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Vu de Russie À Moscou, un certain fatalisme face aux nouvelles sanctions américaines

Vu de Russie À Moscou, un certain fatalisme face aux nouvelles sanctions américaines

Le 22 août doivent entrer en vigueur de nouvelles sanctions contre la Russie, que le département d’État américain met en œuvre à la suite de l’affaire Skripal. Cette nouvelle salve de restrictions, beaucoup plus radicales, pourrait avoir un impact considérable sur l’économie russe.

Washington, qui juge Moscou coupable de l’empoisonnement de l’ex-agent russe Sergueï Skripal en mars 2018 à Londres, estime que la Russie a ainsi enfreint le droit international. C’est pour cette raison que de nouvelles sanctions ce 22 août entreront en vigueur contre le pays.

Adoptées par le département d’État américain le 8 août dernier, elles découlent de la loi américaine adoptée en 1991 sur “le contrôle des armes chimiques et biologiques”, explique le quotidien en ligne russe Gazeta.ru. En vertu de ce texte, les États-Unis ont l’obligation d’appliquer des sanctions contre tout pays qui, selon eux, aurait utilisé des armes chimiques ou biologiques en violation du droit international.

C’est la troisième fois que les États-Unis ont recours à cette loi. Ils l’ont appliquée une première fois en 2013 contre la Syrie et une deuxième en 2018 contre la Corée du Nord.

Deux salves de sanctions

Parmi la liste des mesures de restriction envisagées, les plus sensibles pour la Russie concernent l’interdiction de la vente de toute production à double usage (susceptible d’avoir une utilisation tant civile que militaire), notamment de systèmes électroniques. Ces sanctions viseront toutes les entreprises publiques ou financées par l’État russe.

Mais la deuxième partie des sanctions prévue par la loi va encore plus loin. Elles seront déclenchées si la Russie refuse de se plier aux injonctions américaines : Moscou a un délai de trois mois pour présenter des garanties sur le fait qu’elle n’utilisera aucune arme chimique et pour recevoir des inspecteurs internationaux sur les sites où de telles armes seraient susceptibles d’être produites. À défaut, le pays s’exposera au blocage de toute aide d’ordre technique ou financier en provenance des institutions financières internationales. Les États-Unis pourraient également limiter leurs exportations et les importations en provenance de Russie. Les relations diplomatiques pourraient être réduites ou suspendues. Enfin, autre mesure envisagée : l’interdiction totale des vols de la compagnie Aeroflot à destination des États-Unis.

Quid des stocks américains d’armes chimiques ?

Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, cité par Gazeta.ru, a réagi à l’ultimatum américain en rappelant que la Russie avait déjà fait l’objet de “toutes les inspections imaginables” et que l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) avait confirmé le désarmement chimique de la Russie, il y a trois ans déjà.

Un expert de l’OIAC, interrogé par le titre, estime que la Russie pourrait accéder à la requête des Américains à certaines conditions, en demandant par exemple à inspecter les sites analogues aux États-Unis, car, affirme-t-il, Washington est le seul membre de l’OIAC possédant encore d’importantes réserves de substances chimiques à usage militaire. Sergueï Lavrov a du reste récemment déclaré à ce sujet : “Ils ont encore demandé un report, cette fois jusqu’en 2020, il faudrait donc plutôt parler des problèmes posés par le désarmement chimique des Américains.”

Quoi qu’il en soit, la menace que fait peser la multiplication des sanctions sur l’économie russe plaide en faveur d’un “geste de bonne volonté” de la part de Moscou, ne serait-ce que pour “apaiser les Américains”, estime le même expert. Mais, dans un éditorial, Gazeta.ru se montre beaucoup plus fataliste :

La Russie n’a plus qu’à s’occuper de sa propre économie, en gardant en tête que les plus sombres prévisions concernant les sanctions américaines peuvent à tout moment devenir réalité. Et que, même s’il veut sincèrement restaurer les relations avec Moscou, le président Trump n’a pas vraiment les mains libres avec le Congrès actuel. Sauf, le cas échéant, pour organiser une rencontre et discuter.”

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Le Congrès des USA a réactivé la loi nommée NOPEC pour contrer l’OPEP et l’OPEP+

Le Congrès des USA a réactivé la loi nommée NOPEC pour contrer l’OPEP et l’OPEP+.


Par Andrew Korybko – Le 6 août 2018 – Source orientalreview.org

Officiellement dénommée « Loi sur les cartels ne produisant et n’exportant pas de pétrole » [« No Oil Producing and Exporting Cartels Act », NdT], NOPEC constitue l’essence de ce qu’on peut appeler une « guerre législative » : elle autorise les USA à imposer ses lois nationales, de manière extra-territoriale, en autorisant son propre gouvernement à poursuivre en justice les pays de l’OPEP et de l’OPEP+, tels la Russie, suite à leurs décisions coordonnées de contrôler les prix du pétrole. Mais ces actions en justice restent inapplicables selon le droit international, et c’est là que le refus des pays ciblés d’honorer ces décisions de justice risque, dans le pire des scénarios, de déclencher des sanctions de la part des USA ; toute cette série d’événements est pensée pour servir plusieurs objectifs stratégiques.

Le premier objectif des USA, briser l’axe russo-saoudien qui constitue le cœur de l’OPEP+, amène au second, détricoter toute la structure de l’OPEP, et proclamer la libéralisation de l’industrie énergétique dans un grand marché libre mondial. Ce serait clairement à l’avantage des USA, qui visent à devenir une superpuissance d’exportation énergétique, mais le pays doit commencer par neutraliser la compétition avant d’y parvenir, d’où cette déclaration de guerre économico-hybride au travers de NOPEC. En pratique, on pourrait voir les USA menacer d’un premier jeu de sanctions les pays impliqués dans les accords de l’OPEP et de l’OPEP+, suite à quoi ils pourraient cibler d’un deuxième jeu de sanctions les autres parties qui continuent de faire des affaires avec ces pays.

OPEP

L’objectif de cette approche est d’intimider les vassaux européens des USA, pour les forcer à se soumettre à leurs exigences, afin de faire de l’Europe un marché captif des exportations énergétiques américaines, ce qui explique également pourquoi Trump veut jeter aux orties les autorisations d’exportations de GNL (gaz naturel liquéfié) vers l’UE. Si toutes ces manœuvres devaient réussir, elles pourraient venir encore plus éroder l’indépendance stratégique européenne – déjà une peau de chagrin – et surtout abîmer à long terme les économies des rivaux énergétiques des USA, qui deviendraient vulnérables à des manipulations politiques. Dans le même temps, les USA ont récemment dévoilé le projet « Afrique Énergie » [« Power Africa », NdT], visant à investir 175 milliards de dollars dans des projets gaziers sur le continent, en vue d’implanter des sociétés américaines sur les frontières énergétiques de la Tanzanie, du Mozambique et d’autres pays. Ces sociétés devenant par là des fournisseurs de premier plan de la Chine, rivale des USA, l’accès à l’énergie de Pékin serait plus soumis au bon vouloir américain que jamais auparavant.

Si, à l’inverse des médias dominants qui ne considèrent NOPEC que comme une nouvelle loi populiste, on le considère comme une salve d’ouverture dans la guerre de l’énergie, lancée en parallèle de la guerre commerciale, alors on peut comprendre la portée de super-arme stratégique de cette décision ; son efficacité dépendra bien sûr en pratique de sa mise en application par les décideurs américains. Il est trop tôt pour dire si cette décision rebattra les cartes – la loi n’est pas encore promue – mais à supposer qu’elle le soit jamais, elle pourrait bien marquer l’histoire comme développement énergétique le plus important depuis la création de l’OPEP, du gaz naturel liquéfié, et des technologies de fracturation hydraulique.

Cet article constitue une retranscription partielle de l’émission radio context countdown, diffusée sur Sputnik news le vendredi 3 août 2018.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent, relu par Cat pour le Saker francophone

http://lesakerfrancophone.fr/lamerique-sapprete-a-declencher-sa-super-arme-nopec-contre-les-russes-et-les-saoudiens

 

Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ?

Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ?

Publié par wikistrike.com sur 18 Août 2018, 13:06pm

Catégories : #Economie, #Politique internationale

Pourquoi Trump vient-il de déclencher une nouvelle crise financière ?

L’attaque de Trump contre la livre turque, combinée aux récentes mesures de la Réserve fédérale pour réduire drastiquement l’offre de dollars, entraînent le monde vers une crise monétaire identique à celle de 1997. C’est peut-être exactement le but recherché.

Vendredi dernier, Donald Trump a annoncé de nouvelles sanctions contre la Turquie, notamment le doublement des droits de douane sur l’acier et l’aluminium qu’il avait introduits plus tôt cette année. La monnaie turque était déjà en difficulté, mais ces nouvelles sanctions  » sont la goutte qui fait déborder le vase « , selon Edward Park de la société de gestion britannique Brooks Macdonald.

Le même jour, la livre turque est tombée à plus de 6 face au dollar, pour la première fois, atteignant un nouveau bas historique de 7,21 par rapport au dollar, dimanche. Après que la Turquie a mis des plafonds aux swaps de devises, la livre a repris un peu de sa valeur perdue, et elle s’échangeait à 6,12 mercredi, toujours bien en dessous des 4,75 pour un dollar qu’elle valait la semaine dernière.

La réaction turque a eu un certain effet, mais ça ne suffira pas : interdire simplement le commerce de la livre au-dessus d’un certain niveau, comme la Turquie a fait, n’est guère un moyen pérenne de revaloriser la monnaie ; et selon le Financial Times, les investisseurs  » continuent d’augmenter leurs paris contre la Turquie à travers d’autres moyens, comme les swaps de défaut qui garantissent le paiement de la dette en cas de défaut « . Les actions des banques turques sont aujourd’hui à leur plus bas niveau depuis 2003.

La vulnérabilité de la monnaie vient surtout du fait que le pays a d’énormes dettes en dollars. Les entreprises turques doivent aujourd’hui près de 300 milliards de dollars de dettes libellées en devises, un chiffre qui représente plus de la moitié de son PIB. Comment cela s’est-il produit et pourquoi cela est-il soudainement devenu un problème ?

Pendant l’ère de l’assouplissement quantitatif (QE), la Réserve fédérale américaine a inondé les institutions financières américaines avec 3500 milliards de dollars de nouveaux dollars, dont une grande partie a afflué sur les marchés dits  » émergents  » comme la Turquie. Tant que l’orchestre jouait, tout allait bien – des taux d’intérêt presque nuls, combinés à la faiblesse du dollar, rendaient ces dettes abordables. Mais depuis que la Réserve fédérale a mis fin à son programme d’assouplissement quantitatif l’an dernier – et qu’elle a ensuite commencé à l’inverser en vendant les actifs financiers qu’elle avait achetés (et donc en retirant des dollars du système financier) – la valeur du dollar a recommencé à augmenter, ce qui augmente de prix de la dette.

Cette appréciation du dollar a été aggravée par deux hausses successives des taux d’intérêt de la Réserve ; mais elle a également été aggravée par les décisions de Trump. Paradoxalement, les guerres commerciales de Trump ont conduit à une nouvelle hausse du dollar, car les investisseurs ont considéré ce dernier comme un  » refuge » par rapport à d’autres monnaies jugées moins capables de résister aux turbulences aléatoires qu’il a déclenchées. Même le yen et le franc suisse, traditionnellement considérés comme  » aussi solides que l’or « , se sont affaiblis face au dollar, comme d’ailleurs face à l’or lui-même.

Comme l’a dit Aly-Khan Satchu, fondateur et PDG de Rich Management, « le dollar américain a été transformé en arme – soit délibérément, soit à dessein » (y a-t-il une différence ?), ajoutant que d’autres pays subiront le même traitement  » s’ils s’entêtent dans la même politique qu’Erdogan « .

Ainsi, le coup porté par les Etats-Unis à la Turquie est quadruple  – hausses de taux d’intérêt et tarissement des dollars de la Fed ; tarifs douaniers et sanctions de Trump. Il en résulte une perte de près de 40 % de la valeur de la livre depuis le début de l’année.

Les effets se font déjà sentir bien au-delà des frontières de la Turquie ; le rand sud-africain est tombé, lundi, à son plus bas niveau depuis deux ans, et la roupie indienne, le peso mexicain et la rupiah indonésienne ont tous été durement touchés. Cela n’est pas surprenant, car le gonflement de la dette libellée en dollars – de 2 000 milliards de dollars il y a 15 ans à 9 000 milliards aujourd’hui, en grande partie par les pays du Sud – combiné à l’inversion de l’assouplissement quantitatif, sont les ingrédients d’une crise qui ne demande qu’à éclater. Toutes les conditions qui avaient précédé la crise monétaire de 1997 en Asie de l’est sont désormais réunies. Il ne manquait qu’un petit coup de pouce – et Trump vient de le donner.

Tout cela est expliqué dans tous les manuels d’économie, ou plutôt ça devrait l’être si les manuels  reflétaient la réalité (ce qui est loin d’être le cas). Les dix dernières années sont pratiquement le replay exact de la décennie qui a précédé la crise de 1997. Si la dévaluation du dollar de l’Accord de Plaza de 1985 n’était pas exactement du quantitative easing, elle avait le même but et les mêmes résultats – un flot d’argent et de dettes en dollars bon marchés, et donc une dépendance et une vulnérabilité mondiales croissantes au dollar et à la politique monétaire et économique des États-Unis.

Cette vulnérabilité a ensuite été effectivement ‘encaissée’ lorsque l’accord de Plaza a été ‘inversé’, 10 ans plus tard, (par l’accord du Louvres, ndt), un renversement qui à l’instar du renversement actuel de l’assouplissement quantitatif, étrangle le crédit et fait monter les taux d’intérêt, rendant les marchés plus instables et les faillites plus probables.

Le déclencheur a finalement été l’effondrement du baht – la monnaie d’un pays (la Thaïlande) qui avait un PIB deux fois moins élevé que celui de la Turquie – qui a provoqué une crise qui s’est étendue à toute l’Asie, sabotant le développement du continent et permettant aux entreprises américaines d’acheter certaines des usines industrielles les plus avancées du monde pour une fraction de leur valeur.

Il n’est donc pas difficile de comprendre pourquoi Trump et la Fed pourraient vouloir déclencher une telle crise aujourd’hui. Plus les monnaies des pays endettés en dollars dégringolent, plus ils doivent céder de biens et de services réels aux Etats-Unis pour payer les intérêts de leurs dettes en papier-dollars aux États-Unis – et ceux qui ne peuvent pas suivre seront avalés pour trois sous.

Cependant, au-delà du profit purement économique, il y a aussi l’impératif géopolitique de maintenir et d’étendre la domination américaine en écrasant ses rivaux. Trump ne fait rien d’autre, après tout, que d’utiliser toute la puissance dont il dispose pour détruire ses adversaires. Mettre les pays les uns après les autres au bord de la faillite – et donc à la merci du FMI – est un moyen de transformer la dépendance à l’égard du dollar accumulée au cours de la dernière décennie en pouvoir pur et dur.

On peut facilement imaginer ce que les États-Unis pourraient exiger en échange de leur soutien pour obtenir le renflouement du FMI – mettre fin aux importations de pétrole en provenance de l’Iran, cesser de participer à la Route de la soie chinoise… le potentiel est énorme. On entend déjà des menaces directes contre la Turquie pour qu’elle fasse ‘ce qu’elle doit faire’ pour ‘rassurer les marchés’ – le Times de mardi, par exemple, exige que  » Erdogan mette fin à son différend avec l’Occident s’il veut éviter une crise plus profonde… sa ligne de conduite devrait être claire : il devrait relever les taux d’intérêt [c’est-à-dire promettre aux spéculateurs internationaux des coupures plus importantes dans l’économie turque], tenir compte des économistes compétents, garantir explicitement l’indépendance de la banque centrale [c’est-à-dire la soustraire au contrôle démocratique], et se réconcilier avec le président Trump » – car, après tout, « le soutien des États-Unis sera nécessaire si le FMI ou la Banque mondiale doit intervenir ».

En effet, c’est là qu’on voit toute l’hypocrisie de la soi-disant opposition entre les ‘mondialistes’ et les ‘nationalistes économiques’ de la Maison Blanche Trump – et du pays dans son ensemble – apparaître au grand jour, une fois de plus. Lorsqu’il s’agit de pousser les pays du Sud à la faillite, leurs intérêts sont absolument les mêmes. Les communiqués de Goldman Sachs qui décrient les tarifs douaniers de Trump sont de l’enfumage, la vérité, c’est que la guerre commerciale est la cerise sur le gâteau de la politique de la Fed dont le but est d’écraser les ‘marchés émergents’.

Wall Street dépend précisément du type d’instabilité financière que les guerres commerciales de Trump ont déclenchée. Comme l’a noté Peter Gowan, « l’économie américaine dépend… de la reproduction constante des crises monétaires et financières internationales « . Wall Street en particulier « dépend de l’instabilité chaotique des systèmes financiers des marchés émergents ». Mais on dissimule la vraie nature de ces décisions en les drapant dans l’étendard du ‘nationalisme’ et en les présentant comme des solutions aux pseudo-chocs de la ‘mondialisation’. Les pays du sud se trouvent maintenant au bord du précipice – et les ‘libéraux de l’establishment’ et les ‘insurgés nationalistes’ attendent en ligne le moment de les y pousser.

Dan Glazebrook

Dan Glazebrook est un écrivain politique indépendant dont les articles passent sur RT, Counterpunch, Z magazine, le Morning Star, le Guardian, le New Statesman, l’Independent et Middle East Eye, entre autres. Son premier livre, « Divide and Ruin: The West’s Imperial Strategy in an Age of Crisis » a été publié par Liberation Media en octobre 2013. Il contenait un recueil d’articles écrits à partir de 2009 examinant les liens entre l’effondrement économique, la montée des BRICS, la guerre contre la Libye et la Syrie et l’ »austérité ». Il fait actuellement des recherches sur l’utilisation par les États-Unis et le Royaume-Uni d’escadrons de la mort à caractère sectaire contre des États indépendants et des mouvements de l’Irlande du Nord et de l’Amérique centrale dans les années 1970 et 1980 jusqu’au Moyen-Orient et à l’Afrique d’aujourd’hui.

Article original: Trump just triggered a new financial crisis. Here’s why

Source: https://arretsurinfo.ch/pourquoi-trump-vient-il-de-declencher-une-nouvelle-crise-financiere/

 

Par Dan Glazebrook, RT

Publié le 17 août 2018 sous le titre Trump just triggered a new financial crisis. Here’s why

Traduction : Dominique Muselet

http://www.wikistrike.com/2018/08/pourquoi-trump-vient-il-de-declencher-une-nouvelle-crise-financiere.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Embargo en Corée du Nord: Washington sanctionne deux sociétés russe et chinoise

Embargo en Corée du Nord: Washington sanctionne deux sociétés russe et chinoise

Washington – Le Trésor américain a annoncé des sanctions financières mercredi contre deux entreprises russe et chinoise accusées d’avoir continué à entretenir des relations commerciales avec la Corée du Nord, malgré l’embargo contre Pyongyang.

Il est reproché au groupe chinois Dalian Sun Moon Star International Logistics Trading Co et à sa filiale de Singapour SINSMS, d’avoir exporté de l’alcool et des cargaisons de cigarettes vers la Corée du Nord en falsifiant les documents de livraison.

Ce commerce « illégal » de cigarettes en Corée du Nord pèse plus d’un milliard de dollars par an, précise l’administration américaine dans un communiqué.

Une société russe, Profinet, et son directeur général Vasili Kolchanov, sont également sanctionnés pour avoir fourni des services portuaires à des bâtiments nord-coréens.

Ces vaisseaux, parmi lesquels deux pétroliers qui font déjà eux-mêmes l’objet de sanctions, ont profité de ces prestations dans les ports russes de Nakhodka, Vostochny, Vladisvostok et Slavyanka.

Ces sanctions gèlent les éventuels avoirs de ces sociétés et individus aux Etats-Unis et leur interdit tout commerce avec une entité ou un ressortissant américains.

L’inscription de ces entités sur la liste noire du Trésor « renforce l’engagement des Etats-Unis à éviter tout flux financier vers les activités et le programme d’armements de destruction massive, en accord avec les décisions du Conseil de sécurité de l’ONU », dit le communiqué.

« Le Trésor va continuer à appliquer les sanctions existantes contre la Corée du Nord et fera ce qu’il faut pour bloquer et mettre à l’index les entreprises, les ports et les vaisseaux qui facilitent des livraisons illicites et fournissent des revenus à la Corée du Nord », poursuit l’administration.

Elle dénonce aussi « les tactiques des entreprises basées en Chine, à Singapour et en Russie pour détourner les sanctions » et ajoute que celles-ci « demeureront en place jusqu’à ce nous parvenions à une vérification complète de la dénucléarisation de la Corée du Nord ».

Après une escalade des tensions sans précédent en 2017, ponctuée par des tirs de missiles et un essai nucléaire majeur de la part du régime reclus de Pyongyang, ainsi que par des sanctions internationales de plus en plus strictes en retour, l’année 2018 a été marquée par un dégel spectaculaire avec Washington.

Il a abouti au sommet historique le 12 juin à Singapour entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Mais depuis ce sommet, Washington a déploré que certains pays, Chine et Russie en tête, aient commencé à relâcher la pression sur Pyongyang.

(©AFP / 15 août 2018 16h08)

https://www.romandie.com/news/Embargo-en-Cor-e-du-Nord-Washington-sanctionne-deux-soci-t-s-russe-et-chinoise/945650.rom

Saisir des transnationales pour reconstruire la Syrie ?

Saisir des transnationales pour reconstruire la Syrie ?

Le président Trump s’est fait élire sur la promesse de renverser le capitalisme financier et de restaurer le capitalisme productif. Dans cette logique, il considère que les dommages de guerre dus à la Syrie ne doivent pas être payés par les États-Unis, mais par des sociétés transnationales. Cette révolution des relations internationales est-elle souhaitable et possible ?

| Damas (Syrie)

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Henry Kravis au Forum de Davos. Proche de John McCain, le fondateur de KKR est membre du Council of Foreign Relations et du Groupe de Bilderberg (dont sa femme est administratrice). Il emploie le général David Petraeus (ancien directeur de la CIA) avec qui il a organisé les transferts de fonds et d’armes à Daesh. Ami de longue date d’Emmanuel Macron, il a secrètement financé sa campagne électorale.

Ils étaient 114 États membres des « Amis de la Syrie » à financer sa destruction par les jihadistes. Mais, après leur échec, aucun ne veut payer quoi que ce soit pour sa reconstruction. Pourtant, ils n’ont pas eu de problème pour soutenir les États qui accueillent des réfugiés syriens ; étant entendu qu’il ne s’agissait pas là d’un geste humanitaire, mais d’un moyen de priver la Syrie de ses ressources humaines.

Surtout, tous espèrent s’enrichir en masquant leur crime et en obtenant des contrats de reconstruction.

Les 7 et 8 août, la Commission économique des Nations Unies pour l’Asie occidentale (ESCWA), réunie à Beyrouth, a estimé le coût minima de la reconstruction à 388 milliards de dollars [1]. Elle devrait rendre un rapport détaillé sur ce sujet en septembre. D’ores et déjà, consciente que ce qu’à vécu le pays n’a pas grand chose à voir avec une « guerre civile », mais avec une agression étrangère, elle a annoncé le titre de ce rapport : Syria, 7 years at war. C’est-à-dire La Syrie, 7 ans en guerre et non pas 7 ans de guerre.

À titre de comparaison, le Liban, dont la population est trois fois moindre, n’a pu obtenir que 11 milliards de dollars d’aide internationale lors de la conférence CEDRE, en avril dernier.

Les États-Unis, qui planifièrent la guerre dès 2004, ne veulent pas donner un sou. Selon l’administration Trump, cette guerre a été conçue par l’administration Bush Jr. et conduite par celle d’Obama. Or ces deux administrations ne servaient pas les intérêts du peuple états-unien, mais ceux d’une classe financière transnationale. Elles ont certes détruit la Syrie, mais aussi l’économie US. Ce ne serait donc pas à Washington de payer, mais à ces gens et aux sociétés transnationales directement impliquées dans la guerre.

Par exemple, le fonds de placement états-unien et rival du Carlyle Group, KKR d’Henry Kravis (valeur boursière 150 milliards de dollars). Il emploie le général David Petraeus et a fait transiter des fonds et des armes vers Al-Qaeda et Daesh [2]. Ou le constructeur automobile japonais Toyota (valeur boursière 170 milliards de dollars) qui a fourni l’ensemble des véhicules neufs de Daesh [3]. Ou encore le fabriquant de machines de construction Caterpillar qui a vendu aux jihadistes les tunneliers nécessaires à la construction de leurs réseaux souterrains (valeur boursière 76 milliards de dollars). Sans parler du cimentier franco-suisse Lafarge-Holcim qui a produit 6 millions de tonnes de ciment pour construire leurs bunkers (valeur boursière 40 milliards de dollars) [4], etc.

L’engagement de ces sociétés dans l’application du plan de l’amiral Arthur Cebrowski pour détruire les États et les sociétés du Moyen-Orient élargi s’explique probablement par la certitude qu’elles auraient accès aux ressources naturelles de la région sous la protection des armées occidentales.

Faire payer des multinationales n’exclut pas d’obtenir des réparations de certains États comme l’Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar ou la Turquie qui ont financé ou dont des ressortissants ont publiquement financé les jihadistes.

Si la République arabe syrienne parvient à réunir les preuves de leur rôle durant la guerre, elle sera en droit d’en demander la saisie devant les tribunaux du pays de leur siège social. En reprenant l’argumentaire du président Trump, elle pourra compter sur l’appui de la nouvelle administration US.

Il est donc possible, même sans parvenir à faire payer des États, de réunir les 388 milliards de dollars évoqués par l’ESCWA.

À la fin de toutes les guerres ayant donné lieu à réparation des sociétés nationales ont été saisies. La nouveauté serait cette fois de tirer les conclusions de la globalisation économique et de saisir des transnationales.

[1] « Qui paiera 388 milliards de dollars de dommages de guerre pour la Syrie ? », Réseau Voltaire, 8 août 2018.

[2] « Des milliards de dollars d’armes contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 juillet 2017.

[3] « Le département US du Trésor enquête sur les approvisionnements de Daesh », Réseau Voltaire, 8 octobre 2015.

[4] « Révélations : le jihad de Lafarge-Holcim », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 24 mars 2017.

http://www.voltairenet.org/article202406.html

L’Amérique risque de perdre sa guerre commerciale, par Joseph E. Stiglitz

L’Amérique risque de perdre sa guerre commerciale, par Joseph E. Stiglitz

Joseph E. Stiglitz, 09-08-2018

Le déficit budgétaire américain atteint de nouveaux sommets ce qui signifie qu’il se creusera encore, quelle que soit l’issue de la guerre commerciale.

Ce qui apparaissait dans un premier temps comme une simple escarmouche commerciale – après l’imposition de droits de douanes par le président américain Donald Trump sur l’acier et l’aluminium – semble s’être rapidement changé en une guerre commerciale totale contre la Chine. Si la trêve convenue entre l’Europe et les États-Unis est maintenue, l’Amérique se retrouvera principalement en conflit avec la Chine, plus qu’avec le reste du monde (le litige commercial avec le Canada et le Mexique étant bien entendu voué à perdurer, compte tenu d’exigences américaines qu’aucun des deux pays ne peut ou ne devrait accepter).

La macroéconomie
l’emporte toujours.

Au-delà de l’assertion exacte, mais désormais commune, selon laquelle tous les acteurs risquent de finir perdants, que pouvons-nous affirmer quant aux conséquences potentielles de la guerre commerciale menée par Trump? Premièrement, la macroéconomie l’emporte toujours: si l’investissement intérieur de l’Amérique continue d’excéder son épargne, le pays sera contraint d’importer des capitaux et d’enregistrer un déficit commercial important. Pire encore, en raison des réductions d’impôts adoptées en fin d’année dernière, le déficit budgétaire américain atteint de nouveaux sommets – récemment estimé à plus de 1000 milliards de dollars d’ici 2020 – ce qui signifie que le déficit commercial se creusera très certainement, quelle que soit l’issue de la guerre commerciale. L’Amérique ne pourra y échapper que si Trump plonge son pays dans la récession, et que le revenu chute à tel point que l’investissement et les importations s’effondrent.

La «meilleure» issue de l’accent étroit placé par Trump sur le déficit commercial vis-à-vis de la Chine consisterait en une amélioration de la balance bilatérale, associée à une augmentation de même ampleur du déficit vis-à-vis d’un autre pays (ou de plusieurs autres). Les États-Unis pourraient vendre davantage de gaz naturel à la Chine et lui acheter moins de machines à laver, mais ils vendraient alors moins de gaz naturel à d’autres pays, et achèteraient davantage de machines à laver en Thaïlande ou dans un autre État ayant échappé à la colère instable de Trump. Or, l’Amérique ayant interféré avec le marché, elle est vouée à payer plus cher ses importations – et à obtenir moins pour ses exportations – que cela aurait pu être le cas dans d’autres circonstances. Autrement dit, même dans le meilleur des cas, les États-Unis se retrouveront dans une situation plus défavorable qu’aujourd’hui.

Le problème des États-Unis ne se situe pas du côté de la Chine. Le problème est d’ordre intérieur: l’Amérique n’épargne pas suffisamment. Comme un grand nombre de ses compatriotes, Trump adopte une vision de trop courte vue. S’il comprenait un tant soit peu l’économie et la nécessité d’une vision à long terme, il se serait efforcé d’accroître l’épargne nationale, ce qui aurait permis d’atténuer le déficit commercial multilatéral.

Une réduction véritablement conséquente
du déficit commercial bilatéral s’avérera difficile.

Des correctifs rapides et évidents existent: la Chine pourrait acheter davantage de pétrole américain, puis le revendre à d’autres. La différence produit serait infime, avec peut-être une légère augmentation des coûts de transaction. Mais Trump pourrait au moins se targuer d’avoir éliminé le déficit commercial bilatéral.

En réalité, une réduction véritablement conséquente du déficit commercial bilatéral s’avérera difficile. À mesure de la diminution de la demande en produits chinois, le taux de change du renminbi s’affaiblira – même sans aucune intervention du gouvernement. Ceci compensera partiellement les effets des droits de douanes américains, en renforçant dans le même temps la compétitivité de la Chine vis-à-vis des autres pays, et cela même si la Chine n’utilise pas les autres instruments dont elle dispose, tels que le contrôle sur les salaires et les prix, ou qu’elle n’œuvre pas activement pour des hausses de productivité. Comme celle des États-Unis, la balance commerciale globale de la Chine est déterminée par la macroéconomie.

Si la Chine intervient plus activement et riposte plus agressivement, l’évolution de la balance commerciale Amérique-Chine pourrait se révéler encore plus infime. La douleur infligée par un camp à l’autre est difficile à déterminer. La Chine exerce un plus grand contrôle sur son économie, et entend évoluer vers un modèle de croissance axé davantage sur la demande intérieure que sur l’investissement et les exportations. Les États-Unis ne font qu’aider la Chine sur cette voie. En revanche, les manœuvres américaines interviennent à l’heure où la Chine s’efforce de gérer son excès d’endettement et de capacité; à tout le moins dans certains secteurs, l’Amérique ne devrait pas lui faciliter la tâche.

Une chose est sure: si Trump entend empêcher la Chine d’appliquer sa politique «Made in China 2025» – adoptée en 2015 pour progresser dans son objectif sur 40 ans consistant à réduire l’écart de revenu entre la Chine et les pays développés – le président américain échouera très certainement. En effet, les démarches de Trump ne pourront que renforcer la volonté des dirigeants chinois consistant à dynamiser l’innovation et à atteindre la suprématie technologique, puisqu’ils réaliseront ne pas pouvoir compter sur autrui, et comprendront que l’Amérique leur est activement hostile.

L’incompétence de l’équipe économique de Trump
est sans équivalent au niveau mondial.

Lorsqu’un pays entre en guerre, qu’elle soit commerciale ou autre, il lui faut s’assurer de la présence de généraux compétents à ses côtés – aux objectifs clairement définis, à la stratégie viable, et recueillant le soutien de la population. C’est ici que les différences entre la Chine et les États-Unis apparaissent le plus manifestement. L’incompétence de l’équipe économique de Trump est sans équivalent au niveau mondial, et la plupart des Américains ne soutiennent pas la guerre commerciale.

Le soutien populaire diminuera encore davantage à mesure que les Américains réaliseront être doublement perdants dans cette guerre: des emplois disparaîtront non seulement en raison des mesures de représailles chinoises, mais également parce que les droits de douanes américains élèveront le prix des exportations américaines et les rendront moins compétitives, de même qu’augmenteront les prix des produits qu’achèteront les Américains. Ceci pourrait provoquer la chute du taux de change du dollar, et accentuer encore davantage l’inflation aux États-Unis, le tout suscitant toujours plus d’opposition. La Fed rehausserait alors probablement les taux d’intérêt, conduisant à moins d’investissement, moins de croissance et plus de chômage.

Nous savons désormais comment Trump réagit lorsque ses mensonges sont exposés, et que ses politiques échouent: il double la mise. À plusieurs reprises, la Chine a proposé à Trump des options permettant au président américain de quitter le champ de bataille sans perdre la face, et de proclamer la victoire. Il les a toutes refusées. Peut-être l’espoir réside-t-il dans trois de ses traits de personnalité: sa préférence pour le paraître plutôt que la substance, son imprévisibilité, et son amour pour la politique des «grands hommes». Peut-être qu’à l’occasion d’une rencontre majeure avec le président Xi Jinping, il déclarera le problème résolu, avec quelques ajustements mineurs ici et là en matière de droits de douanes, et quelque geste inédit en direction d’une ouverture du marché déjà annoncée dans les plans de la Chine, de sorte que chacun puisse rentrer satisfait chez lui.

Dans une tel scénario, Trump aura alors «résolu» de manière imparfaite un problème créé par le président américain lui-même. Mais le monde issu de cette guerre stupide n’en demeurera pas moins différent: plus incertain, moins confiant dans l’État de doit à l’international, et présentant des frontières plus dures. Trump a changé le monde de manière définitive, et pour le pire. Même dans le meilleur des cas, seul Trump en sortira gagnant – son égo surdimensionné encore un peu plus gonflé.

Traduit de l’anglais par Martin Morel

Copyright: Project Syndicate, 2018.

Source : www.project-syndicate.org, Ali News, Joseph E. Stiglitz, 09-08-2018

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/lamerique-risque-de-perdre-sa-guerre-commerciale-par-joseph-e-stiglitz/

Déficit commercial français: la piste de Francfort-sur-le-Main

Déficit commercial français: la piste de Francfort-sur-le-Main

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International

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Maxime Perrotin
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Hausse de la facture énergétique, manque de compétitivité des salariés français, guerres économiques de Donald Trump, incertitudes sur le Brexit. Pour expliquer le déficit commercial français, qui se creuse année après année depuis le début des années 2000, les journalistes explorent toutes les pistes… toutes sauf une.

6,2 milliards d’euros: c’est la somme qui manque pour équilibrer la balance commerciale française du seul mois de juin 2018. Le service des douanes a communiqué mardi 7 août ses dernières statistiques et c’est peu dire que les chiffres du commerce extérieur tricolore du mois de juin plombent encore un deuxième trimestre lui-même peu radieux.Après un déficit de 15,9 milliards d’euros enregistré au premier trimestre, le printemps n’aura en effet pas été plus favorable, avec une nouvelle fuite de richesses chiffrée à hauteur de 17,5 milliards d’euros. Si rien ne change, avec un tel premier semestre, la France est lancée pour dépasser le déficit commercial de 2017 (62,3 M€) voire aller chatouiller son record de 2012 (69,2 M€).

Une situation récurrente qui ne semble plus étonner la plupart des observateurs, lesquels se focalisent plus sur les raisons de l’écart de 1,6 milliard d’euros entre les deux premiers trimestres que sur les raisons d’un tel différentiel permanent entre les exportations et importations françaises. Une situation, qui agace Charles-Henri Gallois, trésorier et responsable des affaires économiques à l’Union Populaire Républicaine (UPR), le parti du Frexit.

«Le dernier excédent commercial était en 2003- donc, ça commence à dater —[…] il faut se rappeler que dans les années 90, la France était à l’équilibre. Maintenant on traîne des déficits commerciaux de l’ordre, selon les années, entre 60 et 80 milliards d’euros par an. C’est colossal et ça contribue à l’appauvrissement de la France!»

Ainsi, la quasi-totalité des articles s’attarde-t-elle à souligner la hausse des importations, en volumes comme en coût, des produits pétroliers. On remarquera également une hausse des importations d’automobiles. Autre explication revenant également pour commenter avec fatalité la situation: la France manque cruellement de compétitivité face à ses voisins européens, ainsi que d’un positionnement à l’export moyenne gamme avec des produits à faible valeur ajoutée.

Des arguments récurrents qui ne convainquent pas Charles-Henri Gallois, pour qui la hausse de la «facture énergétique» a décidément bon dos.

«Il y a une part de vrai pour ce qui est de la gamme, mais il ne faut pas oublier que toutes ces données structurelles, de salaires et de positionnement produit, on avait la même chose dans les années 90 et pourtant on ne se traînait pas un déficit commercial colossal comme c’est le cas à l’heure actuelle.»

Autres arguments, plus typiques du cru 2018: la contraction du commerce international, provoquée par des États-Unis qui ne «joue [nt] pas le jeu», ainsi que les «inquiétudes autour du Brexit». «Une fausse excuse», balaie notre intervenant, estimant qu’il est encore trop tôt pour que les conséquences des guerres commerciales et de l’embargo contre l’Iran menés par les Américains impactent la balance commerciale française. Selon Charles-Henri Gallois le principal coupable de ces déficits systématiques depuis 15 ans n’est tout simplement pas évoqué dans les médias.

«L’élément qui est rentré à la toute fin des années 90- en 1999 très exactement et après de manière officielle avec les billets et les pièces en 2002 —c’est l’euro! Et cet élément dans la perte de compétitivité de la France n’est jamais évoqué par les grands éditoriaux du Monde, des Échos, etc., alors que c’est évidemment l’élément clef et l’élément central.»

Pour ne rien arranger à la situation de la France, l’euro a continué de s’apprécier par rapport au dollar US (+2% entre juin 2017 et 2018). Une situation en apparence paradoxale au vu des contre-performances à l’export du pays. En effet, si le taux de change de l’euro augmente par rapport au dollar, c’est parce que la zone euro est elle-même en excédent commercial. Pour autant, la situation est loin d’être homogène entre ses 19 États-membres.

«C’est, en gros, 90% l’Allemagne qui le fait. C’est problématique, car cela se fait au détriment des autres pays de la zone euro, notamment des pays du sud. L’euro a permis, quelque part, à l’Allemagne de gagner des parts de marché vis-à-vis notamment des industries française et italienne.»

Avec un excédent commercial de 248,9 milliards d’euros en 2017 (données Eurostat reprises par l’INSEE), l’Allemagne devance largement les Pays-Bas ainsi que l’Italie avec leur solde positif respectif de 68,8 et 47,4 milliards. Un excédent allemand qui dénote par rapport aux déficits français et britannique, avec respectivement des trous de 79,1 et 176,8 milliards d’euros, toujours selon les données d’Eurostat, qui diffèrent nettement dans le cas de la France des chiffres de Bercy.Pour donner un avant-goût du dynamisme de nos voisins outre-Rhin, en 2016 l’Allemagne disposait du plus gros excédent courant (soient les soldes des revenus de placement et des transferts courants ajoutés à celui du commerce extérieur) au monde, devant la Chine. Un mastodonte avec lequel la cohabitation monétaire n’est pas chose aisée.

«Le FMI, dans sa dernière étude de 2018, explique que si les pays européens retrouvaient leurs monnaies nationales […], il y aurait 20% de rééquilibrage de change entre la France et l’Allemagne, donc on ne se bat pas à armes égales avec l’Allemagne à partir du moment où on a l’euro!»,

Souligne Charles-Henri Gallois. En d’autres termes, la valeur de l’euro est surévaluée pour la France alors qu’elle est sous-évaluée pour l’Allemagne, un fait soulevé à maintes reprises depuis la crise de 2008. Avec une monnaie unique, aucun rééquilibrage n’est possible entre les deux rives du Rhin et pour notre intervenant, le fossé économique entre elles va continuer à se creuser. Charles-Henri Gallois illustre ses propos sur une situation qu’il estime «intenable»:

«En 1970, on échangeait 1 deutschemark pour 1,5 franc. En 1982, donc seulement 12 ans plus tard, on était passé à 1 deutschemark pour 3 francs. […] or, à l’époque la croissance française était à cette époque meilleure que celle de l’Allemagne et quand vous avez une monnaie qui se déprécie d’autant en 12 ans c’est vous rendre compte de la folie qu’est l’euro! Dans peu de temps, cela fera 20 ans qu’on a fixé ad vitam aeternam la monnaie entre la France et l’Allemagne, c’est de la folie furieuse!»

Il est notamment particulièrement intéressant de superposer les courbes de l’évolution du commerce extérieur français et allemand. Le rendu est saisissant, celle dernière s’envolant dès 2001, alors que la balance commerciale française entame sa chute après une brève stabilisation.

Impression d’écran du site de l’Université de Sherbrooke
Impression d’écran du site de l’Université de Sherbrooke

Des performances commerciales qui ont d’ailleurs attiré les foudres de Donald Trump sur l’Union européenne, l’Allemagne creusant son excédent commercial avec les États-Unis. Des intérêts allemands qu’avait d’ailleurs défendus Jean-Claude Juncker lors de sa visite à la Maison-Blanche fin juillet.

Le président de la Commission européenne avait alors convaincu Donald Trump de mettre en suspend ses plans de surtaxes visant l’automobile «européenne» en échange d’achats massifs de gaz de schiste et de soja américain visés par les contre-mesures chinoises, au plus grand dam de Paris, pour qui les produits agricoles tiennent une part importante dans ses exportations.
Alors que Berlin applaudissait l’accord, Bruno Le Maire exigeait des «clarifications»

«Si jamais cet accord est entériné, ce sont les agriculteurs français qui vont souffrir pour sauvegarder les intérêts de l’industrie automobile allemande,» appuie Charles-Henri Gallois, estimant que la France n’a «rien à gagner» à un tel accord.

Mais la question d’une monnaie partagée avec l’Allemagne n’est pas le seul souci pour la balance commerciale française. À un niveau plus conjoncturel, Charles-Henri Gallois ne mâche pas ses mots concernant la politique menée jusqu’à présent par Emmanuel Macron. Pour lui, non content d’avoir peu profité des effets de la reprise mondiale, le nouvel exécutif a littéralement tué dans l’œuf la croissance en France, en alourdissant la pression fiscale sur les classes moyennes.

Hausse de la CSG, hausse des taxes sur les carburants, pour le responsable politique, la hausse des prélèvements a pesé sur la consommation des Français et donc sur la croissance.

«La reprise en France a tourné court, puisque malgré un contexte international qui était très favorable avec une reprise du commerce international, une croissance assez bonne avec des prix du pétrole assez bas, la croissance française est en train bêtement de dégringoler et patine à cause de la politique absurde imposée par l’Union européenne et qu’exécutent servilement que ce soit Emmanuel Macron ou Bruno Le Maire.»

Un tableau noir que réfute le Quai d’Orsay, responsable du commerce extérieur. Dans un communiqué en réaction aux mauvais chiffres des douanes, le ministère des Affaires étrangères s’est défendu dans un communiqué, qu’il était «habituel» qu’en «phase de reprise économique», «l’amélioration du solde commercial ne soit pas immédiate, du fait de la hausse des importations induite par le rebond de la demande intérieure». Mais pour Charles-Henri Gallois, l’alignement des planètes est bien passé.

Autre point noir au tableau d’Emmanuel Macron aux yeux de Charles-Henri Gallois, ne pas avoir défendu les intérêts français dans plusieurs affaires, comme le cas d’Alstom vendu à son concurrent américain General Electric, alors même que l’entreprise était responsable de l’entretien des turbines de bâtiments de la flotte et de celles des centrales nucléaires françaises.

Comme le révélait le documentaire «Guerre fantôme: La vente d’Alstom à General Electric» de David Gendreau et d’Alexandre Leraître, alors qu’il était secrétaire général adjoint de la Présidence de la République, Emmanuel Macron a joué un rôle dans la décision de François Hollande d’aller contre l’avis d’Arnaud Montebourg, son ministre de l’Économie d’alors, et de laisser passer Alstom sous pavillon américain sans coup férir.S’il n’a rien contre le libre-échange, Charles-Henri Gallois regrette que les règles européennes en la matière soient débridées, qui plus est vis-à-vis de pays n’ayant pas les mêmes normes sociales et environnementales que nous. Une attitude qui conduit selon lui à offrir aux quatre vents les intérêts économiques des États-membres, en plus d’un dumping social pesant lourd sur l’emploi manufacturier français.

«La norme, c’est au contraire le protectionnisme, le patriotisme économique. Il est évident par exemple que si on prenait les États-Unis ou la Chine, jamais ils n’auraient accepté le rachat d’une entreprise stratégique et industrielle du type Alstom. Ils auraient, évidemment, directement mis leur veto.»

https://fr.sputniknews.com/international/201808101037613248-deficit-commercial-franais-facture-energtique/

Et si la politique de Trump profitait au final à la Chine ?

Et si la politique de Trump profitait au final à la Chine ?

Et si la politique de Trump profitait au final à la Chine  ?

Et si la politique protectionniste de Donald Trump servait avant tout les intérêts de la Chine ?  Selon Automotive News, la guerre commerciale lancée par le locataire de la Maison Blanche ventant les mérites de l’America  First offre en effet un avantage inattendu à l’industrie automobile chinoise.

Les États-Unis ont été de loin le plus gros marché d’exportation pour la Chine pendant de nombreuses années. Pour cette raison, la guerre commerciale que le président américain Donald Trump mène contre la Chine pourrait bien – au premier abord – saper la croissance de l’économie chinoise. Mais, selon le journal, l’industrie automobile chinoise a peu à perdre et beaucoup plus à gagner de la croisade menée par Trump … mais aussi de la riposte du gouvernement chinois qu’elle a engendrée. Chose que l’administration Trump n’avait probablement pas prévu ou du moins anticipé.

La Chine « riposte » en ouvrant la porte aux constructeurs étrangers

Face aux menaces et aux tarifs douaniers souhaités par le Président américain, Pékin a annoncé en mai dernier des plans visant à éliminer toutes les restrictions sur les constructeurs étrangers opérant en Chine d’ici 2022, y compris le plafond de 50 % concernant la propriété étrangère des coentreprises manufacturières dans le pays.

Au final, le mouvement de déréglementation, destiné initialement à désamorcer les tensions sur le commerce bilatéral entre la Chine et les États-Unis, devrait permettre aux constructeurs automobiles étrangers de prendre le contrôle d’entités locales et de mieux protéger leur technologie et leur propriété intellectuelle. Il a fait son chemin au sein des constructeurs automobiles mondiaux, et tout particulièrement des groupes allemands.

BMW développe sa production chinoise

BMW vient de signer début juillet un accord avec son partenaire local Brilliance Automotive Group pour augmenter la capacité  de production annuelle de sa coentreprise dans la ville de Shenyang à 520 000 unités en 2019. Cela fera de la coentreprise la plus grande base de production de BMW au monde, dépassant son usine d’assemblage US de Spartanburg.

Le constructeur allemand prévoit également de débuter la production chinoise de la BMW iX3 100% électrique en 2020 dans le cadre de la joint-venture, pour une commercialisation destinée aux marchés chinois et étrangers.

Volkswagen : implantations chinoises dans l’électrique

Le groupe Volkswagen a également convenu il y a quelques jours de créer un centre de R & D dans le cadre de son partenariat avec Jianghuai Automobile pour aider au développement de véhicules électriques pour la marque Seat en Chine.

En outre, VW a signé un accord avec un partenaire d’une autre coentreprise, China FAW Group, pour développer conjointement une infrastructure de recharge de batteries et des services connexes pour les véhicules électriques ainsi que des services de véhicules intelligents et de véhicules connectés.

Le géant allemand de l’automobile prévoit de déployer au cours des sept à huit prochaines années 40 véhicules électriques produits localement en Chine sous différentes marques, à travers ses joint-ventures avec JAC, FAW et SAIC Motor Corp.

VW s’est également engagé à investir quelque 15 milliards d’euros (117 milliards de yuans) dans la mobilité électrique, la conduite autonome, la numérisation et les nouveaux services de mobilité, avec ses trois partenaires chinois.

Effet Trump : investissements en Chine au lieu des Etats-Unis

En ciblant la Chine et son excédent commercial avec les États-Unis, Trump espère protéger les emplois américains et contraindre à davantage d’investissements sur le territoire US . Mais cela s’est avéré être un vœu pieux, même avec les constructeurs automobiles américains … comme Tesla.

Il est vrai que la Chine est le deuxième plus grand marché de Tesla après les États-Unis. En 2017, Tesla a tiré 17% de ses revenus annuels du marché chinois.

Rappelons que le 6 juillet dernier, l’administration Trump a imposé des droits de douane de 25% sur 34 milliards de dollars de marchandises chinoises. Le même jour, Pékin a riposté en imposant un niveau égal de droits sur les importations américaines. Les véhicules produits aux États-Unis sont depuis soumis à 40% de droits de douane à la frontière chinoise.

Pour éviter que le lourd tarif ne compromette les ventes, le PDG de Tesla, Elon Musk, a décidé de construire des véhicules en Chine plus tôt que prévu. Mardi dernier, il s’est rendu à Shanghai pour signer un accord avec le gouvernement de la ville afin d’établir une usine d’assemblage dans la banlieue de Shanghai.

L’usine, dont la production devrait débuter en 2020, devrait produire au final jusqu’à un demi-million de véhicules électriques par an. Ce sera la première usine d’assemblage de Tesla à l’extérieur des États-Unis.

Les constructeurs US poussés à s’implanter à Chine

Contre vents et marées, Trump se montre encore prêt à intensifier la guerre commerciale avec la Chine. Cette semaine, les États-Unis ont publié une liste de 200 milliards de dollars de marchandises chinoises qui seront assujetties à un tarif additionnel de 10 % plus tard d’ici la fin de l’année.

Certes, les tarifs prohibitifs souhaités par Trump à l’encontre des produits chinois ont réduit à néant les plans de certains constructeurs automobiles chinois, notamment Great Wall et Guangzhou de faire leur entrée aux États-Unis.

Mais comme parallèlement le Président américain a incité Pékin à assouplir les règles de propriété étrangère et à augmenter les tarifs sur les véhicules fabriqués aux États-Unis, les marques automobiles mondiales, y compris certaines marques américaines, suivront probablement les pas de BMW, VW et Tesla et développeront leurs implantations locales, estiment les analystes. Qui sera alors le vrai gagnant : la Chine ou les Etats-Unis ? That’s the big question !

Tout cela signifie que le différend commercial que les États-Unis ont déclenché sous l’administration Trump continuera de fonctionner en faveur de l’ensemble de l’industrie automobile chinoise, sinon de l’économie chinoise estime pour sa part Automotive News.

Sources : Automotive News

http://www.leblogfinance.com/2018/07/et-si-la-politique-de-trump-profitait-au-final-a-la-chine.html

 

 

Le Maire veut ramener les Etats-Unis « à la raison et au respect des alliés »

Le Maire veut ramener les Etats-Unis « à la raison et au respect des alliés »

Buenos Aires – Le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire a appelé les Etats-Unis à revoir leur position sur les tarifs douaniers imposés au reste du monde et à ménager leurs alliés historiques.

« Cette guerre commerciale ne fera que des perdants, elle détruira des emplois et pèsera sur la croissance mondiale. Nous appelons les Etats-Unis à la raison, au respect des règles multilatérales et au respect de leurs alliés », a déclaré à l’AFP le ministre français à Buenos Aires, où se tient samedi et dimanche le G20 des ministres des Finances.

« Américains et Européens sont alliés, nous ne pouvons pas comprendre comment nous, Européens, sommes touchés par l’augmentation de tarifs commerciaux décidés par les Etats-Unis », a dit le ministre, qui devait rencontrer dans l’après-midi le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

Il a souligné l’engagement de la France pour « réformer le multilatéralisme commercial. Le commerce mondial ne peut pas reposer sur la loi de la jungle. Discutons dans un cadre multilatéral. La bonne façon de régler les problèmes, c’est une discussion Etats-Unis, Europe, Chine », a-t-il insisté.

Durant les sessions de travail du G20, le ministre soulignera la nécessaire « taxation des géants du numérique ».

« C’est une question de justice, personne ne peut accepter que nos PME soit taxées 14 points de plus que Google, Amazon, Facebook, fait-il remarquer. Si nous voulons un système fiscal international efficace il faut que ceux qui créent le plus de valeur, soient taxés. Les travaux doivent se poursuivre dans le cadre de l’OCDE ».

La France plaide pour que les Etats européens prennent l’initiative et la création d’un outil de taxation des géants du numérique « au plus tard début 2019 ».

ap/tes

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(©AFP / 21 juillet 2018 15h38)

https://www.romandie.com/news/Le-Maire-veut-ramener-les-Etats-Unis–la-raison-et-au-respect-des-alli-s/938575.rom

 

La Chine jette un excédent commercial record à la face de Trump

La Chine jette un excédent commercial record à la face de Trump

La Chine a enregistré le mois dernier un excédent record avec les Etats-Unis à près de 30 milliards de dollars, un chiffre de nature à attiser la colère de Donald Trump, qui vient d’engager une guerre commerciale avec le géant asiatique.

Pékin a encaissé un excédent bilatéral de 28,97 milliards de dollars en juin, un chiffre en hausse de 18% sur le mois de mai (24,58 milliards), a annoncé vendredi l’Administration des douanes. Il s’agit d’un record pour un excédent mensuel depuis 1999, selon l’agence Bloomberg.

Ces chiffres sont les derniers à être compilés avant l’entrée en vigueur des droits de douane punitifs de 25% que les deux pays se sont mutuellement imposés à partir du 6 juillet sur 34 milliards de dollars d’importations.

Le président américain, qui accuse la Chine de concurrence déloyale et de piller la technologie de son pays, menace d’imposer des droits de douane supplémentaires sur la quasi-totalité des exportations chinoises.

Mais en dépit de l’ouverture des hostilités, le commerce se porte bien entre les deux premières économies du monde: sur les six premiers mois de l’année, le commerce bilatéral a progressé de 13,1% et les seules exportations de la Chine ont augmenté de 13,6% (+11,8% pour les importations).

Mais Pékin reconnaît que la tendance ne pourra pas se poursuivre.

« Ce différend commercial aura certainement un impact sur les échanges Chine-USA et un impact très négatif sur le commerce mondial », a déclaré devant la presse le porte-parole des Douanes, Huang Songping.

Or la rivalité commerciale entre les deux puissances du Pacifique ne montre guère de signes d’apaisement: aucune discussion avec les Etats-Unis n’est à l’ordre du jour, faute de confiance entre les deux pays, a fait savoir jeudi le gouvernement chinois.

Dans un communiqué, le ministère du Commerce a rejeté les accusations de Washington selon lesquelles la concurrence déloyale de Pékin est à l’origine de l’excédent commercial chinois.

Pour Pékin, Washington « surestime » le déséquilibre commercial bilatéral, dont l’origine est à chercher « dans les problèmes sous-jacents à l’économie et à la société américaines ».

– « Ralentissement notable » –

Dans ce contexte, « la croissance des exportations (de la Chine) va ralentir dans les mois qui viennent sous l’effet des droits de douane américains et d’une baisse généralisée de la demande mondiale », prévoit l’économiste Julian Evans-Pritchard, du cabinet Capital economics.

Menacé par un ralentissement économique, le gouvernement chinois pourrait renoncer à lutter contre l’endettement et les risques financiers afin de privilégier le soutien à l’activité, prévoit l’économiste de Ting Lu, de la banque Nomura.

« Nous prévoyons un ralentissement notable de la croissance économique » au deuxième semestre, affirme M. Lu.

Les Etats-Unis ont tiré mardi une nouvelle salve en dressant une liste supplémentaire de produits chinois importés d’un montant de 200 milliards de dollars par an qu’ils menacent de taxer à hauteur de 10% dès septembre.

Donald Trump a menacé de ne pas s’arrêter là et de frapper plus de 400 milliards d’importations chinoises. Celles-ci ont représenté dans leur ensemble 505 milliards de dollars en 2017 et le solde des échanges entre les deux pays s’est traduit l’an dernier par un déficit de 375 milliards, selon les chiffres de Washington.

D’après Pékin, l’excédent commercial bilatéral sur les six premiers mois de 2018 s’est inscrit à 133,8 milliards de dollars contre 117 milliards lors du premier semestre 2017.

Avec le monde entier, les exportations de la Chine ont augmenté de 11,3% en juin sur un an, soit légèrement moins qu’en mai (+12,6%), et les importations ont progressé de 14,1%, nettement moins que le mois précédent (+26%).

Les analystes interrogés par Bloomberg misaient en moyenne sur une croissance moins forte des exportations (+9,5%) mais beaucoup plus forte des importations (+21,3%), ce qui semble indiquer que la demande intérieure a commencé à faiblir.

En juin, l’excédent commercial total du géant asiatique a fortement progressé à 41,6 milliards de dollars contre 24,9 milliards en mai.

(©AFP / 13 juillet 2018 07h54)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-La-Chine-jette-un-exc-dent-commercial-record-la-face-de-Trump_RP/936143.rom

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Revue de presse nationale et internationale.

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