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L’Onu cassée par l’« exceptionnalisme » états-unien

L’Onu cassée par l’« exceptionnalisme » états-unien

Affaiblis par rapport à leurs compétiteurs russe et chinois, les États-Unis retrouvent leurs réflexes historiques. En matière de relations étrangères, ils abandonnent l’ordre libéral international et reviennent à la doctrine exceptionnaliste. En remettant en cause leur propre engagement au Conseil de sécurité, ils viennent d’ouvrir la voie à une déconstruction du Droit international et à la fin des Nations unies. Cette évolution, qui surprend les Européens de l’Ouest et les plonge dans le désarroi, avait été anticipée par la Russie et la Chine qui s’y préparaient.

 | DAMAS (SYRIE)  

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Le 26 mars 2019, les États-Unis dédisent leur engagement au Conseil de sécurité des Nations unies et affirment leur exceptionnalisme : ils reconnaissent la conquête territoriale du Golan par Israël.

L’ancien ambassadeur à l’Onu du président Bush Jr. et actuel conseiller de sécurité nationale du président Trump, John Bolton, est opposé à un aspect particulier des Nations Unies. Il n’est pas question pour lui que quiconque puisse contraindre son pays sur quelque sujet que ce soit. Par conséquent, les cinq puissances membres permanentes du Conseil de sécurité de New York forment un directoire mondial qui dit le droit entre les nations… mais ne peut pas imposer aux États-Unis quoi que ce soit.

Cette opinion, l’« exceptionnalisme », a toujours été celle de Washington, même si le reste du monde ne s’en est pas encore rendu compte [1]. Elle réapparait aujourd’hui dans un contexte international particulier et va bouleverser le monde que nous connaissons.

L’« exceptionnalisme » états-unien se réfère au mythe des « Pères pèlerins » : des Puritains, persécutés en Angleterre où ils étaient perçus comme de dangereux fanatiques, se sont réfugiés aux Pays-Bas, puis aux Amériques où ils arrivèrent à bord du Mayflower (1620). Ils y édifièrent une société nouvelle, fondée sur la crainte de Dieu. Ce fut « la première nation démocratique », une « Lumière sur la colline », appelée à éclairer le monde. Les États-Unis sont donc à la fois un « exemple » pour les autres et ont une « mission », celle de convertir le monde à la Volonté Divine.

Bien sûr la réalité historique est très différente de cette narration, mais ce n’est pas le sujet.

Depuis deux siècles, tous les présidents des États-Unis, sans exception, se sont référés à cette falsification historique. En vertu de quoi,
- ils négocient, signent et adoptent des traités tout en émettant des réserves afin de ne pas les appliquer en droit interne ;
- ils préjugent qu’ils suivent la « Volonté de Dieu » tandis que leurs ennemis s’y refusent et donc les condamnent pour les mêmes faits avec plus de sévérité qu’eux-mêmes (double standard) ;
- ils refusent toute juridiction internationale qui s’applique à leurs affaires intérieures.

Cette attitude porte à quiproquo, d’autant que les Européens sont persuadés être ouverts d’esprit alors qu’ils ne font aucun effort pour comprendre les particularités des autres. Ainsi, ils sont persuadés que le refus des États-Unis d’adopter l’Accord de Paris sur le climat est imputable à l’obscurantisme supposé du président Trump. C’est en réalité une position constante de Washington. L’Accord de Paris de 2015 fut précédé par le Protocole de Kyoto, en 1997, que Washington refusa également : les États-Unis étaient déterminés à ne pas adopter ce —qu’ils avaient contribué à écrire— parce qu’il imposait un comportement à leurs citoyens. Le président Clinton tenta de négocier des réserves que les Nations unies refusèrent. Il signa alors le Protocole qu’il envoya pour ratification au Sénat. Celui-ci le rejeta à l’unanimité des votants —Républicains et Démocrates— lui donnant ainsi un argument pour reprendre sa négociation. Ce refus de toute disposition juridique internationale qui s’applique en droit interne ne signifie pas que les États-Unis rejettent l’objectif du Protocole de Kyoto et de l’Accord de Paris —réduire la pollution atmosphérique—, ni qu’ils ne prennent pas de dispositions en ce sens, mais uniquement en droit interne.

Quoi qu’il en soit, l’exceptionnalisme implique que les États-Unis sont « une Nation à nulle autre pareille ». Ils se pensent comme un exemple de démocratie chez eux, mais refusent d’être les égaux des autres qui, de ce fait, ne peuvent en aucune circonstance les considérer comme démocratiques. Durant la Guerre froide, les Alliés ont choisi d’ignorer cette caractéristique culturelle tandis que leurs ennemis n’y prêtaient pas attention. De la disparition de l’Union soviétique au déclin de l’Occident, lorsque le monde était unipolaire, ce particularisme ne se discutait pas. Mais aujourd’hui, il détruit le système de sécurité collective.

Notons au passage que deux autres États dans le monde ont une doctrine proche de l’exceptionnalisme états-unien : Israël et l’Arabie saoudite.

Ce contexte étant posé, examinons comment la souveraineté du plateau du Golan a mis le feu aux poudres.

Les États-Unis et le Golan

À l’issue de la Guerre des six jours (1967) Israël a occupé le plateau syrien du Golan. La résolution 242 du Conseil de sécurité « soulignant l’inadmissibilité de l’acquisition de territoire par la guerre » ordonnait le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit » [2].

En 1981, la Knesset décidait unilatéralement de violer cette résolution et d’annexer le plateau du Golan. Le Conseil de sécurité répondait par la résolution 497 qui déclarait cette loi israélienne « nulle et non avenue et sans effet juridique sur le plan international » [3].

Durant 38 ans, les Nations unies ne parvinrent pas à faire appliquer ces résolutions, mais celles-ci restaient indiscutables et furent toujours soutenues par les États-Unis.

Or, le 26 mars 2019, les États-Unis ont reconnu la souveraineté israélienne sur le Golan occupé, c’est-à-dire l’acquisition de territoires par la guerre [4]. Ce faisant, ils se sont dédits de leurs votes au Conseil de sécurité à propos du Golan durant 52 ans et des principes de la Charte des Nations unies [5] qui régissent l’élaboration du droit international depuis 74 ans.

L’Onu va continuer à exister durant plusieurs années, mais ses résolutions n’ont désormais qu’une valeur relative puisqu’elles ne contraignent plus ceux qui les prennent. Le processus de déconstruction du droit international commence. Nous entrons dans une période régie par la loi du plus fort comme c’était le cas avant la Première Guerre mondiale et la création de la Société des Nations.

Nous savions déjà que, même au Conseil de sécurité, la parole des États-Unis n’a qu’une valeur relative depuis les énormes mensonges du secrétaire d’État Colin Powell, le 11 février 2003, à propos de la prétendue responsabilité de l’Iraq dans les attentats du 11-Septembre et des prétendues armes de destruction massives iraquiennes menaçant l’Occident [6]. Mais c’est la première fois que les États-Unis dédisent leur vote au Conseil de sécurité.

Washington argumente sa décision en disant qu’il prend acte de la réalité : depuis 1967, le Golan est occupé par Israël et depuis 1981, il est administré par lui comme son propre territoire. Selon lui, en vertu de l’exceptionnalisme états-unien, cette réalité chez un allié qui craint Dieu, prime sur le droit international, énoncé avec des partenaires de mauvaise foi.

Puis, Washington observe que ce serait un mauvais signal que de donner le Golan à la Syrie qui n’est, à ses yeux, qu’un gang criminel, tandis qu’il est juste de gratifier l’excellent allié israélien. Toujours selon la doctrine exceptionnaliste, les États-Unis, cette « Nation à nulle autre pareille », ont à la fois ce droit et cette mission.

Après avoir dominé le monde, les États-Unis affaiblis renoncent à l’Onu. Pour conserver leur position dominante, ils se replient sur la partie du monde qu’ils contrôlent encore. Jusqu’ici, la Russie et la Chine les considéraient, selon l’image de Sergueï Lavrov, comme une bête féroce agonisante que l’on doit aimablement escorter vers la mort en veillant à ce qu’elle ne provoque pas de catastrophe. Mais les États-Unis ont stoppé leur déclin en élisant Donald Trump et celui-ci, après avoir perdu la majorité à la Chambre des représentants a fait alliance avec l’État profond US (comme l’attestent la nomination d’Elliott Abrams [7] et le retrait de l’accusation de collusion avec l’ennemi rapporté par le procureur Robert Mueller [8]) pour se maintenir au pouvoir.

Dans les faits, on ne se dirige pas vers la création d’une troisième institution mondiale, après la Société des Nations et l’Organisation des Nations unies, mais vers une division du monde en deux zones organisées selon des modèles juridiques distincts : l’une sous domination US et l’autre composée d’États souverains autour du « Partenariat de l’Eurasie élargie ». A la différence de la Guerre froide où il était difficile de voyager de l’Est à l’Ouest et réciproquement, mais où les deux blocs admettaient l’unique système juridique des Nations unies, le nouveau système devrait permettre de voyager et de commercer d’une région à l’autre, mais il devrait être organisé autour de deux modèles de Droit.

C’est très exactement ce monde post-occidental qu’avait annoncé, le 28 septembre 2018, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies [9].

Observons au passage que si Israël a salué comme une victoire la reconnaissance US de sa souveraineté sur le Golan, l’Arabie saoudite après réflexion l’a condamnée. Cette position ne correspond pas à la doctrine saoudienne, mais au vu de l’unanimité du monde arabe contre cette conquête territoriale, Riyad a choisi de se rallier à son peuple. Pour la même raison, il se trouvera contraint de refuser également le « deal du siècle » sur la Palestine.

Les États-Unis ont-ils changé ?

La presse ne se donne pas le droit d’anticiper, comme nous venons de le faire, la fin de l’Onu et la division du monde en deux zones juridiques distinctes. Ne parvenant pas à comprendre les événements, elle s’accroche à un mantra : le populiste Donald Trump aurait changé les États-Unis et détruit l’ordre libéral international.

C’est oublier l’Histoire. Le président US Woodrow Wilson fut certes un des principaux architectes de la Société des Nations à l’issue de la Première Guerre mondiale. Mais celle-ci, fondée sur l’égalité entre les États, conformément à la pensée des Français Aristide Briand et Léon Bourgeois, heurtait directement l’exceptionnalisme états-unien. C’est pourquoi, ils n’en firent jamais partie.

Au contraire, l’Organisation des Nations unies, dont le président Roosevelt fut un des architectes, mêle une assemblée démocratique des États et un directoire mondial, le Conseil de sécurité, inspiré du système de gouvernance du Congrès de Vienne (1815). Il était donc possible que les États-Unis y participent, ce qu’ils firent.

Dans la mesure où, aujourd’hui, ils ne peuvent exercer d’autorité ni sur la Russie, ni sur la Chine, et où ils n’ont plus de raison de composer avec ces deux puissances, les États-Unis se retirent du système des Nations unies.

Il est grotesque, pour les puissances occidentales qui ont largement profité de ce système durant 74 ans de pleurnicher en déplorant cette fuite. Il convient plutôt de se demander comment nous avons pu construire un édifice aussi bancal : la Société des Nations avait institué l’égalité entre les États mais refusé l’égalité entre les Peuples, l’Organisation des Nations unies a tenté d’imposer une morale universelle en ignorant l’universalisme du genre humain.

[1] Lire absolument les actes du colloque organisé par le Carr Center for Human Rights Policy : American Exceptionalism and Human Rights, Michael Ignatieff, Princeton University Press (2005).

[2] « Résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU », Réseau Voltaire, 22 novembre 1967.

[3] « Résolution 497 du Conseil de sécurité », Réseau Voltaire, 17 décembre 1981.

[4] “US Proclamation on Recognizing the Golan Heights as Part of the State of Israel”, by Donald Trump, Voltaire Network, 26 March 2019.

[5] « Charte des Nations unies », Réseau Voltaire, 26 juin 1945.

[6] « Discours de M. Powell au Conseil de sécurité de l’ONU » (7 parties), par Colin L. Powell, Réseau Voltaire, 11 février 2003.

[7] Elliott Abrams est un des fondateurs du mouvement des néo-conservateurs. C’était donc un adversaire du projet de Donald Trump, même si celui-ci l’a longuement reçu au début de son mandat. Surtout, Abrams était un des responsables de l’État profond qui géra l’affaire Iran-Contras. Sa nomination en charge du dossier vénézuélien doit être interprétée comme le signe d’un accord en le président Trump et l’Etat profond pour étendre au Bassin des Caraïbes la stratégie militaire Rumsfeld/Cebrowski.

[8] Robert Mueller fut directeur du FBI. À ce titre, il inventa la fable des 19 pirates de l’air prétendument responsables des attentats du 11 septembre 2001. Rappelons que les listes des passagers embarqués, diffusées dès le crash des avions par United Airlines et American Airlines, ne comportent aucun des noms cités par Mueller. Cf : « Listes des passagers et membres d’équipage des quatre avions détournés le 11 septembre 2001 », Réseau Voltaire, 12 septembre 2001. Ces individus ne se trouvant pas à bord des avions ne pouvaient pas les détourner et Robert Mueller a donc couvert les véritables auteurs de ces attentats. L’Effroyable Imposture suivi de Le Pentagate, Thierry Meyssan, Editions Dem-Lune, 2002.

[9] “Remarks by Sergey Lavrov to the 73rd Session of the United Nations General Assembly”, by Sergey Lavrov, Voltaire Network, 28 September 2018. « Onu : naissance du monde post-occidental », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 octobre 2018.

https://www.voltairenet.org/article205847.html

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L’Arabie saoudite «rejette absolument» toute mesure susceptible d’avoir une incidence sur la souveraineté de la Syrie sur les hauteurs du Golan

L’Arabie saoudite «rejette absolument» toute mesure susceptible d’avoir une incidence sur la souveraineté de la Syrie sur les hauteurs du Golan

L'Arabie saoudite «rejette absolument» toute mesure susceptible d'avoir une incidence sur la souveraineté de la Syrie sur les hauteurs du Golan
Le roi saoudien Salman a déclaré qu’il «rejetait absolument» toute mesure susceptible de saper la souveraineté syrienne sur les hauteurs du Golan sous contrôle israélien, après que le président américain Donald Trump ait reconnu la région en tant que territoire israélien.

S’exprimant lors d’un événement de la Ligue arabe en Tunisie dimanche, Salman a également réitéré son soutien à une « solution à deux États » pour Israël et la Palestine, avec Jérusalem-Est comme capitale de l’État palestinien.

Ses remarques ont constitué une forte opposition au président américain Donald Trump, qui a signé  une déclaration la semaine dernière reconnaissant officiellement le plateau du Golan comme faisant partie d’Israël. La zone stratégique a été capturée en Syrie pendant la guerre des Six jours en 1967 et est depuis restée sous contrôle israélien.

En 1981, le Conseil de sécurité des Nations Unies a voté à l’ unanimité de déclarer illégale l’annexion par Israël du plateau du Golan et a demandé à Tel Aviv de « l’annuler » .

Le geste de Trump, sans surprise, a été salué par le gouvernement israélien et a suscité de vives critiques de la part de la Syrie, qualifiant de « nulle et non avenue » l’annexion de son territoire .

La question a également provoqué une scission entre certains des alliés des États-Unis dans l’OTAN. Le dirigeant français Emmanuel Macron a déclaré que la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan  » viole le droit international et crée des tensions dans la région ».

Federica Mogherini, responsable des affaires étrangères de l’UE, a souligné dimanche que le fait d’ignorer la position de l’ONU sur le plateau du Golan  n’était « pas une solution ».

L’affirmation de Jérusalem-Est par le roi saoudien en tant que Palestinien est un autre reproche flagrant de la politique de Washington, puisque Trump a reconnu Jérusalem entière comme la capitale d’Israël et a déplacé l’ambassade américaine de Tel Aviv à Tel Aviv. Les alliés de Washington n’ont pas bien compris la situation, ont averti certains en affirmant qu’ils mettaient en péril toute la perspective du processus de paix.

Washington et Riyad ont récemment signé plusieurs contrats importants dans le domaine des armes. Cependant, leurs relations sont devenues tendues par le journaliste et dissident saoudien Jamal Khashoggi, qui aurait été assassiné sur ordre de la famille royale saoudienne.

Le président Trump a condamné le meurtre et sanctionné plusieurs responsables saoudiens dans le cadre de l’affaire. La maison blanche subit maintenant des pressions sur son pays pour qu’il prenne davantage de mesures contre le royaume, Trump n’ayant pas renoncé à ses contrats d’armement de plusieurs milliards de dollars avec Riyad.

AUSSI SUR RT.COM, LESEtats-UnisSOUTIENNENTla « souveraineté » d’Israël sur le plateau du Golan, prouvant que la souveraineté n’est pas quelque chose qu’il respecteLe plateau du Golan, quant à lui, reste une étape de tensions entre Israël et la Syrie. Tel-Aviv a accusé les «mandataires iraniens» opérant en Syrie d’avoir lancé des missiles sur les Golans sur son territoire. En réponse, les FDI ont mené des raids transfrontaliers en Syrie. Damas a condamné ces incursions en les qualifiant de «violation de sa souveraineté»

https://www.rt.com/news/455190-saudi-king-golan-syria-sovereignty/?utm_source=browser&utm_medium=push_notifications&utm_campaign=push_notifications

Bassam Tahhan: «Je crains que l’on se dirige vers une guerre généralisée au Moyen-Orient»

Donald Trump et Benjamin Netanyahou

Bassam Tahhan: «Je crains que l’on se dirige vers une guerre généralisée au Moyen-Orient»

© REUTERS / Ariel Schalit/Pool
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Fabien Buzzanca
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La décision de Washington de reconnaître la souveraineté d’Israël sur le Golan a été timidement critiquée par les alliés des États-Unis, y compris au sein des pays arabes. Quelles conséquences géopolitiques et pour le processus de paix israélo-palestinien? Le politologue franco-syrien Bassam Tahhan livre son analyse à Sputnik France.

Le Golan est un «territoire arabe occupé».

La timide réaction de l’Égypte le 22 mars au lendemain de l’annonce par Donald Trump de la «reconnaissance» de la souveraineté d’Israël sur le Golan est à l’image de celles de ses pairs alliés des États-Unis. La décision de Washington concernant cette portion du territoire syrien conquis par Israël en 1967 et annexé en 1981 met dans l’embarras nombre de pays. Plusieurs résolutions de l’Onu font en effet du plateau situé au sud de la Syrie un «territoire occupé» illégalement.

​Pour cette raison, une réunion du Conseil de sécurité de l’Onu a eu lieu le 27 mars à la demande de la Syrie. Un rassemblement où flottait un étrange air de malaise, où l’ambassadeur américain s’est fait représenter par son conseiller politique. Alors que Russes et Syriens ont fortement critiqué ce qu’ils considèrent comme un «mépris du droit international», Christophe Heusgen, ambassadeur allemand après de l’organisation internationale, a qualifié la réunion de «cynique alors que le gouvernement syrien viole les résolutions de l’Onu». Selon lui, Damas «a bombardé des écoles et des hôpitaux», «utilisé des armes chimiques» contre son peuple.

​Des questions se posent également sur les conséquences de la décision américaine sur le processus de paix israélo-palestinien, la géopolitique de la région ainsi que sur l’éventuelle carte à jouer de l’Iran. En tant que politologue franco-syrien, Bassam Tahhan est touché par cette affaire. Il a fait part de son analyse à Sputnik France et ne mâche pas ses mots. Entretien.

Sputnik France: Comment réagissez-vous par rapport à cette décision américaine de reconnaître la souveraineté d’Israël sur le Golan?

Bassam Tahhan: «Cette décision est illégale, illégitime et contraire au droit international. C’est-à-dire que le Président américain se substitue carrément à toutes les instances des Nations unies et décide lui-même des frontières dans le monde en reconnaissant à Israël une souveraineté sur un territoire annexé. C’est à la fois drôle et tragique. Cela montre la totale impunité de certains responsables, que ce soit Donald Trump ou d’autres.»

Sputnik France: Cette affaire intervient un an et demi après la reconnaissance par la Maison-Blanche de Jérusalem en tant que capitale d’Israël. Qu’est-ce qui a motivé Donald Trump à faire ces choix?

Bassam Tahhan: «La première raison est à chercher du côté des prochaines élections en Israël. Donald Trump veut aider son ami Netanyahou à conserver le pouvoir. L’autre concerne l’éclatement de la Syrie voulu par les Occidentaux. Commencer par reconnaître l’annexion du Golan donnera d’autres idées à propos d’un détachement du territoire syrien situé à l’est de l’Euphrate, par exemple. Mais cela peut aller plus loin. Le danger est là. Aujourd’hui, les États-Unis reconnaissent la souveraineté d’Israël sur le Golan, mais demain cela pourra être sur la Cisjordanie ou la bande de Gaza.»

Sputnik France: Lors de la réunion du Conseil de sécurité de l’Onu demandée par la Syrie, les pays alliés des États-Unis ont timidement critiqué la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur le Golan. On sentait du malaise. L’ambassadeur allemand aux Nations unies, Christoph Heusgen a déclaré que le fait que la Syrie ait demandé cette réunion d’urgence est «cynique alors que le gouvernement syrien viole les résolutions de l’Onu», «a bombardé des écoles et des hôpitaux», «utilisé des armes chimiques» contre son peuple. Le fait que ce soit la Syrie qui soit victime de la décision américaine semble peser dans la balance…

Bassam Tahhan: «Tout d’abord, je tiens à préciser que l’attitude du représentant allemand est inadmissible. Il fait des raccourcis et avance des affirmations infondées. De plus, je rappelle qu’Israël est l’un des champions du non-respect du droit international et des résolutions de l’Onu, et ce depuis des décennies. Pour en revenir à cette réunion du Conseil de sécurité, il faut noter que la majorité des membres en veut aujourd’hui à la Syrie et à ses alliés russe et iranien. Leur attitude n’est pas surprenante.»

Sputnik France: La réaction des pays arabes alliés des États-Unis a été plus que mesurée. Quelles conséquences géopolitiques cette décision américaine peut-elle avoir sur le Moyen-Orient?

Bassam Tahhan: «Ce n’est pas étonnant. Je crains fort que nous nous orientions vers une guerre généralisée au Moyen-Orient entre Israël et l’axe composé par l’Iran, le Hezbollah, l’Irak et la Syrie. Au vu du nombre de missiles dont dispose ce dernier et du fait qu’Israël ait l’arme nucléaire, c’est une situation très grave qui conduirait à un conflit atroce. Je rappelle que l’État hébreu a encore mené un raid aérien dans le nord de la Syrie près d’Alep dans la nuit du 27 au 28 mars. Cela illustre l’agressivité du gouvernement Netanyahou. Je pense que le monde arabe va vivre des divisions, avec un camp qui sera pour la guerre contre Israël. La création de l’État d’Israël a été favorisée par le Royaume-Uni, qui avait un mandat sur la Palestine. Aujourd’hui, c’est à nouveau du camp anglo-saxon avec les États-Unis que vient une décision défavorable à un pays arabe, en l’occurrence la Syrie. Cela pourrait raviver les rancœurs. Cette situation est très dommageable. Je croyais à titre personnel à la paix avec Israël, mais le gouvernement de Netanyahou fait tout pour qu’elle ne devienne pas réalité.»

Sputnik France: Quid du processus de paix israélo-palestinien?

Bassam Tahhan: «Les conséquences sont clairement importantes. Cette décision est une menace. Israël montre qu’elle peut annexer des territoires conquis avec l’aval de la première puissance du monde sans aucun problème. Comme je l’ai dit précédemment, aujourd’hui il s’agit du Golan, demain cela pourrait être le tour de la Cisjordanie ou de la bande de Gaza.»

Sputnik France: Pensez-vous que la décision américaine pourrait renforcer la position de l’Iran dans la région? Téhéran pourrait s’appuyer sur cet événement pour mettre en avant son argumentaire qui veut qu’Israël et les États-Unis aient une attitude colonialiste dans la région…

Bassam Tahhan: «Cela peut renforcer les Iraniens, mais également avoir une incidence sur la position des Turcs. Même si Erdogan joue sur tous les tableaux, je ne vois pas comment il pourrait se défiler devant cette décision américaine face à son peuple. Cela pourrait aussi affaiblir des pays comme l’Arabie saoudite, qui misait beaucoup sur les bonnes relations avec l’État hébreu. Cela devient difficile de maintenir une telle position avec l’attitude d’Israël qui annexe, exige et ne respecte pas le droit international.»

https://fr.sputniknews.com/international/201903291040544580-guerre-moyen-orient-etats-unis-israel/

Le Hezbollah salue l’unité retrouvée des Libanais face aux

Le Hezbollah salue l’unité retrouvée des Libanais face aux USA

  

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Dans un discours télévisé, le 26 mars 2019, le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, a salué la position ferme des dirigeants libanais face aux États-Unis.

Le secrétaire d’État US, Mike Pompeo, s’était rendu au Liban, le 22 mars. Il avait rencontré les trois présidents et diverses autres personnalités. Il avait tenté d’obtenir leur appui pour un partage de la zone maritime d’exploitation pétrolière avec Israël, pour l’intervention de l’Etat dans le conflit occidentalo-syrien et bloquer le retour des réfugiés syriens chez eux. Or, pour la première fois depuis la fin de la guerre civile et les accords de Taëf (1989), les dirigeants libanais de toutes tendances avaient fait front commun et défendu les intérêts de leur pays. Cette remarque vaut aussi bien pour le président chiite de l’Assemblée nationale Nabih Berri, pour le président sunnite du gouvernement Saad Hariri et pour le président chrétien de la République Michel Aoun, que pour les criminels de guerre Walid Jumblatt et Samir Geagea.

M. Nasrallah s’est félicité de l’intérêt porté par Washington à la Résistance libanaise. Il y a vu l’hommage du vice à la vertu. Il a démonté une à une toutes les accusations des États-Unis contre son mouvement.

Il a souligné deux faits nouveaux :
- l’abandon par les États-Unis des mercenaires des Forces démocratiques syriennes ; une trahison qui conduit les alliés de Washington dans la région à réfléchir sur le sort qui leur est réservé.
- le reniement du vote des États-Unis au Conseil de sécurité sur la souveraineté syrienne du plateau du Golan ; un revirement qui atteste désormais de l’impuissance de l’Organisation des Nations unies à dire le droit international.

https://www.voltairenet.org/article205825.html

Venezuela : selon Lavrov, le Conseil de sécurité «n’acceptera jamais» la résolution américaine

Venezuela : selon Lavrov, le Conseil de sécurité «n’acceptera jamais» la résolution américaine

Venezuela : selon Lavrov, le Conseil de sécurité «n'acceptera jamais» la résolution américaine© Maxim Shemetov Source: Reuters
Sergueï Lavrov le 30 janvier à Moscou (image d’illustration).
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S’exprimant à l’occasion d’une conférence de presse conjointe avec son homologue finlandais à Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères a rappelé l’engagement de son pays pour soutenir un dialogue national au Venezuela.

Lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue finlandais à Moscou ce 12 février, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a assuré que le conseil de sécurité de l’ONU – composé de la Russie, les Etats-Unis, la Chine, le Royaume-Uni et la France – «n’accepterait jamais» la résolution américaine sur le Venezuela.

Le ministre russe des Affaires étrangères a également estimé que cette résolution n’avait pour autre but que de «détourner l’attention» de l’opinion des «provocations» américaines qui «sous couvert de fournir une aide humanitaire» cherchent en réalité à «déstabiliser» le Venezuela, voire à préparer le terrain pour une «intervention militaire».

Sergueï Lavrov a aussi souligné que la résolution russe visait au contraire à soutenir le dialogue national au Venezuela : «Depuis le début, nous avons soutenu l’initiative très précoce du Mexique et de l’Uruguay en faveur de la création des conditions propices à un dialogue national avec la participation des forces politiques en présence au Venezuela.»

Le ministre a également précisé que le président Nicolas Maduro avait «immédiatement exprimé son engagement» pour entrer dans de tels pourparlers avec l’opposition, mais que cette proposition avait été torpillée par les pressions des représentants américains. Selon Sergueï Lavrov, les Etats-Unis ont perdu «tout sens commun» concernant la crise vénézuélienne.

Lors d’une interview accordée à la chaîne CBS, le président américain, Donald Trump, avait réaffirmé le 3 février que l’intervention de l’armée américaine au Venezuela était «une option» envisagée face à la crise politique qui secoue le pays.

Washington avait déjà clairement dit, ces derniers mois comme ces derniers jours, que «toutes les options» étaient sur la table.

Lire aussi : «Vers l’arbitraire et le bain de sang» : la Russie avertit contre toute déstabilisation du Venezuela

https://francais.rt.com/international/59041-venezuela-selon-lavrov-conseil-securite-acceptera-jamais-la-resolution-americaine

ONU: veto de la Russie à une résolution sur le Yémen épinglant l’Iran

ONU: veto de la Russie à une résolution sur le Yémen épinglant l’Iran

Nations unies (Etats-Unis) – La Russie a opposé son veto lundi à l’ONU à une résolution britannique, soutenue par les Etats-Unis et la France, renouvelant l’embargo sur les armes au Yémen en épinglant l’Iran, et fait adopter à l’unanimité une résolution technique épargnant Téhéran.

Cette double décision du Conseil de sécurité représente un revers sérieux pour les Etats-Unis et leurs alliés qui avaient fait pression pour que l’Iran soit condamné pour des tirs en 2017 de missiles de fabrication iranienne vers l’Arabie saoudite, à l’occasion du renouvellement de l’embargo sur les armes.

La Russie l’a emporté en deux temps lors de deux votes du Conseil de sécurité: veto d’abord au projet de résolution britannique, sérieusement adouci au cours des dernières heures et jours pour éviter l’opposition russe.

« Un consensus n’a pu être dégagé », a déploré l’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia, en soulignant qu' »aucune preuve » n’était venue étayer les affirmations américaines d’une implication directe de l’Iran derrière les tirs de missiles houthis en 2017 vers l’Arabie saoudite.

Lors du vote, la Bolivie s’est jointe à l’opposition russe. La Chine et le Kazakhstan se sont abstenus, les 11 autres pays ayant voté en faveur de la résolution.

Pour qu’un texte soit adopté à l’ONU, il faut au moins neuf voix en sa faveur sur les 15 du Conseil de sécurité, et qu’aucun des cinq membres permanents – Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni – n’y appose son droit de veto.

Dans la foulée, la Russie mettait aussitôt aux voix un texte de résolution diffusé ce week-end, ne prévoyant qu’un renouvellement technique pour un an de l’embargo sur les armes visant le Yémen. L’expiration de cet embargo arrivant à échéance lundi soir, les 15 membres du Conseil de sécurité l’ont adopté à l’unanimité.

Depuis plusieurs mois, les Etats-Unis, qui ont pour bête noire l’Iran, font pression pour condamner et sanctionner Téhéran après les tirs de missiles de fabrication iranienne sur l’Arabie saoudite en 2017.

Si un rapport d’experts de l’ONU estime que l’Iran a failli à ses obligations en n’empêchant pas l’arrivée au Yémen de ces missiles, il a affirmé aussi ne pas être en mesure d’identifier les responsables ou les canaux de transmission ayant permis aux Houthis de se doter de ces armes.

Pour la Russie, le rapport de l’ONU n’apporte pas la preuve d’une implication directe des autorités iraniennes. Et les morceaux de missiles exposés récemment par les Etats-Unis, même s’ils sont iraniens, ne sont pas une preuve d’un rôle direct de l’Iran dans l’acheminement d’armement au Yémen en violation de l’embargo de l’ONU de 2015, estime Moscou.

Pour les Etats-Unis, comme pour leurs alliés britannique, français ou allemand, Téhéran est bien derrière les livraisons. « Aucun doute » là-dessus, affirme un diplomate européen sous couvert d’anonymat, en refusant d’en dire plus sur d’éventuelles preuves détenues par des Occidentaux.

(©AFP / 26 février 2018 21h08)

https://www.romandie.com/news/ONU-veto-de-la-Russie-a-une-resolution-sur-le-Yemen-epinglant-l-Iran/893908.rom

Syrie – Le cessez-le-feu imposé par le Conseil de sécurité de l’ONU ne tiendra pas

Syrie – Le cessez-le-feu imposé par le Conseil de sécurité de l’ONU ne tiendra pas


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 25 février 2018

Hier soir, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la Résolution 2401 qui appelle à un cessez-le-feu de 30 jours dans toute la Syrie. Le texte de la résolution adoptée ne semble pas encore disponible. On peut trouver une copie du projet initial de résolution ici. Le gouvernement russe a présenté plusieurs amendements. Il voulait que la partie étasunienne garantisse le respect du cessez-le-feu par les ennemis de l’État syrien.

La résolution a été proposée par la Suède et le Koweït au nom des États-Unis. Elle est arrivée au moment où l’armée syrienne s’apprêtait à libérer la zone de la Ghouta orientale qui se trouve à la périphérie de Damas, la capitale. La Ghouta orientale est occupée par plusieurs groupes terroristes, dont al-Qaïda et des groupes salafistes. Cela fait des années qu’on les sponsorise pour harceler les 7 millions d’habitants de la capitale avec des missiles et des tirs de mortier tirés au hasard. Les États-Unis ont lancé une campagne de propagande pour « sauver la Ghouta » parce qu’ils veulent prolonger la menace que la Ghouta fait peser sur la capitale syrienne.

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Le cessez-le-feu ne s’applique pas à al-Qaïda, ni à EI, ni aux groupes terroristes associés. La guerre contre eux continuera. Dans la Ghouta orientale, al-Qaida (Hayat Tahrir al-Sham) est alliée à Failaq al-Rahman.

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D’après ce qu’on sait, la résolution des Nations Unies permettrait la libération d’importantes zones de la Ghouta orientale, dont Harasta, Arbin, Zamalka, Ein Tarma et Kafar Batna. L’attaque sur le terrain de l’armée arabe syrienne pour libérer ces régions et d’autres parties de la Ghouta orientale a commencé aujourd’hui, quelques heures seulement après l’adoption de la résolution. Elle progresse bien.

L’énorme campagne de propagande sur la Ghouta orientale n’a rien à voir avec des préoccupations humanitaires ni avec le respect des règles de la guerre. L’année dernière, les États-Unis ont détruit Raqqa avec plus de 31 000 tirs d’artillerie et une vaste campagne aérienne, et ils ont tué plus de 3 200 civils. Ils ont même réduit en miettes la canalisation d’eau qui alimentait les habitants de Raqqa – un crime de guerre incontestable. À l’époque, l’ONU avait demandé un cessez-le-feu pour évacuer les civils. Les États-Unis avaient rejeté catégoriquement cette demande. Ils avaient même par la suite  laissé sortir les combattants islamistes qui restaient à Raqqa et ils les entraînent actuellement à nouveau en vue d’autres attaques contre l’État syrien.

Les campagnes de propagande autour de la Ghouta font partie de la guerre « froide » entre les États-Unis et la Russie qui divise la Syrie. La campagne américaine actuelle qui vise à maintenir la Ghouta orientale sous le joug des terroristes a quatre objectifs :

  • Démontrer au monde que le gouvernement syrien n’est pas en mesure de garantir la sécurité de Damas ;
  • Montrer que la Russie a eu tort de revendiquer la victoire en Syrie ;
  • Protéger EI et al-Qaïda dont ils ont encore besoin comme mercenaires américains au sol ;
  • Justifier l’occupation américaine du nord-est de la Syrie et de ses champs pétrolifères et limiter ainsi les ressources financières de l’État syrien. (Cela donne également aux États-Unis et à Israël une zone opérationnelle pour de nouvelles attaques contre l’État syrien).

Un aspect intéressant du cessez-le-feu ordonné par le Conseil de sécurité des Nations Unies est qu’il s’applique aussi à l’invasion turque de la zone d’Afrin tenue par les Kurdes dans le nord-ouest de la Syrie. Les YPG kurdes, qui défendent Afrin contre les attaques turques, ne sont pas un groupe terroriste internationalement reconnu. Cela met la pression sur la Turquie pour qu’elle interrompe ou mette fin à sa campagne.

Le président Trump a encore une fois confondu sa position personnelle avec celle de l’administration au pouvoir :

Le président Donald Trump a semblé contredire son propre département d’État lors d’une conférence de presse vendredi en disant que les États-Unis sont en Syrie pour écraser l’EI et qu’ensuite ils partiront. En janvier dernier, le secrétaire d’État Rex Tillerson a donné les cinq objectifs des États-Unis en Syrie : vaincre EI et al-Qaida, résoudre le conflit entre le régime et le peuple syrien, endiguer l’influence iranienne, créer les conditions permettant aux réfugiés de rentrer chez eux en toute sécurité, et mettre en place une Syrie sans armes de destruction massive. L’administration de Trump a également annoncé cette semaine qu’elle se réservait le droit de maintenir indéfiniment des troupes américaines en Syrie, même dans les zones débarrassées des combattants de l’EI, sans nouvelle autorisation du Congrès.

Il n’y a rien dans le droit international qui permette aux États-Unis d’occuper des pans de la Syrie. L’argument que l’administration utilise pour essayer de justifier sa présence militaire en Syrie est grotesque :

Selon eux, la menace potentielle que constitue État islamique sur le long terme, fournit une base juridique au maintien indéfini, par l’administration Trump, des troupes américaines déployées sur place.

L’argument qu’il est légitime d’assurer une présence militaire « préventive » dans un pays étranger parce qu’un groupe terroriste pourrait s’y développer, pourrait être employé pour n’importe quelles partie du monde. C’est absolument n’importe quoi, mais il est peu probable que le Congrès intervienne actuellement pour mette fin à ce comportement criminel.

Le cessez-le-feu imposé par le Conseil de sécurité de l’ONU va échouer. Les différents groupes qui contrôlent la Ghouta orientale sont désunis, mais ils ont tous intérêt à poursuivre la guerre. C’est leur seule source de revenu et leur seule raison d’être. Ils vont continuer à harceler Damas, ce qui justifiera d’autres attaques contre eux.

La campagne américaine pour « sauver la Ghouta » va donc échouer tout comme la campagne précédente pour « sauver Alep ». Le gouvernement syrien va libérer et sécuriser la zone par les moyens appropriés, avec le moins de pertes et de dégâts possibles.

Les États-Unis vont alors faire porter leur campagne de propagande sur un autre terrain et continuer leurs manœuvres sournoises et hypocrites pour prolonger la guerre contre la Syrie et essayer d’atteindre leurs objectifs chimériques, en prenant bien soin d’éviter une lutte ouverte.

Traduction : Dominique Muselet

http://lesakerfrancophone.fr/syrie-le-cessez-le-feu-impose-par-le-conseil-de-securite-de-lonu-ne-tiendra-pas

 

L’ONU réclame une trêve humanitaire en Syrie

L’ONU réclame une trêve humanitaire en Syrie

Le Conseil de sécurité de l’ONU réuni pour un vote sur un cessez-le-feu humanitaire d’un mois en Syrie, le 24 février 2018 à New York / © AFP / Don EMMERT

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté samedi à l’unanimité une résolution réclamant « sans délai » un cessez-le-feu humanitaire d’un mois en Syrie, alors que plus de 500 civils, dont une centaine d’enfants, ont été tués en sept jours de frappes du régime syrien sur le fief rebelle de la Ghouta orientale.

Le texte adopté, maintes fois amendé, « réclame que toutes les parties cessent les hostilités sans délai pour au moins trente jours consécutifs en Syrie pour une pause humanitaire durable ».

L’objectif est « de permettre la livraison régulière d’aide humanitaire, de services et l’évacuation médicale des malades et blessés les plus graves ».

« Ce n’est pas un accord de paix sur la Syrie, le texte est purement humanitaire », a souligné l’ambassadeur suédois Olof Skoog, co-signataire avec son homologue koweïtien de ce texte qui a nécessité plus de quinze jours de négociations pour obtenir un assentiment de la Russie, alliée indéfectible du régime de Bachar al-Assad.

Des exclusions au cessez-le-feu pour les combats contre divers groupes jihadistes sont prévues. Elles peuvent donner lieu à des interprétations contradictoires, Damas qualifiant de « terroristes » les rebelles soutenus par l’Occident, ont noté des observateurs. Le respect du cessez-le-feu risque par conséquent d’être aléatoire.

Tôt dimanche, l’Elysée a annoncé que le président Emmanuel Macron et la chancellière allemande Angela Merkel s’entretiendront dans la journée avec le président russe Vladimir Poutine de l’application de la trève, prévenant qu’ils seront « extrêmement vigilants sur sa mise en oeuvre concrète ». Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian se rendra à cette fin mardi à Moscou, selon l’Elysée.

Le Conseil a prévu de se réunir à nouveau sur ce sujet dans quinze jours.

Par ailleurs, la résolution « appelle à la levée immédiate des sièges de zones habitées dont la Ghouta orientale, Yarmouk, Foua et Kefraya ».

– Les bombardements continuent –

L’aviation et l’artillerie du régime ont pilonné samedi la Ghouta orientale pour le septième jour consécutif, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), affirmant que l’aviation russe participait aux raids, ce que Moscou a démenti.

Au moins 41 civils dont huit enfants sont morts samedi dans les bombardements, après des frappes nocturnes qui ont provoqué des incendies dans des quartiers résidentiels, a précisé l’ONG.

En sept jours, 519 civils ont été tués, dont 127 enfants, a indiqué à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Par le passé, plusieurs trêves temporaires ont été adoptées en Syrie. Leur entrée en vigueur et leur respect par les belligérants peut parfois prendre du temps, et elles finissent souvent par voler en éclats.

Après l’annonce du Conseil de sécurité, des avions du régime et de son allié russe ont d’ailleurs mené des raids aériens et des tirs d’artillerie sur une localité de la Ghouta, selon l’OSDH.

Deux correspondants de l’AFP dans la Ghouta ont également indiqué que des avions survolaient leur secteur respectif.

Dans cette enclave, l’annonce du Conseil de sécurité laisse de marbre. « On ne peut pas faire confiance ni à la Russie, ni au régime, nous sommes habitués à leur trahison », indique Abou Mazen, un habitant de Douma, grande ville de la Ghouta, réfugié dans un sous-sol.

« Je ne pense pas que cette décision sera appliquée, elle ne sera respectée ni par le régime ni par la Russie », insiste le quinquagénaire. « Plus d’une fois on a entendu ces conditions: l’entrée des aides et l’arrêt des bombardements, car on est une zone de désescalade, mais tous les jours l’aviation frappait et tous les jours il y avait des morts ».

Cette nouvelle campagne aérienne dévastatrice a été lancée le 18 février par le régime en prélude à une offensive terrestre pour reprendre ce dernier fief contrôlé par les rebelles aux portes de Damas.

Ces deux dernières semaines, aucun membre du Conseil de sécurité n’avait pris d’initiative pour tenter de mettre un terme à l' »enfer sur Terre », selon les termes du patron de l’ONU, Antonio Guterres.

La pression internationale tardive n’est réellement intervenue que dans les dernières 48 heures.

En représailles aux raids, les rebelles tirent roquettes et obus sur Damas. Depuis le 18 février, une vingtaine de personnes ont péri dans ces frappes, qui ont fait six blessés samedi, selon les médias officiels.

– Même scénario –

Le scénario dans la Ghouta s’était déjà déroulé dans plusieurs fiefs rebelles, dont Alep en 2016, écrasée par des bombardements et un siège pour forcer les insurgés à déposer les armes.

Les principaux groupes rebelles contrôlant la Ghouta orientale, Jaich al-Islam et Faylaq al-Rahmane, ont rejeté toute évacuation de civils et de combattants.

Cette campagne militaire utilisant bombes, barils d’explosifs et obus est d’une rare intensité, même pour un pays ravagé depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 340.000 morts.

Le représentant syrien à l’ONU, Bachar Jaafari, a réitéré jeudi la position du régime, déterminé à reprendre coûte que coûte l’ensemble du pays. « Oui, la Ghouta orientale deviendra un nouvel Alep », a-t-il martelé.

Déclenché en 2011 par la répression de manifestations pacifiques pro-démocratie, le conflit qui a opposé au départ les rebelles au régime, s’est complexifié avec l’implication de groupes jihadistes et de puissances étrangères.

Grâce à l’appui militaire de Moscou, le régime a renversé la donne en multipliant les victoires face aux rebelles et aux jihadistes, jusqu’à reprendre le contrôle de plus de la moitié du territoire.

(©AFP / 25 février 2018 01h35)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-L-ONU-reclame-une-treve-humanitaire-en-Syrie/893402.rom

Syrie: vote probable du Conseil de sécurité jeudi sur un cessez-le-feu

Syrie: vote probable du Conseil de sécurité jeudi sur un cessez-le-feu

Nations unies (Etats-Unis) – Le Conseil de sécurité de l’ONU devrait voter, probablement jeudi, sur un projet de résolution réclamant un cessez-le-feu de 30 jours en Syrie pour permettre la livraison d’aide humanitaire et des évacuations médicales, ont rapporté des diplomates mercredi.

La Suède et le Koweït, qui ont rédigé la proposition, ont réclamé un vote « aussi rapidement que possible », a rapporté la mission diplomatique suédoise, ajoutant qu’il aurait probablement lieu jeudi.

On ne sait pas toutefois si la Russie entend faire usage de son droit de veto pour bloquer la proposition. Des diplomates ont dit espérer une simple abstention de Moscou sur le sujet.

Avant cet appel au vote, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’était lui aussi prononcé sur la situation en Syrie demandant « un arrêt immédiat de toute action de guerre dans la Ghouta orientale », une enclave rebelle à l’est de Damas devenue, selon lui, « l’enfer sur Terre ».

Des bombardements intenses du régime syrien, qui durent depuis dimanche, ont coûté la vie à plus de 310 civils, dont 72 enfants, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Il s’agit, depuis le début de la guerre il y a près de sept ans, de la campagne aérienne la plus dévastatrice contre cette vaste région, où se trouve quelque 400.000 civils.

La Russie a demandé une réunion urgente du Conseil de sécurité jeudi pour évoquer ce que l’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia, a décrit comme une « situation complexe ».

« Il y a des terroristes là-bas que l’armée syrienne combat et ces terroristes pilonnent Damas », a-t-il fait valoir, selon des commentaires diffusés par la mission diplomatique russe.

Dans le détail, le projet de résolution appelle à un cessez-le-feu effectif 72 heures après son adoption éventuelle. La livraison d’aide humanitaire et les évacuations médicales commenceraient, elles, 48 heures plus tard.

Le texte demande la levée des sièges de la Ghouta orientale, de Yarmouk, de Foua et de Kefraya et ordonnent à toutes les parties de « cesser de priver les civils de nourriture et de médicaments indispensables à leur survie ».

Dans une concession faite à la Russie, le projet de cessez-le-feu avait été amendé pendant d’intenses négociations la semaine dernière pour préciser que la trêve ne s’appliquerait pas à la lutte contre les groupes jihadistes Etat islamique et Al-Qaïda.

Cela permettrait ainsi au gouvernement syrien de poursuivre ses attaques notamment dans la province d’Idleb, la dernière qui échappe au contrôle du régime.

(©AFP / 21 février 2018 22h51)

https://www.romandie.com/news/Syrie-vote-probable-du-Conseil-de-securite-jeudi-sur-un-cessez-le-feu/892546.rom

American-Zombie à l’ONU

 

 

 

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American-Zombie à l’ONU

L’America-First de Trump pourrait s’énoncer America-Alone, certainement encore plus du point de vue psychologique que des points de vue géographique et politique, ou bien American-Zombie pour l’humeur et le niveau de la pensée. Le vote à l’Assemblée Générale des Nations-Unies sur la décision unilatérale des USA de reconnaître Jérusalem dans-son-entier comme capitale d’Israël a donné un résultat catastrophique (pour les USA), qui met une fois de plus en évidence l’isolement considérable des USA : 128 votes contre les USA, 9 pour, 35 abstentions. La conduite de la séquence (trois jours plus tôt, votre du Conseil de Sécurité d’une résolution condamnant les USA, bloquée par le veto des USA) a été catastrophique, montrant chez les principaux protagonistes, – le président Trump et l’ambassadrice Haley, – un même état d’esprit, une même impuissance de perception, un même hybris grotesque.

Devant le Conseil de Sécurité, Haley a notamment commenté que « le Conseil avait été témoin d’une insulte [faite aux États-Unis] qui ne sera pas oublié [par les États-Unis] ». Commentant ce commentaire très américaniste, Alexander Mercouris observe :

« Parler aussi brutalement des États membres du Conseil de sécurité de l’ONU – y compris des alliés des États-Unis tels que la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, le Japon, l’Égypte et l’Ukraine [qui ont voté contre les USA à l’Assemblée], – comme s’ils avaient “insulté” les États-Unis et les menacer de “ne pas oublier” simplement parce qu’ils ont voté en faveur d’une résolution conforme à toutes les résolutions antérieures de l’Assemblée générale des Nations Unies et du Conseil de sécurité de l’ONU sur le sujet de Jérusalem était absurde et inutilement grossier et menaçant.

» Haley a ensuite conclu cette déclaration désastreuse en avertissant les États membres de l’ONU qu’elle dressait une liste de tous ceux qui avaient osé voter [contre les USA] à l’Assemblée générale et qu’elle en ferait rapport au président. À un moment donné au cours de la session d’aujourd’hui, elle a même semblé laisser entendre que les États-Unis pourraient envisager de se retirer complètement de l’ONU.

» Cette dernière sortie est bien entendu un simple bluff sans la moindre consistance… »

Auparavant dans le même texte, le même Mercouris avait développé l’observation de ce qu’il juge comme une conduite catastrophique de l’ambassadrice Haley dans la préparation du vote. La présentation semble faire porter l’essentiel de la responsabilité de l’épisode sur la seule Haley, dont on pourrait croire, à le lire, qu’elle n’a pas informé le président comme il aurait dû l’être.

Pourtant, la matière est d’une simplicité considérable et du plus grand écho puisque venue d’une décision sensationnelle du président (reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël), avec une grande publicité et une information en conséquence. On peut raisonnablement penser qu’il n’y avait pas la seule Haley, dans l’administration Trump et autour du président Trump, sinon Trump lui-même (rêvons un peu…), pour comprendre et deviner ce qui allait arriver, – et qui arriva effectivement.

« En bon français, une résolution de l’Assemblée générale dans le cadre de la procédure “Uniting for Peace”[, comme celle qui était votée,] est inapplicable sauf par le biais du Conseil de sécurité des Nations Unies ; elle est reconnue par le droit international comme telle et elle est donc essentiellement symbolique. Cela étant bien compris, l’attitude correcte de Nikki Haley était d’informer le président (1) qu’il était certain que l’Assemblée générale voterait pour la résolution ; (2) que le vote serait purement symbolique ; et (3) que les États-Unis ne devraient donc absolument pas s’inquiéter à ce sujet.

» Compte tenu de cette situation, la seule chose à envisager et à exécuter était de faire tout son possible pour réduire la pression de la communication avant la session de l’Assemblée générale aujourd’hui afin de minimiser l’importance du vote et de limiter les dégâts diplomatiques.

» Nikki Haley a plutôt fait le contraire.

» Au lieu de minimiser l’importance de ce qui se passait, elle a multiplié les injures et les menaces à l’intention autres États membres de l’ONU au Conseil de sécurité de l’ONU lundi et avant et pendant la session de l’Assemblée générale des Nations Unies [le 21 décembre]. »

On comprend bien le raisonnement, qui pourrait être jugé juste d’un point de vue formel, mais nous serions bien évidemment très fortement tentés de ne pas suivre ce seul cadre pour nous intéresser plutôt à l’esprit de la chose. Il est vrai que dès lundi, Haley avait pris l’initiative grossière et complètement déplacée d’“avertir” par des contacts divers les pays qui voteraient la résolution proposée, condamnant les USA, qu’ils seraient placés sur une sorte de “liste noire” et que les USA leur feraient payer ce vote. On ne peut que suivre le jugement de Mercouris sur le comportement disons “opérationnel” d’Haley, mais sur le fond des choses il ne faut pas trop chercher à se dissimuler l’évidence au nom d’un formalisme trop rigide et étroit…

Les USA ont toujours agi de la sorte. Ils ont toujours fait lourdement sentir qu’ils exerceraient des représailles contre les pays qui voteraient contre eux dans cette sorte de vote, et il y a toujours eu des effets du type représailles, dans l’un ou l’autre domaine. Haley s’est simplement conduite encore plus grossièrement, plus vulgaire, plus sonore, et cela d’une façon publique particulièrement médiocre et inculte, agitant cette menace absurde et puérile dans le chef de sa propre communication d’une “liste noire”. La cause en est qu’Haley est elle-même grossière, vulgaire et sonore, d’un esprit absolument médiocre dans sa très-grande inculture tant à propos des actes que des usages. L’on doit aussitôt ajouter là-dessus que Trump a été constamment informé et qu’il a complètement approuvé Haley, notamment sur cette idée d’une “liste noire” qui pourrait d’ailleurs venir de lui-même, ajoutant même que les USA pourraient interrompre l’aide financière qu’ils apportaient à certains des pays “listés”, que cela ferait une économie utile

Dès mercredi, on ne se cachait pas pour parler, dans les divers réseaux de la communication à l’ONU et alentour, de la “lettre secrète” dont le contenu fut divulgué le jour suivant par Haaretz, cette lettre envoyée par Haley à tous les membres de l’Assemblée Générale des Nations-Unie. Il s’agit d’une méthode habituelle des mœurs mafieuses, où la menace et l’usage du chantage sont affichés dans les termes les plus crus, – c’est dire qu’il s’agit de mœurs mafieuses d’une Mafia de seconde zone, ou disons de banlieue sinon de bidonvilles, – une “mafia-zombie”, si vous voulez, pour situer le niveau de la diplomatie US, – bref le niveau du caniveau

« L’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU a averti les Etats membres que Donald Trump considérera chaque vote sur la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël comme “une affaire personnelle” et elle lui rendra compte des membres à l’Assemblée générale des Nations Unies ayant voté pour la résolution. […] La veille de la session d’urgence, l’ambassadrice américaine Nikki Haley a envoyé une lettre informant les représentants des autres pays que tous ceux qui s’opposeraient à la position américaine seraient identifiés et que le président Donald Trump en serait informé. Haley a précisé que le président suivrait “soigneusement” le vote, selon le journal Haaretz.

» “Quand vous examinerez dans quel sens ira votre vote, je vous encourage à tenir compte du fait que le président et les Etats-Unis en feront une affaire personnelle” indique la lettre, selon le journal. “Le président suivra attentivement ce vote et il a demandé que je lui signale ceux qui auront voté contre nous”, a-t-elle ajouté. »

Bref encore une fois, l’épisode est si caractéristique, non pas de la seule Haley, non pas de la seule connexion Haley-Trump, non pas de la seule administration Trump dans son entièreté, mais bien du pouvoir de l’américanisme qui se déchaîne à “D.C.-la-folle”, et dans le sens d’une tradition de brigandage mafieuse qu’autrefois on prenait soin de dissimuler un peu. La médiocrité abyssale du personnel actuel de la direction de l’américanisme, l’hystérie qui lui sert de pensée, l’absolu désintérêt pour toute matière hors du périmètre de D.C. et des luttes interminables pour le pouvoir qui s’y déroulent, tout cela n’est pas le fait du seul Trump ou de la seule Haley pour la conduite catastrophique de la diplomatie dévastée des USA. L’élection de Trump, somme toute, n’est une surprise que dans l’ordre du conjoncturel, et pour mettre en évidence la faiblesse des défenses du Système contre cette sorte de conjoncture. Structurellement, par contre, Trump est, dans la dimension de l’absence complète de noblesse de son caractère, dans celle de la bassesse de ses vues, absolument représentatif de la direction de l’américanisme et de “D.C.-la-folle”.

L’épisode de l’ONU n’a rien pour surprendre, et ne nécessite aucun commentaire politique sortant du business as usual. Le véritable aspect important de l’incident, c’est le constat de l’absence complète de la part des dirigeants US de la perception de la nécessité d’un peu dissimuler le comportement odieux des USA derrière un léger vernis de respectabilité, de respect des lois internationales et de la souveraineté des autres. Plus personne, à Washington, n’est capable de concevoir cet exercice de la raison pratique et utilitaire dans les relations internationales, et les autres pays s’en apercoivent de plus en plus précisément (on aura remarqué dans l’extrait de l’article de Mercouris, que l’Ukraine elle-même, – “Kiev-la-folle”, – est pointée comme ayant voté contre la position US). Les American-Zombies de “D.C.-la-folle” puent psychologiquement et moralement et aucun d’entre eux n’a l’idée de se passer un coup de torchon savonneux ou d’utiliser quelque parfum pour dissimuler cet effondrement complet du comportement. Non seulement le bateau est ivre, mais il ne cesse de vomir ; le vrai Titanic avait plus d’allure dans l’exercice du naufrage.

 

Mis en ligne le 22 décembre 2017 à 16H56

http://www.dedefensa.org/article/american-zombie-a-lonu