Archives pour la catégorie DANEMARK

Le Nord Stream 2 ne passera pas par les eaux territoriales danoises

La construction du Nord Stream 2

Le Nord Stream 2 ne passera pas par les eaux territoriales danoises

Nord Stream 2INTERNATIONAL09:02 29.06.2019(mis à jour 15:50 29.06.2019)URL courteDossier:Gazoduc Nord Stream 2 (180)26996

Après plus de deux ans d’attente pour obtenir l’autorisation du gouvernement danois, l’opérateur Nord Stream 2 AG abandonne l’itinéraire initial du gazoduc, qui devait passer dans les eaux territoriales de ce pays. La société a deux projets de tracés alternatifs.

L’opérateur Nord Stream 2 AG a révoqué la demande d’obtention d’autorisation des autorités danoises pour le tracé principal du gazoduc, qui devait passer au sud de l’île de Bornholm, dans les eaux territoriales du Danemark, a fait savoir le 28 juin sur son site Nord Stream 2 AG. L’Agence Danoise de l’Énergie (DEA) a été informée de cette décision le même jour.

«Cette mesure était nécessaire puisque depuis plus de deux ans, depuis le dépôt de cette demande, l’ancien gouvernement du Danemark n’a pas montré que la décision serait prise», a déclaré Matthias Warnig, directeur général du groupe.

Nord Stream 2 (archives photo)

© PHOTO. GAZPROMDonald Trump propose une alternative «made in USA» au gaz russe acheminé par Nord Stream 2Selon lui, les investisseurs ont besoin de «sécurité juridique» et de la «protection de leurs attentes».

Dans son communiqué, l’opérateur indique également que la production de gaz en Europe peut baisser deux fois plus d’ici 2035 et que les pays européens devront donc augmenter leurs importations. Dans ce contexte, le Nord Stream 2 peut contribuer à la sécurité des livraisons et à la stabilité des prix.

Selon les amendements à la loi danoise sur le plateau continental entrés en vigueur le 1er janvier 2018, la diplomatie du pays a le droit de bloquer la construction des infrastructures dans ses eaux territoriales. 

En août 2018, le groupe Nord Stream 2 AG a annoncé avoir présenté aux autorités danoises un projet d’itinéraire alternatif qui passait au nord-ouest de l’île de Bornholm. En mai dernier, la société a proposé un autre tracé passant au sud-est de l’île.

Ces deux routes ne traversent pas les eaux territoriales du Danemark mais sa zone économique exclusive. Dans ce cas, l’opérateur du gazoduc n’a pas besoin d’obtenir l’approbation du ministre danois des Affaires étrangères. 


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Le blocage persiste sur la taxation européenne des GAFA

Le blocage persiste sur la taxation européenne des GAFA

epa07343186 Le ministre français à l’Économie et à la Finance, Bruno Le Maire, et son homologue suédoise, Magdalena Andersson, lors d’une conférence de presse après leur rencontre Stockholm, en Suède, le 4 février 2019. [EPA-EFE/NAINA HELEN JAMA]

Le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, regrette la persistance d’« obstacles importants » à un compromis européen sur la taxation des géants du numérique, quelques pays, dont la Suède, plaidant pour un accord international plus large.

« Il reste des obstacles importants à franchir mais ils ne sont pas infranchissables, c’est une question de bonne volonté, de sens du compromis », a déclaré le ministre à l’AFP à l’issue d’un entretien avec la ministre suédoise des Finances, Magdalena Andersson, à Stockholm, le 4 février.

Les pays européens discutent depuis l’an dernier d’une directive présentée par la Commission de Bruxelles qui prévoit la mise en place d’une taxe sur le chiffre d’affaires des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), le temps qu’une solution soit négociée à l’échelle mondiale.

La France, à l’origine de cette proposition, espérait faire approuver cette directive avant le 31 décembre.

Pourtant, plusieurs pays européens – comme la Suède, l’Irlande et le Danemark – s’y opposent, alors que l’unanimité des 28 pays membres de l’UE est requise en matière de fiscalité.

L’UE veut abandonner l’unanimité dans le domaine fiscal

La Commission européenne suggère d’adopter les règles fiscales communes à la majorité qualifiée à terme. Un projet qui doit toutefois être adopté…à l’unanimité.

Pour tenter de sauver un accord, Paris a proposé avec Berlin une version édulcorée du projet, prévoyant l’adoption de la directive européenne au plus tard en mars 2019, pour une entrée en vigueur en 2021.

Cette nouvelle proposition réduit considérablement l’assiette de taxation par rapport à ce qui était prévu puisqu’elle propose de se concentrer seulement sur la taxation de la vente de publicités en ligne, par conséquent essentiellement sur Google et Facebook.

« La France a fait preuve de beaucoup de sens de compromis et j’espère que les […] derniers États qui restent aujourd’hui sceptiques feront aussi un pas dans le sens du compromis », a déclaré Bruno Le Maire.

La Suède souhaite un règlement au niveau de l’OCDE, craignant notamment des mesures de rétorsion contre l’UE en cas de décision unilatérale. Après des années de blocage, les pays de l’OCDE, dont les États-Unis, sont tout récemment convenus de relancer les discussions pour trouver un consensus d’ici 2020.

Pour le ministre français, « la meilleure façon d’obtenir une taxation du digital à l’échelle de l’OCDE, ce qui je crois est l’objectif de la Suède, c’est que nous parvenions d’abord à un accord au niveau européen » qui fera « levier pour accélérer les travaux au niveau de l’OCDE ».

Peu avant les élections européennes de fin mai, un accord des Européens dans ce dossier enverrait selon lui un « signal aux citoyens européens ».

« C’est un rendez-vous de vérité pour l’Europe. Soit elle montre qu’elle est capable de s’unir, soit elle reste divisée et elle sera plus faible », a-t-il averti.

Le Maire lance une nouvelle offensive sur la taxation européenne des GAFA

Un nouveau projet de taxation des services numériques voit le jour, et pourrait être validé d’ici fin mars au niveau européen, assure Bruno Le Maire, ministre des Finances français.

https://www.euractiv.fr/section/economie/news/le-blocage-persiste-sur-la-taxation-europeenne-des-gafa/

Avec la Finlande, 10 pays rejoignent l’initiative européenne d’intervention militaire

Avec la Finlande, 10 pays rejoignent l’initiative européenne d’intervention militaire

La Finlande a rejoint le projet d’Europe de la défense porté par Emmanuel Macron.

Réunis mercredi à Paris, les neuf ministres de la défense des pays membres de l’Initiative européenne d’intervention (IEI) ont entériné l’adhésion de la Finlande. L’objectif du groupe est de promouvoir l’autonomie militaire de l’Europe.

Et de 10. Le projet d’Europe de la défense porté par le Président français prend de l’ampleur avec l’entrée de la Finlande dans le cercle. La nouvelle, dans les tuyaux depuis la visite d’Emmanuel à Helsinki le 30 août, a été rendue officielle mercredi, lors d’une réunion entre ministres de la défense des pays adhérents.

Cette réunion a été la première du genre depuis le lancement de l’IEI, le 25 juin. L’ordre du jour entre les neuf représentants de la Défense de leur pays (France, Allemagne, Danemark, Belgique, Pays-Bas, Espagne, Estonie, Portugal et Royaume-Uni), outre d’accueillir le nouveau membre, s’est porté sur la définition des orientations politiques pour les travaux à venir.

Neuf pays se retrouvent pour faire avancer l’Europe de la défense

Les neuf pays signataires de l’Initiative européenne d’intervention se retrouvent pour la première fois à Paris pour donner un contour concret à ce projet censé muscler l’Europe de la défense. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Dès vendredi, les état-majors concernés vont se réunir dans le cadre des Discussions stratégiques militaires européennes (Mest, en anglais). Cela constituera les premières vraies discussions militaires de l’IEI.

Le matin même, Emmanuel Macron avait appelé à la création « d’une vraie armée européenne ». La coopération structurée permanente, ou PESCO, déjà adoptée par l’UE, fournit un premier cadre de coopération, dans laquelle s’inscrit l’initiative d’intervention militaire à 10. La France, qui souhaite aller plus loin dans la coopération, représente l’armée la plus développée des 27 après la sortie de l’UE du Royaume-Uni.

 

https://www.euractiv.fr/section/politique/news/avec-la-finlande-10-pays-rejoignent-linitiative-europeenne-dintervention-militaire/

 

Grand jeu en Baltique

Grand jeu en Baltique

1 Avril 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Russie, #Europe, #Etats-Unis, #Gaz

Dans la grande lutte entre le système impérial et la Russie, chacun répond désormais du tac au tac, sans faiblir, sans reculer. Le dernier épisode, très peu commenté pour l’instant, a lieu dans la Baltique, l’un des points chauds maritimes du Grand jeu où s’affrontent la volonté du Heartland eurasien de s’ouvrir les portes de l’océan-monde et, à l’inverse, la tentative américaine d’encercler et contenir l’Eurasie.

Provocations diverses et variées, intimidations, interceptions d’avions, survols spectaculaires de bateaux, manoeuvres navales conjointes sino-russes… la Baltique a déjà connu son lot de péripéties ces dernières années.

Or la nouvelle vient de tomber que des exercices russes avec tirs de missiles auront lieu du 6 au 8 avril dans les eaux internationales à proximité de la Suède. Ca, c’est nouveau. Jamais l’ours n’était allé aussi loin à l’ouest ni aussi près des frontières suédoises. L’état-major scandinave en est tout retourné et le trafic aérien civil devra d’ailleurs être modifié durant ces deux jours…

Rebondissant sur la pseudo-affaire Skrypal, nouveau jalon dans la Guerre froide 2.0, Poutine a répliqué en renvoyant dans leurs pénates le même nombre de diplomates occidentaux que leurs homologues russes expulsés. Il double maintenant la mise en organisant ces manoeuvres navales aussi près que possible d’Otanlandia.

Cela participe sans doute du refus maintenant catégorique de Moscou de reculer d’un iota face à l’empire. C’est bien sûr la présentation le mois dernier, par Vladimirovitch himself, des « armes inarrêtables » réduisant à néant le bouclier anti-missile US et le discours historique qui l’a accompagnée – le Pentagone en est tout ému (« Nous sommes sans défense face aux armes hypersoniques russes et chinoises » dixit). Que le nom le plus voté par le public russe pour baptiser ces missilesBye bye America – n’ait finalement pas été retenu ne change rien à l’affaire…

C’est aussi, à l’ONU, le remarquable et remarqué veto du Kremlin à la résolution britannique condamnant l’Iran pour sa supposée implication au Yémen. Pour la première fois, la Russie a torpillé une tentative de l’empire concernant un conflit dans lequel elle n’est pas impliquée. Rappelons que Moscou, malgré son opposition, n’avait pas mis son veto en 2008 (admission du Kosovo à l’ONU), ni en 2011 (intervention otanesque en Libye).

La signification est double et porteuse de considérables changements dans les relations internationales futures :

  1. La Russie s’opposera désormais par principe aux tentatives hégémoniques américaines, où qu’elles sévissent.
  2. Moscou est prêt à se mouiller diplomatiquement et officiellement pour protéger ses alliés.

L’autre grand enseignement de la flambée baltique est évidemment à mettre en rapport avec le gaz, qui sous-tendait le psychodrame de Salisbury mais n’a vraisemblablement pas eu les effets escomptés :

Les euronouilles ont, la main sur la couture du pantalon, parlé comme d’un seul homme pour « condamner » Moscou mais se sont bien gardés de discuter gaz et d’évoquer la moindre sanction. Et pour cause : les stocks européens d’or bleu sont quasiment vides ! Frau Milka a beau lancer l’idée de « réduire la dépendance au gaz russe » en projetant un terminal GNL, elle ne revient pas sur son acceptation du Nord Stream II, au grand dam de la MSN. Le commerce germano-russe est au beau fixe malgré les sanctions et il serait suicidaire pour Berlin de renoncer à devenir le hub gazier de l’Europe.

Il n’aura échappé à personne que l’annonce russe des exercices navals à venir intervient juste après le feu vert allemand au Nord Stream II et que ceux-ci sont prévus précisément sur le tracé du futur pipeline. Pourquoi alors Poutine souhaite-t-il ce feu d’artifice de missiles à l’endroit même où passera le tube ? Il s’agit peut-être d’un message à destination du… Danemark.

Le placide pays scandinave fait en effet face à un écrasant dilemme, sa « plus importante décision de politique étrangère depuis la Seconde Guerre Mondiale » : permettre ou non le passage du Nord Stream II par ses eaux territoriales.

Le projet doit également recevoir dans les prochains mois les autorisations finales de la Russie (c’est couru d’avance), de la Finlande et de la Suède. Mais concernant ces deux dernières, il s’agit uniquement de leur zone économique exclusive, régie par le droit international de la mer sur lequel les gouvernements suédois (très russophobe) et finlandais (plus équilibré) ont de toute façon peu de prise.

Seul le Danemark est concerné dans sa souveraineté même, et il s’en serait bien passé. Les émissaires américains et bruxellois poussent le gouvernement à empêcher le passage des 139 km du Nord Stream II par ses eaux territoriales tandis que Moscou et Berlin l’encouragent à accepter.

Copenhague peut-elle se mettre à dos son principal partenaire (Allemagne) et la principale puissance militaire européenne (Russie), qui vient d’ailleurs essayer quelques missiles à proximité ? Le système impérial réussira-t-il à manoeuvrer afin de torpiller le pipeline comme ce fut le cas avec le South Stream ? Les exercices militaires russes constituent-ils un coup de pression et, si oui, fonctionnera-t-il ou n’est-ce pas une arme à double tranchant qui se retournera contre son promoteur ? Nous le saurons au prochain épisode…

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