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From pipeline with love

From pipeline with love

18 Mai 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Gaz, #Russie, #Etats-Unis, #Europe, #Extrême-Orient

Beaucoup de nouvelles intéressantes dans le Grand jeu énergético-eurasien ces derniers jours. Le blog ayant sans cesse de nouveaux lecteurs, il n’est pas inutile de faire un petit rappel qui sera familier aux habitués :

Pipelineistan ou la guerre des tubes

En plus d’être le pivot du monde, le point névralgique du globe, l’Eurasie est également terre de richesses, d’immenses richesses. Les soieries, le jade, les épices, les tapis persans ou le caviar ont été remplacés par les hydrocarbures, pétrole et gaz, principalement en Russie et autour de la Caspienne

Aussi important sinon plus que les ressources elles-mêmes, c’est leur acheminement par les gazoducs et oléoducs et le moyen d’influence qui en découle qui cristallise les tensions et les grandes manœuvres, ce que d’aucuns nomment la géopolitique des tubes. Complétant la pensée de Mackinder, un nouvel axiome est apparu : « Qui contrôle les sources et les routes d’approvisionnements énergétiques mondiales contrôle le monde. » C’est particulièrement vrai pour les Etats-Unis dont les stratèges sont conscients de l’inévitable déclin américain : le monde est devenu trop vaste, trop riche, trop multipolaire pour que les Etats-Unis puissent le contrôler comme ils l’ont fait au XXème siècle. Du « Projet pour un nouveau siècle américain » des néo-conservateurs au « Grand échiquier » de Brzezinski, une même question prévaut en filigrane : comment enrayer ce déclin, comment le retarder afin de conserver aux Etats-Unis une certaine primauté dans la marche du monde ? La réponse, qui n’est certes pas ouvertement explicitée, passe par le contrôle de l’approvisionnement énergétique de leurs concurrents. « Contrôle les ressources de ton rival et tu contrôles ton rival », Sun Tzu n’aurait pas dit autre chose. Et c’est toute la politique étrangère américaine, et subséquemment russe et chinoise, de ces vingt-cinq dernières années qui nous apparaît sous un jour nouveau.

Les pipelines jouent ainsi un rôle crucial, leur tracé étant la matérialisation sur le terrain des objectifs stratégiques de leur promoteur. Les tubes russes sont autant de flèches visant à percer le Rimland afin de gagner les marchés de consommation européen ou asiatique. Ceux promus par les Américains courent le long de ce même Rimland et tentent d’isoler la Russie tout en contrôlant l’approvisionnement énergétique de leurs  « alliés », européens notamment, pour garder un levier de pression sur eux. L’équation est encore compliquée du fait de l’irruption chinoise ainsi que l’émergence d’autres acteurs : Turquie, Inde, Pakistan, Iran, Japon…

La bataille pour les sources et les routes énergétiques combinée à la domination du Heartland et du Rimland, sont les éléments constitutifs de ce nouveau Grand jeu qui définira les rapports de force mondiaux pour les siècles à venir.

A tout seigneur, tout honneur, le Sila Sibirii (Force de Sibérie en français) avance inexorablement. La dernière fois que nous en avons parlé, en mars, le tube était construit aux trois-quarts. Il l’est maintenant à 83% et devrait comme prévu entrer en fonction l’année prochaine, reliant énergétiquement les deux principaux adversaires de l’empire. Le Washingtonistan en fait une jaunisse…

Toujours dans le Nord-est asiatique, un vieux projet russe pourrait voir le jour si la situation entre Séoul et Pyongyang s’apaise durablement : le pipeline inter-coréen, sensé fournir du gaz à la Corée du Sud en passant par sa sœur du nord. La zone en devenir stratégique majeur qu’est l’Asie du Nord-est – Japon, Chine, Corées – consomme près d’un tiers de l’énergie mondiale mais son approvisionnement énergétique reste problématique (sources lointaines, donc acheminement long et prix élevés) du fait des tensions géopolitiques liées à la Corée du Nord.

Que cette épineuse question se résolve et c’est l’intégration énergétique de l’Eurasie orientale qui pointe son nez, au grand dam de tonton Sam qui fera tout pour la diviser et/ou la contenir.

A l’ouest, du nouveau, contrairement à ce que pourrait penser Erich Maria Remarque… La première ligne du Turk Stream est achevée. Gazprom, qui avait fourni une quantité record de 29 Mds de m3 à la Turquie en 2017, principalement via le Blue Stream, pourra bientôt y ajouter 16 Mds de m3 supplémentaires.

Mais c’est surtout la seconde ligne, celle qui pourrait faire de l’Italie le hub gazier de l’Europe du sud, qui est l’objet de toutes les attentions. Le Pioneering Spirit, navire mastodonte chargé de poser les tubes par grand fond, retournera en mer Noire dans deux ou trois mois afin de terminer le gazoduc. L’empire, qui avait réussi à torpiller le South Stream en faisant pression sur les euronouilles, n’a cette fois pas les armes pour s’y opposer.

Sans surprise pour le fidèle lecteur, ce n’est certes pas d’Azerbaïdjan, qui vient encore d’importer du gaz russe, que viendra la « libération énergétique de l’Europe », chimère pourtant vendue par la presstituée de service comme nous l’expliquions il y a trois ans :

Le Grand jeu énergético-eurasien, ou Guerre froide 2.0, ne se déroule pas uniquement sur la scène stratégique, diplomatique ou militaire : la guerre de l’information y a toute sa part. Chacun a pu le constater dans le dossier ukrainien, où les médias occidentaux noyautés/financés/intéressés par les Etats-Unis et leurs proxies européens se sont vautrés dans la propagande la plus sordide. Aussi intéressante, sinon plus, est la désinformation économique. Cela peut surprendre de prime abord mais il n’y a en fait rien d’étonnant à cela : les décideurs économiques sont au moins aussi importants que les opinions publiques, les influencer pour qu’ils prennent des décisions favorables aux intérêts de tel ou tel relève de la logique la plus élémentaire. C’est particulièrement vrai dans le domaine de l’énergie… L’offensive américaine contre les hydrocarbures russes se matérialise autant dans les salles de rédaction que sur le terrain. C’est une désinformation policée, intelligente, mêlant habilement le vrai au faux dans des journaux qui n’ont rien de tabloïds.

(…) Serpent de mer du bourrage de crâne, le fameux Corridor sud de l’Europe, censé fournir le Vieux continent en gaz azerbaïdjanais et turkmène (tant qu’on y est !) afin d’éviter de consommer le gaz russe. On retrouve ce conte dans tous les journaux, qui se reprennent les uns les autres sans même vérifier le bien-fondé de l’info. Nous avons déjà expliqué à plusieurs reprises que l’Azerbaïdjan a très peu de gaz et que le Turkménistan ne sera jamais autorisé par la Russie et l’Iran, pays riverains de la Caspienne, à construire son pipeline transcaspien. L’approvisionnement de l’Europe par ce Corridor sud est donc totalement illusoire, ce qui n’empêche pas la volaille médiatique de perroqueter cette fable ad vitam aeternam. Si l’on peut retarder de quelques années l’inévitable rapprochement énergétique russo-européen, c’est toujours bon à prendre pour Washington…

Le retarder pour combien de temps encore ? Gazprom bat tous ses records de livraison d’or bleu au Vieux continent et c’est une nouvelle fois vers le Nord Stream II que se tournent tous les regards.

Alors que l’Allemagne a débuté les travaux dans ses eaux territoriales, et que la Finlande fait de même après l’approbation par Helsinki du passage du pipe dans sa zone maritime économique exclusive, les Américains font feu de tout bois : menace de sanctions ; pleurnicheries de leur proxy de Kiev qui réalise qu’on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre (le transit par l’Ukraine tombera à terme à une douzaine de Mds de m3 annuels) ; coup de fil de Pompeo, l’ancien chef de la CIA et désormais secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, au gouvernement suédois…

Sera-ce suffisant pour faire dérailler l’Allemagne de son objectif : devenir la plaque tournante du gaz en Europe ? Les ministres des Affaires étrangères et de l’économie assurent que Berlin veut voir le projet se concrétiser, et Frau Merkel, en visite aujourd’hui même à Moscou, vient de le confirmer. Les Russes paraissent confiants et Gazprom évoque même la possibilité d’un Nord Stream III dans un futur plus ou moins lointain.

Quant aux Etats-Unis, leur double menace de sanctions – sur le nucléaire iranien et le gazoduc baltique – contre leurs affidés européens est une arme à double tranchant. Ils voudraient perdre l’Europe qu’ils ne s’y prendraient pas autrement… De quoi se poser une nouvelle fois la question : le Donald s’est-il converti au Deep State ou est-il en réalité, comme au début de son mandat, le fossoyeur de l’empire ?

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Trump préfère Netanyahu à Macron. Un coup de poker aux conséquences imprévisibles

Trump préfère Netanyahu à Macron. Un coup de poker aux conséquences imprévisibles

Trump Iran

Trump préfère Netanyahu à Macron. Un coup de poker aux conséquences imprévisibles

Jean Bonnevey ♦
Journaliste.

C’est un échec pour le président Macron. Malgré la séquence des mamours, celle de la leçon professorale et diverses interventions, Donald Trump quitte l’accord nucléaire avec l’Iran. C’est de toute évidence la ligne Netanyahu qui l’a emporté, la plus anti-iranienne qui soit. Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahu, plus ferme soutien de Donald Trump dans ce dossier, a en revanche dit soutenir « totalement » une décision « courageuse ». Le royaume sunnite d’Arabie saoudite, grand rival régional de l’Iran chiite, a également affiché son « soutien ».

Il y a bien une triple entente, Israël, les usa et l’Arabie saoudite porte-parole du monde musulman sunnite, qui prend le risque d’une épreuve de force régionale avec Téhéran. Dans la guerre mondiale qui oppose le sunnisme et le chiisme, les usa ont fait leur choix. Ce sera l’islam sunnite dont, tout de même, est issu Daech. C’est une grande victoire pour les faucons américains et la droite israélienne la plus radicale. Donald Trump tient son programme et le retour de l’Amérique passe par des épreuves de force, quitte à fâcher les alliés historiques européens.

Les signataires de l’accord ont, eux, vivement exprimé leur désaccord. « La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni regrettent la décision américaine », a déclaré sur Twitter Emmanuel Macron. Dans un communiqué commun, le président français, la chancelière allemande, Angela Merkel, et la première ministre britannique, Theresa May, qui s’étaient tous trois investis en vain pour tenter de convaincre Donald Trump de rester dans l’accord, se sont dits « déterminés à assurer la mise en œuvre » du texte en « maintenant les bénéfices économiques » au profit de la population iranienne. L’annonce américaine était très attendue au Moyen-Orient, où beaucoup redoutent une escalade avec Téhéran. La Turquie a dit craindre « de nouveaux conflits ».

Le pari de Trump est clair : obtenir de l’Iran ce qu’il semble avoir obtenu de la Corée du nord par la menace verbale. Il y a cependant des différences régionales capitales.

On va attendre la vraie réaction de l’Iran. Le risque est évident : un durcissement du régime avec l’arrivée au pouvoir des ultras. Le président iranien, Hassan Rohani, qui s’était beaucoup investi dans cet accord, a accusé son homologue américain de pratiquer « une guerre psychologique ». Assurant vouloir discuter rapidement avec les Européens, les Chinois et les Russes, autres signataires de l’accord, il a averti que son pays pourrait mettre un terme aux restrictions qu’il a consenties pour ses activités d’enrichissement d’uranium. Il est affaibli et menacé. Cela risque d’avoir des répercutions en Syrie en Irak et même au Liban ou les chiites ont remporté, autour du hezbolla,h les élections législatives avec la défaite d’Hariri le candidat sauvé par Macron. Un sunnite kidnappé par nos ex alliés saoudiens.

Bombarder la Syrie avec Donald Trump pour se retrouver contre Trump sur le dossier iranien où la géopolitique sioniste mène le jeu, décidément pour le président français, l’orient s’annonce très compliqué.

https://www.polemia.com/trump-prefere-netanyahu-a-macron-un-coup-de-poker-aux-consequences-imprevisibles/

La Syrie et l’Iran prouvent qu’il n’y a aucune chance pour la paix nord-coréenne

La Syrie et l’Iran prouvent qu’il n’y a aucune chance pour la paix nord-coréenne


Par Brandon Smith – Le 2 mai 2018 – Source alt-market.com

On dit en géopolitique que les sommets de la paix sont généralement le moment idéal pour se préparer à la guerre. Cette pensée découle de la philosophie militaire de Sun Tzu, qui croyait que quand une nation est faible, il est important pour elle de paraître forte, et quand une nation est à l’apogée de sa puissance, il est important de paraître faible ou « diplomatique ». Sun Tzu louait aussi fréquemment les vertus de la distraction et du tour de passe-passe, non seulement pendant la guerre, mais aussi en politique.


Je ferais remarquer que Sun Tzu et la méthode orientale du « tour de passe-passe » ne sont pas seulement un pilier de la pensée chinoise et nord-coréenne, mais aussi une lecture obligatoire pour les agences de renseignement occidentales [Sun Tzu est enseigné à West Point, NdT]. Il est important de bien comprendre cette méthodologie en examinant le paradigme Est/Ouest, car presque tout ce que vous voyez et entendez quand il s’agit de relations avec des pays comme la Chine et la Corée du Nord est du théâtre. Leurs gouvernements ont des plans cachés, nos gouvernements ont des plans cachés et les globalistes qui manipulent les deux côtés ont des plans qui l’emportent sur tout le reste.

Gardez tout cela à l’esprit quand vous entendez parler des annonces soudaines et presque inexplicables de sommets de la paix avec la Corée du Nord en mai ou juin entre Pyongyang et l’administration Trump.

En regardant le scénario uniquement du point de vue de la motivation politique, il est difficile de discerner pourquoi Trump est si obsédé par la Corée du Nord depuis son entrée en fonction. La Corée du Nord a toujours eu la capacité nucléaire ainsi que la capacité de déployer ces armes nucléaires sous une forme ou une autre contre les États-Unis. La Corée du Nord a toujours été impliquée dans de nouveaux essais nucléaires et des essais de missiles. L’idée qu’un tel test aujourd’hui est en quelque sorte une « violation » des normes internationales arbitraires et de l’étiquette est absurde. Presque tous les pays du monde sont engagés dans l’expansion et le développement militaires.

Alors à nouveau, si l’on se limite à la rhétorique de surface et à la politique, il est difficile de discerner pourquoi la Maison Blanche de Trump est aussi également obsédée par la Syrie et le « régime » d’Assad. L’une des principales forces motrices de la campagne électorale de Donald Trump était l’idée que ce candidat se détacherait des élites de l’establishment et leur tradition de guerre perpétuelle. Les critiques de Trump à l’égard des anciens présidents et de leur gestion de l’Irak et du Moyen-Orient étaient censées représenter un changement radical dans les politiques d’agression américaine. Au lieu de cela, son cabinet est maintenant associé aux fléaux des faucons néo-conservateurs (faussement étiquetés comme conservateurs) et aux partisans de la globalisation bancaire.

Les États-Unis étaient censés – il y a à peine quelques mois – retirer complètement leur présence militaire de la Syrie. Pourtant, une « attaque chimique » bien programmée sur une banlieue de Damas, attribuée à Assad, a donné à Trump une justification parfaite pour maintenir des troupes dans la région et intensifier l’utilisation de la force avec un bombardement à base de missiles. La revendication originale sous le président Obama était que nous étions en Syrie en raison de la menace croissante de État Islamique (un mouvement terroriste soutenu par des services secrets occidentaux via des couvertures). Maintenant, le nouvel ennemi, la cible des globalistes depuis toujours, c’est le gouvernement syrien lui-même.

Quand je vois des nouvelles de la Corée du Nord embrassant brusquement des pourparlers de paix juste après des réunions avec la Chine et peu de temps après des menaces sauvages lancées autour d’un conflit nucléaire imminent, je m’interroge sur la vraie nature derrière ce changement anormal de rhétorique. Quand je vois Trump parler soudainement de Kim Jong-un comme étant « très honorable » après des mois d’attaques à caractère commercial sur les réseaux sociaux, je me demande quand la prochain attaque sous faux drapeau similaire à la farce de Damas aura lieu !

Il y a déjà des signes clairs que tout n’est pas comme il semble quand il s’agit d’un éventuel accord de paix nord-coréen.

L’offre de la Corée du Nord de mettre un terme aux essais nucléaires en échange d’une trêve avec les États-Unis est un peu creuse quand on se rend compte que le site principal d’essais nucléaires de Pyongyang se serait récemment effondré à cause de sa surexploitation. Tout arrêt des essais par la Corée du Nord est probablement temporaire car des sites secondaires sont préparés.

Il n’est pas non plus surprenant que la Corée du Nord soit disposée à entamer des pourparlers diplomatiques quelques mois seulement après la réussite de tests sur ses premiers ICBM capables d’atteindre la côte Est des États-Unis. Encore une fois, comme l’a enseigné Sun Tzu, lorsque vous êtes le plus dangereux, il est important de paraître faible à vos ennemis.

Le nouveau conseiller en sécurité nationale de Trump et fauteur de guerre néo-conservateur, John Bolton, a exprimé, dans des interviews, des « doutes » que la Corée du Nord va « abandonner » ses armements nucléaires. Bolton et d’autres globalistes savent très bien que la Corée du Nord n’a aucune intention de désarmer, et si cela doit être une condition préalable à tout accord de paix, alors je m’attends à ce que les pourparlers se bloquent avant même qu’ils ne commencent.

Lors des premiers entretiens pour fabriquer la « paix » en Syrie sous l’administration Obama, l’argument de l’establishment était qu’Assad devait démissionner de son poste de président de la Syrie pour que la diplomatie progresse. Bien sûr, comme indiqué plus haut, les agences clandestines occidentales ont créé EI à partir de rien, tout comme elles ont créé la guerre civile syrienne à partir de rien. Elles ont causé un génocide civil extrême à travers leur mandataire, EI, pour ensuite blâmer le « régime » d’Assad pour l’instabilité dans la région et enfin, quand leur révolution de couleur n’a pas pu renverser Assad, ils lui ont demandé d’abandonner le pouvoir comme un geste de bonne volonté dans le processus de paix. Voyez comment cela fonctionne.

De toute évidence, les globalistes savaient qu’Assad n’allait jamais démissionner. Pourquoi l’aurait-il fait alors qu’il savait que c’était le but derrière la création de EI depuis le début ? Ainsi, la Syrie reste un point de chaos utile dans l’arsenal des globalistes, car une guerre plus vaste est une possibilité toujours présente. C’est un perpétuel baril de poudre qui pourra être déclenché chaque fois que les globalistes en auront besoin.

L’Iran est aussi un excellent exemple de la nature frauduleuse des accords de paix institutionnels. L’accord initial conclu en 2015, appelé Plan d’action global commun (JCPOA), énumère une réduction drastique des stocks d’uranium et des installations d’enrichissement de l’Iran. Selon les rapports initiaux, l’Iran semble avoir accédé à cette demande et s’est conformé aux demandes d’inspection de l’AIEA. Cependant, les accords de paix globalistes ne sont jamais fixés, ils peuvent être changés à tout moment pour faciliter la rupture de l’accord.

Les États-Unis ont récemment demandé à l’AIEA d’inspecter non seulement les installations nucléaires de l’Iran, mais aussi ses sites militaires, qui n’étaient pas du ressort de l’AIEA. L’Iran, bien sûr, n’est pas très heureux à l’idée de soumettre ses bases militaires à des inspections étrangères. Des responsables américains ont également affirmé que l’Iran ne suivait pas « l’esprit de l’accord » ; pas à cause d’un développement nucléaire supposé, mais à cause du soutien de l’Iran au « régime » d’Assad en Syrie.

En plus de cela, les États-Unis cherchent à changer le JCPOA original tout en refusant de qualifier les changements de « renégociation ». Les responsables ont appelé à un « accord supplémentaire », qui est en fait une renégociation de l’accord initial. Ceci est clairement destiné à provoquer un effondrement du JCPOA, car il est peu probable que l’Iran accepte une renégociation.

Enfin, Israël prétend maintenant que l’Iran a brisé le JCPOA en développant secrètement une technologie nucléaire. Une fois de plus, comme avec les armes de destruction massive en Irak et les attaques d’armes chimiques en Syrie, aucune preuve tangible n’a été produite pour étayer cette affirmation. Mais, cela n’a pas d’importance du tout qu’Israël a déjà lancé des frappes contre des cibles iraniennes en Syrie (la Syrie et l’Iran ont un pacte de défense mutuelle), et les israéliens pourraient très bien attaquer l’Iran directement l’année prochaine.

Les globalistes ne se soucient pas de la paix, ils se soucient seulement de chronométrer leurs guerres correctement. La même réalité s’applique à la Corée du Nord. Voici comment cette situation va probablement se jouer…

L’administration Trump entamera des pourparlers de paix avec des demandes farfelues concernant un désarmement nucléaire complet. La Corée du Nord a jusqu’ici offert un gel des tests, mais encore une fois, c’est probablement dû à l’effondrement de leur principal site d’essais. Un gel des essais, ce n’est pas la même chose qu’un désarmement total.

La Corée du Nord refusera bien sûr le désarmement. L’establishment va pousser plus fort, amenant la Corée du Nord à se retirer des pourparlers, à reporter les négociations à plusieurs reprises ou à abandonner complètement les pourparlers. Ensuite, l’establishment dira que la Corée du Nord n’est pas sérieuse au sujet de la paix, par conséquent, une action par la force peut être justifiée. Ils diront qu’ils ont donné une chance à la Corée du Nord de faire les choses facilement, mais maintenant, la méthode dure est nécessaire.

Les essais de missiles en Corée du Nord se poursuivront et de nouvelles installations de missiles nucléaires seront ouvertes. Trump appellera à la destruction de ces sites par des missiles.

Les gens qui croient réellement que les globalistes vont abandonner l’une de leurs meilleures boîtes de Pandore géopolitiques en Corée du Nord n’ont toujours pas tiré les leçons de la débâcle syrienne ou de l’Iran. Ces régions représentent une mine d’or de chaos international potentiel qui peut être utilisée comme couverture pour toutes sortes de méfaits ainsi que pour cacher notre déclin économique régulier.

Comme je l’ai noté dans des articles précédents, il est plutôt pratique pour les élites bancaires de la Réserve fédérale que chaque fois qu’ils annoncent de nouvelles réductions de leur bilan ainsi que la poursuite des hausses de taux d’intérêt, une nouvelle crise géopolitique éclate simultanément. Est-ce une simple coïncidence, ou devrions-nous considérer cela comme une tendance discernable ?

Si c’est une tendance, alors je m’attendrais à d’autres événements de crise impliquant la Syrie. L’Iran et la Corée du Nord en mai et en juin, alors que la Fed devrait augmenter la taille de ses réductions de bilan, mettant ainsi fin à sa politique de longue date de soutenir artificiellement les marchés. Davantage de frappes en Syrie et des relations déstabilisatrices avec l’Iran sont probables. Il faut s’attendre à un arrêt des pourparlers avec la Corée du Nord, suivi de plus de baisses des marchés actions et d’autres actifs.

Brandon Smith

Traduit par Hervé, relu par Cat pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/la-syrie-et-liran-prouvent-quil-ny-a-aucune-chance-pour-la-paix-nord-coreenne

Un article de 2017 fort à propos….

Un article de 2017 fort à propos….

Source : The Intercept, Jon Schwartz, 29-07-2017

Les medians sont maintenant plein de gros titres sur l’essai des missiles nord-coréens de vendredi, qui a démontré que ses ICBM (missiles balistiques intercontinentaux) peuvent atteindre le continent américain. Ce qui n’est mentionné dans aucun de ces articles est la façon dont nous en sommes arrivés là – en particulier, ce que Dan Coats, chef du renseignement national du président Donald Trump, a expliqué la semaine dernière au Forum sur la sécurité à Aspen.

Le dictateur nord-coréen de 33 ans, Kim Jong-un, n’est pas fou, a dit Coats. En fait, il a « une certaine justification rationnelle à l’appui de ses actions » en ce qui concerne les armes nucléaires du pays. L’aspect rationnel est la façon dont les États-Unis ont démontré que la Corée du Nord doit les garder pour assurer « la survie de son régime, la survie de son pays ».

Kim, selon Coats, « a observé, je pense, ce qui s’est passé dans le monde entier par rapport aux pays qui possèdent des capacités nucléaires et l’effet de levier qu’ils ont et a vu que le fait d’avoir la carte nucléaire dans sa poche permet d’avoir une grande capacité de dissuasion ». En particulier, « Les leçons que nous avons tirées de l’abandon par la Libye de ses armes nucléaires… est, malheureusement : si vous aviez des armes nucléaires, ne les abandonnez jamais. Si vous ne les avez pas, procurez-les-vous. »

C’est, bien sûr, d’une évidence aveuglante, et ce, depuis que les États-Unis ont aidé à évincer le régime du dictateur libyen Mouammar Kadhafi en 2011 établi depuis déjà de longues années. Mais les responsables américains ont rarement, voire jamais, reconnu cette réalité. Voici la chronologie :

En décembre 2003, la Libye a annoncé qu’elle abandonnerait ses stocks d’armes biologiques et chimiques, ainsi que son programme rudimentaire d’armes nucléaires.

En saluant la décision de la Libye, le président George W. Bush a déclaré que le reste du monde devrait faire passer le message expliquant que « les dirigeants qui abandonnent la recherche d’armes chimiques, biologiques et nucléaires, et les moyens de les livrer, trouveront une voie ouverte vers de meilleures relations avec les États-Unis et d’autres nations libres ». Paula DeSutter, secrétaire d’État adjointe de Bush pour la vérification et la conformité, a expliqué que « nous voulons que la Libye soit un modèle pour les autres pays ».

En 2011, les États-Unis et l’OTAN ont mené une campagne de bombardements pour aider les rebelles libyens à renverser le gouvernement de Kadhafi. Kadhafi lui-même a été capturé par une faction rebelle, qui l’a apparemment sodomisé avec une baïonnette et l’a ensuite tué.

On s’attendrait certainement à ce que cela attire l’attention de la clique dirigeante de la Corée du Nord – d’autant plus que l’Irak a également désarmé puis été envahi, avec son dictateur exécuté par une foule hurlante.

Et, en effet, la Corée du Nord l’a dit explicitement à l’époque. Son ministère des Affaires étrangères a déclaré : « La crise libyenne donne à la communauté internationale une importante leçon », à savoir que l’accord visant à débarrasser la Libye des armes de destruction massive avait été « une stratégie d’invasion pour désarmer le pays ».

Pourtant, l’administration Obama l’a nié sans vergogne. Un journaliste a déclaré au porte-parole du département d’État, Mark Toner, que « les Nord-Coréens sont en train d’examiner la question » et que cela « ne les incitait pas à renoncer à leurs armes nucléaires ». Toner a répondu que « là où [la Libye] en est aujourd’hui n’a absolument aucun lien avec leur renoncement à leur programme nucléaire et à leurs armes nucléaires ».

De plus, les Nord-Coréens et d’autres pays peuvent lire, et donc comprendre ce que l’élite de la politique étrangère américaine a expliqué à maintes reprises pourquoi nous voulons que les petits pays désarment. Ce n’est pas parce que nous craignons qu’ils utilisent des armes de destruction massive lors d’une première attaque contre nous, puisque des pays comme la Corée du Nord comprennent que cela mènerait immédiatement à leur anéantissement. Au lieu de cela, nos mandarins disent explicitement que le problème est que les armes non conventionnelles aident les petits pays à nous dissuader de les attaquer.

Les exemples sont nombreux. Par exemple, dans une note de service de 2001, le secrétaire à la Défense de l’époque, Donald Rumsfeld, a déclaré :

Plusieurs de ces [petits pays ennemis] sont intensément hostiles aux Etats-Unis et s’arment pour nous dissuader d’utiliser notre puissance conventionnelle ou nucléaire dans une crise régionale…

Des technologies disponibles partout dans le monde [ADM : Armes de Destruction Massive] peuvent être utilisées pour créer des réponses « asymétriques » qui ne peuvent pas vaincre nos forces, mais qui peuvent empêcher l’accès à des zones critiques en Europe, au Moyen-Orient et en Asie… Des approches « asymétriques » peuvent limiter notre capacité à utiliser la puissance militaire.

The think tank Project for a New American Century [Le groupe de réflexion Projet pour un nouveau siècle américain, NdT]), un groupe de pression néoconservateur qui a eu une forte influence sur l’administration de George W. Bush, a fait la même remarque dans un document influent intitulé Rebuilding America’s Defenses (Reconstruire les défenses de l’Amérique) :

Les États-Unis doivent également contrer les effets de la prolifération des missiles balistiques et des armes de destruction massive qui pourraient bientôt permettre à des États de moindre envergure de dissuader d’engager une action militaire américaine en menaçant les alliés américains et la patrie américaine elle-même. De toutes les missions nouvelles et actuelles des forces armées américaines, celle-ci doit avoir la priorité…

Dans l’après Guerre froide, l’Amérique et ses alliés, plutôt que l’Union soviétique, sont devenus les principaux objets de dissuasion et ce sont des États comme l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord qui souhaitent le plus développer des capacités de dissuasion.

En fait, même Dan Coats lui-même l’a dit dans un éditorial de 2008 qu’il a coécrit. « Une République islamique d’Iran dotée d’armes nucléaires serait stratégiquement insupportable », a déclaré M. Coats, car elle posséderait une « force de dissuasion » contre les attaques des États-Unis. Et pour empêcher l’Iran d’acquérir cette capacité à nous dissuader, a-t-il expliqué, nous devrons peut-être les attaquer.

La vidéo du discours de Coats et ses remarques complètes ici

DAN COATS : C’est devenu une menace potentielle pour la survie des États-Unis et c’est très préoccupant.

LESTER HOLT : Et en ce qui concerne le nombre d’options disponibles publiquement, nous savons qu’il n’y en a pas beaucoup d’intéressantes, et beaucoup d’entre elles sont d’essayer de savoir ce que Kim Jong-un a dans la tête et je pense que c’est le type d’information le plus difficile à obtenir, prédire le comportement de quelqu’un.

COATS : Eh bien, il a manifesté publiquement un comportement qui soulève vraiment des questions sur qui il est, comment il pense, comment il agit, que révèle son comportement, mais notre évaluation a abouti au fait que, bien qu’il soit un type de personne très inhabituel, il n’est pas fou. Il y a également une certaine logique à l’appui de ses actions qui sont la survie, la survie de son régime, la survie de son pays, et il a observé ce qui s’est passé dans le monde entier par rapport aux pays qui possèdent des capacités nucléaires et l’effet de levier dont ils disposent, et il a vu que le fait d’avoir la carte nucléaire dans sa poche permet d’avoir une grande capacité de dissuasion. Les leçons tirées du fait que la Libye a renoncé à ses armes nucléaires et que l’Ukraine a aussi renoncé à ses armes nucléaires, sont malheureusement que si vous aviez des armes nucléaires, ne les abandonnez jamais. Si vous n’en avez pas, procurez-vous-en, et nous voyons beaucoup de nations qui pensent maintenant à la façon d’en obtenir et aucune n’est plus tenace que la Corée du Nord…

Photo du haut : Le chef nord-coréen Kim Jong-un inspecte les troupes de l’unité 534 de l’Armée populaire coréenne le 12 janvier 2014.

Source : The Intercept, Jon Schwartz, 29-07-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Nous vous proposons cet article afin d’élargir votre champ de réflexion. Cela ne signifie pas forcément que nous approuvions la vision développée ici. Dans tous les cas, notre responsabilité s’arrête aux propos que nous reportons ici. [Lire plus]

https://www.les-crises.fr/le-chef-du-renseignement-de-trump-la-coree-du-nord-a-appris-de-la-guerre-de-libye-a-ne-jamais-renoncer-aux-armes-nucleaires/

La France salue l’adoption de la « Déclaration de Panmunjom » par la RPDC et la Corée du Sud

La France salue l’adoption de la « Déclaration de Panmunjom » par la RPDC et la Corée du Sud

© Chine Nouvelle (Xinhua), le 27/04/2018 21:06

La France accueille positivement l’adoption de la « Déclaration de Panmunjom pour la paix, la prospérité et l’unification de la péninsule coréenne » par la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et la Corée du Sud, a indiqué vendredi le ministère français des Affaires étrangères.

Elle « forme le voeu que cette déclaration contribue à l’instauration d’une paix durable sur la péninsule coréenne », ajoute-t-il.

« Nous saluons par ailleurs la volonté des deux pays de travailler à l’objectif commun d »une péninsule coréenne sans armes nucléaires’. Nous attendons des gestes concrets en vue d’une dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la péninsule coréenne », conclut le ministère.

https://chine.in/actualite/asie/france-salue-adoption-declaration_18383.html

Corées: sommet historique entre Kim et Moon

Corées: sommet historique entre Kim et Moon

Moon Jae-in (d) et Kim Jong Un se serrent la main sur la ligne de démarcation avant le début du sommet, le 27 avril 2018 à Panmunjom / © Korea Summit Press Pool/AFP/Archives / Korea Summit Press Pool

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président sud-coréen Moon Jae-in tenaient vendredi un sommet historique après une poignée de main hautement symbolique sur la Ligne de démarcation militaire qui divise la péninsule.

M. Kim s’est dit « submergé par l’émotion » après avoir franchi la ligne de démarcation en béton, devenant le premier dirigeant nord-coréen à fouler le sol sud-coréen depuis la guerre de Corée (1950-53).

A l’invitation impromptue du Nord-Coréen, les deux hommes ont brièvement marché main dans la main du côté nord-coréen de la frontière avant de se rendre à pied à la Maison de la paix, structure de verre et de béton située dans la partie sud du village de Panmunjom, où fut signé l’armistice.

« Je suis venu ici déterminé à donner un signal de départ, au seuil d’une histoire nouvelle », a déclaré M. Kim, dont le pays est accusé d’abus généralisé des droits de l’Homme.

L’arsenal atomique nord-coréen figure en bonne place du menu et M. Moon a espéré conclure « un accord audacieux afin d’offrir à l’ensemble du peuple coréen et aux gens qui veulent la paix un grand cadeau ».

M. Kim était accompagné par Kim Yo Jong, sa soeur et sa proche conseillère, ainsi que par son responsable des relations intercoréennes. M. Moon était flanqué par le patron du renseignement nord-coréen et par son directeur de cabinet.

Cette réunion illustre la spectaculaire détente qui s’est emparée de la péninsule depuis que M. Kim a surpris son monde en annonçant le 1er janvier que son pays participerait aux jeux Olympiques d’hiver organisés au Sud.

Ce sommet doit être le précurseur d’un face à face très attendu entre M. Kim et le président américain Donald Trump.

« Kim Jong Un discutera en toute franchise (…) de tous les problèmes rencontrés pour améliorer les relations intercoréennes et parvenir à la paix, la prospérité et la réunification », a indiqué avant le début de la rencontre l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Elle n’a pas mentionné la dénucléarisation.

Depuis son arrivée au pouvoir fin 2011 au décès de son père, M. Kim a présidé à une accélération fulgurante des programmes nucléaire et balistique nord-coréens.

– « Difficile » –

En 2017, Pyongyang a mené son essai nucléaire le plus puissant à ce jour et testé des missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) mettant à sa portée le territoire continental des Etats-Unis.

Les tensions avaient grimpé à des sommets tandis que MM. Kim et Trump échangeaient menaces apocalyptiques et insultes personnelles.

M. Moon a saisi la branche d’olivier olympique pour lancer le dialogue avec Pyongyang, expliquant que le sommet intercoréen servirait de base à la réunion entre le Nord et Washington.

La Maison Blanche a souhaité que le sommet débouche sur un « futur de paix et de prospérité pour toute la péninsule coréenne ».

Le président Trump a exigé que le Nord renonce à ses armes nucléaires et Washington réclame que la dénucléarisation soit totale, vérifiable et irréversible.

Mais le directeur du secrétariat de la présidence sud-coréenne Im Jong-seok a prévenu jeudi que rien n’était gagné: les avancées technologiques des programmes balistique et nucléaire du Nord signifient que tout accord serait « fondamentalement différent par nature des accords de dénucléarisation conclus dans les années 1990 et au début des années 2000 ».

« C’est ce qui rend ce sommet particulièrement difficile ».

Pyongyang demande des garanties sur sa sécurité — qui n’ont pas été précisées– pour discuter de son arsenal.

Quand M. Kim s’était rendu le mois dernier à Pékin, son premier voyage à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir, il avait dit selon l’agence officielle Chine Nouvelle que la question pouvait être réglée si Séoul et Washington prenaient « des mesures progressives et synchronisées en vue de la réalisation de la paix ».

Dans le passé, le concept de « dénucléarisation de la péninsule » a pu signifier pour Pyongyang le départ des 28.500 militaires américains stationnés au Sud et le retrait du parapluie nucléaire américain, toutes choses impensables pour Washington.

– Arbre de la paix –

« Les gros dossiers sont la paix et la dénucléarisation », a résumé à l’AFP John Delury, professeur à la Yonsei University.

Les deux Corées « peuvent faire beaucoup plus sur la paix que sur la dénucléarisation », estime-t-il. Mais le communiqué publié à la fin du sommet offrira « une chance d’analyser chaque mot, de lire entre les lignes, de voir ce qui y est et ce qui n’y est pas ».

Samedi, M. Kim a annoncé un moratoire sur les essais nucléaires et les tirs de missiles balistiques à longue portée, affirmant que les objectifs étaient atteints.

Il a également annoncé la fermeture du seul site nord-coréen connu d’essais nucléaires. Mais certains experts soupçonnent que le dernier test, en septembre, l’aurait rendu inutilisable.

Séoul a également souhaité que le sommet soit l’occasion de discuter d’un traité de paix pour mettre fin officiellement à la guerre. Les deux voisins sont toujours techniquement en guerre.

La reprise des réunions de familles séparées par la guerre pourrait également être abordée.

Après la session matinale, M. Kim a franchi la frontière dans l’autre sens pour le déjeuner, une dizaine de gardes du corps courant à côté de sa limousine.

Avant la séance de l’après-midi, MM. Kim et Moon planteront un pin. Cet arbre « représentera la paix et la prospérité sur la Ligne de démarcation militaire, qui est le symbole de la confrontation et de la division depuis 65 ans », selon Séoul.

(©AFP / 27 avril 2018 07h18)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Corees-sommet-historique-entre-Kim-et-Moon/912640.rom

 

La Corée du Nord annonce la fermeture de son site d’essais nucléaires et la suspension de ses tirs de missiles

La Corée du Nord annonce la fermeture de son site d’essais nucléaires et la suspension de ses tirs de missiles

Le nord va fermer un site d’essais nucléaires dans le nord du pays afin de prouver son engagement à suspendre les essais nucléaires », écrit l’agence sud-coréenne Yonhap citant l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Le drapeau nord-coréen à l\'ambassade de Pékin (Chine), le 9 ars 2018.
Le drapeau nord-coréen à l’ambassade de Pékin (Chine), le 9 ars 2018. (GREG BAKER / AFP)

La Corée du Nord annonce la fermeture de son site d’essais nucléaires et la suspension de ses tirs de missiles « balistiques intercontinentaux », rapporte l’agence sud-coréenne Yonhap, samedi 21 avril, citant l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

« Le nord va fermer un site d’essais nucléaires dans le nord du pays afin de prouver son engagement à suspendre les essais nucléaires », a-t-on ajouté de mêmes sources. L’agence de presse officielle KCNA précise que Pyongyang entend dialoguer avec la communauté internationale pour parvenir à la paix et développer son économie.

C’est un nouveau geste d’apaisement des tensions internationales et du réchauffement entre les deux Corées. Le président américain Donald Trump avait confirmé, mercredi, la rencontre entre le chef de la CIA et le leader nord-coréen Kim Jong-un, avant le sommet prévu entre les deux dirigeants « début juin ».

À Pékin, Kim Jong-un énonce les conditions de la dénucléarisation de la péninsule coréenne

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In this photo provided Wednesday, March 28, 2018, by China's Xinhua News Agency, North Korean leader Kim Jong Un, left, and Chinese President Xi Jinping shake hands in Beijing, China.

À Pékin, Kim Jong-un énonce les conditions de la dénucléarisation de la péninsule coréenne

© AP Photo/ Ju Peng
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Lors de sa visite à Pékin, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a fait part de son engagement à dénucléariser la péninsule, et a déclaré que Séoul et Washington devraient répondre aux efforts de Pyongyang visant à créer une atmosphère propice à la stabilité.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a promis d’œuvrer à la dénucléarisation de la péninsule coréenne lors d’une rencontre à Pékin lundi avec le Président chinois Xi Jinping, a annoncé mercredi l’agence de presse officielle chinoise Xinhua.

«Le conflit lié au nucléaire sur la péninsule coréenne peut être résolu, si la Corée du Sud et les États-Unis font preuve de bonne volonté pour répondre à nos efforts, créer une atmosphère propice à la stabilité et ainsi à l’élaboration de la paix», a-t-il dit selon l’agence officielle chinoise.

Kim Jong-un a confirmé sa volonté d’ouvrir des discussions avec les États-Unis et d’organiser un sommet entre les deux pays, a ajouté Xinhua.

La situation dans la péninsule coréenne commence à s’améliorer grâce aux initiatives de Pyongyang qui a transmis des propositions de négociations de paix, a affirmé Kim Jong-un à Xi Jinping, d’après des propos rapportés par Xinhua.«Nous avons toujours exprimé notre volonté d’œuvrer à la dénucléarisation de la péninsule», a dit le dirigeant nord-coréen, cité par Reuters, rappelant que c’était déjà le souhait de son père, Kim Jong-iI.

Cette visite, confirmée par la Corée du Nord, constitue le premier déplacement connu de Kim Jong-un à l’étranger depuis qu’il a accédé au pouvoir en 2011.

Kim Jong Un accueilli en grande pompe à Pékin avant son sommet avec Trump

Kim Jong Un accueilli en grande pompe à Pékin avant son sommet avec Trump

/ © AFP /

Kim Jong Un a été accueilli en grande pompe à Pékin pour sa première visite –secrète– en Chine, signe de la volonté de rapprochement des deux alliés historiques avant le sommet prévu entre le dirigeant nord-coréen et l’Américain Donald Trump.

Pour sa première sortie à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir fin 2011, Kim et son épouse ont eu droit à une cérémonie solennelle et à un banquet sous les ors du Palais du peuple, lors de cette visite qui n’a été officiellement révélée que mercredi, une fois que le couple nord-coréen avait regagné son pays en train.

La visite, qui s’est déroulée de dimanche à mercredi selon l’agence de presse Chine nouvelle, souligne spectaculairement le rapprochement entre les deux voisins, divisés ces dernières années par l’appui de Pékin aux sanctions internationales visant à forcer Pyongyang à renoncer à son programme nucléaire. Kim Jong Un n’avait encore jamais rencontré Xi Jinping.

« Il n’y a aucun doute que ma première visite à l’étranger (devait être) pour la capitale chinoise », a déclaré M. Kim, selon des propos rapportés par l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA. « C’est mon devoir solennel », a-t-il ajouté.

Selon Chine nouvelle, l’homme fort de Pyongyang s’est dit prêt à un sommet avec le président américain Donald Trump, après des mois de menaces de guerre entre les deux pays autour du programme nucléaire nord-coréen.

Ce sommet avait été annoncé de sources sud-coréenne et américaine mais pas encore confirmée de source nord-coréenne. Selon Séoul, il pourrait se dérouler fin mai, mais ni le lieu ni la date exacte de la rencontre n’ont encore été annoncés.

– « Bonne volonté » –

Le dirigeant nord-coréen, qui a procédé ces dernières années à une série d’essais nucléaires et de tirs de missiles susceptibles d’atteindre les Etats-Unis, s’est prononcé pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

« Notre position constante est d’être engagés en faveur de la dénucléarisation de la péninsule coréenne, conformément à la volonté de l’ancien président Kim Il Sung et de l’ancien secrétaire général Kim Jong Il », les prédécesseurs et grand-père et père respectifs de Kim Jong Un, a rapporté l’agence chinoise.

Cette question « peut être résolue si la Corée du Sud et les Etats-Unis répondent à nos efforts en faisant preuve de bonne volonté », a ajouté le dirigeant nord-coréen.

La Corée du Sud a rapporté le mois dernier que Pyongyang serait prêt à abandonner son programme nucléaire en échange de garanties américaines en matière de sécurité. Ses essais nucléaires et balistiques sont suspendus.

A Washington, la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders a révélé que Donald Trump avait reçu un message de Xi Jinping concernant ses entretiens avec M. Kim.

« Nous y voyons une nouvelle preuve montrant que notre offensive de pression maximale a créé une atmosphère propice au dialogue avec la Corée du Nord », s’est-elle félicitée.

– Kim en costume Mao –

La télévision publique chinoise CCTV a diffusé des images de MM. Kim et Xi se serrant la main devant les drapeaux des deux pays, en compagnie de leurs épouses. M. Xi et son hôte, vêtu d’un costume Mao anthracite, ont entendu les hymnes des deux pays avant de passer les troupes en revue.

Cette visite avait été dévoilée dès lundi soir par des médias japonais, affirmant qu’un haut dirigeant nord-coréen était arrivé en train à Pékin, mais sans pouvoir affirmer qu’il s’agissait bien de Kim Jong Un.

Les médias chinois s’étaient gardés de confirmer la visite, attendant vraisemblablement que M. Kim ait regagné son pays.

Xi Jinping a salué l’amitié sino-nord-coréenne, forgée lors de la guerre de Corée (1950-53).

« Il s’agit d’un choix stratégique et du seul bon choix fait par les deux pays sur la base de l’histoire et de la réalité », a-t-il déclaré. M. Xi a accepté une invitation à se rendre en Corée du Nord, selon KCNA.

La visite à Pékin de M. Kim constitue un retour au premier plan pour la diplomatie chinoise, qui avait pu paraître marginalisée par l’annonce d’un sommet Kim-Trump.

Avant de rencontrer Donald Trump, Kim Jong Un doit s’entretenir avec le président sud-coréen Moon Jae-in fin avril dans la zone démilitarisée qui sépare les deux pays.

burs-lth/bar/plh

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(©AFP / 28 mars 2018 07h25)

Corée du Nord: Xi apprécie les efforts « diplomatiques » de Washington (Trump)

Corée du Nord: Xi apprécie les efforts « diplomatiques » de Washington (Trump)

Washington – Le président chinois Xi Jinping est reconnaissant des efforts « diplomatiques » déployés par Washington pour résoudre la crise nord-coréenne, « plutôt que d’utiliser l’option la plus inquiétante », a affirmé le président américain samedi.

« Le président Xi m’a dit qu’il appréciait que les Etats-Unis essaient de résoudre le problème diplomatiquement plutôt que d’utiliser l’option la plus inquiétante. La Chine continue de nous aider! » a tweeté Donald Trump, en référence à son appel téléphonique de la veille avec son homologue chinois.

La Maison Blanche avait annoncé vendredi que les deux chefs d’Etat « se sont engagés à maintenir la pression et les sanctions jusqu’à ce que la Corée du Nord prenne des décisions vers une dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible ».

Et le président américain est convaincu que Pyongyang tiendra sa promesse d’oeuvrer à la dénucléarisation, condition à la tenue du sommet historique entre lui et Kim Jong Un.

« La Corée du Nord n’a pas mené d’essai de missile depuis le 28 novembre 2017 et a promis de ne pas le faire pendant nos rencontres. Je pense qu’ils vont tenir leur promesse! », a-t-il affirmé, encore une fois par voie de tweet samedi.

« J’apprécie les intentions positives de M. le président (Trump) afin de parvenir à une résolution pacifique du problème de la péninsule coréenne », avait salué Xi Jinping lors de l’appel téléphonique vendredi, selon des propos rapportés par l’agence Chine nouvelle.

Principale voix discordante, Hillary Clinton a pour sa part estimé que l’administration Trump ne « voit pas le danger » représenté par des discussions avec Pyongyang.

« Si vous voulez discuter avec Kim Jong Un de ses armes nucléaires, il vous faut des diplomates expérimentés », a expliqué l’ancienne responsable de la diplomatie américaine dans une interview publiée samedi par le journal néerlandais Algemeen Dagblad.

« Il faut des gens qui connaissent bien les dossiers et qui savent déchiffrer les Nord-Coréens et leur langage », a ajouté la candidate malheureuse à l’élection présidentielle de 2016, ajoutant que « le danger n’est pas reconnu par le gouvernement Trump ».

L’actuel secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, en tournée en Afrique, a de son côté annulé son programme pour samedi à Nairobi. Il « ne se sent pas bien après deux longues journées à travailler sur des questions importantes comme la Corée du Nord », a justifié le sous-secrétaire d’État Steve Goldstein.

Le lieu et la date de la possible rencontre entre Kim Jong Un et Donald Trump n’ont pas encore été arrêtés, mais elle devrait se tenir « d’ici mai », selon Chung Eui-yong, conseiller national sud-coréen à la Sécurité.

Pyongyang n’a pas encore réagi officiellement à cette annonce, mais son ambassadeur aux Nations unies, Pak Song Il, a déclaré au Washington Post que cette invitation résultait d’une « décision volontaire et ouverte » de Kim Jong Un.

Grâce à cette « décision courageuse de notre dirigeant suprême, nous pouvons envisager d’assurer la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne », a-t-il également expliqué.

(©AFP / 10 mars 2018 21h06)

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