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Tensions dans les hauteurs, répercussions nautiques

Tensions dans les hauteurs, répercussions nautiques

3 Juillet 2020

Newton ne se doutait peut-être pas que sa fameuse théorie de la gravitation serait reprise avec bonheur par la géopolitique. Nous assistons pourtant bien, depuis deux semaines, à une chute de la matière, dévalant de l’Himalaya vertigineux jusqu’à l’océan Indien placide. 

Au petit matin du 16 juin le monde découvrait avec stupeur que des dizaines de soldats indiens et chinois s’étaient entretués, apparemment au corps-à-corps, dans une lunaire vallée du Ladakh, en bordure du plateau tibétain.

Si ces paysages grandioses sont le paradis du trek d’aventure, ils constituent également un noeud gordien géopolitique depuis des décennies, voire plus. Au XIXe déjà, Russes et Anglais y pratiquaient avec maestria leur Grand jeu, folâtrant dans ces contrées inconnues au péril de leur vie. Qui recherchait l’alliance des rudes tribus locales, qui explorait les cols pour savoir si une invasion était possible, qui tentait de devancer les manigances de l’autre…PUBLICITÉ

Parfois, les explorateurs-espions des deux camps se retrouvaient par hasard sur quelque plateau désolé, au milieu des bourrasques de neige. Si leurs métropoles rivalisaient pour le contrôle de l’Asie centrale, les individus eux-mêmes se comportaient souvent en véritables gentlemen, invitant le rival à partager vodka ou brandy. Comme il se disait alors souvent : « Demain, nous nous entretuerons peut-être sur un champ de bataille, mais passons agréablement cette soirée entre gens du monde ».

Aujourd’hui, trois puissances nucléaires s’y font face sous le regard désapprobateur des plus hauts sommets de la Terre. Mais la région recèle également une hétérogénéité à la limite du concevable. Dans un rayon de 500 kilomètres, vous trouvez les Talibans, le Dalaï Lama, les anciennes routes de la Soie, le K2, les Ouïghours, le Taklamakan (deuxième désert de sable au monde), le point d’arrêt d’Alexandre le Grand, le Tibet, la dernière demeure de Ben Laden, les mystérieux « Aryens » blonds des vallées perdues du Ladakh, la Karakoram Highway reliant la Chine à Gwadar…

Les pèlerins bouddhistes côtoient les djihadistes fanatiques, les armements dernier cri roulent sur la trace des troupeaux de yaks, les nomades plantent leurs yourtes à quelques hectomètres des bases militaires. Lors de la Guerre de Kargil de 1999, qui a tout de même fait la bagatelle d’un millier de morts dans les deux camps, c’est un simple berger à la recherche de son yak qui a prévenu l’armée indienne de l’infiltration des soldats pakistanais !

Au centre de toutes les attentions, évidemment, le conflit séparatiste du Cachemire :

On en connaît l’histoire : une population majoritairement musulmane réclamant son rattachement au Pakistan en 1947, un maharadja hindou souhaitant son rattachement à l’Inde, une partition en deux qui laisse chacun sur sa faim. New Delhi veut récupérer la partie septentrionale ; Islamabad revendique la partie méridionale et instrumentalise les mouvements islamistes qui y mènent la guérilla. Une douzaine de groupes rebelles combattent au Cachemire indien pour son indépendance ou son rattachement au Pakistan, dans un conflit qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts. A partir du milieu des années 1990, ces mouvements furent rejoints par des djihadistes étrangers, arabes et afghans, formés au combat en Afghanistan lors du djihad contre les Soviétiques.

Mais ce conflit dépasse le seul cadre territorial ou identitaire. Pour le pouvoir pakistanais, la question du Cachemire permet de mobiliser et d’unir derrière lui une société divisée et de faire passer au second plan l’impéritie économique des différents gouvernements qui se sont succédés. Quant à l’armée, elle justifie par ce conflit son budget colossal. Il faut noter enfin que le Cachemire est également un enjeu hydrographique, le Pakistan, et dans une moindre mesure l’Inde, étant fortement tributaires des rivières qui descendent de ses montagnes.

Sous l’ombre du K2, cet abcès de fixation à la confluence de trois religions – islam, bouddhisme et hindouisme – est également à la croisée de trois puissances nucléaires. Au terme de l’agression chinoise de 1962, condamnée à la fois, fait rare, par l’URSS et les Etats-Unis, Pékin occupa définitivement le territoire indien de l’Aksaï Chin, bande de terre désolée mitoyenne du Cachemire et du Tibet. Le Pakistan a, de plus, cédé à la Chine une partie de son Cachemire septentrional gagné sur l’Inde, sans doute à dessein, afin de compliquer le règlement du conflit, car l’Inde ne peut évidemment pas reconnaître cette cession d’un territoire qu’elle a perdu et qu’elle revendique toujours.

Le conflit cachemiri est inextricable et explosif, assurément l’un des points les plus chauds du globe malgré l’altitude glacée à laquelle il se déroule, et surveillé de près par tous les états-majors du monde. Au-delà du refus de rendre à l’Inde une région qu’il considère comme lui revenant de plein droit, il semble de toute façon impossible que le Pakistan envisage des négociations de restitution du Cachemire septentrional. Celui-ci est en effet devenu, avec le développement des relations avec sino-pakistanaises, un territoire stratégiquement essentiel : c’est le seul point de contact terrestre entre la Chine et le Pakistan, reliés par la fameuse Karakoram Highway, la route la plus haute du monde, par où transitent biens commerciaux et équipements militaires. Et demain, peut-être, le pétrole et le gaz coulant de Gwadar jusqu’au Xinjiang chinois.

C’est précisément à la frontière de l’Aksaï Chin qu’a eu lieu l’affrontement meurtrier du 16 juin (étoile rouge sur la carte).

Si les deux armées veulent maintenant calmer les esprits, l’incident pourrait avoir des conséquences relativement importantes dans notre Grand jeu. Le charme semble définitivement rompu entre le sinophile Modi et Pékin, et l’Inde bruit des appels à boycotter les produits chinois. Quelques mesures ont déjà été prises même si New Delhi, qui dépend économiquement beaucoup plus de la Chine que l’inverse, ne peut aller trop loin.

Plus intéressant (ou inquiétant, c’est selon), certains stratèges indiens appellent à ouvrir les îles Andaman aux flottes australienne, japonaise mais surtout américaine. Cet archipel paradisiaque aux plages de sable blanc se trouve à un emplacement stratégiquement crucial (cercle rouge), au sortir du détroit de Malacca, pouvant barrer la route du Collier de perles du dragon et de son approvisionnement énergétique.

Où l’on reparle évidemment de la bonne vieille opposition terre/mer et des moyens de la thalassocratie impériale pour contrer la Chine. En attendant le développement du maillage continental eurasien, ces voies maritimes sont en effet absolument vitales pour Pékin qui commence d’ailleurs à les protéger par des sous-marins.

Nous n’en sommes pas là et New Delhi n’en est pas encore au stade de prendre une telle décision. Toutefois, les Chinois ne devraient pas prendre la chose à la légère, d’autant que le QUAD pourrait être ressorti de sa boîte en cas de dégradation des relations. Petit rappel pour les nouveaux lecteurs :

Pour faire simple, le QUAD est la troisième chaîne de containment de la Chine, composé de puissances économiques importantes, en arrière ligne, inféodées aux Etats-Unis : Japon, Australie et, du moins dans les rêves des stratèges US, Inde. Cette alliance informelle, créée au milieu des années 2000, a traversé diverses vicissitudes et connaît un regain de forme avec la sinophobie primaire du Donald, pour une fois d’accord avec son Deep State. D’aucuns voient dans le QUAD le prémisse d’une OTAN indo-pacifique.

L’Inde de Modi a plusieurs mis le holà, montrant de profondes divergences entre elle et le binôme américano-japonais (l’Australie navigue à vue sur ce dossier, ayant retourné plusieurs fois sa veste selon le gouvernement en place à Canberra). Pas plus tard qu’en mai, nous évoquions la chose en rapportant un nouveau flop du QUAD :

En réalité, le groupement informel ne s’est jamais transformé en alliance contre la Chine comme le rêvait Washington, l’Inde et même l’Australie refusant de s’engager dans cette voie. Pourtant, notre Grand jeu ne manquant décidément pas de rebondissements, les Etats-Unis ont tenté de redonner une dynamique au moribond avec la crise du coronavirus. Afin de discuter des solutions à apporter à la pandémie, les représentants des quatre pays ont « télé-conférencé » fin mars, invitant même trois autres États – Corée du Sud, Nouvelle-Zélande et Vietnam – pour former un virtuel « QUAD Plus ».

La revue nippo-impériale The Diplomat a cependant très vite douché les espoirs de ceux qui se prenaient à imaginer une grande ligue anti-chinoise. Les nouveaux arrivants n’ont absolument aucune intention de mettre à mal leurs relations avec Pékin et ce QUAD à sept, groupe informel visant uniquement des buts humanitaires, pourrait même faire perdre sa raison d’être au QUAD à quatre, censé contenir (très imparfaitement de toute façon) le dragon.

Humiliation suprême, même la « mission » humanitaire a fait un flop retentissant dont se lamente un autre article au chapeau intéressant :

Et la revue de conclure : « L’incapacité du QUAD à cueillir ce fruit à portée de main a permis à la Chine de prendre l’avantage [dans le soft power humanitaire] et a nui à la crédibilité du QUAD. N’ayant mené aucune action coordonnée, même en ces temps d’urgence, il est de plus en plus douteux que le groupe puisse inspirer une quelconque confiance dans la région indo-pacifique. »

Pourtant, il y a seize mois, nous écrivions un billet qui, s’il revenait sur les malheurs de l’alliance-qui-n’en-est-pas-une, terminait sur un avertissement prémonitoire :

L’amiral Phil Davidson, chef du commandement indo-pacifique de la flotte américaine, vient de reconnaître que le QUAD est mis en sommeil pour une durée indéfinie. En cause, le refus entêté de New Delhi d’en faire une alliance anti-chinoise, c’est-à-dire un outil de l’impérialisme US dans la région. Et le bonhomme de continuer : « Nous avons remis le sujet sur la table à plusieurs reprises mais le patron de la marine indienne, l’amiral Sunil Lanba, nous a très clairement fait comprendre que le QUAD n’avait pas de potentiel dans l’immédiat ». En décodé : nous ne sommes pas intéressés.

A la Chine maintenant de faire preuve d’intelligence et de renvoyer l’ascenseur à New Delhi, en cessant par exemple de prendre constamment parti pour le Pakistan dans sa guéguerre avec l’Inde.

La balle est à nouveau, et de manière deux fois plus urgente, dans le camp chinois qui ne perdrait rien à réfléchir sérieusement sur ses priorités : quelques arpents ridicules et désolés, perdus au fin fond du Ladakh, ou l’assurance que le containment indo-pacifique du dragon restera lettre morte.

Un dernier mot sur la Russie qui, sachant pertinemment que le triangle Moscou-Pékin-New Delhi a les destinées de l’Eurasie entre ses mains, est évidement bien embêtée par ces chamailleries d’un autre âge. L’ours, dont la relation avec la Chine est officiellement qualifiée de « partenariat stratégique complet pour une nouvelle ère » et celle avec l’Inde de « partenariat stratégique spécial et privilégié« , ne veut absolument pas voir ses deux plus chers alliés, d’ailleurs tous deux membres de l’OCS désormais, se déchirer.

Le Kremlin et le MAE ont été très actifs sur le dossier, et Moscou a fait des gestes relativement forts, tout en prenant bien soin de faire plaisir à chacun. D’un côté, Lavrov a descendu en flèche l’ingérence US à Hong Kong :

« C’est une affaire intérieure à la République Populaire de Chine et les tentatives américaines d’en faire un scandale international décrédibilisent Washington. Leurs déclarations symbolisent leur sentiment de supériorité et d’impunité, notamment le droit auto-arrogé de distribuer bons points et menaces, qui ne servent en réalité que leurs propres intérêts ». Le dragon en a ronronné de plaisir…

De l’autre côté, Moscou va accélérer la livraison des S-400 à l’Inde, où les premières batteries devraient arriver dès cette année. Le ministre de la Défense indien est euphorique : « Ce système sera la solution miracle contre nos ennemis. Il libèrera du combat aérien nos avions de chasse qui se concentreront sur leur mission de bombardement de cibles au sol ».

En réalité, personne ne bombardera personne. Dans un autre billet quelque peu prémonitoire lui aussi, nous expliquions il y a quatre ans que l’intérêt stratégique de la Russie était l’« apaisement des rivalités (notamment sino-indiennes) de ses alliés par la fourniture d’armements sophistiqués ». L’intégration de l’Eurasie passe aussi par la sanctuarisation du territoire des rivaux et à Moscou, on l’a bien compris…Tag(s) : #Sous-continent indien#Chine#Russie#Histoire

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Hong Kong : déjà la fin du principe « un pays, deux systèmes » ?

Hong Kong : déjà la fin du principe « un pays, deux systèmes » ?

Interview1 juillet 2020Le point de vue de Barthélémy Courmont

Alors que le gouvernement chinois se refusait d’adopter cette loi après des mois d’opposition, la loi sur la sécurité nationale a été promulguée le 30 juin à Hong Kong. Dans un contexte où les manifestations s’intensifient, l’opposition redoute que cette loi musèle les voix dissidentes. Entretien avec Barthélémy Courmont, directeur de recherche à l’IRIS.

La loi sur la sécurité nationale a été promulguée par le Parlement chinois à Hong Kong le 30 juin. Dans quelles mesures la semi-autonomie de Hong Kong, ainsi que ses libertés fondamentales, s’en trouvent-elles menacées ? Quelle est la stratégie du gouvernement chinois ?

La date sonne comme un symbole, puisque cette loi a été votée la veille de l’anniversaire de la rétrocession de 1997, le 1er juillet. Et si son annonce a été largement commentée depuis quelques semaines, son contenu est resté secret jusqu’au vote. Selon ses termes, cette loi vise à réprimer le « séparatisme », le « terrorisme », la « subversion » et la « collusion avec des forces extérieures et étrangères », avec des peines pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement à perpétuité, au prétexte de la nécessité de consolider la sécurité nationale. Mais les détails ne sont pas encore connus. Ce texte a été adopté par le Parlement chinois, contournant ainsi l’Exécutif hongkongais, les prérogatives de ce territoire et la semi-autonomie dont il dispose depuis plus de vingt ans. Il s’agit donc d’un coup très grave porté à ce statut spécial et le principe du « un pays, deux systèmes » qui semble désormais appartenir au passé. La semi-autonomie de Hong Kong aura donc duré exactement 23 ans, soit à peu près la moitié de la liminalité prévue selon les termes de la rétrocession, soit 50 ans. Le gouvernement chinois a une certaine interprétation de cette liminalité, très différente de celle du mouvement prodémocratie et des démocraties occidentales. Pékin estime ainsi que cette période de 50 ans doit être ponctuée de mesures progressivement mises en place et tendant à faire disparaître le principe « un pays, deux systèmes ». Mais de l’autre côté, on cherche à pérenniser ce système, d’où l’impasse que nous rencontrons depuis un an, et même au-delà, si on considère que le mouvement des parapluies de 2014 était le premier acte du bras de fer auquel nous assistons.

Quelles sont les réactions des partis d’opposition hongkongais ? Peut-on s’attendre à une résurgence des manifestations ?

Le militant Joshua Wong, l’une des figures du mouvement prodémocratie, a annoncé par un message sur Twitter, dès le vote, qu’il quittait ses fonctions de chef du groupe Demosisto, craignant d’être directement visé par cette loi dont l’entrée en application se fera dès qu’elle aura été annoncée au journal officiel de Hong Kong. Dans la foulée, le groupe a annoncé sa dissolution, les militants Nathan Law, Jeffrey Ngo et Agnes Chow ayant également annoncé leur mise en retrait. Un coup très dur pour le mouvement qui n’a pas d’autre alternative sinon à entraver une loi punitive. C’est évidemment l’effet recherché par Pékin, qui, en criminalisant le mouvement prodémocratie, souhaite en couper les têtes. En entrant de facto dans la clandestinité, le mouvement risque de perdre en visibilité, mais il risque aussi de se radicaliser. Difficile, en effet, d’imaginer un militant comme Joshua Wong jeter définitivement l’éponge et rentrer dans le rang. Il est trop tôt pour savoir si ce changement de nature du mouvement lui permettra de bénéficier d’un large soutien populaire – ce qui est le cas depuis plus d’un an – et surtout, quelles seront les réactions populaires une fois que des personnes seront arrêtées et jugées en vertu de cette loi. Les manifestations pourraient ainsi être « contenues » dans un premier temps, car les représailles contre tous ceux qui ne respecteront pas la loi seront terribles, mais Pékin prend un risque élevé en rendant le dialogue impossible, et en ouvrant donc la porte à une violence que cette loi a paradoxalement pour objet de limiter…

La décision de promulguer cette loi devrait-elle avoir des conséquences sur les relations extérieures de la Chine ?

Elle en a déjà, même s’il faut déplorer des actions trop timides. C’est Taïwan qui se montre le plus actif en soutenant depuis des mois et de manière officielle le mouvement prodémocratie, dans un contexte de relations très tendues avec Pékin. Les États-Unis ont manifesté leur soutien au mouvement au cours des dernières semaines, mais celui-ci semble répondre à l’impératif de désigner la Chine comme un adversaire systémique, en réponse à une crise profonde plus qu’à une adhésion au combat des démocrates hongkongais, qui n’ont pas été soutenus activement au cours des dernières années. Le mouvement est plus un faire-valoir permettant de justifier des mesures de rétorsion qui s’inscrivent dans le cadre des trade wars de Donald Trump. Côté britannique, on a eu cette annonce spectaculaire de Boris Johnson il y a quelques semaines, annonçant offrir la citoyenneté britannique aux Hongkongais qui en ferait la demande. Mais comment imaginer un exode massif ? Les Européens se montrent indignés, mais impuissants. Tout cela traduit une forme d’hypocrisie, car chacun est prêt à condamner, mais personne ne semble disposé à prendre des mesures fortes pouvant altérer la relation avec Pékin. Ce qui était possible en 1989 ne l’est visiblement plus aujourd’hui

.https://www.iris-france.org/148237-hong-kong-deja-la-fin-du-principe-un-pays-deux-systemes/

Sibérie, force 3

Sibérie, force 3

27 Juin 2020

Le titanesque Sila Sibirii est une vieille connaissance de nos lecteurs. Si sa traduction en français – Force de Sibérie – est un peu cruche, ce pipeline ne manque pas de panache. Fruit du « contrat du siècle » entre Moscou et Pékin, il est entré en service en décembre 2019 après des travaux pharaoniques.

Le mois dernier, nous rapportions une nouvelle très importante :

Le monde de l’énergie commence à s’agiter alors que le nouveau gazoduc sibérien, Sila Sibirii II pour les intimes, se précise. Les articles se multiplient dans les revues spécialisées (iciici ou ici) car Gazprom vient de passer la vitesse supérieure en engageant les études de conception et de prospection. Le fidèle lecteur de nos Chroniques avait eu l’info en avant-première il y a presque deux mois :PUBLICITÉ

Le patron de Gazprom a rencontré Poutine et annoncé qu’une première étude de faisabilité avait été menée et s’était révélée concluante. La compagnie va maintenant engager des analyses plus poussées et le tube semble dans les tuyaux, même s’il faudra évidemment attendre la signature d’un contrat avec Pékin. D’une capacité finale de 50 Mds de m3 annuels, il devrait vraisemblablement passer par la Mongolie. et non la chaîne montagneuse de l’Altaï, ce qui lui fera perdre son joli nom pour celui, plus classique, de Sila Sibirii II.

La visite de Poutine, que nous avions évoquée en septembre dernier, n’est peut-être pas étrangère à l’inclusion de la Mongolie dans le projet :

Sur le chemin [de Vladivostok], Vladimirovitch s’est arrêté à Oulan Bator et en a profité pour renvoyer les petits génies de Washington à leurs chères études. En réponse aux hypothétiques et quelque peu irréelles tentatives américaines de gagner les faveurs de la Mongolie afin d’enfoncer un coin entre la Russie et la Chine, un traité d’amitié perpétuel a été signé entre l’ours et le pays de Gengis Khan. Pompeo et Bolton peuvent ranger leurs affaires…

Un think tank énergétique britannique a longuement analysé la nouvelle route et en conclut que le projet fait encore plus sens. Au lieu d’entrer à l’extrême-Ouest de la Chine, à 3 200 km de Pékin, le nouveau tracé ferait arriver le tube à 560 km, tout près de son foyer de consommation potentiel. De quoi convaincre plus facilement le rusé dragon qui, s’il est proche allié de Moscou, n’en demeure pas moins un rude négociateur.

En passant, la Mongolie, dont la capitale est asphyxiée par les mines de charbon, pourra être approvisionnée en or bleu bien moins polluant et redonner ainsi un peu d’air à ses belles steppes.

Mais surtout, joyaux stratégique, ce deuxième pipeline est de la plus haute importance. Il est le chaînon manquant connectant enfin les deux pôles énergétiques du Heartland russe, la Sibérie occidentale qui écoule ses richesses vers l’Europe et la Sibérie orientale tournée vers l’Extrême-Orient.

A terme, un gaz circulant librement d’une partie à l’autre du continent-monde, intégrant énergétiquement l’Eurasie dans des proportions jamais vues, pour le plus grand malheur de qui vous savez…

Et ce n’est peut-être pas fini si l’on en croit une info cruciale, non encore disponible en français ni en anglais. Gazprom, qui a visiblement la folie des grandeurs, envisage déjà, en sus du Sila Sibirii II, un troisième gazoduc vers la Chine ! Les poètes seront ravis, c’est l’Altaï et son doux patronyme qui sont remis au goût du jour.

Bien sûr, entre les (difficiles) négociations, la signature du contrat et la construction du tube, ce genre de projet met de longues années à se concrétiser. Mais le fait qu’Alexeï Miller, PDG de Gazprom, en parle à l’assemblée générale annuelle des actionnaires est assez significatif sur la confiance du bonhomme.

Entre les deux forçats sibériens et l’Altaï, ce sont 130 Mds de m3 qui prendraient, à terme, le chemin du dragon assoiffé. Des pipelines reliant les deux bêtes noires de l’empire thalassocratique et totalement hors de sa portée…Tag(s) : #Gaz#Russie

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Le Pentagone publie une liste de compagnies liées selon lui à l’armée chinoise

Le Pentagone publie une liste de compagnies liées selon lui à l’armée chinoise

Par La rédaction -25 juin 2020 à 14 h 40 minPartagerFacebookTwitterReddItEmailPrint

Le Pentagone. (AFP)

Temps de lecture estimé : 2 minutes

Le Pentagone a publié une liste de 20 compagnies chinoises, dont le géant des télécommunications Huawei, qu’il estime liées à l’armée chinoise, dernier épisode en date de la bataille économique entre Washington et Pékin, ont rapporté des médias américains.

Le spécialiste de la vidéosurveillance Hikvision figure également sur cette liste comprise dans une lettre aux parlementaires américains datée de mercredi, selon l’agence Bloomberg.  Aviation Industry Corporation of China

1-China Aerospace Science and Technology Corporation

2-China Aerospace Science and Industry Corporation

3-China Electronics Technology Group Corporation

4-China South Industries Group Corporation

5-China Shipbuilding Industry Corporation

6-China State Shipbuilding Corporation

7-China North Industries Group Corporation

8-Huawei Technologies Co.

9-Hangzhou Hikvision Digital Technology Co.

10-Inspur Group

11-Aero Engine Corporation of China

12-China Railway Construction Corporation

13-CRRC Corp.

14-Panda Electronics Group

15-Dawning Information Industry Co.

16-China Mobile Communications Group

17-China General Nuclear Power Corp.

18-China National Nuclear Power Corp.

19-China Telecommunications Corp.

20-Aviation Industry Corporation of China

« Au moment où la République populaire de Chine essaie de brouiller les lignes entre les secteurs civil et militaire, « connaître son fournisseur » devient crucial », selon un communiqué du porte-parole du Pentagone Jonathan Rath Hoffman.

Selon lui, la liste compte des compagnies « qui appartiennent ou sont contrôlées par le gouvernement chinois, l’armée ou l’industrie de la défense ».

« Nous voyons cette liste comme un outil utile pour que le gouvernement américain, les investisseurs, les institutions d’études et tous les partenaires similaires adoptent la vigilance pour des accords avec ces entités », ajoute-t-il.

Les tensions s’aggravent à la faveur de la pandémie de COVID-19 entre Pékin et Washington sur de multiples fronts, y compris le commerce. Le président américain Donald Trump a réitéré ce mois-ci ses menaces de suspendre toutes les relations y compris économiques avec Pékin.

Avant la pandémie, les deux premières puissances économiques du monde étaient parvenues à faire une trêve dans leur guerre commerciale à coups de droits de douane punitifs réciproques.

À la mi-juin, Washington a légèrement adouci les dernières sanctions prises le mois précédent contre Huawei pour protéger ses propres intérêts dans le déploiement des technologies liées à la 5G.

L’administration Trump perçoit Huawei comme une menace pour la sécurité nationale américaine, l’accusant de collusion avec les autorités chinoises, chose que le groupe nie catégoriquement.

Les États-Unis soupçonnent l’entreprise d’espionnage au profit de Pékin et se dépensent sans compter auprès de leurs alliés pour qu’ils empêchent Huawei d’accéder au marché de la 5G.

Huawei n’a pas réagi dans l’immédiat à la publication de cette liste, à l’instar des autres compagnies citées y compris Hikvision.

*Avec AFP

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L’Europe hausse le ton face à la Chine

L’Europe hausse le ton face à la Chine

admin

Changement de ton. Au terme d’un sommet par vidéoconférence, lundi, avec le Premier ministre et le président chinois, Ursula von der Leyen et Charles Michel ont osé des mots particulièrement fermes . Qu’il s’agisse de cybersécurité, de relation économique, de droits de l’Homme, du statut de Hong Kong ou du climat, les présidents de la Commission européenne et du Conseil européen n’ont pas caché leurs frustrations. Pour qu’il y ait des progrès, il faut « de la coopération des deux côtés, de la réciprocité, de la confiance », a mis en garde Ursula von der Leyen, particulièrement explicite, après avoir présenté le sommet de lundi comme un simple « point de départ »

Méfiance

L’accord sur la protection des investissements, que les deux parties espéraient boucler en 2020, ne progresse plus. « La volonté politique fait défaut à Pékin », résume une source européenne. Pour Bruxelles, la relation bilatérale manque de réciprocité. Et désormais, il n’est plus question de se précipiter. « Tous les Etats-membres sont d’accord sur le fait que la substance importe plus que la vitesse », résume la même source. Ursula von der Leyen s’est faite menaçante : faute de percée cette année, il serait « difficile de développer notre agenda conjoint 2025 »

Le contexte, désormais, est à la méfiance. Vue de Bruxelles, la crise du coronavirus a accéléré certaines prises de conscience. Non seulement l’Europe a mesuré sa dépendance à l’égard de la Chine, mais elle a aussi pu constater un nouvel activisme chinois sur le front de la propagande et de la désinformation . Pointant des cyberattaques précises, la présidente de la Commission a été claire : « Cela ne peut pas être toléré. »

La reprise en main musclée de Hong Kong par Pékin est venue s’ajouter à ce tableau et raviver les craintes au sujet d’une Chine de plus en plus décomplexée et agressive. Charles Michel a fait part de sa « vive inquiétude», rappelant que l’UE soutenait le principe « un pays, deux systèmes » qui semble aujourd’hui menacé dans l’ancienne colonie britannique. « Pour l’UE, les droits de l’homme et les libertés fondamentales ne sont pas négociables », a renchéri Ursula von der Leyen. 

Stratégie défensive défensif

Alors que l’Union européenne accumule des années de frustration dans sa relation économique bilatérale avec la Chine, elle déploie désormais une stratégie nettement plus défensive à l’égard de Pékin, comme en a témoigné l’agenda de la semaine dernière. Outre le projet de mieux protéger l’UE des entreprises bénéficiant de subventions étrangères , Bruxelles a imposé des droits de douane à des entreprises chinoises qui avaient tenté de contourner les restrictions à l’exportation en Europe via des entités basées en Egypte. Et remporté une victoire définitive, par forfait , dans le long bras de fer qui l’opposait à Pékin au sujet du « statut d’économie de marché ». L’Europe, tout en cherchant une interaction constructive avec Pékin sur de nombreux sujets multilatéraux, semble déterminée à rehausser son niveau de jeu face à un partenaire désormais qualifié de « rival systémique ».

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Où l’on ressort Spykman

Où l’on ressort Spykman

15 Juin 2020

« Les Etats-Unis doivent admettre, une nouvelle fois et de manière définitive, que la constellation de puissances en Europe et en Asie est une perpétuelle source de préoccupation , que ce soit en temps de guerre ou de paix. »

En ces quelques lignes, écrites en 1943, Nicholas Spykman établit ce qui sera la politique de l’empire américain pour les décennies à venir. Pour le cynique et génial professeur de Yale, l’un des pères fondateurs de la pensée stratégique états-unienne, Washington doit donc diviser/contrôler ce Rimland indiscipliné, interface entre le Heartland et l’océan mondial anglo-saxon, foyer des principaux centres de richesse et de population de la planète, et duquel étaient sorties plusieurs tentatives hégémoniques : Napoléon, l’Allemagne wilhelminienne et l’Allemagne nazie.

Est-ce un hasard si, aujourd’hui, la quasi totalité des 800 bases américaines dans le monde se trouvent dans le Rimland (en rose sur la carte) ou les mers riveraines (en rouge) ? Evidemment non. Intitulé de manière amusante La géographie de la paix, le petit livre de Spykman est en effet devenu le vade-mecum de tout stratège impérial digne de ce nom, comme le rappelle un excellent article paru récemment dans le contexte de l’affrontement grandissant entre les Etats-Unis et la Chine.PUBLICITÉ

Car, au contraire de Mackinder qui n’avait d’yeux que pour le Heartland russe, la théorie spykmanienne est bien plus souple. Si elle reconnaît l’importance du pivot du monde en tant que point nodal des différentes composantes eurasiatiques, elle s’attache tout autant sinon plus à ce qui se passe dans le Rimland, là où se joue vraiment le destin du monde. Et, chose remarquable, le bonhomme prévoit déjà l’émergence chinoise et la manière de la contrer.

Pour lui, les deux guerres mondiales ont irrémédiablement affaibli le Rimland européen, d’où plus aucune « menace » ne peut surgir : c’est désormais plus à l’Est que les choses se joueront. Il faut absolument établir un cordon de bases encerclant la Chine, ce qui sera fait très vite avec l’occupation du Japon, puis le soutien à Taïwan et à la Corée du Sud. Les naïfs qui croient encore que le régime nord-coréen n’est pas l’andouille utile de Washington devraient relire Spykman… ou nos billets :

Ceux qui voyaient dans la dynastie des Kim des résistants à l’empire se mettaient le doigt dans l’oeil. Les multiples provocations nucléaires de Pyongyang ont toujours été du pain béni pour les Américains. La pire chose qui puisse leur arriver serait la chute du régime et la disparition de la menace nord-coréenne, ce qui remettrait en question la présence militaire US au Japon et en Corée du Sud. A l’inverse, ce serait une bénédiction pour la Chine et la Russie car cela ôterait le prétexte dont use et abuse le système impérial afin de conserver ses bases dans la région. Kim III ou l’idiot utile de l’empire, nous l’avons expliqué à plusieurs reprises (iciici ou ici).

Mais pour Spykman, le containment maritime de la Chine ne suffit pas, il convient également de retourner contre elle les autres parties du Rimland, notamment la plus importante d’entre elles : la future Inde indépendante (il écrit en 1943, à un moment où celle-ci est encore colonie britannique). Il prévoit le choc entre ces deux poids lourds asiatiques, sans doute moins l’entrée de l’Inde dans l’Organisation de Coopération de Shanghai qui représente, à terme, une catastrophe géopolitique majeure pour Washington, même s’il faudra au préalable que Pékin et New Delhi mettent de côté, une bonne fois pour toutes, leurs frictions.

Avec une hauteur de vue peu commune pour l’époque, Spykman préconise même d’utiliser le Heartland russe pour contrebalancer la Chine ! C’est ni plus ni moins la position que tient aujourd’hui le courant néo-kissingérien, comme nous l’expliquions l’année dernière à l’occasion du limogeage de John Bolton :

Curieusement, et contrairement à la grande majorité du Deep State US, Bolton n’a en effet jamais présenté Moscou comme l’ennemi absolu à abattre. Ceci ne devrait nous étonner qu’à moitié, tant il est vrai que l’Etat profond, constitué de courants variés, n’est pas un tout homogène. Si sa stratégie fondamentale – diviser l’Eurasie – est forgée dans le bronze, les moyens pour y arriver font l’objet de débats et de divisions parfois importantes.

A ceux (establishment de la CIA, hauts pontes Démocrates) qui considèrent l’ours comme la Némésis suprême s’oppose la branche « kissingérienne », souhaitant au contraire jouer la Russie contre la Chine. Cette ritournelle est dans l’air depuis quelques années, autour de revues influentes (The National Interest), depuis que la folie des grandeurs impériale de la fin des années 90 puis les gaffes bushesques et obamesques ont fortement rapproché Moscou et Pékin.

Cette stratégie consistant à diviser les deux poids lourds continentaux est un grand classique de la thalassocratie anglo-saxonne. En 1900, âge d’or de l’Angleterre victorienne, Joseph Chamberlain (père de Neville, signataire des fameux accords de Munich en 1938), résumait parfaitement l’objectif fondamental de l’empire maritime : « Il est de notre intérêt que l’Allemagne s’oppose aux Russes. Notre principale crainte est de les voir s’allier. Nous devrions faire tout notre possible pour accentuer la cassure entre l’Allemagne et la Russie, ainsi qu’entre la Russie et le Japon ». Londres tentait tour à tour, selon ses gouvernements, de s’allier avec l’Allemagne contre la Russie ou avec la Russie contre l’Allemagne, l’essentiel étant que ces deux-là demeurent dans des camps opposés.

Après la Seconde Guerre Mondiale, les Etats-Unis reprennent le flambeau laissé par un Royaume-Uni déclinant, l’Eurasie remplace l’Europe et le Grand jeu passe à l’échelle-monde. Les fondamentaux, eux, ne changent guère. Dans les années 70, Kissinger (déjà) est l’artisan de la visite de Nixon en Chine populaire pour profiter de la rupture sino-soviétique et soutenir Mao contre l’URSS. Si le vénérable vieillard a aujourd’hui changé son fusil d’épaule et préfère jouer la carte russe, le scénario reste le même : séparer les deux géants eurasiatiques.

Ainsi va la pieuvre à tentacules multiples qu’est le Deep State US, uni par un même but stratégique fondamental mais divisé quant aux moyens pour y parvenir. La situation est encore compliquée par des électrons du type Soros, qui veulent s’attaquer aussi bien à la Russie qu’à la Chine tout en défendant les intérêts de sa caste oligarchique en promouvant l’afflux de réfugiés, point sur lequel Bolton et son Gatestone Institute ont toujours été, par contre, en désaccord total.

Sur ce point, Spykman est rétrospectivement très loin du compte. L’obsession du Heartland et la russophobie primaire qui en découle imprègnent tellement les classes dirigeantes américaines que le néo-kissingérisme reste très minoritaire et tout rapprochement avec Moscou est impossible. Quant au couple sino-russe, qui n’attend plus rien de Washington depuis longtemps, il n’a jamais été si soudé…Tag(s) : #Etats-Unis#Histoire#Chine

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2020/06/ou-l-on-ressort-spykman.html

l-empire-fait-machine-arriere.

13 Juin 2020

Nous parlions il y a trois mois d’un nouveau monde en gestation, accéléré encore par la crise pandémique planétaire. Il est là, désormais, sur le point d’accoucher, et les observateurs avisés de la chose géopolitique ne s’y trompent guère.

Si certains pensent sans rire pouvoir encore contenir, au moins dans les mots, et la Russie et la Chine, l’ambiance générale est au pessimisme à Washington. En réalité, la situation est déjà en train de dégénérer face au seul dragon, sans qu’il soit utile de rajouter l’ours dans la balance.

En cause, entre autres, l’inévitable fin du moment unipolaire américain, l’autonomisation des vassaux maintenant presque orphelins et la catastrophique (du point de vue impérial) présidence de Trump. Comme l’explique d’ailleurs le National Interest, Pékin regrettera Donaldinho s’il perd les élections tant celui-ci, par ses multiples bourdes, a indirectement favorisé la posture chinoise sur la scène internationale.PUBLICITÉ

Sans surprise, en fidèle petit toutou de l’empire, le patron de l’OTAN tire la sonnette d’alarme, usant des bons vieux éléments de langage maintes fois utilisés contre la Russie ? Ne bâillez pas : « La montée en puissance de la Chine change fondamentalement l’équilibre du pouvoir, multipliant les menaces contre les sociétés ouvertes et les libertés individuelles » Du Soros dans le texte…

Il faut dire que le sieur Stoltenberg doit être paniqué par les aléas que traverse sa chère communauté euro-atlantique. Ce n’est sans doute pas un hasard s’il pondu ses déclarations le même jour que le 10Dialogue stratégique entre la Chine et l’UE. Comme l’analyse le pertinent Bhadrakumar, « le fait que ce sommet, et non celui du G7 [prévu à Washington fin juin], marque le début de l’ère post-Covid dans les relations internationales en dit long sur la transition de l’ordre mondial ».

A cette occasion, le discours de l’officieux ministre des Affaires étrangères eurocratique, Josep Borrell, a dû faire siffler les oreilles du côté de Washington : « Nous devons développer nos relations avec cet acteur mondial de premier ordre qu’est la Chine. Elle n’est pas une menace pour la paix mondiale et nous ne sommes pas dans une optique de confrontation ». Aux dernières nouvelles, Pompeo en a perdu son latin…

En filigrane, évidemment, les monumentales routes de la Soie qui empêchent les stratèges US de dormir.

Celle-ci (la ligne Yiwu-Duisbourg déjà existante), votre serviteur l’avait déjà évoquée dans le livre :

9 décembre 2014. Un énorme train de 82 containers arrive en gare de Madrid. Il est parti trois semaines plus tôt de Yiwu, en Chine, et a traversé toute l’Eurasie avec ses mille tonnes de marchandises. Il a longé le désert de Gobi et le tableau tibétain, traversé les steppes kazakhes, foncé dans l’immense plaine russe, avant de gagner la Pologne, l’Allemagne, la France et enfin l’Espagne. En janvier 2017, c’est à Londres qu’un convoi arrive. La capitale anglaise est alors la quinzième ville européenne à recevoir les trains de fret chinois en provenance de Yiwu.

Vous ne connaissez sans doute pas ce nom. Et pourtant… Situé à 300 kilomètres de Shanghai, il s’agit tout simplement du principal marché de gros de la planète. Son slogan – « Un océan de marchandises, un paradis pour les consommateurs » – n’est pas exagéré ; avec ses dizaines de milliers de stands et son demi-million de produits différents, il attire hommes d’affaires et commerçants du monde entier

Surnommés « chameaux de fer », les trains en provenance des villes chinoises qui s’engouffrent vers l’Europe à travers les somptueux paysages eurasiens ont déjà effectué plus de dix mille trajets depuis que le commerce ferroviaire a été mis en place entre l’empire du Milieu et le Vieux continent au début des années 2010. Ils présentent des avantages techniques, comme la réduction de moitié du temps de transport. Mais surtout aux yeux de Pékin, et c’est cela qui nous intéresse, ils répondent à des impératifs stratégiques : éviter l’océan mondial contrôlé par l’empire maritime américain. Ce faisant, ils participent des tentaculaires Nouvelles routes de la Soie, projet pharaonique mis en place par la Chine pour intégrer économiquement l’Eurasie.

C’est évidemment cela qui provoque la fureur du Washingtonistan impuissant et déclinant. Un récent mémo stratégique de la Maison Blanche accable d’ailleurs ces routes d’une litanie d’accusations, regrettant amèrement l’influence grandissante de Pékin dans les pays traversés.

Si tous les griefs ne sont pas totalement inventés, notamment la pression économique du dragon qui se traduit par un certain ascendant politique, un article comme toujours intègre de l’irréprochable American Conservative remet les pendules à l’heure. On pourrait résumer sa ligne d’une expression maintes fois utilisée pour décrire les récriminations de l’empire US : c’est l’hôpital qui se fout de la charité…Tag(s) : #Chine#Etats-Unis#Europe

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Souveraineté française : l’urgence du déconfinement mental

Souveraineté française : l’urgence du déconfinement mental

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Billet du lundi 08/06/2020 par Caroline Galactéros*

Cela part vraiment dans tous les sens. Après le black-out forcé des populations occidentales terrées chez elles à des degrés divers pour parer l’effondrement de systèmes de santé -Potemkine, voilà que le déconfinement ouvre une autre boite de Pandore, celle de la violence sociale, du communautarisme et du « racialisme » triomphants ; au nom de l’antiracisme naturellement, car on n’est pas à un cynisme près. Mi terrorisés, mi séduits, on écoute comme on le ferait d’oracles, tous ceux qui veulent couper le souffle à jamais aux nations et aux Etats, pour en finir avec ces survivances tyranniques qui soi-disant étouffent la liberté et l’égalité d’individus hyper-narcissiques et revendicatifs.

Cette déstabilisation se produit à la faveur d’un drame ordinaire de l’ultraviolente Amérique. 350 millions d’habitants. 300 millions d’armes à feu. Seuls les bébés ne sont pas armés dans ce pays. Et la police risque sa vie à tout instant pour protéger la population d’une délinquance endémique et éviter que chacun n’en vienne à se faire justice lui-même. Une Amérique toujours aussi raciste néanmoins, bien au-delà des rangs policiers. Huit ans d’un président noir n’y auront rien changé et d’ailleurs lui-même n’aura pas fait grand-chose. Une mort inique et tragique qui allume la mèche d’une trainée de poudre disproportionnée et inquiétante par les débordements qu’elle permet. Les images qui saturent nos écrans depuis 10 jours illustrent bien la décadence de l’Empire. L’empire américain n’est plus. Il se bat pour ne pas mourir tout à fait, pour reprendre en main ses vassaux, pour redéfinir les nouveaux standards du monde en toutes matières (notamment financière avec l’émergence d’un nouvel étalon-or que serait le dollar à l’heure où la guerre pour le contrôle des crypto monnaies fait rage).

Mais on ne domine véritablement que par l’exemple. Et l’Amérique n’est plus un exemple depuis bien longtemps. Cela ne date pas de Trump. Le discrédit moral s’est creusé depuis 20 ans et il est devenu irrattrapable. La Chine s’est engouffrée dans la brèche et ne lâchera plus la corde. Elle exprime désormais sans fard son ambition. La France a peut-être compris qu’il s’agissait de connaitre et pratiquer l’adversaire pour mieux le combattre. Elle n’a, pour une fois, pas embrayé sur la curée américaine envers Pékin accusé d’avoir diffusé sciemment le virus au monde entier pour se venger d’une guerre commerciale voulue par Washington. Paris dit même vouloir nouer un « partenariat stratégique global » avec Pékin. Pourquoi pas ? Du moment que l’on ne quitte pas une badine pour une autre.

Mais cette intelligence de situation conjoncturelle ne suffit pas à articuler une stratégie de puissance et d’influence digne de ce nom. Tant que nos dirigeants refuseront de comprendre la pertinence protectrice des nations et des frontières, tant qu’ils nieront l’essence des peuples et la singularité du lien patriotique inscrit dans une histoire structurante, creuset d’une identité nationale, notre Terre ne restera à leurs yeux embués qu’un vaste espace indifféremment peuplé, dépeuplé, repeuplé par ceux qui la traversent et auxquels il est de bon ton de ne rien demander d’autre que de servir la voracité consumériste mondiale. Au-delà des grands discours, nous nous refusons toujours, par dogmatisme sectaire et naïf, à structurer une vision de ce que doit être notre pays sur la scène mondiale, à nourrir une ambition nationale, encore moins à la concrétiser méthodiquement. On avance par à-coups et par « coups » aussi. Or, l’opportunisme n’est jamais qu’une habileté tactique, en rien une stratégie. C’est là que cela se gâte. Alors que le monde entier a pris le tournant réaliste et se met en ordre de bataille, alors que les alliances sont à géométrie variable car on ne croit plus à rien ni à personne (tout en affectant de vouloir la concorde et le dialogue multilatéral), alors que toutes les nations sont en danger de mort si elles ne trouvent pas le courage d’affirmer leurs intérêts nationaux pour survivre dans la nouvelle « Tour infernale » au sommet de laquelle s’écharpent Washington et Pékin, notre pays palabre, recule, s’auto mutile et rougit toujours de lui-même.

Notre société semble l’étalon de ses sœurs occidentales, très, trop individualistes, où l’on a complètement perdu de vue la nécessaire complémentarité des droits et devoirs ; sociétés volatiles, désorientées, inconscientes des « cinquièmes colonnes » qui les minent en les culpabilisant. Leur sensiblerie est épidermique ; elles sont sur-informées mais ignorantes, déracinées volontaires, oublieuses d’elles-mêmes en se croyant à la page. Elles sont les idiotes utiles de mouvements enkystés désormais dans la chair des nations et qui fomentent tranquillement leur déliquescence, leur renoncement post moderniste à elles -mêmes dans une extase suicidaire ; elles sont les proies offertes de forces qui hurlent à la tyrannie si on ose les empêcher d’envahir l’espace public et de dénaturer le cœur même de notre vie commune et de notre bien commun. Nos sociétés post-modernes confondent souveraineté et bellicisme, patriotisme et nationalisme, frontière et haine ; elles n’ont plus de culture donc plus de boussole.

Ainsi, tel une cocotte-minute, l’Occident semble près d’imploser car le mondialisme n’a pas tenu ses promesses utopiques. Plus conjoncturellement enfin, on remarquera qu’aux Etats-Unis, l’affaire George Floyd et le déchainement de violence qu’elle a déclenché ont très opportunément fait complètement oublier un autre scandale, celui de « l’Obama-Gate » qui menaçait tout l’Establishment démocrate ; la corruption massive, sur fond de coup d’Etat en Ukraine et de déstabilisation régionale, des grandes figures du « parti de l’âne », et en premier lieu celle de J. Biden, challenger de D. Trump, est passée à la trappe. Après ses dernières maladresses, le président américain parait bien mal parti pour récupérer une partie au moins du vote noir, alors même que celle-ci avait été profondément déçue par la présidence immobile d’Obama en la matière. Mais l’économie américaine repart, infiniment plus vite qu’en Europe. Et sur l’échiquier mondial, grandes manœuvres et petites trahisons se poursuivent entre Washington et Pékin via Hong Kong, entre Moscou (qui semble à force d’avanies, avoir définitivement oublié son rêve d’Europe comme en témoigne sa nouvelle doctrine nucléaire) et Ankara en Syrie et en Libye, entre Téhéran et Israël via le Hezbollah, etc

Et nous, Français, dans tout ça ? Ah …mais nous « déconfinons » ! La grande affaire, avec une économie à terre et une incapacité à dire la vérité aux Français infantilisés à outrance : s’ils persistent à faire de l’égalitarisme et de la revanche sociale les mantras de leur citoyenneté, ceux-ci achèveront de perdre notre pays. La France est sur une ligne de crête décisive. Elle peut chuter ou prendre son envol, mais elle veut encore ignorer le précipice et croire que c’est un refuge douillet contre la brutalité du monde.  Donc, nous « déconfinons » notre population et notre économie, à la vitesse de l’escargot, et sur la base folle du volontariat -nouvelle version de la démagogie politique très en vogue-. Mais le déconfinement mental lui, n’est toujours pas à l’ordre du jour. Pourtant, si la France, Phénix aux ailes brisées, ne renait pas très vite avec vigueur et fougue, « on est morts » comme dirait l’autre.

Le déconfinement doit donc être, chez nos élites politiques et intellectuelles, celui de l’état d’esprit. C’est l’heure de recouvrer enfin, tout simplement notre souveraineté ! Souveraineté tous azimuts : stratégique, diplomatique, en matière de défense et de sécurité ; souveraineté industrielle, économique, sanitaire, souveraineté technologique, numérique et même aéronautique; et naturellement notre souveraineté culturelle aussi. Nos atouts sont très nombreux. Même le carcan européen -qui n’a pas que des défauts- nous laisse des espaces d’affirmation de nos intérêts nationaux. Il suffit de les investir résolument, de les occuper, de les assumer aussi, sans se défausser au prétexte qu’ils détruiraient la dynamique européenne alors qu’ils la renforceront bien au contraire. Une fois encore, on ne fera pas l’Europe par-dessus ou contre les Nations, mais avec elles.

Mais la souveraineté, c’est d’abord dans la tête. Ce sont des limites intérieures à la complaisance, à l’inertie ou à l’obéissance. C’est de l’amour propre à l’échelle de l’Etat et de la patrie. C’est ce qui nous sauvera. Jamais plus en effet, nous n’aurons une telle chance de pouvoir nous repenser en liberté. Le Coronavirus a permis d’ouvrir les vannes budgétaires avec un prétexte en or. Il faut en profiter pour recalibrer tout notre socle régalien, pour oser enfin la puissance au nom de la souveraineté, pour reprendre du poids et du muscle sur la scène internationale. Il y a tant à faire pour qu’on nous prenne de nouveau au sérieux ! Déjà arrêter de demander la permission, arrêter d’avoir peur du jugement de nos pairs, sortir des langes…et sortir de l’OTAN pendant qu’il en est encore temps, avant que l’Alliance ne nous entraîne dans une nouvelle aventure folle en Asie ou en Afrique au nom de la sécurité mondiale mais surtout au profit des intérêts strictement américains !

La France a donc aujourd’hui une immense responsabilité : celle de mettre fin officiellement à la sujétion militaire de l’Europe aux Etats-Unis qui est tout sauf une fatalité. Cessons de nous mentir : il n’y aura, sinon, jamais de défense européenne crédible. Si nous ne choisissons pas, nous serons bientôt, tel l’âne de Buridan, morts de faim ET de soif : ni d’accord avec l’impérialisme atlantique, ni capables de lui opposer une véritable alternative adaptée aux intérêts européens et d’abords français !

On dit souvent que nous n’avons plus les moyens d’être souverains. L’excuse vient de sauter. Nous en avons désormais les moyens avec les budgets votés par l’UE pour enrayer la récession économique européenne. Evidemment, ce processus de semi-mutualisation des dettes semble approfondir un peu plus encore l’évolution fédéraliste délétère de notre Vieux Continent. C’est très grave, mais on peut pour une fois, y trouver notre intérêt propre en saisissant l’opportunité inédite des moyens du relèvement national. Pourquoi ne pas voir enfin grand, au lieu de toujours mettre des rustines ? C’est paradoxalement en réformant aux bonnes dimensions notre appareil de défense et de sécurité et notre politique étrangère (tout autant que notre politique industrielle et notre appareil sanitaire) que nous paraîtrons bientôt aux yeux de nos partenaires, qui depuis trop longtemps moquent nos fanfaronnades inconséquentes, non des cigales au petit pied, mais des fourmis ailées.

*Caroline Galactéros, Présidente de GeopragmaPartager cet article http://geopragma.fr/souverainete-francaise-lurgence-du-deconfinement-mental/

Huawei : parangon des nouvelles dynamiques de la guerre économique.

Huawei : parangon des nouvelles dynamiques de la guerre économique.

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Publié par Martin Quievre le 20 Mai 2020

Alors que Huawei a su s’imposer comme le leader du marché des équipements de télécommunications, les autres acteurs, puissances occidentales en tête, grincent des dents. En cause, les liens occultes qui lient le géant de Shenzhen au régime chinois et la concurrence redoutable qu’il impose. Portrait d’un nouveau théâtre de la guerre économique : entre dynamiques publiques et privées, actions légales et occultes.

​Huawei : parangon des nouvelles dynamiques de la guerre économique.

Des liens occultes avec le gouvernement chinois

Fondé par un ex-ingénieur de l’armée chinoise, Huawei est accusé par le gouvernement américain d’espionnage pour le compte du gouvernement chinois. Ainsi, s’appuyant sur une loi chinoise obligeant les entreprises dont le siège se situe en RPC d’apporter une ‘aide technique’ au gouvernement chinois, la CIA et le FBI ont, depuis 2010, déconseillés l’usage des appareils Huawei aux États-Unis. Le conflit a été exacerbé en 2018 avec l’arrestation, demandée par les Etats-Unis, de la directrice financière et fille du fondateur de Huawei, au Canada. Washington accuse Huawei de laisser des « backdoors » (portes-dérobées) à destination des services de renseignements chinois dans l’implémentation de son nouveau réseau 5G aux États-Unis.

Acculé, l’ennemi public n°1 a décidé de contre-attaquer. Aussi, en ce mois de mars 2020, Huawei a inauguré un centre spécialisé dans la cybersécurité à Bruxelles pour répondre aux accusations d’espionnage dont il fait l’objet. Une plainte a également été déposée contre le gouvernement canadien à la suite de l’arrestation de Meng Wanzhou. Enfin, Huawei a entamé des poursuites judiciaires contre l’administration Trump qui a interdit l’usage de ses appareils par les fonctionnaires américains.

Un conflit qui entre dans le cadre de la guerre économique entre la Chine et les États-Unis

« Un niveau sans précédent. » C’est par ces mots que l’ex-directeur du renseignement de la DGSE Alain Juillet a décrit l’acharnement avec lequel les États-Unis attaquent les entreprises étrangères. En effet, depuis le début de la guerre économique et commerciale entre les États-Unis et la Chine, Washington a multiplié les actions offensives. Ainsi, au-delà de la simple guerre commerciale, c’est la course au leadership technologique entre les deux puissances qui se joue. Toutefois, s’il existe un consensus politique outre-Atlantique qui prône la méfiance vis-à-vis de Huawei, les autres pays Occidentaux estiment, eux, que la méfiance ne peut suffire à contourner les règles de la concurrence.

Si le conflit entre Huawei et l’Occident a lieu sur bien des fronts et à différentes échelles, on peut toutefois relever un dénominateur commun : l’utilisation des techniques d’intelligence économique. En effet, on peut relever des campagnes de dénigrement massives de la part du gouvernement américain, mais aussi l’utilisation des « fake-news » dans les deux camps. On peut également prendre comme exemple le recrutement probable par des agences étrangères de deux businessmen canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor. Par ailleurs, Guo Ping, CEO de Huawei, a accusé la CIA d’avoir eu recours aux piratages de serveurs, aux vols de codes et à la récupération d’email de ses cadres.

Autant d’exemples qui montrent que l’intelligence économique tient et continuera de tenir un rôle prégnant dans un des dossiers les plus vifs de l’actualité.

Tags : ChineHuaweiintelligence économique

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La Chine s’apprête à envoyer la mission Tianwen-1 vers la planète Mars sur fond d’une nouvelle course de l’espace avec Washington

La Chine s’apprête à envoyer la mission Tianwen-1 vers la planète Mars sur fond d’une nouvelle course de l’espace avec Washington

 14 heures ago Strategika51

La Chine envisage de lancer une mission d’exploration automatique vers la planète Mars au courant du mois de juillet 2020. Cette mission comprendra un module d’exploration au sol.

La mission chinoise sur Mars est baptisée Tianwen-1, un nom dérivé d’un poème de Qu Yuan, un des plus grands poètes chinois anciens ayant vécu entre 340 et 278 avant Jésus-Christ. L’agence spatiale chinoise à également révélé pour la première fois le logo officiel de ses futures missions d’exploration interplanétaires, élaboré sur la base de la lettre latine C, signifiant Chine.

La Chine entend mener simultanément des missions scientifiques en Antarctique sur la planète Terre tout en continuant l’envoi de missions automatiques sur la face cachée de la lune et sur Mars. Une planète qui intéresse de plus en plus les chinois après la promulgation par le président US Donald Trump d’un ordre exécutif susceptible de paver la voie à des revendications territoriales sur d’autres corps célestes du système solaire.

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