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Empire : la perte du Rimland

 

Empire : la perte du Rimland

Publié le 13 Avril 2019 par Observatus geopoliticus in Asie centraleEtats-UnisRussieChine

Dans la colossale bataille du Grand jeu eurasien conditionnant le devenir du monde, l’Asie centrale et le Caucase ont toujours occupé une place éminente. A la chute de l’URSS en 1991, Le Heartland, déjà mis à mal par la rupture sino-soviétique, reculait de manière dramatique.

Quant au Caucase et à l’Asie centrale, nouvellement indépendants, ils devenaient immédiatement la cible de l’empire américain souhaitant les intégrer dans un Rimland d’obédience euro-atlantique encerclant définitivement la Russie :

En mars 1999, au moment même où les premières bombes s’abattaient sur la Serbie et quelques jours avant que la Pologne, la Hongrie et la République tchèque ne deviennent membres de l’OTAN, le Congrès américain approuva le Silk Road Strategy Act, ciblant ni plus ni moins huit ex-républiques de l’URSS – les trois du Caucase et les cinq -stan d’Asie centrale. Derrière la novlangue de rigueur, le but était de créer un axe énergétique Est-Ouest et d’arrimer fermement ces pays à la communauté euro-atlantique. Dans le collimateur, même si cela n’était pas dit explicitement : Moscou et Pékin.

Mars 1999 ou la folie des grandeurs américaine… Europe de l’est, Balkans, Caucase, Asie centrale : la Russie serait isolée sur tout son flanc sud et l’Eurasie divisée pour toujours.

A la faveur de la guerre d’Afghanistan, les Américains réussissaient même à s’introduire en plein cœur de l’Asie centrale avec l’installation de bases au Kirghizstan (Manas) et en Ouzbékistan (Karshi-Khanabad), et étaient sur le point de faire de même en Azerbaïdjan. Quant aux richesses énergétiques de la Caspienne, elles étaient déjà partiellement captées par le BTC pétrolier vers l’Ouest et son pendant gazier oriental était dans les tuyaux. C’est le fameux TAPI (Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde), bien connu des lecteurs:

Le projet débute dans les années 90, l’âge d’or de l’empire (ou de la folie impériale) comme nous l’avons vu plus haut. Chose curieuse, c’est une compagnie argentine, Bridas, qui la première en eut l’idée. Très vite cependant, la texane Unocal rejoignait la danse, supportée par les poids lourds du lobbying diplomatico-énergétique US ainsi que par la famille royale saoudienne (présence de Delta Oil dans le consortium). Le petit poucet Bridas réagit alors en s’alliant avec une autre compagnie saoudienne, Ningarcho, alignée sur le prince Turki el-Faisal, le tout-puissant chef des services secrets de Riyad, puis fusionnant l’année suivante avec l’américaine Amoco, elle-même liée à BP.

Voilà qui rééquilibrait singulièrement le poids des lobbyistes. D’un côté, l’alliance Bridas-Ningarcho-Amoco-BP soutenue par Turki, Brzezinski (conseiller d’Amoco !) ou encore James Baker, l’ami de toujours de la famille Bush. De l’autre, Unocal, parrainée par Dick Cheney, le roi Fahd, Kissinger (conseiller d’Unocal !), Hamid Karzaï (futur président afghan) ou Armitage. L’establishment américain mais aussi saoudien étaient divisés : un vrai panier de crabes…

La passe d’armes déjà complexe était rendue encore plus ardue par la confusion et les intrigues sur le terrain. Le Pakistan et le Turkménistan de notre fameux Niazov (celui qui aimait tant sa maman) furent retournés par Unocal après d’intenses séances de « persuasion ». Restait l’Afghanistan où Bridas possédait encore une longueur d’avance. Ben Laden lui-même s’en était mêlé, conseillant à ses hôtes talibans de signer avec la société argentine. Mais les enturbannés du mollah Omar préféraient attendre et faire monter les enchères ; c’est à cette époque qu’une délégation talibane fut invitée au Texas et à Washington (ainsi qu’à Buenos Aires pour bien faire).

Elu fin 2000, Bush junior prit le parti d’Unocal et relança les négociations avec les Talibans, mais celles-ci butèrent sur les frais de transit exigés par les « étudiants » en théologie. Furieuse, l’administration américaine envoya un émissaire de la dernière chance début août 2001 pour rencontrer une ambassade talibane à Islamabad. C’est au cours de cette réunion qu’aurait été prononcée cette fameuse phrase : « Acceptez notre tapis d’or ou nous vous enterrerons sous un tapis de bombes ». Un mois plus tard, les tours du World Trade Center tombaient et il n’était plus question de négociations ni de tapis d’or…

Mais de TAPI de gaz, il était toujours question ! Certains des principaux soutiens d’Unocal étaient installés au pouvoir (Karzaï à la présidence, Khalilzad comme envoyé spécial puis ambassadeur US à Kaboul) avec pour mission de mener le projet à bien. Toutefois, ce n’est pas pour rien que l’Afghanistan est surnommé le tombeau des empires. Quinze ans après, la guerre fait toujours rage, les Talibans contrôlent des provinces entières tandis que l’Etat Islamique a réussi à s’implanter partiellement. Dans ces conditions, faire passer un gazoduc est aussi probable que de voir le Vatican battre la Nouvelle-Zélande dans un match de rugby…

2019. L’Europe est confrontée à une vague de « populisme » (©presstituée) remettant en cause la domination américaine, le Caucase n’est pas passé sous obédience US, la Turquie s’en éloigne, l’Asie centrale est solidement amarrée à l’OCS et les bases impériales y ont été fermées, le Pakistan est perdu, le couple sino-russe plus soudé que jamais, l’Iran en passe de le rejoindre, l’Afghanistan et l’Irak sont des fiascos à plusieurs centaines de milliards de dollars. N’en jetez plus !

Alors que les Nouvelles routes de la Soie chinoises, qui doivent irriguer l’Eurasie, attirent à peu près tous les pays du continent-monde, Poutine a fait acter l’année dernière l’interdiction de toute présence étrangère autour de la Caspienne (bye bye OTAN) tandis que la flotte russe a désormais accès à toute la mer. Aux dernières nouvelles, Brzezinski en a fait un looping dans sa tombe…

Pire pour l’empire, non seulement l’encerclement de la Russie a lamentablement échoué mais c’est maintenant elle qui avance inexorablement dans le Rimland ! En mars, lors d’une visite de Vladimirovitch au Kirghizstan, a été décidé l’agrandissement de la base de Kant tandis que Moscou augmentera vraisemblablement sa présence déjà importante au Tadjikistan avec la réouverture des bases de Kulob et Bokhtar. Tadjikistan où les Chinois sont également présents, quoique pas de manière officielle, pour surveiller cette zone hautement stratégique (à quelque km de l’Afghanistan ou du Cachemire) et interdire le retour des djihadistes au Xinjiang.

Cette poussée sino-russe dans l’ex-futur pré carré américain fait évidemment grincer les dents du système impérial dont les think tanks néo-cons tentent, assez maladroitement, d’inventer une rivalité militaire entre Moscou et Pékin (ici ou ici). Ils ne peuvent néanmoins cacher une réalité dérangeante : la Russie redevient très prisée en Asie centrale, notamment au Kirghizstan où Vladimirovitch est plus populaire que les dirigeants locaux. Ca tombe bien, Bishkek préside cette année l’Organisation de Coopération de Shanghai et l’Organisation du Traité de Sécurité Collective, dont elle accueillera les sommets. Quant à la vraie-fausse démission surprise du liderissimo kazakh Nazarbaïev, elle ne changera rien aux liens étroits d’Astana avec l’ours et le dragon et pourrait même les renforcer.

Dans ce contexte, Moscou la joue sereine et se permet même de temporiser dans les discussions sur la multiplication de ses bases à l’étranger, par exemple une deuxième au Kirghizstan. Vision à la russe, où la qualité prime sur la quantité : si les Américains sont des joueurs de Monopoly, les Russes sont des joueurs d’échecs qui avancent leurs pions après mûre réflexion, veillant à les placer en des endroits stratégiques, sans pour autant multiplier les risques ni les coûts. Or l’échiquier russe dans le Rimland commence à prendre forme, au grand dam des stratèges du Potomac.

Asie centrale, Syrie, Caspienne, Arménie, Biélorussie, alliances (OCS, 4+1 ou autres), et même la récupération pétrolière du Kurdistan irakien pourtant fidèle soldat de Washington… La carte des folies impériales d’il y a vingt ans, publiée plus haut, est désormais caduque. Ayez pitié de Mackinder, ne lui montrez pas la nouvelle mappemonde géopolitique.

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/04/empire-la-perte-du-rimland.html

 

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La Banque de Chine émet à nouveau des obligations pour « la Ceinture et la Route »

La Banque de Chine émet à nouveau des obligations pour « la Ceinture et la Route » © Chine Nouvelle (Xinhua), Le 12/04/2019 13:16 La Banque de Chine, l’une des banques commerciales les plus importantes du pays, a émis 3,8 milliards de dollars d’obligations en diverses devises pour collecter des fonds à bas coût pour des projets de moyen et long termes liés à « la Ceinture et la Route », selon un article publié vendredi par le journal China Daily. Huit types d’obligations ont été émis en cinq devises, soit le dollar américain, l’euro, le renminbi, le dollar hongkongais et le pataca macanais, par les branches de la Banque de Chine au Luxembourg, à Francfort, à Sydney, à Hong Kong et à Macao. En tant que quatrième prêteur commercial de la Chine, la Banque de Chine a émis les obligations de « la Ceinture et la Route » à cinq reprises en sept devises depuis 2017, avec une valeur totale de 14,6 milliards de dollars. « L’intérêt de ce genre d’obligations achetées par des investisseurs internationaux, en particulier des investisseurs européens, a connu une croissance importante ces dernières années », a fait savoir Liu Xinqun, directeur général du département du Trésor de la banque. Lire plus sur :

https://chine.in/actualite/cn/banque-emet-nouveau-des-obligations-pour_118384.html

Crash du F-35A Nippon : Washington utilise l’avion espion U-2 pour surveiller d’éventuelles tentatives de recherches chinoise ou russe

Crash du F-35A Nippon : Washington utilise l’avion espion U-2 pour surveiller d’éventuelles tentatives de recherches chinoise ou russe

Un avion de reconnaissance Lockheed U-2 de l’US Air Force participe aux operations de recherche du pilote du F-35A Nippon qui s’est écrasé dans l’océan pacifique le 09 avril 2019. L’intervention de ce type d’appareil viserait avant tout la surveillance des activités chinoise et russe près de la zone du crash.

Lockheed U-2 Dragon Lady

Le Lockheed U-2 Dragon Lady est un avion de reconnaissance évoluant en haute altitude

Le F-35A Lightning II (JSF) des forces d’autodéfense aériennes japonaises avait disparu des radars le 09 avril 2019 lors d’un vol d’entraînement au combat nocturne en compagnie de trois autres appareils du même type à l’est de la base aérienne de Misawa, leur base de rattachement.

Les autorités japonaises ont affirmé que le F-35A s’est écrasé en mer.

Le pilote, identifié comme étant le commandant Akinori Hosomi, 41 ans, accumulant 3200 heures de vol dont 60 sur le F-35A, est toujours porté disparu.

Le Japon a deployé des navires, des hélicoptères et un submersible de secours pour tenter de retrouver le pilote et les restes de l’appareil.

Les États-Unis participent activement à ces opérations avec des avions de reconnaissance maritime P-8 A Poseidon, le destroyer Stethem (7e Flotte US), des satellites espions et un avion de reconnaissance de haute altitude U-2.

P8 Poseidon flying over a Japanese navy vessel

Un P-8 Poseidon US survole un navire des Gardes-côtes japonais dans la zone présumée du crash du F35 A japonais.

Interrogé par la presse sur les craintes relatives à une éventuelle récupération de l’épave ou des restes du F-35A par la Chine ou la Russie, le ministre japonais de la défense, Takeshi Iwaya, s’est contenté de souligner vendredi dernier que son pays n’avait détecté aucune activité inhabituelle. Il a surtout tenu à réaffirmer l’engagement du Japon a acquérir 105 F-35A et 42 F-35B en dépit du tollé que cette décision suscite au sein d’une partie de l’opinion nipponne, laquelle considère ces acquisitions comme un marché de dupes, voire une véritable escroquerie.

La zone océanique où s’est écrasé le F-35A est assez profonde (1500 mètres) et seuls des pays disposant de certains moyens pourront accéder à cette profondeur. A Washington, on ne veut surtout pas entendre parler d’une offre d’assistance de la part de la Chine ou de la Russie, soupçonnées de vouloir mettre la main sur les restes du F-35 à des fins d’espionnage technologique.

Le crash du F-35A nippon dans l’océan pacifique suit celui du F-35B US en Caroline du Sud. Ce sont les deux crashs reconnus officiellement par le Pentagone et Lockheed. Les incidents ayant affecté les F-35 israéliens, dont un touché « officiellement » par un pauvre volatile migrateur de retour d’une mission de combat en Syrie (jamais confirmé) demeurent des sujets tabous.

Dans tous les cas et en dépit du coût exorbitant de son développement, le F-35 n’inspire aucune confiance quant à ses capacités extraordinaires supposées telles que véhiculées par les campagnes de marketing et les films d’action ou de science-fiction hollywoodiens visant à l’écouler à des pays alliés ayant des économies assez solides pour s’offrir le luxe rarissime de se doter d’un avion de combat fort onéreux en termes de service et de maintenance sans la moindre preuve de son efficacité opérationnelle.

https://strategika51.org/archives/62448

LA CHINE S’ADONNE À UNE FRÉNÉSIE D’ACHATS D’OR

LA CHINE S’ADONNE À UNE FRÉNÉSIE D’ACHATS D’OR

PUBLIÉ PAR OR.FR ™ | 11 AVR. 2019 | ARTICLES138 

À une époque où les gestionnaires de réserves vendent activement un montant modeste, quoique notable, de leurs réserves en dollars pour les remplacer par du yen ou de l’euro, la Russie liquide la devise américaine et achète de l’or à un rythme record.

 

 

Bien que l’appétit de la Russie, qui a doublé ses réserves d’or au cours des trois dernières années, reste sans équivalent, la Chine s’est discrètement jointe à son voisin du nord en exprimant sa défiance à l’égard du dollar : la PBoC a rapporté que la deuxième économie mondiale avait acheté de l’or pour un quatrième mois consécutif, renforçant les spéculations selon lesquelles les banques centrales pourraient continuer d’accumuler du métal précieux au détriment de leurs réserves en dollar américain.

 

 

Selon les dernières données officielles, les réserves d’or de la Chine ont atteint 60,62 millions d’onces en mars, contre 60,26 millions d’onces un mois auparavant. Il s’agit du quatrième mois consécutif de hausse : 11,2 tonnes le mois dernier, après l’ajout de 9,95 tonnes en février, 11,8 tonnes en janvier et 9,95 tonnes en décembre. Au total, la PBoC a acheté plus de 42 tonnes d’or depuis la fin 2018. Comme le montre le graphique ci-dessous, la récente vague d’achats a repris après une pause de 25 mois, la Chine ayant cessé de déclarer ses achats d’or en octobre 2016. Cette tendance s’est inversée en décembre, lorsque Pékin a annoncé qu’elle avait recommencé à accumuler de l’or.

 

 

Avant sa dernière phase d’accumulation, la Chine avait passé de longs mois sans communiquer sur ses avoirs en or. Pour Pékin, déclarer ses achats d’or n’est pas une question de transparence, mais un moyen de lancer un signal politique clair (indiquant une perte de confiance dans le dollar). Lorsque la banque centrale a annoncé un bond de 57% de ses réserves, à 53,3 millions d’onces, à la mi-2015, il s’agissait de sa première mise à jour en six ans.

 

 

Les dernières données de la PBoC indiquent que la Chine a recommencé à acheter de l’or à un rythme régulier, à l’instar de la période allant de mi-2015 à octobre 2016, lorsque le pays augmentait ses réserves presque tous les mois.

Deux observations : si la Chine continue d’accumuler de l’or à ce rythme en 2019, elle pourrait devenir le plus gros acheteur de lingots devant la Russie, qui a ajouté 274 tonnes en 2018. Plus important encore, la dernière fois que la Chine a repris ses achats d’or, c’était seulement trois mois avant la dévaluation du yuan d’août 2015, qui a notamment déclenché une période de forte volatilité du yuan et de ralentissement économique.

 

 

La plupart des analystes savent que Pékin n’a jamais cessé d’accumuler secrètement de l’or. La question est de savoir ce que cette récente reprise officielle des achats d’or est censée signaler au reste du monde.

En attendant, les banques centrales mondiales ont ajouté 651,5 tonnes d’or en 2018, soit le deuxième total le plus élevé jamais enregistré, selon le World Gold Council. La Russie a quadruplé ses réserves en l’espace d’une décennie, le président Vladimir Putin étant déterminé à briser la dépendance de son pays au dollar. La Chine l’imitera t-elle ?

Source originale: Zero Hedge

La reproduction, intégrale ou partielle, est autorisée dès lors qu’elle est accompagnée d’un lien vers la source originale.

NOPEC, dédollarisation et le casse-tête de l’or noir

NOPEC, dédollarisation et le casse-tête de l’or noir

Publié le 5 Avril 2019 par Observatus geopoliticus in PétroleEtats-UnisMoyen-OrientEconomie

Achtung, achtung, les alarmes retentissent à nouveau dans les corridors du système impérial. Les stratèges affolés du Washingtonistan se précipitent à leur table de contrôle global. Interdits, il fixent un voyant rouge qui ne cesse de clignoter : Arabie Saoudite. Eh merde… Sur un mur, un écran affiche la signification première de l’alerte : Pétrodollar en danger.

Avant de continuer le feuilleton, un assez long rappel est nécessaire. En octobre 2017, dans un article qui fit date, intitulé Seoud yuanisé ou l’empire en péril, nous expliquions l’importance colossale (n’ayons pas peur des mots) de la question :

Il est de ces répétitions de l’Histoire… Il y a plus de deux ans – sous le titre Pétrodollar : le début de la fin ? – nous écrivions un billet prémonitoire qui n’a pas pris une ride :

A Washington, on doit beaucoup écouter les Doors en ce moment : This is the end, my only friend, the end… Certes, il ne faut pas vendre la peau de l’aigle avant de l’avoir plumé, mais ce n’est pas vraiment un futur radieux qui se profile à l’horizon pour l’empire 2.0.

Le système financier issu de la Seconde guerre mondiale – notamment les prêts en dollars du FMI ou de la Banque mondiale – assurait l’hégémonie de la monnaie américaine, permettant aux Etats-Unis de vivre au-dessus de leurs moyens en faisant financer leur dette par des pays étrangers tenus d’accumuler des réserves de titres libellés en dollars pour commercer. Ce « privilège exorbitant » (dixit Giscard) fut encore renforcé en 1973 lorsque Nixon se mit d’accord avec les Saoudiens pour que ceux-ci vendent leur pétrole uniquement en billets verts, créant de facto le pétrodollar. L’OPEP suivra deux ans après. Pour les Etats-Unis, des décennies d’argent facile et de guerres financées par des pays tiers…

Jusqu’à ce que ces pays tiers disent stop. Certains d’entre eux du moins. La fronde a commencé vers la fin des années 2000. En Amérique latine, Argentine et Brésil décident de commercer dans leurs monnaies respectives, puis c’est au tour de la Chine et du Brésil, tandis que les pays émergents se rebellent au sein même des instances du FMI et de la Banque mondiale. Curieusement, Poutine était d’abord en retrait dans ce mouvement jusqu’à ce que la nouvelle Guerre froide subséquente à la crise ukrainienne fasse de lui le chevalier blanc de la dé-dollarisation de la planète. C’est, depuis 2014, une avalanche de défections auxquelles fait face le billet vert, contrairement à la fable médiatique hollywoodienne qui voudrait nous faire croire à une « communauté internationale » réunie autour de l’Occident. Russie, Chine, Brésil, Argentine, Afrique du Sud, Inde, Turquie, Uruguay, Iran, Equateur, Egypte, Venezuela, Vietnam, Paraguay, Kazakhstan… tous ces pays ont renoncé au dollar ou sont en voie de le faire dans leurs échanges commerciaux bilatéraux au profit de leur monnaie ou de l’or. Pire ! les propres alliés de Washington (Canada, Corée du sud, Qatar) quittent le navire et s’en vont sifflotant passer des accords SWAP (échanges de devises) avec la Chine.

Comme si cela ne suffisait pas, les BRICS ont décidé au sommet de Fortaleza la création d’un système financier parallèle concurrençant le FMI et la Banque Mondiale d’obédience américaine tandis que la Chine y allait de sa propre banque personnelle vers laquelle se sont précipités les alliés intimes de l’oncle Sam (Angleterre, Australie) comme des enfants turbulents désobéissant au majordome. Il paraît qu’Obama en a interrompu sa partie de golf…

Une chose demeurait, stoïque et inébranlable : le pétrodollar. Saddam avait bien tenté de monter une bourse pétrolière en euros mais il fut immédiatement tomahawkisé. Kadhafi avait lancé l’idée mais les bombes libératrices de l’OTAN tombaient déjà sur Tripoli avant qu’il ait eu le temps de passer un coup de fil. Les stratèges américains pouvaient dormir du sommeil du juste, leurs charmants alliés pétromonarchiques du Golfe resteraient le doigt sur la couture du pantalon.

Sauf que… Une info extrêmement importante, donc passée inaperçue dans la presse française, est sortie il y a quelques jours. La Russie et l’Angola ont dépassé l’Arabie saoudite comme premiers fournisseurs de pétrole à la Chine. Chose intéressante d’après les observateurs, c’est le fait que la Russie (encore ce diable de Poutine !) accepte désormais les paiements en yuans chinois qui a motivé ce changement tectonique. D’après un analyste, si l’Arabie veut reprendre sa part de marché, il faudrait qu’elle commence à songer sérieusement à accepter des paiements en yuans… c’est-à-dire mettre fin au pétrodollar.

Et là, cela risque de poser un sérieux dilemme aux Saoudiens : faire une croix sur leur prééminence pétrolière mondiale ou faire une croix sur le pétrodollar au risque de voir les Américains le prendre très mal et éventuellement fomenter un changement de régime.

Y a-t-il un lien avec la visite de haut niveau des Saoudiens à St Pétersbourg la semaine dernière, quelque chose du genre « Cher Vladimir, vous nous protégerez le cas échéant si on change de devise ? » A suivre…

On ne pouvait pas taper plus dans le mille. Octobre 2017 : un économiste de renom prévoit le remplacement par Riyad du dollar par le yuan, le roi saoudien effectue une visite historique à Moscou et les Russes vont vendre des batteries S400 à l’Arabie saoudite.

Carl Weinberg ne s’est pas souvent trompé dans ses analyses. Aussi, quand il déclare que Riyad est fortement encouragée par Pékin à lui vendre son pétrole en yuans et prédit que d’ici peu, les Saoudiens succomberont à la pression, il vaut mieux le prendre au sérieux :

« D’ici deux ans, la demande chinoise en pétrole écrasera la demande américaine. Je pense que la cotation des cours en yuans est pour bientôt. Dès que les Saoudiens l’accepteront – comme les Chinois les y contraignent – le reste du marché [les pétromonarchies, ndlr] suivra le mouvement. »

En filigrane, l’effondrement du pétrodollar mis en place il y a plus de quarante ans et pilier du système impérial américain. Les liaisons dangereuses entre Bush Junior et l’establishment wahhabite, le tendre baiser de Barack à frites sur le royal arrière-train du Seoud, tout cela n’aura finalement servi à rien…

Ca doit sérieusement grincer des dents le long des corridors néo-cons de Washington et il n’est pas impossible que quelques plans sur la « remodélisation » du royaume saoudien soient soudain sortis des tiroirs. Coïncidence (ou pas), le facétieux Vladimirovitch a justement ironisé sur la chose lors de la réunion annuelle du Club Vadaï à Sotchi (…)

Est-ce tout à fait un hasard si, dans ces conditions, Salman a débarqué à Moscou il y a deux semaines, la première visite officielle d’un monarque saoudien en Russie. Cela fait des décennies que l’ours et le chameau sont opposés sur à peu près tous les dossiers brûlants de la planète, le second finançant le djihadisme mondial pour le bénéfice de son parrain US afin de diviser l’Eurasie et mettre le premier en difficulté. Que cache donc cette visite historique ?

Au-delà des nécessaires relations entre ces deux poids lourds du pétrole (accord OPEP+), le Seoud suit les pas des autres acteurs du Moyen-Orient, délaissés par l’inexorable reflux de l’empire et qui vont tous rendre visite au nouveau boss de la région. Comme le dit sans ambages Bloomberg :

« Les Israéliens, les Turcs, les Egyptiens, les Jordaniens – tous prennent le chemin du Kremlin dans l’espoir que Vladimir Poutine, le nouveau maître du Moyen-Orient, puisse assurer leurs intérêts et résoudre leurs problèmes. »

Le Seoud ne fait pas autre chose, allant à Canossa, mangeant son keffieh en rabaissant très sérieusement ses folles prétentions syriennes (tiens, Assad ne doit plus partir finalement). Mais il y a peut-être plus, beaucoup plus, et plusieurs voix (ici ou ici) y décèlent un changement tectonique. Nous en revenons à notre pétrole yuanisé et à nos S400…

Certains ont dû avoir le hoquet en lisant qu’après la Turquie, Moscou allait également vendre son inégalable système anti-aérien à son ex-Némésis wahhabite. On le comprendrait mieux s’il s’agit de créer un environnement favorable à une transition saoudienne vers la dédollarisation et la multipolarité eurasienne, voire d’assurer la future défense du pays face aux réactions hystériques de l’empire trahi. L’avenir nous le dira…

L’avenir sourit à qui sait attendre et nous n’avons pas encore la réponse à cette interrogation aux conséquences tectoniques. Mais si nos petits stratèges de DC la Folle sont en alerte rouge, c’est que la question revient avec acuité sur le devant de la scène. Riyad vient de menacer Washington d’abandonner la vente de son pétrole en dollars si le NOPEC passe. Traduction : la fin du pétrodollar, l’un des principaux piliers de la puissance impériale depuis un demi-siècle.

NOPEC, quézako ? Dans un article au titre quelque peu neuneu – NOPEC, l’arme de destruction massive de Trump contre l’OPEP – et n’analysant évidemment pas le désastre stratégique que cela constituerait pour les Etats-Unis, la presse nous l’expliquait néanmoins clairement il y a quelques mois :

Alors que Donald Trump veut à tout prix faire baisser les cours du brut, une sous-commission du Sénat va étudier mercredi la loi Nopec qui aurait pour effet de lever l’immunité souveraine des Etats membres de l’Opep aux Etats-Unis.

Donald Trump sera-t-il prêt à tout pour faire baisser les cours du brut ? Le président américain, qui tente sans succès depuis l’été d’obtenir des pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) qu’ils augmentent encore davantage leur production afin de faire baisser les prix, pourrait sortir l’artillerie lourde, selon la presse américaine.

Baptisée Nopec, la « loi sur les cartels ne produisant et n’exportant pas de pétrole », va faire l’objet d’une audition ce mercredi 3 octobre devant le Sénat. Celle-ci modifierait la législation antitrust pour permettre de poursuivre pour collusion les pays de l’Opep et elle interdirait de restreindre la production d’hydrocarbures ou d’en fixer les prix. Rejetée jusqu’ici par Washington soucieux de ménager l’allié saoudien, leader du cartel, la proposition, régulièrement évoquée ces dix dernières années, serait, si elle aboutissait, un véritable coup de force des États-Unis. « L’Opep est la bête noire de Trump qui pourrait soutenir le Nopec ».

Les Saoudiens sont vent debout contre cette loi. Le mois dernier encore, ils annonçaient l’apocalypse lors de rencontres avec l’establishment financier de Wall Street. Il semble qu’ils aient maintenant passé la vitesse supérieure si l’on en croit leur menace d’abandonner le pétrodollar, « l’option nucléaire » comme elle est surnommée, et auprès de laquelle « l’arme de destruction massive » si chère à nos petits binoclards journalistiques fait figure de plaisanterie douteuse. Quand on connaît le poids de l’or noir, dont le commerce (principalement en dollars jusqu’à présent) est plus important que celui de tous les métaux bruts combinés, on comprend la portée de la chose…

Les Chinois sont extrêmement attentifs, eux qui font chaque jour un peu plus pression sur l’Arabie saoudite pour qu’elle leur vende son pétrole en yuans. Les Russes n’en perdent pas une miette non plus, l’option nucléaire saoudienne valant en l’occurrence bien plus que leurs derniers bijoux hypersoniques pourtant redoutables.

Sans surprise, le Deep State US ainsi que le lobby pétrolier s’opposent résolument au NOPEC qui, néanmoins, fait son bonhomme de chemin et passe l’un après l’autre les obstacles au Congrès. Car nous touchons là à l’éternelle contradiction historique entre intérêts nationaux et impériaux. La Rome du dernier siècle de la République en savait quelque chose, mais ceci est un autre sujet…

Ces Sénateurs et Représentants n’ont certes rien contre l’omnipotence américaine dans le monde mais ils ont aussi, petit détail fort incommodant, des électeurs. Eh oui, ces satanés citoyens qui ne s’intéressent, eux, qu’à leur fin de mois difficile et se fichent comme de l’an 40 des bases US dans le Rimland. On se rappelle qu’en 1992, à la grande consternation du Deep State, George Bush Senior, le président qui avait supervisé la chute de l’URSS et pouvait pousser à fond l’avantage de l’empire, avait été battu par un gringalet nommé Bill Clinton, qui ne faisait que promettre des jobs. Si l’Etat profond avait évidemment fini par récupérer ce dernier au bout de quelques années, les néo-cons se sont toujours mordu les doigts de n’avoir pas su placer un des leurs à la Maison Blanche en cette période cruciale du début de la décennie 90.

Pour les membres du Congrès, tournés vers la situation intérieure, l’équation est simple : NOPEC = pétrole moins cher = consommateurs contents = réélection. Avec, en passant, une petite gifle à l’Arabie Saoudite en prime, dont l’image dans le public américain est aussi écornée qu’un parchemin rassis du XIIIème siècle.

Le lobby pétrolier, lui, pense évidemment en sens inverse : or moins cher = moins de profits. Dans le même wagon, les producteurs de pétrole de schiste réclament à cor et à cri un baril au-dessus de 70$ pour couvrir les coûts énormes de la fracturation hydraulique. Quant au Deep State, il grince des dents en imaginant la fin du financement facile de ses guerres/bases/invasions/coups d’Etat, marque de fabrique impériale.

S’il y en a un qui doit être assez désarçonné en ce moment, c’est bien le Donald. Ayant mis un accent sincère durant sa campagne sur le pouvoir d’achat, il se lâche régulièrement en imprécations twitteresques contre l’OPEP, vilipendant le cartel pour cause de pétrole cher. D’un autre côté, au-delà même de savoir s’il a définitivement été drainé par le marais, un président américain peut-il réellement et sciemment laisser tomber le pétrodollar ? Le NOPEC n’est pas nouveau et, en leur temps, Bush Junior et Barrack à frites s’y sont tous deux fortement opposés, brandissant carrément la menace du veto. Si le Donald rêve indéniablement moins de gloire expansionniste que ses deux prédécesseurs et si son inclination personnelle et politique le pousserait à soutenir le NOPEC, va-t-il pour autant franchir le Rubicon ? Rien n’est moins sûr.

A Moscou et à Pékin, on attend la suite du feuilleton avec impatience. Que le NOPEC passe et que les Saoudiens mettent, pour une fois, leurs menaces à exécution, et c’est tout l’édifice impérial qui s’effrite, avec les gigantesques conséquences que l’on sait. Et même si, finalement, les choses rentrent d’une manière ou d’une autre dans l’ordre à Washington (torpillage du NOPEC au Congrès par le Deep State, veto présidentiel), l’épisode restera comme un coup de canif supplémentaire et indélébile à la majesté du pétrodollar. C’est, à ma connaissance, la première fois que les Seoud évoquent publiquement la possibilité d’abandonner le dollar. Une véritable révolution copernicienne devant laquelle Russes et Chinois se frottent les mains…

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/nopec-dedollarisation-et-le-casse-tete-de-l-or-noir

Commerce: accord in extremis sur une déclaration avant le sommet UE-Chine

Commerce: accord in extremis sur une déclaration avant le sommet UE-Chine

  • afp,
Le Premier ministre chinois Li Keqiang (g) et la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini, le 9 avril 2019 à Bruxelles/POOL/AFP

L’Union européenne et la Chine doivent signer mardi à l’occasion d’un sommet à Bruxelles une déclaration commune, conclue in extremis en raison des résistances persistantes de Pékin à s’ouvrir aux entreprises européennes.

« Il y a eu un accord (lundi) soir », a affirmé une source européenne. « La déclaration finale est un peu plus ambitieuse que celle de 2018. Mettre la pression jusqu’au dernier moment s’est avéré payant », a-t-elle ajouté.

Faute d’engagements jugés suffisants de la part de Pékin, un tel accord semblait, aux yeux des Européens, de plus en plus improbable au fil des discussions la semaine dernière.

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Le président du Conseil européen, Donald Tusk, avait même « recommandé aux États membres » de « rejeter le projet de déclaration » en l’état, les Chinois restant réticents à garantir « un accès au marché et des conditions de concurrence égales » pour les entreprises européennes opérant chez eux.

Mais ils ont finalement accepté des concessions au cours du week-end et lundi, en particulier en faveur d’un renforcement de la législation sur les subventions industrielles des Etats « dans le cadre de l’OMC », un sujet cher aux Européens.

Le texte mentionne également que « les transferts forcés de technologies », dont sont accusées les entreprises chinoises, devraient être évités.

Le commerce de marchandises UE-Chine/AFP

M. Tusk et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker représenteront l’UE lors du sommet face au Premier ministre chinois Li Keqiang, avec lequel ils évoqueront leurs inquiétudes face à la politique de Pékin.

« Nous expliquerons que les entreprises européennes en Chine doivent jouir des mêmes droits que les entreprises chinoises en Europe », a souligné M. Juncker mardi lors d’un colloque avant le sommet.

Pris en tenaille entre l’unilatéralisme américain et l’expansionnisme chinois –incarné par le projet de « nouvelles routes de la soie » et des investissements massifs, en particulier sur leur marché– les Européens cherchent à rééquilibrer leurs rapports diplomatiques et commerciaux avec le géant asiatique.

– « Xi a parlé » –

La Commission a publié le 12 mars un plan en dix points pour une relation plus affirmée avec la Chine, qualifiée de « rivale systémique ».

Investissements chinois dans l'UE/AFP

Dans la foulée, elle a présenté une approche européenne pour sécuriser la 5G dans l’UE, afin de répondre aux soupçons d’espionnage liées aux groupes chinois comme Huawei.

Un cadre européen de contrôle des investissements étrangers dans les secteurs stratégiques, visant essentiellement la Chine, doit par ailleurs entrer en vigueur ce mois-ci.

Ce « réveil européen » a été salué par le président français Emmanuel Macron, qui a de son côté organisé une rencontre à quatre fin mars à Paris avec le président chinois Xi Jinping, la chancelière allemande Angela Merkel et Jean-Claude Juncker.

Par la voix de ses deux plus grandes économies, l’UE a ainsi pu faire valoir ses préoccupations directement au puissant président chinois.

M. Macron avait exhorté la Chine à « respecter l’unité de l’Union européenne », quand Pékin est soupçonné de jouer la division par sa politique d’investissements, en concluant des accords séparés avec chaque pays.

« La Chine n’a pas l’intention de diviser l’Europe, ni la capacité de diviser l’Europe », a assuré le vice-ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Chao, peu avant le départ en Europe du Premier ministre Li.

Pour certains analystes, ce mini-sommet parisien a fortement réduit l’intérêt du sommet de Bruxelles.

« Le sommet sur la Chine a déjà eu lieu. Sans la France et l’Allemagne dans la même pièce, pour la Chine, ce n’est pas l’Europe (…) Xi a déjà parlé. Xi a déjà serré la main de ses homologues », explique à l’AFP Hosuk Lee-Makiyama, directeur du think-tank ECIPE à Bruxelles.

https

://www.la-croix.com/Economie/Commerce-accord-extremis-declaration-sommet-UE-Chine-2019-04-09-1301014487

 

 

Donald Trump propose un désarmement nucléaire relatif

Donald Trump propose un désarmement nucléaire relatif

  

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Alors que les ministres des Affaires étrangères de l’Otan célébraient à Washington le 70ème anniversaire de l’Alliance, le président Donald Trump recevait le Premier ministre adjoint chinois, Liu He.

Durant le point de presse avant l’entretien officiel, le président Trump a créé la surprise en évoquant la possibilité de négocier avec la Chine et la Russie une diminution de leurs dépenses nucléaires [1].

Les ministres des Affaires étrangères de l’Otan ont évoqué le retrait des États-Unis du Traité sur les Forces nucléaires à portée intermédiaire, dont ils rendent la Russie responsable. Le secrétaire général, Jens Stoltenberg, a assuré qu’il n’était pas question —pour le moment— de rejouer la polémique sur les euromissiles, c’est-à-dire sur un déploiement en Europe de lanceurs terrestres de bombes atomiques qui transformerait cette région en prochain champ de bataille.

10 États possèdent actuellement l’arme atomique (Arabie saoudite, Chine, Corée du Nord, États-Unis, France, Inde, Israël, Pakistan, Royaume-Uni et Russie). Cependant, seuls les trois Grands disposent de la triade de lanceurs requis pour être dissuasifs et crédibles en toute circonstance. Surtout, leurs bombes sont de toutes catégories et nettement en avance techniquement sur celles de leurs concurrents.

D’un point de vue économique, les coûts en matière d’armement atomique, à la différence de ceux en armement conventionnel, sont dépensés en pure perte, car ce matériel n’offre aucune possibilité d’exportation. Jusqu’à présent les seules négociations de désarmement qui furent couronnées de succès, se tinrent à la fin de la Guerre froide lorsque ces dépenses étaient devenues intenables, particulièrement pour l’URSS dont le territoire était beaucoup plus étendu que celui des USA.

Toutes les tentatives de désarmement qui ont été abordées d’un point de vue moral ont échouées. Barack Obama, qui s’était engagé en ce sens, avait reçu préventivement le prix Nobel de la Paix avant de déclarer forfait.

Donald Trump expose cette question sous l’angle économique, contredisant la rhétorique de la « menace russe » qui était au cœur de la réunion de l’Otan. La Chine et la Russie souhaitent s’engager sur la même voie que le président des États-Unis.

[1] “Remarks by Donald Trump and Liu He Before Bilateral Meeting”, by Donald Trump, Liu He, Voltaire Network, 4 April 2019.

https://www.voltairenet.org/article205980.html

Shell se lance dans le pétrole de schiste en Chine

Finance et marchés

Shell se lance dans le pétrole de schiste en Chine

SHELL SE LANCE DANS LE PÉTROLE DE SCHISTE EN CHINE

Royal Dutch Shell a conclu un partenariat, annoncé lundi, avec la compagnie publique chinoise Sinopec par lequel le groupe anglo-néerlandais va participer aux efforts balbutiants de la Chine pour exploiter ses ressources, potentiellement immenses, en pétrole de schiste. /Photo prise le 30 janvier 2019/REUTERS/Yves Herman YVES HERMAN

par Chen Aizhu

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SINGAPOUR (Reuters) – Royal Dutch Shell a conclu un partenariat, annoncé lundi, avec la compagnie publique chinoise Sinopec par lequel le groupe anglo-néerlandais va participer aux efforts balbutiants de la Chine pour exploiter ses ressources, potentiellement immenses, en pétrole de schiste.

Shell devient ainsi l’un des rares grands groupes pétroliers internationaux à s’aventurer dans le secteur du pétrole de schiste en Chine.

Il a confirmé lundi un accord annoncé auparavant par Sinopec sur une collaboration en vue d’examiner le site de Dongying dans la province orientale de Shandong. Les deux groupes n’ont fourni aucune autre précision.

La Chine a déjà franchi les premières étapes lui permettant d’exploiter ses vastes ressources en gaz de schiste, qui ont contribué l’an dernier à hauteur de 6% à sa production totale de gaz. L’exploitation de ses réserves en pétrole de schiste en est à un stade encore plus précoce en raison, selon les experts, d’une géologie défavorable et de coûts de développement élevés.

Après plusieurs années d’efforts, le pétrole de schiste représente toujours moins de 1% de la production totale de brut de la Chine, dit Angus Rodger, directeur de recherche dans les activités « amont » pour la région Asie-Pacifique chez Wood Mackenzie.

« Le pétrole de schiste chinois a une très faible perméabilité, ce qui signifie une production par puits très faible rendant difficile de parvenir à une viabilité sur le plan économique », a dit de manière anonyme un responsable du secteur des hydrocarbures au sein du ministère chinois des Ressources naturelles.

L’essentiel des ressources chinoises en pétrole de schiste se situent dans l’est du pays, comme les bassins de Songliao et de Bohai Rim, où se trouve le site de Dongying. Les bassins d’Ordos et de Junggar, dans le nord de la Chine, pourraient aussi abriter d’importantes réserves, pensent les experts.

Les réserves en gaz de schiste sont en revanche concentrées dans la province du Sichuan, dans le centre du pays, où Total collabore avec Sinopec. Le groupe français envisage de se lancer aussi à l’avenir dans le pétrole non conventionnel en Chine.

Shell a en revanche renoncé à ses activités d’exploitation de gaz de schiste dans le Sichuan après avoir investi au moins un milliard de dollars sans obtenir de résultats satisfaisants.

(Bertrand Boucey pour le service français, édité par Catherine Mallebay-Vacqueur)

 

https://www.challenges.fr/finance-et-marche/shell-se-lance-dans-le-petrole-de-schiste-en-chine_652768

Ventes d’armes: États-Unis contre Russie (1950-2017)

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Ventes d’armes: États-Unis contre Russie (1950-2017)

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Ventes d’armes: États-Unis contre Russie (1950-2017)

Entre d’innombrables guerres par procuration et la menace croissante d’une catastrophe nucléaire, la guerre froide a créé un climat géopolitique sans précédent.

Pendant près d’un demi-siècle, les deux plus grandes superpuissances du monde se sont ruées l’une sur l’autre, par tous les moyens nécessaires. C’était une tension qui a tout déclenché, de la course à l’espace aux rivalités sportives, l’impact s’étendant souvent aux pays voisins.

Les États-Unis et l’Union soviétique ont non seulement bravé toutes les courses de l’armement, mais ils ont également étendu leur influence en vendant des armes à l’extérieur de leurs frontières. Fait intéressant, cette dernière course se poursuit jusqu’à aujourd’hui, près de trois décennies après la chute du rideau de fer.

Visualiser les ventes d’armes

L’animation d’aujourd’hui provient du spécialiste des données, Will Geary , qui retrace l’historique des ventes d’armes internationales provenant des États-Unis et de l’Union soviétique (plus tard de la Russie) de 1950 à 2017.

Plus spécifiquement, en utilisant les données de la base de données sur les transferts d’armes du SIPRI, l’animation montre le mouvement géographique des armes d’un pays à l’autre ainsi que l’évolution de la part du commerce des armes détenue par les pays respectifs. La vidéo est également agréablement soutenue par un son qui représente la musique de chaque décennie, allant de Buffalo Springfield à The Clash.

Dominance des armes

Si vous regardez le graphique à secteurs dans le coin supérieur gauche de l’animation, vous verrez que le début des années 1960 marque l’apogée de la domination des Etats-Unis et de l’Union soviétique – à ce stade, à peu près au même moment que la crise des missiles cubains, puis Assassinat de JFK, les deux superpuissances combinées représentent 80% des ventes mondiales d’armes.

Dans les années 1960, les principaux clients des armes américaines étaient l’Allemagne, le Royaume-Uni et le Japon, tandis que les Soviétiques envoyaient le plus grand nombre d’armes à l’Égypte, à la Pologne et à l’Allemagne de l’Est.

Chute du mur

Dans les années 1980, le commerce mondial des armes a commencé à se dissiper, les dirigeants soviétiques tels que Gorbatchev se concentrant sur les réformes intérieures et, éventuellement, sur la perestroïka.

Plus tard, l’Union soviétique s’est dissoute et les ventes d’armes ont continué à plonger jusqu’en 2001:

Exportations d'armes par année

Depuis lors, les ventes d’armes ont de nouveau augmenté – et aujourd’hui, elles sont revenues à des niveaux jamais vus avant la chute du mur de Berlin.

L’époque moderne

Qui vend le plus d’armes, d’après les données des 10 dernières années?

Ventes d'armes par pays

Même si la guerre froide est finie depuis longtemps, les États-Unis et la Russie ont conservé leur héritage de ventes d’armes internationales jusqu’au 21ème siècle.

Aujourd’hui, les deux pays réalisent environ 60% des ventes d’ armes. Les principaux fabricants d’armes américains, tels que Lockheed Martin et Raytheon, obtiennent une grande part de ce gâteau.

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LA CHINE A DÉJÀ PRÉPARÉ LE TERRAIN POUR LA 5G EN EUROPE

LA CHINE A DÉJÀ PRÉPARÉ LE TERRAIN POUR LA 5G EN EUROPE

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05.04.2019

Le 24 mars 2019, le président de la République Populaire de Chine, Xi Jinping, est arrivé pour sa première visite officielle à Monaco. La Principauté de Monaco, qui compte 40 000 habitants, fait partie de la France et est devenue célèbre grâce au mariage de l’Américaine Grace Kelly avec le Prince Rainier. À l’occasion de cette visite, Monaco Telecom a signé un partenariat avec la société chinoise Huawei, qui fait de Monaco le premier pays au monde à être équipé de la technologie 5G chinoise. Maintenant qu’une tête de pont a été créée en Europe, il ne sera plus possible d’empêcher la technologie 5G de Huawei de s’étendre sur tout le continent.

Les principales entreprises de télécommunications françaises (Free Telecom, Orange, SFR et Bouygues Telecom) s’opposent à l’entrée de Huawei sur le marché français et font pression pour cela au Parlement. Le 3 avril, le Parlement français a ouvert le débat sur un projet de loi controversé présenté par le député Eric Bothorel du parti du président Emmanuel Macron (En Marche!). Eric Bothorel, veut interdire toute collaboration entre opérateurs français et chinois.

Cependant, le 25 mars, Xi Jinping a rencontré le président français Emmanuel Macron. À cette occasion, la compagnie d’aviation publique chinoise a commandé 290 Airbus A 320, d’une valeur supérieure à 35 milliards d’euros. Ce contrat pourrait aboutir au retrait du projet de loi « Bothorel ».

Source : Réseau International

http://katehon.com/fr/article/la-chine-deja-prepare-le-terrain-pour-la-5g-en-europe

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