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Opacité démocratique : mais pourquoi la France a-t-elle demandé à Bruxelles de repousser les négociations commerciales avec les Etats-Unis après les élections européennes ?

QUELQUE CHOSE À DÉCLARER ?
Opacité démocratique : mais pourquoi la France a-t-elle demandé à Bruxelles de repousser les négociations commerciales avec les Etats-Unis après les élections européennes ?

Atlantico: Comment expliquer ce choix du gouvernement ?

Christophe Bouillaud: D’abord par un minimum de réalisme électoral. Comme je l’ai déjà dit dans vos colonnes, il est évident pour toute personne sachant lire un sondage d’opinion que la majorité des Français se positionne comme assez peu favorable à l’approfondissement de la mondialisation dans tous ses aspects. A la veille d’une élection de mi-mandat, comme l’est en pratique l’élection européenne de mai 2019 pour Emmanuel Macron, il parait donc raisonnable pour un représentant du pouvoir à Paris de faire une telle demande à ses pairs européens de remettre toute négociation à après les élections. En raison de cette hostilité majoritaire de l’opinion publique française, il est très urgent d’attendre, de ne pas voir cette question d’un éventuel accord commercial avec les Etats-Unis s’inviter dans le débat électoral français, et bien sûr d’empêcher les opposants de s’en saisir pour accroître leur audience électorale. Ils ne sont pas dans une forme politique excellente, mais qui sait l’un ou l’une d’entre eux pourrait saisir avec toute la vigueur voulue la perche ainsi tendue.

En voulant éviter l’émergence de cette question dans le débat électoral, le gouvernement ne prend-il pas le risque de donner une impression de dissimulation sur cette question?

Oui, si s’enclenche à ce propos un « effet Streisand ». En reportant les négociations transatlantiques à après les élections européennes, il y a bien sûr le risque que les opposants présentent dans leur propagande électorale ce report comme la preuve même que quelque chose de très délétère pour les électeurs français se prépare en coulisses – le « poulet au chlore » risque par exemple de sortir des placards. De fait, toutes les rumeurs sur le contenu même des négociations pourront commencer à circuler, et le gouvernement n’aura donc pas de moyens de démentir ces allégations, puisqu’officiellement, les négociations seront au point mort.

En réalité, il n’y a guère de bonne solution pour le gouvernement actuel. En effet, puisqu’il veut aller vers un approfondissement du libre-échange dont la majorité de nos concitoyens ne veut pas, il ne peut que louvoyer. Qu’il autorise la Commission à engager les négociations commerciales ou qu’il demande qu’on les retarde, il reste que ce gouvernement voit toujours l’approfondissement du libre-échange comme une chose positive, en contradiction avec la majorité du pays. Mais si j’ose dire, être contre la majorité du pays ne semble pas le déranger plus que cela, tant qu’il ne perd pas les élections européennes.

En quoi un tel choix paraît incompatible avec la logique du « Grand débat » initié par le gouvernement ?

C’est sûr que, si le gouvernement se croyait en mesure de convaincre les électeurs des bienfaits de l’approfondissement du libre-échange, que ce soit avec les Etats-Unis ou avec tout autre pays, il se lancerait bravement dans la bataille électorale en soulignant que les négociations transatlantiques constituent l’amorce d’une relance bienvenue du commerce mondial, d’une relance créatrice d’emplois en France. Or il sait bien que c’est peine perdue de se lancer dans une telle démonstration vu l’état du corps électoral français, d’où sa tentation de sursoir, et surtout de ne pas débattre de ce sujet pendant la campagne électorale des européennes.

Ce genre d’évitement cadre cependant mal avec la rhétorique officielle du «Grand débat », où les Français ont été invités à discuter des orientations majeures du pays. Pour ne prendre qu’un seul exemple, c’est tout de même bien contradictoire de faire réfléchir d’un côté les Français à la transition environnementale dans le cadre « Grand Débat », et, de l’autre, de laisser ouverte la possibilité de négocier un approfondissement du libre-échange avec les Etats-Unis de Donald Trump, dont la vision économique se situe pourtant à l’antithèse exacte de ce qu’il faudrait faire pour réduire les émissions de gaz à effets de serre. Sauf erreur de ma part, D. Trump a retiré son pays des « Accords de Paris » signés à la COP 21. Ou alors, est-ce que les Européens, dont notre propre gouvernement, pensent sérieusement qu’ils pourraient imposer leur vision de la transition environnementale, inscrite dans ces mêmes Accords,  à un Donald Trump ? Les négociations commerciales engagées avec les Etats-Unis ressemblent tout de même fort à un chantage de D. Trump à notre égard. Est-ce bien sérieux d’y aller sans exercer un contre-chantage si l’on se veut le défenseur des intérêts européens –dont celui environnemental réaffirmé il y a peu lors de la tournée africaine d’Emmanuel Macron ? Mais alors il faudrait assumer le conflit avec le dit Trump, et là je doute que les Européens soient aussi unis qu’ils le prétendent.

Cependant, si l’on prend de manière plus réaliste le « Grand Débat » pour ce qu’il est jusqu’ici, un immense exercice de pédagogie de l’action gouvernementale, qui, d’ailleurs, ne semble avoir mobilisé que les milieux sociaux les plus proches de sa base électorale, il est assez logique que le commerce international soit exclu de la discussion. Il est, je le répète, de notoriété publique désormais que les Français y sont « réfractaires ».

La question du commerce international est-elle une exception en ce sens ? Quels sont les sujets qui ont pu être considérés comme « trop importants » pour être débattus durant la campagne ? En quoi s’agit-il d’une opportunité pour les oppositions ?

L’autre sujet sur lequel on voit bien que le gouvernement actuel cherche à temporiser n’est autre que la réforme promise des retraites. Le mouvement des « Gilets jaunes » a commencé, entre autres doléances, sur la question de l’augmentation de la CSG pour les retraités. Il y a eu un recul partiel sur cette mesure au mois de décembre 2018, mais le gouvernement maintient la non-indexation de fait des retraites en 2019 et en 2020. En fait, cette question des retraites est largement liée au dysfonctionnement de l’économie française et à sa désindustrialisation dans le cadre de la zone Euro. Remettre la réforme des retraites à plus tard permet donc déjà au gouvernement de ne pas lier les aspects macroéconomiques du financement des retraites et l’insertion de la France dans l’économie européenne. Bien sûr, cela évite aussi de donner aux partis d’opposition un motif de mobilisation. En effet, tout montre que la réforme des retraites ira vers une détérioration rapide du statut économique des retraités, alors même que déjà une partie d’entre eux sont en grande difficulté.  Dans le fond, le gouvernement reste largement maître de l’agenda médiatique des européennes. Ce sont ses propres réformes qui font nouvelle et débat. Les oppositions ne sont pas vraiment en mesure d’imposer leurs propres thèmes.

Plus généralement, aussi paradoxal que cela puisse paraître s’agissant d’une élection européenne, le gouvernement a tout intérêt  à ne pas avoir trop à préciser ce qu’il veut faire au niveau européen. En effet, les deux premières années du quinquennat Macron ont montré qu’il n’existait pas de volonté très affirmée de réformes en Europe. La nouvelle direction de la CDU vient ainsi d’enterrer tous les beaux projets de mutualisation budgétaire portés par Emmanuel Macron, mais ce n’est qu’un épisode d’une série de refus venant de nombreux dirigeants européens. En réalité, le plus probable est qu’après mai 2019 et avec la nouvelle Commission européenne, tout continue, lentement et sans inspiration, comme actuellement. Il est plus facile pour le gouvernement de monter tout un barnum autour des valeurs européennes menacée, surtout face au Rassemblement national, pas très technique sur les dossiers, que de dire de manière réaliste ce qu’on pourra réellement modifier.

 

https://www.atlantico.fr/decryptage/3568487/opacite-democratique–mais-pourquoi-la-france-a-t-elle-demande-a-bruxelles-de-repousser-les-negociations-commerciales-avec-les-etats-unis-apres-les-elections-europeennes–christophe-bouillaud

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Et le sujet fantôme de la campagne des européennes est…

POKER MENTEUR
Et le sujet fantôme de la campagne des européennes est…

Atlantico : Les 6 et 7 mars derniers, Cecilia Malmström, Commissaire européenne au commerce, et Martin Selmayr, secrétaire général de la Commission européenne, se rendaient à Washington dans le cadre de la négociation commerciale qui oppose les deux ensembles. D’un côté, les Etats-Unis menacent d’imposer des tarifs douaniers sur le secteur automobile, tout en demandant, en échange, l’intégration de l’agriculture dans les négociations commerciales. Une solution qui serait a priori rejetée par les européens, mais principalement par la France. Au regard de la complexité de la situation, divisant les intérêts européens entre la préservation du secteur automobile allemand d’une part, et de l’agriculture française d’autre part, comment imaginer le règlement d’un tel dossier dans le cas où les Etats-Unis ne céderaient pas sur leurs exigences ?

Christophe Bouillaud : Il est difficile d’imaginer que les dirigeants européens cèdent sur l’ensemble des dossiers agricoles. Il faut déjà se rappeler la mobilisation populaire pan-européenne qui a pu s’opérer contre le CETA, l’Accord de libre-échange avec le Canada, où, justement, la crainte pour l’agriculture et l’élevage, et plus généralement pour l’agro-alimentaire, européens s’est exprimé à plein. C’est un front très large qui s’était formé contre ce traité, qui ne concerne pourtant qu’un partenaire commercial de moindre importance.Je doute donc que les dirigeants européens sous la pression de leurs opinions publiques, à quelques mois des élections européennes en plus,soient prêts par exemple à céder sur leurs normes de qualité alimentaire.La seule ouverture possible serait que l’Union européenne continue à importer encore plus de soja par exemple, d’entrants pour la filière animale, autrement dit de produits qui se trouvent le plus loin possible du consommateur final.  Après cette considération qui vaut pour tous les Européens qui ne considèrent pas la qualité de l’alimentation à l’américaine comme souhaitable, je vois très mal les dirigeants français, quel qu’ils soient, accepter de sacrifier encore le secteur agricole, alors même que ce dernier connait déjà actuellement de graves difficultés.
Par contre, il y a sans doute des accords possibles en matière de biens industriels. On pourrait imaginer par exemple d’acheter beaucoup plus de matériels d’armement aux Etats-Unis.  Après tout, c’est l’un de leurs points forts en matière technologique. Et, vu le coût unitaire exorbitant de tels biens d’armement, ils auront rapidement le rééquilibrage souhaité des échanges commerciaux – mais, bien sûr, cela suppose que les Européens acceptent qu’ils ne peuvent pas avoir un équilibre budgétaire comme le souhaiterait les dirigeants allemands, et aussi que les industries européennes de défense partagent le gâteau du réarmement avec les industries nord-américaines. Cela limiterait aussi l’autonomie stratégique de l’UE en matière militaire que la France recherche par ailleurs.

Jean-Marc Siroën : Plutôt que de lancer la lourde machine de négociation d’un traité commercial, une solution « simple » aurait été, par exemple, d’aligner les droits de douane des deux pays : l’UE abaissait ses tarifs pour les automobiles et les États-Unis pour les camions. Mais, les règles de l’OMC – la clause de la « nation la plus favorisée » – auraient imposé d’étendre cette baisse au reste du monde -dont la Chine- sans contrepartie de leur part. C’est pour résoudre ce genre de problèmes que des négociations multilatérales avaient été ouvertes en 2002 -le Cycle de Doha- mais elles ne se sont jamais conclues, notamment parce que les États-Unis s’en étaient désintéressés.
L’alternative a alors été de négocier un traité de libre-échange qui éviterait l’obligation d’étendre la baisse des tarifs aux pays tiers (sachant que des pays exportateurs d’automobile comme la Corée du Sud et maintenant le Japon bénéficient déjà d’un tel accord).
Pourtant, ce serait une grave erreur de croire qu’un traité de libre-échange avec les États-Unis abriterait l’Union européenne des sanctions américaines. La preuve : malgré l’accord sur le nouvel ALENA, les États-Unis n’ont pas levé leurs sanctions sur l’acier et l’aluminium qui frappent toujours le Canada et le Mexique.
Le Président de la Commission, Jean-Claude Juncker s’est sans doute avancé un peu vite en acceptant le principe d’un traité commercial pour apaiser les États-Unis. À ma connaissance, ce serait en effet la première fois qu’on s’engagerait dans la négociation d’un traité commercial pour régler un problème sectoriel, en l’occurrence l’automobile. En effet, les traités de libre-échange doivent prévoir la suppression des droits de douane sinon sur l’ensemble des biens, du moins sur leur plus grande part. Assez souvent, les secteurs épargnés sont l’énergie et l’agriculture considérés comme sensibles. Même si l’agriculture était épargnée, le traité devrait ouvrir un très grand nombre de secteurs aux importations américaines et pas seulement à l’automobile.
Le projet, pour ce qu’on en connait, serait en rupture avec la tendance même des traités commerciaux récents qui non seulement concernent la quasi-totalité des biens, mais surtout ne se limitent pas aux droits de douane. Ils ouvrent aussi, notamment, les services, les investissements (y compris les très controversées règlement des différends firmes-États), les marchés publics, le e-commerce. Ils traitent des domaines plus ou moins liés à l’échange (travail, concurrence, environnement, normes, etc.). C’est d’ailleurs la négociation d’un tel accord dit de la « nouvelle génération » qui avait déjà été engagée avec les États-Unis (le TTIP pour Transatlantic Trade and Investment Partnership) avant d’être suspendu en 2016.

Cette fois, avec ou sans agriculture, le traité envisagé devrait aller beaucoup moins loin. Il aurait été en effet étrange que Donald Trump propose un type d’accord qu’il avait violemment condamné et je doute que la Commission européenne ait envie de revivre cet épisode malheureux qui n’est pas si ancien !
La négociation devrait donc porter sur un traité « à l’ancienne » dont l’objet principal serait la diminution des droits de douane. Cette ambition rabaissée n’implique pourtant pas que la négociation soit plus facile. En effet, trop limiter le champ de négociation réduit aussi le « grain à moudre » et les négociateurs ne pourront pas éviter le dilemme suivant : constater l’échec ou rechercher en équilibre en introduisant d’autres sujets même si ceux-ci n’avaient pas été envisagés avant. C’est d’ailleurs comme cela qu’il faut comprendre la volonté américaine d’étendre la négociation à l’agriculture alors qu’il n’en était initialement pas question. De plus le monde agricole commence à souffrir des représailles chinoises et, dans la perspective de sa réélection, Donald Trump doit satisfaire leur attente…
Le mandat de négociation risque de devenir une muraille perméable à ces dérives s’il n’est pas clairement formulé. L’expérience montre que les négociations mal engagées et mal préparées ont peu de chance de réussir. Le moins qu’on puisse dire, est que si la négociation s’ouvrait dans les prochaines semaines, ce qui m’étonnerait, elle ne se déroulerait pas sous les meilleurs auspices…

 

Selon le cadre institutionnel européen, Cecilia Malmström devrait obtenir un mandat du Conseil européen afin de pouvoir négocier un accord commercial avec les Etats-Unis dans les prochaines semaines. D’un point de vue intérieur, et au regard de la forte opposition que pourrait générer un nouveau mandat de négociation commerciale avec les Etats-Unis, dans quelle mesure Emmanuel Macron pourrait tenter de retarder une telle échéance alors que la campagne électorale européenne s’anmettre tout son argent dans ses pneus.

 

Christophe Bouillaud : A moins que notre Président cherche à perdre les élections européennes de mai prochain, il est souhaitable que le mandat de négociation commerciale avec les Etats-Unis  soit le plus protecteur possible des intérêts européens. Emmanuel Macron ne peut pas, d’un côté, promouvoir, y compris dans sa récente tribune, une « Europe qui protège » pendant sa campagne électorale et, de l’autre côté, accepter un mandat qui laisserait de quelque manière que ce soit les Européens à découvert devant l’offensive nord-américaine, surtout venant d’un Donald Trump. De plus, en raison du poids politique du monde agricole en France, tout mandat de négociation devrait être extrêmement restrictif sur l’agriculture.
Mais, surtout, au-delà des termes mêmes du mandat, il me parait évident que l’annonce même de l’ouverturede cette négociation commerciale avec les Etats-Unis  ne peut que gêner Emmanuel Macron dans sa campagne électorale. Tous les partis d’opposition sans exception, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, en passant par le PS et les Républicains, trouveront quelque chose à y redire. En effet, comme l’opinion publique française, dans sa majorité, est désormais hostile à la mondialisation, tous les partis d’opposition voudront monopoliser l’expression de cette hostilité pour augmenter leur score électoral. On risque dans ce cadre de voir une concurrence acharnée dans la critique de ce mandat « scélérat » entre le RN, DLF, FI, voire EE-les Verts, Génération(s), le PCF, ou même le PS et les Républicains. Au pire du pire, si le sujet finit par attirer l’attention des grands médias, s’il finit par donner lieu à des rumeurs plus ou moins fondés, on pourrait se trouver à transformer l’élection européenne en référendum anti-accord avec les Etats-Unis de Donald Trump, où Emmanuel Macron se retrouverait seul d’un côté contre tous les autres partis.
Il faut aussi rappeler que, selon les sondages de ces dernières semaines, LREM/MODEM est effectivement en tête devant le RN, et que les commentateurs, y compris des collègues du CEVIPOF,en ont visiblement conclu, suivant la logique du premier tour de la présidentielle, que c’est là que se jouer le sens de l’élection européenne : qui arrive en tête ? Or l’écart entre le score du LREM/MODEM et celui du RN n’est pas si large que la liste de la majorité présidentielle puisse se permettre de donner un argument parfait de mobilisation électorale pour le RN, un parti qui ne néglige pas la détresse paysanne et rurale, et qui aura beau jeu de réviser ses gammes contre le « mondialisme ». Emmanuel Macron a donc tout intérêt à ce que ce possible accord avec les Etats-Unis ne fasse pas partie des données du contexte électoral. Pour lui, il est vraiment urgent d’attendre. Du côté allemand, une hausse des taxes américaines sur les importations de voitures allemandes n’aura pas non plus des effets très agréables pour la popularité du pouvoir en place, mais, vu la popularité de la CDU-CSU, et l’interprétation possible du scrutin outre-Rhin en termes proportionnels, les risques politiques paraissent moindres.

Jean-Marc Siroën : La Commissaire au commerce doit en effet recevoir des directives du Conseil avant de négocier « légitimement » un traité. On en est donc aujourd’hui au stade des « discussions » pas de la négociation qui serait plus formelle. Il n’y a pas d’échéance autre que la menace de sanctions américaines à laquelle l’Union européenne n’est pas obligée de céder. Et sur le plan commercial, le rapport de force n’est pas nécessairement en défaveur de l’Union européenne.

La menace américaine de surtaxer rapidement les automobiles européennes est contradictoire avec la réalité des traités. Au-delà des grands principes, sur lesquels les deux parties ne sont déjà pas d’accord, il reste une multitude de détails dans lesquels, on le sait, se cache le diable. À supposer, par exemple, qu’on se mette d’accord pour supprimer (ou égaliser) les droits de douane sur les automobiles, quid des camions taxés à 25% aux États-Unis ? A quelle condition une automobile américaine exportée vers l’Europe sera-t-elle considérée comme contenant suffisamment de valeur ajoutée américaine pour être exonérée des droits (et réciproquement) ? Les États-Unis exigeront-ils le même type de règles d’origine ubuesques à savoir 75% de la valeur des composants d’origine nord-Américaine et 40 à 45% du travail incorporé rémunéré à au moins 16 $ (plus que le SMIC français !). Et comment situer l’ALENA (USA, Canada, Mexique) alors que le Canada et le Mexique ont eux aussi des accords de libre-échange avec l’Union européenne…  Ces règles d’origine ne sont qu’un des exemples de ces vilains détails qui compliqueront et prolongeront la négociation, si négociation il y a.

Aujourd’hui, un traité USA-UE ce serait donc comme tuer un moustique avec un marteau piqueur…sans supprimer tous les moustiques.
Les élections européennes ne concernent pas que la France. Je pense que l’Union Européenne ne devra s’engager sur rien avant cette échéance. Emmanuel Macron a souvent affiché une certaine méfiance à l’égard des traités commerciaux. Je serais étonné qu’il accélère le processus et qu’il prenne aujourd’hui le risque de réveiller les inquiétudes qu’avait suscité le TIPP même si le projet devait être moins ambitieux. Le mandat de négociation était alors resté longtemps secret. Espérons que le Conseil ne renouvellera pas cette erreur qui avait attisé l’hostilité de la société civile.
De fait, je pense que personne, du côté européen, n’a très envie d’accélérer les choses.  Soit le mandat sera très minimaliste au prix d’être irréaliste, soit il sera adressé à la Commission après les élections. Je doute que les éventuelles négociations débutent avant l’automne ou l’hiver prochain. C’est alors une nouvelle Commission qui sera aux affaires, ce qui ne laisse pas augurer une accélération de la démarche…

 

Comment interpréter la situation actuelle ? Faut-il y voir une certaine rationalité économique de la part des Etats-Unis, ou une volonté politique de division des intérêts du couple franco-allemand ?

Christophe Bouillaud : Bien sûr, depuis des décennies, les Etats-Unis critiquent la Politique agricole commune (PAC). Cela vaut aussi bien pour la concurrence entre agriculteurs sur les marchés tiers que pour l’accès au marché intérieur européen. Dans le monde idéal des dirigeants nord-américains, leurs produits agricoles, subventionnés, devraient inonder le monde. Ils font d’ailleurs des pressions identiques sur le Japon ou la Chine. Rappelons déjà que la naissance de l’OMC (Organisation mondiale du commerce), à la suite du GATT, au début des années 1990 correspond déjà à des concessions en matière agricole de la part de l’Union européenne, et de fait, de la France, au profit, entre autres, des producteurs agricoles du Nouveau Monde.
Après, pour le cas présent, on peut soupçonner que cela arrange bien Donald Trump de semer la zizanie dans le camp européen, en particulier dans le partenariat franco-allemand. Si finalement, faute de négociation commerciale, des tarifs douaniers punitifs sont imposés par les Etats-Unis aux automobiles allemandes, notre partenaire allemand sera en difficulté et pourra nous enattribuer la faute. Et, si le Conseil européen accepte le mandat de négociation, avec un peu trop d’agriculture dedans, cela sera le partenaire français qui se verra mal parti. Il faut ajouter que ce jeu de Donald Trump est tellement transparent que cela laisse une petite chance aux Européens de le déjouer. Il n’est pas interdit non plus aux Européens d’essayer de jouer la montre, en acceptant de négocier tout en espérant faire traîner les choses en longueur.

Jean-Marc Siroën : L’administration américaine poursuit plusieurs buts. Protéger l’industrie américaine surtout lorsqu’elle est localisée dans des régions électoralement sensibles, réduire le déficit commercial en forçant l’entrée du marché européen aux produits américains, affaiblir l’Europe en attisant les divisions, contourner l’OMC pour démontrer que les États-Unis peuvent s’en passer. Si l’agriculture, l’automobile et l’acier cochent toutes les cases, cela fait quand même beaucoup d’objectifs pour des instruments finalement assez limités et peu maniables, ce qui laisse augurer bien des difficultés.
Jusqu’à maintenant, les tentatives de Donald Trump d’attiser les différends européens et diviser le couple franco-allemand l’a surtout conduit à se fâcher avec Angela Merkel et Emmanuel Macron. Il a même réussi à se brouiller avec Theresa May ! Utiliser l’agriculture comme facteur de division n’est pas une tactique inaugurée par Donald Trump, c’est même un peu l’histoire des relations commerciales entre les deux puissances depuis le Traité de Rome ! Dans le camp agricole, la France conserve ses alliés et le départ du Royaume-Uni, qui n’a pas d’agriculture à protéger, réduit encore les risques d’un clash sur cette question. Certes, l’Allemagne serait le pays le plus touché par la surtaxe sur les automobiles importées, mais il n’est pas certain qu’un traité commercial, du moins tel que les États-Unis le conçoivent, rassure complètement Mme Merkel sur la volonté américaine de signer l’armistice.
Sans doute faudra-t-il imaginer autre chose pour apaiser le contentieux avec les États-Unis.

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Donald Trump met la guerre commerciale avec la Chine en sourdine à cause du ralentissement de l’économie américaine en vue

Business first
Donald Trump met la guerre commerciale avec la Chine en sourdine à cause du ralentissement de l’économie américaine en vue

Si Donald Trump a mis une sourdine à ses plans protectionnistes et si le président américain cherche à suspendre le bras de fer qu’il a engagé avec les Chinois, c’est parce qu’il redoute un ralentissement sérieux de l‘économie américaine. Et les raisons de s’en inquiéter se multiplient. Cette semaine, le très mauvais chiffre de la consommation des ménages américains a perturbé l’attente des conseillers de la Maison blanche. Les ventes au détail ont subi une chute mensuelle inédite depuis la crise de 2009. Dans le même temps, les banques ont enregistré des premiers défauts de paiements sur les crédits automobiles et sur les prêts étudiants. Ce renversement de tendance s’est produit au mois de décembre et ne peut pas être franchement imputables au shutdown, qui n’a commencé que le 22 décembre. Ces chiffres signifient aussi que les Américains sont préoccupés de l’avenir de leur économie.

C’est bien la raison pour laquelle Donald Trump a envoyé des signes d’apaisement dans ses discussions avec la Chine, ce qui a permis à la bourse américaine de repartir à la hausse et de compenser les effets de la baisse du moral des consommateurs.

Le ralentissement économique est pourtant mesuré par la plupart des observateurs. Le plus long cycle de croissance qu’à connu le pays dans son histoire économique touche à sa fin, c’est une certitude. La question est de savoir de quelle ampleur sera le ralentissement. Selon les analystes, l’ampleur va de +1.5% de croissance jusqu’à une récession pour les plus pessimistes.

Au delà des variations boursières à Wall Street, qui ne profitent qu’à l’industrie financière, les entreprises traversent un véritable malaise. Pour deux raisons : un, le stimulus fiscal impulsé par Trump en début de mandat touche à sa fin. Et deux, la baisse de la consommation des ménages.

Alors même que l’économie réelle est encore en plein emploi, avec des salaires en augmentation, on conçoit que les chefs d’entreprises se soient mis en mode prudents et attentistes. Aux Etats-Unis, la croissance a toujours été soutenue à 70% par la consommation, ce qui veut dire qu’une consommation en baisse est évidemment un indicateur de ralentissement économique pour les années à venir.

Les résultats des entreprises annoncés en 2018 sont plutôt bons, mais les perspectives pour 2019 sont beaucoup moins réjouissantes. « Les profits de l’an prochain sont attendus en baisse, d’environ 4% », selon Christian Parisot, chef économiste d’Aurel BGC, alors qu’il faudra s’attendre encore à une pluie d’indicateurs et de signaux négatifs en ce début d’année. Et grande nouveauté, ce trou d’air a embarqué, dans son sillage le secteur des nouvelles technologies, avec Apple qui, reste la première capitalisation boursière au monde, mais qui vient de prévenir les marchés que ses ventes d’iPhones ne correspondaient pas aux promesses . Deux points viennent rappeler que l’économie américaine est aujourd’hui en risque. D’abord sur le plan monétaire avec la banque centrale américaine, fin janvier, qui a surpris son monde en annonçant qu’elle n’augmenterait plus son taux directeur en 2020. Cette mesure a pour vocation de ne pas entraver l’investissement en évitant que le crédit ne soit trop cher. Quand le patron de la Fed lève le pied et parle de « patience », c’est que ses cellules de prévisions ne sont pas capables de lui dire ce qui se profile à l’horizon. Le deuxième point nous vient des positionnements ambigus du président américain vis-à-vis de la Chine. Donald Trump a compris qu’il ne pourrait pas faire sans les Chinois, du coup les conseillers chinois et américains ont changé de partition. Une partition moins violente, moins brutale. Le but partagé par les deux grandes puissances est d’arriver à un accord avant l’échéance du 1er mars, date censée consacrer l’entrée en vigueur de l’augmentation des droits de douane sur les importations chinoises. M. Trump sait bien que s’il ne passe pas cet accord, les exportations américaines vers la Chine continueront de baisser puisque la Chine arrêtera ses achats, comme c’est le cas à présent. C’est l’exactement l inverse de qui est souhaité.

La question est de savoir jusqu’où doit aller l’accord commercial. L’ambition de La Chine est certes d’acheter plus de composants technologiques et de produits agricoles en provenance des Etats-Unis mais Donald Trump ne s’arrête pas là : Là où les négociations sont beaucoup plus ardues, c’est quand les Américains demandent un changement de politique intérieure aux Chinois : arrêt des subventions publiques aux entreprises et instauration de la concurrence, entrée sur le marché chinois des entreprises américaines. Tout le monde souhaite que la Chine respecte les règles du jeu de la concurrence mondiale mais personne ne voit pourquoi les dirigeants chinois prendraient ce risque. Bref, un changement de modèle pour l’économie chinoise, largement contrôlée par son pouvoir politique. Faut pas rêver ! Quand Donald Trump réclame un tel changement, il parle essentiellement à ses électeurs afin de leur administrer la preuve (verbale) de sa détermination à changer l‘ordre mondial… Sauf que si l’économie américaine montre trop de signes de ralentissement, les Américains eux mêmes auront moins de cartes en main pour négocier.

https://www.atlantico.fr/

« Gilets jaunes »: Artisans et commerçants reçus à Bercy mercredi

11 février 2019 / 15:38 / il y a une heur

 

 

Le gouvernement a appelé lundi les commerçants et artisans pénalisés par les manifestations des « Gilets jaunes » à se saisir des dispositifs d’aide existants, « trop peu utilisés », et les convie à une réunion mercredi. /Photo d’archives/REUTERS/Benoit Tessier

PARIS (Reuters) – Le gouvernement a appelé lundi les commerçants et artisans pénalisés par les manifestations des “Gilets jaunes” à se saisir des dispositifs d’aide existants, “trop peu utilisés”, et les convie à une réunion mercredi.

Dimanche, l’association France Urbaine, qui réunit les métropoles et grandes villes du pays, a réclamé une réunion d’urgence à l’exécutif sur l’impact des manifestations des Gilets jaunes sur leurs commerces et leurs habitants, estimé à plusieurs millions d’euros.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire et la secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher rappellent dans un communiqué les mesures mises en place depuis le 26 novembre, “et prolongées début janvier, jusqu’au 31 mars 2019”. Ils disent compter sur “les fédérations professionnelles et les chambres consulaires pour relayer auprès de leurs adhérents le dispositif mis en place”.

Étalement d’échéances sociales, remboursements accélérés de crédits d’impôts, possibilité de demander le chômage partiel, étalement de dettes ou facilités de trésorerie, les ministres soulignent qu’il s’agit d’un “dispositif inédit par son ampleur et dont l’efficacité est démontrée pour les entreprises y ayant eu recours”.

Par ailleurs, à la suite du déplacement d’Edouard Philippe à Bordeaux le 1er février, lors duquel il avait promis aux commerçants un accompagnement financier, “une enveloppe d’environ 3 millions d’euros sera mobilisée pour soutenir des actions collectives ou des animations commerciales dans les villes les plus touchées”, ajoutent-ils.

“Un appel à projet du gouvernement sera prochainement publié à cet effet”.

Les secrétaires d’Etat Agnès Pannier-Runacher et Olivier Dussopt recevront mercredi matin à Bercy les représentants nationaux des artisans et commerçants, et plusieurs associations locales d’artisans et de commerçants pour faire un point de situation sur l’impact économique du mouvement et sur la mise en oeuvre des mesures d’aide.

Julie Carriat, édité par Yves Clarisse

https://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKCN1Q01N2-OFRTP

Gilets jaunes : les grandes villes dénoncent des pertes de plusieurs millions d’euros

Gilets jaunes : les grandes villes dénoncent des pertes de plusieurs millions d’euros

Par AFP  |   |  275  mots
(Crédits : Regis Duvignau)
Les élus des grandes villes et métropoles demandent de rencontrer le gouvernement pour « définir les modalités d’indemnisation et d’accompagnement ».

Les élus des grandes villes et métropoles ont réclamé dimanche « une réunion d’urgence » au gouvernement, compte tenu des « préjudices subis par les habitants et les commerçants » après 13 semaines de mobilisation des « gilets jaunes ».

Commerçants et habitants sont « pris en otage par des casseurs » et les pertes sont de l’ordre de plusieurs « millions d’euros dans nombre de grandes villes (Bordeaux, Dijon, Lyon, Nantes, Paris, Rennes, Rouen, Saint-Etienne, Toulouse…) », dénonce France Urbaine, qui réunit les élus des grandes villes et métropoles, dans un communiqué.

L’association « demande au Premier ministre une rencontre avec le ministre de l’Economie (…) et la ministre de la Cohésion des territoires » afin « de définir les modalités d’indemnisation et d’accompagnement, au nom de la solidarité nationale ».

Pour les commerces, des dégradations et des pertes de recettes

Parmi les préjudices subis, ces élus citent, pour « les contribuables locaux », des dégradations de biens publics, la « mobilisation des services de la ville et des forces de l’ordre ». Et pour les commerces, des dégradations, des pertes de recettes et des « pertes d’emplois ». Selon Procos, la Fédération du commerce spécialisé, les seuls mois de novembre et de décembre ont vu le chiffre d’affaires du commerce spécialisé chuter respectivement de -6,8% et de -3,9%, par rapport aux mêmes mois de 2017, « avec un pic à -12% au 17 décembre ».

La secrétaire d’Etat à l’Economie Agnès Pannier-Runacher a exhorté vendredi les commerçants et entreprises touchés par les actions des « gilets jaunes » à solliciter les mesures d’accompagnement mises en place, car les demandes sont à ce jour « extrêmement limitées ».

https://www.latribune.fr/economie/france/gilets-jaunes-les-grandes-villes-denoncent-des-pertes-de-plusieurs-millions-d-euros-806897.html#xtor=EPR-2-%5Bl-actu-du-jour%5D-20190211

Les investisseurs étrangers détiennent plus de bons libellés en yuans fin janvier

Les investisseurs étrangers détiennent plus de bons libellés en yuans fin janvier

© Chine Nouvelle (Xinhua), Le 09/02/2019 15:33

Des investisseurs étrangers ont possédé plus de bons libellés en yuans (devise chinoise) à la fin du mois dernier, avec la plus large ouverture du pays vers le monde.

Fin janvier, le montant total des obligations en yuans appartenant aux établissements étrangers au dépôt de la China Central Depository & Clearing Co. (CCDC), ont bondi de 40,55% en glissement annuel, pour atteindre 1.510 milliards de yuans (225 milliards de dollars), a annoncé la CCDC sur son site officiel.

Le montant a augmenté de 0,08% par rapport à la fin de l’année dernière, représentant 2,6% de la valeur totale des obligations mises au dépôt de la CCDC.

La forte hausse des bons en yuans des investisseurs étrangers a résulté en partie de la mise en place du Programme de connexion de bons, un schéma lancé en juillet 2017 permettant aux étrangers d’investir sur le marché interbancaire de la partie continentale de la Chine, par le biais des institutions financières de la partie continentale de la Chine et de Hong Kong.

Fin 2018, plus de 500 investisseurs institutionnels enregistrés à l’échelle internationale avaient choisi ce programme pour accéder au marché chinois de bons

https://chine.in/actualite/cn/les-investisseurs-etrangers-detiennent-plus_116481.html

Hausse de prix dans les supermarchés : la France souffre-t-elle d’un excès de réglementation ou d’une concurrence sauvage ?

Loi alimentation
Hausse de prix dans les supermarchés : la France souffre-t-elle d’un excès de réglementation ou d’une concurrence sauvage ?

Atlantico : Dans le contexte de la loi alimentation, certains produits alimentaires devraient subir une forte hausse (10%) des prix, en raison d’une mesure ayant trait au seuil de revente à perte. Une situation qui effraye distributeurs et consommateurs. Plus largement, en ce qui concerne le secteur alimentaire Français, peut-on le qualifier de trop, ou de passez assez libéral ?

Jean-Marc Boussard : J’avoue que je ne comprends pas trop tout le bruit qui est fait autour de cette affaire de revente à perte. C’est en vérité assez secondaire, et je ne crois pas que cette pratique soit si généralisée que cela, sinon pour liquider des produits périssables (devront être détruits sans bénéfice pour personne ? ).

Quant au secteur alimentaire dans son ensemble, le problème n’est pas vraiment de savoir s’il est trop ou trop peu libéral. C’est de savoir si les interventions de toute façon nécessaires en raison des imperfections des marchés sont faites à bon escient, et de façon utile. J’ai peur que ce ne soit pas toujours le cas !

Quelles sont les situations ou l’on pourrait considérer que ce secteur n’est pas assez libéralisé, et quelles en sont les conséquences pour les différents acteurs ?

La multiplication des subventions pour un oui ou pour un non, est souvent dévastatrice pour les finances publiques. Par exemple, on subventionne l’agriculture « bio » : C’est complètement absurde puisque l’agriculture « bio » se débrouille très bien toute seule avec une clientèle aisée tout heureuse de payer plus cher pour étaler son « standing ». Ces subventions sont donc de l’argent perdu…

De même, les agriculteurs français sont écrasés de règlements techniques et d’obligations bureaucratiques tatillonnes dont l’intérêt est souvent peu évident. Par exemple, on peut bien comprendre l’interdiction de cultiver en France des plantes susceptibles de présenter un danger pour le consommateur, ce qui, selon certains « écologistes », serait le cas des « PGM » (plantes génétiquement modifiées) . Mais alors, comme ces plantes n’ont aucune raison d’être moins nocives si elles sont cultivées ailleurs, il faudrait absolument aussi en interdire l’importation. Or on en importe des millions de tonnes, au détriment de nos producteurs dont les coûts sont de ce fait plus élevés que ceux de leurs concurrents, et qui sont donc privés d’un « avantage comparatif » important. L’ironie de la chose est que, comme personne ne semble mourir de les avoir consommées, il est plus que probable que ces plantes ne sont pas si nocives que cela… et donc que les règlements anti-PGM sont abusifs, et constituent des «distorsions de concurrence» au détriment de nos producteurs.

De la même façon, quelles sont les situations où l’on pourrait considérer que ce secteur serait trop libéralisé, et quelles en sont les conséquences pour les différents acteurs ?

En même temps, les prix agricoles sont laissés à des marchés incertains, qui montent ou qui baissent sans raison apparente, ce qui diminue beaucoup l’enthousiasme des producteurs ( et de leurs banques) pour l’investissement. Or l’investissement, en agriculture comme ailleurs, est indispensable pour abaisser les coûts et rester compétitif.

Les « prix garantis » qui avaient été au cœur des politiques agricoles des années 1950 à 1990 avaient pourtant montré leur efficacité pour passer de la pénurie à l’abondance, justement en autorisant des investissements gigantesques. On était même passé à la surabondance, ce qui est évidemment absurde, et coûtait très cher. Il eut été possible (par exemple, avec des « quotas de production ») de réduire ces coûts ou même de les faire disparaître sans laisser la régulation à long terme des marchés myopes dépendre de la fantaisie irrépressible de mécanismes chaotiques. Au lieu de cela, on a jeté le bébé avec l’eau du bain, et « libéralisé » à tout va, avec des « crises » récurrentes, et leur cortège de faillites, et même de suicides. Et avec tout cela, la moyenne des prix pour le consommateur n’a aucune tendance à baisser, comme le prévoyaient les apôtres de la libéralisation, et pourrait peut-être augmenter sans bénéfice réel pour personne…

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Amazon devient la plus grosse société cotée du monde, détrônant Microsoft

Amazon devient la plus grosse société cotée du monde, détrônant Microsoft

Par latribune.fr  |   |  343  mots
(Crédits : Reuters)
Le géant américain du commerce en ligne Amazon est devenu l’entreprise privée la plus chère au monde en ravissant à Microsoft la première place à Wall Street. À la clôture des marchés le 7 janvier au soir, la société valait 797 milliards de dollars.

Lundi soir, la société de Jeff Bezos est devenue pour la première fois le numéro un mondial en termes de capitalisation boursière, devançant Microsoft. Sans actualité particulière mais en profitant d’un regain d’optimisme à Wall Street, l’action d’Amazon s’est appréciée de 3,44% lundi, faisant grimper sa valeur boursière à 797 milliards de dollars. Microsoft, avec ses 783 milliards de dollars, perd ainsi la couronne qu’il avait lui-même dérobée à Apple fin novembre.

La performance d’Amazon est toutefois à relativiser

Pour autant, la valeur de l’entreprise a beaucoup reculé depuis qu’elle est parvenue, début septembre, à dépasser le cap des 1.000 milliards de dollars, quelques semaines après Apple. Le petit libraire en ligne fondé en 1994 marquait ainsi avec brio son ascension en un mastodonte de la distribution sur Internet. L’entreprise est aussi devenue entretemps un géant de l’informatique dématérialisée (« cloud« ), un créateur de produits populaires comme les assistants vocaux intelligents Alexa et le gestionnaire d’une populaire plateforme de musique et cinéma via son service Prime.

Grâce à ce succès, Jeff Bezos est devenu l’homme le plus riche au monde selon le classement établi par le magazine Forbes. Sa fortune était estimée lundi à 135 milliards de dollars.

Mais les entreprises du secteur de la technologie ont beaucoup souffert au cours des derniers mois, affectées comme le reste de la place new-yorkaise par les craintes d’un ralentissement de la croissance mondiale.

Apple alerte les investisseurs d’une baisse de son chiffre d’affaires

Le retour sur terre a parfois été brutal, à l’instar de la dégringolade d’Apple. Le groupe, qui avait déjà lâché près de 40% depuis début octobre, a plongé de 10% supplémentaires le 3 janvier après avoir reconnu que ses ventes au dernier trimestre 2018 seraient moins bonnes que prévu, en raison notamment du ralentissement de l’économie chinoise et d’autres pays émergents.

À 702 milliards de dollars, la marque à la pomme est désormais moins valorisée qu’Amazon, Microsoft et Alphabet, la maison mère de Google (748 milliards).

(avec AFP)

https://www.latribune.fr/technos-medias/internet/amazon-devient-la-plus-grosse-societe-cotee-du-monde-detronant-microsoft-803023.html#xtor=EPR-2-%5Bl-actu-du-jour%5D-20190108

Trump parle de « grands progrès » dans les négociations commerciales avec la Chine

Trump parle de « grands progrès » dans les négociations commerciales avec la Chine

Donald Trump le 29 novembre 2018 à Washington DC / © AFP/Archives / Brendan Smialowski

Le président américain Donald Trump a évoqué samedi de « grands progrès » dans les négociations commerciales avec la Chine après s’être entretenu par téléphone avec son homologue Xi Jinping.

« Je viens juste d’avoir un long et très bon coup de fil avec le président Xi de Chine. On avance bien vers un accord », a tweeté le milliardaire républicain.

« Si on y arrive, il sera très large et couvrira tous les domaines et tous les contentieux. On fait de grands progrès », a-t-il insisté.

Le milliardaire républicain avait opéré un rapprochement notable avec Pékin et son « ami » Xi Jinping au début de son mandat, mais les relations bilatérales ont depuis été marquées par des hauts et des bas.

Après s’être livré une féroce guerre commerciale, avec une surenchère sur les droits de douane, les deux pays observent une trêve depuis le 1er décembre pour laisser une chance à la négociation.

Les échanges Chine – Etats-Unis / © AFP / Gal ROMA

En marge d’un sommet du G20 en Argentine, Xi Jinping a obtenu un délai de 90 jours, jusqu’au 1er mars, pour l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane punitifs aux Etats-Unis sur les produits chinois.

En contrepartie, la Chine a notamment annoncé qu’elle suspendrait le 1er janvier, pour trois mois, les surtaxes douanières imposées aux voitures et pièces automobiles importées des Etats-Unis, et a passé plusieurs grosses commandes de soja américain.

Selon l’agence Bloomberg, une délégation américaine, menée par le représentant adjoint pour le Commerce Jeffrey Gerrish, se rendra à Pékin pendant la deuxième semaine de janvier pour poursuivre les négociations.

(©AFP / (29 décembre 2018 17h52)

https://www.romandie.com/news/Trump-parle-de-grands-progr-s-dans-les-n-gociations-commerciales-avec-la-Chine/983529.rom

Wall Street s’envole à la clôture pour sa meilleure séance depuis 2009

Wall Street s’envole à la clôture pour sa meilleure séance depuis 2009

New York – Après s’être emballés en fin de séance mercredi, les indices vedette de la Bourse de New York ont enregistré leur meilleure performance depuis 2009, repartant ainsi nettement de l’avant après une chute tout aussi spectaculaire au cours des derniers jours.

Le Dow Jones Industrial Average a bondi de 4,98% ou 1.086,2 points, pour terminer à 22.878,36 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, s’est envolé de 5,84% à 6.554,36 points.

L’indice élargi S&P 500 a gagné 4,96% à 2.467,70 points.

Cette progression correspond surtout à un rebond technique après une période particulièrement chaotique à Wall Street: les indices, après leur pire semaine depuis 2008, s’étaient encore enfoncés lundi et avaient connu leur pire performance jamais enregistrée la veille d’un Noël.

Après une telle débandade, le marché « était franchement prêt pour un rebond », relève Matt Miskin de Manulife Asset Management.

« C’est fou de voir comment les investisseurs peuvent être aussi pessimistes et le lendemain se dire que les choses ne vont pas si mal », ajoute-t-il.

« Fondamentalement, rien n’a changé », abonde Karl Haeling de LBBW.

Dans un marché aux faibles volumes en cette période de fêtes, ce considérable retournement de tendance a été alimenté par la vigueur du secteur de l’énergie, qui a profité de l’envolée de près de 9% du baril de pétrole coté à New York.

Autre élément entraînant: Amazon a gagné 9,45% après avoir indiqué n’avoir jamais envoyé autant d’articles pour les fêtes de fin d’année. Un signal encourageant pour l’ensemble du secteur de la distribution et la consommation des Américains en général.

Quelques grandes stars de la tech étaient aussi à la fête: Facebook s’est apprécié de 8,16%, Apple de 7,04% et Microsoft de 6,83%.

L’état d’esprit du marché a également été rasséréné par des commentaires d’un conseiller de la Maison Blanche, Kevin Hassett, qui a assuré que le poste de Jerome Powell à la présidence de la Banque centrale américaine n’était aucunement menacé.

Des informations de presse avaient évoqué en fin de semaine dernière un possible limogeage du patron de l’institution par Donald Trump, une éventualité redoutée par des investisseurs s’inquiétant déjà de voir partir un à un les responsables considérés comme les plus importants contre-poids aux décisions intempestives du locataire de la Maison Blanche.

Dans ce regain d’appétit pour le risque, le marché obligataire a reculé, le taux d’intérêt sur la dette à dix ans des États-Unis remontant à 2,807%, contre 2,738% lundi à la clôture, et celui à 30 ans à 3,065%, contre 2,993%.

jum/alb/bh

FACEBOOK

APPLE INC.

MICROSOFT

AMAZON.COM

(©AFP / 26 décembre 2018 21h33)

https://www.romandie.com/news/Wall-Street-s-envole-la-cl-ture-pour-sa-meilleure-s-ance-depuis-2009_RP/983081.rom