Archives pour la catégorie Chrétienté

Les jésuites se fixent quatre objectifs pour les 10 prochaines années

Les jésuites se fixent quatre objectifs pour les 10 prochaines années

© Franco Origlia/Getty
Père Arturo Sosa, supérieur général de la Compagnie de Jésus depuis 2016.

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La Compagnie de Jésus a présenté ses quatre « préférences apostoliques universelles » pour les dix prochaines années. Au programme : promouvoir le discernement et les Exercices spirituels, marcher aux côtés des pauvres et des vulnérables, cheminer avec les jeunes et prendre soin de la Maison Commune.

Les jésuites ont fixé leur cap. Pour les dix prochaines années, ils ont dégagé quatre objectifs, appelés « préférences apostoliques universelles » : promouvoir le discernement et les Exercices spirituels : aider les gens à trouver Jésus Christ et à le suivre, marcher aux côtés des pauvres, des vulnérables, des exclus et de ceux que la société considère sans valeur (dans une mission de réconciliation et de justice), cheminer avec les jeunes (les accompagner dans la création d’un avenir plein d’espoir) et, enfin, prendre soin de notre Maison Commune (« travailler, avec la profondeur de l’Évangile, à la protection et au renouveau de la Création divine »).

« Servir au mieux le monde et l’Église »

Fruit d’un long travail de discernement et afin de « servir au mieux le monde et l’Église », « ces préférences témoignent de la réception des enseignements et accents du pape François ». C’est à l’automne 2016, lors de l’élection du Père Arturo Sosa comme nouveau supérieur général de la Compagnie de Jésus que les membres de la congrégation lui avaient « explicitement demandé de revoir les priorités ou préférences apostoliques pour les dix prochaines années ».

Dans ce processus de discernement, le père Arturo Sosa a impliqué « toutes les communautés jésuites du monde entier ainsi que les équipes apostoliques (comprenant de nombreux partenaires non-jésuites) ». L’objectif : « Cerner les besoins du monde, les appels de l’Esprit et les moyens par lesquels la Compagnie de Jésus peut mieux servir ».

Des objectifs confirmés par le Pape le 6 février 2019

Les contributions locales ont d’abord été rassemblées au niveau des Provinces, pour repérer quelques appels prioritaires, avant d’être rassemblées au niveau continental (les Conférences de Provinciaux) début 2019. Les Présidents des six Conférences jésuites ont ensuite participé à une semaine de travail avec le conseil du Père Général. Ce conseil élargi a finalement cerné quatre préférences apostoliques universelles qui ont été présentées au pape François le 17 janvier et que le souverain pontife a confirmé le 6 février 2019.

Les précédentes « préférences apostoliques des jésuites » avaient été fixées en 2003 par l’ancien supérieur général, le père Peter-Hans Kolvenbach. Il s’agissait de l’Afrique, la Chine, l’apostolat intellectuel, les maisons romaines et les réfugiés.

Évangélisateurs, scientifiques, martyrs : les missionnaires jésuites
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Barbarin : un acharnement Christianophobe

Barbarin : un acharnement Christianophobe

Posté le 05 février , 2019, 3:14

Poursuivi en justice pour la seconde fois pour non-dénonciation d’actes pédophiles, le cardinal Barbarin est la victime expiatoire sur laquelle s’acharne la coterie de gauche qui n’a de cesse d’attaquer l’Église catholique.

Comme si celle-ci était la seule responsable de la pédophilie et concentrait dans ses rangs la majorité des pédophiles ! Dans la réalité, c’est loin d’être le cas.

Le prétexte de la pédophilie est un sujet porteur pour les ennemis de l’Église, car ils savent que les abus immondes dont sont victimes les enfants ne laissent pas les consciences indifféren­tes et ne manquent pas de révolter, de révulser même.

Si l’Église a, ou plutôt a eu dans le passé, des éléments coupables en son sein, elle n’a pas l’apanage de tous les crimes en la matière.

D’autres institutions sont concernées également et la pire constatation que l’on puisse faire, c’est que c’est au sein des
familles que, 7 fois sur 10, les faits ont lieu. Mais silence, on ne met en exergue que … « le silence de l’Église » bruyamment
dénoncé !

En 2016, Mgr Barbarin avait dû affronter la justice pour cela même qui lui est aujourd’hui reproché : ne pas avoir dénoncé le prêtre pédophile Bernard Preynat, pour des faits qui s’étaient produits entre 1986 et 1991 dans le diocèse de Lyon, alors que lui-même n’y est arrivé qu’en 2002.

Il en aurait eu connaissance vers 2007 ? Il y avait tellement d’éléments à charge plaidant pour sa culpabilité que le parquet l’avait relaxé !

Mais le cardinal n’en avait pas fini avec ceux qui œuvraient, comme le mentionnait alors « Valeurs Actuelles », « avec la volonté d’élargir le procès de l’Église tout entière ».

Et, ce 7 janvier 2019, et pour 3 jours, Mgr Barbarin a dû à nouveau prouver qu’il n’a « jamais cherché à cacher » et « encore moins à couvrir ces faits horribles ».

La pugnacité des associations de victimes se justifierait mieux si elle quittait un peu le parvis de l’Église pour se pencher sur d’autres lieux où se rencontrent des horreurs pédophiles plus affligeantes les unes que les autres.

Voici quelques pistes en autres :

– Les Témoins de Jéhovah, de nombreuses fois mis en accusation pour des actes de pédophilie ? Réponse : Le silence de la presse.

– Pédophilie à l’école ? Dans les centres de loisirs et colonies de
vacances ? Silence de la presse.

– Pédophilie dans le sport ? On commence à en parler, avec, en juin dernier, un documentaire sur France 2 : « Silence dans les vestiaires ».

– Pédophilie dans les familles ? C’est le huis clos et, pourtant, c’est là que se concentrent le plus grand nombre de victimes.

Dernièrement dans la Nièvre, 8 mises en examen dans une affaire de pédophilie. Parmi les accusés, les parents et des membres de l’entourage de 4 petits garçons de 4 à 9 ans, sévices sur plusieurs années … En
parlera-t-on assez ?

Mediapart, après son dossier sur l’Église, s’attellera-t-il à un dossier sur la famille ?

Le 9 janvier, silence maximum : la « Nouvelle République » n’a pas jugé bon de développer le fait que la procureure n’avait requis aucune condamnation à l’encontre de Mgr Barbarin pour son nouveau procès.

Juste 2-3 lignes pour nous apprendre que le jugement était mis en délibéré au 7 mars.

Mais, d’ici là, on ressassera encore le sujet, ici ou ailleurs.

Le 20 février doit sortir un énième film sur la pédophilie : celui de François Ozon, « Grâce à Dieu », qui traitera précisément de l’affaire du père Preynat, mais présentée déjà comme l’affaire Barbarin.

Je rassure tout de suite ceux qui y verraient un quelconque acharnement à relent christianophobe. Ce n’est, comme j’ai pu le lire, que pour « le bien de l’Église » !

Comme l’étaient sans doute des films récents comme : « Le silence des églises », « Au nom du fils », « Spotlight », « Kler », etc.

Sans oublier, les (pseudo)-documentaires comme celui de Richard Puech sur FR3 le 21 mars 2018 : « Pédophilie, un silence de cathédrale ».

Il semble qu’au sujet de la pédophilie, on mélange beaucoup trop fiction et réalité.

À en croire les auteurs, ils n’agiraient que pour donner « une voix aux victimes »… Mais, bien sûr, à condition que l’Église soit mise en question !

https://www.les4verites.com/societe/barbarin-un-acharnement-christianophobe

VIDEO – Le pape François en terre d’islam pour le dialogue et la paix

VIDEO – Le pape François en terre d’islam pour le dialogue et la paix

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Pour la première visite d’un pape dans un pays du Golfe, François a mis l’accent sur la fraternité et le dialogue interreligieux.

Le pape François s’est rendu aux Émirats arabes unis pour une visite historique.Il a mis l’accent sur la fraternité et le dialogue interreligieux. « Si nous, croyants, nous ne sommes pas capables de nous donner la main, de nous embrasser, alors notre foi sera défaite. » a-t-il déclaré.

Le 4 février, François et le grand imam d’Al-Azhar, Ahmed Al Tayeb étaient réunis. Ensemble, ils ont signé une déclaration commune sur la fraternité, le dialogue et la paix.« La fraternité humaine exige de nous, , le devoir de bannir toute nuance d’approbation du mot guerre. Rendons-le à sa misérable cruauté, » a déclaré François.

Le pape a célébré une messe géante au stade Cheick-Zayeb d’Abu Dhabi. Plus de 120 000 fidèles sont venus assister à l’office. Une façon de mettre en œuvre la liberté religieuse prônée depuis le début du voyage. À son retour, le pape a estimé le dialogue avec l’islam avait fait « un pas en avant »

i Pourquoi lire La Croix ?

  • La Croix choisit dans le flot de l’actualité des pépites à mettre en lumière, en privilégiant le recul et l’analyse.

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Aux Émirats arabes unis, environ 10 % de la population est catholique. Une population tolérée mais qui doit faire preuve de discrétion. Le pays reste une exception dans la région qui abrite plusieurs lieux saints de l’islam.

Guillaume Fournier

François-Xavier Bellamy, le délit d’être catholique

François-Xavier Bellamy, le délit d’être catholique

Christophe ARCHAMBAULT / AFP
François-Xavier Bellamy, tête de liste LR aux élections européennes du 26 mai prochain.
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Quelle que soit l’opinion qu’on peut avoir sur son projet, réduire un candidat à sa foi et en prendre argument pour l’agresser politiquement est une violence inexplicable dans un pays façonné par vingt siècles de christianisme, à l’origine de la distinction entre Dieu et César.

Que François-Xavier Bellamy soit une tête idéale pour conduire la liste des Républicains aux élections européennes, c’est ce qui pourra se dire — ou pas — le soir du 26 mai. Mais d’ici là, il nous faudra entendre la rumeur du vent mauvais qui tourbillonne autour de lui. François-Xavier Bellamy est catholique, il va à la messe : il est donc coupable.

Car s’il ne restait qu’un seul péché mortel dans notre pays sécularisé, ce serait d’être catholique. Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi l’Église de France, devenue si petite et dont au fond l’opinion n’a plus grand chose à craindre, fait-elle hennir d’effroi les bien-pensants ?

Subir en souriant une animosité tranquille

François-Xavier Bellamy est catholique pratiquant, certes, mais comme l’était le général de Gaulle, comme l’était Konrad Adenauer, comme l’étaient Robert Schumann et Alcide de Gasperi sans qui nous n’aurions pas d’Europe à défendre. Il faut croire que depuis de Gaulle, Schuman, Gasperi et Adenauer les temps ont changé. Depuis deux ou trois générations les catholiques européens doivent subir en souriant une sorte de haine consensuelle et installée, une animosité tranquille qui — j’ose le dire — n’est pas sans rappeler certains ostracismes d’avant-guerre.

François-Xavier Bellamy devait s’y attendre, et sans doute s’y était-il préparé : on l’insulte au sujet de ce qui lui est le plus précieux, sa foi. La semaine dernière, un journaliste de Libération le présentait à la radio comme un jeune délinquant évadé d’une secte appelée « Les Veilleurs », secte qui se serait signalée par des appels à la haine lors des Manif pour tous et qui pour cette raison n’a aucun droit de s’exprimer sur l’Europe. Voilà le genre d’arguments — si l’on peut parler d’arguments — que la tête de liste aux élections européennes devra s’habituer à subir à l’approche du scrutin. Il saura répondre. Et d’ailleurs il se réjouira, s’il relit l’Évangile : « Heureux serez-vous si l’on vous insulte, si l’on dit faussement sur vous toutes sortes de mal, à cause de moi… » (Mt 5, 11). Il n’empêche, nous autres catholiques avons le droit d’exister. Nous avons une dignité à défendre.

Une dignité à défendre

François-Xavier Bellamy ne va pas à l’élection « en tant que catholique », même s’il y va sûrement « en chrétien ». Quelle que soit l’opinion qu’on peut avoir sur son projet, réduire sa personne à sa foi et en prendre argument pour l’agresser politiquement est une violence inadmissible. Ce procès en sorcellerie qui lui est fait, et qui est par la même occasion une agression contre tous les catholiques de France, est le signe d’une déchristianisation inachevée. Tout le problème vient de là : la France n’a pas réussi à tuer le christianisme en elle. La France reste chrétienne dans son âme, même si, par pulsion suicidaire, elle voudrait refouler jusqu’au bout cette part fondatrice de son identité. La haine de soi, maladie de notre société, est la haine d’un héritage chrétien.

Les ennemis de François-Xavier Bellamy n’y peuvent rien, ils s’expriment dans un pays, dans un langage, dans une civilisation, façonnés par vingt siècles de chrétienté. Sans héritage chrétien, pas de libre expression, pas de laïcité, pas de procès contre François-Xavier Bellamy. La France sera en agonie jusqu’à la fin du monde, il ne faut pas arrêter la politique pendant ce temps-là, pourrions-nous dire en parodiant Pascal. Assumons donc ce que nous sommes !

Ne jamais confondre Dieu et César

Que signifie, pour nous autres Français, assumer ce que nous sommes ? Cela signifie ceci : pour nous, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob est aussi le Dieu de Blaise Pascal, de Charles Péguy et de François Mauriac. Le Dieu de Jésus-Christ. Pour le reste, chacun votera comme il veut. Nous portons dans nos gènes cette idée qu’il ne faut jamais confondre Dieu et César.

François-Xavier Bellamy, le délit d’être catholique

Temporel et spirituel

Cette vidéo arrive, comme promis, en suite à celle faite sur la crise de l’église orthodoxe en Ukraine. Nous ne reviendrons pas sur cette crise. Nous referons une vidéo quand le cycle sera définitivement terminé. Mais ce que l’on peut dire aujourd’hui c’est que ce qui se passe en Ukraine depuis 2014 est toujours entre le tragique et le grotesque, sachant que le grotesque l’emporte plutôt.

Je voudrai profiter de cette crise, qui finalement correspond à l’immixtion du pouvoir temporel, du pouvoir de l’Etat dans la vie d’une Eglise, pour tirer des leçons du point de vue historique et des éléments de comparaison avec des événements de l’histoire de la Russie ou de l’Europe en général.

 

En Europe Occidentale, la séparation du temporel et du spirituel date d’il y a à peu près 1000 ans dans ce qu’on a appelé la Réforme Grégorienne. On ne reviendra pas sur cette Réforme mais je vous recommande, pour ceux que cela intéresse, le livre de Sylvain Gouguenheim (La Réforme Grégorienne, De la lutte pour le sacré à la sécularisation du monde), qui est un excellent médiéviste, d’avantage connu pour un autre ouvrage, Aristote au Mont Saint-Michel, que je vous recommande également même si ce n’est pas le sujet de notre vidéo, qui traite de la manière dont l’héritage philosophique grec nous est parvenu en Europe occidentale.

 

Revenons à la séparation du temporel et du spirituel caractéristique de la civilisation chrétienne en tant qu’elle illustre le fameux « rendez à César ce qui est à César ».

On peut dire que paradoxalement, la France s’est construite en opposition aux tentatives impériales et aux tentatives d’hégémonie temporelle de Rome sur les Nations. Ainsi, un roi pourtant sanctifié comme Saint Louis, s’est affirmé contre les pouvoirs de la Papauté. En France, nous n’avons pas attendu 1905, pour avoir une séparation du temporel et spirituel. A cette époque, il n’y a avait pas de guerre de religion, donc aucune raison de s’en prendre à la religion catholique comme l’a fait la IIIème République, sauf pour des raisons idéologiques, ce qui était le cas.

Ce qui est intéressant également, c’est que ce qu’il se passe en ce moment en Ukraine a aussi eu lieu en France car dès l’instant que le pouvoir temporel a été indépendant de Rome en France, il a voulu contrôler aussi sa propre Eglise, d’où la Déclaration de quatre articles qui a échoué à mettre en place l’Eglise Galicane. Plus tard, au moment de la Révolution Française, un événement a lieu, lequel correspond exactement à ce qui se passe aujourd’hui en Ukraine : on exige des prêtres qu’ils prêtent serment sur la Constitution, ce qui est problématique du point de vue de la liberté de la foi, d’où l’apparition des prêtres jureurs et prêtres réfractaires, fidèles à Rome et à leur foi. Soulignons par ailleurs, ce qui est utile pour anticiper ce qui va se passer en Ukraine, que ces prêtres jureurs, une fois que l’Etat a cessé de les payer, ont laissé place à l’Eglise légitime catholique qui l’a emportée.

L’Eglise orthodoxe de Russie donne un exemple plus profond de l’empiétement du temporel sur le spirituel qui ne date d’ailleurs pas de l’URSS mais de Pierre Le Grand, qui était sous l’influence d’une éminent théologien de l’époque, Théophane Prokopovitch, qui lui-même est passé par le Vatican et a ensuite été très attiré par la Réforme, où il n’y a pas de véritable séparation entre temporel et spirituel. Tout est systématiquement sur le principe du cujus regio, ejus religio, qui est un peu la règle qui sort des guerres de religions et de la Guerre de Trente Ans, c’est-à-dire la règle disant que les peuples ont la foi du Prince, ce qui s’oppose à la liberté de la foi.

Ainsi, par exemple, dans le Royaume de Suède, quand Bernadote s’en empare, sa femme et ses enfants catholiques doivent avoir une dérogation spéciale du Parlement suédois pour garder leur religion. De la même manière, la séparation du temporel et du spirituel pour la Suède protestante date de l’année 2000.

Si on regarde l‘Angleterre, le chef de l’Etat est aussi le chef de l’Eglise, c’est la Reine d’Angleterre. L’Eglise anglicane peut être assimilée aux églises réformées.

Aux Etats-Unis, on prête serment sur la Bible et sur les billets, il est inscrit « In God We Trust ». On peut éventuellement discuter de quel Dieu il s’agit, mais le fait est qu’il y a un aspect fusionnel entre le temporel et le spirituel qui est amené par la Réforme Protestante.

 

Ainsi, Théophane Prokopovitch parvient à convaincre Pierre Le Grand qu’il doit appliquer la même méthode et que le Patriarcat n’est pas nécessaire, puisque le Patriarcat, c’est lui et qu’il ne reste que la concilirité, avec une Assemblée qui prend les décisions mais qui demeure contrôlée par l’Empereur. D’où, jusqu’en février 1917, il n’y a pas de Patriarche dans les territoires de la Russie. Il ne revient donc qu’en février 1917 quand Nicolas II abdique et que la Ière République Russe est proclamée. De nouveau, il y a un Patriarche, mais il ne dure pas longtemps puisque les Bolcheviques arrivent et pendant les années 1920-1930, les chrétiens orthodoxes deviennent des martyrs dans un des pires moments de la chrétienté entre 1918 et 1941.

L’invasion allemande change la donne puisque Staline comprend que la population russe n’a pas envie de mourir pour le Bolchevisme ou Staline, mais plutôt pour la Patrie et pour Dieu. Staline envoie donc chercher dans les camps de concentration les prêtres et évêques qui ne sont pas encore morts et les fait venir à Moscou pour leur proposer une alliance contre l’envahisseur, ce qui se traduit par un retour d’une certaine liberté religieuse en échange d’un appui dans la lutte contre les nazis. Ce qui reste du Clergé accepte.

Cette liberté donnée sera reprise en partie après la guerre parce que Staline essaie de faire oublier la Grande Guerre Patriotique pour réveiller la Russie (voir à ce propos le livre de Jean Lopez sur les questions militaires, Joukov, l’homme qui a vaincu Hitler). Même les vétérans ne sont pas pris en compte et c’est seulement Joukov qui leur accordera un traitement digne. On célébrera alors vraiment la Grande Guerre Patriotique.

L’arrivée de Khrouchtchev permet également un assouplissement et une pratique religieuse plus ou moins tolérée même si l’Eglise orthodoxe est étroitement contrôlée par le Parti Communiste et le KGB et qu’on y inclut de force les gréco-catholiques. Mais contrairement à l’époque impériale, il y a donc un patriarche, bien qu’étroitement contrôlé et la question religieuse perd de son importance, à tel point qu’à la fin des années 1980, alors qu’on est dans une période d’ouverture et d’euphorie, Gorbatchev autorise les fidèles orthodoxes à célébrer le millénaire de la Russie (de la Rus’ de Kiev). Il y a des processions partout et les gens veulent se faire baptiser. On baptise dans la Neva et partout où l’on peut. On s’aperçoit qu’après 70 ans de communisme, la foi n’est pas morte. L’Eglise orthodoxe et le Patriarcat de Moscou bénéficient pour la première fois depuis Pierre Le Grand d’une liberté presque totale. Tout en étant une Eglise autocéphale, elle est libre du temporel puisque le pouvoir d’Eltsine puis de Poutine n’a aucun droit vis-à-vis de la conciliarité, ce qui n’empêche pas que Poutine et Medvedev s’affichent dans les cérémonies religieuses pour montrer que la Russie est un pays orthodoxe.

Malheureusement, cette liberté aura un prix. En 1990, pour la première fois, le Patriarcat de Moscou est autorisé à présenter des candidats qui ne seront pas présélectionnés par le PC. Ils sont trois : Alexis II, d’origine Balte, qui sera élu ; un ukrainien de Donetsk ; mais aussi Lenitsenko, qui lui était très ambitieux mais ne parviendra même pas au 2e tour et retourne en Ukraine humilié où il est lié au président Kravtchouk qui lui propose de créer une église nationale indépendante de l’Eglise de Russie.

 

En conclusion, on peut dire que ce n’est pas nouveau que le temporel tente d’empiéter sur le spirituel. C’est arrivé dans notre histoire et dans l’histoire russe et cela arrive encore en Angleterre constitutionnellement. Mais systématiquement, on constate que ce sont les Eglises indépendantes qui l’emportent. Donc si on se fonde sur les précédents historiques, à n’en pas douter, le Patriarcat de Moscou l’emportera en Ukraine.

https://stratpol.com/temporel-et-spirituel/

Pakistan : la Cour suprême acquitte la chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème

La Cour suprême du Pakistan a acquitté en appel la chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème en 2010 et dont le cas avait suscité l’indignation à l’étranger et des violences dans le pays, selon un verdict rendu mercredi.

« Elle a été acquittée de toutes les accusations« , a déclaré le juge Saqib Nisar lors de l’énoncé du verdict à la Cour suprême, ajoutant que Mme Bibi, qui se trouve actuellement incarcérée dans une prison à Multan (centre), allait être libérée « immédiatement« .

Ce verdict pourrait susciter la fureur des milieux religieux fondamentalistes qui appelaient de longue date à l’exécution de Mme Bibi. Des islamistes radicaux avaient ces dernières semaines menacé les juges statuant sur son cas en cas de jugement favorable.

Mercredi, la capitale Islamabad avait été placée sous haute sécurité, avec des barrages sur les routes notamment à proximité des quartiers où vivent les magistrats et la communauté diplomatique, a constaté l’AFP. […]

En cas de libération, « Asia ne peut pas rester (au Pakistan) avec la loi » sur le blasphème, avait estimé son mari Ashiq Masih, accueilli à Londres par l’ONG catholique Aide à l’Église en détresse (AED) et interrogé le 13 octobre par l’AFP. […]

news.yahoo

Zoom – Benjamin Blanchard : La Syrie, du chaos à l’espérance

Zoom – Benjamin Blanchard : La Syrie, du chaos à l’espérance

SOS Chrétiens d’Orient a 5 ans… et un bilan remarquable. 1 500 volontaires, 50 tonnes de matériel humanitaire ou médical distribué. Plus de 10 000 familles en situation d’extrême pauvreté aidées. Benjamin Blanchard, directeur général de l’association, évoque la Syrie, du chaos à l’espérance.

L’Ukraine au bord d’une guerre de religion qui semble servir certains intérêts

samedi 29 septembre 2018

L’Ukraine au bord d’une guerre de religion qui semble servir certains intérêts

Ukraine, région de Ternopol, septembre 2015
Le rythme des agressions contre l’Eglise orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou s’est accéléré depuis le Maïdan en 2014. En 4 ans, 50 églises ont été transférées par la violence et en toute illégalité du Patriarcat de Moscou à l’Eglise renégate de Filaret. En ce sens, les démarches du Patriarche de Constantinople ne peuvent qu’aggraver la situation, ce que vient de démontrer cette dernière prise par la violence, hier, de l’église orthodoxe de la région de Ivano-Frankovsk, faisant plusieurs blessés au passage. Dans tous les cas de ce genre, l’on note une collusion entre le groupe extrémiste Secteur droit, les forces de l’ordre et les renégats. Et aucune réaction sérieuse de la communauté internationale, qui laisse ces crimes se dérouler dans la plus grande indifférence. A moins que cela ne corresponde à certains intérêts.

Hier, en pleine journée, à 13h, les croyants ont aperçu un groupe d’hommes musclés et des villageois sont arrivés pour tenter d’empêcher les membres de Secteur droit de s’emparer de l’église de la Sainte Trinité dans la région de Ivano-Frankovsk, en Ukraine. Mais les radicaux sont passés par une porte latérale qui mène à l’école de musique, ont brisé les fenêtres et les portes, ont pénétré dans l’église et agressé physiquement les croyants, faisant plusieurs blessés, dont un violemment à la tête, et le prêtre a le bras cassé. Tous les croyants ont été mis dans la rue et les radicaux ont changé les serrures, s’appropriant de facto l’église, dans la plus pure tradition des bandits ou des mafieux. Cela s’est passé tellement vite, qu’il n’a pas été possible de le fixer en images.
Rappelons que cela intervient alors que le Métropolite de Kiev Onufrii a refusé de rencontrer les envoyés américains et canadiens du Patriarche de Constantinople. Ce qui est certainement une coïncidence.
Mais voici d’autres cas en vidéo:
Depuis 4 ans, 50 églises ont été de prises de cette manière à l’Eglise orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou et transférées aux renégats de Filaret. Entre mai et août 2018, l’on recense 6 cas, dont deux seulement ont donné lieu à l’ouverture d’une enquête pénale – qui n’a débouché sur rien à ce jour.
Un rapport a été remis à l’OSCE par l’ONG Public Advocacy sur les persécutions subies par l’Eglise orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou, rapport qui lui non plus n’a débouché sur rien:

Durant cette période (2013-2015), il a enregistré plus de 120 attaques, dont 36 contre des églises du Patriarcat de Moscou, 13 incendies volontaires d’églises et 13 agressions contre des ecclésiastiques de la part des radicaux.

Dans tous les cas, les gros bras sont prêtés par les groupes extrémistes au profit de cette « Eglise nationaliste » que le Patriarche de Constantinople, avec l’appui des Etats-Unis et du Canada ont la folie de vouloir reconnaître.

Voici quelques vidéo illustrant leurs crimes.

Tourk, région de Lvov, septembre 2014

Village de Pyichié, décembre 2015
Septembre 2015, région de Ternopol: ici il y a eu 15 blessés, suite à l’action commune de la police, de la Garde nationale et des renégats
Toujours dans cette région le 26 avril, dans le village de Kolossov: les croyants et les habitants se sont battus contre plus de 60 radicaux de Secteur droit et ont réussi à garder leur église après toute une journée d’affrontements
Parfois aussi les uniates tentent, eux aussi avec l’aide de Secteur droit, de prendre possession des églises orthodoxes du Patriarcat de Moscou, ressortant les mêmes « arguments » que les radicaux, dont le principal est que tout prêtre de cette Eglise ne peut être qu’un agent des services spéciaux russes, voir la vidéo ci-dessous dans le village de Kolomy:
Pour les russophones, voici un reportage sur la tragédie de la persécution menée contre l’Eglise orthodoxe ukrainienne et donc contre les gens, tous ceux qui simplement croient, viennent prier et sont victimes d’agression, dans leur pays, uniquement en raison de leur croyance.
Et tout cela se passe dans l’indifférence internationale la plus totale, parce que la communauté internationale a pris le parti de l’Ukraine, sans recul, sans réflexion, simplement parce que dans un jeu géopolitique atlantiste, cela était alors « nécessaire » vue son allégeance. Et maintenant, comment reconnaître que l’on a soutenu – et que l’on soutient – des fanatiques, des extrémistes sans remettre en cause les choix qui ont été fait il y a quatre ans?
L’Europe va-t-elle laisser une guerre de religion se développer à ses portes, en Ukraine, briser totalement un pays déjà à l’agonie pour simplement ne pas révéler sa propre turpitude? A moins qu’elle ne couvre volontairement des mouvements qu’elle approuve?

2 commentaires:

  1. L’Union européenne couvre volontairement ces mouvements parce qu’elle les approuve, tout ce qu’elle pourra faire contre la Russie elle le fera, sinon elle aurait condamnée toutes ces violences il y a longtemps.

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  2. Plus large que cela; le Christianisme primitif, malgré l’édulcoration par le protestantisme, et même avant par la religion-institution de Constantin, est si puissant, qu’il faut le détruire pour la possession du monde. Les francs-maçons, faux socialistes, droites classiques, faux antifas etc. bref la raison toute puissante ou « Satan » sont à l’oeuvre; idem de la création du dieu de croyance, d’assujétissement de l’islam.

https://russiepolitics.blogspot.com/2018/09/lukraine-au-bord-dune-guerre-de.html

Le pape combien de divisions ? Par Guillaume Berlat

19.août.2018 // Les Crises

Le pape combien de divisions ? Par Guillaume Berlat

Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 02-07-2018

« Il faut, comme Dumersais l’observe après plusieurs écrivains, distinguer avec soin la cour de Rome, le pape et le Saint-siège » (Jean Le Rond d’Alembert). Il est vrai qu’il est difficile, parfois impossible pour le béotien de distinguer des concepts qui lui apparaissent voisins mais en réalité ne sont pas si proches qu’il n’y paraît à première vue. D’où vraisemblablement, la difficulté qui existe à porter un jugement objectif sur le bilan de l’action d’un pape. La tâche est d’autant plus ardue que le descendant de Saint Pierre est une personnalité aussi atypique et non conformiste que l’est celle du pape François, Jorge Mario Bergoglio né en 1936 à Buenos Aires (Argentine). Cinq ans après son élection (13 mars 2013) par le conclave, quels sont les premiers enseignements que l’on peut tirer du pontificat du 266e pape de l’Église catholique dans un monde aussi complexe qu’imprévisible ?

Rarement en manque d’imagination, nos perroquets à carte de presse ne font pas dans la mesure, sombrant dans l’excès alors que la prudence s’impose pour juger de son action à l’intérieur et à l’extérieur de la Cité dont il est le chef d’État. Comment juger sérieusement l’action d’un souverain pontife sur la base de sondages d’opinion (volatils par nature) alors que son action se place dans le temps long de l’intemporel (celui de l’éternité) et dans la dimension spirituelle (celle de la religion catholique) ?1 Ne dit-on pas dans les couloirs feutrés du Vatican que « le diplomate séduit, le gestionnaire déçoit » !

VOLONTÉ AFFFIRMÉE ET ASSUMÉE DE RÉFORME EN PROFONDEUR

La critique est aisée, l’art est difficile, y compris lorsque l’on sait que les voies du Seigneur sont impénétrables. Après une longue période de papamania, les critiques se font jour à l’intérieur et à l’extérieur du Vatican. Qu’en est-il des projets de réforme du pape François tant en ce qui concerne les structures que les esprits ? Que dire de la sévérité des médias ?

Une réforme des structures par les mentalités : le plaidoyer pour la « dignité humaine »

Si l’on en croit les sondages des cœurs et des âmes, les Chrétiens plébiscitent « en même temps » sa volonté de secouer le conservatisme de la Curie romaine2, voire ses excès d’apparat, en un mot son progressisme tout en critiquant sa gestion du scandale de la pédophilie (Cf. les réactions hostiles lors de son dernier déplacement en Amérique latine et, plus particulièrement, en Argentine)3. Les experts du Vatican considèrent que s’est ouverte, avec ce voyage en pays de connaissance, la crise la plus violente de son pontificat, cinq ans après son élection, le 13 mars 2013. Ce que l’on découvre au fil des ans est que le pape François met constamment l’accent sur la défense des faibles, des démunis, des méprisés face aux forts et aux puissants.

De Lampedusa, où il fulmine contre la « mondialisation de l’indifférence » qui laisse périr les migrants en mer, au discours de Santa Cruz (Bolivie) qui enrôle l’Église aux côtés des « mouvements populaires », des prisons qu’il ne cesse de visiter aux « esclaves sexuels » dont il prend la défense, le pape argentin tonne comme le « Dieu argent », les trafiquants d’êtres humains et les fabricants d’armes. N’est-il pas tenté de donner de plus crédit à la parole d’un hiérarque chilien qu’à de simples fidèles ? Ne prête-t-il pas le flanc à l’accusation de cléricalisme ? Voilà pour les critiques actuelles ! Même si les choses ont évolué dans le bon sens.

Mais, notre jugement ne peut être que balancé tant il saisit l’occasion de chacune de ses rencontres annuelles avec la Curie romaine pour critiquer administration dysfonctionnelle minée par les conflits internes. Il est le premier pape à s’exprimer avec vigueur contre les forteresses du conservatisme au Vatican. Entre la parole et l’action, il existe toujours un grand pas à franchir. Cinq ans, c’est long mais c’est court. La France est bien placée pour le savoir. Le dossier noir, qui est mis à son débit, porte sur la lutte contre la pédophilie qu’il qualifie la « plus grande des désolations que l’Église est en train de subir ». Ceci le conduit à reconnaître ses « graves erreurs d’appréciation » sur le dossier des scandales de la pédophilie touchant des ecclésiastiques au Chili4 et à prendre les mesures qui s’imposent5. Ceci mérite d’être relevé et médité par nos dirigeants politiques bonimenteurs.

Une réforme des esprits par les pratiques : la querelle des anciens et des modernes

Ouvrant le pré-synode des jeunes, en présence de 285 représentants de la jeunesse du monde entier au Vatican le 19 mars 2018, le pape François, qui vient de publier un ouvrage sur la jeunesse6, affiche un ton incisif en les encourageant à parler « sans gêne » ni peur d’énoncer des « vérités crues ». Il leur rappelle que l’éducation doit permettre de conserver une « capacité d’étonnement » et « d’ouverture au mystère de l’autre ». Il ajoute que « pour avoir une éducation complète, il faut les trois langages : celui de la tête, pour bien penser, celui du cœur pour bien sentir, et celui des mains pour bien faire »7. Lors de son message pascal (1er avril 2018), le pape François fait des jeunes sa priorité (les écouter), axe d’action structurelle pour l’Église mais aussi pour le souverain pontifical.

Ne souhaitant pas s’attaquer frontalement au dogme et à son intangibilité, le souverain pontife préfère faire évoluer les pratiques en poussant le Vatican à abandonner l’entre-soi et en s’ouvrant vers l’extérieur, vers l’avenir et la jeunesse. Pour lui, il faut que les jeunes s’engagent dans « la marche de l’Église »8. Ceci relève d’une habile stratégie de contournement. À ses yeux, le prochain synode sera le temps d’un appel lancé à l’Église pour qu’elle « retrouve un dynamisme jeune et renouvelé » et cela contre « la routine » et « on a toujours fait comme ça ». L’Église doit rester en « mode créatif » dans « l’authentique tradition chrétienne », ce qui « comporte des risques ».

Une intransigeance des médias à l’égard du pape : le manque de charité chrétienne

Les médias ne laissent rien passer. Chaque erreur est stigmatisée comme l’affaire du floutage des remarques acides du pape émérite, Benoît XVI qui conduit à la démission au puissant « ministre » de la communication du Vatican, Monseigneur Dario Vigano9. Face à la polémique qui grossissait, le Vatican a été contraint de publier tout le document accompagné d’une note qui récuse toute « manipulation »10. Il est vrai que ces mêmes médias font preuve d’une bienveillance particulière lorsqu’il s’agit des bobards, des mensonges, des contre-vérités que nous servent, à longueur de journée, nos dirigeants de droite, de gauche comme de la République en marche arrière. C’est que le pape François dérange par ses saillies régulières contre « la pétrification mentale », contre la « mondanité spirituelle ». « Faire des réformes à Rome, c’est comme nettoyer le Sphinx d’Égypte avec une brosse à dent » s’exclame-t-il ! Il agace par la tendance à faire la morale à ses troupes et même à terroriser ses collaborateurs. À quand, quelques plaintes pour « burn out » pontifical ? En un mot, il dérange par son non conformisme dans un environnement conformiste, parfois traditionnaliste.

Il est difficile d’être fort à l’extérieur avec des fragilités à l’intérieur. Ce sont ces deux voies parallèles que suit le pape François depuis plus de cinq ans. Surtout dans la mesure où « le pape est le premier dont le pontificat se déroule à l’échelle du monde »11.

VOIX SINGULIÈRE ET FORTE SUR LA SCÈNE INTERNATIONALE

Il y aurait beaucoup à dire de la diplomatie vaticane tant elle est complexe, souvent entourée d’un halo de mystère, les voies du Seigneur étant par nature impénétrables12. Essayons de replacer l’action du Saint-Siège dans sa dimension absolue et dans sa dimension relative !

La diplomatie vaticane dans l’absolu : une action en dehors et au-dessus des Nations

Une diplomatie ancienne. La diplomatie vaticane est bel et bien adossée à un héritage multiséculaire, mais elle doit constamment faire face à l’inattendu. Usant du réseau planétaire de ses nonciatures, la diplomatie vaticane entend œuvrer discrètement mais utilement dans le champ du temporel. Dans son discours devant l’ONU, le 4 octobre 1965, Paul VI renonce à jouer la compétition entre les Etats souverains. Il ne se dit « investi que d’une minuscule et quasi symbolique souveraineté temporelle : le minimum nécessaire pour être libre d’exercer sa mission spirituelle et assurer ceux qui traitent avec lui qu’il est indépendant de toute souveraineté dans ce monde ». Le Saint-Siège est présent dans les grandes agences et enceintes internationales. Personne ne remet en question cette présence sur la scène mondiale, ni ne conteste le fait que le Saint-Siège est un acteur incontournable des relations internationales. Après l’ouverture de relations diplomatiques avec la Russie en 2009 (Cf. visite de Vladimir Poutine au Pape le 25 novembre 2013), le Vatican a des relations avec 174 Etats, soit plus du double de ce qui existe au début du pontificat de Jean-Paul II.

Une diplomatie de l’efficacité. Pour mener sa mission, le micro-État (44 hectares) qu’est le Vatican possède un appareil doté d’une solide expérience. À la manœuvre, le cardinal Pietro Parolin décrit par un vaticaniste comme « un diplomate courtois, à l’écoute, qui joue un rôle essentiel sur les grands dossiers internationaux, notamment dans la négociation avec les FARC, la rencontre avec Kirill, le réchauffement Cuba/États-Unis »13. Même si la structure dirigée par Richard Gallagher, prélat britannique est modeste (l’équivalent d’une direction du Quai d’Orsay), elle tire sa force de la quasi-universalité de son réseau (ses nonciatures) que l’on retrouve dans 195 États dans le monde. Seuls une dizaine n’entretient pas n’entretiennent pas de relations avec le Saint-Siège, les trois plus importants étant l’Arabie saoudite, la Chine et le Vietnam. Avec son statut d’observateur, le Vatican peut faire entendre sa voix au Conseil de l’Europe (Strasbourg), à l’OSCE et à l’AIEA (Vienne) et à l’ONU (New-York). Constant sur le sujet du désarmement, il est le premier État à avoir signé le traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) en juillet 2017.

Une diplomatie des marges. La diplomatie du Vatican est astucieuse dans la mesure où elle échappe aux critères courants. Par sa nature même, le dirigeant du plus petit État au monde ne peut jouer dans la Cour des grands, membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et détenteurs de l’arme nucléaire. Sa diplomatie, pour être efficace, se doit d’être une diplomatie des marges fondée sur une parole prophétique, sur un regard distancié. La diplomatie du Vatican excelle dans la discrétion et dans l’ombre, ce qui la rend d’autant plus efficace. Elle sait effectuer une distinction entre les conflits sur lesquels elle a prise et sur les autres, en ne dispersant pas inutilement. Elle essaie de faire preuve de clairvoyance dans le diagnostic des nombreux maux du XXIe siècle. Clairvoyance qui fait sérieusement défaut à nos dirigeants l’œil rivé sur le très court terme et sur le buzz.

Une diplomatie engagée. Ne redoutant pas de quelconques représailles sur le plan économique et commercial, la diplomatie du Vatican se réclame d’une diplomatie des valeurs. L’environnement14, les migrants… sont ses chevaux de bataille. Certains lui font parfois le reproche d’être un dirigeant d’ONG humanitaire, rompant avec certaines conceptions archaïques du message pontifical. Peu importe, en ces temps tourmentés, le pape François n’hésite pas à choisir ses combats à l’occasion des fêtes de Pâques 2018, en appelant à la fin de « l’extermination en cours » en Syrie ou à « la réconciliation en Terre sainte ». Il stigmatise le « génocide arménien ». Pour l’instant, il reste silencieux sur la question kurde. Pourquoi ? Jusqu’à quand ? Le pape François, c’est la force de la parole contre les dérives de notre époque, la force et la simplicité du message, la parole singulière qui appelle à revenir à l’essentiel qui fustige « la globalisation de l’indifférence ». En un mot, sans faire de mauvais jeu de mots, un « homme qui a choisi de faire de sa parole une arme contre les défis de notre temps »15. Une approche originale qui sied parfaitement à une autorité spirituelle.

La diplomatie vaticane dans le relatif : la médiation entre États16

La qualité de l’information. La force principale de la diplomatie du Saint-Siège tient à la qualité des informations qu’elle recueille aux quatre coins de la planète. Elle est informée en temps réel par son réseau irremplaçable d’informateurs discrets mais attentifs que sont les évêques, les cardinaux, les prêtres, les religieux, les missionnaires qui sont les témoins oculaires de ce qui passe partout, y compris dans les zones de crise et de guerre. Leurs rapports n’ont rien à envier à certains des télégrammes diplomatiques façon Norpois du Quai d’Orsay. Un véritable réseau d’espions en soutane, maugréent certains ! La diplomatie vaticane se déploie tous azimuts. Information à la source que le pape François tient des nombreuses visites que les chefs d’État et de gouvernement lui rendent régulièrement à Rome (Cf. celle d’Emmanuel Macron du 26 juin 2018). « Le défilé ne cesse jamais, le rythme est très soutenu », constate un diplomate européen. Certains vont jusqu’à dire que « le pape est l’aumônier les chefs d’État et de gouvernement » tant certains d’entre eux sont des visiteurs réguliers.

La spécificité du message. Délaissant le « centre », ce pape des « périphéries » est à Lampedusa, à Lesbos, en Albanie, en Géorgie, en Azerbaïdjan… Il se veut la conscience du monde. Le souverain pontife se place résolument du côté des humbles, des discriminés. Il incite les catholiques à aider les plus pauvres et accueillir les migrants (il met un bémol ces dernières semaines) tout en les appelant à faire chaque jour leur examen de conscience17. Son activité internationale est volontairement ciblée sur une quinzaine de dossiers et sur des endroits précis. Une action internationale articulée avec sa vision du monde. Autre axe de son pontificat, « l’écologie intégrale » qu’il défend dans son encyclique « Laudato Si’ » (2015). Comme le souligne Hubert Védrine : « cette encyclique, même si elle présente des côtés trop systématiques, a un impact profond. Elle conforte un mouvement ‘d’écologisation’, avenir de l’humanité et de l’économie ; c’est une contribution extraordinaire, tranquille, sans tapage, à une évolution des mentalités ». Le pape souhaite s’en tenir à la « sagesse du peuple ; le salut ne vient pas des experts qui cogitent dans leurs bureaux ». D’où sa critique marquée des élites. Il sait communiquer à la perfection. Une parole relayée chaque jour jusqu’aux confins de la planète par les 350 personnes de Radio Vatican, rebaptisée Vatican News depuis le 1er janvier 2018, sur tous les supports en 40 langues. Ce qui permet de « porter le pape au cœur du monde ». Un journaliste va même jusqu’à dire que Vatican News se situe dans « une logique de promotion de la marque pape François ».

La pertinence et l’actualité de son action. Le premier mouvement du Pape François sur le terrain géopolitique est la dénonciation de l’éventuelle intervention militaire en Syrie. Le grand mérite de François est d’avoir repris le flambeau du pape diplomate, que ce soit pour resserrer les liens avec l’orthodoxie, pour défendre la cause des chrétiens d’Orient, particulièrement menacés en Syrie, ou pour inviter Israéliens et Palestiniens à prier pour la paix au Vatican. Son voyage en Jordanie, Israël et Palestine (24-26 mai 2014) signe le retour de la diplomatie vaticane. Deux thématiques dominent son action : l’attention portée aux crises immédiates (Syrie, conflit israélo-palestinien, RCA) et un intérêt accru pour les questions sociétales (climat, environnement, économie, social, immigration avec sa visite à Lampedusa). Il porte à la une de l’actualité la cause des Rohingyas, minorité musulmane de Birmanie.

En Afrique, il joue les intercesseurs pour la paix au Mozambique, en Centrafrique et en RDC et projette de se rendre au Soudan du sud, ce que lui déconseille son entourage pour des raisons de sécurité. Avec en toile de fonds, la volonté d’être une « conscience dans la mondialisation ». Il stigmatise les marchés financiers, décrits comme des machines à enrichir un tout petit nombre au détriment de tous les autres, dans un document, qu’il n’a pas écrit, mais qu’il a approuvé : Oeconomica et pecuniariae quaequestiones18. Sa voix comme cette voie sont prises au sérieux. Sans être un diplomate de formation, il se révèle fin géopoliticien. A la diplomatie normative des traités, il préfère la diplomatie des mains jointes : « la prière possède une force politique à exploiter ». À la diplomatie de l’exclusion, particulièrement en vogue chez les dirigeants occidentaux, il préfère la diplomatie inclusive, jouant d’une grande habileté pour ménager tout le monde.

La déclaration d’amour de Jupiter à l’église catholique. De manière surprenante, alors qu’on l’attendait sur le thème de la laïcité, Jupiter se rend au Collège des Bernardins, le 9 avril 2018, pour y discourir (plus d’une heure comme à l’accoutumée) sur la relation entre l’État et l’église dont il veut réparer le lien19. Il rencontre le pape François à Rome le 26 juin 2018. Cette première visite se déroule sous de meilleurs auspices que celle de son prédécesseur qui fut lamentable et qui se déroula dans un contexte de polémique sur la personnalité de l’ambassadeur désigné pour représenter la France auprès du Saint-Siège20. Après un an de vaines polémiques, François Hollande retirera cette candidature inopportune. Le plus fort n’est pas celui que l’on croit.

« Le véritable doute consiste à douter de tout, y compris du bienfondé de ce doute » nous rappelle Descartes. Le défi, que doit relever le pape François, se situe aussi bien en interne qu’externe avec des évènements qui viennent de loin et les « sombres temps » (Hannah Arendt) d’un monde aux repères brouillés. Il veut en finir avec le temps des hypocrisies, des fausses pensées, de la bienpensance, du dogme mortifère et d’une liturgie désuète tout cela embrumé de langue de bois. Tout en ne récusant pas de traiter les problèmes du court terme, il place son action dans une vision à long terme. Il se méfie de l’impuissance du pouvoir. Pendant ce temps, la colère des peuples gronde. Le pape François cherche à regarder le réel en face. Son message prophétique est parfois dérangeant à l’instar des lanceurs d’alerte21. Comme le rappelle Marivaux « il faut avoir du jugement pour sentir que nous n’en avons point ». Alors que les cartes de la géopolitique sont rebattues et que les régimes autoritaires se multiplient, la force de la diplomatie du pape François tient à sa vertu, ne cherchant à vendre ni armes, ni à conquérir des marchés ou à gagner de l’influence par la force si ce n’est celle de ses idées. Ce qui lui procure une liberté de manœuvre indéniable et réelle bien que l’on puisse toujours dire, comme aurait dit Staline à Pierre Laval en 1935, le pape, combien de divisions ?

Guillaume Berlat
2 juillet 2018

1 Jean-Marie Guénois, La popularité du pape François faiblit chez les catholiques, Le Figaro, 13 mars 2018, pp. 1-2-3.
2 Cécile Chambraud, Les embarras du C9, le cénacle chargé de transformer la curie, Le Monde, 11-12 mars 2019, pp. 2-3.
3 Cécile Chambraud, La réforme du pape à l’épreuve de la pédophilie, dans Les cinq ans de François au Vatican, Le Monde, 11-12 mars 2018, pp. 1-2-3.
4 Cécile Chambraud, Le pape confesse ses « erreurs » sur la pédophilie au Chili, Le Monde, 13 avril 2018, p. 5.
5 Cécile Chambraud, Le pape accable l’église du Chili à propos de la pédophilie. Le Monde, 20-21-22 mai 2018, pp. 1-2.
6 Pape François, Dieu est jeune, Robert Laffont, 2018.
7 Marie Malzac, Le pape exhorte les jeunes au « courage » de parler sans fard, La Croix, 20 mars 2018, p. 18.
8 Jean-Marie Guénois, Le pape engage les jeunes dans la marche de l’Église, Le Figaro, 2 avril 2018, pp. 1-2-3.
9 Cécile Chambraud, Quand le Vatican « floute » les remarques acides de Benoît XVI, Le Monde, 23 mars 2018, p. 5.
10 Jean-Marie Guénois, Comment le Vatican a tronqué une lettre de Benoît XVI, Le Figaro, 19 mars 2018, p. 13.
11 Dominique Wolton rencontre avec le pape François (un dialogue inédit), Politique et société, éditions de l’Observatoire, 2017.
12 Constance Colonna Cesari, Dans les secrets de la diplomatie vaticane, Seuil, 2016.
13 Jérôme Cordellier, À quoi joue le pape François ? Géopolitique, Le Point, 5 avril 2018, pp. 44-45-46-47.
14 Pape François, Le souci de la Maison commune. Lettre encyclique Laudato Si’, Collège des Bernardins, 2015.
15 Céline Rouden, Wim Wenders, le pape et la force de la parole, La Croix, 14 mai 2018, p. 20.
16 Guillaume Berlat, François, un pape diplomate. Le passé recomposé, www.association-desinternationalistes.org , 15 septembre 2014.
17 Jean-Marie Guénois, L’appel du pape François pour tendre vers « la sainteté », Le Figaro, 10 avril 2018, p. 10.
18 Habemus pas d’âme, Le Canard enchaîné, 23 mai 2018, p. 8.
19 Cécile Chambraud, Macron veut réparer le lien » entre Eglise catholique et Etat, Le Monde, 11 avril 2018, p. 10.
20 François Hollande, Au Saint-Siège dans Les leçons du pouvoir, Stock, 2018, pp. 93-94.
21 Étienne de Montety, Lanceur d’alerte, Le Figaro, 13 mars 2018, p. 1.

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Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 02-07-2018

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Le pape raye la peine de mort du catéchisme de l’Eglise

Le pape raye la peine de mort du catéchisme de l’Eglise

Le pape François au Vatican le 1er août 2018 / © AFP/Archives / Andreas SOLARO

Le pape François a inscrit pour la première fois dans le catéchisme de l’Eglise catholique une opposition catégorique à la peine de mort et a appelé l’Eglise à s’engager pour l’abolir « partout dans le monde ».

La version de 1992 du catéchisme de l’Eglise catholique – livre d’enseignement officiel qui contient les principes de la foi – tolérait encore la peine capitale dans des cas extrêmes.

Le pape argentin, très sensible au sort des détenus auxquels il rend régulièrement visite et avocat de leur réintégration dans la société, s’est toujours opposé à la peine de mort.

Pour lui, l’exécution d’un être humain « ne rend pas justice aux victimes mais attise la vengeance ».

En septembre 2015, il avait ainsi exprimé sa conviction selon laquelle il fallait « protéger et défendre la vie humaine à chaque étape de son développement », dans un discours historique devant le Congrès américain, face à des élus majoritairement d’un avis contraire.

Jean Paul II avait également saisi l’occasion d’un voyage aux Etats-Unis pour appeler à l’abolition de la peine capitale en 1999.

Benoît XVI avait pour sa part parlé de « la nécessité de faire tout ce qui est possible pour arriver à l’élimination de la peine capitale », mais sans aller jusqu’à demander de réécrire le catéchisme.

Le pape François avait plaidé pour cette réécriture en octobre, en reconnaissant au passage que l’Eglise catholique avait elle-même eu recours pendant des siècles à « cette pratique extrême et inhumaine ».

L’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International a recensé en 2017 au moins 2.591 condamnations à mort dans 53 pays et près de 1.000 exécutions (en excluant la Chine qui ne communique pas sur ses milliers de sentences). Plus de deux tiers des pays dans le monde ont cependant aboli la peine de mort en droit ou en pratique.

– Dignité humaine –

« L’Eglise enseigne, à la lumière de l’Evangile, que +la peine de mort est une mesure inhumaine qui blesse la dignité personnelle+ et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde », peut-on lire dans la nouvelle version française du catéchisme.

Dans la version italienne d’origine, le texte parle en revanche de « mesure inadmissible », à l’instar de l’anglais, de l’allemand, de l’espagnol et du portugais.

Le pape avait approuvé ces modifications le 11 mai à l’occasion d’une audience avec le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Luis Ladaria.

« Pendant longtemps, le recours à la peine de mort de la part de l’autorité légitime, après un procès régulier, fut considéré comme une réponse adaptée à la gravité de certains délits et un moyen acceptable, bien qu’extrême, pour la sauvegarde du bien commun », peut-on lire dans l’introduction de la partie modifiée du catéchisme.

« Aujourd’hui, on est de plus en plus conscient que la personne ne perd pas sa dignité, même après avoir commis des crimes très graves », poursuit le texte.

« En outre, s’est répandue une nouvelle compréhension du sens de sanctions pénales de la part de l’Etat. On a également mis au point des systèmes de détention plus efficaces pour garantir la sécurité à laquelle les citoyens ont droit et qui n’enlèvent pas définitivement au coupable la possibilité de se repentir », ajoute encore le texte.

Dans une lettre explicative aux évêques, le gardien du dogme Mgr Ladaria retrace la prise de conscience toujours plus claire dans l’Eglise du « respect dû à chaque vie humaine ».

La nouvelle formulation « veut pousser à un engagement décisif, notamment par un dialogue respectueux et serein avec les autorités politiques », explique le cardinal. « Elle incite à créer les conditions qui permettent d’éliminer dans le monde contemporain l’institution légale de la peine de mort, là où elle est encore en vigueur ».

(©AFP / 02 août 2018 16h26)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Le-pape-raye-la-peine-de-mort-du-cat-chisme-de-l-Eglise/942075.rom

 

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