange Union Européenne-Canada (CETA). Selon lui, le chef de l’Etat n’a pas pris en compte les réticences de la commission qui fut chargée par le président de la République de statuer sur les éventuelles conséquences de l’application du CETA en France : «Emmanuel Macron a trahi les agriculteurs sur le CETA.»

Quant à la polémique concernant l’autorisation par l’Union européenne de l’utilisation pendant cinq ans du glyphosate, le député de l’Essonne a jugé nécessaire de «faire partager des expériences intéressantes de cultures sans glyphosate» en vue d’une interdiction définitive.

https://francais.rt.com/france/46667-europe-otan-russie-syrie-nicolas-dupont-aignan