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secrets d’Etat : quand la lutte anti-terroriste s’écarte des sentiers battus (et légaux)

Secrets d’Etat : quand la lutte anti-terroriste s’écarte des sentiers battus (et légaux)POLITIQUE

10 août 2019© Reuters

TOP SECRET

Secrets d’Etat : quand la lutte anti-terroriste s’écarte des sentiers battus (et légaux)

Alors que l’enquête sur l’attentat de la rue de Rosiers est toujours en cours 37 ans après, l’ancien patron du renseignement français, Yves Bonnet, a reconnu, devant la justice française qu’un accord secret avait été passé entre les services de renseignement français et Abou Nidal, le groupe qui en est très certainement responsable.AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN138Avec Eric Denécé

Atlantico : Les accords comme celui passé entre les renseignements français et le groupe potentiellement responsable de l’attentat de la rue des Rosiers qui avait fait 6 morts et 22 blessés sont-ils monnaie courante en France ?

Eric Dénécé : Non, mais de telles pratiques ont existé et continueront probablement d’exister. Toutefois, elles restent tout à fait exceptionnelles. De plus, pour qu’un tel accord puisse avoir lieu, il faut avoir quelqu’un avec qui négocier, c’est-à-dire une organisation hiérarchisée capable de faire respecter sa décision à tous ses membres. Cela a été a le cas avec Abou Nidal ainsi qu’avec les services syriens de Rifaat El -Assad. Mais cela n’est pas possible avec des organisations comme Daesh ou Al-Qaeda qui ne contrôlent qu’une petite partie de leurs membres et génèrent, par leur idéologie,  des vocations terroristes qu’elles ne découvrent souvent qu’à l’occasion d’un attentat. Il est impossible de négocier avec cette nouvelle forme de terrorisme. Ce qui a été « conclu » avec Abou Nidal ou Rifaat El-Assad a peut-être aussi été négocié avec d’autres groupes palestiniens, voire l’ETA ou l’IRA.En contrepartie du fait que ces groupes s’engagent à ne pas commettre d’attentats sur le sol français (contre des cibles françaises, israéliennes, américaines… ou autre) ou contre les ressortissants et intérêts français à l’étranger, le pouvoir politique les autorise à entrer sur notre territoire sans qu’ils soient poursuivis ou appréhendés. Ces terroristes peuvent donc venir s’y reposer ou s’y faire soigner, y installer leur famille et leurs proches pour les mettre à l’abri. Cela ne signifie pas qu’ils ne soient pas surveillés, ni que des activités illégales sur notre sol leur soient permises (entrainement, levée de fonds, etc.) : ils doivent également s’engager à ne conduire aucune action de ce type. Un exemple récent de ce type d’entente conclue avec un mouvement considéré comme terroriste est celui des Moudjahidines du peuple iranien. Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, ce groupe qui conduit des attentats en Iran a été perquisitionné par la police française qui le soupçonnait de ne pas tenir ses engagements et de préparer, depuis le sol français, des opérations en Iran. 

Est-ce là une stratégie efficace et assumée ?

Lorsqu’elle est possible, oui. Elle permet en premier lieu de protéger nos concitoyens et de limiter le nombre d’adversaires contre lesquels nous devons lutter.La France n’est pas la seule a user de cette méthode. Les Américains avec l’IRA, les Britanniques avec des groupes terroristes islamistes (jordaniens, etc.) l’ont également pratiquée.Bien sûr, cela génère toujours des tensions internationales avec les Etats qui sont victimes des attaques de ces groupes terroristes. C’est pourquoi il est essentiel de faire respecter la neutralité de ceux qui trouvent refuge, dans le cadre d’un tel accord, sur notre territoire. Car s’ils profitaient de cette situation pour organiser des attentats, cela générait immédiatement une riposte, sur notre sol, des services spéciaux des pays ciblés qui chercheraient alors à éliminer ces cellules actives. C’est donc une situation très délicate, qui doit être contrôlée constamment et qui peut être remise en question à tout moment. Le fait que les familles des activistes puissent trouver refuge en France est une redoutable monnaie d’échange pour s’assurer du respect des règles édictées. 

Est-ce bien là le rôle des services secrets ? 

Oui, car leur mission,  à côté de ce que l’on appelle la guerre de l’ombre, c’est aussi de conduire une certaine forme de diplomatie secrète. Evidemment, la conclusion de ce type d’accord ne se fait jamais sans l’aval du politique, même si tous les gouvernements nient être au courant. La décision est et reste politique, même si la négociation et le contrôle de la mise en oeuvre sont conduits par les services. De plus, pendant qu’ils sont – ponctuellement le plus souvent – sur notre territoire, nous pouvons mieux les étudier, les comprendre, les connaitre, ce qui sera utile si les hostilités avec eux reprenaient. Cela permet aussi de créer un éventuel canal de négociation entre ces groupes et les cibles auxquelles ils s’en prennent. Mais bien évidemment, des tels accords ne sont jamais rendus publics dans l’instant, mais sont souvent révélés des décennies plus tard. https://www.atlantico.fr/decryptage/3577538/secrets-d-etat–quand-la-lutte-anti-terroriste-s-ecarte-des-sentiers-battus-et-legaux-

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Livre blanc sur la défense : ce que la Chine veut dire au monde

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Livre blanc sur la défense : ce que la Chine veut dire au monde

Tribune1 août 2019Par Hugo Decis

La République populaire de Chine vient de publier un nouveau livre blanc sur la défense nationale au titre évocateur « la Défense de la Chine dans l’ère nouvelle », censé résumer et présenter aux publics étrangers la teneur des grandes orientations stratégiques de Pékin. Plus qu’aux citoyens chinois, c’est en effet avant tout à la communauté internationale que ce livre blanc est réellement adressé, la rédaction d’un document stratégique public relevant d’abord de l’exercice diplomatique. À travers lui, la Chine entend s’adresser au monde ; elle y expose sa vision, ses modes de pensées et ses priorités stratégiques.

La Défense de la Chine dans l’ère nouvelle s’articule autour d’un narratif principal, celui de la Chine forte mais paisible, présentée comme profondément attachée à la paix, soucieuse d’assurer son développement et celui de l’Humanité et consciente de la nécessité de préserver ses intérêts immédiats. Cet exercice de communication relevant de la diplomatie publique de l’État chinois correspond en ce sens à une volonté de diffuser à l’international l’idée selon laquelle la Chine et le Parti communiste chinois ne recherchent qu’une chose : l’avènement d’un ordre centré autour de la paix et de la prospérité pour tous.

L’exercice est délicat : en un seul document, la Chine doit d’une part étaler sa puissance et l’importance des réformes entreprises dans le domaine de la défense et, d’autre part, rappeler son attachement à la paix, son rejet de la violence armée utilisée à des fins politiques et son désir de favoriser la résolution diplomatique des conflits la concernant. Entre autres adversaires clairement identifiés, les États-Unis sont présentés comme l’antithèse de la Chine et accusés « de provoquer et d’intensifier la concurrence entre les puissances mondiales », ou encore d’avoir « bouleversé les équilibres stratégiques » propres à l’Asie orientale. La Chine, a contrario, serait avant tout attachée à la préservation du statu quo et, surtout, le porte-étendard du multilatéralisme. Cette représentation du monde en faveur de Pékin constitue la seconde idée importante portée par ce document.

Quid alors des importantes dépenses consenties par la Chine dans le domaine militaire, estimées à près de 240 milliards de dollars en 2018 par le Center for Strategic and International Studies (CSIS) ? D’après ce livre blanc, celles-ci seraient « raisonnables et appropriées », la réforme des forces armées chinoises, l’acquisition de matériels modernes et le développement de nouveaux systèmes d’arme ne servant in finequ’à assurer la protection du territoire national et de ses approches maritimes. Il est intéressant de noter, en ce sens, que les données mises en avant par la Chine diffèrent largement des différentes estimations proposées par la Banque mondiale, ce livre blanc mentionnant pour la période 2012-2017 des dépenses militaires moyennes représentants 1,3% du PIB chinois, contre 1,9% pour la Banque mondiale.

Si la Chine affirme que les séparatistes taïwanais ne représenteraient qu’une minorité peu importante, elle assure néanmoins ne pas renoncer à l’usage de la force et se présente prête à prendre « l’ensemble des mesures nécessaires » à la politique d’une seule Chine, une annonce adressée aussi bien aux séparatistes mentionnés plutôt qu’aux puissances étrangères accusées de soutenir l’indépendantisme de Taïwan. Cette déclaration publique doit être interprétée dans un contexte où se multiplient les incidents liés aux transits de bâtiments militaires étrangers dans le détroit de Taïwan, conformes au droit international, mais par essence diamétralement opposés à la politique d’une seule Chine niant l’indépendance de la République de Chine vis-à-vis de la Chine continentale.

La Chine, à travers ce document, n’hésite pas à lister les sujets qui retiennent son attention : en plus des ingérences étrangères en Mer de Chine qu’elle entend dénoncer – alors que ces dernières constituent autant de tentatives afin d’obtenir de Pékin le respect de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS) –, la Chine insiste sur son bilan dans le domaine de la lutte antiterroriste, en mettant par exemple en avant la neutralisation de près de 1 600 « gangs terroristes » et l’arrestation de près de 13 000 individus dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang. C’est d’ailleurs la seule référence que ce document s’autorise à la communauté ouïghoure, pourtant victime de persécutions généralisées, dénonçant au passage les atteintes des partisans du « Turkestan Oriental » à l’unité de la nation chinoise.

L’État chinois n’hésite plus à mettre en avant son attachement à la sécurité de ses intérêts étrangers ainsi qu’à celle de ses ressortissants, de plus en plus nombreux dans l’Indopacifique, en Afrique et en Amérique du Sud du fait de la multiplication des partenariats et des programmes de coopération. Cette préoccupation, qui augure un renforcement des moyens qui y sont alloués, peut pourtant être interprétée différemment : elle indique une normalisation de la puissance chinoise qui, en admettant que la sécurité de la Chine ne se limite plus à la stricte défense de son territoire et de ses approches territoriales devra non seulement se doter de moyens adaptés à cette nouvelle donne stratégique, mais aussi d’une politique étrangère pensée en conséquence. En même temps qu’elle se renforce, la puissance chinoise se normalise et se rationalise en se rapprochant lentement mais sûrement des pratiques occidentales.

Cette double dynamique de rationalisation et normalisation se retrouve ainsi dans le domaine militaire : la Chine applique au sein de ses armées des réformes ambitieuses, combinant à la lutte contre la corruption celle pour une meilleure allocation des moyens et un renforcement du contrôle du pouvoir central sur les nombreuses branches de la force militaire chinoise, des forces armées conventionnelles aux milices, en passant par le milieu universitaire concerné en faisant passer de 77 à 44 le nombre d’universités dédiées à l’instruction et à la recherche militaire. Les réformes concernent en ce sens aux structures de commandement de l’armée chinoise et doivent autoriser l’émergence à l’horizon 2050 d’une « force armée de classe mondiale ».

Le message contenu dans ce document et adressé au monde est clair : la Chine entend rester maîtresse en sa demeure, l’Asie orientale et l’Asie-Pacifique ; elle regrette la multiplication des ingérences étrangères dans ces espaces et rappelle son attachement à la paix et au multilatéralisme tout en exposant longuement l’étendue de ses capacités militaires. In fine, elle exprime l’importance pour Pékin de l’unité de la nation chinoise, de Taïwan au Xinjiang en passant par le Tibet, et réaffirme sa volonté de combattre l’ensemble des entités susceptibles de s’opposer à ses nombreux desiderata. La situation à Hong Kong, que La Défense de la Chine dans l’Ère nouvelle ne mentionne même pas, devrait en ce sens constituer un nouveau défi pour un État chinois tout aussi attaché à son image qu’opposé aux sentiments réformistes et séparatistes.

https://www.iris-france.org/139369-livre-blanc-sur-la-defense-ce-que-la-chine-veut-dire-au-monde/

ASSURER SEUL SA DÉFENSE ?

ACTUS – NEWSDÉFENSEG2S ASSOCIATION

G2SGénéral Desportes

ASSURER SEUL SA DÉFENSE ?


G2S

G2S5 JUILLET 2019

Soldats belges. Crédit : DR.

Pour le GDI (2S) Vincent DESPORTES, l’OTAN, tel que nous la connaissons, vit ses dernières années. Pris individuellement aucun pays, y compris la France, n’a les moyens d’assurer seul sa défense dans tous les domaines Il y a donc urgence à bâtir une défense de l’Europe avec les pays qui en partagent notre vision des enjeux.

LA DÉFENSE, OUTIL IMPÉRATIF DE L’AUTONOMIE EUROPÉENNE

Les Européens ont longtemps cru que, pour avoir éliminé la guerre sur leur propre sol, ils l’avaient éradiquée. La montée des tensions internationales, la renaissance des politiques de puissance, l’explosion du terrorisme les ramènent à la raison. La guerre a toujours un bel avenir et les rapports humains demeurent des rapports de force. Dès lors, raisonner seulement économie en acceptant le nanisme politique et militaire est une faute : on ne peut penser l’Europe sans espérer sa maturité stratégique, donc sans vouloir son autonomie, donc sans bâtir sa défense.

POURQUOI FAUT-IL CONSTRUIRE L’EUROPE DE LA DÉFENSE ?

C’est impératif d’abord, parce que, en termes de défense, l’échelle des nations européennes est dépassée. Une puissance moyenne ne peut plus se doter d’un système de défense cohérent, comme ce fut le cas jusqu’au milieu du XXe siècle. Pour deux raisons.

  • La première relève de l’expansion continue des domaines de conflictualités. La guerre n’abandonne jamais un espace dont elle s’est emparée. Il fallait hier être capable de combattre sur terre, puis sur mer ; les évolutions technologiques du XXe siècle ont imposé aux armées de détenir des capacités de combat dans la troisième dimension, air puis espace, et – pour certaines – nucléaires. Le XXIe siècle rajoute le cyberespace et il faudra demain se défendre dans tout nouvel espace conquis par l’homme. À l’expansion des espaces de guerre ne correspond nullement celui des budgets militaires de plus en plus chichement comptés. A supposer qu’il en ait la volonté politique, un État européen n’est plus en mesure de constituer en solo une capacité d’action substantielle dans les cinq espaces d’affrontement.
  • La deuxième raison relève de l’accroissement exponentiel du coût des équipements. Chaque nouvelle génération d’armement multiplie par 10 (et parfois davantage) le coût des systèmes d’armes alors même que les équipements sophistiqués fabriqués en petite série ont un coût prohibitif. Tout État est donc contraint de réduire son parc à chaque saut générationnel… ou d’accepter le décrochage technologique.

La conséquence ? Sauf pour les superpuissances dotées de vastes moyens budgétaires, le choix se fait entre un système de défense échantillonnaire, affaibli de déficiences capacitaires béantes, et le rétablissement de la cohérence et de l’exhaustivité à un niveau supranational. Pour les nations européennes, il est donc techniquement nécessaire de retrouver à ce niveau
les capacités manquantes au niveau national.

C’est ici qu’apparaît à nouveau la nécessité de l’Europe de la défense : ce niveau supranational doit être fiable. Or, si cela a été longtemps le cas de l’Alliance atlantique, c’est fini. Les Européens savent que leur défense ne vaut que par la garantie américaine… mais elle est devenue un mythe pernicieux.

Ils tentent de se rassurer : « la défense collective, c’est l’OTAN ». Exact, pour un certain temps encore… mais hasardeux !

Les États-Unis assurent la part majeure du budget de l’OTAN et quand ils seront définitivement tournés vers leur Ouest, il n’y aura plus de défense collective de l’Europe ! Ce « pivot stratégique » de l’Atlantique vers le Pacifique reflète la réalité du monde. Dans moins de vingt ans, la population américaine d’origine européenne sera devenue minoritaire et le vieux réflexe de défense de la « terre des ancêtres » aura disparu. Les États-Unis, affranchis de leur dépendance énergétique à l’égard du Proche-Orient, pourront certes connaître de brefs regains d’intérêt pour l’Europe mais soyons sans illusions : jamais plus le soldat RYAN ne viendra mourir sur une plage d’Europe… d’autant qu’il s’appellera RAMIREZ ! N’imaginons pas qu’une fois la page TRUMP tournée, le flot s’inversera : il s’agit d’une tendance lourde. Le découplage États-Unis/Europe est inéluctable : TRUMP n’est pas un accident de l’histoire.

Ne pouvant lier son destin à une puissance dont les intérêts stratégiques s’éloignent des siens, l’Europe doit prendre acte que l’OTAN n’est plus son assurance tous risques et réagir, vite : elle ne dispose plus que de quelques années pour construire son propre système de défense. À défaut, elle se trouvera fort démunie lorsque le dernier navire de l’US Navy aura quitté Anvers pour ramener à Baltimore le dernier soldat américain.

Enfin, soyons en sûrs, le monde a besoin d’Europe. Qu’on le veuille ou non, notre monde né le 26 juin 1945 à San Francisco est aujourd’hui moribond. Or, notre planète en ébullition, en mutation profonde, de moins en moins régulée par des organisations faiblissantes, notre planète a besoin d’Europe.
Une Europe née de l’entrechoquement sanglant des ambitions nationales, puis des Lumières, puis de massacres encore, une Europe devenue pôle de sagesse et d’équilibre, une Europe creuset et porteuse des valeurs humanistes, une Europe aux ambitions désormais raisonnables, facteur d’apaisement dans un monde qui court à nouveau vers le gouffre.

L’Europe doit jouer son rôle dans le monde. Mais pour cela elle doit être entendue, donc militairement forte. Car depuis que le monde existe, son histoire est ainsi faite : les valeurs ne valent que par la puissance de l’épée, la voix ne porte qu’en fonction du calibre des canons. Or aujourd’hui l’Europe, privée de puissance militaire commune, est un continent aphone. Cela explique que la France joue aujourd’hui un rôle plus important que l’Europe sur la scène internationale : elle peut s’engager concrètement, au cœur des crises. Sa voix porte bien davantage que celle de l’Europe.

QUEL MODÈLE POUR LA DÉFENSE DES PAYS EUROPÉENS ?

L’armée européenne est-elle la solution ? Elle est plutôt une Vision, mais une vision à long terme. En effet, une armée démocratique est nécessairement une armée de citoyens : tant qu’il n’y aura pas de citoyens européens, il n’y aura pas d’armée européenne. Celle-ci suppose une autorité politique légitime décidant pour les nations de l’intérêt stratégique commun, donc, si nécessaire, de l’engagement des forces – et de la mort… – au combat. Nous en sommes loin. Mais c’est une vision utile, un jalon ultime.

Il faut donc construire auparavant – et urgemment : il nous reste vingt ans tout au plus – une armée des nations européennes. Pas des 27 nations : nous n’avons plus le luxe du rêve. L’élargissement européen a été poussé par l’Oncle Sam pour dissoudre l’Europe dans l’espace : résultat brillamment atteint. De Paris à Budapest, les perceptions des menaces et des intérêts stratégiques, les cultures opérationnelles, sont trop divergentes pour que les pays de l’Union acceptent d’une seule voix de subordonner leur défense à la mise en commun de moyens dont ils auraient perdu la liberté d’emploi.

Le réalisme veut donc que l’on parte d’un noyau de nations souveraines capables de compromis stratégiques et d’érosion de leur autonomie au nom d’un intérêt supérieur accepté, dépassant les égoïsmes nationaux. Ce qui suppose une conscience claire de ce qui a été écrit plus haut, un volontarisme sans faille et un façonnage obstiné des opinions publiques pour le bien commun des citoyens. La solution aujourd’hui la plus prometteuse a fait ses preuves dans d’autres domaines – celui de la politique monétaire en particulier. C’est celle d’un Eurogroupe de défense, porté par les volontés conjointes de la France et de l’Allemagne, dans lequel les décisions seraient prises à la majorité qualifiée.

Dans un monde aux évolutions belligènes et en l’absence de capacité régulatrice internationale, il revient à l’Europe d’assumer sa défense commune. S’ils tiennent à leur civilisation, les Européens doivent se doter au plus tôt de moyens propres de défense : de manière réaliste, fermement mais pas à pas, en cessant de rêver à un ordre ancien définitivement disparu.

Peu importe, au fond, l’appellation. Ce dont l’Europe a besoin, c’est une défense de l’Europe, par l’Europe et pour l’Europe, disposant d’une capacité militaire autonome et intégrée, apte à défendre en autonomie ses intérêts et sa capacité à vivre comme elle l’entend.DéfenseÉtats-UnisEuropeG2SGénéral Desportes

https://theatrum-belli.com/assurer-seul-sa-defense/

Embarquez avec les commandos d’élite des Forces spéciales

Embarquez avec les commandos d’élite des Forces spéciales

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Les forces spéciales mobilisées pour l’exercice Athena.DDM Pierre ChallierPublié le 23/06/2019 à 06:58      Défense – ArméeSécuritéSociétél’essentiel

Jusqu’au 28 juin, un entraînement majeur des Forces spéciales (FS) se déroule dans le Grand Sud, avant projection. Entre action clandestine et opérations conventionnelles, ces unités sont aujourd’hui incontournables dans tous les conflits modernes. Surtout lorsque se mènent des guerres de l’ombre entre états sur des territoires étrangers et lorsque la mobilité des terroristes jihadistes ignore toute ligne de front.

Ils détestent les projecteurs. Ne se présentent que visage couvert en public. Mais le 75e anniversaire du Débarquement et l’hommage aux 177 hommes du commando Kieffer comme la mort des maîtres Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello – les deux commandos Hubert tombés le 10 mai dernier lors de la libération de quatre otages au Bukina Faso – ont récemment replacé en pleine lumière les militaires des Forces spéciales (FS).PUBLICITÉinRead invented by TeadsPUBLICITÉinRead invented by Teads

Marine, armée de Terre, armée de l’Air, ils sont environ 4 300 sous les ordres du COS, le Commandement des opérations spéciales à Vélizy-Villacoublay. Descendants lointains de l’inventif Gédéon de l’Ancien Testament et, bien sûr, d’Ulysse «aux mille ruses», ils ont pour devise «Faire Autrement» : atout sans égal d’une frappe imprévisible contre l’ennemi.

Et pour conduire en autonomie de plus ou moins longues missions en terrain hostile, ils sont désormais un «outil indispensable à l’action d’un état moderne» (1), écrivait dès 2002 éric Denécé. Pourquoi ? Parce que ces commandos d’élite sont à la fois le «couteau suisse» et le «coup de poing américain» des gouvernants, dans un contexte de conflits asymétriques, d’univers flous et… de réduction des budgets militaires pour le «conventionnel», (le leur restant secret). Reconnaissance et renseignements, interventions en zones grises, sous uniforme, mais entre deux eaux et trois frontières… lutte antiterroriste, évacuations de ressortissants, libération d’otages, et, bien sûr, comme on l’a vu en Afghanistan fin 2001 ou au Mali, début 2013, ouverture d’un théâtre d’opérations : «Nous sommes là pour proposer aux décideurs une panoplie d’options permettant de graduer la réponse en fonction des résultats politiques qu’ils souhaitent, lorsque la situation ne permet pas d’intervention massive», rappelle un officier.

Toujours garder un coup d’avance

Dans le Grand Sud ? La Nouvelle-Aquitaine concentre les FS de l’armée de Terre, avec le 1er RPIMa à Bayonne dans les Pyrénées-Atlantiques, le 13e RDP à Martignas-sur-Jalle en Gironde et le 4e Régiment d’hélicoptère des forces spéciales à Pau, ville de leur état-major (COM-FST) dans les Pyrénées-Atlantiques. Mais cette semaine, c’est aussi depuis Mont-de-Marsan et Captieux dans les Landes que les Forces spéciales air (FSA) poursuivent avec leur Commando parachutiste de l’Air n° 10 (CPA10) et leurs escadrons «Poitou» et «Pyrénées» leur entraînement annuel majeur, appuyés par le régiment de chasse «Normandie Niemen» de Mont-de-Marsan et les drones de Cognac, mais aussi et pour la première fois, avec la participation de FS américaines et espagnoles.

Commandos parachutistes des trois armes, équipages de transport, d’hélicoptères et de Rafale réunis pour «Athéna» : par son nom, l’exercice rappelle que la déesse casquée a soufflé à Ulysse l’idée du cheval de Troie. Mais surtout que ces hommes, à la maîtrise technique hors normes, se doivent toujours d’être à la pointe de l’innovation pour maintenir ce «coup d’avance» qui fait tout l’intérêt de cet instrument géopolitique primordial. Outil exceptionnel dont la sécurité même semble pourtant bien avoir été négligée au Sahel par le recours à des sociétés privées douteuses aux avions parfois «poubelle» pour le transport des FS, a révélé «Le Monde» la semaine passée et interpellé le député LR François Cornut-Gentille. «Faire autrement» ? Côté investissements de l’état en moyens aériens pour les forces, il y a toujours urgence.

(1) Forces spéciales, l’avenir de la guerre? Aux éditions du Rocher.


Le général Rondel, chef du commandement des Forces Aériennes, ici avec l'un des pilotes de V22, espère développer cette coopération avec Américains et Espagnols. DDM/ P.C.
Le général Rondel, chef du commandement des Forces Aériennes, ici avec l’un des pilotes de V22, espère développer cette coopération avec Américains et Espagnols. DDM/ P.C. – DDM, Pierre Challier

Russes, Britanniques, Français, Américains, Israéliens, Chinois… et doctrines d’emploi

Gédéon, Ulysse, Hannibal… Depuis la plus haute antiquité, des guerriers et des généraux ont usé de stratagèmes «non conventionnels» pour vaincre ou dissuader l’ennemi. Mais les Forces spéciales proprement dites sont nées au XXe siècle, avec les Soviétiques qui ont développé leur propre savoir-faire durant l’entre-deux-guerres. Pour autant, c’est véritablement avec le Special Air Service (SAS) et le Special Operation Executive (SOE) britanniques durant la Seconde Guerre mondiale qu’elles se sont développées en Europe de l’Ouest, l’Angleterre formant notamment les Français libres, à l’instar du commando Kieffer mais également les résistants des pays occupés, grâce au SOE. Côté américain ? Le conflit avait aussi vu se développer les actions de l’OSS et de la «Brigade du Diable» du First Special Service Force mais les Special forces au béret vert sont nées en 1952 et sont montées en puissance au Vietnam, avant d’être réimposées par l’Afghanistan, en 2001.

Ailleurs ? Israël a bâti à partir de 1957 son modèle sur le SAS et sa réputation n’est plus à faire. Mais la Chine comme tout pays voulant afficher sa puissance militaire se doit désormais d’avoir ses propres forces spéciales et les niveaux de formation tendent à s’uniformiser. Ce qui fait, néanmoins que le «top 3» soit, selon éric Denécé, constitué par les Britanniques, les Américains et les Français (lire page3)? Pas uniquement la progression des armements et des équipements innovants, évidemment. «Les Russes, les Israéliens et les Chinois ont de très bonnes unités spéciales, mais aujourd’hui, ils n’ont pas le type de déploiement qu’ont ces trois puissances occidentales. Les Français, par exemple, se battent très loin de chez eux, sur des terrains très différents et depuis bientôt 20 ans sans discontinuer. Techniquement, Russes et Israéliens, par exemple, sont tout aussi bons. Mais les Russes, eux, interviennent surtout à la marge de l’ex-empire soviétique et les Chinois et les Israéliens interviennent également surtout aux frontières de leur pays. C’est la grande différence avec les états-Unis, le Royaume-Uni et la France, pays qui, eux, sont capables d’intervenir partout dans le monde», analyse le spécialiste, soulignant que cette doctrine d’emploi implique innovations et adaptabilité constantes. Mais aussi pragmatisme dans les collaborations.

Le prisme avec lequel on peut aussi regarder l’exercice Athéna qui se déroule avec trois V22 et un C130J du Special Operations Squadron américain, basé à Mildenhall en Angleterre, Américains et Français travaillant ensemble sur différents théâtres où, par exemple, les ravitailleurs américains fournissent et «sans aucun problème» les Caracal des FS françaises, seuls hélicoptères ravitaillables en vol de jour comme de nuit. La présence également d’un Casa et des commandos parachutistes espagnols de l’Ezapac ne doit rien au hasard : les Forces aériennes espagnoles sont déjà présentes sur Barkhane et Paris n’aurait rien contre une montée en puissance de Madrid à ses côtés.


L'exercice Athena des forces spéciales. Ici l'évacuation d'un blessé.
L’exercice Athena des forces spéciales. Ici l’évacuation d’un blessé. – DDM, Pierre Challier

Athéna une «générale» avant la guerre

Sous le plafond bas, deux Rafale déchirent l’air au-dessus des pins. Plus de 800 km/h à 100 mètres du sol : le bruit cloue sur place… «Démonstration de force, ça crée un premier effet de dissuasion sur l’ennemi», commente un capitaine. Sans temps mort, un hélicoptère Caracal dépose les commandos avec, en appui, du jamais vu dans le ciel des Landes : un V22 Osprey de l’Air Force special operation command, hybride qui décolle en hélico et vole en avion pour transporter vite et loin les Forces spéciales. Américaines habituellement, françaises aujourd’hui.

Fusils d’assaut qui crépitent, fumées montant de la route où a lieu l’interception… Ce matin, l’exercice Athéna entre vraiment «dans le dur», sur le champ de tir de Captieux. Renseignements envoyés par le Transall «Gabriel» de guerre électronique, coordonnées de cible transmises par les commandos aux Rafale, embuscades… «Une répétition grandeur nature avant de repartir en opérations spéciales qui permet de revoir tous les automatismes et de mécaniser les procédures entre nous puisqu’il y a aussi des commandos Marine et Terre, mais également les Américains et les Espagnols», résume un fusilier commando de l’Air.

Une «générale» indispensable pour ceux qui sont au contact, sur le terrain, mais aussi pour ceux qui sont juste derrière, à savoir les Modules d’appui aux opérations spéciales (MAOS). Toute la mécanique invisible qu’Athéna doit vérifier et huiler. Celle de ces militaires qui ne sont pas FS mais qui travaillent pour elles, vu leur spécialité, aptes à faire le coup de feu si nécessaire et qui doivent rester une solution et pas un problème, en cas de coup dur dans les opérations.

MAOS : en quatre jours le régiment du génie de l’air a ainsi nivelé et fortifié un carré de 1 ha pour la base de commandement opérationnel. Dans les tentes et autour ? Les commandos de protection, les spécialistes NRBC pour le risque nucléaire, biologique et chimique, le commandement et… l’essentiel, les systèmes d’information et de communication pour que ciel et terre échangent messages et données en permanence. «Avec les moyens satellites, on met en place l’équivalent d’une 3 G sécurisée sur près de la moitié de la France», simplifie l’adjudant-chef.

Captieux, Mont-de-Marsan : ce n’est en effet qu’une partie d’un tableau beaucoup plus vaste. Sur la carte du briefing, Athéna s’étend sur 600 km de long, 400 km de large, de la Nouvelle-Aquitaine à l’Occitanie et jusqu’au nord de la Loire. Le Sud-Ouest ? «C’est Orangeland avec pour scénario une zone instable, un coup d’état et un pays voisin qui veut maintenir l’instabilité et infiltre des groupes terroristes, bref, un mélange de Libye, de Levant et de Sahel le plus réaliste possible puisque cet entraînement annuel sert à certifier les Forces spéciales air et leurs appuis avant déploiement», récapitule le lieutenant-colonel Thierry.

Au total ? Environ 500 personnels pour trouver et neutraliser les «hostiles». Grâce à «l’allonge, la force de frappe et la fulgurance de l’arme, d’ici, on peut aller «taper» aussi bien à Orléans qu’à Caylus», précise-t-il. Gris camouflage sur nuages assortis, un Hercule C130 et un Casa larguent maintenant palettes et colis. D’un Transall chutent en dernier les commandos du CPA 10. Plus loin, d’autres sont déposés en aérocordage par un Osprey. Invisible depuis la route, un troisième groupe surgit de nulle part pour intercepter un 4×4. Tirs, moteur en fumée, jaillissement éclair avec 20 à 25 kilos sur le dos. Les messages radio rythment l’action. «Homme à terre !» Entre l’attaque et l’évacuation du blessé, quelques minutes seulement… Selon le «tableau», ils sont une dizaine ou juste une paire de discrets, à l’instar de ceux qui guident depuis le sol les Rafale du Normandie-Niemen sur leur cible. Sans droit à l’erreur. «Alors vu le niveau d’exigence, pour ceux qui les appuient ça va plus loin que vérifier les compétences, c’est valider la confiance qu’on peut avoir en eux en opération spéciale. Ici, soit vous faites le poids, soit vous sortez», tranche le lieutenant-colonel «Donato». Test jusqu’au 28 juin.


Mémento

Créé en 1992, le Commandement des opérations spéciales (COS) est sous les ordres du chef d’état-major des armées et l’autorité directe du président de la République. Ses 4 300 militaires (et réservistes) interviennent dans des missions périlleuses, discrètes mais qui ne sont pas clandestines et ils sont issus des trois armes.

Pour l’armée de Terre, il s’agit du 1er régiment parachutiste d’infanterie de marine, du 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales (RHFS) et du 13e régiment de dragons parachutistes (RDP).

Pour l’armée de l’Air : commando parachutiste de l’air n° 10 (CPA 10), escadron d’hélicoptères 1/67 Pyrénées et escadron de transport 3/61 Poitou.

Pour la Marine, ce sont les commandos d’assaut, d’appui et de nageurs de combat Trépel, Jaubert, de Montfort, de Penfentenyo, Hubert, Kieffer et Ponchardier.


Eric Denécé
Eric Denécé – DR

«La France est dans le Top 3»

Interview d’Eric Denécé, Directeur du Centre français de recherche sur le renseignement CF2R

Américains, Britanniques, Russes, Israéliens… Où se situe la France aujourd’hui dans le classement des Forces spéciales ?

La France est dans le Top 3 avec les Américains et les Britanniques car ce qui fait aussi la qualité des Forces spéciales, c’est leur rythme d’engagement. Ce n’est pas seulement leur nombre et leur équipement, c’est aussi le nombre de situations opérationnelles dans lesquelles elles sont engagées et qui fondent leurs compétences : plus ils sont sur le terrain, meilleurs ils sont, ce qui est particulièrement vrai dans le cadre des Forces spéciales françaises qui sont largement employées.

Voire suremployées depuis quelques années ? Afghanistan, Levant, mais aussi Bande Sahelo-Saharienne (BSS), Libye : elles sont sur le pont depuis 18 ans, maintenant…

Aujourd’hui, on a vraiment besoin d’elles et, oui, on peut effectivement dire qu’elles sont suremployées car le nombre de crises dans lesquelles on leur demande d’intervenir est assez gigantesque et l’outil n’est pas totalement dimensionné à la hauteur des besoins. Les Américains sont aussi très engagés, mais ils ont infiniment plus de Forces spéciales que nous, avec environ 67 000 personnes, chiffre auquel on mettra un bémol car ils rangent aussi sous cette étiquette de l’infanterie légère. Nous, si l’on compare, on est donc dans la difficulté, en quantité, mais on reste plutôt dans la bonne moyenne avec les Anglais et les Israéliens qui ont toujours fait prévaloir la qualité sur la quantité.

Ce constat fait, quels sont les enjeux alors que la situation se dégrade au Mali, au Burkina-Faso et qu’elle reste instable au Moyen-Orient ?

Le premier impératif, c’est de garder le très haut niveau de qualité des Forces spéciales françaises et qu’on n’augmente pas leurs effectifs pour le plaisir. Par contre parallèlement, il faut créer ou renforcer d’autres unités d’infanterie légère, de parachutistes ou d’infanterie de marine très spécialisées qui puissent les relayer dès que leur haute technicité ne justifie plus de les engager. Il y a donc un deuxième défi : créer un type d’unité particulière entre Forces spéciales et infanterie conventionnelle, dans la dynamique de ce que font déjà techniquement le 2e REP ou les Groupements de commandos parachutistes, ou à l’instar des Rangers américains.

La priorité ne serait-elle pas aussi les moyens aériens ? «La sécurité des commandos français au Sahel lors de leurs déplacements aériens (…) reste préoccupante» écrit «Le Monde», évoquant des appareils civils parfois «catastrophiques», pilotés «par du personnel étranger», «gérés par des sociétés douteuses» et, pire, qui ont les vraies identités de leurs passagers «en dépit du secret-défense» !

Cette situation est aberrante ! Par définition ils sont sur des théâtres éloignés avec des missions à long rayon d’action et c’est vrai que malgré l’existence du 4e RHFS, des escadrons Poitou et Pyrénées, les moyens aéromobiles ne sont pas à la hauteur des enjeux. Mais le recours à ces sociétés «civiles» est intolérable car il expose des hommes d’un très haut niveau de compétence, non seulement en dévoilant leur identité, mais aussi en jouant avec leur sécurité lorsqu’ils sont à bord d’appareils «poubelle». Ce type d’«économies» réalisées avec des «prestataires» au rabais pour des personnels hautement qualifiés et équipés n’a pas de sens alors que l’aérien est le secteur où on ne peut se permettre de lésiner, surtout pour les FS.

Pierre Challier

https://www.cf2r.org/le-cf2r/presse/annee-2019/

Ce successeur franco-hispano-allemand du Rafale a été dévoilé au Salon du Bourget (images) © AFP 2019 BENOIT TESSIER

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Emmanuel Macron et Éric Trappier, directeur de Dassault Aviation, dévoilent la maquette de l'avion «Next generation fighter» qui fera partie du SCAF

Ce successeur franco-hispano-allemand du Rafale a été dévoilé au Salon du Bourget (images)

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DÉFENSE

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«On propose un avion européen pour les Européens, indépendant des technologies américaines». La maquette d’un avion de conception franco-hispano-allemande, pour lequel Paris et Berlin comptent déjà débloquer quelque 150 millions d’euros d’ici la fin de l’année, a été dévoilée à l’ouverture du Salon du Bourget en présence d’Emmanuel Macron.

Du 17 au 23 juin, le 53e salon aéronautique du Bourget accueille quelque 2.453 exposants, et notamment ceux venus présenter le projet d’avion de combat destiné à remplacer le Rafale ou l’Eurofighter d’ici 2040. La maquette à taille réelle du premier chasseur franco-allemand, le «Next generation fighter» de Dassault Aviation et Airbus, a été dévoilée lundi 17 juin à l’ouverture de cette 53e édition du Salon international de l’aéronautique et de l’espace en présence du Président de la République.

Cet avion n’est pas seulement le successeur potentiel du Rafale ou de l’Eurofighter, mais il constitue aussi la pièce maîtresse du Système de combat aérien du futur (SCAF), ce programme majeur lancé par le Président Macron et la chancelière allemande, Angela Merkel, afin de renforcer l’autonomie stratégique européenne.

Sur le stand Dassault Aviation où la maquette du futur avion de combat a été révélée, Florence Parly, Ursula Von der Leyen et Margarita Robles ont signé des accords de coopération pour le développement de l’aéronef du SCAF. L’accord acte officiellement l’arrivée de Madrid dans le projet.

«On propose un avion européen pour les Européens, indépendant des technologies américaines», a commenté sur la chaine de télévision CNews Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, qui mène le projet SCAF avec Airbus.

L’avion est destiné à entrer en service à l’horizon 2040. Il est actuellement développé par un tandem franco-allemand, qui a été rejoint récemment par l’Espagne.

Initié en 2017, le SCAF est conçu comme un système associant avion de combat de nouvelle génération, drones, futurs missiles de croisière et drones évoluant en essaim. Il sera connecté à des avions, des satellites, des systèmes de l’Otan et des systèmes de combat terrestres et navals.Paris et Berlin pensent investir environ quatre milliards d’euros dans le SCAF d’ici 2025, dont 2,5 milliards pour la France, leader du projet piloté par Airbus et Dassault Aviation, relate l’AFP se référant à des sources au ministère français de la Défense. Les 150 millions déjà débloqués par Paris et Berlin doivent financer les premières étapes du démonstrateur espéré vers 2026.

Outre Dassault Aviation et Airbus, Safran, le groupe allemand MTU Aero Engines, Thales et MBDA (Airbus, BAE Systems et Leonardo) participent au projet.

https://fr.sputniknews.com/defense/201906171041446500-ce-successeur-franco-hispano-allemand-du-rafale-a-ete-devoile-au-salon-du-bourget-images/

Le Pentagone s’implique dans la guerre… économique!

Le Désordre mondial avec Rachel Marsden

Le Pentagone s’implique dans la guerre… économique!

LE DÉSORDRE MONDIAL

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Washington a décidé de mieux protéger le secteur de la Défense des entreprises étrangères, notamment chinoises. Le Pentagone va créer un «fonds de confiance» comprenant des listes de fournisseurs validés par le gouvernement américain. Éric Denécé, directeur du CF2R, analyse pour le Désordre mondial les enjeux de cette décision.

Les États-Unis ne cachent pas qu’ils considèrent la Chine comme un ennemi dans le paysage mondial multipolaire actuel, mais il semble maintenant que le Pentagone s’implique dans la guerre économique entre les deux pays.

La sous-secrétaire américaine à la Défense pour les acquisitions, Ellen Lord, a annoncé que le Pentagone créerait un «fonds de confiance», permettant aux entreprises américaines dans le domaine de la Défense d’accéder à des sources d’approvisionnement approuvées par le gouvernement américain. En règle générale, il appartient normalement aux entreprises d’exercer une diligence raisonnable vis-à-vis des investisseurs et des capitaux potentiels.

Lord a expliqué la raison d’être de l’initiative: «La Chine tente de plus en plus de faire progresser la R et D, l’exploiter et la manipuler des outils économiques, comme la technologie critique pour notre sécurité nationale». Le Pentagone crée donc un écosystème qui bloque les investisseurs étrangers et supprime les failles potentiellement subversives.Qu’est-ce qui a motivé cette nouvelle mesure? Servira-t-elle à mieux protéger les États-Unis? La France et l’Europe devraient-elles en faire de même? Éric Denécé se penche sur ce nouvel épisode de la guerre économique entre la Chine et les États-Unis. Il est directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) et auteur du nouveau livre «Le Renseignement au service de la démocratie», aux éditions Fauves

https://fr.sputniknews.com/radio_desordre_mondial/201906071041379835-le-pentagone-simplique-dans-la-guerre-economique/

Le fondateur de Blackwater étend ses opérations au Congo

Le fondateur de Blackwater étend ses opérations au Congo
 reuters.com  |   |  300  mots

DAKAR (Reuters) – Dirigée depuis 2014 par Erik Prince, la société Frontier Services Group (FSG), dont le siège est à Hong Kong, a ouvert une filiale en République démocratique du Congo (RDC) afin d’extraire des minéraux, d’exploiter le bois et de mener des opérations financières.

Erik Prince est le fondateur de l’entreprise de sécurité privée Blackwater, renommée Academi et qu’il a vendue en 2010 après plusieurs procédures judiciaires sur les agissements de ses employés pendant la guerre d’Irak.

Sa société FSG entretient des liens étroits avec le groupe public chinois d’investissements CITIC et fournit aux entreprises chinoises actives en Afrique un soutien en matière de sécurité et de logistique.

FSG possède depuis 2015 une petite société congolaise de transport routier, Cheetah Logistics.

Sa nouvelle filiale, Frontier Services Group Congo, couvre des activités plus étendues, selon le registre congolais du commerce.

FSG Congo, enregistré en novembre dernier, a pour mandat « l’exploration, l’exploitation et la commercialisation des minéraux », l’exploitation forestière, la sécurité, les transports, la construction et « toutes les opérations financières, d’investissement et de financement de projets, tant publics que privés ».

Dans son rapport annuel 2018, publié en avril dernier, FSG citait la RDC, le Laos, la Birmanie et le Cambodge comme des pays où il entendait investir.

Outre son rôle à la tête de FSG, Erik Prince aurait projeté ces derniers mois d’envoyer une armée privée au Venezuela pour y renverser le président socialiste Nicolas Maduro, selon plusieurs sources interrogées par Reuters en avril.

Il aurait aussi tenté de convaincre le président Donald Trump de remplacer les soldats américains en Afghanistan par des mercenaires.

(Aaron Ross; Guy Kerivel pour le service français)

https://www.latribune.fr/depeches/reuters/KCN1TE2AO/le-fondateur-de-blackwater-etend-ses-operations-au-congo.html

Le Figaro Premium – Une «feuille de route

Le Figaro Premium – Une «feuille de route

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Le Figaro Premium – Une «feuille de route:

Le chantier est laborieux mais des initiatives importantes ont été prises récemment, avec pour objectif la création à l’horizon d’une dizaine d’années d’une Union européenne de sécurité et de défense (UESD).

Peu présent durant la campagne, le chantier de la défense européenne, toujours laborieux, n’en est pas pour autant au point mort. À Paris, une concertation interministérielle a été engagée, le 9 mai, sur la base d’un rapport remis, début mars, à Emmanuel Macron par l’ancien secrétaire général de la défense nationale (SGDSN), Louis Gautier. Intitulé «Défendre notre Europe. Vers une union de la sécurité et de la défense», ce document se distingue par une approche résolument pragmatique. Le constat de départ est en forme de signal d’alarme. D’inquiétantes inconnues pèsent sur l’équation de sécurité européenne, à cause du démantèlement des accords conclus à la fin de la guerre froide, l’amoindrissement de la garantie américaine, ou ce qui est ressenti comme tel, et les provocations russes. «Soyons lucides, les Européens sont incapables de faire face collectivement à une crise majeure qui surviendrait sur leur sol ou à un conflit dans leur voisinage», souligne Louis Gautier, qui vient qui d’être auditionné au Parlement.

» LIRE AUSSI – L’«armée européenne», nouvelle priorité du couple franco-allemand

Des initiatives importantes ont été prises récemment. Un fonds européen de défense (FEDef) prévoit 13,4 milliards d’euros entre 2021 et 2027 pour les équipements et la recherche. «Pour la première fois, il y aura sur la table de l’argent européen pour la défense et cela va changer la donne», estime Louis Gautier. Autre exemple, le système de combat aérien du futur (SCAF) qui conditionne l’avenir dans le domaine aéronautique militaire. À bas bruit, la relance du projet est engagée. «Mais l’essai n’est pas transformé et ne pourra l’être que dans la durée», relève l’auteur du rapport.

«Ayons un niveau d’ambition élevé mais qui soit accepté par nos partenaires»

Les espoirs ont été plusieurs fois déçus. Pour être consolidée, la dynamique nécessite une «feuille de route» partagée avec l’Allemagne, et proposée aux autres partenaires européens, estime M. Gautier. L’objectif est la création à l’horizon d’une dizaine d’années d’une Union européenne de sécurité et de défense (UESD) reposant sur un accord politique autour de cinq finalités: l’affirmation des intérêts stratégiques européens, la protection de l’Union et de ses citoyens, la réaction aux crises et aux conflits, le renforcement capacitaire, la consolidation de la base industrielle et technologique européenne. Un processus graduel prévoit trois premières étapes, en 2020, 2022 et 2027. Après cette échéance, un accord obtenu de tous ou à quelques-uns pourrait donner naissance à l’UESD. Cela impliquera éventuellement une révision des traités européens ou un traité ad hoc pour les seuls États qui le souhaiteraient.

Cela suppose de la part de la France un certain nombre de clarifications, concède Louis Gautier, tant il est vrai que «l’Europe de la défense» est devenu un mot-valise, intraduisible pour nos partenaires, un fourre-tout perçu comme la projection de la façon dont les Français conçoivent la défense nationale. «Ayons un niveau d’ambition élevé mais qui soit accepté par nos partenaires», insiste l’ex-SGDSN. Son rapport, qu’il compare à une «boîte à outils», formule une centaine de propositions concrètes, notamment pour affirmer l’autonomie stratégique des Européens. Un point de friction pour les pays qui s’en remettent d’abord à l’Otan pour leur défense. «Arrêtons les faux débats, n’agitons pas les drapeaux rouges qui permettent à certains de trouver des faux-fuyants», rétorque Louis Gautier, estimant que «personne ne conteste le rôle de l’Otan pour gérer la défense collective des Européens et les crises “du haut du spectre”». En revanche, l’UE doit se préoccuper des crises qui ont des conséquences majeures sur sa sécurité: attaques terroristes visant les organismes d’importance vitale, afflux migratoires aux frontières, trafics en mer, menées hostiles dans le milieu cyber, spatial, voire sous-marin…

Cet article est publié dans l’édition du Figaro du 25/05/2019.
Accédez à sa version PDF en cliquant ici

Source: premium.lefigaro.fr

https://eldorhaan.wordpress.com/2019/05/26/le-figaro-premium-une-feuille-de-route/#more-48736

Les forces spéciales françaises en mode testeurs d’élite

Défense

Les forces spéciales françaises en mode testeurs d’élite

Drones, robots, transport… L’armée française mobilise ses commandos pour développer des équipements innovants.

Démonstration des forces spéciales

Démonstration des forces spéciales au salon Sofins

ALBANE PHOTOGRAPHE

Pour atterrir au Salon Sofins, il faut braver la rocade bordelaise à l’heure de pointe. Virer plein ouest direction Martignas-sur-Jalle. Montrer patte blanche à l’entrée sud du camp de Souge, bastion du 13e régiment de dragons parachutistes. Traverser le camp, entre pinèdes, champs de tir et vieux blindés de l’ONU à moitié démantelés. Un dernier contrôle du badge, et on entre enfin dans le saint des saints : la grande tente blanche qui abrite le Sofins (Special Operations Forces Innovations Network Seminar), le Salon de l’innovation pour les forces spéciales, dont la quatrième édition se tenait du 2 au 4 avril. Une sorte de Samaritaine de l’équipement militaire.

Réservé à un public restreint, l’événement incarne la priorité absolue donnée à l’innovation par les forces spéciales, ces unités d’élite expertes dans les opérations à forte valeur ajoutée en terrain très hostile (libération d’otages, neutralisation de terroristes, renseignement). Présents au Sahel (Task Force Sabre) et au Levant, ces commandos doivent bénéficier du meilleur équipement pour mener à bien leurs missions.  » On engage le feu tous les jours, il nous faut gagner les quelques secondes qui feront la différence face à l’adversaire, explique le vice-amiral Laurent Isnard, patron du Commandement des opérations spéciales (COS), et ancien du prestigieux commando Hubert (nageurs de combat de la Marine). Nous sommes des éclaireurs de l’innovation. D’ailleurs, nous partageons chaque année notre retour d’expérience avec les états-majors des trois armées. « 

Coopération industrielle

De fait, les commandos sont souvent les premiers à tester les nouveaux équipements en conditions réelles. En plus d’avoir adopté le fusil d’assaut allemand HK416, le remplaçant du légendaire Famas, cinq ans avant que les forces conventionnelles ne s’y convertissent, ils ont aussi été pionniers dans l’utilisation des petits drones tactiques, comme le Skylark de l’israélien Elbit Systems. Les capteurs optroniques du futur hélicoptère NH90, destiné aux forces spéciales, vont également être étendus aux appareils des unités conventionnelles.

L’innovation repose d’abord sur les commandos eux-mêmes. Ainsi, le CPA 10 (commando parachutiste de l’air no 10), basé à Orléans, a développé un drone baptisé Corvus, capable de décoller à la verticale comme un hélicoptère, puis de voler comme un avion. D’une portée de 10 kilomètres, l’appareil est conçu pour être facilement réparable sur le théâtre des opérations : les ailes, conçues dans une sorte de polystyrène, peuvent être reproduites par impression 3D, limitant drastiquement les coûts de maintenance.

Les forces spéciales coopèrent aussi étroitement avec les industriels de la défense. Une cellule R&D propre au COS, la CIEPCOS (Commission interarmées d’études pratiques concernant les opérations spéciales), sélectionne et finance une soixantaine de projets par an, portés par des équipes mixtes militaires- industriels. En 2017, un tireur d’élite a ainsi eu l’idée d’améliorer les jumelles infrarouges JIM Compact de Safran, déjà parmi les meilleures du marché, en les dotant d’un calculateur qui corrige la visée en fonction du déplacement de la cible. Après dix-huit mois de travaux et des tests avec Safran, l’équipement doit entrer au sein des forces spéciales ces prochaines semaines.  » Sur une cible qui court à 8 kilomètres-heure à 400 mètres de distance, on atteint une probabilité de coup au but de 90 % « , indique le commandant Dominique, l’officier du COS à l’origine de l’idée.

Thales n’est pas en reste. Le français a développé, en coopération avec les forces spéciales et la start-up tricolore Robotics Industry, un véhicule robotisé multifonction nommé Brain. Ce dernier est une unité centrale que les commandos peuvent doter, au choix, de roues pour en faire un robot terrestre, de rotors pour un drone, de flotteurs pour des missions maritimes, ou d’un bras articulé.  » Les changements d’équipements se font en quelques secondes, sans outil « , détaille Vincent Marionnet, en charge de l’innovation de l’activité ISR (intelligence, surveillance, reconnaissance) à Thales.

Appel aux start-up

Dans leur quête d’innovation, les forces spéciales peuvent aussi compter sur l’appui du Cercle de l’Arbalète, une association qui leur sert de cellule de veille technologique et de relais auprès des industriels.  » Nous recueillons les besoins opérationnels des différentes unités, et nous écumons les salons, comme le CES de Las Vegas, pour identifier les start-up qui pourraient offrir des technologies adaptées « , explique son président, Benoît de Saint Sernin. Parmi les pépites identifiées, la société basque Pragma Industries et son vélo doté d’une pile à hydrogène qui se recharge en une minute, ou SEAir, spécialiste des bateaux volants. Mais pas question d’entrer dans la surenchère technologique.  » Je ne veux pas des Robocops, mais des commandos rustiques, avec le bon équipement pour remplir leur mission « , souligne le vice-amiral Isnard. Voilà les industriels prévenus.

SEAir
Un  » bateau volant  » équipé des foils de la start-up SEAir. Les commandos marine testent ces semi-rigides pourvus de petites ailes profilées, qui permettent au navire de  » voler  » sur l’eau. A la clé, un meilleur confort et une baisse de consommation de 30 %.

Albane De Roffignac/Sofins
La nacelle héliportée Escape. Présentée en démonstration au Salon des forces spéciales Sofins du 2 au 4 avril, cette nacelle, imaginée par un membre du GIGN, permet l’évacuation rapide (par hélicoptère Puma ou Caracal) des commandos sur les théâtres d’opérations. Elle peut aussi être utilisée pour évacuer des civils lors de missions de sauvetage.

Thales
Le véhicule Brain de Thales. Cet engin multifonction peut être doté, au choix, de roues pour en faire un robot terrestre, de rotors pour en faire un drone aérien, de flotteurs pour des missions maritimes, ou d’un bras articulé.

Vincent Lamigeon
Le robot antichar Themis de MBDA. Développé avec l’estonien Milrem, ce robot chenillé est armé du nouveau missile antichar MMP, d’une portée de plus de 4 kilomètres. L’engin n’est pas autonome : il est téléguidé par un opérateur, à distance de sécurité.

https://www.challenges.fr/entreprise/defense/les-forces-speciales-francaises-en-mode-testeurs-d-elite_655264

Vladimir Poutine et le nouveau président kazakh discutent nucléaire et défense

Vladimir Poutine et le nouveau président kazakh discutent nucléaire et défense

  • AFP
  • parue le 

Le président russe Vladimir Poutine et son nouvel homologue kazakh, Kassym-Jomart Tokaïev, ont promis mercredi de renforcer encore « l’amitié » entre les deux pays, notamment dans le domaine militaire et le nucléaire, deux semaines après la démission surprise de l’ex-président kazakh Noursoultan Nazarbaïev.

« Je vais faire tout mon possible pour renforcer davantage le potentiel déjà atteint d’amitié entre nos peuples », a déclaré M. Tokaïev au Kremlin, lors de sa première visite officielle à l’étranger. Il a fait l’éloge des relations « exemplaires » entre la Russie et le Kazakhstan sous son prédécesseur qui a été au pouvoir dans ce pays d’Asie centrale pendant environ 30 ans.

« Nous proposons d’avancer vers de nouvelles formes de collaboration », a souligné pour sa part M. Poutine après la rencontre. « J’entends par là avant tout la construction d’une centrale nucléaire au Kazakhstan avec des technologies russes », a-t-il ajouté.

Premier producteur mondial d’uranium, le Kazakhstan envisage le lancement de sa première centrale atomique avec l’aide, notamment, de la Russie. L’année dernière, la Russie a débuté la construction d’une centrale en Ouzbékistan, la première en Asie centrale.

M. Poutine s’est également félicité d’un renforcement des liens militaires entre le Kazakhstan et Moscou, citant la formation d’experts kazakhs en Russie.

Le choix de la Russie par M. Tokaïev pour son premier déplacement à l’étranger a été perçu par de nombreux analystes comme un gage de la continuation de la politique étrangère du Kazakhstan, allié de longue date de Moscou.

M. Nazarbaïev, 78 ans, a annoncé son départ le 19 mars. Il dirigeait le Kazakhstan depuis l’époque soviétique, d’abord en tant que premier secrétaire du Parti communiste local puis à partir de 1991 comme président de ce pays d’Asie centrale aux riches ressources en hydrocarbures. Il continuera toutefois d’occuper des fonctions clés dans le pays.

Kassym-Jomart Tokaïev, 65 ans, jusqu’alors président du Sénat, est devenu président par intérim en attendant la prochaine présidentielle prévue en avril 2020. M. Tokaïev a été deux fois ministre des Affaires étrangères, et Premier ministre du Kazakhstan de 1999 à 2002. Sa première décision en tant que président a été de demander de rebaptiser la capitale du pays, Astana, qui est devenue « Nur-Sultan », le prénom de l’ancien président.

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Revue de presse nationale et internationale.

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