Archives pour la catégorie Chine

Israël et la Palestine devraient résoudre les conflits par des négociations sur un pied d'égalité (envoyé chinois)

Israël et la Palestine devraient résoudre les conflits par des négociations sur un pied d’égalité (envoyé chinois)

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 22/01/2020 13:47

Le représentant permanent de la Chine auprès des Nations Unies, Zhang Jun, a déclaré mardi que la communauté internationale devrait encourager Israël et la Palestine à résoudre leurs conflits par le biais de négociations sur un pied d’égalité.

« La communauté internationale, en particulier les parties qui exercent une influence notable au Moyen-Orient, devraient déployer des efforts conjoints et sur la base de l’Initiative de paix arabe, du principe ‘terre contre paix’ et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, encourager Israël et la Palestine à résoudre leurs conflits par des négociations sur un pied d’égalité », a déclaré M. Zhang lors d’un débat public trimestriel du Conseil de sécurité sur la situation au Moyen-Orient.

La résolution 2334 du Conseil de sécurité stipule clairement que la construction de colonies dans les territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem-Est, se fait en violation du droit international, a signalé le diplomate chinois.

« Les parties concernées devraient sérieusement mettre en oeuvre la résolution 2334, cesser immédiatement toutes les activités de colonisation dans les territoires occupés, mettre fin à la démolition de maisons palestiniennes ainsi qu’à la destruction de leurs biens et empêcher la violence contre les civils », a-t-il ajouté.

« Nous devons continuer à promouvoir le dialogue, la négociation et la consultation politique. La question palestinienne ne peut être résolue que politiquement. La lutte contre la violence par la violence et la menace du recours à la force ne mènent à rien », a noté M. Zhang.

« Les territoires palestiniens occupés traversent une grave crise humanitaire et le processus de paix au Moyen-Orient n’est pas sur la bonne voie », a déploré le diplomate, soulignant que la Chine en était profondément préoccupée.

« Sans une solution juste et raisonnable à la question palestinienne, il n’y aura pas de paix ni de sécurité durables au Moyen-Orient », a-t-il averti.

« Nous devons continuer à adhérer à l’objectif global d’une solution à deux Etats. La solution à deux Etats est le seul moyen correct de résoudre le problème palestino-israélien. La création d’un Etat indépendant est un droit national inaliénable du peuple palestinien, un droit qui ne saurait être échangé », a conclu M. Zhang.

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ALERTE – Coronavirus: La ville de Wuhan, 11 millions d'hab. , berceau du virus, placé en quarantaine

ALERTE – Coronavirus: La ville de Wuhan, 11 millions d’hab. , berceau du virus, placé en quarantaine

Publié par wikistrike.com sur 22 Janvier 2020, 22:04pm

Catégories : #Santé – psychologie

ALERTE - Coronavirus: La ville de Wuhan, 11 millions d'hab. , berceau du virus, placé en quarantaine

Des scientifiques britanniques de l’Imperial College estiment maintenant que 4 000 personnes ont été infectées par le coronavirus chinois.

À partir de jeudi 23 janvier, les autorités de la ville chinoise de Wuhan -où les premiers cas du dangereux coronavirus ont été recensés- ont annoncé qu’interdiction était faite aux habitants de quitter la ville, relate le journal local Global times.

Les autorités chinoises imposent aux habitants de la ville de Wuhan l’interdiction temporaire de quitter la ville suite à la propagation du coronavirus, d’après le journal local Global times. Le nombre de morts est monté de 9 à 17 en quelques heures, avait-il été un peu plus tôt annoncé, ce mercredi 22 janvier.

«Les autorités de la ville suspendent les bus et le métro dans la ville, et les vols depuis les gares et les aéroports sont interrompus à partir de 10.00 heures (03.00 heures de Paris) jeudi 23 janvier, alors que l’épidémie de coronavirus s’accroît», a détaillé le quotidien sur son compte Twitter.Global Times@globaltimesnews

#Wuhan to suspend bus and subway in the city, close outbound channels at train stations and airports from 10 am Thursday amid escalating epidemic of coronavirus #nCoV2019 https://www.globaltimes.cn/content/1177745.shtml …

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La ville de Wuhan, située dans la province de Hubei, compte plus de 11 millions d’habitants.

Fin décembre, les autorités chinoises y ont signalé une épidémie de pneumonie d’origine inconnue. Les premiers cas ont été liés au marché aux poissons. Les experts ont déjà constaté qu’un nouveau type de coronavirus, -2019-nCoV, était l’agent pathogène de la maladie.

Il suscite une inquiétude croissante: la souche incriminée appartient à une famille comptant un grand nombre de virus qui peuvent provoquer des maladies bénignes chez l’homme (comme un rhume), mais aussi d’autres plus graves comme le Sras (syndrome respiratoire aigu sévère).

Les autorités chinoises ont officiellement confirmé que le virus peut se transmettre d’une personne à une autre, fait savoir le journal local.

Les autres pays touchés

Le virus a également été détecté à Macao, au Japon, en Corée du Sud, en Thaïlande, à Taïwan et aux États-Unis.

Les autorités sanitaires américaines ont ainsi annoncé mardi 21 janvier qu’un premier cas du coronavirus avait été signalé aux États-Unis. L’individu avait récemment voyagé à Wuhan, comme dans de nombreux cas similaires.

Source La Plume Libre@LPLdirect

⚡ Épidémie de #coronavirus : #Wuhan ressemble à un film de science-fiction. La #Chine a décidé de stopper toutes les liaisons internes depuis et vers la ville de 11M d’habitants. Le virus a tué 17 personnes & en a infecté des milliers. #WuhanCoronavirus

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527Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité538 personnes parlent à ce sujetL’infoMédia@linfo_media

🔴 #Coronavirus 🧫 à #Wuhan : La ville est complètement fermée et isolée. Plus personne n’entre ni sort de la ville. Tous les transports sont à l’arrêt.#coronavirus #Chine #virus

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155Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité133 personnes parlent à ce sujetConflits@Conflits_FR

⚡️ #coronavirus en Chine : les péages permettant d’accéder à la ville de #Wuhan ont été bloqués par les autorités. Des images dignes d’un film catastrophe.

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347Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité256 personnes parlent à ce sujetVanneur @Vanneur

Les hopitaux de Wuhan seraient débordés malgrés les tentes installées. Les malades afflueraient en très grand nombre. La situation est chaotique. De la panique suite à la mise en quarantaine dans la ville de 11 millions d’habitants. Supermarchés pris d’assaut. (RFA) #coronavirus

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http://www.wikistrike.com/2020/01/alerte-coronavirus-la-ville-de-wuhan-11-millions-d-hab.berceau-du-virus-place-en-quarantaine.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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La Russie et le Japon tiennent leurs premiers exercices navals conjoints

La Russie et le Japon tiennent leurs premiers exercices navals conjoints

© Chine Nouvelle (Xinhua), le 22/01/2020 01:20

Des navires de la Flotte russe de la Baltique et de la Force maritime d’autodéfense japonaise tiennent leurs premiers exercices anti-pirateries conjoints dans la mer d’Arabie, a déclaré mardi le ministère russe de la Défense.

Le patrouilleur Iaroslav Moudri, le pétrolier Elnya et le remorqueur naval Viktor Konetski participent aux exercices côté russe, accompagnés du destroyer japonais Harusame, a précisé le ministère dans un communiqué.

Mardi, ces navires ont effectué un exercice de libération d’un vaisseau capturé par de faux pirates, dont le rôle a été joué par le pétrolier russe.

Après avoir supprimé les pas de tir des faux pirates, les équipages du Iaroslav Moudri et du Harusame ont attaqué le navire et neutralisé les ravisseurs en quelques minutes seulement et libéré l’équipage de l’Elnya, selon le communiqué.

Plus tard dans la journée, les matelots russes et japonais effectueront des tirs conjoints de petite artillerie et de mitrailleuses lourdes contre une cible en mer, préparée et installée au préalable par l’équipage du remorqueur russe.

Ensuite, des hélicoptères de l’aviation navale des navires russes et japonais exécuteront des vols croisés en atterrissant sur le pont de leur partenaire.

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La Chine veut interdire le plastique à usage unique

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La Chine veut interdire le plastique à usage unique

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20/01/2020 | Willem De Maeseneer | 3 min de lecture

La décharge de Ji’nan City, en Chine. ISOPIX

Le pays, qui est l’un des plus grands consommateurs et producteurs de plastique au monde, veut réduire drastiquement l’utilisation du plastique.

La Chine a annoncé lundi son intention d’imposer des restrictions sur la production, la vente et l’utilisation des plastiques à usage unique.

La ‘Commission nationale pour le développement et la réforme’, un organisme gouvernemental chargé de l’innovation sociale, et le ministère de l’Environnement veulent interdire les sacs en plastique dans toutes les villes chinoises d’ici 2022.

L’utilisation d’articles en plastique dans les restaurants, tels que les couverts et les bocaux, devrait être réduite de 30 % d’ici 2025. Pour les pailles, l’interdiction devrait tomber fin de cette année.

Cette décision du gouvernement chinois répond aussi d’une nécessité: il devient de plus en plus difficile de traiter les déchets générés par les 1,4 milliard d’habitants. La plus grande décharge du pays – d’une taille équivalant une centaine de terrains de football – est complètement remplie, avec 25 ans d’avance sur le calendrier.

Une tendance régionale

Il semble que ce soit une tendance en Asie du Sud-Est : la Thaïlande a annoncé au début de l’année l’interdiction des sacs en plastique dans les grands magasins. L’interdiction complète dans tout le pays est prévue pour 2021.

La capitale indonésienne Jakarta interdira également les sacs plastiques à usage unique dans les grands magasins, les supermarchés et les marchés traditionnels d’ici juin 2020. L’île indonésienne de Bali a également rendu illégal le plastique à usage unique.

Dumping vers la Malaisie

La Malaisie a renvoyé 150 conteneurs de déchets plastiques importés illégalement dans leur pays d’origine, notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni.

‘Nous prendrons les mesures nécessaires pour que la Malaisie ne devienne pas la décharge du monde’, a déclaré lundi le ministre de l’Environnement Yeo Bee Yin. Elle a ajouté qu’il était prévu de retourner d’autres contenants dans un avenir rapproché.

Depuis 2018, date à laquelle la Chine a cessé de les importer, les pays riches envoient leurs déchets plastiques en Malaisie. Le gouvernement malaisien dit maintenant qu’il ne peut plus gérer cet afflux, parfois amené sans les permis nécessaires.

Source: BBC

https://fr.businessam.be/la-chine-veut-interdire-le-plastique-a-usage-unique/

Le réarmement du monde

Le réarmement du monde

Matteo Gruszewski 

17 janvier 2020 Afrique et Moyen-OrientAmériqueAmérique du NordAsie et OcéanieChineEuropeFranceGéopolitique & Relations InternationalesIndeInternationalProche et Moyen-OrientRussieSituations décryptées Leave a comment

En 2018, à la conférence de Munich sur la sécurité, Sigmar Gabriel (alors ministre des Affaires étrangères de l’Allemagne), déclare : « Les Européens sont les derniers végétariens dans un monde de carnivores géopolitiques ». Le monde post Guerre Froide, apaisé, que les Européens avaient idéalisé s’avère être une chimère. La paix entre les nations est une lointaine utopie, et le monde se réarme.

cartographie du commerce d'armements réarmement
Plus grands exportateurs de matériel de défense et leur principaux clients (SIPRI, 2017)

Le retour au réarmement

Depuis son élection, Donald Trump a annoncé son intention de se désengager globalement des traités internationaux signés par ses prédécesseurs.  Après l’accord sur le nucléaire iranien en mai 2018, Trump a annoncé le retrait des Etats-Unis du Traité sur le commerce des armes (ATT) en avril 2019. Ce traité, adopté par l’ONU en 2013, vise à réguler le commerce licite tout en luttant contre le commerce illicite des armes conventionnelles.

En juillet 2019, les Etats-Unis sortent ensuite du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF).  Ils accusent la Russie de ne pas respecter ses engagements, privant ainsi le monde d’un traité de désarmement historiquement fondamental. En 1987, sa signature par Mikhaïl Gorbatchev consacrait ainsi la fin de la crise des euromissiles amorcée en 1976. Si l’attitude américaine traduit un retour à l’unilatéralisme, il n’empêche qu’elle s’appuie sur un argument sécuritaire : faire face au réarmement du monde.

En effet, de 2017 à 2018, les dépenses de défense ont augmenté de 2,6% pour s’élever à 1800 milliards de dollars selon le SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute). De plus, on observe sur la période 2012-2016 une augmentation de 8,4% des ventes d’armes par rapport aux cinq années précédentes (2011-2015)

Un réarmement qui se généralise

Cette tendance au réarmement n’est pas seulement alimentée par les États-Unis et la Chine. Certes, les deux pays représentent respectivement 36% et 9% des dépenses militaires mondiales. La Chine poursuit une militarisation effrénée et fulgurante. Pékin dispose déjà de deux porte-avions, alors qu’un troisième est en construction. L’Empire du Milieu a également dévoilé un destroyer de 4e génération type 055 entièrement made in China.

Le reste du monde s’arme aussi. L’Inde se hisse désormais à la quatrième place des puissances militaires mondiales, dépassant ainsi la France selon le power index de Global Fire Power. La commande des 36 Rafales en 2016 à Dassault Aviation illustre clairement les ambitions indiennes. Arabie Saoudite, Algérie, Émirats-Arabes Unis, Turquie, Corée du Sud, la liste des puissances militaires en ascension est encore longue.

Cette dilution de la puissance de feu dans l’espace mondial, bien qu’il soit encore largement dominé par les États-Unis, la Chine et dans une moindre mesure l’Europe, met en exergue la complexification de l’ordre mondial et ses recompositions. Le réarmement dénote de deux phénomènes intimement liés. Premièrement, de plus en plus de pays s’affirment et pèsent dans le jeu géopolitique régional voire mondial. La Turquie en est un parfait exemple. Deuxièmement, ces stratégies de défense expriment de forts sentiments d’insécurité régionaux, comme c’est le cas pour la Corée du Sud ou pour les Émirats Arabes Unis.

Le champ de bataille se transforme

réarmement des armes nouvelles
Les drones de combat, nouvelles armes du XXIe siècle

Outre la dimension quantitative du réarmement mondial, les caractéristiques de ce dernier évoluent aussi, et de deux manières. Les moyens se métamorphosent dans l’innovation, et le champ de bataille se déplace. Concernant l’innovation, les armes s’améliorent et changent. La Russie a annoncé en décembre 2019 le déploiement de son missile hypersonique Avangard, « pratiquement invincible » selon Vladimir Poutine. De plus, les drones ou l’introduction de l’intelligence artificielle dans des armes autonomes transforment totalement la réalité du terrain.

L’autre mutation du champ de bataille, c’est qu’il va maintenant du cyberespace jusqu’à l’espace. Les dangers de la cyberguerre ont notamment conduit la Chine et la Russie (avec le « Runet ») à lancer des politiques d’« internet souverain » pour fonctionner de manière indépendante des réseaux internationaux. Parallèlement est en train de se jouer une deuxième saga de la « Guerre des Etoiles » reaganienne, avec une « arsenalisation » sino-russo-américaine de l’espace. Si Mac Mahan était né au XXIe siècle, « qui contrôle l’espace contrôle le monde » aurait pu être sa nouvelle maxime.

Conclusion : et l’Europe dans tout ça ?

Entourée d’un « cercle de feu » composé de crises, de menaces et de conflits, comment l’Europe se situe-t-elle ? On remarque une volonté grandissante de consolider une pensée stratégique, encore absente hier de la politique européenne. « Europe must also learn the language of power », déclare la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen. Des initiatives sont à relever, comme la Coopération Structurée Permanente de 2017 (CSP ou PESCO) ou le Fonds Européen de Défense prévu pour 2021. Dans un contexte de crise de l’OTAN et de montée de menaces, la défense européenne fait son nid. Ces initiatives suffiront-elles ? Et surtout, parviendront-elles à dépasser les innombrables divisions européennes ?

Sources :

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17 janvier 2020 Afrique et Moyen-OrientAmériqueAmérique du NordAsie et OcéanieChineEuropeFranceGéopolitique & Relations InternationalesIndeInternationalProche et Moyen-OrientRussieSituations décryptées Leave a comment

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Mais pourquoi les pêcheurs chinois découvrent-ils autant de petits sous-marins espions dans leurs filets ?

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Décryptages » Mais pourquoi les pêcheurs chinois découvrent-ils autant de petits sous-marins espions dans leurs filets ?POLITIQUE19 janvier 2020© ReutersIllustrationsETRE PRIS LA MAIN DANS LE SAC

Mais pourquoi les pêcheurs chinois découvrent-ils autant de petits sous-marins espions dans leurs filets ?

La Chine a découvert que des sous-marins d’espionnage rodaient sur son territoire. Le pays a donc demandé à ses pêcheurs de les récupérer.AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN01023Avec Emmanuel Lincot

Le gouvernement chinois demande à ses pêcheurs de récupérer des « torpilles et sous-marins d’espionnage » dans les eaux territoriales chinoises en face du Japon et de la Corée du Sud. Le gouvernement chinois paierait entre 40,000 et 72,000$ en récompense pour chaque objet trouvé.

Atlantico : Ces découvertes sont-elles nouvelles ? La Chine fait-elle de même ?

Emmanuel Lincot : Elles se sont amplifiées depuis ces dernières années. La première prise la plus médiatique par la marine chinoise d’un drone sous marin américain croisant au large des Philippines, pourtant situé dans des eaux territoriales internationales, mais que la Chine revendique comme siennes, avait en 2016 fait déjà grand bruit. La Chine procède de même en effet. Moins visibles que les drones aériens, les drones sous-marins n’en sont pas moins extrêmement importants dans les dispositifs de surveillance des littoraux adverses. Ils s’avèrent utiles pour contrôler les flux des navires en toute discrétion et plus particulièrement ceux des sous-marins mais aussi pour mesurer la salinité des eaux et leur température. Les drones de nouvelles générations seront en mesure d’intervenir dans les abysses pour rompre les câbles, détruire les communications, numériques notamment. Ce qui n’est pas sans poser des problèmes de nature sécuritaire; les communications Internet se faisant en majorité par voie sous-marine et non – contrairement à ce que l’on pourrait croire- par satellite. Que la Chine ait mis en scène ses pêcheurs récompensés comme d’authentiques patriotes participe d’un nationalisme outrancier et a valeur d’avertissement adressé aux étrangers.

Le gouvernement chinois a tapé du poing sur la table en expliquant que le Japon et la Corée étaient protégés par les Etats-Unis et donc que ces objets seraient une menace venant des américains. Ces découvertes peuvent-elles raviver les tensions entre les deux pays ? Quels peuvent être les effets sur le Japon ou la Corée ?

Emmanuel Lincot : C’est une façon de préparer l’opinion à de possibles mesures de représailles. Ces révélations surviennent dans un contexte de crise: tensions en mer de Chine, élections à Taïwan, et guerre commerciale avec les les États-Unis qui, quoi qu’en dise Donald Trump, va dans les faits, se poursuivre. Le fait d’accuser explicitement les États-Unis revient pour Pékin à vouloir ménager ses plus proches voisins coréen et japonais.

Le gouvernement américain s’est défendu de la notion d' »espionnage »; expliquant que ces « sous-marins » équipés de caméras servaient à explorer les fonds marins pour la recherche. Les Etats-Unis font-ils de même dans d’autres mers ou eaux territoriales ? (en Europe par exemple). 

Emmanuel Lincot : Vérité au-dessus des Pyrénées, mensonge en deçà….Bref, que les Américains disent vrai ou faux importe peu ici. Cette rivalité s’inscrit dans une lutte plus globale. Il s’agit, côté chinois et dans tous les cas, de disqualifier l’adversaire pour conditionner psychologiquement l’opinion à des mesures de représailles éventuelles. Une chose est certaine, c’est que les États-Unis ont créé une escadre de drones sous-marin. Ils sont opérationnels sur toutes les mers du monde. Côté européen, ils sont utilisés dans la surveillance des littoraux méditerranéens en crise, comme ceux de la Libye, mais aussi le suivi des navires russes.

https://www.atlantico.fr/decryptage/3586079/mais-pourquoi-les-pecheurs-chinois-decouvrent-ils-autant-de-petits-sous-marins-espions-dans-leurs-filets–lincot

Les Européens s'inquiètent de l'accord sino-américain


Les Européens s’inquiètent de l’accord sino-américain

L’UE craint que les entreprises européennes soient les victimes collatérales de l’accord conclu à Washington. Pékin s’est engagé à acheter pour 200 milliards de dollars de produits américains en plus sur deux ans.

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A Washington le nouveau commissaire européen au commerce, Phil Hogan, n’a pas caché son inquiétude sur les conséquences de l’accord commercial sino-américain. (PPE/SIPA)Par Frédéric SchaefferPublié le 19 janv. 2020 à 14h05Mis à jour le 19 janv. 2020 à 15h48

La trêve conclue avec Pékin, Donald Trump va-t-il être tenté de s’en prendre à l’Europe ? Malgré l’ouverture à Washington de son procès en destitution, le président américain se rendra cette semaine au Forum de Davos où il devrait évoquer avec la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, les tensions commerciales croissantes entre les Etats-Unis et l’Union européenne. Parmi l’éventail de questions qui divisent les deux alliés, le projet français de taxer les géants du numérique est au coeur des préoccupations de Washington, qui a menacé la France de représailles .

Au-delà, les Européens craignent de faire les frais de l’accord commercial conclu mercredi dernier entre les Etats-Unis et la Chine. Si l’accord limite les risques d’escalades qui pourraient ralentir l’économie mondiale cette année, certaines chancelleries s’inquiètent du fait que Pékin se soit engagé à acheter pour 200 milliards de dollars de produits américains en plus sur deux ans, craignant que les entreprises européennes soient les victimes collatérales de cet accord bilatéral.PUBLICITÉAds by Teads

Saisie de l’OMC

« Nous n’avons pas analysé le document en détail, mais nous le ferons. Et s’il y a un problème de conformité à l’OMC, bien sûr, nous ferons valoir nos arguments », avait indiqué dès jeudi le nouveau commissaire européen au Commerce Phil Hogan , effectuant sa première visite à Washington. Le lendemain, l’ambassadeur de l’Union Européenne en Chine, Nicolas Chapuis, enfonçait le clou : « les objectifs quantitatifs [de l’accord sino-américain, NDLR] ne sont pas compatibles avec l’OMC s’ils entraînent des distorsions commerciales. Si tel était le cas, nous irions devant l’OMC pour régler cette question », indiquait-il lors d’une conférence de presse à Pékin. Invité dès jeudi au ministère chinois des Affaires étrangères, Nicolas Chapuis a indiqué y avoir « reçu des assurances formelles que les entreprises européennes ne seraient en aucun cas affectées par l’accord ». Outre les achats de biens, l’Union européenne va surveiller de près que les ouvertures du marché financier promises par Pékin ne bénéficient pas uniquement aux acteurs américains.

Distorsion de marché

« Washington dicte à la Chine ce qu’elle devrait acheter aux Etats-Unis. L’accord réécrit les règles de la mondialisation et créé une distorsion du marché à une échelle sans précédent », déplore Joerg Wuttke, président de la Chambre de commerce européenne en Chine. Ce dernier ne cache pas les défis qui attendent les entreprises non-américaines qui exportent ou sont présentes en Chine. « Nous nous demandons quelle est notre place », s’interroge-t-il.

En Chine, la croissance au plus bas depuis 29 ans

En Chine, toujours moins de naissances

Frédéric Schaeffer  (Correspondant à Pékin)

https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/les-europeens-sinquietent-de-laccord-sino-americain-1164227

La Chine et les Etats-Unis ont signé l'accord économique et commercial de phase 1

La Chine et les Etats-Unis ont signé l’accord économique et commercial de phase 1

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 16/01/2020 14:22

La Chine et les Etats-Unis ont officiellement signé mercredi à Washington leur accord économique et commercial de phase 1, le vice-Premier ministre chinois Liu He et le président américain Donald Trump ayant ratifié les documents à la Maison Blanche.

Dans un discours prononcé lors de la cérémonie de signature, M. Liu, qui est également membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois et chef de la partie chinoise du dialogue économique global sino-américain, a d’abord transmis un message du président chinois Xi Jinping à M. Trump.

La conclusion de cet accord est bénéfique pour la Chine, pour les Etats-Unis et pour le monde entier, a déclaré M. Xi dans le message lu par le vice-Premier ministre.

« Cela montre aussi que nos deux pays ont la capacité d’agir sur la base de l’égalité et du respect mutuel, et de travailler par le dialogue et la consultation pour traiter correctement et résoudre efficacement les questions pertinentes », d’après le message.

Au cours de la prochaine étape, les deux parties doivent mettre en oeuvre l’accord avec un réel sérieux et optimiser ses effets positifs, de manière à réaliser des progrès encore plus importants en matière de coopération commerciale et économique entre la Chine et les Etats-Unis, a écrit le président chinois.

Selon lui, le maintien d’une croissance saine et régulière des relations sino-américaines sert les intérêts des deux pays et exige de leur part des efforts conjoints.

Dans cet esprit, M. Xi a exprimé l’espoir que les Etats-Unis traiteront avec équité les entreprises chinoises ainsi que leurs activités économiques, commerciales et d’investissement normales, tout en appuyant la collaboration entre les entreprises, les instituts de recherche et les écoles des deux pays, car cela contribuera à renforcer la confiance mutuelle et la coopération bilatérale.

« La Chine est prête à travailler avec les Etats-Unis en ce sens. Et je resterai personnellement en contact étroit avec vous », a poursuivi le président Xi. « Je suis convaincu que sous notre direction, les relations sino-américaines obtiendront plus de résultats et bénéficieront davantage à nos peuples au cours de l’année à venir. »ANNONCEPARTAGER SUR FACEBOOK !

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accords-commerciaux-entre-les-etats-unis-et-la-chine-vers-la-fin-de-la-guerre-commerciale/

Accords commerciaux entre les États-Unis et la Chine : vers la fin de la guerre commerciale ?

Interview18 décembre 2019Le point de vue de Sylvie Matelly

Donald Trump a annoncé un accord prévoyant une suppression par étapes des droits de douane punitifs envers la Chine, cette annonce semblant amorcer une accalmie, au moins temporaire, dans la guerre commerciale que les deux pays se livrent depuis presque deux ans. Se dirige-t-on vers la fin de celle-ci ? Le point de vue de Sylvie Matelly, directrice adjointe à l’IRIS.

Qu’est-ce qui a poussé les États-Unis et la Chine à faire une trêve dans leur guerre commerciale ? Se dirige-t-on vers une sortie de crise durable ?

Ce n’est pas le premier accord annoncé, mais celui-ci semble avoir été conclu. Il y a eu plusieurs tentatives depuis le début de cette guerre commerciale, en janvier 2018. Plusieurs accords ont été négociés, mais très peu sont arrivés à terme. Cette dernière tentative se révèle assez globale, incluant la plupart des sujets.

Les raisons qui ont mené à cet accord sont multiples.

La Chine souffre de cette guerre commerciale depuis plusieurs mois, la croissance du pays est menacée et le pacte social, permis par cette croissance, semble s’effriter. On l’a vu à Hong Kong avec les manifestations et l’on voit d’autres problèmes apparaître ailleurs. Pour la Chine, il y avait urgence à calmer le jeu et à accepter un certain nombre de concessions pour que le commerce reprenne avec les États-Unis et que la croissance chinoise se stabilise.

L’économie des États-Unis est pour l’instant peu affectée par cette guerre commerciale, à l’exception de certains secteurs économiques, comme l’agriculture par exemple. Donald Trump avait d’ailleurs débloqué, il y a quelques mois, des moyens financiers pour soutenir les agriculteurs américains et compenser le manque à gagner des tarifs douaniers imposés par la Chine en représailles des sanctions américaines.

Or, il se trouve que les secteurs américains les plus impactés par la guerre commerciale sont aussi ceux qui représentent le plus grand nombre d’électeurs pour Donald Trump. L’accord trouvé avec la Chine relève donc pour partie d’une stratégie politique et électorale, dans une logique de précampagne pour sa réélection à la présidence des États-Unis en novembre prochain. Le président américain a ainsi tweeté qu’il s’agissait de « l’accord du siècle », le considérant comme un succès politique tendant à prouver que la guerre commerciale a fonctionné, de son point de vue, et que la Chine a cédé sur l’essentiel.

Pour autant, je ne pense pas que l’on se dirige vers une sortie de crise durable entre les États-Unis et la Chine tant les sujets de discorde sont nombreux. Même si cet accord venait à régler la question commerciale, ce dont on peut déjà douter, il reste de nombreux points d’achoppement. L’accord en intègre un certain nombre comme la question des droits de propriété par exemple. Pour l’instant, il ne s’agit que d’engagements et pas de mesures concrètes.

L’accord commercial est-il équilibré ou est-ce qu’un des deux pays en sort davantage gagnant ?

C’est difficile à dire, tout simplement car on ne sait pas exactement ce que contient cet accord. L’annonce faite par les Américains explique qu’il englobe tous les sujets qui fâchent, notamment la propriété intellectuelle et la question des transferts de technologies, ce n’est donc pas juste un accord commercial. La seule chose dont nous sommes sûrs, c’est que les Chinois semblent s’engager à acheter pour 200 milliards de produits américains, soit un tiers du déficit commercial, ce qui est assez conséquent.

Aux États-Unis, l’accord commercial a déclenché de fortes critiques : le New York Times a publié un article extrêmement négatif et certains experts des affaires commerciales se sont exprimés à la télévision en expliquant que l’accord était défavorable aux États-Unis… Les Américains ont obtenu des concessions des Chinois surtout sur la forme, mais pas d’engagements fermes, tandis que les Chinois ont obtenu des Américains des engagements beaucoup plus concrets, ce qui renforce cette idée que les États-Unis y perdent. Mais nous en saurons plus une fois l’accord intégral publié.

Les États-Unis se sont par ailleurs attaqués à l’Union européenne, et à plusieurs de ses membres, dont la France, soufflant le chaud et le froid quant à de potentielles représailles commerciales. Où en est-on de ces différents dossiers ? Quel est l’impact de ces tensions sur les différents marchés ?

Pour l’heure, les tensions sont palpables : des mesures ont été prises début octobre dans le cadre du jugement porté par l’Organe de règlements des différents de l’OMC au début du mois d’octobre, les Américains ayant eu le droit d’imposer jusqu’à sept milliards de dollars de sanctions et ils ne s’en sont pas privés. Des menaces ont été faites aux Français dans le contexte de la mise en œuvre de la taxe GAFA. Cependant, ce n’est pas pour l’instant aussi massif que la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.

On sent une véritable hésitation entre un Donald Trump, très offensif sur l’Union européenne, et son administration, beaucoup plus prudente que le Président avant de se fâcher avec les principaux alliés des États-Unis. Les éléments qui fâchent Donald Trump sont nombreux : déficit commercial entre les États-Unis et l’Union européenne — surtout l’Allemagne en réalité —, taxe GAFA, taxe carbone qui s’imposerait aux importations américaines dans le cadre du Green Deal, l’OTAN et le fardeau de la sécurité européenne… En résumé, l’Union européenne constitue pour le Président des États-Unis l’archétype de ce qu’il ne faut pas faire en matière de renoncement à certains aspects de souveraineté au profit d’une organisation régionale (cf. sa perception de l’ALENA aussi et la renégociation de l’accord qu’il a imposé), mais aussi en matière de valeurs : le modèle social par exemple, le RGPD et la protection des données personnelles sont autant de dossiers qu’il ne comprend pas et qui sont très éloignés de sa culture et de ses convictions. Il a par conséquent beaucoup de mépris pour ces pays européens dont il a l’impression qu’en plus, ils ont toujours profité des États-Unis (répartition du fardeau au sein de l’OTAN par exemple ou interventions américaines lors des deux guerres mondiales).

https://www.iris-france.org/143017-accords-commerciaux-entre-les-etats-unis-et-la-chine-vers-la-fin-de-la-guerre-commerciale%e2%80%89/

Chine digitale, dragon hacker de puissance

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Chine digitale, dragon hacker de puissance

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Publié par Agnes Boschet le 11 Décembre 2019

L’IA, bel exemple de l’intégration civilo-militaire chinoise pour la domination

Chine digitale, dragon hacker de puissance

Le Plan 863 (plan national de développement de la haute technologie, 1986-2016) affirmait déjà les choix stratégiques pour une création endogène d’industries de pointe, à type de technologie de l’information (circuits intégrés, logiciels, réseaux du futur, informatique), automatisation, biotechnologie, aéronautique et aérospatiale, énergie, nouveaux matériaux, naval, mis depuis à la sauce « green by design ». Depuis lors, le Plan « Made in China 2025 » n’a eu de cesse de rebondir sur ce premier palier de création de valeur via l’essaimage de centres de recherche et d’innovation. Les projets en partenariat sont nombreux et le modèle du « Rêve chinois » a permis de stimuler la motivation des jeunes générations d’étudiants et d’entrepreneurs à l’éclairage de la réussite des BATX. 

L’État Parti s’est lancé dans un projet fou et a su prendre le risque de stimuler toutes les envies de créativité dans un univers relativement fermé et contrôlé. Alimenter la machine à rêves a été la condition sine qua non pour avancer à grande vitesse sans avoir à craindre la contestation. La question est désormais de savoir où placer le curseur pour se donner les moyens des ambitions politico-économiques tout en gardant le contrôle. 
La vision stratégique pour le Plan IA est le relais de croissance attendu pour 2030 (26 % du PIB, McKinsey Institute 2017) car il permet de fédérer des acteurs qui sont en passe d’atteindre la maturité technologique. L’IA est l’outil de contrôle de la population qui permet d’avoir un œil sur les provinces, mais également de développer un réseau vertical de création de valeur par les services. La WAIC (World artificial intelligence conference) est désormais la tête de proue de la communication internationale sur l’IA et permet à Pékin d’afficher ses ambitions. L’objectif pour 2020 est de former les ingénieurs, d’améliorer les structures et la qualité des publications scientifiques pour devenir « le centre d’innovation » mondial de l’intelligence artificielle. La guerre des talents a commencé.
La fusion civilo-militaire renforce la capacité de l’État-Parti à prendre des décisions politico-économiques et à accélérer les usages. 150 milliards de dollars de subvention ont déjà été injectés dans l’écosystème privé. 

D’après le Pentagone, un budget de 70 milliards de dollars serait actuellement dédié au Plan IA et dépasserait celui des États-Unis (5 milliards environ), mais avoisinerait celui des GAFAM (50 milliards). C’est entre-autre, grâce aux immenses lacs de données mis à disposition par les acteurs du e-commerce que l’entraînement des réseaux de neurones peut se faire et accélérer ainsi la prise de position dominante dans le cyber espace. L’institut du Deep Learning de Baidu est un des chefs de file du big data à la manœuvre pour alimenter la recherche en IA. 

Depuis 2010, les nombreuses expérimentations en vie réelle participent à l’efficacité de la reconnaissance faciale et vocale. On peut citer quelques fleurons qui tirent l’écosystème de l’IA chinois, mais qui à l’heure de la guerre économique se voient interdits d’acheter des composants à des sociétés américaines sans l’approbation de Washington. 
Megvii Technology, fondée en 2011 par des étudiants de la Tsinghua University, est une startup de l’IA spécialisée dans la reconnaissance faciale qui, dans le cadre de sa croissance a déjà levé 750 millions de dollars au printemps 2019. Ce nouveau tour de table valorise la société chinoise à plus de 4 milliards de dollars. Ses technologies sont appliquées au contrôle pour faciliter les paiements (Alipay), les modèles d’assurance, etc. Portée par Alibaba Group, en octobre, Megvii a été ajoutée à la liste noire des 8 entreprises spécialisées dans l’IA, le big data et la vidéosurveillance ciblées par Washington. 
SenseTime est quant à elle la startup la plus valorisée au monde. Sa dernière levée de fonds lui a permis de récolter 1,2 milliard de dollars en deux mois. Elle possède un laboratoire de R&D dans la Silicon Valley ainsi qu’au MIT. iFlytek est le leader de la reconnaissance vocale en Chine. Yitu Technologies fournit des applications pour la sûreté industrielle. Hikvision et Dahua Technology sont spécialisées dans l’audiovisuel et la vidéosurveillance. Elles réalisent respectivement 30 % et 36 % de leur chiffre d’affaires à l’international. Xiamen Meiya Pico Information est spécialiste en cybersécurité pour les états. Yixin Science and Technology fut quant à elle révélée lors des JO de Pékin de 2008 comme fournisseur d’alertes pour d’éventuelles attaques terroristes.
La « fusion civilo-militaire » permet à l’armée chinoise (APL) de bénéficier des développements accompagnant la double dynamique robotique et intelligence artificielle. L’APL travaille notamment sur la stratégie de cyber guerre via la conduite de véhicules sans pilote. Elle développe et teste aussi des sous-marins sans équipages. Dès 2017, China Electronics Technology Group réussissait à exploiter un essaim de soixante-dix drones intelligents sans pilote. 

La militarisation de l’IA amène à s’interroger sur les conséquences de ce processus sur le plan opérationnel et stratégique global, c’est-à-dire le niveau où les intérêts politiques, économiques et stratégiques se recoupent et s’amplifient. 
Comme ils l’ont déjà fait dans les autres secteurs normatifs (TIC/UIT, Agriculture/FAO, etc.), les experts chinois se sont engagés dans la nouvelle organisation internationale de la normalisation dédiée à l’IA, Partenership on AI.

Mais où est donc consignée la stratégie globale de développement technologique français ? Quand la technologie chinoise pourrait perturber l’ordre du commercial mondial, les États-Unis s’apprêtent à rebondir après avoir compris (début 2018 ) que l’avance chinoise en IA reposait sur la stimulation et l’accélération des partenariats de recherche et développement. En France, fin 2019, le ministre des Finances Bruno Lemaire confirme l’enveloppe de 1,5 milliard d’euros (annoncée il y a un an) dédiée au soutien de la recherche en IA pour 2022. Le focus est mis ici sur l’innovation de rupture « made in France » et soutient l’idée « d’augmenter la porosité entre la recherche publique et privée… dans la santé, la cybersécurité et la certification des algorithmes ». 

La position dominante des deux géants de l’économie numérique est indiscutable et offre peu de place à une Europe sans stratégie ni champions avérés. Le progrès technologique associé à l’abondante montagne de données produites par les géants GAFAM et BATX a déjà créé la distance et leur procure l’avantage. Dans la seconde partie du XXIe siècle, ils capteraient 70 % de la valeur financière produite par l’IA. 

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