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Plan de relance défense, une occasion de nouveau ratée.

Plan de relance défense, une occasion de nouveau ratée.

Menace turque en  Méditerranée orientale

« Nous sommes nombreux à penser que l’industrie de défense au sens large, incluant des pans très duaux comme l’aéronautique et l’espace, constitue le meilleur levier qui soit pour un effort de relance », assurait fin avril Françoise Dumas, présidente de la commission de la défense de l’Assemblée nationale. » Quant au général Lecointre, il déclarait le 22 avril devant les députés de la commission de la défense.  « La relance exige que nous fassions de la dépense publique intelligente, or le ministère des armées sait dépenser l’argent public – c’est un atout que nous devons faire valoir – aussi bien dans les grands programmes d’infrastructures que dans le soutien des armées, le fonctionnement des armées et le MCO. La dépense publique, déconcentrée auprès des bases de défense, irriguera immédiatement le tissu économique local et donc national. »

En outre, deux rapports, l’un publié par le Sénat, l’autre par l’Assemblée nationale, avaient indiqué que la Base industrielle technologique de défense [BITD] allait connaître des jours difficiles en raison des conséquences économiques et sociales, des mesures prises pour limiter l’épidémie de covid-19. Enfin, un rapport flash a été remis le mardi21 juillet à la commission de la défense. Ce rapport (1) présenté par Benjamin Griveaux et Jean-Louis Thiériot, indiquait que : « AUTANT QU’UNE FAUTE STRATÉGIQUE, NE PAS MOBILISER L’INDUSTRIE DE DÉFENSE COMME VECTEUR DE RELANCE SERAIT UNE ERREUR ÉCONOMIQUE La situation de l’industrie de défense justifie un soutien de l’État non seulement en raison de son poids dans l’économie, mais aussi pour deux motifs spécifiques : son caractère stratégique, et le « multiplicateur keynésien » (1) qui s’y trouve particulièrement élevé. »

Je recommande la lecture de ce rapport.

Or, lors de la présentation du plan de relance par le premier ministre et le ministre de l’économie, pas une seule fois le mot relance au profit de la défense n’a été prononcé, et lors d’une interview très récente de la ministre des armées Florence Parly, celle-ci a parfaitement exprimé ce qui sera désormais la doxa : le plan de relance pour la défense n’est pas nécessaire, celui-ci a déjà eu lieu par l’application de la loi de programmation militaire qui prévoit que le budget défense bénéficie d’une hausse de 1,7 milliard d’euros par an jusqu’en 2022.

Voilà donc une nouvelle occasion ratée, alors que notre Président semble tenir un langage de fermeté face à l’affrontement turco-grec, souhaite avancer ses pions au Liban et en Irak pour endiguer la poussée ottomane du dictateur Erdogan, que nos soldats sont engagés au Levant et dans la bande sahélo-saharienne. Le signal envoyé est bien celui de notre incapacité à mettre en relation notre discours avec des actes forts.

L’un des actes forts serait aussi celui d’accélérer le réarmement de nos armées en révisant à la hausse notre format et combler nos déficits capacitaires. À nouveau, nous n’en prenons pas le chemin, et demain si des accords de défense étaient renforcés bilatéralement avec la Grèce, et que celle-ci décide de s’équiper en Rafale, (on parle d’une vingtaine), un certain nombre serait pris sur les tarmacs des bases de notre armée de l’air alors que celle-ci est en manque d’avions pour remplir l’ensemble de ses missions opérationnelles et de formation. Nous avons perdu par accident six Rafale (5 Rafale Marine et 1 Rafale Air), qui n’ont jamais été remplacé.   Lire à ce sujet le remarquable dossier Rafale :  Livraisons et coût.  (2) de source ouverte et reprenant les chiffres du ministère de la défense.

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 Le dossier Rafale est symptomatique de l’ensemble des problèmes de fond qui diminue notre capacité opérationnelle et de résilience.

En 2017, le général Lanata CEMAA à l’époque,  demandait que le nombre d’appareils de chasse dans l’armée de l’Air soit porté à 215 appareils, alors que  le dernier livre blanc prévoyait que l’aviation de chasse comprenne 225 avions au total dont une quarantaine pour la Marine et 185 pour l’armée de l’Air. Cet objectif devait être atteint en 2021, il ne le sera pas.

En 2010, l’un des prédécesseurs de l’actuel CEMM, l’amiral Pierre-François Forissier avait mis en garde contre la réduction du nombre de frégates. « Je veux préserver l’épine dorsale de la marine qui est constituée de ses sous-marins nucléaires d’attaque et de ses frégates de premier rang. Je me battrai pour que leur nombre ne soit pas réduit, car nous sommes déjà la limite de la rupture. Á missions inchangées, je ne peux pas aller en deçà », avait-il dit.

Non seulement les missions n’ont pas changé, mais leurs fréquence ont augmenté. L’amiral Prazuck avant son départ avait confié aux sénateurs qu’il aimerait « pouvoir disposer de 35 frégates ». or, nous en possédons au mieux 17 [à titre de comparaison, l’Italie en possède 18 (3)] la cible étant de 15, quant aux sous-marins, de type SNA avec l’incendie de l’un d’entre eux et le retrait d’un autre, nous en avons 4 sur les 6 prévus. Ils nous en faudrait au moins 8 pour remplir l’ensemble des missions et faire face au nouvelles menaces et au renforcement de toutes les flottes de guerre, sauf la nôtre. Des solutions sont possibles à moindre coût, compléter la flotte de SNA par des sous-marins classiques de type Barracuda semblables à ceux vendus à l’Australie. Pour équilibrer mon propos, je constate que nous sommes la seule nation européenne à posséder une force nucléaire indépendante, un porte-avions nucléaire et une capacité de projection grâce à nos PHA. [porte-hélicoptères amphibie dont l’un d’ailleurs avait été commandé lors du plan de relance de 2008 – (4)]


Le général Burkhard, 55 ans, originaire du Territoire de Belfort, est à la tête de l’armée de Terre depuis juillet 2019. Photo EMAT

Répondre aux futurs conflits « de haute intensité » 

Quant à l’Armée de de terre, le programme Scorpion qui consiste à remplacer le secteur médian, est un peu l’arbre qui cache la forêt, nos trous capacitaires dans le domaine des blindés lourds, de l’artillerie sol-sol et sol-air et appuis, du franchissement et du génie ainsi que CME et ECMA, sans oublier les hélicoptères lourds et moyens de renseignement, sont peu évoqués, faute de pouvoir apporter dans des délais raisonnables des solutions. Le projet Titan étant un projet à horizon 2030-2035 au mieux.

Il faudra donc se contenter des 832 millions d’euros déjà annoncés. (3 avions A330 MRTT en avance de commande et 8 hélicoptères Caracal pour remplacer les 30 Puma à bout de souffle de l’Armée de l’air et des drones pour la Marine).

Nous voilà donc, en réalité, comme le sont d’autres ministères régaliens, police, justice, éducation, dans une situation pour ne pas dire dramatique mais extrêmement sérieuse, car nous payons les politiques suicidaires de restriction des budgets et des effectifs de ces 30 dernières années. 

Le laxisme, l’imprévoyance, la négligence et le manque de courage allant jusqu’à la lâcheté de la part de  nos gouvernants successifs nous ont emmenés là où nous en sommes.

Si la prise de conscience est nécessaire, le temps n’est plus au discours mais aux actes. Je crains que ce ne soit trop tard.

Faudra-t-il une catastrophe majeure en Europe pour mettre enfin ce pays en position de combat? Le temps est au «  branle-bas de combat », face à la menace  qu’ils ne veulent pas voir.

Roland Pietrini

(1) 1 euro investi dans la défense rapporte 1,27€ à court terme et 1;68€ à long terme. 

(2)http://www2.assembleenationale.fr/content/download/312629/3036763/version/3/file/2020-07-21+-+rapport+flash+Griveaux-Thi%C3%A9riot.pdf

(3)  https://omnirole-rafale.com/le-rafale-en-chiffres/

(4) https://www.defense.gouv.fr/dga/actualite-dga/2009/plan-de-relance-commande-d-affuts-canons-pour-helicopteres-cougar-et-caracal

04/09/2020 576 visites

https://www.athena-vostok.com/article-sans-titre-18#message_12870469

« Les risques, au combat ne sont jamais nuls » : à la veille du 14-Juillet, l’armée se souvient des soldats morts cette année

« Les risques, au combat ne sont jamais nuls » : à la veille du 14-Juillet, l’armée se souvient des soldats morts cette année

La ministre des Armées reçoit lundi les familles des soldats tués ou blessés ces douze derniers mois. Parmi eux, 13 militaires tués au Mali le 25 novembre dans un accident d’hélicoptère. franceinfo s’est rendu dans la base où sont formés les pilotes d’hélicoptère de combat.

Hélicoptère Tigre sur la base française de Gao (Mali), le 8 novembre 2019.
Hélicoptère Tigre sur la base française de Gao (Mali), le 8 novembre 2019. (MICHELE CATTANI / AFP)

avatarFranck CognardfranceinfoRadio France

Mis à jour le 13/07/2020 | 08:33
publié le 13/07/2020 | 08:33PartagerTwitterEnvoyerLA NEWSLETTER ACTUNous la préparons pour vous chaque matinFrance Télévisions utilise votre adresse email afin de vous adresser des newsletters. Pour exercer vos droits, contactez-nous. Pour en savoir plus, cliquez ici.il y a 16 secondesSalaires, indemnités, primes : ce que contiennent les accords du Ségur de la santé, officiellement signés et jugés « historiques » par Jean Castex

Le Tigre n’est pas un hélicoptère équipé d’armes, c’est un système d’armes équipé d’un hélico : c’est comme ça que le pilote, le commandant Jérôme, voit les choses. Et au Sahel, les militaires au sol, en convoi ou au combat, doivent beaucoup à l’appui, précieux, de cet arsenal volant. « Ce n’est pas le syndrome du Saint-Bernard, mais vous sauvez vos copains qui sont au sol, explique le commandant Jérôme. Ou vous empêchez, du moins, qu’ils soient trop blessés. »

Le Tigre vient de décoller, au Cannet-des-Maures, la base où sont formés les pilotes d’hélicoptère de combat de l’aviation légère de l’Armée de terre (Alat). Afghanistan, Libye, Mali… le commandant Jérôme est un briscard du Tigre. Aujourd’hui, il est instructeur au régiment école, le 2e régiment d’hélicoptères de combat. Ce soir-là, en vol autour de la base du Cannet-des-Maures, il évoque ses missions, les ouvertures du feu, les balles tirées depuis le sol qu’on ne voit pas venir.

>> VIDEO. Opération Barkhane. « Ils se sont crashés ! » : images et récit exclusifs du sauvetage de l’équipage de la Gazelle

Depuis 2013, neuf soldats de l’Alat (aviation légère de l’armée de terre) sont morts au combat au Mali. Le 25 novembre dernier, deux hélicoptères engagés au combat se sont touchés en plein vol avant de s’écraser. La collision est fatale pour les treize soldats qui étaient à bord des deux appareils. Sept appartenaient à l’Alat. « La famille de l’aérocombat, ça la choque, bien sûr, reconnaît le commandant Jérôme, aux commandes du Tigre. Ça a fait réaliser à tout le monde que oui, on a l’impression d’avoir la suprématie, mais voilà : quand on est au combat, il y a le stress, tout ce qui peut arriver… Les risques, au combat, ils ne sont jamais nuls. Ça fait partie de l’entraînement, de la formation, de regarder son copain, de voir s’il va bien, si ce n’est pas la mission de trop… Mais là-dessus, on n’est pas égaux. Il y en a qui vont passer les meilleures nuits au monde parce qu’ils ont ouvert le feu et sauvé leur copain, et il y en a qui vont avoir du mal à dormir. »

On n’est pas tous égaux face à l’ouverture du feu, à la perte d’un camarade. C’est là où le collectif joue beaucoup.Le commandant Jérômeà franceinfo

Lundi 13 juillet, tradition à la veille du 14-Juillet, la ministre des Armées reçoit les familles des soldats tués ou blessés ces douze derniers mois. Pour le commandant Jérôme, le meilleur hommage qu’on puisse rendre à nos morts, c’est de remonter dans l’hélico et de repartir en mission. Sans oublier les absents, sans oublier la mort, mais sans être obsédé par elle.

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/armee-et-securite/les-risques-au-combat-ne-sont-jamais-nuls-a-la-veille-du-14-juillet-l-armee-se-souvient-des-soldats-morts-cette-annee_4043657.html

Le Pentagone publie une liste de compagnies liées selon lui à l’armée chinoise

Le Pentagone publie une liste de compagnies liées selon lui à l’armée chinoise

Par La rédaction -25 juin 2020 à 14 h 40 minPartagerFacebookTwitterReddItEmailPrint

Le Pentagone. (AFP)

Temps de lecture estimé : 2 minutes

Le Pentagone a publié une liste de 20 compagnies chinoises, dont le géant des télécommunications Huawei, qu’il estime liées à l’armée chinoise, dernier épisode en date de la bataille économique entre Washington et Pékin, ont rapporté des médias américains.

Le spécialiste de la vidéosurveillance Hikvision figure également sur cette liste comprise dans une lettre aux parlementaires américains datée de mercredi, selon l’agence Bloomberg.  Aviation Industry Corporation of China

1-China Aerospace Science and Technology Corporation

2-China Aerospace Science and Industry Corporation

3-China Electronics Technology Group Corporation

4-China South Industries Group Corporation

5-China Shipbuilding Industry Corporation

6-China State Shipbuilding Corporation

7-China North Industries Group Corporation

8-Huawei Technologies Co.

9-Hangzhou Hikvision Digital Technology Co.

10-Inspur Group

11-Aero Engine Corporation of China

12-China Railway Construction Corporation

13-CRRC Corp.

14-Panda Electronics Group

15-Dawning Information Industry Co.

16-China Mobile Communications Group

17-China General Nuclear Power Corp.

18-China National Nuclear Power Corp.

19-China Telecommunications Corp.

20-Aviation Industry Corporation of China

« Au moment où la République populaire de Chine essaie de brouiller les lignes entre les secteurs civil et militaire, « connaître son fournisseur » devient crucial », selon un communiqué du porte-parole du Pentagone Jonathan Rath Hoffman.

Selon lui, la liste compte des compagnies « qui appartiennent ou sont contrôlées par le gouvernement chinois, l’armée ou l’industrie de la défense ».

« Nous voyons cette liste comme un outil utile pour que le gouvernement américain, les investisseurs, les institutions d’études et tous les partenaires similaires adoptent la vigilance pour des accords avec ces entités », ajoute-t-il.

Les tensions s’aggravent à la faveur de la pandémie de COVID-19 entre Pékin et Washington sur de multiples fronts, y compris le commerce. Le président américain Donald Trump a réitéré ce mois-ci ses menaces de suspendre toutes les relations y compris économiques avec Pékin.

Avant la pandémie, les deux premières puissances économiques du monde étaient parvenues à faire une trêve dans leur guerre commerciale à coups de droits de douane punitifs réciproques.

À la mi-juin, Washington a légèrement adouci les dernières sanctions prises le mois précédent contre Huawei pour protéger ses propres intérêts dans le déploiement des technologies liées à la 5G.

L’administration Trump perçoit Huawei comme une menace pour la sécurité nationale américaine, l’accusant de collusion avec les autorités chinoises, chose que le groupe nie catégoriquement.

Les États-Unis soupçonnent l’entreprise d’espionnage au profit de Pékin et se dépensent sans compter auprès de leurs alliés pour qu’ils empêchent Huawei d’accéder au marché de la 5G.

Huawei n’a pas réagi dans l’immédiat à la publication de cette liste, à l’instar des autres compagnies citées y compris Hikvision.

*Avec AFP

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L’Inde, une puissance navale en construction

L’Inde, une puissance navale en construction

Adrien VILLARD 27 mars 2019 ActualitéAsie et OcéanieConcoursFiches-exemplesInde Leave a comment

En mars 2019, l’Indian Navy (IN) a annoncé avoir passé un accord pour la location d’un sous-marin nucléaire d’attaque russe pour une période de 10 ans. Cet accord témoigne de l’essor de la dimension navale dans le mix stratégique indien. Elle est aussi un signe de l’intérêt croissant de New Delhi pour l’espace indo-pacifique et de l’importance qu’a pris la Chine dans ses calculs stratégiques. Souvent critiquée pour son manque de réalisme, l’Inde adopte un outil supplémentaire du hard power dans sa transition vers plus de realpolitik.

L'INS Vikrant devrait entrer en fonction en 2021
L’INS Vikrant, premier porte-avions construit en Inde

L’Indian Navy au cœur de la stratégie indienne

Cette transformation, confirmée par le Livre blanc de l’IN de 2015, a pris une importante dimension maritime, dans le but de s’approprier l’Océan indien. Au-delà d’une sécurisation de ses approvisionnements en hydrocarbures en provenance du Golfe persique (sa dépendance maritime est de 93%), l’Inde a repensé sa stratégie vis-à-vis de ses adversaires historiques, le Pakistan et la Chine. Jusque-là envisagée d’un point de vue largement terrestre, cette stratégie a dû évoluer suite aux attentats islamistes de Mumbai, en 2008, et à l’essor du “collier de perles chinois”, qui menace d’étouffer la puissance indienne.

Ainsi, l’IN a réorganisé ses priorités, plaçant tous les Etats insulaires de l’Océan indien (Seychelles, Ile Maurice, Maldives, Sri Lanka) au rang de ses zones d’importance prioritaire. De même, la coopération a été renforcée avec les puissance régionales d’Asie orientale, afin d’endiguer la menace chinoise, dans le cadre de l’Act East Policy de Narendra Modi. Des exercices militaires conjoints sont ainsi menés régulièrement avec le Japon, l’Australie et les Etats-Unis (MALABAR).

Des capacités navales croissantes mais insuffisantes

Concrètement, l’essor de la puissance navale indienne s’appuie en priorité sur des porte-avions et sous-marins nucléaires. Dotée actuellement d’un porte-avions, l’IN a lancé la construction de deux autres , les INS Vikrant et Vishal, dont le premier devrait être prêt en 2021. Elle a également passé un contrat avec le français Naval Group pour la construction de 6 sous-marins de classe Scorpène, débutée en 2016. Enfin, l’IN a terminé la construction d’une puissante base navale à capacité interarmes à Karwar (proche de Goa), bien plus imposante que la base chinoise à Gwadar (Pakistan). Une base navale supplémentaire est envisagée à Port-Blair, capitale de l’archipel stratégique des Andamans et Nicobar. En 2016, l’IN pouvait compter sur 374 navires, pour 45 en construction.

Pour autant, si la flotte indienne parvient pour l’instant à faire quasi jeu égal avec la flotte chinoise, sa puissance reste fragile. L’Inde n’est pas capable de suivre le rythme effréné de construction navale de Pékin. Par ailleurs, New Delhi manque d’une industrie navale militaire de qualité. Si ses chantiers navals possèdent les compétences basiques, ils sont encore clairement dépendants de l’étranger (France, Russie, Etats-Unis) pour les technologies intégrées, freinant un développement rapide de sa flotte militaire.

Infographie puissance navale indienne

Référence :

New Delhi et le monde. Une puissance émergente entre realpolitik et soft power, Christophe Jaffrelot, 2008

Sources :

“L’Inde, puissance mondiale ?” in Diploweb, Alain Lamballe, 2017

“Weighted West, Focused on the Indian Ocean and Cooperating across the Indo-Pacific. The Indian Navy’s New Maritime Strategy, Capabilities and Diplomacy” in Center for Naval Analyses, Satu Limaye, 2017Share

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https://les-yeux-du-monde.fr/actualite/asie-oceanie/39911-inde-puissance-navale-construction

Pandémies, le renforcement indispensable des capacités de renseignement

Pandémies, le renforcement indispensable des capacités de renseignement

By La redaction de Mondafrique -5 mai 2020https://www.facebook.com/plugins/like.php?href=https://mondafrique.com/pandemies-le-renforcement-indispensable-des-capacites-de-renseignement-sanitaire/&layout=button_count&show_faces=false&width=105&action=like&colorscheme=light&height=21

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Le facteur épidémique est depuis longtemps un sujet d’étude pour le monde de la défense, tant il peut présenter des risques. Dès 1869 le médecin général inspecteur Michel Levy rapportait cette statistique: Sur les 95615 décès de troupes françaises que la guerre de Crimée avait occasionné, 77% étaient dues aux maladies.

Une chronique signée Alphonse Galland

Dans les années 2000, de nombreux rapports ont su esquisser les dangers que les risques biologiques, tant pour les forces armées que les populations civiles pouvaient générer. Des deux côtés de l’Atlantique, services de renseignement et directions de la prospective anticipaient ainsi la menace pandémique. En 2000, le National Intelligence Council américain établissait un premier rapport sur les risques que faisaient peser l’émergence et la résurgence de maladies infectieuses pour la sécurité des Etats-Unis. En 2008, il réitérait et établissait le scénario d’une situation similaire à celle que nous connaissons due à « l’émergence d’une maladie respiratoire virulente » apparue dans des territoires « à forte densité » où il existait « une proximité entre humains et animaux, comme dans certains endroits de Chine ».

Des avertissements à répétition

La même année, en France, le Livre Blanc, définissant la stratégie globale de défense et de sécurité française, considérait l’émergence d’une « pandémie massive à forte létalité » comme « plausible ». Quelques années plus tôt, à la demande des Ministres de la santé et de l’enseignement supérieur (Jean-François Mattéi et Claudie Haigneré), un certain Professeur Didier Raoult signait un rapport sur l’état des lieux de l’ensemble des mesures de santé publique et des recherches prévues en France et en Europe sur les dangers liés au bioterrorisme.

Face à ces alarmes, l’Etat français avait su réagir en lançant dès 2007 l’EPRUS, Etablissement de Préparation et de Réponse aux Urgences Sanitaires. Sa mission : anticiper et prévenir ces risques. Un stock conséquent de masques, de respirateurs, de traitements etc… avait ainsi pu être constitué.

Certains pays africains se sont également penchés sur la question. En 2007, le Royaume du Maroc avait réuni à Casablanca des acteurs nationaux et internationaux, publics et privés, spécialisés dans la gestion de crises « hors cadre ». Ce séminaire nommé « Crises non conventionnelles. Nouveaux impératifs. Nouvelles Postures » avait été l’occasion d’analyses et de retours d’expériences sur des scénarios dits « à fortes ruptures »

Des réductions budgétaires drastiques

Néanmoins, certaines de ces initiatives prometteuses vont tourner court. Suite à l’épidémie de grippe H1N1 en 2011, le gouvernement de l’époque et les services de l’Etat furent accusés d’avoir sur-préparé la réponse à l’épidémie en dépensant plus d’un milliard d’Euros dans l’achat de médicaments, de masques et autres équipements de protection.

Il fût alors imposé à l’EPRUS une réduction drastique de budget. De 287 millions en 2007, son budget était divisé par 10 en 2015, avant d’être dissous un an plus tard.

Avant cette année 2020 et la crise du COVID-19, qui frappe si durement, il apparaît ainsi que, malgré les avertissements, la question du risque pandémique ait été globalement délaissée, voire ignorée, par rapport à d’autres problématiques sécuritaires comme la lutte anti-terroriste. Il semble en particulier que les services de renseignement, véritables vigies et garants de la sécurité collective, n’aient pas eu réellement les capacités de capter des signaux faibles en matière épidémiques, de les interpréter et de recommander une posture stratégique de défense face à ces menaces.

Le risque bio-terroriste

Les conséquences sanitaires, sociales, économiques, financières, et in fine, sécuritaires nées du Coronavirus, témoignent d’un risque de déstabilisation majeur pour l’Europe, l’Afrique et d’autres parties du monde insuffisamment renseignées et préparées à répondre à cette menace. Dans le futur, des états proliférants ou des groupes terroristes, pourraient s’inspirer de ce chaotique exemple et ainsi faire revenir la menace bioterroriste sur le devant de la scène.

Dans ces conditions, il va falloir renforcer des capacités de recherche et d’analyse que l’on croyait perdues. Certains pays étaient – ou sont encore – dotés de branche d’évaluation sanitaire et médicale au sein de leurs services de renseignement. Leurs exemples, passés ou présents, peuvent et doivent inspirer un changement rendu nécessaire.

Aux Etats-Unis, le National Center for Medical Intelligence (NCMI) est par exemple spécialisé dans le renseignement à vocation sanitaire et médical. Dépendant de la DIA (Defense Intelligence Agency), il a, entre autres, pour mission la prévention des risques épidémiques via la surveillance, la collecte et l’analyse de tout procédé, invention ou information présentant un risque pour la sécurité des populations ou des forces armées.

Des expertises ignorées

                                                                                                           Il y a encore 30 ans, ce centre suivait les recherches sur des armes biologiques d’Etats qui s’étaient dotés de capacité dans ce domaine : Russie soviétique, Afrique du Sud de l’Apartheid, Irak de Saddam Hussein, … A la fin des années 90, il s’est ensuite focalisé sur le suivi des capacités d’emploi d’agents pathogènes de la menace terroriste, mais également sur des expertises portant sur les risques sécuritaires que présentaient l’émergence d’épidémie comme Ebola, le SARS,  

Le National Center for Medical Intelligence (NCMI) aurait prévenu la Maison Blanche dès le mois de Novembre 2019 des dangers que le Coronavirus risquait de provoquer. 

La menace biologique, qu’elle soit naturelle ou artificielle est ainsi une réalité qui n’aurait jamais dû quitter, même provisoirement, les champs d’investigation et d’expertise des Services.                                               

Au vu du rappel à l’ordre que provoque la crise COVID-19, les services de renseignement vont ainsi devoir renforcer leurs capacités d’analyse et d’évaluation de la menace pandémique. D’importants moyens vont devoir être réattribués pour permettre de disposer d’informations précises sur l’état des programmes de recherche pratiqués par des laboratoires civils ou militaires en la matière, ou pour se munir des capacités d’évaluation initiale de situation en cas de départ d’épidémie : détermination précise de l’origine du virus, étendue de l’infection, …

Une meilleure synergie entre agences de renseignement civiles et militaires d’une part, et services de santé publics ou dépendant des Armées semble donc inévitable à l’avenir.

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LES ENTREPRISES DE NORMANDIE AÉROESPACE (NAE) RENFORCENT LEURS POSITIONS DANS LA DÉFENSE


ACTUS – NEWS
DÉFENSETECHNO

LES ENTREPRISES DE NORMANDIE AÉROESPACE (NAE) RENFORCENT LEURS POSITIONS DANS LA DÉFENSE


THEATRUM BELLI

À quelques mois des salons Eurosatory et Euronaval, NAE renforce ses démarches stratégiques pour aider ses entreprises à conquérir les grands industriels du secteur. Plusieurs d’entre elles ont déjà été repérées par Nexter, Naval Group et Dassault Aviation.

Parmi les axes prioritaires de développement de la filière NAE figure le secteur de la Défense. Ce secteur est en forte croissance du fait du contexte géopolitique mondial et du budget de la défense français qui va atteindre 2% du PIB jusqu’en 2025. Il est donc stratégique de renforcer les actions de la filière dans ce domaine pour aider les entreprises à en bénéficier aux plans business et innovation.

Ainsi, 16 entreprises normandes seront présentes pour une quatrième édition sur le salon Eurosatory en juin prochain et ajoutent cette année à leur agenda le salon Euronaval qui aura lieu en octobre. Mais d’ores et déjà la filière œuvre en coulisses pour favoriser les rapprochements avec les grands industriels du secteur. Tous les deux ans, NAE organise pour ses membres des rendez-vous entre PME et grands industriels. Le 4 février dernier, ces rencontres étaient pour la première fois élargies aux grands donneurs d’ordres nationaux. Ce fut un succès puisque 500 rendez-vous ont pu être organisés contre 380 en 2018.

Pour cette première, Dassault Aviation, Naval Group et Nexter avaient fait le déplacement. « Nous cherchons des fournisseurs habitués à travailler dans le secteur militaire, adaptés à nos cadences annuelles de production suivant les contrats clients en cours », explique Jean-Philippe Plaze, Responsable Contrat Achat secteur navigation chez Nexter. « Nous avons rencontré durant ces rendez-vous des PME & ETI avec une expertise en électronique pour des véhicules militaires avec des conditions sévères d’utilisation (conditions climatiques entre – 33°C et + 55°C et conditions de chocs et de vibrations extrêmes) qui nous ont permis d’identifier des solutions novatrices pour intégrer de nouveaux produits ». Et déjà des perspectives se dessinent : « plusieurs entreprises ont retenu notre intérêt, dont STARNAV (Calvados) suite à une première étude, pour la possibilité d’étendre les méthodologies d’harmonisation pour d’autres systèmes d’armes ; FACTEM (Calvados) pour leur casque réducteur de bruit et autres algorithmes et ASTEELFLASH (Seine-Maritime) comme EMS avec une capacité locale suivant les pays ».

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NAE est le réseau des acteurs de l’aéronautique, du spatial, de la défense et de la sécurité en Normandie. Fondée en 1998 et présidée par Philippe Eudeline (Directeur Innovation Thales LAS), l’association NAE est aujourd’hui constituée de 160 membres : des grands groupes industriels, plusieurs aéroports et une base militaire, de nombreuses PME / ETI, des start-up, des laboratoires de recherche et des établissements d’enseignement. La filière représente globalement plus de 21.500 salariés pour 3,7 milliards d’Euros de chiffre d’affaires en 2018 en Normandie. NAE est membre du GIFAS et du GICAT.

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Grèce, braderie de bases militaires aux États-Unis

« L’ART DE LA GUERRE »

Grèce, braderie de bases militaires aux États-Unis

par Manlio Dinucci

Les États-Unis ont habilement profité des déboires économiques de la Grèce pour lui imposer un traité leur permettant de barrer la route de la mer Noire à la Russie. Seuls les députés communistes grecs et leurs alliés s’y sont opposés.RÉSEAU VOLTAIRE | ROME (ITALIE) | 11 FÉVRIER 2020 ITALIANOESPAÑOLTÜRKÇEROMÂNĂ

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JPEG - 38.6 koLe 5 octobre 2019, le ministre grec de la Défense, Nikólaos Panayotópoulos, et le secrétaire d’État US, Mike Pompeo, signent à Athènes un « Accord de coopération pour la défense réciproque » (Mutual Defense Cooperation Agreement).

Le Parlement grec a ratifié l’ Accord de coopération pour la défense réciproque, qui concède aux États-Unis l’usage de toutes les bases militaires grecques. Elle serviront aux forces armées US non seulement pour stocker des armements, s’approvisionner et s’entraîner, mais aussi pour des opérations de « réponse d’urgence », c’est-à-dire pour des missions d’attaque.

Particulièrement importante la base de Larissa, où l’US Air Force a déjà stocké des drones MQ-9 Reaper et celle de Stefanovikio, où l’US Army a déjà déployé des hélicoptères Apache et Black Hawk.

L’Accord a été défini par le ministre grec de la Défense, Nikólaos Panayotópoulos, comme « avantageux pour nos intérêts nationaux, parce qu’il accroît l’importance de la Grèce dans la planification US ». Importance que la Grèce a depuis longtemps : il suffit de se rappeler du sanglant coup d’État des colonels, organisé en 1967 dans le cadre de l’opération Stay-Behind dirigée par la CIA [1], auquel succéda, ici en Italie, la période des massacres commencée avec celle de Piazza Fontana en 1969 [2].

Lors de cette même année s’installa en Grèce, à Souda Bay dans l’île de Crète, un Détachement naval US provenant de la base de Sigonella en Sicile, sous les ordres du Commandement US de Naples. Aujourd’hui Souda Bay est une des plus importantes bases aéronavales USA/Otan en Méditerranée, employée dans les guerres au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. À Souda Bay le Pentagone investira 6 nouveaux millions d’euros, qui s’ajouteront aux 12 qu’il investira à Larissa, annonce Panagiotopoulos, en le présentant comme une grande affaire pour la Grèce.

Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis précise cependant qu’Athènes a déjà signé avec le Pentagone un accord pour la potentialisation de sa flotte de F-16, qui coûtera à la Grèce 1,5 milliards de dollars, et qu’elle est intéressée aussi par l’achat aux USA de drones et chasseurs F-35.

La Grèce se distingue en outre pour être dans l’Otan, après la Bulgarie, l’allié européen qui consacre depuis longtemps à la dépense militaire le plus haut pourcentage du PIB (2,3%).

L’Accord garantit aussi aux États-Unis « l’usage illimité du port d’Alexandroupoli » [3]. Celui-ci est situé sur la mer Égée au bord du détroit des Dardanelles qui, reliant en territoire turc la Méditerranée et la mer Noire, constitue une fondamentale voie de transit maritime surtout pour la Russie. De plus la Thrace orientale limitrophe (la petite partie européenne de la Turquie) est le point où arrive de Russie, à travers la mer Noire, le gazoduc Turk-Stream.

L’« investissement stratégique », que Washington est déjà en train d’effectuer dans les infrastructures portuaires, vise à faire d’Alexandroupoli une des plus importantes bases militaires US dans la région, en mesure de bloquer l’accès des navires russes à la Méditerranée et, en même temps, de contrecarrer la Chine qui souhaite faire du Pirée une importante escale de la Nouvelle Route de la Soie.

« Nous sommes en train de travailler avec d’autres partenaires démocratiques dans la région pour repousser des acteurs maléfiques comme la Russie et la Chine [4], avant tout la Russie qui utilise l’énergie comme instrument de son influence maléfique », déclare l’ambassadeur US à Athènes Geoffrey Pyatt, en soulignant qu’ « Alexandroupoli a un rôle crucial pour la sécurité énergétique et la stabilité de l’Europe ».

C’est dans ce cadre que s’insère l’Accord de coopération pour la défense réciproque avec les USA, que le Parlement grec a ratifié avec 175 voix pour, du centre-droit au gouvernement (Nouvelle Démocratie et autres) et 33 contre (Parti Communiste et autres), tandis que 80 ont déclaré « présent » selon la formule du Congrès US, équivalent à l’abstention, en usage au Parlement grec. C’est Syriza qui s’est abstenu, la Coalition de la Gauche Radicale conduite par Aléxis Tsípras. D’abord parti de gouvernement, maintenant dans l’opposition, dans un pays qui, après avoir été obligé de brader sa propre économie, maintenant brade non seulement ses bases militaires mais le peu qui lui reste de sa souveraineté.

Manlio Dinucci

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

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[1] « La guerre secrète en Grèce », par Daniele Ganser, Réseau Voltaire, 24 août 2013.

[2] « Quand le juge Felice Casson a dévoilé le Gladio… », par Daniele Ganser, Réseau Voltaire, 17 octobre 2009.

[3] « Alexandroupolis, nouvelle base US contre la Russie », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 24 septembre 2019.

[4] « Grèce, le facteur Otan », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 7 avril 2015

.https://www.voltairenet.org/article209189.html

Envoi d’importants renforts militaires turcs à Idlib

Envoi d’importants renforts militaires turcs à Idlib

 5 heures ago Strategika51

La Turquie est en train de dépêcher d’importants renforts militaires à Idlib, comprenant notamment des chars de bataille lourds Leopard 2A4 AMT et des systèmes lance-roquettes multiples Rokestan T-122 Sakarya CNRA (122.4 mm/4.8 inches), des canons 155 mm Firtina (Tempête) KMO et des véhicules blindés.

Char Leopard 2A4 AMT sur un porte-chars en route pour Idlib

La nature des renforts militaires turcs démontrent qu’Ankara se prépare à une confrontation classique sur le sol syrien pour stopper la progression rapide des forces armées syriennes soutenues par les forces aérospatiales russes vers le Chef-lieu de la province rebelle d’Idlib, notamment après l’effondrement des défenses rebelles conjointes à Sarakeb. La chute de ce verrou stratégique a permis en effet à l’Armée syrienne de parvenir aux alentours de la base aérienne de Taftanaz et de menacer la capitale provinciale d’Idlib où se concentrent tous les mouvements rebelles syriens.

Les turcs offrent déjà un puissant appui feu artillerie aux groupes rebelles syriens et la plupart des pertes syriennes mais aussi celles de « spécialistes russes » (terme vague utilisé par Moscou pour désigner des membres d’unités spéciales engagées au sol) sont dues par des tirs de roquettes turques d’une redoutable précision.

Les combats à Idlib opposent donc les unités de la 25ème brigades des opérations spéciales ou la brigade Tigre, soutenue par les forces aérospatiales russes d’un côté et les rebelles syriens soutenues par les chars et l’artillerie de campagne des forces armées turques.

Les syriens et leurs alliés russes ont remporté une grande victoire à Sarakeb en faisant sauter un verrou stratégique sur la route de Taftanaz et du Chef-lieu d’Idlib mais il semble que l’ensemble des pays occidentaux et arabes du Golfe s’opposent totalement à la poursuite de cette offensive et mettraient en branle l’ensemble de leurs appareils médiatiques de propagande (les fameuses pleureuses professionnelles et autres hurleuses au loup) pour soutenir les rebelles qu’ils présenteront volontiers comme des « combattants de la démocratie » et ces derniers n’hésiteront nullement à le prouver en montant des attaques sous faux pavillon aux armes chimiques (suite du feuilleton du chlore) qu’ils imputeront aux forces gouvernementales syriennes.

Des contacts entre Moscou et Ankara sont en cours pour négocier un cessez-le-feu afin d’éviter une escalade vers l’inconnu car le potentiel de situation à Idlib est susceptible d’aboutir à une confrontation directe entre la Russie et la Turquie et donc entre la Russie et l’Otan.https://strategika51.org/2020/02/10/envoi-dimportants-renforts-militaires-turcs-a-idlib/

Cette souveraineté industrielle que l’Union européenne laisse s’effriter face aux assauts

Décryptages » Cette souveraineté industrielle que l’Union européenne laisse s’effriter face aux assautsEUROPE03 février 2020© LUDOVIC MARIN / AFPBOUCLIER EUROPÉEN

Cette souveraineté industrielle que l’Union européenne laisse s’effriter face aux assauts

Les Etats-Unis veulent acheter une partie de notre industrie de défense, la Chine veut le contrôle de la 5G en Europe… Les prédateurs se multiplient. L’Europe ne se soucie pas suffisamment de sa souveraineté industrielle.AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN3128Avec Les Arvernes

Atlantico.fr : Les USA veulent acheter une partie de notre industrie de défense (Photonis et Latécoère), les sanctions du DOJ américain continuent à l’encontre de nos géants (après Areva, c’est au tour de Airbus de payer un lourd tribut). Dans le même temps, la Chine veut le contrôle de la 5G en Europe, au risque une nouvelle fois, de sanctions américaineS tandis que l’arrivée prochaine des Nouvelles Routes de la Soie promet de bouleverser le marché européen. Côté armement, après l’Italie, la Belgique et les Pays-Bas, la Pologne vient d’acheter des avions de combats américains, sans considérer d’offre européenne et notamment française. 

Les prédateurs semblent se multiplier : L’Europe ne se soucie-t-elle pas suffisamment de sa souveraineté industrielle ? 

Les Arvernes : Le principe même de souveraineté est contraire à l’ADN de la construction européenne. La colonne vertébrale de la construction c’est le « doux commerce » au sens de Montesquieu. Pour l’Union européenne, il n’a longtemps été pas de concurrents ou de rivaux : seuls des partenaires commerciaux qui s’ignorent. C’est la raison pour laquelle elle a toujours été profondément libre-échangiste, et a enchainé les erreurs, la première, emboitant le pas à l’Amérique de Bill Clinton, étant de laisser entrer la Chine dans l’OMC à des conditions trop favorables pour cette dernière.

Bien sûr, elle commence à changer, sous deux réalités qui la dérangent, et après laquelle elle court. La première réalité, c’est le renfermement du monde, le retour des frontières, la remise en avant des intérêts nationaux, dont la politique de Donald Trump est une manifestation spectaculaire. La seconde, c’est que l’Europe, selon le mot de Montalembert, conçoit le libéralisme comme celui du « renard libre dans le poulailler libre ». Il est très facile d’être libre échangiste quand on est le plus fort. Maintenant que dans le poulailler l’Europe s’aperçoit qu’il y a un dragon chinois, un tigre indien etc. elle se préoccupe tout d’un coup de se défendre. En ce sens, la résurgence de la souveraineté industrielle est d’abord la prise de conscience de la fragilité industrielle d’une Union européenne qui s’est trompée sur la réalité des relations économiques et politiques internationales.

La création d’un géant des batteries franco-allemand peut-elle être le point de départ d’une souveraineté retrouvée ? 

Le projet est politique au moins autant qu’économique. Sa symbolique n’est pas à sous-estimer.

Cela dit, quand l’on regarde de plus près, le sujet pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Quelles ressources, sachant que l’Europe ne dispose pas de lithium ou de cobalt sécurisé, tout étant aux mains des chinois ? Quelle compétitivité, sachant que, là encore, les chinois produisent environ 75% du marché avec des prix sur lesquels l’Europe ne pourra pas s’aligner, à part quelques marchés de niche ? Quelle gouvernance, la seule entreprise qui tienne vraiment la route étant SAFT (Groupe Total), l’Allemagne, très en retard, acceptera-t-elle un rôle de second rang ? On peut en douter quand on voit la mauvaise volonté mise Outre-Rhin pour ce qui concerne le futur avion de combat SCAF, alors même qu’il est politiquement acté que la France (et donc Dassault Aviation) est tête de file. Etc.

L’Europe est-elle vouée à rester coincée entre Est et Ouest ? 

Les notions d’Est et Ouest européens pourraient faire penser qu’il existe un bloc d’intérêts ou de perception des enjeux à l’Ouest, un autre à l’Est. Ce n’est que partiellement vrai.

Il est vrai qu’en matière de défense, et donc d’industrie de défense et d’achat de matériel, l’Est européen, n’en déplaise à Paris, ne conçoit pas sa sécurité hors de l’Otan, donc des Etats-Unis. L’achat récent d’avions de chasse F35 par la Pologne n’est, exemple parmi d’autre, que le dernier avatar d’une habitude bien prise de la part de polonais.


Cela dit, l’idée qu’il existerait un « bloc de l’Ouest » ne résiste pas à l’analyse. Sur le plan militaire, rappelons que la Belgique a – de fait – récemment écarté le Rafale de la compétition pour la modernisation de sa flotte de combat aérien. Le fait majeur dans le domaine militaire, c’est que l’Europe de la défense que Paris entrevoit est une ineptie pour la plupart de ses partenaires, y compris l’Allemagne. Sur un plan économique plus global, parler de division Est/ Ouest, c’est faire bon marché du fait que l’Allemagne a progressivement reconstitué une Mitteuleuropa en délocalisant massivement ses industries dans les ex pays de l’Est.

La France a-t-elle les moyens d’être le moteur de l’Europe en matière de souveraineté industrielle ? 

Si la France veut être le moteur de quoi que ce soit en Europe, qu’elle commence à se réformer elle-même. Quand on a 80% de l’ensemble du déficit budgétaire cumulé de la zone euro en 2019, quand on n’est pas capable de fixer l’âge de la retraite à 64 ans alors que beaucoup de nos partenaires sont à 67 ans, quand on a un l’un des taux de chômage les plus élevés, quand on a un déficit chronique de son commerce extérieur, on n’est pas en position de proposer quoi que ce soit avec l’espoir d’être écouté.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-aprèsLe sujet vous intéresse ?Mots-clés :Etats-UnisWashingtonDéfensearmeChineeurope5gPologneventestratégiecommerceThématiques :EUROPE

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Budget des armées : comment gérer le coût des opérations militaires

Budget des armées : comment gérer le coût des opérations militaires

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Publié par Jean-Baptiste Le Roux le 14 Novembre 2019

Sentinelle sur le territoire nationale, les OPEX à l’extérieur. L’hôtel de Brienne est une fois encore confronté à un problème budgétaire : la gestion financière de ces opérations.

1,39 milliard d’euros d’opérations en 2019

Budget des armées : comment gérer le coût des opérations militaires

Sentinelle et les opérations extérieures ont beau être décidées par l’exécutif, c’est l’armée qui paye. Ce fut le cas les deux dernières années. Pour l’année 2019, rien ne va changer. C’est du moins ce que l’on peut comprendre à la lecture du projet de loi de finances rectificative. Pour la seule année 2019, les missions à l’intérieur du territoire français comme Sentinelle, et les opérations extérieures auront coûté à la Défense la jolie somme de 1,39 milliard d’euros.

La bonne nouvelle, c’est que sur cette somme, 950 millions d’euros ont déjà été provisionnés, au titre du budget 2019. Il s’agit dans le budget de la Défense d’une case spécifique, dédiée aux opérations extérieures. La moins bonne nouvelle, c’est qu’il reste 448 millions d’euros à trouver pour que la Défense rentre dans son budget. Heureusement, il semblerait qu’une solution ait été trouvée pour gérer ce surcoût.

Un surcoût moins important que l’année passée

D’après le quotidien La Tribune , il semblerait que sur ce reste à charge, 37 millions d’euros soient pris en charge par des institutions internationales. Le quotidien croit également savoir que pour financer le surcoût, l’hôtel de Brienne ait pu obtenir des crédits supplémentaires, à hauteur de 214 millions d’euros, et d’un redéploiement de crédits non utilisés les années précédentes, de 197 millions d’euros.

Pour rappel, l’année précédente, le surcoût des opérations militaires françaises avait été calculé à 1,37 milliard d’euros. Un chiffre légèrement inférieur à celui de cette année. Mais la situation l’an dernier était tout de même radicalement différente. En effet, le surcoût laissé à la charge de la Défense était bien plus important, puisqu’il avait atteint près de 720 millions d’euros.

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