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L’eau, nouveau paradigme de la géopolitique du XXIème siècle (2/3)

L’eau, nouveau paradigme de la géopolitique du XXIème siècle (2/3) 

Alexandre CAPEL 19 novembre 2019 EauEnvironnementMondialisation et enjeuxRessourcesSituations décryptées Leave a comment

Ressource naturelle essentielle à la vie, l’eau n’a jamais semblé aussi accessible et abondante qu’aujourd’hui. Ouvrir le robinet pour voir de l’eau couler est devenu un geste quotidien pour une grande partie de la population mondiale. Pourtant, celle-ci vient de plus en plus à manquer sur une planète que l’on sait bleue.

L'eau un enjeu géopolitique
“A quarter of Humanity faces looming water crises”, New York Times, 6 août 2019.

Une problématique qui ne connaît pas de frontières

La carte publiée par le New York Times, conçue à partir du rapport du World Ressources Institut, permet de comprendre l’absence de frontières lorsque l’on vient à parler des problématiques de l’eau. La comparaison des situations “hydro-sécuritaires” des différents pays incite d’ailleurs à sortir d’une vision ethnocentrée.

Au-delà de cette absence de frontières, Alexandre Taithe, chargé de recherches à la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS) estime que l’internationalisation de l’eau a entrainé les problématiques actuelles. La création de nouveaux États, notamment après 1945, a transformé certains cours d’eau nationaux en cours d’eau internationaux. Même si ces derniers traversent parfois des régions à la géographie et au climat très différents, il n’en demeure pas moins que les problématiques auxquelles sont confrontées les gouvernements et les populations sont parfaitement identiques.

La surexploitation, la pollution des fleuves, les sécheresses et les pénuries sont ainsi des contraintes qui s’expriment de manière indifférenciée. À ce titre, Franck Galland, chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique et spécialiste des questions sécuritaires liées à l’eau considère que “ces peuples sont pourtant des plus divers, tant d’un point de vue ethnique que religieux. Sunnites, Chiites ; mais encore Chinois, Perses et Arabes partagent les mêmes peines, mais également les mêmes espérances dans les solutions qui peuvent être apportées pour soulager leurs maux” [1].

Tour d’horizon des situations hydro-sécuritaires

  • Chine

La Chine est confrontée, dans sa partie septentrionale, à des niveaux de stress hydrique importants. Ceux-ci seraient équivalents à ceux de l’Algérie et de Djibouti. Le pays connaît une dégradation significative de la qualité et de la quantité de ses eaux souterraines et de surfaces. En plus de cela, les rejets industriels et domestiques deviennent un enjeu crucial pour le régime de Pékin. De nombreuses rivières et grands fleuves chinois sont en effet sévèrement pollués.

  • Iran

L’Iran et sa capitale Téhéran ne peuvent pas compter sur les faibles précipitations qui s’abattent chaque année sur le pays pour éviter les pénuries d’eau. Les constructions de barrages impulsées par les différents gouvernements ont empêché certaines rivières d’atteindre de nombreuses régions semi-arides ou arides. Ces barrages ont dans le même temps rendu impossible la reconstitution des aquifères. Par ailleurs, le régime, dans sa quête d’autonomie face à l’Occident, a parfois été jusqu’à encourager une agriculture extrêmement gourmande en eau.

  • Arabie Saoudite

Le royaume d’Arabie Saoudite, qui a bâti sa richesse sur le pétrole est aujourd’hui confronté à d’importantes pénuries d’eau. En effet, dans un pays où il pleut rarement et où la consommation d’eau est deux fois plus élevée que la moyenne mondiale, les réserves souterraines s’épuisent rapidement. Les nappes aquifères fossiles d’où provient la majeure partie de l’eau pompée, pourraient ainsi être asséchées sous vingt-cinq ans, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

  • Turquie, Syrie, Irak

L’avancée du “projet du sud-ouest anatolien” menace l’approvisionnement en eau de la Syrie et de l’Irak. Deux des plus grands fleuves du monde, le Tigre et l’Euphrate, traversent pourtant ces deux pays. Ce projet, dont l’objectif est de couvrir à hauteur de 25% la consommation d’électricité de la Turquie en construisant 22 barrages et 19 centrales hydrauliques sur l’Euphrate, pourrait permettre à Ankara de contrôler le débit de ce dernier. Face à ce “réveil de l’amont”, la Syrie et l’Irak semblent donc pris en otage alors même que la situation hydrique et sécuritaire des deux pays était d’ores et déjà sérieusement dégradée.

  • Égypte, Éthiopie

La situation “hydro-sécuritaire”, dans la zone du Grand Nil est assez similaire à la situation turco-irako-syrienne. La construction du barrage de la Renaissance en Éthiopie menace sérieusement l’Égypte, qui se considère pourtant comme le “gardien du Nil”. Le barrage devrait être à terme le plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique. La baisse du débit du fleuve aurait des conséquences désastreuses, notamment au niveau du barrage d’Assouan. Situé en aval,  celui-ci assure au pays une sécurité énergétique et hydrique.

  • Europe

Les problématiques liées à l’eau impactent aussi le vieux continent. Si les répercussions n’ont pas (encore) la même ampleur que dans certains pays du Proche et du Moyen-Orient, elles ne sont pas pour autant anecdotiques. La France, l’Espagne et l’Italie sont confrontés chaque année, à des épisodes caniculaires de plus en plus violents. Ces pays doivent ainsi limiter leur consommation en eau, notamment en interdisant l’irrigation agricole. Aux Pays-Bas, la montée des eaux se conjugue désormais avec la sécheresse que connaissent certaines régions. Même le sud de l’Angleterre – qui n’est pas particulièrement connu pour son climat aride – semble manquer d’eau.

Sources

– Somini Sengupta, “A quarter of Humanity faces looming water crises”, New York Times, 6 août 2019.

– Ruth MICHAELSON,“Oil built Saudi Arabia – will a lack of water destroy it?”, The Guardian, 6 août 2019.

– Peter HARLING, « L’Irak assoiffée par la folie humaine », Orient XXI, 12 Septembre 2019.

Notes

[1] Franck Galland, Le grand jeu : chronique géopolitique de l’eau, CNRS édition, 2014Share

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About Alexandre CAPEL

Passionné par les relations internationales, je suis actuellement étudiant en Double diplôme Droit européen et international au sein de l’Université Toulouse 1 Capitole (L1 et L2) et de l’Université de Bangor (L3 et M1) au Royaume-Uni. Je m’intéresse particulièrement à la politique étrangère de l’UE ainsi qu’à la région du Proche et du Moyen-Orient.

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/mondialisation-enjeux/42124-eau-nouveau-paradigme-geopolitique-21e-siecle-2

La Chine confirme son rôle de locomotive mondiale

La Chine confirme son rôle de locomotive mondiale


Par James ONeill – Le 7 novembre 2019 – Source New Eastern Outlook

PIB chinois
Evolution du PIB chinois

Bien que le lecteur des médias grand public occidentaux n’en soit guère conscient, le «reste du monde» connaît des changements fondamentaux dans ses relations économiques et politiques. Cela n’est nulle part aussi évident que dans la grande région eurasienne. Cette zone terrestre englobe quatre des huit puissances nucléaires officiellement reconnues dans le monde, dont la huitième, Israël, est géographiquement de la région, mais par ses attitudes, ses politiques et son comportement, opère en marge du changement fondamental en train de se produire. Par contre, ce pays fait activement de son mieux, en Syrie comme en Iran, pour saboter activement ces changements politiques tectoniques.

L’évolution du monde géopolitique n’a jamais été aussi évidente que dans le développement rapide des groupements politiques et économiques civils qui ont émergé au cours des quinze dernières années, dont l’existence, et encore moins la connaissance, est largement inconnue des habitants de la plupart des pays occidentaux. En ce qui concerne leur existence, ou du moins les activités de deux des plus importants de ces nouveaux groupements, la Russie et la Chine, le discours des médias occidentaux, lorsqu’il existe, est le plus souvent dénigrant, inexact et hostile.

Un bref survol de ces ensembles révèle l’étendue géographique et leur influence politique et économique croissante. Bien qu’elle ne soit pas limitée géographiquement à la grande région asiatique, cette entité géopolitique est économiquement, et de plus en plus politiquement, le moteur central du changement géopolitique mondial.

Sur le plan chronologique, le premier des grands groupes a été l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), fondée en 1961, lorsque les pays concernés étaient, en termes comparatifs, des bébés économiques. Les 10 pays d’origine avaient une population d’environ 650 millions d’habitants, mais avec l’ajout des États associés de l’Inde et de la Chine, plus l’Association de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, elle représente maintenant environ 40% de la population mondiale. L’une de ses caractéristiques inhabituelles est l’inclusion de deux nations plus communément recensées dans le bloc politique américano-européen, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, bien que ce dernier pays se soit montré plus sensible et conscient de ses réalités géographiques et géopolitiques que l’Australie.

Le deuxième grand groupement digne de mention est l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) qui a été fondée en 2001 avec cinq membres fondateurs, dont la Russie et la Chine, et trois anciens États membres de l’URSS. C’est sans doute aujourd’hui l’organisation régionale la plus importante du monde en termes de population (avec l’Inde et la Chine), de puissance militaire (avec quatre des huit puissances nucléaires mondiales connues) et d’agenda qui englobe une coopération économique, sociale, technique, culturelle et sécuritaire.

Les médias occidentaux, qui se plaisent à accentuer la rivalité entre certains de leurs membres, notamment l’Inde et le Pakistan, qui ont néanmoins tous deux rejoint l’OCS en même temps, sous-estiment considérablement le rôle que joue de plus en plus cette organisation non seulement au niveau régional mais en termes d’impact global.

La volonté de pays comme la Chine, la Russie et l’Inde de ne pas soutenir l’hostilité économique et politique des États-Unis envers l’Iran en est une illustration. Le président chinois Xi a déclaré publiquement qu’il avait l’intention d’ignorer les sanctions illégales et l’hostilité des États-Unis et de leurs alliés envers l’Iran.

Je pense que les fanfaronnades militaires américaines et les représailles militaires planifiées contre l’Iran à la suite de l’abattage par ce dernier d’un avion espion américain sans pilote ont été interrompues par des avertissements opportuns des présidents Poutine et Xi.

L’Iran est également un participant clé de la route économique nord-sud indienne, qui assurait à l’origine les liens économiques entre l’Inde et l’Europe via l’Iran et la Russie, mais qui est maintenant étendue à d’autres pays régionaux clés, dont l’Afghanistan. Ce dernier pays a subi 18 ans d’invasion et d’occupations menées par les États-Unis, mais grâce aux récentes mesures économiques importantes prises par la Chine, il est sur le point d’échapper enfin à l’attention et à l’occupation non désirées des États-Unis et de ses alliés.

Il est maintenant bien établi que l’invasion de l’Afghanistan a été décidée en juin 2001 et qu’elle était étroitement liée à la décision de l’Afghanistan de favoriser BRIDAS Corporation pour la construction de l’oléoduc à partir de la région du Caucase, et de rétablir la production d’héroïne pratiquement abolie par les Taliban, plutôt que sous prétexte des événements du 11 septembre 2001. Le fait que les puissances occupantes, y compris les États-Unis et l’Australie, soient toujours là plus de 18 ans plus tard en dit long sur la véritable motivation.

Le développement le plus vaste et le plus important sur le plan géopolitique au cours des dernières années a peut-être été l’initiative chinoise des Nouvelles routes de la soie, présentée pour la première fois par le président Xi en 2014, un programme qui englobe maintenant 150 pays et organisations en Asie, en Afrique, en Europe et en Amérique du sud. L’ampleur, la portée et l’étendue géographique de cette association volontaire de tant de nations sont sans précédent, sans parler de la rapidité avec laquelle les relations se sont établies.

La Nouvelle-Zélande a été le premier pays non asiatique à signer un protocole d’accord avec la Chine, un autre signal qui la différencie de son voisin australien dont l’attitude envers la Nouvelle route de la soie oscille entre indifférence et hostilité. Il convient de noter que l’État australien de Victoria et le Territoire de la capitale australienne ont tous deux signé un protocole d’entente avec la Chine contre, il faut le noter, l’hostilité du gouvernement fédéral.

Cette ambivalence du gouvernement fédéral reflète une attitude sociopolitique plus large qui caractérise les relations de l’Australie avec la Chine, nonobstant le rôle de cette dernière en tant que premier partenaire commercial de l’Australie. Le commerce de l’Australie avec la Chine, à titre d’exemple simple, est presque trois fois plus important que celui de son prochain partenaire commercial, le Japon. Les échanges commerciaux de l’Australie avec la Chine représentent environ dix fois la valeur de ses relations commerciales avec les États-Unis.

La Chine est aussi la plus importante source d’étudiants et de touristes étrangers et la troisième source d’investissements étrangers en Australie. Il serait difficile de proposer une politique plus potentiellement autodestructrice que celle de l’Australie qui risquerait de briser ses relations avec la Chine au nom de l’engagement douteux des États-Unis d’agir comme garant de sa sécurité. Il suffit de demander aux Kurdes à quel point les engagements américains sont fiables !

Ironiquement, l’Australie travaille en coopération avec la Chine au sein de l’ANASE et du partenariat économique collectif régional (RCEP), mais elle maintient un degré d’hostilité et de suspicion envers la Route de la soie qui ne correspond tout simplement pas à la réalité géopolitique. L’hostilité et la suspicion exprimées au niveau officiel trouvent sans aucun doute leur origine dans l’adhésion constante à la vision étasunienne du monde, illustrée ces dernières semaines par le comportement embarrassant du Premier Ministre australien, Morrison, lors de sa visite aux États-Unis.

Il n’y a jamais eu, selon moi, d’argument rationnel avancé dans les médias australiens pour expliquer pourquoi 150 pays et organisations internationales devraient accueillir et adopter avec enthousiasme la Route de la soie et les opportunités qu’elle représente, sans qu’aucun d’eux ne partage la paranoïa australienne au sujet des prétendues machinations chinoises pour dominer le monde.

La réalité est que la Chine ne domine pas, n’intimide pas et n’exploite pas ses relations avec ses partenaires de la Route de la soie. Cela n’est jamais plus évident que dans ses relations avec la Russie, dont le développement est l’une des caractéristiques géopolitiques marquantes de ces dernières années.

Le concept d’une relation mutuellement bénéfique avec d’autres pays, qui ne repose pas sur l’exploitation ou l’intimidation, est clairement un concept étranger à la psyché de nombreux pays occidentaux. Comme il est bien documenté, les relations des pays occidentaux avec le monde en développement au cours des 300 dernières années ont été marquées par l’exploitation, qui touche maintenant rapidement à sa fin, notamment grâce au rôle des organisations internationales mentionnées ci-dessus. L’un des concepts les plus difficiles à comprendre pour les dirigeants politiques occidentaux est que l’ère de leur domination touche à sa fin. L’empressement avec lequel des dizaines de nations ont littéralement saisi les modèles alternatifs représentés par les organisations multilatérales mentionnées ci-dessus (et cette liste est loin d’être exhaustive) est une preuve convaincante que ces nations sont fatiguées de l’exploitation de leurs ressources, et cherchent manifestement une meilleure alternative.

Cette transition ne sera pas facile car il serait naïf de supposer que les grandes puissances occidentales céderont facilement la domination dont elles ont bénéficié ces derniers siècles. C’est là qu’il y a un énorme danger potentiel.

Le modèle chinois dit « gagnant-gagnant » a montré qu’il existe des alternatives viables aux versions occidentales exploitantes et destructrices. Les données, largement ignorées par les grands médias occidentaux, montrent clairement que le modèle asiatique est une alternative viable. C’est un modèle qui a transformé et transforme la vie de milliards de personnes.

Il est loin le temps où les nations occidentales reconnaîtront cette réalité et adapteront leur comportement en conséquence.

James O’Neill est un analyste géopolitique australien.

Traduit par Wayan, relu par Camille pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/la-chine-confirme-son-role-de-locomotive-mondiale

Un coup, un mort et une route

Un coup, un mort et une route

12 Novembre 2019

A peine notre dernier billet sur le recul impérial en Amérique latine était-il publié que la Bolivie était le théâtre d’un coup d’Etat qui fleure bon la CIA. Les ressemblances avec le Maïdan ukrainien sont d’ailleurs assez frappantes : un président quelque peu naïf, une opposition violente, liée à Washington, des pontes de la police et de l’armée qui trahissent leur gouvernement et retournent leur veste, une chasse aux sorcières qui débute…

Un coup d’Etat, donc ? Oui mais… Ce blog se doit avant tout d’être objectif et il faut reconnaître que l’ami Evo n’est pas non plus blanc comme neige. Personne n’a bien compris pourquoi le comptage des voix a soudain été arrêté pour finalement désigner Morales gagnant alors qu’il n’était qu’en ballotage favorable. Certaines vidéos montrent que ses partisans n’avaient rien à envier non plus à l’opposition sur le plan de la violence. Plus généralement, on peut difficilement contester que la Bolivie, y compris parmi sa propre base électorale, était lasse d’un président qui s’accrochait de plus en plus au pouvoir.

C’est lui-même qui, en 2009, avait inscrit dans la Constitution la limitation à deux mandats présidentiels. Pourtant, il se présentait là pour la quatrième fois ! Il avait déjà fait un tour de passe-passe en obtenant de la justice que son premier mandat (2006-2010) ne soit pas pris en compte. Puis, en 2016, il a perdu le référendum l’autorisant à se représenter mais une nouvelle et commode décision de justice a purement et simplement annulé le résultat du vote ! Dans un remake digne de l’euronouillerie, le tribunal a considéré que briguer une fonction est un droit de l’homme supérieur à la Constitution ou au résultat d’un référendum. Bref, vous l’aurez compris, Evo a quand même donné le bâton pour se faire battre…

Géopolitiquement, qu’est-ce que ça nous donne ? Pas grand chose à vrai dire. La Bolivie de Morales était une voix anti-impérialiste assumée mais, petit pays, elle n’a jamais beaucoup pesé sur la scène internationale. Comme nous le disions il y a trois jours, la perte de l’Argentine et la tangente prise par le Brésil, les deux poids-lourds du continent, sont autrement plus dramatiques pour Washington que le gain éventuel, somme toute modeste, de la Bolivie. Chose très intéressante, le Brésil a ouvert son espace aérien à l’avion d’Evo qui rejoignait l’exil mexicain. De quoi s’interroger, du côté de DC la Folle, sur les véritables intentions de Bolsonaro qui a d’ailleurs eu des paroles inhabituellement modérées  concernant les événements boliviens.

A 10 000 kilomètres de là, lundi, un curieux personnage a été retrouvé mort près de son appartement d’Istanbul. Accusé avec vraisemblance par Moscou d’être lié aux services secrets britanniques, James Le Mesurier était le fondateur des sinistrement célèbres Casques blancs, proches des barbus modérément modérés et spécialistes ès false flag chimiques.

A-t-il été liquidé par ses parrains parce qu’il en savait trop ? Son élimination faisait-elle partie de l’accord russo-turc sur le Nord syrien ? Est-ce un simple accident ? Pour l’instant, mystère…

Rien d’étrange en revanche devant l’inexorable avancée des Nouvelles routes de la Soie. Les derniers accords en date concernent la Grèce et une foule de contrats signés pour faire du pays de Périclès l’une des portes d’entrée vers l’Europe. Cette branche du réseau eurasien passe par le port du Pirée, déjà partiellement chinois et dont la croissance vertigineuse depuis quelques années en fera bientôt le premier port méditerranéen.

Les autres voies de la Soie ne sont pas en reste, comme en Asie centrale où l’influence économique du dragon est impossible à concurrencer. La blague locale est d’ailleurs cruelle pour l’UE : « Personne ne peut refuser l’offre chinoise, personne ne peut comprendre l’offre européenne ». En Russie, c’est un monumental pont qui verra le jour sur la Volga, afin d’écourter la route entre l’empire du Milieu et le Vieux continent. Brzezinski et McCain sont heureux de ne plus être là pour constater le désastre…

Tag(s) : #Amérique latine#Moyen-Orient#Chine#Europe#Etats-Unis

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2019/11/un-coup-un-mort-et-une-route.html

Pour le général Lavigne, la question de doter l’armée de l’Air d’un drone spatial se posera un jour

Pour le général Lavigne, la question de doter l’armée de l’Air d’un drone spatial se posera un jour

PAR LAURENT LAGNEAU · 27 OCTOBRE 2019

Le 26 août dernier, le drone spatial américain X-37B a battu un record en dépassant les 720 jours passés dans l’espace, au cours de sa cinquième mission depuis sa première mise sur orbite, en 2010. Conçu par Boeing à partir du X-40, cet appareil, mis en oeuvre par le 30th Space Wing de l’US Air Force, demeure mystérieux. Si le Pentagone affirme qu’il s’agit d’une « plateforme pour des charges utiles expérimentales », la nature de ses missions est « assez délicate à interpréter », pour reprendre les mots du général Pascal Lebreton, ex-commandant interarmées de l’espace [CIE].

« On peut supputer beaucoup de choses, au-delà des expérimentations menées dans le cadre de ce que l’on appelle le service en orbite, qui permettra de réparer, réalimenter ou consolider des satellites dans l’espace, et donc d’améliorer leur durée de vie et leur intégrité. […] Disons que le X-37, comme d’autres, est certainement en mesure d’agir au-delà du seul domaine du service en orbite… C’est mon
interprétation personnelle, assez partagée », avait-il dit lors d’une audition parlementaire, en décembre 2017.

Le rapport sur les activités spatiales de défense, publié par les députés Olivier Becht et Stéphane Trompille, donne quelques élément supplémentaires. Ainsi, selon le Centre Opérationnel de Surveillance Militaire des Objets Spatiaux [COSMOS], et « à son stade actuel de développement », le X-37B « peut être analysé comme ayant une fonction de démonstrateur, voire d’engin de tests en orbite, notamment pour l’évolution des engins spatiaux dans les altitudes les moins pratiquées aujourd’hui, entre 80 kilomètres et 400 kilomètres d’altitude. »

En outre, ont ajouté les deux députés, il possible que le X-37B, qui a la forme d’une mini-navette spatiale, puisse servir « d’arme anti-satellite [s’il venait à être équipé d’un bras articulé, ou d’arme à énergie dirigée], d’engin de renseignement spatial ou de plateforme d’emport et de lancement de charges militaires. »

« Les rapporteurs ne peuvent pas exclure l’idée qu’un véhicule de ce type puisse même, un jour, emporter des missiles balistiques, ce qui serait d’ailleurs contraire au droit international dans sa rédaction en vigueur », lit-on encore dans le rapport de MM. Becht et Trompille.

Quoi qu’il en soit, disposer d’un tel engin hyper-manoeuvrant en orbite offrirait, selon les parlementaires, « d’importantes possibilités d’action dans l’espace, y compris à des fins militaires. »

Un drone comme le X-37B pourrait-il être pertinent pour les forces françaises, à l’heure où un « Commandement de l’Espace » a vu le jour  sous l’égide de l’armée de l’Air [qui s’appellera, à terme, « armée de l’Air et de l’Espace] et qu’il s’agit de renforcer les capacités en matière de surveillance spatiale et d’exercer un droit à la légitime défense en orbite, dans le cas où un satellite français serait attaqué?

Déjà, il est question, comme l’a indiqué Florence Parly, la ministre des Armées, de développer des « nano-satellites patrouilleurs » qui « seront les yeux de nos satellites les plus précieux », de mettre au point des « lasers de puissance » au titre du principe de « défense active » et améliorer les capacités en matière de détection et de suivi des objets en orbite.

« Un nouveau programme à effet majeur nommé ‘maîtrise de l’espace’ va être lancé. Il intégrera deux volets : la surveillance – nous le faisons déjà mais les moyens doivent être améliorés – et la défense active de nos satellites selon une stratégie non pas offensive mais d’autodéfense », a ainsi résumé le général Philippe Lavigne, le chef d’état-major de l’armée de l’Air [CEMAA], lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

Avec la création du Commandement de l’Espace, les « enjeux sont : d’abord, de ne pas créer de rupture opérationnelle dans les missions existantes ; ensuite, d’arrimer toutes les unités jusqu’alors interarmées qui travaillent dans ce domaine ; enfin, d’avancer en équipe avec l’état-major des armées, la Direction générale de l’armement [DGA], le Secrétariat général pour l’administration [SGA], le Centre national d’études spatiales [CNES], sur les domaines identifiés clés dans la montée en puissance, au nombre de 9 », dont « le capacitaire, le réglementaire, l’implantation, la coopération internationale, l’innovation et […] les ressources humaines », a ajouté le CEMAA.

En tout cas, a assuré ce dernier, à partir de la doctrine des opérations, un travail est en cours pour définir « les capacités dont nous devrons disposer en patrimonial ou en location de services. » Quant à la question de savoir si la conception d’un drone spatial fait partie des priorités, le général Lavigne a été prudent.

« La question d’un drone spatial tel que le X-37B sera certainement abordée un jour », a-t-il en effet répondu. En clair, une telle capacité ne manque pas d’intérêt… Mais il faudra patienter. D’autant plus que les budgets ne sont pas extensibles.

Cela étant, la France ne partirait pas d’une feuille blanche pour réaliser un tel engin. Par le passé, des travaux ont été menés dans le cadre du projet Hermes, qui devait être la navette spatiale européenne… Et Dassault Aviation a dans ses cartons un « Véhicule Hypersonique Réutilisable Aéroporté » [VEHRA], c’est à dire une navette spatiale sub-orbitale.

Mais pour le général Lavigne, la priorité, en matière de drone, est ailleurs… Et, visiblement, le drone chinois Gongji-11, un appareil furtif et supersonique présenté à l’occasion du 70e anniversaire de la République populaire de Chine, lui a donné des idées.

« Le contexte géostratégique et opérationnel, évolue. J’évoquais […] la présentation de nouveaux drones de combat furtifs lors du récent défilé qui a eu lieu en Chine. Il faut y réfléchir », a estimé le CEMAA.

Cependant, la Chine développe aussi des drones spatiaux, à l’image du X-37B américain, dans le cadre des programmes « Teng Yun » et « Shenlong ».

Photo: Le VEHRA de Dassault aviation © Dassault Aviation

http://www.opex360.com/2019/10/27/pour-le-general-lavigne-la-question-de-doter-larmee-de-lair-dun-drone-spatial-se-posera-un-jour/

Les Ayatollahs sautent de joie

Les Ayatollahs sautent de joie


Par Dmitry Orlov – Le 15 octobre – Source Club Orlov

Lors de la récente Assemblée générale des Nations Unies, il y avait une personne qui paraissait plus heureuse que les autres, surtout en comparaison des Européens, aux mines plutôt sombres. C’était le président iranien Hassan Rouhani. Il rayonnait positivement de plaisir et de bonne humeur. Bien que son discours ait été dur, contenant des termes tels que « terrorisme économique » et « piraterie internationale », dont il accusait le régime de Washington, son comportement n’était que joie. En passant, il a anéanti les espoirs de Boris Johnson de négocier un rapprochement entre l’Iran et les Washingtoniens, estimant clairement que toute nouvelle tentative de négociation avec eux était tout à fait inutile.


Rohani n’est certainement pas le seul à adopter cette position, même s’il est peut-être le seul parmi les dirigeants nationaux à le faire ouvertement. Les Chinois ont fait traîner les négociations commerciales sans aucune intention de parvenir à un accord. Les Russes considèrent les négociations de maîtrise des armements avec les Washingtoniens comme plutôt inutiles, promettant une réponse symétrique (mais beaucoup moins coûteuse) à toute escalade américaine.

En effet, à quoi bon négocier avec les Américains si, comme l’expérience l’a montré, ils peuvent par la suite revenir à l’improviste sur un accord conclu ? Ils le font soit sans aucune justification (comme ce fut le cas récemment avec les Kurdes syriens), soit sur la base d’un quelconque caprice du moment (comme l’abandon du traité FNI entre les États-Unis et la Russie).

Ce point semble encore mériter d’être répété quelques fois, bien qu’il ait été soulevé à maintes reprises par de nombreux analystes et qu’il devienne de plus en plus flagrant. (Les Russes ont même inventé un nouveau mot pour décrire cette condition : недоговороспособный (« nedogovorosposóbny », littéralement « incapable-de-passer-un-accord ».) Mais il y a un autre point à faire valoir et la plupart des observateurs géopolitiques semblent passer à coté jusqu’à présent. Soit dit en passant, cela explique l’humeur joyeuse de Rohani à l’ONU, et je suis également heureux de le partager avec vous.

Négocier des accords avec le régime de Washington n’est pas seulement inutile, c’est aussi non nécessaire, car il est désormais possible pour tous les grands acteurs géopolitiques d’atteindre leurs objectifs stratégiques sans aucun accord avec les États-Unis, et parfois même sans avoir à engager un dialogue sérieux avec eux. Les exceptions sont le Japon et l’UE, dont la capacité d’affirmer leur volonté souveraine est très limitée, ayant cédé une grande partie de leur souveraineté aux États-Unis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et pendant la guerre froide.

Même des joueurs mineurs, comme la Corée du Nord, ont appris cette leçon. Après avoir tenté de négocier avec les États-Unis, les Nord-Coréens ont rapidement découvert que les Américains venaient souvent les mains vides, essayant d’obtenir des concessions sans rien donner en retour, et qu’ils se livraient à des effets de manche, comme les commentaires spectaculaires et contre-productifs de John Bolton sur l’application du « modèle libyen » en Corée du Nord. (Le dirigeant libyen, si vous vous souvenez, a été sauvagement assassiné par des forces soutenues par les États-Unis.)

Mais en ne parvenant pas à un accord avec les États-Unis, les Nord-Coréens ont obtenu quelque chose de précieux : la reconnaissance universelle que les États-Unis sont militairement impuissants à s’y opposer. Oui, ils peuvent les détruire, mais la Corée du Sud et le Japon seraient également détruits, et comme il s’agit de deux nations que les États-Unis sont tenus de défendre en vertu d’un traité, prendre des mesures qui entraînent leur destruction n’est pas exactement une stratégie. Ainsi, les États-Unis sont passés d’une position belligérante contre la Corée du Nord, la menaçant militairement, à devoir se contenter d’appliquer des sanctions économiques presque totalement impuissantes étant donné la nature largement autarcique de l’État nord-coréen et son manque de commerce avec les États-Unis.

C’est un exemple intéressant, parce qu’il montre que même des acteurs relativement faibles et mineurs peuvent maintenant obtenir des Américains qu’ils fassent ce qu’ils veulent sans négocier aucun accord avec eux. Mais cette même logique s’applique encore plus aux grandes entités géopolitiques, comme la Chine, la Russie et l’Iran. Pour reprendre quelques métaphores religieuses, ces trois pays forment la Sainte Trinité que le destin a désignée pour vaincre le Grand Satan (les États-Unis, du moins dans le langage politique iranien). Chacun d’eux joue un rôle essentiel.

La fonction de la Russie est de tirer parti de sa technologie militaire supérieure pour contrecarrer militairement les États-Unis et de rendre tout son complexe militaro-industriel fantastiquement surévalué, impuissant et obsolète, avant de le faire disparaître dans l’oubli. La Réserve fédérale américaine imprime maintenant 60 milliards de dollars par mois, un chiffre qui correspond à peu près au coût mensuel du budget de la défense américaine.

La technologie russe a déjà transformé toute la flotte des porte-avions américains en une pile de déchets flottants inutiles. La Russie a mis au point des armes qui peuvent détruire des porte-avions à une distance de sécurité supérieure à la portée utile de leurs jets. Les missiles hypersoniques russes ont fait la même chose pour l’ensemble des systèmes de défense antimissile américains. De même, tout l’argent que les États-Unis ont dépensé pour développer des avions « furtifs » (1 500 milliards de dollars pour le seul chasseur F-35) a été annulé par les nouveaux systèmes radar russes qui peuvent parfaitement bien voir ces avions supposés invisibles. Ironiquement, le développement de la technologie « furtive » était basé sur les travaux d’un scientifique soviétique, Peter Ufimtsev, qui a émigré aux États-Unis après l’effondrement de l’URSS : ce que la Russie donne, la Russie le reprend aussi.

La Russie a également mis sa technologie de défense à la disposition d’autres pays, notamment les deux autres membres de la Sainte Trinité. À la surprise générale, Vladimir Poutine a annoncé récemment que la Chine sera en mesure d’utiliser le système russe d’alerte rapide en cas d’attaque nucléaire pour détecter les attaques lancées contre le territoire chinois. Cela étendra effectivement les capacités de dissuasion nucléaire de la Russie à la Chine. Et l’Iran a acheté des systèmes de défense aérienne russes S-300 et discute activement de l’achat du S-400 encore plus perfectionné. Ces systèmes feront de l’espace aérien au-dessus de l’Iran et de certaines parties de la Syrie des zones d’interdiction de vol pour les avions américains et de l’OTAN [et israéliens, NdT].

Si les objectifs de la Russie sont de pousser doucement les États-Unis vers l’oubli dans une tentative futile de les suivre dans le développement de nouveaux systèmes d’armes (les systèmes russes ont tendance à être non seulement plus efficaces mais aussi moins chers) tout en réalisant un profit en vendant leurs armes aux pays qui cherchent à s’assurer contre l’agression américaine, les objectifs chinois sont plus ambitieux encore. Au cours des cinquante dernières années, la Chine, qui était un pays agraire rustique, est devenue la plus grande superpuissance industrielle du monde. Entre-temps, aux États-Unis, le segment industriel s’est réduit à environ un dixième de l’ensemble de l’économie, le reste étant maintenant composé de baristas, de toiletteurs de chiens, de moniteurs de yoga et d’autres types de gratte-dos mutuels.

En raison de ce changement spectaculaire, les États-Unis enregistrent un important déficit commercial structurel avec la Chine. Alors qu’auparavant la Chine finançait ce déficit commercial en achetant de la dette américaine sous forme de bons du Trésor, elle a cessé de le faire il y a quelque temps et vend maintenant des bons du Trésor et achète de l’or. Elle n’est pas la seule à le faire (par exemple, la Russie a déjà vendu toutes ses obligations du Trésor américain), ce qui provoque d’importantes perturbations financières aux États-Unis, au point où les institutions financières refusent d’accepter des titres de créances américains en garantie de prêts à un jour [Marché Repo, NdT]. C’est cette évolution qui a forcé la Réserve fédérale à imprimer 60 milliards de dollars par mois tout en empilant dans son bilan les titres de créances américains désormais boudés. La tendance à long terme est indubitable : au cours des 77 derniers mois, les banques centrales étrangères ont vendu les deux tiers des bons du Trésor américain qu’elles avaient accumulés au cours des 35 dernières années.

Il est curieux de constater que, jusqu’à présent, la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine n’a fait qu’aggraver le déficit commercial. Ainsi, la tactique de négociation non négociatrice de la Chine semble fonctionner brillamment. Les États-Unis n’ont que deux moyens de financer leur déficit commercial : 1. vendre des déchets financiers ; et 2. vendre des terres, des usines et du matériel, la propriété intellectuelle, les reins de leur population et tout ce qui a de la valeur. Il n’y a vraiment pas d’autres options. Et comme la vente de déchets financiers ne fonctionne plus, l’option 2 est tout ce qui reste. Cela rappelle le démembrement d’actifs qui a eu lieu dans l’ex-URSS après son effondrement (et qui se poursuit toujours en Ukraine, pays qui se prépare à commencer à vendre ses terres aux sociétés transnationales).

Certains pourraient penser qu’il existe également l’option 3 : ramener l’industrie aux États-Unis. Mais il a fallu 50 ans à la Chine pour devenir une puissance industrielle, avec des taux de croissance réguliers à deux chiffres. Aux États-Unis, le taux de croissance jusqu’à présent au cours de ce siècle, si l’on ne tient pas compte de l’effet du gonflement de la dette, a en fait été négatif. Les États-Unis n’ont pas 50 ans, même pas 10. Et si, au cours de cette hypothétique transformation, elle doit financer son déficit commercial en vendant les usines et les équipements dont elle aurait besoin pour se réindustrialiser, elle n’y parviendra jamais.

Et cela nous amène en Iran avec ses ayatollahs rieurs et souriants. La quête sacrée de l’Iran en tant que partie intégrante de la Sainte Trinité consiste à paralyser les États-Unis et leurs mandataires au Moyen-Orient, rendant la région sûre pour une théocratie démocratique (ou peut être autre chose). Il y a deux proxys américains sur place : l’Arabie Saoudite et Israël. Cette attrition finira sans doute aussi par se produire pour eux, dans le cas de l’Arabie saoudite, lorsque ses plus anciens et plus grands gisements pétroliers, comme celui de Ghawar, cesseront finalement de produire ; dans le cas d’Israël, cela arrivera lorsque le flux d’argent du Trésor américain vers ce pays cessera en raison des difficultés financières mentionnées ci-dessus, malgré le pouvoir considérable du lobby pro-israélien aux États-Unis.

Mais c’est une vision à plus long terme ; dans le cas présent, ce qui fait sourire les ayatollahs, c’est que la séquence récente des événements est une comédie. Les Américains ont renié l’accord avec l’Iran laborieusement négocié sous l’administration Obama et réimposent des sanctions unilatérales (et essentiellement illégales) contre l’Iran. En réponse, la Chine continue d’acheter du pétrole iranien, tout comme la Turquie et plusieurs autres pays.

Pendant ce temps, l’UE regroupe et forme l’INSTEX – un système commercial qui évite le dollar américain et le système de virements électroniques SWIFT et qui est spécialement conçu pour contourner les sanctions commerciales unilatérales américaines, en particulier dans le cas de l’Iran. Ensuite, les Américains se sont lancés dans une guerre de pétroliers – et l’ont perdue rapidement de la façon la plus humiliante possible, car il devient clair qu’ils sont militairement impuissants à patrouiller dans le si important détroit d’Ormuz. Et puis deux événements vraiment ridicules ont eu lieu.

Premièrement, les Yéménites, qui ont été attaqués par une coalition dirigée par les Saoudiens pendant plusieurs années et qui ont subi d’horribles privations, sont parvenus à bloquer la moitié de la production pétrolière de l’Arabie saoudite avec des roquettes et des drones. Les États-Unis ont immédiatement blâmé l’Iran… sauf que cela implique que les batteries de défense aérienne saoudiennes fabriquées par les États-Unis, dont la plupart sont dirigées contre l’Iran, sont des tas de ferraille inutiles incapables d’arrêter de petits drones lents, et volant bas. Pour ajouter à l’humour de la situation, les Américains ont décidé alors d’expédier en Arabie Saoudite encore plus de ces mêmes batteries Patriot inutiles.

Deuxièmement, les Yéménites ont reconquis une parcelle de territoire frontalier que l’Arabie saoudite leur a confisquée il y a plusieurs décennies, détruisant ainsi près de la moitié de la partie relativement fonctionnelle de l’armée saoudienne, avec des soldats réellement Saoudiens (le reste étant essentiellement composé de mercenaires provenant de tout le Proche-Orient). Les Américains, qui ont récemment vendu aux Saoudiens pour 100 milliards de dollars de systèmes d’armement devenus manifestement inutiles, refusent de lever le petit doigt pour les aider.

Pour faire monter l’hilarité d’un cran, Vladimir Poutine, lors d’une conférence de presse conjointe avec le turc Erdoğan et notre vieil ami Rohani, a proposé de vendre des systèmes russes de défense aérienne à l’Arabie Saoudite. Ceux-ci ont été testés au combat sur des drones lancés contre la base aérienne russe de Hmeimimim, en Syrie, par ce qui reste de l’EI. Peu ont pu passer au travers, donc arrêter les drones n’est pas un problème pour les Russes. Il ne fait aucun doute que cela coûterait aux Saoudiens un peu moins cher que les 100 milliards de dollars qu’ils ont donnés aux Américains – et dont ils n’ont rien obtenu d’efficace en retour.

À la lumière de tout cela, ma nouvelle et importante thèse est que les nations souveraines du monde entier, grandes et petites, mais surtout la Sainte Trinité de la Chine, la Russie et l’Iran, peuvent amener les États-Unis à faire ce qu’ils veulent sans négocier avec elle.

Enfin, la photo suivante, qui montre Rohani refusant de serrer la main de Boris Johnson en riant, semble mériter un concours de légendes. Que pensez-vous qu’il a dit à Johnson dans son excellent anglais qui a rendu Johnson et Macron si désorientés ?

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Traduit par Hervé, relu par Kira pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-ayatollahs-sautent-de-joie

Les Kurdes sont confrontés à de sombres options après le retrait des États-Unis

Les Kurdes sont confrontés à de sombres options après le retrait des États-Unis

Oubliez un Kurdistan indépendant : Les Kurdes devront peut-être conclure un accord avec Damas pour partager leur région avec les réfugiés arabes sunnites.

Par Pepe EscobarMondialisation.ca, 18 octobre 2019Région : Moyen-Orient et Afrique du NordThème: Guerre USA OTANAnalyses: SYRIE

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Dans les annales des tweets explosifs de Trump, celui-ci est tout simplement stupéfiant : ici, nous avons un président des États-Unis qui révèle l’intervention de 8 billions de dollars au Moyen-Orient pour une guerre sans fin basée sur une « fausse prémisse ». Pas étonnant que le Pentagone ne rigole pas.

Le tweet de Trump fragmente le spectacle géopolitique surréaliste de la Turquie attaquant un territoire syrien de 120 kilomètres de long à l’est de l’Euphrate pour en expulser les Kurdes syriens. Même après que le président turc Recep Tayyip Erdogan ait approuvé avec Trump les termes de l’opération Orwellienne nommée « Opération Printemps de la Paix », Ankara peut maintenant être confrontée au risque de sanctions économiques étasuniennes.

Le récit occidental prédominant attribue aux Forces Démocratiques Syriennes (FDS), principalement kurdes, le combat et la défaite de l’État Islamique (EI), également connu sous le nom de Daesh. Les FDS sont essentiellement une collection de mercenaires travaillant pour le Pentagone contre Damas. Mais de nombreux citoyens syriens affirment que l’EI a en fait été vaincue par l’Armée Arabe Syrienne (AAS), l’expertise aérienne et technique russe et les conseillers et forces spéciales de l’Iran et du Hezbollah.

Bien qu’Ankara puisse considérer les Kurdes du YPG – les « Unités de Protection du Peuple » – et le PKK comme des « terroristes » (dans le cas du PKK aligné sur Washington), l’Opération Printemps de la Paix n’a dans le principe rien à voir avec un massacre des Kurdes.

Les faits sur le terrain permettront de savoir si l’offensive turque a été marquée par le nettoyage ethnique. Il y a un siècle, peu de Kurdes vivaient dans ces régions, peuplées principalement d’Arabes, d’Arméniens et d’Assyriens. Ce n’est donc pas un nettoyage ethnique sur des terres ancestrales. Mais si l’on en croit la ville d’Afrin, les conséquences pourraient être graves.

Dans ce mélange étourdissant, entre en jeu un possible et rude pacificateur : la Russie. Moscou avait auparavant encouragé les Kurdes syriens à parler à Damas pour empêcher une campagne turque – en vain. Mais le ministre des Affaires étrangères Sergey Lavrov n’abandonne jamais. Il a maintenant déclaré : « Moscou demandera le début des pourparlers entre Damas et Ankara« . Les liens diplomatiques entre la Syrie et la Turquie sont rompus depuis sept ans.

Alors que le Printemps de la Paix roule pratiquement sans opposition, le général kurde Mazloum Kobani Abdi a fait monter les enchères, déclarant aux Étasuniens qu’il devra conclure un accord avec Moscou pour une zone d’exclusion aérienne pour protéger les villes et villages kurdes contre les forces armées turques. Les diplomates russes, officieusement, disent que cela n’arrivera pas. Pour Moscou, le Printemps de la Paix est considéré comme « le droit de la Turquie à assurer sa sécurité« , selon les termes du porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov. Tant que cela ne se transforme pas en catastrophe humanitaire.

Pas de Kurdistan indépendant

Du point de vue de Washington, tout ce qui se passe dans le spectre instable Iran-Irak-Syrie-Turquie est soumis à deux impératifs : 1) géopolitiquement, briser ce qui est considéré régionalement comme l’axe de résistance : L’Iran, l’Irak, la Syrie, le Hezbollah ; et 2) géostratégiquement, empêcher l’intégration de l’Initiative Ceinture et Route dirigée par les Chinois en Irak et en Syrie, sans parler de la Turquie.

Quand Erdogan a fait remarquer que le sommet trilatéral d’Ankara le mois dernier a été « productif« , il déclarait essentiellement que la question kurde avait été réglée par un accord entre la Russie, la Turquie et l’Iran.

Les diplomates ont confirmé que le Comité Constitutionnel Syrien travaillera d’arrache-pied à la mise en place d’une fédération, ce qui implique que les Kurdes devront retourner à Damas. Téhéran pourrait même jouer un rôle dans l’apaisement des choses, car les Kurdes iraniens sont également devenus très actifs au sein du commandement des YPG.

En fin de compte, il n’y aura pas de Kurdistan indépendant – comme l’indique une carte publiée précédemment par l’agence de presse Anadolu.

Du point de vue d’Ankara, l’objectif de l’Opération Printemps de la Paix fait suite à ce qu’Erdogan avait déjà annoncé au Parlement turc, à savoir organiser le rapatriement de pas moins de deux millions de réfugiés syriens vers un ensemble de villages et de villes répartis sur une zone de sécurité de 30 km de large sous la direction de l’armée turque.

Pourtant, rien n’a été dit sur ce qu’il advient d’un million et demi de réfugiés supplémentaires, 1,6 million présumés également en Turquie.

Les menaces kurdes visant à libérer le contrôle de 50 prisons détenant au moins 11 000 djihadistes de l’EI/Daesh ne sont que cela, des menaces. Il en va de même pour le camp de détention d’al-Hol, qui abrite 80 000 membres de familles de l’EI, un chiffre stupéfiant. S’ils étaient relâchés, ces djihadistes s’en prendraient aussitôt aux Kurdes.

Elijah Magnier, ancien correspondant de guerre et analyste des risques, résume parfaitement les vœux pieux des Kurdes par rapport aux priorités de Damas, Téhéran et Moscou :

Les Kurdes ont demandé à Damas, en présence de négociateurs russes et iraniens, de leur permettre de garder le contrôle des très riches gisements pétroliers et gaziers qu’ils occupent sur un peu moins du quart du territoire syrien. En outre, les Kurdes ont demandé qu’on leur donne le contrôle total de l’enclave à la frontière avec la Turquie sans aucune présence ou activité de l’armée syrienne. Damas ne veut pas jouer le rôle de garde-frontière et souhaite reprendre le contrôle de tout le territoire syrien. Le gouvernement syrien veut mettre fin aux accommodements que les Kurdes offrent aux États-Unis et à Israël, comme cela a été le cas pour les Kurdes d’Irak.

Les options pour les Kurdes des YPG sont claires. Ils réalisent lentement qu’ils ont été utilisés par le Pentagone comme mercenaires. Soit ils deviennent membres de la fédération syrienne, renonçant à une certaine autonomie et à leurs rêves hyper-nationalistes, soit ils devront partager la région où ils vivent avec au moins deux millions de réfugiés sunnites arabes relocalisés sous la protection de l’armée turque.

La fin du rêve est proche. Dimanche, Moscou a négocié un accord selon lequel, les villes frontalières clés de Manbij et Kobane, dominées par les Kurdes, retournent sous le contrôle de Damas. Les forces turques devront donc reculer, faute de quoi elles seront directement confrontées à l’Armée Arabe Syrienne. L’accord qui change la donne doit être interprété comme un premier pas vers le retour de l’ensemble du nord-est de la Syrie sous le contrôle de l’État.

Le bilan géopolitique met en évidence un sérieux clivage au sein de l’accord d’Ankara. Téhéran et Moscou – sans parler de Damas – n’accepteront pas l’occupation turque de près d’un quart du territoire syrien souverain et riche en énergie, en remplacement de ce qui était de facto une occupation étasunienne. Les diplomates confirment que Poutine a souligné à plusieurs reprises à Erdogan l’impératif de l’intégrité territoriale syrienne. L’agence de presse syrienne SANAa qualifié le Printemps de la Paix « d’acte d’agression ».

Ce qui nous amène à Idlib. Idlib est une province pauvre et rurale peuplée de djihadistes salafistes ultra durs – la plupart d’entre eux sont liés à une myriade d’incarnations successives de Jabhat al-Nusra, ou Al-Qaïda en Syrie. En fin de compte, Damas, avec l’appui de la puissance aérienne russe, finira par nettoyer Idlib, générant une vague supplémentaire de réfugiés. En plus d’investir dans sa zone de sécurité au Kurdistan syrien, ce qu’Erdogan essaie d’empêcher, c’est un exode supplémentaire de 3,5 millions de sunnites, pour la plupart hardcore, en Turquie.

L’historien turc Cam Erimtan m’a ditn comme il l’explique dans cet essai, qu’il s’agit du conflit entre le « municipalisme libertaire » post-marxiste de l’axe turco-syrien PKK/PYD/YPG/YPJ et la marque de l’Islam défendu par le parti AKP de Erdogan :

« La fusion enivrante de l’islamisme et du nationalisme turc, qui est devenue la marque de fabrique et la monnaie commune de l’AKP dans la Nouvelle Turquie, fait que les Kurdes de Syrie, en tant que groupe social, sont désormais universellement identifiés comme les ennemis de l’Islam« . Ainsi, ajoute Erimtan, « les Kurdes ont maintenant pris la place d’Assad comme ennemi impie à côté qui doit être vaincu« .

Sur le plan géopolitique, le point crucial reste qu’Erdogan ne peut se permettre de s’aliéner Moscou pour une série de raisons stratégiques et économiques, allant du gazoduc Turk Stream à l’intérêt d’Ankara d’être un noeud actif de l’Initiative Ceinture et Route ainsi que de l’Union Économique Eurasienne et de devenir membre à part entière de l’Organisation de Coopération de Shanghai, tous axés sur l’intégration eurasienne.

Le gazoduc Turk Stream

Gagnant-gagnant

Et alors que la Syrie s’effondre, l’Irak se calme.

Le Kurdistan irakien vit un monde à part et n’a pas été touché par les protestations irakiennes, motivées par de véritables griefs contre le marécage de la politique corrompue au cœur de Bagdad. Les détournements ultérieurs pour un programme géopolitique spécifique étaient inévitables. Le gouvernement affirme que les forces de sécurité irakiennes n’ont pas tiré sur les manifestants. C’était le travail des tireurs d’élite.

Des hommes armés en cagoules ont attaqué les bureaux de nombreuses chaînes de télévision à Bagdad, détruisant le matériel et les installations de diffusion. En outre, des sources iraquiennes m’ont dit que des groupes armés visaient des infrastructures vitales, comme les réseaux et les centrales électriques, en particulier à Diwaniyah, dans le sud. Cela aurait plongé tout le sud de l’Irak, jusqu’à Bassorah, dans l’obscurité, déclenchant ainsi de nouvelles protestations.

L’analyste pakistanais Hassan Abbas a passé 12 jours à Bagdad, Najaf et Karbala. Il a déclaré que la police fortement militarisée s’est occupée des protestations, « optant pour l’usage de la force dès le départ – une mauvaise stratégie« . Il a ajouté : « Il y a 11 forces de l’ordre différentes à Bagdad avec différents uniformes – la coordination entre elles est extrêmement faible dans des circonstances normales« .

Mais surtout, a souligné Abbas :

« Beaucoup de gens à qui j’ai parlé à Karbala pensent que c’est la réponse étasunienne à l’inclinaison irakienne vers la Chine« .

Cela correspond tout à fait à cette analyse exhaustive.

L’Irak n’a pas suivi les sanctions – illégales – de l’administration Trump sur l’Iran. En fait, elle continue d’acheter de l’électricité à l’Iran. Bagdad a finalement ouvert le poste frontière crucial entre l’Irak et la Syrie d’Al-Qaem. Le Premier ministre Adel Abdel Mahdi veut acheter des systèmes de missiles S-400 à la Russie.

Il a également déclaré explicitement Israël responsable du bombardement de cinq entrepôts appartenant au Hashd al-Shaabi, les unités de mobilisation populaire. Et non seulement il a rejeté l’accord du siècle conclu par l’administration Trump entre Israël et la Palestine, mais il a également essayé de faire office de médiateur entre l’Iran et l’Arabie Saoudite.

Et puis il y a – quoi d’autre ? – la Chine. Lors d’une visite d’État à Pékin le 23 septembre, Mahdi a conclu un accord « gagnant-gagnant » : de nombreux approvisionnements pétroliers ont été négociés avec des investissements dans la reconstruction de l’infrastructure. Et l’Irak sera un nœud certifié de l’Initiative Ceinture et Route (BRI), avec le président Xi Jinping vantant un nouveau « partenariat stratégique Chine-Irak ». La Chine envisage également d’entreprendre des travaux post-reconstruction en Syrie pour en faire un nœud clé des Nouvelles Routes de la Soie.

Ce n’est pas fini tant que la grosse dame (chinoise) chante en faisant des affaires. Pendant ce temps, Erdogan peut toujours chanter sur l’envoi de 3,6 millions de réfugiés en Europe.

Ce qui se passe, c’est une quadruple victoire. Les États-Unis effectuent un retrait pour sauver la face, que Trump peut vendre en évitant un conflit avec la Turquie alliée de l’OTAN. La Turquie a la garantie – par les Russes – que l’armée syrienne contrôlera la frontière turco-syrienne. La Russie empêche l’escalade de la guerre et maintient en vie le processus de paix russo-irano-turc. Et la Syrie finira par reprendre le contrôle de ses gisements de pétrole et de l’ensemble du nord-est.

Pepe Escobar

Article original en anglais :

Kurds Face Stark Options after US Pullback from Northern Syriapublié le 15 octobre 2019

Cet article a été publié initialement en anglais par Asia Times

Traduction par Réseau International

Source de la photo en vedette: flickr.comLa source originale de cet article est Mondialisation.caCopyright © Pepe Escobar, Mondialisation.ca, 2019

https://www.mondialisation.ca/les-kurdes-sont-confrontes-a-de-sombres-options-apres-le-retrait-des-etats-unis/5637953

Le FMI avertit contre un risque de recul de la croissance asiatique sur fond de tensions commerciales


Le FMI avertit contre un risque de recul de la croissance asiatique sur fond de tensions commerciales

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 19/10/2019 16:51

La croissance économique en Asie devrait être de 5% en 2019 et de 5,1% en 2020, tout en étant guettée par la menace d’un recul, a averti vendredi Changyong Rhee, un haut responsable du Fonds monétaire international (FMI).

« En phase avec le ralentissement de la croissance mondiale, la croissance dans la région Asie-Pacifique devrait être la plus lente depuis la crise financière mondiale (de 2008) dans un contexte d’incertitudes mondiales prolongée », a estimé celui qui dirige le département Asie-Pacifique au FMI en marge des réunions annuelles 2019 du FMI et de la Banque mondiale.

Notant lors d’une conférence de presse que l’économie mondiale connaissait un ralentissement synchronisé en pleines tensions commerciales et géopolitiques, M. Rhee a jugé que l’Asie ne faisait pas exception à cette tendance et qu’elle en souffrait beaucoup.

« Compte tenu de l’ouverture de la région asiatique, de sa dépendance au commerce, aux investissements et à l’industrie manufacturière, il n’est pas du tout surprenant que l’Asie connaisse également un ralentissement très important en 2019 et 2020 », a confié à Xinhua Jonathan Ostry, le bras droit de M. Rhee.

Selon lui, les tensions commerciales ont eu des effets directs non seulement sur les droits de douane, mais aussi sur la confiance des marchés financiers, qui « se répercuteront sur les investissements et la croissance ».

D’après les Perspectives de l’économie mondiale récemment publiées par le FMI, la croissance en Chine devrait diminuer modérément pour s’établir à 6,1% en 2019 et à 5,8% en 2020. « Cela reflétera la transition en cours de la Chine vers un modèle de croissance plus durable et l’impact négatif des tensions commerciales actuelles », a affirmé M. Rhee.

L’économie japonaise devrait croître de 0,9% en 2019 et être modérée à 0,5% en 2020. En Inde, ce taux devrait être de 6,1% en 2019, pour bondir en revanche à 7% en 2020.

Malgré ce ralentissement global de croissance, l’Asie « reste la région la plus dynamique » au monde, représentant plus de 70% de la croissance mondiale cette année, a-t-il ajouté.

« L’une des principales priorités est de s’attaquer aux causes de ces incertitudes afin de rétablir le système commercial multilatéral », a-t-il poursuivi. « Parallèlement, des politiques à court terme devraient soutenir la croissance là où nécessaire, mais aussi préserver la stabilité financière et budgétaire ».

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Désastre pour l’Europe, le rapprochement militaire entre Moscou et Pékin s’accélère

Désastre pour l’Europe, le rapprochement militaire entre Moscou et Pékin s’accélère

Posted on  7 octobre 2019 by  admin

Le Billet du Lundi du 7 octobre 2019, par Alexis Feertchak* : Vladimir Poutine a annoncé que la Russie allait aider la Chine à construire un système de détection avancée, qui permet de suivre le tir et la trajectoire de missiles balistiques.

Le président Emmanuel Macron a indéniablement raison de marteler la nécessité d’un dialogue ambitieux avec la Russie. Pour l’heure, il ne s’agit cependant que de mots et d’images fortes, qui ont certes le mérite d’énerver les « néoconservateurs » de « l’Etat profond » – pour reprendre une formule désormais présidentielle – mais qui n’apportent pas le moindre début de commencement de réponse concrète à la question naguère lancée par Mitterrand et Gorbatchev : comment construire une « maison commune » européenne qui contienne Moscou ? Autrement dit, comment faire rentrer politiquement la Russie en Europe alors même que l’Europe demeure dans un état de soumission envers les Etats-Unis qui, eux, continuent follement de définir la Russie comme leur ennemi éternel ? Peut-on imaginer voir cohabiter, sous le toit d’une même maison, deux adversaires aussi résolus ? Certes, on peut attendre de ce rapprochement une avancée sur le dossier ukrainien, mais celle-ci serait plus conjoncturelle que structurelle. Le format Normandie pourrait bien aboutir à une percée diplomatique (tous les acteurs y ont aujourd’hui intérêt), mais les raisons anciennes et profondes de la défiance qui ont conduit à la crise ukrainienne demeureraient intactes.

Le temps presse pourtant car, entre Moscou et Pékin, les signes d’une relation de plus en plus rapprochée se font sentir. Il ne s’agit certes pas encore d’une alliance, mais, dans un contexte d’antagonisme croissant entre la Chine et les Etats-Unis, plus ce partenariat sino-russe sera solide, moins Moscou disposera de latitude pour faire, le jour venu, un pas vers l’Europe, quand bien même celle-ci le souhaiterait. Autrement dit, si une rebipolarisation du monde (quoiqu’incomplète) se dessine dans les prochaines années et que la Russie s’ancre dans le bloc mené par Pékin, le mur de l’Est, dont la logique aurait voulu qu’il tombât réellement en 1991 pour raccrocher la Russie au continent européen, se reformera pour de bon. Ironie de l’histoire : les Etats-Unis, à force de considérer à tort que le mur n’était pas réellement tombé, pourraient finir par avoir raison. C’est le propre des prophéties de malheur auto-réalisatrices, dont les Etats-Unis se sont fait une spécialité. Comme l’avait prédit John Keenan, pourtant père du concept de containment, l’avancée de l’OTAN dans les années 1990 allait nécessairement pousser les Russes à réagir… L’histoire ukrainienne a montré la justesse de ce raisonnement décrit dès 1998 dans Foreign Policy.   

Si demain, le mur de l’Est était réellement reconstitué, son tracé serait peu ou prou le même que pendant la Guerre froide, mais le bloc qu’il délimiterait serait différent, puisque son centre ne serait plus à Moscou, mais à Pékin. Raison pour laquelle, à moyen terme, la Russie n’a aucun intérêt à voir se reconstituer de tels blocs. Les Européens sauront-ils le voir ? Mais, même s’ils le voient, sauront-ils quoi faire ?

Le dernier signal faible de ce rapprochement sino-russe touche – et c’est l’une des premières fois – à un domaine par nature stratégique puisqu’il a trait, indirectement, à la dissuasion nucléaire. La Russie a en effet annoncé cette semaine qu’elle va aider la Chine à développer un « système d’alerte avancée », technologie dont seuls Washington et Moscou disposent depuis les années 1970 et qui permet de détecter et de suivre le tir d’un missile balistique (notamment intercontinental) afin d’avoir le plus de temps possible pour l’intercepter. En pratique, ce système repose à la fois sur des radars particulièrement puissants et sur des satellites d’alerte qui, au moyen de détecteurs infrarouges, peuvent détecter la chaleur dégagée par un missile lors de sa phase propulsée.

« Nous sommes en train d’aider nos collègues chinois à créer un système d’alerte d’attaque par missile. C’est quelque chose de très sérieux, ce qui va fondamentalement, drastiquement muscler la défense de la République populaire. Parce qu’aujourd’hui, il n’y a que les États-Unis et la Russie qui disposent de ce type de système », a déclaré Vladimir Poutine. S’exprimant lors de la seizième édition du Club Valdaï, à Sochi, le président de la Fédération de Russie n’a pas donné davantage de précisions techniques sur l’objet de cette collaboration.

En 1972, l’URSS avait signé avec les Etats-Unis un traité bilatéral encadrant très fortement le développement de systèmes d’interception d’engins balistiques. Poussée trop loin, la création d’un bouclier antimissiles peut en effet affaiblir la dissuasion nucléaire si la « destruction mutuelle assurée » n’est plus garantie ou seulement plus ressentie par tous les acteurs. Le Traité ABM offrait le choix aux deux signataires entre deux protections possibles : la protection d’un site de lancement de missiles (solution choisie par les Américains) ; la protection de leur capitale (solution choisie par Moscou). 

En pratique, le Système d’alerte d’attaque de missile (SPRN) russe se compose de radars d’alerte précoce de nouvelle génération dite «Voronezh» (actuellement installés sur huit sites) qui sont en train de remplacer les radars plus anciens «Dnper» (toujours en service) et «Daryal» (retirés du service en 2011). En matière de satellite d’alerte précoce, la Russie disposerait d’au moins deux « Toundras » lancés en 2015 et 2017, nouvelle génération de satellites de cette catégorie chargés de remplacer les anciens «Oko», dont le dernier exemplaire lancé est hors service depuis 2014.  

Pour l’interception, la Russie possède aujourd’hui un système anti-balistique A-135 qui remplace depuis 1995 l’A-35 mis en service en 1971. Ce système relativement récent, qui fonctionne en tandem avec le système d’alerte avancée, repose sur un radar de gestion de combat « Don-2N » et sur deux types de missiles. Le premier, le 53T6 (ou Gazelle), est un missile à courte portée (80 km) chargé d’intercepter des missiles balistiques une fois que ceux-ci sont rentrés dans l’atmosphère (autrement dit dans la dernière phase de vol). Le second, le 51T6 (ou Gorgon), est un missile à plus longue portée (350 km) capable d’intercepter des missiles balistiques en dehors de l’atmosphère. Particularité : ces deux types de missiles disposent tous les deux de têtes nucléaires… En matière d’ABM russe, le nucléaire arrête en quelque sorte le nucléaire ou, comme il est écrit dans la Bible, « Satan expulse Satan ». Il y a actuellement cinq sites mettant en œuvre un total de 68 53T6 qui assurent la protection de Moscou. Le 51T6, lui, a été retiré du service, mais les Russes travaillent sur un nouveau système, l’A-235 (ou «Samolet-M»).

Pour les Russes, le maintien de leur capacité de détection avancée et d’interception est une nécessité stratégique alors que les Etats-Unis se sont retirés du traité ABM (désormais caduque) en 2003, qu’ils déploient progressivement leur propre bouclier anti-missiles aussi bien en Europe de l’Est qu’en Asie et que leurs capacités de frappes stratégiques s’améliorent (systèmes de plus en plus sophistiqués de mirvage des missiles intercontinentaux à têtes nucléaires) et se diversifient avec le développement d’une dissuasion également conventionnelle (planeurs hypersoniques et autres engins à très haute vélocité). Les Chinois eux-mêmes sont en pointe en la matière, comme l’a montré le défilé militaire de la semaine dernière pour l’anniversaire des 70 ans de la République populaire de Chine, avec la mise en avant de missiles balistiques à portée intermédiaire (y compris anti-navires, ce qui représente une menace mortelle pour les porte-avions américains) et le dévoilement d’un planeur hypersonique, le DF-17. Il faut maintenant aux Chinois exceller aussi en matière de détection avancée, ce qu’une coopération avec les Russes leur permettra de faire plus rapidement. Déjà, contrairement aux années 1990, en matière d’exportations, Moscou n’hésite plus à livrer en premier à Pékin ses armements les plus sophistiqués : chasseurs Su-35 et systèmes anti-aériens S-400. Jeté dans les bras des Chinois par Washington, Vladimir Poutine pousse désormais son amitié avec Xi Jinping sur des terrains qui ont trait indirectement à la dissuasion nucléaire. La maison commune européenne, qui aurait pu être construite dans les années 1990, a fait long feu. En la matière, aucun système de détection avancée ne permet d’observer de mise à feu sérieuse, sinon le filet de mots prononcés par le président Macron, qui ne permettent pas, à eux seuls, de calculer une trajectoire réellement ambitieuse. 

http://geopragma.fr/index.php/2019/10/07/desastre-pour-leurope-le-rapprochement-militaire-entre-moscou-et-pekin-saccelere/

*Alexis Feertchak, membre fondateur de Geopragma 

Projet de résolution de la Chine et de la Russie sur la Syrie

Projet de résolution de la Chine et de la Russie sur la Syrie

RÉSEAU VOLTAIRE | NEW YORK (ÉTATS-UNIS) | 19 SEPTEMBRE 2019 ENGLISH

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Le Conseil de sécurité,

Rappelant toutes ses résolutions antérieures, les déclarations de sa présidence et les déclarations à la presse sur la situation en République arabe syrienne,

Réaffirmant son plein respect de la souveraineté, de l’indépendance, de l’unité et de l’intégrité territoriale de la République arabe syrienne conformément à la Charte des Nations Unies,

Se disant à nouveau profondément affligé par la gravité persistante de la situation humanitaire dans le nord-ouest de la Syrie, exacerbée par les attaques aveugles menées contre des zones peuplées, l’utilisation d’engins explosifs improvisés, les enlèvements, les exécutions extrajudiciaires, les exécutions arbitraires, les disparitions forcées ainsi que les actes de violence commis contre la population civile, notamment des violences sexuelles et fondées sur le genre, l’utilisation de civils comme boucliers humains, les restrictions apportées à la liberté de circulation et le recrutement forcé,

Exprimant sa vive préoccupation face à la domination des terroristes dans la zone de désescalade d’Edleb, dont ils contrôlent plus de 90 % du territoire, ce qui cause des souffrances à la population civile et entrave les activités humanitaires dans le nord-ouest du pays,

Réaffirmant sa volonté sans faille de renforcer la coopération internationale pour prévenir et combattre le terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, et soulignant à nouveau que tous les actes de terrorisme sans exception sont criminels et injustifiables, quels qu’en soient les motivations, le lieu, le moment et les auteurs,

Réaffirmant que les États Membres doivent veiller à ce que toute mesure prise pour lutter contre le terrorisme soit conforme à toutes les obligations que leur impose le droit international, en particulier le droit international des droits de l’homme, le droit des réfugiés et le droit international humanitaire, tout en réaffirmant sa volonté de faire face à la menace, sous tous ses aspects, que constituent l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL, également connu sous le nom de Daech), Al-Qaida et le Front el Nosra et les autres personnes, groupes, entreprises et entités qui leur sont associés, ainsi que les autres groupes terroristes qu’il a désignés comme tels,

Exhortant tous les États à faire en sorte qu’il n’y ait aucune tolérance à l’égard du terrorisme, quels qu’en soient les objectifs ou les motifs, et les invitant de nouveau à s’abstenir d’organiser, de fomenter, de faciliter, de financer, d’encourager ou de tolérer des activités terroristes ou d’y participer et à prendre les mesures pratiques voulues pour que leurs territoires n’abritent pas d’installations terroristes ou de camps d’entraînement et ne soient pas utilisés pour la préparation ou l’organisation d’actes terroristes visant des États tiers ou leurs citoyens,

Constatant que le commerce illicite des armes légères et de petit calibre sous tous ses aspects prolonge les conflits, exacerbe la violence, contribue au déplacement de civils, entrave le respect du droit international humanitaire, fait obstacle à la fourniture d’une assistance humanitaire aux victimes de conflits armés et facilite la criminalité et le terrorisme,

Rappelant les obligations juridiques que font à toutes les parties le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme, ainsi que toutes les résolutions qu’il a adoptées sur la question, notamment celle de cesser toutes les attaques dirigées contre des civils et des biens à caractère civil, ainsi que contre des membres du personnel médical, leurs moyens de transport et leur matériel, les hôpitaux et autres installations médicales,

Exprimant sa consternation face aux divergences concernant les coordonnées et la nature des installations qui ont été communiquées aux parties aux fins de la déconfliction,

Se félicitant du cessez-le-feu unilatéral annoncé par le Gouvernement syrien le 31 août 2019 et se déclarant profondément préoccupé par les activités militaires en cours dans la province d’Edleb, y compris celles menées par les États parties, qui pourraient conduire à de nouvelles hostilités et à une détérioration de la situation humanitaire,

Se disant de nouveau profondément troublé par le fait que l’aide humanitaire ne peut toujours pas être acheminée dans la province d’Edleb, et rappelant à cet égard sa résolution 2449 (2018), dans laquelle il a souligné qu’il importait, dans le cadre de l’aide humanitaire, de défendre les principes d’humanité, d’impartialité, de neutralité et d’indépendance et rappelé qu’il importait également que les convois humanitaires parviennent à leurs destinataires, et, à cet égard, se déclarant préoccupé par l’absence de mécanismes permettant de contrôler et de rendre compte de l’acheminement transfrontières de l’aide humanitaire dans le nord-ouest du pays,

Mettant l’accent sur l’importance de la désescalade, du respect des accords de cessez-le-feu et de l’application pleine et entière des résolutions 2254 (2015), 2268 (2016) et 2401 (2018) pour avancer sur la voie d’un cessez-le-feu global s’étendant à toutes les régions de la Syrie, et soulignant que toutes les parties doivent respecter les engagements qu’elles ont pris dans le cadre des accords de cessez-le-feu existants et que l’accès humanitaire doit faire partie de ces efforts, conformément au droit international humanitaire,

Prenant note du mémorandum d’accord conclu entre la Fédération de Russie et la Turquie le 17 septembre 2018, qui figure dans le document publié sous la cote S/2018/852,

Soulignant que l’Article 25 de la Charte des Nations Unies fait obligation aux États Membres d’accepter et d’appliquer ses décisions,

1. Décide que, pour éviter une nouvelle détérioration de la situation humanitaire déjà catastrophique qui règne dans la province d’Edleb, toutes les parties maintiennent la cessation des hostilités établie depuis le 31 août 2019 ;

2. Réaffirme que la cessation des hostilités ne s’appliquera pas aux opérations militaires dirigées contre des personnes, groupes, entreprises ou entités associés aux groupes terroristes qu’il a désignés comme tels ;

3. Rappelle la décision qu’il a prise dans sa résolution 1373 (2001), à savoir que tous les États devaient s’abstenir d’apporter quelque forme d’appui que ce soit, actif ou passif, aux entités ou personnes impliquées dans des actes de terrorisme, notamment en mettant fin à l’approvisionnement en armes des terroristes, condamne avec la plus grande fermeté tous les manquements à cette décision, et souligne qu’il importe que les résolutions pertinentes soient pleinement et efficacement appliquées et qu’il faut remédier comme il se doit aux problèmes rencontrés lorsqu’elles ne le sont pas ;

4. Rappelle que toute personne ou tout groupe, entreprise ou entité possédé ou contrôlé directement ou indirectement par toute personne ou tout groupe, entreprise ou entité associé à Al-Qaida ou à l’EIIL, ou qui soutiendrait de toute autre manière ces personnes, groupes, entreprises ou entités, dont celles et ceux inscrits sur la Liste relative aux sanctions contre l’EIIL (Daech) et Al-Qaida, pourra être inscrit sur la Liste ;

5. Demande à nouveau que toutes les parties s’acquittent des obligations que leur impose le droit international, y compris le droit international humanitaire et le droit des droits de l’homme, qu’elles permettent un accès humanitaire sûr et sans entrave aux populations dans le besoin, qu’elles cessent immédiatement toutes les attaques contre des civils, des biens à caractère civil, des membres du personnel médical, des agents humanitaires dont l’activité est d’ordre exclusivement médical, leurs moyens de transport, des hôpitaux et d’autres installations médicales, qu’elles démilitarisent toutes les installations civiles dont les hôpitaux et autres installations médicales conformément au droit international, et qu’elles s’interdisent d’établir des positions militaires dans des zones habitées ;

6. Prie le Secrétaire général de continuer, grâce à ses bons offices et à ceux de son Envoyé spécial pour la Syrie, comme décrits dans la résolution 2254 (2015), de s’employer à trouver une solution immédiate, durable et viable à la situation dans la province d’Edleb, et demande à tous les États Membres concernés, aux parties au conflit et à la communauté internationale d’appuyer ces efforts et d’y contribuer concrètement ;

7. Décide de rester activement saisi de la question

.https://www.voltairenet.org/article207696.html

(Fête nationale) Une formation de missiles nucléaires Dongfeng-5B a participé au défilé


(Fête nationale) Une formation de missiles nucléaires Dongfeng-5B a participé au défilé

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 01/10/2019 12:29

Une formation de missiles nucléaires Dongfeng-5B a défilé mardi lors du défilé militaire au centre-ville de Beijing pour célébrer le 70e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine (RPC).

Le corps principal de la formation est composé d’une brigade de missiles de la Force des fusées de l’APL.

Au cours des décennies de développement, la brigade créée au début des années 1960 a lancé avec succès des dizaines de missiles stratégiques.PARTAGER SUR FACEBOOK !

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