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Boeing retire 210 appareils de son carnet de commandes

24 AVRIL 2019 / 17:07 / IL Y A 3 HEURES

Boeing retire 210 appareils de son carnet de commandes

Reuters Staff

(Reuters) – Boeing a retiré mercredi 210 appareils de son carnet de commandes afin de prendre en compte les doutes sur la qualité de crédit d’un client et a annoncé avoir passé une charge pour dépréciation dans sa division de financement Boeing Capital.

Le constructeur aéronautique n’a pas dévoilé le nom de la compagnie aérienne concernée, mais cette opération intervient quelques jours après que la compagnie indienne lourdement endettée Jet Airways a annoncé l’arrêt de tous ses vols pour des raisons financières.

Cet ajustement a fait passer les commandes nettes de Boeing en territoire négatif à la fin du mois de mars, avec un total de – 119 commandes nettes, en dépit d’une série de commandes de gros porteurs en Europe et en Asie.

Boeing a également annoncé que sa division de financement Boeing Capital, qui, selon des sources du secteur, détient 75 commandes pour Jet, en plus des 125 commandes directes de la compagnie aérienne, a enregistré une perte de 707 millions de dollars (631 millions d’euros) au premier trimestre, par rapport à une perte de 326 millions de dollars un an plus tôt.

“La variation dans les résultats liée aux autres éléments non affectés et aux éliminations est principalement due à une dépréciation sur le financement d’un client, à une charge de rémunération différée plus élevée et à des investissements accrus dans la recherche et le développement de l’entreprise”, a précisé Boeing.

Un porte-parole de l’avionneur a refusé de s’exprimer sur l’identité de la compagnie aérienne impliquée dans la réduction de la commande ou la dépréciation.

Tim Hepher, Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Marc Joanny

https://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRKCN1S01ZI-OFRBS

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L’Empire du mensonge : Comment nous nous effondrons de la même manière que l’Empire romain.

L’Empire du mensonge : Comment nous nous effondrons de la même manière que l’Empire romain.

Par Ugo Bardi – Le 14 avril 2019 – Source CassandraLegacy

On dit parfois que le Diable est« Le Père du mensonge ». C’est une définition appropriée pour une créature qui n’existe même pas, si ce n’est comme le fruit de l’imagination humaine. Satan est un égrégore maléfique que nous avons nous-mêmes créé, une créature qui semble de plus en plus grande derrière notre actualité. La récente arrestation de Julian Assange n’est que le dernier acte d’un Empire qui semble vouloir vraiment créer sa propre réalité, un acte qui, en soi, ne serait pas nécessairement mauvais, mais qui le devient quand il implique de détruire toutes les autres réalités, y compris la seule vraie.

Note du Saker Francophone

Dmitry Orlov a aussi publié cet article avec quelques commentaires que vous retrouverez ci dessous.

Comme notre empire moderne, l’ancien empire romain s’est retrouvé dans une spirale de mensonges dont il n’a jamais pu sortir : les Romains n’ont jamais trouvé le moyen de concilier leurs vues avec la réalité et ce fut leur perte. Aujourd’hui, la situation semble être la même mais, dans notre cas, notre orgueil semble être beaucoup plus grand qu’à l’époque romaine. Et c’est là l’origine de ce que nous voyons. Finalement, l’Empire mondialisé finira par s’effondrer sous le poids des mensonges qu’il a créés.

Dans un premier temps, j’ai pensé commenter l’actualité récente en reproduisant un post « L’Empire du mensonge » que j’ai publié ici il y a environ un an, dans lequel je décrivais comment la transition de l’Empire romain au Moyen Âge était principalement une transition épistémologique, où il appartenait au Christianisme de rétablir la confiance que l’ancien empire avait perdue – le Moyen Âge était loin d’être « un âge sombre ». Mais, finalement, j’ai pensé publier quelque chose que j’avais à l’esprit sur la façon dont l’Empire romain et l’Empire occidental moderne suivent des trajectoires parallèles dans leur mouvement vers leurs falaises respectives de Sénèque.

Voici donc mon évaluation de l’effondrement romain, basée sur l’excellent livre de Dmitry Orlov, Les cinq étapes de l’effondrement. Juste une note : dans le livre, Orlov ne décrit pas la phase post-effondrement de l’Union soviétique qui s’est terminée avec la Russie redevenue un pays prospère et uni, comme elle l’est aujourd’hui. C’était un bon exemple du Rebond de Sénèque – il y a la vie après l’effondrement et il y aura une nouvelle vie après que l’Empire maléfique du mensonge aura disparu.

Les cinq étapes de l’effondrement de l’Empire romain

Dmitry Orlov a écrit Les cinq étapes de l’effondrement sous forme d’un article en 2008 et d’un livre en 2013. C’était une idée originale pour l’époque de comparer la chute de l’Union soviétique à celle des États-Unis. En tant que citoyen américain né en Russie, Orlov a pu comparer en détail les deux empires et noter les nombreuses similitudes qui ont conduit les deux à suivre la même trajectoire, même si le cycle de l’empire américain n’est pas encore terminé.

Pour renforcer l’analyse d’Orlov, je pensais pouvoir appliquer les mêmes cinq étapes à un empire plus ancien, l’Empire romain. Et, oui, les cinq étapes s’appliquent bien aussi à ce cas ancien. Alors, voici mon point de vue sur le sujet.

Pour commencer, une liste des cinq étapes de l’effondrement selon Orlov.

  • Étape 1 : Effondrement financier.
  • Étape 2 : Effondrement commercial.
  • Étape 3 : Effondrement politique.
  • Étape 4 : Effondrement social.
  • Étape 5 : Effondrement culturel.

Voyons maintenant comment ces cinq étapes se sont déroulées pendant la chute de l’Empire romain.

Étape 1 – Effondrement financier (IIIe siècle après J.-C.). Le système financier de l’Empire romain n’était pas aussi sophistiqué que le nôtre, mais, tout comme notre civilisation, l’Empire était basé sur l’argent. L’argent était l’outil qui gardait l’État uni : il servait à payer les légions et les bureaucrates et à faire en sorte que le système commercial approvisionne les villes en nourriture. La monnaie romaine était une marchandise physique : elle était basée sur l’argent et l’or, et ces métaux devaient être extraits. C’était le contrôle romain sur les riches mines d’or du nord de l’Espagne qui avait créé l’Empire, mais ces mines ne pouvaient pas durer éternellement. À partir du 1er siècle, le coût de l’exploitation minière des veines épuisées est devenu un fardeau de plus en plus lourd. Au IIIe siècle, le fardeau était trop lourd à porter pour l’Empire. Ce fut l’effondrement financier dont l’Empire n’a jamais pu se remettre complètement.

Étape 2 – Effondrement commercial (Ve siècle après J.-C.). L’Empire romain n’avait jamais vraiment été un empire commercial ni une société manufacturière. Elle était spécialisée dans la conquête militaire et préférait importer des articles de luxe de l’étranger, certains, comme la soie, venant de l’autre côté de l’Eurasie, de Chine. En plus des légions, l’Empire ne produisait que deux marchandises en grandes quantités : du grain et de l’or. De ces produits, seul l’or pouvait être exporté sur de longues distances et il disparut rapidement en Chine pour payer les importations coûteuses que les Romains avaient l’habitude d’acheter. L’autre produit, le grain, ne pouvait pas être exporté et a continué à être commercialisé à l’intérieur des frontières de l’Empire pendant un certain temps – l’approvisionnement en grain venant des greniers d’Afrique et du Proche-Orient était ce qui maintenait en vie les villes romaines, Rome en particulier. Après l’effondrement financier, les lignes d’approvisionnement sont restées ouvertes parce que les producteurs de céréales n’avaient pas d’autre marché que les villes romaines. Mais, vers le milieu du Ve siècle, les choses sont devenues si mauvaises que Rome a été saccagée d’abord par les Wisigoths en 410, puis par les Vandales en 450. Elle s’est remise du 1er sac, mais le second était de trop. Les Romains n’avaient plus d’argent pour payer le grain dont ils avaient besoin, les voies maritimes commerciales se sont complètement effondrées et les Romains sont morts de faim. C’était la fin du système commercial romain.

Étape 3 – Effondrement politique (fin du Ve siècle après J.-C.). L’effondrement politique est allé de pair avec l’effondrement commercial. Déjà à la fin du IVe siècle, les empereurs étaient devenus incapables de défendre Rome contre les armées barbares qui défilaient à travers l’empire et ils s’étaient retirés dans la sécurité de la ville fortifiée de Ravenne. Quand Rome a été mise à sac, les empereurs n’ont même pas essayé de faire quelque chose pour aider. Les derniers empereurs ont disparu à la fin du Ve siècle mais, déjà des décennies auparavant, la plupart des gens en Europe avaient cessé de se soucier de savoir s’il y avait ou non une personne pompeuse à Ravenne qui portait des vêtements violets et prétendait être un empereur divin.

Étape 4 – Effondrement social (Ve siècle après J.-C.). L’effondrement social de l’Empire d’occident s’est accompagné de la désagrégation des structures politiques et commerciales. Déjà au début du 5ème siècle, nous avons la preuve que les élites romaines étaient parties en « mode évasion » – ce n’était pas seulement l’empereur qui avait fui Rome pour se réfugier à Ravenne, les patriciens et les chefs de guerre étaient en mouvement avec des troupes, de l’argent et des disciples pour établir leurs domaines féodaux où ils pourraient. Et ils ont laissé les roturiers se défendre seuls. Au VIe siècle, l’État romain avait disparu et la majeure partie de l’Europe était aux mains des seigneurs de guerre germaniques.

Étape 5 – Effondrement culturel (à partir du VIe siècle après J.-C.). Ce fut très lent. L’avènement du christianisme, au IIIe siècle, n’a pas affaibli la structure culturelle de l’Empire, il a été une évolution plutôt qu’une rupture avec le passé. L’effondrement de l’Empire en tant qu’entité politique et militaire n’a pas tant changé les choses et pendant des siècles, les gens en Europe se sont toujours considérés comme des Romains, un peu comme les soldats japonais échoués dans des îles éloignées après la fin de la seconde guerre mondiale, (en Grèce, les gens se définissaient encore comme « Romains » au 19ème siècle). Le latin, langue impériale, a disparu en tant que langue vernaculaire, mais il a été maintenu en vie par le clergé catholique et il est devenu un outil indispensable pour l’unité culturelle de l’Europe. Le latin a gardé une certaine continuité culturelle avec l’ancien empire qui ne s’est perdue que très progressivement. Ce n’est qu’aux XVIIIe et XIXe siècles que le latin a disparu comme langue de l’élite culturelle, pour être remplacé par [le français, puis .. NdT] l’anglais de nos jours.

Comme vous le voyez, la liste d’Orlov a une certaine logique bien qu’elle doive être un peu adaptée à l’effondrement de l’Empire romain occidental. Les 5 étapes ne se sont pas succédées, il y a eu plus d’un siècle de décalage entre l’effondrement financier du 3ème siècle (étape 1) et les trois étapes suivantes qui sont arrivées ensemble : l’effondrement commercial, politique, et social. La cinquième étape, l’effondrement culturel, a été une longue histoire qui est venue plus tard et qui a duré des siècles.

Et notre civilisation ? La première étape, l’effondrement financier est clairement en cours, bien qu’il soit masqué par diverses astuces comptables. La deuxième étape, l’effondrement commercial, au contraire, n’a pas encore commencé, ni l’effondrement politique : l’Empire maintient toujours une force militaire géante et menaçante, même si son efficacité réelle peut être mise en doute. Peut-être que nous voyons déjà des signes de la troisième étape, l’effondrement social, mais, si le cas romain est un guide, ces trois étapes arriveront ensemble.

Alors, que diriez-vous de la dernière étape, l’effondrement culturel ? C’est une question pour un avenir relativement lointain. Pendant un certain temps, l’anglais restera certainement la langue universelle, tout comme le latin l’était après la chute de Rome, alors que les gens continueront à penser qu’ils vivent encore dans un monde globalisé (c’est peut-être déjà une illusion). Avec la disparition de l’anglais, tout peut arriver et quand (et si) un nouvel empire se lèvera sur les cendres de l’empire américain, ce sera quelque chose de complètement différent. Nous pouvons seulement dire que l’univers avance par cycles et que c’est évidemment ainsi que les choses doivent se passer.

Ugo Bardi


Par Dmitry Orlov – Le 16 avril 2019 – Source  Club Orlov

Dans cet article, Ugo Bardi a appliqué ma taxonomie d’effondrement à l’effondrement de l’Empire romain d’occident, et son analyse montre que la cascade canonique d’effondrement financier, commercial, politique et socioculturel a fonctionné comme prévu dans un autre cas, particulièrement célèbre. Mais cela soulève une question qui revêt une grande importance pour notre époque. L’analyse d’Ugo est exacte lorsqu’il s’agit spécifiquement de la vieille Rome et de son effondrement, sauf pour un détail crucial. La vieille Rome ne s’est pas seulement effondrée, elle a été abandonnée, puis, deux siècles plus tard, elle a disparu.

Un événement assez significatif s’est produit le 11 mai 330 de notre ère. Ce jour-là, la vieille Rome (celle d’Italie) a cessé d’être la capitale de l’Empire romain. Ce jour-là, l’empereur Constantin Ier transféra la capitale vers la Nouvelle Rome (Νέα Ῥώμη), anciennement connue sous le nom de Byzance et informellement appelée Constantinople jusqu’en 1930, année où elle fut officiellement rebaptisée İstanbul. C’était la ville la plus grande et la plus prospère d’Europe tout au long du Moyen Âge et elle reste aujourd’hui encore la plus grande ville d’Europe (la deuxième plus grande est Moscou, parfois appelée la troisième Rome). De 330 après J.-C. au 13 avril 1204 – une période de 974 ans – elle fut la capitale de l’Empire romain, qui se scinda en Orient et en Occident en 395. Puis, 81 ans plus tard, en 476 après J.-C., l’Empire romain d’occident a cessé d’exister, rendant l’appellation « orientale » plutôt superflue. En effet, les habitants de la Nouvelle Rome se sont toujours qualifiés de Romains. En 1204 après J.-C., elle fut saccagée et brûlée par les chevaliers de la Quatrième croisade (un assaut barbare, pourrait-on dire) et il est très intéressant de se demander pourquoi les Romains ne leur opposèrent aucune résistance. Nous garderons cela pour une autre fois. Constantin ne s’est pas contenté de déplacer la capitale dans une ville existante ; il a reconstruit en grande partie l’ancienne Byzance (une colonie grecque datant de 657 av. J.-C.).

Il y avait de nombreuses raisons pour la décision de Constantin de déplacer la capitale. Le nouvel emplacement était tout simplement meilleur : plus facile à défendre, entouré de provinces économiquement développées, plus proche des centres d’apprentissage et de culture et stratégiquement situé à l’intersection de plusieurs routes commerciales. Constantin fit sortir beaucoup de richesses de la Vieille Rome pour fonder sa Nouvelle Rome, puis quitta la Vieille Rome qui languit dans un état considérablement affaibli, et ne s’en remit jamais. Mais il y avait une autre raison à ce déménagement : Constantin chevauchait une vague de passion nouvelle qui avait à voir avec la propagation du christianisme, et elle l’a emmené en Méditerranée orientale où le christianisme a d’abord pris racine. C’était une décision consciente d’abandonner la vieille Rome païenne et de construire une nouvelle Rome chrétienne. Bien que les cérémonies chrétiennes et païennes y aient d’abord eu lieu, les cérémonies païennes ont rapidement été abandonnées.

La nouvelle Rome est devenue le centre de l’apprentissage chrétien, où la Bible et d’autres écrits chrétiens ont été traduits dans de nombreuses langues, dont le slave, étape essentielle dans la diffusion du christianisme en Eurasie, à l’exception de l’Europe occidentale, qui a connu un âge sombre. Là-bas, l’enseignement basé sur le latin a été maintenu à peine en vie par des moines qui travaillaient dans des scriptoria, vivants à peine eux-mêmes, taraudés par le froid, la faim et l’ennui. Le sacerdoce catholique, qui s’est fusionné en une structure autoritaire – la papauté – était désireux de maintenir la population dans l’ignorance parce que cela facilitait son contrôle et son exploitation. Au lieu de traduire la Bible dans les langues vernaculaires et d’enseigner aux paroissiens à lire, ils ont eu recours à l’enseignement de la doctrine chrétienne au moyen de dioramas sentimentalistes idolâtres. La réaction à cette répression de l’apprentissage, quand elle est arrivée, a été la Réforme protestante. Il en résulta beaucoup de massacres insensés et conduisit au développement d’une autre abomination : les interprétations littérales de la Bible par les sectes protestantes et les cultes apocalyptiques. Ainsi, la décision de Constantin de quitter la vieille Rome languissante s’est avérée très positive, nous donnant un millénaire de développement culturel à l’Est, et très négative, nous donnant l’âge des ténèbres et la guerre de Trente Ans qui ont causé la dévastation et des pertes de population en Europe occidentale.

Quel est le rapport avec les cinq étapes de l’effondrement ? Il montre que les effondrements sont des phénomènes locaux. Ailleurs, la vie continue, parfois mieux qu’avant. Les effondrements peuvent avoir des causes internes (ressources épuisées) ou externes (le monde passe à autre chose). Mais la séquence d’effondrement reste la même : ceux qui contrôlent la situation répugnent à admettre ce qui se passe et prétendent qu’il n’en est rien. Ensuite, ils sont ruinés (effondrement financier). Ensuite, ils perdent la capacité d’importer des choses (effondrement commercial). Ensuite, leurs institutions publiques cessent de fonctionner (effondrement politique). Puis la société s’effondre. Et ce n’est qu’alors, après tout cela, que les gens réalisent enfin que le problème était dans leur tête depuis le début (effondrement culturel). L’adoption rapide d’une culture meilleure et plus réfléchie est, bien sûr, une bonne idée. Une alternative est de passer par un âge sombre suivi d’une longue période de carnage sans raison.

Qu’est-ce que cela a à voir avec le monde d’aujourd’hui ? Eh bien, si vous le remarquez, il y a un pays en particulier dans le monde qui a un problème majeur : il consomme beaucoup plus qu’il ne produit. De plus, il consomme beaucoup de produits, mais la plupart de ce qu’il produit sont des services – pour lui-même – qui ont tendance à être surévalués et ne sont d’aucune utilité pour qui que ce soit d’autre, mais il compte fièrement dans son produit intérieur brut cette extase d’auto-satisfaction. Il justifie l’énorme écart entre sa production (réelle, physique) et sa consommation (réelle, physique) à l’aide d’astuces comptables, et il pense qu’il peut continuer à le faire pour toujours. Le reste du monde n’est pas d’accord, et fait connaître son mécontentement en se désengageant progressivement de ce pays. Il pourrait abandonner sa culture de surconsommation aveugle et de diffusion de la « liberté et de la démocratie » par des moyens militaires avant que les circonstances ne l’y obligent, mais il refuse de le faire, au risque d’être abandonné comme le fut la vieille Rome.

Les cinq stades de l'effondrementDmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateur de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker Francophone

Source: LE SAKER FRANCOPHONE

AUSTÉRITÉ MON AMOUR

AUSTÉRITÉ MON AMOUR
Pourquoi les erreurs européennes dans le traitement de la crise financière de 2008 sont les racines de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et l’UE

Atlantico.fr : Si l’accumulation d’excédents commerciaux, de la part des Européens, et principalement de la part de l’Allemagne, peut être considérée comme l’origine des tensions existantes avec les Etats-Unis, comment expliquer le processus qui a pu conduire à une telle situation ?

Brad Setser : Au début du processus, cela n’était pas perçu comme un contexte de guerre commerciale, et cela n’était même pas considéré comme un contexte de déséquilibres commerciaux. A ce moment, le diagnostic était que les économies avancées étaient en crise et que cette crise s’était déclarée aux Etats-Unis. Mais il s’est avéré que l’exposition aux subprimes était particulièrement élevée dans les institutions financières européennes. L’idée était donc que nous subissions un choc commun, qui nécessitait une réponse commune dans l’objectif de ramener nos systèmes financiers à une meilleure santé, en recapitalisant, en s’assurant qu’il n’y aurait pas un nouveau Lehman Brothers, et en répondant au choc de demande qui touchait nos deux économies.

Pour répondre à ce choc de demande, une action budgétaire coordonnée -un stimulus budgétaire – avait vu le jour. Puis, les Etats-Unis se sont inquiétés du fait que l’Europe réagissait trop lentement, aussi bien concernant la recapitalisation de ses institutions financières, que parce qu’elle avait retiré trop rapidement son soutien budgétaire à l’économie. De plus, les désaccords existants au sein de la zone euro menaçaient de provoquer une nouvelle crise. 

C’est ainsi que les tensions, particulièrement avec l’Allemagne – mais la position allemande était alors plutôt partagée en Europe – ont émergé lorsque les Allemands ont considéré que la relance budgétaire avait été trop loin et qu’il était nécessaire de l’inverser. Ils ont alors commencé à encourager un virage vers l’austérité en Europe. Contrairement à la vision américaine, l’Allemagne était réticente à l’idée de faire tout ce qu’il devait être fait pour éviter une deuxième crise financière.

Nous sommes ici en 2011 ? 

C’est essentiellement 2011, mais cela a commencé dès 2010. Il y a eu toute une série de chocs durant cette période. Mon souvenir de cette période est un enchaînement, un choc après l’autre. Tout le monde savait à ce moment que le premier plan grec était un échec, et les pressions sur les taux obligataires ont alors commencé à se propager, de la Grèce à l’Espagne ou encore l’Italie, et les gens l’oublient, mais la Belgique, était également touchée, même la France.  On peut également rappeler le resserrement monétaire de la BCE en 2011, par Jean-Claude Trichet. La sentiment qui se diffusait à cette période est que nous étions face à un risque d’une nouvelle crise financière, après celle de 2008. Les Etats-Unis comprenaient leur responsabilité concernant cette première crise, mais voyaient l’Europe, particulièrement l’Allemagne, comme n’ayant pas assimilé les leçons de ce qui s’était produit en 2008.

Cette différence d’approche entre Etats-Unis et Europe a conduit à la formation d’un différentiel de croissance entre les deux zones….

Cette divergence de la croissance entre Europe et Etats-Unis n’est pas due au fait que les Etats-Unis connaissaient une reprise particulièrement rapide, cette reprise était plutôt faible, mais il était évident que les tensions internes à la zone euro contribuaient à l’affaiblissement de la reprise américaine, aussi bien au travers des canaux financiers, que de la demande. Les “spreads” obligataires progressaient en même temps que s’imposait l’austérité en Europe. Le résultat a été un affaiblissement de la demande européenne qui s’est répercuté aux Etats-Unis.

Quel lien avec les déséquilibres commerciaux ?

Cette situation ne s’est pas immédiatement transformée en un déséquilibre commercial. Le plan de relance européen, suite à la crise – on l’oublie souvent- a bien permis une reprise économique en Europe à la fin de l’année 2009, mais celle-ci s’est estompée avec l’austérité budgétaire et une politique monétaire stricte (Jean-Claude Trichet). Il est devenu alors assez clair que la reprise de la demande en Europe allait s’inverser, et c’est à ce moment là que nous avons vu l’apparition d’une forte progression des excédents commerciaux européens, qui est le résultat indirect de ces différences de croissance (une  croissance plus forte aux Etats-Unis provoque alors une hausse des importations en provenance d’Europe, alors que la faible croissance européenne ne permet pas de suivre le même rythme, ce qui provoque un déséquilibre dans les échanges commerciaux entre les deux zones).

Ce contexte a poussé l’administration Obama à demander aux européens d’en faire davantage pour soutenir la croissance et la demande mondiale. Comment les Européens ont-ils réagi à ces demandes ?

Il est clair que les pays les plus fragiles ne se sentaient pas en capacité de contribuer davantage à la demande. Ils espéraient que les Etats-Unis agissent pour contrer la pression allemande qui s’exerçait sur eux pour consolider leurs comptes publics extrêmement rapidement. Les Etats-Unis ne cherchaient pas à ce que ces pays les plus fragiles participent davantage, mais ils alertaient sur les risques de voir ces pays suivre une stratégie auto-destructrice. La principale demande américaine a toujours été que l’Allemagne, et les pays les plus forts de l’Union, en fassent plus pour soutenir la croissance de la demande.

Nous sommes passés d’un contexte ou un choc commun appelait une réponse commune à une inquiétude de voir l’Europe maintenir de larges excédents commerciaux. Ce glissement est apparu lorsque la chute des déficits de la balance courante en Espagne, en Grèce, en Italie, ne s’est pas traduite pas par une réduction des surplus allemands. Au lieu de voir un ajustement à la baisse du surplus allemand, nous avons vu l’ensemble européen basculer vers ce qui était, et ce qui reste, un très large excédent.

Les Allemands ne le voient pas comme cela, mais il est possible de démontrer que l’Allemagne a profité de la demande qui était alors créée par les Etats-Unis et la Chine, tout en ne faisant pas “sa part” pour contribuer à la demande mondiale. Encore plus important, en n’en faisant pas plus pour soutenir sa propre demande, l’Allemagne a affaibli l’ensemble de la zone euro.

Il est vrai que la Grèce, pas plus que le Portugal ou l’Espagne, ne pouvaient soutenir durablement un déficit de la balance courante équivalent à 10% de leur PIB, ils avaient besoin de s’ajuster, mais nous aurions pu espérer que la contrepartie de cet ajustement ait été une baisse des excédents allemands (en passant de 6-7% du PIB à 3 ou 4% par exemple). Mais cela ne s’est pas passé comme cela. Les excédents allemands ont continué de progresser. Je pense que le moment qui a vraiment cristallisé ce basculement a été 2013, quand les excédents allemands ont dépassé ceux de la Chine. C’est à ce moment que l’administration américaine, et non pas le grand public, a pris conscience de ce problème. Ce débat n’a jamais été équivalent à celui qui entoure la question de la Chine, parce que pour la Chine, il s’agit plus d’une question d’équité, c’est un débat qui touche le grand public qui existe depuis longtemps. Alors que la préoccupation à l’égard de l’Allemagne est restée circonscrite aux économistes du Trésor, de la Réserve Fédérale, et à quelques analystes financiers.

Comment cette préoccupation de l’administration Obama à l’égard des déséquilibres macroéconomiques s’est-elle transformée en une guerre commerciale entre Donald Trump et les Européens, sur la base de barrières douanières ? Comment ce mouvement s’est produit ?

En toute honnêteté, il n’est pas nécessaire de sur-analyser. Ce mouvement s’explique presque entièrement par la vision personnelle de Donald J Trump. Je pense que beaucoup de monde, y compris dans son administration, reconnaissent que Trump ne pense pas en termes de déséquilibres macroéconomiques, il pense en termes de balances bilatérales. Un déséquilibre bilatéral est pour lui le signe d’une iniquité. Quand il vient à Paris ou à Berlin, il voit qu’il n’y a pas beaucoup de voitures américaines, alors qu’il voit beaucoup de voitures allemandes aux Etats-Unis, et il doit penser qui cela est le résultat des barrières douanières.

Mais il y a une importante distinction à faire entre la pression commerciale qui est exercée sur la Chine et la pression qu’exerce Donald Trump sur l’Europe. La pression sur la Chine bénéficie d’un soutien relativement important de la population, alors que la pression sur l’Europe relève bien plus de la conviction personnelle de Donald Trump.

La France vient de voter contre le mandat demandé par la Commission européenne pour négocier un accord commercial avec les Etats-Unis. Dans le même temps, Bruno Le Maire, mais également des économistes proches d’Emmanuel Macron, ont appelé l’Allemagne à dépenser plus. Voyez vous un lien entre ces deux approches qui pourraient signifier que Paris demande à Berlin de régler un problème dont elle est à l’origine ?

Je n’ai pas connaissance d’une stratégie française qui ferait un lien entre ces deux situations. Mais je pense que la principale cause du refus français est la question de l’agriculture, Paris n’a jamais voulu faire la moindre concession dans ce secteur. Même sans lier les deux, le refus opposé au mandat et la demande faite à l’Allemagne de dépenser plus, on comprend très bien qu’Emmanuel Macron refuse d’étendre un accord à l’agriculture. Ceci pour la raison simple que l’Allemagne a le plus à perdre si les Etats-Unis imposent des tarifs sur le secteur automobile, alors que d’autres pays ont plus à perdre, la France notamment, avec une libéralisation du commerce sur l’agriculture. Ouvrir un accord sur l’agriculture serait un moyen d’acheter la paix pour l’Allemagne, ce qui lui donnerait des avantages importants, tandis que le coût ne serait pas supporté par l’Allemagne. On comprend pourquoi la France résiste à une négociation commerciale que beaucoup en Europe voient comme une extorsion, particulièrement quand l’administration Trump a voulu faire un compromis sur beaucoup de dossiers en Europe. Je ne pense pas que Donald Trump s’intéresse tellement aux excédents budgétaires allemands, je ne suis pas convaincu qu’il fasse le lien entre l’excédent budgétaire et l’excédent commercial, mais s’il voudrait voir l’Allemagne dépenser plus pour sa défense. Il n’y a pas de plan compliqué avec Trump, il dit ce qu’il pense, et il s’inquiète des sujets dont il dit qu’il s’inquiète. Cela dit, la France a plus à gagner que les Etats-Unis d’une politique budgétaire allemande plus soutenue, la France a ici un intérêt direct. Un soutien budgétaire allemand permettrait plus de croissance, tout comme un changement de voie de la part de la Banque centrale européenne.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-après

L’Occident laissera-t-il construire des chemins de fer reliant le Golfe à la Méditerranée ?

L’Occident laissera-t-il construire des chemins de fer reliant le Golfe à la Méditerranée ?

Alors que les Etats-Unis et leurs alliés ont délibérément créé les conditions de la famine en Corée du Nord, puis au Soudan, en Tunisie et aujourd’hui au Yémen, ils commencent à y conduire la Syrie. Le seul moyen de s’en préserver est de relancer l’économie régionale qui s’est effondrée durant les guerres d’Iraq et de Syrie. Deux projets de chemin de fer se concurrencent : l’un pour développer la région, le second pour la diviser. Les Occidentaux se comporteront-ils en êtres humains ou poursuivront-ils leur rêve de domination ?

 | DAMAS (SYRIE)  

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Pour sa reconstruction, la Syrie ne peut compter que sur elle même, car aucun de ceux qui ont dépensé des centaines de milliards de dollars pour la détruire n’est prêt à débourser le moindre centime pour la reconstruire.

Dans ces conditions, l’avenir du pays est de renouer avec son passé : lorsqu’il était le point de passage obligé entre l’océan Indien et la mer Méditerranée. Durant l’antiquité, la « route de la soie » partait de l’ancienne capitale chinoise de Xi’an pour aboutir à Antioche et à Tyr.

Cette route n’était pas seulement un passage permettant d’échanger des marchandises de ville en ville, c’était aussi une voie culturelle par laquelle la philosophie chinoise se diffusa en Asie et la religion musulmane arriva en Chine ; une route dont la langue commune fut non pas le mandarin, mais le persan. Par la suite, la Syrie continua à être le passage entre l’océan Indien et la Méditerranée, ce qui lui assura la prospérité jusqu’à la construction du Canal de Suez.

Le projet d’un chemin de fer reliant le port iranien de Khorramshahr, à la frontière iraquienne, à la côte méditerranéenne syrienne, via Bagdad, n’est pas nouveau. Il avait déjà été planifié avant la guerre, à l’époque du marché commun turco-irano-syrien. Ses voies furent systématiquement sabotées par les mercenaires pro-Occidentaux, faisant dérailler les trains et tuant le personnel et les voyageurs.

Ainsi, depuis le début, les concepteurs de la guerre —Royaume-Uni en tête— entendaient empêcher l’activité économique de la Syrie. C’est un comportement caractéristique du colonialisme britannique : s’assurer que les peuples colonisés resteront toujours dépendants.

Par exemple, alors que l’Inde était le principal producteur de coton, Londres s’assura qu’elle puisse produire, mais interdit qu’elle file, de sorte que le tissu ne puisse être réalisé qu’en Angleterre. C’est pourquoi le Mahatma Gandhi fila le coton au rouet comme un acte de subversion.

Les Etats-Unis prétendent aujourd’hui s’opposer à ce projet de chemin de fer pour prévenir l’envoi d’armes lourdes iraniennes au Liban. Nous savons que ce n’est qu’un prétexte puisque le secrétaire d’Etat Mike Pompeo l’a lui même déclaré le mois dernier. Le seul objectif de Washington est de retarder l’exploitation du gaz et du pétrole syrien le temps qu’il vende ses hydrocarbures de schiste (dont la production devrait rapidement décliner à partir de 2023, selon l’Agence internationale de l’Energie).

En avril 2017, puis en novembre dernier, Israël a proposé de construire un autre chemin de fer entre les deux mers. Le ministre des Renseignements et des Transports, Israël Katz, a semble-t-il obtenu l’accord de la Jordanie, de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Sultanat d’Oman. L’envoyé spécial US, Jason Greenblatt, a suggéré que le projet israélien pourrait être inclus dans le « Deal du siècle ».

La quantité de marchandises à acheminer est telle que les deux projets, quoique concurrents, peuvent parfaitement coexister, mais Tel-Aviv n’a pas la réputation d’être partageur.

A vrai dire, les seuls perdants devraient être les Européens de l’Ouest. Car les marchandises d’aujourd’hui ne sont plus celles de la route de la soie antique. Autrefois, les Européens ne produisaient pas de soie alors que la Chine leur en offrait. Aujourd’hui, les uns et les autres produisent les mêmes choses, les chinoises étant de moins bonne qualité, mais beaucoup moins chères. Leur arrivée massive pourrait détruire rapidement ce qui reste de l’industrie européenne. Pour se préserver, les Européens de l’Ouest devraient réglementer leurs échanges.

Source
Al-Watan (Syrie)

https://www.voltairenet.org/article205759.html

LA RUSSIE LIVRE UN COUP ASYMÉTRIQUE À L’UKRAINE

LA RUSSIE LIVRE UN COUP ASYMÉTRIQUE À L’UKRAINE

Russia Delivers Asymmetric Blow To Ukraine

Le 10 avril, le gouvernement ukrainien a élargi la liste des marchandises interdites d’importation en provenance de Russie. Par cette décision, l’embargo a été étendu au formol et au concentré de carbamide-formaldéhyde, de ressorts pour les wagons de fret, de matériel électrique pour les automatismes ferroviaires et les dispositifs de communication, ainsi que de conducteurs électriques pour des tensions supérieures à 1000V. En outre, une autre résolution a sanctionné l’importation de contenants en verre, y compris les canettes, les bouteilles pour aliments et boissons, les contenants et autres produits similaires.

Ce mouvement a été la continuation d’une série de restrictions antérieures imposées par l’Ukraine à la Russie et aux entreprises affiliées à la Russie. Malgré des déclarations formelles, les actions récentes et précédentes de l’Ukraine ont un impact réel minime car les exportations russes susmentionnées peuvent être négligées.

Le 18 avril, le gouvernement russe est arrivé avec une déclaration sensationnelle en réponse au comportement ukrainien. Le Premier ministre Dmitri Medvedev a annoncé qu’il avait signé un décret interdisant l’exportation de pétrole, de produits pétroliers et de charbon vers l’Ukraine. À compter du 1er juin, l’exportation des produits énumérés dans le décret nécessitera un permis spécial unique.

Le décret interdit également l’importation en Russie de produits d’ingénierie, de travaux légers et de traitement des métaux en Ukraine.

«Le Cabinet des ministres ukrainien a franchi une autre étape peu amicale envers notre pays en élargissant la liste des produits russes dont l’importation en Ukraine est interdite. Dans ces conditions, nous devons défendre nos intérêts et prendre des mesures de rétorsion », a déclaré Medvedev, selon Interfax.

Cette initiative sans précédent portera un coup sévère à l’économie déjà affaiblie de l’Ukraine. Au cours des années précédentes, les produits pétroliers russes représentaient environ 36 à 40% du marché ukrainien. Environ 40% des produits pétroliers importés par l’Ukraine en provenance de Biélorussie étaient en fait des produits pétroliers russes sous une autre marque. La Russie devrait renforcer la surveillance de la réexportation de ses produits pétroliers par la Biélorussie, empêchant ainsi les schémas gris qui pourraient permettre au gouvernement de Kiev d’éviter l’interdiction imposée.

L’industrie ukrainienne restante subira le plus de conséquences de l’interdiction imposée. Les citoyens ordinaires constituent un autre groupe qui ressentirait immédiatement l’impact. Compte tenu de l’interdiction des produits pétroliers russes, le gouvernement de Kiev devrait diversifier son marché, achetant probablement davantage de produits pétroliers à l’Azerbaïdjan ou même à l’Iran et à d’autres États du golfe Persique. Cette mesure désespérée augmenterait les coûts de transport. L’augmentation des coûts des produits pétroliers pour l’économie ukrainienne serait d’environ 15 à 20%.

En outre, il est peu probable que le gouvernement de Kiev puisse remplacer complètement les produits pétroliers russes dans un court laps de temps. Cela augmentera encore le coût des produits pétroliers en raison du manque d’approvisionnement sur le marché intérieur ukrainien.

Selon les experts, les citoyens ukrainiens pourraient bientôt observer une augmentation de 18 à 20% du prix du carburant. Actuellement, un litre de 95 RON à Kiev coûte environ 28 UAH (1,04 USD). Le revenu mensuel moyen de l’ukrainien est d’environ 7 000 UAH (250 USD). On s’attend donc à ce que le prix de 95 RON atteigne environ 1,25 USD le litre. Le coût des produits pétroliers pour le secteur de la production augmentera également.

La décision du Kremlin d’introduire le petit pain d’exportation de pétrole en Ukraine avant le second tour de l’élection présidentielle dans le pays est un signal clair à Volodymyr Zelensky, qui peut déjà être présidé en tant que président élu. [Petro Poroshenko a très peu de chances de remporter la victoire] Moscou montre qu’il ne tolère pas les déclarations formelles et attend de véritables actions qui changeraient la politique ukrainienne à l’égard de l’Ukraine. Si le président nouvellement élu introduit des changements dans la politique de son pays, il est prévu que l’interdiction pétrolière ainsi que d’autres sanctions seront levées dans un proche avenir.

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L’Europe doit-elle relancer les négociations commerciales avec les États-Unis ?

L’Europe doit-elle relancer les négociations commerciales avec les États-Unis ?

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Débat

Les États membres de l’UE doivent accorder lundi 15 avril à la Commission européenne un mandat de négociations commerciales avec les États-Unis, dans l’optique de mettre fin aux tensions avec Donald Trump. La majorité d’entre eux a fait fi jeudi 11 avril de l’opposition affichée depuis plusieurs semaines par Paris, le président Emmanuel Macron refusant de signer tout accord commercial avec un pays non-signataire de l’accord de Paris sur le climat.

  • La Croix
L’Europe doit-elle relancer les négociations commerciales avec les États-Unis ?

« L’Europe entre dans la négociation pour de mauvaises raisons »

Mathilde Dupré, chargée de campagne sur les accords commerciaux à l’Institut Veblen

Les précédentes discussions sur un large partenariat transatlantique avaient déjà soulevé de nombreuses questions. On voyait bien tous les dangers qu’un accord aurait posé, à la fois pour les consommateurs, les producteurs, le climat. Et même pour la démocratie, avec une instance privée pour régler les différends entre États et investisseurs.

Les discussions avaient été interrompues. Les reprendre aujourd’hui, même dans une forme restreinte, est une très mauvaise idée. Et l’Europe entre dans cette négociation pour de très mauvaises raisons. Le point de départ, c’est d’apaiser les tensions avec les États-Unis. Mais en acceptant ces négociations, l’Union européenne revient doublement sur ses engagements. Lire la suite.

« L’Europe fait un pari qu’elle pourrait payer cher »

Sébastien Jean, directeur du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII)

L’ouverture probable et prochaine de négociations commerciales entre l’Union européenne et les États-Unis est la suite logique de la rencontre, le 25 juillet 2018 à Washington, entre le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, et le président américain Donald Trump. Visite motivée par la volonté de trouver une issue positive aux tensions qui existaient alors, et qui subsistent, entre les deux partenaires.

Celles-ci s’étaient matérialisées en juin 2018 après la décision de Donald Trump d’augmenter les droits de douane sur l’acier et l’aluminium importés. Mais la véritable inquiétude des Européens tient à la menace proférée, à la même époque, par le président américain de surtaxer les voitures européennes. Menace qui reste suspendue comme une épée de Damoclès. Lire la suite.

Commerce: accord in extremis sur une déclaration avant le sommet UE-Chine

Commerce: accord in extremis sur une déclaration avant le sommet UE-Chine

  • afp,
Le Premier ministre chinois Li Keqiang (g) et la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini, le 9 avril 2019 à Bruxelles/POOL/AFP

L’Union européenne et la Chine doivent signer mardi à l’occasion d’un sommet à Bruxelles une déclaration commune, conclue in extremis en raison des résistances persistantes de Pékin à s’ouvrir aux entreprises européennes.

« Il y a eu un accord (lundi) soir », a affirmé une source européenne. « La déclaration finale est un peu plus ambitieuse que celle de 2018. Mettre la pression jusqu’au dernier moment s’est avéré payant », a-t-elle ajouté.

Faute d’engagements jugés suffisants de la part de Pékin, un tel accord semblait, aux yeux des Européens, de plus en plus improbable au fil des discussions la semaine dernière.

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Le président du Conseil européen, Donald Tusk, avait même « recommandé aux États membres » de « rejeter le projet de déclaration » en l’état, les Chinois restant réticents à garantir « un accès au marché et des conditions de concurrence égales » pour les entreprises européennes opérant chez eux.

Mais ils ont finalement accepté des concessions au cours du week-end et lundi, en particulier en faveur d’un renforcement de la législation sur les subventions industrielles des Etats « dans le cadre de l’OMC », un sujet cher aux Européens.

Le texte mentionne également que « les transferts forcés de technologies », dont sont accusées les entreprises chinoises, devraient être évités.

Le commerce de marchandises UE-Chine/AFP

M. Tusk et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker représenteront l’UE lors du sommet face au Premier ministre chinois Li Keqiang, avec lequel ils évoqueront leurs inquiétudes face à la politique de Pékin.

« Nous expliquerons que les entreprises européennes en Chine doivent jouir des mêmes droits que les entreprises chinoises en Europe », a souligné M. Juncker mardi lors d’un colloque avant le sommet.

Pris en tenaille entre l’unilatéralisme américain et l’expansionnisme chinois –incarné par le projet de « nouvelles routes de la soie » et des investissements massifs, en particulier sur leur marché– les Européens cherchent à rééquilibrer leurs rapports diplomatiques et commerciaux avec le géant asiatique.

– « Xi a parlé » –

La Commission a publié le 12 mars un plan en dix points pour une relation plus affirmée avec la Chine, qualifiée de « rivale systémique ».

Investissements chinois dans l'UE/AFP

Dans la foulée, elle a présenté une approche européenne pour sécuriser la 5G dans l’UE, afin de répondre aux soupçons d’espionnage liées aux groupes chinois comme Huawei.

Un cadre européen de contrôle des investissements étrangers dans les secteurs stratégiques, visant essentiellement la Chine, doit par ailleurs entrer en vigueur ce mois-ci.

Ce « réveil européen » a été salué par le président français Emmanuel Macron, qui a de son côté organisé une rencontre à quatre fin mars à Paris avec le président chinois Xi Jinping, la chancelière allemande Angela Merkel et Jean-Claude Juncker.

Par la voix de ses deux plus grandes économies, l’UE a ainsi pu faire valoir ses préoccupations directement au puissant président chinois.

M. Macron avait exhorté la Chine à « respecter l’unité de l’Union européenne », quand Pékin est soupçonné de jouer la division par sa politique d’investissements, en concluant des accords séparés avec chaque pays.

« La Chine n’a pas l’intention de diviser l’Europe, ni la capacité de diviser l’Europe », a assuré le vice-ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Chao, peu avant le départ en Europe du Premier ministre Li.

Pour certains analystes, ce mini-sommet parisien a fortement réduit l’intérêt du sommet de Bruxelles.

« Le sommet sur la Chine a déjà eu lieu. Sans la France et l’Allemagne dans la même pièce, pour la Chine, ce n’est pas l’Europe (…) Xi a déjà parlé. Xi a déjà serré la main de ses homologues », explique à l’AFP Hosuk Lee-Makiyama, directeur du think-tank ECIPE à Bruxelles.

https

://www.la-croix.com/Economie/Commerce-accord-extremis-declaration-sommet-UE-Chine-2019-04-09-1301014487

 

 

Airbus, scandale, Seymour Cassel : les informations de la nuit

Airbus, scandale, Seymour Cassel : les informations de la nuit

Airbus : les États-Unis menacent l’Europe de surtaxes douanières. C’est un litige qui remonte à 2004, rappelle la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Amérique et Union européenne se reprochent mutuellement le versement de subventions illicites à leurs constructeurs aéronautiques, Boeing et Airbus. Dans l’attente d’un règlement du litige commercial, l’administration Trump a publié une liste provisoire de produits de l’UE qui seraient frappés en guise de représailles par des droits de douane supplémentaires, équivalents à 11 milliards de dollars. Parmi ces marchandises : les avions commerciaux ainsi que du vin, des produits laitiers, précise le quotidien allemand. La somme correspondrait aux dommages causés à l’économie américaine par ces aides européennes. L’Organisation mondiale du commerce fait office d’arbitre dans ce dossier.

https://reveil.courrierinternational.com/#/edition/1922071/article/1922119

Un chien qui se mord la queue

Un chien qui se mord la queue

Les Carnets de Patrice-Hans Perrier

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Un chien qui se mord la queue

Nous poursuivons, ici, notre analyse de la déchéance spirituelle et morale de l’occident. Dans un contexte où la société marchande cède la place à une oligarchie financière, les repères humanistes sont gommés et remplacés par les dictats d’un marché international qui a force de loi. Nous inspirant de l’analyse du philosophe français Jean-Claude Michéa, nous tenterons dans ce court exposé de mettre à nu la logique libérale. Reprise d’un article de réflexion composé il y a quelques temps de cela.

L’espèce humaine comme marchandise corvéable à merci

Il est particulièrement intéressant d’assister à une remontée des valeurs dites «de gauche» dans l’opinion publique après trois décennies de néo-libéralisme à toutes les sauces. Pendant que les gouvernements recapitalisent les banques, le peuple réclame à grands cris une réhabilitation de l’État sans pour autant – et c’est la perversité de la chose – réaliser que les États seront mis sous tutelle avant longtemps. Pris en serre entre un service de la dette qui les étrangle et l’obligation de renflouer les marchés financiers, les gouvernements n’auront d’autres choix que d’accepter les plans d’austérité que les consistoires mondialistes (FMI et consorts) leurs imposeront. Ainsi, sous prétexte de vouloir assainir les finances, des pans entiers de l’appareil d’État seront démantelés afin d’être pris en charge par le secteur privé.

À défaut de posséder les moyens de production, le peuple et l’ensemble des classes laborieuses pouvaient toujours espérer que l’État vienne arbitrer en faveur d’une hypothétique justice sociale. Mais, et c’est l’astuce, la logique marchande du système économique n’était jamais remise en cause. L’expérience malencontreuse des systèmes bolchéviques et maoïstes ayant servi, en définitive, à cautionner un capitalisme qui allait triompher au sortir de la Deuxième guerre mondiale. Après l’effondrement du bloc soviétique il fallait sauver les apparences. C’est ainsi que l’alternance de la gauche et de la droite allait permettre de ravaler une démocratie de façade qui tombe en disgrâce auprès de l’opinion publique.

La morale est privatisée

Jean-Claude Michéa (suivre le lien  vers son entretien) nous prévient que [même] la morale est privatisée dans un monde où se sont les rapports marchands qui fondent les assises de la cité. Le libéralisme – ou programme libéral – poursuit sa course en prétextant sa neutralité, dans un monde où les rapports de force seraient déterminés par des conflits d’ordre idéologique, religieux ou culturel. Il s’agit d’une imposture colossale ! En bref, la gauche tire le tapis vers plus de services à la collectivité, alors que la droite pousserait vers une plus grande autonomie des acteurs privés. L’alternance électorale permettant d’entretenir l’illusion d’un système qui finirait par s’autoréguler pour le bénéfice de tous.

La morale – ou l’éthique des rapports citoyens – devenant une affaire privée, c’est l’équanimité des échanges économiques qui assurerait la paix et la prospérité. En fait, la prospérité est le concept central qui a remplacé celui du bien public. Avant, les puissants s’arrogeaient le droit – et la responsabilité – de faire régner un ordre public fort discutable au demeurant. De nos jours, les oligarchies financières s’occupent de fixer les seuils de rentabilité qui permettront à la croissance économique de perdurer. Impuissants face à ce nouveau crédo «amoral», les citoyens ont abandonné leurs prérogatives au profit de la (im)posture tordue du consommateur prisonnier de l’ordre marchand.

L’ordre marchand

Michéa parle d’une «société axiologiquement neutre» qui ne reposerait sur aucun prédicat idéologique. Les libéraux se réclamant d’«un discours qui signerait la fin des idéologies». Donc, les politiciens pourraient se permettre – durant les campagnes électorales – d’argumenter à partir de certains marqueurs idéologiques, mais la logique marchande les rappellerait vite à l’ordre durant l’exercice de leur mandat. Coupant court à toute forme de digression oiseuse, cet astucieux penseur met le doigt sur la supercherie de démocratie libérale. Rappelons-nous de la célèbre citation de Jean-Louis Barrault : «la dictature, c’est «ferme ta gueule»; la démocratie, c’est «cause toujours»». Le logos serait donc prisonnier de la dictature de l’économique, une sphère d’activité n’ayant de compte à rendre qu’à ceux qui tirent les ficelles.

Fort curieusement, face à un tel conditionnement, même les organismes à but non-lucratif ou caritatifs sont tenus de devenir profitables sous peine de se faire couper les vivres. Rien n’échappe à la logique marchande pour qui une entreprise sans profit équivaut à un irritant qu’il convient d’éliminer dans les plus brefs délais. Mais, loin de nous l’idée de faire l’apologie de l’incompétence ou de l’interventionnisme à tous crins. En fait, pour dire les choses clairement, il appert que les profits générés par l’ensemble de la société servent à financer de nouvelles entreprises qui permettront à l’oligarchie de générer de nouveaux profits. L’appareil d’État devenant une simple courroie de transmission afin d’arbitrer les contentieux opposants une cohorte de compétiteurs tentant de faire main basse sur l’ensemble des rapports de production et sur les éventuelles sources de profit escomptées.

Le mythe de la croissance

La doxa des élites repose sur un mythe tenace. Le mythe de la croissance n’est pas prêt de s’estomper et Jean-Claude Michéa pousse son raisonnement jusqu’à affirmer que «l’augmentation indéfinie est une philosophie à part entière pour les maîtres du monde», lesquels sont littéralement obsédés par les moyens d’engendrer une nouvelle croissance. Le quantitatif aura remplacé l’idéal d’une élévation des consciences. Il s’agit donc du «degré zéro» de la morale publique ou, si vous préférez, d’un état de fait où les mythes du progrès, de la croissance, de la technicité, auront remplacé l’idéal hellénique et chrétien d’une cité où la justice règnerait.

La moralité de cette histoire ?

Michéa confirme (et il n’est pas le seul) que la gauche a, elle aussi, intégré le prédicat qui désigne la croissance comme moteur d’évolution et d’amélioration de la société. La croissance économique permettant de faire disparaître les sources de conflit au sein d’une société fédérée par l’appât du gain comme ultime moteur. Et pourtant. L’accroissement vertigineux des fortunes des grandes corporations n’a pas aidé les sociétés occidentales à sortir du marasme et à améliorer les conditions de vie de ses citoyens. Bien au contraire – et de nombreuses études l’attestent – la classe moyenne est en train de disparaître et les grandes fortunes américaines accaparent une part colossale de la richesse collective, alors que le gouvernement n’arrive même plus à faire ses frais administratifs. Il s’agit d’une mythologie que nous sommes forcés d’ingurgiter jour après jour.

La logique du don

L’«universalité du marché aurait remplacé la logique du don», précise le philosophe français. Il nous dit qu’il faut savoir donner, recevoir et rendre … le «donnant, donnant» de l’échange marchand aurait détruit cela. Et, de pousser un cran plus loin son argumentaire en affirmant que la logique marchande pervertirait jusqu’aux rapports amoureux et sentimentaux. Pour lui, «une part essentielle des rapports humains relève d’une logique qui tient à distance celle de l’économie». Les principaux mouvements de résistance au capitalisme naissant – XVIIIème et XIXème siècles – se seraient élevés contre ce qu’il nomme l’«individualisme possessif et l’égoïsme radical». Les premiers socialistes se préoccupaient du «devoir de partage, d’entraide et de solidarité», avance-t-il, en précisant que les gauchistes actuels seraient bien plus préoccupés par l’appât du gain que par une réelle justice sociale.

S’il est un élément fondamental de l’héritage chrétien c’est bien celui du don de soi pour le plus grand bénéfice de la collectivité. Curieux paradoxe, l’activité économique des premiers monastères aura tracé la voie au capitalisme à venir, dans un contexte où les communautés religieuses se préoccupaient toujours plus de la thésaurisation au détriment du partage. Certes, la domestication de nos rapports à la nature nous a permis d’obtenir un «gain de production» et de nous affranchir de l’arbitraire de la survie primitive. Mais, d’autres formes d’aliénations encore plus pernicieuses ont vu le jour avec l’apparition de la cité moderne de la Renaissance. À une époque où le grand capital apatride dicte sa loi d’airain, il devient impérieux de renouer avec les fondamentaux de la démocratie hellène, mais tout autant avec cette charité (caritas) qui fut le levain des premières communautés chrétiennes.

http://www.dedefensa.org/article/un-chien-qui-se-mord-laqueue

POINT DE SITUATION SUR LA «GUERRE» COMMERCIALE «USA-RESTE DU MONDE

POINT DE SITUATION SUR LA «GUERRE» COMMERCIALE «USA-RESTE DU MONDE

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04.04.2019

Plus d’un an après son déclenchement, il est aujourd’hui intéressant de faire le point  sur les premiers résultats de la «guerre commerciale» initiée par les USA contre le reste du monde.

Inutile de revenir sur la dénonciation par  l’administration Trump de plusieurs traités commerciaux en vue de les renégocier à l’avantage des USA, ni sur les véritables «sanctions douanières» adoptées contre la Chine, l’Europe et nombre d’autres partenaires commerciaux.

Ce qu’il faut en retenir, c’est que toutes ces mesures visaient à atteindre un objectif essentiel: réduire les déficits commerciaux US vis à vis du reste du monde.

Où en est-on aujourd’hui, plus d’un an après le déclenchement des «hostilités» ?

Les réponses nous sont données par le bureau US des statistiques relatives au commerce :

1 – Le déficit commercial global des USA avec le reste du monde a explosé en 2018, battant un record historique dans l’histoire de ce pays à 878,7 milliards de dollars. Le précédent record datait de 2017 à 795,7 milliards. En clair, les deux premières années «Trump» auront été les moins reluisantes, en matière commerciale, de toute l’histoire des États-Unis.

https://www.census.gov/foreign-trade/balance/c0004.html

2 – Déficit commercial US avec la Chine ? Record historique en 2018 à 419,2 milliards. Le précédent datait de 2017 à 375,6 milliards…..

Alors que les importations US de produits chinois continuaient d’augmenter (+ 7%) malgré les nouveaux tarifs douaniers, la Chine a fortement réduit ses importations de produits US. En nov-dec 2017, la Chine importait 26,4 milliards de dollars de marchandises US. En nov-dec 2018, elle n’en importait plus que 17,8 milliards: (30% de moins).

https://www.census.gov/foreign-trade/balance/c5700.html

3 – Déficit commercial US avec l’Europe ? Record historique en 2018: 169,3 milliards, en hausse de 12% par rapport à 2017 (151,4 milliards)  https://www.census.gov/foreign-trade/balance/c0003.html

4 – Déficit commercial US avec le Mexique ? Il a pulvérisé son record historique en 2018, malgré la renégociation du traité, à  81,5 milliards de dollars. Précédent record en 2017: 71 milliards.  https://www.census.gov/foreign-trade/balance/c2010.html

5 – Déficit commercial US avec le Canada, que Trump espérait réduire ? Il est en hausse de 12 % par rapport à 2017: 19,8 contre 17,1 milliards. https://www.census.gov/foreign-trade/balance/c1220.html

6 – Déficit commercial avec la Russie, pays sous sanctions économiques ? 14,1 milliards, en hausse de 40% par rapport à 2017 (10 milliards). https://www.census.gov/foreign-trade/balance/c4621.html

*

La conclusion de l’analyse des chiffres qui précèdent est simple: le bilan commercial 2018 des USA est historiquement désastreux.

Si l’on ajoute à ce bilan l’ampleur du déficit budgétaire fédéral qui bat lui aussi un record historique à plus de 900 milliards de dollars, l’ampleur de la dette fédérale qui atteint aujourd’hui les 22 175 milliards de dollars (record historique), l’ampleur des dettes publiques et des particuliers qui s’envolent à 73 000 milliards de dollars. On ne peut plus dire que tout va bien au pays de l’oncle Sam, ni que tout est «sous contrôle».  http://www.usdebtclock.org/

Mais il est toujours facile de faire illusion en vivant à crédit sur le dos du reste du monde et en faisant tourner la planche à billets. Jusqu’à quand ?….. Et après ?……

Source : Réseau International

http://katehon.com/fr/article/point-de-situation-sur-la-guerre-commerciale-usa-reste-du-monde

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Revue de presse nationale et internationale.

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