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Il faut supprimer d’urgence les maisons de retraite

Plaidoyer.

Il faut supprimer d’urgence les maisons de retraite

Publié le 04/08/2020 – 05:55

À Northfleet, dans le sud de l’Angleterre, en mars 2014. PHOTO/ Stefan Wermuth /REUTERS
À Northfleet, dans le sud de l’Angleterre, en mars 2014. PHOTO/ Stefan Wermuth /REUTERS

Cet article est issu du Réveil Courrier. Chaque matin à 6h, notre sélection des meilleurs articles de la presse étrangère.OUVRIR DANS LE RÉVEIL COURRIER

Ce gérontologue belge explique, point par point, pourquoi les institutions dans lesquelles nous parquons les personnes âgées sont indignes, inadaptées et arriérées.NOS SERVICES

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À partir du XVIIIe siècle, on a milité pour l’abolition de l’esclavage. Puis certains ont exigé la suppression de la peine de mort et des prisons. Aujourd’hui, d’autres dénoncent la prostitution, le trafic d’êtres humains, la souffrance animale. Le point commun entre ces “abolitionnistes” ? L’indignation contre l’injustice. Or, la crise du coronavirus nous a montré que l’heure d’un nouveau combat a sonné : il y a au moins huit bonnes raisons de fermer définitivement les maisons de retraite.

1. Ce sont des lieux propices à la propagation des maladies

Le coronavirus a très lourdement frappé la Belgique, et la grande majorité des victimes sont des pensionnaires de maisons de retraite. Cette situation s’explique notamment par une mauvaise préparation, des mesures prises trop tardivement et un manque de moyens matériels et humains. La raison principale est toutefois à chercher ailleurs : il était impossible de faire appliquer les mesures de précaution dans ces résidences où les pensionnaires vivent dans la promiscuité. Ces dernières ont bien essayé de les isoler dans leur chambre, mais cette méthode, aussi invivable qu’inhumaine, n’était pas tenable sur le long terme.

2. Les seniors ne veulent pas y aller

Tous les sondages démontrent que nos seniors ne veulent pas être placés en maison de retraite et préfèrent rester chez eux. Or, la plupart du temps, ce sont les familles qui prennent la décision, faute de meilleure option. Elles se retrouvent alors devant un choix cornélien : le placement de leurs parents ou leurs grands-parents, souvent malades et dépendants, en résidence est synonyme d’exposition à d’autres dangers, comme le nouveau coronavirus.

Or, moyennant des investissements massifs dans les soins préventifs et les services infirmiers à domicile, nous pourrions leur offrir une deuxième option valable. D’autant plus que les baby-boomers, génération par nature plus “revendicatrice”, seront vraisemblablement moins enclins à accepter leur sort

https://www.courrierinternational.com/article/plaidoyer-il-faut-supprimer-durgence-les-maisons-de-retraite?xtor=EREC-21-[nl_bestof]-20200807-[plaidoyer_il_faut_supprimer_durgence_les_maisons_de_retraite]

SantéCoronavirus : Didier Raoult ne répond plus


Santé
Coronavirus : Didier Raoult ne répond plus

Omniprésent dans les médias au sommet de la crise du coronavirus en France, le professeur Didier Raoult a subitement changé sa manière de communiquer. Son silence interpelle, alors même que se multiplient les signes de reprise de l’épidémie.Par Hugo SCHERRER – Hier à 20:55 – Temps de lecture : 2 min | Vu 58747 fois

Le Pr Didier Raoult a déposé la semaine dernière une plainte contre le directeur de l’AP-HP Martin Hirsch. Photo Thomas COEX/AFP
Martin Hirsch, directeur des hôpitaux de Paris. Photo d'archives FRANCOIS LAFITE/MAXPPP
Martin Hirsch, directeur des hôpitaux de Paris. Photo d’archives FRANCOIS LAFITE/MAXPPP

Il ne parle presque plus, mais il continue de faire parler de lui. Le professeur Didier Raoult a déposé plainte auprès du parquet de Paris jeudi, pour « dénonciation calomnieuse » contre le directeur des hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch. Ce dernier l’avait accusé de « faux témoignage » après que Didier Raoult a affirmé que la mortalité dans les services de réanimation de l’AP-HP était « de 43% », contre 16% à Marseille.

Une plainte déposée en toute discrétion

Dans « l’ancien monde », le professeur aurait peut-être prévenu la presse de son intention de porter plainte. Il n’aurait pas été absurde de le voir se fendre d’un tweet avant de passer à l’acte.  

Car impossible, il y a quelques semaines, de passer à côté de ses sorties médiatiques. Entre le 14 mai et 23 juin, les caméras de BFMTV, LCI, France 3 PACA, i24 News défilaient dans le bureau du patron de l’Institut Méditerranée Infection à Marseille. Dans le même temps, il se pliait à l’exercice de l’interview pour Sud Radio, Radio Classique, La Provence, ou encore le Parisien.PUBLICITÉAds by Teads

Mais depuis le 25 juin, et un face-à-face sous haute tension avec Jean-Jacques Bourdin sur RMC-BFMTV où il avait menacé de s’en aller, le Pr Didier Raoult n’est pas réapparu à l’antenne.

Moins présent sur le web

De l’omniprésence à la quasi-absence. Le constat est valable aussi sur le web, où l’activité du professeur Raoult a soudainement diminué. Il tenait ce que l’on peut assimiler à une chronique hebdomadaire, diffusée sur le site de l’IHU Méditerranée Infection. Le dernier épisode incarné par l’infectiologue remonte au 7 juillet.

Sur Twitter, les publications sur son compte officiel se sont raréfiées. Depuis la création de son profil certifié, courant mars, il publiait des contenus presque quotidiennement : 20 tweets en mars, 42 en avril, 35 en mai, 30 en juin… Pour seulement 10 tweets en juillet (dont seulement 3 depuis le 23).

Le silence avant… Une deuxième vague ?

Le silence du professeur Raoult interpelle d’autant plus que l’infectiologue, d’ordinaire si engagé dans ses prises de position, a matière pour réagir à l’actualité.

Mardi 28 juillet, la Commission européenne a en effet décidé de miser sur un autre traitement que l’hydroxychloroquine, dont il est le promoteur, en commandant 63 millions d’euros de remdesivir pour traiter les patients atteints par le coronavirus. Le professeur Didier Raoult avait dénoncé ce traitement sur son compte Twitter au début du mois.https://platform.twitter.com/embed/index.html?dnt=false&embedId=twitter-widget-0&frame=false&hideCard=false&hideThread=false&id=1281107799175544832&lang=fr&origin=https%3A%2F%2Fwww.estrepublicain.fr%2Fsante%2F2020%2F08%2F01%2Fcoronavirus-didier-raoult-ne-repond-plus&siteScreenName=lestrepublicain&theme=light&widgetsVersion=223fc1c4%3A1596143124634&width=550px

Également mardi 28 juillet, l’agence régionale de santé de Paca faisait état d’une recrudescence de cas de Covid-19 dans la région (+244 tests positifs entre le 7 et le 15 juillet, +247 entre le 16 et 21, +421 entre le 22 et le 28), ce qui pose la question d’une éventuelle deuxième vague.

https://www.estrepublicain.fr/sante/2020/08/01/coronavirus-didier-raoult-ne-repond-plus

Pendant que vous dormiezGafa, coronavirus, Hong Kong : les informations de la nuit

Pendant que vous dormiezGafa, coronavirus, Hong Kong : les informations de la nuit

2 MINCOURRIER INTERNATIONAL (PARIS) 

États-Unis : au Capitole, les Gafa sermonnés par les politiques. Les PDG des Gafa – Sundar Pichai (Google), Tim Cook (Apple), Mark Zuckerberg (Facebook), Jeff Bezos (Amazon) – “quatre géants de la technologie d’une valeur totale de près de 5 000 milliards de dollars”, ont affronté mercredi 29 juillet les “questions épineuses” des législateurs américains, à Washington, rapporte le New York Times. Pendant plus de cinq heures, les 15 membres d’un panel antitrust à la Chambre des représentants ont interrogé les dirigeants “sur les tactiques et la domination du marché qui ont fait le succès de leurs entreprises”. Les démocrates ont critiqué ces compagnies “pour avoir acheté des start-up afin de les étouffer”, raconte le journal, tandis que les républicains “se sont demandé si les plateformes avaient muselé les points de vue conservateurs et étaient antipatriotiques”.

Coronavirus : seuils macabres aux États-Unis et au Brésil. Aux États-Unis, le pays le plus endeuillé par la pandémie de coronavirus, le triste cap des 150 000 morts a été franchi mercredi. “Une étape importante de traumatisme et de tragédie qui marque la propagation du coronavirus des grandes villes vers les banlieues et les zones rurales, en particulier au Texas, en Floride, en Californie et en Arizona”, commente le Washington Post. Au Brésil, le bilan s’est aussi accéléré mercredi, avec 90 000 morts. Et “le nombre total d’infections confirmées” depuis l’apparition de la maladie se chiffre “déjà” dans le pays à plus de 2,5 millions, déplore Folha de São Paulo.

Quatre étudiants arrêtés à Hong Kong en vertu de la loi controversée sur la sécurité nationale. Quatre étudiants impliqués dans un groupe prônant l’indépendance, dissous en juin, ont été arrêtés par la nouvelle unité de police de Hong Kong qui applique la loi sur la sécurité nationale, indique le South China Morning Post. Selon la police, les quatre étudiants arrêtés – une jeune femme et trois jeunes hommes âgés de 16 à 21 ans – sont soupçonnés d’“organisation et d’incitation à la sécession”“La police n’a pas révélé l’identité des suspects, mais des images publiées en ligne ont montré que Tony Chung, l’un des anciens organisateurs de Studentlocalism, avait été emmené menottes aux poignets par des agents”, écrit le quotidien. “Il s’agit des premières arrestations visant des figures politiques publiques depuis l’entrée en vigueur de cette loi, imposée par Pékin à son territoire semi-autonome le 30 juin dernier”, relève l’article.

https://reveil.courrierinternational.com/#/edition/1981454/article/1981478

Corymbe, une mission à double facette (cap. vaisseau Tranchant)


Corymbe, une mission à double facette (cap. vaisseau Tranchant)

 Nicolas Gros-VerheydeGolfe de Guinéeopération CorymbePHA Tonnerre  6 min read

(B2) Avant la pause estivale, j’ai choisi de donner la parole au commandant du porte-hélicoptères Tonnerre, le capitaine de vaisseau Arnaud Tranchant, qui vient de boucler une présence dans le golfe de Guinée

Le CV Tranchant à bord du PHA Tonnerre (crédit : Marine nationale)

Déclenchée début juin, cette mission est désormais un classique pour la marine nationale. Depuis 1990, un bâtiment est présent dans la zone (1). Cette fois, avec des conditions d’exécution un peu différentes, compte-tenu de la crise du Covid-19.

Corymbe, c’est une mission à multiples facettes en fait ?

— On peut le dire. Notre présence a deux volets. Premièrement, assurer la sécurité des intérêts stratégiques français. Nous réalisons des patrouilles du fond du golfe de Guinée, dans la zone où nos opérateurs industriels sont présents, en interaction avec les forces françaises prépositionnées en Côte d’Ivoire et au Gabon. C’est un volet purement national. Deuxièmement, nous venons en appui aux marines du Golfe (Sénégal, Côté d’Ivoire, Bénin, Togo, Nigeria et Gabon). Nous faisons des patrouilles en commun ou effectuons des vols à leur profit avec notre hélicoptère de bord Caïman (2) pour surveiller la zone économique exclusive, ou lutter contre la piraterie et contre la pêche illégale. Nous faisons des entraînements conjoints et procédons à de multiples échanges.

Cette collaboration est un point important ?

— Bien sûr. Cela permet de partager l’appréciation de la situation. Ensuite le fait que la marine française soit présente régulièrement nous donne de la crédibilité, nous permet de tisser des liens fraternels assez intimes avec ces marines de manière à nous parler comme de vrais frères d’armes.

La crise du Covid-19 a-t-elle entraîné une modification du cours de la mission ?

— En effet. Cette mission a connu des modalités inédites avec six semaines de mer, en quasi autonomie. Nous avons fait juste deux escales de ravitaillement en gasoil à Dakar. Mais sans ravitaillement en vivres, ni en eau [Le Tonnerre est équipé pour produire sa propre eau potable]. C’était exigeant pour les équipages. Mais nous avons réussi à trouver des modalités, pour faire face à la fatigue induite par ces conditions.

Ce n’est pas la première fois que vous êtes dans la zone. La septième si j’ai bien compté. Quelle leçon en tirez-vous ?

— C’est ma septième mission en zone Corymbe. Il y a ici une densité en mer et une grande diversité des acteurs. Entre les pêcheurs locaux, les pêcheurs plus hauturiers, souvent asiatiques, la présence des plate-formes pétrolières, sans oublier les acteurs de la sécurité, privés ou étatiques, on voit bien ici la maritimisation du monde. Il y a énormément de monde sur l’eau. En vingt ans, j’ai pu assister à la densification des activités, avec du coup une évolution de la sécurité, liée à l’augmentation de ces activités, licites ou illicites.

Les marines locales sont-elles en état, à même de contrer cette menace ?

— Je ne porterai pas de jugement sur l’état des marines. Ce que je vois c’est qu’elles produisent des effets opérationnels. Elles ont déjà des capacités et montent en puissance. Elles naviguent, patrouillent, interviennent. Sur le plan du partage de l’information, le processus [de Yaoundé] produit de l’effet. Maintenant, l’intervention maritime reste un enjeu de taille. Il reste toujours des axes d’effort.

La crise du coronavirus a-t-elle aussi fait évoluer les modes d’action des pirates et bandits de mer ?

— La chute du cours de pétrole a produit une évolution du mode d’action des pirates, comme géographique. Le détournement de pétrole (bunkering) devenant moins rentable dans le golfe du Nigeria, ils se sont tournés vers la prise d’otages, lucratif avec les rançons. Les bunkerings étaient auparavant très concentrés dans les zones pétrolières. Mais cette activité d’otages se produit hors de ces zones, beaucoup plus loin des côtes. Ce qui augmente les zones à risque. Il faudra veiller à l’avenir si cette évolution persiste.

Ces attaques restent plutôt violentes, comparé avec ce qui se produit en Afrique de l’Est ?

— Le caractère très violent des actes pirates dans cette zone persiste. Cela n’a pas changé. Ce ne sont pas des pêcheurs reconvertis comme en Somalie. Ici, ce sont des organisations criminelles, organisées dans cet objectif, dont c’est le revenu principal, avec un impératif de résultat. Ce sont des attaques rapides. Ils montent à bord très vite, repartent avec des otages choisis très vite aussi, pour réintégrer leurs bases cachées [d’où ils négocient le versement d’une rançon]. Ils sont armés, avec des capacités d’autodéfense et d’agression importantes. Cela nous oblige à adapter nos modes : l’attaque étant rapide, il faut agir rapidement.

Vous êtes intervenus ?

— À chaque fois que nous avons pu apporter un appui, nous l’avons fait. Nous avons ainsi pu observer [à distance] trois attaques pirates (3). Toutes trois ont débouché sur des prises d’otages. Pour deux sur trois, nous étions trop loin pour intervenir. Une était davantage à portée. Nous avons déployé notre hélicoptère Caïman pour permettre le pistage de tous les navires à proximité. Les informations ont été transmises aux marines partenaires pour leur permettre d’agir. Nous nous sommes ensuite approchés du navire piraté, pour réconforter les marins, voir s’il y avait des blessés, recueillir les informations. C’est toujours utile pour connaître les modalités d’action des pirates.

Après Corymbe, quel est votre programme ?

— Retour à Toulon, où nous serons en alerte en métropole. En fin année, le navire connaitra un arrêt technique. Et l’année prochaine (2021), nous assurerons la mission ‘Jeanne d’arc’ de formation des jeunes officiers…

(Propos recueillis par Nicolas Gros-Verheyde)

Entretien réalisé le 11 juillet 2020, par téléphone alors que le PHA Tonnerre était dans le Golfe de Guinée par une mer plutôt forte.


Le volet ‘coopération’ de la mission

La mission Corymbe a débuté par des entraînements conjoints avec les éléments français au Sénégal (EFS) et la marine sénégalaise. Fin juin, il s’est d’abord entraîné avec le patrouilleur ivoirien L’Emergence la lagune d’Abidjan, puis, dans le golfe de Biafra, avec les forces gabonaises avec, à la clé, entraînement amphibie, plongée et exercice anti-piraterie. L’hélicoptère Caïman a patrouillé ensuite à la demande du Nigéria et du Bénin pour repérer des navires. Après une seconde escale logistique à Dakar, sur le chemin du retour, le Tonnerre a mené un exercice de tenue de situation « surface » et un treuillage avec le patrouilleur sénégalais Fouladou. Au total, plus de 16.000 nautiques parcourus par le navire et 63 heures de vol pour l’hélicoptère Caïman, dont 12 missions de surveillance maritime.


  1. La France déploie au moins une fois par an dans la zone un grand navire amphibie ou porte-avions hélicoptères (Tonnerre, Mistral…).
  2. L’usage de l’hélicoptère a un gros avantage : augmenter l’allonge du navire. L’autonomie assez importante du Caïman lui permet d’intervenir dans un rayon de 100 nautiques environ (avec une demi-heure sur place et le trajet retour). Il est surtout doté d’un radar de veille surface « très performant » qui permet le recueil d’images de jour comme de nuit.
  3. Il y a un système de déclenchement d’alerte, à la fois sur radio VHF et satellite (doublée sur plusieurs fréquences). Cela permet à la fois aux navires publics d’intervenir comme aux navires marchands d’être informés et de se prémunir d’une attaque. Les centres de coordination mondiale sont aussi informés (via satellite), permettant de répercuter l’information sur tous les autres navires.

Lire aussi sur le sujet :

Et notre dossier Mica Center :

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Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l’université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 – Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir)

https://www.bruxelles2.eu/2020/07/corymbe-une-mission-a-double-facette-cap-vaisseau-tranchant/?utm_source=mailpoet&utm_medium=email&utm_campaign=les-newsletter-total-derniers-articles-de-notre-blog_2

Didier Raoult porte plainte contre Martin Hirsch

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6Medias, publié le jeudi 30 juillet 2020 à 09h45

Selon La Provence, le professeur Didier Raoult a déposé une plainte pour dénonciation calomnieuse contre le patron de l’AP-HP Martin Hirsch. Ce dernier l’a accusé de faux témoignages sous serment.

Leur opposition va se poursuivre devant la justice.

Selon les informations de La Provence, Didier Raoult attaque Martin Hirsch en justice. A travers la voix de son conseiller, Me Brice Grazziani, le professeur annonce qu’il porte plainte pour dénonciation calomnieuse. Il estime que le directeur général de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris a franchi les limites en l’accusant de faux témoignage sous serment.

L’opposition entre les deux hommes remonte au 26 juin dernier. Ce jour-là, face à la commission d’enquête parlementaire, le célèbre médecin marseillais fait mention d’un taux de mortalité des malades du Covid-19 dans les services de réanimation qui serait de 43% à Paris contre 16% dans les services marseillais. Des accusations en partie contestées par Martin Hirsch le 6 juillet dernier.
https://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe/mdtk/01582271/autoplay/no/src/f80k38/zone/51/sound/no/adsparam/0/

Didier Raoult pointait aussi du doigt la gestion du premier patient chinois traité en France. Âgé de 80 ans et fiévreux, cet homme issu de la région du Hubei, en Chine, n’avait pas été diagnostiqué positif et avait dans un premier temps été renvoyé à son domicile puisqu’il « ne venait pas de l’épicentre de l’épidémie et n’avait pas de signes respiratoires » selon le chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Bichat.

Une lettre qui passe mal

La plainte du professeur marseillais est essentiellement liée à un courrier envoyé par Martin Hirsch à Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale, et Brigitte Bourguignon, présidente de la commission. Dedans, il dénonçait, lors de son audition, les déclarations de Didier Raoult « qui mettent gravement en cause l’AP-HP, faites sous serment » et qui « semblent s’apparenter à un faux témoignage ».

Une lettre qui a été la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour l’infectiologue marseillais. « Le professeur Raoult a été beaucoup malmené pendant toute cette crise mais tant que cela reste de l’ordre du débat scientifique, il n’a jamais rien dit. Là, la limite a été dépassée. D’autant que les chiffres qu’il a avancés sont issus de données épidémiologiques de l’AP-HP et de l’AP-HM. Il ne voulait pas laisser passer cela », explique Me Grazziani à La Provence. Il rappelle que ce délit est d’ailleurs passible de cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende.

Didier Raoult: « faillite totale » du conseil scientifique et organisation « archaïque » des testshttps://www.ultimedia.com/deliver/generic/iframe?mdtk=01582271&zone=18&type_player=0&sendstats=0&src=f80rk5&width=670&height=377&urlfacebook=https%3A%2F%2Factu.orange.fr%2Ffrance%2Fdidier-raoult-porte-plainte-contre-martin-hirsch-magic-CNT000001s4itF.html&ad=1&autoplay=no&fstart=2&title=Didier+Raoult%3A+%22faillite+totale%22+du+conseil+scientifique+et+organisation+%22archa%C3%AFque%22+des+tests&endMessage=um_pvp_digitekawidget__714505_ultimediaEndRoll&widgetPrefix=um_pvp_digitekawidget__714505_&tagparam=0&tagparamdecoded=&visible=&gdprconsentstring=

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https://actu.orange.fr/france/didier-raoult-porte-plainte-contre-martin-hirsch-magic-CNT000001s4itF.html

Les trois premières fautes de Jean Castex

PORTUGUÊSTÜRKÇEJPEG - 31.5 koJean Castex est un gascon aux dents longues qui n’est pas sans rappeler le personnage d’Eugène de Rastignac créé par Honoré de Balzac. Faisant passer son ascension sociale avant toute idéologie, il a démissionné de son parti politique d’opposition le 3 juillet au matin afin de pouvoir être nommé Premier ministre d’Emmanuel Macron l’après-midi. Il est membre du Siècle, le club de l’establishment d’affaire.

L’administration française fonctionne très bien toute seule. En ce sens, c’est une des meilleures au monde. Le rôle des ministres n’est pas de se substituer aux directeurs d’administration centrale qui font tourner la machine. C’est au contraire d’adapter l’administration aux changements du monde ; de l’orienter dans le sens imaginé par le président de la République et approuvé par les citoyens lors de son élection.

Le président de la République ne peut avoir d’avis sur tout. Mais ils doit penser les Affaires étrangères et la Défense, la Police et la Justice, la Monnaie et les Impôts. C’est ce que l’on appelle les fonctions régaliennes. Actuellement, il doit repenser cet ensemble pour rétablir le contrat social face à une modification profonde des structures de la société.

Les inégalités de patrimoine se sont considérablement accrues. Au cours des dernières années, les classes moyennes ont fondu comme neige au soleil et une nouvelle classe sociale est apparue qui s’est présentée à la vue de tous lors des manifestations des Gilets jaunes. L’homme le plus riche du pays dispose d’une fortune égale à ce qu’un smicard ne parvient pas à gagner brut en un million et demi d’années. Cet écart astronomique renvoie le pays à une organisation médiévale et rend impossible tout fonctionnement démocratique.

Depuis l’accident cérébral du président Jacques Chirac, le 2 septembre 2005, il n’y a plus de pilote dans l’avion. Lors des trois élections présidentielles de 2007, 2012 et 2017, aucun des candidats élus n’a présenté de vision du pays, juste des mesures sectorielles. Privée d’un président digne de ce nom, la France est dès lors à la dérive depuis 15 ans.

Le nouveau Premier ministre français, Jean Castex, est un très haut fonctionnaire dont tout le monde loue l’efficacité et l’attention aux autres. Mais ce n’est pas un responsable politique capable de fixer des objectifs nouveaux et de repenser l’architecture du système.

Son directeur de cabinet, Nicolas Revel, est partisan d’un atlantisme féroce. Il est le fils de l’académicien Jean-François Revel et de la journaliste Claude Sarraute. Le premier était le principal agent de la National Endowment for Democracy en France. La seconde était chroniqueuse au Monde. Avec humour, elle s’est appliquée à ridiculiser les syndicats ouvriers et à valoriser les combats sociétaux. Mathieu Ricard, le frère de Nicolas, est un porte-parole du dalaï lama qui ne manque jamais une occasion de dénoncer la Chine.

Le bilan des premiers jours de Jean Castex à Matignon est catastrophique. Dans cet article, je pointerai ses trois premières décisions en matière d’organisation du gouvernement, de réponse à la pandémie et de politique européenne.

1- La réforme des cabinets ministériels

Dès la nomination de son gouvernement, le nouveau Premier ministre a réformé la règle limitative imposée par son prédécesseur à la composition des cabinets ministériels. Il a élargi le nombre des collaborateurs politiques de 10 à 15. En effet, les ministres des gouvernements d’Édouard Philippe se plaignaient de ne pas avoir d’équipe assez nombreuse pour pouvoir contrôler les administrations centrales. À quoi servaient donc leurs 10 collaborateurs ? À répondre au public et à améliorer leur image.

Certes, les ministres ne sont pas élus et n’ont donc de compte à rendre qu’au Premier ministre et au président de la République, pas directement aux électeurs. Mais comme chacun pense d’abord à sa carrière, puis à sa fonction, 10 collaborateurs de relations publiques, ce n’est pas de trop.

Dans ces conditions, il ne fallait pas créer 5 postes supplémentaires auprès de chaque ministre, mais veiller à ce que les collaborateurs engagés le soient dans l’intérêt du gouvernement, pas de l’avenir du ministre. En effet, sans préjuger de ce que chacun fera, il est évident que Jean Castex ne souhaite pas que les conseillers interférent avec l’administration, mais qu’ils informent les ministres sur les aspects techniques des dossiers. Ce n’est qu’un tout petit pas en avant qui ne règlera pas le problème.

2- Les masques obligatoires

Juste avant d’être nommé Premier ministre, Jean Castex fut chargé d’une mission sur le déconfinement après l’épidémie de Covid-19. Il est donc censé avoir réfléchi à la prévention de cette maladie.

Alors que le gouvernement précédent avait déclaré que les masques ne servaient pas à grand chose, Jean Castex les a rendus obligatoires. L’opinion publique a interprété à tort ce changement de consigne en fonction de la disponibilité de ces masques : quand il n’y en avait pas, ils ne servaient à rien, quant ils sont là, ils deviennent obligatoires.

En réalité, huit mois après le début de l’épidémie mondiale, on ne sait toujours pas comment ce virus se transmet et donc comment on peut éviter sa propagation. La différence des consignes n’est pas due à la disponibilité des masques, mais à la volonté du nouveau gouvernement de montrer qu’il prend les choses en main. Ce n’est pas une mesure médicale, mais une manière de se rassurer.

Souvenez-vous, lorsque le virus est arrivé en Occident, toutes les autorités affirmaient qu’il se propageait par contact via des surfaces solides. Une hystérie s’est emparée de l’Europe à propos des poignées de portes. Il suffisait d’en toucher une et de porter sa main au visage pour risquer la mort immédiate.

On avait en effet découvert que le virus pouvait survivre quelques heures sur des poignées de porte et même deux jours sur du carton. On en avait conclu que les lettres et paquets devaient être conservés pendant 48 heures avant de les ouvrir. Aujourd’hui, ces consignes paraissent idiotes et personne ne les suit. Pourtant, au plan scientifique, rien n’a changé. On n’en sait pas plus sur les modes de contamination aujourd’hui qu’hier. On a juste remarqué qu’il ne semble pas y avoir de transmission via des surfaces solides. On « croit » donc qu’elle se fait directement par quelques mystérieux liquides humains. L’« opinion » communément admise affirme que la maladie se transmet par les gouttelettes respiratoires. Il convient donc de porter le masque. Mais cette croyance n’est pas plus sûre que la précédente.

Je me souviens que l’on avait agi de la même manière lors de l’épidémie de sida. Le rétrovirus avait été identifié dans le sang et le sperme. On en avait conclu qu’il pouvait se transmettre par les moustiques et la fellation. Pendant trois ans, les autorités sanitaires de nombreux pays ont multiplié les messages de prévention en ce sens. Aujourd’hui, on sait qu’elles se trompaient. Le sida ne se transmet pas par les moustiques, ni par la fellation.

L’erreur est de croire qu’il suffit d’attraper un virus pour tomber malade. Or, le corps humain est prévu pour vivre avec de nombreux virus. La plupart du temps, il sait comment s’en protéger. La Covid-19 est une maladie respiratoire. Elle se transmet donc a priori comme les autres maladies respiratoires : par l’air. Si c’est le cas, les seuls masques utiles doivent être hermétiques, comme des masques à gaz utilisés par les armées ou les laboratoires P4. Les masques chirurgicaux sont au contraire de fausses protection car ils n’adhèrent pas à la peau et laissent passer l’air en de nombreux endroits.

Dans le cas où la Covid-19 se transmet comme toutes les autres maladies respiratoires —ce qui est a priori l’hypothèse la plus probable—, la prévention doit être d’aérer les espaces fermés. Ce que l’OMS avait déclaré au début de la pandémie.

Cependant, un autre problème surgit. On a installé au cours des dernières années des systèmes de climatisation dans de nombreux immeubles. Si l’air climatisé absorbe des vapeurs d’eau contaminée, toutes les autres personnes respirant cet air risquent d’être contaminées. On se souvient de l’épidémie de légionellose (une infection bactérienne pulmonaire grave) lors de la convention de l’American Legion, en 1976 à Philadelphie. La même maladie fut transmise de la même manière, en 2000, à des patients de l’hôpital européen Georges Pompidou à Paris, peu après son ouverture. Il fallut réformer tout le système de climatisation de ce gigantesque hôpital flambant neuf.

Il faut distinguer les systèmes de climatisation qui expulsent l’air à l’extérieur de ceux qui fonctionnent en circuit fermé, diffusant éventuellement la maladie dans tout l’établissement. Les contaminations dans les abattoirs, espaces climatisés en circuit fermé et à basse température, laissent à penser que cette hypothèse devrait être prise très au sérieux.

Envisager cette hypothèse, c’est envisager d’admettre que de nombreux bâtiments modernes doivent être réhabilités, comme on l’a fait avec l’hôpital Pompidou. Ce sont des budgets conséquents comparables à ceux que l’on dépense pour désamianter des immeubles.

Pour un haut-fonctionnaire, il vaut mieux ignorer cette question. Ne rien changer, agir comme d’autres États et rendre obligatoire le port du masque.

3- Le moment hamiltonien

Le projet franco-allemand du chancelier Helmut Köhl et du président François Mitterrand fut conçu durant la Guerre froide. Énoncé par le Traité de Maastricht, en 1992, il se poursuit inexorablement. L’objectif stratégique est de construire une structure supra-étatique capable de neutraliser les divergences d’intérêt entre les deux pays et de rivaliser économiquement avec les États-Unis, la Russie et la Chine. Inexorablement, les pièces du puzzle se mettent en ordre une à une comme ce fut le cas avec le Traité constitutionnel.

Vu l’opposition de nombreux peuples européens à cette construction sous contrôle US, les étapes actuelles sont difficiles à franchir, mais l’épidémie de la Covid-19 permet aux dirigeants allemands et français d’agir à la faveur de la panique sanitaire. C’est le hamiltonian moment (« moment hamiltonien »), par référence à la manière dont Alexander Hamilton fit basculer son pays d’un système de coopération entre États indépendants à une Fédération. Durant la période 1789-95, lorsqu’il fut le 1er secrétaire au Trésor des États-Unis, il fit reprendre les dettes contractées par les États membres lors de la guerre d’Indépendance par le gouvernement fédéral, créant ainsi leur dépendance. Cependant, ce ne fut que soixante-dix ans plus tard, lorsque les États du Sud refusèrent les droits de douane uniques que le gouvernement fédéral tenta de leur imposer dans l’intérêt des États du Nord que le fédéralisme s’avéra un carcan, provoquant la guerre de Sécession.

À l’issue d’un des plus longs sommets des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne, un plan de 750 milliards d’euros a été adopté par le Conseil européen pour faciliter la reprise économique post-Covid. Il ne sera pas financé par une dévaluation de l’euro car seuls 19 États en sont membres sur 27, mais par des emprunts de 30 ans. Il devrait donc être sinon impossible du moins très difficile d’organiser des sorties de l’Union sur le modèle du Royaume-Uni durant les 30 prochaines années.

Dans un premier temps, lorsque les entreprises recevront des subventions ou des prêts européens, tout le monde se réjouira. Mais lorsque les choses iront mieux et que l’on constatera s’être aliéné pour 30 ans, la révolte grondera.

Ce plan est présenté comme une mesure d’urgence face à une terrible crise. Il ne s’agit que d’un emballage de communication comme l’atteste le fait qu’une fois adopté par le Conseil des chefs d’État et de gouvernement, il a été renvoyé devant le Parlement européen et les parlements nationaux qui ne se prononceront pas avant des mois. Durant toute cette période l’aide prétendument « d’urgence » sera bloquée.

Ce plan est accompagné d’un nouveau budget de l’UE pour les sept prochaines années. Il révèle la vraie nature de cette union : par exemple, alors que l’on communiquait sur la nouvelle « Défense européenne », son budget de la Défense est divisé par deux sans explication.

C’est ce tour de passe-passe que Jean Castex vient d’avaliser, faisant passer le rêve de puissance de Kohl et Mitterrand, puis de Merkel et Macron, avant la volonté d’indépendance des peuples. Il s’agit d’un choix d’une extrême gravité qui s’est déjà fracassé les deux fois où la France seule, puis l’Allemagne seule, l’ont tenté avec Napoléon et Hitler. Dans la version actuelle, les chefs d’État des deux pays sont d’accord entre eux, mais probablement pas leurs peuples et encore moins ceux des autres pays concernés.

Emmanuel Macron et Jean Castex ont accepté à la place des Français d’enchaîner le pays à l’UE pour 30 ans afin de récupérer 40 milliards d’euros. Mais pour quoi faire ? Pour réformer le mode de rémunération du travail et résorber le gouffre social entre les ultra-riches et les autres ? Pour indemniser les Français dont le travail a été détruit par un confinement imposé ? Ou pour gagner du temps tout en préservant la paix sociale ? Malheureusement, ces deux hommes ne veulent rien changer et cet argent sera dépensé en pure perte.

https://www.voltairenet.org/article210583.html

En réponse à « Passer by » : Un déclin important s’annonce pour les États-Unis

En réponse à « Passer by » : Un déclin important s’annonce pour les États-Unis


Par Moon of Alabama − Le 27 juillet 2020

En réponse à plusieurs commentaires dans le dernier fil de conversation libre – légèrement modifié.

En fait, il y a même un  déclin réel absolu, et pas seulement relatif, aux États-Unis, par exemple l’espérance de vie y est en baisse. C’est un très mauvais signe pour un pays développé. Pareil pour le Royaume-Uni d’ailleurs.

Sur la question du profit que la Chine a tiré pendant la crise Covid, elle a gagné en puissance brute, par exemple en PIB par rapport aux États-Unis. Et elle a également gagné en termes d’endettement, relativement, alors que les niveaux de dette américaine ont explosé en raison de la crise. Vous avez maintenant une récupération en forme de V en Chine et une pauvre récupération en forme de W aux États-Unis. Avec beaucoup plus de dette ajoutée.

Il y a bien sûr la question des relations publiques et du soft power. D’une part, les États-Unis ont blâmé la Chine pour la pandémie, mais d’autre part, ils se sont mis dans l’embarras en raison de leurs faibles performances en matière de maîtrise de la pandémie, par rapport à d’autres pays. Et ils ont perdu des points dans le monde entier en raison de leur retrait de l’OMS en plein milieu de la pandémie. L’Europe et les pays en développement n’ont pas du tout aimé cela. N’oubliez pas que la Covid a également affaibli l’armée américaine, elle a des problèmes avec ça, y compris sur les navires et les bases à l’étranger, la maladie a même saboté le plus grand exercice américain prévu en Europe depuis 30 ans. Et la pandémie aux États-Unis fait toujours rage, elle n’est pas du tout contenue et les taux de mortalité augmentent à nouveau.

Ici par exemple, les futurologues de Pardee UNC Health Care disent que la Chine a gagné pendant la crise, en capacités brutes. La recherche sur le futur et le pouvoir relatif entre les pays est leur spécialité :

En ce qui concerne les mesures générales des capacités matérielles, l'image est claire : la COVID-19 réduit l'écart des capacités relatives des États-Unis et de la Chine et accélère la transition entre les deux pays. Grâce à plusieurs scénarios de prévision à long terme utilisant l'outil International Futures, Collin Meisel, associé de recherche, et Jonathan Moyer, directeur du Pardee Center, expliquent sur le blog Duck of Minerva que la Chine gagnera probablement en puissance mondiale par rapport aux États-Unis d'ici 2030 en raison de l'impact économique et de la mortalité de la COVID-19. Ce gain en pouvoir mondial est égal aux capacités de la Turquie aujourd'hui.

Sur la question du dollar US, Stephen Roach affirme également qu’il y aura une baisse significative à moyen terme. Et l’argument est assez logique – si la part des États-Unis dans l’économie mondiale est en baisse – et elle diminuera au moins jusqu’en 2060 – et si le niveau de la dette américaine atteint des niveaux sans précédent, le dollar baissera. Je suis d’accord avec cet argument. C’est tout à fait logique.

Sur la question des puces et semi-conducteurs, David Goldman est sceptique quant à la capacité des États-Unis à arrêter la Chine à ce sujet :

L’interdiction des puces donne au monde une énorme incitation à contourner les États-Unis.

Fondamentalement, Huawei a toujours des fournisseurs avancés, en Corée du Sud et au Japon. Et certains d’entre eux refusent de céder. Le problème pour les États-Unis est que la Chine est le plus grand marché mondial de semi-conducteurs et le plus grand importateur de puces au monde, ce qui donne aux entreprises privées de très bonnes raisons pour contourner les équipements fabriqués aux États-Unis afin d’exporter vers la Chine. Ensuite, la Chine stocke également de grandes quantités de puces. D’ici 2025, elle devrait être en mesure de remplacer la production étrangère par la production locale. Donc, ces interdictions sont perdantes pour les États-Unis, et la Chine – oui, cela entraînera des coûts pour la Chine jusqu’en 2025. Mais cela conduira également des entreprises américaines, telles que Qualcomm, à perdre le marché chinois des puces, qui est le plus grand au monde, et il n’y a rien pour le remplacer.

Ce sont des centaines de milliards perdus pour les États-Unis en raison de la réduction progressive du marché le plus lucratif. Ainsi, en termes relatifs, la Chine ne perdra pas dans cette bataille, car les États-Unis perdront aussi beaucoup, tout comme la Chine. C’est une situation perdant-perdant. Et n’oubliez pas que la Chine a averti qu’une attaque américaine totale contre Huawei entraînerait l’expulsion de Boeing du pays qui devient le plus grand marché de l’aviation au monde, et entraînera également des centaines de milliards de pertes pour cette société, et cela va probablement l’enterrer sous Airbus. La Chine a besoin de beaucoup d’avions jusqu’en 2028, date à laquelle elle les remplacera par les siens, d’une valeur de centaines de milliards de dollars. Élever Airbus au-dessus de Boeing, qui connaît déjà de gros problèmes, sera un coup dur pour l’industrie aérospatiale américaine.

La Chine a donc aussi des cartes à jouer. Sur la question des États-Unis qui obligent certains pays à interdire Huawei, c’est à nouveau une situation perdant-perdant. Les États-Unis et certains de leurs alliés perdront en raison de l’utilisation d’équipements 5G plus coûteux, et mettront plus de temps pour construire leurs réseaux. Donc, la Chine perd, et les États-Unis et certains alliés perdent aussi, mais en termes relatifs, les choses ne changent pas en termes de pouvoir, car ils perdent tous les deux. N’oubliez pas que l’Allemagne a déclaré qu’elle continuerait à utiliser des équipements Huawei, et c’est la plus grande économie d’Europe :

Les trois principaux opérateurs de télécommunications allemands, Deutsche Telekom, Vodafone et Telefonica, ont activement promu la 5G ces dernières années. Ils mettent en œuvre une stratégie de «diversification des fournisseurs» et utilisent les équipements Huawei dans leurs réseaux parmi d'autres fournisseurs. Peter Altmaier, ministre allemand de l'Économie, a déclaré le 11 juillet au Frankfurter Allgemeine Zeitung que l'Allemagne n'exclurait pas Huawei du déploiement du réseau 5G du pays. "Il ne peut y avoir d'exclusion que si la sécurité nationale est manifestement menacée. Cependant, nous renforcerons nos mesures de sécurité, quel que soit le pays d'origine des produits", a déclaré Altmaier. "Il n'y a pas de changement dans la position de l'Allemagne", a déclaré le 16 juillet un porte-parole du ministère de l'Intérieur du pays.

Nous pouvons donc dire que très probablement la moitié de l’Europe utilisera Huawei. Pourtant, comme vous l’avez dit, une grande partie du monde l’exclura. Peut-être la moitié du PIB mondial. Malheureusement, les choses ne sont pas parfaites. Un point positif en cela est que Huawei parie sur les marchés émergents et que ceux-ci ont des taux de croissance plus élevés que les marchés occidentaux – c’est-à-dire qu’ils auront plus d’importance à l’avenir.

Je conviens que les États-Unis nuisent à la Chine, mais les dommages ne sont pas importants à mon avis, car ce sont principalement des situations perdantes où le pouvoir relatif reste le même. Et avec le temps, il y aura également des dommages importants pour les États-Unis, comme la perte du plus grand marché des puces et de l’aviation et la montée en puissance des concurrents de Boeing tels qu’Airbus.

Donc ce n’est pas si mal que ça pour la Chine. Ainsi, après avoir mentionné tout cela, je ne pense pas que Pompeo renifle l’odeur du sang et cherche à attaquer la jugulaire. Ce n’est pas tellement la vulnérabilité de la Chine qui attise la colère de l’élite américaine, mais plutôt l’affaiblissement des États-Unis, et ce que la Chine gagne pendant la crise de la Covid.

À Hong Kong, la Chine n’avait aucune option. C’était une situation perdante. Si elle permettait le statut-quo, il y aurait eu une révolution de couleur permanente à la une des médias. Il vaut peut-être mieux arrêter cela une fois pour toutes. Ils espéraient que la crise de la Covid leur donnerait une couverture pour ce faire. Cela n’a pas très bien fonctionné.

Malheureusement, il est juste que la stratégie Trump d’intimidation fonctionne souvent. On suppose que cela devrait avoir un coût pour les États-Unis en matière de relation publique dans l’opinion mondiale, mais nous ne le voyons pas. Je suppose que la plupart des pays du monde sont trop lâches et préfèrent suivre le courant. Ils abandonneront les États-Unis seulement après que ceux-ci auront irrémédiablement perdu. Eh bien, ce n’est pas une situation facile. Les réactions américaines sont très fortes, et haineuses, précisément parce que les choses ne sont toujours pas bonnes pour eux et que leur déclin se poursuit, indépendamment de certaines victoires tactiques – à la Pyrrhus, où dans certains cas, c’est de toute façon une situation perdante.

Les données montrent une baisse significative pour les États-Unis.

  • 2019 Chine 1,27 fois plus élevée en Parité de pouvoir d’achat (PPA)
  • 2030 Chine 1,8 fois plus grand en PPA
  • Dette américaine / PIB en 2019 :   80%
  • Dette américaine / PIB en 2030 : 125%
  • Dette américaine / PIB en 2050 :  230%Le Highway Trust Fund (HTF) sera épuisé d’ici 2021, le fonds fiduciaire Medicare Hospital Insurance (HI) au début de 2024, le fonds fiduciaire Social Security Disability Insurance (SSDI) dans les années 2020, la Pension Benefit Guarantee Corporation (PBGC), le Multi-Employer fund à un moment donné au milieu des années 2020, et le Social Security Old-Age and Survivors Insurance (OASI) d’ici 2031. Nous estimons que le fonds Social Security OASDI Trust combiné sera à court de réserves d’ici 2031.
  • Budget militaire – avant estimation Covid, et budget Trump – en 2019 : 3,2% du PIB, en 2030 : 2,5% du PIB – pourrait chuter à 2,3% du PIB grâce à Covid.
  • Dépenses discrétionnaires civiles – avant estimation Covid – en 2019 : 3,2% du PIB, en 2030 : 1,8% du PIB – chute à son plus bas niveau historique, pourrait encore baisser en raison de Covid

Cela sans parler du grand fossé social et sociétal aux États-Unis, et de la crise de la Covid en cours, qui est en grande partie réglée en Chine. Voyez-vous le déclin maintenant ? Ils ont une très bonne raison de s’inquiéter. Un déclin significatif attend les États-Unis.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

bbhttps://lesakerfrancophone.fr/en-reponse-a-passer-by-un-declin-important-sannonce-pour-les-etats-unis

Washington veut mettre fin à la crise au sein du CCG pour relancer le financement de ses projets stratégiques dans la région

Washington veut mettre fin à la crise au sein du CCG pour relancer le financement de ses projets stratégiques dans la région

Strategika51   27/07/2020

Les États-Unis veulent mettre fin à la crise ouverte entre les pays membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et le blocus imposé au Qatar par l’Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis (EAU) et l’Egypte depuis 2017 {en considérant cette situation comme l’une des principales raisons ayant entravé la mise en œuvre de la stratégie US dans la région}.

Dans les faits, la dispute entre Doha et Ryad a totalement désorganisé les efforts d’endiguement contre l’Iran et anéanti tout ce qui avait été fait en Syrie. Depuis la grande dispute des pays du CCG, la rébellion syrienne avait perdu ses sources de financement et beaucoup de groupes disparurent aussi vite qu’ils étaient apparus. Seuls les groupes sous la houlette de la Turquie parviennent à se maintenir encore dans la province rebelle d’Idleb, devenue de facto un protectorat turc où stationnent des forces militaires et paramilitaires turques et où la lire turque y est la principale monnaie d’échange.https://googleads.g.doubleclick.net/pagead/ads?client=ca-pub-8611929323778758&output=html&h=280&adk=3347466463&adf=2455610273&w=674&fwrn=4&fwrnh=100&lmt=1595860275&num_ads=1&rafmt=1&armr=3&sem=mc&pwprc=1718975997&tp=site_kit&psa=1&guci=1.2.0.0.2.2.0.0&ad_type=text_image&format=674×280&url=https%3A%2F%2Fstrategika51.org%2F2020%2F07%2F27%2Fwashington-veut-mettre-fin-a-la-crise-au-sein-du-ccg-pour-relancer-le-financement-de-ses-projets-strategiques-dans-la-region%2F&flash=0&fwr=0&pra=3&rh=169&rw=673&rpe=1&resp_fmts=3&wgl=1&fa=27&adsid=ChAI8Pb5-AUQu7-39cXN2chAEkwAK4FkN2oRRZ4-oz7u_iwMMK7lDConuleSbEbEAS8aNe95XCR1TVcbpnlO5lER2gNnNBpcok7ANpvTMVPF5l-G5fbAgWstw6It3ng2&dt=1595860275710&bpp=13&bdt=3454&idt=13&shv=r20200723&cbv=r20190131&ptt=9&saldr=aa&abxe=1&prev_fmts=0x0&nras=2&correlator=6303932945684&frm=20&pv=1&ga_vid=621496474.1578223226&ga_sid=1595859569&ga_hid=632604318&ga_fc=1&iag=0&icsg=3378799231107120&dssz=125&mdo=0&mso=0&u_tz=120&u_his=1&u_java=0&u_h=768&u_w=1366&u_ah=728&u_aw=1366&u_cd=24&u_nplug=3&u_nmime=4&adx=60&ady=2287&biw=1063&bih=456&scr_x=0&scr_y=0&eid=21066154&oid=3&pvsid=1789635134208335&pem=378&ref=https%3A%2F%2Fmessageriepro3.orange.fr%2FOFX&rx=0&eae=0&fc=1408&brdim=70%2C70%2C70%2C70%2C1366%2C0%2C1096%2C576%2C1080%2C456&vis=1&rsz=%7C%7Cs%7C&abl=NS&fu=8320&bc=31&jar=2020-7-26-14&ifi=4&uci=a!4&btvi=1&fsb=1&xpc=qquqx343ta&p=https%3A//strategika51.org&dtd=248

Ce manque de financement dans ce contexte de guerre totale préoccupe au plus haut point Washington. La visite de Brian Hook, l’Envoyé spécial US pour l’Iran à Doha au Qatar a pour objectif affiché de tenter de mettre fin à la crise déchirant les pays membres du Conseil de Coopération du Golfe et qui est perçue par Washington comme une menaçant les efforts « communs » visant à « contenir » l’Iran d’autant plus que toutes les médiations américaines dans ce dossier sensible avaient lamentablement échoué jusqu’ici.

Le Qatar a bien amorti le choc du blocus imposé par ses voisins et l’Égypte et a renforcé ses liens de coopération militaire avec la Turquie tout en ouvrant des canaux économiques et commerciaux avec l’Iran. Cela s’est traduit par l’octroi à la Turquie de sa plus grande base militaire à l’étranger et l’entrée de denrées et de produits agricoles iraniens au Qatar. Simultanément le Qatar met fin au financement de certaines factions de la rébellion syrienne et signe avec la Turquie un pacte de défense renforcé. En réaction, les Emirats Arabes Unis ouvrent deux canaux de négociations secrètes avec Damas et réduisent de 89% l’aide allouée à certaines factions de la rébellion en Syrie. Les Émiratis et les Qataris changent de projet et croisent le sabre en Libye, un véritable Eldorado au potentiel prodigieux.

Cette crise a privé Washington du financement de la subversion au Levant et cela explique l’interruption de l’afflux de combattants étrangers de France, de Grande Bretagne, des Pays-Bas, de Suède, d’Allemagne, du Canada et du Xinjiang en Syrie. Ce n’était point l’attrait de la guerre sainte ou « juste » mais celui du dollar car à un certain moment, Daech avait son propre système bancaire virtuel et chaque combattant recevait une carte bancaire pré-payée en dollars USD.

La visite de Hook indique selon toute vraisemblance que Washington a décidé de revenir en force au Levant et au Moyen-Orient : multiplication des camps militaires US en Syrie et en Irak, report sine die de toute réduction des effectifs militaires d’Afghanistan malgré la promesse de Trump pour les prochaines présidentielles, multiplication par un facteur de 20 de l’aide militaire à Israël et redéploiement en Jordanie, en Irak, dans la mer Rouge, dans le Golfe et en Méditerranée orientale. Demeure le nerf de la guerre qui fait défaut malgré le plein régime des planches du billet vert et la reconstruction d’une alliance dans un monde impacté durement par la manipulation d’un virus à des fins d’hégémonie.

https://strategika51.org/2020/07/27/washington-veut-mettre-fin-a-la-crise-au-sein-du-ccg-pour-relancer-le-financement-de-ses-projets-strategiques-dans-la-region/

Conseil de défense sur la Covid-19 : comment rétablir la confiance ?

 24 JUILLET 2020 

Conseil de défense sur la Covid-19 : comment rétablir la confiance ?

Coronavirus in children By: Nik Anderson – CC BY 2.0

Espérons qu’en sortant du conseil de défense, le gouvernement évolue et fasse confiance aux nouveaux corps intermédiaires que sont les entreprises et les commerces de proximité.

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Par Frédéric Mas.

Aujourd’hui doit se tenir un nouveau conseil de défense afin d’« étudier de nouvelles mesures » pour répondre à la crise sanitaire engendrée par la Covid-19.

Face à l’inquiétude d’une population qui redoute le retour du virus et reste traumatisée par l’expérience du confinement, le gouvernement continue de communiquer et de préparer les Français au pire. S’il n’est pas question de reconfiner au niveau national, l’hypothèse des reconfinements locaux est sur la table.

Partout en Europe, du Royaume-Uni à l’Espagne en passant par le Portugal, les gouvernements ont franchi le pas. La peur paralyse la société française, et jusqu’à présent, l’État a répondu par davantage de réglementations, un contrôle accru de la liberté de circuler et de commercer, et un maintien partiel de l’État d’urgence sanitaire.about:blank

N’est-ce pas le bon moment pour changer de braquet ?

LE TOURISME DE MASSE QUI S’EST RATATINÉ

Dans un pays où le tourisme pèse plus de 34 milliards d’euros de recettes, et qui est visité par plus de 80 millions d’étrangers par an, la crise sanitaire a été une catastrophe qui n’est toujours pas finie. À Paris, qui reste la principale destination des touristes en France, l’été sans l’habituel afflux des visiteurs étrangers déprime les commerçants.

Si le tourisme de masse suscite le mépris des idéologues gauchistes et réactionnaires, il fait concrètement vivre une multitude de personnes, des hôtels jusqu’aux vendeurs de gadgets à la sauvette sur les Champs-Élysées. C’est un écosystème économique vivant et complexe que le confinement et les mesures sanitaires ont touché au cœur.

LES MILLIONS DE CHÔMEURS ET TOUJOURS PLUS DE RÉGLEMENTATIONS

Qui dit un tourisme divisé par deux, dit destruction de richesses, fermeture d’entreprises et des centaines de milliers de personnes au chômage. Emmanuel Macron en a conscience, et a d’ailleurs rappelé à juste titre que la période économique qui s’ouvrait à nous allait être particulièrement difficile.

Seulement, pour éviter l’effondrement économique, l’État a choisi l’injection massive d’aides aux différents secteurs d’activité touchés par la crise, et cela en échange de contraintes toujours plus absurdes et anti-économiques, comme c’est le cas pour le secteur de l’aviation. Alors que les recettes fiscales s’étiolent et que la dette publique explose, le gouvernement ne semble pas changer de cap en matière de méthode.

L’État envoie aussi des signaux inquiétants quant à la reprise du virus. Bien entendu, même si le gros de la crise semble derrière nous, rien n’indique que la pandémie soit définitivement éteinte. Mais rendre obligatoires les masques pour les lieux ouverts au public, n’est ce pas envoyer un signal inquiétant à une population déjà apeurée ?about:blank

Plutôt que la méthode autoritaire, peut-être eut-il fallu laisser commerçants et citoyens s’arranger entre eux. Ce sont ces arrangements spontanés qui tissent les liens de confiance et alimente le capital social dont le pays a besoin.

IL N’Y A RIEN DE PIRE QUE L’INCERTITUDE

En économie, il n’y a rien de pire que l’incertitude qui décourage les clients et les investissements. Le possible retour de la crise sanitaire suscite la peur, et les pouvoirs publics l’entretiennent, souvent malgré eux, en prenant des initiatives administratives et autoritaires qui perpétuent l’esprit de l’État d’urgence.

Espérons qu’en sortant du conseil de défense, le gouvernement évolue et fasse confiance aux nouveaux corps intermédiaires que sont les entreprises et les commerces de proximité. Cela supposerait une vraie introspection et un vrai retournement, celui de la confiance plutôt que l’autoritarisme bureaucratique et le matraquage fiscal.

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Par Frédéric MasVous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.Nos dossiers spéciaux:COVID-19Crise sanitaireEmmanuel Macron

Le coronavirus est interdit dans les valises des diplomates etasuniens

Le coronavirus est interdit dans les valises des diplomates etasuniens


Le coronavirus est interdit dans les valises des diplomates étasuniens …Du coup, les États-Unis font fermer un consulat chinois


Par Moon of Alabama – Le 22 juillet 2020

Mardi dernier, le gouvernement étasunien a ordonné la fermeture du consulat chinois à Houston, Texas. L’initiative arrive à la suite d’une série d’accusations, sans fondements, de piratages et d’espionnage chinois.

Alors que Trump, tout comme Biden, utilise cette propagande anti-chinoise pour sa campagne électorale, la fermeture du consulat n’a rien à voir avec cela. Mais les médias étasuniens n’ont fait aucune mention du véritable, et peu raisonnable, motif à l’origine de cette initiative.

Les États-Unis ont ordonné à la Chine de fermer sa mission consulaire de Houston dans les 72 heures, assénant un autre coup aux relations, déjà en rapide détérioration, entre les deux pays. La Chine a aussitôt promis de rendre coup pour coup, en rappelant d’abord que cette initiative était illégale.

Le département d’État a déclaré que cette fermeture était faite en réponse aux fréquentes violations de la souveraineté américaine par la Chine, dont « des opérations massives d’espionnage et d’influence ».

La raison non mentionnée justifiant l’initiative du Département d’État est une querelle au sujet de l’obligation pour les diplomates étasuniens voulant retourner en Chine de passer un test et de subir une quarantaine, dans le cadre de la lutte contre le Coronavirus.

En janvier, au début de l’épidémie de Covid-19 à Wuhan, les États-Unis ont évacué le personnel de leur consulat implanté dans cette ville. Un total de 1 300 diplomates a été évacué en janvier et février.

En juin, lorsque l’épidémie fut jugulée à Wuhan, les États-Unis ont annoncé que leur personnel allait revenir :

L’ambassadeur étasunien en Chine « à l’intention de reprendre ses opérations à Wuhan dans un futur proche », a annoncé Frank Whitaker, conseiller aux affaires publiques de l’ambassade, dans un courriel adressé à Reuters, sans préciser de date.

Depuis lors, les États-Unis sont devenus un repaire à virus alors que la Chine s’en est débarrassé. Les fonctionnaires de la santé publique chinoise ont donc insisté pour que toute personne arrivant des États-Unis soit testée et mise en quarantaine pour protéger leur pays d’une reprise de l’épidémie.

Mais le Département d’État n’est pas d’accord :

Les États-Unis ont reporté les vols de dizaines de diplomates américains qui prévoyaient de retourner en Chine ce mois-ci, car aucun agrément n’a encore été trouvé avec Pékin sur certains problèmes dont celui du test et de la quarantaine obligatoire. ...

Dans un courriel du 30 juin, pas encore rendu public, Terry Branstad, l’ambassadeur des États-Unis en Chine, a expliqué au personnel des consulats que deux vols, du 8 et 10 juillet, affrétés pour les diplomates retournant à Shanghai et Tianjin avaient été annulés et seraient reprogrammés.

« Protéger la santé et la sécurité de notre communauté reste un principe pour nous, et même la priorité, pendant cette période sans précédent » a écrit Brandstat. « Cela veut dire que les vols ne seront pas confirmés avant que nous n'ayons obtenu un accord qui respecte ce principe ». ...

Un porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois a dit qu’il y avait une communication étroite au sujet du retour des diplomates étasuniens en Chine.

"Le virus continue à s’étendre à l’étranger et la Chine est donc toujours sous pression pour empêcher que des personnes contaminées n’importent le virus" a expliqué le diplomate en réponse à la question de Reuters.

« Les contrôles sanitaires appliqués aux corps diplomatiques arrivant en Chine sont les mêmes pour tout le monde. La Chine s’efforce de préserver sa victoire chèrement gagnée contre le virus avec la participation de tous les corps diplomatiques, afin de fournir les conditions et environnements les meilleurs pour tous ceux qui travaillent et vivent en Chine ».

Je n’ai trouvé aucun média étasunien parlant de ce conflit diplomatique. Seuls Reuters et Asia Times y ont fait référence.

La demande chinoise de test de quarantaine pour tous ceux qui pénètrent en Chine n’a rien de déraisonnable. New York, New Jersey et le Connecticut ont des demandes similaires pour les gens venant de Floride et du Texas. La Chine a déjà subi une deuxième vague de plusieurs centaines de cas à Pékin, dont l’origine était une personne arrivant de l’étranger. Elle ne veut pas que cela recommence.

Les États-Unis font appel à l’immunité diplomatique des Conventions de Vienne. Mais les fonctionnaires chinois rétorquent qu’un virus n’est pas inclus dans ces conventions. Ils rappellent qu’immunité juridique et immunité virale n’ont rien à voir :

Alors que Pékin est d’accord pour que les diplomates conservent leur immunité diplomatique, les autorités sanitaires chinoises insistent sur le fait que personne n’est protégé de ce coronavirus si contagieux et que la nation ne doit pas s’exposer au risque que des étasuniens infectent la population locale. ...

Le porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois, Zhao Lijian, a expliqué, jeudi, que Pékin accorde un traitement courtois et équitable à tous les représentants étrangers. Il a aussi indiqué que le ministère avait déjà « facilité les procédures » pour un « avion plein » de diplomates étasuniens revenant en Chine à la fin du mois de mai, sans confirmer si ceux-ci avaient subi une quarantaine à leur arrivée.

Sur son compte Weibo, Zhao a aussi répondu à la requête, faite par Washington, que la Chine soit plus hospitalière, en disant que si le président Donald Trump voulait que les américains soient mieux accueillis à l’étranger il devrait d’abord « faire que l’Amérique se sente mieux elle-même» [ Make America well again], une allusion à l’alarmante recrudescence de cette maladie respiratoire dans tout le pays.

Mais d’autres commentaires sur Weibo faisaient remarquer que quand le premier lot de 60 diplomates est arrivé, fin mai, ils furent immédiatement entourés par plus de 150 infirmiers en combinaison étanche qui les ont dirigés vers un endroit isolé du tarmac pour collecter leur salive. Les américains ont ensuite passé un temps, supérieur à la durée du vol lui-même, en attente dans une salle spéciale avant que les médecins chinois les déclarent sains et les laissent partir.

La querelle se poursuit. Les diplomates US ne sont pas revenus à Wuhan où le consulat est toujours fermé. L’ordre de fermer le consulat chinois à Houston est visiblement une tentative de pression sur la Chine pour qu’elle retire son obligation de test et de quarantaine pour les diplomates étasuniens.

La BBC se trompe en prétendant que le consulat d’Houston a été fermé à cause d’un feu :

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C’est confondre cause et conséquence car le consulat chinois de Houston a commencé à détruire ses documents confidentiels après avoir été informé qu’il devait fermer dans les 72 heures :

Le consulat a été informé mardi de la décision, a déclaré Wang Wenbin, un porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, en déclarant que « cette décision injustifiée et outrageante va saboter les relations entre les deux pays ». ...

KHOU-TV rapporte que les autorités sont au courant du feu au consulat de Chine. Des témoins expliquent que des gens brûlaient des papiers dans ce qui ressemblait à des poubelles, selon le Houston Chronicle qui transmet des informations de la police. ...

La police de Houston a tweeté que les autorités ont répondu à un « appel aux pompiers » pour l’immeuble du consulat chinois sur Montrose Boulevard. Le tweet explique que de la fumée a été aperçue dans une arrière-cour mais que les pompiers n’ont pas été autorisés à pénétrer dans l’immeuble.

Le vrai motif de la fermeture du consulat peut être décodé dans une déclaration du Département d’État :

Dans leur courte déclaration, les États-Unis n’ont donné aucune explication à l’ordre de fermer le consulat au Texas.

“Les États-Unis ne toléreront pas les violations de leur souveraineté (par la Chine) ni l’intimidation de ses ressortissants, comme nous ne tolérons pas leurs pratiques commerciales injustes, leur vol des emplois américains et leurs autres comportements inadéquats" dit la déclaration attribuée au porte-parole du Département d’État, Morgan Ortagus.

Ces « violations de notre souveraineté et intimidations de nos ressortissants » sont une référence claire à la demande faite aux diplomates voulant entrer en Chine.

En réaction, il est probable que le gouvernement chinois ferme définitivement le consulat étasunien de Wuhan :

Les médias de Houston ont rapporté dans la soirée que des documents avaient été brûlés dans une cour du consulat. Wang Wenbin, le porte-parole du ministère des affaires étrangères a déclaré que le consulat fonctionnait normalement, en refusant tout commentaire sur ces articles de journaux. ...

"Nous enjoignons aux États-Unis d'annuler immédiatement cette malencontreuse décision. S’ils persistent dans cette mauvaise direction, la Chine régira de manière ferme." ...

Une source ayant une connaissance directe du sujet dit que la Chine envisage la fermeture du consulat à Wuhan, là où le Département d’État a retiré son personnel, et leurs familles, en début d’année à cause de l’épidémie de coronavirus qui a débuté dans cette ville.

La fermeture du consulat de Wuhan réglera, bien sûr, le problème de ces diplomates qui ont quitté Wuhan pendant l’épidémie de janvier et qui voudraient maintenant y retourner sans être testés.

Que tous les médias que j’ai lus aient omis de mentionner cette querelle diplomatique au sujet des tests est assez gênant.

Mais évidemment, cela leur évite d’expliquer le comportement irraisonnable du Département d’État qui voudrait que ses diplomates infectés puissent retourner en Chine sans prendre les précautions nécessaires.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par jj pour le Saker Francophone

https://lesakerfrancophone.fr/le-coronavirus-est-interdit-dans-les-valises-des-diplomates-etasuniens