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LES ENTREPRISES DE NORMANDIE AÉROESPACE (NAE) RENFORCENT LEURS POSITIONS DANS LA DÉFENSE


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DÉFENSETECHNO

LES ENTREPRISES DE NORMANDIE AÉROESPACE (NAE) RENFORCENT LEURS POSITIONS DANS LA DÉFENSE


THEATRUM BELLI

À quelques mois des salons Eurosatory et Euronaval, NAE renforce ses démarches stratégiques pour aider ses entreprises à conquérir les grands industriels du secteur. Plusieurs d’entre elles ont déjà été repérées par Nexter, Naval Group et Dassault Aviation.

Parmi les axes prioritaires de développement de la filière NAE figure le secteur de la Défense. Ce secteur est en forte croissance du fait du contexte géopolitique mondial et du budget de la défense français qui va atteindre 2% du PIB jusqu’en 2025. Il est donc stratégique de renforcer les actions de la filière dans ce domaine pour aider les entreprises à en bénéficier aux plans business et innovation.

Ainsi, 16 entreprises normandes seront présentes pour une quatrième édition sur le salon Eurosatory en juin prochain et ajoutent cette année à leur agenda le salon Euronaval qui aura lieu en octobre. Mais d’ores et déjà la filière œuvre en coulisses pour favoriser les rapprochements avec les grands industriels du secteur. Tous les deux ans, NAE organise pour ses membres des rendez-vous entre PME et grands industriels. Le 4 février dernier, ces rencontres étaient pour la première fois élargies aux grands donneurs d’ordres nationaux. Ce fut un succès puisque 500 rendez-vous ont pu être organisés contre 380 en 2018.

Pour cette première, Dassault Aviation, Naval Group et Nexter avaient fait le déplacement. « Nous cherchons des fournisseurs habitués à travailler dans le secteur militaire, adaptés à nos cadences annuelles de production suivant les contrats clients en cours », explique Jean-Philippe Plaze, Responsable Contrat Achat secteur navigation chez Nexter. « Nous avons rencontré durant ces rendez-vous des PME & ETI avec une expertise en électronique pour des véhicules militaires avec des conditions sévères d’utilisation (conditions climatiques entre – 33°C et + 55°C et conditions de chocs et de vibrations extrêmes) qui nous ont permis d’identifier des solutions novatrices pour intégrer de nouveaux produits ». Et déjà des perspectives se dessinent : « plusieurs entreprises ont retenu notre intérêt, dont STARNAV (Calvados) suite à une première étude, pour la possibilité d’étendre les méthodologies d’harmonisation pour d’autres systèmes d’armes ; FACTEM (Calvados) pour leur casque réducteur de bruit et autres algorithmes et ASTEELFLASH (Seine-Maritime) comme EMS avec une capacité locale suivant les pays ».

———————-

NAE est le réseau des acteurs de l’aéronautique, du spatial, de la défense et de la sécurité en Normandie. Fondée en 1998 et présidée par Philippe Eudeline (Directeur Innovation Thales LAS), l’association NAE est aujourd’hui constituée de 160 membres : des grands groupes industriels, plusieurs aéroports et une base militaire, de nombreuses PME / ETI, des start-up, des laboratoires de recherche et des établissements d’enseignement. La filière représente globalement plus de 21.500 salariés pour 3,7 milliards d’Euros de chiffre d’affaires en 2018 en Normandie. NAE est membre du GIFAS et du GICAT.

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https://theatrum-belli.com/les-entreprises-de-normandie-aeroespace-nae-renforcent-leurs-positions-dans-la-defense/

Grèce, braderie de bases militaires aux États-Unis

« L’ART DE LA GUERRE »

Grèce, braderie de bases militaires aux États-Unis

par Manlio Dinucci

Les États-Unis ont habilement profité des déboires économiques de la Grèce pour lui imposer un traité leur permettant de barrer la route de la mer Noire à la Russie. Seuls les députés communistes grecs et leurs alliés s’y sont opposés.RÉSEAU VOLTAIRE | ROME (ITALIE) | 11 FÉVRIER 2020 ITALIANOESPAÑOLTÜRKÇEROMÂNĂ

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JPEG - 38.6 koLe 5 octobre 2019, le ministre grec de la Défense, Nikólaos Panayotópoulos, et le secrétaire d’État US, Mike Pompeo, signent à Athènes un « Accord de coopération pour la défense réciproque » (Mutual Defense Cooperation Agreement).

Le Parlement grec a ratifié l’ Accord de coopération pour la défense réciproque, qui concède aux États-Unis l’usage de toutes les bases militaires grecques. Elle serviront aux forces armées US non seulement pour stocker des armements, s’approvisionner et s’entraîner, mais aussi pour des opérations de « réponse d’urgence », c’est-à-dire pour des missions d’attaque.

Particulièrement importante la base de Larissa, où l’US Air Force a déjà stocké des drones MQ-9 Reaper et celle de Stefanovikio, où l’US Army a déjà déployé des hélicoptères Apache et Black Hawk.

L’Accord a été défini par le ministre grec de la Défense, Nikólaos Panayotópoulos, comme « avantageux pour nos intérêts nationaux, parce qu’il accroît l’importance de la Grèce dans la planification US ». Importance que la Grèce a depuis longtemps : il suffit de se rappeler du sanglant coup d’État des colonels, organisé en 1967 dans le cadre de l’opération Stay-Behind dirigée par la CIA [1], auquel succéda, ici en Italie, la période des massacres commencée avec celle de Piazza Fontana en 1969 [2].

Lors de cette même année s’installa en Grèce, à Souda Bay dans l’île de Crète, un Détachement naval US provenant de la base de Sigonella en Sicile, sous les ordres du Commandement US de Naples. Aujourd’hui Souda Bay est une des plus importantes bases aéronavales USA/Otan en Méditerranée, employée dans les guerres au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. À Souda Bay le Pentagone investira 6 nouveaux millions d’euros, qui s’ajouteront aux 12 qu’il investira à Larissa, annonce Panagiotopoulos, en le présentant comme une grande affaire pour la Grèce.

Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis précise cependant qu’Athènes a déjà signé avec le Pentagone un accord pour la potentialisation de sa flotte de F-16, qui coûtera à la Grèce 1,5 milliards de dollars, et qu’elle est intéressée aussi par l’achat aux USA de drones et chasseurs F-35.

La Grèce se distingue en outre pour être dans l’Otan, après la Bulgarie, l’allié européen qui consacre depuis longtemps à la dépense militaire le plus haut pourcentage du PIB (2,3%).

L’Accord garantit aussi aux États-Unis « l’usage illimité du port d’Alexandroupoli » [3]. Celui-ci est situé sur la mer Égée au bord du détroit des Dardanelles qui, reliant en territoire turc la Méditerranée et la mer Noire, constitue une fondamentale voie de transit maritime surtout pour la Russie. De plus la Thrace orientale limitrophe (la petite partie européenne de la Turquie) est le point où arrive de Russie, à travers la mer Noire, le gazoduc Turk-Stream.

L’« investissement stratégique », que Washington est déjà en train d’effectuer dans les infrastructures portuaires, vise à faire d’Alexandroupoli une des plus importantes bases militaires US dans la région, en mesure de bloquer l’accès des navires russes à la Méditerranée et, en même temps, de contrecarrer la Chine qui souhaite faire du Pirée une importante escale de la Nouvelle Route de la Soie.

« Nous sommes en train de travailler avec d’autres partenaires démocratiques dans la région pour repousser des acteurs maléfiques comme la Russie et la Chine [4], avant tout la Russie qui utilise l’énergie comme instrument de son influence maléfique », déclare l’ambassadeur US à Athènes Geoffrey Pyatt, en soulignant qu’ « Alexandroupoli a un rôle crucial pour la sécurité énergétique et la stabilité de l’Europe ».

C’est dans ce cadre que s’insère l’Accord de coopération pour la défense réciproque avec les USA, que le Parlement grec a ratifié avec 175 voix pour, du centre-droit au gouvernement (Nouvelle Démocratie et autres) et 33 contre (Parti Communiste et autres), tandis que 80 ont déclaré « présent » selon la formule du Congrès US, équivalent à l’abstention, en usage au Parlement grec. C’est Syriza qui s’est abstenu, la Coalition de la Gauche Radicale conduite par Aléxis Tsípras. D’abord parti de gouvernement, maintenant dans l’opposition, dans un pays qui, après avoir été obligé de brader sa propre économie, maintenant brade non seulement ses bases militaires mais le peu qui lui reste de sa souveraineté.

Manlio Dinucci

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

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[1] « La guerre secrète en Grèce », par Daniele Ganser, Réseau Voltaire, 24 août 2013.

[2] « Quand le juge Felice Casson a dévoilé le Gladio… », par Daniele Ganser, Réseau Voltaire, 17 octobre 2009.

[3] « Alexandroupolis, nouvelle base US contre la Russie », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 24 septembre 2019.

[4] « Grèce, le facteur Otan », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 7 avril 2015

.https://www.voltairenet.org/article209189.html

Envoi d’importants renforts militaires turcs à Idlib

Envoi d’importants renforts militaires turcs à Idlib

 5 heures ago Strategika51

La Turquie est en train de dépêcher d’importants renforts militaires à Idlib, comprenant notamment des chars de bataille lourds Leopard 2A4 AMT et des systèmes lance-roquettes multiples Rokestan T-122 Sakarya CNRA (122.4 mm/4.8 inches), des canons 155 mm Firtina (Tempête) KMO et des véhicules blindés.

Char Leopard 2A4 AMT sur un porte-chars en route pour Idlib

La nature des renforts militaires turcs démontrent qu’Ankara se prépare à une confrontation classique sur le sol syrien pour stopper la progression rapide des forces armées syriennes soutenues par les forces aérospatiales russes vers le Chef-lieu de la province rebelle d’Idlib, notamment après l’effondrement des défenses rebelles conjointes à Sarakeb. La chute de ce verrou stratégique a permis en effet à l’Armée syrienne de parvenir aux alentours de la base aérienne de Taftanaz et de menacer la capitale provinciale d’Idlib où se concentrent tous les mouvements rebelles syriens.

Les turcs offrent déjà un puissant appui feu artillerie aux groupes rebelles syriens et la plupart des pertes syriennes mais aussi celles de « spécialistes russes » (terme vague utilisé par Moscou pour désigner des membres d’unités spéciales engagées au sol) sont dues par des tirs de roquettes turques d’une redoutable précision.

Les combats à Idlib opposent donc les unités de la 25ème brigades des opérations spéciales ou la brigade Tigre, soutenue par les forces aérospatiales russes d’un côté et les rebelles syriens soutenues par les chars et l’artillerie de campagne des forces armées turques.

Les syriens et leurs alliés russes ont remporté une grande victoire à Sarakeb en faisant sauter un verrou stratégique sur la route de Taftanaz et du Chef-lieu d’Idlib mais il semble que l’ensemble des pays occidentaux et arabes du Golfe s’opposent totalement à la poursuite de cette offensive et mettraient en branle l’ensemble de leurs appareils médiatiques de propagande (les fameuses pleureuses professionnelles et autres hurleuses au loup) pour soutenir les rebelles qu’ils présenteront volontiers comme des « combattants de la démocratie » et ces derniers n’hésiteront nullement à le prouver en montant des attaques sous faux pavillon aux armes chimiques (suite du feuilleton du chlore) qu’ils imputeront aux forces gouvernementales syriennes.

Des contacts entre Moscou et Ankara sont en cours pour négocier un cessez-le-feu afin d’éviter une escalade vers l’inconnu car le potentiel de situation à Idlib est susceptible d’aboutir à une confrontation directe entre la Russie et la Turquie et donc entre la Russie et l’Otan.https://strategika51.org/2020/02/10/envoi-dimportants-renforts-militaires-turcs-a-idlib/

Cette souveraineté industrielle que l’Union européenne laisse s’effriter face aux assauts

Décryptages » Cette souveraineté industrielle que l’Union européenne laisse s’effriter face aux assautsEUROPE03 février 2020© LUDOVIC MARIN / AFPBOUCLIER EUROPÉEN

Cette souveraineté industrielle que l’Union européenne laisse s’effriter face aux assauts

Les Etats-Unis veulent acheter une partie de notre industrie de défense, la Chine veut le contrôle de la 5G en Europe… Les prédateurs se multiplient. L’Europe ne se soucie pas suffisamment de sa souveraineté industrielle.AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN3128Avec Les Arvernes

Atlantico.fr : Les USA veulent acheter une partie de notre industrie de défense (Photonis et Latécoère), les sanctions du DOJ américain continuent à l’encontre de nos géants (après Areva, c’est au tour de Airbus de payer un lourd tribut). Dans le même temps, la Chine veut le contrôle de la 5G en Europe, au risque une nouvelle fois, de sanctions américaineS tandis que l’arrivée prochaine des Nouvelles Routes de la Soie promet de bouleverser le marché européen. Côté armement, après l’Italie, la Belgique et les Pays-Bas, la Pologne vient d’acheter des avions de combats américains, sans considérer d’offre européenne et notamment française. 

Les prédateurs semblent se multiplier : L’Europe ne se soucie-t-elle pas suffisamment de sa souveraineté industrielle ? 

Les Arvernes : Le principe même de souveraineté est contraire à l’ADN de la construction européenne. La colonne vertébrale de la construction c’est le « doux commerce » au sens de Montesquieu. Pour l’Union européenne, il n’a longtemps été pas de concurrents ou de rivaux : seuls des partenaires commerciaux qui s’ignorent. C’est la raison pour laquelle elle a toujours été profondément libre-échangiste, et a enchainé les erreurs, la première, emboitant le pas à l’Amérique de Bill Clinton, étant de laisser entrer la Chine dans l’OMC à des conditions trop favorables pour cette dernière.

Bien sûr, elle commence à changer, sous deux réalités qui la dérangent, et après laquelle elle court. La première réalité, c’est le renfermement du monde, le retour des frontières, la remise en avant des intérêts nationaux, dont la politique de Donald Trump est une manifestation spectaculaire. La seconde, c’est que l’Europe, selon le mot de Montalembert, conçoit le libéralisme comme celui du « renard libre dans le poulailler libre ». Il est très facile d’être libre échangiste quand on est le plus fort. Maintenant que dans le poulailler l’Europe s’aperçoit qu’il y a un dragon chinois, un tigre indien etc. elle se préoccupe tout d’un coup de se défendre. En ce sens, la résurgence de la souveraineté industrielle est d’abord la prise de conscience de la fragilité industrielle d’une Union européenne qui s’est trompée sur la réalité des relations économiques et politiques internationales.

La création d’un géant des batteries franco-allemand peut-elle être le point de départ d’une souveraineté retrouvée ? 

Le projet est politique au moins autant qu’économique. Sa symbolique n’est pas à sous-estimer.

Cela dit, quand l’on regarde de plus près, le sujet pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses. Quelles ressources, sachant que l’Europe ne dispose pas de lithium ou de cobalt sécurisé, tout étant aux mains des chinois ? Quelle compétitivité, sachant que, là encore, les chinois produisent environ 75% du marché avec des prix sur lesquels l’Europe ne pourra pas s’aligner, à part quelques marchés de niche ? Quelle gouvernance, la seule entreprise qui tienne vraiment la route étant SAFT (Groupe Total), l’Allemagne, très en retard, acceptera-t-elle un rôle de second rang ? On peut en douter quand on voit la mauvaise volonté mise Outre-Rhin pour ce qui concerne le futur avion de combat SCAF, alors même qu’il est politiquement acté que la France (et donc Dassault Aviation) est tête de file. Etc.

L’Europe est-elle vouée à rester coincée entre Est et Ouest ? 

Les notions d’Est et Ouest européens pourraient faire penser qu’il existe un bloc d’intérêts ou de perception des enjeux à l’Ouest, un autre à l’Est. Ce n’est que partiellement vrai.

Il est vrai qu’en matière de défense, et donc d’industrie de défense et d’achat de matériel, l’Est européen, n’en déplaise à Paris, ne conçoit pas sa sécurité hors de l’Otan, donc des Etats-Unis. L’achat récent d’avions de chasse F35 par la Pologne n’est, exemple parmi d’autre, que le dernier avatar d’une habitude bien prise de la part de polonais.


Cela dit, l’idée qu’il existerait un « bloc de l’Ouest » ne résiste pas à l’analyse. Sur le plan militaire, rappelons que la Belgique a – de fait – récemment écarté le Rafale de la compétition pour la modernisation de sa flotte de combat aérien. Le fait majeur dans le domaine militaire, c’est que l’Europe de la défense que Paris entrevoit est une ineptie pour la plupart de ses partenaires, y compris l’Allemagne. Sur un plan économique plus global, parler de division Est/ Ouest, c’est faire bon marché du fait que l’Allemagne a progressivement reconstitué une Mitteuleuropa en délocalisant massivement ses industries dans les ex pays de l’Est.

La France a-t-elle les moyens d’être le moteur de l’Europe en matière de souveraineté industrielle ? 

Si la France veut être le moteur de quoi que ce soit en Europe, qu’elle commence à se réformer elle-même. Quand on a 80% de l’ensemble du déficit budgétaire cumulé de la zone euro en 2019, quand on n’est pas capable de fixer l’âge de la retraite à 64 ans alors que beaucoup de nos partenaires sont à 67 ans, quand on a un l’un des taux de chômage les plus élevés, quand on a un déficit chronique de son commerce extérieur, on n’est pas en position de proposer quoi que ce soit avec l’espoir d’être écouté.

Les commentaires de cet article sont à lire ci-aprèsLe sujet vous intéresse ?Mots-clés :Etats-UnisWashingtonDéfensearmeChineeurope5gPologneventestratégiecommerceThématiques :EUROPE

https://www.atlantico.fr/decryptage/3587011/cette-souverainete-industrielle-que-l-union-europeenne-laisse-s-effriter-face-aux-assauts-des-etats-unis-et-de-la-chine-les-arvernes

Budget des armées : comment gérer le coût des opérations militaires

Budget des armées : comment gérer le coût des opérations militaires

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Publié par Jean-Baptiste Le Roux le 14 Novembre 2019

Sentinelle sur le territoire nationale, les OPEX à l’extérieur. L’hôtel de Brienne est une fois encore confronté à un problème budgétaire : la gestion financière de ces opérations.

1,39 milliard d’euros d’opérations en 2019

Budget des armées : comment gérer le coût des opérations militaires

Sentinelle et les opérations extérieures ont beau être décidées par l’exécutif, c’est l’armée qui paye. Ce fut le cas les deux dernières années. Pour l’année 2019, rien ne va changer. C’est du moins ce que l’on peut comprendre à la lecture du projet de loi de finances rectificative. Pour la seule année 2019, les missions à l’intérieur du territoire français comme Sentinelle, et les opérations extérieures auront coûté à la Défense la jolie somme de 1,39 milliard d’euros.

La bonne nouvelle, c’est que sur cette somme, 950 millions d’euros ont déjà été provisionnés, au titre du budget 2019. Il s’agit dans le budget de la Défense d’une case spécifique, dédiée aux opérations extérieures. La moins bonne nouvelle, c’est qu’il reste 448 millions d’euros à trouver pour que la Défense rentre dans son budget. Heureusement, il semblerait qu’une solution ait été trouvée pour gérer ce surcoût.

Un surcoût moins important que l’année passée

D’après le quotidien La Tribune , il semblerait que sur ce reste à charge, 37 millions d’euros soient pris en charge par des institutions internationales. Le quotidien croit également savoir que pour financer le surcoût, l’hôtel de Brienne ait pu obtenir des crédits supplémentaires, à hauteur de 214 millions d’euros, et d’un redéploiement de crédits non utilisés les années précédentes, de 197 millions d’euros.

Pour rappel, l’année précédente, le surcoût des opérations militaires françaises avait été calculé à 1,37 milliard d’euros. Un chiffre légèrement inférieur à celui de cette année. Mais la situation l’an dernier était tout de même radicalement différente. En effet, le surcoût laissé à la charge de la Défense était bien plus important, puisqu’il avait atteint près de 720 millions d’euros.

Tags : A la uneArméesBudgetCoûtDéfenseEtatGouvernementInternationalLoi de financesministère des ArméesNationalOPEXOpérationsSentinelle

https://www.enderi.fr/Budget-des-armees-comment-gerer-le-cout-des-operations-militaires_a566.html

secrets d’Etat : quand la lutte anti-terroriste s’écarte des sentiers battus (et légaux)

Secrets d’Etat : quand la lutte anti-terroriste s’écarte des sentiers battus (et légaux)POLITIQUE

10 août 2019© Reuters

TOP SECRET

Secrets d’Etat : quand la lutte anti-terroriste s’écarte des sentiers battus (et légaux)

Alors que l’enquête sur l’attentat de la rue de Rosiers est toujours en cours 37 ans après, l’ancien patron du renseignement français, Yves Bonnet, a reconnu, devant la justice française qu’un accord secret avait été passé entre les services de renseignement français et Abou Nidal, le groupe qui en est très certainement responsable.AJOUTER AU CLASSEURLECTURE ZEN138Avec Eric Denécé

Atlantico : Les accords comme celui passé entre les renseignements français et le groupe potentiellement responsable de l’attentat de la rue des Rosiers qui avait fait 6 morts et 22 blessés sont-ils monnaie courante en France ?

Eric Dénécé : Non, mais de telles pratiques ont existé et continueront probablement d’exister. Toutefois, elles restent tout à fait exceptionnelles. De plus, pour qu’un tel accord puisse avoir lieu, il faut avoir quelqu’un avec qui négocier, c’est-à-dire une organisation hiérarchisée capable de faire respecter sa décision à tous ses membres. Cela a été a le cas avec Abou Nidal ainsi qu’avec les services syriens de Rifaat El -Assad. Mais cela n’est pas possible avec des organisations comme Daesh ou Al-Qaeda qui ne contrôlent qu’une petite partie de leurs membres et génèrent, par leur idéologie,  des vocations terroristes qu’elles ne découvrent souvent qu’à l’occasion d’un attentat. Il est impossible de négocier avec cette nouvelle forme de terrorisme. Ce qui a été « conclu » avec Abou Nidal ou Rifaat El-Assad a peut-être aussi été négocié avec d’autres groupes palestiniens, voire l’ETA ou l’IRA.En contrepartie du fait que ces groupes s’engagent à ne pas commettre d’attentats sur le sol français (contre des cibles françaises, israéliennes, américaines… ou autre) ou contre les ressortissants et intérêts français à l’étranger, le pouvoir politique les autorise à entrer sur notre territoire sans qu’ils soient poursuivis ou appréhendés. Ces terroristes peuvent donc venir s’y reposer ou s’y faire soigner, y installer leur famille et leurs proches pour les mettre à l’abri. Cela ne signifie pas qu’ils ne soient pas surveillés, ni que des activités illégales sur notre sol leur soient permises (entrainement, levée de fonds, etc.) : ils doivent également s’engager à ne conduire aucune action de ce type. Un exemple récent de ce type d’entente conclue avec un mouvement considéré comme terroriste est celui des Moudjahidines du peuple iranien. Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, ce groupe qui conduit des attentats en Iran a été perquisitionné par la police française qui le soupçonnait de ne pas tenir ses engagements et de préparer, depuis le sol français, des opérations en Iran. 

Est-ce là une stratégie efficace et assumée ?

Lorsqu’elle est possible, oui. Elle permet en premier lieu de protéger nos concitoyens et de limiter le nombre d’adversaires contre lesquels nous devons lutter.La France n’est pas la seule a user de cette méthode. Les Américains avec l’IRA, les Britanniques avec des groupes terroristes islamistes (jordaniens, etc.) l’ont également pratiquée.Bien sûr, cela génère toujours des tensions internationales avec les Etats qui sont victimes des attaques de ces groupes terroristes. C’est pourquoi il est essentiel de faire respecter la neutralité de ceux qui trouvent refuge, dans le cadre d’un tel accord, sur notre territoire. Car s’ils profitaient de cette situation pour organiser des attentats, cela générait immédiatement une riposte, sur notre sol, des services spéciaux des pays ciblés qui chercheraient alors à éliminer ces cellules actives. C’est donc une situation très délicate, qui doit être contrôlée constamment et qui peut être remise en question à tout moment. Le fait que les familles des activistes puissent trouver refuge en France est une redoutable monnaie d’échange pour s’assurer du respect des règles édictées. 

Est-ce bien là le rôle des services secrets ? 

Oui, car leur mission,  à côté de ce que l’on appelle la guerre de l’ombre, c’est aussi de conduire une certaine forme de diplomatie secrète. Evidemment, la conclusion de ce type d’accord ne se fait jamais sans l’aval du politique, même si tous les gouvernements nient être au courant. La décision est et reste politique, même si la négociation et le contrôle de la mise en oeuvre sont conduits par les services. De plus, pendant qu’ils sont – ponctuellement le plus souvent – sur notre territoire, nous pouvons mieux les étudier, les comprendre, les connaitre, ce qui sera utile si les hostilités avec eux reprenaient. Cela permet aussi de créer un éventuel canal de négociation entre ces groupes et les cibles auxquelles ils s’en prennent. Mais bien évidemment, des tels accords ne sont jamais rendus publics dans l’instant, mais sont souvent révélés des décennies plus tard. https://www.atlantico.fr/decryptage/3577538/secrets-d-etat–quand-la-lutte-anti-terroriste-s-ecarte-des-sentiers-battus-et-legaux-

Livre blanc sur la défense : ce que la Chine veut dire au monde

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Livre blanc sur la défense : ce que la Chine veut dire au monde

Tribune1 août 2019Par Hugo Decis

La République populaire de Chine vient de publier un nouveau livre blanc sur la défense nationale au titre évocateur « la Défense de la Chine dans l’ère nouvelle », censé résumer et présenter aux publics étrangers la teneur des grandes orientations stratégiques de Pékin. Plus qu’aux citoyens chinois, c’est en effet avant tout à la communauté internationale que ce livre blanc est réellement adressé, la rédaction d’un document stratégique public relevant d’abord de l’exercice diplomatique. À travers lui, la Chine entend s’adresser au monde ; elle y expose sa vision, ses modes de pensées et ses priorités stratégiques.

La Défense de la Chine dans l’ère nouvelle s’articule autour d’un narratif principal, celui de la Chine forte mais paisible, présentée comme profondément attachée à la paix, soucieuse d’assurer son développement et celui de l’Humanité et consciente de la nécessité de préserver ses intérêts immédiats. Cet exercice de communication relevant de la diplomatie publique de l’État chinois correspond en ce sens à une volonté de diffuser à l’international l’idée selon laquelle la Chine et le Parti communiste chinois ne recherchent qu’une chose : l’avènement d’un ordre centré autour de la paix et de la prospérité pour tous.

L’exercice est délicat : en un seul document, la Chine doit d’une part étaler sa puissance et l’importance des réformes entreprises dans le domaine de la défense et, d’autre part, rappeler son attachement à la paix, son rejet de la violence armée utilisée à des fins politiques et son désir de favoriser la résolution diplomatique des conflits la concernant. Entre autres adversaires clairement identifiés, les États-Unis sont présentés comme l’antithèse de la Chine et accusés « de provoquer et d’intensifier la concurrence entre les puissances mondiales », ou encore d’avoir « bouleversé les équilibres stratégiques » propres à l’Asie orientale. La Chine, a contrario, serait avant tout attachée à la préservation du statu quo et, surtout, le porte-étendard du multilatéralisme. Cette représentation du monde en faveur de Pékin constitue la seconde idée importante portée par ce document.

Quid alors des importantes dépenses consenties par la Chine dans le domaine militaire, estimées à près de 240 milliards de dollars en 2018 par le Center for Strategic and International Studies (CSIS) ? D’après ce livre blanc, celles-ci seraient « raisonnables et appropriées », la réforme des forces armées chinoises, l’acquisition de matériels modernes et le développement de nouveaux systèmes d’arme ne servant in finequ’à assurer la protection du territoire national et de ses approches maritimes. Il est intéressant de noter, en ce sens, que les données mises en avant par la Chine diffèrent largement des différentes estimations proposées par la Banque mondiale, ce livre blanc mentionnant pour la période 2012-2017 des dépenses militaires moyennes représentants 1,3% du PIB chinois, contre 1,9% pour la Banque mondiale.

Si la Chine affirme que les séparatistes taïwanais ne représenteraient qu’une minorité peu importante, elle assure néanmoins ne pas renoncer à l’usage de la force et se présente prête à prendre « l’ensemble des mesures nécessaires » à la politique d’une seule Chine, une annonce adressée aussi bien aux séparatistes mentionnés plutôt qu’aux puissances étrangères accusées de soutenir l’indépendantisme de Taïwan. Cette déclaration publique doit être interprétée dans un contexte où se multiplient les incidents liés aux transits de bâtiments militaires étrangers dans le détroit de Taïwan, conformes au droit international, mais par essence diamétralement opposés à la politique d’une seule Chine niant l’indépendance de la République de Chine vis-à-vis de la Chine continentale.

La Chine, à travers ce document, n’hésite pas à lister les sujets qui retiennent son attention : en plus des ingérences étrangères en Mer de Chine qu’elle entend dénoncer – alors que ces dernières constituent autant de tentatives afin d’obtenir de Pékin le respect de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS) –, la Chine insiste sur son bilan dans le domaine de la lutte antiterroriste, en mettant par exemple en avant la neutralisation de près de 1 600 « gangs terroristes » et l’arrestation de près de 13 000 individus dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang. C’est d’ailleurs la seule référence que ce document s’autorise à la communauté ouïghoure, pourtant victime de persécutions généralisées, dénonçant au passage les atteintes des partisans du « Turkestan Oriental » à l’unité de la nation chinoise.

L’État chinois n’hésite plus à mettre en avant son attachement à la sécurité de ses intérêts étrangers ainsi qu’à celle de ses ressortissants, de plus en plus nombreux dans l’Indopacifique, en Afrique et en Amérique du Sud du fait de la multiplication des partenariats et des programmes de coopération. Cette préoccupation, qui augure un renforcement des moyens qui y sont alloués, peut pourtant être interprétée différemment : elle indique une normalisation de la puissance chinoise qui, en admettant que la sécurité de la Chine ne se limite plus à la stricte défense de son territoire et de ses approches territoriales devra non seulement se doter de moyens adaptés à cette nouvelle donne stratégique, mais aussi d’une politique étrangère pensée en conséquence. En même temps qu’elle se renforce, la puissance chinoise se normalise et se rationalise en se rapprochant lentement mais sûrement des pratiques occidentales.

Cette double dynamique de rationalisation et normalisation se retrouve ainsi dans le domaine militaire : la Chine applique au sein de ses armées des réformes ambitieuses, combinant à la lutte contre la corruption celle pour une meilleure allocation des moyens et un renforcement du contrôle du pouvoir central sur les nombreuses branches de la force militaire chinoise, des forces armées conventionnelles aux milices, en passant par le milieu universitaire concerné en faisant passer de 77 à 44 le nombre d’universités dédiées à l’instruction et à la recherche militaire. Les réformes concernent en ce sens aux structures de commandement de l’armée chinoise et doivent autoriser l’émergence à l’horizon 2050 d’une « force armée de classe mondiale ».

Le message contenu dans ce document et adressé au monde est clair : la Chine entend rester maîtresse en sa demeure, l’Asie orientale et l’Asie-Pacifique ; elle regrette la multiplication des ingérences étrangères dans ces espaces et rappelle son attachement à la paix et au multilatéralisme tout en exposant longuement l’étendue de ses capacités militaires. In fine, elle exprime l’importance pour Pékin de l’unité de la nation chinoise, de Taïwan au Xinjiang en passant par le Tibet, et réaffirme sa volonté de combattre l’ensemble des entités susceptibles de s’opposer à ses nombreux desiderata. La situation à Hong Kong, que La Défense de la Chine dans l’Ère nouvelle ne mentionne même pas, devrait en ce sens constituer un nouveau défi pour un État chinois tout aussi attaché à son image qu’opposé aux sentiments réformistes et séparatistes.

https://www.iris-france.org/139369-livre-blanc-sur-la-defense-ce-que-la-chine-veut-dire-au-monde/

ASSURER SEUL SA DÉFENSE ?

ACTUS – NEWSDÉFENSEG2S ASSOCIATION

G2SGénéral Desportes

ASSURER SEUL SA DÉFENSE ?


G2S

G2S5 JUILLET 2019

Soldats belges. Crédit : DR.

Pour le GDI (2S) Vincent DESPORTES, l’OTAN, tel que nous la connaissons, vit ses dernières années. Pris individuellement aucun pays, y compris la France, n’a les moyens d’assurer seul sa défense dans tous les domaines Il y a donc urgence à bâtir une défense de l’Europe avec les pays qui en partagent notre vision des enjeux.

LA DÉFENSE, OUTIL IMPÉRATIF DE L’AUTONOMIE EUROPÉENNE

Les Européens ont longtemps cru que, pour avoir éliminé la guerre sur leur propre sol, ils l’avaient éradiquée. La montée des tensions internationales, la renaissance des politiques de puissance, l’explosion du terrorisme les ramènent à la raison. La guerre a toujours un bel avenir et les rapports humains demeurent des rapports de force. Dès lors, raisonner seulement économie en acceptant le nanisme politique et militaire est une faute : on ne peut penser l’Europe sans espérer sa maturité stratégique, donc sans vouloir son autonomie, donc sans bâtir sa défense.

POURQUOI FAUT-IL CONSTRUIRE L’EUROPE DE LA DÉFENSE ?

C’est impératif d’abord, parce que, en termes de défense, l’échelle des nations européennes est dépassée. Une puissance moyenne ne peut plus se doter d’un système de défense cohérent, comme ce fut le cas jusqu’au milieu du XXe siècle. Pour deux raisons.

  • La première relève de l’expansion continue des domaines de conflictualités. La guerre n’abandonne jamais un espace dont elle s’est emparée. Il fallait hier être capable de combattre sur terre, puis sur mer ; les évolutions technologiques du XXe siècle ont imposé aux armées de détenir des capacités de combat dans la troisième dimension, air puis espace, et – pour certaines – nucléaires. Le XXIe siècle rajoute le cyberespace et il faudra demain se défendre dans tout nouvel espace conquis par l’homme. À l’expansion des espaces de guerre ne correspond nullement celui des budgets militaires de plus en plus chichement comptés. A supposer qu’il en ait la volonté politique, un État européen n’est plus en mesure de constituer en solo une capacité d’action substantielle dans les cinq espaces d’affrontement.
  • La deuxième raison relève de l’accroissement exponentiel du coût des équipements. Chaque nouvelle génération d’armement multiplie par 10 (et parfois davantage) le coût des systèmes d’armes alors même que les équipements sophistiqués fabriqués en petite série ont un coût prohibitif. Tout État est donc contraint de réduire son parc à chaque saut générationnel… ou d’accepter le décrochage technologique.

La conséquence ? Sauf pour les superpuissances dotées de vastes moyens budgétaires, le choix se fait entre un système de défense échantillonnaire, affaibli de déficiences capacitaires béantes, et le rétablissement de la cohérence et de l’exhaustivité à un niveau supranational. Pour les nations européennes, il est donc techniquement nécessaire de retrouver à ce niveau
les capacités manquantes au niveau national.

C’est ici qu’apparaît à nouveau la nécessité de l’Europe de la défense : ce niveau supranational doit être fiable. Or, si cela a été longtemps le cas de l’Alliance atlantique, c’est fini. Les Européens savent que leur défense ne vaut que par la garantie américaine… mais elle est devenue un mythe pernicieux.

Ils tentent de se rassurer : « la défense collective, c’est l’OTAN ». Exact, pour un certain temps encore… mais hasardeux !

Les États-Unis assurent la part majeure du budget de l’OTAN et quand ils seront définitivement tournés vers leur Ouest, il n’y aura plus de défense collective de l’Europe ! Ce « pivot stratégique » de l’Atlantique vers le Pacifique reflète la réalité du monde. Dans moins de vingt ans, la population américaine d’origine européenne sera devenue minoritaire et le vieux réflexe de défense de la « terre des ancêtres » aura disparu. Les États-Unis, affranchis de leur dépendance énergétique à l’égard du Proche-Orient, pourront certes connaître de brefs regains d’intérêt pour l’Europe mais soyons sans illusions : jamais plus le soldat RYAN ne viendra mourir sur une plage d’Europe… d’autant qu’il s’appellera RAMIREZ ! N’imaginons pas qu’une fois la page TRUMP tournée, le flot s’inversera : il s’agit d’une tendance lourde. Le découplage États-Unis/Europe est inéluctable : TRUMP n’est pas un accident de l’histoire.

Ne pouvant lier son destin à une puissance dont les intérêts stratégiques s’éloignent des siens, l’Europe doit prendre acte que l’OTAN n’est plus son assurance tous risques et réagir, vite : elle ne dispose plus que de quelques années pour construire son propre système de défense. À défaut, elle se trouvera fort démunie lorsque le dernier navire de l’US Navy aura quitté Anvers pour ramener à Baltimore le dernier soldat américain.

Enfin, soyons en sûrs, le monde a besoin d’Europe. Qu’on le veuille ou non, notre monde né le 26 juin 1945 à San Francisco est aujourd’hui moribond. Or, notre planète en ébullition, en mutation profonde, de moins en moins régulée par des organisations faiblissantes, notre planète a besoin d’Europe.
Une Europe née de l’entrechoquement sanglant des ambitions nationales, puis des Lumières, puis de massacres encore, une Europe devenue pôle de sagesse et d’équilibre, une Europe creuset et porteuse des valeurs humanistes, une Europe aux ambitions désormais raisonnables, facteur d’apaisement dans un monde qui court à nouveau vers le gouffre.

L’Europe doit jouer son rôle dans le monde. Mais pour cela elle doit être entendue, donc militairement forte. Car depuis que le monde existe, son histoire est ainsi faite : les valeurs ne valent que par la puissance de l’épée, la voix ne porte qu’en fonction du calibre des canons. Or aujourd’hui l’Europe, privée de puissance militaire commune, est un continent aphone. Cela explique que la France joue aujourd’hui un rôle plus important que l’Europe sur la scène internationale : elle peut s’engager concrètement, au cœur des crises. Sa voix porte bien davantage que celle de l’Europe.

QUEL MODÈLE POUR LA DÉFENSE DES PAYS EUROPÉENS ?

L’armée européenne est-elle la solution ? Elle est plutôt une Vision, mais une vision à long terme. En effet, une armée démocratique est nécessairement une armée de citoyens : tant qu’il n’y aura pas de citoyens européens, il n’y aura pas d’armée européenne. Celle-ci suppose une autorité politique légitime décidant pour les nations de l’intérêt stratégique commun, donc, si nécessaire, de l’engagement des forces – et de la mort… – au combat. Nous en sommes loin. Mais c’est une vision utile, un jalon ultime.

Il faut donc construire auparavant – et urgemment : il nous reste vingt ans tout au plus – une armée des nations européennes. Pas des 27 nations : nous n’avons plus le luxe du rêve. L’élargissement européen a été poussé par l’Oncle Sam pour dissoudre l’Europe dans l’espace : résultat brillamment atteint. De Paris à Budapest, les perceptions des menaces et des intérêts stratégiques, les cultures opérationnelles, sont trop divergentes pour que les pays de l’Union acceptent d’une seule voix de subordonner leur défense à la mise en commun de moyens dont ils auraient perdu la liberté d’emploi.

Le réalisme veut donc que l’on parte d’un noyau de nations souveraines capables de compromis stratégiques et d’érosion de leur autonomie au nom d’un intérêt supérieur accepté, dépassant les égoïsmes nationaux. Ce qui suppose une conscience claire de ce qui a été écrit plus haut, un volontarisme sans faille et un façonnage obstiné des opinions publiques pour le bien commun des citoyens. La solution aujourd’hui la plus prometteuse a fait ses preuves dans d’autres domaines – celui de la politique monétaire en particulier. C’est celle d’un Eurogroupe de défense, porté par les volontés conjointes de la France et de l’Allemagne, dans lequel les décisions seraient prises à la majorité qualifiée.

Dans un monde aux évolutions belligènes et en l’absence de capacité régulatrice internationale, il revient à l’Europe d’assumer sa défense commune. S’ils tiennent à leur civilisation, les Européens doivent se doter au plus tôt de moyens propres de défense : de manière réaliste, fermement mais pas à pas, en cessant de rêver à un ordre ancien définitivement disparu.

Peu importe, au fond, l’appellation. Ce dont l’Europe a besoin, c’est une défense de l’Europe, par l’Europe et pour l’Europe, disposant d’une capacité militaire autonome et intégrée, apte à défendre en autonomie ses intérêts et sa capacité à vivre comme elle l’entend.DéfenseÉtats-UnisEuropeG2SGénéral Desportes

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Embarquez avec les commandos d’élite des Forces spéciales

Embarquez avec les commandos d’élite des Forces spéciales

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Les forces spéciales mobilisées pour l’exercice Athena.DDM Pierre ChallierPublié le 23/06/2019 à 06:58      Défense – ArméeSécuritéSociétél’essentiel

Jusqu’au 28 juin, un entraînement majeur des Forces spéciales (FS) se déroule dans le Grand Sud, avant projection. Entre action clandestine et opérations conventionnelles, ces unités sont aujourd’hui incontournables dans tous les conflits modernes. Surtout lorsque se mènent des guerres de l’ombre entre états sur des territoires étrangers et lorsque la mobilité des terroristes jihadistes ignore toute ligne de front.

Ils détestent les projecteurs. Ne se présentent que visage couvert en public. Mais le 75e anniversaire du Débarquement et l’hommage aux 177 hommes du commando Kieffer comme la mort des maîtres Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello – les deux commandos Hubert tombés le 10 mai dernier lors de la libération de quatre otages au Bukina Faso – ont récemment replacé en pleine lumière les militaires des Forces spéciales (FS).PUBLICITÉinRead invented by TeadsPUBLICITÉinRead invented by Teads

Marine, armée de Terre, armée de l’Air, ils sont environ 4 300 sous les ordres du COS, le Commandement des opérations spéciales à Vélizy-Villacoublay. Descendants lointains de l’inventif Gédéon de l’Ancien Testament et, bien sûr, d’Ulysse «aux mille ruses», ils ont pour devise «Faire Autrement» : atout sans égal d’une frappe imprévisible contre l’ennemi.

Et pour conduire en autonomie de plus ou moins longues missions en terrain hostile, ils sont désormais un «outil indispensable à l’action d’un état moderne» (1), écrivait dès 2002 éric Denécé. Pourquoi ? Parce que ces commandos d’élite sont à la fois le «couteau suisse» et le «coup de poing américain» des gouvernants, dans un contexte de conflits asymétriques, d’univers flous et… de réduction des budgets militaires pour le «conventionnel», (le leur restant secret). Reconnaissance et renseignements, interventions en zones grises, sous uniforme, mais entre deux eaux et trois frontières… lutte antiterroriste, évacuations de ressortissants, libération d’otages, et, bien sûr, comme on l’a vu en Afghanistan fin 2001 ou au Mali, début 2013, ouverture d’un théâtre d’opérations : «Nous sommes là pour proposer aux décideurs une panoplie d’options permettant de graduer la réponse en fonction des résultats politiques qu’ils souhaitent, lorsque la situation ne permet pas d’intervention massive», rappelle un officier.

Toujours garder un coup d’avance

Dans le Grand Sud ? La Nouvelle-Aquitaine concentre les FS de l’armée de Terre, avec le 1er RPIMa à Bayonne dans les Pyrénées-Atlantiques, le 13e RDP à Martignas-sur-Jalle en Gironde et le 4e Régiment d’hélicoptère des forces spéciales à Pau, ville de leur état-major (COM-FST) dans les Pyrénées-Atlantiques. Mais cette semaine, c’est aussi depuis Mont-de-Marsan et Captieux dans les Landes que les Forces spéciales air (FSA) poursuivent avec leur Commando parachutiste de l’Air n° 10 (CPA10) et leurs escadrons «Poitou» et «Pyrénées» leur entraînement annuel majeur, appuyés par le régiment de chasse «Normandie Niemen» de Mont-de-Marsan et les drones de Cognac, mais aussi et pour la première fois, avec la participation de FS américaines et espagnoles.

Commandos parachutistes des trois armes, équipages de transport, d’hélicoptères et de Rafale réunis pour «Athéna» : par son nom, l’exercice rappelle que la déesse casquée a soufflé à Ulysse l’idée du cheval de Troie. Mais surtout que ces hommes, à la maîtrise technique hors normes, se doivent toujours d’être à la pointe de l’innovation pour maintenir ce «coup d’avance» qui fait tout l’intérêt de cet instrument géopolitique primordial. Outil exceptionnel dont la sécurité même semble pourtant bien avoir été négligée au Sahel par le recours à des sociétés privées douteuses aux avions parfois «poubelle» pour le transport des FS, a révélé «Le Monde» la semaine passée et interpellé le député LR François Cornut-Gentille. «Faire autrement» ? Côté investissements de l’état en moyens aériens pour les forces, il y a toujours urgence.

(1) Forces spéciales, l’avenir de la guerre? Aux éditions du Rocher.


Le général Rondel, chef du commandement des Forces Aériennes, ici avec l'un des pilotes de V22, espère développer cette coopération avec Américains et Espagnols. DDM/ P.C.
Le général Rondel, chef du commandement des Forces Aériennes, ici avec l’un des pilotes de V22, espère développer cette coopération avec Américains et Espagnols. DDM/ P.C. – DDM, Pierre Challier

Russes, Britanniques, Français, Américains, Israéliens, Chinois… et doctrines d’emploi

Gédéon, Ulysse, Hannibal… Depuis la plus haute antiquité, des guerriers et des généraux ont usé de stratagèmes «non conventionnels» pour vaincre ou dissuader l’ennemi. Mais les Forces spéciales proprement dites sont nées au XXe siècle, avec les Soviétiques qui ont développé leur propre savoir-faire durant l’entre-deux-guerres. Pour autant, c’est véritablement avec le Special Air Service (SAS) et le Special Operation Executive (SOE) britanniques durant la Seconde Guerre mondiale qu’elles se sont développées en Europe de l’Ouest, l’Angleterre formant notamment les Français libres, à l’instar du commando Kieffer mais également les résistants des pays occupés, grâce au SOE. Côté américain ? Le conflit avait aussi vu se développer les actions de l’OSS et de la «Brigade du Diable» du First Special Service Force mais les Special forces au béret vert sont nées en 1952 et sont montées en puissance au Vietnam, avant d’être réimposées par l’Afghanistan, en 2001.

Ailleurs ? Israël a bâti à partir de 1957 son modèle sur le SAS et sa réputation n’est plus à faire. Mais la Chine comme tout pays voulant afficher sa puissance militaire se doit désormais d’avoir ses propres forces spéciales et les niveaux de formation tendent à s’uniformiser. Ce qui fait, néanmoins que le «top 3» soit, selon éric Denécé, constitué par les Britanniques, les Américains et les Français (lire page3)? Pas uniquement la progression des armements et des équipements innovants, évidemment. «Les Russes, les Israéliens et les Chinois ont de très bonnes unités spéciales, mais aujourd’hui, ils n’ont pas le type de déploiement qu’ont ces trois puissances occidentales. Les Français, par exemple, se battent très loin de chez eux, sur des terrains très différents et depuis bientôt 20 ans sans discontinuer. Techniquement, Russes et Israéliens, par exemple, sont tout aussi bons. Mais les Russes, eux, interviennent surtout à la marge de l’ex-empire soviétique et les Chinois et les Israéliens interviennent également surtout aux frontières de leur pays. C’est la grande différence avec les états-Unis, le Royaume-Uni et la France, pays qui, eux, sont capables d’intervenir partout dans le monde», analyse le spécialiste, soulignant que cette doctrine d’emploi implique innovations et adaptabilité constantes. Mais aussi pragmatisme dans les collaborations.

Le prisme avec lequel on peut aussi regarder l’exercice Athéna qui se déroule avec trois V22 et un C130J du Special Operations Squadron américain, basé à Mildenhall en Angleterre, Américains et Français travaillant ensemble sur différents théâtres où, par exemple, les ravitailleurs américains fournissent et «sans aucun problème» les Caracal des FS françaises, seuls hélicoptères ravitaillables en vol de jour comme de nuit. La présence également d’un Casa et des commandos parachutistes espagnols de l’Ezapac ne doit rien au hasard : les Forces aériennes espagnoles sont déjà présentes sur Barkhane et Paris n’aurait rien contre une montée en puissance de Madrid à ses côtés.


L'exercice Athena des forces spéciales. Ici l'évacuation d'un blessé.
L’exercice Athena des forces spéciales. Ici l’évacuation d’un blessé. – DDM, Pierre Challier

Athéna une «générale» avant la guerre

Sous le plafond bas, deux Rafale déchirent l’air au-dessus des pins. Plus de 800 km/h à 100 mètres du sol : le bruit cloue sur place… «Démonstration de force, ça crée un premier effet de dissuasion sur l’ennemi», commente un capitaine. Sans temps mort, un hélicoptère Caracal dépose les commandos avec, en appui, du jamais vu dans le ciel des Landes : un V22 Osprey de l’Air Force special operation command, hybride qui décolle en hélico et vole en avion pour transporter vite et loin les Forces spéciales. Américaines habituellement, françaises aujourd’hui.

Fusils d’assaut qui crépitent, fumées montant de la route où a lieu l’interception… Ce matin, l’exercice Athéna entre vraiment «dans le dur», sur le champ de tir de Captieux. Renseignements envoyés par le Transall «Gabriel» de guerre électronique, coordonnées de cible transmises par les commandos aux Rafale, embuscades… «Une répétition grandeur nature avant de repartir en opérations spéciales qui permet de revoir tous les automatismes et de mécaniser les procédures entre nous puisqu’il y a aussi des commandos Marine et Terre, mais également les Américains et les Espagnols», résume un fusilier commando de l’Air.

Une «générale» indispensable pour ceux qui sont au contact, sur le terrain, mais aussi pour ceux qui sont juste derrière, à savoir les Modules d’appui aux opérations spéciales (MAOS). Toute la mécanique invisible qu’Athéna doit vérifier et huiler. Celle de ces militaires qui ne sont pas FS mais qui travaillent pour elles, vu leur spécialité, aptes à faire le coup de feu si nécessaire et qui doivent rester une solution et pas un problème, en cas de coup dur dans les opérations.

MAOS : en quatre jours le régiment du génie de l’air a ainsi nivelé et fortifié un carré de 1 ha pour la base de commandement opérationnel. Dans les tentes et autour ? Les commandos de protection, les spécialistes NRBC pour le risque nucléaire, biologique et chimique, le commandement et… l’essentiel, les systèmes d’information et de communication pour que ciel et terre échangent messages et données en permanence. «Avec les moyens satellites, on met en place l’équivalent d’une 3 G sécurisée sur près de la moitié de la France», simplifie l’adjudant-chef.

Captieux, Mont-de-Marsan : ce n’est en effet qu’une partie d’un tableau beaucoup plus vaste. Sur la carte du briefing, Athéna s’étend sur 600 km de long, 400 km de large, de la Nouvelle-Aquitaine à l’Occitanie et jusqu’au nord de la Loire. Le Sud-Ouest ? «C’est Orangeland avec pour scénario une zone instable, un coup d’état et un pays voisin qui veut maintenir l’instabilité et infiltre des groupes terroristes, bref, un mélange de Libye, de Levant et de Sahel le plus réaliste possible puisque cet entraînement annuel sert à certifier les Forces spéciales air et leurs appuis avant déploiement», récapitule le lieutenant-colonel Thierry.

Au total ? Environ 500 personnels pour trouver et neutraliser les «hostiles». Grâce à «l’allonge, la force de frappe et la fulgurance de l’arme, d’ici, on peut aller «taper» aussi bien à Orléans qu’à Caylus», précise-t-il. Gris camouflage sur nuages assortis, un Hercule C130 et un Casa larguent maintenant palettes et colis. D’un Transall chutent en dernier les commandos du CPA 10. Plus loin, d’autres sont déposés en aérocordage par un Osprey. Invisible depuis la route, un troisième groupe surgit de nulle part pour intercepter un 4×4. Tirs, moteur en fumée, jaillissement éclair avec 20 à 25 kilos sur le dos. Les messages radio rythment l’action. «Homme à terre !» Entre l’attaque et l’évacuation du blessé, quelques minutes seulement… Selon le «tableau», ils sont une dizaine ou juste une paire de discrets, à l’instar de ceux qui guident depuis le sol les Rafale du Normandie-Niemen sur leur cible. Sans droit à l’erreur. «Alors vu le niveau d’exigence, pour ceux qui les appuient ça va plus loin que vérifier les compétences, c’est valider la confiance qu’on peut avoir en eux en opération spéciale. Ici, soit vous faites le poids, soit vous sortez», tranche le lieutenant-colonel «Donato». Test jusqu’au 28 juin.


Mémento

Créé en 1992, le Commandement des opérations spéciales (COS) est sous les ordres du chef d’état-major des armées et l’autorité directe du président de la République. Ses 4 300 militaires (et réservistes) interviennent dans des missions périlleuses, discrètes mais qui ne sont pas clandestines et ils sont issus des trois armes.

Pour l’armée de Terre, il s’agit du 1er régiment parachutiste d’infanterie de marine, du 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales (RHFS) et du 13e régiment de dragons parachutistes (RDP).

Pour l’armée de l’Air : commando parachutiste de l’air n° 10 (CPA 10), escadron d’hélicoptères 1/67 Pyrénées et escadron de transport 3/61 Poitou.

Pour la Marine, ce sont les commandos d’assaut, d’appui et de nageurs de combat Trépel, Jaubert, de Montfort, de Penfentenyo, Hubert, Kieffer et Ponchardier.


Eric Denécé
Eric Denécé – DR

«La France est dans le Top 3»

Interview d’Eric Denécé, Directeur du Centre français de recherche sur le renseignement CF2R

Américains, Britanniques, Russes, Israéliens… Où se situe la France aujourd’hui dans le classement des Forces spéciales ?

La France est dans le Top 3 avec les Américains et les Britanniques car ce qui fait aussi la qualité des Forces spéciales, c’est leur rythme d’engagement. Ce n’est pas seulement leur nombre et leur équipement, c’est aussi le nombre de situations opérationnelles dans lesquelles elles sont engagées et qui fondent leurs compétences : plus ils sont sur le terrain, meilleurs ils sont, ce qui est particulièrement vrai dans le cadre des Forces spéciales françaises qui sont largement employées.

Voire suremployées depuis quelques années ? Afghanistan, Levant, mais aussi Bande Sahelo-Saharienne (BSS), Libye : elles sont sur le pont depuis 18 ans, maintenant…

Aujourd’hui, on a vraiment besoin d’elles et, oui, on peut effectivement dire qu’elles sont suremployées car le nombre de crises dans lesquelles on leur demande d’intervenir est assez gigantesque et l’outil n’est pas totalement dimensionné à la hauteur des besoins. Les Américains sont aussi très engagés, mais ils ont infiniment plus de Forces spéciales que nous, avec environ 67 000 personnes, chiffre auquel on mettra un bémol car ils rangent aussi sous cette étiquette de l’infanterie légère. Nous, si l’on compare, on est donc dans la difficulté, en quantité, mais on reste plutôt dans la bonne moyenne avec les Anglais et les Israéliens qui ont toujours fait prévaloir la qualité sur la quantité.

Ce constat fait, quels sont les enjeux alors que la situation se dégrade au Mali, au Burkina-Faso et qu’elle reste instable au Moyen-Orient ?

Le premier impératif, c’est de garder le très haut niveau de qualité des Forces spéciales françaises et qu’on n’augmente pas leurs effectifs pour le plaisir. Par contre parallèlement, il faut créer ou renforcer d’autres unités d’infanterie légère, de parachutistes ou d’infanterie de marine très spécialisées qui puissent les relayer dès que leur haute technicité ne justifie plus de les engager. Il y a donc un deuxième défi : créer un type d’unité particulière entre Forces spéciales et infanterie conventionnelle, dans la dynamique de ce que font déjà techniquement le 2e REP ou les Groupements de commandos parachutistes, ou à l’instar des Rangers américains.

La priorité ne serait-elle pas aussi les moyens aériens ? «La sécurité des commandos français au Sahel lors de leurs déplacements aériens (…) reste préoccupante» écrit «Le Monde», évoquant des appareils civils parfois «catastrophiques», pilotés «par du personnel étranger», «gérés par des sociétés douteuses» et, pire, qui ont les vraies identités de leurs passagers «en dépit du secret-défense» !

Cette situation est aberrante ! Par définition ils sont sur des théâtres éloignés avec des missions à long rayon d’action et c’est vrai que malgré l’existence du 4e RHFS, des escadrons Poitou et Pyrénées, les moyens aéromobiles ne sont pas à la hauteur des enjeux. Mais le recours à ces sociétés «civiles» est intolérable car il expose des hommes d’un très haut niveau de compétence, non seulement en dévoilant leur identité, mais aussi en jouant avec leur sécurité lorsqu’ils sont à bord d’appareils «poubelle». Ce type d’«économies» réalisées avec des «prestataires» au rabais pour des personnels hautement qualifiés et équipés n’a pas de sens alors que l’aérien est le secteur où on ne peut se permettre de lésiner, surtout pour les FS.

Pierre Challier

https://www.cf2r.org/le-cf2r/presse/annee-2019/

Ce successeur franco-hispano-allemand du Rafale a été dévoilé au Salon du Bourget (images) © AFP 2019 BENOIT TESSIER

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Emmanuel Macron et Éric Trappier, directeur de Dassault Aviation, dévoilent la maquette de l'avion «Next generation fighter» qui fera partie du SCAF

Ce successeur franco-hispano-allemand du Rafale a été dévoilé au Salon du Bourget (images)

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DÉFENSE

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«On propose un avion européen pour les Européens, indépendant des technologies américaines». La maquette d’un avion de conception franco-hispano-allemande, pour lequel Paris et Berlin comptent déjà débloquer quelque 150 millions d’euros d’ici la fin de l’année, a été dévoilée à l’ouverture du Salon du Bourget en présence d’Emmanuel Macron.

Du 17 au 23 juin, le 53e salon aéronautique du Bourget accueille quelque 2.453 exposants, et notamment ceux venus présenter le projet d’avion de combat destiné à remplacer le Rafale ou l’Eurofighter d’ici 2040. La maquette à taille réelle du premier chasseur franco-allemand, le «Next generation fighter» de Dassault Aviation et Airbus, a été dévoilée lundi 17 juin à l’ouverture de cette 53e édition du Salon international de l’aéronautique et de l’espace en présence du Président de la République.

Cet avion n’est pas seulement le successeur potentiel du Rafale ou de l’Eurofighter, mais il constitue aussi la pièce maîtresse du Système de combat aérien du futur (SCAF), ce programme majeur lancé par le Président Macron et la chancelière allemande, Angela Merkel, afin de renforcer l’autonomie stratégique européenne.

Sur le stand Dassault Aviation où la maquette du futur avion de combat a été révélée, Florence Parly, Ursula Von der Leyen et Margarita Robles ont signé des accords de coopération pour le développement de l’aéronef du SCAF. L’accord acte officiellement l’arrivée de Madrid dans le projet.

«On propose un avion européen pour les Européens, indépendant des technologies américaines», a commenté sur la chaine de télévision CNews Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, qui mène le projet SCAF avec Airbus.

L’avion est destiné à entrer en service à l’horizon 2040. Il est actuellement développé par un tandem franco-allemand, qui a été rejoint récemment par l’Espagne.

Initié en 2017, le SCAF est conçu comme un système associant avion de combat de nouvelle génération, drones, futurs missiles de croisière et drones évoluant en essaim. Il sera connecté à des avions, des satellites, des systèmes de l’Otan et des systèmes de combat terrestres et navals.Paris et Berlin pensent investir environ quatre milliards d’euros dans le SCAF d’ici 2025, dont 2,5 milliards pour la France, leader du projet piloté par Airbus et Dassault Aviation, relate l’AFP se référant à des sources au ministère français de la Défense. Les 150 millions déjà débloqués par Paris et Berlin doivent financer les premières étapes du démonstrateur espéré vers 2026.

Outre Dassault Aviation et Airbus, Safran, le groupe allemand MTU Aero Engines, Thales et MBDA (Airbus, BAE Systems et Leonardo) participent au projet.

https://fr.sputniknews.com/defense/201906171041446500-ce-successeur-franco-hispano-allemand-du-rafale-a-ete-devoile-au-salon-du-bourget-images/