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Affaire SNC-Lavalin : le Canada de Trudeau dans la tourmente

Affaire SNC-Lavalin : le Canada de Trudeau dans la tourmente

Depuis début février, le gouvernement canadien de Justin Trudeau est secoué par un scandale de corruption et d’influence impliquant une grande entreprise canadienne, SNC-Lavalin, et l’ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould, qui a démissionné le 12 février dernier. Le Premier ministre libéral, dont l’entourage proche est accusé d’avoir exercé des pressions inappropriées sur Wilson-Raybould, se trouve dans une position inconfortable, quelques mois avant les élections législatives.

Corruption et pressions ministérielles : l’affaire SNC-Lavalin

Le gouvernement canadien de Justin Trudeau est secoué par un scandale de corruption
Le gouvernement canadien de Justin Trudeau est secoué par un scandale de corruption

Tout commence le 7 février 2019, lorsque le quotidien canadien The Globe and Mail publie un article explosif faisant état de pressions exercées par l’entourage du Premier ministre sur la ministre de la Justice d’alors, Jody Wilson-Raybould, dans le but d’abandonner les poursuites judiciaires à l’encontre de SNC-Lavalin. Cette entreprise québécoise de BTP, employant 50.000 personnes à travers le monde, dont plus de 9.000 personnes au Canada, est en effet accusée d’avoir versé 48 millions de dollars canadiens (i.e. 32 millions d’euros) à des responsables libyens dans les années 2000 afin de remporter plusieurs contrats juteux dans le pays.

Le gouvernement Trudeau avait inscrit dans le droit canadien, en juin 2018, la possibilité d’un accord de réparation, permettant aux autorités judiciaires de suspendre les poursuites pénales contre une entreprise si celle-ci admet les faits et accepte de coopérer avec les autorités – via une mise en conformité et le paiement de pénalités. Un accord de ce type permettrait à SNC-Lavalin de n’avoir qu’une amende à payer, alors que des poursuites pénales pourraient aboutir à l’exclusion de la société de tout contrat public fédéral, menaçant les emplois canadiens de la firme. SNC-Lavalin a donc tout intérêt à voir les poursuites pénales à son encontre abandonnées, et semble l’avoir bien compris : selon le registre canadien des lobbys, Neil Bruce, PDG de SNC-Lavalin, et/ou d’autres dirigeants de la firme auraient rencontré ou appelé l’entourage de Trudeau 59 fois durant les douze derniers mois.

Le gouvernement Trudeau affaibli et divisé par l’affaire SNC-Lavalin

L’affaire s’emballe rapidement. Le 11 février, Justin Trudeau dément les accusations, arguant que sa ministre aurait démissionné si elle avait subi des pressions de son entourage. Dès le lendemain, Jody Wilson-Raybould démissionne du gouvernement, reportant des « menaces voilées ». En effet, en janvier, Wilson-Raybould avait été démise de ses fonctions de ministre de la Justice pour être « rétrogradée » au ministère des Anciens combattants. Gerald Butts, conseiller politique de Trudeau mis en cause par Wilson-Raybould, démissionne quelques jours après. Il est suivi par Michael Wernick, plus haut fonctionnaire canadien et conseiller de Trudeau, également mis en cause par l’ex-ministre. Début mars, c’est Jane Philpott, ministre du Budget, qui claque la porte du gouvernement en exprimant dans sa lettre de démission des doutes sur l’indépendance et l’intégrité du système judiciaire canadien.

Deux enquêtes ont été ouvertes dans la foulée des révélations du Globe and Mail, par le comité de la Justice de la Chambre des Communes – conclue à ce jour – et le commissaire fédéral à l’éthique. Wilson-Raybould, auditionnée fin février à la Chambre des Communes, a confirmé le rapport du Globe and Mail, témoignant de pressions  inappropriées – mais apparemment non illégales – exercées par M. Trudeau et son entourage. L’opposition conservatrice, menée par Andrew Scheer, a depuis demandé la démission de Justin Trudeau lui-même. L’affaire a également suscité l’attention de l’OCDE, dont le groupe de travail sur la corruption a sommé le Canada de respecter ses obligations en matière d’indépendance de la justice. Le gouvernement Trudeau traverse ainsi sa pire crise politique depuis l’élection de l’étoile montante libérale en 2015.

Trudeau bientôt sanctionné par les urnes ?

Il n’existe pas de consensus actuel parmi les juristes canadiens sur la légalité des pressions subies par Mme Wilson-Raybould. En revanche, les implications politiques du scandale SNC-Lavalin pour Trudeau sont considérables. Auto-défini comme « fier féministe » et initiateur d’un gouvernement paritaire en 2015, le Premier ministre voit son image féministe se détériorer dans cette affaire. M. Trudeau est en effet accusé de sacrifier une femme politique d’importance.

Par ailleurs, Jody Wilson-Raybould se trouve être issue de la Première Nation We Wai Kai, et fut la première personne d’origine autochtone à occuper le poste de ministre de la Justice. Cette nomination avait été perçue comme une preuve de l’engagement de Trudeau en faveur de la réconciliation avec les Premières Nations. Son départ du gouvernement Trudeau pourrait entrainer une dégradation des relations entre le gouvernement et les peuples autochtones, déjà altérées par la politique énergetique du gouvernement. En effet, le chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Belgrade, s’est dit, le 12 février, préoccupé par les zones d’ombre entourant le départ de Wilson-Raybould, une inquiétude partagée selon lui par de nombreuses Premières Nations.

Plus généralement, c’est le message du « Real Change » porté par Trudeau durant sa campagne de 2015 qui est terni par l’affaire. Promettant un gouvernement juste, ouvert et transparent, le Premier ministre succombe à une logique électoraliste à l’approche des élections législatives d’octobre. En interférant en faveur de SNC-Lavalin, l’entourage de Trudeau semble vouloir protéger les emplois menacés par de potentielles poursuites judiciaires. Les 9.000 emplois seraient toutefois loin d’être perdus : les Canadiens travaillant sur des contrats autres que fédéraux garderaient leur poste, tandis que les autres pourraient retrouver un emploi dans les entreprises favorisées par le retrait de SNC-Lavalin. C’est décidément la protection de la réputation de la firme et le sentiment de fierté québécoise qui lui est associé qui auront décidé Trudeau à interférer. La majorité libérale, bousculée en Alberta, ne peut en effet se permettre de perdre la province-clé du Québec. A rebours de ses engagements de campagne, Trudeau se plie aux règles du jeu électoral – mais est encore loin d’avoir gagné la partie.

Sources

https://www.bbc.com/news/world-us-canada-47232348

https://www.thestar.com/politics/federal/2019/03/13/snc-lavalin-affair-we-answer-your-most-pressing-questions.html

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/19/tout-comprendre-au-scandale-qui-ebranle-le-premier-ministre-canadien-justin-trudeau_5438403_3210.html?xtmc=snc_lavalin&xtcr=1

https://www.canada.ca/fr/ministere-justice/nouvelles/2018/03/ententes-de-reparation-pour-remedier-au-crime-dentreprise.html

Thibault FARAUS est étudiant en 3ème année à Sciences Po Lyon et actuellement en échange à l’Université de Vancouver. Passionné par les questions diplomatiques et la marche du monde à l’heure de la mondialisation. Rédacteur aux Yeux du Monde depuis août 2018.
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POINT DE SITUATION SUR LA «GUERRE» COMMERCIALE «USA-RESTE DU MONDE

POINT DE SITUATION SUR LA «GUERRE» COMMERCIALE «USA-RESTE DU MONDE

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04.04.2019

Plus d’un an après son déclenchement, il est aujourd’hui intéressant de faire le point  sur les premiers résultats de la «guerre commerciale» initiée par les USA contre le reste du monde.

Inutile de revenir sur la dénonciation par  l’administration Trump de plusieurs traités commerciaux en vue de les renégocier à l’avantage des USA, ni sur les véritables «sanctions douanières» adoptées contre la Chine, l’Europe et nombre d’autres partenaires commerciaux.

Ce qu’il faut en retenir, c’est que toutes ces mesures visaient à atteindre un objectif essentiel: réduire les déficits commerciaux US vis à vis du reste du monde.

Où en est-on aujourd’hui, plus d’un an après le déclenchement des «hostilités» ?

Les réponses nous sont données par le bureau US des statistiques relatives au commerce :

1 – Le déficit commercial global des USA avec le reste du monde a explosé en 2018, battant un record historique dans l’histoire de ce pays à 878,7 milliards de dollars. Le précédent record datait de 2017 à 795,7 milliards. En clair, les deux premières années «Trump» auront été les moins reluisantes, en matière commerciale, de toute l’histoire des États-Unis.

https://www.census.gov/foreign-trade/balance/c0004.html

2 – Déficit commercial US avec la Chine ? Record historique en 2018 à 419,2 milliards. Le précédent datait de 2017 à 375,6 milliards…..

Alors que les importations US de produits chinois continuaient d’augmenter (+ 7%) malgré les nouveaux tarifs douaniers, la Chine a fortement réduit ses importations de produits US. En nov-dec 2017, la Chine importait 26,4 milliards de dollars de marchandises US. En nov-dec 2018, elle n’en importait plus que 17,8 milliards: (30% de moins).

https://www.census.gov/foreign-trade/balance/c5700.html

3 – Déficit commercial US avec l’Europe ? Record historique en 2018: 169,3 milliards, en hausse de 12% par rapport à 2017 (151,4 milliards)  https://www.census.gov/foreign-trade/balance/c0003.html

4 – Déficit commercial US avec le Mexique ? Il a pulvérisé son record historique en 2018, malgré la renégociation du traité, à  81,5 milliards de dollars. Précédent record en 2017: 71 milliards.  https://www.census.gov/foreign-trade/balance/c2010.html

5 – Déficit commercial US avec le Canada, que Trump espérait réduire ? Il est en hausse de 12 % par rapport à 2017: 19,8 contre 17,1 milliards. https://www.census.gov/foreign-trade/balance/c1220.html

6 – Déficit commercial avec la Russie, pays sous sanctions économiques ? 14,1 milliards, en hausse de 40% par rapport à 2017 (10 milliards). https://www.census.gov/foreign-trade/balance/c4621.html

*

La conclusion de l’analyse des chiffres qui précèdent est simple: le bilan commercial 2018 des USA est historiquement désastreux.

Si l’on ajoute à ce bilan l’ampleur du déficit budgétaire fédéral qui bat lui aussi un record historique à plus de 900 milliards de dollars, l’ampleur de la dette fédérale qui atteint aujourd’hui les 22 175 milliards de dollars (record historique), l’ampleur des dettes publiques et des particuliers qui s’envolent à 73 000 milliards de dollars. On ne peut plus dire que tout va bien au pays de l’oncle Sam, ni que tout est «sous contrôle».  http://www.usdebtclock.org/

Mais il est toujours facile de faire illusion en vivant à crédit sur le dos du reste du monde et en faisant tourner la planche à billets. Jusqu’à quand ?….. Et après ?……

Source : Réseau International

http://katehon.com/fr/article/point-de-situation-sur-la-guerre-commerciale-usa-reste-du-monde

La Chine demande au Canada de renforcer ses mesures en matière de sécurité des exportations (ambassade)

La Chine demande au Canada de renforcer ses mesures en matière de sécurité des exportations (ambassade)

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 30/03/2019 15:40

La Chine a demandé au Canada de prendre des mesures efficaces pour améliorer la sécurité de ses exportations, a déclaré vendredi un porte-parole de l’ambassade de Chine au Canada.

Depuis janvier, l’Administration générale des douanes (AGD) de Chine a informé à quatre reprises (les 4 janvier, 1er mars, 15 mars et 26 mars) le département canadien responsable des inspections et de la quarantaine que la Chine avait décelé à plusieurs reprises des organismes de quarantaine dans le canola canadien importé.

La partie chinoise a fourni des informations détaillées à la partie canadienne et lui a demandé d’informer les sociétés concernées de la nécessité de mener davantage d’enquêtes et de prendre des mesures efficaces pour éviter que de tels problèmes ne se reproduisent. Les deux parties ont maintenu leurs échanges sur les questions techniques à cet égard, selon le porte-parole.

« Malheureusement, les douanes chinoises ont continuellement décelé des organismes de quarantaine dans le canola canadien importé et doivent révoquer le permis des entreprises canadiennes concernées d’exportation de canola vers la Chine », a déclaré le porte-parole.

« Le gouvernement chinois a le devoir de protéger la sécurité et les intérêts des consommateurs chinois, ainsi que la production agricole et la sécurité écologique de la Chine », a souligné le porte-parole.

« Les mesures de quarantaine prises par les douanes chinoises sont normales et par mesure de sécurité. Elles sont légitimes, raisonnables et conformes aux lois et règlements chinois ainsi qu’aux pratiques internationales. La Chine est prête à communiquer avec la partie canadienne sur les questions techniques », a ajouté le porte-parole.

Un peu plus tôt cette semaine, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, avait fait des remarques similaires après avoir été invité à commenter la décision de l’AGD de suspendre mardi les importations d’une seconde entreprise agricole canadienne, après celle visant Richardson International plus tôt ce mois-ci.

« La partie chinoise a pris ces mesures de quarantaine préventives pour assurer la sécurité », a-t-il déclaré.

Or : le canadien Endeavour part à la conquête de l’Afrique de l’Ouest

Mines

Or : le canadien Endeavour part à la conquête de l’Afrique de l’Ouest

Réservé aux abonnés, offert en accès libre par notre partenaire | 04 février 2019 à 10h11 | Par – à Ouagadougou

Mali, Côte d’Ivoire, Burkina Faso… Le groupe canadien entend tirer profit des gisements de la sous-région, parmi les plus riches du monde.

C’est dans son sous-sol que les plus importantes découvertes de nouveaux gisements aurifères ont été réalisées ces dix dernières années. Plus de 79 millions d’onces ont en effet été mises au jour en Afrique de l’Ouest, et 5 milliards de dollars investis sur la même période, soit 10 % du total mondial des investissements dans l’exploration. Et pourtant, l’exploitation minière dans la région ne fait que commencer.


>>> À LIRE – Or : les compagnies minières canadiennes à l’assaut de l’Afrique de l’Ouest


Une attractivité qui séduit particulièrement les compagnies minières canadiennes, comme Endeavour, Teranga Gold, B2Gold ou encore Iamgold. Tablant sur un coût de production de l’once tournant autour de 800 dollars, Endeavour souhaite porter la durée de vie de ses mines à environ dix ans. Mais celle-ci devrait même se prolonger au-delà : le groupe, qui a déjà découvert 5 millions d’onces ces cinq dernières années, vise en effet 10 à 15 millions d’onces dans les cinq prochaines.

Pour doper ses réserves, la compagnie minière entend investir quelque 45 millions de dollars dans l’exploration

Investissements dans l’exploration

Pour doper ses réserves, la compagnie minière entend investir quelque 45 millions de dollars dans l’exploration. « Nous allons poursuivre nos efforts dans ce domaine. Nous croyons dans le potentiel de la zone géologique du plateau birimien ouest-africain, souligne son PDG, Sébastien de Montessus. L’Afrique de l’Ouest se situe au troisième rang des régions les plus riches en ressources aurifères, derrière l’Australie et le Canada. Pourtant, des pays importants sont encore sous-explorés. Le Burkina Faso ou la Côte d’Ivoire concentrent seulement 35 % des découvertes dans la région, alors qu’ils représentent 60 % de la zone “birimienne”. »

Endeavour a investi 412 millions de dollars dans le gisement de la mine d’Ity, dont les réserves sont estimées à 2,9 millions d’onces

En mars, Endeavour va franchir une nouvelle étape dans le déploiement de sa stratégie et consolider davantage son assise africaine avec l’entrée en production de la mine d’Ity, en Côte d’Ivoire. Il a investi 412 millions de dollars dans ce gisement, dont les réserves sont estimées à 2,9 millions d’onces.

Objectif : devenir le premier producteur du continent

Le groupe canadien réalise également de nouvelles acquisitions afin de devenir le premier producteur d’or du continent. En 2016, il avait déjà récupéré la participation, à hauteur de 90 %, du canadien True Gold Mining dans la mine d’or de Karma, au Burkina Faso, pour 175 millions de dollars. Ce site, d’une durée de vie de huit ans et demi, devrait lui permettre de récolter 110 000 à 120 000 onces au cours des cinq premières années.

Au Mali, « nous avons clôturé en décembre 2018 la vente de la mine de Tabakoto à Algom Resources, une filiale de BCM International. Dans le cadre de cette transaction, Endeavour va conserver ses permis d’exploration situés à 20 km au nord », précise Sébastien de Montessus.

Ses priorités portent désormais sur la finalisation du projet CIL d’Ity et le développement de celui de Kalana, autour de Tabakoto, acquis pour 120 millions de dollars auprès d’Avnel Gold. Les travaux de construction de cette dernière mine, dont les réserves sont estimées à 7,1 millions d’onces, vont nécessiter un investissement de l’ordre de 200 à 300 millions de dollars.

https://www.jeuneafrique.com/mag/728648/economie/or-le-canadien-endeavour-part-a-la-conquete-de-lafrique-de-louest/

Le français maltraité en Ontario. Les Québécois, les sauveurs de notre belle langue?

Le français maltraité en Ontario avec l’annonce de la suppression du poste de commissaire aux services en français de l’Ontario et l’annulation du projet d’Université de l’Ontario en français. Plus de 600 000 Franco-Ontariens sont concernés. Mais il a suffi de quelques jours pour que le premier ministre de l’Ontario fasse marche arrière.

Le gouvernement fédéral a immédiatement réagi. Mélanie Joly, ministre fédérale des langues officielles et de la Francophonie, a dit s’inquiéter pour les quelque 600 000 Franco-Ontariens. Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré, « J’ai été profondément déçu par la décision du gouvernement de l’Ontario ».

Au Québec, cela a soulevé un tollé général. « La Belle Province» a toujours été prompte à se battre pour la protection du français et des droits des francophones.

En ce qui concerne les autres provinces, le Manitoba pourrait être pris en exemple avec la batterie de lois et mesures mise en place afin de protéger les francophones. Contrairement à ce qu’a affirmé Denise Bombardier, il y a une université francophone au Manitoba. Il est possible pour les Franco-Manitobains de faire toutes leurs études en français, du primaire à l’université en passant par le collégial.

Ces derniers temps, les médias québécois ont redoublé d’efforts afin de nous rappeler que nous, les Québécois, sommes les sauveurs de notre belle langue. Nous allons même imposer un test de français aux immigrants, qui auront trois ans pour le réussir. Passé ce délai, ils seront considérés comme illégaux et le Québec les renverra d’où ils viennent. Mais comme le dit François Legault : « Il faut être humain ». Les arrivants âgés de plus de 65 ans ne devront pas apprendre le français. Quand on sait que les immigrants sont généralement des jeunes ou de jeunes familles…

Je me pose la question, « Dans ce cas, pourquoi faire venir des immigrants qui ne parlent pas français? » Parce qu’on manque de main-d’œuvre? Parce que la population québécoise vieillit? Pourquoi ne pas imposer une connaissance minimale du français au moment de la sélection? Cela serait plus logique et moins onéreux.

En tant que professeure de français langue seconde, j’ai enseigné à de nombreux immigrants au ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion et à différentes universités. J’ai même enseigné le français aux Forces canadiennes (les militaires doivent apprendre la deuxième langue officielle).

J’ai pu constater le sérieux et la bonne volonté de mes étudiants. Malgré les difficultés inhérentes à l’immigration, ils mettaient toute leur énergie à apprendre notre langue. J’ai également été témoin de la détresse de nombreux nouveaux arrivants dont on ne reconnaissait pas les compétences ou les diplômes. Pourtant, ils avaient été sélectionnés d’après leurs compétences. Des médecins qui devaient passer de nombreux examens, au coût minimum de 1000 dollars l’examen, des ingénieurs qui ne pouvaient pas faire partie de l’Ordre des ingénieurs tant qu’ils ne réussissaient pas l’examen de français, etc. Certains m’ont confié se sentir floués et m’ont dit, « On nous a menti ».

Notre belle langue

Je suis une amoureuse inconditionnelle du français. Depuis toute petite. J’écris et je suis publiée en français. Mes poèmes, mes romans, mes articles sont rédigés en français. J’ai été traductrice et réviseure principale de l’Encyclopédie du Canada, je traduis encore pour le gouvernement fédéral. Le français est de la musique à mes oreilles. (Mais cela ne m’empêche pas de parler et d’écrire d’autres langues.)

Oui, protégeons le français. Il m’est arrivé à maintes reprises d’être sidérée par la pauvreté de la langue de mes collègues francophones, professeures de français langue seconde. Je me demandais comment elles parlaient en salle de classe.

J’ai oublié mes shoes. Mon petit-fils, c’est moi qui s’en occupe. Ce que je te parle… Ce quoi j’ai dit…

Des enseignantes au niveau universitaire, dont la tâche consiste à enseigner le français à des immigrants. Je me permets de me questionner.

Alors que j’enseignais dans le cadre d’un cours de préparation au TECFÉ – le Test de certification en français écrit pour l’enseignement, dont la réussite est obligatoire pour poursuivre des études dans tous les programmes de formation à l’enseignement des universités francophones au Québec – j’ai pu constater la pauvreté du français maîtrisé par les étudiants. Des étudiants québécois francophones, en deuxième année d’université. Une étudiante m’a demandé ce qu’était un participe passé. Quand je le lui ai expliqué, elle s’est exclamée avec joie, « Ce sont les mots qui se terminent avec un é ! » J’ai regardé mes 43 élèves et je me suis dit que je n’avais pas 43 imbéciles devant moi. J’avais des victimes d’un mauvais enseignement du français depuis le primaire.

Je ne pense pas que le combat à mener soit auprès des immigrants. Il est urgent d’enseigner un français de qualité aux francophones dès le primaire, voire la maternelle. Commençons par protéger la langue de Molière et cessons de la massacrer. Comment enseigner une langue qu’on ne maîtrise pas soi-même? Il faudrait revoir les compétences des enseignants de français langue seconde et faire en sorte qu’ils enseignent un français standard. L’apprentissage des particularités de la langue québécoise se fera après, une fois ces bases acquises. Que je sache, il n’existe pas de grammaire québécoise?

Il y a très longtemps, j’assistais au lancement d’un recueil de poésie dans lequel certains de mes poèmes figuraient. Gaston Miron s’est approché de moi et m’a dit « Vous écrivez cru. Les gens préfèrent qu’on leur parle des petits oiseaux et des fleurs. Mais continuez. Au Québec, le vocabulaire est d’une pauvreté à pleurer. Continuez à écrire. »

Avant de monter aux barricades parce que les Anglo-Canadiens menacent notre belle langue, commençons par faire en sorte que notre français soit de qualité avec un vocabulaire riche et varié et une grammaire bien maîtrisée. Cessons nos poussées d’urticaire au nom d’une identité qui ne repose pas uniquement sur la langue. L’identité d’un peuple c’est aussi son histoire, ses coutumes, sa capacité à vivre avec la différence d’autrui.

Parlons une langue dont nous pourrons être fiers.

Claude Jacqueline Herdhuin

Auteure, réalisatrice, chercheure associée à Mondialisation.ca

Image à la Une : Carte du Canada avec les drapeaux des différentes communautés francophones du pays.


Les Cinq Yeux contre Huawei

Les Cinq Yeux contre Huawei

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Washington a demandé à Ottawa l’arrestation de Meng Wanzhou et son extradition. La jeune femme est directrice financière et fille du fondateur de Huawei, le géant chinois des télécoms. Elle a été arrêtée le 6 décembre 2018 au Canada.

La guerre entreprise par Washington contre Huawei a une raison profonde et quantité de justifications de façade.

Le fond du problème, c’est que la firme chinoise utilise un système de cryptage qui empêche la NSA d’intercepter ses communications. De nombreux gouvernements et services secrets dans le monde non occidental ont commencé à s’équiper exclusivement de matériels Huawei afin de protéger la confidentialité de leurs communications.

Les justifications de façade sont alternativement de vol de propriété intellectuelle, de commerce avec l’Iran et la Corée du Nord, et de violer les règles de la concurrence en bénéficiant de subventions nationales.

Les États membres du système d’espionnage électronique des Cinq Yeux —Australie, Canada, États-Unis, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni— ont commencé à exclure Huawei de leurs appels d’offre.

http://www.voltairenet.org/article204253.html

Khashoggi: colère de la Turquie accusée de « jeu politique » par la France

Khashoggi: colère de la Turquie accusée de « jeu politique » par la France

Un homme passe devant un écran projetant le portrait de Jamal Khashoggi lors d’un rassemblement en mémoire du journaliste saoudien assassiné, le 11 novembre 2018 à Istanbul / © AFP / OZAN KOSE

La Turquie a laissé éclater sa colère lundi après que la France eut évoqué un « jeu politique » du président Recep Tayyip Erdogan à propos du meurtre de Jamal Khashoggi et démenti avoir reçu des informations de la part d’Ankara.

Dans une interview à la chaîne de télévision France 2, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a dit ne « pas avoir connaissance » d’un partage d’informations turques, contredisant des déclarations de M. Erdogan.

Interrogé sur l’éventualité d’un mensonge du président turc sur ce point, le ministre français a observé que ce dernier avait « un jeu politique particulier dans cette circonstance ».

Cette accusation est « inacceptable », a vivement réagi auprès de l’AFP le directeur de la communication de la présidence turque Fahrettin Altun, ajoutant qu’un responsable français avait notamment eut accès à un « enregistrement audio » portant sur le meurtre de Khashoggi.

Le président Erdogan a pour la première fois confirmé officiellement samedi l’existence d' »enregistrements » portant sur le meurtre de Khashoggi, ajoutant qu’Ankara avait partagé ces documents avec plusieurs alliés, dont Washington, Berlin, Paris et Londres.

Si Paris a démenti, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a pour sa part confirmé lundi que les services canadiens avaient écouté les enregistrements en question et avaient été « pleinement informées de ce que la Turquie avait à partager ».

Le ministre des Affaires Etrangères français Jean-Yves Le Drian à Charleville-Mézières, le 7 novembre 2018 / © AFP/Archives / Ludovic MARIN

L’Allemagne a de son côté évoqué un « échange entre services secrets » allemand et turc, se refusant toutefois à fournir davantage de précisions.

Si M. Erdogan n’a pas donné de détails sur le contenu des enregistrements samedi, la presse proche du pouvoir à Ankara évoque depuis plusieurs semaines un enregistrement audio du meurtre de Khashoggi.

Cette affaire a provoqué un tollé dans le monde entier et terni l’image de l’Arabie saoudite, en particulier du prince héritier Mohammed ben Salmane, dit « MBS ».

– « Renseignement français » informé –

Jamal Khashoggi, un éditorialiste saoudien critique du pouvoir à Ryad, en particulier de « MBS », a été tué le 2 octobre au consulat de son pays à Istanbul où il s’était rendu pour effectuer des démarches administratives.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit « MBS », lors d’une conférence économique à Ryad, le 23 octobre 2018 / © AFP/Archives / FAYEZ NURELDINE

Plus d’un mois après la mort du journaliste à l’âge de 59 ans, son corps n’a toujours pas été retrouvés. Selon la presse turque, les enquêteurs estiment que les meurtriers ont démembré puis dissous son corps à l’acide.

Depuis le début de l’affaire, le pouvoir turc, qui décrit un « meurtre prémédité » commis par une équipe de 15 agents saoudiens, s’est efforcé de maintenir la pression sur Ryad grâce à des « fuites » dans la presse locale largement reprises par les médias internationaux.

Après avoir d’abord fermement nié son meurtre, les autorités saoudiennes ont fini par affirmer que le journaliste avait été tué au cours d’une opération « non autorisée » par Ryad.

« N’oublions pas que cette affaire aurait été totalement étouffée sans les efforts de la Turquie », a déclaré lundi M. Altun.

M. Altun a affimé que « des preuves » avaient été « partagées avec les institutions concernées du gouvernement français », ajoutant que « le 24 octobre, un représentant des services de renseignement français a écouté l’enregistrement audio ».

Le ministre britannique des Affaires étrangères a rencontré le roi Salmane d’Arabie saoudite, le 12 novembre 2018 à Ryad. Photo de l’Agence saoudienne de presse (SPA). AFP PHOTO / HO / SPA / © SPA/AFP / STRINGER

« S’il y a un problème de communication entre les différentes institutions au sein du gouvernement français, il appartient aux autorités françaises et non à la Turquie de régler ce problème », a-t-il lâché.

L’onde de choc provoquée par le meurtre de Khashoggi a par ailleurs braqué les projecteurs sur la guerre que livre une coalition emmenée par l’Arabie saoudite au Yémen, au prix d’une catastrophe humanitaire majeure.

Le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt a rencontré lundi le roi Salmane à Ryad lundi lors d’un déplacement visant à accentuer la pression internationale sur la monarchie pétrolière.

La veille, le ministre américain Mike Pompeo avait appelé à la « fin des hostilités » au Yémen lors d’un entretien téléphonique avec « MBS ».

Selon la porte-parole du département d’Etat Heather Nauert, M. Pompeo a également indiqué que son pays allait « demander des comptes à toutes les personnes impliquées dans le meurtre de Jamal Khashoggi », estimant « que l’Arabie saoudite (devait) faire de même ».

(©AFP / (12 novembre 2018 15h38)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Khashoggi-col-re-de-la-Turquie-accus-e-de-jeu-politique-par-la-France/970689.rom

Le FMI tente d’empêcher les Îles Marshall d’adopter une cryptomonnaie

Le FMI tente d’empêcher les Îles Marshall d’adopter une cryptomonnaie

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Le Parlement des Îles Marshall a adopté, le 26 février 2018, le principe d’une cryptomonnaie (Declaration and Issuance of the Sovereign Currency Act 2018). Elle devrait être mise en œuvre par une société israélienne, Neema, sous le nom de Sovereign (SOV).

Les Îles Marshall, qui n’ont pas d’armée et dont la Défense est assurée par les États-Unis, n’ont pas de monnaie propre et utilisent le Dollar.

Selon le Fonds monétaire international, le projet de Sovereign n’offre aucune garantie en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Il pourrait donc ne pas obtenir la convertibilité en Dollar.

Affolé par cette perspective, le Parlement des Îles Marshall devra se prononcer le 12 novembre sur sa mise en application et, éventuellement, censurer le gouvernement d’Hilda Heine.

Actuellement, le Venezuela est le seul État au monde à disposer d’une crypto-monnaie, le Petro. Cependant, celle-ci n’est pas fixée sur le marché, mais sur les réserves naturelles du pays. Ce système a permis de mettre fin à la dépréciation abyssale du Nouveau Bolivar.

Depuis le début 2018, le Royaume-Uni, le Canada, Singapour, la Turquie et l’Iran étudient la possibilité de créer leur propre cryptomonnaie.

Documents joints

IMF Report
See page 6 : « Protecting fincial stability ».
(PDF – 1.4 Mo)

 

http://www.voltairenet.org/article203813.html

Vu du Canada. Seul face à l’intimidation saoudienne

Vu du Canada. Seul face à l’intimidation saoudienne

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Le Parlement à Ottawa. PHOTO REUTERS

Cet article est issu du Réveil Courrier. Chaque matin à 6h, notre sélection des meilleurs articles de la presse étrangère.

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En appelant à la libération de militantes des droits des femmes, le Canada s’est attiré une réaction brutale de Riyad. Il lui faut tenir ferme, juge cet éditorialiste québécois.

À la lumière des réactions arrogantes de Riyad aux reproches d’Ottawa, on mesure à quel point les signes de l’ouverture réformiste donnés ces derniers temps par le prince héritier Mohammed ben Salmane sont superficiels. Si tant est qu’on ne l’ait pas déjà su. Une certaine presse internationale, et pas nécessairement la moins influente, s’est entichée de cet héritier trentenaire à la tête d’une dictature pourtant considérée par l’ONG américaine Freedom House comme l’une des “pires parmi les pires” en matière de droits de la personne. Elle déchante maintenant devant l’évidence de sa complaisance.

L’arrestation [fin juillet] de Samar Badawi, sœur du blogueur Raif Badawi, enfermé depuis 2012, et de sa collègue Nassima al-Sadah s’est inscrite dans une vague de répression qui a conduit à l’emprisonnement, ces dernières semaines, d’une dizaine de militantes saoudiennes des droits de la femme sous des accusations aussi lourdes qu’absurdes d’atteinte à la sécurité nationale et de collaboration avec les ennemis de l’État.

Une réaction inédite et tout à fait démesurée

Pour s’être dit “gravement préoccupé” par cette rafle et pour avoir réclamé la “libération immédiate” de toutes les “activistes pacifiques”, Ottawa écope de la part du régime saoudien d’une punition qui revient à sortir l’artillerie lourde diplomatique : expulsion de l’ambassadeur du Canada à Riyad et suspension de “toutes nouvelles initiatives d’affaires et d’investissement”. Tel est l’accès de colère de Riyad qu’il s’est même dit prêt, lundi, à transférer aux États-Unis et au Royaume-Uni les 7 000 Saoudiens qui étudient au Canada. Une réaction inédite et tout à fait démesurée – d’autant que c’est une décision qui nuit au premier chef aux étudiants. Fait notable : criant à “l’ingérence” dans ses affaires intérieures et au “viol de la souveraineté du Royaume”, Riyad ne remet pas en cause le contrat de vente controversé de véhicules blindés canadiens conclu avec l’Arabie Saoudite sous l’ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper au montant de 15 milliards de dollars. Du moins pas pour le moment.

Il est impératif que le gouvernement de Justin Trudeau ne se laisse pas intimider, partant du principe que les droits de la personne sont universels et doivent être partout défendus, n’en déplaise à l’imbuvable dictature saoudienne. Il ne faudrait pas qu’il baisse les bras, après avoir beaucoup louvoyé dans le cas des véhicules blindés. Une semblable dispute diplomatique s’était produite en 2015 entre l’Arabie Saoudite et la Suède autour de l’enjeu des droits de la personne, un affrontement dans lequel Stockholm avait eu le courage d’annuler un lucratif contrat de défense et en avait payé les conséquences financières.

Le scandale, c’est que les dictateurs se sentiront nécessairement confortés dans leur principe de répression du fait des armes que les pays occidentaux leur vendent avec plaisir. Fort de l’appui aveugle de Donald Trump, Riyad se livre en l’occurrence à un exercice d’intimidation collective auquel ses alliés régionaux voudront sans doute se joindre.

Il faudrait un front de pays

En tout réalisme, Ottawa ou Stockholm ne peuvent pas résister seuls à ces menaces. À terme, il faudrait que se forme un front commun de pays désintéressés pour faire pression sur des dictatures comme celle de l’Arabie Saoudite. On en est loin, tant le marché des armes joue un rôle important au Proche-Orient – et comme nos “démocraties” font bien peu d’efforts pour développer des emplois de remplacement à leur industrie de l’armement. Il se trouve, pour ne donner qu’un exemple, que Riyad est l’un des deux principaux clients militaires de la France et que les ventes ont explosé en 2017 – et ce, en pleine connaissance des violations des droits de la personne au Yémen.

Le modèle à suivre est celui de ces militantes saoudiennes. Mohammed ben Salmane croyait-il vraiment faire taire leurs revendications et refaire une beauté internationale à son régime ultrareligieux en cédant enfin aux femmes le droit élémentaire de conduire une voiture ? C’est une victoire, certes, pour des femmes comme Samar Badawi, mais qui est loin de toucher au cœur de leur combat, s’agissant d’en finir avec le système inique de tutelle par lequel une Saoudienne ne peut pas, sans l’autorisation d’un homme, étudier, voyager, travailler… Ce n’est pas un prince en cabale qui va les empêcher de se battre.

Guy Taillefer
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Expulsion de l’ambassadeur canadien en Arabie: le Canada « sérieusement inquiet »

Expulsion de l’ambassadeur canadien en Arabie: le Canada « sérieusement inquiet »

Ottawa – Le Canada s’est dit « sérieusement inquiet » lundi de l’expulsion de son ambassadeur à Ryad, annoncée par l’Arabie saoudite en réplique aux critiques répétées d’Ottawa sur la répression des militants de droits de l’homme.

« Nous sommes sérieusement inquiets de ces informations de presse et nous cherchons à en savoir plus sur la récente déclaration du Royaume d’Arabie saoudite », a affirmé Marie-Pier Baril, porte-parole du ministère, dans un communiqué.

« Le Canada défendra toujours la protection des droits humains, notamment des droits des femmes et de la liberté d’expression partout dans le monde », a-t-elle ajouté. « Notre gouvernement n’hésitera jamais à promouvoir ces valeurs et nous croyons que ce dialogue est crucial pour la diplomatie internationale ».

L’Arabie saoudite a annoncé lundi qu’elle avait décidé d’expulser l’ambassadeur du Canada à Ryad et de rappeler son propre ambassadeur à Ottawa après ce qu’elle a qualifié d' »ingérence » du Canada dans ses affaires intérieures.

Les mesures décidées par Ryad comprennent également le gel des relations commerciales avec le Canada.

Elles interviennent à la suite d’un appel de l’ambassade du Canada à la libération immédiate de militants des droits humains emprisonnés en Arabie saoudite.

Le royaume « n’acceptera d’aucun pays une ingérence dans ses affaires intérieures ou des diktats », a déclaré le ministère saoudien des Affaires étrangères sur Twitter.

Il a précisé que l’ambassadeur du Canada à Ryad avait 24 heures pour quitter le pays et que le royaume avait décidé de « geler toutes nouvelles transactions concernant le commerce et les investissements » avec le Canada.

(©AFP / 06 août 2018 12h19)

https://www.romandie.com/news/Expulsion-de-l-ambassadeur-canadien-en-Arabie-le-Canada-s-rieusement-inquiet/943087.rom

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