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Quand la Corée du Nord se mobilisait contre la guerre biologique US

ardi, mars 31, 2020

Strategika 51

 ΠΆΝΤΑ ῬΕΙ͂…

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Quand la Corée du Nord se mobilisait contre la guerre biologique US

On l’oublie souvent mais la Corée du Nord fut l’un des premiers pays à subir les affres de la guerre biologique durant la guerre de Corée (25 juin 1950-27 juillet 1953).

A défaut de bombes atomiques, réclamés par le général Douglas MacArthur et dont l’usage aurait pu entraîner une guerre nucléaire entre les États-Unis et l’Union Soviétique, les forces américaines ont eu recours aux armes bactériologiques et biologiques contre les troupes nord-coréennes et l’armée de volontaires chinois venus à leur rescousse. L’une des premières attaques biologiques US contre la Corée du Nord consista à déverser par voie aérienne des containers remplis d’insectes (mouches, araignées, cafards, etc.) imprégnés ou porteurs d’anthrax derrière les lignes nord-coréennes et chinoises. Une autres méthode fut d’employer des rats porteurs de peste et la contamination des points d’eau avec des bactéries pathogènes comme le bacille du choléra (Vibrio Cholerae).

La Corée du Nord eut beaucoup de difficultés à sensibiliser ses troupes et ses populations faisant face à la stratégie du bombardement aérien permanent à cette nouvelle menace invisible et assez redoutable.

La désinfection et la lutte contre les germes pathogènes fut une priorité absolue pour un pays qui ne connaissait pas ce type de guerre. Des posters de mobilisation d’époque tentaient de démontrer aux populations et aux troupes que la guerre sanitaire et la désinfection étaient aussi importants que l’effort des combattants sur le front. Sur le poster ci-dessus, on peut voir une infirmière portant un masque et utilisant un dispositif de désinfection avec en arrière plan un soldat portant la fameuse mitraillette sovietique PPSh-41 et une grenade RGD-33.

La guerre biologique choqua au plus haut point les dirigeants nord-coréens et ce traumatisme est toujours perceptible aujourd’hui dans la doctrine militaire et la posture stratégique défiante de la Corée du Nord à l’égard de Washington.

A côté des germes et d’insectes, les forces US ont également testé des defoliants biologiques afin d’évaluer la possibilité d’anéantir l’agriculture nord-coréenne et de fait, l’usage de certains insectes porteurs de maladies affectant des plantes eut un certain succès mais pas au niveau de celui que connaîtront les défoliants chimiques, notamment l’Agent Orange au Vietnam une décennie plus tard.

Avion épandant l’agent Orange au-dessus de la jungle vietnamienne durant les années 60

La Corée du Nord fit appel à l’expertise de l’Union Soviétique après la fin de la guerre de Corée pour la désinfection des zones contaminés. Des dizaines de milliers de personnes périrent après la guerre d’épidémies en Corée du Nord où les infrastructures de santé n’existaient plus et en Chine, la famine y resta endémique jusqu’au début des années 60. La guerre biologique est toujours enseignée dans les écoles de Corée du Nord et le souvenir de ce type de guerre demeure vivace jusqu’à aujourd’hui.

Le souvenir de la guerre biologique US contre la Corée du Nord demeure extrêmement vivace chez les paysans nord-coréens. La Famine qui affecta la Corée du Nord en 1992-1994 est la conséquence d’un autre type de guerre biologique impliquant des OGM et des vecteurs biologiques modifiés résistants aux pesticides.

La Corée du Nord a été le premier pays au monde à fermer ses frontières et déclarer l’état de guerre biologique dès l’apparition des premiers cas de COVID-19 dans la province chinoise de Hebei. Les médias, la population et les officiels nord-coréens accusent aujourd’hui explicitement Washington d’être derrière le COVID-19.PublicitésPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS ADPowered by wordads.coSeen ad many timesNot relevantOffensiveCovers contentBrokenREPORT THIS AD

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CYBER MENACES SUR L’INDUSTRIE AUTOMOBILE EUROPÉENNE : LES CAMPAGNES DE CYBER ESPIONNAGE

CYBER MENACES SUR L’INDUSTRIE AUTOMOBILE EUROPÉENNE : LES CAMPAGNES DE CYBER ESPIONNAGE

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LES EXPERTS

45 MILLIARDS €

En 2018, le piratage informatique aurait coûté plus de 45 milliards
d’euros dans le monde.

Par essence, l’industrie automobile est constamment innovante. Les véhicules sont mis à jour quotidiennement. De nombreuses technologies entrant en jeu – informatique, sécurité des informations, communication, réseau et chiffrement des données – l’importance de la cybersécurité continuera de s’intensifier au même rythme que la mondialisation et les communications. Les véhicules devenant toujours plus complexes et connectés à Internet, ils deviennent également plus exposés aux cyber attaques.

Les cyber risques auxquels sont confrontés les constructeurs automobiles peuvent comprendre :         Des atteintes à la réputation et à l’image de marque          Des problèmes potentiels de contrefaçon de brevets ou de licences          Une perte de confiance de la part des fournisseurs et des clients existants          Des sanctions financières          La perte ou la corruption de fichiers clients ou fournisseurs          Des frais juridiques          La rupture du supply chain et des liens avec les fournisseurs          Le non-respect d’accords de niveau de service          Des pertes potentielles de revenus          Des opportunités perdues en raison de la réduction de la valeur de l’entreprise          La perte de clients potentiels          La dépréciation du cours de bourse          Des coûts supplémentaires associés à la réparation des dommages

Le cyber espionnage est une menace sérieuse qui peut affecter le développement, la production et la livraison de véhicules. L’industrie automobile étant le siège d’une féroce concurrence, non seulement entre différents constructeurs, mais aussi entre différents pays, l’utilisation des nouvelles technologies et l’innovation y sont d’une importance cruciale. FireEye a le plus souvent observé des activités de cyber espionnage ciblant l’industrie automobile émanant de groupes liés à la Chine, mais a également identifié des activités en provenance de groupes liés à la Corée du Nord et au Vietnam. L’objectif de ces acteurs étatiques est de dérober des informations aux constructeurs automobiles –assurément liées à tout type de recherche liée à l’innovation, mais aussi au développement des véhicules et à de la propriété intellectuelle dont ils pourraient tirer avantage.

Des groupes APTs peuvent également cibler l’industrie automobile afin d’obtenir des informations sur de nouvelles technologies développées à des fins militaires. Le vol de propriété intellectuelle n’est pas nouveau. Mais cibler les constructeurs automobiles (y compris les écuries de F1) pourrait fournir à des nations adverses un éventail d’informations développées pour des entités gouvernementales ou des forces armées, notamment des systèmes de véhicules autonomes, de l’intelligence artificielle, des détails sur des capteurs et même le déploiement de ces systèmes.

Par le passé, l’activité de cyber-espionnage dans le secteur automobile était principalement centrée sur les activités de recherche et développement des constructeurs, les groupes de pirates informatiques étant particulièrement actifs dans l’espionnage des avancées techniques des constructeurs occidentaux et leur utilisation pour leur propre développement économique. Plus récemment, des données et des processus opérationnels ont également été ciblés. En raison des avancées en matière de transformation digitale, des données d’intelligence artificielle pour la conduite autonome et le développement de puissantes batteries ont également été visées par les pirates. Dans tous ces cas de figure, les informations dérobées peuvent causer des dommages importants à l’entreprise victime.

L’ensemble de l’industrie est d’une grande richesse pour les criminels à la recherche de gains financiers, économiques, de potentielles cyber attaques, de perturbations économiques et d’avantages concurrentiels. Ces dernières années, les analystes ont enregistré des intrusions dans l’industrie automobile dans divers pays d’Europe, principalement de la part d’acteurs chinois. Des activités ont également été constatées provenant de la Corée du Nord et du Viêt Nam.

Le groupe vietnamien APT32, sponsorisé par le gouvernement de ce pays, cible des entreprises automobiles étrangères dans des activités qui semblent destinées à soutenir les objectifs nationaux en matière de fabrication de véhicules. FireEye a vu l’activité d’APT32 s’accélérer depuis février 2019 ; ces opérations ne semblent pas avoir pour objectif d’acquérir de la propriété intellectuelle ; elles semblent plutôt rechercher des informations opérationnelles sur les entreprises.

Le groupe a ciblé des entreprises spécialisées dans la sécurité, l’’infrastructure informatique et le conseil, ainsi que des militants politiques. Même si les groupes APTs basés en Chine, en Iran, en Russie et en Corée du Nord restent les plus actifs en matière de cyber-espionnage suivis par FireEye, des groupes tels que APT32 illustrent le nombre croissant de nouveaux pays impliqués dans de telles activités.

Les fournisseurs et autres membres de la chaine de sous traitance sont également ciblés par des acteurs malveillants à la recherche d’informations sur le secteur automobile. Parfois de manière illogique, ils peuvent sembler peu intéressants pour le pirate, et ne sont attaqués que pour accéder à d’autres systèmes situés plus haut dans la supply chain et ainsi pénétrer sur le réseau du constructeur. Que l’intrusion soit réalisée via des fournisseurs soit par voie directe, un constructeur automobile peut être la cible d’une série d’actions malveillantes, qui bien sûr peuvent inclure l’espionnage, le vol de données, la perturbation de ses opérations ou la prise de contrôle des systèmes dans les véhicules.

La sécurité du réseau est d’une importance critique et il est donc impératif de disposer de technologies avancées pour la garantir. L’absence d’authentification peut représenter une faille importante dans la sécurité. Les opérationnels doivent être capables d’authentifier l’ensemble des identités circulant sur le réseau. Alors que les menaces de sécurité continuent d’évoluer, la plupart des organisations restent tributaires de solutions de sécurité réactives pour protéger leurs actifs les plus précieux. La technologie seule n’offre pas une protection totale contre un attaquant déterminé, et il est difficile et coûteux de trouver, d’embaucher, de former et de retenir des experts en cyber sécurité, en particulier ceux qui sont spécialisés dans la recherche de menaces avançées.

Il est fortement conseillé de surveiller les réseaux 24H/24H avec une approche proactive, pilotée par des analystes qui s’appuient sur les renseignements les plus récents sur les menaces, enrichis par leur expérience. Les entreprises peuvent aujourd’hui s’appuyer sur des services managés de détection et réponse qui combinent une expertise reconnue sur la cyber sécurité, des technologies de protection et une connaissance unique des stratégies des attaquants afin d’aider à minimiser l’impact d’une intrusion. Des professionnels spécialisés peuvent contrôler en continu l’environnement de cyber menaces au niveau mondial et exploiter les plus récentes informations sur toutes les cyber attaques majeures et leurs victimes obtenues sur le terrain.

http://www.economiematin.fr/news-cybermenace-danger-industrie-automobile-espionnage-hacker-grout

Les Ayatollahs sautent de joie

Les Ayatollahs sautent de joie


Par Dmitry Orlov – Le 15 octobre – Source Club Orlov

Lors de la récente Assemblée générale des Nations Unies, il y avait une personne qui paraissait plus heureuse que les autres, surtout en comparaison des Européens, aux mines plutôt sombres. C’était le président iranien Hassan Rouhani. Il rayonnait positivement de plaisir et de bonne humeur. Bien que son discours ait été dur, contenant des termes tels que « terrorisme économique » et « piraterie internationale », dont il accusait le régime de Washington, son comportement n’était que joie. En passant, il a anéanti les espoirs de Boris Johnson de négocier un rapprochement entre l’Iran et les Washingtoniens, estimant clairement que toute nouvelle tentative de négociation avec eux était tout à fait inutile.


Rohani n’est certainement pas le seul à adopter cette position, même s’il est peut-être le seul parmi les dirigeants nationaux à le faire ouvertement. Les Chinois ont fait traîner les négociations commerciales sans aucune intention de parvenir à un accord. Les Russes considèrent les négociations de maîtrise des armements avec les Washingtoniens comme plutôt inutiles, promettant une réponse symétrique (mais beaucoup moins coûteuse) à toute escalade américaine.

En effet, à quoi bon négocier avec les Américains si, comme l’expérience l’a montré, ils peuvent par la suite revenir à l’improviste sur un accord conclu ? Ils le font soit sans aucune justification (comme ce fut le cas récemment avec les Kurdes syriens), soit sur la base d’un quelconque caprice du moment (comme l’abandon du traité FNI entre les États-Unis et la Russie).

Ce point semble encore mériter d’être répété quelques fois, bien qu’il ait été soulevé à maintes reprises par de nombreux analystes et qu’il devienne de plus en plus flagrant. (Les Russes ont même inventé un nouveau mot pour décrire cette condition : недоговороспособный (« nedogovorosposóbny », littéralement « incapable-de-passer-un-accord ».) Mais il y a un autre point à faire valoir et la plupart des observateurs géopolitiques semblent passer à coté jusqu’à présent. Soit dit en passant, cela explique l’humeur joyeuse de Rohani à l’ONU, et je suis également heureux de le partager avec vous.

Négocier des accords avec le régime de Washington n’est pas seulement inutile, c’est aussi non nécessaire, car il est désormais possible pour tous les grands acteurs géopolitiques d’atteindre leurs objectifs stratégiques sans aucun accord avec les États-Unis, et parfois même sans avoir à engager un dialogue sérieux avec eux. Les exceptions sont le Japon et l’UE, dont la capacité d’affirmer leur volonté souveraine est très limitée, ayant cédé une grande partie de leur souveraineté aux États-Unis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et pendant la guerre froide.

Même des joueurs mineurs, comme la Corée du Nord, ont appris cette leçon. Après avoir tenté de négocier avec les États-Unis, les Nord-Coréens ont rapidement découvert que les Américains venaient souvent les mains vides, essayant d’obtenir des concessions sans rien donner en retour, et qu’ils se livraient à des effets de manche, comme les commentaires spectaculaires et contre-productifs de John Bolton sur l’application du « modèle libyen » en Corée du Nord. (Le dirigeant libyen, si vous vous souvenez, a été sauvagement assassiné par des forces soutenues par les États-Unis.)

Mais en ne parvenant pas à un accord avec les États-Unis, les Nord-Coréens ont obtenu quelque chose de précieux : la reconnaissance universelle que les États-Unis sont militairement impuissants à s’y opposer. Oui, ils peuvent les détruire, mais la Corée du Sud et le Japon seraient également détruits, et comme il s’agit de deux nations que les États-Unis sont tenus de défendre en vertu d’un traité, prendre des mesures qui entraînent leur destruction n’est pas exactement une stratégie. Ainsi, les États-Unis sont passés d’une position belligérante contre la Corée du Nord, la menaçant militairement, à devoir se contenter d’appliquer des sanctions économiques presque totalement impuissantes étant donné la nature largement autarcique de l’État nord-coréen et son manque de commerce avec les États-Unis.

C’est un exemple intéressant, parce qu’il montre que même des acteurs relativement faibles et mineurs peuvent maintenant obtenir des Américains qu’ils fassent ce qu’ils veulent sans négocier aucun accord avec eux. Mais cette même logique s’applique encore plus aux grandes entités géopolitiques, comme la Chine, la Russie et l’Iran. Pour reprendre quelques métaphores religieuses, ces trois pays forment la Sainte Trinité que le destin a désignée pour vaincre le Grand Satan (les États-Unis, du moins dans le langage politique iranien). Chacun d’eux joue un rôle essentiel.

La fonction de la Russie est de tirer parti de sa technologie militaire supérieure pour contrecarrer militairement les États-Unis et de rendre tout son complexe militaro-industriel fantastiquement surévalué, impuissant et obsolète, avant de le faire disparaître dans l’oubli. La Réserve fédérale américaine imprime maintenant 60 milliards de dollars par mois, un chiffre qui correspond à peu près au coût mensuel du budget de la défense américaine.

La technologie russe a déjà transformé toute la flotte des porte-avions américains en une pile de déchets flottants inutiles. La Russie a mis au point des armes qui peuvent détruire des porte-avions à une distance de sécurité supérieure à la portée utile de leurs jets. Les missiles hypersoniques russes ont fait la même chose pour l’ensemble des systèmes de défense antimissile américains. De même, tout l’argent que les États-Unis ont dépensé pour développer des avions « furtifs » (1 500 milliards de dollars pour le seul chasseur F-35) a été annulé par les nouveaux systèmes radar russes qui peuvent parfaitement bien voir ces avions supposés invisibles. Ironiquement, le développement de la technologie « furtive » était basé sur les travaux d’un scientifique soviétique, Peter Ufimtsev, qui a émigré aux États-Unis après l’effondrement de l’URSS : ce que la Russie donne, la Russie le reprend aussi.

La Russie a également mis sa technologie de défense à la disposition d’autres pays, notamment les deux autres membres de la Sainte Trinité. À la surprise générale, Vladimir Poutine a annoncé récemment que la Chine sera en mesure d’utiliser le système russe d’alerte rapide en cas d’attaque nucléaire pour détecter les attaques lancées contre le territoire chinois. Cela étendra effectivement les capacités de dissuasion nucléaire de la Russie à la Chine. Et l’Iran a acheté des systèmes de défense aérienne russes S-300 et discute activement de l’achat du S-400 encore plus perfectionné. Ces systèmes feront de l’espace aérien au-dessus de l’Iran et de certaines parties de la Syrie des zones d’interdiction de vol pour les avions américains et de l’OTAN [et israéliens, NdT].

Si les objectifs de la Russie sont de pousser doucement les États-Unis vers l’oubli dans une tentative futile de les suivre dans le développement de nouveaux systèmes d’armes (les systèmes russes ont tendance à être non seulement plus efficaces mais aussi moins chers) tout en réalisant un profit en vendant leurs armes aux pays qui cherchent à s’assurer contre l’agression américaine, les objectifs chinois sont plus ambitieux encore. Au cours des cinquante dernières années, la Chine, qui était un pays agraire rustique, est devenue la plus grande superpuissance industrielle du monde. Entre-temps, aux États-Unis, le segment industriel s’est réduit à environ un dixième de l’ensemble de l’économie, le reste étant maintenant composé de baristas, de toiletteurs de chiens, de moniteurs de yoga et d’autres types de gratte-dos mutuels.

En raison de ce changement spectaculaire, les États-Unis enregistrent un important déficit commercial structurel avec la Chine. Alors qu’auparavant la Chine finançait ce déficit commercial en achetant de la dette américaine sous forme de bons du Trésor, elle a cessé de le faire il y a quelque temps et vend maintenant des bons du Trésor et achète de l’or. Elle n’est pas la seule à le faire (par exemple, la Russie a déjà vendu toutes ses obligations du Trésor américain), ce qui provoque d’importantes perturbations financières aux États-Unis, au point où les institutions financières refusent d’accepter des titres de créances américains en garantie de prêts à un jour [Marché Repo, NdT]. C’est cette évolution qui a forcé la Réserve fédérale à imprimer 60 milliards de dollars par mois tout en empilant dans son bilan les titres de créances américains désormais boudés. La tendance à long terme est indubitable : au cours des 77 derniers mois, les banques centrales étrangères ont vendu les deux tiers des bons du Trésor américain qu’elles avaient accumulés au cours des 35 dernières années.

Il est curieux de constater que, jusqu’à présent, la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine n’a fait qu’aggraver le déficit commercial. Ainsi, la tactique de négociation non négociatrice de la Chine semble fonctionner brillamment. Les États-Unis n’ont que deux moyens de financer leur déficit commercial : 1. vendre des déchets financiers ; et 2. vendre des terres, des usines et du matériel, la propriété intellectuelle, les reins de leur population et tout ce qui a de la valeur. Il n’y a vraiment pas d’autres options. Et comme la vente de déchets financiers ne fonctionne plus, l’option 2 est tout ce qui reste. Cela rappelle le démembrement d’actifs qui a eu lieu dans l’ex-URSS après son effondrement (et qui se poursuit toujours en Ukraine, pays qui se prépare à commencer à vendre ses terres aux sociétés transnationales).

Certains pourraient penser qu’il existe également l’option 3 : ramener l’industrie aux États-Unis. Mais il a fallu 50 ans à la Chine pour devenir une puissance industrielle, avec des taux de croissance réguliers à deux chiffres. Aux États-Unis, le taux de croissance jusqu’à présent au cours de ce siècle, si l’on ne tient pas compte de l’effet du gonflement de la dette, a en fait été négatif. Les États-Unis n’ont pas 50 ans, même pas 10. Et si, au cours de cette hypothétique transformation, elle doit financer son déficit commercial en vendant les usines et les équipements dont elle aurait besoin pour se réindustrialiser, elle n’y parviendra jamais.

Et cela nous amène en Iran avec ses ayatollahs rieurs et souriants. La quête sacrée de l’Iran en tant que partie intégrante de la Sainte Trinité consiste à paralyser les États-Unis et leurs mandataires au Moyen-Orient, rendant la région sûre pour une théocratie démocratique (ou peut être autre chose). Il y a deux proxys américains sur place : l’Arabie Saoudite et Israël. Cette attrition finira sans doute aussi par se produire pour eux, dans le cas de l’Arabie saoudite, lorsque ses plus anciens et plus grands gisements pétroliers, comme celui de Ghawar, cesseront finalement de produire ; dans le cas d’Israël, cela arrivera lorsque le flux d’argent du Trésor américain vers ce pays cessera en raison des difficultés financières mentionnées ci-dessus, malgré le pouvoir considérable du lobby pro-israélien aux États-Unis.

Mais c’est une vision à plus long terme ; dans le cas présent, ce qui fait sourire les ayatollahs, c’est que la séquence récente des événements est une comédie. Les Américains ont renié l’accord avec l’Iran laborieusement négocié sous l’administration Obama et réimposent des sanctions unilatérales (et essentiellement illégales) contre l’Iran. En réponse, la Chine continue d’acheter du pétrole iranien, tout comme la Turquie et plusieurs autres pays.

Pendant ce temps, l’UE regroupe et forme l’INSTEX – un système commercial qui évite le dollar américain et le système de virements électroniques SWIFT et qui est spécialement conçu pour contourner les sanctions commerciales unilatérales américaines, en particulier dans le cas de l’Iran. Ensuite, les Américains se sont lancés dans une guerre de pétroliers – et l’ont perdue rapidement de la façon la plus humiliante possible, car il devient clair qu’ils sont militairement impuissants à patrouiller dans le si important détroit d’Ormuz. Et puis deux événements vraiment ridicules ont eu lieu.

Premièrement, les Yéménites, qui ont été attaqués par une coalition dirigée par les Saoudiens pendant plusieurs années et qui ont subi d’horribles privations, sont parvenus à bloquer la moitié de la production pétrolière de l’Arabie saoudite avec des roquettes et des drones. Les États-Unis ont immédiatement blâmé l’Iran… sauf que cela implique que les batteries de défense aérienne saoudiennes fabriquées par les États-Unis, dont la plupart sont dirigées contre l’Iran, sont des tas de ferraille inutiles incapables d’arrêter de petits drones lents, et volant bas. Pour ajouter à l’humour de la situation, les Américains ont décidé alors d’expédier en Arabie Saoudite encore plus de ces mêmes batteries Patriot inutiles.

Deuxièmement, les Yéménites ont reconquis une parcelle de territoire frontalier que l’Arabie saoudite leur a confisquée il y a plusieurs décennies, détruisant ainsi près de la moitié de la partie relativement fonctionnelle de l’armée saoudienne, avec des soldats réellement Saoudiens (le reste étant essentiellement composé de mercenaires provenant de tout le Proche-Orient). Les Américains, qui ont récemment vendu aux Saoudiens pour 100 milliards de dollars de systèmes d’armement devenus manifestement inutiles, refusent de lever le petit doigt pour les aider.

Pour faire monter l’hilarité d’un cran, Vladimir Poutine, lors d’une conférence de presse conjointe avec le turc Erdoğan et notre vieil ami Rohani, a proposé de vendre des systèmes russes de défense aérienne à l’Arabie Saoudite. Ceux-ci ont été testés au combat sur des drones lancés contre la base aérienne russe de Hmeimimim, en Syrie, par ce qui reste de l’EI. Peu ont pu passer au travers, donc arrêter les drones n’est pas un problème pour les Russes. Il ne fait aucun doute que cela coûterait aux Saoudiens un peu moins cher que les 100 milliards de dollars qu’ils ont donnés aux Américains – et dont ils n’ont rien obtenu d’efficace en retour.

À la lumière de tout cela, ma nouvelle et importante thèse est que les nations souveraines du monde entier, grandes et petites, mais surtout la Sainte Trinité de la Chine, la Russie et l’Iran, peuvent amener les États-Unis à faire ce qu’ils veulent sans négocier avec elle.

Enfin, la photo suivante, qui montre Rohani refusant de serrer la main de Boris Johnson en riant, semble mériter un concours de légendes. Que pensez-vous qu’il a dit à Johnson dans son excellent anglais qui a rendu Johnson et Macron si désorientés ?

Dmitry Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateurs de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie » c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

Traduit par Hervé, relu par Kira pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/les-ayatollahs-sautent-de-joie

Le tir du SLBM Pukkuksong-3 achève la création de la deuxième composante de la dissuasion nucléaire nord-coréenne

Strategika 51

An Asymmetric Bilingual Strategic Perspective on the Go!

Le tir du SLBM Pukkuksong-3 achève la création de la deuxième composante de la dissuasion nucléaire nord-coréenne

Publié par Strategika51

C’est quelques chose qu’aucun analyste occidental n’a vu venir. Le dernier essai balistique de la Corée du Nord a impliqué un tir d’un missile balistique de portée intermédiaire à capacité nucléaire lancé à partir d’un submersible de nouvelle génération de construction locale et cet essai résume à lui seul le véritable trou noir que représente ce pays d’Asie en matière de renseignement militaire.

Le tir du SLBM Pukkuksong-3 achève la création de la deuxième composante de la dissuasion nucléaire nord-coréenne 1

Voici le Pukkuksong-3!

Pyongyang a donc remporté haut la main un défi immense: le test du Pukkuksong-3 à partir d’un sous-marin de nouvelle génération que le renseignement sud-coréen désigne provisoirement sous le nom de Sinpo-C qui est une réalisation majeure et marque l’entrée officielle de la Corée du Nord dans le club très fermé des pays disposant des capacités de lancement de missiles balistiques nucléaires à partir de submersibles. Cet essai a assommé bon nombre d’observateurs dont une grande partie continue à considérer la Corée du Nord comme un pays arriéré disposant au mieux d’un arsenal obsolète. Voilà en effet que ce pays isolé et sous embargo se dote simultanément de nouveaux sous-marins lanceurs d’engins et d’une troisième génération de SLBM (Submarine Launched Ballistic Missiles). C’est plus qu’une prouesse, c’est un miracle!

Le tir du SLBM Pukkuksong-3 achève la création de la deuxième composante de la dissuasion nucléaire nord-coréenne 2

Le développement d’une force de dissuasion nucléaire basée sur des sous-marins est un objectif prioritaire pour Pyongyang qui a toujours considéré ce segment comme vital à sa survie en cas d’une attaque nucléaire adverse. Le Pukkuksong-3 lancé lors du dernier test nord-coréen a non seulement échappé à la surveillance satellitaire et aérienne assurée 24h/24 par les pays hostile à la Corée du Nord mais a suivi une trajectoire des plus étranges qu’aucune station de contrôle n’a pu suivre. Ce missile dont on ignore la portée (une estimation initiale non confirmée évoque une fourchette variant entre 4000 et 6500 Km) aurait donc non seulement des capacités de “Mirvage” (têtes multiples à entrées indépendantes dans l’atmosphère en phase de ré-entrée) mais également à évader les systèmes d’interception ABM ennemis.

La Corée du Nord a donc entamé la création de la deuxième composante de sa dissuasion nucléaire en l’optimisant en palliant le faible taux de survie de ses submersibles par l’extension spectaculaire de la portée des vecteurs balistiques rendant possible une frappe nucléaire sur Guam, Hawaï, Midway, l’Alaska et même l’Amérique du Nord à partir des eaux coréennes.

A la lumière de ces développements extraordinaires, l’obsession de l’Etat profond US avec le désarmement nucléaire sans condition de Pyongyang paraît un peu plus que risible. Cela trahit plus une certaine psychorigidité et une aliénation mentale qu’une réelle stratégie. Le président Donald Trump s’est montré bien plus logique avec la question coréenne en initiant un dialogue avec Kim Jong-UN saboté par l’ensemble des composants de l’Etat profond US et ses relais.

En réalité, le monde change mais les tenants d’un certains exceptionnalisme imaginaire continuent à croire en leurs illusions grandiloquentes à peine voilées par une langue de bois surannée et ayant expiré depuis longtemps. Un retour des démocrates aux affaires à Washington ne changera rien au basculement géostratégique en cours. Pour l’histoire, la petite Corée du Nord a non seulement fait vaciller l’Empire mais lui a tenu tête dans le domaine où il excelle le plus: les armes stratégiques. Quand on pense aux disparités de niveau technologique entre l’Empire et la Corée du Nord, cette victoire stratégique unique dans son genre a de quoi nous assommer debout.

https://strategika51.org/2019/10/le-tir-du-slbm-pukkuksong-3-acheve-la-creation-de-la-deuxieme-composante-de-la-dissuasion-nucleaire-nord-coreenne/

https://strategika51.org/2019/10/le-tir-du-slbm-pukkuksong-3-acheve-la-creation-de-la-deuxieme-composante-de-la-dissuasion-nucleaire-nord-coreenne/

La RPDC avertit que les espoirs de négociations avec les États-Unis sont en train de s’évanouir


La RPDC avertit que les espoirs de négociations avec les États-Unis sont en train de s’évanouir

© Chine Nouvelle (Xinhua), le 01/09/2019 01:29

Une haute responsable de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a averti samedi que les espoirs de négociations avec les États-Unis sont en train de s’évanouir et que Washington devra être tenu pour responsable d’avoir poussé Pyongyang à reconsidérer ses mesures.

« Nos attentes en matière de dialogue avec les États-Unis disparaissent progressivement et nous sommes poussés à réexaminer toutes les mesures que nous avons prises jusqu’à présent », a déclaré la première vice-ministre des Affaires étrangères de la RPDC, Choe Son Hui, dans un communiqué publié par l’agence de presse officielle KCNA.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a été accusé par Choe Son Hui d’avoir proféré des propos déraisonnables en déclarant que les États-Unis reconnaissaient que « le comportement de voyou de la Corée du Nord ne peut être ignoré ».

« Ce qu’il a dit pour nous insulter gravement en allant même jusqu’à utiliser une expression comme ‘comportement de voyou’, n’est rien d’autre qu’un langage inapproprié, ce que l’administration américaine regrettera sûrement », a déclaré Mme Choe.

« Pompeo est allé aussi loin que cela dans ses paroles et cela a rendu plus difficile l’ouverture des négociations de travail attendues entre la RPDC et les États-Unis. En outre, cela a renforcé l’animosité du peuple coréen à l’égard des Américains », a encore ajouté le communiqué.

Lors de leur réunion impromptue à la frontière inter-coréenne le 30 juin, le leader suprême de la RPDC, Kim Jong Un, et le président américain, Donald Trump, étaient convenus de reprendre les discussions de travail sur la dénucléarisation dans la péninsule coréenne, dans l’impasse depuis leur sommet sans accord à Hanoï fin février.

https://chine.in/actualite/asie/rpdc-avertit-que-les-espoirs-negociations_20060.html

Rencontre Trump-Kim : vers un réchauffement des relations ?

Rencontre Trump-Kim : vers un réchauffement des relations ?

Interview1 juillet 2019Le point de vue de Barthélémy Courmont

Dimanche 30 juin se sont rencontrés Donald Trump et Kim Jong-un à Panmunjom, zone démilitarisée proche de la frontière sud-coréenne, un peu plus d’un an après leur premier sommet de Singapour et l’échec de celui de Hanoï en février dernier. C’est une visite historique, car jamais un président américain n’avait rencontré le plus haut responsable nord-coréen à l’une des frontières les plus emblématiques de la guerre froide. Quels sont les enjeux de cette rencontre ? Peut-elle contribuer à apaiser les tensions dans la péninsule ? Éclairage par Barthélémy Courmont, directeur de recherche à l’IRIS.

Où en étaient les relations entre Kim Jong-un et Donald Trump avant cette rencontre historique ?

Elles sont visiblement toujours restées bonnes depuis la première rencontre, à Singapour, il y a un peu plus d’un an. Le problème venait surtout de la confiance que l’administration américaine plaçait en la Corée du Nord, en particulier depuis la reprise des tirs de missiles, et de la confiance que Pyongyang plaçait en Washington face aux blocages sur la levée partielle des sanctions et à la mise en avant de l’impératif d’une dénucléarisation comme préalable à tout accord. Mais les deux hommes n’ont pas affiché d’hostilité réciproque, et d’ailleurs le tweet de Donald Trump, qui invitait Kim Jong-un à le retrouver pour « dire bonjour » est intéressant à cet égard. Gageons qu’en s’émancipant de ses conseillers, au premier rang desquels John Bolton, Donald Trump a pu surmonter les obstacles que le sommet de Hanoï, en mars, avait révélés.

Cette visite « extraordinaire » d’un président américain sur le sol nord-coréen va-t-elle avoir une portée politique significative ? Les négociations sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne peuvent-elles reprendre ?

Les symboles peuvent, dans certains cas, avoir un impact plus fort que de grandes politiques. Moon Jae-in, le président sud-coréen, l’a bien compris, en se rendant en Corée du Nord il y a quelques mois. L’impératif dans la relation avec Pyongyang est l’établissement d’un climat de confiance, qui fait défaut depuis des décennies. Et cela ne se construira qu’avec des symboles, des gestes répétés et ensuite, uniquement, avec des accords. Mais on ne peut pas se mettre d’accord et régler des différends aussi nombreux et difficiles tant que cette confiance ne sera pas rétablie. C’est justement la force de la démarche de Donald Trump. On peut reprocher au président américain son manque de préparation, voire son amateurisme, sur un dossier aussi sensible, notamment quand il se passe d’experts du nucléaire lors de ses échanges avec les Nord-Coréens. Mais dans le même temps, il parvient à rétablir le dialogue, là où tous ses prédécesseurs ont échoué, sans doute parce qu’ils plaçaient les conditions de la reprise du dialogue à un niveau inacceptable pour Pyongyang.

En clair, la priorité ne doit pas être la dénucléarisation, celle-ci étant évidemment souhaitable mais prématurée. La priorité doit être la pacification et l’établissement d’un climat de confiance. Peu importe ce que les dirigeants décident, tant qu’ils se mettent d’accord pour éviter une escalade, ils ouvrent la porte aux futures négociations. Donc oui, ces dernières pourront reprendre, en temps voulu. En attendant, il faudra aborder la question de la pacification, et pourquoi pas d’une levée partielle des sanctions, que de nombreux pays, Séoul en tête, appellent de leurs vœux.

Dans ce contexte, où en sont les tentatives de rapprochement entre la Corée du Nord et la Corée du Sud ? 

La rencontre Trump-Kim est une bonne nouvelle pour Moon Jae-in et sa politique de main tendue au Nord. Depuis début 2018, au départ sans le soutien de Washington, puis avec la participation de Donald Trump, la Corée du Sud s’est engagée dans une série d’initiatives visant à pacifier la péninsule, et à réfléchir à des coopérations futures. En déplacement en Corée du Nord, le président sud-coréen était ainsi accompagné de nombreux investisseurs, et Séoul pousse à une normalisation des relations avec Pyongyang.

Le succès de la diplomatie sud-coréenne depuis dix-huit mois doit inciter la communauté internationale à la soutenir avec force, et en ce sens l’initiative de Donald Trump, quelles que fussent ses intentions, doit être saluée.

https://www.iris-france.org/138812-rencontre-trump-kim-vers-un-rechauffement-des-relations/

Xi Jinping en Corée du Nord : la Chine affirme son rôle stratégique

Xi Jinping en Corée du Nord : la Chine affirme son rôle stratégique

Claire Desdouits 22 juin 2019 ActualitéActualités analyséesAsie et OcéanieChineCorée du NordInternational Leave a comment

Ce vendredi 21 juin s’achève la visite de Xi Jinping en Corée du Nord. C’est la première fois depuis 14 ans qu’un dirigeant chinois se rend sur place. Aucun des deux dirigeants n’a fait de déclaration sur le contenu des discussions de ces deux jours. Leur contenu est donc inconnu. La démarche de Xi Jinping aura néanmoins eu pour objectif d’envoyer un message clair aux Etats-Unis. Si Donald Trump veut voir ses négociations avec la Corée du Nord avancer, le soutien de la Chine est nécessaire.

Trump et Kim Jong-un se sont rencontrés a plusieurs reprises autour de la question des sanctions onusiennes et du nucléaire nord-coréen
Changement de cap des Etats-Unis avec un réchauffement inédit des relations avec la Corée du Nord

La Chine, grand soutien de la Corée du Nord

La visite du président chinois en Corée du Nord était attendue après les quatre venues de Kim Jong-un à Pékin ces deux dernières années. Dans une tribune parue mercredi 19 juin dans le quotidien nord-coréen Rodong Sinmun, Xi Jinping annonce vouloir “renforcer la communication et les échanges stratégiques” entre les deux pays. Il déclare également soutenir la “construction socialiste” menée par Kim Jong-un. D’après le président chinois, celle-ci viserait à développer l’économie du pays et à améliorer l’existence de ses habitants.

Les deux pays sont en effet proches politiquement. Les relations entre la Chine et la Corée du Nord sont en très bonne santé. C’est d’ailleurs la première fois que la visite d’un président chinois est qualifiée de “visite d’État”. De plus, la Chine, comme la Russie, est favorable à un allègement des sanctions qui pèsent sur l’économie nord coréenne. Xi Jinping plaide pour un assouplissement de ces dernières face à l’engagement de Kim Jong-un de suspendre ses essais nucléaires et balistiques. La visite de Xi Jinping a pour objectif d’entretenir son alliance avec un acteur régional qui gagne en importance depuis son rapprochement avec les Etats-Unis. 

Une alliance stratégique face à Donald Trump

Officiellement, cette visite est l’occasion pour Pékin d’entretenir ses relations avec son voisin nord-coréen afin de contribuer à une stabilisation durable de l’Asie orientale. Si cet objectif est effectivement l’une des raisons du déplacement de Xi Jinping, elle n’est pas la seule. En effet, les deux dirigeants asiatiques font tous les deux face à une montée de tensions avec leur homologue américain. Les relations sino-américaines ont connu une importante dégradation depuis le début de la guerre commerciale lancée par D. Trump. Par ailleurs, le réchauffement diplomatique spectaculaire entre les Etats-Unis et la Corée du Nord connait également un revers. Les négociations sur l’arsenal nucléaire de Pyongyang se sont butés à l’entêtement des deux dirigeants lors du sommet d’Hanoï en février. Les discussions sont désormais gelées.

Par cette visite officielle, le président chinois souhaite rappeler aux Etats-Unis sa place incontournable dans la région. Comme le souligne justement Scott Seaman, analyste au sein de Eurasia Group, “Xi veut que tout le monde reste parfaitement conscient qu’il peut influencer Kim et qu’aucun accord global et durable avec la Corée du Nord ne peut être conclu sans l’aide et l’approbation de la Chine”. Donald Trump souhaite obtenir un succès diplomatique avec la Corée du Nord. Pour cela, il a besoin du soutien de la Chine pour inciter Pyongyang à faire des concessions. Cela l’obligera peut-être à repenser sa stratégie commerciale incisive avec son partenaire chinois.

Cette “visite d’État” est donc une stratégie d’influence de la Chine au niveau régional et international. Elle est l’occasion pour Xi Jinping de rassurer son homologue nord-coréen dans le soutien de Pékin à son égard. Dans cette optique, la Chine a bloqué mardi à l’ONU une initiative américaine cherchant à empêcher les approvisionnements de pétrole raffiné à la Corée du Nord. Par ailleurs, alors que Xi Jinping fait face à d’importantes tensions au niveau interne avec l’amplification des manifestations à Hong Kong,cette visite est une opportunité de se réaffirmer sur la scène régionale. Et de permettre de détourner quelque peu l’attention.Share

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About Claire Desdouits

Diplômée d’un master 1 de relations internationales à l’IRIS Sup’, je souhaite travailler en tant qu’analyste – rédactrice dans le secteur de la défense et de la sécurité internationale avec un appétence particulière pour la zone Proche et Moyen-orientale.

Moscou, médiateur entre Pyongyang et Washington ?

Moscou, médiateur entre Pyongyang et Washington ?

Alors que les négociations sur le nucléaire entre les États-Unis et la Corée du Nord sont dans l’impasse, la Russie souhaite jouer un rôle diplomatique plus important dans le processus de désarmement nucléaire de la péninsule coréenne.

A Vladivostok, Poutine et Kim Jong-un ont longuement discuté du processus de dénucléarisation de Pyongyang.
A Vladivostok, Poutine et Kim Jong-un ont longuement discuté de la dénucléarisation de la Corée du Nord.

Après l’échec du sommet d’Hanoï (Vietnam) avec Trump, Kim Jong-un a rencontré Vladimir Poutine jeudi 25 avril à Vladivostok (Russie). Lors d’un sommet sans précédent, le dirigeant nord-coréen s’est longuement entretenu avec son homologue russe. Pendant plusieurs heures, ils ont évoqué la dénucléarisation de la Corée du Nord, la position des États-Unis à ce propos et les sanctions internationales qui pèsent sur le régime nord-coréen. Rappelant la primauté du droit international, Vladimir Poutine a proposé la réouverture des “pourparlers à six”.

Pyongyang critique les États-Unis

Deux mois après Hanoï, Kim Jong-un était venu chercher un appui international dans son bras de fer avec Washington. Il s’est dit prêt à prendre des mesures pour l’abandon de ses armes nucléaires, en échange d’une moindre isolation. Vladimir Poutine a rappelé la position russe : donner à Pyongyang des garanties internationales en matière de sécurité pour l’encourager à renoncer à l’arme nucléaire. Si le sommet de jeudi s’est achevé sans déclaration commune, les images comptaient peut-être autant que les mots. Plus qu’une coopération réelle, ce sommet était affaire de symbolique diplomatique. Par sa rencontre avec Poutine, Kim Jong-un apporte un contrepoids à la tactique intransigeante de l’administration Trump.

Le processus de négociation entre Pyongyang et Washington est aujourd’hui plus fragile que jamais il ne l’a été en 2018. Si Trump a salué le vendredi 26 avril, « l’aide » de Moscou, Kim Jong-un a vivement critiqué la « mauvaise foi » des États-Unis dans les négociations. Depuis Hanoï, la Corée du Nord a exprimé sa frustration face à Washington en effectuant de nouveaux tirs de missile. Elle accuse le conseiller à la sécurité nationale de Trump, John Bolton, et le secrétaire d’État Mike Pompeo, d’avoir saboté les négociations sur le nucléaire. Kim Jong-un a prévenu que la paix et la sécurité dans la péninsule coréenne dépendait entièrement de l’attitude des États-Unis.

La dénucléarisation au cœur du problème

La stratégie de diplomatie personnelle des États-Unis est remise en question. Donald Trump avait tout misé sur sa « relation privilégiée » avec Kim Jong-un, personnalisant à l’extrême les négociations entre les États-Unis et la Corée du Nord. Si cette stratégie avait été considérée comme le socle d’une dynamique inédite entre les deux États, elle avait déjà montré ses limites lors du sommet de Singapour, en juin 2018. Trump s’était alors targué d’avoir mis fin à la « menace nucléaire nord-coréenne ». Les deux camps ont cependant découvert qu’ils avaient une définition différente du terme « dénucléarisation ». Presqu’un an plus tard, cette divergence existe toujours.

Il est toutefois incorrect de dire que Kim s’est précipité dans les bras de Poutine car il a échoué avec Trump. L’invitation de Vladimir Poutine remonte à mai 2018. Les préparatifs du sommet ont débuté en novembre et les deux dirigeants devaient coordonner leurs emplois du temps. De plus, les sommets d’Hanoï et de Vladivostok présentaient des objectifs et des modèles d’interactions différents. Il était cependant clair, dès le début, que le sommet russo-nord-coréen, perçu comme une réunion de travail, se tiendrait sans déclaration commune.

La reprise des pourparlers à six

La Russie veut rappeler à toutes les parties qu’elle est un acteur majeur de la sécurité dans la péninsule coréenne. Comme le mentionne le paragraphe 89 de son Concept de politique étrangère de 2016, la dénucléarisation de la Corée du Nord est un objectif déclaré. La Russie a en effet tout intérêt à empêcher la Corée du Nord de proliférer. Outre le risque d’accidents, Moscou redoute les risques de conflit militaire dans la péninsule coréenne. Les États-Unis auraient ainsi un prétexte légitime pour renforcer leur présence militaire dans la région, aux portes de la Russie.

Poutine prône une solution suivant une feuille de route définie par la Russie et la Chine en 2017. Il a également proposé la création d’un cadre multilatéral destiné à garantir la sécurité de la Corée du Nord. Dans l’esprit du président russe, la tenue des “pourparlers à six” pourrait s’intégrer dans ce cadre. La Russie souhaite en effet intégrer la Corée du Nord au sein de négociations à long terme. Elle veut par ce biais amener des garanties de sécurité à la Corée du Nord, afin de discuter plus sereinement.

Le président russe a insisté sur la nécessité de rétablir des mesures de confiance avec la Corée du Nord. « Le plus important est de restaurer (…) la force du droit international et de revenir à une situation où le droit international, et non pas le droit du plus fort, détermine le cours des affaires dans le monde », a-t-il plaidé.

La Russie en médiatrice

La Russie a tenu à se présenter comme un « facilitateur » dans les négociations avec Pyongyang. Moscou essaie de jouer le rôle de médiateur entre Washington et Pyongyang et d’amener toutes les parties à discuter. Soulignant que la Russie et les États-Unis avaient un intérêt commun à empêcher la prolifération nucléaire, que ce soit en provenance de Corée du Nord ou d’ailleurs, Vladimir Poutine a déclaré qu’il était prêt à partager les détails du sommet avec les États-Unis. Cela renforcerait l’influence de la Russie sur l’impasse de la dénucléarisation nord-coréenne.

Le sommet de Vladivostok n’était qu’une première étape dans les discussions russo-nord-coréennes. Kim Jong-un a invité Poutine à effectuer une nouvelle visite en Corée du Nord, ce que le président russe a accepté. Le président sud-coréen, Moon Jae-in, a salué ce rapprochement. Il espère que ce sommet jettera les bases de la reprise des pourparlers avec Pyongyang. Il a déclaré croire que le sommet Russie-Corée du Nord jouerait un « rôle constructif » dans les efforts pour parvenir à la dénucléarisation complète et à une paix durable dans la péninsule coréenne. Alors que les négociations sur le nucléaire entre les États-Unis et la Corée du Nord sont dans l’impasse, la Russie souhaite jouer un rôle diplomatique plus important dans le processus de désarmement nucléaire de la péninsule coréenne.

About Solène VIZIER

Solène Vizier est diplômée d’un Master 2 Etudes Stratégiques. Passionnée de géopolitique, ses domaines de spécialisation concernent les mondes hispanophone et russophone, le désarmement nucléaire et la géopolitique du sport. Elle est rédactrice aux Yeux du Monde depuis avril 2019.

Les essais balistiques nord-coréens du 04 mai 2019 ont révélé de nouveaux types de missiles de courte portée

Les essais balistiques nord-coréens du 04 mai 2019 ont révélé de nouveaux types de missiles de courte portée

Les missiles de courte portée testés par la Corée du Nord le 04 mai 2019 sont de nouveaux modèles inconnus jusqu’ici :

Les essais ont été supervisés personnellement par Kim Jong-Un.

La télévision nord-coréenne a également diffusé des images d’au moins deux autres types de missiles à courte portée, d’un modèle inconnu.

Mais le modèle le plus énigmatique demeure celui ayant la forme un peu trapue :

Un missile qui n’a vraiment pas l’air commode…On devine sans peine que l’ogive ou la charge active emportée doit être assez importante et donc susceptible d’être non-conventionnelle.

Bref, il semble que les équipages de la Seconde Artillerie nord-coréenne soient contents. Ce qui n’est pas le cas de leur dirigeant, qui semble lui assez chiffonné depuis son retour de Vladivostok.

Notre pronostic maison : Pyongyang n’est pas prêt à désarmer et va continuer à étoffer ses arsenaux balistiques à fond la caisse.

Source des images :

1. Télévision d’État de la République Démocratique et populaire de Corée ;

2. KBS, République de Corée

https://strategika51.org/archives/62806

POUTINE ET KIM JONG-UN. DES APPLICATIONS MAJEURES AUX ÉCHANGES D’ARMES

POUTINE ET KIM JONG-UN. DES APPLICATIONS MAJEURES AUX ÉCHANGES D’ARMES

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25.04.2019

Le président russe Vladimir Poutine et le chef de la RPDC Kim Jong-un ont achevé la première réunion au sommet de Vladivostok.

La réunion a duré près de deux heures. Et cela représente une heure de plus que le service de protocole prévu. Les journalistes ne pouvaient que regarder les salutations des dirigeants.

Suite aux résultats, plusieurs déclarations ont également été faites. Poutine a noté que la solution au conflit dans la péninsule coréenne avait été discutée en détail, et a ajouté que Kim Jong-un était un interlocuteur intéressant et instructif. A son tour, le chef de la RPDC a déclaré qu’il y avait eu « un échange d’opinions significatif sur des questions d’intérêt mutuel sur toutes les questions urgentes ». Il a remercié Poutine « pour le bon temps » et a exprimé l’espoir que « les négociations se poursuivront dans le même sens, de manière utile et constructive ».

Sommet et réception de bienvenue

Une réception en l’honneur de la visite de Kim Jong-un a eu lieu avec la participation de la presse. Par conséquent, il y avait des moments plus informels.

En guise de souvenir, les invités ont reçu des médailles avec une gravure de Vladimir Poutine et de Kim Jong-un. Parmi les déclarations importantes et intéressantes de cette partie de la journée figurent:

Poutine a déclaré qu’il n’y avait qu’une solution pacifique au conflit dans la péninsule coréenne. La Russie est disposée à poursuivre sa coopération afin de réduire les tensions sur la péninsule et de renforcer la sécurité dans l’ensemble de l’Asie du Nord-Est.

Kim Jong-un a exprimé l’espoir que la Russie ne fera que prospérer. En outre, dans son toast, il a souhaité une bonne santé à Vladimir Poutine et à deux pays, la Russie et la RPDC, du bonheur et un bel avenir. 
Kim Jong-un a remis à Vladimir Poutine une épée. Cela « personnifie l’âme – la mienne et notre peuple qui vous soutient », a déclaré le politicien. À son tour, Poutine a donné une pièce à l’ONU, comme l’exige la tradition. De plus, Kim Jong Un porte avec lui un véritable vérificateur de Russie, ainsi qu’un ensemble de lunettes avec porte-gobelets. Un tel cadeau lui a été présenté par le chef de la Russie.

Au revoir, les dirigeants des deux pays se sont longuement serré la main, ont souri, et Kim, en partant, a fait signe à Poutine.

Après le sommet

Après avoir guidé l’invité, Vladimir Poutine a donné une conférence de presse au cours de laquelle il a placé les accents. Il a souligné que la Russie était prête à transmettre des informations sur les négociations aux Etats-Unis. Il a également ajouté que les intérêts de Moscou et de Washington sur la question de la péninsule coréenne coïncident: les parties veulent la paix, cela n’est pas discuté.

« L’important est de rétablir la force du droit international, de revenir à une situation où le droit international, et non le » droit de poing « , détermine la situation dans le monde », a souligné le dirigeant russe.

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