Archives pour la catégorie CHYPRE

Déclaration turque au sujet des hydrocarbures au large de Chypre

Déclaration turque au sujet des hydrocarbures au large de Chypre

RÉSEAU VOLTAIRE | ANKARA (TURQUIE) | 20 SEPTEMBRE 2019 

+
JPEG - 31.2 ko

Les informations faisant état de la signature par l’administration chypriote grecque d’accords avec la société française Total et la société italienne ENI aux fins de l’exploration en mer des hydrocarbures du prétendu « secteur d’exploration no 7 » de la zone économique exclusive, que ladite administration a délimité unilatéralement au mépris des droits légitimes des Chypriotes turcs sur l’ensemble de l’île, montrent que l’administration chypriote grecque ne comprend pas notre détermination, malgré toutes nos mises en garde.

Comme nous l’avons souligné à maintes reprises et fait savoir à la communauté internationale, une section du prétendu « secteur d’exploration no 7 » fait partie du plateau continental turc, dont les limites ont été enregistrées auprès de l’Organisation des Nations Unies.

Comme cela a été le cas jusqu’à présent, la Turquie ne permettra en aucun cas à un pays, à une société ou à un navire étrangers de mener sans autorisation des activités d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures dans les espaces maritimes relevant de sa juridiction et continuera de prendre les mesures qui s’imposent pour protéger ses droits et ses intérêts.

Nous réaffirmons avec insistance que les actes unilatéraux de l’administration chypriote grecque, qui visent à usurper les droits des Chypriotes turcs, ne contribuent nullement à la paix et à la stabilité en Méditerranée orientale. La proposition formulée par les Chypriotes turcs en faveur d’une répartition équitable des ressources naturelles de l’île demeure d’actualité. Malheureusement, la récente signature des accords susmentionnés montre que l’administration chypriote grecque persiste dans son comportement irresponsable en refusant de tenir compte des droits égaux et inaliénables des Chypriotes turcs sur les ressources naturelles de l’île et de ses environs.

Une fois de plus, nous recommandons aux sociétés intéressées de s’abstenir de mener toute activité liée aux hydrocarbures sur le plateau continental turc et de considérer les licences délivrées par l’administration chypriote grecque comme nulles et non avenues.

https://www.voltairenet.org/article207780.html

Publicités

Chypre dénonce les nouvelles tentatives de forage d’Ankara comme « une grave escalade »

Économie

Chypre dénonce les nouvelles tentatives de forage d’Ankara comme « une grave escalade »

Par AFP le 04.10.2019 à 15h47

Le navire de forage turc Yavuz dans le port de Dilovasi, près d’Istanbul, le 20 juin 2019AFP/ARCHIVES – BULENT KILIC

La République de Chypre, membre de l’Union européenne, a accusé vendredi la Turquie de passer outre les appels de l’UE en envoyant un nouveau navire de forage dans les eaux territoriales de l’île, dénonçant « une grave escalade ».

« Chypre condamne avec force la nouvelle tentative de la Turquie de mener des opérations de forage illégales dans le sud-ouest de l’île », a affirmé le gouvernement dans un communiqué.PUBLICITÉ

« Les nouvelles opérations de forage, prévues cette fois-ci dans un bloc déjà attribué, constituent une nouvelle grave escalade des violations continues de la part de la Turquie des droits souverains de la République de Chypre », ajoute le texte.

Selon Nicosie, la Turquie a envoyé le navire de forage Yavuz au bloc 7 de sa zone économique exclusive (ZEE) et plateau continental, or les licences d’exploitation de cette zone ont été attribuées aux géants énergétiques français et italien, Total et Eni, en septembre dernier.

Selon le gouvernement chypriote, la zone où doit opérer le navire turc est clairement définie en vertu du droit international comme faisant partie des eaux territoriales de Chypre.PUBLICITÉinRead invented by Teads

« Cette nouvelle provocation est un exemple qui montre comment la Turquie fait fi des appels répétés de l’UE et de la communauté internationale à cesser ses activités illégales », a affirmé le gouvernement.

Nicosie assure que « le comportement provocateur et agressif » de la Turquie ne le dissuadera pas de mener des explorations et d’exploiter le gaz.

La découverte ces dernières années de gigantesques gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé l’appétit de Chypre, qui rêve de devenir un acteur énergétique majeur.

Mais la Turquie, dont l’armée occupe le tiers nord de l’île, s’oppose à toute exploration et exploitation de ces ressources qui excluraient cette partie de Chypre, où vivent les Chypriotes-turcs.

Ces derniers mois, Ankara a envoyé trois navires de forage au large de Chypre malgré des avertissements de Washington et l’UE, qui a adopté à la mi-juillet une série de mesures politiques et financières visant à sanctionner la poursuite de ces forages.

Chypre est divisée en deux depuis l’invasion en 1974 de sa partie nord par la Turquie, en réaction à un coup d’Etat de Chypriotes-grecs souhaitant unifier l’île à la Grèce, ce qui inquiétait la minorité chypriote-turque.

Les discussions formelles sur une réunification de l’île divisée sont au point mort depuis 2017.

https://www.challenges.fr/economie/chypre-denonce-les-nouvelles-tentatives-de-forage-d-ankara-comme-une-grave-escalade_678136

Enjeux économiques et sécuritaires de la production de gaz naturel en Méditerranée orientale

Enjeux économiques et sécuritaires de la production de gaz naturel en Méditerranée orientale

Tribune
14 juin 2019

Depuis 2009, l’activité d’exploration d’hydrocarbures offshore en Méditerranée orientale a permis la découverte de plusieurs gisements de gaz naturel, et de nouvelles campagnes d’exploration sont en cours. La mise en production dépend en revanche de la rentabilité financière attendue, et notamment des possibilités de transporter le gaz vers des marchés de consommation attractifs.

Les relations entre les différents pays impliqués au niveau de la production et du transport (Égypte, Israël, potentiellement Chypre, Liban, Turquie et Grèce) posent des défis au parfait développement de cette filière.

Rappels historiques

Les premiers succès significatifs de l’exploration d’hydrocarbures offshore en Méditerranée orientale se sont produits entre 2009 et 2011, avec trois découvertes importantes : les champs Tamar et Leviathan, au large d’Israël, et Aphrodite, au large de la côte sud de Chypre, dans la zone économique exclusive (ZEE) de la République de Chypre (RC)[1].

Est venu ensuite, en 2015, Zohr, le champ gazier géant au large des côtes de l’Égypte, considéré comme le plus important jamais découvert en Méditerranée, avec des réserves estimées à 850 milliards de m3. Il a fait l’objet d’une mise en service très rapide, dès la fin de 2017. D’autres gisements ont été mis au jour, au large de l’Égypte, dans les zones dénommées West Nile Delta et Greater Nooros.

En 2018, de nouvelles explorations ont été couronnées de succès au large de la côte sud de Chypre, dans le Bloc 6 (Calypso-1) et dans le Bloc 10 (Glaucus-1), dont les réserves sont en cours d’évaluation.

2018 a également marqué l’entrée en jeu du Liban, avec la signature de deux accords d’exploration et de production entre Beyrouth et un consortium international. Un deuxième round d’attribution de licences d’exploration et de production d’hydrocarbures offshore est prévu en 2019.

Enjeux économiques

Les découvertes n’ont de sens que si les réserves sont ensuite converties en capacités de production, elles-mêmes dépendantes du prix du gaz, de la disponibilité d’options d’exportation et de moyens de transport, ainsi que de la stabilité de l’environnement réglementaire, fiscal et politique des pays. En prenant en compte ces divers aspects, les enjeux économiques pour les trois pays principaux (Égypte, Israël et Chypre) diffèrent significativement.

L’Égypte bénéficiait d’une situation d’indépendance énergétique jusqu’à la fin de la première décennie du XXIe siècle et pouvait même exporter du gaz grâce à deux usines de liquéfaction, situées à Idku et Damiette et aux gazoducs la reliant à Israël (gazoduc East Mediterranean Gas – EMG) et à la Jordanie (Arab Gas Pipeline). Par la suite, la réduction de la production et l’augmentation de la demande domestique l’ont rendue importatrice nette. La découverte de Zohr en 2015 a été donc accueillie très positivement et le lancement rapide du développement du champ a été rendu possible par l’existence d’une forte demande intérieure. La production de Zohr est l’un des facteurs principaux de la reprise économique du pays, avec une croissance du PIB réel pour l’année 2018 de 5,3 % selon les estimations de la Banque mondiale. Le Caire devrait recommencer à exporter du gaz de façon régulière en 2019, en utilisant l’infrastructure existante des terminaux de liquéfaction. Le pays aspire aussi à devenir un hub gazier, en centralisant des flux destinés à l’exportation en provenance d’Israël et de Chypre.

En Israël, le potentiel des différents champs dépasse la consommation locale. L’accès à des marchés étrangers est donc une condition nécessaire au plein développement de la production. Des accords ont été signés avec l’Autorité palestinienne et la Jordanie, mais ils rencontrent l’opposition des opinions publiques locales. La possibilité d’exporter du gaz d’Israël vers l’Égypte pour satisfaire la demande locale et/ou pour exporter le gaz vers les marchés internationaux à travers les terminaux GNL paraît plus prometteuse, en particulier depuis l’acquisition en 2018 d’une participation dans le capital du gazoduc EMG par l’entreprise Noble Energy, principale actionnaire du consortium qui gère le champ Leviathan.

Pour Chypre, du fait du faible potentiel de la demande domestique, l’existence de marchés d’exportation est une condition nécessaire pour la mise en production des découvertes gazières. Différentes hypothèses ont été étudiées :

    • la construction d’un gazoduc vers l’Égypte dans le but d’utiliser les usines de liquéfaction pour réexporter le gaz vers les marchés internationaux sous forme de GNL. Ce projet a fait l’objet de plusieurs déclarations politiques, mais il se heurte au développement de la production égyptienne, qui réduira la disponibilité d’utilisation des installations de GNL ;
    • la construction d’une usine de liquéfaction a également été envisagée. Soit sous la forme d’un terminal onshore construit sur la côte sud de Chypre, soit via une installation flottante (Floating LNG). Si transformer le gaz en GNL permet d’avoir accès au marché mondial, avec des cargaisons allant vers l’Europe, l’Asie ou l’Amérique du Sud, la faisabilité de cette option est actuellement rendue difficile par les coûts de construction élevés et par la surcapacité actuelle sur le marché du GNL ;
    • le projet Eastern Mediterranean Natural Gas Pipeline (Israël-Chypre-Grèce-Italie), qui prévoit quant à lui de relier Israël et Chypre aux marchés européens, a été approuvé par la Commission européenne comme un projet d’intérêt commun, ce qui le rend ouvert à un financement de l’Union. Cependant, un tel projet est coûteux, techniquement difficile et pourrait causer de sérieux problèmes politiques avec la Turquie en raison de différends sur la délimitation maritime.

Enjeux sécuritaires

L’exploitation et l’exportation des ressources gazières en Méditerranée orientale présentent de nombreux enjeux sécuritaires liés aux relations politiques instables entre les pays de la région et aux risques d’actions terroristes.

La localisation de certains champs pourrait réanimer des disputes préexistantes au sujet de la délimitation des frontières maritimes et des zones économiques exclusives (ZEE), notamment concernant la frontière maritime entre le Liban et Israël, qui n’a jamais été agréée officiellement. Des différends ne sont pas à exclure non plus au sujet de la délimitation des structures géologiques des gisements de gaz – notamment lorsqu’elles se situent près des limites des ZEE, puisqu’elles pourraient alors les chevaucher. Il est intéressant de noter que le champ Zohr se trouve dans la ZEE égyptienne, à seulement quelques milles de la ZEE de Chypre, et qu’Aphrodite est situé dans la ZEE de Chypre et se prolonge légèrement dans les eaux israéliennes. Dans le cas de réservoirs à cheval entre différentes ZEE, il faudrait envisager une exploitation conjointe du champ, mais des tensions entre les pays concernés sont aussi à attendre.

Un cas particulièrement complexe concerne la Turquie, la République de Chypre (RC) et la République turque de Chypre du Nord (RTCN). Outre la question des délimitations maritimes illustrée par l’épisode de février 2018 qui a vu le navire de forage Saipem 12000, affrété pour effectuer des travaux sur le Bloc 3, au sud-est de l’île, être bloqué par un navire militaire turc et finalement contraint de quitter la zone, Ankara s’oppose plus généralement, à toute activité de recherche et de production tant qu’aucun accord entre la RC et la RTCN n’est trouvé. La Turquie et la RTCN estiment que les éventuels revenus dérivant de la production d’hydrocarbures devraient être partagés entre toute la population de l’île de Chypre, ce qui implique une résolution du conflit entre la RC et la RTCN.

La situation d’Israël est aussi particulière. Les conflits persistants entre Israël et ses voisins – état de guerre formel avec le Liban, antagonisme avec le Hezbollah, tensions avec les Palestiniens, instabilité en Syrie – exposent les installations gazières à des risques d’attaques militaires ou terroristes. Ces mêmes risques d’attaques terroristes pèsent aussi sur les installations énergétiques en Égypte, pays qui connaît de façon régulière des actions menées par des groupes islamistes, présents notamment dans le Sinaï (région par laquelle transite le gazoduc EMG).

De manière générale, la prolifération de plates-formes d’extraction, de pipelines, de navires, voire de terminaux méthaniers implique une multiplication de cibles sensibles et des besoins de surveillance croissants. En Israël, par exemple, les champs de production sont situés dans des zones relativement proches des côtes. Ainsi, le champ Tamar est situé à 56 milles à l’ouest d’Haïfa et le champ Leviathan à 80 milles, près de la frontière avec le Liban. Le gaz de Tamar est transporté par pipeline jusqu’à Ashkelon, à quelques kilomètres de la frontière avec Gaza. Toutes ces installations industrielles sont donc exposées au risque d’attaques terroristes ou militaires de l’extérieur. Les risques de sabotage et de frappe militaire ou terroriste représentent ainsi de nouveaux défis pour les appareils de sécurité des différents pays, en particulier pour les forces navales.

*****

La découverte et l’exploitation d’hydrocarbures seront un élément important de l’avenir des pays de la Méditerranée orientale. Ils pourront agir comme facteurs de coopération régionale tout comme alimenter des affrontements et ajouter des frictions à une région déjà volatile.

Dans ce cadre, l’UE a tout intérêt à promouvoir toutes les formes possibles de coopération régionale et à défendre son intérêt d’un point de vue énergétique, économique, comme politique. En ce qui concerne l’énergie, le gaz de la Méditerranée orientale peut renforcer sa sécurité et la diversification de l’offre pour un certain nombre d’États membres, en particulier dans l’Europe du Sud-Est et l’Europe centrale – des régions qui dépendent aujourd’hui presque exclusivement du gaz russe. Économiquement, les compagnies européennes sont les plus actives dans l’exploration et la production dans la région (notamment l’italienne ENI, la française Total et l’anglo-néerlandaise Shell) et il serait légitime de défendre leurs intérêts en cas de nécessité. Enfin, du point de vue politique, la République de Chypre est membre de l’Union européenne et la mise en valeur de ses réserves gazières représenterait un puissant atout de développement.

————————————————————–

[1] Sauf indication contraire, le mot « Chypre » dans cet encadré fait référence au nom de l’île et à la République de Chypre (RC), non reconnue par la Turquie. La République turque de Chypre du Nord, qui est seulement reconnue par la Turquie, est mentionnée comme RTCN.

————————————————————–

Près de 200 000 Chypriotes ne pourront pas voter aux élections européennes

Près de 200 000 Chypriotes ne pourront pas voter aux élections européennes

  

+

La République de Chypre est membre de l’Union européenne depuis 2004. Cependant deux parties de l’île (dite « Zones britanniques ») sont occupées par le Royaume-Uni depuis l’indépendance en 1959 et une autre (dite « République turque de Chypre du Nord ») par l’armée turque depuis 1974.

L’Union européenne n’a que faire de ces occupations militaires. Elle n’entend pas libérer Chypre, mais attendre un règlement « pacifique » des deux problèmes qui ne vient pas.

Lors des élections pour le Parlement européen du 25 et 26 mai, toutes les personnes ayant été enregistrées avant l’invasion turque de 1974 (« Opération Attila »), ce qui comprend près de 50 000 retraités vivant actuellement sous le joug turc, sont appelées à voter.

La République de Chypre ouvrira une cinquantaine de bureaux de vote à ses citoyens du Nord sur le territoire qu’elle contrôle à proximité de la ligne de démarcation. Mais les Chypriotes nés après 1974 et vivant en zone occupée ne pourront pas voter car ils ne sont pas enregistrés par l’unique République souveraine.

Depuis l’adhésion de la République de Chypre à l’Union européenne, la Turquie a poursuivi son expansion territoriale. Elle occupe aujourd’hui une partie de l’Iraq et une autre de la Syrie. Le président Recep Tayyip Erdoğan s’est publiquement engagé à étendre l’occupation militaire turque au Nord-Est de la Grèce (la Thrace Occidentale et le Dodécanèse), à tout Chypre, au Nord de la Syrie (y compris Idleb, Alep et Hassakeh), et au Nord de l’Iraq (y compris Mossoul). Le 17 février 2018, il a déclaré préparer l’invasion de la Grèce.

De son côté, Bruxelles prétend garantir la paix à l’Ouest et au Centre du continent en poursuivant des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

https://www.voltairenet.org/article206518.html

GÉOPOLITIQUE DES GAZODUCS DE L’UE TOUJOURS PLUS COMPLEXE

GÉOPOLITIQUE DES GAZODUCS DE L’UE TOUJOURS PLUS COMPLEXE

Facebook VKBloggerLiveJournalTwittergoogle_plusEmailImprimerPartager       

04.05.2019

Israël envisage de construire le plus long gazoduc sous-marin au monde en collaboration avec Chypre et la Grèce pour acheminer le gaz de la Méditerranée orientale vers l’Italie et les États du sud de l’UE. Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, vient d’approuver le projet. Il se heurtera à un gazoduc concurrent turco-turc, Turk Stream, à un éventuel pipeline Qatar-Iran-Syrie-Syrie, ainsi qu’à saper de facto la tentative de Washington de fournir davantage de gaz naturel liquéfié à l’UE pour réduire la dépendance de la Russie.

Le projet, en discussion depuis plusieurs années depuis qu’Israël a découvert d’importantes réserves de gaz dans le champ offshore de Leviathan, est connu sous le nom de projet de pipeline East Med. Le gaz naturel viendra de Leviathan via Chypre, la Crète et la Grèce pour atteindre son terminal à Otrante, au sud-est de l’Italie. Les projets prévoient un oléoduc de 2 100 kilomètres traversant trois kilomètres de profondeur sous la Méditerranée. Le coût est estimé à 7 milliards de dollars pour une période de construction de cinq ans  .

Nouvelles lignes de faille

L’East Med fait partie d’un complexe de nouvelles lignes de fracture géopolitiques à travers tout le Moyen-Orient. Le fait que l’Emirat du Golfe, les Emirats Arabes Unis, a déjà investi 100 millions de dollars dans un projet appelé le Jerusalem Post, « une pierre angulaire  secrète  sous-tendant le changement des relations entre certaines parties du monde arabe et l’État juif ». faire référence à la proposition des États-Unis de 2017 de créer une «OTAN arabe» avec l’Arabie saoudite et d’autres États arabes du Golfe, appuyée par les services de renseignement israéliens, afin de contrer l’influence de l’Iran dans la région. On parle peu aujourd’hui de l’OTAN arabe, mais les liens entre Israël de Netanyahou et les principaux pays arabes musulmans sunnites demeurent solides.

La Turquie d’Erdogan est un acteur régional qui n’est certainement pas satisfait du projet de pipeline dans la Méditerranée orientale. Quand Israël a proposé pour la première fois la Méditerranée orientale il y a deux ans, Erdogan s’est rapidement tourné vers la Russie pour signer un accord portant sur la construction du flux turc de Gazprom pour rivaliser avec Israël. L’East Med serait raccordée à des champs de gaz dans la partie grecque de l’UE appartenant à Chypre. Au cours des derniers mois, Erdogan a rapproché la Turquie de l’Iran et plus particulièrement du Qatar, siège des personnalités des Frères musulmans, alors que les tensions avec l’Arabie saoudite et Israël s’intensifient. Le conflit sunnite / chiite semble céder le pas au pouvoir géopolitique et au contrôle des pipelines.

En été 2017, il y avait une scission dramatique entre les pays arabes du Golfe, l’Arabie saoudite déclarant un embargo contre le Qatar pour son «soutien au terrorisme». En réalité, cette initiative visait à couper court aux pourparlers de plus en plus importants entre le Qatar et l’Iran, partagent le plus grand gisement de gaz naturel au monde dans le golfe Persique. La section du Qatar s’appelle North Field et on dit que son GNL est le moins cher à extraire au monde, faisant du Qatar au cours des dernières années le plus grand exportateur de GNL. La section iranienne voisine s’appelle South Pars.

Après avoir dépensé 3 milliards de dollars pour financer des groupes terroristes anti-Assad et anti-Iran en Syrie, dans le but vain de créer un gazoduc reliant la Syrie à la Turquie et sur le marché gigantesque du gaz de l’UE, il semble que les Qataris hésitants à un moment donné, après l’entrée décisive de la Russie dans la guerre en Syrie fin 2015, il a compris qu’elle pourrait gagner davantage en changeant de camp et en travaillant secrètement avec l’Iran, Assad et Erdogan pour amener le gaz qatari et le gaz iranien sur le marché. C’est la véritable raison de la rupture brutale entre le Qatar et les Saoudiens. Il est à noter que l’Iran et la Turquie sont venus en aide au Qatar lorsque les Saoudiens ont tenté de les mettre sous  embargo  .

Ruisseau Turc de Russie

En plus du cocktail géopolitique d’intérêts concurrents, les tronçons du gazoduc Russie-Turquie situés sur la mer Noire ont été achevés à la fin de 2018 et devraient commencer à fonctionner plus tard en 2019, offrant 31,5 milliards de mètres cubes de gaz par an, la moitié, quelque 16 milliards de m3 , disponible pour les marchés de l’UE. Turk Stream, tout comme North Stream, autorisent tous deux le gaz russe dans l’UE, indépendamment des routes de l’oléoduc en Ukraine, politiquement hostiles. Depuis le terminal de Kiyikoy en Turquie, le gaz russe peut être acheminé vers la Bulgarie ou la Grèce, membre de l’UE, ou les  deux.

La Serbie, qui n’est pas membre de l’UE, vient de commencer la construction de son tronçon du gazoduc TurkStream destiné à acheminer le gaz naturel russe en Europe. Le ministre serbe des Affaires étrangères, Ivica Dacic, a récemment déclaré à Moscou que les projets de la Serbie pour la construction du conduit de gaz ne dépendaient pas du travail de la Bulgarie. TurkStream acheminera du gaz russe via la Bulgarie, la Serbie et la Hongrie. Bruxelles n’est pas folle de joie.

Maintenant, Israël entre en jeu, dans une relation plus étroite avec l’Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis, soutenue par Washington, avec le financement également d’une société française, IGI Poseidon, une filiale d’Edison, offrant une autre option rivale au Qatar, à l’Iran et à la Turquie, ainsi qu’à en Russie. La Turquie menace de forer pour le pétrole et le gaz dans la partie turque de Chypre tandis que le Liban conteste les revendications offshore du pipeline israélien vers Chypre. Et ExxonMobil vient d’annoncer une découverte majeure de gaz dans les eaux au large de Chypre,  disputée  entre la Turquie et la Grèce ou Chypre.

Il n’est pas nécessaire d’avoir une boule de cristal pour constater que les futurs conflits énergétiques géopolitiques en Méditerranée orientale sont en cours de programmation. Surveillez cet endroit…

http://katehon.com/article/ever-more-complex-eu-gas-pipeline-geopolitics

http://katehon.com/article/ever-more-complex-eu-gas-pipeline-geopolitics

Construction du gazoduc EastMed : accord israélo-chypriote-grec

Construction du gazoduc EastMed : accord israélo-chypriote-grec

Les dirigeants des trois pays sont parvenus à un accord le 20 décembre dernier à Beer-Sheva en Israël pour la construction du gazoduc EastMed. Il devra acheminer, à l’horizon 2025, les milliards de mètres cube de gaz découverts ces dernières années au large de Chypre et d’Israël, vers le marché européen.

Le plus long gazoduc sous-marin du monde

Plateforme de forage au large des côtes israéliennes

Le gazoduc EastMed devrait s’étirer sur plus de 2000 km du large de Chypre jusqu’aux côtes italiennes, en passant par la Grèce. Ce projet relève du défi technique : plus long gazoduc sous-marin du monde, certains de ces tronçons s’enfonceront à plus de 3000 mètres, dans une zone qui plus est soumise aux séismes. D’où son montant conséquent, estimé entre 5,8 et 6,2 milliards d’euros qui, une fois les financements trouvés, permettra d’acheminer environ 20 milliards de m3 de gaz (Gm3) pour un début des travaux prévu à l’horizon 2025. Par ailleurs, la perspective d’un gazoduc s’est accompagnée d’un réchauffement des relations de l’état hébreu avec ses deux voisins, se traduisant par des accords de coopération économique, mais également par des exercices militaires communs. Les scénarios envisagés – comme l’attaque d’une plateforme offshore – rappellent que si les récentes découvertes gazières peuvent être facteurs de coopération en Méditerranée orientale, elles peuvent également aggraver les tensions existantes. De fait, le projet rencontre l’opposition de la Turquie qui l’associe à la question chypriote, autant qu’elle cherche à contrecarrer les ambitions israéliennes dans la région, en réponse aux tensions autour de la question palestienne et en particulier à l‘incident du Mavi-Marmara en 2009.

Exporter le gaz de Méditerranée orientale : quelles routes prendre ?

Trois pays se sont lancés dans l’exploitation des ressources gazières du bassin levantin, estimées à plus de 3500 Gm3 par un rapport américain, soit près de dix fois les quantités déjà découvertes. Israël a été le premier à débuter  ses prospections dans les années 2000, qui ont abouti à la découverte de deux grands champs gaziers : Tamar en 2009 et Leviathan en 2010, avec des réserves respectivement estimées à 300 et 620 Gm3. Gage de sécurité énergique, l’exploitation de ces champs implique pour Israël, une capacité d’exportation importante face à un marché domestique beaucoup trop restreint. Un temps envisagée, la solution de liquéfier ce gaz a été abandonnée, du fait des coûts d’investissements colossaux et de la trop grande vulnérabilité à une attaque terroriste. La construction d’un gazoduc entre Israël et la Turquie, option estimée comme moitié moins chère que le EastMed, a également achoppé du fait des tensions politiques évoquées précédemment. De son côté, l’Egypte n’est pas en reste puisqu’en 2015 la compagnie ENI a découvert le champ gazier nommé Zhor, qui renfermerait 850 Gm3. Ce dernier permettra de répondre aux besoins considérables et immédiats du marché domestique égyptien, avant d’envisager une politique d’exportation. Le dernier de ces pays pouvant espérer tirer des bénéfices de ces extractions, dans des proportions  toutefois plus modestes, est Chypre. L’exploitation de son champ gazier Aphrodite (200 Gm3) est particulièrement intéressante alors que l’Union Européenne (UE) mène une politique de diversification de ses fournisseurs et de ses routes d’approvisionnement.

Gazoduc EastMed  : quelle contribution à la politique européenne de diversification des fournisseurs ?

Le projet de construction s’insère, en effet, dans la politique de diversification des fournisseurs énergétiques de l’UE , alors que près de la moitié du gaz consommé en Europe provient encore de Russie. Le projet a donc obtenu le soutien de la Commission européenne, qui l’a inscrit sur la liste des projets d’intérêt commun, condition préalable pour obtenir un cofinancement. Malgré tout l’intérêt que l’UE lui porte, le gazoduc EastMed ne jouera cependant – du fait de son débit modeste – qu’un rôle mineur dans la diversification des fournisseurs énergétiques, surtout quand l’on sait que la Russie propose simultanément la construction de deux gazoducs, Turkish Stream ( 32 Gm3), en mer noire, et Nord Stream II (55 Gm3), en mer baltique. Pour le premier, la partie maritime a déjà été finalisée en novembre dernier, et les travaux ont commencé pour le reste du tronçon, avec un début de livraison de gaz prévu dès 2020 ; pour le second, dont la construction a également débuté, il doublera les capacités du Nord Stream I, soit 110 Gm3 au total.

Le projet de gazoduc EastMed ne représentera pas un bouleversement, du fait de son débit modeste, dans la diversification des fournisseurs énergétiques européens. Toutefois, pour les pays promoteurs du projet, il s’impose comme l’unique moyen de transformer les récentes découvertes gazières en Méditerranée orientale en manne financière. Dans une région soumise aux forts intérêts géopolitiques, ces découvertes risquent de raviver autant que de créer d’importants foyers de tension.

Sources :

https://besacenter.org/wp-content/uploads/2017/06/505-Eastmed-Tzogopoulos-final.pdf

https://www.ifri.org/sites/default/files/atoms/files/note_gaz_israel_boncourt.pdf

https://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2014/12/02/gazoduc-south-stream-pourquoi-la-russie-a-decide-de-jeter-l-eponge_4532731_3234.html?

https://www.oxfordenergy.org/wpcms/wp-content/uploads/2013/10/OEF-93.pdf

https://www.researchgate.net/publication/310615735_The_role_of_energy_as_a_geopolitical_factor_for_the_consolidation_of_Greek-Israeli_relations

 

https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/38737-accord-israel-chypre-grece-construction-gazoduc-eastmed

Erdogan met en garde Chypre contre les explorations gazières « téméraires »

Erdogan met en garde Chypre contre les explorations gazières « téméraires »

Ankara – Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde Chypre mardi contre tout « agissement téméraire », alors que Nicosie est déterminé à explorer des gisements gaziers en dépit de l’opposition énergique d’Ankara.

« Les agissements téméraires de la Grèce et de l’administration chypriote-grecque, qui reçoivent le soutien de certains pays européens, sont devenus source de menace et de danger, à commencer pour elles-mêmes », a déclaré M. Erdogan lors d’un discours à Ankara.

Dans une allusion aux pays européens qu’il accuse d’appuyer Chypre dans ses ambitions énergétiques, M. Erdogan s’est emporté contre « ceux qui tremblent comme des feuilles mortes devant l’afflux de migrants et se transforment en lions dès qu’il s’agit de pétrole ou de gaz ».

Ces déclarations virulentes interviennent alors que le gouvernement chypriote a annoncé lundi que les géants énergétiques français Total et italien Eni avaient conjointement répondu à un appel d’offres pour explorer et exploiter du gaz et du pétrole au large de l’île.

La découverte ces dernières années de gigantesques gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé l’appétit de Chypre, qui rêve de devenir à terme un acteur énergétique majeur.

La République de Chypre, membre de l’Union européenne et n’exerçant son autorité que sur les deux tiers sud de l’île, a signé ces dernières années des contrats d’exploration avec des géants des hydrocarbures comme Eni, Total ou encore l’Américain ExxonMobil.

Mais Ankara, dont les troupes ont envahi en 1974 le tiers nord de l’île en réaction à un coup d’Etat visant à rattacher l’île à la Grèce, réclame la suspension de toute exploration, tant qu’une solution à la division de Chypre n’est pas trouvée.

La Turquie s’oppose en effet à toute exploitation de ces ressources gazières qui exclurait l’autoproclamée République turque de Chypre du Nord, non reconnue par la communauté internationale.

Début novembre, M. Erdogan avait qualifié de « forbans » les majors pétrolières étrangères qui tentent d’explorer les gisements au large de Chypre.

En février, un navire affrété par ENI pour effectuer des forages d’exploration avait dû rebrousser chemin après avoir été bloqué par des navires de guerre turcs.

(©AFP / 27 novembre 2018 13h09

https://www.romandie.com/news/Erdogan-met-en-garde-Chypre-contre-les-explorations-gazi-res-t-m-raires/974512.rom

Les clauses secrètes de l’accord gazier entre Chypre, la Grèce, l’Italie et Israël

Les clauses secrètes de l’accord gazier entre Chypre, la Grèce, l’Italie et Israël

+

Chypre, la Grèce, l’Italie et Israël sont parvenus à conclure un accord sur la construction commune d’un gazoduc en Méditerranée. Il s’agira de l’ouvrage le plus long et le plus profond en mer. Il n’aura qu’une capacité modeste de 12 milliards de m3 par an. Estimé à 8 milliards de dollars, il devrait être mis en service dans 5 ans. Cependant la date de début des travaux n’a pas été annoncée.

L’Égypte, la Palestine, le Liban, la Syrie et la Turquie ne font pas officiellement partie de cet accord alors qu’ils sont concernés par le champ gazier découvert en 2011.

Note : la Turquie n’a aucun rapport avec ce champ, mais occupe Chypre-Nord qui est concerné par lui. En février 2018, la marine militaire turque avait empêché un navire d’exploration italien de sonder les fonds dans les eaux territoriales chypriotes du Nord. En juin, le président Recep Tayyip Erdoğan avait menacé toute entité qui s’aviserait d’entreprendre des recherches sans son autorisation dans cette zone occupée.

En réalité, il semble que le Hamas et l’Égypte soient parties prenantes à cet accord.
- L’autorisation donnée au début du mois par Israël au Qatar de prendre en charge les fonctionnaires de Gaza serait la contrepartie de la reconnaissance par le Hamas de la frontière maritime de la Palestine tracée unilatéralement par Israël. Le gaz palestinien serait donc exploité par Israël et les droits reversés par le Qatar au Hamas.
- Israël a également signé un accord avec l’Égypte pour lui exporter du gaz. Cet accord parallèle a été conclu via la société East Gas, dont les services secrets égyptiens sont l’actionnaire majoritaire. Là encore, du gaz offshore égyptien serait exploité par Israël, puis ré-acheminé en Égypte pour y être liquéfié et exporté.

Ces contournements visent à masquer les contradictions entre les rhétoriques officielles des dirigeants et la réalité de leurs pratiques.

L’ensemble de ces accords a été parrainé par l’Union européenne et le Qatar.

http://www.voltairenet.org/article204084.html

Les pays qui n’ont pas rejoint le flashmob d’expulsions de diplomates russes

Ecoutez Radio Sputnik

Rameau d'olivier, symbole de la paix (image d'illustration)

Les pays qui n’ont pas rejoint le flashmob d’expulsions de diplomates russes

© Sputnik. Oleg Lastochkin

International

URL courte
Affaire Skripal (106)
411541

Cette semaine, plus de vingt pays dont de nombreux états membres de l’UE ont annoncé l’expulsion de diplomates russes dans le cadre de l’affaire Skripal. Toutefois, il y a des pays qui n’ont pas rejoint ce flashmob qualifié par Moscou de provocation.

Lancée par le Royaume-Uni, la campagne d’expulsions de diplomates russes à la suite de l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal au Royaume-Uni dure depuis deux jours. Certains pays se sont prononcés contre cette méthode de communication avec la Russie ou se sont abstenus.Autriche

Vienne a pris la décision de ne pas procéder à des expulsions. Le chancelier Sebastian Kurz a noté que l’Autriche était un pays neutre et souhaitait dialoguer avec la Russie.

«Il faut poursuivre le dialogue surtout en ces temps difficiles. L’expulsion des diplomates doit être décidée par chaque État au niveau bilatéral. Les pays de l’UE ont pris des décisions différentes. Nous avons décidé de ne pas prendre cette mesure», a déclaré mardi la ministre autrichienne des Affaires étrangères Karin Kneissl sur les ondes de radio Ö1.

Slovénie

La Slovénie s’est prononcée contre l’expulsion de membres des missions diplomatiques russes.

«Le Premier ministre par intérim Miro Cerar a déclaré que Ljubljana n’expulserait aucun diplomate et ne prendra pas d’autres mesures» dans le cadre de l’affaire Skripal, a annoncé lundi le site Delo.

Slovaquie

Le ministère slovaque des Affaires étrangères a convoqué mardi l’ambassadeur de Russie Alexeï Fedotov pour lui annoncer que Bratislava n’avait pas l’intention d’expulser des diplomates avant la fin de l’enquête sur l’empoisonnement de Sergueï Skripal.

«Nos partenaires slovaques ont déclaré qu’ils agissaient dans un esprit de solidarité européenne, mais qu’ils n’allaient pas prendre de mesures concrètes avant la fin de l’enquête», a indiqué un représentant de l’ambassade de Russie en Slovaquie.

Luxembourg

Le chef de la diplomatie luxembourgeoise Jean Asselborn a annoncé mardi que son pays n’expulserait pas de diplomates russes.

​«En ce qui concerne le Luxembourg, nous comptons un nombre très limité de diplomates russes et, malgré tous nos efforts, on ne peut pas prouver qu’un espion ou une personne travaille contre les intérêts luxembourgeois», a expliqué M.Asselborn sur les ondes de la radio RTL.

Il a noté que le Luxembourg était «à 100% solidaire avec la Grande-Bretagne».

Israël

L’État hébreu a pris ses distances vis-à-vis de l’action coordonnée des pays ayant décidé d’expulser des diplomates russes après l’empoisonnement de l’ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia.Israël préfère appliquer sa politique de non-participation aux campagnes antirusses de l’Occident pour ne pas exposer la coopération bilatérale en matière de sécurité nationale, a déclaré à Sputnik l’ex-ambassadeur israélien à Moscou Zvi Magen.

Chypre

Selon le porte-parole du gouvernement chypriote Prodromos Prodromou, Nicosie n’expulsera pas de diplomate russe dans le cadre de la campagne actuelle.

«Chypre se trouve parmi les pays qui ne prendront pas de telles mesures. C’était aussi la position de Chypre au COREPER, que nous sommes en accord [avec les conclusions et décisions de l’UE, ndlr], mais que notre pays n’est pas en mesure de prendre des mesures contre les pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies», a indiqué M.Prodromu cité par les médias.

Bosnie-Herzégovine

«Nous n’allons certainement pas prendre des mesures comme l’expulsion de diplomates», a déclaré mardi le ministre bosniaque des Affaires étrangères du pays, Igor Crnadak, d’après les médias locaux.

​Il a noté que les pays membres de l’UE n’étaient pas unanimes concernant la décision d’expulser des diplomates russes.

Selon M.Crnadak, les institutions bosniaques suivaient de près l’évolution de cette affaire, mais qu’elles n’avaient pas de demandes officielles d’adopter des sanctions.

Bulgarie

Sofia ne compte pas expulser des diplomates russes, a annoncé lundi le ministère bulgare des Affaires étrangères à la radio nationale BNR. Mardi, le gouvernement bulgare a annoncé avoir rappelé son ambassadeur à Moscou pour consultations.

Malte

Malte ne figure pas non plus parmi les pays qui expulsent des diplomates russes.

Selon le porte-parole du gouvernement maltais Kurt Farrugia, la mission diplomatique de ce pays en Russie est «trop petite» et cette mesure, qui entraînera une réaction symétrique de la part de Moscou, risque de «mettre fin aux relations diplomatiques» entre les deux pays.

Turquie

Ankara s’est montré ferme en refusant d’expulser des diplomates ou de prendre d’autres mesures contre Moscou malgré la campagne d’expulsions initiée par le Royaume-Uni et appuyée par les États-Unis.

«La Turquie et la Russie ont actuellement de bonnes relations. Dans cette optique, la Turquie n’envisage pas de prendre des décisions contre la Russie», a indiqué lundi le vice-Premier ministre turc Bekir Bozdag devant les journalistes après une réunion du gouvernement.

Nouvelle-Zélande

La Nouvelle-Zélande a déclaré qu’elle n’arrivait pas à trouver des espions russes pour les expulser. La Première ministre néozélandaise Jacinda Ardern et le ministre des Affaires étrangères Winston Peters ont fait des déclarations en ce sens.

«Alors que d’autres pays ont annoncé qu’ils expulsaient des agents de renseignement russes non déclarés, nos responsables ont indiqué qu’il n’y avait personne ici en Nouvelle-Zélande qui correspond à ce profil. S’il y en avait, nous aurions déjà pris des mesures», a déclaré Mme Ardern.

Portugal

Les autorités portugaises ont déclaré avoir «pris note» de la position conjointe de plusieurs pays européens et du Royaume-Uni qui expulsent des diplomates russes, sans toutefois exprimer leur propre position à ce sujet, ont annoncé les médias portugais.

Selon le ministre portugais des Affaires étrangères Augusto Santos Silva, le gouvernement du pays réfléchit sur la décision à prendre sur l’affaire Skripal, pour défendre «les intérêts nationaux, européens et de l’Otan», mais aussi pour faire preuve d’«autonomie, de prudence et de fermeté».

Grèce

Les autorités grecques n’ont pas encore pris de décision concernant l’expulsion de diplomates russes en lien avec l’attaque de Salisbury du 4 mars.

Monténégro

Le Monténégro se prononcera mardi ou mercredi sur les mesures à prendre à l’égard des diplomates russes sur fond de l’affaire Skripal, a déclaré le Premier ministre de la république Dusko Markovic. Intervenant mardi devant les journalistes à Bar, le Premier ministre n’a pas pu bien indiquer la ville britannique où ont été retrouvés l’ex-agent double Sergueï Skripal et sa fille. Toutefois, il a rappelé que le Monténégro avait des engagements vis-à-vis de l’Otan en tant que candidat à l’adhésion.

Un ancien colonel des services de renseignement militaires russes, Sergueï Skripal, et sa fille Ioulia ont été retrouvés inconscients le 4 mars dernier aux abords d’un centre commercial de Salisbury. Une semaine plus tard, la Première ministre britannique, Theresa May, a accusé la Russie d’être derrière l’empoisonnement des Skripal, sans toutefois présenter de preuves tangibles pour appuyer ses allégations, avant d’expulser 23 diplomates russes du Royaume-Uni.

https://fr.sputniknews.com/international/201803271035699915-expulsion-diplomates-campagne-abstentions/