Archives pour la catégorie Corée du Nord

La CIA a-t-elle déclenché un assaut contre l’ambassade nord-coréenne en Espagne ?

La CIA a-t-elle déclenché un assaut contre l’ambassade nord-coréenne en Espagne ?

Selon la presse espagnole, la CIA serait à l’origine d’un assaut spectaculaire contre l’ambassade de Corée du Nord à Madrid. D’après le quotidien El Païs, l’objectif de l’attaque aurait été de recueillir des informations sur un proche de Kim Jong-un :

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Séléné entre dans le Grand jeu

Séléné entre dans le Grand jeu

Publié le 2 Mars 2019 par Observatus geopoliticus in ChineRussieEtats-Unis

Cachemire, Iran, Venezuela, Corée, Syrie… Les points chauds du globe se multiplient dans un Grand jeu en perpétuel mouvement, encore compliqué par l’erratisme de la tête impériale suite à l’élection de Trump. L’Inde et le Pakistan sont en crise ouverte et s’échangent joyeusement obus et bisbilles aériennes suite à l’attentat cachemiri. Le Venezuela attend toujours la tentative de putsch de Washington, qui commence à traîner en longueur après le fiasco de Cúcuta où le « concert humanitaire » a fait un flop musical assourdissant et l’aide américaine a été stoppée net. L’auto-proclamé Guaido est sorti du pays et ne sait plus trop comment y rentrer… En Syrie, le califat daéchique vit ses dernières heures et l’incertitude demeure sur la suite des événements qui sous-tendent la grande problématique de la guerre, à savoir la reconstitution totale de l’arc chiite. Le sommet Donald-Kim III d’Hanoï a échoué, laissant lui aussi dans l’expectative la question fondamentale derrière l’événementiel coréen : la présence militaire US en Extrême-Orient et le containment de l’Eurasie dans le Pacifique. Ne parlons même pas de la Baltique, où le Nord Stream II avance à grands pas (déjà 70% de tubes posés !), ni de l’Afghanistan où les Talibans progressent encore et sont l’un des éléments clé de la recomposition de l’Asie centrale et de la Caspienne, zone stratégique entre toutes.

Mais laissons un instant tout cela et quittons notre bonne vieille Terre pour conter fleurette à cette chère Séléné, déesse grecque de la lune. Dans un billet novateur, un honorable correspondant de nos Chroniquesabordait un point extrêmement important il y a deux ans :

Dans ce contexte de nouvelle ruée vers l’or, il convient de se demander quel cadre juridique est à l’heure actuelle en place pour contrôler l’expansion commerciale terrestre sur les corps célestes comme les planètes. Et à cette question, la réponse est bien mince. Oh, il existe bienun traité poussiéreux de l’ONU datant de 1967, qui interdisait à toute nation de s’approprier tout ou partie d’un corps céleste, ainsi que d’y installer une quelconque présence militaire.

Mais l’administration Obama a décidé de rouler dessus avec le Space Resource Act voté par le Congrès en juin 2015, qui invalide explicitement et unilatéralement les accords de non-appropriation. Son contenu est simple : le Président a toute latitude pour faciliter l’accès aux ressources extra-terrestres, leur transfert ininterrompu et leur libre vente par des entreprises américaines. Il va de soi que de telles opérations seront encadrées, cofinancées et/ou équipées par le complexe militaro-industriel, les enjeux étant trop immenses pour être laissés à la chance.

Comment garantir aux futures colonies minières, sur la Lune ou ailleurs, la sécurité des hommes et des équipements engagés ? À cette question aussi, la réponse est simple, typiquement américaine : on apprenait il y a seulement quelques jours la création d’un corps de Marines de l’espace au sein de l’armée américaine, sous le commandement d’un général 3-étoiles. Le Congrès est plutôt pour ; du côté de l’Air Force par contre, qui s’occupe ordinairement de ces affaires, on n’est pas du tout mais alors pas du tout content. Mais doit-on encore s’étonner des frasques de l’appareil US, prisonnier de ses annonces, annonces d’annonces et annonces d’annonces d’annonces…

Pas de réaction publique côté OCS, comme souvent. Les Chinois sont déjà sur la Lune depuis plusieurs années de toute façon, et les Russes ont toujours le quasi-monopole du marché du vol habité (…) Au-delà de ces considérations politiques, et en l’absence de toute législation solide, comment éviter également la privatisation galopante qui menace à court terme d’envahir la Lune, et au-delà, Mars et la ceinture d’astéroïdes ? Derrière les géants 3.0, c’est une armada d’entreprises de toutes origines qui se précipite pour glaner une part du gâteau. Accès commercial à l’espace, télécommunications, services de fret… C’est toute une logistique qui se met en place, avec pour seul but l’exploitation totale et froidement efficace de toutes les ressources accessibles dans l’espace plus ou moins proche (…)

On comprend mieux dès lors la tendance protectionniste des États-Unis, qui resserrent leurs activités autour du profit strictement national, et le rapprochement Russie/Inde/Chine qui s’établit pour le bloc OCS. La bataille ne fait que commencer, et elle s’annonce âpre.

L’affaire devient sérieuse et ne relève plus de la science fiction. Des scientifiques européens viennent d’annoncer un ambitieux plan d’établissement de mines sur la lune pour la décennie à venir, rejoignant dans la danse Chinois, Américains, Russes et Indiens. Le but : un isotope à la valeur astronomique, très présent dans le régolithe, cette couche de poussière qui recouvre la Lune. Extrêmement rare sur terre, l’hélium 3 sert dans le domaine médical ou sécuritaire (détection des matériaux radioactifs). Surtout, il permettrait une fusion nucléaire propre, révolutionnant le concept d’énergie sur Terre en donnant lieu à la construction d’une foule de petits réacteurs. On comprend dans ces conditions que son prix atteigne des niveaux faramineux : entre 3 et 5 milliards la tonne ! Or la Lune en compte au bas mot 100 000 tonnes…

Pékin, qui accumule les succès spatiaux, prévoit déjà d’y installer des mines. Moscou est depuis longtemps intéressée par la colonisation lunaire. Dans cette question à mille milliards, l’empire répond également présent et la volonté, pour l’instant toute théorique, de créer des Marines de l’espace n’est évidemment pas sans rappeler les centaines de bases US le long des routes pétrolières de la planète. Dans l’espace comme sur Terre, l’axiome de base de la stratégie hégémonique impériale demeure : le contrôle énergétique à des fins de domination. Gageons que, comme ici-bas, Russes et Chinois ne l’entendront pas de cette oreille. De quoi troubler la tranquillité de la douce Séléné…

Trump annonce qu’il rencontrera Kim Jong Un les 27 et 28 février au Vietnam

Trump annonce qu’il rencontrera Kim Jong Un les 27 et 28 février au Vietnam

© Chine Nouvelle (Xinhua), le 06/02/2019 11:59

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi soir, dans son discours sur l’état de l’Union, qu’il rencontrerait le dirigeant suprême de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Jong Un, les 27 et 28 février prochains au Vietnam.

« Dans le cadre de notre nouvelle diplomatie audacieuse, nous continuons notre effort historique pour la paix dans la péninsule coréenne », a déclaré M. Trump, s’exprimant lors d’une session conjointe du Congrès à la Chambre des représentants.

« Il reste beaucoup de travail à faire mais ma relation avec Kim Jong Un est bonne. Le président Kim et moi, nous nous rencontrerons de nouveau les 27 et 28 février au Vietnam », a-t-il ajouté.

https://chine.in/actualite/asie/trump-annonce-quil-rencontrera-kim-jong-les_19477.html

Midterms J-4 : Le monde entier attend le résultat des élections

Midterms J-4 : Le monde entier attend le résultat des élections

Publié par Brujitafr sur 3 Novembre 2018, 07:54am

Catégories : #USA, #ACTUALITES, #POLITIQUE

La semaine dernière, les médias ont timidement imputé la baisse des bourses à des motifs géopolitiques mais sans vraiment préciser lesquels. Cet article vous expliquera pourquoi le sort du monde est suspendu aux élections américaines.

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Midterms J-4 : Le monde entier attend le résultat des élections

Lorsque les Américains se rendront aux urnes la semaine prochaine, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un pourrait être scotché aux résultats – aux côtés de Xi Jinping, de l’iranien Hassan Rouhani et de nombreux autres dirigeants étrangers dans le monde.

Les alliés et les ennemis de l’Amérique tenteront d’analyser la situation à mi-parcours de 2018 à la recherche d’indices sur l’avenir politique du président Donald Trump et sur la persistance de sa politique étrangère, qu’il s’agisse de sanctions contre l’Iran, de négociations nucléaires avec la Corée du Nord ou d’un mur le long de la frontière américano-mexicaine. .

Certains dirigeants étrangers cherchent à obtenir des gains démocrates au Congrès, espérant que le parti de l’opposition s’opposera aux attaques du gouvernement Trump envers les accords internationaux, sa répression de l’immigration et son penchant pour les tarifs douaniers. D’autres pays, tels que la Corée du Nord, espèrent que les républicains conserveront leur pouvoir à Washington afin que le président ne soit pas retenu ni distrait par un Congrès hostile.

Il n’est pas rare que les élections américaines attirent l’attention à l’étranger. Mais, selon les experts, cette élection est particulièrement lourde de conséquences pour le monde entier, principalement parce que Trump a bouleversé la politique étrangère américaine.

«Depuis que nos processus politiques sont devenus si imprévisibles et quelque peu dysfonctionnels, ils les surveillent de plus près encore auparavant», a déclaré Allen Carlson, directeur du programme d’études sur la Chine et l’Asie-Pacifique à l’Université Cornell.

Voilà comment les élections américaines sont perçues de l’étranger :

Corée du Nord

Kim Jong Un a beaucoup à gagner lors de l’élection du 6 novembre, a déclaré Sue Mi Terry, experte en Corée du Nord du Centre d’études stratégiques et internationales, un groupe de réflexion basé à Washington.

Le dictateur nord-coréen veut un traité de paix déclarant la fin de la guerre de Corée. Les combats ont cessé en 1953 avec un armistice mais ils n’ont jamais officiellement pris fin. La pression de Kim pour un traité officiel est devenue un point tournant dans les négociations entre les États-Unis et la Corée du Nord visant à persuader le régime de Kim de renoncer à son arsenal nucléaire.

« Pour le moment, Kim Jong Un a une stratégie … et tout se passe plutôt bien pour lui », a déclaré Terry, car Trump était un partenaire amical.

Trump a accepté de tenir un deuxième sommet avec Kim, une réunion qui pourrait avoir lieu dans les prochains mois. Mais les législateurs du Congrès – et les démocrates en particulier – ont été profondément sceptiques face aux pourparlers, certains suggérant ouvertement que Kim trompe Trump avec des promesses en l’air. Le Congrès devrait ratifier tout traité mettant officiellement fin à la guerre de Corée.

Mais les responsables nord-coréens craignent encore plus que Trump n’abandonne totalement les négociations si les démocrates prenaient le contrôle de la Chambre ou du Sénat, ont déclaré Terry et d’autres.

« Ils craignent vraiment que le président, qui se présentera de l’autre côté de cette élection, ne soit plus intéressé par cette question, soit bloqué ou ligoté par son Congrès, ou pourrait même être destitué « , a déclaré Victor Cha, qui était directeur des affaires asiatiques au Conseil de sécurité nationale sous l’administration Obama.

Chine

Trump a accusé la Chine de s’immiscer dans les élections de mi-mandat dans le but de miner sa politique commerciale – notamment les droits de douane élevés imposés par l’administration aux produits chinois. À titre de preuve, le président et d’autres responsables de la Maison-Blanche ont cité un supplément de publicité de quatre pages qu’une société de médias du gouvernement chinois aurait placé dans le plus grand journal de l’Iowa, le « Des Moines Register ».

Les experts déclarent qu’il n’y a guère de preuves que le gouvernement de Xi est engagé dans une ingérence électorale importante et notent que la Chine et d’autres gouvernements étrangers font souvent passer des annonces dans les médias américains pour promouvoir des perceptions positives.

Néanmoins, il ne fait aucun doute que les dirigeants chinois s’intéressent de près au déroulement des élections de mi-mandat.

«Les Chinois ont quelques espoirs que ce qui se passe est motivé par des préoccupations politiques (nationales) et qu’il y aurait peut-être plus de chance pour un dialogue raisonnable et constructif avec les États-Unis après le mi-mandat», a déclaré Bonnie Glaser, directeur du China Power Project au CSIS.

Carlson, professeur à Cornell, a déclaré que les Chinois étaient moins préoccupés par le tournant combatif de la rhétorique américaine que par l’imprévisibilité de l’administration Trump.

« J’imagine qu’ils aimeraient beaucoup une approche américaine plus claire en Chine », a-t-il déclaré. Ce n’est pas la même chose que s’opposer à Trump ou en faveur des démocrates, a-t-il ajouté.

«Rappelez-vous qu’en 2016, dans la mesure où Pékin avait un intérêt fondamental pour l’élection, ils semblaient favoriser Trump en raison du ressentiment» contre Hillary Clinton, candidate démocrate et critique du bilan de la Chine en matière de droits de l’homme.

Iran

Le premier objectif de la politique étrangère du gouvernement Trump est d’isoler l’Iran. Il n’est donc pas étonnant que les dirigeants iraniens cherchent à savoir s’ils peuvent attendre la sortie de Trump ou s’ils doivent élaborer un plan B.

Les élections de mi-mandat contribueront grandement à répondre à cette question, a déclaré Trita Parsi, fondatrice du National Iranian American Council, une organisation qui cherche à promouvoir de meilleures relations entre les Etats-Unis et l’Iran.

La question centrale pour l’Iran est le sort de l’accord nucléaire de 2015. Trump s’est retiré de cet accord multilatéral et a réimposé des sanctions économiques qui pourraient entraver l’économie iranienne.

Pour le moment, l’Iran a déclaré qu’il adhérerait à l’accord qui interdit à l’Iran de développer des armes nucléaires, dans l’espoir que les États-Unis rejoignent l’accord sous une nouvelle administration.

« Si vous avez une très bonne performance de la part des démocrates, et que vous avez une chambre démocrate et peut-être même un Sénat, cela permettra de contrôler la stratégie de Trump », a déclaré Parsi. « Cela encouragera l’Iran à attendre que Trump n’ait qu’en seul mandat de président « .

Mais si les Démocrates ont une faible performance le 6 novembre, « cela pourrait faire pencher la balance en Iran pour ceux qui veulent sortir immédiatement de l’accord sur le nucléaire et poursuivre une approche beaucoup plus dure », a déclaré Parsi.

Union européenne, OTAN
Trump n’a pas dissimulé son hostilité envers certains des alliés et alliances les plus proches des États-Unis formés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. L’Europe se sent intimidée par le président.

Trump a particulièrement méprisé les relations commerciales transatlantiques, affirmant que « personne ne nous traite moins bien que l’Union européenne ». Il a frappé le bloc politique de 28 pays avec des droits de douane sur l’acier et l’aluminium, et les dirigeants européens à Bruxelles ont riposté avec des droits de douane sur des produits américains emblématiques tels que les motos Harley-Davidson.

L’attitude du président à l’égard de l’alliance militaire de l’OTAN a été également tumultueuse. Trump a déclaré qu’il était « obsolète » et qu’il s’agissait d’une relique de la Guerre froide afin de faire pression sur les autres membres pour qu’ils tiennent leurs promesses de verser une contribution financière plus importante à la coalition.

« Les Européens aimeraient voir le pouvoir de Trump diminué », a déclaré Michael Wohlgemuth, directeur de Open Europe, un groupe de réflexion sur les affaires étrangères basé à Berlin.

Cela signifie-t-il que les Européens espèrent un désastre total pour les républicains la semaine prochaine à mi-parcours? Pas nécessairement, a déclaré Elmar Brok, ancien président de la commission des affaires étrangères du Parlement européen.

Brok a déclaré cette semaine à la télévision allemande qu’un tel résultat pourrait signifier que Trump serait en mesure de se concentrer entièrement sur la politique étrangère car il ne serait plus en mesure de faire passer les réformes intérieures. « Cela pourrait nous rendre encore plus nerveux », a-t-il déclaré.

Source originale (anglais):

Moscou joue un rôle important dans le processus de paix coréen

Moscou joue un rôle important dans le processus de paix coréen


Par Alex Gorka – Le 18 octobre 2018 – Source Strategic Culture

Enregistrer des progrès dans ses négociations avec la Corée du Nord est une question d’une grande importance pour le président américain Trump à l’approche des élections de mi-mandat de novembre. Trouver une solution à un problème international majeur est un défi sérieux qu’aucun pays ne peut relever seul. Bien que Washington présente la Russie comme un méchant que l’on peut blâmer pour tout ce qui ne va pas dans le monde, les États-Unis ne prennent plus au sérieux toute cette propagande et s’en tiennent à de véritables négociations quand ils ont besoin de résultats tangibles. Malgré toutes les différences et les tensions, Moscou et Washington se parlent franchement dans leurs efforts pour faire avancer le sujet sur la Corée du Nord.

Le représentant spécial des États-Unis pour la Corée du Nord, Stephen Biegun, s’est rendu à Moscou le 16 octobre pour tenir des réunions de travail avec les vice-ministres russes des Affaires étrangères, Igor Morgulov et Sergueï Ryabkov. M. Biegun a accompagné le secrétaire d’État Mike Pompeo lors de son voyage à Pyongyang ce mois-ci pour des pourparlers sur la préparation d’une deuxième réunion entre les États-Unis et la Corée du Nord.

Le 22 décembre, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la résolution 2397, sa sixième sur la Corée du Nord, imposant davantage de sanctions en réponse à un essai de missiles balistiques en novembre. Pyongyang a été privée de 2,3 milliards de dollars de recettes annuelles d’exportation, soit presque tout ce qu’elle recevait du commerce extérieur.  Depuis lors, le pays ne peut plus importer plus de 500 000 barils de pétrole par an. C’est vraiment dur. La Russie veut que le régime de sanctions soit assoupli à mesure que des progrès sont réalisés. L’objectif des sanctions est la dénucléarisation, et non des épreuves plus douloureuses pour les gens ordinaires.

Un moratoire sur les essais nucléaires et les essais de missiles a été décrété et certaines installations de missiles importantes, telles que le polygone de tir de Punggye-ri dans la région nord-est du pays et la station de lancement de satellites de Sohae, ont été démantelés. En août, le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré qu’il avait bloqué une autre résolution parrainée par les États-Unis. Le fait qu’elle soit une puissance nucléaire, un membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies et un voisin de la Corée du Nord avec des lignes de communication établies avec Pyongyang, fait de la Russie un courtier efficace qui peut apporter une contribution importante. Elle a un réel intérêt à une détente dans la péninsule coréenne, car Vladivostok, la porte d’entrée de la Russie dans la région Asie-Pacifique, est située à quelques centaines de kilomètres de plusieurs sites nucléaires et balistiques nord-coréens. Après tout, le site d’essai nucléaire nord-coréen démoli n’était situé qu’à 200 km de la frontière russe. Moscou n’a aucun intérêt à donner aux États-Unis un prétexte pour déployer ses systèmes de défense antimissile en Corée du Sud et au Japon.

La Russie travaille sur ses propres plans pour accueillir le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un à Moscou ou à Vladivostok. Aucune date n’a été fixée et rien n’a encore été annoncé officiellement, si ce n’est qu’une invitation a été acceptée par le dirigeant de la Corée du Nord. Le quotidien russe Izvestia pense qu’un sommet Russie-Corée du Nord aura lieu avant que Donald Trump et Kim Jong-un ne se rencontrent pour la deuxième fois. L’événement devrait avoir lieu avant les élections de mi-mandat américaines du 6 novembre. Le dirigeant de la Corée du Nord estime qu’il est important de consulter Moscou avant de rencontrer Donald Trump.

S’exprimant le 12 octobre à Pyongyang à l’occasion du 70e anniversaire de l’établissement de relations diplomatiques entre la Corée du Nord et la Russie, le ministre nord-coréen des Affaires étrangères, Ri Yong Ho, a déclaré que Pyongyang cherchera, en 2019, à approfondir ses relations avec Moscou. Il a souligné que son gouvernement apprécie fortement les efforts déployés par la Russie pour promouvoir la stabilisation de la situation dans la péninsule coréenne.

Moscou peut offrir des projets économiques lucratifs qui rendront Pyongyang plus apte à démanteler ses programmes nucléaires et balistiques. Les parties négocient actuellement la construction d’un nouveau pont sur le fleuve Tumen qui permettrait au trafic de traverser directement, sans faire un long détour par la Chine. Des gazoducs pourraient être construits pour relier la Russie à la Corée du Sud par la Corée du Nord. Ils pourraient être étendus au Japon. Des réseaux électriques pourraient être construits le long du même tracé. Moscou et Séoul sont en pourparlers au sujet d’un accord visant à livrer 10 milliards de mètres cubes de gaz naturel à la Corée du Sud, pays pauvre en ressources et dépendant des importations. Un autre projet consiste à restaurer une ancienne liaison ferroviaire qui reliait autrefois la Corée du Sud au Transsibérien. « Une fois que la ligne principale trans-coréenne sera construite, elle pourra être reliée au Transsibérien. Dans ce cas, il sera possible de livrer des marchandises de la Corée du Sud à l’Europe, ce qui serait économiquement bénéfique non seulement pour la Corée du Sud et du Nord, mais aussi pour la Russie », a déclaré le président sud-coréen Moon Jae-in dans une interview aux médias russes en août.

L’économie nord-coréenne n’est pas en si mauvais état ; en tous cas pas aussi mauvais que certains le décrivent. Le taux de croissance a été de 3,7 % en 2017, portant son PIB à 29,6 milliards de dollars en 2018. Au fur et à mesure que les forces du marché émergent, la transformation de la Corée du Nord pourrait être accélérée, ce qui améliorerait les chances d’un assouplissement de la position internationale.

Comme indiqué dans un communiqué conjoint publié par les vice-ministres des Affaires étrangères de Russie, de Chine et de Corée du Nord à l’issue de leurs consultations à Moscou le 10 octobre, le Conseil de sécurité des Nations Unies devrait reconsidérer ses sanctions contre Pyongyang.  « Compte tenu des importantes mesures de dénucléarisation prises par la République populaire démocratique de Corée, les parties estiment que le Conseil de sécurité de l’ONU devrait commencer en temps voulu à réviser les sanctions contre la RPDC », annonce le communiqué.

Tout accord signé sur de nouveaux progrès devra être soutenu par des bailleurs de fonds. La Russie est parfaitement adaptée à ce rôle car elle est l’une des rares nations en lesquelles la Corée du Nord, la Chine, la Corée du Sud, le Japon et d’autres parties peuvent avoir confiance. C’est un acteur indispensable qui participe activement au processus. Washington est forcé d’admettre ce fait, comme le démontre la récente visite de M. Biegun.

Alex Gorka

Traduit par Wayan, relu par Cat, vérifié par Diane pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/moscou-joue-un-role-important-dans-le-processus-de-paix-coreen

 

 

Corée du Sud : le sommet inter-coréen difficile à organiser début septembre

Corée du Sud : le sommet inter-coréen difficile à organiser début septembre

© Chine Nouvelle (Xinhua), le 13/08/2018 21:28

Le gouvernement sud-coréen a indiqué lundi que le sommet inter-coréen serait « un peu difficile » à organiser début septembre.

Kim Eui-keum, porte-parole du président sud-coréen Moon Jae-in, a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il lui semblait un peu difficile de tenir la réunion entre le 1er et le 10 septembre. En effet, la date du 9 septembre, fête nationale de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), marque le 70e anniversaire de la fondation du pays.

Cette remarque a été faite après que des responsables de haut niveau des deux Corées ont convenu plus tôt dans la journée de tenir le troisième sommet entre Moon Jae-in et Kim Jong Un, dirigeant suprême de la RPDC, dans la capitale de cette dernière, Pyongyang, en septembre.

MM. Moon et Kim se sont rencontrés en avril et mai dans le village frontalier de Panmunjom, s’accordant sur la tenue de leur prochain sommet en automne à Pyongyang.

Ri Son Gwon, président de la Commission pour la réunification pacifique de la patrie, qui a dirigé la délégation de la RPDC, a déclaré à la presse que l’agenda détaillé du sommet avait déjà été déterminé, mais que la nouvelle date dépendrait de Pyongyang, puisque c’est celui-ci qui l’accueillera.

Les détails du sommet, y compris l’ordre du jour du dialogue, seront décidés après négociations, a noté le porte-parole.

Corée du Sud : le sommet inter-coréen difficile à organiser début septembre

La Corée du Sud et la RPDC discutent des résultats de l’essai de retrait des postes-frontières

La Corée du Sud et la RPDC discutent des résultats de l’essai de retrait des postes-frontières

© Chine Nouvelle (Xinhua), le 31/07/2018 21:52

La Corée du Sud et la République Populaire Démocratique de Corée (RPDC) ont discuté des résultats de l’essai de retrait des postes-frontières, selon les médias sud-coréens.

Les résultats ont été annoncés après la rencontre des délégations militaires des deux parties au niveau des généraux mardi à la Maison de la Paix, bâtiment sud-coréen situé dans le village frontalier de Panmunjeom.

Les délégations composées de cinq membres représentant la Corée du Sud et la RPDC ont discuté du retrait des postes-frontières dans l’enceinte de la zone démilitarisée (DMZ), zone tampon qui sépare les deux Corées, pour l’instant en phase de test.

Les deux Corées ont également compris le besoin de désarmer la Zone sécuritaire conjointe, zone contrôlée conjointement à Panmunjeom, et d’exhumer ensemble les dépouilles des soldats tués pendant la Guerre de Corée (1950-1953) qui se trouvent dans la DMZ.

Les délégations militaires n’ont cependant pas atteint d’accord sur ces questions et n’ont pas publié de déclaration commune.

Le général Kim Do-gyun, chef de la délégation sud-coréenne, a déclaré aux journalistes après la rencontre que les deux parties avaient accepté de poursuivre le dialogue par des échanges de lettres et des contacts de haut-niveau.

Ce dialogue militaire au niveau des généraux est le deuxième du genre après le sommet du 27 avril entre le président sud-coréen, Moon Jae-in, et le haut-dirigeant de la RPDC, Kim Jong-un.

Pendant le sommet, MM. Moon et Kim ont accepté de réduire les tensions près des zones frontalières et de cesser tous les actes hostiles.

Lors du dialogue militaire au niveau des généraux du 14 juin, les deux Corées ont accepté de rétablir complètement les communications militaires le long des couloirs orientaux et occidentaux de la frontière intercoréenne. Il s’agissait du premier dialogue du genre en plus de dix ans.

https://chine.in/actualite/asie/coree-sud-rpdc-discutent-des_18825.html

 

 

 

 

Pyongyang commence à démanteler son site de tirs de satellites d’après un groupe d’experts

Asie – pacifique

Pyongyang commence à démanteler son site de tirs de satellites d’après un groupe d’experts

© Saul Loeb, AFP | Donald Trump et Kim Jong-un lors du sommet de Singapour, le 12 juin 2018.

Texte par FRANCE 24 https://platform.twitter.com/widgets/follow_button.7a5ca036ea5299f1d2ebb2234731e35e.fr.html#dnt=false&id=twitter-widget-0&lang=fr&screen_name=France24_fr&show_count=false&show_screen_name=false&size=m&time=1532443985447

Dernière modification : 24/07/2018

Des images prises par un satellite indiquent que la Corée du Nord a débuté le démantèlement d’infrastructures clés sur un site de développement de missiles balistiques, a indiqué lundi un centre d’experts.

La Corée du Nord a commencé à démanteler des infrastructures sur sa principale base de lancement de satellites, considérée comme servant de site d’essais pour ses missiles balistiques intercontinentaux, selon des images récentes analysées lundi 23 juillet par des experts.

Si elles étaient confirmées, les informations du site internet respecté 38 North, un groupe de surveillance nord-coréen basé à Washington, pourraient témoigner d’un pas en avant après le sommet historique du 12 juin entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président Donald Trump. Mais certains spécialistes ont mis en doute l’importance de ces opérations.

Après la rencontre de Singapour, le locataire de la Maison Blanche avait affirmé qu’il n’y avait plus de menace nucléaire nord-coréenne. Mais les médias américains rapportent qu’en privé, Trump fulmine face à l’absence de progrès tangibles sur la voie de la dénucléarisation.

En public toutefois, il se montre optimiste. L’étude de 38 North est publiée au moment où le président s’est dit « très heureux » du déroulement des pourparlers avec Pyongyang.

« Avancée importante »

Selon 38 North, des images satellite du site de lancement de satellites de Sohae, prises les 20 et 22 juillet, montrent qu’un bâtiment monté sur rails, dans lequel les fusées sont assemblées avant d’être placées sur le pas de tir, a commencé à être démonté.

Un banc d’essai pour les réacteurs des fusées servant à tester les moteurs à combustible liquide a également commencé à être démantelé.

Sohae, sur la côte nord-ouest de la Corée du Nord, sert officiellement à placer des satellites en orbite mais les réacteurs peuvent aisément être adaptés aux missiles balistiques et la communauté internationale accuse le programme spatial nord-coréen d’être le cache-sexe de ses programmes d’armements.

Pour l’expert de 38 North Joseph Bermudez, il s’agit d’une avancée « importante » sur la voie des engagements pris par le dirigeant nord-coréen.

Le « minimum »

À Singapour, le président américain avait déclaré que Kim Jong-un s’était engagé à détruire un site « majeur » d’essais de moteurs de missiles, sans préciser lequel. Si Sohae est le principal site de tirs de fusées depuis 2012, certains spécialistes estiment qu’il ne faut pas accorder trop de signification à ces informations.

Pour Melissa Hanham, chercheuse au James Martin Center for Nonproliferation Studies à Monterey, le démantèlement en cours est « une bonne chose » mais c’est « le minimum » de ce qui peut être fait à Sohae.

Un responsable militaire américain a de son côté indiqué que Sohae n’est pas une priorité pour le Pentagone. « Ce n’est pas sur nos radars », a-t-il dit à l’AFP.

En attendant, les États-Unis viennent de réclamer à l’ONU une « pleine application des sanctions » contre la Corée du Nord, un rappel à l’ordre qui illustre leur difficulté à obtenir de réelles avancées sur la dénucléarisation.

Avec AFP

Première publication : 24/07/2018

http://www.france24.com/fr/20180724-coree-nord-pyongyang-kim-jong-sohae-nucleaire-demantelement-site-tirs-satellites?xtor=EPR-300-%5BQuotidienne%5D-20180724-%5Bcontenu%5D-1044053310412

Washington demande à l’ONU l’arrêt des exportations de pétrole vers Pyongyang

Washington demande à l’ONU l’arrêt des exportations de pétrole vers Pyongyang

Nations unies (Etats-Unis) – Les Etats-Unis ont demandé jeudi à l’ONU l’arrêt de toute nouvelle exportation de pétrole vers la Corée du Nord, se basant sur un rapport américain affirmant que ce pays a dépassé pour 2018 ses quotas d’importations fixés fin 2017 par des sanctions.

Cette demande est formulée dans une lettre au président du Comité de sanctions des Nations unies chargé de la Corée du Nord, accompagnée d’un résumé d’un rapport des services de renseignement américains, deux documents obtenus jeudi par l’AFP.

« Nous demandons au Comité 1718 de publier une note verbale urgente à tous les Etats membres et un communiqué de presse pour les informer ainsi que le grand public que la Corée du Nord a violé les quotas d’importation de pétrole raffiné pour 2018 fixés par la résolution 2397 », souligne la lettre.

Ce Comité doit « ordonner un arrêt immédiat de tous les transferts de pétrole raffiné à destination de la Corée du Nord », ajoute la missive américaine, en réclamant aussi un effort accru des Etats membres contre les transferts illicites en haute mer de produits pétroliers.

La demande américaine s’appuie sur un rapport des services de renseignement des Etats-Unis, transmis au Comité de sanctions et qui comprend des photos de transfert illicite de cargaisons en mer. Selon le rapport, ces transferts se produisent à une échelle bien plus importante que ce qu’ont en dit les informations publiées ces derniers mois.

« Nos informations suggèrent qu’entre le 1er janvier et le 30 mai, des pétroliers ont fait escale dans un port de la Corée du Nord RPDC à au moins 89 reprises pour vraisemblablement livrer des produits pétroliers raffinés achetés illicitement via des transferts » en mer, indique un résumé de ce rapport américain transmis au Comité de sanctions.

« Si chacun de ces pétroliers a livré ne serait-ce qu’un tiers de ses capacités, le volume global des livraisons dépasse les quotas annuels autorisés par l’ONU de 500.000 barils par an », ajoute ce résumé.

En 2017, le Conseil de sécurité avait approuvé trois séries de sanctions toutes plus sévères les unes que les autres contre la Corée du Nord en rétorsion à la poursuite de ses programmes d’armement nucléaire et conventionnel. Parmi celles-ci, l’ONU avait décidé de limiter en 2018 les exportations de pétrole raffiné à destination de la Corée du Nord.

(©AFP / 12 juillet 2018 16h19)

https://www.romandie.com/news/Washington-demande-l-ONU-l-arr-t-des-exportations-de-p-trole-vers-Pyongyang_RP/936022.rom

 

Des métaux attirants : l’élément manquant du puzzle coréen

Des métaux attirants : l’élément manquant du puzzle coréen


Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, connaît l’importance des terres rares, et la Corée du Nord aurait découvert l’un des plus grands gisements du monde à 150 km de Pyongyang. Serait-ce un autre facteur à l’origine du récent dégel avec les États-Unis ?


Par Pepe Escobar – Le 20 juin 2018 – Source Asia Times

Il ne s’agit peut-être pas d’immeubles de vacances sur les plages nord-coréennes après tout. Il semblerait que la principale motivation de l’administration Trump pour courtiser Kim Jong-un est l’un des plus grands gisements de terres rares au monde, situé à seulement 150 km au nord-ouest de Pyongyang et valant potentiellement des milliards de dollars américains.

Tous les outils de la vie quotidienne axée sur la technologie du XXIe siècle reposent sur les propriétés chimiques et physiques de 17 éléments précieux du tableau périodique également connu sous le nom d’ETR (éléments de terres rares).

Actuellement, on estime que la Chine contrôle plus de 95 % de la production mondiale des métaux de terres rares, avec environ 55 millions de tonnes de gisements. La Corée du Nord, de son coté, en détient au moins 20 millions.

Les éléments de terres rares ne sont pas les seuls minéraux et métaux hautement stratégiques dans ce jeu de pouvoir. Les mêmes gisements sont des sources de tungstène, de zirconium, de titane, d’hafnium, de rhénium et de molybdène ; tous ces gisements sont absolument essentiels non seulement pour une myriade d’applications militaires, mais aussi pour l’énergie nucléaire.

La métallurgie des terres rares est également essentielle pour les systèmes d’armes américains, russes et chinois. Le système THAAD a besoin d’éléments de terres rares, tout comme les systèmes de défense antimissile russes S-400 et S-500.

Il n’est pas exagéré de considérer que « l’art de la négociation » s’applique aussi aux éléments de terres rares. Si les États-Unis n’essaient pas d’être sérieux sur les ressources en terres rares de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), le vainqueur, une fois de plus, pourrait être Pékin. Et Moscou aussi – compte tenu du partenariat stratégique entre la Russie et la Chine, désormais explicitement reconnu dans le dossier.

Le puzzle peut donc tourner autour de qui offre le meilleur retour sur investissement ; non pas sur l’immobilier mais sur les métaux rares, avec le gouvernement de Pyongyang potentiellement capable de collecter une immense fortune.

Pékin est-il capable d’égaler un éventuel accord américain ? Cela pourrait bien avoir été un sujet clé des discussions lors de la troisième réunion, en quelques semaines seulement, entre Kim Jong-un et le président Xi Jinping, exactement au moment où tout l’échiquier géopolitique est en jeu.

Donc les métaux ne sont pas attirants ?

Le chercheur Marc Sills, dans un article intitulé « Strategic Materials Crises and Great Power Conflicts » (« Crises des matériaux stratégiques et grands conflits de pouvoir ») écrit : « Les conflits à propos des minéraux stratégiques sont inévitables. Les drames se dérouleront probablement au niveau ou à proximité des mines, ou le long des lignes de transport que les matériaux doivent parcourir, et en particulier aux points d’étranglement stratégiques mondiaux que l’armée américaine est maintenant généralement chargée de contrôler. Encore une fois, l’équation du pouvoir est écrite de manière à inclure à la fois le contrôle de la possession et le déni de possession par d’autres.

Cela s’applique, par exemple, au puzzle ukrainien. La Russie a grandement besoin du titane, du zirconium et de l’hafnium ukrainien pour son complexe militaro-industriel.

Plus tôt cette année, des chercheurs japonais ont découvert un gisement de 16 millions de tonnes d’éléments de terres rares (moins que les réserves nord-coréennes) sous le fond marin du Pacifique occidental. Mais il est peu probable que cela change la prédominance chinoise, ni celle de la RPDC. La clé de tout le processus des terres rares est de concevoir une chaîne de production rentable, comme l’ont fait les Chinois. Et cela prend beaucoup de temps.

Des documents détaillés tels que « China’s Rare Earth Elements Industry », (« L’industrie chinoise des éléments de terres rares ») de Cindy Hurst (2010), publié par l’Institute for the Analysis of Global Security (IAGS) ou « Rare Earth in Selected US Defense Applications », (« Terres rares dans certaines applications de défense des États-Unis ») de James Hedrick, présenté au 40e Forum du Geology of Industrial Minerals en 2004, cartographient de manière convaincante toutes les connexions. M. Sills souligne toutefois que les minéraux et les métaux semblent n’attirer l’attention que des publications spécialisées dans le secteur minier : « Et cela semble expliquer en partie pourquoi la course à l’ETR en Corée a échappé à l’attention. Les métaux ne sont pas si attirants. Mais les armes le sont. »

Les métaux sont certainement attirants pour le secrétaire d’État américain Mike Pompeo. Il est assez révélateur de se rappeler comment Pompeo, alors directeur de la CIA, expliquait à un comité sénatorial, en mai 2017, que le contrôle étranger des éléments des terres rares était « une préoccupation très réelle ».

Un an plus tard, Pompeo, prenant le relais au département d’État, a mis l’accent sur une nouvelle « approche » de la politique étrangère américaine. Qui s’est révélée encore plus tard, il y a quelques semaines seulement, comme étant l’organisation par Pompeo de la réunion avec Kim Jong-un.

Bien au-delà d’une intrigue à la Netflix, un récit tout à fait possible est celui d’un Pompeo cherchant à impressionner Kim sur la beauté d’une bonne affaire d’éléments de terres rares, chapeautée par les États-Unis. Mais la Chine et la Russie doivent en être exclues. Ou alors… Il n’est pas difficile de voir Xi en comprendre les implications.

La RPDC – ce mélange unique de Turkménistan et de Roumanie post-URSS – pourrait être sur le point d’être intégrée à une vaste chaîne d’approvisionnement via une Route de la soie du métal, le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine investissant simultanément dans les chemins de fer, les pipelines et les ports parallèlement aux zones économiques spéciales (ZES) nord-sud-coréennes, à la chinoise, qui se développent actuellement.

Comme l’a révélé le directeur général adjoint de Gazprom, Vitaly Markelov : « La Corée du Sud a demandé à Gazprom de relancer un projet clé – un gazoduc traversant la Corée du Nord, un cordon ombilical entre la Corée du Sud et la masse continentale eurasienne. »

Depuis les discussions clés du sommet de Vladivostok en Extrême-Orient, en septembre 2017, la feuille de route prévoit que la Corée du Sud, la Chine et la Russie associent la RPDC à l’intégration eurasienne, en développant son agriculture, son hydroélectricité et, surtout, ses richesses minérales.

Même si l’administration Trump est en retard dans ce jeu, il est impensable que Washington abandonne la partie.

Pepe Escobar

Traduit par Wayan, relu par Cat, vérifié par Diane pour le Saker Francophone.

http://lesakerfrancophone.fr/des-metaux-attirants-lelement-manquant-du-puzzle-coreen