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L’EFFONDREMENT DE L’ÉCONOMIE MONDIALE RÉVÈLE L’ÉCHEC COMPLET DU CAPITALISME NÉOLIBÉRAL

Choix de l’éditeur économique 25.04.2020 – 2,240 vues    4.4 ( 7 votes)

L’EFFONDREMENT DE L’ÉCONOMIE MONDIALE RÉVÈLE L’ÉCHEC COMPLET DU CAPITALISME NÉOLIBÉRAL

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Écrit par le Dr Leon Tressell exclusivement pour SouthFront

  • Fitch Ratings, «une récession mondiale sans précédent en cours»
  • Selon l’économiste Sven Heinrich, «les banques centrales sont des armes de destruction économique massive».

Au fur et à mesure que les jours passent, des données affluent pour révéler les immenses dégâts économiques causés par la pandémie de coronavirus. La plupart des politiciens et des experts économiques rejetteront la responsabilité de l’ouragan économique, provoquant des dizaines de millions de chômeurs, sur les blocages du coronavirus. Fitch Ratings  a donné un bref aperçu de la catastrophe économique en cours qui, selon elle, se prolongera jusque dans les années 2020:

«Le PIB mondial devrait désormais chuter de 3,9% en 2020, une récession d’une profondeur sans précédent dans l’après-guerre. Ceci est deux fois plus important que le déclin prévu dans notre mise à jour GEO du début avril et serait deux fois plus grave que la récession de 2009. »

«La baisse du PIB équivaut à une baisse de 2,8 milliards de dollars des niveaux de revenu mondiaux par rapport à 2019 et à une perte de 4 500 milliards de dollars par rapport à nos attentes avant virus pour le PIB mondial de 2020. Fitch s’attend à une baisse du PIB de la zone euro de 7%, du PIB américain de 5,6% et du PIB britannique de 6,3% en 2020. »

Pourtant, au début de cette année, les médias financiers et les classes politiques du monde entier faisaient des prévisions optimistes sur la façon dont nous allions connaître une croissance économique modérée cette année, bâtie sur des bases économiques solides. Il n’y avait aucune raison de s’inquiéter ou de s’alarmer de laisser le capital mondial opérer sa magie et ses retombées économiques assureraient à tous un niveau de vie élevé.

Avance rapide de 4 mois et une pandémie de santé mondiale a révélé à quel point les fondements économiques de l’ordre économique néolibéral qui ont été annoncés comme un tel succès depuis l’ère Reagan-Thatcher des années 1980 ont été peu profonds, fragiles et instables. Ces fondations ont été construites sur des taux d’intérêt infiniment bas, une augmentation exponentielle de la dette publique et privée (envoyant la dette mondiale au-dessus de 250 billions de dollars) et une augmentation massive des inégalités sociales et économiques. Parallèlement à cela, il y a eu l’exploitation intense des nations dans le monde en développement et l’utilisation de guerres de changement de régime comme des prises de ressources nues qui cimentent le modèle économique néolibéral en place.L’économie mondiale ralentissait en 2019 et se dirigeait vers une récession mondiale . L’économie japonaise était déjà entrée en récession au dernier trimestre 2019,Pendant ce temps, les données PMI de la Chine et de l’Allemagne ont indiqué qu’elles planaient juste à l’extérieur du territoire de la récession.L’économie mondiale à la fin de 2019 était au bord du gouffre et avait juste besoin d’un catalyseur ou d’une épingle pour éclater la bulle de tout ce qui a vu une inflation massive des prix. d’actifs papier à travers le monde, allant des actions et obligations aux dérivés tels que les obligations de prêts garantis.

La croissance économique anémique qu’a connue le capitalisme mondial depuis la dernière crise financière, il y a à peine 12 ans, a été basée sur une expansion gigantesque de la masse monétaire mondiale, les banques centrales et les gouvernements estimant à tort que la seule façon de soutenir notre dette était alimentée le système économique devait créer de plus en plus de dettes.

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Les 12 dernières années depuis la crise financière mondiale de 2008 ont vu un transfert de richesse sans précédent des classes ouvrières à la classe milliardaire qui exerce une immense influence politique sur les gouvernements du monde entier. Les programmes de relance des banques centrales, c’est-à-dire l’assouplissement quantitatif et les taux d’intérêt historiquement bas, ont alimenté une aubaine spéculative qui a poussé les marchés financiers à des niveaux record à travers le monde.

Pendant ce temps, les gouvernements du monde entier ont cherché à donner un coup de main à la classe des milliardaires en difficulté en réduisant les gains en capital, le revenu et l’impôt sur les sociétés dans tous les domaines. La taxe de 1 billion de dollars du président Trump donnée aux élites économiques en 2017 est l’exemple le plus flagrant de ce phénomène.

Dans le même temps, les salaires de milliards de personnes ordinaires ont stagné ou baissé tandis que les prestations sociales et les soins de santé ont diminué. Nous avons maintenant une situation totalement surréaliste où 26 milliardaires contrôlent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de l’humanité, soit plus de 3,8 milliards de personnes.

Les classes ouvrières et moyennes ainsi que les pauvres sous-employés des pays en développement ont été obligés de payer les coûts de la crise économique mondiale de 2008. Une fois que la pandémie de coronavirus s’est finalement éteinte, les travailleurs de ce monde seront confrontés à une dépression économique qui rivalisera et pourrait même dépasser en gravité celle des années 1930. Les gouvernements à tous les niveaux chercheront à nouveau à faire payer aux citoyens ordinaires le coût des gigantesques dettes contractées par les renflouements du gouvernement et des banques centrales.

Dans un effort désespéré pour soutenir leur système et protéger les intérêts de leur propre classe, les banquiers centraux et les politiciens du monde entier président un autre transfert de richesse qui profite au 1% le plus riche de la société. Bloomberg a noté comment plus de 8 billions de dollars ont été imprimés de toutes pièces par les banques centrales mondiales et les gouvernements pour soutenir leur système alimenté par la dette. La majeure partie de cette horde d’argent fiduciaire est allée au service des besoins de Wall Street et de ses homologues à Londres, Paris, Francfort, Shanghai, etc. Le  Wall Street Journal  a ouvertement reconnu cette vérité dans un éditorial:

«La Fed peut penser que tout cela est essentiel pour protéger la plomberie du système financier et réduire le risque systémique jusqu’à ce que la crise du virus passe, mais ne vous y trompez pas, la Fed protège d’abord Wall Street. L’objectif semble être de relever les prix des actifs, comme l’a fait la Fed après la panique financière, et d’espérer que l’effet de richesse se répercute sur le reste de l’économie. »

À mesure que les années 2020 progressent, des inégalités massives de richesse et de santé, la faim et la pauvreté amèneront un grand nombre de personnes à remettre en question le système économique hyper financiarisé dont le seul motif est de protéger les intérêts du 1%.

Le système monétaire dominé par les États-Unis, qui accorde un traitement préférentiel à l’empire et à ses alliés, est en déclin. Son déclin sera exacerbé par les coups de marteau jumeaux de la pandémie de coronavirus et la dépression économique mondiale qui se déroule actuellement.

Au cours de la prochaine décennie, faire du monde deviendra un endroit encore plus instable alors que la puissance hégémonique de notre époque cherche à maintenir sa position dominante dans l’économie mondiale au détriment des autres nations. Les contradictions et les tensions entre les États-Unis et leur rival chinois seront considérablement exacerbées au cours de la prochaine période. Comme nous l’avons vu dans les années 1930, une fois que ces contradictions et tensions économiques atteignent un point de rupture, les superpuissances du jour ont peu de possibilités d’action à leur disposition au-delà de la guerre ou de l’apaisement de leur rival. aurait pu être évité. Si l’Espagne républicaine avait vaincu l’insurrection fasciste de Franco, l’élan vers la guerre aurait été ralenti.Cela aurait considérablement renforcé le gouvernement du Front populaire en France et stoppé les politiques d’apaisement qui ont permis à l’Allemagne nazie de se renforcer comme une tumeur cancéreuse.
Au cours de la prochaine décennie, il y aura sans aucun doute d’autres cas de ce genre où la marche en avant vers la guerre pourra être évitée.

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Le risque d’une nouvelle barbarie

Le risque d’une nouvelle barbarie

GeopragmaBillet d’actualitéFrancePostCovid-19Emmanuel Macron

Chronique du Figaro du mardi 21 avril 2020 par Renaud Girard*

Malgré sa faible létalité, le Covid-19 nous pose toujours un problème grave : cette pathologie respiratoire est très contagieuse ; elle crée, dans 5% des cas, des suffocations, qui peuvent entraîner une saturation des services hospitaliers de soins intensifs et de réanimation. En attendant le vaccin, nous devrons donc conserver nos « gestes barrières », voire porter des masques dans les lieux clos.

Mais à la menace de voir notre système hospitalier débordé, vient s’ajouter un autre risque : celui d’une nouvelle barbarie dans la manière dont nous regardons nos anciens. Nous n’utilisons plus le beau mot de vieillards, en raison de notre addiction linguistique aux euphémismes.

Dans un éditorial du Figaro du 25 août 2003, intitulé Barbarie française et écrit pendant la canicule estivale qui tua 15 000 personnes en deux semaines, j’avais déjà pointé du doigt la dérive d’une société individualiste et égoïste, où de nombreuses familles avaient abandonné leurs parents dans la solitude, tant la priorité était pour elles de profiter sans contrainte des plages et des boîtes de nuit. Or certaines scènes que nous voyons aujourd’hui relèvent de la même barbarie.

Le 12 avril, la télévision belge RTL Info diffusait un effrayant reportage sur l’EHPAD du Jardin des Plantes, dans le 5ème arrondissement de Paris. On y voyait des personnes âgées séquestrées dans leur chambre, abandonnées et privées des soins les plus élémentaires. Dans les maisons de retraite, où les visites des familles sont interdites, la dureté du confinement risque de provoquer davantage de morts (du fait du manque de soins et de contacts sociaux) que le Covid-19. La civilisation occidentale individualiste a tort de se croire moralement supérieure aux civilisations africaines et orientales, où il ne viendrait à l’idée de personne d’abandonner ses parents âgés à la solitude.

Chez nous, les règles de confinement ont pendant plusieurs semaines interdit à des milliers de Français de se rendre à des enterrements ou au chevet de leurs proches mourants, qui ont rendu leur dernier soupir dans la plus affreuse solitude. Dans son roman L’Etranger, Albert Camus montrait que l’homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère se rend suspect à toute la collectivité. Dans notre nouvelle société, égoïste et obsédée par son « principe » de précaution, l’inversion des valeurs est telle que le suspect est désormais celui qui accomplit les plus anciens rites humains : assister les mourants ; veiller, puis enterrer les morts. Le sort de l’Antigone de Sophocle, condamnée pour avoir enterré son frère, ne nous paraît plus si étranger.

Fort heureusement, Emmanuel Macron a pris conscience de ce problème. Il a décidé d’autoriser les visites aux patients en fin de vie et même les visites en EPHAD, sous certaines conditions. De même, en annonçant la fin du confinement le 11 mai, le Président de la République a pris une décision courageuse, allant à l’encontre de l’avis de l’INSERM et du Comité scientifique, qui souhaitaient un confinement prolongé sans prendre en compte ses risques économiques, sociaux et psychologiques. Comme l’écrit l’historien Marc Bloch dans son livre L’Etrange défaite, où il analyse les causes du désastre français de 1940, le chef est pleinement le chef lorsqu’il refuse « de capituler devant les techniciens. » Macron a eu raison de refuser d’interdire de sortie les personnes âgées. N’infantilisons pas les citoyens français. Ils sont tout à fait capables de s’imposer un auto-confinement, lorsque nécessaire. Il peut y avoir de la barbarie dans le systématisme d’une administration.

Emmanuel Macron devra aussi surmonter bien des égoïsmes, soutenus parfois par certains syndicats, s’il veut remettre au travail une population française désormais droguée au confinement. Pourquoi tant de bureaux de La Poste sont-ils fermés ? Qu’ils réduisent leurs horaires est compréhensible, mais leur fermeture pure et simple ne correspond nullement à ce qu’on est en droit d’attendre d’un service public. Là encore, on retrouve Marc Bloch qui raconte avoir vu des femmes ne pas pouvoir rentrer chez elles en mai 1940, car «de peur d’infliger quelques heures d’un travail supplémentaire à leurs employés, les gares avaient préféré fermer. » Chez Amazon, des employés ont obtenu de la justice que les entrepôts soient fermés jusqu’au 22 avril au motif d’une « mise en danger de la vie d’autrui », sans même se soucier des PME et des logisticiens qui risquaient de faire faillite. Certains enseignants se mobilisent pour exiger que la reprise des classes n’ait lieu qu’en septembre. Faut-il rappeler qu’en 1944, malgré les combats et les bombes, les examens du baccalauréat ont quand même eu lieu en Normandie ? Heureusement pour les malades, les soignants n’ont pas eux aussi invoqué leur « droit » au confinement !

*Renaud Girard, membre du Conseil d’orientation stratégique de Geopragma

http://geopragma.fr/le-risque-dune-nouvelle-barbarie/

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Conflits, pollution, délinquance… les bonnes surprises du coronavirus

Conflits, pollution, délinquance… les bonnes surprises du coronavirus

Le coronavirus fait des ravages dans les populations et met l’économie des principales puissances mondiales à genoux. Sur une touche plus positive, il occasionne des bouleversements que diplomates, politiciens, syndicats, manifestants et ONG n’avaient jamais obtenus.

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Les premières cartes tirées des données satellitaires du réseau Copernicus, diffusées vendredi par l’Agence spatiale européenne, montrent une chute spectaculaire de la pollution au dioxyde d’azote au-dessus des grandes métropoles européennes, notamment à Paris, Rome et Madrid. (ESA/Cover Images/SIPA)Par Catherine ChatignouxPublié le 30 mars 2020 à 10h16Mis à jour le 30 mars 2020 à 14h34

Il est minuscule mais terriblement toxique. On le voit à l’oeuvre depuis quelques semaines, déversant son flot de malades dans les hôpitaux du monde entier débordés par l’ampleur de sa nocivité. Il a déjà assigné à résidence 3 milliards d’êtres humains, mis à l’arrêt des milliers d’usines et semble déterminé à plonger la planète dans une dépression économique sans précédent.

Mais à toute chose malheur est bon : l’irruption du Covid-19 a aussi déclenché des bouleversements aussi surprenants qu’inédits. Ce que ni la diplomatie, ni la politique, ni les syndicats, ni les manifestations populaires, ni même les guerres n’ont obtenu ces dernières décennies, Covid 19 le fait, avec une radicalité et une efficacité toute scientifiques.

Une spectaculaire chute de la pollution

On pensait la planète arrivée en ce début 2020 à un point de non-retour. Les catastrophes naturelles se multipliaient, un pays continent, l’Australie, brûlait, des centaines d’espèces animales s’éteignaient, les villes devenaient irrespirables. Greta Thunberg mobilisait la jeunesse pour qu’elle contraigne les gouvernements à l’action, les candidats à la mairie de Paris fantasmaient sur la fin de la voiture dans les grandes villes. Le coronavirus a apporté la solution : plus une voiture ou presque ne circule dans les grandes artères, et les usines à l’arrêt ont cessé d’émettre dioxyde d’azote et particules fines.

En Chine, des images satellite de la Nasa ont montré une baisse significative de la pollution liée à l’arrêt des automobiles et des centrales thermiques. Même constat du satellite du réseau Copernicus dans le nord de l’Italie, particulièrement frappée par le virus, où la concentration de dioxyde d’azote a reculé de moitié lors de la première quinzaine de mars. Les eaux de Venise sont transparentes, à nouveau. A Paris enfin, Airparif a relevé dès la première semaine de confinement « une amélioration de la qualité de l’air de l’ordre de 20 % à 30 % » dans la capitale et ses environs.NASA Earth@NASAEarth

Airborne Nitrogen Dioxide Plummets Over China https://earthobservatory.nasa.gov/images/146362/airborne-nitrogen-dioxide-plummets-over-china … #NASAAirborne Nitrogen Dioxide Plummets Over ChinaNO2 amounts have dropped with the coronavirus quarantine, Chinese New Year, and a related economic slowdown.earthobservatory.nasa.gov21,2 kInformations sur les Publicités Twitter et confidentialité12,8 k personnes parlent à ce sujet

L’apaisement des conflits dans le monde

Le Covid19 sape aussi l’énergie des guerriers. Des cessez-le-feu ont été proclamés ou au moins évoqués ces derniers jours dans la guérilla qui ensanglante les Philippines depuis des décennies, au Cameroun, voire en Syrie, le conflit le plus sanglant de la planète depuis son déclenchement il y a neuf ans. Cible d’une nouvelle offensive meurtrière de Damas depuis décembre, la région d’Idleb, dernier grand bastion djihadiste et rebelle du pays, bénéficie d’un calme précaire depuis début mars grâce à une trêve parrainée par Moscou et Ankara. Le premier cas de Covid-19 y a été enregistré cette semaine. Les rebelles houthis au Yémen et le gouvernement envisagent aussi de faire taire les armes temporairement. L’ONU s’est félicité jeudi de ces différentes avancées. Le processus de paix lancé entre talibans et le gouvernement afghan avant, il est vrai, la pandémie, avance aussi, avec de premières libérations réciproques de prisonniers d’ici mardi et une rencontre prochaine, pour la première fois, entre le gouvernement du président Ashraf Ghani et les insurgés.

Enfin, la peur du virus a promptement refermé le couvercle sur la crise migratoire qui menaçait à la frontière gréco-turque. Le 18 mars, la peur de la contagion a convaincu Recep Tayyip Erdogan, le président turc, de boucler les postes frontières avec la Grèce qu’il avait ouverts quinze jours plus tôt , appelant des dizaines de milliers de migrants et demandeurs d’asile bloqués en Turquie à passer en Europe. Le coronavirus a vaincu l’un des dirigeants les plus autoritaires de la région.

L’Etat prend la main sur le marché

Face au choc économique inédit qui s’abat sur eux, les Etats ont réagi comme jamais auparavant. Les crises sont souvent l’occasion de recourir à l’Etat providence. Cette fois, c’est Noël au printemps. Les gouvernements du monde entier rivalisent à coups de centaines de milliards pour éviter la dépression qui s’annonce.

La France ouvre grand les coffres de l’Etat. Elle en a l’habitude mais cette fois les montants engagés sont sans précédent : 45 milliards d’aides budgétaires directes aux entreprises et aux salariés et 300 milliards de garanties pour des aides bancaires aux entreprises. Emmanuel Macron a annoncé un plan massif pour l’hôpital et des primes pour les soignants, réclamés à cor et à cri depuis des années. L’Allemagne, c’est totalement inédit, met de côté sa sacro-sainte rigueur budgétaire et annonce un plan de 1.000 milliards d’euros. Berlin a même accepté que le Pacte de stabilité soit suspendu, autorisant tous les Etats de la zone euro à s’endetter sans limite. Ni Bruxelles, ni Paris ni l’opposition sociale-démocrate ni les menaces sur l’euro n’avaient permis un tel sacrilège. Inouï.

Les patronats européens n’ont même pas eu à le réclamer : sous la pression du coronavirus, les pouvoirs publics ont autorisé les entreprises à reporter les échéances des impôts et des charges, à étaler leurs loyers et ont pris en charge, quasiment sans limite, le financement du chômage partiel.

Les pays les plus libéraux ne sont pas en reste, Ils siphonnent eux aussi leurs finances publiques. La Maison Blanche vient de dégainer un programme de 2.000 milliards de dollars pour soutenir entreprises et salariés, l’équivalent de la moitié du budget fédéral, dont 500 milliards versés directement aux Américains

Une facture sociale sans limite

Les gilets jaunes et les syndicats ont trouvé bien plus performant qu’eux. En quelques semaines, le Covid-19 n’a pas seulement obtenu la peau du pacte de stabilité , bête noire de biens des manifestants de l’hiver 2019, et de tous les autres totems de rigueur européens, il a aussi contraint l’Elysée à repousser sine die la réforme des retraites et celle de l’assurance chômage, et obligé les trésors publics à faire leurs fonds de poches pour aider les salariés et entrepreneurs indépendants à surmonter la période de chômage qu’ils vont affronter.Le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a promis il y a une dizaine de jours de mettre en place le système d’indemnisation chômage « le plus généreux d’Europe ». En Italie, l’Etat a même interdit les licenciements et, avec un touchant souci du détail, offre une prime de 600 euros aux baby-sitters volontaires pour garder les enfants.

Aux Etats-Unis, Bernie Sanders s’attendait à tout du président républicain mais pas qu’il renforce la protection sociale. L es indemnités chômage seront accrues et prolongées dans le temps. Un chèque de 1.200 dollars sera envoyé à chaque américain touchant moins de 75.000 dollars par an, plus 500 dollars par enfant. Au Royaume-Uni, le gouvernement de Boris Johnson s’apprête à payer, pour une durée de trois mois minimum, 80 % du salaire des personnes gagnant jusqu’à 2.500 livres (2.720 euros) sur le point de perdre leur emploi. La Russie de Vladimir Poutine a mis en place une semaine chômée à partir du 30 mars mais elle sera compensée pour tous les salariés. Du jamais vu.

Des effets collatéraux surprenants

Le virus a joué d’autres tours à notre monde survolté. Il a contribué au report d’une série d’élections, dont les primaires américaines de Louisiane et de Georgie, la présidentielle en Bolivie et les législatives en Serbie qui devaient se tenir au printemps. Les fêtes de Pâques et le ramadan qui débute le 23 avril, se dérouleront à huis clos, sans rassemblement.

Le trafic de drogue est ralenti par la fermeture des frontières et du fait des mesures de confinement et des contrôles de police. Le nombre de cambriolages se réduit et les couvre-feux coupent l’herbe sous le pied des voleurs à la tire. Plusieurs milliers de détenus en fin de peine vont être remis en liberté pour éviter leur contamination en prison. Enfin les pangolins et les chauves-souris, fortement soupçonnés d’être à la source du Covid-19, sont désormais interdits de vente sur les marchés chinois et devraient être laissés en paix. La boucle ainsi sera bouclée.

Catherine Chatignoux 

https://www.lesechos.fr/monde/enjeux-internationaux/conflits-pollution-deliquance-les-bonnes-surprises-du-coronavirus-1190152?fbclid=IwAR2wKBCRK4h0FNSk4Qd-MPi8SXUCgC9uzW04dwgpP8tNGfHvMyw-12QyqIo

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Cinq premiers enseignements à tirer de l’épidémie de coronavirus

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Cinq premiers enseignements à tirer de l’épidémie de coronavirus

Cinq premiers enseignements à tirer de l’épidémie de coronavirus

24 MARS 2020 | MICHEL GEOFFROY

Par Michel Geoffroy, auteur de La Super-classe mondiale contre les peuples ♦ Lors de son allocution télévisée du 16 mars 2020, Emmanuel Macron a affirmé que du fait de l’épidémie de coronavirus, « beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées. Beaucoup de choses que nous pensions impossibles adviennent ». Mais il n’a pas précisé lesquelles, comme à son habitude, ce qui ne nous avance pas beaucoup.
On se permettra donc ici d’éclairer la lanterne présidentielle en proposant cinq premiers enseignements à tirer de l’épidémie.


1er enseignement – Les régimes autoritaires d’Asie, la Russie et les « démocraties illibérales » de l’Est européen se sortent manifestement mieux de l’épidémie que les États postdémocratiques occidentaux comme la France, l’Italie ou l’Espagne.

Pourquoi ?

Parce que les postdémocraties occidentales restent engluées dans leur carcan idéologique, leurs prétendues « valeurs » : ne pas fermer les frontières, ne pas discriminer les porteurs potentiels du virus, accueillir les migrants, laisser faire-laisser passer. Alors que les despotismes éclairés d’Asie ont été beaucoup plus pragmatiques et ont immédiatement fermé les frontières, pris des mesures drastiques de confinement et mobilisé massivement les professions de santé.

L’épidémie montre que les postdémocraties ne sont pas capables de décisions rapides et impopulaires, comme on l’a vu en France où, élections municipales obligent, le gouvernement a tardé à prendre les mesures de confinement nécessaires et a multiplié les injonctions contradictoires : « Allez voter mais restez chez vous ! Travaillez et consommez mais restez confinés ! »

Les politiciens postdémocratiques parlent beaucoup et souvent : ils « communiquent » et font de la « pédagogie » à tour de bras. Mais leur capacité à agir ne suit pas. C’est bien la « classe discutante » contre laquelle Donoso Cortés mettait en garde au XIXe siècle !

Nos gouvernants se plaignent enfin du manque de civisme de nos concitoyens face aux consignes de confinement, renversant habilement les responsabilités. Mais cela fait plus de 30 ans qu’ils ont méthodiquement déconstruit, au nom de l’idéologie libérale libertaire et du cosmopolitisme, la citoyenneté et les devoirs qui vont avec dans les postdémocraties occidentales.

Les élites occidentales prétendaient bâtir une société d’individus, libérés de toute entrave : on voit aujourd’hui qu’il ne s’agissait que d’un oxymore affreux, débouchant sur la guerre de tous contre tous avec pour carburant l’égoïsme fanatique.

On pensera à Bossuet pour qui « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes »… Alors que les autres sociétés d’Asie, de Russie ou de l’Est européen, beaucoup plus holistes, ont un meilleur sens du bien commun que nous.

2e enseignement – En Occident, l’épidémie du coronavirus démontre que, comme dans le conte d’Andersen, « le roi est nu ». Plus exactement, l’État est nu.

Les préfets montrent leurs casquettes quand il s’agit de matraquer les Gilets jaunes ou de pourchasser les automobilistes autochtones. Ils sont déjà moins pressés d’assurer l’ordre dans les banlieues de l’immigration et les 1 500 zones de non-droit qui pullulent maintenant en France du fait du chaos migratoire.

Mais quand il faut relever un vrai défi vital on n’est plus du tout à la hauteur. Pas de masques pour la population, pas assez de matériels de dépistage, hôpitaux en surcharge, police sous-équipée, défense passive inexistante. Où sont nos fameux « stocks stratégiques » ?

Comme le faisait remarquer avec justesse Éric Zemmour, pour faire la guerre il faut une industrie : mais justement on n’a plus d’industrie en France ou, en tout cas, on en a de moins en moins, délocalisations obligent. La majorité des principes actifs des médicaments vendus en France proviennent ainsi de l’étranger. Le coronavirus met en lumière l’incroyable dépendance dans laquelle se trouvent notre pays et l’Europe, notamment depuis que la Chine, l’Asie et l’Inde sont devenues l’atelier du monde.

Nous sommes en train de vivre concrètement le fameux adage : « Quand tout sera privatisé, on sera privé de tout. »

Le président Erdogan faisait d’ailleurs remarquer lors d’une conférence de presse que la crise du coronavirus mettait en lumière les carences des systèmes de protection et de santé occidentaux ; selon lui, « les pays occidentaux ne se sont pas occupés de leurs citoyens pendant des années, après avoir donné les services d’État de base au secteur privé. En réalité, cela a été fait pour fuir leurs propres responsabilités envers leurs citoyens [1] ».

Même « le quotidien de référence » du Système, le journal Le Monde, doit concéder que « les autorités tentent de masquer les carences logistiques par des arguments scientifiques à géométrie variable [2] ».

Le coronavirus montre que l’État n’est plus capable d’assurer correctement sa mission régalienne essentielle : protéger les Français.

On imagine évidemment ce qui se passerait en cas de vraie guerre : civile, nucléaire, bactériologique ou les trois à la fois. On nous dirait sans doute de mettre en œuvre, encore, les fameux « gestes barrière » !

3e enseignement – L’épidémie du coronavirus achève de confirmer l’incapacité de l’Union européenne de faire face à quoi que ce soit de vital.

Il n’y a plus qu’Emmanuel Macron, naufragé de l’européisme, pour feindre de croire en l’UE. Laquelle vient d’accoucher laborieusement d’une douteuse fermeture des frontières extérieures de l’Union, après tout le monde, et alors que nombre de pays membres ont déjà fermé les frontières intérieures, sauf la France bien entendu.

Cette incapacité européenne tient au fait que, comme le rappelait Hubert Védrine, l’UE n’a pas l’idée de puissance dans son ADN. Privée de son Big Brother américain, elle ne sait rien faire, elle ne peut rien faire, à part déconstruire l’identité européenne. Comme elle n’a, pour toute réplique au chantage aux migrants de son souteneur turc, que de payer rançon sur rançon.

« L’union fait la force » : ce n’est pas l’UE qui le démontre, c’est ce que les Chinois ont inscrit, non sans ironie, sur les stocks médicaux qu’ils envoient au secours de l’Europe !

L’UE n’est pas un État et ne dispose d’aucun des attributs d’une puissance publique. Les transferts de souveraineté opérés à son profit tombent dans un gouffre sans fond et ne profitent qu’aux lobbies.

Or, quand une crise vitale survient, seuls les États peuvent agir, pas les « machins » où l’on parlote à 27. L’épidémie du coronavirus marque l’acte de décès du rêve mondialiste de Jean Monnet.

4e enseignement – L’épidémie de coronavirus prouve que le monde est en train de changer radicalement, et cela aux dépens des Européens.

Car les Européens ont perdu ce qui faisait autrefois leur supériorité face aux autres civilisations : une forte démographie, une économie prospère, la maîtrise de la science et des armes, la confiance en eux-mêmes.

Comme l’a bien analysé Samuel Huntington, le monde s’est modernisé sans s’occidentaliser pour autant.

Contrairement à ce que nous font croire les médias, les « valeurs » de la postmodernité ne se répandent pas dans le monde mais elles se cantonnent au monde occidental, c’est-à-dire à une part déclinante de la population mondiale. Celle qui feint de croire que les races n’existent pas, que les femmes sont des hommes comme les autres, que les homosexuels doivent se « marier », qu’il faut abandonner le contrôle de l’économie aux forces du marché ou supprimer les frontières.

Le monde ne s’occidentalise pas ; le coronavirus montre que c’est plutôt l’Europe qui se tiers-mondialise [3], avec ses services publics qui fonctionnent de moins en moins, ses trains qui n’arrivent plus à l’heure, ses hôpitaux où les malades s’entassent dans les couloirs, ses écoles où l’on n’apprend plus rien, son insécurité urbaine, ses violences ethniques et ses politiciens corrompus qui fraudent le fisc.

Dans certaines églises catholiques, on a vidé les bénitiers par peur de la contamination : le virus aurait-il déjà triomphé de Dieu en Occident ? Pas dans les mosquées en tout cas.

Dans les années soixante, on faisait encore la quête en Europe pour nourrir les petits Chinois. Aujourd’hui, les Chinois nous apportent le matériel médical qui nous manque. Quel symbole du déclin européen !

5e enseignement – L’épidémie de coronavirus dissipe les nuées dans lesquelles les Européens vivaient confortablement.

Finies les querelles byzantines sur la mondialisation heureuse, la quête du développement durable, les énergies renouvelables, la PMA-GPA, la lutte contre « la haine en ligne » et les trottinettes ! Même Emmanuel Macron affirme suspendre ses réformes pour cause d’épidémie !

Les nuées cèdent la place à la convergence des catastrophes qu’avait prévue il y a 15 ans l’essayiste Guillaume Faye [4], et qui s’abattent désormais sur une Europe mal préparée à tout.

Car, à la catastrophe migratoire, aux risques climatiques et à l’effondrement démographique, s’ajoutent désormais la catastrophe sanitaire et la crise économique qui s’abattent sur une Europe ouverte à tous les mauvais vents. Le tout sur fond de défiance abyssale entre les peuples européens de l’Ouest et leurs élites. C’est 1929 en pire qui s’annonce.

Le progressisme officiel, qui n’avait rien vu venir une fois encore, voit sa crédibilité s’effondrer aussi vite que l’épidémie se diffuse en Europe. C’est une bonne nouvelle.

L’histoire est bien « le lieu de l’imprévu », comme l’affirmait Dominique Venner ! Le coronavirus l’a fait revenir.

Michel Geoffroy
24/03/2020

[1] Sputnik news du 19 mars 2020.

[2] Le monde.fr du 19 mars 2020.

[3] Selon l’expression de Bernard Conte.

[4] Corvus (Guillaume), La Convergence des catastrophes, DIE éditions, 2004.

Source : Correspondance Polémia

Crédit photo : Domaine public

Michel Geoffroy

Michel Geoffroy, ENA. Essayiste, contributeur régulier à la Fondation Polémia ; a publié en collaboration avec Jean-Yves Le Gallou différentes éditions du “Dictionnaire de Novlangue

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Où est passé Joe ?

Où est passé Joe ?

Journal dde.crisis de Philippe Grasset

   lundi 23 mars 2020

   Forum

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Où est passé Joe ?

23 mars 2020 – Nous nous évertuons, me semble-t-il, à situer notre démarche dans le plan que nous jugeons le plus haut, qui est celui du Système dans son destin catastrophique, et considérant avec une argumentation souvent et depuis si longtemps développée sur ce site que tout se joue du sort du Système aux USA, qui sont sa courroie de transmission et son bras opérationnel. Un très-aimable et très-érudit habitué du Forum, “J.C.” que je salue ici, extrayait une phrase d’un texte d’hier, – que je peux citer parce qu’elle résume bien ce propos d’introduction :

« Nous avons toujours estimé que l’Amérique et le “modèle américaniste” constituaient  la clef de voûte du Système, et donc que lorsqu’une crise menacerait directement l’un et l’autre ce serait le Système lui-même qui serait en cause. »

Cela explique notre intérêt sur ce site, et mon intérêt dans ces pages, pour les événements qui secouent les USA et son idéologie globalisante de l’américanisme, – et Dieu sait qu’il n’en manque pas, de ces événements, et qu’ils sont bien mal relayés et encore plus analysés en Europe. Je pense que le suivi de ces événements, surtout depuis que l’Amérique est soudainement, depuis à peine quelques jours, frappée par la panique-Covid19, est bien plus important que l’enquête constante et soupçonneuse sur les causes de la pandémie et les ambitions dictatoriales des pays du bloc-BAO (dont la France, certes) cachées derrière ou supposées apprêtées à s’en saisir, qu’on nous expose sans arrêt ni le moindre repos depuis le Patriot Act de l’automne 2002.

Sur ce point, et plutôt que me répéter ou même nous citer, j’extrais un passage d’un texte d’un commentateur US sérieux, pas trop hystérique, bien documenté et sérieusement antiSystème, qui dit parfaitement ce que je pense et fais depuis longtemps, sur l’importance essentielle des effets quelles que soient les causes, sur l’importance essentielle de la perception quelle que soit la réalité-désintégrée, – c’est-à-dire sur la nécessité du maniement de l’inconnaissance pour libérer la pensée des contingences annexes (qui a fait cela et dans quel but ?) et la concentrer sur l’essence des choses extraordinaires en cours (il se passe “cela” avec des effets extraordinaires).

Voici donc cette remarque de  Tom Luongo : 

« Peu importe ce que vous pensez des origines de COVID-19, arme biologique ou non, “juste la grippe” ou le nouveau fléau, la réalité est là. La réponse qu’on lui apporte est réelle et les dommages que cela cause à l’économie mondiale sont réels.
» Peu importe à l’heure actuelle si la réponse est la bonne ou la mauvaise. Car à une époque où la perception est plus importante que la réalité et ce depuis si longtemps, nous n’avons pas de véritable cadre de référence pour guider nos conclusions. »

Tout cela étant dit dans une fort longue introduction, passons au plat de résistance qui est cette bouffonne et en apparence anecdotique interrogation sur Joe Biden, dont l’intérêt pour mon compte se justifie dans la mesure où elle concerne directement l’événement qu’on peut qualifier de formidable dans le contexte actuel, de l’élection présidentielle USA-2020. Car, en effet, voilà qu’il s’avère ceci que Joe a disparu !

Je parle de Joe Biden, candidat démocrate désigné-d’avance, dont l’état mental ne cesse d’inquiéter les fins stratèges du système de l’américanisme, et qu’on n’a pas vu ni entendu depuis une semaine. C’est effectivement un peu étrange, puisque cette semaine, qui voit par ailleurs les primaires démocrates se poursuivre, est celle où le virus Covid-19 a frappé l’Amérique au cœur. On s’inquiète donc de l’absence de Joe :

« Les gens se demandent pourquoi l’ancien vice-président Joe Biden est resté silencieux la semaine dernière alors que la nation est aux prises avec l’urgence nationale COVID-19.
» Selon “une source étant informée de la campagne Biden”, l’équipe du candidat démocrate a campagne de Biden travaille “à développer[une infrastructure adéquate] et doit prendre en compte les réalités de la maison de Biden à Wilmington, – comme le fait qu’il n’y a pas de plafonds particulièrement élevés, ce qui peut rendre l’éclairage difficile”. »

On imagine (?) que “l’infrastructure” concerne la mise en place des conditions permettant de filmer Biden pour des interventions télévisées essentielles et décisives bien entendu, et alors l’explication relève du  bouffe qui reste partout présent dans une situation pourtant tragique. Imaginez Biden et son équipe dans une cellule monastique de 2mx2m avec ce satané 1,50m de plafond, tentant d’installer un projecteur ici, un micro là… Bien entendu, ZeroHedge.com, d’où vient cet extrait, le fait suivre d’une succession de photos de la luxueuse maison de Biden, de son intérieur si confortable avec de vastes et hauts plafonds, etc., que divers internautes tweeteurs n’ont pas manqué de diffuser en cascade.

Et ZeroHedge.com de conclure : « Samedi, nous avions rapporté que Biden avait prévu d’organiser des “shadow briefings” réguliers dès lundi afin de dénoncer les “mensonges et les échecs” du président Trump dans sa réponse à la crise COVID-19.
» Nous espérons que ses plafonds bas n’entraveront pas sa capacité à s’adapter à la situation et à délivrer son message. »

…Tandis que Sanders, qui existe toujours paraît-il, tweetait que « Biden et son équipe ne sont pas PRÊTS à diriger le pays ».

Du côté de Trump, les choses ne sont pas si roses qu’on pourrait croire à la pensée qu’il aura un adversaire de la carrure de Joe Biden, enfermé dans sa cellule monastique.  Christina Wilkie, de CNBC, observe que les trois axes majeurs de la campagne de Trump sont aujourd’hui extrêmement fragilisés sinon complètement anéantis :

» • La campagne de réélection du président Trump avait été conçue en partant du principe que l’économie serait très forte jusqu’en novembre, mais ce n’est plus du tout le cas.
» • Trump avait également prévu de faire du socialisme un point central de ses attaques. Mais sans Bernie Sanders comme adversaire, cet argumen tperd toute sa puissance.
» • Trump a fait campagne pour “drainer le cloaque” de Washington et réduire l’interventionnisme du gouvernement. Il veut maintenant que les Américains fassent confiance à l’action gouvernementale pour combattre le coronavirus et sauver l’économie. »

Tout cela s’est produit en un peu moins de deux mois (Wilkie situe le pinacle de la puissance politique de Trump et donc de ses chances de réélection au 4 février, lors de son discours sur l’état de l’Union devant le Congrès). Cette rapidité est évidemment stupéfiante, surtout pour l’effondrement de l’économie qui s’est précisée tragiquement en quelques jours. Il s’agit bien sûr de l’explosion de la crise Codiv-19 et de son effet de détonateur sur le GCES, tout cela étant ressenti de plein fouet par les USA depuis une semaine, avec accélération ce week-end. (*)

Les conditions générales aux USA, comme elles doivent être décrites désormais, vont bien entendu influer sur la campagne présidentielles dans un sens absolument impossible à prévoir, et avec une force comme sans doute aucun autre événement auparavant dans une campagne présidentielle. (**) Cela, au moment où les deux candidats probables sont, quant à leurs comportements et dans les conditions où on les voit, les plus improbables du monde. Là aussi, j’estime avec la plus grande force qu’aucune prévision n’est possible, et cette imprévisibilité touchant le fait même de la tenue de l’élection de novembre prochain.

Les contours décisifs de la tragédie nommée Grande Crise de l’Effondrement du Système se mettent en place décisivement. Ce sont les USA qui en seront le champ de bataille, et Codiv-19 en sera un acteur essentiel, sinon l’acteur essentiel, détruisant tout sur son passage des fragiles structures économiques et sociales de cette hyperpuissance de carton-pâte.

Notes

(*) De WSWS.org ce 23 mars 2020 : « Les cas de coronavirus officiellement confirmés aux États-Unis ont augmenté de près de 14 000 au cours du week-end pour atteindre 32 356, et le nombre de décès a plus que doublé, passant de 158 à 414. Au niveau mondial, 60 000 nouveaux cas ont été enregistrés ces deux derniers jours, ce qui porte le total à plus de 335 000, avec un peu moins de 15 000 décès. Les États-Unis sont maintenant en tête du monde pour le nombre de nouveaux cas et sont en troisième position, après la Chine et l’Italie, pour le nombre de patients infectés par la COVID-19. »

(**) Il y a bien sûr l’élection de 1860 conduisant à l’élection de Lincoln et à la Guerre de Sécession et celle de 1932, au fond de la Grande Dépression, menant à l’élection de Roosevelt. Mais même dans ces deux cas, il s’agit d’événements certes essentiels mais très fortement “intériorisés” et méthodologiquement maîtrisés, c’est-à-dire susceptibles d’être pris en main, pour le meilleur ou pour le pire, par l’establishment politique. Aujourd’hui, le désordre américaniste lui-même hors de contrôle reçoit de plein fouet le chaos extérieur d’une puissance extraordinaire et contre lequel il ne peut évidemment rien. Il en résulte une totale impuissance d’un establishment politique américaniste par ailleurs gangrené par la corruption, la rapacité et une perte totale de perception de la réalité, et l’incapacité de rechercher une  vérité-de-situation.

https://www.dedefensa.org/article/ou-est-passe-joe