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COP24 : la négociation finale s’annonce difficile et décevante

COP24 : la négociation finale s’annonce difficile et décevante

14 décembre 2018 / Dorothée Moisan et Sadak Souici (Reporterre)

Au 11e et avant-dernier jour de la 24e conférence climatique des Nations unies, la négociation se tend à mesure que l’horloge tourne. L’esprit de l’accord de Paris est bien retombé, et il s’agit en fait de limiter la casse. Quant aux ministres français, ils sont tout simplement… absents.

Tous les jours, notre envoyée spéciale vous raconte les coulisses, les anecdotes et les coups de théâtre de la COP24, qui se déroule en Pologne, du 2 au 14 décembre. L’intégralité du journal est à retrouver ici.


  • Katowice (Pologne), envoyée spéciale

« Merci de noter qu’une fois la COP24 officiellement terminée, tous les membres des médias devront quitter les lieux dans les trois heures » : message reçu ce matin dans ma boîte à courriels, la fin de la COP approche… Nous sommes désormais au 11e jour des négociations ici à Katowice et après les échauffements de la première semaine, le moteur onusien tourne à plein régime. Objectif : réussir d’ici vendredi soir à décrocher non seulement un accord, mais surtout un accord ambitieux.

Même si certains États, notamment les États-Unis, continuent à bloquer les négociations, la plupart des observateurs ne doutent pas qu’un accord sera trouvé. « Deux-trois jours avant la fin, c’est toujours comme ça, c’est le mélodrame, on a l’impression que ça va planter. Et puis, ça finit toujours par aboutir », me dit un diplomate européen, grand habitué des COP. La question est plutôt de savoir quand – la COP24 se termine officiellement vendredi soir mais, vu le retard accumulé, il est d’ores et déjà quasi certain qu’elle se prolongera samedi –- et comment. L’idéal serait que trois volets aboutissent :

  • primo la publication d’une notice claire et ambitieuse de l’Accord de Paris, le fameux rulebook, qui permette d’appliquer l’accord climatique avec efficacité à travers le monde ;
  • secundo l’engagement des États à relever d’ici 2020 leurs objectifs de réductions des émissions de gaz à effet de serre (les Nationally determined contributions, NDC) ;
  • et tertio la promesse par les pays développés de nouveaux financements pour aider les pays en voie de développement, plus vulnérables au changement climatique.

Jeudi 13 décembre, les appels se sont multipliés pour convaincre les États les plus riches de relever leur ambition sur ces trois volets. Jennifer Morgan, de Greenpeace, a rappelé les dirigeants à leurs responsabilités. « Les gens, les a-t-elle prévenu, n’attendent plus un consensus mondial, ils poursuivent leurs gouvernements, ils poursuivent les grands compagnies pétrolières, ils bloquent des routes et des ponts, ils organisent des grèves à l’école, et ce n’est que le début. Plutôt que de vides promesses, nous avons besoin que les États réhaussent leur ambition ». La jeune Suédoise Greta Thunberg, qui depuis le début de la COP se dépense sans compter pour médiatiser la cause climatique, s’est quant à elle chargée de convaincre les plus jeunes : dans un message posté sur les réseaux sociaux, elle a appelé enfants et ados à faire vendredi, comme elle-même depuis plusieurs mois, la grève de l’école et à se rassembler devant leur « Parlement ou [leur] gouvernement local » pour faire pression.

La jeune Suédoise Greta Thunberg.

De leur côté, les 48 pays les plus vulnérables regroupés au sein du Climate Vulnerable Forum (CVF) -– dont certains sont menacés de disparaître sous les mers –- ont appelé leurs homologues à sauver la COP d’« une issue médiocre ». « Nous ne sommes pas prêts à mourir. Nous n’avons pas l’intention de devenir la première victime du changement climatique », a dit l’ancien président des Maldives, Mohamed Nasheed.

Depuis dix ans qu’il assiste aux conférences internationales sur le climat, « rien ne semble avoir changé », regrette-t-il. « On utilise toujours le même langage, un langage de dinosaure. […] Le problème, c’est qu’on continue à demander aux gros pollueurs de cesser de polluer mais sur des fondements éthiques, et ils ne nous écoutent pas. » Pour cesser ce dialogue de sourds, il propose de changer radicalement d’approche : « Plutôt que de leur demander des réductions, peut-être devrions-nous leur demander des hausses », autrement dit d’augmenter leurs investissements dans les énergies propres. « Alors ils cesseront d’utiliser des énergies fossiles. […] Demandons des choses positives plus que des choses négatives, les investissements augmenteront et les émissions diminueront. »

Le pavillon de la Russie.

Le Maldivien a ensuite brocardé les « quatre pays qui nous prennent en otage », sous-entendu les États-Unis, la Russie, le Koweït et l’Arabie Saoudite, qui s’opposent à ce que la COP24, dans sa décision finale, « salue » (welcome) le rapport du Giec sur les 1,5 °C, préférant qu’elle en « prenne note » (note), une expression insuffisante aux yeux des pays insulaires et de l’Union européenne. Le royaume saoudien va jusqu’à contester les conclusions scientifiques du rapport : « Il vous montre uniquement les opportunités » qu’il y a à lutter contre le changement climatique mais « il ne vous en montre pas le coût », dénonce dans une interview au site Carbon Brief le délégué saoudien à la COP.

Le rapport du Giec toujours contesté par l’Arabie saoudite, les États-Unis et la Russie

Cette question de vocabulaire peut sembler cosmétique, mais elle revêt une grande importance car elle créera un précédent : quel avenir pour la lutte climatique si les États ne reconnaissent pas que la science est fondamentale et doit guider leur action ?

En fait, il n’y a pas vraiment 4 pays bloqueurs et 192 pays qui marcheraient tous main dans la main vers un accord idéal comme le laisse entendre Mohamed Nasheed. C’est le cas pour qualifier le rapport du Giec, mais pas sur la question du rulebook ou sur celle des financements.

De nombreux pays comme l’Inde, l’Afrique du Sud ou des pays en voie de développement craignent que les pays riches, en tête desquels les États-Unis et l’Australie, ne rabotent les financements : en volume, mais aussi en qualité. Certains s’inquiètent ainsi de la tendance croissante des pays développés à se défausser sur les investisseurs privés. Une question cruciale reste celle des pertes et préjudices (loss and damage) que les pays en voie de développement veulent absolument voir apparaître dans le rulebook, pour s’assurer qu’à l’avenir, les pertes irréversibles causées chez eux par des événements extrêmes seront prises en compte en tant que telles, et non pas incluses dans d’autres fonds, dédiés à l’adaptation au changement climatique.

Les économies émergentes (Brésil, Inde, Chine et Afrique du Sud) insistent quant à elles sur la flexibilité. Depuis les premières négociations climatiques en 1992, un principe important est celui des responsabilités communes mais différenciées (CBDR en anglais). En gros, cela signifie que les États sont tous responsables du réchauffement climatique, mais que leurs efforts doivent être modulés en fonction de leur responsabilité historique – les pays les plus anciennement industrialisés doivent faire plus – et des moyens dont ils disposent. Une fois que les États auront fixé leurs NDC, ils devront ensuite régulièrement évaluer leurs avancées. Ce que réclament les pays du Sud, c’est une flexibilité dans ces évaluations car ils jugent qu’ils n’auront pas les moyens financiers et techniques pour bien les faire. Mais un coup de théâtre survenu jeudi soir pourrait changer la donne : la Chine a annoncé qu’elle renonçait à cette exigence et acceptait d’obéir aux mêmes règles que les pays développés sur ce point.

Aucun ministre français dans le round final !

Une Coalition pour une haute ambition a été lancée mercredi par quelque 70 États, dont 11 Européens parmi lesquels la France et l’Allemagne. Elle ne réunit qu’un tiers des pays signataires de l’accord de Paris, alors que la coalition similaire lancée en 2015 comptait 118 nations, dont les 28 pays de l’UE.

L’Europe est très en retrait. Et la France brille par son absence ! Ni le ministre de la Transition écologique François de Rugy, ni la secrétaire d’État Brune Poirson — partie précipitamment mardi soir en raison de la crise des Gilets jaunes –- ne sont présents à Katowice ? Sans doute une première dans toute l’histoire des COP.

Jeudi soir, la présidence polonaise — critiquée par de nombreux observateurs pour son « inertie » et son échec à créer une dynamique ministérielle -– a enfin fini par publier un nouveau texte. Peu avant minuit, des experts commençaient à le décrypter, tout en se frottant les yeux, déjà gonflés de fatigue. Si certains points leur semblaient positifs, d’autres au contraire suscitaient leur inquiétude, comme la question des pertes et préjudices -– dont le traitement allait selon eux « décevoir les petites îles et les pays en voie de développement » — ou l’article 6, bourré de crochets, sur l’utilisation des marchés carbone et autres moyens de coopération. C’est sur cette base que les ministres devaient commencer vendredi à livrer bataille.


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« Un désastre » : le nouveau barrage de la Turquie va submerger des milliers d’années d’histoire

Cette année, des villages et des sites antiques seront inondés par le nouveau barrage d’Ilısu, en Turquie. En Irak, il menace aussi l’un des plus grands sites culturels et écologiques de la planète

Un homme aide un enfant à marcher sur des planches pour rejoindre un « café » sur les eaux du Tigre, surplombé par Hasankeyf (AFP)
Kieran Cooke's picture
4 janvier 2019
Dernière mise à jour :
04 janvier 2019

Des milliers de personnes seront déplacées et leurs moyens de subsistance menacés. Certains des plus précieux trésors archéologiques du monde seront définitivement perdus. En Irak, les graves problèmes de pénurie d’eau vont encore s’aggraver.

Après des années de retards et, selon la rumeur, d’importants dépassements de budget, les ingénieurs achèveront prochainement les travaux du barrage d’Ilısu, dans le sud-est de la Turquie, à une courte distance de la frontière méridionale du pays avec l’Irak et la Syrie, et commenceront à remplir un réservoir de 400 km de long s’étendant le long du Tigre.

Les habitants de la zone, principalement des citoyens kurdes de Turquie, et ceux qui vivent de l’autre côté de la frontière, en particulier en Irak, observent la situation et attendent avec anxiété.

Le barrage d’Ilısu, d’une puissance de 1 200 mégawatts, large de près de deux kilomètres et d’une hauteur de 130 mètres, est une pièce maîtresse de ce qui est connu en turc sous le nom Güneydoğu Anadolu Projesi (GAP), ou projet d’Anatolie du sud-est.

Ankara affirme que le barrage est essentiel pour permettre le développement de l’une des régions les plus pauvres de Turquie. Il fournira de l’électricité pour les ménages, l’agriculture et l’industrie et créera des milliers d’emplois indispensables.

Dans un communiqué, le ministère turc des Affaires étrangères fait également état d’avantages pour l’environnement, notamment l’augmentation des réserves d’énergie propre et la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre.

De plus, il assure que les militants ont exagéré le nombre de villages et d’habitants qui seront touchés par le projet.

Les responsables turcs ont également cherché à répondre aux préoccupations concernant l’impact du barrage sur l’approvisionnement en eau de l’Irak.

En juin et octobre dernier, des responsables avaient déclaré que les projets concernant le remplissage du réservoir avaient été retardés en réponse aux préoccupations exprimées par l’Irak.

Mais beaucoup s’inquiètent encore vivement.

« L’ensemble du projet est un tel désastre, c’est si terrible », confie à Middle East Eye Ulrich Eichelmann, PDG de Riverwatch, une ONG basée à Vienne qui participe depuis de nombreuses années à une campagne internationale contre le projet d’Ilısu.

« Dans le sud-est de la Turquie, il submergera des milliers d’années d’histoire et en Irak, il menace des régions telles que les marais du sud du pays, l’un des plus grands sites culturels et écologiques de la planète. »

« C’est incroyable de penser que cela se produit au XXIsiècle. »

Des sites antiques sous l’eau

La ville de Hasankeyf, à environ 80 kilomètres en amont du barrage d’Ilısu, a 12 000 ans et est l’une des plus anciennes colonies du monde, toujours habitée, jadis étape sur la célèbre route de la soie.

Une fois le réservoir du barrage rempli, une grande partie de Hasankeyf, ainsi que certains de ses monuments antiques et des grottes néolithiques creusées dans les rives du Tigre, se retrouveront engloutis sous plus de 30 mètres d’eau.

D’autres villages et colonies le long du fleuve risquent de disparaître.

Vue d’ensemble de la ville antique de Hasankeyf au bord du Tigre (Reuters)

Les 3 000 habitants de Hasankeyf sont invités à s’installer dans de nouvelles maisons construites au-dessus de la ville existante. De nombreux habitants s’y opposent, affirmant que non seulement leur maison, mais des revenus tributaires du tourisme disparaîtraient.

« Les personnes qui n’ont pas de passé ne peuvent pas déterminer leur avenir », a déclaré l’an dernier un membre local du groupe de campagne de l’initiative Save Hasankeyf à DW, le média allemand.

« Ils ne détruisent pas seulement notre passé, mais également notre avenir en nous privant de cette source de revenus et de ce patrimoine. »

Les autorités turques sont en désaccord, affirmant que le réservoir attirera de nouveaux touristes dans la région, parmi lesquels des plongeurs désireux d’explorer les ruines submergées.

Ils ont également relogé plusieurs bâtiments et monuments historiques. Plus tôt ce mois-ci, des travaux ont débuté pour déplacer la dernière section de la mosquée Eyyubi, construite il y a 600 ans, dans un nouveau parc culturel de Hasankeyf au-dessus du niveau de l’eau.

John MacGinnis, archéologue basé au British Museum de Londres, faisait partie d’une équipe internationale qui a travaillé pendant de nombreuses années sur les fouilles archéologiques de Ziyaret Tepe, à environ 160 kilomètres en amont du barrage d’Ilısu.

« D’un point de vue archéologique, ce qui se passe est un désastre »

– John MacGinnis, archéologue

La majeure partie du site de Ziyaret Tepe, autrefois connu sous le nom de Tushan, sera inondée lors du remplissage du réservoir d’Ilısu.

Dans l’antiquité – il y a 2 800 ans – la colonie était une capitale provinciale de l’empire assyrien, un royaume centré sur le dénommé « croissant fertile » entre le Tigre et l’Euphrate et le plus grand empire que le monde ait jamais connu à l’époque.

« Toute cette zone fait partie d’une région où la civilisation est née et où il y a tellement de sites à explorer et autant de matériaux à analyser et à mettre au jour », souligne MacGinnis.

« Le problème, c’est qu’une grande partie des travaux de construction assyriens était faite d’argile et de boue – qui ne survivront pas sous l’eau et seront perdus à jamais. D’un point de vue archéologique, ce qui se passe est un désastre. »

Crise monétaire

La région autour d’Ilısu et de son réservoir s’est militarisée. Des rumeurs circulent, selon lesquelles le gouvernement aurait l’intention de se servir du barrage afin d’exercer un contrôle accru sur la population locale, principalement kurde.

Par le passé, le président Recep Tayyip Erdoğan a accusé des opposants à des projets de construction de barrages de soutenir le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation interdite que la Turquie considère comme terroriste.

Depuis le début des travaux sur le projet Ilısu en 2006, celui-ci est également sujet à controverse et à des retards considérables.

Des gouvernements étrangers ont refusé des crédits à l’exportation. En 2009, des entreprises étrangères se sont retirées du projet en raison du non-respect par la Turquie de divers critères contractuels en matière d’environnement et autres, et de la pression exercée par des ONG locales et internationales.

Les banques étrangères ayant refusé de soutenir le projet, le gouvernement a fait pression sur les banques turques pour qu’elles apportent des fonds.

Une crise sur le marché financier turc plus tôt cette année, avec la chute de la valeur de la lire, a entraîné des retards et des dépassements de coûts pour un certain nombre de projets gigantesques et prestigieux entrepris par le gouvernement d’Erdoğan.

Le coût du barrage d’Ilısu est officiellement évalué à 1,5 milliard de dollars, bien que des observateurs estiment que la facture finale pourrait être considérablement plus élevée. Ses détracteurs se plaignent de l’absence de transparence concernant le financement du projet et la manière dont les différents contrats ont été attribués.

« Puissance hydro-hégémonique »

L’année dernière, en plein milieu de la pire sécheresse qu’a connue l’Irak depuis 80 ans, les niveaux d’eau du Tigre en Irak, en aval du barrage d’Ilısu, ont atteint des gouffres sans précédent.

Pour la première fois de mémoire d’homme, les habitants de Bagdad ont découvert qu’ils pouvaient traverser la rivière à pied. Les niveaux de l’eau sur l’Euphrate ont également chuté de façon spectaculaire.

Une grave crise de l’eau s’est développée, l’agriculture dans le sud de l’Irak étant particulièrement touchée.

À eux deux, le Tigre et l’Euphrate fournissent plus de 90 % de l’eau en Irak. La pollution des deux fleuves augmente à mesure que les pesticides et les engrais utilisés dans les projets d’irrigation en Turquie et en Irak refluent dans le réseau hydrographique.

L’Irak n’a pas tardé à reprocher à la Turquie ses problèmes d’eau estivaux.

Chez les universitaires qui écrivent sur les conflits transfrontaliers liés à l’eau, la Turquie sert d’exemple de « puissance hydro-hégémonique », citant le projet GAP comme « exemple parfait » de « grande infrastructure permettant de capturer des ressources et de modifier de manière significative la nature de la rivalité concernant l’eau au profit du constructeur ».

Les responsables turcs ont toutefois souligné qu’ils souhaitaient s’assurer que l’eau soit partagée de manière « équitable, raisonnable et optimale ».

Ils soutiennent également que le barrage permettra de gérer et de contrôler le débit de l’eau de manière à ce que cela profite à la fois à la Turquie et à ses voisins.

Des enfants vont chercher de l’eau dans un affluent du Tigre, près de Mossoul, en 2017 (AFP)

Au cours de l’été, des responsables turcs ont déclaré que le gouvernement avait accepté de reporter le remplissage du barrage d’Ilısuen réponse aux préoccupations de l’Irak.

Fatih Yildiz, ambassadeur d’Ankara à Bagdad, a déclaré que la décision avait été prise par Erdoğan lui-même.

« À partir de ce moment, les eaux du Tigre sont transférées en Irak sans en toucher une goutte à Ilısu », a écrit Yildiz sur Twitter.

Mais les hydrologues soulignent qu’il s’agissait d’un geste vide de sens à maints égards : pendant les mois d’été, lorsque l’annonce a été faite, peu d’eau était disponible pour le remplissage.

À LIRE ► Hasankeyf, la ville de 12 000 ans que la Turquie veut engloutir

La Turquie ne devrait probablement commencer ses activités à Ilısu qu’après la fonte des neiges, au printemps, à la source du Tigre.

La cause de la sécheresse en Irak et du niveau excessivement bas du Tigre n’est pas imputable exclusivement au barrage d’Ilısu.

L’Iran a également construit un certain nombre de barrages sur des affluents qui se jettent dans le Tigre, détournant de l’eau pour ses propres projets agricoles.

L’Irak s’inquiète plus particulièrement de la construction en Iran du barrage à grande échelle de Daryan.

L’Irak est en guerre ou sous le coup de sanctions économiques paralysantes depuis près de 30 ans. Il est encore en train de se rétablir après avoir vu environ un tiers de son territoire, y compris le barrage de Mossoul, envahi en 2014 par des combattants du groupe État islamique (EI), en retrait depuis l’an dernier, mais qui continuent de menacer la sécurité.

Une grande partie de ses infrastructures, y compris les systèmes d’approvisionnement en eau, ont été détruites. La corruption et une mauvaise gestion chronique ont également contribué aux pénuries d’eau.

Le changement climatique pourrait rendre les barrages inutiles

Avec la perspective du changement climatique, toute la région risque d’être confrontée à un avenir dans lequel les températures vont probablement grimper et les précipitations diminuer, ce qui entraînera de nouvelles baisses du niveau des rivières.

L’Irak est considéré comme le pays du Moyen-Orient le plus vulnérable au changement climatique.

Une grande partie du sud du pays est déjà en train de s’assécher, notamment les célèbres marais autour de Bassora, qui abritent une civilisation unique et un site du patrimoine mondial de l’UNESCO. L’augmentation de la salinité empoisonne les réseaux hydrographiques et les terres.

Pendant l’été 2018, l’Irak a connu, de mémoire d’homme, sa pire sécheresse (Reuters)

Les changements climatiques pourraient également avoir de graves conséquences sur le barrage d’Ilısu et sur l’ensemble du projet GAP en Turquie.

« Les barrages sont construits sur la base de certaines projections concernant les débits d’eau et les précipitations dans leurs bassins versants », explique un climatologue qui a souhaité rester anonyme en raison des sensibilités inhérentes aux recherches dans la région.

« Et si les chutes de neige diminuaient dans les montagnes du Taurus et du Zagros en Turquie, lesquelles alimentent les niveaux d’eau dans l’Euphrate et le Tigre ? Et si la température continue d’augmenter et que l’évaporation dans les réservoirs s’accélère ? »

« Alors, tous les bâtiments du barrage, les inondations de terres, les déplacements de population et la submersion de civilisations antiques – cela aura en grande partie été vain. »

 

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/un-d-sastre-le-nouveau-barrage-de-la-turquie-va-submerger-des-milliers-d-ann-es-d

Quand Cousteau se plaignait : « On commence à me casser les oreilles avec cette histoire de CO2 »

Un beau témoignage de l’époque de l’insouciance quant à l’avenir…

Source : Terraeco, 09-12-2012

Cet échange musclé entre Cousteau et Tazieff montre qu’il n’y pas si longtemps encore l’idée d’un changement climatique dû à l’activité humaine était impensable, même pour les plus avertis.

En 1979, on s’inquiétait déjà des risques de réchauffement climatique. La preuve avec cette vidéo – trouvée au hasard de pérégrinations sur le site de l’INA – dans laquelle le vulcanologue Haroun Tazieff est interrogé par des téléspectateurs dans l’émission Les dossiers de l’écran, diffusée en septembre 1979 sur Antenne 2.

Le téléspectateur – dont la question a été choisie par Antenne 2 ce qui reflète donc une inquiétude partagée à l’époque – craint que ce soit « l’activité des volcans » qui « fasse fondre la Grande banquise » et « grimper le niveau de la mer ». « Ce ne sont pas les volcans qui le feront(détruire la Grande banquise, ndlr), ce qui peut le faire c’est la pollution industrielle », répond Haroun Tazieff. « La pollution industrielle émet des quantités de produits chimiques dont une énorme quantité de gaz carboniques », détaille le vulcanologue, aidé par son voisin glaciologue Claude Lorius sur le chiffrage du problème.

« C’est un baratin ça. L’histoire du CO2, c’est entendu, c’est vrai on en fabrique beaucoup, mais il y a quand même des correcteurs automatiques », rétorque le Commandant Cousteau.

« Vous êtes en train de paniquer les populations »

S’en suit un débat animé sur le plateau. Tazieff craint un effet de serre et un réchauffement de deux ou trois degrés de la température générale qui entraînerait une montée des eaux et une noyade de toutes les côtes basses. « Vous êtes en train de paniquer les populations », craint le présentateur Jérôme Pasteur, qui anime le débat. Claude Lorius juge lui aussi le point le vue de Tazieff « catastrophique ». « L’industrie vient jeter le trouble sur les grands rythmes naturels », se défend Haroun Tazieff. Mais Cousteau clôt l’échange : « Le risque ne vient pas tellement du CO2, on commence à me casser les oreilles avec cette histoire de CO2, il y a des risques bien plus graves. »

Cette archive dit beaucoup sur ce que l’on savait du réchauffement climatique il y a seulement trente ans : vraiment pas grand-chose. Même les scientifiques et les lanceurs d’alerte de l’époque – qui ne portaient pas encore ce nom – ne pouvaient estimer l’importance des modifications à venir sur le climat. On mesure l’immensité du chemin parcouru depuis, malheureusement beaucoup trop lentement. Dans un rapport paru il y a un an, l’Agence internationale de l’énergie estimait qu’il ne reste plus que cinq ans si l’on veut avoir une chance de limiter le réchauffement climatique à « seulement » 2 degrés d’ici 2050. En 2017, il sera trop tard et notre dernière chance sera « perdue à jamais ».

Source : Terraeco, 09-12-2012


EDIT : comme ça se déchaîne encore en commentaires, je vous renvoie sur ce billet sur les marchands de doute dont sont tiré ces graphes (avec leurs sources). Le premier donnant la vision du réchauffement climatique d’origine humaine par les climatologues spécialisés :

97 % des climatologues spécialisés ne doutent donc pas du réchauffement…

Et sur cette intéressante vidéo de Jancovici :

Mais à la demande générale, j’essaierai de vous faire un petit truc synthétique sur le sujet pour demain… 🙂

95 réponses à Quand Cousteau se plaignait : « On commence à me casser les oreilles avec cette histoire de CO2 »

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L’optimisation du puits de carbone forestier démarre doucement en France

L’optimisation du puits de carbone forestier démarre doucement en France

Cet article fait partie de l’édition spéciale Les forêts, une arme contre le changement climatique.

La filière bois-énergie est un atout essentiel de la France pour atteindre neutralité carbone en 2050. Mais l’éclatement de la surface forestière représente un obstacle majeur.

Des milliers de chênes, hêtres, bouleaux, sapins et autres essences plus improbables rendent chaque jour un grand service à l’Hexagone. La forêt française capte entre 12 et 14 % des émissions de CO2 du pays.

Un chiffre en progression, en raison de la hausse de la surface globale des forêt (27 millions de m3 de bois supplémentaire chaque année selon l’inventaire de l’IGN*), favorisée par la faible rentabilité de l’agriculture. En sus, la France prélève environ 61 millions de m3 de bois dans ses forêts, dont 53 sont véritablement utilisés, en raison de pertes lors de la récolte

La forêt française  occupe le 3ème rang européen derrière l’Allemagne et la Suède : sa surface est aujourd’hui équivalente à celle du Grand Siècle. Et la masse de CO2 captée s’en ressent, logiquement.

L’ambition climat de la France s’arrête à l’orée du bois

Ambitieuse en apparence sur son ambition climatique, la France semble jouer un jeu trouble sur le rôle des forêts face au changement climatique.

Tout ne va pourtant pas au mieux dans le meilleur des mondes. Vieillotte et très fragmentée, la forêt française est à la fois mal gérée, peu exploitée et très exposée aux aléas en raison de sa densité anarchique.

Plus de la moitié de la forêt laissée à l’abandon

« Les forêts vraiment bien gérées, ce sont les forêts domaniales, qui appartiennent à l’Etat. Ce sont les anciennes forêts des rois de France qui y organisaient des chasses à courre ! Mais elles ne représentent que 10 % de la forêt française », précise Jean-François Dhôte, chercheur à l’INRA, qui regrette que seulement 30 à 40 % des forêts françaises soient exploitées.

Les forêts privées, soit 75 % de la sylviculture, sont gérées de façon assez aléatoire, voire pas du tout, le solde (15 %) relevant de la responsabilité des municipalités, qui s’occupent plus ou moins de leurs arbres.

Or, contrairement à l’idée assez romantique de la forêt primaire idéale qu’il faudrait laisser en l’état, les spécialistes s’inquiètent de ces 60 % d’arbres laissés à l’abandon. Le moindre champignon, insecte dévastateur, ouragan, incendie ou autre changement de température risque en quelques années de détruire ce puits de carbone, pourtant indispensable.

La France s’est fixé comme objectif la neutralité carbone en 2050. Si la forêt défaille, l’objectif passera d’ambitieux à irréalisable. Pour arriver à des émissions nettes nulles, la forêt et l’agriculture représentent les seuls secteurs à même de capter le carbone résiduel. L’urgence est donc d’optimiser leur capacité d’absorption.

Cette urgence climatique a paradoxalement permis de vaincre un tabou sur l’exploitation de la forêt en France : la filière bois-forêt a fait l’objet d’un effort de promotion et de réglementation, qui s’est traduit par un décret en 2016. Et le ministère de la transition écologique travaille sur une stratégie largement plus ambitieuse, qui incite à une meilleure exploitation du bois.

Un arbre sur 3 finit en bûche

« En France, ça n’a pas de sens  d’importer du bois ! » confirme Cyril Brulez, chargé de recherche territoire et climat chez I4CE. La filière ne parvient pas pour l’heure à récolter la totalité de l’accroissement annuel, loin s’en faut. Comme les autres spécialistes de la forêt, Cyril Brulez rappelle que l’exploitation du bois est légitime si la forêt est exploitée selon les principes de gestion durables, définis lors de la conférence d’Helsinki, à savoir que le bilan carbone de la forêt est constant : tout arbre coupé est replanté. Si un arbre sur trois finit en bûches ou en pellets en France, le CO2 qu’il émet en brûlant s’équilibre par celui qui est capté par les arbres en cours de croissance.

«Il faut privilégier l’usage du bois en cascade : pour chaque arbre, il faut trouver le bon usage. Un arbre de qualité, qui peut servir à faire du bois d’œuvre, ne devrait pas servir à alimenter la production de bois énergie, ou seulement ses petites branches », précise Cyril Brulez, qui travaille sur les stratégies pour améliorer le bilan carbone de la filière forêt-bois. Augmenter les performances du bois énergie et ainsi leur pouvoir de substitution, avec des chaufferies optimisées, et en veillant à ne brûler que du bois très sec peut améliorer le bilan carbone général.

Le bois-énergie présente une durée de vie très courte, le bois utilisé dans l’industrie pour des palettes ou du papier entre 5 et 7 ans, et le bois pour la construction et les meubles a une durée de vie moyenne de 40 ans.

Valoriser le CO2 pour motiver les propriétaires

D’où l’intérêt de substituer les matériaux : les bois denses, qui séquestrent plus de carbone par mètre cubes, doivent être utilisés pour la construction parce que c’est là que le carbone sera stocké le plus longtemps. Et « en amont de la filière, il faut optimiser la gestion de la forêt avec des coupes adaptées et des essences parfois différentes », assure Cyril Brulez.

Des expériences sont d’ailleurs menées actuellement pour évaluer précisément le carbone évité par des stratégies de coupes, qui permettent de transformer des forêts . De « taillis », où le manque de lumière du à la densité ralentit parfois la pousse des arbres, des forêts sont transformées en « futaies », où poussent moins d’arbres, mais plus vite, et qui termineront plus grands.

En Lozère, à Margeride, un programme de reboisement nécessité par la destruction d’arbres par des neiges lourdes est en cours, co-financé par le Feder et la Poste, avec le concours d’I4CE. Le CO2 supplémentaire qui sera capté grâce au projet va être mesuré, puis vendu sur le marché volontaire. Et c’est ce type d’incitation financière qui pourrait faire évoluer la situation de la forêt. A 5 euros la tonne, le marché volontaire présente un prix modeste, mais pas négligeable, et certains projets ont des primes en raison des co-bénéfices qu’ils génèrent (sur l’emploi, l’environnement, la biodiversité) .

Du côté des ONG, la question de la spéculation sur les terrains qui pourraient s’ensuivre fait l’objet de toute l’attention du CCFD par exemple, qui s’inquiète d’un regain d’intérêt trop poussé pour les forêts.«Il faut faire attention à ne pas légitimer l’action des pollueurs. Et à ne pas encourager les émissions d’autres gaz à effet de serre : l’agriculture émet surtout du méthane et du protoxyde d’azote, qui ont une durée de vie dans l’atmosphère différente du CO2. Donc il n’y a pas de compensation par la forêt, si on capte du C02 le méthane reste », prévient Anne-Laure Sablé au CCFD. La spécialiste travaille notamment sur l’initiative de la France appelée « 4 pour 1000 », qui veut optimiser la captation du carbone par les sols y compris forestiers. « Si l’on se penche sur cette question en particulier, on s’aperçoit que le sol forestier qui capte le plus de CO2 sera celui d’une forêt restée en forêt depuis longtemps » prévient-elle.

L’initiative ‘4 pour 1000’ veut réconcilier climat et agriculture

La France soutient d’arrache-pied ce concept d’agro-écologie qui veut réintégrer le CO2 dans les sols. Une idées soutenue par les grands pays agricoles de l’UE.

Bois énergie et gratte-ciel, des usages complémentaires ?

En revanche, l’opportunité de recourir au bois énergie fait moins débat en France qu’ailleurs. Par crainte de voir des forêts ratiboisées et non replantées, ce qui a déjà été constaté notamment dans les pays de l’Est, certaines ONG s’opposent frontalement au fait de brûler du bois. Chez FERN, le recours au bois énergie largement plébiscité par le Parlement européen mi-janvier lors de la révision de la directive sur les énergies renouvelables, est  jugé « absurde », alors que pour le WWF, « le bois, c’est du charbon jeune ».

Des positions en perte de vitesse si l’on en croit la filière de construction bas carbone en voie de développement en France, qui fait la part belle au bois, y compris pour des immeubles de type gratte-ciel. Une option imbattable pour limiter les émissions de CO2 du secteur de la construction : une quinzaine d’immeubles de haute taille sont actuellement en construction sur le territoire français (cf photo).

*un mètre cube de bois = une tonne de carbone = 3,66 tonnes de CO2

Plus d’information

COP23, Macron livre un discours offensif pour le climat

21.11.2017

COP23, Macron livre un discours offensif pour le climat

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Par Boris Le Ngoc, SFEN

Leadership climatique, pragmatisme et volontarisme, le président Macron a mis en avant ses priorités pour le climat à la COP23 et plaidé pour l’« abandon des fétiches irréalistes ».

S’appuyant sur le manifeste des 15 000 scientifiques sur l’urgence climatique et environnementale, le président de la République Emmanuel Macron a averti que « Le seuil de l’irréversible a été franchi. Les évènements climatiques s’intensifient et se multiplient. La France l’a vécu aux Antilles il y a quelques semaines, sur l’île de Saint-Martin. »

 

Quatre priorité

La France, a expliqué Emmanuel Macron, a quatre priorités en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

La première, c’est celle des « interconnexions » en Europe. En septembre dernier, lors de son allocution à la Sorbonne, le chef de l’Etat avait plaidé pour le développement des interconnexions : « Parce qu’à certaines saisons, là où le renouvelable se produit en masse, nous devons en faire bénéficier toute l’Europe. À d’autres moments, là où l’énergie nucléaire est indispensable, peu carbonée, pas carbonée et à bas coût, nous devons aussi la mutualiser. Nous aurons un marché européen de l’énergie qui fonctionne mieux si nous développons enfin de manière accélérée ces interconnexions. » Grâce à une production massive et programmable ainsi que de part sa position géographique stratégique, la France participe activement à la stabilisation de la plaque électrique d’Europe de l’Ouest. Ce rôle est appelé à grandir dans les années à venir avec l’essor des énergies renouvelables intermittentes.

Deuxième priorité, « avoir un prix plancher du CO2 en Europe, (…). Un vrai prix à 30 euros la tonne. » L’exemple britannique a en effet montré qu’une telle mesure permet de fermer très rapidement les centrales de production les plus polluantes, en particulier au charbon, et de rémunérer les plus vertueuses, nucléaire et renouvelables en tête, pour favoriser leur essor.

Avec la troisième priorité, visant à « l’intégration des objectifs environnementaux dans notre politique commerciale », ces axes prioritaires nécessiteront un accord au niveau européen dans lequel le président semble prêt à s’engager. Enfin, la dernière priorité vise à « travailler sur l’accélération de la montée des énergies renouvelables. » 

Prétendre que nous devrions accélérer les fermetures de centrales nucléaires sans avoir répondu préalablement à cela, c’est nous condamner dans les prochaines années à rouvrir des centrales à charbon

Les « fétiches irréalistes »

Le Président est revenu sur l’annonce le 8 novembre par Nicolas Hulot concernant le repport de la réduction de la part du nucléaire : « que personne ne se trompe ici, prétendre que nous devrions accélérer les fermetures de centrales nucléaires sans avoir répondu préalablement à cela, c’est nous condamner dans les prochaines années à rouvrir des centrales à charbon ou des centrales thermiques. Et donc faire l’inverse de ce que nous sommes en train de nous engager à faire. »

Emmanuel Macron a surtout fustigé, sans les nommer, les « fétiches irréalistes » : « Le plan climat qui a été présenté par le ministre est un plan courageux. Aucun recul sur notre engagement sur le climat n’a été fait, au contraire ; des décisions responsables ont été prises qui ont abandonné les fétiches irréalistes mais ont pris avant tout un agenda de décisions crédibles, volontaristes qui supposera l’engagement de tous. »

Enfin, à la tribune de l’UNFCC, le Président de la République a rappelé qu’il concentrerait son action sur l’avènemnt d’une société post-carbone : « Nous nous sommes engagés clairement pour une sortie de la production des énergies fossiles et une vraie transformation de notre modèle de production. Ainsi la France a-t-elle décidé la fermeture de toutes les centrales à charbon d’ici la fin de l’année 2021, l’absence de toute construction de nouvelles centrales thermiques, et surtout à travers un projet de loi hydrocarbure voté à l’Assemblée nationale et qui sera parachevé dans les prochaines semaines, l’interdiction de tout nouveau permis d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures dans notre pays. C’est la première fois qu’un pays développé décide pour son propre territoire d’une telle politique ; nous l’assumons parce que c’est celle qui est indispensable pour être au rendez-vous du climat et de la transition que nous avons actée.»

 

http://www.sfen.org/fr/rgn/cop23-macron-livre-un-discours-offensif-pour-le-climat