Archives pour la catégorie Chrétienté

Pakistan : la Cour suprême acquitte la chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème

La Cour suprême du Pakistan a acquitté en appel la chrétienne Asia Bibi, condamnée à mort pour blasphème en 2010 et dont le cas avait suscité l’indignation à l’étranger et des violences dans le pays, selon un verdict rendu mercredi.

« Elle a été acquittée de toutes les accusations« , a déclaré le juge Saqib Nisar lors de l’énoncé du verdict à la Cour suprême, ajoutant que Mme Bibi, qui se trouve actuellement incarcérée dans une prison à Multan (centre), allait être libérée « immédiatement« .

Ce verdict pourrait susciter la fureur des milieux religieux fondamentalistes qui appelaient de longue date à l’exécution de Mme Bibi. Des islamistes radicaux avaient ces dernières semaines menacé les juges statuant sur son cas en cas de jugement favorable.

Mercredi, la capitale Islamabad avait été placée sous haute sécurité, avec des barrages sur les routes notamment à proximité des quartiers où vivent les magistrats et la communauté diplomatique, a constaté l’AFP. […]

En cas de libération, « Asia ne peut pas rester (au Pakistan) avec la loi » sur le blasphème, avait estimé son mari Ashiq Masih, accueilli à Londres par l’ONG catholique Aide à l’Église en détresse (AED) et interrogé le 13 octobre par l’AFP. […]

news.yahoo

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Zoom – Benjamin Blanchard : La Syrie, du chaos à l’espérance

Zoom – Benjamin Blanchard : La Syrie, du chaos à l’espérance

SOS Chrétiens d’Orient a 5 ans… et un bilan remarquable. 1 500 volontaires, 50 tonnes de matériel humanitaire ou médical distribué. Plus de 10 000 familles en situation d’extrême pauvreté aidées. Benjamin Blanchard, directeur général de l’association, évoque la Syrie, du chaos à l’espérance.

L’Ukraine au bord d’une guerre de religion qui semble servir certains intérêts

samedi 29 septembre 2018

L’Ukraine au bord d’une guerre de religion qui semble servir certains intérêts

Ukraine, région de Ternopol, septembre 2015
Le rythme des agressions contre l’Eglise orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou s’est accéléré depuis le Maïdan en 2014. En 4 ans, 50 églises ont été transférées par la violence et en toute illégalité du Patriarcat de Moscou à l’Eglise renégate de Filaret. En ce sens, les démarches du Patriarche de Constantinople ne peuvent qu’aggraver la situation, ce que vient de démontrer cette dernière prise par la violence, hier, de l’église orthodoxe de la région de Ivano-Frankovsk, faisant plusieurs blessés au passage. Dans tous les cas de ce genre, l’on note une collusion entre le groupe extrémiste Secteur droit, les forces de l’ordre et les renégats. Et aucune réaction sérieuse de la communauté internationale, qui laisse ces crimes se dérouler dans la plus grande indifférence. A moins que cela ne corresponde à certains intérêts.

Hier, en pleine journée, à 13h, les croyants ont aperçu un groupe d’hommes musclés et des villageois sont arrivés pour tenter d’empêcher les membres de Secteur droit de s’emparer de l’église de la Sainte Trinité dans la région de Ivano-Frankovsk, en Ukraine. Mais les radicaux sont passés par une porte latérale qui mène à l’école de musique, ont brisé les fenêtres et les portes, ont pénétré dans l’église et agressé physiquement les croyants, faisant plusieurs blessés, dont un violemment à la tête, et le prêtre a le bras cassé. Tous les croyants ont été mis dans la rue et les radicaux ont changé les serrures, s’appropriant de facto l’église, dans la plus pure tradition des bandits ou des mafieux. Cela s’est passé tellement vite, qu’il n’a pas été possible de le fixer en images.
Rappelons que cela intervient alors que le Métropolite de Kiev Onufrii a refusé de rencontrer les envoyés américains et canadiens du Patriarche de Constantinople. Ce qui est certainement une coïncidence.
Mais voici d’autres cas en vidéo:
Depuis 4 ans, 50 églises ont été de prises de cette manière à l’Eglise orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou et transférées aux renégats de Filaret. Entre mai et août 2018, l’on recense 6 cas, dont deux seulement ont donné lieu à l’ouverture d’une enquête pénale – qui n’a débouché sur rien à ce jour.
Un rapport a été remis à l’OSCE par l’ONG Public Advocacy sur les persécutions subies par l’Eglise orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou, rapport qui lui non plus n’a débouché sur rien:

Durant cette période (2013-2015), il a enregistré plus de 120 attaques, dont 36 contre des églises du Patriarcat de Moscou, 13 incendies volontaires d’églises et 13 agressions contre des ecclésiastiques de la part des radicaux.

Dans tous les cas, les gros bras sont prêtés par les groupes extrémistes au profit de cette « Eglise nationaliste » que le Patriarche de Constantinople, avec l’appui des Etats-Unis et du Canada ont la folie de vouloir reconnaître.

Voici quelques vidéo illustrant leurs crimes.

Tourk, région de Lvov, septembre 2014

Village de Pyichié, décembre 2015
Septembre 2015, région de Ternopol: ici il y a eu 15 blessés, suite à l’action commune de la police, de la Garde nationale et des renégats
Toujours dans cette région le 26 avril, dans le village de Kolossov: les croyants et les habitants se sont battus contre plus de 60 radicaux de Secteur droit et ont réussi à garder leur église après toute une journée d’affrontements
Parfois aussi les uniates tentent, eux aussi avec l’aide de Secteur droit, de prendre possession des églises orthodoxes du Patriarcat de Moscou, ressortant les mêmes « arguments » que les radicaux, dont le principal est que tout prêtre de cette Eglise ne peut être qu’un agent des services spéciaux russes, voir la vidéo ci-dessous dans le village de Kolomy:
Pour les russophones, voici un reportage sur la tragédie de la persécution menée contre l’Eglise orthodoxe ukrainienne et donc contre les gens, tous ceux qui simplement croient, viennent prier et sont victimes d’agression, dans leur pays, uniquement en raison de leur croyance.
Et tout cela se passe dans l’indifférence internationale la plus totale, parce que la communauté internationale a pris le parti de l’Ukraine, sans recul, sans réflexion, simplement parce que dans un jeu géopolitique atlantiste, cela était alors « nécessaire » vue son allégeance. Et maintenant, comment reconnaître que l’on a soutenu – et que l’on soutient – des fanatiques, des extrémistes sans remettre en cause les choix qui ont été fait il y a quatre ans?
L’Europe va-t-elle laisser une guerre de religion se développer à ses portes, en Ukraine, briser totalement un pays déjà à l’agonie pour simplement ne pas révéler sa propre turpitude? A moins qu’elle ne couvre volontairement des mouvements qu’elle approuve?

2 commentaires:

  1. L’Union européenne couvre volontairement ces mouvements parce qu’elle les approuve, tout ce qu’elle pourra faire contre la Russie elle le fera, sinon elle aurait condamnée toutes ces violences il y a longtemps.

    Répondre

  2. Plus large que cela; le Christianisme primitif, malgré l’édulcoration par le protestantisme, et même avant par la religion-institution de Constantin, est si puissant, qu’il faut le détruire pour la possession du monde. Les francs-maçons, faux socialistes, droites classiques, faux antifas etc. bref la raison toute puissante ou « Satan » sont à l’oeuvre; idem de la création du dieu de croyance, d’assujétissement de l’islam.

https://russiepolitics.blogspot.com/2018/09/lukraine-au-bord-dune-guerre-de.html

Le pape combien de divisions ? Par Guillaume Berlat

19.août.2018 // Les Crises

Le pape combien de divisions ? Par Guillaume Berlat

Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 02-07-2018

« Il faut, comme Dumersais l’observe après plusieurs écrivains, distinguer avec soin la cour de Rome, le pape et le Saint-siège » (Jean Le Rond d’Alembert). Il est vrai qu’il est difficile, parfois impossible pour le béotien de distinguer des concepts qui lui apparaissent voisins mais en réalité ne sont pas si proches qu’il n’y paraît à première vue. D’où vraisemblablement, la difficulté qui existe à porter un jugement objectif sur le bilan de l’action d’un pape. La tâche est d’autant plus ardue que le descendant de Saint Pierre est une personnalité aussi atypique et non conformiste que l’est celle du pape François, Jorge Mario Bergoglio né en 1936 à Buenos Aires (Argentine). Cinq ans après son élection (13 mars 2013) par le conclave, quels sont les premiers enseignements que l’on peut tirer du pontificat du 266e pape de l’Église catholique dans un monde aussi complexe qu’imprévisible ?

Rarement en manque d’imagination, nos perroquets à carte de presse ne font pas dans la mesure, sombrant dans l’excès alors que la prudence s’impose pour juger de son action à l’intérieur et à l’extérieur de la Cité dont il est le chef d’État. Comment juger sérieusement l’action d’un souverain pontife sur la base de sondages d’opinion (volatils par nature) alors que son action se place dans le temps long de l’intemporel (celui de l’éternité) et dans la dimension spirituelle (celle de la religion catholique) ?1 Ne dit-on pas dans les couloirs feutrés du Vatican que « le diplomate séduit, le gestionnaire déçoit » !

VOLONTÉ AFFFIRMÉE ET ASSUMÉE DE RÉFORME EN PROFONDEUR

La critique est aisée, l’art est difficile, y compris lorsque l’on sait que les voies du Seigneur sont impénétrables. Après une longue période de papamania, les critiques se font jour à l’intérieur et à l’extérieur du Vatican. Qu’en est-il des projets de réforme du pape François tant en ce qui concerne les structures que les esprits ? Que dire de la sévérité des médias ?

Une réforme des structures par les mentalités : le plaidoyer pour la « dignité humaine »

Si l’on en croit les sondages des cœurs et des âmes, les Chrétiens plébiscitent « en même temps » sa volonté de secouer le conservatisme de la Curie romaine2, voire ses excès d’apparat, en un mot son progressisme tout en critiquant sa gestion du scandale de la pédophilie (Cf. les réactions hostiles lors de son dernier déplacement en Amérique latine et, plus particulièrement, en Argentine)3. Les experts du Vatican considèrent que s’est ouverte, avec ce voyage en pays de connaissance, la crise la plus violente de son pontificat, cinq ans après son élection, le 13 mars 2013. Ce que l’on découvre au fil des ans est que le pape François met constamment l’accent sur la défense des faibles, des démunis, des méprisés face aux forts et aux puissants.

De Lampedusa, où il fulmine contre la « mondialisation de l’indifférence » qui laisse périr les migrants en mer, au discours de Santa Cruz (Bolivie) qui enrôle l’Église aux côtés des « mouvements populaires », des prisons qu’il ne cesse de visiter aux « esclaves sexuels » dont il prend la défense, le pape argentin tonne comme le « Dieu argent », les trafiquants d’êtres humains et les fabricants d’armes. N’est-il pas tenté de donner de plus crédit à la parole d’un hiérarque chilien qu’à de simples fidèles ? Ne prête-t-il pas le flanc à l’accusation de cléricalisme ? Voilà pour les critiques actuelles ! Même si les choses ont évolué dans le bon sens.

Mais, notre jugement ne peut être que balancé tant il saisit l’occasion de chacune de ses rencontres annuelles avec la Curie romaine pour critiquer administration dysfonctionnelle minée par les conflits internes. Il est le premier pape à s’exprimer avec vigueur contre les forteresses du conservatisme au Vatican. Entre la parole et l’action, il existe toujours un grand pas à franchir. Cinq ans, c’est long mais c’est court. La France est bien placée pour le savoir. Le dossier noir, qui est mis à son débit, porte sur la lutte contre la pédophilie qu’il qualifie la « plus grande des désolations que l’Église est en train de subir ». Ceci le conduit à reconnaître ses « graves erreurs d’appréciation » sur le dossier des scandales de la pédophilie touchant des ecclésiastiques au Chili4 et à prendre les mesures qui s’imposent5. Ceci mérite d’être relevé et médité par nos dirigeants politiques bonimenteurs.

Une réforme des esprits par les pratiques : la querelle des anciens et des modernes

Ouvrant le pré-synode des jeunes, en présence de 285 représentants de la jeunesse du monde entier au Vatican le 19 mars 2018, le pape François, qui vient de publier un ouvrage sur la jeunesse6, affiche un ton incisif en les encourageant à parler « sans gêne » ni peur d’énoncer des « vérités crues ». Il leur rappelle que l’éducation doit permettre de conserver une « capacité d’étonnement » et « d’ouverture au mystère de l’autre ». Il ajoute que « pour avoir une éducation complète, il faut les trois langages : celui de la tête, pour bien penser, celui du cœur pour bien sentir, et celui des mains pour bien faire »7. Lors de son message pascal (1er avril 2018), le pape François fait des jeunes sa priorité (les écouter), axe d’action structurelle pour l’Église mais aussi pour le souverain pontifical.

Ne souhaitant pas s’attaquer frontalement au dogme et à son intangibilité, le souverain pontife préfère faire évoluer les pratiques en poussant le Vatican à abandonner l’entre-soi et en s’ouvrant vers l’extérieur, vers l’avenir et la jeunesse. Pour lui, il faut que les jeunes s’engagent dans « la marche de l’Église »8. Ceci relève d’une habile stratégie de contournement. À ses yeux, le prochain synode sera le temps d’un appel lancé à l’Église pour qu’elle « retrouve un dynamisme jeune et renouvelé » et cela contre « la routine » et « on a toujours fait comme ça ». L’Église doit rester en « mode créatif » dans « l’authentique tradition chrétienne », ce qui « comporte des risques ».

Une intransigeance des médias à l’égard du pape : le manque de charité chrétienne

Les médias ne laissent rien passer. Chaque erreur est stigmatisée comme l’affaire du floutage des remarques acides du pape émérite, Benoît XVI qui conduit à la démission au puissant « ministre » de la communication du Vatican, Monseigneur Dario Vigano9. Face à la polémique qui grossissait, le Vatican a été contraint de publier tout le document accompagné d’une note qui récuse toute « manipulation »10. Il est vrai que ces mêmes médias font preuve d’une bienveillance particulière lorsqu’il s’agit des bobards, des mensonges, des contre-vérités que nous servent, à longueur de journée, nos dirigeants de droite, de gauche comme de la République en marche arrière. C’est que le pape François dérange par ses saillies régulières contre « la pétrification mentale », contre la « mondanité spirituelle ». « Faire des réformes à Rome, c’est comme nettoyer le Sphinx d’Égypte avec une brosse à dent » s’exclame-t-il ! Il agace par la tendance à faire la morale à ses troupes et même à terroriser ses collaborateurs. À quand, quelques plaintes pour « burn out » pontifical ? En un mot, il dérange par son non conformisme dans un environnement conformiste, parfois traditionnaliste.

Il est difficile d’être fort à l’extérieur avec des fragilités à l’intérieur. Ce sont ces deux voies parallèles que suit le pape François depuis plus de cinq ans. Surtout dans la mesure où « le pape est le premier dont le pontificat se déroule à l’échelle du monde »11.

VOIX SINGULIÈRE ET FORTE SUR LA SCÈNE INTERNATIONALE

Il y aurait beaucoup à dire de la diplomatie vaticane tant elle est complexe, souvent entourée d’un halo de mystère, les voies du Seigneur étant par nature impénétrables12. Essayons de replacer l’action du Saint-Siège dans sa dimension absolue et dans sa dimension relative !

La diplomatie vaticane dans l’absolu : une action en dehors et au-dessus des Nations

Une diplomatie ancienne. La diplomatie vaticane est bel et bien adossée à un héritage multiséculaire, mais elle doit constamment faire face à l’inattendu. Usant du réseau planétaire de ses nonciatures, la diplomatie vaticane entend œuvrer discrètement mais utilement dans le champ du temporel. Dans son discours devant l’ONU, le 4 octobre 1965, Paul VI renonce à jouer la compétition entre les Etats souverains. Il ne se dit « investi que d’une minuscule et quasi symbolique souveraineté temporelle : le minimum nécessaire pour être libre d’exercer sa mission spirituelle et assurer ceux qui traitent avec lui qu’il est indépendant de toute souveraineté dans ce monde ». Le Saint-Siège est présent dans les grandes agences et enceintes internationales. Personne ne remet en question cette présence sur la scène mondiale, ni ne conteste le fait que le Saint-Siège est un acteur incontournable des relations internationales. Après l’ouverture de relations diplomatiques avec la Russie en 2009 (Cf. visite de Vladimir Poutine au Pape le 25 novembre 2013), le Vatican a des relations avec 174 Etats, soit plus du double de ce qui existe au début du pontificat de Jean-Paul II.

Une diplomatie de l’efficacité. Pour mener sa mission, le micro-État (44 hectares) qu’est le Vatican possède un appareil doté d’une solide expérience. À la manœuvre, le cardinal Pietro Parolin décrit par un vaticaniste comme « un diplomate courtois, à l’écoute, qui joue un rôle essentiel sur les grands dossiers internationaux, notamment dans la négociation avec les FARC, la rencontre avec Kirill, le réchauffement Cuba/États-Unis »13. Même si la structure dirigée par Richard Gallagher, prélat britannique est modeste (l’équivalent d’une direction du Quai d’Orsay), elle tire sa force de la quasi-universalité de son réseau (ses nonciatures) que l’on retrouve dans 195 États dans le monde. Seuls une dizaine n’entretient pas n’entretiennent pas de relations avec le Saint-Siège, les trois plus importants étant l’Arabie saoudite, la Chine et le Vietnam. Avec son statut d’observateur, le Vatican peut faire entendre sa voix au Conseil de l’Europe (Strasbourg), à l’OSCE et à l’AIEA (Vienne) et à l’ONU (New-York). Constant sur le sujet du désarmement, il est le premier État à avoir signé le traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) en juillet 2017.

Une diplomatie des marges. La diplomatie du Vatican est astucieuse dans la mesure où elle échappe aux critères courants. Par sa nature même, le dirigeant du plus petit État au monde ne peut jouer dans la Cour des grands, membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU et détenteurs de l’arme nucléaire. Sa diplomatie, pour être efficace, se doit d’être une diplomatie des marges fondée sur une parole prophétique, sur un regard distancié. La diplomatie du Vatican excelle dans la discrétion et dans l’ombre, ce qui la rend d’autant plus efficace. Elle sait effectuer une distinction entre les conflits sur lesquels elle a prise et sur les autres, en ne dispersant pas inutilement. Elle essaie de faire preuve de clairvoyance dans le diagnostic des nombreux maux du XXIe siècle. Clairvoyance qui fait sérieusement défaut à nos dirigeants l’œil rivé sur le très court terme et sur le buzz.

Une diplomatie engagée. Ne redoutant pas de quelconques représailles sur le plan économique et commercial, la diplomatie du Vatican se réclame d’une diplomatie des valeurs. L’environnement14, les migrants… sont ses chevaux de bataille. Certains lui font parfois le reproche d’être un dirigeant d’ONG humanitaire, rompant avec certaines conceptions archaïques du message pontifical. Peu importe, en ces temps tourmentés, le pape François n’hésite pas à choisir ses combats à l’occasion des fêtes de Pâques 2018, en appelant à la fin de « l’extermination en cours » en Syrie ou à « la réconciliation en Terre sainte ». Il stigmatise le « génocide arménien ». Pour l’instant, il reste silencieux sur la question kurde. Pourquoi ? Jusqu’à quand ? Le pape François, c’est la force de la parole contre les dérives de notre époque, la force et la simplicité du message, la parole singulière qui appelle à revenir à l’essentiel qui fustige « la globalisation de l’indifférence ». En un mot, sans faire de mauvais jeu de mots, un « homme qui a choisi de faire de sa parole une arme contre les défis de notre temps »15. Une approche originale qui sied parfaitement à une autorité spirituelle.

La diplomatie vaticane dans le relatif : la médiation entre États16

La qualité de l’information. La force principale de la diplomatie du Saint-Siège tient à la qualité des informations qu’elle recueille aux quatre coins de la planète. Elle est informée en temps réel par son réseau irremplaçable d’informateurs discrets mais attentifs que sont les évêques, les cardinaux, les prêtres, les religieux, les missionnaires qui sont les témoins oculaires de ce qui passe partout, y compris dans les zones de crise et de guerre. Leurs rapports n’ont rien à envier à certains des télégrammes diplomatiques façon Norpois du Quai d’Orsay. Un véritable réseau d’espions en soutane, maugréent certains ! La diplomatie vaticane se déploie tous azimuts. Information à la source que le pape François tient des nombreuses visites que les chefs d’État et de gouvernement lui rendent régulièrement à Rome (Cf. celle d’Emmanuel Macron du 26 juin 2018). « Le défilé ne cesse jamais, le rythme est très soutenu », constate un diplomate européen. Certains vont jusqu’à dire que « le pape est l’aumônier les chefs d’État et de gouvernement » tant certains d’entre eux sont des visiteurs réguliers.

La spécificité du message. Délaissant le « centre », ce pape des « périphéries » est à Lampedusa, à Lesbos, en Albanie, en Géorgie, en Azerbaïdjan… Il se veut la conscience du monde. Le souverain pontife se place résolument du côté des humbles, des discriminés. Il incite les catholiques à aider les plus pauvres et accueillir les migrants (il met un bémol ces dernières semaines) tout en les appelant à faire chaque jour leur examen de conscience17. Son activité internationale est volontairement ciblée sur une quinzaine de dossiers et sur des endroits précis. Une action internationale articulée avec sa vision du monde. Autre axe de son pontificat, « l’écologie intégrale » qu’il défend dans son encyclique « Laudato Si’ » (2015). Comme le souligne Hubert Védrine : « cette encyclique, même si elle présente des côtés trop systématiques, a un impact profond. Elle conforte un mouvement ‘d’écologisation’, avenir de l’humanité et de l’économie ; c’est une contribution extraordinaire, tranquille, sans tapage, à une évolution des mentalités ». Le pape souhaite s’en tenir à la « sagesse du peuple ; le salut ne vient pas des experts qui cogitent dans leurs bureaux ». D’où sa critique marquée des élites. Il sait communiquer à la perfection. Une parole relayée chaque jour jusqu’aux confins de la planète par les 350 personnes de Radio Vatican, rebaptisée Vatican News depuis le 1er janvier 2018, sur tous les supports en 40 langues. Ce qui permet de « porter le pape au cœur du monde ». Un journaliste va même jusqu’à dire que Vatican News se situe dans « une logique de promotion de la marque pape François ».

La pertinence et l’actualité de son action. Le premier mouvement du Pape François sur le terrain géopolitique est la dénonciation de l’éventuelle intervention militaire en Syrie. Le grand mérite de François est d’avoir repris le flambeau du pape diplomate, que ce soit pour resserrer les liens avec l’orthodoxie, pour défendre la cause des chrétiens d’Orient, particulièrement menacés en Syrie, ou pour inviter Israéliens et Palestiniens à prier pour la paix au Vatican. Son voyage en Jordanie, Israël et Palestine (24-26 mai 2014) signe le retour de la diplomatie vaticane. Deux thématiques dominent son action : l’attention portée aux crises immédiates (Syrie, conflit israélo-palestinien, RCA) et un intérêt accru pour les questions sociétales (climat, environnement, économie, social, immigration avec sa visite à Lampedusa). Il porte à la une de l’actualité la cause des Rohingyas, minorité musulmane de Birmanie.

En Afrique, il joue les intercesseurs pour la paix au Mozambique, en Centrafrique et en RDC et projette de se rendre au Soudan du sud, ce que lui déconseille son entourage pour des raisons de sécurité. Avec en toile de fonds, la volonté d’être une « conscience dans la mondialisation ». Il stigmatise les marchés financiers, décrits comme des machines à enrichir un tout petit nombre au détriment de tous les autres, dans un document, qu’il n’a pas écrit, mais qu’il a approuvé : Oeconomica et pecuniariae quaequestiones18. Sa voix comme cette voie sont prises au sérieux. Sans être un diplomate de formation, il se révèle fin géopoliticien. A la diplomatie normative des traités, il préfère la diplomatie des mains jointes : « la prière possède une force politique à exploiter ». À la diplomatie de l’exclusion, particulièrement en vogue chez les dirigeants occidentaux, il préfère la diplomatie inclusive, jouant d’une grande habileté pour ménager tout le monde.

La déclaration d’amour de Jupiter à l’église catholique. De manière surprenante, alors qu’on l’attendait sur le thème de la laïcité, Jupiter se rend au Collège des Bernardins, le 9 avril 2018, pour y discourir (plus d’une heure comme à l’accoutumée) sur la relation entre l’État et l’église dont il veut réparer le lien19. Il rencontre le pape François à Rome le 26 juin 2018. Cette première visite se déroule sous de meilleurs auspices que celle de son prédécesseur qui fut lamentable et qui se déroula dans un contexte de polémique sur la personnalité de l’ambassadeur désigné pour représenter la France auprès du Saint-Siège20. Après un an de vaines polémiques, François Hollande retirera cette candidature inopportune. Le plus fort n’est pas celui que l’on croit.

« Le véritable doute consiste à douter de tout, y compris du bienfondé de ce doute » nous rappelle Descartes. Le défi, que doit relever le pape François, se situe aussi bien en interne qu’externe avec des évènements qui viennent de loin et les « sombres temps » (Hannah Arendt) d’un monde aux repères brouillés. Il veut en finir avec le temps des hypocrisies, des fausses pensées, de la bienpensance, du dogme mortifère et d’une liturgie désuète tout cela embrumé de langue de bois. Tout en ne récusant pas de traiter les problèmes du court terme, il place son action dans une vision à long terme. Il se méfie de l’impuissance du pouvoir. Pendant ce temps, la colère des peuples gronde. Le pape François cherche à regarder le réel en face. Son message prophétique est parfois dérangeant à l’instar des lanceurs d’alerte21. Comme le rappelle Marivaux « il faut avoir du jugement pour sentir que nous n’en avons point ». Alors que les cartes de la géopolitique sont rebattues et que les régimes autoritaires se multiplient, la force de la diplomatie du pape François tient à sa vertu, ne cherchant à vendre ni armes, ni à conquérir des marchés ou à gagner de l’influence par la force si ce n’est celle de ses idées. Ce qui lui procure une liberté de manœuvre indéniable et réelle bien que l’on puisse toujours dire, comme aurait dit Staline à Pierre Laval en 1935, le pape, combien de divisions ?

Guillaume Berlat
2 juillet 2018

1 Jean-Marie Guénois, La popularité du pape François faiblit chez les catholiques, Le Figaro, 13 mars 2018, pp. 1-2-3.
2 Cécile Chambraud, Les embarras du C9, le cénacle chargé de transformer la curie, Le Monde, 11-12 mars 2019, pp. 2-3.
3 Cécile Chambraud, La réforme du pape à l’épreuve de la pédophilie, dans Les cinq ans de François au Vatican, Le Monde, 11-12 mars 2018, pp. 1-2-3.
4 Cécile Chambraud, Le pape confesse ses « erreurs » sur la pédophilie au Chili, Le Monde, 13 avril 2018, p. 5.
5 Cécile Chambraud, Le pape accable l’église du Chili à propos de la pédophilie. Le Monde, 20-21-22 mai 2018, pp. 1-2.
6 Pape François, Dieu est jeune, Robert Laffont, 2018.
7 Marie Malzac, Le pape exhorte les jeunes au « courage » de parler sans fard, La Croix, 20 mars 2018, p. 18.
8 Jean-Marie Guénois, Le pape engage les jeunes dans la marche de l’Église, Le Figaro, 2 avril 2018, pp. 1-2-3.
9 Cécile Chambraud, Quand le Vatican « floute » les remarques acides de Benoît XVI, Le Monde, 23 mars 2018, p. 5.
10 Jean-Marie Guénois, Comment le Vatican a tronqué une lettre de Benoît XVI, Le Figaro, 19 mars 2018, p. 13.
11 Dominique Wolton rencontre avec le pape François (un dialogue inédit), Politique et société, éditions de l’Observatoire, 2017.
12 Constance Colonna Cesari, Dans les secrets de la diplomatie vaticane, Seuil, 2016.
13 Jérôme Cordellier, À quoi joue le pape François ? Géopolitique, Le Point, 5 avril 2018, pp. 44-45-46-47.
14 Pape François, Le souci de la Maison commune. Lettre encyclique Laudato Si’, Collège des Bernardins, 2015.
15 Céline Rouden, Wim Wenders, le pape et la force de la parole, La Croix, 14 mai 2018, p. 20.
16 Guillaume Berlat, François, un pape diplomate. Le passé recomposé, www.association-desinternationalistes.org , 15 septembre 2014.
17 Jean-Marie Guénois, L’appel du pape François pour tendre vers « la sainteté », Le Figaro, 10 avril 2018, p. 10.
18 Habemus pas d’âme, Le Canard enchaîné, 23 mai 2018, p. 8.
19 Cécile Chambraud, Macron veut réparer le lien » entre Eglise catholique et Etat, Le Monde, 11 avril 2018, p. 10.
20 François Hollande, Au Saint-Siège dans Les leçons du pouvoir, Stock, 2018, pp. 93-94.
21 Étienne de Montety, Lanceur d’alerte, Le Figaro, 13 mars 2018, p. 1.

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Source : Proche & Moyen-Orient, Guillaume Berlat, 02-07-2018

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/le-pape-combien-de-divisions-par-guillaume-berlat/

Le pape raye la peine de mort du catéchisme de l’Eglise

Le pape raye la peine de mort du catéchisme de l’Eglise

Le pape François au Vatican le 1er août 2018 / © AFP/Archives / Andreas SOLARO

Le pape François a inscrit pour la première fois dans le catéchisme de l’Eglise catholique une opposition catégorique à la peine de mort et a appelé l’Eglise à s’engager pour l’abolir « partout dans le monde ».

La version de 1992 du catéchisme de l’Eglise catholique – livre d’enseignement officiel qui contient les principes de la foi – tolérait encore la peine capitale dans des cas extrêmes.

Le pape argentin, très sensible au sort des détenus auxquels il rend régulièrement visite et avocat de leur réintégration dans la société, s’est toujours opposé à la peine de mort.

Pour lui, l’exécution d’un être humain « ne rend pas justice aux victimes mais attise la vengeance ».

En septembre 2015, il avait ainsi exprimé sa conviction selon laquelle il fallait « protéger et défendre la vie humaine à chaque étape de son développement », dans un discours historique devant le Congrès américain, face à des élus majoritairement d’un avis contraire.

Jean Paul II avait également saisi l’occasion d’un voyage aux Etats-Unis pour appeler à l’abolition de la peine capitale en 1999.

Benoît XVI avait pour sa part parlé de « la nécessité de faire tout ce qui est possible pour arriver à l’élimination de la peine capitale », mais sans aller jusqu’à demander de réécrire le catéchisme.

Le pape François avait plaidé pour cette réécriture en octobre, en reconnaissant au passage que l’Eglise catholique avait elle-même eu recours pendant des siècles à « cette pratique extrême et inhumaine ».

L’organisation de défense des droits de l’Homme Amnesty International a recensé en 2017 au moins 2.591 condamnations à mort dans 53 pays et près de 1.000 exécutions (en excluant la Chine qui ne communique pas sur ses milliers de sentences). Plus de deux tiers des pays dans le monde ont cependant aboli la peine de mort en droit ou en pratique.

– Dignité humaine –

« L’Eglise enseigne, à la lumière de l’Evangile, que +la peine de mort est une mesure inhumaine qui blesse la dignité personnelle+ et elle s’engage de façon déterminée, en vue de son abolition partout dans le monde », peut-on lire dans la nouvelle version française du catéchisme.

Dans la version italienne d’origine, le texte parle en revanche de « mesure inadmissible », à l’instar de l’anglais, de l’allemand, de l’espagnol et du portugais.

Le pape avait approuvé ces modifications le 11 mai à l’occasion d’une audience avec le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Luis Ladaria.

« Pendant longtemps, le recours à la peine de mort de la part de l’autorité légitime, après un procès régulier, fut considéré comme une réponse adaptée à la gravité de certains délits et un moyen acceptable, bien qu’extrême, pour la sauvegarde du bien commun », peut-on lire dans l’introduction de la partie modifiée du catéchisme.

« Aujourd’hui, on est de plus en plus conscient que la personne ne perd pas sa dignité, même après avoir commis des crimes très graves », poursuit le texte.

« En outre, s’est répandue une nouvelle compréhension du sens de sanctions pénales de la part de l’Etat. On a également mis au point des systèmes de détention plus efficaces pour garantir la sécurité à laquelle les citoyens ont droit et qui n’enlèvent pas définitivement au coupable la possibilité de se repentir », ajoute encore le texte.

Dans une lettre explicative aux évêques, le gardien du dogme Mgr Ladaria retrace la prise de conscience toujours plus claire dans l’Eglise du « respect dû à chaque vie humaine ».

La nouvelle formulation « veut pousser à un engagement décisif, notamment par un dialogue respectueux et serein avec les autorités politiques », explique le cardinal. « Elle incite à créer les conditions qui permettent d’éliminer dans le monde contemporain l’institution légale de la peine de mort, là où elle est encore en vigueur ».

(©AFP / 02 août 2018 16h26)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Le-pape-raye-la-peine-de-mort-du-cat-chisme-de-l-Eglise/942075.rom

 

Après le gel de mesures israéliennes, le Saint-Sépulcre a rouvert ses portes

Après le gel de mesures israéliennes, le Saint-Sépulcre a rouvert ses portes

Des fidèles prient le 27 février 2018 devant le Saint-Sépulcre, lieu le plus saint du christianisme à Jérusalem, après sa fermeture dimanche / © AFP / Thomas COEX

Le Saint-Sépulcre, le lieu le plus saint du christianisme, a rouvert ses portes mercredi à Jérusalem après trois jours de fermeture dans un bras de fer entamé avec les autorités israéliennes.

A 04H00 locales (02H00 GMT), les larges portes en bois ont été ouvertes par deux gardiens et des pèlerins se pressaient pour visiter le site sacré.

Les Églises grecque orthodoxe, arménienne et catholique avaient annoncé mardi soir dans un communiqué conjoint que le Saint-Sépulcre serait « rouvert aux pèlerins » mercredi matin.

« Nous remercions Dieu pour le communiqué diffusé plus tôt par le Premier ministre et exprimons notre gratitude à tous ceux qui ont travaillé sans relâche afin de conserver la présence chrétienne à Jérusalem », ont-elles ajouté.

Quelques heures plus tôt, le gouvernement de Benjamin Netanyahu avait annoncé la suspension de la collecte des taxes ainsi que de l’examen d’une proposition de loi qui avaient entraîné la colère des Eglises.

Les chefs de ces églises, qui partagent la garde du site, avaient fait fermer dimanche le Saint-Sépulcre, construit sur les lieux présumés de la crucifixion et du tombeau du Christ.

Depuis lors, des milliers de pèlerins et voyageurs du monde entier, pour lesquels la visite s’annonçait comme le temps fort de leur séjour, ont trouvé portes fermées, exprimant leur dépit ou improvisant des prières sur le parvis.

– ‘Négocier une solution’ –

La mesure n’a que de rarissimes précédents au cours du quart de siècle écoulé et est à la mesure de la crispation qu’entendent exprimer les chefs des Églises.

Ces derniers dénoncent la décision récente de la municipalité israélienne de Jérusalem de leur faire payer des impôts sur une partie de leurs biens immobiliers. Les taxes ne porteraient pas sur les lieux de culte comme le Saint-Sépulcre, mais sur les biens qui génèrent des revenus, des loyers par exemple, selon la municipalité.

Les arriérés sont chiffrés par la mairie à quelque 150 millions d’euros. Autant d’argent qui ne financerait plus leurs importantes oeuvres sociales, disent les Eglises.

Elles s’insurgent aussi contre une proposition de loi qui permettrait à l’Etat israélien d’exproprier des terres vendues par l’Eglise orthodoxe à des investisseurs privés, un texte dans lequel les Eglises voient une atteinte à leurs droits de vente et donc de propriété.

M. Netanyahu et le maire de Jérusalem Nir Barkat se sont entendus sur la création d’un groupe de travail « qui négociera avec les Eglises une solution » sur les impôts, ont dit mardi les services du Premier Ministre.

Ce dernier, à la demande des Eglises, a aussi chargé un de ses ministres de se pencher sur la question des ventes de terrains, ont-ils ajouté. En attendant, « toute activité législative sur ce sujet est suspendue ».

La proposition de loi vise selon ses promoteurs à rassurer les habitants de Jérusalem qui craignent de voir les investisseurs auxquels l’Eglise aurait vendu des terres les expulser pour des programmes plus rentables.

Au-delà des impôts et du texte parlementaire, les Eglises s’alarment d’agissements visant selon elles à amoindrir la présence chrétienne à Jérusalem.

– ‘Soutenir notre Eglise’ –

Dans une ville comme Jérusalem, proclamée par les Israéliens leur capitale indivisible mais revendiquée par les Palestiniens pour capitale de l’Etat auquel ils aspirent, le soupçon d’hégémonisme au détriment des minorités n’est jamais loin.

« Nous sommes ici pour soutenir notre Eglise », a dit l’un des participants à une manifestation de soutien devant le Saint-Sépulcre, Bishara Sahwani, 48 ans, un Palestinien soutenant une immense croix.

« En imposant les biens des Eglises, les Israéliens cherchent à terme à s’approprier les terrains dans une ville où la propriété foncière reste, avec la persistance du conflit israélo-palestinien, une affaire éminemment politique », a-t-il ajouté.

Les quelque 50.000 chrétiens de Cisjordanie et de Jérusalem partagent largement avec les musulmans palestiniens une vision nationale de Jérusalem.

Le Saint-Sépulcre se trouve dans la Vieille ville à Jérusalem-Est, annexée par Israël. L’annexion est considérée comme illégale par la communauté internationale.

Les Eglises s’étaient opposées en décembre à la déclaration du président américain Donald Trump reconnaissant Jérusalem comme la capitale d’Israël.

(©AFP / 28 février 2018 09h14)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Apres-le-gel-de-mesures-israeliennes-le-Saint-Sepulcre-a-rouvert-ses-portes/894400.rom

Madagascar : terre de mission

Madagascar : terre de mission

Madagascar, île d’Afrique de l’Est tournée vers l’Asie, est une terre de diversité. Une diversité qui résulte en partie des 18 groupes ethniques qui la peuplent, de leurs cultures et de leurs religions.

Si près de 45% des 25 millions de malgaches sont chrétiens dont 25% de catholiques (source diplomatie.gouv.fr), la majorité des habitants pratique encore la religion traditionnelle basée sur le culte des ancêtres.

Sur place, l’Eglise catholique est une force de développement social, économique et humain. Une église locale qui grandit, soutenue par la présence de prêtres missionnaires des MEP qui vivent avec les Malgaches en ville et dans les brousses.

Dans les pas du père Bertrand et de sa mission de Tsarahasina au nord de l’ile, ou sur le chantier d’un hôpital avec le père Jean-Yves à Mananjary au sud-est, dans le développement d’un jeune diocèse à Port Bergé ou avec les jeunes volontaires en mission , ces quatre reportages vous proposent un bref aperçu de cette richesse et de cette diversité.

Les défis d’un jeune diocèse malgache

 

C´est en 1993 que naissait le tout nouveau diocèse de Port-Bergé, au nord de Madagascar. Aujourd´hui, si près de 2% de ses 700 000 habitants sont catholiques, les défis sont nombreux pour ce jeune diocèse. Dans ce territoire rural et très étendu, seuls 28 prêtres sont présents. Face au manque d´infrastructures, l´évêque du diocèse, Mgr Georges Varkey Puthiyakulangara, a défini quatre priorités : l´éducation, la formation à la foi, le développement des adultes et les vocations. Le diocèse a construit une école, des églises et a ouvert un Petit Séminaire. Mais au-delà des constructions, c´est toute la vitalité de la foi de ce diocèse qui grandit.

Prêtre missionnaire en brousse

 

Le père Bertrand de Bourran des Missions Etrangères de Paris est en mission à Madagascar depuis plus de 20 ans. Il y a 7 ans, il a démarré une nouvelle mission au Nord du pays dans le village de Tsarahasina. Dans la brousse, il construit petit à petit une église locale en rendant visite aux communautés éloignées, en construisant des écoles et des dispensaires, en vivant tout simplement avec et au milieu des malgaches. Une mission de rencontre et de partage.

Volontaires MEP à Madagascar : au service de la mission

 

Clotilde, Jeanne et Matthieu sont trois jeunes français qui ont décidé de s’engager avec les Missions étrangères de Paris en tant que volontaires. Ils sont partis pour 1 an à Madagascar pour se mettre au service des malgaches. Que ce soit dans une école, un orphelinat ou dans le projet de construction d’un hôpital, ils témoignent de cette expérience de service et de rencontre de l’autre, au nom de leur foi.

l’hôpital missionnaire de Mananjary

 

Depuis presque 10 ans, le Père Jean-Yves Lhomme, prêtre des Missions Étrangères de Paris, s’est lancé dans un projet ambitieux : la construction de l´Hôpital Saint-Anne à Mananjary, une ville côtière de Madagascar, située à 12h de route de la capitale Tananarive. Le défi : construire un hôpital qui réponde à un besoin à la fois sanitaire et missionnaire, dans un diocèse qui compte 1 000 000 d’habitants.

http://www.ktotv.com/madagascar-terre-de-mission

Lourdes : un 70e miracle officiellement reconnu

Lourdes : un 70e miracle officiellement reconnu

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Mgr Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais (Oise), a solennellement déclaré « le caractère prodigieux et miraculeux“ de la guérison d’une religieuse, Sœur Bernadette Moriau, “par l’intercession de la bienheureuse Marie, Notre-Dame de Lourdes“.

« Grande joie pour l’Eglise Catholique ! »  a lancé dimanche 11 février le diocèse de Beauvais sur son compte Twitter, le jour de la fête de Notre-Dame de Lourdes.

Mgr Jacques Benoit-Gonnin, son évêque, a reconnu officiellement comme miracle la guérison en 2008 de Sœur Bernadette par l’intercession de Notre-Dame de Lourdes. Il s’agit du 70e miracle reconnu officiellement depuis les apparitions de la Vierge Marie à Bernadette Soubirous en 1858. Cette annonce intervient d’ailleurs précisément le jour du 160e anniversaire de la première apparition de la Vierge, un 11 février.

Sœur Bernadette Moriau, née dans le Nord en 1939, est entrée à 19 ans au couvent dans une congrégation de franciscaines et est devenue infirmière en 1965. Dès 1966, à 27 ans, elle ressent des douleurs lombo-sciatiques et malgré quatre interventions chirurgicales ne peut plus exercer comme infirmière et marcher normalement.

Plus aucun traitement du jour au lendemain

En juillet 2008, alors qu’elle a 69 ans, elle participe au pèlerinage à Lourdes de son diocèse et reçoit le sacrement des malades. A son retour en Picardie, le 11 juillet 2008, « elle ressent une sensation inhabituelle de relâchement et de chaleur dans tout son corps » et « perçoit comme une voix intérieure qui lui demande d’enlever l’ensemble de ses appareils, corset et attelle », d’après le communiqué du diocèse. Sœur Moriau interrompt le jour même tous ses traitements.

Après une batterie d’examens, des expertises, plusieurs réunions collégiales et de nombreuses confrontations, le Bureau des constatations médicales de Lourdes a affirmé dès 2013 « le caractère imprévu, instantané, complet, durable et inexpliqué de la guérison. En novembre 2016 à Lourdes, lors de sa réunion annuelle, le CMIL (Comité médical international de Lourdes) confirme « la guérison inexpliquée, dans l’état actuel des connaissances scientifiques ».

Ce que Benoît XVI a dit au pape François le jour de son élection

Ce que Benoît XVI a dit au pape François le jour de son élection

OSSERVATORE ROMANO I AFP
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Cinq ans après la renonciation de Benoît XVI, Mgr Alfred Xuereb, son ancien secrétaire, a accordé un entretien à Vatican News dans lequel il revient sur la renonciation de l’ancien souverain pontife et sa réaction à la nomination du pape François.

« Sainteté, à partir de maintenant je promets mon obéissance totale et ma prière ». Ces mots sont ceux qu’a prononcé Benoît XVI lors d’un échange avec le pape François le soir de son élection. Des mots témoignant d’une immense humilité. « Cela fait partie des moments que je ne peux pas oublier », a expliqué Mgr Xuereb, secrétaire particulier de Benoît XVI de 2007 à 2013, dans un entretien accordé à Vatican News. Et des moments inoubliables, Mgr Xuereb en a vécu beaucoup à ce poste.

Il se souvient ainsi de ce 5 février 2013, lorsque Benoît XVI l’a invité à s’asseoir dans son bureau et lui a annoncé son renoncement. « À ce moment-là, un détail m’est venu à l’esprit, raconte-t-il. Une fois, avant de célébrer la messe dans la chapelle privée, Benoît XVI était resté dans la sacristie plus longtemps que d’habitude afin de prier. Malgré le tintement de l’horloge qui marquait l’heure du début de la messe, il l’ignora et continua de se recueillir devant le crucifix dans la sacristie. J’étais convaincu, alors, qu’il priait pour quelque chose de très important. Le 5 février, lorsque j’ai écouté le pape Benoît XVI m’annoncer sa décision, j’ai compris ».

 « Il a pensé à l’Église »

Pour Mgr Xuereb, l’annonce de cette renonciation est « un acte héroïque ». « Il a pensé à l’Église, à l’amour qu’il portait pour l’Église qui était beaucoup plus grand que l’amour de soi-même, de son ego », détaille-t-il. Ayant également été secrétaire du pape François pendant un an, Mgr Xuereb est aussi revenu sur la relation entre le pape François et Benoît XVI. « Le Pape François a immédiatement donné la bonne définition: “Nous avons le privilège d’avoir le grand-père à la maison” », relate-t-il. « Nous avons donc une mémoire historique vivante à laquelle nous pouvons puiser. Et je suis sûr que le pape François fait cela ».

Dans son entretien, Mgr Xuereb confie également quelques anecdotes savoureuses sur l’élection du pape François, le 13 mars 2013. Il rapporte ainsi que le nouveau pontife a mis plus de temps que nécessaire pour arriver à la loggia centrale de la basilique Saint-Pierre… car il tentait de joindre Benoît XVI au téléphone. Une tentative qui s’est soldée par un échec : « Nous étions devant la télévision ! », explique-t-il, raison pour laquelle personne n’a entendu la sonnerie.

https://fr.aleteia.org/2018/02/09/ce-que-benoit-xvi-a-dit-au-pape-francois-le-jour-de-son-election/?utm_campaign=NL_fr&utm_source=daily_newsletter&utm_medium=mail&utm_content=NL_fr

Les moines de Tibhirine reconnus martyrs

Les moines de Tibhirine reconnus martyrs

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Le pape François a approuvé la reconnaissance du martyre de Mgr Pierre Claverie, évêque d’Oran, et de 18 autres religieux et religieuses, parmi lesquels les moines de Tibhirine. Cette reconnaissance ouvre la voie à leur béatification.

Ces 19 personnes ont été tuées entre 1994 et 1996, au cours de la guerre civile, opposant le gouvernement algérien et des groupes islamistes. En reconnaissant leur martyre, le pape François déclare que ces 19 religieux et religieuses ont été tués en « haine de la foi », parce que chrétiens.

Voici la liste des 19 religieux reconnus martyrs :

Le Frère mariste Henri Vergès et Sœur Paul-Hélène Saint-Raymond, des petites Sœurs de l’Assomption, assassinés le 8 mai 1994 à Alger.

Les Espagnoles Sœur Esther Paniagua Alonso et Sœur Caridad Alvarez Martín, religieuses augustines missionnaires, assassinées le 23 octobre 1994.

Jean ChevillardAlain DieulangardChristian Chessel et Charles Deckers, quatre Pères blancs – trois français et un belge ­– assassinés à Tizi Ouzou le 27 décembre 1994.

Sœur Angèle-Marie Littlejohn et Sœur Bibiane Leclercq, des Sœurs missionnaires de Notre-Dame des Apôtres, assassinées le 3 septembre 1995.

Sœur Odette Prévost, des petites Sœurs du Sacré-Cœur, tuée le 10 novembre 1995

© tibhirine-tibehirine.tumblr.com/

Les sept moines cisterciens de l’abbaye Notre-Dame de l’Atlas de Tibhirine, le prieur Frère Christian de Chergé, Frère Luc Dochier, Frère Christophe Lebreton, Frère Michel Fleury, Frère Bruno Lemarchand, Frère Célestin Ringeard et Frère Paul Favre-Miville avaient été enlevés en mars 1996 dans leur monastère de Notre-Dame de l’Atlas. Leur mort avait été annoncée le 23 mai par un communiqué du Groupe islamique armé (GIA). Les têtes des moines avaient été retrouvées le 30 mai 1996.

Quelques mois plus tard, le 1er août 1996, meurt le dernier de ces martyrs d’Algérie et seul évêque : Mgr Pierre Claverie, dominicain et évêque d’Oran.

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Revue de presse nationale et internationale.

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