Archives pour la catégorie Chine

La Chine et l’Arabie saoudite s’engagent à élargir leur coopération

La Chine et l’Arabie saoudite s’engagent à élargir leur coopération

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 22/02/2019 18:53

Le vice-Premier ministre chinois Han Zheng, a rencontré vendredi Mohammed ben Salmane Al Saoud, prince héritier, vice-Premier ministre et ministre de la Défense de l’Arabie saoudite, et a co-présidé avec lui une réunion du Comité conjoint de haut niveau sino-saoudien.

Saluant le développement rapide des relations bilatérales ces dernières années, M. Han, également membre du Comité permanent du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois, a indiqué que la Chine et l’Arabie saoudite avaient maintenu une communication et une coordination étroites depuis la deuxième réunion du comité.

Le Comité conjoint de haut niveau sino-saoudien a été créé en 2016, et il s’agit de sa troisième réunion cette année.

Selon M. Han, le comité conjoint est une plate-forme globale, de haut niveau et institutionalisée entre les deux gouvernements, qui a joué un rôle de coordination important. La construction institutionnelle s’est améliorée et de nombreux progrès ont été réalisés grâce à la coopération approfondie dans divers domaines depuis la dernière réunion, a noté M. Han.

Le vice-Premier ministre chinois a également fait plusieurs suggestions sur les domaines de coopération majeurs et les projets prioritaires entre les deux pays.

Il a suggéré que la Chine et à l’Arabie saoudite renforcent leur confiance mutuelle politique, se soutiennent mutuellement dans leurs intérêts fondamentaux et renforcent la communication et la coordination dans les affaires multilatérales.

La Chine et l’Arabie saoudite doivent renforcer la synergie entre l’Initiative « la Ceinture et la Route » et « la Vision saoudienne 2030 », intensifier leur coopération pragmatique dans les domaines de l’énergie, de la construction d’infrastructures, des finances et des hautes technologies, a déclaré M. Han.

Le prince héritier de l’Arabie saoudite a confirmé que son pays attachait une grande importance au partenariat stratégique global avec la Chine, qu’elle adhérait sans réserve au principe d’une seule Chine, et soutenait fermement les efforts de la Chine pour sauvegarder sa souveraineté, sa sécurité et sa stabilité, et s’opposait à ce que des forces extérieures s’ingèrent dans les affaires intérieures chinoises.

L’Arabie saoudite est prête à travailler avec la Chine pour renforcer la synergie des stratégies de développement, approfondir la coopération dans le dévelopement conjoint de « la Ceinture et la Route », et apporter des avantages aux deux pays et aux deux peuples, a-t-il ajouté.

Après leur rencontre, MM. Han et Mohammed ont assisté à la signature d’une série d’accords de coopération couvrant la politique, les transports, la capacité, l’énergie et les finances.

https://chine.in/actualite/cn/arabie-saoudite-engagent-elargir-leur_116827.html

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La Chine s’oppose à une intervention militaire au Vénézuéla

La Chine s’oppose à une intervention militaire au Vénézuéla
© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 22/02/2019 20:43

La Chine s’oppose à une intervention militaire et à toute action qui pourrait conduire à une tension accrue ou même à des troubles au Vénézuéla, a déclaré vendredi Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Le porte-parole a fait ces remarques lors d’un point de presse en réponse à des informations selon lesquelles les Etats-Unis soutiendraient l’opposition vénézuélienne dans sa volonté d’acheminer une « aide humanitaire » au Vénézuéla le 23 février. Des analystes estiment que cela vise à créer des conflits et à servir de prétexte pour une intervention militaire.

M. Geng a indiqué que le gouvernement vénézuélien « est resté calme et a fait preuve de retenue », ce qui a permis d’éviter des affrontements à grande échelle.

« Si cette soi-disant « aide humanitaire » est acheminée au Vénézuéla par la force, une fois des conflits violents provoqués, de graves conséquences s’ensuivront », a-t-il déclaré, ajoutant que personne ne voulait voir cela.

 

https://chine.in/actualite/cn/oppose-une-intervention-militaire_116829.html

Moscou: les États-Unis transfèrent des troupes et du matériel vers le Venezuela

un avion US transportant une aide humanitaire destinée au Venezuela

Moscou: les États-Unis transfèrent des troupes et du matériel vers le Venezuela

© AP Photo / Fernando Vergara
International

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Préparant une provocation au Venezuela, les États-Unis continuent de transférer des forces spéciales et du matériel militaire vers les frontières du pays, a indiqué la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova.

Lors d’un point de presse au ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova a confirmé que les États-Unis préparaient une provocation à grande échelle au Venezuela afin d’aider l’opposition à renverser le pouvoir légitimé dans le pays.

«Washington est en train de préparer une provocation et il le fait conformément à toutes les règles de la science militaire […]. Nous constatons le transfert de forces spéciales américaines et de matériels militaires plus près du Venezuela», a-t-elle déclaré.

Mme Zakharova a noté que cette provocation, préparée sous la couverture de livraison d’une aide humanitaire américaine au pays, avait pour but de donner un prétexte aux adversaires du pouvoir vénézuélien pour renverser le Président légitime Nicolas Maduro.

«Le déroulement des événements au Venezuela est arrivé à un point critique, tout le monde le comprend. Une dangereuse provocation à grande échelle est prévue pour le 23 février: conduit par Washington, le passage de la frontière vénézuélienne par un soi-disant convoi humanitaire risque de provoquer des affrontements entre partisans et opposants du gouvernement en exercice et donne un prétexte commode pour une action militaire visant à renverser le Président légitime», a ajouté la diplomate.

Livraison d’armes pour l’opposition vénézuélienne

Il n’est pas exclu, a poursuivi Mme Zakharova, que l’opposition vénézuélienne puisse recevoir par l’intermédiaire des États-Unis une importante quantité de matériels militaires en provenance d’un pays d’Europe orientale.

«Selon nos données, des sociétés américaines et leurs alliés de l’Otan envisagent l’achat d’un important lot d’armes et de munitions dans un pays d’Europe orientale en vue de leur transfert aux forces de l’opposition vénézuélienne. Nous parlons de mitrailleuses de gros calibre, de lance-grenades et de lance-roquettes, de systèmes de défense antiaérienne portatifs, de munitions pour armes légères et pour armes d’artillerie à diverses fins. Ceci amène à poser la question de savoir ce qui est entendu par la livraison d’une aide humanitaire», a-t-elle ajouté.

Et d’ajouter:

«Une piste ukrainienne peut être retrouvée dans cette histoire absolument laide. Selon nos informations, l’entreprise Antonov pourrait y être impliquée».

La diplomate a noté que la livraison des armes au Venezuela devrait être effectuée début mars en plusieurs lots à travers un pays voisin avec utilisation des avions de la société de transport international.

Rappelons que l’opposition vénézuélienne avait déclaré que des livraisons d’aide humanitaire en provenance des États-Unis seraient effectuées dans le pays à partir du 23 février. En réponse, Nicolas Maduro a annoncé que l’envoi de cette aide était un «show politique» et un «attrape-nigaud», et que le gouvernement l’empêcherait. Par la suite, les autorités ont fermé la frontière maritime avec les Petites Antilles.

Ce jeudi 21 février, le Président vénézuélien a également annoncé la fermeture de la frontière terrestre avec le Brésil. En outre, il n’a pas exclu la fermeture de la frontière entre le Venezuela et la Colombie.

La crise politique au Venezuela a éclaté quand l’opposant Juan Guaido, renvoyé le 22 janvier du poste de président de l’Assemblée nationale vénézuélienne sur décision de la Cour suprême, s’est autoproclamé le lendemain «Président en exercice du pays» et a prêté serment au cours d’une manifestation. Donald Trump l’a reconnu comme «Président par intérim».

Une quarantaine de pays, dont le Royaume-Uni et l’Allemagne, en ont fait de même. La France l’a également reconnu comme «Président en charge». Le Président Nicolas Maduro a qualifié Juan Guaido de pantin des États-Unis.

La Russie, la Chine, la Turquie et plusieurs autres pays ont, quant à eux, soutenu Nicolas Maduro en tant que Président légitime du Venezuela. Le Kremlin a qualifié la décision de certaines nations européennes d’«ingérence dans les affaires intérieures du Venezuela».

https://fr.sputniknews.com/international/201902221040120323-usa-mascou-troupes-venezuela/

 

MOHAMMED BEN SALMANE : ECHEC A L’OCCIDENT !

MOHAMMED BEN SALMANE :
ECHEC A L’OCCIDENT !
(L’Imprécateur)

La presse française, toujours obéissante aux instructions venues de l’Élysée, ne parle que des sujets autorisés, sur le ton adéquat, et dans le doute préfère passer des informations pourtant marquantes sous silence, ou les présenter sous un jour péjoratif, notamment celles de la vie internationale.

Donald Trump a réussi à stopper le « shutdown », cet arrêt partiel des activités administratives commencé le 22 décembre aux États-Unis, il l’a fait « contraint » dit la presse. Personne ne dira que s’il l’a fait, c’est qu’il venait de trouver la parade pour contourner le veto démocrate à la construction du mur à la frontière mexicaine. En promulguant l’état d’urgence nationale, il a pu récupérer les milliards bloqués (1). Donc, il n’est contraint en rien et il a repris l’avantage.

Personne ne dira que cela lui a valu un nouveau gain de popularité de près de 7 points, dû notamment au soutien massif des hispano-américains qui sont maintenant 50 % à approuver sa politique, car ils sont les premiers à se plaindre de l’excès d’immigration latino. Le mur sera donc construit, grosse claque pour les Démocrates.

Le Sénat exonère Trump de toute responsabilité dans l’affaire russe

La Commission spéciale du Sénat américain étudiait depuis deux ans tous les rapports du procureur Müeller sur la collusion entre Trump et la Russie et avait commandé deux enquêtes indépendantes, toutes deux présentées en décembre 2018 par la presse française comme certainement à charge pour Trump. L’une d’elle étant chargée d’analyser des millions de publications sur les réseaux sociaux, fournies par Twitter, Facebook et Google à la Commission du Renseignement du Sénat.

Washington Post, le quotidien socialiste américain, avait annoncé que Trump allait enfin pouvoir être destitué, info reprise sans contrôle par la presse française de gauche.

Finalement, la Commission spéciale du Sénat a annoncé jeudi dernier qu’elle clôt son enquête parce qu’elle n’a trouvé « aucun élément démontrant par des preuves confirmées une intervention quelconque de la Russie dans le processus électoral des élections de 2016 » et demande l’arrêt des enquêtes de Müeller.

Silence glacial de la presse mondiale de gauche

Silence glacial de la presse démocrate. Le journaliste Bill d’Agostino déclare : « Deux jours se sont écoulés depuis le reportage de NBC selon lequel la commission sénatoriale du renseignement n’a trouvé aucune preuve matérielle de collusion entre la campagne Trump et la Russie, et à ce jour, aucun des trois principaux réseaux de diffusion (ABC, CBS et NBC) ne lui a accordé une seule seconde de temps d’antenne dans ses journaux télévisés du soir. Considérant que ces réseaux ont donné à l’enquête russe un temps d’antenne massif de 2 202 minutes, leur silence sur ce développement majeur est assourdissant« .

Même silence dans la presse française dont les élucubrations mensongères sont démontées. Google lui-même a arrêté toute communication sur le sujet ! Hilary Clinton qui a financé la fabrication de fausses preuves éventées par le Sénat doit regretter son argent perdu. Le Monde, Libération et TV-France-info qui ont, depuis deux ans, soutenu les démocrates dans leurs fausses accusations et leurs fake-news s’excuseront-ils d’avoir une fois de plus trompé leurs lecteurs et auditeurs ? N’y comptez pas.

Parfois, pour apprendre la vérité, il faut lire la presse arabe

Il faut lire la presse arabe (2) pour apprendre que le prince saoudien Mohammed Ben Salmane a déclaré au Pakistan qu’il n’interviendrait pas dans les négociations en cours à Doha (Qatar) depuis le 20 janvier entre les talibans afghans et les Etats-Unis, parce que les talibans ne veulent discuter qu’avec Trump et personne d’autre !

Trump qui a déjà pacifié la Corée du Nord, dont l’armée travaille actuellement la main dans la main avec celle du Sud pour déminer la zone inter-frontalière, réussira-t-il à trouver avec les talibans un accord de pacification de l’Afghanistan ? L’avenir le dira, mais pour le moment force est de constater que Trump réussit là où la diplomatie internationale se plante depuis quarante ans, la française comme les autres.

Que fait MBS au Pakistan ?

Mohammed Ben Salmane élargit ses alliances, un pied à l’Ouest, un pied à l’Est

Le 30 novembre dernier, au G20 à Buenos Aires, MBS après s’être fait agresser par Macron (toujours aussi maladroit dans ses interventions internationales), au sujet des Droits de l’Homme en Arabie, avait dit à Trump « Je m’en moque, je le tiens dans ma main« , allusion aux 60 % de la dette française détenus par les  pays Arabes. Macron qui avait entendu ou à qui l’on avait rapporté le propos de MBS était venu se plaindre : « Vous ne m’écoutez jamais« .

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La vidéo montre que Macron a peur. « Don’t worry » lui répond MBS. Poutine lui dira la même chose un plus plus tard « n’ayez pas peur, on peut vous aider« . Macron répondra, « pas besoin, j’ai mon ami Trump, on se dispute un peu, mais on s’entend très bien » Ah bon ? a répondu Vladimir avec ce sourire en coin qu’il prend quand il ne croit pas un mot de ce qu’on tente de lui faire croire.

Rentré en Arabie le 2 décembre, MBS a compris que les Occidentaux ne le laisseraient jamais en paix avec ces droits de l’homme stupides qu’aucun fidèle du Coran ne peut admettre. Il a décidé de modifier ses alliances, autrement dit de prendre une assurance à l’Est. Il vient donc d’entreprendre une tournée Pakistan-Inde-Chine. Trump a pour diplomatie la menace et la force, MBS le carnet de chèques.
Des méthodes qui laissent pantois les diplomates occidentaux qui en sont toujours au XIXème siècle : courbettes et concessions.

Le prince héritier saoudien et sa délégation de 1 100 personnes sont loin d’arriver les mains vides !

MBS avec Imrhan Khan, 1er ministre du Pakistan (Photo L’Orient le jour)

MBS va aider la Chine à boucler l’Océan indien

Alors qu’Islamabad se trouve dans une situation économique difficile, MBS a signé des protocoles d’entente hier pour un montant de vingt milliards de dollars. « Nous pensons que le Pakistan va devenir un pays très important dans un futur proche et nous voulons nous assurer d’en faire partie », a-t-il dit.

L’Arabie devrait, entre autres, aider à financer la construction du port de Gwadar, point stratégique géré par la société d’État chinoise China Overseas Port Holding Company, qui s’inscrit dans le cadre du « corridor économique » en cours de création entre Pékin et la Méditerranée.
Il s’arrête pour le moment à Djibouti où les Chinois ont créé une énorme base militaire susceptible de bloquer l’accès à la Mer Rouge et au canal de Suez.
Les Occidentaux sont en train de perdre le contrôle de l’Océan indien, mais s’en rendent-ils compte ?

Le programme économique de la tournée de MBS devrait ensuite être un peu plus sérieux pour les trois partenaires lors de ses rencontres avec le Premier ministre indien, Narendra Modi, puis le président chinois Xi Jinping et le vice-Premier ministre Han Zheng.

Selon le porte-parole de la diplomatie chinoise, le déplacement de MBS en Chine a pour objectif d’« approfondir la coopération » entre les deux pays, notamment au sujet des projets des Routes de la soie lancés par Pékin. « L’Inde et la Chine sont des partenaires naturels, compte tenu de leur dépendance croissante vis-à-vis du Golfe pour les importations d’énergie et de la volonté de Riyad d’investir dans des activités en aval dans les deux pays, liant ainsi leurs fortunes économiques » (Neil Quilliam 3)

La Chine et l’Inde sont des marchés pétroliers importants pour l’Arabie, respectivement 14,6 % et 9,5 % des exportations saoudiennes de brut en 2017. Autant de liens qui devraient favoriser l’annonce de nouveaux accords et partenariats lors de la visite de MBS.

La ligne Maginot de défense antichinoise de l’Inde à la Polynésie imaginée par Macron avec comme épicentre la Nouvelle-Calédonie est mal partie !

L’Imprécateur
19 février 2019
1: En partant des 1,375 milliards bloqués par la chambre des représentants, par rapport aux 5,7 milliards que demandait Trump, il s’en sort avec 8 milliards sans avoir besoin des Démocrates et des Républicains, mais en décrétant l’état d’urgence, ce qu’Obama avait fait sans attirer la moindre critique des médias. Mais là, avec Trump, ils parlent évidemment tous de dictature et de trahison.

2: Le quotidien libanais L’Orient le jour a une édition en français très bien faite, lorientlejour.com

3: Neil Quilliam, chercheur au sein du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Chatham House (Royal Institute of International Affairs)

 

https://www.minurne.org/billets/20001

Islamabad a le pas qui se tend

Islamabad a le pas qui se tend

Publié le 19 Février 2019 par Observatus geopoliticus in Sous-continent indien, Moyen-Orient, Chine, Etats-Unis, Asie centrale

Le Pakistan est à nouveau dans l’œil du cyclone, au centre d’une tempête dont les implications peuvent cette fois aller très loin. Les frères ennemis du sous-continent sont en effet membres de l’Organisation de Coopération de Shanghai désormais, pleinement associés à la multipolarité eurasiatique et aux aléas géopolitiques qui s’y font jour. Le temps de l’innocence est terminé, vient celui de la responsabilité. Or, le « pays des purs » ne semble peut-être pas tout à fait l’avoir compris. Petit rappel des faits…

  • Mercredi 13 février : un attentat en Iran, dans la rétive province du Baloutchistan, fait 27 morts dans un convoi des Gardiens de la Révolution.
  • Jeudi 14 février : un attentat au Cachemire indien touche un convoi de forces de sécurité indiennes et tue 44 paramilitaires.

Le Cachemire et le Baloutchistan ont un point commun : à cheval sur la frontière, ces régions ont toutes deux une portion en territoire pakistanais. C’est précisément là que le bât blesse…

Deux groupes militants sunnites – Jaish-e-Mohammed (JeM) au Cachemire, Jaïch al-Adl au Baloutschistan – ont revendiqué chacun son attaque mais, chose très rare, les deux voisins tiennent Islamabad pour responsable. Que l’Inde accuse le Pakistan après chaque attentat est certes chose courante : pendant des années, Islamabad a été au mieux complice, au pire impliqué. Que l’Iran le fasse est beaucoup plus rare.

Les mots du chef des Gardiens de la Révolution sont importants : « Le gouvernement pakistanais, qui a abrité ces contre-révolutionnaires, sait où ils se trouvent et qu’ils sont soutenus par les forces de sécurité du Pakistan. Le gouvernement pakistanais doit répondre de ce crime. S’il ne les punit pas, nos représailles viseront cette force contre-révolutionnaire et le Pakistan assumera les conséquences de son soutien à ce groupe ».

Un autre général va encore plus loin : « Ces criminels sont d’une tribu du Baloutchistan qui a été entraînée aux opérations suicide par un pays voisin. Ce pays et l’ISI doivent rendre des comptes à l’Iran. Les preuves montrent que ce groupe terroriste est soutenu financièrement par des pays du Golfe, dont un certain prince-héritier qui est au Pakistan en ce moment ». Il fait évidemment allusion à la visite d’Etat du Seoud MBS, nous y reviendrons…

Pour l’instant, Téhéran n’a pris aucune mesure, contrairement à l’Inde qui vient de retirer au Pakistan son statut de « nation la plus favorisée » (bénéficiant de faibles droits de douane). Ce statut avait résisté depuis un quart de siècle aux nombreuses attaques terroristes lancées depuis le Pakistan, c’est maintenant chose révolue. Le ciment, par exemple, est l’un des nombreux produits touchés par une augmentation de 200% (!) des droits de douane. Anecdotiquement, New Delhi pourrait boycotter le match de cricket entre les deux nations cet été (le cricket est au sous-continent ce que le football est à l’Amérique latine).

Loin de condamner l’attentat, le Premier ministre paki Imran Khan, ancienne star de cricket justement, a, au contraire, prononcé un discours tardif, menaçant et presque triomphaliste dans lequel il défie Modi.  Il a plusieurs fois fait référence à l’Afghanistan dans ce qui peut être vu comme un chantage voilé : après la défaite US, les djihadistes tourneront leurs yeux vers le Cachemire. Avec cette gloriole quelque peu infantile, Islamabad n’arrange pas son cas…

Hasard du calendrier, le Seoud est en tournée au Pakistan, en Inde (où il arrive le 20 février) puis en Chine. Et là, nous entrons dans un jeu extrêmement compliqué que l’on peut résumer schématiquement ainsi :

  • L’empire US et l’Arabie saoudite défendent le Pakistan après l’attaque contre l’Iran, beaucoup moins après celle contre l’Inde.
  • La Chine défend Islamabad après l’attaque contre l’Inde, beaucoup moins après celle contre l’Iran.

Comme l’empire, MBS doit se réjouir de voir l’Iran attaqué. Il y a un mois, Asia Times publiait un article prémonitoire, curieusement disparu depuis sur le site, sur le possible réchauffement du front baloutche contre Téhéran en concomitance avec les investissements saoudiens pour alléger le marasme économique pakistanais. Selon un schéma désespérément classique, Riyad finance déjà dans la province des mouvements religieux ultra-rigoristes et profondément anti-chiites. En novembre, c’est un avion israélien qui atterrissait mystérieusement au Pakistan. Après le Yémen, un nouveau front israoudien contre l’Iran ? C’est tout sauf impossible, d’autant que, selon un bon connaisseur, l’ISI et les Saoudiens, cornaqués par l’empire, tenteraient (le conditionnel reste de mise) de noyauter/récupérer le mouvement taliban en Afghanistan voisin pour le lancer lui aussi contre l’Iran.

Cette thèse afghane a tout de même quelques failles. S’il est très friand des espèces sonnantes et trébuchantes saoudiennes, le nouveau leadership pakistanais n’est pas connu pour son amour envers Washington. Par ailleurs, il faudrait, pour que ce plan fonctionne, que les Talibans soient sur la même ligne et, petit détail, prennent le pouvoir en Afghanistan, ce qui est encore assez loin d’être le cas. Il faudrait également, chose difficilement acceptable en termes de relations publiques, que les Américains lâchent le gouvernement afghan qui maintient de bons contacts avec Téhéran. Enfin, les rusés Perses ont pris les devants depuis quelques mois et ont noué de discrets mais réels contacts avec des commandants talibans. A suivre…

Toujours est-il que l’immixtion saoudienne au Baloutchistan est évidemment vue avec grande méfiance par l’Iran ainsi que par le Qatar, dont le principal média, Al Jazeera, encourage le Pakistan à refuser tout net l’argent saoudien. Nous sommes bien sûr ici dans la continuation de la querelle du Golfe entre Riyad et Doha : deux ans après le début de la crise, aucun signe d’apaisement n’est en vue.

L’investissement du Seoud dans la région, dont le joyau est le port sino-pakistanais de Gwadar, ne plaît pas non plus des masses à Pékin et Islamabad serait bien avisée de ne pas jouer avec le feu et irriter son meilleur allié. Car la Chine, par le biais de ses médias d’Etat, continue par ailleurs à défendre vaille que vaille le Pakistan, notamment après l’attentat du Cachemire en demandant à l’Inde de prouver ses accusations. Où l’on retrouve les vieilles alliances/rivalités du temps de la Guerre froide, qui ont bien du mal à disparaître tout à fait…

MBS, lui, est sur une position différente vis-à-vis de l’Inde et fera vraisemblablement office d’improbable émissaire de la paix entre Islamabad et New Delhi. Voir le démembreur de Khashoggi et financeur du djihadisme jouer les militants pacifistes n’est pas le dernier paradoxe de cette histoire.

L’empire US ne sait pas non plus trop sur quel pied danser. Il est clairement irrité par l’Inde suite à l’achat des S-400 à la Russie. La poursuite des relations fructueuses entre New Delhi et Téhéran et la collaboration avec le Venezuela de Maduro font grincer les dents de l’oncle Sam. Il y a quelques jours, Bolton s’est d’ailleurs fendu d’un commentaire menaçant : « Le soutien des nations et des entreprises au vol par Maduro des ressources du Venezuela ne sera pas oublié ».

D’un autre côté, le relativement anti-américain Imran Khan n’a jamais été la tasse de thé de Washington et le Congrès discute même de la possibilité de supprimer le statut du Pakistan en tant que major non-NATO ally. Muet (d’admiration) concernant l’attentat en Iran, l’empire a été pris par surprise sur le Cachemire, obligeant Bolton à retourner sa moustache dès le lendemain de sa menace voilée à New Delhi et à assurer l’Inde du soutien américain.

Last but not least, dans cet invraisemblable maelström, un acteur majeur brille par son silence : la Russie, qui s’est contentée du minimum vital en offrant ses condoléances à tout le monde. Les bisbilles irano-pakistano-indiennes doivent bien embêter le Kremlin au moment où l’empire américain décline et la multipolarité eurasienne prend de l’ampleur. En bon observateur, Vladimirovitch doit méditer cet axiome simple de physique transposable en géopolitique : plus un corps grossit, plus des réactions parfois inattendues et hétérogènes se font jour en son sein.

L’Organisation de Coopération de Shanghai, à laquelle tout ce joli monde est maintenant lié à l’exception de Washington, saura-t-elle ramener la concorde ? Le prochain sommet de juin vaudra son pesant d’or…

La Chine répond sèchement aux menaces britanniques

La Chine répond sèchement aux menaces britanniques

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Le gouvernement chinois a annulé la rencontre prévue entre le vice-Premier ministre Hu Chunhua et le ministre britannique de la Défense, Gavin Williamson.

Ce dernier, lors de son intervention devant le Royal United Services Institute (RUSI) avait menacé d’envoyer un porte avion en mer de Chine pour faire payer à Beijing le « prix fort pour son comportement agressif » [1].

L’annulation de ce rendez-vous prive le Royaume-Uni d’un accord commercial qui lui aurait donné accès à un marché de plus de 10 milliards de livres [2].

Le Premier ministre, Theresa May, s’est désolidarisée de son ministre de la Défense. Elle a déclaré que le porte-avion britannique ne voyagerait en Asie qu’en 2021 et que son parcours serait alors approuvé par Downing Street.

[1] “Gavin Williamson at RUSI”, by Gavin Williamson, Voltaire Network, 11 February 2019.

[2] “TRADE FURY : Defence Secretary Gavin Williamson accused of blowing access to Chinese markets worth billions”, Kate Ferguson, The Sun, February 14, 2019.

https://www.voltairenet.org/article205210.html

Donald Trump met la guerre commerciale avec la Chine en sourdine à cause du ralentissement de l’économie américaine en vue

Business first
Donald Trump met la guerre commerciale avec la Chine en sourdine à cause du ralentissement de l’économie américaine en vue

Si Donald Trump a mis une sourdine à ses plans protectionnistes et si le président américain cherche à suspendre le bras de fer qu’il a engagé avec les Chinois, c’est parce qu’il redoute un ralentissement sérieux de l‘économie américaine. Et les raisons de s’en inquiéter se multiplient. Cette semaine, le très mauvais chiffre de la consommation des ménages américains a perturbé l’attente des conseillers de la Maison blanche. Les ventes au détail ont subi une chute mensuelle inédite depuis la crise de 2009. Dans le même temps, les banques ont enregistré des premiers défauts de paiements sur les crédits automobiles et sur les prêts étudiants. Ce renversement de tendance s’est produit au mois de décembre et ne peut pas être franchement imputables au shutdown, qui n’a commencé que le 22 décembre. Ces chiffres signifient aussi que les Américains sont préoccupés de l’avenir de leur économie.

C’est bien la raison pour laquelle Donald Trump a envoyé des signes d’apaisement dans ses discussions avec la Chine, ce qui a permis à la bourse américaine de repartir à la hausse et de compenser les effets de la baisse du moral des consommateurs.

Le ralentissement économique est pourtant mesuré par la plupart des observateurs. Le plus long cycle de croissance qu’à connu le pays dans son histoire économique touche à sa fin, c’est une certitude. La question est de savoir de quelle ampleur sera le ralentissement. Selon les analystes, l’ampleur va de +1.5% de croissance jusqu’à une récession pour les plus pessimistes.

Au delà des variations boursières à Wall Street, qui ne profitent qu’à l’industrie financière, les entreprises traversent un véritable malaise. Pour deux raisons : un, le stimulus fiscal impulsé par Trump en début de mandat touche à sa fin. Et deux, la baisse de la consommation des ménages.

Alors même que l’économie réelle est encore en plein emploi, avec des salaires en augmentation, on conçoit que les chefs d’entreprises se soient mis en mode prudents et attentistes. Aux Etats-Unis, la croissance a toujours été soutenue à 70% par la consommation, ce qui veut dire qu’une consommation en baisse est évidemment un indicateur de ralentissement économique pour les années à venir.

Les résultats des entreprises annoncés en 2018 sont plutôt bons, mais les perspectives pour 2019 sont beaucoup moins réjouissantes. « Les profits de l’an prochain sont attendus en baisse, d’environ 4% », selon Christian Parisot, chef économiste d’Aurel BGC, alors qu’il faudra s’attendre encore à une pluie d’indicateurs et de signaux négatifs en ce début d’année. Et grande nouveauté, ce trou d’air a embarqué, dans son sillage le secteur des nouvelles technologies, avec Apple qui, reste la première capitalisation boursière au monde, mais qui vient de prévenir les marchés que ses ventes d’iPhones ne correspondaient pas aux promesses . Deux points viennent rappeler que l’économie américaine est aujourd’hui en risque. D’abord sur le plan monétaire avec la banque centrale américaine, fin janvier, qui a surpris son monde en annonçant qu’elle n’augmenterait plus son taux directeur en 2020. Cette mesure a pour vocation de ne pas entraver l’investissement en évitant que le crédit ne soit trop cher. Quand le patron de la Fed lève le pied et parle de « patience », c’est que ses cellules de prévisions ne sont pas capables de lui dire ce qui se profile à l’horizon. Le deuxième point nous vient des positionnements ambigus du président américain vis-à-vis de la Chine. Donald Trump a compris qu’il ne pourrait pas faire sans les Chinois, du coup les conseillers chinois et américains ont changé de partition. Une partition moins violente, moins brutale. Le but partagé par les deux grandes puissances est d’arriver à un accord avant l’échéance du 1er mars, date censée consacrer l’entrée en vigueur de l’augmentation des droits de douane sur les importations chinoises. M. Trump sait bien que s’il ne passe pas cet accord, les exportations américaines vers la Chine continueront de baisser puisque la Chine arrêtera ses achats, comme c’est le cas à présent. C’est l’exactement l inverse de qui est souhaité.

La question est de savoir jusqu’où doit aller l’accord commercial. L’ambition de La Chine est certes d’acheter plus de composants technologiques et de produits agricoles en provenance des Etats-Unis mais Donald Trump ne s’arrête pas là : Là où les négociations sont beaucoup plus ardues, c’est quand les Américains demandent un changement de politique intérieure aux Chinois : arrêt des subventions publiques aux entreprises et instauration de la concurrence, entrée sur le marché chinois des entreprises américaines. Tout le monde souhaite que la Chine respecte les règles du jeu de la concurrence mondiale mais personne ne voit pourquoi les dirigeants chinois prendraient ce risque. Bref, un changement de modèle pour l’économie chinoise, largement contrôlée par son pouvoir politique. Faut pas rêver ! Quand Donald Trump réclame un tel changement, il parle essentiellement à ses électeurs afin de leur administrer la preuve (verbale) de sa détermination à changer l‘ordre mondial… Sauf que si l’économie américaine montre trop de signes de ralentissement, les Américains eux mêmes auront moins de cartes en main pour négocier.

https://www.atlantico.fr/

Erdogan dit adieu à l’OCS

Erdogan dit adieu à l’OCS

Publié le 12 Février 2019 par Observatus geopoliticus in Moyen-Orient, Chine

Ceux qui pensaient que la désastreuse vente des S-400 russes à la Turquie permettrait de rompre le lien entre Ankara et l’OTAN, voire de l’attirer vers l’Organisation de Coopération de Shanghai, en sont pour leurs frais. Après les récentes et tonitruantes déclarations turques sur la répression chinoise au Xinjiang, cette entrée dans l’OCS est devenue une chimère.

« La politique d’assimilation systématique des autorités chinoises à l’égard des Turcs Ouïghours est une honte pour l’humanité« . Cette phrase n’a certes rien de scandaleux en soi. S’il est difficile de faire la part des choses entre les affirmations des uns (« un million de Ouïghours internés ») et des autres (« les camps d’internement ne sont qu’une rumeur »), une chose est sûre : la politique de repeuplement décidée par Pékin, et la destruction culturelle du Xinjiang qui en résulte, n’est pas une légende. Votre serviteur avait déjà pu le constater sur place il y a une dizaine d’années…

Si le sultan a autorisé ses Affaires étrangères à émettre cette critique cinglante, c’est que, sans doute pour la première fois de sa carrière, il parle avec son coeur. Certes, beaucoup ironiseront sur le sort qu’il réserve à « ses » propres Kurdes, qui n’a pas beaucoup à envier au traitement que subissent les Ouïghours. Mais sur le Xinjiang, Erdogan semble réellement sincère. Mise à part une possible (et légère) hausse dans les sondages en vue des élections locales le mois prochain, dont son parti est de toute façon favori, il n’a rien à gagner à cette prise de position morale. Tout à perdre, au contraire.

Sans surprise, Pékin n’a pas du tout apprécié, parlant de « déclarations déplorables » et de « mensonges absurdes ». Or la Chine est le premier partenaire commercial d’Ankara et son principal soutien financier alors que la livre turque dégringole. La BAII, que nous avons plusieurs fois évoquée, a d’ailleurs commencé à lui accorder des prêts.

Il y a deux petits mois seulement, lors d’une rencontre entre le Premier ministre chinois et le président du Parlement turc, ce dernier déclarait tout de go : « Nous considérons la Chine comme un pays stratégique et ami« . Et le premier de répondre  : « La Chine est prête à approfondir sa coopération avec la Turquie sur la base du respect et des avantages mutuels « . C’est précisément là que le bât blesse : toute critique, justifiée ou non, sur la politique interne de Pékin est considérée comme une faute impardonnable. La non-ingérence dans les affaires intérieures d’un Etat est même le principe de base de l’Organisation de Coopération de Shanghai.

Déjà, des bisbilles étaient apparues il y a une décennie, comme nous l’expliquions par ailleurs :

En janvier, 2013, l’écume des événements a fait passer à peu près inaperçue une véritable bombe géopolitique : le premier ministre turc Recep Erdogan, invité à la télévision, déclara que la Turquie était encline à abandonner sa démarche européenne pour lui préférer une entrée dans l’Organisation de Coopération de Shanghai, qu’il a qualifiée de « plus forte et importante que l’Union Européenne ». Il faut certes rester prudent, ce pour plusieurs raisons. L’OCS poursuivant son intégration et développant une coopération militaire sans cesse plus poussée, se poserait notamment le problème de l’allégeance d’Ankara à l’OTAN. Encore faudrait-il pour cela que la Turquie soit admise, ce qui est loin d’être évident : contrairement à la Russie, la Chine n’est pas très favorable à l’entrée de la Turquie, conséquence sans doute des déclarations du premier ministre turc qualifiant, non sans exagérations, la répression chinoise au Xinjiang turcophone en 2009 de « génocide »

Bis repetita en 2019. Cette fois, Pékin n’oubliera certainement pas et devrait définitivement fermer la porte de la grande alliance eurasiatique à la Turquie. Pour une fois qu’Erdogan ne se tortillait pas dans tous les sens et ne manigançait pas pour arriver à ses fins…

Pourquoi le Japon a-t-il du mal à avaler l’ascension irrésistible de la Chine ?

Pourquoi le Japon a-t-il du mal à avaler l’ascension irrésistible de la Chine ?


Par Andre Vltchek − Le 11 janvier 2019 − Source New Eastern Outlook


Non loin d’un vieux temple dans la campagne de la préfecture de Mie, il y avait une paire de magnifiques vieilles balançoires pour enfants, près desquelles je me promenais quand j’étais en mal d’inspiration pour mes romans. Il y a deux ans, je remarquais que les balançoires avaient rouillé, laissées à l’abandon. Hier, j’ai remarqué la présence d’un ruban jaune entourant la structure et en interdisant l’accès. Il semble que la décision ait été prise de détruire l’aire de jeux pour de bon.


Un jour plus tôt, je remarquais un sans-abri age dormant sous un grand panneau publicitaire vantant un groupe de restaurants de luxe dans l’impressionnante gare de Nagoya.

Dans la ville de Yokkaichi, qui compte 350 000 habitants, presque toutes les lignes d’autobus ont été annulées. Un élégant et unique signe du zodiaque, qui était gravé dans le parvis de marbre en face de la gare de la Ligne Kinetsu a également disparu, alors qu’il représentait le centre de gravité de la ville. Les ferrys rapides qui traversent la baie entre Yokkaichi et l’aéroport international Centrair qui dessert Nagoya et toute la région centrale du Japon, ont cessé leur service suite au tarissement des subventions municipales. Maintenant les gens doivent conduire 70 kilomètres autour de la baie pour pouvoir prendre leur vol, gaspillant essence, frais de péages extravagants et frais de parking de l’aéroport. Ce qui était des espaces publics, ou même des rizières, sont soudainement convertis en parcs de stationnement au design déprimant. Cela se passe dans la plaine centrale du Japon, mais aussi dans des villes éloignées du sud-ouest comme Nagazaki, ou du nord comme Nemuro.

Il y a des sans-abris partout. Les voitures (le Japon a maintenant plus de voiture par habitant que les États-Unis) pourrissent sur place au milieu de rizières ou aux abords de forêts autrefois vierges, à cause de leur dépréciation rapide, et du coût prohibitif pour s’en débarrasser de façon responsable. Des villages ruraux entiers se sont dépeuplés, au point de devenir des villages-fantômes. La rouille, la mauvaise gestion, et un manque cruel de services publics menacent le pays tout entier.

Le Japon est en état de décomposition. Il était possible pendant de nombreuses années de ne pas regarder la réalité en face, grâce à l’inertie émanant d’un des pays les plus riches de la planète. Mais cela n’est plus possible : la détérioration du pays est trop flagrante.

La décrépitude n’est pas aussi avancée que ce qu’on peut constater dans certaines parties de la France, des États-Unis ou du Royaume-Uni. Mais il s’agit bien de décrépitude. Les jours heureux des trente glorieuses sont terminés. L’industrie automobile et les autres grands groupes cannibalisent littéralement le pays, lui dictant son mode de vie. Dans des villes de taille plus modeste, les automobilistes ne laissent plus les piétons traverser en priorité comme avant. La voiture est au cœur des préoccupations des urbanistes, et certains d’entre eux sont rémunérés en sous-main par les lobbys automobiles. Nombreux sont les endroits où on ne peut désormais se rendre qu’en voiture. Il n’y a presque plus d’équipement sportif public dans les parcs, et presque plus aucun nouveau parc. Le Japon, fier de son industrie agroalimentaire sophistiquée, est maintenant envahi de chaînes d’épiceries de quartier, qui ne vendent pour la plupart que des denrées alimentaires de mauvaise qualité.

Durant des générations les Japonais se sont sacrifiés pour la construction d’une société prospère, puissante et juste. Aujourd’hui, il n’y a aucun doute que le rôle des citoyens n’est que de soutenir les grands groupes industriels. Le Japon avait son propre modèle de développement, mais de nos jours, le mode de vie n’est pas si différent de celui qu’on peut observer en Amérique du Nord ou en Europe. Pour la deuxième fois dans son histoire, le Japon a été contraint de « s’ouvrir au monde » (comprendre « s’ouvrir aux intérêts occidentaux et au capitalisme libéral »), et d’accepter des concepts qui sont fondamentalement étrangers à la culture asiatique. Les conséquences ne se sont pas faites attendre, et pour faire court, elles ont été désastreuses dans tous les domaines.

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Après la Deuxième guerre mondiale, le Japon n’avait pour autre choix que d’accepter la situation. Sa Constitution fut rédigée par les États-Unis. Vaincu, mais déterminé à rebâtir et à rejoindre les rangs des pays les plus riches de la planète, le Japon commença à collaborer avec l’Occident, d’abord en soutenant l’invasion violente de la Corée (la soi-disant « Guerre de Corée »). Le Japon abandonna totalement son indépendance, et mit sa diplomatie au service des États-Unis.

Les médias de masse sont depuis la fin de la guerre contrôlés et censurés par le gouvernement à Tokyo. Les grands quotidiens japonais, tout comme sa télévision nationale NHK, n’oseraient jamais diffuser ou publier une quelconque information internationale importante, sauf si un des grands groupes médiatiques américains ou britanniques ouvraient la marche et donnaient leurs instructions sur la façon dont les informations doivent être couvertes dans les médias des États vassaux. Vu sous cet angle, les médias japonais ne différent en rien de leurs collègues indonésiens ou kenyans.

Le Japon n’est pas non plus une « démocratie », si la définition de démocratie correspond au pouvoir dans les mains du peuple. Traditionnellement, les Japonais vivaient principalement pour servir la nation, ce qui n’était d’ailleurs pas une mauvaise idée. Cela a fonctionné pendant un moment, en tout cas pour la majorité. Mais de nos jours, les Japonais sont censés sacrifier leur existence pour servir les grandes sociétés.

Les Japonais n’ont pas l’habitude de se rebeller, même lorsque leurs dirigeants leur font les poches. Ils sont étonnamment dociles.

Le Japon est non seulement en état de décomposition, mais il tente de répandre sa décomposition, telle une épidémie. En réalité, le Japon étend et glorifie sa politique de soumission dans les domaines de la diplomatie et des politiques publiques. Par l’octroi de bourses, le gouvernement japonais n’a de cesse d’endoctriner et de castrer intellectuellement des dizaines de milliers d’étudiants provenant des nations pauvres du sud-est asiatique et d’autres parties du monde.

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Au même moment, la Chine, qui est vraiment la porte à côté, est à la pointe des avancées technologiques, de l’urbanisme et des politiques sociales. La « civilisation écologique » faisant désormais partie de la Constitution, la Chine est en avance sur la Japon dans le développement de sources d’énergies alternatives, des transports publics ainsi qu’en terme de d’agriculture biologique. D’ici 2020, les dernières poches de pauvreté extrême en Chine auront disparues de cet immense territoire.

Et toutes ces avancées ont été réalisées sous la houlette du Parti communiste chinois, que les Japonais ont appris à détester et rejeter.

L’exceptionnelle détermination des Chinois, leur entrain, leur génie et leur attachement à un certain socialisme sont de toute évidence les clés du succès, en comparaison avec l’esprit sclérosé, conservateur et revanchard du Japon moderne et de ses chaperons occidentaux. Le contraste est vraiment flagrant et immédiatement palpable même pour le plus perplexe des observateurs.
Quant à la scène internationale, pendant que les grands groupes japonais sont occupés à exploiter des pays entiers et à corrompre leurs gouvernements, la Chine redresse des continents entiers, à l’aide des bons vieux idéaux de l’Internationale communiste. L’Occident fait de son mieux pour discréditer la Chine et ses efforts colossaux, tout comme le Japon, allant jusqu’à inventer de nouvelles insultes, mais la vérité est de plus en plus difficile à dissimuler. Il suffit de parler à des Africains pour se rendre compte rapidement de la situation. Il suffit de voyager en Chine pour que tout devienne plus limpide. Sauf à être payé par un tiers pour refuser de voir.

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Plutôt que de s’inspirer du modèle chinois et de changer totalement de modèle économique et social, le Japon préfère prendre l’attitude du mauvais perdant. Le Japon se complait à détester la Chine d’avoir réussi son développement grâce à des politiques publiques indépendantes de toute influence étrangère, et sous la direction d’un gouvernement communiste. Le Japon déteste la Chine qui a construit de belles villes pensées pour le peuple, qui fait de son mieux pour préserver son environnement et ses campagnes. Et plus que tout le Japon déteste la Chine d’avoir réussi à garder son indépendance totale, politique et sociale, ainsi que dans le champ académique.

La Chine a bien tenté de faire du pied aux universités occidentales, mais cela s’est révélé une voix sans issue, menant à une infiltration idéologique, jusqu’au quasi-effondrement de l’indépendance intellectuelle de la Chine. Heureusement le danger fut identifié, et la subversion occidentale fut rapidement stoppée, pour ainsi dire « cinq minutes avant minuit », avant qu’il ne soit trop tard pour réagir.
Au Japon, la soumission et la collaboration avec le régime impérialiste occidental sont arborées avec fierté. Les diplômés japonais d’universités américaines et britanniques accrochent leurs diplômes au mur, comme si cela était une preuve de succès, au lieu d’une preuve de collaboration à un système qui est en train de mettre à feu et à sang une grande partie de la planète.

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Je me souviens qu’il y a une quinzaine d’années, on pouvait voir les touristes chinois sur tous les quais des gares du Japon photographier les trains à grande vitesse, fascinés. Lorsque les trains passaient, on pouvait les entendre soupirer. Aujourd’hui, la Chine a le réseau ferroviaire à grande vitesse le plus étendu et les trains les plus rapides du monde. Les trains chinois sont plus confortables que les japonais et les prix des billets chinois défient toute concurrence comparés aux billets japonais et français, à des niveaux de prix établis pour que tout le monde puisse se payer un déplacement à grande vitesse.

Les femmes chinoises enviaient à l’époque le choix de marchandises dans les grands magasins japonais. Posséder un iPhone était le rêve de la classe moyenne. Aujourd’hui les Chinois sont habillés avec les mêmes vêtements que les Japonais, l’iPhone n’est plus un luxe et en fait, les téléphones Huawei et d’autres marques chinoises proposent des téléphones de technologie bien supérieure à ceux d’Apple.

Je me souviens aussi de l’impression que laissait l’architecture moderne japonaise aux touristes chinois, les salles de concert internationales, les cafés à la mode et les belles boutiques. Aujourd’hui, la vie culturelle de Beijing et Shanghai est sans conteste plus riche que celle de Tokyo ou Osaka. L’architecture moderne est plus impressionnante, et il existe des innovations à la fois à la ville et à la campagne en Chine qui ne sont même pas au stade de projet au Japon.
Alors que les aires de jeux publiques au Japon sont abandonnées ou transformées en aires de stationnement, la Chine construit des nouveaux parcs, petits et immenses, et réaménage des lacs et des rivières en aires de loisirs publics.

Au lieu de la publicité omniprésente du Japon, la Chine placarde sur ses avenues et dans les transports en commun des bandes dessinées éducatives sur les thèmes des vertus du socialisme, de la solidarité, la compassion, l’égalité. La civilisation écologique fait l’objet d’une « publicité » à peu près partout.
Les Japonais sont de plus en plus d’humeur maussade, mais en Chine, des sourires plein de confiance dans l’avenir sont sur beaucoup de visages.

La Chine est dans une phase d’ascension inexorable. Pas grâce à sa croissance économique (le gouvernement n’en fait plus sa priorité comme auparavant), mais grâce à la qualité de vie des citoyens chinois qui ne fait qu’augmenter.
Et c’est le plus important, n’est-ce pas? On peut réellement améliorer la vie d’un peuple sous la houlette d’un système communiste tolérant et moderne. Tant que les gens sourient, tant qu’ils peuvent recevoir une éducation, qu’ils sont en santé et heureux, cela ne peut être considéré que comme une victoire !


Certaines personnes continuent de fantasmer sur l’image d’Épinal des forêts vierges et des lacs japonais. Ils existent toujours, si vous les cherchez bien, comme les maisons de thé, les arbres et les petites criques. Mais il faut les trouver, et il faut bien choisir l’angle de sa photo, car les villes et les campagnes japonaises sont jonchées d’épaves automobiles, de poutres métalliques rouillées, d’espaces publics à l’abandon, des câbles électriques qui pendent et dépareillent le paysage. Tant que des économies peuvent être faites et qu’un profit peut être réalisé, tout est permis.

Les Japonais ont du mal à formuler leur sentiment sur la question. Mais on peut le résumer ainsi : ils se sentent frustrés que le pays qu’ils occupaient et exploitaient est aujourd’hui plus prospère que le leur. Pour les impérialistes japonais, les Chinois étaient simplement des sous-hommes. Cela ne fut jamais exprimé comme cela, mais le Japon n’a jamais respecté que la culture et le pouvoir occidentaux. Aujourd’hui, les « sous-hommes » chinois explorent le fin fond des océans, construisent des avions, les trains les plus rapides du monde et produisent un magnifique cinéma d’auteur. Et ils font de la libération du monde opprimé leur objectif, par le biais de leur projet Une ceinture, une route [Les Nouvelles routes de la soie, NdT], et d’autres idées incroyables.

Que fait le Japon pendant ce temps-là ? Des selfies ; des jeux vidéos ; des dessins animés débiles; nihilistes et dénués d’intérêt ; des réseaux sociaux pour idiots ; une avalanche gigantesque de pornographie en mal de créativité ; des « arts » décoratifs ; de la musique pop et une production automobile de masse. Ses citoyens sont déprimés. J’ai passé trente ans au Japon, je le connais dans ses moindres recoins, et j’aime toujours ce pays, par beaucoup de ses aspects, mais je le vois aussi changer, s’effondrer en fait. Et ce pays refuse de l’admettre et de se réformer.

Je travaille avec la Chine, car j’aime la direction qu’elle prend. J’aime son modèle communiste moderne (je n’ai jamais été un grand admirateur de la Bande des Quatre, du culte et de la glorification qu’elle vouait à la pauvreté) dont l’objectif est d’enrichir rapidement le peuple chinois, et d’enrichir les pays encore opprimés !

Mais cela n’est pas l’objectif du Japon. Ce pays s’est senti « unique » pendant un certain temps. Il était le seul pays riche en Asie. Le seul pays asiatique autorisé, par l’Occident, à être riche. Pendant la période de l’apartheid en Afrique du Sud, les Japonais étaient appelés des « Blancs honoraires », parce qu’ils avaient intériorisé la culture occidentale, parce qu’ils avaient choisi de piller le monde en développement, de concert avec les Européens et les Nord-américains, plutôt que d’aider ces peuples en développement. Sous bien des aspects, il s’agissait d’une forme de prostitution politique et morale, mais qui payait si bien qu’on ne discutait pas de la question morale.

Maintenant la Chine passe en tête simplement grâce à son courage, son travail acharné, le génie de son peuple et tout ceci sous la houlette éclairée du Parti communiste et de sa planification centralisée. Exactement les choses que l’on a appris au peuple japonais à rejeter.

C’est une situation frustrante et effrayante. Cela voudrait dire que toute cette soumission, cette humiliation et ces courbettes à l’Empire n’ont servi à rien ? À la fin, c’est la Chine et le Communisme qui l’emportent et qui rendront le plus grand service à l’humanité.

Oui, le Japon est frustré. Les derniers sondages évoquent des chiffres de 80% de Japonais qui n’aiment pas les Chinois.

Au plus j’interagis avec des Japonais des quatre coins du pays, au plus je suis convaincu que le public japonais perçoit instinctivement qu’il a parié sur le mauvais cheval pendant des décennies. Le Japon est trop fier pour le mettre en mots, et trop effrayé de vraiment l’analyser. Mais la vie au Japon, pour la majorité des gens, est devenue clairement ennuyeuse, sombre et déprimante. Et aucune révolution à l’horizon qui puisse redonner espoir, car sa population a été dé-politisée avec succès.

La Chine construit, invente, se bat et avance, avec confiance, entourée d’amis, mais toujours de façon indépendante.

Le Japon est restreint dans ses mouvements par ses chaînes. Il est immobilisé. Il ne sait même plus comment bouger, résister.

Et c’est la source de son aversion pour la Chine !

Andre Vltchek

Andre Vltchek est un philosophe, écrivain, réalisateur et journaliste d’investigation. Il est le fondateur de Vltchek’s World in Word and Images, et a écrit un certain nombre d’ouvrages dont Optimisme révolutionnaire, Nihilisme occidental. Il écrit en particulier pour le magazine New Eastern Outlook

Traduit par Laurent Schiaparelli, édité par Hervé, relu par Cat pour Le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/pourquoi-le-japon-a-t-il-du-mal-a-avaler-lascension-irresistible-de-la-chine

Chine : l’empire de l’or

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Cours de l'or Chine

Chine : l’empire de l’or

La Chine est devenue en moins de 20 ans un des plus gros acteurs de l’or mondial. C’est une décision stratégique du pouvoir en place qui souhaitait dépendre le moins possible du dollar. Cette politique s’accélère depuis que Trump déroule son programme “America First” et que l’économie chinoise montre des signes de moindre croissance.

Quand on regarde les chiffres d’achat d’or par les banques centrales au 3ème trimestre 2018, la Chine est quasiment absente. Les gros acheteurs visibles sont la Russie et la Turquie. Deux pays qui souhaitent pour des raisons différentes diminuer leur dépendance au Dollar.

Pourtant, les spécialistes comme Philippe Béchade, président des Econoclastes et grand connaisseur de la Chine, estiment que Pékin cache la réalité de ses réserves. Selon les chiffres officiels les stocks d’or de la Banque centrale chinoise seraient de moins de 2000 tonnes d’or soit…4 fois moins que ceux des Etats-Unis. Et moins que ceux de l’Allemagne, de l’Italie, de la France et aujourd’hui même de la Russie. C’est impossible.

Le premier producteur d’or du monde

L’industrie minière chinoise a dépassé la production d’or de l’Afrique du Sud, pays réputé leader depuis des décennies. C’était en 2007.

source : China gold Assocation

Depuis, l’estimation des réserves de minerai non exploitées ne cesse de croître. On a atteint une estimation en 2017 de plus de 13 000 tonnes de réserves sur des sites positionnés essentiellement dans l’est du pays.

L’industrie aurifère  chinoise a été la plus productive du monde chaque année depuis 11 ans selon Zhang Yongtao, Vice-Président et Secrétaire Général la China Gold Association.

Il faut savoir qu’une partie de cette industrie est publique et donc les problématiques de rentabilité de l’extraction sont moins prégnantes que pour une industrie privée. Quand les cours étaient au plancher, la production a été ralentie dans certains pays pour conserver une rentabilité des entreprises minières. En Chine, on ne s’est pas arrêté. En 2017, ce sont 426 tonnes d’or qui ont été raffinées selon Yongtao. C’est environ 13% de la production mondiale.

La route de l’or :  importations pour augmenter le stock national

Et puis, avec la  Belt and Road Initiative qui est en fait la “Route de la Soie” du IIIème Millénaire, la Chine est allée chercher du minerai ailleurs. On parle beaucoup des terres rares sur lesquelles les autorités chinoises auraient fait main basse à coup de programme d’échanges “minerais et matières premières contre infrastructures routières et logements” notamment sur le continent africain. Quand il y a des terres rares, on n’est pas très loin des filons d’or et d’argent. Donc la Chine a produit et importé de l’or par centaines de tonnes chaque année. On peut estimer sans trop se tromper qu’une partie de cette production est aujourd’hui dans les coffres de la Banque populaire de Chine.

Besoin de se détacher de l’influence de l’Amérique

Selon les uns, c’est une volonté d’hégémonie de l’empire du Milieu. Pour les autres c’est un besoin de ne pas être dépendant des américains. En tous les cas, les autorités chinoises font tout pour éviter d’être dépendantes du Dollar même si elles détiennent encore un masse énorme de dette américaine avec l’équivalent de 1100 milliards de dollars d’emprunt d’Etat.  Mais les positions se sont un peu tendues avec l’élection de Donald Trump et sa volonté de “rapatriement” de l’industrie sur le continent Nord Américain. Les chinois ont déjà fait savoir qu’ils possédaient les terres rares nécessaires au fonctionnement de la dite industrie, histoire de calmer un peu les ardeurs du Président US. Mais cela n’empêche que l’idée est de pousser le Yuan comme monnaie réfèrente face au billet vert. Pour cela, il faut garantir cette monnaie et on n’a rien inventé de mieux que les stocks d’or d’une banque centrale. Et aussi imposer à ses partenaires et ses voisins de commercer avec la monnaie chinoise.

L’or : une garantie pour le particulier

En Chine, c’est une tradition : l’or est une valeur sûre. Ainsi, on a vu en 2015, les chinois apporter l’or de la famille comme garantie pour pouvoir emprunter et ensuite spéculer en bourse. Sans commentaire.

Aujourd’hui, l’économie chinoise montre quelques signes de faiblesse. C’est-à-dire qu’elle est en croissance mais pas assez pour couvrir les besoins de développement du pays. Les attaques commerciales américaines vont aussi peser avec des effets à très court terme. Alors, les chinois cherchent aujourd’hui à sécuriser leur patrimoine. Ils achètent de l’or. On estime que le métal jaune est présent en moyenne à hauteur de 6% des portefeuilles. Même les assureurs chinois sont en train de se positionner avec l’intégration d’or dans les unités de compte pour les assurances vie.

Enfin, un placement or a été créé par une banque chinoise. Microgold permet en utilisant l’application Wechat, messagerie très populaire, de transmettre des valeurs en équivalent”or” via des enveloppes numériques.

Panda : la pièce d’or chinoise

C’est en 1982 que la Banque Populaire de Chine introduit pour la première fois un Panda. Outre le fameux panda sur le revers  qui est redessiné à chaque millésime, le Panda a surtout été jusqu’en 2016 mesuré en Once Troy. En 2017, changement de système et adoption du système métrique. Le panda 1 once (31,103 g) devient la pièce-lingot de 30 g. Ces pièces, notamment celles d’avant 2016, sont assez recherchées par les collectionneurs en raison du changement annuel de gravure du Panda.

Les investisseurs les apprécient aussi, en effet, pour un même poids, le cours du Panda est en général plus élevé que celui du Krugerrand

En savoir plus sur le Panda

https://www.loretlargent.info/chine/chine-empire-or/21429/?utm_source=L%27Or+et+l%27Argent+-+Contrarien&utm_campaign=d03bfcef82-Newsletter_140219&utm_medium=email&utm_term=0_86ce22792d-d03bfcef82-45475405