Archives pour la catégorie COMMERCE

Amazon devient la plus grosse société cotée du monde, détrônant Microsoft

Amazon devient la plus grosse société cotée du monde, détrônant Microsoft

Par latribune.fr  |   |  343  mots
(Crédits : Reuters)
Le géant américain du commerce en ligne Amazon est devenu l’entreprise privée la plus chère au monde en ravissant à Microsoft la première place à Wall Street. À la clôture des marchés le 7 janvier au soir, la société valait 797 milliards de dollars.

Lundi soir, la société de Jeff Bezos est devenue pour la première fois le numéro un mondial en termes de capitalisation boursière, devançant Microsoft. Sans actualité particulière mais en profitant d’un regain d’optimisme à Wall Street, l’action d’Amazon s’est appréciée de 3,44% lundi, faisant grimper sa valeur boursière à 797 milliards de dollars. Microsoft, avec ses 783 milliards de dollars, perd ainsi la couronne qu’il avait lui-même dérobée à Apple fin novembre.

La performance d’Amazon est toutefois à relativiser

Pour autant, la valeur de l’entreprise a beaucoup reculé depuis qu’elle est parvenue, début septembre, à dépasser le cap des 1.000 milliards de dollars, quelques semaines après Apple. Le petit libraire en ligne fondé en 1994 marquait ainsi avec brio son ascension en un mastodonte de la distribution sur Internet. L’entreprise est aussi devenue entretemps un géant de l’informatique dématérialisée (« cloud« ), un créateur de produits populaires comme les assistants vocaux intelligents Alexa et le gestionnaire d’une populaire plateforme de musique et cinéma via son service Prime.

Grâce à ce succès, Jeff Bezos est devenu l’homme le plus riche au monde selon le classement établi par le magazine Forbes. Sa fortune était estimée lundi à 135 milliards de dollars.

Mais les entreprises du secteur de la technologie ont beaucoup souffert au cours des derniers mois, affectées comme le reste de la place new-yorkaise par les craintes d’un ralentissement de la croissance mondiale.

Apple alerte les investisseurs d’une baisse de son chiffre d’affaires

Le retour sur terre a parfois été brutal, à l’instar de la dégringolade d’Apple. Le groupe, qui avait déjà lâché près de 40% depuis début octobre, a plongé de 10% supplémentaires le 3 janvier après avoir reconnu que ses ventes au dernier trimestre 2018 seraient moins bonnes que prévu, en raison notamment du ralentissement de l’économie chinoise et d’autres pays émergents.

À 702 milliards de dollars, la marque à la pomme est désormais moins valorisée qu’Amazon, Microsoft et Alphabet, la maison mère de Google (748 milliards).

(avec AFP)

https://www.latribune.fr/technos-medias/internet/amazon-devient-la-plus-grosse-societe-cotee-du-monde-detronant-microsoft-803023.html#xtor=EPR-2-%5Bl-actu-du-jour%5D-20190108

Publicités

Trump parle de « grands progrès » dans les négociations commerciales avec la Chine

Trump parle de « grands progrès » dans les négociations commerciales avec la Chine

Donald Trump le 29 novembre 2018 à Washington DC / © AFP/Archives / Brendan Smialowski

Le président américain Donald Trump a évoqué samedi de « grands progrès » dans les négociations commerciales avec la Chine après s’être entretenu par téléphone avec son homologue Xi Jinping.

« Je viens juste d’avoir un long et très bon coup de fil avec le président Xi de Chine. On avance bien vers un accord », a tweeté le milliardaire républicain.

« Si on y arrive, il sera très large et couvrira tous les domaines et tous les contentieux. On fait de grands progrès », a-t-il insisté.

Le milliardaire républicain avait opéré un rapprochement notable avec Pékin et son « ami » Xi Jinping au début de son mandat, mais les relations bilatérales ont depuis été marquées par des hauts et des bas.

Après s’être livré une féroce guerre commerciale, avec une surenchère sur les droits de douane, les deux pays observent une trêve depuis le 1er décembre pour laisser une chance à la négociation.

Les échanges Chine – Etats-Unis / © AFP / Gal ROMA

En marge d’un sommet du G20 en Argentine, Xi Jinping a obtenu un délai de 90 jours, jusqu’au 1er mars, pour l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane punitifs aux Etats-Unis sur les produits chinois.

En contrepartie, la Chine a notamment annoncé qu’elle suspendrait le 1er janvier, pour trois mois, les surtaxes douanières imposées aux voitures et pièces automobiles importées des Etats-Unis, et a passé plusieurs grosses commandes de soja américain.

Selon l’agence Bloomberg, une délégation américaine, menée par le représentant adjoint pour le Commerce Jeffrey Gerrish, se rendra à Pékin pendant la deuxième semaine de janvier pour poursuivre les négociations.

(©AFP / (29 décembre 2018 17h52)

https://www.romandie.com/news/Trump-parle-de-grands-progr-s-dans-les-n-gociations-commerciales-avec-la-Chine/983529.rom

Wall Street s’envole à la clôture pour sa meilleure séance depuis 2009

Wall Street s’envole à la clôture pour sa meilleure séance depuis 2009

New York – Après s’être emballés en fin de séance mercredi, les indices vedette de la Bourse de New York ont enregistré leur meilleure performance depuis 2009, repartant ainsi nettement de l’avant après une chute tout aussi spectaculaire au cours des derniers jours.

Le Dow Jones Industrial Average a bondi de 4,98% ou 1.086,2 points, pour terminer à 22.878,36 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, s’est envolé de 5,84% à 6.554,36 points.

L’indice élargi S&P 500 a gagné 4,96% à 2.467,70 points.

Cette progression correspond surtout à un rebond technique après une période particulièrement chaotique à Wall Street: les indices, après leur pire semaine depuis 2008, s’étaient encore enfoncés lundi et avaient connu leur pire performance jamais enregistrée la veille d’un Noël.

Après une telle débandade, le marché « était franchement prêt pour un rebond », relève Matt Miskin de Manulife Asset Management.

« C’est fou de voir comment les investisseurs peuvent être aussi pessimistes et le lendemain se dire que les choses ne vont pas si mal », ajoute-t-il.

« Fondamentalement, rien n’a changé », abonde Karl Haeling de LBBW.

Dans un marché aux faibles volumes en cette période de fêtes, ce considérable retournement de tendance a été alimenté par la vigueur du secteur de l’énergie, qui a profité de l’envolée de près de 9% du baril de pétrole coté à New York.

Autre élément entraînant: Amazon a gagné 9,45% après avoir indiqué n’avoir jamais envoyé autant d’articles pour les fêtes de fin d’année. Un signal encourageant pour l’ensemble du secteur de la distribution et la consommation des Américains en général.

Quelques grandes stars de la tech étaient aussi à la fête: Facebook s’est apprécié de 8,16%, Apple de 7,04% et Microsoft de 6,83%.

L’état d’esprit du marché a également été rasséréné par des commentaires d’un conseiller de la Maison Blanche, Kevin Hassett, qui a assuré que le poste de Jerome Powell à la présidence de la Banque centrale américaine n’était aucunement menacé.

Des informations de presse avaient évoqué en fin de semaine dernière un possible limogeage du patron de l’institution par Donald Trump, une éventualité redoutée par des investisseurs s’inquiétant déjà de voir partir un à un les responsables considérés comme les plus importants contre-poids aux décisions intempestives du locataire de la Maison Blanche.

Dans ce regain d’appétit pour le risque, le marché obligataire a reculé, le taux d’intérêt sur la dette à dix ans des États-Unis remontant à 2,807%, contre 2,738% lundi à la clôture, et celui à 30 ans à 3,065%, contre 2,993%.

jum/alb/bh

FACEBOOK

APPLE INC.

MICROSOFT

AMAZON.COM

(©AFP / 26 décembre 2018 21h33)

https://www.romandie.com/news/Wall-Street-s-envole-la-cl-ture-pour-sa-meilleure-s-ance-depuis-2009_RP/983081.rom

« Gilets jaunes »: une « véritable catastrophe » pour les petits commerces

« Gilets jaunes »: une « véritable catastrophe » pour les petits commerces

Le mouvement des « gilets jaunes » représente « une véritable catastrophe » pour les petits commerces, a estimé samedi sur France Inter le président de la Confédération des commerçants de France.

« C’est une véritable catastrophe et c’est une véritable catastrophe également psychologique, je pense, j’espère que ce samedi c’est le dernier des derniers pour la manifestation », a déclaré Francis Palombi, président de cette confédération.

La mobilisation s’annonçait plus faible pour le cinquième samedi de manifestations contre les taxes et la vie chère.

M. Palombi a ajouté que les chiffres de ventes « sont très mauvais », précisant que la baisse du chiffre d’affaires était comprise entre « 40% et 70% selon les corporations », qui plus est en pleine saison des achats de Noël, cruciale pour le commerce.

La Confédération des commerçants représente 20 fédérations professionnelles indépendantes, avec des entreprises de moins de 11 salariés ou ne comptant pas de salarié, donc les petites entreprises du commerce et de l’artisanat commercial, a expliqué son président.

Il a appelé les gilets jaunes à « se mettre autour de la table des négociations » et jugé que « le président de la République a fait des propositions non négligeables, des propositions que nous n’avions jamais entendues ».

« C’est une sorte de prise d’otage de l’économie à laquelle nous sommes en train d’assister », a encore dit M. Palombi, appelant les gilets jaunes « à revenir à la raison ».

Il a également rappelé la mise en place par le ministère de l’Economie d’une cellule de crise pour aider les commerçants pénalisés ou victimes de dégradations.

La perte de chiffre d’affaires pour les commerces physiques n’a pas été compensée par une hausse des achats en ligne, a assuré pour sa part samedi le président de la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) au micro de RTL.

« On avait un très bon weekend du Black Friday (le 23 novembre), mais depuis les ventes sont en ligne avec les prévisions, ni plus ni moins, il n’y a pas eu du tout d’explosion des ventes sur internet », a déclaré François Momboisse.

« On a constaté que les gens avaient la tête ailleurs. On avait constaté ça avec les événements dramatiques du Bataclan il y a trois ans quand il n’y avait pas eu d’achats dans les magasins ni sur internet pendant 15 jours », a rappelé le président de la Fevad.

(©AFP / (15 décembre 2018 14h57)

https://www.romandie.com/news/Gilets-jaunes-une-v-ritable-catastrophe-pour-les-petits-commerces_RP/980232.rom

Au beau milieu de la guerre commerciale entre USA et Chine : le multi-alignement économique indien

Au beau milieu de la guerre commerciale entre USA et Chine : le multi-alignement économique indien


Par Andrew Korybko – Le 29 octobre 2018 – Source orientalreview.org

andrew-korybkoL’Inde tire ses marrons du feu de la « guerre commerciale » sino-américaine. Le Times of India signale que New Delhi distingue une opportunité sérieuse pour que les entreprises du pays tirent profit des tensions mondiales sur le commerce enter les deux superpuissances économiques ; cela se concrétise par la mise en place prudente d’une liste de niches que l’économie du pays pourrait occuper face à chacune des deux puissances, pour remplir les vides créés par les nouvelles barrières douanières qu’elles s’infligent l’une à l’autre.

Il s’agit ni plus ni moins de la manifestation économique de la politique indienne dit de « multi-alignement », qui porte sur ce volet économique beaucoup moins à controverse que sur les dimensions politiques et militaires, car il est ici difficile de lire ces mesures comme s’inscrivant en défaveur de l’un ou l’autre des acteurs. Pour le dire simplement, l’Inde compte bien exploiter la situation à son avantage de manière opportuniste, ce qui correspond à son droit souverain, et le pays pourrait bien même avancer sur le chemin d’un accord de libre échange, qu’il désire mettre en place avec les USA, grâce aux événements en cours.

Il est extrêmement peu probable de voir les USA revenir à leurs niveaux d’échanges précédents avec la Chine, y compris dans l’hypothèse où les deux pays parviendraient à un accord commercial majeur mettant fin à leur « guerre des barrières douanières » : l’Amérique ne veut plus que sa rivale reprenne sur elle le niveau d’influence économique qu’elle a pu atteindre dans le passé. La solution proposée par certains stratèges est une « diversification » des liens commerciaux américains avec d’autres pays d’Asie, pour « contrebalancer » sa relation avec la Chine ; c’est fondamentalement là-dessus que portait l’accord de partenariat transpacifique (TPP, [Trans-Pacific Partnership, NdT]). Trump avait fait dérailler cette proposition précise lors de son entrée en fonction, préférant faire progresser les liens économiques des USA avec chacun de ses partenaires asiatiques de manière bilatérale.

L’Inde n’a jamais fait partie des discussions du TPP, mais apparaît à présent aux yeux américains de plus en plus comme contrepoids à long terme face à la Chine. Les chances sont fort minces que l’Inde ne remplace le Japon dans le grand jeu stratégique économique américain, mais New Delhi peut se poser comme hôte pour les emplois à bas salaire que les entreprises américaines finiront par sortir de Chine, si leur gouvernement leur en donne les incitations par des baisses d’impôts ou de barrières douanières dans le cadre d’un futur accord de libre échange entre USA et Inde. Les niches du marché américain que l’Inde s’apprête à prendre, anciennement occupées par la Chine, pourraient constituer un point de départ à des négociations de libre échange et à la décision des domaines à prioriser en premier lieu.

Ceci étant dit, nombre de raisons existent qui pourraient faire capoter ces discussions, et la sensibilité indienne à son « exercice d’équilibriste » entre la Russie et l’Inde en est une. Les USA ne sont pas du tout contents de la décision de New Delhi d’acquérir des systèmes militaires S-400 russes, ni de la décision indienne de poursuivre l’importation de ressources naturelles iraniennes, ce qui fait planer quelques doutes importants sur la possibilité de succès de ces négociations commerciales et de ces grands projets économiques. Même si pour l’instant la probabilité en reste faible, le scénario pourrait déboucher sur un rapprochement entre l’Inde et la Chine, et des avancées sur la proposition de Pékin du partenariat économique régional global (RCEP, [Regional Comprehensive Economic Partnership, NdT]), où New Delhi remplirait d’anciennes niches occupées jusque là par des américains, et sur lesquelles elle lorgne.

En résultat de son « multi-alignement » économique, l’Inde est devenue l’objet d’une compétition jusqu’alors inégalée entre les USA et la Chine.

Le présent article constitue une retranscription partielle de l’émission radiophonique context countdown, diffusée sur Radio Sputnik le vendredi 26 octobre 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker Francophone

 

http://lesakerfrancophone.fr/au-beau-milieu-de-la-guerre-commerciale-entre-usa-et-chine-le-multi-alignement-economique-indien

 

Commerce USA – UE: L’Union Européenne bouge enfin ses fesses

 

Commerce USA – UE: L’Union Européenne bouge enfin ses fesses

Publié par wikistrike.com sur 1 Octobre 2018, 19:18pm

Catégories : #Politique internationale, #Economie

Commerce USA - UE: L'Union Européenne bouge enfin ses fesses

Bruxelles met en place un «  véhicule spécial » pour contourner le dollar américain et permettre la poursuite des transactions financières avec Téhéran

L’histoire pourrait un jour décider que ce fut le moment géopolitique fatidique où l’Union Européenne a obtenu son doctorat en politique étrangère.

La semaine dernière, la responsable de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, et le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, ont annoncé à l’ONU la création d’un Fonds commun de créances (FCC) pour faire face aux sanctions de l’administration Trump contre l’Iran après le retrait unilatéral américain du JCPA, connu aussi sous le nom d’accord nucléaire iranien.

Mogherini a particulièrement insisté en disant que  » concrètement, cela signifiera que les Etats membres de l’UE créeront une entité juridique pour faciliter les transactions financières légitimes avec l’Iran, ce qui permettra aux entreprises européennes de continuer à commercer avec ce pays conformément au droit communautaire et pourrait être ouvert aux autres partenaires dans le monde « .

Le FCC, qui, selon Mogherini, « vise à maintenir les échanges commerciaux avec Téhéran pendant que les sanctions américaines sont en place », pourrait entrer en vigueur avant le début de la deuxième phase des sanctions américaines, début novembre.

Cette initiative unique signifie que Bruxelles t

ente de se positionner comme un acteur géopolitique sérieux, défiant ouvertement les Etats-Unis et annulant pour l’essentiel la campagne de diabolisation de l’Iran lancée par la Maison Blanche, la CIA et le Département d’Etat.

On ne rappellera jamais assez que le JCPOA est un accord multilatéral approuvé par l’ONU et obtenu après des années de négociations laborieuses. Les autres signataires du JCPOA en dehors de l’Iran et des États-Unis – la Russie, la Chine et les trois pays de l’UE (France, Grande-Bretagne et Allemagne) – ont toujours été déterminés à poursuivre l’accord tout en soutenant l’Iran dans le domaine nucléaire civil.

Cela a peut-être pris quelques mois, mais les trois pays de l’UE ont finalement réalisé ce que Moscou et Pékin savaient déjà : toute affaire avec l’Iran – ce qui est dans l’intérêt de tous les acteurs – doit contourner le dollar américain.

Nous en arrivons donc maintenant à une situation où l’UE-3 mettra en place un mécanisme financier multinational, soutenu par les États, pour aider les entreprises européennes à faire des affaires avec l’Iran en euros – et donc loin des autorités financières des États-Unis.

Parallèlement, la Russie et la Chine feront des affaires avec l’Iran en roubles et en yuans.

Les négociants en énergie avertis savaient que les membres du BRICS Moscou et Pékin continueraient à faire des affaires pétrolières et gazières avec Téhéran. L’Inde, membre du BRICS, s’est toutefois repliée sous la pression américaine.

Le FCC permettra à l’Iran de maintenir au moins les 40% de ses exportations pétrolières qui étaient destinées au marché de l’UE et permettra même à des géants européens de l’énergie d’investir dans les infrastructures iraniennes. Il ouvre également une voie de secours pour les consommateurs d’énergie facilement effrayés comme l’Inde.

Et d’une manière totalement symbiotique, le SPV ouvre une autre voie pour la Russie et la Chine également. Après tout, le mécanisme du SPV contournera le réseau financier belge SWIFT, sur lequel les États-Unis s’immiscent à volonté. Le SPV pourrait devenir le mécanisme post-SWIFT privilégié, permettant d’accroître encore les activités transfrontalières à travers l’Eurasie et de s’étendre vers le Sud.

Le désarmement du Dollar ?

Les diplomates de l’UE ont fait part à Asia Times d’un sentiment d’exaspération absolue à Bruxelles à l’égard de l’administration Trump. Un diplomate résume ce sentiment : « Nous n’allons plus nous laisser intimider par des interférences extraterritoriales. Le JCPOA a été le premier succès de la politique étrangère de l’UE. Nous avons travaillé très dur pour l’obtenir et nous sommes déterminés à ce que l’accord ne soit compromis en aucune circonstance. »

D’autre part, le conseiller américain pour la sécurité nationale, John Bolton – qui n’est pas un personnage très populaire à Bruxelles – a promis de continuer à exercer une « pression maximale » sur Téhéran et menace l’UE si le FCC est appliqué.

Pour Bruxelles, la préservation du JCPOA est sacro-sainte. Elle est directement liée à la crédibilité des institutions bruxelloises qui sont toujours assiégées. S’ils s’effondrent, une catastrophe potentielle lors des prochaines élections du Parlement européen en mai 2019 deviendra une certitude.

Le jeu révèle sa complexité lorsque l’on considère que l’Iran a été le catalyseur qui a permis à l’UE de tenir enfin tête aux États-Unis – et potentiellement de se rapprocher de la Russie et de la Chine. Ce que nous voyons émerger, ce sont les contours d’une éventuelle alliance trans-Eurasie, sur de multiples fronts, entre la Russie, la Chine et l’Iran – les trois nœuds clés de l’intégration eurasiatique – et l’UE-3.

C’est un jeu digne d’un maître d’échecs persan impliquant des guerres énergétiques, l’équilibre du pouvoir en Asie du Sud-Ouest, le pouvoir absolu du système financier mondial sous contrôle américain et le statut du dollar américain – soutenu par le pétrodollar – comme monnaie mondiale de réserve.

Tous ces thèmes étaient à l’affût depuis des années dans les couloirs de l’UE à Bruxelles – les commissaires et les diplomates faisant pression pour un euro plus fort dans le commerce mondial (tout comme à Pékin pour ce qui est du yuan).

On peut soutenir qu’une offensive concertée menée par le FCC conduira l’euro, le yuan et le rouble à devenir à terme des monnaies de réserve crédibles. Gare au Dollar en tant qu’arme.

Pepe EscobarTraduction Avic – Réseau International

http://www.wikistrike.com/2018/10/usa-ue-l-union-europeenne-bouge-enfin-ses-fesses.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Commerce: la Chine affirme à l’ONU ne pas accepter « de chantage »

Commerce: la Chine affirme à l’ONU ne pas accepter « de chantage »

Nations unies (Etats-Unis) – La Chine n’acceptera pas « de chantage » sur le commerce, a mis en garde vendredi à l’ONU son ministre des Affaires étrangères Wang Yi, en pleines tensions avec les Etats-Unis sur les échanges.

« Le protectionnisme ne fera que porter préjudice à tous », a-t-il estimé devant l’Assemblée générale annuelle des Nations unies à New York.

Le ministre chinois a aussi posé Pékin en « champion du multilatéralisme » au moment où l’Amérique de Donald Trump est critiquée pour son approche unilatéraliste des affaires du monde.

« La Chine a toujours défendu l’ordre international et poursuivi le multilatéralisme », a insisté Wang Li à la tribune, vantant son « respect » des décisions issues de négociations.

Selon lui, « aucun pays ne peut relever seul » les grands défis internationaux auxquels le monde est confronté actuellement « ou être immunisé face à leurs effets ».

Le chef de la diplomatie chinoise a une nouvelle fois défendu l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, dont les Etats-Unis se sont retirés en mai au grand dam des autres grandes puissances.

Et sur la Corée du Nord, s’il a encouragé le rapprochement en cours entre Washington et Pyongyang, il a une nouvelle fois plaidé pour que l’ONU « crée des conditions plus favorables » encourageant la dénucléarisation, après avoir appelé la veille le Conseil de sécurité à un allègement des sanctions.

Les Etats-Unis réclament eux l’application stricte de ces sanctions jusqu’à ce que le désarmement atomique du régime reclus soit achevé.

(©AFP / 28 septembre 2018 15h34)

https://www.romandie.com/news/Commerce-la-Chine-affirme-l-ONU-ne-pas-accepter-de-chantage/957753.rom

Vu de Russie À Moscou, un certain fatalisme face aux nouvelles sanctions américaines

Vu de Russie À Moscou, un certain fatalisme face aux nouvelles sanctions américaines

Le 22 août doivent entrer en vigueur de nouvelles sanctions contre la Russie, que le département d’État américain met en œuvre à la suite de l’affaire Skripal. Cette nouvelle salve de restrictions, beaucoup plus radicales, pourrait avoir un impact considérable sur l’économie russe.

Washington, qui juge Moscou coupable de l’empoisonnement de l’ex-agent russe Sergueï Skripal en mars 2018 à Londres, estime que la Russie a ainsi enfreint le droit international. C’est pour cette raison que de nouvelles sanctions ce 22 août entreront en vigueur contre le pays.

Adoptées par le département d’État américain le 8 août dernier, elles découlent de la loi américaine adoptée en 1991 sur “le contrôle des armes chimiques et biologiques”, explique le quotidien en ligne russe Gazeta.ru. En vertu de ce texte, les États-Unis ont l’obligation d’appliquer des sanctions contre tout pays qui, selon eux, aurait utilisé des armes chimiques ou biologiques en violation du droit international.

C’est la troisième fois que les États-Unis ont recours à cette loi. Ils l’ont appliquée une première fois en 2013 contre la Syrie et une deuxième en 2018 contre la Corée du Nord.

Deux salves de sanctions

Parmi la liste des mesures de restriction envisagées, les plus sensibles pour la Russie concernent l’interdiction de la vente de toute production à double usage (susceptible d’avoir une utilisation tant civile que militaire), notamment de systèmes électroniques. Ces sanctions viseront toutes les entreprises publiques ou financées par l’État russe.

Mais la deuxième partie des sanctions prévue par la loi va encore plus loin. Elles seront déclenchées si la Russie refuse de se plier aux injonctions américaines : Moscou a un délai de trois mois pour présenter des garanties sur le fait qu’elle n’utilisera aucune arme chimique et pour recevoir des inspecteurs internationaux sur les sites où de telles armes seraient susceptibles d’être produites. À défaut, le pays s’exposera au blocage de toute aide d’ordre technique ou financier en provenance des institutions financières internationales. Les États-Unis pourraient également limiter leurs exportations et les importations en provenance de Russie. Les relations diplomatiques pourraient être réduites ou suspendues. Enfin, autre mesure envisagée : l’interdiction totale des vols de la compagnie Aeroflot à destination des États-Unis.

Quid des stocks américains d’armes chimiques ?

Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, cité par Gazeta.ru, a réagi à l’ultimatum américain en rappelant que la Russie avait déjà fait l’objet de “toutes les inspections imaginables” et que l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) avait confirmé le désarmement chimique de la Russie, il y a trois ans déjà.

Un expert de l’OIAC, interrogé par le titre, estime que la Russie pourrait accéder à la requête des Américains à certaines conditions, en demandant par exemple à inspecter les sites analogues aux États-Unis, car, affirme-t-il, Washington est le seul membre de l’OIAC possédant encore d’importantes réserves de substances chimiques à usage militaire. Sergueï Lavrov a du reste récemment déclaré à ce sujet : “Ils ont encore demandé un report, cette fois jusqu’en 2020, il faudrait donc plutôt parler des problèmes posés par le désarmement chimique des Américains.”

Quoi qu’il en soit, la menace que fait peser la multiplication des sanctions sur l’économie russe plaide en faveur d’un “geste de bonne volonté” de la part de Moscou, ne serait-ce que pour “apaiser les Américains”, estime le même expert. Mais, dans un éditorial, Gazeta.ru se montre beaucoup plus fataliste :

La Russie n’a plus qu’à s’occuper de sa propre économie, en gardant en tête que les plus sombres prévisions concernant les sanctions américaines peuvent à tout moment devenir réalité. Et que, même s’il veut sincèrement restaurer les relations avec Moscou, le président Trump n’a pas vraiment les mains libres avec le Congrès actuel. Sauf, le cas échéant, pour organiser une rencontre et discuter.”

Le Congrès des USA a réactivé la loi nommée NOPEC pour contrer l’OPEP et l’OPEP+

Le Congrès des USA a réactivé la loi nommée NOPEC pour contrer l’OPEP et l’OPEP+.


Par Andrew Korybko – Le 6 août 2018 – Source orientalreview.org

Officiellement dénommée « Loi sur les cartels ne produisant et n’exportant pas de pétrole » [« No Oil Producing and Exporting Cartels Act », NdT], NOPEC constitue l’essence de ce qu’on peut appeler une « guerre législative » : elle autorise les USA à imposer ses lois nationales, de manière extra-territoriale, en autorisant son propre gouvernement à poursuivre en justice les pays de l’OPEP et de l’OPEP+, tels la Russie, suite à leurs décisions coordonnées de contrôler les prix du pétrole. Mais ces actions en justice restent inapplicables selon le droit international, et c’est là que le refus des pays ciblés d’honorer ces décisions de justice risque, dans le pire des scénarios, de déclencher des sanctions de la part des USA ; toute cette série d’événements est pensée pour servir plusieurs objectifs stratégiques.

Le premier objectif des USA, briser l’axe russo-saoudien qui constitue le cœur de l’OPEP+, amène au second, détricoter toute la structure de l’OPEP, et proclamer la libéralisation de l’industrie énergétique dans un grand marché libre mondial. Ce serait clairement à l’avantage des USA, qui visent à devenir une superpuissance d’exportation énergétique, mais le pays doit commencer par neutraliser la compétition avant d’y parvenir, d’où cette déclaration de guerre économico-hybride au travers de NOPEC. En pratique, on pourrait voir les USA menacer d’un premier jeu de sanctions les pays impliqués dans les accords de l’OPEP et de l’OPEP+, suite à quoi ils pourraient cibler d’un deuxième jeu de sanctions les autres parties qui continuent de faire des affaires avec ces pays.

OPEP

L’objectif de cette approche est d’intimider les vassaux européens des USA, pour les forcer à se soumettre à leurs exigences, afin de faire de l’Europe un marché captif des exportations énergétiques américaines, ce qui explique également pourquoi Trump veut jeter aux orties les autorisations d’exportations de GNL (gaz naturel liquéfié) vers l’UE. Si toutes ces manœuvres devaient réussir, elles pourraient venir encore plus éroder l’indépendance stratégique européenne – déjà une peau de chagrin – et surtout abîmer à long terme les économies des rivaux énergétiques des USA, qui deviendraient vulnérables à des manipulations politiques. Dans le même temps, les USA ont récemment dévoilé le projet « Afrique Énergie » [« Power Africa », NdT], visant à investir 175 milliards de dollars dans des projets gaziers sur le continent, en vue d’implanter des sociétés américaines sur les frontières énergétiques de la Tanzanie, du Mozambique et d’autres pays. Ces sociétés devenant par là des fournisseurs de premier plan de la Chine, rivale des USA, l’accès à l’énergie de Pékin serait plus soumis au bon vouloir américain que jamais auparavant.

Si, à l’inverse des médias dominants qui ne considèrent NOPEC que comme une nouvelle loi populiste, on le considère comme une salve d’ouverture dans la guerre de l’énergie, lancée en parallèle de la guerre commerciale, alors on peut comprendre la portée de super-arme stratégique de cette décision ; son efficacité dépendra bien sûr en pratique de sa mise en application par les décideurs américains. Il est trop tôt pour dire si cette décision rebattra les cartes – la loi n’est pas encore promue – mais à supposer qu’elle le soit jamais, elle pourrait bien marquer l’histoire comme développement énergétique le plus important depuis la création de l’OPEP, du gaz naturel liquéfié, et des technologies de fracturation hydraulique.

Cet article constitue une retranscription partielle de l’émission radio context countdown, diffusée sur Sputnik news le vendredi 3 août 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker francophone

http://lesakerfrancophone.fr/lamerique-sapprete-a-declencher-sa-super-arme-nopec-contre-les-russes-et-les-saoudiens

 

Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ?

Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ?

Publié par wikistrike.com sur 18 Août 2018, 13:06pm

Catégories : #Economie, #Politique internationale

Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ?

L’attaque de Trump contre la livre turque, combinée aux récentes mesures de la Réserve fédérale pour réduire drastiquement l’offre de dollars, entraînent le monde vers une crise monétaire identique à celle de 1997. C’est peut-être exactement le but recherché.

Vendredi dernier, Donald Trump a annoncé de nouvelles sanctions contre la Turquie, notamment le doublement des droits de douane sur l’acier et l’aluminium qu’il avait introduits plus tôt cette année. La monnaie turque était déjà en difficulté, mais ces nouvelles sanctions  » sont la goutte qui fait déborder le vase « , selon Edward Park de la société de gestion britannique Brooks Macdonald.

Le même jour, la livre turque est tombée à plus de 6 face au dollar, pour la première fois, atteignant un nouveau bas historique de 7,21 par rapport au dollar, dimanche. Après que la Turquie a mis des plafonds aux swaps de devises, la livre a repris un peu de sa valeur perdue, et elle s’échangeait à 6,12 mercredi, toujours bien en dessous des 4,75 pour un dollar qu’elle valait la semaine dernière.

La réaction turque a eu un certain effet, mais ça ne suffira pas : interdire simplement le commerce de la livre au-dessus d’un certain niveau, comme la Turquie a fait, n’est guère un moyen pérenne de revaloriser la monnaie ; et selon le Financial Times, les investisseurs  » continuent d’augmenter leurs paris contre la Turquie à travers d’autres moyens, comme les swaps de défaut qui garantissent le paiement de la dette en cas de défaut « . Les actions des banques turques sont aujourd’hui à leur plus bas niveau depuis 2003.

La vulnérabilité de la monnaie vient surtout du fait que le pays a d’énormes dettes en dollars. Les entreprises turques doivent aujourd’hui près de 300 milliards de dollars de dettes libellées en devises, un chiffre qui représente plus de la moitié de son PIB. Comment cela s’est-il produit et pourquoi cela est-il soudainement devenu un problème ?

Pendant l’ère de l’assouplissement quantitatif (QE), la Réserve fédérale américaine a inondé les institutions financières américaines avec 3500 milliards de dollars de nouveaux dollars, dont une grande partie a afflué sur les marchés dits  » émergents  » comme la Turquie. Tant que l’orchestre jouait, tout allait bien – des taux d’intérêt presque nuls, combinés à la faiblesse du dollar, rendaient ces dettes abordables. Mais depuis que la Réserve fédérale a mis fin à son programme d’assouplissement quantitatif l’an dernier – et qu’elle a ensuite commencé à l’inverser en vendant les actifs financiers qu’elle avait achetés (et donc en retirant des dollars du système financier) – la valeur du dollar a recommencé à augmenter, ce qui augmente de prix de la dette.

Cette appréciation du dollar a été aggravée par deux hausses successives des taux d’intérêt de la Réserve ; mais elle a également été aggravée par les décisions de Trump. Paradoxalement, les guerres commerciales de Trump ont conduit à une nouvelle hausse du dollar, car les investisseurs ont considéré ce dernier comme un  » refuge » par rapport à d’autres monnaies jugées moins capables de résister aux turbulences aléatoires qu’il a déclenchées. Même le yen et le franc suisse, traditionnellement considérés comme  » aussi solides que l’or « , se sont affaiblis face au dollar, comme d’ailleurs face à l’or lui-même.

Comme l’a dit Aly-Khan Satchu, fondateur et PDG de Rich Management, « le dollar américain a été transformé en arme – soit délibérément, soit à dessein » (y a-t-il une différence ?), ajoutant que d’autres pays subiront le même traitement  » s’ils s’entêtent dans la même politique qu’Erdogan « .

Ainsi, le coup porté par les Etats-Unis à la Turquie est quadruple  – hausses de taux d’intérêt et tarissement des dollars de la Fed ; tarifs douaniers et sanctions de Trump. Il en résulte une perte de près de 40 % de la valeur de la livre depuis le début de l’année.

Les effets se font déjà sentir bien au-delà des frontières de la Turquie ; le rand sud-africain est tombé, lundi, à son plus bas niveau depuis deux ans, et la roupie indienne, le peso mexicain et la rupiah indonésienne ont tous été durement touchés. Cela n’est pas surprenant, car le gonflement de la dette libellée en dollars – de 2 000 milliards de dollars il y a 15 ans à 9 000 milliards aujourd’hui, en grande partie par les pays du Sud – combiné à l’inversion de l’assouplissement quantitatif, sont les ingrédients d’une crise qui ne demande qu’à éclater. Toutes les conditions qui avaient précédé la crise monétaire de 1997 en Asie de l’est sont désormais réunies. Il ne manquait qu’un petit coup de pouce – et Trump vient de le donner.

Tout cela est expliqué dans tous les manuels d’économie, ou plutôt ça devrait l’être si les manuels  reflétaient la réalité (ce qui est loin d’être le cas). Les dix dernières années sont pratiquement le replay exact de la décennie qui a précédé la crise de 1997. Si la dévaluation du dollar de l’Accord de Plaza de 1985 n’était pas exactement du quantitative easing, elle avait le même but et les mêmes résultats – un flot d’argent et de dettes en dollars bon marchés, et donc une dépendance et une vulnérabilité mondiales croissantes au dollar et à la politique monétaire et économique des États-Unis.

Cette vulnérabilité a ensuite été effectivement ‘encaissée’ lorsque l’accord de Plaza a été ‘inversé’, 10 ans plus tard, (par l’accord du Louvres, ndt), un renversement qui à l’instar du renversement actuel de l’assouplissement quantitatif, étrangle le crédit et fait monter les taux d’intérêt, rendant les marchés plus instables et les faillites plus probables.

Le déclencheur a finalement été l’effondrement du baht – la monnaie d’un pays (la Thaïlande) qui avait un PIB deux fois moins élevé que celui de la Turquie – qui a provoqué une crise qui s’est étendue à toute l’Asie, sabotant le développement du continent et permettant aux entreprises américaines d’acheter certaines des usines industrielles les plus avancées du monde pour une fraction de leur valeur.

Il n’est donc pas difficile de comprendre pourquoi Trump et la Fed pourraient vouloir déclencher une telle crise aujourd’hui. Plus les monnaies des pays endettés en dollars dégringolent, plus ils doivent céder de biens et de services réels aux Etats-Unis pour payer les intérêts de leurs dettes en papier-dollars aux États-Unis – et ceux qui ne peuvent pas suivre seront avalés pour trois sous.

Cependant, au-delà du profit purement économique, il y a aussi l’impératif géopolitique de maintenir et d’étendre la domination américaine en écrasant ses rivaux. Trump ne fait rien d’autre, après tout, que d’utiliser toute la puissance dont il dispose pour détruire ses adversaires. Mettre les pays les uns après les autres au bord de la faillite – et donc à la merci du FMI – est un moyen de transformer la dépendance à l’égard du dollar accumulée au cours de la dernière décennie en pouvoir pur et dur.

On peut facilement imaginer ce que les États-Unis pourraient exiger en échange de leur soutien pour obtenir le renflouement du FMI – mettre fin aux importations de pétrole en provenance de l’Iran, cesser de participer à la Route de la soie chinoise… le potentiel est énorme. On entend déjà des menaces directes contre la Turquie pour qu’elle fasse ‘ce qu’elle doit faire’ pour ‘rassurer les marchés’ – le Times de mardi, par exemple, exige que  » Erdogan mette fin à son différend avec l’Occident s’il veut éviter une crise plus profonde… sa ligne de conduite devrait être claire : il devrait relever les taux d’intérêt [c’est-à-dire promettre aux spéculateurs internationaux des coupures plus importantes dans l’économie turque], tenir compte des économistes compétents, garantir explicitement l’indépendance de la banque centrale [c’est-à-dire la soustraire au contrôle démocratique], et se réconcilier avec le président Trump » – car, après tout, « le soutien des États-Unis sera nécessaire si le FMI ou la Banque mondiale doit intervenir ».

En effet, c’est là qu’on voit toute l’hypocrisie de la soi-disant opposition entre les ‘mondialistes’ et les ‘nationalistes économiques’ de la Maison Blanche Trump – et du pays dans son ensemble – apparaître au grand jour, une fois de plus. Lorsqu’il s’agit de pousser les pays du Sud à la faillite, leurs intérêts sont absolument les mêmes. Les communiqués de Goldman Sachs qui décrient les tarifs douaniers de Trump sont de l’enfumage, la vérité, c’est que la guerre commerciale est la cerise sur le gâteau de la politique de la Fed dont le but est d’écraser les ‘marchés émergents’.

Wall Street dépend précisément du type d’instabilité financière que les guerres commerciales de Trump ont déclenchée. Comme l’a noté Peter Gowan, « l’économie américaine dépend… de la reproduction constante des crises monétaires et financières internationales « . Wall Street en particulier « dépend de l’instabilité chaotique des systèmes financiers des marchés émergents ». Mais on dissimule la vraie nature de ces décisions en les drapant dans l’étendard du ‘nationalisme’ et en les présentant comme des solutions aux pseudo-chocs de la ‘mondialisation’. Les pays du sud se trouvent maintenant au bord du précipice – et les ‘libéraux de l’establishment’ et les ‘insurgés nationalistes’ attendent en ligne le moment de les y pousser.

Dan Glazebrook

Dan Glazebrook est un écrivain politique indépendant dont les articles passent sur RT, Counterpunch, Z magazine, le Morning Star, le Guardian, le New Statesman, l’Independent et Middle East Eye, entre autres. Son premier livre, « Divide and Ruin: The West’s Imperial Strategy in an Age of Crisis » a été publié par Liberation Media en octobre 2013. Il contenait un recueil d’articles écrits à partir de 2009 examinant les liens entre l’effondrement économique, la montée des BRICS, la guerre contre la Libye et la Syrie et l’ »austérité ». Il fait actuellement des recherches sur l’utilisation par les États-Unis et le Royaume-Uni d’escadrons de la mort à caractère sectaire contre des États indépendants et des mouvements de l’Irlande du Nord et de l’Amérique centrale dans les années 1970 et 1980 jusqu’au Moyen-Orient et à l’Afrique d’aujourd’hui.

Article original: Trump just triggered a new financial crisis. Here’s why

Source: https://arretsurinfo.ch/pourquoi-trump-vient-il-de-declencher-une-nouvelle-crise-financiere/

 

Par Dan Glazebrook, RT

Publié le 17 août 2018 sous le titre Trump just triggered a new financial crisis. Here’s why

Traduction : Dominique Muselet

http://www.wikistrike.com/2018/08/pourquoi-trump-vient-il-de-declencher-une-nouvelle-crise-financiere.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Publicités

Revue de presse nationale et internationale.

Publicités