Archives pour la catégorie Christianisme

Conflits TV : les minorités chrétiennes d’Orient

Conflits TV : les minorités chrétiennes d’Orient

Conflits TV : les minorités chrétiennes d’Orient

Revue Conflits De Revue Conflits5 août 2020 Dans MédiasMoyen-Orient 1 Minute de lectureChrétiens irakiens durant une messe près de Bagdad (c) SIPA/AP Photo/Khalid Mohammed)/BKM104/19235594227041//1908231854Imprimer l’article

Unis dans une même situation catastrophique, les chrétiens d’Orient n’en forment pas pour autant un tout homogène. Comprendre leur histoire et leur diversité permet de prendre conscience de l’enjeu : les plus vieilles populations chrétiennes du monde risquent de disparaître de la région.  Conflits vous propose d’en apprendre plus sur cette question actuelle, avec l’éclairage d’Antoine Fleyfel et Tigrane Yegavian.

Cette nouvelle émission de Fenêtre sur le monde, présentée par Jean-Baptiste Noé, Rédacteur en chef de la Revue Conflits, porte sur les minorités Chrétiennes d’Orient. Antoine Fleyfel, docteur en philosophie et en théologie, est Directeur et fondateur de l’Institut Chrétiens d’Orient. Tigrane Yegavian est journaliste, écrivain et contributeur à Conflits. Nos deux invités se penchent sur les « chrétiens d’Orient », expression qu’ils ne vont pas hésiter à critiquer et préciser. Vous découvrirez dans un dialogue érudit les origines des minorités chrétiennes de la région, leur histoire, leur diversité et leur actualité.

Retrouvez également les livres de nos invités en cliquant sur les liens suivants :

Livres d’Antoine Fleyfel

Livres de Trigrane Yegavian

 https://www.revueconflits.com/conflitstv-minorites-chretiens-orient-yegavian-fleyfel17081-2/?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=revue_conflits_les_dernieres_mises_en_ligne&utm_term=2020-08-07

À Madagascar, « l’Église est confrontée à l’islamisation du pays »

 DÉCRYPTAGE

À Madagascar, « l’Église est confrontée à l’islamisation du pays »

GIANLUIGI GUERCIA I AFPPrière à la mosquée, Antananarivo (Madagascar), 19 juillet 2019.Partager26Amélie de La Hougue/AED | 05 mars 2020

Mgr Georges Varkey Puthiyakulangara, évêque de Port-Bergé, au nord de Madagascar confie dans une interview les défis auxquels l’Église de Madagascar est confrontée. Parmi eux, l’islamisation de l’île et l’importance de la sorcellerie.

Si près de 45% des 25 millions d’habitants de Madagascar sont chrétiens, dont 25% de catholiques, la majorité des Malgaches pratique encore la religion traditionnelle basée notamment sur le culte des ancêtres. Sur place, l’Église catholique constitue une force de développement social, économique et humain. Une église locale qui grandit et dont la figure majeure, Mgr Georges Varkey Puthiyakulangara, évêque de Port-Bergé, détaille les grands défis.

Les chrétiens sont-ils présents sur toute l’île ?
Mgr Georges Varkey : Leur présence varie beaucoup selon les diocèses. Le catholicisme est très présent dans la région des plateaux (région montagneuse située dans le centre, ndlr) évangélisée il y a 160 ans, mais dans mon diocèse, ce n’est pas le cas. Sur 800.000 habitants, il y a seulement 25 à 30.000 catholiques et quelques croyants d’autres confessions mais les gens sont animistes à 95% (c’est à dire croyants en un esprit qui anime les êtres vivants, les objets mais aussi les éléments naturels, ndlr).

BISHOP
Mgr Georges Varkey Puthiyakulangara, évêque de Port-Bergé (Madagascar).

La population reste-t-elle encore fortement liée à la sorcellerie ?
Oui, beaucoup ! L’entrée de certains villages m’est interdite à cause des croyances de la sorcellerie. Par exemple dans mon diocèse, une femme est venue faire du catéchisme dans un village qui m’est interdit, et sa maison a été brûlée à deux reprises. Elle a dû déménager. La sorcellerie est encore très présente dans les villages de brousse ; par manque d’éducation, les gens ne connaissent pas autre chose.PUBLICITÉ

Quelles sont les relations avec l’islam ?
Les relations avec les musulmans étaient bonnes mais depuis quelques temps nous voyons des islamistes. Nous sommes confrontés à l’islamisation du pays. Le nombre de musulmans augmente fortement : avant il n’y avait que des Comoriens, des Pakistanais et quelques Malgaches mais maintenant, certains arrivent de l’étranger, on ne sait comment, et des recrutements se font également dans le pays. Des mosquées sont construites partout. Il y a eu un accord avec le gouvernement pour en construire 2.400 ! Dans mon diocèse par exemple, il n’y a pas de musulmans, mais beaucoup de constructions de mosquées. Ils viennent aussi convertir les gens, ils installent des écoles coraniques et donnent des bourses pour les enfants qui y vont. On a appris que dans les universités, les jeunes filles (non musulmanes) sont payées 3 euros par jour pour porter la burka. Ils profitent de la pauvreté des gens, surtout des étudiants qui ont besoin d’argent ! Ici, 85% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.Lire aussi :Asia Bibi à Aleteia : « À chaque instant, j’ai gardé Dieu dans mon cœur »

Quel est le défi majeur de l’Église de Madagascar aujourd’hui ?
L’un des défis les plus importants pour nous est l’éducation. Dans mon diocèse, environ 70% des jeunes sont analphabètes car il n’y a pas d’écoles à proximité et pas assez de moyens de locomotion et de communication. J’essaye de faire venir des communautés mais c’est difficile. 53% de la population a moins de 18 ans. Nous voulons éduquer les jeunes pour leur redonner leur dignité humaine, les aider à trouver du travail, à mieux éduquer leurs enfants, leur parler de Dieu, les aider dans leur vocation… Mais c’est difficile de trouver des instituteurs qui puissent venir dans des régions isolées.

Le pays est aussi confronté à une forte corruption…
Oui, cette corruption est terrible. Le gouvernement met en place des plans pour lutter contre cette corruption mais c’est difficile car elle est vraiment enracinée… Nous essayons aussi de lutter contre « la justice populaire », c’est-à-dire que les gens se font justice eux-mêmes. Et vue la pauvreté existante (qui diminue dans les grandes villes mais augmente dans les villages), parfois, pour un simple vol de poulet, une personne va être jugée par les gens du village et le voleur va être retrouvé mort. Nous travaillons beaucoup dans l’Église pour éduquer les gens, à travers nos homélies, l’enseignement du catéchisme et aussi par les Commissions Justice et Paix, présentes dans tous les diocèses. Nous essayons d’être au plus proches de Malgaches, quelles que soient leurs religions ou croyances, pour les aider et leur redonner espoir pour lutter contre cette corruption.

Madagascar a prévu de planter 100 millions d’arbres pour lutter contre les catastrophes naturelles…
Oui car à Madagascar, nous sommes confrontés à deux extrêmes : des inondations dans le Nord (dans mon diocèse, récemment, à causes des inondations, 1.600 maisons ont été endommagées) et des sécheresses au sud. L’Église et le gouvernement incitent les gens à planter des arbres pour lutter contre la déforestation. Par exemple, sur le terrain qui a été donné pour accueillir la grande messe avec le Pape en septembre dernier, une pépinière va être plantée. J’invite aussi les Malgaches à planter des arbres fruitiers mais aussi du riz, du manioc etc… pour qu’ils puissent se nourrir.Lire aussi :Regain de l’islamisme au Nigeria : « Les chrétiens sont les premières victimes »

La venue du pape François en septembre dernier a-t-elle suscité de l’espoir ?
Elle a été une bénédiction pour tout le pays ! Toutes les confessions se sont réunies pour venir l’écouter, même ceux qui critiquaient l’Église. Il y a eu plus d’un million de personnes à la messe. Tout le monde a oublié ses problèmes pour profiter de sa présence, il a vraiment été reconnu comme un homme de Dieu, attentif à tous. Sa venue a durablement marqué les cœurs.

Avez-vous un message à transmettre aux bienfaiteurs de votre diocèse ?
Oui, je les remercie pour leur aide. Grâce à l’AED (Aide à l’Église en détresse, ndlr) nous avons pu construire une chapelle dans la prison ou j’étais aumônier, ainsi qu’une salle où on a pu faire une bibliothèque, enseigner le catéchisme et lutter contre l’analphabétisation. Cela a redonné espoir aux prisonniers et ils peuvent voir le visage miséricordieux de l’Église qui est là pour les aider et améliorer ainsi leurs conditions de vie. Je demande aussi de prier pour mon diocèse : il fait 33.367 km2 et je n’ai que 33 prêtres. J’ai vraiment besoin de vocations, de missionnaires pour évangéliser et annoncer la Bonne Nouvelle. Nous avons beaucoup de défis mais Dieu et la Vierge Marie nous donnent le courage d’avancer. Nous avons la croix mais nous gardons confiance avec Dieu.  Et nous prions aussi pour tous nos bienfaiteurs et bienfaitrices pour œuvrer ensemble à la gloire de Dieu.

https://fr.aleteia.org/2020/03/05/a-madagascar-leglise-est-confrontee-a-lislamisation-du-pays/

Syrie : l’armée russe protège les populations chrétiennes

Syrie : l’armée russe protège les populations chrétiennes

RÉSEAU VOLTAIRE | 19 NOVEMBRE 2019 DEUTSCH

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L’armée russe s’est déployée à Tal Tamr, au Nord de la Syrie, afin de protéger la population des exactions de l’armée turque et des Kurdes du PKK-YPG.

La ville de Tal Tamr avait été annexée par le PKK-YPG au « Rojava », cet État imaginé par le Pentagone en 2013 dans le cadre du remodelage du Moyen-Orient élargi. Le PKK-YPG en avait alors expulsé de nombreux habitants assyriens chrétiens, alors majoritaires, afin de « Kurdiser » la ville.

De son côté, l’armée turque détruit les monuments non-musulmans sur son passage, donc les traces de la présence chrétienne.

https://www.voltairenet.org/article208367.html

Bioéthique : l’intervention inspirée de Mgr d’Ornellas

Bioéthique : l’intervention inspirée de Mgr d’Ornellas

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Capture KTOMgr Pierre d’Ornellas.PartagerAgnès Pinard Legry | 16 septembre 2019

Alors que l’Église de France organisait lundi soir une conférence au collège des Bernardins pour présenter ses positions sur les différentes questions de bioéthique ce lundi 16 septembre, Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et responsable du groupe bioéthique au sein de la Conférence des évêques de France (CEF), a livré un message fort en adaptant le célèbre discours de Martin Luther King, « I have a dream ».

C’est un discours puissant qu’a prononcé ce lundi 16 septembre Mgr Pierre d’Ornellas au collège des Bernardins. S’exprimant dans le cadre de la soirée organisée par la Conférence des évêques de France (CEF) pour présenter ses positions sur le projet de loi bioéthique, l’archevêque de Rennes a convoqué la figure de Martin Luther King, « prophète de la fraternité ». « Moi aussi j’ai un rêve qui se nourrit de la foi en Dieu », a-t-il affirmé en préambule de son intervention. Reprenant le célèbre discours du pasteur américain, Mgr d’Ornellas a confié quel était son rêve en matière de bioéthique pour la société.

KTOTV@KTOTV

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#EgliseEtBioethique #PJLbioethique
Le « I have a dream » de Mgr d’Ornellas, archevêque de Rennes pour une #bioéthique « synonyme de gratitude »
http://www.ktotv.com/bioethique 8419:14 – 16 sept. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité74 personnes parlent à ce sujet

Bercé par la figure du Bon Samaritain, Mgr Pierre d’Ornellas a clamé avec force : « Je rêve que la bioéthique soit un mot en harmonie avec gratitude, […] Je rêve d’une bioéthique habitée par le respect de la dignité de la procréation humaine […] Je rêve d’une bioéthique élaborée à la lumière de la fraternité qui donne son vrai sens à la liberté et à l’égalité. […] Je rêve d’une bioéthique éclairée qui use de façon responsable des techniques ne contredisant jamais notre fraternité […] Je rêve d’une bioéthique qui ne soutienne pas le gigantesque marché de la procréation ».

KTOTV@KTOTV

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#EgliseEtBioethique #PJLbioethique
Mgr d’Ornellas : « Flirter avec le #transhumanisme n’augure pas d’un monde fraternel. »
http://www.ktotv.com/bioethique 4219:53 – 16 sept. 2019Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité31 personnes parlent à ce sujet

L’archevêque de Rennes s’est ensuite interrogé sur le virage que prenait notre société. « Prenons-nous le bon virage en laissant se développer un eugénisme libéral qui imprègne les mentalités et qui semble justifié puisque les techniques le permettent ? », s’est-il ainsi interrogé. « Prenons-nous le bon virage quand un choix politique non discuté oblige à des changements incertains et précipités sur la filiation humaine ? La révolution dans le droit de la filiation proclamé par la garde des Sceaux est-elle le bon virage à prendre pour le monde de demain quand ce droit établirait qu’il n’est plus vrai que la femme qui accouche soit la mère, quand celle-ci au sein d’un couple a un enfant grâce à la technique d’aide médicale à la procréation (AMP) avec tiers-donneur ? », s’est encore questionné Mgr d’Ornellas.

Lire aussi :Mgr d’Ornellas : « La fraternité induit des politiques où chacun respecte la dignité humaine »

Il a conclu en invoquant l’Esprit saint, « celui que nous appelons dans notre foi chrétienne le père des pauvres ». « Nous sommes des pauvres devant toutes ces problématiques de bioéthique. […] Tous ensemble nous pouvons dire : “Viens, Esprit saint, père des pauvres, conseilleur merveilleux, donne-nous la sagesse” ».

https://fr.aleteia.org/2019/09/16/bioethique-lintervention-inspiree-de-mgr-dornellas/?utm_campaign=Web_Notifications&utm_source=onesignal&utm_medium=notifications

Jésus a-t-il existé ? Les preuves dont disposent les historiens

Jésus a-t-il existé ? Les preuves dont disposent les historiens

Portrait de Jésus par Rembrandt

© Domaine publicPortrait de Jésus par Rembrandt, entre 1648 et 1655, Brigham Young University Museum of Art.PartagerAgnès Pinard Legry | 11 septembre 2019

« Il est possible de restituer les grands traits de la vie publique de Jésus et d’en donner des repères chronologiques », assure à Aleteia l’historien et écrivain Jean-Christian Petitfils, qui a récemment collaboré à l’ouvrage collectif dirigé par Jean Sévillia, « L’Église en procès ».

Que sait-on de Jésus ? S’il est impossible de prouver l’existence de Dieu, il n’en va pas de même pour celle de son Fils. « Indépendamment des sources chrétiennes, son existence se trouve attestée par plusieurs auteurs extérieurs au christianisme », affirme à Aleteia Jean-Christian Petitfils, historien et écrivain français. « Tacite, ancien gouverneur de la province d’Asie, Pline le Jeune, proconsul de Bithynie au début du IIe siècle, Suétone, chef du bureau des correspondances de l’empereur Hadrien un peu plus tard… ».

Aleteia : Quelles preuves a-t-on, sur le plan historique, de l’existence de Jésus ?
Jean-Christian Petitfils : L’existence historique au Ier siècle de notre ère d’un rabbi juif nommé Ieschoua (Jésus) — contraction de Yehoshoua (Josué), « Dieu sauve » —, qui attirait les foules par son charisme et son enseignement, et sa crucifixion à Jérusalem par ordre de Ponce Pilate, préfet de Judée de 26 à 36, à la demande des grands prêtres Hanne et de son gendre Joseph dit Caïphe, est un fait que tout historien sérieux, qu’il soit croyant ou non, juif, agnostique ou athée ne peut nier. Indépendamment des sources chrétiennes, son existence se trouve attestée par plusieurs auteurs extérieurs au christianisme : Tacite, ancien gouverneur de la province d’Asie, Pline le Jeune, proconsul de Bithynie au début du IIe siècle, Suétone, chef du bureau des correspondances de l’empereur Hadrien un peu plus tard…

Lire aussi :Pourquoi le Dieu révélé est aussi le Dieu « révélateur »

Un texte très important est celui d’un écrivain juif romanisé du Ier siècle, Flavius Josèphe, qui avait connu à Jérusalem les premières communautés judéo-chrétiennes : il parle d’un « sage » nommé Jésus qui fit un grand nombre d’adeptes. « Pilate le condamna à être crucifié et à mourir. Mais ceux qui étaient devenus ses disciples continuèrent de l’être. Ils disaient qu’il leur était apparu trois jours après sa crucifixion et qu’il était vivant : ainsi, il était peut-être le Messie au sujet duquel les prophètes ont raconté des merveilles. » Le Traité Sanhédrin du Talmud de Babylone évoque également son nom : « La veille de la Pâque, on pendit (à la croix) Yeshû ha-notsri (Jésus le Nazaréen) parce qu’il a pratiqué la sorcellerie, a séduit et égaré Israël. » Même le philosophe platonicien Celse (IIe siècle), violent polémiste qui haïssait le Christ, ne contestait nullement son existence.

« Le christianisme, religion de l’Incarnation, se fonde bien sur l’existence d’un homme véritable et le témoignage de ses disciples. »

Quelques écrivains n’ont pourtant pas hésité à nier l’existence de Jésus…
À partir du XIXe siècle, il est vrai, quelques écrivains qu’on appelle « mythistes », Bruno Bauer, Prosper Alfaric, Arthur Drews, Paul-Louis Couchoud et aujourd’hui Michel Onfray ont nié l’existence de Jésus : celui-ci ne serait qu’une allégorie, un symbole, accomplissant fictivement les prophéties de l’Ancien Testament. Leur théorie ultra-minoritaire traduit en réalité une méconnaissance profonde de l’exégèse moderne, des dernières découvertes archéologiques et, de façon plus générale, de la méthode historique. Comment imaginer que de pauvres pêcheurs du lac de Tibériade, troupeau de fuyards apeurés à la mort de leur maître, aient soudainement lâché leurs filets, abandonné femmes et enfants et parcouru le monde pour un simple mythe, préparé par quelques individus dans l’arrière-salle d’une taverne de Judée ? Le christianisme, religion de l’Incarnation, se fonde bien sur l’existence d’un homme véritable et le témoignage de ses disciples.

Lire aussi :Saint Marc, le premier à avoir raconté la vie de Jésus

Les Évangiles évoquent l’histoire de l’étoile de Bethléem, le massacre des Innocents, le tombeau vide… Ces éléments sont-ils vérifiables ?
L’étoile des mages n’est peut-être pas un pur symbole. Son existence se rattacherait à un phénomène astronomique survenu en l’an 7 avant notre ère. En effet, des tablettes cunéiformes, découvertes sur le site de l’antique Sippar en Mésopotamie (Iraq du Sud), attestent que, cette année-là, une conjonction très rare des planètes Jupiter (symbole de royauté) et Saturne (symbole d’Israël) s’était produite à trois reprises dans la constellation des Poissons (symbole d’Amarru, le pays des Amorrhéens, Syrie et Judée). Le calcul astronomique moderne est venu confirmer cet événement, établi dès le début du XVIIe siècle par l’astronome Kepler. Or, l’évangéliste Matthieu, à propos de l’étoile des mages, parle d’un astre qui apparaît, disparaît puis réapparaît… Cela semble coïncider. À noter aussi qu’au XVIe siècle, le rabbin portugais Isaac Abravanel qui, comme tout maître juif, attendait le Messie, annonçait sa venue lorsque se produirait dans le ciel une telle conjonction planétaire. Bref, dans cette hypothèse, Jésus serait né sept ans avant notre ère.

« Le Massacre des Innocents », huile sur bois (Hauteur. 142 cm ; largeur. 182 cm) d’après Pierre Paul Rubens vers 1610-1612, appartenant aux musées royaux des beaux-arts de Belgique de Bruxelles. – Inv. 3639, photographiée lors de l’exposition temporaire « Rubens et son Temps » au musée du Louvre-Lens.

L’histoire du massacre des Innocents rapportée pareillement par Matthieu n’est pas étayée par un témoignage extérieur, mais elle n’a rien d’impossible si l’on sait qu’Hérode le Grand fut un tyran cruel, rêvant de se faire reconnaître par le peuple juif comme le Messie. La mort d’une dizaine ou douzaine d’enfants de Bethléem et de ses environs a fort bien pu échapper aux observateurs du temps, vu la psychopathie paranoïaque du personnage à la fin de son règne : ne fit-il pas décapiter l’une de ses femmes, Mariamne, son frère Jonathan, sa belle-mère Alexandra, deux de ses propres fils, Alexandre et Aristobule, et nombre d’officiers de sa cour ?
Quant au tombeau vide, il est attesté par les Évangiles comme une expérience forte, réelle, vécue par les apôtres, les disciples et les saintes femmes. La disposition des linges dans le tombeau, restés à plat, selon Jean, comme si le corps du Maître avait disparu de l’intérieur, introduit au mystère même de la Résurrection. La vénération du tombeau au Saint-Sépulcre, redécouvert au temps de l’impératrice Hélène (vers 326-328), montrent l’importance capitale que les chrétiens ont toujours attaché à ce lieu.

Lire aussi :Jésus ressuscité ? L’énigme du tombeau vide

Plus largement, comment lire ces Évangiles ? Constituent-ils des reportages ou sont-ils plutôt à considérer comme des textes romancés ?
Non, les évangiles canoniques ne sont pas des reportages. Ce ne sont pas pour autant des ouvrages romancés, comme les évangiles dits apocryphes (littéralement secrets, cachés), textes tardifs, imprégnés de gnose ou de traditions discutables cherchant à combler les lacunes des évangiles canoniques. Certains relatent des faits manifestement légendaires, des miracles gratuits et superflus. Même la comparaison avec les biographies de l’Antiquité, évoquant la figure d’un maître qui n’est plus et que vénèrent ses disciples, n’est pas adéquate. Les évangiles canoniques sont des témoignages écrits pour susciter ou confirmer la foi des croyants, des catéchèses destinées à montrer que ce Jésus exécuté comme un misérable au moment de la Pâque juive est bien ressuscité le troisième jour et toujours vivant, présent au milieu des siens. Par lui la mort a été définitivement vaincue, et ses disciples sont appelés à le rejoindre dans le royaume de Dieu.

CHRIST WITH DISCIPLES
Jésus et ses disciples.

Vous écrivez que Jésus a grandi à Nazareth au milieu de ses « frères » et de ses « sœurs »… Jésus a-t-il donc eu des frères et sœurs ?
C’est aujourd’hui une mode chez les exégètes protestants et même chez certains de leurs confrères catholiques de l’affirmer. Marie, après la naissance de son « fils premier-né », engendré par l’Esprit saint, aurait eu avec Joseph son époux une vie de couple normal, dont seraient issus d’autres enfants, des garçons — Jacques, Joseph, Simon (ou Siméon) et Jude — et des filles, en nombre inconnu. Ne reste plus alors qu’à se débarrasser de la notion de « virginité réelle et perpétuelle », encore affirmée par le Catéchisme de l’Église catholique de 1992…

Lire aussi :Quelle est la différence entre un apôtre et un disciple ?

Une critique serrée du père Pierre Grelot, bibliste réputé, parue en 2003 dans la Revue thomiste, a fait litière de cette prétendue « découverte ». En hébreu et en araméen, ‘ah (ou ) signifiait indifféremment frère de sang, demi-frère, neveu ou cousin, membre du clan. À Nazareth, comme dans les villages africains aujourd’hui, tous les enfants se disaient frères et sœurs. En réalité, ceux qu’on appelle dans les évangiles les « frères de Jésus » étaient, au moins pour deux d’entre eux, Jacques le Petit et Joseph (ou Joset), des cousins germains, fils d’une certaine Marie (femme) de Clopas, qui, à en croire Hégésippe, avait épousé le frère de Joseph, père adoptif de Jésus. Pour les autres, Siméon et Jude, il s’agirait de cousins plus éloignés et beaucoup plus jeunes (Siméon mourra au début du IIe siècle). En tout cas, à aucun moment dans les évangiles Marie n’est présentée comme une femme ayant eu plusieurs enfants. Notons enfin que, sur la croix, Jésus confia celle-ci à Jean l’évangéliste, le disciple bien-aimé qui la prit chez lui, dans sa maison de Jérusalem, ce qui eût été inimaginable dans le contexte culturel du judaïsme de ce temps si elle avait eu d’autres enfants : « Femme, dit-il, voici ton fils » et au disciple : « Voici ta mère » (Jean, 19, 26-27).

Quelles certitudes historiques peut-on avoir concernant Marie et Joseph, les parents de Jésus ?
Joseph et Marie appartenaient à un petit clan juif, les Nazôréens ou Nazaréniens, revenus d’exil au second siècle avant notre ère, qui prétendaient descendre du roi David. Ces gens attendaient la naissance en leur sein d’un messie royal, comme l’avait prophétisé Isaïe (« Un rejeton sortira de la souche de Jessé… ») et avaient fondé sur un éperon rocheux de Basse-Galilée un village appelé Nazara (Nazareth), de netzer le « surgeon » (autrement dit le « rejeton » de Jessé, père de David), ainsi qu’un autre, au nord-est du Golan, Kokhaba, c’est-à-dire « l’étoile », celle — messianique — annoncée au livre des Nombres : « Une étoile sortira de Jacob et un sceptre se lèvera en Israël. » Comme l’observe le père Étienne Nodet, de l’École biblique de Jérusalem, ces deux villages portaient l’un et l’autre « un nom usuel tiré de l’espérance de (leurs) habitants ». De Joseph, le père putatif de Jésus, on sait peu de choses, sinon qu’il était un tektôn, un artisan-ouvrier du bois, ce qui en fait plus qu’un charpentier prolétaire, comme on le dit souvent. Jésus a appris le métier avec lui, et tous deux, probablement, ont travaillé au grand chantier de la région, la reconstruction de la ville de Sépphoris détruite par les Romains en l’an 6 de notre ère.

« L’historien, naturellement, ne saurait se prononcer sur ce qu’on appelle la naissance virginale de Jésus. »

L’historien, naturellement, ne saurait se prononcer sur ce qu’on appelle la naissance virginale de Jésus (sa conception par la puissance de l’Esprit saint), affirmation de foi que l’on trouve dans le Nouveau Testament, le Symbole des apôtres, le Credo de Nicée-Constantinople, admise même par les réformateurs Luther et Calvin. Le fait est que cette donnée, plus gênante que valorisante, a embarrassé les premiers disciples comme pouvant laisser croire à une naissance illégitime de leur maître. Durant sa vie, les adversaires de Jésus ne se privèrent pas de l’accuser d’être « né de la fornication ».
S’ils l’ont maintenue, au risque d’entraver l’annonce de la Bonne Nouvelle, c’est qu’ils l’ont considérée comme particulièrement sûre et importante. Il apparaît clairement dans l’Évangile selon Luc que Marie était à l’origine de ces révélations : « Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur », note-t-il à deux reprises. Longtemps on a pensé que dans la tradition juive la virginité d’une femme était perçue de façon négative (« Soyez féconds et multipliez-vous… », dit la Genèse, 1, 28) jusqu’à la découverte à Jérusalem en 1967 par l’archéologue israélien Yigael Yadin d’un texte juridique provenant des manuscrits de la mer Morte (le « Rouleau du Temple », datant du milieu du premier siècle avant notre ère), dans lequel il est question de vierges consacrées et de vœu de virginité perpétuelle au cours même du mariage : « Si une femme mariée prononce un tel vœu sans que son mari le sache, celui-ci peut le déclarer nul. Si toutefois il est d’accord avec une telle mesure, les deux sont dans l’obligation de le garder. » Était-ce la situation à laquelle fut confronté Joseph, l’époux de Marie, qui, nous dit Matthieu, avait résolu de la répudier en secret ?

MARY AND JOSEPH
Joseph et Marie.

Vous soulignez également qu’il y a une certitude historique : Jésus n’est pas né le 25 décembre de l’an 1. Pourquoi donc fête-t-on Noël à cette date ?
Il est sûr que Jésus n’est pas né le 25 décembre de l’an I. Ce ne fut qu’au IVe siècle que l’Église instaura la solennité de la Nativité, afin de christianiser la fête du solstice d’hiver. À en croire les Évangiles de Matthieu et de Luc, il vit le jour sous le règne d’Hérode le Grand, roi de Judée. Or, celui-ci mourut dans son palais d’hiver de Jéricho le 1er avril de l’an 4 avant notre ère. C’est par suite de l’erreur de calcul d’un moine du VIe siècle, Dionysius Exiguus (Denys le Petit), que la date de l’an I a été arrêtée.

Lire aussi :Pourquoi célèbre-t-on Noël le 25 décembre ?

Toujours sur le plan historique, en quoi la personnalité de Jésus (son autorité, l’enthousiasme qu’il a soulevé…) a-t-elle constitué une rupture?
L’autorité inégalée avec laquelle il parle et s’impose — lui, modeste artisan de Nazareth — est stupéfiante : « Moïse vous a dit de faire ceci…, Moi, je vous dis de faire cela… » Non, ce n’est pas un juif ordinaire ! « Il y a ici plus grand que le Temple ! », lance-t-il à ses apôtres (Matthieu 12, 6). Alors que la prière juive est emplie d’une respectueuse déférence à l’égard de Dieu (même si elle reconnaît la paternité divine sur son peuple), il n’hésite pas à appeler son Père « Abba », mot affectueux qui signifie en araméen « Papa chéri » ! Devant ses disciples, il dit « mon Père », jamais « notre Père », sinon pour leur enseigner la prière qu’ils devront réciter. Et le plus inouï est qu’il pardonne les péchés, ce que Dieu seul peut faire ! Le message de Jésus – le royaume de Dieu, l’amour infini du Père, la miséricorde — est intimement lié au messager, car il est lui-même le « royaume » qu’il annonce : « Je suis la Résurrection et la Vie ; celui qui croit en moi, quand même il serait mort, vivra » (Jean, 11, 25). S’affranchissant de la loi juive, il s’affirme comme l’unique médiateur entre Dieu et les hommes : « Je suis la Lumière du monde (Jean, 8, 12) », ou encore « Personne ne va vers le Père sans passer par moi » (Jean 14, 6).
À l’appui de son identité, il accomplit des signes, des miracles, comme celui dont le grand prophète Isaïe, sept siècles plus tôt, a annoncé la venue : « Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent… » (Matthieu 11, 5). D’où l’affluence des foules autour de lui. L’historien ne peut se prononcer sur ces prodiges. Il notera seulement que ces faits ont soulevé l’enthousiasme en leur temps et ont été considérés par les premières communautés chrétiennes comme des signes authentifiant le message et la messianité de Jésus. Sa personne est un mystère, sur lequel bute l’historien.

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L’Église en procèsouvrage collectif dirigé par Jean Sévillia, Tallandier, août 2019, 21,90 euros.

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.https://fr.aleteia.org/2019/09/11/jesus-a-t-il-existe-les-preuves-a-disposition-des-historiens/

Cinq églises dégradées en une semaine !

Cinq églises dégradées en une semaine !

De quoi faire réagir Ouest-France :

En une semaine, 5 églises ont été ciblées par des dégradations. Christ en croix et statue de la vierge renversés au sol, vase brisé, hosties jetées… La plupart des auteurs n’ont pas été identifiées. Mardi en fin de journée, le feu avait également été mis à un autel d’une chapelle latérale de la cathhédrale Saint-Alain de Lavaur (Tarn).

Des dégradations ont été commises dans cinq églises catholiques en France la semaine dernière, à Maisons-Laffitte et Houilles (Yvelines), Dijon, Nîmes et Lavaur (Tarn), a-t-on appris lundi de sources policières et diocésaines. Le tabernacle de l’église Saint-Nicolas de Maisons-Laffitte a été renversé dimanche, selon des sources policières.

https://www.ndf.fr/histoire-de-comprendre/26-04-2019/cinq-eglises-degradees-en-une-semaine/

Pâques à Mossoul, les chrétiens prient pour le retour de leurs proches

 

RELIGION

 

Pâques à Mossoul, les chrétiens prient pour le retour de leurs proches

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Reportage

Un an et demi après la libération de Mossoul, en Irak, une petite poignée de fidèles se sont réunis pour célébrer la résurrection du Christ dans la seule église encore debout. Un acte de résistance, alors que la majorité des chrétiens craignent de retourner dans l’ancienne capitale irakienne de Daech.

  • Noé Pignède (à Mossoul),
Pâques à Mossoul, les chrétiens prient pour le retour de leurs proches

Messe de Pâques à l’église Saint-Paul de Mossoul (Irak).AMMAR SALIH/EPA
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« Célébrer la résurrection du Christ à Mossoul, dans cette cité déchirée, est un symbole fort. » C’est par ces mots que l’archevêque, Mgr Najib Michaeel, commence son office. Une messe chantée en arabe ponctuée d’araméen, la langue du Christ, comme le veut le rite chaldéen.

Plus d’un an et demi après la reprise de cet ancien fief de Daech, une quarantaine de fidèles célèbrent la messe pascale dans la petite église Saint-Paul, seule église réhabilitée de la ville. Vaincue, l’organisation terroriste avait pratiqué une politique de la terre brûlée, incendiant l’ensemble des lieux de culte chrétiens.

« Je viens toujours à Mossoul avec une grande émotion. En juin 2014, les djihadistes nous ont chassés, mais aujourd’hui nous sommes là, sourit Elichoua, petite sœur de Jésus originaire de la région. Il faudra du temps aux chrétiens pour oublier ce traumatisme, mais je garde l’espoir que nous pourrons revenir et vivre en paix avec les autres communautés ».

Avant la prise de la ville par Daech, Mossoul comptait plus de 15 000 chrétiens. Mais malgré la défaite des djihadistes, seule une trentaine de familles aurait regagné la cité. « Il est temps de rentrer sur nos terres, poursuit la religieuse, les musulmans eux-mêmes nous le demandent ! Dieu nous montrera la voie ».

Des fidèles austères

En cette fête de Pâques, l’atmosphère est lourde, les fidèles austères. Un voile noir sur les cheveux, une femme entonne les psaumes dans un nuage d’encens. La maigre assemblée reprend sobrement. La majorité des fidèles ne vivent plus à Mossoul mais l’espoir du retour est sur toutes les lèvres. « En ce jour de fête, j’appelle tous mes frères chrétiens mossouliotes à convaincre leurs proches de rentrer. Nous sommes chez nous ici, assure Youssef, qui s’est réinstallé dans le quartier il y a quelques mois. Lorsque je suis revenu, un voisin musulman m’a tendu mes clés et m’a dit”Tiens, c’est chez toi’’. Il avait veillé sur ma maison. »

Pour la majorité des chrétiens toutefois, le retour semble impossible. Shahed, la soixantaine, cheveux à la garçonne, craint pour sa sécurité. Elle-même s’est réfugiée à Ankawa, le quartier chrétien d’Erbil, au Kurdistan irakien. « Notre communauté a beaucoup souffert. Tant que la situation ne se sera pas stabilisée, que les églises ne seront pas reconstruites et que l’archevêque ne sera pas de retour, je ne reviendrai pas à Mossoul. »

Des réserves partagées par la plupart des fidèles qui ont vu leurs maisons détruites, pillées par les djihadistes et leurs soutiens. Pendant l’occupation, certaines de leurs connaissances, parfois même leurs voisins musulmans, ont collaboré avec Daech.

De nombreux obstacles au retopur

« Il faut rétablir le lien de confiance qui unissait les Mosslaouis, explique Loÿs de Pampelonne, responsable de l’Œuvre d’Orient en Irak. Les chrétiens sont prêts à beaucoup de sacrifices pour retrouver leur terre mais, pour l’instant, les obstacles au retour restent nombreux, à commencer par les conditions sécuritaires et l’absence d’école religieuse. »

Même Mgr Najib ne vit pas, pour l’instant, dans la ville dont il est archevêque. Comme principale raison, il invoque l’absence de presbytère où poser ses valises, les bâtiments mitoyens de l’église Saint-Paul n’étant pas encore rénovés. Autre raison, tue mais évidente : le souvenir des exactions contre les chrétiens et de l’assassinat de son prédécesseur, Mgr Rahho en 2008.

Des crimes qui restent ancrés dans les mémoires et dont les racines idéologiques demeurent. « Daech est toujours vivant. Plus de 30 000 enfants ont subi le lavage de cerveaux des djihadistes, ajoute-t-il. L’éducation des jeunes doit être une priorité. »

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Mossoul, une difficile renaissance

Juin 2014 : La ville de Mossoul tombe aux mains de l’État islamique, après une offensive de grande ampleur dans le nord de l’Irak. 500 000 civils fuient la ville, dont 10 000 chrétiens. Quelques jours plus tard, Abou Bakr al-Baghdadi proclame le « califat » depuis la mosquée mossouliote Al-Nouri.

Octobre 2016 : Le gouvernement irakien annonce le lancement d’une opération pour reprendre la ville. C’est le début de la bataille de Mossoul.

Mars 2017 : Intenses frappes aériennes sur Mossoul sous l’égide de l’armée américaine.

Juillet 2017 : L’Irak annonce la libération de la ville.

24 décembre 2017 : Première messe de Noël célébrée à Mossoul depuis 2014

Septembre 2018 : A Paris, l’Unesco organise une rencontre pour encourager les acteurs de la scène internationale à se mobiliser pour la reconstruction du patrimoine de Mossoul

Décembre 2018 : Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, se rend en Irak, et notamment à Mossoul, en signe de la proximité du pape

La destruction des fondations morales de l’Occident a été accomplie par des politiciens qui ont utilisé l’argument du “moindre mal”

La destruction des fondations morales de l’Occident a été accomplie par des politiciens qui ont utilisé l’argument du “moindre mal”

La destruction des fondations morales de l’Occident a été accomplie par des politiciens qui ont utilisé l’argument du “moindre mal”

« Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment » (Mc 13,33). Cette parole du Christ, l’avons-nous trop entendue ? Michael D. O’Brien, auteur du roman le Père Elijah, propose quelques réflexions sur l’Apocalypse et les épreuves que l’Eglise doit affronter dans les derniers temps qui sont les nôtres. Il appelle les catholiques à rester fermes dans la foi, à refuser le compromis et le “moindre mal” :

Comment avons-nous perdu dans cette nation tellement de nos batailles pour la vérité ? Nous les avons presque toutes perdues parce que des hommes fondamentalement de bonne volonté ont succombé à une fausse interprétation du principe du “moindre mal”. Ils se croyaient de bonnes personnes et en tant que telles ne devaient pas perdre leur siège au parlement ou perdre leur voix dans les sphères d’influence où ils se trouvaient. Ils étaient convaincus que le compromis était la seule manière de préserver des morceaux de bien. Ils comptaient bien trop sur la stratégie et bien insuffisamment sur la grâce. Ils ne voulaient pas être ce que le prophète Siméon a appelé “un signe de contradiction”. Ils ne pouvaient pas supporter d’être des signes qui seraient rejetés. Ils se sont convaincus d’être des réalistes et en sont venus à croire que ceux qui tenaient fermes sur les principes étaient des idéalistes voués à l’échec.

Et c’est toujours la même histoire : du sommet au bas de cette société, érosion, érosion, érosion !

La destruction des fondations morales de l’Occident a été accomplie pratiquement sans résistances par de tels politiciens. Ils ont utilisé l’argument du “moindre mal” pour s’exonérer alors qu’ils votaient des lois immorales, arguant que leurs compromis évitaient de grands maux. C’est le moyen par lequel la révolution socio-sexuelle s’est progressivement imposée, contournant la conscience avec un argument apparemment “moral”. Il manquait à de tels politiciens une compréhension correcte de l’usage légitime du “moindre mal” et ils n’ont pas réussi à résister avec courage.

https://www.lesalonbeige.fr/la-destruction-des-fondations-morales-de-loccident-a-ete-accomplie-par-des-politiciens-qui-ont-utilise-largument-du-moindre-mal/

La bataille du Signe des Temps

La bataille du Signe des Temps

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

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La bataille du Signe des Temps

20 avril 2019 – J’avoue n’avoir pas marchandé mon bonheur lorsque Finkielkraut, semi-grave pour l’évidente force de son idée et demi-ironique en imaginant ce que seraient les binettes de ceux qui l’écoutaient, commença à dire qu’il ne croyait pas à un accident ni à un attentat, pas du tout… Mais bien plutôt ceci, évoquant l’usine à touristes par millions, l’incessante exploitation, « livrée aux cars immenses et immondes, découragée par cet environnement dé-spiritualisé, elle a voulu mettre fin à ses jours et in extremis en a été empêchée par des pompiers exemplaires et héroïques »…

Je ne marchande pas mon bonheur car vous aurez tous reconnu l’idée centrale que développe notre poétesse Badia Benjelloun dans son « Notre-Dame ». Il est vrai que nous autres, pauvres hères et pauvres humains qui portons et supportons cette époque terrifiante de bassesse, nous comprendrions si bien qu’elle, Notre-Dame, puisse songer au pire selon nos conceptions habituelles et peut-être erronées ; exaspérée enfin, par les marchands du temple qui sont le principal “reflet du temps” que le philosophe Premier ministre Philippe voudrait voir figurer pour illustrer Notre-Dame 2.0 à laquelle nous apporterions les améliorations qui s’imposent, avec consommation réduite, taxe-carbone, et une décoration extérieure rendant compte de cette sublime “diversité” qui fait toute la richesse de cette opulente époque des hautes eaux du système sanitaire. Dans une telle perspective enfermée dans de telles intentions de bureaucrates de l’Art Contemporain, tiendrions-nous le terrain propice à nos élans décisifs ?

Enfin, la “performance” comme il détesterait que l’on dise, d’Alain Finkielkraut sur LCI vendredi, fut dispensatrice d’énergie et surtout portant confirmation, pour mon compte, que s’ouvre effectivement une bataille autour d’un symbole et de son sort, où la métaphysique, et par conséquent la métahistoire, auront la place la plus éminente. « C’est la métaphysique qui descend dans l’hallucinant débat agité des combats politiques pour affirmer une tragédie, restaurer une gravité », dit le comédien Fabrice Lucchini, et j’en suis bien aise.

Finkielkraut participe bien entendu à cette intense émotion qui a saisi le peuple de France, et déclenché une crise étrange, imprévue, extraordinaire, une crise pour le meilleur ou pour le pire. Le suicide raté de Notre-Dame a montré aux Français combien les Français aimaient Notre-Dame, et « Notre-Dame nous a paru vivante parce qu’elle nous a paru mortelle » ; il s’agissait de la sauver, de la retenir au bord du gouffre, parce qu’avec elle nous pouvions bien purement et simplement disparaître, la suivre dans sa funeste décision pourtant si justifiée par la conduite de tant d’arrogance de l’hybris des piètres arrangements humains… Il s’agissait de tout cela car elle est bien autre chose, nous le découvrons :

« Nous avons découvert une autre idée de patrimoine que celle qui était répandue… Ce n’est pas simplement un joyau touristique, ce n’est pas simplement un gisement culturel… […] C’est effectivement [aussi et d’abord] une partie de notre être, un vestige du passé, la présence des morts et pour certains du divin… »

Au cours de cette intervention, Finkielkraut est apparu plus calme qu’à l’ordinaire, moins atteint par la polémique et ainsi moins vulnérable et dominant sa sensibilité parfois impérative et trop exigeante, comme si le fait de s’adosser aux vieilles pierres venues des siècles d’antan donnait une force singulière en bronzant la conviction. Les objections, les répliques ou les attaques dont il fut l’objet manquaient singulièrement de mordant. L’on comprit également que la “reconstruction” de Notre-Dame serait une route semées d’embûches, ou même, et même plus encore, je le répète avec force, une bataille terrible. Finkielkraut, comme bien d’autres, s’il admet ne pas attendre une restauration parfaitement à l’identique, hurle des cris de colère aux échos des thuriféraires de l’Art Contemporain, de la “diversité”, et toutes cette sorte de choses accouchées par une terrible et nihiliste postmodernité, qui déjà tente d’investir le chantier de la restauration. Une terrible bataille, vous dis-je, une bataille pour la substance des pierres et la forme de l’architecture sacrée ; une bataille pour le Signe des Temps

On comprend que toutes les dimensions sont présentes, que l’aspect symbolique se trouve représenté par des situations extrêmement précises et identifiables dans les querelles les plus significatives de notre temps de Grande Crise. Il y est question d’identité, de la conception de la Nation et de l’extension du politique qu’elle implique, du manque de sens d’une époque complètement phagocytée dans l’économisme et dans les narrative arrogantes, qui soudain se trouvent confrontées à ces “siècles d’Histoire” et à l’interrogation de la dimension divine. Notre-Dame porte tout cela, et bien d’autres choses de la même essence encore, et par conséquent son drame devient absolument le drame d’une époque avec sa Grande Crise, et son incendie, et les ruines qui suivent, font naître dans bien des esprits l’analogie de l’incendie et des ruines qui caractérisent la Grande Crise et son époque.

Dans cette situation, il ne fait aucun doute que ce qu’on pourrait désigner comme le “parti postmoderne” a parfaitement compris qu’il s’agit d’une bataille et que son enjeu est colossal. Il la livrera avec toutes les forces de dissolution et de subversion à sa disposition, et peut-être certains y verront-ils le visage du Diable ; je ne ferai rien pour les en dissuader. Peut-être même irait-on jusqu’à penser qu’il s’agit là d’une sorte de “bataille finale”, une sorte d’Armageddon enfin. Ainsi, de symbole qu’est Notre-Dame dans l’occurrence tragique de l’incendie de lundi, devient-elle un signe des Temps, le véritable et décisif Signe des Temps.

J’ai parlé plusieurs fois, ces derniers temps, de Guénon et de son livre Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps ; on y lisait ceci, dans celui du 5 mars 2019 : « Avec Guénon, nous sommes au terme de la Fin des Temps. » Avec Notre-Dame, nous sommes à l’ultime et décisif Signe des Temps.

http://www.dedefensa.org/article/la-bataille-du-signe-des-temps

Jean-Louis Georgelin, un général pour la reconstruction de Notre-Dame

Jean-Louis Georgelin, un général pour la reconstruction de Notre-Dame

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Portrait

Ancien chef d’État-major des armées, ce catholique passionné d’histoire est décrit comme ayant un fort caractère.

  • Loup Besmond de Senneville,
Jean-Louis Georgelin, un général pour la reconstruction de Notre-Dame

Jean-Louis Georgelin, 70 ans, s’est vu confier par l’Élysée la responsabilité de piloter la reconstruction de Notre-Dame de Paris.ETIENNE LAURENT/AFP

 

Il est un visage bien connu des militaires français. Jean-Louis Georgelin, 70 ans, s’est vu confier par l’Élysée la responsabilité de piloter la reconstruction de Notre-Dame de Paris. Ce général cinq étoiles passionné d’histoire, a notamment été chef de l’état-major particulier de Jacques Chirac lorsque ce dernier était président de la République, avant de devenir chef d’état-major des armées, entre 2006 et 2010. Il a ensuite occupé la fonction de Grand chancelier de la Légion d’honneur pendant six ans.

Il a été nommé « afin de veiller à l’avancement des procédures et des travaux qui seront engagés ». Ceux qui le connaissent décrivent un fort caractère : « Il a une forte personnalité, il peut même être assez brusque », explique à La Croix un témoin qui l’a croisé lorsqu’il était en fonction à l’Élysée. « Il se tenait assez loin des coteries politiques, se cantonnant à son rôle de militaire », poursuit la même source.

Oblat d’une abbaye bénédictine

Né à Aspet (Haute-Garonne) d’un père officier et d’une mère au foyer, ce célibataire sans enfant a notamment mené les opérations de l’armée française en Côte d’Ivoire, en Aghanistan et au Liban. En 2010, ses propos sur le coût des opérations engagées pour libérer les journalistes Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, pris en otage en Afghanistan, avaient déclenché une forte polémique.+

L’homme est non seulement discret sur sa foi – il est oblat d’une abbaye bénédictine et membre de l’Académie catholique de France –, mais aussi sur la scène publique. Néanmoins, il était sorti de sa réserve en 2018, lorsqu’il avait critiqué ouvertement, sur France Culture, l’attitude d’Emmanuel Macron vis-à-vis du général de Villiers, alors en conflit avec le chef de l’État pour des raisons budgétaires.

« Il est carré, très direct et sait ce qu’il veut : avant d’accepter sa mission, il a dû poser des conditions très précises, demander un cadre et des moyens, pour piloter la reconstruction », explique une source qui le croise régulièrement depuis plusieurs années. Une autre source, militaire, complète : « C’est un chef qui sait prendre des décisions et décider. Il fera le job. »

https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/France/Jean-Louis-Georgelin-general-reconstruction-Notre-Dame-2019-04-18-1201016618