Archives pour la catégorie Catalogne

Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont arrêté en Allemagne

Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont arrêté en Allemagne

L’ex-président catalan Carles Puigdemont à Genève, le 18 mars 2018 / © AFP / Fabrice COFFRINI

L’ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont, sous le coup d’un mandat d’arrêt européen lancé par l’Espagne, a été arrêté dimanche par la police allemande près de la frontière avec le Danemark, cinq mois après avoir fui son pays.

Des appels à manifester à 16H00 (14H00 GMT) ont été lancés par les séparatistes catalans à Barcelone sur les Ramblas, célèbre avenue du centre ville, ainsi que devant la délégation du gouvernement espagnol, où des heurts ont eu lieu vendredi entre manifestants et policiers après une décision de justice anti-indépendantistes.

Carles Puigdemont s’était réfugié à Bruxelles fin octobre 2017, anticipant des poursuites pour « rébellion » et « sédition » déclenchées par la justice espagnole à la suite de la tentative ratée de sécession de la Catalogne l’automne dernier.

Le dirigeant indépendantiste « a été arrêté aujourd’hui à 11H19 (09H19 GMT, ndlr) par la police autoroutière du Schleswig-Holstein », a déclaré à l’AFP un porte-parole de la police allemande.

« Il est maintenant sous la garde de la police », a-t-il ajouté, précisant avoir agi dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen.

Cette arrestation a été confirmée par la porte-parole du parti de M. Puigdemont, Anna Grabalosa.

« Cela s’est passé au moment où il franchissait la frontière germano-danoise. Il a été bien traité et ses avocats sont là-bas. C’est tout ce que je peux dire », a-t-elle déclaré.

M. Puigdemont a été arrêté deux jours après que le juge de la Cour suprême espagnole Pablo Llarena eut confirmé des poursuites pour « rébellion » contre 13 indépendantistes catalans, dont Carles Puigdemont, et émis ou réactivé des mandats d’arrêt européens et internationaux contre six dirigeants indépendantistes catalans partis à l’étranger.

Cette infraction est passible de 30 ans de prison.

Le juge a notamment accusé M. Puigdemont d’avoir organisé le référendum d’autodétermination du 1er octobre malgré son interdiction et « le grave risque d’incidents violents ».

– De retour de Finlande –

L’avocat de M. Puigdemont, Jaume Alonso Cuevillas, a précisé sur Twitter que son client avait été interpellé alors qu’il rentrait en Belgique après un séjour en Finlande.

Il s’y était rendu jeudi et vendredi pour y rencontrer des parlementaires et participer à un séminaire à l’université d’Helsinki.

La police finlandaise avait fait savoir samedi qu’elle était prête à l’arrêter. Mais dans la soirée, un député finlandais qui avait organisé sa visite dans le pays, Mikko Karna, a affirmé que le leader indépendantiste avait quitté le territoire dès vendredi soir pour la Belgique.

Carles Puigdemont s’était déjà rendu au Danemark en janvier sans être inquiété, ainsi qu’en Suisse en mars.

Le juge Llarena reproche à l’ancien exécutif catalan d’avoir ignoré « les déclarations répétées d’inconstitutionnalité et de nullité », et évoqué particulièrement une manifestation tendue, dix jours avant le référendum interdit, où des milliers de militants séparatistes ont assiégé pendant plusieurs heures un bâtiment public où la garde civile menait une perquisition.

Le magistrat estime alors que les dirigeants catalans « savaient que ce type d’agissement était indispensable pour mener à bien un référendum interdit par les tribunaux, dont dépendait la déclaration d’indépendance ».

Pour autant, le chef d’accusation de « rébellion » est très controversé, car il suppose un « soulèvement violent » qui, selon de nombreux juristes, ne s’est jamais produit.

Vendredi, le magistrat a également envoyé en détention préventive cinq indépendantistes dont Jordi Turull, candidat à la présidence de la Generalitat (exécutif catalan), plongeant encore un peu plus la Catalogne dans l’impasse politique.

Vendredi soir, 37 personnes ont été légèrement blessées dans les rues de Barcelone lors de manifestations contre la décision du magistrat.

Après l’incarcération de M. Turull, le parlement a ajourné la séance de désignation du nouveau chef de l’exécutif. C’est la troisième fois que les indépendantistes, qui disposent de la majorité absolue au parlement, échouent à faire investir un nouveau président pour la Catalogne en raison de décisions de justice, après Carles Puigdemont et l’activiste Jordi Sanchez, incarcéré.

S’ils n’y arrivent pas avant le 22 mai, de nouvelles élections seront automatiquement convoquées. Et tant qu’un président régional ne sera pas désigné, la Catalogne restera sous la tutelle de Madrid, qui a pris cette mesure après la déclaration d’indépendance mort-née du 27 octobre.

(©AFP / 25 mars 2018 15h35)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-/902570.rom

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Espagne : Carles Puigdemont renonce à briguer une nouvelle fois la présidence catalane

Espagne : Carles Puigdemont renonce à briguer une nouvelle fois la présidence catalane

Le groupe du président catalan destitué propose comme candidat Jordi Sanchez, le président d’une association indépendantiste, actuellement en prison.

Le président destitué de la Catalogne, Carles Puigdemont, le 10 octobre 2017 au Parlement catalan à Barcelone (Espagne)
Le président destitué de la Catalogne, Carles Puigdemont, le 10 octobre 2017 au Parlement catalan à Barcelone (Espagne) (LLUIS GENE / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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L’assurance chômage sera réformée sans ordonnances, assure la ministre du Travail

L’ancien président catalan destitué, l’indépendantiste Carles Puigdemont, a annoncé qu’il renonçait à briguer de nouveau la présidence de la Catalogne, dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, jeudi 1er mars.

« J’ai informé le président du parlement catalan que, de manière provisoire, il ne présente pas ma candidature à l’investiture comme président », a déclaré l’indépendantiste. « Dans les conditions actuelles, c’est la seule façon de pouvoir former un nouveau gouvernement, le plus rapidement possible », a-t-il poursuivi afin d’expliquer ce retrait.

Depuis la victoire des indépendantistes aux élections régionales du 20 décembre, Carles Puigdemont était le seul candidat à la présidence de l’exécutif régional. Il savait néanmoins qu’il serait arrêté et vraisemblablement écroué s’il rentrait de Belgique en Espagne. L’ancien président a proposé comme candidat Jordi Sanchez, le président d’une association indépendantiste, actuellement en prison.

« La Catalogne a gagné le droit à se convertir en une république indépendante »

La Catalogne, région de 7,5 millions d’habitants, est placée sous la tutelle de Madrid depuis la proclamation, restée sans effets, d’une « République catalane », le 27 octobre à Barcelone (Espagne).

Dans son discours devant les seuls drapeaux catalan et européen, Carles Puigdemont a fustigé « les abus de l’Etat espagnol », qui cherche selon lui à « criminaliser l’indépendantisme »« La Catalogne a gagné le droit à se convertir en une république indépendante », a-t-il réaffirmé.

https://www.francetvinfo.fr/monde/espagne/referendum-en-catalogne/espagne-carles-puigdemont-renonce-a-briguer-une-nouvelle-fois-la-presidence-catalane_2635496.html#xtor=EPR-51-[espagne-carles-puigdemont-renonce-a-briguer-une-nouvelle-fois-la-presidence-catalane_2635496]-20180301-[bouton]

La Catalogne aux urnes, deux mois après une tentative de sécession qui a secoué l’Europe

https://francais.rt.com/international/46712-catalogne-elections-r%C3%A9gionales-independance-espagne

La Catalogne aux urnes, deux mois après une tentative de sécession qui a secoué l'Europe© JAVIER SORIANO / AFP

Les Catalans sont appelés aux urnes ce 21 décembre 2017 afin d’élire un nouveau Parlement. Face à la pression de partis aux velléités indépendantistes, Madrid espère que le résultat de ce scrutin coupera court à toute tentative de sécession.

Jour crucial pour l’Espagne et la Catalogne. 5,5 millions de Catalans sont invités à élire leurs nouveaux représentants au Parlement régional. 2 680 bureaux ouverts de 8h à 19h ont étés mobilisés pour accueillir les votants afin qu’ils puissent décider de l’avenir de leur région. Selon les derniers sondages, les séparatistes et unionistes feraient jeu égal.

Lors du précédent scrutin, les indépendantistes avaient pour la première fois remporté une majorité de sièges au Parlement catalan, rassemblant 47,8% des suffrages (avec 77,4% de participation). Une forte participation est attendue lors de ces nouvelles élections convoquées par le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, qui a décidé de placer la région sous tutelle après la déclaration d’indépendance par le Parlement régional.

Les enjeux dépassent la simple question régionale. Si les indépendantistes menés par Carles Puigdemont, parviennent à conserver la majorité dont il dispose au Parlement catalan depuis 2015, leur légitimité sera renforcée et engendra de facto un nouveau bras de fer avec Madrid.

Les conservateurs à la tête de l’Espagne ainsi que les libéraux de Ciudadanos et leurs opposants socialistes, ont quant à eux dénoncé «la folie» indépendantiste. Selon eux, un tel scénario provoquera inévitablement une «fracture sociale» en arguant que 3 000 entreprises ont fait déplacer leur siège social hors de Catalogne depuis le début le déclenchement unilatéral du processus d’indépendance.

En octobre dernier, 43% des électeurs soit deux millions de Catalans ont approuvé à 90% l’indépendance de leur région. Des violences entre indépendantistes et forces de l’ordre avaient alors émaillé ce référendum, jugé illégal par Madrid. Depuis, un climat tendu s’est installé en Catalogne, où partisans et adversaires de l’indépendance ont multiplié les rassemblements.

Lire aussi : 45 000 personnes manifestent à Bruxelles pour l’indépendance de la Catalogne (IMAGES)

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Désormais l’Espagne sait que Puigdemont est l’agent russe Cipollino

19.11.2017

La ministre espagnole de la Défense María Dolores de Cospedal a appris, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue letton, que Carles Puigdemont était bien un agent de Vladimir Poutine et que la crise catalane était donc orchestrée depuis la Russie. Quel dommage que la conversation ne soit qu’un canular des farceurs russes!

María Dolores de Cospedal, ministre espagnole de la Défense, a récemment reçu un coup de téléphone peu ordinaire. Un homme qui s’est présenté comme Raimonds Bergmanis, son homologue letton, a évoqué la «menace russe» et le rôle de la Russie dans la crise qui déchirait la Catalogne. La ministre a appris que le Président catalan destitué était un agent des services spéciaux russes connu sous le nom «Cipollino», si l’on veut croire les spécialistes russes du canular téléphonique, Vovan et Lexus.

«Puidgemont, je ne sais pas comment vous allez le traiter, mais il ne faut pas flirter avec lui car c’est une histoire dangereuse», a déclaré d’une voix grave le ministre letton. «Puigdemont travaille depuis longtemps pour le renseignement russe. Nous avons même appris son pseudo dans les services spéciaux, Cipollino», a-t-il prévenu Mme Caspedal.

Le faux ministre letton de la Défense a souligné qu’il fallait être vigilant et a d’ailleurs proposer d’aider Madrid, en déployant des unités lettones à Barcelone. Mme Caspedal a répondu vouloir en parler avec le chef du gouvernement et le Président Mariano Rajoy. Elle a demandé comment son interlocuteur a appris ces informations.

Le «ministre» a dit les avoir obtenues de «sources fiables», partiellement en Ukraine. Il a appelé à prévoir un scénario similaire que celui «dans le Donbass». La femme politique l’a remercié pour les importantes informations et a pointé la nécessité d’ouvrir les yeux de la société espagnole sur ce qui se passait en réalité.

«Je crois que vous n’avez jamais soupçonné le fait que Puigdemont était un agent pendant tout ce temps?»

«Non, non, nous ne nous en doutions pas exactement. Nous savions que quelque chose de cette sorte se passait, mais nous ne supposions pas qu’il existait des liens aussi étroits», a répondu Mme Caspedal.

De même, la «menace» croissante que présente la chaîne russe RT a été abordée. A la question de savoir si l’Espagne envisage d’interdire RT, la ministre a répondu par l’affirmative, mais n’a tout de même pas donné de précisions quant à des mesures concrètes.

Selon les farceurs, Mme Caspedal a ensuite compris que la conversation était un canular. Quelque temps plus tard sur sa page Twitter, elle a qualifié le dialogue de «très étrange» et a affirmé savoir maintenant «que c’étaient des Russes».

 

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

14 réponses à Désormais l’Espagne sait que Puigdemont est l’agent russe Cipollino

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L’Espagne retire le mandat d’arrêt européen lancé contre l’ancien président catalan Carles Puigdemont

L’Espagne retire le mandat d’arrêt européen lancé contre l’ancien président catalan Carles Puigdemont

Après la proclamation d’indépendance de la Catalogne, jugée illégale par Madrid, Carles Puigdemont et quatre autres responsables catalans avaient quitté le pays pour se rendre en Belgique.

Carles Puigdemont, le 25 novembre 2017, à Oostkamp (Belgique). 
Carles Puigdemont, le 25 novembre 2017, à Oostkamp (Belgique).  (EMMANUEL DUNAND / AFP)
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Carles Puigdemont va-t-il rentrer en Catalogne ? Le tribunal suprême espagnol a retiré, mardi 5 décembre, le mandat d’arrêt européen visant l’ancien président catalan destitué et quatre membres de son ancien gouvernement. Après la proclamation unilatérale d’indépendance, jugée illégale par Madrid, ils avaient quitté le pays pour se rendre en Belgique.

Une décision pour s’assurer qu’ils soient jugés en Espagne ?

Cela ne veut pas dire que les ennuis judiciaires de Carles Puigdemont sont terminées. Le juge d’instruction maintient le mandat d’arrêt espagnol contre eux. Le retrait du mandat d’arrêt permet surtout d’éviter que l’affaire soit traitée par la justice belge ou une autre juridiction européenne.

Pour justifier sa décision, le tribunal a aussi expliqué que les responsables catalans avaient manifesté leur intention de rentrer en justice. D’après des sources du tribunal espagnol citée par l’AFP, les cinq responsables catalans seront arrêtés s’ils reviennent en Espagne.

https://www.francetvinfo.fr/monde/espagne/referendum-en-catalogne/l-espagne-retire-le-mandat-d-arret-europeen-lance-contre-l-ancien-president-catalan-carles-puigdemont_2499677.html#xtor=EPR-51-[l-espagne-retire-le-mandat-d-arret-europeen-lance-contre-l-ancien-president-catalan-carles-puigdemont_2499677]-20171205-[titre]

11/17 Actualité internationale Synthèse de l’actualité internationale de novembre 2017

https://www.diploweb.com/11-17-Actualite-internationale.html

11/17 Actualité internationale
Synthèse de l’actualité internationale de novembre 2017

Par Axelle DEGANS, le 1er décembre 2017  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Professeure de chaire supérieure au lycée Faidherbe (Lille) où elle enseigne la géopolitique en classes préparatoires économiques et commerciales. Membre du laboratoire HABITER (EA 2076) de l’Université Reims Champagne-Ardenne. Elle est notamment co-auteure chez Ellipses de Les 50 cartes à connaître, Coll. Atout concours, Paris, 2016 ; Histoire, Géographie, Géopolitique. Concours d’entrée aux grandes écoles, Coll. Atout concours, Paris, 2015.

Voici une synthèse de l’actualité internationale de novembre 2017 qui sera fort utile à tous ceux qui veulent disposer d’un point de l’actualité géopolitique, voire préparent un concours. Pour ne rien manquer, et recevoir nos alertes sur des documents importants, le plus simple est de s’abonner gratuitement à notre Lettre d’information hebdomadaire ou au compte twitter de veille géopolitique @diploweb (plus de 10 000 followers)

Le sort des urnes

Au Kenya, Uhuru Kenyatta a été réélu en novembre 2017 avec plus des 98 % des suffrages exprimés, mais un taux de participation inférieur à 40% (contre près de 80 % cet été) car l’opposition a appelé à boycotter cette élection.

Les dernières élections législatives en Allemagne fédérale n’ont pas donné de majorité confortable à un parti. La CDU-CSU d’Angela Merkel est arrivée en tête mais ne parvient pas à tisser une alliance courant novembre 2017 avec les Libéraux et les Écologistes – « coalition Jamaïque ». De son côté, le SPD reconnait avoir perdu les élections. L’Allemagne, avec des excédents de compte-courant, une croissance économique réelle et un taux de chômage qui en fait rêver plus d’un en Europe semble dans une impasse politique. Un terrible camouflet pour la chancelière qui était prête pour un nouveau mandat. Ses électeurs ne lui ont pas pardonné l’accueil de plus d’un million de réfugiés et l’inexplicable, et inexcusable, silence au lendemain des milliers d’agressions de femmes lors du réveillon de la nouvelle année. Ces difficultés d’A. Merkel pèsent sur les perspectives d’une relance de la construction européenne par une coopération entre Paris et Berlin, espérée voici quelques semaines.

Les anniversaires

En Russie, Vladimir Poutine a fêté en novembre 2017 le centenaire de la révolution bolchévique. Un exercice assez délicat. V. I. Lénine est devenu davantage un repère historique qu’une figure tutélaire. L’actuel chef du Kremlin n’entend pas non plus célébrer une révolte populaire… D’autant que le poids économique de la Russie dans le monde en 1913 était supérieur, d’après Angus Maddisson, à celui de la Russie dans le monde d’aujourd’hui.

11/17 Actualité internationale
Les 95 thèses de Luther, à l’origine du protestantisme

L’Allemagne célèbre les 500 ans des 95 thèses de Luther qui sont à l’origine du protestantisme. La chancelière Angela Merkel fait, à cette occasion, le lien entre christianisme et goût du travail. Ce n’est pas sans rappeler la thèse défendue par Max Weber dans « L’Éthique du protestantisme et l’esprit du capitalisme » (1904-1905).

Un nouveau scandale d’évasion fiscale

Les « Paradise papers », révélés par des journalistes indépendants, font écho au « Panama papers » d’il y a dix-huit mois. Ils dénoncent un vaste système d’optimisation fiscale, pour ne pas dire de dissimulation fiscale. Ce scandale éclabousse des proches du président américain, du premier ministre canadien, de grandes fortunes, de grandes entreprises, des sportifs de renommée internationale. Au cœur du scandale – comme de la mondialisation financière – on retrouve les paradis fiscaux. Les personnes les plus fortunées et les firmes multinationales cherchent à ne pas payer d’impôt, laissant aux classes moyennes le soin de le faire. En outre, les divergences d’intérêts sont grandissantes entre les plus riches et les plus pauvres dans un monde où les inégalités progressent.

Les tergiversations européennes

Le scandale des « Paradise papers » relance une énième fois le débat sur la « liste noire » des paradis fiscaux. Il est bien difficile de trouver un accord entre tous les membres de l’Union concernant ceux qui doivent apparaitre sur cette liste – le consensus est de ne trouver aucun pays européen inscrit sur une « liste noire » – ou même s’il faut les sanctionner – le Luxembourg est contre toute autre sanction que celle de figurer sur la dite liste noire – et sur les éventuelles mesures à prendre … Luxembourg étant lui-même un territoire de dissimulation fiscale, comme l’Irlande et quelques autres pays de l’UE.

De même les tergiversations concernant l’utilisation du glyphosate (herbicide toxique) dans l’agriculture ne font que souligner les puissantes fractures au sein de l’Union européenne. Elles renvoient à une certaine forme d’impuissance des Etats face au lobbying d’une multinationale.

Les attentats…

En novembre 2017, aux Etats-Unis, un attentat à Manhattan (N-Y) a provoqué la mort de huit personnes.

Au Nigéria, un nouvel attentat attribué à Boko Haram, fait une cinquantaine de victimes.

L’Egypte est de nouveau endeuillée après un attentat perpétré dans la région du Sinaï à l’encontre de la communauté soufie. Plus de trois cent morts parmi les fidèles venus participer à la célébration du vendredi. Le Caire peine à contrôler cette région du pays aux mains des djihadistes, en particulier de l’EI.

Les soubresauts catalans

Carles Puigdemont s’est, à la surprise de son entourage, enfui, en Belgique courant novembre 2017. Il ne s’est donc pas rendu à la convocation de la justice espagnole mais ne peut prétendre à un quelconque asile politique. Il veut « internationaliser » la crise catalane, en mettant dans l’embarras son pays hôte, jouant sur les divisions internes à la Belgique, voire de l’UE. Huit responsables de la région catalane ont été placés en détention provisoire pour « rébellion et sédition ». Les indépendantistes catalans sont aujourd’hui divisés.

La COP 23 se réunit à Bonn

Cette réunion pour lutter contre le réchauffement climatique s’ouvre sous de bien piètres auspices. Les progrès réalisés depuis la COP 21 de Paris sont bien minces. En outre la promesse des 100 milliards de dollars alloués chaque année aux pays pauvres à partir de 2020 pour les aider à maitriser leurs émissions de gaz à effet de serre a été rappelée aux pays européens par les pays du Sud, inquiets. L’Allemagne n’est pas en position de réduire de 40 % ses rejets en gaz à effet de serre d’ici 2020, du fait de la relance du charbon pour pallier à la sortie du nucléaire. Une décision en partie liée à l’accident de la centrale japonaise de Fukushima (2011).

Un reflux de la vague migratoire ?

Les entrées sur le sol italien entre l’été 2016 et l’été 2017 ont baissé de 75%. A cela plusieurs raisons. La première est une plus grande efficacité du dispositif européen Sophia qui vise à intercepter les bateaux en mer. La deuxième est une plus forte rétention des flux sur les côtes libyennes, on peut peut-être y voir le résultat du déplacement en Lybie de plusieurs dirigeants européens. La troisième est une action au niveau du Sahel, comme au Niger, pour essayer de limiter les départs.

Si l’Italie n’a enregistré « que » 100 000 entrées sur son territoire depuis janvier 2016, elle a déjà accueilli plus de 600 000 migrants en provenance de la côte libyenne. Ceux-ci, comme ceux qui choisissent la route des Balkans sont, d’après l’UNHCR, pour quatre cinquième des migrants économiques qui ne proviennent pas de régions en guerre ou en crise majeure : Bangladesh, Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée, Mali, Sénégal…. Ils ne sont donc pas des réfugiés politiques.

La France d’E. Macron s’est engagée à accueillir quelques 10 000 réfugiés, notamment à partir de bases tchadiennes et nigériennes. La politique migratoire doit être repensée notamment à l’aune de l’actuelle équation démographique entre une Europe vieillissante – et la France n’y échappe pas – et une Afrique dont la population devait doubler d’ici la fin du XXIe siècle. La révélation récente du scandale des marchés aux esclaves en Lybie, des meurtres et viols pratiqués par les passeurs invite aussi l’Union européenne à se positionner clairement sur le problème migratoire. Ne rien faire par démagogie reviendrait à alimenter les mouvements politiques anti-immigrés.

Donald Trump imprime sa marque en politique

Courant novembre 2017, le président américain vient de remplacer, à la tête de la banque centrale américaine (la Fed) Janet Yellen par Jérôme Powell. Très riche ancien banquier d’affaire, il est classé comme républicain modéré et connait très bien la Fed dont il est l’un des gouverneurs depuis 2012. S’il s’inscrit dans la continuité de Janet Yellen, dont D. Trump a tenu à vanter les mérites, il n’en reste pas moins rarissime de ne pas reconduire dans ses fonctions le président sortant de la Fed. Le président américain D. Trump tient ici à faire un acte d’autorité en politique intérieure, alors que jusqu’à présent il est en difficulté sur de nombreux dossiers (réforme de l’Obama care ou manque de soutien dans les rangs républicains par exemple). La nomination de « Jay » Powell doit encore être entérinée par le Sénat.

Donald Trump entame en novembre 2017 une première tournée en Asie sur fond de fortes tensions avec la Corée du Nord. Il se rend au Japon, puis en Corée du Sud, en Chine au Vietnam et aux Philippines. Il s’agit pour lui d’affirmer une nouvelle fermeté diplomatique face à Pyongyang, mais aussi face à la Chine de Xi Jinping. Il resserre les liens avec les Philippines de Duterte.

Les inquiétudes

En novembre 2017, le Venezuela est au bord du défaut de paiement, comme l’avait été avant lui l’Argentine en 2001. L’Union européenne décide d’une sanction mesurée contre Caracas : un embargo sur les armes, sans geler les avoirs de personnalités vénézuéliennes. Il s’agit pour Bruxelles d’amener le président Nicolas Maduro à négocier avec l’opposition. Moscou a signifié sa solidarité avec Caracas en procédant à une restructuration de sa dette pour un montant de 3 milliards de dollars ce qui soulage le Venezuela, sans régler les problèmes de fonds.

Au Zimbabwe, le vice-président Emmerson Mnangagwa (74 ans) a préféré quitter le pays après avoir été évincé par son vieux compagnon de route, le président Robert Mugabe (93 ans) probablement conseillé par son épouse Grace à qui on prête de nouvelles ambitions politiques. Un putsch de l’armée, dont le vice-président est proche, écarte en novembre 2017 Robert Mugabe du pouvoir qu’il détenait depuis 37 ans. Son parti, la ZANU-PF confirme son éviction, alors que la population manifeste son ras-le-bol du système Mugabe. Il est remarquable que cette transition politique – non démocratique – se fasse sans effusion de sang, mais le retour de E. Mnangagwa – le « crocodile » – ne doit pas faire illusion. Il a représenté l’aile dure de son parti pendant des décennies, associé au pouvoir – inamovible ministre – et a contribué au naufrage économique de son pays. Un pays qui était le grenier de l‘Afrique australe, dont le sous-sol regorge de richesses (or, platine, diamants, nickel…) et qui a été mis en coupe-réglée par le pouvoir.

L’Argentine reste sans nouvelle depuis la mi-novembre 2017 d’un de ses sous—marins, le Ara San Juan, avec 44 marins. L’inquiétude est forte en raison de l’épuisement des réserves en oxygène. Fin novembre, leur disparition est entérinée.

Au Proche-Orient, l’étau se resserre autour de l’EI. Après avoir perdu Mossoul en Irak et sa capitale autoproclamée, Raqqa, l’armée syrienne, aidée par l’allié russe, vient de reprendre en novembre 2017 Deir ez-Zor. Il s’agit d’une victoire très importante pour le régime de Damas qui a toujours tenu certains quartiers de cette ville qui est une des portes d’accès à l’Irak voisin. Un axe vital pour l’EI vient donc d’être perdu pour lui. Cela annonce la fin du califat, mais certainement pas du djihadisme.


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Les enjeux de pouvoir au Moyen-Orient

Le nouveau prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, fils du roi Salman, procéde en novembre 2017 à une opération « mains propres » qui s’est traduite par l’arrestation de 38 anciens ministres et hommes d’affaires ainsi que onze princes et quatre ministres. Cette opération anticorruption, qui n’est pas sans rappeler ce qui se passe dans la Chine de Xi Jinping, est aussi une « révolution de palais » qui permet au nouvel homme fort de Riyad – dont on dit que le père est malade – de mettre à l’écart de potentiels rivaux comme le richissime Walid Ben Talal (cinquième fortune mondiale) ou le prince Miteb. Cette purge est d’abord un moyen politique pour le prince héritier d’imprimer sa marque sur un royaume miné par une corruption endémique et handicapé par un cours du pétrole assez bas. Il a déjà entrepris une forme de diversification économique car son pays reste très dépendant de la rente de l’or noir.

Le premier ministre libanais sunnite, Saad Hariri – fils de Rafic Hariri assassiné en 2005 – annonce en novembre 2017 sa démission, depuis l’Arabie saoudite. La surprise est totale aussi bien parmi les siens qu’au niveau de la présidence libanaise car Michel Aoun n’a pas été prévenu. Autre source d’étonnement, Saad Hariri a fait part de sa démission alors qu’il se trouve à Riyad. Il faut savoir que S. Hariri est à la tète d’un gouvernement constitué après une longue crise institutionnelle, gouvernement qui comprend le Hezbollah chiite proche de l’Iran. Cette démission s’inscrit dans un nouveau bras de fer qui oppose l’Arabie saoudite et l’Iran pour le leadership régional, on peut comprendre cette démission comme une exigence de l’allié saoudien qui veut affaiblir le Hezbollah libanais, ce qui va dans le sens attendu par Tel Aviv.

Saad Hariri a été accueilli à Paris fin novembre 2017, après une visite du président français à Riyad. Une sortie de crise honorable pour tous. Il est retourné au Liban pour la fête nationale auprès du résident Aoun qui n’avait pas entériné sa démission.



Bonnes nouvelles

Le Tribunal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), qui juge les crimes perpétrés lors de la guerre civile en Yougoslavie, condamne en novembre 2017 Ratko Mladic à la prison à vie. Celui qui est surnommé le « boucher des Balkans » est reconnu coupable des massacres de Sarajevo et Srebrenica en Bosnie qui ont fait chacun plusieurs milliers de victimes.

En novembre 2017, la croissance économique se consolide en Union européenne. Elle devait s’établir autour de 2,4% pour la zone euro et de 1,8% pour l’année 2017 en France, les économistes sont assez optimistes pour 2018. La croissance économique européenne est plus élevée qu’aux États-Unis, une première depuis longtemps. Elle est tirée par la consommation des ménages.

Une ancienne start up française, YellowKorner, s’exporte à l’international avec à peine 10 ans d’existence. Désormais présente sur les cinq continents, elle emploie près de 250 salariés, elle vend les œuvres de 300 photographes. Les fondateurs Alexandre de Metz et Paul-Antoine Briat ont choisi de proposer des photographies d’art à des prix très raisonnables. Ils ont été aidés dans le projet par des business angels comme Pierre Kosciusko-Morizet.

Le textile redémarre dans les Hauts de France, qui en a été un berceau lors de la première révolution industrielle, avec Fibres techniques et origine France. Cette renaissance se fait grâce aux textiles dits « intelligents », les textiles techniques utilisés dans l’habillement mais aussi dans d’autres secteurs comme la santé. Un nouveau label vient d’être créé en novembre 2017, « Nord terre textile ». Des emplois se recréent progressivement dans une branche réputée, il y a peu, pour être sans avenir ; un gage d’espoir donc.

Airbus signe un contrat record lors du salon de Dubaï de novembre 2017. Indigo Partners, fonds d’investissement américain, a commandé 430 moyen-courriers de type A320, et 90 autres appareils de même classe par CDB Aviation Lease Finance ( une commande de plus de 4 milliards d’euros).

Les découvertes archéologiques se multiplient en Égypte. Une nouvelle cavité vient d’être découverte au cœur de la grande pyramide de Gizeh. Le Caire espère que cette actualité archéologique, qui alimente le versant mystérieux de l’Égypte, aidera à relancer le tourisme, secteur essentiel pour l’économie du pays.

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L’effritement de l’ordre mondial

L’effritement de l’ordre mondial


En cette ère d’instabilité, les États-Unis doivent protéger leur propre sphère d’influence


Par Robert W. Merry  – Le 31 octobre 2017 – Source Washington Times

The Split of Catalonia Illustration by Greg Groesch/The Washington Times
La séparation de la Catalogne – Illustration de Greg Groesch/The Washington Times

La plaie de l’Espagne est la Catalogne, où nombreux sont ceux qui veulent se séparer du royaume espagnol. Madrid ne veut pas que cela se produise, c’est pourquoi le Sénat espagnol a autorisé le gouvernement à prendre le contrôle direct de la région rebelle du nord-est, qui jouit depuis des décennies d’une autonomie considérable dans le système espagnol. Cette action intervient après que le Parlement catalan, à majorité séparatiste, a approuvé une résolution visant à « créer une république catalane en tant qu’État indépendant ».

Ainsi, l’Espagne est entrée dans ce que le New York Times appelle la « plus grande crise constitutionnelle depuis qu’elle a embrassé la démocratie en 1978 ». Cela représente près de quatre décennies de stabilité démocratique relative pour un pays qui a traversé une horrible guerre civile dans les années 1930 puis a subi près de 40 ans de dictature. Et maintenant, encore une fois, les perspectives d’effusion de sang sont réelles.

L’émergence de cette nouvelle crise après tant de bonnes années soulève une question : pourquoi maintenant ? La réponse : ces événements ne sont qu’une partie d’une détérioration globale du statu quo. Le monde n’a pas connu ce genre de déclin progressif des structures établies depuis le chaos de 1914-1945. À cette époque, qui suivait près d’un siècle de relative stabilité mondiale, le monde semblait avoir perdu la raison – jusqu’à ce qu’un nouvel ordre mondial soit établi déjà pendant la Seconde Guerre mondiale et juste après la guerre, avec l’Amérique en son centre.

Mais maintenant cet ordre mondial semble lui-même se désagréger. Considérez les forces et les sentiments acides qui tourmentent le globe en ce moment – les animosités sectaires ; les sensibilités nationalistes ; les passions des identités ethniques ; les rivalités géopolitiques ; les urgences des migrations ; la colère contre le globalisme. De toute évidence, le statu quo est attaqué de tous les côtés.

Cela suggère qu’il y a une raison pour laquelle l’ère de l’après-guerre froide n’a pas d’autre nom que celui indiquant qu’elle est venue après la guerre froide. Elle n’a pas de nom propre car elle n’a pas d’identité. Ce n’est que la période d’un chaos croissant qui a suivi une ère de stabilité et nous conduira, on ne peut que l’espérer, vers une autre période de calme. En attendant, nous devrions nous préparer à une instabilité croissante et à des difficultés dans les affaires mondiales.

Certains des développements les plus puissants de cette ère de changement sont la montée en puissance de la Chine et sa volonté apparente de remettre en question l’hégémonie américaine en Asie depuis 70 ans ; les tensions croissantes entre l’Occident et la Russie au sujet de qui contrôlera les terres faisant traditionnellement partie de la sphère d’influence russe ; la fébrilité progressive et l’acrimonie du Moyen-Orient, déchaînées en partie par l’incursion américaine dans la région et propulsées maintenant par des passions sectaires et des intérêts géopolitiques ; la confrontation imminente entre les États-Unis et l’Iran ; la transformation de la Turquie d’une nation s’intégrant à l’Occident et exaltant le pluralisme en une dictature de plus en plus islamiste ; l’émergence d’une menace nucléaire en Corée du Nord ; la montée du nationalisme occidental ; et l’explosion de l’immigration qui menace la stabilité culturelle et sociétale européenne et américaine.

Ce qui est frappant dans nombre de ces développements est la mesure avec laquelle ils ont généré d’énormes questions non résolues qui devront bien se dénouer dans le futur. Par conséquent, il n’y a aucune raison de croire que l’ère de l’après-guerre froide – une époque pleine de changements et de conflits – prendra fin de sitôt.

Il convient également de noter à quel point les Américains, et en particulier les dirigeants américains, s’accrochent à un statu quo mondial en progressive érosion. Le récent discours du Sénateur de l’Arizona John McCain devant le National Constitution Center à Philadelphie en est un bon exemple. Il a dit que « l’Amérique était indispensable à la paix, à la stabilité internationale et au progrès de l’humanité ». Il a dit que « nous sommes une terre faite d’idéaux » et nous devons être « leurs champions à l’étranger ». Il a dit que nous avons « un devoir de rester le dernier meilleur espoir sur la terre ».

Cela implique que l’Amérique représente des principes universels de gouvernance et de rectitude nationale qui doivent être répandus dans le monde entier. Mais c’est ce concept même qui a contribué au chaos du Moyen-Orient lorsque George W. Bush a conduit l’Amérique dans la région pour mettre fin à la « tyrannie dans notre monde ». Les tensions se sont fortement accrues en Ukraine quand l’administration de Barack Obama a soutenu un coup d’État contre le président élu de cette nation et a menacé les intérêts géopolitiques historiques de la Russie.

Non, l’Amérique a besoin d’une nouvelle pensée plus en phase avec les profonds changements qui se produisent dans le monde et les nouvelles réalités qui s’abattent sur nous. L’hégémonie mondiale américaine ne fonctionnera plus. L’exceptionnalisme américain est une vanité nationale ridiculisée par les événements. Nos idéaux sont bons pour nous et valent la peine de se battre pour eux, mais ils ne sont pas universels et ne devraient pas être imposés à d’autres peuples dans d’autres pays. La pièce à conviction de ce fondement de réalisme géopolitique est le Moyen-Orient, qui suit sa propre voie sans tenir compte des vœux américains et de la puissance américaine – sans parler des idéaux américains du genre de ceux prônés par le sénateur McCain.

Si l’Amérique doit jouer un rôle majeur dans le déplacement du monde vers plus de stabilité et de paix, elle doit abandonner ses ambitions hégémoniques au nom de l’universalisme américain. Elle doit plutôt accepter les sphères d’influence régionales tout en protégeant sa propre sphère d’influence dans les Amériques, les Caraïbes, le golfe du Mexique et ses eaux environnantes. Elle doit maintenir ses liens étroits avec l’Europe, sa source culturelle. Elle doit opter pour une politique étrangère basée sur l’impératif de promouvoir un équilibre global du pouvoir.

Une telle approche peut-elle favoriser une nouvelle ère de stabilité mondiale ? Peut-être, peut-être pas. Mais l’approche du statu quo du sénateur McCain ne fera qu’ajouter au chaos mondial.

Robert W. Merry, journaliste de longue date à Washington, D.C. et éditeur, est rédacteur en chef de The American Conservative. Son dernier livre, « Président McKinley : architecte du siècle américain », sera en vente le 7 novembre.

Note du Saker Francophone

On vous laisse lire l'analyse de ce texte par dedefensa.org, d'où il est tiré, pour servir d'exemple à leur analyse de la Grande Crise de l’Effondrement du Système. À noter que la traduction littérale d'effritement peut aussi être avantageusement traduite par mitage.

Une falaise peut s'effriter car elle est visiblement fragile, érodée par la mer. Un meuble en bois massif sera lui mité de l'intérieur, semblant toujours aussi solide de l'extérieur jusqu'à qu'une secousse révèle son état véritable, un gros tas de poussière ne demandant qu'à tomber d'un coup.

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/

 

Indépendance de la Catalogne ? L’Europe en marche arrière !

Indépendance de la Catalogne ? L’Europe en marche arrière !

Indépendance de la Catalogne ? L’Europe en marche arrière !

Par Michel Geoffroy, essayiste ♦ Cela ressemble à un mauvais remake de 1936 : les « indépendantistes », entourant le président de la Généralité de Catalogne, Carles Puigdemont, et levant le poing devant les caméras. Avec « l’indépendance », les gauchistes catalans tiennent enfin leur revanche sur la guerre civile qu’ils ont perdue et sur l’Espagne Une, Grande et Libre de Francisco Franco ! Il suffit de regarder les images de ces foules « indépendantistes », jeunes, chevelues et barbues (1) pour s’en persuader : ce n’est que la morne foule des « manifs » à laquelle la gauche nous a partout habitués, depuis le siècle dernier. Mais que signifie ce prurit indépendantiste ? La tentation, pour certains Européens, de sortir de l’histoire, tout simplement.


Nous ne sommes plus en 1936

N’en déplaise aux « experts » médiatiques, nous ne sommes plus en 1936.

Car l’Espagne n’est plus, comme nombre de pays européens, que l’ombre d’elle-même, à l’image de son roi. Où sont les Grands d’Espagne, les bâtisseurs d’empire et les découvreurs de nouvelles terres ?

Face aux séparatistes, aucun Caudillo ne se lèvera plus.

A Madrid on palabre et on tergiverse quand hier on prenait son fusil pour sauver l’Espagne. Viva la Muerte ? Non Vive Coca Cola et les droits de l’homme immigré désormais…

L’Europe à l’âge multipolaire

Nous ne sommes plus en 1936, non plus, quand l’Europe, plus peuplée que l’Afrique, dominait le monde. Nous vivons désormais dans un âge multipolaire, marqué par le retour sur la scène mondiale des grands blocs civilisationnels, économiques et militaires. Et par la marginalisation inexorable des Européens.

Un monde où les Européens, « perçus comme Blancs » comme on doit dire en novlangue, constituent désormais une part déclinante de l’humanité : en 2100, seulement 10% de la population mondiale, Russie comprise, d’après les projections démographiques moyennes de l’ONU (2).

Face à des nations rassemblant des millions sinon des milliards d’hommes et de femmes – comme la Chine et l’Inde notamment – la vieille Europe risque de ne peser pas plus que les cités grecques face à Rome. Avec cette différence que Rome restait une puissance européenne.

Les autruches séparatistes

Les séparatistes catalans ne sont donc pas des révolutionnaires, mais des autruches.

Quand ils promettent l’indépendance aux Catalans, ils se moquent du monde. Pire : comme des autruches, ils croient pouvoir l’ignorer.

Les politiciens qui promeuvent l’indépendance de la Catalogne, le Brexit ou encore le souverainisme nostalgique promettant aux Français qu’ils pourront bientôt « acheter leur baguette avec des francs » nous invitent tous à partir dans la mauvaise direction. Car dans un monde multipolaire, seuls auront la parole les grands blocs. Pas les micro-régions ou les micro-Etats arc-boutés sur un patriotisme de pacotille ou de restriction.

L’avenir des Européens n’est pas dans le repli folklorique sur leurs petites patries, mais au contraire dans la constitution d’une Europe Puissance. D’une Europe cuirassée, seule capable de nous permettre d’évoluer dans le monde dangereux qui vient et d’affronter le choc des civilisations.

La puissance et non pas l’indépendance

Aujourd’hui des milliards d’hommes et de femmes se trouvent désormais en concurrence les uns avec les autres : dans ce monde-là, la puissance en Europe ne peut plus être seulement régionale ou nationale mais elle doit devenir continentale.

Si la critique de l’Europe de Bruxelles est fondée, le souverainisme ou l’indépendantisme nostalgiques oublient que la souveraineté dans une Europe impuissante, vassalisée ou islamisée reste une mortelle illusion. Car, de nos jours, comme le montre la crise des migrants ou le terrorisme, tous les Européens sont désormais solidaires les uns des autres.

Les indépendantistes catalans ne trouvent, certes, rien à dire à l’islamisation, comme chez nous les prétendus « Occitans ».

Ils oublient que de nos jours l’identité prime sur la souveraineté et que la souveraineté ne garantit l’identité que si elle est associée à la puissance. Mais la Catalogne seule ne sera pas plus puissante que l’Espagne seule, comme l’Espagne seule ne sera pas plus puissante que l’Europe.

Le souverainisme n’a désormais de sens qu’au plan civilisationnel et continental, c’est-à-dire comme moyen du retour de la puissance, de la liberté, de la prospérité et de la sauvegarde de l’identité de tous les Européens.

Les gauchistes catalans peuvent bien défiler en agitant des drapeaux : ces prétendus progressistes marchent à contre-sens. Ils ne pourront pas empêcher la marche du monde ni s’en abstraire.

Ce n’est pas seulement l’Espagne, mais c’est bien l’Europe tout entière qui doit devenir Une, Grande et Libre.

Michel Geoffroy
29/10/2017

Notes :

  1. Des musulmans ont aussi défilé en faveur de « l’indépendance ».
  2. Et encore, ces données ne tiennent pas compte du changement de peuplement à l’intérieur de l’Europe, du fait de l’immigration.

Correspondance Polémia – 30/10/2017

https://www.polemia.com/independance-de-la-catalogne-leurope-en-marche-arriere/

Catalogne : qui sème le vent…

Catalogne : qui sème le vent...

Catalogne : qui sème le vent…

Par Jean Goychmann ♦ La Catalogne va-t-elle ou non devenir un État indépendant ? Le processus semble bien engagé, et ceci depuis des années. Nous autres, les partisans d’une « Europe des Nations », seule voie possible pour une éventuelle construction européenne, avons depuis longtemps dénoncé un processus de régionalisation rampante qui ne pouvait qu’affaiblir les États.


Or, il se trouvait que c’était le but recherché par les partisans d’une Europe fédérale. Bien que non-avoué, le grignotage progressif dû au transfert des compétences de l’État vers les régions conduisait mécaniquement au résultat. Dans la vision des eurofédéralistes, la disparition des États-nation était le point de passage obligé de ce cheminement débuté dès l’immédiat après guerre.

Il est légitime de se poser la question toute bête : en quoi les Nations sont-elles aussi gênantes pour le futur de l’humanité ? Pour construire une nation, il faut un peuple. Mais cela ne suffit pas. De Gaulle, avec sa verve coutumière, disait : « Les Arabes sont un peuple qui, depuis les jours de Mahomet, n’ont jamais réussi à constituer un État ». Pour faire une Nation, il faut donc simultanément un peuple et un État. Il peut y avoir des États qui regroupent plusieurs peuples, et deviennent alors des Empires, mais une nation souveraine exigent qu’il y ait à la fois un peuple et des institutions, c’est à dire une organisation des pouvoirs dont le cadre juridictionnel devient la Nation. C’est ainsi que la France s’est dotée d’une Assemblée Nationale, d’un Sénat ou d’un Président de la République, dont le fonctionnement est décrit pas la Constitution.

On conçoit alors plus facilement que tout pouvoir qui voudrait s’étendre d’une façon « impériale » en coiffant par un pouvoir « supranational » des nations constituées ne puisse tolérer l’existence des ces États-nation qui apparaîtrait comme une « dualité de pouvoir ». Seulement, ce transfert de compétences, donc de pouvoir vers des régions possédant des particularismes soutenus n’est pas sans risque. Surtout lorsque les peuples de ces régions ont le sentiment de « payer pour les autres ». C’est tout le problème du fédéralisme qui veut imposer des règles communes à l’intérieur d’un périmètre dans lequel les disparités vont s’accentuant.

La Catalogne possède les attributs d’un « proto-État ». Son peuple possède une langue, une grammaire, une histoire et une culture. Ceux qui pensent que cette région s’en sortirait encore mieux si elle devenait indépendante de l’Espagne sont de plus en plus nombreux. C’était le risque ce cette régionalisation conduisant à la création de parlements régionaux qui ne demandent qu’à évoluer vers des parlements nationaux, quelle que soit la taille de la région d’origine. On comprend le scepticisme qui s’empare des dirigeants européens, partagés entre la satisfaction de voir leur projet de disparition des États-nation prospérer et leur inquiétude face aux conséquences d’un tel projet, conséquences qui n’ont probablement pas été appréhendées lors de sa mise en œuvre.

Or, les processus d’indépendance se sont rarement terminés pacifiquement. Les guerres d’indépendances ont jalonné l’histoire du monde et des peuples. Quelques fois, se sont des Empires qui se désintègrent, et les Nations qui les constituaient réapparaissent sans tarder, comme l’écrivait Hélène Carrère d’Encausse (*).

D’autres fois ce sont des provinces ou bien des régions qui choisissent de reprendre leur liberté, mais l’entité (État ou territoire) dont leurs habitants souhaitent se détacher y voit, de son côté, une perte de souveraineté et de pouvoir, sans parler d’un éventuel aspect économique. Il serait intéressant, de ce point de vue, de savoir ce que pense le Département d’État américain au sujet de la Catalogne.

Le rapport de forces devient alors déterminant et la probabilité de guerre civile augmente d’une façon considérable. Les marges de négociation, souvent faibles au départ, deviennent inexistantes lorsque les esprits de « radicalisent » (pour reprendre un terme actuel) Une fois engagé, nul ne peut prédire l’issue d’une telle confrontation, chacun arguant de son « bon droit ». L’intangibilité des frontières nationales se heurte ainsi au droit des Peuples « à disposer d’eux-mêmes ».

Ainsi, l’Europe bâtie sur un rêve de paix il y a presque 70 ans risque de se trouver à l’origine d’un conflit en raison de l’ambigüité de sa politique visant à faire émerger les régions inpirées par le modèle des Landers allemands au détriment des États-nation appelés à se fondre dans un État supra-national et fédéral. Ce retour vers une sorte de « Saint Empire Romain-Germanique » est très inquiétant, particulièrement lorsque l’éventualité d’un « choc de civilisations » ne peut-être totalement exclue.

Alors le vieux proverbe : « Qui sème le vent récolte la tempête » risque de s’imposer dans toute sa rigueur dans l’avenir.

Jean Goychman
08/10/2017

(*) L’Empire éclaté (éd. Flammarion, 1978)

Correspondance Polémia – 15/10/2017

Source : minurne.org

Crédit photo : Rodrigo Accurcio via Flickr (cc)

 

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10/17 Actualité internationale Synthèse de l’actualité internationale d’octobre 2017

10/17 Actualité internationale
Synthèse de l’actualité internationale d’octobre 2017

Par Axelle DEGANS, le 1er novembre 2017  Imprimer l'article  lecture optimisée  Télécharger l'article au format PDF

Professeure de chaire supérieure au lycée Faidherbe (Lille) où elle enseigne la géopolitique en classes préparatoires économiques et commerciales. Membre du laboratoire HABITER (EA 2076) de l’Université Reims Champagne-Ardenne. Elle est notamment co-auteure chez Ellipses de Les 50 cartes à connaître, Coll. Atout concours, Paris, 2016 ; Histoire, Géographie, Géopolitique. Concours d’entrée aux grandes écoles, Coll. Atout concours, Paris, 2015.

Voici une synthèse de l’actualité internationale d’octobre 2017 qui sera fort utile à tous ceux qui veulent disposer d’un point de l’actualité géopolitique, voire préparent un concours. Pour ne rien manquer, et recevoir nos alertes sur des documents importants, le plus simple est de s’abonner gratuitement à notre Lettre d’information hebdomadaire ou au compte twitter de veille géopolitique @diploweb (plus de 10 000 followers)

Un divorce à la catalane ?

En Espagne, la communauté autonome de Catalogne a organisé un referendum illégal le 1er octobre 2017. Sur un corps électoral de 5,3 millions de personnes, 42 % sont venus s’exprimer – les grands partis politiques les conservateurs comme les socialistes et les centristes ont appelés les Catalans à ne pas participer à une élection inconstitutionnelle – et 90 % d’entre eux se sont prononcés pour une indépendance de la région. Ce referendum est un échec à plusieurs titres : il est illégal, la faible participation (42%) lui ôte toute forme de légitimité, il l’est aussi car le premier ministre Mariano Rajoy n’a pas su nouer suffisamment de contacts et un dialogue constructif en amont. Celui-ci a d’ailleurs clairement perdu dans un premier temps la bataille des images, celles des urnes confisquées, celles de violences nées d’interventions visant à empêcher le vote, qui ont abondamment circulées sur les réseaux sociaux. Est-ce pour autant une victoire pour Carles Puidgemont, président de la région catalane ? Rien n’est moins sûr. Que faire d’une élection où la majorité des Catalans ne s’est pas exprimée ? A-t-il réellement un plan pour une Catalogne indépendante ? Ce n’est pas certain au vu de ses tergiversations.

10/17 Actualité internationale
Drapeau en faveur de l’indépendance de la Catalogne

Au regard du droit international, une Catalogne indépendante ne pourrait pas rester membre de l’Union européenne. Elle devrait donc – si elle devenait indépendante – postuler au statut de candidat et donc sortir de l’euro, comme de la garantie offerte par la BCE et du marché unique. Un vent de panique, attisé par Madrid, a déjà soufflé en octobre 2017 sur les investisseurs dont une bonne partie avait choisi la Catalogne pour le marché espagnol et non pas pour le seul marché catalan. Il existe désormais un « risque Catalogne » qui a effet répulsif sur le milieu économique. Cette région représentait en 2016 près du cinquième du PIB espagnol, elle était la quatrième région espagnole pour la richesse par habitant.

Le roi d’Espagne, Felipe VI, a tenu un discours très ferme rappelant l’intégrité du territoire espagnol. L’écrivain Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature, appelle à un maintien de la Catalogne en Espagne. Il s’inquiète de l’hubris ambiante qui fait la part belle aux extrémistes et à l’expression des populismes. La fête de l’Hispanité a eu une résonnance particulière, 65 000 personnes ont défilé à Barcelone pour montrer leur attachement à l’Espagne. Celle-ci voit de nombreux drapeaux attachés aux fenêtres à travers tout le pays. Fait assez inédit – en dehors des rencontres sportives – du fait de la difficulté à exprimer le sentiment national dans l’Espagne postfranquiste.

Les pays européens, comme les États-Unis, affirment leur soutien à Madrid face à Barcelone.

Alors que Mario Rajoy annonce qu’il utilisera l’article 155 de la Constitution espagnole pour lever l’autonomie de la Catalogne et la placer sous tutelle, le 27 octobre 2017 Carles Puidgemont annonce unilatéralement l’indépendance de la Catalogne. Puis il quitte l’Espagne pour la Belgique où il cherche à obtenir un soutien des institutions de l’Union européenne, depuis Bruxelles.

La crise espagnole est inquiétante et plonge le pays dans l’inconnu. Les pays européens, comme les États-Unis, affirment leur soutien à Madrid face à Barcelone. Pour tous, la Catalogne n’est pas un sujet de droit international. Le vrai problème pour la Catalogne n’est pas de se proclamer indépendante mais d’être reconnue comme telle…

… une fragmentation en Europe ?

Le referendum organisé en Catalogne en octobre 2017 donne des idées et risque d’alimenter un phénomène de fragmentation en Union européenne. En Italie, le 22 octobre 2017, Vénétie et Lombardie organisent un referendum pour obtenir davantage d’autonomie vis-à-vis de Rome. Il s’agit encore une fois, des deux régions les plus riches du pays qui ne veulent plus contribuer autant qu’elles le font aujourd’hui au budget du pays. Cela pose encore une fois la question de la solidarité entre régions riches et régions plus pauvres d’un pays, et illustre la montée des égoïsmes régionaux. La Ligue du Nord évoque un « insupportable et inacceptable » transfert de richesse vers le Mezzogiorno méridional. La tenue de ce referendum devrait coûter la somme de 50 millions d’euros… L’issue du scrutin fait peu de doute, seule la participation est intéressante à analyser : en Vénétie elle s’élève à 57 % et à 40 % pour la Lombardie. Le parti nationaliste écossais – le SNP – apporte son soutien aux séparatistes catalans.

Entre Brexit, referendum en Catalogne, en Italie du Nord, de nouvelles aspirations des iles Féroé, c’est le sort de l’Union européenne qui se joue sous nos yeux. Une Union où visiblement la solidarité, sur laquelle est fondée l’œuvre communautaire, n’est plus une valeur qui a le vent en poupe.

… mais une réconciliation ailleurs ?

En Palestine, le Fatah – héritier politique de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) de Yasser Arafat – qui incarne l’Autorité palestinienne installée à Ramallah tend la main en octobre 2017 au Hamas qui tient la bande de Gaza depuis 2007. Les deux frères ennemis n’en sont pas à leur première tentative de réconciliation. D’où l’attitude attentiste d’une population par ailleurs soumise au blocus de ses voisins israéliens – et arabes pour la bande de Gaza – dont les conditions de vie n’ont cessé de se dégrader. Un accord de réconciliation a été signé, l’Autorité Palestine devrait pouvoir rétablir son action sur la bande de Gaza.

Les changements en Europe

Après avoir supprimé les quotas laitiers, avec les conséquences que nous connaissons, l’Union européenne vient de mettre fin le 30 septembre 2017 au quota sucrier, au moment où le marché est offreur. La récolte française s’annonce exceptionnelle, en particulier dans les grandes régions de culture de la betterave que sont les Hauts de France (Nord-Pas-de-Calais-Picardie) et le Grand Est.

Wolfgang Schaüble quitte l’Eurogroupe où il siégeait depuis 2009 (il a donc géré la crise grecque et celle de la zone euro) pour prendre la présidence du Parlement allemand, le Bundestag. Il a mis en garde l’Union européenne sur les risques financiers liés à l’importance des liquidités, des dettes publiques comme privées. Il s’oppose à la vision plus dispendieuse proposée par Emmanuel Macron, le président de la République française.

La réforme du travail détaché est enclenchée fin octobre 2017, alors que les positions polonaise et française semblaient précédemment inconciliables. Les missions seront limitées à 12 mois (ce que voulait Paris), avec la possibilité d’en ajouter 6 (concession arrachée par Varsovie), les travailleurs détachés pourront aussi toucher des primes et des remboursements de frais. Le Parlement doit maintenant approuver cette réforme.


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Le sort des urnes

En Autriche, les élections législatives d’octobre 2017 ont été remportées par Sebastian Kurz à la tête du parti conservateur ÖVP, avec environ 30 % des voix, suivi du parti d’extrême droite, le FPÖ (que dirigeait Jorg Haider en 2000) qui en a recueilli un peu plus de 26%. La campagne électorale s’est polarisée sur la question migratoire. Ce jeune trentenaire décide de s’allier avec le FPÖ.

En République tchèque, le populiste et richissime Andrej Babis recueille, à la tête de son parti ANO, environ 30 % des voix en octobre 2017. Il aura 78 des 200 sièges de la chambre, il doit donc nouer des alliances pour trouver une majorité.

Au Japon, le premier ministre conservateur sortant, Shinzo Abe, a remporté les élections législatives d’octobre 2017 ainsi que deux tiers des sièges de la chambre basse. Le niveau de l’abstention, presque la moitié des électeurs ne s’est pas déplacée, ternit sa victoire.

Au Venezuela, l’élection des gouverneurs confine à la mascarade. Seule la Chine évoque des élections « en douceur », alors que l’ensemble de la communauté internationale conteste son honnêteté.

En Argentine, le président Macri sort renforcé des élections de mi-mandat puisque sa coalition remporte la victoire dans la grande majorité des provinces.

Du nouveau au Sud

La Chine organise, en octobre 2017, le XIXème congrès du parti communiste chinois (PCC), le plus grand parti du monde avec environ 89 millions d’adhérents. Désormais, la pensée de Xi Jinping, sera au même titre que celle de Mao, inscrite dans la charte du PCC, un insigne honneur. Cette décision accroit son pouvoir et sa légitimité et le place dans la lignée de Mao, et surtout de Deng Xiaoping qui a ouvert son pays.

La Chine a accueilli le neuvième sommet des BRIC’s – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud – à Xiamen, elle appelle à intensifier leurs échanges. Par ailleurs, le roi d’Arabie saoudite se rend à Moscou, une première là aussi pour développer les échanges – somme toute encore modestes – mais aussi opérer un rapprochement diplomatique face à la montée en puissance de l’Iran pour l’un et pour mieux tourner le dos à l’Occident pour l’autre.

La violence encore et toujours…

En Birmanie, l’exode des Rohingyas continue. Fin octobre 2017, plus de 600 000 d’entre eux ont déjà fui les exactions commises avec la complicité du gouvernement : assassinat, incendies des villages, actes de barbarie (enfants brûlés…). L’Union indienne ne veut plus accueillir les réfugiés rohingyas qui sont désormais apatrides.
Les États-Unis ont de nouveau été le théâtre d’un coup de folie d’une rare violence car un homme a tiré en octobre 2017 sur les spectateurs d’un concert de Country à Las Vegas, en tuant près de 60 et en blessant plusieurs centaines. Si les autorités américaines ne croient pas en la nature terroriste de ce geste, ce drame relance la question de la vente et de la circulation des armes aux États-Unis.

La capitale autoproclamée de l’EI est tombée.

Les forces irakiennes, après avoir repris Mossoul, ont mené en octobre 2017 une offensive sur Haouidja, toujours dans la partie nord du pays. La capitale autoproclamée de l’EI est tombée, elle aussi, prise par les Forces démocratiques syriennes (FDS). Ces pertes territoriales affectent durement les finances de l’EI. Aux Philippines, l’armée mène une offensive dans la partie méridionale de l’archipel et Isnilon Hapilon, à la tête de l’EI en Asie du Sud-est aurait été tué.

Alors que le territoire tenu par Daech ne cesse de se rétracter, la promotion de la violence en Occident est une stratégie qu’il encourage comme le montre tragiquement les meurtres de deux jeunes filles à Marseille.

Au Kenya, les tensions restent très vives après l’invalidation, pour fraude, des élections présidentielles remportées cet été par Uhruru Kenyatta. Le nord du Togo est lui aussi endeuillé lors de manifestations d’opposition au pouvoir. A Lomé et à Sokodé les manifestants demandent le départ du président Faure Gnassingbé dont la famille est au pouvoir depuis l’indépendance.

En Somalie, un terrible attentat à Mogadiscio, la capitale, a causé la mort de près de 300 personnes, des civils bien sûr. Il est attribué aux Shebabs, organisation islamiste qui multiplie les attentats. L’Afghanistan est de nouveau victime d’attentats qui ont fait une soixantaine de morts.

A Malte – territoire de l’Union européenne depuis 2004 – la journaliste Daphne Caruana Galizia connue pour son blog, Running Commentary, dans lequel elle dénonce sans ménagement la corruption qui gangrène l’ile, a été assassinée en octobre 2017. Elle avait notamment mis en cause le premier ministre Joseph Muscat pour des comptes au Panama. Cet assassinat provoque l’émoi des dirigeants européens.

Une nature hostile

La Californie affronte en octobre 2017 les pires incendies de son histoire. Des dizaines milliers d’hectares et de maisons ont été détruits, ils ont fait une quarantaine de victimes.
La péninsule ibérique est elle aussi le siège de terribles incendies, en raison d’une forte sécheresse, qui ont tué une quarantaine de personnes. L’été 2017 est particulièrement meurtrier dans la péninsule ibérique. Cela pose en filagramme la question du réchauffement climatique mais aussi de l’efficacité des édiles.

Une gouvernance mondiale bien compliquée

L’Unesco – organisation onusienne pour l’éducation et la culture – voit à regret le départ de deux de ses membres en octobre 2017 : les Etats-Unis puis Israël. Washiington contribue presque au cinquième de son budget. Leur départ est motivé par la reconnaissance de la Palestine comme un pays à part entière et de Hébron comme « zone protégée » du Patrimoine mondiale, la ville est localisée dans la Cisjordanie occupée par Israël.

Selon la Banque mondiale, plus d’un milliard de personnes n’aurait pas d’existence officielle. Ces « invisibles » sont particulièrement nombreux en Asie.

Copyright Novembre 2017-Degans/Diploweb

 

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