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Alep, Pyongyang, Davos… Vers la chute de l’Empire américain ?

Alep, Pyongyang, Davos... Vers la chute de l'Empire américain ?

Alep, Pyongyang, Davos… Vers la chute de l’Empire américain ?

Par Michel Geoffroy, essayiste ♦ L’année 2017 restera comme un grand tournant géopolitique que les médias de propagande se gardent bien de nous révéler : celui de la fin, en direct en quelque sorte, de la domination des Etats-Unis sur la scène mondiale.
Les médias mainstream nous cachent ce tournant car c’est une mauvaise nouvelle pour la Super Classe Mondiale qui comptait sur la surpuissance américaine pour faire avancer son projet mondialiste !
Analyse d’une chute en direct.

Corée du Nord : le roi est nu

Première étape, la Corée du Nord : un tout petit Etat de 25 millions d’habitants qui s’est doté non seulement de l’arme nucléaire mais de missiles intercontinentaux. Une nouvelle illustration de l’incapacité des Occidentaux à conserver leur monopole nucléaire, mais pas seulement.

En effet, Donald Trump peut toujours prétendre avoir « un plus gros bouton » que Kim Jong Un. Mais tout le monde voit que les gesticulations américaines n’ont pas permis de mettre au pas la minuscule Corée du Nord. A la différence de 1962, lors de la crise des fusées de Cuba, où les Etats-Unis ont fait plier l’URSS, qui était un adversaire d’une toute autre dimension que le pays du matin calme, même en version soviétoïde. L’Amérique de Donald Trump en est même réduite à demander l’aide diplomatique de la Chine et de la Russie pour tenter de résoudre la crise !

L’affaire coréenne ébranle surtout la crédibilité de la puissance américaine dans cette partie du monde au point d’inquiéter sérieusement l’allié japonais, qui songe à renforcer ses forces d’auto-défense et donc à revenir sur son pacifisme constitutionnel.
L’onde de choc coréenne n’a donc pas fini de se propager en Asie, car tout le monde comprend que le roi est nu….

Syrie : échec au roi

Seconde étape, la fin de Daesch en Syrie du fait de l’intervention militaire russe, symbolisée par la reprise d’Alep.
Alors que les Occidentaux en ont été bien incapables, d’autant qu’ils voulaient avant tout le renversement de Bachar El Assad et qu’ils n’hésitaient pas pour ce faire à s’appuyer sur des groupes islamistes comme Al Nosra, présentés comme des forces démocratiques d’opposition. Gribouille n’aurait pas fait mieux !
La Syrie marque une nouvelle défaite stratégique des Etats-Unis dans leur prétention à imposer leur « nation-building », c’est-à-dire en réalité le chaos au Proche Orient. Une nouvelle défaite aussi pour tous ceux qui se sont embarqués dans la folle stratégie américaine et singulièrement la France, qui a perdu le peu d’influence qu’elle avait encore dans ce pays. Une belle performance française donc, dans un pays autrefois placé sous son mandat !

L’intervention russe en Syrie fut non seulement décisive et « souveraine » car elle mit un coup d’arrêt à la déstabilisation occidentale de la Syrie. Elle apporte aussi la preuve que la Russie est de nouveau un acteur international à part entière avec lequel il faut désormais compter. D’autant que l’intervention militaire russe a démontré, au grand dam de l’OTAN, les très grandes capacités militaires de ce pays y compris dans les hautes technologies. Pendant que les frappes américaines continuaient de tomber à côté des cibles visées et de multiplier les « bavures »….

Car, malgré l’enfumage médiatique permanent*, la puissance militaire américaine n’est plus ce qu’elle était. On finit par oublier par exemple que cela fait désormais 16 ans que les Etats-Unis pataugent en Afghanistan pour « lutter contre le terrorisme » : mais pour quel résultat exactement, sinon l’explosion du trafic de drogue ?

Davos : le roi est mort vive le roi !

Troisième étape : Davos en janvier 2018.
Car contrairement à ce que nous serinent nos médias de propagande, la révélation de l’édition 2018 du Forum Economique Mondial de Davos n’était pas Emmanuel Macron, récitant avec application et en anglais son cours libéral de « réformes » et de « flexibilité », en bon élève de l’oligarchie.
Non c’était la Chine qui donnait le ton y compris en matière de défense de l’environnement, d’autant que les Etats-Unis apparaissaient marginalisés avec leur retrait du Protocole de Paris !
Le représentant chinois n’a-t-il pas affirmé en outre que « la Chine aspire à construire un monde ouvert, inclusif, propre et beau qui jouisse d’une paix durable, de la sécurité universelle et d’une prospérité partagée. Ayant cela à l’esprit, le gouvernement chinois assume aujourd’hui davantage de responsabilités à l’égard de la paix et du développement du monde » ? Se payant donc le luxe de reprendre à son compte, mais au second degré, le discours habituel des Occidentaux.
Une Chine qui, avec les autres Brics , déconstruit en outre patiemment la domination du dollar et desEtat-Unis dans les institutions financières internationales.

A Davos on parle toujours anglais, mais désormais avec un fort accent chinois ou indien.

Bienvenue dans le nouveau monde !

Le XIXe siècle fut européen et anglais. Le XXe siècle fut américain. Mais, à l’évidence, le XXIe siècle sera différent : peut-être chinois mais surtout, comme on dit, « multipolaire », ce qui signifie que les Occidentaux n’auront plus les moyens d’imposer aux autres civilisations leurs intérêts et leurs lubies idéologiques. Et que les Etats-Unis vont perdre leur statut de surpuissance.

Cela permet d’ailleurs de comprendre la signification réelle des critiques médiatiques récurrentes portées des deux côtés de l’Atlantique contre la personne de Donald Trump : elles servent à essayer de cacher la nouvelle donne stratégique du monde aux Occidentaux, en faisant de Donald Trump un bouc émissaire.
Car ce n’est pas à cause de la prétendue « folie », « imprévisibilité » ou « maladresse » de son actuel Président, que les Etats-Unis perdent leur leadership. C’est tout simplement parce que nous changeons d’époque et parce que les rapports de force mondiaux ne sont plus les mêmes. Mais chut ! il ne faut pas réveiller les autruches occidentales.
Lors de son discours sur l’Etat de l’Union, le 30 janvier dernier, le Président Trump a ainsi affirmé « nous pouvons tout faire », dans une sorte de remake du « Yes we can » de son prédécesseur Barak Obama. Mais avec le nouveau monde qui vient, cette méthode Coué a peu de chances de fonctionner.
Et il serait temps que les Européens en prennent conscience, au lieu de continuer de se placer à la remorque d’un Oncle Sam de plus en plus vieillissant.

Michel Geoffroy
04/02/2018

* surtout à destination des Européens : il suffit pour s’en persuader de regarder les programmes des télévisions généralistes !

Correspondance Polémia – 03/02/2018

Crédit photo : Domaine public

https://www.polemia.com/alep-pyongyang-davos-vers-la-chute-de-lempire-americain/

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« L’Amérique d’abord n’est pas l’Amérique seule »: Trump s’emploie à séduire Davos

« L’Amérique d’abord n’est pas l’Amérique seule »: Trump s’emploie à séduire Davos

« L’Amérique d’abord n’est pas l’Amérique seule » : Donald Trump a livré vendredi à Davos un discours tout entier destiné à rassurer les partenaires diplomatiques et commerciaux des États-Unis, ébranlés par ses dérapages passés.

Le président américain n’a pu toutefois s’empêcher de glisser une critique contre la « méchante » presse, s’attirant des huées d’une salle de 1 500 personnes remplie de grands responsables économiques et politiques, ainsi que de journalistes.

Avant ces propos tenus lors d’un court échange informel sur la scène avec l’organisateur du Forum économique mondial, Klaus Schwab, il s’en était tenu à un discours écrit sur mesure pour ce grand raout du capitalisme et du libre-échange.

« Je ferai toujours passer l’Amérique d’abord, tout comme les dirigeants d’autres pays devraient le faire aussi. Mais l’Amérique d’abord ne signifie pas l’Amérique seule », a-t-il déclaré.

« Je suis là pour représenter les intérêts du peuple américain et pour affirmer l’amitié et la coopération des États-Unis pour construire un monde meilleur », a encore dit Donald Trump devant une audience qui se demandait depuis mardi s’il allait lui livrer une de ses diatribes protectionnistes.

« Nous sommes en faveur du libre-échange, mais il doit être juste, et il doit être réciproque », a encore dit l’ancien magnat de l’immobilier.

Pour ce faire, a-t-il estimé, il faut s’attaquer aux « comportements prédateurs » : les atteintes « massives » à la propriété intellectuelle, les « subventions industrielles », et la « planification ».

Les politiques défendent la pertinence du projet européen à Davos

Malgré l’absence de Jean-Claude Juncker au Forum économique mondial, les présidents, les premiers ministres et ministres de toute l’UE ne cessent de clamer le retour de l’Europe.

Méchante presse

Le chef d’État de 71 ans, qui se voulait aussi le « VRP » des États-Unis dans la station de ski huppée, a tout fait pour convaincre les maîtres de la finance et les PDG que « l’Amérique est l’endroit où faire des affaires », avec sa croissance robuste et ses marchés boursiers florissants.

Pendant les quinze minutes qu’a duré son discours, applaudi poliment, Donald Trump ne s’est pas détaché de ses deux prompteurs.

Mais c’est sans aucune note qu’il s’est lancé dans une de ses critiques récurrentes de la presse.

Parlant à Klaus Schwab de son parcours, Donald Trump a dit : « J’ai toujours eu une très bonne presse quand j’étais homme d’affaires. Ce n’est qu’en devenant un homme politique que j’ai réalisé à quel point la presse peut être méchante » et « fausse ».

Des huées ont alors retenti.

Dans la matinée, Donald Trump avait balayé d’un « fake news » les informations du New York Times, selon lesquelles il aurait donné l’ordre en juin 2017 de renvoyer le procureur spécial Robert Mueller, avant de se raviser.

Robert Mueller mène l’enquête ultra-sensible sur les soupçons de collusion entre son équipe de campagne et Moscou lors de la présidentielle.

D’autres sujets désagréables ont rattrapé Donald Trump, qui a tenté à Davos de faire oublier des dérapages passés.

Ainsi en priant le chef d’État rwandais Paul Kagame, président de l’Union africaine, de transmettre « ses sentiments chaleureux » aux chefs d’État du continent.

L’UA, qui se réunit en sommet les 28 et 29 janvier à Addis Abeba, avait condamné mi-janvier les remarques « blessantes » de Donald Trump à l’encontre de plusieurs nations africaines qualifiées de « pays de merde » dans des propos rapportés par des médias.

Par ailleurs, dans un rare acte de contrition, Donald Trump s’est excusé d’avoir retweeté des vidéos islamophobes relayées par un groupe d’extrême-droite britannique.

« Si vous me dites que ce sont des gens horribles, des gens racistes, je m’excuserai certainement si vous souhaitez que je le fasse », a déclaré Donald Trump dans une interview, en faisant référence au mouvement extrémiste Britain First.

La veille, il avait loué son « excellente relation » avec la Première ministre britannique Theresa May, tous deux essayant d’afficher une entente retrouvée.

Donald Trump reçoit Theresa May pour esquisser les relations post-Brexit

À peine installé à la Maison-Blanche, le président américain Donald Trump reçoit vendredi la Première ministre britannique Theresa May pour évoquer les liens commerciaux post-Brexit et donner une nouvelle impulsion « la relation spéciale » entre les deux pays.

Donald Trump a enfin rassuré les partenaires commerciaux des États-Unis en disant son attachement à un « dollar fort », alors que son secrétaire au Trésor avait avivé mercredi les craintes d’une guerre des monnaies.

https://www.euractiv.fr/section/l-europe-dans-le-monde/news/%E2%80%89lamerique-dabord-nest-pas-lamerique-seule%E2%80%89-trump-semploie-a-seduire-davos/

Les politiques défendent la pertinence du projet européen à Davos

Les politiques défendent la pertinence du projet européen à Davos

Malgré l’absence de Jean-Claude Juncker au Forum économique mondial, les présidents, les premiers ministres et ministres de toute l’UE ne cessent de clamer le retour de l’Europe.

L’Europe a été secouée par les nombreuses crises de ces dix dernières années. Pour autant, les dirigeants européens participant au Forum de Davos pour discuter de l’avenir de l’Union se sont montrés d’un optimisme modéré.

« Il n’y a pas lieu de pavoiser », a déclaré le Premier ministre portugais, Antonio Costa, soulignant la nécessité d’impliquer les citoyens et d’accroître leur confiance envers le projet européen. « Nous devons leur faire comprendre la valeur ajoutée de l’UE au moment d’apporter des solutions aux grands défis du continent. »

Et la liste des défis est longue : migration, renforcement de la zone euro, amélioration de l’éducation pour répondre aux besoins du marché du travail, accélération de la transformation industrielle pour atteindre les objectifs climatiques.

« Dans tous ces domaines, on ne peut pas faire mieux que dans l’UE. Ensemble, nous aurons la force d’entreprendre des réformes significatives, d’être compétitifs sur le marché international et de vivre dans des sociétés plus solidaires », a affirmé Antonio Costa.

Un nouveau rapport publié cette semaine par le think tank de la Commission, le Centre européen de stratégie politique, révèle que l’investissement en Europe repart à la hausse, que la croissance de la productivité et du PIB se poursuit et que l’emploi atteint des records.

En 2016, l’UE à 27 a attiré 424 milliards d’euros d’investissements directs étrangers (IDE), contre 391 milliards d’euros pour les États-Unis, faisant donc de l’Europe la première destination mondiale pour les investissements étrangers. Sans oublier que l’UE demeure le plus grand bloc commercial au monde.

Davos attend «le retour de l’UE»

Alors que l’UE s’embarque dans une année difficile, le monde est de plus en plus inquiet de la capacité européenne à se réinventer pour jouer un rôle clé sur la scène internationale.

Les Européens ne se reposent cependant pas sur leurs lauriers. Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, reconnaît qu’il y a encore beaucoup à faire pour exploiter pleinement le potentiel du marché unique.

Un meilleur rapport de force entre la France et l’Allemagne et le départ imminent du Royaume-Uni de l’UE pourraient bien accélérer le rythme des réformes vers une Union plus forte.

Appropriation des citoyens

Les observateurs à Davos n’ont pas manqué de noter que le discours d’Emmanuel Macron le 24 janvier n’avait pas dissocié la France de l’Europe, tout comme le discours d’Angela Merkel.

Cette nouvelle dynamique a le potentiel de créer un sentiment d’appropriation qui a souvent été miné ces dernières années par des responsables politiques tenant Bruxelles pour responsable de leurs problèmes nationaux.

« La réponse au populisme est le leadership : assurer croissance et emploi », a déclaré le ministre français de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire.

« Si la construction européenne ne donne pas des résultats positifs aux populations, ce sera la fin de l’Europe. Mais si vous prouvez que vous avez la capacité de prendre des décisions et d’améliorer concrètement le quotidien de chaque citoyen, alors l’Europe ira de l’avant », a-t-il défendu.

À Davos, les dirigeants européens appellent à plus d’égalité sociale

Les dirigeants allemand, français et italien ont affirmé être prêts à repenser la mondialisation et à corriger les erreurs du passé afin de rééquilibrer les inégalités au niveau mondial.

Consolidation des démocraties

Alors que les responsables politiques poursuivaient sur le potentiel de l’Europe et sur sa capacité à défendre ses propres règles et ses propres intérêts, le professeur Jan-Werner Müller n’a pas pu s’empêcher d’ajouter une pointe de réalisme à ce tableau idyllique.

Il a souligné que le projet européen n’avait pas été fondé à des fins économiques, mais à des fins politiques – pour la paix et pour consolider les démocraties dans le cadre de l’état de droit.

« De ce point de vue, l’Europe est en pleine crise. Nous avons deux États membres qui violent constamment ces principes de base, et l’un des deux s’en tire malgré tout, la Hongrie. La Pologne n’a pas ce luxe, son seul protecteur est Theresa May et elle est en train de sortir de l’UE », a-t-il prévenu.

À Davos, le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a défendu le système judiciaire de son pays « qui sera beaucoup plus indépendant, objectif, transparent et efficace, car nous dépensons 1,8 % de notre budget dans le système judiciaire, soit trois fois plus que la moyenne de l’UE. »

Ce dossier épineux risque d’ailleurs de gâcher la fête, puisque la Pologne est menacées de sanctions européennes après des réformes judiciaires jugées problématiques. La présidente lituanienne Dalia Grybauskaité, a d’ailleurs rappelé que l’état de droit était une valeur fondamentale de l’UE.

L’historien Timothy Snyder, de l’université de Yale, a demandé aux dirigeants européens de se mettre à la place de la Pologne. « Ce gouvernement associe l’UE à l’Allemagne, qu’ils voient comme une menace à leur souveraineté », a-t-il déclaré. « Or, c’est tout le contraire, l’UE peut préserver leur souveraineté, ils font une erreur et n’en saisissent pas bien l’ampleur. »

https://www.euractiv.fr/section/avenir-de-l-ue/news/inspired-by-europes-comeback-eu-leaders-pledge-to-deliver/

Forum à Davos : un futur partagé ou l’Amérique d’abord ?

Forum à Davos : un futur partagé ou l’Amérique d’abord ?

© Chine Nouvelle (Xinhua)Xinhua, le 25/01/2018 02:28

Alors que des hommes d’affaires et des décideurs politiques du monde entier se réunissent dans la village de ski suisse de Davos pour évaluer l’état du monde, ils doivent faire face à deux visions diamétralement opposées sur l’évolution économique du monde.

L’une d’elles est présente dans le thème de la réunion annuelle du Forum Economique Mondial (FEM) de cette année. Les organisateurs ont fait savoir qu’ils voulaient inciter les leaders de tous les milieux à ce concentrer sur « La création d’un Futur Partagé dans un Monde Fragmenté ».

En effet, ce thème tire son origine des discours emblématiques du président chinois Xi Jinping prononcé à Davos et au Bureau de l’ONU à Genève il y a un an, où il a donné une analyse approfondie des problèmes perturbant le monde et a proposé le remède de la Chine : construire une communauté avec un futur partagé pour l’humanité et parvenir à un développement partagé et gagnant-gagnant.

L’autre vision est celle soutenue par le président américain Donald Trump, qui devrait participer à la réunion annuelle de Davos cette année. Sa politique centrée sur « l’Amérique d’abord » a éloigné son pays de plusieurs accords multilatéraux et a inquiété ses alliés et le monde entier.

Bien que son discours au FEM programmé pour vendredi demeure en suspens, peu nombreux sont ceux qui pensent que cette chaire spéciale incitera le président américain à modifier sa tendance croissante à l’isolationnisme qui pourra fragmenter encore le monde.

Dans un tel contexte, le thème de Davos cette année tombe à point, car celui-ci saisit la morale d’un monde qui se bat contre une réalité regrettable pour atteindre une aspiration partagée.

En effet, le monde se fragmente, s’il n’est pas déjà complètement fragmenté. Sur le plan international, avec les Etats-Unis disposés à « rendre à l’Amérique son prestige » en plaçant les Etats-Unis au centre de ses politiques, et la Grande-Bretagne se détachant de l’Union Européenne, le train de la mondialisation et de l’intégration recule.

A l’intérieur des sociétés individuelles, les sociétés occidentales en particulier, des fissures émergent autour des lignes de fractures que sont les revenus, les origines ethniques et les partis.

Sur fond de toute cette fragmentation, il existe un bras de fer entre les deux visions distinctes, au sujet notamment de la mondialisation économique, la tendance du développement mondial au cours des dernières décennies.

Les deux parties sont toutefois d’accord pour dire qu’après avoir fait leur chemin pendant des décennies, la mondialisation économique rencontre désormais une impasse. Mais elles diffèrent totalement sur la façon de le considérer et d’en sortir.

Les partisans des jeux de somme nulle préfèrent construire des murs. Ils poursuivent leurs propres intérêts aux dépens des autres. Bien qu’ils soient pour la plupart les plus grands bénéficiaires de la mondialisation économique moderne, nombreux sont ceux qui affirment avoir été exploités.

D’autres, plus positifs, préfèrent ouvrir les bras et tendre la main. Ils pensent que ce dont la mondialisation économique a besoin maintenant n’est pas d’une balle dans la tête, mais d’un meilleur compas en main. Ils sont convaincus que le monde peut trouver une façon d’avancer ensemble pour amortir son impact négatif et apporter ses bénéfices à toutes les nations.

Le choix des ceux positifs s’avère le bon, soit l’approche collaborative de M. Xi. Il prend son essence dans la vérité générale du monde d’aujourd’hui : la vie des différents peuples et les intérêts de divers pays sont devenus tellement interconnectés que l’humanité ne peut qu’avoir un futur partagé.

Il correspond également à une logique simple du succès. Comme l’a dit Xi Jinping à Davos : « s’enfermer dans une chambre sombre maintient le vent et la pluie à l’extérieur, mais bloque également la lumière et l’air frais ». Par contre, comme le dit un proverbe chinois : « La victoire est assurée lorsque les individus mettent leur force en commun ; le succès est assuré lorsque les individus rassemblent leurs idées ».

Ainsi, avec les esprits brillants du monde entier réunis dans la ville alpine en quête de remèdes aux difficultés mondiales contre un feu de forêt de sentiments isolationnistes, il est temps de réaffirmer l’appel lancé par M. Xi : « Lorsque l’on rencontre des difficultés, nous ne devrions pas nous plaindre, accuser les autres, perdre confiance ou fuir les responsabilités. Nous devions nous unir et faire face ensemble aux défis ».

https://chine.in/actualite/cn/forum-davos-futur-partage-amerique_106231.html

Faire plonger le dollar, une arme de plus dans la guerre commerciale ?

Faire plonger le dollar, une arme de plus dans la guerre commerciale ?

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin à Washington le 12 janvier 2018 / © AFP/Archives / Brendan Smialowski

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a tenté d’estomper jeudi à Davos ses déclarations abruptes de la veille qui se félicitaient d’un dollar plus faible, faisant plonger le billet vert.

La veille, le ministre des finances de Donald Trump avait propulsé l’euro à des sommets depuis trois ans en affirmant qu’un « dollar plus faible » était « bon » pour les Etats-Unis puisqu’il favorise « le commerce et les opportunités ».

L’idée est qu’un dollar plus faible va rendre les exportations américaines plus compétitives tandis qu’en renchérissant les prix à l’importation, il va décourager celles-ci et donc réduire le déficit commercial de la première économie mondiale, un des objectifs du président Trump.

Mais devant les remous des marchés, M. Mnuchin a en partie atténué ses propos au 2e jour de sa visite au Forum économique de Davos. « A court terme, le niveau actuel du dollar n’est pas un problème pour moi (…). A long terme je crois fondamentalement dans la force du dollar », a-t-il déclaré sur la chaîne financière CNBC.

L’éloge surprise d’un dollar faible a été rebutée par le patron de la BCE Mario Draghi à Francfort jeudi. Sans citer son auteur, M. Draghi a dénoncé « la communication » de cette « autre personne » qui « ne se conforme pas aux termes convenus » depuis « des décennies » entre partenaires internationaux.

Il a appelé à la « retenue » et relu haut et fort un des derniers communiqués adopté en octobre lors des réunions du FMI « nous nous abstiendrons de mener des dévaluations compétitives, et nous ne ciblerons pas nos taux de change à des fins de compétitivité ».

– Guerre commerciale –

La position de Steven Mnuchin a semblé brandir une arme supplémentaire dans la guerre commerciale menée par Washington qui veut promouvoir « l’Amérique d’abord ».

« Cela fait un peu partie de la guerre commerciale », a affirmé Joseph Gagnon, économiste au Peterson Institute for International Economics (PIIE) qui se félicite de cette déclaration.

« J’étais content d’entendre ça. Un dollar fort a été très dommageable et cela dure depuis trop longtemps », estime cet économiste, affirmant que l’Europe et surtout l’Allemagne ont profité de cet écart des devises pour gonfler leur excédent commercial avec les Etats-Unis.

« Quand l’euro était tombé à 1,09 dollar, c’était bien trop faible. Je pense qu’à taux d’intérêt et cycle économique comparables, l’euro devrait être à 1,50 », assure cet ancien économiste de la Fed.

Au vu de l’ampleur de la réaction sur le marché des changes, —l’euro ayant passé le cap des 1,25 jeudi à New York–, le secrétaire au Commerce Wilbur Ross, lui-aussi à Davos, a voulu calmer le jeu avant l’arrivée de Donald Trump jeudi. Il a assuré que son collègue du Trésor n’avait pas voulu agir sur le billet vert: « il ne préconisait rien. Il disait simplement, ce n’est pas la plus grande préoccupation du monde pour nous en ce moment ».

Les mots de Steven Mnuchin auraient-ils dépassé sa pensée ? Pas sûr. Pour Joel Naroff, économiste indépendant interrogé par l’AFP, « M. Mnuchin est un homme qui dit ce qu’il pense, sans trop de filtre ».

« Parlait-il au nom de tout le gouvernement, je ne sais pas. Mais je soupçonne qu’ils vont être contents si le dollar baisse », a-t-il ironisé.

– Stratégie risquée –

Mais pour d’autres observateurs, c’est une stratégie risquée pour l’administration que de faire baisser le billet vert par des commentaires.

« Cela peut provoquer une course des devises vers le bas car tout le monde veut avoir une monnaie plus compétitive que le dollar ou que son partenaire commercial », prévient Greg Daco, économiste en chef d’Oxford Economics aux Etats-Unis.

Certains pays émergents, voire la Chine, pourraient ainsi laisser déprécier leur monnaie pour rester compétitifs commercialement. Il évoque même la zone euro qui « optant pour la façon la moins dérangeante possible pourrait choisir de retarder la remontée des taux d’intérêt » ce qu’a fait Mario Draghi jeudi en excluant que la BCE puisse relever ses taux cette année.

D’autres soulignent aussi que si un dollar plus faible peut réduire le déficit commercial américain, il présente également le risque d’importer de l’inflation.

Les prix à l’importation deviennent plus chers, accélérant l’inflation ce qui peut en retour décourager les consommateurs et ralentir leurs dépenses, moteur de l’économie américaine.

« Il faut garder cela à l’esprit quand on parle de dollar plus faible. Ce n’est pas nécessairement entièrement positif. C’est peut-être une déclaration audacieuse mais est-elle judicieuse ? », s’interroge M. Daco.

(©AFP / 25 janvier 2018 18h23)

https://www.romandie.com/news/Faire-plonger-le-dollar-une-arme-de-plus-dans-la-guerre-commerciale-/884263.rom

À Davos, les dirigeants européens appellent à plus d’égalité sociale

À Davos, les dirigeants européens appellent à plus d’égalité sociale

Les dirigeants allemand, français et italien ont affirmé être prêts à repenser la mondialisation et à corriger les erreurs du passé afin de rééquilibrer les inégalités au niveau mondial.

Lors de son intervention au Forum économique mondial, la chancelière allemande, Angela Merkel, a estimé que le multilatéralisme était en danger, et regretté que le monde ait oublié les leçons du passé, à l’approche du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale.

Elle a insisté sur le fait que l’unilatéralisme et le protectionnisme n’étaient pas une solution, une remarque sans doute adressée au président américain, Donald Trump, qui s’exprimera le 26 janvier, dernier jour du forum.

« À l’avenir, l’Allemagne voudrait contribuer à la résolution des problèmes du monde, nous estimons que se replier sur soi-même et s’isoler ne mènera pas à un avenir positif », a-t-elle ajouté, faisant référence à une UE toujours plus intégrée comme élément de solution.

Quelques heures plus tard, le président français, Emmanuel Macron, s’est à son tour exprimé dans la salle plénière bondée de Davos. Il a fait écho à la chancelière, appelant à la construction d’un monde libre et juste.

« Le capitalisme contemporain est en crise. C’est devenu un capitalisme de superstars où la répartition de la valeur ajoutée n’est pas équitable. Nous devons mettre en place des mécanismes plus juste pour le partage de la valeur ajoutée », a-t-il déclaré, exhortant les représentants du monde des affaires présents dans la salle à endosser leurs responsabilités et à contribuer à la réforme de la mondialisation.

« Si nous voulons mieux partager, nous devons instaurer une stratégie fiscale plus coordonnée au niveau mondial. Il ne devrait pas y avoir de nivellement par le bas », a-t-il poursuivi. « Nous devons mettre en place des mécanismes permettant d’éviter les stratégies d’optimisation fiscale de certaines entreprises. C’est une question morale. »

A Paris, Merkel et Macron affichent leur concorde

La venue d’Angela Merkel à Paris à 48 heures d’un vote crucial pour la coalition allemande témoigne de la proximité des deux pays. Mais le sujet européen peut difficilement avancer sans un gouvernement allemand, qui se formera au plus tôt à Pâques

Les inégalités : basta !

Les inégalités sont à la hausse partout dans le monde, mais n’augmentent pas au même rythme. Sur ce volet, l’Europe donne un exemple positif. En effet, l’UE reste la gardienne d’un certain degré de justice sociale, grâce à des systèmes sociaux aboutis.

« Certains pensaient que la croissance résoudrait tous nos problèmes. Ce n’est pas le cas, parce que cette croissance est moins équitable », fait remarquer le président français.

Pour lui, le fait de négliger la cohésion sociale, et avec elle de larges pans des populations plus pauvres en Europe, entraînera encore davantage d’opposition à la mondialisation. Il propose donc une nouvelle stratégie fondée sur trois éléments fondamentaux : l’investissement, le partage et la protection.

Macron fait à Versailles son Davos avant Davos

Sur la route du Forum économique mondial de Davos, près de 140 CEO d’entreprises mondiales sont invités à Versailles ce lundi pour rencontrer le gouvernement français et parler attractivité de la France.  Un article de notre partenaire La Tribune

 

Emmanuel Macron souhaite également un Fonds monétaire international plus solide, doté d’un mandat plus large incluant notamment des compétences réglementaires sur certains domaines du système financier qui échappent actuellement à ses réglementations, y compris les cryptomonnaies ou le système bancaire parallèle.

Le président français a par ailleurs souligné que sa vision du monde et celle de Justin Trudeau, le Premier ministre canadien, étaient alignées.

Depuis un an, les dirigeants d’entreprise présents à Davos ont profité d’une augmentation de la richesse, en raison de la hausse des marchés boursiers, a d’ailleurs déclaré Justin Trudeau plus tôt cette semaine, se demandant s’ils voulaient « vivre dans des enclaves fermées pendant que ceux qui les entourent luttent » pour survivre.

Malgré la décision de Donald Trump de retirer les États-Unis du Partenariat transpacifique, le Canadien a profité de son discours pour annoncer que les dix autres membres de l’accord allaient aller de l’avant avec l’accord de libre-échange.

Emmanuel Macron a également profité du forum pour réaffirmer que « la France [était] de retour au cœur de l’Europe ». Il estime cependant qu’il est temps de concevoir une nouvelle pour l’Europe, qui a notamment un rôle à jouer comme médiatrice entre la Chine et les États-Unis, selon lui.

« Pour éviter la fragmentation du monde, nous avons besoin d’une Europe plus forte. Nous devons avoir une stratégie sur dix ans pour faire de l’Europe une puissance verte, scientifique et politique. Nous avons besoin de plus d’ambition pour avoir une Europe plus unie », affirme-t-il.

Le Premier ministre italien, Paolo Gentiloni, a également critiqué les chefs d’entreprise en déclarant que « l’inégalité continue à augmenter, atteignant des niveaux intolérables, même si la croissance augmente ».

« Nous ne pouvons pas finir dans un monde qui compte une élite numérique cosmopolite et une armée de travailleurs mécontents », a-t-il souligné. « Aujourd’hui, nous devons répondre positivement et résolument à l’appel en faveur d’une Europe plus forte. Notre histoire et nos racines ne sont pas synonymes de protectionnisme. »

À l’heure où « les politiques européens sont en train de subir des changements radicaux », « la fragmentation politique est une nouvelle caractéristique du vieux continent », a-t-il ajouté, en référence aux nouveaux groupes politiques qui se forment en réponse au mécontentement généralisé, offrant des raccourcis et des solutions simplistes.

Pendant ce temps, une grande partie de la population est insatisfaite de l’absence de politiques appropriées pour faire face à des crises de longue date, comme celle de l’immigration.

Davos attend « le retour de l’UE »

Alors que l’UE s’embarque dans une année difficile, le monde est de plus en plus inquiet de la capacité européenne à se réinventer pour jouer un rôle clé sur la scène internationale.

https://www.euractiv.fr/section/monde/news/merkel-macron-gentiloni-take-the-high-ground-to-reshape-globalisation/

La montée de l’euro face au dollar pèse sur la Bourse de Paris. Suez Environnement subit la plus forte baisse de son histoire boursière. De son côté, Wall Street grimpe sur de nouveaux records.

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La montée de l’euro face au dollar pèse sur la Bourse de Paris. Suez Environnement subit la plus forte baisse de son histoire boursière. De son côté, Wall Street grimpe sur de nouveaux records.

image: https://investir.lesechos.fr/medias/2018/01/24/1736151_1516781805_paris4_565x377p.jpg

Palais Brongniart

La séance de Bourse du 24 janvier | Crédits photo : Shutterstock

Ce début d’année 2018 est le pire que le dollar américain ait connu depuis 1987. Le Dollar Index, qui agrège l’évolution du billet vert face à un panier de devises, a chuté de 3,2% depuis le premier janvier. Le dollar est tombé sur un plus bas de trois ans face à l’euro face à l’euro aujourd’hui. Cela est de bon augure pour Wall Street ; le Dow Jones, le S&P 500 et le Nasdaq ont tous inscrit de nouveaux records historiques dès l’ouverture.

Mécaniquement, l’euro recule face au dollar. La monnaie unique a inscrit un nouveau plus haut de trois ans à 1,2403 dollar, ce mercredi, à la veille de la décision monétaire de la Banque centrale européenne. Ce mouvement est par ailleurs soutenu par l’indice préliminaire PMI Markit composite (synthèse entre l’industrie et les services), publié dans la matinée, qui a atteint 58,6, son meilleur niveau depuis juin 2006. Cela témoigne d’une certaine solidité de l’activité du secteur privé dans la zone euro au mois de janvier.

Pour Steve Mnuchin, la baisse du dollar est une aubaine

« La zone euro a pris un excellent départ en 2018, l’activité affichant un rythme d’expansion inconnu en près de 12 ans, compatible avec un taux de croissance particulièrement élevé, proche de 1%, au premier trimestre », prédit Chris Williamson, chef économiste chez IHS Markit. Il s’attend d’ailleurs à ce que « les prévisionnistes relèvent leurs estimations de croissance et d’inflation pour la zone euro en 2018, et à ce que les responsables monétaires se montrent moins accommodants ».

De son côté, le dollar est affecté par les dernières déclarations du secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin. Il a déclaré depuis Davos que la faiblesse du dollar est une aubaine pour les exportations américaines. Le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, a surenchéri en annonçant que les Etats-Unis envisagent des mesures supplémentaires pour soutenir ses exportations. Le billet vert est par ailleurs freiné par la poursuite du ralentissement de la croissance de l’activité dans le secteur des services aux Etats-Unis en janvier, tombée à un plus bas de neuf mois, selon l’enquête PMI Markit, malgré un bon début d’année dans l’industrie.

Suez chute de près de 17%, plus forte baisse de son histoire

Le Cac 40 a perdu 0,72% à 5.495,16 points dans un volume d’affaires de 3,5 milliard d’euros. La tendance était similaire ailleurs en Europe.

Suez Environnement était au cœur de l’attention à Paris. Le groupe a revu ses objectifs de rentabilité en baisse pour 2017 et donné des prévisions que le marché a jugé trop peu ambitieuses pour 2018. L’action enregistre ainsi la plus forte baisse de son histoire, et entraine e secteur des « utilities » dans son sillage. Veolia Environnement accuse la deuxième plus forte baisse du Cac 40.

A l’inverse, la progression de Novartis, qui table sur une croissance de son bénéfice opérationnel plus rapide que celle de ses ventes en 2018, soutient Sanofi, quatrième capitalisation du Cac 40. Carrefour surperforme également la tendance alors que Bernstein et HSBC ont relevé leur recommandation sur le titre, de « sous-performance » à « performance en ligne » pour le premier et de « alléger » à « conserver » pour le second.

Enfin, STMicroelectronics enregistre la plus forte baisse de l’indice français après que Morgan Stanley a dégradé l’américain AMS, dans le même secteur, en raison d’une faible demande pour l’iPhone X. Morgan Stanley a déclaré que STMicroelectronics et Dialog Semiconductor devraient également être touchés.

En savoir plus sur https://investir.lesechos.fr/marches/actualites/cac-40-euro-dollar-petrole-indices-pmi-la-seance-de-bourse-du-24-janvier-1736151.php#s4k9OEfxphGjlLDB.99

Protectionnisme : Trump sort les couteaux

Publié le 23 janvier 2018 à 13h50 | Mis à jour le 23 janvier 2018 à 17h36

Protectionnisme : Trump sort les couteaux

Donald Trump motre aux journalistes sa signature sur... (PHOTO AP)

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Donald Trump motre aux journalistes sa signature sur l’un des documents paraphés lors d’une cérémonie mardi dans le Bureau ovale.

PHOTO AP

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Delphine TOUITOU
Agence France-Presse
WASHINGTON

Avant l’intervention vendredi de Donald Trump à Davos en Suisse, les États-Unis sont passés des paroles aux actes pour protéger le marché américain du flot de produits importés à l’instar des panneaux solaires en provenance de Chine.

En signant mardi les documents imposant ces droits de sauvegarde et d’autres sur les machines à laver importées, le président américain a assuré qu’il entendait «faire respecter le principe d’un commerce équitable et démontrer au monde que les États-Unis ne se laisseraient plus faire».

L’administration américaine prépare aussi tout un arsenal de mesures protectionnistes pour les secteurs stratégiques de l’acier et de l’aluminium ainsi que pour protéger la propriété intellectuelle.

«Nous sommes dans une période particulièrement dangereuse. C’est une escalade continue de l’administration Trump», estime Edward Alden, expert au Council of Foreign Relations, soulignant que le message des États-Unis est «clair» : «ils sont prêts à utiliser tous les outils à leur disposition pour protéger le marché américain d’une concurrence jugée déloyale».

La décision lundi d’imposer des «droits de sauvegarde» sur des panneaux solaires importés de Chine ainsi que sur les grandes machines à laver fabriquées en Chine, en Corée du Sud, au Mexique, en Thaïlande et au Vietnam est perçue comme la plus importante depuis celle, début 2017, de sortir de l’accord commercial de libre-échange Asie-Pacifique (TPP).

Peu après son élection à la Maison-Blanche, Donald Trump avait abandonné abruptement ce traité dans le cadre de sa politique protectionniste visant à sauver des emplois américains menacés selon lui par le libre-échange. Il a aussi imposé la renégociation du traité de libre-échange nord-américain (Aléna) dont la 6e session de négociations s’est ouverte mardi à Montréal.

Pour autant, au cours de la première année d’administration Trump, «il y a eu beaucoup de discours mais pas beaucoup d’actes, au moins sur le commerce», observe Scott Miller, expert au centre d’études internationales et stratégiques (CSIS).

Usines aux États-Unis

Il qualifie les décisions prises lundi «de pur protectionnisme» car les panneaux solaires ou les machines à laver importés cause un réel préjudice aux entreprises américaines.

Cette décision «est une incitation forte pour que (les entreprises) LG et Samsung respectent leurs promesses de construire de grandes usines pour les machines à laver, ici aux États-Unis», a réagi Donald Trump.

«Pour être honnête, l’impact économique de la décision (de lundi) est assez modeste», reprend néanmoins Edward Alden, observant que l’administration a suivi les préconisations de la Commission internationale du commerce américaine (USITC) qui a jugé recevable la plainte de deux entrepreneurs américains en faillite, sans toutefois s’aligner sur les exigences des plaignants.

Pour autant, «sur le plan symbolique, c’est très important», estime-t-il.

«Cela signale au monde entier que cette administration est préparée à jouer un rôle bien plus important sur le commerce», dit-il.

Monica de Bolle experte au Peterson Institute for International Economics (PIIE) ajoute que les mesures sur l’aluminium et l’acier pourraient être dévoilées très prochainement, les enquêtes étant déjà bouclées.

Sous le feu des projecteurs 

Elle souligne que l’on peut s’attendre à tout dans le discours que prononcera le président américain au forum économique mondial de Davos. «Dans quelle mesure il optera pour la voie agressive ou diplomatique, il faut patienter dans la mesure où Trump est imprévisible», souligne Monica de Bolle.

La décision de lundi «donne de manière évidente à Trump l’opportunité d’être sous le feu des projecteurs à Davos» et de donner la réplique à son homologue chinois Xi Jinping, qui l’an passé, à ce même forum, avait créé la surprise en se positionnant comme l’apôtre du libre-échange.

Dans un discours historique, le dirigeant chinois s’était fait le pourfendeur du protectionnisme de Donald Trump.

En dévoilant lundi des prévisions de croissance économique plus optimistes pour 2018 et 2019, le Fonds monétaire international (FMI) a mis en garde contre des mesures de protectionnisme qui pourrait compromettre l’expansion.

«Quand on fait de la sécurité nationale la justification des décisions commerciales, on incite les autres (pays) à faire de même et c’est la porte ouverte au protectionnisme», a de son côté prévenu Scott Miller.

Pour l’heure, la Chine n’a pas choisi la confrontation, note Monica de Bolle.

Le ministère chinois du Commerce a simplement averti «qu’avec d’autres membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la Chine allait défendre résolument ses intérêts légitimes», sans préciser les actions envisagées.

De son côté, le ministère sud-coréen du Commerce a annoncé son intention de déposer une requête auprès de l’OMC, selon l’agence de presse Yonhap.

http://www.lapresse.ca/affaires/economie/international/201801/23/01-5151152-protectionnisme-trump-sort-les-couteaux.php

Les inégalités selon Oxfam

Les inégalités selon Oxfam

Comme chaque année à la même époque, l’ONG Oxfam profite du Forum économique mondial de Davos pour alerter les dirigeants politiques, les chefs d’entreprise et les opinions publiques sur l’état des inégalités dans le monde. Elle a donc publié hier 22 janvier 2018 son détonnant rapport annuel 2018, dont la conclusion, toujours la même, est la suivante : les inégalités entre les plus riches et les plus pauvres sont la marque distinctive du développement ultra-libéral et ultra-injuste que nous connaissons depuis plusieurs décennies et elles se creusent dans des proportions alarmantes. 

En fait d’alarme et de sensationnalisme, admirons la communication très étudiée avec laquelle l’ONG nous prend systématiquement à la gorge et force notre culpabilité de judéo-chrétiens en dépeignant un monde de misère noire soumis à la volonté implacable d’une poignée de personnes :

· Au prix d’une prolongation audacieuse des courbes (graphique ci-contre), le rapport 2015 prévoyait que « les 1 % les plus riches possèderont plus que le reste de la population mondiale en 2016. »

· En 2016, Oxfam visait spécifiquement 62 hyper-riches : « 62 personnes possèdent autant que la moitié de la population mondiale ».
· 
Puis en 2017, ce chiffre tombe à 8. Et pas n’importe quel 8 : huit hommes. Pas femmes, hommes : « Huit hommes possèdent autant que la moitié de la population mondiale ». Inégalités ET discriminations des femmes, tout va vraiment de pire en pire.
· Aujourd’hui, autre angle d’attaque. Oxfam quitte (provisoirement) le terrain du patrimoine pour s’intéresser au revenu :

« Davos 2018 : Les 1 % les plus riches ont empoché 82 % des richesses créées l’an dernier, la moitié la plus pauvre du monde n’en voit qu’une miette. » 

.
Si les conclusions de l’ONG ne changent guère d’année en année, la méthodologie non plus. Or elle a été l’objet de nombreuses critiques, ici en 2015 et ici en 2016 par exemple. Pour résumer, il faut savoir que les données utilisées (celles du Crédit Suisse et celles de Forbes) sont disparates et parcellaires selon les pays, que le patrimoine dont on parle est un patrimoine net de dette qui fait d’un étudiant américain endetté pour ses études une personne plus pauvre qu’un paysan indien, et que les projections sont réalisées à partir de 2010, c’est-à-dire l’année où l’économie mondiale a commencé à repartir après la crise de 2008.

Pour les comparaisons, précisons que la définition du seuil de pauvreté retenue par les services statistiques de la plupart des pays est une notion relative. Il s’agit généralement de 60 % du revenu médian. Il en résulte que le seuil de pauvreté augmente avec le revenu médian et qu’il est très différent d’un pays à l’autre. De ce fait, un pauvre en France sera très riche en Inde, et quoi qu’on fasse, on aura toujours des pauvres. Oxfam n’a pas fini de pondre des rapports quand bien même tous les pays seraient devenus riches et prospères.

Concernant plus spécialement le rapport 2018, notons l’expression « empoché » qui tend nettement à faire du revenu des plus riches un vol au détriment des plus pauvres. Pour une ONG comme Oxfam, pour un Mélenchon ou pour un Filoche, la notion de création de richesse n’existe pas. Le gâteau est fixe, fini. Dès lors, tout ce que gagne un riche vient forcément en moins de ce que les autres pourraient gagner. Supprimons les riches en rognant sur leurs revenus et leur patrimoine et tous les pauvres seront, non pas riches car c’est odieux (sauf pour la fille d’Hugo Chávez), mais pourvus d’un revenu qui correspond à ce que Mesdames et Messieurs les humanitaires d’Oxfam sont prêts à leur accorder du haut de leur autoritarisme économique.

Or l’on parle de la richesse nouvelle créée en un an, une richesse qui n’existait pas auparavant et qui n’aurait pas existé si des capitalistes et des entrepreneurs n’avaient pas investi des capitaux et des idées dans des entreprises qui produisent des biens et des services utiles. Utiles car achetés à un certain prix par des clients consentants, ce qui permet ensuite à l’entrepreneur d’embaucher car son activité se développe. De plus en plus de personnes entrant ainsi dans l’emploi, le niveau de vie augmente, avec l’heureuse conséquence de développer aussi les services dans l’éducation, les transports, la médecine etc…

Ces évolutions positives ont eu lieu partout dans le monde, notamment en Asie. J’ai eu par exemple l’occasion de souligner combien la libéralisation de l’économie indienne opérée au début des années 1990 avait eu un impact fort sur la sortie de la pauvreté de millions de personnes et combien elle avait permis aux « intouchables », socialement condamnés à n’avoir que des métiers « impurs » mal rémunérés malgré les politiques de discrimination positive en leur faveur, d’accéder petit à petit à de nouveaux emplois et parfois même au statut d’entrepreneur.

Oxfam reconnaît d’ailleurs « qu’entre 1990 et 2010, le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté (à savoir avec moins de 1,90 dollar par jour) a été divisé par deux, et continue de décroître depuis. »

Soyons plus précis et plus à jour qu’Oxfam. En 1990, la population mondiale était de 5,3 milliards de personnes dont 37,1 % vivaient sous le seuil absolu de pauvreté et en 2015, elle était de 7,4 millards dont 9,6 % sous le seuil de pauvreté (voir graphique interactif). Autrement dit, pendant cette période, les très pauvres sont passés de 2 milliards à 710 millions tandis que la population mondiale augmentait de 2 milliards de personnes.

Il est évident que ce résultat, même remarquable, ne pourrait satisfaire personne. Ce qu’on souhaite, c’est non seulement de voir l’ensemble de la population sortir de la pauvreté, mais de voir de plus en plus de monde accéder à la classe moyenne et pourquoi pas, à la grande richesse. Ceci est totalement possible, et peu importe si certaines personnes parviennent à des niveaux de revenus ou de patrimoine considérablement plus élevés que le reste du monde, à partir du moment où tout le monde progresse.

Mais pour Oxfam, cette richesse qui échappe à son contrôle n’est pas « gagnée ». Il convient donc de la dévaloriser le plus possible. Elle ne serait pas le résultat du talent, d’un travail acharné et d’une prise de risque, mais plutôt le fruit de privilèges ou de relations :

« Les grandes fortunes sont bien plus souvent le produit d’un héritage, d’un monopole ou d’une connivence avec les gouvernements ».

Il ne fait aucun doute que le capitalisme de connivence existe et qu’il répond très mal aux besoins des consommateurs dans la mesure où il se développe partiellement hors marché en s’adaptant au dirigisme étatique en échange de subventions. Un libéral encouragera toujours la libre concurrence, pas un capitalisme déterminé par les exigences de l’Etat. De la même façon, les situations de monopole ou quasi-monopole ne sont pas souhaitables car le détenteur de la position dominante n’est plus encouragé à s’améliorer et le consommateur en pâtit.

Concernant l’héritage, si l’on considère les 8 hommes qui ont été ciblés nommément par Oxfam l’an dernier, on ne voit pas beaucoup d’héritiers mais beaucoup de nouvelles fortunes des technologies de l’information et des fondateurs de grand groupes – Bill Gates (Microsoft), Mark Zukerberg (Facebook), Jeff Bezos (Amazon), Warren Buffet, Amancio Ortega (Zara), par exemple.

Leur patrimoine serait le résultat d’un héritage que cela ne changerait rien. Contrairement à ce que s’imagine Oxfam, il ne dort pas dans un coffre. Il est en partie réinvesti dans des entreprises existantes ou des startups qui à leur tour produisent et embauchent, en partie utilisé à consommer, ce qui génère également des possibilité de développement et d’emplois pour d’autres entreprises, et en partie – parfois une très grande partie – affecté à des fondations à vocations sociales ou culturelles. C’est notamment le cas de la Fondation Bill & Melinda Gates qui est dotée de 44 milliards de dollars pour agir dans les domaines de la pauvreté, de la santé publique et de l’éducation.

Mais Oxfam, complètement imbibé d’une vision statique des échanges économiques, considère que tout milliardaire en plus sur cette planète est un nouveau coup porté à l’avenir et à la prospérité de l’humanité, sans tenir compte du fait que les situations des uns et des autres sont très fluctuantes au gré des cours de bourses. Dans son rapport 2018, l’ONG explique :

« Le nombre de milliardaires a connu l’année dernière sa plus forte hausse de l’histoire, avec un nouveau milliardaire tous les deux jours. On dénombre actuellement 2 043 milliardaires en dollars dans le monde. Neuf sur dix sont des hommes. » 

Non seulement « le boom des milliardaires » est vu comme le symptôme d’un système économique défaillant « qui enferme les plus vulnérables dans la pauvreté », mais s’y ajoute l’horrible discrimination homme/femme contre laquelle toute politique égalitaire se doit de lutter âprement. A tel point qu’on se demande si dans l’esprit de nos saintes ONG caritatives les milliardaires seraient éventuellement plus acceptables si seulement c’étaient des femmes ….

Finalement, pour réduire les inégalités qui préoccupent manifestement beaucoup plus Oxfam que la pauvreté, l’ONG en vient à préconiser exactement ce contre quoi j’écris à longueur d’articles dans ce blog :
· toute la richesse qui est jugée (de façon purement idéologique) en trop dans certaines mains doit impérativement être réduite par l’impôt afin de nourrir des dépenses publiques toujours plus élevées ;
· les écarts de salaires doivent être plafonnés ;
· le salaire minimum doit être renforcé partout – et tant pis si les expériences montrent qu’il écarte de l’emploi les personnes les plus vulnérables ;
· et la lutte contre les paradis fiscaux et tout ce qui est Paradise Papers doit être impitoyablement relancée.

Il s’agit donc de s’inscrire dans l’alignement parfait des thèses de matraquage fiscal développées par Thomas Piketty dans son ouvrage Le capital au XXIème siècle (dont la méthodologie et les conclusions ont également été fortement critiquées) et à l’opposé exact de tout ce qui a permis à tant de personnes de sortir de la pauvreté au cours des 25 dernières années.

Ce faisant, on engloutit en dépenses publiques, subventions et aide internationale tous azimuts des sommes qui ont plus de chance de décourager les initiatives et d’alimenter le capitalisme de connivence et la corruption partout où elles seront distribuées (voir Afrique, voir Vénézuela – un exemple à suivre d’après Oxfam en 2010 !) que de créer les emplois qu’elles ne manqueraient pas de générer, auraient-elles été consacrées à des investissements productifs sur un marché libre et concurrentiel.

Si je pouvais dire de bonne foi que la solution aux inégalités est simple, qu’il suffit de prendre plus aux riches pour redonner aux pauvres et que ceci fera accéder tout le monde à la prospérité et au bonheur, je le ferais – ce serait tellement plus confortable et tellement plus en phase avec le politiquement correct étatique qui prévaut en France !

Mais je n’y crois pas car les faits ne le démontrent pas. La volonté de lutter contre les « inégalités » entraîne de fait une tentation totalitaire et jalouse, une forme de domestication de la société dans des limites décidées par les gouvernants.

Le seul objectif impératif et juste, c’est que tout le monde soit mieux loti qu’avant. On n’a jamais trouvé mieux que la libéralisation de l’économie, l’innovation et les échanges pour y parvenir.


Illustration de couverture : L’ONG Oxfam a publié son rapport 2018 sur les inégalités dans le monde.

https://leblogdenathaliemp.com/2018/01/23/les-inegalites-selon-oxfam/#more-37358

Censure de l’information : Macron applique à la lettre le programme du Forum de Davos

Censure de l’information : Macron applique à la lettre le programme du Forum de Davos

Censure de l’information : Macron applique à la lettre le programme du Forum de Davos

Par Michel Geoffroy, essayiste, contributeur de Polémia ♦ Tout le monde sait désormais que lors de ses vœux à la presse, le 3 janvier dernier, le président Macron a annoncé son intention de légiférer (1) pour combattre les « fausse nouvelles » qui seraient selon lui diffusées sur Internet, afin de « protéger la démocratie … en période électorale » car « toutes les paroles ne se valent pas ». Par contre, on a sans doute oublié qu’en prenant cette initiative Emmanuel Macron n’innove nullement : il se borne à appliquer le programme de censure élaboré lors du Forum de Davos de janvier 2017. Retour sur image.


Qu’est-ce que le Forum de Davos, d’abord ?

Le « Forum économique mondial » (World Economic Forum) est une fondation à but non lucratif dont le siège se situe à Genève. Elle fut lancée en 1971, par Klaus Schwab, un professeur d’économie à l’Université de Genève, sous le patronage de la Commission européenne et de différentes associations industrielles européennes ; Klaus Schwab entendait diffuser en Europe les pratiques de management en vigueur aux États-Unis.

Le financement du Forum serait assuré par les quelque 1.000 entreprises membres : principalement des entreprises transnationales réalisant un chiffre d’affaires supérieur à cinq milliards de dollars.

Davos réunit les représentants du pouvoir économique transnational, des institutions financières internationales, du pouvoir intellectuel et médiatique, des ONG et des représentants autoproclamés de la « société civile ». Fait significatif : les hommes politiques sont en minorité lors des réunions de Davos, car Davos préconise que la « gouvernance » se substitue à la souveraineté des États.

Ce Forum se place donc sous le signe du mondialisme, de l’argent et du pouvoir.

La participation à la Réunion annuelle de Davos se fait uniquement sur invitation, mais ses travaux sont largement médiatisés.

Pour Davos la démocratie est un « risque » qu’il faut « endiguer » !

Le Forum de Davos de janvier 2017 a, entre autres sujets, justement examiné le rapport Global Risk 2017. Or que lit-on dans ce rapport ?

Que le Brexit, l’élection de Donald Trump et l’échec du référendum de Matteo Renzi en Italie constituaient des « risques » qu’il fallait « endiguer ». Car, en janvier 2017, les participants avaient évidemment en tête les futures élections, présidentielle en France et législatives en Allemagne et le souci d’éviter tout risque de contagion politique.

Le rapport affirmait surtout que les campagnes électorales avaient « mis en évidence le phénomène de désinformation rapide » des opinions publiques.

Les participants au Forum soulignaient alors « le besoin de mieux protéger nos systèmes de contrôle qualité de l’information » et Global Risks 2017 concluait que « les principaux facteurs de risque peuvent être endigués en créant des sociétés plus inclusives basées sur la coopération internationale et une vision à long terme (2) ».

Dommage pour les complotistes : les mondialistes de Davos, on le voit, ne cachent nullement leurs intentions ! Ils reconnaissent, en effet, que, pour empêcher les électeurs de « mal voter », il faut renforcer leurs systèmes de contrôle de l’information…

Une justification de la censure

Le rapport Global Risk 2017 reprenait donc à son compte les accusations formulées par Hillary Clinton justifiant sa défaite par… des opérations de désinformation (fausses nouvelles = fake news) conduites en particulier par la Russie.

Il s’agissait donc d’un classique processus d’inversion accusatoire puisque ce sont bien les médias mainstream – propriété des puissances d’argent – qui en Occident trompent en permanence la population en imposant le politiquement correct et les mensonges d’Etat – et qui, aux Etats-Unis, ont massivement soutenu Hillary Clinton, la candidate du Système, contre Donald Trump. Lequel s’est au contraire appuyé sur les médias alternatifs pour mobiliser ses soutiens malgré le blocus des médias officiels.

L’idée selon laquelle la population aurait mal voté parce qu’elle aurait été « désinformée » par les fake news russes est bien commode en effet : elle permet de cacher le désamour croissant entre les peuples et l’oligarchie et de dénier toute légitimité aux scrutins où ses candidats se font battre, en affirmant que les eurosceptiques (3) ou que les partisans de Donald Trump, par exemple, sont des manipulateurs qui diffusent des fausses nouvelles, donc des délinquants en puissance.

Le concept de fake news sert ainsi à mettre en accusation tout ce qui va à l’encontre de l’idéologie dominante ou des candidats sponsorisés par le Système en accusant ceux qui diffusent une information alternative d’être tout simplement des agents stipendiés de Vladimir Poutine ou d’affreux « complotistes ».

On voit par exemple cette logique à l’œuvre aujourd’hui dans le dernier sondage IFOP commandité par la Fondation Jean Jaurés et Conspiracy Watch (qui ne sont pas à proprement parler des organisations dissidentes) qui tente manifestement de mettre sur le même plan le conspirationnisme, le révisionnisme et… le refus de l’immigration de peuplement (4) !

Les fake news servent de prétexte au coup d’Etat post-démocratique permanent

Davos a donc justifié avec la lutte contre la « désinformation rapide » et les « fake news » le coup d’Etat post-démocratique permanent contre la liberté et la souveraineté des peuples.

Ce coup d’Etat permanent repose en effet sur l’action conjointe de deux pouvoirs véritablement inconstitutionnels, car placés au-dessus de la légitimité électorale : le pouvoir médiatique et le pouvoir judiciaire (ou gouvernement des juges (5), appelé « Etat de eroit » en novlangue).

Le pouvoir médiatique sert à enfermer la population dans une information et une réalité virtuelle, la réalité à laquelle les oligarques de Davos veulent que l’on croie.

En 2015, le Forum de Davos avait d’ailleurs abordé la question de « l’utilisation des neurosciences comportementales pour améliorer les politiques publiques » et aussi pour « mieux diagnostiquer la pathologie mentale (6)». Sans doute une démarche désintéressée, lorsque l’on se rappelle que l’oligarchie affirme, par exemple, que les dissidents politiques souffriraient de « phobies » maladives ou que les terroristes islamistes seraient des « déséquilibrés » ! Il s’agit en clair de mobiliser les neurosciences de mener une guerre cognitive contre les peuples.

Le pouvoir judiciaire sert de son côté à interdire de décrire le monde tel qu’il est, donc de sortir de la bulle médiatique dans laquelle on veut nous enfermer. Il sert aussi à criminaliser la critique du Système et de la politique qu’il conduit. Il sert enfin à mettre en tutelle les législateurs pour qu’ils ne dévient pas de la doxa libérale libertaire et cosmopolite.

Macron, le petit télégraphiste (7) de Davos

Manifestement Emmanuel Macron, le président élu grâce aux médias mainstream et à l’intrusion des juges dans l’élection présidentielle pour déstabiliser ses concurrents, a bien assimilé la leçon : il met en œuvre avec zèle le programme défini à Davos.

Car les projets présidentiels auront justement pour effet de confier au juge le pouvoir de se prononcer sur la véracité des informations diffusées dans les médias alternatifs, qui sont la véritable cible de cette initiative.

Avec les lois mémorielles les magistrats définissaient déjà la vérité historique dans notre pays. Mais avec la future « loi Pravda » de Macron, ils auront en outre le pouvoir de définir quelles informations les Français auront le droit de connaître !

Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

Son mentor, Jacques Attali, dans une tribune de l’hebdomadaire l’Express, n’a-t-il pas proposé une réforme constitutionnelle afin de déterminer quels « sujets qu’un seul vote majoritaire du peuple ne pourrait suffire à trancher » et qui « seraient sanctuarisés en les inscrivant dans la Constitution » (8) ? Sa tribune s’intitulait d’ailleurs « Sanctuariser le progrès » : ce qui signifie, en novlangue, « museler le peuple ».

Au nom de la « démocratie », bien sûr…

Michel Geoffroy
08/01/2018

Notes :

  1. « Les plateformes se verront imposer des obligations de transparence accrue sur tous les contenus sponsorisés afin de rendre publique l’identité des annonceurs et de ceux qui les contrôlent mais aussi de limiter les montants consacrés à ces contenus. »
  2. Présent du 20 janvier 2017.
  3. Terme de novlangue pour désigner ceux qui ne se reconnaissent pas dans la politique de l’Europe de Bruxelles.
  4. Enquête réalisée les 19 et 20 décembre 2017.
  5. Alors que normalement la justice n’est pas un pouvoir mais une simple autorité.
  6. Les Echos du 2 février 2015.
  7. En 1980 François Mitterrand avait accusé le président Giscard d’Estaing d’être le « petit télégraphiste » du gouvernement russe à propos de la présence des troupes soviétiques en Afghanistan.
  8. L’Express du 20 juin 2016.

Correspondance Polémia – 10/01/2018

https://www.polemia.com/censure-de-linformation-macron-applique-a-la-lettre-le-programme-du-forum-de-davos/