Archives pour la catégorie Chine

Les Cinq Yeux contre Huawei

Les Cinq Yeux contre Huawei

+

Washington a demandé à Ottawa l’arrestation de Meng Wanzhou et son extradition. La jeune femme est directrice financière et fille du fondateur de Huawei, le géant chinois des télécoms. Elle a été arrêtée le 6 décembre 2018 au Canada.

La guerre entreprise par Washington contre Huawei a une raison profonde et quantité de justifications de façade.

Le fond du problème, c’est que la firme chinoise utilise un système de cryptage qui empêche la NSA d’intercepter ses communications. De nombreux gouvernements et services secrets dans le monde non occidental ont commencé à s’équiper exclusivement de matériels Huawei afin de protéger la confidentialité de leurs communications.

Les justifications de façade sont alternativement de vol de propriété intellectuelle, de commerce avec l’Iran et la Corée du Nord, et de violer les règles de la concurrence en bénéficiant de subventions nationales.

Les États membres du système d’espionnage électronique des Cinq Yeux —Australie, Canada, États-Unis, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni— ont commencé à exclure Huawei de leurs appels d’offre.

http://www.voltairenet.org/article204253.html

Publicités

Un RIC chasse un BRICS

Un RIC chasse un BRICS

Ouverture libre

   Forum

Il n’y a pas de commentaires associés a cet article. Vous pouvez réagir.

   Imprimer

1735

Un RIC chasse un BRICS

Le BRICS (d’abord BRIC) eut son heure de gloire, durant les années 2008-2015, lorsque Lula (puis Rousseff) étai(en)t aux affaires au Brésil et que l’Afrique du Sud était dirigée par Jacob Zuma. Puis les temps ont changé et le BRICS a perdu sa dynamique politique avec des changements de présidents et d’orientation, l’effacement du Brésil et de l’Afrique du Sud, et aussi une certaine incertitude en ce qui concernait l’Inde avec son nouveau Premier ministre Modi.

Mais voici qu’un événement a eu lieu en marge du G-20, que nous signale notre ami et remarquable commentateur retraité des affaires diplomatiques indiennes, M.K. Bhadrakumar. A l’initiative de Poutine s’est tenu un sommet à trois, avec Xi pour la Chine et Modi pour l’Inde. On voit qu’on retrouve le RIC du BRICS, avec les trois membres les plus importants. Les trois présidents ont convenu que ce “format”-RIC leur convenait et qu’on se reverrait à trois en marge d’autres rencontres multinationales.

Le format-RIC rapproche l’Inde de la Chine, à la satisfaction de la Russie qui a d’excellentes relations avec les deux pays. Bhadrakumar, qui craignait beaucoup une dérive proaméricaniste de Modi, signale combien le Premier ministre indien a été indirectement très critique des USA dans son communiqué siuivant le sommet-RIC, après plusieurs récentes occasions où il a affirmé une position plus proche de ses deux partenaires et critique des USA. Il est évident que le RIC a, pour cause de son ébauche de formation, le souci de ses membres de se prévenir contre la politique erratique et dangereuse pour le monde des USA. Les rapports personnels ont leur importance dans cette évolution stratégique d’une grande importance : « Les relations personnelles entre les trois hommes sont d’ores et déjà excellentes. Une chose remarquable dans ce sommet des RIC, c’est la congruence stratégique des communiqués russe, indien et chinois. »

Par conséquent, il faut désormais commencer à considérer qu’on pourrait voir apparaître un nouveau “bloc”, le RIC chassant le BRICS, avec une pesanteur stratégique déterminée par des intérêts communs. Bhadrakumar signale que le RIC rejoint une idée prophétique du ministre des affaires étrangères de Eltsine, Evgueny Primakov : le “triangle de Primakov” (le RIC d’aujourd’hui), proposé en 1998, – en avance sur son temps, mais le termps désormais venu…

L’enthousiasme qui pointe sous sa plume toujours très retenue indique combien l’ancien diplomate indien est impressionné par la formation du RIC. Ci-dessous, le texte de M.K. Bhadrakumar, dans Strategic-Culture.org du 4 décembre 2018.

dde.org

http://www.dedefensa.org/article/un-ric-chasse-un-brics

Nouveau coup dur pour Huawei, géant chinois des télécoms

Nouveau coup dur pour Huawei, géant chinois des télécoms

Pékin – Le mastodonte chinois Huawei, déjà ostracisé par nombre de gouvernements, subit un nouveau coup dur avec l’arrestation au Canada de sa directrice financière, fille du fondateur de l’équipementier en télécoms.

L’arrestation, à la demande des États-Unis, intervient dans un climat très tendu entre Pékin et Washington. Elle apparaît comme un nouveau round du bras de fer entre Américains et entreprises de technologie chinoises, dont un autre géant, ZTE, a pâti cette année.

La responsable du groupe, Meng Wanzhou, a été arrêtée à Vancouver le 1er décembre, le jour même où les présidents américain et chinois, Donald Trump et Xi Jinping, convenaient d’une fragile trêve dans leur guerre commerciale.

Les États-Unis ont requis son extradition car ils soupçonneraient Huawei, entreprise privée et non cotée, fondée en 1987 par un ex-ingénieur de l’armée chinoise, Ren Zhengfei, 74 ans, d’avoir enfreint les sanctions américaines contre l’Iran.

Le sénateur américain Ben Sasse s’est réjoui sur sa page internet de l’arrestation de la responsable « d’un géant chinois des télécoms ayant violé les sanctions contre l’Iran ».

La Chine a fermement protesté de l’innocence de Mme Meng et exigé sa remise en liberté, menaçant de « prendre toutes les mesures pour résolument protéger les droits et les intérêts légitimes des citoyens chinois ».

Si l’incident « ne devrait pas » empêcher les négociations commerciales bilatérales prévues la semaine prochaine à Washington, il va contribuer à « affecter l’atmosphère de ces discussions et en amenuiser les chances de succès », estime le cabinet de conseil Eurasiagroup, dans une note.

Cette affaire « constitue une escalade nouvelle et majeure dans une suite d’efforts des États-Unis pour que les entreprises chinoises soient tenues responsables de violations de la loi américaine, parfois vieilles de plusieurs années », souligne-t-il.

– Revers en cascades –

En avril, Washington a prohibé toute vente de composants électroniques américains à ZTE pour sanctionner le groupe chinois d’avoir violé des embargos contre l’Iran et la Corée du Nord.

Fautes de puces, ZTE et ses 80.000 employés avaient alors dû cesser la majeure partie de leurs activités. Le conflit s’est soldé avec le paiement par ZTE d’une amende d’un milliard de dollars.

Si les violations des sanctions par Huawei, numéro deux mondial des smartphones, sont avérées, « cela fera comme avec ZTE mais avec encore davantage d’impact vu la taille de Huawei », prévoit Kitty Fok, directrice générale du cabinet IDC (recherche).

Plus généralement, certains élus du Congrès américain voient dans les entreprises chinoises une « menace pour la sécurité des États-Unis ».

« Parfois, l’agression chinoise est explicitement soutenue par l’État et, parfois, elle est blanchie à travers bien des entités soi-disant du secteur privé qui sont dans le même lit que le Parti communiste de Xi », affirme Ben Sasse.

« La Chine travaille avec créativité à miner nos intérêts de sécurité nationale. Les États-Unis et leurs alliés ne peuvent rester sur la touche », estime-t-il.

Le gouvernement américain a demandé officiellement en début d’année à ses opérateurs télécoms de ne pas s’équiper de produits chinois. Et il fait pression pour que le Canada ne s’engage pas avec Huawei pour le déploiement de la 5G (internet mobile à très haut débit), selon le journal canadien Globe and Mail.

Tout cela « va avoir un impact direct sur Huawei dans la 4G et la 5G et sur ses affaires », commente Mo Jia, analyste chez Canalys.

L’équipementier, devenu un leader mondial, a essuyé une pluie de revers dernièrement, certains occidentaux ou asiatiques lui fermant leurs réseaux de 5G, jugés trop stratégiques.

Dernier en date, le groupe britannique de télécoms BT a annoncé mercredi qu’il se défaisait d’équipements du chinois en téléphonie mobile. Précédemment, l’Australie avait exclu Huawei et ZTE du déploiement de la 5G, puis la Nouvelle-Zélande a invoqué une incompatibilité technologique pour écarter l’entreprise de Ren Zhengfei.

Mo Jia souligne que jusqu’à présent les restrictions frappant Huawei émanent principalement « de pays anglophones ou proches des États-Unis comme le Japon et la Corée du Sud ».

« Mais si les opérateurs français ou allemands devaient s’y joindre, cela aurait des conséquences profondes et durables » sur le chinois, ajoute-t-il.

bur-jg/bar/jul

ZTE

BT GROUP

(©AFP / 06 décembre 2018 08h14)

https://www.romandie.com/news/Nouveau-coup-dur-pour-Huawei-g-ant-chinois-des-t-l-coms/977329.rom

Le Dessous des cartes Hong Kong : retour en Chine

Le Dessous des cartes
Hong Kong : retour en Chine

13 min
Disponible du 24/11/2018 au 22/01/2019
Disponible en direct : oui
Sous-titrage malentendant
Ce programme est disponible en vidéo à la demande ou DVD.

Vingt et un ans après sa rétrocession à la Chine, où en est Hong Kong, ex­perle de l’Empire britannique ? Après avoir été pendant toute la guerre froide l’une des vitrines de l’Occident capitaliste face à son voisin communiste, la « région administrative spéciale » est aujourd’hui de plus en plus intégrée dans une Chine largement convertie à la mondialisation.

Alors que son régime d’exception devrait prendre fin d’ici moins de trente ans, Hong Kong saura-t-il préserver l’ouverture économique et politique qui a fait sa force depuis près de deux siècles ?

Présentation :

Emilie Aubry

Pays :

France

L’Afghanistan occupe une place centrale dans le nouveau grand jeu

L’Afghanistan occupe une place centrale dans le nouveau grand jeu

«La route longue et sinueuse ne fait que commencer - Un processus de paix mené par la Russie et la Chine, y compris les talibans - Un Afghanistan stable - Islamabad en tant que garant - Une solution entièrement asiatique. Les envahisseurs occidentaux ne sont pas les bienvenus.» 

Pepe EscobarPar Pepe Escobar – Le 19 novembre 2018 – Source Russia Insider

Dans le «cimetière des empires», l’Afghanistan ne cesse de vivre des rebondissements géopolitiques et historiques. La semaine dernière à Moscou, un autre chapitre crucial de cette histoire épique a été écrit lorsque la Russie s’est engagée à utiliser ses muscles diplomatiques pour stimuler les efforts de paix dans ce pays déchiré par la guerre.

Accompagné de représentants afghans et de leurs rivaux talibans, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a parlé de « travailler de concert avec les partenaires régionaux et les amis afghans réunis autour de cette table ».


« Je compte sur vous pour mener une conversation sérieuse et constructive qui justifiera les espoirs du peuple afghan », a-t-il déclaré.

Dans les années 1980, l’Union soviétique avait déclenché une guerre désastreuse dans le pays. Trente ans plus tard, la Russie assume désormais le rôle principal de médiateur dans cette version du Grand jeu au XXIe siècle.

L’affiche à Moscou était diversifiée.

Quatre membres [afghans] du Haut Conseil de la paix, chargés de tenter un dialogue avec les talibans, ont pris part aux discussions. Cependant, le ministère des Affaires étrangères afghan a fait un effort supplémentaire pour souligner que le conseil ne représente pas le gouvernement afghan.

En effet, Kaboul et les anciens membres de l’Alliance du Nord, qui forment une sorte de cercle « protecteur » autour du président Ashraf Ghani, refusent en fait tout dialogue avec les Talibans, qui étaient leurs ennemis mortels jusqu’en 2001.

Les Talibans, pour leur part, ont envoyé une délégation de cinq personnes, bien que le porte-parole, Zabiullah Mujahid, ait déclaré qu’il ne ferait «aucune sorte de négociation» avec Kaboul. Il s’agissait «de trouver une solution pacifique à la question de l’Afghanistan».

Les diplomates pakistanais confirment que les Talibans ne négocieront sur des questions importantes qu’après la conclusion d’un accord avec les États-Unis sur un calendrier de retrait complet.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a souligné que c’était la première fois qu’une délégation taliban assistait à une réunion internationale de haut niveau. Le fait que Moscou qualifie les Talibans d’organisation terroriste est encore plus frappant.

Moscou a également invité la Chine, le Pakistan, l’Inde, l’Iran, les cinq pays d’Europe centrale et les États-Unis. Washington n’a envoyé qu’un diplomate de l’ambassade américaine à Moscou en tant qu’observateur. Le nouvel envoyé spécial américain pour la paix en Afghanistan, Zalmay Khalilzad, largement connu, dans un passé récent, comme « l’Afghan de Bush », n’a pas fait beaucoup de progrès lors de ses rencontres avec des responsables talibans au Qatar ces derniers mois.

L’Inde – qui n’aime pas vraiment « un processus de paix dirigé par les Afghans » et encouragé par le Pakistan – a envoyé un émissaire « à un niveau non officiel » et a reçu un savon de la part de Lavrov du style « Ne gémissez pas, soyez constructifs » .

Malgré tout, ce n’était que le début. Il y aura un suivi – bien qu’aucune date n’ait été fixée.

Autant pour l’opération « Enduring Freedom »

Depuis la campagne de bombardement américaine et l’invasion de l’Afghanistan alors contrôlé par les Talibans il y a 17 ans, la paix s’est révélée insaisissable. Les talibans ont toujours une présence importante dans le pays et ont bien le vent en poupe.

Les diplomates à Islamabad confirment que Kaboul exerce peut-être son pouvoir sur environ 60% de la population, mais l’essentiel c’est que seulement 55% des 407 districts de l’Afghanistan, et peut-être même moins, se soumettent à Kaboul. Les talibans sont en progrès au nord-est, au sud-ouest et au sud-est.

Il a fallu beaucoup de temps au nouveau chef des opérations des États-Unis et de l’OTAN, le général Austin Scott Miller, pour admettre ce qui était absolument évident : « Cela ne sera pas gagné militairement … cela va aboutir à une solution politique », a-t-il déclaré.

La force militaire la plus formidable au monde ne peut tout simplement pas gagner la guerre.

Pourtant, après que pas moins de 100 000 soldats américains et otanesques, ainsi que 250 000 soldats de l’armée et de la police afghanes, formés par les États-Unis, ont échoué, au fil des ans, à empêcher les talibans de gouverner des provinces entières, Washington semble déterminé à blâmer Islamabad pour ce bourbier militaire.

Les États-Unis estiment que le « soutien » caché du Pakistan aux talibans a aggravé la situation et déstabilisé le gouvernement de Kaboul.

Il n’est pas surprenant que l’envoyé présidentiel russe pour l’Afghanistan, Zamir Kabulov, soit allé droit au but. « L’Occident a perdu la guerre en Afghanistan … la présence des États-Unis et de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) n’a pas seulement échoué à résoudre le problème, elle l’a même exacerbée. »

Lavrov, pour sa part, est très préoccupé par l’expansion de Daesh, connue dans la région comme ISIS-Khorasan. Il a averti, à juste titre, que des « sponsors étrangers » permettent à ISIS-Khorasan de « transformer l’Afghanistan en un tremplin pour son expansion en Asie centrale ». Pékin est d’accord.

Un grand plan sino-russe

Ce n’est un secret pour aucun des grands acteurs que Washington n’abandonnera pas sa base afghane privilégiée à l’intersection de l’Asie centrale et de l’Asie du Sud pour diverses raisons, notamment le suivi et la surveillance de « menaces » stratégiques telles que la Russie et la Chine.

En parallèle, l’éternel récit du « Pakistan joue un double jeu » ne disparaîtra tout simplement pas, même si Islamabad a montré en détail comment les talibans pakistanais se sont régulièrement vu offrir un refuge dans l’est de l’Afghanistan par les agents du RAW (services de renseignement indiens).

Cela n’empêche pas le fait que Islamabad a un grave problème afghan. La doctrine militaire stipule que le Pakistan ne peut pas jouer sur l’échiquier géopolitique sud-asiatique, et projeter sa puissance à l’égal de l’Inde, sans contrôler la « profondeur stratégique » de l’Afghanistan.

Ajoutez à cela le problème absolument insoluble de la ligne Durand, créée en 1893 pour séparer l’Afghanistan de l’Empire britannique indien. Cent ans plus tard, Islamabad a totalement rejeté l’appel de Kaboul pour renégocier la ligne Durand, conformément à une disposition du traité initial. Pour Islamabad, la ligne Durand restera à perpétuité en tant que frontière internationale valable.

Au milieu des années 90, le pouvoir à Islamabad pensait qu’en soutenant les talibans, ils finiraient par reconnaître la ligne Durand et, au-delà, dissiperaient  l’impulsivité du nationalisme pachtoune et l’appel à la création d’un « Pachtounistan ».

Islamabad était toujours censé diriger la narration. L’histoire, cependant, l’a complètement renversée. En fait, c’est le nationalisme pachtoune et l’islamisme extrémiste de la variété Deobandi qui ont fini par contaminer les Pachtounes pakistanais.

Pourtant, les Pachtounes ne seront peut-être pas les acteurs principaux de la dernière saison de cet Hindu Kush spectaculaire. Cela pourrait être la Chine.

Ce qui compte le plus pour la Chine, c’est que l’Afghanistan devienne une partie intégrante du Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC). C’est exactement ce que l’émissaire chinois Yao Jing a déclaré lors de la séance d’ouverture du 4e dialogue trilatéral à Islamabad entre la Chine, le Pakistan et l’Afghanistan cette semaine :

«Kaboul peut servir de passerelle pour élargir la connectivité entre les régions d’Asie de l’Est, d’Asie du Sud et d’Asie centrale».

Le sénateur pakistanais Mushahid Hussain Sayed a déclaré :

« La Grande Asie du Sud est devenue un concept géo-économique fondé sur l’économie et l’énergie, les routes et les chemins de fer, les ports et les pipelines, et le Pakistan est le centre de cette connectivité grâce au CPEC. »

Pour Beijing, le CPEC ne peut réaliser son énorme potentiel que si les relations entre le Pakistan et l’Inde sont normalisées. Et cette voie passe par l’Afghanistan. La Chine vise une ouverture depuis des années. Les agents des services de renseignement chinois ont rencontré les talibans partout, du Xinjiang à Karachi et de Peshawar à Doha.

La donne de la Chine est extrêmement séduisante. Pékin est le seul capable de s’entendre avec tous les autres acteurs majeurs : Kaboul, les Talibans, l’ancienne Alliance du Nord, l’Iran, la Russie, l’Asie centrale, les États-Unis, l’Union européenne, l’Arabie saoudite, la Turquie et – enfin, les frères «de toujours, par tous les temps» du Pakistan.

Le seul problème est l’Inde. Mais maintenant, au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), ils sont tous autour de la même table – avec l’Iran et l’Afghanistan eux-mêmes en tant qu’observateurs. Tout le monde sait qu’une Pax Sinica [Paix chinoise] en Afghanistan impliquerait des tonnes d’investissement, de connectivité et d’intégration commerciale. Où est le mal ?

C’est l’objectif ultime des pourparlers de paix en cours à Moscou. Cela fait partie d’une stratégie SCO concertée qui fait l’objet de discussions depuis des années. Le voyage sur la route longue et sinueuse commence tout juste.

Un processus de paix mené par la Russie et la Chine, talibans inclus, un Afghanistan stable, Islamabad en tant que garant, une solution entièrement asiatique. Les envahisseurs occidentaux ne sont pas bienvenus.

Pepe Escobar 

Traduit par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/lafghanistan-occupe-une-place-centrale-dans-le-nouveau-grand-jeu

 

L’accord entre Jinping et Trump sauve in-extremis le G20

L’accord entre Jinping et Trump sauve in-extremis le G20

La trêve entre Donald Trump et Xi Jinping a permis de consolider la défense du multilatéralisme incluse dans la déclaration finale du G20 à Buenos Aires.

Les conclusions du G20 reconnaissent « ce que le système commercial multilatéral a apporté à la croissance, l’investissement international et la création d’emploi ». Mais « le système ne remplit plus ces objectifs et des améliorations sont possibles », admettent les dirigeants.

Pour cette raison, le groupe soutient « la réforme nécessaire de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour améliorer son fonctionnement. »

Le G20 n’a toutefois pas appelé à l’ouverture des marchés et n’a pas fait la critique des pratiques protectionnistes comme cela avait été le cas à Hambourg l’année dernière, alors que les divergences entre les pays les plus puissants du monde se creusent en matière de commerce international.

Le G20 se réunit à Buenos Aires sur fond d’état de siège

La tension monte à Buenos Aires, où se réunit le G20 vendredi et samedi. Le différend entre  États-Unis et  Chine risque d’achever les négociations commerciales multilatérales que l’UE tente désespérément de préserver.

L’intégration dans les conclusions de la réforme de l’OMC a été saluée par les nations européennes, car cela permettra de régler les différends commerciaux mondiaux au sein de cet organe multilatéral.

L’équilibre fragile atteint dans la déclaration et la réforme de l’OMC pourrait bien se poursuivre grâce à la trêve décidée par Donald Trump et Xi Jinping samedi soir à Buenos Aires, quelques heures après la clôture du sommet.

Donald Trump a donné au dirigeant chinois 90 jours pour avancer sur une série de points de friction minant les relations bilatérales des deux pays : des droits de douane au transfert forcé des technologies en passant par l’accès au marché chinois.

En contrepartie, le président américain s’est engagé à ne pas élever les droits de douane de 10 % à 25 % sur une valeur totale de 200 000 millions de dollars de biens chinois, comme il voulait le faire à partir de janvier.

Avec sa rhétorique exubérante habituelle, Donald Trump a parlé d’un « accord incroyable » à son retour à Washington. Si les négociations avec Pékin avancent, ce serait selon lui « l’un des plus grands accords commerciaux » jamais conclus.

Toutefois, une issue positive est loin d’être certaine. Avant de rencontrer Xi Jinping, il avait loué les bénéfices des droits de douane sur les produits chinois, ce qui avait eu l’effet d’une douche froide.

À la veille de la réunion, il avait également critiqué Pékin pour ses « agissements économiques prédateurs » et déclaré dans une interview qu’il était tout à fait improbable de ne pas revoir les droits de douane à la hausse.

Donald Trump a une fois de plus appliqué sa stratégie de proposer des négociations le doigt sur la gâchette, comme il l’avait fait avec le président de la Commission, Jean-Claude Juncker en juillet dernier.

Il souhaite que l’UE abaisse ses droits de douane sur les biens industriels et aligne ses normes règlementaires. Sinon, il menace les Européens de taxer les importations de voitures.

La rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping s’est tenue le 1er décembre au soir alors que les dirigeants du G20 rentraient dans leur pays, après deux jours de sommet à la fin duquel ils ont adopté une déclaration pour sauver la face.

« Tout le monde attend la réunion qui aura lieu dans quelques heures », a déclaré le président argentin Mauricio Macri après le sommet, admettant que l’importance de la déclaration dépendrait de la rencontre entre les dirigeants chinois et américains.

Le G20 parvient à éviter une guerre commerciale… pour l’instant

Les 20 pays les plus puissants au monde ont décidé de garder les marchés ouverts, et Angela Merkel a tenté de convaincre les dirigeants de prendre des mesures face à la surcapacité de l’industrie sidérurgique, afin d’éviter une guerre commerciale.

Divergences sur le climat

Alors que les gouvernements du G20 sont parvenus à trouver une issue acceptable sur la question commerciale, notamment grâce à la trêve entre la Chine et les États-Unis, le paragraphe faisant référence à la politique climatique est resté une pierre d’achoppement jusqu’à la dernière minute.

Si le groupe a réussi à maintenir Donald Trump au sein du consensus mondial sur le commerce multilatéral, les efforts ont été vains sur le front climatique, alors même que les nations du monde entier se réunissent à Katowice en Pologne pour COP24.

Les États-Unis ont refusé de faire partie du consensus comme ils l’avaient fait lors du précédent sommet du G20 à Hambourg en incluant un paragraphe dans lequel ils réitéraient leur décision de se retirer de l’accord de Paris.

Ils ont également affirmé leur « engagement ferme en faveur de la croissance économique, de l’accès à l’énergie et de la sécurité énergétique, en utilisant toutes les sources et technologies énergétiques tout en protégeant l’environnement ».

Le communiqué final contenait également une vague référence à la migration, question que les États-Unis n’avaient pas envisagé d’inclure, mais qui l’a été sous l’insistance des Européens.

Le texte dit que les « grands mouvements de réfugiés » représentent « une préoccupation mondiale ». Et a souligné « l’importance d’actions communes pour s’attaquer aux causes profondes du déplacement et pour répondre aux besoins humanitaires croissants »

 

.https://www.euractiv.fr/section/commerce-industrie/news/trump-and-xis-truce-upholds-watered-down-g20-communique/

Défaite de Tsai Ing-wen aux municipales taïwanaises : signification et conséquences

Défaite de Tsai Ing-wen aux municipales taïwanaises : signification et conséquences

Samedi 24 novembre, à l’occasion des élections municipales, les Taïwanais ont infligé un désaveu cinglant au PPD (Parti Progressiste démocratique), dirigé par la présidente en exercice Tsai Ing-wen. De 23 villes, elle n’en contrôlera désormais plus que 6. Le grand vainqueur de cette élection est le KMT (Kuomintang), officiellement favorable à un rapprochement avec Pékin et soutenu par la République populaire de Chine, qui n’accepte plus d’établir des programmes culturels et touristiques qu’avec les villes gérées par ce parti. Mais peut-on pour autant parler de victoire pour la Chine communiste ?

Un résultat sans conséquence à l’égard des relations entre Pékin et Taipei

Comme l’exprime la formule consacrée, pour le Parti communiste chinois, « le coq chinois [par référence à la forme du pays] ne peut être privé d’une seule plume ». Depuis l’accession au pouvoir de Tsai Ing-wen, le gouvernement communiste n’a cessé de tirer à boulets rouges sur l’île de Taïwan. En effet, comme militante, cette partisane du PPD défendait une position indépendantiste (qu’elle tempérera en tant que présidente par la suite). Pourtant, son échec électoral, suite auquel elle a démissionné de la présidence de son parti, n’a suscité à Pékin qu’un vague témoignage de satisfaction. Tout au plus, un porte-parole a suggéré au PPD de réviser son programme en conséquence.

Contrairement à ce que les apparences pourraient suggérer, la question des relations avec la Chine continentale n’a que très peu occupé les thèmes de campagne de ces municipales. Aucun des deux principaux partis en lice n’a clarifié sa position vis-à-vis de Pékin, signe d’un relatif consensus en faveur d’un statu quo raisonné. A l’inverse, la bataille électorale a gravité autour de questions économiques et de thème sociétaux, comme le mariage homosexuel, que souhaitait légaliser la présidente en exercice. La défaite du PPD aux municipales est avant tout le fait d’une frange conservatrice de la société, opposée au progressisme du PPD ainsi que du désaveu des plus démocrates dont le désir d’indépendance a été déçu par Tsai Ing-wen. En somme, cette défaite électorale illustre le déclin habituel des partis au pouvoir à mi-mandat dans une démocratie représentative. Elle ne présage en rien du résultat de la future présidentielle, au contraire: le fait que le KMT contrôle à présent 17 des 23 villes de Taïwan pourrait bien le desservir à ce moment-là.

Une population chinoise amusée, un Parti communiste à la manœuvre

Si les médias de Chine continentale, contrôlés pour le pouvoir, essaient de lier cette défaite du PPD à leur inclinaison indépendantiste, on ne peut pas en dire autant des réseaux sociaux. Pour les habitants de la République populaire, dans l’ensemble, KMT et PPD sont relativement semblables. Parmi les slogans les plus populaires qui circulent sur la toile, on peut lire que « Là où le PPD veut une indépendance sans fard [明独], le KMT veut l’indépendance en catimini [暗独] », ou encore, « La Chine veut faire de Taiwan sa sœur jumelle, Taiwan veut faire de la Chine son sac d’oseille » [中国拿台湾当同胞,台湾拿中国当钱包]. Les jeux de mots et blagues de mauvais goût sont des facteurs d’expressions privilégiés par les jeunes “netizens” qui témoignent ainsi de leurs opinions aux antipodes de la propagande formelle des médias affidés à Xi Jinping.

Han Kuo-yu remporte la ville de Kaohsiung, un fief du PPD, grâce à l'influence de Pékin
Han Kuo-yu remporte la ville de Kaohsiung, un fief du PPD, grâce à l’influence de Pékin

Néanmoins, même si cette élection n’est pas une victoire en tant que tel pour Pékin, elle démontre tout de même une chose : le gouvernement de Chine continentale sait influencer des élections. En plus de financer massivement les partis qu’il approuve, il est capable de lancer des campagnes de désinformation et de soutien sur l’internet. La victoire inattendue de l’outsider Han Kuo-yu (KMT) dans un fief du PPD en est la preuve : l’engouement dont il a bénéficié repose en grande partie sur la vaste diffusion par Pékin de « fake news » et de rumeurs à l’encontre de son opposant Chen Chi-mai. Cette campagne de désinformation, conjuguée au style “populiste” adopté par Han Kuo-yu, a pu faire basculer le jeune électorat dans l’escarcelle du KMT. Si, autrefois, la Chine continentale usait de bombardements et de parades militaires pour intimider les électeurs, elle privilégie aujourd’hui cette stratégie d’influence rodée par Moscou, et qui ne cesse de prouver son efficacité dans le monde.

 

Sources:

Médias français: Le Monde, Le Figaro, La Croix (édition du 24 novembre 2018)

Médias étrangers:
-Epoch Times (https://www.epochtimes.fr/parti-nationaliste-remporte-victoire-electorale-ecrasante-a-taiwan-599044.html)
-South China Morning Post (https://www.scmp.com/news/china/politics/article/2175860/taiwans-tsai-ing-wen-says-no-change-relations-mainland-following)
-Weibo & Wechat

 

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/actualite-analysee/38044-defaite-de-tsai-ing-wen-aux-municipales-taiwanaises-signification-et-consequences

 

Tentative de diabolisation de la Chine sur sa politique au Xinjiang

Tentative de diabolisation de la Chine sur sa politique au Xinjiang


Par Laurent Schiaparelli − Novembre 2018

Résultat de recherche d'images pour "Xinjiang"

Suivant un énième scénario funeste sorti des tiroirs du Pentagone, la Chine se trouve depuis quelques semaines dans le rôle du nouvel « ennemi du jour » des États-Unis, qui viennent de se rendre compte que leur campagne anti-russe des deux dernières années, loin de déstabiliser Trump, n’avait pour résultat que de rapprocher la Russie de la Chine. Si en 1972, en pleine guerre froide, Nixon s’est rapproché de Zhou Enlai pour isoler la Russie, c’est aujourd’hui la même politique que suit l’État profond américain, cette fois-ci à l’envers, en tentant une détente avec la Russie pour isoler la Chine.

Poutine et Lavrov s’étant révélés être de trop fins stratèges et des diplomates d’exception pour être poussés à la faute, l’État profond américain redimensionne sa machine de propagande contre la Chine, qui se trouve être de nouveau la cible de critiques occidentales, cette fois-ci sur sa politique de maintien de l’ordre dans la province du Xinjiang.

Comme à chaque fois que l’Empire anglo-sioniste tente de dé-stabiliser un pays, le même « kit de diabolisation » est activé :

Écoutons d’abord les accusations du « procureur », l’ONU, et les « faits » qui ont déclenché l’indignation des médias occidentaux : un million de personnes « seraient incarcérées » au Xinjiang (soit un Ouïghour sur dix). Aucun début de preuve ou de source n’est sont apporté par le comité de l’ONU qui a sorti ce chiffre d’on ne sait où, se contentant de citer « des sources crédibles ».

La Chine fait face à une menace réelle sur sa population et son territoire. Ces menaces ont été proférées publiquement, vidéo à l’appui, par des membres de Daesh et d’ETIM (East Turkestan Islamic Movement). Le gouvernement chinois n’est pas naïf quant à l’origine et aux soutiens de ces groupes terroristes, ni sur la duplicité de la Turquie dans cette affaire ; à savoir la présence de 200 000 Turkmènes résidant au nord de la Syrie, recevant protection et entraînement de la Turquie, et qui pourraient être « renvoyés » à la frontière entre le Turkménistan et la Chine, comme force de déstabilisation du Turkestan chinois si la relation sino-turque venait à s’envenimer, comme cela a souvent été le cas dès qu’il a été question de la minorité ouïghoure en Chine.

La Chine surveille depuis le début de la guerre en Syrie la présence de djihadistes ouïghours sunnites du Turkistan Islamic Party (TIP, l’autre nom d’ETIM, est un des groupes fondateurs de la nébuleuse « qui fait du bon boulot » al-Nosra, considérée comme une organisation terroriste par l’UE et les États-Unis) qui sont aujourd’hui principalement regroupés à Idlib.

La Chine, comme la Russie, souhaite traiter le problème à la source, et ne laissera pas ces djihadistes sur-entraînés rentrer en Chine, ou même en Asie centrale, où ils iraient grossir les rangs de leurs compères en Afghanistan, au Kazakhstan et au Turkménistan, pays limitrophes de la Chine.

La Chine rééduque certains de ses citoyens ouïghours qui sont tentés de se radicaliser sur son sol, mais ne laissera pas rentrer au pays, ni n’essaiera futilement de dé-radicaliser ceux qui sont partis en Syrie pour une orgie de violence sous un prétexte religieux. La série « Les Bisounours » n’ayant jamais été diffusée en Chine, il n’y a dans ce pays aucun projet de « centres de dé-radicalisation » à la française.

La participation chinoise à la résolution du conflit syrien est un fait : elle a pris d’abord la forme d’un soutien d’ordre financier et matériel, et il semble que le volet humain, s’il n’est pas déjà discrètement déployé, le sera sous peu, ne serait-ce que sous la forme de conseillers et personnels de renseignement.

La Chine, au contraire des pays occidentaux, n’hésite pas à prendre son problème à bras-le-corps de façon préventive : rééducation au Xinjiang des nervis radicalisés, surveillance physique accrue dans les villes du Xinjiang, surveillance des réseaux sociaux, demande aux Ouïghours de faire serment d’allégeance au Parti, enseignement du mandarin obligatoire dans la province du Xinjiang, etc.

Des ONG étrangères comme Reporters sans frontières et Human Rights Watch, sans aucune possibilité d’enquêter sérieusement sur le terrain, s’essaient à peindre un tableau « holocaustique » de la condition des Ouïghours au Xinjiang et à sermonner le « régime totalitaire » chinois sur la condition des journalistes, sans réussir à faire dévier le gouvernement de son objectif : sanctuariser son territoire de toute tentative extérieure d’attiser le séparatisme ouïghour, et garantir la sûreté de sa population, pour pérenniser son projet de développement économique de toute la région le long des Nouvelles routes de la Soie.

Contrairement à ce que des publications comme Foreign Policy (fondée en 1970 par Samuel Huntington, Choc des civilisations, et Warren Demian Manshel, membre du Council for Foreign Relations au côté de sommités telles que le Dalaï lama, Francis Fukuyama  Fin de l’Histoire, Madeleine Albright, Colin Powell, Condolezza Rice, Paul Wolfowitz, Henry Kissinger, Joe Biden, Bush père, Brzezinski, le couple Clinton, John McCain, George Soros, toute la famille Rockefeller, etc. affirment avec des arrières-pensées dissimulées, cette politique chinoise n’a rien d’anti-musulman. Elle ne concerne que la province du Xinjiang, celle où la menace terroriste existe bel et bien et menace de s’étendre au reste du pays, comme cela a été le cas à plusieurs reprises ces dernières années, les terroristes ouïghours allant frapper loin de leur base, à Beijing, Chengdu, Jinan et Guangzhou par exemple.

Cette campagne de pacification au Xinjiang ne vise pas les musulmans de Chine, comme osent l’écrire avec la malveillance qui les caractérise les médias occidentaux, mais plutôt certains éléments dans la province du Xinjiang que le gouvernement chinois a ses raisons de suspecter, selon les informations qu’il détient. Les autres ethnies musulmanes de Chine, autrement plus nombreuses que les Ouïghours, ne se plaignent d’aucune discrimination.

La campagne contre le radicalisme religieux appelée « Campagne de grève acharnée contre l’extrémisme violent » a débuté au Xinjiang en 2014. La personne chargée de cette campagne au Xinjiang est Chen Quanguo, ancien directeur du Parti de la province du Tibet, où il avait mené avec succès la même campagne pour désamorcer les tentatives de séparatisme sur fond de pratiques religieuses, bouddhistes celles-ci, mais orchestrées et soutenues médiatiquement par les mêmes depuis Washington. On notera au passage l’étonnante présence du Dalaï lama au sein du Council for Foreign Relations, cité plus haut, véritable nid à « néocons », à l’origine de toutes les déstabilisations géopolitiques des 40 dernières années.

Ce que subissent avec plus ou moins de résignation les Chinois, toutes ethnies confondues, toutes provinces confondues, est une campagne nationale de pacification et de sécurisation, de surveillance accrue du territoire et de la population, notamment son utilisation des réseaux sociaux et son accès aux médias étrangers.

Étant donné le contexte géopolitique délicat dans lequel la Chine se trouve, au centre de la cible que visent les États-Unis dans toutes leurs tentatives de déstabilisation par proxy interposés (Corée du Sud, Taïwan, Japon, Hong Kong), peut-on blâmer le gouvernement chinois de s’assurer que l’offensive ne proviendra pas d’abord d’agents manipulés ou sympathisant avec l’étranger dans la province du Xinjiang, sous la forme d’une énième « révolution de couleur » ?

Il n’y a décidément qu’en Occident au XXIe siècle qu’on s’indigne qu’un gouvernement ait à cœur la protection de sa population, le maintient de la paix sociale entre les communautés religieuses, le respect de son intégrité territoriale, et la neutralisation de l’influence d’agents étrangers.

Laurent Schiaparelli

http://lesakerfrancophone.fr/tentative-de-diabolisation-de-la-chine-sur-sa-politique-au-xinjiang

 

G20: la tension monte avant un choc Etats-Unis-Chine, Trump bouleverse à nouveau l’agenda

G20: la tension monte avant un choc Etats-Unis-Chine, Trump bouleverse à nouveau l’agenda

Le G20 était suspendu samedi au face-à-face prévu entre Donald Trump et Xi Jinping, censés négocier une trêve commerciale en conclusion d’un sommet tendu, et dont le président américain a une nouvelle fois bouleversé l’ordre du jour.

Le président américain a annulé sa conférence de presse de fin de sommet « par respect » après le décès de George H.W. Bush, vendredi à l’âge de 94 ans.

Ce rendez-vous était très attendu, après de nouvelles révélations à charge pour le milliardaire républicain dans l’enquête sur l’ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016.

Donald Trump avait déjà bouleversé l’ordre du jour du sommet en annulant un tête-à-tête tout aussi attendu avec le président russe Vladimir Poutine, et en révisant son programme de réunions bilatérales.

Pour l’heure toutefois, son dîner de travail avec Xi Jinping restait à l’ordre du jour, une fois bouclé le programme officiel du « Groupe des Vingt », pesant 85% du PIB mondial.

Les autres chefs d’Etat et de gouvernement réunis depuis vendredi dans une capitale argentine en état de siège guetteront le moindre signe d’apaisement du conflit commercial entre les deux puissances, au moment où l’économie mondiale s’essouffle.

La Chine mais aussi la zone euro ont connu un coup de mou l’été dernier. « Pour l’instant le soleil brille, mais des nuages noirs arrivent et certains d’entre nous sentent déjà les premières gouttes », s’est alarmé samedi un responsable européen, en marge du sommet.

Le FMI estime qu’à court terme, le PIB mondial pourrait être réduit de 0,75% en raison de l’accroissement des tensions commerciales.

Donald Trump, qui a soufflé le chaud et le froid sur sa rencontre avec Xi Jinping, s’était dit plutôt optimiste vendredi, parlant de « signes positifs ».

Ce champion du protectionnisme a prévu de porter à 25% le 1er janvier, contre 10% actuellement, les droits de douanes sur la moitié des produits chinois importés aux Etats-Unis. Et il menace de taxer la totalité des importations chinoises.

Xi Jinping a, lui, promis vendredi devant le G20 de « poursuivre les réformes » pour ouvrir le marché chinois et mieux protéger la propriété intellectuelle.

– Communiqué final –

Avant ce duel, le G20 tâchera d’accoucher d’un communiqué, sur lequel les diplomates se sont acharnés toute la nuit, portant les signatures de tous les participants .

Autrefois exercice obligé des grandes réunions internationales, ce texte âprement négocié et plein de bonnes intentions devient une denrée rare.

Le dernier sommet Asie-Pacifique s’est conclu il y a deux semaines sans déclaration conjointe. Et Donald Trump avait torpillé le communiqué du sommet du G7 de juin dernier.

Les Vingt ont du mal à trouver un vocabulaire commun, même très vague, sur les deux sujets les plus délicats: le climat, et le commerce.

Selon une source européenne, les Américains ont insisté pour que le terme de « tensions commerciales » soit remplacé dans le communiqué par un plus pudique « problèmes commerciaux ».

« La déclaration est finalisée presque à 100%, mais il reste quelques passages (…) dont la rédaction finale reviendra aux dirigeants », fait-on savoir de source espagnole.

Les Européens présents au G20 vont tenter d’obtenir au moins 19 engagements – celui de Donald Trump étant exclu – de soutien ambitieux à l’accord de Paris sur le climat.

Il leur faut convaincre les pays émergents, dont certains réclament plus d’aide pour leur transition énergétique.

– Bilatérales –

La deuxième et dernière journée du sommet sera aussi rythmée par des réunions bilatérales, par exemple entre Vladimir Poutine et Mohammed ben Salmane.

Le président russe et le prince héritier saoudien, dont la démonstration d’amitié vendredi devant les caméras a beaucoup fait parler, sont attendus au tournant sur le pétrole. Le cours du baril est suspendu à une éventuelle baisse de production de ces deux géants.

Lors de sa propre entrevue avec Vladimir Poutine samedi, la chancelière Angela Merkel lui a dit sa « préoccupation » face à l’escalade avec l’Ukraine.

Elle doit également voir Donald Trump, qui menace de taxer tous azimuts les importations de voitures des Etats-Unis, un geste potentiellement dévastateur pour la puissante industrie allemande.

Dans ce contexte, les hommages européens samedi à George H.W. Bush sonnaient comme une critique en creux de l’actuel hôte de la Maison Blanche.

Emmanuel Macron, dont la relation avec le président américain s’est nettement refroidie, a loué « un grand dirigeant et un soutien sans faille de l’alliance avec l’Europe ». Un « homme d’Etat » ayant oeuvré pour le « partenariat transatlantique », a souligné Angela Merkel, au moment où ce partenariat est mis à l’épreuve par Washington.

(©AFP / (01 décembre 2018 17h01)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-G20-la-tension-monte-avant-un-choc-Etats-Unis-Chine-Trump-bouleverse-nouveau-l-agenda/975872.rom

La Chine répond pour la première fois aux «menaces» du vice-président américain

La Chine répond pour la première fois aux «menaces» du vice-président américain


À propos du manque d’ouverture de la Chine.


Le 15 novembre 2018 – Source news.qq.com

Selon certaines sources étrangères, le vice-président américain a annoncé lors d’une interview accordée au Washington Post ce mardi 13 que, pendant le sommet du G20 en Argentine, les États-Unis et la Chine sont parvenus à un accord au sujet de l’ouverture de cette dernière, à condition que la Chine procède au préalable à des évolutions économiques, militaires et politiques : les États-Unis préconisent l’ouverture de la Chine et suggèrent qu’elle doit respecter les normes et les standards internationaux. À cette affirmation, Hua Chunying, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a répondu ce jeudi 15 aux journalistes du Global Times qu’en ce qui concerne l’économie et le commerce, la Chine « ne doit rien à personne, ne demande rien à personne, et plus encore n’a peur de personne ». Puis, au sujet du respect du droit international, elle précise que les personnalités publiques américaines devraient cesser de « se glorifier tout en critiquant les autres ».


Le même jour, lors d’une réunion organisée par le ministère des Affaires étrangères, Hua Chunying a déclaré au Global Times : « J’ignore si le discours de Mike Pence représente son avis, ou même celui du gouvernement américain. »
Ensuite, elle a cité à plusieurs reprises les concepts de « respect mutuel » et d’« intérêts partagés » communs aux deux pays. Elle a indiqué que les relations sino-américaines ont atteint un moment crucial de leur histoire, et que chaque partie doit procéder à des choix appropriés. La Chine respecte la souveraineté, la sécurité et les intérêts économiques des États-Unis, ces derniers devraient en faire de même : respecter les choix du peuple chinois, et la feuille de route du développement de leur pays.

Hua Chunying déclare qu’au niveau des négociations commerciales, la position chinoise est très claire : le renfort de la coopération économique sino-américaine est dans sa nature propre, elle enrichit mutuellement les deux partenaires ; la seule base acceptable pour régler les problèmes économiques est la réciprocité du respect commercial mutuel et un statut égal. « La Chine ne doit rien à personne, ne demande rien à personne, et plus encore n’a peur de personne. »
À propos du respect du droit et des normes internationales, la porte-parole a précisé que la Chine s’est toujours montrée exemplaire. « J’ai par ailleurs récemment suivi un discours de Maria Zakharova, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe, où elle passe quinze minutes à expliquer comment les États-Unis violent la loi ou abolissent des traités historiques. Alors je conseille sincèrement à quelques personnalités publiques américaines de cesser de se glorifier en critiquant les autres. »

Note du traducteur

QQ News est un média du groupe Tencent qui n’est plus à présenter : géant chinois de la télécommunication, il possède réseaux sociaux (Wechat, QQ), sites d’informations, studios d’animations et de films, studios de jeux vidéo, moyens de paiements, il est désormais impossible de passer à côté.

Traduit du Chinois par Rémi D, relu par Manuel H

http://lesakerfrancophone.fr/la-chine-repond-pour-la-premiere-fois-aux-menaces-du-vice-president-americain