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Covid-19 : Ségolène Royal retire ses tweets de soutien au traitement à la chloroquine 25 mai 2020

Covid-19 : Ségolène Royal retire ses tweets de soutien au traitement à la chloroquine 25 mai 2020, 15:09 © Christophe SIMON Source: AFP Ségolène Royal à Marseille en janvier. Des internautes ont relevé que Ségolène Royal avait supprimé deux tweets favorables à l’utilisation de la chloroquine pour traiter les malades du Covid-19, après la publication d’une nouvelle étude remettant en cause son efficacité à cette fin. L’ancienne ministre et candidate malheureuse à la présidentielle Ségolène Royal semble ne plus croire aux bienfaits des traitements à base de chloroquine contre le Covid-19 promus notamment, en France, par le professeur Didier Raoult. Le compte Twitter «Fallait pas supprimer», qui épingle les tweets supprimés des personnalités publiques, relève que l’ancien éléphant du PS a fait disparaître ses tweets qui faisaient la promotion du célèbre antipaludique.  «Pourquoi encore toutes ces hésitations bureaucratiques incompréhensibles ?», s’était notamment interrogée l’ancienne présidente socialiste du conseil régional de Poitou-Charentes, en pleine polémique sur les hésitations des autorités sanitaires au sujet de l’emploi d’hydrochlorique pour traiter les malades du Covid-10.  Ces suppressions interviennent après la parution dans la revue médicale The Lancet le 22 mai d’une vaste étude concluant à la non-efficacité des traitements à base de chloroquine contre cette maladie. Pire, les effets secondaires cardiaques du médicament représenteraient un danger supplémentaire, potentiellement mortel, pour les malades. En France, le ministre de la Santé, qui avait autorisé, sous des conditions spécifiques, l’utilisation de l’hydroxychloroquine contre l’infection au coronavirus, a réagi à la publication en demandant au Haut conseil de la santé publique (HCSP) de proposer «sous 48 heures», de nouvelles conditions de prescription du médicament.  Pour autant l’étude de The Lancet, basée sur l’examen de données hospitalières du monde entier et sur des personnes ayant reçu des traitements différents, n’a pas complètement clos le débat sur l’efficacité de la molécule, des scientifiques estimant que seule une «étude prospective randomisée» (validée en prenant en compte un échantillon choisi au hasard) pouvait le démontrer. Le professeur Didier Raoult, directeur de l’IHU Méditerranée Infection, a contesté sur la chaîne YouTube de l’institut la pertinence de l’étude de The Lancet, la qualifiant de «fantaisie complètement délirante qui prend des données dont on ne connaît pas la qualité et qui mélange tout».   En Europe, l’essai clinique Discovery qui a inclus l’hydroxychloroquine sur le tard, n’a toujours pas donné de résultats, notamment faute de patients.  LIRE AUSSI Après une étude, Olivier Véran veut modifier les conditions de prescription de l’hydroxychloroquine France

En savoir plus sur RT France : 

https://francais.rt.com/france/75349-covid-19-segolene-royal-retire-tweets-chloroquine

DISCUSSION AVEC THIERRY MEYSSAN

DISCUSSION AVEC THIERRY MEYSSAN

La transformation des sociétés à l’occasion du Covid-19 annonce la militarisation de l’Europe

par Thierry Meyssan

Nous reproduisons une discussion entre Thierry Meyssan et un groupe d’étudiants. Il y explique que les réponses politiques au Covid-19 n’ont pas d’objet médical. Un groupe transnational partiellement identifiable s’est saisi de l’occasion fournie par l’épidémie pour tenter d’imposer une transformation profonde des sociétés européennes, comme il avait utilisé les attentats du 11 septembre 2001 pour transformer les États-Unis. Il est encore temps de s’opposer à la hiérarchisation du monde à venir.RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 12 MAI 2020عربيDEUTSCHΕΛΛΗΝΙΚΆENGLISHESPAÑOLITALIANONORSKPORTUGUÊSРУССКИЙTÜRKÇEJPEG - 20.7 ko

Question : Selon vous, qui a fabriqué le Covid-19 ?

Thierry Meyssan : Mon analyse est exclusivement politique. Je ne me prononce pas sur les questions médicales, mais uniquement sur les décisions politiques.

Une épidémie est en général un phénomène naturel, mais peut aussi être un acte de guerre. Le gouvernement chinois a publiquement demandé aux USA de faire toute la lumière sur l’incident survenu dans leur laboratoire militaire de Fort Detrick, tandis que le gouvernement états-unien a demandé la même transparence pour le laboratoire de Wuhan. Bien sûr aucun des deux États n’a accepté d’ouvrir ses laboratoires. Ce n’est pas de la mauvaise volonté, mais une nécessité militaire. On devrait donc en rester là.

Au demeurant, c’est sans importance car, avec le temps, ces deux hypothèses semblent erronées : aucune de ces deux puissances ne contrôle ce virus. D’un point de vue militaire, ce n’est pas une arme, mais un fléau.

Vous n’excluez donc pas que ce virus aurait pu s’échapper malencontreusement d’un de ces laboratoires ?

Cela reste une hypothèse, mais elle ne nous conduit nulle part. Nous devons exclure la possibilité d’un sabotage parce qu’il ne profiterait à personne. L’autre possibilité est qu’il s’agisse d’un accident. Dans ce cas, ce sont des individus qui en sont coupables. Cela n’a pas de signification d’en rejeter la responsabilité sur des États.

Comment évaluez-vous les réactions politiques contre l’épidémie ?

Le rôle des dirigeants politiques est de protéger leur population. Pour cela, ils doivent préparer leurs pays en temps normal à pouvoir réagir lors de crises à venir. Or, l’Occident a évolué de telle manière que cette mission a été perdue de vue. Désormais, les électeurs exigent que les États coûtent le moins cher possible et que le personnel politique les gère comme de grandes entreprises. Par conséquent, il n’y a plus aujourd’hui de dirigeants politiques occidentaux qui y voient plus loin que le bout de leur nez. Des hommes comme Vladimir Poutine ou Xi Jinping sont qualifiés de « dictateurs » uniquement parce qu’ils ont une vision stratégique de leur fonction, représentant ainsi une école de pensée que les Occidentaux jugent surannée.

Face à une crise, les dirigeants politiques doivent agir. Dans le cas des Occidentaux, ce moment est pour eux inattendu. Ils ne s’y sont jamais préparés. Ils ont été choisis pour leur capacité à faire rêver de lendemains qui chantent, pas pour leur sang-froid, leur adaptabilité et leur autorité. Beaucoup d’entre eux sont humainement des gens représentatifs de leurs électeurs n’ayant donc aucune de ces qualités. Ils prennent donc les mesures les plus radicales de sorte qu’on ne puisse pas les accuser de ne pas en avoir fait assez.

Or, dans ce cas, ils ont trouvé un expert, le professeur Neil Ferguson de l’Imperial College London, qui les a persuadés que la Grande Faucheuse arrivait : un demi-million de morts à venir en France, plus encore au Royaume-Uni, plus du double aux États-Unis. Ses prophéties étaient 2 500 fois supérieures au taux de mortalité en Chine. Or, ce statisticien a l’habitude de prophétiser des calamités sans avoir peur des exagérations. Par exemple, il avait prédit que la grippe aviaire tuerait 65 000 Britanniques alors qu’elle n’a provoqué au total que 457 décès [1]. Il vient heureusement d’être renvoyé par Boris Johnson du SAGE, mais le mal est fait [2].

Paniqué, le personnel politique occidental s’est donc rué sur les conseils d’une autorité sanitaire internationale. L’OMS considérant à juste titre que cette épidémie n’est pas sa priorité au regard d’autres maladies beaucoup plus mortelles, ils se sont tournés vers le CEPI dont ils connaissent tous le directeur, le Docteur Richard Hatchett. Ils l’ont rencontré au Forum économique de Davos ou à la Conférence sur la sécurité de Munich. Ils ont tous été démarchés par lui un jour ou l’autre pour financer l’industrie vaccinale.

Il se trouve que ce Monsieur, lorsqu’il travaillait à la Maison-Blanche, fut l’un des deux auteurs du volet sanitaire du projet politique de Donald Rumsfeld pour le monde [3]. En 2001, celui-ci planifiait une division géographique de l’économie mondiale. Les matières premières seraient exploitées dans les zones instables, les produits transformés fabriqués dans les États stables (dont la Russie et la Chine), et les armes uniquement aux USA. Il convenait donc de militariser la société US et de transférer la majorité des travailleurs dans les sociétés d’armement. En 2005, Rumsfeld chargea le Docteur Hatchett de concevoir un plan de confinement obligatoire à domicile de toute la population US. Il aurait été activé lors d’une attaque bioterroriste comparable à celle perpétrée au Congrès et contre de grands médias avec de l’anthrax en 2001.

C’est ce plan que le Docteur Richard Hatchett a sorti de ses tiroirs et qu’il a présenté aux dirigeants occidentaux qui lui demandaient ses conseils. Il faut bien comprendre que le confinement obligatoire généralisé n’a jamais existé. Il n’a aucun rapport avec l’isolation de malades. Ce n’est pas du tout une mesure médicale, mais un moyen de transformer les sociétés. Jamais la Chine n’y a eu recours, ni lors de l’épidémie de H1N1 [4], ni lors de celle de SRAS [5], ni lors de celle de Covid-19 [6]. Le confinement de la ville de Wuhan, début 2020, était une mesure politique du gouvernement central afin de reprendre en main cette province mal gérée par le pouvoir local, pas une mesure médicale.

Aucun ouvrage épidémiologique au monde n’a jamais discuté le confinement généralisé obligatoire et ne l’a encore moins conseillé.

Peut-être, mais en France nous ne sommes pas confinés pour combattre la maladie, mais pour l’étaler dans le temps de manière à ne pas surcharger les hôpitaux, pour empêcher d’avoir à choisir parmi les malades que nous pourrions soigner et ceux que nous devrions laisser mourir.

Pas du tout. Cet argument n’est pas venu avant, mais après la décision. C’est juste une excuse des politiques pour leur mauvaise gestion. Certes, en France, les services de réanimation des hôpitaux publics ont rapidement été saturés dans deux régions. Aussi a-t-on transféré des patients en cours de réanimation dans d’autres régions, voire en Allemagne. Mais il y avait quantité de lits disponibles dans les cliniques privées.

C’est ce que je disais au début de cette conversation : nos dirigeants politiques sont inaptes à gérer des crises. Leur conception de l’État leur interdit d’agir. Ils sont incapables de penser une coordination entre secteur public et secteur privé, à l’exception de certains présidents de région. Mais il ne s’agit pas ici de la traditionnelle opposition entre État central et régions. Par exemple, au début de l’épidémie, les laboratoires libéraux n’avaient pas les moyens de procéder à des tests de dépistage à grande échelle. Le gouvernement n’a pas été capable de réquisitionner les laboratoires des ministères de la Recherche et surtout de l’Agriculture à l’urgence de santé publique. Pourtant, les chercheurs et les vétérinaires ne cessaient de proposer leurs services.

D’accord pour les hôpitaux et les tests, mais vous avez aussi contesté les masques.

Oui, depuis un siècle, les soignants ont attesté l’utilité des masques chirurgicaux dans les blocs opératoires et lors de soins post-opératoires. Mais ces situations n’ont rien à voir avec celle du quidam aujourd’hui.

Actuellement de très nombreux syndicats et académies préconisent le port du masque obligatoire pour tous dans les lieux publics. C’est rassurant, mais cela ne sert à rien face au Covid-19. D’ailleurs, faute de masques chirurgicaux, on en vient à porter n’importe quel bout de tissus couvrant le nez et la bouche mais dépourvu des qualités de filtrage des masques chirurgicaux. Contrairement à une idée répandue, la contamination ne s’opère pas par les postillons eux-mêmes, mais par les virus qu’ils disséminent dans l’air jusqu’à 8 mètres d’une personne qui crie ou éternue. Encore faut-il être réceptif à ce virus pour être contaminé, ce qui n’est pas le cas de tous. Et encore faut-il être immunitairement fragile pour développer cette maladie.

Parce qu’ils ne savent pas que faire, nos gouvernants recourent au confinement généralisé et aux masques pour tous. Nul n’a prouvé que ces mesures aient un impact sur l’épidémie, mais tous y croient. C’est l’effondrement de la culture occidentale : jadis, nous raisonnions sereinement, aujourd’hui nous portons des gris-gris, des masques, nous sombrons dans la magie.

Il y a un enfant qui est mort du Covid-19 en France.

Ce qui est vrai en termes individuels est absolument faux en termes collectifs. L’âge médian des personnes décédées en France est de 84 ans ! Cela signifie que la moitié d’entre elles avaient plus de 84 ans.

Mais alors si le confinement est absurde et si les masques ne servent à rien, que faut-il faire ?

Je n’ai pas dit que le confinement était absurde en soi. J’ai parlé d’une mesure obligatoire et aveugle. Dans toutes les épidémies, il convient de confiner les personnes malades, mais elles seules. Et je ne reconnais aucune légitimité à un pouvoir qui dresse des amendes, envoie en prison voire tire sur des citoyens qui refusent d’être assignés à résidence chez eux pour une durée indéterminée.

La Santé publique ne s’assure pas avec des contraintes, mais avec de la confiance. Et nul ne doit être protégé contre lui-même. Il me paraît indigne d’empêcher des personnes âgées de recevoir leur famille si elles le souhaitent. Peut-être seront-elles contaminées, peut-être tomberont-elles malades et peut-être mourront-elles, mais ce sera leur choix. La seule chose dont nous soyons sûrs en naissant, c’est de mourir. La vie est un long chemin pour s’y préparer et les vieillards ont le droit de préférer vivre avec leurs proches plutôt que quelques années de plus.

Les épidémies se soignent toujours de la même manière : des mesures d’hygiène —se laver et aérer— et isoler les malades chez eux ou à l’hôpital afin de les soigner. Tout le reste n’est que du cinéma. Il faut revenir aux bases et non pas imaginer des contraintes.

Comment est-il possible que nos dirigeants nous aient imposé un projet fasciste US ?

Je comprends bien ce que voulez dire par fasciste, mais ce n’est pas très approprié. Le fascisme est une idéologie répondant à la crise du capitalisme de 1929, Rumsfeld en a certes de nombreuses caractéristiques, mais il pense à partir d’un autre monde.

Le Docteur Hatchett n’a jamais eu à répondre de son projet totalitaire aux USA. Mais Donald Rumsfeld non plus. Et en définitive personne n’a jamais eu à répondre de ce qui s’est passé après les attentats du 11 septembre 2001, parce que nous avons collectivement décidé de ne pas faire la lumière sur les attentats eux-mêmes. Ce crime originel n’a donc pas cessé d’avoir des conséquences. L’administration Obama a continué à mettre fidèlement en œuvre le projet Rumsfeld en Libye, en Syrie et au Yémen (doctrine Cebrowski). Et puisque l’administration Trump s’y est fermement opposée, nous voyons les anciens collaborateurs de Rumsfeld poursuivre son œuvre à travers d’autres structures que l’État fédéral US. Que nous le voulions ou non, cela continuera jusqu’à ce que l’on rouvre ce dossier.

Excusez-moi de revenir en arrière, mais si le confinement obligatoire et généralisé n’était qu’une mesure autoritaire sans but médical, pourquoi est-il si difficile de déconfiner ?

Non, ce n’est pas difficile. Il suffit de redevenir libres. Le problème, c’est qu’on ne connaît pas beaucoup mieux ce virus qu’il y a deux mois et que l’on est désormais empêtrés dans des savoirs imaginaires.

Les courbes de l’épidémie sont à peu près les mêmes dans tous les pays touchés quelles que soient les mesures mises en place. Seuls deux types de pays se détachent du lot : d’un côté ceux qui pour une raison inconnue n’ont pas été touchés, comme par exemple ceux de la péninsule indochinoise (Vietnam-Laos-Cambodge-Thaïlande) ; d’un autre ceux qui ont réagi beaucoup plus vite que les autres en isolant immédiatement les malades et en les soignant, comme Taïwan. Donc quelle que soit la manière dont on déconfine, il y aura certes un plus ou moins grand nombre de gens contaminés, mais cela ne devrait pas avoir d’impact.

Les gouvernements continueront-ils le confinement obligatoire jusqu’à la découverte d’un vaccin ?

J’ignore si l’on trouvera un jour un vaccin. Cela fait 35 ans que l’on en cherche un contre le Sida. Au demeurant, il n’est pas plus probable que l’épidémie de Covid-19 durera plus longtemps que celle des autres coronavirus, le SRAS ou le MERS.

Le vaccin comme les nouveaux médicaments sont des enjeux économiques considérables. Certains laboratoires pharmaceutiques sont prêts à tout pour empêcher que les médecins soignent les gens avec des médicaments bon marché. Souvenez-vous comment Donald Rumsfeld, lorsqu’il dirigeait Gilead Science a fait fermer l’usine d’Al-Shifa qui fabriquait des médicaments contre le sida sans lui payer de royalties : il l’a faite bombarder par le démocrate Bill Clinton en prétendant qu’elle appartenait à Al-Qaïda, ce qui était absolument faux. Et précisément, le Docteur Hatchett dirige aujourd’hui la plus importante association vaccinale, la CEPI.

Que va-t-il se passer maintenant ?

Nous voyons une rupture considérable dans certaines sociétés occidentales en quelques semaines. En France, des libertés fondamentales ont été suspendues, dont le droit de tenir des meetings et de manifester. 13 millions de travailleurs ont été placés au chômage partiel. Ils sont temporairement devenus des assistés. L’école va reprendre, mais ne sera plus obligatoire, les parents choisiront d’y envoyer leurs enfants ou pas. Etc. Ceci n’est pas la conséquence de l’épidémie mais, ainsi que je viens de vous l’expliquer, la conséquence des réactions politiques ineptes à l’épidémie.

Le confinement généralisé obligatoire avait été pensé par l’équipe de Donald Rumsfeld pour transformer la société US. Ce projet n’a pas été appliqué aux USA, mais quinze ans plus tard en Europe. Le transfert d’un continent à l’autre illustre le caractère transnational du capitalisme financier dont Rumsfeld est le pur produit. Il n’y a pas de raison pour que ceux qui ont financé l’équipe Rumsfeld ne poursuivent pas leur projet politique désormais en Europe.

Dans ce cas, dans les années à venir, une très grande partie des travailleurs européens sera transférée dans l’industrie d’armement. L’Otan, que le président Macron croyait en état de mort cérébrale, et son volet civil, l’Union européenne, dont les membres se sont entre-déchirés ces dernières semaines pour se voler des cargaisons de masques, seront réorganisés. Ces deux organisations poursuivront la destruction systématique de toutes les structures étatiques du Moyen-Orient élargi, débutée en 2001, puis du Bassin des Caraïbes.

Cependant, les hommes de Rumsfeld ont commis une erreur. En masquant leur projet de 2006, ils ont donné l’impression de prendre modèle sur la Chine lorsqu’ils ont imposé le confinement généralisé obligatoire. La Chine, et non plus les États-Unis, est devenue de facto le référent intellectuel des Européens. Il va donc devenir obsessionnel de l’empêcher de poursuivre la construction des routes de la soie. Il va falloir l’endiguer.

Les épidémies ne provoquent pas de révolutions, mais les guerres et les désastres économiques en suscitent. Aujourd’hui, par la faute de nos gouvernants, les économies de l’UE sont ruinées et nous nous préparons à la guerre. Nous allons traverser une époque charnière d’où le meilleur comme le pire peut surgir.

Cette évolution du monde sera la réponse à la disparition des classes moyennes impliquée par la globalisation financière et dénoncée par les Gilets jaunes, comme la Seconde Guerre mondiale a été une réponse à l’épuisement des empires coloniaux et à la crise du capitalisme des cartels en 1929.

La France a déjà vécu un tel drame. C’était en 1880-81, lorsque le capitalisme industriel d’alors ne parvenait plus à exploiter les ouvriers face aux débuts des syndicats. Jules Ferry expulsa certaines congrégations religieuses et créa l’école laïque obligatoire afin d’arracher les enfants à l’influence de l’Église catholique. Il les fit éduquer par des partisans du militarisme, les « hussards noirs ». Il en fit les soldats de son projet colonial. Durant 35 ans, la France a asservi de nombreux peuples étrangers, puis est entrée en rivalité avec la puissance émergente de l’époque, l’Allemagne, et s’est trouvée précipitée dans la Première Guerre mondiale.

Nous allons connaître en Europe les mêmes débats que les États-Unis ont vécu vingt ans plus tôt. Nous devons absolument refuser d’être embarqués dans de tels crimes. Ce sera le combat des années à venir. Ce sera le vôtre.Thierry Meyssan

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[1] « Covid-19 : Neil Ferguson, le Lyssenko libéral » , par Thierry Meyssan , Réseau Voltaire , 18 avril 2020.

[2] « Neil Ferguson démissionne du SAGE », Réseau Voltaire, 6 mai 2020.

[3] « Le Covid-19 et l’Aube rouge » , par Thierry Meyssan , Réseau Voltaire , 28 avril 2020.

[4A Comprehensive Evaluation on Emergency Response in China : The Case of Pandemic Influenza (H1N1) 2009, Lan Xue & Guang Zeng, Springer (2018).

[5SARS : how a global epidemic was stopped, WHO (2006). Sars. Reception and Interpretation in Three Chinese Cities, Routledge (2006). The SARS Epidemic. Challenges To China’s Crisis Management, John Wong & Zheng Yongnian, World Scientific Publishing Company (2004).

[6] « Covid-19 : L’Occident face à l’exemple chinois », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 9 mai 2020.

https://www.voltairenet.org/article209805.html

Comment penser la suite du confinement de la planète ?

Comment penser la suite du confinement de la planète ?


L’époque appelle à agir en poètes plutôt qu’en politiciens


Par Pepe Escobar − Le 29 avril 2020 − Source Global Research

1 Crédit photo : Le Triomphe de la Mort, fresque, Palerme, Italie (artiste inconnu).

Entre l’irresponsabilité des élites et la fragmentation totale de la société civile, la Covid-19 en tant que coupe-circuit montre comment le roi – le système – est nu.

Nous sommes entraînés dans une danse macabre de multiples systèmes complexes « enchevêtrés », produisant toutes sortes de boucles de rétroaction pour la plupart négatives.

Ce que nous savons déjà avec certitude, comme Shoshana Zuboff l’a détaillé dans « The Age of Surveillance Capitalism« , c’est que « le capitalisme industriel a suivi sa propre logique shock and awe – choc et effroi » pour conquérir la nature. Mais maintenant, le capitalisme de surveillance « a la nature humaine dans sa ligne de mire ».

Dans « The Human Planet : How We Created the Anthropocene« , analysant l’explosion de la croissance démographique, l’augmentation de la consommation d’énergie et un tsunami d’informations « provoqué par les boucles de rétroaction positive du réinvestissement et du profit », Simon Lewis et Mark Maslin de l‘University College de Londres suggèrent que notre mode de vie actuel est le « moins probable » parmi plusieurs possibles. « Un effondrement ou un passage à un nouveau mode de vie est plus probable ».

Alors que la dystopie et la paranoïa de masse semblent être la loi du pays – ensauvagé – les analyses de Michel Foucault sur la biopolitique n’ont jamais été aussi opportunes, les États du monde entier prenant le contrôle du biopouvoir, le contrôle de la vie et du corps des gens.

David Harvey, une fois de plus, montre à quel point Marx était prophétique, non seulement dans ses analyses du capitalisme industriel mais, d’une certaine manière, dans « Grundrisse : Les fondements de la critique de l’économie politique – et même la prévision des mécanismes du capitalisme numérique :

Marx, écrit Harvey, « parle de la façon dont les nouvelles technologies et le savoir sont intégrés dans la machine : ils ne sont plus dans le cerveau de l’ouvrier, et l’ouvrier est poussé à côté pour devenir un appendice de la machine, un simple machiniste. Toute l’intelligence et tout le savoir, qui appartenaient aux travailleurs et qui leur conféraient un certain pouvoir de monopole vis-à-vis du capital, disparaissent ».

Ainsi, ajoute Harvey, « le capitaliste qui avait autrefois besoin des compétences de l’ouvrier est maintenant libéré de cette contrainte, et la compétence est incarnée dans la machine. Le savoir produit par la science et la technologie est intégré à la machine, et la machine devient l’âme du dynamisme capitaliste ».

Vivre en « psycho-déflation »

Un effet immédiat – économique – de la collision de systèmes complexes est l’arrivée de la Nouvelle Grande Dépression. En attendant, très peu de gens tentent de comprendre en profondeur le confinement de la planète – et cela vaut surtout pour l’après-confinement. Pourtant, quelques concepts ressortent déjà. État d’exception. Nécropolitique. Une nouvelle « brutalisme ». Et, comme nous le verrons, un nouveau paradigme viral.

Passons donc en revue certains des meilleurs et des plus brillants éléments à l’avant-garde de la pensée de la Covid-19. Une excellente feuille de route est fournie par Sopa de Wuhan (« Soupe de Wuhan »), une collection indépendante réunie en espagnol, comprenant des essais de, entre autres, Giorgio Agamben, Slavoj Zizek, Judith Butler, David Harvey, le Sud-Coréen Byung-Chul Han et l’Espagnol Paul Preciado.

Ces deux derniers, ainsi qu’Agamben, ont été cités en référence dans des essais précédents de cette série, sur les stoïciens, Héraclite, Confucius, Bouddha et Lao Tseu, et sur la philosophie contemporaine qui examine La ville sous la Peste.

Franco Berardi, une icône étudiante de 1968, aujourd’hui professeur de philosophie à Bologne, propose le concept de « psycho-déflation » pour expliquer notre situation actuelle. Nous vivons une « épidémie psychique … générée par un virus car la Terre a atteint un stade d’irritation extrême, et le corps collectif de la société souffre depuis un certain temps d’un état de stress intolérable : la maladie se manifeste à ce stade, dévastatrice dans les sphères sociale et psychique, comme une réaction d’autodéfense du corps planétaire ».

Ainsi, comme le soutient Berardi, un « virus sémiotique dans la psycho-sphère bloque le fonctionnement abstrait de l’économie, en y soustrayant des corps ». Seul un virus serait capable d’arrêter l’accumulation de capital mort sur ses traces : « Le capitalisme est dogmatique, il fonctionne sur un principe non vérifié : la nécessité d’une croissance illimitée qui rend possible l’accumulation de capital.
Toute concaténation logique et économique est cohérente avec cet axiome, et rien ne peut être tenté en dehors de lui Il n’y a pas de moyen politique de sortir du Capital dogmatique, il n’y a pas de possibilité de détruire le système », car même la langue est otage de cet axiome et ne permet pas la possibilité de quoi que ce soit « d’efficacement extra-systémique ».

Alors que reste-t-il ? « La seule issue est la mort, comme nous l’a appris Baudrillard ». Le regretté grand maître du simulacre prévoyait déjà un blocage systémique dans les années 80, à l’époque post-moderniste.

Le philosophe croate Srecko Horvat, en revanche, propose une hypothèse moins conceptuelle et plus réaliste sur l’avenir immédiat : « La crainte d’une pandémie est plus dangereuse que le virus lui-même. Les images apocalyptiques des médias de masse cachent un lien profond entre l’extrême droite et l’économie capitaliste. Comme un virus qui a besoin d’une cellule vivante pour se reproduire, le capitalisme s’adaptera à la nouvelle biopolitique du 21e siècle ».

Pour le chimiste et philosophe catalan Santiago Lopez Petit, le coronavirus peut être considéré comme une déclaration de guerre : « Le néolibéralisme s’habille sans complexe d’un état de guerre. Le capital a peur », alors même que « l’incertitude et l’insécurité invalident la nécessité d’un tel état de guerre« . Pourtant, il doit y avoir des possibilités créatives lorsque « la vie obscure et paroxystique, incalculable dans son ambivalence, échappe à l’algorithme ».

Notre exception normalisée

Giorgio Agamben a suscité une immense controverse en Italie et dans toute l’Europe lorsqu’il a publié fin février une chronique sur « l’invention d’une épidémie ». Il a dû ensuite expliquer ce qu’il voulait dire. Mais sa principale intuition reste valable : l’état d’exception a été complètement normalisé.

Et il y a pire encore : « Un nouveau despotisme, qui en termes de contrôles omniprésents et de cessation de toute activité politique, sera pire que les totalitarismes que nous avons connus jusqu’à présent ».

Agamben redouble ses analyses sur la science comme religion de notre temps : « L’analogie avec la religion est prise au pied de la lettre ; les théologiens ont déclaré qu’ils ne pouvaient pas définir clairement ce qu’est Dieu, mais en son nom ils dictaient des règles de conduite aux hommes et n’hésitaient pas à brûler les hérétiques. Les virologistes admettent qu’ils ne savent pas exactement ce qu’est un virus, mais en son nom, ils prétendent décider de la façon dont les êtres humains doivent vivre ».

Le philosophe et historien camerounais Achille Mbembe, auteur de deux livres indispensables, « Nécropolitique » et « Brutalisme« , a identifié le paradoxe de notre temps : « L’abîme entre la mondialisation croissante des problèmes de l’existence humaine et le repli des États à l’intérieur de leurs propres frontières démodées« .

Mbembe plonge dans la fin d’un certain monde, « dominé par des dispositifs de calcul géants », un « monde mobile au sens le plus polymorphe, viral et quasi cinématographique », en référence à l’omniprésence des écrans – Baudrillard encore, déjà dans les années 80 – et à la lexicographie, « qui révèle non seulement un changement de langage mais la fin du mot ».

Ici, Mbembe dialogue avec Berardi – mais Membe va beaucoup plus loin : « Cette fin de la parole, ce triomphe définitif du geste et des organes artificiels sur la parole, le fait que l’histoire de la parole se termine sous nos yeux, c’est pour moi le développement historique par excellence, celui que la Covid-19 dévoile. »

Les conséquences politiques sont, inévitablement, désastreuses : « Une partie de la politique de puissance des grandes nations ne ment pas avec le rêve d’une organisation automatisée du monde grâce à la fabrication d’un Homme Nouveau qui serait le produit d’un assemblage physiologique, d’un assemblage synthétique et électronique et d’un assemblage biologique ? Appelons cela du techno-libertarianisme ».

Cette situation n’est pas exclusive à l’Occident : « La Chine y est aussi, de façon vertigineuse. »

Ce nouveau paradigme d’une pléthore de systèmes automatisés et de décisions algorithmiques « où l’histoire et la parole n’existent plus est en choc frontal avec la réalité des corps en chair et en os, des microbes, des bactéries et des liquides de toutes sortes, sang compris ».

L’Occident, affirme Mbembe, a choisi il y a longtemps « d’imprimer un cours dionysiaque à son histoire et d’emporter le reste du monde avec lui, même s’il ne le comprend pas. L’Occident ne connaît plus la différence entre le début et la fin. La Chine est également dans la course. Le monde a été plongé dans un vaste processus de dilacération dont personne ne peut prévoir les conséquences ».

Mbembe est terrifié par la prolifération des « manifestations vivantes de la partie bestiale et virale de l’humanité », y compris le racisme et le tribalisme.

Cela, ajoute-t-il, est conforme à notre nouveau paradigme viral.
Son analyse concorde certainement avec celle d’Agamben : « J’ai le sentiment que le brutalisme va s’intensifier sous la poussée du techno-libertarianisme, qu’il soit en Chine ou caché sous les oripeaux de la démocratie libérale. De même que le 11 septembre a ouvert la voie à un état d’exception généralisé, et à sa normalisation, la lutte contre le Covid-19 servira de prétexte pour déplacer le politique encore plus vers le domaine de la sécurité ».

Mais cette fois-ci, ajoute M. Mbembe, « il s’agira d’une sécurité presque biologique, avec de nouvelles formes de ségrégation entre les « corps immunitaires«  et les « corps viraux ». Le viralisme deviendra le nouveau théâtre du fractionnement des populations, désormais identifiées comme des espèces distinctes ».

On dirait bien du néo-médieval, une reconstitution numérique de la fabuleuse fresque Le Triomphe de la Mort à Palerme.

Des poètes, pas des politiciens

Il est utile d’opposer cette morosité à la perspective d’un géographe. Christian Grataloup, qui excelle dans la géo-histoire, insiste sur le destin commun de l’humanité, il fait ici écho à Xi Jinping et au concept chinois de « communauté de destin partagée » « Il y a un sentiment d’identité sans précédent. Le monde n’est pas simplement un système spatial économique et démographique, il devient un territoire. Depuis les Grandes Découvertes, ce qui était global se rétrécissait, résolvant beaucoup de contradictions ; maintenant, nous devons apprendre à le reconstruire, à lui donner plus de consistance car nous risquons de le laisser pourrir sous les tensions internationales ».

Ce n’est pas la crise du Covid-19 qui conduira à un autre monde, mais la réaction de la société à la crise. Il n’y aura pas de nuit magique – avec des performances de pop stars de la « communauté internationale » – où la « victoire » sera annoncée à l’ancienne Planète Confinement.

Ce qui compte vraiment, c’est un long et difficile combat politique pour nous faire passer à l’étape suivante. Les conservateurs extrêmistes et les techno-libertariens ont déjà pris l’initiative – du refus de tout impôt sur les riches pour soutenir les victimes de la nouvelle Grande Dépression à l’obsession de la dette qui empêche d’augmenter les dépenses publiques nécessaires.

Dans ce cadre, je propose d’aller au-delà de la biopolitique de Foucault. Gilles Deleuze peut être le concepteur d’une nouvelle liberté radicale. Voici une délicieuse série britannique que l’on peut apprécier comme s’il s’agissait d’une approche sérieuse de Deleuze à la manière des Monty Python.

Foucault a excellé dans la description de la façon dont le sens et les cadres de la vérité sociale changent au fil du temps, constituant de nouvelles réalités conditionnées par le pouvoir et la connaissance.

Deleuze, en revanche, s’est concentré sur la façon dont les choses changent. Le mouvement. Rien n’est stable. Rien n’est éternel. Il a conceptualisé le flux à la manière d’Héraclite

De nouvelles espèces, même le nouvel Übermensch créé par l’intelligence artificielle, évoluent en relation avec leur environnement. C’est avec Deleuze que nous pouvons étudier comment les espaces entre les choses créent des possibilités pour Le choc du Nouveau.

Plus que jamais, nous savons maintenant comment tout est connecté – merci, Spinoza. Le monde – numérique – est tellement compliqué, connecté et mystérieux que cela ouvre un nombre infini de possibilités.

Déjà dans les années 70, Deleuze disait que la nouvelle carte – le potentiel inné de la nouveauté – devrait être appelée « le virtuel ». Plus la matière vivante devient complexe, plus elle transforme ce virtuel en action spontanée et en mouvements imprévus.

Deleuze a posé un dilemme qui nous confronte tous aujourd’hui de manière encore plus brutale. Le choix est entre « le poète, qui parle au nom d’une puissance créatrice, capable de renverser tous les ordres et toutes les représentations pour affirmer la différence dans l’état de révolution permanente qui caractérise l’éternel retour : et celui du politicien, qui a surtout le souci de nier ce qui diffère, afin de conserver ou de prolonger un ordre historique établi, ou d’établir un ordre historique qui appelle déjà dans le monde les formes de sa représentation ».

L’heure est aux poètes plutôt qu’aux politiciens.

La méthodologie peut être proposée par le formidable ouvrage de Deleuze et Guattari, Mille plateaux sous-titré de façon significative « Capitalisme et schizophrénie », où le mouvement est non linéaire. Il s’agit de philosophie, de psychologie, de politique reliées par des idées qui courent à des vitesses différentes, un mouvement vertigineux et continu mêlant des lignes d’articulation, dans différentes strates, dirigées vers des lignes de fuite, des mouvements de dé-territorialisation.

Le concept de « lignes de vol » est essentiel pour ce nouveau paysage virtuel, car le virtuel est conformé par des lignes de vol entre les différences, dans un processus continu de changement et de liberté.

Mais toute cette frénésie doit avoir des racines – comme dans les racines d’un arbre de la connaissance. Et cela nous amène à la métaphore centrale de Deleuze ; le rhizome, qui n’est pas seulement une racine, mais une masse de racines qui jaillissent dans de nouvelles directions.

Deleuze a montré comment le rhizome relie les assemblages de codes linguistiques, les relations de pouvoir, les arts – et, de manière cruciale, la biologie. L’hyperlien est un rhizome. Il représentait autrefois un symbole de l’absence délicieuse d’ordre sur Internet, jusqu’à ce qu’il soit avili lorsque Google a commencé à imposer ses algorithmes. Les liens, par définition, devraient toujours nous conduire vers des destinations inattendues.

Les rhizomes sont les antithèses de ces traits standards de la « démocratie » libérale occidentale – le Parlement et le Sénat. En revanche, les pistes – comme celle de Ho Chi Minh – sont des rhizomes. Il n’y a pas de plan directeur. De multiples entrées et de multiples possibilités. Pas de début et pas de fin. Comme Deleuze l’a décrit, « le rhizome fonctionne par variation, expansion, conquête, capture, ramification. »

Cela peut servir de modèle pour une nouvelle forme d’engagement politique – lorsque la conception systémique s’effondrera. Il incarne une méthodologie, une idéologie, une épistémologie et c’est aussi une métaphore. Le rhizome est intrinsèquement progressif, tandis que les traditions sont statiques. En tant que métaphore, le rhizome peut remplacer notre conception de l’histoire comme linéaire et singulière, offrant différentes histoires se déplaçant à des vitesses différentes. Le concept TINA (« There Is No Alternative » [cf Margaret Thatcher, paraphrasant le philosophe libéral Herbert Spencer du XiXème siècle, NdT]) est mort : il existe de nombreuses alternatives.

Et cela nous ramène à David Harvey inspiré par Marx. Pour s’engager sur un nouveau chemin d’émancipation, il faut d’abord s’émanciper pour voir qu’un nouvel imaginaire est possible, à côté d’une nouvelle réalité de systèmes complexes.

Alors, détendons-nous – et dé-territorialisons. Si nous apprenons à le faire, l’avènement du New Techno Man en servitude volontaire, télécommandé par un État sécuritaire tout-puissant et visionnaire, ne sera pas un fait acquis.
Deleuze : un grand écrivain est toujours comme un étranger dans la langue à travers laquelle il s’exprime, même si c’est sa langue maternelle. Il ne mélange pas une autre langue avec sa propre langue ; il sculpte une langue étrangère inexistante dans sa propre langue. Il fait crier, bégayer, murmurer la langue elle-même. Une pensée doit s’élancer de manière rhizomatique – dans de nombreuses directions.

J’ai un rhume. Le virus est un rhizome.

Vous vous souvenez quand Trump a dit que c’était un « virus étranger » ?

Tous les virus sont étrangers – par définition.

Mais Trump, bien sûr, n’a jamais lu « Naked Lunch » du grand William Burroughs.

Burroughs : « Le mot est un virus. »

Pepe Escobar

Note du Saker Francophone

Pepe Escobar convoque à l'appui de ses envolées philosophiques des personnes telles que Deleuze, Guattari, Foucault, Baudrillard - il a zappé Derrida - soit toute la fine fleur à l'origine de l'émergence de la French Theory qui a connu un franc succès dans les Universités américaines à partir des années 80 - aboutissant au cortège sinistre des gay prides, des ayatollahs du genre, des féministes hystériques à la #Metoo, du racisme antiblanc, de l'intolérance etc. - et, pour finir, à la mort de la pensée.

Si c'est avec ça que Pepe veut faire un monde nouveau, non merci. Ou alors il faudra qu'il relise ces auteurs sérieusement.

PS : nous respectons profondément les penseurs cités ici dont le travail a été une révélation pour toute une génération. Mais comme il arrive souvent leurs découvertes ont été détournées, à l'instar de ce qui est arrivé avec la science de l'atome.

Derrida lui-même a souffert, sur le tard, à la vue du Frankenstein que ses théories avaient engendré. Il a expliqué qu'il ne pouvait pas se retenir de penser et d'écrire ce qu'il pensait, même s'il le regrette, une victime en somme !
https://youtu.be/qoKnzsiR6Ss

Traduit par Michel, relu par Hervé pour Le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/comment-penser-la-suite-du-confinement-de-la-planete

Coronavirus : 90 % des contaminations se produiraient de façon aéroportée dans les lieux clos et mal ventilés

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Coronavirus : 90 % des contaminations se produiraient de façon aéroportée dans les lieux clos et mal ventilés

 | 18 mai 2020 | par Caducee.net |  |  Partager

illustrationPartager un espace confiné, mal ventilé pendant une ou plusieurs heures constituerait le dénominateur commun à la grande majorité des situations propices à la contagion du Coronavirus SARS CoV-2. Si la transmission du virus par les microgouttelettes à l’occasion d’une toux ou d’un éternuement est établie depuis le début de l’épidémie, un faisceau d’indices concordant laisse à penser que son transport aéroporté sous forme d’aérosols serait à l’origine d’un nombre tout aussi important de contaminations. Si les preuves formelles manquent encore, le principe de précaution devrait inciter les autorités sanitaires à revoir une fois de plus leur doctrine de port de masque.

Les contaminations se produisent dans des lieux clos

Une étude publiée le 7 avril sur medRxiv a compulsé les données issues du registre des contaminations s’étant produites entre le 4 janvier et le 11 février 2020 dans 320 villes chinoises situées en dehors de la province de Hubei (alors partiellement mise en quarantaine à compter du 22 janvier).

7324 cas de contaminations étaient suffisamment documentés pour être inclus dans l’étude. Les auteurs ont défini un cluster comme un minimum de 3 contaminations qui se sont produites dans le même lieu durant une courte période de temps et un foyer épidémique comme l’ensemble des cas de contaminations ayant comme origine le même patient.

Sur les 318 foyers épidémiques qui ont pu être recensés :

  • 53,8 % impliquaient 3 cas, 26,4 % 4 cas et 1,6 % dix cas ou plus.
  • 79,9 % impliquaient le domicile des patients, 34 % les transports (un foyer peut être lié à plusieurs lieux de contamination)
  • Un seul foyer impliquant deux cas s’est produit en extérieur
  • Tous les foyers impliquant 3 cas ou plus se sont produits dans des lieux fermés.

Au vu des résultats obtenus, les auteurs positionnent le partage d’un espace clos comme un facteur de risque majeur de contamination du coronavirus.

Ces données semblent confirmées par une autre étude sur 110 cas japonais qui suggère que les environnements clos contribuent de façon prépondérante à la transmission secondaire du Coronavirus. Selon les auteurs, les risques de contaminations dans un environnement intérieur étaient 18,7 plus élevés que dans un environnement extérieur (95 % [IC] : 6,0, 57,9)

90 % des foyers épidémiques se produisent dans des espaces clos selon Erin Bromage

Erin Bromage est professeur agrégé de Biologie à l’université Dartmouth dans le Massachusetts aux États-Unis. Il y donne des cours sur les maladies infectieuses et l’immunologie. Dans un long billet publié sur son blog, il explique que 90 % des chaines de contaminations auraient été initiés dans des lieux clos et mal ventilés où une forte densité de personnes est maintenue pendant plusieurs heures.

Pour étayer son propos, il passe en revue les principaux cas de « super » foyers épidémiques qui se sont produits en dehors des hôpitaux ou des EHPAD comme autant de situations à risque contre lesquelles se prémunir à la sortie du confinement.

Cas des usines de conditionnement de viande

Près de 5000 cas de contamination se sont produits aux États-Unis dans 115 usines de conditionnement de viande au 1er mai 2020 selon le CDC américain. Dans ces usines où les chambres froides sont propices à la conservation des virus, les ouvriers sont très proches les uns des autres et doivent communiquer régulièrement de façon rapprochée pour couvrir le bruit des machines. Pour le CDC, si les distances sociales ne peuvent être respectées du fait de l’organisation du travail sur les lignes de production, le port de masque de protection respiratoire, une désinfection régulière des chaines de production et une hygiène des mains irréprochable sont d’autant plus nécessaires.

Cas de la conférence de Biogen

La conférence organisée par Biogen du 26 au 28 février à Boston réunissait 175 cadres sur le thème du leadership. Au programme des conférences, de nombreux entretiens informels, mais aussi des petits déjeuners et de longs repas d’affaires ponctués de cérémonies avec remises de récompenses incluant accolades, embrassades et toasts multiples. Autant d’occasions de voir confinée dans un même lieu une forte densité de personnes. Il n’aura fallu que deux jours pour que 2 de ces 175 cadres qui revenaient d’Italie ne contaminent pas moins de 70 de leurs collègues, soit plus des trois quarts des cas enregistrés dans l’état du Massachusetts à la date 13 mars 2020.

Pour le CDC américain, il s’agit d’un des principaux foyers à l’origine de l’épidémie aux États-Unis avec les célébrations du Mardi gras en Louisiane ainsi qu’une cérémonie funéraire ayant regroupé une centaine de personnes en Georgie.

Dans son blog Erin Bromage précise que 10 % des foyers épidémiques se sont produits à l’occasion de mariages, d’enterrements et d’anniversaires.

Cas du centre d’appel coréen

Selon un autre rapport du CDC, dans un centre d’appel en Corée du Sud, un seul employé a contaminé en une semaine 97 de ses collègues sur un total de 1143 personnes travaillant dans le même bâtiment. Si les bureaux sont répartis sur plusieurs étages, 94 des 97 contaminations se sont produites au même étage en dépit du fait que de nombreuses interactions sociales se produisent à d’autres étages durant les pauses. Presque toutes les personnes contaminées travaillaient sur le même côté du bâtiment au 11e étage.

La Corée du SUD ne s’est pas confinée pendant l’épidémie et les employés avaient pour consigne de porter un masque même pour répondre au téléphone. Or, dans cet environnement synonyme de promiscuité et d’horaires à rallonge, certains employés prennent leur déjeuner sur le pouce, devant leur écran et donc forcément démasqué.

Pour le CDC, c’est la durée de l’exposition ou les contacts qui a été déterminante dans la propagation du virus dans ce foyer épidémique.

« Avec un taux de contamination de 43,5 % si on limite l’analyse des cas au même étage, ce foyer épidémique illustre de façon alarmante que le coronavirus peut être exceptionnellement contagieux dans les bureaux bondés comme les centres d’appels. L’ampleur de l’épidémie illustre comment un environnement de travail à haute densité peut devenir un site à haut risque pour la propagation du COVID-19 et potentiellement une source de transmission ultérieure. »

Les descriptions de ces foyers épidémiques semblent illustrer le rôle majeur dans la propagation du virus de la durée d’exposition dans des espaces clos à forte densité humaine. Au contraire les environnements extérieurs seraient bien moins propices à la contagion sauf en cas d’attroupement pendant une longue période. Pour autant ces études épidémiologiques ne nous permettent pas de déterminer si les contaminations se sont produites de façon manuportée ou aéroportée par des microgouttelettes voire des aérosols.

Pour en savoir plus sur ce point, il faut se pencher sur d’autres enquêtes épidémiologiques qui nous livrent des éléments qui plaident clairement en faveur d’une prépondérance des transmissions aéroportées sur les transmissions manuportées.

Les contaminations sont aéroportées

Cas du restaurant climatisé

Le 23 janvier 2020, en chine, 9 personnes ont été contaminées par un patient asymptomatique dans un restaurant climatisé situé dans bâtiment sans fenêtre de 5 étages. Chaque étage dispose de sa propre climatisation. 83 personnes prennent leur repas dans un salon de 145 m² sur des tables séparées d’un mètre.

La personne infectée a pris son repas avec 8 autres personnes à la table A pendant une durée d’environ 90 minutes. 4 personnes de la table A sont tombées malades en plus du patient 0.

La table B est située « sous le vent » par rapport au flux d’air de la climatisation du restaurant. 3 des 4 personnes de la table B ont été contaminés.

La table C est située « au vent » par rapport à la table A, juste sous le climatiseur. 2 personnes sur 7 tomberont malades.

Aucune des personnes situées en dehors du flux de la climatisation n’ont été contaminées

Pour les auteurs de l’étude, la contamination s’est probablement faite par le transport aéroporté de micro gouttelettes, en dépit du fait que le patient ait été asymptomatique au moment du repas. Le transport des micro-gouttelettes de la table A vers la table B aurait été favorisé par l’action du flux d’air pulsé par la climatisation. Néanmoins pour les auteurs, l’explication la plus probable à la contamination de la table C réside dans le transport d’aérosols infectieux sous l’effet de la convection et des turbulences du flux d’air de la climatisation.

Ce foyer épidémique tend à montrer que la climatisation influence directement les risques de contamination au sein d’un lieu clos. Comme le personnel du restaurant n’a pas été contaminé lors de cet épisode, il conforte également l’idée précédente que la durée d’exposition est déterminante dans les contaminations aéroportées. Il met enfin en évidence deux cas probables de contamination par des aérosols infectieux.

Cas de la chorale à Mount Vernon

En ce début de mois de mars, le coronavirus se répand rapidement dans l’état de Washington. Mais dans le comté de Skagit, aucun cas n’a été signalé. Les écoles et les commerces sont ouverts et les grands rassemblements n’ont pas encore été interdits.

60 chanteurs d’une chorale décident de se réunir pour chanter dans une église le 10 mars. Conscients des risques, les accolades et embrassades sont évitées et du gel hydroalcoolique est proposé à l’entrée. Les personnes fébriles ne sont pas admises et chacun doit amener son livre de chant pour que tout le monde garde le maximum de distance possible.

Les chants durent 2 heures et demie et se déroulent dans une salle fermée de la taille d’un terrain de volley-ball. Personne n’a entendu la moindre toux ou éternuement durant les chants.

Hélas, un choriste est un patient covid19 asymptomatique. Il contamine ce jour-là 45 personnes. Trois seront hospitalisées et deux décéderont.

En l’absence de toux, d’éternuement et dans le respect des mesures barrières et de distanciation sociale, la seule explication plausible repose sur une contamination aéroportée sous forme d’aérosols.

Selon Erin Bromage « Le chant, plus que la parole, aérosolise extraordinairement bien les gouttelettes respiratoires. Les chanteurs prennent de profondes inspirations, ce qui permet aux gouttelettes respiratoires de pénétrer profondément dans les poumons. Deux heures et demie d’exposition ont été largement suffisantes dans ces conditions pour que l’infection se produise via des aérosols infectieux. »

Cas de deux hôpitaux à Wuhan

Une étude publiée dans Nature le 27 avril a cherché à évaluer l’aérodynamisme du Coronavirus SARS — CoV-2 en analysant la concentration de son ARN dans l’air dans une trentaine de lieux de deux hôpitaux de Wuhan ou aux alentours. Les zones de prélèvements étaient fréquentées soit exclusivement par les patients et/ou les soignants soit ouvertes au public.

Dans les vestiaires où les soignants enfilent ou retirent leurs équipements de protection, entre 16 et 42 copies d’ARN viral par m3 ont été retrouvées. Dans les vestiaires des médecins, 20 copies d’ARN viral par m3 ont été décelées, tout comme dans leur bureau.

Dans les chambres de patients ventilées et dans les salles d’isolement, la concentration était très faible. Au contraire dans les toilettes de patients qui étaient exiguës et non ventilées, la concentration était relativement importante, soit 19 copies par m3 d’air.

À l’extérieur, dans des lieux publics, le virus était soit indétectable soit à une concentration de moins de 3 copies par m3 à l’exception de deux zones propices aux attroupements.

«Bien que nous n’ayons pas établi l’infectiosité du virus détecté dans ces zones hospitalières, nous proposons que le SARS-CoV-2 puisse avoir le potentiel d’être transmis par les aérosols. Nos résultats indiquent que la ventilation des pièces, les espaces ouverts, la désinfection des vêtements de protection ainsi que l’utilisation et la désinfection appropriées des toilettes peuvent limiter efficacement la concentration d’ARN du SARS-CoV-2 dans les aérosols. » Concluent les auteurs.

Le Haut Conseil de la Santé publique ne peut exclure une contamination AIR sous forme d’aérosol

Dans un avis publié à la fin du mois d’avril, le HCSP s’est penché sur les risques d’aérosolisation des particules virales de SARS-COV-2.

Il organise sa revue de la littérature disponible sur le sujet en se basant sur la méthodologie mise au point par Jones et al. pour évaluer à l’aide d’une échelle de niveau de preuve les 3 conditions qui fondent la plausibilité biologique de la transmission d’un aérosol infectieux.

  • des aérosols infectieux sont générés par ou à partir d’une personne infectieuse,
  • l’agent pathogène reste viable dans l’environnement pendant un certain temps,
  • les tissus cibles dans lesquels l’agent pathogène déclenche l’infection sont accessibles à l’aérosol.

Cette étude a permis d’attribuer un score de 7 sur 9 à la plausibilité biologique d’une contamination aérosolisée du SARS-COV.

Pour le HCSP, même si les données de la littérature sont parcellaires, elles permettent :

  • d’une part la mise en évidence de virus dans les voies aériennes supérieures des sujets asymptomatiques, donc n’ayant pas de toux ni d’éternuements, et dont la fraction granulométrique attendue dans l’air expiré est majoritairement faite de particules fines ;
  • d’autre part la mise en évidence de coronavirus dans la fraction fine de l’aérosol prélevé à distance du patient émetteur (bureau des soignants situé à distance de pièces où sont soignés les patients) ;
  • enfin les données expérimentales obtenues après aérosolisation d’une suspension aqueuse de coronavirus qui montrent la persistance de virus viable dans l’air à distance de la source pendant plusieurs heures.

Pour les experts, ces données même partielles militent en faveur d’une contamination des espaces clos à distance des patients émetteurs. Elles sont partiellement corroborées par d’autres études qui ont cherché à étudier la dissémination et la persistance du SARS-CoV-2 non pas en situation expérimentale, mais bien dans des conditions réelles. Ces études soulignent la dispersion et la persistance du virus sous forme de fines particules en suspension dans l’air de locaux abritant des patients infectés par le Covid-19. Elles ne prouvent pas cependant que ces aérosols sont contagieux.

En conclusion pour le HCSP « la transmission par aérosol ne peut être exclue dans les milieux clos, alors que ce risque paraît très faible en milieu extérieur ou dans des espaces de gros volume ».

D’autres experts ont un avis bien plus tranché sur le sujet.

50 % des contaminations proviennent d’aérosols pour le Pr Drosten

Christian Drosten est professeur en virologie et directeur de l’Institut de virologie de la Faculté de médecine de l’Université de Bonn. Il est à l’origine de la politique de tests de masse en Allemagne. Pour lui la moitié des contaminations auraient pour origine des aérosols infectieux.

Dans un podcast diffusé le 12 mai 2020, il reprend les nombreux arguments en faveur d’une part importante des aérosols dans les modes de contamination.

« Selon mon évaluation, non seulement d’après l’étude du Pr Christophe Fraser, mais également sur la base de ce que je vois, mon intuition est la suivante : près de la moitié de la transmission se fait par aérosol, presque l’autre moitié par des gouttelettes et peut-être 10 % se fait de façon manuportée. Et quand on sait ça, on peut faire des recommandations. » 

Erin Bromage reprend également à son compte cette évaluation en annonçant sur blog que 90 % des contaminations sont aéroportées.

Les modes de contamination conditionnent les recommandations sanitaires

Si les virus respiratoires se transmettent par des voies multiples, l’importance relative entre la transmission « gouttelettes », « aérosols » et « contact » n’est pas clairement établie. Pourtant cette information est d’autant plus précieuse qu’elle conditionne la nature même des recommandations sanitaires émises par les agences de santé publique.

Dans l’épidémie de Mers-Cov, les incertitudes sur les modalités de contamination avaient conduit l’OMS à recommander des protections « contact gouttelettes » alors que le CDC recommandait des protections « contact air »

En France, au début de l’épidémie, l’absence de masques FFP2 pour les soignants avait été justifiée par la mise en œuvre d’une doctrine de protection « contact gouttelettes » sauf dans le cas des intubations pratiquées dans les services de réanimation qui nécessitaient une « protection air » et donc un masque FFP2.

On sait maintenant que cette décision était peu fondée scientifiquement. Elle s’expliquait avant tout par la nécessité de gérer au mieux la pénurie de masques de protection respiratoire, notamment les FFP2.

La littérature médico-scientifique présente un ensemble d’indices concordants qui tendent à prouver que les contaminations par le biais d’aérosols sont non seulement plausibles, mais hautement probables dans certains foyers épidémiques. Les situations à risque de contamination sont dans leur grande majorité celles qui associent des lieux clos, mal ventilés, à forte densité humaine avec une durée d’exposition d’au moins plusieurs dizaines de minutes.

Au vu de ces éléments, le principe de précaution devrait imposer aux autorités sanitaires de recommander le port de masque FFP2 pour tous les travailleurs contraints de travailler dans de telles conditions. À commencer par tous les professionnels de santé, notamment ceux de premiers recours et bien évidemment ceux qui travaillent dans des unités COVID-19.

Le renouvellement de l’air dans les environnements intérieurs devrait également être une priorité. L’ouverture des fenêtres, l’augmentation des débits d’airs, le fonctionnement en continu des systèmes de ventilation sont autant de mesures relativement faciles à mettre en œuvre et probablement d’une grande efficacité. Quant au recyclage de l’air par des systèmes de ventilation qui fonctionnent en circuit fermé, ces procédés devraient être autant que possible limités voire stoppés dans l’attente de preuves irréfutables.

Au contraire dans les milieux extérieurs, les risques sont d’autant plus faibles que la dilution dans l’air des aérosols y est importante et qu’il n’y a pas d’attroupement de longue durée. Ce qui plaide en faveur d’une levée ou d’un allègement des restrictions concernant la fréquentation des parcs, jardins et sites naturels, mais aussi des restaurants ou des bars qui peuvent proposer des repas ou des boissons sur des terrasses extérieures.

https://www.caducee.net/actualite-medicale/14932/coronavirus-90-des-contaminations-se-produiraient-de-facon-aeroportee-dans-les-lieux-clos-et-mal-ventiles.html?fbclid=IwAR2kb6wc2gPo395I59vpCdVuh4QaNQTE1ND8Qr1kWs4MNaeATivkThgZvkY

Crise sanitaire et sécurité : une opportunité pour l’Europe !

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Crise sanitaire et sécurité : une opportunité pour l’Europe !

Tribune18 mai 2020Par EuroDéfense-France (Patrick Bellouard, Nathalie de Kaniv, Maurice de Langlois, Patrick de Rousiers, Jacques Favin-Levêque, Patrice Mompeyssin, Jean-Paul Palomeros, Jean-Paul Perruche, Philippe Roger, Cyrille Schott)

La crise du COVID-19 qui a sidéré le monde, ne constitue-t-elle pas l’un de ces bouleversements majeurs qui peuvent changer le visage de la planète ? L’histoire nous le dira. Quoi qu’il en soit, elle impose à l’Union européenne un questionnement sur ses valeurs fondatrices : solidarité, dignité de l’être humain, liberté, démocratie, État de droit et paix. Cette crise sanctionne une triple rupture, rupture du monopole de l’Occident sur l’histoire du monde, rupture du leadership américain hérité de la Deuxième Guerre mondiale et rupture avec une globalisation incontrôlée. Il faut en tirer les enseignements. Sachant que c’est souvent dans l’adversité que les Européens ont trouvé la volonté et le courage politique de faire avancer leur union, l’opportunité se présente de la doter des attributs qui feront d’elle un acteur mondial reconnu et respecté.

Dans un environnement de plus en plus menaçant, l’Europe aura comme première responsabilité d’assurer effectivement la sécurité de ses citoyens dans tous les domaines et la défense de leurs intérêts, sur le continent et partout dans le monde.

La crise du COVID-19 a mis la solidarité européenne à l’épreuve, en faisant resurgir initialement les égoïsmes nationaux. Cependant, la Commission européenne a réagi dès le 28 janvier en activant le mécanisme de réaction en cas de crise. Elle a réuni des fonds publics et privés pour financer la recherche sur les vaccins, les diagnostics et les traitements ; elle a créé une réserve commune de matériel médical ; elle a contribué au rapatriement de nombreux Européens bloqués à l’étranger. La solidarité entre les pays s’est finalement exprimée au niveau du transport médical et de l’accueil de patients dans les hôpitaux non surchargés.

L’Union européenne a maintenant la responsabilité de soutenir activement la relance économique, non pas avec un nouveau Plan Marshall qui viendrait de l’extérieur, mais avec des fonds européens. Des initiatives sont en cours pour compenser ce qui est déjà annoncé comme une chute vertigineuse, une baisse de 7,4 % du PIB de l’UE pour 2020, selon la Commission européenne. La priorité sera donnée à juste titre à la sécurité sanitaire et à l’emploi. Par ailleurs, les enjeux de préservation de la planète, au-delà des changements nécessaires des comportements individuels, vont aussi s’inscrire dans le contexte général et peser sur l’ensemble des contraintes budgétaires de nos pays.

L’UE se retrouvera plus isolée dans le nouveau contexte mondial et, sans doute, plus vulnérable. C’est pourquoi ses membres devront la doter des moyens de se faire entendre et respecter en tant qu’acteur mondial, afin de créer l’espace de confiance et de solidarité qui lui manque encore. Si l’autonomie stratégique est un enjeu de survie dans les domaines sanitaire, industriel, énergétique, économique et diplomatique, la première responsabilité de l’UE, en liaison avec les États, sera de contribuer efficacement à la sécurité de ses citoyens.

La sécurité sanitaire fera partie des premières initiatives. Une politique de sécurité sanitaire devrait voir le jour, dotée d’une base industrielle et technologique dédiée, à la fois aux échelons national et européen.

Cette sécurité sanitaire devra s’inscrire dans une appréciation globale des risques et menaces. Si la menace biologique, aujourd’hui concrétisée par le COVID-19, faisait partie des menaces potentielles depuis des décennies, elle n’avait pas fait l’objet de mesures concrètes d’anticipation. Cette crise imprévue a révélé notre vulnérabilité. Elle a été mise à profit par certains pays pour éprouver nos moyens de protection, accroître les cyberattaques et la désinformation afin de fragiliser la cohésion européenne, et contester les organisations et les traités internationaux. Elle est l’occasion pour les groupes terroristes comme Daech de relancer leur action, voyant dans la pandémie le signe d’une punition divine. L’instabilité et l’incertitude croissent : il n’y a plus d’espace protégé … sauf peut-être la station spatiale orbitale et encore !

Dans cette situation alarmante, l’Europe doit se fixer un cap. Un nouveau cadre de la politique de défense et de sécurité commune doit être établi, en prenant en compte le territoire européen, car nombre de crises à venir impacteront directement notre sol. En d’autres termes, l’Europe pourra faire valoir à l’échelle du continent que la défense et la sécurité sont indivisibles et que la résilience de ses États est l’un de ses objectifs majeurs.

Il ne s’agit pas de déposséder les États membres de leur responsabilité en matière de défense, mais de permettre aux Européens de réaliser que leur destin est commun et doit nourrir la volonté de « vivre ensemble ». Comment imaginer que l’Union européenne ne puisse pas jouer un rôle plus important d’anticipation stratégique, de partage de l’information, de coordination de la réponse, puis de remontée en puissance ? Cette inflexion impliquera plus de moyens partagés, notamment la création d’un espace de confiance, où s’échangeront l’analyse des risques, ainsi que les réponses que pourrait apporter l’Union avec le concours des États membres. Dans cette perspective, Bruxelles devra enfin disposer d’une véritable capacité opérationnelle intégrée de planification et de gestion de crise multisectorielle, avec une chaîne de commandement militaire dotée de sa personnalité propre.

Pour contrer les conséquences de la crise économique à venir, les États doivent arrêter collectivement des mesures incitatives dans le domaine de la sécurité et de la défense.

S’agissant des investissements de défense et contrairement à ce qui s’est fait en 2008, les arbitrages budgétaires nationaux à venir devront être coordonnés sur le plan européen, dans une logique de complémentarité et de partage.

Les mesures incitatives proposées, dont certaines sont en cours de mise en place au sein de la Commission européenne, sont de trois ordres : le Fonds européen de défense, un fonds de relance général et un plan de relance industrielle dédié. Le Fonds européen de défense, dont le principe a déjà été acté par les États membres, devra être suffisamment doté financièrement pour encourager la coopération européenne et dynamiser la compétitivité et la capacité d’innovation de l’industrie de défense européenne. L’autonomie industrielle de défense européenne en dépend. Le montant doit être voté prochainement dans le cadre du budget pluriannuel 2021-2027 de l’Union. Le fonds de relance, évoqué par la Commission, pourra apporter des moyens financiers considérables et solidaires au rétablissement des économies les plus affectées dans l’Union et au redémarrage de l’économie européenne dans son ensemble et du secteur de la défense en particulier.

Enfin, un plan de relance industrielle, dédié au secteur de la défense et de la sécurité au sein de l’UE, devrait venir en complément. Il s’articulerait en deux phases : dans l’immédiat, un plan de sauvegarde des entreprises ; par la suite, un financement dédié à l’achat d’équipements stratégiques. Certains de ces équipements pourront être directement acquis par l’Union européenne elle-même, en priorité des systèmes de surveillance terrestres ou spatiaux, à l’image de ce qui a été décidé en 2007 pour le programme Galileo, des moyens de transport stratégique, des avions ou navires logistiques, voire des moyens sanitaires.

La crise sanitaire aura de lourdes conséquences. Aujourd’hui, plus que jamais, l’UE va se retrouver livrée à elle-même. Si elle veut répondre aux attentes et assumer ses responsabilités au regard de l’avenir de l’humanité, elle devra dorénavant compter sur ses propres forces. Dans un environnement de plus en plus menaçant, elle aura notamment comme première responsabilité d’assurer efficacement la sécurité globale de ses citoyens et la défense de leurs intérêts et de leurs valeurs, sur le continent et partout dans le monde. Les mesures présentées ici visent à compenser les effets de la récession économique, tout en optimisant les capacités de défense et sécurité, dans le respect de la souveraineté des États. C’est un enjeu de survie pour notre Europe et pour la civilisation dont elle est le cœur

https://www.iris-france.org/147109-crise-sanitaire-et-securite-une-opportunite-pour-leurope/

Pandémies, le renforcement indispensable des capacités de renseignement

Pandémies, le renforcement indispensable des capacités de renseignement

By La redaction de Mondafrique -5 mai 2020https://www.facebook.com/plugins/like.php?href=https://mondafrique.com/pandemies-le-renforcement-indispensable-des-capacites-de-renseignement-sanitaire/&layout=button_count&show_faces=false&width=105&action=like&colorscheme=light&height=21

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Le facteur épidémique est depuis longtemps un sujet d’étude pour le monde de la défense, tant il peut présenter des risques. Dès 1869 le médecin général inspecteur Michel Levy rapportait cette statistique: Sur les 95615 décès de troupes françaises que la guerre de Crimée avait occasionné, 77% étaient dues aux maladies.

Une chronique signée Alphonse Galland

Dans les années 2000, de nombreux rapports ont su esquisser les dangers que les risques biologiques, tant pour les forces armées que les populations civiles pouvaient générer. Des deux côtés de l’Atlantique, services de renseignement et directions de la prospective anticipaient ainsi la menace pandémique. En 2000, le National Intelligence Council américain établissait un premier rapport sur les risques que faisaient peser l’émergence et la résurgence de maladies infectieuses pour la sécurité des Etats-Unis. En 2008, il réitérait et établissait le scénario d’une situation similaire à celle que nous connaissons due à « l’émergence d’une maladie respiratoire virulente » apparue dans des territoires « à forte densité » où il existait « une proximité entre humains et animaux, comme dans certains endroits de Chine ».

Des avertissements à répétition

La même année, en France, le Livre Blanc, définissant la stratégie globale de défense et de sécurité française, considérait l’émergence d’une « pandémie massive à forte létalité » comme « plausible ». Quelques années plus tôt, à la demande des Ministres de la santé et de l’enseignement supérieur (Jean-François Mattéi et Claudie Haigneré), un certain Professeur Didier Raoult signait un rapport sur l’état des lieux de l’ensemble des mesures de santé publique et des recherches prévues en France et en Europe sur les dangers liés au bioterrorisme.

Face à ces alarmes, l’Etat français avait su réagir en lançant dès 2007 l’EPRUS, Etablissement de Préparation et de Réponse aux Urgences Sanitaires. Sa mission : anticiper et prévenir ces risques. Un stock conséquent de masques, de respirateurs, de traitements etc… avait ainsi pu être constitué.

Certains pays africains se sont également penchés sur la question. En 2007, le Royaume du Maroc avait réuni à Casablanca des acteurs nationaux et internationaux, publics et privés, spécialisés dans la gestion de crises « hors cadre ». Ce séminaire nommé « Crises non conventionnelles. Nouveaux impératifs. Nouvelles Postures » avait été l’occasion d’analyses et de retours d’expériences sur des scénarios dits « à fortes ruptures »

Des réductions budgétaires drastiques

Néanmoins, certaines de ces initiatives prometteuses vont tourner court. Suite à l’épidémie de grippe H1N1 en 2011, le gouvernement de l’époque et les services de l’Etat furent accusés d’avoir sur-préparé la réponse à l’épidémie en dépensant plus d’un milliard d’Euros dans l’achat de médicaments, de masques et autres équipements de protection.

Il fût alors imposé à l’EPRUS une réduction drastique de budget. De 287 millions en 2007, son budget était divisé par 10 en 2015, avant d’être dissous un an plus tard.

Avant cette année 2020 et la crise du COVID-19, qui frappe si durement, il apparaît ainsi que, malgré les avertissements, la question du risque pandémique ait été globalement délaissée, voire ignorée, par rapport à d’autres problématiques sécuritaires comme la lutte anti-terroriste. Il semble en particulier que les services de renseignement, véritables vigies et garants de la sécurité collective, n’aient pas eu réellement les capacités de capter des signaux faibles en matière épidémiques, de les interpréter et de recommander une posture stratégique de défense face à ces menaces.

Le risque bio-terroriste

Les conséquences sanitaires, sociales, économiques, financières, et in fine, sécuritaires nées du Coronavirus, témoignent d’un risque de déstabilisation majeur pour l’Europe, l’Afrique et d’autres parties du monde insuffisamment renseignées et préparées à répondre à cette menace. Dans le futur, des états proliférants ou des groupes terroristes, pourraient s’inspirer de ce chaotique exemple et ainsi faire revenir la menace bioterroriste sur le devant de la scène.

Dans ces conditions, il va falloir renforcer des capacités de recherche et d’analyse que l’on croyait perdues. Certains pays étaient – ou sont encore – dotés de branche d’évaluation sanitaire et médicale au sein de leurs services de renseignement. Leurs exemples, passés ou présents, peuvent et doivent inspirer un changement rendu nécessaire.

Aux Etats-Unis, le National Center for Medical Intelligence (NCMI) est par exemple spécialisé dans le renseignement à vocation sanitaire et médical. Dépendant de la DIA (Defense Intelligence Agency), il a, entre autres, pour mission la prévention des risques épidémiques via la surveillance, la collecte et l’analyse de tout procédé, invention ou information présentant un risque pour la sécurité des populations ou des forces armées.

Des expertises ignorées

                                                                                                           Il y a encore 30 ans, ce centre suivait les recherches sur des armes biologiques d’Etats qui s’étaient dotés de capacité dans ce domaine : Russie soviétique, Afrique du Sud de l’Apartheid, Irak de Saddam Hussein, … A la fin des années 90, il s’est ensuite focalisé sur le suivi des capacités d’emploi d’agents pathogènes de la menace terroriste, mais également sur des expertises portant sur les risques sécuritaires que présentaient l’émergence d’épidémie comme Ebola, le SARS,  

Le National Center for Medical Intelligence (NCMI) aurait prévenu la Maison Blanche dès le mois de Novembre 2019 des dangers que le Coronavirus risquait de provoquer. 

La menace biologique, qu’elle soit naturelle ou artificielle est ainsi une réalité qui n’aurait jamais dû quitter, même provisoirement, les champs d’investigation et d’expertise des Services.                                               

Au vu du rappel à l’ordre que provoque la crise COVID-19, les services de renseignement vont ainsi devoir renforcer leurs capacités d’analyse et d’évaluation de la menace pandémique. D’importants moyens vont devoir être réattribués pour permettre de disposer d’informations précises sur l’état des programmes de recherche pratiqués par des laboratoires civils ou militaires en la matière, ou pour se munir des capacités d’évaluation initiale de situation en cas de départ d’épidémie : détermination précise de l’origine du virus, étendue de l’infection, …

Une meilleure synergie entre agences de renseignement civiles et militaires d’une part, et services de santé publics ou dépendant des Armées semble donc inévitable à l’avenir.

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Querelle virale

Querelle virale

6 Mai 2020

On s’en doutait, la poussée chinoise suite au coronavirus ne pouvait qu’entraîner une réaction impériale sous forme de guerre de l’information. Alors que les causes de la pandémie ne sont pas encore connues, la petite musique du labo chinois est maintenant reprise par toutes les officines médiatiques de service qui insistent un peu lourdement sur « le vent qui tourne » pour Pékin.

Sans présager de la plausibilité de la chose, contentons-nous de noter que le procédé est connu, on l’a vu à l’œuvre à de multiples reprises, notamment en Ukraine avec le MH17 : quelques fuites des désormais légendaires « sources anonymes » de la CIA, reprises avec micro et haut-parleur par les responsables politiques de Washington et la rumeur devient vérité universelle. Quant aux preuves, on pourra les attendre encore longtemps…

L’opération a parfaitement fonctionné, en tout cas aux Etats-Unis où l’image de la Chine s’est fortement dégradée dans l’opinion, déjà échaudée par la guerre commerciale :PUBLICITÉ

Notons que, dans sa croisade anti-chinoise, le Donald est en accord complet avec une partie de son Deep StateNous l’expliquions dès son investiture quand il décida de…

passer le fameux coup de fil à la présidente taïwanaise, diversement apprécié par le système impérial et sa presse – « erreur » pour le New York Times, « coup de génie » pour le Washington Post. Cette décision montre en tout cas que pour Trump, la cible chinoise n’est peut-être pas seulement économique.

Les observateurs avisés de la chose internationale sont dans l’expectative. The National Interest évoque un possible « Nixon à l’envers » : jouer cette fois la Russie contre la Chine. Fait qui ne manque pas de sel, ce retournement est soutenu par le vénérable Kissinger, l’officieux conseiller de Trump et l’éminence grise de Nixon qui avait conseillé le pivot vers Pékin. De quoi faire baver de rage le docteur Zbig, toujours pas guéri de sa russophobie maladive et qui préférerait jouer la carte chinoise contre Moscou.

Dans le grand jeu du bouc émissaire qui passionne les élites américaines, la Chine est en passe de remplacer (temporairement, ne rêvons pas) l’abominable ours des neiges. Cette évolution n’est cependant pas du goût de tout le monde ; c’est évidemment le cas de l’école bzrezinskienne ainsi que des multinationales US, toujours désireuses de faire des affaires avec le dragon et de profiter de sa main d’œuvre bon marché. Preuve que ce ne sont pas elles non plus qui mènent la politique étrangère américaine. Elles décident par contre de la ligne éditoriale des médias qu’elles possèdent, ce qui explique sans doute la grande hétérogénéité de leurs commentaires sur la « responsabilité chinoise » dans la pandémie.

Divorce partiel entre la MSN et l’Etat profond, au sein de la MSN et au sein de l’Etat profond… La situation est assez chaotique mais s’inscrit finalement dans une certaine continuité. On l’a vu plus haut lors de l’intronisation de Trump, l’establishment était de toute façon déjà très divisé sur la place à donner à la Chine : à ceux qui la considéraient comme un ennemi définitivement arrimé à la Russie répondent les optimistes qui, de manière quelque peu illusoire, espèrent encore se l’attacher pour la retourner contre le Heartland. Avec la crise coronavirienne, cette illusion devient mirage, d’autant que la solidarité sino-russe joue à plein.

Jusqu’où ira la dangereuse escalade de mots entre Washington et Pékin ? Sans doute jusqu’aux élections de novembre, la tactique du Donald étant de lier Biden à la Chine pour les attaquer tous deux. A moins que, d’ici là, de nouveaux éléments ne voient le jour…

Nous n’allons pas nous lancer ici dans un grand débat sur les origines du coronavirus ni prendre parti dans cette querelle scientifique qui n’est pas le propos du blog, mais une information importante est tombée qui pourrait (restons prudents) avoir des répercussions dans l’empoignade américano-chinoise. Le fidèle lecteur se rappelle sans doute que :

Zhao Lijian, porte-parole du MAE chinois, a jeté un pavé dans la mare jeudi dernier en affirmant que le coronavirus pourrait avoir été apporté en Chine par l’armée US lors des Jeux mondiaux militaires de Wuhan en octobre. Il s’appuie notamment sur les déclarations du directeur du Centers for disease control and prevention américain qui a révélé, devant le Congrès, que plusieurs patients que l’on croyait morts d’une simple grippe étaient en réalité porteurs du coronavirus. 

Notre bonne presse qui, pendant des années, a traqué sans relâche les sombres conspirations que les abominables Russes ne manquaient pas d’ourdir sur les élections américaines, hurle cette fois sa douleur devant ce cas patenté de « complotisme » qui met en cause la tête impériale. Dans les salles de rédaction, la théorie du complot, c’est comme le chasseur des Inconnus : il y a la bonne et la mauvaise…

Elle a toutefois raison sur un point : à ce stade, il est évidemment impossible d’apporter le moindre début de preuve à la thèse de l’ami Zhao qui ne reste, pour l’instant, que simple conjecture. Mais cet esclandre a au moins le mérite de montrer que, pandémie ou pas, l’affrontement titanesque entre Pékin et Washington n’est jamais très loin.

Or, il se trouve que des athlètes français ayant participé à ces jeux auraient contracté la maladie, soit bien avant l’apparition officielle du virus. Encore une fois, restons prudents. Mais si la chose se confirme, elle est susceptible de bousculer sérieusement la narration jusque-là admise et, partant, le bras de fer entre Washington et Pékin. Wait and see…Tag(s) : #Etats-Unis#Chine

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Pendant que vous dormiezÉtats-Unis, Pologne, Syrie, Égypte, Airbnb : les informations de la nuit

Pendant que vous dormiezÉtats-Unis, Pologne, Syrie, Égypte, Airbnb : les informations de la nuit

3 MINCOURRIER INTERNATIONAL (PARIS) 

Donald Trump va dissoudre sa “task force” dédiée au coronavirus. Le président américain a fait cette annonce mardi, lors de la visite d’une usine de fabrication de masques en Arizona, après que son vice-président Mike Pence a déclaré un peu plus tôt que la Maison-Blanche pourrait confier fin mai à des agences fédérales la coordination de la lutte contre la crise sanitaire. “Alors que la bataille de sa réélection s’annonce rude pour le président américain, la Maison-Blanche semble chercher à mettre les questions relatives au bilan de la pandémie en arrière-plan, pour mettre davantage l’accent sur ses efforts pour relancer la croissance et l’emploi”, analyse le New York Times. Une décision qui suscite de nombreuses interrogations, alors que le rythme de décès quotidiens est reparti à la hausse mardi, avec 2 333 morts supplémentaires en 24 heures.

Le Sénat polonais refuse l’organisation de la présidentielle par correspondance. La chambre basse a rejeté mardi une proposition du gouvernement qui souhaitait organiser le scrutin prévu le 10 mai par voie postale. Droit et Justice (PiS), le parti nationaliste et conservateur au pouvoir en Pologne, tente de maintenir coûte que coûte l’élection malgré la crise sanitaire provoquée par le coronavirus. L’opposition polonaise et les groupes de défense des droits de l’homme estiment que l’organisation d’une élection dans les conditions fixées par le gouvernement ne réunirait pas les garanties requises d’équité et de transparence. “La détermination du parti au pouvoir à organiser ce scrutin est purement opportuniste”estime le Guardian, dans un éditorial. Le PiS “fait le calcul qu’en temps de crise nationale, les populations ont tendance à se rassembler autour de leur gouvernement”, analyse le quotidien qui considère que “dans l’intérêt de la démocratie, cette élection devrait être reportée”.

Israël promet de poursuivre ses opérations en Syrie jusqu’au retrait de l’Iran. Téhéran “n’a rien à faire en Syrie […] et nous n’arrêterons pas tant qu’ils (les Iraniens) n’auront pas quitté” le pays, a déclaré mardi le ministre de la Défense Naftali Bennett, après une série de frappes imputées à l’armée israélienne en territoire syrien. Le dirigeant israélien n’a toutefois pas revendiqué explicitement les raids que médias d’État syriens et ONG ont attribués à l’aviation israélienne et qui ont fait 14 morts, lundi soir, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Naftali Bennett dit craindre de voir les forces pro iraniennes s’enraciner dans le sud de la Syrie, notamment dans le Golan, à la frontière israélienne. Une source issue du renseignement dans la région a déclaré à Al Jazeera qu’Israël avait intensifié ses raids en Syrie à un moment où l’attention du monde et des acteurs de la région “étaient distraits par la pandémie de coronavirus”.

Égypte : un jeune critique du pouvoir décède en prison après un empoisonnement à l’alcool. Le procureur général égyptien a affirmé mardi que Chadi Habache, réalisateur d’un vidéoclip d’une chanson engagée contre le chef de l’État Abdel Fattah Al-Sissi, a succombé samedi après avoir bu un produit désinfectant, rapporte Ahram Online“Le défunt a informé le médecin de service qu’il avait bu une certaine quantité d’alcool à midi la veille de sa mort… disant qu’il avait confondu la bouteille qu’il remplissait avec de l’eau”, a précisé le procureur. Des produits désinfectants à base d’alcool ont été distribués aux détenus pour se protéger contre l’épidémie de coronavirus, selon la même source.

Covid-19 : Airbnb licencie un quart de ses salariés. La plateforme de réservation de logements a été “durement touchée” par l’épidémie qui a mis un coup d’arrêt aux voyages dans le monde entier, avec des prévisions de revenus pour cette année “de moins de la moitié” de ceux générés en 2019, a expliqué mardi son co-fondateur Brian Chesky, pour justifier ces près de 1 900 licenciements. Avant que la pandémie ne survienne, Airbnb préparait son entrée en Bourse pour 2020, rappelle le Wall Street Journal.

https://reveil.courrierinternational.com/#/edition/1970906/article/1970975

Finie la ridicule attestation dérogatoire !

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FAIRE UN DONLIBERTÉS PUBLIQUES 6 MAI 2020 

Finie la ridicule attestation dérogatoire !

Screenshot attestation de déplacement dérigatoire — Service Public ,

Vous allez bientôt être débarrassé de cette « attestation de déplacement dérogatoire » qui fera date. Cette infantilisation de toute une population suscitera sans doute des études sociologiques.

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Par Patrick Aulnas.

Vous allez bientôt être débarrassé de cette « attestation de déplacement dérogatoire » qui fera date. Les Français, considérés généralement comme frondeurs, ont été plutôt disciplinés. Ils ont globalement respecté les règles édictées pour le confinement, et utilisé, bon gré mal gré, cette absurde attestation, sortie du cerveau d’on ne sait quel haut fonctionnaire.

Avez-vous coché la bonne case ? Si vous avez un jeu d’attestations que vous corrigez au blanco, avez-vous pris la bonne attestation ? Faites attention, si vous changez de vêtement, à ne pas oublier la précieuse attestation dans l’ancienne poche.

Veillez bien à l’heure de départ si vous vous baladez un peu. Vous avez une heure pas plus. Un kilomètre, pas plus.

Cette infantilisation de toute une population suscitera sans doute des études sociologiques.

UN CHEF-D’ŒUVRE TECHNOCRATIQUE : L’ATTESTATION AUTO-ACCORDÉE

L’autorisation de sortie, que l’on s’accorde à soi-même, est une singularité française, partagée par la seule Italie. Dans quel esprit a pu germer une telle idée ? Il faut être particulièrement vétilleux pour demander aux citoyens d’une démocratie de s’auto-autoriser à sortir tout en limitant la possibilité de le faire à quelques raisons impérieuses. Seul un énarque est capable de gérer la liberté avec une telle parcimonie.

Car la liberté se gère désormais. Elle peut se réduire comme peau de chagrin puis retrouver sa dimension première. Voilà une grande nouvelle, mais préoccupante pour le futur.

La permission de sortie auto-accordée restera sans aucun doute dans l’Histoire. C’est un véritable chef-d’œuvre. On connaissait les billets de sortie des internats de l’enseignement secondaire, les permissions accordées auparavant aux appelés, qui pouvaient pour quelques jours rejoindre leur famille, les autorisations accordées aux détenus en semi-liberté, devant justifier de la régularité de leur présence hors de la prison. Mais dans toutes ces situations, c’est l’autorité responsable qui accordait la liberté temporaire de sortie.

L’innovation fondamentale et vraiment historique consiste à demander à un citoyen libre et responsable de s’octroyer à lui-même un billet de sortie en choisissant uniquement parmi huit possibilités.

Vous pouvez parfaitement prétendre aller faire vos courses alors que vous vous promenez. Personne ne pourra vérifier. Vous pouvez avoir sur vous trois ou quatre attestations avec des horaires décalés. Personne ne pourra vérifier que vous n’avez pas dépassé l’heure de promenade généreusement accordée.about:blank

Tout cela est épouvantablement infantilisant et l’on se surprend soi-même à défier l’autorité comme un enfant ou un adolescent.

UN INDIVIDU LAMBDA

Prenez par exemple un individu moyen, sans histoire, comme il en existe tant. Bon citoyen, bon père, bon époux. Aucune condamnation pénale dans toute une vie de labeur. Vraiment rien à lui reprocher. Pourtant, il s’est laissé aller à ne pas respecter les sacro-saintes règles de sortie.

Attention ! Jamais il n’a fait prendre le moindre risque de contamination à quiconque et jamais il n’a pris lui-même le moindre risque. Il a toujours scrupuleusement respecté les prescriptions médicales de distanciation et d’hygiène. Il n’a d’ailleurs pas attendu la date fatidique du 17 mars 2020, début du confinement, pour prendre ses distances avec ses congénères, potentiellement contagieux depuis janvier ou février.

Notre individu lambda n’a aucun mérite. Il habite à la campagne et peut parcourir chemins et sentiers sans rencontrer âme qui vive. En cas de rencontre, la distance de plusieurs mètres ne pose aucun problème. Pourquoi alors respecter l’heure et le kilomètre autorisés ? Les chances de contrôle sont à peu près nulles. Il se sent responsable de ses actes et prend très au sérieux le risque de contagion. Il considère qu’il n’a nul besoin de la violence légitime pour bien se comporter en période épidémique.

Nombreux sont les Français qui pensent ainsi et qui ont agi ainsi. Il faut vivre dans « la France profonde » pour le savoir, celle des Gilets jaunes.

TROPISME ÉGALITARISTE ET CENTRALISATEUR

Fallait-il imposer à tous les mêmes règles au nom de l’égalitarisme, dévoiement de l’égalité républicaine ? Car le choix d’une attestation uniforme, auto-rédigée ou produite en ligne, résulte surtout de motifs politiques. Il aurait été possible de décentraliser la gestion du confinement pour mieux s’adapter aux réalités locales. Des gouvernants parisiens ont mis le pays entier au régime parisien. Voilà le résultat de leur tropisme égalitariste et centralisateur. La sociologie ne l’imposait pas.

Selon l’INSEE, La France comporte 19,7 millions de logements individuels (56,5 %) et 15,6 millions de logements collectifs (43,5 %). Pour les 56,5 % habitant dans des maisons individuelles, le risque est bien moindre : pas de locaux communs, pas d’ascenseurs bondés, moins de transports en commun, densité de population faible dans les rues. Ce type d’habitat permet de respecter sans aucune difficulté la distanciation sociale.

Il est possible de sortir librement de chez soi à tout moment sans aucun risque de se trouver dans une fourmilière humaine. Rien à voir avec la situation des très grandes villes surpeuplées, où la population a été entassée depuis des décennies du fait de choix politiques aberrants d’aménagement du territoire.

Chacun comprend qu’une discipline collective soit prévue par l’autorité politique en cas de pandémie. Mais, en démocratie, les gouvernants ne doivent pas confondre violence légitime et vexation illégitime. Rien de plus normal que de sanctionner les comportements à risque par des amendes et même des peines d’emprisonnement dans les cas graves. Mais infantiliser la population entière avec un morceau de papier pour la protéger d’un virus, voilà sans doute le nec plus ultra du principe de précaution.What do you want to do ?

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